![]() | 100000 DOLLARS AU SOLEIL, Henri Verneuil 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier (aventure)@@Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique. TELERAMA: Ce film d’action a toujours dégagé une impression de déjà-vu. L’exotisme du désert, le goût de l’aventure, la présence du danger, le thème de l’amitié virile trahie évoquent une tonne de films, militaires ou civils, à odeur de sable chaud et de paysages désolés, comme Un taxi pour Tobrouk. C’est un produit typique des années 1960. Tout y est calibré pour séduire : les comédiens, le dialogue sarcastique, la filouterie et un vague héroïsme tempéré de désillusion. Manque un lien solide entre tous ces éléments. Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique. ... |
![]() | A TALENT FOR LOVING, Richard Quine 1969, Richard Widmark, Cesar Romero, Caroline Munro (western)Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désormais possible. Patten projette, en effet, d'épouser Maria, la fille du très riche don Jose Vicuna. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la famille de notables a été maudite par le peuple aztèque. Tous les descendants sont condamnés à devenir les esclaves de la passion la plus dévorante. Une condition, toutefois, rend la chose pernicieuse : ce n'est qu'après la première étreinte que le maléfice doit s'accomplir... Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désorma ... |
![]() | SCORNED, Andrew Stevens 1993, Andrew Stevens, Shannon Tweed, Kim Morgan Greene, Daniel McVicar (film e)Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lui, sa femme et son fils dans une folie sexuelle. Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lu ... |
![]() | ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce. TELERAMA Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tout le temps. Car « la Grande », son épouse, veille à remplir ses journées de corvées. Soudainement veuf, il décide de ne plus rien faire et commence par se coucher deux mois… Ce délice de film est non seulement un éloge de la paresse, en accord avec Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, qui critiquait « cette folie [qu’]est l’amour du travail, la passion moribonde du travail », mais aussi le plus doux des manifestes libertaires. « Il faut prendre son temps. Prendre le temps de prendre son temps », dit Alexandre, comme s’il militait, aujourd’hui, pour l’école du loisir. Le temps de se couper une tranche de saucisson, de se rouler une sèche, de regarder une fleur de carotte, mais aussi de jouer au foot avec des gosses, si bien filmés par Yves Robert, cinq ans après La Guerre des boutons. Philippe Noiret, dans un premier grand rôle qui en fit une vedette, est épatant en écolo contemplatif, volontiers tonitruant quand on le dérange au plumard. Mais l’autre star du film est le chien, sans doute le mieux dressé et le plus expressif de l’histoire du cinéma… Ce film sorti quelques mois avant Mai 68 brille aussi par sa mise en scène graphique, pop et sautillante, à la limite du cartoon, avec Alexandre le grand rêveur au milieu d’un champ de potirons orange fluo, ou quittant tout, à la fin, sans aucune tache (c’est-à-dire aucune tâche) à l’horizon. À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce. TELERAMA Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tou ... |
![]() | APOLLO 13, Ron Howard,1995, Tom Hanks, Bill PaxtonPour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans une navette spatiale gravement endommagée, les astronautes Jim Lovell, Fred Haise et Jack Swigert mènent une lutte désespérée pour survivre. Dans la salle de contrôle de la NASA, tout est tenté pour sauver ces hommes. TELERAMA: La mort rôde souvent dans cette aventure aux limites du néant. Tom Hanks joue plutôt la carte de la sobriété, et c'est tant mieux. Malgré certaines touches de sentimentalisme lacrymal (avec les familles restées sur Terre) et le bombardement risible de termes techniques incompréhensibles, ce spectacle en très haute altitude tient globalement en haleine. Pour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans ... |
![]() | BRAVEHEART, Mel Gibson 1995, Mel Gibson, Sophie Marceau (histoire saga)@Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé par le roi d'Angleterre, Edward 1er. Leur ruse est cependant découverte et Murron est exécutée. TELERAMA L’indépendance écossaise s’est conquise dans le sang. C’est du moins la version de Mel Gibson, qui conte avec sa passion mégalo l’histoire du Robin des Bois grunge. On peut parfaitement voir Braveheart comme une version « grunge » de Robin des Bois. Balayées, les scènes convenues du film de cape et d’épée : ici, on s’étripe au corps à corps. Ça cogne, ça saigne, ça mutile, ça écartèle sans vergogne. Pour son deuxième film comme réalisateur, Mel Gibson a-t-il concocté un Mad Max médiéval ? Pas vraiment. Au-tour de l’histoire vraie de William Wallace, héros de l’indépendance écossaise au XIIIᵉ siècle, il a imaginé une sorte de fresque épique où le romantisme se cogne sans cesse à une réalité guerrière particulièrement cruelle. Mais qui n’est jamais jugée (quelle atroce barbarie !) ni sublimée (comme c’est exotique !). C’est cette approche franche qui constitue la principale originalité du film de Mel Gibson. Au départ, il n’a rien d’un va-t-en-guerre, ce William Wallace. Fils d’un modeste chevalier, il s’apprête à couler des jours heureux avec sa jeune femme, lorsque le destin frappe. Ou plutôt l’occupant anglais, qui tyrannise la population écossaise. L’épouse de Wallace est tuée de manière atroce. C’est le signal de la révolte. Soutenu par une bande de gueux, le preux William va commencer par des coups de main contre les soldats britanniques, puis constituer une véritable armée, avec laquelle, non content de repousser l’ennemi anglais hors d’Ecosse, il va ravager le nord de l’Angleterre, et menacer le trône du roi Edward 1ᵉʳ. Nonchalance Mel Gibson mise tout sur la dimension évidemment héroïque du personnage qu’il interprète. Et, dans le genre, il s’en sort plutôt bien : un héros comme ça, séduisant, intrépide et bon, on n’en fait plus... Bien entendu, la star Gibson est omniprésente, occupant seule l’écran un plan sur deux. Ce qui est légèrement excessif. Mais moins dérangeant, finalement, que l’espèce de nonchalance avec laquelle l’histoire est racontée. Autant les scènes de bataille sont tournées et montées avec une force et une virtuosité rares, autant l’action se traîne au fil de scènes inutilement explicatives et souvent redondantes. Sans parler des libertés que, selon certains historiens britanniques, Mel Gibson aurait prises avec la vérité historique... La passion et l’énergie que Mel Gibson réussit à faire passer ici et là sont indiscutables. Il n’empêche que, faute d’avoir su ou voulu tailler dans la biographie foisonnante de ce personnage hors norme, le film, qui met du temps à démarrer, traîne en route, et n’en finit plus de finir. Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé ... |
![]() | CABARET, Bob Fosse 1972, Liza Minelli, Michael York, Marisa Berenson, Joel Grey (musical histoire)@@Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu détruit par un aristocrate décadent et bisexuel qui les séduira tous les deux... TELERAMA Clifford Bradshaw, jeune écrivain anglais, débarque à Berlin pour vivre sa bisexualité et se toque de Sally Bowles, l’entraîneuse du Kit Kat. La patronne de leur hôtel miteux s’entiche aussi d’un marchand de fruits juif. Hélas, le national-socialisme met un terme à ces idylles. Sally refuse de fuir, préfère les abîmes du Kit Kat, où officie le très provocant et troublant Emcee (Sam Buttery). À la fin du spectacle défileront les visages des dictateurs à venir… Dommage que derrière le rythme canaille impulsé par Robert Carsen les interprètes restent sages. On se régale quand même de si insidieusement plonger au cœur de nos gouffres politiques et intimes Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu dét ... |
![]() | CAPRICORNE ONE, Peter Hyams 1977, Elliott Gould, James Brolin (thriller)@@La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés en secret dans un studio de télévision. La mission, trop dangereuse et coûteuse, a été annulée pour être remplacée par une fausse exploration du sol martien, reconstitué dans le studio. TELERAMA Dire qu’à sa sortie le film fut jugé invraisemblable… Il est aujourd’hui d’une totale crédibilité sur la capacité avérée des grands de ce monde à duper l’opinion publique à l’échelle planétaire, pour raison d’État ou pour assurer leur réélection. Partant de cette riche idée de boniment géant, Peter Hyams — réalisateur habile dans la SF (Outland), le polar (Le Seul Témoin) et même l’horreur (Relic) — construit son film avec intelligence entre poursuites, rebondissements et dialogues moqueurs. Dans le rôle du journaliste têtu, seul contre tous, qui pressent le complot, Elliot Gould est savamment nonchalant. Il réussira à faire éclater la vérité. C’est justement là, peut-être, que réside aujourd’hui la seule invraisemblance du film… La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés ... |
![]() | CHASSE CROISE, Warren Leight 1993, Michael Mantell, Matthew BroderickÀ New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage malheureux, vivent des aventures amoureuses. TELERAMA Brian, agent de change, est à la veille de se marier. Cette perspective l'effraie passablement. Aussi le prudent fiancé décide-t-il de conserver son appartement de Greenwich Village, transformé pour l'occasion en garçonnière, et d'y réunir deux soirs par semaine ses amis. Il charge sa secrétaire de lui trouver deux colocataires pour l'occuper pendant ses jours d'absence. C'est ainsi que se rencontrent Sam, crémier dans une épicerie de luxe, un garçon solitaire se remettant mal de sa rupture avec une insupportable comédienne, et Ellen, une assistante dentaire mal mariée, qui trouve quelque consolation dans la peinture. La cohabitation de ces deux personnages va réserver plus d'une surprise... À New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage ... |
