![]() | ELLES DEUX, Renaud Bertrand 2026, Sylvie Testud, Meriem Serbah (telefilm terrorisme)@@Tout les oppose Sandrine et Hasna, deux quinquagénaires : leur condition sociale, leur vécu, leur origine. Malgré leurs différences, elles vont s'associer dans le même projet intime et viscéral : sortir leur petit-fils de l'enfer d'un camp de prisonniers de Daesh. Elles vont devoir apprendre à cet enfant la douceur, extraire de lui ses peurs comme sa violence, faire taire les cauchemars terribles qui le hantent. Et, à force de patience et de tendresse, elles vont tenter de lui rendre non pas son innocence, mais sa personnalité de petit garçon, capable de vivre avec les autres en paix. Deux femmes, un enfant. Trois destins liés indéfectiblement... TELERAMA Une décennie après que leurs enfants aient rejoint Daech, deux grands-mères recueillent leur petit-fils rapatrié de Syrie. Une histoire complexe et politique vidée de sa substance par ce récit simpliste. Lorsque Sandrine et Hasna se rencontrent pour la première fois, elles se détestent déjà cordialement depuis onze ans. La première, responsable d’une jardinerie, est la mère de Vanessa. La seconde, à la tête d’une cantine, est celle de Jamel. Leurs enfants sont tombés amoureux au sortir de l’adolescence et sont partis rejoindre Daech en Syrie alors que Vanessa était enceinte. Le même aveuglement, la même impuissance face à la radicalisation de leurs enfants ne les a pas empêchées de se tenir mutuellement pour responsables de ce drame. Lorsque survient l’espoir de rapatrier Vanessa et son petit Hicham, les deux jeunes grands-mères sont obligées de s’apprivoiser. Puis d’en faire de même avec le garçon de 10 ans qui leur est confié. Coécrit par Ève de Castro et Sylvain Saada, Elles deux doit répondre à la nécessité d’allier l’ampleur romanesque réclamée par la fiction et la pédagogie autour d’un sujet complexe, éminemment politique. Malheureusement, le téléfilm ne se montre convaincant sur aucun des deux tableaux. Sûrement parce que les tensions intérieures d’Hicham, confronté à une grand-mère fumeuse et une autre athée alors qu’il a été élevé par des djihadistes, sont résumées par des affrontements clichés et prévisibles. Lesquels finissent par se résoudre à coups de dialogues sans reliefs autour des valeurs de la République. Peut-être aussi parce qu’il est difficile de croire au personnage de Sandrine et à sa naïveté confondante, elle qui éprouve une joie presque enfantine et dénuée d’inquiétude à l’idée de retrouvailles pourtant annoncées comme douloureuses. Meriem Serbah ne démérite pas dans le rôle d’Hasna mais Sylvie Testud ne peut rien contre une écriture aussi bancale. Reste l’idée, encore rare à la télévision et plutôt délicatement traitée, de deux femmes quinquagénaires qui réapprennent à s’ouvrir au monde. Cela ne suffit hélas pas à sauver l’ensemble. Tout les oppose Sandrine et Hasna, deux quinquagénaires : leur condition sociale, leur vécu, leur origine. Malgré leurs différences, elles vont s'associer dans le même projet intime et viscéral : sor ... |
![]() | HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coûte. Une cancérologue de Villejuif lui propose une solution conforme à son choix. Commencent alors les séances de chimiothérapie, la chute de cheveux et la fatigue. Emma se voit obligée de cesser ses activités. Son frère s'éloigne, effrayé par cette maladie. Simon continue à la soutenir, tant bien que mal. Emma se bat contre la mort, parvient au huitième mois de sa grossesse et accouche par césarienne d'une petite fille, Juliette... TELERAMA Alors qu’elle est enceinte, Emma apprend qu’elle a un cancer du sein. Elle décide de garder l’enfant tout en se soigant. Inspiré de sa propre histoire, un film sobre et fort de Sólveig Anspach. Emma attend un enfant. Elle le voulait. Son compagnon, Simon, pas vraiment. Ils s’engueulent. Peut-être même se quitteraient-ils si Emma, un jour, ne sentait une petite boule dans l’un de ses seins… Ce n’est pas un film qui rassure, non, mais qui assure que l’impossible doit être tenté. Toujours. À un futur papa qui, dans une salle d’attente, prône devant elle les charmes de l’accouchement naturel, Emma, excédée, lance cette formule qui, de toute évidence, se veut la morale du film : « Je remercie la science et j’emmerde la nature. » On retrouve cette ardeur dans la mise en scène. Venue du documentaire, Sólveig Anspach sait qu’un détail précis en dit plus qu’un long discours. Cette même ardeur, on la retrouve chez Emma, qu’interprète Karin Viard. Ce qu’elle réussit à exprimer, c’est la lente progression de son personnage vers la lumière. Emma la cherche. Et soudain, elle est là, qui l’envahit. Dans la chambre stérile où elle continue à se battre pour sa vie, dans une clarté qui évoque un reflet d’éternité. Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coû ... |
![]() | MIA ET LE LION BLANC, Gilles de Maistre 2018 (nature animaux)@@Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant. TELERAMA Forcée de quitter Londres pour suivre ses parents éleveurs de félins en Afrique du Sud, la petite Mia retrouve enfin sa joie de vivre au contact d’un lionceau blanc, avec lequel elle noue une complicité exceptionnelle. À mesure que l’animal sauvage grandit, les risques augmentent et la séparation devient inévitable… C’est le canevas typique de film pour enfant un peu mièvre comme Disney savait en trousser à la chaîne dans les années 1970 et 1980. La fable familiale du documentariste Gilles de Maistre abuse de plans de savane filmés par un drone dans une lumière mordorée. Mais elle est sauvée par un personnage de gamine incapable de rentrer dans le rang. Et par une dénonciation efficace des élevages de fauves conçus pour devenir les trophées d’abjects touristes braconniers en manque de sensations fortes. Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite ins ... |
