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A CHACUN SON SECRET, Francis Meletzky 2022, Franziska Hartmann, Stephan Szasz (policier)@)


Mutée à Hambourg dans une unité de la police judiciaire, la commissaire Katharina Tempel doit enquêter sur la disparition d'un couple de médecins. Ulla Leitermann est bien parvenue à appeler brièvement à l'aide, mais à l'arrivée de la police, son mari et elle avaient disparu. Aux côtés de son nouveau chef, Georg König, et de sa collègue, Dela Tahiri, la jeune policière se lance avec zèle dans cette première mission. L'équipe ne tarde pas à découvrir Hans Leitermann, inconscient sur sa péniche, mais ne trouve aucune trace de son épouse. Les deux praticiens gèrent une clinique de diagnostic prénatal, où sont pratiquées des interruptions de grossesse. Se sont-ils fait des ennemis parmi les militants anti-avortement ?...

TELERAMA
Tout juste mutée à Hambourg, l’enquêtrice Katharina Tempel est confrontée à la disparition inquiétante d’un couple de médecins. Francis Meletzky propose ici une intrigue efficace, à laquelle se mêlent les tourments intimes de sa protagoniste.

Au secours, il y a quelqu’un chez moi, au 8 Wasserwerg. — Vous voyez qui est entré ?  », puis le silence. Alors qu’elle prend tout juste ses fonctions dans une unité de police judiciaire d’Hambourg, Katharina Tempel est confrontée à la disparition d’Ulla et Hans Leitermann, couple de médecins à la tête d’une clinique de diagnostic prénatal, où sont pratiquées des interruptions de grossesse. Tout prête alors à penser que des militants anti-IVG s’en sont pris au couple de praticiens, introuvable depuis l’appel d’Ulla Leitermann à la police hambourgeoise. Toutefois, c’est un scénario plus tortueux et inattendu que propose Elke Rössler. Et en recherchant la vérité, Katharina Tempel doit faire face à ses propres démons.

Tout en cochant les cases traditionnelles du polar — une disparition inquiétante, un tandem enquêteur / enquêtrice solide, un enchaînement de fausses pistes — Francis Meletzky et sa scénariste apportent une attention particulière rafraîchissante à leur protagoniste. Au fil de la traque, derrière ses apparences de femme accomplie, Katharina Tempel se révèle torturée, malmenée. Un portrait d’enquêtrice moderne et nuancé, qui ne tombe pas dans la facilité.
A CHACUN SON SECRET, Francis Meletzky 2022, Franziska Hartmann, Stephan Szasz (policier)@) (edit IPTC) (E)
Mutée à Hambourg dans une unité de la police judiciaire, la commissaire Katharina Tempel doit enquêter sur la disparition d'un couple de médecins. Ulla Leitermann est bien parvenue à appeler bri&egra ...

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AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@


Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se diversifier s'est surendetté. Comment a-t-il pu s'enfoncer autant ? Aidée d'Antoine, son amour de jeunesse et aujourd'hui gérant d'une association d'agriculteurs en difficulté, Laure découvre un complot visant à pousser les agriculteurs à la faillite pour racheter leurs terres. Alors que l'eau vient à manquer dans la région, Laure comprend que sa famille et d'autres agriculteurs sont les cibles d'un vaste plan de mainmise sur l'eau...

TELERAMA
N’est pas le réalisateur d’“Erin Brockovich, seule contre tous” qui veut… Malgré l’intérêt et l’actualité du sujet, ce téléfilm sombre dans un didactisme soporifique. Un documentaire aurait été plus puissant…

Julien Levêque est à la peine. Son exploitation agricole croule sous les dettes. Victime d’un accident cardiaque, il s’effondre, laissant à sa mère, sa femme et sa fille la gestion de la ferme. Venue en renfort, sa sœur Laure (Mathilde Seigner) découvre l’ampleur du surendettement. Ensemble, ces trois générations de femmes vont tenter de sauver ce qu’il reste à sauver. Avec l’aide d’une association d’agriculteurs en difficulté, elles mettent au jour un scandale économique.

N’est pas le réalisateur d’Erin Brockovich, seule contre tous qui veut… Malgré tout l’intérêt et l’actualité du sujet, le téléfilm sombre d’entrée dans un didactisme soporifique. La qualité du casting, notamment la présence de Caroline Proust, ne parvient jamais à le sauver d’être autre chose qu’un exposé sur les difficultés du monde agricole et l’enjeu de l’eau. Ni la petite touche « Roméo et Juliette », ni celle du féminisme n’y peuvent rien. Privé de réelle émotion, porté par des personnages prisonniers de leurs stéréotypes, Au cœur de nos terres ne délivre qu’une dramaturgie a minima. Et on ne peut s’empêcher de se dire qu’un documentaire aurait été plus puissant…

AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@ (edit IPTC) (E)
Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se div ...

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BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e)


Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle pousse ce dernier à se tourner vers la prostituée Unis pour assouvir ses désirs lascifs. Suite au décès soudain de son père, Rosemary sombre dans une profonde dépression et se retrouve prise au piège d'un cauchemar érotique surréaliste, où se mêlent sexe et mort.
BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e) (edit IPTC) (E)
Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle po ...

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COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@


Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks, il est tout de suite séduit par les lignes souples de ces canots, qui lui rappellent le fuselage d'un avion. Après avoir acquis un kayak et s'être entraîné sur le toit de sa maison, il reçoit l'approbation de sa femme pour entreprendre une virée en solitaire sur une rivière inconnue. Au cours de son périple qui rompt totalement avec son quotidien et l'entraîne loin de chez lui, Michel multiplie bientôt les rencontres le long de la rive...

TELERAMA
Michel plaque son boulot de graphiste pour une virée vers l’ailleurs à bord d’un kayak. Un hymne à la lenteur et à la paix porté par le cinéaste lui-même dont la puissance burlesque enchante cette “dolce vita” champêtre et arrosée.

La crise de la cinquantaine, personne ne l’avait imaginée ni filmée comme ça. Comme une échappée minuscule, un voyage quasi immobile en eau douce et au ralenti. Jusque-là, c’est le cadet des frères Podalydès, Denis, qui prêtait son talent aux hommes fragiles et raisonneurs qui peuplent les films de son aîné. Cette fois, c’est le cinéaste lui-même, Bruno, qui s’y colle, avec une puissance burlesque remarquable. Donc, Michel, dit à son corps défendant « Choumi », plaque temporairement son écran de graphiste 3D pour la petite grande aventure dans la vraie vie. Lui qui rêve d’Aéropostale se contente d’un kayak.

