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CHALLENGERS, LucaGuadagnino 2024, Zendaya, Josh Connor, Mike Faist (sport tennis)@@


Jadis grand espoir du tennis féminin, Tashi Duncan a vu sa carrière stoppée net à la suite d'une grave blessure. Désormais entraîneuse, elle se consacre à la carrière de son époux, Art, qui, sous ses ordres, est passé de l'ombre à la lumière en seulement quelques mois. Malheureusement, une série de défaites vient briser son élan. Tashi, déterminée à le voir reprendre sa marche vers les sommets, décide de l'engager sur un tournoi d'un niveau plus abordable pour lui permettre de reprendre confiance en lui. Malheureusement, le destin vient leur jouer un vilain tour : Art découvre qu'il va devoir y affronter une vieille connaissance...

TELERAMA
Tennis et triangle amoureux : un challenge plutôt réussi par le réalisateur de “Call Me By Your Name”, qui mise essentiellement sur le magnétisme érotique de ses interprètes.

Sérieux prétendant au trophée du film le plus sexy de l’année, voici, enfin (son dévoilement fut retardé par les grèves à Hollywood), le nouveau film de Luca Guadagnino. Lequel demeure, depuis Call me by your name, l’Italien le plus prisé aux États-Unis. Challengers, comme son titre fait plus que le suggérer, met en scène une rivalité. Patrick, l’exubérant (Josh O’Connor, révélé à la terre entière en jeune prince Charles dans The Crown), et Art, l’introverti (Mike Faist, découvert dans le remake par Spielberg de West Side Story), ont vécu ensemble leur formation au tennis et toute leur adolescence. Puis leur amitié fusionnelle s’est troublée au moment de leur coup de foudre partagé pour une autre étoile montante de leur sport, Tashi (Zendaya, la star féminine de Dune). Des années plus tard, les deux hommes s’affrontent dans un match qui est le fil rouge de l’histoire, et sous les yeux de la même femme.

Pour raconter ce triangle amoureux, le jeune scénariste de Challengers (qui n’est pas Guadagnino) s’est manifestement inspiré d’un vieux film de Mike Nichols, Ce plaisir qu’on dit charnel (avec Jack Nicholson, Art Garfunkel et Candice Bergen), en le projetant dans l’univers du tennis et dans le monde contemporain. Plus originale, la succession percutante de flash-back qui émaillent le match ultime échappe à la chronologie. On découvre ainsi, dans le désordre, la première soirée d’ivresse des trois personnages, la liaison torride entre Tashi et Patrick, la blessure décisive de la joueuse au cours d’une compétition, et la vie conjugale de la même avec, cette fois, Art, champion las dont elle est devenue l’entraîneuse.

Résultat accrocheur et incarné
S’appropriant le projet moins par son versant romanesque que par le magnétisme érotique des trois interprètes, le cinéaste place la circulation du désir au cœur de chaque scène. Un désir refoulé (entre garçons) ou assouvi (entre fille et garçon), mais qui ne cesse de flotter, des chambres d’hôtel aux cours de tennis, des tribunes aux vestiaires. Cette insistance ne va pas sans lourdeurs, en écho à la musique électro-techno de Trent Reznor et Atticus Ross, (moins inspirés que pour The Social Network, de David Fincher). Mais le résultat est accrocheur, séduisant, formidablement incarné. Et si le regard de Guadagnino tend à faire de la jeune femme une intermédiaire entre deux rivaux ne pouvant s’avouer leur amour, le scénario l’établit plutôt en manipulatrice tirant les ficelles de bout en bout… Dans le paysage toujours sinistré du cinéma de grand studio, voilà, au moins, un quasi-blockbuster où il ne s’agit que de sentiments humains…
CHALLENGERS, LucaGuadagnino 2024, Zendaya, Josh Connor, Mike Faist (sport tennis)@@ (E)
Jadis grand espoir du tennis féminin, Tashi Duncan a vu sa carrière stoppée net à la suite d'une grave blessure. Désormais entraîneuse, elle se consacre à la carrière de son épou ...

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COEURS VAILLANTS, Mona Achache 2021, Camille Cottin (guerre aventure)@@


En août 1942, alors que la guerre bat son plein, six jeunes enfants juifs se réfugient dans le château de Chambord et dans le parc du domaine pour fuir les soldats nazis. C'est au beau milieu des oeuvres d'arts, parmi lesquelles la Joconde, qu'ils espèrent que personne ne viendra les chercher. Au milieu du parc, ils vont trouver de quoi se nourrir et boire, mais ils tombent également sur des exemplaires du fameux "Coeurs vaillants", un magazine hebdomadaire catholique. Les enfants se débrouillent seuls, et comme leurs contemporains, ils tentent d'oublier leur quotidien, essayant de vivre normalement en jouant, en s'amusant...

