![]() | EYJAFJALLAJOKULL, Alexandre Coffre 2013, Dany Boon, Valerie Bonneton (comique)Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Grèce où se marie leur fille, ce couple de divorcés, qui se voue l’un l’autre une détestation sans borne, va être amené par la force des choses à prendre la route ensemble. TELERAMA Deux ex-époux qui se haïssent doivent rejoindre la Grèce, où se marie leur fille. Leurs mésaventures seraient sympas si on parvenait à éprouver une connivence avec les personnages. Mais non, ces gens hargneux et rosses sont odieux. Erreur, funeste erreur ! Généralement, les couples de cinéma qui s’engueulent pour mieux se réconcilier nous deviennent proches par leur charme et leur entrain : Cary Grant et Katharine Hepburn dans L’Impossible Monsieur Bébé, Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac dans L’Homme de Rio. Un scénario imbécile fait des héros d’Alexandre Coffre d’insupportables casse-pieds : ils justifient la question de l’irrésistible chanson de Marie-Paule Belle : « Mais où est-ce qu’on les enterre ceux qui sont méchants ? » Lui (Dany Boon) est un grimacier pleurard. Elle (Valérie Bonneton) cumule les fonctions d’emmerdeuse, d’emmerdante et d’emmerderesse. On pourrait espérer qu’au terme de ses aventures — l’éruption du volcan islandais Eyjafjamachinchose empêche le duo de rejoindre sa fille, qui se marie en Grèce — elle évoluerait. Mais non ! « Je t’emmerde ! » lance-t-elle à un brave vieil Albanais tout souriant qui lui demande gentiment son nom… Comment s’intéresser à une hystérique pareille et à son pénible conjoint ? Le réalisateur a beau multiplier poursuites et cascades (le film a coûté très, très cher, semble-t-il), rien n’y fait. On n’a pas envie d’être avec ces gens-là, on souhaite les oublier au plus vite, on rêverait même de ne jamais les avoir connus. Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Gr&eg ... |
![]() | GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera FarmigaL'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. TELERAMA Cet épisode se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars. Confiée à un tâcheron, cette suite constitue le parent pauvre du MonsterVerse, univers de fiction Warner à base de monstres géants, composé de Godzilla (Gareth Edwards, 2014) et de Kong : Skull Island (Jordan Vogt-Roberts, 2017) – avant l’affrontement du dinosaure et du gorille, prévu cette année. Le film ne propose ni l’ambiance de fin du monde du premier, ni les collages pop du second, ni, bien sûr, le charme kitsch des productions japonaises Toho des années 1950, où des comédiens déguisés en bestioles détruisaient des villes miniatures. Godzilla II se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars. Michael Dougherty n’adopte pas le point de vue des créatures, encore moins celui des survivants, mais celui de scientifiques et de militaires qui bavassent à n’en plus finir dans leurs postes de commandement, suivant l’action sur divers écrans… Qu’observent-ils ? Le lézard radioactif, allié au papillon géant Mothra, se bagarrer contre Monstre Zéro, hydre à trois têtes. Le scénario infantile se double d’un discours malthusien : déplaisante vision d’une humanité régulée par les titans (c’est-à-dire exterminée), pour que la nature reprenne ses droits. On a connu écologie plus constructive. L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces c ... |
![]() | HUGUETTE, Antoine Garceau, Line Renaud, Romane Bohringer societe)@@@ (film complet)Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadragénaire, peine à concilier les exigences de son métier et l'éducation attentive de son fils de 15 ans, dont les résultats scolaires l'inquiètent. Les chemins des deux femmes se croisent le jour où Marion surprend Huguette dormant dans sa voiture. Expulsée, la vieille dame n'a nulle part où aller et Marion la recueille. TELERAMA Expulsée de son appartement, Huguette, une enseignante retraitée, est hébergée par sa voisine, mère d’un ado en difficulté scolaire. Pertinent quand il penche du côté du réalisme social, le téléfilm finit par s’égarer dans les bons sentiments... Vieille dame isolée, Huguette sombre jour après jour dans la misère. Expulsée de son appartement, elle se résout à dormir dans la voiture de son défunt mari. Inacceptable pour Marion, sa voisine. Cette mère célibataire aux prises avec les difficultés scolaires de son fils