Havre de paix et de jouissance
Une fois assemblé, lesté de provisions choisies, posé sur l’eau pas trop vive d’une petite rivière, ce vaisseau magnifique le mènera enfin ailleurs. Jusqu’à la mer, peut-être, si la distance n’excède pas la petite semaine de congé qu’il a prise. Puisqu’il s’agit d’une mini-Odyssée, notre Ulysse a sa Pénélope (Sandrine Kiberlain), épouse compréhensive qui accepte le caprice comme celui d’un grand malade ou d’un enfant. Et sur son chemin surgit Circé : elle a les traits plantureux d’une patronne de guinguette (Agnès Jaoui), et on ne peut lui échapper.

Commencé par une sieste, poursuivi au rythme de l’escargot (de rivière), le périple s’immobilise : quoi que le voyageur tente, le destin le ramène sans cesse au bizarre havre de paix et de pure jouissance, où les femmes sont douces et l’alcool coule en abondance. Comme dans un conte, le kayakiste est victime d’un sort qui le scotche à une dolce vita champêtre et arrosée. On aimerait en connaître l’adresse.
COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@ (edit IPTC) (E)
Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks ...

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DARLING, Christine Carrière 2007, Antoine Laurent, Marina Foïs (femmes)@@


Darling est une femme lancée dans le broyeur de la vie, qui semble toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre d'une vie qui ne l'épargne jamais vraiment. Pourtant elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours et son histoire témoignent d'une rage de vivre. Elle se bat pour exister. Si elle tombe, elle se relève. Ses rêves se heurtent à la réalité mais Darling avance, toujours et encore, proche de la rupture, avec une énergie incroyable.

TELERAMA
Elle a choisi son surnom, Darling, mais pas sa vie : une suite d’horreurs dont elle émerge invaincue. Histoire vraie, filmée avec tendresse, et un humour féroce.

D'abord, on n’y croit pas. On ne peut pas. On ne veut pas. Ce village cerné par le brouillard et les camions, ces paysans fermés, opaques, terrifiants de rancœur et de méchanceté, cette fille confiante, victime née, qui épouse l’homme de ses rêves et se retrouve tordue, broyée, brisée de partout… Pourtant, tout est vrai. Christine Carrière filme son héroïne avec un style à elle : mélange de rigueur et d’émotion, que l’on avait aimé dès Rosine, en 1994… Elle additionne les coups que Darling prend en pleine gueule. Et suggère leurs effets sur ceux qui croisent sa route. Aux côtés de Guillaume Canet, impeccable en petit con à qui on n’en veut même pas tant il l’est — con —, Marina Foïs interprète cette sœur française de la Ladybird de Ken Loach. Quand la vraie Darling s’était confiée à l’écrivain Jean Teulé, elle lui avait demandé de la rendre belle, car elle ne l’avait jamais été et qu’elle aurait bien aimé « voir comment ça fait ». Darling était belle, même si elle ne voulait pas l’admettre. Désormais, grâce à Marina Foïs, elle le sait.
DARLING, Christine Carrière 2007, Antoine Laurent, Marina Foïs (femmes)@@ (edit IPTC) (E)
Darling est une femme lancée dans le broyeur de la vie, qui semble toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre d'une vie qui ne l'épargne jamais vraiment. Pourtant elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son ...

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GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@


Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en sort vainqueur, obtenant le droit ultime de participer à une course grandeur nature. Il débarque alors dans la cour des grands, entouré d'un ancien pilote et d'un cadre de l'industrie du sport automobile. Tous les trois s'engagent dans une aventure sans précédent, au cours de laquelle Jann doit faire face à la dure réalité de la concurrence. Les débuts du jeune homme sont difficiles...

TELERAMA
Tiré de l’histoire vraie d’un jeune Anglais passé du simulateur de conduite “Gran Turismo” aux vrais circuits, ce film un peu lent au démarrage nous attrape finalement par son énergie de film de bagnoles bien mis en scène.

Ça commence par une pub. Après le logo PlayStation, le film s’ouvre sur un hallucinant simili-clip qui vante les mérites de Gran Turismo, le jeu vidéo, pardon le « simulateur de conduite si réaliste conçu par Kazunori Yamauchi », comme pour marteler qu’il s’agit bien de l’adaptation d’un produit. Et en effet le film met du temps à passer la seconde et à s’éloigner de Gran Turismo, le jeu.

On y suit l’histoire vraie de Jann Mardenborough, gamin de Cardiff devenu pilote grâce à ses milliers d’heures de conduite sur simulateur et à la GT Academy, coup de force marketing de Nissan qui a proposé, de 2008 à 2016, de former de façon professionnelle les meilleurs joueurs du simulateur. Formation racontée de façon peu crédible à l’écran dans une brève première partie embêtée et étrangement télévisuelle, façon Hunger Games puisque les candidats y sont cruellement éliminés un par un. Jann ne se démarque pas vraiment, mais gagne quand même la course.

Le voilà sur la ligne de départ d’un vrai circuit. C’est là que Gran Turismo commence enfin, comme si le réalisateur, Neill Blomkamp (District 9, Chappie), reprenait la main sur son film. Inserts sur la machine, le pilote, les pièces de moteurs ; vitesse et énergie… C’est presque Le Mans, avec Steve McQueen (Lee H. Katzin, 1971). Quoique, vu les poncifs – chers à notre cœur – de la course automobile au cinéma et le côté biopic, on est sans doute plus proche de Rush (Ron Howard, 2013).

On entend de moins en moins les mots « Nissan » et « Gran Turismo », embarqué dans le cockpit d’un film de bagnoles où l’on roule coûte que coûte, où les pilotes s’échangent des regards noirs derrière leur volant et où un écrou pas assez vite revissé lors d’un arrêt en paddock sonne comme un arrêt de mort. Entre deux accélérations, il y a forcément un grave accident (ici bien réel et meurtrier, mais avancé dans l’histoire du personnage par souci de progression narrative), suivi de grandes affirmations existentielles sur la vie et l’envie – de conduire, de gagner ou d’arrêter – balancées par le mentor (David Harbour, plutôt juste) du pilote. Une formule éprouvée : quand Jann termine troisième dans sa catégorie au Mans, c’est notre podium à tous.
GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@ (edit IPTC) (E)
Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en so ...

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KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@


Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé depuis longtemps : les Russes souhaitaient purger l'armée polonaise de tous les prétendus opposants. Parmi les victimes, tuées au bord de fosses communes, beaucoup d'étudiants gradés. Quatre familles polonaises sont ainsi touchées par la perte d'un ou plusieurs proches : un mari, un frère, un père.