TELERAMA
De Chambord jusqu’à la ligne de démarcation, Mona Achache filme la fuite de jeunes héros juifs dans toute l’insouciance de leur âge, laissant derrière eux des adultes bien moins téméraires.

Des tableaux, à la rigueur, mais des enfants, non, c’est trop dangereux ! » Or, six gamins se cachent dans la cargaison acheminée au château, entre une toile de Renoir et un buste antique. En 1942, les œuvres des musées nationaux transitent jusqu’à Chambord, devenu dépôt d’art provisoire. Rose (Camille Cottin), conservatrice au Louvre, choisit le ­domaine royal pour y cacher des enfants juifs, rescapés du Vél’ d’Hiv… À travers les bois magnifiques de la Sologne et jusqu’à la ligne de démarcation (le Cher), Mona Achache filme les jeunes héros dans toute l’insouciance de leur âge, laissant derrière eux des adultes bien moins téméraires. Un conte à hauteur d’enfants, à la fois enchanteur et tragique.
COEURS VAILLANTS, Mona Achache 2021, Camille Cottin (guerre aventure)@@ (E)
En août 1942, alors que la guerre bat son plein, six jeunes enfants juifs se réfugient dans le château de Chambord et dans le parc du domaine pour fuir les soldats nazis. C'est au beau milieu des oeuvres d'arts, parmi les ...

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DANS LA BRUME ELECTRIQUE, Bertrand Tavernier 2009,(thriller)@@


A New Iberia, en Louisiane, l'inspecteur Dave Robicheaux tente de relier le meurtre d'une prostituée à un gangster local, Julie "Baby Feet" Balboni, revenu dans la région pour produire un film de guerre. Un soir, il arrête un automobiliste en état d'ébriété. Il s'agit d'Elrod Sykes, la star du film. Celui-ci lui raconte qu'il a vu des ossements humains enchaînés dans le bayou. Cette histoire rappelle à Dave le meurtre d'un jeune Noir auquel il a assisté 35 ans plus tôt. Au cours de son enquête, il renoue avec Murphy Doucet, un ancien flic, qui assure la sécurité sur le tournage du film. De temps en temps, Robicheaux reçoit la "visite" du général John Bell Hood, héros de la guerre de Sécession...

TELERAMA
Alors qu’il enquête sur des meurtres en série, Dave Robicheaux, shérif en Louisiane, est rattrapé par le souvenir d’un crime raciste. Tavernier parachève son histoire d’amour avec le cinéma américain.

D'emblée, c’est une voix qui sort de la brume comme d’outre-tombe. Des mots rocailleux, prononcés par Tommy Lee Jones. L’acteur incarne idéalement le shérif Dave Robicheaux, personnage clé des histoires de James Lee Burke. Il doit élucider une série de meurtres sauvages commis dans la région par un détraqué qui s’en prend à de jeunes prostituées. Tâche d’autant moins facile qu’en Louisiane la culpabilité est générale. Une région envoûtante et dévastée. Gangrenée par la mafia locale. Dans ce marasme, Robicheaux apparaît comme un type bien, mais capable d’accès de violence. D’où vient cette violence ?

C’est l’enjeu du film : remonter à l’origine du mal. D’où l’omniprésence du passé (la guerre de Sécession), d’où le film tourné dans le coin, avec Elrod Sykes, une star hollywoodienne imbibée du matin au soir que Robicheaux prend sous son aile. Ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun. Sinon une hantise : l’alcool. Tavernier fait bien ressentir le voyage immobile que procure l’alcool, ce passé ressassé, entre mémoire et oubli. Baigné de blues et de musique cajun, ce polar ondule. À défaut de paix, on y trouve l’accalmie.
DANS LA BRUME ELECTRIQUE, Bertrand Tavernier 2009,(thriller)@@ (E)
A New Iberia, en Louisiane, l'inspecteur Dave Robicheaux tente de relier le meurtre d'une prostituée à un gangster local, Julie "Baby Feet" Balboni, revenu dans la région pour produire un film de guerre. Un so ...