![]() | CHOUANS, Philippe de Broca 1988, Philippe Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau (histoire cape et epee)@@Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déchirer au cours de cette révolution mais aussi par amour pour la belle Céline... TELERAMA De Broca n’y va pas avec le dos de l’épée pour sa fresque révolutionnaire. Aussi lourd qu’un feuilleton d’été mais avec de vrais beaux moments de cinéma. En Bretagne, sous le règne de Louis XVI. Savinien de Kerfadec, comte épicurien et « éclairé », bricole de drôles de machines volantes et élève trois remuants lascars. Le temps passe : les bambins grandissent, et la France entre en Révolution… Philippe de Broca a vu grand : on trouve de tout dans sa longue fresque historico-armoricaine. Têtes d’affiche à gogo, aventures tumultueuses façon « cape et guillotine », drame et comédie, érotisme (très) soft, petits cours de rattrapage en vrac sur la Terreur, la chouannerie et la fabrication artisanale des ULM… Un spectacle fourre-tout, avec de vrais morceaux de bon film, d’énergiques comédiens mais aussi d’inénarrables longueurs, de lourds symboles et des personnages un peu nigauds. Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déch ... |
![]() | CROCODILE DUNDEE, Peter Faiman 1986, Paul Hogan, Linda Kozlowski, Serge Cockburn (aventure)@@@Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tribu d'aborigènes, il zone dans ces terrifiantes contrées comme un poisson dans l'eau. Sue Charlton, ambitieuse journaliste américaine, découvre l'homme sauvage et veut à tout prix faire un scoop. Elle finit par le rencontrer, l'emmène à New York et succombe à ses charmes. TELERAMA Une fille à papa new-yorkaise s’entiche d’un baroudeur australien. Choc de civilisations comique. Le film reprend l’argument bien connu du bon sauvage confronté au monde moderne et à une société dont il découvre soudain les conventions et la violence. Habitué au bush, aux kangourous et - parfois - aux crocodiles, Mick Dundee va aller de surprise en surprise. Paul Hogan, héros d’une célèbre émission humoristique de télévision, a trouvé un sujet de choix lui permettant de faire valoir les diverses facettes de son talent. La mise en scène se contente d’illustrer le propos du scénario, mais l’ensemble, sans prétention et souvent amusant, apporte une réelle bouffée d’air pur et de dépaysement. A l’opposé de tous les films policiers hyper-violents consacrés à la jungle des villes, « Crocodile Dundee » est une sympathique comédie de moeurs, dont le public a d’ailleurs plébiscité, à sa sortie, l’originalité. Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tr ... |
![]() | DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy IronsStephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, brillant journaliste politique, et Sally, adolescente à l'esprit vif et curieux. Au cours d'une réception à l'ambassade de France, Stephen fait la connaissance d'Anna Barton, la nouvelle petite amie de son fils. TELERAMA “ Autopsie d'une relation impossible et néfaste cachée par de faux-semblants. Une famille se faisant tromper par une romance inavouable. ” Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, bri ... |
![]() | DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, Irwin Molyneux, un vieux botaniste maladif. L'avare évêque s'invite chez les Molyneux un soir que les domestiques viennent de rendre leur tablier. Pour éviter le déshonneur, Margaret Molyneux feint d'être en voyage et s'enferme dans la cuisine, s'affairant derrière les fourneaux. L'évêque interprète mal le malaise d'Irwin et l'absence de Margaret. Persuadé que son cousin a assassiné son épouse, il alerte Scotland Yard... TELERAMA On pourrait presque en faire un inventaire à la Prévert. Londres, 1900 : un amateur de mimosas qui écrit en secret des romans policiers ; un tueur qui aime les moutons et tue les bouchers ; un livreur de lait qui invente des histoires horribles qui servent, sans qu’il le sache, à l’amateur de mimosas pour ses écrits ; un évêque libidineux qui perd une photo érotique dédicacée à « bébé Bedford » ; une grande bourgeoise qui préférerait mourir plutôt que d’avouer le départ précipité de sa cuisinière… Échec à la sortie : de rage, les rares spectateurs cassent les fauteuils. Aujourd’hui, on ne cesse de rire à ce chef-d’œuvre. On ne cesse de répéter : « Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit “bizarre, bizarre” — Moi, j’ai dit “bizarre” ? Comme c’est bizarre. » Duo brillant opposant Michel Simon à Louis Jouvet, qui, semble-t-il, ne s’entendirent guère. Nous, on jubile… A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, ... |
![]() | FATAL ATTRACTION, Adrian Lyne 1987, Glenn Glose Michael Douglas (vo)(thriller)@@Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met un terme à leur aventure passagère. Mais Alex ne l'entend pas de cette oreille. Folle de désir et de jalousie, elle se met à suivre Dan, à l'appeler à son domicile de jour comme de nuit. Son comportement devient de plus en plus intrusif et inquiétant. TELERAMA Dan traîne dans un cocktail avec sa femme Beth. Une femme le toise avec insistance et l’invite à prendre un verre. Sans plus, mais son sourire carnassier et ses yeux de braise ne trompent pas. Le week-end suivant, Dan laisse son épouse et sa petite fille partir seules en week-end : il doit participer à une réunion de travail. Et qui retrouve-t-il parmi les invités de ce séminaire ? L’inconnue du cocktail, dont le regard a la même fixité scrutatrice... Emballé, c’est pesé, Dan accepte de passer la nuit avec Alex. Une passade sans lendemain, pense-t-il. Erreur, répond-elle, tous crocs dehors. Alors que brontosaures et tricératops envahissaient récemment les couvertures des magazines, un autre monstre cinématographique faisait la une des journaux américains, il y a six ans : la femme vengeresse, briseuse de couple. Psychiatres et sociologues accumulaient les théories, tâchant d’expliquer l’engouement du public pour ce mélodrame sanguinolent. On remercia même Adrian Lyne, auteur de Flashdance et de Neuf Semaines et demie, d’avoir réalisé le premier film de l’ère du sida. Le compliment était un peu excessif et tiré par les cheveux : jamais il n’est question de la maladie, les risques que court Michael Douglas sont ici plus moraux et psychiques que médicaux. Le cinéaste s’est à l’évidence contenté de suivre le fil, très mince, d’une intrigue vaudevillesque qui tourne au vinaigre. Tour à tour bouleversant et grotesque, le film ne peut pas laisser indifférent. Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met u ... |
![]() | GARCON, Claude Sautet 1983, Yves Montand, Jacques Villeret, Nicole Garcia (comique)@@Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Francis - et la salle, où le client est roi. Séparé de sa femme, Alex accumule les conquêtes sans jamais s'attacher. Mais un jour, il retrouve Claire, une femme qu'il a connue dix-sept ans auparavant. TELERAMA Yves Montand s’ébroue à l’aise dans ce rôle de chef de rang d’une grande brasserie parisienne. Le plus amer des célèbres portraits de groupe à la Sautet. Alex, chef de rang dans une brasserie parisienne, est un virtuose du plateau, un champion de la diplomatie entre salle et cuisines. Homme à femmes, ami fidèle, il cache ses fêlures de vieux garçon sexagénaire derrière une inaltérable bonne humeur… Voix ample, pirouettes chaleureuses et sobres éclats de détresse : Montand s’ébroue à l’aise dans un rôle cousu pour lui, frère vieillissant mais toujours vert de celui de César et Rosalie. Autour de ce soleil gravite une attachante nébuleuse de comédiens subtils, de personnages crédibles, vivants, sincères. Comme dans ses films précédents, Claude Sautet coupe une belle tranche de vie, scrute le quotidien avec tendresse et lucidité. Mais, cette fois, son travail de sociologue amical et exigeant se gorge d’amertume. On sent comme une lassitude chez le réalisateur. La vieillesse et la solitude rôdent autour de la silhouette grisonnante d’Alex. Le film s’étire d’anecdote en anecdote sans vraiment s’épanouir. Après l’échec commercial de Garçon !, Sautet n’a pas tourné pendant cinq ans. Un tournant dans son œuvre, qui annonce une période différente, plus douloureuse, de Quelques jours avec moi (1988) à Nelly et Monsieur Arnaud (1995). Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Franc ... |
