Jacques Cournot, un navigateur français momentanément à quai, coule des jours tranquilles aux Caraïbes. Un jour, un certain Hendrix le contacte et le charge d'estimer un yacht, le "Dragoon". Le lendemain, Cournot découvre que Hendrix a disparu et que le bateau a été volé. La police porte ses soupçons sur lui. Rae Osborne, la propriétaire du "Dragoon", une riche veuve américaine, l'innocente et lui demande de l'aider à retrouver le yacht. Tous deux partent en hydravion pour fouiller les environs. Rapidement, ils repèrent le bateau, échoué sur un banc de sable et désormais aux mains de Morrison et de ses hommes, de dangereux trafiquants d'armes...
TELERAMA
Le réalisateur a cherché à allier le sens de l’action au conflit psychologique. Mission accomplie : le jeu des regards et des silences, la vérité humaine des personnages rappellent le cinéma de Jacques Becker.
Après le succès de Classe tous risques, Claude Sautet refuse de tourner un autre film noir, de peur de s’enfermer dans un genre, et choisit un exercice de style, vaguement inspiré des films américains d’aventures portuaires et maritimes où tout le monde porte chemise blanche et panama. Après quelques séquences extrêmement vivantes où un Lino Ventura souriant en navigateur français momentanément à quai joue au billard et se balade aux Caraïbes, le film devient un huis clos millimétré. Le héros se retrouve alors avec une belle veuve et des trafiquants d’armes sur un bateau échoué.
Superbe idée pour un film d’action que ce yacht immobile où s’affrontent le bien et le mal. Le rôle de la veuve devait être tenu par Léa Massari mais, à cause d’un quiproquo, Sautet vit débarquer Sylva Koscina sur le tournage… Il fit avec, « à la manière des metteurs en scène américains ». Il fait monter la tension jusqu’au dénouement où Ventura, très Humphrey Bogart, porte moins nettement beau qu’au début, avec sa chemise déchirée. Un honnête homme qui a été contraint à la violence, dans un grand film de geste.