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DARLING CHERIE, John Schlesinger 1965, Julie Christie, Dirk Bogarde (thriller sentimental)@@


Célèbre mannequin, épouse d'un millionnaire italien, Diana Scott s'ennuie à mourir. A l'occasion d'une interview, elle se souvient de son parcours. Elle était encore très jeune, mais déjà très belle, quand, ayant terminé ses études, elle épousa Tony Bridges, pour le quitter peu après, déçue par son inexpérience. Son premier grand amour fut Robert Gold, un journaliste qui n'hésita pas à quitter femme et enfants pour refaire sa vie avec elle. Peut-être aurait-elle vieilli à ses côtés si elle n'avait pas rencontré Miles Brand, un homme d'affaires plein d'assurance, brillante incarnation de ses propres ambitions...

TELERAMA
Petrite pochade qui se veut politique mais reste sur la surface des frasques d’une écervelée ambitieuse. Les acteurs, eux, sont épatants.

Quatre ans avant de réaliser son chef-d’œuvre, Macadam Cowboy, John Schlesinger signait son troisième film, chronique d’une madame Bovary en plein Swinging London mâtinée de Rastignac du showbiz. Diane devient top-modèle grâce à Robert le journaliste (Dirk Bogarde, magistral), puis actrice par l’entremise de Miles le communiquant mondain, et altesse en se mariant au prince Cesare… Dans un beau noir et blanc très contrasté (façon Nouvelle Vague, ici anglaise), le réalisateur suit son héroïne et épouse sa nonchalance… jusqu’à nous bercer quelque peu. Diane est si évaporée, si inconséquente qu’on a du mal à s’attacher à elle. Julie Christie défend pourtant son personnage, surtout dans les scènes de révolte, moins dans celles où elle doit montrer son ennui. Les trois hommes qu’elle rencontre sont autant de facettes du mâle : l’amant romantique, le séducteur provoquant et le seigneur altier. Et tous partagent le même défaut : une fois la proie ferrée, ils s’en détournent et la laissent seule. Peu à peu, Diane comprend le tragique de sa situation, qui nous est exposé de façon frontale quand elle décide d’avorter. Scène très forte, surtout en 1965. Les films de Schlesinger sont politiques (Un dimanche pas comme les autres, Marathon Man…), celui-ci est encore trop timide dans son discours. Mais il se révèle déjà un formidable directeur d’acteurs et actrices.
DARLING CHERIE, John Schlesinger 1965, Julie Christie, Dirk Bogarde (thriller sentimental)@@ (E)
Célèbre mannequin, épouse d'un millionnaire italien, Diana Scott s'ennuie à mourir. A l'occasion d'une interview, elle se souvient de son parcours. Elle était encore très jeune, mais déj&agra ...

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JAMAIS LE DIMANCHE, Jules Dassin, Jules Dassin 1960, Melina Mercouri (comique musical)@@


Insouciante, sexy et débordante de vie, Illya est la femme la plus radieuse du Pirée. Avec elle, les hommes sont au paradis. Et pour cause, Illya est une prostituée. Une professionnelle de l'amour qui vit selon sa fantaisie, se refusant aux hommes qui ne lui plaisent pas. Lorsque Homère, un intellectuel américain en visite au port du Pirée, rencontre Illya, il se met immédiatement en tête de l'arracher à son métier. Mais Illya va lui prouver sans tarder qu'elle n'est pas femme à renoncer à sa vie et à sa liberté
JAMAIS LE DIMANCHE, Jules Dassin, Jules Dassin 1960, Melina Mercouri (comique musical)@@ (E)
Insouciante, sexy et débordante de vie, Illya est la femme la plus radieuse du Pirée. Avec elle, les hommes sont au paradis. Et pour cause, Illya est une prostituée. Une professionnelle de l'amour qui vit selon sa fanta ...

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L EMMERDEUR, Edouard Molinaro 1973, Jaques Brel, Lino Ventura (thriller commique)@@@


Dans un hôtel à Montpellier, un tueur à gages nommé Ralph prépare son contrat pour abattre un certain Randoni. Dans une chambre voisine, un homme désespéré, François Pignon, représentant en chemiserie, envisage de se suicider après avoir été trahi par sa femme. Cependant, lorsqu'il tente de se pendre, il provoque une inondation qui atteint la chambre du tueur. Les deux hommes se rencontrent et le tueur tente de dissuader Pignon de se suicider pour éviter d'attirer l'attention...

