• [retour] - REPERTOIRES - [actualiser]


    (edit IPTC) / (taille reelle)
    -13-xcapture11.33.58

    -13-xcapture11.33.58
    l'affinité des chairs (Guy de Maupassant) () l'affinité des chairs (Guy de Maupassant) ()

    Je ne l'entendais pas, tant je la regardais
    Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,
    Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles :
    Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !
    Ce fut un baiser long comme une éternité
    Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité
    Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
    Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
    Haletait fortement avec de longs sanglots.
    Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;
    Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
    Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
    Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
    Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent
    Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
    Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.

    Guy de Maupassant (1850 - 1893),