arpoma
samedi 15 août 2026 - 11h50
menu / rep

atlas / rech


repertoires:

(diapo) (rep-list) (grd ecran)
   .. / AFFICHES
Nombre de fichiers dans le répertoire : 3083
@

100000 DOLLARS AU SOLEIL, Henri Verneuil 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier (aventure)@@


Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique.

TELERAMA:
Ce film d’action a toujours dégagé une impression de déjà-vu. L’exotisme du désert, le goût de l’aventure, la présence du danger, le thème de l’amitié virile trahie évoquent une tonne de films, militaires ou civils, à odeur de sable chaud et de paysages désolés, comme Un taxi pour Tobrouk. C’est un produit typique des années 1960. Tout y est calibré pour séduire : les comédiens, le dialogue sarcastique, la filouterie et un vague héroïsme tempéré de désillusion. Manque un lien solide entre tous ces éléments.
100000 DOLLARS AU SOLEIL, Henri Verneuil 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier (aventure)@@ (E)
Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il recrute un jour Hans Steiner, à qui il confie la mission de conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au coeur de l'Afrique.
...

@

12 ANS 7 MOIS ET 11 JOURS, Alexandre Coffre 2023, Julie Gayet, Hubert Delattre (thriller sentimental)


Bien qu'elle ait été jugée innocente de l'accident qui a causé la mort de Raphaël à l'âge de 12 ans, 7 mois et 11 jours, Inès Ambari se sent toujours coupable. Au point d'être convaincue que Lucie Coubert, la mère de Raphaël veut se venger et s'en prendre à son fils, Théo, le jour où il aura à son tour 12 ans, 7 mois et 11 jours. Le fameux jour tant redouté arrive et Inès, décidée à protéger son fils, le cache dans une cabane au fond d'une forêt.

TELERAMA
Pourquoi Inès cache-t-elle son fils de 12 ans dans les bois avant de partir à la recherche de Lucie ? Un thriller hivernal au pitch prometteur, mais qui se perd dans les invraisemblances.

L'hiver dans les Vosges. Depuis que son mari l’a quittée, Inès s’occupe seule de son fils de 12 ans, Théo. Mais la conscience d’une terrible menace semble la hanter en permanence. Un jour, elle conduit Théo dans une cabane au milieu des bois et le laisse seul avec un plan et quelques indications. Une manœuvre destinée à le mettre temporairement à l’abri. Armée d’un pistolet, Inès quitte la forêt avec une idée bien précise en tête : elle veut confronter Lucie Coubert, une femme dont le destin est noué au sien depuis qu’un terrible accident lui a enlevé son fils Raphaël à l’âge de 12 ans, 7 mois et 11 jours. L’âge exact de Théo...

Que veut le personnage d’Inès et quel est son lien avec celui de Lucie ? Un brin tarabiscoté, le pitch de ce thriller aux belles couleurs hivernales se révèle d’abord plutôt original, avec son mystère qui va crescendo et ses révélations distillées au compte-goutte. Malheureusement, le soufflé retombe à mi-parcours, sitôt l’enjeu dévoilé. Et c’est à regret qu’on décroche du récit à mesure que celui-ci se perd dans les invraisemblances, jusqu’à un finale grand-guignolesque et convenu, semblable à celui de tant d’autres téléfilms policiers.

12 ANS 7 MOIS ET 11 JOURS, Alexandre Coffre 2023, Julie Gayet, Hubert Delattre (thriller sentimental) (E)
Bien qu'elle ait été jugée innocente de l'accident qui a causé la mort de Raphaël à l'âge de 12 ans, 7 mois et 11 jours, Inès Ambari se sent toujours coupable. Au point d'être conva ...

@

125 RUE MONTMARTRE, Gilles Grangier, Lino Ventura, Adrea Parisy (thriller)


Pascal, un crieur de journaux parisien au tempérament bourru et candide, se lie d'amitié avec Didier, un homme qu'il a sauvé de la noyade. Accusé à tort d'un meurtre à la suite d'une machination de Didier, Pascal va alors remuer ciel et terre pour prouver son innocence.

TELERAMA
Avec 125, rue Montmartre, Lino Ventura s’offrait une récré entre deux rôles de gangster couturé. Très impliqué dans le scénario, il asticota énergiquement Gilles Grangier, avec qui il tournait pour la troisième fois : « Lino se méfiait du moindre truc, d’un détail, d’un faux pas. Il devait être d’accord sur tout de A à Z », raconte le cinéaste. Grâce à ce coauteur improvisé, à une intrigue ficelée serré et à une superbe photographie, ce classique polar des années 50 se regarde avec plaisir. Les interprètes, de l’exigeant Lino au trouble Robert Hirsch, sont tous excellents.
125 RUE MONTMARTRE, Gilles Grangier, Lino Ventura, Adrea Parisy (thriller) (E)
Pascal, un crieur de journaux parisien au tempérament bourru et candide, se lie d'amitié avec Didier, un homme qu'il a sauvé de la noyade. Accusé à tort d'un meurtre à la suite d'une machination de ...

@

13 MINUTES, Lindsay Gossling 2021, Sofia Vassilieva, Thora Birch (catastrophe)@


Alors qu’une nouvelle journée ordinaire commence pour les habitants de la petite ville américaine de Siren, la nature en a décidé autrement. Les habitants n’ont que 13 minutes pour trouver un abri avant que la plus grande tornade jamais enregistrée ne ravage la ville. Ils vont devoir se battre pour protéger leurs proches et lutter pour leur vie. Livrées à elles-mêmes pour faire face à la catastrophe, quatre familles doivent surmonter leurs différences et trouver en elles la force de survivre.

TELERAMA
Cette journée de printemps débute paisiblement dans la petite ville de Minninnewah, dans l'Oklahoma. Tout bascule lorsque l'alerte est donné : une tornade d'une puissance rarement vue s'apprête à balayer la région. Les habitants n'ont que treize minutes pour trouver un abri. Après le passage de la tempête qui n'a laissé que des ruines, quatre familles n'ont pas d'autre choix que de s'allier pour tenter de survivre. Tous doivent surmonter leurs différences et leurs préjugés...

TELERAMA
13 MINUTES, Lindsay Gossling 2021, Sofia Vassilieva, Thora Birch (catastrophe)@ (E)
Alors qu’une nouvelle journée ordinaire commence pour les habitants de la petite ville américaine de Siren, la nature en a décidé autrement. Les habitants n’ont que 13 minutes pour trouver un abri ava ...

@

1492 LA CONQUETE DU PARADIS, Ridley Scott 1992, Gerard Depardieu@@


Quoique rejeté par toutes les cours d'Europe et raillé par les armateurs, Christophe Colomb en est sûr : il existe une voie occidentale pour gagner par la mer les Indes fabuleuses et en rapporter beaucoup plus rapidement les épices dont sont si friands les gourmets européens. Un armateur espagnol, Pinzon, puis le trésorier de la reine, Sanchez, et enfin la souveraine elle-même lui accordent pourtant leur confiance.

c'est un classique, que dis-je ... un monument !
1492 LA CONQUETE DU PARADIS, Ridley Scott 1992, Gerard Depardieu@@ (E)
Quoique rejeté par toutes les cours d'Europe et raillé par les armateurs, Christophe Colomb en est sûr : il existe une voie occidentale pour gagner par la mer les Indes fabuleuses et en rapporter beaucoup plus rapidement ...

@

16 ANS, Philippe Lioret 2023, Sabrina Levoye, Teïlo Azaïs (societe racisme)@@


Nora et Léo se rencontrent le jour de la rentrée en classe de Seconde. Leurs regards s'enchâssent et tout est dit. Le frère de Nora, manutentionnaire à l'hypermarché local, est accusé de vol et viré sur-le-champ. Le directeur de l'hypermarché c'est Franck, le père de Léo. Les deux familles s'affrontent, les différences s'exacerbent et le chaos s'installe. Les vies de Nora et Léo s'embrasent.

TELERAMA
Au lycée, une passion naissante les rapproche, mais leurs familles les séparent… Tout en reprenant le motif éternel de Roméo et Juliette, ce drame se distingue par un ancrage réussi dans la réalité d’aujourd’hui, avec clan musulman contre cellule bourgeoise, éducation liberticide d’un côté et préjugés racistes de l’autre…

Tendu et même parfois un peu hâtif, le film touche par une sensibilité juste, comme toujours chez Philippe Lioret (Welcome, Le Fils de Jean). Ici, les amoureux qui mettent le feu aux poudres ont vraiment la flamme du désir en eux, et l’innocence aussi. Sabrina Levoye et Teïlo Azaïs brillent dans ces rôles de premier plan, comme, au second, Jean-Pierre Lorit, parfait en directeur de supermarché dépassé par les « mauvaises fréquentations » de son fils.
16 ANS, Philippe Lioret 2023, Sabrina Levoye, Teïlo Azaïs (societe racisme)@@ (E)
Nora et Léo se rencontrent le jour de la rentrée en classe de Seconde. Leurs regards s'enchâssent et tout est dit. Le frère de Nora, manutentionnaire à l'hypermarché local, est accusé de vol e ...

@

1900, Bernardo Bertolucci 1976, Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda, Burt Lancaster (saga)@@@


Au début du XXe siècle, deux garçons naissent le même jour dans une grande propriété italienne. Alfredo, fils du propriétaire, connaîtra une vie d'opulence entâchée par la montée du fascisme, alors qu'Olmo, de classe inférieure, choisira le camp du socialisme pour vaincre la dictature.

TELERAMA
Alfredo et Olmo sont nés le même jour de 1900 sur le domaine d’une riche famille d’Emilie. Le premier, dans le clan des propriétaires, le second, dans celui des métayers. Alfredo, dispensé de mobilisation pendant la Grande Guerre, adhérera ensuite au fascisme, alors qu’Olmo, rescapé des combats, deviendra communiste…

C’est l’Italie de la première moitié du XXe siècle que raconte Bertolucci dans cette superproduction-fleuve en deux parties — la première plus réussie que la seconde. Le triomphe mondial du Dernier Tango à Paris (1972) avait permis au cinéaste contestataire, disparu le 26 novembre dernier à 77 ans, de réunir un casting international de stars confirmées (Burt Lancaster) ou naissantes (Robert De Niro et Gérard Depardieu). Quarante ans plus tard, son hymne à la lutte des classes, assez proche du « réalisme socialiste » des productions soviétiques d’autrefois, semble souvent caricatural, sinon naïf — voir le personnage de l’affreux régisseur incarné par Donald Sutherland. Novecento est beaucoup plus convaincant — et séduisant — dans sa célébration de la vie, de la terre, du sexe et des saisons, magnifiquement photographiées par Vittorio Storaro. La mise en scène, ample et souvent virtuose, reste magnifique de lyrisme.
1900, Bernardo Bertolucci 1976, Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda, Burt Lancaster (saga)@@@ (E)
Au début du XXe siècle, deux garçons naissent le même jour dans une grande propriété italienne. Alfredo, fils du propriétaire, connaîtra une vie d'opulence entâchée par la m ...

@

1917, Sam Mendes 2019 (guerre)@@@


Lorsque la Première Guerre mondiale frappe le monde, deux soldats britanniques, caporal suppléant Schofield et caporal suppléant Blake, reçoivent une mission qui leur semble impossible: ils doivent traverser le territoire ennemi pour délivrer un message.

TEKERAMA
Filmée comme un long plan-séquence, la sidérante odyssée de deux soldats de la Grande Guerre, par le réalisateur de “Skyfall”, particulièrement inspiré.

C'est une boucle. Un film symétrique, qui s’ouvre et se referme sur un jeune soldat assis au pied d’un arbre. Entre le début et la fin de 1917, il s’écoule une heure cinquante-cinq. La durée ici n’a rien d’un détail, puisque le long métrage de l’inclassable réalisateur britannique Sam Mendes (American Beauty, Les Noces rebelles, Skyfall) se déroule en temps réel, tic-tac, tic-tac, et en un seul vrai-faux plan-séquence. Du premier arbre au second, sans coupures ni raccords apparents — à l’exception d’une intelligente « tricherie » permettant de passer du jour à la nuit —, la caméra reste rivée au première classe Schofield et à son camarade Blake, propulsant le spectateur dans une odyssée haletante. Bienvenue en enfer, dans la Somme, un jour de printemps…

À l’instar du scénario, la mission des deux désignés volontaires brille par sa simplicité : porter un message urgent à une poignée de kilomètres de leur unité, vers Écoust-Saint-Mein, où un bataillon anglais, dupé par un repli feint de l’ennemi, se jettera dès l’aube dans la gueule du loup. Dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998), auquel on pense immanquablement, Steven Spielberg lançait ses troupes à la rescousse du dernier rescapé d’une fratrie décimée lors du débarquement, en juin 1944. Dans 1917, il s’agit d’empêcher le massacre de mille six cents frères d’armes — parmi lesquels le frangin, le vrai, du jovial troufion Blake. Tic-tac, tic-tac.

Pour guider les Tommies sur le terrain, pas l’ombre d’un Tom Hanks comme chez Spielberg. Les seuls acteurs « gradés » (Colin Firth, Mark Strong, Benedict Cumberbatch…) se voient cantonnés à des rôles secondaires de donneurs d’ordres, plus ou moins indifférents au sort de nos modestes héros. Soit deux jeunes gars ordinaires mais tenaces, incarnés par des (bonnes) têtes quasi inconnues : George MacKay (Schofield), taiseux romantique aux yeux clairs repéré dans Captain Fantastic ou Le Secret des Marrowbone, et Dean-Charles Chapman (Blake), bouille d’ado attardé aperçue dans Game of Thrones.

Leur sentier de la gloire tient dans un mouchoir de poche mais s’aventure sur des terrains accidentés : des tranchées, le no man’s land, une ferme abandonnée, une ville dévastée, une chute d’eau… 1917 progresse au gré des décors et des rencontres. Au gré des genres aussi. Le film de guerre bascule ainsi franchement dans l’horreur lorsque, ratatiné au fond d’un cratère, Schofield plonge accidentellement une main déjà déchirée par les barbelés dans l’abdomen béant d’un cadavre en putréfaction. Le conflit incrusté dans les entrailles de la terre, sidération assurée. Partout, les copains ont la mort aux trousses. Quand un avion allemand pique sur eux comme sur Cary Grant chez Hitchcock. Quand un tunnel miné manque de les ensevelir. Quand des bombes et des fusées éclairantes déchirent la nuit d’Écoust en ruines, donnant à une course-poursuite la beauté hallucinée d’un cauchemar apocalyptique. Les flammes de l’église dansent sur la musique de Thomas Newman, l’onirisme a soudain raison du réel.

Le danger pour Sam Mendes était de se limiter à un tour de force technique, ultra sophistiqué mais dénué d’émotion pour le grand public visé. Pourquoi s’astreindre au plan-séquence, au risque de verser dans le gadget, de tomber dans l’esbroufe façon Birdman (Alejandro Iñárritu, 2015) ou la théâtralité de La Corde (Hitchcock, 1950)  ? Cette illusion d’une scène unique qui s’étirerait sur près de deux heures crée ici un sentiment d’immersion subjective — au point de rappeler parfois un jeu vidéo — et de fatalité en marche. La caméra du grand chef opérateur Roger Deakins sidère par sa souplesse, passant devant, derrière, sur les flancs des personnages quasiment sans qu’on s’en aperçoive, et nous transporte avec eux dans un voyage au bout de la der des ders. D’un point A à un point B, d’un arbre à l’autre, 1917 n’a pas d’autre ambition que de narrer le périple dément de deux soldats chargés d’une mission vitale et absurde à la fois : empêcher une bataille… jusqu’à la prochaine. Tic-tac, tic-tac, murmure le temps qui les sépare encore de 1918.
1917, Sam Mendes 2019 (guerre)@@@ (E)
Lorsque la Première Guerre mondiale frappe le monde, deux soldats britanniques, caporal suppléant Schofield et caporal suppléant Blake, reçoivent une mission qui leur semble impossible: ils doivent traverser le t ...

@

1941, Steven Spielberg 1976, Dan Aykroyd, Ned Beatty (comique aventure)@@


En 1941, après l'attaque de Pearl Harbor, la peur s'installent chez les californiens. Terrifiés à l'idée d'une invasion japonaise, les habitants de Los Angeles vivent dans une psychose permanente et démesurée. Résidant sur une colline qui fait face à l'océan, Ward Douglas voit son jardin occupé par des militaires aux aguets. D'autres s'installent au sommet de la grande roue d'un parc d'attractions. Lorsque le périscope d'un sous-marin japonais fait surface au large, la panique redouble.

TELERAMA
Le sous-titre du film, «La folie gagne», donne une parfaite idée du climat de cette éblouissante comédie, qui renoue avec le genre burlesque, volontiers délaissé. Tout en accumulant de fabuleux effets spéciaux, le film a coûté plus de trente millions de dollars, le cinéaste se livre à une critique mordante d'une Amérique qui voit des envahisseurs partout, bouleversant les règles de la vraisemblance et parfois même du bon goût. Le cinéma hollywoodien des années 1970-80 n'a jamais été aussi loin dans la démesure et la loufoquerie. Un véritable régal !
1941, Steven Spielberg 1976, Dan Aykroyd, Ned Beatty (comique aventure)@@ (E)
En 1941, après l'attaque de Pearl Harbor, la peur s'installent chez les californiens. Terrifiés à l'idée d'une invasion japonaise, les habitants de Los Angeles vivent dans une psychose permanente et démesu ...

@

1945 UN VILLAGE SE REBELLE, Gabriela Zerhau 2019, Fritz Karl, Brigitte Hobmeier, Harald Windisch (histoire guerre)@@


Ce film poignant retrace un épisode historique de la mine de sel du village d'Altaussee en Autriche, qui avait été choisi par Hitler pour abriter l'immense collection d'œuvres d'art pillées pour le futur musée à Linz.

TELERAMA
Dans un petit village autrichien, en 1945, les nazis entreposent des œuvres d’art pillées. Malgré une distribution solide, cette fiction n’a rien d’extraordinaire. Reste les magnifiques paysages enneigés.

Altaussee, un petit village perdu dans les Alpes autrichiennes, en avril 1945. La chute du IIIe Reich est proche. Les nazis ont choisi ce lieu reculé et sa mine de sel pour y entreposer des œuvres d’art pillées lors des conquêtes de Hitler. Alors que beaucoup de villageois collaborent à cette entreprise avec les soldats de la Wehrmacht, certains choisissent d’aider clandestinement les déserteurs cachés dans la montagne. C’est le cas de Franz, qui leur fournit de la nourriture. Son ami d’enfance Fritz, quant à lui, préfère ne pas choisir son camp. Mais il va bientôt être forcé de s’impliquer…

Les thèmes de l’engagement, du courage et de la lâcheté sont au cœur de ce téléfilm sur les dernières semaines du régime hitlérien. Prenant place dans des paysages enneigés absolument sublimes, l’intrigue confronte chacun des personnages à ses choix face à la présence nazie. À commencer par le protagoniste Fritz, antihéros veuf et désabusé dont on va suivre la lente évolution vers la résistance. Les interprètes sont solides, les situations ne manquent pas d’une certaine tension dramatique… Et pourtant, on s’ennuie un peu devant cette production trop léchée, dont on devine à l’avance la plupart des rebondissements et qui ne laisse guère de place à l’ambiguïté.

SYNOPSIS
Avril 1945. La mine de sel du village d'Altaussee, dans les Alpes autrichiennes, a été choisie par Hitler et Goering pour abriter une part de l'immense collection d'oeuvres d'art pillées pour le futur musée du Führer à Linz. Contrairement à Franz Mitterjäger, son meilleur ami, et à sa femme Elsa, qui viennent en aide clandestinement aux déserteurs de la Wehrmacht cachés dans la montagne, le taciturne Sepp Rottenbacher s'est abstenu de toute forme de résistance pendant le conflit. Alors que sa chute approche, Hitler donne l'ordre au responsable nazi de la province, August Eigruber, de dynamiter la mine avec tous les trésors qu'elle renferme...
1945 UN VILLAGE SE REBELLE, Gabriela Zerhau 2019, Fritz Karl, Brigitte Hobmeier, Harald Windisch (histoire guerre)@@ (E)
Ce film poignant retrace un épisode historique de la mine de sel du village d'Altaussee en Autriche, qui avait été choisi par Hitler pour abriter l'immense collection d'œuvres d'art pillées pour le futur mu ...

@

2 DAYS IN PARIS, Julie Delpy 2007, Adam Goldberg, Julie Delpy (societe)@@@


Française vivant à New York, Marion, 35 ans, est photographe et revient d'un voyage à Venise avec son petit ami, Jack. Ils passent deux jours à Paris, chez les parents de Marion. Mais entre les craintes de Jack, qui voit Paris comme une ville dangereuse, les réactions des parents de Marion et les rencontres des ex de cette dernière, le séjour n'est pas facile.

TELERAMA
Ce petit film a tout d’un grand. Avec une habileté qui ne paraît jamais calculée, Julie Delpy réussit, pour sa première réalisation, à marier la séduction du cinéma d’auteur français et celle du cinéma américain « intello », à la Woody Allen. Une fusion qui s’incarne en deux amoureux assortis-désassortis, Marion la Française et Jack le New-Yorkais caractériel. Ils passent leur temps à se prendre le bec sur des questions d’amour, de sexe et de culture, tout en marchant sous le ciel de Paris.

2 Days in Paris n’est pas qu’un heureux cocktail d’humour spirituel, de charme et de piment. Julie Delpy sait faire entrer la vie dans ce film qui dépasse son modèle, Before Sunset (2005), de Richard Linklater, dont elle fut actrice et coscénariste. On sent ici un investissement personnel qui renouvelle le jeu entre fiction et réalité. On découvre la réalisatrice-actrice impertinente, et même d’une grande bizarrerie à l’occasion. En faisant jouer le père et la mère de Marion par ses propres parents, elle revendique un non-conformisme héréditaire. De quoi faire basculer des situations toutes simples (sortie au marché, déjeuner…) du côté d’un happening où s’invite un petit vent de folie.
2 DAYS IN PARIS, Julie Delpy 2007, Adam Goldberg, Julie Delpy (societe)@@@ (E)
Française vivant à New York, Marion, 35 ans, est photographe et revient d'un voyage à Venise avec son petit ami, Jack. Ils passent deux jours à Paris, chez les parents de Marion. Mais entre les craintes de Jack, ...

@

20 ANS D ECART, David Moreau 2013, Virginie Efira, Pierre Niney


Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d'une impeccable conscience professionnelle au point d'en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine `Rebelle', tout, sauf son image de femme coincée. Cependant, lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d'Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Alice va feindre la comédie d'une improbable idylle.

TELERAMA:
la mode des « cougars » sert d’amorce pour mener tambour battant une fantaisie sentimentale sur le thème « tout les sépare, mais… ». Les piques envers les milieux de la mode sont plutôt amusantes. Pierre Niney fait un jeune premier à l’aisance manifeste, mais qui ne comprend rien au milieu de la couture (c’était avant Yves Saint Laurent…), et Virginie Efira a, décidément, une verve comique bien à elle. Un produit manufacturé, donc, mais pimpant.

20 ANS D ECART, David Moreau 2013, Virginie Efira, Pierre Niney (E)
Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d'une impeccable conscience professionnelle au point d'en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine `Reb ...

@

20 JOURS A MARIOUPOL, Mstyslav Chernov 2022, (documentaire guerre ukraine)@@@


Février 2022. Des reporters ukrainiens, piégés dans la ville assiégée de Marioupol, filment les atrocités de l'invasion russe. Au plus près des civils, Mstyslav Chernov livre un témoignage capital sur la réalité de la guerre qui déchire son pays.

TELERAMA
En février 2022, une équipe de journalistes ukrainiens de l'Associated Press, piégée dans la ville assiégée de Marioupol, filme les atrocités de l'invasion russe. Seuls reporters internationaux sur place, ils capturent ce qui deviendront plus tard des images marquantes de la guerre. Au plus près des civils, le réalisateur Mstyslav Chernov et son équipe, récompensés du prix Pulitzer, livrent un témoignage capital sur la réalité de la guerre qui déchire leur pays. Ils offrent un récit puissant et déchirant des civils pris au piège, ainsi qu'une réflexion sur la responsabilité d'un reporter en zone de conflit et sur l'impact d'un tel journalisme à l'échelle mondiale.
20 JOURS A MARIOUPOL, Mstyslav Chernov 2022, (documentaire guerre ukraine)@@@ (E)
Février 2022. Des reporters ukrainiens, piégés dans la ville assiégée de Marioupol, filment les atrocités de l'invasion russe. Au plus près des civils, Mstyslav Chernov livre un témoig ...

@

20000 LIEUES SOUS LES MERS Stuart Paton 1916 (aventure maritime)


Les frères Williamson ayant mis au point pour ce film, à partir d'une invention de leur père, un système permettant de filmer sous l'eau, on a droit à quelques longues scènes de fonds marins où l'on aperçoit parfois quelques créatures aquatiques, des promenades en scaphandre et un combat avec une pieuvre gonflable géante (en plastique).
20000 LIEUES SOUS LES MERS Stuart Paton 1916 (aventure maritime) (E)
Les frères Williamson ayant mis au point pour ce film, à partir d'une invention de leur père, un système permettant de filmer sous l'eau, on a droit à quelques longues scènes de fonds marins o&ugrav ...

@

20000 LIEUES SOUS LES MERS, Richard Fleischer 1954, Kirk Douglas, James Mason (aventure fiction)@@@


En 1868, un monstre mystérieux s'acharne sur les bateaux naviguant dans l'océan Pacifique. Alarmé par ce phénomène, le gouvernement américain arme une frégate. Ned, un fabuleux harponneur, Aronnax, un homme de science et son assistant partent à la recherche du supposé monstre marin...

TELERAMA
1868, à San Francisco. Le professeur Aronnax et son fidèle assistant, Conseil, ne trouvent aucun navire disposé à les emmener à Saïgon. Tous les marins sont terrorisés par le mystérieux monstre aquatique qui vient d'éperonner plusieurs bateaux. Aussi Aronnax et Conseil acceptent-ils de monter à bord d'un vaisseau de guerre affrété par le gouvernement américain et de partir à la recherche du fameux monstre. Après des mois de vaine navigation, ils assistent enfin au naufrage d'un bateau. Sous le choc, ils sont projetés à l'eau en compagnie du harponneur Ned Land et dérivent jusqu'à l'objet de leur quête, qui n'est autre qu'un submersible, commandé par le mystérieux capitaine Nemo...
20000 LIEUES SOUS LES MERS, Richard Fleischer 1954, Kirk Douglas, James Mason (aventure fiction)@@@ (E)
En 1868, un monstre mystérieux s'acharne sur les bateaux naviguant dans l'océan Pacifique. Alarmé par ce phénomène, le gouvernement américain arme une frégate. Ned, un fabuleux harponneur, Ar ...

@

3 HOMMES ET UN COUFFIN, Coline Serreau 1985, André Dussollier, Roland Giraud, Michel Boujenah


Jacques, Pierre et Michel, célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, lors d'une soirée organisée dans leur appartement, Jacques, le steward, accepte de servir de transitaire à un paquet qu'un ami va lui livrer le lendemain. Ayant à peine eu le temps de prévenir ses amis, il part en Extrême-Orient pour plusieurs semaines. Quand arrive le paquet, il se trouve que c'est un bébé.

TELERAMA
Pierre et Michel contemplent, ahuris, le colis incongru adressé à leur colocataire absent. Un « paquet » gazouillant et gigotant… là, sur leur paillasson de célibataires endurcis. Un petit mot griffonné à la hâte leur confie l’objet pour six mois. Voilà les trois fêtards inconséquents et jolis cœurs contraints de jouer les nounous. Un vrai rôle de composition…

Affolés, dépassés, ces pères de fortune multiplient les gaffes attendrissantes. ­Coline Serreau tire mille gags de leur fébri­le incompétence, de leur lent apprivoisement, en profite pour adresser un joyeux pied de nez aux préjugés machistes. His­toi­re tendre et amusante d’un apprentissage : de l’amour, de la maturité, de la responsabilité, hors des schémas classiques.

La cinéaste a toujours aimé bousculer le cadre familial ou social traditionnel. Elle bricole une tribu chaleureuse, avec trois tiers de père idéal : Michel Boujenah, bouclettes encore enfantines, Roland Giraud, tendre et bougon, André Dussollier, charmeur avant tout. Enlevée, touchante, cette comédie layette connut à sa sortie un immense succès commercial.
3 HOMMES ET UN COUFFIN, Coline Serreau 1985, André Dussollier, Roland Giraud, Michel Boujenah (E)
Jacques, Pierre et Michel, célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, lors d'une soirée organisée dans leur appartement, Jacques, le steward, accepte de servir de tr ...

@

30 ANS SINON RIEN, Garry Winick 2004 (sentimental)


Jenna, une adolescente de 13 ans, rêve de devenir célèbre. Suite à une humiliation, elle court s'enfermer dans un placard et s'endort en souhaitant devenir vite adulte. À son réveil, Jenna découvre que son rêve s'est réalisé : elle a 30 ans et est devenue aussi belle que populaire. Rédactrice dans un journal féminin, Jenna profite de sa nouvelle vie avant de réaliser que Matt, l'ami d'enfance auquel elle tenait tant, est sur le point de se marier.

TÉLÉRAMA
À 13 ans, on rêve d'être une pretty woman de 30 ans, avec une vie inspirée de Vanity Fair. Et une fois le voeu miraculeusement exaucé ? On pleurniche : on est devenu une supergarce. Pitié, on veut revenir en arrière, dans les années 80, vers papa, maman, son appareil dentaire, et son tendre copain d'enfance avec qui, c'est juré, on fera plein de bébés. Des bonbecs, des ballons de toutes les couleurs, Love is a battle field de Pat Benatar et Thriller de Michael Jackson : ce conte sur les bienfaits du revival a la couleur framboise et la consistance collante d'un gloss pour les lèvres spécial été
30 ANS SINON RIEN, Garry Winick 2004 (sentimental) (E)
Jenna, une adolescente de 13 ans, rêve de devenir célèbre. Suite à une humiliation, elle court s'enfermer dans un placard et s'endort en souhaitant devenir vite adulte. À son réveil, Jenna déc ...

@

30 JOURS MAX, Tarek Boudali 2020, Tarek Boudali, Philippe Lacheau (comique thriller)@@


Rayane, un policier peureux et maladroit dont les collègues se moquent toujours, apprend par son médecin qu'il ne lui reste que 30 jours à vivre.

TELERAMA
Tarek Boudali (“Épouse-moi mon pote”) donne la réplique à son complice Philippe Lacheau (“Nicky Larson”) dans ce film loufoque qui se moque des polars “burnés” à la française.

Cette nouvelle série B loufoque confirme Boudali et Lacheau en tant qu’apprentis héritiers de Preston Sturges, maître de la comédie « screwball » au début des années 1940. Soit un amour des chutes, un sens du running gag, une utilisation boomerang du comique de répétition, autant de qualités disparues depuis des lustres du cinéma populaire français. Le tout assemblé selon une mécanique plus ou moins volontairement déréglée, donc imprévisible.

Condamné à mourir dans les trente jours à cause d’une morsure de rongeur, un policier introverti fait équipe avec un agent des stups misogyne et son collègue lèche-bottes (impayable Julien Arruti) pour coincer un dealer, surnommé « le rat ». L’intrigue compte à rebours n’est qu’un prétexte pour multiplier les idées de parodie policière, entre apparition navrante d’Hugo Lloris et hommage réussi au dévidoir de lance à incendie, dans Piège de cristal (John McTiernan, 1988).

Face au tout-venant de la comédie grand public, les productions « Bande à Fifi » possèdent un autre atout : l’absence de cynisme. Il suffit de noter l’attention portée à un hérisson, de passage pour quelques scènes. Ou le sort réservé au macho de service, incarné avec jubilation par Lacheau. Au concours de l’outrance, ce dernier s’avère néanmoins battu par un excellent José Garcia, méchant qui profère des menaces ultra-tranchantes dans un kebab à la lumière archi-tamisée. Histoire de nous venger de vingt ans de polars français « burnés », ceux d’Olivier Marchal, de Frédéric Schoendoerffer ou de Fred Cavayé. Ce n’est pas le moindre des mérites de 30 jours max.

30 JOURS MAX, Tarek Boudali 2020, Tarek Boudali, Philippe Lacheau (comique thriller)@@ (E)
Rayane, un policier peureux et maladroit dont les collègues se moquent toujours, apprend par son médecin qu'il ne lui reste que 30 jours à vivre.

TELERAMA
Tarek Boudali (“Épouse-moi mon pote&rd ...

@

355, Simon Kinberg 2021, Jessica Chastain, Penélope Cruz (thriller)


L'agente de la CIA Mason "Mace" Brown s'associe à une agente allemande rivale, une informaticienne de pointe et une psychologue colombienne lorsqu'une arme top secrète tombe entre les mains d'un groupe de mercenaires. Ensemble, les quatre femmes se lancent dans une mission effrénée pour sauver le monde tout en gardant une longueur d'avance sur une mystérieuse figure qui suit chacun de leurs mouvements.

TELERAMA
Déclinaison 100 % féminine et en talons aiguilles des blockbusters du type “Mission : Impossible”, le film de Simon Kinberg, produit par Jessica Chastain, ne renouvelle en rien le genre.

L'idée lui serait venue sur le tournage du dernier X-Men (Dark Phoenix, 2019). Pour rétablir un peu l’équilibre, mettre en pratique cette foutue parité post-#MeToo, affirmer, une fois encore, son indéniable « badasserie » dans un milieu toujours gangrené par le patriarcat et, pourquoi pas, palper au passage quelques millions de dollars à la barbe de la gent masculine, Jessica Chastain a vendu au scénariste et réalisateur Simon Kinberg le concept, moyennement original, d’un film d’espionnage cent pour cent féminin. Un Mission : impossible en talons aiguilles, un James Bond qui boirait du thé. Gary Ross avait déjà tenté le coup en 2018 avec Ocean’s Eight, déclinaison féminine, et très peu féministe, de la trilogie de Steven Soderbergh, avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna et Anne Hathaway en braqueuses en robes de soirée.

Le casting de 355, coproduction américano-chinoise, fait encore mieux question diversité (ou marketing, le doute persiste). Aux côtés de l’agente secrète de la CIA (Jessica Chastain), s’agrégeront une ancienne du MI-6 britannique (Lupita Nyong’o), une Franco-Allemande ayant eu maille à partir avec le KGB (Diane Kruger), une psychologue colombienne et mère de famille (Penélope Cruz) et une mystérieuse Chinoise (Fan Bingbing). Cinq femmes issues de différentes agences de renseignement, cinq personnages lourdement lestés en clichés.

Hormis la composition progressive, tout au long du film, de l’équipe de choc, affaire d’habitude réglée dans le premier quart d’heure, le cahier des charges jamesbondien (dernière période) est dupliqué au double chromosome X près : cascades à moto dans les passages couverts parisiens, chasse à l’homme dans un souk marocain, milliardaire tchétchène dragué lors d’une vente aux enchères, explosions dans un gratte-ciel de Shanghai, corruption et haute trahison au sommet de la hiérarchie et, bien sûr, menace d’une troisième guerre mondiale à cause d’un disque dur diabolique capable de contrôler à distance tout système électrique, de l’avion de ligne à la centrale nucléaire.

Côté mise en scène, on frise aussi l’overdose : les scènes de baston sont tellement découpées qu’elles deviennent illisibles, la caméra tournoie en permanence autour des actrices dès qu’elles se posent pour discuter, manger un couscous avec les doigts, ou boire un thé, sans oublier (tout est fait pour qu’on ne l’oublie pas) cet insupportable nappage musical ininterrompu qui dramatise à outrance la moindre scène, muette ou non. Le récit rebondit paresseusement, sans véritable surprise, vers un dénouement qui laisse présager que le film pourrait, en cas de succès, devenir une franchise… Pitié !

Comme cela nous l’est scolairement expliqué par le personnage de Jessica Chastain, le titre fait référence à l’Agent 355, surnom d’une espionne qui a sévi au XVIIIe siècle pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis contre le Royaume-Uni. Était-ce la peine d’évoquer la mémoire de cette illustre pionnière dans un film de filles aussi bas du front que ceux des garçons ?
355, Simon Kinberg 2021, Jessica Chastain, Penélope Cruz (thriller) (E)
L'agente de la CIA Mason "Mace" Brown s'associe à une agente allemande rivale, une informaticienne de pointe et une psychologue colombienne lorsqu'une arme top secrète tombe entre les mains d'un groupe de mercenaires ...

@

36 QUAI DES ORFEVRES, Olivier Marchal 2004, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu@


Depuis plusieurs mois, à Paris, un gang de braqueurs opère en toute impunité avec une rare violence. Le directeur de la police judiciaire, Robert Mancini, a été parfaitement clair avec les 2 lieutenants Léo Vrinks et Denis Klein : celui qui fera tomber ce gang le remplacera à son poste de `grand patron' du 36, quai des Orfèvres. La lutte est ouverte entre ces 2 grands flics, autrefois amis, qu'aujourd'hui tout sépare : leurs vies, leurs méthodes, leurs équipes et une femme, Camille Vrinks.

TELERAMA:
Le réalisateur a de la tendresse pour ce milieu pas tendre qu'il connaît bien. D'où la valeur ajoutée du vécu, le réalisme agressif, les détails qui ne s'inventent pas - la plaque « Quai des Orfèvres » volée pour fêter une mutation, la contestation silencieuse au moment des obsèques d'un policier abattu. Au meilleur du film, glaçant et opératique, on pense un peu à Michael Mann, le pathos (typiquement français ?) et la désespérance complaisante en plus.
36 QUAI DES ORFEVRES, Olivier Marchal 2004, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu@ (E)
Depuis plusieurs mois, à Paris, un gang de braqueurs opère en toute impunité avec une rare violence. Le directeur de la police judiciaire, Robert Mancini, a été parfaitement clair avec les 2 lieutenants L& ...

@

37,2 DEGRES LE MATIN, Jean-Jacques Beneix 1986, Beatrice Dalle, Jean-Luc Anglade@


Zorg, 35 ans, employé au gardiennage dans un village de bungalows en bord de mer, rencontre Betty, une jeune femme pulpeuse qui s'installe bientôt chez lui. Son patron n'est pas content mais finit pas accepter la nouvelle venue à condition qu'elle aide Zorg à repeindre les 500 bungalows.

TELERAMA:
Ce film-phénomène adapté du roman de Philippe Djian fit vibrer une génération. Trop rose, trop jaune, trop pub, trop cru, le style Beineix ? Étirées, certaines scènes d’ivresse, d’hilarité ou d’hystérie ? Plutôt en accord avec la démesure des sentiments, avec la bouche de Béatrice Dalle, son talent primitif et explosif, et avec la fébrilité magnifique de Jean-Hugues Anglade. Plus de trente ans après, cela redevient clair comme le ciel de la station balnéaire où se forme le couple fusionnel : 37 ° 2 le matin est un opéra romantique, un Roméo et Juliette où l’amour se fait à poil, où les romanciers sont incompris, et les filles vulgaires des idéalistes qui croient qu’il suffit d’aimer à la folie.
37,2 DEGRES LE MATIN, Jean-Jacques Beneix 1986, Beatrice Dalle, Jean-Luc Anglade@ (E)
Zorg, 35 ans, employé au gardiennage dans un village de bungalows en bord de mer, rencontre Betty, une jeune femme pulpeuse qui s'installe bientôt chez lui. Son patron n'est pas content mais finit pas accepter la nouvelle venue ...

@

4 MARIAGES ET 1 ENTERREMENT, Mike Newell 1994, Andie Mac Dowell, Hugues Grant, Kristin Scott-Thomas


Charles est célibataire. Seul compte son petit cercle d'amis, composé de Fiona, Gareth, Tom, Matthew et Scarlett, sa co-locataire. L'amour ne le tente pas et quand il fait la connaissance de Carrie lors d'un mariage où il officie en tant que témoin, il n'imagine en rien la passion qui va l'envahir. Charles tombe amoureux de Carrie.

TELERAMA:
la bonne société pur sucre britannique passe au feu d’une aimable et cruelle drôlerie. Hugh Grant et Andie MacDowell s’amusent visiblement à échanger les rôles, comme on se travestit : à lui, les œillades ingénues, les émois féminins ; à elle, la tranquille assurance du séducteur. Autour d’eux monte une polyphonie colorée de seconds rôles magnifiquement interprétés.
En contrepoint de la comédie, le cinéaste introduit un mouvement plus lent, mélancolique et émouvant : c’est l’« enterrement », le pied de nez de la mort, rappel du temps qui passe, irréversiblement, même pour cet éternel adolescent de Charles. Cette comptine bien balancée, sensible, entre ironie et gravité, parle d’amour avec une feinte désinvolture : une belle « non-demande en mariage » à la manière de Georges Brassens. Si vous avez résisté à cette gourmandise lors de ses multiples rediffusions (est-ce possible ? !), laissez-vous aller à déguster cette pièce montée aigre-douce. Un petit régal.
4 MARIAGES ET 1 ENTERREMENT, Mike Newell 1994, Andie Mac Dowell, Hugues Grant, Kristin Scott-Thomas (E)
Charles est célibataire. Seul compte son petit cercle d'amis, composé de Fiona, Gareth, Tom, Matthew et Scarlett, sa co-locataire. L'amour ne le tente pas et quand il fait la connaissance de Carrie lors d'un mariage où ...

@

4 MOIS 3 SEMAINES 2 JOURS, Cristian Mungiu 2007 (societe avortement)@@@


En 1987 en Roumanie, la journée éprouvante d'une étudiante qui aide son amie à se faire avorter clandestinement.

TELERAMA
C’est l’histoire de deux filles, l’une enceinte, l’autre pas, en Roumanie, peu avant la chute de Ceausescu. Cristian Mungiu chronique cet avortement clandestin à la manière d’un thriller.

Pour

Une petite chambre, dans une résidence universitaire. La lumière et les couleurs sont blafardes, le décor, d'une morne symétrie ; deux lits identiques, une table sous la fenêtre. Le lieu est banal, mais cadré pour évoquer la perspective étroite d'une cellule de prison. Deux filles, Gabita et Otilia, y préparent fébrilement un départ. Le récit de ce douloureux « voyage » de quelques heures, sans sortir de la ville, grise et oppressante, a valu une palme d'or méritée au réalisateur roumain Cristian Mungiu, lors du dernier festival de Cannes. Une odyssée minuscule, éprouvante et dangereuse, parmi des milliers d'autres, en 1987, peu avant la chute du régime de Ceausescu.

4 Mois, 3 semaines, 2 jours, ou le décompte exact d'une grossesse non désirée, dans un pays et à une époque où l'avortement est illégal. C'est la brune Gabita, passive et fragile, qui est enceinte. Mais c'est à la blonde Otilia, à son dévouement résolu, à l'extrême tension de ses mouvements que la caméra s'attache surtout. Otilia déniche l'hôtel où se cacher pour avorter. Otilia contacte et ramène « M. Bébé », l'inquiétant faiseur d'anges. Elle ira même jusqu'à partager avec son amie le paiement en nature du sordide marché qu'impose ce dernier, au cours d'un long et glaçant huis clos, scène cruciale du film.

Cette histoire intime progresse à la manière d'un thriller : le réalisateur entretient constamment une forme intense de suspense, autant sur l'état psychologique des héroïnes que sur leur sécu­rité matérielle. Cette tension, pourtant, ne doit rien aux habituels artifices censés doper l'attention. La mise en scène, véritable morceau de bravoure formel, découpe le temps au scalpel. Chaque scène se déroule en un seul plan-séquence aussi minutieux que dépouillé ; plan fixe ou caméra à l'épaule. Pas de pathos, pas de surlignage inutile pour évoquer la peur, l'oppression ou la solidarité. On n'anticipe rien, on ne voit que ce qui se montre : un ensemble de signes extérieurs, d'échanges et de malaises, une trajectoire nerveuse sur les pas d'Otilia dans une nuit hostile, une longue négociation avec une ordure ordinaire, une porte fermée, un dîner de famille...

Rien ne vient adoucir le prodigieux et habile effet de réalité. Ce parti pris esthétique radical se confond avec la matière même du propos : deux filles au corps inquiet, prises dans le cadre d'une société aliénante, et pourtant le franchissant sans cesse, comme on passe une frontière, de l'obéissance à la transgression. Portrait en creux de la fin du communisme en Roumanie, le film évite toute démonstration trop évidente. Sur la question de l'avortement, pourtant centrale, Cristian Mungiu fait montre d'une sorte de féminisme désenchanté : il ne cherche pas à transmettre une leçon de morale, un point de vue confortable, mais à observer le viscéral, douloureux élan de liberté qui s'exprime à travers Gabilia et Otilia, en elles. Cette prise de risque cloue la première au lit avec une sonde, et conduit la seconde à la rencontre d'elle-même, de son indépendance. Anamaria Marinca donne à ce beau personnage une densité électrisante. Elle est la révélation de ce drame banal et fascinant. — Cécile Mury

Contre

Un film emballant ? Non, un film emballé, ficelé, bouclé. Avec sa caméra qui semble programmée pour la virtuosité, Cristian Mungiu enserre tout dans une tension infaillible. On dirait un coureur qui ne reprend jamais son souffle. Il y a de l'artifice, comme une sorte de dopage, dans ce système de mise en scène si pressé d'imposer une forme, quel que soit le fond. Mungiu se plaît d'ailleurs à se débarrasser du fond : pendant la première partie de 4 Mois, 3 semaines, 2 jours, il nous prive de tout repère, de toute information sur ce qui se passe. Une façon de prouver qu'il peut retenir l'attention rien que par sa manière de filmer. Mais cette démonstration tombera à plat face à ceux qui iront voir le film en sachant, évidemment, qu'il s'agit d'une histoire d'avortement clandestin. Ça, Cristian Mungiu ne semble pas y avoir pensé, enfermé dans ses idées de cinéma un peu théoriques.

Il faut regretter que ce jeune Roumain apparaisse d'emblée comme un suiveur, ­même s'il ne marche pas dans les traces de n'importe qui : en ne quittant pas d'une semelle la jeune femme qui mène son film, en se servant de l'urgence et de l'angoisse qui la minent comme carburant, il applique des leçons des frères Dardenne. Au risque d'en faire de simples recettes de Palme d'or. Car les Dardenne couraient après quelqu'un : Rosetta ou L'Enfant sont d'abord des portraits d'êtres humains qui se battent avec le monde ou se débattent avec eux-mêmes, et qui nous touchent. Mungiu, lui, se contente de personnages simplistes. Otilia, la bonne copine qui s'occupe de tout, traîne la fatalité du monde avec elle. On comprend qu'elle doit s'endurcir, mais fallait-il en faire un tel bloc ? Quant à Gabita, la jeune fille enceinte, elle est irresponsable, incapable de faire face à ce qui lui arrive. Aucune chance ne lui est donnée de montrer un autre visage, et elle est finalement clouée au pilori par un plan terrible montrant le foetus expulsé sur le carrelage de la salle de bains. Mungiu sait-il qu'une telle image est du pain béni pour les anti-avortement ? On voudrait que ­cette palme soit celle de la jeunesse. C'est celle de l'immaturité. — Frédéric Strauss
4 MOIS 3 SEMAINES 2 JOURS, Cristian Mungiu 2007 (societe avortement)@@@ (E)
En 1987 en Roumanie, la journée éprouvante d'une étudiante qui aide son amie à se faire avorter clandestinement.

TELERAMA
C’est l’histoire de deux filles, l’une enceinte, l’au ...

@

47 METERS DOWN, Johannes Roberts 2017 (drame mer)@


Après la rupture de Lisa, sa soeur Kate l'embarque en vacances au Mexique pour lui changer les idées. Avides d'aventures, elles se mettent au défi de plonger parmi les requins blancs, protégées par une cage. Une fois dans l'eau, le spectacle est incroyable, mais subitement, le câble qui retient la cage au bateau cède, et les deux soeurs se retrouvent plongées au fond de l'océan, à 47 mètres de profondeur. Il ne reste qu'une heure d'oxygène et les grands blancs rôdent.

TELERAMA
Une fois qu’on plonge dans les profondeurs avec ses héroïnes, le film remplit son contrat : faire peur. Dans les abysses, personne ne vous entend crier…

Les requins sont une espèce menacée dans tous les océans du globe. Mais ce n’est pas ce survival en milieu sous-marin qui va donner envie de les sauver… Une jolie Américaine délurée a emmené sa sœur plus introvertie se changer les idées sur une plage du Mexique. Après quelques verres de téquila, elles se laissent convaincre par deux beaux gosses locaux de s’immerger dans une cage pour aller contempler les squales de près.

Évidemment, dès qu’elles mettent le pied sur le bateau qui doit les conduire au large, on se doute que la croisière ne va pas s’amuser longtemps : la cage est rouillée, les filins hors d’âge et le « captain » (le revenant Matthew Modine) ressemble à un guerrier apache qui aurait forcé sur les champignons hallucinogènes. De fait, après quelques instants sous l’eau, le câble principal casse, et les deux frangines se retrouvent coincées à 47 mètres de profondeur, avec une durée d’oxygène limitée et de grosses bébêtes affamées qui leur tournent autour…

Ne pas se laisser décourager par les vingt premières minutes, épouvantablement mal écrites et mal jouées. Une fois que la caméra de Johannes Roberts plonge dans les profondeurs avec ses héroïnes, le film remplit son contrat : faire peur, en jouant à la fois sur le sentiment de solitude, la claustrophobie, l’angoisse liée à la présence invisible des prédateurs, le suspense et les effets de surprise — souvent gore, la surprise…
47 METERS DOWN, Johannes Roberts 2017 (drame mer)@ (E)
Après la rupture de Lisa, sa soeur Kate l'embarque en vacances au Mexique pour lui changer les idées. Avides d'aventures, elles se mettent au défi de plonger parmi les requins blancs, protégées par une cag ...

@

58 MINUTES POUR VIVRE, Renny Harlin 1990, Bruce Willis, Bonnie Bedella (thriller)@@


L'inspecteur de police McClane attend que l'avion de son épouse atterrisse dans un aéroport international proche de la ville de Washington. D'étranges allers et venues attirent son attention. Il suit des hommes qui communiquent discrètement entre eux jusqu'au sous-sol de l'aéroport.

TELERAMA
Bruce est solide, têtu, débrouillard comme MacGyver, surarmé d’humour.
La veille de Noël, un groupe de terroristes se rend maître de l'aéroport de Washington pour délivrer un dictateur sud-américain extradé vers les Etats-Unis. Le policier John McClane a moins d'une heure pour les arrêter...

Comme dans Piège de cristal, McClane est seul et (presque) désarmé contre une armée d'odieux sadiques. Face à leur détermination meurtrière, il ne peut opposer que son entêtement de flic bourru. Bruce Willis est le type qui sait qu'il ne peut compter que sur lui-même, mais doit aller au charbon pour sauver l'humanité. C'est l'anti-Rambo qui n'a qu'une hâte, rentrer chez lui. Ce mélange de spectaculaire et d'ordinaire, de violence et d'humour reste la clé de la plus originale série de films d'action produite par Hollywood.
58 MINUTES POUR VIVRE, Renny Harlin 1990, Bruce Willis, Bonnie Bedella (thriller)@@ (E)
L'inspecteur de police McClane attend que l'avion de son épouse atterrisse dans un aéroport international proche de la ville de Washington. D'étranges allers et venues attirent son attention. Il suit des hommes qui comm ...

@

5eme SET, Quentin Reynaud 2021, Alex Lutz, Kristin Scott-Thomas, Ana Girardot (sport)@


Âgé de presque 38 ans, Thomas est un joueur de tennis qui n'a jamais connu de gloire. Pourtant, il était l'un des plus grands espoirs du tennis lorsqu'il avait 17 ans. À cause d'une défaite en demi-finale, il est traumatisé depuis et reste dans le bas du classement. Aujourd'hui, il se prépare pour ce qui devrait être son ultime tournoi et il refuse d'abdiquer. Soudainement pris d'un désir de sauver son honneur, il se lance dans une lutte improbable dont le résultat demeure incertain.

TELERAMA
Dans une partie de tennis, le cinquième set est celui de tous les dangers : « remontada » héroïque, écroulement pathétique, blessure… Dans une carrière de tennisman, c’est souvent le début de la fin. À 37 ans, Thomas ne peut se résoudre à raccrocher. Enlisé dans les profondeurs du classement depuis vingt ans, il n’est jamais parvenu à confirmer les espoirs placés en lui, quand il faisait, prodige de 17 ans, la couverture des magazines spécialisés. Plus personne ne croit en ses chances, à part lui-même.

Au cinéma, le tennis a déjà servi de toile de fond à des drames intimes ou de métaphore à des duels qui se jouaient hors du terrain. Ex-joueur semi professionnel, Quentin Reynaud s’est inspiré de son expérience pour filmer ce qui ne l’a ­jamais été : le corps qui lâche, la vie de famille sacrifiée, l’intendance obligée de suivre… Pour faire exister ce sportif qui vacille, il fallait, au contraire, un acteur bien solide. Scruté sous toutes les coutures par une caméra à l’épaule intrusive, Alex Lutz tient littéralement le film à bout de bras. Alors, hormis quelques défauts (dont le personnage de la mère et ex-entraîneuse du héros, jouée par Kristin Scott Thomas), le match tient en haleine et malmène, jusqu’au bout, les muscles des joueurs et les nerfs des spectateurs.
5eme SET, Quentin Reynaud 2021, Alex Lutz, Kristin Scott-Thomas, Ana Girardot (sport)@ (E)
Âgé de presque 38 ans, Thomas est un joueur de tennis qui n'a jamais connu de gloire. Pourtant, il était l'un des plus grands espoirs du tennis lorsqu'il avait 17 ans. À cause d'une défaite en demi-finale, ...

@

6 JOURS 7 NUITS, Ivan Reitman 1998, Harrisson Ford, Ana Heche


À l'origine, cela devait être des vacances de rêve pour Robin Monroe, rédactrice-adjointe d'un grand magazine de mode new-yorkais et le richissime et romantique Frank Martin. Contrainte de rentrer immédiatement à New-York pour son travail, Robin est ramenée en avion par le pilote baroudeur et bougon Quinn Harris, mais leur avion s'écrase sur une île déserte. Elle découvre alors l'aventure de sa vie et au final, l'amour.

TELERAMA:
Harrison Ford s’amuse à jouer les Indiana Jones vieillissant, aussi misanthrope que misogyne. Face à lui, Anne Heche, blonde miniature qui rappelle Jean Arthur dans les comédies de Frank Capra : elle est irrésistible en enquiquineuse craquante. Chacun est bien ; ensemble, ils sont encore mieux. L’alchimie d’un duo d’acteurs, ça ne s’explique pas. Le plaisir naît aussi du ton : ni trop premier degré, ni trop clin d’œil. Pas trop réaliste, mais jamais complètement parodique. Ce film reprend une formule (aventures + romance) que le cinéma américain a déjà abondamment explorée. Si la balade a du charme, c’est aussi grâce à ce savoir-faire hollywoodien qui, parfois, a du bon…
6 JOURS 7 NUITS, Ivan Reitman 1998, Harrisson Ford, Ana Heche (E)
À l'origine, cela devait être des vacances de rêve pour Robin Monroe, rédactrice-adjointe d'un grand magazine de mode new-yorkais et le richissime et romantique Frank Martin. Contrainte de rentrer immédiatem ...

@

7 ANS AU TIBET, Jean-Jacques Annaud, Brad Pitt@@


A la fin de l'été 1939, l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l'Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l'Himalaya, accepte de l'argent nazi pour y planter le drapeau à croix gammée. La guerre éclate. Prisonnier des Britanniques à la frontiere de l'Inde, il s'évade. Commence alors la véritable aventure de sa vie : une longue errance qui se termine à Lhassa, résidence du jeune Dalaï-lama avec qui il se lie d'amitié.

TELERAMA:
Sur un sujet aussi « chaud » que le Tibet, soumis de force par la Chine depuis un demi-siècle, et vers lequel convergent depuis peu toutes sortes de sollicitude occidentale, Annaud se devait de faire fort. D'abord, il a entièrement reconstitué le pays du dalaï-lama dans la cordillère des Andes : c'est sûr, son Tibet est plus spectaculaire que celui des rares images télé. Mais son vrai « plus » est ailleurs : dans sa volonté de faire grand, gros et beau, ce n'est pas un seul film qu'il nous propose, mais carrément trois pour le prix d'un.
La pureté gagnée dans un éden inaccessible, voilà donc le fin mot de l'histoire. Et tant pis si l'Histoire vraie, celle de l'invasion chinoise, celle du bouddhisme tibétain, est expédiée avec une certaine désinvolture. Mais cette fois ce n'est plus seulement le rythme, le charme ou l'humour qui font défaut, c'est un souffle, une inspiration. Annaud s'attache, faute de mieux, aux détails, au décorum et c'est tout son film qui sonne creux
7 ANS AU TIBET, Jean-Jacques Annaud, Brad Pitt@@ (E)
A la fin de l'été 1939, l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l'Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l'Himalaya, accepte de l'argent nazi ...

@

7 ANS DE MARIAGE, Didier Bourdon 2002, Didier Bourdon, Catherine Frot (comique)@@


Mariés depuis sept ans, Audrey et Alain s'enlisent dans la routine. Ils ont une petite fille, Camille, et travaillent tous les deux. La vie quotidienne a usé leur désir. Audrey est cassante, rigide, tandis qu'Alain se promène en cachette sur les sites porno.Pour tenter de sauver son couple, il consulte un ami sexologue.

TELERAMA
Sept ans, le cap fatal du couple, paraît-il. Que faire ? Fréquenter le sex-shop. C’est donc très fin, classieux, du bon comique bien d’chez nous. Vive le célibat !

Les couples s’usent, c’est un fait. Comment ranimer la flamme ? Didier Bourdon, reconverti en sociologue de la libido conjugale, a le bon goût de dresser un état des lieux sans contorsions hypocrites. Entre Audrey et Alain, ses héros, mariés depuis sept ans, il est surtout question de fantasmes en berne et de frustrations inavouées.

Le regard mi-amusé, mi-perplexe de l’ex-Inconnu sur son couple cobaye fait mouche. Mais l’intervention d’un sexologue aux prescriptions « radicales » suffit à remettre le film sur les rails de la comédie convenue que l’on pouvait craindre. La « cure » prescrite passe par les boîtes à partouzes et les arrière-salles des sex-shops. C’est très tendance, mais, curieusement, ici, c’est la paillardise à l’ancienne qui s’insinue partout.

Complice de ses personnages maladroits, Didier Bourdon gâche cette empathie par des gags essoufflés et des situations presque aussi prévisibles que le canevas du scénario : madame va se décoincer, monsieur va se sentir dépassé, mais tout rentrera, forcément, dans l’ordre (conjugal). Le sexe, dans tout ça ? Un leitmotiv ressassé dans le seul but d’entretenir la maigre flamme d’un comique archiconsensuel.
7 ANS DE MARIAGE, Didier Bourdon 2002, Didier Bourdon, Catherine Frot (comique)@@ (E)
Mariés depuis sept ans, Audrey et Alain s'enlisent dans la routine. Ils ont une petite fille, Camille, et travaillent tous les deux. La vie quotidienne a usé leur désir. Audrey est cassante, rigide, tandis qu'Alain se p ...

@

8 FEMMES, François Ozon 2002, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart


Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête... Le maître de maison est retrouvé mort, assassiné dans son lit, un poignard planté dans le dos. Autour de lui, huit femmes avec, chacune, un secret jalousement gardé, qu'il faut mettre au jour, car l'une d'entre elles est coupable.

TELERAMA
Avant tout, le plaisir. La jubilation de voir, par exemple, Isabelle Huppert composer, avec outrance et humour, une vieille fille à lunettes, gourmande et frustrée (gourmande parce que frustrée). Ou Fanny Ardant, toute de rouge et noir vêtue, ôter ses longs gants, reprenant le strip-tease érotique immortalisé par Rita Hayworth dans Gilda.

Et on imagine bien – puisqu’on la partage – la joie de François Ozon d’avoir réuni ses huit comédiennes. Un second rôle (Firmine Richard). Une jeune actrice, Ludivine Sagnier, qu’il avait déjà dirigée dans Gouttes d’eau sur pierres brûlantes. Une légende du cinéma français, Danielle Darrieux, à qui il rend hommage en la plaçant en tête de son générique. Et, en rafale, cinq stars : Deneuve, Ardant, Huppert, Béart, Ledoyen.

Visiblement, ce ne sont pas les personnages de l’histoire qui ont intéressé François Ozon. Mais ces femmes, ces actrices. La fausse réserve de l’une, la fausse insolence de l’autre. Leur démarche. Leurs voix, musicales, s’opposant ou s’épousant. Le plus souvent, on demande aux comédiens de se glisser dans un rôle. Le réalisateur a exigé le contraire de ses actrices. À elles d’emplir ces silhouettes de leur présence. Ne pas hésiter à s’amuser. À exagérer. À faire en sorte que le spectateur n’oublie pas un instant où il est : dans une salle de cinéma, en train de les contempler, elles, ces actrices qui l’ont fait rêver depuis peu, depuis longtemps, depuis toujours. On est à cent lieues du réalisme, de la vraisemblance, du naturel. Ozon joue sur la volupté de l’artifice, quand il lui échappe, précisément, quand l’artifice devient une sorte d’art. Entre kitsch et nostalgie. De la rigueur rigolote (mais il en faut, de la rigueur, pour être rigolo). C’est dire que l’intrigue (inspirée d’un gros succès boulevardier de Robert Thomas) n’a qu’une importance relative. C’est le fameux « MacGuffin » de Hitchcock : un prétexte. Ici, il s’agit d’un meurtre.

Une enquête à la Agatha Christie
Dans les années 1950, la veille de Noël, dans une propriété cernée par la neige, survient la jeune fille de la maison. Tout habillée de rose Vichy, elle débarque de Londres, où elle fait ses études. Elle retrouve sa sœur cadette (fan de polars), sa mère (l’élégance même), sa grand-mère (avaricieuse), sa tante (acariâtre), la servante noire qui l’a élevée et une nouvelle femme de chambre, dont les yeux baissés cachent mal l’insolence. Passé les effusions, on s’étonne que le maître de maison ne se soit pas manifesté. Il en est bien incapable, puisqu’il gît dans son lit, un poignard dans le dos. Horreur ! Terreur ! Les fils du téléphone sont coupés : impossible de prévenir la police. Comment, d’ailleurs, pourrait-elle agir, puisque la neige isole la demeure, chaque minute davantage. Pourtant, dans le parc solitaire et glacé, quelqu’un s’avance vers les femmes terrorisées, serrées l’une contre l’autre : serait-ce l’assassin qui revient sur le lieu du crime ? Ouf, il s’agit de la sœur du défunt, alertée, comme c’est étrange, par un coup de fil anonyme. Elle prétend ne pas connaître la maison, mais, comme c’est bizarre, elle se dirige droit vers la chambre de son frère... L’assassin ne peut qu’être l’une des huit femmes, c’est sûr. Elles vont se livrer, contraintes et forcées, à une enquête à la Agatha Christie, chacune révélant un mobile pour avoir tué...

Comme il s’agit d’abord d’un jeu, François Ozon accentue – à mort, si l’on ose écrire – la sophistication. Ainsi, chacune des actrices est-elle, dès le départ, définie par une fleur. Puis par une couleur (rouge pour Ardant, vert pour Huppert, mauve pour Darrieux). Pour accentuer l’irréalisme, il a l’idée d’interrompre l’action par de petits intermèdes chantés et dansés. C’est Ludivine Sagnier qui ouvre le feu en interprétant un succès yéyé, Papa, t’es plus dans l’coup, avec Catherine Deneuve et Virginie Ledoyen en chorus girls : ça vaut le coup d’œil ! Puis c’est au tour d’Isabelle Huppert, tragique soudain, entre deux répliques vipérines, d’entonner le Message personnel, composé par Michel Berger pour Françoise Hardy.

Un humour plaisant, inhabituel en France, un humour noir, très british, imprègne le film. D’où ce dialogue incongru entre Deneuve et Ludivine Sagnier, sa fille : « Va chercher ta grand-mère dans le placard de la cuisine. – Mamie ? Dans le placard ? – Oui, elle y finit sa sieste ! » Dans ces moments, on retrouve – après le lyrisme apaisé de Sous le sable – Ozon, l’affreux jojo, le pourfendeur de la morale réac qu’avaient révélé son moyen métrage, Regarde la mer, et son premier long, Sitcom. Mais Sitcom cédait à une provoc potache assez niaise, et l’hommage au surréalisme y était appuyé et maladroit. La réussite de 8 Femmes tient à ce que les secrets monstrueux de cette famille sont révélés en une série de coups de théâtre si désarmants qu’ils en deviennent presque naturels. Ozon n’y va pourtant pas de main morte : crapuleries, extorsions, homosexualité, meurtre, inceste, sadomasochisme (avec le personnage d’Emmanuelle Béart, étonnante en femme de chambre soumise à l’autorité d’une maîtresse dont elle voudrait être l’amante).

Une méchanceté suave
Ces fantasmes deviennent burlesques par leur outrance même. Aussi savoureux que les références cinématographiques dont le metteur en scène parsème son film. Ce salon aux tapisseries insensées évoque, de toute évidence, les intérieurs cossus du Hollywood de jadis. Le grand escalier, ne serait-ce pas, cadré autrement, celui de Soupçons, de Hitchcock ? La coiffure de Catherine Deneuve évoque Lana Turner dans Le Mirage de la vie, de Douglas Sirk. Son portrait sur le mur, c’est presque Laura, de Preminger. Et les bottines d’Emmanuelle Béart rappellent Le Journal d’une femme de chambre, de Buñuel. Mais, loin de plomber le spectateur, toutes ces allusions ajoutent au spectacle. Elles le vivifient, le magnifient. Ozon s’est rabattu sur la pièce de Robert Thomas – qu’il a vigoureusement remaniée – parce qu’il n’avait pas réussi à racheter les droits de Femmes, de George Cukor. Film brillantissime qui reposait sur une méchanceté suave et une misogynie assumée. Ozon a gardé la méchanceté suave, mais remplacé la misogynie par une tendresse discrète.

Ces femmes sont seules. Parce que les mecs, ils sont morts ou partis. Mais vivants et présents, on devine qu’ils ne valaient pas bien cher. Lâches, vils, voleurs, trompeurs. Comment s’étonner, alors, que certaines essaient de trouver, auprès d’autres femmes, des sentiments que les hommes ne peuvent leur donner. Ce qui nous vaut une des plus belles séquences du film : des jambes qui s’emmêlent, une bagarre finissant par un baiser. Une étreinte ébauchée, sur un tapis sang et noir, entre une femme vêtue de « rouge optimiste » (teinte signée Christian Dior) et une autre, dans une robe magnifique, d’une couleur au nom curieux : « bleu canard »... Que nous disent-elles, ces femmes, lorsqu’elles se révèlent par les chansons qu’elles entonnent ? « À quoi ça sert de vivre libre, si on vit sans amour ? » : ça, c’est Fanny Ardant. « Je suis seule à crever, préparez votre temps. Pour vous, j’ai tout le mien » : c’est Isabelle Huppert. « Pour ne pas vivre seule, je t’aime et je t’attends pour avoir l’illusion de ne pas vivre seule » : Firmine Richard. « Je te pardonne et toi, jamais » : Deneuve.

« Il n’y a pas d’amour heureux... »
La morale de cette histoire immorale, c’est Danielle Darrieux qui la donne. Elle qui a toujours su, en une fraction de seconde, passer de la gaieté fragile à la gravité légère glisse à l’oreille de Ludivine Sagnier, sa petite-fille de cinéma : « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard. Que pleurent, dans la nuit, nos cœurs à l’unisson. » Des vers d’Aragon, mis en musique par Brassens. Et résonne, alors, cette chanson superbe : Il n’y a pas d’amour heureux... Et puis Darrieux, la plus âgée de la troupe, conduit la plus jeune vers ses partenaires. Elles nous font face, ces huit femmes, elles nous regardent longuement. Enfermées dans cette demeure asphyxiante. Entre elles. En elles-mêmes. Sans issue de secours. Sans espoir. Huit femmes seules, à jamais.
8 FEMMES, François Ozon 2002, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart (E)
Années 1950, une grande demeure bourgeoise, on se prépare à fêter Noël. Cependant, une découverte macabre bouleverse ce jour de fête... Le maître de maison est retrouvé mort, assassi ...

@

8 MILLIONS DE FAÇONS DE MOURIR, Hal Ashby 1986, Jeff Bridges, Andy García, Rosanna Arquette (thriller)@


Parce qu'il a abattu un dealer sous les yeux de ses enfants, Matt Scudder, rongé par la culpabilité, démissionne de la police et sombre peu à peu dans l'alcool. Son épouse le quitte et, avec elle, toute sa famille. Matt tente de refaire surface en aidant une prostituée, Sunny, à se libérer de l'emprise de son souteneur. Il est en passe d'y parvenir lorsque la jeune femme est égorgée en sa présence. Matt plonge derechef dans la dépression et l'éthylisme. Après une cure de désintoxication, il décide de venger Sunny. Il découvre rapidement qu'elle était mêlée à un vaste trafic de drogue, qu'il cherche à démanteler. Seul contre une bande de malfrats sans foi ni loi, il risque sa peau...

SENS CRITIQUE
Huit millions de façons de mourir est un polar très inégal qui tient surtout par la qualité de son interprétation avec une mention spéciale pour Andy Garcia en malfrat psychopathe. Car le film empile les clichés à commencer par le thème de l’ancien policier devenu alcoolique à la suite d’une bavure et, cerise sur le gâteau, cela s’accompagne de séances de communication de groupe d’un moralisme ridicule et consternant.

Heureusement dans les têtes à têtes entre Matt (Jeff Bridges) et Angel (Andy Garcia) Hal Ashby sait créer une tension remarquable qui explose à la fin du film dans la remarquable séquence de l’échange de Sarah (Rosanna Arquette) contre les sacs de drogues. Là, le réalisateur nous offre un grand moment de cinéma qui peut justifier à lui seul la vision du film.

La dernière scène retombe hélas dans le ridicule et le cliché, avec balade des deux tourtereaux sur la plage au soleil couchant.
8 MILLIONS DE FAÇONS DE MOURIR, Hal Ashby 1986, Jeff Bridges, Andy García, Rosanna Arquette (thriller)@ (E)
Parce qu'il a abattu un dealer sous les yeux de ses enfants, Matt Scudder, rongé par la culpabilité, démissionne de la police et sombre peu à peu dans l'alcool. Son épouse le quitte et, avec elle, toute sa ...

@

8 RUE DE L HUMANITE, Dany Boon 2021, Dany Boon, François Damiens (societe sante)


Alors que certains ont préféré fuir la capitale, sept familles sont restées confinées dans un immeuble du 11ème, au 8 rue de l'Humanité. Une patronne de bistrot, un scientifique ambitieux qui veut trouver le vaccin, un hypocondriaque en panique, sa femme avocate, un coach sportif qui grossit au fil des semaines, sa fiancée enceinte, un riche self-made-man désespéré et deux enfants de 8 et 10 ans qui, grâce au confinement, vont tomber amoureux.

TELERAMA
En période de confinement(s), Dany Boon reprenait sans vergogne son éternel personnage d’hypocondriaque. Comme dans une sitcom, tout le monde se déteste ici, mais tout le monde finira par s’apprécier… Yvan Attal en patron de labo qui se fait « des couilles en or » et vire au savant fou : du n’importe-quoi. Liliane Rovère en tenancière de bistrot au chômage technique, grande gueule et gentille avec les enfants : rien à signaler. Et avec François Damiens en gros con parfait (« le seul Belge antipathique »), on reste dans le déjà-vu…
À la fois calculateur et fainéant, Dany Boon ne ressort pas grandi de ce film, indigne de la fantaisie dont on le sait capable. Les seuls personnages vraiment drôles de 8, rue de l’Humanité sont un coach sportif et une perdante de The Voice qui vivent le confinement sur Instagram, dans une compétition à la dure pour le plus grand nombre de followers. Tom Leeb et Alison Wheeler arrivent à rendre la caricature savoureuse et tirent le meilleur de chacune de leurs scènes. Ils auraient mérité d’avoir tout le film pour eux.

8 RUE DE L HUMANITE, Dany Boon 2021, Dany Boon, François Damiens (societe sante) (E)
Alors que certains ont préféré fuir la capitale, sept familles sont restées confinées dans un immeuble du 11ème, au 8 rue de l'Humanité. Une patronne de bistrot, un scientifique ambitieux qui ...

@

A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@


Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la guerre et de l'incertitude croissante quant à son issue.

TELERAMA
Les caméras posées sur les casques des soldats ukrainiens nous projettent au milieu du chaos. Toutes les dimensions humaines du conflit dans un regard documentaire inédit, par le réalisateur de “20 jours à Marioupol”.Features

Le cinéma ne devrait-il pas regarder plus souvent du côté de l’Ukraine et de la guerre qui y fait encore rage ? Il le fait avec ce documentaire qui nous précipite sur la ligne de front et, face à ces images terribles, on se demande si l’on ne va pas devoir baisser les yeux… Il faut pourtant voir À 2 000 mètres d’Andriivka, un film bouleversant et essentiel.

Le réalisateur oscarisé de 20 jours à Marioupol (2023) a livré une retentissante bataille pour l’image, à moins de deux heures de route de sa ville natale, Kharkiv. Pour reprendre le village d’Andriivka aux troupes russes, un bataillon ukrainien a reçu l’ordre d’emprunter le seul passage possible au milieu d’un champ de mines : une forêt qui dessine une bande de 2 000 mètres. Couvrir cette petite distance sera un enfer. Avec des caméras embarquées sur les casques des soldats, on plonge d’emblée au cœur d’un déluge de tirs d’artillerie, de grenades et de drones. Un chaos où se mêlent la technologie d’aujourd’hui et la guerre de tranchées, les écrans de contrôle et le garrot qu’il faut savoir poser pour qu’un blessé ne se vide pas de son sang.

La vie, aux portes de la mort
Nous sommes en septembre 2023, l’Ukraine vient de lancer une contre-offensive dont les résultats seront décevants. Par-delà ces circonstances, Mstyslav Chernov déploie une ambition différente de celles des reporters. Ce n’est pas de l’information qu’il veut partager avec nous mais la vie, aux portes de la mort. La proximité est inédite avec ceux qui se battent et interpellent leur ennemi : « Qu’est-ce que vous êtes venus foutre ici ? » « Je ne sais pas pourquoi on est là », répond un soldat russe fait prisonnier. À hauteur d’homme, la guerre en Ukraine nous saute aux yeux, tout à la fois plus concrète, plus décisive, plus absurde, plus barbare et plus noble qu’on pourrait le croire, parce que la solidarité entre les combattants ukrainiens y préserve une grandeur vaille que vaille. Toutes les dimensions humaines du conflit se trouvent rassemblées en un geste de cinéma inoubliable.
A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@ (E)
Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la gu ...

@

A BEAUTIFUL DAY, Lynne Ramsay 2017, Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov (thriller)@@


Dans une chambre d'hôtel à Cincinnati, Joe nettoie son marteau avant de s'en débarrasser. Il s'échappe par une ruelle, assomme d'un coup de tête un type qui l'agresse. La routine. Le contrat suivant est plus compliqué. La fille d'un sénateur a disparu. Joe doit la retrouver et en profiter pour faire mal à ses kidnappeurs.

TELERAMA
Un tueur doit sauver une petite fille kidnappée. Le scénario de Lynne Ramsay et l’interprétation de Joaquin Phoenix ont été justement primés à Cannes en 2017.

Attention, ça secoue ! Joe est un exécuteur de basses œuvres à l’efficacité redoutable. Son arme fétiche ? Un marteau. Joe est aussi sujet à des pulsions suicidaires, liées à des traumatismes en série qui se devinent à travers des flash-back très brefs, aux allures d’hallucinations morbides. Quand Joe est chargé par un sénateur de la côte Est de retrouver sa fille fugueuse, il découvre un réseau de prostitution adolescente aux dangereuses ramifications politiques.

Il est curieux que le jury du Festival de Cannes 2017 ait choisi de récompenser Lynne Ramsay pour le scénario très mince d’A beautiful day, une variation sommaire du Taxi Driver de Martin Scorsese. Car c’est sa mise en scène qui impressionne. Par sa sophistication visuelle et sonore. Par ses longs plans contemplatifs qui alternent avec de soudains éclairs de violence sèche. Et par son montage aux ellipses audacieuses.

Pas de contestation, en revanche, pour le Prix d’interprétation attribué à Joaquin Phoenix. L’acteur, méconnaissable, joue du contraste entre son physique de gros nounours et la brutalité de son personnage. Une vraie bombe à retardement… Pour une fois économe dans ses effets, il se contente, le plus souvent, d’offrir à sa réalisatrice sa barbe hirsute, son corps massif et couturé de cicatrices, son mal-être. Quelle présence !
A BEAUTIFUL DAY, Lynne Ramsay 2017, Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov (thriller)@@ (E)
Dans une chambre d'hôtel à Cincinnati, Joe nettoie son marteau avant de s'en débarrasser. Il s'échappe par une ruelle, assomme d'un coup de tête un type qui l'agresse. La routine. Le contrat suivant est plus ...

@

A BOUT DE COURSE, Sydney Lumet 1988, Steven Hill, Lynne Thigpen (societe)@@@


Pour avoir plastiqué une usine de napalm pendant la guerre du Vietnam par idéal pacifiste, Annie et Arthur Pope doivent vivre dans la clandestinité, car l'attentat a causé la mort d'un vigile et le FBI les traque sans relâche. Ils sont obligés de changer de nom, d'identité et de lieu de résidence très régulièrement. Une sorte de bohême forcée dont tout le monde a épuisé les charmes depuis belle lurette. Surtout Danny, le fils aîné.

TELERAMA
Magnifique réflexion, élégiaque, sur l’engagement à travers le personnage d’un adolescent contraint de suivre ses parents, activistes, qui fuient de ville en ville… Le cinéaste signe l’un de ses plus beaux films.

Douze Hommes en colère, Serpico, Network, Le Prince de New York : on croyait connaître tous les grands films de Lumet, analyste, pendant cinquante ans, des rapports entre l’individu, la morale et la loi. Il restait pourtant cet À bout de course, réalisé presque en douce à la fin des années 1980. Avec cette histoire d’une famille condamnée au mouvement, Lumet, pour une fois, s’éloigne de New York, sa ville de prédilection. En 1971, Arthur et Annie Pope, des activistes, ont fait exploser une usine de napalm pour protester contre la guerre du Vietnam et, sans le vouloir, ont handicapé à vie un gardien. Depuis, ils sont en cavale avec leurs deux fils, déménageant sans cesse et changeant d’identité pour échapper aux agents fédéraux, toujours à leurs trousses.

Fugitif de naissance : c’est un état de plus en plus douloureux pour l’aîné des fils, Danny — frémissant River Phoenix. Pour se construire un destin, pourra-t-il se résoudre à quitter sa famille ? Réflexion passionnante sur l’engagement et l’utopie des années 1970, À bout de course décrit, avant tout, comment des parents pourtant aimants peuvent, au nom de leur idéologie, étouffer, asphyxier leurs enfants. Dans ce drame mélancolique, voire élégiaque — une rareté chez Lumet —, le plus beau personnage n’est pourtant pas Danny, mais sa mère, incarnée par Christine Lahti. La scène où elle essaie d’offrir une autre vie à son fils est belle à pleurer.
A BOUT DE COURSE, Sydney Lumet 1988, Steven Hill, Lynne Thigpen (societe)@@@ (E)
Pour avoir plastiqué une usine de napalm pendant la guerre du Vietnam par idéal pacifiste, Annie et Arthur Pope doivent vivre dans la clandestinité, car l'attentat a causé la mort d'un vigile et le FBI les traque ...

@

A BOUT DE SOUFFLE, Jean-Luc Godard 1960, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg


Michel Poiccard, jeune voyou insolent, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris. Mais en route, lors d'un contrôle, il tue un policier qui le poursuivait. Arrivé à Paris, il retrouve une étudiante américaine, Patricia. Tout au long du film, Michel essaiera de la persuader de coucher à nouveau avec lui, et elle lui résistera un certain temps en affirmant que lui ne l'aime pas vraiment.

TELERAMA:
Ce grand coup de neuf dans l'histoire de la realisation cinematographique demeure un moment de rupture. On ne cessera, ensuite, de reprocher à Godard son excès d’intelligence, alors qu’il avait su bricoler ce drôle de film, beau et (un peu) con à la fois.
À bout de souffle devient aussi, de scènes de rue en scènes de chambre, un documentaire sur son duo de jeunes acteurs. Belmondo et Seberg démodent instantanément tout ce qu’on voit autour d’eux. Avec le recul du temps, on les croirait découpés dans un magazine et collés sur une époque indifférente à ces ­gamins idéaux. La vie est pourtant de leur côté. Ce souffle passe encore aujourd’hui.
A BOUT DE SOUFFLE, Jean-Luc Godard 1960, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg (E)
Michel Poiccard, jeune voyou insolent, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris. Mais en route, lors d'un contrôle, il tue un policier qui le poursuivait. Arrivé à Paris, il retrouve une é ...

@

A BOUT PORTANT, Fred Cavayé 2010, Gilles Lellouche, Roschdy Zem (thriller)@


Dans le métro parisien, Samuel, un aide-soignant, est témoin d'une course-poursuite, qui se termine par un violent accident. Il ranime l'un des deux hommes impliqués dans la bagarre. A son retour chez lui, Samuel est violemment assommé, et sa femme Nadia, enceinte, est enlevée. A son réveil, un coup de fil apprend à Samuel que s'il veut revoir Nadia vivante, il doit à tout prix faire sortir l'homme qu'il a ranimé de l'hôpital dans lequel il est désormais placé. Mais l'individu, un dénommé Sartet, qui était activement recherché par la police, a été placé sous surveillance policière. Samuel va devoir faire vite, très vite...

TELERAMA
Un homme tout ce qu'il y a de commun trouve des ressources extraordinaires pour sauver la femme qu'il aime. C'était le schéma narratif de Pour elle, l'honorable premier film de Fred Cavayé. C'est aussi la ligne directrice d'A bout portant, où un infirmier sympa comme tout fait évader un dangereux criminel de son hôpital et affronte les vilains méchants qui ont eu la lâcheté d'enlever sa chérie enceinte de huit mois trois quarts.


Qu'il saute dans le vide ou coure dans le métro, c'est peu dire que Gilles Lellouche mouille le maillot. Mais à quoi bon… Le petit charme de série B de Pour elle a disparu de ce thriller survitaminé, où la mise en scène épileptique ne parvient pas à faire oublier les énormes invraisemblances du scénario, ni les sourcils froncés d'un Gérard Lanvin plus caricatural que jamais. On sauvera juste la composition « melvillienne » de Roschdy Zem en supertruand aussi mutique qu'efficace.
A BOUT PORTANT, Fred Cavayé 2010, Gilles Lellouche, Roschdy Zem (thriller)@ (E)
Dans le métro parisien, Samuel, un aide-soignant, est témoin d'une course-poursuite, qui se termine par un violent accident. Il ranime l'un des deux hommes impliqués dans la bagarre. A son retour chez lui, Samuel est vi ...

@

A BRAS OUVERTS, Philippe de Chauveron 2017, Christian Clavier@@


Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors qu'il fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman, invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d'appliquer ce qu'il préconise dans son ouvrage. Fougerole prend son adversaire au mot et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison.

TELERAMA:
Un intellectuel de gauche est contraint d'accueillir une ­famille de Roms... Philippe de Chauveron (Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?) s'embourbe dans les poncifs. Mise en scène plate et interprétation terne
A BRAS OUVERTS, Philippe de Chauveron 2017, Christian Clavier@@ (E)
Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors qu'il fait la promotion dans un débat télévis&eacu ...

@

A CHACUN SON SECRET, Francis Meletzky 2022, Franziska Hartmann, Stephan Szasz (policier)@)


Mutée à Hambourg dans une unité de la police judiciaire, la commissaire Katharina Tempel doit enquêter sur la disparition d'un couple de médecins. Ulla Leitermann est bien parvenue à appeler brièvement à l'aide, mais à l'arrivée de la police, son mari et elle avaient disparu. Aux côtés de son nouveau chef, Georg König, et de sa collègue, Dela Tahiri, la jeune policière se lance avec zèle dans cette première mission. L'équipe ne tarde pas à découvrir Hans Leitermann, inconscient sur sa péniche, mais ne trouve aucune trace de son épouse. Les deux praticiens gèrent une clinique de diagnostic prénatal, où sont pratiquées des interruptions de grossesse. Se sont-ils fait des ennemis parmi les militants anti-avortement ?...

TELERAMA
Tout juste mutée à Hambourg, l’enquêtrice Katharina Tempel est confrontée à la disparition inquiétante d’un couple de médecins. Francis Meletzky propose ici une intrigue efficace, à laquelle se mêlent les tourments intimes de sa protagoniste.

Au secours, il y a quelqu’un chez moi, au 8 Wasserwerg. — Vous voyez qui est entré ?  », puis le silence. Alors qu’elle prend tout juste ses fonctions dans une unité de police judiciaire d’Hambourg, Katharina Tempel est confrontée à la disparition d’Ulla et Hans Leitermann, couple de médecins à la tête d’une clinique de diagnostic prénatal, où sont pratiquées des interruptions de grossesse. Tout prête alors à penser que des militants anti-IVG s’en sont pris au couple de praticiens, introuvable depuis l’appel d’Ulla Leitermann à la police hambourgeoise. Toutefois, c’est un scénario plus tortueux et inattendu que propose Elke Rössler. Et en recherchant la vérité, Katharina Tempel doit faire face à ses propres démons.

Tout en cochant les cases traditionnelles du polar — une disparition inquiétante, un tandem enquêteur / enquêtrice solide, un enchaînement de fausses pistes — Francis Meletzky et sa scénariste apportent une attention particulière rafraîchissante à leur protagoniste. Au fil de la traque, derrière ses apparences de femme accomplie, Katharina Tempel se révèle torturée, malmenée. Un portrait d’enquêtrice moderne et nuancé, qui ne tombe pas dans la facilité.
A CHACUN SON SECRET, Francis Meletzky 2022, Franziska Hartmann, Stephan Szasz (policier)@) (E)
Mutée à Hambourg dans une unité de la police judiciaire, la commissaire Katharina Tempel doit enquêter sur la disparition d'un couple de médecins. Ulla Leitermann est bien parvenue à appeler bri&egra ...

@

A COEUR OUVERT, Marion Laine 2012, Juliette Binoche, Édgar Ramírez (thriller sentimental)@


Toujours terrassé par la perte de sa famille dans l'attaque du 11 septembre, un homme renoue avec un ancien compagnon d'université qui est un peu dépassé par ses responsabilités familiales et professionnelles. Cette amitié aidera les deux hommes à tenir bon à un moment tournant de leur vie.

TELERAMA
Juliette Binoche et Edgar Ramírez (Carlos, d'Olivier Assayas) en chirurgiens du coeur, pris dans une magnifique et impossible histoire d'amour... belle affiche, beau programme ! Parce qu'on imagine tout de suite ce que pouvaient donner cette histoire et ces comédiens, on trouve bien fade la manière dont la jeune cinéaste Marion Laine a mis tout ça en boîte. Refusant le mélo, elle ancre son film dans le réalisme, mais ne s'appuie pas sur la tension dramatique de l'univers hospitalier, montré de façon superficielle. Toujours un peu en retrait, pas assez sensible, elle laisse ses acteurs se débattre avec les humeurs très changeantes de leurs personnages et passe de la chronique gentiment bourgeoise, façon Claude Sautet, à l'hystérie passionnelle, genre Andrzej Zulawski. Mais cette mise en scène à la va-comme-je-te-pousse n'arrive pas à gâcher complètement l'original et foisonnant roman de Mathias Enard, Remonter l'Orénoque, dont ce film est l'adaptation.
A COEUR OUVERT, Marion Laine 2012, Juliette Binoche, Édgar Ramírez (thriller sentimental)@ (E)
Toujours terrassé par la perte de sa famille dans l'attaque du 11 septembre, un homme renoue avec un ancien compagnon d'université qui est un peu dépassé par ses responsabilités familiales et professionnel ...

@

A CONTRE SENS, Domingo González 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara


Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre, de jeu et de courses automobiles illégales. Ni la rivalité permanente, ni l'opposition de leur entourage ne peuvent les empêcher de tomber secrètement et follement amoureux. Or, le présent turbulent de Nick et le passé orageux de Noah mettront à l'épreuve leur amour interdit.
A CONTRE SENS, Domingo González 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara (E)
Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre ...

@

A COUP SUR, Delphine de Vigan 2014, Laurence Arne, Eric Elmoslino (sentimental)@@


Emma est une jeune journaliste très qualifiée et séduisante, qui a tout pour plaire. Mais elle enchaîne les déceptions amoureuses, et son dernier amant ne semble pas convaincu par les performances de la jeune femme au lit, la comparant sans vergogne à une limace anesthésiée. Désespérée, Emma décide de tout faire pour devenir le meilleur coup de Paris.

TELERAMA:
Qu'est-elle allée faire dans cette galère ? Delphine de Vigan, l'auteur du roman Rien ne s'oppose à la nuit, fait ses premiers pas de réalisatrice avec une improbable comédie sur le sexe. Ou comment, après une expérience malheureuse, une jeune, jolie et brillante journaliste obsédée par la performance décide de s'entraîner pour devenir « le meilleur coup de Paris »... La balourdise de l'ensemble donne envie de mordre.
A COUP SUR, Delphine de Vigan 2014, Laurence Arne, Eric Elmoslino (sentimental)@@ (E)
Emma est une jeune journaliste très qualifiée et séduisante, qui a tout pour plaire. Mais elle enchaîne les déceptions amoureuses, et son dernier amant ne semble pas convaincu par les performances de la jeu ...

@

A COUTEAUX TIRES, Rian Johnson 2019, Daniel Craig, Chris Evans (thriller)@@


Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L'esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoît Blanc est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d'élucider l'affaire. Cependant, entre la famille d'Harlan qui s'entre-déchire et son personnel qui lui reste dévoué, Blanc plonge dans les méandres d'une enquête mouvementée, mêlant mensonges et fausses pistes.

TELERAMA
Une enquête criminelle façon Cluedo qui joue malicieusement avec les codes du genre. Un bel hommage à Agatha Christie, du détective excentrique à la savoureuse galerie de suspects. Un régal.
Entre deux productions intersidérales (comme Star Wars : Les Derniers Jedi, en 2017), le réalisateur Rian Johnson s’offrait une brillante récréation en forme d’enquête criminelle. Même plaisir buissonnier pour l’acteur Daniel Craig, James Bond en permission, qui interprète un détective infaillible, tout de tweed ­vêtu. Dans ce délicieux exercice de style, il prend un plaisir manifeste à jouer un cousin laconique et excentrique d’Hercule Poirot, d’autant que l’intrigue respecte fidèlement le cahier des charges d’un bon Agatha Christie…

Tout commence par le suicide très douteux (peut-on vraiment s’auto-égorger ?) d’un célèbre auteur de romans policiers dans son manoir, entouré de ses proches. Que personne ne sorte ! Tout le monde, ou presque, a un mobile. C’est un festival de numéros d’acteurs, de dialogues drôles et ciselés, avec la bonne dose de clins d’œil (télé ­allumée sur la série Arabesque). Construit autour des flash-back qui racontent, sous différents angles, la dernière soirée de la victime (le vénérable et croustillant Christopher Plummer), le film se déplie peu à peu comme un grand plateau de jeu. Rian Johnson, à qui on doit aussi l’excellent Looper, déplace savamment ses pions et construit une énigme maligne et retorse à souhait. À voir dans la bibliothèque, avec la clé anglaise…
A COUTEAUX TIRES, Rian Johnson 2019, Daniel Craig, Chris Evans (thriller)@@ (E)
Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L'esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoît ...

@

A DAY TO DIE, Wes Miller 2022, Kevin Dillon, Bruce Willis (thriller)@


Après avoir tué un membre d'un cartel alors qu'il protégeait un libéré sur parole, Connor Connolly a une journée pour payer deux millions de dollars de réparations à Tyrone Pettis, le chef du gang. Après l'enlèvement de sa femme enceinte par Pettis, il décide de recruter son ancienne équipe d'opérations militaires, dirigée par Brice Mason, pour mener les braquages avec lui. Il doit maintenant sauver sa femme enceinte et régler ses comptes avec Alston, le chef de la police corrompue de la ville.

SENS CRITIQUE
L'intrigue est assez faibe, avec de bonnes intentions, mais assez maladroitement développée, peinant à amener des choses un peu originales dans cet énième thriller où un bonhomme doit obéir à un malfrat pour sauver sa peau/sa famille. La fin est du gros n'importe quoi un peu rigolo, un happy end bien pensant et bien naïf.
La mise en scène sent le manque de budget mais reste correct par rapport à d'autres productions de cette boîte. Le découpage est très plan-plan, pas très inspiré, mais est globalement lisible. Le montage manque parfois de continuité, ainsi les inserts de Willis sonnent un peu faux, on dirait qu'ils ont tourné les plans à des moments différents (ce qui est fort possible vu ce que j'ai pu lire sur les précédents films de cette boîte). Les acteurs sont à fond dedans, seuls Grillo et Willis font moins d'effort (surtout Willis qui semble être arrivé sur le platau juste 2 minutes avant qu'on ne tourne).
A DAY TO DIE, Wes Miller 2022, Kevin Dillon, Bruce Willis (thriller)@ (E)
Après avoir tué un membre d'un cartel alors qu'il protégeait un libéré sur parole, Connor Connolly a une journée pour payer deux millions de dollars de réparations à Tyrone Pettis, le ...

@

A DIX MINUTES DE NULLE PART, Arnauld Mercadier 2011, Fabio Zenoni, Laurent Bateau, Helena Noguerra (telefilm)@


Chaque été, Charles Lemoulec, directeur étriqué d'une compagnie d'assurances, a pour habitude d'emmener sa famille en vacances à l'île de Ré. Mais cette année, l'héritier de l'affaire familiale est à deux doigts de déposer le bilan. Pour ne pas décevoir sa famille qui ne sait rien de ses déboires professionnels, il décide, via Internet, d'échanger sa magnifique villa de Saint-Germain-en-Laye contre une superbe hacienda dans le sud pour l'été.

TELERAMA
En Belgique, près de Tihange, les Stiévenart ont construit une maison passive. Monsieur est un écolo dogmatique, tandis que madame apprécierait un peu plus de confort. Lorsque monsieur Stiévenart annonce à son épouse qu'ils ne pourront pas partir en vacances, faute d'argent, celle-ci le quitte en emmenant les enfants. Pour tenter de récupérer sa famille, Stiévenart a alors l'idée de faire un échange de maisons. Ce sont les Roger-Maillard qui se proposent. Cette famille française, peu concernée par la protection de l'environnement, est propriétaire d'une maison dans le Lubéron. Ecolos et énergivores échangent leurs maisons et leurs modes de vie si différents...
A DIX MINUTES DE NULLE PART, Arnauld Mercadier 2011, Fabio Zenoni, Laurent Bateau, Helena Noguerra (telefilm)@ (E)
Chaque été, Charles Lemoulec, directeur étriqué d'une compagnie d'assurances, a pour habitude d'emmener sa famille en vacances à l'île de Ré. Mais cette année, l'héritier de l'af ...

@

A DOUBLE TRANCHANT, Richard Marquand 1985, Glenn Close, Maria Mayenzet (drame)@


Armé d'un couteau de chasse à double tranchant, un individu masqué pénètre dans la villa des Forrester. Peu après, on retrouve Jack Forrester assommé, non loin des corps déchiquetés de son épouse et de leur bonne.

TELERAMA
Armé d'un couteau de chasse à double tranchant, un individu masqué pénètre dans la villa des Forrester. Peu après, on retrouve Jack Forrester assommé, non loin des corps déchiquetés de son épouse et de leur bonne. Unique héritier de la fortune de sa femme, Jack est aussitôt soupçonné par Thomas Krasny, le procureur chargé de l'affaire. Celui-ci ne cache pas son inimitié pour Forrester, dont les articles dans le "San Francisco Times" ne l'ont jamais ménagé. Après un témoignage accablant, Jack est arrêté, avant d'être rapidement libéré sous caution. Il demande à Teddy Barnes, une brillante avocate, ancienne assistante de Krasny, d'assurer sa défense. Après quelques hésitations, la jeune femme accepte de prendre en charge le dossier...
A DOUBLE TRANCHANT, Richard Marquand 1985, Glenn Close, Maria Mayenzet (drame)@ (E)
Armé d'un couteau de chasse à double tranchant, un individu masqué pénètre dans la villa des Forrester. Peu après, on retrouve Jack Forrester assommé, non loin des corps déchiquet&eacu ...

@

A E I O U L alphabet rapide de l amour, Nicolette Krebitz 2022, Sophie Rois, Udo Kier


La soixantaine, Anna, ancienne gloire du cinéma et du théâtre, vit quasiment recluse et cachetonne pour payer ses arriérés de loyer à son propriétaire et unique ami. Un soir, en pleine rue, elle est poussée au sol par un jeune homme qui lui dérobe son sac. Puis, lors d'un cours de diction qu'elle donne à des adolescents placés en foyer, l'actrice rencontre son premier élève qui n'est autre que son agresseur, Adrian. Bientôt, la relation déborde du cadre professoral.

TELERAMA
Elle est une comédienne un brin rigide, veuve amère qui se sent exclue du milieu culturel en raison de son âge et de son sexe. Lui est un adolescent kleptomane, en échec scolaire, qui souffre de bégaiement. En vue d’une performance théâtrale, elle est chargée de lui inculquer les rudiments de l’éloquence. L’apprentissage devient mutuel et mène à une idylle, synonyme pour les deux de renaissance. À la fois conceptuelle et cocasse, cette romance zigzague de manière originale et audacieuse, de Berlin à la Côte d’Azur, où le couple fait les quatre cents coups. À l’unisson, les comédiens composent un joli ballet sentimental, ludique et libre. Milan Herms (faux air du regretté River Phoenix) a la sensualité d’un ange, tandis que Sophie Rois, actrice autrichienne singulière et confirmée de la prestigieuse Volksbühne Berlin, se révèle de plus en plus lumineuse.
A E I O U L alphabet rapide de l amour, Nicolette Krebitz 2022, Sophie Rois, Udo Kier (E)
La soixantaine, Anna, ancienne gloire du cinéma et du théâtre, vit quasiment recluse et cachetonne pour payer ses arriérés de loyer à son propriétaire et unique ami. Un soir, en pleine rue, el ...

@

A FLEUR DE PEAU, Christian Bonnet 2023, Flore Bonaventura, Raphaël Lenglet (thriller)@


Axelle, lieutenant de police, se réveille dans un coffre de voiture et commence à se demander si elle n'a pas commis un meurtre. Elle finit par fuir alors que son passé semble la rattraper, mais la vérité est, en fait, beaucoup plus compliquée que cela.

TELERAMA
Une voiture au milieu de la garrigue. Soudain, le coffre arrière s’ouvre pour libérer Emy. La jeune policière, qui doit se marier le lendemain avec Alice, n’a aucun souvenir de la nuit précédente. Quelqu’un l’aurait-il droguée avant de l’enfermer dans le véhicule ? Le binôme et futur beau-frère de la jeune femme, Matisse, tente de l’aider à reconstituer les faits. Mais il découvre qu’Emy cache d’étranges secrets et n’est pas tout à fait celle qu’elle prétend. Le jour de son propre mariage, la jeune femme ne vient pas à la cérémonie, mettant sa fiancée Alice au désespoir…

Intrigante, la scène d’introduction nous fait d’abord lever un sourcil intéressé : pourquoi diable l’héroïne se réveille-t-elle dans le coffre d’une voiture ? À mesure que le mystère s’épaissit, on se demande ce que le scénario a sous le coude… Et puis survient un retournement invraisemblable qui fait basculer le téléfilm dans le nanardesque. Passé ce cap, plus rien n’est crédible dans l’intrigue, ni les motivations incompréhensibles de l’antagoniste, ni les comportements erratiques des personnages principaux. Le tout s’achève dans un final si embarrassant qu’on préférerait ne l’avoir jamais visionné.

Emy, policière de son état, se réveille dans le coffre d’une voiture perdue en pleine garrigue. Elle n’a aucun souvenir de la nuit précédente... Dommage : après un début intrigant, ce téléfilm enchaîne les rebondissements invraisemblables.
A FLEUR DE PEAU, Christian Bonnet 2023, Flore Bonaventura, Raphaël Lenglet (thriller)@ (E)
Axelle, lieutenant de police, se réveille dans un coffre de voiture et commence à se demander si elle n'a pas commis un meurtre. Elle finit par fuir alors que son passé semble la rattraper, mais la vérité ...

@

À FOND, Nicolas Benamou 2016, José Garcia, André Dussollier (catastrophe)@


Une famille embarque dans son monospace flambant neuf, au petit matin, afin d'éviter les embouteillages pour les vacances d'été. Tom, le père, enclenche son régulateur de vitesse électronique sur 130 km/h. Au moment où une dernière bourde de Ben, le beau-père, pousse Julia, excédée, à demander qu'on fasse demi-tour, Tom s'aperçoit qu'il ne contrôle plus son véhicule. L'électronique de bord ne répond plus, la vitesse est bloquée à 130 km/h.

TELERAMA
Tom pensait avoir tout organisé à la perfection pour que le départ en vacances se fasse dans la sérénité. Il décide de louer un monospace tout neuf qui dispose d'un régulateur de vitesse. Il embarque toute sa petite famille, dont sa femme Julia, très enceinte. Jean, le père de Julia, est également du voyage. Tout se complique quand le régulateur de vitesse se bloque à 130 kilomètres/heure. Tom tente de freiner mais rien n'y fait : le véhicule ne veut pas ralentir. Il appelle le loueur du véhicule qui n'a aucune solution à lui proposer. Très vite, la police de la route, dirigée par le capitaine Peton, les prend en chasse...
À FOND, Nicolas Benamou 2016, José Garcia, André Dussollier (catastrophe)@ (E)
Une famille embarque dans son monospace flambant neuf, au petit matin, afin d'éviter les embouteillages pour les vacances d'été. Tom, le père, enclenche son régulateur de vitesse électronique sur 13 ...

@

A L EPREUVE, Akim Isker 2024, Frankie Wallach, Bernard Campan


À 22 ans, Ambre, en pleine procédure judiciaire contre ses parents qui veulent récupérer la garde de son fils, n'a pas d'autres choix pour s'en sortir que d'accepter le pire des boulots à ses yeux : éboueure. Jusqu'où sera-t-elle prête à se salir les mains pour reconquérir son enfant et sa dignité ?

TELERAMA
Une jeune mère célibataire fauchée, Ambre, intègre l’unité d’élite des éboueurs qui intervient sur les nettoiements les plus difficiles. Ce téléfilm mêle les problématiques de misère sociale, de protection de l’enfance et de reconquête de soi par le travail avec finesse.

La liste défile jusqu’à son patronyme. Saïdi : « Ajourné. » Ambre a loupé ses examens de droit. Ce qui aurait pu n’être qu’une grosse déception ne l’est pas : Ambre est aussi la jeune maman célibataire d’un petit Nolan que ses grands-parents élèvent quand leur fille révise, tous vivant dans le même foyer. Face à l’échec, Ambre décampe, son fils sous le bras, avec l’intention de se débrouiller seule. Son entêtement la mène de galère d’appart en galère de travail, pour finir par atterrir dans un studio insalubre et intégrer le concours de la « Fonctionnelle », unité d’élite des éboueurs parisiens qui intervient sur les nettoiements les plus difficiles. Avec un enfant ballotté au gré des événements…

La scène d’ouverture donne le ton : dans le feu d’un nettoyage tendu aux abords d’une manifestation, à l’étroit entre camions, lance à eau et absence de soutien policier, la tension monte chez les éboueurs. Sans misérabilisme, le réalisateur Akim Isker tient cet angle réaliste ténu avec le même soin qu’il avait déjà montré dans L’Enfant de personne. Il mêle avec adresse les problématiques de misère sociale, de protection de l’enfance et celle de la reconquête de soi par le travail, dans un milieu éprouvant et encore machiste – qu’incarne bien le personnage de Bernard Campan, quoiqu’un peu poussif. Dans ce décor rarement vu en fiction — le « GIGN de la propreté » fait un terreau scénaristique rêvé —, le jeu partageur de Frankie Wallach, Zacharie Chasseriaud, Clémentine Célarié et des acteurs non professionnels, vrais employés de la Fonctionnelle, donne raison au collectif.
A L EPREUVE, Akim Isker 2024, Frankie Wallach, Bernard Campan (E)
À 22 ans, Ambre, en pleine procédure judiciaire contre ses parents qui veulent récupérer la garde de son fils, n'a pas d'autres choix pour s'en sortir que d'accepter le pire des boulots à ses yeux : &eacut ...

@

A L EST D EDEN, Elia Kazan 1955, James Dean, Julie Harris (sentimental)@@@


En 1917, Adam Trask exploite ses terres à Salinas Valley, aidé par ses deux fils jumeaux, Cal et Aaron. Cal, jeune homme troublé, est convaincu que son père ne l'aime pas et tente par tous les moyens de gagner l'affection de son père qui ne voit en lui que des défauts.

TELERAMA
La vieille Amérique chrétienne et puritaine étouffe les jeunes « rebelles sans cause » qui hurlent leur fureur de vivre et leur haine des carcans. Le beau roman de John Steinbeck, publié en 1952, s’inscrit dans cet air du temps, ce goût de liberté qui donne envie de s’affranchir des codes établis. Kazan, adaptateur fidèle, en profite pour rompre avec les règles du cinéma classique : décadrages révélant la haine à peine maîtrisée d’un père pour son fils, scènes d’hystérie dans l’obscurité d’une maison close, ou ce splendide arrêt sur image, saisissant au vol la folie d’une foule de lyncheurs — un homme tient dans sa main la barrière qu’il vient d’arracher, une vieille femme brandit le poing…

Mais, surtout, le cinéaste donne toute latitude à James Dean, dont c’est le premier rôle, pour improviser un personnage à la limite de l’autisme, dont la démarche inégale et enfantine, les yeux étranges et fous, la façon de marmonner ses phrases ou de relâcher sans prévenir sa brutalité restent inégalés. Kazan avait d’abord envisagé pour le rôle un autre débutant, du nom de Paul Newman. A quoi un mythe tient-il ?
A L EST D EDEN, Elia Kazan 1955, James Dean, Julie Harris (sentimental)@@@ (E)
En 1917, Adam Trask exploite ses terres à Salinas Valley, aidé par ses deux fils jumeaux, Cal et Aaron. Cal, jeune homme troublé, est convaincu que son père ne l'aime pas et tente par tous les moyens de gagner l' ...

@

A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@


Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des détenues. Entre bonne conscience et quête personnelle, Luc va alors tenter d'offrir à ces femmes un semblant de liberté à travers le chant.

TELERAMA
Un chanteur lyrique se reconstruit en découvrant la force des femmes en milieu carcéral. Très beau casting.

Celles-ci ne sont ni jeunes ni en fleurs, mais vraiment à l’ombre, purgeant des peines dont on ne sait rien. Car ce drame carcéral et musical est, surtout, une peinture de la féminité dans ses secrets et son insolente fierté. Pour ce faire, le réalisateur choisit un élément extérieur en la personne d’un chanteur lyrique en pleine crise personnelle (Alex Lutz, parfaitement mélancolique) : venu animer un atelier de chant en prison, voilà ce blond fluet qui « chante comme une fille », poussé dans ses retranchements par un petit groupe hétéroclite de taulardes, bien décidées à se faire entendre. Avec son casting féminin étonnant et cohésif, son refus du manichéisme et son réalisme sur les prisons « modernes », ce film impose une humanité délicate.
A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@ (E)
Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des d&eac ...

@

A L OUEST RIEN DE NOUVEAU, Lewis Milestone 1930, Louis Wolheim, Lew Ayres, John Wray (guerre)@@


1914, la guerre éclate en Allemagne. Paul Baumer et quelques camarades incités par leurs professeurs, s'enrôlent très vite dans l'armée, prêts à servir leur patrie. À peine engagés, l'esprit volontaire fait place aux désillusions : leur instructeur, le caporal Himmelstoss, fait preuve d'un sadisme sans faille et les premières images du champ de bataille leur jette la réalité de la guerre en plein visage.

TELERAMA:
La force du sujet emporte tout. Il faut montrer ce film aux enfants pour qu’ils y découvrent le mensonge de l’embrigadement, l’atrocité des mutilations, en un mot l’insoutenable horreur de la guerre. On a fait « mieux » depuis au cinéma en matière de réalisme rouge sang ; mais ce film garde sa force, peut-être parce qu’on sent confusément qu’il est presque contemporain du cauchemar qu’il décrit. Les scènes de combat sont frappantes — notamment par l’usage de la caméra qui se substitue à la mitrailleuse —, mais même les moments d’accalmie ont une intensité rare : ainsi, quand Albert découvre dans un miroir qu’il vient d’être amputé, ou lorsque Paul, de retour chez lui, est pris pour un lâche. Lewis Milestone a l’intelligence de montrer sans vouloir démontrer : si son film est un pamphlet, c’est seulement par la crudité des images… On n’oubliera pas la dernière scène, que le cinéaste tourna sans l’accord du studio. Conclusion inéluctable et dramatique de la tragédie…
A L OUEST RIEN DE NOUVEAU, Lewis Milestone 1930, Louis Wolheim, Lew Ayres, John Wray (guerre)@@ (E)
1914, la guerre éclate en Allemagne. Paul Baumer et quelques camarades incités par leurs professeurs, s'enrôlent très vite dans l'armée, prêts à servir leur patrie. À peine engagé ...

@

A LA CROISEE DES MONDES, la boussole d or, Chris Weitz 2007, Nicole Kidman, Daniel Craig (fantastique)@@


Lyra Belacqua est une fillette espiègle, élevée tant bien que mal au milieu des Érudits du prestigieux Jordan College d'Oxford. L'histoire commence lorsqu'elle parvient à empêcher l'empoisonnement de son effrayant et puissant oncle, Lord Asriel, et qu'elle assiste ensuite secrètement à un exposé plein de mystères sur le Grand Nord, qu'il donnera aux Érudits.

Lyra, une petite orpheline rebelle de 12 ans, vit dans un univers parallèle. Elle a pour compagnon Pantalaimon, une créature étrange capable de prendre toutes les formes animales. Mais son monde subit de profondes mutations. Le Magisterium, à la tête de l'Etat, pressure de plus en plus le peuple. Il est soupçonné d'avoir, en outre, fait enlever des enfants par les sinistres Enfourneurs. Des Gitans affirment qu'ils ont été enfermés dans une station expérimentale où sont pratiquées d'horribles expériences. Lorsque Roger, le meilleur ami de Lyra, disparaît à son tour, elle part à sa recherche pour le sauver...
A LA CROISEE DES MONDES, la boussole d or, Chris Weitz 2007, Nicole Kidman, Daniel Craig (fantastique)@@ (E)
Lyra Belacqua est une fillette espiègle, élevée tant bien que mal au milieu des Érudits du prestigieux Jordan College d'Oxford. L'histoire commence lorsqu'elle parvient à empêcher l'empoisonnement de ...

@

A LA DERIVE, Baltasar Kormákur 2018, Shailene Woodley, Sam Claflin, Tami Oldham Ashcraft


Tami Oldham et Richard Sharp décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique et se retrouvent pris au piège dans un terrible ouragan. Après le passage dévastateur de la tempête, Tami se réveille et découvre leur bateau complètement détruit et Richard gravement blessé. À la dérive, sans espoir d'être secouru, Tami ne pourra compter que sur elle-même pour survivre et sauver celui qu'elle aime.

TELERAMA
L'Islandais Baltasar Kormákur, auteur d’excellents films de survie (Everest, 2015), reconstitue l’accident d’un couple de navigateurs en plein océan Pacifique, en 1983. Avec son duo labellisé « dystopies adolescentes » (Shailene Woodley de Divergente, Sam Claflin de Hunger Games), À la dérive glisse davantage vers le mélo pour jeunes adultes. La structure en flash-back — mièvres — dilue l’efficacité des scènes spectaculaires, y compris celle de l’ouragan, censée constituer l’acmé du récit.
A LA DERIVE, Baltasar Kormákur 2018, Shailene Woodley, Sam Claflin, Tami Oldham Ashcraft (E)
Tami Oldham et Richard Sharp décident de convoyer un bateau à travers le Pacifique et se retrouvent pris au piège dans un terrible ouragan. Après le passage dévastateur de la tempête, Tami se r&eacut ...

@

A LA FOLIE, Andréa Bescond et Eric Métayer 2021, Marie Gillain, Ahmed Sylla (thriller)@


Alors qu'elle se trouve avec des amis dans un jardin, Anna poignarde soudain Damien, son compagnon. Elle est mise en examen pour tentative de meurtre et n'explique pas son geste. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Noé Labidi tente de comprendre ce qui a conduit cette femme sans histoire à ce geste fatidique. Il s'entretient pour cela avec ses proches. Dès le début de leur relation, Damien s'était montré tour à tour enjôleur, distant, excessif, cassant, laissant souvent sa compagne déstabilisée. Son entourage a rapidement noté un changement dans l'attitude d'Anna.

TELERAMA
l fallait « que ça s’arrête ». Seule explication donnée par Anna au geste fou commis, en un éclair, pendant un repas entre amis : à table, entre la poire et le fromage, elle a subitement poignardé son conjoint. Anna est elle devenue folle ? Pourquoi cet acte meurtrier, incompréhensible, de la part d’une femme réputée équilibrée et sans histoires ?

Avec précision, Andrea Bescond et Éric Métayer détricotent, étape par étape les mécanismes psychologique d’une relation d’emprise destructrice : les débuts idylliques, follement romanesques, orchestrés par un homme fantasque et charmeur. Puis, peu à peu, insidieusement, le travail de sape, la menace, et les injonctions contradictoires qui démolissent, insécurisent la victime. À mesure que le fougueux Damien révèle le visage d’un véritable pervers narcissique, Anna s’enfonce dans la culpabilité, la dépression. Alourdi par des séquences trop didactiques, et l’utilisation récurrente d’une symbolique appuyée –l’amant représenté en torero dans une arène vide, la description de cette relation toxique se révèle néanmoins d’une grande justesse psychologique, et doit beaucoup à l’interprétation de Marie Gillain, solaire et fragile, et d’Alexis Michalik, parfait en beau salaud, parfaitement détestable.

A LA FOLIE, Andréa Bescond et Eric Métayer 2021, Marie Gillain, Ahmed Sylla (thriller)@ (E)
Alors qu'elle se trouve avec des amis dans un jardin, Anna poignarde soudain Damien, son compagnon. Elle est mise en examen pour tentative de meurtre et n'explique pas son geste. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Noé Lab ...

@

A LA JOIE, Jerome Bonnell, Amel Charif, Pablo Pauly (sante)@@


Dans un Paris confiné, Véra fait la connaissance de Sam dont le charme ne la laisse pas insensible. Isolés, loin de leurs repères habituels, l'amour peut-il naître et se vivre sans le regard des autres ?

LE MONDE
Dans un pays ravagé par une peste qui obligeait chacun à rester cloîtré, une jeune femme ouvrit sa porte à un inconnu. Alors que la mort s’insinuait dans chaque interstice de la vie, ils s’aimèrent. A la joie, le beau film de Jérôme Bonnell, est un film d’époque – du printemps 2020 –, qui fait de cette tragédie dont on sort à peine un ailleurs dont l’étrangeté rend presque (et tout est dans le « presque ») certain ce qui hier encore était impossible.
La grâce des visages et des corps de ces amants de la pandémie de Covid-19, l’élégance de la mise en scène font d’A la joie un moment intense et doux, qui regarde en face aussi bien le désir que la douleur.
Véra (Amel Charif) commence à Montpellier sa carrière d’avocate (pour l’instant, elle plaide aux prud’hommes), quand le confinement la bloque à Paris. Même en ce prélude en apparence programmé, Jérôme Bonnell, également scénariste, injecte une dose de liberté. Si elle y avait mis un peu du sien, Véra aurait pu prendre le dernier train pour se confiner avec son fiancé ; elle préfère se couler dans le flottement universel du moment pour rester dans l’appartement d’une amie, où elle reçoit la visite d’un voisin. Sam (Pablo Pauly) est très loquace, plutôt drôle, un peu envahissant.
Les jeunes gens font en même temps l’apprentissage du confinement, dont les rituels sont reconstitués sous nos yeux, comme de très anciens souvenirs. La file d’attente devant le supermarché, l’initiation au port du masque, la quête de gel hydroalcoolique… l’acquisition de la maîtrise de ce nouveau quotidien, fait de contraintes inédites, sert en fait de clé des champs aux amants.
Ce paradoxe donne au film de Jérôme Bonnell une impulsion qui le propulse vers la réalisation de tous les souhaits, puisque, en réalité, il n’y en a qu’un qui compte vraiment : celui de rester ensemble, loin du monde. Cette célébration de la rencontre des corps – de la distance sanitaire à la fusion – est ordonnée avec une élégance qui lui permet d’éviter tous les pièges qui guettent lorsque l’on filme l’amour. Ce que Jérôme Bonnell, Amel Charif et Pablo Pauly montrent à l’écran est limpide : le règne du désir.
Et puis, un soir où ils applaudissent au balcon, sur le coup de 20 heures, Sam dit à Véra que la joie lui importe plus que le bonheur. Ce qui pourrait n’être que la version sophistiquée d’un proverbe pour gaufrette ou pour biscuit chinois se révèle être le premier présage des catastrophes à venir.

Sans se départir de son élégance, le cinéaste met en scène la descente, sur l’autre face du sommet. Impossible de la détailler ici sans gâcher les chocs successifs que la réalité porte à l’amour naissant entre Sam et Véra. Disons seulement que cette deuxième partie d’A la joie est aussi dure avec les amants que la pandémie le fut avec le pays, et que l’évocation presque nostalgique de l’année 2020 fait place à un regard atterré face à la magnitude du désastre.
Cinéaste fasciné par les distances qui séparent les êtres, par les moments qui en permettent le franchissement, Jérôme Bonnell trouve dans le confinement l’espace idéal pour exprimer la quintessence de sa manière. Il a trouvé en Pablo Pauly, charmant, fragile, et en Amel Charif, d’une élégance quasi impériale, les interprètes idéaux pour cette chronique d’un amour au temps de la pandémie.
A LA JOIE, Jerome Bonnell, Amel Charif, Pablo Pauly (sante)@@ (E)
Dans un Paris confiné, Véra fait la connaissance de Sam dont le charme ne la laisse pas insensible. Isolés, loin de leurs repères habituels, l'amour peut-il naître et se vivre sans le regard des autres ?

@

A MA SOEUR, Catherine Breillat 2001, Anaïs Reboux, Roxane Mesquida (film e)@


Anaïs, douze ans, se trouve complexée par son poids. Tapie dans l'ombre ou laissée pour compte, elle souffre intérieurement. C'est l'été, la mer, les vacances en famille, l'apprentissage du premier amour. Cet apprentissage, Anaïs le fait en observant sa soeur aînée Eléna. Celle-ci, quinze ans, incarne la beauté du diable. Pas plus intelligente, ni plus bête que sa cadette, elle rejette l'idée de n'être qu'un objet de désir. La perte de la virginité des filles va ouvrir la porte au drame.

TELERAMA
Romance, le film le plus célèbre de Catherine Breillat (1), mettait en scène une femme transgressant les règles et les tabous sexuels fixés par les hommes. A ma soeur ! reprend la question plus en amont, à l'âge des premières fois, et d'une manière plus concrète : sur le front de la bataille que se livrent deux soeurs adolescentes, l'une boulotte et complexée, l'au­tre d'une beauté irrésistible, pendant leurs vacances d'été en famille. Au coeur du film, une scène monstre, rava­geuse, tant par sa longueur que par sa manière de conditionner la suite : le dépucelage de la jolie aînée sous l'oeil de la cadette - la séquence sera la matrice de Sex is comedy (2), sur la difficulté de tourner une scène intime...

Mais le film entier tient du jeu de massacre. Les personnages secondaires, jeune amant italien tout en roublardise macho et parents égocentriques, sont impardonnables. L'épilogue, très spectaculaire, rendra explicite l'idée de carnage, sous le triple signe du conte, du fait divers et de la psychanalyse. Avec une morale saisissante : de la pire catastrophe peut survenir le déclic qui change à jamais une victime en guerrière.
A MA SOEUR, Catherine Breillat 2001, Anaïs Reboux, Roxane Mesquida (film e)@ (E)
Anaïs, douze ans, se trouve complexée par son poids. Tapie dans l'ombre ou laissée pour compte, elle souffre intérieurement. C'est l'été, la mer, les vacances en famille, l'apprentissage du premier am ...

@

A MON TOUR, Mickaël Quiroga, Frédéric Berthe 2021 (comique)@


Félix de Ponte, le maire de Chateauneuf-sur-Valone, perpétue un système qui fonctionne à merveille et dont il profite largement. Jusqu'au jour où, à la faveur d'un article, le masque tombe. Ses magouilles, sa maîtresse tout y est révélé. Rose, sa femme, est dévastée et le quitte.

TELERAMA
Tout réussit à Félix de Ponte, le maire de Chateauneuf-sur-Valone, jusqu'au jour où un article de presse fait voler sa vie en éclats en révélant magouilles et maîtresse. Rose, sa femme, est dévastée. Trahie et humiliée, elle décide de réagir. Son futur ex-mari s'apprêtant à être réélu, elle se présente contre lui, se jurant de lui ravir sa précieuse mairie. Félix se retrouve donc à mener une campagne acharnée contre sa propre ex-future femme où tous les coups ou presque sont permis. Mais Félix, rattrapé par ses sentiments pour Rose, va comprendre que "c'est quand on l'a perdu, qu'on réalise ce qu'on avait". Reste à savoir si Félix sera prêt à sacrifier son fauteuil de maire pour avoir une chance de se faire réélire dans le coeur de Rose...
A MON TOUR, Mickaël Quiroga, Frédéric Berthe 2021 (comique)@ (E)
Félix de Ponte, le maire de Chateauneuf-sur-Valone, perpétue un système qui fonctionne à merveille et dont il profite largement. Jusqu'au jour où, à la faveur d'un article, le masque tombe. Ses mago ...

@

A NIGHT IN HEAVEN, John G. Avildsen 1983, Christopher Atkins, Lesley Ann Warren (sentimental)@


Rick Monroe, un garçon franc et sûr de lui, est un sportif populaire dans un collège communautaire de Titusville, en Floride . À la fin de son exposé final, il lance une blague à Faye Hanlon, sa professeure d'expression orale, une femme très stricte et réservée, qui ne l'apprécie guère. Après l'avoir réprimandé, elle décide de le recaler et de l'obliger à refaire le cours.

Faye traverse une période difficile dans son mariage avec Whitney Hanlon, un ingénieur aérospatial qui vient d'être licencié de la NASA. De passage à Chicago , Patsy, la sœur de Faye, une femme libre et indépendante, l'emmène dans un club de strip-tease masculin pour lui remonter le moral. Le spectacle met en scène un artiste surnommé « Ricky la Fusée », qui n'est autre que Rick, un étudiant de Faye. C'est dans ce même club que Rick travaille à temps partiel comme strip-teaseur pour financer ses études. Lorsqu'il aperçoit Faye dans la foule, il lui offre une danse lascive très spéciale , l'embrassant au passage.

Le lendemain, Faye et Rick se croisent par hasard lors d'une fête scolaire. Au départ, Rick cherche seulement à convaincre Faye de lui accorder une autre chance pour son examen final, mais elle refuse. Il comprend alors qu'elle est attirée par lui et commence à flirter. Faye donne rendez-vous à Patsy près de son hôtel, mais découvre qu'elle a été dupée et qu'elle assiste à un autre spectacle de « Ricky la Fusée ».

Comme Patsy doit rentrer chez elle un jour plus tôt, elle cède sa chambre d'hôtel à Faye, qui appelle Whitney et prétend qu'elles logent ensemble dans l'hôtel de Patsy. Par coïncidence, la mère de Rick, Mme Johnson, travaille dans le même hôtel. Lors d'une visite chez elle, Rick recroise Faye ; ils retournent dans la chambre de Faye et font l'amour. Faye doit partir et, pendant son absence, Rick invite sa petite amie, Slick Ferguson, dans la chambre. Elle couche également avec lui. Faye les surprend sous la douche et, humiliée, s'enfuit ; elle comprend qu'elle a été trompée.

De retour d'un entretien d'embauche infructueux , Whitney découvre que Patsy est rentrée. Il se rend à l'hôtel et surprend Rick à sa sortie. Sous la menace d'une arme, il le kidnappe , l'emmène dans une barque à quai et le force à se déshabiller. Impuissant, Rick regarde Whitney, qui s'emporte car ses ordres n'ont pas été exécutés à la lettre. Rick, en larmes, obéit. Whitney le menace à plusieurs reprises, mais finit par cribler la barque de balles, laissant Rick nu à bord tandis qu'elle coule au milieu du fleuve.

Faye rentre chez elle et trouve Whitney qui l'attend ; elle s'excuse et il la pardonne. Finalement, le couple discute de ses problèmes et les résout.
A NIGHT IN HEAVEN, John G. Avildsen 1983, Christopher Atkins, Lesley Ann Warren (sentimental)@ (E)
Rick Monroe, un garçon franc et sûr de lui, est un sportif populaire dans un collège communautaire de Titusville, en Floride . À la fin de son exposé final, il lance une blague à Faye Hanlon, sa prof ...

@

A PLEIN TEMPS, Eric Gravel 2021, Laure Calamy, Anne Suarez (societe)@@@


Julie se démène seule pour élever ses deux enfants à la campagne et garder son travail dans un palace parisien. Quand elle obtient enfin un entretien pour un poste correspondant à ses aspirations, une grève générale éclate, paralysant les transports. C'est tout le fragile équilibre de Julie qui vacille. Elle va alors se lancer dans une course effrénée, au risque de sombrer.

TELERAMA
Laure Calamy est à couper le souffle. Un haletant thriller du quotidien d’une femme, mère de famille et employée dans un hôtel de luxe.

Une femme dort. La caméra la filme de très près, avec douceur : le grain de sa peau, ses membres relâchés, ses paupières, son souffle régulier. Ce sera le seul moment du film où Julie ne court pas, essoufflée de se débattre avec le monde, avec le temps… Puis le réveil sonne. Commence, alors, la course contre la montre de cette mère de famille célibataire qui a choisi d’élever ses enfants en lointaine banlieue, mais qui travaille à Paris, comme première femme de chambre dans un palace.

La dure routine de Julie ? Créer du calme, du luxe et de la volupté pour des clients capricieux, sans jamais se permettre le moindre faux pas, alors que sa propre organisation repose sur un fil, et sur les horaires des transports en commun. Tout devient donc impossible quand la grève paralyse ces trains et métros qu’elle doit prendre chaque jour. Arriver à l’heure à son travail, s’absenter en douce pour un entretien d’embauche dans une boîte qui lui correspond mieux, faire du stop pour récupérer ses enfants chez la voisine : autant de trajets qui, par la tension de la mise en scène, composent un véritable thriller du quotidien, effrayant au point qu’on se demande si, au moment où, enfin, arrive un train, Julie ne va pas se laisser tomber du quai…


Soutenu par la musique électro d’Irène Drésel, le réalisateur Éric Gravel réussit un travail d’orfèvre : il s’attache à chaque geste, répétitif, des femmes de chambre, pour restituer l’exigence harassante d’un métier. Et à chaque pas, si volontaire, de son héroïne, révéler une mère aimante, au bord de l’épuisement. Dans le rôle de cette sprinteuse sans médaille, Laure Calamy force l’admiration, charnelle et réaliste. Nouvelle Annie Girardot du cinéma français, elle fait nôtres ses respirations comme ses aspirations.
A PLEIN TEMPS, Eric Gravel 2021, Laure Calamy, Anne Suarez (societe)@@@ (E)
Julie se démène seule pour élever ses deux enfants à la campagne et garder son travail dans un palace parisien. Quand elle obtient enfin un entretien pour un poste correspondant à ses aspirations, une gr&e ...

@

A PROPOS D HENRY, Mike Nichols 1991, Harrison Ford (societe)@@@


Henry Turner est un brillant avocat, aussi talentueux que cynique. Son existence est stoppée net quand il est blessé au cours d'un banal braquage. Amnésie, paralysie ; malgré la rééducation, Henry réalise que sa vie ne sera plus jamais la même. Avec l'aide de son épouse, il va devoir réapprendre à vivre.

TELERAMA
Le sujet n'est pas sans faire songer à certaines des comédies - souvent amères - de Frank Capra. Henry Turner est riche et se croit heureux, jusqu'à ce qu'un accident lui fasse peu à peu découvrir les réalités d'une vie quotidienne qu'il ignorait par égoïsme. La morale est d'ailleurs pessimiste. Il faudra que le héros soit blessé par un petit braqueur pour que la vérité lui apparaisse et qu'en même temps les barrières sociales tombent au profit de cette vérité. Celle-ci va se révéler souvent gênante - notamment à l'intérieur du couple formé par Henry et sa femme, Sarah -, mais c'est à ce prix que les protagonistes pourront se regarder en face.

Cette parabole, bien jouée par Harrison Ford et Annette Bening, est l'un des films les plus convaincants de l'inégal Mike Nichols.
A PROPOS D HENRY, Mike Nichols 1991, Harrison Ford (societe)@@@ (E)
Henry Turner est un brillant avocat, aussi talentueux que cynique. Son existence est stoppée net quand il est blessé au cours d'un banal braquage. Amnésie, paralysie ; malgré la rééducation, Henry r ...

@

A QUI PROFITE LE DOUTE, Stéphanie Tchou-Cotta 2024, Philippe Caroit, Isabel Otero (thriller)@


Le corps de Kevin Lantier, un jeune dealer, est retrouvé dans les eaux d'un port de plaisance à Marseille. Tout porte à croire qu'il a été assassiné par la fille d'un célèbre armateur, Sybille Varlet, qui se fournissait en drogue auprès de lui. Prête à tout pour sauver sa fille, Véra Varlet appelle au secours le seul homme qu'elle ait jamais aimé : Giovanni Costello, un ancien commissaire marseillais, parti vivre en Crète après leur rupture, dix ans plus tôt. Avec l'aide de Christian Barrile, l'avocat de Véra, il accepte de mener une contre-enquête pour tenter de faire la lumière sur le crime dont est accusée Sybille. Pour cela, il doit faire face à son ancienne collègue et amante, la commissaire Corinne Mathis, qui est persuadée de la culpabilité de la jeune femme, que tout accuse...

TELERAMA
Giovanni, flic à la retraite, reprend du service à Marseille pour y aider son ancien amour, Véra, dont la fille est accusée de meurtre... S’il ne réinvente pas la roue, ce film se laisse regarder sans déplaisir.

Le corps d’un jeune dealer est retrouvé dans le port de Marseille. Tout accuse Sibylle, la fille de Véra Varlet, une des grandes fortunes de la cité phocéenne. Persuadée de l’innocence de sa fille, Véra appelle à la rescousse Giovanni Costello, son ancien amour, un commissaire à la retraite qui s’est retiré en Crète. Arrivé à Marseille, Giovanni tente de percer à jour la personnalité énigmatique de la jeune Sibylle…

Partant d’un canevas on ne peut plus usé, ce téléfilm se révèle finalement de bonne tenue. Le mérite en revient au scénario, joliment ficelé (malgré un twist final un peu alambiqué), mais aussi à l’atmosphère subtilement mélancolique qui imprègne l’ensemble. Philippe Caroit, entouré par une belle galerie de seconds rôles, est parfait en flic sur le retour, hanté par le souvenir de ses amours passées. Dommage que la mise en scène soit aussi dépourvue d’audace.
A QUI PROFITE LE DOUTE, Stéphanie Tchou-Cotta 2024, Philippe Caroit, Isabel Otero (thriller)@ (E)
Le corps de Kevin Lantier, un jeune dealer, est retrouvé dans les eaux d'un port de plaisance à Marseille. Tout porte à croire qu'il a été assassiné par la fille d'un célèbre armateur, ...

@

A QUOI PESET LES HOMMES, Sophie Allet-Coche 2010, Valerie Niehaus (comedie sentimentale)@@


Avocate spécialisée dans les divorces, Maja éprouve un certain mépris envers la gent masculine. Au tribunal, une affaire l'oppose à maître Wolf, son ancien amour de fac qui ne la reconnaît pas. Suite à un incident, Maja reçoit le don de lire dans les pensées des hommes. Elle en profite pour servir ses intérêts professionnels et personnels.
A QUOI PESET LES HOMMES, Sophie Allet-Coche 2010, Valerie Niehaus (comedie sentimentale)@@ (E)
Avocate spécialisée dans les divorces, Maja éprouve un certain mépris envers la gent masculine. Au tribunal, une affaire l'oppose à maître Wolf, son ancien amour de fac qui ne la reconnaît pas. ...

@

ROYAL AFFAIR, Nikolaj Arcel 2012, Mads Mikkelsen, Alicia Vikander (histoire)@@@


Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ?

TELERAMA
Prudence entame une enquête, au désespoir de son mari… Délicieuse adaptation d’Agatha Christie, où la comédie policière vire au conte fantastique et le couple Frot-Dussollier irradie.

Dans une maison de retraite cossue et quiète, Prudence fait la connaissance d’une femme étrange et exaltée. Rose lui parle de morts suspectes, d’une maison biscornue, du cadavre d’une petite fille dans la cheminée. Quelque temps après, Rose disparaît et, au grand désespoir de son mari, Prudence se lance à sa recherche.

Insensiblement, la comédie policière enjouée, tissée de répliques brillantes, filmée avec légèreté, vire au conte maléfique. Telle l’Alice de Lewis Carroll, Prudence découvre des lieux où le temps semble s’être arrêté. Et des silhouettes dont la folie douce pourrait facilement devenir furieuse…

Pascal Thomas peine un peu avec l’écheveau de fausses pistes imaginées par Agatha Christie, mais s’en tire comme un prestidigitateur, utilisant ses meilleures armes – dialogues, seconds rôles, lumière… – pour créer la magie. Jusqu’au dénouement, tout en faux-semblants, cette enquête policière manie la dérision avec sérieux et joue sur le double sens du mot « charme ». Aux côtés de Geneviève Bujold, qu’on a plaisir à revoir, le couple Frot-­Dussollier irradie de gaieté ludique.
ROYAL AFFAIR, Nikolaj Arcel 2012, Mads Mikkelsen, Alicia Vikander (histoire)@@@ (E)
Pourquoi madame Rose Evangelista a-t-elle prématurément quitté la maison de retraite où Bélisaire et Prudence Beresford sont venus voir leur tante Ada ?

TELERAMA
Prudence entame une enquê ...

@

A STAR IS BORN, Bradley Cooper 2018, Bradley Cooper, Lady Gaga


Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu'ils tombent follement amoureux l'un de l'autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d'elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin.

TELERAMA:
Face à une Lady Gaga djà mure dans le showbiz, Bradley Cooper peine à concilier son travail de réalisateur et son numéro de chanteur alcoolique aux mauvaises manières — surnage une scène de cérémonie des Grammy Awards qui dégénère… Le film se laisse regarder, mais manque de l’humour acide prêté au répertoire de la vraie Lady Gaga.
A STAR IS BORN, Bradley Cooper 2018, Bradley Cooper, Lady Gaga (E)
Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu'ils tombent follement amoureux l'un de l'autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d' ...

@

A TALENT FOR LOVING, Richard Quine 1969, Richard Widmark, Cesar Romero, Caroline Munro (western)


Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désormais possible. Patten projette, en effet, d'épouser Maria, la fille du très riche don Jose Vicuna. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la famille de notables a été maudite par le peuple aztèque. Tous les descendants sont condamnés à devenir les esclaves de la passion la plus dévorante. Une condition, toutefois, rend la chose pernicieuse : ce n'est qu'après la première étreinte que le maléfice doit s'accomplir...
A TALENT FOR LOVING, Richard Quine 1969, Richard Widmark, Cesar Romero, Caroline Munro (western) (E)
Le major Patten est un homme qui ne s'en laisse pas compter. Déjà propriétaire de terres, âprement gagnées autour d'une table de poker, il entend bien agrandir encore son domaine. C'est chose désorma ...

@

SCORNED, Andrew Stevens 1993, Andrew Stevens, Shannon Tweed, Kim Morgan Greene, Daniel McVicar (film e)


Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lui, sa femme et son fils dans une folie sexuelle.

SCORNED, Andrew Stevens 1993, Andrew Stevens, Shannon Tweed, Kim Morgan Greene, Daniel McVicar (film e) (E)
Dépouillée de tout apres le suicide de son epoux, Patricia veut se venger sur Alex Weston, responsable de la mort de son mari. Plus rien ne compte alors; elle va utiliser son corps, sa perversité pour le faire tomber lu ...

@

A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, Steven Spielberg 2001, Haley Joel Osment, Jude Law (science fiction)@@


La fonte des glaces a considérablement réduit la surface habitable sur la Terre. Le strict contrôle des naissances a nécessité le développement de robots à l'aspect humain, les mécas. L'un d'eux, David, tout juste mis au point, est capable d'éprouver des sentiments. Il est adopté par Henry et Monica dont le fils, atteint d'une maladie incurable, a été cryogénisé. David ne souhaite qu'une seule chose : être aimé par sa maman.

TELERAMA
Spielberg pastiche Kubrick puis caricature Spielberg. Bref, on n'y croit plus et on s'ennuie.

Pour une fois, le nouveau Spielberg n'arrive pas auréolé d'un mégasuccès outre-Atlantique. A.I. (pour Artificial Intelligence) a plutôt été boudé par le public américain. Spielberg, artiste maudit ? Cela se saurait. Au premier coup d'oeil, ce nouvel opus témoigne de la même volonté de séduire les foules que les précédents : budget pharaonique, gros sujet (énoncé par le titre), gamme complète d'effets, du sentimental au spectaculaire. Si A.I. ne restera pas dans les records de fréquentation, c'est plutôt pour cause d'accident industriel, comme si le cinéaste avait raté son dosage, livrant un film incroyablement hétérogène, tour à tour assez peu et beaucoup trop « spielbergien ».

Assez peu « spielbergien », d'abord. C'est l'impression de la première heure (sur 2h26), trace la plus évidente de l'héritage de Stanley Kubrick ­ A.I. fut pendant des années un projet de ce dernier, inspiré par le romancier Brian Aldiss (lire page 64) et finalement légué faute de temps ou d'envie à son « ami Steven », qui l'a entièrement réécrit. Nous sommes au milieu du XXIe siècle. La carte de l'Amérique a sacrément changé, suite à la fonte des glaces. La vie quotidienne aussi, compte tenu du recours massif aux robots, dont les plus sophistiqués, les « mécas », ressemblent à des êtres humains. L'un deux, David, ersatz parfait de petit garçon blond, doté de la parole mais aussi de la « pensée » et de la faculté de s'émouvoir, fait son entrée chez les Swinton, un couple de provinciaux. Il devient, par programmation irréversible, leur « fils ».

Jamais Spielberg n'avait filmé ainsi une famille d'Américains moyens : dépressive, repliée, anxieuse, comme dans une étrange prémonition... Les Swinton ont peur ­ de David, entre autres, assez imprévisible ­, mais surtout ils font peur. Par leur volonté désespérée de ressembler à des parents comme les autres, ils évoquent de sinistres robots. Face à eux, David, la machine, distille un malaise beaucoup plus complexe. Le regard fixe, inquiet, interrogatif, en perpétuelle demande d'affection, il tourne autour de sa mère adoptive dans une maison circulaire, labyrinthique, asphyxiante. Kubrick projetait de faire jouer ce rôle par un vrai robot, mais la solution de Spielberg est à la fois plus simple et plus riche. Haley Joel Osment (l'acteur enfant du Sixième Sens), irréellement normal ou tragiquement inhumain, est ce qu'il y a de plus réussi dans A.I. : davantage qu'une intelligence, une sensibilité artificielle.

Le sentiment de gâchis n'en est que plus vif pendant l'incohérente et interminable suite du film. Quand les « parents » de David décident finalement de se débarrasser de lui au fond d'un bois, ce dernier entame une série d'aventures à grand spectacle s'étalant sur plus de deux mille ans, sous le double signe de Pinocchio (chercher la Fée bleue pour devenir un vrai petit garçon) et d'E.T. (téléphone maison, revoir maman). Mais plus le sujet initial du film ­ l'aspiration de la machine à la simple humanité ­ est formulé explicitement par David, plus il se réduit à un simple gadget scénaristique, sans profondeur ni portée philosophique. Exit le malaise et l'ambiguïté. Spielberg est désormais en terrain trop familier, sur les pas d'un personnage « positif » qui a un rêve et entend le réaliser, quelles que soient les épreuves à traverser.

L'image du parc d'attractions, si souvent utilisée pour décrire le cinéma de Spielberg, retrouve alors toute sa pertinence, sauf que, cette fois, plusieurs attractions-vedettes se révèlent défectueuses. Et d'abord cette grotesque flesh fair, grande fête violente où les humains détruisent leurs « mécas » avec hargne et jubilation ­ on se demande bien pourquoi... Autre flop : le robot gigolo voué au sexe et incarné par Jude Law qui devient un temps le complice de David. Sans doute trop puritain pour cette créature kubrickienne, Spielberg ne semble pas savoir quoi en faire.

Un seul moment de rémission, fugitif, vers la fin : le survol de New York largement immergé (après la fonte des glaces), Twin Towers comprises. Un mirage funèbre, forcément troublant. Quant à l'odyssée de David en quête de la Fée bleue, on n'en peut plus depuis longtemps. Le voir traverser des siècles de futur, scruter les fonds marins en compagnie de son nounours Teddy puis refaire à lui tout seul les rencontres du troisième type (Spielberg s'autocite plus que de raison) ne suscite qu'accablement. Et tout cet échafaudage de péripéties futuristes paraît encore plus vain quand le cinéaste arrive à sa destination finale : l'histoire d'un petit garçon qui a besoin du baiser de sa maman pour s'endormir. Soit une histoire déjà racontée, en deux mille une fois mieux, non pas par Kubrick, mais par Proust.
A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, Steven Spielberg 2001, Haley Joel Osment, Jude Law (science fiction)@@ (E)
La fonte des glaces a considérablement réduit la surface habitable sur la Terre. Le strict contrôle des naissances a nécessité le développement de robots à l'aspect humain, les mécas. L ...

@

ABIMES, David Twohy 2002, Matthew Davis, Bruce Greenwood (guerre catastrophe)@


Durant le Deuxième conflit mondial, l'équipage de l'USS Tiger Shark, un sous-marin américain, doit se porter au secours de trois naufragés d'un navire britannique. Cette simple mission de routine va rapidement tourner en cauchemar, lorsque le submersible se retrouve dans la ligne de mire de plusieurs u-boats allemands. Au fond de l'Océan Atlantique, l'équipage du sous-marin devra par ailleurs faire face à une autre menace bien plus terrifiante...

TELERAMA
Pendant la Seconde Guerre mondiale, un sous-marin américain est envoyé au secours d'un navire-hôpital anglais coulé par les Allemands. Sur les lieux, l'équipage parvient in extremis à sauver trois rescapés, dont l'infirmière Claire Page. Alors que les passagers britanniques tentent de se faire accepter par l'équipage américain, des phénomènes anormaux se manifestent, et les marins sont désormais convaincus qu'ils sont à bord d'un bâtiment hanté dont ils ne sont plus maîtres. Le lieutenant Brice prend les commandes alors que le sous-marin est poursuivi par un destroyer allemand. A bord du submersible, l'angoisse gagne tout l'équipage...
ABIMES, David Twohy 2002, Matthew Davis, Bruce Greenwood (guerre catastrophe)@ (E)
Durant le Deuxième conflit mondial, l'équipage de l'USS Tiger Shark, un sous-marin américain, doit se porter au secours de trois naufragés d'un navire britannique. Cette simple mission de routine va rapidement to ...

@

ABOUT CHERRY, Stephen Elliott 2012, James Franco, Ashley Hinshaw, Heather Graham, Dev Patel (film e)@


Angelina, 18 ans, travaille dans une laverie automatique mais elle est bien déterminée à changer de vie. Avec l’argent qu’elle a gagné en posant nue pour des photos, elle réussit à fuir sa famille et son environnement et part à San Francisco avec son meilleur ami. Après plusieurs petits boulots, elle tombe dans le porno où elle finit par rencontrer le succès et y trouve son épanouissement sexuel. Très confiante en elle, Angelina va toutefois devoir affronter les multiples perversités de son milieu professionnel. Finalement, elle rencontre une amie compréhensive, sa réalisatrice, qui a connu les mêmes problèmes qu’elle. Angelina décide alors de réaliser son premier film porno.
ABOUT CHERRY, Stephen Elliott 2012, James Franco, Ashley Hinshaw, Heather Graham, Dev Patel (film e)@ (E)
Angelina, 18 ans, travaille dans une laverie automatique mais elle est bien déterminée à changer de vie. Avec l’argent qu’elle a gagné en posant nue pour des photos, elle réussit à fuir ...

@

ABOUT LAST NIGHT, Edward Zwick 1986, Rob Lowe and Demi Moore (comedie romantique)@


Lui est un vrai Don Juan, avec quelque chose d'enfantin. Elle est à la fois libérée et furieusement romantique. Ils passent la nuit ensemble et, le lendemain, se font admonester par leur confident respectif : ce dragueur impénitent de Bernie et cette cynique de Joan. Il faudra beaucoup de caractère à Danny et Debbie pour résister à leurs conseils et se mettre en ménage. Le couple tiendra-t-il ? Les premières disputes ne tardent pas.

TELERAMA
“ Rencontre évidente, quotidien néfaste, amours contrariés, so cliché. On s'ennuie ferme. Oui mais en compagnie de RLowe et DMoore, so glamour ”
ABOUT LAST NIGHT, Edward Zwick 1986, Rob Lowe and Demi Moore (comedie romantique)@ (E)
Lui est un vrai Don Juan, avec quelque chose d'enfantin. Elle est à la fois libérée et furieusement romantique. Ils passent la nuit ensemble et, le lendemain, se font admonester par leur confident respectif : ce dragueu ...

@

ABUS DE FAIBLESSE, Catherine Breillat 2013, Isabelle Huppert, Kool Shen sante)@@


Maud, cinéaste, est victime d'un AVC qui la laisse hémiplégique. Elle lutte pour ne pas sombrer. Un soir, alors qu'elle regarde une émission à la télévision, elle est fascinée par Vilko, un escroc qui pérore et parle de ses expériences. Elle décide de l'embaucher pour tenir le rôle principal de son nouveau film. D'abord réticent, Vilko accepte. Dès lors, se noue une relation étrange entre l'intellectuelle affaiblie et le jeune homme.

TELERAMA
Avec un art de l’abstraction bien à elle, Catherine Breillat stylise la terrifiante histoire d’emprise et d'escroquerie dont elle-même fut victime.

C'est l'affaire Sarkozy-Bettencourt qui a placé récemment la notion d'abus de faiblesse au centre de l'actualité. L'histoire vraie de Catherine Breillat a fait moins de bruit, mais elle est plus mystérieuse. La réalisatrice de Romance et 36 Fillette, restée hémiplégique après un accident vasculaire cérébral en 2005, s'est laissé déposséder d'une grande partie de son argent par Christophe Rocancourt, surnommé « l'arnaqueur de Hollywood », qu'elle voulait engager comme acteur - pour jouer un salaud. Même affaiblie et malade, elle restait le plus souvent consciente du montant astronomique des chèques qu'il lui réclamait et de la ruine qui la guettait.

Le film explore cette emprise étrange sans l'analyser, en exposant les faits depuis leur origine : l'hémorragie cérébrale, la rééducation, le retour vaille que vaille à l'activité créatrice. Maud, le double fictionnel de la cinéaste, n'est pas une douce. Encore convalescente, elle ricane, rudoie ses proches, tyrannise son assistant et veille aux moindres détails de sa nouvelle vie : « Quand on est handicapée, il faut un look SM ! » Sado et maso : la dualité au centre de la filmographie de Catherine Breillat culmine avec cette relation inconfortable, teintée de honte, entre Maud et Vilko, escroc à la présence animale. Il apporte la vie, l'appétit, le frisson, mais aussi la vulgarité, le vide, parfois la violence. Elle le valorise en le choisissant, mais elle le renvoie en même temps à ses limites intellectuelles.

Il manque, certes, au film du récit et de la chair : Catherine Breillat a toujours pratiqué un cinéma un peu abstrait. On comprend mal, par exemple, pourquoi il est si peu question du projet auquel Maud et Vilko sont supposés travailler : ils semblent se voir pour parler de tout et de rien, et pour qu'elle lui signe des chèques. Mais quand cette abstraction se radicalise, Abus de faiblesse se hisse à un tout autre niveau, flirte avec le fantastique et l'absurde. Maud s'installe dans une maison en chantier, pleine de cartons poussiéreux. Vilko l'y rejoint et dort dans un vieux lit d'enfant... Un petit monde clos et délabré qui figure leur dépendance mutuelle et sans issue, un décor mental digne de Bug, le chef-d'oeuvre de William Friedkin sur la folie et l'enfermement.

Kool Shen n'a rien à envier à Joey Starr, son ex-moitié rap de NTM : il sait être à la fois charmeur et effrayant en Narcisse sous pression. Isabelle Huppert, qui fut pressentie jadis par la cinéaste pour Parfait Amour !, accomplit, elle, un nouveau tour de force. Infirmité, froideur et ironie : elle crée un personnage hybride et fascinant, empruntant autant aux traits de caractère qu'on lui prête qu'à la gestuelle de Catherine Breillat. Elle exprime la douleur, mais sans la complaisance. Et retrouve, pour un finale magistral, les cimes sublimes où elle s'élevait parfois avec Claude Chabrol. Toutes les héroïnes de Breillat sont des guerrières, des survivantes. Celle-ci, un peu moins triomphante que d'autres, finit quand même par nous regarder droit dans les yeux.
ABUS DE FAIBLESSE, Catherine Breillat 2013, Isabelle Huppert, Kool Shen sante)@@ (E)
Maud, cinéaste, est victime d'un AVC qui la laisse hémiplégique. Elle lutte pour ne pas sombrer. Un soir, alors qu'elle regarde une émission à la télévision, elle est fascinée par Vilk ...

@

ABYSS, James Cameron 1989


Heurté par un objet non identifié, Le Montana, un sous-marin nucléaire, se retrouve sur le rebord d'une faille, à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Pour explorer le bateau coulé, la marine américaine réquisitionne la plate-forme pétrolière expérimentale Deepcore.

TELERAMA
Avant “Titanic”, James Cameron nous entraîne dans un voyage glacial et bleuté d’une hypnotique beauté, grâce à des effets spéciaux somptueux. ce voyage sous-marin, est une pure merveille de sensibilité et d’intelligence, qui nous entraîne très loin, entre la vie et la mort, dans un ailleurs inconnu. Un monde extrême, où une lu­mière cris­talline louvoie dans les ténèbres, où l’air et l’eau se confondent dans un mouvement de tourbillon spatiotemporel. La grâce fluide du film tient à son regard physiologique : Cameron nous place ­toujours au cœur de l’action en filmant le corps dans tous ses états. Par son souci du détail, par sa confiance dans la ­durée, il captive. Par son imagination paradoxale (« Si je me noie, on est sauvés ! »), il surprend. La scène du retour in extremis à la vie est inoubliable. Cinéaste du passage transgressif et de la croyance obstinée, Cameron redonne au cinéma d’aventures ses lettres de ­noblesse.
ABYSS, James Cameron 1989 (E)
Heurté par un objet non identifié, Le Montana, un sous-marin nucléaire, se retrouve sur le rebord d'une faille, à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Pour explorer le bateau coulé, la marin ...

@

ACIDE, Just Philippot 2023, Guillaume Canet, Laetitia Dosch (catastrophe)


Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michel et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s'abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s'unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d'y échapper.

TELERAMA
Une pluie tueuse sème le chaos sur la France et met en fuite une famille. Effroi, suspense, fin du monde : un cocktail explosif.
Un film de Stéphane Brizé ? On pourrait s’y tromper devant les toutes premières images, en vidéo houleuse, de la prise d’otage d’un patron d’usine par ses employés, qui dégénère dans la violence, les gaz lacrymaux et des gros plans sur Michal, gréviste arrêté par la police pour avoir roué le boss de coups… Pourtant, si cet enthousiasmant film de genre de Just Philippot est social, il l’est de manière plus globale, tragiquement environnementale : « bienvenue » dans un avenir (demain ?) où le ciel nous tombe sur la tête. Avec, pour centre de gravité, Michal (Guillaume Canet), donc, séparé de sa femme (Laetitia Dosch) et père de Selma (Patience Munchenbach, parfaitement ado), 15 ans. Quand des pluies acides s’abattent sur la France, le gouvernement parle d’abord de principe de précaution à la radio, mais très vite, c’est l’horreur, le chaos, et l’histoire d’un « mauvais » père prêt à tout pour sauver celles qu’il aime…

Dire, d’emblée, que certaines images resteront gravées : une adolescente et deux chevaux courent à perdre haleine sous un dais de nuages menaçants comme jamais. Teintes d’apocalypse, beauté fatale. Pour Just Philippot (La Nuée, déjà si impressionnant en 2021), le drame écologique ne souffre pas d’arrangement avec le pire. Il faut donc s’incliner, aussi, sans la dévoiler, devant la séquence la plus soudaine et bouleversante, de sacrifice d’un personnage principal. Le jeune cinéaste fait monter l’angoisse et use avec maestria de cette eau toxique qui s’infiltre partout, en averses létales ou en goutte à goutte diabolique, rongeant des toitures à la terre. Le rythme effréné de la mise en scène, soutenu par l’idéale bande originale du compositeur Rob, ne se calme que pour s’attarder sur des images de fin du monde : carcasses de voiture fumantes, chairs rongées, paysages en cendres, dispensaires militaires de fortune… le réalisme est à faire peur.
ACIDE, Just Philippot 2023, Guillaume Canet, Laetitia Dosch (catastrophe) (E)
Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michel et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s'abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fractur&eac ...

@

AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique)@@@


L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l'existence humaine, et notre place dans l'univers.

TELERAMA
Lors d’une mission spatiale, un astronaute tente de retrouver son père, qu’il croyait mort. Une odyssée fascinante, plus intimiste que spectaculaire.

Dans un avenir proche, Roy (Brad Pitt), astronaute d’élite, a pour mission de trouver une solution aux multiples explosions qui menacent la planète et seraient dues à des rayons cosmiques émanant de Neptune. Précisément la planète où son père, lui aussi astronaute, fut porté disparu seize ans auparavant… Ad astra est un voyage intérieur autant qu’interstellaire. En voix off, on entend les pensées de Roy, homme peu fait pour le monde ordinaire, fuyant les autres. Un héros qui semble inébranlable, physiquement et mentalement, mais qui s’interroge lui-même sur son détachement et sur son père, vénéré et maudit à la fois. Cette part d’introspection distingue le film, où la méditation l’emporte sur les scènes d’action, peu nombreuses — mais terrifiantes. C’est après la Lune, en allant vers Mars puis vers Neptune, que les obstacles se dressent, humains ou non. Le dessein de l’astronaute a changé, entre-temps. Il a appris que son père est sans doute vivant et qu’il représente un danger possible. À la fois obéissant et méfiant, soutenu et traqué, Roy se retrouve de plus en plus isolé dans sa quête.

Par son refus du spectaculaire, par sa réflexion trop explicite sur le legs paternel, le film prend le risque de décevoir. Mais l’odyssée est visuellement inspirée et servie par un Brad Pitt fascinant, engagé dans un long chemin menant de la fusion à la séparation.

Roy McBride a choisi de marcher dans les pas de Clifford, son père, en devenant astronaute à son tour. Clifford a disparu lors d'une mission dans l'espace seize ans plus tôt. Tout le monde le pense mort, jusqu'au jour où cette certitude est remise en cause par certains éléments. Roy est donc chargé de retrouver son père, qui aurait pris une voie dangereuse pour la survie de l'humanité. Roy doit réussir à entrer en contact avec son père. Pour mener à bien cette mission, il s'engage dans un voyage périlleux, physiquement et émotionnellement, qui l'emmène aux confins de la galaxie...
AD ASTRA, James Gray 2019, Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler et Donald Sutherland (fantastique)@@@ (E)
L'astronaute Roy McBride s'aventure jusqu'aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il ...

@

ADALINE, Lee Toland Krieger 2015, Blake Lively, Michiel Huisman (science fiction)@@


Après un accident qui aurait dû lui être fatal, la belle Adaline cesse de vieillir. Aujourd'hui, bien qu'ayant vécu près de huit décennies, elle est toujours âgée de 29 ans. Après avoir mené une existence solitaire afin de ne jamais révéler son secret, une rencontre fortuite avec le philanthrope et charismatique Ellis Jones, va raviver sa passion de la vie et de l'amour.

TELERAMA
Blake Lively est l'atout charme de cette agréable fable fantastique qui délaisse vite sa dimension thriller (l'héroïne est sous la surveillance du FBI) pour privilégier le romantisme. Avec ironie parfois quand le personnage de Harrison Ford, ex-amant de la belle dans les sixties, devient... son beau-père aujourd'hui. Et beaucoup d'émotion, quand Adaline, dans l'éclat de sa jeunesse, se retrouve face à sa fille qui, elle, fait ses 82 ans (Ellen Burstyn). Une scène qui fait écho au finale d'Interstellar, où la même Ellen Burstyn retrouvait, à l'article de la mort, son père (Matthew McConaughey), resté, lui, quadra à la suite d'un voyage dans l'espace...
ADALINE, Lee Toland Krieger 2015, Blake Lively, Michiel Huisman (science fiction)@@ (E)
Après un accident qui aurait dû lui être fatal, la belle Adaline cesse de vieillir. Aujourd'hui, bien qu'ayant vécu près de huit décennies, elle est toujours âgée de 29 ans. Après ...

@

ADAM, Max Mayer 2009, Hugh Dancy, Rose Byrne (sentimental)@@@


Adam, jeune homme brillant, passionné d'astronomie mais atteint d'une forme légère d'autisme, mène une existence réglée dans les moindres détails, jusqu'à la mort de son père avec qui il vivait. Alors qu'il essaye de s'adapter à sa nouvelle existence, Adam fait la connaissance de la jolie Beth qui vient d'emménager dans l'appartement voisin. C'est le premier d'une série de bouleversements qui vont changer son monde...

TELERAMA
ADAM, Max Mayer 2009, Hugh Dancy, Rose Byrne (sentimental)@@@ (E)
Adam, jeune homme brillant, passionné d'astronomie mais atteint d'une forme légère d'autisme, mène une existence réglée dans les moindres détails, jusqu'à la mort de son père av ...

@

ADIEU LES CONS, Albert Dupontel 2020, Virginie Efira, Albert Dupontel (comique burlesque)@@


Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu'elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l'enfant qu'elle a eu adolescente, ayant accouché sous X sous la pression de ses parents. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn-out, et Monsieur Blin, archiviste aveugle d'un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu'improbable.

TELERAMA
Comédie burlesque, auréolée de sept César, où éclate la loufoquerie et le talent d’un réalisateur inclassable.
C'est l’histoire d’une femme et d’un homme qui se lèvent et qui se cassent devant la violence d’une injustice. Dans le cabinet de son médecin, Suze (Virginie Efira), coiffeuse de 40 ans, apprend qu’elle est condamnée. Elle n’a plus une minute à perdre pour réussir, enfin, à retrouver cet enfant que ses parents l’avaient forcée, adolescente, à abandonner sous X. Au moment même où elle fait, une fois de plus, le siège d’une administration, un cadre supérieur tente de se suicider dans le bureau d’à côté : JB, vieux garçon et hackeur de génie (Albert Dupontel), vient de se voir voler la promotion qu’il méritait par un plus jeune que lui. Un coup de fusil maladroit et beaucoup d’agitation policière plus tard, les deux désespérés ne se quittent plus, s’épaulent, aidés par un archiviste aveugle, violemment allergique aux forces de l’ordre…

Le cinéma d’Albert Dupontel ne cesse de surprendre par sa tendresse iconoclaste et rageuse. Dans 9 Mois ferme et Au revoir là-haut, burlesque et romantisme brillaient et se mêlaient sous leur face la plus sombre. Adieu les cons parachève cette alchimie singulière, en un mélo aussi noir que rose.
À sa manière explosive, avec ses ambitieuses embardées dignes d’un cartoon, Dupontel est aussi le réalisateur le plus japonais du cinéma français : il n’en finit pas d’opposer traditions et progrès. Et il opère son propre tri : l’urbanisme a déshumanisé nos villes, mais l’informatique et la robotique offrent le pouvoir magique d’aider un jeune amoureux à déclarer sa flamme ou de gentils hors-la-loi à échapper à la police.
ADIEU LES CONS, Albert Dupontel 2020, Virginie Efira, Albert Dupontel (comique burlesque)@@ (E)
Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu'elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l'enfant qu'elle a eu adolescente, ayant accouché sous X sous la pression de ses parents. Sa q ...

@

ADIEU POULET, Pierre Granier Deferre 1975, Lino Ventura, Patrick Dewaere (policier)@


En pleine campagne électorale, un inspecteur de police et un garçon de vingt ans sont abattus au cours d'une bagarre par un coleur d'affiches du candidat Lardatte.

TELERAMA:
Derriere l’épatant duo Ventura-Dewaere, qui semblent s’entendre comme larrons en foire, même quand, sur l’écran, ils sont brouillés, on sent la joie du réalisateur et de ses scénaristes, Francis Veber et Jean Laborde, à saisir, dans leurs ambiguïtés, nos mœurs provinciales. Formidable séquence où Ventura éprouve un malin plaisir à donner la parole à un preneur d’otages, victime des magouilles locales, qui en profite, au mégaphone, pour insulter la crapule qui a réussi à se faire élire maire (Victor Lanoux). Quelques isolés, estimables, mais pas toujours inspirés comme Frédéric Tellier (L’Affaire SK1), ont tenté de prendre la relève. C’est dire combien Granier-Deferre et ses deux « poulets » restent précieux.
ADIEU POULET, Pierre Granier Deferre 1975, Lino Ventura, Patrick Dewaere (policier)@ (E)
En pleine campagne électorale, un inspecteur de police et un garçon de vingt ans sont abattus au cours d'une bagarre par un coleur d'affiches du candidat Lardatte.

TELERAMA:
Derriere l’épatant duo Ven ...

@

ADIOS BUENOS AIRES, Kral German, Julio Färber, Mariela Martínez


En 2001, dans une Argentine en plein marasme économique, ravagée par le chômage et la corruption, Julio n'a plus d'espoir. Propriétaire d'un petit magasin de chaussures, ce passionné de bandonéon décide de quitter au plus vite Buenos Aires, avec sa mère et sa fille, pour émigrer en Allemagne. Mais le destin va en décider autrement, quand Mariella, chauffeuse de taxi, emboutit sa voiture après avoir grillé un feu rouge, et entre avec fracas dans sa vie, sans intention d'en sortir. Pendant ce temps, dans les rues, les manifestations, sévèrement réprimées, se multiplient et l'Argentine sombre dans le chaos.
ADIOS BUENOS AIRES, Kral German, Julio Färber, Mariela Martínez (E)
En 2001, dans une Argentine en plein marasme économique, ravagée par le chômage et la corruption, Julio n'a plus d'espoir. Propriétaire d'un petit magasin de chaussures, ce passionné de bandonéon d&e ...

@

ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@


Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l'a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Lorsqu'Émir décède, une tempête familiale se déclenche ainsi qu'une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors, elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

TELERAMA
La réalisatrice signe, à nouveau, un film au parfum d’autofiction, entre quête des origines et portrait d’un clan, autour de la figure d’un grand-père algérien. Justesse quasi documentaire ou pur exhibitionnisme, nos critiques sont partagées.

POUR :
une œuvre vibrante et universelle
Les procureurs de son éternel procès en narcissisme peuvent préparer leurs effets de manches : oui, Maïwenn signe à nouveau un film au parfum d’autofiction. Coécrite avec Mathieu Demy, qui venait d’enterrer sa mère, Agnès Varda, cette histoire de deuil et de quête d’identité sent le chagrin vécu, d’autant que la réalisatrice s’y met en scène sans chercher à en taire les éléments autobiographiques. Comme Neige, son personnage, elle a perdu un grand-père adoré. Comme elle, elle traîne une enfance douloureuse, déjà évoquée dans Pardonnez-moi (2006), son premier long métrage. Et, comme elle, a demandé et obtenu la nationalité algérienne. De cette matière brute intime, elle arrache une œuvre vibrante, parfois bouleversante, qui tape dans le mille de l’universel avec cette manière bien à elle d’orchestrer la cacophonie des sentiments.

À la disparition d’Emir, aïeul chéri, protecteur et pilier de la famille, Neige et les siens vacillent. Le vide qu’il laisse, dans un premier temps, se remplit de choses à faire : disposer du corps, trier ses affaires, acheter un cercueil… Des formalités tristes à pleurer — et on pleure — que Maïwenn choisit de ne pas expédier. Au contraire, elle consigne le concret avec une justesse quasi documentaire, l’enrichissant d’une fiction tragi-comique.

Une des séquences les plus drôles se déroule aux pompes funèbres, quand les deux filles du défunt se disputent sur le choix du capitonnage blanc. Est-il « ivoire » ou « pisseux » ? L’enjeu n’est pas là, bien sûr, et tout l’art de Maïwenn consiste à faire resurgir, au détour d’une pique vacharde, d’un agacement irrépressible, les rancœurs anciennes. Par sa caméra attentive et sa formidable direction d’acteurs, elle excelle à traduire les dynamiques de groupe, l’impossibilité démocratique du clan. Qui, maintenant qu’Emir s’en est allé, crie, s’engueule, règle ses comptes.

Dans le second temps, en revanche, il ne reste rien à faire, et trop à penser, ou panser. Fin du portrait de famille : le film se recadre sur Neige. Son amitié avec l’hilarant François (Louis Garrel, que l’on remercie d’exister). Sa rupture violente avec sa mère, campée par une Fanny Ardant magistrale, dont le jeu semble neuf, décapé de toute affectation. Sa relation avec son père dans une audacieuse scène de rêve — pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos lustres ? Et le questionnement des origines, cet héritage algérien qui vient combler le vide. Les montagnes russes d’émotions, l’ADN du cinéma de Maïwenn, débouchent sur un horizon libérateur : on peut choisir où planter ses racines. — Marie Sauvion

CONTRE :
incapable de transcender sa petite histoire
Lors la sortie de Polisse, en 2011, les avis étaient déjà partagés à Télérama. Le « contre » arguait que « l’engueulade non-stop, seul principe de mise en scène, n’est pas une garantie de vérité ». Hélas, neuf ans et deux films plus tard (Mon roi et celui-ci), Maïwenn en est toujours là. À confondre narcissisme et dramaturgie, démonstration (bruyante) de sentiments et puissance émotionnelle. Hormis une ou deux scènes tenues et qui touchent juste, ADN est truffé de moments gênants : Maïwenn se jetant telle une pleureuse antique sur le lit de mort de son grand-père, Louis Garrel racontant à un parterre d’enfants des blagues sur la pédophilie, Maïwenn en pleine épiphanie dans les rues d’Alger…

Devant un film aussi fasciné par son propre exhibitionnisme, inapte à transcender sa petite histoire, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Maïwenn a choisi de s’attaquer à la question des origines, qui devrait parler à tous. Dès le début, une immersion façon docu dans un Ehpad, aussitôt réduite a son clan, l’actrice-réalisatrice semble renoncer à s’adresser à nous. À nous qui resterons jusqu’au bout (dans le meilleur des cas) les témoins indifférents de cette famille dysfonctionnelle qu’en croyant mettre en scène Maïwenn donne en spectacle. — Mathilde Blottière
ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@ (E)
Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la ...

@

ADOLESCENCE EXPLOSIVE, Brian Duffield 2020 (societe)@


Un lycée est bouleversé lorsque les élèves des classes supérieures explosent sans raison apparente. Alors qu'ils luttent pour survivre, Mara et Dylan se rapprochent. Et les deux élèves réalisent que dans un monde où leur avenir n'est pas garanti, ils peuvent vivre ici et maintenant. Une romance inattendue commence entre les jeunes.

TELERAMA
Quand Mara et Dylan se rencontrent au lycée, c'est une romance très banale qui commence. Mais subitement, les adolescents de cette petite ville du New Jersey se mettent à exploser, sans raison apparente. Des scientifiques vont tenter de comprendre ces phénomènes mystérieux. Mara et Dylan décident de ne pas se quitter d'une semelle, et tentent de définir ce qui vaut vraiment la peine d'être vécu si leur vie s'arrêtait demain...

ADOLESCENCE EXPLOSIVE, Brian Duffield 2020 (societe)@ (E)
Un lycée est bouleversé lorsque les élèves des classes supérieures explosent sans raison apparente. Alors qu'ils luttent pour survivre, Mara et Dylan se rapprochent. Et les deux élèves r&eacu ...

@

ADOLESCENTES, Sébastien Lifshitz 20219, Emma Jaubert, Anaïs (societe)@@


Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont elle ignorait l'existence.

TELERAMA
Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d'un article, sans l'autorisation écrite préalable de Telerama, est strictement interdite.
Pour plus d'informations, consultez nos Conditions Générales d'Utilisation.
Pour toute demande d'autorisation, contactez droitsdauteur@telerama.fr.

De leurs 13 à leurs 18 ans, la réalisateur a suivi Anaïs et Emma, à Brive. Il raconte ces années décisives, le courage des deux jeunes filles pour afrronter la vie. César 2021 du meilleur documentaire.

L'une s’appelle Anaïs, l’autre, Emma. Elles sont amies et, pendant cinq ans, un documentariste les a suivies. Le résultat de ce travail patient donne le vertige, il est d’une complexité constante sous la spontanéité de la jeunesse. Car ces cinq années comptent double. Le brevet, le bac, les choix d’orientation, l’amour, la perte de la virginité… Leur histoire ne s’écrit qu’en lettres capitales. Un peu comme celle de la France qui, au même moment, traverse les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, puis voit l’élection d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

Sébastien Lifshitz a su garder le cap tout au long de cette traversée mouvementée. Tout y est décisif. Les obstacles sont partout, facilement identifiables dans le milieu défavorisé d’Anaïs, et plus sournois dans celui, protégé, d’Emma. Chacune, au fil de ces années de formation, devra questionner son identité même. Cette vision empreinte de gravité ne met en accusation ni le système scolaire ni les parents. En suivant les demoiselles de Brive, Sébastien Lifshitz veut montrer leur solidité, leur courage face à l’adversité. Les voir s’affirmer contre vents et marées est rassurant, réjouissant, galvanisant. Et donne le sentiment d’avoir vécu avec elles, au fil du quotidien, une expérience essentielle. Ce documentaire a trouvé un écho mérité, jusqu’aux César 2021, où il a créé l’événement en étant six fois nommé et en remportant les César du meilleur documentaire, du meilleur son et du meilleur montage.
ADOLESCENTES, Sébastien Lifshitz 20219, Emma Jaubert, Anaïs (societe)@@ (E)
Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont ell ...

@

ADOPTE UN VEUF, Francois Desagnat 2016, Andre Dussolier, Arnaud DucretBerangere Krief


Lorsqu'on est veuf depuis peu, il est difficile de s'habituer à sa nouvelle vie c'est le cas d'Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée. Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d'un logement s'invite chez lui.

TELERAMA
André Dussollier coincé dans une comédie loufoque aux sketchs un peu (trop) faciles.
Un vieil homme solitaire et trois jeunes, dans une improbable colocation. Résultat : une succession de sketchs fadasses qui tient plus de la shortcom télévisuelle – Scènes de ménages mixée avec Nos chers voisins – que du cinéma.
ADOPTE UN VEUF, Francois Desagnat 2016, Andre Dussolier, Arnaud DucretBerangere Krief (E)
Lorsqu'on est veuf depuis peu, il est difficile de s'habituer à sa nouvelle vie c'est le cas d'Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. U ...

@

ADORABLES, Solange Sicurel 2020, Ioni Matos, Lila Amir, Elsa Zylberstein@


Emma et Victor, couple divorcé, sont des parents formidables et, à ce titre, ils ne méritent absolument pas la crise d'adolescence de leur fille de 14 ans, Lila. Emma va réagir ou plutôt surréagir comme sa propre mère Rose l'a fait avec elle, et passer de la bienveillance au talion "oeil pour oeil, dent pour dent."

TELERAMA
La comédie est peu présente dans le cinéma belge francophone, mais le sous-genre des chamailleries parents-enfants sature la production française (Telle mère, telle fille, Ma reum, C’est quoi cette famille ?!, Mon bébé et Jalouse). En exploitant platement cette veine, cette coproduction franco-belge ne crée donc guère l’événement… L’esthétique de sitcom est laide, le tempo de comédie jamais le bon et la musique horriblement redondante. Elsa Zylberstein, qui joue les mamans désemparées, use de son habituel débit précipité et roule ses grands yeux verts, en vain. Quant à Lucien Jean-Baptiste, en ex-mari soucieux d’apaiser les tensions, il passe les plats… Il n’y a pas de recette pour être un bon parent. Pour réussir une comédie non plus.
ADORABLES, Solange Sicurel 2020, Ioni Matos, Lila Amir, Elsa Zylberstein@ (E)
Emma et Victor, couple divorcé, sont des parents formidables et, à ce titre, ils ne méritent absolument pas la crise d'adolescence de leur fille de 14 ans, Lila. Emma va réagir ou plutôt surréagir co ...

@

ADVENTURELAND, job d ete a eviterviter, Greg Mottola 2009, Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Ryan Reynolds (societe)@@


C'est l'été de l'année 1987 et James Brennan, un diplômé de l'université, rêve d'aller en Europe. Malheureusement, les plans de James viennent à une halte quand ses parents ne peuvent pas subventionner le voyage. James commence donc à travailler à un parc d'attractions où il rencontre une femme.

TELERAMA
l lit de la poésie pour le plaisir ! C’est dire si James, ado atypique de Pittsburgh, est un gentil. Parce que ses parents sont tout d’un coup fauchés, il doit travailler pendant les vacances. Un mois à tenir des stands à Adventureland, la pire punition pour celui qui veut partir à Columbia faire des études de journalisme. Le parc d’attractions est vétuste et les autres jeunes employés qui y travaillent sont tous paumés, comme Emily la rebelle, dont James pourrait bien tomber amoureux…

Les comédies dramatiques qui se déroulent l’été juste avant l’entrée en fac sont une sous-catégorie des teenage movies américains. On en a vu beaucoup, mais Greg Mottola instille dans la sienne (qu’il a tournée entre Supergrave et Paul ) une petite musique originale, où le romantisme butte constamment sur le prosaïque. Le tout baigné d’une bande-son années 1980 qui remplit bien son rôle nostalgique : The Cure, David Bowie, le Velvet Underground…

Si les jeunes traînent leur spleen, de soirées imbibées en joints fumés à l’arrière des voitures, c’est que leurs parents sont tout aussi paumés qu’eux : alcooliques, séparés et mal remariés, veufs ou tout simplement démissionnaires, ils ne donnent aucun espoir dans l’avenir à leurs enfants. Ce sont les années Reagan, mais pas celles des yuppies. Jesse Eisenberg (qui ne cessera jamais de nous émouvoir) et Kristen Stewart (alors tout juste échappée de Twilight ) apportent à leur personnage une grâce fragile qui sauve toute scène de la mièvrerie. Commencée à Pittsburgh, la romance se termine un jour de pluie à New York, comme dans les meilleurs Woody Allen.
ADVENTURELAND, job d ete a eviterviter, Greg Mottola 2009, Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Ryan Reynolds (societe)@@ (E)
C'est l'été de l'année 1987 et James Brennan, un diplômé de l'université, rêve d'aller en Europe. Malheureusement, les plans de James viennent à une halte quand ses parents ne peuvent pa ...

@

AEONFLUX, Karyn Kusama 2005, Charlize Theron, Frances McDormand (science fiction)@


Dans un XXVème siècle apocalyptique, une maladie a rayé la quasi-totalité de la population mondiale, à l'exception d'une ville fortifiée, Bregna, dirigée par une assemblée de scientifiques. Un groupe de rebelle vivant sous terre, les Monican, emmené par The Handler envoie leur meilleur élément, Aeon Flux pour assassiner l'un des plus hauts dirigeants du pouvoir en place.

TELERAMA
En justaucorps noir à la Fantômette, elle combat un Big Brother qui veut cloner les humains pour les avoir éternellement sous sa coupe. Assez poilant dans le genre SF un peu fauchée, mais limite ridicule souvent.

Dans un futur où les êtres humains sont manipulés, enfermés dans une réserve « naturelle » et clonés, un homme et une femme mettent leur amour au service d’un combat pour la liberté et l’authenticité de leur espèce. On dirait l’histoire de The Island, le blockbuster sympa de Michael Bay, mais c’est un petit film, assez fauché apparemment et pas antipathique. Cette adaptation d’un dessin animé joue la carte bande dessinée, avec des situations simples comme des vignettes et Charlize Theron en nouvelle Fantômette. Dommage que la jeune réalisatrice de Girlfight (2000) n’ait pas la souplesse de son actrice : elle surdramatise cette fantaisie et la fait plus d’une fois tomber dans le ridicule.
AEONFLUX, Karyn Kusama 2005, Charlize Theron, Frances McDormand (science fiction)@ (E)
Dans un XXVème siècle apocalyptique, une maladie a rayé la quasi-totalité de la population mondiale, à l'exception d'une ville fortifiée, Bregna, dirigée par une assemblée de scientifi ...

@

AFFAIRES PRIVEES, Mike Figgis 1990, Richard Gere @@


Nouvellement promu à la police des polices de Los Angeles, Avilla doit enquêter sur un de ses amis. Ce dernier travaille dans la même ville et est accusé de brutalités.

TELERAMA
Le sergent Peck connaît toutes les combines de Los Angeles : c'est souvent lui qui les manigance, en toute ignominie. Avila, flic lui aussi, est un incorruptible, un pur. Il sait Peck coupable, et il le traque. Affaires privées est une course-poursuite à travers une ville pourrie, un jeu de cache-cache entre l'amour et la mort. Avec toutes les qualités du polar à l'américaine : rythme haletant, scénario limpide. Richard Gere et Andy Garcia brillent, chacun en contre-emploi. — Gérard Pangon
AFFAIRES PRIVEES, Mike Figgis 1990, Richard Gere @@ (E)
Nouvellement promu à la police des polices de Los Angeles, Avilla doit enquêter sur un de ses amis. Ce dernier travaille dans la même ville et est accusé de brutalités.

TELERAMA
Le sergent Peck ...

@

AFRICAN QUEEN (L ODYSSEE), John Houston 1951, Humphrey Bogart, Katharine Hepburn@


L'Afrique en 1915. Charlie Allnut, américain, transporte sur son bateau 'l'African Queen' toutes sortes de marchandises qu'il distribue dans les villages. Il prévient le révérend Sawyer et sa soeur Rose, tous deux sujets britanniques, de l'approche des troupes allemandes. Il revient le lendemain et embarque Rose, pensant la déposer en territoire neutre. Cependant, décidée à lutter, elle l'oblige à descendre les rapides du fleuve pour rejoindre les Anglais.

TELERAMA
C’est sans doute le bateau le plus célèbre de l’histoire du cinéma. L’African Queen ne paye pas de mine, avec sa coque cent fois rafistolée et sa vieille cheminée crachotante, et pourtant, elle nous embarque toujours à toute vapeur dans un film de légende. Héroïque, romantique, drôle, palpitant : le cinéaste John Huston nous invite à tous les voyages, sur un fleuve d’Afrique orientale, quelque part du côté de la Tanzanie. À bord, Humphrey Bogart et Katharine Hepburn se chamaillent, s’aiment, se démènent et débordent de charme. Lui, pochard magnifique et railleur ; elle, missionnaire touchante et pincée, toujours plus ébouriffée et malmenée. Autour d’eux, la splendeur du paysage, et le danger, partout. Des rapides, des crocodiles, des avaries, et surtout, la Première Guerre mondiale, qui vient d’éclater.
Les péripéties du tournage (le cinéaste baroudeur avait tenu à embarquer toute l’équipe en décors naturels, sur un affluent du fleuve Congo) sont aussi fameuses que celles de l’intrigue elle-même : entre les beuveries, la pluie torrentielle, les serpents, les moustiques, les conflits, les malentendus avec la population locale, l’entreprise (que raconte Clint Eastwood dans son film Chasseur blanc cœur noir, en 1990) semblait vouée à l’échec. Et pourtant, tout comme la mission que se sont imposée les héros du film (s’attaquer tout seuls, avec leur petit bateau, à une canonnière allemande), le film est une réussite éblouissante. Le modèle absolu de toutes les comédies d’aventures.
AFRICAN QUEEN (L ODYSSEE), John Houston 1951, Humphrey Bogart, Katharine Hepburn@ (E)
L'Afrique en 1915. Charlie Allnut, américain, transporte sur son bateau 'l'African Queen' toutes sortes de marchandises qu'il distribue dans les villages. Il prévient le révérend Sawyer et sa soeur Rose, tous deu ...

@

AFTER THE WEDDING, Susanne Bier 2006, Sids Babett Knudsen, Mads Mikkelsen (societe)@@@


De retour, après une vingtaine d'années d'exil, un Danois cherche à refinancer l'orphelinat qu'il a fait construire en Inde. Un riche mécène suédois lui propose un marché. Cependant, celui-ci n'est pas très clair.

TELERAMA
un Danois (le grand Mads Mikkelsen), quitte l'Inde, où il s'occupe d'orphelins, pour rencontrer à Copenhague un homme d'affaires prêt à assurer l'avenir de sa petite entreprise. Mais le contrat va se doubler d'un pacte familial imprévisible...

Susanne Bier tient le spectateur en haleine en lui racontant les vicissitudes de l'existence. Mais les rebondissements tendent à faire basculer le film du côté du roman-photo, comme ces décors marquant lourdement qu'on est ici dans le monde des riches Scandinaves, qui ont leurs malheurs, autant que les pauvres d'Inde... Cette tendance à simplifier les contrastes pour les rendre plus efficaces est nettement plus américaine que scandinave.
AFTER THE WEDDING, Susanne Bier 2006, Sids Babett Knudsen, Mads Mikkelsen (societe)@@@ (E)
De retour, après une vingtaine d'années d'exil, un Danois cherche à refinancer l'orphelinat qu'il a fait construire en Inde. Un riche mécène suédois lui propose un marché. Cependant, celui-ci ...

@

AFTER chapitre 1, Jenny Gage 2019, Josephine Langford, Hero Fiennes Tiffin, Samuel Larsen (societe film e)


A 18 ans, Tessa est une jeune fille sage qui fait sa première rentrée à l'université. Elle fréquente un garçon charmant et son avenir semble tout tracé. Lors d'une soirée entre étudiants, elle participe à un jeu action-vérité. Elle doit embrasser le mystérieux Hardin. Le jeune homme est aux antipodes de son fiancé : il est grossier, provocateur, cruel. Et pourtant, entre le "bad boy" tatoué et la jeune fille commence une relation passionnée. Sentant le danger, la mère de Tessa lui conseille de mettre un terme à cette histoire...


AFTER chapitre 1, Jenny Gage 2019, Josephine Langford, Hero Fiennes Tiffin, Samuel Larsen (societe film e) (E)
A 18 ans, Tessa est une jeune fille sage qui fait sa première rentrée à l'université. Elle fréquente un garçon charmant et son avenir semble tout tracé. Lors d'une soirée entre é ...

@

AFTERSUN, Charlotte Wells 2022, Paul Mescal, Frankie Corio, Celia Rowlson-Hall (drame)@@


Dans un centre de villégiature, Sophie, 11 ans, chérit le temps qu'elle passe avec son père aimant et idéaliste. Vingt ans plus tard, Sophie se remémore leurs dernières vacances ensemble alors qu'elle tente de se réconcilier avec l'homme qu'elle n'a pas toujours connu.

TELERAMA
Le souvenir de vacances auprès d’un père aimant met au jour les fêlures qu’il cachait alors. Un projet de fiction modeste mais chargé d’une grande intensité autobiographique.

De l’« après-soleil » du titre, il ne sera pas question dans ce premier film, mais de soleil et d’après, tout le temps… Quand elle avait 11 ans, la petite Écossaise Sophie a fait un voyage organisé en Turquie, seule avec son père, Calum. Des années plus tard, elle se remémore ces quelques jours solaires, dont restent des images tournées en vidéo, typiques de ces « vacances géniales » qu’elle disait alors avoir vécues. Et elle était sincère. Avec le temps, quelque chose de mystérieux est cependant venu s’ajouter à la mélancolie du bonheur passé…

Avec ce projet de fiction modeste mais chargé d’une grande intensité autobiographique, Charlotte Wells impose un climat singulier et d’emblée extrêmement attachant. Déjà repérée aux États-Unis, où a été produit Aftersun, Grand prix du Festival du film américain de Deauville 2022 après une première mondiale à la Semaine de la Critique à Cannes, cette jeune cinéaste écossaise met en scène des personnages volontiers silencieux qu’elle regarde avec un œil aussi tendre qu’acéré. Discrètement, elle inverse les places. La chambre d’hôtel n’a qu’un grand lit, Calum dormira dans le petit, qui a été rajouté. Il est soucieux de veiller sur Sophie mais c’est elle qui l’observe, remarque ses moments d’absence, au bord de la tristesse. Un soupçon de malaise qu’il chasse en dansant ou en faisant des mouvements de ninja au ralenti, comme un ado.

La fragilité est du côté de l’adulte protecteur, plâtré après s’être cassé un poignet. Dans le décor d’une station balnéaire banale, la réalisatrice trouve matière à un langage sensible. Le ciel bleu est traversé par des parachutes dont la légèreté accentue la pesanteur du père. Une baignade ouvre sous lui un abîme. Même l’occupation la plus touristique devient troublante : dans une boutique où il veut acheter un tapis, Calum apprend que tous ont une histoire, racontée à travers leurs motifs, alors que lui semble avoir perdu le fil de la sienne. On comprendra qu’il a quitté l’Écosse, où Sophie vit avec sa mère, qu’il manque d’argent. On le sentira surtout exposé au soleil noir du mal de vivre. Interprété par Paul Mescal, révélation de la série Normal People, ce personnage de père est bouleversant tant il est secret, jusqu’à la souffrance. C’est ce que la jeune Sophie (Frankie Corio) éprouvera rétrospectivement, devenue adulte. Entre eux deux, si proches et si séparés, Aftersun fait vibrer un lien d’une délicatesse comme on n’en avait pas vu depuis le film de Sofia Coppola, Lost in Translation.
AFTERSUN, Charlotte Wells 2022, Paul Mescal, Frankie Corio, Celia Rowlson-Hall (drame)@@ (E)
Dans un centre de villégiature, Sophie, 11 ans, chérit le temps qu'elle passe avec son père aimant et idéaliste. Vingt ans plus tard, Sophie se remémore leurs dernières vacances ensemble alors qu'el ...

@

AGE OF CONSENT, Michael Powell 1969, Helen Mirren, James Mason (sentimental)@


Bradley Morahan, peintre vieillissant, estime qu'il a fait son temps, et part se ressourcer en Australie, à la fois pour y retrouver ses racines et l'inspiration. Après une semaine agitée à Brisbane, par la faute d'obligations mondaines et d'un gêneur vénal et érotomane, Nathaniel Kelly, il gagne une île paradisiaque qu'il croit déserte, accompagné de son chien Godfrey... mais y vivent une demoiselle d'âge mûr hystérique, Miss Marley, et surtout une vieille femme alcoolique et sa petite-fille, Cora, sauvageonne aux formes pulpeuses qui ne rêve que de partir pour Brisbane et y devenir coiffeuse. Pour quelques dollars, elle accepte de poser pour le peintre et devient sa muse, rendant progressivement à l'artiste son inspiration et le goût de vivre...

« Age of Consent » nous propose la première tête d’affiche d’une jeune femme alors âgée de 23 ans et promise à un avenir prestigieux, Helen Mirren. L’un des points forts du film est sans nul doute sa baignade nue parmi la grande barrière de corail, offrant à nos yeux émerveillés deux merveilles de la nature, mais je m’égare ! Mirren incarne à la perfection Cora, jeune femme innocente mais forte tête, brutalisée par son ivrogne de grand mère et qui ne rêve que d’une chose, économiser assez d’argent pour pouvoir se rendre à Brisbane pour devenir coiffeuse. La rencontre avec Morahan, prête à la payer pour qu’elle pose pour lui est un don du ciel. Mais si leur relation est innocente, l’interférence d’éléments extérieurs va plonger leur aventure dans le drame.

« Age of Consent », comme son titre l’indique, est l’histoire de l’éveil de Cora, aussi bien sentimentalement qu’artistiquement. Deux choses que, seule dans son ile, elle découvre avec Morahan. On trouve aussi dans le film des traces de « The Tempest » de Shakespeare que Powell tentait alors sans succès de monter depuis plusieurs années.

Outre Cora, « Age of Consent » offre une sacrée galerie de personnages, merveilleusement incarnée bien sûr par James Mason (parfait en vieux peintre bourru mais qui retrouve la joie de peindre grâce à Cora), l’australienne Neva Carr-Glynn, surtout connue pour ses rôles à la télévision, parfaite en vieille ivrogne haineuse, ou encore Andonia Katsaros dont c’était le premier rôle et qui incarne une vieille dame bon chic bon genre mais un peu folle qui manquera de violer l’escroc du dimanche incarné par le toujours génial Jack MacGowran (acteur irlandais vu chez David Lean, Polanski et bien d’autres). Sans oublier le chien Godfrey, crédité au générique (juste après Mason, Mirren et McGowan), et qui ajoute une dose de légèreté tout en participant activement à la tournure des événements.

« Age of Consent » est adapté du roman semi autobiographique d’un artiste australien célèbre, Norman Lindsay. Le film a été produit par Michael Powell et James Mason, dont l’appui a été majeur pour financer le film, et qui a rencontré sur le tournage du film, sa deuxième et dernière femme, Clarissa Kaye.

Powell réalise ici avec économie, prenant très peu de prises sur dix semaines de tournage, confiant le résultat à son monteur australien Anthony Buckley et le laissant travailler seul au grand étonnement de Buckley qui avait alors surtout une expérience dans le documentaire et montait pour la première fois un long métrage.

Après le scandale de « Peeping Tom » (1960), Michael Powell n’a plus beaucoup tourné pendant les 30 dernières années de sa vie. Un drame oublié « The Queen’s Guards » (1961), des commandes pour la télévision, et deux derniers longs métrages filmés en Australie « They’re a Weird Mob » (1963) et « Age of Consent » (1969). Il tournera encore un moyen métrage pour enfants « The Boy Who Turned Yellow » (1972), sa dernière collaboration avec Emeric Pressburger, puis un documentaire sur son premier chef-d’oeuvre « Return to the Edge of the World » (1972). Et c’est tout.

Lors de la sortie américaine, Columbia coupa le générique peint du film, remplaça la musique de Peter Sculthorpe, et raccourcit les scènes de nudité d’Helen Mirren, mais le film est présenté par Powerhouse Films qui a édité le film en Blu-Ray, dans sa version intégrale restaurée (avec en bonus la version américaine – raccourcie de 7 minutes). Le blu-Ray est par ailleurs riche en bonus avec le moyen métrage « The Boy Who Turned Yellow » (présentée avec des sous-titres anglais) et de nombreux interviews (notamment avec Helen Mirren et Martin Scorcese). Bref un must have!

« Age of Consent » a été pendant longtemps un film oublié de la filmographie de Powell, malgré qu’il fut son dernier film (involontairement en ce qui concerne Powell qui continua à travailler jusqu’à sa mort sur de nombreux projets). C’est un bonheur de revoir cette comédie dramatique douce-amère dans de si bonnes conditions.
AGE OF CONSENT, Michael Powell 1969, Helen Mirren, James Mason (sentimental)@ (E)
Bradley Morahan, peintre vieillissant, estime qu'il a fait son temps, et part se ressourcer en Australie, à la fois pour y retrouver ses racines et l'inspiration. Après une semaine agitée à Brisbane, par la faute ...

@

AGENT TROUBLE, Jean-Pierre Mocky 1987, Richard Bohringer, Catherine Deneuve (thriller)@@


Une route de montagne enneigée. Un car est immobilisé sur le bas-côté. Victorien, routard, monte à bord du véhicule et découvre que tous les passagers sont morts. Consciencieusement, il fait les poches des cadavres avant de passer son chemin. De retour à Paris, il apprend quelques jours plus tard que l'autobus a été retrouvé dans un lac et que l'enquête a conclu à un banal accident de la route. Soupçonnant une affaire louche, Victorien confie son butin à sa tante, Amanda, conservatrice de musée à l'apparence inoffensive. Peu de temps après, le jeune homme est retrouvé assassiné. Sa tante décide alors d'élucider cette affaire...

ALLOCINE
Avec "Agent trouble", Mocky nous offre un thriller à la fois bariolé, baroque et malheureusement bancal, aussi... Bénéficiant de quelques moyens, techniquement le film est soigné, sans être trop léché : lumières, décors, cadrages, rythme et quelques plans de caméra presque compliqués pour bien nous donné l'impression qu'on est chez Mocky, l'atypique. Et sa mise en scène, volubile et dynamique, sert bien les acteurs, qui le lui rendent bien. En tête d'affiche, Deneuve semble s'amuser avec sa perruque frisée, mais son personnage, tout droit sorti de chez Agatha Christie, n'est pas très passionnant... Sinon, Lavanant et Tom Novembre sont épatants et Kristin Scott Thomas a déjà bien du charme... Mais la sensation du film, c'est bien évidemment Richard Bohringer, excellent et assez flippant en pseudo antiquaire-tueur... Mais le problème d'"Agent trouble" c'est finalement son scénario, un peu trop prévisible et gâché par un final un peu raté.... et pourtant, quand j'y repense, j'ai bien aimé être baladé par Mocky, même si c'est un peu intrépide et déroutant.
AGENT TROUBLE, Jean-Pierre Mocky 1987, Richard Bohringer, Catherine Deneuve (thriller)@@ (E)
Une route de montagne enneigée. Un car est immobilisé sur le bas-côté. Victorien, routard, monte à bord du véhicule et découvre que tous les passagers sont morts. Consciencieusement, il fait l ...

@

AGENTS TRES SPECIAUX code UNCLE, Norman Felton Guy Ritchie 2015 (policier)@@


En pleine guerre froide, Napoleon Solo, agent de l'U.N.C.L.E. se voir jumeler à un membre du KGB, pour interrompre les activités d'une organisation criminelle qui menace l'ordre mondial.

TELERAMA
Reconstitution pop chic, humour flegmatique dans les scènes d’action, des styles bien vintage... tout est réuni pour que ce film devienne l’un des meilleurs de Guy Ritchie.
Après une poignée de polars branchés, grinçants mais pas toujours convaincants, Guy Ritchie avait séduit avec son premier Sherlock Holmes, puis à nouveau déçu avec le deuxième volet. Surprise : cette adaptation d’une série télé des années 1960 est son meilleur film à ce jour, pétillant, rythmé et délicieusement vintage. S’il abuse un peu d’un montage chichiteux, le réalisateur réussit des poursuites élégantes et utilise avec esprit le split screen (l’écran divisé, très à la mode en ce temps-là).

L’humour britannique fait le sel des rapports entre le brun et le blond : c’est avec flegme qu’ils se sauvent mutuellement la vie dans deux scènes particulièrement drôles. Et le final, explosif, ne repose que sur un coup de téléphone, à la manière des vieux James Bond. En jouant la carte du glamour et du charme, comme s’il se fichait que son block­buster en soit un, Guy Ritchie n’est pas loin de la belle désinvolture d’un Steven Soderbergh.
AGENTS TRES SPECIAUX code UNCLE, Norman Felton Guy Ritchie 2015 (policier)@@ (E)
En pleine guerre froide, Napoleon Solo, agent de l'U.N.C.L.E. se voir jumeler à un membre du KGB, pour interrompre les activités d'une organisation criminelle qui menace l'ordre mondial.

TELERAMA
Reconstitution po ...

@

AI INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, Steven Spielberg 2001 (science fiction)@@


La fonte des glaces a considérablement réduit la surface habitable sur la Terre. Le strict contrôle des naissances a nécessité le développement de robots à l'aspect humain, les mécas. L'un d'eux, David, tout juste mis au point, est capable d'éprouver des sentiments. Il est adopté par Henry et Monica dont le fils, atteint d'une maladie incurable, a été cryogénisé. David ne souhaite qu'une seule chose : être aimé par sa maman.

TELERAMA
Spielberg pastiche Kubrick puis caricature Spielberg. Bref, on n'y croit plus et on s'ennuie.
Pour une fois, le nouveau Spielberg n'arrive pas auréolé d'un mégasuccès outre-Atlantique. A.I. (pour Artificial Intelligence) a plutôt été boudé par le public américain. Spielberg, artiste maudit ? Cela se saurait. Au premier coup d'oeil, ce nouvel opus témoigne de la même volonté de séduire les foules que les précédents : budget pharaonique, gros sujet (énoncé par le titre), gamme complète d'effets, du sentimental au spectaculaire. Si A.I. ne restera pas dans les records de fréquentation, c'est plutôt pour cause d'accident industriel, comme si le cinéaste avait raté son dosage, livrant un film incroyablement hétérogène, tour à tour assez peu et beaucoup trop « spielbergien ».

Assez peu « spielbergien », d'abord. C'est l'impression de la première heure (sur 2h26), trace la plus évidente de l'héritage de Stanley Kubrick ­ A.I. fut pendant des années un projet de ce dernier, inspiré par le romancier Brian Aldiss (lire page 64) et finalement légué faute de temps ou d'envie à son « ami Steven », qui l'a entièrement réécrit. Nous sommes au milieu du XXIe siècle. La carte de l'Amérique a sacrément changé, suite à la fonte des glaces. La vie quotidienne aussi, compte tenu du recours massif aux robots, dont les plus sophistiqués, les « mécas », ressemblent à des êtres humains. L'un deux, David, ersatz parfait de petit garçon blond, doté de la parole mais aussi de la « pensée » et de la faculté de s'émouvoir, fait son entrée chez les Swinton, un couple de provinciaux. Il devient, par programmation irréversible, leur « fils ».

Jamais Spielberg n'avait filmé ainsi une famille d'Américains moyens : dépressive, repliée, anxieuse, comme dans une étrange prémonition... Les Swinton ont peur ­ de David, entre autres, assez imprévisible ­, mais surtout ils font peur. Par leur volonté désespérée de ressembler à des parents comme les autres, ils évoquent de sinistres robots. Face à eux, David, la machine, distille un malaise beaucoup plus complexe. Le regard fixe, inquiet, interrogatif, en perpétuelle demande d'affection, il tourne autour de sa mère adoptive dans une maison circulaire, labyrinthique, asphyxiante. Kubrick projetait de faire jouer ce rôle par un vrai robot, mais la solution de Spielberg est à la fois plus simple et plus riche. Haley Joel Osment (l'acteur enfant du Sixième Sens), irréellement normal ou tragiquement inhumain, est ce qu'il y a de plus réussi dans A.I. : davantage qu'une intelligence, une sensibilité artificielle.

Le sentiment de gâchis n'en est que plus vif pendant l'incohérente et interminable suite du film. Quand les « parents » de David décident finalement de se débarrasser de lui au fond d'un bois, ce dernier entame une série d'aventures à grand spectacle s'étalant sur plus de deux mille ans, sous le double signe de Pinocchio (chercher la Fée bleue pour devenir un vrai petit garçon) et d'E.T. (téléphone maison, revoir maman). Mais plus le sujet initial du film ­ l'aspiration de la machine à la simple humanité ­ est formulé explicitement par David, plus il se réduit à un simple gadget scénaristique, sans profondeur ni portée philosophique. Exit le malaise et l'ambiguïté. Spielberg est désormais en terrain trop familier, sur les pas d'un personnage « positif » qui a un rêve et entend le réaliser, quelles que soient les épreuves à traverser.

L'image du parc d'attractions, si souvent utilisée pour décrire le cinéma de Spielberg, retrouve alors toute sa pertinence, sauf que, cette fois, plusieurs attractions-vedettes se révèlent défectueuses. Et d'abord cette grotesque flesh fair, grande fête violente où les humains détruisent leurs « mécas » avec hargne et jubilation ­ on se demande bien pourquoi... Autre flop : le robot gigolo voué au sexe et incarné par Jude Law qui devient un temps le complice de David. Sans doute trop puritain pour cette créature kubrickienne, Spielberg ne semble pas savoir quoi en faire.

Un seul moment de rémission, fugitif, vers la fin : le survol de New York largement immergé (après la fonte des glaces), Twin Towers comprises. Un mirage funèbre, forcément troublant. Quant à l'odyssée de David en quête de la Fée bleue, on n'en peut plus depuis longtemps. Le voir traverser des siècles de futur, scruter les fonds marins en compagnie de son nounours Teddy puis refaire à lui tout seul les rencontres du troisième type (Spielberg s'autocite plus que de raison) ne suscite qu'accablement. Et tout cet échafaudage de péripéties futuristes paraît encore plus vain quand le cinéaste arrive à sa destination finale : l'histoire d'un petit garçon qui a besoin du baiser de sa maman pour s'endormir. Soit une histoire déjà racontée, en deux mille une fois mieux, non pas par Kubrick, mais par Proust.
AI INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, Steven Spielberg 2001 (science fiction)@@ (E)
La fonte des glaces a considérablement réduit la surface habitable sur la Terre. Le strict contrôle des naissances a nécessité le développement de robots à l'aspect humain, les mécas. L ...

@

AILLEURS L HERBE EST PLUS VERTE, Stanley Donen 1960, Gary Grant, Robert Mitchum, Deborah Kerr


Lord et Lady Rhyall doivent ouvrir leur manoir anglais au public pour arrondir leurs fins de mois. Ils vivent avec leurs deux enfants dans quelques pièces du château, pendant que les touristes se bousculent dans le reste de l'immense demeure. Un jour, Charles Delacro, un millionnaire américain, pousse la porte de leurs parties privées et tombe sous le charme de Lady Rhyall. Sous couvert d'habiter chez son amie Hattie, celle-ci part à Londres et vit quelques jours de rêve avec l'Américain.

TELERAMA
Lord et Lady Rhyall ont dû ouvrir au public leur manoir anglais pour arrondir les fins de mois. Ils vivent avec leurs deux enfants dans quelques pièces du château, pendant que les touristes se bousculent dans le reste de l'immense demeure. Lady Rhyall cultive des champignons qu'elle vend au village, et le majordome supplie qu'on le renvoie pour faire des économies. Un jour, un millionnaire américain, Charles Delacro, pousse la porte marquée "privé" et tombe sous le charme de Lady Rhyall. Elle part à Londres, sous couvert d'habiter chez son amie Hattie et vit quelques jours de rêve avec l'Américain. Lord Rhyall n'est pas dupe, mais tient à garder sa femme sans se montrer jaloux. Il organise un week-end au manoir où les quatre protagonistes vont redistribuer les cartes.
AILLEURS L HERBE EST PLUS VERTE, Stanley Donen 1960, Gary Grant, Robert Mitchum, Deborah Kerr (E)
Lord et Lady Rhyall doivent ouvrir leur manoir anglais au public pour arrondir leurs fins de mois. Ils vivent avec leurs deux enfants dans quelques pièces du château, pendant que les touristes se bousculent dans le reste de l'i ...

@

AINSI VA LA VIE, Bob Reiner 2014, Michael Douglas, Diane Keaton (sentimental)@@@


Oren Little, agent immobilier bourru et égoïste, voit sa vie chamboulée lorsque son fils lui confie sa fille de 9 ans dont il ne soupçonnait pas l'existence. Oren tente alors de s'en débarrasser en l'imposant à sa voisine. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi va la vie.

TELERAMA:
Evidemment, il est touchant de voir des sex-symbols vintage, comme Michael Douglas et Diane Keaton, se chamailler pour finir par s'embrasser maladroitement. Et tant pis (ou tant mieux !) s'ils cabotinent... Rob Reiner, en revanche, accuse un sacré coup de vieux, en les plongeant dans un scénario et une mise en scène empâtés. Il est loin le temps de Quand Harry rencontre Sally... — G.O.
AINSI VA LA VIE, Bob Reiner 2014, Michael Douglas, Diane Keaton (sentimental)@@@ (E)
Oren Little, agent immobilier bourru et égoïste, voit sa vie chamboulée lorsque son fils lui confie sa fille de 9 ans dont il ne soupçonnait pas l'existence. Oren tente alors de s'en débarrasser en l'imposan ...

@

AIR FORCE ONE, Wolfgang Petersen 1997, Harrison Ford, Glenn Close (aventure)@@@


Un groupe de terroristes prend en otage les passagers de l'Air Force One, l'avion du président des Etats Unis, James Marshall. ce dernier, caché dans les soutes, a feint une évasion par la capsule de sauvetage. Tandis que s'engagent des négociations tendues, lui seul peut encore agir pour sauver les siens et assurer la sécurité de son pays...

TELERAMA
Grâce à une collaboration étroite entre les services secrets américains et russes, menée sous l'égide du président Marshall, farouche adversaire du terrorisme, le général Radek, dangereux ultranationaliste néocommuniste, a été capturé. A Moscou, peu après le décollage d'Air Force One, l'avion présidentiel, un commando composé de fidèles de Radek aidés de Gibbs, un agent double des services secrets américains, s'empare de l'appareil. Les terroristes abattent les pilotes, l'escorte présidentielle et prennent en otage l'épouse du Président ainsi que sa fille. Profitant de la confusion générale, le Président s'est caché dans la soute de l'appareil. Commence alors un impitoyable jeu du chat et de la souris entre Marshall et les terroristes...
AIR FORCE ONE, Wolfgang Petersen 1997, Harrison Ford, Glenn Close (aventure)@@@ (E)
Un groupe de terroristes prend en otage les passagers de l'Air Force One, l'avion du président des Etats Unis, James Marshall. ce dernier, caché dans les soutes, a feint une évasion par la capsule de sauvetage. Tandis q ...

@

ALAD 2, Lionel Steketee 2018, Djamel Debouze (comique)@


Après avoir libéré Bagdad de l'emprise de son terrible vizir, Aladin s'ennuie au Palais et ne s'est toujours pas décidé à demander en mariage la princesse. Cependant, un terrible dictateur, Shah Zaman, s'invite au Palais et annonce qu'il est venu prendre la ville et épouser la princesse.

TELERAMA
A Bagdad, Aladin a tout pour être heureux. Il est amoureux de Shallia, une ravissante princesse et vit dans un palais sublime. Cette vie luxueuse mais sans surprise ennuietoutefois cet ancien enfant des rues. L'arrivée en ville de Shah Zaman, un dictateur, ne va pas tarder à le sortir de sa torpeur. Celui-ci veut en effet mettre la main sur Bagdad et épouser la belle Shallia. Expulsé du palais, Aladin fait appel à son génie de la lampe, afin qu'il vole à son secours. Mais Shah Zaman a également son propre génie, Balouad. Une guerre sans merci se déclare alors entre les deux magiciens...
ALAD 2, Lionel Steketee 2018, Djamel Debouze (comique)@ (E)
Après avoir libéré Bagdad de l'emprise de son terrible vizir, Aladin s'ennuie au Palais et ne s'est toujours pas décidé à demander en mariage la princesse. Cependant, un terrible dictateur, Shah Zam ...

@

ALADDIN, Guy Ritchie 2019, Will Smith, Mena Massoud (jeunesse)@


Le jeune et pauvre Aladdin vit avec son singe Abu dans les rues et est obligé de voler des aliments pour se nourrir. Un jour, il fait la connaissance de la princesse Jasmine, fille du Sultan, venue se promener incognito dans les quartiers populaires, à la recherche d'aventure. Entre les deux jeunes gens, le coup de foudre est immédiat. Mais ils sont rapidement rattrapés par les gardes du sultan.