TELERAMA
On retrouve avec émotion le style d'un cinéaste un peu oublié aujourd'hui (que c'était beau, pourtant, Les Noces et Les Demoiselles de Wilko). On retrouve ses profondeurs de champ, l'ampleur de ses mouvements de caméra, ses plans bleutés où la lumière semble avoir du mal à se frayer un chemin à travers les rares ouvertures...

L'idée du film est venue à Andrzej Wajda en entendant un lycéen polonais déclarer que le 17 septembre 1939 (date de l'invasion de la Pologne par les Russes) n'était rien d'autre qu'un « jour férié »... Trop, c'est trop ! D'où ce Katyn, évocation romancée, à partir de trois destins de femmes, du massacre, au début de la Seconde Guerre mondiale, de vingt mille officiers polonais (dont le père de Wajda). Massacre fomenté par la police secrète de Staline, mais nié par les autorités soviétiques jusqu'à la reconnaissance du crime par Gorbatchev, en 1990...

Le film est constamment sous-tendu par une haine féroce de l'hypocrisie militaire et par la volonté de renvoyer dos à dos l'Armée rouge et les troupes nazies. Il est tout imprégné d'un lyrisme à l'ancienne, beau et solennel, qui risque, hélas, de laisser totalement froid le lycéen polonais indifférent à l'Histoire, pour lequel il a visiblement été fait.
KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@ (edit IPTC) (E)
Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé ...

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L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@


Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hannibal aime diriger les opérations, Futé est souvent à l'origine des plans de génie.

TELERAMA
La série télé des années Reagan habilement modernisée. Drôle, nerveuse, aux cascades hallucinantes, Joe Carnahan signe une adaptation réussie au casting quatre étoiles.

Ceux qui réussissent l'adaptation d'une série télé sur grand écran ont forcément du style : John Woo dans le deuxième volet de Mission : Impossible, ou McG et ses Drôles de dames. Du style, Joe Carnahan en a à revendre. Ses précédents polars, déjantés, tarantiniens (Narc, Mi$e à prix), en faisaient le candidat idéal pour moderniser les aventures de Futé, Hannibal, Looping et Barracuda, les Pieds Nickelés de L'Agence tous risques, madeleine cathodique de la génération X.

Le patriotisme paramilitaire de la série des années Reagan est avantageusement adouci par un scénario truffé d'humour et une mise en scène très énergique. Le réalisateur enchaîne les cascades, d'autant plus jouissives que parfaitement invraisemblables. On voit un char d'assaut voler, des containers déplacés à la grue comme des gobelets de bonneteau... Les acteurs eux-mêmes semblent boostés : Liam Neeson, épatant Hannibal Smith, a rajeuni de dix ans.
L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@ (edit IPTC) (E)
Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hann ...

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LA CASA DE LAS MUJERES PERDIDAS, Jesus Franco 1983, Lina Romay, Antonio Mayans, Mario Pontecorvo, Carmen Carrión (film e)


Desdemona vit sur une île isolée avec son étrange famille: son père très torturé, sa belle-mère sadique et sa soeur handicapée. Elle rêve de s'en échapper. Un beau jour, un étranger parvient à s'immiscer dans leur cocon.
LA CASA DE LAS MUJERES PERDIDAS, Jesus Franco 1983, Lina Romay, Antonio Mayans, Mario Pontecorvo, Carmen Carrión (film e) (edit IPTC) (E)
Desdemona vit sur une île isolée avec son étrange famille: son père très torturé, sa belle-mère sadique et sa soeur handicapée. Elle rêve de s'en échapper. Un beau jour, un ...

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LA SALLE DES PROFS, IlkerCatak 2023 (societe education)@@


En Allemagne, une série de vols commis dans la salle des professeurs d'un collège public inquiète l'administration. Choquée par les méthodes de la direction, qui fait pression sur les délégués de classe afin qu'ils désignent de potentiels suspects parmi les élèves, Carla Nowak, une professeure de mathématiques et d'éducation physique, décide de mener sa propre enquête pour confondre le coupable. Pour parvenir à ses fins, elle laisse tourner la caméra de son ordinateur portable. Si les images enregistrées dévoilent bien l'identité du voleur, elles créent aussi des vives tensions au sein de l'établissement. L'initiative de Carla se retourne contre elle...

TELERAMA
Témoin d’une accusation arbitraire dans son collège, une professeure mène sa propre enquête. Le réalisateur İlker Çatak apporte beaucoup de nuance et d’ambiguïté à un genre, “le film de prof”, qui en manque souvent.

Encore une comédie sociale à la gloire des enseignants qui font un métier formidable dans des conditions qui le sont de moins en moins ? Fausse piste. L’ambiance de cette Salle des profs est parfaitement glaciale, comme la lumière d’hiver bleutée qui nimbe le collège allemand où une jeune prof de mathématiques idéaliste va vivre une semaine en enfer.

Choquée par la façon dont un élève d’origine turque a été un peu vite désigné l’auteur d’une série de vols au sein de l’établissement, l’enseignante va mener sa propre enquête. En salle des profs, elle laisse son portefeuille en vue, devant la caméra allumée de son ordinateur, qui filme à son insu l’avant-bras du pickpocket. Lequel porte un chemisier blanc à motifs orange. Exactement comme celui de la secrétaire d’administration du collège, d’où une suspicion générale et des crises en cascade…

Clin d’œil à “Sueurs froides”
Caméra sans cesse en mouvement, plans-séquences, image au format 4/3 : le réalisateur, par sa mise en scène, enferme les personnages dans le huis clos du collège et maintient une tension permanente à partir d’un argument au finale assez peu rocambolesque. Faux coupable, apparences trompeuses, multiplication des points de vue, solitude du héros dans un microcosme hostile… Tous les ingrédients du thriller hitchcockien sont réunis, jusqu’au nom de la prof au cœur de la tourmente, Carla Nowak, clin d’œil à Kim Novak, l’actrice dédoublée de Vertigo (Sueurs froides).

Allemand d’origine turque, l’auteur n’assène rien, et surtout pas la vérité, qui restera en suspens, soumise aux interprétations multiples, faute de preuve irréfutable, comme un problème de mathématique demeure irrésolu si le résultat ne peut être justifié. Sans doute l’ensemble embrasse-t-il un peu trop de sujets (le harcèlement, la « cancel culture », les fake news, la toxicité des parents d’élèves), mais il a le mérite d’apporter de la nuance et de l’ambiguïté dans un genre, le « film de profs » donc, où elles font souvent défaut.