TELERAMA
Ralf Milan, tueur à gages, doit éliminer Randoni lors de son transfert au tribunal. Deux heures avant cet assassinat, François Pignon, l’occupant de la chambre d’hôtel voisine, tente maladroitement de se suicider… C’est avec L’Emmerdeur que Francis Veber développe, pour la première fois, l’idée comique du duo mal assorti. En opposant un paumé farfelu à un vrai dur, il trouve son fonds de commerce. L’effet de contraste, encore tout neuf, entre deux excellents interprètes est très divertissant. Filmée comme un polar parasité par la comédie, la rencontre permet quelques moments héroïques. Depuis, Francis Veber a usé du même procédé à longueur de films, servi par des couples comme Pierre Richard-Gérard Depardieu (La Chèvre, Les Fugitifs, Les Compères), Jean Reno-Patrick Bruel (Le Jaguar), Jacques Villeret-Thierry Lhermitte (Le Dîner de cons) ou Gad Elmaleh-Daniel Auteuil (La Doublure). 
L EMMERDEUR, Edouard Molinaro 1973, Jaques Brel, Lino Ventura (thriller commique)@@@ (E)
Dans un hôtel à Montpellier, un tueur à gages nommé Ralph prépare son contrat pour abattre un certain Randoni. Dans une chambre voisine, un homme désespéré, François Pignon, repr ...

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PREMIERES VACANCES, Patrick Kassir, Johnattan Cohen, Camille Cottin, Camille Chamoux (comique)@@


Marion et Ben ont fait connaissance grâce à une application de rencontres. Le rendez-vous se passe tellement bien, malgré leurs caractères très différents, que Ben propose très vite à la jeune femme de partir en vacances avec lui. Leurs proches se disent tous que ce voyage va être une catastrophe car ils ne se connaissent pas assez. Direction la Bulgarie où Ben, plus soucieux de son confort que Marion, ne supporte pas l'eau de mer à la couleur bizarre, pas plus qu'il n'apprécie de partager un dortoir spartiate avec des étrangers. Ils se rendent dans un hôtel plus luxueux, au grand désespoir de Marion...

TELERAMA
Après une rencontre sur Tinder, Ben et Marion décident de passer leurs vacances ensemble, en Bulgarie. Si les galères réussissent à Camille Chamoux et à Jonathan Cohen, le film s’enlise.
Ils ont la trentaine bien tassée, se rencontrent sur Tinder, passent une nuit exaltante et décident, sur un coup de tête, de passer leurs vacances ensemble. Direction la Bulgarie, à mi-chemin entre Biarritz, où Ben avait prévu de lézarder, et Beyrouth, où Marion comptait faire la fête. À la classique attraction des contraires s’ajoute un piment supplémentaire : l’histoire d’amour commence là où aucune ne survivrait, entre un Airbnb minable et la découverte des manies tue-l’amour de chacun, digestion comprise.

Premières Vacances ne révolutionne pas l’anti-comédie romantique, mais l’abattage de Camille Chamoux et de Jonathan Cohen fait des étincelles, du moins dans la première partie du film. Quand le couple échoue finalement dans un hôtel de luxe, l’humour s’enlise dans les conventions : comme à Marion, les galères bulgares nous manquent…
PREMIERES VACANCES, Patrick Kassir, Johnattan Cohen, Camille Cottin, Camille Chamoux (comique)@@ (E)
Marion et Ben ont fait connaissance grâce à une application de rencontres. Le rendez-vous se passe tellement bien, malgré leurs caractères très différents, que Ben propose très vite à l ...

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TAPAGE NOCTURNE, Catherine Breillat 1979


Solange a vingt-cinq ans. Jolie, libérée, elle se comporte avec les hommes en bonne féministe qu'elle est. Elle "consomme" donc, à la recherche du partenaire idéal. Solange a une fille dont elle parle souvent, mais qu'elle ne voit jamais. Elle a aussi un mari et un amant régulier, metteur en scène qui se satisfait de quelques heures avec elle sans oublier d'être généreux. C'est lui qui présente Solange à Bruno. Solange ne sait pas pourquoi, mais cet homme-là compte déjà dans sa vie.

LE MONDE
Catherine Breillat a écrit des romans (le premier à l'âge de dix-sept ans) et réalisé il y a quelques années un film " underground ". Tapage nocturne est sa première incursion dans le cinéma commercial, et c'est un film intéressant. Il correspond à une génération de gens qui ne se contentent plus de l'écriture et du livre, mais veulent à tout prix (ici, 3 millions de francs) le truchement des acteurs, de la mise en scène, de la caméra, pour raconter ce qui les possède. L'énergie qu'ils mettent dans une transposition qui n'en est pas vraiment une, mais qui éprouve la force de leur besoin d'expression, la sincérité avec laquelle ils exposent leur mal de vivre, rendent attachants, exaspérants aussi, ces nouveaux réalisateurs, ces nouvelles réalisatrices.