TELERAMA
Après Cendrillon, La Belle et la Bête ou encore Le Livre de la jungle et en attendant Mulan (en salles le 25 mars), Disney poursuit ici son grand œuvre : recycler en prises de vues réelles le catalogue de dessins animés mythiques. Cet Aladdin « en chair et en os » est scrupuleusement calqué sur son modèle : on embarque à nouveau sur un tapis volant, on entonne Ce rêve bleuuu à pleins poumons, babouches au vent, dans une chatoyante débauche d’effets spéciaux dernier cri.
L’autre célèbre truc bleu de cet univers enchanté, c’est le génie, jadis irrésistible, par la grâce d’une animation fantasque et de la tchatche étourdissante du regretté Robin Williams. Le remplacer par Will Smith, sa malice, son exubérance, n’était pas, en soi, une mauvaise idée. Mais ses blagues tombent franchement à plat — et ses pirouettes sont moins vives.
Malgré le faste des décors, dans la ville imaginaire d’Agrabah, et les chorégraphies bollywoodiennes qui l’égaient, le film manque de tout : de rythme, d’humour, et surtout de charisme. Même si Naomi Scott compose une Jasmine déterminée, plus sultane que princesse — elle a même sa chanson féministe toute neuve rien qu’à elle, visant le futur tube façon Libérée, délivrée — le jeune Mena Massoud (Aladdin) et son ennemi le méchant vizir Jafar (Marwan Kenzari) restent d’une fadeur décourageante. Le réalisateur Guy Ritchie lui-même (Snatch, The Gentlemen) est plus coutumier des bagarres spectaculaires et des polars ironiques que des bluettes musicales en milieu orientalisant. Il a beau frotter la lampe, la magie n’y est plus.
ALADDIN, Guy Ritchie 2019, Will Smith, Mena Massoud (jeunesse)@ (E)
Le jeune et pauvre Aladdin vit avec son singe Abu dans les rues et est obligé de voler des aliments pour se nourrir. Un jour, il fait la connaissance de la princesse Jasmine, fille du Sultan, venue se promener incognito dans les quar ...

@

ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@


En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ne lui laissent guère de répit. Il décide d'installer les détachements des colonels William Travis et James Bowie à Fort Alamo. Pendant 13 jours, ces hommes luttent désespérément à l'intérieur du fort contre l'armée mexicaine.

TELERAMA
1836, Texas. Les hommes de Fort Alamo sont chargés de freiner la progression des Mexicains… Le réalisateur a mis une dizaine d’années à faire ce film (sa première réalisation). Épatant.

John Wayne a mis une dizaine d’années à faire ce film, qui lui tenait à cœur. Comment, pour sa première réalisation, a-t-il réussi un hymne aussi poignant aux combattants de la liberté ? Mystère du cinéma. Alamo est un miracle, par lequel une star de cinéma, confondue avec les héros qu’elle a l’habitude d’incarner, parvient à élever un récit au rang de mythe : les combattants de Fort Alamo, que le scénario identifie presque un à un pour mieux les réunir ensuite dans cette aventure collective, sont les acteurs d’une tragédie populaire.

La musique de Dimitri Tiomkin tire les larmes, et les scènes d’action sont époustouflantes. John Ford signa quelques images du film : il était arrivé sans crier gare sur le plateau, et Wayne, encombré d’une présence si imposante, l’envoya tourner des scènes de seconde équipe. Qui ne furent pas toutes gardées…
ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@ (E)
En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ...

@

ALBATROS, Xavier Beauvois 2020, Jeremie Renier, Marie-Julie Maille (drame)@@


Laurent, un commandant de brigade de la gendarmerie d'Etretat, prévoit de se marier avec Marie, sa compagne, mère de sa fille surnommée Poulette. Il aime son métier malgré une confrontation quotidienne avec la misère sociale. En voulant sauver un agriculteur qui menace de se suicider, il le tue. Sa vie va alors basculer.

TELERAMA
En 2005, Xavier Beauvois racontait les débuts d’un « bleu » de la police judiciaire dans Le Petit Lieutenant. Les forces de l’ordre inspirent décidément le cinéaste : le héros de ce film est un gendarme. Et, comme il y a seize ans, Beauvois réussit à concilier réalisme quasi documentaire et sens du romanesque, description d’un métier et développement de personnages intenses.

Durant presque une heure, Albatros chronique avec brio le quotidien professionnel et intime de Laurent, commandant exemplaire de brigade à Étretat, mais, aussi, de la petite communauté normande dont il supervise la sécurité — et dont Beauvois, installé dans la région, connaît intimement les aspirations et les difficultés. Une routine faite de petites incivilités et de grands drames. Beauvois filme avec la même empathie, le même soin apporté au cadre et à l’image (superbe travail du chef opérateur Julien Hirsch), l’identification d’un suicidé qui s’est jeté de la falaise, l’adolescent sermonné parce qu’il conduit son scooter sans casque, ou encore un éleveur qui porte plainte pour le vol de ses outils avant de pleurer de rage contre les nouvelles directives européennes qui menacent son exploitation.

Puis, à mi-parcours, à la suite d’une tragédie, le récit bascule dans une tout autre dimension — sur laquelle on restera évasif, tant cette rupture narrative et la surprise qu’elle provoque participent de la puissance du film. Tout juste dira-t-on qu’Albatros devient plus introspectif et plus spectaculaire, collant au corps et à l’âme brisés de Laurent (Jérémie Renier, juste et émouvant de bout en bout), mais aussi à la résilience de sa compagne, Marie (formidablement interprétée par Marie-Julie Maille, coscénariste et cheffe monteuse du film). Beauvois est, certes, moins convaincant dans cette deuxième partie qui flirte parfois avec les clichés. Mais son audace à bousculer ainsi son récit, à sortir de sa zone de confort pour prendre le large, ne manque pas de panache.
ALBATROS, Xavier Beauvois 2020, Jeremie Renier, Marie-Julie Maille (drame)@@ (E)
Laurent, un commandant de brigade de la gendarmerie d'Etretat, prévoit de se marier avec Marie, sa compagne, mère de sa fille surnommée Poulette. Il aime son métier malgré une confrontation quotidienne ave ...

@

ALBERT NOBBS, Rodrigo García 2011, Glen Close (thriller)


Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie à de graves difficultés économiques, Albert Nobbs travaille comme majordome dans un grand hôtel. Sa discrétion, sa parfaite compétence et sa distinction le font apprécier des clients comme des autres employés. Ce n'est que le soir, en retirant le corset qui dissimule ses formes, qu'Albert redevient la femme qu'il est réellement. En secret, Albert Nobbs nourrit un rêve, pour lequel il économise patiemment chaque sou qu'il gagne : ouvrir sa propre boutique, un magasin de tabac. Un jour, madame Baker, la propriétaire de l'hôtel, lui demande de partager sa chambre pour une nuit avec Hubert Page, un peintre...

TELERAMA
Le grand secret d’un petit majordome réservé, dans l’Irlande du XIXᵉ siècle… On reconnaît à peine Glenn Close : ce Nobbs est sa création, sa créature — ce que fut Tootsie pour Dustin Hoffman.

Une pension de famille, dans l’Irlande du XIXᵉ siècle. Albert Nobbs est un modèle de majordome. Mais qui est-il vraiment ?… Une femme. Passagère clandestine dans des vêtements, un métier, un monde d’hommes. Dans ce « rôle à performance », de ceux qui vous rapportent un oscar, on reconnaît à peine Glenn Close. Travestissement stupéfiant : cet Albert Nobbs est sa création, sa créature, l’équivalent de ce que fut Tootsie pour Dustin Hoffman.

Rien de trop dans son interprétation sèche et méticuleuse : jamais elle ne surjoue la virilité. Rien de faux dans ce masque impassible, ces yeux qui rêvent d’ailleurs, comme des prisonniers dans leur cellule. L’actrice n’est jamais plus émouvante que dans la minutieuse répétition du quotidien de son modeste personnage. Servir, desservir, se fondre dans le décor. À côté d’elle, tout paraît fade dans cette description ronronnante, académique, des misères et contraintes de l’ère victorienne. Et les autres protagonistes, même la seconde « travestie » du film, sont des figurants à côté de ce pantin bizarre et captivant, cet apatride de la sexualité, ni mâle ni femelle, taraudé par l’unique désir, éperdu, naïf et vague, de ne plus être seul. Plutôt qu’un film, c’est un vrai « one-man / woman-NOPSIS
ALBERT NOBBS, Rodrigo García 2011, Glen Close (thriller) (E)
Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie à de graves difficultés économiques, Albert Nobbs travaille comme majordome dans un grand hôtel. Sa discrétion, sa parfaite compétence et sa distincti ...

@

ALEXANDER THE LAST, Joe Swanberg 2009, Jess Weixler, Justin Rice (entimental film e)


Alex est une actrice attirée par sa partenaire à l'écran, Jamie, qui joue à ses côtés dans une pièce de théâtre locale. Alex est également mariée à un musicien indépendant nommé Elliott. Lorsque ce dernier part en tournée avec sa musique, Alex laisse Jamie dormir sur son canapé et flirte avec lui. Alex continue de tomber amoureuse de Jamie, tandis que celui-ci entretient une relation avec sa sœur. Le film se termine sur les remords d'Alex pour ses actes.

ALEXANDER THE LAST, Joe Swanberg 2009, Jess Weixler, Justin Rice (entimental film e) (E)
Alex est une actrice attirée par sa partenaire à l'écran, Jamie, qui joue à ses côtés dans une pièce de théâtre locale. Alex est également mariée à un musicie ...

@

ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@


À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce.

TELERAMA
Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tout le temps. Car « la Grande », son épouse, veille à remplir ses journées de corvées. Soudainement veuf, il décide de ne plus rien faire et commence par se coucher deux mois…

Ce délice de film est non seulement un éloge de la paresse, en accord avec Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, qui critiquait « cette folie [qu’]est l’amour du travail, la passion moribonde du travail », mais aussi le plus doux des manifestes libertaires. « Il faut prendre son temps. Prendre le temps de prendre son temps », dit Alexandre, comme s’il militait, aujourd’hui, pour l’école du loisir. Le temps de se couper une tranche de saucisson, de se rouler une sèche, de regarder une fleur de carotte, mais aussi de jouer au foot avec des gosses, si bien filmés par Yves Robert, cinq ans après La Guerre des boutons.

Philippe Noiret, dans un premier grand rôle qui en fit une vedette, est épatant en écolo contemplatif, volontiers tonitruant quand on le dérange au plumard. Mais l’autre star du film est le chien, sans doute le mieux dressé et le plus expressif de l’histoire du cinéma… Ce film sorti quelques mois avant Mai 68 brille aussi par sa mise en scène graphique, pop et sautillante, à la limite du cartoon, avec Alexandre le grand rêveur au milieu d’un champ de potirons orange fluo, ou quittant tout, à la fin, sans aucune tache (c’est-à-dire aucune tâche) à l’horizon.


ALEXANDRE LE BIENHEUREUX, Yves Robert 1968, Philippe Noiret, Marlene Jobert (comique)@@@ (E)
À la suite de la mort de sa femme, qui l'a toujours mené à la baguette, un fermier décide de profiter de la vie et de se la couler douce.

TELERAMA
Dans sa ferme de la Beauce, Alexandre travaille. Tou ...

@

ALEXANDRE, Oliver Stone 2005, Colin Farrell, Angelina Jolie, Anthony Hopkins (peplum)@


La vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : de son enfance à sa mort, des cours d' Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II de Macédoine, il soumit la Grèce antique révoltée, fonda les Alexandries, défit les Perses et s'empara de Babylone.

TELERAMA
Production européenne, langue anglaise, style hollywoodien : une salade russe pour redonner le goût de la Macédoine, le pays d'Alexandre (356-323 avant J.-C.), on ne s'en offusque pas. Mais l'esprit d'Oliver Stone semble confus. Du portrait de son héros, il fait une fresque psychologique empâtée. Et quand il passe à l'action, c'est pour faire retentir un discours bushien sur la liberté, face à un ennemi qui ressemble à un Ben Laden de BD. Où veut-il en venir ? Au charisme d'un gamin qui ­devint roi à 20 ans, voulut régner sur le monde et se lança dans des conquêtes qui ruineront sa vie et bâtiront sa légende.

Le film parvient à nous faire partager sa vision exaltée. Franchissant les montagnes pour se retrouver encerclé par d'autres sommets, s'aventurant en Inde, où la jungle se referme sur lui, Alexandre devient l'incarnation d'une jeunesse intrépide et hors du temps.

Oliver Stone donne des airs de rock star à la figure d'Alexandre. Ses amours libres, avec filles et garçons, sont électriques, ses combats tiennent de la performance. On peut rêver que cela donne ­envie aux rebelles d'aujourd'hui de se plonger dans un livre d'histoire.
ALEXANDRE, Oliver Stone 2005, Colin Farrell, Angelina Jolie, Anthony Hopkins (peplum)@ (E)
La vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : de son enfance à sa mort, des cours d' Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philip ...

@

ALIBI.COM 2, Philippe Lacheau 2023, Natalie Baye, Elodie Fontan, Didier Bourdon, Gerard Jugnot (comique)


Après avoir fermé son agence Alibi.com et promis à Flo qu'il ne lui mentirait plus jamais, la nouvelle vie de Greg est devenue tranquille. Mais lorsqu'il décide de demander Flo en mariage, Greg est au pied du mur et doit se résoudre à présenter sa famille.

TELERAMA
“Alibi.com 2” : un enchaînement de (mauvais) sketchs qui donnent le tournis
Alors que son mariage approche, un jeune homme met au point un plan pour éviter de présenter ses parents, dont il est peu fier, à sa future épouse. Après un premier volet plutôt savoureux, Philippe Lacheau choisit la surenchère avec un défilé de gags ahurissants.

Il n’y avait pas de honte à être allé voir Alibi.com en 2017, comme 3,5 millions de Français, et à avoir aimé cette comédie modeste à la bêtise réjouissante. Le second volet s’avère plus difficile à digérer. Ancien patron d’une entreprise qui trouve des excuses à ceux qui ont quelque chose à cacher, Grégory (Philippe Lacheau) retombe dans ses combines pour, cette fois, dissimuler à sa future épouse ses vrais parents — Arielle Dombasle est une actrice porno, Gérard Jugnot, un vieux malfrat. Scénario à l’emballement exponentiel, quantité de gags à la minute phénoménale : devant une telle frénésie, le spectateur est un juré de télé-crochet qui doit donner une note à chaque figure. Or les mauvais sketchs l’emportent sur les bons…
ALIBI.COM 2, Philippe Lacheau 2023, Natalie Baye, Elodie Fontan, Didier Bourdon, Gerard Jugnot (comique) (E)
Après avoir fermé son agence Alibi.com et promis à Flo qu'il ne lui mentirait plus jamais, la nouvelle vie de Greg est devenue tranquille. Mais lorsqu'il décide de demander Flo en mariage, Greg est au pied du mur ...

@

ALIBI.COM, Philippe Lacheau2017, Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Natalie Baye, Didier Bourdon, Gerard Jugnot (comique)@


Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d'alibi. Avec Augustin, son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène imparables pour couvrir leurs clients. La rencontre de Flo, une jolie blonde qui déteste les hommes qui mentent, va compliquer la vie de Greg, qui commence par lui cacher la vraie nature de son activité. Lors de la présentation aux parents, Greg comprend que Gérard, le père de Flo, est aussi un de leurs clients.

TELERAMA
Philippe Lacheau choisit la surenchère avec un défilé de gags ahurissant (le pitch : il doit cacher à sa future épouse ses vrais parents). Si les mauvaises idées l’emportent sur les bonnes, on rit un peu par-ci par-là.

Un patron de start-up, dont l’entreprise fabrique des alibis à la carte — pour couvrir un adultère —, rencontre une femme qui déteste les menteurs. Très vite, il découvre que le père de celle-ci est également l’un de ses clients.

Moins surprenante que Babysitting (du même réalisateur), cette production carbure aux mensonges inextricables. Le plaisir vient des simulacres élaborés par la société Alibi.com, qui nécessitent une sorte de dédoublement du héros, censé être présent à plusieurs endroits en même temps. Mais les bonnes idées restent souvent à l’état d’ébauche, comme le personnage narcoleptique interprété par Tarek Boudali, ex de la Bande à Fifi et auteur d’Épouse-moi mon pote, autre triomphe à sa sortie en salles.
ALIBI.COM, Philippe Lacheau2017, Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Natalie Baye, Didier Bourdon, Gerard Jugnot (comique)@ (E)
Greg a fondé une entreprise nommée Alibi.com qui crée tout type d'alibi. Avec Augustin, son associé, et Medhi son nouvel employé, ils élaborent des stratagèmes et mises en scène impara ...

@

ALICE ET LE MAIRE, Nicolas Pariser 2019, Fabrice Luchini, Anais Demoustier


Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n'a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann.

TELERAMA:
En limitant son observation du monde politique à l’échelle de la municipalité, avec son lot d’inaugurations, de réunions voirie, de vernissages et de soirées à l’opéra, le cinéaste fait le choix de la modestie, qui est aussi le thème de la première fiche rédigée par la jeune philosophe à l’édile en manque de repères. Les nombreux lieutenants qui gravitent autour du duo (une première adjointe ultra autoritaire, un directeur de la communication bouffi d’ignorance) ne sont jamais condamnés à un rôle univoque. Nicolas Pariser se place clairement de leur côté, sans les juger.
Aucune naïveté pourtant chez l’auteur, qui montre bien, en s’en moquant avec malice, la victoire des communicants sur les décisionnaires et l’absence problématique de références culturelles classiques parmi les jeunes générations.
Refusant la facilité de la satire, le cinéaste fait l’audacieux pari de l’intelligence et de la lenteur dans une époque affolée par la réactivité.
ALICE ET LE MAIRE, Nicolas Pariser 2019, Fabrice Luchini, Anais Demoustier (E)
Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n'a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe ...

@

ALICE ET MARTIN, André Téchiné 0998, Juliette Binoche, Alexis Loret


Après des années passées chez sa mère, Martin est envoyé chez son père, auprès de sa belle-mère et de ses demi-frères. 10 ans plus tard, à la suite du décès accidentel de son père, Martin fait une fugue de plusieurs semaines. Retrouvé par la police, il atterrit chez son demi-frère Benjamin, qui vit à Paris avec Alice.

TELERAMA
“ Fort d’une ossature audacieuse -le montage bipolaire donne une intensité névrotique aux personnages- le film dérive vite vers le psychodrame ”
ALICE ET MARTIN, André Téchiné 0998, Juliette Binoche, Alexis Loret (E)
Après des années passées chez sa mère, Martin est envoyé chez son père, auprès de sa belle-mère et de ses demi-frères. 10 ans plus tard, à la suite du décès ...

@

ALICE de l autre cote du miroir


Quand Alice se réveille au Pays des Merveilles, elle doit aller dans un nouveau monde mystérieux afin de récupérer un sceptre magique qui pourrait arrêter le Seigneur du Temps avant qu'il avance l'horloge et transforme le Pays des Merveilles en un monde sans vie. Avec l'aide de nouveaux amis, Alice doit également tenter d'enrayer un nouveau complot qui se trame afin de remettre la Dame de Coeur sur le trône.

TELERAMA
On était déjà sceptique avec le premier volet, réalisé par Tim Burton, en 2010. Mais là, quel cauchemar ! Et pas un de ces ­mauvais rêves vertigineux et inventifs, comme dans le roman de Lewis Carroll. Non, un cauchemar tout raplapla, en images de synthèse qui brident l'imagination.
ALICE de l autre cote du miroir (E)
Quand Alice se réveille au Pays des Merveilles, elle doit aller dans un nouveau monde mystérieux afin de récupérer un sceptre magique qui pourrait arrêter le Seigneur du Temps avant qu'il avance l'horloge e ...

@

ALINE, Valerie Lemercier 2020, Valerie Lemercier, Sylvain Marcel


À la fin des années 1960, au Québec, naît Aline (inspirée de Céline Dion), quatorzième et dernier enfant de Sylvette et Anglomard Dieu. Dans cette famille où la musique est reine, Aline se découvre un véritable talent pour le chant. Le producteur de musique Guy-Claude Kamar (inspiré par René Angélil), lorsqu'il entend cette magnifique voix, n'a plus qu'une idée en tête : faire d'Aline la plus grande chanteuse au monde. Entre le soutien de sa famille et son amour avec Guy-Claude, Aline va devenir l'une des plus grandes stars internationales de la chanson.

TELERAMA:
En s’inspirant librement de la vie de Céline Dion, « trésor national » au Canada, Valérie Lemercier réussit son meilleur film et offre la quintessence de son travail, sur scène comme au cinéma. À savoir : mettre en évidence la bizarrerie extrême de situa­tions bien connues ou familières. En résulte une tragi-comédie fabuleuse, parfois monstrueuse, souvent surréaliste.
ALINE, Valerie Lemercier 2020, Valerie Lemercier, Sylvain Marcel (E)
À la fin des années 1960, au Québec, naît Aline (inspirée de Céline Dion), quatorzième et dernier enfant de Sylvette et Anglomard Dieu. Dans cette famille où la musique est reine, Aline ...

@

ALL IS LOST, J.C. Chando 2013, Robert Redford


Seul au milieu de l'océan Indien, un navigateur s'accorde un peu de repos dans sa cabine lorsqu'un conteneur à la dérive percute et perfore la coque de son voilier. Malgré ses maigres ressources, l'homme parvient à colmater la brèche. Mais la radio et les instruments de navigation sont hors service et il ne peut compter sur d'éventuels secours. Bientôt, une violente tempête se lève.

TELERAMA
un seul personnage (Robert Redford) sur un yacht en perdition, confronté aux éléments. Ça sent, évidemment, la performance, question mise en scène et interprétation. Mais Chandor et Redford relèvent brillamment le défi : le réalisateur fait preuve d'un talent de vieux briscard. Et Redford... eh bien, c'est Redford, attachant et fragile, maître et victime des événements, inventif et dépassé : bref, magnifique.
Il y a, évidemment, une part d'humour noir dans le scénario. Car enfin, dès le début, le yacht de Redford se fait empaler, une nuit, par un container égaré en pleine mer. Pas de chance. A peine a-t-il colmaté les dégâts qu'éclate une tempête. Bon. Le radeau de secours sur lequel il prend place fuit. Bien. Plus d'eau potable dans son bidon troué. La poisse ! Quant aux bateaux divers qu'il croise, ils ne le voient tout simplement pas (faut-il y voir une allégorie sur l'aveuglement du monde actuel vis à vis de l'individu ? Peut-être !). Une telle accumulation de désastres finit par provoquer le rire, mais un rire complice. L'humour du réalisateur et la sincérité de son interprète se complètent : on tremble et on sourit, c'est parfait...
Au bout de ses épreuves (et Dieu sait qu'il en traverse !) Robert Redford périra-t-il dans les flots ou sera-t-il miraculeusement épargné ? Ah ça, on ne vous le dira pas...
ALL IS LOST, J.C. Chando 2013, Robert Redford (E)
Seul au milieu de l'océan Indien, un navigateur s'accorde un peu de repos dans sa cabine lorsqu'un conteneur à la dérive percute et perfore la coque de son voilier. Malgré ses maigres ressources, l'homme parvient ...

@

ALL THAT JAZZ, que le spectacle commence, Bob Fosse 1979, Keith Gordon, CCH Pounder (musical)@@


Sur la scène d'un théâtre de Broadway, une troupe répète un ballet moderne. Les plus maladroits de la troupe sont éliminés par Joe Gideon, le chorégraphe, piètre mari d'une ex-danseuse, amant inconstant d'une autre et père distrait. À la fois exaspérant et séduisant, il fume comme un pompier, se bourre d'amphétamines, enchaîne la supervision des répétitions et celle du montage d'un film comique sur la mort.

TELERAMA
Chorégraphe brillant, Joe Gideon (Bob Fosse, donc) se meurt et revoit les choses de sa vie… Portrait clinquant et morbide d’un narcissique génial.

Musical, oui, avec des numéros chorégraphiés et filmés par Bob Fosse. Comédie ? Pas vraiment, puisque Joe, un chorégraphe célèbre (Roy Scheider s’est fait la tête de Bob Fosse), est à l’hôpital en train de mourir. Une comédie (tragédie) musicale, donc, sur le thème de la mort ! Une première dans l’histoire du genre. Face à la mort, belle et accueillante (Jessica Lange), Joe fait le bilan de sa vie. Il a trompé les femmes, et lui-même… Il a couru jusqu’à l’épuisement, à la poursuite… Mais de quoi, au fait ? Et de qui ? Le film est le portrait fasciné et narcissique d’un inconscient qui croit pouvoir justifier au nom de son talent les désordres de sa vie.

On pourra regretter deux ou trois longueurs, sur la fin. Le reste est une splendeur. À commencer par la scène, étincelante, où le héros, dans le coma, contemple son double en train de tourner des séquences oniriques avec les trois amours de sa vie : sa femme, sa maîtresse et sa fille. Sur une parodie de vieux standard, cette dernière adresse alors un message d’amour à son père… Comme son incarnation, Bob Fosse est mort en 1987, d’une crise cardiaque… Le film a remporté la Palme d’or à Cannes en 1980.
ALL THAT JAZZ, que le spectacle commence, Bob Fosse 1979, Keith Gordon, CCH Pounder (musical)@@ (E)
Sur la scène d'un théâtre de Broadway, une troupe répète un ballet moderne. Les plus maladroits de la troupe sont éliminés par Joe Gideon, le chorégraphe, piètre mari d'une ex-da ...

@

ALLIES, Robert Zemeckis 2016, Brad Pitt, Marion Cotillard (espionage)@


Casablanca 1942. Au service du contre-espionnage allié, l'agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d'une mission à haut risque. C'est le début d'une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu'il aime.

TELERAMA
Pendant la Seconde Guerre mondiale, un espion américain doit éliminer son épouse française, suspectée d’être un agent double à la solde des nazis. Les références au classique de Michael Curtiz sont ostentatoires et Brad Pitt est particulièrement inexpressif.

Toute ressemblance avec Casablanca n'est pas fortuite... Au point d'en être embarrassante. Ce film, très attendu pour son duo de stars (Marion Cotillard, sensible, et Brad Pitt, curieusement figé), entame lui aussi l'histoire d'une passion contrariée la même année (1942), dans la même ville et le même marigot de militaires, de nazis et d'espions.

On y trouve d'ailleurs un night-club, presque identique à celui que tenait jadis Humphrey Bogart. Hormis ce clin d'oeil, tout cloche et sonne faux dans les rues de la médina, comme, plus tard, sous le blitz londonien. Même les bombes semblent tomber à côté. D'invraisemblances quasi grotesques en chromos naïfs, l'amour en temps de guerre n'est plus ce qu'il était.
ALLIES, Robert Zemeckis 2016, Brad Pitt, Marion Cotillard (espionage)@ (E)
Casablanca 1942. Au service du contre-espionnage allié, l'agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d'une mission à haut risque. C'est le début d'une relation passio ...

@

ALORS ON DANSE, Michèle Laroque 2021, Isabelle Nanty, Thierry Lhermitte, Maxime le Forestier (comique)@


Bien décidée à reprendre sa vie en main après avoir découvert les infidélités de son mari, Sandra se réfugie chez sa sœur Danie. Elles se retrouvent autour de leur passion commune : la danse.

TELERAMA
Alors on sort pour oublier tous les problèmes. » Difficile de ne pas penser aux paroles d’Alors on danse, de Stromae, en voyant la nouvelle comédie de Michèle Laroque, tant l’envie d’arrêter le film en cours de visionnage est pressante.

Sandra (Michèle Laroque), jeune grand-mère bourgeoise, apprend que son mari la trompe depuis deux ans. Elle renoue alors avec sa sœur, Danie (Isabelle Nanty), fière célibataire qui n’a pour seuls amours que la lutte des classes et la danse. Avec Lucien (Thierry Lhermitte) et Roberto (Patrick Timsit), « Danie la rouge » se doit de remonter le moral de sa benjamine en lui apprenant que la vie ne s’arrête pas à 60 ans ni, surtout, sans mec. Alors elles dansent, s’engagent à sauver un lieu culturel et s’ouvrent à de nouveaux hommes.

L’histoire rappelle la première réalisation de l’actrice qui, dans Brillantissime (2018), jouait déjà une femme riche abandonnée par son époux. Mais la sauce ne prend pas. L’humour d’Isabelle Nanty et l’apparition de Jeanne Balibar en professeure de danse psychorigide ne suffisent pas à rattraper un scénario mal ficelé, dans lequel on ne retrouve pas toujours l’histoire espérée : celle d’une femme, jeune sexagénaire, qui tente de reprendre goût à la vie. Au lieu de cela, Alors on danse survole un combat social sans lien avec le sujet.
ALORS ON DANSE, Michèle Laroque 2021, Isabelle Nanty, Thierry Lhermitte, Maxime le Forestier (comique)@ (E)
Bien décidée à reprendre sa vie en main après avoir découvert les infidélités de son mari, Sandra se réfugie chez sa sœur Danie. Elles se retrouvent autour de leur passion commun ...

@

ALTITUDE, Alex Merkin 2010, Denise Richards Greer Gramme (espace catastrophe)


Sara, une jeune pilote, et quatre de ses amis sont victimes d'un mystérieux bris mécanique lors d'une excursion. Sara perd alors le contrôle de l'engin. Le petit avion amorce inexplicablement une ascension progressive qui semble impossible à arrêter. Leurs efforts sont vains, une tempête approche et le réservoir est sur le point d'être vide. Mais les quatre jeunes n'ont encore rien vu : une force surnaturelle et mystérieuse veut les voir morts, et un seul d'entre eux à les moyens de l'arrêter.
ALTITUDE, Alex Merkin 2010, Denise Richards Greer Gramme (espace catastrophe) (E)
Sara, une jeune pilote, et quatre de ses amis sont victimes d'un mystérieux bris mécanique lors d'une excursion. Sara perd alors le contrôle de l'engin. Le petit avion amorce inexplicablement une ascension progressive qu ...

@

AMADEUS ,Milos Forman 1984, Tom Hulce


Vienne, novembre 1823. Antonio Salieri, compositeur italien, se tranche la gorge en s'accusant d'avoir tué Wolfgang Amadeus Mozart. Enfermé dans un asile, ce vieil homme égaré se confesse au père Vogler. Trente-deux ans plus tôt, en 1781, Antonio Salieri a la faveur de l'empereur mélomane Joseph II. Musicien réputé, il est le compositeur officiel de la Cour.

TELERAMA:
Le film de Forman est chargé en dorures, candélabres, perruques poudreuses à faire passer la cour de l’empereur pour un troupeau de moutons. Mais ce n’est pas ce qu’on lui a reproché. Ce Mozart-là chamboule la dignité des gravures. Tom Hulce lui donne tout ce qu’il peut et, illustre inconnu en 1984, n’a pas été revu depuis. Il saute, glousse, joue du piano debout, à l’envers… C’est Elton John en brodequins ! Et il y a son rire. Un rire de gosse, de fou. Amadeus est rythmé par la musique de Mozart, mais c’est ce rire obscène qui le ponctue, le griffe, le signe.
Raconter l’histoire d’un génie solaire par le biais de la jalousie d’un rival obscur (Salieri) était une assez riche idée. Ne rien cacher de la « mauvaise vie » qui sous-tendait sa belle musique : pas mal non plus, quitte à choquer. Mais le grand truc d’Amadeus, n’est-ce pas ce rire idiot, la perpétuelle touche de ridicule qui ramène au genre humain ce type habitué depuis des lustres à loger parmi les dieux ?
AMADEUS ,Milos Forman 1984, Tom Hulce (E)
Vienne, novembre 1823. Antonio Salieri, compositeur italien, se tranche la gorge en s'accusant d'avoir tué Wolfgang Amadeus Mozart. Enfermé dans un asile, ce vieil homme égaré se confesse au père Vogler. T ...

@

AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste


Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

TELERAMA:
Par petites touches, toujours avec une infinie délicatesse, le cinéaste assume un mélodrame pur et dur sur la gestion du chagrin. Film lumineux sur le deuil, Amanda agit comme un baume miracle. On en ressort le cœur serré mais plein d’espoir.
AMANDA, Mikhael Hers 2018, Vincent Lacoste (E)
Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au jour le jour. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l'heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa s&oe ...

@

AMANTS, Nicole Garcia 2021, Pierre Niney, Stacy Martin


Lisa et Simon sont inséparables. Ils sont passionnés l'un par l'autre depuis leur adolescence. Une tragédie survient, provoquée par les activités criminelles de Simon. Il est en danger et s'enfuit. Sans Lisa. Elle attend en vain des nouvelles de lui. Trois ans plus tard, elle est mariée à Léo lorsque leurs chemins se croisent à nouveau sur une île de l'océan Indien.

TELERAMA:
La direction d’acteurs de Nicole Garcia s’avère une fois encore impeccable. Stacy Martin a tout d’une proie noyée, mélancolique, mais semble aussi détachée, protégée par une carapace. Benoît Magimel impressionne, tout en pesanteur oppressante. Pierre Niney est fiévreux, tragique à souhait. Leur partition cisèle à merveille ce diamant noir.
AMANTS, Nicole Garcia 2021, Pierre Niney, Stacy Martin (E)
Lisa et Simon sont inséparables. Ils sont passionnés l'un par l'autre depuis leur adolescence. Une tragédie survient, provoquée par les activités criminelles de Simon. Il est en danger et s'enfuit. Sans Li ...

@

AMARCORD, Federico Fellini 1973, Magali Noel, Pupella Maggio (societe)@@@


Chronique autobiographique de Federico Fellini rêvée à Corpole, dans l'Italie fasciste des années 30, où quelques souvenirs d'enfance, fantasmes sexuels et ses visions oniriques se mêle à son goût pour les récits digressifs et truculents. Les habitants célèbrent l'arrivée du printemps en brûlant tout ce qui leur tombe sous la main. La Volpina, une étrange mythomane, subit la rudesse des noceurs. La belle Gradisca s'exhibe en compagnie de ses soeurs.

TELERAMA
À Rimini, les seins de la Gradisca et la parade grotesque des fascistes… Fellini sublime ses souvenirs.
Jamais Fellini n'a été plus proche de l'autobiographie qu'avec ce film au titre évocateur : « Je me souviens », en dialecte romagnol. Souvenirs plus ou moins avérés, donc, du jeune Federico, quand il découvrait la vie à Rimini dans les années 1930.

La mémoire transforme ces instantanés de vie ordinaire en saynètes, tableaux, images irrésistibles. Au fil d'une chronique décousue main surgissent les seins de la Gradisca, l'hyperbolique vamp locale, le directeur du cinéma qui s'est fait la tête d'un célèbre jeune premier hollywoodien, le fabuleux paquebot Rex glissant dans la nuit et la parade grotesque des pompeux guignols en uniforme de la fête fasciste. Rassemblés, tous ces signes, trop beaux pour ne pas être véridiques, cernent les émois d'une adolescence hantée par « la chair » et le péché qui va avec, confrontée à la molle veulerie ambiante vis-à-vis du régime mussolinien, et traversée aussi d'une gravité furtive quand, une nuit, un violon solitaire joue L'Internationale...

La plus mince anecdote est, ici, sublimée par l'oeil de l'artiste Fellini (et de ses complices, le chef op Giuseppe Rotunno et le compositeur Nino Rota) et représente un incomparable hommage au cinéma. Celui qui faisait fantasmer l'adolescent de Rimini et celui qui permet au Maestro de continuer à transfigurer la réalité en rêve éveillé.
AMARCORD, Federico Fellini 1973, Magali Noel, Pupella Maggio (societe)@@@ (E)
Chronique autobiographique de Federico Fellini rêvée à Corpole, dans l'Italie fasciste des années 30, où quelques souvenirs d'enfance, fantasmes sexuels et ses visions oniriques se mêle à son g ...

@

AMEN, Costa-Gavras, Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz (histoire)@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne. Kurt Gerstein, médecin en poste à l'institut d'hygiène de la Waffen SS, devient le superviseur de l'approvisionnement en gaz Zyklon B des camps de la mort nazis. De passage à Auschwitz, il découvre, horrifié, la terrible réalité des chambres à gaz.

TELERAMA:
le film Amen est un pamphlet contre la lâcheté. Ce que pourfend Costa-Gavras, c'est ce que l'Eglise luthérienne d'Allemagne a appelé « le silence et l'abandon ». Et ce que Jean-Paul II a qualifié de fautes commises « par faiblesse ou par erreur d'appréciation, pour tout ce qui a été fait ou dit de manière indécise et inappropriée ». Les Etats se sont toujours humanisés avec lenteur...
AMEN, Costa-Gavras, Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz (histoire)@@ (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne. Kurt Gerstein, médecin en poste à l'institut d'hygiène de la Waffen SS, devient le superviseur de l'approvisionnement en gaz Zyklon B des camps de la mort nazis. De passa ...

@

AMERICAN GANGSTER, Ridley Scott 2007, Russell Crowe, Denzel Washington (thriller)@@


En 1970, dans le quartier de Harlem à New York, Frank Lucas décide de prendre la relève du trafic de drogue, suite à la mort du caïd local dont il était le chauffeur et confident depuis quinze ans. Jeune, ambitieux et intelligent, il ne veut dépendre de personne et met son propre réseau sur pied. Utilisant les avions de l'armée américaine, il importe des quantités massives d'héroïne et amasse rapidement une fortune colossale.

TELERAMA
À partir de l’extraordinaire histoire du “parrain noir de Harlem”, Ridley Scott réinvente, plutôt bien, le film de gangster seventies. Dommage qu’il arrive après Scorsese et Coppola…

L'unique raison qui empêche American Gangster d’atteindre le niveau des fameux modèles qui l’ont inspiré, c’est précisément le fait d’arriver après. Après Scorsese. Après Coppola. Le scénario est pourtant 100 % inédit et s’inspire de la vie de Frank Lucas, trafiquant de drogue d’un nouveau genre, qui régna sur Harlem de 1968 à 1972, distribuant à ses « frères » aussi bien des dindes pour Thanksgiving que des sachets d’héroïne pure en provenance du Vietnam. La Cosa Nostra ne voit pas l’arrivée de ce concurrent — qui plus est, noir — d’un bon œil. La police, ultra corrompue, a du mal à cerner ce businessman de la poudre, – mari fidèle et fils affectueux.


Le seul à comprendre Frank Lucas, c’est Richie Roberts, un flic incorruptible méprisé par ses collègues ripoux. Les deux héros ont en commun le sens de la morale et le goût du travail bien fait. Un peu comme Ridley Scott. Décomplexé par son scénario vintage, il s’applique à copier aussi le style des films de l’époque jusque dans la BO, avec un clin d’œil à la Blaxploitation (la chanson de Meurtres dans la 110ᵉ Rue). Après avoir dépoussiéré le péplum (Gladiator) et le film médiéval (Kingdom of Heaven), Scott ressuscite le polar seventies. Vous n’aimez pas les madeleines ?
AMERICAN GANGSTER, Ridley Scott 2007, Russell Crowe, Denzel Washington (thriller)@@ (E)
En 1970, dans le quartier de Harlem à New York, Frank Lucas décide de prendre la relève du trafic de drogue, suite à la mort du caïd local dont il était le chauffeur et confident depuis quinze ans. Je ...

@

AMERICAN GIGOLO, Paul Schrader 1980, Richard Gere, Lauren Hutton (thriller sentimental)@


Julian Kay, 30 ans, vit à Los Angeles. Beau, libre et indépendant, il monnaie ses charmes auprès de dames riches et esseulées pour gagner sa vie. Il accepte un jour de se rendre à Palm Springs, auprès de la femme d'un financier sadique et voyeur. Le lendemain, sa cliente est retrouvée morte.

TELERAMA
Les films de Paul Schrader ont le mysticisme épais. Par moments, ce sens de la faute et d'une possible rédemption donne des résultats catastrophiques (Hardcore). Ici, c'est limite. Schrader raconte l'histoire d'un homme de plaisir (donc de péché, aux yeux du réalisateur), ­accusé de meurtre et sauvé par la pureté du sentiment amoureux qui le submerge. La fin évoque Bresson : « Quel long chemin il m'a fallu pour parvenir jusqu'à toi », dit le gigolo ­Richard Gere à Lauren Hutton, tel le héros de Pickpocket. Ce qui, tout de même, prête à sourire... Musique à succès de Giorgio ­Moroder et un tube mondial pour Call me, de Blondie.
AMERICAN GIGOLO, Paul Schrader 1980, Richard Gere, Lauren Hutton (thriller sentimental)@ (E)
Julian Kay, 30 ans, vit à Los Angeles. Beau, libre et indépendant, il monnaie ses charmes auprès de dames riches et esseulées pour gagner sa vie. Il accepte un jour de se rendre à Palm Springs, auprè ...

@

AMERICAN NIGHT, Alessio Della Valle 2021, Jonathan Rhys Meyers (thriller)@


John Kaplan, ancien faussaire devenu marchand d'art, a perdu à la fois sa galerie et sa petite amie. Vincent, son demi-frère, débarque avec une authentique toile disparue d'Andy Warhol : la Marilyn Rose. Qu'importe la façon dont cette toile est arrivée ici, John pense avoir enfin trouvé une solution à tous ses problèmes. Hélas, Michael Rubino, criminel et peintre raté, enlève son ex-petit amie. L'enjeu est clair : c'est le tableau contre la vie sauve de l'amour de sa vie.

TELERAMA
La réapparition à New York du "Pink Marilyn", le célèbre tableau d'Andy Warhol, provoque le chaos dans le monde de l'art contemporain. Michael Rubino, le nouveau chef de la mafia locale, ne reculera devant rien pour s'emparer de cette oeuvre qu'il convoite depuis des années. Mais, afin d'y parvenir, il devra se battre contre John Kaplan, un marchand d'art, Sarah Flores, une conservatrice de musée, et Vincent, un cascadeur. Commence alors une lutte impitoyable pour l'art, le pouvoir et l'argent...
AMERICAN NIGHT, Alessio Della Valle 2021, Jonathan Rhys Meyers (thriller)@ (E)
John Kaplan, ancien faussaire devenu marchand d'art, a perdu à la fois sa galerie et sa petite amie. Vincent, son demi-frère, débarque avec une authentique toile disparue d'Andy Warhol : la Marilyn Rose. Qu'importe la f ...

@

AMERICAN SNIPER, Clint Eastwood 2014, Bradley Cooper, Sierra Miller (guerre)@@@


Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but: protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende."

TELERAMA
Tireur d’élite américain, Chris Kyle est rentré d’Irak en héros traumatisé. Une biographie percutante et sombre bilan de la guerre au Moyen-Orient, par Clint Eastwood.

Dans le titre, c’est le mot « American » qui compte le plus. Clint Eastwood raconte une histoire, une croisade, un conditionnement américains. Il le fait en tant qu’Américain, bien sûr, mais pas sans lucidité. Sa biographie du tireur d’élite Chris Kyle, envoyé en Irak quatre fois, est empreinte d’une désespérance de plus en plus funèbre.

L’enfance du tireur, au Texas, est marquée par une éducation à la serpe. Le père divise une fois pour toutes l’humanité en trois catégories : les loups, les brebis et les chiens de berger. Cette Amérique est bien la « société primitive de l’avenir » que décrivait jadis l’essayiste Jean Baudrillard. Une fabrique de soldats obsédés par la protection de leurs compatriotes.

Dans son diptyque sur la bataille du Pacifique, Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, le cinéaste consacrait un volet entier au point de vue japonais. Rien de tel, cette fois, avec les Irakiens. Mais le film dit sans équivoque la hideur de cette guerre, pendant et après, avec les images réalistes des vétérans mutilés et la tournure borderline que prend la vie de Chris Kyle une fois rentré. À la fin, l’omniprésence d’un fusil, comme chevillé au corps du jeune vétéran, jusque dans son étreinte avec son épouse, distille le malaise et annonce la violence – pas celle que l’on croit. Un grand moment de terreur insidieuse.
AMERICAN SNIPER, Clint Eastwood 2014, Bradley Cooper, Sierra Miller (guerre)@@@ (E)
Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but: protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les r&eac ...

@

AMIS D ENFANCE, Sam Karmann et Serge Khalfon 2022, Isabelle Gelinas, Nicolas Briancon


Pierre et Aline, la cinquantaine, décident de profiter une dernière fois de leur maison d'hôtes dont ils cessent l'activité, en invitant des amis. C'est au tour de Max, ami d'enfance de Pierre, et de sa femme Charlotte d'être invités.

TELERAMA
Écrit à l’origine pour le théâtre, puis tourné sous forme de téléfilm (pandémie oblige), ce quasi-huis clos nous fait le coup des amis de longue date qui se déchirent progressivement à grands coups de vérités assénées au-dessus d’un dîner arrosé. Le canevas rappelle divers classiques du genre (dans le registre théâtral, on pense à Art, de Yasmina Reza, ou au Prénom, de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière). Sauf qu’ici, loin d’être réjouissant, le jeu de massacre tourne court : la faute à des dialogues redondants et pas assez incisifs, mais aussi à une mise en scène qui peine à insuffler le rythme requis par ce genre d’exercice. Peu convaincant, malgré la bonne prestation des comédiens.
AMIS D ENFANCE, Sam Karmann et Serge Khalfon 2022, Isabelle Gelinas, Nicolas Briancon (E)
Pierre et Aline, la cinquantaine, décident de profiter une dernière fois de leur maison d'hôtes dont ils cessent l'activité, en invitant des amis. C'est au tour de Max, ami d'enfance de Pierre, et de sa femme Char ...

@

AMISTAD, Steven Spielberg 1997, Morgan Freeman, Anthony Hopkins (histoire)@@


En 1839, L'Amistad, navire espagnol transportant des esclaves africains, est pris dans une violente tempête au large de Cuba. Une cinquantaine de prisonniers réussissent à se libérer de leurs chaînes et se retournent contre leurs bourreaux, qu'ils passent par les armes.

TELERAMA
En 1839, un navire espagnol portant le nom d'Amistad (« amitié ») est chargé d'esclaves africains. Par une nuit de tempête, ils se mutinent, échouent au Connecticut et sont faits prisonniers. Leur procès va s'élargir à un débat sur l'esclavagisme qui préfigure la sécession Nord-Sud.

Il y avait là matière à un film haletant, Spielberg s'en acquitte à merveille, mais, hélas, le temps d'un simple récit inséré dans une entreprise plus ambitieuse. Il y a aussi, dans Amistad, un peu d'histoire des Etats-Unis et pas mal de théâtre au prétoire. Spielberg cherche son héros : Baldwin, l'avocat malin, Joadson, l'anti-esclavagiste, ou Cinqué, chef naturel des Africains ? Tous finissent par s'effacer devant leur pays. En voulant élever systématiquement ses personnages au rang de symboles, le film ne cesse de les réduire. Et l'Amérique sort de là purifiée de toute culpabilité, puisque l'esclavage, nous dit-on, c'était surtout les Espagnols qui le pratiquaient, et cela commençait même en Afrique. — François Gorin
AMISTAD, Steven Spielberg 1997, Morgan Freeman, Anthony Hopkins (histoire)@@ (E)
En 1839, L'Amistad, navire espagnol transportant des esclaves africains, est pris dans une violente tempête au large de Cuba. Une cinquantaine de prisonniers réussissent à se libérer de leurs chaînes et se r ...

@

AMOUR ET TURBULENCES, Nicolas Bedos 2013, Ludivine Sagnier (sentimental)@@


Julie, sculptrice, s'apprête à quitter New York pour Paris où elle va retrouver Franck, son futur mari avocat. Antoine, grand séducteur, quitte lui aussi la Grosse Pomme pour la Ville Lumière où il espère décrocher un poste important. Dans l'avion, complet, le hasard les place côte à côte. Et il se trouve que Julie et Antoine se sont aimés puis quittés. Au cours du vol, les souvenirs refont surface, les bons comme les moins bons.

TELERAMA:
Comme tous les héros de comédie romantique, Nicolas Bedos et Ludivine Sagnier jouent à chien et chat, le temps d'un vol Paris-New York ponctué de flash-back. Mais ce film d'Alexandre Castagnetti peine à trouver le rythme des love stories hollywoodiennes dont il s'inspire.
AMOUR ET TURBULENCES, Nicolas Bedos 2013, Ludivine Sagnier (sentimental)@@ (E)
Julie, sculptrice, s'apprête à quitter New York pour Paris où elle va retrouver Franck, son futur mari avocat. Antoine, grand séducteur, quitte lui aussi la Grosse Pomme pour la Ville Lumière où il e ...

@

AMOUR, Michael Haneke 2012, Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva (societe)@@@


Anne et Georges, deux professeurs de musique, coulent une retraite paisible dans leur appartement parisien. Un temps heureux, avant qu'une petite attaque cérébrale ne frappe Anne. L'opération qu'on leur propose se solde par un échec et Anne est bientôt victime d'une seconde attaque. C'est le début d'un douloureux déclin pour elle et celui d'un difficile combat pour lui.

TELERAMA
Le film montre comment le dépérissement et l’imminence de la mort resserrent le lien et renforcent l’autarcie. Comment un couple redevient, dans l’épreuve finale, une cellule fusionnelle, excluant les autres.
Avec Michael Haneke, on voit toujours le plus terrible, le plus dérangeant. Mais, dans ce film-ci (Palme d’or à Cannes en 2012), on voit aussi le plus familier, le plus tendre. À la fois les extrémités du quotidien partagé et les gestes extrêmes de l’amour… De l’amour, ou autre chose d’insondable, voilà toute la question. « Tu es un monstre, mais tu es gentil », dit ainsi la mourante à son époux.
Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva sont au-delà des larmes, et d’autant plus impressionnants. Mais ils se fondent, humblement, dans le grand dessein de Haneke : livrer une sorte de témoignage fictionnel sur les confins de la condition humaine. Avec, de loin en loin, des images mentales qui nous hantent comme si elles étaient fichées dans nos cerveaux ­depuis toujours.
AMOUR, Michael Haneke 2012, Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva (societe)@@@ (E)
Anne et Georges, deux professeurs de musique, coulent une retraite paisible dans leur appartement parisien. Un temps heureux, avant qu'une petite attaque cérébrale ne frappe Anne. L'opération qu'on leur propose se solde ...

@

AMY, Asif Kapadia 2015, Tyler James Amy Winehouse (bio)@@


Comme Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin, Amy Winehouse est morte à 27 ans. Peu de zones d’ombre demeurent autour de sa mort. La caméra suivait déjà la diva soul londonienne quand elle sortait de l’enfance, prenant des poses de princesse sexy pour chanter Happy Birthday à une copine. Et ne l’a plus quittée… Elle est l’une des premières icônes filmées partout et par tout le monde.
Asif Kapadia s'est plongé dans l'oeuvre de cette incroyable chanteuse, récompensée par six Grammy Awards, avant de recueillir le témoignage de ses proches : ses copines d'enfance, sa famille, son producteur, Mark Ronson, le chanteur Pete Doherty et aussi son ex-mari, Blake Fielder. En explorant les archives visuelles, il a notamment déniché des vidéos inédites, comme ces instants volés par le caméscope familial.

TELERAMA
En piochant dans ce foisonnement de séquences, le cinéaste britannique d’origine indienne Asif Kapadia tisse une chronique dérangeante et triste à pleurer de la foire à la célébrité. Le documentariste a déniché une multitude d’images saisissantes, d’autant plus inédites qu’elles ont été filmées dans l’intimité de la chanteuse. Tous les proches sont de la partie et livrent leur témoignage en voix off.
On se demande quels pactes diaboliques furent scellés pour qu’il nous soit permis de voir la jeune star voguer d’appartement en chambre d’hôtel, de cuite en cuite et d’amoureux en amoureux. Jusqu’au centre de désintoxication, filmé de l’intérieur par un amant particulièrement poison.
Tous ces documents ont pour effet de nous river à l’écran, sans qu’on en soit fier pour autant. Leur vertu est de nous faire communier, comme rarement, avec la musique et ses sources. L’instant poignant où Amy chante le morceau Back to black, qu’elle vient d’écrire sur le coin d’une table, a peu d’équivalents dans l’histoire du documentaire rock.
AMY, Asif Kapadia 2015, Tyler James Amy Winehouse (bio)@@ (E)
Comme Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin, Amy Winehouse est morte à 27 ans. Peu de zones d’ombre demeurent autour de sa mort. La caméra suivait déjà la diva soul londonienne quand elle sortait de l& ...

@

AN AMERICAN AFFAIR, William Olsson 2009, Gretchen Mol, James Rebhorn, Cameron Bright


L'amour et l'ambition politique vont ensemble à l'encontre de la tromperie dans cette histoire pleine de suspense. Sam Brady est un procureur fédéral prêt à faire ce qu'il faut pour arriver au sommet, y compris l'extorsion d'informations incriminant Mulroney, un officier de police corrompu.
AN AMERICAN AFFAIR, William Olsson 2009, Gretchen Mol, James Rebhorn, Cameron Bright (E)
L'amour et l'ambition politique vont ensemble à l'encontre de la tromperie dans cette histoire pleine de suspense. Sam Brady est un procureur fédéral prêt à faire ce qu'il faut pour arriver au sommet, y com ...

@

ANASTASIA, Anatole Litvak 1956, Ingrid Bergman, Yul Brynner (histoire)@@


Vérité ou imposture ? La jeune réfugiée découverte à Paris en 1928 serait-elle la véritable princesse Anastasia, la plus jeune des filles du Tsar Nicolas II de Russie, seule rescapée du massacre de sa famille par les Bolcheviks dix ans auparavant ? C'est ce que deux escrocs tentent de faire croire afin de toucher la fortune du Tsar.

TELERAMA
Anna Koreff, ravissante jeune femme amnésique, serait-elle en fait la grande-duchesse Anastasia, seule héritière des Romanov ? Amour, suspense (mou), mythomanie, escroquerie… Et à l’arrivée un film insipide malgré de somptueux interprètes.

Paris, en 1926, un groupe d’exilés veut récupérer la fortune du tsar et recherche sa fille Anastasia, prétendument rescapée. À défaut, un sosie fera l’affaire. On trouve une jeune femme amnésique, dont on entreprend l’éducation, afin de persuader la tsarine qu’elle est sa petite-fille…

Cette superproduction des années 50 est, bien entendu, plus proche de la réalité que le dessin animé de Don Bluth, plus « disneyien » que Disney. Elle signait le retour à Hollywood d’Ingrid Bergman. D’un point de vue historique, elle n’apporte rien de nouveau au mystère, préférant jouer la carte du romanesque. Le scénario entretient jusqu’au bout l’incertitude quant à la véritable identité de la jeune femme. Elle-même se cherche et se résout peu à peu à n’être qu’un rôle, celui d’Anastasia, avec le concours de son Pygmalion, qui paraît tour à tour perfide et humain.

La lente construction de ce personnage régi par des codes d’apparat est assez captivante, car elle devient l’unique enjeu du film. Elle s’accompagne d’une transformation de l’actrice. Au début, hagarde, affolée, Ingrid Bergman s’assagit peu à peu et impose avec finesse sa magnifique présence. Que Yul Brynner, qui a comme toujours fière allure, tombe sous le charme de sa création, est somme toute parfaitement logique.
ANASTASIA, Anatole Litvak 1956, Ingrid Bergman, Yul Brynner (histoire)@@ (E)
Vérité ou imposture ? La jeune réfugiée découverte à Paris en 1928 serait-elle la véritable princesse Anastasia, la plus jeune des filles du Tsar Nicolas II de Russie, seule rescapée d ...

@

ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@


Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La principale suspecte est alors toute désignée : Sandra, l'épouse du défunt, qui va devoir se défendre lors d'un procès. Si les analyses n'ont pas permis d'établir avec certitude la cause du décès - suicide ou meurtre -, les soupçons des enquêteurs ont amené à l'arrestation de Sandra. Un an plus tard, lors du procès, tous les détails de la vie du couple sont disséqués et notamment l'infidélité de la mère, le tout en présence du jeune Daniel...

TELERAMA
Sandra a-t-elle tué son mari ? Ou est-ce un suicide ? Justine Triet dissèque le naufrage d’un couple au scalpel. Une Palme d’or au scénario diabolique.

Dans un coin isolé de montagne, un homme a chuté, du haut de sa maison. Il est retrouvé mort, par son fils, 11 ans, malvoyant, revenu d’une promenade avec son chien. Que s’est-il passé ? L’hypothèse de l’accident étant assez vite écartée, il reste le suicide. Ou l’homicide. Une enquête est ouverte. L’épouse du défunt, Sandra (Sandra Hüller, formidable en femme de tête, séduisante dans son refus de l’être), romancière réputée, présente dans la maison au moment des faits, est suspectée. Arrive aussitôt un ami de confiance (Swann Arlaud), avocat de profession, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Il lui demande de raconter en détail tout ce qu’elle a fait, ce qu’elle a entendu. S’il laisse comprendre que pas mal d’éléments l’accablent, il est clair qu’il ne doute pas de son innocence.

Et nous ? On ne cessera d’apprendre et d’être bousculé, de s’interroger, avant de se forger sa propre conviction ou de se raccrocher au bénéfice du doute. Il y a bien là tous les éléments concourant au suspense d’une véritable intrigue policière, mais largement rehaussée d’une approche très intime des personnages. Dès le début, un sentiment de proximité s’instaure en effet avec Sandra, cette héroïne complexe, monstre d’ambiguïté, appréhendée (au double sens du mot) dans son foyer, lieu d’ancrage et d’effondrement de l’histoire. Le décor, la vie matérielle et domestique, l’expertise des faits, d’un côté ; de l’autre, le vertige de la fiction, la verticalité de l’abîme, le puits sans fond d’une vérité multiple.

Scénario diabolique
Voilà comment se déploie Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023 et quatrième long métrage d’une réalisatrice (La Bataille de Solférino, Victoria, Sibyl) qu’on défend ardemment depuis ses débuts. Et qui franchit clairement un palier, avec ce film ambitieux sur la défaite d’un couple, analysée et disséquée avec d’autant plus d’intérêt que les protagonistes semblent très lucides sur eux-mêmes. Ce sont des fortes personnalités, ayant chacune la passion de l’écriture. Passion contrariée chez Samuel, le mari, professeur charismatique, qui avait décidé de faire classe à leur fils à la maison. Est-ce par manque de temps, d’énergie, de confiance en lui ? Il n’était pas parvenu au statut de reconnaissance littéraire de sa femme.

Bataille d’ego, désir, frustration, mensonges, jalousie sont au cœur du film. Faire perdurer le couple n’est pas chose aisée, il faut que chacun y trouve sa place, son équilibre, son indépendance. C’est une construction fragile, où peut surgir de la violence, en mots voire en actes. Arthur Harari et Justine Triet, couple à la ville, le savent pertinemment. C’est ensemble qu’ils ont écrit ce scénario diabolique, manière qu’on imagine heureuse pour eux d’expurger le pire. La grande sagacité de leur histoire est d’aborder cette faillite du couple à travers tous les angles — psychologique, politique, sexuel et finalement judiciaire. Pari fou, pleinement gagné.

Le procès de Sandra ne va pas sans théâtre — voir le numéro virevoltant de l’avocat général (Antoine Reinartz, histrion pernicieux à souhait). L’enceinte de ce tribunal est une scène qui offre un terrain idéal pour tout apprendre de l’inculpée, sachant que voir sa vie privée ainsi exposée en public n’est pas sans risque pour son fils meurtri, Daniel, un garçon vif, intense. Il est rarissime qu’un enfant soit dépeint ainsi, avec tant d’aplomb et de foi, balayant toute sagesse ou principe de précaution. Et c’est sans doute la hardiesse majeure du film : faire de Daniel, face à sa mère accusée du meurtre de son père, une sorte de voyant extralucide. Qui laisse médusée, par ses témoignages, la présidente du tribunal.

Croire en la capacité d’écoute et de raisonnement de chacun. Voilà ce qui motive Justine Triet, si sensible dans sa mise en scène au son, à la parole, à la langue — aux langues : bien qu’allemande, Sandra parle le français et l’anglais, dont la traduction constitue ici un enjeu de plus. Voilà du cinéma qui veille en somme à toujours élever ses personnages vers le haut, quels que soient leur égoïsme, leur ingratitude ou leur cruauté. Tout le contraire d’une chute.
ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@ (E)
Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La princip ...

@

ANDREI ROUBLEV, Andrei Tarkovski 1966 (biopic)@@@


En Russie, au début du 15e siècle. Andrei, Kirill et Danill, trois moines peintres d'icônes, se rendent chez le maître Théophane le Grec pour participer à la décoration de la cathédrale de Moscou. Seul Andrei est choisi pour ce travail. Il traverse le pays avec son apprenti pour rejoindre la capitale.

TELERAMA
Un un prologue et huit tableaux, la vie d’un moine et peintre d’icônes dans la Russie du XVᵉ siècle. Dès ce deuxième film du réalisateur, tout y est. L’exigence de Tarkovski vis-à-vis de lui-même et de son spectateur. Et sa compassion pour les créatures que nous sommes.

Bien sûr, les hommes du XVᵉ– ou du XXIᵉ – siècle recrucifieraient le Christ s’il revenait parmi eux (d’où cette séquence inouïe d’un Golgotha sous la neige en Russie). Bien sûr, le chemin est ardu ; les lâchetés et les trahisons sont multiples. Mais le doute n’est pas permis : écœuré par ce qu’il a vu et vécu, le peintre retrouve la force de créer en contemplant un adolescent qui, pour construire une cloche gigantesque, a misé sur la foi et non sur la raison. Comme une réponse à la tentation du silence éclatent, à la fin – seules séquences en couleurs –, les icônes peintes par Roublev. Dorées. Lumineuses. Chatoyantes. « À travers l’art, disait Tarkovski, l’homme exprime son espoir. Tout ce qui n’exprime pas cet espoir, ce qui n’a pas de fondement spirituel, n’a aucun rapport avec l’art. »
ANDREI ROUBLEV, Andrei Tarkovski 1966 (biopic)@@@ (E)
En Russie, au début du 15e siècle. Andrei, Kirill et Danill, trois moines peintres d'icônes, se rendent chez le maître Théophane le Grec pour participer à la décoration de la cathédrale ...

@

ANGE ET GABRIELLE, Anne Giafferi, Patrick Bruel, Isa belle Carre (sentimental)@@


Gabrielle élève seule sa fille Claire. À 17 ans celle-ci est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle prend les choses en main et décide de demander de l'aide au père de Simon. Elle débarque donc dans le bureau d'Ange, mais celui-ci, célibataire endurci et grand séducteur, n'a jamais assumé sa paternité et n'a aucune intention de le faire. C'est une première rencontre explosive mais Gabrielle ne manque ni de charme, ni de détermination.

TELERAMA:
Platement adaptée d’une pièce de théâtre (L’Eveil du chameau, de Murielle Magellan), cette comédie romantique peine à faire oublier ses origines boulevardières. Anne Giafferi voudrait évoquer les familles monoparentales, parler de reconnaissance paternelle et railler le machisme contemporain. Mais l’absence de férocité se retourne contre le film. Soucieux de préserver sa popularité, Bruel s’avère incapable d’insuffler la moindre méchanceté à son personnage — comme Yves Montand, acteur modèle pour la cinéaste, savait le faire. Ange et Gabrielle est à son image : pas fondamentalement déplaisant, mais bien inoffensif.
ANGE ET GABRIELLE, Anne Giafferi, Patrick Bruel, Isa belle Carre (sentimental)@@ (E)
Gabrielle élève seule sa fille Claire. À 17 ans celle-ci est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle prend les choses en main et décide de demander de l'aide au pèr ...

@

ANGELE ET TONY, Alix Delaporte 2010, Clotilde Hesme, Grégory Gadebois (sentimental)@@


Un port de pêche en Normandie. Angèle, une belle jeune femme à la dérive, en liberté conditionnelle et désargentée, débarque à Port-en-Bessin, en Normandie, dans une commune frappée par la crise économique, tandis que son fils de 10 ans vit chez ses grands-parents. Tony, un marin-pêcheur, dont le père s'est perdu en mer, l'héberge et la place à la halle aux poissons... Angèle a de bonnes raisons de se construire une nouvelle vie lorsqu'elle débarque dans celle de Tony, marin pêcheur solitaire. Malgré le désir qu'il a pour elle, Tony garde ses distances. Angèle le cherche. Tony l'observe.Trop belle, trop déroutante, il ne peut croire qu'elle est là pour lui.

TELERAMA
Les amours improbables, mais émouvantes, d’une belle plante paumée et d’un marin pêcheur bourru. Clotilde Hesme et Grégory Gadebois dans un superbe duo.

Personne ne pourrait y croire. Ni vous, ni nous, ni Tony. Quand Angèle débarque un jour dans sa vie, sortie de nulle part mais déterminée à s’incruster, il cherche l’erreur. Qu’est-ce qu’une belle fille comme elle, avec ses longues jambes, son vélo volé et son air paumé, vient faire avec un type comme lui ? Tony, le marin-pêcheur trapu, bourru et taiseux, résiste autant qu’il peut.

Dans les embruns d’un port normand, il s’agit pourtant d’amour, entre un ours solitaire et une poupée androgyne un peu cassée (Angèle a un secret), à petits pas décisifs. Angèle la sauvageonne en rupture d’éducation et en mal de repères apprend à distinguer une sole d’une limande. Plus tard, Tony lui fait répéter le rôle de… Blanche-Neige. C’est bien un conte de fées, touchant, insolite et modeste, que s’offre Alix Delaporte. Une histoire de renaissance et d’espoir, qui appuie parfois un peu trop là où ça fait sens — Angèle « remonte » la pente, encore et encore, avec détermination, sur sa bicyclette.

On se laisse malgré tout emballer par ce couple si mal assorti, mais si harmonieux. Car les acteurs ont de la grâce. En 2010, on connaissait déjà le talent nerveux, habité de Clotilde Hesme, mais on découvrait Grégory Gadebois. Très sobre, il s’éclaire peu à peu. Du type ordinaire à l’amant craquant, c’est une transfiguration. À la fin, on y croit dur comme fer.

ANGELE ET TONY, Alix Delaporte 2010, Clotilde Hesme, Grégory Gadebois (sentimental)@@ (E)
Un port de pêche en Normandie. Angèle, une belle jeune femme à la dérive, en liberté conditionnelle et désargentée, débarque à Port-en-Bessin, en Normandie, dans une commune frap ...

@

ANGELIQUE marquise des anges, Bernard Borderie 1964, Robrt Hossein, Michele Mercier, Jean Rochefort (saga sentimental)@@


A peine sortie du couvent, la belle et jeune Angélique de Sancé doit épouser, selon le désir de son père impécunieux, Joffrey de Peyrac, un gentilhomme laid, riche et boiteux. Angélique finit pourtant par éprouver une grande passion pour ce mari captivant et fort. Hélas, le jeune Louis XIV passe par le château de Peyrac et, jaloux de la fortune du mari comme de la beauté de sa femme, le fait tomber en disgrâce. Les ennuis commencent. Joffrey est suspecté de sorcellerie, des rivaux veulent s'emparer de ses richesses, d'anciens partisans de la Fronde cherchent à se venger d'Angélique, qui avait fait échouer un de leurs plans. Arrêté puis condamné après un simulacre de procès, Joffrey doit être conduit au bûcher...

TELERAMA
Au risque de paraître ringarde, osons le dire : Angélique, c’est une vraie copine. Ado, on aurait tellement voulu lui ressembler, et, depuis, elle revient régulièrement remuer quelques souvenirs. On lui en veut toujours de faire sa pimbêche avec son comte de mari, sous prétexte qu’elle ne raffole pas des cicatrices. Mais personne ne sait comme elle défier l’autorité du Roi-Soleil, qui, tout penaud, s’excuserait presque d’avoir envoyé son grand amour Joffrey périr sur le bûcher. Alors, Angélique peut bien irriter notre conscience de cinéphile avec ses aventures bon marché aux alibis historico-érotico-romanesques... Quand on était les meilleures amies du monde, on lui avait juré fidélité. Parole tenue.


ANGELIQUE marquise des anges, Bernard Borderie 1964, Robrt Hossein, Michele Mercier, Jean Rochefort (saga sentimental)@@ (E)
A peine sortie du couvent, la belle et jeune Angélique de Sancé doit épouser, selon le désir de son père impécunieux, Joffrey de Peyrac, un gentilhomme laid, riche et boiteux. Angélique finit ...

@

ANGES ET DEMONS, Ron Howard 2009, Tom Hanks (etrange)@@


En plein conclave pour élire le successeur du défunt pape, le Vatican se retrouve au bord d'un séisme. Les Illuminati, confrérie secrète officiellement disparue depuis 4 siècles, ont enlevé les quatre cardinaux favoris pour l'élection. Ils menacent d'en tuer un par heure avant minuit, moment auquel la cité Papale, voire tout Rome, seront détruites par une bombe.

TELERAMA:
En quatre-vingt-dix minutes, le jeu de piste crypté autour des statues du Bernin resterait un pop corn movie plutôt distrayant, alibi culturel en prime. Il fait quarante-cinq minutes de plus... C'est trop, beaucoup trop pour des personnages aussi indigents. Après la polémique avec l'Opus Dei, la production n'a voulu fâcher personne, ni les scientifiques, ni les croyants. Ce qui n'empêche pas les grandiloquentes scènes finales, sur la place Saint-Pierre, de virer à l'étouffe-chrétien...
ANGES ET DEMONS, Ron Howard 2009, Tom Hanks (etrange)@@ (E)
En plein conclave pour élire le successeur du défunt pape, le Vatican se retrouve au bord d'un séisme. Les Illuminati, confrérie secrète officiellement disparue depuis 4 siècles, ont enlevé l ...

@

ANGLES D ATTAQUE, Pete Travis 2008, Matthew Fox, Forest Whitaker (thriller)@


Thomas Barnes et Kent Taylor sont deux gardes du corps chargés d'assurer la protection du Président Ashton lors d'une conférence au sommet sur le terrorisme en Espagne. Peu après son arrivée, le président est victime d'une tentative d'assassinat. Dans la foule, un touriste américain a filmé toute la scène. Rex, reporter pour une chaîne de TV américaine, a elle aussi été le témoin privilégié des 15 minutes avant et après le coup de feu.

TELERAMA
“ Un bon petit film d'action en forme d'exercice de style réussi. Agréable, divertissant mais pas inoubliable. ”
ANGLES D ATTAQUE, Pete Travis 2008, Matthew Fox, Forest Whitaker (thriller)@ (E)
Thomas Barnes et Kent Taylor sont deux gardes du corps chargés d'assurer la protection du Président Ashton lors d'une conférence au sommet sur le terrorisme en Espagne. Peu après son arrivée, le pré ...

@

ANNA, Luc Besson 2019, Sasha Luss, Helen Mirren (thriller science fiction)@@


Derrière sa beauté stupéfiante, Anna Poliatova dissimule une force et des aptitudes hors du commun qui font d'elle l'un des assassins les plus redoutés au monde. Sa nouvelle cible étant à Paris, elle entame sa mission sans renforts et avec les autorités internationales à ses trousses.

TELERAMA
En 1985, le KGB transforme une junkie moscovite en agent chic pour des missions chocs. Autour de ce clone de Nikita, un film d’espionnage divertissant.
Une fille et un flingue, « a girl and a gun » comme on dit à Hollywood, cette formule intemporelle du divertissement trouve en Luc Besson un serviteur éternellement passionné. Pour les fans de cinoche toujours prêts, comme lui, à retomber en enfance, Anna enchaîne des situations de thriller d’espionnage qui procurent un vrai plaisir. Sous les conventions, une obsession personnelle est à l’œuvre, fascination inépuisable pour la femme jeune, dangereuse et en quête de liberté. Même si elle est trop simple, cette image suffit à créer une héroïne attachante. Toute la tension est centrée sur celle qui l’interprète : avec son physique parfait, la top-modèle russe Sasha Luss semble un simple cliché. Mais Luc Besson voit en elle une actrice et, sous nos yeux, elle en devient une. C’est aussi ce qui fait le charme d’Anna.

Luc Besson voit désormais son nom systématiquement associé à l’accusation pour viol dont il fait l’objet, ainsi qu’aux déboires de sa société de production, plombée par l’échec commercial de son grand rêve, Valérian et la Cité des mille planètes (2017). Fragilisé, le cinéaste revient à ses fondamentaux avec un film d’action qui a tout d’un remake de Nikita (1990) et reflète la nostalgie d’une époque où le cinéma était, pour lui, une affaire plus insouciante. Situé, justement, entre 1985 et 1990, Anna raconte comment une junkie moscovite est transformée par le KGB en agent chic pour des missions chocs qui deviennent sa prison…

ANNA, Luc Besson 2019, Sasha Luss, Helen Mirren (thriller science fiction)@@ (E)
Derrière sa beauté stupéfiante, Anna Poliatova dissimule une force et des aptitudes hors du commun qui font d'elle l'un des assassins les plus redoutés au monde. Sa nouvelle cible étant à Paris, ell ...

@

ANNETTE, Leos Carax 2021, Adam Driver, Marion Cotillard


Los Angeles, de nos jours. Henry est un humoriste avec un fort sens de l'humour qui tombe amoureux d'Ann, une chanteuse d'opéra de renommée mondiale. Sous les feux des projecteurs, ils forment un couple passionné et glam.

TELERAMA
Avec un couple iconique formé par Adam Driver et Marion Cotillard, une bande originale qui décoiffe et un scénario signé des Sparks, le film du réalisateur français avait tout pour crever l’écran.
Nous nous aimons tellement… Ça défie toute logique. C’est incompréhensible. » Ces mots sont chantés par Ann (Marion Cotillard), soprano de renommée internationale, et Henry (Adam Driver), star du stand-up. Tous deux flânent dans un paysage doux de Californie, puis filent dans la nuit, enlacés sur une moto. La vitesse, la beauté de ces amoureux, le lyrisme échevelé de Sparks : difficile de ne pas décoller.
Mais la noirceur s’immisce dans le couple, qui a pourtant tout pour être heureux : la gloire, l’argent, une merveille d’ermitage lové dans la verdure ; puis un bébé, étrange à nos yeux mais pas aux leurs, qu’ils prénomment Annette. Entamé par trois coups de théâtre et les musiciens qui commencent à jouer en studio puis en sortent, embarquant avec eux leur musique et les acteurs dans une ronde magistrale, le film est un hymne à toutes les formes de show, du music-hall de Broadway jusqu’aux traques médiatiques avec paparazzi. Le tour de force de Carax est de créer un univers de conte nourri de mythes antiques comme d’actualité contemporaine (du mouvement #MeToo au méga-concert pop).

Carax fait d’Annette le jouet d’une hantise, offrant à travers elle une vision assez terrible de l’enfance, déifiée et instrumentalisée, en proie aux pulsions morbides et au narcissisme blessé des parents. Annette est bien seule dans ce monde où l’amour et la haine semblent inséparables. Où le théâtre est sans limite. Le réalisateur de Holy Motors porte ici les sentiments des personnages à leur paroxysme, dans une sorte de palimpseste magique, où se chevauchent des réminiscences de cinéma (muet, expressionniste, lynchien), de peinture, de mélodies d’autrefois. On ressort de ce maelström à la fois en état d’apesanteur et groggy.
ANNETTE, Leos Carax 2021, Adam Driver, Marion Cotillard (E)
Los Angeles, de nos jours. Henry est un humoriste avec un fort sens de l'humour qui tombe amoureux d'Ann, une chanteuse d'opéra de renommée mondiale. Sous les feux des projecteurs, ils forment un couple passionné et gla ...

@

ANNIE COLERE, Blandine Lenoir 2022, Laure Calamy, Zita Hanrot (societe)@@@


Février 1974. Parce qu'elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l'aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l'adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.

TELERAMA
Un film émouvant, et de merveilleux portraits de femmes, admirablement orchestré par Blandine Lenoir.

Février 1974. Tombée enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, pousse timidement la porte d’une librairie dont l’arrière-boutique accueille un petit groupe du MLAC — Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception —, qui pratique les avortements illégaux, mais de manière non clandestine, aux yeux de tous, comme un acte militant, un an avant la loi Veil. Cette Annie qui, dans son usine de matelas, répond à une syndicaliste « tous ces machins politiques, c’est pas pour moi », va découvrir l’engagement, mais surtout une solidarité féministe qui fait chaud au corps et ouvre l’esprit. Chronique d’une colère qui monte doucement mais sûrement chez une femme comme une autre…

Le film est une merveille. Le précipité d’une époque, façon Les Années, d’Annie Ernaux, qui mêle l’intime et le politique dans les scènes de groupe, comme dans celles, bouleversantes, d’avortement par cette méthode Karman où l’aspiration remplace les aiguilles à tricoter ou le violent curetage à l’hôpital par des médecins traitant les femmes de « salopes »… Hymne à la sororité — ici, le terme n’est pas galvaudé, mais à chaque seconde incarné —, ce film choral et lumineux s’attache au quotidien d’Annie, à sa révélation progressive, mais surtout aux visages, et aux cuisses ouvertes, des femmes. Il y a celle qui a déjà six enfants, mais à laquelle son mari refuse la pilule sous prétexte que « ça rend frigide ». Celle de 17 ans qui comprend à peine comment elle est tombée enceinte. Et Annie, bien sûr, lors de la première séquence d’avortement : un moment rare de cinéma, où Monique (merveilleuse Rosemary Standley) ne la quitte pas des yeux et lui chante une mélodie grecque.

Ailleurs, Laure Calamy, décidément l’actrice française qui sait mettre son talent énergique et le moindre de ses regards au service d’une cause, rit franchement en pratiquant l’auto-examen, étonnée de la beauté de son col de l’utérus et de l’existence de sa prostate ! Lutter avec ou contre les hommes, faire passer le message à sa propre fille, ou regarder Delphine Seyrig mettre les pieds dans le plat à la télé : chaque minute est enthousiasmante. Et il faut voir Zita Hanrot, bombe de féminisme, dans son meilleur rôle, expliquer la vie à un jeune médecin en slip… Ce film aussi passionnant que passionné recèle, enfin, l’une des plus belles répliques entendues au cinéma depuis longtemps : « C’est politique, la tendresse. »
ANNIE COLERE, Blandine Lenoir 2022, Laure Calamy, Zita Hanrot (societe)@@@ (E)
Février 1974. Parce qu'elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception qui pratique les avortemen ...

@

ANNIHILATIIN, Alex Garland, sorti en 2018. Natalie Portman (fantastique)@@


Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale.

TELERAMA
Jugé trop intello par la Paramount, le thriller SF d’Alex Garland sort directement sur Netflix. Mais n’a rien d’une série B.

La présence de Natalie Portman en tête d’affiche d’une science-fiction à gros budget est, en principe, la garantie d’un beau succès au box-office. Annihilation ne sortira pourtant pas au cinéma – hormis dans quelques salles aux Etats-Unis, au Canada et en Chine. Ainsi en a décidé la Paramount qui, après avoir semble-t-il jugé le deuxième film réalisé par le scénariste Alex Garland trop « intello » et « compliqué », a préféré revendre les droits de diffusion à Netflix. Une bonne affaire pour la plateforme de vidéo par abonnement : Annihilation se révèle en effet une bonne surprise. Plus « compliquée », certes, que la grande majorité des blockbusters hollywoodiens, mais aussi beaucoup plus excitante.

Après la chute d’une météorite, des dérèglements écologiques mystérieux (et menaçants) ont été constatés dans des marais en Floride. Des soldats ont été envoyés en mission sur place mais personne n’en est revenu, à l’exception d’un vétéran d’Afghanistan. Problème : Kane (Oscar Isaac) ne se souvient pratiquement de rien et, surtout, est gravement malade. Son épouse, Lena (Natalie Portman, aussi convaincante dans les scènes d’action que dans les moments d’émotion), une biologiste de renom et ancienne militaire elle-même, décide de partir dans la « zone X » avec quatre autres femmes scientifiques, dans l’espoir de trouver un remède.

Pas la peine de nous accuser de « spoiler » le scénario : on sait, dès les premières minutes du récit construit en flash-back, que le voyage va très mal se terminer pour les quatre cinquièmes de l’expédition… Le suspense intéresse moins Alex Garland que les failles intimes de ses héroïnes – ce n’est pas un hasard si l’une des figures clés du récit est une psychologue (jouée de manière anxiogène par Jennifer Jason Leigh). Le combat de ces femmes pour survivre dans un environnement hostile est aussi une lutte contre leurs propres démons dépressifs. Et le fameux phénomène du « shimmer » qui modifie l’ADN de tous les organismes vivants présents dans la « zone X », peut s’interpréter comme une métaphore de la folie (options paranoïa et, surtout, schizophrénie) qui contamine peu à peu les personnages.

La végétation mutante créée par les décorateurs d’Annihilation et, plus particulièrement, les fleurs multicolores qui prolifèrent comme des tumeurs, est l’autre grand atout du film. Mais la faune n’est pas mal non plus : les créatures rencontrées (et, le plus souvent, affrontées) par Lena et ses compagnes empruntent autant aux monstres gore d’Alien ou de The Thing qu’aux chimères merveilleuses de Miyazaki. On songe même à Stalker de Tarkovski devant le décor de la caserne abandonnée, recouverte par les herbes folles. À partir de ces influences hétéroclites, Alex Garland constitue un univers esthétique cohérent, souvent splendide, avec des effets spéciaux étonnants qui poussent les images vers l’abstraction. Des effets de miroirs, de diffraction ou de pixellisation si réussis que l’on regrette de ne pas pouvoir les admirer sur grand écran…
ANNIHILATIIN, Alex Garland, sorti en 2018. Natalie Portman (fantastique)@@ (E)
Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propag ...

@

ANOMALISA, Duke Johnson et Charlie Kaufman 2015 (animation)@@


Michael Stone, mari, père et auteur respecté de "Comment puis-je vous aider à les aider?" est un homme sclérosé par la banalité de sa vie.

TELERAMA
Comment se porte le mâle occidental, du moins le modèle fabriqué au XXe siècle et toujours en circulation, avec ses schémas rigides de réussite sociale et familiale ? Pas bien du tout. Le voici dans l’avion, en déplacement professionnel. Puis dans l’un de ces hôtels standards où l’on ne séjourne que pour le travail. Ce spécimen ressemble à beaucoup d’autres. Voilà pourquoi la technique de l’animation image par image, qui met en mouvement des pantins synthétiques, est d’emblée si éloquente. Le goût américain pour les procédures et les formules toutes prêtes n’a jamais semblé aussi étouffant et risible. Le travail du personnage parachève le tableau : consultant-expert du service clientèle en entreprise. Apparemment mû par une banale pulsion sexuelle, l’homme invite dans sa chambre une autre cliente de l’hôtel, complexée et admirative. Elle seule, par son aptitude inattendue à vivre et à partager l’instant présent, provoquera un court-circuit émotionnel, sinon existentiel…
Anomalisa est une rareté absolue : il faut imaginer un univers où se croiseraient Michel Houellebecq et David Lynch — auquel le film emprunte ses décrochages cauchemardesques. Charlie Kaufman, auteur de cette histoire, qu’il écrivit auparavant pour le théâtre, fut d’abord connu pour ses scénarios, dont celui d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry (2004). Il trouve, avec ce film, la forme idéale pour sa crudité, ses idées noires et son humour sardonique.
ANOMALISA, Duke Johnson et Charlie Kaufman 2015 (animation)@@ (E)
Michael Stone, mari, père et auteur respecté de "Comment puis-je vous aider à les aider?" est un homme sclérosé par la banalité de sa vie.

TELERAMA
Comment se porte le mâ ...

@

ANONYMOUS, Roland Emmerich 2011, Rhys Ifans, Vanessa Redgrave (theatre cape et epee)@


De Mark Twain à Charles Dickens en passant par Sigmund Freud, tous se demandent qui a réellement écrit les œuvres attribuées à William Shakespeare.

TELERAMA
La vérité, enfin, sur ce pantin de Shakespeare ! C'est ce que promettait Roland Emmerich en présentant son film sur Internet. Il allait déboulonner le monument du génie anglais, prouver que cet homme issu d'une famille d'analphabètes n'était l'auteur de rien. Une vieille polémique que le réalisateur d'Independence Day et de 2012 semblait avide de régler une fois pour toutes. Il fait donc de Shakespeare un acteur sans intérêt, un jouisseur seulement intéressé par le vin, les femmes et l'argent. Tellement minable qu'il accepte sans peine d'endosser, contre rémunération et honneurs, la paternité des piè­ces écrites par un grand esprit de l'ombre, le comte d'Oxford, Edward de Vere.

Cette théorie a été combattue avec des arguments sérieux, mais Emmerich esquive le débat. Au lieu de creuser les énig­mes et les contradictions de ce micmac littéraire potentiel, il enchaîne les intrigues chargées de toutes sortes de thèmes shakespeariens. Visuellement séduisant - il lorgne beaucoup sur la série à succès Les Tudor -, le film ne tient pas debout.
ANONYMOUS, Roland Emmerich 2011, Rhys Ifans, Vanessa Redgrave (theatre cape et epee)@ (E)
De Mark Twain à Charles Dickens en passant par Sigmund Freud, tous se demandent qui a réellement écrit les œuvres attribuées à William Shakespeare.

TELERAMA
La vérité, enfi ...

@

ANTARES, Gotz Spielmann 2004, Petra Morzé, Andreas Patton


Eva approche de la quarantaine. Sa vie est bien réglée entre son emploi d'infirmière et ses rôles de mère et de femme. Sa rencontre avec Tomasz, un médecin, va faire exploser cette vie qu'elle contrôlait si bien.

Sonya, une vendeuse en épicerie, est une jalouse maladive. Elle surveille sans cesse son mari Marco. À juste raison. Elle pense qu'un enfant pourrait tout changer. Mais peut-on obtenir de l'amour avec un mensonge ?

Nicole vient de divorcer d'Alex, un agent immobilier. Il n'a plus de place dans sa vie de femme célibataire. La réaction d'Alex va suivre un parcours bien connu : tout d'abord le refus et l'arrogance puis la haine et la violence…
ANTARES, Gotz Spielmann 2004, Petra Morzé, Andreas Patton (E)
Eva approche de la quarantaine. Sa vie est bien réglée entre son emploi d'infirmière et ses rôles de mère et de femme. Sa rencontre avec Tomasz, un médecin, va faire exploser cette vie qu'elle contr& ...

@

ANTHONY ZIMMER, Jerome Salle 2005, Sophie Marceau, Yvan Attal (thriller sentimental)@


Un génie de la finance criminelle tente de déjouer le piège qui lui est tendu par un flic d'exception qui détient sur lui un atout important.

TELERAMA
Pour perdre ceux qui le pourchassent, un génie de la finance criminelle demande à une femme mystérieuse d’accoster un inconnu et de faire croire à la police qu’il est celui que tous recherchent.

On dirait qu’on ferait un film policier et d’amour comme avant, avant l’âge des « relectures » ludiques, des pastiches, du énième degré. Un mec normal tombe donc dans les filets d’une beauté mystérieuse qui le fait passer pour Anthony Zimmer, l’escroc jet-set recherché par toutes les polices. Qui sont-ils vraiment ? D’un côté, le récit est assez consciencieusement conçu pour maintenir un peu de curiosité jusqu’au bout. De l’autre, on manque d’air sur cette Côte d’Azur de pacotille où chacun (Marceau en femme fatale, Attal en blaireau anonyme, Frey en flic ténébreux) n’a droit qu’à une posture et des atours rigidifiés.
ANTHONY ZIMMER, Jerome Salle 2005, Sophie Marceau, Yvan Attal (thriller sentimental)@ (E)
Un génie de la finance criminelle tente de déjouer le piège qui lui est tendu par un flic d'exception qui détient sur lui un atout important.

TELERAMA
Pour perdre ceux qui le pourchassent, un g&eacut ...

@

ANTI-SQUAT, Nicolas Silhol 2023, Louise Bourgoin, Samy Belkessa (societe)@@


Inès est menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. À la recherche d'un emploi, elle est prise à l'essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bureaux inoccupés pour les protéger contre les squatteurs. Son rôle : recruter les résidents et faire respecter un règlement très strict. Inès est prête à tout pour se faire embaucher et s'en sortir avec Adam.

TELERAMA
Inès, menacée d’expulsion avec son fils de 14 ans, est embauchée par Anti-Squat, une entreprise qui prône la protection de bâtiments vacants par l’occupation. Remarquablement interprété et mis en scène, ce film témoigne d’un monde ultralibéral qui prospère sur la misère.

Louise Bourgoin, impeccable Inès obligée d’agir à rebours des valeurs qu’elle défend. Kazak Productions
Menacée d’expulsion, Inès a besoin de décrocher un emploi stable pour ne pas se retrouver à la rue avec son fils de 14 ans, Adam. La trentenaire est prise à l’essai chez Anti-Squat, une entreprise qui, profitant d’une loi sur le logement bien réelle 1, héberge moyennant finances des résidents temporaires dans des immeubles vacants pour éviter qu’ils soient squattés. Son travail ? Être la gardienne d’un vaste ensemble de bureaux déserts dans la banlieue parisienne, recruter ses « locataires » et leur faire respecter un règlement draconien — pas d’enfants ni d’animaux, interdiction de recevoir plus de deux personnes ou de manger dans sa chambre, obligation de participer bénévolement à l’entretien des parties communes…

Inès est en quelque sorte la petite sœur d’Émilie, la responsable des ressources humaines incarnée par Céline Sallette dans Corporate (2017), le premier et déjà remarquable long métrage de Nicolas Silhol. Les deux jeunes femmes se révèlent les exécutantes plus ou moins zélées d’un système néolibéral qui prospère sur la misère et sur l’exploitation des précaires par moins précaires qu’eux. Deux salariées dont la réussite professionnelle dépend de leur capacité à refouler leurs scrupules — en d’autres termes, à être inhumaines, y compris quand des collègues ou des résidents sont dans la détresse…

L’étrangeté anxiogène des décors et la froideur assumée de la mise en scène, qui intègre avec habileté des images de vidéosurveillance, s’accordent parfaitement à la description d’un monde que l’on aimerait croire dystopique mais qui existe déjà ici et maintenant. Un monde où l’espoir viendra, peut-être, de la jeunesse : Adam a beau jeu de rappeler à Inès que son activité chez Anti-Squat bafoue les valeurs de solidarité qu’elle lui a inculquées. Les scènes de complicité puis d’affrontements entre l’adolescent révolté et sa mère sont particulièrement réussies, grâce au jeu ambivalent de Louise Bourgoin et à celui, plus explosif mais tout aussi convaincant, du nouveau venu Samy Belkessa. Deux beaux interprètes pour un thriller social qui secoue.
ANTI-SQUAT, Nicolas Silhol 2023, Louise Bourgoin, Samy Belkessa (societe)@@ (E)
Inès est menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. À la recherche d'un emploi, elle est prise à l'essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bu ...

@

ANTOINETTE DANS LES CEVENNES, Caroline Vignal 2020, Laure Calamy (aventure)@@


Antoinette attend l'été et la promesse d'une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir, mais, au dernier moment, il annule: sa femme a réservé une randonnée en famille dans les Cévennes avec un âne. Abandonnée, Antoinette décide sur un coup de tête de partir, elle aussi, sur le chemin de Stevenson.

TELERAMA
Succès surprise largement mérité pour cette randonnée sur le chemin de Stevenson en compagnie de Laure Calamy et de son âne Patrick. Un film drôle et bourré de charme.

Avant de nous embarquer, avec un âne, sur des sentiers de randonnée, la réalisatrice prend soin de nous lancer sur une « fausse » piste : le désespoir de la maîtresse délaissée par l’homme marié. Maîtresse dans tous les sens du terme, puisque Antoinette est institutrice et que son amant n’est autre que le père d’une élève… Au lieu de passer comme promis les vacances dans ses bras, celui-ci doit partir en famille sur le « chemin de Stevenson » : 200 kilomètres que l’auteur de L’Île au trésor raconta dans Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879). L’amoureuse décide de le suivre en cachette… Sur place, entre Patrick (ladite bourrique) et le petit peuple des randonneurs, Antoinette voit son horizon s’élargir.

Dans ce décor de grands espaces et de ciels d’été, la perspective d’un triste marivaudage itinérant s’évanouit au profit d’un périple initiatique sur les voies rocailleuses de l’introspection. Au fil du chemin, la fille esseulée s’émancipe tout en assumant son cœur d’artichaut. Caroline Vignal manie avec brio l’art du contre-pied, réussissant un film drôle et plein de charme, toujours surprenant. Pour son premier rôle principal, qui lui a valu le César de la meilleure actrice, Laure Calamy déploie enfin l’étendue de son registre. Aussi à l’aise dans le burlesque que dans les situations sur le fil, elle impressionne sans jamais cesser de nous toucher. Une héroïne de proximité.

SYNOPSIS
Antoinette n'a d'yeux que pour Vladimir, son amant. Ensemble, ils devaient passer une semaine romantique mais Vladimir annule tout. Il décide de passer à la place ses vacances dans les Cévennes avec sa femme et leur fille. Profondément déçue, Antoinette prend la décision folle de le suivre dans son lieu de villégiature. Mais sur place, elle ne retrouve pas sa trace et doit arpenter tout le parc national à sa recherche. Elle est accompagnée, dans ses pérégrinations, de Patrick, un âne particulièrement têtu...
ANTOINETTE DANS LES CEVENNES, Caroline Vignal 2020, Laure Calamy (aventure)@@ (E)
Antoinette attend l'été et la promesse d'une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir, mais, au dernier moment, il annule: sa femme a réservé une randonnée en famille dans les Cévennes avec un & ...

@

ANTONIA LA CHEF D ORCHESTRE, Maria Peters 2018, Christanne de Bruijn, Benjamin Wainwright (musical)@@@


Dans un New York de 1926, Antonia est une jeune femme passionnée et ambitieuse, qui rêve de devenir chef d'orchestre. Cependant, en dépit de son talent, tout le monde refuse de la prendre au sérieux car Antonia est une femme. Ce refus répétitif ne fait qu'endurcir sa volonté et elle s'engage dans le combat de sa vie au risque de mettre fin à sa liaison avec le séduisant Frank Thomsen.
(film complet)

LA PRESSE:
Il faut attendre la 75e minute de ce long métrage qui en compte 139 pour voir le personnage de Willy/Antonia prendre une baguette de conductrice et commencer à diriger un orchestre d’hommes pas très heureux de cette incongruité.
Incongruité parce qu’à l’époque, entre les deux guerres mondiales, les femmes ne dirigeaient pas les orchestres symphoniques. Mais Willy/Antonia (un double nom dont l’explication surgit dans l’histoire) a un sens de la détermination hors du commun. Elle fait son chemin contre vents et marées et en dépit de nombreux échecs.
Tantôt dure, tantôt belle, tantôt enrageante, tantôt débordante d’espoir, cette histoire, inspirée de faits réels, possède tous les attributs pour être un film grand public tout à fait charmant.
Le film nous est apparu parfois trop parfait, trop propre, trop conte de fées. L’usage des effets spéciaux numériques pour les plans urbains larges est à oublier. Et on ne sort jamais des ornières du film biographique classique avec ses bons et ses méchants, ses riches et ses pauvres, sa montée en puissance vers un coup dur avant un atterrissage en douceur.
On retiendra plutôt les passages singuliers tels que l’expression magnifique dans le visage d’Antonia en transe lorsqu’elle dirige l’orchestre, ou encore l’effet très réussi de la dernière scène (regardez l’ombre au sol) qui répond à la scène d’ouverture.
ANTONIA LA CHEF D ORCHESTRE, Maria Peters 2018, Christanne de Bruijn, Benjamin Wainwright (musical)@@@ (E)
Dans un New York de 1926, Antonia est une jeune femme passionnée et ambitieuse, qui rêve de devenir chef d'orchestre. Cependant, en dépit de son talent, tout le monde refuse de la prendre au sérieux car Antonia es ...

@

APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@


Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause de l'ennemi.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1979, Apocalypse Now s’est d’emblée imposé comme le film définitif sur la guerre du Vietnam. Mais, paradoxalement, ce chef-d’œuvre n’a pas eu de forme définitive avant son quarantième anniversaire, avec ce montage qui ajoute trente minutes à la première version et ôte vingt minutes à la version longue. Finalement, Coppola a réussi à atteindre l’équilibre dans l’excès, qui est ici partout.

On retrouve, bien sûr, dans Apocalypse Now Final Cut, les morceaux de bravoure qui scandent le voyage halluciné du capitaine Willard (Martin Sheen), traquant le colonel renégat Kurtz (Marlon Brando) au milieu du chaos. La musique des Doors s’enflamme comme les paysages. Le lieutenant-colonel Kilgore bombarde une plage du Vietnam avec l’US Army au son de La Chevauchée des Walkyries, de Wagner. Et lâche ces mots comme une bombe de plus : « J’adore l’odeur du napalm au petit matin »… Apocalypse Now a pris place dans l’histoire du cinéma. On redécouvre aujourd’hui, grâce à cet ultime montage, la dimension purement majestueuse de ce film monumental et aérien, fait d’immenses destructions et d’incroyables harmonies.
APOCALYPSE NOW, Francis Ford Coppola 2001, Marlon Brando, Martin Sheen, Harrison Ford (histoire guerre)@@@ (E)
Pendant la guerre du Vietnam, un agent de l'armée américaine s'aventure au Cambodge à la recherche d'un tyran dangereux, le colonel Kurtz, autrefois un soldat modèle qui s'est converti plus tard à la cause ...

@

APOLLO 13, Ron Howard,1995, Tom Hanks, Bill Paxton


Pour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans une navette spatiale gravement endommagée, les astronautes Jim Lovell, Fred Haise et Jack Swigert mènent une lutte désespérée pour survivre. Dans la salle de contrôle de la NASA, tout est tenté pour sauver ces hommes.

TELERAMA:
La mort rôde souvent dans cette aventure aux limites du néant. Tom Hanks joue plutôt la carte de la sobriété, et c'est tant mieux. Malgré certaines touches de sentimentalisme lacrymal (avec les familles restées sur Terre) et le bombardement risible de termes techniques incompréhensibles, ce spectacle en très haute altitude tient globalement en haleine.
APOLLO 13, Ron Howard,1995, Tom Hanks, Bill Paxton (E)
Pour la Nation américaine, Apollo 13 était un vol spatial de routine jusqu'à ce que retentisse dans l'espace cet appel : Houston, nous avons un problème . À une distance de 205 000 miles de la terre, dans ...

@

APPALOOSA, Ed Harris 2008, Ed Harris, Viggo Mortensen (western)@@


États-Unis, 19ème siècle. Virgil Cole est désigné comme le nouveau marshall d'une ville dirigée par Randall Bragg, propriétaire de ranch, qui sème la terreur. Ce dernier vient de tuer l'ancien marshall et le député de la ville. Arrêté par Cole et jugé, il est condamné à mort par pendaison, mais réussi à s'échapper au dernier moment. S'enchaîne alors une course-poursuite entre les deux hommes.

TELERAMA:
Bonne nouvelle : le western n’est pas mort. La trame d’Appaloosa évoque celle de Rio Bravo. L’ambiance, virile, est harmonieusement perturbée par une jeune veuve du nom d’Allison French (Renée Zellweger), dont les robes froufroutantes et les doigts de pianiste envoûtent sur-le-champ Virgil Cole, habitué jusque-là aux « putes et aux squaws ». L’alchimie entre les deux stars Ed Harris et Viggo Mortensen renforce la complicité, quasi filiale, entre les héros. Même s’il prend son sujet – la naissance de l’ordre et de la loi – au sérieux, Ed Harris est trop narquois pour le traiter sérieusement. Il expédie ainsi une scène de duel en deux minutes chrono (et fait même commenter l’action par son héros : « Ça a été rapide, non ? »), là où Leone aurait dilaté le temps avec emphase. Il affuble Virgil d’une obsession à vouloir améliorer son vocabulaire qui donne lieu à des dialogues absurdes. Il n’hésite pas à faire de son personnage féminin une femme volage et intéressée, à l’opposé des standards du genre. Avec ce mélange de classe et d’ironie qui le caractérise, Ed Harris nous rappelle, enfin, que les cow-boys se casent pour mourir.
APPALOOSA, Ed Harris 2008, Ed Harris, Viggo Mortensen (western)@@ (E)
États-Unis, 19ème siècle. Virgil Cole est désigné comme le nouveau marshall d'une ville dirigée par Randall Bragg, propriétaire de ranch, qui sème la terreur. Ce dernier vient de tuer ...

@

APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique sentimental)@@


Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont une ado rebelle de 15 ans, ils se retrouvent du jour au lendemain avec trois enfants.

TELERAMA
Un couple de quadras adopte une turbulente fratrie de gamins, abandonnés. Une comédie hollywoodienne gentillette, saturée de bons sentiments.

Le boulot de Pete et Ellie (Mark Wahlberg et Rose Byrne), aimable couple de quadras, consiste à retaper de vieilles ruines pour en faire des foyers de rêve. Alors pourquoi pas appliquer ce principe de rénovation quand on souhaite fonder une famille ? Les voilà qui accueillent une turbulente fratrie, une ado et deux gamins, abandonnés par leur mère toxico. Évidemment, rien ne se passe comme prévu…

On rêve de ce qu’un réalisateur inspiré aurait pu faire de ce sujet sensible — comment « faire famille », apprendre la confiance et l’attachement à des enfants traumatisés et rétifs ? La réponse complexe à ces questions ne se cache pas dans cette gentille comédie hollywoodienne, qui, sans être déshonorante, édulcore systématiquement tous les problèmes. Crises de doute et crises de nerfs ne sortent jamais du cadre lisse et pimpant d’un décor domestique de spot publicitaire, et il est bien difficile de s’attacher à ce clan recomposé, remaquillé de bons sentiments et d’optimisme factice.

APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique sentimental)@@ (E)
Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont u ...

@

APRES LE SILENCE, Jerome Cornuau 2022, Clovis Cornillac, Alice David, Caroline Anglade (societe)@@


Au chomage, angoiss√©e, Marina vient de se séparer, et son ex-compagnon demande la garde exclusive de leur fils. Une situation déjà douloureuse qui devient explosive lorsque Marina, aidée par son avocate, met enfin des mots sur ce qu'elle a subi pendant des ann√©es au sein de son couple: des viols.

TELERAMA
Une femme porte plainte pour viol contre son ancien compagnon, et ce n’est que le début du combat. Après le silence fait partie de ces fictions pédago qui, au nom des meilleures intentions, ont souvent tendance à forcer le trait. Dans son registre, pourtant, ce téléfilm-là fait preuve d’une remarquable finesse d’exécution. Le scénario dit bien le poids de la honte et le pouvoir de la solidarité. La réalisation conjugue habilement les visages et les voix. Le message n’en est que plus limpide et percutant.

Choix salutaire que de s’attacher au viol conjugal, qui constituait plus de la moitié des 24 800 cas de viols répertoriés en France en 2021, mais continue d’être confondu avec un prétendu devoir entre époux. Les victimes elles-mêmes ont du mal à prendre conscience qu’elles le sont. Pas étonnant, dans ce contexte de déni, que seules 2 % des affaires de ce type se soldent par une condamnation aux assises. Ainsi, l’héroïne, Marina, devra faire preuve d’empathie pour emmener deux autres femmes à la rejoindre sur le chemin du tribunal.

APRES LE SILENCE, Jerome Cornuau 2022, Clovis Cornillac, Alice David, Caroline Anglade (societe)@@ (E)
Au chomage, angoiss√©e, Marina vient de se séparer, et son ex-compagnon demande la garde exclusive de leur fils. Une situation déjà douloureuse qui devient explosive lorsque Marina, aidée par son avoca ...

@

APRES MAI, Olivier Assayas 2012, Clément Métayer, Lola Creton (histoire societe)@@


Un jeune étudiant, Gilles, est pris dans l'effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles.

TELERAMA
Trois ans après Mai 68, faut-il encore rêver à la révolution ? Olivier Assayas rend universel le kaléidoscope frémissant de ses propres souvenirs.

Quelque chose palpite dans les films d’Olivier Assayas. Quelque chose d’infiniment séduisant et d’immédiatement reconnaissable, qui tient à la fluidité des plans-séquences et à la qualité picturale des images. Cela confère, ici, une beauté élégiaque, très émouvante, à ce récit d’apprentissage, partiellement autobiographique. Gilles a 16 ou 17 ans en 1971. Trop jeune pour avoir lancé des pavés trois ans plus tôt. Mais pris comme tant d’autres dans la grande affaire de l’époque : résistance à l’ordre du monde, foi en un renversement possible. Il participe aux réunions gauchistes où s’affrontent confusément les factions, et même aux derniers soubresauts du combat politique. Mais il est aussi, à sa façon, absent au monde, flottant au gré des événements, refusant même les mains que lui tendent les filles, pourtant jolies comme des cœurs.

Gilles n’est lui-même que quand il peint — comme Assayas à l’époque. Cette passion devient vocation lors d’un passage central et lumineux du film, un voyage en Italie où le héros lâche la politique pour l’esthétique En choisissant l’art, le dessin puis le cinéma, Gilles montre que la révolution doit être intime et individuelle. Le film est un musée minutieux, un catalogue presque fétichiste des objets culturels d’alors — lesquels tranchent singulièrement avec ceux d’aujourd’hui, où les œuvres sont aussi des produits, et en prime dématérialisés… Disques vinyles — album solo de Syd Barrett en tête —, recueils de poésie, journaux engagés et disparus. Nul nombrilisme dans ce kaléidoscope frémissant et sexy de souvenirs personnels. Après Mai touchera tous ceux et celles qui, un jour, se sont interrogés sur leur engagement dans la société, sur leur vie affective et professionnelle, et leur capacité à en modifier le cours. Sans rire, ça fait beaucoup de monde…
APRES MAI, Olivier Assayas 2012, Clément Métayer, Lola Creton (histoire societe)@@ (E)
Un jeune étudiant, Gilles, est pris dans l'effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles.

TELERAMA
...

@

ARABESQUE, Stanley Donen 1966, Gregory Peck, Sophia Loren (thriller)@@


Le premier ministre d'un État du Moyen-Orient, Hassan Jena, demande à David Pollock, professeur de langues anciennes à l'université d'Oxford, d'espionner pour son compte le magnat du pétrole Nejim Beshraavi. Il sait que Beshraavi va contacter Pollock pour l'aider à déchiffrer un document d'une extrême importance.

TELERAMA
Un message secret dans des hiéroglyphes. Gregory Peck en égyptologue farfelu. Sophia Loren en menteuse congénitale. Tout n’est que rythme et sophistication.
q Bien
Sophia Loren, dans l’excellent « Arabesque » de Stanley Donen, inspiré du roman de Gordon Cotler, et sorti en 1966.
Sophia Loren, dans l’excellent « Arabesque » de Stanley Donen, inspiré du roman de Gordon Cotler, et sorti en 1966. Universal Pictures - Sanley Donen Films

Trois ans après le triomphe de Charade, Stanley Donen décide de refaire le même film, mais à l’envers. Dans Charade, la mise en scène était au service du couple Audrey Hepburn-Cary Grant. Alors qu’ici le duo Sophia Loren-Gregory Peck sera au service de la mise en scène. D’où ces plans sophistiqués, à la limite du maniérisme : fuite dans les escaliers filmée à travers un lustre ; zooms sur des miroirs ou sur le capot d’une Rolls.

Autre différence : dans Charade, c’est Cary Grant qui changeait sans cesse d’identité, et Audrey Hepburn le croyait à chaque fois. Ici, c’est Gregory Peck qui joue les Audrey Hepburn, et c’est Sophia Loren qui ruse et se contredit, aussi excentrique que les tenues superbes créées par Marc Bohan, alors patron de la marque Christian Dior.

À lire aussi :

Mort de Stanley Donen : portrait d’une légende du musical

Un an plus tard, Stanley Donen fera encore mieux. Dans Voyage à deux, puzzle nostalgique sur un couple qui se défait, les robes et les coiffures d’Audrey Hepburn ne seront plus seulement un contrepoint. Elles serviront de fil d’Ariane au spectateur pour se repérer dans le temps et le désamour des personnages. Faire de la mode un personnage essentiel à l’action, c’est ce qu’a réussi Stanley Donen avec Voyage à deux, dont Arabesque est le brouillon brillant.
ARABESQUE, Stanley Donen 1966, Gregory Peck, Sophia Loren (thriller)@@ (E)
Le premier ministre d'un État du Moyen-Orient, Hassan Jena, demande à David Pollock, professeur de langues anciennes à l'université d'Oxford, d'espionner pour son compte le magnat du pétrole Nejim Beshraav ...

@

ARGO, Ben Affleck 2012, Bryan Cranston, John Goodman (histoire guerre)@@@


En 1979, la révolution fait rage en Iran. Le 4 novembre, une horde de militants envahit l'ambassade américaine et prend en otages 52 Américains. Six d'entre eux parviennent à s'échapper et à se réfugier au domicile de l'ambassadeur canadien. Au Département d'Etat, à Washington, et à la CIA, c'est le branle-bas le combat. Jack O'Donnell réveille le meilleur spécialiste de l'exfiltration de la CIA, Tony Mendez, un peu désarticulé par sa séparation d'avec sa femme et l'éloignement de son fils. Mendez finit par imposer une stratégie très risquée : se faire passer pour un cinéaste en repérages à Téhéran et ramener avec lui, par un vol long courrier, les six évadés rapidement formés à se prétendre techniciens de cinéma...

TELERAMA
Iran, révolution de 1979. La CIA conçoit un plan farfelu pour libérer six otages. Plus c’est gros, plus ça passe… Acteur mal-aimé mais cinéaste confirmé, Ben Affleck célèbre et fait vibrer la puissance du cinéma dans “Argo”, Oscar du meilleur film en 2013, disponible sur Netflix.

On a beau s’attendre à tout dans la catégorie « film basé sur une histoire vraie », il y a de quoi rester bouche bée. Merci, donc, à Bill Clinton, qui a déclassifié en 1997 cette incroyable affaire d’État, top secret depuis 1979. Le 4 novembre de cette année-là, l’ambassade américaine de Téhéran est prise d’assaut par des Iraniens que l’ayatollah Khomeyni a galvanisés en désignant les États-Unis comme ennemi numéro un de sa révolution islamique. Une longue prise d’otages s’ensuit. Six Américains parviennent à en réchapper et se réfugient à l’ambassade du Canada. Un spécialiste de la CIA imagine alors un plan imparable pour les exfiltrer : débarquer à Téhéran en se faisant passer pour un producteur en charge des repérages d’un grand film de science-fiction baptisé « Argo ». Et repartir avec les six Américains transformés en techniciens du cinéma portant passeport canadien.

Est-ce la peur du ridicule qui motiva le classement top secret ? On peut se le demander, et Argo laisse assez plaisamment planer le doute, tout en nous embarquant dans le récit haletant d’une impossible mission. Ce troisième film mis en scène par l’acteur Ben Affleck (après Gone Baby Gone, 2007, et The Town, 2010) est un exercice d’habileté étonnant. Un grand slalom entre sombre réalité et vraie loufoquerie du show-business. Dans le Téhéran de 1979, on pend des gens dans les rues. Et le spécialiste de l’exfiltration (joué par Ben Affleck lui-même) arrive là avec son story-board de film à la Star Wars, pour éviter à six Américains de finir au bout d’une corde. Le cinéma est-il capable de cela ? Son pouvoir de fascination est-il assez grand pour résoudre, comme par magie, une situation face à laquelle la puissance militaire se trouve désemparée ?

Une affaire personnelle
Cette force du cinéma hollywoodien est le beau sujet d’Argo mais aussi un étonnant moteur de suspense. Du coup, la dimension politique, évidente et pleine de résonances aujourd’hui, passe presque au second plan. Un paradoxe est en tout cas pointé : le mensonge est-il dans le vrai-faux film ou dans la révolution iranienne ? Qu’est-ce qui est le plus truqué ? Avec une ferveur sympathique, Ben Affleck nous dit que la vérité et la foi sont du côté du cinéma. C’est cette croyance-là qui compte. Il en fait une affaire personnelle. Là, il dépasse l’habileté, il met en jeu quelque chose de plus secret : son rapport à sa propre image.

Pour s’être retrouvé trop souvent dans de mauvais films, Ben Affleck a en effet très vite traîné une réputation d’acteur bidon. Quand il reçut un prix d’interprétation au festival de Venise, c’était pour Hollywoodland (2006), où il jouait un comédien auquel personne n’avait jamais cru, un pantin abandonné à la télé dans le rôle cruel de Superman… Pas crédible, Ben Affleck a redoré son blason en devenant réalisateur. Et avec Argo, il affronte franchement cette question de la crédibilité en se donnant le rôle du professionnel de l’exfiltration sur qui pèse le soupçon de n’être qu’un rigolo dans une opération tellement fantaisiste qu’elle semble une authentique supercherie. Comme son personnage, l’acteur-réalisateur se met en position de devoir faire ses preuves, convaincre les incrédules. Et il y est parvenu. Son film a été un grand succès, avec notamment l’Oscar du meilleur film à la clé, en 2013.

ARGO, Ben Affleck 2012, Bryan Cranston, John Goodman (histoire guerre)@@@ (E)
En 1979, la révolution fait rage en Iran. Le 4 novembre, une horde de militants envahit l'ambassade américaine et prend en otages 52 Américains. Six d'entre eux parviennent à s'échapper et à se r&ea ...

@

ARI, Léonor Serraille 2025, Andranic Manet, Pascal Rénéric (portrait)@@


Ari, 26 ans, réussit contre toute attente son concours de professeur des écoles. Neuf mois plus tard, fragilisé par des débuts difficiles dans une maternelle lilloise, il craque en pleine classe et se retrouve à l'hôpital. Son père, que ce énième échec rend furieux, le chasse du domicile familial. Fébrile et ébranlé, traversé de visions étranges, Ari erre dans la ville et se lance malgré lui dans une suite de retrouvailles.

TELERAMA
La réalisatrice de “Jeune Femme” signe le portrait bouleversant d’un jeune homme hypersensible au bord de la rupture de ban.

Reçu après trois tentatives infructueuses au concours de professeur des écoles, Ari s’effondre devant la classe de maternelle qu’il s’évertuait à vouloir initier à Robert Desnos — sa poésie, son parcours résistant, son goût pour l’opium… Évanouissement, pompiers, hôpital, démission, engueulade paternelle. Début en trompe-l’œil, puisque c’est moins à la difficile condition enseignante qu’à l’errance existentielle de son protagoniste, campé par le bouleversant Andranic Manet (Le Monde de demain, Mes provinciales), que s’attache le très beau film de Léonor Serraille.

À mesure que s’esquisse sous nos yeux le portrait impressionniste de ce grand échalas fragile et contemplatif, la tentation grandit de rebaptiser ce long métrage conçu pour la télévision Jeune Homme, tant il évoque Jeune Femme, première réalisation de la cinéaste qui, en 2017, avait largement contribué à révéler Lætitia Dosch au grand public. Déjà, le portrait d’une hypersensible au bord de la rupture de ban ; déjà, des relations intergénérationnelles compliquées et une parentalité fortuite ; déjà, l’empreinte de la fracture sociale. Ari, entièrement joué par les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique — de même que, avant lui, À l’abordage, de Guillaume Brac, et Sages-femmes, de Léa Fehner — a failli s’appeler Hippocampe. Comme le poème de la scène inaugurale, et comme le petit animal gracile auquel la nature a prêté le don de couver ses petits et de braver, bon an mal an, la rudesse des flots en se laissant dériver. Tel Ari, qui finit par sortir la tête de l’eau.
ARI, Léonor Serraille 2025, Andranic Manet, Pascal Rénéric (portrait)@@ (E)
Ari, 26 ans, réussit contre toute attente son concours de professeur des écoles. Neuf mois plus tard, fragilisé par des débuts difficiles dans une maternelle lilloise, il craque en pleine classe et se retrouve &a ...

@

ARMAGEDDON, Michael Bay 1998, Bruce Willis, Billy Bob Thornton (science fiction)


Alors qu'elle se trouve en mission en orbite terrestre, la navette Atlantis est détruite par une pluie de météorites qui termine sa course sur New York. Ceci est le prélude d'une catastrophe majeure : un astéroïde de la taille du Texas va s'écraser sur Terre dans dix-huit jours. Dan Truman, directeur des opérations de vol à la NASA, envisage la mission de la dernière chance : envoyer des astronautes sur l'astéroïde pour qu'ils y creusent un puits dans lequel sera insérée une charge nucléaire.

TELERAMA
C’est pas un petit astéroïde qui va faire peur à Bruce Willis et ses bricolos de l’espace. Gros film catastrophe à succès mais pas très malin.

Un astéroïde largue des étrons nucléaires sur la Terre. La fin du monde est proche. La solution : creuser un trou dans l’astéroïde et y jeter une bombe atomique. Qui s’y colle ? Une bande de « plombiers » trop gros, trop maigres, mal rasés, mal léchés. « L’étoffe des zéros », plaisante l’un d’eux… Il s’ensuit, pour en faire de vrais z’héros, deux heures d’épopée avec le lot attendu d’incidents mécaniques, de pétages de plombs, de sacrifiés. On assiste à une énième restauration de la virilité de l’Amérique. À la fin, Bruce Willis marie sa fille, et le héros est prêt à se reproduire. Le déclin de ce monde-là n’est pas pour demain et mieux vaut, aujourd’hui, voir Don’t look up, d’Adam McKay (sur Netflix), beaucoup plus brillant et pertinent !
ARMAGEDDON, Michael Bay 1998, Bruce Willis, Billy Bob Thornton (science fiction) (E)
Alors qu'elle se trouve en mission en orbite terrestre, la navette Atlantis est détruite par une pluie de météorites qui termine sa course sur New York. Ceci est le prélude d'une catastrophe majeure : un ast&eacu ...

@

ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@


Un célèbre écrivain retourne dans sa ville natale après 35 ans afin de parrainer le bicentenaire d'une populaire marque de cognac. Au fil des rencontres, il se lie d'amitié avec Lucas Andrieu, le fils de son premier amour. Un coup du hasard qui le replonge dans ses souvenirs encore vifs et douloureux.

TELERAMA
En déplacement dans sa région d’origine, un écrivain rencontre le fils d’un grand amour de jeunesse. Un sobre mélo, adapté de Philippe Besson.

Il n’est pas très emballé, Stéphane, de revenir dans le Sud-Ouest de son enfance, pour parrainer le bicentenaire d’une marque de cognac. Ce n’est pas pour rien qu’il a fui depuis longtemps cette province où il vaut mieux taire ses différences. Pourtant, le romancier reconnu a répondu à cette invitation, et quelle n’est pas son émotion quand il se retrouve face à Lucas, un jeune homme qui ressemble follement à son premier amour d’adolescence… Alors que l’écrivain est censé obéir à l’agenda très serré du week-end — visites, rencontre avec les notables, discours —, il s’échappe sur les chemins du passé, et de cette première passion qui n’a cessé, depuis, d’irriguer son œuvre.

On connaissait la délicatesse d’Olivier Peyon, auteur de documentaires venu à la fiction avec Une vie ailleurs (2017) et Tokyo Shaking (2021), deux films où il parvenait à insuffler de l’insolite et de l’insolence à des sujets balisés. C’est encore le cas avec cette adaptation du livre de Philippe Besson, et une manière très douce de contourner le mélo amer sur les amours passées qui ne passent pas. Peut-être parce que le réalisateur choisit de privilégier le présent : cette rencontre au milieu des chais entre un homme de lettres qui n’a pas oublié et un jeune homme d’aujourd’hui désireux de comprendre une bonne fois son père, Thomas, troisième personnage dont la honte homosexuelle est traitée avec une subtilité peu commune.

Mentir aux autres — ce qui revient à créer de la fiction — mais aussi se mentir à soi-même, ce qui peut gâcher une vie quand on n’a pas les mots : cette riche thématique est au centre d’un drame sans larmes dont les flash-back évitent toute mièvrerie. On pense à Été 85, de François Ozon, ou même aux Roseaux sauvages, d’André Téchiné, et Olivier Peyon filme d’une très belle manière, frontale, les scènes de sexe, maladroites ou lumineuses, entre le jeune Stéphane (idéal Jérémy Gillet, en ado timide mais sûr de ses sentiments) et Thomas, rural, motard, protégeant son image virile… Dans les scènes contemporaines, Guillaume de Tonquédec est d’une évidence troublante en double de Philippe Besson. Mais la révélation du film se nomme Victor Belmondo. Est-ce son ADN de « petit-fils de » ? Mélange convaincant de naturel et de mystère, il sait faire de son personnage une belle figure de modernité dans ce film où le présent permet de guérir du passé.

ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@ (E)
Un célèbre écrivain retourne dans sa ville natale après 35 ans afin de parrainer le bicentenaire d'une populaire marque de cognac. Au fil des rencontres, il se lie d'amitié avec Lucas Andrieu, le fils de s ...

@

ARRETE DE RAMER, T ES SUR LE SABLE, Ivan Reitman 1979, Bill Murrray (comique)@


Au camp lacustre de North Star, l'été ramène 600 garnements et une bande de moniteurs décontractés, prêts à commettre toutes les bêtises qui se présentent à leur imagination fertile. Leur victime de prédilection, le directeur du camp, Morty, un fat sans jugement, se révèle bien incapable d'imposer un semblant de discipline. Seul Rudy, un adolescent complexé, est malheureux dans cette ambiance potache.

TELERAMA
Au camp lacustre de North Star, l'été ramène 600 garnements et une bande de moniteurs décontractés, prêts à commettre toutes les bêtises qui se présentent à leur imagination fertile. Leur victime de prédilection, le directeur du camp, Morty, un fat sans jugement, se révèle bien incapable d'imposer un semblant de discipline. Seul Rudy, un adolescent complexé, est malheureux dans cette ambiance potache. En effet, ses camarades ne cessent de se moquer de lui depuis qu'il leur a fait perdre un match de football. Tripper, le plus déchaîné des moniteurs, prend Rudy sous sa protection et, tandis que lui-même conquiert l'amour, il lui apporte la gloire et l'estime de soi...
ARRETE DE RAMER, T ES SUR LE SABLE, Ivan Reitman 1979, Bill Murrray (comique)@ (E)
Au camp lacustre de North Star, l'été ramène 600 garnements et une bande de moniteurs décontractés, prêts à commettre toutes les bêtises qui se présentent à leur imaginatio ...

@

ARRETE MOI SI TU PEUX, Steven Spielberg 2002, Leonardo di Caprio


Frank Abagnale Jr croyait vivre dans une famille stable. Lorsqu'il apprend que ses parents ont décidé de divorcer, il ne supporte pas la situation et, sous le choc, fugue. Bien vite confronté aux réalités de la vie en solitaire, il tente de s'insérer, mais découvre qu'il est plus facile d'endosser de faux chèques que de travailler. Il prend l'identité d'un pilote de ligne et mène la belle vie. Un agent du FBI opiniâtre le suit à la trace en espérant un jour le coincer.

TELERAMA:
D'une histoire vraie, Spielberg a fait un de ses films les plus personnels. Et cette comédie « sans prétention » se révèle sa plus profonde rêverie autour de l'enfance et de ses sortilèges.
ARRETE MOI SI TU PEUX, Steven Spielberg 2002, Leonardo di Caprio (E)
Frank Abagnale Jr croyait vivre dans une famille stable. Lorsqu'il apprend que ses parents ont décidé de divorcer, il ne supporte pas la situation et, sous le choc, fugue. Bien vite confronté aux réalités ...

@

ARRETE OU JE CONTINUE, Sophie Fillières 2014, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric (societe)@


Un mari et une femme, dont le mariage est à la croisée des chemins, font une randonnée dans les bois, et la femme refuse de revenir.

TELERAMA
Du non-sens très parlant, des situations blessantes, de l'euphorie délirante : un jour, on mesurera le rôle moteur, malgré sa discrétion, de Sophie Fillières dans la comédie « intello » de ce début du xxie siècle. Car elle fut bien l'une des premières (avec Aïe) à renouveler le genre, un canif à la main. Cette sagacité incisive, on la retrouve dans cette histoire de couple désaccordé. Quelque chose ne fonctionne plus comme avant entre Pierre (Mathieu Amalric) et Pomme (Emmanuelle Devos). Lui est devenu dur, cassant, monolithique. Elle, plus fragile, ne demande sans doute qu'à se laisser glisser. Comment rompre — avec la routine, avec l'autre, avec soi —, telle est la question.

Compliquée s'il en est, car ces deux-là, malgré leurs guéguerres, vivent en bonne intelligence, partagent une complicité et un humour très anciens. A défaut de savoir avec certitude s'ils s'aiment toujours, ils jouent à s'aimer. Cela peut donner d'excellents résultats. Ainsi, leur numéro de duettistes dans la cuisine : les deux se déclarent froidement leur flamme, avant de fêter leur réconciliation provisoire en suçant des glaçons de champagne truffés de bouts de verre (la bouteille s'étant brisée au fond du congélo !). Le récit fourmille d'idées, de situations saugrenues, et pourtant si vraies, sur l'agacement mutuel, le rapport de force violent, au quotidien, lorsque tout chez l'autre devient source de crispation. De là les sautes d'humeur, les bizarreries et les escapades qui composent ce film zigzagant, qui aboutit à une métamorphose sylvestre synonyme d'apaisement. —
ARRETE OU JE CONTINUE, Sophie Fillières 2014, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric (societe)@ (E)
Un mari et une femme, dont le mariage est à la croisée des chemins, font une randonnée dans les bois, et la femme refuse de revenir.

TELERAMA
Du non-sens très parlant, des situations blessantes, de l ...

@

ARRIVEE D UN TRAIN A LA CIOTAT, Louis Lumière 1896 (societe)@@


Dans la diagonale du champ s'appuyant sur la ligne de fuite d'une voie ferrée, des voyageurs en habits du dimanche attendent sur le quai. Un bagagiste s'approche de la caméra. Au fond, une locomotive à vapeur apparaît, son image grossit. Ralentissant, elle disparaît à notre regard par la gauche. Les voitures s'immobilisent. Des voyageurs en descendent, d'autres s'apprêtent à monter ou s'attardent sur le quai, les curieux regardent par les fenêtres des voitures, certains remarquent la caméra et la fixent du regard (Louis Lumière se trouvait derrière son cinématographe et actionnait lui-même la manivelle aux yeux de tous).

Louis Lumière, photographe talentueux, a positionné sa caméra de façon qu'elle puisse renforcer le côté spectaculaire de l'entrée d'un train en gare. Il aurait pu, plus pauvrement, filmer sur le côté, latéralement, à 90° de la voie (c'est ce que choisit Georges Méliès en 1904, dans Le Voyage à travers l'impossible). Mais il a préféré, par expérience de photographe, utiliser la diagonale du champ et la profondeur de champ (il était le premier à le faire)
ARRIVEE D UN TRAIN A LA CIOTAT, Louis Lumière 1896 (societe)@@ (E)
Dans la diagonale du champ s'appuyant sur la ligne de fuite d'une voie ferrée, des voyageurs en habits du dimanche attendent sur le quai. Un bagagiste s'approche de la caméra. Au fond, une locomotive à vapeur appara&ici ...

@

ARSENE LUPIN, Jean-Paul Salome, Romain Duris, Kristin Scott-Thomas (bio thriller)@@


Arsène Lupin est un voleur insouciant, détroussant l'aristocratie parisienne grâce à son charme redoutable. Sa rencontre avec une ensorcelante aventurière, la comtesse de Cagliostro, va transformer le pickpocket débutant en voleur de haut vol. Lancé sur la piste du trésor perdu des rois de France, que convoite une obscure confrérie royaliste, le jeune virtuose multiplie les coups d'éclat.

TELERAMA
Un casting haut de gamme ne fait pas tout. À courir trop de lièvres à la fois, cette nouvelle adaptation tombe dans la surcharge et la confusion.
La dernière adaptation en date de Maurice Leblanc a au moins le mérite de renouveler complètement l'équipage de la grosse production costumée. Outre Romain Duris, charmant et leste dans le rôle-titre, et Pascal Greggory, grand méchant ambigu, Kristin Scott Thomas est idéalement romanesque en sorcière centenaire aux pouvoirs déclinants. Et Eva Green joue la vertu avec une classe qui annonce sa belle prestation de James Bond girl.

Malheureusement, ni le récit ni la réalisation ne leur rendent justice. La première partie, consacrée à l'enfance du héros, ruisselle de lumières scintillantes, entre emphase et pacotille. La suite court trop de lièvres à la fois, chasse au trésor à complications, complots royalistes, sac de noeuds oedipien et tours de sorcellerie. C'est le syndrome « ceinture et bretelles » du cinéma français à ambition populaire, le fantasme de plaire à tous les publics en mixant poursuites, romance, quête identitaire, explosions et fantastique au risque de la surcharge, du hachis et de la confusion. Manque la ligne nette d'un suspense qui courrait tout au long du film. Au lieu de cela, Jean-Paul Salomé essaie de nouvelles pistes jusque dans la dernière ligne droite. Ironiquement, il trouve quelque chose d'intéressant au stade de l'épilogue, quand Arsène Lupin est devenu lui-même, c'est-à-dire personne, un porte-masque insaisissable et solitaire : le héros d'un autre film.
ARSENE LUPIN, Jean-Paul Salome, Romain Duris, Kristin Scott-Thomas (bio thriller)@@ (E)
Arsène Lupin est un voleur insouciant, détroussant l'aristocratie parisienne grâce à son charme redoutable. Sa rencontre avec une ensorcelante aventurière, la comtesse de Cagliostro, va transformer le pickp ...

@

ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@


Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper. Cependant, il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses tantes lui avouent alors qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service.

TELERAMA
Mortimer (Cary Grant) rend visite à ses tantes de Brooklyn et découvre que leur bicoque est truffée de macchabées. Sarabande endiablée, dialogues satiriques, contrastes désopilants. Capra contourne la façade pimpante de l’Amérique pour mieux déterrer ses cadavres.

Mortimer Brewster, célèbre critique de théâtre sur le point de se marier, découvre l’inimaginable : dans leur bonbonnière de Brooklyn, ses deux vieilles tantines compatissantes abrègent les souffrances supposées des hommes esseulés qui échouent dans leur chambre à louer. Une fois perprétés leurs homicides charitables, les empoisonneuses font disparaître les corps avec la complicité involontaire du frère de Mortimer qui, persuadé d’être le président Roosevelt, a entrepris de creuser le canal de Panama (et les tombes des victimes) au sous-sol.


Comment la célèbre et déjà octogénaire comédie macabre de Capra vieillit-elle ? À la revoyure, soyons honnêtes, la théâtralité de ce huis clos, qui fut d’abord une pièce, peut rebuter. De même que le parti pris expressionniste du jeu de Cary Grant, qui fait dans l’artillerie lourde plus que dans la dentelle. Cela ne pèse pourtant pas bien lourd face à la saveur ironique des dialogues et à l’habileté du cinéaste à jouer des contrastes jusqu’au malaise – les futurs époux se tournant autour dans un cimetière, les tantes énumérant leurs meurtres avec la décontraction guillerette d’adorables mamies gâteaux. Et quelle cadence ! La maison des horreurs fonce au rythme d’un train fou, et l’on jubile.

Avec ces tueuses en jupons et leur fâcheuse tendance à confondre leur morale et la loi, Capra le dit en riant mais le dit tout de même : quand l’Amérique joue les chevaliers blancs, elle continue d’empiler les cadavres à la cave.
ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@ (E)
Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper. Cependant, il découvre, cach ...

@

ARTEMISIA, Agnes Merlet 1997, Michel Serrault, Valentina Cervi, Miki Manojlovic (histoire bio)@@


Artemisia Gentileschi, dix-sept ans, est la fille d'Orazio Gentileschi, un peintre italien de renom. Elle fait preuve de talent artistique et est encouragée par son père à peindre, car il espère qu'elle perpétuera son art à sa mort. Cependant, dans l’Italie du début du XVIIe siècle, il est interdit aux femmes de peindre des nus humains ou d’entrer à l’Académie des Arts. Orazio permet donc à sa fille d’étudier dans son atelier, bien qu’il lui interdit de voir des hommes nus. Déterminée, elle soudoie le pêcheur Fulvio avec un baiser pour lui permettre d’observer son corps.

Plus tard, Artemisia cherche la tutelle d'Agostino Tassi, qui peint des fresques dans le même bâtiment que son père, pour apprendre de lui l’art de la perspective. Tassi est un homme connu pour sa débauche nocturne et le duo perfectionne leur compétence en tant qu’artistes. Ils finissent par tomber amoureux et commencent à avoir des relations sexuelles. Le père d’Artemisia découvre le couple ensemble et intente un procès contre Tassi pour viol. Au cours du procès qui suit, l’état physique d’Artemisia est examiné par deux religieuses, puis elle est torturée par des cordes enroulées autour de ses doigts. Néanmoins, Artemisia nie avoir été violée et proclame leur amour mutuel. Tassi lui-même, dévasté par son sort, admet l’avoir violée afin d’arrêter son calvaire.

TELERAMA
ARTEMISIA, Agnes Merlet 1997, Michel Serrault, Valentina Cervi, Miki Manojlovic (histoire bio)@@ (E)
Artemisia Gentileschi, dix-sept ans, est la fille d'Orazio Gentileschi, un peintre italien de renom. Elle fait preuve de talent artistique et est encouragée par son père à peindre, car il espère qu'elle perp&eacu ...

@

ARTEMISIA, Chiang Hsiu-Chiung 2008 (societe taiwan)@@


Une femme qui croit avoir choisi une voie atypique est surprise de constater que ses enfants s'éloignent de plus en plus des normes sociales. Ai-tsao est une veuve de près de 60 ans ; son mari, de plus de vingt ans son aîné, est décédé depuis près de vingt ans. Ai-tsao mène une vie confortable, s'occupant de sa mère âgée et s'occupant de ses deux enfants adultes. Ai-tsao est née dans une famille minoritaire conservatrice et excluante. Après être tombée amoureuse d'un professeur d'origine chinoise beaucoup plus âgé, elle a abandonné sa famille et s'est enfuie. Des décennies plus tard, la découverte de l'homosexualité de son fils et de la relation de sa fille avec un petit ami noir la fait s'interroger sur son passé. ×

Le premier film de Chiang Hsiu-Chiung, parfaitement scénarisé, est un drame matrilinéaire sur trois générations de femmes résilientes. Dans une performance puissante et sobre, la célèbre actrice et star d'opéra taïwanaise Pan Li Li incarne le rôle-titre d'Ai-tsao, une femme célibataire de 58 ans qui prend soin de sa mère.
ARTEMISIA, Chiang Hsiu-Chiung 2008 (societe taiwan)@@ (E)
Une femme qui croit avoir choisi une voie atypique est surprise de constater que ses enfants s'éloignent de plus en plus des normes sociales. Ai-tsao est une veuve de près de 60 ans ; son mari, de plus de vingt ans son aî ...

@

ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD, Luc Besson 2009, voix de Selena Gomez, Snoop Dogg (animation)@


C'est un grand jour pour Arthur ! En effet, c'est la fin du dixième cycle de la lune et il va, enfin, rejoindre le monde des Minimoys et revoir Sélénia. Sur place, c'est l'événement et rien n'a été laissé au hasard pour fêter comme il se doit son arrivée ! Un banquet est organisé et Sélénia a revêtu sa plus belle robe. Hélas, c'est ce jour précis qu'a choisi le père d'Arthur pour quitter la maison de sa grand-mère.

TELERAMA
Le premier était plutôt séduisant dans sa naïveté même. Là, c’est trop. Il faut avoir 5 ans pour apprécier ce deuxième volet de la trilogie jardinière de Besson.
Arthur et les Minimoys était le cadeau naïf du grand gosse qu'est Besson à tous les enfants de son âge. De là à en faire une suite et un troisième volet (Arthur et la guerre des deux mondes)... Dès la scène d'ouverture d'Arthur et la vengeance de Maltazard, il met le paquet : branle-bas de combat du peuple de l'herbe en 3D remuante et rutilante. Techniquement, rien à dire, c'est scotchant : pour son Jardiland, Besson n'a pas lésiné sur les moyens. En revanche, côté scénario, c'est Nunucheland. Quand on veut faire son Star Wars, même en mini, même en animation, il faut autre chose qu'un prêchi-prêcha écolo et de la « poésie » de classe maternelle. Assommant si on a plus de 5 ans...
ARTHUR ET LA VENGEANCE DE MALTAZARD, Luc Besson 2009, voix de Selena Gomez, Snoop Dogg (animation)@ (E)
C'est un grand jour pour Arthur ! En effet, c'est la fin du dixième cycle de la lune et il va, enfin, rejoindre le monde des Minimoys et revoir Sélénia. Sur place, c'est l'événement et rien n'a ét&e ...

@

ARTHUR ET LES MINIMOYS, Luc Besson 2006, Mylène Farmer (voix)(animation)@@


Afin de sauver la maison de sa grand-mère de l'action d'un entrepreneur, un garçon de 10 ans se lance sur les traces d'un trésor dont lui parlait son grand-père. Il pénètre alors un monde de créatures miniatures qui vivent en harmonie parfaite avec la nature.

TELERAMA
Un garçonnet se retrouve sous le jardin parmi des minicréatures à oreilles pointues… Écologie potagère et amour pur : 50 % pro, 50 % naïf, 100 % Besson.

Dans une campagne américaine des années 1960 qui fleure bon l’apple pie, un garçonnet veut sauver sa mamie de l’expropriation. En quête d’un trésor, il pénètre dans un monde peuplé de lutins plus combatifs et sages que les humains…

Habitude bessonienne, le scénario d’Arthur et les Minimoys est lilliputien. Mais, avec sa multitude de minicréatures, le cinéaste opère un syncrétisme d’heroic fantasy à large spectre, allant de Dark Crystal à Star Wars, du Seigneur des anneaux aux BD de Loisel. Et Selenia, la princesse techno-punk qu’il attache à son héros, est une séduisante synthèse en 3D de son éternel féminin.

Avec ce film plus personnel qu’il n’y paraît, Besson n’a pas besoin de se cacher derrière les fusillades, les cités futuristes ou dans les profondeurs marines pour dire sa peur de l’âge adulte. Pour cultiver sa part d’enfance, il va juste au bout du jardin et le fait devant un public « de son âge ».
ARTHUR ET LES MINIMOYS, Luc Besson 2006, Mylène Farmer (voix)(animation)@@ (E)
Afin de sauver la maison de sa grand-mère de l'action d'un entrepreneur, un garçon de 10 ans se lance sur les traces d'un trésor dont lui parlait son grand-père. Il pénètre alors un monde de cr&eacu ...

@

AS BESTAS, Rodrigo Sorogoyen 2022, Luis Zahera, Denis Ménochet, Marie Colomb, Marina Foïs (societe)@@


Antoine et sa femme Olga gèrent une ferme biologique dans un village de Galice, la région nord-ouest de l'Espagne. Bien que le couple français fasse de son mieux pour s'intégrer dans la communauté, les habitants continuent de les considérer comme des intrus. Leur opposition à un parc éolien met les relations à cran, notamment avec les frères Xan et Lorenzo, qui ne sont que trop heureux de faire fuir le couple. Cependant, Antoine et Olga restent fermes, et la situation menace de dégénérer.

TELERAMA
Rodrigo Sorogoyen, réalisateur d’“El Reino”, signe un thriller à l’hyperréalisme terrifiant. Dès la séquence d’ouverture, on est parachuté dans le vif du sujet : une discussion animée, entre hommes, dans un bar de montagne. Comme ils jouent aux dominos, on pourrait s’attendre à une ambiance chaleureuse, à des rires. Erreur. C’est une scène de tension, qui monte peu à peu, dans un crescendo virtuose. Il y a un désaccord au sujet d’un absent, le fils Rubio qui travaillerait mal et serait un incapable. Celui qui profère cette critique domine les débats. Il est sec, intraitable, il a la voix qui porte. Il dicte quasiment aux autres ce qu’ils doivent penser. Menaçant, il interpelle soudain une personne sur le point de s’éclipser : « Hé, on t’ennuie, le Français ? Et on ne t’a pas appris à dire au revoir ? » Ce Français, on le reconnaît, c’est Denis Ménochet. On redoute qu’il se prenne, là, tout de suite, une balle dans le dos.

Un western doublé d’un thriller ? Si l’on veut. Mais néorural, bien d’aujourd’hui. Ancré de la manière la plus précise et hyperréaliste qui soit, dans les montagnes reculées de la Galice, région du nord-ouest de l’Espagne. Un couple d’expatriés, Antoine (Denis Ménochet) et Olga (Marina Foïs), a tout plaqué pour s’installer là-bas, en choisissant de se reconvertir dans la culture maraîchère écoresponsable. Ils retapent aussi des maisons du coin avec l’espoir que le hameau se repeuple. Ces bonnes intentions sont hélas mises à rude épreuve par un conflit avec des voisins agriculteurs, autour d’un projet d’éoliennes. Antoine et Olga y sont opposés.

Parmi ces voisins se trouve Xan (Luis Zahera, impressionnant), l’imprécateur découvert au début. Celui-ci vit avec sa mère et son frère, Lorenzo, diminué mentalement depuis un accident. Cette famille rustre, hargneuse, trime dur, pour gagner une misère. Eux vivent ici depuis toujours mais sont prêts à partir, grâce à la manne financière reçue en cas d’installation des éoliennes. Chacun a ses raisons. C’est toute l’intelligence du film que d’intégrer à l’intérieur du genre des problématiques socio-politiques et même anthropologiques, en phase directe avec les mutations de notre monde : les nouveaux types de mobilité sociale, le sentiment du « chez soi », le village gagné par la mondialisation… Depuis El Reino, on savait Rodrigo Sorogoyen capable d’embrasser les thèmes sans entraver le suspense. Il le confirme une fois encore, à travers le brio de sa mise en scène.

Chacun, donc, a ses raisons. Mais ne les défend pas de la même manière. L’instruit Antoine est un condescendant qui s’ignore, un dominant par le langage. Il commet malgré tout un faux pas en voulant piéger les deux vieux garçons rustauds. De provocations en persécutions, la peur finit par s’installer chez les Français. As bestas est terrifiant, mais pas que. L’enjeu du film change de nature dans son dernier tiers, après un événement dramatique dont on ne peut rien dire. Olga, plutôt en retrait jusque-là, passe alors au premier plan, d’un calme froid, d’une force mystérieuse. Presque inquiétante aux yeux de sa fille, qui fait son apparition. Et suscite une longue discussion orageuse, où elles s’expliquent durement. Personne n’a tort. La séquence frappe par la justesse et la profondeur des dialogues.

Malgré leur affrontement, un terrain d’entente reste possible, qu’on peut appeler « sororité ». Alors qu’entre les hommes ce n’est que sarcasmes, empoignades, théâtre viriliste, ivresse de la colère. Antoine est un bon mais peut parfois ressembler à ses ennemis. À travers la figure d’Olga se dessine une forme de combat très différent, subtil et déterminé, qui vise la masculinité. Et s’avère victorieux.


AS BESTAS, Rodrigo Sorogoyen 2022, Luis Zahera, Denis Ménochet, Marie Colomb, Marina Foïs (societe)@@ (E)
Antoine et sa femme Olga gèrent une ferme biologique dans un village de Galice, la région nord-ouest de l'Espagne. Bien que le couple français fasse de son mieux pour s'intégrer dans la communauté, les hab ...

@

ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@


Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur.

TELERAMA
Jeanne attend son amant criminel, prisonnier d’un ascenseur. La trompette de Miles improvise une longue plainte qui traduit un désarroi indicible. Un grand classique.

Louis Malle (il avait alors 24 ans) a conçu son premier long métrage comme un lent compte à rebours. Un homme commet un assassinat. Au moment de s’enfuir dans sa voiture, il réalise qu’il a oublié la corde qui lui a servi à grimper d’un balcon à l’autre. Il retourne sur les lieux et prend l’ascenseur. Le gardien coupe soudainement le courant pour le week-end. Le meurtrier reste coincé entre deux étages. À l’extérieur, sa maîtresse l’attend…

D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et séquences sonores qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet, où Maurice Ronet s’égare dans la douleur jusqu’au suicide.

SYNOPSIS
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître une pièce à conviction malencontreusement oubliée, se retrouve bloqué dans l'ascenseur par une coupure de courant. Au dehors, un blouson noir, Louis, vole la voiture de Julien et y fait monter sa petite amie Véronique. Florence, qui attend son amant à la terrasse d'un café, reconnaît la voiture mais ne distingue pas le conducteur. Elle constate tout de même qu'il est en aimable compagnie. Jalouse et se croyant trahie, elle erre dans Paris, tandis que Julien s'évertue à sortir de l'ascenseur...
ASCENSEUR POUR L ECHAFAUD, Louis Malle 1958, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Maurice Ronet (thriller drame psychologique)@@@ (E)
Julien Tavernier et sa maîtresse, Florence Carala, la femme de son patron, ont imaginé un plan diabolique pour supprimer le mari gênant. Une fois le meurtre commis, Julien, revenu sur ses pas pour faire disparaître ...

@

ASSASSINATS EN TOUS GENRES, Basil Dearden 1969, Oliver Reed, Diana Rigg (thriller)@@


Londres, 1906. Sonya Winter n'a qu'une ambition : devenir journaliste. Elle découvre qu'un mystérieux Bureau de l'Assassinat s'est rendu coupable d'une série d'attentats politiques. Persuadée de détenir un scoop, elle propose à Lord Bostwick, directeur d'un grand quotidien londonien, de réaliser un reportage sur cette étrange organisation criminelle.

TELERAMA
La pétillante Sonya Winter (Diana Rigg, alias Emma Peel dans Chapeau melon et bottes de cuir), suffragette de la Belle Époque, découvre l’existence d’un « Bureau des assassinats » qui, moyennant finance, prépare à volonté « contrats » et attentats en tout genre. Elle commande donc la mise à mort du… chef du bureau en question, que ses associés sont prêts à supprimer sans états d’âme.

Écrite et décorée (!) par le collaborateur attitré de Basil Dearden, cette joyeuse comédie d’humour noir voyage à travers l’Europe pré-14-18 : société secrète londonienne, maison close parisienne — avec Philippe Noiret en père maquereau —, intrigues vénitiennes et final assez réussi à bord d’un zeppelin allemand. On pense à la littérature anglaise du XIXe — Oliver Reed a quelque chose du Florizel de Stevenson —, aux Mystères de l’Ouest, voire à Bernard et Bianca (« SOS Société, nous sommes là pour vous aider ! »). Un charme suranné un peu volatil, mais pas désagréable.
ASSASSINATS EN TOUS GENRES, Basil Dearden 1969, Oliver Reed, Diana Rigg (thriller)@@ (E)
Londres, 1906. Sonya Winter n'a qu'une ambition : devenir journaliste. Elle découvre qu'un mystérieux Bureau de l'Assassinat s'est rendu coupable d'une série d'attentats politiques. Persuadée de détenir un ...

@

ASTERIX CONTRE CESAR


La Gaule en l'an 50 avant Jésus-Christ, est occupée par les Romains. Un seul village résiste, grâce à la potion magique, préparée par le druide Panoramix, qui rend ses habitants invincibles pendant plusieurs minutes. Parmi eux, nos héros Astérix et Obélix, ridiculisent n'importe quel assaillant. Au moment où César se prépare à envahir l'Angleterre, il apprend que ce village tient en échec ses troupes et refuse de payer l'impôt.

TELERAMA:
C'est un film construit dans un matériau fragile avec, dans le rôle clé de Détritus, Roberto Benigni, cette incarnation vivante de tous les débordements « bédéesques ». On s’amuse à observer la façon dont Gérard Depardieu joue à être Obélix et le devient illico sous nos yeux avec une aisance confondante. On s’étonne de voir jusqu’au bout, derrière les bacchantes d’Astérix, un Christian Clavier venu là, disons, en « visiteur ». On ne se lasse pas du « coup » de l’éléphant planté dans le sol par les défenses (extrait diffusé quelques dizaines de fois dans une promo au canon...). On patiente. On s’impatiente. On accueille avec plaisir les deux ou trois belles idées qui redonnent du punch au dernier quart du film. Et on se dit alors qu’Uderzo devrait être content de cette scrupuleuse opération de protection du patrimoine. Pour le reste, selon que l’on est tombé dedans, ou pas, quand on était petit...
ASTERIX CONTRE CESAR (E)
La Gaule en l'an 50 avant Jésus-Christ, est occupée par les Romains. Un seul village résiste, grâce à la potion magique, préparée par le druide Panoramix, qui rend ses habitants invincibles pe ...

@

ASTERIX ET OBELIX au service de sa majeste, Laurent Tirard 2012, Gérard Depardieu, Edouard Baer (comique)@@


Vers 50 av. J.-C., Jules César lance une offensive contre la Bretagne et l'emporte facilement en attaquant, chaque jour, à dix-sept heures précises. La reine Cordelia se réfugie dans un petit village, assiégé par les Romains, avec tous les hommes libres de l'île. Voyant que la situation devient critique, elle envoie Jolitorax en Gaule chercher un tonneau de potion magique, l'arme secrète qui permet au village d'Astérix et Obélix de tenir face à l'armée romaine.

TELERAMA
Une distribution “all stars” plutôt à l’aise (mention à Baer, Lemercier, Gallienne) dans ce quatrième opus qui mêle intelligemment deux albums “Astérix chez les Bretons” et “Astérix et les Normands”.

Laurent Tirard a remis de l’humain dans cette quatrième adaptation pour le cinéma des albums d’Uderzo et Goscinny. Il mixe deux aventures, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands, les situant dans une Angleterre d’opérette, imaginant un écheveau convaincant de micro-intrigues.

Les comédiens ont la part belle : Édouard Baer en Astérix raisonneur, Guillaume Gallienne en Jolitorax, son cousin grand-breton… Disparition de l’un, ébriété de l’autre, amourettes et fâcheries composent une fantaisie fidèle à l’esprit de la BD : une partie de rugby – l’une des rares pleines pages de l’album – devient une petite madeleine par la minutie de la reconstitution. On est loin
ASTERIX ET OBELIX au service de sa majeste, Laurent Tirard 2012, Gérard Depardieu, Edouard Baer (comique)@@ (E)
Vers 50 av. J.-C., Jules César lance une offensive contre la Bretagne et l'emporte facilement en attaquant, chaque jour, à dix-sept heures précises. La reine Cordelia se réfugie dans un petit village, assié ...

@

ASTERIX MISSION CLEOPATRE, Alain Chabat 2002, Alain Chabat, Jamel Debouze, Christian Clavier


Pour impressionner Jules César, Cléopâtre parie avec lui qu'elle parviendra à faire construire, en trois mois seulement, le plus beau palais qu'il ait jamais visité. Elle confie cette importante tâche à l'architecte Numérobis, qui se désespère: s'il échoue, il sera jeté aux crocodiles.

TELERAMA:
Alain Chabat épouse, grande pompe et gros budget, toute la célèbre BD de Goscinny et d'Uderzo. Toute ? Non ! Car la facétieuse imagination de l'ex-Nul résiste encore et toujours à la luxueuse pesanteur d'une adaptation trop littérale autant qu'au risque d'une trahison pure et simple. Astérix et Obélix contre César, l'opus précédent réalisé par Claude Zidi, se contentait d'accumuler les baffes et les gros gags à effets spéciaux. Ici, c'est tout le contraire : autant de différence entre les deux films qu'entre les albums avec et sans Goscinny. La filiation ludique avec ce dernier est évidente. Voir (et savourer) les déclarations d'Itinéris (« Vous avez deux nouveaux messages »), les patronymes en tous genres, de Cartapus, espionne aux méthodes très personnelles, à Otis, le contremaître inventeur d'un engin qui monte et qui descend, en passant par Malococsis ou Sucettalanis…
ASTERIX MISSION CLEOPATRE, Alain Chabat 2002, Alain Chabat, Jamel Debouze, Christian Clavier (E)
Pour impressionner Jules César, Cléopâtre parie avec lui qu'elle parviendra à faire construire, en trois mois seulement, le plus beau palais qu'il ait jamais visité. Elle confie cette importante tâche ...

@

ATTENTION AU DEPART, Benjamin Evrard, Andre Dussolier, Jerome Commandeur (comique road movie)@


Benjamin, la quarantaine, accompagne un groupe d'enfants dont fait partie son fils en vacances dans les Alpes. Suite au désistement de tous les autres parents, il se retrouve seul accompagnant et fait appel à Antoine, le grand-père d'un des enfants. Distraits, Benjamin et Antoine se retrouvent cependant séparés du groupe alors qu'ils montent dans le mauvais train, celui des enfants étant déjà parti. Les deux accompagnateurs récupèrent un jeune retardataire et partent à la suite du train manqué.

ALLOCINE
Mis à part André Dussollier et Jérôme Commandeur qui sauvent cette petite comédie par quelques scènes potablement amusantes, le reste de ce film reste plus que moyen, digne d'un téléfilm quelconque sans grande ambition.
Deux ou trois sourires (vers le final), c'est pauvre pour une oeuvre censée faire rire.
Pas de finesse, presque pas de scénario, des personnages proches de la caricature grotesque (mon dieu le contrôleur !!).
Bref, je laisse la moyenne car j'aime beaucoup les deux acteurs principaux, mais globalement, cela peut attendre largement d'être vu à la télévision un soir de déprime !
ATTENTION AU DEPART, Benjamin Evrard, Andre Dussolier, Jerome Commandeur (comique road movie)@ (E)
Benjamin, la quarantaine, accompagne un groupe d'enfants dont fait partie son fils en vacances dans les Alpes. Suite au désistement de tous les autres parents, il se retrouve seul accompagnant et fait appel à Antoine, le grand ...

@

ATTRACTION FATALE, Matthew Parkhill 2003, Gael García Bernal, Natalia Verbeke, James d'Arcy (film e)


Carmen, une jeune Espagnole au caractère changeant, vit à Londres. Elle doit prochainement se marier avec Barnaby, un rentier anglais plutôt réservé. Son existence bascule quand elle fait la connaissance de Kit, un séduisant Brésilien.

TELERAMA
“ Attraction fatale nous tient en haleine grâce à une construction intelligente et une bonne maitrise du rythme. La photographie est moyenne. ”
ATTRACTION FATALE, Matthew Parkhill 2003, Gael García Bernal, Natalia Verbeke, James d'Arcy (film e) (E)
Carmen, une jeune Espagnole au caractère changeant, vit à Londres. Elle doit prochainement se marier avec Barnaby, un rentier anglais plutôt réservé. Son existence bascule quand elle fait la connaissance de ...

@

AU BORD DU GOUFFRE, (The Ledge), Matthew Chapman 2011, Charlie Hunnam, Liv Tyler (drame)@


Tombé amoureux de Shana, la femme d'un autre, Gavin Harris souffre beaucoup de cette situation mais à son grand bonheur, cet amour est réciproque. Cependant, le mari de Shana découvre un jour leur liaison secrète et devient fou de rage. Il séquestre sa femme et demande à Gavin de faire un ultime choix en une heure : sa vie ou celle de Shana. En haut d'un immeuble, prêt à sauter, le jeune homme est perdu. Un policier du nom d'Hollis lui vient alors en aide.

Un drame intéressant dans son thème et captivant par l'intrigue. Une mise en scène en flashback permet de suivre cette histoire convenablement et également conforte le coté intrigue. Un thème sur la foi non rébarbatif car soft coté religion, une foi plutôt dépendante de son "libre arbitre" ! Les interprétations sont de très haut vol et mention spéciale à la superbe Liv Tyler capable de passer des rires aux larmes en une phrase et ...
AU BORD DU GOUFFRE, (The Ledge), Matthew Chapman 2011, Charlie Hunnam, Liv Tyler (drame)@ (E)
Tombé amoureux de Shana, la femme d'un autre, Gavin Harris souffre beaucoup de cette situation mais à son grand bonheur, cet amour est réciproque. Cependant, le mari de Shana découvre un jour leur liaison secr&eg ...

@

AU COEUR DE L OCEAN, Ron Howard 2015, Chris Hemsworth, Cillian Murphy, Tom Holland (catastrophe mer)@


Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l'embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerris, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation.

TELERAMA
Malgré des scènes d'action réussies, des personnages trop fades privent de saveur cette histoire qui inspira Moby Dick à Herman Melville.
Non ce n'était pas le radeau/de la Méduse, ce bateau », mais presque : un baleinier du xixe siècle, parti de Nouvelle-Angleterre, qu'un cachalot revanchard coula de vigoureux coups de queue. Les survivants à la dérive finirent par se manger entre eux... Le récit des rares rescapés (repus) fournit à Herman Melville l'inspiration pour écrire Moby Dick. Mais il n'inspire pas plus que ça Ron Howard, dont les films valent souvent ce que valent leurs scripts. Celui-ci ménage les scènes d'action attendues, plutôt bien faites, mais oublie de dessiner des personnages auxquels on pourrait un minimum s'attacher. Il eût fallu sans doute insister sur la personnalité du cétacé (pour lequel le public de 2015 prend fait et cause) et sur la folie humaine. Mais cela serait revenu à tourner Moby Dick, et pas l'histoire-qui-inspira-Moby-Dick...
AU COEUR DE L OCEAN, Ron Howard 2015, Chris Hemsworth, Cillian Murphy, Tom Holland (catastrophe mer)@ (E)
Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l'embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inex ...

@

AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@


Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se diversifier s'est surendetté. Comment a-t-il pu s'enfoncer autant ? Aidée d'Antoine, son amour de jeunesse et aujourd'hui gérant d'une association d'agriculteurs en difficulté, Laure découvre un complot visant à pousser les agriculteurs à la faillite pour racheter leurs terres. Alors que l'eau vient à manquer dans la région, Laure comprend que sa famille et d'autres agriculteurs sont les cibles d'un vaste plan de mainmise sur l'eau...

TELERAMA
N’est pas le réalisateur d’“Erin Brockovich, seule contre tous” qui veut… Malgré l’intérêt et l’actualité du sujet, ce téléfilm sombre dans un didactisme soporifique. Un documentaire aurait été plus puissant…

Julien Levêque est à la peine. Son exploitation agricole croule sous les dettes. Victime d’un accident cardiaque, il s’effondre, laissant à sa mère, sa femme et sa fille la gestion de la ferme. Venue en renfort, sa sœur Laure (Mathilde Seigner) découvre l’ampleur du surendettement. Ensemble, ces trois générations de femmes vont tenter de sauver ce qu’il reste à sauver. Avec l’aide d’une association d’agriculteurs en difficulté, elles mettent au jour un scandale économique.

N’est pas le réalisateur d’Erin Brockovich, seule contre tous qui veut… Malgré tout l’intérêt et l’actualité du sujet, le téléfilm sombre d’entrée dans un didactisme soporifique. La qualité du casting, notamment la présence de Caroline Proust, ne parvient jamais à le sauver d’être autre chose qu’un exposé sur les difficultés du monde agricole et l’enjeu de l’eau. Ni la petite touche « Roméo et Juliette », ni celle du féminisme n’y peuvent rien. Privé de réelle émotion, porté par des personnages prisonniers de leurs stéréotypes, Au cœur de nos terres ne délivre qu’une dramaturgie a minima. Et on ne peut s’empêcher de se dire qu’un documentaire aurait été plus puissant…

AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@ (E)
Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se div ...

@

AU COEUR DU MENSONGE, Claude Chabrol 1999, Sandrine Bonnaire, Jacques Gamblain, Valeria Bruni-Tedeschi, Antoine De Caunes (thriller sentimental)@


Des enfants découvrent dans un port de Bretagne le corps d'Eloïse, dix ans. Elle a été étranglée. La première personne interrogée par Frédérique Lesage, jeune commissaire récemment promue est René, professeur de dessin, dernière personne a avoir vu Eloïse. La rumeur à propos de René s'amplifie quand une seconde mort violente finit de tétaniser la ville.

TELERAMA
Laurie "Bambi" Bembenek, une ancienne pin-up devenue policière, est trop encombrante aux yeux de ses collègues masculins, qui mettent tout en oeuvre pour lui nuire. Afin d'échapper aux discriminations dont elle est la cible, elle épouse Elfred Schulz, un détective de la brigade au tempérament bien trempé. Mais le jour où l'ex-femme de Schulz est retrouvée morte, Laurie est aussitôt accusée de l'avoir assassinée. Emprisonnée, puis libérée sur parole, Laurie voit son cas exposé à la une de tous les journaux. Sa carrière semble irrémédiablement brisée. C'est sans compter l'opiniâtreté de l'enquêtrice, qui rêve de faire toute la lumière sur cette affaire...
AU COEUR DU MENSONGE, Claude Chabrol 1999, Sandrine Bonnaire, Jacques Gamblain, Valeria Bruni-Tedeschi, Antoine De Caunes (thriller sentimental)@ (E)
Des enfants découvrent dans un port de Bretagne le corps d'Eloïse, dix ans. Elle a été étranglée. La première personne interrogée par Frédérique Lesage, jeune commissaire r ...

@

AU DELA DE LA GLOIRE, Samuel Fuller 1980, Lee Marvin, Mark Hamill (guerre shoah)@@


Pendant la Seconde Guerre mondiale. Un groupe de quatre copains fait corps avec le sergent Possum, un vétéran de la Grande Guerre. Sous ses ordres, pendant toute la durée du conflit, ils se battent sur tous les fronts, d'Afrique du Nord en Tchécoslovaquie, de la Sicile à la Normandie. Griff, Vinci, Zab et Johnson sont partout en première ligne, suivant aveuglément leur sergent, lequel est fait prisonnier. Mais le valeureux sous-officier parvient à s'évader et rejoint les survivants de son groupe. En Tchécoslovaquie, en mai 1945, Possum et l'escouade pénètrent dans un camp de concentration défendu par les SS. Griff comprend soudain le sens de son combat...

TELERAMA
Tout en montrant la folie et l’absurdité de la guerre, Au-delà de la gloire n’est pas un banal film pacifiste. Il s’agit plutôt d’une chronique sur la survie, variant les registres et les points de vue.

Spectaculaire mais évitant tout effet facile, le film regorge de scènes marquantes à l’image du débarquement en Normandie où l’économie de moyens n’exclut pas la puissance d’évocation et renvoie Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg à sa pyrotechnie et son hémoglobine.

On n’oublie pas non plus la scène de la découverte d’un camp de concentration (Fuller participa à la libération du camp de Falkenau). Là encore, la suggestion l’emporte sur le voyeurisme et la démonstration. L’horreur, l’effroi, la stupéfaction sont là, mais l’essentiel se joue hors-champ. Pour la Nouvelle Vague, les travellings étaient affaire de morale. Fuller le démontre magistralement.

Christian Authier
AU DELA DE LA GLOIRE, Samuel Fuller 1980, Lee Marvin, Mark Hamill (guerre shoah)@@ (E)
Pendant la Seconde Guerre mondiale. Un groupe de quatre copains fait corps avec le sergent Possum, un vétéran de la Grande Guerre. Sous ses ordres, pendant toute la durée du conflit, ils se battent sur tous les fronts, ...

@

AU NOM DE LA TERRE, Edouard Bergeon, Guillaume Canet (drame)@@


Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l'exploitation s'est agrandie, la famille aussi. C'est le temps des jours heureux, du moins au début. Les dettes s'accumulent et Pierre s'épuise au travail. Malgré l'amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu.

TELERAMA
Les images de l’élevage intensif de poulets dans lequel s’embourbe Pierre Jarjeau, agriculteur surendetté et épuisé, provoquent un électrochoc chez les spectateurs. Au nom de la terre est inspiré de l’histoire de Christian Bergeon. Son fils, le réalisateur Édouard Bergeon, l’a vu mourir après une longue descente aux enfers et l’ingestion de glyphosate, entre autres pesticides, dans un cocktail fatal.
AU NOM DE LA TERRE, Edouard Bergeon, Guillaume Canet (drame)@@ (E)
Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l'exploitation s'est agrandie, la famille aussi. C'est le temps des jours heureux, du moins au dé ...

@

AU REVOIR LA HAUT, Albert Dupontel, 2017, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup (drame burlesque)@@


Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une "gueule cassée", ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre. Comprenant vite que leur pays ne veut plus d'eux et condamnés à l'exclusion, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe.

TELERAMA
Les grandes lignes du très touffu prix Goncourt 2013 sont condensées dans un récit qui file à la vitesse d’une balle. Un vrai roman-feuilleton, avec ses héros brisés, son salaud que l’on adore haïr et ses personnages secondaires très typés… Juste avant l’armistice de la Première Guerre mondiale, deux poilus sont blessés lors d’une dernière offensive inutile. Albert, modeste comptable, s’en sort avec des égratignures. Édouard, fils rebelle de bonne famille, est, lui, défiguré. Le premier fait croire à la mort du second et organise avec lui une arnaque aux monuments aux morts…

L’anarchiste Dupontel s’en donne à cœur joie. Sa virulence politique est indissociable, comme toujours, d’une profonde tendresse pour les marginaux. Le cinéaste aime le burlesque mais n’a pas peur du mélo : il réussit à rendre très émouvantes des scènes qui, sur le papier, avaient tout pour être ridicules. La couleur sépia, une certaine tendance au pittoresque dans l’évocation du Paris populaire font parfois redouter un excès de joliesse. Mais Albert Dupontel parvient toujours à équilibrer l’eau de rose et le vitriol. Avec, en prime, de formidables trouvailles visuelles…
AU REVOIR LA HAUT, Albert Dupontel, 2017, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup (drame burlesque)@@ (E)
Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une "gueule cassée", ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre. Comprenant vite que leur pays ne veut plus ...

@

AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987


En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanouir. La Gestapo débarque un jour au collège et arrête le Père Jean et les trois enfants juifs qu'il avait cachés parmi ses petits catholiques.

TELERAMA:
Cette chronique vivante, dure et sensible, est inspirée d’un souvenir d’enfance de Louis Malle. Quatorze ans après Lacombe Lucien, parcours d’un jeune milicien sans états d’âme, le cinéaste revisite l’Occupation sous un angle plus intime. Si l’on retrouve son regard sans illusions sur la grisaille morale ambiante, on ressent aussi, dans la délicatesse des portraits d’enfants, dans la douleur de la séquence finale, une émotion profonde et un hommage à tous ceux qui eurent le courage de risquer leur vie pour en sauver d’autres.
AU REVOIR LES ENFANTS, Louis Malle 1987 (E)
En 1944, Julien est pensionnaire dans un collège catholique. Il découvre Jean, un nouveau venu, fier et secret. Julien et Jean se prennent peu à peu en amitié. Cependant, ce lien ne pourra jamais s'épanoui ...

@

AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE, Peter Roger Hunt 1969, George Lazenby (James Bond)(aventure)@@


L'agent secret James Bond est appelé à la rescousse pour mettre un terme aux malversations de Blofeld. Ce dernier tente de mettre au point un virus qui mettrait un terme à toute vie végétale sur la planète.

TELERAMA
Bond, épisode 6. Plus mélancolique, plus doucereusement sophistiqué qu'à l'ordinaire, avec une photo superbe de Michael Reed et une très belle musique de John Barry. Surprise : Bond se marie. Sa femme est assassinée par le Spectre, le jour de ses noces. Et c'est sur les larmes d'un James Bond détruit que se clôt le film...

Hélas, c'est George Lazenby qui a été choisi pour remplacer Sean Connery. La légende veut que, pour se venger des caprices de son partenaire, Diana Rigg (Emma Peel dans Chapeau melon et bottes de cuir) ait obstinément mangé de l'ail avant chaque scène d'amour.
AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE, Peter Roger Hunt 1969, George Lazenby (James Bond)(aventure)@@ (E)
L'agent secret James Bond est appelé à la rescousse pour mettre un terme aux malversations de Blofeld. Ce dernier tente de mettre au point un virus qui mettrait un terme à toute vie végétale sur la plan&eg ...

@

AUGUSTINE, Alice Winocour 2012; Vincent Lindon, Soko, Chiara Mastroiani (sante societe)@@


Paris, hiver 1885. A l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Augustine, 19 ans, atteinte de pertes de conscience accompagnées de mouvements désordonnés, vient consulter le professeur Jean-Martin Charcot, clinicien neurologue qui travaille sur une mystérieuse maladie, l'hystérie. Charcot pratique l'hypnose qui lui permet de déclencher les symptômes de la maladie et ainsi montrer que des traumatismes émotionnels en sont, au moins en partie, à l'origine.

TELERAMA
À la fin du XIXe siècle, le professeur Charcot soigne l’“hystérie” féminine. Augustine l’intéresse particulièrement… Un premier film maîtrisé (presque trop !), et une superbe interprétation.

Dans la société hyper rigide de cette France du XIXᵉ siècle finissant, en des temps où la psychanalyse balbutie encore, on qualifie d’« hystériques » de pauvres filles qui semblent possédées par le démon. Dans son laboratoire, le Pr Charcot tente, par l’hypnose, de les guérir. Parmi ses patientes, une jeune fille devient sa malade favorite.

À la vision des scènes à la Salpêtrière – défilé de femmes échevelées aux yeux fous –, on sent poindre le piège du naturalisme. Mais Alice Winocour y échappe très vite pour mieux miser sur le fantastique : la maison du Pr Charcot est une forteresse, sortie d’un film expressionniste. Les dîners entre le médecin et son épouse ressemblent à des réunions de vampires exsangues. Et les séances d’hypnose de Charcot sur Augustine deviennent des cérémonies violentes, dignes de L’Exorciste, de Friedkin. Et aussi des corps-à-corps à l’ambiguïté secrète : amoureuse de son médecin, Augustine finit par simuler devant son « public » des symptômes qu’elle n’éprouve plus. Cette jeune femme, dont Alice Winocour fait une féministe avant la lettre – elle devient maîtresse de son corps et de ses sentiments –, est interprétée par Soko. Audacieuse, elle ose tout ce que sa réalisatrice lui demande : on sent, entre elles, une osmose. C’est cette complicité qui, dans ce film à l’esthétisme un peu froid, émeut et séduit.
AUGUSTINE, Alice Winocour 2012; Vincent Lindon, Soko, Chiara Mastroiani (sante societe)@@ (E)
Paris, hiver 1885. A l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Augustine, 19 ans, atteinte de pertes de conscience accompagnées de mouvements désordonnés, vient consulter le professeur Jean-Martin Cha ...

@

AUSSI PROFOND QUE L OCEAN, Ulu Grosbard 1999, Michelle Pfeiffer


Beth est photographe et mène une vie heureuse avec ses enfants et son mari. Mais, lorsque celle-ci se rend avec sa famille à une réunion d'anciens camarades de lycée, quelques minutes d'inattention suffisent à faire basculer sa vie. Son fils de trois ans, Ben, disparaît. Près de dix ans plus tard, alors que le foyer de Beth tente désespérément de survivre à cette terrible épreuve, un jeune garçon vient frapper à sa porte.

TELERAMA
La vie de Beth Cappadora a basculé dans l'angoisse quand son fils de trois ans, Ben, a subitement disparu dans le hall d'un grand hôtel de Chicago. Les multiples enquêtes et recherches n'ont jamais abouti. Le cauchemar de la famille Cappadora prend fin dix ans plus tard, lorsque Ben, qui répond maintenant au prénom de Sam, frappe à la porte du domicile familial. La surprise est de taille. La comparaison des empreintes digitales ne laisse aucune place au doute : Sam et Ben ne font qu'un. Une nouvelle enquête révèle que l'enfant a été kidnappé par une ancienne camarade de classe de Beth, mariée puis décédée. Mais ces retrouvailles provoquent des déchirements au sein de la famille...
AUSSI PROFOND QUE L OCEAN, Ulu Grosbard 1999, Michelle Pfeiffer (E)
Beth est photographe et mène une vie heureuse avec ses enfants et son mari. Mais, lorsque celle-ci se rend avec sa famille à une réunion d'anciens camarades de lycée, quelques minutes d'inattention suffisent &agr ...

@

AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@


En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

TELERAMA:
Autant en emporte le vent fut une réussite commerciale sans précédent et continue d'avoir ses fans éperdus. Leigh et Gable sont parfaits, c'est vrai : impossible d'oublier Scarlett, ruinée, se faisant une robe avec les rideaux de Tara, sa chère propriété. Ni Rhett, lassé des caprices de sa bien-aimée, qui lui lance : « Frankly, my dear, I don't give a damn ! » (traduction : « Franchement, ma chère, j'en ai rien à cirer ! »).
AUTANT EN EMPORTE LE VENT, Victor Fleming 1939, Clark Gable, Vivien Leigh, Olivia de Havilland (saga)@@@ (E)
En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fian& ...

@

AVANT D ALLER DORMIR,Rowan Joffe 2014, Colin Firth, Nicole Kidman, Mark Strong@@


Suite à un accident 14 ans plus tôt, Christine est affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien, ni même de son identité. Son dernier espoir réside dans son médecin, Ed Nasch, qui lui conseille de tenir un journal vidéo. Elle pourra ainsi enregistrer les informations qu'elle traque et se souvenir peu à peu de son passé, reconstituant progressivement le fil de son existence. Cependant, très vite, ses rares certitudes vont voler en éclats.

TELERAMA
Chaque matin, la mémoire de Christine (Nicole Kidman) s'est effacée. Heureusement, son mari, Ben (Colin Firth), est là. A moins qu'il ne faille se méfier de lui... Le réalisateur Rowan Joffe ne parvient à exploiter cet argument de thriller qu'en répétant toujours les mêmes scènes. Leur lourdeur rend vite le mystère assommant et artificiel.
AVANT D ALLER DORMIR,Rowan Joffe 2014, Colin Firth, Nicole Kidman, Mark Strong@@ (E)
Suite à un accident 14 ans plus tôt, Christine est affectée d'un cas très rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien, ni même de son identité. Son dernier e ...

@

AVANT L EFFONDREMENT, Alice Zeniter et Benoit Volnais, Niels Schneider, Ariane Labed, Souheila Yacoub (thriller social)@


Paris, en pleine canicule. Tristan est le directeur de campagne de Naïma Bouhoune, une candidate aux élections législatives. Un jour, il reçoit un courrier anonyme contenant un test de grossesse positif. Il se lance dans une enquête pour découvrir l'identité de la femme à l'origine de ce courrier.

TELERAMA
L’intime et le politique se mêlent dans ce premier film de Benoît Volnais et Alice Zéniter, à la fois séduisant et artificiel.
Sous la canicule parisienne, Tristan, directeur de campagne d’une candidate écologiste aux législatives, reçoit une enveloppe anonyme contenant un test de grossesse positif. Peut-être atteint d’une maladie génétique incurable, non diagnostiquée, il entame une quête obsessionnelle pour retrouver l’expéditrice…

L’effondrement évoqué par le titre renvoie autant à une remise en question personnelle qu’au désastre menaçant une société en surchauffe. Dans ce premier long métrage de Benoît Volnais et Alice Zeniter (Prix Goncourt des lycéens pour L’Art de perdre), l’intime et le politique se mêlent plus ou moins habilement. Le film séduit par sa façon de faire cohabiter désillusions et utopies, par la fraîcheur de certaines séquences proches du marivaudage. Mais, avec sa théâtralité appliquée, ses discours en voix off, ce parcours au bord du gouffre s’éparpille. Et l’on finit par ne plus savoir où il va.
AVANT L EFFONDREMENT, Alice Zeniter et Benoit Volnais, Niels Schneider, Ariane Labed, Souheila Yacoub (thriller social)@ (E)
Paris, en pleine canicule. Tristan est le directeur de campagne de Naïma Bouhoune, une candidate aux élections législatives. Un jour, il reçoit un courrier anonyme contenant un test de grossesse positif. Il se lanc ...

@

AVANT TOI, Thea Sharrock 2016, Sam Claflin, William Traynor, Emilia Clarke (sentimental)@


Jeune et riche banquier, Will Traynor était un garçon plein d'audace et d'optimisme jusqu'à ce qu'il se retrouve paralysé, suite à un accident survenu deux ans plus tôt. Devenu cynique, il a renoncé à tout et n'est plus que l'ombre de lui-même.

TELERAMA
Une fille de prolos anglais (Emilia Clarke, tout en froufrous et minauderies, façon Bridget Jones) est engagée comme aide-soignante chez un jeune homme tétraplégique (riche, évidemment). Un film opportuniste qui lorgne le succès en fusionnant Intouchables et le mélo pour adolescents... Casting très séries télé : Emilia Clarke vient de Game of thrones et Sam Claflin, de Hunger Games... — Nicolas Didier
AVANT TOI, Thea Sharrock 2016, Sam Claflin, William Traynor, Emilia Clarke (sentimental)@ (E)
Jeune et riche banquier, Will Traynor était un garçon plein d'audace et d'optimisme jusqu'à ce qu'il se retrouve paralysé, suite à un accident survenu deux ans plus tôt. Devenu cynique, il a renonc&e ...

@

AVEC AMOUR ET ACHARNEMENT, Claire Denis, Juliette Binoche, Vincent Lindon (sentimental)@@


C'est Paris et c'est déjà l'hiver. Sarah et Jean s'aiment, ils vivent ensemble depuis plusieurs années. C'est un amour qui les rend heureux et plus forts, car ils ont confiance l'un en l'autre. D'autant plus, le désir entre eux ne s'est jamais affadi. Un matin, Sarah croise par hasard François, son ancien amant, ce François qui lui a présenté Jean, ce François qu'elle a quitté pour Jean sans hésiter.

TELERAMA
Un couple. Ils s’aiment comme dans un rêve, sur fond de mer étale, de ciel bleu immuable. Comme s’il en avait toujours été ainsi. Mais déjà, la carte postale s’efface. Retour à la grande ville, en hiver. Retour à l’origine même de ce bonheur partagé, car elle n’a rien d’anodin. Sarah (Juliette Binoche) et Jean (Vincent Lindon) ont été présentés l’un à l’autre par un homme, François (Grégoire Colin), avec qui Sarah vivait…

Ce scénario, tiré d’un roman de Christine Angot (Un tournant de la vie, 2018), nous plonge dans le mystère et la mécanique — les deux, vraiment — des amours qui doivent tout à un tiers, décisif, encombrant, impossible à oublier. Le matin où Sarah aperçoit, dans une rue parisienne, cet ex pas vu depuis longtemps, elle se trouble profondément, bien davantage qu’elle ne l’aurait cru. Puis son compagnon lui annonce qu’il envisage de retravailler pour le même ex, et une sorte de vertige s’installe. À croire que l’homme désiré, c’est inévitablement l’autre, l’absent. Et que tout, décidément, se joue et se rejoue à trois.

À la frontière de l’anthropologie et du vaudeville, Claire Denis observe l’expérience tour à tour de haut (elle montre des humains piégés) et de très près, sur les visages et les corps en gros plan. Le film a ainsi reçu l’Ours d’argent de la meilleure réalisation au festival de Berlin. L’un des morceaux de bravoure tient à la mise en scène des retrouvailles entre Sarah et François, non loin de Jean, lors d’un événement professionnel nocturne. Le croisement des regards, le contact des peaux sont sans cesse différés. Le rapprochement à la fois redouté et attendu prend la résonance d’un bouleversement considérable qui, assurément, en annonce d’autres. En homme fatal, capable de faire peur, et d’entraîner vers la chute, Grégoire Colin, acteur sauvage et singulier, dont la révélation, jadis, dut beaucoup à la réalisatrice (dans Nénette et Boni, en 1996), n’a qu’à laisser opérer son magnétisme ambigu. Tandis que Juliette Binoche et Vincent Lindon excelleront, eux, dans la défiance et l’affrontement.

Avec Christine Angot, Claire Denis avait déjà écrit, pour Binoche, Un beau soleil intérieur (2017), sur la recherche, toujours à recommencer, de la fusion amoureuse en ces temps de rencontres faciles. Les deux œuvres se répondent, reposent sur le même alliage savant d’ironie cruelle et d’empathie. Mais ce film-ci permet de mieux cerner ce qui sépare la cinéaste et l’écrivaine. Car l’adaptation s’achemine vers un autre horizon que le roman, une conclusion quasi contraire. Angot, réputée implacable, s’offrait une fin étonnamment apaisée. Claire Denis, fidèle à son désenchantement altier, suggère plutôt qu’en amour, on ne progresse pas, on n’apprend rien. Mais que l’on peut, parfois, s’alléger…
AVEC AMOUR ET ACHARNEMENT, Claire Denis, Juliette Binoche, Vincent Lindon (sentimental)@@ (E)
C'est Paris et c'est déjà l'hiver. Sarah et Jean s'aiment, ils vivent ensemble depuis plusieurs années. C'est un amour qui les rend heureux et plus forts, car ils ont confiance l'un en l'autre. D'autant plus, le d&eacut ...

@

AVEC OU SANS TOI, Isabelle Caps-Kuhn 2024 (sentimental)


Un jeune couple décide de vivre sur le mode de l’union libre. La romance survivra-t-elle aux écarts, même consentis ? Une belle fiction, à la fois douce et amère, sur la liberté d’aimer et la volatilité des sentiments.
Après un tour du monde de trois ans, Adam retrouve sa famille accompagné de sa nouvelle petite amie Gwen, rencontrée lors de son périple. Inspiré par la vie privée de son frère Paul, Adam propose à Gwen une relation ouverte, où chacun est libre de rencontrer qui il veut. Pour ne pas s’opposer à son chéri, la jeune femme accepte. Mais lorsque le jeune homme entame une liaison avec une Française, l’expérience se transforme en un tourbillon d’émotions et d’amertume incontrôlables. Est-ce la jalousie que Gwen doit affronter ou la crainte de la solitude ?

Les vertiges de l’amour (libre)
Comment les sentiments peuvent-ils résister quand on les met en danger ? Le premier long métrage d'Isabelle Caps-Kuhn aborde avec délicatesse les vertiges de l’amour chez deux jeunes personnes qui se cherchent et ont du couple une vision non figée. Mais la détermination de Gwen à ne pas sombrer dans la jalousie est mise à l'épreuve, alors qu’Adam semble avoir plus de recul. Une jolie variation sur les faux-semblants sentimentaux au cours de laquelle chacun devra faire face à ses peurs et gagnera, parfois à ses dépens, en certitudes.

AVEC OU SANS TOI, Isabelle Caps-Kuhn 2024 (sentimental) (E)
Un jeune couple décide de vivre sur le mode de l’union libre. La romance survivra-t-elle aux écarts, même consentis ? Une belle fiction, à la fois douce et amère, sur la liberté d’aimer e ...

@

AVIATOR, Martin Scorcese 2005, Leonardo di Caprio@


Ce film couvre près de 20 ans de la vie tumultueuse d'Howard Hughes, industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l'aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. Cet excentrique et flamboyant aventurier devint un leader de l'industrie aéronautique en même temps qu'une figure mythique, auréolée de glamour et de mystère.

TELERAMA:
Pari — réussi — de Scorsese : faire un film luxueux, classique, hollywoodien, tout en l’amenant à lui. D’où cette alternance de scènes grandioses et de moments intimistes où s’épanouit le héros scorsesien, proie fatale de démons intérieurs. Car le monde du cinéma est proche de l’univers mafieux qu’il a peint de film en film.
Qu’importe que Leonardo DiCaprio ne ressemble pas à ­Howard Hughes, puisque, porté par son metteur en scène, il parvient à le rendre plus vrai que le vrai. Même s’il fait semblant de le célébrer, Scorsese s’attache essentiellement à miner le rêve américain. Scorsese peint Hughes comme un colosse aux pieds d’argile : sa force le fascine autant que sa vulnérabilité.
AVIATOR, Martin Scorcese 2005, Leonardo di Caprio@ (E)
Ce film couvre près de 20 ans de la vie tumultueuse d'Howard Hughes, industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l'aviation civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur insatiable. C ...

@

AWAKE, Joby Harold 2007, Hayden Christensen, Jessica Alba (thriller)


Souffrant d'une grave maladie cardiaque, Clay Beresford doit être opéré au plus vite. Pour ce jeune héritier d'une riche famille new-yorkaise, c'est un risque à prendre à la veille de ce qui s'annonce pour lui comme une nouvelle vie : il doit non seulement prendre les commandes de la société de feu son père, mais encore épouser la belle Sam Lockwood. Mis en confiance par sa fiancée, Clay accepte l'opération. Un éminent spécialiste mènera l'intervention. Mais alors que l'anesthésie s'est déroulée normalement, Clay revient à lui. Paralysé, il ne parvient pas à communiquer avec le chirurgien. Avec effroi, il découvre qu'un odieux complot est en train de se jouer...
AWAKE, Joby Harold 2007, Hayden Christensen, Jessica Alba (thriller) (E)
Souffrant d'une grave maladie cardiaque, Clay Beresford doit être opéré au plus vite. Pour ce jeune héritier d'une riche famille new-yorkaise, c'est un risque à prendre à la veille de ce qui s'annonc ...

@

AYA ET LA SORCIERE, Gorō Miyazaki 2020 (animation)@


Aya a grandi dans un orphelinat douillet depuis qu'elle est bébé et ne sait pas que sa mère avait des pouvoirs magiques. Aimée et choyée, la fillette de 10 ans n'a jamais voulu quitter son cocon et son cher ami Custard. Espiègle, rusée, elle mène son petit monde par le bout du nez ! Lorsqu'un couple étrange vient l'adopter, Aya se rebelle et suit sa nouvelle famille à reculons.

TELERAMA
Cette histoire d’orpheline adoptée par un couple de sorciers s’annonce comme une curiosité : c’est le premier long métrage du studio Ghibli – d’habitude spécialiste de l’animation traditionnelle – entièrement en images de synthèse. Comme un symbole, Gorô Miyazaki, fils de Hayao, en assure la réalisation
AYA ET LA SORCIERE, Gorō Miyazaki 2020 (animation)@ (E)
Aya a grandi dans un orphelinat douillet depuis qu'elle est bébé et ne sait pas que sa mère avait des pouvoirs magiques. Aimée et choyée, la fillette de 10 ans n'a jamais voulu quitter son cocon et son che ...

@

BABBYSITTING 2, Nicolas Benamou, Christian Clavier (comique)@


Sonia souhaite présenter Franck à son père, Jean-Pierre directeur d'un hôtel écologique au Brésil. Toute la bande s'y retrouve ainsi pour y passer des vacances de rêve. Un matin, les garçons partent en excursion dans la forêt amazonienne. Jean-Pierre leur confie sa mère acariâtre Yolande.

TELERAMA
Ce deuxième volet revisite, sur le mode ludique d'un faux documentaire, le cinéma de genre (en l'occurrence, le film d'aventures). On retrouve donc nos héros, embarqués dans une excursion en forêt amazonienne. Equipée racontée via une malicieuse mise en abyme : on visionne la vidéo de l'expédition avec une poignée de personnages restés à l'hôtel.
Truffé de clins d'œil (127 Heures, The Descent, A la poursuite du diamant vert...) et d'images spectaculaires (un saut en parachute en caméra subjective et sans montage), le film distille un humour écolo, bienveillant et rafraîchissant. Dans la famille des comédies françaises grand public, c'est plutôt le haut du panier.
BABBYSITTING 2, Nicolas Benamou, Christian Clavier (comique)@ (E)
Sonia souhaite présenter Franck à son père, Jean-Pierre directeur d'un hôtel écologique au Brésil. Toute la bande s'y retrouve ainsi pour y passer des vacances de rêve. Un matin, les garç ...

@

BABY DRIVER, Edgar Wright 2022, Ansel Elgort, Kevin Spacey (road movie)


Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu'il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal. Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu'il aime et sa vie sont en jeu.

TELERAMA
Comment Edgar Wright, auteur d’une réjouissante trilogie entamée avec Shaun of the Dead (2004), a-t-il pu tomber si bas ? Hommage appuyé ou plagiat, il reprend des pans entiers du Drive de Nico­las Winding Refn, dans cette histoire de jeune chauffeur mutique (Ansel Elgort, amor­phe) qui pilote pour des braqueurs. Comme le type souffre d’acouphènes, il écoute de la musique sans arrêt : prétexte à une interminable playlist accompagnant courses-poursuites et fusillades. Les premières séquences sont chorégraphiées, mais ces velléités de comédie musicale s’estompent bien vite. Ne reste alors qu’un polar quelconque aux personnages sous-écrits et surjoués.
BABY DRIVER, Edgar Wright 2022, Ansel Elgort, Kevin Spacey (road movie) (E)
Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu'il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses act ...

@

BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e)


Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle pousse ce dernier à se tourner vers la prostituée Unis pour assouvir ses désirs lascifs. Suite au décès soudain de son père, Rosemary sombre dans une profonde dépression et se retrouve prise au piège d'un cauchemar érotique surréaliste, où se mêlent sexe et mort.
BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e) (E)
Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle po ...

@

BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@


2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux.

TELERAMA
Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction.

Pour :
le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre
« Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement.

Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité.

La frénésie réaliste d’un Eastwood
BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques…

L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M.

Contre :
description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN
Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini.

La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire.

La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D.
BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@ (E)
2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ...

@

BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@


2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux.

TELERAMA
Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction.

Pour :
le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre
« Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement.

Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité.

La frénésie réaliste d’un Eastwood
BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques…

L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M.

Contre :
description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN
Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini.

La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire.

La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D.
BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@ (E)
2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ...

@

BACKDRAFT, Ron Howard 1991, Kurt Russell, William Baldwin, Robert De Niro@@


Un jeune pompier assiste un détective qui enquête sur une série d'incendies d'origine apparemment criminelle.

TELERAMA:
L'histoire mêle une demi-douzaine de thèmes, tous conventionnels : le culte du père, la rivalité entre frères, le courage et la peur, une enquête policière, la trahison d'un pompier, la corruption politique. Le résultat de ces entrelacs, traités d'ailleurs tous assez superficiellement, est plus confus que riche. Heureusement, il y a les images du feu, très belles dans leur flamboiement abstrait.
BACKDRAFT, Ron Howard 1991, Kurt Russell, William Baldwin, Robert De Niro@@ (E)
Un jeune pompier assiste un détective qui enquête sur une série d'incendies d'origine apparemment criminelle.

TELERAMA:
L'histoire mêle une demi-douzaine de thèmes, tous conventionnels : le cult ...

@

BAD BOYS FOR LIFE, Adil El Arbi et Bilall Fallah 2020, Will Smith, Martin Lawrence (thriller)@


Marcus Burnett est maintenant inspecteur de police. Mike Lowery est, quant à lui, en pleine crise de la quarantaine. Tous les deux doivent s'unir à nouveau lorsqu'un mercenaire albanais leur promet une importante prime s'ils mettent la main sur le chef d'un cartel de drogue de Miami.

TELERAMA
Les deux flics ami-ami continuent de rouler à tombeau ouvert dans leur Porsche et de faire exploser tout ce qui leur barre la route. Le tout haché menu par un montage survolté et épuisant

En confiant les clés de la pétaradante saga Bad Boys au jeune duo flamand Adil El Arbi et Bilall Fallah (Gangsta), Michael Bay, roi du blockbuster et réalisateur des deux premiers volets (1995 et 2003), leur a hélas aussi transmis ses instructions. Rien de nouveau sous le soleil de Floride : les deux flics amis-amis « pour la vie », interprétés avec la même coolitude par Will Smith, le séducteur impénitent, et Martin Lawrence, le jeune papi, se teignent le bouc pour rester fringants, continuent à rouler à tombeau ouvert dans leur Porsche et à faire exploser tout ce qui leur barre la route (hélico, bateau, immeuble…). Le tout filmé avec une caméra gyroscopique, et haché menu par un montage survolté et épuisant.
BAD BOYS FOR LIFE, Adil El Arbi et Bilall Fallah 2020, Will Smith, Martin Lawrence (thriller)@ (E)
Marcus Burnett est maintenant inspecteur de police. Mike Lowery est, quant à lui, en pleine crise de la quarantaine. Tous les deux doivent s'unir à nouveau lorsqu'un mercenaire albanais leur promet une importante prime s'ils m ...

@

BAD BOYS, Michael Bay 1995, Martin Lawrence, Will Smith (thriller racisme)@


L'un aime les Porsche, la vitesse et les filles. L'autre mène une vie rangée, aux côtés de sa femme et de ses enfants. Leurs seuls points communs : leur couleur de peau - noire - et leur métier. Ils forment le tandem de flics le plus efficace de la police de Miami. Mike Lowrey, le tombeur, et Marcus Burnett, l'homme tranquille, enquêtent sur un vol peu commun. Un stock d'héroïne, estimé à quelque cent millions de dollars, a été dérobé dans les locaux mêmes de la police. L'affaire se corse lorsque Max Logan, une connaissance de Mike, est réduit définitivement au silence pour avoir identifié le chef du gang des voleurs, un certain Fouchet...

TELERAMA
Marcus Burnett, le playboy, et Mike Lowrey, le bon père de famille, n’ont rien en commun sauf d’être noirs et flics. Ils enquêtent sur le vol de 100 kilos d’héroïne dans un dépôt de la police.

L'un est petit, rigolo, hystérique. L’autre est grand, charmeur, flegmatique. Tous deux sont cool et tous deux sont « bad », au sens de Michael Jackson, c’est-à-dire terribles. Et c’est très cool d’être bad quand on est flic à Miami, comme Burnett et Lowry. Ces sympathiques terreurs sont lancées aux trousses d’un gang de voleurs d’héroïne commandé par l’affreux Fouchet. On devine la suite : ça court, ça saute, ça tire dans tous les coins, et ça explose à la fin. Seule astuce du scénario : l’un des deux flics (le père de famille) doit se faire passer pour l’autre (le tombeur) afin de protéger un témoin en minijupe. Cette touche de vaudeville n’allège pas le film, mais elle a le mérite de l’aérer un peu. Réservé aux téléspectateurs bien lunés.
BAD BOYS, Michael Bay 1995, Martin Lawrence, Will Smith (thriller racisme)@ (E)
L'un aime les Porsche, la vitesse et les filles. L'autre mène une vie rangée, aux côtés de sa femme et de ses enfants. Leurs seuls points communs : leur couleur de peau - noire - et leur métier. Ils forment ...

@

BAD INFLUENCE, Curtis Hanson 1991, Rob Lowe, James Spader, Tony Maggio (thriller)


Analyste dans la finance, Michael Boll semble disposer de tout pour être heureux : une situation de rêve, une fiancée issue de la haute bourgeoisie, un somptueux appartement dans un quartier chic…. Seule ombre au tableau : un certain Patterson qui, dans son travail, lui met des bâtons dans les roues. Menacé par un client jaloux dans un bar, Michael ne doit son salut qu’à l’intervention providentielle d’Alex, un inconnu qui, par son assurance et son absence de complexe, l’envoûte littéralement pour ensuite mieux l’entraîner sur la pente du vice, des ténèbres et du meurtre…

ALLOCINE
Un cadre timide et manquant de charisme rencontre un parasite social séducteur, qui va lui apprendre à avoir confiance en lui et à prendre des risques, jusqu'à ce que les choses tournent cours. "Bad Influence" bénéficie en premier lieu de deux acteurs principaux de talents : James Spader, malheureusement sous-exploité dans les 90's, et Rob Lowe, qui enchaînera plusieurs rôles de play-boy machiavélique par la suite. La réalisation de Curtis Hanson, jouant sur les ombres et l'obscurité, est simple mais efficace, et le scénario apporte son lot de bonnes surprises. Ainsi, parmi le très grand nombre de thriller des 90's, "Bad Influence" se situe plutôt dans le haut du panier.
BAD INFLUENCE, Curtis Hanson 1991, Rob Lowe, James Spader, Tony Maggio (thriller) (E)
Analyste dans la finance, Michael Boll semble disposer de tout pour être heureux : une situation de rêve, une fiancée issue de la haute bourgeoisie, un somptueux appartement dans un quartier chic…. Seule ombre au t ...

@

BAD MOMS, Jon Lucas et Scott Moore 2016 (societe)@


La jeune Amy a un mari super, des enfants qui dépassent tous leurs objectifs, une belle maison, et une carrière réussie. Malheureusement, elle travaille bien trop, elle est épuisée et à bout de nerfs.

TELERAMA
Mère depuis ses 20 ans, Amy n’a pas profité de sa jeunesse. Lorsqu’elle découvre que son mari la trompe, elle décide de rattraper le temps perdu... et de jouer les mères indignes… Ici, les « desperate housewives » parlent avec autant de franchise de cupcakes que de fellation. Un bon cru.
BAD MOMS, Jon Lucas et Scott Moore 2016 (societe)@ (E)
La jeune Amy a un mari super, des enfants qui dépassent tous leurs objectifs, une belle maison, et une carrière réussie. Malheureusement, elle travaille bien trop, elle est épuisée et à bout de nerf ...

@

BAGDAD CAFE, Percy Adlon 1987, Marianne Sagebrecht,Cch Pounder, Jack Palance


Après une dispute violente, Jasmin, une touriste allemande en vacances aux États-Unis, est abandonnée par son mari en plein milieu du désert mojave. Elle trouve refuge au Bagdad Café, un motel délabré. Dès son arrivée, elle est mal accueillie par la patronne, Brenda, mais au fur et à mesure, la glace se brise entre les deux femmes. Jasmin va de plus faire la connaissance de Sal Junior, un peintre romantique qui la fascine.

TELERAMA:
Le public français fit un triomphe à cette comédie venue d'Allemagne, dont la liberté de ton échappe à toute étiquette. Mais le propos de Bagdad Café donne de vraies raisons à son succès : c'est l'histoire d'un monde où les frontières culturelles n'existent plus. Un sujet sérieux qui prend le parti de la fantaisie avec cette image inoubliable d'une ­Bavaroise massive, en loden et chapeau à plumes, larguée en plein ­désert de Mojave, dans l'Ouest américain. C'est une fable, l'artifice des couleurs est là pour le rappeler. Mais dans cette utopie, le cinéaste a mis une irrésistible conviction.
BAGDAD CAFE, Percy Adlon 1987, Marianne Sagebrecht,Cch Pounder, Jack Palance (E)
Après une dispute violente, Jasmin, une touriste allemande en vacances aux États-Unis, est abandonnée par son mari en plein milieu du désert mojave. Elle trouve refuge au Bagdad Café, un motel délab ...

@

BAISERS VOLES, François Truffaut 1968. Jean-Pierre Léaud, Claude Jade (societe)@@@


Après son service militaire, Antoine Doinel, toujours amoureux de Christine Darbon, cherche un emploi. Après s'être fait renvoyer d'un travail de veilleur de nuit, il est engagé dans une agence de détective privé où on lui confie une mission dans un magasin de chaussures. Le propriétaire, M.

TELERAMA
Mort il y a déja quarante ans, François Truffaut cultivait l’insolite, l’humour et la tendresse. Que reste-t-il de nos amours pour ce chef-d‘œuvre, de ces beaux jours avec Antoine Doinel ? L’envie de cueillir le jour.

Il lit Le Lys dans la vallée, de Balzac, et s'enfuit après avoir gaffé auprès d'une dame. Il envoie ses lettres d'amour par pneumatique et balance à une fille transie d'amour : « L'amour et l'amitié, ça marche avec l'admiration, et moi je ne vous admire pas. » Antoine Doinel est un romantique maladroit et cruel. On le retrouve ici à l'âge où l'on vole les derniers baisers avant de s'engager dans une vie de couple. Toujours en train de courir, se cognant aux réverbères et à ses amours passées, Antoine s'assoit enfin sur un banc, à la fin du film, avec celle qui deviendra sa femme.

François Truffaut filme cette parenthèse enchantée sur le rythme de la chanson de Charles Trenet Que reste-t-il de nos amours ? Il virevolte le long des façades haussmanniennes, s'arrête sur la tour Eiffel ou le Sacré-Coeur, et fait de Paris un petit village dédié aux amoureux. En de longs plans-séquences, Truffaut offre à chacun de ses acteurs un solo, comme dans un orchestre. Ainsi Michael Lonsdale, qui se demande, avec son ineffable détachement poli, pourquoi on le déteste. Ou encore Delphine Seyrig donnant à Doinel un cours de séduction. Beaucoup plus embarrassant, le monologue de Jean-Pierre Léaud, qui se regarde dans un miroir et psalmodie le nom des trois personnages principaux du film, jusqu'à l'écoeurement... Dans la série des Doinel, le drame couve toujours sous le marivaudage.
BAISERS VOLES, François Truffaut 1968. Jean-Pierre Léaud, Claude Jade (societe)@@@ (E)
Après son service militaire, Antoine Doinel, toujours amoureux de Christine Darbon, cherche un emploi. Après s'être fait renvoyer d'un travail de veilleur de nuit, il est engagé dans une agence de détective ...

@

BANDIDAS, Joachim Rønning et Espen Sandberg 2004, Salma Hayek, Penélope Cruz (western)@


Au 19e siècle, au Mexique, deux femmes issues de milieux différents joignent leurs efforts contre un financier impitoyable qui vole les terres des paysans sans défense pour y construire un chemin de fer. Un détective mandaté de New York afin d'arrêter les justicières se laisse au contraire gagner à leur cause.

TELERAMA
Salma et Pénélope braquent des banques dans le Mexique du XIXe. Passez votre chemin, étrangers.
Dans les années 70, Bardot et Claudia Cardinale étaient ridicules dans Les Pétroleuses, western frenchy où elles jouaient les Calamity Jane d’une mauvaise BD. Grâce à Luc Besson et Ariel Zeitoun, Penélope Cruz et Salma Hayek les égalent sans peine. Mexique, 1880. Nos deux mignonnes braquent des banques pour débarrasser le pays du joug américain. Entre deux hold-up, elles parlent, l’une à son cheval, l’autre à un chien… Le charme de ce naveton est inversement proportionnel aux charmes des deux interprètes. On les regarde, avec un plaisir navré, tenter d’animer cette chose pas drôle, pas odieuse, juste désolante.

BANDIDAS, Joachim Rønning et Espen Sandberg 2004, Salma Hayek, Penélope Cruz (western)@ (E)
Au 19e siècle, au Mexique, deux femmes issues de milieux différents joignent leurs efforts contre un financier impitoyable qui vole les terres des paysans sans défense pour y construire un chemin de fer. Un détec ...

@

BANDIDO CABALLERO, Richard Fleischer 1956, Robert Mitchum, Ursula Thies (western)@@


En 1916, en pleine guerre civile mexicaine, Wilson, un mercenaire américain aide les rebelles menés par le colonel Escobar, à s'emparer d'un convoi d'armes à destination des troupes gouvernementales. Sa motivation : l'appât du gain bien sûr, mais aussi les beaux yeux de Lisa, la femme du trafiquant d'armes.

TELERAMA
Ni le triangle amoureux (malgré une étreinte au bord de la mer, chipée à Tant qu’il y aura des hommes) ni la camaraderie virile en temps de guérilla (malgré une spectaculaire attaque de train) ne convainquent. Pourtant, la photo d’Ernest Laszlo exploite superbement les décors naturels d’Acapulco et la musique remuante de Max Steiner a le bon goût de ne pas céder au folklore mexicain. Fleischer s’en sort tout de même, par sa science du cadrage et son tempo vif. Quant à Mitchum, en mercenaire en costume blanc, qui n’a rien à perdre si ce n’est son panama, il fait une fois encore de sa prétendue nonchalance une arme conquérante. Sa manière de traverser cette révolution sans se presser est un film à lui seul.


BANDIDO CABALLERO, Richard Fleischer 1956, Robert Mitchum, Ursula Thies (western)@@ (E)
En 1916, en pleine guerre civile mexicaine, Wilson, un mercenaire américain aide les rebelles menés par le colonel Escobar, à s'emparer d'un convoi d'armes à destination des troupes gouvernementales. Sa motivatio ...

@

BANDIT, Allan Ungar 2022, Mel Gibson, Josh Duhamel, Elisha Cuthbert (thriller)@@


L'Américain Gilbert Galvan Jr. est l'un des plus grands voleurs de l'histoire du Canada. Adepte des déguisements, il a commis près de 63 braquages de banques et de bijouteries pouvant voler près de trois compagnies par jour. Il détient toujours le record du plus grand nombre de vols qualifiés consécutifs de l'histoire du Canada.

TELERAMA
Recordman du nombre de braquages consécutifs au Canada, Gilbert Galvan Jr méritait son biopic. Un petit divertissement gentiment formaté.
C‘est simple de braquer une banque. Vous mettez un faux nez, vous arrivez à la caisse, vous pointez un pistolet, vrai ou faux, sur la dame, vous lui demandez de remplir votre sac de billets. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Pourquoi n’avons-nous jamais imité Gilbert Galvan Jr, recordman du nombre de braquages consécutifs au Canada (cinquante-neuf), dont Bandit est le biopic ?

Dans ce film, qui nous parvient directement à la télé sans être passé par nos salles, il est un grand enfant qui aime se déguiser et faire des farces. Longtemps tout se passe à merveille, on s’amuse bien. Mais l’on sait qu’il y a toujours une maîtresse à chignon pour sonner la fin de la récréation, c’est inévitable. En l’occurrence, les maîtresses à chignon sont des policiers.

Subversif ? Non. Ce film est un divertissement bon marché, joli, assez drôle, convenu et formaté. Obsédé par l’idée d’être ludique, sympa et agréable, le réalisateur Allan Ungar a au moins l’honnêteté de ne jamais nous faire croire qu’il vise l’intelligence. L’idée n’est pas d’explorer le mensonge au sein d’un couple, la duplicité, le malaise identitaire d’un homme instable. Il s’agit simplement de gentiment divertir, et donc de faire du spectaculaire avec douceur : empiler les braquages rigolos. Les personnages, par conséquent, sont tous formidablement inconsistants, et l’on se surprend à éprouver de la compassion pour Mel Gibson, qui est coincé dans quelques scènes.
BANDIT, Allan Ungar 2022, Mel Gibson, Josh Duhamel, Elisha Cuthbert (thriller)@@ (E)
L'Américain Gilbert Galvan Jr. est l'un des plus grands voleurs de l'histoire du Canada. Adepte des déguisements, il a commis près de 63 braquages de banques et de bijouteries pouvant voler près de trois compagni ...

@

BANKABLE, Mona Achache 2012,Pascale Arbillot, Lolita Chammah (societe)@


Itinéraires croisés de deux familles; l'une, aisée, tombe dans la précarité suite au licenciement brutal de Philippe, consultant financier sans scrupules; l'autre connaît un destin inverse.

TELERAMA
Parisienne fortunée, Barbara Deville « n'aime la boue qu'en thalasso ». Mariée à un intraitable consultant financier, elle fréquente les restaurants étoilés et les grands couturiers. Mais, du jour au lendemain, l'époux prodigue est licencié. Et la mère au foyer doit abandonner son orgueil et ses carrés de soie pour consentir d'âpres sacrifices. Ce revers oppose Barbara à Leslie, son ancienne coiffeuse, qui a su tirer parti de la crise et du e-commerce...
Conte amoral, cette fiction soutient la gageure de parler continûment d'argent sans jamais horripiler. Entomologiste captivée, Mona Achache scrute deux intimités conjugales minées par la voracité et le profit. Sa comédie prend appui sur des dialogues ciselés, des seconds rôles acerbes et sur l'humour noir d'un scénario cynique et roué. Grande bourgeoise contrariée, Pascale Arbillot assume avec gourmandise la candeur d'une incurable optimiste. Et Lolita Chammah s'épanouit en profiteuse néophyte convertie au capitalisme. Dans une réjouissante inversion des valeurs, les scénaristes brocardent une logique destructrice qui sape jusqu'aux fondations du cocon familial. Prises dans les rouages de l'infernale machine, les héroïnes laissent poindre derrière leur résistance un farouche anticonformisme. — Hélène Rochette
BANKABLE, Mona Achache 2012,Pascale Arbillot, Lolita Chammah (societe)@ (E)
Itinéraires croisés de deux familles; l'une, aisée, tombe dans la précarité suite au licenciement brutal de Philippe, consultant financier sans scrupules; l'autre connaît un destin inverse.

...

@

BANLIEUE 13 Ultimatum, Patrick Alessandrin 2009, Raffaelli Cyril, David Belle, Philippe Torreton (serie thriller social)


Banlieue 13, deux ans plus tard. Le gouvernement a changé, pas le reste. Le mur d'isolement - toujours plus haut, toujours plus grand, toujours plus loin - s'est étendu autour des cités ghettos et les gangs qui y prolifèrent ont encore accru leur influence. Le trafic se répartit désormais entre cinq quartiers ethniques, chacun dirigé par un redoutable chef de gang. Plus que jamais déterminés à régler le problème, les services secrets mettent volontairement le feu aux poudres.

TELERAMA
Depuis des années, les cités de la banlieue 13 sont enfermées dans de hauts murs de béton. A l'intérieur de ce périmètre, les gangs font la loi, cinq groupes se partageant le territoire. Certains membres du gouvernement, désireux de faire le ménage, organisent une machination pour mettre le feu aux poudres. Des adolescents filment, par hasard, des membres des services secrets qui exécutent des policiers avant d'abandonner leurs corps en plein coeur de la banlieue 13. Traqués par la police et par les comploteurs, les jeunes parviennent néanmoins à donner leur film à Leïto, un habitant de la cité. Celui-ci contacte Damien Tomaso, un capitaine de police qui rencontre des ennuis avec la justice...
BANLIEUE 13 Ultimatum, Patrick Alessandrin 2009, Raffaelli Cyril, David Belle, Philippe Torreton (serie thriller social) (E)
Banlieue 13, deux ans plus tard. Le gouvernement a changé, pas le reste. Le mur d'isolement - toujours plus haut, toujours plus grand, toujours plus loin - s'est étendu autour des cités ghettos et les gangs qui y prolif ...

@

BANZAI, Claude Zidi 1983, Colluche, Valerie Mairesse


Michel Bernardin est employé à Planète Assistance, société qui aide les Français en difficulté à l'étranger. Sa fiancée Isabelle va quitter son emploi d'hôtesse de l'air pour passer plus de temps avec lui grâce à son amie Sophia qui lui a trouvé un emploi dans son agence de voyages. Mais Isabelle est obligée de rester encore quelques temps à son poste pour quelques vols et va le cacher à son fiancé.

TELERAMA:
Pesant vaudeville avec piscine (pour les gros gags mouillés) et palmier (pour l’exotisme), agrémenté de quelques aventures vaguement mouvementées. Ce film est exclusivement réservé aux inconditionnels de Coluche.
BANZAI, Claude Zidi 1983, Colluche, Valerie Mairesse (E)
Michel Bernardin est employé à Planète Assistance, société qui aide les Français en difficulté à l'étranger. Sa fiancée Isabelle va quitter son emploi d'hôtesse de ...

