GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera Farmiga
L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater.
TELERAMA
Cet épisode se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.
Confiée à un tâcheron, cette suite constitue le parent pauvre du MonsterVerse, univers de fiction Warner à base de monstres géants, composé de Godzilla (Gareth Edwards, 2014) et de Kong : Skull Island (Jordan Vogt-Roberts, 2017) – avant l’affrontement du dinosaure et du gorille, prévu cette année. Le film ne propose ni l’ambiance de fin du monde du premier, ni les collages pop du second, ni, bien sûr, le charme kitsch des productions japonaises Toho des années 1950, où des comédiens déguisés en bestioles détruisaient des villes miniatures. Godzilla II se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.
Michael Dougherty n’adopte pas le point de vue des créatures, encore moins celui des survivants, mais celui de scientifiques et de militaires qui bavassent à n’en plus finir dans leurs postes de commandement, suivant l’action sur divers écrans… Qu’observent-ils ? Le lézard radioactif, allié au papillon géant Mothra, se bagarrer contre Monstre Zéro, hydre à trois têtes. Le scénario infantile se double d’un discours malthusien : déplaisante vision d’une humanité régulée par les titans (c’est-à-dire exterminée), pour que la nature reprenne ses droits. On a connu écologie plus constructive.