Comme il s'agit pour eux de rester le plus près possible d'eux-mêmes, et comme ils essaient malgré tout de créer des personnages attrayants, cinématographiques et vraisemblables, leurs films sont pleins d'informations : sur un univers mental, sur un milieu. Les protagonistes de Tapage nocturne parlent comme les jeunes Parisiens parlent aujourd'hui dans les sphères artistiques ou para-artistiques (ils sont réalisateurs, producteurs, acteurs). Ils parlent beaucoup, de façon littéraire, et leurs dialogues sont empruntés aux films de la nouvelle vague, ceux de Godard, surtout. Il est curieux de les voir revenir au cinéma, comme transcription de la réalité et non plus comme création.

Le mérite de Catherine Breillat est cependant d'avoir fait la part belle à l'irréalité pour traduire le désordre des passions. Solange, l'héroïne (Dominique Laffin), évolue dans une nuit intemporelle et constante ; on ne sait pas ce qu'elle fait le jour, ni comment elle peut avoir autant d'amants à la fois. On est rendu sensible au tourbillon qui l'emporte et la perd ; le morcellement de sa personnalité est visualisé, servi par la faiblesse même du scénario, son côté répétitif, sans évolution.

Solange est mariée à un homosexuel dont elle a une fille qu'on ne verra pas. Elle couche avec n'importe qui et ne dort avec personne, tombe finalement amoureuse d'un type bizarre (Bertrand Bonvoisin) qui ne se déshabille jamais. Solange se livre à ses caprices, à sa tyrannie. Chacun d'entre eux a besoin d'absolu, chacun s'exaspère de ne pas trouver chez l'autre ce qu'il exige, et, à force de ne pas trouver de lieux pour s'aimer, ils perdent en eux le moyen de se retrouver.

Catherine Breillat impose à Dominique Laffin un jeu un peu fou, trop proche de celui qu'elle avait dans La femme qui pleure de Jacques Doillon. Bertrand Bonvoisin est mieux parce qu'il intrigue. Les autres, Joe Dallessandro, par exemple, font des apparitions inutiles. Dans tout cela, il n'y a pas de tendresse, pas de réflexion, beaucoup de violence ; et le plaisir du spectateur, c'est une autre histoire.

CLAIRE DEVARRIEUX.
TAPAGE NOCTURNE, Catherine Breillat 1979 (E)
Solange a vingt-cinq ans. Jolie, libérée, elle se comporte avec les hommes en bonne féministe qu'elle est. Elle "consomme" donc, à la recherche du partenaire idéal. Solange a une fille dont elle ...

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TAPAGE NOCTURNE, Gerard Cuq 1998, Ingrid Chauvin


Exaspérée par sa voisine Hélène, Claire se connecte à son minitel et envoie un inconnu chez elle. Le lendemain, Hélène est retrouvée morte. Le psychiatre de la jeune femme est alors arrêté. Se sentant responsable de sa mort, Claire met tout en oeuvre pour retrouver le coupable et faire innocenter le médecin.
TAPAGE NOCTURNE, Gerard Cuq 1998, Ingrid Chauvin (E)
Exaspérée par sa voisine Hélène, Claire se connecte à son minitel et envoie un inconnu chez elle. Le lendemain, Hélène est retrouvée morte. Le psychiatre de la jeune femme est alors ar ...

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TERREUR AVEUGLE, Richard Fleischer, Mia Farrow, Diane Grayson (horreur)


Dans une ferme bourgeoise de la campagne anglaise, Sarah, une jeune fille devenue aveugle après une chute de cheval, découvre les cadavres de ses parents adoptifs au retour d'une promenade avec son ami. Le jardinier, dans son dernier souffle, lui glisse le bracelet que le meurtrier a perdu lors de son forfait. Sarah se réfugie dans un camp de gitans, puis s'enfuit. Le mystérieux assassin est à ses trousses...

TELERAMA
Sur un thème proche de celui de “Seule dans la nuit” avec Audrey Hepburn, Richard Fleischer (“Soleil vert”) à son meilleur.

Un pur plaisir de cinéma traverse ce film de Richard Fleischer admiré par les fans de Hitchcock. Une histoire effrayante, qui aurait pu être facile, y devient fascinante par la manière dont elle est mise en scène. Après un accident de cheval qui l’a rendue aveugle, Sarah est accueillie dans une grande demeure à la campagne. Un décor bourgeois bientôt transformé en scène de crime, labyrinthe sanglant dans lequel elle devra chercher à tâtons comment survivre.

