JANE, Julian Jarrold 2007, Anne Hathaway, Maggie Smith, Julie Walter (biopic)@
Angleterre, 1795. La jeune Jane Austen habite une modeste demeure de l'Hampshire avec ses parents, dont la situation financière est des plus délicates. Sa mère aimerait d'ailleurs la voir épouser Wisley, qui, en tant que futur héritier de Lady Gresham, pourrait lui assurer un avenir confortable. Jane, elle, rêve de vivre de sa passion, l'écriture, et n'envisage de se marier que par amour.
TELERAMA
La vie et les amours (plus ou moins authentiques) de la romancière Jane Austen, à l’orée du XIXe siècle. De jolis costumes et de jolis plans sur la campagne anglaise. L’ironique auteur d’“Orgueil et préjugés” méritait sans doute mieux.
Pas un illustre personnage qui échappe à sa bio sur grand écran. Si d’aventure, vissé(e) à ses manuscrits, il ou elle a vécu une existence trop pépère, on se charge de la pimenter. Ainsi pour Jane Austen, demoiselle de bonne famille, jolie (d’après le seul portrait connu), espiègle et avisée, vivant dans l’Angleterre prévictorienne, et surtout auteur de quelques romans majeurs (entre autres, Orgueil et préjugés et Raison et sentiments, récits de mariage baignés d’acide ironie). Au cinéma, tout cela offre une tranquille garantie de succès : beaux costumes et campagne verdoyante, plus la frimousse d’une actrice qui monte (ici Anne Le diable s’habille en Prada Hathaway).
Seul hic : la belle Jane, si douée pour caser ses héroïnes, ne s’est, elle, jamais mariée, jamais liée. Rien, nada, ceinture. Qu’importe, le film dégote l’indispensable soupirant caché : un certain Tom Lefroy, avec lequel Jane Austen a partagé quelques danses aux alentours de Noël 1795. Dans le film, cette vague rencontre se mue en passion contrariée. Seul le supposé amoureux, que joue le magnétique James McAvoy (remarqué dans Le Dernier Roi d’Ecosse), apporte un peu d’air frais dans la bonbonnière. Parce que transformer la vie de Jane en roman d’Austen n’est pas à la portée de n’importe qui : la copie n’a ni le talent caustique ni la finesse d’évocation de l’original.