L ETE OU J AI GRANDI, Gabriele Salvatores 2005, Giuseppe Cristiano, Aitana Sánchez-Gijón (drame)@@@
Un petit village du sud de l'Italie. C'est l'été, Michele, un garçon de 9 ans, joue avec ses amis et sa soeur non loin d'une maison abandonnée. En cherchant les lunettes de sa soeur, le garçon découvre un trou caché par une tôle. Dans ce trou est enchaîné un garçon de son âge. Paniqué par cette découverte, Michele retourne aussitôt au village et en parle à son meilleur ami. Celui-ci raconte l'histoire à ses parents et bientôt, les parents de Michele lui disent de ne plus s'occuper de cette histoire. Comprenant que les adultes ne l'aideront pas et qu'un accord tacite unit les gens du village, Michele rend régulièrement visite au garçon, qui s'appelle Filippo...
TELERAMA
Dans le sud de l’Italie des années 1970, un gamin de 10 ans vit ses dernières vacances insouciantes. La découverte d’un secret trop gros pour lui le fait basculer dans le monde violent des adultes.
Le jeune Michele vit dans les Pouilles, une région pauvre du sud de l’Italie, dans les années 70. Michele et ses amis jouent à se faire peur, pendant que les adultes complotent derrière leurs volets. Michele est à la lisière de l’adolescence, zone d’ombre où l’on aimerait devenir grand tout en craignant d’abandonner l’enfance. Alors, quand il découvre un secret qui le dépasse — un enfant sauvage séquestré sous terre —, il le garde pour lui, comme un grand.
La force du film — qui était déjà celle du livre de Niccolò Ammaniti —, c’est de se placer à hauteur d’enfant. Tout est vu à travers Michele, chaque signe est interprété par le regard de ce gamin qui se raconte un conte angoissant et fantastique. Un défi lancé au monde des adultes, dont il ne détient pas tous les codes. Michele est comme les jeunes héros de Stand by me, de Rob Reiner, qui découvraient un cadavre : visite après visite à son ami « mort vivant », il surmonte ses peurs. Son voyage initiatique, il ne le fait pas dans une barque, la nuit, comme les enfants de La Nuit du chasseur, mais sur son vélo à travers les blés plus hauts que lui. Pourtant, le parcours est le même que dans le film de Charles Laughton.
Gabriele Salvatores pose un regard tendre sur tous, enfants volontaires ou parents paumés. Il maîtrise l’équilibre entre le lyrisme des paysages et le sordide de l’histoire ; son final emphatique lui sera d’autant moins pardonné.