Athanase et Charles-Philippe sont membres d'une agence secrète de la police française luttant contre le terrorisme international. Leur cible est Birgit Haas, qui vit à Munich sous un pseudonyme. Conscients que la situation politique actuelle est trop délicate pour un assassinat pur et simple, ils élaborent un plan compliqué. Quelqu'un doit se rendre en Allemagne, entamer une relation sexuelle avec Birgit, puis la tuer dans un "crime passionnel".
TELERAMA
Ex-terroriste, Birgitt Haas gêne encore les services secrets allemands. Adaptant un solide roman de Guy Teisseire, Heynemann a un peu enjolivé les choses. Mais son film d’espionnage tient parfaitement la route.
Les films d’espionnage, ça pousse un peu partout aujourd’hui. En 1980, il fallait se lever de bonne heure pour en trouver en France. Un peu oublié mais plus singulier que son frère cadet, Espion, lève-toi d’Yves Boisset, ce film de Laurent Heynemann combine étroitement espionnage, terrorisme et rencontre amoureuse.
Ayant adapté un roman de Guy Teisseire (qui fut critique de cinéma à France-Soir), le réalisateur en a expurgé la part tragique tout en gardant un fond de noirceur. En contrepartie de renseignements, les services secrets allemands demandent à un groupe du contre-espionnage français de liquider une ex-terroriste de la Fraction armée rouge encore gênante, en maquillant sa mort en crime passionnel. Que ce soit l’espion en chef (Noiret), le gogo piégé (Rochefort, formidable en homme défait, rendu miteux par le chagrin) ou la membre de la lutte armée, tous ici semblent partager en secret un désenchantement, une lassitude tenace.
Le plus du film, c’est sans doute Lisa Kreuzer, réduite au rôle de passante dans les premiers Wenders (Alice dans les villes, Au fil du temps…) et qui prend ici sa revanche à travers une figure cousine d’Ulrike Meinhof, indépendante et errante, toujours combattante même si elle est sur le point de déposer les armes. Birgitt (inédite orthographe, amalgame possible de « Birgit » et de « Brigitte ») Haas, c’est assez rare pour le souligner, fait le premier pas, en toute chose, mais en conquérante fragile, mélancolique. Le français orné d’accent tudesque de l’actrice et son léger strabisme (à la Kate Moss) participent à sa séduction. À noter enfin : la présence fugitive d’André Wilms, compagnon de route (et de déroute) de l’héroïne.