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LA GIFLE, Claude Pinoteau 1974, Isabelle Adjani, Lino Ventura, Annie Girardot, Francis Perrin (société)@@
Jean est professeur de géographie dans un lycée parisien. A 50 ans, il n'a rien perdu de son caractère irascible et s'attend à être muté pour avoir blessé deux policiers qui battaient un étudiant. Son tempérament quelque peu excessif ne simplifie pas ses relations avec sa fille, Isabelle, une adolescente qui désire abandonner ses études pour aller vivre avec Marc, le garçon dont elle est éprise. Une gifle retentissante précipite la rupture entre le père et la fille. Isabelle ne tend pas l'autre joue. Elle déménage aussitôt, emmenant avec elle Rémy, le frère de sa copine Christine. Jean ne l'entend pas de cette oreille. Une course-poursuite s'engage entre Isabelle, qui tient à sa fierté, et Jean, qui regrette son geste malheureux...

TELERAMA
Avant la déflagration “La Boum”, Claude Pinoteau mettait en scène Lino Ventura en professeur de géographie dépassé par les événements : démission, divorce, rupture et paternité (d’une toute jeune et très casse-pied Isabelle Adjani) plus que mouvementée.

Isabelle a 18 ans. Ses parents ont divorcé. Elle vit seule avec son père, professeur de géographie dans un lycée parisien. Au lieu de réviser ses examens de médecine, elle passe ses soirées avec Marc, son amoureux un peu niais. Isabelle Adjani venait d’interpréter Ondine sur les planches de la Comédie-Française et s’apprêtait à s’exiler à Guernesey sur les traces d’Adèle Hugo, pour François Truffaut. Entre ces deux rôles d’idéaliste éperdue, l’actrice prodige se risquait à la comédie pour la première fois. Débit rapide, ruptures de ton, regard virevoltant, sa technique est sûre et sensible. La bouche pleine de pain beurré, le sourire angélique, elle se cale au fond d’un fauteuil et ironise devant son père bougon : « Dis donc, l’amour, c’est pas toujours la fête, hein ? »

Évident, léger, le film est à l’image de cette réplique, sortie de la plume avertie de Jean-Loup Dabadie. Conflits familiaux et politiques s’y donnent la main pour une farandole bon enfant. La satire sociale reste doucereuse, sans cesse désamorcée par des gags pirouettes au service de Francis Perrin. Formidable de démesure, la scène titre de la torgnole a gardé toute sa force dramatique.