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Enregistrement #8336

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id 8336
filename CETTE FEMME LA, Guillaume Nicloux 2003, Guillaume Nicloux, Josiane Balasko.jpg
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titre CETTE FEMME LA, Guillaume Nicloux 2003, Guillaume Nicloux, Josiane Balasko
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entete
texte Michèle Varin, une quinquagénaire capitaine de police, doit s'occuper avec son collègue Sylvain Bazinsky d'une femme qui a été retrouvée pendue dans un bois. Les débuts de l'enquête sont difficiles : les indices sont minces et personne n'a rien vu. Pour ne rien arranger, Michèle souffre à nouveau de cauchemars. Des rêves qui reviennent tous les quatre ans, les années bissextiles, à l'approche du 29 février, date où son fils unique a trouvé la mort. L'enquête ne progressant pas, les supérieurs de Michèle lui demandent de clore le dossier. Elle s'y refuse. Quelques jours plus tard, Bazinsky est retrouvé "suicidé"..

TELERAMA
Ce film-là est un drôle de polar cafardeux.
Le titre est si simple en apparence. Comme une toile de Magritte qui s'intitulerait « Ceci est une femme » alors qu'apparaîtraient trois amanites phalloïdes au fond d'un jardin, un cabriolet accidenté au bord d'une route enneigée, un mobile home à l'orée d'une forêt... Des instantanés funèbres vérifiés dès la première phrase du film : « Vous pensez toujours au suicide ? ».

Michèle Varin répond à son psy qu'elle y pense moins. Elle dort mal, mais c'est normal, le 29 février, date anniversaire de son drame, s'annonce sur le calendrier. Michèle Varin avait un fils de 8 ans, mort par sa faute. Depuis, elle passe ses nuits à faire des puzzles dans son intérieur triste, et traverse comme un fantôme atone ses journées de capitaine de police. Elle est imperméable sous son ciré trop grand, et il pleut à verse dans cette forêt où l'on vient de retrouver une pendue.

Cette vision de cauchemar ne sera pas la dernière de ce polar intimement noir, construit entre inconscient et réalité autour d'une étonnante comédienne : Josiane Balasko, non pas à contre-emploi mais en plein emploi, impressionnante en zombie ténébreux et distancié. Le cafard contagieux de « cette Balasko-là » est bien sûr la surprise et l'une des forces du film. Mais Guillaume Nicloux est un méticuleux à tendance fétichiste. Pas un objet autour d'elle qu'il n'ait pensé, placé au millimètre près, pour faire surgir l'insolite (deux doigts en plastique, un gros lapin, des masques de Dalton...) ou tromper volontairement, comme chez David Lynch.

La piste de l'étrange (serial killer, secte de suicidaires ?), déjà rendue trop familière par les cauchemars de Michèle Varin, semble corroborée par un escarpin rouge. Pourtant, négliger un bête imperméable, bien réel, est un impair plus grave. Et si Guillaume Nicloux ne surexposait la souffrance et les fantômes de Michèle Varin que pour mieux cacher la forêt ?

Dans Une affaire privée, son polar précédent, un détective engagé sur une banale affaire de disparition devenait le jouet d'une machination identitaire. La trame policière allait du simple au pervers. Dans Cette femme-là, Nicloux choisit l'inverse ­ au risque de voir l'intérêt du spectateur retomber ­, en rappelant que de très mystérieuses affaires se résument souvent à de sanglants faits divers. Une bonne chose pour son héroïne. Maintenant, Michèle Varin sait que se colleter avec des ordures d'une sordide banalité, ça enterre les fantômes.
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