@

BARBARA, Christian Petzold 2012, Nina Hoss, Ronald Zehrfeld @@@


En RDA, une chirurgienne-pédiatre est mutée par les autorités dans une clinique de province au milieu de nulle part.

TELERAMA
Tout en elle émeut, tout de suite. Sa beauté. Sa colère rentrée, sa tristesse mal dissimulée. Tout en elle intrigue, ­sitôt qu’elle apparaît. Barbara, chirurgienne pédiatre, débarque dans un coin paumé de l’Allemagne de l’Est, en 1980. Nommée là parce qu’elle était soupçonnée, à Berlin, de vouloir passer à l’Ouest…
Avec cette femme, le réalisateur allemand Christian Petzold retrouve sa première actrice fétiche, la remarquable Nina Hoss, et raconte avec elle une époque sombre de leur pays. Dans cette Allemagne de l’Est finissante, dont Barbara est la belle captive, tous les lieux, choisis avec un sens évocateur magistral, distillent une atmosphère menaçante. Il y résonne une vacuité absurde et la peur que le moindre geste soit vu, dénoncé. Rien ne doit déranger l’ordre immobile. Tout ce que fait Barbara, dès lors, devient signe. Ses trajets à vélo. L’attention qu’elle refuse de porter à un collègue qui, lui, la regarde. Aux yeux de cet homme, Barbara devient fascinante. Comme elle l’est pour l’agent local de la Stasi. Et pour nous. Elle est le mystère d’une grâce qui persiste, d’une liberté qui résistera peut-être. Un beau suspense.
BARBARA, Christian Petzold 2012, Nina Hoss, Ronald Zehrfeld @@@ (E)
En RDA, une chirurgienne-pédiatre est mutée par les autorités dans une clinique de province au milieu de nulle part.

TELERAMA
Tout en elle émeut, tout de suite. Sa beauté. Sa colère ren ...

@

BARBECUE, Eric Lavaine 2024, Lambert Wilson, Franck Dubosc (comique)@@


Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir faire attention. Problème, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa santé, à ce qu'il mangeait, à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres. Désormais, il va adopter un nouveau régime. Cependant, en voulant changer sa vie, on change forcément celle des autres.

TELERAMA
Pour ses 50 ans, Antoine est victime d’un infarctus. Il va donc devoir être prudent. Or Antoine a passé sa vie entière à faire attention à tout. Il décide d’adopter un tout autre régime.

Le « film de potes » est un genre en soi : étude de caractères sur l’air de la complicité, mais aussi des vieilles rancœurs, des petites manies… Celui-ci nous est présenté par Antoine (Lambert Wilson, en cavaleur désinvolte), qui ironise en voix off sur son gang de cadres sup quinquagénaires. De Frank Dubosc, sobre pour une fois, à Florence Foresti, au naturel désopilant, la galerie de portraits s’adapte à un casting de luxe, où chacun joue (plutôt bien) une partition assez caricaturale. Petites bisbilles, grandes cuites, vagues coucheries et bilans existentiels. Au final, on a le même problème qu’Antoine : ces copains-là, on les a déjà trop fréquentés.

Antoine a beau avoir eu une vie saine, son coeur a failli lâcher au moment de fêter ses 50 ans. Désormais, il doit observer un repos complet. Mais l'été arrive et, comme tous les ans, ses amis viennent profiter de sa magnifique maison dans le Sud. Il y a Yves, du genre psycho-rigide, roi du barbecue, et sa femme Laure. De son côté, Baptiste ne sait pas que son ex-femme, Olivia, a choisi la même semaine que lui pour venir. Les retrouvailles sont explosives, surtout quand Baptiste apprend qu'Olivia a eu une liaison avec Antoine avant qu'ils se rencontrent. Il y a également Laurent et Jean-Michel, le boulet qui ne sait pas qu'il ne faut pas mettre du Château Petrus dans une sangria...
BARBECUE, Eric Lavaine 2024, Lambert Wilson, Franck Dubosc (comique)@@ (E)
Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir faire attention. Problème, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa s ...

@

BARRY LINDON, Stanley Kubrick 1975, Ryan O Neal, Marisa Berenson (guerre histoire)@@


Chassé de son Irlande natale après une série d'exactions, Redmond Barry s'engage dans l'armée britannique et combat les Prussiens. La guerre finie, Redmond devient espion puis joueur professionnel. Il fréquente la haute société dont il apprend les usages et les bonnes manières. Ce talent lui permet de conquérir le coeur d'une jeune veuve, la comtesse de Lyndon, dont le fils, lord Bullingdon, lui voue bientôt la plus vive animosité.

TELERAMA
Né en Irlande au xviiie siècle, devenu soldat dans l’armée britannique puis prussienne, joueur aux cartes et tricheur professionnel, Redmond Barry réussira à épouser la comtesse de Lyndon pour lui prendre son nom… Avec ce récit picaresque tiré d’un roman de William Makepeace Thackeray, le grand Kubrick s’attaquait au cinéma romanesque en costume pour en donner sa version, évidemment à nulle autre pareille. Paysages, atmosphères intérieures, éclairages à la bougie : l’effort de la mise en scène se porte, spectaculairement, sur des sujets picturaux, comme si la caméra avait traversé le temps et adopté l’esthétique du passé. Ce que saluèrent, en 1976, quelques Oscars, dont celui de la musique — les morceaux de Haendel, Bach ou Schubert devinrent, au moment de la sortie, de vrais tubes. Mais, au milieu de toute cette beauté, où est passé l’humain ? Au fil de son ascension sociale, Barry Lyndon nous est de plus en plus étranger. Le film fonctionne comme un piège fascinant : dans ses magnifiques plans-tableaux, les personnages sont mis à distance, et leur petitesse saute aux yeux face à une histoire qui les dépasse. Barry Lyndon se voit en héros, il n’est que le jouet du destin, et sa femme, une jeune beauté déjà embaumée. Sans renoncer à une sérénité contemplative, Kubrick épingle sans pitié les vanités humaines.
BARRY LINDON, Stanley Kubrick 1975, Ryan O Neal, Marisa Berenson (guerre histoire)@@ (E)
Chassé de son Irlande natale après une série d'exactions, Redmond Barry s'engage dans l'armée britannique et combat les Prussiens. La guerre finie, Redmond devient espion puis joueur professionnel. Il fréq ...

@

BARRY SEAL AMERICAN TRAFFIC, Doug Liman 2017, Tom Cruise, Sarah Wright


Inspiré d'une histoire vraie, ce film raconte l'histoire d'un pilote recruté par la CIA pour mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des États-Unis : lutter contre la propagation du communisme en Amérique Centrale. Sous secret, il va travailler pour un cartel en tant que passeur d'armes et de drogues.

TELERAMA:
Tom Cruise veut plaire à tout prix… Il traverse avec le sourire sympa d’un aventurier foufou ce film où il interprète le pilote américain Barry Seal (1939-1986), qui travailla à la fois pour la CIA et le cartel de Medellín. Ce risque-tout amassait des millions de dollars en transportant de la drogue vers les États-Unis et des armes pour les contras du Nicaragua (soutenus par Ronald Reagan pour battre les sandinistes communistes). Une histoire étonnante, mais aussi franchement saumâtre. La gaieté forcée du film, et de sa star, gomme toute aspérité, notamment politique, et rend le personnage inconsistant.
BARRY SEAL AMERICAN TRAFFIC, Doug Liman 2017, Tom Cruise, Sarah Wright (E)
Inspiré d'une histoire vraie, ce film raconte l'histoire d'un pilote recruté par la CIA pour mener à bien l'une des plus grosses opérations secrètes de l'histoire des États-Unis : lutter contre la p ...

@

BARTON FINK, Joel Coen et Ethan Coen 1991, John Turturro, John Goodman (histoire)@@@


En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures. Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connaît pas du tout cet univers sportif.

TELERAMA
Palme d’or à Cannes en 1991, les frères Coen ont frappé très fort, encore une fois. Cette farce littéraire a propulsé les frères Coen au rang de cinéastes majeurs. Même s’ils arborent de façon un peu clinquante leur collection de signes intellos-rigolos et leur virtuosité d’auteurs, ils démontrent un sacré talent dans l’alliance de l’angoisse et de l’absurdité. C’est une peinture précise et impitoyable du Hollywood des années 1940, et un délire macabre fondé sur la paranoïa, la peur d’être englouti, y compris sexuellement…

On ne sort guère de l’hôtel rococo, labyrinthe marron et sans fond qui semble doué de facultés humaines. Rien n’est rassurant, pas même Charlie (génial John Goodman), qui suscite presque plus de sympathie que le pontifiant Barton. Ce voisin de chambre est-il aussi bonne poire qu’il en a l’air ? Est-il ange gardien ou démon ? La réponse viendra dans l’incendie final, apocalyptique. Moralité ricaneuse : Hollywood, c’est l’enfer volontaire.

RESUME
1941. Grâce au succès de sa première pièce de théâtre, un jeune dramaturge new-yorkais, Barton Fink, se voit proposer un alléchant contrat par un nabab hollywoodien. Après avoir, dans un premier temps, refusé cette offre, il se laisse finalement séduire. Il se retrouve dans un immense hôtel et ne tarde pas à faire la connaissance d'un mystérieux personnage passionné de catch, Charlie Meadows. En mal d'inspiration, Barton affronte la traditionnelle angoisse de la page blanche. Il cherche conseil, mais en vain, auprès de WP Mayhew, un écrivain alcoolique qu'il admire. Au fil des jours, il finit par sympathiser avec Charlie Meadows, qui se révèle être un tueur...
BARTON FINK, Joel Coen et Ethan Coen 1991, John Turturro, John Goodman (histoire)@@@ (E)
En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa ch ...

@

BASIC INSTINCT 2, Michael Caton-Jones 2006, Sharon Stone, Charlotte Rampling (thriller erotique)


Catherine Tramell, romancière américaine à succès, spécialisée dans les romans noirs mêlant sexe et violence, vit désormais à Londres. Après une chaude épopée à bord d'un bolide, elle se retrouve soupçonnée du meurtre de son fiancé. Le commissaire Roy Washburn la confie au docteur Michael Glass afin qu'il établisse son profil psychologique. Ce dernier rend un rapport accablant.

LE MONDE
Vu comme un jeu sur les codes du film noir, en particulier les manipulations d'une femme fatale que Sharon Stone dote de tous ses charmes troubles (...), le film n'est pas désagréable à voir.

BASIC INSTINCT 2, Michael Caton-Jones 2006, Sharon Stone, Charlotte Rampling (thriller erotique) (E)
Catherine Tramell, romancière américaine à succès, spécialisée dans les romans noirs mêlant sexe et violence, vit désormais à Londres. Après une chaude épopé ...

@

BASIC INSTINCT Paul Verhoeven 1992, Michael Douglas Sharon Stone


Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d'une star du rock. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romanciere. Au cours de son enquête, il s'apercoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu'enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

TELERAMA:
Il a suffi d’une scène pour créer le phénomène Basic Instinct : une poignée de flics interrogent une belle blonde, elle décroise les jambes, dévoilant une nudité inattendue… Et Sharon Stone devint une star mondiale. Il ne s’agit pas tant de crudité que d’invention. Sous le thriller postmoderne se cacherait presque un manifeste féministe : la façon dont Sharon Stone mène les hommes a renouvelé l’image de la femme dans le cinéma hollywoodien.
BASIC INSTINCT Paul Verhoeven 1992, Michael Douglas Sharon Stone (E)
Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d'une star du rock. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romanciere. Au cours de son enquête, il s ...

@

BASTILLE DAY, James Watkins 2016, Idris Elba (policier)@@


Michael Mason, un pickpocket américain, devient l'homme le plus recherché par la CIA à Paris lorsqu'il vole ce qu'il croyait être un simple sac.

TELERAMA:
Sorti en juillet 2016, puis déprogrammé après l'attentat de Nice, Bastille Day n'a rien à voir avec un film français ayant connu un sort analogue, le réaliste Made in France, où un journaliste enquête sur une cellule djihadiste parisienne. Il s'agit plutôt d'une série B ronflante qui démarre sur une bonne idée : un pickpocket dérobe un sac qui contient une bombe. Le film sombre ensuite dans une grande tambouille politique qui voudrait rappeler la série 24 Heures chrono...
Dommage que le scénario soit si absur­de, car James Watkins dirige bien les scènes d'action. Comme cette bagarre à l'arrière d'une camionnette lancée à toute allure, sans conducteur. Ou une course-poursuite sur les toits de Paris, assez crédible parce que lente et malaisée : tout le monde n'est pas Jason Bourne.
BASTILLE DAY, James Watkins 2016, Idris Elba (policier)@@ (E)
Michael Mason, un pickpocket américain, devient l'homme le plus recherché par la CIA à Paris lorsqu'il vole ce qu'il croyait être un simple sac.

TELERAMA:
Sorti en juillet 2016, puis déprogramm ...

@

BATON ROUGE, Rafael Moleon 1988, Victoria Abril, Antonio Banderas


Antonio adore son jeune frère muet. En symbole d'une vie meilleure, il lui offre un bâton rouge. Afin de subvenir à leurs besoins, Antonio se prostitue et emménage avec Isabelle, une femme riche récemment séparée de son mari. Alors que cette dernière fait chaque nuit des rêves de viol, Antonio l'encourage à consulter un psychiatre. C'est ainsi qu'ils font la connaissance de Ana, une jeune psychologue.

BATON ROUGE, Rafael Moleon 1988, Victoria Abril, Antonio Banderas (E)
Antonio adore son jeune frère muet. En symbole d'une vie meilleure, il lui offre un bâton rouge. Afin de subvenir à leurs besoins, Antonio se prostitue et emménage avec Isabelle, une femme riche récemment s ...

@

BEAN, Mel Smith 1997, Rowan Atkinson, Rob Brownstein, Julia Pearlstein (comique)@@


Le richissime général Newton a fait don à la Galerie Grierson de cinquante millions de dollars pour rapatrier aux Etats-Unis le chef-d'uvre de la peinture américaine.

TELERAMA
Gardien à la National Gallery, Bean est dépêché à titre d'expert auprès d'un musée de Los Angeles qui vient d'acquérir une toile célébrissime, le portrait de sa mère par Whistler. Evidemment, les catastrophes s'accumulent...

Bean — la série télé — n'étant diffusé aux Etats-Unis que sur le câble, ses concepteurs ont eu l'idée (légitime) d'en tirer une version grand écran avec comme « cible » prioritaire le marché américain. Ainsi Bean, Britannique bon teint, se retrouve-t-il parachuté à L.A., où il multiplie les gaffes. Les accros à la série s'offusqueront de quelques libertés prises avec le personnage : Bean émet des grommellements qui s'approchent dangereusement du langage, dont il était jusque-là privé, et — sacrilège ! — il n'est pas aussi méchant (notamment avec les enfants) que d'habitude. C'est donc une version politiquement correcte du grand méchant Bean... Reste que l'incroyable expressivité de Rowan Atkinson est irrésistible : certaines scènes sont franchement ­bidonnantes.
BEAN, Mel Smith 1997, Rowan Atkinson, Rob Brownstein, Julia Pearlstein (comique)@@ (E)
Le richissime général Newton a fait don à la Galerie Grierson de cinquante millions de dollars pour rapatrier aux Etats-Unis le chef-d'uvre de la peinture américaine.

TELERAMA
Gardien à la Nat ...

@

BEAUTIFUL GIRLS, Ted Demme 1996, Matt Dillon, Uma Thurman (societe)@


Dans une petite ville du Massachusetts, de belles filles passent leur temps avec des copains de toujours. Ceux-ci expriment leurs frustrations, leurs rêves et leurs désirs volés...

TELERAMA
Willie est de retour dans son village natal, pour des vacances hivernales. Il retrouve ses vieux copains, occupés à déblayer la neige devant leur maison. Tous abordent la trentaine et se posent la même question qu'à 15 ans : comment s'y prendre avec les filles ? Chacun dispose d'un morceau de réponse. Willie attend sa petite amie Tracy, tout en discutant volontiers avec la charmante Marty. Tommy ne sait qui choisir, de la belle Sharon ou de la ravissante Darian, et Paul veut épouser Jan. L'arrivée d'une nouvelle venue, Andera, au charme ravageur, bouleverse les coeurs et les idées toutes faites...
BEAUTIFUL GIRLS, Ted Demme 1996, Matt Dillon, Uma Thurman (societe)@ (E)
Dans une petite ville du Massachusetts, de belles filles passent leur temps avec des copains de toujours. Ceux-ci expriment leurs frustrations, leurs rêves et leurs désirs volés...

TELERAMA
Willie est de ret ...

@

BEETHOVEN 2, Rod Daniel 1993, Charles Grodin, George Newton, Sarah Rose Karr


Beethoven, saint-bernard heureux chez les Newton, tombe amoureux de Missy. Ils sont rapidement séparés par la méchante maîtresse de la chienne. Celle-ci veut en effet utiliser Missy comme outil de négociation dans son divorce. Son avidité est attisée lorsque la chienne met au monde quatre adorables chiots.

TELERAMA
Toutous amoureux, méchante maîtresse, progéniture en danger : dans le deuxième volet des aventures de Beethoven, Rod Daniel s’inspire librement des 101 Dalmatiens. Une version plus baveuse et, surtout, beaucoup plus niaiseuse. Pour faire bonne mesure à la débauche de langues pendantes, jappements et autres papattes que lui impose son sujet, le réalisateur tente un détour du côté du genre humain. Mais la « gentille » famille Newton, entièrement vouée au divin clébard, n’a aucune consistance. Navrant.
BEETHOVEN 2, Rod Daniel 1993, Charles Grodin, George Newton, Sarah Rose Karr (E)
Beethoven, saint-bernard heureux chez les Newton, tombe amoureux de Missy. Ils sont rapidement séparés par la méchante maîtresse de la chienne. Celle-ci veut en effet utiliser Missy comme outil de négociati ...

@

BEETHOVEN, Brian Levant 1992 (jeunesse)@


La famille Newton a tout pour être heureuse. Pourtant, elle sent qu'il lui manque quelque chose. Ce manque va être comblé par un chiot, tout juste échappé des griffes de ravisseurs de chiens. Les Newton baptisent le chiot Beethoven et celui-ci grossit, grossit, au point d'atteindre 85 kilos. Pendant ce temps, le docteur Varnick, un terrible vétérinaire, met au point en secret des produits qui nécessitent des expériences sur les chiens.
BEETHOVEN, Brian Levant 1992 (jeunesse)@ (E)
La famille Newton a tout pour être heureuse. Pourtant, elle sent qu'il lui manque quelque chose. Ce manque va être comblé par un chiot, tout juste échappé des griffes de ravisseurs de chiens. Les Newton bapt ...

@

BEETLEJUICE, Tim Burton 1988, Michael Keaton, Winona Ryder (science fiction fantastique)@@


Adam et Barbara Maitland connaissent un bonheur sans nuage dans leur jolie maison quand un accident de la route les expédie dans l'autre monde. Devenus fantômes, ils reviennent hanter leur demeure. Cependant, leur calme est bientôt troublé par l'arrivée des nouveaux propriétaires, une famille de bourgeois new-yorkais excentriques et bruyants. Adam et Barbara ont bien l'intention de les faire déguerpir.

TELERAMA
Ici, les morts cherchent à se débarrasser des vivants par l’intermédiaire d’un exorciste. Humour macabre, décors délirants, Michael Keaton hilarant…

Al'époque, peu avaient repéré le nom de Tim Burton (puisque son premier long métrage, Pee-Wee's Big Adventure, était encore inédit en France). Ce petit film frappadingue, carton aux Etats-Unis, fut donc ­accueilli avec des pincettes. Aujourd'hui, Beetlejuice est devenu incontournable. On y voit donc les jeunes époux Maitland vivre heureux dans la maison de leurs rêves et... mourir. Devenus fantômes, ils hantent leur coquette demeure, bientôt rachetée par des New-Yorkais qui la redécorent façon modern art. Horreur ! La guerre du goût commence, farces macabres de spectres traditionalistes contre provoc chic des avant-gardistes snobs.

Quel est le meilleur Tim Burton ?

On a classé ses films, du plus étrangement plat au plus bizarrement génial

C'est bien un match esthétique qu'arbitre Tim Burton dans cette comédie qui défie tous les académismes : épouvante, burlesque et grotesque se mêlent en un carnaval étonnant. La composition de Michael Keaton en démon lubrique est irrésistible, et la scène légendaire où les convives d'un dîner sont possédés par la Banana Boat Song, de Harry Belafonte, est un moment d'anthologie. Un classique...
BEETLEJUICE, Tim Burton 1988, Michael Keaton, Winona Ryder (science fiction fantastique)@@ (E)
Adam et Barbara Maitland connaissent un bonheur sans nuage dans leur jolie maison quand un accident de la route les expédie dans l'autre monde. Devenus fantômes, ils reviennent hanter leur demeure. Cependant, leur calme est bie ...

@

BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@@


Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. La veille du retour à Paris, surprise : les amis offrent au couple une nuit dans un hôtel de charme, sans les enfants. Les conditions sont idylliques mais les vieilles rancoeurs remontent à la surface et la soirée en amoureux tourne vite au règlement de comptes.

TELERAMA
Duo-duel conjugal mis en scène avec brio par Richard Linklater qui a une passion pour les mots et une fascination pour le temps qui passe.
Sur le thème du couple, le cinéaste indépendant américain Richard Linklater a conçu une étonnante trilogie inspirée par le vrai changement, et vieillissement, de ses comédiens Julie Delpy et Ethan Hawke. Il y eut, en 1995, Before Sunrise, où le jeune Jesse rencontrait, à Vienne, Céline. Dans Before Sunset, en 2004, ils se retrouvaient à Paris. Jesse était devenu écrivain, et père avec une autre. Neuf ans après, les voici parents d’adorables jumelles. Le passé les accompagne, socle de l’amour qui les porte. De plus en plus difficilement.

L’écrivain qu’est toujours Jesse cache peut-être un macho qui s’ignore. Ce qui pousse Céline dans ses retranchements de pasionaria féministe. Entre ces deux-là, l’échange se noue, se dénoue et se renoue sans cesse. Ils parlent en mangeant, en marchant… Leur duo-duel très écrit est saisi sur le vif par une caméra qui donne de l’élégance à ce cinéma du dialogue. On pourrait le trouver bavard, complaisant, mais une tension s’y invite : les plans durent, obligeant les acteurs à réussir leurs scènes de bout en bout. Élément fondateur de cette trilogie, le temps est ici une obsession fructueuse. Qui raconte l’instant présent comme le passage de la vie.
BEFORE MIDNIGHT, Richard Linklater 2013, Julie Delpy, Ethan Hawke (sentimental)@@@ (E)
Une île grecque, une villa magnifique, en plein mois d'août. Céline, son mari Jesse et leurs deux filles passent leurs vacances chez des amis. On se promène, on partage des repas arrosés, on refait le monde. ...

@

BEGINNERS, Mike Mills 2010, Erwan Mac Gregor, Melanie Laurent, Christopher Plummer(vieillesse sante)@@


Quelques mois après la mort de sa femme, Hal, alors âgé de 75 ans, annonce à son fils Oliver qu'il est homosexuel. Comme pour rattraper le temps perdu, Hal vit sa nouvelle existence de façon frénétique, laissant son fils légèrement essoufflé par tant de bouleversements.

TELERAMA
Comment le “coming out” et la mort d’un vieux père transforment la vie (amoureuse, notamment) d’un fils. L’histoire vraie du réalisateur Mike Mills devient une comédie mélancolique pleine de charme.

Un fils apprend que son père de 75 ans est homo et le voit démarrer en fanfare une nouvelle vie, amoureuse et sociale, alors même que le cancer, très vite, s’en mêle. Ça ressemble à une idée de scénariste, mais c’est l’histoire vraie de Mike Mills, le réalisateur — clippeur réputé et auteur d’Age difficile obscur, en 2005. Beginners (« débutants ») est comme son vrai premier film, où les personnages, quel que soit leur âge, sont des apprentis, en quête d’un nouvel élan.

Le récit commence par la mort de ce père spectaculaire, heureux in extremis, et remonte le temps : comment les parents s’étaient mariés en 1955 « pour de mauvaises raisons », lui renonçant à son homosexualité, elle à sa judaïté. Comment la tristesse s’est insinuée dans le couple et a influé, plus tard, sur la vie d’adulte du narrateur.

Mike Mills réussit à faire léger, et même drôle, avec toute cette mélancolie, à coups d’emprunts au clip et à la bande dessinée, ou à travers les dessins que le chagrin inspire au héros dans son métier d’illustrateur. Ewan McGregor est transfiguré, doux, fragile et quotidien. Acteur habituellement physique, il réussit à être avant tout celui qui regarde : le témoin bienveillant de la vie gay de son père — impérial Christopher Plummer, oscarisé pour ce rôle. Mais aussi le célibataire un peu désabusé qui s’étonne d’éprouver une telle bouffée de sentiments et de désirs pour une esseulée gracieuse, toujours entre deux avions (Mélanie Laurent). Ce croisement entre un drôle de mélodrame de la filiation et une comédie romantique légèrement fêlée distille un charme rare.
BEGINNERS, Mike Mills 2010, Erwan Mac Gregor, Melanie Laurent, Christopher Plummer(vieillesse sante)@@ (E)
Quelques mois après la mort de sa femme, Hal, alors âgé de 75 ans, annonce à son fils Oliver qu'il est homosexuel. Comme pour rattraper le temps perdu, Hal vit sa nouvelle existence de façon frén&eac ...

@

BEIGNETS DE TOMATES VERTES, Jon Avnet 1991 (saga)@@@


Evelyn couch, la cinquantaine, rend visite à une vieille parente, qui réside dans une maison de retraite. Elle s'y lie d'amitié avec Ninny Threadgoode, une adorable octogénaire qui égrène les souvenirs de sa jeunesse passée à Whistle Stop, en Alabama, à l'époque de la dépression. Ninny raconte à Evelyn l'histoire d'Idgie, une jeune femme rebelle, véritable garçon manqué, qui vouait un amour fou à la douce Ruth.

TELERAMA:
Hymne à la tolérance, mais aussi incitation courageuse à prendre en main son propre destin, Beignets de tomates vertes a été un succès surprise dans le monde entier. Le scénario est astucieux : le parallèle entre les histoires présente et passée donne au film une incontestable dynamique, et le dosage entre les moments de drame et de joie est savant. Pourquoi frôle-t-on sans cesse la mièvrerie ? Sans doute parce que les déboires conjugaux d'Evelyn et de Ruth sont mis au même niveau que les exactions du Ku Klux Klan, dont les effets ne sont pas exactement les mêmes... Le film ne va pas non plus au bout de ses revendications libertaires, l'évidente relation homosexuelle qui unit Idgie à Ruth étant passée sous silence... C'est donc un produit hollywoodien, avec ses limites, mais aussi ses qualités : une interprétation exceptionnelle.
BEIGNETS DE TOMATES VERTES, Jon Avnet 1991 (saga)@@@ (E)
Evelyn couch, la cinquantaine, rend visite à une vieille parente, qui réside dans une maison de retraite. Elle s'y lie d'amitié avec Ninny Threadgoode, une adorable octogénaire qui égrène les souven ...

@

BELLE BELLE BELLE, Anne Depetrini 2021, Joséphine Draï, Reem Kherici, Gad Elmaleh (societe)@


Alice est une trentenaire bourrée de complexes. Elle se trouve moche et grosse, et son manque de confiance en elle l'empêche d'entreprendre quoi que ce soit, professionnellement ou sentimentalement. A la suite d'une chute sur la tête, elle se réveille persuadée d'être devenue, comme par magie, une fille sublime. Armée de cette toute nouvelle confiance en elle, plus rien ne lui résiste : elle décroche le job de ses rêves et rencontre l'amour en la personne de Benjamin. Mais que se passera-t-il.

TELERAMA
Prendre la suite de l’une des reines de la comédie américaine ? Quasi impossible. Joséphine Draï fait ce qu’elle peut mais Amy Schumer est inoubliable dans “Feel Pretty,” charge burlesque et politique sur les ravages causés par la dictature de l’apparence.

Alice n’aime rien dans sa vie. Surtout pas elle-même. Rongée par les complexes, la trentenaire déteste son image et rêve d’un physique semblable à celui des mannequins. À la suite d’une chute sur la tête, elle croit son vœu exaucé et entame une nouvelle existence sentimentale et professionnelle, redynamisée par une inédite confiance en elle.

Porté par l’énergie et l’art de l’autodérision d’Amy Schumer, l’une des figures de la nouvelle comédie américaine, l’original poussait tous les curseurs du burlesque au maximum. Dans cette adaptation, Joséphine Draï enfile le costume de l’héroïne avec application mais, on le devine, il n’est pas simple à porter. Comment succéder à une comédienne qui embrasse le ridicule avec une telle sincérité et une telle précision que l’hilarant finit par donner à penser ? L’original pilonnait la dictature de l’apparence et mettait en lumière les ravages psychologiques causés par les normes toujours imposées aux femmes. Un jusqu’au-boutisme dans l’écriture et le jeu qui lui conférait une dimension politique. La version française, elle, déroule un pitch identique mais repeint couleur bons sentiments. Privée de l’arme du burlesque, Anne Depétrini signe un divertissement trop sage mais qui a le mérite d’aborder frontalement le thème très actuel du body positivisme.
BELLE BELLE BELLE, Anne Depetrini 2021, Joséphine Draï, Reem Kherici, Gad Elmaleh (societe)@ (E)
Alice est une trentenaire bourrée de complexes. Elle se trouve moche et grosse, et son manque de confiance en elle l'empêche d'entreprendre quoi que ce soit, professionnellement ou sentimentalement. A la suite d'une chute sur l ...

@

BELLE COMME LA FEMME D UN AUTRE, Catherine Castel 2013, Olivier Marchal, Zabou Breitman, Audrey Fleurot (comique)@


Clémence vit le parfait amour avec Gabriel qui souhaite l'épouser, ce qui l'amène paradoxalement à penser que quelque chose sonne faux...

TELERAMA
Clémence est sur le point d’épouser Gabriel. Tout irait pour le mieux si elle n’était la proie d’une folle jalousie. Dans un accès de doute extrême, elle décide de mettre son futur mari à l’épreuve.

Dans L'Arnacoeur, de Pascal Chaumeil, un homme mettait à l'épreuve la fidélité des couples. Dans cette comédie de Catherine Castel, le scénario est quasi identique, sauf que Romain Duris a été remplacé par Audrey Fleurot, Vanessa Paradis, par Olivier Marchal, et que l'intrigue a été délocalisée à La Réunion. La copie n'a pas le charme du ­modèle.
BELLE COMME LA FEMME D UN AUTRE, Catherine Castel 2013, Olivier Marchal, Zabou Breitman, Audrey Fleurot (comique)@ (E)
Clémence vit le parfait amour avec Gabriel qui souhaite l'épouser, ce qui l'amène paradoxalement à penser que quelque chose sonne faux...

TELERAMA
Clémence est sur le point d’épou ...

@

BELLE DE JOUR, Luis Buñuel 1967, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Pierre Clementi (societe film e)@@


Epouse d'un jeune interne des hopitaux, Pierre, Severine n'a jamais trouvé un véritable plaisir auprès de lui. Un des amis du ménage, play-boy amateur de call-girls, lui glisse un jour l'adresse d'une maison clandestine. Troublée, Severine ne résiste pas à l'envie de s'y rendre et ne tarde pas à devenir la troisieme pensionnaire de Mme Anais. Elle y est appelée Belle de jour car ses visites surviennent chaque après-midi de deux à cinq heures.

TELERAMA
Les après-midi au bordel d’une jeune bourgeoise mariée. Des trésors de cinéma trouble, au pouvoir d’évocation intact.

Au fond, Séverine est comme tout le monde : elle aspire à ce qu’elle n’a pas. Parce que son jeune, beau et fortuné chirurgien de mari n’est que douceur et prévenance, elle rêve d’humiliation, de fange sur son visage diaphane. Plus tard, quand ce mari idéal sera hors service, elle rêvera de tendresse conjugale. Entre-temps, il y a la révélation, dans la « maison » de Mme Anaïs. Les passes de l’après-midi avec ces messieurs pris, eux, dans le train-train de leurs petites fantaisies sexuelles, et rêvant, qui sait, de grands sentiments… On a rarement tout à la fois, Séverine en fera la cruelle expérience.

C’est donc tragique, Belle de jour. Mais aussi hilarant. Traversé par des courants contraires : la morale d’un roman de 1928 (signé Kessel) et le Paris à la page des années 1960, très Vadim ; un bordel digne de l’avant-guerre et les robes Saint Laurent de l’héroïne ; le surréalisme de Buñuel et le prosaïsme des débuts de la libération sexuelle ; les fantasmes et la réalité. Inaltérable en vertu de ce merveilleux syncrétisme, le film cumule des trésors de cinéma trouble, au pouvoir d’évocation intact. Comme la chaussette trouée de Pierre Clémenti contre la cheville virginale de Deneuve, ou encore cette réponse lapidaire de Séverine à la femme de ménage compatissante, spéculant sur la dureté du métier de prostituée : « Qu’est-ce que tu en sais ? »
BELLE DE JOUR, Luis Buñuel 1967, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Pierre Clementi (societe film e)@@ (E)
Epouse d'un jeune interne des hopitaux, Pierre, Severine n'a jamais trouvé un véritable plaisir auprès de lui. Un des amis du ménage, play-boy amateur de call-girls, lui glisse un jour l'adresse d'une maison clan ...

@

BELLE EPOQUE, Fernando Trueba 1992 (sentimental)@@


Espagne, février 1931. À la chute de la dictature monarchique de Primo de Rivera, Fernando, un soldat déserteur acquis à la cause républicaine, trouve refuge chez Don Manolo, un peintre anarchiste vivant dans une ferme isolée. Comptant repartir le lendemain, il change d'avis lorsque les quatre ravissantes filles de Manolo, Rocío, Violeta, Clara et Luz, arrivent de Madrid. Un jeu de séduction débute alors, Fernando tombant tour à tour amoureux de chacune d'entre elles.

TELERAMA:
Une comédie truculente et insolente, un marivaudage brillant et picaresque entre des personnages cocasses, libertins, ridicules ou touchants. Les quatre actrices sont extraordinaires de naturel et de sensualité. Refusant le moindre temps mort, Trueba exprime leur désir de vie et d’amour, leurs espoirs aussi, dans la belle époque qui précéda le déchirement terrible du peuple espagnol. Ce film fut récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger.
Fernando Trueba est, avec Almodóvar et Bigas Luna, un des chefs de file du cinéma espagnol de l’après-franquisme. Comme eux, il a profité de la liberté d’expression qui a accompagné la démocratisation pour faire exploser les portes fermées de l’ordre moral imposé par quarante ans de dictature. Il choisit ici de traiter de la confusion qui a précédé l’avènement de la République, en 1931.

BELLE EPOQUE, Fernando Trueba 1992 (sentimental)@@ (E)
Espagne, février 1931. À la chute de la dictature monarchique de Primo de Rivera, Fernando, un soldat déserteur acquis à la cause républicaine, trouve refuge chez Don Manolo, un peintre anarchiste vivant d ...

@

BELLE FILLE, Méliane Marcaggi 2020, Alexandra Lamy, Miou-Miou (sentimental)@


Épuisée de faire des efforts pour son mari infidèle et une fille ingrate, Louise décide de s'offrir des petites vacances en Corse. Elle y rencontre un bel homme, et finit donc par passer la nuit avec ce dernier. Suite au réveil à côté du cadavre de son amant, des drogues trouvées dans la chambre de l'hôtel, et une police suspicieuse, Louise se retrouve, malgré elle, belle-fille de la mère de son amant.

TELERAMA
En Corse, une femme se réveille près de son amant d’un soir… raide mort. La mère de ce dernier s’attache à elle…

Sans conteste, la belle Louise (Alexandra Lamy) a bien du mérite : coincée entre un mari plus que lourdingue et une fille en plein âge ingrat, elle a tout sacrifié à sa famille, y compris une prometteuse carrière de peintre. Mais trop c’est trop ! Découvrant que son cher et tendre la trompe avec une jeunette, elle lui subtilise sa carte bleue, et s’envole pour la Corse, où elle rencontre un inconnu séduisant et fêtard (Thomas Dutronc).

Après une nuit de folie avinée – saccage de chambre d’hôtel compris –, elle se réveille aux côtés dudit prince charmant… qui, lui, ne se réveille pas. Pour couronner ce « very bad trip » débarque la mère du défunt (Miou-Miou), une matriarche corse qui prend Louise pour sa belle-fille, et ne veut plus la lâcher… Manière de continuer à faire vivre son fils ? De rester dans le déni de sa disparition ?

On sent très vite dans ce premier film l’ambition de mêler à la comédie pure un soupçon de gravité, et de traiter des thèmes plus profonds comme le deuil, l’oubli de soi, le délitement du couple... L’actrice et scénariste Méliane Marcaggi aborde ce mélange des genres avec une sincérité louable, et une sensibilité qui tranche avec la lourdeur caricaturale de nombre de comédies hexagonales. Malheureusement, en dehors de quelques gags et dialogues percutants, le mélange des genres ne prend pas.

Passé un démarrage vitaminé, la comédie s’englue dans une avalanche de quiproquos pénibles. Entre querelles familiales, rabibochages, prises de conscience intimes, l’émancipation progressive de l’héroïne sur l’île de Beauté se transforme en leçon de vie gentillette. Laissant à Miou-Miou la partition la plus ingrate – dont elle se sort avec un certain mérite –, Alexandra Lamy réussit à imposer son abattage, et son sens du tempo comique.

Louise, trompée par son mari, se venge en volant les billets d'avion que son mari et sa maîtresse devaient utiliser pour aller en Corse. Sur l'île de beauté, elle fait une rencontre et passe une nuit d'amour avec un beau fêtard. Mais quand elle se réveille, elle découvre avec effroi qu'il ne se réveille pas. Andréa, la mère de celui-ci, arrive éplorée et décrète que Louise est sa belle-fille. Ne pouvant reculer et cédant aux suppliques du frère du défunt, Louise accepte de jouer le jeu pour quelques jours. Sauf que Andréa se révèle particulièrement envahissante et ne veut pas la laisser partir...
BELLE FILLE, Méliane Marcaggi 2020, Alexandra Lamy, Miou-Miou (sentimental)@ (E)
Épuisée de faire des efforts pour son mari infidèle et une fille ingrate, Louise décide de s'offrir des petites vacances en Corse. Elle y rencontre un bel homme, et finit donc par passer la nuit avec ce dernier. ...

@

BELOW HER MOUTH, April Mullen 2016, Natalie Krill, Erika Linder (film e)@


Alors que son fiancé est en voyage, Jasmine décide de faire une sortie dans un bar. C'est là qu'elle rencontre Dallas. Dallas est sexy, magnétique, et également une femme. Refusant d'abord ses avances en prétextant qu'elle n'aime pas les femmes, Jasmine finit par céder pour un seul verre. Ce soir-là, elle finit par laisser tomber toutes ses barrières et tombe dans les bras de Dallas. Leur relation est teintée de passion et leur amour regorge de questions et d'incertitudes, mais il est bien réel.

TELERAMA
“ Des actrices sincères, des scènes explicites et plutôt élégantes mais des personnages sans substance et un script terriblement prévisible. ”
BELOW HER MOUTH, April Mullen 2016, Natalie Krill, Erika Linder (film e)@ (E)
Alors que son fiancé est en voyage, Jasmine décide de faire une sortie dans un bar. C'est là qu'elle rencontre Dallas. Dallas est sexy, magnétique, et également une femme. Refusant d'abord ses avances en p ...

@

BEN HUR, William Wyler, 1959, Charlton Heston


Jérusalem au Ier siècle. Judah Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison romaine de Jérusalem. Mais il refuse la proposition de Messala de le rejoindre et préfère rester fidèle à son peuple. Messala ne le supporte pas. Alors que le gouverneur Gratus parade en ville, une tuile tombe du toit de Ben-Hur. Messala sait son ami innocent, mais le condamne aux galères.

TELERAMA:
Péplum biblique aux onze Oscars — quatorze mois de tournage, cent mille figurants, qui dit mieux pour l’époque ? Très documenté, Ben-Hur a une double nature : grand spectacle populaire et récit édifiant. Revu aujourd’hui, il laisse une impression de lenteur, due à l’intérêt pesant que William Wyler porte aux personnages : tout est exposé, théâtral. Par ailleurs, le spectaculaire du film, dépassé depuis longtemps, est éclipsé par son aspect religieux. Après tant de péplums puisés dans l’Ancien Testament, Hollywood montait en fait indirectement une vie de Jésus, par le biais d’un personnage imaginaire, au destin, disons, plus mouvementé. À voir tout de même une fois dans sa vie…

BEN HUR, William Wyler, 1959, Charlton Heston (E)
Jérusalem au Ier siècle. Judah Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison romaine de Jérusalem. Mais il refuse la proposition de Messala de le rejoindr ...

@

BENIE SOIT SIXTINE, Sophie Reine 2024, Capucine Valmary, Adrien Dewitte (religion)@@@


Le téléfilm raconte le parcours d'une jeune femme prise au piège après son mariage avec un catholique intégriste. Une plongée glaçante au cœur d'un mouvement sectaire, librement adaptée du roman coup de poing de Maylis Adhémar, paru en août 2020 aux éditions Julliar.

Cette fiction choc de 90 minutes, réalisée par Sophie Reine, est un témoignage édifiant sur le long chemin vers l'émancipation d'une femme sous emprise. Au commencement, on trouve donc Sixtine, jeune femme pieuse et sage qui rencontre son futur époux lors d'une messe de mariage "à l'ancienne". Il est le gendre idéal, Saint-Cyrien, cheveux ras, engagé dans un mouvement religieux traditionaliste. C'est aussi un "excellent parti" qui séduit sa famille.

Mais Sixtine va voir sa vie basculer après son mariage avec Pierre-Louis. Une fois mariée, elle abandonne ses études pour se consacrer à son foyer, "comme il se doit". Sauf que le conte de fées tourne au cauchemar, puis au combat pour que Sixtine parvienne à s'extraire de valeurs religieuses réactionnaires et d'un mode de vie sectaire. Isolée, sous l'emprise d'une belle-famille intégriste qui va jusqu'à vouloir lui "voler" son enfant à naître, la jeune femme étouffe et ne voit qu'une seule issue : fuir pour sauver sa peau. Son émancipation sera semée d'embûches mais lui permettra de se reconstruire et de s'épanouir, en rejetant ce modèle imposé pour embrasser la vie.

Portée par les interprétations intenses de Capucine Valmary et Adrien Dewitte dans les rôles principaux, Bénie soit Sixtine ne laissera personne indifférent. D'autant que le premier roman très remarqué de la journaliste Maylis Adhémar, dont s'inspire le téléfilm, s'est lui même basé sur une histoire vraie, celle de sa propre vie. Née en 1985 dans une famille catholique traditionaliste, l'auteure y fait le récit poignant de sa lente émancipation d'un milieu étouffant l'individu sous le poids des interdits, du contrôle et de la culpabilité

Rare plongée dans la bourgeoisie catholique intégriste
Au delà d'une histoire individuelle bouleversante, le roman Bénie soit Sixtine et son adaptation sont aussi une plongée saisissante et rare dans une frange méconnue de la société : la bourgeoisie catholique intégriste, repliée sur elle-même et ses valeurs d'un autre temps. Un monde où la femme doit rester à sa place, soumise à son mari et dévouée à ses enfants. Où le refus de Vatican II côtoie la haine de "l'étranger" et de tout ce qui s'écarte de la norme traditionnelle.

En s'inspirant de son propre vécu, Maylis Adhémar porte ici un témoignage précieux sur les mécanismes d'emprise qui broient l'individu au sein de groupes radicaux, fussent-ils d'obédience catholique. Le processus d'émancipation, long et douloureux, est admirablement restitué, "sans manichéisme, tout en nuances" selon les premières critiques qui saluent l'interprétation de Capucine Valmary, vue précédemment dans Ovni(s).

Ainsi pour Télérama, "le téléfilm de Sophie Reine (scénario de Zoé Galeron et Dominique Garnier) touche surtout grâce à son portrait contrasté, délicatement incarné par Capucine Valmary". Le Parisien loue également "la lumineuse Capucine Valmary, 23 ans à peine", qui a d'ailleurs été récompensée du prix du jeune espoir féminin au Festival de la fiction TV de la Rochelle en 2024.
BENIE SOIT SIXTINE, Sophie Reine 2024, Capucine Valmary, Adrien Dewitte (religion)@@@ (E)
Le téléfilm raconte le parcours d'une jeune femme prise au piège après son mariage avec un catholique intégriste. Une plongée glaçante au cœur d'un mouvement sectaire, librement adapt& ...

@

BENJAMIN les memoires d un puceau, Michel Deville 1968, Michele Morgan, Michel Piccoli, Pierre Clementi, Catherine Deneuve (film e)@@@


L'action du film se déroule au XVIIIe siècle. En arrivant, à 17 ans, avec son précepteur Camille, dans le château de sa tante, la comtesse de Valandry, le beau mais pauvre Benjamin, qui ignore tout de la vie, est assailli par les femmes de toutes conditions sociales, domestiques ou nobles fréquentant le château, désireuses de l'initier à l'amour.

TELERAMA
Ce film admirable obéit - comme le fera, par la suite, Raphaël ou le débauché pour l'époque romantique – à des règles de société. XVIIIe siècle aidant, il se pare des grâces picturales de Watteau et de Fragonard et se présente, par la poésie de ses dialogues et la caractérisation de ses personnages, comme un divertissement raffiné, une de ces fêtes galantes où l'intellect et les sens l'emportent sur les sentiments, sur la vie naturelle. Benjamin, qui ignore le sens des mots et le goût de la femme, est une sorte de bon sauvage à la Rousseau, bientôt perverti par ce monde de la jouissance. Nina Companeez et Michel Deville donnent à voir cela sans proposer, ni imposer, de morale. Mais il y a de la cruauté et du désenchantement sous l'allégresse du plaisir. Le divertissement est sérieux, il est interprété à la perfection par des comédiens et des comédiennes qui en traduisent toutes les ambiguïtés. Admirez donc les grâces et la tactique de Michèle Morgan, les manoeuvres et les désillusions de Michel Piccoli, la naïveté de Pierre Clémenti et le jeu, en définitive très pervers, de Catherine Deneuve.
BENJAMIN les memoires d un puceau, Michel Deville 1968, Michele Morgan, Michel Piccoli, Pierre Clementi, Catherine Deneuve (film e)@@@ (E)
L'action du film se déroule au XVIIIe siècle. En arrivant, à 17 ans, avec son précepteur Camille, dans le château de sa tante, la comtesse de Valandry, le beau mais pauvre Benjamin, qui ignore tout de la vi ...

@

BERNADETTE, Lea Domenach 2023, Catherine Deneuve (bio histoire)@


Quand elle arrive à l'Élysée, Bernadette Chirac s'attend à obtenir enfin la place qu'elle mérite, elle qui a toujours oeuvré dans l'ombre de son mari pour qu'il devienne président. Mise de côté car jugée trop ringarde, Bernadette décide alors de prendre sa revanche en devenant une figure médiatique incontournable.

TELERAMA
L’émancipation de Mme Chirac fantasmée entre fiction et réalité. Un premier film pop, souvent drôle, signé Léa Domenach. Avec de sacrés numéros d’acteurs.

Dieu lui a donné la foi, et la République, la mission de faire pleuvoir des pièces jaunes sur les hôpitaux… Bernadette Chirac, personnage de comédie ? Avant même sa sortie, le vrai-faux biopic sur l’ex-Première dame a suscité l’ire de la famille Chirac. « Bernie » allait-elle s’en prendre plein le brushing ? Que nenni ! Pour son premier film, Léa Domenach (cocréatrice de la série Jeune et Golri) livre un récit d’émancipation ludique, tout à la gloire de son sujet. Ou comment, grâce à l’aide d’un conseiller en communication (Denis Podalydès), « maman » va s’affranchir de l’ombre écrasante de son mari, de la bienveillance dictatoriale de sa fille Claude, du mépris de la clique politique qui entoure son Jacques, et devenir aussi populaire que Lady Di…

C’est donc la revanche d’une femme de l’ombre – ni tout à fait Bernadette, ni tout à fait une autre – qu’imagine la réalisatrice, en articulant fiction et réalité. De l’élection de 1995 à la campagne présidentielle de 2008, elle exploite des épisodes clés (dissolution de l’Assemblée nationale, choc frontiste au premier tour de 2002, soutien de Bernadette à Nicolas Sarkozy…), et de nombreux éléments biographiques, pour réinventer – et réenchanter – son héroïne, bientôt transformée en icône rebelle : relookée par Lagerfeld, Bernie sort en boîte de nuit avec le boys band 2Be3, manie l’humour vachard, se révèle en stratège politique…

Rien n’est sérieux, dans cette fantaisie à la mise en scène pop, ponctuée de séquences en chansons façon chœur d’église. Mais affleure, en quelques scènes, la souffrance d’une épouse trompée, à la fidélité pourtant increvable. Pas de quoi faire trembler la République. La satire reste inoffensive, et son charme ténu repose en grande partie sur les numéros d’acteurs : Catherine Deneuve, drôle sans chercher le mimétisme, Michel Vuillermoz grandiose en Chichi macho un peu caricatural, pas très loin de sa marionnette des Guignols. Laurent Stocker, irrésistible en « Sarko le traître ». Et Sara Giraudeau, sobre et subtile en Claude Chirac.
BERNADETTE, Lea Domenach 2023, Catherine Deneuve (bio histoire)@ (E)
Quand elle arrive à l'Élysée, Bernadette Chirac s'attend à obtenir enfin la place qu'elle mérite, elle qui a toujours oeuvré dans l'ombre de son mari pour qu'il devienne président. Mise de c& ...

@

BESOS PARA TODOS, Jaime Chávarri 2000, Emma Suarez (film e)


En 1965, trois étudiants en médecine sont envoyés à Cadix pour leurs examens mais passent leur temps en boîte de nuit.
C'est un film évocateur et relativement nostalgique, qui centre son action sur la capitale de Cadix au milieu des années 1960. Chávarri applique un rythme détendu, se permet quelques références réussies à ses œuvres précédentes et se comporte bien sur la scène musicale.
Dans la section interprétation, un autre des points forts du Madrilène, il réussit avec brio. L'émergente Pilar López de Ayala ou la chevronnée Emma Suárez (dans un rôle moderne) accomplissent leurs tâches avec une solvabilité incontestable. Les garçons (Eloy Azorín, Roberto Hoyos...) sont un peu ennuyeux mais ils se débrouillent plus ou moins bien.
Mignon à regarder, on le contemple avec plaisir. Pour ceux d’entre nous qui sont déjà des vétérans, cela ramène des souvenirs inévitables.
BESOS PARA TODOS, Jaime Chávarri 2000, Emma Suarez (film e) (E)
En 1965, trois étudiants en médecine sont envoyés à Cadix pour leurs examens mais passent leur temps en boîte de nuit.
C'est un film évocateur et relativement nostalgique, qui centre son action s ...

@

BIENVENUE A BORD, Eric Lavaine 2011, Frank Dubosc, Valerie Lemercier, Gerard Darmon (comique mer)@@


Isabelle, DRH d'une grande compagnie maritime, a commis l'erreur de choisir pour amant son patron. Avant d'embarquer pour la croisière inaugurale du fleuron de la flotte, il décide de la débarquer de sa vie et de son boulot ! Certaines femmes se vengent par le poison, l'arme à feu, ou la calomnie. Elle, elle choisit Rémy, chômeur flamboyant qui a tout raté sur terre et qui se dit qu'après tout sur mer. Isabelle le recrute comme animateur.

TELERAMA:
Dans la série « paquebot en folie », on pensait avoir touché le fond avec La Croisière, de Pascale Pouzadoux, sorti en mai dernier. Le nouvel opus d'Eric Lavaine va plus loin dans la grossièreté et la paresse. Pauvre Valérie Lemercier, déclassée au rang de la doublette Dubosc/Darmon. Navet de l'année.
BIENVENUE A BORD, Eric Lavaine 2011, Frank Dubosc, Valerie Lemercier, Gerard Darmon (comique mer)@@ (E)
Isabelle, DRH d'une grande compagnie maritime, a commis l'erreur de choisir pour amant son patron. Avant d'embarquer pour la croisière inaugurale du fleuron de la flotte, il décide de la débarquer de sa vie et de son bo ...

@

BIENVENUE A GATTACA, Andrew Niccol 1997, Ethan Hawke, Uma Thurman (science fiction)@@@


Dans un futur proche, notre société pratique l'eugénisme à grande échelle : les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants quasi parfaits. Malgré l'interdiction officielle, les entreprises recourent à des tests ADN discrets afin de sélectionner leurs employés. Ainsi, les personnes conçues naturellement se voient reléguées à des tâches subalternes.

TELERAMA
Le film d’Andrew Niccol a 27 ans, mais sa société futuriste, régie par l’eugénisme, où les ADN “parfaits” dominent, est toujours aussi glaçante. Une partition en or pour un formidable trio d’acteurs, Ethan Hawke, Jude Law et Uma Thurman.

Bienvenue… dans une dystopie, même si ce mot n’était pas encore à la mode lors de la sortie du film, à la fin du siècle dernier. Andrew Niccol (qui poursuivra ensuite dans l’anticipation, de S1mOne à Anon) peint en effet un cauchemar élégant, librement inspiré d’un grand classique du genre, Le Meilleur des mondes, du Britannique Aldous Huxley. Où le progrès scientifique — ici, la possibilité de « parfaire » l’ADN des individus — façonne une société eugéniste et inégalitaire, où l’élite est réservée à ceux qui peuvent s’offrir ce luxe. La preuve avec Vincent (Ethan Hawke), un jeune homme intelligent et ambitieux, mais condamné à des tâches subalternes, parce qu’il est « naturel », c’est-à-dire conçu sans manipulations génétiques. Pour accéder à son rêve et devenir astronaute, Vincent doit donc tricher, et emprunter l’ADN d’un autre, Jerome (Jude Law), un sujet « amélioré », mais cassé par un accident, qui a besoin d’argent. Cheveux, empreintes, lentilles de contact : le déguisement est presque parfait.

Fable politique sur les fantasmes de pureté et leurs dérives fascisantes, et, plus largement, sur le déterminisme social, Bienvenue à Gattaca est aussi un formidable récit d’imposture, un thriller qui enserre les individus et leurs émotions dans la prison froide et clinique des images, angles durs et lumières bleutées de fond de laboratoire. Loin d’avoir vieilli, la performance farouche et tendue d’Ethan Hawke, le dandysme désespéré de Jude Law ou la fragilité d’Uma Thurman appartiennent encore à un futur glaçant.
BIENVENUE A GATTACA, Andrew Niccol 1997, Ethan Hawke, Uma Thurman (science fiction)@@@ (E)
Dans un futur proche, notre société pratique l'eugénisme à grande échelle : les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants quasi parfa ...

@

BIENVENUE CHEZ LES CHTIS Dany Boon 2008, Dany Boon, Kad Merad


Un directeur de la Poste en Provence est, à son détriment, muté à Bergues, petite ville du Nord. Sa famille refusant de l'accompagner, Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse et des gens accueillants. Il se lie d'amitié avec Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées.

TELERAMA:
La comédie de Dany Boon est devenue un monument national : plus de vingt millions d’entrées en salles, et la France entière se donnant du « biloute » à qui veut l’entendre. Pourquoi tant d’amour ? Cette version septentrionale de la crèche, avec son carillonneur, son vendeur de frites, ses postiers débonnaires et sa carbonade repeint habilement la réalité aux couleurs « locales ».
Alerte et tendre, sans cynis­me, cette comédie offre une brassée d’excellents gags, mais, surtout, un refuge à ses spectateurs : un monde clos et idéalisé, où le lien social n’est pas dégradé, où chacun a une place et une identité. Un anxiolytique efficace pour notre société déprimée.
BIENVENUE CHEZ LES CHTIS Dany Boon 2008, Dany Boon, Kad Merad (E)
Un directeur de la Poste en Provence est, à son détriment, muté à Bergues, petite ville du Nord. Sa famille refusant de l'accompagner, Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charma ...

@

BIENVENUE DANS LA JUNGLE, Peter Berg 2003 (aventure)@


Pour payer une dette, Beck, chasseur de primes, part dans la jungle amazonienne pour capturer Travis, le fils d'un riche propriétaire. Après avoir attrapé le jeune homme, Beck comprend qu'il n'est pas coupable des crimes dont on l'accuse et s'unit à lui pour combattre le gérant véreux d'une mine d'or où se cacherait un trésor. L'arrivée dans l'équation de la belle Mariana, que les deux aventuriers convoitent, va compromettre l'entente du duo.

TELERAMA
Beck, un recouvreur de dettes, travaille pour le compte de Billy Walker, un riche homme d'affaires mafieux. Celui-ci lui confie une mission surprenante : partir dans la jungle amazonienne afin de retrouver son fils, Travis, un jeune hurluberlu qui s'est mis en tête de dénicher un mystérieux trésor. Beck ne tarde pas à localiser Travis. Mais c'est à ce moment que les ennuis commencent. Les deux hommes doivent, en effet, unir leurs forces pour lutter contre Hatcher, le propriétaire véreux d'une importante mine d'or. Comme si cela ne suffisait pas, l'amour s'en mêle en la personne de Mariana, une jeune femme dont Beck et Travis tombent instantanément amoureux...
BIENVENUE DANS LA JUNGLE, Peter Berg 2003 (aventure)@ (E)
Pour payer une dette, Beck, chasseur de primes, part dans la jungle amazonienne pour capturer Travis, le fils d'un riche propriétaire. Après avoir attrapé le jeune homme, Beck comprend qu'il n'est pas coupable des crime ...

@

BIG GAME, almari Helander 2014 (catastrophe)


Frappé par des terroristes, l'avion Air Force One du président des Etats-Unis s'écrase dans la forêt sauvage de Laponie. Sain et sauf, mais livré à lui-même, le chef d'Etat essaie alors d'échapper à ses ennemis. Il fait la rencontre d'Oskari. Cet adolescent de treize ans a été laissé en pleine forêt pour un rite d'initiation qui consiste à se débrouiller seul, armé d'un couteau, d'un arc et d'une flèche, durant une journée et une nuit au coeur de la toundra. Le président et l'enfant essaient de communiquer tant bien que mal. Lorsque les terroristes se lancent à leurs trousses, le président américain comprend qu'un traître l'a vendu. Lui et le jeune garçon n'ont pas d'autre choix que de s'associer pour fuir ces assassins...
BIG GAME, almari Helander 2014 (catastrophe) (E)
Frappé par des terroristes, l'avion Air Force One du président des Etats-Unis s'écrase dans la forêt sauvage de Laponie. Sain et sauf, mais livré à lui-même, le chef d'Etat essaie alors d'&eacu ...

@

BIG NIGHT, Campbell Scott et Stanley Tucci 1996, Campbell Scott, Isabella Rosselini (societe comique)@


New Jersey dans les années 50. Pour sauver leur restaurant, `The Paradise', qui bat de l'aile, les frères Pilaggi, Primo et Secondo, ont l'idée d'offrir un repas de bienvenue à un chanteur à la mode de passage dans la région. Ils se lancent alors dans l'organisation d'un banquet extraordinaire. Les invités, amis, voisins, journalistes sont au rendez-vous. Le chanteur, lui, se fait attendre.

TELERAMA
Secondo et Primo Pilaggi, deux frères d'origine italienne, étaient persuadés que les talents de gestionnaire de l'un et de cuisinier de l'autre leur ouvriraient en grand les portes de l'Amérique et du succès. Ils doivent rapidement se résoudre à constater que "The Paradise", le restaurant qu'ils ont ouvert, n'attire guère la clientèle. Il est vrai que la concurrence du restaurant d'en face, "Chez Pascal", est particulièrement redoutable. Pour relancer leur établissement, les deux frères imaginent d'organiser un coup d'éclat. La venue dans la cité de Louis Prima, un chanteur à la mode, leur donne une idée. Et s'ils organisaient un formidable banquet dont la vedette serait l'invité d'honneur ?...
BIG NIGHT, Campbell Scott et Stanley Tucci 1996, Campbell Scott, Isabella Rosselini (societe comique)@ (E)
New Jersey dans les années 50. Pour sauver leur restaurant, `The Paradise', qui bat de l'aile, les frères Pilaggi, Primo et Secondo, ont l'idée d'offrir un repas de bienvenue à un chanteur à la mode de pas ...

@

BIG, Penny Marshall 1988, Tom Hanks, Elizabeth Perkins (comique science fiction)


Josh, 12 ans, a le béguin pour une « grande » de 15 ans, qui n'a d’yeux que pour des mâles d’au moins 16 ans. Dans une fête foraine, il tombe sur une drôle de machine à exaucer les voeux... Il lui confie le sien : grandir vite, vite, vite. Le lendemain, le gamin se réveille dans la carcasse d'un homme de 30 ans ! Penny Marshall et Tom Hanks se sont visiblement amusés à explorer les multiples bourdes, miracles et étincelles que peut engendrer l'âme turbulente d'un gamin coincée dans un corps d'adulte. Bâti sur ce postulat original et farfelu, Big parie malicieusement sur la prétendue pureté de l'enfance, sans noircir pour autant le monde des grands. Dadais innocent, Tom Hanks synthétise un fantasme très américain : une imagination et un esprit neufs, plus tous les avantages de la maturité. Il représente une sorte d'Homo hollywoodius idéal, capable de réussir en gardant toute sa candeur.
BIG, Penny Marshall 1988, Tom Hanks, Elizabeth Perkins (comique science fiction) (E)
Josh, 12 ans, a le béguin pour une « grande » de 15 ans, qui n'a d’yeux que pour des mâles d’au moins 16 ans. Dans une fête foraine, il tombe sur une drôle de machine à exaucer les voe ...

@

BILLY ELLIOT, Stephen Daldry 2000, Jamie Bell


Dans un petit village minier du nord-est de l'Angleterre, Billy, 11 ans, découvre avec stupeur qu'un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D'abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève. Billy abandonne les gants de cuir pour assister discrètement aux leçons de danse professées par Mme Wilkinson.

TELERAMA:
Si l’on ferme les yeux sur un brin de roublardise sentimentale, ce premier film d’un metteur en scène de théâtre renommé – dont le talent se confirma avec The Hours – distille une sensibilité réelle. Quand Billy, par exemple, se trouve confronté à l’univers snob et codé d’une école de danse huppée à Londres. Quelques touches de réalisme social haussent le film au-dessus du mélodrame annoncé, et l’interprète, Jamie Bell, apporte au rôle un charisme brut, naturel, auquel il est difficile de résister.

BILLY ELLIOT, Stephen Daldry 2000, Jamie Bell (E)
Dans un petit village minier du nord-est de l'Angleterre, Billy, 11 ans, découvre avec stupeur qu'un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D'abord effaré, il devient peu à ...

@

BIRDS OF PREY, Cathy Yan 2020


Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n'a d'autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman.

TELERAMA
Une superhéroïne déjantée s’associe avec des homologues féminines pour mettre hors d’état de nuire un ennemi qui veut s’en prendre à une jeune fille. Une nouvelle brique dans l’édifice cinématographique DC, plus orientée comédie et mauvais goût assumé.

Pour ceux qui ne maîtrisent pas leur DC Comics, sachez que Harley Quinn, la diplômée en psychiatrie, est la compagne du Joker, qu’elle a rencontré (dans les BD) à l’asile d’Arkham avant de devenir aussi timbrée que lui. Ou plutôt, elle était sa compagne, puisque ce film débute sur leur rupture. Pourquoi commencer cette critique avec cette précision peu féministe (une femme n’existe que par son compagnon) ? Parce que cette « fantabuleuse histoire » ne cesse d’évoquer ce fait, de le rappeler via la voix off, omniprésente et piailleuse, de son héroïne : je suis désespérée de cette rupture, je suis furax contre LUI, je veux m’émanciper de LUI, mais sans LUI et sa toxique protection, comment vais-je survivre contre tous les autres tordus de Gotham city ?

Pour exister, la demoiselle arlequin décide de prouver au monde à quel point elle est fondue. Face à elle, Ewan McGregor s’ennuie ouvertement à renouveler l’image du super vilain – pas Joker, un autre, dont l’activité préférée est d’arracher les visages de ses victimes. D’où sans doute l’interdiction au moins de 12 ans du film.

L’histoire ? Ah oui, on oubliait, et c’est normal tant elle est superfétatoire : un diamant ingéré par une petite pickpocket provoque un empilage, fatigant, de bastons au ralenti ou en accéléré, où Harley et d’autres pas drôles de dames balancent à répétition des coups de pieds dans l’entrejambe de tous les hommes à leur portée. Ou se lancent, à moto ou en roller, dans des courses poursuites à peine dignes des années 90. Le tout au son de tubes pop ou rock pas neufs, dont un carrément emprunté à la première version de Charlie’s angels par McG en 2000, qui passe, à côté, pour un parangon de féminisme pulp et pop.

Entre deux explosions de canons à paillettes, deux coups de batte dans le plexus, et des flashback censés dynamiter la narration mais accusant, en fait, la pauvreté du scénario, on a deux secondes pour bailler et se pincer : comment ce film dû à une scénariste, une réalisatrice et une productrice, peut, à ce point, être creux sur le sujet de la place de la femme dans la société et pervertir le concept de sororité ?

Déterminé, certes, à dénoncer la sentence du début – « Derrière chaque homme qui réussit se cache une meuf badass » –, Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn prend la forme sans âme du revenge movie où chaque fille (une flic, une orpheline, une chanteuse, et Harley) se bat pour elle-même et contre les autres. Ce n’est que lors du dernier quart d’heure, que naît, enfin, une alliance de circonstances : il y a trop de mecs en face. Sororité cynique dont seule réchappe Black Canary, la chanteuse qui castagne par bonté d’âme et pour aider les copines. Quant au personnage de Harley, surjoué par Margot Robbie, il correspond exactement à cette réplique, déçue, de la jeune voleuse de diamant : « Je croyais pourtant que tu étais particulière… ». Non : seulement une créature de bruit et de fureur dans un objet « fantabuleux » comme un soda secoué.
BIRDS OF PREY, Cathy Yan 2020 (E)
Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. ...

@

BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Franck Dubosc (comique)@


Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l'autre, Patrice, père de famille monogame à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d'enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu'ils n'ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l'occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?

TELERAMA
Deux potes quinquas tombent un soir de cuite et se réveillent en 1986, à la veille des résultats du bac... Une comédie revival un peu trop sage.

Deux potes de 50 ans aux CV bien différents, mais au taux d’alcoolémie identique ce soir-là, tombent dans l’escalier de la cave et se retrouvent en 1986, à la veille de leurs résultats du bac. Et s’ils en profitaient pour refaire (et même échanger) leurs vies ? Bon d’accord, on a déjà vu ça quelque part, et en mieux, du côté de chez Noémie Lvovsky (Camille redouble), mais Farrugia ne s’en sort pas si mal. Le film commence en franche comédie et les détails d’époque font mouche : vestes en jean pleines de badges, mar­ques de bonbons et de boissons disparues, bandanas…

On se régale quand les deux compères ados tentent de faire du fric en proposant, trente ans avant, le scénario d’un blockbuster français à une société de production ou lorsqu’ils passent une audition chez Eddie Barclay avec un futur tube des Dix Commandements… Puis la raison reprend le dessus — nos vies sont déjà écrites, inutile de lutter, il suffit de les améliorer. Le retour en 2015 des deux copains est, certes, ten­dre, mais nettement plus plan-plan. Si on nous avait dit qu’un jour on trouverait Dominique Farrugia un peu trop sage…
BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Franck Dubosc (comique)@ (E)
Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de ...

@

BLACK AND WHITE SEX, John Winter 2012, Saskia Burmeister, Katherine Hicks, Michelle Vergara Moore, Roxane Wilson (film e)@


Prostituée. Travailleuse du sexe. Pute. Candide et séduisante, Angie est déterminée à remettre les pendules à l'heure en matière de sexe. Au fur et à mesure qu'elle se dévoile, couche par couche, elle met également à nu l'homme qui l'interviewe. Parfois provocant et confrontant, parfois tendre, poignant et sexy, Black & White & Sex vous emmène dans les coulisses et dans le monde très spécial d'Angie. Il y a ici une question pour chaque homme et une réponse pour chaque femme. Toute personne qui paie est la bienvenue - mais laissez vos attentes à la porte : le sexe n'est jamais noir ou blanc. Écrit par Angie Winter
BLACK AND WHITE SEX, John Winter 2012, Saskia Burmeister, Katherine Hicks, Michelle Vergara Moore, Roxane Wilson (film e)@ (E)
Prostituée. Travailleuse du sexe. Pute. Candide et séduisante, Angie est déterminée à remettre les pendules à l'heure en matière de sexe. Au fur et à mesure qu'elle se dévoile, ...

@

BLACK BOOK, Paul Verhoeven 2006, Garice Van Houten, Sebastian Koch (guerre)@@@


Lorsque sa cachette est détruite par une bombe, la chanteuse Rachel Stein tente, avec un groupe de Juifs, de gagner la Hollande Méridionale, déjà libérée. Mais une patrouille allemande les intercepte dans le delta du Biesboch. Tous les réfugiés sont abattus ; seule Rachel échappe au massacre.Elle rejoint alors la Résistance et, sous le nom d'Ellis de Vries, parvient à infiltrer le Service de Renseignements allemand et à se lier avec l'officier Mûntze. Séduit, celui-ci lui offre un emploi..

TELERAMA:
Une profonde noirceur habite ce Black Book bien nommé. Tout y est traîtrise, mensonge. Plus que la cruauté de la guerre, Verhoeven montre celle des individus, qui veulent tirer profit de l’horreur. Son héroïne même, avec toute sa générosité, est une individualiste qui sauve sa peau armée de sa propre morale : elle ne devient jamais une allégorie des martyrs de la Shoah, ni même des survivants, elle est à part, unique et seule. Son étonnant destin donne matière à un film feuilletonesque au charme presque rétro. Quand les cinéastes d’aujourd’hui abordent les films de guerre avec l’obsession du réalisme, Verhoeven ne craint pas de s’en tenir aux atouts de toujours : une histoire forte, des comédiens qui séduisent, des décors efficaces. Tantôt passe un parfum de série B, tantôt c’est un lyrisme sombre à la Visconti qui domine. L’ensemble compose un style unique, et reflète un appétit de cinéma qui fait plaisir à voir.
BLACK BOOK, Paul Verhoeven 2006, Garice Van Houten, Sebastian Koch (guerre)@@@ (E)
Lorsque sa cachette est détruite par une bombe, la chanteuse Rachel Stein tente, avec un groupe de Juifs, de gagner la Hollande Méridionale, déjà libérée. Mais une patrouille allemande les intercept ...

@

BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@


Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la troupe, pense que son heure est venue. Une rivale inattendue se présente en la personne de la sensuelle Lily, nouvellement recrutée. Nina peut compter sur sa mère, Erica, une maîtresse-femme qui contrôle sa vie, pour intervenir auprès de Thomas.

TELERAMA
Entre les griffes de Darren Aronofsky, une ballerine voit son rêve tourner au cauchemar.
Danseuse étoile pour Le Lac des cygnes, Nina a du fil à retordre avec le cygne noir de la fin du ballet. La pureté artistique qu’elle recherche depuis toujours se retourne contre elle : on lui demande du débordement, des aspérités, de la sensualité, et c’est un cauchemar pour elle.

Darren Aronofsky s’y connaît en cauchemars : il a signé en 2000 le mémorable Requiem For a Dream, avec ses antihéros emportés dans une dérive de la perception. Black Swan brouille encore plus vite la frontière entre réalité, fantasmes et hallucinations. Particulièrement impressionnante est la galerie de figures féminines, toutes des doubles déformés ou déformants de l’héroïne. La mère (Barbara Hershey) offre une image de Nina avec trente ans de plus, ayant échoué jadis à sortir du rang. La danseuse étoile récemment déchue de la troupe (Winona Ryder), reproche vivant, symbole du déclin à venir. La rivale directe (Mila Kunis) paraît menaçante, obscène, car jugée plus sexy que Nina…

Le cinéaste déchaîne ses images mentales et brutales, jouant à plein régime du parallèle entre le tour de force de Natalie Portman (grandiose) et celui du personnage. La dernière réplique, expression d’un triomphe, s’accompagne ainsi d’une effusion de sang. Et l’actrice, oscarisée pour ce film, eut longtemps du mal à s’investir dans un autre projet.
BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@ (E)
Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la tro ...

@

BLACKBERRY, Matt Johnson 2023, Jay Baruchel, Glenn Howerton (histoire)@


En 1966, Mike Lazaridis et son meilleur ami Douglas Fregin fondent la petite entreprise Research in Motion. Un jour, ils ont l'idée de relier un téléphone à un ordinateur grâce à leur PocketLink. Cependant, aussi géniale que soit leur idée, ils ont tout de même du mal à faire leurs preuves dans le monde des affaires. Avec l'aide de l'homme d'affaires Jim Balsillie, ils réussissent une ascension fulgurante. Ils apprennent vite que le succès exige des sacrifices.

TELERAMA
BLACKBERRY, Matt Johnson 2023, Jay Baruchel, Glenn Howerton (histoire)@ (E)
En 1966, Mike Lazaridis et son meilleur ami Douglas Fregin fondent la petite entreprise Research in Motion. Un jour, ils ont l'idée de relier un téléphone à un ordinateur grâce à leur PocketLink. Cep ...

@

BLACKLIGHT, Mark Williams 2022, Liam Neeson, Aidan Quinn (thriller)@


Travis Block, un agent du FBI, doit faire taire un autre agent qui souhaite révéler à la presse les méthodes du Bureau. Il comprend qu'il est devenu le pion d'une terrible machination. Déterminé à faire éclater la vérité, il se lance dans un combat contre ceux avec lesquels il a l'habitude de travailler. Mais lorsque ses adversaires s'attaquent à ses proches, Travis retourne ses méthodes contre ses anciens employeurs et il n'aura aucune pitié.

TELERAMA
Un agent du FBI découvre les méthodes douteuses de son employeur. Il va s’acharner à mettre au jour le scandale, tout en essayant de préserver ses proches. Quatorze ans après “Taken”, un énième “Liam Neeson movie” bas du front.

Travis Block, agent du FBI, intervient en dernier ressort pour sortir ses collègues du pétrin. Obéissant et loyal, il se rebelle lorsqu’il apprend que la police fédérale tue des opposants et des civils pour le compte du gouvernement américain. Refusant de faire taire l’agent qui souhaite révéler l’affaire à la presse, il devient l’homme à abattre. Évidemment, les méchants fédéraux vont vite s’en prendre à sa famille, seul moyen de pression imaginable sur Travis. Mais il ne faut pas chauffer papy, qui retourne son savoir-faire de tueur contre ses anciens employeurs…

Blacklight résonne comme la mauvaise reprise d’un album de rock dont la mélodie aurait été remise au goût du jour mais les paroles, inchangées. Liam Neeson ne quitte plus son personnage de patriarche libérateur qu’il interprétait dans Taken – cela fait quatorze ans, déjà… Au moins parvient-il à ne pas nous exaspérer. Il en va autrement de la réalisation de Mark Williams, plus proche des nanars stalloniens des années 80 que d’un film d’action moderne. Au menu, les mêmes courses-poursuites, deux explosions de voitures et quelques fusillades réglementaires.

Certes, à presque 70 ans, Liam Neeson en a encore sous le capot… Mais pourquoi ne pas mettre cette énergie débordante au profit de films plus intéressants ? L’acteur nord-irlandais, naturalisé américain en 2009, avait en effet réussi à nous surprendre dans la peau d’un cambrioleur romantique avec The Good Criminal, toujours de Mark Williams, en 2020.
BLACKLIGHT, Mark Williams 2022, Liam Neeson, Aidan Quinn (thriller)@ (E)
Travis Block, un agent du FBI, doit faire taire un autre agent qui souhaite révéler à la presse les méthodes du Bureau. Il comprend qu'il est devenu le pion d'une terrible machination. Déterminé &ag ...

@

BLADE RUNNER, Ridley Scott 1982, Harrisson Ford (science fiction)@@


En l'an 2019, un ex-policier devenu détective privé, Rick Deckard, est rappelé en service pour faire la chasse à des robots d'apparence humaine appelés "replicants." Deckard doit en éliminer quatre qui se cachent à Los Angeles.

TELERAMA
Dans un Los Angeles du futur gothique et surpeuplé, un ex-policier traque des robots. Cette fable adaptée de Philip K. Dick est un modèle du genre.

Après un accueil frileux à sa sortie, Blade Runner est peu à peu devenu culte, modèle de science-fiction souvent copié, rarement égalé. Quand on le revoit, on retrouve toute sa modernité visionnaire : la ville polluée, les manipulations génétiques, les écrans géants de publicités lumineuses sur les gratte-ciel, le visiophone, le pouvoir digital de rentrer à l’intérieur d’une photo en allant beaucoup vite que dans Blow up… Ce que Ridley Scott préfigure du futur, avec cette adaptation d’un livre phare de Philip K. Dick, reste étonnant parce que concret. Du quartier chinois grouillant aux immeubles désaffectés, chaque décor est primordial. Composé d’éléments familiers, rattaché au passé (le film noir), cet univers est d’autant plus fascinant qu’on a la sensation de l’habiter. C’est un cinéma de l’immersion, que Denis Villeneuve a reconduit pour sa suite (Blade Runner 2049).

Dans un Los Angeles pluvieux, Rick Deckard (Harrison Ford) est donc un ancien flic qui reprend du service, chargé d’éliminer quatre « réplicants » en fuite, des androïdes presque humains, plus qu’humains, parfois. Donner une âme au réplicant, entretenir l’ambiguïté autour du statut de Deckard, mais aussi de la mystérieuse Rachel (Sean Young), voilà ce qui fait l’attrait majeur de ce film policier et, contre toute attente, sentimental : il recèle une histoire très originale d’amour dangereux.
BLADE RUNNER, Ridley Scott 1982, Harrisson Ford (science fiction)@@ (E)
En l'an 2019, un ex-policier devenu détective privé, Rick Deckard, est rappelé en service pour faire la chasse à des robots d'apparence humaine appelés "replicants." Deckard doit en élimin ...

@

BLANCHE COMME NEIGE, Anne Fontaine 2019, Isabelle Huppert, Jonathan Cohen, Benoit Poelvoorde, Charles Berling (comique sentimental)@@


Par sa grande beauté, Claire fait tourner les têtes et les cœurs. Sa belle-mère Maud ne le supporte pas et tente alors de l'assassiner. Par miracle, Claire échappe à la mort grâce à un homme étrange qui l'accueille chez lui dans sa ferme. Les hommes du village succombent tous au charme de la jeune femme. Innocente jusque là, Claire découvre qu'elle a des désirs et qu'elle a envie de les vivre. Elle s'en donne à cœur joie et devient un véritable bourreau des cœurs. Mais lorsque Maud apprend que sa rivale est toujours en vie, elle se met à sa recherche afin de terminer ce qu'elle a commencé et éliminer définitivement Claire...

TELERAMA
Lou de Laâge en belle orpheline, Isabelle Huppert en marâtre… Le célèbre conte est revisité de manière ludique et plaisamment désuète.

Après le calvaire de nonnes polonaises en 1945 (Les Innocentes) et l’émancipation sociale tourmentée d’un fils du prolétariat (Marvin), Anne Fontaine se tournait vers la légèreté avec cette comédie coquine, qui revisite le conte fameux des frères Grimm. Soit Claire, une orpheline dont la beauté suscite l’extrême jalousie de sa belle-mère, Maud (Isabelle Huppert), gérante richissime d’un palace, qui tente de l’éliminer. Claire est sauvée in extremis au cœur d’une forêt par un homme un peu fruste (Damien Bonnard), qui la recueille dans sa bâtisse mystérieuse. Une nouvelle vie, de plaisir et de joie, commence pour celle qui étouffait sans s’en rendre compte. Cette héroïne à la fois pure et sexuée, Lou de Laâge, solaire, l’incarne avec une grâce naturelle. Le pastiche, frais, ludique, un peu désuet, se regarde sans déplaisir.

Anne Fontaine loue une forme d’érotisme libre et généreux. Nulle guerre des sexes, nul rapport de pouvoir ou de domination — les messieurs sont timides ou fragiles. Quant à la marâtre castratrice, la réalisatrice lui accorde une place de choix, surtout dans une séquence de danse proche du duel, donnant l’impression que la reine déchue va croquer sa proie et la dévorer toute crue.
BLANCHE COMME NEIGE, Anne Fontaine 2019, Isabelle Huppert, Jonathan Cohen, Benoit Poelvoorde, Charles Berling (comique sentimental)@@ (E)
Par sa grande beauté, Claire fait tourner les têtes et les cœurs. Sa belle-mère Maud ne le supporte pas et tente alors de l'assassiner. Par miracle, Claire échappe à la mort grâce à un ho ...

@

BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR, Rupert Sanders 2012, Kristen Stewart, Chris Hemsworth (fantastique)@@


Blanche-Neige vient entacher la suprématie de l'orgueilleuse et maléfique reine Ravenna, prête à tout pour la détruire. La souveraine diabolique ignore que la jeune femme a été formée à l'art de la guerre par le chasseur qu'elle avait elle-même envoyé pour la supprimer. Alliant leurs forces, Blanche-Neige et le chasseur vont fomenter une rébellion et lever une armée pour reconquérir le royaume de Tabor et libérer son peuple du joug de l'impitoyable Ravenna.

TELERAMA
Le face-à-face de Kristen Stewart et Charlize Theron est réjouissant et fait oublier les défauts de mise en scène de cette version très remaniée de Blanche-Neige.

Dans des décors qui évoquent Le Seigneur des anneaux et Le Monde de Narnia, voilà Blanche-Neige en version fugitive, puis guerrière pour récupérer son royaume : elle rallie alors à sa cause toute la gent masculine, du chasseur censé la pourchasser à une bande de nains sauvages et déprimés...

On aurait aimé plus d’ampleur dans la mise en scène de Rupert Sanders, un petit génie britannique de la pub, mais il y a tout de même un morceau de bravoure par-ci, un bel effet spécial par-là. Et le casting est rutilant. Face à Kristen Stewart, frémissante à souhait, Charlize Theron en fait des tonnes dans le rôle de la belle-mère paranoïaque, narcissique jusqu’au bout de ses ongles métallisés et femme blessée qui a un compte à régler avec les hommes (pas idiot, ce petit « plus » psychanalytique). Vieillir quand on est la plus belle des sorcières ou lorsqu’on est une actrice-égérie de luxe, même douleur ? Charlize semble en rire : à un moment, elle caricature avec bonheur la pub où on l’adooore...


BLANCHE NEIGE ET LE CHASSEUR, Rupert Sanders 2012, Kristen Stewart, Chris Hemsworth (fantastique)@@ (E)
Blanche-Neige vient entacher la suprématie de l'orgueilleuse et maléfique reine Ravenna, prête à tout pour la détruire. La souveraine diabolique ignore que la jeune femme a été formée & ...

@

BLOOD DIAMOND, Edward Zwick 2006, Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou (thriller)@


Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a trouvé – et caché – un diamant rose extrêmement rare.

TELERAMA
À la recherche d’un énorme diamant dans la Sierra Leone des années 1990, en pleine guerre civile. Un film d’aventures à l’ancienne, souvent cliché, voire lourdaud, mais d’une violence hyperréaliste.

Il y a eu Lord of war, sur le trafic d’armes, The Constant Gardener, sur l’industrie pharmaceutique, Le Dernier Roi d’Ecosse, sur Amin Dada… L’Afrique est-elle, vue d’Amérique, le dernier endroit où se donner des frissons ? Ou bien s’agit-il d’exprimer une mauvaise conscience ? Les deux, mon général. Situé dans la Sierra Leone embrasée des années 1990, le film investit les lieux comme un super décor à sensations. Il dénonce aussi l’industrie du diamant qui instrumentalise les guerres locales en finançant l’achat d’armes contre les « diamants de sang » du titre. Un avertissement invite d’ailleurs « les consommateurs-spectateurs » à bien se renseigner sur la provenance de ceux qu’ils achètent.

Ce côté pub humanitaire n’est pas le seul défaut du film. L’histoire d’amour entre Leonardo DiCaprio et Jennifer Con­nelly aurait requis une stratégie anti­clichés que le lourdaud Edward Zwick est bien en peine de déployer. Il se rattrape avec les scènes d’action et la netteté effrayante de l’arrière-plan — une guerre civile mutilant les enfants ou les enrôlant. Enfin, il y a le perfectionnisme obsessionnel de DiCaprio, qui semble vouloir retoucher, de film en film, la même scène finale, paroxystique et sacrificielle, que ce soit à bord d’un avion qui s’écrase (Aviator) ou d’un bateau qui coule (Titanic), au milieu des montagnes enneigées (The Revenant), ou, ici, d’un continent à feu et à sang…

BLOOD DIAMOND, Edward Zwick 2006, Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou (thriller)@ (E)
Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a tro ...

@

BLOOD FATHER, Jean-François Richet 2016, Mel Gibson, Erin Moriarty (thriller)


John Link n'a rien d'un tendre : ex-motard, ex-alcoolique et ex-taulard. Il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit désormais reclus dans sa caravane, loin de toute tentation. C'est l'appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, qui va l'obliger à sortir de sa retraite. Celle-ci débarque chez lui après des années d'absence, poursuivie par des narcotrafiquants suite à un braquage ayant mal tourné.

TELERAMA
Après un remake poussif et aseptisé d'un film de Claude Berri (Un moment d'égarement), le cinéaste s'égare davantage encore dans ce film d'action lambda. Mel Gibson, alcoolique repenti, essaie d'y protéger son ado fugueuse du beau dealer mexicain dans les bras duquel elle s'est jetée quand papa était en prison (allô, Freud ?). Le film est banal et horripilant à force de prêchi-prêcha.
BLOOD FATHER, Jean-François Richet 2016, Mel Gibson, Erin Moriarty (thriller) (E)
John Link n'a rien d'un tendre : ex-motard, ex-alcoolique et ex-taulard. Il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit désormais reclus dans sa caravane, loin de toute tentation. C'est l'appel inattendu de sa fill ...

@

BLOW OUT, Brian De Palma 1981, John Travolta, Nancy Allen (thriller)@@


Jack, un ingénieur du son, sauve Sally, la passagère d'une voiture accidentée. L'étude de la bande-son révèle le bruit d'un coup de feu et non d'un pneu éclaté. Le conducteur de la voiture, un homme politique, était visé par un complot. Jack mène l'enquête, plus ou moins aidé par Sally. Il ne pourra pas empêcher l'exécution du témoin principal.

TELERAMA
Un preneur de son enregistre des bruits suspects. Difficile de ne pas penser à Hitchcock, à qui De Palma rend hommage une fois de plus. Brillant exercice de style.

Depuis Greetings, en 1968, on savait De Palma obsédé, traumatisé, par l’assassinat de John F. Kennedy, mythe fondateur de toute une génération et déclencheur de quantité de vocations d’artistes électrisés par sa capacité à fictionnaliser le réel. C’est une nouvelle fois ce crime irrésolu, et les multiples théories qui l’entourent, qui a inspiré à De Palma son histoire de preneur de son, témoin d’un accident de voiture, qui se transforme en enquêteur pour analyser les bruits suspects qu’il a enregistrés, à son insu, sur son magnétophone.

Plus qu’un décalque sonore du Blow up d’Antonioni, dans lequel un meurtre était élucidé à partir d’une photo, Blow out (le titre fait référence à « l’éclatement » d’un pneu) a pour matrice le fameux film d’Abraham Zapruder qui a filmé en direct l’éclatement du crâne de JFK à Dallas. Sans parler, évidemment, de Conversation secrète, que De Palma admirait plus que tout, au point d’être allé interviewer Coppola pour une revue américaine en 1973.

L’art de la citation, du dédoublement et de la mise en abyme, cher à l’auteur de Snake Eyes, atteint des sommets de virtuosité dans ce thriller paranoïaque à entrées multiples. Roi du mixage (de sons, d’images, d’influences), De Palma signe simplement l’un des meilleurs films américains des années 1980, magnifié par la photo « en couleurs en noir et blanc » de Vilmos Zsigmond.
BLOW OUT, Brian De Palma 1981, John Travolta, Nancy Allen (thriller)@@ (E)
Jack, un ingénieur du son, sauve Sally, la passagère d'une voiture accidentée. L'étude de la bande-son révèle le bruit d'un coup de feu et non d'un pneu éclaté. Le conducteur de la voi ...

@

BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@


Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
es couleurs vives et le noir d’encre (mention spéciale à Carlo Di Palma), l’architecture ancienne mais surtout nouvelle de Londres, l’approche résolument plastique, c’est ce qui saisit d’abord aujourd’hui, en revoyant cette Palme d’or de 1967. Second film en couleurs après Le Désert rouge du maître italien, Blow-Up est son premier hors d’Italie, objet de scandale en son temps (pour ses scènes de nu et ses joints fumés). On ne peut qu’être frappé par le don d’observation d’Antonioni de l’anglicité, au-delà même du Swinging London auquel on associe souvent son film.

Certes, il y a bien l’attitude surexcitée du photographe de mode (inspiré de David Bailey), le défilé des fringues et des mannequins (avec l’apparition de Jane Birkin), le concert chaotique dans un club des Yardbirds, avec Jeff Beck qui détruit sa guitare. Mais le film, plutôt excentré et silencieux, se réduit presque à deux lieux : le studio du photographe et ce parc désert où il traîne un jour par hasard, prend de loin un couple qui flirte et découvre après coup, à travers tirages et agrandissements successifs, qu’un crime a peut-être été commis.

Énigme avec multiplication d’indices, le film est une réflexion captivante sur la réalité et l’apparence, la vérité qui nous échappe toujours, le voyeurisme et la part vampirique de la création artistique. À ce titre, le photographe cynique en jean blanc et boots incarné par le formidable David Hemmings n’est guère sympathique — c’est un mufle égocentrique, comme le sont souvent les hommes chez Antonioni —, mais ses déboires tendent à le bonifier un peu. Blow-Up (qui signifie à la fois « agrandir », « révéler », « exploser ») reste un grand film conceptuel sur l’opacité du réel et le mystère de l’existence, dont l’image photographique, la peinture (aussi évoquée ici) et le cinéma ne font que refléter la surface.

| Film de Michelangelo Antonioni (Italie/GB, 1966) | Scénario : M. Antonioni, Tonino Guerra, d’après Julio Cortázar | 110 mn. VO | Avec David Hemmings (Thomas), Vanessa Redgrave (Jane), Sarah Miles (Patricia), Peter Bowles (Ron).
BLOW UP, Michelangelo Antonioni 1966, David Hemmings, Vanessa Redgrave, Sarah Miles, Peter Bowles (thriller sentimental)@@@ (E)
Dans un parc de Londres, un jeune photographe surprend ce qu'il croit être un couple d'amoureux. Il découvre sur la pellicule une main tenant un revolver et un corps allongé dans les buisssons...

TELERAMA
es ...

@

BODYBUILDER, Roschdy Zem 2013, Vincent Rottiers, Yolin François Gauvin (societe)@@


Un matin, à Lyon, Antoine Morel, 20 ans, se fait réveiller par Luigi et sa bande, à qui il doit pas mal d'argent. En sursis pour neuf fois, il ne peut contacter la police. Sa mère et son frère aîné, Fred, lassés de ses petits trafics, lui conseillent d'aller se mettre au vert chez son père, Vincent, à Saint-Étienne.

TELERAMA
Du Loach à la française, avec la révélation de ce corps étranger qu’est Yolin François Gauvin.
Après Mauvaise Foi et Omar m’a tuer, Roschdy Zem cinéaste propose à nouveau un sujet fort, marqué du sceau de la différence. Bodybuilder débute pourtant en terrain archi balisé. Antoine, 20 ans, traficote ici et là et s’attire des ennuis. Sa mère et son grand frère, qui en ont marre, décident de l’expédier chez son père, qu’il connaît à peine. Celui-ci, biceps et pectoraux surdimensionnés, gère une salle de musculation et s’entraîne dur en vue d’un concours de bodybuilding, dans la catégorie vétéran…

Antoine (et nous avec) voit d’abord son père comme un superman de supérette. L’habileté du cinéaste est de déjouer vite tout sarcasme en créant de la fascination et de l’empathie pour le personnage. Soulèvement de fonte, engagement physique constant, régime drastique, absorption de médocs en tout genre : Roschdy Zem décrit les techniques, les recettes plus ou moins tolérées, les rites d’une communauté, tout un pan méconnu du culturisme. L’effort, le travail, l’endurance, voilà ce que le fiston récalcitrant, au fil de la cohabitation forcée, assimile peu à peu. En clair, il trouve chez papa un cadre, un modèle, mais en creux, de manière indirecte. L’originalité du film tient à la distance, à la pudeur, toujours maintenue entre eux : une relation à la fois touchante et rocambolesque, pimentée d’épisodes cocasses. Comme cette expédition punitive menée vers la fin, qui n’est pas sans rappeler un épisode de Looking for Eric, de Ken Loach. Du Loach à la française. Voilà comment pourrait se résumer ce film qui suscite un attachement immédiat.
BODYBUILDER, Roschdy Zem 2013, Vincent Rottiers, Yolin François Gauvin (societe)@@ (E)
Un matin, à Lyon, Antoine Morel, 20 ans, se fait réveiller par Luigi et sa bande, à qui il doit pas mal d'argent. En sursis pour neuf fois, il ne peut contacter la police. Sa mère et son frère aîn&ea ...

@

BODYGUARD, Mick Jackson 1992,Kevin Costner, Whitney Houston (drame sentimental)@@@


Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation internationale. Un jour, l'impresario Bill Devaney lui propose un contrat avantageux pour assurer la protection de sa cliente Rachel, comédienne et chanteuse en pleine ascension, menacée par un fan inconnu.

TELERAMA
ma gauche, le garde du corps, Kevin Costner, à ma droite, le « corps » ­ au demeurant bien joli ­, Whitney Houston. Ils forment un très beau couple. Elle est chanteuse et reçoit des lettres de menaces. Du coup, une scène de sa vie quotidienne, où ses fans agglutinés tentent de lui manifester leur amour, devient un véritable cauchemar.
À part ce moment formidable, Bodyguard est filmé avec efficacité mais sans surprise. Écrit il y a vingt ans pour Steve McQueen par Lawrence Kasdan (scénariste de L'Empire contre- attaque, Les Aventuriers de l'arche perdue et Le Retour du Jedi et réalisateur des Copains d'abord et de Grand Canyon), c'est une gentille bluette au goût suranné.


BODYGUARD, Mick Jackson 1992,Kevin Costner, Whitney Houston (drame sentimental)@@@ (E)
Frank Farmer, ancien agent des services secrets, est un garde du corps émérite qui a mis ses talents à la disposition de deux présidents et de nombreux financiers et politiciens de réputation international ...

@

BOEING BOEING, John Rich 1965, Tony Curtis, Jerry Lewis, Dany Saval (comique)@@


Bernard est un jeune séducteur qui partage sa vie avec trois hôtesses de l'air. Grâce aux différents horaires des jeunes femmes, il gère facilement ses trois relations. Jusqu'au jour où ses maîtresses découvrent la vérité et décident de se venger.

TELERAMA
Bernard est un séducteur invétéré. Il a trois maîtresses, respectivement française, anglaise et allemande, toutes hôtesses de l'air. Il a organisé son emploi du temps en fonction des horaires de vol des trois femmes, les recevant tour à tour dans sa garçonnière. Survient Robert, un ami de Bernard, qui lui demande de l'héberger quelque temps. La situation se corse encore quand les horaires de ces dames sont modifiés. Le don Juan ne sait plus où donner de la tête et jongle avec les rendez-vous. Les portes claquent dans tous les sens et l'inévitable se produit. Comme dans un mauvais rêve, Bernard tente de sauver les apparences. Sa vie est devenue un enfer...
BOEING BOEING, John Rich 1965, Tony Curtis, Jerry Lewis, Dany Saval (comique)@@ (E)
Bernard est un jeune séducteur qui partage sa vie avec trois hôtesses de l'air. Grâce aux différents horaires des jeunes femmes, il gère facilement ses trois relations. Jusqu'au jour où ses maît ...

@

BOITE NOIRE, Yann Goslan 2021, Pierre Niney, Andre Dussolier (policier)@@


Technicien au BEA, autorité responsable des enquêtes de sécurité dans l'aviation civile, Mathieu Vasseur est propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent. Erreur de pilotage, défaillance technique ou acte terroriste : l'analyse minutieuse des boîtes noires va pousser Mathieu à mener en secret sa propre investigation. Il ignore encore jusqu'où va le mener sa quête de vérité.

TELERAMA:
S’appuyant sur un scénario documenté et élaboré, Yann ­Gozlan déroule une intrigue toujours haletante. La force de son film, qui réveille le souvenir des thrillers d’inves­ti­gation d’Alan J. Pakula, tient beaucoup à l’identification du spectateur au personnage principal, jusqu’au moment où le doute s’installe. Cet obsessionnel, qui s’avère fragile, n’est-il pas un peu dingue ? En proie au complotisme, au délire d’interprétation ?
La paranoïa est telle qu’elle déborde sur la vie intime. Car l’épouse de Mathieu, femme brillante, et qui semble plus solide que lui, travaille dans le même secteur, mais dans une autre branche, avec un possible conflit d’intérêts. Boîte noire suggère ainsi l’idée inquiétante que l’obtention de la vérité ne se fait pas sans (auto)destruction.
BOITE NOIRE, Yann Goslan 2021, Pierre Niney, Andre Dussolier (policier)@@ (E)
Technicien au BEA, autorité responsable des enquêtes de sécurité dans l'aviation civile, Mathieu Vasseur est propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent ...

@

BOLGER Thomas Elley 2018(film e)@


Freja et Albert vivent sur une petite île danoise isolée. Du fait de leur grande différence d'âge, ils doivent cacher leur amour pour se protéger de la curiosité des habitants.
BOLGER Thomas Elley 2018(film e)@ (E)
Freja et Albert vivent sur une petite île danoise isolée. Du fait de leur grande différence d'âge, ils doivent cacher leur amour pour se protéger de la curiosité des habitants. ...

@

BON RETABLISSEMENT, Jean Becker 2014, Gerard Lanvin, Anne-Sophie Lapix, Daniel Guichard (societe)@@


Suite à un accident, Pierre, la soixantaine, se retrouve cloué au lit avec une jambe dans le plâtre. Misanthrope au caractère bien trempé rêvant de silence et de solitude, voilà que le monde s'invite à son chevet. Il assiste alors impuissant à la valse quotidienne des médecins, infirmières et personnel hospitalier, puis de ses proches dont son frère Hervé. Au fil de rencontres inattendues, drôles ou touchantes, Pierre reconsidère certains a priori et pose sur les autres un regard différent.

TELERAMA:
Immobilisé un bout de temps à l’hôpital, un type misanthrope et ronchon voit défiler un drôle de petit monde à son chevet… Un film de Jean Becker pour une fois sans jardin, sans pêche à la grenouille, sans petits coups de blanc sous la tonnelle et sans l’ombre d’une carte Vermeil est donc possible. Dans la chambre de Gérard Lanvin (impec en bougon qui s’ouvre aux autres), le réalisateur invite un flic, une ado de banlieue qui a un secret, une infirmière noire et un jeune prostitué (Swann Arlaud, remarquable). Plus contemporain, l’humanisme de Jean Becker en ­devient un peu moins pépère. On préfère.
BON RETABLISSEMENT, Jean Becker 2014, Gerard Lanvin, Anne-Sophie Lapix, Daniel Guichard (societe)@@ (E)
Suite à un accident, Pierre, la soixantaine, se retrouve cloué au lit avec une jambe dans le plâtre. Misanthrope au caractère bien trempé rêvant de silence et de solitude, voilà que le monde s' ...

@

BON VOYAGE, Jean-Paul Rappeneau 2003, Isabelle Adjani, Gerard Depardieu, Virginie Ledoyen (histoire)@@


Juin 1940. Frédéric rêve de devenir écrivain. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il s'évade bientôt de prison avec l'aide d'un petit voyou qu'il suit jusqu'à Bordeaux. Le jeune homme devra choisir entre une célèbre actrice et une étudiante passionnée, entre les politiques et les voyous, entre l'insouciance et l'âge adulte.

TELERAMA
Une journée de juin 1940 : le petit monde de la politique et des arts fuit Paris pour Bordeaux. Jean-Paul Rappeneau orchestre avec brio et élégance les chassés-croisés amoureux et aventureux de ses personnages.
Juin 1940. Pendant quelques jours, le Tout-Paris politico-affairisto-mondain se déverse en vrac à Bordeaux. Un grand dadais séduisant y débarque, sur les traces d’une actrice célèbre qu’il a aimée quand elle était inconnue (Isabelle Adjani). Il croise bientôt une jolie étudiante qui va faire dévier sa trajectoire. Plus un minis­tre opportuniste, un petit voyou en ­cavale et quelques autres spécimens d’humanité plus ou moins recommandables.

L’action passe, ici, par une arborescence d’aventures incessantes où chacun court après quelque chose ou quelqu’un. Pas de répit. Rappeneau bat et rebat les cartes de son jeu avec virtuosité. Le rythme, qui est tout pour ce cinéaste perfectionniste, crée l’urgence. C’est le charme de cette fresque en mouvement où, sur le ton de la comédie, des choses graves sont dites sur la débâcle des esprits.
BON VOYAGE, Jean-Paul Rappeneau 2003, Isabelle Adjani, Gerard Depardieu, Virginie Ledoyen (histoire)@@ (E)
Juin 1940. Frédéric rêve de devenir écrivain. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il s'évade bientôt de prison avec l'aide d'un petit voyou qu'il suit jusqu'à Bordeaux. Le jeune homm ...

@

BONJOUR, Yasujirô Ozu 1959, Keiji Sada, Yoshiko Kuga (societe)@@


Minoru et Isamu vivent avec leurs parents dans la banlieue de Tokyo. En rentrant de l'école, ils aiment à s'arrêter chez un voisin qui a la télévision pour regarder des matches de sumo. Leurs parents, mécontents, leur interdisent d'y retourner. Pour protester, Minoru et Isamu entament une grève de la parole, qui va provoquer par ricochet de nombreuses incompréhensions parmi les voisins.

TELERAMA
Dans un lotissement de la banlieue de Tokyo. Minoru et Isamu, deux frères, réclament à leur père, Keitaro, un téléviseur. Ils jalousent leurs voisins qui sont les seuls à posséder un poste dans le quartier. Leur père ne cède pas et pour mettre un terme à cette discussion, leur ordonne fermement de se taire. Prenant au mot l'injonction de Keitaro, les deux jeunes garçons décident de ne plus parler à quiconque. Ils ne répondent donc plus aux salutations de leurs voisines, qui ne manquent pas de se sentir offensées. Les médisances gagnent le quartier et jettent le trouble dans les relations entretenues par la famille de Keitaro avec le voisinage...
BONJOUR, Yasujirô Ozu 1959, Keiji Sada, Yoshiko Kuga (societe)@@ (E)
Minoru et Isamu vivent avec leurs parents dans la banlieue de Tokyo. En rentrant de l'école, ils aiment à s'arrêter chez un voisin qui a la télévision pour regarder des matches de sumo. Leurs parents, m&eac ...

@

BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@


Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son épouse, une aristocrate autoproclamée, dans plus d'un tiers de ses tableaux.

TELERAMA
Une femme autant éclairée que délaissée par son homme : Martin Provost, réalisateur de “Séraphine”, souligne la force de vie qui a fait naître la formidable peinture des Bonnard.

Un élan admiratif traverse ce film qui s’ouvre, en 1893, sur les premiers traits de crayon graciles qu’inspire au (1867-1947) une inconnue rencontrée dans la rue qui deviendra sa femme, Marthe Bonnard (1869-1942). De l’immobilité de la séance de pose, jaillit un mouvement qui rapproche les corps, les lance dans une course vers le plaisir, la joie, la beauté. Et les fait entrer dans la ronde de la vie d’artiste, à cette époque miraculeuse où, depuis Giverny, Claude Monet pouvait descendre la Seine en barque jusqu’à Vernon pour déjeuner sous les arbres, chez les Bonnard.

Dans de très belles lumières du chef-opérateur Guillaume Schiffman et avec un duo Cécile de France-Vincent Macaigne qui s’empare passionnément de ce couple célèbre, le réalisateur de (2008) recrée un enchantement amoureux et pictural. Au lieu de se plier à l’exercice d’une traditionnelle biographie filmée, il nous invite à entrer dans la force de vie qui a fait naître une des œuvres les plus impressionnantes de l’histoire de la peinture.

En cherchant cette vérité, c’est l’ombre que trouve Martin Provost. Le mystère d’un couple où la femme fut tout autant éclairée qu’éclipsée par un homme qui ne cessa jamais de l’aimer mais refusa de lui être fidèle, de lui donner un enfant et, pendant longtemps, de l’épouser. Aux côtés de Pierre Bonnard, Marthe ne trouva de place qu’en acceptant d’en changer sans cesse. Elle fut la muse, l’idole, l’amante délaissée, l’intendante préposée aux préoccupations pratiques, l’âme sœur aussi, lorsqu’elle osa peindre ses propres tableaux et s’affirmer sur le terrain du maître.
BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@ (E)
Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son & ...

@

BONNE MERE, Hafsia Herzi 2021, Halima Benhamed, Sabrina Benhamed (societe)@@


Nora, la cinquantaine, femme de ménage, veille sur sa famille dans une cité des quartiers nord de Marseille. Après une longue période de chômage, un soir de mauvaise inspiration, son fils aîné Ellyes s'est fourvoyé dans le braquage d'une station-service. Incarcéré depuis plusieurs mois, il attend son procès avec un mélange d'espoir et d'inquiétude. Nora fait tout pour lui rendre cette attente la moins insupportable possible.

TELERAMA
Deux ans après “Tu mérites un amour”, Hafsia Herzi repasse derrière la caméra avec ce film, balisé mais attachant, sur une mère courage marseillaise. Le regard est vif et tendre et le propos, généreux.
Ça va », « ça va aller »… Nora, femme de ménage ne ménageant pas sa peine, n’a que ces mots-là à la bou­che. Pas le choix : si elle tombe, qui va s’occuper des siens ? Le fils aîné, en prison, attend son procès pour braquage, la grande fille sans emploi a fait un bébé toute seule, sans compter l’ado romantique, encore au lycée… Au hit-parade des mères courageuses, l’héroïne de Bonne Mère – joli titre poly­sémique pour un film situé à Marseille – peut briguer la première place.

C’est à la fois la force et la faiblesse du deuxième long métrage de Hafsia Herzi, deux ans après ses débuts remarqués avec Tu mérites un amour. Sa force, parce qu’elle pose sur Nora un regard d’une tendresse absolue et communicative – la jeune réalisatrice, élevée par une maman solo, mijotait cet hommage depuis longtemps – et trouve le moyen de raconter son quotidien harassant sans le priver de lumière, d’humour, d’étincelles de vie. Et sa faiblesse, parce qu’on a l’impression d’avoir déjà vu, ailleurs, souvent, ce personnage de mater dolorosa sacrificielle, forcément digne et taiseuse.
BONNE MERE, Hafsia Herzi 2021, Halima Benhamed, Sabrina Benhamed (societe)@@ (E)
Nora, la cinquantaine, femme de ménage, veille sur sa famille dans une cité des quartiers nord de Marseille. Après une longue période de chômage, un soir de mauvaise inspiration, son fils aîné ...

@

BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@


Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique ne parle plus que de ces hors-la-loi inexpérimentés. Certains les admirent. D'autres sont horrifiés. Quoiqu'il en soit, poursuivis par la police, ils devront bientôt faire face à leur destin...

TELERAMA
Une jolie serveuse suit un mauvais garçon. La carrière du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante dans l’Amérique des années 1930. Un polar mythique d’Arthur Penn.

Une jeune serveuse suit un mauvais garçon pour l’exécution d’un hold-up minable. De fil en aiguille, c’est-à-dire de larcins en meurtres, rejoints par quelques amis, ils forment le gang Barrow, poursuivi par toutes les polices d’Amérique.

Le script avait été écrit pour François Truffaut. Arthur Penn en tira une œuvre légendaire qui mélange les genres avec un bonheur constant et s’appuie sur deux interprètes en passe de devenir des stars. La carrière fulgurante du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante et hétéro­gène, où Penn, sur des rythmes jazzy, reconstitue les États-Unis des années 1930 à coups de fausses actualités et d’intermèdes burlesques. Le crépitement des mitraillettes et les corps criblés de balles peuvent déranger : en son temps, le film fit polé­mique. Pourtant, il ne fait ­jamais l’apologie de la violence, évoquant sans fausse pudeur la place des armes à feu dans la société américaine.
BONNIE AND CLYDE, Arthur Penn 1967, Warren Beatty, Faye Dunaway (thriller)@@@ (E)
Etats-Unis, les années 1930. C'est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d'amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l'Amérique n ...

@

BONNIE AND CLYDE, Bruce Beresford 2013, Emile Hirsch, Holliday Grainger (thriller)(serie tv)@@


La vie de Bonnie & Clyde débute à leur rencontre et se termine à la mort de ceux-ci dans l'embuscade montée par l'ancien ranger Frank Hamer.

TELERAMA
ce Bonnie & Clyde ne fera pas d’ombre au film d’Arthur Penn avec Warren Beatty et Faye Dunaway. Emile Hirsch et la méconnue Holliday Grainger (qui a remplacé Miley Cyrus, sans doute pour le meilleur) s’en sortent pourtant très bien. Ils en font un peu trop dans le registre tragiquement héroïque, comme s’ils connaissaient depuis le début le destin qui leur sera réservé, mais ils jouent juste. Côté seconds rôles, Holly Hunter campe la mère de Bonnie en exagérant l’accent texan et William Hurt se glisse dans la peau de Frank Hamer – il apparaît à peine dans cette première partie de 90 minutes.

Bonnie & Clyde force ses élans romanesques, et insiste maladroitement sur la dimension poétique de la virée criminelle. Elle a en revanche le bon goût d’insuffler une pointe d’humour à son récit, en soulignant notamment l’amateurisme des deux tourtereaux, qui s’attaquent à des banques vides, dépression oblige. Sa réalisation profite avantageusement des paysages texans, mais s’égare régulièrement dans des « visions » vaguement prophétiques – Clyde rêve de ses futurs crimes – ou franchement sirupeuses – Bonnie se fantasme en danseuse et en comédienne à succès. Voix-off inutile de Clyde et ralentis intempestifs nuisent davantage encore à cette fiction pas désagréable, un peu longuette – 90 minutes auraient peut-être suffi – qui se laisse surtout regarder pour ses comédiens, en cette fin d’année pauvre en nouveautés.
BONNIE AND CLYDE, Bruce Beresford 2013, Emile Hirsch, Holliday Grainger (thriller)(serie tv)@@ (E)
La vie de Bonnie & Clyde débute à leur rencontre et se termine à la mort de ceux-ci dans l'embuscade montée par l'ancien ranger Frank Hamer.

TELERAMA
ce Bonnie & Clyde ne fera pas d’omb ...

@

BONS BAISERS DE GRECE, Felix Dunnemann 2008 (comedie sentimentale)@@


Vanessa est heureuse d'accepter la demande en mariage de Tim, mais décline sa proposition de voyage à Santorin, en Grèce, en raison de sa phobie de l'avion. Deux jours plus tard, Tim rompt leurs fiançailles sans explications. Vanessa surmonte sa peur et s'envole pour l'île grecque, où elle retrouve son compagnon en charmante compagnie. Pour le piéger, elle fait appel à Janis, qui se trouvait dans le même vol qu'elle.

TELERAMA
BONS BAISERS DE GRECE, Felix Dunnemann 2008 (comedie sentimentale)@@ (E)
Vanessa est heureuse d'accepter la demande en mariage de Tim, mais décline sa proposition de voyage à Santorin, en Grèce, en raison de sa phobie de l'avion. Deux jours plus tard, Tim rompt leurs fiançailles sans ...

@

BONS BAISERS DE RUSSIE, Ian Fleming 1957, Sean Connery in James Bond (aventure)@@


L'agent 007 lutte contre une organisation criminelle secrète connue sous le nom de SPECTRE. Les Russes Rosa Klebb et Kronsteen cherchent à s'emparer d'un appareil de décodage connu sous le nom de Lektor, en utilisant la ravissante Tatiana pour attirer Bond à leur secours.

TELERAMA:
C’est la deuxième aventure de James Bond à l’écran, et sans aucun doute l’une des plus réussies de la saga. Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Quelques années plus tôt, la Couronne britannique vient de nommer ses traîtres : Burgess, Philby, Maclean, espions à la solde de l’URSS. Et, en été 1963 — l’année même du film —, éclate l’affaire Profumo : on surprend un ministre anglais partageant une maîtresse avec un attaché naval soviétique ! Il faut bien un 007 pour remettre de l’ordre dans la pagaille de la guerre froide… Voilà pourquoi le film gagne sur tous les tableaux : il est spectaculaire à souhait, avec de l’action, des gadgets et des minettes (la blonde Daniela Bianchi et la brune Martine Beswick), mais l’intrigue gagne aussi en complexité, montrant sans détour le jeu des manipulations et des trahisons. Sean Connery, plus mûr, a en face de lui des méchants costauds. On connaît l’adage : meilleur est le méchant, meilleur est le film. Ici, Robert Shaw, en tueur oxygéné, et Lotte Lenya mettent l’Orient-Express sens dessus dessous…
BONS BAISERS DE RUSSIE, Ian Fleming 1957, Sean Connery in James Bond (aventure)@@ (E)
L'agent 007 lutte contre une organisation criminelle secrète connue sous le nom de SPECTRE. Les Russes Rosa Klebb et Kronsteen cherchent à s'emparer d'un appareil de décodage connu sous le nom de Lektor, en utilisant la ...

@

BOOMERANG, Francois Favrat, Melanie Laurent, Laurent Lafitte, Audrey Dana (dramme)@@


Presque 30 ans se sont écoulés depuis le décès de sa mère par noyade. C'est seulement à la suite de sa séparation qu'Antoine constate à quel point, malgré les années, cette perte l'a affligé.

TELERAMA
Morne adaptation d'un roman de Tatiana de Rosnay, où un quadra enquête sur la noyade de sa mère, trente ans auparavant. Ce portrait de famille en forme de polar enchaîne les flash-back faciles et les répétitions — le héros dit qu'on lui cache quelque chose, on lui répond qu'il est parano. Plus grave, la sous-utilisation de la topographie de Noirmoutier, île reliée à la terre par un passage submersible pourtant très métaphorique. — N.Di.
BOOMERANG, Francois Favrat, Melanie Laurent, Laurent Lafitte, Audrey Dana (dramme)@@ (E)
Presque 30 ans se sont écoulés depuis le décès de sa mère par noyade. C'est seulement à la suite de sa séparation qu'Antoine constate à quel point, malgré les années, cet ...

@

BOOMERANG, Reginald Hudlin 1992, Geoffrey Holder, Eddie Murphy


Marcus Graham est un séducteur à qui aucune femme ne semble résister. Aucune mise à part Jacqueline, son nouveau chef, et qui semble désespérément indifférente à ses charmes de Don Juan. Cependant, lorsque Marcus, en désespoir de cause, va se consoler auprès d'Angela, Jacqueline décide de le récupérer.

TELERAMA
Beau, jeune et séduisant, Marcus Graham n'a qu'un credo : tant qu'il n'aura pas trouvé l'âme soeur, il n'accordera pas plus d'une nuit à chacune de ses nombreuses conquêtes. Il poursuit ses recherches avec une constance qui lui attire l'admiration jalouse de ses deux amis, Gerard et Tyler, jusqu'au jour où une restructuration dans l'entreprise de cosmétiques new-yorkaise qui l'emploie le dote d'un nouveau chef : la bouleversante Jacqueline, dont la beauté lui coupe le souffle. Las ! Tous les efforts de Marcus sont vains : la belle reste de marbre. Marcus connaît alors les affres de la dépression. Un soir, pourtant, Jacqueline consent à ses avances, mais ne lui accorde qu'une seule nuit...
BOOMERANG, Reginald Hudlin 1992, Geoffrey Holder, Eddie Murphy (E)
Marcus Graham est un séducteur à qui aucune femme ne semble résister. Aucune mise à part Jacqueline, son nouveau chef, et qui semble désespérément indifférente à ses charmes de ...

@

BOPHA, Morgan Freeman 1993, Danny Glover, Malcolm McDowell (societe afrique du sud)


En 1980, l'Afrique du Sud vit sous le régime de l'Apartheid. Le sergent de police Micah Mangena a toujours été très respectueux de la loi et de l'ordre, fidèle à ses supérieurs blancs. Cependant son fils, comme la plupart des lycéens, aspire à de profonds changements. Micah est cependant persuadé que sa communauté restera à l'écart des troubles qui éclatent déjà dans les autres ghettos mais la révolte gronde.

TELERAMA
1980. L'Afrique du Sud vit sous le régime de l'Apartheid. Le sergent de police Micah Mangena a toujours été très respectueux de la loi et de l'ordre, fidèle à ses supérieurs blancs. Mais son fils, comme la plupart des lycéens, aspire à de profonds changements. Micah est cependant persuadé que sa communauté restera à l'écart des troubles qui éclatent déjà dans les autres ghettos. La révolte gronde. Les lycéens s'élèvent contre l'obligation de parler afrikaan à l'école et Rosie, l'épouse de Micah, est victime de l'ostracisme de ses voisins. Elle supplie Micah de démissionner de ses fonctions...
BOPHA, Morgan Freeman 1993, Danny Glover, Malcolm McDowell (societe afrique du sud) (E)
En 1980, l'Afrique du Sud vit sous le régime de l'Apartheid. Le sergent de police Micah Mangena a toujours été très respectueux de la loi et de l'ordre, fidèle à ses supérieurs blancs. Cepend ...

@

BORG McENROE, Janus Metz Pedersen 2017, Shia LaBeouf, Sverrir Gudnason, Stellan Skarsgård (sport)@@


Un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C'est l'histoire de 2 hommes qui ont changé la face du tennis et sont entrés dans la légende, mais aussi du prix qu'ils ont eu à payer.

TELERAMA
Finale de Wimbledon en 1980. La mise en scène des matchs de tennis est, hélas, le point faible de ce biopic solidement interprété.
Par le niveau exceptionnel des échanges et, surtout, par son intensité dramatique, la finale de Wimbledon en 1980 entre Björn Borg et John McEnroe est considérée comme l’un des plus beaux matchs de l’histoire du tennis. La rencontre mythique, censée être l’apothéose de ce biopic, est malheureusement mise en scène comme un combat de boxe, avec des effets clippesques de très mauvais goût.

Le film convainc davantage quand il sort du court, et s’immisce dans la vie familiale tourmentée des deux ­légendes. On découvre que Borg (très bien interprété par l’Islandais Sverrir Gudnason, sosie troublant du champion suédois) cachait sous son apparence glaciale un tempérament volcanique. Et si Shia LaBeouf ne ressemble pas du tout à McEnroe, il restitue parfaitement le côté chien fou du génial gaucher, aussi énervant qu’attachant.
BORG McENROE, Janus Metz Pedersen 2017, Shia LaBeouf, Sverrir Gudnason, Stellan Skarsgård (sport)@@ (E)
Un film sur une des plus grandes icônes du monde, Björn Borg, et son principal rival, le jeune et talentueux John McEnroe, ainsi que sur leur duel légendaire durant le tournoi de Wimbledon de 1980. C'est l'histoire de 2 ho ...

@

BORGEN, une femme au pouvoir, Adam Price 2010, Sidse Babett Knudsen, (serie tv)@@


Cheffe du Parti centriste au caractère bien trempé, Birgitte Nyborg devient contre toute attente Première ministre[9]. Mais une fois à la tête du gouvernement, une question ne tarde pas à tarauder Birgitte Nyborg : jusqu’où peut-on aller pour garder le pouvoir ? Au fil des épisodes, Birgitte réalise que concilier vie privée et vie professionnelle ainsi que ses idéaux et les sacrifices politiques nécessaires n'est pas chose aisée, surtout lorsque l'on est Première ministre.
Borgen (« le Château ») est le surnom que les Danois donnent au siège du Parlement et aux bureaux du Premier ministre, situés au château de Christiansborg à Copenhague.

BORGEN, une femme au pouvoir, Adam Price 2010, Sidse Babett Knudsen, (serie tv)@@ (E)
Cheffe du Parti centriste au caractère bien trempé, Birgitte Nyborg devient contre toute attente Première ministre[9]. Mais une fois à la tête du gouvernement, une question ne tarde pas à tarauder Bi ...

@

BORSALINO, Jacques Deray 1970, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon@@


Dans les années 1930, deux jeunes malfaiteurs se lient d'amitié et deviennent les rois de la pègre à Marseille.

TELERAMA:
Réunion des deux plus grandes stars de l’époque, Belmondo et Delon. Il s’agit surtout de ne vexer personne : une scène pour Delon, une scène pour Belmondo. Un gros plan pour Alain, un gros plan pour Jean-Paul. Malgré ce cahier des charges précis, Deray parvient à insuffler de la fantaisie dans ces aventures marseillaises de deux jeunes truands des années 1920-1930. (Delon y interprète un certain Roch Sif­fredi, qui inspirera son nom au roi du porno…) Le film fera un malheur, comme la musique entraînante de Claude Bolling.

BORSALINO, Jacques Deray 1970, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon@@ (E)
Dans les années 1930, deux jeunes malfaiteurs se lient d'amitié et deviennent les rois de la pègre à Marseille.

TELERAMA:
Réunion des deux plus grandes stars de l’époque, Belmondo ...

@

BOUGE, Jérôme Cornuau 1997, Ambre Boukebza, Ophélie Winter, Bernard Le Coq, Léa Drucker, Élisabeth Depardieu (musical)@@


Alice vient de découvrir que son père n'est autre qu'un grand ponte du show-biz à Paris. Elle décide illico de quitter sa province pour enfin rencontrer son géniteur. Producteur de musique, celui-ci recherche des danseuses pour un clip. Alice réussit à s'introduire sur le plateau du casting, mais elle essuie un refus après un essai jugé peu concluant, malgré les encouragements d'Ophélie Winter. De cours de danse en leçons de chant, Alice décide d'enregistrer un disque, bien que sa voix ne soit guère mélodieuse. Elle rencontre un garçon dans un squat, qui est danseur, mais aussi éboueur. Tous deux projettent de s'introduire sur le plateau télé de "Dance Machine", pendant un enregistrement, pour y retrouver Ophélie..

ALLOCINE
Des notes bien trop sévères pour ce très sympathique film de série B qui tourne autour de la production musicale et des Dance Machine. C'est un retour en plein dans les années 90, c'est frais, vivant. On ressent comme une atmosphère de liberté. L'histoire est centrée sur une jeune femme qui monte à Paris dans le but de rencontrer son père qu'elle n'a jamais connu, et qui est un grand nom de l'industrie musicale. Ophélie Winter fait ...
BOUGE, Jérôme Cornuau 1997, Ambre Boukebza, Ophélie Winter, Bernard Le Coq, Léa Drucker, Élisabeth Depardieu (musical)@@ (E)
Alice vient de découvrir que son père n'est autre qu'un grand ponte du show-biz à Paris. Elle décide illico de quitter sa province pour enfin rencontrer son géniteur. Producteur de musique, celui-ci recher ...

@

BOULEVARD DU RHUM, Robert Enrico 1971, Lino Ventura, Brigitte Bardot (comique)@


Pendant Prohibition, Cornelius van Zeelinga est un des plus gros trafiquants d'alcool de la côte Ouest américaine. Mais ce dernier est traqué par tous les gardes-côtes et policiers du continent, à tel point qu'il finit par fuir au Mexique. Sur place, sans argent ni cargaison à revendre, le truand essaye de se refaire mais son destin va être bouleversé par le tournage d'un film où joue la star Linda Larue.

TELERAMA
Un trafiquant d’alcool tombe amoureux d’une star du muet. Ça chante, ça roule des épaules et des hanches. Enrico filme la démarche chaloupée de Ventura et la blondeur sexy de Bardot.

1920, la prohibition. Cornelius, un marin dessalé, un rum runner, trafique de l'alcool de la Jamaïque pour la trop sobre Amérique. A la suite d'un assaut des garde-côtes, il se réfugie au Mexique et fait fortune en une nuit dans un « jeu de l'aveugle » - ou comment se faire canarder dans le noir par d'oisifs ivrognes pour un ­paquet de dollars. Quelques bagarres plus tard, il entre par hasard dans un cinéma, où, sur l'écran, Linda Larue bat des cils, à moitié nue. Le baroudeur des mers chavire pour la star du muet. Un jour, sur une plage, elle est là, ­devant lui, en chair et en os. Ils ne sont pas au bout de leurs aventures amoureuses, facétieuses et maritimes...

Un couple rêvé dans un hommage rocambolesque et exotique au cinéma muet, Robert Enrico a tout en main pour nous enivrer de plaisir. On enrage qu'il n'y parvienne que par intermittence. Car s'il nous abreuve de la virilité bouffonne de Lino et si BB et Guy Marchand jouent parfaitement leur partition, Enrico a beau faire, il n'est pas Philippe de Broca. C'est si difficile, la fantaisie au long cours...

La Prohibition a jeté les Etats-Unis dans un trafic effréné d'alcools de toutes qualités. Cornelius Van Zeelinga s'éveille, la bouche pâteuse, sur une plage jonchée de bouteilles de rhum. Les sirènes de la police titillent son oreille fatiguée. Tout à fait remis, Cornelius vole une voiture et s'enfuit au Mexique. Six mois plus tard, devenu riche grâce à d'obscurs trafics éthyliques, il revient à la Jamaïque à bord de la "Dame de coeur" et, par hasard, entre dans un cinéma où il découvre sur l'écran la star Linda Larue. Le sort en est jeté. Il aime Linda et, dès lors, hante toutes les salles obscures, à la recherche des images de son idole. La chance lui sourit lorsque la vraie Linda lui apparaît sur une plage...
BOULEVARD DU RHUM, Robert Enrico 1971, Lino Ventura, Brigitte Bardot (comique)@ (E)
Pendant Prohibition, Cornelius van Zeelinga est un des plus gros trafiquants d'alcool de la côte Ouest américaine. Mais ce dernier est traqué par tous les gardes-côtes et policiers du continent, à tel point ...

@

BOUTCHOU, Adrien Piquet-Gauthier 2019, Carole Bouquet, Gérard Darmon (societe comique)@


Paul et Virginie viennent d'avoir un petit garçon. Heureux de découvrir leur nouvelle vie de jeunes parents, ils n'imaginaient pas que leur Boutchou allait devenir l'enjeu d'une lutte sans merci entre les grands-parents.

TELERAMA
Provoquer l’empathie pour des personnages désagréables est décidément un art perdu dans la comédie française. Standardisation des gags jusqu’au ridicule.

Àpeine né, Boutchou est l’objet d’une lutte d’influences mesquine entre ses quatre grands-parents, pour remplir à nouveau leur nid, vide depuis longtemps. Les deux parents, quant à eux, comptent les points. Provoquer l’empathie pour des personnages désagréables est décidément un art perdu dans la comédie française. La faute à une standardisation des gags jusqu’au ridicule. Carole Bouquet oscille entre délicatesse et brutalité, et Gérard Darmon a l’œil qui frise, comme d’habitude. Quant à Boutchou, entre deux borborygmes, il paraît se demander : « Mais pourquoi ? »
BOUTCHOU, Adrien Piquet-Gauthier 2019, Carole Bouquet, Gérard Darmon (societe comique)@ (E)
Paul et Virginie viennent d'avoir un petit garçon. Heureux de découvrir leur nouvelle vie de jeunes parents, ils n'imaginaient pas que leur Boutchou allait devenir l'enjeu d'une lutte sans merci entre les grands-parents.
...

@

BOWLING, Marie-Castille Mention-Schaar 2012, Catherine Frot, Mathilde Seigner societe femmes)@


Carhaix, en plein coeur de la Bretagne. Trois amies : Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du bowling, vivent paisiblement. La ville est dotée d'un petit hôpital tranquille et d'une maternité. Un jour débarque Catherine, DRH, envoyée pour restructurer l'établissement, une opération qui devrait passer par la fermeture de la maternité, pas assez rentable. Au bowling, Catherine se lie avec ces trois amies.

TELERAMA
Quatre copines accros au bowling se battent pour sauver le service maternité d’un hôpital breton. Hélas ! la défense du service public se dilue dans la guimauve…

Chouette, c’est l’été : qui veut faire un bowling avec Mathilde Seigner, un petit strike en compagnie de Catherine Frot ou de Firmine Richard ? Pas vous ? Elles sont tellement sympas, pourtant, ces filles qui aiment les quilles. La preuve, entre deux compétitions, elles ont même le temps de se battre pour sauver leur lieu de travail, une maternité menacée de fermeture. C’est une vraie comédie à la gloire du service public. Dommage que ledit message politique se dilue dans la guimauve : le film se passe en Bretagne centre, région reconvertie pour l’occasion en capitale mondiale des bons sentiments.
BOWLING, Marie-Castille Mention-Schaar 2012, Catherine Frot, Mathilde Seigner societe femmes)@ (E)
Carhaix, en plein coeur de la Bretagne. Trois amies : Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du bowling, vivent paisiblement. La ville est dotée d'un petit hôpital tranquille et d'un ...

@

BOYHOOD, Richard Linklater 2014@@


Mason, six ans, vit dans la banlieue d'Austin avec sa mère, Olivia, et sa soeur aînée, Samantha. Son compagnon parti, Olivia décide de reprendre sa vie en main et de s'installer à Houston où habite sa mère afin de suivre des études. C'est alors que celui-ci réapparaît. Cependant, Olivia a tourné la page et craqué pour l'un de ses professeurs. Mason verra son père, dont il se sent très proche, un week-end sur deux. Les années passent.

TELERAMA:
Montrer le passage des années sur les visages : un défi sur lequel butent une majorité de biopics et de fresques romanesques, malgré les progrès du maquillage et des retouches numériques. Richard Linklater, lui, a mis en œuvre une solution simple, quoique chronophage. Elle consiste à filmer les mêmes acteurs pendant douze ans. Boyhood est le résultat de cette expérience, la saga d’une famille d’Américains, au Texas, depuis le début des années 2000.
C’est bien une fiction, avec un scénario et deux vedettes, Patricia Arquette et Ethan Hawke. Mais le principe d’incertitude qui a régi le tournage, d’une année à l’autre, a induit un thème majeur : comment les enfants grandissent-ils ? Le petit dernier a 6 ans au début, 18 ans au bout de deux heures quarante. La possibilité d’assister à une telle transformation relève du prodige.
Le cinéaste brode, pour le reste, sur les événements « ordinaires » qui jalonnent une jeunesse, déménagements, remariages des parents, entrée au lycée puis à l’université… Parfois, ce presque rien est encore trop : le désenchantement qui gagne les adultes paraît schématique, appuyé, martelé. Boyhood témoigne, en tout cas, d’une belle constance obsessionnelle chez son auteur. Il a bouclé, en deux décennies, une trilogie sur le même couple à des âges différents, de Before Sunrise à Before Midnight, avec Julie Delpy et Ethan Hawke. Le voilà officiellement grand laborantin du temps qui passe dans le cinéma américain —
BOYHOOD, Richard Linklater 2014@@ (E)
Mason, six ans, vit dans la banlieue d'Austin avec sa mère, Olivia, et sa soeur aînée, Samantha. Son compagnon parti, Olivia décide de reprendre sa vie en main et de s'installer à Houston où habite s ...

@

BRAQUAGE A L ANCIENNE, Zach Braff 2017, Morgan Freeman, Michael Caine (policier)@@


Se retrouvant sur la paille, trois retraités s'improvisent braqueurs. Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires, la retraite, c'est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l'action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l'impensable: braquer la banque qui a englouti toutes leurs économies.

TELERAMA:
Dans ce remake d'un film de 1979 avec Lee Strasberg, l'Amérique ressemble à l'Angleterre de Ken Loach : comme si Daniel Blake reprenait du poil de la bête en commettant un hold-up avec deux copains dans la même mouise que lui. Le grand âge apporte un décalage savoureux aux préparatifs des braqueurs néophytes et aux scènes d'action, dont une fuite en caddie de supermarché...
Le sel de cette comédie sociale vient aussi de ses dialogues qui stigmatisent une Amérique de plus en plus ingrate avec sa classe ouvrière. Une délicieuse association de malfaiteurs. — Guillemette Odicino
BRAQUAGE A L ANCIENNE, Zach Braff 2017, Morgan Freeman, Michael Caine (policier)@@ (E)
Se retrouvant sur la paille, trois retraités s'improvisent braqueurs. Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires, la retraite, c'est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, i ...

@

BRAQUAGE DE MAITRE, Anthony Nardolillo 2023, Cam Gigandet, Lisa Vidal, Jaina Lee Ortiz (thriller)@


Annabel, la chef d'une organisation secrète, est chargée de récupérer des œuvres d'art de grande valeur. Ces tableaux de Monet, Picasso, Degas et Van Gogh ont été dérobés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Ceux-ci sont en possession d'Otto Huizen, un oligarque milliardaire néo-nazi.

TELERAMA
“ Un petit film de braquage divertissant a défaut d’être marquant… ”
BRAQUAGE DE MAITRE, Anthony Nardolillo 2023, Cam Gigandet, Lisa Vidal, Jaina Lee Ortiz (thriller)@ (E)
Annabel, la chef d'une organisation secrète, est chargée de récupérer des œuvres d'art de grande valeur. Ces tableaux de Monet, Picasso, Degas et Van Gogh ont été dérobés par les ...

@

BRAVADOS, Henry King 1958, Gregory Peck, Joan Collins, Lee Van Cleef (western)@


Jim Douglas, un cow-boy, traque les quatre hommes qu'il estime responsables du meurtre de sa femme, six mois plus tôt. Il les retrouve en prison mais les quatre bandits s'échappent grâce à un complice et prennent en otage Emma, la fille d'un homme d'affaires. Jim repart en chasse. Mais est-il vraiment sûr d'être sur la piste du bon gibier ?

TELERAMA
Western inhabituel, à la photographie flamboyante et à l’intrigue âpre et surprenante. Gregory Peck est un héros en proie au doute, sombre et inquiétant.
Jim Douglas arrive à Rio Arriba pour assister à la pendaison de quatre truands qu’il soupçonne d’avoir violé et tué sa femme. Mais ceux-ci s’échappent en prenant en otage la fille d’un villageois, Emma. Jim part à leur poursuite, bien décidé à exécuter sa vengeance…

Sur un canevas a priori assez simple, Henry King a réalisé un film austère, aux préoccupations morales inattendues, et traversé de motifs visuels récurrents (les églises, notamment). L’intrigue ménage une surprise majeure qui bouleverse le sens de la quête du héros et surprend dans un cinéma américain prompt à justifier la violence. C’est un véritable appel à la tolérance, qui semble bien venir de Henry King, l’un des grands humanistes de Hollywood. Le cinéaste, selon Gregory Peck, modifia le script de Philip Yordan, scénariste surestimé, connu pour s’être attribué quantité de scénarios qu’il n’avait pas écrits. The Bravados devint ainsi un film original et courageux. Gregory Peck, qui avait déjà été pour King le héros de La Cible humaine, y trouve l’un de ces personnages qu’il affectionne, en proie au doute, marqué par la vie.
BRAVADOS, Henry King 1958, Gregory Peck, Joan Collins, Lee Van Cleef (western)@ (E)
Jim Douglas, un cow-boy, traque les quatre hommes qu'il estime responsables du meurtre de sa femme, six mois plus tôt. Il les retrouve en prison mais les quatre bandits s'échappent grâce à un complice et prennent e ...

@

BRAVEHEART, Mel Gibson 1995, Mel Gibson, Sophie Marceau (histoire saga)@


Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé par le roi d'Angleterre, Edward 1er. Leur ruse est cependant découverte et Murron est exécutée.

TELERAMA
L’indépendance écossaise s’est conquise dans le sang. C’est du moins la version de Mel Gibson, qui conte avec sa passion mégalo l’histoire du Robin des Bois grunge.

On peut parfaitement voir Braveheart comme une version « grunge » de Robin des Bois. Balayées, les scènes convenues du film de cape et d’épée : ici, on s’étripe au corps à corps. Ça cogne, ça saigne, ça mutile, ça écartèle sans vergogne. Pour son deuxième film comme réalisateur, Mel Gibson a-t-il concocté un Mad Max médiéval ? Pas vraiment. Au-tour de l’histoire vraie de William Wallace, héros de l’indépendance écossaise au XIIIᵉ siècle, il a imaginé une sorte de fresque épique où le romantisme se cogne sans cesse à une réalité guerrière particulièrement cruelle. Mais qui n’est jamais jugée (quelle atroce barbarie !) ni sublimée (comme c’est exotique !). C’est cette approche franche qui constitue la principale originalité du film de Mel Gibson.

Au départ, il n’a rien d’un va-t-en-guerre, ce William Wallace. Fils d’un modeste chevalier, il s’apprête à couler des jours heureux avec sa jeune femme, lorsque le destin frappe. Ou plutôt l’occupant anglais, qui tyrannise la population écossaise. L’épouse de Wallace est tuée de manière atroce. C’est le signal de la révolte. Soutenu par une bande de gueux, le preux William va commencer par des coups de main contre les soldats britanniques, puis constituer une véritable armée, avec laquelle, non content de repousser l’ennemi anglais hors d’Ecosse, il va ravager le nord de l’Angleterre, et menacer le trône du roi Edward 1ᵉʳ.

Nonchalance
Mel Gibson mise tout sur la dimension évidemment héroïque du personnage qu’il interprète. Et, dans le genre, il s’en sort plutôt bien : un héros comme ça, séduisant, intrépide et bon, on n’en fait plus... Bien entendu, la star Gibson est omniprésente, occupant seule l’écran un plan sur deux. Ce qui est légèrement excessif. Mais moins dérangeant, finalement, que l’espèce de nonchalance avec laquelle l’histoire est racontée. Autant les scènes de bataille sont tournées et montées avec une force et une virtuosité rares, autant l’action se traîne au fil de scènes inutilement explicatives et souvent redondantes. Sans parler des libertés que, selon certains historiens britanniques, Mel Gibson aurait prises avec la vérité historique...

La passion et l’énergie que Mel Gibson réussit à faire passer ici et là sont indiscutables. Il n’empêche que, faute d’avoir su ou voulu tailler dans la biographie foisonnante de ce personnage hors norme, le film, qui met du temps à démarrer, traîne en route, et n’en finit plus de finir.
BRAVEHEART, Mel Gibson 1995, Mel Gibson, Sophie Marceau (histoire saga)@ (E)
Au XIIIe siècle, le jeune William Wallace revient en Écosse après plusieurs années d'exil. Il épouse en secret sa bien-aimée Murron, pour éviter de se plier au droit de cuissage imposé ...

@

BREAKDOWN POINT DE RUPTURE, Jonathan Mostow 1997, Kurt Russel, J. T. Walsh, Kathleen Quinlan (thriller road movie)@@


Jeff et Amy ont décidé de changer de vie et de tout plaquer pour aller s'installer en Californie, mais leur voiture tombe en panne, en plein désert. Par chance, un camionneur propose d'amener Amy au restaurant le plus proche pour chercher du secours.

TELERAMA
Ne pas tomber en panne dans l’Amérique profonde. Et ne pas laisser un routier sympa emmener votre femme. Film malin où l’angoisse naît de la parano du héros.

Un désert, un camion monstrueux et une bagnole agonisante avaient suffi au jeune Spielberg pour faire Duel, un modèle du film d’angoisse. On y pense forcément en voyant Breakdown. On serait même prêt à parier que Jeff (Kurt Russell, impec), la victime, y pense aussi, au début, quand la situation n’est pas encore alarmante et se limite à une prise de bec bizarre avec un conducteur teigneux dans une station-service. Puis Jeff et sa femme, Amy (Kathleen Quinlan), tombent en panne dans une région désertique. Un routier tout ce qu’il y a de sympa emmène la belle dame au bar le plus proche, afin qu’elle appelle une dépanneuse. Et puis plus rien : Amy a disparu dans la nature…

Dans cette histoire de dingue, Jeff est d’abord impuissant. La montée de la parano est habilement menée. Jeff tourne en rond dans un vaste nulle part où les rares habitants, louches ou non, paraissent engourdis, indifférents. Une fois les crapules identifiées, Breakdown passe la quatrième en misant sur l’action et les courses-poursuites. Pris pour cible, Jeff improvise : descente d’un torrent, stock car, etc.

Dans ce western contemporain, les décors ont de la gueule et les protagonistes se coulent bien dedans. Américains moyens, les méchants sont ordinaires et inquiétants pour ça. Sans héros ni effets spéciaux dévorants, Breakdown fout les chocottes en jouant de manière efficace et honnête la carte du réalisme. Ce serait dommage de s’en priver.
BREAKDOWN POINT DE RUPTURE, Jonathan Mostow 1997, Kurt Russel, J. T. Walsh, Kathleen Quinlan (thriller road movie)@@ (E)
Jeff et Amy ont décidé de changer de vie et de tout plaquer pour aller s'installer en Californie, mais leur voiture tombe en panne, en plein désert. Par chance, un camionneur propose d'amener Amy au restaurant le plus p ...

@

BREAKING AND ENTERING (Par effraction), Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (thriller)@@


Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une bande du coin qui le cambriole à répétition. Excédé, Will finit par suivre l'un des jeunes voleurs jusque chez lui où le jeune homme, Miro, vit avec sa mère, Amira, une réfugiée bosniaque.

TELERAMA
Pour mettre fin aux vols dont son cabinet est victime, un architecte bobo (Jude Law) décide de mener lui-même l'enquête. Il suit l'un des voleurs et pénètre dans un monde insoupçonné, à quelques pâtés de maisons : celui d'une réfugiée bosniaque (Juliette Binoche), la mère du voleur, qui survit grâce à des travaux de couture...

Par effraction, denier long métrage d'Anthony Minghella, parle de la mixité urbaine, du télescopage entre deux univers qui se côtoient mais s'ignorent. Le jeune voleur est coupable, mais aussi victime : de l'histoire de son pays, de l'exclusion, de sa condition sociale qui lui interdit de devenir, lui aussi, architecte. Quant au héros, cette infortune lui ouvre des horizons. Anthony Minghella, l'auteur du Patient anglais, filme le déniaisage amoureux et social de son personnage avec ­subtilité. On regrette d'autant plus un ­dénouement un brin trop fleur bleue... — Juliette Bénabent
BREAKING AND ENTERING (Par effraction), Anthony Minghella 2007, Jude Law, Juliette Binoche (thriller)@@ (E)
Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une ba ...

@

BREAKING SURFACE, Joachim Hedén 2020, Moa Gammel, Madeleine Martin (catastrophe)@


Chaque hiver, deux demi-soeurs, l'une Suédoise et l'autre Norvégienne, font une plongée dans les eaux glacées, au nord de la Norvège. Cette fois, un éboulement rocheux se produit et piège Tuva au fond de l'océan, par 30 mètres de profondeur. Seules, sans espoir d'une aide extérieure, les deux soeurs vont devoir se faire confiance...

TELERAMA
BREAKING SURFACE, Joachim Hedén 2020, Moa Gammel, Madeleine Martin (catastrophe)@ (E)
Chaque hiver, deux demi-soeurs, l'une Suédoise et l'autre Norvégienne, font une plongée dans les eaux glacées, au nord de la Norvège. Cette fois, un éboulement rocheux se produit et piège Tuv ...

@

BREAKING THE WAVES, Lars Von Trier 1996, Emily Watson, Stellen Skarsgard


Au début des années 1970, une jeune fille naïve, Bess, qui vit dans une petite communauté sur la côte écossaise, tombe amoureuse de Jan, un homme mûr qui travaille sur une plate-forme pétrolière. Leur relation est passionnelle. Elle prie pour qu'il revienne, mais elle le retrouve paralysé après un accident de travail sur la plateforme, incapable de bouger et bien sûr d'avoir des relations sexuelles. Il ne veut pas qu'elle reste attachée à un homme paralysé, et souhaite qu'elle continue à vivre, à aimer, à être heureuse. Pour être sûr qu'elle puisse tomber amoureuse de quelqu'un d'autre, il lui demande de coucher avec d'autres hommes et de lui raconter les détails. Bess accepte et connaît des relations de plus en plus déviantes et dangereuses, constatant que la santé de Jan bénéficie de ses frasques et croyant agir selon la volonté de Dieu tout en se prostituant2.
Malgré l'hostilité de sa famille et le poids de la religion rigoriste de son village, elle tente de continuer à faire vivre cet amour, par procuration, aux limites de la perversité, jusqu'à un sacrifice ultime. Le carcan religieux qui l'entoure est inapte à la comprendre et à l'aider, et ajoute à l'humiliation qu'elle s'inflige. Jusqu'à sa propre mère qui la renie et la chasse de chez elle. L'anathème qu'elle subit dépasse même sa mort : son enterrement officiel par les hommes de l'église est placé sous le signe de la damnation. Lors de son immersion officieuse en mer, depuis la plateforme pétrolière, son mari qui a retrouvé l'usage de ses jambes et ses collègues entendent des cloches dans le ciel et le spectateur les voit. Elles célèbrent la catharsis de la victime sacrificielle et symbolisent l'arrivée de Bess au royaume des cieux

TELERAMA:
Breaking the waves décrit l'éveil d'une femme que le puritanisme a littéralement dépecée. Bess vit à fleur de peau. Les gestes de tous les jours deviennent tous sensuels, irrémédiablement liés à sa passion pour Jan. Emily Watson est inoubliable, avec ses regards par en dessous et ses fous rires intérieurs. En mouvement permanent, elle a toujours l'air de ressentir les choses pour la première fois. Est-ce cette renaissance perpétuelle qui rend le film si poignant, si vivace ?
BREAKING THE WAVES, Lars Von Trier 1996, Emily Watson, Stellen Skarsgard (E)
Au début des années 1970, une jeune fille naïve, Bess, qui vit dans une petite communauté sur la côte écossaise, tombe amoureuse de Jan, un homme mûr qui travaille sur une plate-forme pétr ...

@

BRIGADE DU FLEUVE, Bénédicte Delmas 2024, Thomas Jouannet, Roxane Turmel (policier)@


La BFG-37 est une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres. Outre ses missions habituelles de Police Judiciaire, cette brigade fluviale composée de plongeurs émérites est la seule de la région à pouvoir mener des enquêtes aussi bien sur la terre ferme que sur et sous l'eau. Alors qu'ils découvrent le corps d'une jeune archéologue dans le coffre d'une voiture qui a sombré dans la Loire, l'enquête va les amener au Château de Chambord.
BRIGADE DU FLEUVE, Bénédicte Delmas 2024, Thomas Jouannet, Roxane Turmel (policier)@ (E)
La BFG-37 est une brigade de gendarmerie pas tout à fait comme les autres. Outre ses missions habituelles de Police Judiciaire, cette brigade fluviale composée de plongeurs émérites est la seule de la régi ...

@

BRILANTISSIME, Michele Laroque 2018, Michele Laroque, Francoise Fabian, Gerard Darmon, Pascal Elbe


Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante adolescente. Pourtant, le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle.

TELERAMA
BRILANTISSIME, Michele Laroque 2018, Michele Laroque, Francoise Fabian, Gerard Darmon, Pascal Elbe (E)
Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante adolescente. Pourtant, le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitt ...

@

BROKEBACK MOUNTAIN Ang Lee 2006, Anne Hathaway


Au Wyoming, en 1963, Jack et Ennis sont engagés pour garder un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Leur complicité se transforme en une attirance irrésistible et inattendue. La transhumance terminée, ils se séparent et épousent leurs fiancées respectives. Mais 4 ans plus tard, un seul regard suffit à raviver leur amour.

TELERAMA:
Ang Lee n'emprunte au genre que ses paysages et ses costumes. Brokeback Mountain est avant tout un intense mélodrame, une histoire d'empêchement, comme Sur la route de Madison. Cette religion du souvenir qui gagne peu à peu les deux personnages est très émouvante. On les voit s'évader en pleine nature lors de rares moments partagés, une fois qu'ils sont définitivement englués dans leurs destins respectifs. On pourrait penser qu'il s'agit d'échapper aux regards d'autrui. Mais il apparaît que leurs escapades sont autant de pèlerinages. Sans jamais oser retourner à Brokeback Mountain, ils reconstituent tacitement, invariablement, les conditions de leur première fois. Comme s'il n'y avait qu'un instant d'éternité dans toute une vie et, ensuite, des décennies vouées au culte de cet instant.
BROKEBACK MOUNTAIN Ang Lee 2006, Anne Hathaway (E)
Au Wyoming, en 1963, Jack et Ennis sont engagés pour garder un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Leur complicité se transforme en une attirance irrésistible et inattendue. La transhumance terminée, ...

@

BRONX, Olivier Marchal 2020, Jean Reno, Gerard Lanvin


Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses sont deux rivaux en charge de l'enquête. La situation dégénère lorsqu'un témoin-clé est assassiné durant sa garde à vue. En pleine guerre des gangs, Vronski et ses hommes, pour sauver leur peau, seront obligés de faire des choix lourds de conséquences.

TELERAMA
Produit par la Gaumont mais privé de sortie en salles par la pandémie et lancé d’abord sur Netflix, ce polar est un frère jumeau de Bac Nord. Le réalisateur de 36, quai des Orfèvres y raconte la folie des règlements de comptes qui précipite, à Marseille, flics et voyous dans un même panier de crabes. Son cinéma plus à l’ancienne que celui de Cédric Jimenez peut paraître moins séduisant, ou moins tape-à-l’œil.
La cité phocéenne a enfanté des voyous sauvages et perverti les représentants de la loi. Dès le début de Bronx, les enjeux sont posés avec l’ascendant que le truand Paul Maranzano (Gérard Lanvin) prend sur le policier Richard Vronsky (Lannick Gautry), héros ambigu, capable de franchir la ligne jaune au nom de l’amitié qui le lie à quelques hommes de sa brigade. Ou de balancer le nom d’un informateur à des criminels en échange d’une info sur une grosse livraison de cocaïne…
Ancré dans une réalité nouvelle, une violence plus radicale, le film installe pourtant des repères classiques. Comme ce grand patron de la police qu’incarne Jean Reno ou ce personnage confié à Claudia Cardinale, une veuve noire qui règne sur un clan corse digne du Parrain. Cette savoureuse vision d’ensemble de la pègre est peu à peu balayée par la démesure des règlements de comptes marseillais, qui donnent lieu à des scènes saisissantes. Mission accomplie pour ce cinéma certes un peu macho mais solide et plein de seconds rôles très bien tenus.
BRONX, Olivier Marchal 2020, Jean Reno, Gerard Lanvin (E)
Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses sont deux rivaux en charge de l'enquê ...

@

BROOKLYN AFFAIRS, Bruce Willis 2019, Alec Baldwin(policier)@@


Lionel Essrog, détective privé solitaire vivant avec le syndrome de Tourette, tente de résoudre le meurtre de son mentor et unique ami, Frank Minna. Armé de quelques indices et de son esprit obsessionnel, Lionel dévoile des secrets bien gardés.

TELERAMA:
Un parfum rétro traverse cette enquête dans New York, pas du tout formatée comme un divertissement d’aujourd’hui. La générosité guide le récit feuilletonesque, comme la direction d’acteurs, fraternelle et complice. Une envie de liberté s’exprime, jusque dans un club de jazz où les trompettistes improvisent. Un rire, une émotion, un frisson : l’important est de jouer sur toutes les notes du cinéma. Un homme-orchestre est aux commandes et son plaisir est ­communicatif.
BROOKLYN AFFAIRS, Bruce Willis 2019, Alec Baldwin(policier)@@ (E)
Lionel Essrog, détective privé solitaire vivant avec le syndrome de Tourette, tente de résoudre le meurtre de son mentor et unique ami, Frank Minna. Armé de quelques indices et de son esprit obsessionnel, Lionel ...

@

RUCE TOUT PUISSANT, Tom Shadyac 2003, Jim Carrey, Morga Freeman


Bruce Nolan est présentateur d'une célèbre chaine de télé. Il mène une belle vie, tout le monde l'aime et il a une charmante femme à ses cotés. Mais Bruce n'est jamais content et ne réalise pas sa chance. Un jour où il remet sa vie en question. Le ciel l'entend et décide de lui faire don des ses pouvoirs pendant une semaine en le mettant au défi de mieux faire.

TELERAMA:
Avec la gestuelle corporelle et faciale qui fait son génie comique, Jim Carrey tient cette première heure, dans un registre déjà expérimenté dans The Mask : la révolte du souffre-douleur. C’est drôle jusqu’au moment où Bruce se retrouve face aux conséquences de sa conduite. Le monde est dans une pagaille noire. Bruce va donc réparer, devenir un brave type. S’ensuit, hélas, une dernière demi-heure calamiteuse de niaiserie sirupeuse.
RUCE TOUT PUISSANT, Tom Shadyac 2003, Jim Carrey, Morga Freeman (E)
Bruce Nolan est présentateur d'une célèbre chaine de télé. Il mène une belle vie, tout le monde l'aime et il a une charmante femme à ses cotés. Mais Bruce n'est jamais content et ne r& ...

@

BUDAPEST, Xavier Gens 2018, Manu Payet, Jonathan Cohen


Vincent et Arnaud, deux amis qui s'ennuient dans leur travail, décident de tout plaquer pour créer Crazy Trips : une agence qui organise des enterrements de vie de garçon à Budapest. Sur place, ils sont guidés par Georgio, un expatrié français qui leur dévoile tous les secrets de la ville. Les activités insolites proposées par Crazy Trips attirent rapidement la clientèle, mais la situation dégénère et les deux amis perdent vite le contrôle.
BUDAPEST, Xavier Gens 2018, Manu Payet, Jonathan Cohen (E)
Vincent et Arnaud, deux amis qui s'ennuient dans leur travail, décident de tout plaquer pour créer Crazy Trips : une agence qui organise des enterrements de vie de garçon à Budapest. Sur place, ils sont guid&eacu ...

@

BUENA VISTA SOCIAL CLUB Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo


Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder

TELERAMA:
Ce documentaire est d'abord la chronique d'une renaissance : certains de ces musiciens ne jouaient ou ne chantaient plus depuis des années. Le pianiste Rubén González n'avait plus de piano, Eliades Ochoa alignait les disques incognito, Ibrahim Ferrer cirait des chaussures. Sur la scène du Carré, à Amsterdam, on les sent frétiller d'une excitation juvénile. Entre concert, studio et intérieurs havanais, le film s'éclaire par petites touches. Sa force ne tient pas tant à la mise en scène. Elle n'est pas non plus dans les histoires des membres du groupe. Non, ce charme est affaire d'ambiance, de bonnes vibrations. Ici, on aime la musique, on la saisit avec ferveur, on la partage.

BUENA VISTA SOCIAL CLUB Wim Wenders 1999, Compay Segundo, Omara Portuondo (E)
Buena Vista Social Club est un groupe formé en 1996 pour faire revivre la musique cubaine pré-révolution. Le projet a été imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste ...

@

BUFFALO BILL ET LES INDIENS, Robert Altman 1976, Paul Newman, Joel Grey. Synopsis (western)@@


Les Etats-Unis, en 1885. Buffalo Bill monte et anime son spectacle, le plus grand show de l'Ouest sauvage. Pourtant, en dehors de son spectacle, Buffalo n'est qu'un piètre cavalier et un mauvais tireur. Mais pour donner au show encore plus d'attrait, il décide d'engager le légendaire chef indien Sitting Bull...

TELERAMA
L’ex-tueur de bisons Buffalo Bill a quitté les prairies. En 1886, il caracole sur la piste d’un cirque géant. Satiriste hors-pair, Altman dénonce la façon dont l’Amérique forge ses mythes.

Tout est show en Amérique. Tout est business. Entre la vérité et la légende, John Ford choisissait de privilégier la légende, et Robert Altman s’en amuse et s’y oppose. Le Buffalo Bill qu’il montre, lui, n’est qu’un directeur de revue grotesque, un patron capitaliste ridicule, un homme vieillissant qui porte perruque, s’alcoolise et folâtre avec des Bianca Castafiore minaudières. En cette année 1885, alors que le show de l’ex-William F. Cody (le vrai nom de Buffalo Bill) prétend en toute simplicité « codyfier » le monde, B.B. a l’idée fumante d’inviter, comme guest star du spectacle, le grand chef indien Sitting Bull, qui cherche obstinément à rencontrer le président des États-Unis…

Comme à son habitude, Altman multiplie les personnages, les faits et les insolences. Les répliques assassines, aussi, qui vont du pur cynisme au pur vaudeville. C’est que tout est farce dans ce film superbe sur les apparences : la tireuse la plus rapide de l’Ouest (qui a un bras dans le plâtre !) commet une boulette sanglante, le président des États-Unis en visite s’emberlificote dans des sophismes qui n’émerveillent que les imbéciles. Un seul moment, le cinéaste prête à son héros une sorte de grandeur, fût-elle dérisoire : la nuit, en chemise, Buffalo Bill soliloque devant le fantôme de Sitting Bull, puis devant son propre portrait : « Si cet homme est un faux, pourquoi l’avoir fait roi ? » murmure-t-il. Altman contemple avec une saine férocité la société du spectacle. Ceux qui la créent et ceux qui y croient.

En 1886, aux Etats-Unis. L'aventurier et tueur de bisons William Cody, dit Buffalo Bill, a quitté les vastes prairies. Il caracole sur la piste d'un cirque géant, "Le Plus Grand Show de l'Ouest sauvage", tel un héros de la conquête de l'Ouest, devant des spectateurs ébahis. Hors de la scène, le personnage se révèle n'être qu'un cabotin vain et un alcoolique capricieux, mauvais tireur et piètre cavalier. Pour pimenter le spectacle, Buffalo Bill imagine d'engager le légendaire chef indien Sitting Bull. Le spectacle continue, mais Sitting Bull se montre bien meilleur que Buffalo Bill dans tous les domaines et ne tarde pas à ridiculiser son employeur...
BUFFALO BILL ET LES INDIENS, Robert Altman 1976, Paul Newman, Joel Grey. Synopsis (western)@@ (E)
Les Etats-Unis, en 1885. Buffalo Bill monte et anime son spectacle, le plus grand show de l'Ouest sauvage. Pourtant, en dehors de son spectacle, Buffalo n'est qu'un piètre cavalier et un mauvais tireur. Mais pour donner au show encor ...

@

BUFFET FROID, Bertrand Blier, Gerard Depardieu, Jean Carmet, Bernard Blier (drame societe)@@


Dans une station de métro déserte, Alphonse Tram, chômeur, retrouve son couteau planté dans le ventre d'un inconnu avec lequel il venait de lier une brève conversation. Légèrement indifférent, il récupère son bien et regagne la tour dont il est, avec son épouse, le seul occupant. Il découvre coup sur coup qu'il a un nouveau voisin, un inspecteur de police désinvolte, et que sa femme vient d'être assassinée et abandonnée dans un terrain vague. Il trouve cependant le meurtrier fort sympathique. Après une série d'homicides, l'insolite trio part à la campagne pour se reposer. Un maître chanteur leur demande alors d'éliminer un homme qui le gêne particulièrement...


TELERAMA
Un fantomatique éventreur qui se ronge les sangs dans une tour déserte d’une banlieue perdue. Un flic hyène abonné aux bavures qui cherche le repos en cultivant une misanthropie cynique. Un étrangleur écolo qui s’enroule autour du cou des femmes pour jouir de leur dernier soupir. Expert en fables cruelles, Bertrand Blier passe ici du sinistre au sinoque. Entre Jarry et Ionesco, il signe le Drôle de drame des années 1970 : frasques cocasses d’anges exterminateurs, macabres loufoqueries d’ignobles égoïstes qui traînent leurs sales pantoufles dans une ville-morgue. Son constat (glacial) : les assassins sont seuls au monde. Condamnés au crime par une société déshumanisée où le langage ne veut plus rien dire et où le cœur refuse obstinément de s’exprimer. Sans parler du chagrin, toujours muet. De la pitié, têtue comme un bâillon. Des sentiments, épinglés dans les musées. Ce théâtre de l’absurde inspire au cinéaste un rire noir et un dialogue truffé de formules subversives et de situations ­insensées. Le style Blier fait mouche.

BUFFET FROID, Bertrand Blier, Gerard Depardieu, Jean Carmet, Bernard Blier (drame societe)@@ (E)
Dans une station de métro déserte, Alphonse Tram, chômeur, retrouve son couteau planté dans le ventre d'un inconnu avec lequel il venait de lier une brève conversation. Légèrement indiff&eacut ...

@

BULLIT, Peter Yates 1968, Steve McQueen, Jaqueline Bisset@@


Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé, puis achevé sur son lit d'hôpital. Bullitt s'aperçoit alors que la victime n'était pas le vrai Ross...

TELERAMA:
Visionnaire, Peter Yates montrait, vingt-cinq ans avant Tarantino, qu'une décharge de fusil fait des dégâts dans un abdomen. Il signe un polar solide et spectaculaire, un brin impersonnel, dont la patine, la musique de Lalo Schifrin et le charme du duo McQueen-Bisset ont fait un classique.
BULLIT, Peter Yates 1968, Steve McQueen, Jaqueline Bisset@@ (E)
Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgr&e ...

@

BURIED, Rodrigo Cortés 2010, Ryan Reynolds, Erik Palladino (horreur)@@


Paul Convoy, chauffeur routier en Irak, est victime d'une bande d'insurgés. Quelques heures plus tard, Paul se réveille dans un cercueil, avec un briquet, un cellulaire et son anxiété grandissante.

TELERAMA
En mission en Irak, un entrepreneur américain se réveille enfermé dans un cercueil. Il dispose de 90 minutes d’oxygène, d’un couteau, d’une bougie et d’un téléphone portable... Action !

Un film entier six pieds sous terre ? Un cercueil, un téléphone portable, un briquet et un malheureux enterré vivant suffisent à l'Espagnol Rodrigo Cortés pour réussir un suspense efficace et ultra malin, développant ce qu'avait esquissé Tarantino dans une séquence célèbre de Kill Bill 2 : le sentiment de claustrophobie transmis au spectateur par le biais d'un écran presque noir...

Kidnappé et mis en terre par des rebelles irakiens, un chauffeur routier américain, civil embringué dans le bourbier local, n'a désormais comme contact avec l'extérieur qu'un portable à la batterie défaillante. L'armée américaine interviendra-t-elle à temps ? Notre héros aura-t-il, d'ici là, assez de cran ou d'oxygène pour tenir le coup ? On craint que le cinéaste ne puisse tenir son huis clos mais, péripétie après péripétie — un serpent qui s'invite, par exemple, dans l'espace confiné —, on ne quitte pas les trois mètres carrés en sous-sol, sans pour autant que l'intérêt faiblisse. — Aurélien Ferenczi
BURIED, Rodrigo Cortés 2010, Ryan Reynolds, Erik Palladino (horreur)@@ (E)
Paul Convoy, chauffeur routier en Irak, est victime d'une bande d'insurgés. Quelques heures plus tard, Paul se réveille dans un cercueil, avec un briquet, un cellulaire et son anxiété grandissante.

TELER ...

@

BURN AFTER READING, freres Cohen 2008, George Clooney, Brad Pitt


Osborne Cox, analyste à la CIA, est convoqué dans le bureau de son supérieur, au siège de l'Agence, en Virginie, où il apprend son renvoi en raison de son penchant pour la bouteille. Cox rentre chez lui, à Georgetown, et annonce la nouvelle à sa femme. Il décide alors d'écrire ses mémoires pour se venger de ses anciens employeurs, mais perd un CD de sauvegardes compromettant dans un club de gym. Deux salariés s'en emparent.
BURN AFTER READING, freres Cohen 2008, George Clooney, Brad Pitt (E)
Osborne Cox, analyste à la CIA, est convoqué dans le bureau de son supérieur, au siège de l'Agence, en Virginie, où il apprend son renvoi en raison de son penchant pour la bouteille. Cox rentre chez lui, & ...

@

BURNING DAYS, Emin Alper 2022 (thriller turquie)@@


Emre, un jeune procureur intègre, est nommé dans la bourgade reculée de Yaniklar, en Turquie. Si l'accueil qu'il reçoit est plutôt sympathique, les choses ne se passent pas comme il l'espérait. Il doit faire face non seulement à une crise de l'eau mais aussi à différents scandales impliquant des notables...

TELERAMA
Dans une petite ville reculée d’Anatolie, un procureur croise le fer avec les traditions. Corruption, ambiguïté, chasse à l’homme : un sommet de tension signé Emin Alper.

Monsieur le procureur est jeune et scrupuleux dans son costume impeccable. Fraîchement arrivé de la capitale dans cette bourgade rurale et surchauffée de l’Anatolie, il s’inquiète d’être sans cesse invité à dîner par le maire, alors que s’annoncent de nouvelles élections. Partout, des gouffres : la terre, complètement asséchée, s’écroule et le manque d’eau attise la colère de la population. Le « divertissement » habituel des hommes ? Lourdement armés, au volant de pick-up, ils chassent le sanglier, y compris dans les rues de la ville, où le cadavre traîné de la bête laisse une grande trace de sang qui excite les plus jeunes. Le procureur convoque deux des chasseurs pour leur rappeler qu’on ne tire pas dans la ville, et comprend qu’on ne dérange pas ainsi les traditions locales. Le soir même, lors d’une scène magistrale de lenteur trouble, il se retrouve à table avec eux et subit, transpirant, leur hospitalité trop insistante, comme tombé dans un piège…

Plusieurs années après son western hypnotique, Derrière la colline, Emin Alper frappe encore plus fort avec ce thriller politique en plusieurs chapitres, dont la tension saisit dès la première image pour ne plus jamais retomber, portée par une musique digne de Bernard Herrmann. Avec cette histoire d’eau sale, c’est un peu comme si Nuri Bilge Ceylan avait mis au goût du jour, en Turquie profonde, le Chinatown de Roman Polanski…

Un reflet affolant
Sangliers sanguinolents, maisons qui nécessitent de la mort-aux-rats « dans tous les coins », et étendue désertique autour d’un lac marécageux : l’atmosphère est gluante de dangers, et chaque conversation, lourde de sous-entendus. Dans de somptueux plans larges qui lui donnent les contours d’un shérif solitaire, le jeune procureur, devenu juge et partie contre son gré (et après avoir bu beaucoup de raki) trouve un adjoint suave et énigmatique, en la personne du journaliste opposé à l’édile en place. S’installe entre eux une ambiguïté qui sera un autre péché pour la communauté, où règnent violence sexuelle et homophobie. Avec cette bourgade (fictive), le réalisateur offre un reflet affolant d’une Turquie rétrograde et rongée par la corruption. Le ministère de la Culture turc a d’ailleurs demandé le remboursement des aides accordées au film, succès en son pays. La fin, en forme de Fort Alamo puis de chasse à l’homme quasi fantastique, est ce que l’on peut voir de plus impressionnant, ces temps-ci, sur le lynchage populaire.
BURNING DAYS, Emin Alper 2022 (thriller turquie)@@ (E)
Emre, un jeune procureur intègre, est nommé dans la bourgade reculée de Yaniklar, en Turquie. Si l'accueil qu'il reçoit est plutôt sympathique, les choses ne se passent pas comme il l'espérait. Il do ...

@

BUSTER, David Green 1988, Phil Collins, Julie Walters, Larry Lamb, Sheila Hancock


Londres, 1963. Buster Edwards est un malfrat sympathique qui vit de petits cambriolages, subvenant tant bien que mal aux besoins de son épouse, June, qui souffre d'une maladie. Un jour, un membre de sa bande réunit une équipe pour préparer le coup le plus ambitieux de leur carrière : l'attaque d'un train postal rempli de sacs de billets. Le braquage est un succès : ils arrivent à mettre la main sur plus de 3 millions de livres qu'ils se partagent. Cependant les problèmes ne font que commencer.

TELERAMA
Le 8 août 1963, Buster Edwards, un petit truand, et son complice, Bruce Reynolds, réussissent le coup du siècle : l'attaque du train postal de Glasgow. Ils s'enfuient au Mexique avec les 2,6 millions de livres que leur a rapportés le hold-up. Leurs épouses June et Franny les rejoignent quelque temps plus tard. Bientôt Bruce et Franny mènent à Mexico la vie mondaine et fastueuse dont ils ont toujours rêvé, tandis que June et Buster s'ennuient. Au bout de quelques mois, June rentre en Grande-Bretagne. Bien qu'ayant la police à ses trousses, Buster décide de la suivre...
BUSTER, David Green 1988, Phil Collins, Julie Walters, Larry Lamb, Sheila Hancock (E)
Londres, 1963. Buster Edwards est un malfrat sympathique qui vit de petits cambriolages, subvenant tant bien que mal aux besoins de son épouse, June, qui souffre d'une maladie. Un jour, un membre de sa bande réunit une é ...

@

BUTCH CASSIDY ET LE KID, George Roy Hill 1969, Paul Newman, Robert Rdford (western)@@


Personne au monde n'est plus rapide que Butch Cassidy pour échafauder des plans qui lui feront gagner de nombreux dollars. Quant à son acolyte, Sundance Kid, c'est un tireur hors pair.

TELERAMA
Newman et Redford apportent leur joyeuse contribution aux mythes fondateurs américains, sans scrupules historiques.

Butch Cassidy et Sundance Kid sont associés : braquages en tous genres. Pour le frisson autant que pour l’argent. Malfrats malicieux, ils sillonnent l’Amérique des années 1900 et multiplient les pieds de nez aux autorités, accompagnés par Etta, la belle amie du Kid.

Dominée par le charme désinvolte du couple Newman-Redford, cette pétillante hagiographie ne s’embarrasse pas de scrupules historiques. Mais peu importe que le vrai Butch Cassidy et son acolyte aient été de douteux personnages. Le film apporte sa joyeuse contribution aux mythes fondateurs américains, y insuffle la légèreté de la comédie, le rythme trépidant des films d’action.

Un romantisme solaire éclaire le récit, y compris à l’heure tragique de sa conclusion. Et puis la savoureuse autodérision de ce western tardif lui donne, en prime, un petit goût de spaghetti.

BUTCH CASSIDY ET LE KID, George Roy Hill 1969, Paul Newman, Robert Rdford (western)@@ (E)
Personne au monde n'est plus rapide que Butch Cassidy pour échafauder des plans qui lui feront gagner de nombreux dollars. Quant à son acolyte, Sundance Kid, c'est un tireur hors pair.

TELERAMA
Newman et Redford a ...

@

C EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS, Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde 1992


En Belgique, Ben gagne son pain de manière peu orthodoxe : il assassine posément de petites gens. Il est modeste. S'en prendre aux grandes fortunes attirerait l'attention sur lui et créerait quelques malheureux scandales. Ce sont ces sages principes qu'il développe devant une équipe de tournage attachée à ses pas. Ses parents et amis viennent aussi dire leur mot. Las, l'argent vient à manquer. Compréhensif, Ben propose de financer la suite du reportage grâce à sa petite industrie florissante.

TELERAMA
Souvenez-vous : les bons conseils criminels de l'oncle Ben à l'équipe de reportage qui filme ses meurtres et ses viols avant d'y participer activement ; le barème du « lestage des cadavres » en fonction de l'âge des victimes ; et la recette, devenue un must des soirées entre carabins, du cocktail « petit Grégory » (une olive ficelée à un morceau de sucre et plongée dans une « rivière » de gin-tonic)...

Dix-huit ans après la pré­sentation polémique de C'est arrivé près de chez vous à Cannes, l'humour pas bête et très méchant du trio Belvaux-Bonzel-Poelvoorde a gardé toute sa puissance satirique. La dérive de la télévision vers toujours plus de trash aurait même tendance à rendre le film plus proche de la réalité aujourd'hui...

On redécouvre au passage un Benoît Poelvoorde au jeu déjà très complexe, irrésistible d'abattage grotesque dans ses monologues et troublant par sa violence froide dans les scènes d'action.

Le film s'abîme malheureusement dans un dernier quart d'heure inutilement dramatique : comme si les auteurs, effrayés par leur propre audace, s'étaient sentis obligés de retourner dans le droit chemin en « punissant » le tueur et ses complices. Avec cet épilogue, le feu d'artifice subversif vire au pétard mouillé...
C EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS, Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde 1992 (E)
En Belgique, Ben gagne son pain de manière peu orthodoxe : il assassine posément de petites gens. Il est modeste. S'en prendre aux grandes fortunes attirerait l'attention sur lui et créerait quelques malheureux scandale ...

@

C EST MAGNIFIQUE, Clovis Cornillac 2021, Clovis Cornillac, Alice Pol (societe)


Pierre Feuillebois a la quarantaine. Ce passionné d'abeilles et hibiscus a toujours vécu coupé du monde, protégé par ses parents. Après le décès de ces derniers, il se rend compte que ce n'étaient pas ses parents biologiques et qu'il n'existe pas au regard de la loi. En quête de réponse sur ses origines, il rencontre la belle Anna Lorenzi, qui est tout de suite séduite. C'est alors que Pierre commence à perdre ses couleurs et devient successivement jaunâtre, noir et blanc, et invisible.

TELERAMA
Elevé par des parents aimants loin des regards indiscrets, dans une maison isolée en pleine campagne, Pierre doit apprendre à vivre sans eux lors de leur soudaine disparition. Mais pire encore, ce quadragénaire apprend à cet instant qu'il a été adopté et qu'il ne possède aucune existence légale. Pour cet être quelque peu naïf et peu au fait des codes de la vie en société, un parcours du combattant aux airs de David contre Goliath commence. Heureusement, un coup de pouce du destin l'envoie vers Anna, une jeune femme en quête d'un logement et qui semble la personne adéquate pour l'aider à retrouver ses parents biologiques...
C EST MAGNIFIQUE, Clovis Cornillac 2021, Clovis Cornillac, Alice Pol (societe) (E)
Pierre Feuillebois a la quarantaine. Ce passionné d'abeilles et hibiscus a toujours vécu coupé du monde, protégé par ses parents. Après le décès de ces derniers, il se rend compte que ...

@

C EST PAS MOI, Leos Carax 2024 (bio)@


Pour une exposition qui n'a finalement pas eu lieu, le musée Pompidou avait demandé au cinéaste de répondre en images à la question : "Où en êtes-vous, Leos Carax ?". Il tente une réponse, pleine d'interrogations. Sur lui, "son" monde.

TELERAMA
Des extraits de films, des chansons, de vieilles photos... L’enfant terrible du cinéma français signe un court autoportrait, où plane l’ombre de Godard.

Ça ne va pas fort, Leos. On le voit à plat ventre sur son lit, tout habillé, son petit chapeau vissé sur la tête, son fidèle chien à ses côtés. Carax a zébré le plan de couleurs irisées, ça fait plus gai. Pour le reste, l’ambiance est funèbre. Dans le cadre d’une exposition finalement annulée, le Centre Pompidou avait demandé au réalisateur de répondre en images à la question : où en êtes-vous, Leos Carax ? L’ex-enfant terrible du cinéma français ne répond pas « nulle part », mais c’est tout comme. Lui, l’ermite plutôt secret fuyant les médias, voilà qu’il vide son sac. Ou fait semblant : il reste caché, on le voit peu. Mais sa voix caverneuse et pincée nous parvient. Comme d’outre-tombe.

L’auteur d’Annette tente de faire le point sur lui-même, sur son travail, sur l’époque. Il se décrit un peu, en faisant un curieux parallèle avec Roman Polanski – petit de taille et juif comme lui. Il remonte à son enfance, à son histoire familiale. Il a sorti de vieilles photos en noir et blanc, évoque ses parents, s’attarde sur son père. Le film est un autoportrait mais où l’intime croise la grande Histoire, l’ombre du mal, les dictateurs, ceux d’hier et d’aujourd’hui – Bachar el-Assad, Poutine, Netanyahou. Denis Lavant, double et diable, ressurgit ici et là, en « Merde », ce faune à barbiche rouge serpentine, costume vert et ongles crochus, apparu dans Tokyo ! (2008). Leos Carax cite Tintin et mille autres choses, dans un grand magma harmonieux, sans craindre l’autopromotion – des extraits de tous ses films sont montrés. Il fait entendre Barbara, Nina Simone, David Bowie. Il salue Léo Ferré. Et Godard. Lequel plane un peu partout. Entre Histoire(s) du cinéma du visionnaire helvète et C’est pas moi, le parallèle est évident. Même goût de l’emprunt à tout va. Même art foudroyant du montage et du démontage, de la rupture et du collage.

Une telle ressemblance pourrait devenir fâcheuse. Mais Carax assume d’être un disciple, comme il assume de n’avoir jamais filmé que du « déjà-vu ». De là ce sentiment d’imposture, qu’il a toujours éprouvé. Pour se racheter, il lui reste la vérité de ce qu’il a vampirisé et aimé, à travers les autres, les films, les proches, tout ce qui lui a permis de ne pas sombrer. L’autoportrait vaut ainsi, surtout, comme un exercice d’admiration. Sur la magie du cinéma muet (L’Aurore, de Murnau), de la musique et des voix, le film comporte de belles étincelles, provoquées par des télescopages virtuoses. Un souffle lyrique traverse ce maelström d’images. Où l’émotion nous prend à la gorge plusieurs fois, surtout lorsque le marginal capricieux et maudit rend hommage à des proches disparus, comme Katerina Golubeva, son ex-compagne, avec qui il a eu une fille. Un moment, on voit cette dernière enfant, marcher le long d’un quai, sous le soleil parisien… Le film est à la fois un requiem et une ode à la vie.
C EST PAS MOI, Leos Carax 2024 (bio)@ (E)
Pour une exposition qui n'a finalement pas eu lieu, le musée Pompidou avait demandé au cinéaste de répondre en images à la question : "Où en êtes-vous, Leos Carax ?". Il tente une r& ...

@

C EST QUI LE CHEF, Aude Gogny-Goubert 2025, Bruno Solo, Michel Cymes (cuisine)@


Blacklisté à la suite d'un scandale médiatique, Etienne Barbier, chef cuisinier-star de la télévision, égocentrique et vaniteux, doit faire face à d'importants soucis financiers. Son demi-frère lui trouve alors un travail parfaitement inattendu : travailler dans l'ombre de Lila Debruyne, jeune influenceuse culinaire reconnue, qui parvient difficilement à lancer son premier restaurant. La mission va s'avérer plus complexe que prévue, et le secret, bien difficile à garder.

C EST QUI LE CHEF, Aude Gogny-Goubert 2025, Bruno Solo, Michel Cymes (cuisine)@ (E)
Blacklisté à la suite d'un scandale médiatique, Etienne Barbier, chef cuisinier-star de la télévision, égocentrique et vaniteux, doit faire face à d'importants soucis financiers. Son demi-fr& ...

@

C EST QUOI CE PAPY, Gabriel Julien-Laferrière 2021, Chantal Ladesou, Patrick Chesnais, Julie Gayet (comique)@


Après une chute lors d'une danse endiablée, Aurore perd la mémoire et se retrouve dans une maison de retraite. Depuis l'accident, elle ne cesse de parler d'un mystérieux "Gégé", qui semble être son amour de jeunesse et qui pourrait lui faire retrouver la mémoire. Ses sept petits-enfants permettent à Aurore de s'échapper de la maison de retraite et de partir ensemble à la recherche de l'homme mystérieux que les petits-enfants prennent pour leur grand-père.

TELERAMA
“ Une suite décevante mais qui ne manque pas d'humour ”
Aurore, une mamie exubérante, tombe d'une estrade lors d'une danse endiablée. Elle souffre d'amnésie partielle. Alors qu'elle ne reconnaît pas ses enfants, elle ne cesse de parler de Gérard dit Gégé. Ses sept petits-enfants décident de retrouver ce mystérieux amour de jeunesse. Ils embarquent leur grand-mère, direction la ferme de Gérard. Ils sont surpris de découvrir un homme bourru, qui n'aime pas les enfants. Les retrouvailles entre cet homme solitaire et asocial et l'exubérante Aurore se révèlent explosives. Les enfants vont tout tenter pour Gégé guérisse Aurore de ses pertes de mémoire...
C EST QUOI CE PAPY, Gabriel Julien-Laferrière 2021, Chantal Ladesou, Patrick Chesnais, Julie Gayet (comique)@ (E)
Après une chute lors d'une danse endiablée, Aurore perd la mémoire et se retrouve dans une maison de retraite. Depuis l'accident, elle ne cesse de parler d'un mystérieux "Gégé", qui semble ...

@

C EST QUOI CETTE FAMILLE, Gabriel Julien-Laferrière 2016 (comique)@@@


Bastien, 13 ans, est au centre d'une famille recomposée : 6 demi-frères et soeurs, 8 parents et autant de maisons. Son emploi du temps familial est bien plus complexe que celui du collège.

TELERAMA:
Cette forme d’autogestion révolutionnaire – sur le papier – n’aboutit qu’à une succession peu inspirée de saynètes, à la manière des programmes courts télévisés (Scènes de ménages, Nos chers voisins).
C EST QUOI CETTE FAMILLE, Gabriel Julien-Laferrière 2016 (comique)@@@ (E)
Bastien, 13 ans, est au centre d'une famille recomposée : 6 demi-frères et soeurs, 8 parents et autant de maisons. Son emploi du temps familial est bien plus complexe que celui du collège.

TELERAMA:
Cette f ...

@

C EST TOUT POUR MOI, Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin 2017, Francois Berleand


Lila veut devenir danseuse depuis qu'elle est toute petite, malgré les réticences et les interdictions de son père, Omar. Elle débarque tout de même à Paris pour réaliser son rêve. Elle va alors se heurter à diverses désillusions en découvrant la réalité d'un monde très difficile d'accès. Lila ne se démotive pourtant pas et tente de se lancer dans une carrière d'humoriste, avec l'aide de son professeur, Fabrice. Elle n'a alors plus qu'une idée en tête : voir son nom en haut de l'affiche.

TELERAMA
Nawell Madani, humoriste révélée en 2012 au Jamel Comedy Club, s’inspire de son propre parcours, en l’enrichissant d’une belle séquence en prison qu’elle n’a heureusement pas vécue. La jeune femme ne craint pas d’user des ressorts du mélo et des clichés de la série B de « la réussite envers et contre tout », égratignant au passage le sexisme du milieu du stand-up. Bourrée de vannes, forcément, cette comédie balisée mais d’une belle énergie — à l’image de son interprète et coréalisatrice — bénéficie aussi de la présence de François Berléand en mentor sensible.
C EST TOUT POUR MOI, Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin 2017, Francois Berleand (E)
Lila veut devenir danseuse depuis qu'elle est toute petite, malgré les réticences et les interdictions de son père, Omar. Elle débarque tout de même à Paris pour réaliser son rêve. Elle ...

@

CA RESTE ENTRE NOUS (Wir haben einen Deal), Felicitas Korn 2023, Felix Klare, Patricia Aulitzky(societe)


À 46 ans, Frank est un homme accompli. Un mariage heureux, une carrière florissante : tout semble lui sourire. Pourtant, à la mort de sa mère, il doit se résoudre à quitter sa tour d’acier pour rejoindre son petit village natal au cœur de la Bavière. Satisfaits de cette mise au vert, sa femme et son fils insistent pour prolonger leur séjour dans la maison familiale dont ils ont hérité. Mais Frank est très vite gagné par un profond malaise : en recroisant son ancien entraîneur de football, il voit resurgir des fantômes qu’il pensait depuis longtemps disparus. Entre envie irrépressible de fuir et nécessité de protéger son fils, un périlleux combat s’engage. Peut-être celui de toute une vie.
CA RESTE ENTRE NOUS (Wir haben einen Deal), Felicitas Korn 2023, Felix Klare, Patricia Aulitzky(societe) (E)
À 46 ans, Frank est un homme accompli. Un mariage heureux, une carrière florissante : tout semble lui sourire. Pourtant, à la mort de sa mère, il doit se résoudre à quitter sa tour d’acier pou ...

@

CA RESTE ENTRE NOUS, Martin Lamotte 1997, Catherine Frot (societe)@


Patrick aime son exquise femme, qui lui a fait deux beaux garçons, autant que sa charmante maîtresse, qui lui a donné une délicieuse petite fille. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où sa femme décide de lui faire une surprise en organisant un grand dîner d'anniversaire, tandis que sa maîtresse compte sur lui pour célébrer les fiançailles du fils du voisin.

TELERAMA
Patrick mène une double vie. C’est lourd à gérer... Les acteurs se démènent, mais Lamotte s’emmêle les pinceaux. Peut mieux faire, entre nous soit dit.

Deux femmes et deux maisons, sans perdre son âme ni sa raison : c'est ce qu'a réussi Patrick (Sam Karmann), as de l'adultère méthodique, marathonien du double foyer, courant de l'un à l'autre avec une bonne volonté héroïque, masquant à chacune de ses femmes l'existence de l'autre au prix de journées harassantes et de mensonges éhontés. Jusqu'à cette soirée fatidique, où un anniversaire de mariage rivalise avec des fiançailles...

L'idée est amusante, et la troupe de comédiens réunis ici plutôt réjouissante. Mais pourquoi faut-il que les situations soient si peu inventives, les personnages si carrés, et les dialogues sans relief ? Si l'on ajoute que Martin Lamotte, qui fait ses débuts de réalisateur, se contente de « cueillir » les répliques, allant d'un acteur à l'autre sans jamais chercher à « embrasser » quoi que ce soit, sans susciter la mimique qui étonne, l'accident qui détonne, on aura compris que tout ça, effectivement, a tendance à « rester entre eux ».

Partagé entre son métier, son épouse Hélène, sa maîtresse Elisabeth, et ses trois enfants, Patrick a parfois bien du mal à tenir un emploi du temps surchargé. Hélène et Elisabeth, bien qu'habitant des maisons identiques, distantes d'à peine quelques kilomètres, ignorent tout l'une de l'autre. Tout se complique quand Patrick doit, le même jour, fêter son anniversaire de mariage avec Hélène et assister aux noces du fils du voisin d'Elisabeth. Patrick n'a pas le choix : il est contraint de multiplier les va-et-vient entre les deux soirées. Tandis que les invités d'Hélène arrivent, Elisabeth ne tarit pas de reproches à son égard...
CA RESTE ENTRE NOUS, Martin Lamotte 1997, Catherine Frot (societe)@ (E)
Patrick aime son exquise femme, qui lui a fait deux beaux garçons, autant que sa charmante maîtresse, qui lui a donné une délicieuse petite fille. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au jour o& ...

@

CABARET, Bob Fosse 1972, Liza Minelli, Michael York, Marisa Berenson, Joel Grey (musical histoire)@@


Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu détruit par un aristocrate décadent et bisexuel qui les séduira tous les deux...

TELERAMA
Clifford Bradshaw, jeune écrivain anglais, débarque à Berlin pour vivre sa bisexualité et se toque de Sally Bowles, l’entraîneuse du Kit Kat. La patronne de leur hôtel miteux s’entiche aussi d’un marchand de fruits juif. Hélas, le national-socialisme met un terme à ces idylles. Sally refuse de fuir, préfère les abîmes du Kit Kat, où officie le très provocant et troublant Emcee (Sam Buttery). À la fin du spectacle défileront les visages des dictateurs à venir… Dommage que derrière le rythme canaille impulsé par Robert Carsen les interprètes restent sages. On se régale quand même de si insidieusement plonger au cœur de nos gouffres politiques et intimes
CABARET, Bob Fosse 1972, Liza Minelli, Michael York, Marisa Berenson, Joel Grey (musical histoire)@@ (E)
Le Berlin des années 30, peu avant la montée du nazisme. La chanteuse Sally Bowles se produit au Kit Kat Club. Le couple qu'elle forme bientôt avec Brian, un jeune écrivain anglais, est peu à peu dét ...

@

CACHE, Michael Haneke 2005, Juliette Binoche, Daniel Auteuil (thriller psycho)@@


Georges, présentateur d'une émission littéraire à la télévision, reçoit des vidéos de sa maison filmée depuis la rue. On y voit ses allées et venues, ainsi que celles de sa femme et de son fils. Chaque cassette est emballée dans un inquiétant dessin représentant un personnage égorgé. Georges n'a aucune idée de l'identité de l'expéditeur.

TELERAMA
Les Laurent, bourgeois parisiens (Daniel Auteuil et Juliette Binoche), découvrent sur le seuil de leur maison d’étranges cassettes : ils sont observés constamment, mais par qui ? La culpabilité, les images et la conscience…
Dans un Paris qu'il a appris à connaître, Michael Haneke renoue avec les obsessions de sa période autrichienne : danger et manipulation des images, menace sur la cellule familiale réduite à deux parents et un fils. Le démon qui plane ici est un oeil. Chez les Laurent, on évacue rapidement l'hypothèse d'une mauvaise blague fomentée par un copain de Pierrot, angelot buté. Au sein du couple, il y a égalité dans la panique mais inégalité des réactions. Georges en sait plus, c'est lui que l'oeil vise. Anne en est réduite au rôle ingrat de questionneuse. C'est un épisode d'enfance qui vient rattraper son mari par la manche, mais celui-ci persiste à dire qu'on en veut à sa famille. L'épreuve révèle en lui, animateur d'une émission littéraire à succès, un citoyen d'une banalité confondante. Quand l'honnête homme cultivé perd les pédales surgissent l'abjection en habit de tous les jours (tel accès de racisme) et la peur de perdre ce qu'on a : carrière, famille, bien-être. Sur une trame perversement sophistiquée, Haneke a le don d'instiller un malaise élémentaire, qui prend aux tripes autant qu'à la tête.
CACHE, Michael Haneke 2005, Juliette Binoche, Daniel Auteuil (thriller psycho)@@ (E)
Georges, présentateur d'une émission littéraire à la télévision, reçoit des vidéos de sa maison filmée depuis la rue. On y voit ses allées et venues, ainsi que celles de ...

@

CALIGULA ET MESSALINE, Bruno Mattei 1981 (film e)


Messaline (Betty Roland) est une nymphomane avide de pouvoir qui ne recule devant rien pour devenir impératrice de Rome.

Elle se porte à l'attention de Caligula (Vladimir Brajovic) et séduit la plus jeune sœur de l'empereur, Agrippine (Françoise Blanchard), qui espère que son fils Néron finira par devenir le souverain de Rome.
CALIGULA ET MESSALINE, Bruno Mattei 1981 (film e) (E)
Messaline (Betty Roland) est une nymphomane avide de pouvoir qui ne recule devant rien pour devenir impératrice de Rome.

Elle se porte à l'attention de Caligula (Vladimir Brajovic) et séduit la plus jeune s&oel ...

@

CALIGULA, the ultimate cut, Thomas Negovan 2023, Malcolm McDowell, Helen Mirren, Peter O Toole (peplum film e)@


Le long-métrage est censé retracer l'ascension puis la chute de ce despote qui se prenait pour un dieu. Après avoir assassiné son grand-père adoptif, l'empereur Tibère, Caligula s'est emparé du pouvoir et il est monté sur le trône de 37 à 41. Quatre ans d'un règne halluciné où il a exercé sa cruauté sur sa cour et commis des actes invraisemblables de sadisme. Sa devise à propos des sénateurs romains était : « Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent ! »

Une œuvre sulfureuse qui provoque alors la controverse et défraie la chronique. Un film païen entouré d'une odeur de soufre qui persiste quarante ans après sa sortie. Trois heures de sang et de stupre, qui évoque la Rome décadente du Satyricon (1969) de Fellini. Bonne nouvelle : Caligula est enfin de retour au cinéma dans une nouvelle version inédite restaurée en 4K
Caligula entretenait par ailleurs des rapports incestueux avec sa sœur cadette Drusilla. Dormait avec son beau cheval blanc Incitatus. Et avait fait construire une galère de 100 mètres de long où les femmes et les filles de sénateurs étaient contraintes de se prostituer. Bref, ce tyran sanguinaire était un sujet en or pour le cinéma. Bob Guccione décide de tourner sa superproduction à Rome, sur les lieux mêmes où vécut Caligula. Pendant quelques mois, la Ville éternelle devient une sorte de Hollywood-sur-Tibre. Pour écrire le scénario de ce péplum taré, le millionnaire fait appel à un intellectuel de gauche, grande figure de la littérature américaine des années 1950 et 1960 : le romancier et essayiste gay Gore Vidal, qui a déjà travaillé sur Ben Hur (1959) avec Charlton Heston. L'auteur effectue d'importantes recherches historiques sur Caius Caligula et rédige un script foisonnant. Mais la place de l'homosexualité est trop prépondérante dans son récit, selon Guccione.

Pour la réalisation, le boss de Penthouse engage aussi Tinto Brass, un cinéaste italien dont il a apprécié le dernier film, Salon Kitty (1976), sur l'histoire vraie d'un bordel de Berlin durant la Seconde Guerre mondiale, espionné par les nazis. Une sorte de version érotique du Cabaret (1972) de Bob Fosse. Le Vénitien est un apôtre du cul, un épicurien latin qui veut signer avec Caligula une réflexion sur la corruption du pouvoir. Son pourrissement moral. Mais aussi montrer à l'écran un empire romain rongé par le vice.

Chaînes en or autour du cou, le play-boy Bob Guccione est conquis par le discours du metteur en scène. Et met à sa disposition un budget, astronomique pour l'époque, de 17,5 millions de dollars (même si cette coproduction italo-américaine coûtera au final 22 millions, du fait de son retard de deux mois sur son planning de tournage). Ce qui fera de Caligula le film indépendant le plus cher des années 1970.
CALIGULA, the ultimate cut, Thomas Negovan 2023, Malcolm McDowell, Helen Mirren, Peter O Toole (peplum film e)@ (E)
Le long-métrage est censé retracer l'ascension puis la chute de ce despote qui se prenait pour un dieu. Après avoir assassiné son grand-père adoptif, l'empereur Tibère, Caligula s'est emparé ...

@

CAMILLE REDOUBLE, Noemie Lvovsky 2011, Noemie Lvovsky, Samir Guesmi (science fiction)@


Au matin du réveillon du Nouvel An, Camille, la quarantaine, se fait plaquer par Éric, l'homme de sa vie. Terriblement éprouvée, elle s'évanouit à la fin de la soirée. Quand elle se réveille, elle est dans la chambre de son adolescence, elle a 16 ans mais son corps d'adulte. Elle retrouve ses copines de lycée, ses parents encore en vie, et Éric au moment de leur rencontre...
CAMILLE REDOUBLE, Noemie Lvovsky 2011, Noemie Lvovsky, Samir Guesmi (science fiction)@ (E)
Au matin du réveillon du Nouvel An, Camille, la quarantaine, se fait plaquer par Éric, l'homme de sa vie. Terriblement éprouvée, elle s'évanouit à la fin de la soirée. Quand elle se ré ...

@

CAMPING, Fabien Onteniente 2006 Frank Dubosc, Gerard Lanvin (comique)@


Comme tous les ans, c'est le moment des retrouvailles autour de l'apéro d'usage pour les familles d'habitués. Sauf que cette année, les Pic n'ont plus leur emplacement 17, les Gatineau font tente à part et Patrick Chirac, le playboy de Dijon, se fait plaquer par sa femme. C'est dans ce camping que Michel Saint Josse, chirurgien esthétique à Paris, se retrouve bien malgré lui pour y subir les problèmes existentiels d'une espèce jusqu'alors inconnue de lui : le campeur.
CAMPING, Fabien Onteniente 2006 Frank Dubosc, Gerard Lanvin (comique)@ (E)
Comme tous les ans, c'est le moment des retrouvailles autour de l'apéro d'usage pour les familles d'habitués. Sauf que cette année, les Pic n'ont plus leur emplacement 17, les Gatineau font tente à part et Patric ...

@

CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@


1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dressé contre Napoléon et accepte de s'emparer d'un navire espagnol. Une fois l'ennemi vaincu, Hornblower apprend que l'Angleterre vient de signer un traité avec l'Espagne. Il se retrouve sur le "Lydia" avec lady Barbara, une aristocrate qu'il a pour mission de ramener à Londres. Il s'éprend de la jeune femme. Mais leur amour est impossible car la belle est promise à un lord de l'Amirauté. Celui-ci donne d'ailleurs ordre au capitaine de retourner en mer et de combattre les Français...

TELERAMA
Voici Gregory Peck et son regard d’aigle, capitaine de la Royal Navy chargé d’une mission secrète, à l’heure des guerres napoléoniennes : passer le cap Horn et rallier un fort en Amérique centrale, afin de livrer des armes. Son destinataire ? Un rebelle à l’Espagne. C’est alors que tombe la nouvelle : l’Espagne vient de se rallier à l’Angleterre…

Dès lors qu’il s’agit de filmer deux navires voguant face à face, prêts au carnage, Walsh témoigne de tout son talent. Ses choix d’angles de vue et de cadrages, la vélocité de son rythme. Idem pour les scènes de combat. Selon cette méthode qui lui est propre, plutôt que de les préparer à l’action, Walsh fait croire à ses figurants qu’ils vont assister à une simple répétition. Et tourne la vraie scène avec ses explosions, afin de filmer leur effroi non simulé… Méthode imparable et qui confère à ses films une authenticité inimitable.

C’est un fabuleux récit, d’une richesse visuelle étonnante. Un branle-bas de combat ? L’occasion d’un plan rapproché sur un roulement de tambour. Un navire ennemi ? Voilà le superbe galion espagnol qui vogue toutes voiles dehors — on le reverra l’année suivante dans Le Corsaire rouge, de Robert Siodmak. Le tout enrichi d’un superbe Technicolor, et d’une fin étonnante.

Les commentaires sont soumis à des règles de modération. Lire notre charte
sans oublier que les aventures d'Horatio Hornblower sont l'œuvre d'un écrivain anglais, Cecil-Scott-Forester auteur de onze best-seller dont le premier volume "retour à bon port" a inspiré l'excellent film de Raoul Walsh. Je conseille cette lecture !
Lecteur-9aaee872
Tres beau film… A l’ancienne… de la couleur… de l’action… une histoire et des grands acteurs… Gregory Peck en prime

CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@ (E)
1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dres ...

@

CAPRICORNE ONE, Peter Hyams 1977, Elliott Gould, James Brolin (thriller)@@


La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés en secret dans un studio de télévision. La mission, trop dangereuse et coûteuse, a été annulée pour être remplacée par une fausse exploration du sol martien, reconstitué dans le studio.

TELERAMA
Dire qu’à sa sortie le film fut jugé invraisemblable… Il est aujourd’hui d’une totale crédibilité sur la capacité avérée des grands de ce monde à duper l’opinion publique à l’échelle planétaire, pour raison d’État ou pour assurer leur réélection. Partant de cette riche idée de boniment géant, Peter Hyams — réalisateur habile dans la SF (Outland), le polar (Le Seul Témoin) et même l’horreur (Relic) — construit son film avec intelligence entre poursuites, rebondissements et dialogues moqueurs. Dans le rôle du journaliste têtu, seul contre tous, qui pressent le complot, Elliot Gould est savamment nonchalant. Il réussira à faire éclater la vérité. C’est justement là, peut-être, que réside aujourd’hui la seule invraisemblance du film…
CAPRICORNE ONE, Peter Hyams 1977, Elliott Gould, James Brolin (thriller)@@ (E)
La NASA organise le premier vol habité vers Mars. Quelques minutes avant le décollage, alors que toutes les caméras du monde entier sont tournées vers leur fusée, les trois astronautes sont emmenés ...

@

CAPTAIN AMERICA first avenger, Joe Johnston 2011, Chris Evans, Hayley Atwell (aventure)@


1941. La Seconde Guerre mondiale fait rage. Après avoir tenté vainement de s'engager dans l'armée pour se battre aux côtés des Alliés, Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un super soldat connu sous le nom de Captain America. Sous le commandement du colonel Chester Phillips, il s'apprête à affronter l'organisation scientifique secrète des nazis, aux côtés de Bucky Barnes et Peggy Carter.
CAPTAIN AMERICA first avenger, Joe Johnston 2011, Chris Evans, Hayley Atwell (aventure)@ (E)
1941. La Seconde Guerre mondiale fait rage. Après avoir tenté vainement de s'engager dans l'armée pour se battre aux côtés des Alliés, Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour pa ...

@

CAPTAIN FANTASTIC, Matt Ross 2016, Viggo Mortensen, Frank Langella


Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.
CAPTAIN FANTASTIC, Matt Ross 2016, Viggo Mortensen, Frank Langella (E)
Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants ...

@

CAPTAIN PHILLIPS, Paul Greengrass 2013, Tom Hanks, Catherine Keener (terrorisme)@


En avril 2009, le capitaine Richard Phillips et son équipage sont attaqués par des pirates somaliens sur le Maersk Alabama, un navire marchand américain, tandis qu'il fait route vers l'Afrique. Ses assaillants, menés par Muse, n'arrivant pas à prendre le contrôle du navire, ils quittent le bateau à bord d'un canot de sauvetage et emmènent Phillips avec eux. Les pirates réclament une rançon pour sa libération et de longues négociations sont engagées par les militaires américains afin de libérer l'otage. Pendant ce temps, au large des côtes somaliennes, un face-à-face entre Phillips et Muse s'engage...

TELERAMA
Un cargo américain est pris d’assaut par des pirates somaliens. Avec des personnages que n’épargne pas la caricature (bon capitaine américain contre méchants sauvages), ce film, pourtant soucieux de réalisme, sombre dans la simplification.

En avril 2009, le cargo Maersk Alabama fut assiégé par des pirates somaliens, qui, face à la résistance de l'équipage, prirent la fuite en emmenant en otage le capitaine, Richard Phillips. Aux commandes de cette reconstitution, un réalisateur anglais réputé pour son sens du réalisme. On écarquille bel et bien les yeux devant ces images impressionnantes du cargo, forteresse flottante, rattrapé et abordé par de petits bateaux à moteur. De façon presque documentaire, l'incroyable apparaît : au milieu d'une mer immense et vide, les plus faibles prennent le dessus sur les plus forts.

Mais la peinture des personnages est anéantie par un scénariste à la main lourde (Hunger Games...). Voilà un bon capitaine (Tom Hanks) qui embrasse sa femme avant d'embarquer. Pendant qu'en Somalie des énergumènes sautent dans leurs rafiots. Où ils sont prêts à s'entre-tuer, sauvages sans foi ni loi. A bord du cargo américain, ils font régner la terreur avec des méthodes de nazillons. Ils sont haïssables, il faut les éliminer ! C'est le souhait abject que le film crée chez le spectateur pour le satisfaire. Sur ces pirates, on ne saura rien, sinon qu'ils sont les larbins de plus grands salauds. Le capitaine, lui, sera courageux jusqu'au bout. Dans les faits, son professionnalisme a été contesté. Un film à citer en exemple quand on parle d'héroïsme simplificateur !

CAPTAIN PHILLIPS, Paul Greengrass 2013, Tom Hanks, Catherine Keener (terrorisme)@ (E)
En avril 2009, le capitaine Richard Phillips et son équipage sont attaqués par des pirates somaliens sur le Maersk Alabama, un navire marchand américain, tandis qu'il fait route vers l'Afrique. Ses assaillants, men&eacu ...

@

CARAMEL, Nadine Labaki 2007, Nadine Labaki, Yasmine Al Masri, Joanna Moukarzel, Gisele Aouad (societe)@@


A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient. Au salon, les hommes, le sexe et la maternité sont au coeur de leurs conversations intimes et libérées.

TELERAMA
D'un film venu du Liban ces jours-ci, on imagine, a priori, une part d’engagement politique. Caramel, premier long métrage d’une cinéaste prometteuse, semble d’abord tout autre chose : une galerie de portraits de femmes, dans un salon de beauté de Beyrouth. Pourtant, cette comédie pleine de charme et de finesse esquisse aussi le dessin d’un Liban en pleine mutation, où le rôle et la place des femmes changent.

Leurs bijoux tintent et leur maquillage brille, elles sont voluptueuses et sensuelles, mais aussi timides et pudiques. Attachées à leurs valeurs orientales mais attirées par celles de l’Occident. Entre colorations, manucures et épilations à l’orientale, c’est-à-dire au caramel, Layale, jeune patronne sexy du salon Si Belle, attend fiévreusement les coups de fil de son amant – un homme marié. Autour de ce personnage, interprété avec grâce par la réalisatrice, gravitent plusieurs figures féminines, incarnées par de formidables actrices amateurs : une coiffeuse garçon manqué, une cliente prête à tout pour rester jeune, une couturière mélancolique, une vieille voisine un peu folle qui ramasse tous les papiers, contredanses comprises, parce qu’elle les prend pour les lettres de son fiancé français, confisquées par sa famille.

Ce Vénus beauté beyrouthin n’est pas sans faiblesses : parfois démonstratif (la quête sans fin de Layale pour trouver une chambre d’hôtel alors qu’elle n’est pas mariée), il manque surtout d’une histoire plus forte que les autres, qui agrégerait les pièces du puzzle. Mais malgré la sensation d’éparpillement, les portraits sonnent juste et livrent, comme un écho, toute la tendresse et l’agacement qu’éprouve Nadine Labaki pour son pays. Chacune à sa façon, ces femmes semblent en équilibre entre leurs rêves et le poids d’une culture qu’elles respectent mais dont les tabous les enferment : l’adultère, l’homosexualité, la ménopause, le célibat…

À Beyrouth, un couple non marié ne peut pas discuter dans une voiture sans éveiller aussitôt les soupçons de la police. À Beyrouth, une musulmane fiancée, même moderne et libérée, préfère se faire recoudre l’hymen plutôt qu’avouer à son promis qu’elle n’est plus vierge. Ses amies l’accompagnent dans cette virée, dépeinte avec humour, vers une clinique huppée de la ville : lunettes noires et accent français, elle s’y fait passer pour une Parisienne nommée… Julie Pompidou. Même si, au fond, aucune des héroïnes ne se libère vraiment de ses carcans, Caramel est une chronique chaleureuse et optimiste, qui respire la vie et l’espoir, la cire et le henné.
CARAMEL, Nadine Labaki 2007, Nadine Labaki, Yasmine Al Masri, Joanna Moukarzel, Gisele Aouad (societe)@@ (E)
A Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient. Au salon, les hommes, le se ...

@

CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@


Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs migrants mais est ensuite abattu par un collègue, Aidan, qui sauve ainsi la vie de Carmen. Tous deux deviennent des fugitifs et doivent dorénavant fuir la police. Ils prennent la direction de Los Angeles où la jeune femme souhaite retrouver sa marraine, Masilda, gérante d'une boîte de nuit. Désormais liés par cette nuit dramatique, Carmen et Aidan vont lutter pour tenter de tourner cette sombre page et écrire une nouvelle histoire...

TELERAMA
Pour sa première réalisation, le chorégraphe et danseur Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, dans un film au rythme dissonant, où les scènes de danse sont intégrées de façon maladroite à un scénario trop fragile.

Pour sa première réalisation, le chorégraphe Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, la célèbre héroïne de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra à succès de Georges Bizet (en 1875). L’œuvre a profondément marqué l’enfance du réalisateur, qui la transfère de Séville à la frontière mexicaine, franchie clandestinement par Carmen (Melissa Barrera) pour rejoindre les États-Unis, après l’assassinat de sa mère. Sa fuite la met sur le chemin d’un soldat américain (Paul Mescal), victime de stress post-traumatique.

Hélas, ce récit de poussière et de sang ne s’embrase pas comme la mise en scène, grandiloquente, le voudrait. Ni les scènes de danse, maladroitement intégrées au scénario, ni la présence de la grande Rossy de Palma, en tenancière d’un cabaret, ne sauvent le film d’un scénario trop fragile, au rythme dissonant.
CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@ (E)
Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs mig ...

@

CARMEN, Carlos Saura 2020, Laura del Sol, Antonio Gades, Paco de Lucía.


Un chorégraphe chargé de mettre en scène Carmen s'éprend de sa danseuse principale... Par Carlos Saura (Cría cuervos), une vibrante version flamenca, doublée d'une mise en abyme, des oeuvres de Mérimée et Bizet.
CARMEN, Carlos Saura 2020, Laura del Sol, Antonio Gades, Paco de Lucía. (E)
Un chorégraphe chargé de mettre en scène Carmen s'éprend de sa danseuse principale... Par Carlos Saura (Cría cuervos), une vibrante version flamenca, doublée d'une mise en abyme, des oeuvres de M&ea ...

@

CAROL, Todd Haynes 2015, Cate Blanchett, Rooney Mara (homosexualite femmes)@@


Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d'un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d'une cliente distinguée, Carol, une femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l'étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond.

TELERAMA
Amérique, années 1950. Une grande bourgeoise s’éprend d’une jeune vendeuse. Une romance contrariée par le poids des conventions sociales et magnifiée par la beauté des images. Cate Blanchett et Rooney Mara sont époustouflantes.

