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Enregistrement #3762

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titre LA PARTITION, Matthias Glasner 2024, (musical)@@
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texte Tom, chef d'orchestre à Berlin, répète la création d'une pièce contemporaine, en présence de Bernard, le compositeur de l'oeuvre, torturé et perpétuellement insatisfait. Il est également sur le point de devenir le père de substitution de l'enfant de Liv, son ex-femme. Ellen, la soeur de Tom, entame une liaison avec son patron Sebastian, un homme marié avec lequel elle partage un goût prononcé pour l'alcool. Atteints de divers maux, leurs parents, Lissy et Gerd, déclinent physiquement et se sentent délaissés par leurs enfants. Alors qu'ils tentent de renouer des liens, les non-dits et l'incommunicabilité empêchent la famille Lunies de se réconcilier.

TELERAMA
Matthias Glasner signe le portrait d’un chef d’orchestre berlinois en crise et de sa famille dysfonctionnelle.

Auteur de huit longs métrages en comptant celui-ci, Matthias Glasner est un réalisateur allemand confirmé mais inégal, capable du meilleur comme du pire. Parmi ses films intéressants, citons Le Libre Arbitre (2008), sur l’itinéraire tortueux d’un violeur sorti de prison, en lutte avec son démon intérieur. Son cinéma est rugueux, parfois scabreux. Pour preuve, à nouveau, l’entrée en matière de La Partition, où une sexagénaire paniquée doit faire face à la chute dans la salle de bains de son mari, par ailleurs souffrant d’un alzheimer. Le déclin, la mort jamais loin (Sterben est le titre original), la vie malgré tout : voilà le programme de ce psychodrame choral aux accents tragi-comiques, qui fait le portrait d’une famille dysfonctionnelle, minée par le non-dit.

Après les parents vient le fils, personnage central, le plus étoffé de cette histoire en partie nourrie d’éléments autobiographiques, comme Matthias Glasner l’a dit lui-même. Tom n’est pas metteur en scène, mais cela y ressemble : il est chef d’orchestre, à Berlin. Entre les répétitions compliquées d’une création contemporaine signée d’un ami proche, son ex-femme qui accouche d’un enfant dont il n’est pas le père mais qu’il est prêt à élever et ses parents vieillissants dont il se sent responsable, il croule sous l’exigence et le devoir. Rien à voir avec sa sœur, Ellen, femme exubérante et borderline, qui entame une liaison avec un homme marié, en plongeant avec lui dans une dérive alcoolisée.

Le film est long (trois heures) mais on ne voit pas le temps passer. Le réalisateur parvient bien à maintenir la tension, ajoutant au fil des séquences des touches pour enrichir, nuancer, compléter la psyché de ces personnages, pas forcément sympathiques, mais fascinants dans leurs conflits, leur manière de s’enfermer ou de favoriser une réconciliation. Dans une longue scène d’échange autour d’une table de salle à manger, point d’orgue du film, on assiste ainsi à un terrible règlement de comptes. Où le fils vide son sac, disant à sa mère combien et comment elle l’a meurtri, avant qu’elle ne fasse, en retour, des aveux tout aussi déroutants. Difficile à cet instant de ne pas penser au cinéma d’Ingmar Bergman, d’ailleurs cité dans un dialogue. Un rapprochement rendu possible par la qualité vraiment remarquable de tous les comédiens, Lars Eidinger et Corinna Arfouch en tête.
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