NOUS FINIRONS ENSEMBLE, Guillaume 2018, François Cluzet, Marion Cotillard
Préoccupé et déprimé, Max veut souffler dans sa maison au bord de la mer, au Cap-Ferret. Avant de vendre sa résidence, il compte bien profiter de ce moment en solitaire. Mais ses amis, qu'il n'a pas vu depuis plus de trois ans, sont déjà sur place, histoire de lui fêter son anniversaire dignement. Max n'apprécie pas du tout cette visite surprise et les accueille plutôt fraîchement. Car les liens se sont distendus au fil des ans, pour de multiples raisons. Bien décidée à rester et à reprendre une amitié là où elle l'avait laissée, la bande d'amis va s'incruster chez Max et vivre des vacances mouvementées...
TELERAMA
Neuf ans après, Guillaume Canet réunit sa troupe des Petits Mouchoirs. Mais rien ne justifie cette suite, succession de sketches sans charme.
Comme acteur, Guillaume Canet était au meilleur de lui-même, récemment, dans Doubles vies, d’Olivier Assayas. Et parmi ses réalisations, son précédent film, Rock’n Roll, autofiction burlesque sur la peur de vieillir, était le plus réussi. Mais aujourd’hui, la suite des Petits Mouchoirs, neuf ans après, tombe à plat. Dans cette tragi-comédie au Cap-Ferret, le rebondissement principal est la vente imminente de la confortable villa du premier volet par son propriétaire, François Cluzet, dont les affaires connaissent une mauvaise passe. Pourtant, l’action se tiendra dans une demeure encore plus luxueuse. Et, malgré les « soucis d’argent », plusieurs personnages auront droit à un saut en parachute.
Les déboires de nanti de son héros, Guillaume Canet ne semble pas savoir s’il doit en rire ou en pleurer, ni François Cluzet comment les jouer. En revanche, quand Gilles Lellouche, le plus riche de la bande, insulte et humilie la nounou pointilleuse de son enfant — alors congédiée du film —, le cinéaste se tient résolument du côté du dominant, et de lui seul… Par ailleurs, toute la troupe paraît embarrassée par la succession de sketches sans charme autour du couple, de la sexualité, de la paternité, du divorce ou du temps qui passe. Seul Laurent Lafitte se tire d’affaire, en endossant explicitement le ridicule qui guette. Malgré la noirceur affichée ici ou là, le fond se veut finalement chaleureux, jusqu’au lénifiant. Et cet horizon de bons sentiments inspire encore moins les acteurs et l’auteur que l’agressivité du début. Nous finirons ensemble, mais dans quel état ?