![]() | ANOMALISA, Duke Johnson et Charlie Kaufman 2015 (animation)@@Michael Stone, mari, père et auteur respecté de "Comment puis-je vous aider à les aider?" est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. TELERAMA Comment se porte le mâle occidental, du moins le modèle fabriqué au XXe siècle et toujours en circulation, avec ses schémas rigides de réussite sociale et familiale ? Pas bien du tout. Le voici dans l’avion, en déplacement professionnel. Puis dans l’un de ces hôtels standards où l’on ne séjourne que pour le travail. Ce spécimen ressemble à beaucoup d’autres. Voilà pourquoi la technique de l’animation image par image, qui met en mouvement des pantins synthétiques, est d’emblée si éloquente. Le goût américain pour les procédures et les formules toutes prêtes n’a jamais semblé aussi étouffant et risible. Le travail du personnage parachève le tableau : consultant-expert du service clientèle en entreprise. Apparemment mû par une banale pulsion sexuelle, l’homme invite dans sa chambre une autre cliente de l’hôtel, complexée et admirative. Elle seule, par son aptitude inattendue à vivre et à partager l’instant présent, provoquera un court-circuit émotionnel, sinon existentiel… Anomalisa est une rareté absolue : il faut imaginer un univers où se croiseraient Michel Houellebecq et David Lynch — auquel le film emprunte ses décrochages cauchemardesques. Charlie Kaufman, auteur de cette histoire, qu’il écrivit auparavant pour le théâtre, fut d’abord connu pour ses scénarios, dont celui d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry (2004). Il trouve, avec ce film, la forme idéale pour sa crudité, ses idées noires et son humour sardonique. Michael Stone, mari, père et auteur respecté de "Comment puis-je vous aider à les aider?" est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. TELERAMA Comment se porte le mâ ... |
![]() | ARTHUR ET LES MINIMOYS, Luc Besson 2006, Mylène Farmer (voix)(animation)@@Afin de sauver la maison de sa grand-mère de l'action d'un entrepreneur, un garçon de 10 ans se lance sur les traces d'un trésor dont lui parlait son grand-père. Il pénètre alors un monde de créatures miniatures qui vivent en harmonie parfaite avec la nature. TELERAMA Un garçonnet se retrouve sous le jardin parmi des minicréatures à oreilles pointues… Écologie potagère et amour pur : 50 % pro, 50 % naïf, 100 % Besson. Dans une campagne américaine des années 1960 qui fleure bon l’apple pie, un garçonnet veut sauver sa mamie de l’expropriation. En quête d’un trésor, il pénètre dans un monde peuplé de lutins plus combatifs et sages que les humains… Habitude bessonienne, le scénario d’Arthur et les Minimoys est lilliputien. Mais, avec sa multitude de minicréatures, le cinéaste opère un syncrétisme d’heroic fantasy à large spectre, allant de Dark Crystal à Star Wars, du Seigneur des anneaux aux BD de Loisel. Et Selenia, la princesse techno-punk qu’il attache à son héros, est une séduisante synthèse en 3D de son éternel féminin. Avec ce film plus personnel qu’il n’y paraît, Besson n’a pas besoin de se cacher derrière les fusillades, les cités futuristes ou dans les profondeurs marines pour dire sa peur de l’âge adulte. Pour cultiver sa part d’enfance, il va juste au bout du jardin et le fait devant un public « de son âge ». Afin de sauver la maison de sa grand-mère de l'action d'un entrepreneur, un garçon de 10 ans se lance sur les traces d'un trésor dont lui parlait son grand-père. Il pénètre alors un monde de cr&eacu ... |
![]() | SOUVENIRS DE MARNIE, Hiromasa Yonebayashi 2015 (animation japon)@Anna, 12 ans, est orpheline et solitaire. Son asthme pousse sa mère adoptive à l'envoyer quelque temps à Hokkaïdo chez des parents éloignés qui vivent au bord de la mer. En se baladant, Anna découvre une très belle maison, ancienne et aperçoit une jeune fille à la fenêtre : c'est Marnie. Elles vont petit à petit lier une belle amitié quand elles découvrent qu'elles partagent un même mal-être. Or, Marnie disparaît sans prévenir. Intriguée, Anna tente de comprendre pourquoi. TELERAMA Ce conte intimiste a été créé dans les studios japonais Ghibli (fondés par Hayao Miyazaki), et ça se voit. À commencer par le décor, radieux coin de nature peint à la main, dont les coteaux d’un vert frémissant, les ciels purs et les maisons nichées dans les arbres semblent appartenir au même pays que Mon voisin Totoro. Même air de famille dans le scénario, qui explore les blessures et l’imaginaire des enfants. Très influencé par Miyazaki, Hiromasa Yonebayashi n’est pas novice pour autant : on lui doit Arrietty, le petit monde des chapardeurs, sorti en 2010. Il nous offre cette fois une rêverie aux reflets fantastiques. Qui est vraiment Marnie ? Un fantôme, un souvenir, une chance de résilience ? Cette amitié éperdue, comme une psychothérapie surnaturelle entre deux gamines malmenées par la vie, oscille entre une mélancolie très adulte et une naïveté juvénile, avec beaucoup d’étreintes froufroutantes et de serments pour toujours au coucher du soleil. C’est très joli, presque trop… Il manque encore à la nouvelle génération Ghibli ce zeste de magie qui sépare l’habileté du génie. Anna, 12 ans, est orpheline et solitaire. Son asthme pousse sa mère adoptive à l'envoyer quelque temps à Hokkaïdo chez des parents éloignés qui vivent au bord de la mer. En se baladant, Anna dé ... |