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CADAVRES EXQUIS, Francesco Rosi 1976, Lino Ventura
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Dans une petite ville du Sud de l'Italie, le procureur Varga, puis le juge Sanza, sont assassinés à quelques jours d'intervalle. L'inspecteur Rogas, chargé de l'enquête, fait immédiatement le rapprochement entre les deux affaires. Deux autres meurtres de magistrats sont commis peu de temps après. Les soupçons de Rogas se portent alors sur un pharmacien, un certain Cres, condamné injustement plusieurs années auparavant. Les quatre victimes étaient présentes lors de son procès. Les meurtres se multiplient et, en haut lieu, on ordonne à Rogas de chercher en direction de divers groupuscules gauchistes. Poursuivant ses investigations, l'inspecteur s'aperçoit que la droite fomente un coup d'Etat et se sert de cette affaire pour faire diversion...

TELERAMA
Francesco Rosi poursuit sa réflexion sur les dégénérescences du pouvoir. Son héros enquête sur les meurtres de magistrats italiens, car il croit à la justice de son pays. Seul contre tous.

Des magistrats italiens sont assassinés. L’enquête est confiée à l’inspecteur Rogas. Au fil de ses investigations, le policier découvre les faces cachées d’un pouvoir qui échappe à tout contrôle et des compromissions au plus haut niveau de l’État. Menacé, espionné, suivi, il continue à enquêter...

Rosi, qui avait réalisé en 1961 Salvatore Giuliano, poursuivait avec Cadavres exquis sa réflexion sur les monstruosités, les dégénérescences et les aberrations du pouvoir. Son héros (Lino Ventura, tout de puissance contenue) croit à la justice, à la loi, aux institutions, au gouvernement de son pays. Sa prise de conscience est d’autant plus douloureuse qu’il a trop longtemps refusé de voir les compromissions des uns, les conspirations des autres. Constat particulièrement pessimiste. Une atmosphère angoissante sourd de tous les lieux (sinistres souterrains de la police, longs corridors glacés, cimetière, musée, bureaux immenses et vides), distillant dans chaque action un suspense inquiétant. Le montage, d’une rigueur implacable, donne à certaines scènes (la mort du vieux Varga) une force tragique impressionnante. Un grand film politique.

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