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Enregistrement #8353

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id 8353
filename SUR MES LEVRES, jaques Audiard 2001, Emmanuelle Devos, Vincent Cassel (societe)@@.jpg
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titre SUR MES LEVRES, jaques Audiard 2001, Emmanuelle Devos, Vincent Cassel (societe)@@
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entete
texte Coincée, ordinaire à tout point de vue, Carla Behm manque terriblement de charme. Malgré sa surdité, elle est employée depuis quelques années à la Sedim, une société immobilière. Là, elle effectue toutes sortes de tâches ingrates, qui plus est sous les brimades de ses collègues. Une baisse de forme lui donne le droit d'engager un stagiaire comme assistant. C'est ainsi que Paul Angeli, un ex-détenu marqué par les années de prison, entre dans sa petite existence. Sans réelles capacités, Paul a pour lui son étrange beauté. Surtout, il regarde Carla comme un homme regarde une femme. Un amour platonique mais profond naît entre les deux exclus...

TELERAMA
Le stagiaire dur à cuire et l’employée dure d’oreille magouillent et se trouvent… Le cinéaste signe un film noir original, avec une Emmanuelle Devos miraculeuse.

Emmanuelle Devos dans l’enfer de la vie de bureau. On ne voit qu’elle, d’abord, c’est-à-dire Carla, martyre de la photocopieuse, deux prothèses auditives qu’elle cache. Vu le talent monstre de l’actrice, cela pourrait faire un film : Carla la demi-sourde, bonne à tout faire dans un cabinet de promotion immobilière… Puis Carla commande un stagiaire à l’ANPE, comme si elle commandait un fiancé au Père Noël. C’est Vincent Cassel, cheveux graisseux, accent popu à tailler au couteau. Cela aussi pourrait faire un film : l’employée frustrée et le stagiaire fruste.

Or, le film, c’est encore autre chose : un polar, une histoire de magouilles, de marigot et de magot. À rapprocher, donc, du premier film de Jacques Audiard, Regarde les hommes tomber. Le scénario en rajoute dans les complications, mais le cinéaste veille à ne jamais couper les ponts avec son atout principal, ce drôle de portrait d’une fille trouble et en pleine mutation : on voit peu à peu Carla capable de la même cruauté, tenaillée par le même instinct de domination que ceux qui la brimaient. En ce sens, Sur mes lèvres est un film noir original, qui finit là où les autres commencent : par l’apparition d’une garce.
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