LA FILLE DE BREST, Emmanuelle Bercot 2016, Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel (thriller sante mediator)@@
Dans un hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l'isolement des débuts à l'explosion médiatique de l'affaire, l'histoire inspirée de la vie d'Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.
TELERAMA
Avec ce récit hyper rythmé conçu comme un thriller, Emmanuelle Bercot met en scène le scandale du Mediator et la bataille d’Irène Frachon contre les laboratoires Servier. Un film dossier bien documenté, interprété avec finesse.
Pneumologue au CHU de Brest, Irène Frachon avait découvert un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament antidiabète. Pendant des années, la modeste praticienne a dû affronter le laboratoire Servier, mais aussi les autorités de contrôle sanitaire, avant que le Mediator ne soit interdit…
À la manière de Steven Soderbergh (et son Erin Brockovich), Emmanuelle Bercot plonge dans les coulisses de ce combat du pot de terre contre le pot de fer avec une densité d’informations à donner le vertige. Pas besoin d’être un étudiant en cinquième année de médecine pour apprécier : la réalisatrice compense la dimension technique du sujet par un récit hyper rythmé, conçu comme un thriller. La Fille de Brest s’inscrit dans la lignée des grands « films-dossiers » de Costa-Gavras. Même souci d’exactitude documentaire, même recours habile à quelques pointes d’humour, et même importance apportée aux seconds rôles. Benoît Magimel est très émouvant en chercheur galvanisé par la fougue de l’héroïne. Il faut dire que, dans la blouse blanche du Dr Frachon, Sidse Babett Knudsen déménage. Les cinq premières minutes, le léger accent de l’actrice danoise a de quoi troubler. Mais sa sincérité, son énergie, son côté un peu clown aussi finissent, comme son personnage, par briser toutes les résistances.