LA SALLE DES PROFS, Ilker Catak 2023 (thriller education)@@@ (edit IPTC) (E)
En Allemagne, une série de vols commis dans la salle des professeurs d'un collège public inquiète l'administration. Choquée par les méthodes de la direction, qui fait pression sur les délégu& ...

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LE JOURNAL D UNE FEMME DE CHAMBRE, Luis Buñuel 1964, (Jeanne Moreau, Michel Piccoli (drame social)@@


Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de maison, hautaine et dédaigneuse avec sa domesticité, est une puritaine frigide, maniaque et obsédée par la propreté.

TELERAMA
Dans les années 1920, une domestique entre au service d’une maison bourgeoise rongée par la frustration et y sème un certain désordre. Une satire aussi cruelle que réjouissante de la France faisandée.

Le film suit le regard ironique et acéré de Célestine, souris malicieuse qui vit dans les couloirs et respire des bouffées d'air vicié à chaque porte qui s'ouvre. La maison où la jeune femme officie ressemble à une prison cossue, où Buñuel se réjouit d'avoir coffré tous les représentants d'une société qu'il exècre : les bourgeois, incapables de connaître le plaisir, les gens d'Eglise, mielleux et frustrés (impayable apparition de Jean-Claude Carrière !), et le petit peuple d'extrême droite, visqueux et cruel.

En repoussant de vingt ans l'action du roman d'Octave Mirbeau, le cinéaste s'offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts, dans les années 1930. Le « Vive Chiappe ! » que scandent des manifestants « anti-métèques » à la fin du film est une allusion ironique au préfet du même nom, qui fit interdire en France L'Age d'or, chef-d'oeuvre subversif de Buñuel. Cette fois, laissant ses ardeurs surréalistes de côté, celui-ci épure son style, pour se mettre au ras du quotidien. Même la célèbre scène fétichiste des bottines est un modèle de dépouillement. Le détachement cynique de Jeanne Moreau fait merveille. Le « Merde ! » qu'elle profère sans crier gare est un véritable régal.
LE JOURNAL D UNE FEMME DE CHAMBRE, Luis Bunuel 1964, (Jeanne Moreau, Michel Piccoli (drame social)@@ (edit IPTC) (E)
Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de mais ...

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LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé (fantastique)@@


Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif. Un jour, sa tante Julia fait irruption dans leur vie.

TELERAMA
Dans une petite ville au pied des Alpes, une jeune fille à l’odorat surdéveloppé voyage dans les souvenirs de sa mère. Une fable très originale, tout aussi mentale que charnelle, qui fait peur, étonne et émeut.

Des cinq sens, n’est-ce pas l’odorat qui ravive le plus intensément nos souvenirs ? La littérature, Proust en tête, a su l’exprimer. Le cinéma, moins souvent. À l’honneur ici, ce sens sert une histoire baroque, subtile dans ses méandres, à la fois fantastique et bien ancrée au pied des Alpes. Métisse aux cheveux crépus et hirsutes, Vicky est une fillette étrange, solitaire, douée d’un sens olfactif très développé, qui prend plaisir à reproduire des senteurs, à partir de concoctions qu’elle garde dans des bocaux en verre. Les yeux bandés, elle est capable de dénicher sa mère, Joanne (Adèle Exarchopoulos), qu’elle vénère et suit partout, à des dizaines de mètres dans la forêt. Celle-ci commence d’ailleurs à s’inquiéter du don plus animal qu’humain de sa fille.

De fait, le climat d’angoisse finement distillé présage bien une flambée de violence. La fable imaginée ensemble par Léa Mysius (réalisatrice remarquée d’Ava et scénariste prisée) et Paul Guilhaume (directeur de la photographie) a ceci d’original qu’elle accorde à Vicky un superpouvoir particulier, imprégné de sorcellerie sinon de magie : son nez sensible lui permet de se projeter non dans ses propres souvenirs mais dans ceux de sa mère, quand Joanne était une jeune gymnaste et fréquentait une bande, dont Julia, une tante inconnue de Vicky. Et voilà que cette Julia réapparaît après des années, en venant s’installer dans le foyer familial. Intuitivement, l’enfant la craint et remonte le temps pour en savoir plus sur cette tante, sur ses parents, sur sa propre naissance.

L’émotion côtoie des abîmes de réflexion
De ce dérèglement temporel naissent des images, comme des flashs. Autant de pièces d’un puzzle qui, agencées ensemble, restituent des rencontres amoureuses, des jalousies, des vies contrariées. Le film, foisonnant, embrasse beaucoup de thèmes, au risque de la surcharge. Il n’en conserve pas moins, jusqu’au bout, du mystère et du suspense, les voyages dans le temps de Vicky relançant l’action au présent. À travers la mise en valeur de femmes et de personnages noirs ou métissés, Les Cinq Diables inscrit aussi, avec naturel, de la diversité au fin fond de la France. Conscience politique et poésie font ici bon ménage.

Tout en zigzags électriques, gorgée d’énergie, l’histoire comporte des allégories marquantes. Ainsi l’image de cette femme et de son enfant qui tentent de réanimer une noyée en la réchauffant. Le feu, l’air, l’eau, la terre, tous les éléments concourent à la création de sensations fortes, de vertiges liés aux parfums, mais aussi aux strates de temps qui se télescopent. L’émotion côtoie des abîmes de réflexion, comme cette question adressée, un moment par Vicky à sa mère : « Est-ce que tu m’aimais avant que j’existe ? »
LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé (fantastique)@@ (edit IPTC) (E)
Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qu ...

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LES MIENS, Roschdy Zem 2022, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Meriem Serbah, Maïwenn, Rachid Bouchareb (thriller social)@@


Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l'opposé de son frère Ryad, présentateur télé qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage. Seul Moussa, qui éprouve pour son frère une grande admiration, le défend. Un jour Moussa chute et se cogne violemment la tête. Il souffre d'un traumatisme crânien. Méconnaissable, il parle désormais sans filtre et balance à ses proches leurs quatre vérités. Il finit ainsi par se brouiller avec tout le monde, sauf avec Ryad.

TELERAMA
L’explosion de la parole dans une famille percluse de non-dits. Une tragi-comédie débordante d’énergie.

Au tout début du générique, ces deux noms l’un à côté de l’autre : Sami Bouajila et Roschdy Zem. La dualité émeut, une histoire de cinéma en soi, deux comédiens qui ont grandi en parallèle ou ensemble, l’un dirigeant l’autre une première fois (Omar m’a tuer) puis à nouveau, aujourd’hui. Comme si, au fil du temps, Roschdy, plus populaire, tenait à rappeler le talent de son « frère » Sami. Le titre le dit avec une simplicité enveloppante, il s’agit bien de famille dans ce sixième long métrage de Zem derrière la caméra, sans doute son meilleur, sûrement le plus intime.

