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Enregistrement #3073

id 3073
filename ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@.jpg
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titre ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@
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texte Un célèbre écrivain retourne dans sa ville natale après 35 ans afin de parrainer le bicentenaire d'une populaire marque de cognac. Au fil des rencontres, il se lie d'amitié avec Lucas Andrieu, le fils de son premier amour. Un coup du hasard qui le replonge dans ses souvenirs encore vifs et douloureux.

TELERAMA
En déplacement dans sa région d’origine, un écrivain rencontre le fils d’un grand amour de jeunesse. Un sobre mélo, adapté de Philippe Besson.

Il n’est pas très emballé, Stéphane, de revenir dans le Sud-Ouest de son enfance, pour parrainer le bicentenaire d’une marque de cognac. Ce n’est pas pour rien qu’il a fui depuis longtemps cette province où il vaut mieux taire ses différences. Pourtant, le romancier reconnu a répondu à cette invitation, et quelle n’est pas son émotion quand il se retrouve face à Lucas, un jeune homme qui ressemble follement à son premier amour d’adolescence… Alors que l’écrivain est censé obéir à l’agenda très serré du week-end — visites, rencontre avec les notables, discours —, il s’échappe sur les chemins du passé, et de cette première passion qui n’a cessé, depuis, d’irriguer son œuvre.

On connaissait la délicatesse d’Olivier Peyon, auteur de documentaires venu à la fiction avec Une vie ailleurs (2017) et Tokyo Shaking (2021), deux films où il parvenait à insuffler de l’insolite et de l’insolence à des sujets balisés. C’est encore le cas avec cette adaptation du livre de Philippe Besson, et une manière très douce de contourner le mélo amer sur les amours passées qui ne passent pas. Peut-être parce que le réalisateur choisit de privilégier le présent : cette rencontre au milieu des chais entre un homme de lettres qui n’a pas oublié et un jeune homme d’aujourd’hui désireux de comprendre une bonne fois son père, Thomas, troisième personnage dont la honte homosexuelle est traitée avec une subtilité peu commune.

Mentir aux autres — ce qui revient à créer de la fiction — mais aussi se mentir à soi-même, ce qui peut gâcher une vie quand on n’a pas les mots : cette riche thématique est au centre d’un drame sans larmes dont les flash-back évitent toute mièvrerie. On pense à Été 85, de François Ozon, ou même aux Roseaux sauvages, d’André Téchiné, et Olivier Peyon filme d’une très belle manière, frontale, les scènes de sexe, maladroites ou lumineuses, entre le jeune Stéphane (idéal Jérémy Gillet, en ado timide mais sûr de ses sentiments) et Thomas, rural, motard, protégeant son image virile… Dans les scènes contemporaines, Guillaume de Tonquédec est d’une évidence troublante en double de Philippe Besson. Mais la révélation du film se nomme Victor Belmondo. Est-ce son ADN de « petit-fils de » ? Mélange convaincant de naturel et de mystère, il sait faire de son personnage une belle figure de modernité dans ce film où le présent permet de guérir du passé.
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