![]() | HUSSY, Matthew Chapman 1980, Helen Mirren, John Shea and Paul Angelis (societe femmes film e)@Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un passé compliqué et douloureux, entre meurtre, mafia et ex-conjoint violent. Un club cabaret à Londres. Des messieurs boivent et fument en compagnie de jeunes hôtesses pendant que sur scène se succèdent des danseuses en petite tenue et des chanteurs. Emory (John Shea) s’occupe des éclairages. Dans un petit local, des hôtesses peinturlurées attendent qu’on les appelle. Quand soudain Beaty (Helen Mirren) arrive, s’assied sans rien dire et allume un cigarillo. Elle est de retour après avoir perdu un travail. Emory qui ne la connait pas, va lui parler. Evidemment, il n’est pas question qu’ils sortent ensemble. Mais un soir où il est libre, après avoir fait un petit boulot de chauffeur, il paie pour passer la soirée avec Beaty. Celle-ci est furieuse. Mais il la paie, la ramène chez lui et la laisse dormir seule dans la chambre d’ami. Beaty se laisse séduire, mais comment peut évoluer leur relation, entre un mec fauché et une prostituée de luxe ? Ont-ils vraiment un avenir ensemble ? Quand Emory rencontre Max (Murray Salem), un ami connu en Asie qui lui propose un gros coup pour se faire de l’argent, il hésite. D’autant qu’un ex de Beaty, Alex (Paul Angelis), un psychopathe, débarque et s’installe chez lui. « Hussy » est le deuxième film écrit et réalisé par l’anglais Matthew Chapman, après « Violent Summer » (1976), aujourd’hui perdu. Chapman s’inspire de son expérience personnelle pour écrire le scénario. Parmi les nombreux jobs qu’il a fait dans sa jeunesse, il a été chargé de l’éclairage dans un club londonien. C’est d’ailleurs dans ce club même qu’est tourné « Hussy ». La romance entre Emory et Beaty peut sembler improbable. Comment Beaty, une prostitué expérimentée avec un jeune enfant Billy (Daniel Chasin) peut tomber amoureux d’un jeune homme fauché, et croire que ça aboutira à quelque chose de sérieux. Mais il faut avouer qu’Emory, incarné par l’acteur américain John Shea, a une bonne tête ! La romance qui vire au drame et au film criminel marche plutôt bien, et le tout est filmé avec crédibilité et de bons acteurs par Chapman, inspiré par sa connaissance du sujet. Le film est évidemment porté par l’incroyable Helen Mirren, déjà alors bien connue pour ses performances sur scène et à l’écran (pour la télévision et le cinéma, notamment dans « Age of Consent » en 1969, « O Lucky Man » (1973) ou encore « Caligula » (1979). La même année que « Hussy », elle tourne dans le fabuleux « The Long Good Friday » et enchainera l’année suivante avec « Excalibur ». Beaty fait partie de ces portraits de prostituées fortes et indépendantes (avec des nuances) qu’on peut voir dans le cinéma britannique des années 80, dans « Prostitute » (1980), « Mona Lisa » (1986) et « Personal Services » (1987) par exemple. On peut même rapprocher le personnage de Beaty à celui de Victoria, maitresse du chef de la pègre incarné par Bob Hoskins dans « The Long Good Friday ». Comme le fait remarquer avec justesse Rebecca Nicole Williams dans le livret accompagnant le blu-ray dans la réédition de Powerhouse, Victoria pourrait être aussi bien le devenir de Beaty, que son passé. Le film est produit par Boyd’s Company, la compagnie de production créée par Don Boyd, le critique du London Evening Standard, et qui marquera la fin des années 70 et le début des années 80. A l’époque, le bouillonnant producteur produit aussi bien « The Tempest » pour Derek Jarman, « The Great Rock’n’Roll Swindle » pour Julien Temple ou encore « Scum » pour Alan Clarke. « Hussy » est l’un de ces films, rapidement classé en film d’exploitation à sa sortie par une critique un peu méprisante (alors que les scènes de sexe sont peu nombreuses et assez chastes), et qui mérite aujourd’hui d’être redécouvert sous un nouveau jour. Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un pass& ... |
![]() | JEREMIAH JOHNSON, Sydney Pollack 1972, Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch (western)@@Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et épouse Swan, la fille d'un chef indien. Installé dans une cabane d'hiver, il mène avec sa famille une vie sereine jusqu'au jour où il décide de conduire des cavaliers dans la vallée sacrée de la tribu des Crow. TELERAMA Jeremiah Johnson en a assez de la ville et de la civilisation. C’est pour cela qu’il est parti vivre en ermite dans les Rocheuses. Mais la vie y est rude et il est mal entraîné à ce changement. Le pionnier Robert Redford se révèle un héros très convaincant. Pêcher une truite à la main dans une rivière gelée, faire du feu avec deux silex, tuer un daim d’un coup de fusil, se faire un lit de braises pour dormir dans la neige, dépecer un grizzly ou poser un piège à castor : telle est la rude vie du trappeur. Jeremiah Johnson l’a pourtant choisie pour échapper au tumulte de la ville. Son fantasme à la Davy Crockett se heurte vite à la réalité de l’Ouest. Depuis belle lurette, la nature vierge n’existe plus. La frontière a été repoussée jusqu’au Pacifique et les pionniers n’ont toujours pas appris à cohabiter avec les Indiens. Cousin antisocial du Josey Wales de Clint Eastwood, Jeremiah Johnson n’a pas d’autre choix. Il devient de plus en plus sauvage. Il fuit, toujours plus loin dans les Rocheuses. Recouvert d’une peau d’ours, sous les neiges de l’Utah, Robert Redford est filmé à hauteur d’homme par son ami Sydney Pollack. Leur western initiatique consacre la beauté et la brutalité de l’Amérique en construction. Où l’homme doit apprivoiser la nature pour survivre. La leçon d’écologie politique est éternelle. Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et & ... |
![]() | JUMANJI, Joe Johnston 1995, Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, Jonathan Hyde, Bonnie HuntLors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la partie et le libérera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs, Judy et Peter. TELERAMA Vous vous rappelez les règles ? Jumanji est un jeu de plateau qui aspire littéralement ses joueurs et leur fait vivre « pour de vrai » des aventures trépidantes avec une énigme à résoudre à chaque tour. Seule condition pour sortir du jeu : terminer la partie. Et gagner, évidemment ! Tout a commencé en 1995 quand le premier Jumanji, avec Robin Williams, avait confronté ses jeunes joueurs à des animaux sauvages surgis de nulle part. En 2017, le jeu se joue désormais sur console mais le principe de base est le même. Quatre collégiens collés commencent une partie. Chacun se choisit un avatar, et les voilà dans la jungle : le nerd introverti se retrouve en baroudeur surmusclé (Dwayne Johnson, très bon dans l’autodérision), le quarterback beau gosse en scientifique chétif, la coincée, en Lara Croft, et la belle écervelée se découvre dans la peau d’un gros cartographe quadra (Jack Black, très drôle). L’intrigue a peu d’importance : remettre une pierre précieuse au bon endroit et déjouer une bande de motards énervés. Le film ne tient que par les gags (plus ou moins faciles) provoqués par le décalage entre les personnages réels et leur nouveau corps. Quand, par exemple, la fille doit apprendre à faire pipi avec son corps d’homme… On aurait pu prendre d’autres exemples mais celui-là est particulièrement réjouissant. Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la pa ... |
![]() | L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un paradis perdu, veut en effet implanter dans la région un village-vacances pour touristes fortunés. TELERAMA Victor, biologiste bourru, réfugié dans un des derniers sanctuaires sauvages de la planète, voit débarquer Charlotte, tornade blonde, cadre du Club Med, bien décidée à « faire aller de l'avant » ce petit coin de paradis des éléphants. La divine emmerdeuse n'est rien d'autre que l'épouse de Victor. Le combat peut commencer entre le pachyderme misanthrope et l'entreprenante gazelle, au milieu de la forêt vierge, de vilains trafiquants d'ivoire, et de Pygmées qui n'ont rien demandé à personne. Dans les années 1960, Philippe de Broca, grand orfèvre du cinéma rocambolesque de haute volée, faisait virevolter Jean-Pierre Cassel, puis Bébel, en Chine et à Rio. Vingt ans après, son héros prenait les traits débonnaires et épicuriens de Philippe Noiret, et le sens du rythme du réalisateur prenait aussi un peu d'embonpoint. Mais tout de même : un décor de rêve (le Kenya), un zeste de message écolo (Philippe de Broca était membre du Fonds mondial pour la nature), et l'éternel couple dont l'amour est proportionnel aux chamailleries. Et puis Deneuve est irrésistible quand elle est survoltée... — Guillemette Odicino Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un p ... |
![]() | L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames et son epouse Catherine dont il est vaguement amoureux. Se sachant condamné, Jack demande à Harry de livrer discrètement à une certaine Gloria Lamar une enveloppe contenant une somme importante. TELERAMA En fait de « magie », on se référera au titre original, Twilight : c'est une lueur de crépuscule qui baigne les existences de Harry Ross (Paul Newman), flic devenu privé d'occasion, de Jack Ames (Gene Hackman) et de sa femme Catherine (Susan Sarandon), semi-retraités de Hollywood. Hébergé par ce couple qui végète dans le luxe au bord de sa piscine, Harry se voit confier des missions épisodiques et peu glorieuses : ramener à la maison leur fille fugueuse, par exemple. Un soir, en livrant une enveloppe, Harry met le doigt dans un engrenage qui va l'amener à découvrir un secret soigneusement gardé par ses « amis ». A l'inverse du glamour habituel aux descriptions du ciné-business, et de l'action trépidante du polar standard, l'univers que décrit ce film se révèle totalement désenchanté. On souffle, on soupire, on penche un front ridé sur une vie qui s'éteint à petit feu. On solde des comptes. Entre un Paul Newman sciemment alourdi et un Gene Hackman suavement crapuleux, Susan Sarandon compte les points avec une certaine élégance. On ne peut en dire autant de la mise en scène poussive de Robert Benton (déjà responsable d'Un homme presque parfait, avec le même Paul Newman). Un seul suspense en fait retient l'attention : l'ami Paulo, touché d'une balle en haut de la cuisse lors du prologue, a-t-il perdu sa virilité ? Or ce suspense est trop rapidement tué pour le spectateur, qui de toute façon avait du mal à y croire. Dans un commissariat, Harry Ross, un ancien policier devenu détective privé, est interrogé : il raconte les deux dernières années de sa vie. A l'époque, Harry avait ramené une fille fugueuse à ses parents et était devenu l'ami de ces derniers, Catherine et Jack Ames, deux comédiens célèbres. Jack, atteint d'un cancer en phase terminale, lui avait demandé de porter un paquet à une certaine Gloria Lamar. Une fois sur place, Harry avait été agressé par un homme blessé, détective lui aussi, qui devait mourir peu après. Finalement relâché, il s'était renseigné sur l'homme qui l'avait attaqué, un certain Lester Ivar, et avait découvert que celui-ci enquêtait sur le décès du premier mari de Catherine Ames... Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames e ... |