Todd Haynes filme souvent des prisons. Morales. Et qu’elles soient luxueuses ne les rend pas forcément moins féroces. Des femmes y sont enfermées, victimes des autres ou d’elles-mêmes. Therese (Rooney Mara), vendeuse dans un grand magasin de New York, rencontre Carol (Cate Blanchett), grande bourgeoise en train de divorcer d’un mari qui s’est mis en tête de lui retirer la garde de leur fille. Carol s’éprend de Therese…

Dans Loin du paradis (2002), situé, comme Carol, dans les années 1950, l’héroïne, interprétée par Julianne Moore, totalement dévastée par l’homosexualité secrète de son mari, s’éprenait d’un Noir, ce qui en faisait la risée et la honte de son entourage. Le film était un hommage visible à Douglas Sirk et à son style : Todd Haynes y filmait des êtres constamment soumis aux oukases d’une société pudibonde et tyrannique. « Ce que je trouve beau dans les mélos de Sirk, disait-il, c’est l’entrelacs de dépendances entre les personnages. Dès que l’un commet une transgression, cela produit une réaction en chaîne et tout le monde en souffre. Il n’y a pas de méchant. Seuls des désirs humains se heurtent à la rigidité de la société (1). »

Dans Loin du paradis, Todd Haynes contemplait la souffrance. Dans Carol, il l’éprouve. Il se glisse dans la peau de ses deux héroïnes, il ressent, coup après coup, les épreuves qu’elles traversent. Bref, il redevient lui-même : plus impliqué, plus compassionnel, plus proche d’un autre maître des mélos, Vincente Minnelli, l’auteur de Comme un torrent et de Thé et sympathie. Dans Carol, chaque mouvement de caméra semble trahir un état d’âme. L’écran est parsemé de couleurs vives : les robes rouges et vertes de Cate Blanchett donnent même à la grisaille de New York des airs de comédie musicale.

“‘Carol’ est un film qui fera évoluer le cinéma américain”, selon sa scénariste Phyllis Nagy

Et puis, entre la psychologie des personnages et l’art se tissent des liens secrets : dans Le Chevalier des sables, l’un des Minnelli les plus beaux et les plus méconnus, Elizabeth Taylor incarnait une artiste qui, par misanthropie et mélancolie, ne peignait que des oiseaux. Chez Todd Haynes, Therese, apprentie photographe, se borne elle aussi, mais par peur et timidité, à ne saisir dans son objectif que des ciels, des fenêtres et des portes. C’est en voyant, au loin, Carol acheter un sapin de Noël à sa petite fille qu’elle ose, presque instinctivement, appuyer sur le déclic, voler cet instant indiscret. Chez Haynes comme chez Minnelli, l’art reflète toujours la naissance de l’humain chez ceux qui s’en excluent, mais qui l’acceptent après un périple qui les révèle à eux-mêmes.

Garbo et Blanchett, une même extravagance
« En travaillant sur le film, a dit Todd Haynes à Télérama, j’ai relu Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes. Car le film ne parle que du théâtre fou et solitaire de l’imagination amoureuse. » C’est dans ce pointillisme exacerbé qu’éclate l’invention du cinéaste : la précision de la lumière qu’il exige de son génial chef opérateur, Ed Lachman. Et la minutie avec laquelle il dirige ses actrices. Cate Blanchett joue Carol comme Greta Garbo, jadis : avec une emphase légère, un emportement diffus. Une même extravagance les réunit : Garbo, toujours à la lisière du surjeu dans ses mélos, et Cate Blanchett, au seuil de la déraison en fausse héroïne de Tennessee Williams (dans Blue Jasmine, de Woody Allen) ou en avatar de Bob Dylan (dans I’m not there, de Todd Haynes, déjà). Dans Carol, chaque geste, chaque sourire, chaque silence qui pourraient agacer, tant ils sont maîtrisés, ne font qu’exprimer les efforts de l’actrice à se plier aux destins du personnage. Pour survivre, Carol doit composer. Tricher. Exagérer. Se déguiser. C’est en soulignant constamment l’artifice que Cate Blanchett parvient à être juste et vraie… Rooney Mara, elle, rappelle Audrey Hepburn. La Sabrina de Billy Wilder. Même frange. Même fragilité. Même androgynie. Même désir de s’élever dans l’échelle sociale. Même mépris devant la rouerie de certains êtres (un aimable représentant), lorsqu’elle la découvre…

Durant tout le film — de la première rencontre jusqu’aux dernières secondes du dénouement —, le cinéaste préfère le chemin qui mène à la passion que la passion elle-même. Et c’est avec la même subtilité qu’il suggère l’éternel poids de l’intolérance sur nos vies. La force du film, c’est de nous faire réaliser qu’en dépit des masques rassurants dont il s’affuble, le moralisme ne cède jamais. Il se cache. Il attend son heure.

CAROL, Todd Haynes 2015, Cate Blanchett, Rooney Mara (homosexualite femmes)@@ (E)
Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d'un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d'une cliente distinguée, Carol, une femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. ...

@

CARRIED AWAY (État de force), Bruno Barreto 1996, Dennis Hopper, Amy Irving, Gary Busey (film e)


Dans les années 1970, au Texas, un sculpteur (Dennis Hopper) d'âge mûr, vivant avec sa fiancée (Amy Irving) depuis six ans, se laisse séduire par une adolescente (Amy Locane) de 17 ans.
CARRIED AWAY (État de force), Bruno Barreto 1996, Dennis Hopper, Amy Irving, Gary Busey (film e) (E)
Dans les années 1970, au Texas, un sculpteur (Dennis Hopper) d'âge mûr, vivant avec sa fiancée (Amy Irving) depuis six ans, se laisse séduire par une adolescente (Amy Locane) de 17 ans. ...

@

CARTOUCHE, Philippe De Broca, Jea,-Paul Belmondo, Claudia Cardinale (cape et epee)@@


Au début du XVIIIe siècle, dans la France miséreuse de l'Ancien Régime, Louis-Dominique Bourguignon, dit Cartouche, s'impose comme l'un des voleurs à la tire les plus habiles de Paris. Ce fils d'un marchand de vin, qui appartient à la bande des `Coquillards', se rebelle bientôt contre le despotisme de son chef, le cruel Malichot, qui lance des tueurs à ses trousses. Pour survivre, Cartouche s'engage dans l'armée et se lie avec deux olibrius.

TELERAMA
En prenant des libertés avec l’histoire de ce voleur qui fit trembler les riches, Philippe de Broca réussit le plus beau film de cape et d’épée français.
Au croisement des (grands) chemins de Fanfan la Tulipe, de Robin des bois et d’une certaine insolence Nouvelle Vague, ­Belmondo est magnifique, bondissant du léger au grave. Derrière le burlesque des capes et des épées, l’éclat des bleus et des rouges annonce le temps révolutionnaire. Le drame romantique prend le pas sur la fantaisie. Une fois enrichi, le bandit s’ennuie. Un ­cadavre et une séquence de funérailles inoubliable finiront de plonger le film dans un lyrisme désespéré et superbe.
CARTOUCHE, Philippe De Broca, Jea,-Paul Belmondo, Claudia Cardinale (cape et epee)@@ (E)
Au début du XVIIIe siècle, dans la France miséreuse de l'Ancien Régime, Louis-Dominique Bourguignon, dit Cartouche, s'impose comme l'un des voleurs à la tire les plus habiles de Paris. Ce fils d'un marchan ...

@

CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@


A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie.

TELERAMA
1942, Casablanca. Pour l’amour d’une femme, un Américain sort de sa neutralité désabusée et aide deux résistants. Un de ces classiques qu’on ne cesse de revoir.

Dans ce café brumeux de Casablanca, au milieu de la Seconde Guerre, le port du voile intérieur est indispensable, pour cacher ses souvenirs et ne pas regarder l’avenir en face. Voilà pourquoi, au commencement, le patron, Rick, n’a pas de visage. Ce n’est qu’une main lasse et inquiète, dont la caméra capte les mouvements crispés au bas d’un chèque, puis sur une pièce de jeu d’échecs. Ilsa, la cliente qu’il ne veut pas voir, n’a d’yeux que pour d’autres mains, celles d’un pianiste qui joue un air ancien, aux parfums de madeleine de Proust. Évidemment, Ilsa et Rick se sont aimés autrefois, dans un Paris de carton-pâte dont les artifices ne font que renforcer la douleur onirique. Évidemment, leurs retrouvailles ne peuvent que secouer les murs d’une ville bâtie pour l’entre-deux…

Tourné en pleine guerre, ce classique du cinéma surprend d’abord par son ironie visionnaire : on y jette à la poubelle des bouteilles d’eau de Vichy, et la victoire de la Résistance paraît certaine. Mais c’est surtout la magie éternelle du couple Bogart-Bergman qui ébranle. L’actrice raconta que la grâce lunaire et chancelante de leur jeu venait de l’état d’incertitude dans lequel ils étaient maintenus en permanence. Leurs répliques étaient écrites au jour le jour, et le dénouement de l’histoire leur fut caché jusqu’au dernier moment. Dire qu’à l’origine les studios pensaient faire jouer ce couple mythique par Ann Sheridan et Ronald Reagan…
CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@ (E)
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer ...

@

CASE DEPART, Lionel Steketee 2011, Fabrice Éboue et Thomas Ngijol (societe)@


Deux demi-frères que tout oppose font le voyage vers la Martinique pour retrouver leur père mourant. Dans un dernier souffle, celui-ci leur apprend que son bien le plus précieux est le document authentique qui a affranchi leurs ancêtres de l'esclavage. Déçus par ce qui constitue à leurs yeux un maigre héritage, les deux frères, fous de rage, déchirent le précieux document. Ce sacrilège les propulse alors au XIXè siècle, en plein esclavagisme.
CASE DEPART, Lionel Steketee 2011, Fabrice Éboue et Thomas Ngijol (societe)@ (E)
Deux demi-frères que tout oppose font le voyage vers la Martinique pour retrouver leur père mourant. Dans un dernier souffle, celui-ci leur apprend que son bien le plus précieux est le document authentique qui a affranc ...

@

CASINO ROYALE, Martin Campbell 2006, Daniel Craig, Eva Green (James Bond)(aventure)@@@


Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.

TELERAMA
Les premières aventures du jeune James Bond, tout juste nommé “double zéro”. Peu de gadgets mais du spectaculaire.

Casino Royale est le premier roman écrit par Ian Fleming. James Bond y est tout jeunot, les services secrets anglais vien­nent de le faire accéder à la catégorie des fameux agents « double zéro », ceux qui sont fiers d’avoir le permis de tuer. Il fallait donc, en 2006, un petit nouveau pour interpréter ce 007 débutant : Daniel Craig. Il campe un James Bond sûrement proche de l’idée que s’en faisait Ian Fleming : une tête brûlée, un casse-cou, presque un voyou, qui cherche à dominer les autres pour oublier des origines sociales déva­lorisantes.

Pas de James Bond girls pépiantes et enamourées dans cet épisode. L’héroïne (Eva Green) n’est ni potiche ni neuneu, mais belle, vulnérable et trouble. Pas de gadgets non plus : Bond se bat avec ses poings. Avec sa tête, aussi, autour d’une table de poker. Que reste-t-il alors ? Un des plus beaux films de la série, à même de séduire les nostalgiques qui ne jurent que par Bons Baisers de Russie.
CASINO ROYALE, Martin Campbell 2006, Daniel Craig, Eva Green (James Bond)(aventure)@@@ (E)
Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le ...

@

CASINO, Martin Scorcese 1995, Robert De Niro, Sharon Stone (drame sentimental)@@@


Las Vegas, années 70. Ace Rothstein dirige d'une main de fer le Tangiers, hôtel casino parmi les plus prospères de la ville, financé en sous main par le puissant syndicat des camionneurs. Ace est devenu le grand manitou de Las Vegas, secondé par son ami d'enfance, Nicky Santoro. Impitoyable avec les tricheurs, Rothstein se laisse un jour séduire par une virtuose de l'arnaque d'une insolente beauté, Ginger McKenna.

TELERAMA
Une voiture explose dans les flammes, le somptueux générique de Saul Bass développe ses arabesques, les chœurs de La Passion selon saint Matthieu retentissent. D’entrée, Scorsese place la barre très haut. Il la maintiendra à ce niveau d’exigence et de beauté pendant les trois heures ou presque de Casino, sa réalisation la plus ambitieuse, tout à la fois documentaire historique, thriller nerveux et grand film d’amour.

La grandeur et la décadence d’un gérant de casino (Robert De Niro, impeccable), de son ami truand (Joe Pesci, impressionnant) et de son épouse ex-prostituée (Sharon Stone, sublime) sont inscrites dans les convulsions du Las Vegas des années 1970 et 1980. Une ville-mirage où la fête permanente dissimule à grand-peine une corruption généralisée. Scorsese décrit minutieusement le fonctionnement de la Mafia, sans jamais perdre de vue la dimension romanesque de son récit. La bande-son utilise ainsi à plusieurs reprises le thème romantique composé par Georges Delerue pour Le Mépris, et c’est bien plus qu’un simple hommage au classique de Godard. Ces deux chefs-d’œuvre traitent en effet d’un amour déçu. Et Ginger, Sam, Nicky, chez Scorsese, tout comme Camille, Paul, Prokosch, chez Godard, sont des héros au sens antique du terme : des demi-dieux, au-dessus du commun des hommes, mais rarement admis dans l’Olympe. Sam « Ace » Rothstein, l’employé juif de parrains italiens, se rêve en démiurge omniscient ; il ne pourra empêcher la chute de son monde, miné par l’orgueil et l’ambition, ces fatalités humaines. Au terme de ce film grandiose, il n’y a plus que désolation.


CASINO, Martin Scorcese 1995, Robert De Niro, Sharon Stone (drame sentimental)@@@ (E)
Las Vegas, années 70. Ace Rothstein dirige d'une main de fer le Tangiers, hôtel casino parmi les plus prospères de la ville, financé en sous main par le puissant syndicat des camionneurs. Ace est devenu le grand m ...

@

cASSE TETE CHINOIS, Eric Klapisch 2013, Romain Duris; Audrey Tautou, Cecile De France, Kelly Reilly (societe)@


Xavier vient d'avoir 40 ans et sa vie est toujours un casse-tête. C'est même un sentiment de gâchis qui l'envahit lorsqu'il se met en tête d'en faire le bilan. Il est séparé de Wendy depuis maintenant six mois et cette dernière a décidé de partir vivre à New York en y emmenant ses deux enfants. Parce que l'éloignement lui est trop douloureux, Xavier choisit, lui aussi, de s'y installer.
cASSE TETE CHINOIS, Eric Klapisch 2013, Romain Duris; Audrey Tautou, Cecile De France, Kelly Reilly (societe)@ (E)
Xavier vient d'avoir 40 ans et sa vie est toujours un casse-tête. C'est même un sentiment de gâchis qui l'envahit lorsqu'il se met en tête d'en faire le bilan. Il est séparé de Wendy depuis maintenant s ...

@

CASTILLOS DE CARTON, Salvador Garcia Ruiz 2009, Biel Duran, Nilo Zimmerman (film e)


Maria José, Jaime et Marcos étudient à l'école des beaux-arts sans savoir encore à quel avenir ils sont promis. Maria José est attirée par Marcos, l'élève le plus talentueux de l'école. Jaime est attiré par Maria José, la plus belle fille de sa classe. Marcos est intrigué par Maria Josée et admire Jaime à la fois.

“Quand 2 sont inséparables, 3 devient un numéro pair”

Maria José étudie la peinture à la Faculté des Beaux Arts. Elle y rencontre Jamie, un talentueux dessinateur et le séduisant Marcos, le meilleur élève de la classe. Commence alors un chassé-croisé amoureux entre les trois jeunes gens. Mais qui est amoureux de qui ?
Et alors que leurs études s’achèvent, leur ménage à trois résistera-t-il à l’entrée dans la vie adulte ?
Difficile d’aborder une histoire d’amour à trois. De nombreux exemples réussis existent déjà dans le Cinéma international. Mais le film de Salvador García Ruiz a un ton original et unique. Le sujet encore tabou est montré de manière libérée, voire désinhibée, avec une photographie lumineuse qui laisse de côté toute tentative de moralisation ou de prosélytisme.
CASTILLOS DE CARTON, Salvador Garcia Ruiz 2009, Biel Duran, Nilo Zimmerman (film e) (E)
Maria José, Jaime et Marcos étudient à l'école des beaux-arts sans savoir encore à quel avenir ils sont promis. Maria José est attirée par Marcos, l'élève le plus talentueux de ...

@

CAT RUN, Paz Vega 2011, JanetMcteer (triller)@


Catalina, alias Cat, est une superbe escort girl engagée pour une soirée en compagnie du secrétaire d'état à La Défense des Etats- Unis. Mais lorsque l’homme d’Etat dérape et tue une autre fille dans un jeu érotique, le service de sécurité reçoit l’ordre d’éliminer tous les témoins de la scène.
Cat parvient à s’enfuir en dérobant un disque dur classé secret-défense extrêmement compromettant pour le politicien.
La jeune femme devient alors instantanément l’ennemi public n°1, un ennemi que les services secrets américains vont tout faire pour éliminer...

ALLOCINE
C'était censé être un film d'action... une comédie d'action... ou une comédie tout court et bas de gamme ? Parce que là, on est clairement dans le 3e type. Le synopsis m'avait vraiment plu, même s'il semblait improbable... mais là, c'est juste un film où des gros libidineux américains matent des nanas. Imaginez Trump en taille haricots verts, et vous avez 90% des acteurs véreux du film. C'est gras, sans finesse de jeux, sans justesse de scénario... Il n'y a rien, ça part dans tous les sens. A croire qu'ils étaient tous sous exta pour réaliser un truc pareil. Merci Amazon de nous offrir des navets pareils.
CAT RUN, Paz Vega 2011, JanetMcteer (triller)@ (E)
Catalina, alias Cat, est une superbe escort girl engagée pour une soirée en compagnie du secrétaire d'état à La Défense des Etats- Unis. Mais lorsque l’homme d’Etat dérape et tue ...

@

CATARINA AND THE OTHERS, André Badalo 2011, Victoria Guerra, Arminda Badalo, Rui Porto Nunes, Cândido Ferreira (film e)


Dehors, les premiers rayons du soleil pointent le bout de leur nez. Catarina, seize ans, n'arrive pas à dormir. Paradoxalement, dans la grande ville, les adultes sont mus par le désir... Catarina a découvert qu'elle était séropositive. Elle veut entraîner tout le monde avec elle.
CATARINA AND THE OTHERS, André Badalo 2011, Victoria Guerra, Arminda Badalo, Rui Porto Nunes, Cândido Ferreira (film e) (E)
Dehors, les premiers rayons du soleil pointent le bout de leur nez. Catarina, seize ans, n'arrive pas à dormir. Paradoxalement, dans la grande ville, les adultes sont mus par le désir... Catarina a découvert qu'elle &ea ...

@

CATEGORY 7 tempête mondiale


Une super-tempête croise un cyclone de catégorie 5 sur son passage et s'unit avec lui juste au-dessus de Washington. Après avoir détruit Chicago, elle s'étend maintenant à une échelle globale et prend de plus en plus de force et d'énergie. Au programme, la destruction de Paris, de l'Égypte, de New York etc. par des tornades. Les météorologues continuent de chercher la solution pour arrêter rapidement cette terrible tempête qui risque de faire des dégâts incroyables.

TELERAMA
Dévastée par une tempête d'une violence extrême, Chicago est en ruines. Loin de se calmer, l'ouragan gagne en intensité, s'appropriant la puissance d'autres perturbations. Désormais, c'est le monde entier qui est menacé. Alors que les catastrophes se succèdent, Judith Carr, la nouvelle directrice du FEMA, fait son possible pour atténuer les destructions et limiter le nombre de morts. Tommy Dixon, lui, continue de fournir de précieux renseignements aux météorologues, en étudiant de très près les tornades qui se forment dans le pays. Au même moment, dans les cieux, le pilote Mike Davis cherche à déterminer l'origine de ces phénomènes atmosphériques...
CATEGORY 7 tempête mondiale (E)
Une super-tempête croise un cyclone de catégorie 5 sur son passage et s'unit avec lui juste au-dessus de Washington. Après avoir détruit Chicago, elle s'étend maintenant à une échelle globale ...

@

CATWOMAN, Pitof 2004, Halle Berry, Benjamin Bratt


Patience Philips travail au sein du conglomérat Hedare Beauty et découvre que leur nouveau produit ne possède aucune vertus. Elle est alors froidement tuée par ses patrons avant de se réincarner en une femme féline : Catwoman...

TELERAMA
En 2004, elle était la seule superhéroïne à pouvoir rivaliser avec Spiderman. Chez Burton, elle avait les traits délicieux de Michelle Pfeiffer. Chez Pitof, plus léger, elle a la plastique de Halle Berry.

Patience est une demoiselle timide. Une nuit, d’étranges événements la transforment en femme-chat, avec fouet et superpouvoirs. Rrrr… La plastique sublime de Halle Berry, servie dans sa gangue de cuir SM, option petites oreilles pointues, tient la distance d’un divertissement de flux. Au fracas d’effets spéciaux qui viennent au secours d’une intrigue mince comme Halle elle-même, on préférera les miaous délicieusement pervers d’une autre Catwoman, Michelle Pfeiffer, vue naguère par Tim Burton.
CATWOMAN, Pitof 2004, Halle Berry, Benjamin Bratt (E)
Patience Philips travail au sein du conglomérat Hedare Beauty et découvre que leur nouveau produit ne possède aucune vertus. Elle est alors froidement tuée par ses patrons avant de se réincarner en une fem ...

@

CAVALE SENTIMENTALE, Aylin Tezel 2023, Chris Fulton (sentimental)@@@


Kira et Ian, fuyant leurs problèmes, se rencontrent sur l'île écossaise de Skye pour un week-end d'hiver. Ils se lient instantanément et profondément. De retour à Londres, ils tentent de reprendre une vie normale.

TELERAMA
la première fiction d’Aylin Tezel n’a rien d’une cavale. Mais tout d’une lente immersion dans une résurrection sentimentale. Kira débarque dans un hôtel de l’île de Skye pour ce qui aurait dû être un week-end en amoureux sans… son amoureux. Elle vient de rompre. Elle est en souffrance. Pour s’anesthésier, elle tente l’alcool au pub du coin. La jeune artiste plasticienne y rencontre Ian. Musicien local, très lesté par une peine intime lui aussi. Immédiatement magnétique, leur tête-à-tête d’une nuit se termine en cul-de-sac. Trop de blessures, trop d’empêchements. Alors ils reprennent le cours de leur vie à Londres, cheminant parallèlement.

Écrit, réalisé et interprété par Aylin Tezel, le téléfilm se révèle immédiatement émouvant comme la fin d’une histoire d’amour, mais surtout poétiquement fragile comme son début. La créatrice ne fait pas que raconter Kira et Ian, l’amour est dans ce que l’on dit, mais surtout dans ce que l’on ne dit pas, elle en fait une superbe démonstration à l’aide de comédiens remarquables, au service de ces silences déterminants. Et des choses qui retombent à leur place. Comme l’indique le titre original, Falling into Place.
CAVALE SENTIMENTALE, Aylin Tezel 2023, Chris Fulton (sentimental)@@@ (E)
Kira et Ian, fuyant leurs problèmes, se rencontrent sur l'île écossaise de Skye pour un week-end d'hiver. Ils se lient instantanément et profondément. De retour à Londres, ils tentent de reprendre un ...

@

CE QUE VEULENT LES FEMMES, Nancy Meyers, 2000, Helene Hunt, Mel Gibson(comedie sentimentalle)@@@


Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs hiérarchiques engagent à sa place Darcy McGuire, sa grande rivale. Suite à une chute dans sa baignoire, Nick se met à entendre les pensées des femmes.

TELERAMA
Le tandem de choc Mel Gibson-Helen Hunt va se castagner dur en attendant le coup de cœur programmé. Plus inventif dans les moments de pure comédie que dans les variations sentimentales, le film progresse par à-coups : sur les figures libres déclenchées par la fructueuse idée de départ, il s’emballe, puis, dans les figures imposées de l’amoûûûr qui ne dit pas son nom, il s’alanguit quelque peu. Schéma classique. Fantaisie décontractée. Plaisant et oubliable.
CE QUE VEULENT LES FEMMES, Nancy Meyers, 2000, Helene Hunt, Mel Gibson(comedie sentimentalle)@@@ (E)
Nick Marshall, cadre dans une agence publicitaire, ne parvient pas à satisfaire les attentes et les désirs des femmes, faute de les comprendre. Il aspire au poste de directeur de la création, mais ses supérieurs ...

@

CE QUI NOUS LIE, Cedric Klapisch 2017, Pio Marmaï, Ana Girardot(sentimental)@@


Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa soeur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l'espace d'un an, au rythme des saisons qui s'enchaînent, ces trois jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s'épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu'ils fabriquent.

TELERAMA
Paris, Barcelone, New York… : Cédric Klapisch n’a jamais filmé que les villes et leurs habitants. Là, il pose sa caméra en pleine nature, en Bourgogne. Et raconte la reprise du domaine familial, à Meursault, par deux frères et une sœur à peine trentenaires, à la suite de la disparition prématurée du père, mort d’avoir respiré des pesticides toute sa vie. Mais la vigne et le vin bio, qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une fiction aussi bien documentée, intéressent moins le réalisateur que les relations humaines.
Qu’il s’agisse de la fratrie ou du couple, Klapisch reste, avant tout, fidèle à ses marottes : certains protagonistes frisent la caricature (le beau-père notable, la mère intrusive, le vendangeur fanfaron) et les acteurs ignorent la sobriété. Les larmes sont également convoquées avec trop de ­facilité dans les scènes intimes, mais le cinéaste réussit, comme souvent, les scènes de groupe, notamment lors de la fête qui célèbre la fin des vendanges et donne envie de prendre un aller simple pour Beaune.
CE QUI NOUS LIE, Cedric Klapisch 2017, Pio Marmaï, Ana Girardot(sentimental)@@ (E)
Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa soeur, Juliette, et son frè ...

@

CECILIA, Jesus Franco et Olivier Mathot 1983 (film e)


Cécilia est abusée. Elle rentre et fait l'amour avec son mari. Elle avoue que le viol lui a redonné le goût de refaire l'amour avec lui.
CECILIA, Jesus Franco et Olivier Mathot 1983 (film e) (E)
Cécilia est abusée. Elle rentre et fait l'amour avec son mari. Elle avoue que le viol lui a redonné le goût de refaire l'amour avec lui. ...

@

CELLE QUE VOUS CROYEZ, Safy Nebbou 2019, Juliette Binoche, Francois Civil, Nicole Garcia @@


Pour épier son amant Ludo, Claire, la cinquantaine, se crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, le meilleur ami de Ludo, est immédiatement séduit. Dans l'engrenage, Claire, tombe à son tour éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.

TELERAMA
Plus que la toxicité des réseaux sociaux où tout peut s’inventer, c’est bien le mensonge, aux autres et à soi, qui est décortiqué dans ce polar romanesque et singulier, sur le vertige féminin et ses névroses.

Claire est larguée par son jeune amant Ludo. L’humiliation est douloureuse pour cette universitaire de 50 ans, déjà quittée par son mari. Pour épier Ludo, elle crée un faux profil Facebook : photo volée à l’appui, elle devient Clara, 24 ans… Contactée par Alex, le coloc de Ludo, Claire se prend au jeu de la séduction virtuelle. Il tombe amoureux. Elle aussi. Mis à part les années, cet avatar n’est-il pas vraiment elle-même ?

En adaptant le roman de Camille Laurens, le réalisateur aborde plusieurs vertiges : la peur de vieillir, bien sûr, et de l’abandon, mais aussi le mystère amoureux. Il donne une construction savante au récit, surprenant jusqu’à la fin, et entretient le suspense par sa mise en scène des messages écrits et des appels téléphoniques. De même, une thérapeute confidente (Nicole Garcia) finit par prendre des allures de détective, sur la belle musique de polar signée Ibrahim Maalouf. Face à François Civil, parfait en romantique moderne, Juliette Binoche réussit à fusionner Claire et Clara jusque dans son apparence. Elle a rarement été aussi fascinante.
CELLE QUE VOUS CROYEZ, Safy Nebbou 2019, Juliette Binoche, Francois Civil, Nicole Garcia @@ (E)
Pour épier son amant Ludo, Claire, la cinquantaine, se crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, le meilleur ami de Ludo, est immédiatement sé ...

@


(E)
...

@

CENT PAGES BLANCHES, Laurent Jaoui 2012, Marius Colucci, Armelle Deutsch


À l'ouverture du testament de son grand-père russe, Sacha reçoit pour tout héritage un carnet alors que ses deux soeurs se partagent la fortune familiale. Mais le calepin est vierge: les pages, de 1 à 100 sont blanches. Sur la couverture, une phrase en russe plonge Sacha au coeur d'un mystère.

TELERAMA
Trente ans, célibataire, sans enfants, Sacha vend des souvenirs de Paris aux touristes. Réfugié derrière ses babioles, ce garçon aux allures d'ado rêveur cherche le « mode d'emploi » de la vie, et rumine sa rupture avec la belle et snobe Julia. Lorsque son grand-père meurt, une drôle de surprise l'attend : pour seul héritage, le bien-aimé et facétieux aïeul lui a laissé un vieux carnet composé de cent pages blanches. D'abord décontenancé, Sacha finit par découvrir le pouvoir du mystérieux objet : chaque page lui permet de revivre un instant de son passé...

A trop regarder derrière soi, on en oublie d'apprécier le présent, ses belles rencontres et ses promesses... Avant d'en arriver à cette conclusion frappée au coin du bon sens, Cent Pages blanches, adaptation d'un roman de Cyril Massarotto, navigue entre un conte de Paulo Coelho, à vague prétention philosophique, et un romantisme light à la façon de Marc Lévy, pour les clichés à la louche. De la garce nymphomane à la gentille guide touristique, les personnages se révèlent très fidèlement conformes à ce qu'ils ont l'air d'être au début du téléfilm. Le héros aura besoin de réveiller cent souvenirs pour s'en rendre compte... pas nous. — Isabelle Poitte
CENT PAGES BLANCHES, Laurent Jaoui 2012, Marius Colucci, Armelle Deutsch (E)
À l'ouverture du testament de son grand-père russe, Sacha reçoit pour tout héritage un carnet alors que ses deux soeurs se partagent la fortune familiale. Mais le calepin est vierge: les pages, de 1 à 100 ...

@

CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@


Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le chef de l'une d'entre elles, Spats Colombo, les a repérés et veut les éliminer.

TELERAMA
On connaît la réplique qui clôt ce superbe film : « Personne n'est parfait. » Et moins celle qui résume une grande partie de la philosophie de Billy Wilder, que prononce un Jack Lemmon travesti, sidéré, soudain, par le monde incroyable qu'il découvre : « Les femmes, dit-il alors à son pote Tony Curtis, sont un sexe tout à fait différent. » On n'a jamais mesuré si bien et de manière si concise une des grandes évidences de la vie...
En pleine Prohibition, deux musiciens, poursuivis par des gangsters pour avoir assisté à un massacre, rejoignent, maquillés et pomponnés, un orchestre féminin, dont la vedette est une adorable paumée qui joue de l'ukulélé, tombe amoureuse de tous les saxophonistes mâles qu'elle rencontre et chante « I wanna be loved by you, pooh pooh pee dooh » à la Betty Boop.
Le scénario, d'une audace et d'un humour ravageurs, baigne dans une sensualité gouailleuse (Lemmon et les girls dans sa couchette) et rigolote (Curtis, qui prétend être impuissant, est trahi par la buée de ses lunettes, alors que Marilyn l'embrasse savamment). Le film est une merveille de rythme, d'invention et de gaîté. Si Marilyn est magique, c'est Lemmon dont on se souvient avec le plus d'enthousiasme, dansant un tango érotico-comique avec son soupirant milliardaire et pestant contre un groom qui, dans l'ascenseur, lui a pincé les fesses, alors qu'il (elle) n'est même pas joli(e). On mesure, en revoyant Certains l'aiment chaud, le manque de rythme et de fantaisie effrayant de la comédie américaine actuelle.
CERTAINS L AIMENT CHAUD, Billy Wilder 1959, Marylin Monroe, Tony Curtis, Jacl Lemmon (sentimental)@@@ (E)
Chicago 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Cela fait d'eux, malheureusement, les seuls témoins d'un règlement de comptes entre deux bandes rivales. Le c ...

@

CESSEZ LE FEU, Emmanuel Courcol 2016, Romain Duris (drame sentimental)@@


En 1923, Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d'Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée.

TELERAMA
Un officier héroïque de la Première Guerre mondiale revient en France, après un long détour par l’Afrique. Une évocation en demi-teintes, entre hantise et contemplation, d’une famille meurtrie qui tente de se reconstruire.

C'est un second retour pour Georges. La première fois, il a réchappé en officier héroïque de l’enfer des tranchées de 14-18. Quelque temps après, il revient d’Afrique où il s’était enfui pour (s’)oublier. En France, la guerre a laissé des séquelles. Sa mère se morfond dans l’attente de son benjamin, porté disparu, tandis qu’un autre fils, Marcel, choqué, a perdu l’usage de la parole…

Ce tableau d’époque de l’après-guerre illustre des états d’âme, choisit la chronique, patiente, ombrageuse, plutôt que le déroulé d’une histoire à rebondissements. Le premier long métrage d’Emmanuel Courcol se distingue, surtout, par ses correspondances, ses allers-retours ondulants entre la France et l’Afrique, où Georges a vécu en aventurier. Une Afrique à la fois édénique et fantôme (avec ses masques, ses rites), un peu rocambolesque avec son trafic à la Rimbaud, et source de contemplation. Sur la culpabilité des survivants, sur les malaisantes réhabilitations des champs de bataille, le film fait mouche. Il pèche, en revanche, par le traumatisme appuyé du frère (Grégory Gadebois, en bloc de souffrance). Romain Duris, lui, continue de surprendre. Puissant et buté, il impose une présence fascinante à son personnage de revenant.
CESSEZ LE FEU, Emmanuel Courcol 2016, Romain Duris (drame sentimental)@@ (E)
En 1923, Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, inva ...

@

CET ETE LA, Éric Lartigau 2022, Gael García Bernal, Chiara Mastroianni, Marina Foïs (societe comique)@


Dune a 11 ans. Comme chaque été, elle rejoint avec ses parents leur maison des Landes où l'attend Mathilde, 9 ans. Une amitié sans faille où les deux filles partagent toutes les questions de l'entrée dans l'adolescence. Un été où l'enfance s'éloigne un peu plus. Or, Dune sent que se diffuse le parfum d'un secret. Lequel ?

TELERAMA
Peinture délicate de deux gamines lors d’un été dans les Landes, qui sent l’océan, les secrets et la fin de l’enfance.

Il y a quelque chose de particulièrement délicat dans cette chronique d’un été dans les Landes où la petite Dune, 11 ans, réalise pourquoi Maman a perdu l’odorat et est si triste depuis un an, mais aussi pourquoi, en général, la vie des grandes personnes ressemble à un magnolia, cette fleur qui peut, suivant son dosage, embaumer ou répandre un parfum excessivement fort et entêtant…

Les deux jeunes pousses qui incarnent Dune et sa copine Mathilde sont confondantes de naturel en gamines qui veulent parler comme des adultes, et on croit à ce couple de parents formé par Marina Foïs et Gael García Bernal. Le film assume un tempo et une lumière poudrée de vacances hors du temps — cet été 2019 pourrait, tout autant, se dérouler en 1989 — et sent l’océan, les secrets, et la fin de l’enfance.
CET ETE LA, Éric Lartigau 2022, Gael García Bernal, Chiara Mastroianni, Marina Foïs (societe comique)@ (E)
Dune a 11 ans. Comme chaque été, elle rejoint avec ses parents leur maison des Landes où l'attend Mathilde, 9 ans. Une amitié sans faille où les deux filles partagent toutes les questions de l'entré ...

@

CETTE SACREE VERITE, Leo McCarey 1937, Cary Grant, Irene Dunne (comique)@@


Jerry et Lucy ont décidé de mettre un terme à leur mariage. Tout en attendant que leur divorce soit confirmé, ils entament une nouvelle vie amoureuse. Aiguillonné par la jalousie, chacun veut reconquérir l'autre et le tout commence par un sabotage en règle de toute éventuelle relation romantique.

TELERAMA
Lorsque Jerry est obligé d'inventer un week-end en Floride pour pouvoir jouer aux cartes avec ses amis, sa femme, Lucy, s'affiche ouvertement avec un élégant professeur de diction. D'un commun accord, les époux décident de mettre un terme à leur vie commune. Seul l'avenir de Mr Smith, leur fox-terrier, les oppose et les déchire. Le jugement est sans appel : Lucy aura la garde du quadrupède et Jerry obtient un droit de visite. Le divorce ne sera effectif qu'après un délai de trois mois. Chacun s'efforce de refaire sa vie. Jerry renoue avec Dixie Belle Lee, une entraîneuse bien différente de Lucy, et Lucy tente de se persuader qu'elle est amoureuse d'un riche héritier, Daniel Leeson...
CETTE SACREE VERITE, Leo McCarey 1937, Cary Grant, Irene Dunne (comique)@@ (E)
Jerry et Lucy ont décidé de mettre un terme à leur mariage. Tout en attendant que leur divorce soit confirmé, ils entament une nouvelle vie amoureuse. Aiguillonné par la jalousie, chacun veut reconqu&eacut ...

@

CEUX QUI TRAVAILLENT, Antoine Russbach 2018, Olivier Gourmet, Adèle Bochatay (societe)@@


Frank consacre sa vie au travail. Accroché à son téléphone, il gère les cargos qu'il affrète pour de grandes entreprises. Alors qu'il doit faire face à une situation de crise, Frank prend une décision brutale et se fait congédier.

TELERAMA
Un cadre sans état d’âme gère des navires marchands pour des bénéfices auxquels il sacrifie tout. Un film utile, courageux, sur un monde où tout se vend.

Habitué du cinéma social, Olivier Gourmet détonne pourtant dans ce film qui révèle la tyrannie de l’économie sous un jour nouveau. Ex-employé d’une société qui gère des cargos depuis la Suisse, le personnage que joue l’acteur déclare, à une recruteuse, n’être « ni sentimental ni altruiste ». Le visage fermé, il semble presque robotisé. Parce qu’une cargaison risquait d’être retardée, après la découverte d’un clandestin à bord, il a ordonné de se débarrasser du « problème ». Ses patrons, qui trouvaient qu’avec son ancienneté il coûtait trop cher, en ont profité pour le licencier, en prenant des airs offusqués…

Donner tout à son travail n’est pas qu’une formule pour cet homme : sa vie, son honneur, il les a sacrifiés contre un très bon salaire. Et tout le monde était content. C’est par sa franchise que ce premier film renouvelle ce cinéma social dont les combats s’appuient habituellement sur la grandeur des individus. Ici, on la cherche en vain. Chez lui, Frank devient un encombrant. Il n’était bon qu’à partir au bureau, alors son fils le lui crache à la figure : « On a accepté de vivre sans père mais on n’acceptera pas de changer notre train de vie. » Sans effets dramatiques, sans colère, presque aussi froid que ses personnages, le réalisateur montre comment la circulation de l’argent régit tout. Ceux qui travaillent se salissent les mains, mais tout le monde est complice. Un regard précis, utile, courageux.
CEUX QUI TRAVAILLENT, Antoine Russbach 2018, Olivier Gourmet, Adèle Bochatay (societe)@@ (E)
Frank consacre sa vie au travail. Accroché à son téléphone, il gère les cargos qu'il affrète pour de grandes entreprises. Alors qu'il doit faire face à une situation de crise, Frank prend une ...

@

CHACUN CHEZ SOI, Michele Laroque 2020,Stephane De Groodt (comique societe)@


Catherine et Yann sont en couple et amoureux depuis de nombreuses années. Cependant, depuis que Yann a quitté son travail, il s'est pris de passion pour les bonsaïs. Une passion dévorante prenant beaucoup de place aux yeux de Catherine, qui se sent quelque peu délaissée. La situation ne va pas s'arranger lorsque leur fille Anna, et son copain Thomas, viennent s'installer chez eux suite à une galère d'appartement. La cohabitation s'avère plus que difficile pour les deux couples que tout oppose.
CHACUN CHEZ SOI, Michele Laroque 2020,Stephane De Groodt (comique societe)@ (E)
Catherine et Yann sont en couple et amoureux depuis de nombreuses années. Cependant, depuis que Yann a quitté son travail, il s'est pris de passion pour les bonsaïs. Une passion dévorante prenant beaucoup de place ...

@

CHAIR POUR FRANKENSTEIN, Paul Morrissey 1973, Joe Dallesandro, Udo Kier (film e horreur)@


Le baron Frankenstein rêve de restaurer la gloire de la Serbie, alors il construit des monstres dont les enfants deviendront la nouvelle race ultime. Déterminé à ce qu'elles soient fécondes, il vise à doter le corps masculin du cerveau de quelqu'un possédant une libido puissante.

TELERAMA
Erotisme gore chez PM‚ éviscération‚ amputation et autres joyeusetés‚ version choc, trash, camp‚ sexe et humour noir avec le démentiel UK
CHAIR POUR FRANKENSTEIN, Paul Morrissey 1973, Joe Dallesandro, Udo Kier (film e horreur)@ (E)
Le baron Frankenstein rêve de restaurer la gloire de la Serbie, alors il construit des monstres dont les enfants deviendront la nouvelle race ultime. Déterminé à ce qu'elles soient fécondes, il vise à ...

@

CHAMBOULTOUT, Eric Lavaine 2019, Alexandra Lamy, Jose GarciaMichel Vuillermoz


Béatrice vient tout juste de publier son premier roman en carrière qui s'intitule "La grande traversée." Ce livre s'inspire des cinq dernières années qu'elle vient de passer à s'occuper de son mari, devenu aveugle à la suite d'un accident.

TELERAMA
Frédéric, un quadragénaire drôle et séduisant, a mystérieusement perdu la vue après un accident. Et depuis, il est obsédé par la nourriture. Souvent mal à l'aise avec sa femme et ses proches, il ne peut s'empêcher de dire tout ce qu'il pense. Béatrice, son épouse, a décidé d'écrire un roman sur lui et leur entourage. Elle a pris soin de changer les noms afin de ne heurter personne. Elle ne se doute pas que leurs amis vont parfaitement se reconnaître et peu apprécier que leurs défauts soient étalés dans un livre. L'ouvrage, qui se voulait un hymne à la vie, va semer la zizanie...
CHAMBOULTOUT, Eric Lavaine 2019, Alexandra Lamy, Jose GarciaMichel Vuillermoz (E)
Béatrice vient tout juste de publier son premier roman en carrière qui s'intitule "La grande traversée." Ce livre s'inspire des cinq dernières années qu'elle vient de passer à s'occuper de ...

@

CHAMBRE AVEC VUE, James Ivory 1986, Helena Bonham Carter, Maggie Smith (societe)@@


Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Charlotte Bartlett, une vieille fille aux principes rigides. Dans la pension où elles sont installées, Lucy rencontre George Emerson. Devant l'attirance de Lucy pour George, sa cousine la ramène en Angleterre, où la belle doit épouser Cecil Vyse, un être ennuyeux.

TELERAMA
Dans l’Angleterre victorienne, Lucy, oie blanche de la haute société, est promise au snob et pédant Cecil, mais aime sans (se) l’avouer George, jeune libre-penseur peu convenable…

Parmi les nombreux films d’époque signés par James Ivory, seules ses rencontres avec Forster, l’écrivain anglais du début du XXe siècle, ont hissé le cinéaste plus haut que son goût du chromo. Trois films en sont issus : Retour à Howards End, Maurice, et Chambre avec vue. Le charme mi-florentin, mi-victorien de ce dernier ne s’est pas évaporé. Ivory cède parfois à un amusement facile devant les us et coutumes d’il y a cent ans. Mais le film est traversé par l’élan impérieux des premières fois, tendu vers l’un de ces « instants d’éternité » chers à Forster. Tout concourt, habilement, à différer la fusion amoureuse que le spectateur attend…

À revoir aussi pour les débuts de Helena Bonham Carter, aux antipodes de la sauvagerie révélée chez elle par Tim Burton, et de Daniel Day-Lewis, déjà dans la composition perfectionniste.
CHAMBRE AVEC VUE, James Ivory 1986, Helena Bonham Carter, Maggie Smith (societe)@@ (E)
Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Char ...

@

CHAMBRE AVEC VUE, James Ivory 1986, Judi Dench (societe histoire)@@


Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Charlotte Bartlett, une vieille fille aux principes rigides. Dans la pension où elles sont installées, Lucy rencontre George Emerson. Devant l'attirance de Lucy pour George, sa cousine la ramène en Angleterre, où la belle doit épouser Cecil Vyse, un être ennuyeux.

TELERAMA
Dans l’Angleterre victorienne, Lucy, oie blanche de la haute société, est promise au snob et pédant Cecil, mais aime sans (se) l’avouer George, jeune libre-penseur peu convenable…

Parmi les nombreux films d’époque signés par James Ivory, seules ses rencontres avec Forster, l’écrivain anglais du début du XXe siècle, ont hissé le cinéaste plus haut que son goût du chromo. Trois films en sont issus : Retour à Howards End, Maurice, et Chambre avec vue. Le charme mi-florentin, mi-victorien de ce dernier ne s’est pas évaporé. Ivory cède parfois à un amusement facile devant les us et coutumes d’il y a cent ans. Mais le film est traversé par l’élan impérieux des premières fois, tendu vers l’un de ces « instants d’éternité » chers à Forster. Tout concourt, habilement, à différer la fusion amoureuse que le spectateur attend…

À revoir aussi pour les débuts de Helena Bonham Carter, aux antipodes de la sauvagerie révélée chez elle par Tim Burton, et de Daniel Day-Lewis, déjà dans la composition perfectionniste.


CHAMBRE AVEC VUE, James Ivory 1986, Judi Dench (societe histoire)@@ (E)
Début du XXe siècle. Lucy Honeychurch, jeune Anglaise de bonne famille, séjourne à Florence. Comme l'imposent la morale et les préjugés de sa classe, elle est accompagnée par sa cousine, Char ...

@

CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@


1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent en réalité pas se souffrir. L'arrivée du cinéma parlant provoque un drame. Car, malgré son port de reine, Lina a une voix de crécelle.

TELERAMA
En 1927, à la naissance du parlant, un couple-vedette du muet se voit contraint de se reconvertir en « véritables » comédiens, au grand désespoir de la jeune femme dotée d’une voix de crécelle.

Le coucher de soleil ? Des projecteurs. La brise d’été ? Un ventilo. Le balcon sous lequel Don (Gene Kelly) déclare son amour à Kathy (Debbie Reynolds) ? Une bête échelle au milieu d’un studio désert. Ainsi mise en scène, via des artifices revendiqués comme tels, la vérité des sentiments (« Tu m’étais destinée, je t’étais destiné », lalala) peut enfin s’exprimer, dans un lyrisme créé quasi ex nihilo sous nos yeux émerveillés. De fait, au-delà de l’éblouissante perfection de ses numéros chantés et dansés, dont les plus fameux, Singin’in the Rain, Make ’em Laugh ou Moses Supposes, procurent une joie inoxydable, Chantons sous la pluie émeut par sa foi inébranlable dans le 7e art.

S’il moque affectueusement ses artisans (nervosité du réalisateur, indécision chronique du producteur, perfidie de la star à la voix stridente interprétée par la géniale Jean Hagen…), le film célèbre d’abord la vitalité, l’inventivité (re) bondissante du cinéma. En effet, c’est à la fois l’histoire d’un nanar sauvé du naufrage par son ripolinage en comédie musicale et le récit de la fin d’un monde, celui du muet, résolument envisagée avec un optimisme en Technicolor — pour le versant tragique, il faudra voir Babylon, de Damien Chazelle. Jamais Hollywood n’a été plus beau en son miroir que dans ce jeu de dupes trépidant, où les scénarios s’imaginent en deux temps trois mouvements, et où la débutante jaillie du gâteau finit en haut de l’affiche. Une définition du bonheur.
CHANTONS SOUS LA PLUIE, Stanley Donen 1952, Gene Kelly (musical)@@@ (E)
1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood et Lina Lamont forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, ils ne peuvent ...

@

CHARADE, Stanley Donen 1963, Cary Grant, Audrey Hepburn (comique)@@


De retour de vacances, Reggie Lambert retrouve son appartement parisien sens dessus dessous et apprend la mort de son mari. L'inspecteur Grandpierre lui explique que son époux avait détourné pendant la guerre un magot destiné à la Résistance française.

TELERAMA
Peu importe l’intrigue, le délice vient d’ailleurs. De la mise en scène pétillante et sophistiquée, du charme époustouflant du couple vedette. La perfection !

Hitchcock avait baptisé « McGuffin » tout ce qui, dans ses intrigues, était censé faire courir et s’entretuer ses personnages, mais dont le spectateur se moquait éperdument. Ici, le McGuffin, ce sont 250 000 dollars volés, revolés et volatilisés que recherchent quelques complices devenus ennemis. L’un décide d’éliminer ses petits camarades. Mais les dollars nous indiffèrent : on n’a d’yeux que pour le marivaudage du couple Cary Grant-Audrey Hepburn et l’élégance de Stanley Donen, qui filme Paris comme personne et passe avec grâce d’une bagarre sur les toits à une promenade romantique sur les quais de la Seine. Tout est beau dans Charade, gracieux et sophistiqué : du générique célèbre de Maurice Binder à la musique mystérieuse de Henry Mancini. Et puis, il y a Audrey Hepburn. Cary Grant, qui, dans l’histoire, ne fait que lui mentir, la contemple longuement, très longuement sur le Bateau-Mouche où il l’a entraînée, prétendument pour lui dire la vérité. « Qu’est-ce que j’ai ?, demande Audrey. — C’est juste que vous êtes adorable », répond Cary. Et, à cet instant, on est certain qu’il ne ment pas.
CHARADE, Stanley Donen 1963, Cary Grant, Audrey Hepburn (comique)@@ (E)
De retour de vacances, Reggie Lambert retrouve son appartement parisien sens dessus dessous et apprend la mort de son mari. L'inspecteur Grandpierre lui explique que son époux avait détourné pendant la guerre un magot d ...

@

CHARITE, David Grabowski 2024 (serie sante)@@


2049. Alors que les températures mondiales ne cessent de grimper, que les conséquences de la crise climatique se multiplient et s’intensifient, l’hôpital berlinois de la Charité doit en plus faire face à une réforme du système de santé allemand. Désormais, chaque être humain se voit attribuer un score de santé, qui détermine s’il est éligible ou non à certains soins. C’est dans ce contexte dystopique que la chercheuse Maral Safadi prend la tête de l’institut de microbiologie de l’établissement.

TELERAMA
cette série au cœur d’un hôpital berlinois mêle les réflexions fascinantes sur l’avenir de la planète et sur le système de santé.
Dans le futur tel qu’imaginé par les scénaristes Tanja Bubbel et Rebecca Martin, une panoplie de gadgets technologiques révolutionnent la pratique de la médecine, l’intelligence artificielle et la robotique occupent une place grandissante dans le quotidien des praticiens et des patients… Si l’on peine à adhérer pleinement à ces visions d’un avenir ultra connecté un brin superficielles, ces nouveaux épisodes de Charité (série en quatre saisons à travers les époques dans les couloirs de l’hôpital emblématique) multiplient les pistes de réflexion fascinantes et pertinentes. Comment s’adapter en tant que société aux dérèglements climatiques ? Quel système de santé peut tenir bon dans un monde en crise ? Autant de questions qu’il sera nécessaire d’adresser… avant même 2049.
CHARITE, David Grabowski 2024 (serie sante)@@ (E)
2049. Alors que les températures mondiales ne cessent de grimper, que les conséquences de la crise climatique se multiplient et s’intensifient, l’hôpital berlinois de la Charité doit en plus faire face ...

@

CHARLIE ET LA CHOCOLATRIE, Tim Burton 2005, Brigitte Millar, Johnny Depp (fantastique jeunesse)@@@


Issu d'une famille modeste, le jeune Charlie doit travailler pour aider les siens et doit économiser chaque penny durement gagné. Friand de sucreries, il décide de participer à un concours organisé par l'intimidant Willy Wonka, à la tête de la chocolaterie de la ville. Celui ou celle qui trouvera l'un des cinq tickets d'or que Willy a dissimulé dans les barres de chocolat de sa fabrique remportera l'équivalent d'une vie de sucreries !

TELERAMA
Johnny Depp en confiseur étrange, héros complexe d’un conte pour enfants, héritier possible d’Edward aux mains d’argent. Du grand Tim Burton !

À partir du meilleur conte de Roald Dahl, Burton a confectionné une confiserie extravagante, âcre, mais fondante. Charlie, le garçonnet dans sa masure de guingois, n’est riche que d’une famille extra et d’un rêve : pénétrer dans l’usine de Willy Wonka, le génie de la friandise. Un jour, miracle, Charlie trouve un ticket pour une visite guidée de la chocolaterie. Avec quatre autres jeunes « élus », il entre dans l’univers du confiseur mystère…

Fidèle à Roald Dahl, Burton s’en donne à cœur joie, à grands coups d’effets spéciaux, pour passer l’enfance à la moulinette. Dans ce parc d’attractions du meilleur mauvais goût, dans ce nouveau Neverland où Peter Pan dirigerait une maison de redressement, Tim Burton ne lésine pas sur les colorants, joue volontiers aux frontières de l’écœurement et comble les adultes avec des clins d’œil tordants à Michael Jackson, Kubrick ou Esther Williams.

Le meilleur Tim Burton ? On a classé tous ses films, du plus étrangement plat au plus bizarrement génial
Avec cela, le cinéaste ne prétendrait qu’à un diplôme de bon confiseur industriel. Mais il y a Willy Wonka. Tim en fait une créature 100 % burtonienne. En lui inventant une enfance corsetée par un monstrueux appareil dentaire, il le place dans la lignée d’Edward aux mains d’argent. ­Comme toujours chez lui, d’un handicap naît le talent. Et un rapport décalé avec le réel. Son Wonka est un créateur autiste, qui a mis le chocolat entre lui et le monde. Un tel personnage ne fond pas facilement, même à la chaleur d’un happy end. Quand Charlie lui offre une famille, Wonka la met sous cloche. Même aux commandes d’une grosse machine chocolatée, Tim Burton reste riche en cacao amer.
CHARLIE ET LA CHOCOLATRIE, Tim Burton 2005, Brigitte Millar, Johnny Depp (fantastique jeunesse)@@@ (E)
Issu d'une famille modeste, le jeune Charlie doit travailler pour aider les siens et doit économiser chaque penny durement gagné. Friand de sucreries, il décide de participer à un concours organisé par l'i ...

@

CHARLIE ET SES DROLES DE DAMES, McG 2000, Camron Diaz, Drew Barrymore, Lucy Liu (comique thriller)@@


Trois magnifiques détectives privés sont appelés à sauver Eric Knox, milliardaire, lorsqu'il est enlevé de son bureau chez Knox Technologies. Alex, Dylan et Natalie utilisent une panoplie impressionnante de gadgets technologiques pour sauver Knox des griffes de son rival Roger Corwin.

TELERAMA
Tout droit sorties de la série télé phare des années 70/80 les trois Charlie’s Angels ne lésinent sur aucune cascade et cavalcade pour nous faire tourner la tête, le tout avec une autodérision réjouissante.
Bouffée soudaine de souvenirs d'après-midi frappés d'ennui devant la télé : c'était le milieu des années 70, Drôles de dames, postféministe avant l'heure, faisait fureur. Flirt du sex-appeal et de l'action. Les filles adoraient ; les mecs reluquaient. Le recyclage de cette série culte surfe allègrement sur la vague du revival 70's et du « beau-laid ». Lunettes larges fumées, robes soyeuses aux couleurs pétantes, tout cela est étudié comme dans une pub Versace. Ou comment saturer l'image de glamour spectaculaire.
CHARLIE ET SES DROLES DE DAMES, McG 2000, Camron Diaz, Drew Barrymore, Lucy Liu (comique thriller)@@ (E)
Trois magnifiques détectives privés sont appelés à sauver Eric Knox, milliardaire, lorsqu'il est enlevé de son bureau chez Knox Technologies. Alex, Dylan et Natalie utilisent une panoplie impressionnante d ...

@

CHASSE CROISE, Warren Leight 1993, Michael Mantell, Matthew Broderick


À New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage malheureux, vivent des aventures amoureuses.


TELERAMA
Brian, agent de change, est à la veille de se marier. Cette perspective l'effraie passablement. Aussi le prudent fiancé décide-t-il de conserver son appartement de Greenwich Village, transformé pour l'occasion en garçonnière, et d'y réunir deux soirs par semaine ses amis. Il charge sa secrétaire de lui trouver deux colocataires pour l'occuper pendant ses jours d'absence. C'est ainsi que se rencontrent Sam, crémier dans une épicerie de luxe, un garçon solitaire se remettant mal de sa rupture avec une insupportable comédienne, et Ellen, une assistante dentaire mal mariée, qui trouve quelque consolation dans la peinture. La cohabitation de ces deux personnages va réserver plus d'une surprise...

CHASSE CROISE, Warren Leight 1993, Michael Mantell, Matthew Broderick (E)
À New York, trois jeunes gens partagent le même logement de Greenwich Village. Brian McVeigh, le propriétaire, Sam, un aspirant chef cuisinier fraîchement célibataire et Ellen, coincée dans un mariage ...

@

CHASSE GARDEE, Antonin Fourlon, Frédéric Forestier 2023, idier Bourdon, Thierry Lhermitte, Hakim Jemili, Camille Lou (comique)@@


Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adélaïde, à l'étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c'est l'occasion idéale de faire le grand saut et de quitter l'enfer de la ville. Cependant, le rêve se transforme rapidement en cauchemar quand ils réalisent que leurs si sympathiques voisins utilisent leur jardin comme terrain de chasse. Entre voisins, la guerre est déclarée et tous les coups sont permis.

TELERAMA
Un couple de néo-ruraux venu de Paris (Camille Lou et Hakim Jemili) face aux chasseurs d’un village de province… Moins offensif que le sketch culte des Inconnus, un film imprévisible qui milite pour une pratique modérée de cette activité dangereuse.

Un couple de Parisiens (la chanteuse Camille Lou, l’humoriste Hakim Jemili) emménage avec ses deux enfants en province, dans un ancien corps de ferme dont le terrain est en servitude – la chasse y est autorisée. Alors que la bande-annonce promettait un concours musclé de farces et attrapes, façon Nos pires voisins, entre néo-ruraux et habitants du village, la trajectoire de Chasse gardée s’avère, en fait, imprévisible.

Les réalisateurs – le débutant Antonin Fourlon et l’expérimenté Frédéric Forestier – font preuve d’une maîtrise indéniable du comique de répétition, à mèche courte (la ribambelle des clichés sur Paris) comme à mèche longue (les consignes de sécurité avant chaque battue). L’ensemble culmine avec un banquet moyenâgeux, rythmé par des chansons paillardes, sur le modèle de celui des Vikings (Richard Fleischer, 1958). Bien sûr, la présence de Didier Bourdon en chef de meute renvoie au sketch culte des Inconnus – diffusé sur Antenne 2 en 1991 –, qui sert de soubassement comique, irriguant toutes les séquences, du rabâchage à volonté de l’expression « tirer fichant » jusqu’à une référence explicite, quand l’intrigue oppose finalement un « mauvais » chasseur aux « bons » chasseurs.

Dans sa catégorie – la comédie grand public –, le film s’inspire des plus modernes de ses contemporains. De petites trouvailles de mise en scène (le récit en flash-back d’un protagoniste, sans cesse interrompu) lui donnent un rythme enlevé, proche de celui des productions « Bande à Fifi » (Alibi.com, Nicky Larson), dont il emprunte les acteurs fétiches : Bourdon, donc, et Chantal Ladesou en agente immobilière malhonnête. Sans oublier le personnage touchant incarné par Julien Pestel, second couteau du « Palmashow » (La Folle Histoire de Max et Léon, Les Vedettes).

Entre nécessités commerciales (l’incertitude de rentabiliser une œuvre de multiplexe farouchement anti-chasse) et authentique problème de société (les tirs près des habitations, entraînant des accidents parfois mortels), le scénario tient de l’exercice d’équilibriste. Sans surprise, il s’avère moins offensif que ledit sketch, Bourdon ayant mis de l’eau dans son vin. Les auteurs doivent, alors, ruser pour rendre le discours militant plus subtil. Il s’agit de présenter la chasse comme un délire paramilitaire – alignements de miradors, tenues de camouflage, cors utilisés façon clairons –, en rappelant qu’elle constitue aussi un lien social. Puis de pousser, mine de rien, les chasseurs vers une pratique plus raisonnable, moins obsessionnelle, moins dangereuse.
CHASSE GARDEE, Antonin Fourlon, Frédéric Forestier 2023, idier Bourdon, Thierry Lhermitte, Hakim Jemili, Camille Lou (comique)@@ (E)
Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adélaïde, à l'étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c'est l'occasion idéal ...

@

CHAUSSURE A SON PIED, David Lean 1954, Charles Laughton, John Mills (comique)@@


Dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, Henry Hobson, père tyrannique de trois filles, tient une boutique de chaussures. Depuis le décès de sa femme, il passe le plus clair de son temps au pub, d'où il revient passablement éméché.

TELERAMA
David Lean signe une fable sur la volonté et la force des faibles. Charles Laughton y est ébouriffant.
Malgré les nombreux extérieurs et le réalisme des décors, Lean ne parvient pas toujours à gommer les origines théâtrales du récit : les acteurs semblent parfois attendre les applaudissements du public après une réplique bien sentie. L’humour a aussi pris un coup de vieux — voir la nuit de noces, interminable, pendant laquelle l’époux timide rentre dans la chambre nuptiale au son d’une marche militaire… Mais le film comporte de grands moments de mise en scène : la séquence d’ouverture, virtuose et ironique, ou encore l’errance nocturne du bottier Hobson, qui, ivre mort, poursuit le reflet de la lune dans les flaques d’eau. Charles Laughton avait décidé d’incarner ce personnage odieux « les pieds sur terre et des bulles dans le crâne » (1) . Quel cabot magnifique !

Àla fin du XIXᵉ siècle, un bottier tyrannise ses trois filles. L’aînée se rebelle, séduit le meilleur ouvrier de son père et lance un magasin concurrent. Méconnue en France, cette comédie mineure de David Lean est très populaire au Royaume-Uni. Chaussure à son pied est un concentré d’humour british, vision à la fois caustique et chaleureuse du nord de l’Angleterre avec ses classes sociales étanches.


CHAUSSURE A SON PIED, David Lean 1954, Charles Laughton, John Mills (comique)@@ (E)
Dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, Henry Hobson, père tyrannique de trois filles, tient une boutique de chaussures. Depuis le décès de sa femme, il passe le plus clair de son temps au pub, d'où ...

@

CHERCHEZ HORTENSE, Pascal Bonitzer 2012, Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott, Isabelle Carre (societe)@@


Professeur de civilisation chinoise, Damien vit à Paris avec sa femme Iva, metteur en scène de théâtre, et leur fils Noé.

TELERAMA
Damien, professeur de civilisation chinoise, vit avec sa femme, Iva, metteur en scène de théâtre, et leur fils Noé. Leur histoire d’amour s’est enlisée dans une routine empreinte de lassitude.

Damien, prof de civilisation chinoise, marié à une metteuse en scène de théâtre, est prié par son épouse de faire intervenir son père, conseiller d’État, pour éviter l’expulsion d’une sans-papiers qu’elle connaît de loin. Or il n’arrive pas à effectuer cette démarche et s’enfonce dans les mensonges et les humiliations…

De Fabrice Luchini (Rien sur Robert) à Édouard Baer (Je pense à vous), en passant par Daniel Auteuil (Petites Coupures), la plupart des héros de Pascal Bonitzer connaissent la panne sèche et l’égarement. Jean-Pierre Bacri, livide, lessivé, mais formidablement présent, surclasse en intensité tous ses prédécesseurs. Pourquoi son personnage agit-il soudain ? Qu’y a-t-il derrière un sursaut d’énergie, un regain d’attention au monde et aux autres ? Comme dans ses films précédents, Bonitzer multiplie les références littéraires et psychanalytiques et les variations sur le pouvoir ou sur les doubles. Et cependant des ressources imprévues animent la savante mécanique : davantage de réalité (les sans-papiers, les contrôles d’identité) et, à la fois, d’idéalisme. C’est un régal de voir Bacri s’extirper à tâtons, avec toutes les peines du monde, de son marasme, et transformer sa déroute en victoire.

Iva met fin à une répétition qui ne la satisfait pas et se laisse raccompagner chez elle par l'un de ses acteurs, Antoine, qui l'embrasse inopinément. Troublée, elle retrouve son mari, Damien, un professeur de civilisation chinoise, et le somme de mettre enfin sa promesse à exécution. Damien se résigne à prendre rendez-vous avec son père, le président Hauer, une sommité du Conseil d'Etat, et à lui demander d'user de son influence pour pousser le dossier d'une réfugiée serbe, amie de sa belle-soeur. Sur le parvis du Conseil d'Etat, il offre du feu à Aurore, la jolie serveuse du restaurant où il a ses habitudes, et retrouve ses vieux copains de bistrot...
CHERCHEZ HORTENSE, Pascal Bonitzer 2012, Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott, Isabelle Carre (societe)@@ (E)
Professeur de civilisation chinoise, Damien vit à Paris avec sa femme Iva, metteur en scène de théâtre, et leur fils Noé.

TELERAMA
Damien, professeur de civilisation chinoise, vit avec sa femme ...

@

CHERCHEZ LA FEMME, Sou Abadi 2017, Felix Moati, Camélia Jordana (societe)@


Armand et Leila, étudiants à Science Politique, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d'études aux Nations Unies.
CHERCHEZ LA FEMME, Sou Abadi 2017, Felix Moati, Camélia Jordana (societe)@ (E)
Armand et Leila, étudiants à Science Politique, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d'études aux Nations Unies. ...

@

CHERI, Stephen Frears 2009, Michelle Pfeiffer, Rupert Friend (omique sentimental)@@


Dans le Paris du début du XXème siècle, Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée en s'autorisant une liaison avec le fils d'une ancienne consoeur et rivale, le jeune Fred Peloux, surnommé Chéri. Six ans passent au cours desquels Chéri a beaucoup appris de la belle Léa, aussi Madame Peloux décrète-t-elle qu'il est grand temps de songer à l'avenir de son fils et au sien propre... Il faut absolument marier Chéri à la jeune Edmée, fille unique de la riche Marie-Laure.

TELERAMA
Léa est une courtisane plus que trentenaire. Fred, 19 ans, est le fils d'une richissime consoeur, épuisé par cinq années de débauche obstinée. Il la surnomme « Nounoune », elle l'appelle « Chéri ». Tous deux devraient, évidemment, s'éviter comme la peste. Mais Nounoune fait de Chéri son gigolo. Puis son amant. Puis son amour. Jusqu'au jour où il songe à se marier...

Stephen Frears a transformé le roman si français de Colette en un conte british. Au point de faire commenter l'action, de temps à autre, par quelques aphorismes ironiques. Du coup, Chéri devient un avatar de Dorian Gray, jeune homme à l'éternelle jeunesse, imaginé par Oscar Wilde. Le corps du comédien qui incarne Chéri est presque évacué ; ne reste que son visage, par moments banal, à d'autres faunesque, comme si le personnage ne cessait de fuir et de se fuir jusqu'au dénouement...

Peut-être Frears s'est-il laissé piéger en affichant trop ostensiblement costumes et ­décors. Car c'est lorsqu'il filme, dans un escalier, Michelle Pfeiffer, soudain défaite par le temps et le sentiment — lorsqu'il associe cette femme vieillissante à la Belle Epoque finissante —, qu'il vise droit et juste. — Pierre Murat

CHERI, Stephen Frears 2009, Michelle Pfeiffer, Rupert Friend (omique sentimental)@@ (E)
Dans le Paris du début du XXème siècle, Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée en s'autorisant une liaison avec le fils d'une ancienne consoeur et rivale, le jeune Fred Peloux ...

@

CHEVROTINE, Laetitia Masson 2020, Élodie Bouchez, Rafi Pitts (thriller)@


Pierre, pêcheur en Bretagne, père de deux enfants, est veuf. Il vit encore dans le souvenir de sa femme lorsqu'il rencontre Laura, qui vient de quitter la grande ville pour s'installer sur la côte avec son fils. Pierre voudrait retrouver un foyer stable et heureux. Laura est romantique, passionnée. Ils tombent follement amoureux et ont bientôt une fille, Automne. Cependant, leurs sentiments se heurtent aux fantômes du passé et au caractère exclusif de Laura.

TELERAMA
Un rôle exceptionnel pour Elodie Bouchez en femme mystérieuse conquérante de l'Amour absolu. Une ambiance dramatique grandissante. Joli film
CHEVROTINE, Laetitia Masson 2020, Élodie Bouchez, Rafi Pitts (thriller)@ (E)
Pierre, pêcheur en Bretagne, père de deux enfants, est veuf. Il vit encore dans le souvenir de sa femme lorsqu'il rencontre Laura, qui vient de quitter la grande ville pour s'installer sur la côte avec son fils. Pierre vo ...

@

CHEZ LES BEAUX PARENTS (French Girl), James A. Woods et Nicolas Wright 2024, Évelyne Brochu, Zach Braff, Vanessa Hudgens, Ruby Collins (comedie sentimentale)@


Gordon, un romantique invétéré, doit renoncer à sa demande en mariage. Sa petite amie a accepté de se rendre au Québec afin de travailler pour son ex, un chef célèbre et sophistiqué. Bien décidé à sauver leur relation, Gordon quitte Brooklyn pour la ville natale de sa petite amie. Hors de son élément, il a du mal à charmer sa future belle-famille exigeante et francophone.

TELERAMA
Gordon Kinski est enseignant dans un lycée de Brooklyn. Il partage la vie de la cheffe canadienne Sophie Tremblay. Lorsque celle-ci passe un entretien pour rejoindre la brigade d'un restaurant étoilé, le Château Frontenac, dans sa ville natale de Québec, tout bascule pour Gordon. Non seulement, il va devoir quitter New York, mais de plus la future patronne de Sophie n'est autre que son ex-compagne, Ruby Collins, une cheffe charismatique et célèbre animatrice d'une émission de télévision très populaire. Sans parler des parents de Sophie que Gordon va tenter de charmer malgré la barrière de la langue...
CHEZ LES BEAUX PARENTS (French Girl), James A. Woods et Nicolas Wright 2024, Évelyne Brochu, Zach Braff, Vanessa Hudgens, Ruby Collins (comedie sentimentale)@ (E)
Gordon, un romantique invétéré, doit renoncer à sa demande en mariage. Sa petite amie a accepté de se rendre au Québec afin de travailler pour son ex, un chef célèbre et sophistiqu&eac ...

@

CHICAGO, Rob Marshall 2002, Catherine Zeta-Jones, Renee Zellveger, Richard Gere (musical)@@


A Chicago, dans les années 20, Roxie Hart, une jeune femme qui rêve depuis toujours de monter sur la scène de l'Onyx Club, tout comme son idole, Velma Kelly, est accusée du meurtre de son amant indélicat et envoyée en prison. Derrière les barreaux, elle retrouve bientôt celle qu'elle admire : Velma Kelly, condamnée à une très longue peine pour avoir tué son mari et sa soeur, pris en flagrant délit d'adultère. Le très populaire avocat Billy Flynn va brillamment plaider leur cause et attirer l'attention des médias sur ces deux jeunes femmes à la superbe voix. Roxie, dont Billy a fait l'emblème de la naïveté abusée, devient en quelque temps une véritable star à Chicago...

TELERAMA
Le Chicago des années 1920 est ultra photogénique. Le cinéma en a répertorié les figures essentielles dans des postures glamour de légende. Les deux héroïnes qui se retrouvent en prison pour avoir tué leur « homme » n’y échappent pas. Roxie Hart, c’est la godiche blonde et naïve qui se fait avoir par tout le monde ; Velma Kelly, la garce brune qui ne se laisse bousculer par personne. Et la plus forte des deux n’est pas celle qu’on attend…
À l’origine, il s’agit d’un show, créé à Broadway par Bob Fosse en 1975. Une revue enchaînant les numéros musicaux plutôt qu’un véritable musical. Rob Mar­shall s’y est risqué en imaginant que les séquences chantées et dansées sont rêvées par l’héroïne, en contrepoint d’une réalité enluminée par les artifices d’un cinéma rien moins que naturaliste. Et ça marche. Entre le pastiche et l’hommage, le déjà-vu et la performance rénovée de frais, tout en flashs et rebonds incessants, Chicago est une expédition de reconnaissance, dans tous les sens du mot : on explore avec allégresse un genre passé de mode, et on y devine l’ombre portée de maîtres admirés.


CHICAGO, Rob Marshall 2002, Catherine Zeta-Jones, Renee Zellveger, Richard Gere (musical)@@ (E)
A Chicago, dans les années 20, Roxie Hart, une jeune femme qui rêve depuis toujours de monter sur la scène de l'Onyx Club, tout comme son idole, Velma Kelly, est accusée du meurtre de son amant indélicat et ...

@

CHIEN DE LA CASSE, Jean-Baptiste Durand 2023, Raohael Quenard, Antony Bajon,Galatea Bellucci (societe)@@


Dog et Mirales sont amis d'enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l'habitude de taquiner Dog plus que de raison.

TELERAMA
Deux amis, un tchatcheur et sa tête de turc, trompent l’ennui dans les rues du village. Arrive une jeune fille... Un premier film insolent et gracieux, récompensé du César 2024 du meilleur premier film.

Dog et Mirales tuent le temps, tout le temps. C’est comme si demain n’existait pas pour ces deux amis d’enfance qui traînent dans leur petit village du sud de la France, entre trafics et bières sur canapé. Histoire de s’occuper l’esprit, qu’il a très vif, Mirales n’a de cesse de taquiner Dog, de « casser » ce garçon naïf et impassible. S’il ne l’aimait pas à ce point, on pourrait dire que c’est du harcèlement. Et puis, un jour, une fille débarque dans le village : Elsa et Dog tombent amoureux, et Mirales ne le supporte pas.

Le jeune cinéma français n’a pas fini de nous étonner : ainsi ce tendre et insolent premier long métrage qui, sous la forme d’un drôle de western contemporain, raconte l’amitié d’une grande gueule et de son souffre-douleur dans les ruelles d’une petite commune endormie. Jean-Baptiste Durand, l’auteur-réalisateur, détourne également, avec beaucoup de grâce, les codes du thriller des « quartiers » à travers Mirales. Dealer intégré dans le bourg, cultivé et sensible sous son masque sardonique, il peut, tour à tour, s’attendrir devant un vieux monsieur qui se trompe de signe astrologique au moment d’acheter un jeu d’argent à gratter, disserter sur la littérature romantique, ou humilier encore et toujours son ami lors d’un dîner…

Thématiques du fort et du faible, de la masculinité, et de l’avenir bouché : tous ces sujets sont traités avec une vérité frappante, à coups de détails ordinaires et de dialogues qui respirent l’amour de la langue, classique ou argotique. Aux côtés de Galatéa Bellugi, si douce, Anthony Bajon livre une performance en creux, délicate et humble, laissant exploser le naturel singulier et le bagou hallucinant de son partenaire, Raphaël Quenard. Sorte de Patrick Dewaere qui aurait mariné dans l’encre de Michel Audiard, ce jeune acteur est la plus belle révélation des deux dernières années.
CHIEN DE LA CASSE, Jean-Baptiste Durand 2023, Raohael Quenard, Antony Bajon,Galatea Bellucci (societe)@@ (E)
Dog et Mirales sont amis d'enfance. Ils vivent dans un petit village du sud de la France et passent la majeure partie de leurs journées à traîner dans les rues. Pour tuer le temps, Mirales a pris l'habitude de taquiner D ...

@

CHIKHA, Ayoub Layoussifi, Zahoua Raji 2024 (court metrage maroc)@


Chikha”, c'est l'histoire d'une jeune fille de 17 ans dont la mère est chikha (chanteuse et danseuse de musique populaire marocaine), et qui est tiraillée entre sa vie intime et personnelle et les exigences d'une tradition artistique familiale souvent sous-estimée, qu'elle doit perpétuer
CHIKHA, Ayoub Layoussifi, Zahoua Raji 2024 (court metrage maroc)@ (E)
Chikha”, c'est l'histoire d'une jeune fille de 17 ans dont la mère est chikha (chanteuse et danseuse de musique populaire marocaine), et qui est tiraillée entre sa vie intime et personnelle et les exigences d'une traditi ...

@

CHILDREN OF THE CENTURY, Diane Kurys 1999, Juliette Binoche, Benoit Magimel


En 1830, Aurore Dupin quitte son mari, le baron Dudevant, et part s'installer à Paris avec ses deux enfants. En 1832, à 28 ans, elle décide de s'habiller comme un homme et de fumer le cigare. Elle devient écrivain, sous le nom de George Sand, et fait publier des livres sur l'esclavage du mariage et le droit au plaisir sexuel pour les femmes.

TELERAMA
En 1833, George Sand, née Aurore Dupin, qui avait quitté sa province et son mari, le baron Dudevant, pour monter à Paris et se consacrer entièrement à la littérature, rencontre le séduisant poète Alfred de Musset. Entre cette femme qui s'habille en homme, fume le cigare et aime à faire scandale par ses écrits, et le poète romantique, c'est le coup de foudre immédiat. Afin de fuir le qu'en dira-t-on parisien, tous deux s'installent à Venise où leur liaison, loin de ressembler à une agréable lune de miel, vire à l'aigre. Volage et débauché, Alfred de Musset fréquente assidûment les prostituées, se noie dans l'alcool et les drogues...
CHILDREN OF THE CENTURY, Diane Kurys 1999, Juliette Binoche, Benoit Magimel (E)
En 1830, Aurore Dupin quitte son mari, le baron Dudevant, et part s'installer à Paris avec ses deux enfants. En 1832, à 28 ans, elle décide de s'habiller comme un homme et de fumer le cigare. Elle devient écrivai ...

@

CHINATOWN, Roman Polanski 1974, Jack Nicholson, Faye Dunaway (thriller)@@@


Los Angeles, dans les années 30. Détective privé et individu sans grande consistance, J. J. Gittes est spécialisé dans les affaires d'adultère.

TELERAMA
Los Angeles, 1937. J.J. Gittes, détective privé, reçoit la visite d'une femme ravissante qui lui demande de faire suivre son mari, un ingénieur des eaux. Gittes mène son enquête et renifle bientôt le sac d'embrouilles, notamment une affaire de corruption...

Chinatown, c'est d'abord le climat rétro des années 1930, qui, une fois n'est pas coutume, passe magnifiquement la rampe. Polanski retrouve l'atmosphère et la classe des films noirs hollywoodiens d'antan sans sombrer dans la réplique nostalgique et aseptisée. L'enquête tortueuse se fait en eaux troubles, dans un univers poisseux. Un puzzle complexe qui cache des rapports de force cruels, ambigus, inavoua­bles. Brave type accablé, volontaire, mais toujours en retard, Gittes court après ce qu'il favorise lui-même. En privé un peu maso et désabusé, teigneux et faible, Jack Nicholson fait un sacré numéro. Son sparadrap sur le nez — super idée — est une manière bidonnante de montrer que son flair est mis à rude épreuve dans cette affaire où tout le monde semble jouer double jeu. Faye Dunaway est fatale à souhait, et John Huston campe un pervers convaincant. En un mot : l'affaire est bien pourrie, et le film, très réussi.
CHINATOWN, Roman Polanski 1974, Jack Nicholson, Faye Dunaway (thriller)@@@ (E)
Los Angeles, dans les années 30. Détective privé et individu sans grande consistance, J. J. Gittes est spécialisé dans les affaires d'adultère.

TELERAMA
Los Angeles, 1937. J.J. Gittes, ...

@

CHOCOLAT, Claire Denis 1988, Francois Cluzet, Cecile Ducasse, France Dalens, Isaach de Bankole@@


De retour dans le Cameroun où elle a passé sa jeunesse, une Française revit les souvenirs de son enfance.

TELERAMA:
Après vingt ans d'absence, France revient au Cameroun, où elle a passé son enfance. Prise en stop par un noir américain, elle se rappelle l'époque où le pays était encore une colonie française. Son père, Marc, administrait un petit chef-lieu de province tandis que sa mère passait son temps à cultiver son modeste jardin et à attendre le retour de son mari, souvent en tournée d'inspection. France s'était fait un ami en la personne de Protée, le boy noir, dont le charme ne laissait pas sa mère indifférente. Un jour, l'arrivée des passagers d'un avion en péril avait bien failli mettre en péril l'harmonie trompeuse de cette vie en apparence insouciante...
CHOCOLAT, Claire Denis 1988, Francois Cluzet, Cecile Ducasse, France Dalens, Isaach de Bankole@@ (E)
De retour dans le Cameroun où elle a passé sa jeunesse, une Française revit les souvenirs de son enfance.

TELERAMA:
Après vingt ans d'absence, France revient au Cameroun, où elle a passé ...

@

CHOCOLAT, Roschdy 2016, Omar Sy, James Thierree (societe)@@


Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française.
CHOCOLAT, Roschdy 2016, Omar Sy, James Thierree (societe)@@ (E)
Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. ...

@

CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@


Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d'une chose, chanter du rock. La mission d'Alex va s'avérer plus compliquée que prévu avec la plus improbable des chorales.

TELERAMA
Porté par une solide BO rock anglo-française où Johnny Hallyday le dispute à Queen, ce premier long métrage d’Ida Techer sur une chorale de retraités a le bon goût d’un “feel good movie”, dopé par une belle brochette de personnages attachants.

Une chorale de retraités rockers… Sur le papier, ce premier long métrage d’Ida Techer – cosigné par Luc Bricault, assistant-réalisateur expérimenté – pouvait se placer sur les traces de l’affreux Sales Gosses (2017), farce du troisième âge dans une colo de seniors grossiers et / ou érotomanes. Ouf ! Il s’inspire en fait d’une histoire vraie, celle du groupe Salt and Pepper, chœur composé d’une quarantaine de membres âgés de 60 à 80 ans.

L’intrigue se déroule à Dunkerque, au bord de la Manche, comme pour mieux capter l’esprit des comédies sociales (The Full Monty, 1997) et des films juke-box (Good Morning England, 2009) venus d’Angleterre. D’où, surprise, une certaine authenticité prolétarienne, à l’image de la maison décatie de l’héroïne (Mathilde Seigner, plutôt à l’aise), prof de chant fauchée qui enchaîne les concerts de seconde zone avec son groupe de reprises.

Goûts musicaux du peuple
En dépit de ses limites évidentes, le scénario parvient à faire émerger de jolis personnages : la retraitée à la voix grave (Anne Benoît), le vieux séducteur qui ne chante pas l’anglais (Bernard Le Coq), la mamie folle du volant en 205 (Andréa Ferréol). Quant au politicard responsable de la chorale, il incarne une élite déconnectée projetant sur le groupe ses envies et ses préjugés pour en déduire les goûts musicaux du peuple.

Le film repose sur une solide BO rock (au sens large), émancipatrice et fédératrice, essentiellement anglo-française, de Johnny Hallyday à Queen, en passant par The Clash – mention spéciale à l’interprétation de Should I Stay or Should I Go. Chaque chanson doit entrer en résonance avec un moment ou un décor précis, ce qui donne lieu à des performances tantôt téléphonées (Antisocial en prison), tantôt aériennes (Space Oddity à l’église). Sans doute Chœur de rockers aurait-il mérité de déborder davantage du cadre du feel good movie, pour oser la franche comédie musicale.
CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@ (E)
Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables ...

@

CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@


Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d'une chose, chanter du rock. La mission d'Alex va s'avérer plus compliquée que prévu avec la plus improbable des chorales.

TELERAMA
Porté par une solide BO rock anglo-française où Johnny Hallyday le dispute à Queen, ce premier long métrage d’Ida Techer sur une chorale de retraités a le bon goût d’un “feel good movie”, dopé par une belle brochette de personnages attachants.

Une chorale de retraités rockers… Sur le papier, ce premier long métrage d’Ida Techer – cosigné par Luc Bricault, assistant-réalisateur expérimenté – pouvait se placer sur les traces de l’affreux Sales Gosses (2017), farce du troisième âge dans une colo de seniors grossiers et / ou érotomanes. Ouf ! Il s’inspire en fait d’une histoire vraie, celle du groupe Salt and Pepper, chœur composé d’une quarantaine de membres âgés de 60 à 80 ans.

L’intrigue se déroule à Dunkerque, au bord de la Manche, comme pour mieux capter l’esprit des comédies sociales (The Full Monty, 1997) et des films juke-box (Good Morning England, 2009) venus d’Angleterre. D’où, surprise, une certaine authenticité prolétarienne, à l’image de la maison décatie de l’héroïne (Mathilde Seigner, plutôt à l’aise), prof de chant fauchée qui enchaîne les concerts de seconde zone avec son groupe de reprises.

Goûts musicaux du peuple
En dépit de ses limites évidentes, le scénario parvient à faire émerger de jolis personnages : la retraitée à la voix grave (Anne Benoît), le vieux séducteur qui ne chante pas l’anglais (Bernard Le Coq), la mamie folle du volant en 205 (Andréa Ferréol). Quant au politicard responsable de la chorale, il incarne une élite déconnectée projetant sur le groupe ses envies et ses préjugés pour en déduire les goûts musicaux du peuple.

Le film repose sur une solide BO rock (au sens large), émancipatrice et fédératrice, essentiellement anglo-française, de Johnny Hallyday à Queen, en passant par The Clash – mention spéciale à l’interprétation de Should I Stay or Should I Go. Chaque chanson doit entrer en résonance avec un moment ou un décor précis, ce qui donne lieu à des performances tantôt téléphonées (Antisocial en prison), tantôt aériennes (Space Oddity à l’église). Sans doute Chœur de rockers aurait-il mérité de déborder davantage du cadre du feel good movie, pour oser la franche comédie musicale.
CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@ (E)
Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables ...

@

CHOSES SECRETES, Jean-Claude Brisseau 2002, Coralie Revel, Sandrina Seyvecou (drame film e)@


Dans ce thriller érotique, deux jeunes femmes issues de milieux défavorisés décident d'utiliser leur pouvoir de séduction pour grimper dans l'échelle sociale.
Usant de leur séduction pour parvenir au sommet de la hiérarchie sociale, deux jeunes femmes se heurtent bientôt à la résistance d'un jeune loup manipulateur.

CHOSES SECRETES, Jean-Claude Brisseau 2002, Coralie Revel, Sandrina Seyvecou (drame film e)@ (E)
Dans ce thriller érotique, deux jeunes femmes issues de milieux défavorisés décident d'utiliser leur pouvoir de séduction pour grimper dans l'échelle sociale.
Usant de leur séduction pour ...

@

CHOUANS, Philippe de Broca 1988, Philippe Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau (histoire cape et epee)@@


Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déchirer au cours de cette révolution mais aussi par amour pour la belle Céline...

TELERAMA
De Broca n’y va pas avec le dos de l’épée pour sa fresque révolutionnaire. Aussi lourd qu’un feuilleton d’été mais avec de vrais beaux moments de cinéma.

En Bretagne, sous le règne de Louis XVI. Savinien de Kerfadec, comte épicurien et « éclairé », bricole de drôles de machines volantes et élève trois remuants lascars. Le temps passe : les bambins grandissent, et la France entre en Révolution… Philippe de Broca a vu grand : on trouve de tout dans sa longue fresque historico-armoricaine. Têtes d’affiche à gogo, aventures tumultueuses façon « cape et guillotine », drame et comédie, érotisme (très) soft, petits cours de rattrapage en vrac sur la Terreur, la chouannerie et la fabrication artisanale des ULM… Un spectacle fourre-tout, avec de vrais morceaux de bon film, d’énergiques comédiens mais aussi d’inénarrables longueurs, de lourds symboles et des personnages un peu nigauds.
CHOUANS, Philippe de Broca 1988, Philippe Noiret, Lambert Wilson, Sophie Marceau (histoire cape et epee)@@ (E)
Ce film relate l'histoire de la famille du comte de Savinien de Kerfadec lors des grandes révoltes chouannes dans les campagnes vendéenne et bretonne. Les trois enfants aux idéaux opposés vont s'entre-déch ...

@

CHRISTINE, Pierre Gaspard-Huit 1958, Alain Delon, Romy Schneider (histoire)


Vienne, 1906. Le jeune lieutenant des Dragons Franz Lobheiner est l'amant d'une femme mariée, la baronne Lena. Insatisfait de cette liaison, il peine à y mettre fin. Lors d'une soirée en compagnie de son ami Theo, il rencontre deux charmantes jeunes filles, la pétillante et délurée Mizzie et la sage Christine.

TELERAMA
Dans la Vienne de Schnitzler, une jeune fille est poussée au suicide par la société bourgeoise rigoriste. Remake raté du magnifique “Liebelei” de Max Ophuls, qui provoqua toutefois la rencontre Delon-Romy..

A Vienne, au début du XXe siècle, une jeune fille, amoureuse d'un bel officier, est poussée au suicide par une société bourgeoise rigoriste. Ce thème, cher à Arthur Schnitzler, auteur de la pièce, est totalement escamoté dans cette adaptation « parisienne », au mauvais sens du terme. Oui, bien sûr, Romy Schneider et Alain Delon, qui se sont rencontrés sur ce tournage, sont très bien. Mais le film reste plat, sans âme et sans style. D'autant plus navrant que c'est le remake du magnifique Liebelei, de Max Ophuls, le plus grand rôle de la mère de Romy, Magda Schneider.
CHRISTINE, Pierre Gaspard-Huit 1958, Alain Delon, Romy Schneider (histoire) (E)
Vienne, 1906. Le jeune lieutenant des Dragons Franz Lobheiner est l'amant d'une femme mariée, la baronne Lena. Insatisfait de cette liaison, il peine à y mettre fin. Lors d'une soirée en compagnie de son ami Theo, il re ...

@

CHRISTOPHE COLOMB, Frederic March 1949


Christophe Colomb a mis six ans à convaincre la reine Isabelle Ire de Castille de larguer les amarres en direction de l'ouest. C'est l'histoire d'un entêtement qui allait changer la face du monde, que raconteavec un fort souci de vérité historique le réalisateur écossais David MacDonald en 1949. Christophe Colomb estincarné par Fredric March, une des grandes vedettes de l'époque.

TELERAMA
Génois de naissance, marin par passion, Christophe Colomb cherche à la cour d'Espagne l'appui nécessaire pour monter une grande expédition maritime. Il est en effet persuadé qu'il est possible d'atteindre les Indes en faisant tout bonnement le tour de la Terre par l'Ouest. La reine Isabelle l'écoute avec attention et se laisse peu à peu convaincre. Christophe Colomb se heurte cependant aux intrigues de son ennemi juré, Francis de Bobadilla. Le 3 août 1492, enfin, commandant trois caravelles, la Niña, la Pinta et la Santa Maria, Christophe Colomb prend la mer...
CHRISTOPHE COLOMB, Frederic March 1949 (E)
Christophe Colomb a mis six ans à convaincre la reine Isabelle Ire de Castille de larguer les amarres en direction de l'ouest. C'est l'histoire d'un entêtement qui allait changer la face du monde, que raconteavec un fort souci ...

@

CHRONIQUE D UN SCANDALE, Richard Eyre 2006, Judy Dench, Kate Blanchett (thriller sentimental)@@


A l'occasion de la rentrée scolaire, Barbara Covett, une enseignante ayant presque atteint l'âge de la retraite, fait la connaissance de Sheba, la nouvelle professeur de dessin. Séduisante mais très maladroite, cette dernière a beaucoup de mal à imposer son autorité auprès des élèves. Barbara comprend son désarroi et met tout en oeuvre pour l'aider à surmonter son handicap. Les deux femmes se lient d'amitié.

TELERAMA
Avec un suspense psychologique, Chronique d’un scandale donne à ses spectateurs une confortable longueur d’avance sur ses deux héroïnes en laissant vite apercevoir leurs obsessions secrètes respectives. Cette avance sert d’abord le film comme une plus-value de cruauté : elle permet de mieux profiter des premières scènes de malentendu entre les deux femmes, puis de leurs moments de gêne, jusqu’aux sueurs froides.

Mais quand la vérité éclate, c’est le trou d’air, et une impression de redondance plombe les vingt dernières minutes. Ces réserves dites, les numéros de Cate Blanchett, en bobo fêlée, et de Judi Dench, en virago pathétique et impitoyable, assurent l’attraction.
CHRONIQUE D UN SCANDALE, Richard Eyre 2006, Judy Dench, Kate Blanchett (thriller sentimental)@@ (E)
A l'occasion de la rentrée scolaire, Barbara Covett, une enseignante ayant presque atteint l'âge de la retraite, fait la connaissance de Sheba, la nouvelle professeur de dessin. Séduisante mais très maladroite, ce ...

@

CHRONIQUE D UE LIAISON PASSAGERE, Emmanuel Mouret 2022, Sandrine Kiberlain, Vincent Macaigne (sentimental)@@


Une mère célibataire et un homme marié deviennent amants. Engagés à ne se voir que pour le plaisir et à n'éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complicité naissante.

TELERAMA
Une célibataire entreprenante et un homme marié entament une relation où l’avenir est d’emblée exclu. Emmanuel Mouret signe une comédie réjouissante, portée par des acteurs remarquables.

«On va boire un verre ou deux mais je ressens une envie irrésistible de faire l’amour avec toi. » Charlotte (Sandrine Kiberlain), bloody mary à la main, affiche la couleur sans rougir. Le film vient à peine de commencer. « Ça va vite, là », confirme son rencard, ­Simon (Vincent Macaigne). La quinqua enthousiaste, mère célibataire libre comme l’air, le suit chaque fois qu’il s’éloigne. Le quadra lent à la détente, marié avec enfants, avance et ­recule, déchiré entre son désir et sa peur du « bazar ». Chronique d’une liaison passagère démarre sur ce feu d’artifice, alimenté par la fantaisie charmante de deux ­acteurs exceptionnels — elle, radieuse et conquérante en « femme brute », lui émouvant car désarçonné en « homme délicat ».

Alors que Charlotte et Simon passent un contrat explicite – jouir sans entraves –, l’auteur chronique, au fil de leurs rendez-vous, une cristallisation que chacun sait inéluctable. L’intérêt de ce suspense éventé ? Son éblouissante sophistication.

Le onzième long métrage d’Emmanuel Mouret (Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait) évoque un Woody Allen grand cru – les clins d’œil à Annie Hall (1977) foisonnent –, mais aussi le Lubitsch de Sérénade à trois (1933) pour l’élégance ludique et cet art de ne penser qu’à « ça » sans verser dans l’égrillard. Il faut dire que le sexe, s’il figure au centre ou, plutôt, au cœur (et c’est bien là qu’est l’os !) du propos, ­demeure obstinément dans le hors-champ de l’image. Le réalisateur filme la parole en mouvement avec une invention constante, entraînant ce pas de deux « éroticomique » vers la mélancolie. Les choses qu’on ne dit pas, les choses qu’on rate… En attendant, même si c’était éphémère – mais l’était-ce vraiment ? –, on aura été très heureux.
CHRONIQUE D UE LIAISON PASSAGERE, Emmanuel Mouret 2022, Sandrine Kiberlain, Vincent Macaigne (sentimental)@@ (E)
Une mère célibataire et un homme marié deviennent amants. Engagés à ne se voir que pour le plaisir et à n'éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complici ...

@

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@


Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aussi à l'occupation française. Beaucoup de ses compatriotes mettent sur le même plan la France, Hitler ou les Américains. Pour eux, il faut entrer en résistance.

TELERAMA
Coup d’éclat pour un réalisateur, sorti de l’ombre grâce à la Palme d’or obtenue au festival de Cannes en 1975, mais qui ne retrouvera plus guère l’inspiration par la suite (tout en pesant de tout son poids sur le cinéma algérien). Divisé en plusieurs chants (les années de cendre, les années de feu…), le film s’achève, en 1954, lorsque débute cette guerre que les Français voudront « sans nom », durant des années. Mohammed Lakhdar-Hamina interprète lui-même le fou du village, celui qui, en fait, détient la sagesse et la vérité.

En 1939, Ahmed quitte son village d’Algérie pour la ville. Il y laisse sa famille qui sera anéantie par une épidémie de typhus. C’est la Seconde Guerre mondiale : le jeune berger est enrôlé dans l’armée française. De retour au pays, il prend conscience de la situation en Algérie…

CHRONIQUE DES ANNEES DE BRAISE, Mohammed Lakhdar-Hamina 1975 (histoire Algerie)(palme d or)@@@ (E)
Algérie, au début de la Seconde Guerre mondiale. Ahmad, paysan dans un petit village, vit dans la misère avec sa femme et son fils. Il tente de faire face à la sècheresse, à l'expropriation mais aus ...

@

CHRONIQUES SEXUELLES D UNE FAMILLE D AUJOURD HUI, Pascal Arnold 2012, (film e)


Claire et Hervé, parents normaux, vivent avec leurs trois enfants, Romain, Pierre et Marie ; et Michel, le père veuf d'Hervé. Un jour, Romain le cadet est pris en cours de biologie en train de se masturber tout en se filmant avec son téléphone portable1. Claire est convoquée chez le directeur, Romain risque l’exclusion. Il se justifie face à sa mère : il s’agit d’un défi lancé, toute la classe, filles et garçons, y passent. C’est un jeu et chacun se met des notes. Il finit par dire à sa mère : « c’est pas la fin du monde ».

Claire se montre compréhensive, mais elle réalise qu'elle ne connait rien de la sexualité des autres membres de sa famille et qu'il n'y a aucune communication à ce sujet. Dès lors, elle se met en tête de connaitre leur sexualité. Elle interroge son beau-père Michel : il fréquente une prostituée, et est soulagé de le révéler. Ainsi, s'il meurt chez elle, la famille sera déjà au courant. Son mari lui dit ne pas coucher avec d'autres femmes, elle lui révèle qu'elle a régulièrement des amants.

Pierre entretient une relation avec Maxime, un fleuriste et pratique régulièrement le triolisme avec des femmes. Marie s'entend très bien sexuellement avec son petit ami. Romain perd sa virginité avec Coralie, une camarade de classe qui aime filmer leurs ébats et les rendre accessibles en ligne sur Internet.
CHRONIQUES SEXUELLES D UNE FAMILLE D AUJOURD HUI, Pascal Arnold 2012, (film e) (E)
Claire et Hervé, parents normaux, vivent avec leurs trois enfants, Romain, Pierre et Marie ; et Michel, le père veuf d'Hervé. Un jour, Romain le cadet est pris en cours de biologie en train de se masturber tout en se fi ...

@

CHUTE LIBRE, Joel Schumacher 1993, Michael Douglas (policier)@


Durant un été très chaud, un embouteillage causé par un chantier de travaux publics paralyse une portion de route de Los Angeles. William Foster, ancien salarié de l'industrie de la défense, craque soudainement et abandonne son véhicule. Fou de rage, il se lance dans une virée sauvage dans les rues de Los Angeles, s'en prenant indifféremment aux membres d'un gang ou aux employés d'un fast-food.

TELERAMA
Un homme abandonne sa voiture dans les embouteillages de Los Angeles et met à sac une épicerie tenue par un immigré asiatique, dont il juge les tarifs trop élevés... Michael Douglas a clairement dit qu’il ne trouvait pas d’excuse à son personnage. Mais le film n’évite pas le piège de l’ambiguïté. S’il condamne les méthodes de son héros, il se fait aussi son complice en minimisant ses exactions : D-Fens ne provoque dans l’épicerie que des dégâts matériels, et c’est d’une crise cardiaque que meurt le joueur de golf... Chute libre devient alors le véhicule d’une idéologie raciste et populiste franchement nauséabonde, qu’accompagne un hymne à l’autodéfense.
CHUTE LIBRE, Joel Schumacher 1993, Michael Douglas (policier)@ (E)
Durant un été très chaud, un embouteillage causé par un chantier de travaux publics paralyse une portion de route de Los Angeles. William Foster, ancien salarié de l'industrie de la défense, craque ...

@

CIGARETTES ET BAS NYLON, Fabrice Cazeneuve 2011, Adelaide Leroux, Salome Stevenin, Melodie Richard (histoire)@@


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Normandie, l'armée américaine installe des camps cigarettes pour accueillir les épouses françaises de soldats américains et les préparer à leur future vie aux États-Unis. Durant ces quelques jours, des amitiés naissent, des caractères se forgent, des drames surviennent.

LE MONDE
Elles sont fraîches et jolies, vêtues de robes fleuries. Elles ont rempli leur valise avec leur maigre trousseau et, excitées comme des gamines, ont rejoint le camp américain implanté sur la côte normande, étape obligée avant leur départ pour les Etats-Unis.
Nous sommes en 1945 et ces toutes jeunes filles s'apprêtent, la guerre terminée, à rejoindre leur amoureux américain connu pendant le Débarquement. Avant de monter sur le bateau pour leur traversée de l'Atlantique, ces jeunes épouses sont prises en main par des femmes de l'armée américaine chargées d'apprendre des rudiments de langage, l'hymne national et surtout les "bonnes manières" à ces Françaises réputées "légères".
Fondée sur des faits réels, Cigarettes et bas Nylon suit le parcours de quelques-unes de ces jeunes Normandes parties le coeur battant rejoindre en Amérique celui qu'elles avaient épousé parfois après un simple flirt. Pour certaines, le rêve deviendra réalité ; pour d'autres, les déconvenues les amèneront à rebrousser chemin et à tenter de se réinsérer dans leur famille et leur village qui voient une forme de trahison dans leur escapade.
Après un démarrage accrocheur, dû notamment au charme des jeunes interprètes, la fiction de Fabrice Cazeneuve et Jean-Claude Grumberg s'embourbe. L'idée de départ ne suffit pas à nourrir le scénario sur la longueur et les situations perdent autant en densité qu'en crédibilité. Reste néanmoins la qualité de jeu des comédiennes, au talent prometteur.

Fabrice Cazeneuve
CIGARETTES ET BAS NYLON, Fabrice Cazeneuve 2011, Adelaide Leroux, Salome Stevenin, Melodie Richard (histoire)@@ (E)
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Normandie, l'armée américaine installe des camps cigarettes pour accueillir les épouses françaises de soldats américains et les préparer à le ...

@

CIGARETTES ET CHOCOLATS CHAUDS, Sophie Reine 2016, Camille Cottin, Heloise Dugas (sentimental)@


Denis Patar est un père aimant, mais débordé qui se débat seul avec l'éducation de ses filles, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir, Denis oublie, une fois de trop, sa fille à la sortie de l'école.
CIGARETTES ET CHOCOLATS CHAUDS, Sophie Reine 2016, Camille Cottin, Heloise Dugas (sentimental)@ (E)
Denis Patar est un père aimant, mais débordé qui se débat seul avec l'éducation de ses filles, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir, Denis oublie, une fois de trop, sa fille à ...

@

CINEMA PARADISO, Giuseppe Tornatore 1988, Philippe Noiret


À Rome, à la fin des années 1980, Salvatore, cinéaste en vogue, vient d'apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Avec le souvenir d'Alfredo, c'est toute son enfance qui remonte à la surface : son village natal, en Sicile, quand on l'appelait Toto et qu'il partageait son temps libre entre l'église et la salle de cinéma paroissiale, où régnait Alfredo, le projectionniste qui, au travers des films qu'il projetait, lui apprenait la vie.

TELERAMA:
C'est le type même du film nostalgique. Mélo ? Non, pas vraiment, mais sentimental, assurément. Peut-être un peu trop. Le cinéaste Giuseppe Tornatore s'est vraisemblablement impliqué à l'extrême dans cette évocation. Chaque spectateur qui a connu le cinéma de papa doit avoir autant de souvenirs dans sa tête. Outre la mélancolie, il y a de l'humour dans ce film, et la présence écrasante, rassurante, de Philippe Noiret dans le rôle du projectionniste sympa. C'est vivant, aéré, et de cette tristesse dont on est content de subir le charme : le délicieux masochisme du romantisme.
CINEMA PARADISO, Giuseppe Tornatore 1988, Philippe Noiret (E)
À Rome, à la fin des années 1980, Salvatore, cinéaste en vogue, vient d'apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Avec le souvenir d'Alfredo, c'est toute son enfance qui remonte à la surface : son villag ...

@

CINQ FOIS DEUX, Francois Ozon 2004, Valerie Bruni-Tedeschi, Stephane Freiss (societe)@@


Un couple divorce. Chacun expose au juge sa version des faits. Après l'entretien, Gilles et Marion se retrouvent dans une chambre. Gilles a envie de faire l'amour une dernière fois, mais Marion se refuse à lui. Gilles la force.

TELERAMA
Cinq instants de la vie d'un couple déroulée à l'envers. Cinq morceaux de puzzle amoureux, dans l'ordre inverse des élans du cœur, du divorce à la première rencontre, via trois « stations » : un dîner orageux, un accouchement difficile, un mariage apparemment joyeux. François Ozon est parti d'un concept limite toc et l'a transformé en un film qui prend à rebrousse-poil la love story traditionnelle. Les voici donc : lui, c'est Gilles, elle, Marion – écoutant le juge prononcer leur divorce. Première scène intense, glaçante, qui réduit deux existences, un temps unies, à un arsenal procédurier. Et puisque dans ce film tout marche à l'envers, les divorcés tentent illico une dernière étreinte, dans une chambre d'hôtel. L'amour physique aurait-il si peu à voir avec la vie à deux ? Ozon chorégraphie un duo de visages, puis de corps, qui devient une lutte : d'emblée, les deux comédiens – Stéphane Freiss, buté et misérable, Valeria Bruni Tedeschi, cassée mais déjà ailleurs – vont porter le film.
CINQ FOIS DEUX, Francois Ozon 2004, Valerie Bruni-Tedeschi, Stephane Freiss (societe)@@ (E)
Un couple divorce. Chacun expose au juge sa version des faits. Après l'entretien, Gilles et Marion se retrouvent dans une chambre. Gilles a envie de faire l'amour une dernière fois, mais Marion se refuse à lui. Gilles l ...

@

CINQUANTE NUANCES DE GRIS, Sam Taylor-Wood 2015, Jamie Dornan, Dakota Johnson (film e)


Étudiante en littérature anglaise, Anastasia Steele se rend à Seattle dans les bureaux de Christian Grey, jeune homme d'affaires déjà à la tête d'un empire de télécom. Elle remplace sa colocataire malade, apprentie journaliste qui devait l'interviewer pour le magazine de l'université. Grey tombe sous le charme de cette jeune femme réservée. Au jeu de la séduction, les forces semblent bien distribuées.

TELERAMA
Les nuances, on en cherchera vainement cinquante, ni dix, ni cinq, mais on trouvera quelques soupçons d’alchimie. Il est vrai que Dakota Johnson a beaucoup de charme dans le rôle de l’étudiante à qui s’offre un avenir de « soumise ». Et Jamie Dornan réussit à donner de la gravité au fameux M. Grey, le « dominant ». Si le courant passe entre les deux comédiens, leurs personnages n’ont rien d’autre à faire qu’à se prêter à un jeu du chat et de la souris tout au long duquel ils sont régulièrement ramenés chez papa, chez maman.

La question de l’autorité est là, dans ces scènes familiales infantilisantes, par ailleurs ineptes, bien plus que dans les pratiques sadomasos du joli couple… Dans la « chambre rouge » équipée de fouets, on ne s’émancipe pas. Les relations sont définies par contrat : l’esprit « corporate » envahit la sphère du sensuel, la gestion d’entreprise et la négociation d’avocat à avocat trouvent de désespérants échos dans un langage amoureux très safe et pas très sexe.

Ce film qu’on pouvait espérer provocateur, tant qu’à faire, finit même, avec un regard bien puritain, par désigner les fantasmes de M. Grey comme ceux d’un pauvre malade… qui ne demande qu’à guérir ! On nage en pleine hypocrisie. « Lâcher prise », claironne l’affiche du film. Sur le plateau, la réalisatrice, Sam (pour Samantha), et E.L. James, l’auteur du roman Cinquante Nuances de Grey, devenue productrice, se sont livrées à une véritable guerre du con­trôle. Qui ne profite à personne.
CINQUANTE NUANCES DE GRIS, Sam Taylor-Wood 2015, Jamie Dornan, Dakota Johnson (film e) (E)
Étudiante en littérature anglaise, Anastasia Steele se rend à Seattle dans les bureaux de Christian Grey, jeune homme d'affaires déjà à la tête d'un empire de télécom. Elle rempl ...

@

CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES, James Foley 2018, Dakota Johnson, Jamie Dornan (film e)


Pensant avoir laissé derrière eux les ombres du passé, les jeunes mariés Christian et Ana profitent pleinement de leur relation tortueuse et partagent une vie de luxe. Cependant, alors qu'Anastasia commence tout juste à s'adapter à son nouveau rôle de Madame Grey et que Christian s'ouvre finalement à elle, de nouvelles menaces viennent mettre en péril leur vie commune avant même qu'elle n'ait débuté.

TELERAMA
Résumons-nous : Anastasia et Christian sont amoureux, ils sont riches, beaux comme tout un catalogue de sous-vêtements, et toujours (vaguement) sadomasos. La routine, quoi. Sauf que cette fois, ils se sont mariés, comme monsieur et madame Tout-le-Monde. Après le fouet et la fessée, la corde au cou : on subodore que cette iniative très conformiste est censée émoustiller encore plus la clientèle du film, ménagères rêveuses, foules sentimentales. Hélas, comme ils vont bientôt le découvrir, dans ce monde cruel, tout n’est pas qu’envols de strings et de jets privés : un méchant tente en effet de ternir leur bonheur en plastoc. Mollement. Et surtout pour meubler le scénario.

Mais ne soyons pas trop injustes avec le couple star, Dakota Johnson et Jamie Dornan : être coincés dans un tel panier de navets, tu sais, c’est pas si facile. Au terme de cette interminable trilogie, qui cumule désormais un total de cent-cinquante nuances de vide, ils ont dû échanger des kilomètres de dialogues nuls, et se papouiller artistiquement dans tous les sens sans faire vibrer les nôtres : l’alchimie d’une spatule et d’un verre à dents. Un comble, pour des héros de romance érotique.

C’est dire si, cette fois, ils ont l’air d’être épuisés. Le réalisateur a beau les forcer à se tartiner mutuellement de crème glacée (au rayon « alimentation et sexualité », Mickey Rourke et Kim Basinger s’en sortaient beaucoup mieux dans 9 semaines et demie, c’est dire), rien n’y fait : la seule vraie « débauche » que propose ce fantôme de film est celle du luxe que procure l’argent. Hélicoptères, yachts, penthouses, et on en passe la moitié : les signes extérieurs et ostentatoires d’une jouissance inaccessible à la plupart des spectateurs. Cinquante nuances de sadomasochisme économique.
CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES, James Foley 2018, Dakota Johnson, Jamie Dornan (film e) (E)
Pensant avoir laissé derrière eux les ombres du passé, les jeunes mariés Christian et Ana profitent pleinement de leur relation tortueuse et partagent une vie de luxe. Cependant, alors qu'Anastasia commence tout ...

@

CINQUANTE NUANCES PLUS SOMBRES, James Foley 2017, Dakota Johnson, Jamie Dornan (film e)


Lorsque Christian Grey blessé tente de séduire et de reconquérir Ana Steele devenue méfiante, elle exige un nouvel accord avant de lui offrir une seconde chance. Alors que la confiance et la stabilité commencent à s'établir au sein du couple, le côté sombre de Christian, surgi de son passé, attire le couple dans une spirale infernale, mettant en danger leurs chances de vivre un avenir ensemble.

TELERAMA
Retour de Ken et Barbie, pseudo-pervers. Une suite qui se contente de faire fructifier le succès du premier volet.
Pas de règles, pas de limites », nous titillait la bande-annonce. Eh bien, c’est vrai. Pas de règles dans l’écriture d’un scénario qui ouvre maladroitement des pistes pour les refermer aussitôt. Et, surtout, pas de limites à la platitude plus rose que « sombre » d’un film qui se contente de faire fructifier le succès du précédent, Cinquante Nuances de Grey, romance parfumée au sadomaso de synthèse.

Où donc en étions-nous ? D’un côté du fouet, il y a Christian Grey, bellâtre richissime (sa blague préférée : « Haha, 24 000 dollars, c’est ce que je gagne en dix minutes ») et néanmoins polytraumatisé par une enfance difficile (« Oh, non, non, non », gémit-il dans son sommeil). De l’autre, Anastasia Steele, fraîche comme une pâquerette, et toujours partante pour recevoir une bonne fessée.

Quoi de neuf ? Rien. On a déjà subi leur rencontre, il faut maintenant assister à l’épanouissement de leur amour. Monsieur ne veut plus faire bobo à Madame, parce qu’au fond à gauche, c’est un grand sensible. Mais Madame veut bien un peu, quand même, parce que sinon, il n’y aurait vraiment plus rien dans le film, à part des dialogues neuneu.

Entièrement bâti pour meubler les attentes entre deux scènes de sexe faussement olé-olé (dont une avec des menottes de pieds toutes neuves), calibrées à la demi-fesse près pour émoustiller sans choquer le bourgeois, le film souffre de surcroît du manque d’alchimie entre les deux comédiens, Dakota Johnson et Jamie Dornan (le formidable tueur de la série The Fall, transformé ici en Ken pseudo-pervers). Bref, cinquante plus cinquante égale toujours… zéro.

CINQUANTE NUANCES PLUS SOMBRES, James Foley 2017, Dakota Johnson, Jamie Dornan (film e) (E)
Lorsque Christian Grey blessé tente de séduire et de reconquérir Ana Steele devenue méfiante, elle exige un nouvel accord avant de lui offrir une seconde chance. Alors que la confiance et la stabilité comm ...

@

CIRCLE OF EIGHT, Stephen Cragg 2009, Austin Highsmith, Jesse Johnson, Ryan Doom (horreur)@


Jessica vient d'arriver à Los Angeles, où elle emménage au huitième étage d'un immeuble, le Dante. Malgré l'amabilité de ses nouveaux voisins, quelque chose l'inquiète dans ce bâtiment. Entre Ed, le propriétaire trop serviable, Randall, un voisin dont la caméra est très intéressée par elle, et Evan, un artiste qui vit reclus, la jeune femme n'a pas de quoi être rassurée.

TELERAMA
Jessica arrive à Los Angeles et trouve un appartement tout à fait à son goût au huitième étage de l'immeuble "Le Dante". Ses nouveaux voisins, essentiellement des jeunes gens de son âge, se montrent très aimables et l'aident à se sentir à l'aise. Pourtant, quelque chose dans le bâtiment l'inquiète. Le propriétaire, Ed, est bien trop serviable, son voisin Randall ne pointe jamais sa caméra ailleurs que vers elle et Evan, un artiste qui vit reclus, semble dissimuler quelque secret. Quand les locataires commencent à mourir assassinés d'horrible manière, Jessica entreprend de percer le mystère de l'immeuble. Une quête qui va l'amener à faire de terribles découvertes...
CIRCLE OF EIGHT, Stephen Cragg 2009, Austin Highsmith, Jesse Johnson, Ryan Doom (horreur)@ (E)
Jessica vient d'arriver à Los Angeles, où elle emménage au huitième étage d'un immeuble, le Dante. Malgré l'amabilité de ses nouveaux voisins, quelque chose l'inquiète dans ce bâ ...

@

CIRCULEZ Y A RIEN A VOIR, Patrice LECONTE 1983, MichelBlanc, Jane Birkin, Jacques Villeret


Leroux et Pélissier, deux inspecteurs falots, enquêtent sur des chèques volés. Ils arrivent chez Hélène Duvernet, propriétaire d'une galerie d'art contemporain. Pélissier est convaincu qu'elle est étrangère à l'histoire, mais Leroux, impressionné par la jeune femme, s'accroche, persuadé qu'elle cache quelque chose. Il la suit partout avec une rare insolence.
CIRCULEZ Y A RIEN A VOIR, Patrice LECONTE 1983, MichelBlanc, Jane Birkin, Jacques Villeret (E)
Leroux et Pélissier, deux inspecteurs falots, enquêtent sur des chèques volés. Ils arrivent chez Hélène Duvernet, propriétaire d'une galerie d'art contemporain. Pélissier est convaincu ...

@

CITIZEN KANE, Orson Welles 1941, Orson Welles, Joseph Cotten (thriller)@@@@


Lorsqu'un journaliste est chargé de déchiffrer les derniers mots du magnat de la presse Charles Foster Kane, son enquête révèle peu à peu le portrait fascinant d'un homme complexe qui est passé de l'obscurité à des sommets vertigineux.

TELERAMA
C'est le film de tous les records, celui que tant de cinéastes et de critiques placent au plus haut : il fut tourné en 1940 par un jeune homme de 25 ans qui faisait ses débuts derrière la caméra : Orson Welles. Pour le centième anniversaire de sa naissance, qui va être célébré à Cannes, Citizen Kane est, pour la première fois, édité en haute définition dans le format Blu-ray, avec un livret plein de photos et de documents d'époque. Dans les bonus, on accède à un commentaire passionnant (mais non sous-titré) du réalisateur Peter Bogdanovich, qui s'exclame presque à chaque scène : « Personne n'avait jamais filmé comme ça avant ! », « Un tel cadrage n'avait jamais été fait ! »...

Citizen Kane, c'est le cinéma pris d'assaut par un jeune prodige qui s'est rendu suffisamment célèbre au théâtre et à la radio pour décrocher un contrat en or à Hollywood : on lui accorde toutes les libertés, et il les prend. Acteur reconnu déjà, il s'offre un vrai cadeau en interprétant Kane, ambitieux patron de presse, de 25 à 75 ans. Et à cette saga qui raconte le pouvoir, la fortune, la solitude et le passage du temps, il donne une forme somptueuse et baroque, avec une mise en scène qui défie les règles et bouscule les spectateurs. Ceux de l'époque furent, d'ailleurs, décontenancés, et le film considéré comme un échec. Welles ne retrouva jamais le pouvoir qu'il avait eu pour son premier film. Le de
CITIZEN KANE, Orson Welles 1941, Orson Welles, Joseph Cotten (thriller)@@@@ (E)
Lorsqu'un journaliste est chargé de déchiffrer les derniers mots du magnat de la presse Charles Foster Kane, son enquête révèle peu à peu le portrait fascinant d'un homme complexe qui est passé ...

@

CITOYEN D HONNEUR, Mohamed Hamidi 2022, Kad Merad, Jamel Debouzze (comique)@@


Samir Amin est un écrivain comblé, Prix Nobel de littérature, qui vit à Paris, loin de son pays natal, l'Algérie. Il refuse systématiquement toutes les invitations qui lui sont faites. Or, un jour, il décide d'accepter d'être fait citoyen d'honneur de Sidi Mimoun, la petite ville où il est né. Est-ce vraiment une bonne idée que de revoir les habitants de cette ville, qui sont devenus, d'année en année, les personnages de ses différents romans ?

TELERAMA
Célébré par son village natal, l’écrivain Samir Amin revient en Algérie, qu’il a quittée il y a vingt ans. Une comédie attachante aux accents sociaux.

Samir Amin, écrivain français si reconnu qu’il vient de recevoir le prix Nobel de littérature, n’a jamais remis les pieds en Algérie, qu’il a quittée à l’adolescence. Quand son village natal l’invite pour en faire son citoyen d’honneur, le romancier accepte : pourquoi ne pas revenir aux sources, alors qu’il peine à trouver l’inspiration pour son prochain roman ?

Mohamed Hamidi, réalisateur des très sympathiques La Vache et Jusqu’ici tout va bien, transpose en Algérie le film argentin El ciudadano ilustre, de Gaston Duprat et Mariano Cohn, en estompant le caractère snob et méprisant du personnage d’origine – comme s’il était impossible de faire incarner à Kad Merad un héros antipathique. Même sans le cynisme de l’orignal, cette version fait pourtant mouche, avec son mélange parfaitement dosé d’humour attendrissant et de réalisme social et politique. Comment, soudain, devenir la fierté nationale d’un pays qu’on a raconté de (trop ?) loin ?

Un humanisme noble et solaire
Le héros se trimballe d’obligations protocolaires fantaisistes en confrontations plus tendues et violentes que prévues, avec son pote Miloud, ancien petit voisin devenu un quinquagénaire plus que serviable - facétieux Fatsah Bouyahmed, auquel Kad Merad laisse la vedette avec le sourire. Et, grâce à la lumineuse Oulaya Amamra, révélation de Divines (2016), un éternel Printemps arabe s’incarne, qui dit le refus de l’exil pour résister sur place... Une comédie populaire d’un humanisme noble et solaire.
CITOYEN D HONNEUR, Mohamed Hamidi 2022, Kad Merad, Jamel Debouzze (comique)@@ (E)
Samir Amin est un écrivain comblé, Prix Nobel de littérature, qui vit à Paris, loin de son pays natal, l'Algérie. Il refuse systématiquement toutes les invitations qui lui sont faites. Or, un jour, ...

@

CLAIR DE FEMME, Costa Gavras 1979, Yves Montand, Romy Schneider (drame sentimental)@@


Michel, traumatisé par la mort imminente de son épouse, ne parvient pas à prendre l'avion qui doit l'emmener à Caracas. En descendant d'un taxi, il bouscule une jeune femme, Lydia, dont il fait tomber le sac. Il s'attache alors à cette inconnue, sans s'apercevoir qu'elle souffre tout autant que lui. Lydia rejoint Michel dans un cabaret où se produit le señor Galba, un dresseur de chiens. Les deux malheureux, éperdus de chagrin, se rendent alors dans le luxueux appartement de la belle-mère de Lydia. L'enfant de cette dernière semble y sombrer dans une folie définitive, par la faute de son père dont on fête pour l'heure l'anniversaire...

TELERAMA
Spécialiste des pamphlets politiques, Costa-Gavras tente ici un détour du côté du drame sentimental. Habitué aux démonstrations coups de poing, il est visiblement mal à l’aise dans ce conte d’amour et de deuil. L’univers insolite de Romain Gary, pétri de dérision romantique, y perd de sa densité. Pourtant, malgré la maladresse des dialogues et de certaines scènes, trop lourdement paroxystiques, on s’attache à la dérive de ces deux naufragés accrochés l’un à l’autre et cernés par la mort. Fragile, lumineuse, visiblement plus à l’aise que son partenaire Yves Montand, Romy Schneider crée le miracle : suscitant, dans la même minute, l’angoisse et l’espoir, elle bouleverse.



CLAIR DE FEMME, Costa Gavras 1979, Yves Montand, Romy Schneider (drame sentimental)@@ (E)
Michel, traumatisé par la mort imminente de son épouse, ne parvient pas à prendre l'avion qui doit l'emmener à Caracas. En descendant d'un taxi, il bouscule une jeune femme, Lydia, dont il fait tomber le sac. Il ...

@

CLASS, Lewis John Carlino 1983, Jaqueline Bisset, Rob Lowe (film e)


L'étudiant Skip encourage son camarade de chambre Jonathan à sortir avec des femmes plus âgées C'est là qu'il rencontre Ellen, une femme plus âgée qui met hélas un terme à la relation. Pendant les vacances de Noël, Skip invite Jonathan chez lui, qui découvre avec effroi que la mère de Skip est Ellen, et qu'elle souhaite finalement reprendre leur aventure. Tout d'abord réticent, Jonathan se laisse tenter. Jusqu'au jour où Skip découvre la vérité.

TELERAMA
CLASS, Lewis John Carlino 1983, Jaqueline Bisset, Rob Lowe (film e) (E)
L'étudiant Skip encourage son camarade de chambre Jonathan à sortir avec des femmes plus âgées C'est là qu'il rencontre Ellen, une femme plus âgée qui met hélas un terme à la rela ...

@

CLASSE TOUS RISQUES, Claude Sautet 1960, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo (thriller)@


Condamné par la justice française, Abel Davos s'est réfugié en Italie. Après un dernier vol à main armée à Milan, il tente de regagner la France en compagnie de sa femme, de ses deux fils et de son ami Raymond. En chemin, ils tombent sur les douanes. L'épouse d'Abel et Raymond sont tués.

TELERAMA
Un des premiers Sautet, qui n’est pas encore le peintre des quadras, mais un admirateur des polars américains. Une rapidité sèche, pluvieuse et sombre.
On n’est pas dans le Sautet des années 1970, peintre psychologue des quadragénaires fatigués. Son premier vrai film (oublions Bonjour sourire) reflète l’admiration qu’il conservera toujours pour le polar amé­ricain. Son héros (Lino Ventura), gang­ster traqué par la police, est las, déjà, des choses de la vie. Il cherche de l’aide — un geste d’amitié lui suffirait — mais ne recueille que reproches ou indifférence.

Sautet mène son film avec une rapi­dité sèche, dénuée de sensiblerie, dans une ­atmosphère pluvieuse et sombre. La solitude de Ventura évoque bien des personnages du cinéaste. Notamment le Michel Serrault de Nelly et M. Arnaud. Ou Daniel Auteuil, ce Cœur en hiver.
CLASSE TOUS RISQUES, Claude Sautet 1960, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo (thriller)@ (E)
Condamné par la justice française, Abel Davos s'est réfugié en Italie. Après un dernier vol à main armée à Milan, il tente de regagner la France en compagnie de sa femme, de ses deux f ...

@

CLEMENCEAU, la force d aimer, Lorraine Levy 2023, Pierre Arditi, Emilie Caern, Francois Marthouret, Elizabeth Bourgine


Cette histoire est celle d'un coup de foudre imprévu entre Georges Clemenceau, 82 ans, et Marguerite, une éditrice de 40 ans sa cadette. Elle ne s'achèvera qu'à la disparition du grand homme : quatre années durant lesquelles ils échangeront plus de 700 lettres, écrites le cœur battant.

TELERAMA:
Cousue de fil blanc, cette histoire d’amour entre deux êtres séparés par les années ne réserve malheureusement que peu de surprises. Le problème vient surtout des dialogues : trop explicatifs, ceux-ci s’encombrent de références incessantes aux événements de l’époque (le traité de Versailles, la politique de Poincaré…). Un manque de naturel qui empêche de croire tout à fait aux personnages et aux situations. Dommage, car les deux acteurs s’en tirent bien : Pierre Arditi en particulier s’avère assez crédible en Clemenceau bougon et amoureux.
CLEMENCEAU, la force d aimer, Lorraine Levy 2023, Pierre Arditi, Emilie Caern, Francois Marthouret, Elizabeth Bourgine (E)
Cette histoire est celle d'un coup de foudre imprévu entre Georges Clemenceau, 82 ans, et Marguerite, une éditrice de 40 ans sa cadette. Elle ne s'achèvera qu'à la disparition du grand homme : quatre année ...

@

CLEO DE 5 A 7, Agnès Varda 1962, Corinne Marchand, Jean-Luc Godard, Michel Legrand (societe sante)@@@


Une chanteuse égoïste nommée Cléo doit attendre deux heures pour des résultats d'un examen médical. Après une lecture inquiétante dans les cartes du tarot, elle rend visite chez ses amis, qui essaient tous de l'aider comme ils le peuvent.

TELERAMA
Cléo déambule dans les rues de Paris, en attendant le résultat d’une biopsie. Jamais Agnès Varda n’a été aussi proche de l’univers doux-amer de Jacques Demy.

Dans les années 1980, Madonna faillit en produire un remake, avec elle-même, bien sûr. Dans les années 2010, le Norvégien Joachim Trier s’en inspira ouvertement pour Oslo, 31 août. Et Lena Dunham, la créatrice de la série Girls, le cite parmi ses films de chevet. Cléo de 5 à 7 est éternellement à la mode. Comme sa belle héroïne (Corinne Marchand) sur un fil, silhouette à la Kim Novak et chic parisien de toujours. Le titre coquin cache élégamment la gravité de la situation : Cléo attend confirmation d’un diagnostic médical des plus angoissants. La mort plane sur les deux heures à tuer avant le rendez-vous à l’hôpital parisien de la Salpêtrière. Agnès Varda, dont c’est le deuxième long métrage, était déjà une ingénieuse créatrice de formes en 1961 : tous ses documentaires, fictions et installations ont une architecture conceptuelle.

Dans Cléo de 5 à 7, elle filme d’abord un compte à rebours. Elle explore la dictature banale et fantastique des minutes, marquée en surimpression, ou bien sur les horloges et les montres, partout. Et, miracle, la rigueur du style, la contrainte du chronomètre et la possibilité du pire libèrent le personnage : on croirait assister à l’invention de l’héroïne moderne. La chanteuse yéyé (métier de Cléo), égocentrée et narcissique, des premières scènes cède peu à peu la place à une autre femme, non plus objet mais sujet, qui regarde, qui écoute, qui se laisse enfin atteindre par les autres. C’est l’histoire inoubliable d’une transfiguration.
CLEO DE 5 A 7, Agnès Varda 1962, Corinne Marchand, Jean-Luc Godard, Michel Legrand (societe sante)@@@ (E)
Une chanteuse égoïste nommée Cléo doit attendre deux heures pour des résultats d'un examen médical. Après une lecture inquiétante dans les cartes du tarot, elle rend visite chez ses amis ...

@

CLEOPATRE, Joseph L. Mankiewicz 1963, Elizabeth Taylor, Richard Burton (bio histoire)@



César poursuit Pompée jusqu'en Égypte où le jeune souverain, Ptolémée, fait exécuter le fugitif. Écartée du trône d'Égypte par son frère, Cléopâtre demande l'aide de César pour rétablir son pouvoir. Celui-ci accepte, succombe à ses charmes et lui donne un fils, Césarion. De retour à Rome, César est assassiné.
CLEOPATRE, Joseph L. Mankiewicz 1963, Elizabeth Taylor, Richard Burton (bio histoire)@ (E)

César poursuit Pompée jusqu'en Égypte où le jeune souverain, Ptolémée, fait exécuter le fugitif. Écartée du trône d'Égypte par son frère, Cléop&a ...

@

CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@


Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Claude François devient un patron tyrannique. Toute la première, en revanche, est académique à souhait.

Au bout d’une heure et quart (à la moitié, donc), un deuxième film commence. Jérémie Renier, jusque-là clone parfait de Claude François, se défait soudain. Comme s’il revêtait un masque, avec des yeux qui brillent un peu trop, un sourire qui se fait rictus... Le réalisateur profite de ce « Cloclo 2 » pour oser des plans-séquences formidables : celui où l’idole, au volant de sa voiture, croise, par groupes, des minettes énamourées qui cherchent à le toucher. Encore plus beau : celui qui serpente entre les convives du célèbre « moulin », propriété de la star, pour décou­vrir l’enfant caché qui observe la fête de loin, mal dissimulé derrière une fenêtre.

Mais avant, on doit subir une première partie insignifiante : l’enfance du petit Claude en Egypte, ses échecs répétés en crooner à l’américaine, sa passion pour France Gall... Dialogues de sitcom, musique additionnelle pleurarde et inénarrable séquence où l’on voit Cloclo trouver les paroles de son tube, Comme d’habitude, en regardant passer les nuages dans le ciel...
CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@ (E)
Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Cl ...

@

CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@


Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Claude François devient un patron tyrannique. Toute la première, en revanche, est académique à souhait.

Au bout d’une heure et quart (à la moitié, donc), un deuxième film commence. Jérémie Renier, jusque-là clone parfait de Claude François, se défait soudain. Comme s’il revêtait un masque, avec des yeux qui brillent un peu trop, un sourire qui se fait rictus... Le réalisateur profite de ce « Cloclo 2 » pour oser des plans-séquences formidables : celui où l’idole, au volant de sa voiture, croise, par groupes, des minettes énamourées qui cherchent à le toucher. Encore plus beau : celui qui serpente entre les convives du célèbre « moulin », propriété de la star, pour décou­vrir l’enfant caché qui observe la fête de loin, mal dissimulé derrière une fenêtre.

Mais avant, on doit subir une première partie insignifiante : l’enfance du petit Claude en Egypte, ses échecs répétés en crooner à l’américaine, sa passion pour France Gall... Dialogues de sitcom, musique additionnelle pleurarde et inénarrable séquence où l’on voit Cloclo trouver les paroles de son tube, Comme d’habitude, en regardant passer les nuages dans le ciel...
CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@ (E)
Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Cl ...

@

CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele(enfance)@


Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur rentrée au collège, un groupe de jeunes filles souhaite savoir si les garçons sont en couple. C'est un véritable choc pour Leo et un coup de frein pour leur amitié. A la suite de cet incident, l'enfant va se remettre en question ainsi que la relation qui le lie à Rémi. Il s'éloigne de son ami de toujours, laissant celui-ci dans l'incompréhension. Jusqu'au jour où Leo décide de se rapprocher de la mère de son ami afin de trouver du soutien...

TELERAMA
Cette chronique d’une intense amitié mise à mal par les clichés de genre vire au drame dans une deuxième partie qui souffre de nombreuses maladresses.
Le joli est-il l’ennemi du beau ? Vous avez une heure quarante-cinq, soit la durée de Close, deuxième long métrage de Lukas Dhont, 30 ans, récompensé par un Grand Prix en 2022 au Festival de Cannes (ex aequo avec Stars at Noon, de Claire Denis). Après Girl, portrait d’une jeune fille en transition, Caméra d’or en 2018, le Belge confirme son goût pour les titres réduits à l’essentiel (une syllabe, un programme) et la douceur qui trompe son monde, façon loup déguisé en mère-grand — c’est pour mieux te faire pleurer, mon enfant.

Dans sa première partie, la plus réussie, Close (« proche », en français) chronique le meurtre à bas bruit, ordinairement homophobe, d’une amitié idéale. Presque frères, Léo (Eden Dambrine) et Rémi (Gustav De Waele), 11 ans, partagent tout, batailles imaginaires et épées de bois, admiration réciproque, courses folles dans les champs de fleurs aux couleurs divines, chuchotis rieurs sur l’oreiller. L’amour ? Un jour peut-être, ou peut-être pas, ce n’est pas dit, ce n’est pas la question.

Leur arrivée en sixième signe l’avis d’expulsion du paradis : deux gars qui se tiennent la main dans la cour de récré, ça fait « pédales », merci d’adopter les codes genrés appliqués par la majorité. Même si c’est parfois formulé sans malveillance (« Vous êtes ensemble ? », interroge simplement une collégienne dans une scène formidable), Léo, gêné, obtempère illico, intègre l’équipe de hockey sur glace, activité virile s’il en est, et s’éloigne progressivement de Rémi.

Les images plutôt que des dialogues explicatifs
Derrière son festival de rayons de soleil sur ravissants marmots, Close convainc tant qu’il s’en tient à une autopsie de la tendresse masculine en milieu scolaire. Nettement moins lorsqu’il bascule dans la tragédie et abandonne Léo à la solitude, au remords et à un unique et répétitif principe de mise en scène, entièrement centré sur les activités physiques du gamin — travail aux champs et sport, ad libitum, se faire mal pour oublier l’autre douleur.

S’il montre l’ambition louable de s’en remettre aux images plutôt qu’à des dialogues explicatifs, Lukas Dhont n’échappe pas à la lourdeur symbolique — un poignet cassé, puis réparé, en devient par exemple sursignifiant. Il délaye son mélo photogénique, fasciné par la souffrance muette de son jeune héros, dont il scrute le visage et souligne chaque regard jusqu’à la dernière seconde. Pour dévier un peu de l’itinéraire balisé, il faut s’en remettre aux actrices, Léa Drucker, et, surtout la bouleversante Émilie Dequenne, qui ne laisseront personne les yeux secs.
CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele(enfance)@ (E)
Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur r ...

@

CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele, Emilie Dequenne, Lea Drucker (societe)@@


Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur rentrée au collège, un groupe de jeunes filles souhaitent savoir si les garçons sont en couple. C'est un véritable choc pour Leo et un coup de frein pour leur amitié. A la suite de cet incident, l'enfant va se remettre en question ainsi que la relation qui le lie à Rémi. Il s'éloigne de son ami de toujours, laissant celui-ci dans l'incompréhension. Jusqu'au jour où Leo décide de se rapprocher de la mère de son ami afin de trouver du soutien...

TELERAMA
Close, deuxième long métrage de Lukas Dhont, 30 ans, récompensé par un Grand Prix en 2022 au Festival de Cannes (ex-aequo avec Stars at Noon, de Claire Denis). Après Girl, portrait d’une jeune fille en transition, Caméra d’or en 2018, le Belge confirme son goût pour les titres réduits à l’essentiel (une syllabe, un programme) et la douceur qui trompe son monde, façon loup déguisé en mère-grand – c’est pour mieux te faire pleurer, mon enfant.

Dans sa première partie, la plus réussie, Close (« proche », en français) chronique le meurtre à bas bruit, ordinairement homophobe, d’une amitié idéale. Presque frères, Léo (Eden Dambrine) et Rémi (Gustav De Waele), 11 ans, partagent tout, batailles imaginaires et épées de bois, admiration réciproque, courses folles dans les champs de fleurs aux couleurs divines, chuchotis rieurs sur l’oreiller. L’amour ? Un jour peut-être, ou peut-être pas, ce n’est pas dit, ce n’est pas la question. Leur arrivée en sixième signe l’avis d’expulsion du paradis : deux gars qui se tiennent la main dans la cour de récré, ça fait « pédales », merci d’adopter les codes genrés appliqués par la majorité. Même si c’est parfois formulé sans malveillance (« Vous êtes ensemble ? », interroge simplement une collégienne dans une scène formidable), Léo, gêné, obtempère illico, intègre l’équipe de hockey sur glace, activité virile s’il en est, et s’éloigne progressivement de Rémi.

Derrière son festival de rayons de soleil sur ravissants marmots, Close convainc tant qu’il s’en tient à une autopsie de la tendresse masculine en milieu scolaire. Nettement moins lorsqu’il bascule dans la tragédie et abandonne Léo à la solitude, au remords et à un unique et répétitif principe de mise en scène, entièrement centré sur les activités physiques du gamin – travail aux champs et sport, ad libitum, se faire mal pour oublier l’autre douleur. S’il montre l’ambition louable de s’en remettre aux images plutôt qu’à des dialogues explicatifs, Lukas Dhont n’échappe pas à la lourdeur symbolique – un poignet cassé, puis réparé, en devient par exemple sursignifiant. Il délaye son mélo photogénique, fasciné par la souffrance muette de son jeune héros, dont il scrute le visage et souligne chaque regard jusqu’à la dernière seconde. Pour dévier un peu de l’itinéraire balisé, il faut s’en remettre aux actrices, Léa Drucker, et, surtout la bouleversante Émilie Dequenne, qui ne laisseront personne les yeux secs.
CLOSE, Lukas Dhont 2022, Eden Dambrine, Gustav De Waele, Emilie Dequenne, Lea Drucker (societe)@@ (E)
Deux garçons de 13 ans, Leo et Rémi, sont inséparables. Ils passent pratiquement tous les jours ensemble et dorment parfois chez Rémi. Mais un évènement va bouleverser cette relation. Lors de leur r ...

@

CLOSER entre adultes consentants, Mike Nichols 2004, Natalie Portman, Julia Roberts, Jude Law (thriller sentimental)@@@


Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. À un niveau extrême, deux hommes et deux femmes vont jouer le jeu pervers de la séduction et du désir. Alternant manipulations et trahisons, ils entament un diabolique chassé-croisé amoureux dont personne ne sortira indemne.

TELERAMA
Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. Une vision cynique et dérangeante des relations amoureuses, portée par un casting irréprochable.

Dan rencontre par hasard une Américaine, qui se fait renverser devant lui. La vie chaotique d’Alice lui donne l’argument d’un livre, pour la couverture duquel il se fait photographier par Anna, dont il s’éprend. L’ironie du destin — et d’Internet — fera de Dan l’organisateur de la rencontre d’Anna avec Larry, dermatologue viril, « plus beau rêve et pire cauchemar d’une femme »…

Quarante ans après Qui a peur de Virginia Woolf ?, Mike Nichols filme un huis clos où il reflète — de nouveau — une époque où le plaisir du sexe masque de plus en plus mal la panique devant le sentiment, où les personnages sont aussi épouvantés de passer à côté de leur vie que de la vivre. Le film est brillant, faussement superficiel, il joue constamment sur le temps : six mois, un an passent en une seconde — c’est au spectateur de s’en apercevoir —, alors que chaque rupture est étirée à l’infini, fouillée jusqu’à l’insoutenable.

Entre ces quatre-là, entre vérités et mensonges devinés, c’est, comme le disait Marcel Achard, cette « tendre guerre où l’ennemi est le partenaire ». Si Clive Owen et Natalie Portman dominent légèrement les autres, c’est qu’ils héritent des moments les plus forts du film.
CLOSER entre adultes consentants, Mike Nichols 2004, Natalie Portman, Julia Roberts, Jude Law (thriller sentimental)@@@ (E)
Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. À un niveau extrême, deux hommes et deux femmes ...

@

CLOVERFIELD, Matt Reeves 2008, Michael Stahl-David, Lizzy Caplan (catastrophe science fiction)@@


New York, 2007. Une quarantaine de jeunes gens organise une fête pour le départ d'un des leurs pour le Japon. Au cours de la soirée, tandis que la fête bat son plein, l'immeuble dans lequel ils se trouvent est fortement ébranlé par une brusque secousse.

TELERAMA
Quand arrivera l'heure de l'Apocalypse, vous le saurez sur YouTube ou Dailymotion, grâce au film de votre voisin... C'est peut-être la seule idée de cette superproduction hollywoodienne (née dans le cerveau des producteurs de Lost), mais elle est on ne peut plus actuelle : raconter la destruction de New York par un monstre géant (mi-diable, mi-Godzilla) en format amateur, via la vidéo subjective d'un New-Yorkais paniqué mais endurant.

Ça commence dans une party de jeunes gens beaux, riches et têtes à claques, et puis, patatras, ça se poursuit en temps réel dans les rues, au milieu des décombres, puis dans le métro où la grosse bébête a dépêché des bébêtes plus petites - mais pas moins méchantes. Les effets spéciaux numériques (belles bestioles, jolies explosions) sont bien là, mais l'image tremble, tressaute (pas facile de cadrer en courant), la psychologie est réduite au minimum - ou à l'invraisemblable : faire marche arrière pour sauver une girlfriend au trente-sixième étage d'un gratte-ciel éventré ; nous, désolé, on n'irait pas.

Le procédé a beau être systématique, il se révèle efficace et riche : il ramasse l'action, facilite la proximité avec les héros anonymes (enfin, surtout une sublime héroïne à la voix lasse, jouée par Lizzy Caplan, un nom et un visage à retenir), débarrasse le script de toute explication. « On ne sait pas ce que c'est, mais c'est en train de gagner », lâche un militaire... Le format choisi donne surtout à l'ensemble un curieux effet de réalité : l'image fantôme du 11 Septembre ne cesse de hanter Cloverfield.

En prime se cache une plus-value romantique : par fragments surgit, sous le film qu'on est en train de voir, le home movie tourné quelques jours plus tôt et que l'enregistrement du cataclysme efface. Il s'agit d'une journée romantique à la fête foraine de Coney Island, un petit bout de bonheur, déjà balayé par l'horreur. Montrer d'un même mouvement l'avant et l'après-catastrophe : effet glaçant garanti. De la vertu du palimpseste (c'est ma voisine de bureau qui me souffle le mot, qu'elle en soit remerciée) en matière de cinéma fantastique.

CLOVERFIELD, Matt Reeves 2008, Michael Stahl-David, Lizzy Caplan (catastrophe science fiction)@@ (E)
New York, 2007. Une quarantaine de jeunes gens organise une fête pour le départ d'un des leurs pour le Japon. Au cours de la soirée, tandis que la fête bat son plein, l'immeuble dans lequel ils se trouvent est fort ...

@

CLUB ZERO, Jessica Hausner 2023, Mia Wasikovska, Elsa Zilberstein, Sidse Babett Knudsen, Mathieu Demy (societe)@@


Nouvellement arrivée dans une école secondaire réservée à l'élite, mademoiselle Novak présente à son petit groupe d'élèves le programme de son cours, sur le thème de l'alimentation consciente. À terme, mademoiselle Novak prône une absence totale de nourriture par une reprogrammation du cerveau.

TELERAMA
Derrière la mise en scène arrogante et précieuse de la réalisatrice ne reste que son mépris pour les troubles alimentaires des héros adolescents d’un film vainement provocant.

On a pris un cours d’« alimentation consciente », lundi soir, en compétition officielle, avec l’Autrichienne Jessica Hausner et son Club Zero. Soit un groupuscule de lycéens, rassemblés dans une caricature d’école privée progressiste (intérieur luxe, lambris et design, uniformes de pseudo-scouts écolos), pour suivre une nouvelle option, sous la houlette de l’énigmatique mademoiselle Novak (Mia Wasikowska, tout en opacité mielleuse). Apprendre à mieux se nourrir, pour respecter l’environnement. Apprendre à moins se nourrir, et de moins en moins, pour purifier son corps, purifier et purifier encore, pour tendre vers l’extase… du rien.

Fable très formaliste sur les fantasmes hygiénistes de notre époque, ses mille et un régimes « détox-méditation-bien-être » et autres recettes de développement personnel à usages multiples, le film pousse férocement la satire jusqu’à une dérive sectaire. À mesure que grandit l’emprise de la prof-gourou sur ses ouailles, plus personne ne mange. À la rigueur, de temps en temps, on a le droit d’ingérer un peu son vomi, comme l’une des gosses de riches le démontre à ses parents dans une séquence où le plus écœurant n’est pas son immonde « repas », mais la provocation facile qu’il nous envoie au visage.

Ici, tout n’est que mépris et vanité, à l’image de ces jeunes héros aux regards de somnambules, dont le corps et le spleen sont traités avec la même distance glacée, la même obsession du cadre parfait que l’élégant environnement aux couleurs faussement solaires et boisées dans lequel ils évoluent. À force de soustraire, de dépouiller et de « purifier » ses images, Jessica Hausner fait subir à son film le même sort qu’à ses personnages : elle le laisse crever de faim.

Pour sa deuxième participation à la compétition (après Little Joe, en 2019), elle ne se contente pas d’emballer son dégoût généralisé – et cependant assez banal – de l’humanité (enfants, parents, riches, pauvres… autant de pantins ridicules et dérisoires) dans l’arrogante préciosité d’une mise en scène chic et mortifère. Elle use de son sujet somme toute tragique, les troubles alimentaires des adolescents, leur vulnérabilité, leur tentation de la radicalité, comme d’un objet décoratif de plus, à offrir aux ricanements des festivaliers. Jusqu’à la nausée.
CLUB ZERO, Jessica Hausner 2023, Mia Wasikovska, Elsa Zilberstein, Sidse Babett Knudsen, Mathieu Demy (societe)@@ (E)
Nouvellement arrivée dans une école secondaire réservée à l'élite, mademoiselle Novak présente à son petit groupe d'élèves le programme de son cours, sur le thème ...

@

CLUEDO, Jonathan Lynn 1985, Madeline Kahn, Tim Curry, Lesley Ann Warren (thriller)@@


adaptation du célèbre jeu de société. Six personnes sont invitées à passer une soirée dans un manoir. Six meurtres sont commis. L'inspecteur Butler enquête pour attribuer à chaque invité le meurtre qu'il a commis.

TELERAMA
Un film adaptation de style, une ambiance et un humour propre qui passe par les gags et le surjeu des acteurs. Une enquête sympa à suivre
CLUEDO, Jonathan Lynn 1985, Madeline Kahn, Tim Curry, Lesley Ann Warren (thriller)@@ (E)
adaptation du célèbre jeu de société. Six personnes sont invitées à passer une soirée dans un manoir. Six meurtres sont commis. L'inspecteur Butler enquête pour attribuer à chaqu ...

@

COCO AVANT CHANEL, Anne Fontaine 2009, Audrey Tautou, Benoit Poelvoorde, Marie Gillain, Emmanuelle Devos (bio)@@


La jeune Coco Chanel travaille comme une couturière le jour et meneuse de cabarets la nuit. Elle rencontre alors un héritier fortuné qui fait d'elle sa maîtresse et sa styliste. Coco ne supporte plus les chapeaux à fleurs, les corsets serrés et des cordons qui définissent la mode féminine. Elle utilise alors les vêtements de son amant pour lancer une ligne de vêtements élégants; ce qui la propulse au sommet de la haute couture parisienne.

TELERAMA
Comment la jeune Coco devint Chanel… Moins un biopic qu’une vision sobre et élégante d’une femme et d’une créatrice de mode. Un classicisme épuré.
Trop ! Trop de tout ! » Coco ne sait pas encore qu’elle sera Chanel, mais elle sait déjà ce qu’elle ne deviendra pas : une poule mi-cocotte mi-actrice, dont les robes s’ornent de paillettes, de plumes et d’aigrettes… « Trop ! Trop de tout ! » Anne Fontaine a retenu les leçons de son personnage. Au point d’éliminer les clichés qui encombrent les biopics. Certes, on a droit à un orphelinat. Et à un music-hall miteux où Coco et sa sœur ressassent des rengaines équivoques. Mais ce sont des lieux où s’affirme, déjà, le regard de Gabrielle…
Mot d’ordre évident : l’élégance. Tout, des décors aux costumes, est joliment discret. Les sentiments eux-mêmes, si exacerbés soient-ils, semblent régis par une volonté de dignité. Et puis, soudain, brutalement, et superbement, métamorphosée en Chanel – celle qu’on connaît, celle des photos –, Audrey Tautou regarde. Non sans hauteur, elle contemple une collection qui les résume toutes. Et l’éternité qui défile…
COCO AVANT CHANEL, Anne Fontaine 2009, Audrey Tautou, Benoit Poelvoorde, Marie Gillain, Emmanuelle Devos (bio)@@ (E)
La jeune Coco Chanel travaille comme une couturière le jour et meneuse de cabarets la nuit. Elle rencontre alors un héritier fortuné qui fait d'elle sa maîtresse et sa styliste. Coco ne supporte plus les chapeaux ...

@

COCO CHANEL Anne Fontaine 2008, Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde (middle)@@


La jeune Coco Chanel travaille comme une couturière le jour et meneuse de cabarets la nuit. Elle rencontre alors un héritier fortuné qui fait d'elle sa maîtresse et sa styliste. Coco ne supporte plus les chapeaux à fleurs, les corsets serrés et des cordons qui définissent la mode féminine. Elle utilise alors les vêtements de son amant pour lancer une ligne de vêtements élégants; ce qui la propulse au sommet de la haute couture parisienne.

TELERAMA:
Anne Fontaine a retenu les leçons de son personnage. Au point d’éliminer les clichés qui encombrent les biopics. Certes, on a droit à un orphelinat. Et à un music-hall miteux où Coco et sa sœur ressassent des rengaines équivoques. Mais ce sont des lieux où s’affirme, déjà, le regard de Gabrielle… Mot d’ordre évident : l’élégance. Tout, des décors aux costumes, est joliment discret. Les sentiments eux-mêmes, si exacerbés soient-ils, semblent régis par une volonté de dignité. Et puis, soudain, brutalement, et superbement, métamorphosée en Chanel – celle qu’on connaît, celle des photos –, Audrey Tautou regarde. Non sans hauteur, elle contemple une collection qui les résume toutes. Et l’éternité qui défile…

COCO CHANEL Anne Fontaine 2008, Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde (middle)@@ (E)
La jeune Coco Chanel travaille comme une couturière le jour et meneuse de cabarets la nuit. Elle rencontre alors un héritier fortuné qui fait d'elle sa maîtresse et sa styliste. Coco ne supporte plus les chapeaux ...

@

COCO, Lee Unkrich 2017 (jeunesse animation pixar)@@


Malgré le fait que sa famille ait banni la musique depuis des générations, Miguel rêve de devenir un musicien accompli comme son idole Ernesto de la Cruz. Désespéré de prouver son talent et suite à une mystérieuse série d'événements, Miguel se retrouve dans le coloré et éblouissant territoire des morts.

TELERAMA
Lors du Jour des morts, fête traditionnelle mexicaine, un jeune garçon visite l’au-delà et rencontre ses défunts ancêtres. Ce film d’animation Pixar, aventure familiale tendre, drôle et mélancolique, est une féerie visuelle inspirée.

ÀSanta Cecilia vit une drôle de famille. Tous cordonniers, de génération en génération. Mais Papi a plaqué Mamie pour aller pousser la chansonnette. Depuis, plus personne n’a le droit de produire la moindre note, le plus petit accord de guitare. Miguel, le petit dernier, est décidé à braver le tabou. Son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : formidable mégapole de morts très vivants, de squelettes fantasques, attachants et cocasses…

Oubliez les tombes grisâtres et les pluies de la Toussaint. Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étoffes éclatantes et de créatures mythiques. De la petite ville de Santa Cecilia, au Mexique, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte.

Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres…
COCO, Lee Unkrich 2017 (jeunesse animation pixar)@@ (E)
Malgré le fait que sa famille ait banni la musique depuis des générations, Miguel rêve de devenir un musicien accompli comme son idole Ernesto de la Cruz. Désespéré de prouver son talent et su ...

@

CODE MERCURY, Bruce Willis 1998 (policier)@@@


Simon, un enfant autiste âgé de 9 ans, décrypte par hasard le code Mercury, servant à la protection des codes secrets des États-Unis. Le Lieutenant Kudrow, ordonne son élimination immédiate sous couvert de menace pour la sécurité de l'état.

TELERAMA:
Bruce Willis est ici figé, l'air renfrogné, sans vie. Il y a pire : la représentation de l'autisme frise le n'importe quoi et varie selon les besoins de l'action. Tantôt sensationnaliste et larmoyante, tantôt idéalisée (l'autiste, être « supérieur »), tantôt carrément oubliée (ce gamin est comme tous les autres). Quant à Alec Baldwin, il ressemble plus à un blouson noir des Fifties qu'à un super espion démoniaque des temps modernes. Bref, ratage sur toute la ligne.
CODE MERCURY, Bruce Willis 1998 (policier)@@@ (E)
Simon, un enfant autiste âgé de 9 ans, décrypte par hasard le code Mercury, servant à la protection des codes secrets des États-Unis. Le Lieutenant Kudrow, ordonne son élimination immédiate so ...

@

CODE MOMENTUM, Stephen Campanelli 2015, Olga Kurylenko, Morgan Freeman, James Purefoy


Alex Farraday, l'une des meilleures braqueuses du monde, sort de sa retraite pour effectuer un dernier casse et s'emparer de précieux diamants. Lorsque son visage est accidentellement révélé pendant l'opération, elle est contrainte de fuir la ville. Elle devient la cible de la CIA et d'une organisation criminelle internationale, prête à tout pour la faire disparaître. Il ne s'agit pas que de diamants, mais Alex l'ignore encore.

TELERAMA
Poussée par un ancien complice, Alexis Farraday, une cambrioleuse hors pair, accepte de reprendre du service pour un dernier braquage au cours duquel elle doit s'emparer d'un lot de diamants. Mais les choses tournent mal et son visage est filmé par une caméra de surveillance. La jeune femme se cache avec un complice, avant d'apprendre qu'elle est poursuivie à la fois par la CIA et par monsieur Washington, un tueur à gages qui oeuvre pour un sénateur corrompu. L'homme de main cherche à mettre la main sur une clé USB qui était dissimulée au milieu des diamants. Mais ce que ses poursuivants ignorent, c'est qu'Alexis est une femme déterminée et dangereuse...
CODE MOMENTUM, Stephen Campanelli 2015, Olga Kurylenko, Morgan Freeman, James Purefoy (E)
Alex Farraday, l'une des meilleures braqueuses du monde, sort de sa retraite pour effectuer un dernier casse et s'emparer de précieux diamants. Lorsque son visage est accidentellement révélé pendant l'opér ...

@

COEUR DE TONERRE, Michael Apted 1992, Val Kilmer, Sam Shepard (thriller)@


À la fin des années 1970, Ray Levoi, jeune officier fédéral d'origine indienne, est chargé par le chef du FBI d'une mission délicate : élucider un crime commis à Bear Creek, une grande réserve Sioux située dans le Dakota du Sud. Sur le terrain, il doit faire équipe avec Frank Coutelle, un vétéran du FBI acariâtre, mais très expérimenté. Ce dernier soupçonne rapidement Jimmy Regarde à deux fois, le leader d'un groupe de militants ultra-violents.

TELERAMA
L’intrigue de ce polar dans une réserve indienne, rondement menée par Michael Apted et jouée par un très crédible Val Kilmer, laisse un goût amer.

Jeune agent du FBI, Ray Levoi est d’origine sioux, mais rejette ses racines. C’est pourtant à cause d’elles qu’on l’envoie aider un agent qui enquête dans une réserve du Dakota sur le meurtre d’un Indien Oglala. Situé dans les années 1970, le film est inspiré de la fusillade de la réserve Pine Ridge, à laquelle Michael Apted a également consacré un documentaire, Incident à Oglala. Dire que la fiction est moins forte que la réalité est une évidence.

Ray Levoi découvre une spiritualité et la nécessité d’une communion avec la nature. Le meilleur tient dans la vision de la réserve en « tiers-monde » intérieur, divisé entre Indiens traditionalistes et pro-gouvernementaux, personnages hauts en couleur (le vieux manitou ou le fuyard joué par le véritable activiste John Trudell). Ce polar rythmé trouve par instants une gravité qui fait regretter son manque d’ambition scénaristique.
COEUR DE TONERRE, Michael Apted 1992, Val Kilmer, Sam Shepard (thriller)@ (E)
À la fin des années 1970, Ray Levoi, jeune officier fédéral d'origine indienne, est chargé par le chef du FBI d'une mission délicate : élucider un crime commis à Bear Creek, une grande ...

@

COEXISTENCE MY ASS, Rachel Leah Jones, Rabab Haj Yahya (documentaire israel palestine)@@@


Talentueuse humoriste originaire de Jérusalem, Noam Shuster Eliassi aborde un thème délicat dans ce one woman show puisqu'elle choisit d'évoquer le conflit israélo-palestinien. Entre humour et chagrin, elle livre des vérités difficiles alors que la violence s'intensifie.

TELERAMA
magnifique portrait d’une humoriste israélienne, militante pour la paix et équilibriste hors pair
Militante et comique juive, Noam Shuster-Eliassi passe des tribunes de l’ONU aux planches du stand-up avec tout autant d’aisance et d’intelligence. Un film poignant suit le parcours impossible de cette femme. À voir sur Arte mercredi 25 mars, et sur Arte.tv.

Noam Shuster-Eliassi a grandi à Neve Shalom / Wahat as-Salam, un village bâti sur un no man’s land des hauteurs de Jérusalem après la guerre des Six Jours, où Juifs et Arabes apprennent la fraternité dès la maternelle. De cette enfance dans cette « oasis de la paix », elle a tiré une vocation militante et comique qui l’a menée de l’ONU à l’université de Harvard, laquelle l’a missionnée pour promouvoir le dialogue interconfessionnel et la « consolidation de la paix ». Comme une sinistre prémonition, elle a fini par appeler son one-woman-show Coexistence, mon cul.

C’est à l’aune de cette trajectoire singulière que ce documentaire d’utilité publique, tourné au long cours et rythmé par des extraits de son spectacle, construit le portrait d’une équilibriste. « Rassurez-vous, je suis là pour sept minutes, pas soixante-dix ans », lâche-t-elle sur scène dans un festival palestinien, devant un public hilare. Face à un auditoire occidental, elle se glisse dans la peau du spectateur déboussolé : « Est-elle juive, est-elle arabe, fait-elle partie du Mossad ? Devrais-je boycotter ce spectacle ? »

Le 7 octobre est venu briser cet équilibre précaire. Dès lors, le film bascule irrémédiablement : la satire virtuose cède à la sidération, aux insultes venues d’Israël, à l’école de son enfance incendiée. Et si l’espoir n’a jamais complètement déserté, ce qu’elle dit n’a plus rien d’une blague : « Mon but n’est pas d’unir les gens, c’est d’exprimer une résistance. »

COEXISTENCE MY ASS, Rachel Leah Jones, Rabab Haj Yahya (documentaire israel palestine)@@@ (E)
Talentueuse humoriste originaire de Jérusalem, Noam Shuster Eliassi aborde un thème délicat dans ce one woman show puisqu'elle choisit d'évoquer le conflit israélo-palestinien. Entre humour et chagrin, ell ...

@

COEXISTER, Fabrice Eboué 2017, Fabrice Eboué, Audrey Lamy, Guillaume de Tonquedec (religion)@


Nicolas Lejeune, producteur d'un label musical aux résultats financiers désastreux, est pointé du doigt par sa nouvelle patronne, la terrible Madame Demanche. Sommé de dénicher une idée de génie afin de remplir l'Olympia, il monte un boys band composé d'un prêtre, d'un rabbin et d'un imam. Cependant, les recrues ne se montrent guère dociles.

TELERAMA
Un producteur engage un rabbin, un imam et un curé pour chanter la diversité. Fabrice Eboué signe un film inégal, mais généreux.
Après l’esclavage (Case départ, 2011) et la Françafrique (Le Crocodile du Botswanga, 2014), l’humoriste-réalisateur Fabrice Eboué s’empare à nouveau d’un sujet sensible : les tensions communautaires. Dans Coexister, il se donne le rôle d’un producteur au sein du département musique d’une multinationale, condamné à remplir l’Olympia s’il veut garder son emploi. Sur le modèle des Prêtres (véritable groupe, fondé en 2010), il recrute un curé, un rabbin et un imam, pour réunir les trois religions monothéistes et chanter la diversité.

A la manière des films de concours de chant (type The Hit Girls), le parcours débute par une phase de recrutement (plutôt réussie), se termine sur un concert triomphal, en passant par la réalisation de clips (réjouissants pastiches). Afin de ne choquer personne – Coexister est moins corrosif que ses deux premiers films –, Eboué s’est arrangé pour que ses religieux puissent facilement être mis à distance. Le trio est loin d’être exemplaire : le prêtre (Guillaume de Tonquédec) doute , le rabbin (Jonathan Cohen) est dépressif , et l’imam (Ramzy Bedia) est un imposteur.


Certes, les personnages sont tirés à gros traits, l’humour n’est pas toujours raffiné et les vannes tombent parfois à plat. Mais il y a ici une bienveillance envers les protagonistes que ne possédait pas, sur un sujet proche, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?. La comédie mesquine de Philippe de Chauveron (carton de l’année 2014, avec douze millions d’entrées) se repaissait des clichés qu’elle prétendait dénoncer. Et reposait essentiellement sur un trois contre un : l’Arabe, le Juif et l’Asiatique contre le Noir. Entre le prêtre, le rabbin et l’imam de Coexister, au contraire, les alliances (type deux contre un) se font et se défont, selon toutes les combinaisons possibles et à toute vitesse, si bien que le film donne finalement une impression de « tous ensemble » plutôt que de « tous contre tous ».

Cette générosité très premier degré, qui a le mérite de rompre avec le cynisme ambiant, Fabrice Eboué la nuance astucieusement avec une touche d’ambiguïté – les motivations du producteur ne sont-elles pas avant tout mercantiles ? Et, avec une certaine habileté, il parvient à prendre le pouls de l’époque : un silence choqué après une blague limite, puis un rire fédérateur.
COEXISTER, Fabrice Eboué 2017, Fabrice Eboué, Audrey Lamy, Guillaume de Tonquedec (religion)@ (E)
Nicolas Lejeune, producteur d'un label musical aux résultats financiers désastreux, est pointé du doigt par sa nouvelle patronne, la terrible Madame Demanche. Sommé de dénicher une idée de gé ...

@

COLLATERAL, Michael 2004, Tom Cruise, Jamie Foxx (thriller)@@


Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d'amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l'arrière de son véhicule.

TELERAMA
Folle nuit de violence, de chantage, de comédie, aussi, à travers Los Angeles. Par Michael Mann, l’un des plus brillants cinéastes américains au tournant du siècle.

Los Angeles, ruban de bitume aux noeuds innombrables, réseau de highways et de parkings. Un chauffeur de taxi dévoué, mais ayant du mal à conduire sa propre vie, accepte, en échange d’une généreuse poignée de dollars, d’accompagner la nuit durant un passager en costume gris et chemise blanche, a priori très civilisé. En réalité, un génie du mal. Max, pris en otage, doit s’exécuter, sinon il risque d’y passer. « C’est quoi, votre truc ? » demande-t-il un moment. « L’indifférence », répond Vincent, spectre melvillien en plus loquace.

Michael Mann (Heat, Révélations, Ali) s’impose comme l’un des cinéastes les plus stylés d’outre-Atlantique, apportant à chaque genre visité une forme inédite de maturité mélancolique. Ici, il orchestre un jeu aussi haletant que brillant avec les apparences et les codes du genre. Un quadrillage secret de Los Angeles, où la tension ne faiblit pas. Il filme cette ville de l’ultramodernité comme personne, saisissant la somme de sensations complexes et trompeuses qu’elle procure. Passage, chassé-croisé, connexion, glissement, dans le grand bain de la géométrie. Mann est encore aujourd’hui le grand urbaniste du cinéma contemporain.
COLLATERAL, Michael 2004, Tom Cruise, Jamie Foxx (thriller)@@ (E)
Max est taxi de nuit à Los Angeles. Un soir, il se lie d'amitié avec une dénommée Annie Farrell, une belle femme procureur montée à l'arrière de son véhicule.

TELERAMA
Fol ...

@

COLLISION, Paul Haggis 2004, Sandra Bullock, Don Cheadle (societe racisme)@@


Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants. Une femme au foyer et son mari. Tous vivent à Los Angeles. Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas, leurs vies n'auraient jamais dû se croiser. Pourtant, dans les prochaines 36 heures, leurs destins vont se rencontrer, révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir.

TELERAMA
Dans le grand melting-pot de Los Angeles, des accrochages divers (taule froissée, coup de gueule chez un marchand d’armes, prise de bec au boulot ou au dodo) font monter la tension anti-Noirs, anti-Blancs, anti-Jaunes, « antiterroristes et assimilés »… A travers une ambitieuse mosaïque de personnages façon Short Cuts de Robert Altman, Paul Haggis semble parti pour attaquer la question du racisme dans les règles de l’art. Mais son film se limite très vite à une démonstration artificielle et répétitive. La violence surgissant, chacun est amené illico à une prise de conscience salutaire : il est grand temps de se convertir à l’altruisme interracial. Il suffisait d’y penser.

Ce discours généreux mais limité finit par miner des situations qui pourraient nous toucher bien plus directement si elles n’étaient pas forcées de faire sens tout le temps. Car les acteurs sont bons et la ville de Los Angeles est décrite avec une vérité nouvelle au cinéma.


COLLISION, Paul Haggis 2004, Sandra Bullock, Don Cheadle (societe racisme)@@ (E)
Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants. Une femme au foyer et son mari. Tous vivent à Los Angeles. Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas, leurs vies n'auraient jamai ...

@

COLOR OF NIGHT, Richard Rush 1994, Bruce Willis, Jane March (film e)


Le psychanalyste Bill Capa vient se reposer chez son ami et collègue Bob Moore. Ce dernier l'intègre à l'un de ses groupes de travail avant de lui apprendre qu'il a reçu des menaces de mort. Quelques jours plus tard, il est sauvagement assassiné. Bill décide de prendre les fonctions de son ami, de manière à démasquer l'assassin, certainement parmi ses clients.
COLOR OF NIGHT, Richard Rush 1994, Bruce Willis, Jane March (film e) (E)
Le psychanalyste Bill Capa vient se reposer chez son ami et collègue Bob Moore. Ce dernier l'intègre à l'un de ses groupes de travail avant de lui apprendre qu'il a reçu des menaces de mort. Quelques jours plus t ...

@

COMA esprits prisonniers, Nikita Argounov 2019, Rinal Mukhametov, Konstantin Lavronenko(science fiction)@


Un architecte, victime d'un accident, reprend ses esprits dans un monde qui, tout en ressemblant à la réalité, ne l'est pas. Ce monde est construit sur les souvenirs chaotiques de personnes dans le coma. Pour tenter de rejoindre la réalité, l'architecte doit d'abord comprendre les règles de ce monde parallèle.

TELERAMA
Après un accident de voiture, Victor, un jeune architecte, reprend ses esprits dans ce qui lui paraît être un univers parallèle. Les bâtiments autour de lui semblent incomplets, et même les gens qu'il croise ne sont pas entiers. C'est alors que trois individus armés le forcent à les suivre. Ils lui expliquent que le monde où il se trouvent est constitué des souvenirs instables et des rêves des personnes tombées dans le coma, connectées par un mystérieux réseau de neurones. Avec ses compagnons d'infortune, Victor décide de chercher une sortie à ce cauchemar. Mais comment faire quand, privé d'une partie de sa mémoire, on est poursuivi par les créatures issues du subconscient des patients ?

Visuellement époustouflant mais le film hésite entre contemplation et action et ça casse complètement le rythme ! Et le héro est antipathique. Le forme est splendide, le fond est bof
COMA esprits prisonniers, Nikita Argounov 2019, Rinal Mukhametov, Konstantin Lavronenko(science fiction)@ (E)
Un architecte, victime d'un accident, reprend ses esprits dans un monde qui, tout en ressemblant à la réalité, ne l'est pas. Ce monde est construit sur les souvenirs chaotiques de personnes dans le coma. Pour tenter de ...

@

COMBIEN TU M AIMES, Bertrand Blier 2005, Monica Bellucci, Bernard Campan (societe moeurs film e)@@


Daniela est l'une des plus époustouflantes beautés que compte Pigalle. Et la plupart des clients ne se rendent au club de Charly que pour la voir. Un soir, un client nommé François s'approche de Daniela et lui demande combien elle prendrait pour devenir sa femme. Lorsqu'elle comprend que cet homme a gagné au Loto, elle est tentée par l'insolite proposition. Elle accepte donc. François est aux anges. Sa vie semble avoir changé : il peut s'offrir tout ce qu'il désire.

TELERAMA
Daniela est l'une des plus époustouflantes beautés que compte Pigalle. Et la plupart des clients ne se rendent au club de Charly que pour la voir. Un soir, un client, François, s'approche de Daniela et lui demande combien elle prendrait pour devenir sa femme. Lorsqu'elle comprend que cet homme a gagné au Loto, elle s'avère tentée par l'insolite proposition. Elle accepte donc. François est aux anges. Sa vie semble avoir changé : il peut s'offrir tout ce qu'il désire. Mais Charly n'apprécie guère de voir filer ainsi la sublime attraction de son club. Cherchant à fuir cet odieux personnage, Daniela s'en remet à François...
COMBIEN TU M AIMES, Bertrand Blier 2005, Monica Bellucci, Bernard Campan (societe moeurs film e)@@ (E)
Daniela est l'une des plus époustouflantes beautés que compte Pigalle. Et la plupart des clients ne se rendent au club de Charly que pour la voir. Un soir, un client nommé François s'approche de Daniela et lui de ...

@

COMBUSTION (The chase), Daniel Calparsoro 2013, Adiana Ugarte (sentimental)@


Lors de la fête organisée pour l'annonce de ses fiançailles avec Julia, héritière d'une grande bijouterie, Mikel est immédiatement attiré par Ari, membre du personnel de service. Il tente de résister, mais le destin les réunit ; commence alors entre eux une relation passionnée. Ari fait découvrir à Mikel le monde des courses de voitures illégales. Étrangement fasciné par cet univers, le jeune homme rompt ses fiançailles.

TELERAMA
“ Ca roule pas très haut, c'est très classique, mais c'est bien mit en boîte et on ne s'ennuie pas. Sympathique. ”
COMBUSTION (The chase), Daniel Calparsoro 2013, Adiana Ugarte (sentimental)@ (E)
Lors de la fête organisée pour l'annonce de ses fiançailles avec Julia, héritière d'une grande bijouterie, Mikel est immédiatement attiré par Ari, membre du personnel de service. Il tente de r ...

@

COMME T Y ES BELLE Lisa Azuelos 2006, Valerie Benguigi, Michele Laroque, Geraldine Nalache


Isa, Alice, Léa et Nina partagent leurs vies entre les histoires de coeur, des enfants à élever, des régimes à répétition et des fêtes familiales et religieuses à honorer.
COMME T Y ES BELLE Lisa Azuelos 2006, Valerie Benguigi, Michele Laroque, Geraldine Nalache (E)
Isa, Alice, Léa et Nina partagent leurs vies entre les histoires de coeur, des enfants à élever, des régimes à répétition et des fêtes familiales et religieuses à honorer. ...

@

COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@


Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks, il est tout de suite séduit par les lignes souples de ces canots, qui lui rappellent le fuselage d'un avion. Après avoir acquis un kayak et s'être entraîné sur le toit de sa maison, il reçoit l'approbation de sa femme pour entreprendre une virée en solitaire sur une rivière inconnue. Au cours de son périple qui rompt totalement avec son quotidien et l'entraîne loin de chez lui, Michel multiplie bientôt les rencontres le long de la rive...

TELERAMA
Michel plaque son boulot de graphiste pour une virée vers l’ailleurs à bord d’un kayak. Un hymne à la lenteur et à la paix porté par le cinéaste lui-même dont la puissance burlesque enchante cette “dolce vita” champêtre et arrosée.

La crise de la cinquantaine, personne ne l’avait imaginée ni filmée comme ça. Comme une échappée minuscule, un voyage quasi immobile en eau douce et au ralenti. Jusque-là, c’est le cadet des frères Podalydès, Denis, qui prêtait son talent aux hommes fragiles et raisonneurs qui peuplent les films de son aîné. Cette fois, c’est le cinéaste lui-même, Bruno, qui s’y colle, avec une puissance burlesque remarquable. Donc, Michel, dit à son corps défendant « Choumi », plaque temporairement son écran de graphiste 3D pour la petite grande aventure dans la vraie vie. Lui qui rêve d’Aéropostale se contente d’un kayak.

Havre de paix et de jouissance
Une fois assemblé, lesté de provisions choisies, posé sur l’eau pas trop vive d’une petite rivière, ce vaisseau magnifique le mènera enfin ailleurs. Jusqu’à la mer, peut-être, si la distance n’excède pas la petite semaine de congé qu’il a prise. Puisqu’il s’agit d’une mini-Odyssée, notre Ulysse a sa Pénélope (Sandrine Kiberlain), épouse compréhensive qui accepte le caprice comme celui d’un grand malade ou d’un enfant. Et sur son chemin surgit Circé : elle a les traits plantureux d’une patronne de guinguette (Agnès Jaoui), et on ne peut lui échapper.

Commencé par une sieste, poursuivi au rythme de l’escargot (de rivière), le périple s’immobilise : quoi que le voyageur tente, le destin le ramène sans cesse au bizarre havre de paix et de pure jouissance, où les femmes sont douces et l’alcool coule en abondance. Comme dans un conte, le kayakiste est victime d’un sort qui le scotche à une dolce vita champêtre et arrosée. On aimerait en connaître l’adresse.
COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@ (E)
Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks ...

@

COMME UN CHEF, Daniel Cohen 2011, Jean Reno, Michael Youn


Jacky Bonnot, 32 ans, amateur de grande cuisine, au talent certain, rêve de succès et de grand restaurant. La situation financière de son couple le contraint cependant d'accepter des petits boulots de cuistot qu'il n'arrive pas à conserver. Jusqu'au jour où il croise le chemin d'Alexandre Lagarde, grand chef étoilé dont la situation confortable est mise en danger par le groupe financier propriétaire de ses restaurants.

TELERAMA
Comme un chef ? Sûrement pas. Cette comédie de Daniel Cohen sur la gastronomie manque tout à la fois de sel et de piment. Jean Reno est peu crédible en grande toque et Michaël Youn en fait (trop) peu. Même les plats sont filmés... platement ! L'émission Top chef donne plus l'eau à la bouche que cet ersatz de L'Aile ou la cuisse.
COMME UN CHEF, Daniel Cohen 2011, Jean Reno, Michael Youn (E)
Jacky Bonnot, 32 ans, amateur de grande cuisine, au talent certain, rêve de succès et de grand restaurant. La situation financière de son couple le contraint cependant d'accepter des petits boulots de cuistot qu'il n'arr ...

@

COMME UN LUNDI, Ryo Takebayashi 2023, Makita Sports, Wan Marui (satire publicite)@


Un groupe de collègues d'une agence de publicité découvre qu'ils sont tous piégés dans une boucle temporelle d'une semaine. Alors que leurs souvenirs se réinitialisent chaque semaine, ils doivent trouver un moyen de se rappeler le phénomène et de trouver un moyen de sortir de la boucle.

TELERAMA
Une satire très convenue, ni vraiment drôle ni vertigineuse.
Une petite agence de publicité, où toute l’équipe et le patron travaillent dans le même open space. Un jour, deux employés sont convaincus, à raison, que l’ensemble du bureau est enfermé dans une boucle temporelle : chaque lundi, tout se répète exactement de la même manière que la semaine précédente… On aura reconnu le principe fondateur d’Un jour sans fin (Harold Ramis), film cité, d’ailleurs, dans un dialogue, mais aussi certaines situations de la série The Office. Las, Comme un lundi est très en deçà de ses modèles. Hors de quelques éléments éclairant la culture de l’entreprise nippone, cette satire convenue de l’aliénation au travail, qui vante une forme d’épanouissement individuel pour mieux servir le collectif, s’avère pauvre en gags et monotone. Comme si le film était piégé par son dispositif même.
COMME UN LUNDI, Ryo Takebayashi 2023, Makita Sports, Wan Marui (satire publicite)@ (E)
Un groupe de collègues d'une agence de publicité découvre qu'ils sont tous piégés dans une boucle temporelle d'une semaine. Alors que leurs souvenirs se réinitialisent chaque semaine, ils doivent tr ...

@

COMMENT EPOUSER UN MILLIONAIRE, William Powell 1956, Marylin Monroe, Lauren Bacall (comedie sentimentale)@


À New York, Schatze Page, Loco Dempsey et Pola Debevoise ont une mission: les trois jeunes femmes souhaitent marier un millionnaire. Pour se faire, elles louent un appartement cossu et courtisent l'élite de la ville. Bien qu'elles rencontrent plusieurs hommes riches, ils s'avèrent être peu avenants ou des bandits.

TELERAMA
Jean Negulesco signe ici, outre l’un des premiers films en CinémaScope, une comédie gentiment désuète et faussement cynique sur les déboires et bévues d’un délicieux trio de comédiennes (Lauren Bacall, Betty Grable, Marilyn Monroe, excusez du peu).
Trois mythes qui permettent d’oublier certaines faiblesses de scénario (personnages masculins fantoches, scènes répétitives) et baisses de rythme. Le film mérite d’être (re) vu, ne serait-ce que pour Marilyn et son irrésistible numéro de gaffeuse myope, ou encore pour les multiples clins d’œil que le réalisateur et ses actrices s’amusent à adresser au public. Ainsi Schatze (Lauren Bacall, Mme Bogart à la ville) exprime-t-elle son goût pour les hommes plus âgés : « Comme ce vieux, là, comment s’appelle-t-il ? Celui qui joue dans African Queen. Je suis folle de lui ! »
COMMENT EPOUSER UN MILLIONAIRE, William Powell 1956, Marylin Monroe, Lauren Bacall (comedie sentimentale)@ (E)
À New York, Schatze Page, Loco Dempsey et Pola Debevoise ont une mission: les trois jeunes femmes souhaitent marier un millionnaire. Pour se faire, elles louent un appartement cossu et courtisent l'élite de la ville. Bien qu'e ...

@

COMMENT J AI TUE MON PERE, Anne Fontaine 2001, Michel BOUQUET, Charles Berling (societe vieillesse)@@


Jean-Luc, la quarantaine, fils d'un petit médecin de province, est devenu l'un de ces spécialistes anti-vieillissement que la bourgeoisie versaillaise s'arrache à prix d'or. Tout lui réussit, jusqu'au jour où Maurice, son père, refait surface.

TELERAMA
Un médecin et sa femme brillent en société mais semblent éteints à l’intérieur. Le retour du père ravive une histoire douloureuse. La réalisatrice tisse une toile raffinée entre ses comédiens : Bouquet, spectre souriant, Berling, fuyant, et Régnier, beauté absente.

Curieuse des gens curieux, c’est le signe d’Anne Fontaine, qu’on a appris à connaître à travers des intrigues... intrigantes. Comme le coup de foudre d’un couple de teinturiers pour un jeune transformiste, dans Nettoyage à sec. Cette fois, c’est dans le milieu de la bourgeoisie versaillaise que la cinéaste s’aventure. Nul signe extérieur de bizarrerie parmi ces gens qui gardent quelque chose de feutré jusque dans leur manière d’être très riches. Le titre du film annonce un coup de Trafalgar pour ces bourgeois somnambuliques. Anne Fontaine va les réveiller, mais en douceur. Un vieil homme débarque dans ce monde, l’air d’un spectre souriant, c’est Maurice, le père de Jean-Luc. Est-il revenu pour empoisonner (la vie de) son fils, ou pour lui donner, tardivement, son affection ? Un étrange ballet commence entre les deux hommes. Rien de plus indécidable, dangereux et fascinant que les sentiments, glisse Anne Fontaine. Avec son goût pour l’énigme des hommes, elle réussit aussi deux portraits de femmes : la femme, Isa, et la maîtresse de Jean-Luc, Myriem (admirable Amira Casar), qui portent le fardeau de ce combat de coqs.
COMMENT J AI TUE MON PERE, Anne Fontaine 2001, Michel BOUQUET, Charles Berling (societe vieillesse)@@ (E)
Jean-Luc, la quarantaine, fils d'un petit médecin de province, est devenu l'un de ces spécialistes anti-vieillissement que la bourgeoisie versaillaise s'arrache à prix d'or. Tout lui réussit, jusqu'au jour o&ugra ...

@

COMPARTIMENT N6, Juho Kuosmanen 2021 (road movie)@@@


Une jeune femme finlandaise échappe à une énigmatique histoire d'amour à Moscou en montant dans un train pour le port arctique de Mourmansk. Forcés de partager le long trajet et un minuscule wagon-lit avec un mineur russe, cette rencontre inattendue amène les occupants du compartiment n°6 à faire face à des vérités majeures sur les relations humaines.

TELERAMA:
Grand Prix à Cannes en 2021, ce road movie exerce le charme des plus beaux films roman­tiques : il restitue une attirance imprévue, informulée, entre deux êtres qui se croient confusément, l’un et l’autre, voués à la solitude. Au fil du trajet, et des escales sur ce territoire enneigé, qui dégèle lentement, l’attraction devient peur de la séparation, de la disparition : une adresse écrite sur un bout de papier suffit-elle pour ne pas se perdre à jamais, avant même d’avoir pu se connaître vraiment ? Voilà un irrésistible éloge de l’éphémère et de l’inconnu.
COMPARTIMENT N6, Juho Kuosmanen 2021 (road movie)@@@ (E)
Une jeune femme finlandaise échappe à une énigmatique histoire d'amour à Moscou en montant dans un train pour le port arctique de Mourmansk. Forcés de partager le long trajet et un minuscule wagon-lit avec ...

@

COMPLOTS, Richard Donner 1997, Mel Gibson, Julia Roberts (drame societe)@@


Jerry Fletcher, chauffeur de taxi, est hanté par des visions fugaces et effrayantes. Sillonnant les rues de New York, il entretient ses clients d'obscurs complots connus de lui seul. Tout le monde le prend pour un paranoïaque. Seule Alice, jeune procureur au ministère de la justice, qui vit en récluse depuis l'assassinat de son père, accepte de l'écouter.

TELERAMA
le cinéaste américain Richard Donner engage une pénultième fois son comédien fétiche Mel Gibson. Chauffeur de taxi logorrhéique, celui-ci débite les théories du complot au kilomètre, à travers un décor quasi mental : New York en travaux, avec des barbouzes partout — terrifiant Patrick Stewart. Vingt-huit ans plus tard, à l’heure des réseaux sociaux, ce portrait ambigu mais attachant d’un héros mi-lanceur d’alerte, mi-conspirationniste, trouve un écho évident.

À bonne distance, le réalisateur ne cherche pas à donner raison au protagoniste : la conjuration reste ici abstraite, entre navette spatiale, tremblement de terre et voyage présidentiel. Il s’agit, plutôt, de déconstruire une paranoïa — les bocaux de vrac cadenassés dans l’appartement — par une variation autour d’Un crime dans la tête (John Frankenheimer, 1962), inspirée d’un authentique programme de lavage de cerveaux façon CIA. L’ambivalence salutaire passe par le jeu de l’acteur australien, plein de tics et de tocs, aussi doloriste que burlesque. Ou par la superbe partition de Carter Burwell, qui alterne jazz frénétique et envolées euphorisantes.
COMPLOTS, Richard Donner 1997, Mel Gibson, Julia Roberts (drame societe)@@ (E)
Jerry Fletcher, chauffeur de taxi, est hanté par des visions fugaces et effrayantes. Sillonnant les rues de New York, il entretient ses clients d'obscurs complots connus de lui seul. Tout le monde le prend pour un paranoïaque. S ...

@

COMPOSTELLE, Yann Samuell 2026, Alexandra Lamy, Julien Le Berre (road movie)@@@


Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d'abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, ch

TELERAMA
Une prof prend la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, accompagnée d’un adolescent turbulent. Un film touchant mais prévisible. Reste Alexandra Lamy, plutôt juste.

Pour échapper à un quotidien morose, Fred accompagne Adam, adolescent dans le viseur de la justice, sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. De fil en aiguille, la professeure et le jeune garçon vont nouer une relation houleuse, faite de confrontations et de discussions plus apaisées. Ce chemin vers la rédemption convainc par sa dimension sociale, son regard sur les enfants abandonnés par leurs parents et la société, et dont la parole a trop longtemps été ignorée. La binarité du récit, oscillant constamment entre chaud et froid, vient cependant dévitaliser l’émotion de certaines scènes. Alexandra Lamy est, le reste du temps, touchante dans la peau de cette institutrice bientôt divorcée, trouvant du réconfort en s’improvisant ange gardien.acun découvre en lui une force insoupçonnée. Inspiré d'une histoire vraie.
COMPOSTELLE, Yann Samuell 2026, Alexandra Lamy, Julien Le Berre (road movie)@@@ (E)
Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, ...

@

COMPROMIS, Stephane Pezerat 2025, Pierre Arditi, Michel Leeb (theatre)@


Deux amis de trente ans sont dans un appartement vide : l'un est un comédien médiocre et l'autre un dramaturge raté. L'un vend son appartement et a demandé au second d'être présent lors de la signature du compromis, pour rassurer l'acheteur. En effet, même s'il écrit de très mauvaises pièces, il a un visage qui inspire confiance. C'est d'ailleurs sa grande qualité. En attendant l'acheteur, les deux amis parlent, se flattent, se taquinent et se moquent. Ils finissent par se lancer au visage ce qu'ils avaient gardé en eux depuis trop longtemps. Lorsqu'il arrive, l'acheteur assiste à un règlement de comptes, farcesque mais sans concession, entre les deux amis.
COMPROMIS, Stephane Pezerat 2025, Pierre Arditi, Michel Leeb (theatre)@ (E)
Deux amis de trente ans sont dans un appartement vide : l'un est un comédien médiocre et l'autre un dramaturge raté. L'un vend son appartement et a demandé au second d'être présent lors de la signatu ...

@

CONCLAVE Edward Berger 2024, Ralph Fiennes, Stanley Tucci (thriller religion)@@


Quand le Pape décède de façon inattendue et mystérieuse, le cardinal Lawrence se retrouve en charge d'organiser la sélection de son successeur. Alors que les machinations politiques au sein du Vatican s'intensifient, il se rend compte que le défunt leur avait caché un secret qu'il doit découvrir avant qu'un nouveau Pape ne soit choisi. Ce qui va se passer derrière ces murs changera la face du monde.

TELERAMA
L’élection d’un pape dans l’enceinte du Vatican, relatée avec précision sous la forme d’un thriller haletant, délicieusement diabolique.

Comme conclave marquant, on se souvient de celui d’Habemus Papam, de Nanni Moretti. On y pense d’autant plus, ici, que le personnage principal partage un point commun – un sérieux doute sur sa foi et sa fonction – avec le divin pape que jouait Michel Piccoli. Si Conclave comporte aussi quelques notes sarcastiques, il appartient néanmoins à un genre fort différent : celui du thriller à tendance paranoïaque. Après la mort inattendue du Saint-Père, le cardinal Lawrence, profil d’humaniste consciencieux, est en charge d’organiser l’élection de son successeur. Ce n’est pas une mince affaire : un véritable panier de crabes l’attend, avec ses manœuvres politiques, ses secrets compromettants mal gardés et ses turpitudes.

On n’aurait pas cru pouvoir être ainsi captivé par une histoire de cardinaux réunis en huis clos au Vatican. Le scénario, délicieusement diabolique, est inspiré d’un roman digne de John le Carré, en vérité signé Robert Harris, auteur britannique à succès. La fiction n’en est pas moins d’une précision inédite : c’est sans doute la première fois qu’est décrit, de manière réaliste et en continu, tout le protocole du conclave, des conditions d’isolement pour les cardinaux qui doivent être coupés du monde à la succession sur plusieurs jours des scrutins (le pape étant élu à une majorité des deux tiers). Ce processus électoral est bien rendu, à travers une mise en scène aussi rigoureuse que soignée, rendant honneur au passage à l’élégante austérité des costumes et des décors de circonstance.

Casting prestigieux
Edward Berger, réalisateur allemand capable du meilleur (Jack) comme du moins bon (À l’Ouest rien de nouveau), sait tirer le meilleur de son casting prestigieux. De Ralph Fiennes à Stanley Tucci, de Sergio Castellitto à John Lithgow en passant par Isabella Rossellini, tous les comédiens livrent une performance impeccable dans ce théâtre de l’ambition et de l’humilité plus ou moins sincère, où se joue une lutte entre progressistes et ultra-conservateurs de l’Église. Avec des retournements de situations étonnants, dont l’un particulièrement osé, et plutôt réjouissant, dans le dénouement. De quoi dire amen au film.
CONCLAVE Edward Berger 2024, Ralph Fiennes, Stanley Tucci (thriller religion)@@ (E)
Quand le Pape décède de façon inattendue et mystérieuse, le cardinal Lawrence se retrouve en charge d'organiser la sélection de son successeur. Alors que les machinations politiques au sein du Vatican s'in ...

@

CONFESSION D UNE ACCRO DU SHOPPING, P.J. Hogan 2009, Isla Fisher, Hugh Dancy, Krysten Ritter (societe moeurs)@


Vive et charmante, Becky Bloomwood est une accro du shopping. Passionnée de mode, elle est incapable de résister au plaisir d'acheter tout ce qui est branché, tendance, trendy. Obligée de trouver un job pour financer ses achats impulsifs, elle obtient un poste dans un magazine financier. La voilà expliquant aux lecteurs comment gérer leur argent au quotidien, alors qu'elle passe son temps à dépenser le sien dans les boutiques.

TELERAMA
Uvn film bourré d'escarpins, de « it bag », de « must have » et de soie comme dans Le diable s'habille en Prada dont l'héroïne (qui préfère Yves Saint Laurent) est une fausse cruche comme dans La Revanche d'une blonde...

Frivole, rose, verte et jaune, cette comédie sur la fièvre acheteuse fait aussi son shopping chez Sex and the city et Gossip Girl pour attirer le plus grand nombre de clientes... euh pardon, de spectatrices. Pas très originales donc, mais assez alertes, ces Confessions offrent quelques plaisirs non négligeables : Kristin Scott Thomas en patronne de presse sadique et pète-sec, une scène de soldes compulsives (modèle crêpage de chignon) assez drôle et, surtout, la prestation d'Isla Fisher. Charmante et burlesque, cette « Barbie » rouquine porte le film sur ses épaules avec une énergie décoiffante. Elle mérite le détour.
CONFESSION D UNE ACCRO DU SHOPPING, P.J. Hogan 2009, Isla Fisher, Hugh Dancy, Krysten Ritter (societe moeurs)@ (E)
Vive et charmante, Becky Bloomwood est une accro du shopping. Passionnée de mode, elle est incapable de résister au plaisir d'acheter tout ce qui est branché, tendance, trendy. Obligée de trouver un job pour fina ...

@

CONGO, Frank Marshall 1994, Dylan Walsh, Laura Linney (aventure)@


Pour assurer sa domination dans le domaine des télécommunications, une société américaine envoie une équipe d'explorateurs à la recherche d'un gisement de diamants, situé dans la mythique cité de Zinj au coeur de la chaîne des Virugnas, à la frontière du Zaïre et du Rwanda. Apres l'échec tragique de la première expédition, une nouvelle équipe, plus performante, est dépêchée sur place.

SENS CRITIQUE
Très loin d'être un grand moment de cinéma, ce "Congo" est l'exemple-type du divertissement familial sympathique et sans prise de tête, oublié toutefois quasi-immédiatement après visionnage. Il manque qui plus est ce petit charme supplémentaire, ce grain de folie qui fait souvent la différence pour ce genre de productions solides mais sans grande ambition. Ni bon ni mauvais donc, l'oeuvre saura par ailleurs vous faire passer une soirée plutôt honnête, à condition de ne pas être trop exigeant et d'accepter des créatures très en dessous de ce qu'à pu nous offrir Stan Winston dans le passé. Vous voila prévenus.
CONGO, Frank Marshall 1994, Dylan Walsh, Laura Linney (aventure)@ (E)
Pour assurer sa domination dans le domaine des télécommunications, une société américaine envoie une équipe d'explorateurs à la recherche d'un gisement de diamants, situé dans la mythi ...

@

CONSTANCE AUX ENFERS, Gael Morel 2022, Miou-Miou, Salim Kechiouche


Constance mène une vie solitaire et les visiteurs sont rares dans sa boutique d'antiquités. Une nuit, son voisin Amine, paniqué, cherche secours chez elle : sa femme est mal tombée en glissant et s'est tuée. Pensant que la police ne va pas croire cette version à cause de son passé judiciaire, Amine fait disparaître le cadavre et Constance lui prête main forte. Un matin, une lettre anonyme arrive. Quelqu'un de l'immeuble a tout vu et demande une rançon. Le chantage commence.

TELERAMA
Ce téléfilm ludique joue habilement avec les codes du polar. Un polar, c’est justement ce vers quoi tend brusquement la vie de Constance quand Amine, s’accusant de la mort accidentelle de Kimi, lui demande de l’aide pour faire disparaître le corps. Le début d’une descente aux enfers ? Pas tout à fait… Car si l’héroïne est embarquée de fait dans une histoire qui la dépasse, où s’invite bientôt un maître chanteur, la légèreté et l’espièglerie restent les vertus cardinales de ce téléfilm qui s’amuse des codes de la fiction policière. Une nouvelle adaptation réussie du roman de Jean-Pierre Ferrière — déjà transposé en 1964 au cinéma par François Villiers, avec Michèle Morgan, 44 ans à l’époque, sous les traits de Constance — qui doit beaucoup à la truculence des personnages et de leurs interprètes. En incarnant à plus de 70 ans cette femme qui ne renonce pas à son désir pour un homme plus jeune, Miou-Miou trouve un rôle évoquant celui, très beau, qu’elle tenait dans Nona et ses filles, l’excellente série de Valérie Donzelli.
CONSTANCE AUX ENFERS, Gael Morel 2022, Miou-Miou, Salim Kechiouche (E)
Constance mène une vie solitaire et les visiteurs sont rares dans sa boutique d'antiquités. Une nuit, son voisin Amine, paniqué, cherche secours chez elle : sa femme est mal tombée en glissant et s'est tué ...

@

CONTAGION, Steven Soderbergh 2011, Matt Damon (catastrophe sante)@@@


Quand Beth Emhoff revient dans le Minnesota après un voyage d'affaires à Hong Kong, elle pense que son malaise est dû au décalage horaire. Or, deux jours plus tard, Beth meurt et les médecins disent à son époux qu'ils ne savent pas ce qui a provoqué sa mort.

TELERAMA
L’un des films les plus regardés durant la première vague de Covid. Rarement un blockbuster d’anticipation aura été à ce point visionnaire, avec dix ans d’avance !

Avant même que l’image apparaisse, on entend quelqu’un tousser. Hum, hum, léger malaise assuré. Qui ne connaît pas Contagion ? Ce fut en effet l’un des films les plus regardés durant la première vague de pandémie de Covid, preuve moins de masochisme que de force cathartique de la fiction. Rarement un blockbuster d’anticipation aura été à ce point visionnaire (avec dix ans d’avance) sur la réalité exceptionnelle que nous étions tous en train de vivre, un peu partout sur la planète.

Difficile donc de ne pas le recommander à ceux qui ne l’ont pas encore (re)vu. Ils pourront s’étonner des similitudes avec les faits vécus : la recherche du patient zéro en Chine (à Macao), le taux de reproduction de la maladie, le confinement généralisé, le port du masque et même l’antidote miracle (le forsythia, en guise de chloroquine !), non pas vanté par Didier Raoult mais par un blogueur plus complotiste que lanceur d’alerte, joué par Jude Law.

Ils pourront aussi relever les différences. Dans le film, la tournure des événements est nettement plus catastrophique, puisqu’elle comprend le kidnapping d’une épidémiologiste (Marion Cotillard), des pillages, un monde au bord du chaos. Dans la réalité, les citoyens ont été plus responsables (ou serviles ?). Mais voir les choses en noir, c’est aussi la loi de ce genre de cinéma.

Le casting de luxe, dont l’une des stars succombe très vite, joue scrupuleusement sa partition, sans fausse note. Avec l’appui de son scénariste devin et très bien documenté, Scott Z. Burns, Steven Soderbergh démontre ici un sens de la pédagogie assez rare en même temps qu’un savoir-faire saisissant dans l’orchestration du récit.
CONTAGION, Steven Soderbergh 2011, Matt Damon (catastrophe sante)@@@ (E)
Quand Beth Emhoff revient dans le Minnesota après un voyage d'affaires à Hong Kong, elle pense que son malaise est dû au décalage horaire. Or, deux jours plus tard, Beth meurt et les médecins disent à ...

@

CONTE D ETE, Eric Rohmer 1996, Melvil Poupaud, Amanda Langlet (sentimental)@@@


Pour Gaspard, ces vacances d'été seront celles des jeux de l'amour et des hésitations sentimentales. Entre Léna, Margot et Solène, son coeur balance. À chacune, il a promis une ballade. Amoureux indécis, Gaspard devra choisir.

TELERAMA
L’été à Dinard. Gaspard rencontre Margot, attend Léna, se laisse charmer par Solène… Rohmer filme délicieusement ces frôlements indécis et sensuels.

Un jeune homme joli, lisse et sombre débarque à Dinard. On le voit entrer dans une maison, ranger ses affaires, errer dans la ville… Fin de sa première journée de vacances. Toutes les autres ressembleraient sans doute à la première si, sur la plage, il ne se faisait aborder par une fille qu’il ne reconnaît pas. Margot travaille dans une crêperie où il a dîné la veille. Seul, évidemment. Parce que, comme beaucoup de héros rohmériens, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Et le bout de son nez, c’est sa copine, qui doit arriver ces jours-ci.

Troisième volet des « Contes des quatre saisons », ce film est l’alliance parfaite de la gravité des « Contes moraux » et de la légèreté des « Comédies et proverbes ». L’éblouissement vient de la mise en scène. Ces plans fixes, presque heurtés. Ces travellings fluides, de plus en plus sensuels. Ici, le marivaudage n’est que verbal, et certains trouveront ça dépassé. Mais c’est la vérité que Rohmer vise, sous des masques divers, et qu’il atteint, magnifiquement.
CONTE D ETE, Eric Rohmer 1996, Melvil Poupaud, Amanda Langlet (sentimental)@@@ (E)
Pour Gaspard, ces vacances d'été seront celles des jeux de l'amour et des hésitations sentimentales. Entre Léna, Margot et Solène, son coeur balance. À chacune, il a promis une ballade. Amoureux ind ...

@

CONTE DE PRINTEMPS, Eric Rohmer 1990, Anne Teyssedre, Florence Darel (societe)@


Quand Jeanne, jeune professeur de philosophie, sort de son école secondaire de banlieue et retrouve le désordre de l'appartement de Mathieu, son fiancé, parti pour quelques jours, elle préfère retourner dans son propre studio.

TELERAMA
Bavard, cérébral, mais jamais ennuyeux ni poseur : tout l’art, subtil, de Rohmer.
J'attends rien ni personne. J’attends que le temps passe, j’attends que la nuit cesse et que le soleil se lève. » Assise dans un canapé, à la crémaillère d’une amie chez qui elle s’est rendue à reculons, Jeanne se confie à Natacha. Entre la prof de philo brune aux cheveux courts et la blonde bachelière aux cheveux longs, le courant passe. À la faveur d’un concours de circonstances immobilières dont seul Éric Rohmer a le secret, les deux jeunes femmes vont bientôt partager le même appartement et leurs secrets de famille. Éclosion d’une amitié aussi spontanée que joyeusement utopique. Quelle adolescente inviterait une parfaite inconnue à s’installer dans la chambre de son père parti en voyage d’affaires ?
Premier volet des Contes des quatre saisons, l’épisode printanier est sans doute le plus littéraire de la série, le plus précieux pour les convertis mais aussi le plus ridicule pour les allergiques tant le dialecticien du discours amoureux y déploie sans frein son art de l’artifice. Ton sur ton devant une affiche de Matisse ou presque incrustés dans un papier peint à fleurs bronze, les personnages philosophent sur l’anneau de Gygès ou sur « la possibilité des jugements synthétiques a priori » en jouant Les Chants de l’aube de Robert Schumann. Tant de beauté surannée foudroie.
CONTE DE PRINTEMPS, Eric Rohmer 1990, Anne Teyssedre, Florence Darel (societe)@ (E)
Quand Jeanne, jeune professeur de philosophie, sort de son école secondaire de banlieue et retrouve le désordre de l'appartement de Mathieu, son fiancé, parti pour quelques jours, elle préfère retourner da ...

@

CONTRE TOUTE ATTENTE, Taylor Hackford 1984, Jeff Bridges, Rachel Ward (sentimental sport)@


Terry Brogan vient d'être congédié de l'équipe de football dirigée par la richissime Mrs Wyler. Jake Wise, une vieille connaissance, le charge de retrouver la trace de Jessie, la fille de Mrs Wyler, disparue après une dispute. Lorsqu'il retrouve la jeune héritière au Mexique, c'est le début d'un grand amour.

TELERAMA
Terry Brogan est renvoyé des Los Angeles Outlaws, l'équipe de football que dirige la richissime madame Wyler. Sans un sou, ne pouvant compter sur ses amis - l'avocat Steve Kirsch et l'entraîneur Hank Sully -, il voit toutes les portes se fermer devant lui. Un bookmaker, Jake Wise, lui offre une forte rémunération en échange d'une mission d'apparence facile : retrouver Jessie Wyler, la fille de son ancienne patronne, disparue après une vive altercation. Terry accepte et retrouve bientôt la trace de la jeune héritière au Mexique. Jessie et Terry oublient leurs soucis dans les bras l'un de l'autre, au grand dam de Wise, qui les prend en chasse...
CONTRE TOUTE ATTENTE, Taylor Hackford 1984, Jeff Bridges, Rachel Ward (sentimental sport)@ (E)
Terry Brogan vient d'être congédié de l'équipe de football dirigée par la richissime Mrs Wyler. Jake Wise, une vieille connaissance, le charge de retrouver la trace de Jessie, la fille de Mrs Wyler, disparu ...

@

CONVERSATION SECRETE, Francis Ford Coppola1974, Gene Hackman, John Cazale (thriller)@@


Spécialiste de la filature, Harry Caul est engagé pour suivre un couple et enregistrer leur conversation. Une fois sa mission accomplie, Caul écoute la bande sonore. La banalité des propos le surprend. S'agit-il d'un code secret ?

TELERAMA
Complots, corruption… Dans les années 1970, les bandes originales pleines d’angoisse et d’inquiétude de David Shire ont imprimé de leur marque les thrillers et films politiques américains.
Conversation secrète est l’une des plus grandes réussites de Shire. Supervisée par Francis Ford Coppola (alors beau-frère du compositeur) et diffusée pendant le tournage, comme le faisait Sergio Leone avec les thèmes d’Ennio Morricone, cette musique, modeste au premier abord, épouse pas à pas la dynamique paranoïaque du film.
CONVERSATION SECRETE, Francis Ford Coppola1974, Gene Hackman, John Cazale (thriller)@@ (E)
Spécialiste de la filature, Harry Caul est engagé pour suivre un couple et enregistrer leur conversation. Une fois sa mission accomplie, Caul écoute la bande sonore. La banalité des propos le surprend. S'agit-il ...

@

COPACABANA, Marc Fitoussi 2010, Isabelle Huppert, Lolita Chammah (societe)@@


Inconséquente et joviale, Babou ne s'est jamais souciée de réussite sociale. Elle décide pourtant de rentrer dans le droit chemin quand elle découvre que sa fille a trop honte d'elle, et elle n'est donc pas invitée à son mariage. Babou se résout à vendre des appartements en multipropriété à Ostende, en plein hiver.

TELERAMA
Contrairement à ce que l'on serait tenté de penser, “Copacabana', de Marc Fitoussi, se déroule à Ostende en plein hiver. Une mère inconséquente (Isabelle Huppert) tente de reconquérir l'estime de sa fille (Lolita Chammah, sa fille dans la vie aussi), qui refuse de l'inviter à son mariage. Pour se refaire une image, elle trouve un travail… Au sommaire également de l’émission débat animée par Pierre Murat, Mathilde Blottière et Samuel Douhaire, la version écourtée du “Carlos” d'Olivier Assayas.
COPACABANA, Marc Fitoussi 2010, Isabelle Huppert, Lolita Chammah (societe)@@ (E)
Inconséquente et joviale, Babou ne s'est jamais souciée de réussite sociale. Elle décide pourtant de rentrer dans le droit chemin quand elle découvre que sa fille a trop honte d'elle, et elle n'est donc pa ...

@

COPIE CONFORME, Abbas Kiarostami 2010, Juliette Binoche, William Shimell (sentimental)@@


Une galeriste florentine accompagne dans la campagne toscane un essayiste anglais. Leur discussion sur le thème du vrai et du faux dans l'art prend une tout autre couleur lorsqu'on apprend que les deux individus, étrangers l'un pour l'autre, seraient en fait mariés.

TELERAMA
Une femme et un homme se promènent dans le sud de la Toscane. Viennent-ils de se rencontrer ? Sont-ils mariés depuis quinze ans ? Leur échange est-il un « original » ou bien la répétition d'une première fois et de bien des fois suivantes ? Le film décline ce thème de la copie : il s'agit aussi bien du rapport entre la vie (l'authentique ?) et l'art (l'imitation ?) que des périodes successives de l'existence. Ce cinéma renvoie à un modèle, Voyage en Italie , de Rossellini, qui suivait la dérive autour de Naples d'un couple de touristes, étrangers à tous les sens du terme.

Le voyage est aussi celui d'Abbas Kiarostami : il tourne pour la première fois hors d'Iran, dans une autre langue que la sienne et avec une star, Juliette Binoche. Grand metteur en scène mystérieux, guetteur de vérité accidentelle, Kiarostami déploie ici un style étrange, incertain, où la science des cadrages se mêle à une série de décalages, de dissonances dans le jeu des acteurs. Voulu ou non, le mélange sert le sentiment de malentendu qui gagne les personnages. Car, bien sûr, la « conformité » du film à Voyage en Italie est un leurre. Aux ruines de Pompéi, catalyseur inattendu des sentiments chez Rossellini, répond, chez Kiarostami, une Toscane livrée aux tristes pèlerinages conjugaux, arpentée en vain par les copistes du grand amour évanoui. — Louis Guichard
COPIE CONFORME, Abbas Kiarostami 2010, Juliette Binoche, William Shimell (sentimental)@@ (E)
Une galeriste florentine accompagne dans la campagne toscane un essayiste anglais. Leur discussion sur le thème du vrai et du faux dans l'art prend une tout autre couleur lorsqu'on apprend que les deux individus, étrangers l'u ...

@

CORPORATE, Nicolas Silhol 2017, Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt (thriller psychologique)@@


Émilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l'inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Émilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu'où restera-t-elle corporate ?

TELERAMA
Inquiétante en DRH sans scrupule, tout en contrôle et complice d’un système glaçant, Céline Sallette brille dans ce thriller psychologique sur le monde de l’entreprise et les mécanismes de “management par la terreur”.

Émilie Tesson-Hansen (Céline Sallette) est une « tueuse », elle en est fière, c’est même pour cela qu’elle a été embauchée comme responsable des ressources humaines par le fringant PDG Stéphane Froncart (Lambert Wilson). S’il l’a recrutée, c’est pour se débarrasser de certains cadres de l’entreprise, trop vieux, pas assez performants, en les poussant à la dépression, donc à la démission. Jusqu’au jour où l’un des cadres qu’elle a mis sur la touche se suicide sur son lieu de travail. La veille, il avait, une fois de plus, désespérément cherché à lui parler, mais elle avait fait la sourde oreille. Lorsqu’une enquête est ouverte par une inspectrice du travail zélée, Émilie est prévenue par sa hiérarchie : dans l’intérêt de la boîte, elle doit faire bonne figure, rester « corporate ». De toute manière, elle n’a rien à se reprocher…

Voilà un premier film qui tombe à pic. Alors que les thèmes du burn-out et du stress au travail s’invitent dans la campagne présidentielle, ce thriller psychologique, précis, tendu, décortique les mécanismes du « management par la terreur », de plus en plus en vigueur. Dans un décor sans âme où le stress et l’intimidation sont palpables, Nicolas Silhol privilégie le facteur humain en la (belle) personne de l’inspectrice du travail (Violaine Fumeau), sorte de cow-boy moderne, en lutte contre une rentabilité inhumaine.

