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![]() | RENCONTRE AVEC JOE BLACK, Martin Brest, 1998, Brad Pitt, Anthony Hopkins, Claire ForlaniDans son sommeil, le riche sexagénaire William Parrish ressent une très vive douleur qui le réveille. Un inconnu frappe bientôt à sa porte, il personnifie la mort et lui annonce sa disparition prochaine. La mort décide alors de proposer un marché à William : il lui sera accordé un sursis s'il accepte de la guider quelques jours dans le monde des vivants, afin de lui faire partager les émotions humaines. TELERAMA A la veille de son soixante-cinquième anniversaire, William Parrish ressent des douleurs aiguës du côté gauche et entend une voix sépulcrale lui confirmer que, oui, il n'en a plus pour longtemps. La mort rôde, nous souffle (très fort) le scénariste, tandis que l'accessoiriste fait bouger les rideaux... Là-dessus, la très jolie fille cadette et préférée du futur défunt rencontre un blondinet à dents blanches dans un café. Il la séduit, puis se fait illico renverser par une voiture à l'insu de la demoiselle, qui part de son côté, le coeur content... « Pas grave puisque c'est Brad Pitt, il va revenir », se dit le spectateur persifleur. Et il revient, le bougre, mais habité par la mort elle-même, qui a décidé de se prendre quelques jours de vacances parmi les humains... Ce n'est que le début d'une longue, très longue série de scènes étirées sans autre raison apparente que de faire atteindre au film la durée magique de Titanic. Hé ! C'est pas les trois heures qui font rentrer les spectateurs, coco, c'est le talent ! L'au-delà préoccupe beaucoup les Américains ces temps-ci (voir récemment La Cité des anges ou Au-delà de nos rêves). Pourquoi pas ? Mais quand la nébuleuse morale new age tient lieu de réflexion et la naïveté, de grâce, on bâille. Alors, les envoyés célestes s'écrasent comme autant de moucherons pathétiques sur le pare-brise de notre indifférence. Dans son sommeil, le riche sexagénaire William Parrish ressent une très vive douleur qui le réveille. Un inconnu frappe bientôt à sa porte, il personnifie la mort et lui annonce sa disparition prochaine. La ... |
![]() | VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, qui se trouve laide, est toujours en quête d'amour. Née bâtarde au début du XXe siècle, si elle n'a jamais été reconnue par son père, elle ne s'est jamais sentie aimée par sa mère. TELERAMA Violette Leduc, Simone de Beauvoir : un lien étrange entre deux monstres littéraires que Martin Provost et ses actrices rendent fascinant. Hier, Séraphine de Senlis, aujourd’hui, Violette Leduc. De toute évidence, Martin Provost aime les cabossées, les provocatrices, les rejetées : celles qu’on enferme (dans un asile ou en elles-mêmes) pour les empêcher de peindre ou d’écrire. Pour lui, Séraphine et Violette sont des sœurs jumelles, unies par leur laideur et le peu d’amour qu’elles suscitent autour d’elles. Et en elles. Il les filme de la même façon : saisies de près ou de loin par de longs travellings, elles marchent, elles marchent sans cesse, elles ne font que marcher vers un but qui se dérobe. Elles sont abruptes, pas faciles et même carrément insupportables (sur le tournage, Emmanuelle Devos qualifiait son personnage d'« attachiante » !), mais, curieusement, c’est en scènes lentes, presque calmes que le cinéaste traduit leur emportement. C’est que la force des sentiments passe, chez lui, par une sagesse (parfois excessive) de la forme. De la vie de son héroïne, le cinéaste privilégie le lien étrange, amoureux pour l’une, amical pour l’autre, que Violette noue avec Simone de Beauvoir. Ces deux femmes, il les filme comme deux blocs de solitude. Violette semble à jamais exilée dans une chambrette qu’elle déteste, le plus souvent encombrée d’une mère adorée et haïe ; Beauvoir, elle, déménage d’un appartement l’autre, dont les salons apparaissent de plus en plus sombres et nus : elle est loin de Sartre, des mondanités et de ses amours américaines. Ce sont deux monstres littéraires qu’on observe, rigoureusement opposés, liés, cependant, par la certitude du talent de l’autre. Entre Emmanuelle Devos, actrice de l’imperceptible, et Sandrine Kiberlain, impassible, un masque impénétrable posé sur le visage, les rencontres deviennent des moments fascinants dans leur épure même. Leur irréalisme absolu. D’ailleurs, c’est lorsqu’il se met en quête de réalisme (la voix de Louis Jouvet sur une scène de théâtre, Jacques Bonnaffé qu’il tente désespérément de faire ressembler à Jean Genet…) que Martin Provost se plante. Ce qu’il réussit, en revanche, magnifiquement, c’est filmer ces moments de la vie de Violette comme du temps arrêté – que souligne la musique planante d’Arvo Pärt. À tel point que, lorsqu’au milieu des années 1960, après le triomphe de La Bâtarde, elle rencontre l’amour, le jeune homme qu’elle prend pour amant semble sortir d’un film des années 1930. De l’enfance de Violette. Ou de son imaginaire. Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, ... |