![]() | L OEUVRE DE DIEU LA PART DU DIABLE, Lasse Hallström 1999, Tobey Maguire, Charlize Theron (societe)@@À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non désirés, mais ne néglige pas "la part du diable" puisqu'il lui arrive d'interrompre illégalement certaines grossesses. TELERAMA Ca commence en 1943, dans un orphelinat à la Dickens. Un médecin à la morale toute personnelle, qui oublie ses tourments en se droguant à l’éther, met au monde des enfants non désirés (son « œuvre de Dieu ») et pratique des avortements (sa « part du diable »). Il se choisit un disciple en la personne de Homer, un orphelin qu’au fil des années il initie à la médecine. Avec cette adaptation d’Irving, on est en pleine image d’Épinal, mais rudement efficace. Parce que Lasse Hallström, depuis Ma vie de chien, a toujours su filmer l’enfance en préservant sa fragilité et son mystère. Parce que Michael Caine est formidable, en seigneur généreux et dérisoire d’un château sombre et doux, cerné par la réalité, à savoir la douleur et le malheur. Et aussi parce que Homer est interprété par le jeune et déjà remarquable Tobey Maguire. Il se sort impeccablement de l’emploi casse-gueule du candide qui pose sur le monde un regard d’étranger. Dommage que le charme des trois premiers quarts d’heure s’évapore peu à peu et que la mise en scène devienne illustrative. À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non dés ... |
![]() | LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils décident de divorcer. Ils ne reculent devant aucune bassesse pour rabaisser l'autre, et tenter d'arriver à leur but ultime : avoir la conservation exclusive de leur vaste maison. TELERAMA Après des années de bonheur conjugal, les Rose ne se supportent plus. En 1990, Danny DeVito dynamitait la cellule familiale américaine avec un humour corrosif ! Les histoires d’amour finissent mal, en général… Et en particulier dans le cas d’Oliver et Barbara, alias Monsieur et Madame Rose, du coup de foudre juvénile à la haine absolue. Michael Douglas et Kathleen Turner offrent un grand numéro de duettistes, dans cette satire cruellement drôle réalisée par le comédien Danny DeVito. Un film à la fois impitoyable et réjouissant, qui mord là où ça fait mal, dans la zone charnue des illusions doucereuses. Si tout commence comme une comédie sentimentale — un peu trop de rose chez les Rose —, DeVito pose peu à peu ses pièges : bambins suralimentés, ennui conjugal, photo de famille bien encadrée, entre l’ego de Monsieur et les frustrations de Madame… Avec le divorce, l’image explose : La Guerre des Rose n’est pas un titre exagéré. La séparation du couple tourne à la pulvérisation nucléaire. La caméra filme en huis clos les ravages d’une catastrophe intime qui couvait depuis longtemps. Les valeurs familiales et patriarcales, le matérialisme de l’époque Reagan sont passés à la moulinette d’un humour noir et critique, qui a plutôt bien vieilli. Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils d&e ... |
![]() | LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus précieux d’Ada, son piano, qui est sauvé par Baines, un régisseur illettré très proche des Maoris (Harvey Keitel). Commence alors un troc fascinant entre Baines et Ada : elle récupérera le piano, touche par touche, en échange de visites de plus en plus érotiques… TELERAMA Un piano abandonné sur une plage des antipodes : une seule image suffit à évoquer le chef-d’œuvre de Jane Campion, première Palme d’or de l’histoire du Festival de Cannes donnée à une réalisatrice, en 1993, en attendant celle reçue vingt-huit ans plus tard par Julia Ducournau pour Titane, une autre histoire de métamorphose. Dans une nature primitive sublime, qui fait sans cesse écho à la fièvre ou la violence des protagonistes, Jane Campion filme une femme qui se réapproprie son désir et son corps comme un instrument de plaisir et de liberté. Jamais objet transitionnel n’avait été si puissant au cinéma pour représenter l’émancipation féminine et sexuelle d’une héroïne corsetée dans une société patriarcale et dominatrice. Romantique et allégorique, cette foisonnante Leçon de piano continue de troubler par sa sensualité – le dos nu d’Harvey Keitel, les épaules enfin libérées de Holly Hunter. Et sa leçon de vie reste vertigineuse. Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus p ... |
![]() | LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles. Quelques années plus tard, Guido et Dora ont un fils, Giosué, mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est déporté avec son fils. TELERAMA Guido est déporté en camp de concentration avec sa femme et son petit garçon. Il n’a qu’une idée : les aider à tenir et cacher la vérité à son fils, en opposant au cauchemar la force du rêve inlassablement réinventé. Alors il explique au petit que ce séjour est un jeu de survie, au terme duquel on peut gagner un char, un vrai ! Une émotion poignante sourd peu à peu de ce film souvent très drôle, constitué de courtes scènes où se condense tout le désespoir. Entre l’infilmable et le trop filmé, Benigni prend le seul parti possible : il s’éloigne de tout réalisme et stylise pour ne pas trahir. Ce choix, moral autant qu’esthétique, est décisif. Lorsqu’il n’y a plus de quoi rire et que le mal devient d’une évidence à pleurer, on mesure la réussite du cinéaste et son habileté à éviter les facilités d’une dramatisation à outrance et de la bonne conscience. La grande audace de Benigni aura été de faire parler aussi le cœur en des parages historiques où la réflexion est plus nécessaire que jamais. Inventer une histoire d’amour tragi-comique d’un père pour son fils avec la Shoah comme toile de fond, où cela pouvait-il mener ? À ceci : un clown a imaginé, le temps d’une fable, tenir en respect la barbarie. En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et ... |
![]() | LE PIGEON, Mario Monicelli 1958, Vittorio Gassman, Marcello Mastroiani, Renato Salvatori, Claudia Cardinale (societe)@@@A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo cherchent et trouvent Peppe. Blanchi par la police qui ne croit pas à sa culpabilité, Peppe va reprendre à son compte un gros coup que préparait Cosimo : cambrioler le Mont-de-Piété. TELERAMA Peppe, ancien boxeur, organise le casse d’un mont-de-piété avec Tiberio, photographe au chômage, Mario, petit receleur, Michele le Sicilien et Capannelle, ancien jockey. Dante, cambrioleur à la retraite, leur sert de conseiller technique… Clowns magnifiques et piteux, ces personnages se débattent frénétiquement dans la misère d’une Italie en ruine. Ils organisent un échec flamboyant, comme on se crée des lettres de noblesse. Leur maladresse touche au grandiose. Le réalisateur évoque tout un petit peuple démuni et bourdonnant. Moins cruelle qu’Il bidone ou I vitelloni, satires réalisées par Federico Fellini quelques années auparavant, la farce dénonce avec un humour tendre et corrosif la marginalité qu’entraîne le chômage. Lorsque Peppe tente de se faire embaucher sur un chantier, un de ses compères le menace : « Ils te feront travailler, tu sais… » Génie de la dérision, Mario Monicelli revisite les grands thèmes néoréalistes sur le ton d’une extraordinaire comédie, servie par des comédiens exceptionnels. Cosimo, un petit caïd de banlieue, est en prison pour un minable vol de voiture. Il obtient de Peppe, un boxeur raté, qu'il s'accuse à sa place, moyennant une juste rétribution. La police ne croit pas à la culpabilité de Peppe et le relâche bientôt. Cosimo, toutefois, a le temps de lui confier son projet : rien moins que le cambriolage d'un mont-de-piété. Peppe décide de reprendre l'opération à son compte et s'entoure d'une bande d'épaves désenchantées, dont Mario, un petit receleur, Tiberio, un photographe au chômage, et Michel, un ombrageux Sicilien... Avec sa bande de pieds nickelés engagés dans un casse improbable, Monicelli signe en 1958 “un film fondamental dans une époque charnière”, selon l’historien spécialiste du cinéma Jean A. Gili. Une œuvre entre farce et tragédie, A-t-on raison de faire du Pigeon le film matriciel de la comédie à l’italienne ? D’ailleurs, doit-on dire comédie italienne ou comédie à l’italienne ? Ce dernier point se discute. Si l’on enlève le caractère vaguement péjoratif que l’on accole à « comédie à l’italienne », cette dénomination est juste. Il y a une spécificité de la comédie à l’italienne. Et il y a une origine : 1945, la fin de la guerre et du fascisme, le retour à plus de liberté pour les cinéastes, malgré une censure encore forte, et l’apparition du mouvement néoréaliste avec des films comme Rome, ville ouverte, Le Voleur de bicyclette, La Terre tremble et Riz amer. Dans ce sillage existent déjà des comédies graves dont Vivre en paix et L’Honorable Angelina, de Luigi Zampa, tous deux réalisés en 1947. Assez vite, les drames purs s’épuisant, les comédies vont récupérer l’héritage du néoréalisme, avec sa précision topographique et sociale. Le Pigeon, réalisé en 1958, s’inscrit dans cette continuité mais il fixe les choses de manière plus claire. Mario Monicelli disait qu’il mélangeait la farce et la tragédie. Les personnages du Pigeon sont de pauvres diables qui se lancent dans une entreprise outrepassant leurs capacités et qui va mal tourner. Tout l’art des auteurs, et non des moindres puisqu’il s’agit d’Age et Scarpelli et de Suso Cecchi D’Amico, scénariste de Luchino Visconti, est de faire de cette histoire dramatique une comédie. L’originalité est d’avoir mêlé l’emblème de la comédie italienne, Totò, aux acteurs de la nouvelle génération : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Claudia Cardinale. Monicelli ne s’interdit rien : il plonge ses personnages naturellement drôles dans des scènes tragiques, comme lorsque l’un des protagonistes meurt, écrasé par un tramway. Le choix des décors naturels est aussi significatif. Le chef opérateur Gianni Di Venanzo filme, dans un superbe noir et blanc, une Rome pauvre, périphérique, avec des chantiers de construction, qui témoignent du boom immobilier. Mais l’humour est présent jusqu’à la fin, avec l’erreur de percement d’une cuisine et non d’un coffre-fort qui