Héroïne de Hitchcock contemporaine
Mais le personnage pivot est bien sûr Émilie : au-delà du film dossier à la Yves Boisset, Corporate est un magnifique portrait de femme, actrice consentante, et même active d’un système qui lui promet une carrière toujours plus brillante. Constamment dans le contrôle avec son chemisier de rechange et son déodorant pour rester impeccable, elle paraît aussi inébranlable que les baies vitrées des bureaux où se reflète son profil parfait. C’est cette carapace en train de se fendre que filme le réalisateur. Et cette question qui affleure dans les yeux de glace d’Émilie : moi qui suis forte, à quel moment suis-je devenue un monstre ? En creux, il en pose une autre, plus générale : jusqu’à quelles extrémités une femme doit-elle aller pour s’imposer dans un monde d’hommes ?

Hitchcock contemporaine : le feu sous la glace néolibérale. Et chacun de ses regards, de plus en plus apeurés, est un indice de son réveil progressif. Une nuit, alors qu’elle mime un entretien d’embauche avec son mari, la « tueuse » se lance soudain dans un monologue qui trahit son effarement devant ce qu’elle est, ce qu’on la force à être. Particulièrement dans cette séquence, Corporate est un film important. Marquant.
CORPORATE, Nicolas Silhol 2017, Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt (thriller psychologique)@@ (E)
Émilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. ...

@

CORPS D ELITE, Dennis Gansel 2005 (guerre allemagne shoah)@


Eté 1942. Dans une Allemagne hitlerienne qui croit encore la victoire possible, Friedrich Weimer, 17 ans, partage ses journees entre un petit boulot sans internet, ses entrainements de boxe et l'ennui dans l'appartement familial exigu. Dans le cadre d'une comp√©tition, il est remarque par Heinrich Vogler, enseignant dans un internat d'elite destine à la formation des futurs dirigeants du IIIe Reich. Ce dernier lui propose de passer le concours d'entree.

TELERAMA
Un temoignage historique balourd et aujourd'hui meme un peu kitsch, par le realisateur de La Vague.
CORPS D ELITE, Dennis Gansel 2005 (guerre allemagne shoah)@ (E)
Eté 1942. Dans une Allemagne hitlerienne qui croit encore la victoire possible, Friedrich Weimer, 17 ans, partage ses journees entre un petit boulot sans internet, ses entrainements de boxe et l'ennui dans l'appartement familial exig ...

@

CORRESPONDANT 17, Alfred Hitchcock 1940, Joel Mac Crea, George Sanders (espionnage)@@


Juste avant la guerre, Johnny Jones, un journaliste américain envoyé en Europe par sa rédaction rencontre un vieux politicien hollandais qui détient des informations top secrètes. Les nazis croient assassiner le vieil homme mais c'est un sosie qui meurt à sa place. Commence alors pour Johnny Jones une folle course-poursuite à travers l'Europe afin de retrouver le vieillard avant les nazis.

TELERAMA
Deux ans avant l’entrée des États-Unis dans le conflit mondial, Hitchcock fait œuvre de propagande. Récemment installé à Hollywood, il est plus que sarcastique avec ses nouveaux concitoyens, indifférents au conflit européen. Les journalistes sont présentés comme des incapables, grandes gueules, qui ne prennent la mesure des événements qu’en arrivant à Londres la ­civilisée… Mais, tout en réalisant un film politique, Hitchcock s’amuse surtout avec un scénario abracadabrant : « Je n’ai pas permis à la vraisemblance de montrer sa ­vilaine tête. » Un traité de paix belgo-néerlandais – que l’Histoire n’a pas retenu – est sur le point d’être signé. Mais son initiateur, le diplomate Van Meer, est abattu… Prétexte pour aller filmer en Hollande et détourner les clichés la concernant.
Dans la filmographie hitchcockienne, il y aura la statue de la Liberté (Cinquième Colonne), le mont Rushmore (La Mort aux trousses), la corniche de la Riviera (La Main au collet)… Ici, ce sont les moulins à vent et les immenses plaines bataves. L’utilisation qui en est faite est d’une intelligence scénaristique exemplaire et annonce la fameuse séquence du champ de maïs de La Mort aux trousses. Hitchcock enchaîne les moments de bravoure et les scènes de fantaisie pure avec un dilettantisme très travaillé.
CORRESPONDANT 17, Alfred Hitchcock 1940, Joel Mac Crea, George Sanders (espionnage)@@ (E)
Juste avant la guerre, Johnny Jones, un journaliste américain envoyé en Europe par sa rédaction rencontre un vieux politicien hollandais qui détient des informations top secrètes. Les nazis croient assassi ...

@

CORSAGE, Marie Kreutzer 2022, Vicky Krieps, Florian Teichtmeister (histoire bio)@@@


Élisabeth d’Autriche (Vicky Krieps, sensationnelle) fête ses 40 ans, le début de la fin…

TELERAMA
Loin du biopic, cette rêverie glacée réinvente le destin de Sissi à l’aune du féminisme contemporain. Anachronique et fascinant.

Un jour, Sissi a eu 40 ans. Corsage raconte ce début de la fin, soit quelques mois dans la vie de l’impératrice d’Autriche, en 1877, avant qu’elle ne s’éclipse volontairement — dans le scénario, du moins, qui prend des libertés radicales avec les faits. Le film, en effet, n’émarge pas vraiment au genre du biopic, s’apparentant plutôt à un récit d’émancipation fantasmé à l’aune du féminisme contemporain. On doute que la souveraine ait jamais quitté un dîner officiel en faisant un doigt d’honneur ou traité le valet de son époux de « gros connard »… Mais si Quentin Tarantino peut tuer Hitler dans Inglourious Basterds (2009) ou sauver Sharon Tate dans Once Upon a Time… in Hollywood (2019), l’Autrichienne Marie Kreutzer a le droit, elle aussi, de réécrire l’histoire par la magie du cinéma.

Elle le fait littéralement, en imaginant une rencontre, a priori fictive, entre Sissi et un pionnier du cinématographe, Louis Le Prince (Finnegan Oldfield), qui lui propose de la filmer. « Je peux dire ce que je veux tant que je souris ? » s’étonne l’intéressée, prélude à une amusante séquence muette où la captive — de son genre et de son statut — se lâche comme jamais. Car sous le titre Corsage, c’est d’une existence absolument corsetée qu’il s’agit.

Invisibilisée et scrutée
Soumise à des diktats insoutenables de minceur, de pondération, de respectabilité, Élisabeth étouffe dans ses vêtements, sous sa tonne de cheveux, dans son rôle de représentation. L’autrice insiste sur ses repas — une louche de potage transparent, deux tranches d’orange fines comme du papier à cigarette… —, les séances d’habillement qui virent à la torture, sa pratique obsessionnelle du sport, détails fameux qui viennent se frotter à d’audacieuses inventions et à des décors parfois anachroniques (gymnase aux murs écaillés, interrupteurs électriques, téléphone…), produisant des étincelles de présent dans ces images d’une impressionnante beauté glacée.

Aux antipodes de la Sissi à la guimauve d’Ernst Marischka, qui révéla (et encagea un temps) la juvénile Romy Schneider en 1955, cette chronique étrange, sorte de rêverie languide et vengeresse, offre un rôle très physique à l’éblouissante Vicky Krieps, récompensée dans la section Un certain regard de Cannes, en 2022. L’actrice luxembourgeoise campe une femme à la fois invisibilisée et scrutée, au centre de tous les regards mais s’y dérobant sans cesse — voilée, voire remplacée par une doublure — et réussit à susciter tout autant l’antipathie que l’empathie. Reste l’issue du film… La vraie Élisabeth est morte en 1898, assassinée par un anarchiste. Celle-ci a droit à une libération anticipée, dont on dira seulement qu’elle laisse un goût amer. On n’est pas chez Tarantino.
CORSAGE, Marie Kreutzer 2022, Vicky Krieps, Florian Teichtmeister (histoire bio)@@@ (E)
Élisabeth d’Autriche (Vicky Krieps, sensationnelle) fête ses 40 ans, le début de la fin…

TELERAMA
Loin du biopic, cette rêverie glacée réinvente le destin de Sissi à ...

@

COSI FAN TUTTE (ALL LADIES DO IT), Tinto Brass 1992, Claudia Koll, Paolo Lanza (film e)


Diana vit à Rome. Elle est mariée à Paolo mais elle aime séduire d'autres hommes...
COSI FAN TUTTE (ALL LADIES DO IT), Tinto Brass 1992, Claudia Koll, Paolo Lanza (film e) (E)
Diana vit à Rome. Elle est mariée à Paolo mais elle aime séduire d'autres hommes... ...

@

COSMOPOLIS, David Cronenberg 2012, Robert Pattinson, Juliette Binoche (societe)@


Au fur et à mesure de la journée, le chaos s'installe et Eric Packer, golden boy de la haute finance, assiste, impuissant, à l'effondrement de son empire. Il est aussi certain qu'on va l'assassiner. Quand ? Où ? Il s'apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

TELERAMA
S’inspirant d’un roman de Don DeLillo, David Cronenberg décrit avec une élégance froide le monde en décomposition qui est le nôtre. Dont le héros moribond est ce jeune golden boy usé et isolé, dès lors qu’il quitte sa limo, dans un désert sombre, reflet de son inconscient tourmenté. Jusqu’au moment où il fait face, enfin, à celui qui veut l’abattre. Un pauvre type moche, adipeux, hagard. Une victime qui semble le connaître par cœur. Son double inversé, bien sûr, qui le menace, qui le supplie. Et son cri — « Je voulais que vous me sauviez » — résonne comme une variante de « Pourquoi m’as-tu abandonné ? », la question que la créature finit toujours par poser à son créateur. Question sans réponse dans notre univers sans foi ni loi.
COSMOPOLIS, David Cronenberg 2012, Robert Pattinson, Juliette Binoche (societe)@ (E)
Au fur et à mesure de la journée, le chaos s'installe et Eric Packer, golden boy de la haute finance, assiste, impuissant, à l'effondrement de son empire. Il est aussi certain qu'on va l'assassiner. Quand ? Où ? ...

@

COULEURS DE L INCENDIE, Clovis Cornillac 2022, Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz, Clovis Cornillac, Olivier Gourmet (societe saga)@@@


Les funérailles du riche banquier Marcel Péricourt ont lieu en février 1927, avec apparemment tout Paris présent. Fille unique après le suicide de son frère, Madeleine Péricourt hérite de l'empire de son père et reprend seule l'affaire. Elle est la proie des conseils sans scrupules, de la cupidité, de la jalousie et de la corruption. Maintenant, elle se prépare à se venger.

TELERAMA
La suite d’“Au revoir là-haut”, ou la vengeance d’une déclassée : du bon spectacle populaire à l’ancienne.
On ne jouera pas, ici, au petit jeu des comparaisons avec le baroque Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel : il tournerait en défaveur de cette « suite », cette fois scénarisée à cent pour cent par Pierre Lemaître, et à laquelle Clovis Cornillac offre une mise en scène d’un classicisme humble mais ample. On ressent, d’emblée, son plaisir à coller à la forme feuilletonesque de cette histoire d’une femme rompue qui se relève, Madeleine Péricourt, fille de Marcel et sœur d’Édouard, la gueule cassée d’Au revoir là-haut.

Le film s’ouvre en grandes pompes funèbres sur le cercueil de Marcel, et le saut dans le vide d’un enfant. Nous sommes en 1929 : Madeleine, devenue héritière de la banque familiale, va, rapidement, tout perdre à cause de la cupidité et de la perversion des hommes. La vengeance de cette fière déclassée se fera de plus en plus incendiaire avec l’aide de personnages secondaires, tous défavorisés par la vie ou la société, et que le réalisateur se plaît à anoblir à chaque séquence, douce ou burlesque : une géniale nounou qui ne parle pas un mot de français, une cantatrice au cœur fragile mais vaillant face à la peste brune qui monte, et l’ancien chauffeur de Madeleine qui a été le témoin écœuré de sa chute. Clovis Cornillac s’est donné le rôle de cet homme du peuple, manière Jean Gabin des années 30. Le couple qu’il finit par former avec Léa Drucker, magnifique colonne vertébrale, orgueilleuse et frémissante, du film, se détache du casting d’ensemble, où chacun s’amuse de sa partition un peu théâtrale et délicieusement datée : Fanny Ardant en diva, Olivier Gourmet en député ridicule façon vaudeville, Benoît Poelvoorde en traître à la Jules Berry et la délicate Alice Izaac en mode Viviane Romance. À la manière, justement, du cinéma français d’avant guerre attaché aux acteurs, aux décors et aux costumes, cette célébration du courage féminin et des petites gens n’a d’autre ambition que d’être un parfait spectacle populaire, et c’est cela, justement, qui est si plaisant.

Pour Le Figaro, il s'agit d'une « fresque riche et foisonnante, un film d’époque en costume, féministe avant la lettre, captivant de bout en bout ». Pour le critique, le long-métrage est une sorte de « Monte-Cristo au féminin » qui même ne manque pas d'épaisseur « même pour les personnages secondaires »
COULEURS DE L INCENDIE, Clovis Cornillac 2022, Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz, Clovis Cornillac, Olivier Gourmet (societe saga)@@@ (E)
Les funérailles du riche banquier Marcel Péricourt ont lieu en février 1927, avec apparemment tout Paris présent. Fille unique après le suicide de son frère, Madeleine Péricourt hérite ...

@

COUP DE FOUDRE A MANHATTAN, Wayne Wang 2002, Jennifer Lopez, Ralph Fiennes (sentimental)@@


Marisa Ventura est une mère célibataire qui vit seule avec son fils Ty dans le Bronx. Elle travaille comme gouvernante dans l'un des palaces les plus luxueux de Manhattan. La jeune femme espère gravir les échelons. Son intrépide collègue Stephanie et le majordome Lionel sont convaincus qu'elle en a les capacités.

TELERAMA:
L'épidémie Pretty Woman continuait de frapper : Ralph Fiennes (La Fin d’une liaison, The Constant Gardener) n’excelle pas dans la comédie romantique, mais sa partenaire donne au film son soupçon d’authenticité sociale et ethnique : c’est Jennifer Lopez qui tient à dire qu’elle est encore « Jenny from the block », en provenance directe des faubourgs latinos. Le charme volatil agira sur les indécrottables romantiques des deux sexes.
COUP DE FOUDRE A MANHATTAN, Wayne Wang 2002, Jennifer Lopez, Ralph Fiennes (sentimental)@@ (E)
Marisa Ventura est une mère célibataire qui vit seule avec son fils Ty dans le Bronx. Elle travaille comme gouvernante dans l'un des palaces les plus luxueux de Manhattan. La jeune femme espère gravir les échelon ...

@

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia Roberts


William Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre un jour l'actrice renommée de Hollywood Anna Scott, quand elle entre dans sa librairie.

TELERAMA:
La force de cette séduisante comédie est de ne jamais chercher à justifier l'improbable romance, mais de lister toutes les bonnes raisons qui pourraient la contrarier... Les dialogues pétillants rendent ce conte de fées crédible. L'interprétation fait le reste : on ne dira jamais assez le talent et le charme de Hugh Grant. Julia ­Roberts n'est pas mal non plus. Entre eux se crée cette irrésistible alchimie des couples mythiques.

COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL, Roger Michell 1999, Hugh Grant Julia Roberts (E)
William Thacker est propriétaire d'une librairie indépendante dans le quartier de Notting Hill, à Londres. Il partage un appartement avec Spike, un Gallois excentrique, et a un petit groupe d'amis proches. Il rencontre ...

@

COUP DE FOUDRE PAR SMS, Karoline Herfurth 2016


Auteure à succès de livres pour enfants, Clara a vu sa vie basculer en perdant son fiancé Ben, tué par un chauffard ivre. Deux ans plus tard, revenue vivre à Berlin aux côtés de sa meilleure amie Katja, Clara, toujours inconsolable et en manque d'inspiration, trouve du réconfort en continuant d'envoyer des SMS à son fiancé décédé. Elle ignore que le numéro a été réattribué à Mark, un jeune journaliste sportif qui s'ennuie avec sa compagne.

TELERAMA
Une jeune femme se met à communiquer par textos sur l’ancien numéro de son petit ami décédé, qui a été réattribué. L’apparition de la star canadienne dans son propre rôle reste la seule surprise que réserve cette romance sirupeuse.
éception que ce nouveau long métrage de Jim Strouse, après une romcom pêchue, The Incredible Jessica James (2017), disponible sur Netflix. Romance sirupeuse, Love Again reprend la trame d’un livre allemand de Sofie Cramer, déjà adapté sur les écrans outre-Rhin sous le titre Coup de foudre par SMS (Karoline Herfurth, 2016). Deux ans après la mort de son petit ami, une jeune femme (Priyanka Chopra Jonas, de la série Quantico) se met à communiquer par texto sur l’ancien numéro du défunt, qui a été réattribué au téléphone pro d’un critique musical célibataire (Sam Heughan, de la série Outlander). De cette accroche pseudo-fantastique, le film ne fera pas grand-chose, si ce n’est la transformer en secret encombrant – l’un des rouages de toute comédie romantique –, qui provoquera une rupture à mi-parcours.
La curiosité vient plutôt de la présence, dans son propre rôle, de Céline Dion (également productrice), faisant office de conseillère matrimoniale durant les interviews, séquences à l’interprétation calamiteuse – chacun sa spécialité. Le nom au générique de la star, qui vient d’annuler sa prochaine tournée pour raisons de santé, explique sans doute la distribution du film dans les salles françaises. Et le script résonne, bien entendu, avec son histoire personnelle – la disparition de son mari, René Angélil, en 2016.
On comprend, aussi, ce qui a pu intéresser Jim Strouse. Réalisateur injustement méconnu, sa singularité est de brosser le portrait de familles décomposées – par le deuil ou par le divorce –, que ce soit dans le beau Grace Is Gone (2007) ou dans le sous-estimé People Places Things (2015). Le projet s’avère, hélas, trop formaté pour qu’il puisse imposer sa patte de cinéaste indépendant spécialiste des créateurs urbains. Ici, l’héroïne est illustratrice d’albums pour enfants, tandis que celle de The Incredible Jessica James était dramaturge et celui de People Places Things, dessinateur de comic books. Mais, contrairement à ses prédécesseurs, Love Again peine à connecter scénario et œuvre des personnages. Même les références culturelles plus prestigieuses – une représentation à l’opéra d’Orphée et Eurydice, de Gluck – ne sont là que pour décorer.
COUP DE FOUDRE PAR SMS, Karoline Herfurth 2016 (E)
Auteure à succès de livres pour enfants, Clara a vu sa vie basculer en perdant son fiancé Ben, tué par un chauffard ivre. Deux ans plus tard, revenue vivre à Berlin aux côtés de sa meilleure a ...

@

COUP DE FOUDRE, Diane Kurys 1983, Miou Miou, Isabelle Huppert, Guy Marchand (sentimental)@


En 1942, Lena, juive d'origine russe, est internée au camp de Perpignan. Pour en sortir, elle épouse Michel, un Français dont elle apprend ensuite qu'il est lui-même juif. Le couple improvisé réussit à fuir en Italie.

TELERAMA
Dans ce beau film féministe inspiré par l’histoire de sa propre mère, et toujours aussi pertinent des décennies après sa sortie, Diane Kurys raconte ainsi une folle échappée belle vers l’autonomie, hors des carcans traditionnels et de la férule masculine, à laquelle l’inoubliable duo Isabelle Huppert-Miou Miou donne toute la force, l’intensité et la fraîcheur nécessaires. Moins bien servis par le scénario, les hommes, très faillibles et imparfaits, qu’elles délaissent peu à peu, une scène quotidienne après l’autre, sont malgré tout défendus avec fougue et sensibilité par leurs interprètes, aujourd’hui tous deux disparus. Jean-Pierre Bacri incarne à la perfection son rôle de loser combinard et égocentrique, tandis que Guy Marchand parvient à rendre émouvant le mari obtus, frustré et autoritaire de Lena. Un « coup de foudre » qui tombe encore juste.
COUP DE FOUDRE, Diane Kurys 1983, Miou Miou, Isabelle Huppert, Guy Marchand (sentimental)@ (E)
En 1942, Lena, juive d'origine russe, est internée au camp de Perpignan. Pour en sortir, elle épouse Michel, un Français dont elle apprend ensuite qu'il est lui-même juif. Le couple improvisé réussit ...

@

COUP DE TETE, Jean Jacques Arnaud 1979, Patrick Dewaere


Perrin, ayant perdu sa place dans l'équipe de football de la ville, perd également son emploi et son logement. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il perd enfin sa liberté. Pour peu de temps : par manque de joueurs qualifiés, il est sorti de prison pour aider son équipe à gagner son prochain match, ce qu'il fait en marquant les deux buts de son équipe. Il devient alors le héros de la ville et met les notables dans l'embarras : que faire de lui ? Perrin a plusieurs idées à ce sujet.

TELERAMA
Perrin, joueur de foot doué mais fort en gueule, est viré de son club, de son boulot… et emprisonné pour viol. Puis réengagé pour gagner un championnat. .Une peinture au vitriol de l’hystérie d’une petite ville de province.

Lors de son entraînement de football, le bouillant François Perrin blesse involontairement l’attaquant vedette du FC Trincamp. Or ce club amateur doit jouer les 16es de la Coupe… Perrin est aussitôt viré. Comme le président du club est aussi son patron, il perd son emploi à l’usine. Et finit par être accusé d’une tentative de viol dont il n’est pas coupable. Le voilà paria, victime d’une injustice.

Magouilles et scandales dans le foot ? A l’époque, on aurait pu croire à une caricature ; depuis, on a vu pire ! Veber et Annaud peignent au vitriol l’hystérie d’une petite ville lors d’une semaine de gloire et les traficotages de ses notables. Dewaere joue le rebelle avec conviction, brave type trop carré dans un monde où l’on doit savoir arrondir les angles. Les autres comédiens disent avec bonheur des dialogues drôles et crédibles. La scène de motivation dans les vestiaires à la mi-temps est un morceau d’anthologie. Bref, les ennemis du foot trouveront une confirmation à leur prévention, mais les fans ne peuvent que s’incliner devant la justesse du propos…
COUP DE TETE, Jean Jacques Arnaud 1979, Patrick Dewaere (E)
Perrin, ayant perdu sa place dans l'équipe de football de la ville, perd également son emploi et son logement. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il perd enfin sa liberté. Pour peu de temps : par manque de j ...

@

COUP DE TORCHON, Bertrand Tavernier 1981, Philippe Noiret, Isabelle Huppert@@


En 1938, le policier Lucien Cordier est chargé de faire régner l'ordre à Bourkassa, une petite bourgade de l'Afrique-Occidentale française. Homme lâche et faible, il ferme les yeux sur les incidents qui agitent une petite communauté de colons dégénérés et d'autochtones soumis.

TELERAMA:
La farce est bouffonne, mordante, avec des accents céliniens. Entre fanfaron confit de racisme, carpette, sangsue, veau et vaurienne, on a l’embarras du choix. Tavernier adaptait là un roman noir de Jim Thompson (1 275 Âmes), en transposant son action du Texas à l’Afrique noire. Du livre, il a retenu la dérision et la désespérance. On s’enfonce peu à peu dans une violence fangeuse, mais avec indolence. Philippe Noiret en tueur flâneur alterne béatitude et dégoût. Autour de lui, un casting de luxe, avec notamment la jeune Isabelle Huppert (primesautière dans le cynisme) et Jean-Pierre Marielle. La scène où, en frère du maquereau liquidé, il vient s’enquérir de ce qui s’est passé est un grand moment d’absurdité, Noiret l’enfumant totalement par des considérations spécieuses. La tête ahurie de Marielle, c’est quelque chose…
COUP DE TORCHON, Bertrand Tavernier 1981, Philippe Noiret, Isabelle Huppert@@ (E)
En 1938, le policier Lucien Cordier est chargé de faire régner l'ordre à Bourkassa, une petite bourgade de l'Afrique-Occidentale française. Homme lâche et faible, il ferme les yeux sur les incidents qui agi ...

@

COUVRE FEU, Edward Zwick 1998, Denzel Washington, Bruce Willis (thriller)@


Alors qu'une vague d'attentats terroristes frappe New York, le chef de la cellule antiterroriste doit rétablir le calme.

TELERAMA
Revoir Couvre-feu après les événements du 11 septembre 2001 offre une deuxième lecture assez gouleyante. Qu'on en juge par ces morceaux choisis : après une ­série d'attentats islamistes à New York, les conseillers du président se réunissent pour prendre des décisions. L'un d'eux s'exclame : « Messieurs, il va falloir ­sortir vos atlas ! », alors que l'agent du FBI (Denzel Washington) explique que « lutter contre un ennemi, c'est d'abord le localiser, et cet ennemi se cache ».

Mais c'est la belle agente de la CIA qui a le meilleur rôle et les meilleures répliques : « Le cheikh était notre allié et il s'est retourné contre nous, mais il faut les comprendre, on les a aidés et puis on les a laissés tomber. »

Dans le film comme dans la vraie vie, c'est l'armée qui intervient (en la personne de Bruce Willis, dans le rôle d'un général très décidé et très patriote pour rester poli), mais, pour cette fois, c'est le FBI qui sauvera l'Amérique et sa démocratie.
COUVRE FEU, Edward Zwick 1998, Denzel Washington, Bruce Willis (thriller)@ (E)
Alors qu'une vague d'attentats terroristes frappe New York, le chef de la cellule antiterroriste doit rétablir le calme.

TELERAMA
Revoir Couvre-feu après les événements du 11 septembre 2001 offre une ...

@

COYOTE GIRLS, David McNally 2000, Piper Perabo, Adam Garcia (societe)@


Violet Sanford vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Auteur-compositeur, elle rêve de vivre de sa musique. Elle décide donc de se rendre à New York pour tenter sa chance. Mais Violet a un handicap : elle ne parvient pas à chanter sur scène et s'enfuit sitôt qu'elle décroche une audition ! Elle fait alors la connaissance de Kevin, qu'on lui présente comme le manager artistique d'un bar. Mais Kevin n'est qu'un simple cuisinier.

TELERAMA
Venue tenter sa chance comme chanteuse à New York, une jeune femme se retrouve, contre l’avis de son petit ami, serveuse dans un bar n’employant que des filles magnifiques pour appâter les hommes.

Les Coyote Girls sont les barmaids sexy, sauvages et intraitables d'un bouge branché de New York, où les clients mâles aiment se faire asperger de bière et rappeler sévèrement à l'ordre... Mais la vedette du film est plutôt une oie blanche de province, bien décidée à devenir auteur-compositeur (!) dans la grande ville. Hélas, rien ne distingue le roman d'apprentissage de la pauvre chérie d'une comédie romantique de série.
COYOTE GIRLS, David McNally 2000, Piper Perabo, Adam Garcia (societe)@ (E)
Violet Sanford vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Auteur-compositeur, elle rêve de vivre de sa musique. Elle décide donc de se rendre à New York pour tenter sa chance. Mais Violet a un handi ...

@

CRASH, David Cronenberg 1996, James Spader, Deborah Kara Unger (drame film e)@@


James et Catherine Ballard, un couple dont la vie sexuelle s'essouffle quelque peu, va trouver un chemin nouveau et tortueux pour exprimer son amour grâce aux accidents de voiture. À la suite d'une violente collision, ils vont en effet se lier avec des adeptes des accidents.

TELERAMA
Érotisme de la chair et de la tôle, David Cronenberg adapte J.G. Ballard et explore les déviations du désir. Un précipité des obsessions du réalisateur, devenu culte.

Guitares heurtées de la partition de Howard Shore, matière tordue du roman de J.G. Ballard… Scandale à Cannes en 1996, Crash reste l’un des films les plus extrêmes de David Cronenberg, proche de la performance d’art contemporain. Le réalisateur orchestre une fusion de la chair et de la tôle, en un enchaînement de scènes d’amour, où les corps s’enroulent, et de courses-poursuites, où les voitures se percutent. Soit l’histoire, dégraissée, d’un couple en crise, joué par Deborah Kara Unger, blasée, et James Spader, lunaire. Ce dernier rencontre un photographe (Elias Koteas, magnétique) qui voit les collisions comme « une libération d’énergie sexuelle », reconstituant, avec des cascadeurs, les accidents célèbres — celui de James Dean, celui de Jayne Mansfield.

Si le film, tout en pratiques déviantes (fétichisme, bondage), mime les thrillers érotiques en vogue à l’époque, c’est pour mieux atteindre une espèce de profondeur métaphysique. Il montre la course à la jouissance d’humains mécaniques (une accidentée aux prothèses métalliques), qui aboutit, fatalement, à la mort. La circulation routière devient fluide corporel. Et la carrosserie des véhicules, filmée en travellings sensuels, comporte des excroissances organiques (volant, rétroviseur). Vingt-six ans après, ce précipité des obsessions de Cronenberg, devenu culte, continue d’inspirer, comme en témoigne la Palme d’or remise à Julia Ducournau pour Titane.
CRASH, David Cronenberg 1996, James Spader, Deborah Kara Unger (drame film e)@@ (E)
James et Catherine Ballard, un couple dont la vie sexuelle s'essouffle quelque peu, va trouver un chemin nouveau et tortueux pour exprimer son amour grâce aux accidents de voiture. À la suite d'une violente collision, ils vont ...

@

CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@


A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. Le mieux qu'il puisse espérer aujourd'hui, c'est de faire la première partie de Tommy Sweet, qui fut son jeune protégé et à qui il a tout appris. De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu'au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale.

TELERAMA
Rédemption via l’amour d’un chanteur de country has been et alcoolo. Jeff Bridges, sur les traces du Eastwood de “Honkytonk Man”, se fond parfaitement dans son personnage. Un de ses plus grands rôles.

J'ai joué malade, ivre, divorcé et en cavale. De toute ma vie, je n'ai jamais loupé un concert. » Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Les perdants magnifiques, les histoires de rédemption, Hollywood en raffole. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie nos préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges.

Qu'il biberonne sa bouteille de Mc Clure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. À l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard « rouille métallisée ». Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant.

La country n’a jusqu’à présent inspiré au cinéma que quelques rares réussites (Tender Mercies, avec Robert Duvall, et Honkytonk Man, de et avec Clint Eastwood). Crazy Heart s’inscrit dignement dans la même lignée et rappelle la place cruciale de cette musique – aussi importante que le jazz – dans le paysage culturel américain. Ce premier film d’un acteur passé à la réalisation est littéralement porté par ses deux interprètes principaux : Maggie Gyllenhaal, généreuse et brave en mère célibataire qui veut encore tenter sa chance avec un homme pourtant prénommé Bad, et Jeff Bridges, qui a l’air d’être né pour ce rôle conflictuel opposant le charme et la douceur à l’irresponsabilité et l’autodestruction.

CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@ (E)
A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. ...

@

CRAZY STUPID LOVE, John Requa et Glenn Ficarra 2011, Steve Carell, Ryan Gosling (sentimental)


À tout juste 40 ans, Cal Weaver mène une vie de rêve: bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie. Cependant, lorsqu'il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le divorce, sa vie parfaite s'écroule.

TELERAMA
La première demi-heure, sur le thème de la lose intégrale, promet. Avec un numéro irrésistible de Steve Carell en mari endormi dans son confort, soudain terrassé par la demande de divorce de sa femme (Julianne Moore). Le voilà dragueur piteux dans un bar du coin. Où un tombeur (Ryan Gosling, nouvelle coqueluche sexy) décide de l'éduquer. Une fois la formation terminée et l'éconduit relooké, ça se gâte, hélas. La farce tourne court : le mari, regonflé à bloc, cherche à reconquérir son ex, tandis que le collectionneur de femmes découvre l'amour. Autant I love you, Phillip Morris, le précédent film des deux cinéastes, détonnait par sa démesure burlesque, autant celui-ci déçoit par son scénario très convenu (non signé par eux), porte ouverte à un sentimentalisme limite gnangnan.
CRAZY STUPID LOVE, John Requa et Glenn Ficarra 2011, Steve Carell, Ryan Gosling (sentimental) (E)
À tout juste 40 ans, Cal Weaver mène une vie de rêve: bonne situation, belle maison, enfants formidables et mariage parfait avec sa petite amie. Cependant, lorsqu'il apprend que sa femme, Emily, le trompe et demande le d ...

@

CREED, l heritage de Rocky Balboa, Ryan Coogler 2015 (sport boxe)@


Après quelques victoires faciles sur le ring de boxe, Adonis, fils du grand champion Apollo Creed, tente de se tailler une place parmi les professionnels. Il quitte Los Angeles et se rend à Philadelphie pour rencontrer Rocky Balboa, vieux rival et ami de son père.

TELERAMA
Racontée dans le tout premier Rocky (1976) et jusqu’à Rocky IV (1985), cette histoire trouve ainsi un héritier, Adonis Creed. Les clins d’œil et les références aux épisodes précédents sont partout, jusque dans la manière de filmer Philadelphie, et par-dessus tout dans la présence de Sylvester Stallone. ­Cabotin en diable mais convaincant, l’acteur soigne sa légende avec un mélange de ­déclin physique et de sagesse charismatique. En haut de l’affiche, le jeune ­Michael B. Jordan retrouve le réalisateur de Fruitvale Station (2013). Ce duo issu du cinéma indépendant donne à l’univers de Rocky un ancrage plus réaliste, une ­authenticité d’origine.


CREED, l heritage de Rocky Balboa, Ryan Coogler 2015 (sport boxe)@ (E)
Après quelques victoires faciles sur le ring de boxe, Adonis, fils du grand champion Apollo Creed, tente de se tailler une place parmi les professionnels. Il quitte Los Angeles et se rend à Philadelphie pour rencontrer Rocky B ...

@

CRIMES ET POUVOIR, Carl Franklin 2002, Ashley Judd, Morgan Freeman


Avocate redoutée, Claire Kubik mène à San Francisco une existence de rêve avec son mari Tom. Ils envisagent de fonder une famille. Jusqu'au jour où Tom est arrêté par des agents du FBI. Claire découvre que Tom est un ex-militaire en fuite et qu'ilse nomme en réalité Ronald Chapman. Accusé de crimes commis sur des civils, dont des meurtres, il doit être traduit devant un tribunal militaire pour répondre de ses actes. Alors qu'il clame son innocence, Claire décide de le défendre afin d'obtenir sa libération. N'ayant aucune connaissance dans la justice militaire, elle sollicite l'aide d'un autre avocat, Charlie Grimes. Ce dernier, connaissant bien l'armée et ce genre de tribunal, a cet aparté : « La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique. »

TELERAMA:
La fonceuse associée à un vieux sage revenu de tout : ce scénario très classique fonctionne bien grâce à la mise en scène. Carl Franklin se contente ici de slalomer entre les clichés, mais il le fait joliment. Parmi les comédiens, tous impeccables, mention spéciale à Adam Scott. C’est lui l’avocat timide (mais il évolue durant le film…) que choisit l’armée pour mieux couler le coupable désigné.

CRIMES ET POUVOIR, Carl Franklin 2002, Ashley Judd, Morgan Freeman (E)
Avocate redoutée, Claire Kubik mène à San Francisco une existence de rêve avec son mari Tom. Ils envisagent de fonder une famille. Jusqu'au jour où Tom est arrêté par des agents du FBI. Claire ...

@

CRIMINAL SQUAD, Christian Gudegast 2018, Gerard Butler, Pablo Schreiber (thriller)@@


Une unité d'élite de la police, menée par Nick Flanagan, tente d'arrêter les cambrioleurs les plus prolifiques de la ville de Los Angeles alors qu'ils planifient le vol le plus risqué de l'histoire. Les malfaiteurs souhaitent dévaliser la Réserve fédérale du centre-ville, la seule banque qui n'a jamais été cambriolée.

TELERAMA
Un ex-policier de Los Angeles poursuit un cerveau du crime sur la Côte d’Azur. Pour ce second volet, Christian Gudegast, fasciné par Michael Mann, enrichit sa mise en scène d’influences françaises. Attention, cet article révèle des éléments de l’intrigue.

En 2018, le scénariste Christian Gudegast (Un homme à part, La Chute de Londres) passait à la réalisation avec Criminal Squad, film de casse gigogne tièdement accueilli par la critique. Son crime ? S’inspirer crânement de Heat (1995), devenu en trois décennies monument intouchable. S’il n’atteignait pas le niveau de l’œuvre de Michael Mann, l’impressionnante fusillade urbaine – dans un embouteillage ! – était, tout de même, digne de son modèle.

Après le premier opus, situé à Los Angeles mais filmé à Atlanta, la délocalisation s’avère encore plus surprenante ici – la Côte d’Azur reconstituée à Santa Cruz de Tenerife, dans les îles Canaries ! –, donnant d’emblée à cette suite une atmosphère étrange. L’ex-agent du Los Angeles Sheriff Department (Gerard Butler, coupe hirsute et voix caverneuse) poursuit un cerveau du crime (O’Shea Jackson Jr, fils d’Ice Cube), cherchant à cambrioler la bourse aux diamants de Nice avec l’aide d’une équipe serbe. L’humour, qui faisait défaut au précédent, consiste à mettre Butler, Apollon beauf, face aux mœurs « exotiques » des Européens : croissants au beurre, expressos serrés, glaces à l’italienne (ou pas). Le tout sur fond de derby footballistique opposant Nice à Monaco…

Attentive aux détails, la mise en scène fétichiste n’est jamais loin de l’abstraction : des véhicules dans un dédale de containers à Anvers, des personnages dans un labyrinthe de couloirs à Nice. Selon une formule éprouvée depuis Le Solitaire (Michael Mann encore, 1981), le cinéaste privilégie les bruits – de pas, de portes, d’outils – pour accroître la tension, seulement relevés de quelques nappes électroniques.

Ce second volet s’enrichit d’influences françaises étonnantes, comme Taxi (Gérard Pirès, 1998), pour les voitures cachées dans un camion puis repeintes en deux temps trois mouvements. Ou, plus prestigieuse, Le Deuxième Souffle (Jean-Pierre Melville, 1966), pour la course-poursuite sur une route en lacets, musclée ici par des fusils d’assaut à bord de grosses cylindrées, pour un règlement de comptes façon tournoi de chevaliers. Soit le bouquet final d’un film de braquage au long cours, d’une durée hors norme.
CRIMINAL SQUAD, Christian Gudegast 2018, Gerard Butler, Pablo Schreiber (thriller)@@ (E)
Une unité d'élite de la police, menée par Nick Flanagan, tente d'arrêter les cambrioleurs les plus prolifiques de la ville de Los Angeles alors qu'ils planifient le vol le plus risqué de l'histoire. Les mal ...

@

CRIS ET CHUCHOTEMENTS, Ingmar Bergaman 1972, Ingrid Thulin, Liv Ullmann (societe sante)@@@


Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter cette déchéance. Seule la servante, Anna, trouve la force d’accompagner Agnès vers la mort. Mais toutes les quatre semblent faire le triste bilan de leur vie, réalisant qu’elles sont passées à côté du bonheur.

TELERAMA
Personne ne sort indemne de la vision de ce film, sans doute le plus violent des coups de poing métaphysiques qu’Ingmar Bergman ait jamais donnés. Trois sœurs, trois couleurs (rouge sang, blanc cadavérique, noir ténébreux), trois unités spatio-temporelles (hier idyllique, aujourd’hui asphyxiant, demain fuyant) : pour affronter la mort à visage découvert, le cinéaste décline ad nauseam cette sainte trinité qui régit son éducation rigide de fils de pasteur. Mais l’au-delà l’intéresse moins que l’ici-bas. Au cancer d’Agnès, qui la réduit à l’état d’animal rugissant, répond une autre forme de cancer, aussi spectaculaire et dévastateur : le puritanisme de sa sœur Karin, pour qui la moindre caresse est une torture. Seul un retour aux sources, simple et innocent, offre le salut aux humains perdus. Le giron maternel devient ainsi en pensée le plus confortable des cercueils.

Le secret de la beauté suffocante de ce film vient peut-être de cette volonté de clore un cycle, de vie, et aussi de cinéma. L’actrice Harriet Andersson mettait ici un point final à vingt ans de travail avec Ingmar Bergman. Après ses débuts de prolétaire sulfureuse et vibrante dans Monika, la voilà qui finissait en dépouille cireuse, le regard traversé d’éclairs de lucidité terminale, consciente du chemin parcouru…
CRIS ET CHUCHOTEMENTS, Ingmar Bergaman 1972, Ingrid Thulin, Liv Ullmann (societe sante)@@@ (E)
Dans un château suédois, à la fin du siècle dernier, Agnès agonise, rongée par un cancer de l’utérus. Ses deux sœurs tentent de la soutenir, mais finissent par ne plus supporter ce ...

@

CROCODILE DUNDEE, Peter Faiman 1986, Paul Hogan, Linda Kozlowski, Serge Cockburn (aventure)@@@


Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tribu d'aborigènes, il zone dans ces terrifiantes contrées comme un poisson dans l'eau. Sue Charlton, ambitieuse journaliste américaine, découvre l'homme sauvage et veut à tout prix faire un scoop. Elle finit par le rencontrer, l'emmène à New York et succombe à ses charmes.

TELERAMA
Une fille à papa new-yorkaise s’entiche d’un baroudeur australien. Choc de civilisations comique. Le film reprend l’argument bien connu du bon sauvage confronté au monde moderne et à une société dont il découvre soudain les conventions et la violence. Habitué au bush, aux kangourous et - parfois - aux crocodiles, Mick Dundee va aller de surprise en surprise. Paul Hogan, héros d’une célèbre émission humoristique de télévision, a trouvé un sujet de choix lui permettant de faire valoir les diverses facettes de son talent. La mise en scène se contente d’illustrer le propos du scénario, mais l’ensemble, sans prétention et souvent amusant, apporte une réelle bouffée d’air pur et de dépaysement. A l’opposé de tous les films policiers hyper-violents consacrés à la jungle des villes, « Crocodile Dundee » est une sympathique comédie de moeurs, dont le public a d’ailleurs plébiscité, à sa sortie, l’originalité.
CROCODILE DUNDEE, Peter Faiman 1986, Paul Hogan, Linda Kozlowski, Serge Cockburn (aventure)@@@ (E)
Crocodile Dundee alias Michael J. est un aventurier qui hante les vastes étendues du Bush australien : repas de lézards, larves et fourmis, rencontres inopinées avec des serpents et crocodiles... Elevé par une tr ...

@

CROIX DE FER, Sam Peckinpah 1977, James Coburn, James Mason (guerre)@@


Sur le front russe, en 1943, alors que l'armée allemande connaît de sérieux revers et que le moral des troupes décline, le capitaine Stransky débarque dans la péninsule de Taman, en Crimée. Cet aristocrate prussien rêve d'obtenir la Croix de fer, la plus haute distinction militaire. Prêt à tout sauf à y laisser sa peau, le cinglant capitaine va s'opposer jusqu'au paroxysme de l'horreur au sergent Steiner, un vétéran aimé des soldats qui méprise les officiers.

TELERAMA:
Peckinpah, au crépuscule de sa carrière et rongé par la drogue, filme la retraite de Russie de l’armée allemande comme un chaos plein de chairs puantes et déchirées, de larmes de dégoût et de désespoir. Comme souvent, il oppose deux figures masculines : le capitaine Stransky, ambitieux et lâche, venu sur le front pour y décrocher la croix de fer (quitte à s’octroyer les faits d’armes d’un autre), et l’héroïque sergent Steiner, écœuré par la bêtise galonnée, mais qui aime se battre. Violence institutionnelle d’un côté, violence primaire de l’autre. Peckinpah donne raison à la seconde, tendue par le désir de survie. Mais, à la fin, on le sait bien, croix de bois, croix de fer, ils iront tous en enfer.
CROIX DE FER, Sam Peckinpah 1977, James Coburn, James Mason (guerre)@@ (E)
Sur le front russe, en 1943, alors que l'armée allemande connaît de sérieux revers et que le moral des troupes décline, le capitaine Stransky débarque dans la péninsule de Taman, en Crimée. Ce ...

@

CROMWELL, Ken Hughes 1970, Richard Harris, Alec Guinness (histoire bio)@@


Dans les années 1640, le roi Charles I est engagé dans une lutte de pouvoir avec le Parlement et la guerre civile semble imminente pour Oliver Cromwell, membre de la Chambre des communes, qui s'apprête à partir pour les colonies américaines. Quand on lui demande de rester pour se battre pour la cause parlementaire, Cromwell accepte et se révèle être un brillant chef de l'armée Roundhead. Il va mener son armée à la victoire sur les Cavaliers du roi.

TELERAMA
1640, en Angleterre. Pour Oliver Cromwell, un fermier puritain membre du Parlement, l'Angleterre, menée par le très autoritaire Charles Ier, n'est qu'injustice et oppression. Pour la première fois en douze ans, le roi est contraint de convoquer le Parlement. Il souhaite lever des troupes pour briser une révolte en Ecosse. Mais le Parlement lui refuse les crédits et lui demande de renoncer à l'absolutisme. Charles Ier, pressé par son épouse française, la reine Henriette, décide de passer outre. La guerre civile éclate. Cromwell prend la tête des insurgés...
CROMWELL, Ken Hughes 1970, Richard Harris, Alec Guinness (histoire bio)@@ (E)
Dans les années 1640, le roi Charles I est engagé dans une lutte de pouvoir avec le Parlement et la guerre civile semble imminente pour Oliver Cromwell, membre de la Chambre des communes, qui s'apprête à partir po ...

@

CRUELLA, Craig Gillespie 2021, Emma Stone, Emma Thompson


Londres, années 70. Estella est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Elle se lie d'amitié avec deux jeunes vauriens qui apprécient ses compétences d'arnaqueuse et mène avec eux une existence criminelle dans les rues de Londres. Un jour, ses créations se font remarquer par la baronne von Hellman, une grande figure de la mode. Mais leur relation va amener Estella à se laisser envahir par sa part sombre, au point de donner naissance à l'impitoyable Cruella.

TELERAMA:
Il était une fois Estella, une petite orpheline qui se métamorphose, s’impose et se venge, dans le milieu de la mode londonienne des années 1970… En inventant de toutes pièces une jeunesse à la Cruella des 101 Dalmatiens, le classique animé de 1961, Disney réussit son divertissement en images réelles le plus insolent, pimpant et rythmé depuis la nuit des temps. Avec une direction artistique léchée, pleine d’inventions visuelles, le film ne cesse de faire des clins d’œil malins au Diable s’habille en Prada, tout en s’amusant du mouvement punk-rock anglais. Même la styliste Vivienne Westwood pourrait jalouser certaines créations d’Estella-Cruella, version féminine du Joker de Marvel, incarnée par une Emma Stone convaincante. Face à elle, la grande Emma Thompson inscrit son personnage de snob odieuse aux panthéons des méchantes de cinéma. Du plaisir cousu main.
CRUELLA, Craig Gillespie 2021, Emma Stone, Emma Thompson (E)
Londres, années 70. Estella est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Elle se lie d'amitié avec deux jeunes vauriens qui apprécient ses compétences d'arnaqueuse et mène avec eu ...

@

CUJO, Lewis Teague 1983, Danny Pintauro (horreur)@


Triste jour pour Donna et son fils Tad. Leur voiture est tombée en panne au beau milieu d'une cour déserte. Les secours arrivent sous la forme d'un Saint-Bernard enragé qui les assaille inlassablement. Un film sur l'angoisse qui n'est pas sans rappeler les Oiseaux d'Hitchock.

TELERAMA
A Castle Rock, dans le Maine, une paisible bourgade où les Trenton viennent d'emménager dans une splendide villa. Vic, le père, espère que la douceur des jours ruraux apaisera l'inquiétude quasi maladive de Donna, sa femme. Quant à leur jeune fils, Tad, il a pour grand ami Cujo, un paisible saint-bernard. Le chien passe son temps à poursuivre les lapins. Durant l'une de ses escapades, il pénètre dans un obscur terrier et se fait attaquer par une chauve-souris. La morsure semble anodine au premier abord et le toutou reprend ses jeux anodins avec son jeune maître. Pourtant, Cujo commence bientôt à manifester de curieuses altérations du comportement...

Le scénario est bancal, mais c'est largement compensé par quelques scènes terrifiantes et l'interprétation incroyable de Danny Pintauro.
CUJO, Lewis Teague 1983, Danny Pintauro (horreur)@ (E)
Triste jour pour Donna et son fils Tad. Leur voiture est tombée en panne au beau milieu d'une cour déserte. Les secours arrivent sous la forme d'un Saint-Bernard enragé qui les assaille inlassablement. Un film sur l'ang ...

@

CYCLONE CATEGORIE 6 le choc des tempetes, Dick Lowry 2004 (catastrophe)@


Amy Harkin enquête sur la longue vague de sécheresse qui sévit sur Chicago, sans se douter que le climat va encore empirer. Tornades, tempête chaude, front arctique : trois fronts atmosphériques dévastateurs menacent la ville. Personne ne sera prévenu à temps si Mitch, chef des opérations à la Midwest Electric, n'arrive pas à restaurer d'urgence le courant de la ville. Las Vegas se fait détruire par des tornades ainsi que Saint Louis.

TELERAMA
Amy Harkin enquête sur la longue vague de sécheresse qui sévit sur Chicago, sans se douter que le climat va encore empirer. Tornades, tempête chaude, front arctique : trois fronts atmosphériques dévastateurs menacent la ville. Personne ne sera prévenu à temps si Mitch, chef des opérations à la Midwest Electric, n'arrive pas à restaurer d'urgence le courant de la ville. Las Vegas se fait détruire par des tornades ainsi que Saint Louis.
CYCLONE CATEGORIE 6 le choc des tempetes, Dick Lowry 2004 (catastrophe)@ (E)
Amy Harkin enquête sur la longue vague de sécheresse qui sévit sur Chicago, sans se douter que le climat va encore empirer. Tornades, tempête chaude, front arctique : trois fronts atmosphériques dévas ...

@

CYRANO DE BERGERAC, jean Paul rappeneau 1990, Gerard Depardieu@@


Cyrano de Bergerac est amoureux de sa cousine Roxane, mais celle-ci lui avoue qu'elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu'elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d'esprit, Christian obtient par ailleurs de Cyrano, qu'il écrive pour lui ses lettres d'amour à la belle Roxane.

TELERAMA:
C’était un énorme pari, ce fut une réussite tonique : Jean-Paul Rappeneau et Jean-Claude Carrière ont transformé le fameux drame héroïque aux vers flamboyants en un trépidant film de cape et d’épée. Le contexte politique revanchard qui, après la déculottée guerrière de 1870, avait fait applaudir la pièce comme une cocardière « fanfare de pantalons rouges » a disparu. Le sublime demeure : la superbe avec laquelle un romantique insolent, fou colossal à l’âme pure, amoureux courtois à face grotesque, cache son infinie douleur et sa poignante solitude. Rôle sommet pour Depardieu : brave, digne, grandiose et vulnérable, il n’hésite pas à en faire trop, mais sacrifie le pathétique à la pudeur. Les autres interprètes sont émouvants de fougue et de sensibilité. Anne Brochet (Roxane), en particulier, romantique exaltée plutôt qu’exquise pimbêche. Ce spectacle ample, enluminé par des décors qui rappellent les ­tableaux d’époque, ne trébuche sur aucune des grandes scènes attendues — la tirade du nez est un instant magique. Cyrano a la puissance rare et le panache des films beaux à pleurer.
CYRANO DE BERGERAC, jean Paul rappeneau 1990, Gerard Depardieu@@ (E)
Cyrano de Bergerac est amoureux de sa cousine Roxane, mais celle-ci lui avoue qu'elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu'elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d'esprit, Christian obtient par ail ...

@

D UNE VIE A L AUTRE, Georg Maas et Judith Kaufmann 2013, Juliane Kohler, Liv Ullmann (histoire shoah)


Au début des années 1990. Katrine Myrdal se change dans les toilettes de l'aéroport allemand où elle vient de descendre d'un avion en provenance de la Norvège. Méconnaissable, elle se rend dans un orphelinat, puis aux archives d'Etat, simule un malaise et profite du désordre créé pour découper subrepticement le document qu'elle étudiait. Qu'est-ce qui peut pousser cette quinquagénaire heureuse en ménage avec son mari Bjarte à prendre tous les risques ? Pourquoi refuse-t-elle obstinément de témoigner dans le procès qu'un jeune avocat, Sven Solbach, veut intenter à l'Etat allemand pour faire reconnaître la tragédie des enfants norvégiens enlevés par les nazis et élevés dans les Lebensborn ?...
D UNE VIE A L AUTRE, Georg Maas et Judith Kaufmann 2013, Juliane Kohler, Liv Ullmann (histoire shoah) (E)
Au début des années 1990. Katrine Myrdal se change dans les toilettes de l'aéroport allemand où elle vient de descendre d'un avion en provenance de la Norvège. Méconnaissable, elle se rend dans un o ...

@

DA VINCI CODE, Ron Howard 2006, Tom Hanks, Audrey Tautou


Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles... Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci.

TELERAMA:
La fidélité au roman se révèle la pire des trahisons. Elle plombe d'ennui un récit qui était plutôt ludique et surtout très nerveux sous la plume du fabricant de fiction Dan Brown. L'ironie, c'est qu'à force de soumission aveugle à une histoire dont il ne retient que des ingrédients, Ron Howard finit par passer à côté de la dimension cinématographique du livre. Dan Brown faisait de la littérature comme on pique un 100 mètres, Ron Howard fait du cinéma de marathonien poussif. Son art du remplissage étouffe tout, notamment la description d'un Opus Dei trempant dans le sang et les dollars. Ce brin d'audace dont on pouvait faire crédit à Dan Brown n'est plus ici qu'une sous-intrigue fade, à peine compréhensible. Ce Da Vinci Code ne ressemble à rien, sinon à la pub qui lui est faite : un produit de grande conso fabriqué sur un modèle interchangeable.
DA VINCI CODE, Ron Howard 2006, Tom Hanks, Audrey Tautou (E)
Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il ...

@

DADDY COOL, Maxime Govare, Vincent Elbaz, Laurence Arne


Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d'enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l'amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal : une crèche à domicile. Le début, d'une improbable expérience éducative.
DADDY COOL, Maxime Govare, Vincent Elbaz, Laurence Arne (E)
Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d'enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l'amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal ...

@

DAHOMEY. Mati Diop 2024 (documentaire fiction)@@


Novembre 2021. Vingt-six trésors royaux du Dahomey s'apprêtent à quitter Paris pour être rapatriés vers leur terre d'origine, devenue le Bénin. Avec plusieurs milliers d'autres, ces œuvres furent pillées lors de l'invasion des troupes coloniales françaises en 1892.

TELERAMA
Autour des œuvres restituées au Bénin par la France, une réflexion profonde sur l’art et la colonisation.
Elles ont la beauté émouvante de patients en réanimation, de créatures fragiles qui, peu à peu, reprennent vie. On leur prodigue des soins sophistiqués, contribuant à l’atmosphère surréelle qui les entoure. Elles sont, pour être exact, littéral, des œuvres d’art tout juste sorties de leurs vitrines au musée du Quai Branly. Mais, littéral, ce documentaire ne l’est jamais, qui transfigure les objets comme les gestes. En captant le départ de vingt-six joyaux du royaume disparu du Dahomey, pillés jadis, et choisis pour être restitués au Bénin, en novembre 2021, la cinéaste Mati Diop rappelle les superpouvoirs du regard. Comme dans son film précédent, Atlantique (2019), qui était une fiction, elle fait surgir le fantastique sans trahir la réalité.

Il en va ainsi de cette voix intérieure, mi-humaine mi-robotique, parlant le béninois, que la réalisatrice prête à l’une des statues – représentant un roi guerrier – en partance pour l’Afrique. La narration sera portée par cette étrange âme sonore, sans genre ni certitude, à même d’interroger en tous sens le voyage entrepris. Car Dahomey n’est pas un film de célébration ou d’approbation de l’événement de la restitution. Mati Diop y prend sans cesse de la hauteur, y gagne de la profondeur, par tous les moyens du cinéma : l’Ours d’or du dernier festival de Berlin est mérité.

Une fois les œuvres revenues sur leur territoire, la réflexion s’incarne dans un fracassant débat entre des étudiants d’une université de Cotonou. Où il apparaît que ces quelques œuvres rendues sont une dérisoire goutte d’eau dans l’immensité de ce qui fut dérobé à la fin du XIXᵉ siècle. Les présidents Emmanuel Macron et Patrice Talon ont-ils surtout organisé une opération de communication ? L’origine vaudoue des objets pose, par ailleurs, la question de leur place, qui n’est peut-être pas le musée où on les a installés d’office. Comme le fait remarquer un jeune homme, le vaudou reste très présent au Bénin, débordant le catholicisme installé par les colons… La mise en perspective devient vertigineuse quand les intervenants constatent qu’ils débattent tous en français, et avec les armes théoriques, les doctrines, les savoirs importés par les pilleurs d’autrefois…

En laissant finalement divaguer l’esprit de la statue dans les quartiers et les paysages de la ville côtière, Mati Diop évoque le sujet crucial de la rencontre entre les objets d’art revenus au pays et la population locale. Ce Bénin contemporain, filmé avec empathie et admiration, est aussi celui des difficultés économiques au quotidien. L’annonce de la restitution comme le contenu des musées pourraient y rester à jamais des données lointaines, abstraites, pour le plus grand nombre… Le film intègre cette hypothèse mais ne s’y arrête pas. C’est assurément l’une de ses beautés : en moins d’une heure dix, il donne l’impression de traverser les siècles, les océans et les civilisations. Il suggère un mouvement perpétuel de la pensée et des choses, qui, à la fois, nous dépasse et nous concerne.
DAHOMEY. Mati Diop 2024 (documentaire fiction)@@ (E)
Novembre 2021. Vingt-six trésors royaux du Dahomey s'apprêtent à quitter Paris pour être rapatriés vers leur terre d'origine, devenue le Bénin. Avec plusieurs milliers d'autres, ces œuvres furen ...

@

DALIDA, Lisa Azuelos 2016, Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio (musical bio)@@


De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe 1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l'Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d'une femme absolue, complexe et solaire. Elle était une femme moderne à une époque qui l'était moins. Malgré son suicide en 1987, Dalida continue à rayonner avec sa présence éternelle.

TELERAMA
La vision de la bande-annonce de ce biopic de la chanteuse aux deux mille chansons faisait très peur. La réplique « c'est mon poublic qui m'a faite » semblait assez ridicule. Et le premier quart d'heure du film semble confirmer ces inquiétudes : les débuts de ­Dalida, repé­rée par Bruno Coquatrix et Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe 1, sont platement reconstitués, gâchés, qui plus est, par un play-back très approximatif. On mise peu sur la belle Sveva Alviti, mannequin italien visiblement choisi pour sa ressemblance relative avec l'interprète d'Il venait d'avoir 18 ans. Et puis, surprise : même si elle obéit aux lois du genre (toute une vie hachée menu en deux heures), Lisa Azuelos nous happe, peu à peu, en assumant pleinement la tragédie, le mélo au féminin éclaboussé par les lumières de la rampe. Car on avait oublié combien l'existence de Iolanda Gigliotti fut un paradis public et un enfer sentimental, avec les suicides successifs de tous les hommes de sa vie. Seul Orlando (subtil Riccardo Scamarcio), son frère, son ombre, fut là, encore et toujours. Au gré des concerts, de mieux en mieux filmés — la crinière et le lamé dorés de Dalida irradient comme au bon vieux temps de Maritie et Gilbert Carpentier —, et alors que le sort s'acharne, la réalisatrice fait saillir la solitude et la malédiction d'une star planétaire. Difficile de situer l'instant exact du basculement, mais Sveva Alviti est devenue Dalida. Et ses lèvres collent maintenant si bien au play-back que son interprétation de Je suis malade est le plus beau moment du film.
DALIDA, Lisa Azuelos 2016, Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio (musical bio)@@ (E)
De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe 1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l'A ...

@

DALLAS BUYERS CLUB, Jean-Marc Vallée 2013, Matthew McConaughey, Jennifer Garner (sante sida)@@


Juillet 1985. Le virus du sida fait peur, les traitements sont balbutiants et la plupart inefficaces. Hospitalisé à la suite d'un accident du travail, Ron Woodroof, électricien texan, apprend qu'il est séropositif ; selon les médecins, il ne lui reste qu'une trentaine de jours pour mettre de l'ordre dans ses affaires. Ron nie l'évidence, mais la maladie gagne du terrain.

TELERAMA
En 1985, un ouvrier homophobe passionnément beauf et tête de lard se découvre atteint du sida… La performance de McConaughey a été récompensée par un Oscar.

Si l’histoire n’était pas vraie, elle semblerait artificielle. En 1985, Ron Woodroof, homophobe tapageur, découvre qu’il est malade du sida. On lui donne trente jours à vivre. Ce Texan anonyme, électricien à Dallas, incarne à lui seul le tournant d’une époque. D’abord, les préjugés sur une maladie nouvelle, alors taboue, puis, bientôt, la mobilisation, la recherche de traitements : pour sauver sa peau, Ron Wood­roof devient un spécialiste du sida et rend accessibles des médicaments alternatifs, non autorisés mais efficaces, à travers le système d’achat coopératif des « buyers clubs ».

Pour raconter cet incroyable parcours, Jean-Marc Vallée (l’auteur canadien de C.R.A.Z.Y., aux commandes de son premier film américain) mise tout sur son acteur principal, Matthew McConaughey. Qui, lui, mise tout sur l’hyperréalisme : amaigri, enlaidi, le visage osseux ;
sa transformation physique va dans le sens du jusqu’au-boutisme de son personnage, passionnément beauf et tête de lard puis, dans son combat pour la vie, passionnément humaniste, et même champion de la tolérance. La performance de McConaughey a été récompensée par un Oscar. L’implication du réalisateur est moins décisive. Jean-Marc Vallée ne creuse pas le mystère de l’homme qu’il met en scène. Il le regarde simplement avec admiration. Premier spectateur du personnage et de l’acteur. Ébahi, forcément.
DALLAS BUYERS CLUB, Jean-Marc Vallée 2013, Matthew McConaughey, Jennifer Garner (sante sida)@@ (E)
Juillet 1985. Le virus du sida fait peur, les traitements sont balbutiants et la plupart inefficaces. Hospitalisé à la suite d'un accident du travail, Ron Woodroof, électricien texan, apprend qu'il est séropositi ...

@

DAMA DE PORTO PIM, José Antonio Salgot with Emma Suárez, Antonio Resines, Sergio Peris-Mencheta, José Manuel Cervino, Maite Blasco (sentimental film e)@


Le film, tiré d'un roman d'Antonio Tabucchi, raconte l'histoire d' une femme riche qui arrive sur une petite île portugaise pendant que son mari est à la Seconde Guerre mondiale ; là, un humble pêcheur, promis à une fille du village, tombe amoureux d'elle, et elle tombera également amoureuse de lui, mais son mari pourrait revenir.
Nous sommes en 1944, Port Pim est une halte pour ceux qui fuient la Seconde Guerre mondiale. Une histoire d'amour passionnée entre Lucia, une femme sophistiquée, et Lucas, un jeune baleinier, qui attire les baleines avec ses chants. Elle va découvrir en Lucas que l'innocence a un pouvoir de séduction écrasant.
DAMA DE PORTO PIM, José Antonio Salgot with Emma Suárez, Antonio Resines, Sergio Peris-Mencheta, José Manuel Cervino, Maite Blasco (sentimental film e)@ (E)
Le film, tiré d'un roman d'Antonio Tabucchi, raconte l'histoire d' une femme riche qui arrive sur une petite île portugaise pendant que son mari est à la Seconde Guerre mondiale ; là, un humble pêcheur, prom ...

@

DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons


Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, brillant journaliste politique, et Sally, adolescente à l'esprit vif et curieux. Au cours d'une réception à l'ambassade de France, Stephen fait la connaissance d'Anna Barton, la nouvelle petite amie de son fils.

TELERAMA
“ Autopsie d'une relation impossible et néfaste cachée par de faux-semblants. Une famille se faisant tromper par une romance inavouable. ”
DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons (E)
Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, bri ...

@

DANCER IN THE DARK, Lars Von Trier 2000, Bjork, Catherine Deneuve


Dans les années 1960, Selma Jezkova, immigrée tchécoslovaque, s'est installée dans une petite ville des États-Unis avec son fils Gene, âgé de 12 ans. Elle travaille dur et sans relâche pour tenter de réunir l'argent qui doit lui permettre de payer à son fils une opération des yeux avant son treizième anniversaire. Gene, en effet, souffre d'une maladie héréditaire qui le prédestine comme sa mère à la cécité. Pour y parvenir, Selma travaille comme emboutisseuse dans une usine métallurgique, au-delà de ses capacités et au mépris des règles de sécurité. Elle ne s'offre comme distraction que la participation à une comédie musicale montée par la chorale amateur de son quartier. Un jour, Selma et Bill, son voisin, échangent leur secrets : elle devient aveugle et il cache à sa femme Linda qu'il est ruiné. Bill vole finalement à Selma les économies qui devaient servir à sauver son fils ; une série d'événements désastreux s'ensuit alors.

TELERAMA:
Le magnétisme brutal de l’héroïne tient avant tout à son interprète, Björk, qui s’est immolée pour le rôle. Avec elle, le moindre mouvement devient chorégraphie, le moindre bruit, musique. Même le silence peut casser les oreilles, comme dans cette ahurissante séquence où Selma vient de commettre un meurtre malgré elle. Et pourtant, ce sublime ballet mutique assourdit autant qu’une fanfare cacophonique…
DANCER IN THE DARK, Lars Von Trier 2000, Bjork, Catherine Deneuve (E)
Dans les années 1960, Selma Jezkova, immigrée tchécoslovaque, s'est installée dans une petite ville des États-Unis avec son fils Gene, âgé de 12 ans. Elle travaille dur et sans relâche p ...

@

DANGEREUSE SEDUCTION, James Foley 2007, Halle Berry, Bruce Willis


Ayant changé son identité afin d'enquêter sur le meurtre d'un ami, une journaliste croise la route d'un puissant cadre supérieur.

TELERAMA:
... énièmes chassés-croisés amoureux d'étudiants friqués et obsédés par leur virginité, à part peut-être une fête de fin d'année sur le thème de Titanic, assortie de quelques gags qui évitent le naufrage total...
DANGEREUSE SEDUCTION, James Foley 2007, Halle Berry, Bruce Willis (E)
Ayant changé son identité afin d'enquêter sur le meurtre d'un ami, une journaliste croise la route d'un puissant cadre supérieur.

TELERAMA:
... énièmes chassés-croisés amou ...

@

DANGEREUSEMENT VOTRE (James Bond) John Glen 1985


L'agent 0.0.7. est engagé dans une course contre la montre. Il doit arrêter un industriel avide de pouvoir qui projette de tuer des millions d'innocents afin de bloquer l'approvisionnement de micropuces. Du sommet de la tour Eiffel à celui du Golden Gate, Bond relève son plus grand défi.

TELERAMA:
Loin de ses réussites en 007 (L’Espion qui m’aimait, 1977), plus proche de ses échecs (Moonraker, 1979), Dangereusement vôtre constitue le baroud d’honneur de Roger Moore. La médiocrité de cet épisode est souvent attribuée à l’âge du comédien (56 ans), dépassé par les héros musclés des années 1980, type Stallone ou Schwarzenegger. Cette maturité lui donne au contraire un charme suranné, d’autant qu’il ne s’en tire pas si mal côté action. Le talon d’Achille serait plutôt le manque de considération des scénaristes envers les méchants, pourtant incarnés par Christopher Walken et Grace Jones ! Engendré par un médecin nazi, le boss de Zorin Industries est censé posséder un QI surhumainsous-exploité. Son ambition : provoquer un séisme pour engloutir la Silicon Valley. Un psychopathe qui s’attaque, avec trente ans d’avance, aux futurs mégalos des Gafa…
DANGEREUSEMENT VOTRE (James Bond) John Glen 1985 (E)
L'agent 0.0.7. est engagé dans une course contre la montre. Il doit arrêter un industriel avide de pouvoir qui projette de tuer des millions d'innocents afin de bloquer l'approvisionnement de micropuces. Du sommet de la tour Ei ...

@

DANGEROUS MOOLIGHT, Brian Desmond Hurst 1941, Anton Walbrook, (Concerto de Varsovie Richard Addinssell)@@


Au début de la Seconde Guerre mondiale, un pianiste polonais, officier dans l'armée de l'air, échappe de peu à l'invasion allemande grâce à ses compagnons d'arme. Il se sert de son talent aux Etats-Unis, en organisant une tournée de concerts pour réunir des fonds pour la résistance polonaise....

TELERAMA
DANGEROUS MOOLIGHT, Brian Desmond Hurst 1941, Anton Walbrook, (Concerto de Varsovie Richard Addinssell)@@ (E)
Au début de la Seconde Guerre mondiale, un pianiste polonais, officier dans l'armée de l'air, échappe de peu à l'invasion allemande grâce à ses compagnons d'arme. Il se sert de son talent aux Etats-U ...

@

DANGEROUS, David Hackl 2021, Scott Eastwood, Mel Gibson, Tyrese Gibson, Famke Janssen (thriller)@


Dylan Forrester est un ancien détenu aux antécédents violents, actuellement en liberté conditionnelle. Il suit un traitement médicamenteux et consulte un psychiatre un peu excentrique. Un jour, Dylan apprend la mort de son frère, survenue dans des circonstances suspectes. Il décide d'enfreindre les conditions de sa libération conditionnelle, ce qui provoque la mobilisation du FBI, pour se rendre sur l'île où son parent était installé. Là, Dylan retrouve une partie de sa famille et comprend que son frère était à la recherche de quelque chose se trouvant sur l'île. Bientôt, une équipe de mercenaires débarque, venue elle aussi découvrir le secret de l'île...

TELERAMA
Ce film d’action mollasson est réalisé par le Canadien David Hackl, qui a notamment signé “Saw V” et s’est spécialisé depuis dans le “direct to VOD”.

La rédemption à la force du pistolet est une constante du cinéma d’action, que ce thriller tente de reformuler avec ses rebondissements. Le héros de Dangerous est un criminel sociopathe et ex-taulard, Dylan, résolu à payer sa dette à la société. La mort de son frère l’incite à rompre sa liberté conditionnelle pour se rendre aux obsèques, sur une île perdue du Pacifique nord. Là, il va devoir affronter sa famille qui l’a renié, mais aussi des mercenaires qui prennent ses proches en otage.

Renouer avec la violence pour sauver les siens et se racheter en affrontant pire que soi n’est que le prétexte à des fusillades sans inspiration, desservies par un montage fastidieux et des méchants d’opérette. Le décor de l’île est sans charme, c’est celui d’un huis clos qui se souvient de Piège de cristal.

Le film ne doit son salut qu’à un passage tardif du premier degré vers le second, voire le douzième. On le soupçonnait grâce aux apparitions hilarantes de Mel Gibson en thérapeute incompétent, censé épauler par téléphone Dylan, son patient. Quand Mel Gibson est votre psy, rien n’est à prendre au sérieux, et lui l’a compris tout de suite. Les autres lui emboîtent finalement le pas, à commencer par Scott Eastwood, dans le rôle de Dylan, le paria aux gros bras. Tout en se sachant (pour l’instant ?) dénué du charisme de Clint, son père illustre, Scott lui emprunte son stoïcisme, ses répliques laconiques et ses sourcils plissés. C’est un jeu des sept erreurs à double tranchant et on peut saluer ce risque. Dommage que le reste du film joue au contraire la sécurité, pour se réduire à un tout petit plaisir coupable, pas très Dangerous.

DANGEROUS, David Hackl 2021, Scott Eastwood, Mel Gibson, Tyrese Gibson, Famke Janssen (thriller)@ (E)
Dylan Forrester est un ancien détenu aux antécédents violents, actuellement en liberté conditionnelle. Il suit un traitement médicamenteux et consulte un psychiatre un peu excentrique. Un jour, Dylan appre ...

@

DANS L OMBRE DES DUNES, Philippe Dajoux 2022, Bruno Salomone, Mickael Lumière (thriller)@


Le commissaire Becker débarque dans un petit village des Lances pour tenter de récupérer sa femme qui vient de lui annoncer qu'elle le quittait. Lasse de ses absences de flic à Paris, elle a décidé de retourner avec les enfants dans son pays natal, où elle renoue avec certains copains d'autrefois.
DANS L OMBRE DES DUNES, Philippe Dajoux 2022, Bruno Salomone, Mickael Lumière (thriller)@ (E)
Le commissaire Becker débarque dans un petit village des Lances pour tenter de récupérer sa femme qui vient de lui annoncer qu'elle le quittait. Lasse de ses absences de flic à Paris, elle a décidé ...

@

DANS LA BRUME ELECTRIQUE, Bertrand Tavernier 2009, Tommy Lee Jones, John Goodman (thriller)@@


Dave Robicheaux, détective, enquête sur un serial killer dont les victimes sont de très jeunes femmes. A la suite du dernier meurtre en date, il fait la rencontre d'une star hollywoodienne, Elrod Sykes, qui tourne un film dans la région. Celui-ci raconte à Dave une scène dont il a été témoin : la découverte du cadavre d'un homme enchaîné, gisant dans le Marais ?

TELERAMA
D'emblée, c’est une voix qui sort de la brume comme d’outre-tombe. Des mots rocailleux, prononcés par Tommy Lee Jones. L’acteur incarne idéalement le shérif Dave Robicheaux, personnage clé des histoires de James Lee Burke. Il doit élucider une série de meurtres sauvages commis dans la région par un détraqué qui s’en prend à de jeunes prostituées. Tâche d’autant moins facile qu’en Louisiane la culpabilité est générale. Une région envoûtante et dévastée. Gangrenée par la mafia locale. Dans ce marasme, Robicheaux apparaît comme un type bien, mais capable d’accès de violence. D’où vient cette violence ?

C’est l’enjeu du film : remonter à l’origine du mal. D’où l’omniprésence du passé (la guerre de Sécession), d’où le film tourné dans le coin, avec Elrod Sykes, une star hollywoodienne imbibée du matin au soir que Robicheaux prend sous son aile. Ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun. Sinon une hantise : l’alcool. Tavernier fait bien ressentir le voyage immobile que procure l’alcool, ce passé ressassé, entre mémoire et oubli. Baigné de blues et de musique cajun, ce polar ondule. À défaut de paix, on y trouve l’accalmie.
DANS LA BRUME ELECTRIQUE, Bertrand Tavernier 2009, Tommy Lee Jones, John Goodman (thriller)@@ (E)
Dave Robicheaux, détective, enquête sur un serial killer dont les victimes sont de très jeunes femmes. A la suite du dernier meurtre en date, il fait la rencontre d'une star hollywoodienne, Elrod Sykes, qui tourne un fil ...

@

DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, Norman Jewison 1967, Sydney Poitier


Dans une petite ville du Mississippi, un crime vient d'être commis. L'adjoint du sherif arrête un inconnu assis dans le hall de la gare. Il est directement accusé du meurtre : il est noir et a beaucoup d'argent sur lui. Après vérification de son identité, il s'avère que cet homme est Virgil Tibbs, un policier, membre de la brigade criminelle de Philadelphie. Il est alors relâché sans un mot d'excuse.

TELERAMA:
Si l’aspect policier laisse à désirer (accumulation insistante de faux suspects), Dans la chaleur de la nuit reste un classique antiraciste, dont certaines scènes, comme la tentative de lynchage de Tibbs ou sa confrontation avec un notable qui se croit encore au temps de l’esclavage, continuent de faire froid dans le dos. Face à Rod Steiger en léger cabotinage, Sidney Poitier incarne avec majesté le refus de plier devant la violence et la bêtise. En 1968, ce film a remporté l’oscar, bien qu’ayant de très sérieux concurrents : Bonnie and Clyde, Le Lauréat et Devine qui vient dîner…, autre long métrage avec Sidney Poitier sur la condition des Noirs dans les années 1960 aux États-Unis. Cette même année, Martin Luther King était assassiné.
DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, Norman Jewison 1967, Sydney Poitier (E)
Dans une petite ville du Mississippi, un crime vient d'être commis. L'adjoint du sherif arrête un inconnu assis dans le hall de la gare. Il est directement accusé du meurtre : il est noir et a beaucoup d'argent sur lui. A ...

@

DANS LA COUR, Pierre Salvadori 2014, Catherine Deneuve, Gustave Kervern (comique sentimental)@


Antoine, musicien, met fin à sa carrière et prend un job comme gardien d'immeuble. Tout doucement, Antoine se prend d'amitié pour une femme, Mathilde, qu'il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

TELERAMA
Un concierge et une retraitée angoissée font alliance. Salvadori explore les petites et grandes folies du quotidien dans une comédie fêlée, drôle et poignante.

Genre : roi et reine. D'emblée, rien ne va plus pour Antoine, musicien démissionnaire vidé de toute énergie, qui s'improvise gardien d'immeuble sur les conseils de Pôle emploi. Quant à Mathilde, retraitée dévouée mais anxieuse, elle passe ses insomnies à inspecter des fissures, évolutives, croit-elle, dans ses murs et ses plafonds, prémices de terribles catastrophes, elle en est sûre.

À rebours de toute recette comique brevetée, Pierre Salvadori retient alors pour seuls fils conducteurs la dépression du concierge, la déraison de la retraitée débutante et l'alchimie de leur rencontre. Il n'est pas question d'attirance — il faut être un minimum en forme pour ça —, mais seulement d'entraide, fût-elle inefficace. Elle lui prépare des endives au jambon qui le confortent dans son absence d'appétit. Il l'assiste dans l'organisation d'une assemblée générale de la copropriété, où elle entend faire partager ses terreurs. D'où une litanie de gags fêlés, voire bouleversants : le film nous apprend que c'est possible.

Au bout du compte, Antoine et Mathilde ont un petit quelque chose des frère et soeur de Love Streams, de John Cassavetes, dans leur usure, leur désespoir burlesque, son envie à lui de s'enivrer, son besoin à elle d'être utile. Gustave Kervern et Catherine Deneuve en alliés no future, il fallait y penser. La douceur épuisée du pilier de Groland épouse idéalement la fébrilité de sa partenaire. Et entre leurs deux personnages se jouent des questions autrement cruciales que dans la majorité des comédies à la française : qui secourt l'autre ? Qui peut sauver qui ?
DANS LA COUR, Pierre Salvadori 2014, Catherine Deneuve, Gustave Kervern (comique sentimental)@ (E)
Antoine, musicien, met fin à sa carrière et prend un job comme gardien d'immeuble. Tout doucement, Antoine se prend d'amitié pour une femme, Mathilde, qu'il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages e ...

@

DANS LA MAISON, Francois Ozon, Fabrice Luchini, Kristin Scott-Tomas, Emmanuelle Seignier (societe moeurs)@@


Germain, un professeur las d'enseigner le français à des élèves indifférents, est pourtant séduit par le récit de l'un d'entre eux, Claude, qui raconte comment il s'introduit dans la maison d'un camarade, attiré par le parfum de sa mère. Faisant fi de ses réserves, Germain l'encourage à poursuivre dans son entreprise et lui prodigue des conseils de rédaction.

TELERAMA:
C’est un film délectable. Si soyeux et si rythmé (Fabrice Luchini et Kristin Scott Thomas, étincelants, évoquent les duos des comédies hollywoodiennes de jadis) que la noirceur avance masquée. Dans la maison charme, étonne, excite. L’habileté de François Ozon est telle qu’on a l’impression d’inventer ce que l’on découvre sur l’écran : on tire les ficelles, on s’infiltre dans les méandres de l’intrigue, dans les pensées des personnages. On se sent co­scénariste, co-metteur en scène…
Pour le cinéaste, c’est un manifeste. Dans une époque où les auteurs collent à leur vie comme à leur nombril, il affirme l’importance de l’artifice. De l’imagination. La fiction, il n’y a que ça de vrai. Où l’on s’égare pour mieux, finalement, se trouver.
DANS LA MAISON, Francois Ozon, Fabrice Luchini, Kristin Scott-Tomas, Emmanuelle Seignier (societe moeurs)@@ (E)
Germain, un professeur las d'enseigner le français à des élèves indifférents, est pourtant séduit par le récit de l'un d'entre eux, Claude, qui raconte comment il s'introduit dans la maison d ...

@

DANS LES CORDES, Charles S. Dutton 2004, Meg Ryan, Omar Epps, Timothy Daly (sport)


Depuis qu'elle est toute petite, Jackie Kallen gravite dans le milieu de la boxe. Secrétaire dans un stade, elle croise souvent le chemin de LaRocca, un manager en vue. Un jour, à la suite d'une altercation, celui-ci vend à Jackie un de ses poulains. Jackie, en voulant le rencontrer, découvre un autre jeune homme, Luther Shaw, qui lui fait forte impression.
DANS LES CORDES, Charles S. Dutton 2004, Meg Ryan, Omar Epps, Timothy Daly (sport) (E)
Depuis qu'elle est toute petite, Jackie Kallen gravite dans le milieu de la boxe. Secrétaire dans un stade, elle croise souvent le chemin de LaRocca, un manager en vue. Un jour, à la suite d'une altercation, celui-ci vend &agr ...

@

DANS UN PAYS QUI N EXISTE PLUS, Aelrun Goette 2022,Marlene Burow, Sabin Tambrea (histoire societe mode)@@


À Berlin-Est, Suzie est renvoyée du lycée pour avoir arboré un insigne pacifiste. Privée d'études et assignée à un travail d'ouvrière dans la câblerie Oberspree, Suzie voit bifurquer ce destin qui l'accable en rencontrant Coyote qui gravite dans le milieu de la mode. Publié dans Sybille, le "Vogue" est-allemand, un portrait d'elle lui ouvre les portes du journal et surtout, de la marque d'État Exquisit, qui entend rivaliser avec la haute couture occidentale.

TELERAMA
Ex-mannequin en Allemagne de l’Est, la réalisatrice Aelrun Goette s’est inspirée de sa propre histoire pour écrire cette fiction ayant pour toile de fond les grands bouleversements de la fin des années 1980. Hélas, la sauce ne prend jamais vraiment. La faute à un rythme faiblard, à une protagoniste trop passive pour être réellement intéressante, et à un scénario se contentant d’aligner sans grande inventivité les poncifs du récit initiatique (la découverte de l’amour, de la rébellion…). Le film peut cependant valoir le coup d’œil pour sa reconstitution convaincante d’une RDA finissante, déchirée entre conservatisme et soif de liberté.
DANS UN PAYS QUI N EXISTE PLUS, Aelrun Goette 2022,Marlene Burow, Sabin Tambrea (histoire societe mode)@@ (E)
À Berlin-Est, Suzie est renvoyée du lycée pour avoir arboré un insigne pacifiste. Privée d'études et assignée à un travail d'ouvrière dans la câblerie Oberspree, Suzie voi ...

@

DANSE AVEC LES LOUPS, Kevin Costner 1990, Kevin Costner, Mary McDonnell, Graham Greene (saga histoire)


Danse avec les loups raconte l'histoire d'un officier nordiste décoré de la guerre de Sécession qui rejoint volontairement, lorsque les combats se terminent, un fort éloigné de toute civilisation. Le campement déserté sur place est isolé de tous. C'est avec les Sioux que l'officier sympathise et le rapprochement devient fraternel. Il est désormais surnommé « Danse avec les loups » et abandonne son poste pour vivre à leurs côtés.

TELERAMA:
Kevin Costner s’inscrivait dans la tradition américaine des acteurs passant avec succès derrière la caméra. Avec cette épopée marquée du double sceau de l’action et de la contemplation, il partait à la recherche des fondements de la nation américaine en rendant hommage au peuple sioux. Hommage moral aussi, car témoignant du génocide. La force du film tient à la vérité documentaire du regard posé sur les grands espaces, les animaux, les hommes, et au romantisme amer qui se dégage de l’itinéraire du héros lieutenant. Visage pâle animé par le désir d’être indien, traître aux yeux des Blancs, il s’ouvre au monde et réapprend à vivre. Bien que ponctué de morceaux de bravoure, le film frappe surtout par sa manière de prendre son temps.

DANSE AVEC LES LOUPS, Kevin Costner 1990, Kevin Costner, Mary McDonnell, Graham Greene (saga histoire) (E)
Danse avec les loups raconte l'histoire d'un officier nordiste décoré de la guerre de Sécession qui rejoint volontairement, lorsque les combats se terminent, un fort éloigné de toute civilisation. Le campe ...

@

DANSE TA VIE, Jean-Pierre Améris, Magali Saby, Samuel Mercer, Valérie Karsenti (danse)@@


Lucie, 25 ans, rêve de devenir danseuse. Et ce même si son handicap de naissance la cloue dans un fauteuil roulant. Elle se présente au casting d'une émission de talents, mais le refus du jury réduit ses espoirs en poussière. Impulsivement, elle se jette dans les escaliers, ce qui lui vaut un aller simple pour le centre de rééducation. Elle y rencontre Alexis, ancien danseur étoile, qui accepte de la former. Face à un nombre incommensurable d'obstacles, mais animée par une rage de vivre, de rêver, et d'indépendance hors norme, Lucie parviendra-t-elle à réaliser son rêve et devenir danseuse professionnelle ?

TELERAMA
Qu’importe les obstacles : sa vie, c’est la danse. Et malgré son handicap moteur, Lucie (Magali Saby) va se hisser sous les feux des projecteurs. Une résilience filmée avec un peu trop d’ellipses mais beaucoup de sincérité.

Après leur collaboration sur Marie-Line et son juge, le réalisateur Jean-Pierre Améris (plus connu pour Les Émotifs anonymes) et la scénariste Murielle Magellan signent un touchant récit de résilience inspiré de la vie de son interprète principale, Magali Saby. À 25 ans, tout ce qui motive son alter ego, Lucie, c’est la danse. Peu importe le fauteuil roulant qui l’accompagne partout depuis le diagnostic de son handicap moteur ou les inquiétudes de sa maman ; peu importe les refus, les obstacles, les menus contretemps. Hasard de la vie (et des ressorts scénaristiques), elle rencontre en centre de rééducation un ancien danseur étoile souffrant d’une maladie chronique. Le petit bout de chemin qu’ils font ensemble lance la jeune femme sous les feux de la rampe.

Cette intrigue dense (sans mauvais jeu de mots) de quatre-vingt-dix minutes concentre plusieurs années de galères, d’endurance, et d’épanouissement progressif. Alors, forcément, tout y va un peu trop vite. Les premières déceptions sont résolues en un claquement de doigts, les liens professionnels et personnels se font et se défont avec une facilité déconcertante. Rien ne transparaît vraiment de l’impatience, de l’attente et du temps qui passe, mettant à mal la ferveur de la graine d’artiste. Au final, c’est moins la forme que le fond — message d’inclusivité, résilience incarnée — que l’on retiendra. Ainsi que les performances de Magali Saby, qui ponctuent ce scénario en dents de scie de séquences dansées indéniables de sincérité, et de Valérie Karsenti, qui relaie de manière particulièrement émouvante les frustrations d’une mère-soignante.
DANSE TA VIE, Jean-Pierre Améris, Magali Saby, Samuel Mercer, Valérie Karsenti (danse)@@ (E)
Lucie, 25 ans, rêve de devenir danseuse. Et ce même si son handicap de naissance la cloue dans un fauteuil roulant. Elle se présente au casting d'une émission de talents, mais le refus du jury réduit ses esp ...

@

DARK SHADOWS, Tim Burton 2012, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer (fantastique)@@


En 1752, les Collins quittent Liverpool pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas et commencer une vie en Amérique. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds. Riche et puissant, c'est un séducteur invétéré, jusqu'à ce qu'il brise le coeur d'Angelique Bouchard.

TELERAMA
Parodie affectueuse où Tim Burton s’inspire d’un soap américain des années 1960 pour rendre hommage au fantastique à la Roger Corman. C’est drôle, pimpant, caustique. Johnny Depp y campe un vampire du XVIIIe siècle qui débarque dans les années 1970.

Au cinéma, il y a deux Johnny Depp : la star bankable de Pirates des Caraïbes ; et l’autre, la créature de Tim Burton. Le merveilleux monstre, l’excentrique marionnette que le cinéaste rhabille et repeint à chaque film aux couleurs de ses folies, d’Edward aux mains d’argent à Ed Wood ou Sweeney Todd. Cette fois, il est un vampire tout raide et collet monté dans son costume noir, plus proche de Bela Lugosi que de Robert Pattinson dans Twilight. Des ciels noirs et déchiquetés, un manoir aux innombrables passages secrets, des personnages tordus : Tim Burton réunit tous ses jouets préférés.

De Sleepy Hollow aux Noces funèbres, il a presque réinventé le sens du mot « macabre ». La mort, chez lui, est d’habitude un carnaval mélancolique et grinçant. Ici, pourtant, il réussit une autre approche. Dark Shadows est une franche comédie, parodie affectueuse des films fantastiques de Roger Corman. Et puis c’est l’adaptation d’un soap américain diffusé à l’orée des seventies, l’époque psychédélique où Burton situe son film. L’âge de la libération sexuelle, du rock, toutes choses qui suscitent chez notre vampire d’hilarantes réactions. Au-delà des gags, cette période offre au cinéaste l’occasion d’un euphorisant télescopage entre le gris gothique et sa palette de couleurs délirantes. Ce conte fantasque et réjouissant est peut-être avant tout une affaire de transmission, de générations : un film d’héritier irrévérencieux.
DARK SHADOWS, Tim Burton 2012, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer (fantastique)@@ (E)
En 1752, les Collins quittent Liverpool pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas et commencer une vie en Amérique. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds. Riche et puissant, c'est un séd ...

@

DARK WATERS, Todd Haynes, Tim Robbins, Mark Ruffalo, Anne Hathaway (policier)@@@


Robert Billiot a passé des années comme avocat de la défense d'entreprises mais son affaire la plus spectaculaire est son procès contre l'entreprise chimique DuPont. Il accuse le géant de la chimie d'avoir déversé des produits chimiques toxiques dans la rivière Ohio et d'avoir éliminé les boues, qui contiennent également des substances dangereuses dans une décharge non scellée. L'eau potable est affectée par la contamination. Les animaux meurent et les gens tombent malades du cancer.

TELERAMA:
Nous tenir en haleine durant deux heures autour des effets catastrophiques d’une substance de synthèse n’était pas gagné d’avance. Todd Haynes rend pourtant passionnants les multiples épisodes de cette affaire scandaleuse et véridique. L’attrait du réquisitoire tient dans son combat digne de David contre Goliath.
Dark Waters est un film-dossier, traité comme tel. En témoigne cette séquence ahurissante où Bilott (Mark Ruffalo, totalement impliqué) est encerclé par des montagnes de cartons renfermant des milliers de documents qu’il décide d’éplucher seul pour y dénicher la faille. Tâche titanesque dont le film rend compte, le cinéaste ne craignant pas d’exposer une somme d’informations impressionnante, d’ordre à la fois scientifique, juridique, économique, médical. Loin de peser, ces éclairages ne cessent d’alimenter le suspense et la paranoïa.
Si la narration reste limpide, l’image, elle, baigne dans une atmosphère plombée d’hiver sans couleur ni lumière, où les animaux et les humains ressemblent à des zombies, où la nature ne semble plus rien offrir de sain. C’est aussi tout le système économico-politique qui paraît vicié de l’intérieur.
DARK WATERS, Todd Haynes, Tim Robbins, Mark Ruffalo, Anne Hathaway (policier)@@@ (E)
Robert Billiot a passé des années comme avocat de la défense d'entreprises mais son affaire la plus spectaculaire est son procès contre l'entreprise chimique DuPont. Il accuse le géant de la chimie d'avoir ...

@

DARLING, Christine Carrière 2007, Antoine Laurent, Marina Foïs (femmes)@@


Darling est une femme lancée dans le broyeur de la vie, qui semble toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre d'une vie qui ne l'épargne jamais vraiment. Pourtant elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours et son histoire témoignent d'une rage de vivre. Elle se bat pour exister. Si elle tombe, elle se relève. Ses rêves se heurtent à la réalité mais Darling avance, toujours et encore, proche de la rupture, avec une énergie incroyable.

TELERAMA
Elle a choisi son surnom, Darling, mais pas sa vie : une suite d’horreurs dont elle émerge invaincue. Histoire vraie, filmée avec tendresse, et un humour féroce.

D'abord, on n’y croit pas. On ne peut pas. On ne veut pas. Ce village cerné par le brouillard et les camions, ces paysans fermés, opaques, terrifiants de rancœur et de méchanceté, cette fille confiante, victime née, qui épouse l’homme de ses rêves et se retrouve tordue, broyée, brisée de partout… Pourtant, tout est vrai. Christine Carrière filme son héroïne avec un style à elle : mélange de rigueur et d’émotion, que l’on avait aimé dès Rosine, en 1994… Elle additionne les coups que Darling prend en pleine gueule. Et suggère leurs effets sur ceux qui croisent sa route. Aux côtés de Guillaume Canet, impeccable en petit con à qui on n’en veut même pas tant il l’est — con —, Marina Foïs interprète cette sœur française de la Ladybird de Ken Loach. Quand la vraie Darling s’était confiée à l’écrivain Jean Teulé, elle lui avait demandé de la rendre belle, car elle ne l’avait jamais été et qu’elle aurait bien aimé « voir comment ça fait ». Darling était belle, même si elle ne voulait pas l’admettre. Désormais, grâce à Marina Foïs, elle le sait.
DARLING, Christine Carrière 2007, Antoine Laurent, Marina Foïs (femmes)@@ (E)
Darling est une femme lancée dans le broyeur de la vie, qui semble toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre d'une vie qui ne l'épargne jamais vraiment. Pourtant elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son ...

@

DAU NATASHA, Ilya Khrzhanovsky et Jekaterina Oertel 2020, Natalia Berezhnaya, Olga Shkabarnya


Le film raconte l'histoire de Natasha, directrice de la cafétéria d'un institut de recherche secret fictif dans les années 1950. La journée, elle sert les visiteurs et, le soir, elle se détend en sirotant des boissons alcoolisées avec son assistante, Olya. Les deux amies discutent de leurs problèmes quotidiens, parlent d'amour et partagent leurs rêves. Bien qu'elles se disputent et se disputent fréquemment (Olia refuse d'obéir à Natasha), elles passent néanmoins la plupart de leur temps ensemble.

Un soir, lors d'une fête, Natasha se rapproche d'un scientifique français, Luc Bijé, invité à l'événement. Ils entament une liaison et finissent par avoir des relations sexuelles. Lorsque leur relation est révélée au grand jour, la vie de Natasha prend un tournant radical. Elle est convoquée pour interrogatoire par le général Azhypo du KGB, qui la torture physiquement et psychologiquement, la forçant à signer de faux aveux et des documents de coopération.
DAU NATASHA, Ilya Khrzhanovsky et Jekaterina Oertel 2020, Natalia Berezhnaya, Olga Shkabarnya (E)
Le film raconte l'histoire de Natasha, directrice de la cafétéria d'un institut de recherche secret fictif dans les années 1950. La journée, elle sert les visiteurs et, le soir, elle se détend en sirotant ...

@

DE BATTRE MON COEUR S EST ARRETE, Jacques Audiard 2005, Romain Duris, Niels Arestrup (societe)@@@


À 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père, un marchand de biens véreux et irresponsable. Une rencontre fortuite le pousse à croire qu'il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu'il rêvait d'être, à l'image de sa mère. Sans cesser ses activités, il prépare une audition.

TELERAMA
Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d'un article, sans l'autorisation écrite préalable de Telerama, est strictement interdite.
Pour plus d'informations, consultez nos Conditions Générales d'Utilisation.
Pour toute demande d'autorisation, contactez droitsdauteur@telerama.fr.

Il y a une heureuse allergie à tout ce qui ferait français dans ce vrai-faux polar dont Jacques Audiard est allé chercher l'argument dans un film américain méconnu, Fingers (1978), de James Toback. Tout ici, de la manière de filmer à la manière de voir la vie, dit l'envie d'une échappée loin des repères connus. C'est ce que raconte Audiard : l'histoire d'un jeune type qui veut tout changer. Il magouille dans l'immobilier, il est petite frappe et décide de devenir pianiste virtuose. Peut-être parce qu'il veut échapper à son père, malfrat qui lui a montré l'exemple et qui le tient comme un chien en laisse. Peut-être parce qu'il croit pouvoir se rapprocher de sa mère, qui lui a fait apprendre le piano mais qui est morte.

Il y a des fantômes, des règlements de comptes et de l'étrangeté dans l'air. Audiard se garde du registre psychologique. Il invente un univers de sensations fortes, subtiles et, par-dessus tout, nouvelles. Pour creuser le portrait de son héros, il impose un style neuf.
DE BATTRE MON COEUR S EST ARRETE, Jacques Audiard 2005, Romain Duris, Niels Arestrup (societe)@@@ (E)
À 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père, un marchand de biens véreux et irresponsable. Une rencontre fortuite le pousse à croire qu'il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu'il r ...

@

DE GAULLE ET LE CHANCELIER, Kai Wessel Fred Breinersdorfer 2025, Jean-Yves Berteloot, Burghart Klaußner, Hélène Alexandridis (histoire bio allemagne)@


14 septembre 1958, à Colombey-les-Deux-Eglises. Charles de Gaulle, fraîchement investi des pleins pouvoirs à la faveur de la guerre d'Algérie, s'impatiente. Le chancelier allemand Konrad Adenauer et sa délégation ont du retard. Ils se sont égarés sur les routes de la Haute-Marne, mais finissent par arriver. La rencontre au sommet entre les deux hommes d'Etat peut commencer. Ce tête-à-tête doit sceller une nouvelle entente entre les deux pays après les treize années de méfiance et de ressentiment qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande de la France. Mais très vite, le dialogue se tend et des divergences politiques apparaissent, notamment sur la question du nucléaire...
DE GAULLE ET LE CHANCELIER, Kai Wessel Fred Breinersdorfer 2025, Jean-Yves Berteloot, Burghart Klaußner, Hélène Alexandridis (histoire bio allemagne)@ (E)
14 septembre 1958, à Colombey-les-Deux-Eglises. Charles de Gaulle, fraîchement investi des pleins pouvoirs à la faveur de la guerre d'Algérie, s'impatiente. Le chancelier allemand Konrad Adenauer et sa dél& ...

@

DE GAULLE, Gabriel Le Bomin 2019, Lambert Wilson, Isabelle Carre (bio histoire)@@


Mai 1940. La guerre s'intensifie, l'armée française s'effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d'accepter la défaite. Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l'Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l'exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix: celle de la Résistance.

TELERAMA
Dans la comédie Mes jours de gloire, à l’affiche, Vincent Lacoste joue un jeune acteur paumé, soudain recruté pour tenir le premier rôle écrasant d’un biopic sur Charles de Gaulle… On y entrevoit tous les périls cocasses d’une telle entreprise, tant la silhouette si caractéristique du Général est susceptible de caricatures, même involontaires. De Gaulle, de Gabriel Le Bomin, film grandiloquent centré sur l’année 1940, illustre parfaitement l’écueil.

D’un côté, le scénario, au didactisme louable, expose avec clarté les circonstances historiques — la reddition de la France à l’Allemagne et, à l’opposé, la résistance incarnée coûte que coûte par de Gaulle, bientôt exilé à Londres. De l’autre côté, ces efforts butent sans cesse sur la mission impossible confiée à Lambert Wilson. Le visage modifié par des prothèses, il doit, en plus, prendre des poses précises pour que la ressemblance advienne — un peu —, ou offrir à la caméra le profil adéquat, si possible à contre-jour. Parfois, il s’attache à restituer la voix et la diction de son modèle, parfois non. Les scènes conjugales, larmoyantes, avec Yvonne de Gaulle (Isabelle Carré) sont les plus périlleuses, et le sort de la fille benjamine du couple, handicapée mentale, s’impose étrangement comme un thème majeur du film. D’où l’impression que tout est mis sur le même plan, la grande histoire et les malheurs privés… Par ailleurs, Lambert Wilson avait déjà joué pour le cinéma l’abbé Pierre et le commandant Cousteau. Il mérite beaucoup mieux que de devenir à lui seul une galerie du musée Grévin.


DE GAULLE, Gabriel Le Bomin 2019, Lambert Wilson, Isabelle Carre (bio histoire)@@ (E)
Mai 1940. La guerre s'intensifie, l'armée française s'effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d'accepter la défaite. Charles de Gaulle, fraîchemen ...

@

DE GUERRE LASSE, Olivier Panchot 2014, Jalil Lespert, Tchéky Karyo, Hiam Abbass! (societe)@@


Alex, fils d'un caïd pied-noir marseillais, s'est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse... 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour retrouver Katia, son amour de jeunesse. Mais en ville les rapports de force ont changé : son père s'est retiré des affaires, laissant les Corses et les gangs des Quartiers Nord se partager le contrôle de la ville.

TELERAMA
Polar avec retour du fils maudit, tourné par Olivier Panchot à Marseille. Casting parfait, mise en scène tendue, beauté formelle : on est pris.

Le polar français n'a pas fini de se réinventer. La preuve avec ce film noir sur fond de Canebière qui ne craint pas de jouer avec les archétypes. Alex, fils d'un caïd pied-noir, qui s'est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de comptes avec la mafia corse, revient à Marseille... par amour. Son retour va ranimer la violence, et forcer son père à révéler un lourd secret.

Le passé familial, tu trop longtemps, est une bombe à retardement : de ce principe, actif depuis la tragédie grecque, Olivier Panchot fait un thriller où un traître sommeille derrière le visage d'un oncle, celui d'un frère, et où chaque mouvement de foule entretient la paranoïa (très beau travail sur le son). La guerre de clans irréconciliables devient une guerre intime. Jalil Lespert est particulièrement convaincant en homme dressé pour tuer alors qu'il ne cherche plus que la paix, et on aime retrouver Tchéky Karyo en vieux truand d'hier avec ses lunettes à chaînette. Des héros classiques mais transfigurés par une beauté formelle et une mise en scène de la violence à la fois sèche et lyrique. Et une morale : pour que les fils puissent retrouver le soleil, les pères doivent payer.
DE GUERRE LASSE, Olivier Panchot 2014, Jalil Lespert, Tchéky Karyo, Hiam Abbass! (societe)@@ (E)
Alex, fils d'un caïd pied-noir marseillais, s'est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse... 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour ...

@

DE L AUTRE COTE DU LIT, Dany Boon, Sophie Marceau (comique)@


Ariane et Hugo décident d'échanger leur vie pour échapper à la routine, qui, après dix ans de mariage, leur donne le sentiment d'être des hamsters pédalant dans une roue. Elle se retrouve du jour au lendemain à la direction d'une entreprise de location de matériel de chantier. Lui s'improvise vendeur de bijoux à domicile. La vie est-elle plus belle lorsqu'on la contemple de l'autre côté du lit ?

TELERAMA
Sophie Marceau et Dany Boon ne sont pas ciné-compatibles : elle est pétillante, fougueuse, il est doux, mesuré, mais entre eux, c'est le flop. Univers parallèles, alchimie zéro, pH neutre. Chacun joue dans son coin, y compris pendant les scènes communes, comme s'il était tout seul sur la pièce montée
DE L AUTRE COTE DU LIT, Dany Boon, Sophie Marceau (comique)@ (E)
Ariane et Hugo décident d'échanger leur vie pour échapper à la routine, qui, après dix ans de mariage, leur donne le sentiment d'être des hamsters pédalant dans une roue. Elle se retrouve du j ...

@

DE L AUTRE COTE DU PERIPH, David Charhon 2012, Omar Sy, Laurent Lafitte (thriller social)@


Un matin à l'aube dans une cité de Bobigny, près d'un vieux tripot clandestin, est retrouvé le corps sans vie de Eponine Chaligny, femme du très influent Jean-Éric Chaligny, premier patron de France, au centre d'un climat social extrême qui secoue la France depuis quelques semaines. Ce matin-là, deux mondes radicalement opposés vont alors se croiser : Ousmane Diakité, policier de la section financière de Bobigny et François Monge, capitaine de la fameuse police criminelle de Paris.

TELERAMA
Les dialogues plutôt bien écrits et l’humour portés par des comédiens en forme font de ce film une bonne surprise.
Intouchables, le retour ? C’est ce qu’on redoute d’abord, à voir la dégaine d’Omar Sy, sa tchatche, et le tandem du « banlieusard de Bobigny » face au « privilégié » (Laurent Lafitte)... En fait, il y a des différences, heureuses. Pour les besoins d’une enquête, un flic parisien arriviste se trouve obligé de bosser avec un flic de banlieue. Le premier est obsédé par sa carrière, le second, par la justice sociale. À part ça, rien n’est conforme à l’attente.

François Monge, le Parisien au costume strict, est parfois vulgaire ; Ousmane, sweat à capuche sur Teddy, peut, lui, se révéler conservateur. On passe des lambris dorés aux cités disloquées, chacun embarquant l’autre sur son terrain. Le plus réussi, ce sont les dialogues, plutôt bien écrits, et l’humour autour du dress code et de la langue. C’est Laurent Lafitte qui tire le mieux son épingle de ce jeu verbal. Invité à manger un genre de kebab concocté par un vendeur ambulant en pleine zone, il lâche : « Heureusement que tous mes vaccins sont à jour. »
DE L AUTRE COTE DU PERIPH, David Charhon 2012, Omar Sy, Laurent Lafitte (thriller social)@ (E)
Un matin à l'aube dans une cité de Bobigny, près d'un vieux tripot clandestin, est retrouvé le corps sans vie de Eponine Chaligny, femme du très influent Jean-Éric Chaligny, premier patron de France ...

@

DE ONFATSOENLIJKE VROUW (Indecent woman), Ben Verbong 1991, Jose Way (film e)@@


À Amsterdam, la violoniste Emilia est mariée à Charles et ils ont une petite fille, Anna. Emilia tente de vendre la maison qui appartenait à sa mère décédée. Un jour, seule dans cette maison, elle se change et, à l'improviste, Léon, un client envoyé par l'agence, entre dans la pièce avec la clé fournie par l'agent immobilier. Léon entame un jeu de séduction avec Emilia et ils vivent une histoire d'amour torride, qui impacte sa relation avec Charles et Anna.
Variations intéressantes sur le thème de la dualité entre l'amour et le désir. Conclusion peu satisfaisante. Mise en scène stylisée. Interprétation excellente de J. Way.
DE ONFATSOENLIJKE VROUW (Indecent woman), Ben Verbong 1991, Jose Way (film e)@@ (E)
À Amsterdam, la violoniste Emilia est mariée à Charles et ils ont une petite fille, Anna. Emilia tente de vendre la maison qui appartenait à sa mère décédée. Un jour, seule dans cette ...

@

DE ROUILLE ET D OS, Jacques Audiard 2012, Marion Cotillard, Matthias Shoenaerts (drame societe)@@@


Un soir, en boîte de nuit, Stéphanie, dresseuse d'orques au Marineland d'Antibes, croise le chemin d'Ali, videur et ex-boxeur dans des combats douteux. Lorsque la jeune femme perd ses jambes à la suite d'un accident, elle rappelle Ali qui va l'aider à se reconstruire.

TELERAMA
Le plus séduisant chez Jacques Audiard, c’est son insolence tranquille. Les scènes les plus casse-gueule, il les impose : Ali porte dans ses bras Stéphanie jusqu’à la mer et la ramène sur ses épaules, moignons bien visibles, devant des vacanciers médusés. Comme dans les grands films hollywoodiens d’hier (à la John Huston), ce sont les personnages qui passionnent ici. Audiard est bon dès qu’il suit à la trace les corps blessés de ses deux paumés : Marion Cotillard, perchée sur ses fausses guibolles, et Matthias Schoenaerts, qu’on verra, un goût « de rouille et d’os » aux lèvres, briser la glace à coups de poing pour sauver un enfant. Tous deux, alors, sembleront renaître à la vie.


DE ROUILLE ET D OS, Jacques Audiard 2012, Marion Cotillard, Matthias Shoenaerts (drame societe)@@@ (E)
Un soir, en boîte de nuit, Stéphanie, dresseuse d'orques au Marineland d'Antibes, croise le chemin d'Ali, videur et ex-boxeur dans des combats douteux. Lorsque la jeune femme perd ses jambes à la suite d'un accident, ell ...

@

DEAD AGAIN, Kenneth Branagh 1991, Emma Thompson, Andy Garcia (thriller)@


Le détective privé Mike Church est chargé, par le directeur d'un orphelinat, de découvrir l'identité d'une jeune amnésique, qui a trouvé refuge dans son établissement. Mike accepte l'aide de Franklyn Madson, un antiquaire versé dans la parapsychologie. Sous hypnose, l'inconnue, rebaptisée Grace, revit des épisodes de la vie de Margaret Strauss, une célèbre violoniste assassinée dans les années 1940. Roman, son mari, musicien et chef d'orchestre réputé, avait été accusé du meurtre et exécuté. Le détective découvre que les vies de Grace et de Margaret sont étroitement liées, que lui-même n'est pas indifférent au charme de la jeune femme et qu'il pourrait laisser sa vie dans cette enquête. Les coïncidences troublantes se multiplient...

TELERAMA
Après Shakespeare (Henry V), le cinéaste lorgnait ouvertement vers deux autres monstres sacrés : Welles, avec une intrigue à la Boileau-Narcejac, et Hitchcock, en remontant le temps dans une ambiance luxuriante sur fond de superbes images noir et blanc. Dommage que, dans son désir d'épater, Branagh perde par moments le sens de la mesure. Le dénouement, grandiloquent, évoque plus les excès d'un Brian De Palma que l'épure hitchcockienne. N'empêche, les tours de passe-passe de cette double et machiavélique histoire fascinent et tiennent en haleine. — Bernard Génin
DEAD AGAIN, Kenneth Branagh 1991, Emma Thompson, Andy Garcia (thriller)@ (E)
Le détective privé Mike Church est chargé, par le directeur d'un orphelinat, de découvrir l'identité d'une jeune amnésique, qui a trouvé refuge dans son établissement. Mike accepte l'a ...

@

DECISION TO LEAVE, Park Chan Wook 2022, Tang Wei, Park Hae-Il (thriller)@@


Hae-Joon, détective chevronné, enquête sur la mort suspecte d'un homme survenue au sommet d'une montagne. Bientôt, il commence à soupçonner Sore, la femme du défunt, tout en étant déstabilisé par son attirance pour elle.

TELERAMA
Six ans après “Mademoiselle”, Park Chan-wook est de retour sur le grand écran avec ce polar d’un romantisme noir sidérant, qui lui a valu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2022.

Le héros, policier à Busan, constate, avec son lieutenant, que « c’est calme, en ce moment ». L’ennui guette, mais une étrange affaire réveille l’enquêteur : la chute mortelle d’un homme depuis le sommet d’une montagne à pic. Car les soupçons se portent sur sa jeune veuve, à l’attitude indéchiffrable, au passé trouble.

À l’évidence, Decision to Leave n’existerait pas sans le fameux Vertigo (Sueurs froides) d’Alfred Hitchcock. Le détective joué par James Stewart s’y laissait déborder par sa fascination pour l’épouse supposément suicidaire (Kim Novak) de son client, qu’il était chargé de surveiller et de protéger… Park Chan-wook propose une histoire originale, mais scindée comme Vertigo en deux parties distinctes, la seconde commençant également après la dépression du héros, persuadé d’avoir échoué dans sa mission.

Passionnante est la redistribution, par l’auteur coréen, d’une multitude d’ingrédients clés du chef-d’œuvre d’Hitchcock : les poursuites et la panique sur les toits, et le vertige récurrent de l’enquêteur ; les nombreuses scènes de filature et de planque ; l’intimité amoureuse, platonique et comme irréelle, naissant entre l’enquêteur et la suspecte. Le tout dans une Corée du Sud étonnamment californienne, même sous la neige, avec ses pins, ses rochers, ses plages, ses falaises.

Et c’est bien la part d’ombre de la suspecte qui embrase les sentiments du flic respectable. Et la droiture de l’homme qui aimante la jeune femme opaque. Le romantisme de leur attraction, longtemps maintenu à l’arrière-plan des péripéties, donne sa pleine mesure dans un finale stupéfiant.
DECISION TO LEAVE, Park Chan Wook 2022, Tang Wei, Park Hae-Il (thriller)@@ (E)
Hae-Joon, détective chevronné, enquête sur la mort suspecte d'un homme survenue au sommet d'une montagne. Bientôt, il commence à soupçonner Sore, la femme du défunt, tout en étant d&eacu ...

@

DEEP IMPACT, Mimi Leder 1998, Morgan Freeman, Elijah Wood, Tea Leoni (catastrophe)@


Un jeune garçon découvre une comète à l'aide de son petit télescope. Or, l'énorme météorite se dirige directement vers la Terre. C'est alors que les Américains décident d'envoyer une équipe d'astronautes dans l'espace afin de dévier sa trajectoire.

TELERAMA
Un adolescent, Léo, découvre une comète menaçant la Terre. Alors que le gouvernement tente de garder cette information secrète, une journaliste, Jenny, la découvre en investiguant sur une autre affaire. Le président américain révèle la vérité à Jenny : la comète est sur une trajectoire de collision avec la Terre. Une mission spatiale, dirigée par l'expérimenté Spurgeon Tanner, est lancée pour dévier l'astéroïde, mais elle échoue, rendant la situation encore plus critique. Face à cette menace, un plan est établi pour sauver un échantillon de l'humanité, tandis que les autres doivent espérer un improbable sauvetage...
DEEP IMPACT, Mimi Leder 1998, Morgan Freeman, Elijah Wood, Tea Leoni (catastrophe)@ (E)
Un jeune garçon découvre une comète à l'aide de son petit télescope. Or, l'énorme météorite se dirige directement vers la Terre. C'est alors que les Américains décident d ...

@

DEEPWATER, Peter Berg 2016 (catastrophe)@@


La plateforme pétrolière Deepwater Horizon n'arrête pas de tourner pour tirer profit des 800 millions de litres de pétrole présents dans les profondeurs du golfe du Mexique. Mike Williams connaît les risques de son métier, mais fait confiance au professionnalisme de son patron Jimmy Harrell.

TELERAMA:
Après Du sang et des larmes (2013), où il dénonçait avec force les ratés de l’armée américaine en Afghanistan, Peter Berg s’empare à nouveau de l’histoire récente de son pays. La catastrophe maritime, il la raconte à partir d’un ­article du New York Times. Et il en résume, pour les profanes, les enjeux techniques dans une remarquable scène d’ouverture, façon C’est pas sorcier : avec une canette de Coca, une paille métallique et du miel… Ce qui intéresse le cinéaste n’est pas la destruction à tout-va, mais son impact sur l’homme ; sa conscience ­sociale, héritée du cinéma des années 1970, force l’admiration. Il décrit d’abord, dans un style hyperréaliste, une bureaucratie kafkaïenne, puis l’emballement d’une machine infernale. Ce qu’il fustige, surtout, c’est l’orgueil de décideurs assis sur un volcan (John Malkovich en responsable de la société BP), qui choisiront toujours le profit avant la sécurité. À l’instar du train de Snowpiercer, le Transperceneige, de Bong Joon-ho (2013), la plate-forme devient une allégorie fulgurante d’un capitalisme qui marche sur la tête.
DEEPWATER, Peter Berg 2016 (catastrophe)@@ (E)
La plateforme pétrolière Deepwater Horizon n'arrête pas de tourner pour tirer profit des 800 millions de litres de pétrole présents dans les profondeurs du golfe du Mexique. Mike Williams connaît les ...

@

DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Laverne, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@


À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l'art culinaire à ses côtés, lui redonne confiance en lui et le pousse à s'émanciper de sa condition de domestique pour entreprendre sa propre révolution. Ensemble, ils vont inventer un lieu de plaisir et de partage ouvert à tous : le premier restaurant. Une idée qui leur vaudra clients et des ennemis.

TELERAMA:
L’idée est forte en goût : broder sur la réalité historique de la création du premier restaurant, lieu de partage démocratique de la gastronomie, à l’aube de la Révolution française. La mise en scène d’Éric Besnard manque de légèreté quand elle lorgne vers Ridicule, de Patrice ­Leconte, pour croquer l’aristocratie, et le féminisme incarné par Isabelle Carré apparaît comme un ingrédient certes piquant mais un peu trop idéal dans cette peinture d’époque. Pour autant, le menu reste roboratif et plaisant grâce, en grande partie, à Grégory Gadebois, au talent si charnu.
DELICIEUX, Eric Besnard 2021, Gregory Gadebois, Isabelle Carre, Benjamin Laverne, Guillaume De Tonquedec (societe)@@@ (E)
À l'aube de la Révolution Française, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître le duc de Chamfort. La rencontre d'une femme étonnante, qui souhaite apprendre l' ...

@

DEMAIN NE MEURT JAMAIS, Roger Spottiswoode 1997, Pierce Brosnan, Judi Dench (James Bond)@@


Tout a commencé par une simple mission de contre-espionnage pour James Bond, le flegmatique agent secret de sa Majesté : l'observation de trafiquants d'armes. De poursuites en bagarres, notre 007 se retrouve vite aux prises avec un mégalomane aux desseins bien peu avouables : Elliot Carver, patron d'un gigantesque empire médiatique.

TELERAMA
Les chaînes de télé d’Elliot Carver — un Ted Turner à la puissance 10 — diffusent des images dans le monde entier. Quant à son journal, Demain, il annonce avant les autres les conflits, les attentats et les morts par overdose des rock stars — forcément, puisque tout cela, c’est lui qui le provoque. Carver est une sorte de citizen Kane 1997. Son affrontement avec James Bond, alias Pierce Brosnan, ne peut qu’être spectaculaire.

Roger Spottiswoode, capable du meilleur (Under Fire) comme du pire (Arrête, ou ma mère va tirer !), nous mène ça tambour battant. Ça explose dans tous les coins, au risque de rendre le spectateur aveugle et sourd. Mais Spottiswoode réussit deux séquences d’anthologie : une poursuite à bicyclette à la Tex Avery, où Pierce Brosnan et Michelle Yeoh sont liés par des menottes. Et la folle randonnée d’une BMW sans conducteur, manipulée par Bond comme une Game Boy et poursuivie par des Allemands furieux et führerophiles… Tout ça est sans surprise mais néanmoins inventif. Un peu risible mais rigolo.
DEMAIN NE MEURT JAMAIS, Roger Spottiswoode 1997, Pierce Brosnan, Judi Dench (James Bond)@@ (E)
Tout a commencé par une simple mission de contre-espionnage pour James Bond, le flegmatique agent secret de sa Majesté : l'observation de trafiquants d'armes. De poursuites en bagarres, notre 007 se retrouve vite aux prises av ...

@

DEMI SOEURS, Saphia Azzeddine et François-Régis Jeanne 2018, Sabrina Ouazani, Alice David (societe)@


Lauren, ravissante 'it-girl' de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune professeur d'histoire fougueuse, vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n'ont aucune raison de se croiser. Jusqu'au jour où, à la mort de leur père biologique qu'elles n'ont jamais connu, elles héritent ensemble d'un splendide appartement parisien.

TELERAMA
Salma, Lauren et Olivia sont trois jeunes femmes très différentes. Salma, 25 ans, est professeur d'histoire en banlieue et adore son métier. Plus superficielle, Lauren, 27 ans, a beau être une it-girl irrésistible, elle n'a pas un sou. Olivia, 29 ans, veut sauver la confiserie familiale. Elles héritent ensemble d'un très bel appartement à Paris et apprennent au passage qu'elles sont soeurs. Elles vont apprendre à se connaître et s'unir quand la famille légitime veut recupérer le bien...
DEMI SOEURS, Saphia Azzeddine et François-Régis Jeanne 2018, Sabrina Ouazani, Alice David (societe)@ (E)
Lauren, ravissante 'it-girl' de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune pr ...

@

DEMINEURS, Kathryn Bigelow 2008 (guerre)@


Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'armée américaine. Leur mission est de désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore explosive.

TELERAMA
La guerre comme une drogue… À Bagdad, dans les années 2000, une unité spéciale de trois soldats américains est chargée de désamorcer des mines. Un grain de sable qui tombe, la main qui coupe le mauvais fil, et c’est la fin. Bravant l’hypocrisie, la réalisatrice tend un miroir au spectateur : qu’attend-il d’un film de guerre, sinon le spectacle de la mort et le suspense allant avec ?
Kathryn Bigelow aurait pu briller en chimie ou en physique : pressurisation, combustion, déflagration, voilà à quoi la dame la plus « virile » de Hollywood carbure. Dans ce film multi-oscarisé, il n’y a pas, a priori, de regard géopolitique sur l’intervention américaine. C’est pourtant bien d’engagement qu’il est question. Celui du sergent-chef William James (Jeremy Renner), soldat volontaire, un peu fou mais consciencieux, qui, de retour aux États-Unis, trouve l’existence bien morne hors de sa passion addictive.
DEMINEURS, Kathryn Bigelow 2008 (guerre)@ (E)
Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'armée américaine. Leur mission est de désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de g ...

@

DEMOLITION MAN, Marco Brambilla 1993, Sylvester Stallone, Wesley Snipes (thriller)@


En 2032, à San Angeles, une mégalopole californienne où toute violence a été éradiquée, Simon Phoenix, un tueur psychopathe condamné à une longue peine d'hibernation et de rééducation, profite d'une visite médicale pour s'évader. Seul recours pour le neutraliser : réanimer son ennemi de toujours, John Spartan, un policier surnommé Demolition Man, cryogénisé à titre de punition pour homicide par imprudence en 1996.

TELERAMA
En 1996, dans un Los Angeles apocalyptique, en ruine, livré à des hordes de pillards, deux gros bras s'affrontent : le ricanant gangster Simon Phoenix (Wesley Snipes, coiffé d'un paillasson jaune) et le flic John Spartan, alias Demolition Man (Sylvester Stallone et son immortel regard de cocker).
A l'issue du premier round, match nul : Phoenix est capturé, mais Spartan, en faisant exploser l'immeuble, a légèrement « bavé » ­ il y avait des otages à l'intérieur. Flic et truand sont tous deux punis : on les cryogénise, nus comme des foetus.

Trente-six ans plus tard, Phoenix profite d'une visite médicale pour s'échapper de son bac à glace. Un seul recours pour le neutraliser : dégivrer aussi Spartan. Voici nos deux brutes plongées dans un tout autre monde : apaisé, parfaitement techno, tiède et serein, complètement « new age ». Un monde qu'on dirait dessiné par un fabricant d'électroménager. C'est en s'amusant du décalage entre nos deux hommes de Cro-Magnon et cet aquarium d'aimables zombies que Marco Brambilla marque des points. Pour le reste, son film n'est qu'une sorte de James Bond grossier, avec les habituelles séquences pyrotechniques. Mais au fait, deux affreux trimbalés dans une autre époque, cela ne vous rappelle rien ? C'est ­ bien involontairement sans doute ­ aux Visiteurs que répond ici Stallone, l'exception culturiste.
Cette fois, l'inspecteur John Spartan est allé trop loin. Tenir pour quantité négligeable la mort de trente otages, due à son entêtement à vouloir arrêter Simon Phoenix, son ennemi juré, un terroriste psychotique, voilà qui ne paraît guère raisonnable aux yeux de ses chefs. Pour punition, Spartan est congelé dans un "cryopénitencier", à deux pas de Phoenix, condamné à la même peine. En 2032, Phoenix recouvre la liberté et découvre une ville pacifiée où la violence n'est plus qu'un souvenir. Il s'en donne à coeur joie. Impuissantes à arrêter le massacre, les autorités décident de décongeler Spartan, seul capable de refroidir définitivement le fou furieux...
DEMOLITION MAN, Marco Brambilla 1993, Sylvester Stallone, Wesley Snipes (thriller)@ (E)
En 2032, à San Angeles, une mégalopole californienne où toute violence a été éradiquée, Simon Phoenix, un tueur psychopathe condamné à une longue peine d'hibernation et de r&eac ...

@

DERAPAGES INCONTROLES, Roger Michell 2002, Ben Affleck, Samuel L. Jackson (thriller)@@


Ce matin, Gavin Banek et Doyle Gipson n'ont pas une minute à perdre. Le premier, un jeune avocat, se rend au tribunal pour une affaire de la plus haute importance. Le second, un agent d'assurances en instance de divorce, est appelé à défendre ses droits. Une queue de poisson malvenue à New York entraîne une collision sans gravité apparente.

TELERAMA
Si vous êtes un jeune loup du barreau en possession d'un document ultraprécieux à exhiber à un procès où des millions de dollars sont en jeu, ne le confiez surtout pas, même un instant, au Black fauché en instance de divorce et au bord de faire une connerie que vous avez embouti le matin même au volant de votre belle voiture... Ce point de départ un poil téléphoné débou- che sur un film mi-chèvre mi-chou, une cuillère de thriller à suspense, une louche d'apologue moral. Un peu comme La Firme réécrit par le fils de Kieslowski... Faute d'exceller dans l'un des deux genres, le film déçoit. Les seconds rôles sont plus convaincants que Samuel L. Jackson, en service minimum, et Ben Affleck, qui, décidément, s'empâte... A.F.
DERAPAGES INCONTROLES, Roger Michell 2002, Ben Affleck, Samuel L. Jackson (thriller)@@ (E)
Ce matin, Gavin Banek et Doyle Gipson n'ont pas une minute à perdre. Le premier, un jeune avocat, se rend au tribunal pour une affaire de la plus haute importance. Le second, un agent d'assurances en instance de divorce, est appel&ea ...

@

DERNIER ETE A STATEN ISLAND, Rhys Thomas 2015


Les anciens de Saturday Night Live qui ont oeuvré devant et derrière la caméra deviennent maîtres nageurs et se préparent à passer un été d'enfer.

Danny et Frank passent leur dernier été ensemble, avant leur entrée à l'université. Les deux amis d'enfance travaillent comme maîtres-nageurs à la piscine municipale. Suscitant l'agacement de Chuck, le directeur de l'établissement, les deux garçons utilisent leur lieu de travail comme terrain de chasse, espérant séduire une des naïades qui se prélassent dans la piscine. Danny et Frank nourrissent en effet deux obsessions : organiser la plus grande fête de l'été et perdre leur virginité avant la rentrée..

Un teen-movie des plus classiques dans lequel on retrouve les histoire habituelles comme le jeune qui veut perdre son pucelage ou la difficulté de préparer une fête et sans oublier la love story avec la fille intouchable. On retrouve un peu de "American Pie" ou "Projet X", mais en moins bien et pourtant, c'est sympathique au début, car les personnages sont bien déjantés, mais petit à petit, ça s'enlise et ça devient vraiment ennuyeux surtout que c'est très très bavard et que ce n'est que très rarement drôle. En gros, une comédie poussive et peu originale.
DERNIER ETE A STATEN ISLAND, Rhys Thomas 2015 (E)
Les anciens de Saturday Night Live qui ont oeuvré devant et derrière la caméra deviennent maîtres nageurs et se préparent à passer un été d'enfer.

Danny et Frank passent leur d ...

@

DERNIER ETE, Robert Guediguian et Frank Le Wita 1981, Gerard Meylan, Ariane Ascaride


Dans une petite ville du sud de la France, l'avenir de plusieurs habitants d'un quartier populaire est compromis lorsque les usines de la région ferment l'une après l'autre.
DERNIER ETE, Robert Guediguian et Frank Le Wita 1981, Gerard Meylan, Ariane Ascaride (E)
Dans une petite ville du sud de la France, l'avenir de plusieurs habitants d'un quartier populaire est compromis lorsque les usines de la région ferment l'une après l'autre. ...

@

DES GENS COMME LES AUTRES, Robert Redford 1981, Donald Sutherland, Timothy Hutton, Elisabeth Mac Govern (societe)@@


Depuis la mort accidentelle de son frère aîné, à laquelle il a assisté impuissant, Conrad est tenaillé par un terrible sentiment de culpabilité, qui culmine dans des pulsions suicidaires. A son grand agacement, sa mère, Beth, a choisi de maintenir, envers et contre tout, la façade de bonheur que sa famille, riche et cultivée, veut toujours présenter à son entourage. Quant au père, Calvin, très pris par son travail de conseiller fiscal, il ne remarque rien, du moins en apparence. Lentement, inéluctablement, ce petit monde faussement uni se disloque. Conrad se décide à consulter un psychiatre, le docteur Berger. Peu à peu, il se libère...

TELERAMA
À la mort accidentelle du fils aîné, une famille se disloque, révélant une foule de non-dits et d’hypocrisies. Redford observe finement et discrètement les désordres d’une famille ordinaire.

Une famille américaine de l'upper middle class se disloque insidieusement après la mort accidentelle du fils aîné, et la tentative de suicide du cadet. Pour sa première réalisation, Robert Redford s'était émancipé de son image de séducteur. Il n'apparaît pas à l'écran, à l'inverse du confrère Warren Beatty (toujours vedette de ses propres films), et s'attache à enregistrer patiemment les séquelles d'un drame « ordinaire », susceptible d'affecter n'importe quel foyer. Encore loin du lyrisme de ses films à venir, comme L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, le cinéaste débutant se montre très discret, d'abord soucieux de servir ses comédiens et de faire valoir un dialogue abondant, émaillé d'observations psychologiques. Le tableau qu'il donne de la famille moyenne paraît aujourd'hui vieillot. De Robert Altman à American Beauty, de Virgin Suicides aux Berkman se séparent, le cinéma américain n'a cessé, depuis, de fissurer le vernis de normalité de cette bourgeoisie banlieusarde. Mais l'épilogue, aussi audacieux qu'inattendu, rehausse après coup la portée de l'histoire.

DES GENS COMME LES AUTRES, Robert Redford 1981, Donald Sutherland, Timothy Hutton, Elisabeth Mac Govern (societe)@@ (E)
Depuis la mort accidentelle de son frère aîné, à laquelle il a assisté impuissant, Conrad est tenaillé par un terrible sentiment de culpabilité, qui culmine dans des pulsions suicidaires. A so ...

@

DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@


Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assurer leur défense lors de leur procès.

TELERAMA:
Etonnante Amérique ! Adapté d'une pièce ­ qui a fait un tabac, pourtant au plus fort de l'hystérie nationaliste liée à la guerre du Golfe ­, Des hommes d'honneur serait-il un film subversif ? Non, démocrate, simplement démocrate. Et bien dans la tradition du grand cinéma hollywoodien : on ne s'en prend pas au système, mais aux gens qui le dévoient. En dégommant Jessep le facho, ce film élimine un ennemi de la démocratie américaine. En acquittant les deux abrutis, il occulte certes le problème de la responsabilité individuelle, mais il leur donne une chance de redevenir bons patriotes et bons démocrates. La démonstration est efficace. Rob Reiner (Stand by me, Misery) filme au carré. Et pas besoin d'être un antimilitariste forcené pour jubiler devant la performance de Nicholson. Si le cinéma français savait extirper de tels zigotos de nos casernes, notre démocratie ne s'en porterait pas plus mal.
DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@ (E)
Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assure ...

@

DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@


Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la région après le massacre d'un groupe de travailleurs étrangers. Le GIA (Groupe islamique armé) est immédiatement suspecté et l'armée propose de protéger le monastère. Les moines refusent de quitter les lieux malgré la menace grandissante.

TELERAMA
Un petit groupe de croyants en terre étrangère, que leur dévouement a rendus proches d’une population déboussolée par la guerre civile, s’obstine à ne rien lâcher. Ce sacrifice, au cœur d’un fait divers célèbre, offre à Xavier Beauvois la matière de son meilleur film. Magnifiquement éclairé par Caroline Champetier, le film rime avec l’iconographie catholique. Ainsi, ces corps et visages qu’aurait pu peindre le Caravage : la scène où Luc, le moine médecin, ausculte le doyen de la communauté, vieillard aux membres fragiles. Ces références picturales sacralisent les tâches banales, élèvent les personnages. Deux séquences superbes : un chant choral lancé comme une réponse au bruit oppressant d’un hélicoptère. Puis un repas pendant lequel les frères communient littéralement autour d’un enregistrement du Lac des cygnes. Remplacer les cantiques par du Tchaïkovski donne la clé d’une grâce profane, où l’art est vécu comme un sacrement. Des hommes et des dieux est le digne représentant de cette foi-là.
DES HOMMES ET DES DIEUX, Xavier Beauvois 2010, Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Sean Connery (histoire religion Algerie)(palme d or)@@@ (E)
Au coeur de l'Atlas algérien, dans les années 1990, huit moines cisterciens français vivent en parfaite entente avec leurs frères musulmans dans le village de Tibhirine. La terreur s'installe dans la régio ...

@

DES MAINS EN OR, Isabelle Mergault 2023, Lambert Wilson, Sylvie Testud, Josiane Balasko (sante)@


François, écrivain réputé, va bientôt intégrer l'Académie française. Il est marié à Rose, une chirurgienne, et ne fréquente que des personnes riches et haut placées. Or, François, rongé par un mal de dos terrible, va croiser Martha, une guérisseuse, qui va parvenir à atténuer miraculeusement la douleur. François va alors sentir une véritable dépendance aux mains de Martha. Une amitié va alors naître entre ces deux personnalités très différentes et issues de deux mondes bien opposés.

TELERAMA
L’improbable amitié entre un académicien coincé et une gouailleuse guérisseuse. Le choc des mondes selon Isabelle Mergault se révèle une mélasse grossière et bien-pensante.

Que peut-il arriver de mieux à un intello coincé du dos et handicapé des sentiments ? Croiser la route d’une rebouteuse au cœur grand comme ça, capable de soulager les maux physiques mais aussi de redonner goût à la vie sur le mode « profitons des choses simples »… En atterrissant par hasard chez Martha (Josiane Balasko), gironde guérisseuse à la gouaille d’Arletty moderne, François, écrivain perclus de douleurs chroniques, ne sait pas encore qu’il va devenir un homme meilleur. Il part de loin : snob, imbuvable, obsédé par les fautes de français et les citations de Pline l’Ancien, l’auteur à mèche ne peut que progresser, à coups d’apposition des mains qui soulagent et de maximes définitives sur le lâcher-prise.

Au début, comme il se doit, c’est le choc des cultures : François va entrer à l’Académie française, Martha n’a pas la queue d’une idée de ce qu’est un alexandrin. Il est bourge, elle est peuple. Il est désagréable, elle est tout en générosité cash. Il vit dans une chic maison froide, avec une chic et froide épouse (Sylvie Testud), elle vit dans un joyeux bric-à-brac au bord de la mer et éponge ses états d’âme en chantant au bistrot.

Sur le chemin balisé de la leçon de vie, on comprend rapidement qu’Isabelle Mergault, pour sa quatrième réalisation, ne nous épargnera aucun poncif : affinités surprenantes entre deux êtres aux antipodes, trahisons, rabibochage, et pour finir, épiphanie : rien ne vaut la chaleur humaine, les valeurs de l’amitié, et le carpe diem. Ce qui ici se traduit par : mieux vaut beugler des chansons à boire avec les poteaux du café des mouettes que de s’encroûter dans les pince-fesses pédants du milieu littéraire… Dire que le trait est épais relève de l’euphémisme. Les blagues sont poussives, les acteurs en surjeu et, le vaudeville, usé jusqu’à la corde. De la comédie angélique et démago, arrosée d’hectolitres de mélasse.
DES MAINS EN OR, Isabelle Mergault 2023, Lambert Wilson, Sylvie Testud, Josiane Balasko (sante)@ (E)
François, écrivain réputé, va bientôt intégrer l'Académie française. Il est marié à Rose, une chirurgienne, et ne fréquente que des personnes riches et haut plac&ea ...

@

LES PISSENLITS PAR LA RACINE, Georges Lautner 1964, Louis De Funes, Michel Serrault, Pierre Dac, Mireille Darc, Francis Blanche, Darry Cowl (comique)@@.jpg


Tout juste libéré de prison, Riton n'a qu'une idée en tête : se venger de Jacques qui lui a volé sa femme Rockie. Lors d'un face-à-face, Jacques tue par accident le gangster qui voulait l'éliminer et cache son cadavre dans l'étui d'une contrebasse appartenant à Jérôme, un musicien. Dès lors, Jacques et Jérôme s'efforcent de se débarrasser de l'étui et de son encombrant contenu.

TELERAMA
A sa sortie de prison, Pom Chips n'a qu'une idée en tête : se venger de Jockey Jack, qui lui a ravi la blonde Rockie la Braise, une prostituée. Alerté, Jockey s'est réfugié chez son cousin, Jérôme Martinet, dans les coulisses d'un théâtre populaire. Pom Chips finit par le retrouver. Dans la bagarre qui s'ensuit, Jockey Jack tue Pom Chips et cache le corps dans l'étui de la contrebasse de Jérôme. Avec la complicité de Rockie, Jérôme et Jo Arengeot, Jockey va tenter de se débarrasser du cadavre, ce qui n'est vraiment pas une mince affaire. De plus, la victime détenait un ticket de tiercé gagnant qu'une bande de malfaiteurs voudrait récupérer...
LES PISSENLITS PAR LA RACINE, Georges Lautner 1964, Louis De Funes, Michel Serrault, Pierre Dac, Mireille Darc, Francis Blanche, Darry Cowl (comique)@@.jpg (E)
Tout juste libéré de prison, Riton n'a qu'une idée en tête : se venger de Jacques qui lui a volé sa femme Rockie. Lors d'un face-à-face, Jacques tue par accident le gangster qui voulait l'élim ...

@

DES PLACES AU SOLEIL, Aaron Arens 2023, Julia Windischbauer, Juliane Köhler (thriller sentimental)@


Autrice allemande fauchée et en mal de reconnaissance, Samuela est à la peine : son petit ami a besoin d'air et la collection dans laquelle elle espérait être publiée va s'arrêter. La jeune femme décide alors de partir pour Lanzarote avec son petit frère, pianiste surdoué en plein doute existentiel. Alors qu'elle prévoyait d'écrire au calme, la jeune femme découvre que la villa familiale n'est plus habitée par leur père, mais par un squatteur.

TELERAMA
Règlement de comptes familial autour d’une maison de vacances à Lanzarote, dans l’archipel des Canaries. Un premier long métrage éruptif à souhait.

Pour son premier long métrage, sorti exclusivement dans les salles allemandes, l’acteur suisse Aaron Arens met en scène une autrice fauchée, son frère pianiste, son père écrivain, sa mère éditrice, plus le jeune amant de cette dernière. Pour rendre le cocktail éruptif à souhait, il rassemble tout ce monde (interprété par un casting impeccable) autour d’une maison de vacances à Lanzarote, dans l’archipel des Canaries. L’intrigue repose sur une alternance — somme toute euphorisante — de comédie et de drame, comme si la famille dysfonctionnelle souffrait de bipolarité collective. Sommet : le règlement de comptes au restaurant, qui tourne au duel de piques fielleuses entre les deux parents — la femme a le dernier mot —, où l’humour noir déjoue les pesanteurs habituelles de l’exercice.

Sans être poseur, le cinéaste insuffle juste ce qu’il faut de folie ordinaire aux personnages — le patriarche en slip et chemise, qui vise (sans succès) des cailles au fusil depuis la terrasse. De même, il a le bon goût de ne pas s’appesantir sur les révélations familiales, privilégiant la suggestion. Des places au soleil tire le meilleur des paysages desséchés, caillouteux et volcaniques de l’île, dont il exploite la dimension symbolique — l’héroïne doit faire table rase du passé —, avant de se conclure dans la verdure brumeuse d’un parc munichois au petit matin.
DES PLACES AU SOLEIL, Aaron Arens 2023, Julia Windischbauer, Juliane Köhler (thriller sentimental)@ (E)
Autrice allemande fauchée et en mal de reconnaissance, Samuela est à la peine : son petit ami a besoin d'air et la collection dans laquelle elle espérait être publiée va s'arrêter. La jeune femme d&ea ...

@

DESERTS, Faouzi Bensaïdi 2023, Fehd Benchemsi, Abdelhadi Talbi (comique)@@


Amis de longue date, Mehdi et Hamid, travaillent pour une agence de recouvrement. Ils sillonnent les villages du grand Sud marocain dans leur vieille voiture et se partagent des chambres doubles dans des hôtels miteux. Ils ont exactement la même taille, les mêmes costumes-cravates, les mêmes chaussures. Un jour, dans une station essence au milieu du désert, une moto se gare devant eux. Un homme est menotté au porte-bagage, menaçant.

TELERAMA
Deux employés sillonnent les villages du Maroc pour recouvrer des dettes. Un western existentiel signé par l’acteur-réalisateur Faouzi Bensaïdi.

Mais qui sont ces deux types en costard, paumés et incapables de lire une carte qui, de toute manière, s’envole dans le vent du désert ? Mehdi et Hamid travaillent pour le compte d’une société de recouvrement, aux confins du Maroc, entre routes non balisées et pauvres paysans surendettés dans des bleds reculés. Ils pourraient être un duo de caïds un peu pitoyables à la Tarantino ou deux pieds nickelés qui auraient quitté la Finlande d’Aki Kaurismäki pour venir s’échouer dans la caillasse et le sable. Soumis aux résultats, ils sont autant les victimes du capitalisme que ceux auxquels ils viennent réclamer une poignée de dirhams, repartant, à la place, avec une chèvre ou un tapis…

Après son mélo poétique et social Volubilis en 2017, l’acteur-réalisateur Faouzi Bensaïdi impose un sens accru de la mise en scène : avec ce road-trip burlesque riche en saynètes noires, absurdes ou très bariolées. Il fait une utilisation somptueuse des paysages trop grands pour ses héros minuscules, de cette nature époustouflante de beauté sèche, de reliefs sauvages que même l’argent, omniprésent dans les échanges, ne saurait banaliser.

Et il surprend en donnant au rythme clopin-clopant de son film un virage des plus fascinants, existentiels, créant carrément un itinéraire bis à son histoire en collant aux basques d’un troisième personnage : un fugitif tout droit sorti d’un western et porteur de romantisme. Il y a vraiment du beau monde dans ce Déserts.
DESERTS, Faouzi Bensaïdi 2023, Fehd Benchemsi, Abdelhadi Talbi (comique)@@ (E)
Amis de longue date, Mehdi et Hamid, travaillent pour une agence de recouvrement. Ils sillonnent les villages du grand Sud marocain dans leur vieille voiture et se partagent des chambres doubles dans des hôtels miteux. Ils ont exactem ...

@

DEUX FEMMES POUR UN MAGOT, Clara Stern 2023, Daniela Golpashin, Peters Caroline, Murathan Muslu, Barbara Gassner


Loin d'être des plus agréables, la vie de Maggy, chauffeuse pour une application de VTC viennoise, a des airs d'épreuve continuelle. Financièrement, rien ne va : il faut faire réparer son pare-brise, le prix de l'hospitalisation de son fils est exorbitant, et le père de ce dernier, les poches percées, semble émotionnellement incapable de la soutenir. Alors qu'elle entend sur les ondes radio de la police qu'une certaine Juliette Koons est recherchée, elle reçoit une demande de course de la suspecte elle-même. Lorsque, l'ayant prise à son bord, Maggy comprend que cette dernière est soupçonnée du vol de sommes colossales, elle contacte la directrice de la banque, espérant obtenir une récompense. Mais les choses ne vont pas se dérouler exactement comme prévu...

TELERAMA
Ni le casting essentiellement féminin, ni l’interprétation convaincante ne parviennent à dissimuler les grosses ficelles d’une intrigue mille fois rebattue.

Maggy, chauffeuse de taxi enceinte de son ex-compagnon, enchaîne les galères. Elle n’a pas d’argent pour payer la chambre d’hôpital de son fils, ni les réparations de sa voiture. Alors quand atterrit sur sa banquette arrière Juliette Koons, une banquière qui tente de s’évanouir dans la nature avec un pactole subtilisé sur son lieu de travail, elle essaie de vendre l’information à la directrice véreuse qui la recherche. Mais, au fil de l’histoire, une amitié entre Maggy et la fugitive va naître.

La réalisatrice Clara Stern surfe sur la vague d’un féminisme gros sabots avec une histoire à l’intrigue mille fois rebattue et aux revirements prévisibles. Fait assez rare pour être noté : ce sont des femmes qui incarnent tous les rôles principaux de ce téléfilm. Mais la cinéaste n’exploite pas pleinement cette bonne idée. Si les interprétations de Daniela Golpashin (Maggy) et de Caroline Peters (Juliette) en antihéroïnes sont plutôt convaincantes, tous les personnages manquent cruellement d’ambivalence, de finesse et de profondeur. Les quelques hommes qui apparaissent à l’écran se révèlent être des goujats vaguement idiots, comme cette bande de chauffeurs de taxi râleurs ou cet ex-flic corrompu devenu agent de sécurité, lancé aux trousses des deux nouvelles amies.

L’humour, souvent pataud, peine à cacher les grosses ficelles de l’intrigue et ne parvient pas au niveau de malice qu’aurait sans doute voulu atteindre Deux Femmes pour un magot.
DEUX FEMMES POUR UN MAGOT, Clara Stern 2023, Daniela Golpashin, Peters Caroline, Murathan Muslu, Barbara Gassner (E)
Loin d'être des plus agréables, la vie de Maggy, chauffeuse pour une application de VTC viennoise, a des airs d'épreuve continuelle. Financièrement, rien ne va : il faut faire réparer son pare-brise, le pri ...

@

DEUX FILS, Felix Moati 2019, Vincent Lacoste, Benoit Poelvoorde, Anais Demoustier (societe)@@


Un père et ses deux fils sont chacun à leurs manière en proie à une crise existentielle. Néanmoins, les trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l'amour.

TÉLÉRAMA
À Paris, un père médecin et ses deux fils traversent chacun une crise existentielle. Une comédie douce-amère, tout en délicatesse et influencée par Woody Allen. Passage derrière la caméra réussi pour l’acteur Félix Moati

Sur l’affiche, dessinée par Floc’h, les deux fils tiennent leur père, miniaturisé, par la main. Comme des parents attentifs agrippent leur enfant dans une rue animée. Pour son premier film derrière la caméra, l’acteur Félix Moati, 28 ans, vu récemment dans Le Grand Bain, déconstruit avec malice la relation père-fils. Dans cette comédie douce-amère, tout en délicatesse et influencée par Woody Allen, les adultes se comportent comme des enfants, et les adolescents brûlent les étapes de leur émancipation. Ravagé par la mort de son frère, Joseph (Benoît Poelvoorde) abandonne son cabinet de médecin pour écrire un roman, persuadé, à tort, de marcher dans les pas de Tolstoï. Son fils aîné, Joachim (Vincent Lacoste), est à peine plus vaillant : torturé par sa dernière rupture amoureuse, il procrastine au lieu de travailler à sa thèse de psychiatrie. Yvan (Mathieu Capella, une révélation), le cadet, 13 ans, en pleine crise mystique, se met à boire en constatant avec angoisse l’effondrement de ses deux figures tutélaires.

Sur un canevas classique de film d’apprentissage et de reconstruction sentimentale, Félix Moati exprime des choses très justes, et rarement dites, sur l’amour filial et fraternel. Les trois éclopés ne pourront grandir et s’en sortir qu’ensemble. En comblant leurs plaies laissées par la mort ou la solitude. Filmée dans l’anonymat des Grands Boulevards parisiens, souvent la nuit, propice aux errances et aux transgressions, cette quête désespérée de consolation évite tout pathos, grâce à son trio d’acteurs aux corps burlesques. Dans ce creuset de virilité en berne, l’espoir viendra d’une jeune femme (Anaïs Demoustier, parfaite), sachant, elle, imposer sa liberté et ses désirs, sans culpabilité mal placée.
DEUX FILS, Felix Moati 2019, Vincent Lacoste, Benoit Poelvoorde, Anais Demoustier (societe)@@ (E)
Un père et ses deux fils sont chacun à leurs manière en proie à une crise existentielle. Néanmoins, les trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine mal ...

@

DEUX GOUTTES D EAU, Nicolas Cuche 2018 (policier)@@


Par un matin glacial, la jeune Audrey Favreau est découverte sauvagement assassinée dans son appartement. La commandante Valérie Laforge et son adjoint, le lieutenant Sam Barbieri, sont chargés de l'enquête. Ils soupçonnent Antoine, le fiancé de la victime, mais Antoine a un frère, Tom, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Les enquêteurs se penchent sur la relation toxique qui lie les deux hommes pour trouver lequel est le coupable.

TELERAMA:
Sur la trame rusée d’un polar de l’ex-journaliste Jacques Expert, voici un téléfilm sombre et oppressant. Est-ce à cause de la lumière, basse et artificielle ? D’un déménagement qui soulève une poussière amère et renvoie les e­nquêteurs à leur propre fin ? Incapables de briser le lien quasi surnaturel qui unit les jumeaux, Barbieri (Michaël Youn, crédible) et Laforge (impeccable Sylvie Testud) flottent entre deux états. Une atmosphère de cendre se répand, qui camoufle habilement quel­ques (réelles) faiblesses scénaristiques.

DEUX GOUTTES D EAU, Nicolas Cuche 2018 (policier)@@ (E)
Par un matin glacial, la jeune Audrey Favreau est découverte sauvagement assassinée dans son appartement. La commandante Valérie Laforge et son adjoint, le lieutenant Sam Barbieri, sont chargés de l'enquête ...

@

DEUX HEURES MOINS LE QUART AVANT JESUS CHRIST, Jean Yanne 1982, Michel Serrault, Coluche


Rahatlocum est une colonie romaine nord-africaine où Jules César est venu passer des vacances dispendieuses. La révolte gronde parmi le petit peuple qui se trouve un leader en la personne du garagiste de Ben-Hur Marcel.

TELERAMA
Vaste fresque burlesque pleine d’anachronismes éventés par les rediffusions où Jean Yanne marche sur les plate-bandes de Goscinny. Le meilleur gag de cette kolossale parodie est encore son titre, dont la longueur nous oblige à faire court.

À Rahatlocum, colonie romaine d'Afrique du Nord, Ben Hur Marcel manifeste parmi les petits commerçants contre César. Il est jeté en prison par les Compagnies romaines de sécurité... Pour son grand péplum franchouillard, Jean Yanne a pillé Astérix et ses gags. On s'amuse parfois des anachronismes : embouteillage de chars, hausse du prix du carburant (l'avoine). Mais Jean Yanne n'a pas réussi à faucher la recette de la potion comique à Goscinny. Son humour lorgne vers l'almanach Vermot et ses personnages, eux, sont tous clients au Café du commerce : homophobie rigolarde, vulgarité étalée et, sous la toge, un bel uniforme poujadiste.
DEUX HEURES MOINS LE QUART AVANT JESUS CHRIST, Jean Yanne 1982, Michel Serrault, Coluche (E)
Rahatlocum est une colonie romaine nord-africaine où Jules César est venu passer des vacances dispendieuses. La révolte gronde parmi le petit peuple qui se trouve un leader en la personne du garagiste de Ben-Hur Marcel. ...

@

DEUX HOMMES DANS LA VILLE, Jose Giovanni 1973, Alain Delon, Jean Gabin (thriller)@@


Gino Strabliggi recouvre la liberté après avoir purgé une peine de dix ans de réclusion. Suivant les conseils de Germain Cazeneuve, l'éducateur qui s'est occupé de lui et continue de lui porter un amical intérêt, il décide de mener une vie honnête, loin des tentations du passé. Il réussit à trouver du travail dans une imprimerie à Meaux. Peu de temps après, Sophie, sa femme, meurt dans un accident de voiture.

TELERAMA
Une ancienne petite frappe reconstruit sa vie grâce à une jeune femme, un boulot et son éducateur, joué par Jean Gabin. Mais la réinsertion est-elle possible ?

Comment juger ce film réquisitoire contre la peine de mort, bientôt quarante-quatre ans après l’abolition de celle-ci ? D’abord en signalant qu’il traite avant tout de la difficulté de réinsertion des prisonniers qui ont fait leur temps. Gino a purgé dix ans pour braquage et a décidé de ne pas replonger. La malchance et le zèle pervers d’un inspecteur vont pourtant le mener à l’échafaud. On pense un peu à André Cayatte dans la mise en scène démonstrative mais réellement engagée de José Giovanni et cette séquence finale où la lame de la guillotine tombe en gros plan. C’est fou, mais plus de cinquante ans après, Deux Hommes dans la ville continue de serrer le cœur.

L’interprétation y est pour beaucoup : Michel Bouquet en version moderne du Javert des Misérables, Delon gagné par l’épouvante au moment de mourir, mais surtout Gabin en force tranquille et fatiguée par la machine judiciaire.


DEUX HOMMES DANS LA VILLE, Jose Giovanni 1973, Alain Delon, Jean Gabin (thriller)@@ (E)
Gino Strabliggi recouvre la liberté après avoir purgé une peine de dix ans de réclusion. Suivant les conseils de Germain Cazeneuve, l'éducateur qui s'est occupé de lui et continue de lui porter un a ...

@

DEUX JOURS A TUER Jean Becker 2008, Albert Dupontel, Pierre Vaneck


Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?

TELERAMA
Il y a dans Deux Jours à tuer une grosse entourloupe du récit qu'il est interdit de dévoiler. Elle remet en cause ce qui nous est ­montré à l'écran, et qui n'est pas très agréable à regarder. On s'explique. Albert Dupontel, copatron d'une agence de pub, envoie un beau jour tout valdinguer : son job, vu comme un carnaval d'hypocrisies, sa famille, perçue comme une prison de mensonges et de non-dits. Sommet du jeu de massacre, un dîner où notre bonhomme dit tout haut ce qu'il pense de ses amis. Puis il prend la tangente, direction un père ermite qui pêche à la mouche en Irlande... Atavisme familial, salutaire prise de conscience ou delirium tremens ? La réponse affleure peu à peu, et elle est accablante. On pourrait arguer que le personnage a plutôt raison sur le fond (oui, l'existence est un jeu de dupes) et tort sur la forme (la conscience de l'absurde n'oblige pas à injurier ses proches). Mais c'est justement l'inverse que soutient Jean Becker au terme d'une manipulation éhontée : son héros a des raisons d'être odieux, alors même que les valeurs qu'il rejette ­(famille modèle, amis riches, propriété foncière) seraient les bonnes. Pas très ragoûtant... — Aurélien Ferenczi


DEUX JOURS A TUER Jean Becker 2008, Albert Dupontel, Pierre Vaneck (E)
Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Il d&e ...

@

DEUX SOEURS POUR UN ROI, Natalie Portman 2008, Scarlett Johansson, Eric Bana (histoire bio saga)@@


Les amours tumultueuses du roi Henry VIII, mari d'Anne Boleyn. Tandis que son couple bat de l'aile, il s'éprend et devient l'amant de l'autre fille Boleyn, Mary, qui le soigne après une partie de chasse qui a mal tournée. Anne en vient alors à épouser secrètement l'homme dont elle est réellement amoureuse, Henry Percy.

TELERAMA:
Scarlett Johansson face à Natalie Portman. Pour confronter ces deux princesses du box-office, Justin Chadwick est allé fouiller dans le registre des amours célèbres, celles du roi d’Angleterre Henri VIII et de l’intrigante Anne Boleyn.
Scarlett Johansson compose une Mary douce et solide, presque campagnarde. Mais la vraie vedette reste Anne. Natalie Portman en fait une courtisane étincelante et fragile, première victime de son ambition. Elle y met tant de finesse et de vivacité qu’on se prend à oublier — un peu — l’académisme du récit.
DEUX SOEURS POUR UN ROI, Natalie Portman 2008, Scarlett Johansson, Eric Bana (histoire bio saga)@@ (E)
Les amours tumultueuses du roi Henry VIII, mari d'Anne Boleyn. Tandis que son couple bat de l'aile, il s'éprend et devient l'amant de l'autre fille Boleyn, Mary, qui le soigne après une partie de chasse qui a mal tourné ...

@

DEUX, Filippo Meneghetti 2019, Barbara Sukowa, Léa Drucker, Martine Chevallier (societe)@@@


TELERAMA
Elles ont des rides, habitent sur le même palier et… sont amantes en secret. Un film pudique et sensible sur la hantise de la séparation.

Une femme âgée caresse les rides de son cou devant le miroir de la salle de bains. Une autre la rejoint et leurs baisers deviennent de plus en plus charnels. L’amour de Mado et Nina rayonne d’évidence, mais, aux yeux de tous, et surtout des enfants de Madeleine, Nina n’est qu’une voisine. Quand Madeleine, déchirée par cette double vie, est frappée par un AVC, Nina use des subterfuges les plus fous pour ne pas la perdre…

Cette histoire de passion secrète bénéficie d’une mise en scène pudiquement éloquente, glissant d’un appartement banal à l’autre, entre ombres et lumières d’une double vie. Le réalisateur franco-italien parvient à exprimer toute la souffrance, les entraves, mais aussi la complicité gamine de cet attachement indéfectible entre deux femmes qui ont l’âge d’être grands-mères, mais une éternelle jeunesse dans le regard quand elles dansent, pieds nus, sur une chanson italienne. Martine Chevallier, douce comme une enfant prise en faute, et Barbara Sukowa, mue par une énergie de lionne, sont exceptionnelles : elles donnent au moindre geste quotidien, au moindre tressaillement autant de précision que de vibration. Le jeune cinéaste filme leurs corps mûrs avec la tendresse exacte que ces deux amantes éprouvent l’une pour l’autre. Réussir à rester deux coûte que coûte : le suspense grandit, comme dans un thriller, faisant du ­coming out une nécessité vitale.
DEUX, Filippo Meneghetti 2019, Barbara Sukowa, Léa Drucker, Martine Chevallier (societe)@@@ (E)
TELERAMA
Elles ont des rides, habitent sur le même palier et… sont amantes en secret. Un film pudique et sensible sur la hantise de la séparation.

Une femme âgée caresse les rides de son cou dev ...

@

DEVINE QUI VIENT DINER, Stanley Kramer 1967, Spencer Tracy, Sydney Potier, Katarine Hepburn (comique sentimental)@@@


Joey Drayton, fille d'un couple de bourgeois, décide de présenter son fiancé, un jeune médecin, à ses parents lors d'un dîner. Cependant, le fameux soir, quelle n'est pas leur surprise en constatant que le futur mari de Joey est noir. Ce que la jeune fille avait omis de leur signaler.

TELERAMA
Joey, une jeune fille blanche, s’éprend d’un médecin noir, John. Elle décide de l’épouser et le pré­sente à ses parents. Bien que libéraux, ceux-ci sont stupéfaits. La mère de Joey accepte l’idée d’un tel mariage, mais son mari est plus que réservé. Chez John, les réactions des parents sont identiques.

Stanley Kramer aime les grands sujets. Animé des meilleurs sentiments, il nous conte une histoire édifiante. L’amour entre un Noir et une Blanche, issus tous deux d’un milieu très bourgeois, triomphe du racisme instinctif des deux familles. Cette vision plutôt optimiste semble bien loin de la réalité sociale des Noirs américains se battant pour leurs droits civiques et dont le leader charismatique, Martin Luther King, était assassiné cette même année 1968. La réalisation théâtrale et d’interminables conversations affadissent un peu le propos louable de Kramer, dont on ne peut nier le réel courage : la projection du film dans le sud des Etats-Unis provoqua la colère des racistes et l’intervention du Ku Klux Klan ! Reste une famille d’acteurs prestigieux (Katherine Houghton est la nièce de Katharine Hepburn, compagne de Spencer Tracy) qui s’en donnent à cœur joie.
DEVINE QUI VIENT DINER, Stanley Kramer 1967, Spencer Tracy, Sydney Potier, Katarine Hepburn (comique sentimental)@@@ (E)
Joey Drayton, fille d'un couple de bourgeois, décide de présenter son fiancé, un jeune médecin, à ses parents lors d'un dîner. Cependant, le fameux soir, quelle n'est pas leur surprise en constatant ...

@

DHEEPAN, Jacques Audiard 2015 (societe immigration)(palme d or)@@@


Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat du nom de Dheepan, une jeune femme esseulée et une petite fille orpheline se font passer pour une famille afin d'obtenir plus aisément l'asile politique en Europe.

TELERAMA
Difficile d’imaginer des héros plus contemporains que ces migrants, dont on suit l’installation incertaine en banlieue parisienne. Fuyant la guerre civile, ces trois Sri Lankais ont une fragilité supplémentaire : ils ne forment une famille qu’en apparence. Leurs liens prétendus servent à conforter leur statut de réfugiés. Le film saisit par cette longue ­parenthèse de calme relatif, quand la fausse famille tente de trouver ses marques dans une cité difficile. Avec cette immersion dans le monde de l’exil, auprès de personnages (et d’acteurs) d’une culture et d’une langue méconnues, Jacques Audiard nous happe.

Ce qui cloche, c’est l’articulation de cette chronique sociale avec le polar d’action ultra violent que Dheepan (Palme d’or 2015) devient soudain. Le film paraît alors se ­dérober au profit d’un autre, nettement plus convenu. Audiard a bien le droit d’aimer le cinéma de genre testostéroné. Mais après une première partie nuancée, ouverte, humaine, l’artillerie de la violence à grand spectacle grince terriblement. Il a aussi le droit de transformer une cité désolée en un nid de gangsters déchaînés. Mais après avoir atteint une vérité sociologique, le cinéaste alimente, finalement, les clichés sur les banlieues.
DHEEPAN, Jacques Audiard 2015 (societe immigration)(palme d or)@@@ (E)
Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat du nom de Dheepan, une jeune femme esseulée et une petite fille orpheline se font passer pour une famille afin d'obtenir plus aisément l'asile politique en Europe.

@

DIABOLO MENTHE, Diane Kurys 1977 (jeunesse)@


Paris, 1963. C'est la rentrée des classes pour Anne, 13 ans, et sa soeur Frédérique, 15 ans. Dans leur lycée pour filles, la pédagogie est encore très sévère. Malgré les interdictions, Frédérique s'intéresse aux garçons et à la politique.

TELERAMA:
A 28 ans, Diane Kurys retrouvait le goût de sa propre adolescence, dans l’eau verte de ce Diabolo menthe point trop sucré, à peine embué de nostalgie, relevé d’un soupçon d’amertume. Histoire d’une jeunesse sage et corsetée, vouée au seul fracas des rêves, à l’abri des grands couloirs du lycée. Préhistoire d’avant 68, dans une France gaullienne assoupie, sûre de sa pérennité et de ses principes, à peine troublée par les attentats sanglants de l’OAS. Minutieusement, Diane Kurys redonne à l’époque ses détails, ses couleurs, dans le regard déformant, innocent, impatient de ces fillettes d’antan. Peu à peu, elle compose un universel portrait d’adolescente, nous rend à la grisaille inconfortable et tendre de ce temps entre deux âges.
DIABOLO MENTHE, Diane Kurys 1977 (jeunesse)@ (E)
Paris, 1963. C'est la rentrée des classes pour Anne, 13 ans, et sa soeur Frédérique, 15 ans. Dans leur lycée pour filles, la pédagogie est encore très sévère. Malgré les interdi ...

@

DIAMANTS A HAUT RISQUE, Stephan Wagner 2012, Mišel Maticević, Ulrike C. Tscharre, Simon Licht (thriller)@@


Nina Hausen, directrice d'une agence d'escorts, est attaquée dans sa voiture par un inconnu après une promenade nocturne dans la forêt. Elle parvient à lui échapper en le blessant grièvement, mais découvre sur le siège arrière un petit sac contenant des diamants – la rançon versée dans une affaire d'enlèvement.
DIAMANTS A HAUT RISQUE, Stephan Wagner 2012, Mišel Maticević, Ulrike C. Tscharre, Simon Licht (thriller)@@ (E)
Nina Hausen, directrice d'une agence d'escorts, est attaquée dans sa voiture par un inconnu après une promenade nocturne dans la forêt. Elle parvient à lui échapper en le blessant grièvement, mais d& ...

@

DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@


Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l'interroge, elle n'a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloigne par peur du scandale. L'écrivain va en profiter pour consoler la belle.

TELERAMA
Dès les premières minutes, c’est magique. À l’aube, sur une musique nostalgique de Henry Mancini, une femme émerge d’un taxi new-yorkais. Son fourreau noir, ses lunettes de soleil laissent de­viner une fête de plus, une fête de trop. Holly contemple alors, quelques instants, la vitrine de la bijouterie Tiffany, sur la 5e Avenue. Le seul endroit qui, par l’ordre et la sécurité qu’il reflète, parvient à calmer le désarroi qui l’envahit parfois…

Blake Edwards signe une comédie sophistiquée et cruelle, inspirée d’une nouvelle magnifique de Truman Capote (lequel a désavoué le film), sur des insatisfaits tendres et graves. Audrey Hepburn, bien sûr, qui semble glisser, de scène en scène, à la poursuite de la gloire et de l’amour qui se dérobent. Mais George Peppard, aussi, écrivain en panne, devenu gigolo à l’occasion, et régénéré par le sentiment.

Comme pour atténuer l’intense mélancolie de ces personna­ges sans cesse en mouvement, qui ne font que fuir de peur d’être encore plus blessés, la mise en scène de Blake Edwards est cons­tamment ­légère, brillante, enjouée… Et une party hallucinante laisse deviner son goût pour le burlesque, qui s’épanouira, deux ans plus tard, dans La Panthère rose.
DIAMANTS SUR CANAPE, Blake Edwards 1961, Audrey Hepburn, George Peppard (thriller sentimental)@@@ (E)
Une croqueuse de diamants cherche à épouser un milliardaire brésilien alors que son voisin écrivain, Paul Varjak, qui vient de rompre avec sa maîtresse, s'intéresse à elle. La jolie Holly fait ...

@

DIDIER, Alain Chabat 1997, Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat (comique)@@


Jean-Pierre, un manager d'équipe de foot, est doublement dans la mouise. Côté ballon, ça ne tourne pas rond, et côté salon, Didier, le labrador qu'on vient de lui confier s'est mystérieusement métamorphosé en homme... Du moins en apparence, car Didier n'a rien perdu de ses réflexes d'animal à quatre pattes. Or, un chien, tout le monde sait, ça rapporte la baballe. Un talent que Jean-Pierre pourrait bien mettre au profit.

TELERAMA
Cette drôle de comédie, dans laquelle un chien se transforme en homme, permet à l’ex-Nul et à Jean-Pierre Bacri de former un duo truculent, l’un, renfrogné mais bon cœur, l’autre, oreilles dressées et foufou.

Pas de chance pour Jean-Pierre, entraîneur de footballeurs aux genoux fragiles : une amie lui a demandé de garder son ­labrador pendant son absence. Et, durant la nuit, le chien se transforme en un type tout nu… Généralement, il n’y a que les Américains pour exploiter une idée aussi farfelue. Mais Alain Chabat a le talent d’aller jusqu’au bout du concept – l’homme-chien court après la baballe – mais aussi d’éviter les chemins tout tracés.

Ni morale gnangnan ni explication féerique bancale, l’acteur-réalisateur emmène son film là où ça lui chante : un dîner à deux loufoque, une irrésistible chorégraphie canine et, pour finir, un match de foot grandeur nature. Le duo qu’offrent Bacri, renfrogné mais au bon cœur, et Chabat, oreilles dressées et tout foufou, est un poème.
DIDIER, Alain Chabat 1997, Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat (comique)@@ (E)
Jean-Pierre, un manager d'équipe de foot, est doublement dans la mouise. Côté ballon, ça ne tourne pas rond, et côté salon, Didier, le labrador qu'on vient de lui confier s'est mystérieusement ...

@

DIE HARD BELLE JOURNEE POUR MOURIR


L'inspecteur John McClane apprend que son fils, qu'il n'a pas vu depuis longtemps, s'est mis dans un sacré pétrin. Qui plus est, sur le sol russe. Accusé de meurtre, il est incarcéré dans une prison moscovite. Le sang de John ne fait qu'un tour : il endosse le costume du papa sauveur et saute dans le premier avion pour Moscou. Sitôt sur place, McClane réalise que son fils travaille en fait pour la CIA.

TELERAMA:
Le succès de la série reposait jusqu'ici sur la désinvolture de Bruce Willis/McClane, embarqué dans un contre-la-montre pétaradant, mais avec unité de lieu, de temps et d'action. Depuis, le film viril des années 1980-1990 s'est fait phagocyter par le thriller high-tech à la Jason Bourne. Ingénieusement, cela s'incarne dans le coup de vieux donné au père par le fils : McClane junior est un agent de la CIA, qui voit son géniteur comme un ­dinosaure aux méthodes de bourrin. Mais quand la technologie le lâche, le rejeton est contraint de reconsidérer son jugement. Au milieu des explosions se ­dessine alors, en filigrane, le traditionnel éloge de la filiation. — Jérémie Couston
DIE HARD BELLE JOURNEE POUR MOURIR (E)
L'inspecteur John McClane apprend que son fils, qu'il n'a pas vu depuis longtemps, s'est mis dans un sacré pétrin. Qui plus est, sur le sol russe. Accusé de meurtre, il est incarcéré dans une prison moscov ...

@

DIEU ET LE CHAMEAU, Peter Keller 2022, Luzer Twersky, Haitham Omari


Un juif orthodoxe de Brooklyn, en route pour célébrer Pessah à Alexandrie en Égypte, et un Bédouin à la recherche de son chameau sont condamnés à traverser le désert à pied et à s'unir pour survivre... Finement écrite, une comédie en forme de road-movie à l'humour revigorant.

TELERAMA
Jai raté quelque chose aux infos ? » demande le chauffeur de bus égyptien en voyant un juif orthodoxe passer à pied la frontière avec Israël, en plein désert du Sinaï. Accusé de représenter une nouvelle invasion, le voyageur Ben, venu de Brooklyn, n’ira pas loin avec le bus. Et continuera son chemin vers Alexandrie grâce à Adel, un Bédouin qui, au volant d’une vieille auto, cherche son chameau…

Produit en 2022, ce film a forcément « raté quelque chose aux infos » et le dialogue qu’il imagine entre un juif et un musulman semble aujourd’hui presque trop décalé avec sa tonalité comique. Quand surgit le nom de Gaza, la légèreté n’est d’ailleurs déjà plus possible et l’échange semble dans une impasse. Mais, comme le rappelle alors Ben à Adel, il ne s’agit pas de parler politique : ici, tout n’est affaire que de religion. Le scénario se distingue, sur ce sujet souvent caricaturé quand il s’agit de faire rire, par le sérieux de son approche et des explications données aux traditions, aux croyances. Plus on entre dans le dogme, plus se fait ressentir le besoin de retrouver l’individu, une humanité commune. Ce message, qui parvient à mêler respect et émancipation face au fait religieux, donne sa singularité à cette fable idéalisée mais éclairée.
DIEU ET LE CHAMEAU, Peter Keller 2022, Luzer Twersky, Haitham Omari (E)
Un juif orthodoxe de Brooklyn, en route pour célébrer Pessah à Alexandrie en Égypte, et un Bédouin à la recherche de son chameau sont condamnés à traverser le désert à pi ...

@

DIFFAMATION, Viviane Andereggen 2019, Rosalie Thomass, Johann von Bülow


Institutrice passionnée, Luisa Jobst est appréciée pour ses méthodes pédagogiques originales. Cependant, après avoir refusé d'écrire une recommandation en faveur d'un élève pour le Gymnasium - établissement exigeant un excellent niveau -, et ce, malgré toutes les tentatives de persuasion employées par le père du garçon, l'institutrice devient victime de harcèlement. Des photos d'elle nue apparaissent sur le site de l'école, et elle reçoit de menaçants appels téléphoniques anonymes.

TELERAMA
Ce téléfilm au sujet grave et important ne dépasse jamais le statut de fiction “utile”. Le scénario est sans équivoque et le message passe lourdement, au détriment de la pertinence. Luisa (Rosalie Thomass), une institutrice victime de harcèlement par un parent d'élève… Luisa est institutrice
DIFFAMATION, Viviane Andereggen 2019, Rosalie Thomass, Johann von Bülow (E)
Institutrice passionnée, Luisa Jobst est appréciée pour ses méthodes pédagogiques originales. Cependant, après avoir refusé d'écrire une recommandation en faveur d'un élè ...

@

DIPLOMATIE, Volker Schlondorff 2014 Niels Arestrup Andre Dussolier@


Août 1944. Paris est occupée depuis quatre années, et Hitler donne l'ordre formel de détruire la ville. Le général Dietrick von Choltitz est chargé de mener à terme cette mission avant l'arrivée des Alliés. Tout est en place et il ne reste que quelques détails à régler. C'est là qu'apparaît mystérieusement Raoul Nordling, un consul suédois qui tente d'empêcher cette tragédie. Il fera tout pour convaincre le général von Choltitz d'épargner des milliers de vies.

TELERAMA:
Le film est une partie d’échecs, avec feintes, attaques, ripos­tes, bluffs, avancées à visage découvert, tractations. L’échange, à fleurets mouchetés, vise à redonner toutes ses lettres de noblesse à la diplomatie. Pour cela, il eût fallu davantage affiner les dialogues, mieux masquer les coups sur l’échiquier. On n’est pas vraiment chez Mankiewicz… Reste le duel au sommet, entre monstres sacrés. André Dussollier la joue « patte de velours », avec une pointe de malice dans le doigté. Niels Arestrup, auguste et léonin, déjoue finement toute caricature du Boche en affichant une certaine grandeur prussienne.
DIPLOMATIE, Volker Schlondorff 2014 Niels Arestrup Andre Dussolier@ (E)
Août 1944. Paris est occupée depuis quatre années, et Hitler donne l'ordre formel de détruire la ville. Le général Dietrick von Choltitz est chargé de mener à terme cette mission avant ...

@

DIRTY DANCING 2017, Wayne Blair 2017, Abigail Breslin, Colt Prattes (musical)@


Été 1963, Baby, fille d'une riche famille américaine, passe ses vacances avec ses parents et sa soeur dans la région des montagnes Catskill dans l'État de New York, à la pension de la famille Kellerman. Elle se trouve mêlée à la vie des employés de la pension et se trouve confrontée à un monde qui lui est complètement étranger, celui de la danse.

Quelle idée de vouloir reprendre un film aussi culte, celui-ci ne vous fera pas du tout rêver. Il n'y a que les parents que j'ai trouvé crédibles ainsi que Penny. Véritable petite poupée, la soeur aurait mieux collé au personnage de bébé. A croire qu'il fallait lancer la fille d'un copain car l'actrice principale est raide, sans grâce et sans charisme engoncée dans son embonpoint, à la démarche aussi légère qu'un éléphant. Johnny ne bouge guère plus, il se contente de prendre la pose pour accompagner sa partenaire, bref nous sommes très loin du sex-appeal du regretté Patrick Swayze. Le film est fade, les dialogues sont creux, aucune émotion. Vous ne raterez rien de ne pas voir cette caricature grotesque.

TELERAMA
Elle est innocente, il danse bien. L’éternel éveil à la sexualité, raconté avec les pires coupes de cheveux du cinéma. Bilan : un film cult, La romance musicale la plus moite des années 1980 — ou bien était-ce Flashdance ? — ressort en salles cette semaine. Surprise, Dirty Dancing, d’un certain Emile Ardolino, qui narre les amours de Patrick Swayze (Johnny) et de Jennifer Grey (« Bébé »), est plus populaire que jamais. Ou comment une bluette archi datée — voir la coupe banane-nuque-longue de Johnny, ou la tignasse façon caniche affolé de sa partenaire — a bénéficié de cette évolution quasi darwinienne qui, de temps en temps, peut transformer n’importe quoi en film dit « culte ». N’importe quoi, vraiment ? Rappelons qu’à la base il s’agit d’une gentille fille qui rencontre un (pas si) mauvais garçon pendant les vacances, hop ! il lui apprend à danser, hop ! ils s’aiment. Pas de quoi fouetter un chorégraphe, et pourtant... On ne compte plus, par exemple, les ventes et les reprises (Black Eyed Peas en tête) de l’immortel tube du film (tous en chœur : « I’ve had... the time of my liiiiife ! »). Au cinéma, avec ses scènes de danse romantico-torrides, Dirty Dancing est peu à peu devenu la référence qui fait craquer les filles. Ce n’est plus un film, c’est une technique de drague, utilisée entre autres par Romain Duris dans L’Arnacœur ou par Ryan Gosling dans Crazy Stupid Love. C’est que, derrière la façade kitsch ou la nostalgie des années 1980, se cache un universel récit d’initiation. Mais si : Dirty Dancing (ou, selon le titre évocateur choisi au Québec, Danse lascive) raconte rien de moins que l’éveil du corps à la sexualité. (Cécile Mury)
DIRTY DANCING 2017, Wayne Blair 2017, Abigail Breslin, Colt Prattes (musical)@ (E)
Été 1963, Baby, fille d'une riche famille américaine, passe ses vacances avec ses parents et sa soeur dans la région des montagnes Catskill dans l'État de New York, à la pension de la famille Keller ...

@

DIRTY DANCING, Emile Ardolino 1987, Patrick Swayze, Jennifer Grey (sentimental)@@


Durant l'été 1963, le docteur Jack Houseman quitte New York pour passer trois semaines dans un club de vacances avec sa femme Marjorie et ses deux filles. La cadette, Frances, dite Baby, s'ennuie à mourir, jusqu'au soir où une promenade l'entraîne vers les bâtiments réservés au personnel. Elle y découvre un spectacle étrange. Sur une musique tonitruante et entre des cascades de bière, les moniteurs s'exercent à une danse frénétique, la "Dirty Dancing", c'est-à-dire le mambo. Johnny Castle, le plus aguerri de ces danseurs sensuels et athlétiques, repère vite les qualités gestuelles et physiques de la jeune fille, dont il a par ailleurs reconnu le charme au premier coup d'oeil...

TELERAMA
Les inénarrables amours sixties entre le gominé Johnny (Patrick Swayze) et la boudeuse Baby. Que celui qui n’a jamais gigoté sur “I’ve had the time of my life” nous jette la première socquette !

La romance musicale la plus moite des années 1980, qui narre les amours de Patrick Swayze (Johnny) et de Jennifer Grey (« Bébé »), est plus populaire que jamais. Ou comment une bluette archidatée — voir la coupe banane-nuque-longue de Johnny, ou la tignasse façon caniche affolé de sa partenaire — a bénéficié de cette évolution quasi darwinienne qui, de temps en temps, peut transformer n’importe quoi en film dit « culte ». N’importe quoi, vraiment ?

Rappelons qu’au départ il s’agit d’une gentille fille qui rencontre un (pas si) mauvais garçon pendant les vacances, hop ! il lui apprend à danser, hop ! ils s’aiment. Pas de quoi fouetter un chorégraphe, et pourtant… On ne compte plus, par exemple, les reprises (Black Eyed Peas en tête) de l’immortel tube du film (tous en chœur : « I’ve had… the time of my liiiiife ! »).

Au cinéma, avec ses scènes de danse romantico-torrides, Dirty Dancing est devenu une référence. Ce n’est plus un film, c’est une technique de drague, utilisée entre autres par Romain Duris dans L’Arnacœur ou par Ryan Gosling dans Crazy, Stupid, Love. C’est que, derrière la façade kitsch ou la nostalgie des années 80, se cache un universel récit d’initiation. Mais si : ­Dirty Dancing (ou, selon le titre québécois, Danse lascive) raconte l’éveil du corps à la sexualité, rien de moins.

DIRTY DANCING, Emile Ardolino 1987, Patrick Swayze, Jennifer Grey (sentimental)@@ (E)
Durant l'été 1963, le docteur Jack Houseman quitte New York pour passer trois semaines dans un club de vacances avec sa femme Marjorie et ses deux filles. La cadette, Frances, dite Baby, s'ennuie à mourir, jusqu'au soir ...

@

DISCO BOY, Giacomo Abbruzzese 2023, Franz Rogowski, Morr N'Diaye, Laetitia Ky (drame)@@


Après avoir fui la Biélorussie, Aleksei parvient à rejoindre Paris et décide de s'engager dans la Légion étrangère. Ses camarades et lui sont envoyés au combat dans le delta du Niger. De son côté, Jomo, un jeune révolutionnaire, se bat avec ses compatriotes contre les compagnies pétrolières qui ont anéanti son village. Il rêve secrètement d'être danseur. Un jour, Jomo et ses camarades prennent en otages des ressortissants français, poussant l'Etat à engager un commando pour les libérer. Aleksei fait partie de l'unité envoyée dans la jungle. C'est ainsi que les deux hommes vont se croiser...

TELERAMA
Jeune Biélorusse exilé, Aleksei veut intégrer la Légion étrangère. Un film audacieux, entre guerre et transe.
Etes-vous prêt à prendre des risques ? », s’enquiert le recruteur de la Légion étrangère. « Qui a peur reste à la maison », lui rétorque Aleksei, accent français à couper au coutelas, forgé grâce aux « films ». Des risques, il en a déjà pris d’immenses pour traverser l’Europe depuis la Biélorussie, sa maison. On l’a vu franchir la frontière polonaise, infiltré dans un bus de supporteurs d’une équipe de football. La traversée nocturne d’une rivière, arrimé à un matelas pneumatique, aura été fatale à son camarade d’exil. Entrer dans la Légion, devenir un homme sans passé pour avoir un avenir, tel est le plan d’Aleksei, madone tatouée sur le torse et cicatrice sur la lèvre supérieure. Avec ses faux airs de Joaquin Phoenix juvénile, Franz Rogowski, acteur allemand intense, repéré chez Christian Petzold, porte ce film de guerre psychédélique sur ses épaules.

L’une des scènes les plus audacieuses se situe exactement à mi-parcours, au cœur des ténèbres. Envoyé dans le delta du Niger avec son escouade pour exfiltrer une huile d’un groupe pétrolier retenue en otage par des guérilleros écologistes, le héros affronte le chef des ravisseurs. Leur duel nocturne, dans la jungle, capté à la caméra infrarouge, tient de la danse macabre et préfigure les scènes de boîte de nuit vécues par les soldats en permission à Paris, ces sans-papiers à qui l’on promet la nationalité « non par le sang reçu mais par le sang versé », comme on peut lire sur les murs de la caserne…

Nimbé d’une techno âpre et planante signée Vitalic, Disco Boy est un film-trip. On s’y perd, on s’y brûle, on s’y oublie, comme les personnages. Sommes-nous, spectateurs, prêts à prendre des risques aussi ? À délaisser la narration pour les sensations ? Originaire des Pouilles mais diplômé de l’école d’arts contemporains du Fresnoy, Giacomo Abbruzzese, bientôt 40 ans, nous y invite. Entrons dans la transe !
DISCO BOY, Giacomo Abbruzzese 2023, Franz Rogowski, Morr N'Diaye, Laetitia Ky (drame)@@ (E)
Après avoir fui la Biélorussie, Aleksei parvient à rejoindre Paris et décide de s'engager dans la Légion étrangère. Ses camarades et lui sont envoyés au combat dans le delta du Niger. ...

@

DISCO, Fabien Onteniente 2008, Patrick Dubosc, Emmanuelle Beart, Gerard Depardieu (musical)@


Didier Graindorge, 40 ans, est endetté jusqu'au cou. Après avoir lamentablement échoué à commercialiser des "waterbeds", il se retrouve dans une situation très compliquée. Surtout, il est dans l'incapacité d'accueillir son fils de 8 ans pour les prochaines vacances. Par hasard, Didier apprend qu'une boîte de nuit locale organise un grand concours disco dont le premier prix est un séjour pour deux personnes en Australie. Pour Didier, ancienne gloire de la disco, c'est la solution rêvée pour emmener son fils en vacances. Il parvient à convaincre ses compères de jadis de reformer leur groupe. Pour retrouver la condition, Didier fait même appel à France Navarre, professeur de danse classique...

TELERAMA
Pour offrir de vraies vacances à son fils, qui vit en Angleterre avec sa mère, un quadragénaire sans le sou décide de monter avec deux copains un groupe de danse disco. Deux ans après le triomphe de “Camping”, c’est le fiasco pour Dubosc et Oteniente.

Mais c'était il y a vingt ans ! On avait 20 ans ! » répètent-ils tous, en référence à leurs années disco, le temps où Didier (Franck Dubosc) se faisait appeler Didier Travolta et gagnait des concours de danse.

Rapide calcul : 2008 moins vingt égale 1988. On était donc déjà dix ans après Grease, Travolta était complètement has been (en attendant Pulp Fiction). Bizarre... Cet anachronisme constitue la seule zone d'ombre du film. Pour le reste, tout est limpide : après Camping, voici un nouvel éloge de la crétinerie, incarnée par Franck Dubosc. Les « guest stars » convoquées ont au mieux un mauvais petit rôle, comme Depardieu et Annie Cordy. Mais les vraies vedettes sont de grandes enseignes d'électroménager, de parfumerie et de restauration, citées jusqu'au lavage de cerveau.

DISCO, Fabien Onteniente 2008, Patrick Dubosc, Emmanuelle Beart, Gerard Depardieu (musical)@ (E)
Didier Graindorge, 40 ans, est endetté jusqu'au cou. Après avoir lamentablement échoué à commercialiser des "waterbeds", il se retrouve dans une situation très compliquée. Surtout, ...

@

DISPARUE, Dominik Graf 2022, Elmar Wepper, Ronald Zehrfeld


En Franconie, en Allemagne, une petite fille du nom de Sina Kolb, 8 ans, a disparu. Le commissaire Altendorf, aujourd'hui en retraite, a été chargé de l'enquête avant d'en être dessaisi. Son successeur, le commissaire Michel, a fait arrêter Emmanuel "Ecco" Stock, un malade mental qui a avoué le meurtre de la fillette, puis s'est rétracté. Finalement, bien qu'aucune preuve n'ait pu être retenue contre lui, il a été condamné à la détention à vie dans un service psychiatrique fermé. L'ancien commissaire en est encore révolté. À l'occasion d'une excursion dans la région du drame, il fait la connaissance du jeune commissaire Niklas Tanner. Celui-ci enquête sur un crime récent. Mais la femme assassinée, Eva Lorant, a témoigné au tribunal dans l'affaire de la disparition de Sina. Sous l'impulsion de son aîné, Tanner se passionne bientôt pour l'affaire d'antan...
DISPARUE, Dominik Graf 2022, Elmar Wepper, Ronald Zehrfeld (E)
En Franconie, en Allemagne, une petite fille du nom de Sina Kolb, 8 ans, a disparu. Le commissaire Altendorf, aujourd'hui en retraite, a été chargé de l'enquête avant d'en être dessaisi. Son successeur, le c ...

@

DIVERGENTE 2 l insurrection, Robert Schwentke 2015, Kate Winslet, Naomi Watts (science fiction)@


Dans un monde post-apocalyptique où la société a été réorganisée autour de cinq factions, Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine. Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d'alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités. Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l'ampleur. Pourquoi les Divergents sont-ils une menace pour la société ?

TELERAMA
Le public de cet épisode, réalisé par Robert Schwentke, ressemblera peut-être à la ­société futuriste du film : divisé en ­factions. Les « audacieux » aimeront les effets spéciaux. Les « fraternels » s'émouvront des sacrifices de l'héroïne « divergente » (Shailene Wood­ley). Quant aux « érudits » (les méchants de l'histoire), ils bouderont ce blockbuster simplet. — C.M.
DIVERGENTE 2 l insurrection, Robert Schwentke 2015, Kate Winslet, Naomi Watts (science fiction)@ (E)
Dans un monde post-apocalyptique où la société a été réorganisée autour de cinq factions, Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigé ...

@

DIVERTIMENTO, Marie-Castille Mention-Shaar 2022, Zinedine Soualem, Nadia Kaci (musical)@@@


À 17 ans, Zahia Ziouani rêve de devenir cheffe d'orchestre. Sa sœur jumelle, Fettouma, est de son côté violoncelliste professionnelle. Bercées depuis leur plus tendre enfance par la musique symphonique classique, elles souhaitent à leur tour la rendre accessible à tous et dans tous les territoires.

TELERAMA
En 1995, deux jeunes musiciennes, Zahia et Fettouma Ziouani, décident de fonder à Stains (93) l’orchestre symphonique Divertimento. L’une est altiste, l’autre violoncelliste. Leurs objectifs ? Sortir la musique classique de sa cage dorée. Et donner à Zahia les moyens de réaliser son rêve de direction, empêché par un certain racisme social comme par la misogynie structurelle du monde musical…

Les mélomanes le savent, les sœurs Ziouani ont remporté leur pari. Divertimento, le film, en relève un autre : transformer la réalité en fiction sans verser dans le biopic édifiant. Marie-Castille Mention-Schaar (Les Héritiers, A Good Man) y parvient doublement en s’attachant au duo fusionnel formé par les jumelles plutôt qu’à la seule Zahia. Le cheminement de ces deux volontés, renversant un obstacle après l’autre et s’insufflant réciproquement l’énergie nécessaire, constitue la principale dynamique d’un film sans grande recherche formelle, mais très juste, parfois drôle, et souvent émouvant.

Coachées par leurs modèles pour la bonne tenue de la baguette et de l’archet, Oulaya Amamra et Lina El Arabi peaufinent leurs incarnations, et font ressortir, au-delà de leur complicité, les différences de caractère des sœurs Ziouani.

Les œuvres jouées, enfin, ont été choisies avec soin. Certaines sont très connues, comme ce Boléro de Maurice Ravel qui ouvre le film sur une révélation, et le referme sur une consécration. D’autres un peu moins. Mais si le film trouve son public, l’irrésistible Bacchanale de Camille Saint-Saëns pourrait bien (re)devenir un tube.
DIVERTIMENTO, Marie-Castille Mention-Shaar 2022, Zinedine Soualem, Nadia Kaci (musical)@@@ (E)
À 17 ans, Zahia Ziouani rêve de devenir cheffe d'orchestre. Sa sœur jumelle, Fettouma, est de son côté violoncelliste professionnelle. Bercées depuis leur plus tendre enfance par la musique symphonique ...

@

DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@


Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

TELERAMA
Deux gamines de banlieue inséparables, rêvent d’en sortir, quitte à se lancer dans le trafic de drogue… Dans un étourdissant mélange des genres, un film qui brasse intelligemment les clichés.

Des mouflettes de banlieue, on en a vu beaucoup. Mais les deux gamines de Divines ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Elles forment ensemble un tourbillon, passant du comique au tragique et de la chronique sociale au polar haute tension. La réalisatrice recycle tous les clichés pour en faire du neuf. Les inséparables Dounia et Maimouna, perpétuellement en maraude dans leur quartier désolé, jouent les affranchies dans un milieu bien trop dur pour elles. Dounia, qui vit dans un bidonville, veut prendre le chemin le plus court pour sortir de la misère et se fait embaucher par le caïd du coin, Rebecca…

C’est l’autre force du film : aussi dangereuse et fêlée que le premier trafiquant mâle venu, Rebecca use agressivement de toutes les armes de la virilité, violence, postures et charisme inclus. Inversion des genres, ludique et gonflée. D’ailleurs, le rôle le plus « féminin », dans cette histoire en miroir, est tenu par un garçon, passionné de danse, dont Dounia vient contempler les répétitions en cachette. Cette histoire d’amour naissant suggère une autre issue à la tyrannie de l’argent, une sortie de secours par l’art. Ce pourrait être naïf, mais ces scènes-là expriment avec force le désir, le rêve et l’apprivoisement. Un contrepoint fragile à la noirceur.
DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@ (E)
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa ...

@

DIX POUR CENT, Dominique Besnehard, Fanny Herrero, Cedric Klapisch 2015 (serie tv)@@


Chaque jour, Mathias, Gabriel, et Andréa, agents dans l'agence artistique A.S.K., jonglent d'une situation délicate à une autre en défendant leur vision du métier, où la vie privée et la vie professionnelle se mêlent souvent

TELERAMA
Une plongée dans l’univers effervescent des agents artistiques parisiens qui jonglent entre les exigences des stars et les défis de leur quotidien professionnel. Une série remarquablement écrite, aussi drôle que touchante.

Les acteurs Grégory Montel (Gabriel Sarda), Camille Cottin (Andréa Martel), Thibault de Montalembert (Mathias Barneville), Liliane Rovère (Arlette Azémar). Photo Emmanuelle Jacobson - FTV - Mon Voisin Productions - Mother Production - Ce Qui Me Meut

Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette représentent de nombreuses vedettes du cinéma français (mais aussi quelques has been) au sein de l’une des plus prestigieuses agences artistiques de Paris. Leur boulot ? Décrocher les meilleurs rôles et les plus gros cachets possible pour leurs « talents », moyennant une commission de 10 % sur les contrats obtenus. Mais aussi servir de psy et, accessoirement, de punching-ball à ces êtres angoissés et capricieux que sont les acteurs et les actrices. Au point de mettre en péril leur propre vie privée – quand il y a en a une…

Les souvenirs de Dominique Besnehard, ex-agent devenu producteur, ont inspiré Dix pour cent, série élégante et très drôle, sur les coulisses du septième art. Avec des personnages d’une belle complexité, un soin inhabituel apporté à l’écriture des seconds rôles, et des dialogues souvent irrésistibles. Le charme de cette satire bienveillante doit aussi beaucoup à l’autodérision des guest stars, qui ont accepté de jouer leur propre rôle.

Dans le premier épisode, peut-être le plus réussi de cette première saison (trois autres ont suivi), Cécile de France est ainsi recalée du casting du prochain Tarantino à cause de son « grand âge ». Et, dans le deuxième, plus léger mais très plaisant, Line Renaud et Françoise Fabian composent deux vieilles ennemies à la langue bien pendue…
DIX POUR CENT, Dominique Besnehard, Fanny Herrero, Cedric Klapisch 2015 (serie tv)@@ (E)
Chaque jour, Mathias, Gabriel, et Andréa, agents dans l'agence artistique A.S.K., jonglent d'une situation délicate à une autre en défendant leur vision du métier, où la vie privée et la vie ...

@

DJANGO, Etienne Comar 2016, Reda Kateb, Cecile de France (bio)@@


En 1943 pendant l'occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable "guitare héros", est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu'en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés.

TELERAMA
Le succès de Django Reinhardt était tel que même les nazis le réclamaient. Faire tout un film de cet épisode s’avère une fausse bonne idée.
Quid du talent de Django, de ce qu'il a apporté à l'histoire du jazz ? On le voit jouer de la guitare, balancer un swing d'enfer. Un peu court et d'autant plus frustrant que le choix de Reda Kateb était parfait. Louise de Klerk (Cécile de France), agent double et trouble, personnage secondaire, mais beaucoup plus intéressant, vole presque la vedette à Django.
DJANGO, Etienne Comar 2016, Reda Kateb, Cecile de France (bio)@@ (E)
En 1943 pendant l'occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable "guitare héros", est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alor ...

@

DJANGO, Sergio Corbucci 1966, Franco Nero, Oredana Nusciak (western)@@


Deux bandes rivales, celle du major confédéré Jackson, et celle du Général mexicain Rodriguez, terrorisent un village à la frontière mexicaine. Arrive Django, un vagabond solitaire qui décide de prendre part à cette guerre sans merci que se livre le général américain et l'aventurier mexicain.

TELERAMA
Un village à la frontière mexicaine. Les bandes rivales du major Jackson, un Américain raciste, et du général Rodriguez, un révolutionnaire mexicain, se livrent une bataille sans merci. Un étranger, Django, arrive avec un cercueil au contenu mystérieux et une jeune fille qu'il a sauvée des griffes de bandits brutaux. Il tue quatre hommes de Jackson qui attaquaient le propriétaire du saloon pour le rançonner. Le reste de la bande survient. Django sort alors une mitrailleuse du cercueil et c'est le carnage. Il s'allie ensuite à Rodriguez pour voler la réserve d'or des troupes gouvernementales. Mais, trompé par les Mexicains, il décide bientôt de s'enfuir avec le butin...
DJANGO, Sergio Corbucci 1966, Franco Nero, Oredana Nusciak (western)@@ (E)
Deux bandes rivales, celle du major confédéré Jackson, et celle du Général mexicain Rodriguez, terrorisent un village à la frontière mexicaine. Arrive Django, un vagabond solitaire qui d&eacu ...

@

DOCTEUR DOLITTLE, Betty Thomas 1998 (comique jeunesse)


Enfant, John Dolittle avait découvert qu'il pouvait parler aux animaux, un don qu'il avait enfoui en lui. Devenu un brillant chirurgien, marié et père de deux petites filles, Maya et Charisse, il manque d'écraser un chien errant qui l'invective vertement. Peu après, c'est au tour du cochon d'Inde de Maya de l'apostropher.

TELERAMA
A trente-deux ans, le docteur John Dolittle est un brillant chirurgien, marié à la douce Lisa et père de deux fillettes, Maya et Charisse. Il découvre un jour qu’il comprend le langage des animaux.

Héros, dans les années 1950, d'une série de récits pour enfants, le Dr Dolittle avait le don de communiquer avec les animaux. En 1969, Richard Fleischer lui donna les traits de Rex Harrison, dans une comédie musicale rose bonbon.

Trente ans plus tard, c'est Eddie Murphy qui s'y colle. On n'a rien contre l'humour « hénaurme », volontiers grivois ou scato, du comédien black, mais là, franchement, c'est désolant. L'unique procédé comique - les animaux doués de parole - est exploité de façon purement mécanique. Dans la version française, les animaux ne parlent pas, ils râlent, rouspètent, éructent à qui mieux mieux, et toutes ces bébêtes antipathiques volent la vedette à la star : on allait voir Eddie Murphy, on se retrouve avec un chien qui a la voix d'Yves Lecoq...
DOCTEUR DOLITTLE, Betty Thomas 1998 (comique jeunesse) (E)
Enfant, John Dolittle avait découvert qu'il pouvait parler aux animaux, un don qu'il avait enfoui en lui. Devenu un brillant chirurgien, marié et père de deux petites filles, Maya et Charisse, il manque d'écraser ...

@

DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE, Jerry Lewis 1963, Jerry Lewis, Stella Stevens (comique)@


Professeur de chimie distrait et disgracieux, Julius Kelp souffre en silence de ne pas savoir capter le coeur des jeunes filles qui peuplent ses cours. Malgré tous ses efforts, son physique ingrat, ses maladresses, sa myopie et sa voix de fausset n'inspirent qu'une vague pitié à Stella, la jolie blonde qui trône au second rang. Pour séduire la belle, Julius met au point une potion miraculeuse qui le transforme aussitôt en un redoutable séducteur, Buddy Love.

TELERAMA
Avec Dean Martin, il a percé à la fin des années 40, dans un tandem complémentaire : au premier le charme et l'assurance, à lui la disgrâce et la maladresse. Deux thèmes que Jerry Lewis n'a cessé d'enrichir par la suite, en devenant un créateur à part entière. Mal aimé dans son pays, c'est surtout la critique française qui l'a encensé. Alors que TCM Cinéma lui consacre un cycle (1), voici trois bonnes raisons de l'apprécier à sa juste valeur.

Le roi de la pantomime
Fils de Russes juifs et enfant de la balle ayant grandi non loin de New York, Joseph Levitch a commencé dans le mime, le play-back parfait avec l'aide de chansons célèbres. Chef d'orchestre galvanisé, boss avec gros cigare présidant une réunion, dactylo tapant frénétiquement sur sa machine : le pitre pouvait tout imiter.

A des fins chorégraphiques autant qu'humoristiques : c'est tout son corps, désarticulé et caoutchouteux, qui s'exprime, s'étire, se contracte, créant une forme de danse, jusque dans ses bizarreries (voir ci-dessous la scène inoubliable de Docteur Jerry et Mister Love, où il est incapable de réprimer le groove puissant qui monte en lui).


Il s'inscrit dans la lignée du burlesque autant que du cartoon. Dans Le Dingue du palace (1960) et Le Zinzin de Hollywood (1961), ses meilleurs films, il déploie une véritable poétique de la grimace, du strabisme et de la contorsion.

Un humour frappadingue
« Le Rital est pas mal, mais qu'est-ce que je fais du singe ? » aurait un jour demandé Louis B. Mayer (le nabab de la MGM), au sujet du tandem Martin/Lewis. C'est dire si le burlesque du clown a pu déranger. Son humour délirant voisine avec l'animalité, la monstruosité, la schizophrénie.

On se pose toujours des questions sur le personnage qu'il incarne. Est-ce un enfant ? un adulte ? Est-il sexué ? Il invente des créatures, entre ado attardé, idiot fini et génie. Il aime confondre la pathologie et la normalité, cultive souvent le thème du double, questionne la poisse et l'inadaptation au monde.

Le sens de la mise en scène
C'est un grand acteur (formidable en star impavide dans La Valse des pantins, de Scorsese). Mais aussi, on l'oublie trop, un metteur en scène moderne, ­obnubilé par le cadre, le pouvoir du son, la construction formelle d'un gag. Il se sert souvent d'un décor unique pour le transformer en terrain de jeu, d'expérimentation, de destruction.

Dans la grande maison de poupées du Tombeur de ces dames (1961), il s'en donne à cœur joie dans l'hystérie, casse les jolis bibelots, invente la chambre en monochrome blanc, produit du napalm sonore (il hurle « Geronimo ! » dans le micro d'un ingénieur du son).


La plupart des réalisateurs comiques d'aujourd'hui (Judd Apatow, les frères Farrelly) lui doivent quelque chose. Même Woody Allen.

DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE, Jerry Lewis 1963, Jerry Lewis, Stella Stevens (comique)@ (E)
Professeur de chimie distrait et disgracieux, Julius Kelp souffre en silence de ne pas savoir capter le coeur des jeunes filles qui peuplent ses cours. Malgré tous ses efforts, son physique ingrat, ses maladresses, sa myopie et sa vo ...

@

DOCTEUR THORNE (serie)


Mary grandit sous la garde de son oncle, le docteur Thorne, et passe ses années à s'occuper de la famille Gresham. Malheureusement, leurs problèmes financiers et son passé commencent à perturber sa vie paisible.
DOCTEUR THORNE (serie) (E)
Mary grandit sous la garde de son oncle, le docteur Thorne, et passe ses années à s'occuper de la famille Gresham. Malheureusement, leurs problèmes financiers et son passé commencent à perturber sa vie pai ...

@

DOGMAN, Luc Besson 2023, Caleb Landry Jones, Jojo T. Gibbs (thriller)@


Enfant, Douglas a été abusé par un père violent qui l'a ensuite jeté aux chiens. Au lieu de l'attaquer, ces derniers l'ont protégé et ils sont devenus ses alliés. Devenu adulte, encore traumatisé et menant une vie de marginal avec ses chiens, Douglas sombre peu à peu dans une folie meurtrière.

TELERAMA
Héros fracassés, dialogues naïfs, fusillades inévitables… on retrouve tout l’univers des années 1990 cher au réalisateur. Un immense fatras que la performance sincère de Caleb Landry Jones ne parvient pas à sauver.

enterrer trop tôt la carrière d’un homme puissant, malgré ses déboires tant commerciaux que judiciaires (1). Tourné dans une discrétion totale et présenté aux professionnels du marché de la Berlinale en février, son DogMan a vogué jusqu’à la lagune précédé d’une réputation de quasi-chef-d’œuvre que l’on mettra, maintenant qu’on a vu la bête, sur le compte d’un abus de schnaps.

Le film s’ouvre sur une citation de Lamartine : « Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien. » Pour Douglas (Caleb Landry Jones), Dieu a poussé jusqu’à la meute. L’ex-enfant martyr, handicapé depuis que son père lui a tiré dessus, vit en effet avec tout plein de toutous qui lui obéissent au doigt et à l’œil et, miracle, le comprennent mieux que les humains. Les premières minutes, après que la caméra a filé sur une route mouillée rappelant le début de Nikita (1990), posent l’intrigante étrangeté du protagoniste : quand la police arrête Douglas, il porte une robe rose, une perruque platine, et son maquillage dégouline, transformant la Marilyn en cousine tragique du Joker. Conduit au poste, le travesti en fauteuil roulant accepte, fort aimablement d’ailleurs, de raconter son histoire pas piquée des vers à une psychiatre raide comme l’injustice (Jojo T. Gibbs).

Montrer papatte blanche à l’ère #MeToo
Du chenil où l’avait encagé son paternel au drag show où il se produit à présent, Douglas déroule l’itinéraire d’un môme pas gâté, devenu mi-vengeur masqué, mi-Christ (lourdement) sacrifié sur l’autel de la violence masculine. On retrouve tout ce qui a fait le cinéma de Besson dans les années 1990, héros infantiles, science du décor (ici, un squat piégeux), dialogues naïfs (« Les chiens ne mentent jamais quand ils parlent d’amour ») et fusillades en clou du spectacle.

Lequel prend cette fois une opportune teinte queer qu’on n’avait pas vu venir, un peu comme s’il s’agissait de montrer papatte blanche à l’ère #MeToo. Il y a malgré tout, dans ce fatras citant Shakespeare, quelques séquences étonnantes, comme celle où, grimé en Édith Piaf et le visage cramé par la lumière, un Caleb Landry Jones chancelant assure le playback de La Foule. L’acteur texan, primé à Cannes pour Nitram en 2021, joue sa partition avec une sincérité accrocheuse pour qui ne craint pas le pathos.
DOGMAN, Luc Besson 2023, Caleb Landry Jones, Jojo T. Gibbs (thriller)@ (E)
Enfant, Douglas a été abusé par un père violent qui l'a ensuite jeté aux chiens. Au lieu de l'attaquer, ces derniers l'ont protégé et ils sont devenus ses alliés. Devenu adulte, encore ...

@

DOGVILLE, Lars Von Trier 2003, Nicole Kidman


Dans une bourgade américaine des Rocheuses, au bout d’une route qui ne mène nulle part, vit une poignée de petites gens. L’intellectuel de la communauté, Tom Edison, un jeune homme qui se rêve écrivain, convie les habitants à des conférences sur la morale. Une nuit, il entend des coups de feu dans la montagne, suivis par l’arrivée d’une belle jeune femme élégante, aux abois, poursuivie par des gangsters. Tom l’aide à se cacher dans la mine désaffectée. Le lendemain, il réunit les habitants de Dogville et leur demande de faire preuve d’humanité en protégeant la fugitive, Grace.
Pour mettre en scène cette fable mélodramatique, découpée en un prologue et neuf chapitres, il a choisi un dispositif relevant du théâtre. Dogville est entièrement filmé dans un espace restreint, éclairé comme une scène, où sont posés quelques éléments de décor

TELERAMA:
Dogville n'est pas un film sur le sacrifice, ni d'inspiration chrétienne. Plutôt une fable sur la noirceur des instincts et des appétits humains, source inépuisable d'aberrations et de catastrophes. Nicole Kidman, au sommet de son art, fait mieux que d'endurer trois heures de turpitudes stylisées : opposant sa discrète perversité à celle de Lars von Trier, elle crée un personnage indéchiffrable, qui domine de haut les simples mortels, autant par sa capacité à souffrir que par son aptitude à faire souffrir. — Louis Guichard
DOGVILLE, Lars Von Trier 2003, Nicole Kidman (E)
Dans une bourgade américaine des Rocheuses, au bout d’une route qui ne mène nulle part, vit une poignée de petites gens. L’intellectuel de la communauté, Tom Edison, un jeune homme qui se rêve & ...

@

DON T WORRY he won t get far on foot, Gus Van Sant 2018


Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d'une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n'a pas la moindre intention d'arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu. Il crée des dessins à l'humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse.

TELERAMA
L’histoire vraie d’un dessinateur satirique passé par tous les drames. Van Sant, en petite forme, est porté par ses acteurs, dont l’inattendu Jonah Hill.
Peu de spectateurs ont vu, et c’est mieux ainsi, le précédent film de Gus Van Sant, Nos souvenirs (2016), une catastrophe imprévisible pour un cinéaste d’un tel niveau (Palme d’or à Cannes en 2003 avec Elephant). Il semble depuis en convalescence artistique. Voilà pourquoi, peut-être, il a exhumé et réalisé ce projet datant des années 1990 : une histoire de résilience, de renaissance. Une histoire vraie. Le héros, John Callahan (mort en 2010), alcoolique à 20 ans, puis gravement accidenté, a passé la plus grande partie de sa vie en fauteuil roulant, dans la ville de Portland, Oregon, qui est aussi celle du réalisateur. En fréquentant un groupe de parole d’anciens alcooliques, Callahan s’est reconstruit, a découvert en lui une créativité qui l’a sauvé. Il est devenu un dessinateur satirique reconnu, caractérisé par l’absence de tabous et le sens de la provocation.

Rien de tel, pourtant, dans le style du film, doux, légèrement anesthésié, un peu trop proche de la neutralité bienveillante chère aux psychanalystes. Y compris lorsqu’il s’agit des pires moments de déraison et de désespoir. Même si le cinéaste alterne des époques distinctes de la vie de son personnage, le chemin de la renaissance est fléché d’emblée, et les longues séances de thérapie de groupe se révèlent souvent atones. Rien dans la mise en scène ne rappelle les sommets formels d’Elephant et de Paranoid Park (2007), ni la cruauté et l’ironie de Prête à tout (1995). Ce film-ci se rapprocherait plutôt de Will Hunting (1997), avec Robin Williams, à qui le rôle de Callahan fut longtemps destiné. Joaquin Phoenix s’en est d’ailleurs fait la tête et, relativement sobre (dans son jeu), il se sort avec les honneurs d’un rôle chargé. Mais la révélation du film est Jonah Hill. Lui qui a, jusqu’ici, été filmé comme un corps grotesque ou vaguement repoussant acquiert une délicatesse et un magnétisme sidérants en gourou fortuné (et malade) du groupe de parole fréquenté par le héros. Par lui seul revient, de loin en loin, cette magie du regard que Gus Van Sant portait, naguère, sur tous ses acteurs.
DON T WORRY he won t get far on foot, Gus Van Sant 2018 (E)
Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d'une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n'a pas la moindre intention d'arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de dé ...