![]() | POWER OF LOVE, Jonas Rothlaender 2022, Saara Kotkaniemi, Nicola Perot (sentimental)@@Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans la relation passionnelle qu’ils entretiennent, c’est elle – plus âgée, mieux installée professionnellement et à la réputation de croqueuse d’hommes – qui a le dessus. Le doux Robert, étranger dans ce pays dont il maîtrise mal la langue, accepte de bonne grâce la position peu conventionnelle qu’il occupe dans le couple : lui se verrait volontiers mener une vie de père au foyer. Pourtant, leurs rapports amoureux et intimes sont une succession de jeux de rôle où les dynamiques de genre s’inversent et s’exacerbent. Alors que tous deux s’apprêtent à prendre un mois de congés pour sillonner en bateau l’archipel de Turku où résident la famille et les amis de Saara, ces vacances s'avèrent être une épreuve du feu... ALLOCINE Un film bien improbable sur cet amour entre une jeune femme affranchie, très libérée et cet étudiant en quête de visa. Une sorte de domination de classe, d’emprise, pour une histoire bien peu intéressante. Beaucoup de lenteur et un scénario minimum, bien mince. On ne croit pas non plus au côté néo SM de cette relation, qui vient come un cheveu sur la soupe, aucun sens . ARTE Le temps d’un été dans l’archipel finlandais, la passion ambiguë d’un jeune couple, traversée de jeux de pouvoir... Un drame amoureux à l’érotisme rugueux, qui ausculte parfois jusqu’au malaise un couple moderne. Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans la relation passionnelle qu’ils entretiennent, c’est elle – plus âgée, mieux installée professionnellement et à la réputation de croqueuse d’hommes – qui a le dessus. Le doux Robert, étranger dans ce pays dont il maîtrise mal la langue, accepte de bonne grâce la position peu conventionnelle qu’il occupe dans le couple : lui se verrait volontiers mener une vie de père au foyer. Pourtant, leurs rapports amoureux et intimes sont une succession de jeux de rôle où les dynamiques de genre s’inversent et s’exacerbent. Alors que tous deux s’apprêtent à prendre un mois de congés pour sillonner en bateau l’archipel de Turku où résident la famille et les amis de Saara, ces vacances s'avèrent être une épreuve du feu... Paradoxes du désir L’égalité homme-femme est-elle un carburant de la passion – ou au contraire, un frein ? C’est l’une des questions (polémiques !) qu’aborde ce drame amoureux à l’érotisme rugueux, qui ausculte parfois jusqu’au malaise un couple moderne, superbement incarné par Saara Kotkaniemi et Nicola Perot. De tensions en réconciliation se dessinent des jeux sadomasochistes flous, que l’absence de cadres clairs transforme peu à peu en véritable rapport de domination. Car même lorsqu’elle se rêve en femme soumise, c’est toujours Saara qui fixe les règles… Prolongeant une exploration des déchirements du couple et des pièges de la virilité, le réalisateur Jonas Rothlaender interroge ici les paradoxes de nos désirs – le désir d’égalité et d’épanouissement individuel, l’érotisation de la domination, la tentation de vouloir changer l’autre ou de jouer avec le feu. En sous-texte, il pointe également à quel point il peut être difficile d’assumer de déjouer les attentes sociales en s’extrayant des rôles attendus. Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans l ... |
![]() | TOUT PEUT ARRIVER, Nancy Meyers 2003, Jack Nicholson, Diane Keaton (sentimental)@@@Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe divorcée, Erica Barry. Cependant, un médecin trentenaire séduisant veille au grain. TELERAMA La regrettée Diane Keaton, féministe sexy, trouve l’extase dans les bras de Jack Nicholson, vieux cabot hilarant shooté au Viagra. Antijeunisme et antimachisme au programme de cette comédie romantique burlesque. Cette comédie romantique a frôlé en son temps le happening si l’on rapporte l’âge de ses protagonistes, la soixantaine, aux 125 millions de dollars gagnés au box-office américain. Diane Keaton, riche écrivaine qui croyait avoir « fermé boutique », retrouve sa verdeur dans les bras de Jack Nicholson, superpatron vermoulu, toujours entre deux infarctus et deux amantes. Le Viagra comme stimulant pour l’un, la ménopause comme contraceptif pour l’autre : Nancy Meyers, une des rares cinéastes femmes puissantes de Hollywood au début des années 2000, parle sans détour de la sexualité après la jeunesse, amortissant toutefois le « choc » avec beaucoup de luxe — villa de millionnaire sur Long Island. Antijeuniste et antimachiste, le film parvient à faire drôle sur les deux fronts. Diane Keaton est fêtée par le scénario, courtisée même par Keanu Reeves, mais elle a tendance à surjouer. C’est Nicholson qui décroche la timbale, poussant son numéro présénile vers des sommets de cabotinage masochiste, fesses à l’air dans les couloirs de la clinique. Dommage que ce burlesque de l’âge mûr s’estompe peu à peu au service du cahier des charges usuel des blockbusters romantiques. Et que le film s’étire plus que de raison : on se serait passé du happy end à Paris, vu comme le symbole de l’antiquaille toujours désirable… Harry Sanborn, directeur d'une maison de disques new-yorkaise, ne sort qu'avec des filles de moins de 30 ans. Durant un rendez-vous romantique avec sa nouvelle petite amie, Marin, il tombe sous le charme de sa mère féministe d ... |