aboutit à la dégustation de nouilles aux pois chiches. Le Pigeon est un film fondamental dans une époque charnière. Peu après, Monicelli réalisera deux œuvres encore plus radicales par leur mélange des genres : La Grande Guerre (1959) et Les Camarades (1963). Ce que l’on ressent, à travers l’exigence de Monicelli, c’est l’absence de mépris envers la comédie en tant que telle… Oui ! L’équipe technique du Pigeon en témoigne : le chef décorateur a travaillé pour Fellini, le compositeur fait une remarquable partition imprégnée de jazz. Il y a, au fond, une grande porosité dans le cinéma italien de l’époque. Pour ces artistes, il n’y a pas de série A ou de série B qui vaille… Acteurs emblématiques de la comédie à l’italienne, Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Ugo Tognazzi et Marcello Mastroianni étaient-ils interchangeables ou se voyaient-ils attribuer des rôles spécifiques ? A priori, ils étaient des caméléons qui pouvaient tenir tous les rôles. Cela dit, ils avaient des spécificités. La plus évidente les ramenait à leurs origines géographiques et dialectales. Manfredi et Mastroianni étaient des méridionaux ; Tognazzi, un homme du nord de l’Italie ; Gassman, un Génois devenu romain mais interprétant, parfois, un Italien du Nord. Le plus facile à définir, c’était Sordi, incarnation du Romain arriviste et débrouillard. Gassman occupait davantage le registre du hâbleur, matamore. Mastroianni débordait du cadre. Son personnage élégant, opaque, pouvait l’entraîner loin de la comédie. Très peu d’actrices ont illustré le genre. Pourquoi ? Les auteurs eux-mêmes l’on dit : c’était un genre d’hommes, avec des situations écrites pour des hommes. Les scénaristes ne se posaient pas, alors, la question de la parité. Dino Risi, dans sa série des Pauvres mais beaux (1956), a peut-être accordé un peu plus de place aux femmes. Mais la seule à s’être imposée dans ce registre, c’est Monica Vitti, après sa période Antonioni. Drame de la jalousie, d’Ettore Scola (1970), a marqué pour elle un tournant décisif. Les Nouveaux Monstres, en 1977, est-il, comme on l’a écrit, le bouquet final de la comédie à l’italienne ? Là encore il s’agit d’une borne pratique, parce que ce film réunit Sordi, Gassman, Tognazzi, qu’il est réalisé par Monicelli, Risi, Scola, et que le dernier sketch raconte l’enterrement d’un comédien. En même temps, il correspond à la fin d’une époque et d’une conjonction extraordinaire de talents. C’est ce qui a fait la force des comédies italiennes : la réunion miraculeuse de bons cinéastes, scénaristes et acteurs. De ce point de vue, Les Nouveaux Monstres est bien un chant du cygne… A cause d'un vol de voiture minable, Cosimo doit à nouveau passer par la case prison. Histoire de se tirer de ce mauvais pas, le truand est prêt à payer un pigeon, qui s'accusera à sa place. Les copains de Cosimo ... |
![]() | LE PROCES, Orson Welles 1962, Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider (histoire)@@@Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauchemar : des individus pénètrent dans sa chambre, lui posent des questions, le harcèlent. TELERAMA Pas sûr que Kafka aurait aimé. Orson Welles devait le savoir et s’en fichait, malgré sa sincère admiration pour l’auteur tchèque. Mis à part le début, assez conforme à l’absurde kafkaïen angoissant, où Joseph K. est tiré de son lit par deux individus sardoniques qui l’interrogent, le film s’éloigne du livre par sa démesure baroque. Welles en fait surtout une fantasmagorie où il peut déployer son catalogue de morceaux de bravoure. Grâce à un producteur français qui l’a extirpé de son pétrin (départ forcé de Hollywood, films amputés…) et au décor de la gare d’Orsay (alors désaffectée, avant qu’elle ne devienne musée), l’ogre maudit exploite à merveille poutrelles, escaliers, halls, verrière, pour en faire le théâtre labyrinthique, mental et physique, d’une persécution hétérogène. Où Joseph K. n’est pas l’unique victime du pouvoir tentaculaire — il croise une foule hagarde de déportés et d’autres accusés qui rappellent les bêtes noires du maccarthysme. Mais il semble le seul qui essaie de comprendre, en étant lui-même poursuivi par un sentiment de culpabilité. Parmi les séquences marquantes : les montagnes de dossiers et de paperasse qui envahissent les galeries, l’armée de sténodactylos tapant sur leurs claviers dans un espace digne d’une cathédrale, la horde de gamins en furie qui talonnent Joseph K. On est à la limite d’un certain pompiérisme, parfois. Difficile néanmoins de ne pas être ébloui par les effets visuels, les jeux d’ombre et de lumière, l’orchestration démente des déplacements. À noter, la présence frénétique de Romy Schneider, formidable en jeune femme tentatrice. Quant à Anthony Perkins, à peine sorti de Psychose, il donne à l’affolement de multiples facettes. Joseph K. est un petit fonctionnaire anodin. Vaniteux et sûr de son bon droit, il poursuit une existence toute tracée dans un service où il a de bons espoirs de promotion. Un matin, cette tranquillité vire au cauc ... |
![]() | LE RIDEAU DECHIRE, Alfred Hitchcock 1966, Paul Newman, Julie Andrew (thriller)@@À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm. TELERAMA Un savant américain (Paul Newman) se rend à Berlin et passe à l’Est ; il mène en fait double jeu… Un Hitchcock très méprisé à sa sortie, à tort, car on y trouve des moments superbes. Le film fut très méprisé (à tort) à sa sortie, sans doute parce que Julie Andrews et Paul Newman forment un couple très « frigide ». Au début, c’est logique. Mais il devrait s’embraser, ce couple, au fur et à mesure des épreuves qu’il traverse, comme ceux des Trente-Neuf Marches ou des Enchaînés. Or non : aucune complicité ne semble lier les héros. Restent des moments superbes. À commencer par le meurtre du méchant (coups de pelle et tête dans un four à gaz), où Hitchcock montre qu’il n’est pas toujours facile de tuer un homme. Il y a aussi la fuite des héros dans un faux autobus, lentement rattrapé par le vrai. La scène de la poste avec Lila Kedrova, inquiétante et blessée. Sans oublier — magistrale leçon de suspense — le long moment où un savant qui ressemble à Tryphon Tournesol révèle, sans le vouloir, à Paul Newman, la formule secrète qu’il était venu chercher à Berlin-Est. C’est sans nul doute le dernier grand film de Hitchcock. À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm. TELERAMA Un savant américain (Paul N ... |
![]() | LES DIAMANTS SONT ETERNELS, Guy Hamilton 1971, Sean Connery (James Bond)(aventure)@TELERAMA Ce n'est pas le meilleur opus de la série culte, mais il est tout de même recommandable. On y retrouve Sean Connery (qui a pris un peu d'embonpoint depuis On ne vit que deux fois), la meilleure incarnation de James Bond. Dans cette septième aventure, qui nous conduit notamment à Amsterdam et à Las Vegas, l'agent flegmatique et séducteur 007 imite Spider-Man en haut d'un building, survit au four crématoire, file en bolide rouge aussi bien qu'en tracteur lunaire, s'échappe d'un pipeline enseveli en plein désert... La « sainte trinité » - action, sexe et luxe de haute technologie - est globalement respectée, même si la quantité de gadgets et de pin-up langoureuses paraît moindre qu'ailleurs. On savoure le couple patibulaire de tueurs curieusement attifés, le décor délirant des baraques. Quant à James Bond, son style, par excellence moderne, ne souffre d'aucun signe de vieillissement... TELERAMA Ce n'est pas le meilleur opus de la série culte, mais il est tout de même recommandable. On y retrouve Sean Connery (qui a pris un peu d'embonpoint depuis On ne vit que deux fois), la meilleure incarnation de James ... |
![]() | LES PLEINS POUVOIRS, Clint Eastwood 1997, Clint Eastwood, Scott GlennLuther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan, un des hommes les plus riches de Washington, parti en voyage d'affaires avec sa jeune épouse, Christy. Tout se passe pour le mieux. Il s'apprête à repartir lorsqu'il découvre que la cloison de la chambre forte est un miroir sans tain qui donne sur la chambre à coucher. De l'autre côté de ce miroir, Luther assiste à un meurtre impliquant Christy et Richmond, le Président des Etats-Unis. TELERAMA A travers un miroir sans tain, Luther Whitney, alors qu'il cambriole le coffre à bijoux d'une somptueuse demeure, assiste à un jeu érotique alcoolisé et violent entre un homme et une femme. Des gardes du corps font irruption et abattent la femme. L'homme en question n'est autre que le président des Etats-Unis... La séquence initiale est une leçon de mise en scène. Dans le regard du voyeur malgré lui, Eastwood reflète nos propres ambiguïtés de spectateur devant la violence. Auparavant, en quelques plans sobres, il a tracé un (auto-)portrait sympathique du monte-en-l'air au prénom de pasteur : voleur mais artiste. Et père couvant sa fille. Un héros vieillissant, mais qui s'amuse comme un gamin et laisse à d'autres le soin de mener l'enquête. Un homme toujours « impitoyable » (comme dans la scène limite où Luther braque une seringue sur le cou d'un homme de main). Nul n'est sans tache, et on ne se refait jamais tout à fait, semble glisser Eastwood entre deux clins d'oeil à son mythe de dur à cuire. Ni vrai thriller politique ni exercice hitchcockien, Les Pleins Pouvoirs culmine lors de scènes comme celle où Luther vampe le flic chargé de le coincer. L'acteur Clint, impassible et pourtant expressif, y prend un plaisir contagieux. Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan ... |