Lancé en 1971, quelques mois avant Orange mécanique de Stanley Kubrick, Terreur aveugle s’ouvre sur l’évocation d’une violence qui s’affiche partout, au cinéma comme sur le petit écran, et s’incarne en un inconnu dont on ne verra que les santiags. Un indice trop vague pour identifier ce tueur pervers : tous les hommes deviennent suspects — notamment le palefrenier en chaussettes. Mais, si la violence masculine est pointée, c’est comme un fait établi. L’important est moins le coupable que l’enfer dans lequel est jetée la victime aveugle, interprétée avec courage par Mia Farrow. Le sadisme envers une femme (très présent chez Hitchcock) se double ici d’une terrible cruauté envers une personne handicapée. L’élaboration de la mise en scène n’en est que plus cruciale, la perfection de la forme passant ainsi devant ce que le fond a de trop trouble…
TERREUR AVEUGLE, Richard Fleischer, Mia Farrow, Diane Grayson (horreur) (E)
Dans une ferme bourgeoise de la campagne anglaise, Sarah, une jeune fille devenue aveugle après une chute de cheval, découvre les cadavres de ses parents adoptifs au retour d'une promenade avec son ami. Le jardinier, dans son ...

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VOL 93, Paul Greengrass 2005, Christian Clemenson, Cheyenne Jackson (terrorisme catastrophe)@@


Les passagers embarquent sans encombre à bord du vol 93 d'United Airlines reliant Newark à San Francisco. La date : le 11 septembre 2001. Peu après le décollage, des faits étranges se produisent à proximité du cockpit. Lorsqu'ils apprennent que trois avions ont été détournés et précipités contre des bâtiments publics de New York et Washington, les passagers en déduisent l'effroyable vérité. Leur vol est lui aussi tombé entre les mains de terroristes suicidaires. De leur côté, les autorités du contrôle aérien tentent désespérément d'empêcher d'autres attentats. Conscients qu'ils sont les seuls à pouvoir arrêter les terroristes, les passagers décident de tenter une action pour reprendre le contrôle du vol 93...

TELERAMA
Dix-huit ans après sa sortie, le film de Paul Greengrass nous fait encore trembler. Une reconstitution qui prend aux tripes, quasi documentaire, d’un épisode du 11-Septembre laissé parfois hors-champ

On connaît l’histoire et son dénouement : le 11 septembre 2001, le quatrième avion détourné par les kamikazes d’al-Qaida, destiné à frapper Washington, s’abîme dans un champ de Pennsylvanie. Le vol United 93, qui devait relier New York à San Francisco, avait décollé en retard. Entre le détournement et le crash programmé, ses passagers, alertés de ce qui se passait ce matin-là aux Etats-Unis, ont tenté de reprendre le contrôle de l’avion, en y laissant leur vie. Démarche héroïque, que la télévision s’est déjà appropriée (11 Septembre, les révoltés du vol 93) et dont le cinéma ne pouvait que s’emparer.

Idéal pour les faiseurs de mélodrames hollywoodiens ? Produit et réalisé par des Britanniques (mais soutenu par une major américaine, Universal), Vol 93 déjoue ces craintes-là. Dans ses précédents films (notamment Bloody Sunday, sur la guerre d’Irlande, et La Mort dans la peau, grosse machine d’espionnage), l’Anglais Paul Greengrass a imposé un style : caméra mobile et nerveuse, montage haché – mais jamais virtuose. Une mise en scène qui adopte tous les signes extérieurs du reportage et produit un saisissant effet de vérité, y compris dans les péripéties les plus invraisemblables. Parfait pour cette histoire qui dépasse largement la fiction…

Pousser sans cesse le spectateur dans sa propre mémoire
Vol 93 est clairement divisé en deux parties. D’abord, tout ce qui se passe hors de l’avion : la lente découverte par l’Amérique – et surtout par les autorités aériennes, civiles et militaires – que ce mardi de septembre ne sera pas comme les autres. Quasiment en temps réel, le récit va et vient entre l’aéroport de Newark, où se prépare l’embarquement du vol 93, retardé, et les différentes tours de contrôle régulant le trafic aérien. Peu ou pas de personnages à proprement parler : des silhouettes (les pilotes et les passagers), des fonctions (les contrôleurs aériens et leurs supérieurs). On sait ce qui va se passer, pas eux, et cette connaissance ajoute au caractère tragique de l’événement.

Quand les pontes de l’aviation civile, les yeux rivés sur les écrans de télé, découvrent la première tour éventrée, il y a dans l’air un fort sentiment d’incrédulité. Les infos sont encore parcellaires : la journaliste de CNN, prudente, parle d’un événement « relativement dévastateur »… Paul Greengrass insiste sur l’impréparation générale – et notamment celle de la Défense. Le nombre d’avions de chasse prêts à décoller est ridicule, personne ne veut donner d’ordre – y compris celui, envisageable, d’abattre les avions détournés pour éviter de plus cruels carnages. Le président Bush est injoignable. Nous, on sait où il est, parce qu’on a vu Fahrenheit 9/11, de Michael Moore : Bush junior déchiffre un livre de lecture dans une école de Floride. C’est une des forces de Vol 93 : pousser sans cesse le spectateur à faire le va-et-vient entre le film et sa propre mémoire, son « vécu » du 11 Septembre.