Soit l’histoire de Moussa, l’homme (trop ?) doux, le gentil d’une fratrie, qui, à la suite d’un grave choc cérébral, n’a plus de « filtres » et envoie tout le monde balader : ses enfants, sa sœur maternante, ses frères. Le seul de la tribu à échapper à sa soudaine agressivité ? Ryad, le plus égoïste, journaliste sportif riche et célèbre, auquel personne n’ose jamais rien demander puisque, de toute manière, il n’écoute pas. Roschdy Zem se donne ce rôle-là et ne se fait pas de cadeau, jouant à fond la carte de l’autocritique, en vedette déconnectée de sa famille. Laquelle est naturellement pleine de bosses, de tendres non-dits et de places stéréotypées : il y a celle qui « rend service » à tout le monde (épatante Meriem Serbah), ceux qui se taisent, ou encore la compagne, pièce rapportée qui n’a pas son mot à dire…

Pour ce cinéma sincère et émotif, le réalisateur a bien fait de coécrire son scénario avec Maïwenn (qui incarne aussi, parfaitement, la compagne) : grâce à leur collaboration, il souffle dans Les Miens une magnifique énergie de tragi-comédie, encore réhaussée par une mise en scène qui sait embrasser le groupe. La troupe d’acteurs (dont le réalisateur Rachid Bouchareb) compose un clan d’une grande véracité, entre règlements de compte violents et pics comiques. Cœur du film, Sami Bouajila somnole, cache son chagrin, titube et crie son mal-être familial ou amoureux. Sa colère comme sa voix douce, un peu éteinte, bouleversent. Ce revigorant film de Roschdy Zem est aussi le sien.
LES MIENS, Roschdy Zem 2022, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Meriem Serbah, Maïwenn, Rachid Bouchareb (thriller social)@@ (edit IPTC) (E)
Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l'opposé de son frère Ryad, présentateur télé qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage ...

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MEMOOIRE A VIF, Julie Gali 2024


Le soleil réchauffe les coeurs des familles réunies en cette journée nationale d'hommage aux harkis à Valbonne. Fabrice Da Costa, adjoint au maire, est attendu pour fixer la plaque commémorative, mais son absence interroge. C'est dans la piscine de sa splendide villa que son corps est retrouvé, flottant dans un véritable bain de sang. Suite au décès de son père, Cédric Bonfanti, commandant au commissariat de Valbonne, s'est absenté quelque temps pour rester auprès de sa mère en Italie. Durant son absence, il a été remplacé par Leila Belhassen, jeune commandante venue du commissariat de Nice. A son retour, Cédric est contraint de faire équipe avec Leila et ensemble, ils vont devoir résoudre l'affaire du meurtre de Fabrice Da Costa
MEMOIRE A VIF, Julie Gali 2024 (edit IPTC) (E)
Le soleil réchauffe les coeurs des familles réunies en cette journée nationale d'hommage aux harkis à Valbonne. Fabrice Da Costa, adjoint au maire, est attendu pour fixer la plaque commémorative, mais son ...

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MENACE EN EAUX PROFONDES, Hayley Easton Street 2024, Hiftu Quasem, Natalie Mitson (catastrophe)@


Lizzie s'apprête à se marier sous les tropiques. Elle y convie ses meilleures amies Cam, Ruth mais aussi Meg et Kayla, autrefois en couple et en froid depuis leur séparation. Juste avant la cérémonie, Cam organise une excursion en mer à la découverte d'îlots paradisiaques environnants. Elles embarquent à bord d'un petit canot à moteur, sans se douter que ces eaux turquoise sont infestées de requins.

TELERAMA
MENACE EN EAUX PROFONDES, Hayley Easton Street 2024, Hiftu Quasem, Natalie Mitson (catastrophe)@ (edit IPTC) (E)
Lizzie s'apprête à se marier sous les tropiques. Elle y convie ses meilleures amies Cam, Ruth mais aussi Meg et Kayla, autrefois en couple et en froid depuis leur séparation. Juste avant la cérémonie, Cam o ...

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NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@


Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existentielle. Face à cette situation, il décide de prendre le taureau par les cornes en mettant en place un plan audacieux. En effet, son idée est de quitter sa femme afin de donner un second souffle à son couple. Son objectif est simple puisqu'il espère ainsi restaurer la flamme dans leur relation et donner à sa femme l'envie de se battre pour leur amour. Mais ce plan est à double tranchant puisque Diane peut prendre cette décision comme un adieu...

TELERAMA
Une très bonne surprise que cette comédie conjugale, où Franck Dubosc (épatant de sobriété) et Karin Viard (pimpante) s’accordent à merveille.ette comédie du remariage, librement inspirée de Retour de flamme, de Juan Vera, avec Ricardo Darín (2018) : Franck Dubosc et Karin Viard s’accordent à merveille en époux depuis trente ans qui se retrouvent les bras ballants après que leur dernier enfant a quitté le foyer familial. Ils se séparent par crainte de la tiédeur, mais l’herbe est-elle plus verte, plus étincelante, ailleurs ? Quelques séquences sont hilarantes, quand le réalisateur ose les mener au bout du burlesque de situation, comme celle où Karin Viard, expérimentatrice tardive des sites de rencontres, se retrouve presque nue, et menottée, obligée d’appeler son ex à la rescousse. Face à cette grande comédienne pimpante et sans gêne, mais aussi à Clotilde Courau, formidable quand elle compare les hommes à des voitures, Dubosc épate par sa sobriété et un humour millimétré. Un nouveau départ pour l’acteur ?
NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@ (edit IPTC) (E)
Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existent ...

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RENCONTRE AVEC JOE BLACK, Martin Brest, 1998, Brad Pitt, Anthony Hopkins, Claire Forlani


Dans son sommeil, le riche sexagénaire William Parrish ressent une très vive douleur qui le réveille. Un inconnu frappe bientôt à sa porte, il personnifie la mort et lui annonce sa disparition prochaine. La mort décide alors de proposer un marché à William : il lui sera accordé un sursis s'il accepte de la guider quelques jours dans le monde des vivants, afin de lui faire partager les émotions humaines.