![]() | LOS ANGELES 2013, John Carpenter 1996, Kurt Russell, Peter Fonda, Cliff Robertson (fantastique) @@En l'an 2000, un tremblement de terre d'une violence inouïe détruit et sépare la ville de Los Angeles du continent. Le nouveau président des États-Unis décide de déporter sur cette île exclusivement des citoyens immoraux de son pays. TELERAMA Quinze ans après, John Carpenter nous refait le coup de 'New York 1997'. Sans prétention, mais avec humour et efficacité Los Angeles, en 2013, n'est plus qu'une gigantesque prison où la société américaine, rongée par un puritanisme galopant, incarcère ses déviants. La fille du Président à vie, éperdument amoureuse d'un détenu, se fait enfermer dans ce vaste pénitencier à ciel ouvert. Elle emmène avec elle une arme d'un type nouveau - une télécommande capable de désactiver, via un réseau de satellites, tous les circuits électriques d'une région -, et l'offre à l'homme de sa vie, Cuervo Jones. Un vétéran des combats impossibles, Snake Plissken, est chargé par le Président de retrouver l'arme et la fille, d'autant plus rapidement qu'une coalition de pays du tiers-monde s'apprête à envahir les Etats-Unis... En l'an 2000, un tremblement de terre d'une violence inouïe détruit et sépare la ville de Los Angeles du continent. Le nouveau président des États-Unis décide de déporter sur cette île ex ... |
![]() | MADAME SOURDIS, Caroline Huppert 1979, Pierre Clémenti, Nathalie Baye (societe)@Adèle vit dans l'ombre de son mari, Ferdinand, artiste-peintre. Après le décès du père, ils quittent la province pour Paris. Elle peaufine ses toiles et le console. Grâce à son coup de pinceau, Ferdinand découvre la gloire et le succès. Et l'amour dans tout ça ? Sacrifié sur l'autel de la création... on peut comprendre qu’il soit trop académique, appliqué et ainsi manque un peu de vie. Par contre on retrouve bien les atmosphères et leitmotivs de Zola et l’histoire est intéressante. Le naturalisme de l’auteur est très respecté. Pour la petite anecdote, Zola a attendu, par respect pour lui, la mort de Daudet son ami, soit environ 20 ans pour publier cette nouvelle. Les frères Goncourt, pas forcément des adeptes d’une honnêteté absolue, détestaient Daudet (qui avait sa part d’ombre) et avaient fait courir la rumeur à propos d’un rôle de sa femme dans son œuvre. Le sujet divise peut-être encore quelques «experts» mais à priori le mystère reste entier… Adèle vit dans l'ombre de son mari, Ferdinand, artiste-peintre. Après le décès du père, ils quittent la province pour Paris. Elle peaufine ses toiles et le console. Grâce à son coup de pinceau ... |
![]() | MARIAGE A L ITALIENNE, Vittorio de Sica, Sophia Loren, Marcello MastroianLa superbe Filumena n'arrive plus à marcher. Elle vient d'avoir un malaise. On l'entoure et on la porte, comme une reine, jusqu'à son lit. L'heure est grave... Pendant ce temps, Domenico s'active pour les préparatifs de son mariage: dans deux jours, il épouse la jeune caissière de son restaurant, qui a trente ans de moins que lui. Pour lui, l'heure est à la fête. Mais il doit se rendre en urgence au chevet de Filumena qui se meurt. TELERAMA Mastroianni est savoureux en veule fils de famille. Sophia Loren, éblouissante en putain au cœur noble. Comédie charmante qui pèche par son humour grivois. Héritier d'une importante pâtisserie, Domenico fréquente une maison close. Il y remarque Filumena, à peine sortie d'une adolescence difficile dans les bas quartiers de Naples. Il l'installe dans un appartement, puis chez lui. Elle devient la gouvernante de sa mère tout en restant sa maîtresse. Mais lorsque Domenico décide d'épouser une jeune caissière, Filumena, amoureuse et soumise depuis trop longtemps, réagit. Après quelques films en demi-teinte, Vittorio De Sica réalisa coup sur coup deux comédies avec le couple explosif Sophia Loren-Marcello Mastroianni. Si la première, Hier, aujourd'hui, demain, s'enlise souvent dans la trivialité et le mauvais goût, la seconde, Mariage à l'italienne, nominée à l'oscar du meilleur film étranger, se révèle savoureuse, et retrouve une partie de la vivacité et de la verve de L'Or de Naples, réalisé dix ans auparavant. Le cinéaste pratique souvent l'humour grivois et frôle la vulgarité. Son scénario, mélodramatique, se fait parfois complaisant, mais le pittoresque des situations et surtout la grande aisance des deux monstres sacrés d'alors en font un spectacle plaisant et chaleureux. Mastroianni, fine moustache et costume trois-pièces, est un délicieux fils de famille veule, paresseux et égocentrique. Quant à Sophia Loren, prostituée repentante et maternelle, fille du peuple aux mœurs libres mais au cœur de grande dame, elle est éblouissante. La superbe Filumena n'arrive plus à marcher. Elle vient d'avoir un malaise. On l'entoure et on la porte, comme une reine, jusqu'à son lit. L'heure est grave... Pendant ce temps, Domenico s'active pour les préparatifs de ... |
![]() | MARQUISE, Véra Belmont, 1997, Sophie Marceau, Bernard @@Giraudeau, Patrick Timsit (cape et epee)Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses talents de danseuse, Marquise s'initie au métier de comédienne et devient la maîtresse de Molière. Quand la petite troupe se produit à Versailles, Marquise, par sa beauté, fait sensation auprès de Louis XIV. TELERAMA “ Marceau est sans doute une casse couilles mais sa beauté fait perdre la tête au soleil. Dommage que l'ensemble reste d'un niveau médiocre. ” Sophie Marceau : Marquise Lambert Wilson : Racine Bernard Giraudeau : Molière Patrick Timsit : Du Parc Thierry Lhermitte : Louis XIV Anémone : La Voisin Remo Girone (en) : Jean-Baptiste Lully Georges Wilson : Floridor Franck de Lapersonne : Philippe d'Orléans « Monsieur » Marianne Basler : Henriette d'Angleterre Estelle Skornik : Marie Victoria Peña : Marie-Thérèse d'Autriche Christine Joly : Madeleine Anne-Marie Philipe : Catherine de Brie Romina Mondello : Armande Béjart Stéphane Boucher : Louis Béjart Olivier Achard : Monsieur de Saint-Loup Patrice Melennec : Giacomo de Gorla, père de Marquise Beatrice Palme : Geneviève Francisco Casares : Gorgibus Guillermo Antón : Charles Éric Boucher : Brécourt Jacques Pater : Massimo Pittarello : Simón Andreu : L'Abbé de Cosnac Carlotta Jazzetti : La fillette Milaura Allegrini : Eve Bitoun : Antonio Cantafora : Ginevra Colonna : Alexia Murray : Francesca DeRose : Flaminia Fegarotti : Daniele Ferretti : Paolo Fosso : Sara Franchetti : La mère de Marquise Emanuela Garuccio : Micaela Giustiniani : Luciano Luminelli : Luggi Marturano : Emanuela Murari : Mademoiselle (non créditée) Sonia Aquino : Louis Per Bruno : Marquis Leroy (aka Pierre Arkansas) Gérard Moulévrier : Pour échapper à une vie de misère, Marquise accepte d'épouser René du Parc, dit aussi Gros-René, comédien et auteur comique dans la troupe de Molière. D'abord employée pour ses ... |
![]() | MAYERLING, Terence Young 1968, Omar Sharif, Catherine Deneuve, Andrea Parisy (saga histoire)@@En 1889 dans l'empire austro-hongrois, l'archiduc Rodolphe d'Autriche aime d'un amour sans espoir la jeune Marie Vetsera. Ne pouvant divorcer et l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, son père, menaçant de les séparer en condamnant Marie au couvent, Rodolphe décide de mettre fin à ses jours en compagnie de sa maîtresse, à Mayerling. TELERAMA Fils de l'empereur François-Joseph et d'Elisabeth, dite « Sissi », l'archiduc Rodolphe se sent mal dans son costume de prince héritier. Idéaliste et libéral, il manifeste avec les étudiants et sympathise avec les Hongrois ; bref, tout pour embêter papa. Il s'éprend même de Marie Vetsera, demoiselle de moindre lignée, alors qu'il est déjà marié... Le suicide, au château de Mayerling, en 1889, de Rodolphe et de sa belle, tient autant du mythe sentimentalo-princier que de l'événement historique. De même, le film hésite, esquisse le portrait d'un original rebelle et attachant. Mais chaque tentative d'analyse historique se perd dans les dorures. Omar Sharif forme avec Catherine Deneuve un couple raide et mièvre : deux figurines de bois dans une version désuète, neigeuse et galonnée de Roméo et Juliette. En 1889 dans l'empire austro-hongrois, l'archiduc Rodolphe d'Autriche aime d'un amour sans espoir la jeune Marie Vetsera. Ne pouvant divorcer et l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, son père, menaçant de les s&eac ... |
![]() | MISSION, Roland Joffe 1986, Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson (saga)@@1750. L'Espagne et le Portugal se disputent les colonies d'Amérique du Sud, mais soutiennent tous deux la christianisation des Indiens, dirigée par le cardinal Altamirano. TELERAMA « C'est, dira Roland Joffé, un film sur la grandeur du sacrifice. » Le cinéaste de La Déchirure aime les périodes historiques où s'opposent idéalistes et politiques, aventuriers et philosophes. Le scénario s'inspire d'un récit authentique. Il n'a pourtant que partiellement tenu son pari, le film se réduisant à l'affrontement psychologique des deux personnages (Robert De Niro et Jeremy Irons, remarquables). La Palme d'or qu'il reçut en 1986 récompensait une oeuvre à la fois commerciale et ambitieuse, qui pose le problème de la colonisation et de l'évangélisation. 1750. L'Espagne et le Portugal se disputent les colonies d'Amérique du Sud, mais soutiennent tous deux la christianisation des Indiens, dirigée par le cardinal Altamirano. TELERAMA « C'est, dira Roland Joff& ... |
![]() | MOONRAKER, Lewis Gilbert, 1979, Roger Moore, Richard Kiel, Michel Lonsdale (James Bond)@@L'agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d'une navette spatiale americaine, Moonraker, confiee au gouvernement britannique. 007 se rend aux Etats-Unis pour interroger le responsable de la construction de la navette, Sir Hugo Drax. Il y fait la rencontre de la charmante Holly Goodhead et decouvre que Drax est en fait le responsable de la disparition de la navette. TELERAMA Qu’est devenue la navette spatiale Moonraker, que les Américains livraient à leurs alliés britanniques ? Qui s’en est emparé ? Pourquoi ? Chargé de l’enquête par « M », chef des services secrets anglais, James Bond soupçonne vite le puissant Hugo Drax. Roger Moore fait son numéro habituel de justicier charmeur, sans jamais retrouver le style félin de Sean Connery. Les paysages sont superbes, « Jaws » revient avec sa mâchoire en acier, et Lonsdale est despotique à souhait. Mais tout cela ne parvient pas à compenser d’inutiles longueurs et un recours à l’humour plus insistant que d’habitude mais peu convaincant. L'agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d'une navette spatiale americaine, Moonraker, confiee au gouvernement britannique. 007 se rend aux Etats-Unis pour interroger le responsable de la construction de la nav ... |