@

DONNIE BRASCO, Mike Newell 1997, Al Pacino, Johnny Depp thriller)@@


Joe Pistone, agent du FBI, a hérité d'une mission délicate. Il est chargé d'infiltrer l'une des plus puissantes familles de la mafia sévissant dans la cité new-yorkaise.

TELERAMA
Un agent du FBI infiltre la mafia. Pacino est très à l’aise dans sa dégaine seventies et Depp, plutôt sobre. Mike Newell est attentif au détail, à l’humain.

Lefty Ruggerio et Joe Pistone n’étaient pas faits pour se rencontrer ; ou pas comme ça, au comptoir d’un café de Brooklyn. Lefty est un mafieux plutôt miteux, le genre second couteau qui ne monte jamais en grade. Pistone, un jeune flic risque-tout qui se fait passer pour un apprenti mafieux rayon bijouterie, sous le nom de Donnie Brasco, afin d’infiltrer la bande. Or, Donnie et Lefty, ça colle tout de suite, le temps pour le flic de bluffer le truand en détectant le faux diam qu’on lui a refilé.

C’est une histoire de couple impossible. On sait que leur amitié va finir, fatalement. Donnie le sait aussi, ce qui le rend à la fois cruel et très touchant, car il se prend d’une réelle sympathie pour le mafieux loser. Lefty ne le sait pas, ce qui le rend lui aussi très touchant, et de plus en plus pathétique, à mesure que son soi-disant protégé se pique au jeu, et se met dans la poche les gros bonnets bluffés par sa froide efficacité. Mais Lefty est encore plus jaloux quand Donnie disparaît pour retrouver (incognito) femme et enfant, dans une ambiance de moins en moins familiale.

L’histoire est vraie. Pour la rendre crédible, l’Anglais Mike Newell (Quatre Mariages et un enterrement) a pu compter sur les talents conjugués d’Al Pacino, très à l’aise dans sa dégaine seventies, et de Johnny Depp, sobre et un peu plus expressif que d’habitude. On pouvait s’attendre à un numéro « choc des stars », dans un registre vieux truand-jeune flic assez proche de nos Gabin-Delon du dimanche soir, et on a tout le contraire : deux acteurs qui n’en rajoutent pas, sous la direction d’un réalisateur attentif au détail, à l’humain, au quotidien parfois dérisoire des petits gangsters new-yorkais.

Certes, le rythme faiblit après une (longue) excursion des mafieux à Miami, Newell tombe une fois ou deux dans le piège du sous-Scorsese, et les retours de Johnny Depp au foyer l’inspirent peu. On retiendra pourtant la bonne facture d’un film qui, à défaut d’affirmer la personnalité d’un auteur, prend le temps d’imposer la force tranquille de son sujet.
DONNIE BRASCO, Mike Newell 1997, Al Pacino, Johnny Depp thriller)@@ (E)
Joe Pistone, agent du FBI, a hérité d'une mission délicate. Il est chargé d'infiltrer l'une des plus puissantes familles de la mafia sévissant dans la cité new-yorkaise.

TELERAMA
Un age ...

@

DONT COME KNOCKING, Wim Wenders 2005, Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth (societe road movie)@@


Autrefois héros de nombreux westerns, Howard Spence, ex-gloire du septième art, ne décroche plus que des rôles secondaires. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même dans l'alcool, la drogue et les femmes. Un jour, il apprend par sa mère qu'il est probablement papa. Cette perspective allume une lueur d'espoir chez le séduisant sexagénaire : sa vie n'a peut-être pas été aussi vide qu'il le pensait.

TELERAMA
Vingt ans après “Paris, Texas”, Wim Wenders renouait avec Sam Shepard pour ce film boudé à sa sortie et pourtant traversé par des dialogues vibrants sur le temps qui passe et les regrets qui subsistent.

Vingt et un ans après Paris, Texas, Wim Wenders revenait sonder les désillusions du rêve américain avec ce beau road-movie aux accents crépusculaires, boudé par le public lors de sa sortie en salles. Howard Spence (Sam Shepard, également scénariste) est un acteur vieillissant, contraint de jouer dans des westerns désuets pour subvenir à ses besoins, et se convaincre qu’il n’est pas tout à fait démodé. Un beau jour, il déserte un plateau de tournage pour renouer avec son passé auprès de sa mère, d’une ex-compagne et d’un fils dont il vient d’apprendre l’existence.

Avec une ironie mordante, Wenders dessine une Amérique anachronique, où les cow-boys flirtent avec les jolies serveuses de diner, et où les musiciens de bar chantent (et imitent) encore Elvis Presley, pour un public de fans baignant dans la nostalgie des années 1960. Si le propos est alourdi par les bons sentiments, difficile de rester insensible face au jeu de Sam Shepard, dragueur invétéré, alcoolique notoire et père absent, mais aussi homme sensible et délicieusement romantique, surtout lorsqu’il s’agit de renouer avec Doreen (Jessica Lange, alors compagne de l’acteur), au gré de discussions magnifiques sur le temps qui passe et les regrets qui subsistent.
DONT COME KNOCKING, Wim Wenders 2005, Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth (societe road movie)@@ (E)
Autrefois héros de nombreux westerns, Howard Spence, ex-gloire du septième art, ne décroche plus que des rôles secondaires. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même ...

@

DOS AU MUR, Asger Leth 2012


Un ancien policier, qui est maintenant un fugitif recherché, se tient sur la corniche d'un immeuble de plusieurs étages et s'apprête à sauter dans le vide.

TELERAMA
Bloqué sur la corniche d’un gratte-ciel, le héros à l’honneur sali prouvera son innocence de façon spectaculaire. Thriller speedé, sans surprise, mais non sans un petit charme.
Un air de déjà vu plane sur ce film de casse hollywoodien : un ex-flic condamné à tort lave son honneur en confondant, de spectaculaire façon, les coupables. Tandis que ses complices tentent l'impossible pour prouver son innocence, le charmant Sam Worthington (Avatar) passe tout le film debout sur la corniche d'un gratte-ciel new-yorkais. Sautera, sautera pas ? La recette du thriller viril et speedé a beau rester invariable, elle est plutôt bien assaisonnée, avec Ed Harris et Jamie Bell en prime. A ranger au rayon « doudou visuel du dimanche soir » : sans surprise mais plaisant.

DOS AU MUR, Asger Leth 2012 (E)
Un ancien policier, qui est maintenant un fugitif recherché, se tient sur la corniche d'un immeuble de plusieurs étages et s'apprête à sauter dans le vide.

TELERAMA
Bloqué sur la corniche d&rsq ...

@

DOUBLE DETENTE, Walter Hill 1988, Arnold Schwarzenegger, James Belushi (thriller)@@


À Moscou, le trafiquant de drogue Viktor Rostavili élimine froidement le coéquipier du capitaine Ivan Danko, puis se réfugie clandestinement aux Etats-Unis, où il installe de nouveaux réseaux de vente de stupéfiants. Lors d'une descente de police, il tue le partenaire du sergent Art Ridzik. Danko est envoyé à Chicago pour tenter d'arrêter Viktor et le ramener en Union Soviétique. À cette fin, il doit travailler avec Ridzik.

TELERAMA
Ivan Danko, capitaine de la milice soviétique spécialisé dans la lutte antidrogue, obsédé par les activités d'un redoutable chef de gang, Viktor Rostavili, effectue une descente dans un bar en Géorgie. A peine a-t-il découvert un kilo de cocaïne dissimulé dans la jambe de bois d'un client que son meilleur ami est abattu par Rostavili, qui profite de la confusion pour s'enfuir. Le truand s'installe aux Etats-Unis, où il met sur pied un gigantesque trafic de drogue à destination de l'URSS. Danko est envoyé à Chicago pour l'arrêter. Il est accueilli à sa descente d'avion par Art Ridzik, un agent américain avec qui il devra faire équipe. Les premiers rapports entre les deux hommes sont assez tendus....
DOUBLE DETENTE, Walter Hill 1988, Arnold Schwarzenegger, James Belushi (thriller)@@ (E)
À Moscou, le trafiquant de drogue Viktor Rostavili élimine froidement le coéquipier du capitaine Ivan Danko, puis se réfugie clandestinement aux Etats-Unis, où il installe de nouveaux réseaux de ven ...

@

DOUBLE JEU, Bruce Beresford 1999, Ashley Judd, Libby Parsons, Travis Lehman, Nick Parsons(film complet)



La vie idyllique de Libby Parsons se brise lorsque son mari, Nick, est assassiné en pleine mer sous ses yeux. Les circonstances accusent la jeune femme, qui est condamnée à la prison a perpétuité. De sa cellule, elle apprend que son fils a disparu et que Nick n'est pas mort. Six ans plus tard, elle obtient une libération conditionnelle. Malgré la surveillance ardue du contrôleur judiciaire Travis Lehman, elle parvient à disparaître dans la nature, bien decidée à retrouver son enfant.

TELERAMA
Libby Parsons et son richissime mari, Nick, ont décidé de larguer les amarres pour s'offrir une petite virée romantique sur leur beau voilier. Hélas, cette tendre escapade tourne au drame. Une nuit, Libby se réveille couverte de sang. Son mari a purement et simplement disparu. Revenue au port, elle est rapidement accusée du meurtre de son conjoint, dont le corps demeure introuvable. La voilà condamnée à une lourde peine d'emprisonnement. Libby confie la garde de son fils, Matty, à sa meilleure amie, Angie. Après quelques mois, celle-ci disparaît à son tour avec l'enfant, sans laisser d'adresse. Libérée pour bonne conduite six années plus tard, Libby retrouve Angie à l'autre bout du pays...
DOUBLE JEU, Bruce Beresford 1999, Ashley Judd, Libby Parsons, Travis Lehman, Nick Parsons(film complet) (E)

La vie idyllique de Libby Parsons se brise lorsque son mari, Nick, est assassiné en pleine mer sous ses yeux. Les circonstances accusent la jeune femme, qui est condamnée à la prison a perpétuité. De ...

@

DOUBLE ZERO, Gérard Pirès 2003, Eric Judor, Ramzy Bedia (aventure)@


Tous les services secrets français sont en état d'alerte : un missile de pointe vient d'être dérobé par une mystérieuse organisation. A la DGSE, c'est la panique. Plusieurs personnages haut placés estiment même que des taupes sont infiltrées au sein de l'agence, pourtant réputée imprenable. Pour redresser la situation, les dirigeants décident de confier cette délicate mission à deux de leurs agents les plus improbables, Benoît Rivière et William Le Sauvage. Les deux hommes, persuadés d'être des génies de l'espionnage, sont en réalité de lamentables pantins. Pour infiltrer l'ennemi, dont la base est installée en Jamaïque, Ben et Will se font passer pour des hommes d'affaires. Ils ne tardent pas à faire la connaissance du "Mâle", un douteux personnage...

TELERAMA
Deux espions ringards servent de couverture à des agents secrets français aussi ringards qu’eux. Double zéro pointé.

Titre non mensonger. Quelques semaines après People : Jet Set 2, le plus beau navet français depuis longtemps, voici son challenger. Gérard Pirès tente de donner du rythme à ce sous-James Bond parodique. Impossible : péripéties et gags sont aussi nuls que le duo vedette. Edouard Baer est sinistre en voleur de missile nucléaire, désireux de stériliser la planète. Même les préados, pour qui le film est fait, semblent trouver ça ringard.

DOUBLE ZERO, Gérard Pirès 2003, Eric Judor, Ramzy Bedia (aventure)@ (E)
Tous les services secrets français sont en état d'alerte : un missile de pointe vient d'être dérobé par une mystérieuse organisation. A la DGSE, c'est la panique. Plusieurs personnages haut plac&eacu ...

@

DOULEUR ET GLOIRE, Pedro Almodovar 2019, Antonio Banderas, Penelope Cruz (drame)@@


Salvador Mallo, un réalisateur tourmenté et en fin de carrière, est confronté aux souvenirs de sa jeunesse à la suite d'une série de retrouvailles, avec des anciens amants et des acteurs avec lesquels il a travaillé. De son enfance à Paterna, en passant par ses premiers amours, à la difficulté de créer, il se retrouve submergé par des fragments de son existence. Alors qu'il est en proie à des problèmes de santé, il est frappé d'une terrible dépression qui entrave sa créativité au moment même où "Sabor", son film le plus acclamé, est réédité. Poussé par son amie Zulema, il décide de renouer avec l'acteur principal de ce film, Alberto Crespo...

TELERAMA
Un cinéaste vieillissant se plonge dans les méandres de son passé… Autobiographie ou fiction ? L’Espagnol brouille la frontière entre les deux, autant qu’il se dévoile.

C'est une affaire d’hommes, plus que dans la plupart des films d’Almodóvar. Mais pour le cinéaste, un homme est d’abord un fils. Les premiers souvenirs qui assaillent Salvador (Antonio Banderas) le ramènent à son enfance, dans une Espagne rurale, auprès de sa mère bien-aimée (Penélope Cruz). Alter ego présumé du maître, Salvador, reclus dans la pénombre de son appartement madrilène, diminué par les souffrances physiques (asthme, migraines, acouphènes), se croit incapable, désormais, de créer…

Douleur et gloire étincelle par le choc de deux désirs contraires d’Almodóvar : se raconter et rester à jamais secret, protégé par la fiction. Sa vie se confond avec sa filmographie. C’est pourquoi défilent non seulement ses acteurs familiers, mais aussi des reflets émouvants de Volver ou de La Mauvaise Éducation : Salvador, scolarisé chez les religieux, devient le soliste délicat de la chorale, mais, cette fois, mystérieusement, sans la terreur sourde du film de référence.

Au cœur de ce troublant système d’échos, le cinéaste ménage des moments inédits. Il remonte notamment à la découverte de sa sexualité par le héros enfant. Le décor, une caverne aménagée en logement familial, la lumière blanche qui tombe du ciel par une ouverture dans la roche et l’évanouissement de l’écolier devant la nudité entraperçue d’un ouvrier concourent à un sommet de cinéma, à la fois mental et charnel. Pour boucler la boucle, ce souvenir inspirera à Salvador un projet intitulé El Primer Deseo (le premier désir)… Deseo, comme la société de production d’Almodóvar, créée à ses débuts, avant la gloire.


www.youtube.com/embed/ixCIp0CcR5k
DOULEUR ET GLOIRE, Pedro Almodovar 2019, Antonio Banderas, Penelope Cruz (drame)@@ (E)
Salvador Mallo, un réalisateur tourmenté et en fin de carrière, est confronté aux souvenirs de sa jeunesse à la suite d'une série de retrouvailles, avec des anciens amants et des acteurs avec lesque ...

@

DOUTE, John Patrick Shanley 2008, Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman (religion)@@@


En 1964, la directrice d'une école catholique du Bronx, une nonne aux méthodes de discipline sévères, accuse de pédophilie un prêtre populaire.

TELERAMA
Hollywood n’applique pas toujours les stratégies commerciales les plus ostentatoires : qui a envie de voir la mère supérieure d’un collège religieux enquêter sur un prêtre présumé pédophile au cœur du Brooklyn des années 1950 ? Tiré d’une pièce de théâtre écrite par le réalisateur, Doute s’appuie sur un duo d’acteurs à tempérament. Au sermon, Philip Seymour Hoffman, plus sobre qu’à l’ordinaire ; à l’instruction, Meryl Streep, dont on guette avec affection chaque mimique, chaque regard… Tant pis si, quoi qu’ils fassent, c’est un peu trop : lui dans l’innocence affichée ; elle, dans la sévérité, alors qu’elle cache un cœur d’or — et, qui sait, un lourd secret. La présence d’un troisième personnage pour compter les points (la jeune Amy Adams, naïve à souhait) est une astuce narrative relativement efficace. Mais il manque de la profondeur à l’écriture, voire une ou deux scènes plus costaudes opposant le méchant prêtre à la sainte femme — les affrontements sont à crucifix mouchetés. La chair est faible, le script aussi, hélas.

En 1964, soeur Aloysius assure avec exigeance et ambition la direction d'une honorable école catholique du Bronx. Mais depuis peu, elle se montre extrêmement préoccupée par le comportement du prêtre de la paroisse, le père Flynn. En effet, cet homme a priori sympathique se serait livré à des attouchements sur un garçon noir de 12 ans. Soeur Aloysius veut à tout prix éclaircir cette affaire. Mais elle peine à trouver des preuves qui infirmeraient ou confirmeraient la culpabilité de Flynn. Un jour, soeur James lui fait de bouleversantes révélations. Pour la directrice de l'établissement, c'est le début d'un combat acharné contre le présumé pédophile...
DOUTE, John Patrick Shanley 2008, Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman (religion)@@@ (E)
En 1964, la directrice d'une école catholique du Bronx, une nonne aux méthodes de discipline sévères, accuse de pédophilie un prêtre populaire.

TELERAMA
Hollywood n’applique pas to ...

@

DOUZE HOMMES EN COLERE, Sydney Lumet 1957, Henri Fonda (justice thriller)@@@


Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote: onze votent coupables, or la décision doit être prise à l'unanimité.

TELERAMA
Un jeune homme modeste est accusé d‘avoir tué son père. Douze jurés se réunissent pour décider du verdict. Onze jurés votent coupable et un, non coupable. Un classique de Sydeny Lumet qui ne vieillit pas.

Plan large sur le fronton du palais de justice. Dans la ­salle 228, un adolescent comparaît pour le meurtre de son père. Pourtant, dans ce premier film de Sidney Lumet, nous ne verrons rien du procès, à peine le visage olivâtre et désemparé de l’accusé, regardant le jury partir vers la salle des délibérations. La pièce est petite, il y règne une chaleur orageuse, étouffante. Le verdict semble couru d’avance. Un vote unanime, et les jurés pourront retourner vaquer à leurs occupations. Mais à « non coupable », une main se lève. Le huitième juré ne prétend pas être sûr de l’innocence du prévenu : il dit juste « c’est possible ». Et le répétera sans relâche...

Ce classique ne vieillit pas. La mécanique en est si précise et prenante, l’interprétation si convaincante qu’il se découvre ou se revoit avec la même passion. Henry Fonda, noble figure de la démocratie, se bat pied à pied, refaisant le procès à huis clos. En face de lui, onze Américains de tempéraments, de couches sociales et de préjugés différents.

Lumet réussit, en quelques traits, à les hisser au-delà des archétypes. Il filme leurs visages soudain assaillis par le doute et rend presque audible le déclic qui les fait passer, l’un après l’autre, dans le camp de la présomption d’innocence.

Mais, au fait, qui est ce juré n° 8, ce type en blanc qui a su faire pencher la balance ? Un type comme vous et moi. Juste un citoyen comme les aimait Lumet.
DOUZE HOMMES EN COLERE, Sydney Lumet 1957, Henri Fonda (justice thriller)@@@ (E)
Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vo ...

@

DOWNTON ABBEY II une nouvelle ere, Simon Curtis 2022 (saga)@@


La famille Crawley s'apprête à célébrer deux mariages à Downton Abbey dont celui de Tom Branson et sa fiancée Lucy, mais un réalisateur hollywoodien veut transformer la demeure en plateau de cinéma. Au même moment, ils apprennent que Lady Violet vient d'hériter d'une villa située dans le sud de la France. Elle enjoint alors les membres de sa famille à se rendre sur la Côte d'Azur en quête de son mystérieux passé.

TELERAMA
Deuxième prolongement au cinéma de la célèbre série de Julian Fellowes, cette suite fait des allers-retours entre l’Angleterre brûleuse des nobles demeures et le grand soleil de la Côte d’Azur.

Pour fondre tel un scone dans une tasse de Darjeeling devant ce deuxième long métrage dérivé de la série de Julian Fellowes, il faut avoir tissé depuis longtemps des liens indéfectibles avec la famille Crawley. D’emblée, le film joue sur cette complicité : grâce au remariage de Tom, voilà chaque couple photographié, chez les nobles comme chez les valets, histoire de récapituler en finesse, avant de nous lancer dans cette nouvelle ère… Et dans un jeu entre deux aires, puisque la famille va, le temps d’un été, se scinder entre deux maisons : le domaine que nous connaissons et une somptueuse villa sur la Riviera dont hérite Violet, la comtesse douairière.

Idée piquante de ce jeu de miroirs entre les deux côtés de la Manche : ce qui se trame sous le soleil de la Côte d’Azur n’a, en fait, rien de nouveau, et recèle un énième et savoureux questionnement sur la filiation et le titre de noblesse. En revanche, c’est dans le vert de l’Angleterre que le progrès s’installe, puisque Lady Mary accepte de louer Downton Abbey comme décor de tournage à un réalisateur de films muets. Le surgissement du cinéma au cœur de l’ancestrale demeure ouvrira le champ des possibles pour des personnages dont les frustrations couraient tout au long de la série. Surtout, le réalisateur en profite pour rendre le plus réjouissant des hommages à Chantons sous la pluie. D’où un parfait divertissement, où hier meurt avec le sourire, dans une saveur sucrée mais profonde de marmelade d’oranges amères.
DOWNTON ABBEY II une nouvelle ere, Simon Curtis 2022 (saga)@@ (E)
La famille Crawley s'apprête à célébrer deux mariages à Downton Abbey dont celui de Tom Branson et sa fiancée Lucy, mais un réalisateur hollywoodien ve ...

@

DOWNTON ABBEY, Michael Engler 2019, Michelle Dockery, Hugh Bonneville


Cette série dramatique suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise dans les années 1910. La série commence en 1912 avec le naufrage du Titanic, qui laisse l'avenir de Downton Abbey en danger, car les héritiers présomptifs de Robert Crawley, comte de Grantham -- son cousin James, et le fils de James, Patrick -- périssent lors de la catastrophe, laissant la famille sans héritier mâle.

TELERAMA:
Downton Abbey final offre des occasions de se réjouir. D’abord, les échanges à fleurets mouchetés rappellent tout le talent du scénariste et offrent aux comédiens une partition piquante — mention spéciale pour la joute que se livrent Maggie Smith et la nouvelle venue, Imelda Staunton. Ensuite, l’auteur parvient à dessiner avec soin, à travers le destin de chacun, différents visages de l’Angleterre de 1927, sans jamais verser dans la leçon d’histoire.
DOWNTON ABBEY, Michael Engler 2019, Michelle Dockery, Hugh Bonneville (E)
Cette série dramatique suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise dans les années 1910. La série commence en 1912 avec le naufrage du Titanic, qui laisse l'ave ...

@

DRACULA, Dario Argento 2012, Asia Argento, Rutger Hauer (horreur)@


Transylvanie, 1893. Lorsque le comte Dracula découvre une photo de Mina avec son époux Jonathan Harker, il voit en elle la réincarnation de l'amour de sa vie. En engageant Jonathan comme bibliothécaire, le comte parvient à faire venir le couple dans son château. Or, Jonathan découvre la véritable nature de Dracula et le danger qui pèse autour de son épouse. Après plusieurs morts violentes s'accumulant, l'espoir réside en la personne d'Abraham Van Helsing, qui a déjà eu affaire au comte.

TELERAMA
on Dracula est fidèle à celui de la version originale de Bram Stoker pour certains aspects. Pour d'autres, comme il est en 3D, il présente beaucoup d'innovations. Moi, j'ai imaginé un personnage de Dracula un peu différent, romantique bien sûr, mais aussi très féroce, violent. En un mot, je l'ai un peu adapté à mes propres références, ma façon à moi de faire des films », a expliqué le réalisateur à l'AFP.
DRACULA, Dario Argento 2012, Asia Argento, Rutger Hauer (horreur)@ (E)
Transylvanie, 1893. Lorsque le comte Dracula découvre une photo de Mina avec son époux Jonathan Harker, il voit en elle la réincarnation de l'amour de sa vie. En engageant Jonathan comme bibliothécaire, le comte ...

@

DRAME EN HAUTE MER, Adeline Darraux 2021, Barbara Schulz, Arié Elmaleh (catastrophe maritime)@


En quelques secondes, le chalutier Marie-Morgane a sombré de manière inexplicable, avec tout son équipage, anéantissant la famille Lenormand. Dernière survivante avec sa fille, Nolwenn Lenormand est convaincue qu'un sous-marin en manoeuvres en est responsable.

TELERAMA
Comment le “Dolmen” a-t-il pu sombrer dans la Manche ? Adeline Darraux, Camille Autain et Jérémie Bonheure s’inspirent de l’affaire encore fraîche du Bugaled Breizh dans un polar marin lesté par de nombreuses pistes.

Le 5 novembre 2021, la justice britannique concluait à un « accident de pêche » dans l’affaire du Bugaled Breizh. Le 15 janvier 2004, ce chalutier breton faisait naufrage dans la Manche, emportant dans les profondeurs cinq pêcheurs et de nombreuses interrogations. Comment une équipe de marins expérimentés a-t-elle pu connaître un drame aussi soudain ? Est-il le fait d’une avarie accidentelle ou d’une collision avec un sous-marin ? Cette affaire, encore fraîche, semble en tout point similaire à celle du naufrage du Dolmen décrit dans Drame en haute mer. À la différence près qu’un sixième corps est retrouvé lors de l’exploration de ce chalutier fictif, alimentant un mystère déjà bien garni.

Adeline Darraux (Mauvaise Mère, Meurtres à Cognac) s’empare avec maladresse d’un sous-genre partiellement codifié mais particulièrement attrayant : le polar marin. Dans un décor lorientais brumeux, Nolwenn Lenormand, dont le mari et le fils ont péri dans la catastrophe, décide de mener sa propre enquête face aux timides avancées de celle diligentée par Gilles Pezenec, gendarme local. Si Barbara Schulz et Arié Elmaleh convainquent dans une première partie alléchante, sur fond de scandale international, le polar vire de bord dans des eaux bien moins ambitieuses et plus décevantes par la suite.

DRAME EN HAUTE MER, Adeline Darraux 2021, Barbara Schulz, Arié Elmaleh (catastrophe maritime)@ (E)
En quelques secondes, le chalutier Marie-Morgane a sombré de manière inexplicable, avec tout son équipage, anéantissant la famille Lenormand. Dernière survivante avec sa fille, Nolwenn Lenormand est convai ...

@

DRIVE MY CAR, Ryusuke Hamaguchi 2021 (road movie)@@@


Un acteur veuf et vieillissant cherche un chauffeur. L'acteur se tourne vers son mécanicien habituel, qui finit par lui recommander une jeune fille de 20 ans. Malgré leurs réticences initiales, une relation très spéciale se développe entre les deux.

TELERAMA
Mensonges, deuil, sensualité... Le film du réalisateur d’Asako I & II est un voyage hypnotique d’une grâce absolue.
Érotisme et mystère nimbent l’ouverture de Drive My Car. La femme est scénariste. Son mari est metteur en scène de théâtre. Leur lien est profond, renforcé par une épreuve qu’ils ont su surmonter. Peu après pourtant, le mari surprend sa femme dans les bras d’un autre, sans que celle-ci le sache. Il garde pour lui la terrible révélation. Mais un drame survient, qui serre davantage le nœud d’incertitude et de jalousie en lui.
Mensonges, long travail de deuil, tristesse… Assurément le sujet du film n’est guère souriant. Et pourtant quel plaisir, quelle volupté de suivre les méandres de cette construction sophistiquée, où plusieurs destins s’entrecroisent. Comme son titre le suggère, Drive My Car (« conduis ma voiture » ) donne à voir la route. En l’occurrence des trajets romanesques, un cheminement au sens large, autant géographique que mental. Un moment, le mari part travailler à Hiroshima où il a accepté de monter Oncle Vania. Le théâtre lui a assigné une jeune chauffeuse, qui parle peu mais conduit tout en douceur, depuis son adolescence où elle a appris à rouler, la peur au ventre, pour ne pas réveiller sa mère schizophrène, sur la banquette arrière. Entre la conductrice et son passager, une relation inédite s’instaure, ni amitié ni amour, sur la base d’échanges de plus en plus intimes.

Se laisser transporter, au sens propre comme au figuré, pour mieux affronter le passé, pour tenter de déchiffrer des secrets et des actes refoulés, mais aussi pour viser un horizon moins pesant, une possible reconstruction de soi. Voilà à quoi nous invite ce film splendide. Parce que les défunts occupent une place de choix ici, Drive My Car semble souvent au bord du surnaturel. C’est une hantise douce et triste, qui échappe à l’ordinaire, en donnant accès au monde intérieur des personnages.
DRIVE MY CAR, Ryusuke Hamaguchi 2021 (road movie)@@@ (E)
Un acteur veuf et vieillissant cherche un chauffeur. L'acteur se tourne vers son mécanicien habituel, qui finit par lui recommander une jeune fille de 20 ans. Malgré leurs réticences initiales, une relation très ...

@

DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@


A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, Irwin Molyneux, un vieux botaniste maladif. L'avare évêque s'invite chez les Molyneux un soir que les domestiques viennent de rendre leur tablier. Pour éviter le déshonneur, Margaret Molyneux feint d'être en voyage et s'enferme dans la cuisine, s'affairant derrière les fourneaux. L'évêque interprète mal le malaise d'Irwin et l'absence de Margaret. Persuadé que son cousin a assassiné son épouse, il alerte Scotland Yard...

TELERAMA
On pourrait presque en faire un inventaire à la Prévert. Londres, 1900 : un amateur de mimosas qui écrit en secret des romans ­policiers ; un tueur qui aime les moutons et tue les bouchers ; un livreur de lait qui invente des histoires horribles qui servent, sans qu’il le sache, à l’amateur de mimosas pour ses écrits ; un évêque libidineux qui perd une photo érotique dédicacée à ­ « bébé Bedford » ; une grande bourgeoise qui préférerait mourir plutôt que d’avouer le départ précipité de sa cuisinière…

Échec à la sortie : de rage, les rares spectateurs cassent les fauteuils. Aujourd’hui, on ne cesse de rire à ce chef-d’œuvre. On ne cesse de répéter : « Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit ­ “bizarre, bizarre” — Moi, j’ai dit “bizarre” ? Comme c’est bizarre. » Duo brillant opposant Michel Simon à Louis Jouvet, qui, semble-t-il, ne s’entendirent guère. Nous, on jubile…
DROLE DE DRAME, Marcel Carne 1937, Louis Jouvet, Francois Rosay, Michel Simon, Jean-Louis Barrault (comique policier)@@@@ (E)
A Londres, en 1900, Archibald Soper, rigide évêque de Bedford, tonne en chaire contre les romans policiers pernicieux de Félix Chapel, qu'il poursuit de sa vindicte sans savoir que sous ce pseudonyme se cache son cousin, ...

@

DROLE DE FRIMOUSSE (funny face), Staley Donnen 1957, Audrey Hepburn, Fred Astaire (musicla)@@


Maggie Prescott, rédactrice en chef d'un magazine de mode newyorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d'un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revue, a déniché l'oiseau rare : Jo, une ingénue à la grâce singulière, employée dans une librairie.

TELERAMA
Attention, explosion de couleurs ! Avant tout, Drôle de frimousse est la rencontre, orchestrée par Stanley Donen, des teintes les plus pimpantes — le rose en majesté pop — et des noirs et bruns les plus profonds. C’est d’ailleurs dans la pénombre d’une librairie que Fred Astaire, photographe à la mode (inspiré de Richard Avedon) vient convaincre Audrey Hepburn, petit machin maigre et intello qui réinvente les canons de la beauté, de devenir modèle pour le magazine Quality (traduisez Vogue). S’ensuit un mariage parfait entre marivaudage et numéros chantés et dansés, et l’histoire d’une libraire mal fagotée, allergique au chic et au superflu, qui découvrira, grâce à un pygmalion de deux fois son âge, qu’une déesse de beauté sommeille en elle.

Drôle de frimousse est aussi l’un des temps forts de l’histoire d’amour de Stanley Donen avec Paris : il en exalte la beauté de carte postale, y situe des promenades romantiques que lui seul et Vincente Minnelli peuvent sauver du gnangnan. Mais cette fois, il s’en moque, aussi : sa vision de l’existentialisme (qui fascine la jeune libraire intello) est aussi mordante que son regard sur le monde de la mode. Face à l’étoile Astaire, 58 ans mais toujours en apesanteur, Audrey Hepburn rayonne, en robe de bure marron ou en soie cyclamen, éternellement en vogue.
DROLE DE FRIMOUSSE (funny face), Staley Donnen 1957, Audrey Hepburn, Fred Astaire (musicla)@@ (E)
Maggie Prescott, rédactrice en chef d'un magazine de mode newyorkais, cherche un nouveau mannequin pour présenter, à Paris, le défilé d'un grand couturier. Dick Avery, photographe attitré de la revu ...

@

DROLE DE MISSIONNAIRE, Richard Loncraine 1982, Michael Palin, Maggie Smith (comique)@@


En 1906, Charles Fortescue, missionnaire revenu d'Afrique, est chargé par son évêque de réunir les fonds nécessaires à la construction d'une mission de filles perdues dans un quartier chaud de Londres. Relevant avec bravoure le défi, il n'hésitera pas à payer de sa personne, avec beaucoup de succès, pour ramener les brebis égarées dans le droit chemin.

TELERAMA
Au début du XXe siècle, le père Charles Fortescue, missionnaire de l'Eglise d'Angleterre, rentre dans son pays après dix ans d'un dur labeur apostolique en Afrique. Il doit épouser la charmante et innocente Deborah, qui l'attend depuis des années. L'évêque de Charles, un homme d'esprit large, le convoque pour une affaire importante. Il souhaite lui confier la création d'une maison d'accueil pour les prostituées de Londres. Charles espérait que Deborah s'opposerait au projet, lui donnant une bonne occasion de refuser. Mais la jeune femme n'y voit aucun mal et pousse son fiancé à accepter cette mission. Charles se retrouve ainsi entouré de jeune femmes attirantes...
DROLE DE MISSIONNAIRE, Richard Loncraine 1982, Michael Palin, Maggie Smith (comique)@@ (E)
En 1906, Charles Fortescue, missionnaire revenu d'Afrique, est chargé par son évêque de réunir les fonds nécessaires à la construction d'une mission de filles perdues dans un quartier chaud de Londre ...

@

DROLES DE DAMES, Ivan Goff et Ben Roberts


Trois enquêtrices sont recrutées pour travailler comme détectives pour l'agence Charles Townsend. Leur patron, Charlie, qui les surnomme les "Anges", leur confie des missions par le biais d'un haut-parleur, sans jamais leur dévoiler son visage.
DROLES DE DAMES, Ivan Goff et Ben Roberts (E)
Trois enquêtrices sont recrutées pour travailler comme détectives pour l'agence Charles Townsend. Leur patron, Charlie, qui les surnomme les "Anges", leur confie des missions par le biais d'un haut-parleur, san ...

@

DRY MARTINA, Che Sandoval, Antonella Costa, Patricio Contreras (erotique)


Présenté dans les compétitions de festivals comme Tribeca, BAFICI et SANFIC, et nominé aux Fénix Awards, le troisième film de Che Sandoval est une comédie centrée sur Martina, une chanteuse argentine célèbre à la fin des années 90 et dont personne ne se souvient aujourd'hui, alors qu'elle approche de la quarantaine avec un désenchantement croissant à l'égard de l'amour. Cependant, l'arrivée d'un jeune couple chilien va tout changer : Francisca, une de ses fans convaincue qu'elles sont sœurs ; et César, qui d'un regard lui rend son désir sexuel. Martina partira au Chili avec l'idée fixe que César pourra lui rendre sa libido, mais elle finira par trouver l'affection d'une éventuelle famille.

TELERAMA
DRY MARTINA, Che Sandoval, Antonella Costa, Patricio Contreras (erotique) (E)
Présenté dans les compétitions de festivals comme Tribeca, BAFICI et SANFIC, et nominé aux Fénix Awards, le troisième film de Che Sandoval est une comédie centrée sur Martina, une chan ...

@

DU SANG DANS LE DESERT, Anthony Mann 1957, Henry Fonda, Anthony Perkins (western)@@


Morgan Hickman, autrefois shérif, est devenu un chasseur de primes cynique et sans illusion. Il arrive dans une petite ville dont le shérif, Ben Owens, est un jeune homme totalement inexpérimenté. Owens remplace l'ancien shérif, qui vient d'être assassiné, et sa position n'est que temporaire. En arrivant en ville, Hickman lui sauve la vie. Le jeune shérif propose alors à Hickman de devenir son adjoint, afin qu'il puisse l'aider à apprendre les ficelles du métier.

TELERAMA
L’initiation d’un jeune shérif inexpérimenté par un aventurier solitaire. Solidarité, amitié, noblesse, antiracisme : Anthony Mann mêle toutes ces grandes idées humanistes, jamais au détriment de l’action et du rythme.

Même sans James Stewart, avec lequel il tourna cinq westerns somptueux, Anthony Mann continue d’explorer le genre avec le même bonheur, la même clairvoyance. Encore une initiation : celle d’un jeune shérif inexpérimenté par un aventurier solitaire, chasseur de primes au passé nébuleux. Et très sensible au charme de sa logeuse, une jolie veuve tenue à l’écart par les habitants pour avoir épousé un Indien. L’ange gardien devient donc la mauvaise conscience de la ville. Solidarité, amitié, noblesse, antiracisme : le cinéaste mêle toutes ces grandes idées humanistes, jamais au détriment de l’action et du rythme.
DU SANG DANS LE DESERT, Anthony Mann 1957, Henry Fonda, Anthony Perkins (western)@@ (E)
Morgan Hickman, autrefois shérif, est devenu un chasseur de primes cynique et sans illusion. Il arrive dans une petite ville dont le shérif, Ben Owens, est un jeune homme totalement inexpérimenté. Owens remplace ...

@

DU SANG SUR LA FORET, Torsten C. Fischer 2023, Joachim Krol, Desiree Nosbusch


Détective privé, Hans Schüssler a quitté la Roumanie voilà quarante ans, et tente d'oublier cett séparation par la boisson. Lorsqu'un entrepreneur disparaît à Kronstadt, au pied des Carpates roumaines, Hans est chargé de l'enquête. Ancien soldat spécialisé dans la recherche de personnes à l'étranger, il espère élucider l'affaire rapidement. La tâche se révèle pourtant complexe, entre voyage dans son passé et collaborateurs locaux peu coopératifs.
DU SANG SUR LA FORET, Torsten C. Fischer 2023, Joachim Krol, Desiree Nosbusch (E)
Détective privé, Hans Schüssler a quitté la Roumanie voilà quarante ans, et tente d'oublier cett séparation par la boisson. Lorsqu'un entrepreneur disparaît à Kronstadt, au pied des Carpa ...

@

DUCOBU 3, Elie Semoun 2019, Elie Semoun, Mathys Gros (comique)


Nouvelle rentrée des classes pour l'élève Ducobu, Léonie Gratin et l'instituteur Latouche. Hélas, cette année, un rival de taille pour Ducobu arrive à l'école : TGV, le roi de la triche. Alors que la situation financière de Saint-Potache devient désastreuse, les deux cancres vont devoir unir leurs créativités pour remporter un concours de chant et sauver leur école.

TELERAMA
Ducobu, cancre récidiviste, ici présent pour la troisième fois de l’histoire du cinéma. Sans surprise, cette suite de suite de comédie semble fraîchement décongelée des années 50.

Pourquoi ? Non, mais vraiment… Pourquoi ? C’est à peu près la seule question qui taraude le spectateur égaré, hypnotisé par les rayures tendance Maya l’abeille du petit Ducobu, cancre récidiviste, ici présent pour la troisième fois de l’histoire du cinéma (125 ans, pour en arriver là… ).

À mi-chemin entre les invendus de L’Almanach Vermot et les pires blagues de Toto (ou de votre Tonton Roger, dit « le pénible », en fin d’apéro), cette suite de suite de comédie semble fraîchement décongelée des années 50. Jusqu’au bonnet d’âne, qui fait ici son grand retour dans la salle de classe, raccord avec des gags Quatrième république, aussi usés que le fond de culotte de Petit Gibus dans la Guerre des Boutons. Sauf que le Petit Gibus, lui, il était drôle.

Ici, tout tombe tragiquement à plat, même les tentatives du pauvre Ducobu pour prendre en marche le train de la modernité (une improbable histoire de machine à modifier la voix, pour tricher à un concours de chant télévisé). En maître d’école dépassé, Élie Seimoun bat des records de cabotinage hystérique, pas aidé non plus par la nullité quasi déprimante des dialogues. À sa décharge, tout le monde surjoue, même les enfants. Adapté d’une fameuse bande dessinée – déjà pas très fute-fute – de Zidrou et Godi, ce troisième (et dernier, hein ?) épisode (après un film en 2011 et un autre en 2012) est aussi maladroit et paresseux que son jeune héros.
DUCOBU 3, Elie Semoun 2019, Elie Semoun, Mathys Gros (comique) (E)
Nouvelle rentrée des classes pour l'élève Ducobu, Léonie Gratin et l'instituteur Latouche. Hélas, cette année, un rival de taille pour Ducobu arrive à l'école : TGV, le roi de la trich ...

@

DUCOBU PRESIDENT, Elie Semoun 2022, Elie Semoun, Mathys Gros (comique)@


Une nouvelle année scolaire démarre pour Ducobu. À l'école Saint Potache, une élection exceptionnelle va avoir lieu pour élire le président des élèves. C'est le début d'une campagne électorale un peu folle dans laquelle vont se lancer les deux adversaires principaux : Ducobu et Léonie. À l'aide de son ami Kitrish et de ses nombreux gadgets, Ducobu triche comme jamais et remporte l'élection. Parc d'attraction dans la cour, retour de la sieste, suppression des légumes à la cantine.

TELERAMA
À l’école Saint-Potache, une élection doit donner les pleins pouvoirs à un élève. Ducobu, populiste en herbe, calque sa campagne sur celle de Trump. Un film sans intérêt pour les adultes, mais qui explique aux enfants ce que sont les fake news et la démagogie.

Qu’est-ce que ça pourrait bien donner, un mix entre Donald Trump, le fils de Neymar et une abeille ? Tout le monde s’est déjà posé la question au moins une fois dans sa vie, alors Élie Semoun se décide à donner une réponse dans ce quatrième film sur Ducobu, le deuxième qu’il réalise lui-même. Oui, Ducobu s’habille toujours en jaune et noir, on jurerait avoir vu son nouvel interprète (Gabin Tomasino) être gâté par Neymar dans sa série Netflix (pardon mais, vraiment, la ressemblance est troublante), et son personnage joue ici les populistes blonds pour se faire élire président de son école. Puisque la « démagogie » et les « fake news » figurent au centre de son plan de bataille, et que ces termes sont bien expliqués, ce film a le mérite d’annoncer à nos enfants ce qu’ils vivront plus tard, au moment d’accomplir leur « devoir de citoyen ». Une leçon pas trop trop bête, donc, même si elle se termine sur un concert de prouts. Et que les parents, au bout de trois quarts d’heure, commenceront à regarder leur montre.

Branle-bas de combat à l'école Saint-Potache, où la fort pénible rentrée des classes s'accompagne cette année d'une élection qui désignera le président des élèves. Tout naturellement, Ducobu se déclare candidat et voit une Léonie motivée lui emboîter le pas, conseillée par la redoutable Adeline. Pour tenter de venir à bout de ses adversaires et détracteurs, parmi lesquels Gustave et des camarades de premier rang, Ducobu choisit quant à lui de faire appel à un monsieur Kitrish jamais à court d'idées pour parvenir à ses fins. Ensemble, ils élaborent un plan sans lésiner sur les moyens à mettre en œuvre pour obtenir la victoire...
DUCOBU PRESIDENT, Elie Semoun 2022, Elie Semoun, Mathys Gros (comique)@ (E)
Une nouvelle année scolaire démarre pour Ducobu. À l'école Saint Potache, une élection exceptionnelle va avoir lieu pour élire le président des élèves. C'est le début d'u ...

@

DUEL AU SOLEIL, King Vidor et Otto Brower 1946, Jennifer Jones, Gregory Peck (western)@@


Scott Chavez est exécuté pour les meurtres de son épouse et de l'amant de celle-ci. Avant de se livrer à la police, il a envoyé Pearl, sa fille, une belle et impétueuse métisse, chez des cousins éloignés, les McCanles. Lewton et Jesse McCanles s'éprennent de la jeune femme. Le premier, un vrai voyou, est impulsif et passionné tandis que le second, brillant étudiant, est la douceur incarnée. Attirée par les deux garçons à la fois, Pearl ne sait que faire. Pour résoudre le problème, la jeune femme choisit d'épouser un autre homme. Mais fou de rage, Lewton l'assassine, blesse Pearl qui parvient à riposter et se réfugie, blessée, dans la montagne...

TELERAMA
Western démesuré, exagéré, où les cieux sont toujours immenses, où les garçons vachers, fusil à la main, empêchent le chemin de fer de passer, et où les amants se déchirent et meurent à l’aube. En Technicolor saturé de rouge flamboyant, évidemment.

Le sénateur McCanles a deux fils, Jesse, brillant sujet, et Lewt, un voyou. Il a recueilli la jeune Pearl, dont le père a été pendu. Alors que Jesse quitte la famille, Pearl se donne à Lewt, mais épouse un autre homme. Lewt tue alors celui-ci et devient un hors-la-loi. Il affronte son frère, puis Pearl, en un face-à-face tragique.

À l’origine produit par la RKO, le film atterrit chez Selznick dès qu’il fut question de confier le rôle de Pearl à Jennifer Jones. Selznick était décidé à en faire un événement aussi retentissant qu’Autant en emporte le vent. King Vidor quitta le plateau, fut remplacé par William Dieterle, et Josef von Sternberg participa également à l’aventure. Ce qui aurait pu n’être qu’un western romantique devint, grâce à son producteur, une œuvre fulgurante, au Technicolor enflammé, où les passions sont exacerbées, prenant le pas sur une approche psychologique traditionnelle.

Cette histoire d’amour fou et de femme fatale pourrait paraître exagérée, mais la beauté du film, la mise en scène et le talent des interprètes en font un magistral poème de désir et de mort, très audacieux pour le prude cinéma hollywoodien de l’époque. Un chef-d’œuvre.
DUEL AU SOLEIL, King Vidor et Otto Brower 1946, Jennifer Jones, Gregory Peck (western)@@ (E)
Scott Chavez est exécuté pour les meurtres de son épouse et de l'amant de celle-ci. Avant de se livrer à la police, il a envoyé Pearl, sa fille, une belle et impétueuse métisse, chez des cous ...

@

DUNE, Denis Villeneuve 2021, Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson (science fiction)@


Paul Atreides, un jeune homme brillant et doué au destin plus grand que lui-même, doit se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers afin d'assurer l'avenir de sa famille et de son peuple.

TELERAMA
Le cinéaste québécois signe une adaptation personnelle et convaincante du roman-monde de Frank Herbert. Mêlant science-fiction à grand spectacle et conte philosophique.
DUNE, Denis Villeneuve 2021, Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson (science fiction)@ (E)
Paul Atreides, un jeune homme brillant et doué au destin plus grand que lui-même, doit se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers afin d'assurer l'avenir de sa famille et de son peuple.

TELERAMA

@

DUNKERQUE, Christopher Nolan 2017(histoire guerre)@@


Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, des troupes alliées se retrouvent encerclées par les troupes allemandes à Dunkerque, en France. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer le Corps expéditionnaire britannique (CEB) vers l'Angleterre.

TELERAMA
Immersion totale au cœur de l’action de l’opération Dynamo, portée par un lyrisme efficace. Mais rien de bien nouveau, et une surdose de patriotisme.

Voir sur
Mai 1940. Sur la plage de Dunkerque, près de deux cent mille soldats anglais se retrouvent encerclés par les Allemands. Refusant la reddition, les Britanniques décident d’organiser une rocambolesque opération de repli.

Pour résumer cet événement, le réalisateur a choisi trois terrains de bataille et trois unités de temps. Une semaine sur la plage, où l’on suit le jeune soldat Tommy (Fionn Whitehead), qui échoue à partir. Un jour sur la mer, dans un petit voilier qui s’en va sauver des combattants. Enfin, une heure dans un Spitfire, fleuron de la Royal Air Force, avec un Tom Hardy glorieux aux commandes de l’appareil…

Totale immersion au cœur de l’action : c’est le leitmotiv de ce film de guerre. On ressent de plein fouet le sifflement des balles, le souffle des bombes, la poussée des vagues. Pas de répit, le danger est permanent, sans cesse relancé. L’équipage d’un destroyer qui se retrouve soudain noyé sous le coup d’une torpille. Un aviateur qui a réussi son amerrissage mais reste coincé dans son cockpit. Des hommes dans l’eau, brûlés vifs par une nappe de mazout en feu… Ce sont là les séquences marquantes d’un film qui n’apporte, malgré tout, rien de vraiment nouveau, à la différence d’Il faut sauver le soldat Ryan, de Steven Spielberg, ou de La Ligne rouge, de Terrence Malick, auquel on pense parfois, dans sa manière de flotter entre la vie et la mort. Plus gênant : l’emballement patriotique très appuyé lorsque surgit la flottille civile, valeureuse. Tout juste si, à la fin, l’hymne britannique ne se met pas à résonner…
DUNKERQUE, Christopher Nolan 2017(histoire guerre)@@ (E)
Au début de la Seconde Guerre mondiale, en mai 1940, des troupes alliées se retrouvent encerclées par les troupes allemandes à Dunkerque, en France. L'Opération Dynamo est mise en place pour évacuer ...

@

E.T. l extraterrestre, Steven Spielberg 1982, Henry Thomas, Drew Barrymore (science fiction)


Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d'exploration botanique, sortent de l'engin, mais un des leurs s'aventure au-delà de la clairière où se trouve la navette. Celui-ci se dirige alors vers la ville. C'est sa première découverte de la civilisation humaine. Bientôt traquée par des militaires et abandonnée par les siens, cette petite créature apeurée se nommant E.T. se réfugie dans une résidence de banlieue.

TELERAMA:
Le corps crapoussin et les bons gros yeux en forme de huit couché, symbole de l’infini, ont pris un petit lifting numérique. Le gentil alien a acquis l’étrange fluidité des créatures virtuelles : mimiques numériques, expressivité accrue, étirement télescopique du cou.
E.T. l extraterrestre, Steven Spielberg 1982, Henry Thomas, Drew Barrymore (science fiction) (E)
Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d'exploration botanique, sortent de l'engin, mais un des leurs s'aventure au-delà de la clairi&egr ...

@

EARTH QUAKE BIRD, Wash Westmoreland 2019, Alicia Vikander, Naoki Kobayashi (thriller)@


Dans les années 80, à Tokyo, une étrange expatriée est soupçonnée d'avoir tué son amie, disparue à la suite d'un triangle amoureux entre elles et un photographe local.

TELERAMA
Vous êtes tokyophile, vous n’êtes pas insensible au charme d’Alicia Vikander et vous aimez les histoires à dormir debout, mêlant amour romantique, sexe et crime ? Il y a des chances que L’Oiseau-tempête vous retienne dans ses noirs filets. Le film est adapté d’un roman de l’écrivaine britannique Susanna Jones intitulé L’Oiseau-séisme (la modification du titre original est d’autant plus bêta que ledit volatile est mentionné, son trille particulier survenant aussitôt après le tremblement de terre). L’action se situe en 1989. Lucy, une jeune Suédoise expatriée à Tokyo depuis cinq ans, est interrogée par la police au sujet de la disparition d’une amie proche, Lily. Ses réponses sont évasives, laissant soupçonner quelque chose. La police accentue la pression. Lucy se met alors à raconter comment elle a rencontré en pleine rue un photographe, aussi énigmatique qu’attirant, qui travaille la nuit dans un petit resto de ramen…

Construit à partir de flash-back, le film reconstitue peu à peu la singulière passion de Lucy pour son beau Japonais. Une relation d’abord harmonieuse, mais de plus en plus compliquée et perverse à mesure qu’elle tend vers le triangle amoureux, avec l’amie Lily (Riley Keough, faux air de Drew Barrymore). Divers épisodes dramatiques laissent à penser que Lucy provoque des catastrophes. Est-elle schizophrène ? A-t-elle des hallucinations ? Est-elle la victime ou la meurtrière ? Autant de questions qui se bousculent dans ce thriller tarabiscoté, mix de roman-photo à l’eau de rose et de fantasmagorie un poil sadique. Le film reste un peu trop lisse, mais on se laisse prendre au piège. Derrière la caméra, on retrouve Wash Westmoreland, qui a coréalisé plusieurs films (dont Echo Park, L.A.) avec son compagnon, Richard Glatzer, avant le décès de ce dernier, en 2015. En solo, il a depuis réalisé Colette, qui souffrait des mêmes défauts que cet Oiseau-tempête, mais aussi du même atout, à savoir offrir un écrin pour que brille l’actrice principale.

Saluons ainsi la prestation d’Alicia Vikander. Celle qui joua Lara Croft et qui ne cesse de promettre sans jamais avoir trouvé un rôle vraiment marquant est très bien dans son rôle ambigu, mi-jeune ingénue, mi-femme fatale. On ne saurait lui donner un âge. 18 ans ? 25 ? 30 ? Timide et impérieuse, elle donne de l’étoffe à son personnage d’expatriée, sachant parler le japonais. La voir ainsi, à la fois décalée et attachée au pays du Soleil-Levant, contribue au plaisir.
EARTH QUAKE BIRD, Wash Westmoreland 2019, Alicia Vikander, Naoki Kobayashi (thriller)@ (E)
Dans les années 80, à Tokyo, une étrange expatriée est soupçonnée d'avoir tué son amie, disparue à la suite d'un triangle amoureux entre elles et un photographe local.

TELERAM ...

@

EASY VIRTUE, Stephan Elliott 2008, Colin Firth, Jessica Biel, Kristin Scott Thomas (sentimental)@@


John Whittaker, jeune Anglais de bonne famille, tombe fou amoureux de Larita, superbe aventurière américaine. Il l'épouse sur-le-champ et la ramène dans le manoir de ses parents. Si M. Whittaker n'est pas insensible au charme de sa belle-fille, l'allergie est instantanée du côté de Mme Whittaker. La guerre des piques commence. Larita comprend vite qu'elle doit riposter si elle ne veut pas perdre John. Les étincelles fusent.

TELERAMA
Elle est ardente, extravagante, moderne. Jessica Biel l'interprète comme la ­Katharine Hepburn des comédies de jadis... Si l'on excepte Colin Firth, le père de famille, silhouette presque tchekhovienne dans son insatisfaction navrée, les autres membres du clan brillent par leur cruauté. Kristin Scott Thomas est, une fois de plus, superbe en belle-mère abusive : une sorcière à la Disney. Notamment lorsqu'elle explique à ses domestiques, médusés, qu'une sonnette, c'est fait pour qu'ils viennent à elle et non pas l'inverse...
Joliment mis en valeur par Stephan Elliott (Priscilla, folle du désert), les dialogues crépitent : « Souris ! — Pas envie... — Tu es anglaise, fais semblant ! » Ou encore : « Ah, je pourrais te dévorer ! — Après le repas qu'on a fait ce soir, ça me paraît normal ! » Petites perles signées Noel Coward, dont la chanson Mad about the boy rythme tout le film. A l'époque, pour lui, c'était une sorte de coming out... — Pierre Murat
EASY VIRTUE, Stephan Elliott 2008, Colin Firth, Jessica Biel, Kristin Scott Thomas (sentimental)@@ (E)
John Whittaker, jeune Anglais de bonne famille, tombe fou amoureux de Larita, superbe aventurière américaine. Il l'épouse sur-le-champ et la ramène dans le manoir de ses parents. Si M. Whittaker n'est pas insensi ...

@

ECHAPPEMENT LIBRE, Jean Becker 1964, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg (thriller)@@


Un journaliste et sa nouvelle complice détournent la cargaison d'or qu'ils convoyaient pour le compte de trafiquants.

TELERAMA
Belmondo poursuivi, Seberg qui le balance, une virée en bagnole : Jean Becker essaierait-il de nous refaire le coup d’À bout de souffle ? Une voiture en or camouflée, une traversée d’Italie avec un « cave » inconscient du danger : il n’y aurait pas comme un petit goût du Corniaud (sorti la même année) ? Jean Becker n’a hélas ni le talent de Godard ni l’humour d’Oury… Son adaptation d’un polar américain manque de souffle et Jean Seberg semble s’ennuyer. Pourtant, un petit charme apparaît quand, dans un bar, elle drague enfin Belmondo avec qui elle doit convoyer la voiture jusqu’au Liban. C’était avant le conflit de 1975 et le film nous donne une vision paisible du pays, où les sites archéologiques attiraient les touristes. On visite également Athènes, Rome, Milan et, en passant, on rencontre un tout jeune Jean-Pierre Marielle, à qui le costume de grand bourgeois italien sied comme un gant.

Belmondo commence à faire du Bébel quand le réalisateur oublie de le diriger, mais il est inénarrable dans son imitation fugace de Michel Simon. Enfin, on peut aussi s’amuser à penser que Jean Becker offre à Jean Seberg une revanche : ici elle sauvera in extremis son amant et sa réplique finale, « Ça me plaît ! », prononcée avec un petit sourire narquois, sonne comme un écho positif au tragique « C’est quoi dégueulasse ? » d’À bout de souffle.
ECHAPPEMENT LIBRE, Jean Becker 1964, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg (thriller)@@ (E)
Un journaliste et sa nouvelle complice détournent la cargaison d'or qu'ils convoyaient pour le compte de trafiquants.

TELERAMA
Belmondo poursuivi, Seberg qui le balance, une virée en bagnole : Jean Becker ess ...

@

ECLAIR DE LUNE, Norman Jewison 1987, Cher, Nicolas Cage (drame sentimental)@@


Loretta, jolie veuve d'origine italienne, vit comme il se doit auprès des siens et s'apprête à un remariage de raison avec le respectable et terne Johnny. Avant la noce, le fiancé, qui part en Sicile solliciter la bénédiction de sa mère malade, lui demande de rencontrer Ronny, son frère cadet, avec lequel il s'est brouillé, pour amorcer une réconciliation. Celui-ci, un boulanger au caractère aussi sombre qu'ardent, tombe d'emblée amoureux de Loretta. Inévitablement, les familles s'en mêlent.
ECLAIR DE LUNE, Norman Jewison 1987, Cher, Nicolas Cage (drame sentimental)@@ (E)
Loretta, jolie veuve d'origine italienne, vit comme il se doit auprès des siens et s'apprête à un remariage de raison avec le respectable et terne Johnny. Avant la noce, le fiancé, qui part en Sicile solliciter la ...

@

EIFFEL, Martin Bourboulon 2020, Romain Duris, Emma Mackey (histoire bio)@@


Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu'il crée quelque chose de spectaculaire pour l'Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s'intéresse qu'au projet de métropolitain. Tout bascule le jour où il recroise son amour de jeunesse. Leur relation interdite l'inspire à changer l'horizon de Paris pour toujours.

TELERAMA
Eiffel s’est érigé sur une ambition XXL : créer un film romanesque et populaire autour de la construction de la tour parisienne qui symbolise la France aux yeux du monde. Le projet a mis plus de vingt ans à se monter, passant entre mille mains ici et aux États-Unis, subissant mille rafistolages, au point qu’on aurait pu le croire maudit. Fallait-il s’obstiner ? Il est permis d’en douter à la vue de ce roman-photo calibré pour l’export.

« Inspiré de faits réels », comme le précise un carton, le long métrage finalement réalisé par Martin Bourboulon ( Papa ou maman 1 et 2) brode sa trame au fil d’une hypothèse romantique : Gustave Eiffel (Romain Duris), au faîte de sa gloire, concourt à l’Exposition universelle de 1889 pour les beaux yeux d’un amour de jeunesse, perdu puis retrouvé mais toujours impossible. La belle s’appelant Adrienne, le constructeur lui dédie secrètement son monument en forme de A — et pourquoi pas ?

Les histoires de cœurs en fusion, sur le papier, on est pour. Hélas, malgré la présence d’Emma Mackey, transfuge inattendue de la série Sex Education, la passion fait long feu dans cette histoire rebattue et bourrée de clichés malgré un vague ripolinage féministe — derrière la volonté de faire « moderne », les vieilles habitudes perdurent : Duris, 47 ans, joue Eiffel sur plusieurs décennies face à une partenaire de 25 ans, quand Gustave et Adrienne n’avaient en réalité que dix ans d’écart.

Pis, ce film patapouf et soporifique néglige son héroïne, la vraie, la Dame de fer conçue par un génie de l’ingénierie. Filmer le travail, forcément, c’est plus ingrat, et à quelques exceptions près — l’inondation des fondations de la tour, la pose du premier rivet… — Eiffel passe à côté de l’essentiel, focalisé sur les plans iconiques et plombé par des effets spéciaux au rendu archi factice.
EIFFEL, Martin Bourboulon 2020, Romain Duris, Emma Mackey (histoire bio)@@ (E)
Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu'il crée quelque chose de spectaculaire pour l'Exposition U ...

@

EL BUEN PATRON, Fernando León de Aranoa 2021, Javier Bardem, Manolo Solo (comique)@@


Julio Blanco est le propriétaire charismatique d'une entreprise qui fabrique des balances industrielles dans une ville de province en Espagne. Ses employés et lui attendent la visite imminente d'un comité qui décidera de l'obtention d'un prix local d'excellence. Tout se doit d'être parfait mais le sort semble s'acharner sur Blanco.

TELERAMA
Un patron d’usine qui se voudrait exemplaire enchaîne les compromissions. Un personnage d’une vérité impressionnante, pour une satire troublante.

Le cinéma espagnol a élevé au rang de trésor national cette comédie couverte de récompenses. Javier Bardem y poursuit sa collaboration avec le réalisateur des Lundis au soleil (2002) et d’Escobar (2017), qui lui offre une partition idéale au fil d’un scénario mené à la baguette. Grimé et plaisamment banalisé, l’acteur joue le patron paternaliste d’une petite entreprise tellement bien gérée sur tous les plans qu’elle concourt pour un énième prix d’excellence. Il ne reste plus à Juan Blanco qu’à exercer son pouvoir pour resserrer quelques boulons et virer un employé, sans cesser de louer la bonne entente familiale. Tout s’équilibre forcément, car, dans son usine, on fabrique des balances.

El buen patrón retrouve une tradition qu’a pu illustrer, chez nous, Louis de Funès : les grands personnages confiés à de grands comiques. Mais ce qui fait la réussite du film est justement que Javier Bardem n’est pas seulement un amuseur. Le gentil et méchant roublard qu’il campe y gagne une vérité indécidable. Ses petits arrangements avec la paix sociale virent au grand dérapage à cause de l’ouvrier qu’il met au chômage, un homme aussi bruyant que discret, aussi maladroit que rusé. Juan Blanco ne pourra éviter de se salir les mains, littéralement et copieusement, mais à force de les laver au savon, il retrouvera sa prestance — le jeu avec les symboles, comme ces balances qui représentent la justice, est savoureux.
EL BUEN PATRON, Fernando León de Aranoa 2021, Javier Bardem, Manolo Solo (comique)@@ (E)
Julio Blanco est le propriétaire charismatique d'une entreprise qui fabrique des balances industrielles dans une ville de province en Espagne. Ses employés et lui attendent la visite imminente d'un comité qui déc ...

@

ÉLÉMENTAIRE MON CHER LOCK HOLMES, Thom Eberhardt 1988, Michael Caine, Ben Kingsley (comique policier)@@


Célèbre médecin, le docteur Watson est passionné par les affaires criminelles et se délecte en résolvant les énigmes les plus compliquées. Afin de préserver son anonymat, il entreprend de créer le personnage du détective Sherlock Holmes, incarné par l'acteur Reginald Kincaid, l'un de ses amis. Mais le comédien, joueur invétéré, qui souffre également d'un sérieux penchant pour la boisson et les jolies jeunes femmes, ne se montre, de fait, pas toujours à la hauteur de la situation. Un jour, alors que l'enlèvement de l'imprimeur des billets de banque du Royaume-Uni est rendu public, les services de Sa Majesté font appel à Sherlock Holmes...

TELERAMA
Une parodie réussie avec un Michael Caine merveilleux en acteur qui se prend pour le grand détective et Ben Kingsley parfait en Watson.

Sur le perron, une meute de journalistes applaudit Holmes pour une énième affaire rondement menée. Mais, une fois au salon, le héros se prend un savon. De Watson, le vrai criminologue, qui l’a « inventé » pour enquêter sans choquer la Faculté. L’idée est formidable. Sherlock n’existe pas. Le type en manteau-cape est un acteur ringard, engagé pour la galerie et qui récite les déductions élémentaires d’un autre. Le docteur, habituel faire-valoir, est le vrai cerveau. Au rayon supercheries, il y aura aussi de faux morts et de pures jeunes femmes qui ne sont ni vraiment pures ni vraiment femmes ! Tout cela entre les mains d’un Billy Wilder, c’était le joyau assuré. Thom Eberhardt n’est ni Billy ni Blake Edwards, mais il ne démérite pas.

Pas un bec de gaz, un quai de Tamise, un morceau de lande ou un bobby ébaubi ne manquent dans son Angleterre victorienne d’opérette. L’inversion du tandem donne tout son sel à cette énième parodie de la mythologie holmesienne. Entre Watson (Ben Kingsley, tellement drôle), agacé par la désobéissance de sa « créature », et Reginald Kincaid (Michael Caine, encore plus drôle), acteur ballot qui se prend au jeu, le burlesque est assuré
ÉLÉMENTAIRE MON CHER LOCK HOLMES, Thom Eberhardt 1988, Michael Caine, Ben Kingsley (comique policier)@@ (E)
Célèbre médecin, le docteur Watson est passionné par les affaires criminelles et se délecte en résolvant les énigmes les plus compliquées. Afin de préserver son anonymat, il ent ...

@

ELEPHANT MAN, David Lynch 1980, Anthony Hopkins, John Hurt (science fiction)@@@


Londres, 1884. Un homme-éléphant est exhibé dans une baraque de fête foraine. Intrigué par ses effrayantes difformités, Frederick Treves, un jeune chirurgien, parvient, moyennant finances, à l'arracher à son manager Bytes et le conduit au London Hospital pour l'examiner en détail. Découvrant peu à peu qu'il s'agit d'un être sensible et intelligent, le jeune médecin décide de l'emmener chez lui et de le présenter à sa femme.

TELERAMA
La bouleversante histoire de l’homme-éléphant, exhibé comme un monstre, maltraité, qui croise la route d’un homme enfin humain. La composition de John Hurt tient du prodige, celle d’Anthony Hopkins est exceptionnelle. Peut-on dire chef-d’œuvre ? Oui.

C'est un chef-d'oeuvre d'une noirceur, d'une violence (suggérée) et d'un humanisme qui n'ont qu'un égal dans l'histoire du cinéma, Freaks, de Tod Browning. Car les monstres, nous dit Lynch, ne sont pas toujours ceux qui en ont l'air. Elephant Man est bien une apologie inspirée de la tolérance et du respect de la dignité humaine, sans que ce regard moral soit didactique ou pontifiant.

Servi par une superbe photo de Freddie Francis, qui restitue les ombres de la société victorienne, par l'interprétation exceptionnelle d'Anthony Hopkins, d'Anne Bancroft et de John Hurt (sous un maquillage ahurissant), Lynch signe un film poignant : ce n'est pas l'aspect physique de l'homme-éléphant qui est insoutenable, mais ce que les autres lui font endurer. A ce titre, les scènes où Merrick répète : « Je ne suis pas un animal, je suis un être humain... », la sarabande des curieux qui abusent de lui ou les sévices perpétrés par Bytes sont autant de moments violemment bouleversants. Produit par Mel Brooks, qui avait apprécié Eraserhead, Elephant Man dévoile quelques-unes des obsessions de Lynch, qui signe ici l'un de ses meilleurs films.
ELEPHANT MAN, David Lynch 1980, Anthony Hopkins, John Hurt (science fiction)@@@ (E)
Londres, 1884. Un homme-éléphant est exhibé dans une baraque de fête foraine. Intrigué par ses effrayantes difformités, Frederick Treves, un jeune chirurgien, parvient, moyennant finances, à l ...

@

ELEPHANT, Gus Van Sant 2003 (drame societe)@@@


Dans un quartier résidentiel des Etats-Unis, une voiture zigzague. Le père de John, qui mène son fils au lycée, est ivre au volant. Il s'arrête et cède la place à son fils. En arrivant, John croise ses amis qui vaquent à leurs occupations quotidiennes. Elias est en train de prendre des photos des élèves dans le parc. Michelle, élève complexée, aide le documentaliste. Des filles discutent au passage d'un beau garçon. Derrière ce calme apparent se noue un drame.

TELERAMA
Inspiré de la tuerie du lycée Columbine, le réalisateur amériacin continue son étude d’une mythologie de l’adolescence. Une envoûtante leçon de cinéma, Palme d’or à Cannes en 2003.

Eu égard à sa Palme d'or, son titre et sa source d'inspiration, la tuerie du lycée américain de Columbine en 1999, on pouvait attendre d'Elephant quelque chose d'imposant. Or, le film vous étreint d'abord de sa douceur, avec ses ciels d'automne sur fond de sonate Clair de lune et ses mouvements de caméra fluides comme ceux d'un oeil flottant, porté par le vent. Jamais le spectacle de la vie quotidienne dans une « high school » n'aura été aussi émouvant en soi. A elle seule, la somme des gestes et déplacements des « kids » esquisse une mythologie de l'adolescence.

Mais Elephant est aussi la reconstitution d'un carnage. Sur ce type d'événement qui tétanise régulièrement l'Amérique, le point de vue de Gus Van Sant n'est « que » celui d'un artiste : pour lui, la pulsion de mort qui couve fait partie intégrante du tableau, elle en est la couche d'impression invisible et le ressort secret de sa séduction. Le cinéaste filme les meurtriers comme il filme tous leurs condisciples. Le monstre, ce n'est pas quelqu'un. C'est l'instant X du passage à l'acte, la seconde qui vous transforme à jamais en bourreau. Mais cette seconde, si elle est montrable, demeure inexplicable. L'humilité de Gus Van Sant en la matière est absolue, et là réside la puissance du film : traiter tout le monde en adulte, ne rien dissimuler de ces abîmes que la réalité, si souvent, nous ouvre.

Dans un quartier résidentiel des Etats-Unis, une voiture zigzague. Le père de John, qui mène son fils au lycée, est ivre au volant. Il s'arrête et cède la place à son fils. En arrivant, John, se rendant chez le proviseur, croise ses amis qui vaquent à leurs occupations quotidiennes. Elias est en train de prendre des photos des élèves dans le parc. Il ira ensuite les développer dans le laboratoire du lycée. Michelle, élève complexée, aide le documentaliste. Des filles discutent au passage d'un beau garçon qui rejoint sa petite amie. Mais derrière ce calme apparent se noue un drame, deux élèves se préparant à commettre un massacre au sein de l'établissement...
ELEPHANT, Gus Van Sant 2003 (drame societe)@@@ (E)
Dans un quartier résidentiel des Etats-Unis, une voiture zigzague. Le père de John, qui mène son fils au lycée, est ivre au volant. Il s'arrête et cède la place à son fils. En arrivant, John c ...

@

ELEVEN DAYS ELEVEN NIGHTS, Joe D'Amato 1987, and starring Jessica Moore, Joshua MacDonald (film e)


Lors d'une promenade en bateau à la Nouvelle-Orléans, Michael, un yuppie travaillant dans le bâtiment, rencontre l'écrivaine et libertine Sarah Asproon. Pour son éditeur, Sarah doit terminer un livre autobiographique sur ses 100 conquêtes érotiques et choisit sa connaissance fortuite Michael comme sa dernière et suprême conquête. Cependant, il est sur le point d'épouser Helen.
Michael et Sarah concluent un pacte érotique pendant 11 jours et 11 nuits et vivent ensemble de nombreuses aventures sexuelles. Au bout d'un moment, Helen devient méfiante et commence à les suivre.
À la fin des temps, Sarah est tombée amoureuse de Michael. Lorsqu'elle révèle à Michael son projet initial de l'utiliser pour son livre, il la prend avec force par derrière et la laisse pour sa future épouse.
ELEVEN DAYS ELEVEN NIGHTS, Joe D'Amato 1987, and starring Jessica Moore, Joshua MacDonald (film e) (E)
Lors d'une promenade en bateau à la Nouvelle-Orléans, Michael, un yuppie travaillant dans le bâtiment, rencontre l'écrivaine et libertine Sarah Asproon. Pour son éditeur, Sarah doit terminer un livre autobi ...

@

ELISABETH, Shekhar Kapur 1998, Kate Blanchett, Richard Attenborough, Fanny Ardant, Vincent Cassel, Éric Cantona, Daniel Craig@@


En 1558, à la mort de Marie Tudor dont le règne fut marqué par la répression des protestants, Elisabeth, fille d'Henri VIII, devient reine d'Angleterre. La jeune souveraine est heureuse de voir revenir d'exil le compagnon de coeur de sa jeunesse, Robert Dudley. Pourtant, les problèmes que rencontre le royaume sont graves : la banqueroute menace et l'hostilité étrangère se fait chaque jour plus grande.

TELERAMA:
Soigneusement académique, envahi de choeurs en latin hors de propos, le film ressemble à un ennuyeux colloque international. Le metteur en scène (auteur de La Reine des bandits) est un Indien sagement probritannique, et l'actrice principale, une Australienne joliment shakespearienne, entourée de trois Français égarés, plus ou moins volontairement comiques. Fanny Ardant et Vincent Cassel en rajoutent un peu trop dans l'arrogance libertine typiquement de chez nous. Et si Eric Cantona a indéniablement perfectionné son anglais sur les pelouses de Manchester, il n'a pas trouvé le masseur adéquat pour soigner le torticolis que semblent lui causer ses costumes empesés.
ELISABETH, Shekhar Kapur 1998, Kate Blanchett, Richard Attenborough, Fanny Ardant, Vincent Cassel, Éric Cantona, Daniel Craig@@ (E)
En 1558, à la mort de Marie Tudor dont le règne fut marqué par la répression des protestants, Elisabeth, fille d'Henri VIII, devient reine d'Angleterre. La jeune souveraine est heureuse de voir revenir d'exil le ...

@

ELLE BOIT PAS ELLE FUME PAS MAIS ELLE CAUSE, Michel Audiard 1970, Annie Girardot, Bernard Blier, Mireille Darc, Sim (comique)@@


Germaine, dite Mémène, femme de ménage au-dessus de tout soupçon, n'a qu'un défaut, dont elle use avec naïveté ou machiavélisme : elle parle trop. Elle a trois employeurs : Francine Marquette, conseillère psychologique à la télévision, Lhiétard, caissier de banque libidineux, et Phalempin, tout dévoué à un patronage de quarante enfants. Tout en époussetant, Mémène surprend des secrets. Francine, qui est sur le point d'épouser un ministre, a participé dans sa jeunesse à des ballets roses. Lhiétard a puisé dans la caisse, et Phalempin chante tous les soirs, travesti en femme, dans un cabaret borgne. Les bavardages de Mémène informent chacun de ses employeurs des secrets mal gardés des autres...
ELLE BOIT PAS ELLE FUME PAS MAIS ELLE CAUSE, Michel Audiard 1970, Annie Girardot, Bernard Blier, Mireille Darc, Sim (comique)@@ (E)
Germaine, dite Mémène, femme de ménage au-dessus de tout soupçon, n'a qu'un défaut, dont elle use avec naïveté ou machiavélisme : elle parle trop. Elle a trois employeurs : Francine Marq ...

@

ELLE S APPELAIT SARAH, Gilles Paquet-Brenner 2010, Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance (guerre shoah)@@@


Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942. Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial.

TELERAMA
Elle enquête sur une jeune fille qui, jadis, a survécu à la rafle du Vél d’Hiv… Un film d’une pudeur extrême, à l’exacte frontière entre bons et beaux sentiments.

Le jour où la police française parquait les Juifs au Vél’ d’Hiv, la petite Sarah a fait le mauvais choix, et ne s’en est pas remise. Des années plus tard, en voulant la tirer de l’oubli, une journaliste américaine fait le bon, au risque de tout détruire autour d’elle…

C’est donc, inspiré par le roman de Tatiana de Rosnay, un film sur la culpabilité. Et le pardon qu’on se refuse à soi-même, mais qu’on espère toujours des autres. Le réalisateur n’arrive pas à éviter l’artifice du scénario : ping-pong incessant et artificiel entre le passé et le présent. Chaque fois qu’il change d’époque, néanmoins, il repart à la recherche de l’émotion perdue, qu’il retrouve à force de pudeur et de retenue sans aucun débordement lacrymal…

Le film est un mélo, un vrai, puisqu’il repose, comme le veut le genre, sur une faute dont chacun ne peut ou ne veut se défaire. C’est aussi un « film du samedi soir », avec ses drames, ses sacrifices et ses outrances — le vieux fils qui apprend la vérité sur cette mère qu’il croyait connaître. Bref, du cinéma humaniste à l’ancienne, à la frontière exacte entre bons et grands sentiments.
ELLE S APPELAIT SARAH, Gilles Paquet-Brenner 2010, Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance (guerre shoah)@@@ (E)
Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans e ...

@

ELLE S EN VA, Emmanuelle Bercot 2013, Catherine Deneuve (societe)@@


Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maisons. Ce sera une échappée.

TELERAMA:
Le scénario patine un peu par moments, mais la réalisatrice réussit joliment le passage de l’inquiétude à l’harmonie. Dans une maison où les rumeurs du monde perdent de leur importance, elle réunit ses héros épars et éparpillés. Dans un après-midi finissant, la mère de Bettie entonne une rengaine du temps passé, que chantaient les prostituées en goguette du Plaisir, de Max Ophuls. Soudain, dans cette quiétude fugace, l’improbable devient possible. Et puis il y a Deneuve, qui pleure de chagrin au volant de sa voiture. Qui hurle de rire en écoutant un jeune dragueur la draguer. Qui, entre rires et larmes, sirote une bière en racontant au veilleur de nuit d’un entrepôt de meubles la triste fin de son mari. Elle étincelle.
ELLE S EN VA, Emmanuelle Bercot 2013, Catherine Deneuve (societe)@@ (E)
Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maisons. Ce sera une échappé ...

@

ELLES DEUX, Renaud Bertrand 2026, Sylvie Testud, Meriem Serbah (telefilm terrorisme)@@


Tout les oppose Sandrine et Hasna, deux quinquagénaires : leur condition sociale, leur vécu, leur origine. Malgré leurs différences, elles vont s'associer dans le même projet intime et viscéral : sortir leur petit-fils de l'enfer d'un camp de prisonniers de Daesh. Elles vont devoir apprendre à cet enfant la douceur, extraire de lui ses peurs comme sa violence, faire taire les cauchemars terribles qui le hantent. Et, à force de patience et de tendresse, elles vont tenter de lui rendre non pas son innocence, mais sa personnalité de petit garçon, capable de vivre avec les autres en paix. Deux femmes, un enfant. Trois destins liés indéfectiblement...

TELERAMA
Une décennie après que leurs enfants aient rejoint Daech, deux grands-mères recueillent leur petit-fils rapatrié de Syrie. Une histoire complexe et politique vidée de sa substance par ce récit simpliste.

Lorsque Sandrine et Hasna se rencontrent pour la première fois, elles se détestent déjà cordialement depuis onze ans. La première, responsable d’une jardinerie, est la mère de Vanessa. La seconde, à la tête d’une cantine, est celle de Jamel. Leurs enfants sont tombés amoureux au sortir de l’adolescence et sont partis rejoindre Daech en Syrie alors que Vanessa était enceinte. Le même aveuglement, la même impuissance face à la radicalisation de leurs enfants ne les a pas empêchées de se tenir mutuellement pour responsables de ce drame. Lorsque survient l’espoir de rapatrier Vanessa et son petit Hicham, les deux jeunes grands-mères sont obligées de s’apprivoiser. Puis d’en faire de même avec le garçon de 10 ans qui leur est confié.

Coécrit par Ève de Castro et Sylvain Saada, Elles deux doit répondre à la nécessité d’allier l’ampleur romanesque réclamée par la fiction et la pédagogie autour d’un sujet complexe, éminemment politique. Malheureusement, le téléfilm ne se montre convaincant sur aucun des deux tableaux. Sûrement parce que les tensions intérieures d’Hicham, confronté à une grand-mère fumeuse et une autre athée alors qu’il a été élevé par des djihadistes, sont résumées par des affrontements clichés et prévisibles. Lesquels finissent par se résoudre à coups de dialogues sans reliefs autour des valeurs de la République. Peut-être aussi parce qu’il est difficile de croire au personnage de Sandrine et à sa naïveté confondante, elle qui éprouve une joie presque enfantine et dénuée d’inquiétude à l’idée de retrouvailles pourtant annoncées comme douloureuses. Meriem Serbah ne démérite pas dans le rôle d’Hasna mais Sylvie Testud ne peut rien contre une écriture aussi bancale. Reste l’idée, encore rare à la télévision et plutôt délicatement traitée, de deux femmes quinquagénaires qui réapprennent à s’ouvrir au monde. Cela ne suffit hélas pas à sauver l’ensemble.

ELLES DEUX, Renaud Bertrand 2026, Sylvie Testud, Meriem Serbah (telefilm terrorisme)@@ (E)
Tout les oppose Sandrine et Hasna, deux quinquagénaires : leur condition sociale, leur vécu, leur origine. Malgré leurs différences, elles vont s'associer dans le même projet intime et viscéral : sor ...

@

ELLES, Malgoska Szumowska 2012, Juliette Binoche, Anais Dumoustier (societe film e)@@


Anne (Juliette Binoche) travaille dans un grand magazine féminin. Pour la prochaine parution, elle doit livrer à ses patrons le texte d'une enquête qu'elle a menée auprès d'étudiantes parisiennes qui payent leurs études grâce à la prostitution.

TELERAMA
Une rencontre avec deux étudiantes qui se prostituent bouscule les certitudes d’une journaliste. C’est aussi le cinéma qui est bousculé par ce film audacieux et sensible, porté par la vérité de ses interprètes. Binoche en tête.

Dans le cadre d'une enquête de terrain pour un magazine féminin, une jour­naliste parisienne (Juliette Binoche) recueille les témoignages de deux call-girls d'aujourd'hui (Anaïs Demoustier et Joanna Kulig). En essayant d'appréhender cette prostitution « nouvelle mode », dédramatisée et « cool », la quadragénaire Anne se ­retrouve face à des questions sur elle-même, mère de deux enfants, réalisant que le désir a déserté son couple et que les films pornos peuplent l'ordinateur de son mari.

Impossible de regarder de l'extérieur ces jeunes filles qui vendent leur corps pour acheter du maquillage et des cigarettes : sexe, matérialisme, consommation à outrance, nous vivons tous dans ce monde-là, nous en sommes tous complices. En nous tenant ce discours, la Polonaise Malgorzata Szumowska ne craint pas de bousculer, de provoquer. Venue du ­documentaire, elle ose des images crues pour regarder en face une réalité qu'on voudrait ignorer, ou alors fantasmer. Tendre avec personne, ce film est parcouru par l'énergie combative que cette jeune cinéaste a su transmettre à ses comédiennes, Binoche en tête. Le film n'est pas tendre avec elle non plus, avec son image. Mais elle y donne tout, présence, émotion. Bel engagement. Un mot qui retrouve ici des résonances ­politiques, féministes. Et cinématographiques.
ELLES, Malgoska Szumowska 2012, Juliette Binoche, Anais Dumoustier (societe film e)@@ (E)
Anne (Juliette Binoche) travaille dans un grand magazine féminin. Pour la prochaine parution, elle doit livrer à ses patrons le texte d'une enquête qu'elle a menée auprès d'étudiantes parisiennes qui ...

@

ELVIS, Baz Luhrmann, Austin Butler, Tom Hanks (bio saga)@


La vie et l'œuvre musicale légendaires d'Elvis Presley, à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker.

TELERAMA
Le réalisateur de “Moulin Rouge” retrace la vie d’Elvis Presley en se concentrant sur la relation toxique que le King entretenait avec son manager. Un spectacle remuant dont on ressort épuisé, mais qui réserve de bonnes surprises.
Austin Butler incarne de manière convaincante le roi du rock à l’écran. Le comédien de 30 ans, peu connu du public français, a été récemment aperçu se faisant casser la figure par Brad Pitt dans Il était une fois à… Hollywood, de Quentin Tarantino. À ses côtés, Tom Hanks, méconnaissable en Colonel Parker, semble prendre grand plaisir à jouer une crapule, lui qui est plus habitué aux rôles de gentils et de héros ordinaires.
Comme toujours avec le travail de Baz Luhrmann, il y a beaucoup d’esbroufe, beaucoup de mouvements, beaucoup de couleurs. Elvis est un film dont on ressort épuisé mais qui reste l’œuvre la plus regardable de son réalisateur.
ELVIS, Baz Luhrmann, Austin Butler, Tom Hanks (bio saga)@ (E)
La vie et l'œuvre musicale légendaires d'Elvis Presley, à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker.

TELERAMA
Le réalisateur de “Mouli ...

@

EMBRASSE MOI, Oceanerosemarie 2017, Oceanerosemarie, Alice Pol (sentimental femmes)@@


Malgré un parcours sentimental chaotique et une énième rupture, Océane Rose Marie croit toujours en l'amour. Lorsqu'elle rencontre la charmante Cécile, photographe, son coeur s'enflamme illico ; elle est persuadée qu'elle a rencontré la femme de sa vie. De son côté, Cécile manifeste quelques réticences. Il est temps pour Océane de grandir un peu pour réussir à la conquérir. En est-elle capable ?

TELERAMA
La première comédie romantique lesbienne du cinéma français, ça se fête. Accueil­lante, chaleureuse, ainsi l'ont voulue les réalisateurs. Océanerosemarie, ­talent multiple, de chanteuse à chroniqueuse radio, a déjà fait parler d'elle pour son spectacle, « La lesbienne invi­sible ». Cyprien Vial a signé en 2015 un premier long métrage percutant, Bébé tigre. Le charme du film tient à son héroïne, volontairement confondue avec l'auteure-interprète, et qui s'appelle, comme elle, Océanerosemarie. A la fois bulldozer et coeur d'artichaut, elle cherche l'amour depuis longtemps. En pleine rupture, elle rencontre la femme de sa vie (Alice Pol). Mais les obstacles s'accumulent, et l'ex (Laure Calamy) en rajoute. La suite est rythmée et très respectueuse du programme des films d'amour ­comiques façonnés aujourd'hui à Hollywood. Ce qui en limite parfois l'originalité. — Louis Guichard
EMBRASSE MOI, Oceanerosemarie 2017, Oceanerosemarie, Alice Pol (sentimental femmes)@@ (E)
Malgré un parcours sentimental chaotique et une énième rupture, Océane Rose Marie croit toujours en l'amour. Lorsqu'elle rencontre la charmante Cécile, photographe, son coeur s'enflamme illico ; elle est p ...

@

EMBRASSEZ QUI VOUS VOUDREZ, Michel Blanc 2002, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet, Karin Viard (comique)@@


Entre Paris et Le Touquet, deux couples et leurs enfants se croisent. Leur rencontre va fortement perturber leurs vacances. D'un côté, Elizabeth, une bourgeoise chic et oisive de la banlieue parisienne, voit le couple qu'elle forme avec Bertrand, un riche agent immobilier, s'enliser.

TELERAMA
Dingues et snobs se croisent lors d'une semaine de vacances au Touquet. Transposer en France Vacances anglaises, le très hilarant et très britannique roman de Joseph Connolly, était quasi impossible. Michel Blanc en a préservé la rosserie cinglante, l'hystérie menaçante.

Au détour d'une scène supposée drôle, il filme le temps qui passe, la désillusion des femmes devant des hommes qui ne les aiment pas, ou alors si mal. Soudain, la caméra saisit le visage vide de Jacques Dutronc devant son dixième verre de whisky, vide lui aussi. Les larmes de Charlotte Rampling, spectatrice de sa propre futilité. Et le désarroi de Karin Viard devant son destin d'éternelle perdante. La morale du film, terrible, revient à Dutronc : « La vie est bizarre, dit-il. Si tu y penses, ça te déchire le coeur... Mais si tu la traverses en zigzaguant, c'est plutôt comique. » Un film terrible et gai. Un drôle de film très sombre.
EMBRASSEZ QUI VOUS VOUDREZ, Michel Blanc 2002, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet, Karin Viard (comique)@@ (E)
Entre Paris et Le Touquet, deux couples et leurs enfants se croisent. Leur rencontre va fortement perturber leurs vacances. D'un côté, Elizabeth, une bourgeoise chic et oisive de la banlieue parisienne, voit le couple qu'elle f ...

@

EMILIENNE, Guy Casaril 1975, Betty Mars, Pierre Oudrey (film e)


Artiste rampant commence une relation avec un homme qui est déjà marié. Quand elle se rende compte qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle, elle decide de la rencontrer. L'ètincelle se produit entre les deux et ils deviennent amants pour ensuite lancer un ménage a trois.
EMILIENNE, Guy Casaril 1975, Betty Mars, Pierre Oudrey (film e) (E)
Artiste rampant commence une relation avec un homme qui est déjà marié. Quand elle se rende compte qu'il ne quittera jamais sa femme pour elle, elle decide de la rencontrer. L'ètincelle se produit entre les deux ...

@

EMILY IN PARIS, Darren Star 2021, Lily Collins, Lucien Laviscount, Ashley Park (serie tv)@


Emily Cooper, jeune directrice marketing à Chicago, est engagée dans une célèbre agence de marketing parisienne afin de mettre sa perspective américaine au service de ses futurs clients.

TELERAMA
Dans “Emily in Paris”, à voir sur Netflix, Darren Star, le créateur de “Sex & the City”, envoie une jeune Américaine (Lily Collins) candide refaire sa vie sentimentale dans la capitale française. Entre serveurs imbuvables, cigarettes à la salle de sport et séducteurs pédants, une série très sucrée et bourrée de stéréotypes… qu’on n’arrive pourtant pas à détester tout à fait.

Dans les séries américaines, Paris ressemble souvent à une pub pour parfum avec loupiottes scintillantes et accordéons, marchés animés et cafés vintage en bord de Seine. Les personnages y prennent des lignes de métro imaginaires, passent de Bastille à Concorde au détour d’une rue, se déplaçant élégamment dans une carte postale qui n’a pas grand-chose à voir avec le quotidien de 90 % des habitants de la capitale. Les derniers épisodes de Sex & the City, en 2004, restent un sommet du genre, façon coulisses de fashion week. Son créateur Darren Star, amoureux de Paris, a décidé d’y tourner intégralement Emily in Paris, mise en ligne ce vendredi 2 octobre sur Netflix.

L’héroïne, Emily Cooper (Lily Collins), est une jeune Chicagoane envoyée dans la capitale par son employeur, une puissante société de marketing pour l’industrie du luxe, et chargée d’inculquer les « bonnes manières » à sa branche parisienne. Au menu : pains au chocolat, incompréhensions linguistiques, clash culturel et romance.

Une grosse meringue artificielle
La bande annonce d’Emily in Paris nous préparait au pire. La série serait à n’en pas douter le punching-ball de la critique française, un sommet de hate watching, cette pratique qui consiste à regarder un programme pour le seul plaisir (pervers) d’en dire du mal. Sa première saison ne « déçoit » pas, la caricature grotesque de la capitale est bien au rendez-vous…

Et pourtant, on peine à détester cette grosse meringue sérielle, artificielle de bout en bout, sauvée par l’énergie de l’écriture de Darren Star et le charisme de son interprète principale. On ne doute pas un instant de la sincérité du showrunner et de son amour pour Paris, où il réside dans les plus beaux hôtels, ne sortant jamais d’un périmètre allant du Panthéon (où habite Emily) à Opéra. Il s’amuse ici à y parachuter le cliché d’une Américaine – trop enthousiaste, trop souriante, trop entreprenante, trop premier degré... –, qui of course va joyeusement se casser les dents sur une population mondialement réputée pour sa mauvaise humeur.

À Paris, tout le monde a une maîtresse
Emily in Paris ressemble à un grand Loto des stéréotypes parisiens. Préparez-vous à cocher les cases : absence d’ascenseur, serveur désagréable, merde de chien sur les trottoirs, bidet dans la salle de bain, cigarettes jusqu’à la salle de sport, boulangerie rustique... La série bat des records quand elle s’attaque au mode de vie français vu d’Amérique : arrivée au bureau à 10h30, restaurant tous les soirs (« on travaille pour vivre, pas l’inverse », « sans plaisir, qui sommes-nous ? ») ; tout le monde a une maîtresse et c’est normal, les hommes sont des « séducteurs » pédants, clairement pas à jour sur #MeToo. Il faut un sacré sens du second degré et une bienveillance à toute épreuve envers nos amis d’outre-Atlantique pour garder ses nerfs.

L’impressionnante garde-robe d’Emily, qui coûte certainement quelques centaines de milliers de dollars, n’a aucune chance de rentrer dans sa chambre de bonne. Autour d’elle, tout le monde est incroyablement beau, soit très riche, soit intellectuel, soit chef cuisinier, soit artiste. À un tel degré de caricature, on est contraint de lâcher prise... Contre toute attente, on se laisse pourtant convaincre par l’énergie de Lily Collins, rapidement « attachiante », et par l’interprétation globalement correcte d’une distribution essentiellement française, qui joue en « vrai » français et non dans la purée francophone que servent souvent les séries américaines.

Côté clash des cultures, Emily in Paris est du niveau d’un débat lancé après quelques coupes de champagne au bar du Crillon. Mais un jeune public hexagonal en quête de sucrerie post-Gossip Girl y trouvera peut-être de quoi occuper un week-end pluvieux.
EMILY IN PARIS, Darren Star 2021, Lily Collins, Lucien Laviscount, Ashley Park (serie tv)@ (E)
Emily Cooper, jeune directrice marketing à Chicago, est engagée dans une célèbre agence de marketing parisienne afin de mettre sa perspective américaine au service de ses futurs clients.

TELERAMA ...

@

EMMA BOVARY, Didier Bivel 2022, Camille Metayer, Thierry Godard, Gregory Fitoussi.


En 1857, l'écrivain Gustave Flaubert est en procès pour outrage à la morale publique et religieuse. Au tribunal, l'accusation et la défense sont prêtes à s'affronter. Au centre des débats, Madame Bovary : c'est elle qu'on juge en réalité. La plaidoirie débute puis le roman prend vie. L'histoire d'Emma se déploie, tandis que le procès avance, racontant le débat qui agite alors la France au sujet de la condition des femmes à cette époque. Quelle sentence pour Flaubert ?

TELERAMA:
De facture très classique, le téléfilm pose une question très actuelle : celle de la liberté de l’artiste à l’épreuve des diktats de son époque. Très astucieusement, la fiction fait des allers-retours entre le roman et la salle de tribunal, où est évaluée page après page la dangerosité du livre. Chaque phrase est disséquée par ses détracteurs. Chaque mot est remis dans son contexte par ses défenseurs. Emma Bovary, impeccable Camille Métayer, est elle aussi sur le banc des accusés. On invoque pour sa défense un système éducatif défaillant qui « remet en cause le fondement même de notre société, l’institution du mariage ». Didier Bivel signe une élégante fiction patrimoniale qui dépoussière le genre en adoptant un point de vue. Deux siècles avant Twitter, la rage de discréditer est la même…
EMMA BOVARY, Didier Bivel 2022, Camille Metayer, Thierry Godard, Gregory Fitoussi. (E)
En 1857, l'écrivain Gustave Flaubert est en procès pour outrage à la morale publique et religieuse. Au tribunal, l'accusation et la défense sont prêtes à s'affronter. Au centre des débats, Mad ...

@

EMMANUELLE, Just Jaekin 1974, Sylvia Kristel, Marika Green, Alain Cuny (film e)@@


Emmanuelle est une jeune femme qui vit de manière très libérée avec son mari Jean. Lors du voyage qui la conduit à Bangkok pour rejoindre son époux, Emmanuelle rencontre deux hommes dans l'avion et s'octroie quelques plaisirs fugaces. Durant son séjour, elle fait la connaissance de deux jeunes filles, Marie-Ange et Bee, avec qui elle a une aventure. Jean, quant à lui, décide de pousser Emmanuelle dans les bras d'un sexagénaire pervers.

TELERAMA
A peine débarquée en Thaïlande, Emmanuelle est dans tous ses états : l’Asie et ses moiteurs languides, hou là là !
Just Jaeckin filme une suite de tableaux « artistiques » : saphisme, échangisme, demi-fesse et fauteuils en rotin. Et que je te chatouille le nombril sur fond de paysages exotiques, et que je roule des yeux extasiés... Le triomphe, dans les années 70, de cette molle agacerie pour collégiens pubères (qui engendra une flopée de suites, le collégien étant une espèce en renouvellement constant) suscite aujourd’hui une hilarité perplexe... On goûtera la présence cocasse de l’austère Alain Cuny, transformé pour l’occasion en pervers pépère des antipodes...
EMMANUELLE, Just Jaekin 1974, Sylvia Kristel, Marika Green, Alain Cuny (film e)@@ (E)
Emmanuelle est une jeune femme qui vit de manière très libérée avec son mari Jean. Lors du voyage qui la conduit à Bangkok pour rejoindre son époux, Emmanuelle rencontre deux hommes dans l'avion et ...

@

EMMANUELLE 2 l antivierge, Francis Giacobetti 1975, Sylvia Krystel (film e)@


Emmanuelle retourne en Asie et rejoint son mari à Hong Kong où elle va multiplier les rencontres amoureuses. Elle fait la connaissance d'un jeune pilote américain du nom de Christopher et d'Anna-Maria, une jeune fille très attirante.

TELERAMA
“ Sylvia est toujours aussi belle, l'image aussi léchée, la musique sensuelle, la destination exotique. Mais l'attrait transgressif est passé. ”
EMMANUELLE 2 l antivierge, Francis Giacobetti 1975, Sylvia Krystel (film e)@ (E)
Emmanuelle retourne en Asie et rejoint son mari à Hong Kong où elle va multiplier les rencontres amoureuses. Elle fait la connaissance d'un jeune pilote américain du nom de Christopher et d'Anna-Maria, une jeune fille t ...

@

GOODBYE EMMANUELLE, François Leterrier 1977, Sylvia Kristel, Umberto Orsini (film e)@@


Emmanuelle mène aux Seychelles une vie très gaie et libertine. Imperceptiblement, le ciel limpide de sa vie va se déchirer. Tout d'abord, elle est ébranlée en découvrant que son amie Clara, qui a l'air de vivre un amour partagé avec son mari, ne supporte pas cette vie et que, s'il n'y avait pas d'enfant, elle serait partie depuis longtemps. Jean, le mari d'Emmanuelle.

TELERAMA
Sylvia reste affriolante, l'image, la destination séduisantes. Mais la recette est devenue insipide. Demeure la musique signée SGainsbourg ! ”
GOODBYE EMMANUELLE, François Leterrier 1977, Sylvia Kristel, Umberto Orsini (film e)@@ (E)
Emmanuelle mène aux Seychelles une vie très gaie et libertine. Imperceptiblement, le ciel limpide de sa vie va se déchirer. Tout d'abord, elle est ébranlée en découvrant que son amie Clara, qui a l' ...

@

EMMANUELLE, Audrey Diwan 2024, Noemie Merlant (film e)@@


Emmanuelle est en quête d'un plaisir perdu. Elle s'envole seule à Hong Kong, pour un voyage professionnel. Dans cette ville-monde sensuelle, elle multiplie les expériences et fait la rencontre de Kei, un homme qui ne cesse de lui échapper.

TELERAMA
Thriller érotique mental et audacieux pour les uns, production lisse et déconnectée de la réalité pour les autres. La relecture du film culte de 1974 divise

POUR : Noémie Merlant, fascinante de bout en bout
Qu’attendre cinquante ans après d’une nouvelle version d’un film érotique aujourd’hui bien suranné, qui fut un phénomène de société en son temps ? On parlait alors de « libération sexuelle ». Non sans culot, cette relecture prend exactement le contre-pied et filme un blocage : l’héroïne n’arrive plus à jouir. En faisant d’elle non plus un objet sexuel mais le sujet du récit, Audrey Diwan change de perspective. La première scène d’amour, dans l’avion, tout en élégance feutrée et silencieuse, est en soi emblématique. Emmanuelle en est l’initiatrice – c’est elle qui invite un passager en s’enfermant dans la cabine des toilettes. Mais tandis que l’homme s’active dans son dos, elle reste impassible, froidement ailleurs.

Belle à faire peur, cette femme est une tueuse. Au sens néolibéral du terme. Regard d’acier, responsable du contrôle qualité, elle débarque dans un palace de Hong Kong pour juger si ses services sont bien optimums. Elle observe tout avec minutie, chronomètre, goûte, évalue et consigne son rapport de manière rigoriste. Elle a la sophistication d’une vamp hollywoodienne. Un peu vampire donc, et nullement puritaine. La libertine, en quête d’un plaisir perdu, tente deux expériences, mais qui s’avèrent décevantes. Seul ce bel inconnu qu’elle ne cesse de croiser à l’hôtel semble rallumer sa flamme…
Le pari, c’est de faire un thriller érotique et mental, qui temporise. Déambule, flotte entre fantasme et réalité, dans un monde soyeux qui tient du piège, où tout n’est que frôlement, glissement. Exercice de style assumé, le film est au bord de l’image publicitaire, sans jamais y sombrer. Il joue plutôt à cache-cache avec les clichés, le « déjà-vu », semble lancer des clins d’œil (à In the Mood for Love, de Wong Kar-wai), revisite des archétypes – une scène avec un glaçon « torride ». Se fait sensuel, sans être nécessairement charnel.

Lente et progressive, la montée de fièvre dépend d’un changement de trajectoire du personnage et d’une transformation. Parfaitement lisible sur le visage de Noémie Merlant (fascinante de bout en bout), plus détendu et lumineux au fil des séquences. Au-delà de l’orgasme, le film vise surtout une autre vie, une renaissance, en nous tenant en haleine. Pas de plaisir sans mystère. Pas de jouissance sans frisson. Ce qui, au passage, est une définition possible du cinéma. — Jacques Morice

CONTRE : Lisse comme une publicité interminable
Sur le papier, glacé, trois femmes puissantes, trois personnalités ayant porté haut et fort le désir féminin post-#MeToo, avec ce qu’il impose de nuances. Audrey Diwan, la cinéaste qui a su adapter Annie Ernaux à l’écran (L’Événement, Lion d’or à Venise) ; Rebecca Zlotowski, sa coscénariste, dont les films s’emploient à déconstruire nos représentations (de la cagole dans Une fille facile, de la belle-mère dans Les Enfants des autres) ; Noémie Merlant, l’actrice qui n’a jamais froid, ni aux yeux, ni aux fesses, qu’elle assume de dévoiler pour incarner des héroïnes qui le méritent. Bref, la crème de la crème des autrices féministes et cérébrales aux commandes d’une relecture du fleuron de l’érotisme pompidolien : on était prêt à adorer le résultat.

Trois fois hélas ! Plaisir en berne dans tous les sens du terme. L’héroïne ne peut pas jouir, le spectateur non plus. L’action patine, les scènes de sexe, sans invention, excitent modérément. Était-ce le but ? Sous couvert d’interroger les mécanismes de la libido, le film reproduit une imagerie éculée de palace feutré, de luxe outrancier, déconnecté de la réalité. Lisse comme une interminable publicité pour une compagnie aérienne extrême-orientale. Avec une litanie de métaphores liquides peu inspirées : spa, orage, inondation, et beaucoup de gouttelettes sur les fenêtres. On ne voit rien de Hong Kong, sinon un tripot enfumé, encore un cliché. En patronne d’hôtel interchangeable, Naomi Watts n’existe pas. À l’instar de Noémie Merlant, on attend le climax, la rencontre avec l’inconnu qui se refuse mystérieusement à elle. Le trouble n’arrivera jamais. Et la montagne de désir accouche d’une souris de frustration. — Jérémie Couston

EMMANUELLE, Audrey Diwan 2024, Noemie Merlant (film e)@@ (E)
Emmanuelle est en quête d'un plaisir perdu. Elle s'envole seule à Hong Kong, pour un voyage professionnel. Dans cette ville-monde sensuelle, elle multiplie les expériences et fait la rencontre de Kei, un homme qui ne ces ...

@

EN ATTENDANT BOJANGLES, Regis Roinsard 2021, Romain Duris, Virginie Efira (societe)@@


Gary voit ses parents, Camille et Georges, danser tout le temps sur leur chanson préférée : "Mr. Bojangles" de la chanteuse américaine Nina Simone. Camille et Georges ont l'habitude de recevoir leurs amis chez eux, entre plaisir et fantaisie. Avec le temps, Georges et son fils voient que la maman va beaucoup trop loin. Elle va les contraindre à tout faire pour éviter l'inéluctable, coûte que coûte.

TELERAMA:
Camille (Virginie Efira) et Georges (Romain Duris) planent au-dessus des contingences de la vie. La seule qui vaille est celle qu’ils inventent ! Leur rencontre a tout d’un sketch délirant, leur première étreinte est une parade baroque, leur appartement, une scène de théâtre… Même leur progéniture, le petit Gary, semble d’abord une création, un lutin venu jouer son rôle dans ce monde de fantaisie. Le tourbillon est vertigineux, comme le vide qui s’ouvre parfois sous les pas de Camille, funambule en chef rattrapée par la gravité de l’existence…
Ils nous touchent en plein cœur, les héros de ce film qui prend la forme d’un étonnant hymne à l’amour. Si excen­triques soient-ils, Régis Roinsard sait les rendre proches de nous. Leur envie de célébrer le bonheur fait des étincelles. Leur joie tellement insensée qu’elle en devient folie menaçante donne des frissons. Tout est dans l’intensité, ludique ou dangereuse. Un beau programme que la caméra épouse en faisant battre cette histoire comme une musique, une valse exaltante, ondulante, changeante.
Avec des décors rétro et colorés, la comédie à la Philippe de Broca n’est pas loin, et Romain Duris n’a assurément ­jamais été plus proche du Belmondo de L’Homme de Rio. En une composition plus étourdissante encore, Virginie Efira plonge d’un même élan dans le versant solaire et le versant sombre de son personnage. Peu à peu, ces con­trastes scénarisés deviennent si extrê­mes que la complicité du réalisateur avec les personnages ne suffit plus : l’épilogue ne convainc qu’à moitié. Mais se trouver démuni face à la fin de toute chose, c’est bien le sujet d’En attendant Bojangles.
EN ATTENDANT BOJANGLES, Regis Roinsard 2021, Romain Duris, Virginie Efira (societe)@@ (E)
Gary voit ses parents, Camille et Georges, danser tout le temps sur leur chanson préférée : "Mr. Bojangles" de la chanteuse américaine Nina Simone. Camille et Georges ont l'habitude de recevoir leurs am ...

@

EN ATTENDANT UN MIRACLE, Thierry Binisti 2021 (thriller religieux)


Lourdes, au petit matin. Le corps du docteur Delubac est découvert dans un bassin de la grotte des Apparitions, où s'immergent les pèlerins. La victime faisait partie du Comité médical international de Lourdes, qui valide les guérisons dites miraculeuses. Une réunion était prévue le lendemain pour statuer sur certains dossiers.

TELERAMA
Le docteur Delubac est retrouvé mort dans le sanctuaire de Lourdes, mais qui est le coupable ? Divertissant mais sans grande surprise.

Avant l’arrivée des premiers visiteurs dans le sanctuaire de Lourdes, le corps d’Adrien Delubac, médecin membre du comité médical international de Lourdes, est découvert sans vie dans un bassin utilisé par les pèlerins qui espèrent une guérison miraculeuse. Maxime Gardette, nouvellement arrivé dans le commissariat local, est chargé de faire équipe avec Fiona Langlois afin de retrouver le coupable de ce crime. Mise en scène religieuse ? Meurtre sur fond de faux miracle ? Ou crime conjugal ? Les pistes s’accumulent pour les deux agents qui, dans le même temps, doivent affronter des soucis familiaux et médicaux.

Anne Charrier (Fiona Langlois) et Frédéric Diefenthal (Maxime Gardette) forment un tandem crédible, que des préoccupations personnelles participent à souder. Si En attendant un miracle, composé de rebondissements parfois fragiles, ne révolutionne pas le classique whodunnit, ce téléfilm policier s’appuie toutefois sur un cadre original : Lourdes. Thierry Binisti n’a pour autant pas surexploité les décors, l’ambiance sacrée ni les mystères de la ville aux miracles. Bien que le commerce de la foi chrétienne – timidement critiqué – pourrait bien être le mobile du meurtre.

EN ATTENDANT UN MIRACLE, Thierry Binisti 2021 (thriller religieux) (E)
Lourdes, au petit matin. Le corps du docteur Delubac est découvert dans un bassin de la grotte des Apparitions, où s'immergent les pèlerins. La victime faisait partie du Comité médical international de Lou ...

@

EN BRAZOS DE LA MUJER MADURA (Le Jeune Homme amoureux), Manuel Lombardero 1997 (erotique guerre)@


Lorsque la guerre civile éclate en 1936, les garçons d'un pensionnat catholique en territoire républicain sont renvoyés chez eux. Trouvant que l'appartement à Gérone de sa mère, veuve, est réquisitionné et qu'elle est bien loin à La Corogne, il décide de la rejoindre en vélo. Au front d'Aragon, il est arrêté par une unité anarchiste sous le commandant charismatique Davalos et est enrôlé pour aider le cuisinier Honorio, qui poursuit une liaison avec une femme paysanne Pilar. Aussi arrêtés sont un riche Anglais et sa femme américaine, la Condesa, pour qui Andrés agit comme interprète et est récompensé. Ensuite il est envoyé à Barcelone où il entame une liaison avec Julia, la fille vierge de la maison, mais est expulsé juste avant la consommation. Pour vivre, il commence à traiter sur le marché noir et une nuit essaie une prostituée, mais elle est tellement ennuyée qu'en dégoût il la laisse. La guerre terminée, sa mère revient et est mise en place dans un appartement par son amant phalangiste Victor. Au-dessus d'eux vit une femme mariée Marta, qui prête des livres à Andrés et commence une liaison. Mais elle et son mari étaient républicains et sont emmenés par la police secrète. Dans la rue, Andrés rencontre Pilar, la fille du front, et ils passent une nuit ensemble. Lors d'un concert il tombe amoureux de Bobi, belle violoniste italienne, et ils connaissent une brève idylle. La prochaine engagement de son orchestre est dans la zone libre de France et Andrés la rejoint à la gare frontière de Canfranc.
EN BRAZOS DE LA MUJER MADURA (Le Jeune Homme amoureux), Manuel Lombardero 1997 (erotique guerre)@ (E)
Lorsque la guerre civile éclate en 1936, les garçons d'un pensionnat catholique en territoire républicain sont renvoyés chez eux. Trouvant que l'appartement à Gérone de sa mère, veuve, est r& ...

@

EN CAS DE MALHEUR, Claude Autant Lara 1958, Jean Gabin, Brigitte Bardot (societe)@@


En 1957 à Paris, la jolie Yvette Maudet, tapineuse occasionnelle de 23 ans, assomme une femme en tentant de dévaliser un horloger. Me André Gobillot, avocat quinquagénaire, tombe amoureux de sa jeune cliente et obtient son acquittement grâce à un faux témoignage. Il entame alors une relation amoureuse avec Yvette qu'il entretient mais doit la partager avec un homme plus jeune. Soupçonné d'avoir payé le faux témoin, sa carrière est menacée.

TELERAMA
Hiératisme d’Autant-Lara d’un côté, érotisme de Bardot de l’autre. Résultat, un film bancal, trop noir, trop lourd.

Àla suite d’un casse, Yvette (Brigitte Bardot) veut se faire défendre par le célèbre maître Gobillot (Jean Gabin). Ce dernier tombe sous le charme…

Dans le livre d’entretiens La Suite à l’écran (éd. Institut Lumière Actes Sud), le scénariste Jean Aurenche raconte que, sur le tournage, pour agacer son metteur en scène, qu’elle savait très prude, Bardot quittait ostensiblement la cantine avec un technicien différent chaque jour. Une anecdote qui révèle l’abîme existant entre Autant-Lara, précis, maniaque, et Bardot, qui n’était qu’instinct et légèreté.

Comment deux êtres aussi dissemblables auraient-ils pu s’entendre ? D’où ce film bancal, un peu trop noir, un peu trop lourd, où un metteur en scène contemple, sans la comprendre, une personnalité fabuleuse, qui, grande actrice ou non, dynamitait les clichés d’un cinéma verrouillé.

Revoir En cas de malheur, c’est contempler un film très démodé sur un phénomène sexuel qui ne l’est pas : Bardot qui secoue ses cheveux, Bardot offerte à chaque instant et pourtant inaccessible.
EN CAS DE MALHEUR, Claude Autant Lara 1958, Jean Gabin, Brigitte Bardot (societe)@@ (E)
En 1957 à Paris, la jolie Yvette Maudet, tapineuse occasionnelle de 23 ans, assomme une femme en tentant de dévaliser un horloger. Me André Gobillot, avocat quinquagénaire, tombe amoureux de sa jeune cliente et o ...

@

EN CORPS, Cedric Klapish 2022, Marion Barbeau, Francois Civil (societe)@@@


Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à se réparer. Entre Paris et la Bretagne, au gré des rencontres et des expériences, des déceptions et des espoirs, elle va se rapprocher d'une compagnie de danse contemporaine. Cette nouvelle façon de danser va lui permettre de retrouver un nouvel élan et aussi une nouvelle façon de vivre.

TELERAMA
Reconstruction et possibilité d’une autre vie : le sujet comportait des risques de mièvrerie, mais, décidément, Cédric Klapisch sait offrir de la fraîcheur et de la fantaisie aux élans de la jeunesse. Si la danse a toujours été son jardin secret, le cinéaste trouve l’occasion de déployer ici ce qui reste son grand sujet de film en film : le besoin vital de faire corps avec soi-même et avec le monde. Chaque scène ajoute à la célébration des sens. Peler des légumes, composer un plat ou s’agglomérer en un ballet sur la rage de survivre, tout concourt à redonner le goût des autres. À l’image de la troupe de comédiens, mélange de générations et de personnalités fortes autour de la talentueuse danseuse Marion Barbeau, qui s’impose en actrice naturelle et frémissante. Denis Podalydès excelle en père pudique, et Muriel Robin en bonne fée boiteuse, ivre du talent des autres. Avec cette comédie sensible sur la fragilité érigée en force, Cédric Klapisch, toujours à l’écoute du rythme du monde, signe peut-être son meilleur film.

EN CORPS, Cedric Klapish 2022, Marion Barbeau, Francois Civil (societe)@@@ (E)
Elise, 26 ans est une grande danseuse classique. Après s'être blessée pendant un spectacle, elle apprend qu'elle ne pourra plus danser, et sa vie va en être bouleversée. Elise va devoir apprendre à se ...

@

EN EAUX TROUBLES, Jon Turteltaub 2018, Jason Statham, Ruby Rose (catastrophe maritime)@


Au coeur de l'océan Pacifique, le sous-marin d'une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu'on croyait disparue : le Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres de long.

TELERAMA
Surgi de fonds marins inexplorés, un requin plus grand que tous les autres (un mégalodon) donne du fil à retordre à une équipe américano-chinoise d’océanographes, secondé par un aventurier casse-cou (Jason Statham).

Cette énième variation sur la partition des Dents de la mer (1975) est devenue un petit miracle de marketing. Face à des prévisions commerciales trop timides, la campagne de publicité pour la sortie en salles a été centrée, non sur l’action, mais sur le fun et l’humour. Et elle a pris beaucoup de spectateurs dans ses filets. Le second degré n’est pourtant pas le fort de ces aventures en eaux jamais troublantes, alignant les situations les plus attendues avec un sens de la mise en scène finalement pas aussi spectaculaire qu’on l’imaginait, à considérer la taille du requin censé assurer le show.
EN EAUX TROUBLES, Jon Turteltaub 2018, Jason Statham, Ruby Rose (catastrophe maritime)@ (E)
Au coeur de l'océan Pacifique, le sous-marin d'une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu'on croyait disparue : le Megalodon, un requin préhistorique de 23 m&egrav ...

@

EN GUERRE, Stephane Brize 2018, Vincent Lindon, Mélanie Rover (societe)@@


Le personnel de Perrin Industrie, usine d’Agen, est en danger : la maison mère, une multinationale, s’apprête à fermer le site et à délocaliser, laissant onze cents salariés sur le carreau. Négociations, grève, occupation des locaux… La guerre est déclarée, totale, éreintante, inégale.

TELERAMA
Film social d’une humanité incandescente. Perrin Industrie n’existe pas, elle est née de l’imagination de Stéphane Brizé et de son coscénariste, Olivier Gorce. Mais il suffirait de remplacer ce nom par Goodyear, Continental, Whirl­pool… pour se retrouver dans le documentaire.
Lutter pour survivre
Par bien des aspects, cette fiction puise ses qualités dans cet autre cinéma, en emprunte l’énergie convulsive, l’effet d’immersion. La source documentaire irrigue aussi, en profondeur, la description des mécanis­mes modernes de la casse sociale et de la rage désespérée qu’ils suscitent. « On est tous sur le même bateau », se défend l’un des dirigeants. Oui, mais « nous, on est dans les couchettes du bas avec les rats et la merde, et vous, vous êtes dans celles du haut », lui répond une gréviste. Dans « les couchettes du bas » veille Laurent Amédéo, délégué syndical, rivé à la lutte. ­Pugnace et poignant, Vincent Lindon habite le personnage. En guerre n’offre pas d’issues faciles, de réponses rassurantes, mais souligne l’urgence de faire face. Une insuffisante mais nécessaire condition de la survie.
EN GUERRE, Stephane Brize 2018, Vincent Lindon, Mélanie Rover (societe)@@ (E)
Le personnel de Perrin Industrie, usine d’Agen, est en danger : la maison mère, une multinationale, s’apprête à fermer le site et à délocaliser, laissant onze cents salariés sur le carrea ...

@

EN PLEINE TEMPETE, George Clooney (film complet)


De retour d'une pêche décevante, Billy Tyne, capitaine du bateau Andrea Gail, décide de repartir en mer avant la fin de la saison de pêche. Tyne et son équipage de cinq hommes s'aventurent dans la zone du cap Flemish, riche en poissons mais dépressionnaire et dangereuse. Mais les éléments semblent s'acharner contre lui et son équipage : une terrible tempête se soulève, la plus grande jamais vue.

TELERAMA:
La trame, limpide, s’inspire du Vieil Homme et la Mer (1952), d’Ernest Hemingway. Ici, la déraison du capitaine (George Clooney, à contre-emploi) tient en un mélange d’appât du gain et d’orgueil blessé – il est menacé de renvoi par le propriétaire du bateau, incarnation du capitalisme –, qui le pousse toujours plus loin dans l’Atlantique Nord, au large de Terre-Neuve.
La deuxième heure, immersive jusqu’à transmettre le mal de mer, où l’espadonnier tangue face à des murs d’eau (mi-prises de vues réelles, mi-effets spéciaux numériques), a fait la réputation d’En pleine tempête, triomphe au box-office – contrairement à Poséidon, qui coulera la carrière de Petersen en 2006. Pour autant, il ne faut pas négliger ce qui précède ce morceau de bravoure : la communauté de familles éclatées (avec des seconds rôles solides tels William Fichtner, John Hawkes, John C. Reilly) se rassemble dans un bar près du port. Elle donne à ce film viscéral, qui sent le poisson – les espadons remplis de glace sur la jetée –, des allures de document ethnographique.

EN PLEINE TEMPETE, George Clooney (film complet) (E)
De retour d'une pêche décevante, Billy Tyne, capitaine du bateau Andrea Gail, décide de repartir en mer avant la fin de la saison de pêche. Tyne et son équipage de cinq hommes s'aventurent dans la zone du ca ...

@

EN ROUTE VERS LE MARIAGE, un amour de Saint Valentin


Très occupés par la gestion de leur auberge qui rencontre un succès florissant, Mick et Olivia se réjouissent de pouvoir enfin passer un week-end en amoureux pour la Saint-Valentin. Mais voilà que leurs familles respectives s'invitent à l'auberge. Julie rend visite à son père Mick et lui annonce qu'elle souhaite quitter la faculté pour devenir cheffe culinaire. Bonnie, la soeur de Mick, annonce qu'elle souhaite se marier ce même week-end avec Sean, un ancien musicien qui a fait faux bond à Mick lors d'un concert dans le passé
EN ROUTE VERS LE MARIAGE, un amour de Saint Valentin (E)
Très occupés par la gestion de leur auberge qui rencontre un succès florissant, Mick et Olivia se réjouissent de pouvoir enfin passer un week-end en amoureux pour la Saint-Valentin. Mais voilà que leurs fa ...

@

EN VOITURE CAMILLE, Bindu De Stoppani 2017, Luigi Diberti, Anna Ferzetti (roadmovie)@@@


Le père de Camille Edoardo, atteint de démence, cherche désespérément une Camille. Mais qui est cette Camille ? Parce qu'apparemment Edoardo ne parle pas de sa fille. Pour percer le mystère, Camille part avec son père en Bosnie, où Edoardo a effectué sa dernière grande mission en tant que journaliste de guerre dans les années 1990.

TELERAMA:
Saisissante, l’ouverture résume à merveille les enjeux du film. La maison sens dessus dessous, jonchée d’objets divers — parfois étiquetés avec des Post-it —, renvoie au cerveau en désordre du père. A l’aide d’un journal de voyage, de photos et d’une carte routière, la jeune femme essaie de reconstituer, littéralement, une cartographie des souvenirs paternels. Pourquoi, lors de ses crises, se retrouve-t-il les pieds dans l’eau à chercher « Camille » ? La réponse, astucieuse, sera dévoilée à la fin, dans la boue de la mémoire.
EN VOITURE CAMILLE, Bindu De Stoppani 2017, Luigi Diberti, Anna Ferzetti (roadmovie)@@@ (E)
Le père de Camille Edoardo, atteint de démence, cherche désespérément une Camille. Mais qui est cette Camille ? Parce qu'apparemment Edoardo ne parle pas de sa fille. Pour percer le mystère, Camille ...

@

ENFIN VEUVE, Isabelle Mergault 2008, Michele Laroque, Jacques Gamblin, Valerie Mairesse (comique)


Anne-Marie vient de perdre son mari dans un accident de voiture. Elle est enfin libre d'aimer celui qu'elle voit en cachette depuis deux ans. Mais elle n'a pas prévu que sa famille, pétrie de bons sentiments, a décidé de rester à ses côtés pour la soutenir dans son chagrin. Anne-Marie se retrouve alors encore plus prisonnière que lorsqu'elle était mariée...

TELERAMA
Rassurez-vous, pas d'appel au meurtre politiquement incorrect. Plutôt un vaudeville hors d'âge où l'adultère reste un tabou inavouable et où une jeune veuve (Michèle Laroque, qui joue la fofolle façon Catherine Frot) peine à s'émanciper de la famille de son défunt mari...

Qu'est-ce qui cloche ? Tout. Faiblesse globale de l'écriture (on ne sourit qu'une fois, grâce à Rémy Roubakha, second rôle amateur de femmes en cuissardes) ; absence de toute vérité psychologique ou sociale ; médiocrité du filmage, à peine fonctionnel. Tout indique décidément qu'être fidèle de Ruquier ou des Grosses têtes suffit, aujourd'hui en France, pour être adoubé cinéaste et que, corollaire immédiat, le « grand retour du cinéma populaire » s'accompagne d'une incroyable régression esthétique.
ENFIN VEUVE, Isabelle Mergault 2008, Michele Laroque, Jacques Gamblin, Valerie Mairesse (comique) (E)
Anne-Marie vient de perdre son mari dans un accident de voiture. Elle est enfin libre d'aimer celui qu'elle voit en cachette depuis deux ans. Mais elle n'a pas prévu que sa famille, pétrie de bons sentiments, a décid&ea ...

@

ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@


L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

TELERAMA
Bon thriller d'espionnage qui s'inspire des efforts déployés pendant la Seconde Guerre mondiale par les Alliés pour briser le cryptage allemand, généré par la célèbre machine "Enigma".

Le scénario est "énigmatique" et plein de rebondissements entre trahisons, complots et espionnage. La proposition était de créer une intrigue complexe qui symbolisait la complexité de la machine qui donne son nom au film. Mais malgré sa complexité, le scénario est bien structuré, sans trous ni incohérences majeurs. Et pour ceux qui y prêtent attention, toutes les réponses seront expliquées de manière satisfaisante à la fin.

Un fait intéressant est que le film a été produit par Mick Jagger des Rolling Stones, qui fait même une apparition spéciale en tant qu'officier de la RAF lors d'un bal. Il a également prêté aux producteurs du film sa propre machine Enigma originale à quatre rotors, pour garantir l'exactitude historique de ce qui est vu sur scène. Mais malgré ce souci de la véracité de l'histoire, le film oublie de mentionner que le véritable déchiffreur des codes machine d'Enigma était Alan Turing.

Comme le montre le film, le massacre de Katyn a été révélé après la découverte des fosses communes de 4 500 officiers polonais et est considéré comme l'une des plus grandes atrocités historiques commises par la Russie stalinienne en 1940. Cependant, il n'y a aucune preuve que les détails de ces tombes aient été interceptés par les services de renseignement britanniques, bien que cela soit possible.
ENIGMA, Michael Apted 2001, Dougray Scott, Kate Winslet, Saffron Burrows (histoire guerre)@@@ (E)
L'action tourne autour du déchiffrage par les services secrets britanniques, à Bletchley Park, du code de la machine de chiffrement Enigma[2] utilisée par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale.

T ...

@

ENSEMBLE C EST TOUT, Claude Berri 2007, Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker@@


La jeune Camille Fauque a quitté sa famille bourgeoise pour vivre de son côté. Pour l'instant, elle habite une chambre de bonne et arrive à survivre en faisant des ménages. C'est dans le hall de son immeuble qu'elle fait la connaissance de Philibert, un aristocrate bègue qui vit dans un immense appartement familial en colocation avec Franck, un jeune cuisinier. Un soir d'hiver, Philibert rend visite à la charmante Camille, victime d'une forte grippe.

TELERAMA:
Le film décolle quand la vérité excède l'efficacité tire-larmes de l'intrigue. On pense à une escapade en province – où Berri se souvient qu'il a été l'ami de Pialat –, on pense à cette idée de repousser le moment où Canet et Tautou tomberont dans les bras l'un de l'autre, où le désir ne dit pas son nom. La vérité, on la doit aussi à une actrice qui s'affirmait comme la meilleure de sa génération. On ne voit pas qui mieux qu'Audrey Tautou, avec son franc-parler gouailleur, son physique à la fois délicat et assez banal, peut incarner une jeune fille d'aujourd'hui, confrontée à la précarité économique et sentimentale. Une héroïne populaire.
ENSEMBLE C EST TOUT, Claude Berri 2007, Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker@@ (E)
La jeune Camille Fauque a quitté sa famille bourgeoise pour vivre de son côté. Pour l'instant, elle habite une chambre de bonne et arrive à survivre en faisant des ménages. C'est dans le hall de son immeubl ...

@

ENTRE AMIS, Olivier Baroux 2015, Daniel Auteuil, Gérard Jugnot, Mélanie Doutey, François Berléand, Zabou Breitman (drame sentimental)@


Richard, Gilles et Philippe sont amis depuis près de 50 ans. Le temps d'un été, ils embarquent avec leurs compagnes sur un magnifique voilier pour une croisière vers la Corse. Pourtant la cohabitation à bord d'un bateau n'est pas toujours facile. D'autant que chaque couple a ses problèmes, et que la météo leur réserve de grosses surprises. Entre rires et confessions, griefs et jalousies vont remonter à la surface. Chacun va devoir faire le point sur sa vie et sur ses relations aux autres.

TELERAMA
Des acteurs en roue libre, de l'humour ultra-lourd... On se surprend à espérer que le bateau coule rapidement. Mais non, même pas !
ENTRE AMIS, Olivier Baroux 2015, Daniel Auteuil, Gérard Jugnot, Mélanie Doutey, François Berléand, Zabou Breitman (drame sentimental)@ (E)
Richard, Gilles et Philippe sont amis depuis près de 50 ans. Le temps d'un été, ils embarquent avec leurs compagnes sur un magnifique voilier pour une croisière vers la Corse. Pourtant la cohabitation à bo ...

@

ENTRE LES LIGNES, Eva Husson 2023, Odessa Young, Josh O'Connor, Colin Firth (drame sentimental)@@@


1924, Beechwood en Angleterre. Jane Fairchild est la bonne d'une famille d'aristocrates, les Niven. À l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos. Jane profite de l'occasion pour retrouver son amant, Paul. Ce dernier est le fils des voisins des Niven et il est fiancé à Emma Hobnay. Les Niven qui ont perdu leur fils lors de la Première Guerre mondiale se réjouissent du futur mariage de Paul comme si celui-ci était leur propre enfant.

TELERAMA
Après Bang Gang et Les Filles du soleil, la réalisatrice Eva Husson change radicalement de cap, à bon escient, avec cette adaptation en anglais, dentelles comprises, du roman de Graham Swift, Mothering Sunday. Elle déploie un sens sophistiqué de la narration entre plusieurs époques, et une mise en scène voluptueuse, discrètement funèbre, pour suivre les amours d’un fils de famille et d’une petite bonne que le goût des livres, du sexe, mais aussi un deuil soudain vont transformer en écrivaine. Le film révèle la sublime Odessa Young dans le rôle de cette amante qui n’a d’ancillaire que la naissance, ici entourée d’une belle aristocratie de cinéma : Josh O’Connor, si singulièrement séduisant, Olivia Colman et Colin Firth, très émouvant. Un vrai drame romantique, élégamment douloureux.

Synopsis
En1924, à Beechwood, en Angleterre. Jane Fairchild est la femme de chambre d'une famille d'aristocrates, les Niven. A l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos bien méritée. Orpheline, Jane profite de cette aubaine inattendue pour filer retrouver son amant, Paul. Ce dernier est le fils des voisins des Niven, et il est fiancé à Emma Hobnay. Les Niven, qui ont perdu leur fils lors de la Première Guerre mondiale, se réjouissent du futur mariage de Paul comme si celui-ci était leur propre enfant. Quelques années plus tard, Jane, devenue écrivaine, est mariée à Donald, un philosophe...



ENTRE LES LIGNES, Eva Husson 2023, Odessa Young, Josh O'Connor, Colin Firth (drame sentimental)@@@ (E)
1924, Beechwood en Angleterre. Jane Fairchild est la bonne d'une famille d'aristocrates, les Niven. À l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos. Jane profite de l'occasion pou ...

@

ENTRE LES MURS, Laurent Cantet 2008 (societe education racisme)@@@


François est un jeune professeur de français d'une classe de 4ème dans un collège ordinaire réputé difficile du 20ème arrondissement de Paris. Il doit affronter ses élèves Esméralda, Souleymane, Khoumba, et les autres. François n'hésite pas à sortir du cadre académique et à pousser les adolescents jusqu'à leurs limites afin de les motiver, quitte à prendre parfois le risque de l'excès.

TELERAMA
La chronique d’une classe de quatrième : c’était la règle que s’était fixée François Bégaudeau dans son livre. Laurent Cantet la garde. Face aux élèves qui « vannent » sans arrêt, François a fort à faire. Mais il possède une qualité : il incite à parler, il la joue collectif, pour filer la métaphore footballistique. D’où le feu d’artifices de la langue, avec tous ses rythmes et mixages possibles (verlan, arabe, etc.).

L’énergie est le maître mot, ce sur quoi le film s’appuie pour croire que rien n’est perdu. Énergie débordante d’une jeunesse plurielle. Lorsqu'Esmeralda, Souleymane ou Khoumba s’expriment, ce sont aussi leurs visages, leurs corps tout entiers qui entrent en action. Le film dégage quelque chose de musical et de chorégraphique à la fois. Comme si l’important, pour Cantet, était de sonner non pas vrai mais juste. Ni état des lieux alarmiste ni profession de foi à l’optimisme béat, Entre les murs montre surtout l’école comme le siège d’un formidable jeu social, y compris entre les professeurs. Un jeu de pouvoir, de feintes et de stratégies diverses, où chacun tente avec plus ou moins de bonheur de se distinguer.
ENTRE LES MURS, Laurent Cantet 2008 (societe education racisme)@@@ (E)
François est un jeune professeur de français d'une classe de 4ème dans un collège ordinaire réputé difficile du 20ème arrondissement de Paris. Il doit affronter ses élèves Esm&e ...

@

ENTRE LES VAGUES, Anaïs Volpé 2020, Souheila Yacoub, Déborah Lukumuena (sentimental)@@


Margot et Alma ont une vingtaine d’années, elles partagent l’une de ces amitiés fusionnelles, idéalistes et exubérantes qui fleurent encore l’adolescence. L’amitié entre deux aspirantes comédiennes tourne au mélo lorsque l’une d’entre elles se révèle atteinte d’une grave maladie.

TELERAMA
Un film touchant malgré ses maladresses, grâce au charisme de ses jeunes interprètes. Le film, intimiste, exalté, un brin brouillon, nous lance d’abord sur une fausse piste : la chronique du quotidien remuant de deux filles d’aujourd’hui, qui partagent le même rêve : devenir comédiennes de théâtre. L’une, Alma (Déborah Lukumuena, découverte dans Divines, de Houda Benyamina), décroche un premier rôle, l’autre, Margot (Souheila Yacoub, que l’on retrouve dans En corps, de Cédric Klapisch), est embauchée comme doublure.

Très vite, pourtant, le secret d’Alma change la donne, et la nature du récit : elle est gravement malade. En équilibre instable entre mélodrame pataud et émotions véritables, entre l’emphase et la délicatesse, la réalisatrice Anaïs Volpé veut tout embrasser, la vie, l’amour, l’art et la mort… Une étreinte aussi désordonnée qu’attachante, dominée par l’énergie et le charisme de ses jeunes interprètes.
ENTRE LES VAGUES, Anaïs Volpé 2020, Souheila Yacoub, Déborah Lukumuena (sentimental)@@ (E)
Margot et Alma ont une vingtaine d’années, elles partagent l’une de ces amitiés fusionnelles, idéalistes et exubérantes qui fleurent encore l’adolescence. L’amitié entre deux aspira ...

@

ENTRE SES MAINS, Anne Fontaine 2005, Benoit Polvoorde, Isabelle Carre (thriller sentimental)@


Claire, 30 ans, travaille dans une compagnie d'assurances lilloise. Elle mène une vie tranquille entre son mari, sa petite fille et ses virées régulières avec ses copines. Un jour, elle fait la connaissance de Laurent Kessler, un vétérinaire, venu la consulter pour un dégât des eaux. Chargée de son dossier, Claire est amenée à le revoir. Laurent, grand séducteur, lui fait une cour assidue, tandis qu'un serial killer sévit dans sa région.

TELERAMA
Une mère de famille est attirée par un vétérinaire qu’elle soupçonne être un tueur en série. Belles prestations d’Isabelle Carré et de Benoît Poelvoorde pour ce thriller trop attendu dans sa mise en forme.

Une mère de famille tranquille se voit attirée par un vétérinaire équivoque, qu’elle soupçonne peu à peu d’être un serial killer… Argument « engageant », si l’on peut dire, qui présage à la fois suspense et déraison. Mais Entre ses mains avance pépère sur ses rails de train fantôme prévisible. A qui la faute ? Sans doute pas aux acteurs, qui s’en tirent plutôt bien. Très lisse au début, Isabelle Carré gagne en densité. Et Benoît Poelvoorde, attendu au tournant, fait oublier son image de pitre belge en se montrant tourmenté, inquiétant, impénétrable.

Le problème vient plutôt des dialogues, qui disent trop, et du scénario, pas assez resserré. Vu que le « monstre » se défile plusieurs fois devant le désir croissant de sa protectrice, le film tend à faire du surplace. Et puis la mise en scène est bien trop sage pour un sujet aussi tordu et, soit dit en passant, très voisin du Boucher, de Chabrol. À part dans une scène de meurtre, dont la brutalité saisit, Anne Fontaine ne donne pas l’impression d’empoigner son sujet, de faire corps avec son romantisme dérangeant. C’est plutôt « du bout des doigts » qu’Entre ses mains.
ENTRE SES MAINS, Anne Fontaine 2005, Benoit Polvoorde, Isabelle Carre (thriller sentimental)@ (E)
Claire, 30 ans, travaille dans une compagnie d'assurances lilloise. Elle mène une vie tranquille entre son mari, sa petite fille et ses virées régulières avec ses copines. Un jour, elle fait la connaissance de La ...

@

ENVOLE MOI, Christophe Barratier 2020, Victor Belmondo, Gerard Lanvin (societe sante)@@


Thomas passe toutes ses soirées dans des boîtes, puis ses journées au lit. Un jour, le docteur Reihard, son père, se tanne de son mode de vie. Il lui coupe donc tous ses vivres et lui impose de s'occuper d'un de ses jeunes patients, Marcus, un garçon de 12 ans qui vit seul avec sa mère. Depuis sa naissance, ce dernier souffre d'une maladie grave autour duquel il doit organiser ses journées entre un centre d'accueil médicalisé et ses fréquentes visites à l'hôpital.

TELERAMA:
Dans ses meilleurs moments, le film feel good initiatique de Barratier lorgne du côté d’Intouchables (Éric Toledano et Olivier Nakache) et de Pour un ­garçon (Chris et Paul Weitz). La complicité du duo Victor Belmondo et Yoann Eloundou crève l’écran, et on se laisse cueillir par la fraîcheur de certaines scènes et dialogues. Mais les ressorts scénaristiques, grossiers, et une louche de chantage à l’émotion plombent cette leçon de vie d’un angélisme confondant.

ENVOLE MOI, Christophe Barratier 2020, Victor Belmondo, Gerard Lanvin (societe sante)@@ (E)
Thomas passe toutes ses soirées dans des boîtes, puis ses journées au lit. Un jour, le docteur Reihard, son père, se tanne de son mode de vie. Il lui coupe donc tous ses vivres et lui impose de s'occuper d'un de s ...

@

EO, Jerzy Skolimowski 2022, Sandra Drzymalska, Tomasz Organek (societe nature)@@


Le monde est un endroit très mystérieux vu à travers les yeux d'un animal. EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des bons et des méchants au cours de son long voyage dans la vie, connaît la joie et la douleur, endure la roue de la Fortune.

TÉLÉRAMA
Le chemin de croix d’un âne devenu le jouet des hommes… Des images à la misanthropie assumée, par le grand réalisateur polonais. Fascinant. Prix du jury à Cannes en 2022.

Magie d’un monde qui se crée et s’agrandit sous nos yeux. Alors que le cinéma d’auteur a tendance à se replier sur l’autofiction, pour le meilleur ou pour le pire, voici qu’un réalisateur de 84 ans propose tout l’inverse. Un film où l’homme n’est plus le nombril de l’Univers, et où le créateur se décentre au point de confier le premier rôle à un âne, appelé EO (« Hi-Han »).  D’abord propriété d’un cirque ambulant, et choyé par une aimante jeune femme de la troupe, le petit équidé aux yeux tristes est relâché à la suite de l’intervention de militants de la cause animale. Il y perd paradoxalement sa seule protectrice. Passant de main en main, de campagne en ville, et d’un danger à l’autre,  que va-t-il devenir dans un environnement le plus souvent hostile à son égard ?

Un double mouvement s’enclenche alors. D’un côté, un vaste champ d’expérimentations s’ouvre. Libéré de la rationalité du point de vue humain, Jerzy Skolimowski nous offre une aventure sensorielle enthousiasmante, jouant avec les couleurs et les lumières, l’endroit et l’envers, les stridences et la musique, le naturalisme et les images mentales les plus folles.  De l’autre côté, on suit passionnément le chemin de croix de l’âne, comme dans le classique de Robert Bresson,  Au hasard Balthazar (1966), film de chevet du réalisateur polonais, et auquel il emprunte sa trame. Voilà EO devenu le vilain petit canard d’un haras, puis le « véhicule » de randonneurs à la campagne. Il s’échappe, tremble dans la nuit des forêts, puis, en ville, se fait capturer par des pompiers. Il devient la mascotte d’une équipe de foot  dont les adversaires, battus, se vengeront sur l’animal innocent…

Nul besoin de choisir entre l’éblouissement et l’effroi : c’est du cinéma — du vrai — et « aucun animal n’a été blessé sur le tournage », est-il précisé noir sur blanc. Mais la fiction, elle, insiste à bon escient sur le sort de toutes les espèces croisées par EO, du cheval dressé au gibier de chasse, en passant par les chiens à la fourrière et les bovins en sursis, autant de créatures capturées, exploitées, torturées, consommées ou abandonnées par les hommes, comme si cela allait de soi. Rares sont les films de grand cinéaste ouvertement empreints d’antispécisme, cette pensée qui conteste notre place au sommet du règne animal. Il est donc réjouissant qu’un sorcier des images comme Skolimowski s’empare de ces questions.

Symétriquement, le tableau fascine, et amuse à l’occasion par son taux de misanthropie assumée. En dehors de la bienfaitrice initiale de l’âne, et d’un jeune curé italien, pas très catholique, nos congénères apparaissent tour à tour comme stupides, avides, violents. Ou emplis d’un sentiment d’importance quelque peu dérisoire. En guest-star tardive, Isabelle Huppert, plus icône que jamais, s’amuse ainsi à opacifier un improbable fragment de psychodrame incestueux, à le jouer tel que l’entrevoit le pauvre EO, c’est-à-dire comme une mascarade incompréhensible. Certains êtres vivants cassent des assiettes avec une grandiloquence théâtrale, d’autres sont conduits à l’abattoir… Jerzy Skolimowski, emblématique du renouveau du cinéma polonais dans les années 1960, parallèlement à la Nouvelle Vague française, a ensuite alterné éclipses et retours en beauté — Essential Killing éblouissait encore ses spectateurs en 2010. Aujourd’hui, EO, Prix du jury à Cannes, tient moins du film de vieux sage que du pur coup d’éclat.
EO, Jerzy Skolimowski 2022, Sandra Drzymalska, Tomasz Organek (societe nature)@@ (E)
Le monde est un endroit très mystérieux vu à travers les yeux d'un animal. EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des bons et des méchants au cours de son long voyage dans la vie, conna&ic ...

@

ERIN BROKOVITCH Steven Soderbergh 2000


Mère élevant seule ses trois enfants, Erin Brockovich est employée comme archiviste dans un cabinet d'avocat. Elle va découvrir, dans un dossier mineur, qu'une société de distribution d'énergie, la Pacific Gas and Electric Company (PG&E), filiale d'une grosse société, rachète une à une les maisons d'une petite ville californienne de Hinkley dans le désert des Mojaves. Là-bas, de nombreux habitants souffrent d'importants problèmes de santé, tels que des cancers. Enquêtant sur place, elle parvient à montrer que ces maladies graves sont causées par l'eau potable contenant des rejets toxiques, notamment du chrome hexavalent (ou chrome-6), issus de l'eau de refroidissement de l'usine. Seule au début, elle mène le combat, rassemble des preuves, motive un à un les habitants, convainc son patron de l'ampleur de l'affaire, pour obtenir enfin un dédommagement important pour chacune des victimes de la part de la société fautive.

TELERAMA:
Cette Erin Brockovich pourrait être le symbole rassurant d'une Amérique où la vérité triomphe toujours du mensonge, le bien du mal. Mais en nous racontant comment son héroïne découvre et dénonce un scandale d'eau empoisonnée qui provoque des cancers, Steven Soderbergh n'essaie pas de faire le portrait d'une sainte ni celui d'une pasionaria sociale. C'est aux pouvoirs féminins qu'il rend d'abord hommage : comment Erin Brockovich s'habille, marche, parle, sourit...
Tout est là, ou presque. Car, plus qu'au contenu du dossier brûlant démêlé au fil de l'intrigue, le film s'intéresse à la manière de faire, aussi séduisante que percutante, du personnage et de son interprète, Julia Roberts. C'est elle le vrai sujet d'Erin Brockovich. Soderbergh n'a d'yeux que pour elle, mais son regard est franc, sans excès de réalisme ni d'arti­fices, juste et neuf, à l'unisson de cette comédienne qui renouvelle l'image de la star.
ERIN BROKOVITCH Steven Soderbergh 2000 (E)
Mère élevant seule ses trois enfants, Erin Brockovich est employée comme archiviste dans un cabinet d'avocat. Elle va découvrir, dans un dossier mineur, qu'une société de distribution d'énerg ...

@

EROTIC GAMES, Piero Vivarelli 1988, Moana Pozzi, Marino Masé, Petra Scharbach and Hula (film e)


Une femme malheureuse (Andrea Fox) tente de sauver son mariage en rendant visite à sa sœur éloignée (Jaqui Forniere) à Rio de Janeiro.
EROTIC GAMES, Piero Vivarelli 1988, Moana Pozzi, Marino Masé, Petra Scharbach and Hula (film e) (E)
Une femme malheureuse (Andrea Fox) tente de sauver son mariage en rendant visite à sa sœur éloignée (Jaqui Forniere) à Rio de Janeiro. ...

@

ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Michel Munz 2009, Gerard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin@@


Julien Foucault, maître d'hôtel de la banque d'affaires Berthin-Schwartz, est licencié. Il décide d'en profiter pour réaliser son rêve : ouvrir un restaurant.

TELERAMA
En fondant leur histoire de David contre Goliath sur le délit d'initiés, le tandem accouche d'une comédie populo-pépère franchement datée. Face à trois odieux banquiers, Gérard Lanvin et toute la clientèle d'un petit troquet semblent rejouer — en plus mal — La Belle Equipe. Et mê­me Jean-Pierre Darroussin, le bon copain de gauche qui n'aime pas le pognon, devient agressif quand il croit perdre ses petites économies. Pas très marrant, finalement... — Guillemette Odicino
ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Michel Munz 2009, Gerard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin@@ (E)
Julien Foucault, maître d'hôtel de la banque d'affaires Berthin-Schwartz, est licencié. Il décide d'en profiter pour réaliser son rêve : ouvrir un restaurant.

TELERAMA
En fondant leur hist ...

@

ESCROQUERIE AUX SENTIMENTS, Michelle Ouellet 2023, Shiva Negar, Dillon Casey, Drew Nelson, Mikaela Dyke


Ashley Morris apprend que son mari, Roger, la trompe lorsqu'elle le découvre en compagnie d'une autre femme le soir de sa fête d'anniversaire surprise. Un an plus tard, après son divorce, Ashley se consacre entièrement à sa carrière d'artiste. Elle décroche un contrat pour réaliser une toile dans le restaurant de Jacqueline...
ESCROQUERIE AUX SENTIMENTS, Michelle Ouellet 2023, Shiva Negar, Dillon Casey, Drew Nelson, Mikaela Dyke (E)
Ashley Morris apprend que son mari, Roger, la trompe lorsqu'elle le découvre en compagnie d'une autre femme le soir de sa fête d'anniversaire surprise. Un an plus tard, après son divorce, Ashley se consacre entièr ...

@

ESPION LÈVE TOI, Yves Boisset 1982, Lino Ventura, Michel Piccoli, Bruno Cremer (espionnage)@@


Sébastien Grenier, directeur d'une société fiduciaire à Zurich depuis une dizaine d'années, vit avec Anna Gretz, une enseignante d'origine allemande. Grenier, jadis membre du SDECE, le service de renseignements français, reste un espion en sommeil.

TELERAMA
Yves Boisset, ce n’est jamais de la dentelle de Bruges. Ici, l’action se passe à Zurich, le “personnage” le plus inquiétant, glaçant, de ce film d’espionnage entortillé, aux dialogues
Expert financier, Sébastien Grenier vit tranquillement à Zurich avec sa femme, enseignante. Espion « en sommeil », il lui a caché ses anciennes activités. Un homme reprend contact avec lui, mais meurt avant de le rencontrer. Grenier se retrouve au coeur d'un imbroglio extrêmement dangereux. Qui dit espionnage dit secrets, simulacres, machinations...

Yves Boisset applique à la lettre les règles du genre, en nous plongeant dans une histoire entortillée, où tous se méfient de tous. Certaines situations sombrent dans la caricature (ce qui touche au milieu de l'extrême gauche), et les dialogues explicatifs plombent l'action. Mais il règne une ambiance inquiétante qui tient beaucoup à la ville, aux lieux déserts, à son funiculaire mystérieux. Lino Ventura, héros piégé, fournit sa chaleur humaine, et Krystyna Janda, actrice fétiche de Wajda, instille une once de féminité originale dans ce cinéma vieillot, mais qui se regarde sans déplaisir.
ESPION LÈVE TOI, Yves Boisset 1982, Lino Ventura, Michel Piccoli, Bruno Cremer (espionnage)@@ (E)
Sébastien Grenier, directeur d'une société fiduciaire à Zurich depuis une dizaine d'années, vit avec Anna Gretz, une enseignante d'origine allemande. Grenier, jadis membre du SDECE, le service de renseigne ...

@

ET APRES, Gilles Bourdos 2007, Romain Duris, John Malkovitch, Evangeline Lilly (societe)@


À huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la mort imminente pour avoir voulu sauver une fillette. Déclaré mort, le petit garçon se réveille inexplicablement. Vingt ans plus tard, Nathan est devenu un brillant avocat new yorkais. Meurtri par les circonstances douloureuses de son divorce, il s'est barricadé dans son travail, loin de son ex-femme Claire et de sa fille.

TELERAMA
Dans ses films précédents, Gilles Bourdos parvenait à chaque fois à imposer son style. Par exemple, quand il adaptait Inquiétudes, de Ruth Rendell, le roman, déjà pervers, se muait en un cauchemar où un paranoïaque, obsédé par la blancheur physique et la pureté morale, semait des cadavres dans des murs immaculés...

On retrouve dans Et après des traces de tourment et de déraison. Qui plus est, la photo de Mark Pin Bing Lee (le chef op de Hou Hsiao-hsien et d'In the mood for love, de Wong Kar-wai) est d'une beauté glaçante. Et Romain Duris se donne un mal de chien pour être, à la fois, troublé et troublant.

Sauf que, cette fois, aussi habile qu'elle soit, la mise en scène ne transcende rien. Même joliment adapté, le livre de Guillaume Musso reste jusqu'au bout ce qu'il est : un roman de gare où le héros, revenu du « tunnel silencieux de la mort imminente » (pour parler comme le livre), croise un curieux toubib, sorte de messager de la mort, qui va lui révéler sa « mission »... On patauge dans un mysticisme crétinisant et, hélas, on y reste.
ET APRES, Gilles Bourdos 2007, Romain Duris, John Malkovitch, Evangeline Lilly (societe)@ (E)
À huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la mort imminente pour avoir voulu sauver une fillette. Déclaré mort, le petit garçon se réveille inexplicablement. Vingt ans plus tard, Natha ...

@

ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd


Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la pêche tous les dimanches.

TELERAMA:
Robert Redford, servi par une formidable distribution (notamment Brad Pitt, dont la ressemblance avec son metteur en scène jeune donne au film des airs d'autobiographie masquée), a réussi son pari de faire un cinéma « antinarratif ».
Le film oppose sans didactisme deux choix de vie, l'un sérieux, l'autre dissipé, montre la fascination muette que les deux frères, si différents, ont l'un pour l'autre. S'appuyant sur la superbe photo de Philippe Rousselot, le cinéaste fait de la rivière Blackfoot une métaphore centrale et polysémique, symbole de l'existence humaine, du temps, de la narration. Il fait jaillir l'émotion d'instants fugitifs, de non-dits chargés de sens. Ce film humaniste et écologique (au sens le moins politique du terme) est une pure merveille.
ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, Robert Redford 1992, Brad Pitt, Craig Sheffer, Tom Skerritt, Emily Lloyd (E)
Fils de pasteur, Norman et Paul MacLean, nés au tournant du XXe siècle dans une localité du Montana, grandissent dans un milieu presbytérien avec pour seul loisir celui d'accompagner leur père à la ...

@

ET DIEU CREA LA FEMME, Roger Vadim 1956, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant, Curd Jurgens (film e)


À Saint-Tropez, une jeune orpheline, Juliette, évolue parmi trois hommes qui la convoitent : Michel, qui travaille avec sa famille sur un carénage ; son frère Antoine, plus aventureux ; et un quinquagénaire étranger, Carradine, promoteur et directeur de boîte de nuit qui veut bâtir un casino sur la plage.

TELERAMA
Achaque diffusion, c’est la même chose : on rappelle aux jeunes générations l’immense scandale qui fit, en son temps, l’aura de ce film même pas culte. On constate la banalité du scénario de roman de gare, les couleurs criardes, la fin conventionnelle… Et on en vient à la seule trouvaille de Vadim : la création du mythe Bardot. L’actrice venait des comédies légères et sucrées. En lui demandant de ne pas jouer mais d’être elle-même, Vadim la lâchait en liberté. Moue boudeuse, démarche lascive, cheveux à la diable, dans le rôle de Juliette la mineure, qui a « le courage de faire ce qui lui plaît quand ça lui plaît », elle devenait l’emblème d’une petite révolution sexuelle…
Toutes ces « audaces » font sourire aujourd’hui, mais ce pied de nez aux hypocrisies venait à point. Et si l’histoire du cinéma ne manquait pas, avant BB, d’apparitions mythiques, la scène d’ivresse où elle danse furieusement le mambo dans une boîte de jazz reste un beau moment de défoulement sauvage.

ET DIEU CREA LA FEMME, Roger Vadim 1956, Brigitte Bardot, Jean-Louis Trintignant, Curd Jurgens (film e) (E)
À Saint-Tropez, une jeune orpheline, Juliette, évolue parmi trois hommes qui la convoitent : Michel, qui travaille avec sa famille sur un carénage ; son frère Antoine, plus aventureux ; et un quinquagénair ...

@

ET L HOMME CREA LA FEMME, Frank Oz 2004, Nicole Kidman, Glenn Close, Matthiew Broderick, Bette Midler (comedie sentimentale)@@


Un mariage heureux, une carrière exemplaire, de beaux enfants : Joanna Eberhart mène une vie parfaite. Puis le chômage la plonge dans une profonde dépression. Afin de prendre un nouveau départ, Joanna et sa famille s'installent dans la banlieue résidentielle de Stepford, dans le Connecticut, une ville de rêve. Elle s'interroge bientôt sur l'attitude des femmes de cette ville, épouses et maîtresses de maison parfaites, archétypes des fantasmes masculins.

TELERAMA
Cette comédie grinçante sur la guerre des sexes et les villes « privées » à l'américaine ressemble à un épisode savoureux de La Quatrième Dimension, l'humour en plus. Nicole Kidman, plus radieuse et piquante que jamais, règne sur une distribution rien de moins qu'étoffée : Bette Midler, Glenn Close et Christopher Walken méritent à eux seuls le détour à Stepford...



ET L HOMME CREA LA FEMME, Frank Oz 2004, Nicole Kidman, Glenn Close, Matthiew Broderick, Bette Midler (comedie sentimentale)@@ (E)
Un mariage heureux, une carrière exemplaire, de beaux enfants : Joanna Eberhart mène une vie parfaite. Puis le chômage la plonge dans une profonde dépression. Afin de prendre un nouveau départ, Joanna et sa ...

@

ET MAINTENANT ON VA OU, Nadine Labaki 2011 (religion societe burlesque)@@


Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d'autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d'une guerre funeste et inutile. Arrivé à l'entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l'un musulman, l'autre chrétien.

TELERAMA
Au Liban, les femmes combattent la guerre par tous les moyens. Avec des scènes de comédie musicale, la réalisatrice de “Caramel” propose un film au mélange de fantaisie et de gravité un peu foutraque, mais terriblement attachant.

Le charme du film doit beaucoup aux ruptures de ton osées par Nadine Labaki et sa troupe de comédiennes. Photo Rudy Bou Chebel/Les Films des Tournelles/Ginger Beirut Prod./Chaocorp/Fr. 2 Ciné/Pathé Films/Les Films de Beyrouth

Des femmes en noir avancent vers un cimetière. En dansant… Au bord des tombes, les unes se dirigent vers les croix, les autres vers les croissants. C’est l’ouverture, impressionnante, du deuxième film de la Libanaise Nadine Labaki, quatre ans après les séduisants portraits de femmes de Caramel. Les héroïnes d’Et maintenant, on va où ? sont, elles aussi, des résistantes : toutes ont survécu aux deuils, à la violence, à la haine de la guerre civile, dans un village de montagne entouré de mines où la paix reste précaire. Le pays n’est jamais identifié — on pense très fort au Liban —, pour donner une portée universelle à une fable futée et surprenante. Les femmes, lassées de pleurer leurs morts, sont prêtes à tous les mensonges pour distraire leurs maris, fils et frères de leurs pulsions bellicistes. Avec l’aide, inattendue et drôle, d’un imam et d’un curé.

Burlesque pur qui bascule soudainement dans le tragique, scènes de café naturalistes qui se transforment en univers en-chanté à la Demy : le charme du film doit beaucoup aux ruptures de ton osées par Nadine Labaki et sa troupe de comédiens. Ce mélange de fantaisie et de gravité est, parfois, un peu foutraque, mais terriblement attachant.
ET MAINTENANT ON VA OU, Nadine Labaki 2011 (religion societe burlesque)@@ (E)
Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voil ...

@

ET PLUS SI AFFINITES, Olivier Ducray 1999, Isabelle Carre, Bernard Campan (comique)@


Usé par vingt-cinq ans de vie commune, le couple formé par Xavier et Sophie semble à bout de souffle. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'idée de Sophie d'inviter à dîner leurs voisins, Adèle et Alban, n'enchante pas Xavier.

TELERAMA
Dans cette adaptation d’une comédie espagnole déjà poussive (Sentimental, de Cesc Gay), on palabre au sujet de l’échangisme entre voisins sans jamais passer à l’acte. Deux couples s’échangent plutôt des répliques trop fabriquées et faussement facétieuses : caricaturales, comme le jeu d’Isabelle Carré et Bernard Campan en époux vieillissants. Heureusement, face à eux brillent Pablo Pauly et Julia Faure, très inspirés en conjoints libertins. La relève ?
ET PLUS SI AFFINITES, Olivier Ducray 1999, Isabelle Carre, Bernard Campan (comique)@ (E)
Usé par vingt-cinq ans de vie commune, le couple formé par Xavier et Sophie semble à bout de souffle. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'idée de Sophie d'inviter à dîner leurs voisins, Ad&egra ...

@

ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS, Sergio Leone 1965, Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte (western)@@@



Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme à toute épreuve, alors que le Colonel, authentique ancien officier supérieur, aime la chasse à l'homme pour le plaisir qu'elle lui procure. Fréquemment rivaux, les deux hommes sont confrontés à un problème plus complexe qu'à l'accoutumée.

TELERAMA
Second volet de la trilogie western de Leone, après “Pour une poignée de dollars” et avant “Le Bon, la Brute et le Truand”. Des pourris étincelants, une cruauté jubilatoire, un mortel ballet au rythme d’une musique lancinante. Chapeau bas.

Le colonel Douglas Mortimer est chasseur de primes. L’étranger est chasseur de primes. Deux salauds cyniques qui s’associent le temps de récupérer Indio, un tueur fou échappé du pénitencier et encore plus salaud qu’eux. Traduction : Lee Van Cleef, avec ses yeux fendus comme des meurtrières, et Clint, regard marmoréen, poncho et cigarillos, sont aux basques poussiéreuses de Gian Maria Volontè, suant de perversité.

« Ah, ils sont beaux, les héros de l’Ouest ! » dirent, le nez pincé, les gardiens du temple du western hollywoodien. Oui, justement, car chez Leone, plus c’est impitoyable, sec et décharné, meilleur c’est. L’action s’étire, l’harmonica n’en finit plus de gémir, la morale, de pourrir au soleil, les bons mots, de fleurir comme des cactus. Même à la dixième vision, ce deuxième spaghetti de la trilogie de L’Homme sans nom reste al dente.

Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme à toute épreuve, alors que le Colonel, authentique ancien officier supérieur, aime la chasse à l'homme pour le plaisir qu'elle lui procure. Fréquemment rivaux, les deux hommes sont confrontés à un problème plus complexe qu'à l'accoutumée. Un dangereux repris de justice, surnommé l'Indien, à la tête d'une bande redoutable, sème la terreur dans la région. Belle prime, songe le Manchot. Belle traque, pense le Colonel. Mais l'une et l'autre impliquent que les deux hommes s'allient...


ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS, Sergio Leone 1965, Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Gian Maria Volonte (western)@@@ (E)

Chacun de son côté, le Manchot et le Colonel exercent la même profession : chasseur de primes. Le Manchot n'a guère que cette solution pour tirer profit de son extraordinaire adresse au tir et de son cynisme & ...

@

ET SI C ETAIT VRAI, Mark Waters 2005, Reese Witherspoon, Mark Ruffalo (sentimental)@@@


Dans l'appartement qu'il vient de louer, David, veuf, rencontre le fantôme de l'ancienne locataire, Elizabeth. Mais la jeune femme croit qu'elle est encore vivante. Une idylle impossible s'ébauche. David consulte un adepte de sciences occultes, qui lui conseille d'enquêter sur le passé de l'apparition. Accompagné d'Elizabeth, qui n'est visible que pour lui seul, il commence ses investigations.

TELERAMA
Série rose : un garçon rencontre une fille. Chamailleries, complicité, amour, le tout calibré, emballé et garanti dans le prix du ticket. Le film est adapté d'un roman français, le best-seller de Marc Levy. On cherchera néanmoins en vain une quelconque différence avec n'importe quel autre produit hollywoodien de flux. Certes, la demoiselle (Reese Witherspoon et ses jolies fossettes) est un spectre, forcée de partager son (ex- ?) appartement avec le nouvel occupant (Mark Ruffalo, en brave type mélancolique). Mais on sait depuis Ghost que les idylles spirites ne garantissent ni la qualité ni l'originalité d'un film. Et si c'était vrai... ne fait pas exception, entre situations téléphonées et attendrissements sucrés. Reste le charme tranquille des comédiens, unique attrait de ce film « fantôme ». C.Mu.
ET SI C ETAIT VRAI, Mark Waters 2005, Reese Witherspoon, Mark Ruffalo (sentimental)@@@ (E)
Dans l'appartement qu'il vient de louer, David, veuf, rencontre le fantôme de l'ancienne locataire, Elizabeth. Mais la jeune femme croit qu'elle est encore vivante. Une idylle impossible s'ébauche. David consulte un adepte de s ...

@

ET TA SOEUR, Marion Vernoux 2016, Virginie Efira, Gregoire Ludig, Geraldine Nakache (societe comique)@


Pierrick est encore sous le coup de la disparition récente de son frère. Il décide alors d'accepter l'invitation de Tessa, sa meilleure amie, dans sa maison familiale afin d'y passer une semaine.

TELERAMA
Aucun des trois comédiens — Virginie Efira, Grégoire Ludig, Géraldine Nakache — ne retrouve les notes, le charme, le sens de la dérision qu'avait la version originale americaine ma meilleure amie, sa soeur et moi, de Lynn Shelton. On est d'autant plus déçu que Marion Vernoux avait su toucher et séduire avec son film précédent, Les Beaux Jours.


ET TA SOEUR, Marion Vernoux 2016, Virginie Efira, Gregoire Ludig, Geraldine Nakache (societe comique)@ (E)
Pierrick est encore sous le coup de la disparition récente de son frère. Il décide alors d'accepter l'invitation de Tessa, sa meilleure amie, dans sa maison familiale afin d'y passer une semaine.

TELERAMA
A ...

@

ETATS DE CHOC, John Lee 2007 (thriller)@


Un drame basé sur un ancien proverbe chinois, qui divise la vie en quatre émotions : bonheur, plaisir, douleur et amour. Un homme d'affaires parie sa vie sur une course de chevaux; un gangster peut voir dans l'avenir; une star de la pop tombe dans les bras d'un parrain de la pègre; un docteur se démène pour sauver l'amour de sa vie.
ETATS DE CHOC, John Lee 2007 (thriller)@ (E)
Un drame basé sur un ancien proverbe chinois, qui divise la vie en quatre émotions : bonheur, plaisir, douleur et amour. Un homme d'affaires parie sa vie sur une course de chevaux; un gangster peut voir dans l'avenir; une star ...

@

ETE 85, Francois Ozon 2020, Felix Lefebvre, Be,jamin Voisin (sentimental)@@


L'été de ses 16 ans, Alexis, lors d'une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l'ami de ses rêves, mais le rêve ne durera peut-être pas plus qu'un été.

TELERAMA
Raconté à travers une mémoire fragmentée, un implacable et enivrant récit d’initiation amoureuse entre deux ados, l’un expérimenté, l’autre moins.
Implacable parcours d’initiation sentimentale
Car Alexis, le personnage qui traverse les émotions les plus fortes, est celui qui raconte, en ménageant le suspense : comment il s’est retrouvé dans le lit de David et employé dans la boutique tenue par la mère de son amant. Comment la jalousie l’a envahi. Comment l’idylle a viré au drame… La mémoire fragmentée de ce narrateur nourrit aussi une réflexion sur la manière de raconter les histoires, après d’autres films de François Ozon comme Frantz et Dans la maison. Mais la veine théorique demeure légère chez l’auteur. Les personnages comptent d’abord et avant tout, plongés dans le grand bain des premières fois.

Été 85 déploie un implacable parcours d’initiation sentimentale. Où le héros débutant apprend, à ses dépens, qu’il a inventé en grande partie l’objet de son amour. Et où l’ennui, ce monstre inattendu, se loge au cœur de la plus belle romance… « Le plus important, c’est d’échapper à son histoire », entend-on à la fin. Voilà une belle devise mystérieuse qui convient tant au film qu’au ­cinéaste, jamais vraiment là où on le croit.
ETE 85, Francois Ozon 2020, Felix Lefebvre, Be,jamin Voisin (sentimental)@@ (E)
L'été de ses 16 ans, Alexis, lors d'une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l'ami de ses rêves, mais le rêve ...

@

ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@


Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine.

TELERAMA
En 2004, l’astucieux scénariste Charlie Kaufman, le génial bricoleur Michel Gondry et le déchirant Jim Carrey télescopaient leurs talents dans un big bang créatif qui engendra sans doute le meilleur film du réalisateur.

On peut accepter ou non le gadget narratif qui fait entrer dans le vif du sujet : une invention futuriste à même de vous rendre étranger à la personne de votre choix. Si on tolère le truc, on risque fort de contracter un attachement durable à Eternal Sunshine of the Spotless Mind, deuxième (entre Human Nature et La Science des rêves) et meilleur long métrage de Michel Gondry. Sa première vie de clippeur surdoué y trouvait un prolongement idéal, avec un récit gigogne, affranchi de la chronologie.

Par un carton trouvé dans sa boîte aux lettres, un New-Yorkais (Jim Carrey, magnifique en gars triste) apprend donc que sa compagne (Kate Winslet), fêlée, fragile, vient de le faire effacer de sa mémoire. Pour surmonter la trahison, il se fait à son tour désintoxiquer de son ex, et le gros du film relate la nuit où les techniciens (dont la délicieuse Kirsten Dunst) s’activent autour de son corps endormi, relié aux ordinateurs effaceurs de souvenirs.

À coups de saynètes fantasmagoriques, le film fait défiler tout le roman du couple et nous promène dans un labyrinthe mental et sentimental, jusqu’à une zone que la technique n’avait pas prévue. Eternal Sunshine… donne ainsi un éclat romantique à un vieux truc de SF : chez Gondry, la machine à remonter le temps permet de retrouver le reflet intact de l’amour, enfoui dans les plis de la mémoire.
ETERNAL SUNSHINE of the spotless mind, Michel Gondry 2004, Jim Carrey, Kate Winslet (science fiction)@@@ (E)
Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du ...

@

ETERNITE, Trần Anh Hùng 2025 (societe)


Dans un raccourci un peu facile et avec une pointe de mauvaise foi, il serait tentant d’affirmer que le contenu filmique d’Éternité se résume tout entier à des « hommes et des femmes qui se rencontrent, s’aiment et s’étreignent… » Pourtant, même sans raccourci facile et avec beaucoup de bonne foi, la vérité ne peut qu’éclater sous couvert d’une analyse justement plus approfondie : Éternité est un film d’un vide abyssal. L’œuvre de Tran Anh Hung, à l’instar d’un Terrence Malick nouvelle manière, est porteuse d’une ambition véritablement cosmique et arbore la parure éminemment prétentieuse d’un grand film-concept. Les grandes idées générales en question sont celles du passage du temps et du cycle de la vie, que le cinéaste tente de matérialiser au travers de la succession des histoires d’amour et de deuil qui jalonnent le film d’un point de vue narratif. Idées qu’il tente de concrétiser sur le plan de l’image également, par l’intermédiaire de choix de mise en scène très tranchés.

Ainsi, Éternité est un film presque dépourvu de dialogues. À l’aide d’une caméra extrêmement souple, qui multiplie de lents travellings et panoramiques d’une grande élégance, Trần tente de capter au plus près le frémissement des corps, lors de leurs déplacements solitaires dans les immenses manoirs et jardins visités au cours du film d’une part, lors de leurs étreintes mutuelles violentes d’autre part. Que les corps se meuvent, se fondent l’un dans l’autre ou adoptent simplement une posture statique méditative, leurs soubresauts sont toujours consécutifs à l’allégresse et/ou au désespoir, dialectique qui structure le film dans son entièreté, épousant le cycle perpétuel des naissances et morts. Ce refus de la scène dialoguée et ce parti pris d’une caméra constamment aux aguets, attentive et sereine, placent d’emblée le film sous les régimes consubstantiels de la contemplation et de la sensation esthétique. Cependant, alors que ces désidératas de mise en scène présentent une certaine logique, d’autres, tout aussi affirmés, viennent dans un second temps complètement contredire les premiers, et donc annihiler les effets désirés a priori par le cinéaste. Tout d’abord avec cette voix off féminine omnipotente, sur-imposante et horriblement explicative, qui, dans sa naïveté éthérée, vient redoubler de façon inutilement pléonastique ce que des images très travaillées expriment très bien d’elles-mêmes.

Ensuite, par une tendance à la surcharge décorative outrancière, qui fait irrémédiablement basculer les aspérités du film du raffinement classieux à une pure et simple vulgarité prosaïque. Séduisante au départ, la volonté de Tran de faire de chacun de ses plans un tableau de maître définitif finit par lasser. Chaque costume, chaque accessoire, chaque meuble semble avoir été poli et lustré de façon à inonder les pages d’un luxueux magazine de mode de son « éclat » immaculé, strictement artificiel. Même souci dans le rendu de la lumière, où le cinéaste se prend littéralement pour le Kubrick de Barry Lyndon, avec des sources pour la plupart naturelles et la quasi-absence d’éclairage d’appoint. Comme si cette manie esthétisante ne se suffisait pas à elle-même, elle entraîne une conséquence encore plus néfaste pour l’ensemble du film. Le cinéaste était parvenu à réunir un casting féminin des plus talentueux et prestigieux : rien de moins qu’Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent. Ces actrices ont déjà manifesté à maintes reprises, non seulement un charisme solaire absolument cinégénique, mais également une capacité à exprimer des émotions concrètes avec justesse. Il paraissait donc très difficile de réprimer ces qualités de comédienne : ce qui n’a pas empêcher Tran d’en accomplir l’étonnante prouesse.

En effet, par son dispositif de mise en scène synonyme de préciosité et d’affèterie hypertrophiées, le cinéaste est parvenu à complètement étouffer le potentiel aussi bien photogénique qu’émotionnel de ses actrices, les transformant, au choix, en mannequins de défilé de mode (encore) ou en statues de cire, véritables pièces de musée dans leur figement blafard. Par conséquent, il prive son œuvre de toute vibration, de toute sensibilité, de toute chaleur humaine : il est proprement impossible d’éprouver une quelconque empathie pour ces caractères qui apparaissaient pourtant, sur papier, comme du pain béni, riche matière propre à l’édification de superbes portraits de femmes. À l’opposé, Trần les refaçonne en égéries publicitaires : en atteste cette utilisation roublarde du ralenti, qui contribue à créer des plans de visages féminins dont les sourires et les mouvements de chevelure pourraient tout aussi bien apparaître dans des spots télévisuels à l’effigie de Dior ou L’Oréal. Il en est de même pour les (très, trop) nombreux plans de magnifiques bébés, qui ont certainement été castés sur le câble pour une publicité Pampers dans la foulée du tournage. Éternité se révèle donc être au final une œuvre profondément vide de réelle substance et éminemment contradictoire dans ses procédés et ses visées, qui laissera sur le carreau aussi bien le spectateur amateur de contemplation esthétique jouant sur les sensations, que celui qui favorise l’immersion émotionnelle par identification à des personnages forts. Il semblerait que des œuvres aux ambitions philosophiques et métaphysiques affirmées, à l’instar, de nouveau, de celles proposées par Malick, soient condamnées ces derniers temps à faire l’objet d’un traitement inabouti et décevant. Vous êtes prévenus.

Robin Tholet
ETERNITE, Trần Anh Hùng 2025 (societe) (E)
Dans un raccourci un peu facile et avec une pointe de mauvaise foi, il serait tentant d’affirmer que le contenu filmique d’Éternité se résume tout entier à des « hommes et des femmes qui se renc ...

@

EVAPORES (Johatsu Into thin Air), Arata Mori, Andreas Hartmann 2024 (societe japon)@


Chaque année, des milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces au Japon. Connues sous le nom de Johatsu, ou "évaporées", elles abandonnent leur vie face aux difficultés rencontrées. Par le prisme d'une gérante d'une société de déménagements de nuit (yonige-ya), le film compose un portrait intime et sensible en forme de mosaïque décrivant un phénomène social touchant tous les milieux et nous invitant à une réflexion universelle sur notre rapport à la modernité.

TELERAMA
L'estimation varie selon les sources : 80 000 ? 90 000 ? 100 000 ? Toujours est-il que, chaque année, des dizaines de milliers de Japonais se soustraient à une existence devenue trop pénible, qu’ils croulent sous les dettes, soient menacés par la mafia, soient victimes de violences conjugales ou qu’une faute commise les expose à la honte. Alternative au suicide, le jōhatsu (« évaporation ») est un phénomène fréquent au Japon, où sont allés tourner Andreas Hartmann et Arata Mori, auteurs de ce documentaire composé de témoignages intéressants.

On y croise un homme fuyant ses créanciers, un jeune couple réfugié dans un love hotel, mais aussi une mère désespérant de retrouver son fils, butant sur une législation garantissant le droit de disparaître. S’il croise une grande variété de cas, Évaporés procède par petites touches, peinant à construire un propos qui se tienne tout à fait. Et l’on se dit qu’il eût sans doute été plus judicieux de suivre d’un bout à l’autre l’activité d’une de ces agences proposant aux candidats à l’évaporation toutes sortes de services, de l’évasion nocturne à la fourniture d’un logement, d’un emploi… À voir celle qui la dirige organiser des enlèvements pour ceux-là même qu’elle enlève, on ne doute pas qu’il y avait là matière à une narration plus forte, à un film plus prenant.

EVAPORES (Johatsu Into thin Air), Arata Mori, Andreas Hartmann 2024 (societe japon)@ (E)
Chaque année, des milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces au Japon. Connues sous le nom de Johatsu, ou "évaporées", elles abandonnent leur vie face aux difficultés rencontrées. ...

@

EVAPORES (Johatsu Into thin Air), Arata Mori, Andreas Hartmann 2024 (societe japon)@


Chaque année, des milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces au Japon. Connues sous le nom de Johatsu, ou "évaporées", elles abandonnent leur vie face aux difficultés rencontrées. Par le prisme d'une gérante d'une société de déménagements de nuit (yonige-ya), le film compose un portrait intime et sensible en forme de mosaïque décrivant un phénomène social touchant tous les milieux et nous invitant à une réflexion universelle sur notre rapport à la modernité.

TELERAMA
L'estimation varie selon les sources : 80 000 ? 90 000 ? 100 000 ? Toujours est-il que, chaque année, des dizaines de milliers de Japonais se soustraient à une existence devenue trop pénible, qu’ils croulent sous les dettes, soient menacés par la mafia, soient victimes de violences conjugales ou qu’une faute commise les expose à la honte. Alternative au suicide, le jōhatsu (« évaporation ») est un phénomène fréquent au Japon, où sont allés tourner Andreas Hartmann et Arata Mori, auteurs de ce documentaire composé de témoignages intéressants.

On y croise un homme fuyant ses créanciers, un jeune couple réfugié dans un love hotel, mais aussi une mère désespérant de retrouver son fils, butant sur une législation garantissant le droit de disparaître. S’il croise une grande variété de cas, Évaporés procède par petites touches, peinant à construire un propos qui se tienne tout à fait. Et l’on se dit qu’il eût sans doute été plus judicieux de suivre d’un bout à l’autre l’activité d’une de ces agences proposant aux candidats à l’évaporation toutes sortes de services, de l’évasion nocturne à la fourniture d’un logement, d’un emploi… À voir celle qui la dirige organiser des enlèvements pour ceux-là même qu’elle enlève, on ne doute pas qu’il y avait là matière à une narration plus forte, à un film plus prenant.

EVAPORES (Johatsu Into thin Air), Arata Mori, Andreas Hartmann 2024 (societe japon)@ (E)
Chaque année, des milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces au Japon. Connues sous le nom de Johatsu, ou "évaporées", elles abandonnent leur vie face aux difficultés rencontrées. ...

@

EVASION, Mikael Hafstrom 2013, Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger (thriller justice)@@


Ray Breslin est un ingénieur spécialisé dans la conception de prisons ultrasécurisées. Il teste lui-même l'efficacité de ses bâtiments en se faisant enfermer puis en s'évadant. Contacté par une société privée souhaitant tester un concept révolutionnaire de prison hi-tech, il se retrouve prisonnier.

TELERAMA
Vingt-cinq ans après le nanar Haute Sécurité, Stallone retourne en taule. Et se fait la belle d'un pénitencier dernier cri, en compagnie d'Arnold. Mikael Håfström, qui s'en remet à la présence massive de ces deux « corps » du cinéma d'action des années 1980-1990, bâcle son scénario et néglige les personnages secondaires.
Aucun intérêt, sauf, à la rigueur, si l'on considère le film comme une métaphore de la carrière des deux acteurs. Au milieu des années 2000, on les croyait à fond de cale, ringardisés, perdus dans les limbes : ils sont bel et bien sortis du cachot — le « I'll be back » de Terminator n'était pas une promesse en l'air —, comme en témoigne, depuis 2010, le succès de la franchise Expendables. — Nicolas Didier
EVASION, Mikael Hafstrom 2013, Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger (thriller justice)@@ (E)
Ray Breslin est un ingénieur spécialisé dans la conception de prisons ultrasécurisées. Il teste lui-même l'efficacité de ses bâtiments en se faisant enfermer puis en s'évadant. Co ...

@

EVE, Joseph L. Mankiewicz 1950, Bette Davis, Anne Baxter (societe)@@


L'histoire des coulisses à propos de l'actrice en herbe Eve Harrington. En lambeaux et désespérée, Eve se présente dans le vestiaire de la méga vedette de Broadway Margo Channing, racontant une histoire de vie mélancolique à Margo et à ses amis. Margo prend Eve sous son aile, et il semble qu'Eve utilise Margo.

TELERAMA
Le film sur la soif de reconnaissance au féminin. Un Mankiewicz brillant aux dialogues blessants, et plus encore…

Eve Harrington s’apprête à recevoir la plus haute distinction pour une interprétation théâtrale. Sur cette première image, Mankiewicz greffe une question : comment en est-elle arrivée là, quelques mois seulement après avoir été engagée comme secrétaire par la grande comédienne Margo Channing ? Après ce prologue, qui propose d’aller au-delà des apparences, Mankiewicz use de son procédé préféré, le flash-back, pour décortiquer, en trois témoignages, le parcours fulgurant de cette intrigante hors pair.

Rien de mieux que le milieu du théâtre pour aborder ses deux thèmes chéris, l’ambition et la manipulation… On ne voit jamais Eve sur scène ? C’est exprès : son talent saute tellement aux yeux dans la vie, quand elle joue la douce et modeste fan. Face à cette jeune vipère qui cherche à lui voler la vedette, Margo, la diva de déjà 40 ans, va rugir, taper du pied, puis finir par se retirer du jeu. L’épilogue lui donne raison : dans la quête dévorante de reconnaissance, il y a toujours une nouvelle Eve…

Distillés haut la main comme du poison par Anne Baxter, Bette Davis et George Sanders, les dialogues de Mankiewicz sont brillants, blessants, et plus encore. Le langage est déterminant, il commande l’action plus que dans tout autre film du cinéaste.
EVE, Joseph L. Mankiewicz 1950, Bette Davis, Anne Baxter (societe)@@ (E)
L'histoire des coulisses à propos de l'actrice en herbe Eve Harrington. En lambeaux et désespérée, Eve se présente dans le vestiaire de la méga vedette de Broadway Margo Channing, racontant une hist ...

@

EVEREST, Baltasar Kormakur 2015 (drame sport)@


Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, le film suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues.

TELERAMA
Un film d’aventures qui n’évite pas le pathos vers la fin, mais qui allie plutôt bien réalisme de l’effort physique et suspense dramatique, en s’inspirant fidèlement d’une tragédie survenue en 1996.
Amis du piolet, friands de danger, voici un cadeau pour vous. Une aventure extrême entre pics et gouffres, inspirée de faits tragiques survenus en 1996, moment où commençaient à fleurir les agences organisant des expéditions vers le « toit du monde ». On suit l’une d’entre elles, pas à pas, ce qui garantit une galerie de portraits et une distribution copieuse. Il y a le chef (Jason Clarke), consciencieux et un brin paternaliste, qui s’allie à un autre guide, plus franc-tireur (Jake Gyllenhaal, parfait en tête brûlée cool). Parmi les « clients » : un facteur gentil mais fragile, une (fausse ?) caricature de Texan (Josh Brolin), un journaliste, une Japonaise… Chacun avec ses raisons d’aller tout là-haut, et sa déraison.
Sur les aspects lucratifs — la concurrence entre agences de voyages — et les effets pervers — embouteillages périlleux sur les sentiers — de cet alpinisme de plus en plus prisé, c’est parfois confus ou trop superficiel. Ce film de survie, réalisé en altitude par un cinéaste islandais plutôt doué (Jar City), décrit surtout comment l’expédition dégénère au retour de l’ascension, dans une météo soudain monstrueuse. L’éclatement du groupe, le manque progressif d’oxygène, le froid qui attaque, la lente avancée, où le moindre mètre demande un effort surhumain, tout cela est mis en scène de manière très physique, efficace, spectaculaire. Une alliance de réalisme et de suspense dont on sort plutôt conquis.
EVEREST, Baltasar Kormakur 2015 (drame sport)@ (E)
Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, le film suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues.

@

EVERY WHICH WAY BUT LOOSE (Doux, dur et dingue), James Fargo 1978, Clint Eastwood (comique)@



Pour arrondir ses fins de mois, Philo Beddoe, un camionneur, participe à des combats de boxe à mains nues où il demeure invaincu. Un jour, il tombe amoureux d'une chanteuse, Lynn, mais la jeune femme disparaît le lendemain. Accompagné de son orang-outang, Clyde et de son ami Orville, Philo part à la recherche de cette dernière. Poursuivis par une bande de motards hargneux et des policiers, le chemin de ce drôle de trio sera semé d'embûches.

TELERAMA
Country music, baston et rednecks bien allumés...sans oublier un grand singe. Une parenthèse récréative dans la filmographie d'Eastwood
EVERY WHICH WAY BUT LOOSE (Doux, dur et dingue), James Fargo 1978, Clint Eastwood (comique)@ (E)

Pour arrondir ses fins de mois, Philo Beddoe, un camionneur, participe à des combats de boxe à mains nues où il demeure invaincu. Un jour, il tombe amoureux d'une chanteuse, Lynn, mais la jeune femme disparaî ...

@

EVERYBODY KNOWS Asghar Farhadi 2018, Penélope Cruz, Javier Bardem


À l'occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d'un vignoble espagnol. Alors que la fête se prépare dans une atmosphère des plus sereine, des évènements inattendus viennent bouleverser le séjour de Laura et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

TELERAMA
S’il tournait ici pour la deuxième fois hors d’Iran (cinq ans après Le Passé, en France), Farhadi est resté fidèle à son univers. Comme dans ses autres contes moraux, il montre comment un événement imprévu peut révéler à chacun ses failles intimes. Comment les non-dits, les secrets trop longtemps cachés précipitent la crise au sein de couples déjà désunis.
Il confirme par ailleurs qu’il est aussi un formidable directeur d’acteurs, malgré la barrière de la langue. Le casting réunit le gratin du cinéma espagnol, jusque dans les seconds rôles. Javier Bardem, en particulier, est impeccable dans son interprétation tout en nuances de Paco. Ce viticulteur au bon sens paysan se retrouve pris au piège d’une situation qu’il pensait, comme toujours, pouvoir contrôler : l’acteur semble alors porter tous les malheurs du monde sur ses larges épaules soudain bien fragiles… Les personnages si humains d’Asghar Farhadi ne sont jamais d’un bloc.
EVERYBODY KNOWS Asghar Farhadi 2018, Penélope Cruz, Javier Bardem (E)
À l'occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d'un vignoble espagnol. Alors que la fête se prépare dans une atmosphère des plus sereine, des évèn ...

@

EVERYBODY S FINE, Kirk Jones 2009, Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale (societe)@@@


Huit mois après la mort de son épouse, Franck Goode souhaite se réunir avec ses quatre enfants devenus adultes. Quand ils annulent leur visite à la dernière minute, Franck, contre l'avis de son médecin, entreprend un voyage pour reprendre contact avec sa progéniture.

TELERAMA
Ce film au casting prestigieux et au propos tout doux n’a pas eu les honneurs des salles françaises, s’exportant directement en DVD. L’œuvre pourtant tient la route, portée par un De Niro très juste, comme d’habitude, dans la pudeur et la retenue en l’occurrence. Il est ici Frank Goode, un ex-ouvrier désormais retraité, veuf depuis huit mois. Isolé dans une maison trop grande pour lui, il attend avec impatience et un peu de fébrilité la visite de ses quatre enfants, qui ont tous réussi à s’élever socialement loin du foyer : peintre, chef d’orchestre, danseuse, chef de pub. Or les voilà qui annulent un à un… Frank décide alors de partir les voir chez eux, de New York à Las Vegas en passant par Chicago, histoire de voir s’ils ont « réussi leur vie » et s’ils sont aussi heureux qu’ils le prétendent. Même s’il n’a pas grand-chose à leur dire…

Longtemps fin et délicat, le film hélas tourne à la mièvrerie dans les dernières minutes, cédant à trop de symbolisme et de bons sentiments. C’est dommage, mais l’ensemble reste plutôt touchant.
EVERYBODY S FINE, Kirk Jones 2009, Robert De Niro, Drew Barrymore, Kate Beckinsale (societe)@@@ (E)
Huit mois après la mort de son épouse, Franck Goode souhaite se réunir avec ses quatre enfants devenus adultes. Quand ils annulent leur visite à la dernière minute, Franck, contre l'avis de son méde ...

@

EVERYTHING EVERYWHERE ALL AT ONCE, Daniel Scheinert et Daniel Kwan 2022, Michelle Yeoh, Ke Huy Quan (science fiction)@@


Evelyn Wang tient une laverie avec son mari, Waymond qui veut divorcer. Evelyn est à bout. C'est alors qu'elle fait la connaissance d'Alpha Waymond. Ce dernier est une version alternative de Waymond. Il lui explique que de nombreux univers parallèles existent, car chaque choix fait engendre la création d'un nouvel univers. Les habitants de l'Alphaverse ont ainsi développé une technologie permettant d'accéder aux compétences, aux souvenirs et au corps de leurs homologues de l'univers parallèle.

TELERAMA
Michelle Yeoh appelée à sauver le “multivers” dans un clip géant tout en science-fiction fantastique. Cet ovni a été le grand vainqueur des Oscars 2023.
Il y a réellement « tout, partout, tout à la fois » (titre québécois du film) dans Everything, Everywhere, All at Once : un empilement jubilatoire d’idées, d’univers, de références (Eternal Sunshine, Matrix, Paprika, Rick & Morty…). Propriétaire d’une laverie automatique, Evelyn, immigrée quinquagénaire chinoise, surnage dans sa vie monotone. Tout bascule quand une version améliorée de son mari, venue d’un autre monde, l’embarque pour sauver le « multivers ». S’ensuit une débauche de burlesque grivois et de science-fiction qui fut le succès surprise – au rayon indépendant – du box-office américain cette année, prouvant que l’avenir du cinéma ne se limite pas aux superhéros, et qu’un tel délire visuel et narratif peut aussi trouver son public. Rebattue dans les blockbusters actuels, la théorie des univers multiples n’a peut-être jamais été mieux exploitée qu’ici.

Les scènes d’action chorégraphiées empruntent aux films de kung-fu qui ont révélé Michelle Yeoh. Vingt-deux ans après Tigre et Dragon, l’actrice chinoise retrouve ainsi un rôle majeur. Dans son incessante frénésie, le film lui permet de déployer la palette de ses talents, des cascades à la comédie, en passant par le mélo. Et les seconds rôles en or offerts à Jamie Lee Curtis, méconnaissable, et Ke Huy Quan, perdu de vue depuis Les Goonies, confirment la belle forme d’un casting majoritairement mature.

Malgré ces qualités indéniables, Everything… peine à se départir de son allure de clip géant. Les réalisateurs, Dan Kwan et Daniel Scheinert, ont signé les vidéos musicales les plus folles de la dernière décennie, dont ils recyclent quelques fulgurances. Michel Gondry, une de leurs influences revendiquées, l’avait fait avant eux. Mais chez l’ex-roi des clippeurs, passé aux longs métrages oniriques, c’est l’univers visuel qui sert la narration et non l’inverse…
EVERYTHING EVERYWHERE ALL AT ONCE, Daniel Scheinert et Daniel Kwan 2022, Michelle Yeoh, Ke Huy Quan (science fiction)@@ (E)
Evelyn Wang tient une laverie avec son mari, Waymond qui veut divorcer. Evelyn est à bout. C'est alors qu'elle fait la connaissance d'Alpha Waymond. Ce dernier est une version alternative de Waymond. Il lui explique que de nombreux u ...

@

EXCALIBUR, John Boorman 1981, Nigel Terry, Helen Mirren (saga cape et epee)@@


Uter Pendragon reçoit de Merlin l'Enchanteur l'épée mythique Excalibur. A la mort d'Uter, l'épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d'Uter parvient à brandir l'épée Excalibur et devient par ce geste le roi d'Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d'Arthur qui va le pousser à sa perte.

TELERAMA
John Boorman rêva un temps d’adapter “Le Seigneur des anneaux”. À la place, il tourna cette légende du Graal censé réunifier le royaume d’Arthur. Une réussite d’une grande beauté visuelle, à la fois film d’épée et d’auteur.

Le cycle arthurien condensé en deux heures vingt-cinq montre en main. C'est la confusion, ici, qui est à l'honneur. John Boorman a tiré de la légende du Graal un magnifique livre d'images où les épées d'argent s'entrechoquent dans la nuit ocre, où la lueur changeante des flambeaux donne aux armures de sombres reflets.

Ce n'est plus un combat, c'est une mêlée, située, à proprement parler, dans la nuit des temps. La réussite plastique du film est indéniable : Boorman a inventé –en s'inspirant des illustrations XIXᵉ des romans de Walter Scott – un royaume antéhistorique, siège des passions archaïques. Thématiquement, c'est, hélas, un poil plus confus : en adaptant (et en trahissant parfois) les écrivains du cycle arthurien (Chrétien de Troyes, mais surtout Thomas Malory), le cinéaste a privilégié le politique plutôt que le sacré (la quête du Graal sert surtout à unifier le royaume d'Arthur). Excalibur reste néanmoins une réussite, étonnante transmutation d'un cinéma de genre par un authentique auteur.
EXCALIBUR, John Boorman 1981, Nigel Terry, Helen Mirren (saga cape et epee)@@ (E)
Uter Pendragon reçoit de Merlin l'Enchanteur l'épée mythique Excalibur. A la mort d'Uter, l'épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d'Uter parv ...

@

EXODUS, gods and kings, Ridley Scott 2014, Christian Bale, Joel Edgerton (peplum)@


Dans l’Égypte antique, deux princes, Ramsès et Moïse, sont élevés comme des frères. Tandis que Ramsès devient pharaon d’Égypte, Moïse apprend son appartenance au peuple hébreu, réduit en esclavage depuis plusieurs siècles.
Lorsque Dieu demande à Moïse de libérer son peuple, l'exode hors d'Égypte commence.

TELERAMA
Comme Noé, de Darren Aronofsky il y a quelques mois, Exodus : Gods and Kings, le film de Ridley Scott, a été interdit en Egypte et au Maroc. Ce péplum en 3D retrace la jeunesse de Moïse (incarné par Christian Bale) aux côtés de son frère adoptif Ramsès II. Il est rejeté quand sa véritable identité - fils d'Hébreux, et donc esclaves des Pharaons - est révélée. Selon Gaber Asfour, le ministre égyptien de la Culture, ce film « falsifie » l'histoire, . « C'est un film sioniste par excellence », a-t-il affirmé à l'AFP. Selon lui, le réalisateur britannique « fait de Moïse et des Juifs les bâtisseurs des pyramides, ce qui est en contradiction avec les faits historiques avérés ».

Le film, adaptation du Livre de l'Exode, deuxième livre de l'Ancien Testament, au budget monumental de 140 millions d'euros, a été également interdit au Maroc. Ce qui gêne le pays cette fois, c'est la représentation de Dieu par un enfant lors de l'épisode de la révélation faite au prophète Moïse.

Selon l'AFP, « le film a fait polémique dans le monde arabe car il remettrait en question un miracle reconnu par les trois monothéismes, celui de la traversée de la Mer rouge par Moïse, qui divise les eaux à l'aide de son bâton pour permettre le passage des Juifs. »

Distribution
Christian Bale (VF : Philippe Valmont ; VQ : Antoine Durand) : Moïse
Joel Edgerton (VF : Adrien Antoine ; VQ : Louis-Philippe Dandenault) : Ramsès
John Turturro (VF : Dominique Collignon-Maurin ; VQ : Denis Mercier) : Séthi, le père de Ramsès
Aaron Paul (VF : Alexandre Gillet ; VQ : Philippe Martin) : Josué
Ben Mendelsohn (VF : Jean-Pierre Michaël ; VQ : François Godin) : le vice-roi Hegep
María Valverde (VF : Julie Cavanna ; VQ : Annie Girard) : Séphora, la femme de Moïse
Sigourney Weaver (VF : Sylvie Genty ; VQ : Anne Caron) : Touya, la mère de Ramsès
Ben Kingsley (VF : Féodor Atkine ; VQ : Vincent Davy) : Noun, un intellectuel hébreu
Isaac Andrews (VF : Jules Timmerman ; VQ : Matis Ross) : Malak, l'ange du Seigneur
Hiam Abbass (VF : Béatrice Delfe) : Bithiah, la mère de Moïse
Indira Varma (VF : Claire Guyot) : la grande prêtresse
Golshifteh Farahani (VF : Nathalie Karsenti) : Néfertari, la femme de Ramsès
Ghassan Massoud : le Grand Vizir
Tara Fitzgerald (VF : Ivana Coppola) : Myriam, la sœur de Moïse
Dar Salim (VF : Luc Boulad) : le commandant Khyan
Ewen Bremner (VF : Laurent Morteau) : l'expert
Ken Bones : le scribe de Ramsès
Philip Arditti (en) : l'aide du vice-roi Hegep
Hal Hewetson (VF : Octave Jagora) : Gershom
Emun Elliott : Abiron
Anton Alexander (en) : Dathan
Andrew Tarbet (pl) (VF : Patrick Béthune) : Aaron, le frère de Moïse
Kevork Malikyan (VF : Saïd Amadis) : Jéthro
Giannina Facio : la sœur de Jethro
EXODUS, gods and kings, Ridley Scott 2014, Christian Bale, Joel Edgerton (peplum)@ (E)
Dans l’Égypte antique, deux princes, Ramsès et Moïse, sont élevés comme des frères. Tandis que Ramsès devient pharaon d’Égypte, Moïse apprend son appartenance au peuple ...

@

EXPLORERS, Joe Dante 1985, EXPLORERS, Joe Dante 1985, River Phoenix, Ethan Hawke (science fiction)@@


Le jeune Ben Crandall adore la science-fiction. Jour et nuit, il dévore des livres évoquant les folles techniques qui pourraient exister dans des univers parallèles ou, mieux, dans un futur proche. Après avoir rêvé d'un étrange engin spatial, il s'empresse d'en communiquer les caractéristiques à son ami Wolfgang Müller, un jeune informaticien farfelu. Emballé, celui-ci lui propose de matérialiser ce rêve.

TELERAMA
On dirait un premier film. Foutraque et bricolé avec deux bouts de ficelle. Pourtant, un an auparavant, Joe Dante avait réalisé le très remarqué Gremlins. C'est parce que, avec Explorers, le réalisateur met la forme au service du fond : trois Américains en culottes courtes (dont les tout jeunes River Phoenix et Ethan Hawke) rêvent de l'espace et bidouillent dans leur atelier une sorte de navette spatiale avec des hublots de machine à laver et une poubelle. Mais, côté technique, ils assurent, et l'un d'entre eux est un as en informatique : il entre dans son ordinateur un programme que son copain a vu en rêve. Et ça marche ! Leur soucoupe s'envole à la rencontre d'extraterrestres...

Contrairement à ceux de son pote Spielberg, les E.T. de Dante ne sont pas mignons. Mais existent-ils seulement ? Et s'ils nous paraissent bien décevants, n'est-ce pas parce que la vraie vie est loin d'être aussi belle que les songes ? La frénésie de ces enfants à vouloir désespérément « faire confiance aux rêves », comme dit le héros du film, nous fait alors penser à un autre réalisateur, théoricien de la « science des rêves » : Michel Gondry. Même amour des films de science-fiction de série B, du bricolage et des trucages qui se voient, même fuite comique et angoissée pour s'arracher au réel, reconstruire une autre réalité moins pesante (Eternal Sunshine of the spotless mind ; Soyez sympas, rembobinez...). Car, chez l'un comme chez l'autre, le conteur est bien trop lucide pour peindre la vie en rose.
EXPLORERS, Joe Dante 1985, EXPLORERS, Joe Dante 1985, River Phoenix, Ethan Hawke (science fiction)@@ (E)
Le jeune Ben Crandall adore la science-fiction. Jour et nuit, il dévore des livres évoquant les folles techniques qui pourraient exister dans des univers parallèles ou, mieux, dans un futur proche. Après avoir r& ...

@

EXPÉDITION 33, Sandfall Interactive (jeu video)@@


L'intrigue se déroule dans un univers sombre et fantastique aux traits inspirés de la Belle Époque, dans lequel une entité mystérieuse est réputée responsable des maux de la civilisation : elle est nommée la « Peintresse ». Chaque année, cette dernière inscrit un nombre décroissant sur un monolithe géant dressé à l'horizon ; à ce moment, toute personne âgée de cet âge-là ou plus disparait, comme « gommée » du monde. La ville fictive de Lumière, où n'habitent donc plus que des jeunes gens, envoie alors une expédition tenter de briser le cycle imposé par la Peintresse ; le joueur incarne un membre de l'expédition des « moins de 33 ans ». Le scénario propose d'importants rebondissements qui permettent à l'œuvre d'explorer la thématique du deuil.

TELERAMA
À peine sorti, et déjà plus d’un million d’exemplaires écoulés et les félicitations du… président Macron. Trois clefs pour comprendre l’engouement pour “Clair Obscur”, créé par un petit studio de Montpellier, Sandfall Interactive.
« Clair Obscur : expédition 33 » se déroule dans un futur proche et dystopique à Lumière, une ville française qui évoque Paris.
Par Stéphane Jarno

C'est la sensation vidéoludique du moment ! Depuis son lancement le 24 avril dernier, Clair Obscur : Expédition 33 bat tous les records. Créé par Sandfall Interactive, un petit studio montpelliérain fondé en 2020 qui compte une trentaine de personnes, ce jeu indépendant suscite un enthousiasme international, tant du côté de la critique que des joueurs.

Plus d’un million d’exemplaires se sont écoulés en à peine quelques jours, et les versions physiques du jeu sont quasi introuvables. Même Emmanuel Macron, dont on ignorait jusqu’alors le tropisme « gamer », s’est fendu hier d’un post sur Instagram : « Vous faites rayonner l’audace et la créativité à la française. » De fait, dans un secteur où majors et grosses licences se taillent habituellement la part du lion, il est rare qu’une petite production rencontre aussi vite un tel succès. Son prix assez modique (50 euros), au regard des superproductions qui passent désormais allègrement la barre de 70 euros, n’explique pas tout. Nous avons cherché à comprendre les raisons de cette unanimité.

Une histoire originale
Clair Obscur : Expédition 33 se déroule dans un futur proche et dystopique à Lumière, une ville française qui évoque Paris, mais qu’une anomalie, la Peintresse, a profondément transformée. Cette entité, dont on ignore la nature exacte, a changé l’ordre du monde et dessine tous les ans un nombre sur un monolithe. Toutes celles et ceux qui vont atteindre cet âge sont dès lors condamnés à disparaître. Pour tenter d’enrayer ce compte à rebours mortel, les survivants dépêchent chaque année leurs meilleurs éléments sur le terrain. Jusqu’à maintenant, sans succès… Petit-cousin de L’Âge de cristal, le film de Michael Anderson (1976) et de La Horde du contrevent, le roman d’Alain Damasio (2004), cette production française surfe sur la vieille obsession humaine de la course contre le temps et du sacrifice de la jeunesse dont le mythe du Minotaure est une des premières expressions connues. Pleine de surprises et de rebondissements, construite comme un puzzle, cette quête n’a rien cependant d’une énième course à l’échalote. Le côté inéluctable de la malédiction, le deuil des générations déjà annihilées lui apportent une intensité particulière et s’il y a beaucoup d’humour et d’action dans le jeu, il n’est pas rare que la mélancolie et les souvenirs s’invitent à la fête. De la pure « fantasy » qui pourtant résonne étrangement avec notre époque, où l’idée même de lendemain n’a rien d’acquis et semble même de plus en plus incertaine.

Une “french touch” rafraîchissante
Les innombrables mondes traversés lors de ce long et étonnant périple (un océan suspendu, une forêt indigo et bioluminescente, un sanctuaire de fétiches en bois, etc.) comme les créatures qui les peuplent témoignent d’une créativité peu commune et d’un soin extrême porté aux détails. Décors Art nouveau inspirés de la Belle Époque, qualité des musiques originales, accent mis sur les couleurs et les doublages voix, dialogues souvent piquants et bien écrits : la direction artistique est remarquable, peut-être parce que le pdg du studio, Guillaume Broche, en est aussi le directeur créatif. Sans être appuyés, les clins d’œil à la culture française, en vrac, du mime Marceau à Manu Chao en passant par l’accordéon, la marinière et la guitare électrique (!), sortent des archétypes habituels. Une « french touch » assez rafraîchissante et, semble-t-il, plutôt bien appréciée à l’étranger.

À l’évidence Clair Obscur s’inspire des RPG ( « role playing game » ou « jeu de rôle » ) japonais comme Final Fantasy ou Persona. Sans avoir la même puissance de feu que les studios nippons, les Montpelliérains (pour beaucoup des anciens d’Ubisoft) ont su garder le meilleur de leurs modèles en adoptant, par exemple, un système de jeu où les combats se déroulent au tour par tour. Avec un vrai « plus » : l’accent mis sur les esquives et les parades. En s’initiant à ces techniques et en utilisant au mieux différentes compétences acquises au fil du jeu, il est possible de vaincre de nombreux boss et adversaires en retournant, un peu comme au judo, leurs propres forces contre eux.
EXPÉDITION 33, Sandfall Interactive (jeu video)@@ (E)
L'intrigue se déroule dans un univers sombre et fantastique aux traits inspirés de la Belle Époque, dans lequel une entité mystérieuse est réputée responsable des maux de la civilisation : el ...

@

EYES WIDE SHUT, Stanley Kubrick 1999, Tom Cruise, Nicole Kidman


Un jeune couple bourgeois vivant à New-York, Bill Harford, médecin, et sa femme, Alice, commissaire d'exposition, se rend à une réception mondaine pour la fête de Noël donnée par un riche patient de Bill. Bill y rencontre un vieil ami de fac, Nick Nightingale, devenu pianiste professionnel puis pendant qu'Alice se fait draguer par un Hongrois, Bill se voit proposer un plan à trois par deux mannequins pour aller jusqu'au bout de l'arc-en-ciel.

TELERAMA
L'été précédent, Alice a failli se laisser séduire par un bel inconnu. Cet aveu souriant foudroie Bill, son mari. Le règlement de comptes pointe. Grande scène où Kubrick se délecte à montrer comment chaque phrase défait le couple. C'est aussi le déclic : le temps d'une nuit, Bill a l'occasion d'assouvir ses fantasmes, mais va se confronter à ses peurs enfouies. Comme dans la scène d'orgie, point d'orgue de son errance, Bill n'agit pas, il subit, maladroit, comme dans un mauvais rêve.

C'est ce qui a captivé Kubrick dans la nouvelle de Schnitzler (fidèlement adap­tée) : la confusion mentale de cet homme aux certitudes si lisses, empêtré dans ses élans inachevés. Dans les décors plus vrais que vrais d'un New York de studio, le cinéaste invente un monde peuplé d'êtres grotesques ou insaisissables, et sa maîtrise formelle est décisive : c'est de la mise en scène, et d'elle seule, que naît l'impression de vertige. Sur le couple, son intimité, ses non-dits, Kubrick n'avait pas de vérités saisissantes à révéler. La morale de l'histoire, telle que Bill et Alice se la confectionnent, est très modeste. Et presque superflue au regard des abîmes que Bill a côtoyés, marionnette manipulée par Kubrick avec une précision diabolique.
EYES WIDE SHUT, Stanley Kubrick 1999, Tom Cruise, Nicole Kidman (E)
Un jeune couple bourgeois vivant à New-York, Bill Harford, médecin, et sa femme, Alice, commissaire d'exposition, se rend à une réception mondaine pour la fête de Noël donnée par un riche patien ...

@

EYJAFJALLAJOKULL, Alexandre Coffre 2013, Dany Boon, Valerie Bonneton (comique)


Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Grèce où se marie leur fille, ce couple de divorcés, qui se voue l’un l’autre une détestation sans borne, va être amené par la force des choses à prendre la route ensemble.

TELERAMA
Deux ex-époux qui se haïssent doivent rejoindre la Grèce, où se marie leur fille. Leurs mésaventures seraient sympas si on parvenait à éprouver une connivence avec les personnages. Mais non, ces gens hargneux et rosses sont odieux.

Erreur, funeste erreur ! Généralement, les couples de cinéma qui s’engueulent pour mieux se réconcilier nous deviennent proches par leur charme et leur entrain : Cary Grant et Katharine Hepburn dans L’Impossible Monsieur Bébé, Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac dans L’Homme de Rio. Un scénario imbécile fait des héros d’Alexandre Coffre d’insupportables casse-pieds : ils justifient la question de l’irrésistible chanson de Marie-Paule Belle : « Mais où est-ce qu’on les enterre ceux qui sont méchants ? »

Lui (Dany Boon) est un grimacier pleurard. Elle (Valérie Bonneton) cumule les fonctions d’emmerdeuse, d’emmerdante et d’emmerderesse. On pourrait espérer qu’au terme de ses aventures — l’éruption du volcan islandais Eyjafjamachinchose empêche le duo de rejoindre sa fille, qui se marie en Grèce — elle évoluerait. Mais non ! « Je t’emmerde ! » lance-t-elle à un brave vieil Albanais tout souriant qui lui demande gentiment son nom… Comment s’intéresser à une hystérique pareille et à son pénible conjoint ? Le réalisateur a beau multiplier poursuites et cascades (le film a coûté très, très cher, semble-t-il), rien n’y fait. On n’a pas envie d’être avec ces gens-là, on souhaite les oublier au plus vite, on rêverait même de ne jamais les avoir connus.
EYJAFJALLAJOKULL, Alexandre Coffre 2013, Dany Boon, Valerie Bonneton (comique) (E)
Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Gr&eg ...

@

FALBALAS, Jacques Becker 1944, Raymond Rouleau, Micheline Presle (sentimental societe)@@


Le grand couturier, Philippe Clarence, célèbre dans le tout Paris pour ses créations et ses nombreuses conquêtes féminines, tombe amoureux de Micheline, la fiancée de son ami Rousseau.