TELERAMA
A la veille de son soixante-cinquième anniversaire, William Parrish ressent des douleurs aiguës du côté gauche et entend une voix sépulcrale lui confirmer que, oui, il n'en a plus pour longtemps. La mort rôde, nous souffle (très fort) le scénariste, tandis que l'accessoiriste fait bouger les rideaux... Là-dessus, la très jolie fille cadette et préférée du futur défunt rencontre un blondinet à dents blanches dans un café. Il la séduit, puis se fait illico renverser par une voiture à l'insu de la demoiselle, qui part de son côté, le coeur content... « Pas grave puisque c'est Brad Pitt, il va revenir », se dit le spectateur persifleur. Et il revient, le bougre, mais habité par la mort elle-même, qui a décidé de se prendre quelques jours de vacances parmi les humains...

Ce n'est que le début d'une longue, très longue série de scènes étirées sans autre raison apparente que de faire atteindre au film la durée magique de Titanic. Hé ! C'est pas les trois heures qui font rentrer les spectateurs, coco, c'est le talent !

L'au-delà préoccupe beaucoup les Américains ces temps-ci (voir récemment La Cité des anges ou Au-delà de nos rêves). Pourquoi pas ? Mais quand la nébuleuse morale new age tient lieu de réflexion et la naïveté, de grâce, on bâille. Alors, les envoyés célestes s'écrasent comme autant de moucherons pathétiques sur le pare-brise de notre indifférence.
RENCONTRE AVEC JOE BLACK, Martin Brest, 1998, Brad Pitt, Anthony Hopkins, Claire Forlani(science fiction) (edit IPTC) (E)
Dans son sommeil, le riche sexagénaire William Parrish ressent une très vive douleur qui le réveille. Un inconnu frappe bientôt à sa porte, il personnifie la mort et lui annonce sa disparition prochaine. La ...

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ROYAUMES D ASIE, Nick Green 2026(documentaire)


Un voyage magique au cœur du plus grand, du plus extrême, du plus varié de tous les continents.
Avec des images à couper le souffle, Royaumes d’Asie célèbre la beauté et la diversité de ce continent-monde, tout en posant une question essentielle : dans un univers où les habitats disparaissent, jusqu’où la nature pourra-t-elle s’adapter ? Des glaces du lac Baïkal aux jungles tropicales, des sommets himalayens aux récifs coralliens, ce film révèle l’ingéniosité des animaux face aux multiples défis de ce continent en pleine mutation.

Chaque étape de ce voyage révèle des stratégies de survie fascinantes, mises à l’épreuve par des conditions extrêmes.
À travers des séquences inédites, nous découvrons des comportements jamais filmés : une mère phoque créant des poches d’air sous la glace pour sauver son petit, un loup de l’Himalaya traquant les antilopes dans un marathon de haute altitude, ou encore un gobie amphibie qui marche, saute et grimpe aux arbres pour séduire sa partenaire.

Mais l’Asie n’est pas seulement un sanctuaire sauvage : c’est aussi le continent des mégapoles. Ici, tigres, éléphants et écureuils volants apprennent à cohabiter avec l’homme, inventant des solutions inédites pour survivre.
ROYAUMES D ASIE, Nick Green 2026(documentaire) (edit IPTC) (E)
Un voyage magique au cœur du plus grand, du plus extrême, du plus varié de tous les continents.
Avec des images à couper le souffle, Royaumes d’Asie célèbre la beauté et la diversit&e ...

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SAULES AVEUGLES FEMME ENDORMIE, Pierre Földes 2023 (animation)@@


En 2011, à Tokyo, au lendemain du tremblement de terre qui a dévasté le Japon. Après plusieurs jours à regarder en boucle les images de la catastrophe à la télévision, Kyoko décide soudain de quitter Komura, son époux complètement désemparé face à cette situation. Bouleversé, ce dernier s'accorde une semaine de congé afin de se rendre dans le nord du pays pour y livrer une mystérieuse boîte à deux jeunes inconnues. Parallèlement, Katagiri, collègue de Komura, se retrouve nez à nez avec un crapaud géant en rentrant chez lui après le travail. L'animal réclame urgemment de l'aide pour sauver la ville d'un nouveau et imminent tremblement de terre...

TELERAMA
Un chat perdu, une grenouille géante volubile et un tsunami aident un attaché commercial sans ambition, sa femme et un comptable schizophrène à sauver Tokyo d’un tremblement de terre et à redonner un sens à leurs vies. Une merveille d’animation.

Pour son premier long métrage, le compositeur Pierre Földes relève un sacré défi : adapter, en animation, six nouvelles de Haruki Murakami, et le résultat, tout d’étrangeté et de beauté languide, captive. Il était une fois, à Tokyo, plusieurs personnages frappés par une catastrophe, tels ce mari abasourdi d’avoir été abandonné ou cet attaché commercial un peu bedonnant qui se retrouve face à une grenouille géante…

À partir de ce canevas de solitudes plus ou moins fantasmagoriques, Saules aveugles, femme endormie raconte autant de fugues hypnotisantes, selon un scénario à tiroirs et une esthétique pop dépressive qui évoquent souvent David Lynch. Le réalisateur cite Joseph Conrad (« La vraie peur est celle qu’éprouve l’homme face à son imagination »), le Fort Apache de John Ford (« Si vous avez pu voir des Indiens, c’est qu’ils n’étaient pas vraiment là »). Mais, parmi les indices qui flottent dans ce film singulier, fidèle à Murakami, c’est un aphorisme de Nietzsche qui s’impose, comme belle loi du cinéma d’animation : « La plus grande sagesse, c’est de n’avoir peur de rien. »
SAULES AVEUGLES FEMME ENDORMIE, Pierre Földes 2023 (animation)@@ (edit IPTC) (E)
En 2011, à Tokyo, au lendemain du tremblement de terre qui a dévasté le Japon. Après plusieurs jours à regarder en boucle les images de la catastrophe à la télévision, Kyoko déc ...

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SHOOT EM UP, Michael Davis 2007, Clive Owen, Paul Giamatti, Monica Bellucci (thriller)@


Au beau milieu d'une fusillade, un homme se faisant appeler Smith aide une femme en détresse : la malheureuse est en effet sur le point d'accoucher, seule. Il n'aurait jamais dû se trouver là, et le voilà qui tient dans ses bras cet enfant nouveau-né, le sauvant d'une bande de tueurs. Sombre et violent, il décide pourtant de protéger ce tout petit être. Car le nourrisson est la cible d'une mystérieuse organisation décidée à effacer toute trace de son existence. Smith doit alors faire face au sanguinaire Hertz et à son équipe d'assassins. Donna Quintano, une prostituée, va l'aider à percer le secret de cet enfant...