![]() | ORANGE MECANIQUE, Stanley Kubrick 1971, Malcolm McDowell, Adrienne Corri, Patrick Magee (societe drame)@@Alex et sa bande de délinquants (les Droogs), habit blanc et melon noir, sèment la terreur pour le plaisir dans une Angleterre futuriste. Un soir, ils font irruption chez un écrivain, qu’ils tabassent et dont ils violent et tuent la femme. Lors d’une autre agression, Alex est arrêté. En prison, on le choisit comme cobaye d’une expérience de réhabilitation. TELERAMA La force du film choc de Kubrick vient de sa capacité à placer le spectateur devant ses pulsions taboues, à considérer le cerveau comme un antre de la folie. Orange mécanique se divise en trois parties. La première narre les sinistres exploits des Droogs sur fond de Beethoven passé à la moulinette synthétique de Walter Carlos. C’est la plus datée et la plus riche en tics à recycler, ce dont ne se sont pas privés les groupes de rock anglais. C’est un genre de comédie musicale, où des clowns punk en tenue d’escrime et slip kangourou par-dessus dansent un ballet sadique, entre Beckett et Starmania. La deuxième partie, plus austère, décrit l’échec de toute morale appliquée au cas d’Alex. Impossible à mater selon la « méthode » Ancien Testament, l’ignoble individu se voit proposer un nouveau traitement… Enfin, la troisième partie nous fait entrer de plain-pied dans la folie, cette folie qui berce ou fait exploser les films de Stanley Kubrick. Un engrenage de délires paranoïaques auquel seule peut répondre une autre folie : celle du cinéaste. Et comme Kubrick est maître en la matière, c’est l’intensité de son dernier volet qui fait tenir à ce film baroque le choc du temps qui passe. Alex et sa bande de délinquants (les Droogs), habit blanc et melon noir, sèment la terreur pour le plaisir dans une Angleterre futuriste. Un soir, ils font irruption chez un écrivain, qu’ils tabassent et dont ils ... |
![]() | PREMIERES VACANCES, Patrick Cassir 2018, Camille Chamoux, Jonathan Cohen, Camille Cottin (sentimental)@Marion et Ben, trentenaires, font connaissance sur Tinder. C'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun. Cependant, ils décident tout de même, au petit matin de leur rencontre, de partir ensemble en vacances, malgré l'avis de leur entourage. Direction la Bulgarie, à mi-chemin de leurs destinations de rêve, Beyrouth pour Marion, Biarritz pour Ben, où ils vont vite s'apercevoir qu'ils ont des conceptions très différentes de ce que doivent être des vacances. TELERAMA À la classique attraction des contraires s’ajoute un piment supplémentaire : l’histoire d’amour commence là où aucune ne survivrait, entre un Airbnb minable et la découverte des manies tue-l’amour de chacun, digestion comprise. Premières Vacances ne révolutionne pas l’anti-comédie romantique, mais l’abattage de Camille Chamoux et de Jonathan Cohen fait des étincelles, du moins dans la première partie du film. Quand le couple échoue finalement dans un hôtel de luxe, l’humour s’enlise dans les conventions : comme à Marion, les galères bulgares nous manquent… Marion et Ben, trentenaires, font connaissance sur Tinder. C'est à peu près tout ce qu'ils ont en commun. Cependant, ils décident tout de même, au petit matin de leur rencontre, de partir ensemble en vacances, mal ... |
![]() | PSYCHOSE, Alfred Hitchcock 1960, Anthony Perkins, Janet Leigh (drame thriller)@@@@Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus en plus mal cet amour se limitant à des rencontres furtives. De retour au bureau, elle assiste à une transaction immobilière entre un riche client et son patron, qui la charge de déposer à la banque 40.000 dollars. TELERAMA Marion Crane doit déposer 400 000 dollars à la banque pour le compte de son patron. Sur un coup de tête, elle dérobe l’argent, pour pouvoir vivre enfin avec Sam, son amant, et s’enfuit en voiture. La pluie et le crépuscule l’obligent à faire halte dans un motel isolé. Norman Bates, le jeune gérant, l’accueille aima-blement... Raconter le début constitue déjà un crime de lèse-Hitchcock. A la sortie du film, en 1960, le maître avait exigé que les portes des salles soient fermées aux retardataires. Dans le hall des cinémas, un message adjurait les spectateurs de ne rien révéler à leurs amis. Depuis, le succès a quelque peu éventé le mystère. Pourtant, dans sa construction, Psychose reste un guet-apens effroyable et génial. D’abord, le récit coule comme un thriller banal. Des amants, un vol, une fugue. Et puis, cette première intrigue s’interrompt brusquement à l’arrivée au motel. Même après cent rediffusions, les coups de couteau dans le rideau de douche, dramatique rupture de ton, surprennent toujours. D’un délit mineur au meurtre, et à la folie, le réel devient perméable au monstrueux. Hitchcock invente le personnage de Marion Crane pour nous mener, confiants, à Norman Bates, à l’horreur. Le cinéaste expliquait à François Truffaut : « Je dirigeais le public, je jouais avec lui comme avec un orgue. » Sous ses doigts, l’angoisse du spectateur devient, crescendo, l’unique partition du film. Elément central de cette danse macabre, celui-ci se trouve condamné à jouer le double jeu du témoin, à la fois complice et victime. Le secret caché dans la cave de la célèbre maison de Norman Bates est redoutable parce qu’il nous appartient, c’est la matière de nos cauchemars. Le génie de Hitchcock est d’avoir fait de Psychose le chef-d’oeuvre de ses spectateurs. Phoenix, Arizona. Marion Crane et Sam Loomis sont amants mais le manque d'argent compromet leur mariage. Sam doit verser une pension alimentaire à son ex-femme et éponger les dettes de son père. Marion supporte de plus ... |
![]() | QUE LA FETE COMMENCE Bertrand Tavernier 1975, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle@À la mort de Louis XIV, le neveu de ce dernier, le duc Philippe d'Orléans, assure la régence jusqu'à la majorité de Louis XV. Toutefois, le duc est un homme des plus débauchés qui se laisse influencer par les mauvais conseils. En Bretagne, le marquis de Pontcallec élabore un complot destiné à renverser le duc. L'abbé Dubois se charge alors de mettre fin à la conspiration tout en utilisant le duc à des fins personnelles. TELERAMA C’est dans la veine d’un Alexandre Dumas saisi par la fièvre picaresque, d’un Saint-Simon à l’œil fureteur que Bertrand Tavernier brosse cet allègre tableau des frasques intimes de Philippe d’Orléans, monarque qui passait l’essentiel de son temps à lutiner les duchesses et les filles vénales, lors de « petits soupers » aux allures de bacchanales. Sa fresque est cocasse, pleine de verve, d’humour et de mots irrespectueux, dont la vérité historique est attestée par les études de Michelet ou de Philippe Erlanger. Il s’applique ainsi à casser le vernis de l’Histoire officielle, et ses personnages ont une profondeur d’âme qui les rend émouvants et humains. Les notables hauts en couleur sont incarnés par de prodigieux comédiens dont Tavernier a encouragé la démence jubilatoire. Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle n’ont peut-être jamais été aussi grands. Le film prend en outre une couleur pathétique grâce au personnage d’Emilie, la jeune prostituée pleine de tendresse et de douceur meurtrie. C’est elle qui personnifie le regard moral d’un Bertrand Tavernier par ailleurs passionné par la peinture des périodes de transition. La scène finale annonce les brasiers de 1789. À la mort de Louis XIV, le neveu de ce dernier, le duc Philippe d'Orléans, assure la régence jusqu'à la majorité de Louis XV. Toutefois, le duc est un homme des plus débauchés qui se laisse i ... |
![]() | RIO BRAVO, Howard Hawks 1959, John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson (western)@@@Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique à la suite d'un chagrin d'amour, de Colorado, un jeune tireur d'élite, et de Stumpy, un vieillard infirme. Bientôt, les quatre hommes se retrouvent encerclés par une armée de tueurs. TELERAMA John Wayne et Dean Martin dans un chef d’œuvre du cinéma américain de la fin des années 1950. Il faut revoir ce western de légende et faire comme si de rien n’était, comme si le mot « chef-d’œuvre » n’avait jamais été prononcé. La scène d’ouverture, d’abord : mutique, tendue, mais avec des gestes presque lents, où tout est dit de la violence de l’Ouest, de l’alcoolisme de Dean Martin, l’adjoint de John Wayne, le shérif qui veut croire au courage des hommes, sans soupçonner encore celui d’une femme amoureuse. Aidée par « un ivrogne et un infirme », mais aussi par un jeune homme moins individualiste que prévu, et veillée par une joueuse de cartes, cette carcasse étoilée qui ne veut surtout pas qu’on l’aide gardera un assassin en prison, envers et contre toutes les attaques et les pièges. Pourquoi ? Pour la morale et l’amitié, valeurs sans lesquelles le monde s’écroulerait. Dans ce western, personne ne cavale. Tout le monde marche au rythme pataud du grand John : cela donne le temps de parler (et même de chanter) entre hommes, de rendre sa fierté à Dean Martin, d’écouter les rouspétances de Walter Brennan (le bougon le plus drôle de l’histoire du western) et de regarder Angie Dickinson. Dans son chemisier jaune, bavarde et bravache, elle dompte John Wayne. Le film se termine par un collant noir jeté par la fenêtre et un vieux cow-boy qui s’en fait une écharpe. Toute l’humanité (et la féminité) du monde est à Rio Bravo. Wheeler, l'ami du shérif John Chance, est assassiné par le frère du puissant Nathan. Chance arrête le meurtrier et l'enferme en prison. Il ne peut compter que sur le soutien de Dude, son adjoint devenu alcoolique ... |
