Au XIVe siècle, une épidémie de peste ravage la Suède. Le long d'une plage déserte, le chevalier Antonius Block et son écuyer, de retour de croisade, rencontrent la Mort. Le chevalier lui propose de jouer aux échecs la solution des problèmes métaphysiques qui l'assaillent. Chaque soir, la partie se jouera sur la plage. Ce délai permet à Antonius de rechercher le sens de la vie. Sur une route, il rencontre un couple de baladins pleins de gaieté. Leur amour et leur bonheur simple contrastent avec la désolation des villages voisins. Les autochtones, tenaillés par une peur mystique, vivent dans le crime perpétuel. Un soir, la Mort remporte la partie. Le chevalier disparaît, accompagné par tous ceux qui l'entourent...
TELERAMA
L'histoire. Au milieu du XIVe siècle, le chevalier Antonius Block revient de la croisade, plein de doutes et d'incertitudes, avec son écuyer Jöns, qui, lui, est devenu athée. La peste noire ravage le pays. Au bord de la mer, Block rencontre la Mort, sous les traits d'un homme vêtu de noir, au visage livide et bouffi. Pour obtenir un délai, il entame avec elle une partie d'échecs. Tant que cette partie durera, il essaiera de donner un sens à sa vie. En allant vers le château de Block, celui-ci et Jöns rencontrent une famille de bateleurs, une sorcière condamnée au bûcher, une procession de flagellants, une fille muette, un forgeron et sa femme.
Ce que j'en pense. Après «Sourires d'une nuit d'été», qui révéla Ingmar Bergman en France, Le septième sceau, prix spécial du jury au festival de Cannes 1957, fut alors son film le plus admiré, le plus analysé, car il posait, à travers une sorte de fabliau du Moyen Age, les problèmes de la vie, de la mort et de l'existence de Dieu. Plus tard, Bergman donna, dans d'autres œuvres « pessimistes » les réponses aux questions qui le hantaient ici. Ce film magnifique s'ouvre sur l'envol de l'aigle de l'Apocalypse. On y retrouve les personnages des peintures des églises médiévales, et c'est tout un Moyen Age nordique qui surgit sur l'écran, avec ses pénitents hurlants, ses foules épouvantées par la peste, ses soldats et ses prêtres, représentants respectifs de l'ordre social et religieux, et la sorcière, bouc émissaire qui va périr dans les flammes. Le regard jeté sur cet univers est pourtant celui d'un Suédois élevé dans la tradition luthérienne.
La Croisade y apparaît comme la vaine quête d'un Graal privé de sens mystique. En une suite d'images poétiques et pourvues d'un sens allégorique (sans parler de leur beauté plastique), Bergman a inscrit le cycle apocalyptique dans un climat moderne : la peste devient la bombe atomique, l'angoisse de vivre et la recherche des secrets de la mort sont envisagées selon une position agnostique. Bergman formulait, ici, la vanité de la métaphysique, tout en affirmant les idées qui le préoccupaient à cette époque : la seule valeur qui échappe au néant est l'amour qui donne la vie et la joie. C'était, tout de même, avoir foi en l'homme. Plus de trente ans après sa réalisation, Le septième sceau s'impose toujours comme un des plus grands films du cinéma mondial.