TELERAMA
Film grave et profond, qui s’attache d’abord à la description réaliste d’un milieu – celui de la mode – et d’une époque. Puis à l’étude clinique d’un amour fou. Aidé dans cette investigation psychique par Micheline Presle, charmeuse et intense.

Un homme est couché sur le pavé, serrant contre lui un mannequin en robe de mariée. Des jeunes femmes le regardent, la mine grave. « Il est mort, il a l'air heureux », déclare l'une d'elles. D'emblée, Jacques Becker place son film dans une atmosphère onirique et un classicisme lumineux qui évoquent Les Visiteurs du soir ou La Belle et la Bête. Qu'est-il arrivé à Philippe Clarence, grand couturier parisien, pour qu'il se jette par la fenêtre ? La question est éludée pendant les premières minutes, légères comme une comédie, avec des portes qui claquent, des dialogues fins et incisifs. Becker trace un portrait moqueur du monde de la mode, où un seul homme régente une centaine de femmes, brutalisant les unes, séduisant les autres, les exploitant toutes.

Et puis, le drame se noue, progressivement. Car Clarence a un besoin éperdu des femmes, dont ses robes doivent révéler la beauté. Son inspiration, il la doit à ses conquêtes : chaque collection est le signe d'un nouvel attachement, en attendant la saison suivante, où cette passion rejoindra les autres, étiquetées dans une armoire. Alors, quand une femme, la première, ose lui résister, elle menace sa création, et sa raison. De cet amour fou, qui n'a de solution que dans la mort, le cinéaste tirera, sept ans plus tard, un autre grand film : Casque d'or.
FALBALAS, Jacques Becker 1944, Raymond Rouleau, Micheline Presle (sentimental societe)@@ (E)
Le grand couturier, Philippe Clarence, célèbre dans le tout Paris pour ses créations et ses nombreuses conquêtes féminines, tombe amoureux de Micheline, la fiancée de son ami Rousseau.

TELER ...

@

FALLING IN LOVE, Ulu Grosbard 1984, Meryl Streep, Robert De Niro (sentimental)@@


À la veille de Noël. Lorsqu'il sort de chez Rizzoli, où il vient d'acheter pour son épouse un ouvrage sur l'entretien des jardins, Frank Raftis a les bras encombrés de paquets. Molly Gilmore, un peu moins chargée, vient l'aider mais l'inévitable se produit : les cadeaux se retrouvent par terre. Chacun ramasse ses affaires et s'en va attraper un train de banlieue plus bondé que jamais. Le matin de Noël, ils s'aperçoivent de l'interversion de certains paquets.

TELERAMA
FALLING IN LOVE, Ulu Grosbard 1984, Meryl Streep, Robert De Niro (sentimental)@@ (E)
À la veille de Noël. Lorsqu'il sort de chez Rizzoli, où il vient d'acheter pour son épouse un ouvrage sur l'entretien des jardins, Frank Raftis a les bras encombrés de paquets. Molly Gilmore, un peu moins ch ...

@

FAME, Alan Parker 1980, Maureen Teefy, Gene Anthony Ray (musical)@@


Comme chaque année, la New York City High School for the Performing Arts, prestigieux lycée public qui, au cœur de Manhattan, prépare aux métiers de la scène (musique, danse et théâtre), auditionne sans pitié ses futures recrues.

TELERAMA
Au-delà des chorégraphies kitsch de l’ère pré-aérobique, cette chronique de trois années d’études au sein d’une école d’élite impitoyablement exigeante est une immersion durement réaliste avec des thèmes toujours brûlants.
Plusieurs histoires se chevauchent et s'interpénètrent dans ce scénario, qui décrit l'apprentissage et les efforts terribles d'une promotion de candidats acteurs-danseurs-chanteurs. Cela se passe dans une école spécialisée de New York. La sélection est sévère. La ténacité, l'arrivisme, le talent, le découragement, le dépassement de soi, le trac sont autant de qualités et de défauts qui feront les excellentes vedettes de demain.

Le mythe du grand spectacle est au cœur de ce film, qui est lui-même un grand spectacle. On y suit alternativement et presque simultanément l'itinéraire de très jeunes candidats - et candidates - vers la gloire. C'est, comme on dit, un « univers impitoyable ». L'entraînement est dur. Les sentiments existent, mais il est préférable de les refréner. L'alternance de cruauté et de tendresse, d'eau de rose et de vitriol fait de ce film musical une vraie « comédie dramatique » (expression qui n'a pas grand sens dans son acception habituelle). La mise en scène est musclée, le scénario à incidences multiples, remarquablement tricoté, les jeunes interprètes, surdoués. Ce divertissement de qualité dépasse la notion de divertissement. Il évoque, allégoriquement, l'apprentissage de la vie.
FAME, Alan Parker 1980, Maureen Teefy, Gene Anthony Ray (musical)@@ (E)
Comme chaque année, la New York City High School for the Performing Arts, prestigieux lycée public qui, au cœur de Manhattan, prépare aux métiers de la scène (musique, danse et théâtre), ...

@

FANFAN LA TULIPE Gérard Krawczyk 2003, Vincent Perez, Penelope Cruz, Dider Bourdon, Guillaume Gallienne


Dans la France du XVIIIe siècle, Fanfan, un jeune aventurier intrépide et fougueux, s'engage dans l'armée du roi, encouragé par la belle Adeline, la fille d'un sergent recruteur. En route vers le campement, il fait fuir des brigands qui tentaient de dévaliser le carrosse royal de Madame de Pompadour et d'Henriette, la fille du roi. Il y voit un signe du destin et tente alors de déjouer un complot historique. A la clé, la gloire et un amour inattendu.

TELERAMA
Ce Fanfan tire à hue et à dia, une bobine dans le cinéma d'action surspeedé, l'autre dans le marivaudage-à-mots-d'auteur. Encore faut-il que les mots soient drôles : est-ce la marque de Luc Besson dialoguiste si, à plusieurs reprises, différents protagonistes ont l'air de parler comme certains personnages incarnés par Jean Reno, de façon elliptique et péremptoire ? Les rares bonheurs surgissent quand le récit prend vraiment le temps de respirer, l'espace des scènes de séduction entre Vincent Perez (pas mal, quoique trop raisonneur) et Penélope Cruz (assez lumineuse et sous-employée). Ou quand brillent certains seconds rôles, comme Guillaume Gallienne, qui s'approprie le rôle tenu jadis par Jean Parédès. C'est dans la décontraction potache que Fanfan aurait pu trouver sa voie. Entre déconnade et baston, il eût fallu choisir.
FANFAN LA TULIPE Gérard Krawczyk 2003, Vincent Perez, Penelope Cruz, Dider Bourdon, Guillaume Gallienne (E)
Dans la France du XVIIIe siècle, Fanfan, un jeune aventurier intrépide et fougueux, s'engage dans l'armée du roi, encouragé par la belle Adeline, la fille d'un sergent recruteur. En route vers le campement, il fa ...

@

FANTOMAS CONTRE SCOTLAND YARD André Hunebelle 1967, Louis de Funes, Jean Marais, Mylene Demongeot.


Fantômas revient avec une nouvelle idée : imposer aux riches (nobles comme gangsters) un impôt sur le droit de vivre. Débarqués en Écosse, le commissaire Juve, Fandor et sa fiancée ont pour mission d'attraper Fantômas. Dans un château hanté par les esprits, Juve, censé protéger les propriétaires, est lui-même victime de l'humour macabre de Fantômas, lequel use et abuse de ses masques extravagants et de son rire caverneux.

TELERAMA
C'est le troisième, dernier et désolant volet de l'adaptation de la saga imaginée par Pierre Souvestre et Marcel Allain. Les auteurs ont tiré l'intrigue vers une fantaisie poussive ; les acteurs font le numéro qu'on attend d'eux : cascades et crises de nerfs. Une supercherie, avec gags essoufflés sur les fantômes et la chasse à courre.
FANTOMAS CONTRE SCOTLAND YARD André Hunebelle 1967, Louis de Funes, Jean Marais, Mylene Demongeot. (E)
Fantômas revient avec une nouvelle idée : imposer aux riches (nobles comme gangsters) un impôt sur le droit de vivre. Débarqués en Écosse, le commissaire Juve, Fandor et sa fiancée ont pour mis ...

@

FANTOMAS SE DECHAINE, André Hunebelle 1965, Jean Marais, Louis De Funes (comique)@


Alors que le commissaire Juve vient d'être décoré chevalier de la Légion d'Honneur en récompense de sa lutte efficace contre Fantômas, on apprend au même moment que celui-ci vient d'enlever le professeur Marchand afin de mettre au point une arme terrifiante.

TELERAMA
De deux choses l’une : ou l’on décide d’aimer pour de Funès et ses grimaces, ou l’on reste lucide, et on s’agace de la paresse de cette suite...

Juve est décoré de la Légion d'honneur. Fantômas lui envoie un télégramme de félicitations, puis enlève le professeur Marchand, dont l'invention doit lui permettre de dominer le monde. Mais celle-ci ne peut être utilisée qu'avec le concours du professeur Lefèvre...

Le détournement cinématographique du roman-feuil­leton Belle Epoque de Sou­vestre et Allain ayant été accompli dès 1914, il n'y avait plus à se gêner. En avant le vaudeville, façon Hunebelle ! Les transfor­mations et les acrobaties de Jean Marais comptent moins que les numéros de Louis de Funès. On se grime à qui mieux mieux. Le film s'est bonifié avec l'âge, prenant une patine nostalgique qui force l'indulgence...
FANTOMAS SE DECHAINE, André Hunebelle 1965, Jean Marais, Louis De Funes (comique)@ (E)
Alors que le commissaire Juve vient d'être décoré chevalier de la Légion d'Honneur en récompense de sa lutte efficace contre Fantômas, on apprend au même moment que celui-ci vient d'enlever le p ...

@

FANTOMAS, Andre Hunebelle 1964, JeanMarais, Louis De Funes (comique)@


Un personnage mystérieux commet des vols et des crimes dans la capitale sous le nom de Fantômas. Le commissaire Juve et le journaliste Fandor enquêtent chacun à leur manière sur cette affaire. Ils ne croient pas à l'existence d'un tel malfaiteur. Ils se retrouvent confrontés à Fantômas, dont la méthode consiste à utiliser des masques pour commettre ses méfaits. Il prend ainsi diverses identités, dont celles de nos deux héros.

TELERAMA
Faiblesse nostalgique, on se régale des rictus du commissaire Juve et de ce méchant en latex bleu qui fleure bon la poussière des années 1960.
Adapté en 1913 par Louis Feuillade, le célèbre feuilleton de Souvestre et Allain se mue ici en pantalonnade policière (mal) dissimulée sous une profusion de gadgets désormais très kitsch. Louis de Funès, avec son habituel numéro rageur, et Jean Marais, dans le double rôle athlétique de Fandor et Fantômas, semblent jouer à se voler la vedette.
FANTOMAS, Andre Hunebelle 1964, JeanMarais, Louis De Funes (comique)@ (E)
Un personnage mystérieux commet des vols et des crimes dans la capitale sous le nom de Fantômas. Le commissaire Juve et le journaliste Fandor enquêtent chacun à leur manière sur cette affaire. Ils ne croient ...

@

FARANG, Xavier Gens 2023, Massim Lyes, Olivier Gourmet (thriller)@@


A sa sortie de prison, après une longue peine effectuée à Fresnes pour trafic de stupéfiants, Sam se retrouve face à son passé lorsqu'il tombe sur un ancien commanditaire qu'il tue lors d'un combat. N'ayant d'autre choix, il s'enfuit en Thaïlande où il fonde une famille. Cinq ans plus tard, il travaille à l'aéroport avec l'espoir d'acheter un terrain et de construire une maison pour sa femme et leur fille. Mais alors qu'il touche son rêve du doigt, il doit se résoudre à travailler pour la mafia locale. Lorsqu'il envisage d'arrêter définitivement, Narong, le parrain du coin, s'attaque aux siens, obligeant Sam à tout faire pour les défendre...

TELERAMA
Le réalisateur revient à ses premières amours : un cinéma brut, hanté, énervé et sans merci. On devine que certaines envies de mise en scène précèdent le scénario, mais tout cela reste assez impressionnant.

Oublié Budapest (décor d’une piteuse comédie sur les enterrements de vie de garçon, en 2018), le réalisateur Xavier Gens se balade à Bangkok. Il revient ainsi à ses premières amours : un cinéma brut, hanté, épris de chairs maltraitées. Sam (Nassim Lyes, à mi-chemin entre John Wick et un mannequin de défilé), loubard francilien réfugié en Thaïlande, tente d’y construire une famille. Jusqu’à un faux pas criminel qui le rappelle à son ancienne vie et met en branle un redoutable engrenage de vengeance… On devine que certaines envies de mise en scène précèdent le scénario qui les relie, mais Farang reste nerveux et prenant ; d’autant plus réussi au regard de la moyenne du polar français (voir Olivier Marchal et consorts). Un Olivier Gourmet sinistre, qui s’en donne à cœur joie en tycoon mafieux et proxénète, achève de nous convaincre.
FARANG, Xavier Gens 2023, Massim Lyes, Olivier Gourmet (thriller)@@ (E)
A sa sortie de prison, après une longue peine effectuée à Fresnes pour trafic de stupéfiants, Sam se retrouve face à son passé lorsqu'il tombe sur un ancien commanditaire qu'il tue lors d'un combat. ...

@

FARGO, Joel Coen 1996, Frances McDormand (thriller)@@


Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d'enlever sa femme, Jean, dont le père, Wade, un richissime homme d'affaires, ne manquera pas de régler la rançon exigée. Les choses se gâtent quand ses complices abattent 3 témoins, dont un flic. La machine sanglante commence à s'emballer.

TELERAMA
Criblé de dettes, un vendeur de bagnoles veut faire enlever sa propre femme pour empocher la rançon. Avec une rare économie de moyens et un humour acide, les frères Coen filment la dérive de gens ordinaires pris dans la spirale de l’échec.

Un trou perdu du Minnesota. Jerry Lundegaard, directeur d'une concession automobile au bord de la faillite mais par ailleurs doté d'un riche beau-père, a l'idée de sa vie : faire enlever sa propre femme par deux tocards à qui le beau-père versera la rançon...

Fargo vaut d'abord par ses personnages. Dès lors qu'apparaît Jerry Lundegaard, sourire de hamster jovial contredit par un regard douloureux, on sait que ce benêt n'est pas né sous une bonne étoile. Tout le contraire du policier Marge Gunderson, épouse heureuse et future mère comblée, sorte de Droopy sanglé dans un uniforme... Jerry et elle ont la même obstination tranquille, qui aurait pu les réunir si le destin ne s'en était mêlé. Et c'est avec la même application jusqu'au-boutiste que les deux crétins kidnappeurs vont semer la désolation. Ainsi va Fargo, dans une horreur crescendo mais tranquille, ponctuée des gestes et des mots de tous les jours, d'un train-train de petites manies et de vieilles habitudes. Ces personnages simples pris dans la glace d'une situation inextricable, puis ces corps en morceaux dans une nature immuable finissent par dessiner une vraie tragédie, celle de la violence banale, donc fatale. On songe à Continents à la dérive, de Russell Banks : un jour, un type dérape, et la mort atroce est au bout du chemin. C'est la dérive des gens ordinaires, pris dans la spirale de l'échec : l'échec, ce vieux cauchemar américain.

FARGO, Joel Coen 1996, Frances McDormand (thriller)@@ (E)
Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d'enlever sa femme, Jean, dont le ...

@

FATAL ATTRACTION, Adrian Lyne 1987, Glenn Glose Michael Douglas (vo)(thriller)@@


Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met un terme à leur aventure passagère. Mais Alex ne l'entend pas de cette oreille. Folle de désir et de jalousie, elle se met à suivre Dan, à l'appeler à son domicile de jour comme de nuit. Son comportement devient de plus en plus intrusif et inquiétant.

TELERAMA
Dan traîne dans un cocktail avec sa femme Beth. Une femme le toise avec insistance et l’invite à prendre un verre. Sans plus, mais son sourire carnassier et ses yeux de braise ne trompent pas. Le week-end suivant, Dan laisse son épouse et sa petite fille partir seules en week-end : il doit participer à une réunion de travail. Et qui retrouve-t-il parmi les invités de ce séminaire ? L’inconnue du cocktail, dont le regard a la même fixité scrutatrice... Emballé, c’est pesé, Dan accepte de passer la nuit avec Alex. Une passade sans lendemain, pense-t-il. Erreur, répond-elle, tous crocs dehors.

Alors que brontosaures et tricératops envahissaient récemment les couvertures des magazines, un autre monstre cinématographique faisait la une des journaux américains, il y a six ans : la femme vengeresse, briseuse de couple. Psychiatres et sociologues accumulaient les théories, tâchant d’expliquer l’engouement du public pour ce mélodrame sanguinolent. On remercia même Adrian Lyne, auteur de Flashdance et de Neuf Semaines et demie, d’avoir réalisé le premier film de l’ère du sida. Le compliment était un peu excessif et tiré par les cheveux : jamais il n’est question de la maladie, les risques que court Michael Douglas sont ici plus moraux et psychiques que médicaux. Le cinéaste s’est à l’évidence contenté de suivre le fil, très mince, d’une intrigue vaudevillesque qui tourne au vinaigre. Tour à tour bouleversant et grotesque, le film ne peut pas laisser indifférent.
FATAL ATTRACTION, Adrian Lyne 1987, Glenn Glose Michael Douglas (vo)(thriller)@@ (E)
Heureux en ménage, Dan Gallagher ne résiste pourtant pas au charme d'Alexandra Forrest, l'une de ses collaboratrices. Après un week-end en compagnie de la jeune femme, Dan réalise qu'il commet une erreur et met u ...

@

FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@


Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du rap. La vie sourit de toutes ses dents en or à Fatal Bazooka, en apparence du moins. Parce que la réalité s'avère bien moins rose. Le rappeur se pose des questions existentielles, se demande d'où il vient et où il va. Pour mieux vendre sa musique, Fatal a fait croire qu'il était né dans un ghetto alors qu'il vient d'un paisible petit village de Savoie. Mais une enfance heureuse au beau milieu des Alpes, auprès de parents aimants, n'a jamais fait rêver les fans de rap...

TELERAMA
Premier film de Michaël Youn cinéaste, qui reprend son personnage de Fatal Bazooka, rappeur bling-bling... Au final, une caricature du milieu et de lui-même assez juste.

Michaël Youn est un acteur calamiteux. Les spectateurs d'Iznogoud en savent quelque chose. Reconnaissons-lui au moins une certaine constance : il joue toujours aussi mal dans Fatal, son premier film en tant que réalisateur. Il y reprend son personnage de Fatal Bazooka, caricature de rappeur bling-bling — à faire passer P. Diddy pour un mormon. Mais le pitre du Morning live a toujours été un pro du gag. Et Fatal débite des gags sur un rythme effréné. Du gras et du moins gras, l'essentiel étant de tenir une heure et demie à fond.

(Bon) morceau choisi : le héros est marié à une cruche blonde du nom d'Athena Novotel, clone franchouillard de Paris Hilton. Satire dans tous les sens : le gangsta rap, la télé trash, l'humanitaire people, voire Michaël « Fous ta cagoule » Youn lui-même (et ses 500 000 exemplaires vendus)... Masochiste comme ces enfants qui cassent leurs propres jouets en riant, Youn accepte même de se faire voler la vedette (dans le scénario et sur l'écran) par un minet de « l'électro-bio », interprété avec un vrai talent burlesque par Stéphane Rousseau. Pas si con, donc...

FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@ (E)
Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du r ...

@

FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@


Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du rap. La vie sourit de toutes ses dents en or à Fatal Bazooka, en apparence du moins. Parce que la réalité s'avère bien moins rose. Le rappeur se pose des questions existentielles, se demande d'où il vient et où il va. Pour mieux vendre sa musique, Fatal a fait croire qu'il était né dans un ghetto alors qu'il vient d'un paisible petit village de Savoie. Mais une enfance heureuse au beau milieu des Alpes, auprès de parents aimants, n'a jamais fait rêver les fans de rap...

TELERAMA
Premier film de Michaël Youn cinéaste, qui reprend son personnage de Fatal Bazooka, rappeur bling-bling... Au final, une caricature du milieu et de lui-même assez juste.

Michaël Youn est un acteur calamiteux. Les spectateurs d'Iznogoud en savent quelque chose. Reconnaissons-lui au moins une certaine constance : il joue toujours aussi mal dans Fatal, son premier film en tant que réalisateur. Il y reprend son personnage de Fatal Bazooka, caricature de rappeur bling-bling — à faire passer P. Diddy pour un mormon. Mais le pitre du Morning live a toujours été un pro du gag. Et Fatal débite des gags sur un rythme effréné. Du gras et du moins gras, l'essentiel étant de tenir une heure et demie à fond.

(Bon) morceau choisi : le héros est marié à une cruche blonde du nom d'Athena Novotel, clone franchouillard de Paris Hilton. Satire dans tous les sens : le gangsta rap, la télé trash, l'humanitaire people, voire Michaël « Fous ta cagoule » Youn lui-même (et ses 500 000 exemplaires vendus)... Masochiste comme ces enfants qui cassent leurs propres jouets en riant, Youn accepte même de se faire voler la vedette (dans le scénario et sur l'écran) par un minet de « l'électro-bio », interprété avec un vrai talent burlesque par Stéphane Rousseau. Pas si con, donc...

FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@ (E)
Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du r ...

@

DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons


Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, brillant journaliste politique, et Sally, adolescente à l'esprit vif et curieux. Au cours d'une réception à l'ambassade de France, Stephen fait la connaissance d'Anna Barton, la nouvelle petite amie de son fils.

TELERAMA
“ Autopsie d'une relation impossible et néfaste cachée par de faux-semblants. Une famille se faisant tromper par une romance inavouable. ”
DAMAGE (FATALE), Louis Malle 1992, Juliette Binoche, Jeremy Irons (E)
Stephen Fleming, parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d'État, est marié depuis 25 ans à Ingrid, avec laquelle il entretient une relation pleine d'affection. Ils ont 2 enfants : Martyn, bri ...

@

FATIMA Philippe Faucon 2020 Soria Zeroual


Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage. Un jour, elle chute. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu'il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

TELERAMA
Fatima, quadragénaire née au bled, fait partie de ces individus « invisibles » que la société ignore, alors qu'ils lui sont indispensables. Les cadrages épurés du cinéaste, son utilisation de la profondeur de champ soulignent la solitude de cette mère courage, écartée du monde en raison de son foulard, de son travail ingrat, qui la contraint à vivre en horaires décalés. Et, surtout, de son ignorance du français.
Comment Fatima pourra-t-elle surmonter la barrière d'une langue qui, en plus de la handicaper dans sa vie quotidienne, la coupe de ses propres enfants ? C'est l'enjeu dramatique de ce mélo social, débarrassé de tout pathos, où la gravité n'exclut pas l'humour — euphorisantes scènes de drague entre ados, qui rappellent que Philippe Faucon est l'un des cinéastes les plus doués pour saisir la fougue et les indécisions de la jeunesse. Du beau visage las de Soria Zeroual, superbe interprète de Fatima, émanent une délicatesse, une humanité qui illuminent le film. — Samuel Douhaire

FATIMA Philippe Faucon 2020 Soria Zeroual (E)
Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans s ...

@

FAUT PAS LUI DIRE, Solange Cicurel, Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Brigitte Fossey (societe)@@


Laura, Eve, Anouch et Yaël sont quatre cousines très différentes et très attachantes qui ont un point commun : elles mentent, mais toujours par amour. Quand les trois premières découvrent quelques semaines avant le mariage de leur petite cousine que son fiancé parfait la trompe, elles votent à l'unisson : faut pas lui dire.

TELERAMA
Laura, Eve, Anouch et Yaël ont beau être très différentes, elles sont inséparables. La très sérieuse Laura, mère divorcée, tombe sous le charme d'Alain tandis que Eve n'en peut plus du côté trop prévenant et ultra-prévisible de son mari David. La fantasque Anouch vit sa vie de femme libérée et Yaël s'apprête à épouser Maxime. Alors que la date du mariage approche, celle-ci se demande si elle fait le bon choix car avec son fiancé, elle ne fait quasiment plus l'amour. Par hasard, Laura tombe sur Maxime, en charmante compagnie. Une réunion de crise est organisée. Verdict : on ne dit rien à Yaël...

allocine:
Sympa à voir, pas le scénario du siècle bien entendu dans ce genre de film mais on prend plaisir à le regarder. Les actrices jouent bien, mention spéciale à Jenifer Bartoli.
FAUT PAS LUI DIRE, Solange Cicurel, Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Brigitte Fossey (societe)@@ (E)
Laura, Eve, Anouch et Yaël sont quatre cousines très différentes et très attachantes qui ont un point commun : elles mentent, mais toujours par amour. Quand les trois premières découvrent quelques sem ...

@

FAUTEUIL D ORCHESTRE Daniele Thomson 2006, Albert Dupontel, Claude Brasseur, Cecile de France


Jessica est une jeune provinciale pleine de fraîcheur et d'innocence, montée à Paris pour trouver du travail et refaire sa vie. Tout l'émerveille, à commencer par l'avenue Montaigne, où elle vient d'être embauchée comme serveuse au Café des Théâtres.

TELERAMA
L'avenue Montaigne, à Paris : ses galeries d'art, ses spectacles, ses boutiques de luxe... Et son Café des Théâtres, pivot d'un vaste carrousel de numéros d'acteurs : Claude Brasseur en collectionneur d'art, Valérie Lemercier en vedette télé, Albert Dupontel en pianiste virtuose...
Tout ce petit monde, ou presque, a son vague à l'âme et son stock d'aphorismes percutants. Dans le genre film choral, Danièle Thompson avait déjà fait mieux avec La Bûche, chronique familiale aux alentours de Noël : plus drôle, plus amer, plus subtil. Ici, sous les yeux perpétuellement émerveillés de Jessica (Cécile de France), serveuse toute fraîche, la sarabande s'enlise un peu dans les lieux communs sur la vie, l'amour, la réussite... On retient pourtant la présence émouvante de Suzanne Flon, peu avant sa disparition et, surtout, Valérie Lemercier, qui étincelle de fantaisie et de charme en actrice de soap, pardon, de série « prestigiousse ». — Cécile Mury
FAUTEUIL D ORCHESTRE Daniele Thomson 2006, Albert Dupontel, Claude Brasseur, Cecile de France (E)
Jessica est une jeune provinciale pleine de fraîcheur et d'innocence, montée à Paris pour trouver du travail et refaire sa vie. Tout l'émerveille, à commencer par l'avenue Montaigne, où elle vient d' ...

@

FENCES, Denzel Washington 2018, Denzel Washington, Viola Davis (sport racisme)@


À Pittsburgh dans les années 50, Troy habite une maison ouvrière avec sa famille. Cet éboueur a toujours rêvé devenir joueur de baseball professionnel et il est convaincu qu'il a été victime de racisme à cause de la couleur de sa peau.

TELERAMA
As du base-ball, Troy n'a jamais pu devenir joueur professionnel : dans l'Amérique des années 1930, aucun club ne voulait engager un Noir. Le champion est devenu éboueur pour faire vivre sa famille. Vingt ans après, ses proches doivent supporter son aigreur. Et son autoritarisme...

Après avoir triomphé à Broadway dans le rôle de Troy, Denzel Washington adapte lui-même la pièce d'August Wilson. Sa mise en scène évoque souvent, hélas, du théâtre filmé. Très bavard, trop long, Fences est sauvé par ses seconds rôles : Viola Davis impressionne en femme bafouée. Et la subtilité des jeunes Jovan Adepo et Russell Hornsby apporte un contrepoint bienvenu au cabotinage de Washington.
FENCES, Denzel Washington 2018, Denzel Washington, Viola Davis (sport racisme)@ (E)
À Pittsburgh dans les années 50, Troy habite une maison ouvrière avec sa famille. Cet éboueur a toujours rêvé devenir joueur de baseball professionnel et il est convaincu qu'il a été vi ...

@

FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@


À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l'immeuble qu'il occupe dans Greenwich Village. Ses observations l'amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d'en face, a assassiné sa femme.

TELERAMA
C’est l’un des plus grands films de Hitchcock : à la fois une réflexion sur l’amour et sur le cinéma. Comme le note François Truffaut dans son recueil d’entretiens avec le maître, tous les voisins qu’observe James Stewart ont pour point commun l’amour : couple qui se dispute, jeunes mariés qui passent leurs journées au lit, ménage sans enfants, danseuse qui s’exhibe… Figures du désir ou de la pratique amoureuse qui renvoient le personnage principal à son propre problème : épousera-t-il ou non sa dulcinée ?

Par ailleurs, sa position d’observateur immobile est celle du cinéphile : en multipliant les cadres — rectangulaires comme les fenêtres, ronds comme les jumelles ou les objectifs photographiques —, la mise en scène construit une série de mises en abyme. Le voyeurisme — et l’impuissance qu’il suggère — nie le réel de la relation amoureuse et constitue un exutoire fantasmatique du désir. Sous le polar, d’une maîtrise absolue, se cachent une fois de plus les obsessions de Hitchcock.
Ce thriller de Hitchcock est l’un des films préférés de Truffaut.
FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@ (E)
À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilit&e ...

@

FENETRE SUR PACIFIQUE, John Schlesinger 1990, Melanie Griffith, Matthiew Modine(thriller)@@


Un couple loue un appartement du rez-de-chaussée de leur maison en ignorant que leur locataire est un escroc pervers.

TELERAMA
A force d'obstination, Patty et Drake ont fini par acheter la maison de leurs rêves : une vieille bâtisse de style victorien sur les hauteurs de San Francisco. Pour alléger les charges, le jeune couple décide de louer l'appartement du rez-de-chaussée. Un jeune homme d'affaires avenant, Carter Hayes, se présente très rapidement. A l'aide d'une série de subterfuges, le nouveau locataire s'arrange pour occuper l'appartement sans payer de caution ni signer de contrat. Malgré tous leurs efforts, Patty et Drake ne parviennent pas à s'en débarrasser. Carter, cynique et pervers, joue avec les nerfs de Drake et le pousse rapidement à bout...
FENETRE SUR PACIFIQUE, John Schlesinger 1990, Melanie Griffith, Matthiew Modine(thriller)@@ (E)
Un couple loue un appartement du rez-de-chaussée de leur maison en ignorant que leur locataire est un escroc pervers.

TELERAMA
A force d'obstination, Patty et Drake ont fini par acheter la maison de leurs rêves : u ...

@

FERDINAND, Carlos Saldanha 2017 (animation jeunesse)@@


Ferdinand est un taureau au grand coeur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d'origine.

TELERAMA
Un taureau de corrida qui déteste la violence et adore les fleurs : un pimpant divertissement animé des studios Blue Sky (les créateurs de “L’Âge de glace”)
Voici donc le long métrage d’animation sur le taureau le plus débonnaire de toute la péninsule ibérique. D’abord héros d’un classique pour enfants signé Munro Leaf, puis d’un mémorable court métrage Disney (les deux dans les années 1930), l’aimable ruminant gambade à présent dans l’univers un peu plus lisse et calibré des studios Blue Sky (L’Âge de glace, Rio…), mais reste toujours aussi drôle et pimpant. L’imposant bovidé préfère s’essayer au flamenco que de tenter d’embrocher des toreros. En fuyant son destin, il convertit au passage tous ses amis à cornes (dont une chèvre) aux vertus de la non-violence. Dans une Espagne de rêve, bucolique et colorée, le film enchaîne les gags et les personnages bien troussés (comme Angus, l’irascible et touffu taureau écossais), pour mieux célébrer ce refus de combattre et l’ériger en forme ultime de courage. Paix sur la terre et dans les arènes, un message pas si bête.

FERDINAND, Carlos Saldanha 2017 (animation jeunesse)@@ (E)
Ferdinand est un taureau au grand coeur. Victime de son imposante apparence, il se retrouve malencontreusement capturé et arraché à son village d'origine.

TELERAMA
Un taureau de corrida qui déteste l ...

@

FETE DE FAMILLE, Cedric Kahn 2019, Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Vincent Macagne (societe)@@


Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Andréa et elle aimerait qu'on ne parle que de choses joyeuses. Elle ne sait pas encore que l'arrivée surprise de sa fille aînée, Claire, disparue depuis trois ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

TELERAMA
Une fête de famille vire au règlement de compte. Cédric Kahn orchestre un subtile et inconfortable jeu de masques.

Avec cette déclaration d’amour-haine à la famille, le cinéaste de La Prière révèle un sens comique inattendu. Et ses acteurs s’en donnent à cœur joie dans le registre vachard : Macaigne en cadet immature, faussement naïf et affreusement tyrannique ; Deneuve en matriarche angoissante de placidité et de bonne humeur forcée. Quant à Emmanuelle Bercot, elle n’a jamais été aussi subtilement dérangeante.

Àl’occasion de son anniversaire, Andréa accueille ses deux fils : Vincent, avec sa femme et ses enfants ; et Romain, accompagné par sa nouvelle (et énième) petite amie. En dépit de quelques menues prises de bec, le séjour s’annonce festif. Et puis, à l’improviste, débarque la fille aînée, Claire. De retour après des années d’absence, traumatisée par une relation amoureuse ratée, elle souhaite refaire sa vie. Et compte bien récupérer sa part d’héritage… Cédric Kahn fait monter le malaise, tandis que le comportement de l’intruse contamine la maisonnée. Mais, par ses ruptures de ton incessantes, le film déploie aussi une fantaisie brouillonne et chaleureuse qui vire parfois à la farce.

FETE DE FAMILLE, Cedric Kahn 2019, Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Vincent Macagne (societe)@@ (E)
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Andréa et elle aimerait qu'on ne parle que de choses joyeuses. Elle ne sait pas encore que l'arrivée surprise de sa fille aînée, Claire, disparue depuis trois ans et bien d&eacu ...

@

FIRE IN THE SKY. Robert Lieberman 1975 (catastrophe)@


Snowflake, États-Unis, le 5 novembre 1975. Travis Walton, un employé des eaux et forêts, est enlevé par des extra-terrestres devant ses quatre collègues. Il disparaît pendant cinq jours, puis réapparaît, sans mémoire des événements. Mais peu à peu, les souvenirs refont surface...

TELERAMA
Dans le Nord montagneux de l'Arizona, en 1975. Six bûcherons sont à l'oeuvre. Une nuit, tandis qu'ils quittent leur lieu de travail en camion, ils remarquent, dans le ciel, une inquiétante lueur orange, de laquelle descend bientôt un énorme objet. Intrigué, Travis, l'un des bûcherons, s'approche de la chose et disparaît mystérieusement. Ni les autorités, ni la population avoisinante ne semblent convaincues par ce qu'elles considèrent comme une plaisanterie ou, au mieux, comme un banal règlement de comptes. Néanmoins, après avoir interrogé les cinq témoins, le shérif Frank Waters organise des battues pour retrouver Travis. Quelques jours plus tard, celui-ci est découvert, nu comme un ver, visiblement en état de choc.
FIRE IN THE SKY. Robert Lieberman 1975 (catastrophe)@ (E)
Snowflake, États-Unis, le 5 novembre 1975. Travis Walton, un employé des eaux et forêts, est enlevé par des extra-terrestres devant ses quatre collègues. Il disparaît pendant cinq jours, puis ré ...

@

FIRST MAN ON THE MOON Damien Chazelle 2018@@


Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

TELERAMA
Dans cette biographie de Neil Armstrong, la discipline incertaine, laborieuse, faillible, c’est la conquête spatiale elle-même. Le cinéaste insiste sans cesse sur la précarité des engins et vaisseaux pilotés par l’astronaute, du début des années 1960 à ses premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969. Leitmotiv des scènes d’action : les antiques cadrans à aiguilles s’affolent, les carlingues tremblotent, fument, prennent feu… La réussite, lorsqu’elle survient, paraît toujours arbitraire.
Le visage de Ryan Gosling est l’autre facteur majeur de stylisation. Avec son jeu minimaliste, son refus de l’expressivité ordinaire, l’acteur bloque la sympathie et l’identification. Filmé en très gros plans, Gosling est lunaire bien avant d’alunir et il le demeure ensuite. Le film brille dès qu’il est question de la distance qui éloigne toujours plus le héros des siens et de la vie ordinaire. À l’époque, des mouvements sociaux dénoncent les dépenses publiques faramineuses consacrées à la conquête spatiale, tandis que des millions de citoyens vivent mal. Damien Chazelle s’attarde étonnamment sur cette critique-là, comme pour contredire la célèbre formule d’Armstrong : « Un grand pas pour l’humanité… » Scepticisme et froideur contribuent à élever First Man au-delà de l’hagiographie attendue, au profit d’une réelle étrangeté, et d’une grande tenue.
FIRST MAN ON THE MOON Damien Chazelle 2018@@ (E)
Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus di ...

@

FIRSTBORN, Michael Apted 1984 (thriller)@


Lorsque son ex-époux se remarie, Wendy déprime jusqu'à sa rencontre avec le charmant Sam, un homme qui déborde d'idées et d'ambition. Elle invite rapidement son nouveau compagnon à emménager chez elle. Jake, le fils aîné de Wendy, voit cette relation d'un mauvais œil et se méfie de Sam.

TELERAMA
Lorsque son ex-époux se remarie, Wendy déprime jusqu'à sa rencontre avec le charmant Sam, un homme qui déborde d'idées et d'ambition. Elle invite rapidement son nouveau compagnon à emménager chez elle et n'hésite pas à investir ses économies dans les projets lucratifs que Sam lui fait miroiter. Jake et Brian, les fils de Wendy, voient cette relation d'un mauvais oeil. Jake, l'aîné, se méfie de Sam, qui veut s'imposer comme le nouveau chef de famille en employant des méthodes autoritaires...
FIRSTBORN, Michael Apted 1984 (thriller)@ (E)
Lorsque son ex-époux se remarie, Wendy déprime jusqu'à sa rencontre avec le charmant Sam, un homme qui déborde d'idées et d'ambition. Elle invite rapidement son nouveau compagnon à emménager ...

@

FISH TANK, Andrea Arnold 2009, Katie Jarvis, Michael Fassbender (societe)@@@


Mia, 15 ans, vit dans une cité populaire de la région de l'Essex, dans le nord-est de Londres, avec sa mère Joanne et sa petite soeur Tyler. Adolescente rebelle, elle a été exclue de l'école. Elle trouve refuge et épanouissement dans la danse hip-hop. Mais sa vie déjà bien difficile est à nouveau bouleversée quand sa mère rentre à la maison avec son nouvel amant, Connor, un Irlandais très extraverti. La vie de la nouvelle famille recomposée, d'abord idyllique, se complique lorsque Connor encourage Mia à développer son unique passion, la danse...

TELERAMA
Un portrait sensible et tumultueux qui mêle tableau social et poésie. Elle jure comme un charretier et décoche un coup de boule aux importunes. Mais un éclair d’innocence passe parfois dans ses yeux. C’est Mia (Katie Jarvis, une révélation), ado rageuse d’une banlieue prolétaire blanche d’Angleterre. Horizon barré. Mais Mia fait des merveilles dans le hip-hop. Et puis il y a Connor (Michael Fassbender), le nouveau mec de sa mère, qui s’installe un moment à la maison. À son contact, Mia relâche la tension.

Andrea Arnold avait signé un premier film, Red Road, conceptuel et assez froid. Cette fois, on s’attache aux personnages, tous pourvus de défauts mais non stigmatisés — pas même Connor. Le film prend des tours souvent inattendus, échappe au béton et gagne la campagne au bord de l’eau, dans un semblant de joie familiale. Le film décrit un processus de maturité, qui passe par la confiance en soi, le soutien, l’amour. La réalisatrice combine finement tableau social et imaginaire poétique. Au milieu des disputes affleurent de beaux instants de douceur. Pour preuve, ces séquences de ralentis, vagues de désir où Mia se sent portée, caressée, soulevée vers le haut comme une plume.


FISH TANK, Andrea Arnold 2009, Katie Jarvis, Michael Fassbender (societe)@@@ (E)
Mia, 15 ans, vit dans une cité populaire de la région de l'Essex, dans le nord-est de Londres, avec sa mère Joanne et sa petite soeur Tyler. Adolescente rebelle, elle a été exclue de l'école. Elle t ...

@

FISTON, Pascal Bourdiaux 2013, Kev Adams, Frank Dubosc (comique)


Dés son plus jeune âge, 7 ans, Alex n'a eu qu'une idée en tête : faire que Sandra Valenti devienne son amoureuse. Pour lui, elle est la plus jolie fille du monde. Il est tellement impressionné qu'il n'ose rien tenter. A l'âge de 20 ans, il élabore cependant un plan : demander conseil auprès de celui qui a réussi à séduire Monica, la mère de Sandra.

TELERAMA
Même pas envie de s'acharner sur cette comédie molle signée Pascal Boudiaux (Le Mac). Le jeune Kev Adams et son aîné Franck Dubosc ont déjà bien assez de mal comme ça : le puceau qui apprend l'art ( ?) de draguer auprès d'un ex-play-boy (devinez qui est qui), c'est encore plus péni­ble pour eux que pour nous.
FISTON, Pascal Bourdiaux 2013, Kev Adams, Frank Dubosc (comique) (E)
Dés son plus jeune âge, 7 ans, Alex n'a eu qu'une idée en tête : faire que Sandra Valenti devienne son amoureuse. Pour lui, elle est la plus jolie fille du monde. Il est tellement impressionné qu'il n'ose ri ...

@

FLASHBACK, Franco Amurri 1990, Denis Hopper, Kiefer Sutherland (thriller)@


John est un jeune agent qui débute au FBI et qu'on a chargé d'emprisonner Huey, un agitateur hippie des années 1960. L'agent perd son identité à cause d'un des tours de passe-passe et se retrouve en prison.

SENS CRITIQUE
Une comédie policière qui prend un peu la forme d'un buddy-movie assez original. Un agent du FBI très coincé de 26 ans emmène un vieux hippie en cavale depuis une vingtaine d'année en prison. Le duo d'opposé est plutôt amusant car il engendre plusieurs situations comiques délirantes, puis d'autres qui sont mélancoliques ou référentielles car on y évoque l'époque du Flower-power et les années 60. Le début du film est un peu difficile, cela semble factice notamment avec l'utilisation de la musique un peu facile mais avec la durée on s'attache à ses personnages et même à cette histoire. Dennis Hopper cabotine un maximum tandis que Kiefer Sutherland essaie d'être à la hauteur.
FLASHBACK, Franco Amurri 1990, Denis Hopper, Kiefer Sutherland (thriller)@ (E)
John est un jeune agent qui débute au FBI et qu'on a chargé d'emprisonner Huey, un agitateur hippie des années 1960. L'agent perd son identité à cause d'un des tours de passe-passe et se retrouve en prison ...

@

FLASHDANCE, Adrian Lyne 1983, Jennifer Beals, Michael Nouri, Cynthia Rhodes (musical)@


Pittsburgh est une ville industrielle où, comme partout ailleurs, certains luttent pour donner une réalité à leurs rêves. Alex, alias Alexandra, est de ceux-là. Dans la journée, elle travaille comme soudeuse; le soir, elle se produit comme danseuse au Mawby's Bar. Jeune, jolie et talentueuse, elle remporte toujours un franc succès avec son petit numéro. La danse est sa passion. Comme le patinage artistique est celle de Jeanie, son amie.

TELERAMA
A Pittsburgh. Le jour, Alex travaille comme soudeuse dans une usine. Le soir, elle se produit comme danseuse au Mawby's Bar, dans un numéro qui ne laisse pas les clients indifférents. De son côté, son amie Jeanie se passionne pour le patinage artistique. L'une et l'autre s'entraînent durement, dans l'espoir secret de percer et de pouvoir ainsi changer de vie. En dépit des encouragements de Hanna, une ancienne danseuse, Alex n'ose pas se présenter au concours d'entrée d'une prestigieuse école de danse. Nick Hurley, son patron, séduit, s'intéresse sincèrement à elle, mais Alex repousse fermement ses avances. Fière et obstinée, elle veut ne devoir son succès qu'à elle seule. Elle finit par être convoquée à une audition, mais lorsqu'elle apprend que Nick en est à l'origine, elle prend la fuite...
FLASHDANCE, Adrian Lyne 1983, Jennifer Beals, Michael Nouri, Cynthia Rhodes (musical)@ (E)
Pittsburgh est une ville industrielle où, comme partout ailleurs, certains luttent pour donner une réalité à leurs rêves. Alex, alias Alexandra, est de ceux-là. Dans la journée, elle travaille ...

@

FLEE, Jonas Poher Rasmussen 2021 (documentaire animation)@


Ce documentaire retrace en animation l'histoire vraie d'Amin, un réfugié afghan qui a fui son pays à la fin des années 1980 pour aller en Russie avant de rejoindre le Danemark. Le jeune homme confie un secret qu'il cachait depuis vingt ans.

TELERAMA
L’histoire vraie du périple d’un jeune Afghan en dessins complétés d’images d’archives. Un très beau récit d’accomplissement face à une terrible adversité. Après sa diffusion sur Arte, “Flee” sort désormais en salles. Le réalisateur Jonas Poher Rasmussen raconte la genèse de son film.

Multi-récompensé, « Flee » (« fuir ») raconte « une histoire universelle, qui parle de l’humanité de ceux qu’on regarde trop souvent comme une masse indistincte ».

Appelez-le Amin. On ne connaîtra pas son vrai nom, ni les traits de son visage, dissimulés sous le masque du dessin. Et pourtant, c’est toute sa vie qui se révèle à nous dans Flee, le très beau documentaire d’animation de Jonas Poher Rasmussen. Itinéraire d’un réfugié afghan, de son enfance à Kaboul à sa fuite éperdue à travers l’Europe, le Danemark via Moscou, le déracinement, l’errance et la peur. Son histoire, Amin, aujourd’hui presque quadragénaire, la raconte pour la première fois, après des années de secrets — au pluriel. Il aura pour cela fallu toute la force et la confiance du lien qu’il partage avec le réalisateur. Ce film d’une humanité rare vient en effet « de très loin », comme dit Jonas Poher Rasmussen.

Pour lui, Amin n’est pas un « sujet » comme un autre. C’est l’un de ses plus vieux amis, jadis rencontré dans le bus scolaire qui les amenait tous deux au lycée de la bourgade danoise où ils habitaient. « J’avais 15 ans, et Amin 16. Il vivait dans un foyer d’accueil du voisinage, et c’est à peu près tout ce qu’on savait. Bien sûr, des rumeurs circulaient : on disait que toute sa famille avait été massacrée, qu’il avait voyagé seul, à pied, jusqu’au Danemark. Lui, il ne disait rien. Pendant longtemps, son passé est resté un mystère. Une boîte noire. »

Il y a une quinzaine d’années, le réalisateur, qui travaillait alors pour une grande station de radio nationale, tentait une première fois de convaincre son ancien camarade d’accepter une série d’interviews au long cours. « Il savait qu’il aurait un jour besoin de partager son histoire, de réconcilier le passé et le présent, mais il ne se sentait pas prêt. Il a refusé. »

Réconcilier l’homme qu’il est devenu (« un brillant universitaire ») avec l’adolescent perdu, arraché aux siens, auquel les passeurs ont imposé un mensonge cynique : prétendre être seul au monde, renier mère, frères et sœurs pour obtenir l’asile. Réconcilier, aussi, l’adulte gay avec le gamin élevé dans une culture violemment homophobe. « Pendant trop longtemps, il a dû se cacher, d’une manière ou d’une autre. »

Il faudra encore bien des saisons et des hésitations avant que le déclic se produise. « J’ai participé à un atelier d’animation intitulé Anidocs, qui met en relation des animateurs et des réalisateurs de documentaires, se souvient Jonas Poher Rasmussen. J’ai tout de suite pensé à Amin, et à la manière dont cet art pourrait lui permettre à la fois de se protéger et de se raconter, à l’abri de l’anonymat. Et j’ai enfin réussi à le convaincre. »

Commence une longue phase d’entretiens et d’écriture. Comme on le voit dans Flee, Amin a alors coutume de s’allonger sur le tapis du salon de son ami cinéaste, les yeux fermés, pour faire ressurgir son passé, comme en psychothérapie. « C’est une technique que j’ai expérimentée quand je faisais de la radio : quand vous n’avez pas d’images, vous avez besoin d’une parole très descriptive. Par exemple, je lui demandais à quoi ressemblait en détail le jardin de son enfance à Kaboul : les plantes, les parfums… Ce récit imagé a beaucoup servi aux animateurs, et, pour Amin, c’était une manière de revivre les choses au présent. »

“Je craignais qu’avec l’animation seule les gens gardent une distance trop confortable avec l’histoire. Les archives, c’est une manière de leur rappeler que tout est vrai. Que c’est arrivé.”

Pour évoquer les moments les plus durs, mettre en scène les spasmes de la mémoire, Jonas Poher Rasmussen joue avec l’esthétique de l’animation, passant alors d’un dessin classique à des formes plus abstraites, sombres et tremblantes : « Quand il évoquait ses traumas, il ralentissait, il perdait un peu ses mots… Soudain il ne s’agissait plus de montrer ce qui s’était vraiment passé, mais de restituer une émotion. La terreur, la tristesse, la colère… L’animation est un outil merveilleux pour y parvenir. »

Cette puissance d’évocation, le cinéaste a choisi de la compléter avec des images d’archives en prises de vue réelles, « pour que les spectateurs puissent relier le destin individuel d’Amin à l’histoire du monde : pourquoi il a fui avec sa famille lorsqu’à la fin des années 1980 les Russes se sont retirés d’Afghanistan, en laissant le champ libre aux moudjahidin, puis aux talibans. Comment il a débarqué à Moscou dans les ruines toutes récentes de l’URSS, avec ses pénuries alimentaires et sa corruption généralisée. On a cherché des documents visuels de tous les côtés : par exemple, pour l’épisode où la sœur d’Amin a failli mourir dans un container en tentant de quitter la Russie, on a retrouvé des extraits de journaux télévisés. Je craignais qu’avec l’animation seule les gens gardent une distance trop confortable avec l’histoire. Les archives, c’est une manière de leur rappeler que tout est vrai. Que c’est arrivé ».

En anglais, flee signifie « fuir ». Grâce au film, Amin a enfin cessé de fuir. Il a renoué les fils de sa vie. « Son expérience l’a marqué pour toujours, mais, aujourd’hui, il n’est plus un “réfugié”. C’est un être humain complexe et complet, un intellectuel, un gay dont le désir s’est éveillé devant les films de Jean-Claude Van Damme, un mari, un amoureux des chats… Toutes ces choses le définissent, et c’est vrai pour les millions de réfugiés à travers le monde. Flee est une histoire universelle, qui parle de l’humanité de ceux qu’on regarde trop souvent comme une masse indistincte. Et qui rappelle la nécessité de trouver un endroit où l’on peut être soi-même. »

Diffusé sur Arte, le film a déjà un prestigieux parcours, du festival de Sundance à celui d’Annecy, où il a obtenu l’an dernier le Cristal du long métrage. Il a aussi tendu un miroir inédit et solidaire à tous ceux qui s’y sont reconnus : « Je pense par exemple à ce jeune homme queer, au Mexique. À la fin de la projection, il a tenu à nous remercier : “Grâce à vous, je me suis senti en sécurité pendant une heure et demie.”  »
FLEE, Jonas Poher Rasmussen 2021 (documentaire animation)@ (E)
Ce documentaire retrace en animation l'histoire vraie d'Amin, un réfugié afghan qui a fui son pays à la fin des années 1980 pour aller en Russie avant de rejoindre le Danemark. Le jeune homme confie un secret qu' ...

@

FLESH AND BONE, Steven Kloves 1993, Dennis Quaid, James Caan, Meg Ryan (thriller)@


Jeune, Arlis a été l'instigateur involontaire d'un triple meurtre perpétré par son père Roy. Il n'a pas oublié et mène une vie solitaire et morne dans la campagne texane. Roy, lui, n'a jamais été identifié, et Arlis, qui s'est fait le protecteur d'une ravissante naïve nommée Kay, le voit un jour débarquer en compagnie d'une jeune voleuse..

TELERAMA
Arlis, représentant en confiseries, sillonne le Texas. Il mène une existence monotone. Un soir, dans un saloon, il rencontre une jeune femme complètement ivre, Kay. À la suite d’une dispute avec son mari, celle-ci demande à Arlis de l’héberger. Il accepte. Aucun des deux ne sait qu’ils se sont un jour croisés dans des circonstances dramatiques…

Patelins désolés, éoliennes grinçantes, trains plaintifs dans le lointain. On est bien dans le sud profond des États-Unis, terre d’inspiration pour de nombreux écrivains, mais rarement incarnée avec tant de simplicité et de justesse que dans ce film noir. Auteur du nonchalant Susie et les Baker Boys, Steve Kloves reconstitue lentement l’histoire d’un drame comme on recompose un puzzle. Une à une, les pièces surgissent, découvrant des trajectoires de solitude et de souffrance. Dans cet univers de fantômes et de ruines, les personnages sont des errants, fatigués de lutter contre leurs démons. Tous sont des gens ordinaires, et de là viennent sans doute la force et la terreur de ce film au quotidien, menant à un affrontement violent entre un père et son fils. Du Texas à la tragédie grecque, la route n’est pas si longue…

SYNOPSIS
Un soir, une famille de fermiers texans recueille Arlis, un enfant perdu. Dans la nuit, le gamin introduit son père, un cambrioleur, dans la maison. Le fermier se réveille. L'intrus le tue, avant d'exécuter le reste de la famille, à l'exception d'un bébé. Trente ans plus tard, devenu adulte, Arlis n'a rien oublié de sa culpabilité. Sans cesse sur les routes, dégoûté de tout, il se laisse dériver, jusqu'au soir où, dans un bar, il rencontre Kay, une femme ivre morte, sans un sou, qu'il tire de ce mauvais pas et ramène chez elle. Après une scène violente avec son mari, Kay demande à Arlis de la garder avec lui...
FLESH AND BONE, Steven Kloves 1993, Dennis Quaid, James Caan, Meg Ryan (thriller)@ (E)
Jeune, Arlis a été l'instigateur involontaire d'un triple meurtre perpétré par son père Roy. Il n'a pas oublié et mène une vie solitaire et morne dans la campagne texane. Roy, lui, n'a jamais ...

@

FLEUR DU DESERT, Sherry Hormann 2009, Liya Kebede, Sally Hawkins (societe)@@


Issue d'une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Cependant, quand son père décide de la marier à l'âge de 13 ans, Waris prend la fuite. Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio et retrouve sa grand-mère.

TELERAMA
Biopic pudique et bouleversant du mannequin Waris Dirie, depuis sa fuite de Somalie à son engagement contre l’exclusion. Desert Flower Filmproductions

C‘est une histoire vraie. Celle de Waris Dirie (Liya Kebede), jeune fille du désert somalien qui a fui un mariage arrangé en marchant toute seule plusieurs jours et a fini par atteindre Mogadiscio, qu’elle a ensuite quittée pour Londres. Là-bas, elle a servi d’esclave à une famille de diplomates, avant d’être repérée dans un fast-food par un photographe de mode, Terence Donovan, qui a fait d’elle un top-modèle.

Envahi de musique et illustratif, le film ne brille guère par sa mise en scène, mais aborde frontalement l’excision inhumaine dont a été victime Waris à l’âge de 3 ans, rituel contre lequel elle s’est battue par la suite, en tant qu’ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU. Son parcours est raconté sous forme de flash-back successifs. La présence vive de Sally Hawkins, qui joue la copine chaleureuse à Londres, et celle de Timothy Spall (le photographe) affermissent le récit. La sexualité saccagée par l’excision, les complications douloureuses qui s’ensuivent, la honte surmontée et le combat militant, tout cela est évoqué sans fausse pudeur, en portant haut la force et le courage de son héroïne. Le film se termine par un chiffre qui fait froid dans le dos : six mille fillettes sont encore mutilées chaque jour dans le monde.
FLEUR DU DESERT, Sherry Hormann 2009, Liya Kebede, Sally Hawkins (societe)@@ (E)
Issue d'une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Cependant, quand son père décide de la marier à l'âge de 13 ans, Waris prend la fuite. Tr ...

@

FLEUVE NOIR, Erick Zonca 2018, Vincent Cassel, Romain Duris (policier)@@


Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l'affaire. L'homme part à la recherche de l'adolescent alors qu'il rechigne à s'occuper de son propre fils, Denis, seize ans, qui semble mêlé à un trafic de drogue. Yan Bellaile, professeur particulier de Dany, apprend la disparition de son ancien élève et propose ses services au commandant. Il s'intéresse de très près à l'enquête. De trop près peut-être.

TELERAMA
Le film d’Erick Zonca, qui met aux prises Vincent Cassel en flic alcoolo et Romain Duris en prof toxique, divise les critiques de la rédaction.

Pour
qDans la grande famille des polars, il y a les réalistes et… les autres. Ceux dont les archétypes et les sentiments, exacerbés et plus noirs que nature, servent d’alibis pour des comédiens ravis de cabotiner comme les grands anciens : Louis Jouvet dans Quai des Orfèvres, d’Henri-Georges Clouzot, ou Anthony Perkins dans Psychose. Fleuve noir est de cette eau-là, toxique, marécageuse. Un adolescent a disparu, et François Visconti, le flic usé et alcoolique chargé du dossier, y voit le prétexte de deux fixations. D’abord sur la mère, perdue, et en charge de son autre enfant, handicapé. Puis sur un étrange voisin, un professeur fouineur, très (trop ?) concerné par l’enquête… Tout le monde est bizarre, se désire et se surveille dans ce thriller ivre de névroses, où il ne fait pas bon se prendre pour Zorro ni trop protéger son prochain… Sandrine Kiberlain, elle l’a dit, ne fut pas heureuse sur le tournage : à l’écran, cela donne des absences fascinantes à son personnage. Face à Romain Duris, tout en fantasmes inassouvis, Vincent Cassel compose un Columbo suintant le mal-être, le manque d’amour. De grands acteurs pour un film sur le ­besoin maladif d’aimer. — G.O.

Contre
oDès les premières séquences, la pauvre Sandrine Kiberlain semble implorer du regard une âme charitable qui voudra bien la délivrer d’un tel naufrage. On la comprend : rien ne fonctionne dans ce polar glauque. Ni l’intrigue (peu crédible), ni le rythme (apathique), ni le cabotinage (ridicule) de ses stars. Remercions toutefois Vincent Cassel et Romain Duris de nous avoir bien fait rigoler avec leur interprétation sans filtre d’un inspecteur alcoolo (pour le premier) et d’un enseignant pervers (pour le second). Même si ce n’était sans doute pas l’effet recherché…. — S. D.
FLEUVE NOIR, Erick Zonca 2018, Vincent Cassel, Romain Duris (policier)@@ (E)
Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l'affaire. L'homme part à la recherche de l'adolescent alor ...

@

FLIC STORY, Jacques Deray 1975, Alain Delon, Jean-Louis Trintignant (policier)@


Villejuif, 1947. Émile Buisson s'échappe de l'hôpital psychiatrique où il était interné. Le commissaire Vieuxchêne charge l'inspecteur Borniche de retrouver le criminel. Émile Buisson retrouve sa bande, supprime Fredo l'accordéoniste qui l'avait balancé, et enchaîne hold-up et meurtres, ce qui lui vaut rapidement le statut d'ennemi public numéro un. Borniche l'attire dans un guet-apens avec l'aide de Bollec, le frère de l'amie du truand, mais c'est un échec.
FLIC STORY, Jacques Deray 1975, Alain Delon, Jean-Louis Trintignant (policier)@ (E)
Villejuif, 1947. Émile Buisson s'échappe de l'hôpital psychiatrique où il était interné. Le commissaire Vieuxchêne charge l'inspecteur Borniche de retrouver le criminel. Émile Buisson re ...

@

FLOATING SKYSCRAPERS, Marshall Rawson 2018 (societe moeurs)@


Kuba, jeune homme sportif, semble promis à un brillant avenir. Il s'entraine intensivement pour devenir champion de natation, mais entre les compétitions, sa petite amie et sa mère possessive chez qui il vit toujours, il se sent prisonnier. Un soir il rencontre Michal, un garçon qui le fascine instantanément, et tout bascule. Malgré le poids d'une société polonaise très conservatrice, il se met à rêver d'une autre vie, d'un autre possible, et va tout faire pour vivre cette nouvelle passion.

TELERAMA
FLOATING SKYSCRAPERS, Marshall Rawson 2018 (societe moeurs)@ (E)
Kuba, jeune homme sportif, semble promis à un brillant avenir. Il s'entraine intensivement pour devenir champion de natation, mais entre les compétitions, sa petite amie et sa mère possessive chez qui il vit toujours, i ...

@

FLORENCE FOSTER JENKINS, Stephen Frears 2016, Meryl Streep, Hugn Grant(drame)


New York, 1944. Florence Foster Jenkins, riche héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, est convaincue, à tort, d'avoir une très belle voix. Son mari et imprésario, St Clair Bayfield, comédien anglais aristocrate, tient coûte que coûte à ce que sa Florence bien-aimée n'apprenne pas la vérité. Cependant, lorsque Florence décide de se produire en public au Carnegie Hall, St Clair comprend qu'ils s'apprêtent à relever le plus grand défi de leur vie.

TELERAMA
Le personnage de la millionnaire américaine qui se rêvait cantatrice malgré une voix de crécelle avait inspiré Catherine Frot dans “Marguerite”. Meryl Streep l’incarne avec force cabotinage dans cette comédie trop sage. Mais Hugh Grant y est génial.
Depuis que Florence Foster Jenkins a inspiré le personnage de Catherine Frot dans Marguerite, la millionnaire new-yorkaise qui se rêvait cantatrice malgré sa voix de crécelle n'est plus une inconnue en France. Le biopic que Stephen Frears lui consacre a un gros handicap : il est sorti après le film de Xavier Giannoli, perdant l'attrait de la nouveauté et s'exposant à une comparaison risquée. Meryl Streep l’incarne avec force cabotinage dans cette comédie trop sage. Mais Hugh Grant y est génial. Car le plus original des deux, c'est le français.
Frears s'intéresse à la soprano de pacotille au soir de sa vie, en 1944, quand elle se pique de donner un récital au Carnegie Hall. Il ne manque pas un bibelot précieux à cette reconstitution du décor kitsch dans lequel la « diva » américaine recevait sa cour. La description de cet univers snob ne manque pas d'humour, et le fameux concert atteint une vraie intensité dramatique. Mais domine l'impression de feuilleter un beau livre d'images superficiel. Le réalisateur de The Queen, mordant d'habitude, adoucit ses coups, comme pour privilégier l'émotion à la satire. Une retenue que l'on aurait préféré voir dans le jeu de Meryl Streep...
Dommage, car le scénario développe un joli paradoxe : cette amoureuse de la musique qui chantait si faux a rendu ses proches plus sincères en donnant un sens à leur vie. A commencer par son mari, qui profite de l'argent de l'héritière pour se ­révéler le plus tendre des hommes. Hugh Grant, jamais vu aussi bon, apporte son ­irrésistible don comique, puis une émotion bouleversante à cet être médiocre, soudain admirable.
FLORENCE FOSTER JENKINS, Stephen Frears 2016, Meryl Streep, Hugn Grant(drame) (E)
New York, 1944. Florence Foster Jenkins, riche héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, est convaincue, à tort, d'avoir une très belle voix. Son mari et imprésario, St Clair Bayfield, com& ...

@

FLORIDE, Philippe Le Guay 2015, Jean Rochefort, Sandrine Kiberlain (sante sentimental)@@


Atteint de troubles de la mémoire, Claude Lherminier, octogénaire divorcé, habite seul dans sa grande maison de Haute-Savoie. Malgré tout, il garde le verbe haut et son élégance d'antan. Son quotidien se partage entre passer ses nerfs sur les aides à domicile qui rendent les armes chacune à leur tour devant ses provocations, et échafauder des plans pour ne pas être enterré à côté de son pire ennemi.

TELERAMA
On aurait préféré retrouver Jean Rochefort, toujours bon pied, bon œil, ailleurs que dans cette adaptation (pas terrible) de la pièce de Florian Zeller, Le Père, où le pathétique l'emporte constamment sur la cruauté. Sandrine Kiberlain, toute en émotion contenue, tente de faire contrepoint. En vain.
FLORIDE, Philippe Le Guay 2015, Jean Rochefort, Sandrine Kiberlain (sante sentimental)@@ (E)
Atteint de troubles de la mémoire, Claude Lherminier, octogénaire divorcé, habite seul dans sa grande maison de Haute-Savoie. Malgré tout, il garde le verbe haut et son élégance d'antan. Son quotidi ...

@

FLYBOYS, Tony Bill 2006, James Franco, Jean Reno (guerre)@@


Avant que les États-Unis ne s'impliquent dans la Première Guerre mondiale, quelques jeunes Américains se sont portés volontaires dans l'armée française. Ils sont devenus les premiers pilotes américains et ont formé une escadrille appelée L'Escadrille Lafayette, dont les exploits et l'héroïsme sont matière à légende.

TELERAMA
France, 1917. Pour venir en aide à l’aviation française, des pilotes américains se portent volontaires. Remake non revendiqué du beau “Lafayette Escadrille” de 1958, le dernier et autobiographique film de Wellman. Très efficace.

En 1917, alors que les Etats-Unis ne sont pas encore officiellement entrés en guerre, quelques jeunes Américains se portent volontaires pour combattre l'Allemagne au sein de l'armée de l'air française. Après avoir été formés par un Jean Reno galonné et inexpressif, ces pilotes novices vont devenir des héros…

Remake non revendiqué du très beau Lafayette Escadrille de 1958, le dernier et très autobiographique film de William A. Wellman (après avoir été brancardier dans la Légion étrangère, le cinéaste avait intégré l'escadrille, y fut blessé et décoré), Flyboys s'inspire à son tour de l'histoire vraie de l'escadrille Lafayette, qui mit à mal les coucous allemands pendant la Première Guerre mondiale. Aucune scène imposée sur la téméraire camaraderie et les défis façon Top Gun en vareuse bleue ne manque, et on se régale des séquences aériennes. Pour la première fois, la technique de motion capture (« capture de mouvements par ordinateur ») a été appliquée aux avions, avec un résultat spectaculaire.

James Franco force un peu son charme canaille en cow-boy ailé et amoureux d'une petite Frenchie (VO recommandée pour appréhender la barrière des langues...). Mais, même à sa manière toute hollywoodienne, Flyboys a le mérite de rappeler le courage de ces jeunes garçons américains dont soixante-huit tombèrent pour la France.
FLYBOYS, Tony Bill 2006, James Franco, Jean Reno (guerre)@@ (E)
Avant que les États-Unis ne s'impliquent dans la Première Guerre mondiale, quelques jeunes Américains se sont portés volontaires dans l'armée française. Ils sont devenus les premiers pilotes am&eacu ...

@

FOLIES D AVRIL, Stuart Rosenberg 1969, Jack Lemmon, Catherine Deneuve (comedie sentimentale)@


Howard est un modeste agent de change qui vient d'obtenir une promotion. Lors d'une fête, il fait connaissance avec Catherine, l'épouse de son patron. L'un et l'autre sont rassemblés par le fait d'être tous les deux malheureux dans leurs couples respectifs. Aussi, lorsque Catherine lui annonce qu'elle a l'intention de quitter son mari et de rentrer à Paris, Howard prend la décision de partir avec elle.

TELERAMA
Courtier à Wall Street, Howard Brubaker est un homme effacé et malheureux dans son couple. Au cours d'une réception donnée par son employeur, il fait la connaissance d'une Française, Catherine. Comme Howard, la jeune femme s'ennuie et ne se sent pas à sa place. Ensemble, ils prennent alors la poudre d'escampette et partent faire la tournée des discothèques de New York. Après plusieurs soirées passées ensemble, Howard et Catherine entament une liaison amoureuse. Après quelques semaines d'une idylle sans faille, les deux tourtereaux décident de faire un voyage à Paris. Howard est loin d'imaginer que la belle Catherine est l'épouse de son patron...
FOLIES D AVRIL, Stuart Rosenberg 1969, Jack Lemmon, Catherine Deneuve (comedie sentimentale)@ (E)
Howard est un modeste agent de change qui vient d'obtenir une promotion. Lors d'une fête, il fait connaissance avec Catherine, l'épouse de son patron. L'un et l'autre sont rassemblés par le fait d'être tous les deu ...

@

FOOTLOOSE, Craig Brewer 2011, Kenny Wormald, Julianne Hough (musical)@


La petite ville de Bomont est sous le joug d'une loi dure. La danse, et les musiques qui mènent au mal sont proscrites, depuis l'accident de voiture qui a emporté le fils du révérend Shaw Moore. C'est dans ce contexte que Ren McCormick, jeune homme de Chicago et danseur, débarque un jour. Essayant d'abord d'ignorer la loi, il va finalement décider de la combattre, avec ses amis Willard et Ariel, en essayant de prouver au révérend que la danse ne mène pas nécessairement à la dépravation.

TELERAMA
Il y a quarante ans, le film attirait les jeunes comme des mouches agitées. En France, le film connut un joli succès, frôlant le million d’entrées. Le jour de sa sortie, le quotidien France Soir titre sur deux pages : « Les jeunes spectateurs américains sont fous de Footloose », alors que l’irrésistible morceau phare occupait la tête du hit-parade américain (« So now I gotta cut loose / Footloose / Kick off the sunday shoes », voilà, vous l’avez dans la tête pour la journée).

Globalement, les critiques étaient pourtant épouvantables. Pour Le Quotidien de Paris, « à mi-chemin entre Fame et Thriller, Footloose est l’exemple de la gangrène que canalisent la culture rock et ses rejetons, les clips, dans les milieux du cinéma ». Pour Télérama à l’époque, « plus gnangnan que ça, c’est pas faisable ! Plus démago, plus débile, plus bien pensant non plus […] Footloose va donc rejoindre Grease, Le Lagon bleu et Un amour infini, ces grandes énigmes du box-office américain qui allient la plus grande niaiserie au triomphe commercial ». Puis, lors d’une rediffusion télévisée, quelques années après : « Voici l’un des films les plus conservateurs que l’Amérique nous ait proposé depuis longtemps. » Ouch.

Il est vrai que l’histoire de Ren McCormack, jeune rebelle arrivé de Chicago avec sa mère dans une bourgade ultra conservatrice qui interdit aux ados de danser et de lire certains livres, a de quoi faire écarquiller les yeux. Le scénario est pourtant inspiré d’un fait réel : à la fin du XIXe siècle, dans un tout petit village de l’Oklahoma, Elmore City, la danse était interdite, car synonyme, selon le pasteur local, de dépravation. Trente ans plus tard, des lycéens se rebellent contre cette loi, et parviennent à organiser un bal de fin d’année dans leur bahut.

Pour Footloose, Kevin Bacon, alors âgé de 26 ans, endosse le rôle de Ren, qui entend bien réveiller la jeunesse endormie sous le joug de la religion. La Paramount avait d’abord envisagé Tom Cruise, Robe Lowe ou John Travolta, avant que Herbert Ross n’impose son acteur. Le couple vedette de Footloose fait d’ailleurs écho à celui formé par ce même Travolta et Karen Lynn Gorney dans La Fièvre du samedi soir (1977).

L’inoubliable scène de l’entrepôt
Si Lori Singer, dans le rôle d’Ariel, la fille rebelle du pasteur, ne fit pas vraiment carrière ensuite, Kevin Bacon, à peine connu pour avoir joué auparavant l’un des moniteurs assassinés dans Vendredi 13 (1980), accéda à une notoriété fulgurante. Il devint une véritable popstar, à son grand désarroi, puisque la dernière chose qu’il souhaitait était, justement, d’en devenir une… « À l’époque, j’avais envie d’être Dustin Hoffman, Meryl Streep, John Cazale ou Robert De Niro. De travailler avec Martin Scorsese. De jouer du Tchekhov », a-t-il confié dans le podcast Podcrushed, en septembre 2023.

Malgré tout, et après une carrière impressionnante (JFK, Apollo 13, Sleepers, Mystic River…), il s’est rendu il y a quelques semaines, sans rancune, dans le lycée d’Elmore City où a été tourné Footloose. Pour célébrer les 40 ans du film, mais aussi récolter des fonds pour son œuvre de charité, SixDegrees.org – clin d’œil au jeu Six Degrees of Kevin Bacon.

Si après quatre décennies, Footloose demeure aussi ringard qu’à l’époque, il n’en demeure pas moins un incontestable phénomène pop des années 1980, grâce notamment à une scène d’anthologie : celle dans laquelle Kevin Bacon, ivre de rage, danse comme un damné – il est en réalité doublé par un danseur, un cascadeur et deux gymnastes ! – dans un entrepôt, sur le titre Never, des Moving Pictures. Inoubliable.

FOOTLOOSE, Craig Brewer 2011, Kenny Wormald, Julianne Hough (musical)@ (E)
La petite ville de Bomont est sous le joug d'une loi dure. La danse, et les musiques qui mènent au mal sont proscrites, depuis l'accident de voiture qui a emporté le fils du révérend Shaw Moore. C'est dans ce con ...

@

FORCES SPECIALES, Stéphane Rybojad 2011 (guerre)


Otage des Talibans, le Grand reporter Elsa Casanova est menacée de mort. Devant l'imminence de son exécution, une mission de la dernière chance pour la libérer est confiée à une unité d'élite des forces spéciales. Une traque impitoyable s'engage alors dans les zones tribales du Pakistan. Dans ce milieu hostile et face à l'acharnement des talibans, des liens affectifs violents et intimes se nouent entre cette femme de caractère et ces hommes.

TELERAMA
Pour son premier long métrage, Stéphane Rybojad, vieux briscard du docu télé burné (notamment pour Envoyé spécial), avait l'ambition de ­signer l'équivalent français de Démineurs. Hélas ! le film, qui décrit l'intervention d'une escouade pour délivrer une journaliste française prise en otage par les talibans, n'est qu'un insoutenable clip à la gloire de l'armée de terre. Musique illustrative, caméra sur ressort, vengeance et manichéisme. Bref, l'antithèse du génial film de Kathryn Bigelow.
FORCES SPECIALES, Stéphane Rybojad 2011 (guerre) (E)
Otage des Talibans, le Grand reporter Elsa Casanova est menacée de mort. Devant l'imminence de son exécution, une mission de la dernière chance pour la libérer est confiée à une unité d'&eacu ...

@

FORREST GUMP Robert Zemeckis 1994, Tom Hanks, Robin Wright@@


Sur un banc, à Savannah, en Géorgie, Forrest Gump attend le bus. Comme celui-ci tarde à venir, le jeune homme raconte sa vie à ses compagnons d'ennui. A priori, ses capacités intellectuelles plutôt limitées ne le destinaient pas à de grandes choses. Qu'importe.

TELERAMA
le film raconte, en creux, que l’Amérique est ce pays merveilleux dont la tradition consiste à tirer sur le président en place. Un pays obsédé par la réussite, l’exploit et la célébrité…
La plupart des séquences qui émeuvent concernent la manière qu’a Forrest l’ultra-candide d’être un homme prêt à casser la gueule d’un autre si celui-ci lève la main sur une femme ou l’humilie. Un veuf qui fait raser la maison où sa Jenny, enfant, a subi violence et inceste. Tout benêt qu’il soit, il a eu, auparavant, cette phrase définitive quand la jeune femme caillassait rageu­sement cette masure de douleur : « Dans certains cas, il n’y a jamais assez de pierres. »

FORREST GUMP Robert Zemeckis 1994, Tom Hanks, Robin Wright@@ (E)
Sur un banc, à Savannah, en Géorgie, Forrest Gump attend le bus. Comme celui-ci tarde à venir, le jeune homme raconte sa vie à ses compagnons d'ennui. A priori, ses capacités intellectuelles plutôt l ...

@

FORT SAGANNE Alain Corneau 1984, Gerard Depardieu, Philippe Noiret, Catherine Deneuve (middle)@@


En juillet 1911, le lieutenant Charles Saganne quitte une morne vie de garnison, son père et son jeune frère Lucica pour s'engager dans une grande aventure saharienne.

TELERAMA
En 1911, Charles Saganne, fils de paysan et officier de l'armée française, est muté dans le désert du Sahara, dans un régiment de méharistes. En garnison dans une petite ville, il conquiert le coeur de la jeune Madeleine de Saint-Ilette, fille du directeur d'une compagnie coloniale. Affrontant hardiment les tribus nomades du Sud saharien, il devient du jour au lendemain un héros en mettant en fuite une bande de brigands qui l'attaquait. Fort de cette victoire et de la réputation qu'elle lui vaut, il est envoyé en mission en France. Il y fait la connaissance de Louise Tissot, une jeune romancière. Lorsque cette liaison prend fin, Saganne revient au Sahara...
FORT SAGANNE Alain Corneau 1984, Gerard Depardieu, Philippe Noiret, Catherine Deneuve (middle)@@ (E)
En juillet 1911, le lieutenant Charles Saganne quitte une morne vie de garnison, son père et son jeune frère Lucica pour s'engager dans une grande aventure saharienne.

TELERAMA
En 1911, Charles Saganne, fils de pa ...

@

FORTES TETES, Nana Neul 2024, Meret Becker, Florian Lukas (drame sentimental)@


Un petit village du Brandebourg, dans l'est de l'Allemagne. Veuve depuis longtemps et brouillée avec tout le voisinage, Anne vit recluse dans sa ferme. Elle n'a guère plus de contact avec sa fille Julia, et n'a même jamais rencontré Tilda, sa petite-fille de 8 ans. Lorsque Julia se retrouve condamnée à une peine de prison, Tilda vient frapper à la porte de sa grand-mère. Anne l'accueille à contrecœur, bien décidée à s'en débarrasser à la première occasion. Mais Tilda, qui a hérité du caractère têtu de ses aînées, s'obstine à vouloir conquérir une place dans la vie de sa grand-mère.

TELERAMA
FORTES TETES, Nana Neul 2024, Meret Becker, Florian Lukas (drame sentimental)@ (E)
Un petit village du Brandebourg, dans l'est de l'Allemagne. Veuve depuis longtemps et brouillée avec tout le voisinage, Anne vit recluse dans sa ferme. Elle n'a guère plus de contact avec sa fille Julia, et n'a même jama ...

@

FORTUNE DE FRANCE, Christopher Thompson 2024, Nicolas Duvauchelle (serie tv)@


Dans une époque où les protestants sont traqués, Jean de Siorac et Jean de Sauveterre se sont retirés derrière les remparts du château de Mespech. Entre tensions religieuses et la menace d'un voisin hostile, leur foyer est en péril.

TELERAMA
Périgord noir, 1557. Catholique, Henri II persécute les huguenots. Au château de Mespech, la famille Sioriac résiste. Cette série, adaptée de la fresque de Robert Merle, avec Nicolas Duvauchelle, ne fait pas dans la dentelle… mais bien rire les historiens.

Fortune de France, un classement Forbes hexagonal ? Que nenni ! Adaptée de la fresque de Robert Merle (1) par Christopher Thompson (Bus Palladium, Bardot), cette série historique nous plonge dans le Périgord noir. En 1557, la guerre civile guette le Royaume de France. Catholique, le roi Henri II fait persécuter les huguenots — nouveaux convertis au protestantisme qui dénoncent les excès de l’Église et rejette le culte des saints comme de la Vierge. Au château de Mespech, la famille Siorac entre en résistance et clame ses convictions. Les dénonciations étant légion dans la région, ne s’expose-t-elle pas à une mort certaine ?

Interminable, le prélude donne à voir ce que risquent ces « hérétiques » : le bûcher. Dans une scène épouvantablement surjouée par des figurants, des réformés hurlent à la mort tandis que les flammes leur lèchent les pieds. La suite ne s’annonce guère plus sobre. Au menu : rivalités, passions amoureuses, trahisons, combats, épidémies, morts violentes… Malgré son casting solide (Nicolas Duvauchelle, Guillaume Gouix, Grégory Fitoussi, Lucie Debay) et sa dimension romanesque, cette série en costumes ne fait pas dans la dentelle. Elle pourrait même fâcher les historiens. Non, non et non ! Aucun médecin n’est en mesure de guérir la peste noire en incisant un bubon avec du vinaigre. Ni à l’époque, ni même de nos jours. Autre aberration en forme d’anachronisme : une femme « maure » aux allures de gitane y chante une sorte de flamenco, deux cents ans trop tôt hélas. Rappelons que ce courant musical n’a émergé qu’à la fin du XVIIIe siècle…
FORTUNE DE FRANCE, Christopher Thompson 2024, Nicolas Duvauchelle (serie tv)@ (E)
Dans une époque où les protestants sont traqués, Jean de Siorac et Jean de Sauveterre se sont retirés derrière les remparts du château de Mespech. Entre tensions religieuses et la menace d'un voisin ...

@

FOURMI, Julien Rappeneau 2019, Francois Damiens, Andre Dussolier, Ludivine Sanier, Maleaume Paquin (sport)


Le jeune Théo, surnommé "Fourmi", aimerait redonner de l'espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L'occasion se présente quand Théo est sur le point d'être recruté par un grand club de soccer anglais.

TELERAMA
Dans son club de foot, il se fait remarquer par sa grande agilité et sa petite taille : encore haut comme trois pommes malgré ses 12 ans, Théo (campé par l’étonnant Maleaume Paquin) a été surnommé Fourmi. Tout un programme pour le réalisateur Julien Rappeneau, qui, après Rosalie Blum (2015), réaffirmait son talent pour les miniatures. Quand Théo dribble sur le terrain, le plan fourmille de détails. Ici, son père, Laurent (François Damiens), qui a trop souvent la gueule de bois. Là, Claude (André Dussollier), l’entraîneur sérieux comme un pape, flanqué d’un neveu qui l’appelle Tonton, se passionne pour la pâtisserie et, au lieu de suivre le jeu, distribue des gâteaux.

La comédie se niche dans les détails. Et le scénario, adapté d’un roman graphique (Dream Team, de Mario Torrecillas et Artur Laperla), compose avec patience une belle mosaïque : dans son petit club, Fourmi est repéré par le recruteur d’un grand club, et pour aider son père, qui a tellement besoin de trouver l’espoir ailleurs qu’au fond d’un verre, le gamin dit qu’il a été engagé. Un mensonge qui fera beaucoup de ricochets, tous orchestrés avec une précision d’horloger et un amour infini pour les personnages secondaires, la minutie du trait. En semant ses plans com­me des graines, le film parle de grandir, quand on est fils comme quand on est père...
FOURMI, Julien Rappeneau 2019, Francois Damiens, Andre Dussolier, Ludivine Sanier, Maleaume Paquin (sport) (E)
Le jeune Théo, surnommé "Fourmi", aimerait redonner de l'espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L'occasion se présente quand Théo est ...

@

FRAGMENTOS DE AMOR, Fernando Vallejo 2016, Angélica Aragón, Angelica Blandon, Laura Aleman (film e),


Une femme partage les histoires de ses anciens amants avec son amant actuel et fait de lui l'un de ces « fragments » de son amour.
FRAGMENTOS DE AMOR, Fernando Vallejo 2016, Angélica Aragón, Angelica Blandon, Laura Aleman (film e), (E)
Une femme partage les histoires de ses anciens amants avec son amant actuel et fait de lui l'un de ces « fragments » de son amour. ...

@

FRANCE, Bruno Dumont 2021, Lea Seydoux, Benjamin Biolay film complet)


Chronique de la vie frénétique d'une jeune journaliste vedette de la télévision, prise entre la célébrité et une spirale d'événements qui entraîneront sa chute.

TELERAMA
Avec ce portrait au vitriol d’une journaliste star, jouée par Léa Seydoux, Bruno Dumont entend dénoncer le narcissisme et le sensationnalisme contemporains, promus par le monde médiatique et les réseaux sociaux.

Un film ne s’intitule pas innocemment France, quand bien même ce mot est le prénom de l’héroïne : notre société s’y annonce d’emblée comme thème principal. Cinéaste ­reconnu, Bruno Dumont reste pourtant un auteur non réconcilié, non conforme et non correct : comme portrait du pays, le tableau, au style violemment dissonant, est peu flatteur. Nous voilà dans un microcosme, une bulle : la cour d’une star de l’information en continu, alternant reportages chocs, sans aucune déontologie, et débats manichéens en studio. Ce petit monde médiatique hors-sol impose partout sa vision, modelant les représentations, l’imaginaire, et jusqu’à la réalité même. Or le personnage de France ne semble n’avoir été inventé que pour être mis à l’épreuve et découvrir l’envers abyssal de sa propre image.

Il y aura d’abord un accident de la circulation, où sa responsabilité sera établie. Puis d’autres drames, à chaque fois décuplés par le chœur des réactions en ligne, avec descente aux enfers et rédemption programmées. Derrière le jeu de massacre : l’inquiétude morale, grande affaire du réalisateur, dont le métier fut d’enseigner la philosophie. Le succès tapageur de la vedette et son arrogance laissent ainsi apercevoir en elle des gouffres de doute, d’insatisfaction et d’angoisse, qui rendent son itinéraire complexe et nous attachent à elle, malgré tout. Dans les rouages d’un système sans âme, Bruno Dumont traque une part irréductible de nos consciences, un espoir infime de ressaisissement qui rappellent le titre d’un de ses premiers films : L’Humanité.
FRANCE, Bruno Dumont 2021, Lea Seydoux, Benjamin Biolay film complet) (E)
Chronique de la vie frénétique d'une jeune journaliste vedette de la télévision, prise entre la célébrité et une spirale d'événements qui entraîneront sa chute.

T ...

@

FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@


Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

TELERAMA
Au sortir de la Grande Guerre, un Français rencontre la femme de Frantz, son ami allemand mort. Ozon joue avec leur inconscient et leurs illusions. D’une main de maître.

En 1919, sur la tombe de son fiancé mort au combat, elle trouve un homme en pleurs. Anna ne savait pas que Frantz avait un ami français. Les parents du mort repoussent, d’abord, ce jeune homme qui ajoute à leur chagrin. Mais Adrien évoque avec tant de flamme sa vie avec Frantz, à Paris, qu’ils en redemandent. Un jour, il s’enfuit. Anna part à sa recherche, en France…

Le film repose sur deux périples. Deux rêves qui ne peuvent que finir mal. Mais le grand personnage, c’est elle, qui s’éveille, se révèle, s’accepte — contrairement à lui.

Chez Ozon, les images contredisent les discours. Sans doute parce qu’il confronte l’inconscient de ses personnages avec ce qu’ils disent ou taisent. Le cinéaste con­temple leurs erreurs, leurs mensonges avec une indulgence dénuée de la pro­vocation de ses débuts. Il semble avoir ­atteint l’osmose délicate entre audace et lyrisme. Reste l’épouvante, intacte, devant les pères. Dans Frantz, ils sont tous des ­infanticides qui envoient leurs fils à la mort et trinquent à leur décès. Le ­moment le plus intense est celui où deux de ces ­victimes s’étreignent dans une tranchée. L’un assassiné, l’autre épargné, mais à ­jamais mort.
FRANTZ, Francois Ozon 2016, Pierre Niney, Paula Beer (histoire guerre)@@@ (E)
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Cependant, ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu s ...

@

FRATE, Karole Rocher et Barbara Biancardini 2022, Thomas Ngijol, Samir Guesmi (societe Corse)@@


À la suite de l'enterrement de son père, dans son village en plein milieu du maquis corse, Dumè découvre l'existence d'un frère, Lucien, avec qui il devra partager l'héritage laissé par le patriarche. À condition d'arriver à cohabiter un mois dans la maison familiale. Sous fond de légitimité culturelle et d'héritage immobilier, un rapport de force va s'installer entre Lucien, le fils de sang, et Dumè, le fils adoptif.

TELERAMA
Tournée sur l’île, la nouvelle comédie de Karole Rocher, coréalisée avec sa fille Barbara Biancardini, repose sur un duel entre Thomas Ngijol et Samir Guesmi, et des seconds rôles saillants.

Déclaration d’amour pour l’île de Beauté, Fratè se déroule en Haute-Corse. Dans le village de Vezzani, à l’enterrement de son père, un agent immobilier du Val-de-Marne découvre l’existence d’un frère, architecte à Paris. Le patriarche défunt souhaite que ses enfants habitent ensemble durant trente jours. Une dernière volonté qui rappelle le rituel judaïque Shiv’ah, où chacun doit, pour faire le deuil, rester en présence des proches dans la maison familiale. Tout le comique repose sur cette cohabitation forcée, entre le fils adoptif d’origine africaine (Thomas Ngijol) et son demi-frère d’origine arabe (Samir Guesmi). Les deux acteurs, très en verve, multiplient les duels virils, entre football et bagarre, concours d’alcool et partie de chasse.

Sans atteindre la subtilité de ses modèles, l’humour impertinent façon BD s’inspire autant d’Astérix en Corse, de Goscinny et Uderzo, que de L’Enquête corse, de Pétillon. Il fait la part belle à la culture locale, du lamentu entonné dans l’église au fromage de brebis qui « a du caractère ». Le déchaînement des émotions, négatives ou positives, reste le dénominateur commun à tous les personnages. L’astuce du scénario consiste à ne prendre parti pour aucun des deux héros — le fils installé contre le nouvel arrivant — tant ils se révèlent, l’un et l’autre, capables d’authentiques crasses ou de vraies maladresses. Jusqu’à ce dîner avec un questionnement frontal sur l’identité et la fraternité au-delà des origines ethniques, plus fin qu’il n’y paraît.
FRATE, Karole Rocher et Barbara Biancardini 2022, Thomas Ngijol, Samir Guesmi (societe Corse)@@ (E)
À la suite de l'enterrement de son père, dans son village en plein milieu du maquis corse, Dumè découvre l'existence d'un frère, Lucien, avec qui il devra partager l'héritage laissé par le pa ...

@

FURY, David Ayer 2014, Brad Pitt, Shia LaBeouf (guerre)@


Avril 1945. Pendant la dernière phase d'invasion des alliés en sol européen, un sergent endurci surnommé "Wardaddy" se retrouve à la tête d'un équipage de tank Sherman composé de cinq hommes, chargé d'une périlleuse mission derrière les lignes ennemies.

TELERAMA
Fin de la Seconde Guerre mondiale. David Ayer met en scène une forme de violence complaisante, aggravée par un héroïsme musclé et un sentimentalisme très malvenu.

Début de la fin de la Seconde Guerre mondiale : l'Allemagne recule, mais refuse d'abdiquer. Un sergent américain (Brad Pitt, bien, sans plus), à la tête d'une section décimée, mène plusieurs missions. Il a le profil de la tête brûlée — son visage et son dos le sont. Un baroudeur, mais rongé par on ne sait quel mal, lié à ce char d'assaut qu'il chérit, et à son équipage, trois hommes soudés, endurcis (dont Shia LaBeouf, celui qui s'en tire le mieux), bientôt rejoints par un bleu terrorisé.

Le cinéaste David Ayer, qui fait rarement dans la dentelle, confirme son penchant pour une forme de violence complaisante. Certes, à renfort de gros moyens, il met en scène des situations qu'on ne voit pas si souvent : la confrontation de deux armées au bout du rouleau et aveuglées ; des exécutions sommaires, côté américain ; des soldats qui virent soudards. Problème : il ne cesse de souffler le chaud et le froid, en montrant d'un côté la folie suicidaire de la guerre et de l'autre une forme d'héroïsme musclé et de sentimentalisme très malvenus.
FURY, David Ayer 2014, Brad Pitt, Shia LaBeouf (guerre)@ (E)
Avril 1945. Pendant la dernière phase d'invasion des alliés en sol européen, un sergent endurci surnommé "Wardaddy" se retrouve à la tête d'un équipage de tank Sherman composé ...

@

FURYO, Nagisa Oshima 1983, David Bowie, Yûji Honma (guerre)@@@


Java 1942 : un camp de prisonniers américains est dirigé par le capitaine Yonoi, un chef japonais à la poigne de fer. A la crainte et au mépris qu'éprouvent les prisonniers et les subalternes du capitaine à l'endroit de ce dernier, s'oppose la résistance étonnante d'un soldat anglais, Jake Celliers. Face à son attitude provocante, Yonoi devient de plus en plus sévère dans le but de faire plier le rebelle.

TELERAMA
En 1942, à Java, un Japonais, directeur impitoyable d’un camp de prisonniers anglais, entretien une relation ambiguë avec son prisonnier, David Bowie. Dans cette variante arty du “Pont de la rivière Kwaï”, le chanteur tient la dragée haute.

Java, en 1942. Inflexible, obsédé par la discipline, le capitaine Yonoi dirige à la baguette un camp de prisonniers anglais, traités comme des sous-hommes. Le seul qui échappe à son mépris est le lieutenant-colonel Lawrence, connaisseur du Japon et de sa langue. Un jour arrive un nouveau prisonnier, le major Celliers. Entre lui et Yonoi naît un étrange rapport de force…

En 1983, le film avait surtout fait fureur grâce… à sa musique, ritournelle au synthé de Ryūichi Sakamoto (par ailleurs interprète du capitaine Yonoi), qui s’arrachait comme des petits pains. Elle a un peu vieilli, mais la force symbolique de Furyo est intacte. En observateur implacable, Ōshima met en scène l’affrontement de deux civilisations, ou du moins de deux conceptions différentes du courage, de l’honneur et du sacrifice.

Dérangeant et désarçonnant, le film frappe à la fois par son extrême violence et son antinaturalisme. On évolue dans un univers régi par des codes stricts, des rituels parfois difficiles à déchiffrer. C’est cette incompréhension doublée de fascination qui fournit la tension de cette œuvre brûlante et amère. Un univers de masques qui cache la lutte amoureuse de deux seigneurs à la force toute relative. En cousin germain du lord Jim de Joseph Conrad, Bowie est vraiment bien.
FURYO, Nagisa Oshima 1983, David Bowie, Yûji Honma (guerre)@@@ (E)
Java 1942 : un camp de prisonniers américains est dirigé par le capitaine Yonoi, un chef japonais à la poigne de fer. A la crainte et au mépris qu'éprouvent les prisonniers et les subalternes du capitaine ...

@

GAGARINE PREMIER DANS L ESPACE, Pavel Parkhomenko 2013, Alseni Bathily Lyna Khoudri Jamil McCraven (espace bio)@@


Pour la première fois, un homme voyage dans l'espace et contribue à l'extraordinaire accomplissement du rêve de l'humanité. Pendant son vol, le jeune pilote réfléchit à sa vie, se souvient de son enfance difficile, ainsi que de son éducation et de sa famille.

GAGARINE PREMIER DANS L ESPACE, Pavel Parkhomenko 2013, Alseni Bathily Lyna Khoudri Jamil McCraven (espace bio)@@ (E)
Pour la première fois, un homme voyage dans l'espace et contribue à l'extraordinaire accomplissement du rêve de l'humanité. Pendant son vol, le jeune pilote réfléchit à sa vie, se souvient de ...

@

GAINSBOURG vie heroique, Joann Sfar, 2010, Eric Elmosnino, Laetitia Casta (biopic)@@


Du jeune Parisien arborant l’étoile de David imposée aux juifs durant l'Occupation allemande jusqu'à l'apogée de l'auteur-compositeur-interprète des années 1980, le film est une biographie fantasmagorique de Serge Gainsbourg, créateur qui défraya la chronique et laissa son empreinte dans le monde de la chanson avec de nombreuses œuvres poétiques et subversives.
Il retrace la vie de Gainsbourg à travers la plupart de ses tendances artistiques, de son apprentissage de peintre jusqu'au « Gainsbarre » (et son avatar de « La Gueule » en carton/latex avec un long nez et des doigts immenses griffus) des dernières années en passant par le jazz de Saint-Germain-des-Prés et les yéyés.

TELERAMA
Après une première heure inventive (avec une Laetitia Casta étincelante et émouvante en Bardot), on sent ensuite un peu trop la construction, qui ressemble à une suite de sketchs…
Pour interpréter Gainsbourg, Joann Sfar a engagé Éric Elmosnino, mieux que bien. Et pour son double, audacieux et maléfique – une sorte de Gainsbarre, appelé « la Gueule » –, il a choisi, échappée de son imagination de dessinateur, une marionnette vivante, aux grandes oreilles et aux ongles démesurés…
Le charme du film tient à ce compagnonnage obligé : la terreur qui saisit Serge de devoir composer avec cet alter ego désiré et haï. D’autres idées surgissent dans la première heure. Toute cette fantaisie irréaliste aboutit à Bardot et à l’irruption d’une Laetitia Casta extra. Casta-Bardot, c’est l’apothéose de Gainsbourg (vie héroïque). Après les « shebam » et les « wizz », Sfar a un peu de mal à cacher ce qu’il avait dissimulé dès le début : un scénario fait de sketchs successifs.
Ce que l’on aime, c’est la réunion d’un fan éperdu et de son idole. La rencontre de leurs imaginaires. Et leur déraison. Seulement, comme le chantait Gainsbourg, « Pour être à vous / faut être à moitié fou »… Sfar l’a-t-il été assez ?
GAINSBOURG vie heroique, Joann Sfar, 2010, Eric Elmosnino, Laetitia Casta (biopic)@@ (E)
Du jeune Parisien arborant l’étoile de David imposée aux juifs durant l'Occupation allemande jusqu'à l'apogée de l'auteur-compositeur-interprète des années 1980, le film est une biographie fan ...

@

GALLIPOLI, Peter Weir 1981


Endurance et ténacité sont les principales qualités d'Archy, jeune australien champion de course à pied. À côté de sa passion pour le sprint, il a un désir énorme de voir le monde. En 1915, l'occasion de partir, c'est de s'enrôler dans l'armée.
GALLIPOLI, Peter Weir 1981 (E)
Endurance et ténacité sont les principales qualités d'Archy, jeune australien champion de course à pied. À côté de sa passion pour le sprint, il a un désir énorme de voir le mond ...

@

GAME NIGHT, John Francis Daley et Jonathan Goldstein 2018, Jason Bateman, Rachel McAdams (comique thriller)@


La soirée de jeu hebdomadaire de Max et Anne est rehaussée d'un cran lorsque le frère de Max, Brooks, arrange une fête meurtre mystère- incluant de faux gangsters et agents fédéraux. Lorsque Brooks est enlevé, c'est censé n'être qu'un jeu.

TELERAMA
Un couple de joueurs acharnés se retrouve embarqué dans une soirée “crime” bien moins ludique que prévu… Les deux acteurs principaux ne manquent ni de charme ni d’humour et rehaussent cette comédie ludique.

Deux maniaques des jeux de société se retrouvent embarqués une nuit dans une partie plus dangereuse que prévu… Jason Bateman et Rachel McAdams ne manquent pas de charme ni d’énergie, et mènent bon train cette comédie inégale. Plutôt drôle et bien croqué, le portrait d’un couple accro à la compétition apporte quelques gags désopilants et un brin d’humour noir.

Les partenaires insufflent du rythme dans un jeu de faux-semblants, de bourdes en cascade et de courses-poursuites effrénées. Malheureusement, ils ne sont pas les seuls à participer à ce grand concours comique, dont les personnages secondaires manquent de substance. Ludique, sans plus.
GAME NIGHT, John Francis Daley et Jonathan Goldstein 2018, Jason Bateman, Rachel McAdams (comique thriller)@ (E)
La soirée de jeu hebdomadaire de Max et Anne est rehaussée d'un cran lorsque le frère de Max, Brooks, arrange une fête meurtre mystère- incluant de faux gangsters et agents fédéraux. Lorsque B ...

@

GANDHI, Richard Attenborough 1982, Ben Kingsley, Edward Fox (saga histoire bio)@@@


Fils de commerçants de Bombay, Mohandas Gandhi est attiré dès l'adolescence par les lumières de l'Occident. Selon les coutumes indiennes, il épouse, à 14 ans, Kasturbai, qui restera à ses côtés toute sa vie. En 1888, sa famille accepte qu'il parte étudier le droit à Cambridge.

TELERAMA
Trois heures, évidemment, c’est long. Mais c’était le minimum pour s’incliner devant le Mahatma. Parce qu’il est molesté lors d’un voyage en Afrique du Sud, un jeune avocat indien, ayant étudié à Cambridge, revendique des droits identiques pour tous les sujets de l’Empire britannique. Son message — résistance et non-violence — grandit. Et il finit par obtenir l’indépendance de l’Inde, après avoir enduré la prison, les grèves de la faim…

La fresque de Richard Attenborough est académique, mais les grands moments sont nombreux : au tribunal, ce juge anglais qui ne peut s’empêcher de se lever respectueusement devant l’« accusé » qu’il va envoyer en prison. Ou cette « marche du sel » vers l’océan, une marée humaine contre la colonisation. Et puis, bien sûr, il y a Ben Kingsley. Au-delà de la ressemblance, il semble habité par l’obstination douce et non teintée d’humour de son personnage. —
GANDHI, Richard Attenborough 1982, Ben Kingsley, Edward Fox (saga histoire bio)@@@ (E)
Fils de commerçants de Bombay, Mohandas Gandhi est attiré dès l'adolescence par les lumières de l'Occident. Selon les coutumes indiennes, il épouse, à 14 ans, Kasturbai, qui restera à ses c&o ...

@

GANGS OF NEW YORK, Martin Scorcese 2002, Leonardo Di Caprio (histoire saga)@@


En 1846, le quartier de Five Points, un faubourg pauvre de New York, est le théâtre d'une guerre des gangs sanguinaire. Lorsque Bill le Boucher assassine le chef des Irlandais, père d'Amsterdam Vallon, il s'associe avec un policier véreux et prend le contrôle de la ville. Seize ans plus tard, Amsterdam retourne à New York pour venger la mort de son père, tuer Bill et mettre fin à son règne.

TELERAMA
Américains de souche contre immigrants, au milieu du XIXe siècle. Guerre des gangs, bastons sans merci… Sujet partiellement shakespearien, mais 100 % scorsésien. Des Affranchis à The Irishman, Martin Scorsese n’a cessé d’ausculter le crime organisé, structuré par les survivances claniques et les solidarités ethniques. Gangs of New York lui permet de remonter à la source de cette violence, qui le fascine et l’effraie.

Le combat de rue qui ouvre le film met la barre très haut en termes de puissance hypnotique. Cette scène fondatrice installe le récit dans une sorte de no man’s land temporel, une période anté-historique. Bien sûr, c’est New York à l’époque, mais ce pourrait être un autre monde, une société troglodyte… Chaque gravure animée est un morceau de bravoure, d’une rare invention visuelle. Comédien d’une trempe exceptionnelle, Daniel Day-Lewis, boucher prompt à tailler dans les chairs, humaines ou animales, mais aussi politicien populiste, orateur au verbe tonitruant, domine les débats
GANGS OF NEW YORK, Martin Scorcese 2002, Leonardo Di Caprio (histoire saga)@@ (E)
En 1846, le quartier de Five Points, un faubourg pauvre de New York, est le théâtre d'une guerre des gangs sanguinaire. Lorsque Bill le Boucher assassine le chef des Irlandais, père d'Amsterdam Vallon, il s'associe avec ...

@

GANGSTER QUAD, Ruben Fleischer 2012, Josh Brolin, Ryan Gosling (thriller)@@


Le parrain de la mafia, Mickey Cohen, dirige Los Angeles et obtient tout ce qu'il veut grâce à la protection de ses hommes de mains, mais aussi de la police et des hommes politiques sous sa coupe. Seuls deux sergents du LAPD, John O'Mara et Jerry Wooters, font tout pour réduire son emprise à néant.

TELERAMA
L'été dernier, après la tuerie dans le multiplexe d'Aurora qui projetait le nouveau Batman, la bande-annonce de ce Gangster Squad était vite retirée des salles : on y voyait une tuerie dans un cinéma du Chinatown de Los Angeles, en 1950. La scène a été supprimée, retournée et remplacée par l'explosion d'un camion piégé... Mais on sent toujours, dans ce film de gangsters qui rappelle L.A. Confidential (1997) ou Les Incorruptibles (1987), une envie de rendre la violence plus frappante, pour construire un personnage d'ennemi public vraiment dangereux, effrayant. Il s'appelle Mickey Cohen, il a acheté la police et les juges, tué ceux qu'il ne pouvait corrompre. Los Angeles lui appartient et il veut faire de l'Amérique son empire...

C'est donc vraiment un scénario à la Batman qui se joue : face au pouvoir du Mal absolu, des justiciers d'un nouveau genre doivent intervenir, des flics avec permis de tuer comme des gangsters... Pas sûr que tout ça reflète l'histoire du véritable Mickey Cohen, joué ici par Sean Penn, avec une volonté de profondeur et d'authenticité inutile. Car le réalisateur, lui, joue plutôt sur les effets de séduction immédiate et sur le glamour du cinéma de studio, assorti aux décors rétro. La brutalité de la guerre contre le crime se coule ainsi dans des atmosphères soignées et un casting de séducteurs au milieu desquels papillonne une vamp. C'est plaisant, mais finalement presque naïf. Ce que le discours final sur les bienfaits de la loi ne cache plus du tout.

À Los Angeles, en 1950, la folie sanglante et la soif de pouvoir du gangster Mickey Cohen obligent la police à créer un gang de flics aux méthodes de justiciers voyous. Joli, plaisant, mais un peu naïf aussi.
GANGSTER QUAD, Ruben Fleischer 2012, Josh Brolin, Ryan Gosling (thriller)@@ (E)
Le parrain de la mafia, Mickey Cohen, dirige Los Angeles et obtient tout ce qu'il veut grâce à la protection de ses hommes de mains, mais aussi de la police et des hommes politiques sous sa coupe. Seuls deux sergents du LAPD, J ...

@

GARCON, Claude Sautet 1983, Yves Montand, Jacques Villeret, Nicole Garcia (comique)@@


Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Francis - et la salle, où le client est roi. Séparé de sa femme, Alex accumule les conquêtes sans jamais s'attacher. Mais un jour, il retrouve Claire, une femme qu'il a connue dix-sept ans auparavant.

TELERAMA
Yves Montand s’ébroue à l’aise dans ce rôle de chef de rang d’une grande brasserie parisienne. Le plus amer des célèbres portraits de groupe à la Sautet.
Alex, chef de rang dans une brasserie ­parisienne, est un virtuose du plateau, un champion de la diplomatie entre salle et cuisines. Homme à femmes, ami fidèle, il cache ses fêlures de vieux garçon sexagénaire derrière une inaltérable bonne humeur…

Voix ample, pirouettes chaleureuses et sobres éclats de détresse : Montand s’ébroue à l’aise dans un rôle cousu pour lui, frère vieillissant mais toujours vert de celui de César et Rosalie. Autour de ce soleil gravite une attachante nébuleuse de comédiens subtils, de personnages crédibles, vivants, sincères.

Comme dans ses films précédents, Claude Sautet coupe une belle tranche de vie, scrute le quotidien avec tendresse et lucidité. Mais, cette fois, son travail de ­sociologue amical et exigeant se gorge d’amertume. On sent comme une lassitude chez le réalisateur. La vieillesse et la solitude rôdent autour de la silhouette ­grisonnante d’Alex. Le film s’étire d’anecdote en anecdote sans vraiment s’épanouir. Après l’échec commercial de Gar­çon !, Sautet n’a pas tourné pendant cinq ans. Un tournant dans son œuvre, qui annonce une période différente, plus douloureuse, de Quelques jours avec moi (1988) à Nelly et Monsieur Arnaud (1995).
GARCON, Claude Sautet 1983, Yves Montand, Jacques Villeret, Nicole Garcia (comique)@@ (E)
Alex, la soixantaine, chef de rang dans une grande brasserie parisienne, partage son appartement avec son collègue Gilbert. Leur vie est un véritable ballet entre les cuisines - où règne le redoutable chef, Franc ...

@

GARDE A VUE, Claude Miller 1981, Lino Ventura, Michel Serrault, Romy Schneider (policier)@@


Le soir de la Saint-Sylvestre, maître Martinaud est convoqué au commissariat pour une affaire de viol et de meurtre de deux petites filles. D'abord considéré comme témoin, Martinaud devient très vite suspect aux yeux de l'inspecteur Gallien. En effet, il n'a aucun alibi pour ces deux crimes. De plus, Chantal, sa femme, ne l'ayant jamais aimé, décide de l'accabler un peu plus.
GARDE A VUE, Claude Miller 1981, Lino Ventura, Michel Serrault, Romy Schneider (policier)@@ (E)
Le soir de la Saint-Sylvestre, maître Martinaud est convoqué au commissariat pour une affaire de viol et de meurtre de deux petites filles. D'abord considéré comme témoin, Martinaud devient très vite ...

@

GATSBY LE MAGNIFIQUE, Baz Luhrmann 2013, Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire (saga bio)@


Gatsby le Magnifique est un roman de l'écrivain américain F. Scott Fitzgerald. Publié en 1925 aux États-Unis, il a été traduit en français à partir de 1926 sous ce titre. L'histoire se déroule à New York dans les années 1920. Il est souvent décrit comme le reflet des années folles dans la littérature américaine

TELERAMA
Ecrivain mythique, Scott Fitzgerald n’a eu guère de chance avec le cinéma. Même sans éclat, la première adaptation de Gatsby le Magnifique, avec Alan Ladd, était plus fidèle que cette version, plombée par l’esthétisme. Seul le narrateur (interprété par Sam Waterston) conserve comme un parfum du roman, spectateur attentif et apitoyé d’une double comédie des apparences. D’un côté, Tom l’affairiste et son aventure sexuelle avec la femme d’un garagiste. De l’autre, Gatsby, le nouveau riche, avec l’épouse de Tom, créature superficielle (que Mia Farrow rend insupportable). Tout est à sa place : décors, costumes, musiques et Redford, le Gatsby idéal. Mais on ne sent aucun frisson.
GATSBY LE MAGNIFIQUE, Baz Luhrmann 2013, Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire (saga bio)@ (E)
Gatsby le Magnifique est un roman de l'écrivain américain F. Scott Fitzgerald. Publié en 1925 aux États-Unis, il a été traduit en français à partir de 1926 sous ce titre. L'histoire se ...

@

GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@


Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alors en compagnie de la jeune femme, Laurent gagne le comptoir pour téléphoner discrètement à une autre de ses maîtresses, Ingrid, et lui fixer un rendez-vous dans la soirée. Pendant ce temps, sa charmante épouse, Loli, restée dans leur confortable pavillon, s'occupe du ménage et des deux enfants.

TELERAMA
Une routarde lesbienne déboussole un couple hétéro… En pervertissant les recettes du vaudeville, Josiane Balasko signe un film souvent troublant, mais inégal.

Personne ne pourrait y croire. Et pourtant, si : Loli, femme comblée, mère heureuse, tombe raide dingue de Marijo, une camionneuse, la caricature de la gouine. Mais tendre, aussi. À l’écoute. Belle, en définitive, sous ses dehors de faux mec. Ce qu’a voulu Josiane Balasko, c’est filmer l’inexplicable. L’incompréhensible. Une passion a priori absurde, dont tout le monde se moque, et qui, pour ces raisons, devient touchante et troublante. Elle l’a fait sous la forme d’une grosse farce. Avec, mine de rien, des scènes plus nostalgiques, avec les copines de Marijo, vieillissantes et forcément solitaires. L’épilogue (avec le beau Miguel Bosé) est ridicule, mais le film ne l’est pas : grave, entre deux rires.
GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@ (E)
Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alor ...

@

GEMMA BOVERY, Anne Fontaine 2014, Fabrice Lucchini, Gemma Aterton (sentimental)@


Boulanger dans un village normand, Martin entretient une passion pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. Lorsqu'un couple d'Anglais vient s'installer dans une fermette du voisinage, il croit revivre l'histoire de Madame Bovary.

TELERAMA
Fabrice Luchini excelle dans ces rôles de meneur de jeu, victime de fantasmes qu’il suscite lui-même, ce qui le rend à la fois très touchant et un peu sot. Anne Fontaine joue d’ailleurs, à la Flaubert, de la bêtise de la plupart de ses personnages… Dans un marigot de ganaches s’agitent donc des autochtones qui vendent aux touristes des eaux de toilette épouvantables, une Française snob, un angelot fils à maman, aussi veule que son double littéraire, Rodolphe. Tout est volontairement, obstinément grotesque : de la sensualité appuyée à la mort de Gemma, entre vaudeville conjugal et accident domestique. Le talent de la réalisatrice est de saisir, au cœur même de leur médiocrité, des étincelles d’abandon qui humanisent ses héros et les embellissent : corps de Gemma Arterton, souvent, plié de détresse ; visage de Fabrice Luchini découvrant, à l’abri des regards, le journal intime d’une femme rêvée, redevenue chimère.
GEMMA BOVERY, Anne Fontaine 2014, Fabrice Lucchini, Gemma Aterton (sentimental)@ (E)
Boulanger dans un village normand, Martin entretient une passion pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. Lorsqu'un couple d'Anglais vient s'installer dans une fermette du voisinage, il croit revivre l'hi ...

@

GENIAL MES PARENTS DIVORCENT, Patrick Braoudé 1991, Adrien Dirand, Volodia Serre (societe)@@


Dans une classe de CM2, deux parties s'affrontent : ceux dont les parents sont divorcés, et les autres. L'instituteur pour cette nouvelle année qui s'entame manquant particulièrement d'autorité, le gang des divorcés va multiplier les blagues et en particulier essayer de pousser des couples unis au divorce

TELERAMA
À l’opposé du film-dossier sur le divorce, Braoudé signe une comédie qui repose sur l’énergie et la débrouillardise de ses jeunes interprètes.
L'idée de départ inverse la présomption habituelle qui fait de l'« enfant de divorcés » une victime de l'éclatement familial. C'est un peu facile, mais le film de Braoudé ne se veut à aucun moment une réflexion, fût-elle cachée, sur le divorce. C'est une comédie, qui met en scène des enfants, leur énergie et leur débrouillardise, et qui trouve avec eux le ton juste : ni singes savants ni bébés niaiseux, ils ont chacun leur personnalité, mènent l'action avec fougue, jouent des tours pendables aux adultes balourds. Voilà un petit film malin et bien mis en scène qui, hors des sentiers battus, renouvelle la comédie à la française.
GENIAL MES PARENTS DIVORCENT, Patrick Braoudé 1991, Adrien Dirand, Volodia Serre (societe)@@ (E)
Dans une classe de CM2, deux parties s'affrontent : ceux dont les parents sont divorcés, et les autres. L'instituteur pour cette nouvelle année qui s'entame manquant particulièrement d'autorité, le gang des divor ...

@

GENTLEMEN CAMBRIOLEURS, James Marsh 2018, Michael Caine, Brian Reader, Ray Winstone, Jim Broadbent (policier)@


Célèbre voleur dans sa jeunesse, Brian Reader, veuf âgé de 77 ans, réunit une bande de criminels marginaux sexagénaires pour fomenter un cambriolage sans précédent à la salle des coffres de la société Hatton Garden Safe Deposit (HGSD). Se faisant passer pour des réparateurs, ils pénètrent le dépôt, neutralisent les alarmes et se me

TELERAMA
Déjà deux films et une série, tous inédits en France et passablement loupés, ont été tirés du rocambolesque cambriolage de la salle des coffres de Hatton Garden, dans le centre de Londres. Profitant du week-end de Pâques 2015 et se faisant passer pour des réparateurs, quatre monte-en-l’air aux cheveux blancs — le cerveau était âgé de 76 ans — ont empoché lingots et bijoux pour un butin record de deux cents millions de livres sterling…
La malédiction autour des adaptations continue puisque rien ne fonctionne dans ce film de casse au rabais. De la réalisation académique à l’interprétation apathique, tout le monde, y compris Michael Caine dans un énième numéro de vieille carne cockney, semble s’être désintéressé d’un projet à peine digne d’égayer les pensionnaires d’une maison de retraite.ttent à percer un trou dans le mur de la chambre forte.
GENTLEMEN CAMBRIOLEURS, James Marsh 2018, Michael Caine, Brian Reader, Ray Winstone, Jim Broadbent (policier)@ (E)
Célèbre voleur dans sa jeunesse, Brian Reader, veuf âgé de 77 ans, réunit une bande de criminels marginaux sexagénaires pour fomenter un cambriolage sans précédent à la salle des ...

@

GEOSTORM, Dean Devlin 2017, Gerard Butler, Abbie Cornish, Jim Sturgess, Ed Harris (catastrophe)@


Après que des catastrophes naturelles ont menacé la Terre, des scientifiques ont créé des satellites qui peuvent contrôler le climat. Le jour où ces satellites ne fonctionnent plus, un designer doit travailler main dans la main avec son frère pour sauver le monde d'une terrible tempête.

TELERAMA
Sans doute impactée par la démission de Nicolas Hulot, la Terre est au plus mal. Les catastrophes naturelles se multiplient. Personne ne semble capable d’enrayer l’extinction de la planète, pas même Elise Lucet. C’est alors qu’un scientifique génial, Jake (Gerard Butler, aussi expressif qu’un castor sous tranquillisants), trouve une idée qu’il croit géniale : contenir les intempéries grâce à des satellites munis de missiles préventifs.

Enième blockbuster au charabia écolo d’une naïveté confondante, Geostorm est un nanar de grande ampleur qui ne nous épargne aucun poncif du genre. Acteurs à côté de la plaque (on souffre pour Andy Garcia), morceaux de bravoure ridicules, dialogues consternants, effets spéciaux peu crédibles, humour vieillot, musique pompière atroce… Ersatz inutile des ­superproductions des années 1990-2000, le film fait dans la surenchère stérile en épuisant le champ catastrophique des possibles.
GEOSTORM, Dean Devlin 2017, Gerard Butler, Abbie Cornish, Jim Sturgess, Ed Harris (catastrophe)@ (E)
Après que des catastrophes naturelles ont menacé la Terre, des scientifiques ont créé des satellites qui peuvent contrôler le climat. Le jour où ces satellites ne fonctionnent plus, un designer doit ...

@

GERMINAL, Claude Berri 1993, Gerard Depardieu, Renaud (epopee)@@


Sous le Second Empire, Etienne Lantier, chômeur devenu mineur, entame une descente aux enfers. A Montsou dans le Nord, il découvre la misère, l'alcoolisme, les accouplements sordides, des hommes généreux comme Toussaint Maheu ou crapuleux comme Chaval, toute une humanité en souffrance dominée par le capital. Il s'engage dans le combat socialiste mais la direction des mines contre-attaque. Les salaires baissent, vient la grève affameuse et meurtrière.

TELERAMA
Il l’a dit et répété : dans une autre vie, Claude Berri aurait aimé être Étienne Lantier. A priori, c’est plutôt sympathique, un cinéaste qui, en ces temps où monte l’indifférence à la misère, rappelle que la classe ouvrière doit lutter, encore et toujours, afin de faire venir les lendemains qui chantent. À de brefs moments, on ressent d’ailleurs un petit frisson, notamment quand Berri filme la sortie des « jaunes », conspués par les grévistes. Frisson, oui. Embrasement, non. Parce qu’il manque au cinéaste les deux qualités essentielles pour réussir une épopée : le souffle et le lyrisme.

En fait, tout se joue lorsque apparaît Bonnemort. Sous les traits du vieux mineur (soigneusement noircis…), on reconnaît vite le cher Jean Carmet. Et là, de deux choses l’une : si l’on oublie Carmet pour ne plus voir que Bonnemort, on accepte l’imagerie sagement efficace de Berri. Ou bien on ne voit que Carmet déguisé en vieux mineur malade, ­plutôt bien déguisé d’ailleurs, mais déguisé tout de même. Et dans ce cas, le film verse lentement mais sûrement dans l’artifice. Et dans l’académisme.
GERMINAL, Claude Berri 1993, Gerard Depardieu, Renaud (epopee)@@ (E)
Sous le Second Empire, Etienne Lantier, chômeur devenu mineur, entame une descente aux enfers. A Montsou dans le Nord, il découvre la misère, l'alcoolisme, les accouplements sordides, des hommes généreux co ...

@

GETAWAY OF LOVE, Tonino Zangardi et Luisa Porrino 2015, Marco Bocci, Claudia Gerini (sentimental)@


Le destin de Giuliana est radicalement changé lorsque deux voleurs pénètrent soudainement dans le supermarché où elle travaille et la prennent en otage.
GETAWAY OF LOVE, Tonino Zangardi et Luisa Porrino 2015, Marco Bocci, Claudia Gerini (sentimental)@ (E)
Le destin de Giuliana est radicalement changé lorsque deux voleurs pénètrent soudainement dans le supermarché où elle travaille et la prennent en otage. ...

@

GHOST, Jerry Zucker 1990, Patrick Swayze (science fiction)


Sam Wheat, cadre dans une banque, vit une belle histoire d'amour avec Molly Jensen, une sculptrice. Mais un soir, Sam se fait agresser, puis abattre. Il revient sous la forme d'un fantôme et parvient à communiquer avec une voyante. Il va tenter d'entrer en contact avec Molly pour qu'elle enquête sur son meurtre.

TELERAMA
quand les amants quittent le tour de poterie et commencent à s’embrasser, ils ont, miraculeusement, les mains toutes propres… À y réfléchir, leur laisser les doigts terreux aurait été nettement plus sensuel. Sacré coup de vieux, aussi, du côté des effets spéciaux sur les pouvoirs ectoplasmiques de Sam, même si Whoopi Goldberg compense insolemment en parlant toute seule et en râlant contre son interlocuteur invisible… Ce qui reste ? Un parfum d’Hamlet (un fantôme, une vengeance…), et énormément d’amour. Car, au-delà de sa structure fantastique et policière, Ghost ne raconte que cela : le lien absolu de deux êtres, les souvenirs comme les petits mots intimes qui les font dialoguer par-delà la mort. La possibilité d’un deuil quand la vie, d’un claquement de doigts, peut tourner à la tragédie et à l’absence.

GHOST, Jerry Zucker 1990, Patrick Swayze (science fiction) (E)
Sam Wheat, cadre dans une banque, vit une belle histoire d'amour avec Molly Jensen, une sculptrice. Mais un soir, Sam se fait agresser, puis abattre. Il revient sous la forme d'un fantôme et parvient à communiquer avec une voya ...

@

GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@


A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain Ballin Mundson, propriétaire d'une maison de jeu. Johnny entre à son service. Les deux hommes deviennent rapidement amis. Ballin, toutefois, dissimule à Johnny ses activités clandestines. Au retour d'un voyage, il lui présente sa femme, la capiteuse Gilda. Johnny reconnaît en elle l'amante fatale qui fut jadis la cause de sa déchéance. En présence de Ballin, ni l'un ni l'autre ne laisse paraître le moindre signe qui pourrait trahir leur ancienne liaison. Entre ces trois êtres, des relations étranges prennent forme...

TELERAMA
Gilda apparaît très tard à l’image. Non qu’elle ne sache se faire désirer. Mais parce qu’on ne la désire pas. Ni Mundson, son mari, directeur de casino ­livide et balafré ; ni Johnny, son ex, jeune loup fringant et gominé. En 1946, alors que Rita Hayworth est au sommet de sa carrière, l’insinuation est de taille. Il ne s’agit en rien d’un avertissement à l’actrice sur sa chute prochaine, mais plutôt de l’audacieux camouflage d’un sujet impossible à traiter à l’époque, l’homosexualité masculine : filmé comme un objet de désir, Johnny est littéralement levé sur le trottoir par le mari de Gilda, armé… d’une canne. Cachée sous le label « film noir », Gilda met donc à nu l’entourage d’une femme fatale au charme inopérant. Impavide et miteuse, la caméra épouse le regard sadique des hommes qui l’entourent. Elle scrute le visage de Gilda, secoué de mouvements de joie toujours interrompus par l’irruption de figures masculines malveillantes. Rongée par sa frustration sexuelle, Gilda n’a qu’une seule satisfaction physique : la danse.

Pour la première fois à Hollywood, dans la mythique scène du strip-tease ganté, une actrice osait danser seule à l’écran, tout en extériorisant ses pulsions érotiques les plus intimes. Dès la sortie, le public fit un triomphe à ce film sec et amer sur le manque d’amour. Aujourd’hui encore, Gilda reste un bluffant manifeste sur l’atrophie du désir.
GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@ (E)
A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain B ...

@

GLASS, M. Night Shyamalan 2019, James McAvoy, Bruce Willis (thriller science fiction)@


Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn, l'homme incassable, poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu'on le sait capable d'endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l'intérêt des forces de l'ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes.

TELERAMA
Parce qu’ils se prennent pour des superhéros, les voilà internés… L’auteur d’“Incassable” et de “Split” réunit ses anciens personnages avec fantaisie et signe un film d’action excentrique.

Dans les rues de Philadelphie, David Dunn (Bruce Willis) joue au justicier et trouve une cible de choix : Crumb (James McAvoy), un maniaque aux personnalités multiples. Arrêtés par la police et considérés comme fous, les deux hommes sont enfermés dans un asile psychiatrique où ils rejoignent Mr Glass (Samuel L. Jackson), autre drôle de zèbre : il a les os fragiles comme le verre mais un cerveau en acier, plein de plans machiavéliques. Spécialité du service où tout ce petit monde est interné : la maladie des gens qui se prennent pour des superhéros…

En télescopant les personnages qu’il avait créés pour Incassable (2000) et Split (2016), M. Night Shyamalan dialogue avec lui-même, comme s’il était le quatrième patient admis ici en psychiatrie. Une fantaisie plus communicative se déploie heureusement quand l’encombrant Crumb, zappant toujours entre des identités éclatées mais répétitives, laisse les plus séduisants, David Dunn et Mr. Glass, prendre le dessus. L’idée un peu floue d’un super-héroïsme dégénérescent se matérialise alors en film d’action vraiment excentrique, sorte de rêverie sur la manie des combats.

Cette influence de l’imaginaire des comics sur des humains dérangés, le réalisateur l’évoque sur un ton amusé et inquiet à la fois. Il prend soin de se démarquer de l’esthétique des Avengers et impose un regard très personnel d’artisan du cinéma. Avec son art de la mise en scène tirée au cordeau, Shyamalan mérite son statut d’orfèvre à Hollywood.
GLASS, M. Night Shyamalan 2019, James McAvoy, Bruce Willis (thriller science fiction)@ (E)
Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn, l'homme incassable, poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu'on le sait capable d'endosser 23 perso ...

@

GLORIA MUNDI, Robert Guédiguian 2019, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin (societe)@@@


Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille auprès de son ex-femme et sa fille enceinte. En venant à la rencontre du bébé, Daniel découvre une famille recomposée qui lutte par tous les moyens pour rester debout. Quand un coup du sort fait voler en éclat ce fragile équilibre, Daniel, qui n'a plus rien à perdre, va tout tenter pour les aider.

TELERAMA
Une naissance, des retrouvailles familiales. Mais dans Marseille en mutation, la jeune génération a enterré la solidarité. Un terrible mélodrame social.
Gloria Mundi s’ouvre sur la naissance de Gloria, fille de Mathilda. À la maternité, les proches défilent. Il manque le père de Mathilda, en prison. Il en sort peu après et cherche à reprendre contact, en faisant connaissance avec la famille recomposée. Son ex-femme et Richard, chauffeur de bus, n’hésitent pas à l’héberger. Du côté des enfants, c’est plus compliqué… Loin de l’Estaque, on est, cette fois, dans les nouveaux quartiers d’affaires (la Joliette) ou de passage (Plombières). Dans un Marseille en chantier, qui mute, hybride, glacial. Ce manque de chaleur est raccord avec la dégénérescence sociale décrite, la disparition de la solidarité, de l’entraide. En pleine guerre économique, les habitants sont prêts à tout pour survivre.

Le vingt et unième long métrage de Robert Guédiguian est un mélodrame social, implacable et simple. Où le cinéaste filme en priorité la jeunesse. Il la montre instable, précarisée, atomisée. Disparu le combat collectif d’antan. Disparu même le cocon du couple. Il ne reste que des individus sous pression, qui se font du mal et se trahissent pour satisfaire des pulsions…
GLORIA MUNDI, Robert Guédiguian 2019, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin (societe)@@@ (E)
Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille auprès de son ex-femme et sa fille enceinte. En venant à la rencontre du bébé ...

@

GLORIA, John Cassavetes 1980, Gena Rowlands, John Adames (thriller)@@@


Dans l'immeuble new-yorkais où elle vit seule avec son chat, Gloria, ancienne danseuse et ex-maîtresse d'un mafieux, frappe à la porte de ses voisins de palier, les Dawn. Ces derniers font leurs paquets, craignant l'imminence de représailles depuis que le père, comptable d'une organisation criminelle, a livré des informations au FBI. Pris de panique, ils demandent à Gloria de prendre soin de Phil, leur fils de 6 ans. Alors que des tueurs font irruption, Gloria prend la fuite avec le garçon.

TELERAMA
John Cassavetes filme une réalité nue et violente, celle de la grande ville. New York palpite au rythme de guérillas privées, dont le déchaînement paraît soudain presque ordinaire. L’histoire d’amour que le cinéaste insère dans cette frénésie est, elle, exceptionnelle.
Gloria, personnage ambigu, volontaire, jusqu’alors résolument égoïste, s’attache peu à peu à un inconnu de 6 ans. Un mini-macho qui l’énerve et l’émeut comme un vrai amoureux. A eux deux, peu à peu, ils recréent dans leur fuite une forme étrange de foyer. Et la dureté de Gloria devient un rempart de dévouement téméraire, de générosité. Cassavetes livre ici un merveilleux discours sur l’amour, choix irréversible, à la fois source de vie et de danger. Il offre à Gena Rowlands, son épouse et actrice fétiche, l’un de ses plus beaux rôles, une Gloria bourrue et sublime. Un chef-d’œuvre.
GLORIA, John Cassavetes 1980, Gena Rowlands, John Adames (thriller)@@@ (E)
Dans l'immeuble new-yorkais où elle vit seule avec son chat, Gloria, ancienne danseuse et ex-maîtresse d'un mafieux, frappe à la porte de ses voisins de palier, les Dawn. Ces derniers font leurs paquets, craignant l'immi ...

@

GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@


Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de la visite imminente de Pie VII, le nouveau pape fraîchement intronisé. Pour l'occasion, un grand concert a été longuement préparé et sera donné en l'honneur de cet invité d'exception. Teresa, alias "la muette", une jeune domestique aussi silencieuse que solitaire, découvre un piano-forte dans le débarras de l'établissement. Elle ignore que sa surprenante trouvaille va révolutionner la vie de l'institution...

TELERAMA
Au XVIIIe siècle, dans un internat pour jeunes filles de la noblesse vénitienne, une servante dotée de l’oreille absolue se libère à travers la musique. Premier film galvanisant de Margherita Vicario.

Une énergie dansante traverse ce premier film d’une jeune Italienne qui signe aussi des œuvres musicales. Ses recherches l’ont amenée à s’intéresser aux orphelinats où, dans la Venise du XVIIIe siècle, des jeunes filles recevaient une éducation digne des meilleurs conservatoires. Avec beaucoup de spontanéité, Margherita Vicario reconstitue l’époque, utilisant simplement des bâtiments anciens et de jolis costumes. L’important sera d’avoir l’oreille ! Celle de la servante Teresa (formidable Galatéa Bellugi) est si fine qu’elle transforme en symphonie rythmique tous les bruits qui l’entourent. Le jour où elle découvre un pianoforte, instrument sacrilège caché dans ce lieu saint qu’est l’orphelinat, elle se met à inventer des musiques diaboliquement modernes. Et attire les jeunes pensionnaires de l’établissement, qui ont envie de chanter, de composer, plus classiquement mais aussi audacieusement.

Il s’agit de fêter la créativité musicale féminine et de la libérer, en ne reculant pas devant la fantaisie, du carcan d’un monde où la gloire n’appartient qu’aux hommes. En l’occurrence, un prêtre qui va être chargé d’écrire la plus belle des partitions pour la visite du pape Pie VII. Mais ce prêtre cache qu’il a perdu l’inspiration, comme il cache sa faiblesse ruineuse pour un chanteur gigolo qui lui dit « Tu es mon maestro ».

La comédie permet de régler son compte au patriarcat sans en faire un plat. C’est l’identification avec ses héroïnes qui guide la réalisatrice. Elle réussit ses plus belles scènes en mêlant la dynamique sonore et le tempo donné à l’image par un montage alerte. Le cinéma devient tremplin vers la sensation des voix, des instruments. Cette forme d’émulation fait de Gloria ! un film qui, en dépit de quelques faiblesses et approximations, séduit par sa volonté d’être utile et de galvaniser les jeunes musiciennes d’aujourd’hui, dans une joie communicative.
GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@ (E)
Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de ...

@

GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@


Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de la visite imminente de Pie VII, le nouveau pape fraîchement intronisé. Pour l'occasion, un grand concert a été longuement préparé et sera donné en l'honneur de cet invité d'exception. Teresa, alias "la muette", une jeune domestique aussi silencieuse que solitaire, découvre un piano-forte dans le débarras de l'établissement. Elle ignore que sa surprenante trouvaille va révolutionner la vie de l'institution...

TELERAMA
Au XVIIIe siècle, dans un internat pour jeunes filles de la noblesse vénitienne, une servante dotée de l’oreille absolue se libère à travers la musique. Premier film galvanisant de Margherita Vicario.

Une énergie dansante traverse ce premier film d’une jeune Italienne qui signe aussi des œuvres musicales. Ses recherches l’ont amenée à s’intéresser aux orphelinats où, dans la Venise du XVIIIe siècle, des jeunes filles recevaient une éducation digne des meilleurs conservatoires. Avec beaucoup de spontanéité, Margherita Vicario reconstitue l’époque, utilisant simplement des bâtiments anciens et de jolis costumes. L’important sera d’avoir l’oreille ! Celle de la servante Teresa (formidable Galatéa Bellugi) est si fine qu’elle transforme en symphonie rythmique tous les bruits qui l’entourent. Le jour où elle découvre un pianoforte, instrument sacrilège caché dans ce lieu saint qu’est l’orphelinat, elle se met à inventer des musiques diaboliquement modernes. Et attire les jeunes pensionnaires de l’établissement, qui ont envie de chanter, de composer, plus classiquement mais aussi audacieusement.

Il s’agit de fêter la créativité musicale féminine et de la libérer, en ne reculant pas devant la fantaisie, du carcan d’un monde où la gloire n’appartient qu’aux hommes. En l’occurrence, un prêtre qui va être chargé d’écrire la plus belle des partitions pour la visite du pape Pie VII. Mais ce prêtre cache qu’il a perdu l’inspiration, comme il cache sa faiblesse ruineuse pour un chanteur gigolo qui lui dit « Tu es mon maestro ».

La comédie permet de régler son compte au patriarcat sans en faire un plat. C’est l’identification avec ses héroïnes qui guide la réalisatrice. Elle réussit ses plus belles scènes en mêlant la dynamique sonore et le tempo donné à l’image par un montage alerte. Le cinéma devient tremplin vers la sensation des voix, des instruments. Cette forme d’émulation fait de Gloria ! un film qui, en dépit de quelques faiblesses et approximations, séduit par sa volonté d’être utile et de galvaniser les jeunes musiciennes d’aujourd’hui, dans une joie communicative.
GLORIA, Margherita Vicario 2024, Galatéa Bellugi, Carlotta Gamba (musical bio Vivaldi)@@ (E)
Fin du XVIIIe siècle, à Venise. Les pensionnaires de l'institut Sant'Ignazio, un orphelinat et conservatoire réservé aux jeunes filles, ne peuvent cacher leur joie et une certaine appréhension en raison de ...

@

GLORIA, Sebastian Lelio 2013, Paulina García, Sergio Hernandez (sentimental)@@@


Divorcée depuis douze ans, ses enfants partis, Gloria, employée de bureau âgée de 58 ans, vit seule à Santiago, au Chili. Bien décidée à continuer à profiter de la vie, adorant danser, elle passe nombre de soirées dans des clubs et multiplie les activités de loisir. Après bien des aventures sans lendemain, sa rencontre avec Rodolfo, sexagénaire propriétaire d'un centre récréatif, bouleverse son existence.

TELERAMA
Rien à voir avec l'héroïne de Cassavetes. Quoique... Si la Gloria de Sebastián Lelio ne tient pas la dragée haute à des gangsters, elle a tout de même un sacré tempérament et sait manier le pistolet... à peinture, pour se défouler ! A 58 ans, divorcée avec deux grands enfants qui n'ont plus besoin d'elle, elle n'est pas du genre à se morfondre. Tous les soirs, après le travail, elle fréquente les dancings de Santiago et, sur la piste, on ne voit qu'elle, avec ses grandes lunettes. Rodolfo la dévore des yeux et finit par l'aborder. Un nouvel amour avec ce sexagénaire décidé à se délester de son encombrante famille ? Gloria se lance. Gloria y croit...

Sebastián Lelio (La Sagrada Familia) peint cette histoire d'amour tardif avec une pointe d'amertume, mais en s'appuyant sur le sourire constant de Paulina García, star chilienne à la présence évidente. Au cinéma, la lâcheté masculine est souvent l'apanage d'« adulescents » qui hésitent à s'engager. Avec Rodolfo, c'est la même rengaine. Cet amoureux rêve de changement, mais il est faible... Dans cet hôtel où Gloria vient de lui faire l'amour — belles scènes où le cinéaste filme sans fard des corps plus tout jeunes —, soudain, il n'est plus là. Volatilisé... jusqu'à la prochaine promesse. Ah, s'il était capable, comme Gloria, de chanter à tue-tête dans sa voiture ou de découvrir, sur le tard, les vertus de la fumette ! Mais le passé, pour lui, est une prison. Le réalisateur filme le Chili tel qu'il est aujourd'hui : un pays moderne où les jeunes ressemblent à ceux du monde entier, mais où les générations d'avant prouvent qu'on ne gomme pas facilement trente ans de dictature. A moins d'avoir l'énergie de Gloria. Cette capacité à redémarrer. Retourner sur la piste. Et danser... — Guillemette Odicino


GLORIA, Sebastian Lelio 2013, Paulina García, Sergio Hernandez (sentimental)@@@ (E)
Divorcée depuis douze ans, ses enfants partis, Gloria, employée de bureau âgée de 58 ans, vit seule à Santiago, au Chili. Bien décidée à continuer à profiter de la vie, adorant d ...

@

GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@


Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains, le gouverneur du Massachusetts décide de former un régiment exclusivement composé d'hommes de couleur et d'en confier le commandement au jeune et courageux colonel Robert Gould Shaw. Les volontaires affluent. Epaulé par le commandant Forbes, Robert s'emploie à donner une cohésion à cet ensemble disparate. Après des moments difficiles et des rapports aigres-doux avec de fortes têtes, tel le soldat Trip, le régiment est prêt à monter au feu. Mais équipements adéquats et missions se font attendre. Robert remue ciel et terre et finit par obtenir de partir au front. Le 54e régiment d'infanterie remporte une première victoire à James Island, qui achève de souder soldats et officiers...
GLORY, Edward Zwick 1989, Denzel Washington, Morgan Freeman (histoire guerre)@@@ (E)
Durant la guerre de Sécession, un jeune officier nordiste revendique des droits égaux pour les soldats noirs de son régiment.

TELERAMA
En 1862, après l'émancipation des Noirs américains ...

@

GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera Farmiga


L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater.

TELERAMA
Cet épisode se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.
Confiée à un tâcheron, cette suite constitue le parent pauvre du MonsterVerse, univers de fiction Warner à base de monstres géants, composé de Godzilla (Gareth Edwards, 2014) et de Kong : Skull Island (Jordan Vogt-Roberts, 2017) – avant l’affrontement du dinosaure et du gorille, prévu cette année. Le film ne propose ni l’ambiance de fin du monde du premier, ni les collages pop du second, ni, bien sûr, le charme kitsch des productions japonaises Toho des années 1950, où des comédiens déguisés en bestioles détruisaient des villes miniatures. Godzilla II se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.

Michael Dougherty n’adopte pas le point de vue des créatures, encore moins celui des survivants, mais celui de scientifiques et de militaires qui bavassent à n’en plus finir dans leurs postes de commandement, suivant l’action sur divers écrans… Qu’observent-ils ? Le lézard radioactif, allié au papillon géant Mothra, se bagarrer contre Monstre Zéro, hydre à trois têtes. Le scénario infantile se double d’un discours malthusien : déplaisante vision d’une humanité régulée par les titans (c’est-à-dire exterminée), pour que la nature reprenne ses droits. On a connu écologie plus constructive.
GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera Farmiga (E)
L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces c ...

@

GODZILLA, Gareth Edwards 2014, Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Juliette Binoche (science fiction fantastique)@@


Le physicien nucléaire Joseph Brody enquête sur de mystérieux phénomènes qui ont lieu au Japon. Refusant de s'en tenir à la version officielle qui évoque un tremblement de terre, le scientifique revient sur les lieux du drame accompagné par son fils Ford, soldat dans la Navy. Ils découvrent que les incidents ne sont pas liés à une catastrophe naturelle, mais à des monstres réveillés par des essais nucléaires dans le Pacifique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

TELERAMA
ure se défend toujours.

Malgré des effets spéciaux spectaculaires, malgré le renfort de deux bébêtes encore plus vilaines que lui (les « Muto », pleines de papattes géantes), et la mobilisation de l’armée américaine au grand complet, le saurien increvable ne casse pas des briques. Beaucoup de moyens, très peu d’imagination.
GODZILLA, Gareth Edwards 2014, Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Juliette Binoche (science fiction fantastique)@@ (E)
Le physicien nucléaire Joseph Brody enquête sur de mystérieux phénomènes qui ont lieu au Japon. Refusant de s'en tenir à la version officielle qui évoque un tremblement de terre, le scientifiq ...

@

GOLDEN EIGHTIES, Chantal Ackerman 1986, Delphine Seyrig, Lio Mado, Jean-Francois Balmer (musical)@@ (film complet)


Trois femmes, Lili, Mado et Pascale, se disputent l'attention de Robby jusqu'à ce qu'il demande soudainement Mado en mariage. Alors que la date du mariage arrive, Lili tente une nouvelle fois d'attirer l'attention de Robby.

TELERAMA
Dans un salon de coiffure, les relations amoureuses de la patronne commentées par ses employées. Entre légèreté et gravité, la cinéaste belge signe une fantaisie inattendue autant qu’un film très personnel.

Sans attendre la fin des années 80, la clairvoyante Chantal Akerman les rassemblait sous l’adjectif rutilant Golden (comme les golden boys de Wall Street), années d’or pour une comédie musicale aux couleurs primaires flashy, certifiées d’époque. Dans la galerie commerciale de la Toison d’or, à Bruxelles, la réalisatrice organisa un monde de vitrines, magasin de mode, salon de coiffure, entrée de cinéma et comptoir tout en représentation. Les années 80 n’étaient-elles pas celles du look ? Mais dans cet univers d’apparences, il n’est question que de cœurs qui battent et de sentiments qui se débattent, à l’intérieur.

Resté comme une fantaisie très à part dans l’œuvre de Chantal Akerman, Golden Eighties est pourtant un film personnel de bout en bout. Une joie certes un peu inattendue s’impose d’emblée, entraînant toute une équipe de coiffeuses-shampouineuses dans un ballet de commentaires sur les relations amoureuses de Lili, la patronne. Le Robert qui la courtise est, malgré son prénom de vieux, un jeune homme contraint d’écouter ses parents, qui s’y connaissent en prêt-à-porter et en prêt-à-marier. Mais la mère, Jeanne, cache des émotions secrètes, liées au retour d’un bel Américain, Eli, dans sa vie. Loin de la lumière éclatante des scènes de comédie musicale, c’est dans la pénombre que se retrouvent les anciens amants. Et l’on apprendra, à mots couverts, que le passé qui les lie remonte à la guerre, et même à la déportation dans les camps de concentration. On comprendra aussi que la belle Lili, que Robert n’est pas seul à vouloir conquérir, n’a plus de plaisir. « Il faut être patient et m’aimer beaucoup », dit-elle, pensive. Sans cesse, des touches subtiles viennent nuancer la fête générale, et l’énergie évidente du tableau d’ensemble dialogue avec une mélancolie tout aussi belle.

Casting épatant
Le plus étonnant est que ces contrastes n’en sont pas, à l’évidence, pour Chantal Akerman. C’est tout naturellement qu’elle lie le léger et le grave, l’élan et le retrait, l’artifice et la vérité. Mieux encore, on sent qu’elle croit fondamentalement à tout ce qu’elle fait dire à ses personnages, ayant d’ailleurs écrit elle-même aussi les paroles des chansons. « L’amour n’apporte que du malheur », entend-on, puis « aucun amour n’est jamais perdu, aucun amour n’est jamais pour rien », et tout est vrai. Sous couvert de chassés-croisés ludiques, les sentiments sont pris radicalement au sérieux dans ce film jamais sentimental, jamais mièvre. Même le chœur des garçons moqueurs ne peut rien contre la sincérité du cœur ! C’est aussi grâce à la qualité de l’interprétation que l’authenticité des émotions triomphe. Du côté des hommes, la mesure est parfaite avec Charles Denner et John Berry. Du côté des femmes, c’est le pur brio. Delphine Seyrig, Lio, Fanny Cottençon, Myriam Boyer, les héroïnes de Golden Eighties clignotent comme des lumières, tantôt transparentes et tantôt opaques, tantôt simples et tantôt complexes. Un show qui danse avec l’intime.
GOLDEN EIGHTIES, Chantal Ackerman 1986, Delphine Seyrig, Lio Mado, Jean-Francois Balmer (musical)@@ (film complet) (E)
Trois femmes, Lili, Mado et Pascale, se disputent l'attention de Robby jusqu'à ce qu'il demande soudainement Mado en mariage. Alors que la date du mariage arrive, Lili tente une nouvelle fois d'attirer l'attention de Robby.

...

@

GOLDEN EYE (James Bond) Martin Campbell 1995, Pierce Brosnan, Judy Densch@@


James Bond est chargé par le MI6 de retrouver le Goldeneye, un satellite russe volé par des mercenaires, dont la puissance de frappe pourrait rayer de la carte n'importe quelle capitale. Sur les traces des responsables, l'agent 007 se rend aux quatre coins du monde avant de retrouver sur son chemin une vieille connaissance. Entre sa mission et ses sentiments personnels, l'agent secret se voit dans l'obligation de faire un choix.
GOLDEN EYE (James Bond) Martin Campbell 1995, Pierce Brosnan, Judy Densch@@ (E)
James Bond est chargé par le MI6 de retrouver le Goldeneye, un satellite russe volé par des mercenaires, dont la puissance de frappe pourrait rayer de la carte n'importe quelle capitale. Sur les traces des responsables, l'agen ...

@

GOLDFINGER, Guy Hamilton 1964, Sean Connery (James Bond)(aventure)@@


L'agent secret 007 est chargé d'enquêter sur les revenus d'Auric Goldfinger. La banque d'Angleterre a découvert qu'il entreposait d'énormes quantités d'or, mais s'inquiète de ne pas savoir dans quel but.

TELERAMA
James Bond est chargé de surveiller un homme d’affaires louche et puissant, Auric Goldfinger, dont les opérations sur l’or inquiètent les États-Unis et la Grande-Bretagne. Lors de leur première rencontre, Bond accuse Gold­finger de tricher au poker. La guerre est déclarée.

Bond, épisode 3. La série est en place : on aura droit, chaque fois, à un court prologue où 007 termine sa dernière mission en date. Puis à un générique inventif et sensuel (signé Maurice Binder). Et à une chanson. Ici, Goldfinger, composée par John Barry et chantée par Shirley Bassey, fait le tour du monde.

Pour la deuxième fois, Bond croise la route d’une lesbienne, qu’il remet évidemment dans le droit chemin… Côté méchants, un salopard, attiré par l’or entreposé à Fort Knox, qui asphyxie celles qui l’ont trahi en les recouvrant d’une peinture dorée. Et un ignoble tueur, dont l’arme favorite est le chapeau-guillotine. Triomphe absolu.
GOLDFINGER, Guy Hamilton 1964, Sean Connery (James Bond)(aventure)@@ (E)
L'agent secret 007 est chargé d'enquêter sur les revenus d'Auric Goldfinger. La banque d'Angleterre a découvert qu'il entreposait d'énormes quantités d'or, mais s'inquiète de ne pas savoir dans quel ...

@

GOLIATH, Frederic Tellier 2021, Pierre Niney, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Laurent Stocker (environnement)@@


France, professeure de sport le jour, ouvrière la nuit, milite activement contre l'usage des pesticides. Patrick, obscur et solitaire avocat parisien, est spécialiste en droit environnemental. Mathias, lobbyiste brillant et homme pressé, défend les intérêts d'un géant de l'agrochimie. Suite à l'acte radical d'une anonyme, ces trois destins, qui n'auraient jamais dû se croiser, vont se bousculer, s'entrechoquer et s'embraser.

TELERAMA
Un modeste avocat et une mère de famille affrontent l’industrie des pesticides, soutenue en haut lieu par un lobbyiste féroce. Écrit comme un thriller réaliste, ce film se révèle fort sur les enjeux de pouvoir.

Du cinéma français musclé mais en prise avec la réalité : voici la formule séduisante de ce thriller dans le milieu des fabricants de pesticides… L’incontournable Gilles Lellouche, toujours doué pour être « l’homme de terrain », interprète ici un avocat gentiment à la ramasse, qui va se révéler défenseur incorruptible des victimes de l’agrochimie. Ce sont leurs voix que veut faire entendre France (Emmanuelle Bercot), dont le mari subit les effets toxiques d’un ersatz du glyphosate. Mais ceux qui s’enrichissent en vendant des produits phytosanitaires assoient leur domination et placent leurs chiens de garde. Mathias est l’un d’eux, un lobbyiste sans foi ni loi.

Confier au si populaire Pierre Niney un personnage si antipathique est une très bonne idée. La férocité de Mathias rend palpitant ce qui se joue dans l’univers de politiciens où il gravite. Un pouvoir dans le pouvoir est dénoncé, empêchant que soient augmentées les distances minimales d’épandage des pesticides — potentiellement cancérigènes. La toute-puissance des lobbyistes est bien celle d’un terrible Goliath. Mais le David de l’histoire est moins réussi : sur ces victimes qui ont bien du mal à faire le poids, le réalisateur pose un regard qui cède au mélo. Une façon d’humaniser ces manœuvres chez les technocrates, au risque de leur faire perdre un peu de mordant.
GOLIATH, Frederic Tellier 2021, Pierre Niney, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Laurent Stocker (environnement)@@ (E)
France, professeure de sport le jour, ouvrière la nuit, milite activement contre l'usage des pesticides. Patrick, obscur et solitaire avocat parisien, est spécialiste en droit environnemental. Mathias, lobbyiste brillant et ho ...

@

GONE BABY GONE, Ben Affleck 2007 (thriller)@@


Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives privés du coin, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Patrick et Angie connaissent bien le quartier, au point de savoir que Hélène, la mère d'Amanda, est une droguée.

TELERAMA
Une plongée dans le monde interlope de la ville de naissance du réalisateur où l’on suit un détective privé aussi bizarre qu’attachant.

Du détective imaginé par Dennis Lehane, Casey Affleck fait une silhouette improbable. Et d’autant plus séduisante : voix un peu trop aiguë, parole souvent hésitante, et quelque chose de légèrement épouvanté dans le regard. Une sorte d’inaptitude au Mal, peut-être... Avec sa compagne, Patrick Kenzie, privé à l’honnêteté proverbiale, est engagé pour retrouver une gamine disparue, dont la mère est droguée. Ce qui l’amène à plonger dans le monde interlope de Boston... C’est ce que Ben Affleck, pour son premier film derrière la caméra, réussit le mieux : s’il patine dans les scènes d’action, il parvient à rendre sourdement inquiétante cette ville où il est né.

Affleck filme des trognes qu'il contemple, fasciné. Un univers de bouffis et d'abrutis divers qu'il parvient presque à rendre attachants. Il fait la part belle aux seconds rôles : cette drôle de mère à la cervelle en pois chiche, par exemple, qu'interprète Amy Ryan avec une maîtrise toute théâtrale. Ou ce flic qu'incarne Ed Harris, une fois de plus génial. On pourra trouver un rien trop appuyé - plus que dans le livre, en tout cas - ce classique affrontement du Bien et du Mal, avec épilogue démonstratif. D'autant que c'est lorsqu'il peint, au contraire, le flou des actes et des sentiments que Ben Affleck convainc le plus. Grâce, surtout, à ce curieux privé candide et flottant, que son propre frère rend bizarrement attachant et difficilement oubliable.
GONE BABY GONE, Ben Affleck 2007 (thriller)@@ (E)
Dans une banlieue ouvrière de Boston, la petite Amanda a disparu. Après l'échec des recherches menées par la police, la tante et l'oncle de l'enfant décident de faire appel à des détectives p ...

@

GONE GIRL, David Fincher 2014, Ben Affleck, Rosamund Pike (thriller policier)@@@


Le matin de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy, la femme de Nick Dunne, disparaît de leur maison cossue de banlieue de St-Louis. La police vient rapidement faire enquête et trouve plusieurs indices suspects qui pointent vers un crime violent.

TELERAMA
Où est Amy ? Disparue le matin de son anniversaire de mariage. Au domicile conjugal, impeccable maison suburbaine, tout est en ordre. Tout, sauf le salon, table basse renversée, chaos de verre brisé. Le mystère arrache la petite ville du Missouri à son ennui mortel, puis gagne le pays entier… Où est Amy ? La question mute sous l’effet de la fausse compassion, du voyeurisme. La si jolie, si blonde épouse était-elle heureuse ? Et surtout, de quel bois, vert ou pourri, se chauffait son couple ? Nick, le mari, est toujours à côté de la plaque, incapable de jouer pour les caméras son rôle d’homme brisé par l’angoisse. On lui en attribue vite un autre : suspect idéal.

En adaptant Les Apparences, le polar de Gillian Flynn, David Fincher excelle dans l’un de ses hobbies préférés : s’approprier des récits clés en main (comme Millénium, d’après Stieg Larsson), avec un diabolique talent de narrateur, une science exacte de la manipulation des images. Dans Gone Girl, l’horreur est bien là, mais elle se cache sous une ligne claire, dans la fluide succession de plans larges, d’une élégance soyeuse. La mécanique du thriller est parfaitement huilée, pleine d’ingénieux tiroirs secrets. Mais le jeu des apparences se poursuit bien au-delà du simple divertissement policier, vers un conte cruel dominé par l’interprétation de Rosamund Pike. Dans la valse des monstres, c’est elle qui donne le la.
GONE GIRL, David Fincher 2014, Ben Affleck, Rosamund Pike (thriller policier)@@@ (E)
Le matin de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy, la femme de Nick Dunne, disparaît de leur maison cossue de banlieue de St-Louis. La police vient rapidement faire enquête et trouve plusieurs indices suspects qui p ...

@

GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@


Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une militante émérite vivant à Berlin-Est, n'en a rien su. Depuis la veille, elle était dans le coma. Terrassée par un infarctus foudroyant en découvrant une manif pacifique contre le régime sauvagement réprimée par la police. L'Histoire joue d'emblée un rôle essentiel dans ce film. Mais rien n'y est plus décisif que l'amour d'un fils pour sa mère.

TELERAMA
Good Bye Lenin ! est d'abord une belle démonstration de l'art et la manière de mêler avec légèreté l'intime et l'universel, le destin d'un peuple déboussolé et celui, tout aussi problématique, d'une famille aux abois... Quand Christiane Kerner va rouvrir les yeux, huit mois plus tard, il ne reste plus rien de cette « patrie socialiste » dont elle demeurait, avec une désarmante sincérité, l'avocate idéaliste. À Berlin-Est, on a procédé à un frénétique nettoyage par le vide. Sur les façades des immeubles où flottaient les immenses bannières écarlates célébrant le 40e (et dernier) anniversaire de la RDA se déploient désormais des publicités géantes pour Coca Cola. En huit mois, on a bazardé, liquidé, mis au rebut tout ce qui renvoyait à « l'ancien monde », et en particulier le moche, le tarte, le ringard, cette empreinte supposée indélébile du régime défunt sur le quotidien de chacun. Changer de vie, c'était aussi, symboliquement, se débarrasser des papiers peints marronnasses et des chandails made in Bulgaria... Problème. Les médecins ayant averti Alex, le fils de Christiane, que le moindre choc émotionnel pouvait lui être fatal, comment lui cacher l'invraisemblable vérité ? A partir de cette donnée qu'on peut prendre, d'abord, pour un simple « truc » scénaristique, Good Bye Lenin ! va développer une cascade de péripéties, où la satire pointilliste d'un système totalitaire ossifié jusqu'au ridicule fait contrepoids aux désillusions nées du trop brutal basculement collectif des Ossis.

Cette mère si fragile, il s'agit d'organiser sa survie par la plus aléatoire des méthodes : en inventant un énorme mensonge. En clair, Alex décide de faire revivre une RDA disparue, volatilisée, de réinventer entre les quatre murs d'une chambre un microcosme conforme à la vision de sa mère. On ne dévoilera pas à quelles improvisations funambules le fils recourt pour mener à bien son ingénieux travail de « reconstitution historique ». Reconstruire la société est-allemande à l'identique, c'est aussi simple et aussi compliqué, donc aussi drôle, que de partir en chasse d'une marque de cornichons est-allemande disparue des supermarchés de la nouvelle Allemagne... La comédie change d'échelle quand Alex décide de se servir de la télévision pour peaufiner l'illusion. Bricoler une actualité fictive dans de pseudo-journaux télévisés avec présentateur récitant les vérités truquées du catéchisme socialiste : cela devient du grand art. La télé, c'est l'arme absolue d'Alex, et le réalisateur de Good Bye Lenin ! s'en sert pour une savoureuse illustration du pouvoir de l'image quand il ne reste qu'elle pour faire croire à une réalité qui n'existe plus.

Comment rendre plus vrai que vrai ce qui n'était qu'un leurre mis en scène par la machine de propagande du Parti ? Tout se passe comme si Alex réinventait, sans le chercher, cet ordre ancien où l'on manipulait l'information avec la complicité plus ou moins consentante des figurants (ici les voisins de palier) « jouant » à acclamer les bienfaits du régime. Au comble d'une inspiration débridée, il ira jusqu'à changer radicalement le sens de la chute du Mur en une parodie carrément absurde des contrevérités distillées par un régime en déroute.
Surtout, entre deux gags, le réalisateur insuffle une émotion contenue, une forme de mélancolie, qui est cette « ostalgie » de certains Allemands de l'Est moins pour la vie d'avant, si triste et sans horizon, que pour tous ces repères disparus (une certaine marque de café ou le programme de télé favori des petits enfants de la RDA...) où s'accrochent les restes d'une identité perdue. Good Bye Lenin ! est une comédie intelligente, une fable futée, jamais manichéenne. Cela aurait suffi à assurer son succès. Si ce « petit » film, écrit par un scénariste débutant et réalisé par un metteur en scène de modeste réputation, a connu un triomphe sans égal en Allemagne, c'est sans doute parce qu'il reflète bien ce sentiment diffus que la « réunification » allemande, brutalement entrée dans les faits après la chute du Mur, reste toujours en jachère dans les esprits.
GOOD BYE LENIN, Wolfgang Becker 2003, Daniel Bruhl, Katrin Sass (histoire)@@@ (E)
Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1989, le Mur est tombé, et dans les semaines qui ont suivi des millions de personnes ont littéralement changé de planète. Good Bye Lenin... Mais la camarade Christiane Kerner, une ...

@

GOOD COP BAD COP, Erik Canuel 2006, Patrick Huard, Colm Feore (thriller)@


Ward et Boucher n'ont absolument rien en commun: l'un est un anglophone de Toronto, l'autre un francophone de Montréal; l'un ne déroge jamais aux procédures établies, l'autre est un rebelle qui refuse de suivre les règles.

TELERAMA
Rebelle ? Ripou ? Les deux ? L'image du policier est plus ambiguë que jamais. Démonstration en une trentaine de longs métrages présentés tout juillet à la Cinémathèque française, avec quelques classiques et de nombreuses raretés.
GOOD COP BAD COP, Erik Canuel 2006, Patrick Huard, Colm Feore (thriller)@ (E)
Ward et Boucher n'ont absolument rien en commun: l'un est un anglophone de Toronto, l'autre un francophone de Montréal; l'un ne déroge jamais aux procédures établies, l'autre est un rebelle qui refuse de suivre l ...

@

GOOD MORNING VIETNAM, Barry Levinson


En 1965, voilà 2 ans que les Américains s'enlisent au Viêtnam. Le moral des troupes baisse, et avec lui les chances de victoire. Sur la base arrière de Saïgon, en zone démilitarisée, l'animateur Adrian Cronauer vient reprendre la tranche horaire matinale de la radio militaire. Loin des formats poussiéreux de la langue de bois officielle, ses commentaires irrévérencieux et son art très rock de la programmation musicale suscitent l'adhésion immédiate des troupes.
GOOD MORNING VIETNAM, Barry Levinson (E)
En 1965, voilà 2 ans que les Américains s'enlisent au Viêtnam. Le moral des troupes baisse, et avec lui les chances de victoire. Sur la base arrière de Saïgon, en zone démilitarisée, l'animateur ...

@

GOODBYE COLOMBUS, Larry Peerce 1969, Ali Mac Graw, Richard Benjamin (sentimental)@


Tout juste revenu du service militaire, Neil Klugman a trouvé un emploi à la bibliothèque municipale de sa ville du New Jersey. À la piscine, il fait la connaissance de Brenda Patimkin, dont il s'éprend. Un sentiment partagé par Brenda, qui présente Neil à sa famille. Son père, riche négociant, et sa mère, mondaine parvenue, acceptent très mal l'intrusion du jeune homme, peu ambitieux mais surtout sans le sou dans leur univers bourgeois.

TELERAMA
Tout juste revenu du service militaire, Neil Klugman a trouvé un emploi à la bibliothèque municipale de sa ville du New Jersey. A la piscine, il fait la connaissance de Brenda Patimkin, dont il s'éprend. Un sentiment partagé par Brenda, qui présente Neil à sa famille. Son père, riche négociant, et sa mère, mondaine parvenue, acceptent très mal l'intrusion du jeune homme, peu ambitieux mais surtout sans le sou dans leur univers bourgeois. Brenda se heurte violemment à sa mère qui lui reproche cette fréquentation indigne. Après leur dispute, Brenda s'abandonne à Neil. Mais celui-ci, conscient du fossé qui sépare leurs deux mondes, tergiverse. Finalement, alors que Brenda, dûment chapitrée par son père, se prépare à faire taire ses sentiments pour se consacrer uniquement à ses études, Neil décide de rompre...
GOODBYE COLOMBUS, Larry Peerce 1969, Ali Mac Graw, Richard Benjamin (sentimental)@ (E)
Tout juste revenu du service militaire, Neil Klugman a trouvé un emploi à la bibliothèque municipale de sa ville du New Jersey. À la piscine, il fait la connaissance de Brenda Patimkin, dont il s'éprend. U ...

@

GORILLES DANS LA BRUME, Sigourney Weaver 1983 (nature environnement)@


En 1966, Dian Fossey, une jeune Américaine, obtient l'autorisation d'aller recenser les gorilles dans les montagnes du Zaïre. Avec un pisteur, Sembagare, elle réussit à s'installer à proximité d'un groupe de primates et à s'en faire accepter. Mais une guerre civile déchire le Zaïre, et Dian doit quitter le pays. Elle se réfugie au Rwanda où elle crée, sur les hauts plateaux, le centre de recherche de Karisoke. Là, elle déclare la guerre aux braconniers qui vendent les jeunes gorilles aux zoos et coupent les mains et les têtes des singes pour en faire des souvenirs. Elle s'attire de nombreuses inimitiés, qui mettent sa vie en danger...

TELERAMA
S’il a contribué à la reconnaissance de la primatologue américaine Dian Fossey (Sigourney Weaver), ce film à succès semble aujourd’hui assez sexiste.

Un best-seller signé par une primatologue américaine… En 1983, le livre de Dian Fossey, Gorilles dans la brume, attira l’attention sur cette femme qui s’était exilée dans les montagnes du Rwanda pour étudier la vie du grand gorille de l’Est et dédier la sienne à cette espèce menacée. Le 26 décembre 1985, Dian Fossey fut assassinée. Elle avait 53 ans et était devenue l’ennemie des riches trafiquants d’animaux sauvages. Hollywood s’empara de son histoire.

S’il a contribué à la reconnaissance de cette femme passionnée, ce film à succès semble aujourd’hui assez sexiste. Alors que ce travail d’observation fut proposé à Dian Fossey, elle doit ici se battre pour l’obtenir, comme si elle n’était pas à la hauteur. Dans la jungle, elle a, bien sûr, absolument besoin de son sèche-cheveux et de son vernis à ongles. Et au lieu de nous parler de ses recherches, le réalisateur la montre comme une « maman chat » qui se prend d’affection pour des gros singes. Mais le film tranche, malgré tout, avec une image encore plus sexiste, celle de la fiancée de King Kong. Grâce à la composition réfléchie de Sigourney Weaver, on comprend qu’entre Dian Fossey et les gorilles se joue quelque chose de plus important qu’un frisson à la « Belle et la Bête ». Un chaînon retrouvé dans l’histoire de l’humanité.

Évocation de la vie de Dian Fossey, une anthropologue qui consacra sa vie à l'étude et à la sauvegarde des gorilles. Elle a passé 18 ans seule dans les montagnes sauvages du Zaïre et du Rwanda. Craignant que les gorilles disparaissent si les humains continuent à les chasser, elle a organisé une ligue de défense pour protéger les animaux. Elle fut sauvagement assassinée le 26 décembre 1985.

GORILLES DANS LA BRUME, Sigourney Weaver 1983 (nature environnement)@ (E)
En 1966, Dian Fossey, une jeune Américaine, obtient l'autorisation d'aller recenser les gorilles dans les montagnes du Zaïre. Avec un pisteur, Sembagare, elle réussit à s'installer à proximité d'un gr ...

@

GOSFORD PARK, Robert Altman 2001, Maggie Smith, Helen Mirren, Kristin Scott Thomas (thriller comique)@@


Au début des années 1930, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe. Dans un somptueux manoir anglais, une famille fortunée reçoit de prestigieux invités réunis pour une partie de chasse. À l'étage : ambiance feutrée, menus propos, bons mots, flirts badins, intrigues et suppliques, musique douce et jeux de société..

TELERAMA
Week-end de chasse dans un manoir, règlements de comptes chez les aristos et chez les valets. Quand Altman rencontre Agatha Christie : quelle maestria !

Gosford Park, c’est le nom d’une vaste propriété en pleine country pluvieuse. Au salon, les patrons ; à l’office et dans les cuisines, le peuple servile. Deux microsociétés régies par une stricte étiquette, appelées à se côtoyer le temps d’une partie de chasse chez Sir William McCordle, sévère aristo qui n’aime que son chien, les armes… et les soubrettes. Robert Altman relève un défi alors nouveau pour lui : le film britannique en costumes, agrégé à un huis clos façon Agatha Christie. Au hit-parade de cet excellent film d’acteurs, on attribue l’Oscar de la vieille bique à l’œil exorbité à Maggie Smith ; le César du meilleur regard courroucé à Alan Bates ; le grand prix de la meilleure cheftaine à Helen Mirren.

Certes, le scénario aborde la question sociale — les domestiques, soumis aux caprices de leurs maîtres et privés de leur identité, ne laissent pas indifférent. Pourtant, ce n’est pas le centre du récit, pas plus que le regard quasi tchékhovien sur le déclin de la classe dominante. Toutes ces dimensions enrichissent l’intrigue, fournissent la matière de microdrames. Mais, surtout, ce sujet permet de faire vivre un monde complexe, effervescent et clos, d’entremêler un écheveau de frustrations et de solitudes, à la portée universelle. Une expérience d’anthropologie conduite avec maestria.
GOSFORD PARK, Robert Altman 2001, Maggie Smith, Helen Mirren, Kristin Scott Thomas (thriller comique)@@ (E)
Au début des années 1930, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe. Dans un somptueux manoir anglais, une famille fortunée reçoit de prestigieux invités r&eac ...

@

GOTLAND, Hlynur Pálmason 2022, Elliott Crosset Hove, Ingvar E. Sigurðsson (societe religion)@@


Un jeune prêtre danois est envoyé dans une partie reculée de l'Islande pour construire une église et photographier la partie de la population qu'il croise sur son chemin.

TELERAMA
À la fin du XIXe siècle, un prêtre danois part pour l’Islande afin d’y bâtir une église, au risque de sa vie et de sa foi. Quelle puissance visuelle !

Àla fin du XIXe siècle, Lucas, un jeune pasteur, embarque pour l’Islande, alors colonie danoise, avec pour missions de construire une église et de réaliser les premières photographies de l’île, encore pour partie terra incognita, et de ses habitants. Un voyage qui va mettre sa foi à rude épreuve au contact des éléments, de la mort et de l’amour…

Pour son troisième long métrage, après Winter Brothers et Un jour si blanc, le réalisateur plasticien Hlynur Palmason a choisi le format carré des débuts du cinéma. Un retour aux sources pour représenter la puissante primitive d’une nature plus hostile que nourricière. Ses plans contemplatifs de volcan en éruption, de montagne aux arêtes tranchantes, de fleuves au débit tumultueux ou de plaines sans fin balayées par les vents sont si expressifs qu’ils font ressentir le froid extrême, l’humidité omniprésente (les Islandais, nous apprend le traducteur de Lucas, utilisent douze expressions différentes pour parler d’un « temps pluvieux » !), ou, dans de rares moments d’accalmie, la douceur d’un tapis de mousse. Sa vision matérialiste du monde, proche des westerns antispectaculaires de l’Américaine Kelly Reichardt, culmine dans les images, filmées au fil des saisons, de la décomposition d’un cheval jusqu’à sa disparition complète.

De cette matière si concrète se dégage une métaphysique du quotidien qui vient bouleverser la spiritualité, par trop théorique, de l’homme de Dieu perdu dans un territoire dont il ne comprend ni la langue, ni les mœurs. Cela pourrait être austère, c’est, au contraire, constamment vivant, sensuel, habité, grâce aux comédiens, en état de grâce, et aux cadres superbes de la cheffe opératrice Maria von Hausswolff, qui enregistrent les multiples variations des paysages dans le temps.

Après une première heure aux allures de film de survie, Godland s’apaise, temporairement, une fois Lucas arrivé à bon port — si l’on peut dire… — dans le village côtier dont il est censé devenir l’autorité morale. La petite communauté isolée bâtit alors, planche après planche, son lieu de culte. Un chantier collectif dont la chronique, chaleureuse et non dénuée d’humour, rappelle le cinéma de John Ford. Surtout quand Palmason symbolise cette union par un majestueux panoramique à 180 degrés qui relie les êtres et les choses, les hommes et les femmes, les enfants et les vieillards, le colon luthérien et ses ouailles colonisées dont il devient, un bref instant, le frère. Avant que l’incompréhension, le mépris et la violence ne reprennent le dessus dans un finale saisissant.
GOTLAND, Hlynur Pálmason 2022, Elliott Crosset Hove, Ingvar E. Sigurðsson (societe religion)@@ (E)
Un jeune prêtre danois est envoyé dans une partie reculée de l'Islande pour construire une église et photographier la partie de la population qu'il croise sur son chemin.

TELERAMA
À la fin du X ...

@

GOUTTE D OR, Clement Cogitore 2022, Karim Leklou, Ahmed Benaissa (societe drame)@


Ramsès, trente-cinq ans, tient un cabinet de voyance à la Goutte d'or à Paris. Habile manipulateur et un peu poète sur les bords, il a mis sur pied un solide commerce de la consolation. L'arrivée d'enfants venus des rues de Tanger, aussi dangereux qu'insaisissables, vient perturber l'équilibre de son commerce et de tout le quartier. Jusqu'au jour où Ramsès va avoir une réelle vision.

TELERAMA
À Barbès, un “médium” doué en affaires prospère, puis chavire. L’exploration onirique d’un quartier parisien sous tension.
Il s’appelle Ramsès et la Goutte d’Or est son royaume. Au pied du métro Barbès, ses rabatteurs appâtent le client, distribuant par milliers des petits papiers imprimés d’une promesse : « Médium ». Ramsès reçoit, dans une pénombre travaillée à la bougie, des endeuillés prêts à payer en liquide pour des nouvelles de leurs chers disparus. Sa petite entreprise ne connaît pas la crise, d’ailleurs ses concurrents du quartier, voyants et autres « professeurs » d’origines diverses, lui reprochent de rafler leurs parts de marché. Ramsès s’en fiche, business is business.

Sa prospérité s’explique : il est bon, bluffant même. On jurerait que les morts lui parlent pour de vrai — d’une mamie retrouvée dans l’au-delà, d’une maison aux volets bleus, de souvenirs précieux, d’amour et de pardon. Le soir, dans un gymnase, Ramsès se produit en public, micro en main, mystifiant des familles éplorées de ses murmures consolateurs. « Je fais des petits spectacles. Quand les gens sont contents, ils reviennent », résume en coulisses le mage qui ne croit pas à la magie. Car il y a un truc, évidemment, une arnaque bien huilée que Goutte d’Or révèle habilement, sans hâte, sans rire, et que l’escroc n’a aucune envie de raconter aux gamins de Tanger qui font irruption dans sa vie. Moineaux livrés à la rue, à la drogue, à la violence, ils ont eu vent de ses talents et, au moins aussi effrayants que Les Oiseaux de Hitchcock, exigent qu’il retrouve un copain envolé.

Tension et atmosphère semblent d’abord ancrer le film sur le terrain connu du polar social —on pense au cinéma de Jacques Audiard, dont le complice, Thomas Bidegain, figure au générique en tant que consultant au scénario. Qui a vu Ni le ciel ni la terre, son premier long métrage de fiction (2015), le sait pourtant : Clément Cogitore, plasticien, metteur en scène et documentariste, a les pieds dans le réel et la tête ailleurs. Tordant le bras au film de guerre, il y confrontait déjà un territoire précis — une zone de désert montagneux à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan — à une menace invisible, surnaturelle, semant la panique tant chez les soldats français que chez les talibans. Point de terreur, ici, mais l’exploration fiévreuse, hallucinée presque, d’un arrondissement parisien en mutation, un coin du 18e populaire allant de Barbès à la porte de la Chapelle, entre trottoirs bondés et colossaux chantiers d’urbanisation, misère noire des mineurs exilés et inéluctables lendemains gentrifiés. Et un même goût pour le mystère, l’inexplicable, du fantastique à bas bruit, tenu hors champ, qui contamine le récit de son étrangeté.

En accordant une vision incroyable à Ramsès le mécréant, arroseur arrosé, Goutte d’Or le fait chavirer, et Paris avec lui. La ville se charge d’étincelles, transformant l’arrière-boutique d’une épicerie indienne en fonderie clandestine et un chantier à l’arrêt en tombeau à ciel ouvert. L’envoûtant ballet de bulldozers du début, sur une musique signée Couperin, rappelle l’oxymore à l’œuvre dans Les Indes galantes, où Cogitore mariait danses nées du hip-hop et tubes baroques de Rameau. Le réalisateur nimbe la dureté de Goutte d’Or d’une beauté onirique, tandis que l’excellent Karim Leklou, tout en opacité, colère et cynisme rentrés, troque la tristesse mesquine de son personnage contre la possibilité d’un émerveillement. Un rai de lumière dans les ténèbres.
GOUTTE D OR, Clement Cogitore 2022, Karim Leklou, Ahmed Benaissa (societe drame)@ (E)
Ramsès, trente-cinq ans, tient un cabinet de voyance à la Goutte d'or à Paris. Habile manipulateur et un peu poète sur les bords, il a mis sur pied un solide commerce de la consolation. L'arrivée d'enfants ...

@

GRACE A DIEU, Francois Ozon 2019, Melvil Poupaud, Denis Menochet (religion moeurs)@@


Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d'enfants.
GRACE A DIEU, Francois Ozon 2019, Melvil Poupaud, Denis Menochet (religion moeurs)@@ (E)
Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d'enfants. ...

@

GRAN TORINO, Clint Eastwood 2008, Clint Eastwood


Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée, vient de perdre sa femme. Seul, misanthrope, bougon et raciste, il veille jalousement sur sa Ford Gran Torino, râlant sans cesse contre les habitants de son quartier, en majorité d'origine asiatique. Un jour, son jeune voisin, Tao, tente de lui voler sa voiture sous la pression d'un gang. Walt s'aperçoit bientôt que l'adolescent est littéralement harcelé par les jeunes caïds. Prenant la défense de Tao, Walt devient malgré lui le héros du quartier.
GRAN TORINO, Clint Eastwood 2008, Clint Eastwood (E)
Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée, vient de perdre sa femme. Seul, misanthrope, bougon et raciste, il veille jalousement sur sa Ford Gran Torino, râlant sans cesse contre les habitants de son quartie ...

@

GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@


Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en sort vainqueur, obtenant le droit ultime de participer à une course grandeur nature. Il débarque alors dans la cour des grands, entouré d'un ancien pilote et d'un cadre de l'industrie du sport automobile. Tous les trois s'engagent dans une aventure sans précédent, au cours de laquelle Jann doit faire face à la dure réalité de la concurrence. Les débuts du jeune homme sont difficiles...

TELERAMA
Tiré de l’histoire vraie d’un jeune Anglais passé du simulateur de conduite “Gran Turismo” aux vrais circuits, ce film un peu lent au démarrage nous attrape finalement par son énergie de film de bagnoles bien mis en scène.

Ça commence par une pub. Après le logo PlayStation, le film s’ouvre sur un hallucinant simili-clip qui vante les mérites de Gran Turismo, le jeu vidéo, pardon le « simulateur de conduite si réaliste conçu par Kazunori Yamauchi », comme pour marteler qu’il s’agit bien de l’adaptation d’un produit. Et en effet le film met du temps à passer la seconde et à s’éloigner de Gran Turismo, le jeu.

On y suit l’histoire vraie de Jann Mardenborough, gamin de Cardiff devenu pilote grâce à ses milliers d’heures de conduite sur simulateur et à la GT Academy, coup de force marketing de Nissan qui a proposé, de 2008 à 2016, de former de façon professionnelle les meilleurs joueurs du simulateur. Formation racontée de façon peu crédible à l’écran dans une brève première partie embêtée et étrangement télévisuelle, façon Hunger Games puisque les candidats y sont cruellement éliminés un par un. Jann ne se démarque pas vraiment, mais gagne quand même la course.

Le voilà sur la ligne de départ d’un vrai circuit. C’est là que Gran Turismo commence enfin, comme si le réalisateur, Neill Blomkamp (District 9, Chappie), reprenait la main sur son film. Inserts sur la machine, le pilote, les pièces de moteurs ; vitesse et énergie… C’est presque Le Mans, avec Steve McQueen (Lee H. Katzin, 1971). Quoique, vu les poncifs – chers à notre cœur – de la course automobile au cinéma et le côté biopic, on est sans doute plus proche de Rush (Ron Howard, 2013).

On entend de moins en moins les mots « Nissan » et « Gran Turismo », embarqué dans le cockpit d’un film de bagnoles où l’on roule coûte que coûte, où les pilotes s’échangent des regards noirs derrière leur volant et où un écrou pas assez vite revissé lors d’un arrêt en paddock sonne comme un arrêt de mort. Entre deux accélérations, il y a forcément un grave accident (ici bien réel et meurtrier, mais avancé dans l’histoire du personnage par souci de progression narrative), suivi de grandes affirmations existentielles sur la vie et l’envie – de conduire, de gagner ou d’arrêter – balancées par le mentor (David Harbour, plutôt juste) du pilote. Une formule éprouvée : quand Jann termine troisième dans sa catégorie au Mans, c’est notre podium à tous.
GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@ (E)
Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en so ...

@

GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@


Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary.

TELERAMA
Engagé dans une centrale nucléaire, un jeune homme commence une dangereuse histoire d’amour. Un deuxième film brillamment dialogué et interprété par Léa Seydoux et Tahar Rahim.

Si les films étaient projetés sans générique, il n’est pas sûr qu’on aurait reconnu en Grand Central, brillant mélodrame dont l’intrigue se situe chez les travailleurs du nucléaire, la patte de la jeune réalisatrice Rebecca Zlotowski, révélée il y a trois ans par Belle Épine. Ce premier film était mutique, volontiers mystérieux dans la progression du récit ; le deuxième est brillamment dialogué, très habile dans sa capacité à faire vivre ses personnages, extrêmement rigoureux dans la montée de la tension dramatique. Presque l’exact opposé…

On y croit dès la première scène, quand Gary (excellent Tahar Rahim) rejoint une équipe d’intérimaires à l’œuvre dans une centrale nucléaire. Boulot de chien, qui ne s’exerce que par intermittence tant la contamination menace. Intégré au groupe des ouvriers qui logent sur le site, Gary découvre une petite communauté attachante et singulière. Dont Karole, la femme de Toni : Léa Seydoux incarne avec douceur et aplomb cette femme fatale malgré elle. Cheveux courts, minishort et débardeur cachent à peine un corps sensuel. Désormais, le danger est partout. À l’intérieur de la centrale, où la moindre inattention suffirait à mettre en danger sa santé ou celle de ses camarades ; le long des mobile homes qui la bordent, où le désir peut tout à coup dresser les nouveaux amis les uns contre les autres.

Rebecca Zlotowski excelle dans les scènes de groupe : sorties collectives, repas en commun, hommes au travail. Les formidables « seconds rôles » (Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libéreau, etc.) y trouvent de quoi jouer, et ces moments évoquent le cinéma français d’antan — le Renoir d’avant-guerre, par exemple. Mais jamais l’évidente cinéphilie de Rebecca Zlotowski n’altère les qualités dramatiques de Grand Central, poignante tragédie populaire.

À
GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@ (E)
Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour ...

@

GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@


Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary.

TELERAMA
Engagé dans une centrale nucléaire, un jeune homme commence une dangereuse histoire d’amour. Un deuxième film brillamment dialogué et interprété par Léa Seydoux et Tahar Rahim.

Si les films étaient projetés sans générique, il n’est pas sûr qu’on aurait reconnu en Grand Central, brillant mélodrame dont l’intrigue se situe chez les travailleurs du nucléaire, la patte de la jeune réalisatrice Rebecca Zlotowski, révélée il y a trois ans par Belle Épine. Ce premier film était mutique, volontiers mystérieux dans la progression du récit ; le deuxième est brillamment dialogué, très habile dans sa capacité à faire vivre ses personnages, extrêmement rigoureux dans la montée de la tension dramatique. Presque l’exact opposé…

On y croit dès la première scène, quand Gary (excellent Tahar Rahim) rejoint une équipe d’intérimaires à l’œuvre dans une centrale nucléaire. Boulot de chien, qui ne s’exerce que par intermittence tant la contamination menace. Intégré au groupe des ouvriers qui logent sur le site, Gary découvre une petite communauté attachante et singulière. Dont Karole, la femme de Toni : Léa Seydoux incarne avec douceur et aplomb cette femme fatale malgré elle. Cheveux courts, minishort et débardeur cachent à peine un corps sensuel. Désormais, le danger est partout. À l’intérieur de la centrale, où la moindre inattention suffirait à mettre en danger sa santé ou celle de ses camarades ; le long des mobile homes qui la bordent, où le désir peut tout à coup dresser les nouveaux amis les uns contre les autres.

Rebecca Zlotowski excelle dans les scènes de groupe : sorties collectives, repas en commun, hommes au travail. Les formidables « seconds rôles » (Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libéreau, etc.) y trouvent de quoi jouer, et ces moments évoquent le cinéma français d’antan — le Renoir d’avant-guerre, par exemple. Mais jamais l’évidente cinéphilie de Rebecca Zlotowski n’altère les qualités dramatiques de Grand Central, poignante tragédie populaire.

À
GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@ (E)
Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour ...

@

GRAND CIEL, Hata Akihiro 2025, Damien Bonnard, Samir Guesmi @


Quelque part dans le sud de la France, au milieu d’un champ de lavandes, l’extension d’un parc éolien est annoncée. Mais il faudrait pour cela que Guy, agriculteur bourru, vende ses terres, et il n’y tient pas. Il vit non loin, avec sa femme, Colette, ouvrière, au tempérament bien trempé, et leur fils adoptif, Lionel, qui a 19 ans mais en paraît 10 de moins tant il est agité. Un autiste, un trublion surdoué, un idiot dostoïevskien ? Rien ne vient vraiment éclairer son comportement frénétique, sinon l’étouffement, limite incestueux, de sa mère.

TELERAMA
Tout cela est traité sur un curieux registre doux-amer et avec un éparpillement des enjeux, qui nuisent plus qu’ils ne servent cette chronique bancale sur un monde rural déboussolé, confronté à une modernisation forcée. Adapté librement d’un roman (L’Enfant au billard électrique, de Nicole Couderc), le film, qui ne parvient guère à toucher, a pour seul mérite de nous faire visiter l’intérieur d’une éolienne et de nous offrir de là-haut une vue vertigineuse. C’est peu.
GRAND CIEL, Hata Akihiro 2025, Damien Bonnard, Samir Guesmi @ (E)
Quelque part dans le sud de la France, au milieu d’un champ de lavandes, l’extension d’un parc éolien est annoncée. Mais il faudrait pour cela que Guy, agriculteur bourru, vende ses terres, et il n’y ti ...

@

GRAND MARIN, Dinara Drukarova 2022, Dinara Drukarova, Sam Louwyck (femmes maritime)@@


Installée dans un pittoresque village du sud de la France, Lili ne trouve pourtant pas son bonheur, elle qui rêve d'aventure au grand large. Un jour, elle décide de franchir le cap et s'envole pour le Grand Nord, où elle parvient rapidement à se faire embaucher par un capitaine de chalutier.

TELERAMA
Une femme quitte tout pour tenter l’aventure de la pêche au large de l’Islande. Le premier film de l’actrice Dinara Drukarova convainc par sa dimension documentaire, moins dans ses éléments de fiction.

Actrice russe révélée par les films de Vitali Kanevski (Bouge pas, meurs, ressuscite) à la fin des années 1980 avant de tourner en France avec, entre autres, Arnaud Despleschin ou Michael Haneke, Dinara Drukarova passe à la réalisation avec l’adaptation d’un livre autobiographique de Catherine Poulain. L’histoire d’une femme en quête de liberté (interprétée par Dinara Drukarova elle-même) qui quitte tout pour tenter l’aventure de la pêche au large de l’Islande.

La découverte du monde très masculin (pour ne pas dire très machiste) des marins hauturiers, la vie quotidienne à bord du bateau, le travail épuisant (et dangereux) sur le pont et dans la soute à trier les poissons : toute cette dimension documentaire captive. On est moins convaincu par les éléments de fiction, à terre comme en mer, avec des personnages et des situations par trop convenus.
GRAND MARIN, Dinara Drukarova 2022, Dinara Drukarova, Sam Louwyck (femmes maritime)@@ (E)
Installée dans un pittoresque village du sud de la France, Lili ne trouve pourtant pas son bonheur, elle qui rêve d'aventure au grand large. Un jour, elle décide de franchir le cap et s'envole pour le Grand Nord, o&ugrav ...

@

GRAVITY, Alfonso Cuarón 2013, George Clooney, Sandra Bullock


En mission à bord de la navette Explorer, l'astronaute Matt Kowalski et la docteure Ryan Stone, experte en ingénierie médicale, sortent de l'appareil afin d'effectuer des réparations sur le télescope Hubble.
GRAVITY, Alfonso Cuarón 2013, George Clooney, Sandra Bullock (E)
En mission à bord de la navette Explorer, l'astronaute Matt Kowalski et la docteure Ryan Stone, experte en ingénierie médicale, sortent de l'appareil afin d'effectuer des réparations sur le télescope Hubbl ...

@

GREASE LIVE, Thomas Kail 2016, Aaron tveit (musical)@


Pendant les vacances de l'été 1958, Sandy et Danny, deux lycéens, vivent une amourette, interrompue par la reprise des cours. A la rentrée, à leur grand surprise, tous deux se retrouvent dans le même établissement scolaire. Sandy, nouvelle venue à Rydell High, doit affronter l'hostilité de certains élèves. Mais l'adolescente est déterminée à regagner le coeur de Danny qui, de son côté, a repris son rôle de dur à cuire du lycée...

TELERAMA
C'est du grand spectacle, tout est chronométré à la perfection et orchestré d'une main de maître. Au niveau des acteurs, la plupart ont fait des comédies ...
GREASE LIVE, Thomas Kail 2016, Aaron tveit (musical)@ (E)
Pendant les vacances de l'été 1958, Sandy et Danny, deux lycéens, vivent une amourette, interrompue par la reprise des cours. A la rentrée, à leur grand surprise, tous deux se retrouvent dans le même ...

@

GREASE, Randal Kleiser 1978, John Travolta, Olivia Newton Jones (musical)@


Comédie musicale qui a lieu dans l'Amérique des années 1950, dans lequel une fille et un garçon qui se sont rencontrés sur la plage sont réunis de façon inattendue à l'école. Elle ne comprend pas pourquoi il est si différent.
GREASE, Randal Kleiser 1978, John Travolta, Olivia Newton Jones (musical)@ (E)
Comédie musicale qui a lieu dans l'Amérique des années 1950, dans lequel une fille et un garçon qui se sont rencontrés sur la plage sont réunis de façon inattendue à l'école. El ...

@

GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali


En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu'au Sud profond, ils doivent se confronter aux humiliations, perceptions et persécutions, tout en devant trouver des établissements accueillant les personnes de couleurs.
GREEN BOOK Peter Farrelly 2018, Viggo Mortensen, Mahershala Ali (E)
En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d'un ...

@

GREEN ZONE, Paul Greengrass 2010, Matt Damon, Amy Ryan (thriller)@


Bagdad, en 2003. Le lieutenant Roy Miller est chargé de retrouver les armes de destruction massive qui ont conduit à la guerre. Or, les missions s'enchaînent, sans résultat. En plein doute, Miller est alors contacté par un agent de la CIA, lequel compte bien ménager les anciens alliés de Saddam Hussein afin de rétablir la paix dans le pays. De son côté, une journaliste tente de découvrir la vérité alors qu'un représentant du gouvernement lui distille de fausses informations.

TELERAMA
Y-a-t-il des armes de destruction massive en Irak ? À cette question que se pose le héros de Green Zone, dont l’action se situe en 2003, les spectateurs connaissent la réponse. Matt Damon incarne le jeune sous-officier cherchant de possibles cachettes. Paul Greengrass a déjà dirigé l’acteur dans deux volets de la trilogie « Jason Bourne », cet agent secret en révolte contre ses supérieurs. Bourne contamine Green Zone.

Adapté de l’ouvrage d’un ancien correspondant du Washington Post, le film excelle dans la reconstitution de l’occupation américaine. Faut-il croire à des lendemains démocratiques ou refuser de démanteler l’appareil d’État baasiste ? Mais quand l’intrigue se concentre sur des scènes d’action, elle se banalise. Le style de Greengrass (caméra portée, montage kaléidoscopique) reste efficace, mais il n’exprime plus, comme dans ses précédents films, le climat général de paranoïa du monde moderne.
GREEN ZONE, Paul Greengrass 2010, Matt Damon, Amy Ryan (thriller)@ (E)
Bagdad, en 2003. Le lieutenant Roy Miller est chargé de retrouver les armes de destruction massive qui ont conduit à la guerre. Or, les missions s'enchaînent, sans résultat. En plein doute, Miller est alors contac ...

@

GREENLAND LE DERNIER REFUGE, Ric Roman Waugh 2020, Gerard butler, Morena Baccarin (catastrophe)@@


La comète Clarke et ses nombreux débris s'écrasent sur la planète Terre. Le sol américain est le premier témoin de la catastrophe. Meurtrie mais vaillante, la famille Garrity, sélectionnée pour intégrer un bunker réquisitionné en secret par les autorités, doit fuir le pays pour rejoindre le Groenland et tenter d'échapper à cet imminent chaos.

TELERAMA
Une comète frappe la Terre, un ingénieur en bâtiment reçoit un QR code pour évacuer, mais pas ses voisins… Un film catastrophe à la fois classique et remis à jour par un regard plus vrai et plus sombre sur un sauve-qui-peut pas si général.

Pourquoi pas un QR code pour actualiser un film catastrophe classique ? Quand une comète qui devait frôler la Terre et créer un magnifique spectacle change brutalement de trajectoire, l’apéro-barbecue organisé par John Garrity pour ses voisins de la banlieue d’Atlanta est un peu gâché. Car cet ingénieur en bâtiment est le seul à recevoir sur son portable un message d’évacuation qui lui permettra d’embarquer, avec sa femme et son fils, dans un avion-cargo. Grâce à un QR code que tout le monde va s’arracher.

De tous les désastres qui peuvent nous tomber sur la tête, voici donc le pire : la vraie catastrophe, c’est la gestion de la catastrophe. L’idée qu’il y aura, jusqu’au bout, des inégalités et des guerres civiles en puissance donne une vérité et une noirceur nouvelles à ces situations de panique made in Hollywood. Dans le genre cinéma d’action avec Gerard Butler, Greenland sort du lot et délivre avec un zèle appréciable son lot de tensions réglementaires.

GREENLAND LE DERNIER REFUGE, Ric Roman Waugh 2020, Gerard butler, Morena Baccarin (catastrophe)@@ (E)
La comète Clarke et ses nombreux débris s'écrasent sur la planète Terre. Le sol américain est le premier témoin de la catastrophe. Meurtrie mais vaillante, la famille Garrity, sélectionn&eacu ...

@

GROSSE FATIGUE, Michel Blanc 1993, Michel Blanc, Carole Bouquet (bio)@@@


Quand la célébrité devient un cauchemar pour une vedette qui tout a coup, sans comprendre, recoit gifles et coups de poing à la place des demandes d'autographes.

TELERAMA
De Michel Blanc, sur Michel Blanc et avec Michel Blanc, qui joue son rôle et se joue de ses rôles. Drôle et caustique.
Michel Blanc a-t-il perdu la tête ? Josiane Balasko l'accuse de viol. Son agent lui reproche de cachetonner en douce dans les supermarchés. Autant de frasques dont l'acteur n'a aucun souvenir. Il mène l'enquête et se découvre... un sosie.

Après le succès de Marche à l'ombre, Michel Blanc a attendu dix ans pour revenir à la réalisation. Grosse Fatigue est le résultat troublant de ces atermoiements : une comédie aussi rosse que trépidante, dont il est la cible privilégiée. D'abord, il semble se livrer, nu et cru, à notre curiosité. On croit à une sorte de journal intime un brin exhibitionniste, doublé d'une balade touristique people, mais, très vite, le film nous entraîne dans une drôle de mise en abyme.

La comédie se teinte de malaise. On ne sait plus qui est qui : double, vedette, fantasme ou simple interprète... Une star n'est-elle qu'une poupée russe, enchâssée dans ses multiples rôles, une personne privée d'elle-même par son personnage public ? Le film de Michel Blanc est une réflexion angoissée mais pleine d'autodérision sur la condition d'artiste, sur les dégâts du narcissisme et de la célébrité.

Michel Blanc est un acteur célèbre. Tout le monde le sait. Pourquoi, alors, se comporte-t-il étrangement ces derniers temps ? Ne l'a-t-on pas vu cachetonner dans des supermarchés ? N'est-il pas accusé d'avoir violé son amie Josiane Balasko et de persécuter Mathilda May et Charlotte Gainsbourg ? Michel Blanc ne comprend plus. Il sait bien qu'il n'a rien fait de tout ce qu'on lui reproche. Carole Bouquet lui suggère de prendre quelques jours de repos dans sa maison du Lubéron. Il pourrait aussi, pourquoi pas, lui écrire un scénario. L'acteur se plie à l'exercice en ronchonnant. Un hasard lui fait comprendre l'horrible vérité. Il est victime d'un parfait sosie, qui s'ingénie à profiter de leur incroyable ressemblance pour amasser de minables petits profits...


GROSSE FATIGUE, Michel Blanc 1993, Michel Blanc, Carole Bouquet (bio)@@@ (E)
Quand la célébrité devient un cauchemar pour une vedette qui tout a coup, sans comprendre, recoit gifles et coups de poing à la place des demandes d'autographes.

TELERAMA
De Michel Blanc, sur Michel ...

@

GRUMP, Mika Kaurismäki 2022 (drame psychologique finlande)@@


A la suite d'un accident, Grump, un vieil homme grincheux reclus dans l'arrière-pays finlandais, se désespère de voir partir à la casse sa vieille Escort 1972 rouge, à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Pressé, pour se consoler, de retrouver le même modèle, il découvre via Internet qu'il en existe un en Allemagne. Partant aussitôt en expédition, il se voit vite rattrapé par sa naïveté. Agressé et délesté de sa valise remplie d'argent, l'imprudent se réveille à l'hôpital, stupéfait : son frère Tarmo, qui s'était volatilisé cinquante ans plus tôt sans donner de nouvelles, se tient à son chevet. Les retrouvailles s'annoncent orageuses...
GRUMP, Mika Kaurismäki 2022 (drame psychologique finlande)@@ (E)
A la suite d'un accident, Grump, un vieil homme grincheux reclus dans l'arrière-pays finlandais, se désespère de voir partir à la casse sa vieille Escort 1972 rouge, à laquelle il tenait comme à la ...

@

GUERRE ET PAIX, King Vidor 1956, Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassman (saga histoire)@@@


En 1805, à Moscou, les fêtes et les bals se succèdent, bien que la guerre contre Napoléon soit inévitable et imminente. La jeune comtesse Natacha Rostov, une adolescente romanesque, pleine de vie et de charme, grandit au sein d'une famille tendrement unie. Le jeune Pierre Bezoukhov fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et a su gagner l'amitié de Natacha. Au cours d'une de ses visites, il assiste au départ pour l'armée du fils de la famille, Nicolas.

TELERAMA
Au début du XIXᵉ siècle, Napoléon joue l'ogre qui avale l'Europe. Pierre Bezoukhoff cherche un sens à sa vie, et la jeune Natacha Rostova découvre la gravité de l'amour... Si Mel Ferrer et Henry Fonda ne sont pas à la hauteur, Hepburn excelle.

Bien sûr, les maquettes se remarquent, Mel Ferrer est inexistant en prince André et Henry Fonda alourdit Pierre. Mais le romancier est moins trahi que dans la version russe (pontifiante) que Bondartchouk tournera dix ans plus tard. D'abord, parce que le style de King Vidor, lyrique et fougueux, convient parfaitement au livre. Ensuite, parce que le cinéaste réussit deux formidables personnages : Koutouzov (Oscar Homolka), le général rusé qui vient à bout de l'envahisseur français ; et Natacha, symbole de la jeune fille russe, qui passe de la frivolité à la profondeur. Audrey Hepburn l'a si bien incarnée que Bondartchouk engagera, inconsciemment, pour son film, un sosie, bien moins doué (Ludmilla Savelieva). Donc, pour les fans de Tolstoï, même les Russes chauvins, Natacha, c'est Audrey Hepburn...

GUERRE ET PAIX, King Vidor 1956, Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassman (saga histoire)@@@ (E)
En 1805, à Moscou, les fêtes et les bals se succèdent, bien que la guerre contre Napoléon soit inévitable et imminente. La jeune comtesse Natacha Rostov, une adolescente romanesque, pleine de vie et de char ...

@

GUERRE ET PAIX, Serge Boudarchouk 1966 (saga histoire guerre)@@@


Guerre et Paix est une adaptation cinématographique soviétique du roman de Léon Tolstoï réalisée par Sergueï Bondartchouk, composée de quatre parties sorties entre 1966 et 1967. Avec un budget de 8 291 712 roubles soviétiques en 1967 c'est le film le plus cher jamais réalisé en URSS

TELERAMA
Une realisation à la fois intime et phénoménale. 10 ans plus tôt, la première grande adaptation de Guerre et paix, le trésor national de la littérature russe, fut américaine, signée King Vidor en 1956. En pleine guerre froide, laver l’affront devenait une obligation nationale, d’autant que le film hollywoodien avait attiré la grande foule dans les salles soviétiques.

Le projet, supervisé de près par le Kremlin, est confié à un acteur célèbre en URSS mais cinéaste quasi-débutant avec une mission : faire mieux que les capitalistes yankees. Sergueï Bondartchouk va consacrer quatre ans de sa vie à sa réalisation, au prix de deux crises cardiaques. Dans le livre qui accompagne l’édition Blu-ray collector du film-fleuve (sept heures en tout !) parallèlement à sa reprise en salles, le journaliste Marc Moquin raconte dans le détail les coulisses, aussi captivantes qu’insensées, de cette superproduction de tous les records.

14 000 soldats détachés par l’Armée rouge
Contrairement à la légende (lancée par... le distributeur américain du film), l’Armée rouge n’a pas détaché cent vingt mille soldats pour la reconstitution de la bataille de Borodino, mais « seulement » quatorze mille. Même souci de la démesure lors de la grande scène du bal pour laquelle le réalisateur a voulu surpasser celle, déjà grandiose, du Guépard, de Visconti.

En raison de cette débauche de moyens, et de son statut de film « officiel », Guerre et paix a une réputation d’académisme. À tort. Bien aidé par son jeune chef opérateur virtuose Anatoly Petritski, Bondartchouk mutiple les expérimentations visuelles mais aussi sonores, avec des audaces techniques (la caméra fixé sur une crémaillère ou sur une tyrolienne pour les séquences militaires) ou des trouvailles aussi artisanales que poétiques (les foulards agités devant l’objectif pendant le bal). Il parvient à retrouver l’esprit, sinon l’âme, de Tolstoï, par son mélange lyrique de gigantisme et d’intimité, de barbarie et d’humanité.
GUERRE ET PAIX, Serge Boudarchouk 1966 (saga histoire guerre)@@@ (E)
Guerre et Paix est une adaptation cinématographique soviétique du roman de Léon Tolstoï réalisée par Sergueï Bondartchouk, composée de quatre parties sorties entre 1966 et 1967. Avec un bu ...

@

GUNG HO du sake dans le moteur, Ron Howard 1986, Sô Yamamura, Rick Overton (action)


À la poursuite de deux hors-la-loi, Wyatt Earp, le shérif de Dodge City, se heurte à un confrère désabusé qui, par faiblesse, a laissé filer les truands. Au saloon, Wyatt retrouve Doc Holliday, un ancien dentiste miné par la tuberculose et l'alcool. Menacé par un vieil ennemi venu le tuer, Doc dégaine plus vite que son agresseur et l'abat. Jeté en prison et promis à un lynchage en règle, il n'échappe à la mort que grâce à l'intervention de Wyatt Earp, qui le fait évader.
GUNG HO du sake dans le moteur, Ron Howard 1986, Sô Yamamura, Rick Overton (action) (E)
À la poursuite de deux hors-la-loi, Wyatt Earp, le shérif de Dodge City, se heurte à un confrère désabusé qui, par faiblesse, a laissé filer les truands. Au saloon, Wyatt retrouve Doc Hollida ...

@

GUNNER, Dimitri Logothetis 2024, Luke Hemsworth, Morgan Freeman (thriller)@


Lee Gunner, vétéran de guerre, part camper avec ses deux fils et leur oncle pour renouer avec eux. Cependant, leur séjour tourne mal lorsqu'ils attirent accidentellement l'attention d'un gang de motards impliqué dans un trafic de drogue. Lorsque ses fils sont capturés par Dobbs, fils du baron de la drogue, Gunner est prêt à tout pour les sauver et s'engage dans une lutte sans merci.

TELERAMA
Adaptation paresseuse, par Pierre ­Morel (Taken), d'un polar superbe de Jean-Patrick Manchette
GUNNER, Dimitri Logothetis 2024, Luke Hemsworth, Morgan Freeman (thriller)@ (E)
Lee Gunner, vétéran de guerre, part camper avec ses deux fils et leur oncle pour renouer avec eux. Cependant, leur séjour tourne mal lorsqu'ils attirent accidentellement l'attention d'un gang de motards impliqué ...

@

GUY Alex Lutz 2018, Alex Lutz, Tom Dingler


Gauthier serait, selon sa mère, le fils illégitime de Guy Jamet, un chanteur de variétés qu'elle adorait dans sa jeunesse. Le jeune homme s'introduit auprès de l'artiste vieillissant pour réaliser un documentaire, au prétexte qu'il entame une nouvelle tournée de concerts à travers la France.
GUY Alex Lutz 2018, Alex Lutz, Tom Dingler (E)
Gauthier serait, selon sa mère, le fils illégitime de Guy Jamet, un chanteur de variétés qu'elle adorait dans sa jeunesse. Le jeune homme s'introduit auprès de l'artiste vieillissant pour réaliser u ...

@

HABEMUS PAPAM, Nanni Moretti 2011, Michel Piccoli@@@


Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Lorsqu'un cardinal est élu, les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d'une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l'inquiétude tandis qu'au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise...

TELERAMA
Ce formidable cataclysme est une alliance de farce grinçante et de confession touchante propre au cinéma de Nanni Moretti. L’histoire d’une crise du pouvoir, collective et intime – le réalisateur lui aussi a été un acteur politique en Italie, avant de se retirer. Que signifient le silence et le refus du nouveau pape ? Nanni Moretti propose diverses réponses, drôles ou mélancoliques, métaphysiques ou très ordinaires.
On voit le pape déboussolé errer dans la ville, croiser une troupe de comédiens. Étrange vagabondage. Où les autres ont tendance à se dérober derrière des paroles séduisantes mais mécaniques. Comme cette séquence troublante dans une trattoria, où la conversation des comédiens n’est qu’une accumulation frénétique de répliques tirées de Tchekhov. Exactement comme à la télévision, où un expert finit par avouer qu’il improvise et qu’il ne sait rien… C’est ce blanc à l’antenne, ce grand vide qu’affronte et crée à la fois le souverain pontife en fuite. Une épreuve de vérité que l’on appellera une quête de soi, une dépression ou, pourquoi pas, une forme d’art.
HABEMUS PAPAM, Nanni Moretti 2011, Michel Piccoli@@@ (E)
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Lorsqu'un cardinal est élu, les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau ...

@

HALLOWEEN 20 ANS APRES, Steve Miner 1998, Jamie Lee Curtis, Josh Hartnett (thriller)


Tout le monde le croyait mort depuis 20 ans. En cette veille d'Halloween, voilà que Michael Myers, le redoutable tueur, est de retour ! Une seule obsession l'anime : retrouver sa soeur, Laurie Strode, qui avait survécu à l'horrible massacre qu'il avait perpétré. Depuis, celle-ci a changé de vie afin d'échapper à son passé.

TELERAMA
Tout le monde le croyait mort depuis vingt ans. Mais, en cette veille d'Halloween, voilà que Michael Myers, le redoutable tueur, est de retour. Une seule obsession l'anime : retrouver sa soeur, Laurie Strode, qui avait survécu à l'horrible massacre qu'il avait perpétré. Depuis, celle-ci a changé de vie afin d'échapper à son passé. Elle est directrice d'un collège, répond au nom de Keri Tate et est la mère d'un adolescent, John, qui souhaite, pour une fois, fêter Halloween avec sa bande de copains. Mais sa mère ne peut se résoudre à cette idée. Accompagné de sa petite amie, de Sarah et Charlie, il décide néanmoins de faire la fête dans une partie désaffectée du collège...
HALLOWEEN 20 ANS APRES, Steve Miner 1998, Jamie Lee Curtis, Josh Hartnett (thriller) (E)
Tout le monde le croyait mort depuis 20 ans. En cette veille d'Halloween, voilà que Michael Myers, le redoutable tueur, est de retour ! Une seule obsession l'anime : retrouver sa soeur, Laurie Strode, qui avait survécu à ...

@

HAPPINESS THERAPY, David O Russell 2012, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro(comique)@@



Diagnostiqué bipolaire, Pat Solitano a tout perdu : sa maison, son travail d'enseignant et sa femme Nikki. Lorsqu'il sort de l'hôpital, il n'a d'autre choix que de retourner vivre chez ses parents. Pat est résolu à reprendre ses affaires en main et à ne voir que le bon côté des choses. Il mène la vie dure à sa mère, qu'il adore, et à son père, un amateur de football qui verse dans les paris clandestins.
HAPPINESS THERAPY, David O Russell 2012, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert de Niro(comique)@@ (E)

Diagnostiqué bipolaire, Pat Solitano a tout perdu : sa maison, son travail d'enseignant et sa femme Nikki. Lorsqu'il sort de l'hôpital, il n'a d'autre choix que de retourner vivre chez ses parents. Pat est résolu &a ...

@

HAPPY BIRTHDAY, Susan Walter 2017, Sharon Stone, Tony Goldwyn (sentimental)@


Une femme essaye d'échapper à l'emprise d'une mère autoritaire et co-dépendante, alors qu'un avocat sexy et sophistiqué, fraîchement arrivé en ville, tente de lui ravir son coeur.
HAPPY BIRTHDAY, Susan Walter 2017, Sharon Stone, Tony Goldwyn (sentimental)@ (E)
Une femme essaye d'échapper à l'emprise d'une mère autoritaire et co-dépendante, alors qu'un avocat sexy et sophistiqué, fraîchement arrivé en ville, tente de lui ravir son coeur. ...

@

HAPPY FEW, Antony Cordier 2010, Marina Foïs, Elodie Bouchez, Roschdy Zem, Nicolas Duvauchelle (moeurs)@


Rachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu'elle rencontre Vincent à l'atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d'organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu'ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l'avoir cherché, spontanément, les nouveaux amants deviennent inséparables. Ils avancent à l'aveugle dans leur passion, sans règles et sans mensonges.

