Dans une ferme bourgeoise de la campagne anglaise, Sarah, une jeune fille devenue aveugle après une chute de cheval, découvre les cadavres de ses parents adoptifs au retour d'une promenade avec son ami. Le jardinier, dans son dernier souffle, lui glisse le bracelet que le meurtrier a perdu lors de son forfait. Sarah se réfugie dans un camp de gitans, puis s'enfuit. Le mystérieux assassin est à ses trousses...
TELERAMA
Sur un thème proche de celui de “Seule dans la nuit” avec Audrey Hepburn, Richard Fleischer (“Soleil vert”) à son meilleur.
Un pur plaisir de cinéma traverse ce film de Richard Fleischer admiré par les fans de Hitchcock. Une histoire effrayante, qui aurait pu être facile, y devient fascinante par la manière dont elle est mise en scène. Après un accident de cheval qui l’a rendue aveugle, Sarah est accueillie dans une grande demeure à la campagne. Un décor bourgeois bientôt transformé en scène de crime, labyrinthe sanglant dans lequel elle devra chercher à tâtons comment survivre.
Lancé en 1971, quelques mois avant Orange mécanique de Stanley Kubrick, Terreur aveugle s’ouvre sur l’évocation d’une violence qui s’affiche partout, au cinéma comme sur le petit écran, et s’incarne en un inconnu dont on ne verra que les santiags. Un indice trop vague pour identifier ce tueur pervers : tous les hommes deviennent suspects — notamment le palefrenier en chaussettes. Mais, si la violence masculine est pointée, c’est comme un fait établi. L’important est moins le coupable que l’enfer dans lequel est jetée la victime aveugle, interprétée avec courage par Mia Farrow. Le sadisme envers une femme (très présent chez Hitchcock) se double ici d’une terrible cruauté envers une personne handicapée. L’élaboration de la mise en scène n’en est que plus cruciale, la perfection de la forme passant ainsi devant ce que le fond a de trop trouble…
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