ALLOCINE
Ca tire dans tous les coins, les morts tombent comme des mouches et le héros se relève toujours. Un humour noir, décalé, très drôle, émane de bon nombre de ...
SHOOT EM UP, Michael Davis 2007, Clive Owen, Paul Giamatti, Monica Bellucci (thriller)@ (edit IPTC) (E)
Au beau milieu d'une fusillade, un homme se faisant appeler Smith aide une femme en détresse : la malheureuse est en effet sur le point d'accoucher, seule. Il n'aurait jamais dû se trouver là, et le voilà qui tien ...

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TOI ET MOI, Julie Lopes Curval 2005, Marion Cotillard, Julie Depardieu (moeurs)@@


Rédactrice de romans-photos pour la revue "Toi et Moi," Ariane a tendance à y transposer sa vie amoureuse et celle de sa soeur Léna, en les embellissant.

TELERAMA
Sorte de mini “Sex and the City” à la française où deux grandes filles d’aujourd’hui cherchent l’amour. Un film qui a du peps.

Dans ce deuxième opus tout bariolé de Julie Lopes-Curval (réalisatrice de Bord de mer et, plus récemment, de Mères et filles), il y a un « concept », comme disent les publicitaires : le roman-photo imprègne la forme, le fond s’invite dans l’histoire. L’une des deux héroïnes (Julie Depardieu) en écrit au kilomètre pour un journal qui s’appelle Toi et moi. Beaucoup de situations ont à l’écran leur équivalence kitsch et idéalisée. Mignon, peut-être, mais anachronique : pourquoi passer par une référence aussi désuète pour parler d’aujourd’hui ?

Car l’efficacité et le peps du film ont plutôt à voir avec la série télé Sex and The City, consacrée aux pérégrinations sentimentales de filles trentenaires en milieu urbain. Au centre, Marion Cotillard, avant consécration internationale, est irrésistiblement charmante dans le rôle très profil bas (le dernier ?) d’une violoncelliste timide, confrontée à un ouragan de charisme, d’assurance et de sex-appeal - Jonathan Zaccaï. Autour d’eux, Julie Depardieu s’avère comme prévu burlesque en reine des pommes, tandis que Tomer Sisley esquisse une amusante version de l’hystérie au masculin. Et derrière l’enchaînement des gags et des quiproquos, cet envers secret de toute bonne comédie : non pas le roman-photo, mais le mélo.
TOI ET MOI, Julie Lopes Curval 2005, Marion Cotillard, Julie Depardieu (moeurs)@@ (edit IPTC) (E)
Rédactrice de romans-photos pour la revue "Toi et Moi," Ariane a tendance à y transposer sa vie amoureuse et celle de sa soeur Léna, en les embellissant.

TELERAMA
Sorte de mini “Sex and the ...

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UNE PLANETE PARFAITE, Huw Cordey, Ed Charles 2021 (documentaire)@@


Le ciel et les océans sont deux forces nourricières sans lesquelles la vie sur Terre ne pourrait pas exister. Les forces du ciel permettent à l'eau de circuler sur toute la planète, au gré des vents dominants. Les courants océaniques transportent les nutriments essentiels à la vie. En forêt amazonienne, les crues du fleuve Amazone métamorphosent, par endroits, la forêt en vaste marais. La stabilité du climat est essentielle à la survie de nombreuses espèces qui se sont adaptées à ses cycles réguliers. Un autre cycle est vital pour les océans : celui de la Lune. Aujourd'hui, le réchauffement climatique pourrait profondément déstabiliser les océans et les courants et, avec eux, .toute la vie marine

TELERAMA
De la forêt amazonienne aux mangroves des Bahamas, en passant par les îles Malouines, cette série de la BBC explore la manière dont l’énergie du Soleil, les courants océaniques, et les volcans façonnent la vie sur Terre.

On connaissait Notre planète, sur Netflix : un spectacle éblouissant d’une nature en équilibre fragile aux quatre coins du monde, cofinancé par le WWF. En 2021, la BBC a sorti l’artillerie lourde avec cette série ambitieuse qui explore comment l’énergie du soleil, les océans et les volcans façonnent la vie sur Terre. On y apprend, par exemple, à quel point les courants marins sont essentiels à la survie de certaines espèces. Les Galápagos, archipel volcanique de l’océan Pacifique, se trouvent ainsi sur la trajectoire du courant de Cromwell, porteur de riches nutriments. Sans lui, les îles n’abriteraient aucune forme de vie, comme les célèbres iguanes, seuls lézards de mer au monde, devenus exclusivement mangeurs d’algues — faune et flore étant pratiquement inexistantes sur la terre ferme, composée de roche.

Des leçons enrichissantes servies ici par une précision et une qualité d’image exceptionnelles. Du ballet de raies manta dans un récif de l’océan Pacifique à l’élaboration d’un gigantesque radeau de fortune par une colonie de fourmis d’Amazonie, ces scènes de vie, captées dans les moindres détails, sont somptueuses. Il faut dire que la chaîne britannique n’a pas lésiné sur les moyens : le tournage (trois mille heures d’images au total) s’est déroulé sur quatre ans, à travers trente et un pays, dans des conditions extrêmes — entre les entrailles de la forêt amazonienne, les mangroves des Bahamas et les îles Malouines et Galápagos… Une planète parfaite nous fait ainsi prendre conscience de la beauté si fragile de notre écosystème.
UNE PLANETE PARFAITE, Huw Cordey, Ed Charles 2021 (documentaire)@@ (edit IPTC) (E)
Le ciel et les océans sont deux forces nourricières sans lesquelles la vie sur Terre ne pourrait pas exister. Les forces du ciel permettent à l'eau de circuler sur toute la planète, au gré des vents domina ...

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VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, qui se trouve laide, est toujours en quête d'amour. Née bâtarde au début du XXe siècle, si elle n'a jamais été reconnue par son père, elle ne s'est jamais sentie aimée par sa mère.

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Violette Leduc, Simone de Beauvoir : un lien étrange entre deux monstres littéraires que Martin Provost et ses actrices rendent fascinant.

Hier, Séraphine de Senlis, aujourd’hui, Violette Leduc. De toute évidence, Martin Provost aime les cabossées, les provocatrices, les rejetées : celles qu’on enfer­me (dans un asile ou en elles-mêmes) pour les empêcher de peindre ou d’écrire. Pour lui, Séraphine et Violette sont des sœurs jumelles, unies par leur laideur et le peu d’amour qu’elles suscitent autour d’elles. Et en elles. Il les filme de la même façon : saisies de près ou de loin par de longs travellings, elles marchent, elles marchent sans cesse, elles ne font que marcher vers un but qui se dérobe. Elles sont abruptes, pas faciles et même carrément insupportables (sur le tournage, Emmanuelle Devos qualifiait son personnage d'« attachiante » !), mais, curieusement, c’est en scènes lentes, presque calmes que le cinéaste traduit leur emportement. C’est que la force des sentiments passe, chez lui, par une sagesse (parfois excessive) de la forme.