A bord de l’avion, l’action traditionnelle reprend partiellement ses droits. Il y a, bien sûr, des héros et des bourreaux, mais aucun des « clans » n’est caricaturé. Les terroristes sont nerveux et peu sûrs d’eux, les passagers cherchent à sauver leur peau plus qu’à libérer l’Amérique. Le suspense monte, lentement, parce que les pirates tardent à attaquer ; plus tard, ultime geste qui précipitera l’appareil au sol, ce sont les otages qui guetteront le meilleur moment pour partir à l’assaut de la cabine de pilotage. On sait que certains d’entre eux ont appelé leurs proches de leur portable. Ces conversations, qui ont bouleversé l’Amérique, ont nourri le scénario ; tout le reste, inventé mais vraisemblable, a été soumis à l’approbation des familles des victimes.

Jamais pourtant Vol 93 n’embouche les trompettes patriotiques. Il se contente de décrire, avec une caméra qui se faufile dans un décor exigu, s’approche au plus près des êtres, le moment du passage à l’acte, cet engagement personnel, concret, qui fera de ces anonymes des héros. On croit rester spectateur de ce drame dont on connaît l’issue. On sort pourtant les jambes flageolantes. Le réalisateur a su faire du 11 Septembre autre chose qu’une page d’histoire : une réalité physiquement tangible.
VOL 93, Paul Greengrass 2005, Christian Clemenson, Cheyenne Jackson (terrorisme catastrophe)@@ (E)
Les passagers embarquent sans encombre à bord du vol 93 d'United Airlines reliant Newark à San Francisco. La date : le 11 septembre 2001. Peu après le décollage, des faits étranges se produisent à p ...

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WORLD TRADE CENTER, Oliver Stone 2006, Nicolas Cage Michael Pena (histoire catastrophe)@@


Policiers new-yorkais, John McLoughlin et Will Jimeno débutent cette belle journée du 11 septembre 2001 par leurs tâches routinières. Soudain, un appel à toutes les unités retentit dans leur radio : deux avions de ligne se sont écrasés sur le World Trade Center. Rapidement sur les lieux, McLoughlin et Jimeno décident de s'introduire dans les tours jumelles afin de venir en aide aux personnes prises dans l'incendie qui ravage le sommet des gratte-ciel. N'écoutant que leur courage, ils organisent tant bien que mal l'évacuation des occupants de l'immeuble. C'est alors qu'un terrible grondement se fait entendre au-dessus de leurs têtes. La tour dans laquelle ils se trouvent s'effondre...

TELERAMA
Une histoire profondément humaine ou d’un conformisme ennuyeux ? Oliver Stone divise.

POUR : puissant et mésuré
Ils n’ont rien vu de l’effondrement des Twin Towers – et on n’en verra pas beaucoup plus qu’eux. Ils n’étaient même pas dans les tours, mais dans un bâtiment adjacent, dont la structure s’est pliée comme un château de cartes à mesure que s’écroulait le monument visé par les terroristes. Eux, c’est une poignée de flics new-yorkais, précipités en hâte et dans l’impréparation la plus totale pour évacuer les premières victimes de l’attentat du 11 Septembre. Des sauveteurs qu’il s’agit désormais de sauver, emprisonnés qu’ils sont dans un entrelacs de béton et d’acier, entre feu et poussière, plus ou moins gravement blessés, plus ou moins conscients. Bientôt, il n’en reste que deux, symboles du melting-pot américain : l’Irlandais, joué par Nicolas Cage, et le latino, joué par Michael Pena.

Le film d’Oliver Stone ne raconte que ça : l’histoire vraie, minuscule et capitale, de deux types coincés en enfer de métal, et qu’on essaie d’arracher à la mort. Une goutte d’eau dans l’océan du 11 Septembre, et ses innombrables conséquences dramatiques, psychologiques, géopolitiques. Un peu court ? Justement. On comprend ce qu’il y a de paradoxal à recommander un film au nom de ce qu’il n’est pas, des pièges qu’il évite, mais World Trade Center est une œuvre qui, vu son sujet, est étonnamment mesurée et modeste.