propose à Huguette de l’héberger quelque temps. En échange, la fière octogénaire, ancienne enseignante, promet de faire remonter les résultats de Rémi en un temps record. Objectif : la seconde générale tant espérée par Marion. Une mère angoissée, une prof dépassée par l’ère du « tout-écran », un gamin débrouillard au bord de l’asphyxie : avec ce trio improvisé, servi par une interprétation convaincante, Huguette séduit d’abord en embrassant avec justesse des thématiques dans l’air du temps comme la pression éducative, la précarité des aînés, et les relations intergénérationnelles. Mais à force d’élargir son propos, le scénario finit par s’égarer, et retombe maladroitement sur ses pieds grâce à un buzz sur Internet aussi pratique qu’un coup de baguette magique… Au réalisme social le téléfilm préfère la fable optimiste, certes rassurante, mais aussi frustrante. Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadr ... |
![]() | SOUS LE TAPIS, Camille Japy 2023, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo (societe)@@@Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit. TELERAMA Si sa mise en scène reste sage, sa délicatesse d’écriture s’impose pour dépeindre les sourires et les secrets familiaux, surtout lors d’une belle scène de veillée mortuaire. Dans la jolie maison de famille, Odette attend ses enfants et ses petits-enfants pour son anniversaire. Quand son mari meurt brutalement, elle cache le corps sous le lit. Non, il ne peut pas être mort, il s’est juste absenté, Odette s’enfonce dans le déni... L’actrice Camille Jappy passe à la réalisation avec cette chronique du deuil et, même si sa mise en scène reste très sage, sa délicatesse s’impose pour dépeindre les sourires et les mutismes familiaux, entre fille aînée coincée dans le désamour, cadet bohème flanqué d’une petite amie hippie (pimpante Marilou Aussiloux) et mère enfermée dans le secret. Ariane Ascaride, impériale en femme d’une autre époque, où l’on se taisait. Deux scènes créent une véritable émotion : une veillée funéraire extrêmement fleurie et un enterrement où un cercueil peut en cacher un autre... Un talent d’écriture à suivre. Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réal ... |
![]() | UNE HISTOIRE SIMPLE, Claude Sautet 1978, Romy Schneider, Claude Brasseur (societe)@@Marie, 39 ans, s'est décidée pour une vie de femme indépendante. Elle partage son amitié avec Gabrielle, Francine, Anna et Esther, quatre amies qu'elle retrouve le week-end dans la maison de campagne de Gabrielle. Elle se rapproche pourtant de son ex-mari, Georges, qui vient travailler dans la maison où elle est dessinatrice de mode. Elle a besoin de lui pour sauver Jérôme, le mari de Gabrielle. TELERAMA Marie, 40 ans, vit seule avec son fils depuis son pénible divorce. Quand elle apprend qu’elle est enceinte de son amant, elle décide d’avorter. Un superbe personnage, écrit pour Romy Schneider, qui illumine ce drame sentimal signé Claude Sautet. Contrairement à ce qu'indique le titre, l'histoire de Marie n'est pas simple. En témoigne la lettre de rupture qu'elle envoie à son amant, Serge : « Depuis longtemps, c'est quand nous sommes ensemble que tu me manques le plus. » Pour oublier cet homme qui parle fort et trop creux, Marie part en vacances chez des amis, à la campagne. Ambiance pouët-pouët tralala, grandes tablées Ricoré et baignades-pelotages... A la revoyure, la déconvenue est surtout sonore. Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie n'ont pas osé claquemurer leur héroïne dans le silence recueilli qu'elle méritait. Ils ont ouvert le kit du remplissage vocal, polluant le film d'une multitude de répliques sans intérêt, lâchées avec un entrain démodé. Si l'on accepte de chercher ce que cache cet agaçant brassage d'air, à savoir l'effondrement intérieur d'une génération terrifiée par la liberté enfin gagnée, Une histoire simple a valeur de document historique. Claude Sautet a l'art d'aplatir le quotidien, pour exacerber ce qu'il a d'insupportable : du simple fracas des verres qui s'entrechoquent sur le zinc jusqu'aux griffures intimes que provoquent les petites phrases amères décochées en fin de parcours amoureux. Marie, 39 ans, s'est décidée pour une vie de femme indépendante. Elle partage son amitié avec Gabrielle, Francine, Anna et Esther, quatre amies qu'elle retrouve le week-end dans la maison de campagne de Gabrielle ... |