De la vie de son héroïne, le cinéaste privilégie le lien étrange, amoureux pour l’une, amical pour l’autre, que Violette noue avec Simone de Beauvoir. Ces deux femmes, il les filme comme deux blocs de solitude. Violette semble à jamais exilée dans une chambrette qu’elle déteste, le plus souvent encombrée d’une mère adorée et haïe ; Beauvoir, elle, déménage d’un appartement l’autre, dont les salons apparaissent de plus en plus sombres et nus : elle est loin de Sartre, des mondanités et de ses amours américaines. Ce sont deux monstres littéraires qu’on observe, rigoureusement opposés, liés, cependant, par la certitude du talent de l’autre. Entre Emmanuelle Devos, actrice de l’imperceptible, et Sandrine Kiberlain, impassible, un masque impénétrable posé sur le visage, les rencontres deviennent des moments fascinants dans leur épure même. Leur irréalisme absolu.

D’ailleurs, c’est lorsqu’il se met en quête de réalisme (la voix de Louis Jouvet sur une scène de théâtre, Jacques Bonnaffé qu’il tente désespérément de faire ressembler à Jean Genet…) que Martin Provost se plante. Ce qu’il réussit, en revanche, magnifiquement, c’est filmer ces moments de la vie de Violette comme du temps arrêté – que souligne la musique planante d’Arvo Pärt. À tel point que, lorsqu’au milieu des années 1960, après le triomphe de La Bâtarde, elle rencontre l’amour, le jeune homme qu’elle prend pour amant semble sortir d’un film des années 1930. De l’enfance de Violette. Ou de son imaginaire.
VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@@ (edit IPTC) (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, ...

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WHITE ELEPHANT, Jesse V. Johnson 2022, Bruce Willis, Lorenzo Antonucci, John Malkovich, Olga Kurylenko (thriller)@


Gabriel Tancredi, un ancien marine devenu tueur à gages, n'a jamais eu de scrupules à ôter la vie à n'importe qui pour le compte de la mafia. Fier de son talent, mais déjà âgé, il a enseigné tout ce qu'il sait à son protégé, Carlos. Mais quand ce dernier bâcle un contrat sous les yeux d'une policière, Vanessa Flynn, le commanditaire, Arnold Salomon, un redoutable parrain de la mafia, lui ordonne de liquider tous les témoins. Entendant cela, Gabriel est pris d'un brusque revirement de conscience. Contre toute attente, il décide de transgresser les codes du milieu pour protéger Vanessa. C'est donc contre Salomon et ses hommes de mains qu'il va retourner son savoir-faire, et ses armes.

TELERAMA
WHITE ELEPHANT, Jesse V. Johnson 2022, Bruce Willis, Lorenzo Antonucci, John Malkovich, Olga Kurylenko (thriller)@ (edit IPTC) (E)
Gabriel Tancredi, un ancien marine devenu tueur à gages, n'a jamais eu de scrupules à ôter la vie à n'importe qui pour le compte de la mafia. Fier de son talent, mais déjà âgé, il a ense ...

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WOMEN TALKING, Sarah Polley 2022, Rooney Mara, Claire Foy (religion)@@


Les femmes d'une communauté religieuse isolée tentent de concilier leur réalité avec leur foi. Elles se rassemblent pour trouver un moyen d'aller de l'avant ensemble afin de bâtir un monde meilleur pour elles-mêmes et leurs enfants. Se battre ou partir ? Elles ne resteront pas les bras croisés.

TELERAMA
Dans une communauté religieuse américaine, les femmes se rebellent. Une fiction qui pèche par excès d’intentions et de symboles.

Àl’origine il y a une histoire vraie, l’un de ces faits divers qui font désespérer des hommes. Entre 2005 et 2009, plus de cent cinquante fillettes et femmes d’une communauté mennonite de Bolivie ont subi des viols nocturnes. Membres de cette mouvance protestante fondamentaliste, leurs agresseurs les droguaient à l’aide d’anesthésiant vétérinaire, moyennant quoi les victimes, âgées de 3 à 65 ans, se réveillaient le corps meurtri mais la mémoire floue. En 2018, la Canadienne Miriam Toews, elle-même née au sein d’une famille mennonite, en a tiré un roman, Women Talking (Ce qu’elles disent), dont sa compatriote l’actrice et réalisatrice Sarah Polley (Loin d’elle) signe une adaptation transposée aux États-Unis.

Des femmes qui parlent : le programme du livre reste celui du film, qui débute après l’élucidation des crimes. Les hommes, partis à la ville, ne vont pas tarder à regagner la ferme. Elles ont donc quelques heures pour trancher : rester et pardonner, rester et se battre ou fuir ? Rassemblée dans une grange, une poignée d’entre elles débattent, tandis que l’instituteur, un doux, un civilisé, fait office de greffier – aucune ne sait lire ni écrire, pourquoi éduquerait-on des filles ? Dans ce huis clos intergénérationnel, Ona (Rooney Mara), Mariche (Jessie Buckley), Salome (Claire Foy) et les autres confrontent idées et souvenirs, douleur et espoirs, réfléchissant à leur possible libération dans une sororité non dénuée de rosserie.

Théâtral, didactique, le résultat évoque une synthèse entre Douze Hommes en colère et une réunion MLF d’obédience chrétienne. Produite par Frances McDormand, qui fait une apparition en duègne revêche, cette fiction nommée à l’Oscar 2023 du meilleur film intéresse par son ambition même si elle pèche par excès d’intentions, de symboles, de voix off, de joliesse. Pour échapper parfois à son dispositif, au lieu d’en épouser radicalement l’austérité, Sarah Polley laisse la caméra s’égailler parmi les enfants dans une nature malickienne ou suivre deux jeunes amies à la rencontre d’un agent du recensement – l’occasion de découvrir en quelle année on se trouve. Les questions brassées par l’émouvant chœur d’actrices résument en tout cas les enjeux du féminisme à travers le temps, comme un cours de rattrapage en accéléré.
WOMEN TALKING, Sarah Polley 2022, Rooney Mara, Claire Foy (religion)@@ (edit IPTC) (E)
Les femmes d'une communauté religieuse isolée tentent de concilier leur réalité avec leur foi. Elles se rassemblent pour trouver un moyen d'aller de l'avant ensemble afin de bâtir un monde meilleur pour ell ...