On n’y voit nulle bannière étoilée, et on n’y entend pas l’hymne américain repris en chœur, les seules paroles de vengeance sont prononcées par un type qu’on a pris soin de nous présenter comme un semi-taré belliciste ; il n’y a pas non plus – et c’est un choix éminemment politique de la part du cinéaste – la reconstitution de la chute des tours en effets spéciaux numériques. Pas de « spectacularisme » facile, et le patriotisme n’a pas encore sa place à l’instant où se déroule le film : pas question d’axe du Mal, mais de l’humain, rien que de l’humain, et l’exaltation d’une chaîne de solidarité. Quant à la scène qu’on va beaucoup commenter, celle où le flic latino voit, par deux fois, Jésus lui apparaître, ce n’est pas un message prosélyte, mais la vision subjective du personnage, le reflet exact d’une foi du charbonnier, qu’il ne s’agit pas de juger.

Une histoire d’aujourd’hui
Le récit alterne la survie des flics pris au piège et l’inquiétude grandissante de leurs familles, qui attendent des nouvelles des portés disparus. Il y a d’un côté une puissance visuelle indéniable – images quasi abstraites de visages minéralisés dans les gravats, secousses telluriques dès que l’environnement immédiat se modifie sous le poids des décombres –, de l’autre une puissance émotionnelle, celle du cinéma hollywoodien qui sait précisément jouer avec les émotions du spectateur, tirer les larmes quand il le faut, ce qui n’est pas forcément un reproche.


Comme dans ses précédents films, Oliver Stone marche sur la corde raide des grands mythes américains : ici, l’héroïsme individuel (comme dans un vieux John Ford, un des deux flics propose de se faire amputer séance tenante si ça peut accélérer le sauvetage de son copain) et l’importance de la famille dans la vie communautaire. Ces notions sont ambiguës : elles ont forgé une démocratie, bien avant d’être détournées par la frange la plus conservatrice de l’Amérique d’aujourd’hui. Ne pas se tromper : Oliver Stone a juste raconté, à l’ancienne, une histoire d’aujourd’hui, en tâchant d’y retrouver ce qui fait la spécificité d’un pays qu’il aime, et dont on a tant aimé le cinéma. — Aurélien Ferenczi

CONTRE : Vide et paresseux
Vol 93, de Paul Greengrass, était la première « fiction » de cinéma à porter explicitement sur les attentats du 11 Septembre. Reconstitution hyperréaliste du vécu des passagers d’un des avions détournés, c’était aussi un film vide de toute interprétation des faits. Radicalement neutre, le nez dans les commandes de l’appareil. Un simulateur très performant de catastrophe aérienne, mais rien d’autre.

Dans un genre on ne peut plus différent (la grosse production avec vedette), World Trade Center témoigne du même mutisme face à un trauma peut-être trop récent : Oliver Stone lui non plus n’a rien à dire. Il colle autant qu’il peut à une histoire particulière. Circonscrit le champ de la représentation avec une timidité inhabituelle chez lui. Illustre sans ajout ni retrait la mésaventure vraie de deux flics coincés sous les gravats et donc inconscients des événements : ils pourraient aussi bien être deux spéléologues bloqués sous terre après un éboulement de terrain. C’est un choix, mais exécuté en l’occurrence avec paresse et conformisme. Du côté des victimes comme de celui de leurs familles, les partitions sont standards jusqu’à l’ennui, déjà jouées dans des dizaines de films américains où la survie d’un héros en mauvaise passe nourrit le suspense. « Si jamais j’y reste, pourvu qu’elle appelle le bébé Alicia comme elle le voulait tellement. » « Qu’il revienne ou non, j’appellerai le bébé Cecilia comme il le désirait tant. » Etc.

Seule portée symbolique qu’Oliver Stone accorde in extremis à la catastrophe : elle a montré de quel héroïsme le peuple américain – flics, sauveteurs, anonymes – est décidément capable. Après quelques films « indirects » ou métaphoriques sur le 11 Septembre comme La Guerre des mondes, de Spielberg, pleins de désarroi et d’inquiétude, marche arrière toute : retour au satisfecit national comme au bon vieux temps. World Trade Center suggère au fond que rien n’a changé en Amérique, mais n’en tire matière à aucune réflexion critique, seulement un motif d’espérance pour le moins forcé et hasardeux.— Louis Guichard
WORLD TRADE CENTER, Oliver Stone 2006, Nicolas Cage Michael Pena (histoire catastrophe)@@ (E)
Policiers new-yorkais, John McLoughlin et Will Jimeno débutent cette belle journée du 11 septembre 2001 par leurs tâches routinières. Soudain, un appel à toutes les unités retentit dans leur radio : ...