![]() | SANS MOBILE APPARENT, Philippe Labro 1971, Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Laura Antonelli, Jean-Pierre Marielle (thriller)@@Tony Forest, promoteur immobilier, est abattu dans les jardins d’une luxueuse résidence niçoise. L’inspecteur Carella est chargé de l’enquête. Un dessinateur en architecture est tué juste après, de la même façon. Le lendemain, c’est au tour de l’astrologue Kleinberg… TELERAMA Un tueur au fusil à lunette dégomme un, puis deux, puis trois, puis quatre personnes qui n’ont aucun lien apparent. L’inspecteur Carella enquête... Une série noire d’Ed McBain bien transposée à Nice par Labro, l’éternel étudiant américain. Mise en scène solide, acteurs dans le ton : du polar comme il faut. Cette transposition française d’un roman d’Ed McBain a toujours déconcerté les fans du romancier américain, d’autant que son célèbre inspecteur Carella n’a absolument rien de commun avec Jean-Louis Trintignant. Philippe Labro, féru de cinéma américain, a voulu transposer un univers de thriller noir sur la Côte d’Azur, tout en se référant à une réalité contemporaine (le monde des affaires, la jeunesse maoïste) et à un certain réalisme psychologique (les personnages sont ambigus, et Trintignant exprime fort bien la solitude et l’amertume d’un policier confronté à un milieu pourri). À voir pour le brio de sa réalisation, l’efficacité de son interprétation et un Jean-Pierre Marielle inhabituel. Tony Forest, promoteur immobilier, est abattu dans les jardins d’une luxueuse résidence niçoise. L’inspecteur Carella est chargé de l’enquête. Un dessinateur en architecture est tué juste ... |
![]() | STAND BY ME, Rob Reiner 1986, Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman (societe)@@Un événement peu ordinaire va marquer la vie du jeune Gordie Lachance. Au cours de l'été 1959, un adolescent a disparu mystérieusement dans l'Oregon. Gordie et ses inséparables copains, Chris, Teddy, et Vern savent qu'il est mort pour avoir approché de trop près la voie ferrée -- un train l'a heurté. TELERAMA Dans les années 1950, le temps d’un week-end, quatre jeunes garçons s’enfoncent dans la forêt à la recherche d’un macchabée. Ce que les mômes découvrent, c’est l’angoisse et la mort, le courage de les surmonter aussi, la solidarité et la loyauté. Tout cela appartient au passé, mais un passé qui affleure de nouveau, dans un halo de mélancolie. Gordie est devenu romancier depuis cette escapade marquante et initiatique, qui a soudé le quatuor à tout jamais. La fièvre de partir, la ligne de chemin de fer en guise de boussole et de promesse, la peur des coyotes, les nuits à la belle étoile… On dirait du John Ford mâtiné de Charles Perrault. Stand by Me, d’après Stephen King, c’est un peu La Nuit du chasseur version soul et R’n’B (la BO regorge de standards, dont celui des Temptations). Barjot binoclard, obèse soumis, intello secret, mignon énergique, chacun a son tempérament, chacun doit le dompter ou le dépasser. Entre mésaventures dues aux sangsues, friction avec les voyous du coin et découverte macabre, l’aventure humaine amène la bande à réagir en adulte, donc à vivre la fiction la plus forte qui soit. D’où l’héroïsme, les joies et les tourments de ce petit chef-d’œuvre, modeste épopée en miniature servie par quatre jeunes acteurs touchants et craquants, dont feu River Phoenix, alors plus que prometteur. Gordie Lachance se souvient. En ce lointain été 1959, en Oregon, il a 12 ans et, avec ses trois inséparables copains, Chris, Teddy et Vern, il se lance dans une expédition peu banale : retrouver le corps de Ray Brower, un adolescent porté disparu. Les quatre apprentis détectives espèrent ainsi faire la une des journaux. Grâce à Vern, ils ont un indice. En effet, surprenant une conversation entre son frère aîné et un de ses amis, Vern a compris que le corps du jeune homme, mortellement heurté par un train, se trouve dans la forêt. Mais, sur les lieux du drame, les adolescents sont rejoints par des voyous, parmi lesquels le frère de Vern... Un événement peu ordinaire va marquer la vie du jeune Gordie Lachance. Au cours de l'été 1959, un adolescent a disparu mystérieusement dans l'Oregon. Gordie et ses inséparables copains, Chris, Teddy ... |
![]() | TEMOIN A CHARGE, Billy Wilder, Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton (thriller)@@Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a été contacté par un confrère de ses amis. Bien qu'il se remette à peine d'une attaque cardiaque, Roberts accepte de prendre l'affaire en main. Une infirmière le suit et veille sur sa santé. Le procès se présente mal. Leonard Vole n'a qu'un témoin. Il ne peut compter que sur son épouse, Christine, seule capable de l'innocenter en disant qu'il était avec elle au moment du crime. Mais Christine finit par témoigner en sa défaveur, ce qui lui promet une condamnation logique... TELERAMA De Tyrone Power, séduisant à mourir, ou Marlene Dietrich, épouse soumise, qui est coupable ? Entre deux cigares, Charles Laughton mène (à peine) l’enquête. Le rebondissement final est extra. Une merveille ! L'histoire aurait pu donner lieu à un simple film de prétoire, malgré son long prélude chez l'avocat. Mme Christie l'avait déjà dotée d'un double rebond final, qu'un avertissement des producteurs conjure le spectateur de ne pas dévoiler à son prochain. Wilder y met aussi sa patte. La première moitié est tricotée une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Un, brosser le portrait du vétéran du barreau qui se saisit de l'affaire : gros numéro de Charles Laughton, qui joue au chat et à la souris avec la rustique infirmière chargée de surveiller sa santé vacillante. Deux, recomposer l'intrigue en flash-back : une riche veuve a été assassinée ; on soupçonne le fringant jeune homme qu'elle avait pris sous sa protection, lui-même marié à une mystérieuse Allemande. Au tribunal, on guette le choc des deux monstres. Il viendra. Marlene Dietrich est d'abord montrée comme si elle était dans un autre film. C'est pour mieux faire exploser à la fin les conventions du genre. Quelques grammes de colossale finesse, un soupçon d'hystérie dans les tasses de thé et un drôle de pétard sous les perruques blanches. Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a &ea ... |
![]() | THE MISSOURI BREAKS, Arthur Penn 1967, Jack Nicholson, Randy Quaid, Kathleen Lloyd (western)Montana, 1880. Afin de lutter contre un gang de voleurs de chevaux dirigé par Jack Nicholson, un propriétaire terrien engage un tueur à gages, un régulateur excentrique et ultra-violent. Un festival de déguisements pour Marlon Brando, dandy efféminé, mis en scène par le réalisateur du Gaucher et de Bonnie & Clyde. TELERAMA Si vous aimez le western classique, passez votre chemin. Celui-ci sabote le genre, au-delà même de ce que souhaitait sans doute Arthur Penn, qui réalisait là, au moment où son pays était plongé dans le bourbier vietnamien, une sorte d’antiwestern, insolent, baroque, libertaire. Sur le versant politique, le cinéaste décrivait le capitalisme sauvage des grands propriétaires terriens, qui recrutaient des mercenaires pour faire la police. Le film raconte l’affrontement entre deux hommes, un tueur à gages aussi impitoyable qu’original (Marlon Brando) et un voleur de bétail (Jack Nicholson). Autant dire un face-à-face entre deux monstres sacrés, alors au sommet, dont l’un échappa totalement au contrôle du cinéaste. Brando imposa toutes sortes de tocades, changeant à chaque séquence d’accents et de chapeaux, improvisant des poèmes d’amour en croquant une carotte avec son cheval ou surgissant travesti en grand-mère fantasque, avec robe, tablier et capote à rubans. Une performance déroutante, ayant le mérite de souligner l’ambiguïté perverse du psychopathe en armes, et l’occasion pour Brando de marquer les esprits, voire de voler la vedette à Nicholson, plus longtemps au premier plan. Entre la farce et la violence imprévisible, le nanar et le manifeste (anarchiste mais aussi féministe), les fusillades et la vadrouille au ralenti, le film est bancal mais se regarde comme une vraie curiosité. Valant son pesant de poudre et de parfum capiteux au lilas. Montana, 1880. Afin de lutter contre un gang de voleurs de chevaux dirigé par Jack Nicholson, un propriétaire terrien engage un tueur à gages, un régulateur excentrique et ultra-violent. Un festival de dég ... |
![]() | TROIS COULEURS- ROUGE, Kieslowski (Krzysztof), Irene Jacob, Jean-Louis TrintignantLa mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels téléphoniques de ses voisins. Deux inconnus, le vétéran cynique et le mannequin triste forment une amitié improbable. La mannequin genevoise Valentine frappe un chien en conduisant sa voiture. Elle s'arrête pour contacter le propriétaire de l'animal et rencontre un juge à la retraite qui s'amuse à écouter les appels t&eacu ... |
![]() | WILLOW, Ron Howard1988, Val Kilmer, Warwick Davis (fantastique)@@La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du royaume. Elora, le bébé de la prophétie, échappe au massacre. Elle est recueillie par Willow, un homme de petite taille qui fait partie de la race des Nelwyns. Ce dernier est chargé de ramener l'enfant au pays des Daïkinis. TELERAMA Ron Howard joue les apprentis sorciers. Son grimoire de référence s’appelle Le Seigneur des anneaux, de Tolkien, épopée foisonnante peuplée d’aimables Hobbits aux prises avec un terrifiant seigneur… Pour éviter la copie conforme, le cinéaste ajoute dans son chaudron une louchée biblique (le massacre des Innocents), un fragment de Table ronde 100 % celte, quelques hydres mythologiques et un croustillant clin d’œil à Blanche-Neige. Trempé dans cette mixture, le conte ressemble à un habit d’Arlequin, scintillant d’effets spéciaux. Et, contre toute attente, on se laisse charmer par cet hybride hollywoodien, qui trouve malicieusement, avec son spectateur, un terrain d’enfance. La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du ... |