TELERAMA
Tentative, certes ambitieuse, de proposer une vision moderne de l’adultère avec une infidélité croisée et acceptée entre deux couples amis. Malheureusement, une morale bien molle rend le tout carrément tarte.

Que veut montrer Antony Cordier ? L’adultère mode d’emploi des quadras 2010 ? Leur nouvel ordre moral ? Ou leurs désillusions, genre Claude Sautet moderne ? Peu importe puisque tout cloche dans ce deuxième film du réalisateur remarqué de Douches froides. Les corps infidèles n’ont pas l’air d’exulter, même lorsque Marina Foïs découvre l’amour vache.

Tout devient carrément tarte, lors d’une scène où les deux couples font l’amour ensemble dans la farine ( !). Pas l’amour à quatre, attention, chacun avec son partenaire extraconjugal et sans regarder à côté : bien « sagement », si l’on peut dire. Un adultère bourgeois, la fécule en plus… On s’en amuse, et, pourtant, il n’y a pas de quoi rire : tout cela est très sérieux, comme le démontre la fin de cette infidélité croisée. Tout se délite, lorsque l’un des couples infidèles découvre que l’autre lui a caché quelque chose. C’est vrai, c’est pas bien d’avoir des secrets pour son mari quand on le trompe ! En gros, Happy Few nous explique qu’il n’y a point de salut hors de l’adultère organisé. Une morale bien morne. Chez Sautet, le désenchantement amoureux avait plus de gueule, et la chair était moins triste.
HAPPY FEW, Antony Cordier 2010, Marina Foïs, Elodie Bouchez, Roschdy Zem, Nicolas Duvauchelle (moeurs)@ (E)
Rachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu'elle rencontre Vincent à l'atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d'organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les de ...

@

HAPPY TEXAS, Mark Illsley 1999 (thriller comique)


Harry et Wayne, deux petites frappes, s'évadent d'un pénitencier presque par accident en compagnie d'un tueur, Bob. Celui-ci les ayant abandonnés à eux-mêmes en rase campagne, ils ne voient pas d'autre alternative que de voler un camping-car garé là, et font route vers une bourgade dans l'idée d'y faire un petit braquage, histoire de se renflouer. Las, le camping-car appartient à un couple gay, Steve et David, attendus de pied ferme à Happy où ils doivent organiser un concours de mini-miss. Confondus avec les deux hommes, Harry et Wayne se composent des personnages...
HAPPY TEXAS, Mark Illsley 1999 (thriller comique) (E)
Harry et Wayne, deux petites frappes, s'évadent d'un pénitencier presque par accident en compagnie d'un tueur, Bob. Celui-ci les ayant abandonnés à eux-mêmes en rase campagne, ils ne voient pas d'autre alte ...

@

DISCLOSURE, Barry Levinson 1994, Michael Douglas, Demi Moore (thriller societe)@


Cadre dans la société informatique Digi Com, Tom Sanders s'attend à être promu vice-président, mais on lui préfère Meredith Johnson, son ambitieuse ex-maîtresse. Repoussant des avances par trop explicites de sa nouvelle patronne, Tom apprend le lendemain qu'elle l'accuse de harcèlement sexuel.

TELERAMA
“ Thriller efficace ou les apparences peuvent être trompeur.Demi Moore est une grande actrice et elle le montre aux côtés de Michael Douglas ”
DISCLOSURE, Barry Levinson 1994, Michael Douglas, Demi Moore (thriller societe)@ (E)
Cadre dans la société informatique Digi Com, Tom Sanders s'attend à être promu vice-président, mais on lui préfère Meredith Johnson, son ambitieuse ex-maîtresse. Repoussant des avances p ...

@

HARLOTS, Alison Newman et Moira Buffini 2017 (serie tv film e)@@


1763, Londres. La ville est en plein essor. Malheureusement, les femmes n'ont toujours que deux choix pour survivre : le mariage ou la prostitution. Deux maisons closes, tenues par des femmes que tout oppose, se livrent une guerre sans merci.

TELERAMA
Découverte dans “Downton Abbey”, l’actrice britannique joue désormais dans “Harlots”, un drame historique disponible sur la plateforme StarzPlay, qui questionne le rapport au corps féminin dans un monde dominé par les hommes. Elle y incarne Charlotte Wells, une prostituée du Londres des années 1760. Rencontre.

Les habits d’époque siéent à Jessica Brown Findlay. L’actrice anglaise, connue pour son rôle de Lady Sybil dans Downton Abbey, continue de remonter le fil de l’histoire britannique dans Harlots, coproduction anglo-américaine diffusée sur les plateformes ITV outre-Manche, Hulu outre-Atlantique, et sur la nouvelle plateforme StarzPlay en France. Elle y incarne Charlotte Wells, jeune prostituée londonienne, impliquée en 1763 dans une guerre entre la maison close populaire de sa mère Margaret (Samantha Morton) et celle, haut de gamme, de sa concurrente Lydia Quigley (Lesley Manville). Alors que la deuxième saison de Harlots est en cours de diffusion dans les pays anglo-saxons – en attendant qu’une chaîne française s’y intéresse – nous avons pu discuter avec la comédienne de la sexualité telle que la série la met en scène, à la lumière du mouvement #MeToo (1).

Une série sur des prostituées peut-elle être porteuse de sens à l’heure de #MeToo ?

Quand il arrive quelque chose à une femme qui travaille dans l’industrie du sexe – qu’on la violente ou qu’on ne la respecte pas –, on a trop souvent tendance à modérer la gravité des faits. Comme si ce milieu échappait aux règles qui s’appliquent à nous tous. Les prostituées de Harlots se sentent impuissantes et invisibles, mais les mettre en scène et les interpréter crée une forme d’empowerment (2) en leur donnant la parole, en racontant leurs luttes, leur capacité à se relever, encore et encore, malgré la violence de leur vie. En montrant aussi qu’il faut les respecter. Parce qu’il s’agit d’une série historique, on se dit que c’était avant, que les choses ont changé. Et puis on regarde les lois qui régissent le travail de ces femmes aujourd’hui, et on réalise qu’il y a encore du boulot…

“‘Harlots’ participe à faire tomber le plafond de verre.”
La série se déroule à une époque où conservatisme religieux et puritanisme tentent de faire leur retour…

Et elle souligne combien ceux qui les incarnent sont loin d’être irréprochables, et à quel point leur soi-disant combat pour l’ordre moral peut créer une plus grande insécurité pour certains citoyens, à commencer par les prostituées. Ces hommes-là prétendent tout savoir de ces femmes, mais les réduisent à leur travail pour en faire des citoyens de seconde zone. Ce type de violence est encore très présente aujourd’hui, et de nombreuses minorités en souffrent.

Harlots est entièrement écrite et réalisée par des femmes. Est-ce important ?

Toute l’équipe de la série partage une même envie d’adopter le point de vue des femmes. En tant qu’actrice, je me suis sentie immédiatement en sécurité, dès la lecture des scénarios et pendant tout le tournage. J’ai su qu’on ne me forcerait jamais à jouer des scènes dans lesquelles je ne me sentirais pas à l’aise, et que je pourrais prendre la parole sans inquiétude. Or en ces temps troublés, il est indispensable de se sentir protégée. Coky Giedroyc, la principale réalisatrice de la série, nous a dit à son lancement que produire une œuvre télévisuelle essentiellement faite par des femmes est extrêmement risqué. Et que Harlots participe à faire tomber le plafond de verre. La série serait-elle différente si elle était écrite, produite, réalisée par des hommes ? Sans doute. Mais ça ne veut pas dire qu’elle serait moins bonne !


Comment faire une série sur des prostituées sans tomber dans une forme de racolage télévisuel ?

C’est toute l’ambition d’Harlots, parler de sexe non pour multiplier les scènes érotiques, mais pour aborder des questions de fond, comme la propriété du corps féminin dans un système social patriarcal. Comment exister quand on ne peut ni posséder d’argent, ni être propriétaire, et que le seul moyen de progresser dans la société est de faire un bon mariage… et donc de devenir la propriété de son mari ? Harlots s’applique aussi à ne pas limiter les relations entre ses héroïnes à une compétition. Il y est beaucoup question de solidarité et d’amitié entre femmes. Même quand elles s’affrontent, ce n’est pas par pure jalousie, mais pour des raisons complexes, comme des amours ou des entreprises passées qui ont mal tourné.

”Jamais un centimètre de peau n’est montré sans raison.”
Faut-il être plutôt sexy ou plutôt cru ?

Je n’aime pas cette opposition systématique, qui voudrait qu’une série sexy est racoleuse et qu’une autre, dure, brutale, est féministe. « Sexe » est un mot polysémique, qui veut dire mille choses, mille actes. Même une relation consentie peut devenir une agression. Harlots met en scène ces variations, débat de leurs limites, fait en sorte que le sexe soit aussi bien sexy que dégoûtant, voire horrifique et traumatisant. Chaque séquence sexuelle participe de la discussion sur la condition des femmes, aucune n’est gratuite. Il y a toujours une justification narrative, et jamais un centimètre de peau n’est montré sans raison. Ceci étant dit, à l’époque, les prostituées ne mettaient pas de culotte, et ne perdaient pas de temps à enlever leurs robes, leurs corsets, leurs bas…

Que faut-il montrer des violences que subissent les héroïnes de Harlots ?

Il ne faut pas les ignorer. Ce serait trahir la réalité. Mais il n’est pas nécessaire de les mettre en scène frontalement, et on peut limiter la nudité en jouant sur le hors champ – faire entendre quelque chose d’atroce plutôt que de le montrer ou prendre le temps d’écouter la souffrance d’un personnage après une agression. C’est un bien meilleur moyen de faire comprendre l’impact de la violence, qu’en choquant les téléspectateurs avec une scène brutale de dix minutes – qui risque de faire fuir une partie d’entre eux ! Concentrez-vous sur l’humain, les émotions, l’empathie, et ils resteront.

Jessica Brown Findlay dans Harlots.
Jessica Brown Findlay dans Harlots. @ITV

“Il ne faut surtout pas réduire les hommes à des figurants ou à des stéréotypes.”
La mise en scène de Harlots est résolument moderne – jusque sa BO pop. Qu’est-ce que cela change ?

Les séries historiques cherchent souvent une forme d’élégance en multipliant les longs plans-séquences. Harlots se déroule dans un monde brutal, qui n’a aucune raison d’adopter cette esthétique. Le centre-ville de Londres, à l’époque, puait, les gens étaient malades, sales, malgré leurs beaux atours et leur maquillage. Nous préférons une caméra qui bouge, qui suit les héroïnes de près, jusqu’au cœur de la foule.

Il est question de deux maisons closes, une fortunée et l’autre qui espère se faire connaître. Peut-on lire dans cette opposition un commentaire sociétal ?

Plus qu’une question d’argent, il s’agit d’une histoire de pouvoir. Les hommes qui fréquentent la maison de Lydia Quigley peuvent changer les lois et faire infléchir la justice. Les avoir dans son camp permet non seulement de s’enrichir, mais aussi de survivre plus facilement à la violence de la société de l’époque. Cette réflexion devient plus intéressante encore quand on réalise pourquoi la maison Wells n’est pas aussi riche. Lydia a construit son succès en malmenant ses employées, en les déshumanisant complètement, en faisant de leur corps une pure marchandise. Margaret refuse au contraire de contraindre qui que ce soit à se prostituer, et demande toujours ce qu’elles veulent à ses employées.

Que faire des personnages masculins ?

Il ne faut surtout pas les réduire à des figurants ou à des stéréotypes – si possible maléfiques – sous prétexte que Harlots est une série sur des prostituées. Evidemment, certains exploitent ces femmes et abusent de leurs pouvoirs pour les maintenir dans une position de faiblesse. Et il serait ridicule de les rendre sympathiques. Mais ils ne sont pas seuls. D’autres hommes comprennent, voire aident les héroïnes, notamment le compagnon de Margaret, William (Danny Sapani). D’ailleurs, la deuxième saison leur donne plus de place.
HARLOTS, Alison Newman et Moira Buffini 2017 (serie tv film e)@@ (E)
1763, Londres. La ville est en plein essor. Malheureusement, les femmes n'ont toujours que deux choix pour survivre : le mariage ou la prostitution. Deux maisons closes, tenues par des femmes que tout oppose, se livrent une guerre sans merc ...

@

HAROLD ET MAUDE, Hal Ashby 1971, Ruth Gordon, Bud Cort (thriller etrange)@


Fils de riches bourgeois, dominé par une mère possessive, Harold Chasen passe son temps libre à simuler des suicides et à suivre dans son corbillard personnel les enterrements de personnes qu'il ne connaît pas. C'est ainsi qu'il rencontre Maude, une charmante vieille dame de presque 80 ans. Tous deux sympathisent aussitôt. Maude communique sa joie de vivre à Harold. Le jeune homme s'emploie à décourager les prétendantes au mariage que lui présente sa mère.

TELERAMA
Harold n'a qu'une passion : la mort ; un unique hobby : le suicide. Pendaison, noyade, hara-kiri... Ses journées s'écoulent en tentatives aussi vaines que farfelues. Où un tel zozo peut-il rencontrer la femme de sa vie ? Au cimetière, bien sûr. L'élue, Maude, est une pétulante octogénaire...

Un film poilant et poignant, triste et optimiste, c'est presque aussi rare qu'un jouvenceau amoureux d'une vieille dame. Des irrésistibles simulacres de suicide de Harold aux frasques de Maude, vif-argent en fichu laineux, cette ahurissante love story mêle tendresse et humour noir avec un bonheur inégalé. Ensemble, ils bullent, poétisent, cavalent, se fabriquent un abri fragile contre les outrages du temps et contre la mort qui guette l'une, angoisse et fascine l'autre.

Histoire d'une rencontre improbable, le film est aussi celle d'une transmission. Ruth Gordon, avec sa tête d'oiseau et ses yeux malicieux, son énergie de jouvencelle, et Bud Cort, lunaire comme personne, sont époustouflants. Au fil du temps, cette oeuvre insolite et originale est devenue une sorte de classique, abondamment adapté au théâtre. Madeleine Renaud fut notamment, en 1973, une Maude inoubliable. — Cécile Mury
HAROLD ET MAUDE, Hal Ashby 1971, Ruth Gordon, Bud Cort (thriller etrange)@ (E)
Fils de riches bourgeois, dominé par une mère possessive, Harold Chasen passe son temps libre à simuler des suicides et à suivre dans son corbillard personnel les enterrements de personnes qu'il ne connaît ...

@

HARRY POTTER et le Prince de sang mele, David Yates 2009, Daniel Radcliffe, Emma Watson (fantastique)@@


Cette sixième année scolaire de Harry Potter à l'école de sorciers commence par une dispute avec son ennemi juré Draco Malfoy, en qui les forces des ténèbres placent désormais leurs espoirs.

TELERAMA
Epidémie dévastatrice : les élèves magiciens sont atteints d’un mal étrange qui les rend tout choses ; ils complotent, rigolent puis éclatent en sanglots… Un nouveau maléfice de Voldemort ? Non, juste un bouillonnement hormonal incontrôlable. C’est la fête du kiss à Poudlard ! Ron tombe dans les pattes d’une pulpeuse érotomane, Hermione abandonne sa posture de sainte-nitouche et Ginny passe en mode allumeuse. Dans ce déferlement pubertaire, il n’y a que Harry pour rester maître de ses pulsions. Et encore, il ne faut pas trop lui titiller la baguette magique… Mais, étant l’élu – celui qui peut tuer Voldemort –, il doit se tenir sur ses gardes, surveillé de près par son maître Yoda, pardon, Dumbledore, qui n’est pas franchement un rigolo.

Avant le finale (Les Reliques de la mort, décliné en deux films), ce Prince de Sang-Mêlé est un épisode de transition qui s’attache plus à la vie à Poudlard qu’à la mythologie de l’épopée. Commencée il y a huit ans, la série évolue avec ses fans : ceux qui avaient 10 ans en 2001 en ont aujourd’hui 18 et sont plus sensibles aux émois amoureux d’une bande d’ados qu’aux tourments d’un apprenti sorcier. C’est la victoire du teen-movie sur l’heroic fantasy. Et la confirmation du judicieux choix de David Yates, aux commandes depuis L’Ordre du Phénix : il a su trouver le bon dosage entre noirceur et comédie. Car c’est le grand atout de cet épisode : on s’y amuse.

Les inconditionnels de cette « heptalogie » (œuvre en sept volumes) prestidigitatrice seront peut-être déçus par les raccourcis opérés par les scénaristes. Mais ils auront quand même droit à quelques morceaux de bravoure – notamment les attaques des Mangemorts. Et à une ébauche d’explication quant à l’attirance malsaine de Drago Malfoy pour le côté obscur de la magie et à son rapport ambigu de fascination-haine avec Harry, seul personnage de l’épisode à n’avoir pas de petite amie. Serait-il tout bêtement frustré ?
HARRY POTTER et le Prince de sang mele, David Yates 2009, Daniel Radcliffe, Emma Watson (fantastique)@@ (E)
Cette sixième année scolaire de Harry Potter à l'école de sorciers commence par une dispute avec son ennemi juré Draco Malfoy, en qui les forces des ténèbres placent désormais leurs es ...

@

HATARI, Howard Hawks 1962, John Wayne (western aventure)@@@


En Tanzanie, un groupe hétéroclite mais soudé de chasseurs d'animaux pour les zoos mènent leur vie. À leur tête, Sean Mercer, un personnage bourru dont va bientôt s'éprendre Dallas, une ravissante photographe qui vient d'arriver dans la réserve. Peu habituée à la vie sauvage, cette dernière va vivre une succession de situations inédites.

TELERAMA
Quand une partie de chasse devient une puissante réflexion sur les rapports humains. Un grand film d’aventure généreux et bourré d’humour, où transparaît toute la tendresse d’Howard Hawks pour ses personnages.

Sean, Kurt, Pockets, Luis et l’Indien ont pour mission de capturer, en Afrique, des animaux sauvages destinés aux zoos. L’Indien, blessé, est remplacé par Chips, un jeune Français. Anna Maria, reporter-photographe, rejoint le petit groupe et s’éprend de Sean…

Le danger — hatari, en swahili —, l’amour et l’amitié : trois thèmes porteurs de l’œuvre de Howard Hawks. Mais dans ce film d’aventures partageur, l’humour aussi est central. Comme Rio Bravo, Hatari ! possède un charme inimitable : ce qui aurait pu n’être qu’une banale partie de chasse devient une passionnante réflexion sur les rapports humains. Une nouvelle fois, le cinéaste se plaît à jouer sur l’insolence des relations entre ses héros et ses héroïnes. Elsa Martinelli entretient avec John Wayne des rapports qui rappellent ceux de ce dernier avec Angie Dickinson dans Rio Bravo.

La tendresse portée aux personnages éclate tout au long de ce récit ample et chaleureux, véritable hymne à la vie. La suprême décontraction de la mise en scène est la marque d’un style splendidement maîtrisé. Rien n’est laissé au hasard.
HATARI, Howard Hawks 1962, John Wayne (western aventure)@@@ (E)
En Tanzanie, un groupe hétéroclite mais soudé de chasseurs d'animaux pour les zoos mènent leur vie. À leur tête, Sean Mercer, un personnage bourru dont va bientôt s'éprendre Dallas, une ...

@

HAUT LES COEURS, Antoine Garceau 2025, Antoine Garceau, Alizee Costes (social sentimental)@@


En 2024, Pablo, 60 ans, va épouser la femme de sa vie. Quarante ans plus tôt, en 1985, la Cantine Solidaire vient d'ouvrir ses portes pour la première fois en banlieue parisienne afin de servir des repas aux plus démunis. Gabrielle, 19 ans, étudiante en médecine décide de rejoindre les bénévoles et de s'engager contre l'avis de ses parents. Elle y rencontre Malika, 20 ans étudiante en marketing, militante dans l'âme et bénévole également. Ainsi qu'un bénéficiaire, Pablo, enfant de la DDASS, SDF et musicien de rue qui deviendra bénévole à son tour et dont toutes deux vont tomber amoureuses...

TELERAMA
Pablo, 60 ans, raconte son histoire à sa petite-fille. Elle commence en 1985, alors que, musicien fauché, il fait une rencontre cruciale : celle de Malika et Gabrielle…

C'est le jour J : Pablo, 60 ans, est sur le point de se marier. Mais avant, il va raconter son histoire à sa petite-fille Thelma. Celle-ci commence en 1985, alors que Pablo a 20 ans et qu’il fait la manche avec sa guitare. Ayant intégré le petit groupe des bénévoles et des bénéficiaires de la Cantine solidaire, une association qui distribue des repas aux démunis, il y fait deux rencontres déterminantes. Celle de Malika, une jeune fille issue d’un milieu modeste avec qui il noue une liaison. Et celle de Gabrielle, qui cherche à s’émanciper de sa famille très conservatrice. Au sein de ce triangle amoureux naîtra un enfant : Victor, le père de Thelma…

Alain Bashung, les Restos du cœur, les Rita Mitsouko, Mitterrand… Les références nostalgiques à l’ambiance des années 80 sont nombreuses dans ce téléfilm. Mais elles ne viennent jamais encombrer une histoire qui, si elle a recours à quelques facilités scénaristiques, se révèle finalement aussi sincère qu’émouvante. En particulier grâce à son attachant trio de protagonistes, (anti-)héros au grand cœur emportés dans une spirale de sentiments et d’idéaux contradictoires. Une jolie réussite.

HAUT LES COEURS, Antoine Garceau 2025, Antoine Garceau, Alizee Costes (social sentimental)@@ (E)
En 2024, Pablo, 60 ans, va épouser la femme de sa vie. Quarante ans plus tôt, en 1985, la Cantine Solidaire vient d'ouvrir ses portes pour la première fois en banlieue parisienne afin de servir des repas aux plus d&eacut ...

@

HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@


Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coûte. Une cancérologue de Villejuif lui propose une solution conforme à son choix. Commencent alors les séances de chimiothérapie, la chute de cheveux et la fatigue. Emma se voit obligée de cesser ses activités. Son frère s'éloigne, effrayé par cette maladie. Simon continue à la soutenir, tant bien que mal. Emma se bat contre la mort, parvient au huitième mois de sa grossesse et accouche par césarienne d'une petite fille, Juliette...

TELERAMA
Alors qu’elle est enceinte, Emma apprend qu’elle a un cancer du sein. Elle décide de garder l’enfant tout en se soigant. Inspiré de sa propre histoire, un film sobre et fort de Sólveig Anspach.

Emma attend un enfant. Elle le voulait. Son compagnon, Simon, pas vraiment. Ils s’engueulent. Peut-être même se quitteraient-ils si Emma, un jour, ne sentait une petite boule dans l’un de ses seins… Ce n’est pas un film qui rassure, non, mais qui assure que l’impossible doit être tenté. Toujours. À un futur papa qui, dans une salle d’attente, prône devant elle les charmes de l’accouchement naturel, Emma, excédée, lance cette formule qui, de toute évidence, se veut la morale du film : « Je remercie la science et j’emmerde la nature. »

On retrouve cette ardeur dans la mise en scène. Venue du documentaire, Sólveig Anspach sait qu’un détail précis en dit plus qu’un long discours. Cette même ardeur, on la retrouve chez Emma, qu’interprète Karin Viard. Ce qu’elle réussit à exprimer, c’est la lente progression de son personnage vers la lumière. Emma la cherche. Et soudain, elle est là, qui l’envahit. Dans la chambre stérile où elle continue à se battre pour sa vie, dans une clarté qui évoque un reflet d’éternité.
HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@ (E)
Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coû ...

@

HAUTE COUTURE, Jocelyn Moorhouse 2015, Kate Winslet, Liam Hemsworth (societe)(Australie)@@


Après avoir conquis Paris et Milan, la styliste Myrtle Dunnage, "Tilly" pour les intimes, revient dans son village natal, l'obscur Dunagatar, dans l'arrière-pays australien, nid de cupidité endémique, de préjugés tenaces et de perversions drapées de respectabilité. Les habitants ont du mal à reconnaître dans la jeune élégante la petite bâtarde crasseuse qu'ils chassèrent autrefois du village pour un meurtre qu'elle ne se souvient pas avoir commis. Enviée pour ses talents de couturière, la belle Tilly rhabille la partie féminine du village, tout en tissant sa vengeance à coup d'aiguille. L'amour fougueux de Teddy, son ami d'enfance, l'en détournera-t-il ?

TELERAMA
Une satire sociale déjantée, jubilatoire et amère, dans l’Australie des années 1950, admirablement servie par le duo fille-mère Kate Winslet-Judy Davis.

Lookée Dior de pied en cap, les lèvres ourlées d’un rouge carmin de star, « Tilly » Dunnage n’est pas revenue à Dungatar depuis vingt-cinq ans lorsqu’elle y débarque un beau matin de 1951. Retrouvant dans une maison-taudis sa mère, Molly, dégaine de Ma Dalton et esprit en charpie, Tilly ne cache pas son envie d’affronter la bande d’hypocrites et de frustrés peuplant ce coin paumé d’Australie. « J’ai besoin que tu m’aides à me souvenir, maman », implore la fille styliste, sa machine à coudre sous le bras. Si Tilly a dû quitter, encore gamine, son village, c’est parce qu’on l’accusait du meurtre d’un autre enfant, méfait dont elle ne conserve aucun souvenir.

Le mystère assez vite résolu n’est qu’un prétexte pour la réalisatrice Jocelyn Moor­house à se livrer à une satire sociale admirablement servie par sa mise en scène esthétiquement soignée et une galerie de personnages typés (policier travesti, beau gosse futé, notable véreux), évoquant l’univers des frères Coen. À la fois femme fatale, fille perdue et magicienne, Tilly révèle les côtés sombres et lumineux d’une communauté dont on ne sait si elle cherche à s’en venger ou à s’en faire aimer. Remarquablement à l’aise dans ces différents registres, Kate Winslet forme avec l’impeccable Judy Davis un duo mémorable. Grâce à elles, Haute Couture, western féministe maquillé en tragi-comédie de mœurs, est d’une étoffe plutôt rare.
HAUTE COUTURE, Jocelyn Moorhouse 2015, Kate Winslet, Liam Hemsworth (societe)(Australie)@@ (E)
Après avoir conquis Paris et Milan, la styliste Myrtle Dunnage, "Tilly" pour les intimes, revient dans son village natal, l'obscur Dunagatar, dans l'arrière-pays australien, nid de cupidité endémique, d ...

@

HAUTE COUTURE, Sylvie Ohayon 2020, Nathalie Baye, Lyna Khoudri (societe)@


Esther, première d'atelier de la maison Dior, va bientôt goûter à une retraite bien méritée. Alors qu'elle travaille sur son dernier défilé, elle se fait voler son sac dans le métro par Jade. En fouillant le sac, la jeune femme tombe sur des croquis de robes. Prise de remords, elle décide de rendre son bien à sa propriétaire. Convaincue qu'elle a un don, Esther la prend sous son aile et lui propose d'intégrer les ateliers comme apprentie. Pour Esther, c'est l'occasion de transmettre les secrets d'un métier qu'elle aime passionnément. Jade a du mal à comprendre son obstination et se rebelle plus d'une fois. Finalement, elle commence à envisager sa vie en tant que couturière...

TELERAMA
Un scénario cousu de fil blanc. Cela commence avec un vaste montage parallèle. Un coup c’est la grande couturière qui se réveille et se prépare (Nathalie Baye), un coup c’est la petite de banlieue (Lyna Khoudri) qui va finir par lui piquer son sac. Plus tard, les deux personnages se rejoignent, la première décidant d’engager l’autre comme stagiaire dans son atelier, chez Dior. Attention, choc des cultures. Attention, sociologie. Ce genre de scénario doit être enseigné quelque part, car c’est probablement celui qu’on voit le plus souvent au cinéma : la trajectoire du rapprochement, séparation, retrouvailles happy end. La tentation est forte de dire qu’il est « cousu de fil blanc », ce scénario, mais le deuxième long métrage de Sylvie Ohayon, justement, est entièrement blanc (il y a du rouge sur l’affiche mais ne pas se méprendre, c’est un film blafard), il pourrait donc être cousu, mettons, de fil jaune fluo, en tout cas on en voit toutes les coutures, on en comprend toutes les intentions. Peu confiante dans sa mise en scène, la réalisatrice surligne par les dialogues ce que l’image devrait suffire à faire comprendre. Exemple : Nathalie Baye confiant à ses fleurs qu’elle « l’aime bien, quand même, cette petite ». Pratique, ces gens qui parlent aux fleurs.

Donc : aucune surprise, aucun mou, rien de lâche, ce film est tendu comme un corset par un montage ultra serré qui prend les scènes en plein dialogue et les coupe en plein milieu aussi. Difficile de respirer pour nous, idem pour les personnages, tous réduits à une fonction bien précise qui les enferme à double tour. Les acteurs pourtant ne s’en tirent pas trop mal, à l’exception de Clotilde Courau, déguisée en mère célibataire clouée au lit de son HLM par une dépression tenace – déguisée, vraiment. Lyna Khoudri, elle, est exceptionnelle, et c’est une nouvelle fois frustrant de la voir dominer à ce point un si petit film.
HAUTE COUTURE, Sylvie Ohayon 2020, Nathalie Baye, Lyna Khoudri (societe)@ (E)
Esther, première d'atelier de la maison Dior, va bientôt goûter à une retraite bien méritée. Alors qu'elle travaille sur son dernier défilé, elle se fait voler son sac dans le mét ...

@

HAUTE VOLTIGE, Jon Amiel 1999, Sean Connery, Catherine Zetz-Jones@@


L'employée d'une compagnie d'assurances se fait passer pour une voleuse afin de piéger un as du cambriolage.
HAUTE VOLTIGE, Jon Amiel 1999, Sean Connery, Catherine Zetz-Jones@@ (E)
L'employée d'une compagnie d'assurances se fait passer pour une voleuse afin de piéger un as du cambriolage. ...

@

HEAT, Michael Mann 1995, Robert De Niro (policier)@


La bande de Neil McCauley à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s'emparer d'une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l'un des convoyeurs et Chris Shiherlis se retrouve obligé de terminer le travail.

TELERAMA
C’est pour moi le meilleur polar depuis vingt-cinq ans. Un film majeur du cinéma américain. J’ai dit « polar », mais c’est presque un film de guerre ou un western contemporain, opposant deux tribus. Le champ de bataille ? Los Angeles, ville horizontale et géométrique, réseau de voies rapides qui s’entrecroisent. Michael Mann filme ses rubans d’asphalte, sa gare routière, son port, son aéroport. Bref, tout ce qui flatte l’ailleurs. On restera pourtant coincé, comme enfermé dans un vaste terrarium urbain, où des chasseurs ressemblent à leurs proies. Un gang de malfrats s’y infiltre pour faire ses coups, de haute volée. L’autre tribu, celle des policiers qui quadrillent le territoire, tente de l’intercepter.
Dès la scène inaugurale qui montre l’attaque du fourgon blindé, les moyens déployés sont impressionnants. L’emploi du camion bélier, la méthode opératoire, les tenues et les armes, tout ici démontre que les braqueurs agissent avec un sens de l’organisation et une discipline supérieurs. Filmer des braqueurs comme des professionnels consciencieux, obsédés par la maîtrise, n’était pas chose nouvelle, en 1995. Mais les montrer technophiles, suréquipés et surarmés, semblables à des membres d’un groupe d’intervention paramilitaire, était une première.
Le niveau de méticulosité et de perfectionnisme dont a fait preuve Michael Mann a été tel que certaines scènes ont servi ultérieurement de modèle, aussi bien à de vrais braqueurs qu’à des instructeurs de l’armée américaine. Heat s’est imposé au fil des ans comme un chef-d’œuvre « séminal » auprès d’un nombre incalculable de cinéastes, signant des succédanés plus ou moins navrants.
HEAT, Michael Mann 1995, Robert De Niro (policier)@ (E)
La bande de Neil McCauley à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s'emparer d'une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l'un des convoyeurs et ...

@

HECTOR ET LA RECHERCHE DU BONHEUR, Peter Cheksom 2014, Simon Pegg, Rosamund Pike, Jean Reno (societe)@@


De nature réservée, Hector est un psychiatre londonien à la vie confortable et bien rangée. Lorsqu'il prend conscience que ses patients, satisfaits de son travail, sont à la recherche du bonheur, Hector commence à s'interroger sur son bien-être. Une crise existentielle qui conduit le psychanalyste à vouloir connaître le secret de la félicité. Pour le découvrir, il décide d'abandonner son quotidien si tranquille et sa jolie compagne pour s'engager dans un tour du monde à la recherche du bonheur.
HECTOR ET LA RECHERCHE DU BONHEUR, Peter Cheksom 2014, Simon Pegg, Rosamund Pike, Jean Reno (societe)@@ (E)
De nature réservée, Hector est un psychiatre londonien à la vie confortable et bien rangée. Lorsqu'il prend conscience que ses patients, satisfaits de son travail, sont à la recherche du bonheur, Hector co ...

@

HEIMLICHE LIEBE Der Schuler und die Postbotin, 2005, Kostja Ullmann, Marie Baumer, Franziska Buch (drame sentimental film e)


Un garçon de 17 ans tombe amoureux d'une femme de 37 ans. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont de classes sociales différentes et elle est mariée.

Joe Reinhardt, enfant pubère de parents riches, diplômé prometteur du lycée et pianiste potentiellement à succès, rencontre la femme qui lui montre de l'amour et bouleverse son monde : lors de vacances en famille à Majorque, il rencontre pour la première fois Rosemarie, une femme qui aime s'amuser. Joe est trop timide pour s'approcher d'elle, mais il la retrouve et découvre qu'elle vit également à Berlin. De retour à la maison, Joe est très stressé : sa remise de diplôme de lycée approche à grands pas et il y a un grand concours de musique révolutionnaire - mais il ne s'intéresse qu'à Rosemarie. Après l'avoir trouvée, il surmonte sa timidité et veut vivre la « première fois » avec elle. Rosemarie réagit d'abord avec prudence. Après tout, elle se sent très à l’aise dans son petit monde simple ; Elle gagne son argent en tant que facteur et vit avec son petit ami Peter. Mais elle trouve le grand désir de Joe pour elle doux - même si le garçon a encore beaucoup à apprendre. Joe ne s’intéresse plus à l’école, à son avenir ou à sa musique ; il ne veut que Rosemarie. La pression des parents et des enseignants augmente, et la vision de l'avenir de Rosemarie va également dans une direction différente de celle qu'il souhaiterait.
HEIMLICHE LIEBE Der Schuler und die Postbotin, 2005, Kostja Ullmann, Marie Baumer, Franziska Buch (drame sentimental film e) (E)
Un garçon de 17 ans tombe amoureux d'une femme de 37 ans. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont de classes sociales différentes et elle est mariée.

Joe Reinhardt, enfant pubère de parents riches, dipl ...

@

HEUREUSEMENT QU ON S A, Anne Giafferi 2022, Fred Testot, Zinedine Soualem (societe)@@


Vincent a 13 ans et une admiration sans borne pour son père ; ce dernier, au chômage, s'occupe surtout de foot, prétendant devenir bientôt entraineur professionnel et ne s'occupe pas de sa famille. La mère de Vincent, gère tout, jusqu'au jour où, à bout, elle fait une tentative de suicide. Vincent va devoir prendre en charge Clément et Clara ; et comprendre peu à peu que ce père qu'il voyait comme un héros n'est en fait qu'un vantard, menteur, irresponsable et égoïste.

TELERAMA
Abandonné à lui-même entre une mère dépressive et un père démissionnaire, un garçon à l’aube de l’adolescence se retrouve contraint de s’occuper de ses frères et soeurs.

Ce téléfilm accompagne dans son malheur une petite meute de trois enfants, fratrie réjouissante et bien incarnée. Leur mère se repose à l’hôpital après une tentative de suicide et leur père (Fred Testot, très embêté) renonce à sa paternité dès lors qu’elle implique autre chose qu’accompagner sa progéniture au foot. Il disparaît. Et les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Au nom d’une loi d’airain façon Sa Majesté des mouches, le grand prend l’ascendant sur les petits et les manipule gentiment : c’est humain et triste à la fois. Tandis que les adultes autour d’eux s’inquiètent à peine. Le voisin, qui a fait de la prison pour violences conjugales, explique à l’aîné que ça arrive, ce genre « d’accident de la vie », en justifiant le comportement du père. Puis sert un verre de rouge au préado…

Sur le plan de l’interprétation, les jeunes jouent bien, restent naturels, et leurs dialogues, fait rare dans la fiction française, sonnent juste. Une qualité à mettre au crédit de la scénariste et réalisatrice Anne Giafferri (Fais pas ci, fais pas ça), qui sait y faire avec les enfants. Sur le plan du récit, en revanche, on reste davantage sur notre faim. Les enfants persévèrent bon an mal an dans leur solitude à trois, jusqu’à une dernière partie qui flotte un peu, oubliant de procurer une conclusion véritable à cette histoire d’abandon. Pour le côté dossier, on aura au moins rappelé qu’il faut contacter le 119 pour signaler les cas de maltraitance d’enfants.
HEUREUSEMENT QU ON S A, Anne Giafferi 2022, Fred Testot, Zinedine Soualem (societe)@@ (E)
Vincent a 13 ans et une admiration sans borne pour son père ; ce dernier, au chômage, s'occupe surtout de foot, prétendant devenir bientôt entraineur professionnel et ne s'occupe pas de sa famille. La mère d ...

@

HEUREUX GAGNANTS, Maxime Govare et Romain Choay 2024, Audrey Lamy, Fabrice Eboué (comique)@


Une chance sur 19 millions. Plus de probabilités d'être frappé par une météorite que de gagner au loto. Pour ces heureux gagnants, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar, et leur vie va voler en éclat dans un spectaculaire feu d'artifices de comédie noire et de sensations fortes.

TELERAMA

Tous vainqueurs de plusieurs millions d’euros, des gagnants du loto voient vite leurs espoirs de vie de rêve se transformer en véritable cauchemar.

Comment gagner au loto... Et tout perdre. Tel est le prétexte d’une collection de mini-contes moraux dont l’énormité gomme hélas la noirceur : du père de famille qui finit absurdement en prison au trio de terroristes que la chance fait, littéralement, exploser, en passant par une bande de gagnants « maudits », cette comédie à sketchs vise un humour grinçant à la Dino Risi, mais se perd dans l’épais fiel de la farce et une surcharge de gags indigestes.
HEUREUX GAGNANTS, Maxime Govare et Romain Choay 2024, Audrey Lamy, Fabrice Eboué (comique)@ (E)
Une chance sur 19 millions. Plus de probabilités d'être frappé par une météorite que de gagner au loto. Pour ces heureux gagnants, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar, et leur vie va vol ...

@

HIBERNATUS Edouard Molinaro 1969, Louis De Funes, Claude Jensac, Michael Lonsdale


Après 65 ans d'hibernation naturelle dans un bloc de glace polaire, un naufragé est retrouvé par une expédition franco-danoise au Groenland.
HIBERNATUS Edouard Molinaro 1969, Louis De Funes, Claude Jensac, Michael Lonsdale (E)
Après 65 ans d'hibernation naturelle dans un bloc de glace polaire, un naufragé est retrouvé par une expédition franco-danoise au Groenland. ...

@

HIGH LIFE Uma Nova Vida, Claire Denis 2018, Juliette Binoche


Des criminels condamnés à mort sont envoyés dans l'espace hors du système solaire en échange d'une peine moindre. Leur mission est d'extraire d'un trou noir une énergie vitale pour la Terre.

TELERAMA
Pour
Un vaisseau flotte à la dérive, au-delà du Système solaire. Les membres de l’équipage sont des criminels condamnés à mort, à qui ce voyage expérimental a été proposé comme une alternative à leur peine. Même la scientifique (Juliette ­Binoche), figure d’autorité, partage l’infamie avec les autres. Ce lourd passé, ajouté à l’ambiance de déréliction, rappelle Solaris, d’Andreï Tarkovski (1972), où des cosmonautes perturbés rencontrent, dans leur station spatiale, d’étranges visiteurs — leurs proches, y compris disparus —, les renvoyant à leur sentiment de culpabilité.

Mais High Life est un Solaris où la sexualité aurait supplanté la métaphysique. Seul principe de vie, à la place de l’âme : la pulsion. Le protocole originel d’expériences sur la reproduction dans l’espace a viré à d’humiliants rituels érotiques infligés aux hommes par la scientifique. Entre l’onanisme organisé, l’abstinence rebelle de l’un et la violence sexuelle des autres, la cinéaste retrouve tout son art transgressif. L’évidence que les personnages ne pourront plus revenir sur Terre lui permet aussi d’interroger, comme in vitro, les tabous et la morale — chancelante en l’occurrence. Dans le dernier mouvement, l’enfant née à bord est devenue une jeune fille, qui n’a connu et ne connaîtra qu’un seul homme, son père… Ce tête-à-tête en huis clos, à la fois autosuffisant et plein de désirs impossibles, fait culminer le trouble, avec le néant en ligne de mire. Tableau stylisé d’une humanité au pied du mur, sans idéal ni espérance, High Life est un vrai film de mise en scène, totalement fascinant. — Louis Guichard

Contre
Le concept, fumeux, l’emporte sur l’organique. On ne voit que les coutures, les intentions, la volonté de faire sens : en un mot l’ambition, colossale, de revisiter le space opera, genre propice aux délires extrêmes. Claire Denis déconstruit le récit pour mieux dissimuler l’absence d’enjeux narratifs — ça commence par la fin et progresse ensuite à coups de retours en arrière. Persuadée que son talent et ses provocations gore ou sexuelles suffisent à tenir le spectateur en éveil, la cinéaste ne se donne pas la peine de construire ses personnages. Juliette Binoche, qui brillait dans le précédent film de Claire Denis, Un beau soleil intérieur, se livre à un numéro grand-guignolesque de Dr Frankenstein de la PMA et chamane du sperme, sans parvenir à être autre chose que ridicule. A l’image du film tout entier.
HIGH LIFE Uma Nova Vida, Claire Denis 2018, Juliette Binoche (E)
Des criminels condamnés à mort sont envoyés dans l'espace hors du système solaire en échange d'une peine moindre. Leur mission est d'extraire d'un trou noir une énergie vitale pour la Terre.

@

HIGHLANDER, Russell Mulcahy, Christophe Lambert, Sean Connery


Dans les sous-sols du Madison Square Garden, deux hommes armés d'épées se livrent à un duel qui mettra fin à un combat vieux de 450 ans. En effet, en 1536, en Écosse, Connor MacLeod, chef d'un clan, est mortellement blessé par un terrifiant guerrier du nom de Kurgan.
HIGHLANDER, Russell Mulcahy, Christophe Lambert, Sean Connery (E)
Dans les sous-sols du Madison Square Garden, deux hommes armés d'épées se livrent à un duel qui mettra fin à un combat vieux de 450 ans. En effet, en 1536, en Écosse, Connor MacLeod, chef d'un clan, ...

@

HITMAN Agent 47, Xavier Gens 2007, Timothy Olyphant, Dougray Scott (thriller)@


Crâne rasé, code barre tatoué sur la nuque, costume noir, chemise blanche et cravate rouge : l'agent 47 est le plus mystérieux et le plus insaisissable des tueurs professionnels. Réputé pour la minutie avec laquelle il va jusqu'au bout de ses missions, il obéit toujours à un protocole strict : extrême vigilance, extrême discrétion et extrême soin apporté à l'exécution de ses contrats.

TELERAMA
L'agent 47 est un tueur professionnel entraîné à tuer depuis son enfance. Il est connu par les plus importantes organisations criminelles du monde pour son sérieux. Jamais il n'a commis d'erreur. Il a d'ailleurs bâti sa réputation sur une extrême minutie, qui lui permet d'opérer à chaque fois dans la plus grande discrétion. Mais lorsqu'Interpol se mobilise pour l'intercepter, il doit modifier ses plans. D'autant que les services secrets russes ont décidé eux aussi de le neutraliser. Pourtant, l'agent 47 n'entend pas se laisser décrédibiliser. Contraint d'aller à l'encontre de ses méthodes habituelles, il va montrer que rien ne peut l'empêcher de mener à bien ses contrats...
HITMAN Agent 47, Xavier Gens 2007, Timothy Olyphant, Dougray Scott (thriller)@ (E)
Crâne rasé, code barre tatoué sur la nuque, costume noir, chemise blanche et cravate rouge : l'agent 47 est le plus mystérieux et le plus insaisissable des tueurs professionnels. Réputé pour la minut ...

@

HITMAN BODYGUARD, Ryan Reynolds, Samuel L Jackson (policier)@


Le procès du tyrannique président biélorusse Dukhovich s'ouvre à La Haye. Témoin à charge, Darius Kincaid doit y être transféré, sous haute protection. Après l'attaque du convoi, Kincaid se retrouve sous la seule protection de l'agent d'Interpol Amelia Roussel. Dépassée, elle fait appel à son ex, Michael Bryce, ancien agent devenu garde du corps.

TELERAMA
Bonne surprise que ce buddy movie, associant un tueur à gages instinctif et un garde du corps méthodique. Patrick Hughes insuffle bouillonnement et frénésie aux scènes d’action. Son humour n’est pas toujours raffiné mais, à son meilleur, il rappelle celui de Tex Avery…
Hitman & Bodyguard, c’est de la tôle froissée et du sang qui gicle, au milieu d’une foule de figurants, dans une pure logique de cartoon. L’inventivité culmine lors d’une sensationnelle course-poursuite le long des canaux d’Amsterdam, impliquant bateaux, voitures et motos. Au bord de l’absurde.


HITMAN BODYGUARD, Ryan Reynolds, Samuel L Jackson (policier)@ (E)
Le procès du tyrannique président biélorusse Dukhovich s'ouvre à La Haye. Témoin à charge, Darius Kincaid doit y être transféré, sous haute protection. Après l'attaque du ...

@

HOLLYWOO, Frederic Berthe 2011, Florence Foresti, Jamel Debouze (comique)@@


Jeanne est la doublure française d'une actrice américaine qui joue dans une série télé à succès. Cependant, le jour où l'actrice américaine pète les plombs et annonce la fin de sa carrière, la vie de Jeanne bascule à son tour. Plus de travail, plus de revenu, plus rien. A moins qu'elle ne prenne son destin en mains et ne tente a priori l'impossible : partir à Los Angeles, rencontrer la star américaine et la convaincre de reprendre la direction des plateaux de tournage.

TELERAMA
L'histoire et les dialogues, centrés sur Florence Foresti, font presque de Jamel Debbouze son faire-valoir. Foresti joue Jeanne Rinaldi, une comédienne péteuse quoique loseuse, doubleuse française d’une vedette de série américaine, laquelle annonce qu’elle quitte la série. La Française moyenne part à Hollywood pour convaincre la people de revenir sur sa décision…

L’humour repose pour beaucoup sur le choc culturel. D’un côté, Malibu, les bimbos siliconées, les palmiers, le luxe clinquant ; de l’autre, la fille qui fait un tabac involontaire avec ses chaussures de chez André, qui se rassure comme elle peut avec sa Matmut et qui baragouine un anglais incompréhensible de manière totalement décomplexée. En roue libre, très bien dans la situation de la fille à l’air dégagé qui se prend un soufflet, Florence Foresti bouge, grimace (avec un zeste de Louis de Funès), chante… bref, déploie une palette plutôt variée, expressive surtout, de son humour. Mention spéciale à la séquence du « d » final de Hollywood qui tombe de la fameuse colline.
HOLLYWOO, Frederic Berthe 2011, Florence Foresti, Jamel Debouze (comique)@@ (E)
Jeanne est la doublure française d'une actrice américaine qui joue dans une série télé à succès. Cependant, le jour où l'actrice américaine pète les plombs et annonce la ...

@

HOLOCAUSTE, la montee des tenebres, Marvin J. Chomsky 1978, Meyl Streep, James Wood, Michael Moriarty (saga histoire shoah)@@


La destinée de deux familles allemandes de 1935 à 1945, entre la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale : les Weiss, des juifs traqués par les nazis, et les Dorf, qui adhèrent à l'idéologie du pouvoir en place.

TELERAMA
Berlin, 1935. Karl Weiss, artiste peintre et fils d'un riche médecin juif, Josef Weiss, épouse Inga Helms, une jeune catholique. Un cousin de la famille Helms fait remarquer que les mariages mixtes risquent d'être bannis et qu'il aurait peut-être mieux valu attendre. A la même époque, Marta, la femme de l'avocat Erik Dorf, dont le docteur Weiss soigne la famille, persuade son mari d'entrer dans les rangs des SS. Erik intègre les services de Heydrich, le chef adjoint des SS, qui ordonne la nuit de Cristal en novembre 1938. Informé des futures persécutions contre les juifs, le SS rend visite au docteur Weiss et lui conseille de quitter l'Allemagne avec sa famille. Hitler ne faisant aucun mystère de ses sombres projets, il tente de lui faire prendre conscience du drame qui couve. Ses avertissements ne sont pas entendus...
HOLOCAUSTE, la montee des tenebres, Marvin J. Chomsky 1978, Meyl Streep, James Wood, Michael Moriarty (saga histoire shoah)@@ (E)
La destinée de deux familles allemandes de 1935 à 1945, entre la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale : les Weiss, des juifs traqués par les nazis, et les Dorf, qui adhèrent à l'idé ...

@

HOMBRE, Martin Ritt 1967, Paul Newman, Richard Boone (wester,)@@


Hombre est un blanc qui a été élevé par une tribu indienne. Pour se rendre à Bisbee, afin de débuter une nouvelle vie, il prend une diligence. Dans celle-ci, il y a de nombreux passager notamment Cicero Grimes, un aventurier peu recommandable. En effet, il est complice d'une attaque qui se produit pendant le trajet !

TELERAMA
Un beau climat complexe. Ritt, cinéaste plutôt politique, ne fit qu’un seul western, et ce fut le bon. La seule incursion de Martin Ritt dans le western est une réussite : on y retrouve ses idéaux généreux, mais, au-delà du message initial de tolérance, le scénario - qui n’est pas sans évoquer La Chevauchée fantastique - ménage plusieurs surprises, et fait du personnage interprété par Paul Newman un héros solitaire et ambigu. Le rythme du film est volontairement lent, avec des dialogues réduits au minimum, et une interprétation exemplaire, de Paul Newman, parfait, à Richard Boone, truculent à souhait. Tous contribuent au climat complexe et sophistiqué, qui culmine dans un dénouement d’une gravité que les mordus de western trouveront inhabituelle.
HOMBRE, Martin Ritt 1967, Paul Newman, Richard Boone (wester,)@@ (E)
Hombre est un blanc qui a été élevé par une tribu indienne. Pour se rendre à Bisbee, afin de débuter une nouvelle vie, il prend une diligence. Dans celle-ci, il y a de nombreux passager notamment Ci ...

@

HOME, Ursula Meier 2008, Isabelle Huppert, Olivier Gourmet (drame burlesque)@@


Depuis plus de dix ans, Marthe, Michel et leurs trois enfants vivent au bord d'un tronçon d'autoroute inachevé et abandonné depuis sa construction. Dix ans de tranquillité et de calme, isolés des autres ont fait d'eux une famille unie. Mais tout bascule lorsque les travaux reprennent soudain. Les voies sont recouvertes de bitume, et ce sont bientôt 80 véhicules à la minute qui défilent à 130 kilomètres à l'heure devant les fenêtres de leur demeure. Malgré le bruit infernal, la pollution et les nuisances nombreuses, Marthe refuse catégoriquement de quitter les lieux. Ses proches se plient à sa volonté...

TELERAMA
Isabelle Huppert s’illustre dans ce conte moral qui raconte le quotidien d’une famille bouleversée par la reconstruction de l’E57, une autoroute circulant au bord de la maison et traversée désormais par des milliers de véhicules chaque jour.

Mais qu’est-ce que c’est que cette maison, posée là comme par inadvertance au bord de cette autoroute vide ? Et qu’est-ce que c’est que ces gens qui y habitent ? Ils semblent heureux : papa, maman et leurs trois enfants jouent au hockey, s’éclaboussent gaiement dans la salle de bains. Mais voilà, après dix ans d’attente, le tronçon E 57 de cette autoroute va enfin devenir opérationnel. Très vite, des milliers de voitures, de camions passent devant la maison…

Avec une cruauté quasi clinique, presque surréaliste, Ursula Meier contemple alors deux mondes parallèles et névrosés. À l’extérieur, ces anonymes dans leurs boîtes colorées, dont on se demande s’ils savent seulement pourquoi et vers où ils roulent. À l’intérieur, elle filme l’absurdité et la peur. L’impuissance grandissante de cette mère, dont on devine insensiblement la névrose, à affronter un univers qui s’effrite… Elle réussit une fable faite de fausses pistes et d’entrelacs mystérieux.

On sent chez elle un plaisir à inventer, à tenter, et même à provoquer. À faire réfléchir, en tout cas — juste comme ça, en passant —, sur une société tentée davantage par l’asphyxie que par la survie. À sa façon, Home est un conte moral.
HOME, Ursula Meier 2008, Isabelle Huppert, Olivier Gourmet (drame burlesque)@@ (E)
Depuis plus de dix ans, Marthe, Michel et leurs trois enfants vivent au bord d'un tronçon d'autoroute inachevé et abandonné depuis sa construction. Dix ans de tranquillité et de calme, isolés des autres on ...

@

HOMEFRONT, Gary Fleder 2013, Jason Statham, James Franco (thriller)@


Suite à un drame survenu lors d'une transaction de drogue, un ancien agent de la DEA vit retiré dans une ville tranquille de Louisiane, avec sa fille. Un jour, l'adolescente, qui subit les réprimandes d'un garçon à l'école, lui donne un coup de poing. L'oncle du garçon s'avère être le dangereux chef d'une bande de narcotrafiquants. L'ex-agent, soudain impliqué, décide de reprendre les armes pour protéger sa fille et débarrasser la ville des malfaiteurs et de son baron de la drogue.

TELERAMA
Un ancien agent fédéral décide de prendre sa retraite dans un endroit tranquille en Louisiane avec sa fille, Maddy. Décevant.

Àl’origine, c’est Sylvester Stallone qui devait interpréter le rôle principal : un ancien agent des stups retiré dans les bayous de Louisiane, défendant sa fille contre un baron de la drogue. Finalement, Homefront n’est qu’un énième thriller avec Jason Statham, soucieux ici de casser son image de dur en jouant les papas poules, mais davantage doué pour briser, sadiquement, les os des méchants.

Décevant de la part de Gary Fleder, auteur de bons films méconnus comme Dernières Heures à Denver (1995) ou Le Maître du jeu (2003), qui se révèle incapable de maintenir la tension lors de l’assaut de la maison du héros, censé être le morceau de bravoure.
HOMEFRONT, Gary Fleder 2013, Jason Statham, James Franco (thriller)@ (E)
Suite à un drame survenu lors d'une transaction de drogue, un ancien agent de la DEA vit retiré dans une ville tranquille de Louisiane, avec sa fille. Un jour, l'adolescente, qui subit les réprimandes d'un garçon ...

@

HOMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, Audrey Dana 2022, Thierry Lhermitte, Ramzy Bedia, FX Demaison, Laurent Stocker(comique)@


Sept hommes, de 17 à 70 ans, que tout oppose, sinon d'être au bord de la crise de nerfs, se retrouvent embarqués dans une thérapie de groupe en pleine nature sauvage. Ce stage mystérieux, exclusivement réservé aux hommes, est censé faire des miracles. Première surprise à leur arrivée : le coach est une femme. Imprévisible et déroutante, elle va tout faire pour les aider à aller mieux. Avec ou sans leur consentement.

TELERAMA
Sept hommes d'horizons et d'âges très différents se retrouvent à la campagne, loin de tout, pour une thérapie de groupe qui doit les aider à s'extraire de leur état dépressif. Omega, la coach qui les prend en charge, prône une méthode miracle, consistant à leur faire passer diverses épreuves durant ce séjour. Adolescent comme Eliott, ou d'âge mûr tel Hippolyte, tous ont traversé de phases compliquées durant leurs vies, et tentent de s'en sortir. Et ce séjour en pleine nature sauvage va apporter son lot de rebondissements, de disputes, de crises mais également des moments de convivialité, de rires et de communions grâce à ce petit bout de femme...
HOMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, Audrey Dana 2022, Thierry Lhermitte, Ramzy Bedia, FX Demaison, Laurent Stocker(comique)@ (E)
Sept hommes, de 17 à 70 ans, que tout oppose, sinon d'être au bord de la crise de nerfs, se retrouvent embarqués dans une thérapie de groupe en pleine nature sauvage. Ce stage mystérieux, exclusivement r&ea ...

@

@

HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE, Henry Koster 1947, Cary Grant, Loretta Young et David Niven (comique)


Préoccupé par des problèmes de trésorie qui l'empêchent de construire une nouvelle cathédrale, l'évèque anglican Henry Brougham cherche le salut dans la prière. Un ange facétieux appelé Dudley se matérialise pour voler au secours d'Henry. Mais lorsque Dudley tombe amoureux de la femme de l'évèque, la charité monte au nez d'Henry !

TELERAMA
Qui ne connaît pas “Sept Ans de réflexion”, “Certains l’aiment chaud” ou encore “Sabrina” ? Leur auteur, Billy Wilder, un des cinéastes les plus célèbres du monde, excellait en matière de manipulations. De ses personnages et du spectateur. La Cinémathèque française, à Paris, lui rend hommage jusqu’au 8 février.

Par Pierre Murat

Il était exigeant avec lui-même. Et impitoyable avec les autres – ses comédiens, surtout. Sur le tournage de Fedora (1978), si Marthe Keller modifie d’une fraction de seconde le temps entre deux répliques, si elle dévie d’un centimètre la hauteur d’un gant sur son visage, il lui fait recommencer la scène. Des dizaines de fois. Et lorsque, cassée, elle s’épanche auprès de son partenaire, William Holden lui murmure : « Je sais, je sais, il est terrible. Mais chaque fois que ce salopard me dirige, je suis nommé à l’Oscar ! »

C’est à ce « salopard » que la Cinémathèque française rend hommage, jusqu’au 8 février. L’un des cinéastes les plus célèbres du monde, au demeurant. L’un des plus cultivés – c’est une rareté pour l’époque. L’un des plus audacieux aussi, qui n’a eu de cesse de mettre à mal la bêtise et la vulgarité dans une suite de films dont les titres restent familiers à ceux qui s’intéressent un tant soit peu au cinéma :  Assurance sur la mort, Boulevard du Crépuscule, Sept Ans de réflexion, Certains l’aiment chaud, La Garçonnière, La Vie privée de Sherlock Holmes, Avanti !…

Dès son premier long métrage, le jeune Billy (il a adopté ce surnom par amour pour sa mère, fan éperdue de Billy the Kid !) dévoile son goût pour les manipulations et les jeux de dupes. Il le tourne en exil à Paris, en 1934, après avoir été journaliste, gigolo (!) et scénariste. Dans Mauvaise Graine (coréalisé par Alexandre Esway), un vieux beau drague une lumineuse jeune fille qui se révèle, ô surprise, l’égérie d’un gang de jeunes escrocs spécialisé dans le vol de voitures. Envolée, sa belle décapotable… Brève rencontre, hélas, sans suite, entre Billy et Danielle Darrieux, presque débutante : les deux deviendront bientôt des stars, elle en France, lui en Amérique…


“Assurance sur la mort” (“Double Indemnity”), 1944. Avec Dick Rush, Edmund Cobb et Barbara Stanwyck. Prod DB © Paramount Pictures

Hollywood n’affaiblit pas l’insolence de cet émigré, né en 1906 dans une petite ville de l’actuelle Pologne, qui a grandi en Allemagne et l’a fuie à l’avènement du nazisme. C’est qu’il y travaille avec Ernst Lubitsch, le maître des élégances et des ambiguïtés –  son « seul dieu », dira-t-il. C’est le jeune Wilder, qui, sur Ninotchka (1940), avec Garbo, lui trouve la réplique extraordinaire qui résume l’atrocité, encore largement ignorée, de la dictature stalinienne : « Les nouvelles de Moscou sont excellentes. Les derniers procès ont été des réussites : il y aura moins de Russes, mais ils seront meilleurs… »


“Boulevard du Crépuscule” (“Sunset Boulevard”),1950. Billy Wilder, Gloria Swanson et Erich von Stroheim sur le tournage. Prod DB © Paramount

Lorsque le studio qui l’emploie – la Paramount – l’autorise à devenir réalisateur, il choisit une histoire dont on se demande, aujourd’hui encore, comment la censure de l’époque a pu l’agréer. Brièvement résumé, Uniformes et jupons courts (1942) raconte la rencontre, dans un train de nuit, d’un militaire irréprochable et d’une fillette de 13 ans pour qui il semble éprouver, soudain, des sentiments plus sensuels que paternels… Honni soit qui mal y pense : la gamine est en fait Ginger Rogers, qui s’est déguisée en préadolescente pour bénéficier d’un billet à demi-tarif. Mais le spectateur, et Ginger Rogers ! s’amusent du trouble grandissant de l’Américain moyen, terrifié par les zones troubles qu’il devine en lui.


“Certains l’aiment chaud” (“Some like it hot”), 1959. Jack Lemmon, Marilyn Monroe et Billy Wilder sur le tournage. Prod DB © 20th Century Fox

Ce film va déterminer la carrière de Billy Wilder. Un peu comme Joseph L. Mankiewicz, futur auteur d’Eve, de La Comtesse aux pieds nus et de L’Affaire Cicéron – un esthète comme lui –, il se fera le peintre, parfois cynique, des mœurs américaines. Mais d’un fait divers comme il y en a tant – un couple d’amants qui veut se débarrasser du mari –, il fait une tragédie et l’un des plus grands polars de l’histoire du cinéma :  Assurance sur la mort (1944). Pour Le Poison (1945), en revanche, sur les ravages de l’alcoolisme, il imagine une intrigue réaliste qu’il tourne quasiment comme un documentaire : un reportage comme aurait pu l’écrire le journaliste qu’il était à ses débuts. Ses ex-confrères, il ne les aime pas tant que ça, si l’on en juge par le pisse-copie sans scrupules (Kirk Douglas) qui profite de la chute d’un ouvrier dans une fosse d’où il ne peut s’extraire pour organiser un grand barnum médiatique. Et l’on ne sait trop, dans Le Gouffre aux chimères (1951), qui est le plus méprisable : le public voyeur qui campe pour observer la mort en direct ou l’organisateur du show, qui déclare sans sourciller : « Cent, deux cent mille victimes, les gens s’en lassent vite. Une seule les bouleverse, l’effet humain joue à plein… »

Richard C. Miller/Donaldson Collection/Getty Images
“Audrey Hepburn ? Elle va réussir à rendre les seins totalement démodés !”
Wilder est tout sauf romantique. On peut donc s’étonner de le voir, par deux fois, filmer des contes de fées. Mais, une fois encore, il s’agit d’un jeu de dupes. Le cinéaste se sert d’Audrey Hepburn, qu’il adore, dont il dit avec son humour ravageur : « Cette fille va réussir à rendre les seins totalement démodés », pour insuffler à ses deux scénarios une magie factice. Sabrina (1954) est, en fait, le récit, très acide, d’une ascension sociale (la fille d’un garagiste finit par épouser un industriel riche qu’elle n’a jamais aimé). Et Ariane (1957) –  le plus « lubitschien » de ses films – ne  repose que sur une imposture amoureuse : parce qu’elle a joué les libertines, une ingénue finit par emballer un vieux fêtard qu’elle a admiré, comme une midinette, dans les pages « people » d’un magazine de luxe… Jeu de dupes, encore et toujours.

Qui culmine dans deux splendeurs, qui vont conduire Billy Wilder de la gloire à l’opprobre. A Hollywood encore plus qu’ailleurs, le Capitole est proche de la roche Tarpéienne… En 1959, Certains l’aiment chaud symbolise le triomphe de sa vision du monde :  une imposture absolue. Les deux héros s’y travestissent pour mieux infiltrer un orchestre féminin. Tony Curtis joue les impuissants pour séduire Marilyn. Et Jack Lemmon, alias Daphné, devient, en fille, ce qu’il n’a jamais été en homme : un objet sexuel qui se fait pincer les fesses dans un ascenseur par un groom (« Je ne suis même pas jolie », fulmine-t-il) et demander en mariage par un milliardaire qui, découvrant sa virilité, lui lance une réplique devenue immortelle : « Personne n’est parfait ! »… Succès mondial (mais un seul oscar : celui des costumes). Wilder est au pinacle…

Cinq ans plus tard, il n’est plus rien. La faute à un film qu’il a voulu adapter d’une pièce italienne (jouée à Paris dans les années 1950 sous le titre L’Heure éblouissante). Où, c’est vrai, il n’y va pas de main morte. Jusque-là, il s’était attaqué à la tentation de l’adultère (Sept Ans de réflexion, 1955), aux mœurs du capitalisme (La Garçonnière, 1960) et à la mainmise de Coca-Cola sur les esprits et les corps (Un, deux, trois, 1961). Ici, c’est à la famille qu’il s’en prend –  autant dire à l’âme de la nation… Embrasse-moi, idiot raconte l’absurde machination d’un compositeur jaloux faisant passer une prostituée pour sa femme légitime auprès d’un crooner, sexuellement obsédé, à qui il veut vendre une chanson. A lui seul, cet argument est déjà difficilement supportable pour une Amérique encore puritaine. Le pire est à venir : à la suite d’un quiproquo, l’épouse – irréprochable, comme toute femme américaine qui se respecte –  passe une nuit sexuellement enchanteresse avec celui dont son mari voulait la protéger. Sans en éprouver ni remords, ni regret…

Là, c’en est trop ! « Une œuvre répugnante d’un réalisme totalement repoussant, tant sur le plan éthique qu’esthétique », tonne la Catholic Legion of Decency. Prêtres et prédicateurs exhortent leurs ouailles à boycotter l’œuvre diabolique. Des groupes de bons citoyens organisent des pétitions pour la retirer des écrans de leur ville. Des organisations féminines en rajoutent :  Kim Novak, menacée de mort pour avoir osé interpréter une prostituée endossant le rôle d’une honnête femme, s’exile quelques mois : « J’ignore si je pourrai travailler à nouveau », dit-elle, devant le scandale qui s’éternise… Wilder, rejeté par les studios qui ne juraient que par lui, aura désormais du mal à faire aboutir ses projets, d’autant que La Grande Combine (1966), La Vie privée de Sherlock Holmes (1970) et Avanti ! (1972) seront des bides critiques et publics. C’est en Allemagne qu’il trouvera l’argent pour réaliser son dernier chef-d’œuvre, en 1978 : Fedora.

Pour définir l’œuvre du cinéaste, il faudrait paraphraser la célèbre formule de Stendhal : « Un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin. » C’est ce qu’a toujours fait sa caméra, pour mieux dévoiler les beautés d’un pays qu’il chérissait pour l’avoir recueilli, lui, l’émigrant, mais aussi ses failles, ses vices et ses tourments.  Son arme numéro un ? L’ironie : une causticité virulente, parfois méchante, mais jamais mauvaise. Ses cibles ? La stupidité, l’ignorance. Et la crédulité, source de tant de maux, qu’il met en pièces dans ses farces ou ses drames à la verve incomparable. « Ah ! vous croyez vraiment en l’existence du monstre du loch Ness ? En bien, je vais vous expliquer ce qu’il en est vraiment. » Et Billy tourne La Vie privée de Sherlock Holmes. « Ah ! vous êtes suffisamment naïfs pour espérer une jeunesse éternelle ?  Eh bien, je vais vous dévoiler le dessous des cartes. » Et il réalise Fedora…

Ses films sont donc des bouées de sauvetage. Des bouffées d’oxygène. Des brevets d’intelligence. Ils exigent de nous un œil vif, toujours aux aguets. Et un esprit libre, capable d’éclairer pour mieux les anéantir les manipulateurs, les illusionnistes et les faux prophètes. C’est dire qu’en un temps où pullulent les « infox », à une époque qui ne fait plus confiance à personne, mais croit à tout et n’importe quoi, Billy Wilder, décédé en 2002, à l’âge de 95 ans, reste utile, nécessaire et indispensable. Comme le gardien de notre santé physique et mentale. 
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE, Henry Koster 1947, Cary Grant, Loretta Young et David Niven (comique) (E)
Préoccupé par des problèmes de trésorie qui l'empêchent de construire une nouvelle cathédrale, l'évèque anglican Henry Brougham cherche le salut dans la prière. Un ange fac&eacut ...

@

HORIZONS LOINTAINS, Ron Howard 1992, Tom Cruise, Nicole Kidman@ (saga histoire)@@


Irlande, 1892. Joe Donelly et ses trois fils exploitent un minuscule lopin de terre appartenant au plus gros propriétaire de la région, Daniel Christie. Mais Christie veut récupérer la terre des Donelly et charge son intendant d'incendier la ferme pendant l'enterrement de Joe.

TELERAMA
Cette longue saga, tournée avec un budget considérable, se voulait une fresque de l’Amérique des pionniers, peignant à la fois l’Irlande de la fin du XIXe, la vie enfiévrée de New York et les grands espaces westerniens. Le résultat est à l’image de la carrière de Ron Howard : très inégal. Certaines séquences - dont celle de la course pour la terre - possèdent un réel pouvoir d’émotion, alors que parallèlement plusieurs personnages restent conventionnels et peu attachants. Le film a également été composé pour mettre en valeur le couple Tom Cruise-Nicole Kidman et, à ce titre, la composition des deux interprètes est plutôt réussie. Comparé à La Porte du paradis de Michael Cimino, Horizons lointains apparaît comme un film soigné mais limité dans son propos.
HORIZONS LOINTAINS, Ron Howard 1992, Tom Cruise, Nicole Kidman@ (saga histoire)@@ (E)
Irlande, 1892. Joe Donelly et ses trois fils exploitent un minuscule lopin de terre appartenant au plus gros propriétaire de la région, Daniel Christie. Mais Christie veut récupérer la terre des Donelly et charge ...

@

HORS D ATTEINTE, Steven Soderbergh 1998, George Clooney, Jennifer Lopez (thriller comique)@@


Gentleman cambrioleur, Jack Foley moisit derrière les barreaux du pénitencier d'Etat de Glades en Louisiane. Cet homme qui a plus de cent casses sans armes à son actif ne rêve que de liberté et réussit à se faire la belle. Son copain Byddy Bragg l'attend de l'autre côté. Il y a également une visiteuse inattendue, le marshal Karen Sisco, une fort jolie femme venue délivrer une assignation. Elle tente de s'interposer et se retrouve prise en otage.

TELERAMA
Soderbergh filme somptueusement Clooney en gentleman cambrioleur en cavale, et Jennifer Lopez, flic à tomber par terre lancée à ses trousses.

Voir sur Canal+
Depuis sa Palme d’or pour Sexe, mensonges et vidéo (1989), Steven Soderbergh n’a cessé d’aborder les genres les plus divers. On est ici dans le registre de la comédie policière, comme dans Ocean’s Eleven, Twelve et Thirteen. Le danger existe, certes. Mais l’élégance moqueuse de la mise en scène laisse deviner, à chaque instant, que le jeu va l’emporter sur le sérieux.

Fidèle à l’univers du romancier Elmore Leonard, Steven Soderbergh s’est visiblement amusé à soigner (et parfois à inventer) des seconds rôles excentriques et excentrés : Glenn, le traîne-savates à l’accent traînant ; ou Buddy, le copain fidèle qui téléphone à sa sœur pour lui confesser les mauvais coups qu’il s’apprête à commettre…

Au tout début, on voit George Clooney arracher rageusement sa cravate avant de se ruer dans une banque pour y perpétrer, avec un sang-froid digne d’Arsène Lupin, un hold-up qui, pourtant, finira mal. Mais pourquoi diable a-t-il ainsi arraché sa cravate, se demande-t-on ? On ne le saura qu’une heure et demie plus tard, lorsque se seront assemblés tous les morceaux du puzzle, tous les indices que Soderbergh a semés avec une intelligence joueuse.
HORS D ATTEINTE, Steven Soderbergh 1998, George Clooney, Jennifer Lopez (thriller comique)@@ (E)
Gentleman cambrioleur, Jack Foley moisit derrière les barreaux du pénitencier d'Etat de Glades en Louisiane. Cet homme qui a plus de cent casses sans armes à son actif ne rêve que de liberté et réuss ...

@

HORS NORMES, Olivier Nakache et Éric Toledano 2019, Vincent Cassel, Reda Kateb (societe)@@@


Bruno et Malik vivent depuis vingt ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés 'd'hyper complexes'. Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

TELERAMA
Main dans la main, Reda Kateb et Vincent Cassel s’occupent de jeunes autistes. Jamais Éric Tolédano et Olivier Nakache n’ont, à ce point, imposé la belle évidence du mélange.

Cela fait vingt ans que Malik (Reda Kateb) forme des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer les autistes sévères dont s’occupe Bruno (Vincent Cassel). Que, main dans la main, avec leurs structures respectives, les deux hommes consacrent leurs jours et leurs nuits à croire qu’aucun cas n’est désespéré…

Éric Toledano et Olivier Nakache (Intouchables, Samba, Le Sens de la fête) racontent le combat des deux associations qu’ils connaissent bien et dont ils ont seulement modifié les noms. Pour cela, ils osent un virage vers l’émotion, sous la forme d’un thriller humaniste où le suspense est constant. Comment stopper, par exemple, la fugue folle, la nuit, en plein périphérique, de ce jeune malade très violent envers les autres et lui-même ?

Hors normes brille aussi par ces moments chahuteurs et gais où tous les aidants, blancs, noirs, musulmans, décompressent et dînent ensemble dans le petit restaurant de deux frères… hassidiques. Face à un Reda Kateb magnifique de bonté énervée, Vincent Cassel livre une composition rare : légèrement courbé, comme encombré de son corps (pour une fois), il projette son habituelle tension naturelle, changée en attention, vers les autres. Autour d’eux, les vrais aidants et autistes composent la majorité de la distribution et inventent grâce au cinéma une nouvelle « norme » réjouissante.
HORS NORMES, Olivier Nakache et Éric Toledano 2019, Vincent Cassel, Reda Kateb (societe)@@@ (E)
Bruno et Malik vivent depuis vingt ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas quali ...

@

HOT SHOTS, Jim Abrahams 1991, Charlie Sheen, Cary Elwes (comique loufoque)@


Dans cette parodie loufoque des films sur l'US Air Force, le lieutenant Topper Harley est un pilote de chasse talentueux, mais complexé par le souvenir de son père qui jadis aurait été responsable de la mort de son coéquipier pendant une mission dans les airs.

TELERAMA
Le destin héroïco-comique d’un jeune pilote de l’aéronavale, neurasthénique chronique, envoyé accomplir une mission délicate. Tous les poncifs sont au rendez-vous. Certains gags sont discutables ; d’autres hilarants.

Al’orée des années 80, la triplette Zucker-Abrahams-Zucker (qu’on s’empresse, par commodité, de réduire à l’acronyme ridicule ZAZ) a mis au point un nouveau prototype de comédie parodique et décérébrée qui puise sa force comique dans le pastiche des blockbusters du cinéma américain et dans l’accumulation de gags calamiteux et de calembours bien foireux. L’idée étant justement de repousser le plus loin possible les frontières du ridicule en débitant les blagues au kilomètre. Et en assumant qu’une bonne moitié tombe à plat.

Première pantalonnade signée du trio zozotant : Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Airplane ! en VO), qui se paie la tête des films catastrophes hollywoodiens des années 70. Pendant dix ans, le filon frise la surexploitation et la lassitude finit inévitablement par pointer. Comme dans ce très inégal Hot Shots !, qui s’inspire de Top Gun et de L’Etoffe des héros, avec un Charlie Sheen en roue libre dans un rôle de pilote de chasse traumatisé par la mort de son père. Le cadre est encore une fois sursaturé de gags plus ou moins discrets qui surgissent à tout bout de profondeur de champ. Dans un tel film-puzzle conçu sur la citation et la dérision, la mémoire du cinéphile est mise à rude épreuve et conditionne la compréhension des gags. Paradoxalement, il n’est pas évident qu’un spectateur de moins de 30 ans ait le bagage (sous-)culturel nécessaire pour profiter de cet humour ras du bitume. La jeune génération avide de bouffonneries pastichantes se bidonne désormais sur Scary Movie. C’est sans doute la raison pour laquelle Jim Abrahams a repris les rênes de la franchise en 2006 et s’apprête à tourner un numéro 5.
HOT SHOTS, Jim Abrahams 1991, Charlie Sheen, Cary Elwes (comique loufoque)@ (E)
Dans cette parodie loufoque des films sur l'US Air Force, le lieutenant Topper Harley est un pilote de chasse talentueux, mais complexé par le souvenir de son père qui jadis aurait été responsable de la mort de s ...

@

Michel Lang 1978, Anne Parillaud, Sophie Barjac, Daniel Cecaldi (comique sentimental)


Le grand chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août a lieu, comme chaque année, à l'Hôtel de la Plage de Locquirec, dans le Finistère. Les habitués sont déjà installés : il y a là Euloge Saint-Prix, accompagné de sa femme Cécile et de son petit neveu ; les Guedel, avec leurs deux filles, Catherine et Juliette ; les Belges Odette et Lucien Vermaelen et leurs jumeaux. Durant ces moments de détente, tous, parents, adolescents et enfants, vont en profiter et jouer avec la liberté éphémère des vacances. Le programme est le même chaque année : jeux, discussions et amourettes sans lendemain...
Michel Lang 1978, Anne Parillaud, Sophie Barjac, Daniel Cecaldi (comique sentimental) (E)
Le grand chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août a lieu, comme chaque année, à l'Hôtel de la Plage de Locquirec, dans le Finistère. Les habitués sont déjà i ...

@

HOTEL DES AMERIQUES, André Téchiné 1981, Catherine Deneuve, Patrick Dewaere (sentimental)@@@


A Biarritz, tard dans la nuit, au détour d'une rue, Hélène croise le chemin de Gilles. Elle conduit une voiture. Il traverse la chaussée. L'accident survient, sans gravité, sans autre conséquence que de réunir, de façon brutale et fortuite, deux mondes éloignés, deux étrangers. Gilles tombe follement amoureux d'elle. Hélène, à la beauté lumineuse mais aux silences gênés, fuit cette passion naissante.

TELERAMA
Dans un Biarritz filmé comme une ville morte, Gilles, épave en devenir, rencontre Hélène, médecin en deuil. Dewaere et Deneuve sont bouleversants.

Dans un Biarritz filmé comme une ville morte, un refuge où il fait bon rater sa vie, Hélène manque d'écraser Gilles. Elle loue un studio face à la mer, travaille comme anesthésiste, cherche en vain à endormir la douleur d'une disparition qui a mis fin à ses années heureuses. Lui est déjà une épave avant même d'avoir rien vécu de consistant. Gilles voit en Hélène la « septième plus belle femme de la ville ». Hélène place en Gilles l'espoir de retrouver un peu de joie de vivre.

Il n'y aura pas de miracle : quand elle aura vaincu ses fantômes pour faire de la place au « vivant », c'est lui qui se dérobera comme une ombre. La réussite artistique du film est à la hauteur de leur échec amoureux. La première collaboration d'André Téchiné et de Catherine Deneuve (ils ont tourné cinq films depuis) a permis à l'actrice, sous-employée par le cinéma français conformiste des années 1970 - en jolie épouse -, de se réinventer durablement : plus indépendante, plus quotidienne, d'une mélancolie abyssale. Son personnage dit d'ailleurs avoir déjà vécu une « première vie ». Quant à Patrick Dewaere, il endossait avec un masochisme bouleversant et funeste son énième rôle de perdant. Hôtel des Amériques est peut-être le plus beau film d'André Téchiné.
HOTEL DES AMERIQUES, André Téchiné 1981, Catherine Deneuve, Patrick Dewaere (sentimental)@@@ (E)
A Biarritz, tard dans la nuit, au détour d'une rue, Hélène croise le chemin de Gilles. Elle conduit une voiture. Il traverse la chaussée. L'accident survient, sans gravité, sans autre conséquence qu ...

@

HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@


Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple d'amoureux vient louer une chambre dans le but de se suicider. Pendant la nuit, le coup de feu retentit, la jeune femme est blessée et le jeune homme disparaît. Les hôteliers embauchent la jeune femme comme serveuse.

TELERAMA
Un hôtel modeste au bord du canal Saint-Martin... Inutile de raconter l'histoire, ce qui compte, évidemment, c'est... l'atmosphère de ce quatrième film de Marcel Carné. Au départ, il est embauché par la société de production Sedi pour tourner un film avec la star du studio, la jeune et douce Annabella. On ne lui donne qu'une directive : faire un Quai des brumes, mais un Quai des brumes moral...

Privé de son ami Prévert, en voyage aux Etats-Unis, le réalisateur choisit alors Jean Aurenche et Henri Jeanson comme scénaristes. Très vite agacés par la fadeur du couple de jeunes premiers dramatiques (Annabella, donc, et Jean-Pierre Aumont), ils imaginent un autre couple (merci à eux) pour leur voler la vedette (pari gagné !) : monsieur Edmond, un voyou repenti (Jouvet, un seigneur dans son costard de mac), et Raymonde (Arletty, incarnation géniale de la gouaille du Paris po­pulo), la prostituée au coeur tendre qui lance la réplique la plus célèbre du cinéma français.

Au bout du compte, Hôtel du Nord, véritable festival de dialogues, est plus un film de Jeanson que de Carné. Même les décors d'Alexandre Trauner sont plus importants que l'histoire : à eux seuls, ils feraient regretter à la Nouvelle Vague d'avoir déplacé les tournages en extérieurs naturels. Tendresse particulière pour le jeune Bernard Blier, dans le rôle de l'éclusier dingue de Raymonde (« Oui, ma petite reine », « Voilà, ma petite reine »)... Poussiéreux, l'Hôtel du Nord ? Ceux qui osent dire ça sont de « drôles de bled »... — Guillemette Odicino
HOTEL DU NORD, Marcel Carne 1938, Arletty, Louis Jouvet, Jean-Pierre Aumont (societe)@@@ (E)
Paris, 1938. Dans un hôtel proche du canal Saint-Martin, on fête une communion. Les clients de l'hôtel et les patrons célèbrent l'événement autour d'un repas. Au cours du repas, un jeune couple ...

@

HOTEL FANTOME,Karl Markovics2017, (policier)@


Les clients de l'hôtel Edelweiss sont confinés dans l'établissement depuis plusieurs jours à cause d'une tempête de neige. Alors que le réseau téléphonique vient d'être coupé, le cadavre de l'un des hôtes est retrouvé dans sa chambre par une employée. La nouvelle s'ébruite rapidement et crée un vent de panique chez les clients. Par hasard en vacances à l'hôtel, un commissaire commence à enquêter aux côtés de son assistant, Vendredi.

TELERAMA
Téléfilm policier, ce quatrième long métrage prend pour décor un hôtel des Alpes cerné par une tempête de neige, quelque part entre l’Overlook de Shining et le Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. La direction tente, en vain, de cacher à la clientèle deux meurtres successifs, perpétrés dans deux chambres fermées de l’intérieur.
Markovics se moque gentiment de l’atmosphère surannée des romans d’Agatha Christie : il situe son huis clos au cœur d’un établissement poussiéreux, peuplé de figures stéréotypées (l’ex-banquière croqueuse d’hommes).
Dans la peau d’un commissaire viennois, l’acteur-réalisateur s’amuse à imiter les multiples tics d’Hercule Poirot, notamment cette obsession de révéler ses conclusions en public. Jamais loin de la parodie (l’assistant idiot du détective), le film n’échappe pas, in fine, à l’un des travers du « whodunit¹ » : mystère plaisant, résolution décevante.
HOTEL FANTOME,Karl Markovics2017, (policier)@ (E)
Les clients de l'hôtel Edelweiss sont confinés dans l'établissement depuis plusieurs jours à cause d'une tempête de neige. Alors que le réseau téléphonique vient d'être coupé ...

@

HOURIA, Mounia Meddour 2022, Lyna Khoudri, Rachida Brakni (danse femmes)@@


Une jeune femme passionnée de danse classique subit un traumatisme. Elle rencontre alors d'autres femmes qui ont vécu des situations similaires et trouve un moyen créatif de canaliser sa passion.

TELERAMA
Quatre ans après “Papicha”, la réalisatrice Mounia Meddour livre un nouveau film à fleur de peau. Le corps meurtri, une danseuse doit se reconstruire. Malgré l’énergie de Lyna Khoudri, le film est trop démonstratif.

Papicha, le premier film de fiction en partie autobiographique de Mounia Meddour, en 2019, avait été un vent de fraîcheur dans le paysage du cinéma franco-maghrébin par son éloge de la sororité face à la montée de l’intégrisme religieux dans l’Algérie de la décennie noire, sa réalisation électrique et son élan vital. Il est à nouveau question de la difficile émancipation des femmes en terre d’Islam dans Houria, la mise au scène au plus près des visages et des corps procure la même sensation d’urgence, et Lyna Khoudri, à nouveau en tête d’affiche, impressionne toujours par son énergie folle et son émotion à fleur de peau. Mais le charme n’opère plus…

La réalisatrice, qui a dû reconstituer Alger à Marseille faute de pouvoir tourner toutes les scènes voulues sur place, a largement perdu l’authenticité quasi documentaire qui participait de la puissance de son coup d’essai. Mais le principal écueil de Houria est, sans doute, d’arriver en salles un an pile après En corps, alors qu’il raconte peu ou prou la même histoire que le film à succès de Cédric Klapisch : une jeune espoir du ballet classique, le corps brisé par un accident — ou, ici, par une agression —, se reconstruit au contact des autres et par la découverte de la danse contemporaine. Dans En corps, le parcours de résilience d’Élise (Marion Barbeau) se suffisait à lui-même. Celui de Houria s’inscrit dans un contexte politique et social si marqué (la tentation de l’émigration pour les jeunes Algériens d’une part, les stigmates de la guerre civile d’autre part) qu’il devient envahissant. Au risque d’un scénario par trop démonstratif.
HOURIA, Mounia Meddour 2022, Lyna Khoudri, Rachida Brakni (danse femmes)@@ (E)
Une jeune femme passionnée de danse classique subit un traumatisme. Elle rencontre alors d'autres femmes qui ont vécu des situations similaires et trouve un moyen créatif de canaliser sa passion.

TELERAMA
Q ...

@

HOURS, Eric Heisserer 2013 (histoire catastrophe)@


Par une journée orageuse, Nolan et sa femme, Abigail, enceinte, se présentent dans un hôpital de la Nouvelle-Orléans, prêts à accueillir un heureux événement. Malheureusement, sans raison apparente, Abigail décède après avoir mis au monde un bébé prématuré. Sous respirateur artificiel, le nourrisson ne peut être déplacé. Dehors, l'ouragan Katrina se déchaîne et l'hôpital doit être évacué précipitamment.

TELERAMA
En 2005, à La Nouvelle-Orléans, alors que l'ouragan Katrina approche, l'épouse de Nolan meurt en couches à l'hôpital. Le bébé est placé dans une couveuse. Sous le choc, Nolan ne sait pas quoi faire. Quand l'hôpital est en partie évacué, Nolan décide de rester sur place, aux côtés de sa fille. Quand l'eau envahit le rez-de-chaussée, l'électricité est coupée. Nolan trouve une batterie pour alimenter la couveuse, mais il doit rester à côté pour la recharger régulièrement. Il se rend également compte qu'il va être à court de liquide pour la perfusion...
HOURS, Eric Heisserer 2013 (histoire catastrophe)@ (E)
Par une journée orageuse, Nolan et sa femme, Abigail, enceinte, se présentent dans un hôpital de la Nouvelle-Orléans, prêts à accueillir un heureux événement. Malheureusement, sans raiso ...

@

HUEVOS DE ORO, Bigas Luna 1994, Javier Bardem, Benicio del Toro, Élisa Tovati (societe)@


Au cours de son service militaire au Maroc, Benito Gonzales rencontre Rita, qui devient son premier grand amour. Avec Miguel et El Mosca, le frère de Rita, ils forment un groupe d'amis inséparables jusqu'à ce que Miguel lui prenne sa fiancée. De retour en Espagne, Benito change. Cette déception amoureuse nourrira ses ambitions démesurées : il va désormais se servir des femmes pour son ascension sociale.

TELERAMA
A Melilla, Benito, jeune ouvrier du bâtiment, noue une idylle avec la pulpeuse Rita, qui ne tarde pas à le tromper avec son meilleur ami. Furieux et blessé dans son amour propre, Benito décide de devenir le roi de l'immobilier et de se servir des femmes pour atteindre son objectif ultime, la construction d'une tour géante. Il rencontre Claudia, qui veut devenir actrice, lui fait croire qu'il peut l'aider et l'utilise pour convaincre un financier réticent. Puis il épouse Marta, la fille d'un banquier, dans le but d'obtenir un important financement. La tour de ses rêves sort enfin de terre. Mais Marta n'est pas dupe des agissements de son époux...
HUEVOS DE ORO, Bigas Luna 1994, Javier Bardem, Benicio del Toro, Élisa Tovati (societe)@ (E)
Au cours de son service militaire au Maroc, Benito Gonzales rencontre Rita, qui devient son premier grand amour. Avec Miguel et El Mosca, le frère de Rita, ils forment un groupe d'amis inséparables jusqu'à ce que Miguel ...

@

HUGO CABRET, Martin Scorsese 2011, Asa Butterfield, Ben Kingsley (science fiction)@@@


Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu'un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de coeur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n'est que le début de l'aventure.

TELERAMA
Avant le film de Martin Scorsese (en salles), il y a un livre écrit et illustré par l'Américain Brian Selznick. Il nous raconte comment “Hugo Cabret” a été adapté par le grand réalisateur.

C'est sous la plume de Brian Selznick qu'est né Hugo Cabret, dont l'adaptation de Martin Scorsese vient de sortir. Dessinateur de formation, attaché aux images mais aussi aux mots, ni simplement illustrateur, ni seulement écrivain, Brian Selznick se définit comme « faiseur de livres ». Il assure que son Hugo Cabret, publié en France aux éditions Bayard, ne sera pas un nouvel Harry Potter et n'aura donc pas de suite. Mais son passage au cinéma est une deuxième vie qu'il suit de près. Présent sur le tournage de Scorsese, il en a raconté les secrets dans un album (chez Bayard également). Il commente ici des photos associées aux mots clés de l'aventure Hugo Cabret, du livre au film.

J'ai le sentiment que Méliès a toujours fait partie de ma vie. J'ai découvert Le Voyage dans la lune quand j'avais quatre ans et le souvenir ne m'en a jamais quitté. Plus tard, je me suis documenté sur Méliès et j'ai découvert que sa vie avait eu tous les ingrédients d'un bon film : une grande ambition, une tragédie et un happy end. Mais quand j'ai commencé à écrire et dessiner mon livre, Hugo Cabret, on m'a beaucoup découragé de continuer. Pourquoi raconter en noir et blanc une histoire d'enfants qui s'intéressent à des films muets français ? Les enfants n'aiment pas les films muets et encore moins les films muets français ! Mais mon livre a été un grand succès et j'ai pu constater moi-même qu'il suscitait chez les enfants une réelle curiosité pour le cinéma muet, notamment pour les films de Méliès, mais aussi pour les autres films muets de son temps. Mon livre parle d'une époque, il donne aux enfants un contexte, un décor, et à partir de là, ça les intéresse de comprendre ce qu'on faisait comme genre de films.

En 2005, je suis allé au cimetière du Père Lachaise voir la tombe de Méliès. J'y ai laissé un message pour saluer sa mémoire, un dessin et quelques mots. Je viens de découvrir que c'est la petite fille de Méliès qui a maintenant ce message : elle l'a trouvé sur la tombe après mon passage et elle a l'a rapporté chez elle, encadré et accroché au mur ! »
HUGO CABRET, Martin Scorsese 2011, Asa Butterfield, Ben Kingsley (science fiction)@@@ (E)
Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu'un étrange automate ...

@

HUGUETTE, Antoine Garceau, Line Renaud, Romane Bohringer societe)@@@ (film complet)


Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadragénaire, peine à concilier les exigences de son métier et l'éducation attentive de son fils de 15 ans, dont les résultats scolaires l'inquiètent. Les chemins des deux femmes se croisent le jour où Marion surprend Huguette dormant dans sa voiture. Expulsée, la vieille dame n'a nulle part où aller et Marion la recueille.

TELERAMA
Expulsée de son appartement, Huguette, une enseignante retraitée, est hébergée par sa voisine, mère d’un ado en difficulté scolaire. Pertinent quand il penche du côté du réalisme social, le téléfilm finit par s’égarer dans les bons sentiments...

Vieille dame isolée, Huguette sombre jour après jour dans la misère. Expulsée de son appartement, elle se résout à dormir dans la voiture de son défunt mari. Inacceptable pour Marion, sa voisine. Cette mère célibataire aux prises avec les difficultés scolaires de son fils propose à Huguette de l’héberger quelque temps. En échange, la fière octogénaire, ancienne enseignante, promet de faire remonter les résultats de Rémi en un temps record. Objectif : la seconde générale tant espérée par Marion.

Une mère angoissée, une prof dépassée par l’ère du « tout-écran », un gamin débrouillard au bord de l’asphyxie : avec ce trio improvisé, servi par une interprétation convaincante, Huguette séduit d’abord en embrassant avec justesse des thématiques dans l’air du temps comme la pression éducative, la précarité des aînés, et les relations intergénérationnelles. Mais à force d’élargir son propos, le scénario finit par s’égarer, et retombe maladroitement sur ses pieds grâce à un buzz sur Internet aussi pratique qu’un coup de baguette magique… Au réalisme social le téléfilm préfère la fable optimiste, certes rassurante, mais aussi frustrante.
HUGUETTE, Antoine Garceau, Line Renaud, Romane Bohringer societe)@@@ (film complet) (E)
Professeure de français retraitée, Huguette, en proie aux difficultés financières depuis le décès de son mari, bascule dans la précarité. Sa voisine Marion, une infirmière quadr ...

@

HUIT ET DEMI, Frederico Fellini 1963, Marcello Mastroianni, Anouk Aimée (societe)@@@


Un cinéaste dépressif fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa jeunesse, ses rêves fous de "harem", ses parents décédés. Dans la station thermale où il s'est isolé, son épouse Luisa, sa maîtresse Carla, ses amis, ses acteurs, ses collaborateurs et son producteur viennent lui tourner autour, pour qu'enfin soit réalisé le film sur lequel il est censé travailler.

TELERAMA
Voici un chef-d’œuvre façonné non seulement par un cinéaste de génie, mais par son époque. Au début des années 1960, le quadragénaire Fellini est devenu une légende vivante : La dolce vita, sa Palme d’or, son oscar et son immense succès ont parachevé sa mutation en figure de l’artiste absolu. Est-il seulement encore un homme ? C’est la question qui hante son huitième film et demi (après sept longs métrages et trois courts qui comptent pour un et demi). Sous les traits de son complice Marcello Mastroianni, le réalisateur se met en scène en créateur perdu dans sa propre identité, faite de souvenirs, de visions, de vérités, de mensonges et de fantasmes. Dans une station thermale qui évoque une antichambre du paradis ou un purgatoire, ce Guido travaille au film qu’il doit tourner, ou, plutôt, est-ce ce film rêvé qui le travaille…

Aujourd’hui, Fellini est presque aussi ignoré qu’il était adulé il y a soixante ans, et le contraste qu’il établissait entre son rayonnement mondial et cet exercice d’introspection est moins sensible — sinon à travers la présence de la foule qui accompagne Guido dans son cheminement intérieur. Une fièvre s’est dissipée mais la modernité, elle, saute toujours aux yeux. Tout particulièrement avec les sublimes portraits de femmes, qui sont le cœur battant de Huit et demi. Quand les belles se rebellent et que Guido feint de pouvoir les dompter avec un fouet, ce kaléidoscope vertigineux semble nous faire des clins d’œil et défier le temps.
HUIT ET DEMI, Frederico Fellini 1963, Marcello Mastroianni, Anouk Aimée (societe)@@@ (E)
Un cinéaste dépressif fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa je ...

@

HUNGER GAMES, Gary Ross 2012, Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson (science fiction)@


Après que sa soeur a été sélectionnée pour participer aux violents 'Hunger Games',' Katniss Everdeen décide de se porter volontaire pour libérer sa soeur de son fardeau. La jeune femme et son comparse du District 12, Peeta, devront affronter 22 autres adolescents ayant entre 12 et 18 ans, jusqu'à la mort.

TELERAMA
Film d’anticipation où des jeunes gens sont forcés de s’entretuer lors d’un jeu télévisé. Cette adaptation, à l’image de son interprète, Jennifer Lawrence, n’est jamais tape-à-l’œil, mais toujours lisse.

Les lecteurs de la trilogie d'anticipation Hunger Games, best-seller de Suzanne Collins, connaissent bien la jeune Katniss : une dure à cuire embarquée malgré elle dans un jeu télévisé mortel entre ados, façon Battle Royale. La voici incarnée par une Jennifer Lawrence, découverte dans Winter's Bone, plus minette que chat sauvage.

Présentée comme la première salve de la nouvelle saga post-Twilight, cette adaptation est à l'image de son interprète principale : jamais tape-à-l'oeil, mais toujours lisse. Le livre décrit un monde inégalitaire, où quelques-uns se gavent tandis que les autres triment ; une dictature médiatique où la téléréalité, poussée à l'extrême, est un outil d'asservissement. Bref, une fable cauchemardesque sur les travers de l'Occident en général, et des Etats-Unis en particulier. Or, même si l'écrivaine a participé au scénario, ce contexte inquiétant n'est guère plus, ici, qu'un décor. Comme les deux tomes suivants, les plus politiques, restent à adapter, on peut espérer que les « jeux » ne sont pas encore faits...
HUNGER GAMES, Gary Ross 2012, Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson (science fiction)@ (E)
Après que sa soeur a été sélectionnée pour participer aux violents 'Hunger Games',' Katniss Everdeen décide de se porter volontaire pour libérer sa soeur de son fardeau. La jeune femme et son ...

@

HUNTER KILLER, Donovan Marsh 2018, Gerard Butler, Gary Oldman (guerre)@@


Dans les profondeurs de l'océan Arctique, alors que le commandant sous-marinier Joe Glass tente de retrouver un sous-marin américain en détresse, il découvre que des terroristes russes préparent un coup d'État menaçant de bouleverser l'ordre du monde. Glass doit désormais réunir une troupe de Navy Seals afin de sauver le président russe retenu en otage et éviter la Troisième Guerre mondiale.

TELERAMA
Si le scénario ne fait pas dans la dentelle — notamment en matière de géopolitique —, il parvient à créer un suspense efficace. On retient son souffle devant les impressionnantes scènes de batailles sous-marine, entre manœuvres périlleuses et explosions sourdes.
HUNTER KILLER, Donovan Marsh 2018, Gerard Butler, Gary Oldman (guerre)@@ (E)
Dans les profondeurs de l'océan Arctique, alors que le commandant sous-marinier Joe Glass tente de retrouver un sous-marin américain en détresse, il découvre que des terroristes russes préparent un coup d' ...

@

HURRICANE, Rob Cohen 2018, Jason Robards, Mia Farrow (catastrophe)@@


Une équipe de hackers infiltre une installation militaire secrète sur la côte des Etats-Unis, dans la petite ville de New Hope, en Alabama, alors qu'une tempête gigantesque est en approche. Un `chasseur d'ouragan' et une agent du trésor vont tenter de les arrêter.
HURRICANE, Rob Cohen 2018, Jason Robards, Mia Farrow (catastrophe)@@ (E)
Une équipe de hackers infiltre une installation militaire secrète sur la côte des Etats-Unis, dans la petite ville de New Hope, en Alabama, alors qu'une tempête gigantesque est en approche. Un `chasseur d'ouragan' ...

@

HUSSY, Matthew Chapman 1980, Helen Mirren, John Shea and Paul Angelis (societe femmes film e)@


Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un passé compliqué et douloureux, entre meurtre, mafia et ex-conjoint violent.

Un club cabaret à Londres. Des messieurs boivent et fument en compagnie de jeunes hôtesses pendant que sur scène se succèdent des danseuses en petite tenue et des chanteurs. Emory (John Shea) s’occupe des éclairages. Dans un petit local, des hôtesses peinturlurées attendent qu’on les appelle. Quand soudain Beaty (Helen Mirren) arrive, s’assied sans rien dire et allume un cigarillo. Elle est de retour après avoir perdu un travail. Emory qui ne la connait pas, va lui parler. Evidemment, il n’est pas question qu’ils sortent ensemble. Mais un soir où il est libre, après avoir fait un petit boulot de chauffeur, il paie pour passer la soirée avec Beaty. Celle-ci est furieuse. Mais il la paie, la ramène chez lui et la laisse dormir seule dans la chambre d’ami. Beaty se laisse séduire, mais comment peut évoluer leur relation, entre un mec fauché et une prostituée de luxe ? Ont-ils vraiment un avenir ensemble ? Quand Emory rencontre Max (Murray Salem), un ami connu en Asie qui lui propose un gros coup pour se faire de l’argent, il hésite. D’autant qu’un ex de Beaty, Alex (Paul Angelis), un psychopathe, débarque et s’installe chez lui.

« Hussy » est le deuxième film écrit et réalisé par l’anglais Matthew Chapman, après « Violent Summer » (1976), aujourd’hui perdu. Chapman s’inspire de son expérience personnelle pour écrire le scénario. Parmi les nombreux jobs qu’il a fait dans sa jeunesse, il a été chargé de l’éclairage dans un club londonien. C’est d’ailleurs dans ce club même qu’est tourné « Hussy ».

La romance entre Emory et Beaty peut sembler improbable. Comment Beaty, une prostitué expérimentée avec un jeune enfant Billy (Daniel Chasin) peut tomber amoureux d’un jeune homme fauché, et croire que ça aboutira à quelque chose de sérieux. Mais il faut avouer qu’Emory, incarné par l’acteur américain John Shea, a une bonne tête ! La romance qui vire au drame et au film criminel marche plutôt bien, et le tout est filmé avec crédibilité et de bons acteurs par Chapman, inspiré par sa connaissance du sujet. Le film est évidemment porté par l’incroyable Helen Mirren, déjà alors bien connue pour ses performances sur scène et à l’écran (pour la télévision et le cinéma, notamment dans « Age of Consent » en 1969, « O Lucky Man » (1973) ou encore « Caligula » (1979). La même année que « Hussy », elle tourne dans le fabuleux « The Long Good Friday » et enchainera l’année suivante avec « Excalibur ».

Beaty fait partie de ces portraits de prostituées fortes et indépendantes (avec des nuances) qu’on peut voir dans le cinéma britannique des années 80, dans « Prostitute » (1980), « Mona Lisa » (1986) et « Personal Services » (1987) par exemple. On peut même rapprocher le personnage de Beaty à celui de Victoria, maitresse du chef de la pègre incarné par Bob Hoskins dans « The Long Good Friday ». Comme le fait remarquer avec justesse Rebecca Nicole Williams dans le livret accompagnant le blu-ray dans la réédition de Powerhouse, Victoria pourrait être aussi bien le devenir de Beaty, que son passé.

Le film est produit par Boyd’s Company, la compagnie de production créée par Don Boyd, le critique du London Evening Standard, et qui marquera la fin des années 70 et le début des années 80. A l’époque, le bouillonnant producteur produit aussi bien « The Tempest » pour Derek Jarman, « The Great Rock’n’Roll Swindle » pour Julien Temple ou encore « Scum » pour Alan Clarke.

« Hussy » est l’un de ces films, rapidement classé en film d’exploitation à sa sortie par une critique un peu méprisante (alors que les scènes de sexe sont peu nombreuses et assez chastes), et qui mérite aujourd’hui d’être redécouvert sous un nouveau jour.
HUSSY, Matthew Chapman 1980, Helen Mirren, John Shea and Paul Angelis (societe femmes film e)@ (E)
Beaty, une prostituée, travaille dans un cabaret londonien. Elle y rencontre Emory, technicien, et finissent par tomber amoureux. Cependant, le métier de Beaty pèse sur Emory et chacun porte avec lui le poids d'un pass& ...

@

I M NOT THERE, Todd Haynes 2007, Bob Dylan, Cate Blanchett, Richard Gere (bio)@@


Un voyage à travers les âges de la vie de Bob Dylan. Six acteurs incarnent Dylan tel un kaléïdoscope de personnages changeants : poète, prophète, hors-la-loi, imposteur, comédien, martyr et Born Again. Ils participent tous à l'esquisse d'un portrait de cette icône américaine définitivement insaisissable.

TELERAMA
Un film sur Dylan, mais sans Dylan, à travers six “doubles” fictifs. Une expérience excitante menée par Todd Haynes.
Qui n’est pas là (« not there ») dans ce film sur Bob Dylan ? Dylan lui-même. Alors qui est là ? Les six avatars que lui a imaginés Todd Haynes, certifié expert en faux (Velvet Goldmine, Loin du paradis). Chacun des doubles endosse un peu de la réalité du modèle, ou l’un de ses masques : gamin noir et baratineur, chanteur protestataire, acteur macho, dandy androgyne, ermite usé. Plus un type aux cheveux fous en habit de poète. Pas sûr que la somme des six offre un Dylan global qui passe pour « vrai ». En l’absence du modèle (sinon par ses chansons, semées partout), les acteurs le réinterprètent. Casse-cou ? Plus c’est sur le fil, mieux ça marche. Les deux plus touchants : le gamin noir tapant Tombstone Blues sous un porche avec deux papys. Et Cate Blanchett imitant le phrasé qui tue dans Ballad of a Thin Man, dont Todd Haynes fait un clip hallucinant. Dylan-enfant, Dylan-femme…

Quand il est moins inspiré, Haynes a recours à des ficelles : le faux documentaire sur Dylan folk avec Julianne Moore en Joan Baez ! De sa folle accumulation de détails, le film tient à la fois sa justesse et ses insuffisances maniéristes. On peut avoir l’impression d’errer dans un musée Dylan dont les salles communiquent. Ceux qui aiment Bob prendront ce train fantôme.
I M NOT THERE, Todd Haynes 2007, Bob Dylan, Cate Blanchett, Richard Gere (bio)@@ (E)
Un voyage à travers les âges de la vie de Bob Dylan. Six acteurs incarnent Dylan tel un kaléïdoscope de personnages changeants : poète, prophète, hors-la-loi, imposteur, comédien, martyr et Born ...

@

IBIZA, Arnaud Lemort 2018, Christian Clavier, Mathilde Seignier (comique)@@


Philippe et Carole, tous deux divorcés, viennent de se rencontrer. Très amoureux, Philippe est prêt à tout pour se mettre les deux adolescents de Carole dans la poche. Il propose un accord au fils aîné: s'il obtient son baccalauréat, il pourra choisir leur lieu de vacances. Et ce sera Ibiza.

TELERAMA
Après deux comédies plutôt sympathiques, Arnaud Lemort se lance dans le blockbuster franchouillard. Son pitch ? Propulser au cœur des nuits chaudes d’Ibiza un podologue coincé et plan-plan (Christian Clavier).

La recette de cette pochade estivale ? Propulser au cœur des nuits chaudes d’Ibiza un podologue coincé et plan-plan (Christian Clavier), plus adepte des soirées Scrabble en baie de Somme que des sound systems. Sa mission: profiter de ces vacances olé olé pour se faire accepter des enfants adolescents de sa nouvelle compagne, Carole (Mathilde Seigner). Et accessoirement, tenter de s’acclimater à cette « île de junkies », où, à tous les coins de rue, on vous propose « de la chnouf ».

Après deux comédies plutôt sympathiques (Dépression et des potes, L’amour c’est mieux à deux), Arnaud Lemort se lance dans le blockbuster franchouillard, formaté pour en envoyer plein les yeux. Au menu, du gros son, des fiestas, des plages nudistes, des seconds rôles people (JoeyStarr, Cathy Guetta), et un scénario flemmard, conçu pour offrir à Clavier une heure et demie de cabotinage ininterrompu. Philippe prend de la MDMA, Philippe se casse la binette en overboard, Philippe atterit aux urgences... La marade consiste ici à jouer sans arrêt sur le décalage entre l’atmosphère débridée de l’île, et les comportements inappropriés du personnage. De quiproquos en gags poussifs, le séjour finira en baston et - littéralement - en hectolitres de purin déversés par des tuyaux d’arrosage sur un couple de bobos bio (Frédérique Bel et Louis-Do de Lencquesaing)... Bref, on se surprend à adopter le même air navré que les enfants de Carole jaugeant leur beau-père : « Il a l’air d’avoir 600 000 ans ». L’humour du film aussi.
IBIZA, Arnaud Lemort 2018, Christian Clavier, Mathilde Seignier (comique)@@ (E)
Philippe et Carole, tous deux divorcés, viennent de se rencontrer. Très amoureux, Philippe est prêt à tout pour se mettre les deux adolescents de Carole dans la poche. Il propose un accord au fils aîné ...

@

ICE ROAD, Liam Neeson 2021, Laurence Fishburne (catastrophe)@@


Une mine de diamants s'effondre dans le Grand Nord canadien et piège près de trente mineurs. Pour cette mission de sauvetage périlleuse, Jim Goldenrod engage Mike McCann, un conducteur de camion expérimenté. Ils vont mener un convoi qui va emprunter la route de glace, un océan gelé et instable qui couvre les presque 500 km du lac Winnipeg. Aux intempéries et avaries mécaniques, s'ajoute une série d'attaques mystérieuses, qui prouvent que quelqu'un n'a pas intérêt à ce que ce sauvetage ait lieu.
ICE ROAD, Liam Neeson 2021, Laurence Fishburne (catastrophe)@@ (E)
Une mine de diamants s'effondre dans le Grand Nord canadien et piège près de trente mineurs. Pour cette mission de sauvetage périlleuse, Jim Goldenrod engage Mike McCann, un conducteur de camion expérimenté ...

@

IL A DEJA TES YEUX, Lucien Jean-Baptiste 2016, Aissa Maiga, Lucien Jean-Baptiste


Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s'ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu'au jour où Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d'adoption est approuvé. Il est adorable, il a six mois, il s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux sont noirs !
IL A DEJA TES YEUX, Lucien Jean-Baptiste 2016, Aissa Maiga, Lucien Jean-Baptiste (E)
Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s'ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu'au jour où Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d'adoption est approuvé. ...

@

IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968,


Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer).
IL ETAIT UNE FOIS DANS L OUEST Sergio Leone 1968, (E)
Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors les terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la va ...

@

IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE, Sergio Leone, Robert de Niro


Noodles laisse les souvenirs remonter à la surface de sa mémoire dans une fumerie d'opium du quartier chinois. Quarante ans plus tôt, avec ses amis d'enfance, ils formaient une bande de gamins débrouillards déjà prêts à affronter tous les dangers pour sortir de la pauvreté. Puis, il y a eu la première histoire d'amour avec l'inaccessible Deborah. Pour sauver ses amis, il les a vendus. Jusqu'à ce qu'ils se fassent tous tuer lors d'une arrestation.
IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE, Sergio Leone, Robert de Niro (E)
Noodles laisse les souvenirs remonter à la surface de sa mémoire dans une fumerie d'opium du quartier chinois. Quarante ans plus tôt, avec ses amis d'enfance, ils formaient une bande de gamins débrouillards d&eacu ...

@

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn (western)@@


Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Villa. Juan aimerait bien utiliser les talents d'artificier de Sean pour organiser quelques mauvais coups.

TELERAMA
Les coups tordus de deux aventuriers en Amérique du Sud : l’un péon avec famille nombreuse, l’autre patriote irlandais expert en dynamite. Leone signe ici un deuxième volet magistral de son triptyque consacré au continent américain.

Situé entre Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois en Amérique, ce film est le deuxième volet du triptyque consacré par Sergio Leone au dézingage des mythes fondateurs américains. C’est aussi son dernier western. Autant d’éléments qui nous engagent à décrypter le discours caché sous l’épais vernis léonien (gros plans et ralentis pour la forme, ironie et violence pour le fond), qu’on goûte avec plus ou moins d’appétit selon qu’on est ancien ou moderne.

Mexique, 1913. Alors que le pays subit une sanglante révolution, un péon détrousseur de diligences et un expert en explosifs de l’IRA associent leurs talents. Objectif : profiter de la confusion générale pour s’en mettre plein les poches. La citation de Mao Zedong en ouverture annonce la couleur : « La révolution n’est pas une fête. La révolution est un acte de violence. » Message à tous ceux qui, à l’époque, lèvent le poing dans leur salon. Le titre original n’a pas l’emphase du titre français – il signifie simplement « Baisse la tête ». En attendant que ça passe.
IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn (western)@@ (E)
Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Vil ...

@

IL ETAIT UNE FOIS LE BRONX, Robert De Niro 1993


Le quartier de Fordam, dans le Bronx, vit sous le règne de la mafia sicilienne. Honnête chauffeur de bus et père de famille très modeste, Lorenzo Anello refuse d'accepter combines et argent sale. Un soir, son fils Calogero, du haut de ses 9 ans, est témoin d'un meurtre commis par Sonny, le chef des mafieux. Fasciné par le malfrat, il respecte l'omerta et ne dit rien à la police. Sonny prend le petit sous son aile et le considère comme le sien.

TELERAMA
Dans la pièce de Chazz Palminteri, Robert De Niro, lui-même originaire du Bronx, a visiblement trouvé de fortes résonances autobiographiques.
Pour son premier film comme metteur en scène, l’acteur s’est appuyé sur un script extrêmement précis, une reconstitution léchée et un casting béton (dont lui-même, plus sobre que jamais). Le résultat est plein de bons sentiments, la chaleur et la sincérité du projet compensent une mise en forme un peu pataude. Mieux vaut choisir l’honnêteté que le crime, se rend compte in fine le héros, alors que la haine raciale s’est retournée contre ses anciens amis : on aurait tort de trouver la leçon sotte.
IL ETAIT UNE FOIS LE BRONX, Robert De Niro 1993 (E)
Le quartier de Fordam, dans le Bronx, vit sous le règne de la mafia sicilienne. Honnête chauffeur de bus et père de famille très modeste, Lorenzo Anello refuse d'accepter combines et argent sale. Un soir, son fils ...

@

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN Steven Spielberg 1998, Tom Hanks, Matt Damon@@


Tandis que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse: trouver et ramener sain et sauf le simple soldat James Ryan, dont les trois frères sont morts au combat en l'espace de trois jours.
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN Steven Spielberg 1998, Tom Hanks, Matt Damon@@ (E)
Tandis que les forces alliées débarquent à Omaha Beach, Miller doit conduire son escouade derrière les lignes ennemies pour une mission particulièrement dangereuse: trouver et ramener sain et sauf le simpl ...

@

IL FAUT TUER BRIGITTE HAAS, LaurentHeynemann 1981, Philippe Noiret, Jean Rochefort (thriller)@@


Athanase et Charles-Philippe sont membres d'une agence secrète de la police française luttant contre le terrorisme international. Leur cible est Birgit Haas, qui vit à Munich sous un pseudonyme. Conscients que la situation politique actuelle est trop délicate pour un assassinat pur et simple, ils élaborent un plan compliqué. Quelqu'un doit se rendre en Allemagne, entamer une relation sexuelle avec Birgit, puis la tuer dans un "crime passionnel".

TELERAMA
Ex-terroriste, Birgitt Haas gêne encore les services secrets allemands. Adaptant un solide roman de Guy Teisseire, Heynemann a un peu enjolivé les choses. Mais son film d’espionnage tient parfaitement la route.

Les films d’espionnage, ça pousse un peu partout aujourd’hui. En 1980, il fallait se lever de bonne heure pour en trouver en France. Un peu oublié mais plus singulier que son frère cadet, Espion, lève-toi d’Yves Boisset, ce film de Laurent Heynemann combine étroitement espionnage, terrorisme et rencontre amoureuse.

Ayant adapté un roman de Guy Teisseire (qui fut critique de cinéma à France-Soir), le réalisateur en a expurgé la part tragique tout en gardant un fond de noirceur. En contrepartie de renseignements, les services secrets allemands demandent à un groupe du contre-espionnage français de liquider une ex-terroriste de la Fraction armée rouge encore gênante, en maquillant sa mort en crime passionnel. Que ce soit l’espion en chef (Noiret), le gogo piégé (Rochefort, formidable en homme défait, rendu miteux par le chagrin) ou la membre de la lutte armée, tous ici semblent partager en secret un désenchantement, une lassitude tenace.

Le plus du film, c’est sans doute Lisa Kreuzer, réduite au rôle de passante dans les premiers Wenders (Alice dans les villes, Au fil du temps…) et qui prend ici sa revanche à travers une figure cousine d’Ulrike Meinhof, indépendante et errante, toujours combattante même si elle est sur le point de déposer les armes. Birgitt (inédite orthographe, amalgame possible de « Birgit » et de « Brigitte ») Haas, c’est assez rare pour le souligner, fait le premier pas, en toute chose, mais en conquérante fragile, mélancolique. Le français orné d’accent tudesque de l’actrice et son léger strabisme (à la Kate Moss) participent à sa séduction. À noter enfin : la présence fugitive d’André Wilms, compagnon de route (et de déroute) de l’héroïne.
IL FAUT TUER BRIGITTE HAAS, LaurentHeynemann 1981, Philippe Noiret, Jean Rochefort (thriller)@@ (E)
Athanase et Charles-Philippe sont membres d'une agence secrète de la police française luttant contre le terrorisme international. Leur cible est Birgit Haas, qui vit à Munich sous un pseudonyme. Conscients que la situat ...

@

IL LABIRENTO DEI SENSI, Joe D'Amato 1993, Lora Luna, Liezl Santos


Depuis le mariage en secondes noces de son père, à Saigon, Pierre, artiste-peintre, est en panne d'inspiration. Son grand-père, patriarche énergique, fait venir de Suisse, Valérie Dalmont, une gouvernante accorte et rieuse.
Cette française d'origine catholique stricte se rend à Saigon et chez Chang Sun. Bientôt, elle commence à séduire toute la famille.
IL LABIRENTO DEI SENSI, Joe D'Amato 1993, Lora Luna, Liezl Santos (E)
Depuis le mariage en secondes noces de son père, à Saigon, Pierre, artiste-peintre, est en panne d'inspiration. Son grand-père, patriarche énergique, fait venir de Suisse, Valérie Dalmont, une gouvernante ...

@

IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@


Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son neveu, Van Buck veut lui faire épouser Cécile, la jeune fille de la baronne de Mantes...

TELERAMA
Un débauché romantique fait le pari de séduire une demoiselle noble en moins de deux jours. Adaptation académique de Musset. Jean Dujardin fait des cabrioles mais peine à donner du charme à son personnage.

1830. Pour parfaire son image de marque, le riche drapier Van Buck marie son neveu Valentin à une jeune fille noble. Mais ledit neveu regimbe : noceur éperdu, désabusé, il fait de son consentement l’enjeu d’un pari. Cette luxueuse (et libre) adaptation de l’œuvre d’Alfred de Musset peine, de rodomontades en cavalcades académiques, de gags approximatifs en envolées maladroites, à trouver son rythme. Plus boute-en-train qu’oiseau de nuit, Jean Dujardin, semble déplacé dans son rôle de débauché romantique, aux côtés d’un Gérard Jugnot plus à l’aise, lui, en grippe-sou « de Funesque ».
IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@ (E)
Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son n ...

@

IL PECCATO DI LOLA Bruno Gaburro 1984


Albert, un jeune homme appartenant à la haute société londonienne, reste dans l'immense villa familiale lorsque sa mère part, en compagnie du chauffeur Angus. L'arrivée de Lola, la gouvernante aux gros seins, met les sens du garçon en ébullition. Lola tente de séduire Albert et se heurte, dès le début, à Angus qui prévient Albert du caractère insidieux de Lola. Au moment où Lola se sent soudainement malade, Albert l'aide en lui donnant un tranquillisant adapté aux maladies cardiaques. Lorsqu'elle parvient enfin à séduire le garçon et à l'emmener au lit, Lola subit une crise cardiaque soudaine et meurt.
IL PECCATO DI LOLA Bruno Gaburro 1984 (E)
Albert, un jeune homme appartenant à la haute société londonienne, reste dans l'immense villa familiale lorsque sa mère part, en compagnie du chauffeur Angus. L'arrivée de Lola, la gouvernante aux gros sei ...

@

IL TRADUTTORE, Massimo Natale 2016, Claudia Guerini, Kamil Kula (film e)


Andrei, un étudiant roumain, cumule les petits boulots pour obtenir un permis de séjour pour sa petite amie. Son professeur le met en contact avec une veuve qui cherche de l'aide pour traduire le journal intime de son défunt mari, lui ouvrant ainsi les portes d'un nouveau monde.
IL TRADUTTORE, Massimo Natale 2016, Claudia Guerini, Kamil Kula (film e) (E)
Andrei, un étudiant roumain, cumule les petits boulots pour obtenir un permis de séjour pour sa petite amie. Son professeur le met en contact avec une veuve qui cherche de l'aide pour traduire le journal intime de son dé ...

@

IL VIZIO DI FAMILGLIA, Mariano Laurenti 1975, Renzo Montagnani, Edwige Fenech, Roberto Pace (film e)


Le comte Giosuè, industriel de la Vénétie spécialisé dans les spaghettis, est sur le point de mourir et sa sœur, sa femme et sa fille tentent de s'emparer de son énorme héritage, déclenchant une guerre faite exclusivement de coups bas.

C'est dans ce contexte familier qu'arrive à la villa, en tant que domestique, l'ex-taulard Giacomo. Il est en réalité engagé par Magda, la sœur du comte, pour compromettre et écarter efficacement son épouse rivale. Pour y parvenir, Giacomo doit même se faire passer pour un homosexuel, mais sa couverture s'avère un échec : la villa est habitée par des femmes charmantes et rusées, qui lui font tourner la tête ; une fois qu'elles auront découvert ses véritables penchants, toutes essaieront de le mettre de leur côté en le tentant par leurs charmes.

Comme si Giacomo ne suffisait pas, le jeune Marco, neveu d'une des femmes, se retrouve lui aussi à admirer leurs corps nus et sinueux et à tenter diverses approches avec elles.

Après la mort du noble, un dernier rebondissement clarifie incontestablement les hiérarchies au sein de la famille.
IL VIZIO DI FAMILGLIA, Mariano Laurenti 1975, Renzo Montagnani, Edwige Fenech, Roberto Pace (film e) (E)
Le comte Giosuè, industriel de la Vénétie spécialisé dans les spaghettis, est sur le point de mourir et sa sœur, sa femme et sa fille tentent de s'emparer de son énorme héritage, d&eacu ...

@

IL Y A DES JOURS ET DES LUNES, Claude Lelouch 1990, Gerard Lanvin, Patrick Chesnais, Vincent Lindon (societe)@


Fin mars, on règle les pendules à l'heure d'été. Cette nuit-là, justement, est celle de la pleine lune. Il y a de la tension dans l'air, la mauvaise humeur se propage comme une épidémie, le quotidien est bouleversé, les êtres ne se rencontrent plus où il faudrait. Un camionneur prend en stop une femme qui vient juste de convoler, un restaurateur et son épouse jouent leur avenir à pile ou face, un chirurgien hésite à se marier. Ballotés, treize personnages se cherchent, s'évitent, se croisent.

TELERAMA
Sous l’influence de la pleine lune, une foule de personnages s’aiment et se déchirent. Récit tentaculaire, pelletée de têtes connues et grands mots ronflants (la vie, l’amour, la mort…) Âmes sensibles à l’agacement s’abstenir.

Un soir de pleine lune, l'heure d'été succède à l'heure d'hiver. Ça perturbe. La lune ronde attise les sentiments, exaspère la nervosité, invite au vague à l'âme, favorise les élans passionnels, défie la raison. Ce jour-là, une femme quitte un homme, un camionneur perd son emploi (et son épouse), un retraité marie sa fille, un restaurant change de propriétaire, un prêtre gay accepte de faire du théâtre... Tous ces destins convergent vers le point final qui les rassemble.

C'est vrai qu'il y a des jours où l'air est léger et d'autres où tout va mal. C'est vrai qu'un fait divers est le dénouement de beaucoup d'autres faits qui se sont déroulés en amont. C'est vrai que les humains agissent et sont agis. Claude Lelouch aime faire jouer ensemble l'individuel et le collectif. Conteur, il détaille une situation, dessine avec précision et bonheur des personnages appartenant à la gent contemporaine. Penseur, il tente de rendre cohérent, en tout cas choral, cet ensemble disparate d'individus, de sentiments, de situations, de causes et d'effets qui deviennent à leur tour des causes.

Claude Lelouch est le cinéaste de la fatalité. Il lui arrive quelquefois de faire des discours, mais, la plupart du temps, il préfère faire parler les faits, les actions, les réactions. D'aucuns sont agacés par ce qu'ils appellent sa prétention et ses tics. Critique surprenante car ce qui caractérise un auteur c'est précisément une persistance dans les thèmes, une récurrence dans les moyens de les exprimer, un entêtement à suivre son propre chemin, un ton reconnaissable d'une oeuvre à l'autre. Claude Lelouch est assurément un auteur. Oublions maintenant le contexte et les généralités sur l'artiste. Il y a des jours et des lunes considéré isolément est un film captivant, ne serait-ce que dans sa façon d'imbriquer des sketches dramatiques qui ont tous un intérêt spécifique, qui bénéficient tous d'une interprétation remarquable et qui avancent tous, uniment, quoique découpés en tranches alternatives, vers l'inéluctable. Cette mécanique est impressionnante. On peut la juger sophistiquée, c'est-à-dire trop astucieuse pour correspondre à quelque chose de vraiment profond, mais qui a décrété que l'astuce, la sophistication, l'arrangement, la mise en perspective, sont des péchés ?
IL Y A DES JOURS ET DES LUNES, Claude Lelouch 1990, Gerard Lanvin, Patrick Chesnais, Vincent Lindon (societe)@ (E)
Fin mars, on règle les pendules à l'heure d'été. Cette nuit-là, justement, est celle de la pleine lune. Il y a de la tension dans l'air, la mauvaise humeur se propage comme une épidémie, le q ...

@

ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@


Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa protectrice des arts. Rapidement livré à lui-même dans cette ville fabuleuse, le jeune homme va découvrir les coulisses de ce monde voué à la loi du profit et du faux-semblant.

TELERAMA
L’ascension et la chute de Lucien de Rubempré, petit poète venu tenter sa chance à Paris. Avec cette adaptation de l’œuvre phare de Balzac la comedie humaine, Xavier Giannoli tend un miroir grimaçant à notre époque.

Dépoussiérer l’une des œuvres phares de Balzac, récit de l’ascension et de la chute du célèbre Lucien de Rubempré, petit poète d’Angoulême venu chercher la gloire à Paris, a-t-il un sens aujourd’hui ? Trois fois oui. Car ces Illusions perdues évitent la rigidité du « film en costumes », à coups de choix radicaux. Le réalisateur supprime des pans entiers de l’histoire, et opte pour le côté sombre de l’œuvre.

Xavier Giannoli met en scène, avec une évidente jubilation, la corruption exercée par la capitale sur l’idéalisme naïf de Lucien. Propulsé dans le quartier des « grisettes », ces femmes qui vendent leur corps, le jeune homme découvre le monde crapoteux d’une presse prompte, elle, à vendre son âme.

Comme un miroir tendu
D’un classicisme élégant, la réalisation tranche avec l’outrance délibérée du propos. La saga ne manque ni de souffle romanesque ni d’ambition historique pour évoquer les fondements du capitalisme moderne sous la Restauration, époque où la culture devient un bien marchand, où la politique s’allie au monde des affaires, où la presse, désormais guidée par le profit, commence à fabriquer l’opinion. Le cinéaste tend ainsi — de manière un peu didactique mais passionnante — un miroir à notre époque, en remontant aux origines des fake news, de la société de la communication, du buzz et de la polémique.

Ce roman d’initiation acerbe, aux multiples niveaux de lecture, pourrait transpirer l’aigreur. Au contraire, Giannoli, à la façon d’un caricaturiste inspiré, lui insuffle une vitalité réjouissante, à travers des tableaux vifs et entraînants, et grâce à une impressionnante troupe d’acteurs.
ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@ (E)
Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa ...

@

ILS SONT VIVANTS, Jérémie Elkaïm 2021, Marina Foïs, Seear Kohi (sentimental)@@


Veuve depuis peu, Béatrice vit avec son fils et sa mère. Sa rencontre avec Mokhtar, enseignant iranien arrivé clandestinement en Europe, va bouleverser son quotidien et ses convictions. Par amour pour lui, elle va devoir défier les préjugés de son entourage et les lois de son pays.

TELERAMA
Jérémie Elkaïm livre un drame politique et passionnel vibrant de vérité et de sensualité, porté par une formidable Marina Foïs.

Malgré ses pulls en angora rose ou à motifs de colombes, Béatrice n’a rien d’une femme douce. Loin de s’attendrir sur le malheur des autres, cette veuve depuis peu d’un policier de tendance extrême droite tient les mêmes propos racistes que tous ses proches. Une nuit, au sortir d’un hôpital de Calais où elle travaille comme aide-soignante dans un service de gériatrie, elle est accostée par un jeune migrant perdu loin de la Jungle. Elle accepte à contrecœur de l’y raccompagner. Dès le lendemain, la voilà en train de donner les vêtements de son mari aux bénévoles du camp, mais en maugréant : « Je torche des vieux toutes les nuits, ce n’est pas pour aider des Noirs et des Arabes dans la journée. » Et pourtant, Béatrice revient, comme ennivrée par ce monde inconnu de misère et d’entraide. Ce monde empli de drames, mais si vivant. Sa rencontre avec Mokhtar, clandestin iranien décidé à passer à Angleterre, va la mener très loin, bouleversant son corps et ses préjugés...

Un drame passionnel lumineux
Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Jérémie Elkaïm adapte le livre témoignage de Béatrice Huret, Calais, mon amour, et en tire ce film, d’une force et d’un réalisme impressionnants sur une révélation charnelle. On sent la patte de son coscénariste Gilles Marchand (coauteur, entre autres, de Seules les bêtes, de Dominik Moll) dans le refus du moindre angélisme et la précision politique d’un scénario où la sensualité devient une porte d’accès vers l’altruisme : Béatrice s’émancipe peu à peu de son milieu, mais elle cherche aussi à le changer, par amour pour l’homme qui la révèle à elle-même.

Si le film met l’idéologie au cœur du quotidien dans des scènes de famille et de repas, toutes crédibles, Ils sont vivants est avant tout un drame passionnel lumineux. Jérémie Elkaïm impressionne avec des séquences d’amour physique qu’il axe, dans un mélange rare d’audace et d’élégance, sur le plaisir féminin. Et sur le langage. Béatrice et Mokhtar ne parlent pas la même langue ? Le réalisateur les filme, magnifique idée, en train de communiquer par le biais d’une application de traduction simultanée sur téléphone portable ou écran d’ordinateur projeté au-dessus de leur couche d’amants. Pour porter cette histoire d’un engagement au-delà de toutes les frontières, il fallait le corps d’une grande actrice. Visage buté, muscles tendus dans le plaisir comme le combat pour la liberté de cet autre tant aimé, Marina Foïs compose une Béatrice complexe, jamais mièvre, surprise et presque rétive devant sa propre métamorphose. L’incarnation parfaite d’une femme dure qui devient forte.
ILS SONT VIVANTS, Jérémie Elkaïm 2021, Marina Foïs, Seear Kohi (sentimental)@@ (E)
Veuve depuis peu, Béatrice vit avec son fils et sa mère. Sa rencontre avec Mokhtar, enseignant iranien arrivé clandestinement en Europe, va bouleverser son quotidien et ses convictions. Par amour pour lui, elle va devoi ...

@

IMITATION GAME Morten Tyldum 2014, Benedict Cumberbatch@@


Londres, 1940. L'Angleterre est en guerre contre l'Allemagne nazie, dont les forces occupent une grande partie de l'Europe.

TELERAMA
En 1939, le mathématicien britannique Alan Turing entre au service de son pays pour décrypter le code secret des transmissions allemandes. C’est du portrait de ce pionnier de l’informatique que vient le grand frisson, par le génie Cumberbatch.

La machine s’appelait Enigma : permettant d’envoyer des messages cryptés, elle fut l’arme de l’Allemagne nazie pour diriger ses opérations militaires. L’homme s’appelait Alan Turing (1912-1954) : engagé pour briser le code des transmissions allemandes, ce mathématicien britannique devint un héros de l’ombre au service de son pays, avant d’être lui-même brisé. Condamné en 1952 pour homosexualité, il se suicida…

À travers le portrait de ce génie asocial, capable de dialoguer avec les mécanismes les plus complexes, mais pas du tout fait pour les relations humaines, une hypothèse forte s’affirme : l’homme qui vainquit une machine en était une lui-même. Benedict Cumberbatch parvient à exprimer l’efficience presque robotisée de ­Turing mais aussi sa solitude, sa souffrance. Il nous donne à compren­dre cet être à part, homme du futur ouvrant la voie aux nouvelles technologies, sacrifié au nom de lois héritées d’un passé archaïque. Imitation Game couronne la réhabilitation du mathématicien, que la reine Elizabeth II, en 2013, a reconnu comme héros de guerre et a gracié de façon posthume.

Mathématicien de génie, Alan Turing est chargé par les autorités britanniques, dès 1939, de briser Enigma, le code secret utilisé par les Allemands. Une mission de haute importance car cette découverte pourrait mettre fin à la guerre. Il travaille sans relâche au sein des équipes réunies à Bletchley Park. Les relations d'Alan Turing avec ses collègues, Hugh Alexander, Denniston et Nock, sont compliquées, tant le scientifique se montre asocial. Seule Joan Clarke, une jeune femme brillante et avide de liberté, semble le comprendre. Alan Turing finit par la demander en mariage alors qu'il est homosexuel. Un secret qu'il tente de cacher tant bien que mal...
IMITATION GAME Morten Tyldum 2014, Benedict Cumberbatch@@ (E)
Londres, 1940. L'Angleterre est en guerre contre l'Allemagne nazie, dont les forces occupent une grande partie de l'Europe.

TELERAMA
En 1939, le mathématicien britannique Alan Turing entre au service de son pays pour d&e ...

@

IMOGENE MC CARTHERY, Alexandre Charlot 2010, Catherine Frot, Lambert Wilson


1962. Imogène McCarthery, indécrottable Écossaise, est employée au service des renseignements de l'Amirauté britannique. Chargée d'une mission ultra-secrète, elle retourne dans son village natal de Falkland, l'occasion pour elle d'affronter son passé et de revoir son premier amour, Samuel Tyler.
IMOGENE MC CARTHERY, Alexandre Charlot 2010, Catherine Frot, Lambert Wilson (E)
1962. Imogène McCarthery, indécrottable Écossaise, est employée au service des renseignements de l'Amirauté britannique. Chargée d'une mission ultra-secrète, elle retourne dans son village na ...

@

IMPITOYABLE, Clint Eastwood 1992, Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman (western)@@


Lorsqu'une prostituée du nom de Delilah Fitzgerald se retrouve défigurée à cause d'un duo de cowboys, ses compagnes décident d'offrir une récompense pour leur mort.

TELERAMA
“Impitoyable” clôt la légende de l’Ouest par une réflexion magistrale sur la violence et la loi. Qui est à la fois le fossoyeur de la mythologie de l’Ouest et son meilleur garant ? Clint Eastwood. Une fois encore, il renaît en fantôme, traverse l’écran le temps de quelques carnages, puis rejoint l’obscurité. Il n’est d’abord que l’ombre de lui-même : un fermier usé, incapable de mettre le pied à l’étrier, poursuivi par le souvenir de sa femme défunte. Un mort-vivant frappé par la malédiction. Ce n’est pas le seul. Dans Impitoyable, tous les personnages sont ambigus, même les femmes, pourtant seules dépositaires d’humanité et de noblesse.

Réflexion sur le genre, la brutalité et la loi, ce western magnifie les paysages sans jamais exalter la moindre conquête. Les personnages s’y expliquent longtemps avant de devoir dégainer. Car l’heure du Jugement dernier approche. Avec ses corps stigmatisés, sa bourgade en feu, Impitoyable nous plonge dans une Amérique en proie à une violence originelle.
IMPITOYABLE, Clint Eastwood 1992, Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman (western)@@ (E)
Lorsqu'une prostituée du nom de Delilah Fitzgerald se retrouve défigurée à cause d'un duo de cowboys, ses compagnes décident d'offrir une récompense pour leur mort.

TELERAMA
“Impi ...

@

IN HER CAR, Oleksii Yesakоv 2024, Anastasiya Karpenko, Igor Koltovskyy, Kateryna Hryhorenko, Nadiya Levchenko


Au lendemain de la déclaration de guerre en Ukraine, Lydia, psychologue, aide les personnes divisées par les hostilités à se rencontrer. Sa voiture agit comme un abri temporaire, un lieu de confession pour les passagers qui souhaitent retrouver un être cher. En aidant les autres, elle essaie de surmonter le traumatisme de la mort de sa s?ur qu'elle n'a pu empêcher.

TELERAMA:
On se serait passé des lourds flash-back qui brisent le huis clos et des contes de fées racontés en voix off pour faire écho au thème de chaque épisode. Reste l’instantané saisissant d’un pays qui chavire dans la terreur. Investie avec sang-froid par l’actrice Anastasia Karpenko, cette zone de turbulences devient l’endroit où réapprendre à cohabiter. In Her Car, qui fait l’objet d’un lancement simultané européen à l’occasion des deux ans du conflit, peut alors s’envisager comme le bras fictionnel de la politique d’union nationale défendue par Volodymyr Zelensky.
IN HER CAR, Oleksii Yesakоv 2024, Anastasiya Karpenko, Igor Koltovskyy, Kateryna Hryhorenko, Nadiya Levchenko (E)
Au lendemain de la déclaration de guerre en Ukraine, Lydia, psychologue, aide les personnes divisées par les hostilités à se rencontrer. Sa voiture agit comme un abri temporaire, un lieu de confession pour les pa ...

@

IN THE AIR, Jason Reitman 2009, George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick (societe)@@@


Ryan Bingham s'est fait une réputation dans la sous-traitance du licenciement. Les plus grandes sociétés font appel à ses services pour dégraisser sans perdre de temps avec ces petits détails qui rendraient la société plus humaine - mais moins rentable. A part accumuler les "miles" lors de ses déplacements, son seul plaisir dans la vie est d'annoncer des ruptures de contrats de travail. Toujours en déplacement aux quatre coins des Etats-Unis, Ryan n'a aucune attache et sa vie tient dans une valise. Un jour, il rencontre une femme. Aussi cynique qu'hypocrite, il fait le nécessaire pour ne pas avoir à s'engager...

TELERAMA
Les deux premiers films de Jason Reitman, très réussis, traitaient de façon singulière du libre arbitre dans une société ultranormative : choisir ou non de fumer (Thank you for smoking), garder ou abandonner son enfant (Juno).

Le dilemme de In the air est nettement moins fort : accepter ou non de vivre seul, bâtir ou pas un foyer. Le héros paradoxal est, cette fois, George Clooney, cadre sup qui circule à travers les Etats-Unis pour virer des inconnus en lieu et place de DRH lâches… Son modèle de vie est itinérant ; son chez-soi, les cabines first class des lignes intérieures ; son but suprême, parvenir à dix millions de « miles », ces points de fidélité offerts par les compagnies aériennes. Les péripéties qui vont ébranler le credo du héros sont relativement attendues : rencontre amoureuse, formation d’une jeune collègue, famille oubliée qui se manifeste.

Mais Jason Reitman sait donner un vrai tonus à l’ensemble. Ses dialogues percutent, façon comédie américaine d’antan, et sa direction d’acteurs est au cordeau : Vera Farmiga, l’amante, et Anna Kendrick, la débutante aux dents longues, sont épatantes. Et puis il y a Clooney, dont le charme évoque encore une fois Cary Grant. Qui plus est, voir George le séducteur se faire larguer par une fille dont il tombe imprudemment amoureux, c’est un moment en forme de revanche qui se savoure, quel que soit le sexe du spectateur.

IN THE AIR, Jason Reitman 2009, George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick (societe)@@@ (E)
Ryan Bingham s'est fait une réputation dans la sous-traitance du licenciement. Les plus grandes sociétés font appel à ses services pour dégraisser sans perdre de temps avec ces petits détails qui re ...

@

IN THE MOOD FOR LOVE, Wong Kar-Wai 2000, Maggie Cheung, Tony Leung Chiu-Wai (sentimental)@@


Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commencé, Chow Mo-Wan et Chan Li-Zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque, mais les rapproche.

TELERAMA
Sensualité et mélancolie jusqu’au sublime. Ce film a fait tant d’amoureux et connu un tel succès que son titre sonne comme une formule magique, un sésame pour quelque paradis perdu. Titre en VO d’un fameux tube jazzy qu’on ne sait comment traduire sans déperdition de sens ou d’élégance, titre de rêve pour ce film tout en langueur, en envies de, en espoirs que… In the Mood for Love, ou l’histoire de M. Chow et de Mme Chan, un homme et une femme d’humeur à s’aimer à Hong­kong, en 1962. Qui n’a encore à l’oreille cette valse entêtante et triste rythmant leurs chassés-croisés de voisins de palier, frôlements fugaces, saisis comme de soyeux instants d’éternité ?

Tout le film est fait d’intermittences, d’esquisses, d’atermoiements, tel un système de rimes visuelles et sonores, de répétitions aux discrètes variantes, où les acteurs changent de costume presque entre chaque plan. Ces infimes différences de tonalité, de « mood », parcourent toutes les virtualités d’un amour impossible et distillent un mélange de mélancolie et de sensualité qui atteint au sublime.
IN THE MOOD FOR LOVE, Wong Kar-Wai 2000, Maggie Cheung, Tony Leung Chiu-Wai (sentimental)@@ (E)
Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commencé, Chow Mo-Wan et Chan Li-Zhen apprennent que leurs épo ...

@

INCROYABLE MAIS VRAI, Quentin Dupieux 2022, Alain Chabat, Lea Drucker, Benoit Magimel (comique burlesque)@@


La nouvelle maison des époux Alain et Marie, située en banlieue parisienne, est assortie d'un remarquable bonus. Quiconque descend dans un trou de la cave avance de douze heures dans le temps, tout en rajeunissant de trois jours. C'est surtout Marie qui profite de cette chance inespérée. Mais il y a aussi le patron d'Alain qui, au cours d'un repas, révèle qu'il s'est fait installer un pénis à commande électronique.

TELERAMA
Quentin Dupieux étonne avec ce conte moral et surnaturel, certes délirant comme à son habitude, mais teinté d’une mélancolie et d’une sagesse neuves chez lui. Interprétation géniale.

Depuis qu’il tourne, plus vite que son ombre, on pourrait classer les films de Quentin Dupieux, le zozo iconoclaste du cinéma français, dans deux zones comiques parallèles. Le récent Mandibules (2021) et le prochain Fumer fait tousser, dont l’idiotie futuriste a réjoui le Festival de Cannes, appartiennent à une veine farceuse et tendrement dégénérée. Incroyable mais vrai, lui, s’inscrit dans la lignée philosophique et inquiétante du Daim (2019) et de Réalité (2014) — avec, déjà, Alain Chabat.

Comment raconter ce nouveau voyage en absurdie sans trop en révéler ? Dans une atmosphère délicatement étrange où le présent semble nimbé d’un filtre des années 1980, Alain (Chabat, donc) et Marie (Léa Drucker) deviennent propriétaires d’une maison moderne un peu datée et défraîchie. L’agent immobilier a su les convaincre en leur révélant la valeur ajoutée du lieu : une trappe dans la cave, avec un conduit qui va « changer leur vie ». Et très vite, entre la chambre et la cave, se creuse un gouffre spatio-temporel entre les époux. Car Alain, petit assureur qui aimerait juste ne plus être harcelé par un gros client, se montre peu pressé d’emprunter le tunnel surnaturel. La nuit, il dort. Marie, en revanche, s’y engouffre chaque soir. Elle y retourne sans cesse, plus que de raison…

Après le blouson du Daim, qui rendait dingue Jean Dujardin, c’est donc au tour d’une trappe de faire glisser Léa Drucker, parfaite, vers la folie. Mais ce n’est pas tout : lors d’un dîner — un sommet de comique où le plus insolite s’exprime en termes anodins —, Gérard, le patron d’Alain, confie fièrement au couple s’être fait greffer un… pénis électronique. Ce que confirme avec naturel la petite amie de Gérard. Anaïs Demoustier, déjà hilarante dans Au poste !, brille cette fois en blonde décomplexée et un brin écervelée. Quant à Benoît Magimel, nouveau venu dans la galaxie Dupieux, il est génial en mâle triomphant, à la pointe du progrès, mais aussi du pathétique.

Le tour de force de ce film aussi concis qu’un haïku ? Dépeindre l’ordinaire de deux obsessions vieilles comme l’humanité — la jeunesse éternelle, la virilité —, sans oublier leurs corollaires que sont la peur de ne plus séduire et l’usure du couple, à travers deux situations extraordinaires et dangereuses. En résulte un conte moral, certes loufoque, mais d’une sagesse mélancolique qu’on ne connaissait pas encore chez Quentin Dupieux. Même son habituel sens de l’épure vire, grâce à une photographie d’une beauté pointilliste, à une ode à la nature, seul remède aux frustrations et au temps qui passe. Alain Chabat, superbement serein, crinière blanche au bord de l’eau qui miroite : on n’oubliera pas la dernière image de ce film avec lequel, incroyable mais vrai, Dupieux, l’éternel adolescent, est devenu grand.
INCROYABLE MAIS VRAI, Quentin Dupieux 2022, Alain Chabat, Lea Drucker, Benoit Magimel (comique burlesque)@@ (E)
La nouvelle maison des époux Alain et Marie, située en banlieue parisienne, est assortie d'un remarquable bonus. Quiconque descend dans un trou de la cave avance de douze heures dans le temps, tout en rajeunissant de trois jou ...

@

INDEPENDANCE DAY Resurgence Roland Emmerich 2016


La planète Terre est menacée par une catastrophe d'une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d'un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Toutefois, rien n'est en mesure de préparer les être humains à la force de frappe sans précédent des envahisseurs. Seuls l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l'humanité de l'extinction.

TELERAMA
Après une réjouissante série B (White House Down), le bourrin Roland Emmerich reprend ses vieilles habitudes, avec cette suite de son film de 1996, ou plutôt une sorte de remake, tant il reprend la plupart des scènes marquantes. Triste constat : l'original, nanar à la gloire des Etats-Unis, fait, en comparaison, figure de chef-d'œuvre. Le blockbuster n'est plus ce qu'il était.

www.youtube.com/embed/K02fIwZe_sY
INDEPENDANCE DAY Resurgence Roland Emmerich 2016 (E)
La planète Terre est menacée par une catastrophe d'une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d'un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterr ...

@

INDEPENDANCE DAY le jour de la riposte, Roland Emmerich 1996, Bill Pullman (catastrophe science fiction)@


Une immense soucoupe volante envahit le ciel terrestre, libérant un nombre infini de plus petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes du monde. Un informaticien new-yorkais décrypte les signaux émanant des étranges voyageurs. Ils ne sont pas du tout amicaux et ces extraterrestres se préparent à attaquer la Terre.
INDEPENDANCE DAY le jour de la riposte, Roland Emmerich 1996, Bill Pullman (catastrophe science fiction)@ (E)
Une immense soucoupe volante envahit le ciel terrestre, libérant un nombre infini de plus petites soucoupes qui prennent position au-dessus des plus grandes villes du monde. Un informaticien new-yorkais décrypte les signaux &e ...

@

INDIAN PALACE, John Madden 2011, Judi Dench, Tom Wilkinson (comique)@@


Quitter la grisaille, se mettre à l'abri des croqueurs d'héritage, réduire ses dépenses... chacun de ces retraités britanniques a ses raisons de se laisser convaincre par une publicité vantant un hôtel spécial seniors en Inde et de s'éloigner de l'Angleterre. Las, à l'arrivée, ce n'est pas un palace qu'ils découvrent, mais une pension vétuste que son gérant veut relancer.

TELERAMA
Après le succès surprise de Et si on vivait tous ensemble ?, voici une déclinaison anglo-américaine du « senior movie ». Sept retraités solitaires et/ou désargentés quittent leur Angleterre pluvieuse pour vivre au Rajasthan, dans ce qu'ils croient être un hôtel de luxe à prix cassés. Mais le Marigold, géré par un jeune Indien aussi enthousiaste que bordélique (le cabotin Dev Patel de Slumdog Millionnaire), se révèle moins glamour que prévu...

La découverte du pays des maharajas n'est pas avare en clichés : soucis gastriques et couplet bien-pensant sur la vie — « un privilège pour les Indiens, un droit pour les Occidentaux ». Cette comédie mélo convainc davantage par ses dialogues grinçants. A un couple qui se demande comment célébrer dignement son quarantième anniversaire de mariage, une femme répond : « Par une minute de silence ! » Le séjour à l'Indian Palace est surtout recommandé pour son casting carte vermeil — mais plaquée or. Maggie Smith fait un malheur en « auntie Danielle » raciste, on regrette presque que son personnage s'humanise au contact d'une intouchable. Et le so british Bill Nighy, dans un rôle plus calme que d'habitude, se montre, une nouvelle fois, irrésistible.
INDIAN PALACE, John Madden 2011, Judi Dench, Tom Wilkinson (comique)@@ (E)
Quitter la grisaille, se mettre à l'abri des croqueurs d'héritage, réduire ses dépenses... chacun de ces retraités britanniques a ses raisons de se laisser convaincre par une publicité vantant un h& ...

@

INDIANA JONES, les aventuriers de l arche perdue, Steven Spielberg 1981, Harrisson Ford (aventure)@@@


Professeur d'archéologie, Indiana Jones parcourt le monde à la recherche de trésors. Son rival, le Français René Belloq, travaille pour les nazis qui rêvent de retrouver l'Arche d'alliance contenant les Tables de la Loi. Or, feu le professeur Ravenwood, père de Marion, l'ex-petite amie d'Indiana Jones, détenait une médaille permettant de localiser l'arche. Jones part sur les traces de Marion au Népal.

TELERAMA
Quelque part, au plus profond d’un sanctuaire oublié depuis la nuit des temps, une Arche sacrée abrite les tables de la Loi. Celui qui la possédera aura, dit-on, le pouvoir absolu. Une légende qui, dans les années 30, intéresse vivement les nazis, et leur suppôt, l’infâme Belloq, archéologue véreux. Ils ont un adversaire de taille : intrépide, increvable, insubmersible, incorruptible, irrésistible, le voici, le voilà, avec son fouet, son cuir et son chapeau... Indiana Jones !

Au début des années 80, ce drôle d’aventurier jusqu’au-boutiste et sexy devint mythique illico. Avec ses folles tribulations, Harrison Ford (des années d’entraînement dans la saga Star Wars) accomplissait l’impossible : réconcilier l’action (et quelle action ! il manque, à chaque image, d’être carbonisé, flingué, mordu, suriné, écrasé, empoisonné) et l’humour (un mélange unique de fantaisie pince-sans-rire et d’autodérision), le suspense (haletant, même après un millier de rediffusions !) et le conte fantastique, avec maléfices et ogres nazis à gogo. Steven Spielberg orchestre cette première rencontre avec « Indy » (il y en aura deux autres tout aussi délectables), comme une gigantesque et vertigineuse fête foraine, grouillante d’attractions formidables et de guet-apens pour rire, de personnages cocasses (voyez la « jeune première » et ses concours de boisson forte !). Nids de serpents, poursuites en bateau, en camion, fusillades, explosions : un grand cru du divertissement, qui ne s’est pas éventé en vieillissant.
INDIANA JONES, les aventuriers de l arche perdue, Steven Spielberg 1981, Harrisson Ford (aventure)@@@ (E)
Professeur d'archéologie, Indiana Jones parcourt le monde à la recherche de trésors. Son rival, le Français René Belloq, travaille pour les nazis qui rêvent de retrouver l'Arche d'alliance contenant ...

@

INDIGENES, Rachid Bouchareb 2006, Samy Naceri, Jamel Debouze @@@


En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, quatre indigènes, soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique ont un parcours spécifique. Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés pour leur courage, sont envoyés en première ligne. Argent, amour pour la France ou pour l'armée française, foi en la liberté et l'égalité, leurs motivations divergent pour un même combat, libérer la France, les armes à la main.

TELERAMA
Indigènes répare une injustice, tout en étant une sorte d’Il faut sauver le soldat Ryan à la française, avec des scènes de bataille, manœuvres d’envergure ou combats isolés. Le réalisateur filme au plus près des soldats, de leur frayeur et de leur violence. Rien ne symbolise mieux leur lutte que le dernier tiers du film : seuls survivants de leur bataillon, les quatre et leur sergent blessé atteignent un village fantomatique d’Alsace. L’atmosphère fébrile d’attente rappelle le roman de Julien Gracq Un balcon en forêt. Deux soldats maghrébins harassés avalent la soupe fumante apportée par une vieille ménagère. Belle séquence à l’image du film : ni plus ni moins que la remise en cause d’une image d’Épinal.
INDIGENES, Rachid Bouchareb 2006, Samy Naceri, Jamel Debouze @@@ (E)
En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, quatre indigènes, soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique ont un parcours spécifique ...

@

INDISCRET, Stanley Donnen 1958, Gary Grant, Ingrid Bergman sentimental)@


Anna Kalman, célèbre comédienne de théâtre, revient à Londres après une tournée. Chez sa soeur Margaret, elle rencontre le séduisant Philip Adams, diplomate à l'OTAN, et ne tarde pas à s'en éprendre follement. Mais celui-ci prend soin de la prévenir qu'il est marié à une femme intransigeante, qui refuse catégoriquement de lui rendre sa liberté. Anna se tait, supporte stoïquement la situation et s'obstine à aimer Philip, envers et contre tout.

TELERAMA
Anne Kalman, célèbre comédienne de théâtre, s'ennuie dans son luxueux appartement londonien, désespérant tranquillement de l'amour et des hommes. Un soir de gala, pourtant, le prince charmant paraît sous les traits de Philip Adams, exquis diplomate grisonnant. Le miraculeux monsieur n'a qu'un seul défaut : il est irrémédiablement marié. Le bonheur s'installe, tout en folles étreintes et cadeaux somptueux. Mais Philip est un vilain menteur célibataire, jaloux de sa liberté...

Pour ces retrouvailles boulevardières et vaporeuses (douze ans après Les Enchaînés, de Hitch­cock), Ingrid Bergman et Cary Grant sont éblouissants. Elle, altière et fragile, et lui, la mine grave et l'oeil facétieux, semblent inventer pour chaque scène de séduction une danse parfaitement accordée. Qu'il se lance dans une gigue écossaise endiablée ou bougonne de jalousie, qu'elle soupire rêveusement ou s'écrie, découvrant le pot aux roses : « Comment ose-t-il me faire la cour, alors qu'il n'est même pas marié ! », chacune de leurs apparitions est un assaut de charme.

Dommage que, à l'exception de rares scènes au bal ou au restaurant, Stanley Donen, le merveilleux réalisateur de Charade ou d'Arabesque, les ait enfermés dans l'appartement d'Anne. L'intrigue tourne parfois en rond, et les artifices du théâtre filmé ont un peu vieilli. Qu'importe : grâce à la magie de ses interprètes, cet Indiscret garde, aujourd'hui encore, la légèreté des tissus précieux.
INDISCRET, Stanley Donnen 1958, Gary Grant, Ingrid Bergman sentimental)@ (E)
Anna Kalman, célèbre comédienne de théâtre, revient à Londres après une tournée. Chez sa soeur Margaret, elle rencontre le séduisant Philip Adams, diplomate à l'OTAN, et n ...

@

INDOCHINE Régis Wargnier 1992, Catherine Deneuve, Vincent Perez (middle)@@


À Saigon, en 1930, l'héritière d'une famille coloniale dirige une importante plantation d'hévéas, l'arbre à caoutchouc. Cette femme, Éliane Devries, a son amour voué à sa fille adoptive, Camille, jeune princesse vietnamienne qu'elle a recueillie à la mort de ses parents.

TELERAMA
Un bel officier aime à la fois Éliane, qui dirige une plantation, et sa fille adoptive, Camille, princesse d’Annam… Grande fresque populaire sur les colonies où la prestation de Deneuve compense le romanesque un peu lisse de Wargnier.

1930 : Eliane dirige une plantation d’hévéas en Indochine. Elle a adopté Camille, princesse d’Annam. L’arrivée d’un jeune officier de la marine les bouleverse… Voir dans le film un regard nostalgique sur le monde colonial serait un contresens : le film dit, au contraire, la fracture inéluctable entre la France et l’Indochine, symbolisées par les deux personnages féminins. Jamais il n’absout l’administration des violences dont elle s’est rendue coupable. C’est sans masquer une situation politique douloureuse que le film impose sa force romanesque. La tourmente de l’Histoire vient y briser des destins individuels, comme dans les productions de l’âge d’or hollywoodien, notamment les films de David Lean.
INDOCHINE Régis Wargnier 1992, Catherine Deneuve, Vincent Perez (middle)@@ (E)
À Saigon, en 1930, l'héritière d'une famille coloniale dirige une importante plantation d'hévéas, l'arbre à caoutchouc. Cette femme, Éliane Devries, a son amour voué à sa fille ...

@

INES ET IVAN, L AMOUR SUR UN FIL, Alexandre Castagnetti 2024, Shemss Audat, Bruno Debrandt (drame social)@@


Inès quitte Paris et s'installe chez sa sœur dans le Morbihan. Elle accepte un emploi d'hôtesse d'accueil à Armor Filatures. Sur place, on la prend pour Lina Bouchareb, nouvelle DG envoyée par le groupe qui vient de racheter la boîte pour la restructurer. Inès profite du malentendu pour empocher un mois de salaire.

TELERAMA
Mélanger deux genres n’est jamais chose aisée. Mi-comédie romantique, mi-conte social, ce téléfilm hésite trop pour vraiment convaincre.

Le Covid a eu raison des ambitions entrepreneuriales d’Inès (Shemss Audat). Fauchée, la jeune femme s’installe chez sa sœur en Charente et accepte un poste d’hôtesse d’accueil. Mais lorsqu’elle se présente, on la prend pour la nouvelle DG chargée de restructurer l’entreprise créée par Yvan. Une comédie d’imposture dans le monde du travail ? Un schéma qui rappelle Working Girl. Mais là où le film de Mike Nichols assumait l’amour et l’humour en poussant tous les curseurs jusqu’à friser le burlesque dans certaines scènes d’anthologie, cette fiction ne choisit jamais vraiment entre le conte social et la romance. Un « ni ni » certes sympathique mais bien trop sage.
INES ET IVAN, L AMOUR SUR UN FIL, Alexandre Castagnetti 2024, Shemss Audat, Bruno Debrandt (drame social)@@ (E)
Inès quitte Paris et s'installe chez sa sœur dans le Morbihan. Elle accepte un emploi d'hôtesse d'accueil à Armor Filatures. Sur place, on la prend pour Lina Bouchareb, nouvelle DG envoyée par le groupe qui ...

@

INFERNO, Ron Howard 2016, Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy (thriller)@


Le célèbre expert en symbologie suit la piste d'indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d'amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire.

TELERAMA
Robert Langdon, l’universitaire décrypteur d’énigmes de Da Vinci Code et d’Anges et démons, revient… et il est amnésique. C’est ballot : l’expert en « symbologie » est le seul à pouvoir empêcher un émule radical de Malthus d’exterminer la moitié de la population mondiale. Il n’a que quelques heures pour trouver la cachette d’un virus grâce… aux vers de La Divine Comédie, de Dante.
Cette nouvelle adaptation des polars ésotériques de Dan Brown est un peu plus rythmée que d’habitude, moins chargée en bondieuseries aussi. Mais le principe du jeu de piste culturel dans les hauts lieux touristiques de la Vieille Europe reste, lui, complètement idiot. Tom Hanks, qui multiplie les airs ahuris, semble ne plus y croire lui-même.
INFERNO, Ron Howard 2016, Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy (thriller)@ (E)
Le célèbre expert en symbologie suit la piste d'indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d'amnésie, et va devoir collaborer avec l ...

@

INFIDELE, Adrian Lyne 2002, Diane Lane, Richard Gere, Olivier Martinez (drame sentimental film e)@@


Edward et Constance Sumner habitent dans la périphérie de New York une vaste demeure qui sent bon l'ordre et la sérénité. Ce lieu est à l'image de leur couple, si harmonieux qu'on pourrait le croire à l'abri de toute surprise. Un jour, à New York, un vent violent pousse littéralement Connie dans les bras d'un jeune étranger, Paul Martel, négociant en livres rares. Un appel téléphonique de celui-ci, un rendez-vous obtenu à l'arraché sèment en elle la confusion.

TELERAMA
Connie Sumner mène une vie assez rangée à New York, aux côtés de son mari, Edward, et de son petit garçon, Charlie. Un jour, elle fait la connaissance de Paul Martel, un jeune et séduisant Français qui achète et revend des livres anciens. Il la séduit immédiatement et, lorsqu'il la rappelle pour lui proposer un rendez-vous, elle cède. Ils deviennent très vite amants. Cette liaison torride transforme complètement Connie, et ses amies préviennent bientôt Edward de leurs soupçons sur la fidélité de sa femme. Ces craintes sont rapidement confirmées par le collègue d'Edward, qui lui avoue avoir surpris les amants. Edward se rend alors chez Paul et, au cours d'une violente altercation, le tue...
INFIDELE, Adrian Lyne 2002, Diane Lane, Richard Gere, Olivier Martinez (drame sentimental film e)@@ (E)
Edward et Constance Sumner habitent dans la périphérie de New York une vaste demeure qui sent bon l'ordre et la sérénité. Ce lieu est à l'image de leur couple, si harmonieux qu'on pourrait le croire ...

@

INGLORIOUS BASTERDS, Quentin Tarantino 2009, Brad Pitt, Mélanie Laurent (guerre)@@@


Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis.

TELERAMA
La Résistance façon western. Quentin Tarantino ose un film de guerre féroce, polyglotte et gourmet.
Dans les films de guerre américains, on parle en général… américain. Inglourious Basterds, lui, se fait un principe d’honorer quatre langues – l’anglais, l’allemand, le français et l’italien. Le mérite en revient surtout au colonel Hans Landa, génie du mal qu’on adore haïr. Ce chasseur de Juifs polyglotte débarque dans une ferme sous l’Occupation et s’entretient avec le fermier en parlant un français impeccable. L’entretien vire à l’interrogatoire, les digressions servant d’instruments de torture cuisants…

Pour mettre fin à l’abjection du IIIe Reich, les méthodes diffèrent. La plus brutale est celle des fameux « Bâtards », groupe de scalpeurs américains mené par Brad Pitt. Plus civilisées, la technique du lieutenant britannique (Michael Fassbender) ou celle de l’actrice aristocrate devenue espionne (Diane Kruger). Tous ces personnages forment une parade où Tarantino exploite les archétypes de la Résistance et les réinvente à sa sauce. Changer le cours de l’Histoire, la fiction le peut. C’est ce pouvoir formidable que Tarantino célèbre, en utilisant directement la pellicule nitrate – extrêmement inflammable – comme arme réelle de combat contre le nazisme.

SYNOPSIS
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la jeune Shosanna, juive française, échappe au massacre de sa famille, perpétré par le colonel SS Hans Landa. Pendant ce temps, le lieutenant Aldo Raine, officier américain, rassemble un commando de soldats, tous juifs américains, qui doit l'accompagner en France occupée. Leur mission : tuer un maximum d'Allemands et rapporter leurs scalps. Ces hommes vont bientôt se retrouver à travailler avec l'actrice allemande Bridget von Hammersmark, agente secrète collaborant avec les Alliés, et un officier britannique, Archie Hicox, afin d'éliminer les plus hauts dignitaires du Troisième Reich, qui doivent assister à la première d'un film de propagande...
INGLORIOUS BASTERDS, Quentin Tarantino 2009, Brad Pitt, Mélanie Laurent (guerre)@@@ (E)
Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où e ...

@

INNOCENCE, Lucile Hadzihalilovic 2013, Sophie Curtis, Kelly Reilly (fantastique)@


Un nouvel élève d'une école préparatoire exclusive est sous le choc lorsqu'il apprend que ses séduisantes enseignantes conservent leur apparence en buvant le sang des jeunes filles vierges.

TELERAMA
Que cache cet internat presque sans adultes, où les fillettes semblent livrées à elles-mêmes hors des cours de danse et de sciences naturelles ? Une organisation démoniaque ou une utopie d'éducation ? La réalisatrice préfère entretenir le trouble, au risque d'un certain systématisme. A semer des symboles et des présages un peu partout, Innocence fait parfois du surplace. Mais, en matière d'apprentissage poétique, il surpasse Les Choristes.

C'est l'adaptation d'une nouvelle de Frank Wedekind, dramaturge de la fin du XIXe : un univers en soi, doux et inquiétant à la fois, avec ses rituels et ses règles. Le style original de Lucile Hadzihalilovic (remarquée avec La Bouche de Jean-Pierre) s'impose à travers sa mise en scène du silence, ses touches de couleur, le rôle dynamique accordé au décor.
INNOCENCE, Lucile Hadzihalilovic 2013, Sophie Curtis, Kelly Reilly (fantastique)@ (E)
Un nouvel élève d'une école préparatoire exclusive est sous le choc lorsqu'il apprend que ses séduisantes enseignantes conservent leur apparence en buvant le sang des jeunes filles vierges.

TELERA ...

@

INSEPARABLES, Varante Soudjian 2019, Ahmed Sylla, Alban Ivanov (comique)@


Mika, un petit escroc, a fait un rapide tour en prison, où il a fait la connaissance de Poutine , un détenu cinglé et imprévisible. Sitôt sa peine purgée, il décide de repartir à zéro et de refaire sa vie. Alors qu'il s'apprête à épouser la fille d'un riche homme d'affaires, son passé le rattrape : Poutine débarque sans prévenir ! Mika va vite réaliser qu'on ne se débarrasse pas aisément d'un tel boulet...
INSEPARABLES, Varante Soudjian 2019, Ahmed Sylla, Alban Ivanov (comique)@ (E)
Mika, un petit escroc, a fait un rapide tour en prison, où il a fait la connaissance de Poutine , un détenu cinglé et imprévisible. Sitôt sa peine purgée, il décide de repartir à z&eacu ...

@

INSIDE MAN, Spike Lee 2006, Denzel Washington, Clive Owen (thriller)@@


Sous les traits de peintres en bâtiment, des braqueurs s'attaquent à la prestigieuse Manhattan Trust Bank. Ils prennent en otages toutes les personnes présentes sur les lieux et les contraignent à revêtir la même combinaison qu'eux. Un coffre intéresse tout particulièrement le cerveau de l'opération. Dehors, la police décide de déployer un impressionnant dispositif de sécurité pour appréhender les voleurs.

TELERAMA
Un braquage signé Spike Lee, oui, mais tout en trompe-l’œil. Quelques flottements, mais une Jodie Foster haut de gamme en médiatrice jet-set ultra cynique.

Dans le besoin urgent de « se refaire » après un échec commercial, Spike Lee signait là son premier film d’action, récit d’une prise d’otages dans une banque de Wall Street. Le scénario s’inspire d’Un après-midi de chien, de Sidney Lumet, sans en atteindre ni l’intensité ni l’épaisseur. Ce n’est pas non plus un pur exercice de style. Spike Lee parle en filigrane de l’Amérique post-11 Septembre (l’assaillant vient de l’intérieur) et se concentre sur le paradoxe d’un scénario où le braquage n’en est pas tout à fait un — le film abonde en simulacres inattendus, et c’est sa dimension la plus captivante.

Côté acteurs, le meilleur tient à une sous-intrigue, une histoire de secret honteux, qui voit intervenir Jodie Foster en médiatrice privée, spécialisée dans la jet-set. À la fois radieuse et réfrigérante, elle donne une classe maximale au cynisme le plus écœurant. Comme escompté, Inside Man fut un triomphe public. Et reste le plus grand succès de la carrière de Spike Lee.
INSIDE MAN, Spike Lee 2006, Denzel Washington, Clive Owen (thriller)@@ (E)
Sous les traits de peintres en bâtiment, des braqueurs s'attaquent à la prestigieuse Manhattan Trust Bank. Ils prennent en otages toutes les personnes présentes sur les lieux et les contraignent à revêtir la ...

@

INSOMNIA, Christopher Nolan 2002, Al Pacino, Robin Williams, Hilary Swank (thriller)@@


Will Dormer, un policier expérimenté et désabusé, est envoyé en Alaska pour enquêter sur le meurtre sordide d'une adolescente. Il monte une embuscade et repère le tueur et celui-ci parvient à s'enfuir. Will le prend en chasse, mais le perd de vue.

TELERAMA
Polar brillant, humain, haletant, sur la passerelle obscure entre innocence et culpabilité.
Pour Christopher Nolan « le cinéma s’apprend sur le tas, pas besoin d’un enseignement formel ». Alcon Après Following et Memento, où il avait joué avec nos neurones et nos nerfs, et avant de se planter avec Batman begins, Christopher Nolan montra avec ce thriller de très belle facture hollywoodienne qu'il pouvait exceller dans le classicisme. Un as de la crim cherche à coincer le meurtrier d'une jeune fille. Will Dormer, le superflic, n'enquête pas n'importe où ni n'importe quand : c'est dans un bled d'Alaska que la victime a été battue à mort. Et en cette saison, en Alaska, il ne fait jamais nuit. Un jour dérangeant pour un héros finissant dont la carrière accuse des zones d'ombre. Dormer a la conscience dans le brouillard. Et c'est dans la brume qu'à son tour il tue. Le voilà,
INSOMNIA, Christopher Nolan 2002, Al Pacino, Robin Williams, Hilary Swank (thriller)@@ (E)
Will Dormer, un policier expérimenté et désabusé, est envoyé en Alaska pour enquêter sur le meurtre sordide d'une adolescente. Il monte une embuscade et repère le tueur et celui-ci parvient &a ...

@

INSPECTEUR LA BAVURE, Claude Zidi 1980, Coluche, Gerard Depardieu


Dans les années 50. L'inspecteur Clément parvient à arrêter le forcené Pierrot le Fou, mais il est mortellement blessé. Son épouse lui promet que leur fils Michel sera policier. Trente ans plus tard, Michel est promu inspecteur-stagiaire grâce à l'indulgence du jury. Les ennuis commencent. Le jour de son entrée en fonction, Michel est passé à tabac par ses collègues qui l'ont confondu avec le complice de Morzini, l'ennemi public n°1. Marie-Anne Prossant, la fille d'un célèbre magnat de la presse, prend une photographie de la scène et menace de la publier si on lui refuse un reportage. Elle se joint donc à l'équipe formée par Clément et Marcel Watrin afin d'enquêter sur la criminalité. Michel, quant à lui, rêve d'arrêter Morzini...

TELERAMA
INSPECTEUR LA BAVURE, Claude Zidi 1980, Coluche, Gerard Depardieu (E)
Dans les années 50. L'inspecteur Clément parvient à arrêter le forcené Pierrot le Fou, mais il est mortellement blessé. Son épouse lui promet que leur fils Michel sera policier. Trente ans plu ...

@

INSPECTEUR LAVARDIN, Claude Chabrol 1986, Jean Poiret, Jean-Claude Brialy, Bernadette Laffont (thriller)@@


Raoul Mons, un célèbre écrivain catholique, est attablé en compagnie de son épouse Hélène, de sa belle-fille véronique, une jolie adolescente, et de son beau-frère, Claude. Le repas est interrompu par l'intrusion de manifestants en colère, qui lui reprochent une pièce blasphématoire. Peu après, l'écrivain est retrouvé mort sur la plage, le postérieur barré d'une inscription en lettres rouges, porc. L'inspecteur Jean Lavardin est chargé de l'enquête.
INSPECTEUR LAVARDIN, Claude Chabrol 1986, Jean Poiret, Jean-Claude Brialy, Bernadette Laffont (thriller)@@ (E)
Raoul Mons, un célèbre écrivain catholique, est attablé en compagnie de son épouse Hélène, de sa belle-fille véronique, une jolie adolescente, et de son beau-frère, Claude. Le r ...

@

INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ITALIENS, Alain Ughetto 2022, voix de Ariane Ascaride, Alain Ughetto (animation)@@


Début du XXe siècle, dans le nord de l'Italie, à Ughettera, berceau de la famille Ughetto. La vie dans cette région étant devenue très difficile, les Ughetto rêvent de tout recommencer à l'étranger. Selon la légende, Luigi Ughetto traverse alors les Alpes et entame une nouvelle vie en France, changeant à jamais le destin de sa famille tant aimée. Son petit-fils retrace ici leur histoire.

TELERAMA
Ses aïeuls ont fui la pauvreté en Italie et migré en France. Le cinéaste retrace leur odyssée et leur rend hommage dans ce film magnifique, pétri de poésie.

C'est un dialogue imaginaire entre Alain Ughetto, le réalisateur, et Cesira, sa grand-mère morte et ressuscitée par une marionnette de 23 centimètres, d’une merveilleuse humanité et à laquelle Ariane Ascaride prête sa voix de tous les Suds. Ce film d’animation embrasse le mouvement migratoire d’une famille italienne au début du XXe siècle : il était une fois la figure exemplaire du grand-père Luigi Ughetto, né pauvre et tenace à Ughettera, dans le nord de l’Italie, où la vie est dure, et la météo sans pitié. Luigi, paysan puis ouvrier, connaîtra les chantiers, les guerres, les épidémies, rencontrera l’amour en la belle personne de Cesira, verra ses frères ou certains de ses nombreux enfants mourir, et traversera les Alpes pour s’inventer une nouvelle vie en France.

Évocation nostalgique, mais miraculeusement tangible, Interdit aux chiens et aux Italiens s’impose comme une grande œuvre mémorielle et voyageuse, du mont Viso au Valais suisse, de l’Ariège à la Drôme. Pétri d’une poésie constante, traversé d’un humour italien qui donne à la tragédie une forme plus douce, le film offre une véritable matière aux souvenirs. Charbon de bois, brocolis, châtaignes, que le réalisateur a collectés lors de repérages dans les paysages de son berceau familial, dessinent le décor et reconstruisent un monde disparu, quand de simples morceaux de sucre deviennent des briques pour ces migrants piémontais reconvertis en maçons. L’émotion vient du concret : d’un coup de pioche, un edelweiss atterrit dans le chignon d’une fiancée ; un cœur se trace sur une table nimbée de farine ; Cesira malaxe la polenta comme on façonne un amour ; l’un des fils pédale dans la cave sur un petit vélo pour offrir l’électricité à la maisonnée…

Une main, celle d’Alain Ughetto, s’immisce régulièrement dans le champ, comme un personnage à part entière, pour tendre un outil à l’un de ses aïeuls, l’aider ou le questionner. Le film devient ainsi un témoignage rare sur l’art du cinéma d’animation, le geste bricoleur (hérité du grand-père) et le rapport intime entre la créature et son créateur. Depuis Ma vie de Courgette, de Claude Barras (2016), aucune marionnette ne nous avait autant bouleversés, ni rappelé le pouvoir magique de réinvention du réel que celles-ci, aux petits nez ronds et aux cheveux en doux sillons. Interdit aux chiens et aux Italiens permet de toucher du doigt la grande Histoire grâce à la texture douce et expressive de l’intime.

INTERDIT AUX CHIENS ET AUX ITALIENS, Alain Ughetto 2022, voix de Ariane Ascaride, Alain Ughetto (animation)@@ (E)
Début du XXe siècle, dans le nord de l'Italie, à Ughettera, berceau de la famille Ughetto. La vie dans cette région étant devenue très difficile, les Ughetto rêvent de tout recommencer à ...

@

INTERSECTION, Mark Rydell 1993, Richard Gere, Sharon Stone


Marié à une très belle femme, Vincent Eastman, un architecte de Vancouver, voit son couple partir à la dérive. Il décide de la quitter pour refaire sa vie avec Olivia Marshak, une jeune journaliste.

TELERAMA
Vincent Eastman, un architecte renommé, roule sur une route de campagne. Tout à coup, c'est l'accident. Le temps se fige, et Vincent se remémore les événements qui ont marqué sa vie. Il se souvient de son mariage avec Sally qui, par son argent et ses relations, a contribué à sa réussite. Il se rappelle surtout la gêne croissante qu'il éprouvait au contact de cette femme trop belle, trop froide et trop lointaine. Un jour de particulière insatisfaction, Vincent a rencontré la belle et sensuelle Olivia, vite devenue sa maîtresse. Déboussolé, Vincent ne parvient pas à choisir entre ces deux femmes. Neal, son collaborateur, le presse de prendre une décision...
INTERSECTION, Mark Rydell 1993, Richard Gere, Sharon Stone (E)
Marié à une très belle femme, Vincent Eastman, un architecte de Vancouver, voit son couple partir à la dérive. Il décide de la quitter pour refaire sa vie avec Olivia Marshak, une jeune journaliste. ...

@

INTERSTELLAR, Christopher Nolan 2014, Matthew McConaughey et Anne Hathaway (science fiction)@@


Dans un proche futur, la Terre est devenue hostile pour l'homme. Les tempêtes de sable sont fréquentes et il n'y a plus que le maïs qui peut être cultivé, en raison d'un sol trop aride. Cooper est un pilote, recyclé en agriculteur, qui vit avec son fils et sa fille dans la ferme familiale.

TELERAMA
La sécheresse dévore la Terre. Un astronaute du futur part en mission de reconnaissance afin de trouver une nouvelle planète pour les humains… une odyssée spatiale fascinante.

Mêlant conquête spatiale et science-fiction, Christopher Nolan nous entraîne aux confins du réchauffement climatique, un monde invivable où nos rêves sont partis en poussière. Ancien pilote d’essai, Cooper est recruté pour prendre les commandes d’une mission secrète. Objectif : trouver de nouvelles planètes qui permettront de quitter la Terre en prenant un raccourci dans le cosmos… Voyageurs dépassés par les lois de l’Univers, Cooper et son équipage sont des défricheurs d’avenir guidés par une ­citation inattendue d’un poème de Dylan Thomas : « N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit », disent ces vers solennels qui invitent à « s’enrager contre la mort de la lumière ». Christopher Nolan ose être lyrique et, tout aussi bien, scientifique. Il convoque Einstein et Newton face au mystère des trous noirs et à la logique trompeuse des distorsions temporelles. Envie de voir et de savoir vont de pair dans ce grand spectacle qui nous parle de découvertes, de rêves nouveaux. Même l’amour y a une autre dimension : réinventé à l’échelle cosmique, il devient une force qui défie l’espace et le temps. Une manière d’atteindre l’idéal que célèbre Interstellar : se transcender. Un verbe que le cinéma de Nolan aime passionnément conjuguer.

SYNOPSIS
La planète Terre se meurt par trop de pollution et de gaspillage des ressources naturelles. Cooper est un ancien de la Nasa. Veuf et soucieux de l'environnement, il essaie de mener une vie normale auprès de ses enfants à la campagne. Pendant ce temps, les autorités ont découvert un tunnel cosmique qui permettrait de trouver une nouvelle planète, susceptible d'accueillir les humains. Cooper doit laisser sa famille et prendre les commandes d'une navette. Dans ce voyage périlleux en dehors de la galaxie, il est accompagné par deux autres explorateurs, Brand et Doyle. Conscients de l'importance de leur mission, ils ne sont pas sûrs de rentrer vivants...
INTERSTELLAR, Christopher Nolan 2014, Matthew McConaughey et Anne Hathaway (science fiction)@@ (E)
Dans un proche futur, la Terre est devenue hostile pour l'homme. Les tempêtes de sable sont fréquentes et il n'y a plus que le maïs qui peut être cultivé, en raison d'un sol trop aride. Cooper est un pilote, r ...

@

INTIMITE, Patrice Chereau 2001, Kerry Fox, Mark Rylance, Philippe Calvario (film e sentimental)@@


Londres. Jay est réveillé par la sonnette. Une femme arrive. Ils font l'amour. Elle repart, sans qu'ils aient échangé un mot. Il retrouve cette inconnue chaque mercredi à heure fixe, pour des rapports purement sexuels. Il n'a pas envie de s'impliquer dans une nouvelle liaison. Doit-il continuer à la voir ou rompre ? Un mercredi qu'elle ne vient pas, Jay prend pourtant conscience de son addiction.

TELERAMA
Une relation amoureuse à cru et à cran décortiquée avec intensité par Patrice Chéreau.
Comment raconter, en 2001, une histoire d'amour au cinéma ? Pas une bluette à deux balles ni un sublime mirage, mais une histoire tangible, charnue, complexe, de plain-pied avec l'époque. Comment s'y prend-on ? On ignore si Patrice Chéreau s'est posé la question en ces termes, avant d'entreprendre son huitième long métrage, mais il est certain que le film, lui, y répond sans ambages.

D'abord par son point de départ : le sexe, et rien que le sexe, comme préalable à toute esquisse de sentiment. Les mercredis après-midi, Jay reçoit la visite de Claire dans son appartement décrépit. Ils échangent à peine quelques mots, ne se connaissent pas, mais ils se jettent l'un sur l'autre et font l'amour à même le sol, comme on livre une bataille. Ce n'est qu'un début, mais où se joue, déjà, l'un des paris du film : la représentation du désir physique, qui taraude si fort aujourd'hui le cinéma d'auteur, en France et ailleurs. Pari réussi, puisque ces scènes possèdent une beauté inédite : fébriles mais pas frénétiques, impudiques sans être obscènes, elles donnent à suivre, dans la durée, la déformation troublante des visages, le rougissement des peaux, la concentration quasi douloureuse des regards... Toutes choses habituellement occultées.

Le second pari de Chéreau consiste à mettre en scène l'histoire sur les lieux et dans la langue où elle a été imaginée, à l'origine, par l'écrivain anglo-indien Hanif Kureishi (1). Scénarisé, éclairé, monté par des Français, Intimité est joué à Londres, et en anglais, par des acteurs que l'on découvre : la Néo-Zélandaise Kerry Fox et le Britannique Mark Rylance. Elle, grave, impérieuse, d'une beauté mûre et légèrement abîmée qui se révèle au fil des minutes ; lui, blafard, défait, inquiet, séduisant. Sans préjuger de ce qu'aurait été le film avec des vedettes françaises et un décor parisien, il est flagrant que ces visages vierges (pour nous) et cette ville filmée avec l'avidité de l'étranger concourent à faire lever la pâte. Puisque rien n'est familier, tout est possible.

Pourtant, la première scène d'amour passée, un doute affleure. Claire est partie, Jay reste seul dans son désordre cafardeux, puis se rend à son travail ­ il est barman de nuit. Il retrouve ses collègues, son vieil ami Victor, complètement déglingué. Ces choses de la vie quotidienne qui renseignent sur le passé de l'homme et sur son sentiment de précarité (il a quitté femme et enfants sur un coup de tête, un an plus tôt), Patrice Chéreau les tire vers l'excès de style. La musique, ou plutôt les chansons (Clash, Iggy Pop, Bowie, etc.) envahissent la bande-son, couvrent les mots. La sophistication de la lumière et des mouvements de caméra, comme les prouesses du montage, sous influence Wong Kar-wai, sautent aux yeux. Rappelant certaines scories de Ceux qui m'aiment prendront le train, son précédent film, Chéreau paraît de nouveau en proie à son penchant véniel : le cinéma pour le cinéma. On voudrait lui souffler qu'il n'en faut pas tant pour nous accrocher aux tourments de ses amants anonymes.

Cette impression n'a pas le temps de s'installer, récusée par quelques séquences magiques de filature dans les rues de Londres. Cette fois, la manière fiévreuse du cinéaste fait corps avec la substance du film, de plus en plus fluide. Jay transgresse son pacte tacite avec Claire. Il suit la jeune femme, à son insu et, de fil en aiguille, découvre sa vie : comédienne de seconde zone, mariée, un enfant. En secret, il fait connaissance avec son mari, Andy, chauffeur de taxi au trente-sixième dessous, qu'il prend un étrange plaisir à humilier, à coups de sous-entendus.

Le jeu de cache-cache et d'étreintes clandestines se mue alors en un subtil affrontement à coeurs perdus où se mêlent la jalousie, le désespoir, la peur et le désir. Coécrits avec Anne-Louise Trividic, les dialogues brillent par leur habileté à fouiller les motifs secrets des personnages et leurs blessures existentielles. Paradoxalement, c'est lui, l'homme, qui n'a pas supporté d'en rester à une relation strictement sexuelle avec Claire. C'est lui qui s'ingénie à déprécier, à ruiner le couple de la jeune femme. Par dépit. Ou par nostalgie de ce à quoi il a renoncé lui-même. Ou par regret de l'ivresse des mercredis, déjà évanouie. Ou par amour.

Ce film, peut-être le plus personnel de Chéreau depuis L'Homme blessé, porte bien son titre. L'intimité avec un(e) autre, c'est ce à quoi chaque personnage aspire, s'accroche désespérément ou se blesse. Il y a même quelqu'un qui prétend en être mort : une vieille amie de Claire, campée avec beaucoup de charme par Marianne Faithfull. Toute la question est de savoir en quoi cette intimité consiste et à quel point elle peut durer... Commencée dans l'extase sensuelle et passée par toutes les couleurs de la cruauté et de la passion, l'aventure de Jay et de Claire se termine dans un climat de mélancolie et de deuil, une accalmie. Pourtant, une étincelle de vie s'est rallumée chez l'un comme chez l'autre, et il suffit peut-être, désormais, d'attendre le prochain orage.


INTIMITE, Patrice Chereau 2001, Kerry Fox, Mark Rylance, Philippe Calvario (film e sentimental)@@ (E)
Londres. Jay est réveillé par la sonnette. Une femme arrive. Ils font l'amour. Elle repart, sans qu'ils aient échangé un mot. Il retrouve cette inconnue chaque mercredi à heure fixe, pour des rapports pure ...

@

INTOLERABLE CRUAUTE, Joel Coen 2003, George Clooney, Catherine Zeta-Jones (societe)@@@


Avocat renommé, Miles Massey s'occupe surtout des affaires de divorces. Il réussit un coup de maître en dispensant l'un de ses clients de verser une pension à Marylin Rexroth, son ex-femme. Celle-ci est décidée à se venger...

TELERAMA
Miles Massey est avocat. Marylin Rexroth est une aventurière. Il est très riche. Elle entend bien le devenir. Entre eux, la lutte est inévitable… Qu’ils peignent l’Amérique profonde ou faussement classieuse, les Coen filment toujours les mêmes ploucs. Englués, ici, dans un Hollywood tapageur (vastes bureaux, immenses maisons à se flinguer). Ou dans un Las Vegas grotesque où l’on se marie en kilt au son d’une cornemuse qui massacre un tube ringard de Simon and Garfunkel. Même les deux héros n’échappent pas à leur verve destructrice : Marylin est une bombe sexuelle, mais presque vulgaire. Miles, beau et fier de l’être, vérifie constamment, dans son miroir et même dans sa cuillère à soupe, la blancheur de sa denture.

En quelques traits, les frères Coen savent dessiner un personnage : l’associé de Miles, qui immanquablement pleure aux mariages ; Joe le Siffleur, tueur asthmatique suffisamment crétin pour confondre son inhalateur avec son revolver ; l’inénarrable baron Krauss von Espy, héros d’un procès presque digne des frères Marx… Au fur et à mesure des pièges qui se referment — jamais sur qui l’on croit —, la sophistication se mue en folie douce à la Blake Edwards. En séduisant cauchemar.


INTOLERABLE CRUAUTE, Joel Coen 2003, George Clooney, Catherine Zeta-Jones (societe)@@@ (E)
Avocat renommé, Miles Massey s'occupe surtout des affaires de divorces. Il réussit un coup de maître en dispensant l'un de ses clients de verser une pension à Marylin Rexroth, son ex-femme. Celle-ci est déc ...

@

INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy


Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine sénégalaise tout droit sorti de prison, comme auxiliaire de vie à domicile. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu'il ne regarde pas Philippe avec le même regard de pitié que les autres candidats.
INTOUCHABLES, Eric Toledano, Olivier Nakache 2011, Francois Cluzel, Omar Sy (E)
Tout les oppose et il était peu probable qu'ils se rencontrent un jour, et pourtant. Philippe, un riche aristocrate devenu tétraplégique après un accident de parapente va engager Driss, un jeune homme d'origine s ...

@

INTRUSION (THE BENEFACTOR), Andrew Renzi 2015, Richard Gere, Dakota Fanning (societe)@


Un vieil homme solitaire et fortuné, qui se sent responsable de la mort d'un couple d'amis survenue plusieurs années plus tôt, s'impose dans la vie de leur fille nouvellement mariée.
Francis Watts surnommé Franny, est riche, beau et célibataire. Alors où est le problème ? Le problème, c'est qu'il a 60 ans et qu'il n'a pas accompli grand-chose. Dans un effort désespéré pour recommencer une nouvelle vie, ce philanthrope drogué aux pilules va s'immiscer dans la vie d'un jeune couple.

TELERAMA
INTRUSION (THE BENEFACTOR), Andrew Renzi 2015, Richard Gere, Dakota Fanning (societe)@ (E)
Un vieil homme solitaire et fortuné, qui se sent responsable de la mort d'un couple d'amis survenue plusieurs années plus tôt, s'impose dans la vie de leur fille nouvellement mariée.
Francis Watts surnomm&eacu ...

@

INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon


À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée.
INVICTUS, Clint Eastwood 2009, Morgan Freeman, Matt Damon (E)
À l'issue de la chute de l'apartheid, le président Nelson Mandela, récemment élu, est confronté à une Afrique du Sud qui est racialement et économiquement divisée. ...

@

INVISIBLE MAN, Leigh Whannell 2020, Elisabeth Moss, Oliver Jackson-Cohen


Prisonnière de sa relation violente et tyrannique avec un riche et brillant scientifique, Cecilia Kass s'échappe en pleine nuit et disparaît. Lorsqu'il se suicide en lui léguant une généreuse partie de son immense fortune, Cecilia met en doute la véracité de sa mort.

TELERAMA
Cecilia a longtemps subi la violence de son compagnon, un brillant scientifique. Apprenant qu’il s’est donné la mort et lui a laissé une grosse somme d’argent, elle se sent enfin libre. C’est alors qu’elle est victime de phénomènes étranges : les objets se déplacent… Mais que se passe-t-il ?

Rien d’aussi « invisible » qu’annoncé, dans un thriller à grosses ficelles qui désamorce tout suspense dès le titre. Le plaisir tient tout entier dans les astuces et les surprises visuelles de chacune des attaques fugaces de l’homme invisible, et dans l’atmosphère oppressante que le réalisateur parvient à installer, aidé par l’interprétation expressive et captivante de la grande Elisabeth Moss (La Servante écarlate), décidément vouée à combattre les pires forces du mâle.

SYNOPSIS
Cecilia Kass a longtemps subi la violence de son compagnon, un brillant et riche scientifique. Une nuit, elle prend la fuite et se réfugie auprès de sa soeur, leur ami d'enfance et sa fille adolescente. A sa grande surprise, Cecilia apprend que celui qui l'a tyrannisé pendant des années s'est donné la mort et lui a laissé la coquette somme de 5 millions de dollars. Mais est-il vraiment mort ? Des évènements étranges lui font penser que non. Elle découvre que son ex a construit une machine lui permettant de se rendre invisible. Personne ne la croit, pas même ses proches. Son comportement inquiète et elle-même craint pour sa santé mentale...
INVISIBLE MAN, Leigh Whannell 2020, Elisabeth Moss, Oliver Jackson-Cohen (E)
Prisonnière de sa relation violente et tyrannique avec un riche et brillant scientifique, Cecilia Kass s'échappe en pleine nuit et disparaît. Lorsqu'il se suicide en lui léguant une généreuse partie ...

@

INVITATION A UN MEURTRE (la reine du crime presente), Stephen Shimek 2023, Mischa Barton, Chris Browning, Bianca A. Santos (thriller)@


1934, dans le sud de l'Angleterre. A sa grande surprise, Miranda Green, fleuriste et détective amateur, est invitée à passer un week-end dans la demeure insulaire du milliardaire Lewis Findley. A son arrivée, elle découvre que cinq autres personnes, apparemment choisies au hasard, ont été conviées...

SENS CRITIQUE
L'un des plus gros problèmes de ce film est le manque de profondeur des personnages. Je n'ai appris le nom de personne tout au long du film, car ce n'était pas nécessaire. Le personnage principal manque de qualités attachantes et passe pour une je-sais-tout et une frimeuse
INVITATION A UN MEURTRE (la reine du crime presente), Stephen Shimek 2023, Mischa Barton, Chris Browning, Bianca A. Santos (thriller)@ (E)
1934, dans le sud de l'Angleterre. A sa grande surprise, Miranda Green, fleuriste et détective amateur, est invitée à passer un week-end dans la demeure insulaire du milliardaire Lewis Findley. A son arrivée, ell ...

@

IPCRESS DANGER IMMEDIAT, Sidney J. Furie 1965, Michael Caine, Sue Lloyd (thriller)@@


L'espion (Michael Caine) anglais Harry Palmer enquête sur l'enlèvement de plusieurs scientifiques, victimes de lavage de cerveau.

TELERAMA
Un agent vraiment très spécial, plutôt 000 que 007. Prises de vues délirantes et constante ironie. Grâce à ce film réjouissant, Michael Caine devint star.

Agent britannique, Harry Palmer enquête sur l’enlèvement d’un savant, le professeur Radcliffe. On soupçonne, à juste titre, un truand d’origine albanaise. Quand celui-ci restitue le scientifique contre rançon, on s’aperçoit que Radcliffe a des trous de mémoire, comme s’il avait subi un lavage de cerveau.

« Dans ce boulot, on fait autant d’écriture que de marche à pied », explique un espion à Palmer, obligé de remplir formulaire sur formulaire : c’est moins de l’espionnage que du travail de bureau ! Harry Palmer est bien l’anti-James Bond. Myope comme une taupe, d’une moralité douteuse, il ne fait craquer les femmes que par ses talents… culinaires !

On pense aux romans de John le Carré, tant le film s’acharne à gommer le spectaculaire. La mise en scène, très astucieuse, s’attache plus aux objets qu’aux personnages, laissant bagarres et poursuites hors champ. Il règne sur le film une ironie permanente, très britannique, tout à fait réjouissante. Il faut dire que Michael Caine s’en donne à cœur joie, offrant au personnage sa décontraction et son sens de la litote… Ceux qui préfèrent Kafka (qui fut, comme Palmer, un spécialiste de la bureaucratie) à Ian Fleming seront servis !
IPCRESS DANGER IMMEDIAT, Sidney J. Furie 1965, Michael Caine, Sue Lloyd (thriller)@@ (E)
L'espion (Michael Caine) anglais Harry Palmer enquête sur l'enlèvement de plusieurs scientifiques, victimes de lavage de cerveau.

TELERAMA
Un agent vraiment très spécial, plutôt 000 que 007. Pri ...

@

IRON MAN, Jon Favreau 2008, Robert Downey Jr, Terrence Howard (science fiction)@


Alors qu'il fait l'essai d'une arme de son invention en Afghanistan, le milliardaire Tony Stark est capturé par des insurgés qui le forcent à travailler pour eux. Mais à leur insu, le scientifique crée pour lui-même une armure superpuissante au moyen de laquelle il s'évade et rentre aux États-Unis.

TELERAMA
À la ville, Iron Man est un play-boy milliardaire et cynique, héritier d’un fabricant de missiles. Après s’être fait kidnapper, il décide de se consacrer à la paix. Savoureux film de superhéros, avec un Robert Downey Jr cabotin en diable. Moins connu que ses camarades Hulk ou Spider-Man, Iron Man est néanmoins un superhéros authentique, fragile à l'intérieur (il a un coeur artificiel) et super balèze à l'extérieur, comme tous les surhommes nés de l'imagination de Stan Lee dans les années 1960. Outre sa banale capacité à voler à la vitesse du son au secours de la veuve et de l'orphelin, sa spécialité est d'être lui-même son propre ennemi : la schizophrénie entre l'homme privé et l'homme public atteint ici un abîme inédit. Pour une fois, le premier n'est pas un binoclard pubère susceptible de faciliter l'identification avec le public adolescent des Marvel Comics. A la ville, Iron Man est un play-boy milliardaire et cynique, héritier d'un fabricant de missiles. Ce n'est qu'après s'être fait kidnapper par les talibans (armés par ses soins) que le businessman prend conscience de l'abomination de son activité...
Conscient de l'absence de méchant consistant, le réalisateur néglige les grands duels habituels et laisse le champ libre à ce cabotin de Robert Downey Jr, dont l'insolence, l'humour décalé et la vie privée chaotique (alcool et drogues l'ont longtemps rendu tricard à Hollywood) apportent au héros une saveur particulière.
IRON MAN, Jon Favreau 2008, Robert Downey Jr, Terrence Howard (science fiction)@ (E)
Alors qu'il fait l'essai d'une arme de son invention en Afghanistan, le milliardaire Tony Stark est capturé par des insurgés qui le forcent à travailler pour eux. Mais à leur insu, le scientifique crée pou ...

@

IRREDUCTIBLE, Jérôme Commandeur 2022, Christian Clavier, Gerard Depardieu, Gerard Darmon (comique)@@


Lorsque le gouvernement vote un plan d'économies massives, Vincent est poussé vers la sortie. Face à une inspectrice ministérielle un peu trop zélée, il refuse de capituler, bien décidé à conserver son travail "garanti à vie". La guerre des nerfs ne fait que commencer quand elle le mute dans les pires endroits du monde, jusqu'au Pôle Nord, pour enchaîner les postes improbables.

TELERAMA
Un fonctionnaire s’accroche à son poste mordicus… Une comédie satirique où la sympathie cultivée avec soin par Jérôme Commandeur devient une qualité.

Un fonctionnaire plutôt pantouflard s’accroche à son poste au point d’accepter une mutation au bout du monde, où il rencontre une aventurière…

Inspirée par un film italien (Quo vado ?, 2016), cette satire d’un esprit qu’on dit bien français ne se veut surtout pas méchante. À la réalisation et dans le rôle principal, Jérôme Commandeur met sa bonhomie au service d’un divertissement qui fait sourire, mais perd de vue le rythme général, trop pépère. Qu’importe, la sympathie sur laquelle l’humoriste a décidé de tout miser déclenche celle du spectateur...
IRREDUCTIBLE, Jérôme Commandeur 2022, Christian Clavier, Gerard Depardieu, Gerard Darmon (comique)@@ (E)
Lorsque le gouvernement vote un plan d'économies massives, Vincent est poussé vers la sortie. Face à une inspectrice ministérielle un peu trop zélée, il refuse de capituler, bien décidé ...

@

IRRESISTIBLE ALFIE, Lewis Gilbert 2003, Jude Law, Sienna Miller, Marisa Tomei (comique)@


Pour Alfie, la vie se résume à profiter de tout ce que les femmes peuvent lui offrir, l'une après l'autre, nuit après nuit. Entre des veuves richissimes au goût prononcé pour les jeunes gens et sa petite amie officielle, Alfie avait vraiment tout et ne cherchait rien de plus.

TELERAMA
Alfie, Anglais, élégant, arrogant, dragueur écume les rues de Manhattan, soit dans la limousine dont il est le chauffeur à louer, soit sur son scooter. Il cumule les conquêtes, mais tout n'est pas si simple. Un délicieux écart aux conséquences fâcheuses, avec la fiancée de son meilleur ami, est le premier accroc à sa lisse carapace. Alfie a eu une vie antérieure, en 1966, en plein Swingin' London, sous les traits de Michael Caine, qui donnait toute sa mesure au cynisme du personnage. On peut ignorer ce point d'histoire, mais Jude Law est-il trop joli play-boy pour être aussi vrai que l'original ? Une lourde repentance lui est ici infligée, qui achève de plomber ce remake. La sublime chanson titre de Bacharach & David subit aussi quelques outrages. F.G.
IRRESISTIBLE ALFIE, Lewis Gilbert 2003, Jude Law, Sienna Miller, Marisa Tomei (comique)@ (E)
Pour Alfie, la vie se résume à profiter de tout ce que les femmes peuvent lui offrir, l'une après l'autre, nuit après nuit. Entre des veuves richissimes au goût prononcé pour les jeunes gens et sa pe ...

@

ITINERAIRE D UN ENFANT GATE, Claude Lelouch 1988. Jean-Paul Belmondo, Richard Anconina (aventure)


Après avoir brillamment réussi dans la vie, un homme de cinquante ans se retire secrètement et part à l'aventure.
ITINERAIRE D UN ENFANT GATE, Claude Lelouch 1988. Jean-Paul Belmondo, Richard Anconina (aventure) (E)
Après avoir brillamment réussi dans la vie, un homme de cinquante ans se retire secrètement et part à l'aventure. ...

@

PAS SI SIMPLE (ITS COMPLICATED), Nancy Meyers 2009, Meryl Streep, Alec Baldwin


Divorcés après 20 ans de mariage, Jane et Jake ont eu ensemble trois enfants, prêts à voler aujourd'hui de leurs propres ailes. Malgré les difficultés, les deux quinquagénaires ont fait ce qu'ils ont pu pour préserver entre eux des relations cordiales. À la tête d'un petit salon de thé prospère, Jane, qui rêve de se lancer dans de nouveaux projets, fait la connaissance d'Adam, un brillant architecte d'intérieur.
PAS SI SIMPLE (ITS COMPLICATED), Nancy Meyers 2009, Meryl Streep, Alec Baldwin (E)
Divorcés après 20 ans de mariage, Jane et Jake ont eu ensemble trois enfants, prêts à voler aujourd'hui de leurs propres ailes. Malgré les difficultés, les deux quinquagénaires ont fait ce qu' ...

@

IXJANA, Michal et Jerzy Skolimowski 2012, Sambor Czarnota, Magdalena Boczarska (thriller)@


Le héros du film est le jeune écrivain Marek Newski (Sambor Czarnota) qui, malgré le succès critique et commercial de son premier ouvrage, ressent une grande angoisse qui se traduit par des douleurs aiguës à la poitrine. Il pense que cette affliction a démarré après une fête donnée par son éditeur à la fin de laquelle il s'est disputé avec son meilleur ami Artur (Borys Szyc) pour une femme, Marlena (Magdalena Boczarska). Petit à petit, tout semble indiquer qu'il a tué son ami.

Marek décide alors d'enquêter pour découvrir la vérité sur ce qui s'est passé. Suivent une série de scènes délirantes, fruits de cauchemars, où la réalité se confond avec des faits imaginés ou des éléments de son livre. Magie noire, masques, le diable lui-même, pédophilie, drogues, peurs irrationnelles : les frères Skolimowski usent de tous ces outils dans le film, qui s'avère troublant par son excès sans arriver à dégager des éléments de cohérence.

Le poids du film repose en grande partie sur les interprètes. Leurs performances témoignent d'une influence importante du théâtre. Leur langage corporel notamment est très accentué, surtout celui de Czarnota. Il faut toutefois noter le beau travail de photographie d'Adam Sikora, qui a confectionné des images très contrastées et riches en couleurs vives formant un intéressant contrepoint par rapport à la noirceur de l'intrigue. En revanche, les quelques effets spéciaux utilisés, en particulier dans les scènes les plus surréalistes, semblent presque cocasses (un effet qu'on espère volontaire).
IXJANA, Michal et Jerzy Skolimowski 2012, Sambor Czarnota, Magdalena Boczarska (thriller)@ (E)
Le héros du film est le jeune écrivain Marek Newski (Sambor Czarnota) qui, malgré le succès critique et commercial de son premier ouvrage, ressent une grande angoisse qui se traduit par des douleurs aiguës & ...

@

J ACCUSE, Roman Polanski 2019, Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner (histoire bio Cap Dreyfus)@@


Pendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n'aura de cesse d'identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.
J ACCUSE, Roman Polanski 2019, Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner (histoire bio Cap Dreyfus)@@ (E)
Pendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nomm&e ...

@

J ADORE CE QUE VOUS FAITES, Philippe Guillard 2020, Gerard Lanvin, Artus (comique)@@


Gérard Lanvin s'apprête à tourner l'un des films les plus importants de sa carrière dans le sud de la France sur le débarquement en 1944, avec le rôle principal. Un jour, il reçoit Momo Zapareto, l'homme qui vient entretenir sa piscine. Ce dernier se rend compte qu'il est face à son idole et lui demande s'il peut venir sur le tournage. Gérard Lanvin accepte, mais cette rencontre va rapidement se transformer en cauchemar pour l'acteur.

TELERAMA
Avec son argument grosso modo copié sur la série Dix pour cent, le quatrième long métrage de l’ex-rugbyman Philippe Guillard s’avère moins déplaisant que les précédents. Gérard Lanvin, dans son propre rôle (râleur mais bienveillant), se rend dans l’Aude pour tourner un blockbuster hollywoodien qui se déroule en août 1944, au moment du débarquement de Provence. Le voilà collé par un nettoyeur de piscine fan de ses films – l’humoriste Artus, en quasi-improvisation.

Le comique de répétition opère tant qu’il se situe vaguement dans la veine des scénarios de Francis Veber (L’Emmerdeur, Le Dîner de cons). En revanche, dès que l’écriture devient plus paresseuse, tout s’écroule. J’adore ce que vous faites ne parvient pas à tirer profit de la présence d’Antoine Bertrand, excellent comédien québécois, en réalisateur conseillant à Lanvin de jouer comme un ours polaire ou un rhinocéros – gag récurrent pas drôle. Et Guillard retombe finalement dans ses travers, avec une rafale de bons sentiments, même si la chute se révèle moins dégoulinante que d’habitude.
J ADORE CE QUE VOUS FAITES, Philippe Guillard 2020, Gerard Lanvin, Artus (comique)@@ (E)
Gérard Lanvin s'apprête à tourner l'un des films les plus importants de sa carrière dans le sud de la France sur le débarquement en 1944, avec le rôle principal. Un jour, il reçoit Momo Zaparet ...

@

J AI FAILLI TE DIRE JE T AIME, Joaquin Llamas 2014, Paloma Bloyd, Daniele Liotti (sentimental)


Alex est un publicitaire en vogue qui a tout pour lui. Cependant, il broie du noir car sa fiancée vient de le plaquer. Un matin, il croise accidentellement la route de Niki, jeune étudiante pétillante et pleine de vie. C'est le coup de foudre. Petit détail : elle a 20 ans de moins que lui et va totalement chambouler sa vie !
J AI FAILLI TE DIRE JE T AIME, Joaquin Llamas 2014, Paloma Bloyd, Daniele Liotti (sentimental) (E)
Alex est un publicitaire en vogue qui a tout pour lui. Cependant, il broie du noir car sa fiancée vient de le plaquer. Un matin, il croise accidentellement la route de Niki, jeune étudiante pétillante et pleine de vie. ...

@

J IRAI DORMIR A HOLLYWOOD


Le globe-trotteur Antoine de Maximy a décidé de partir à la découverte des Etats-Unis. Non sans fascination, il filme les routes serpentant à perte de vue, les paysages grandioses, les métropoles, les communautés vivant coupées de tout. D'est en ouest, il voyage à pied, en stop, en taxi, en bus et à vélo. Considéré comme un original, il visite New York, Miami, La Nouvelle-Orléans et Las Vegas. En chemin, il croise des hommes et des femmes qui l'accueillent avec hospitalité. Antoine de Maximy constitue, comme à son habitude, une singulière galerie de portraits. Une fois sur la côte Ouest, il espère se faire inviter pour la nuit par une star hollywoodienne...
J IRAI DORMIR A HOLLYWOOD (E)
Le globe-trotteur Antoine de Maximy a décidé de partir à la découverte des Etats-Unis. Non sans fascination, il filme les routes serpentant à perte de vue, les paysages grandioses, les métropoles, l ...

@

J IRAI MOURIR DANS LES CARPATES, Antoine de Maximy 2020 (thriller road movie)@@


Alors qu'il réalisait un nouvel épisode de "J'irai dormir chez vous" dans les Carpates, Antoine de Maximy est porté disparu. Sa voiture a été emportée par une rivière et on n'a pas retrouvé le corps du globe-trotteur. Agnès, la monteuse de la série, décide de terminer ce dernier épisode avec le matériel qui a été récupéré sur place. Ce qu'elle voit ne la rassure pas car la population semble un peu hostile vis-à-vis de son ami. Mais alors qu'elle s'attaque au montage, des détails l'intriguent. Elle est persuadée qu'Antoine est encore vivant. Elle décide de se rendre sur place avec Laurent, le policier chargé de l'enquête...

TELERAMA
Antoine de Maximy met en scène sa propre mort (accidentelle ?) sur une route des Carpates, alors qu’il tourne un épisode de “J’irai dormir chez vous”. Une première fiction qui lui ressemble…

Le routard de la télévision Antoine de Maximy met en scène sa propre mort sur une route des Carpates. Dans une revue de psychologie, on écrirait que le plus célèbre SDF de France exprime ainsi son désir secret d’en finir avec une fameuse émission, J’irai dormir chez vous, qui l’oblige à quémander le gîte et le couvert à Pétaouchnok depuis… seize ans déjà. Cette première fiction lui ressemble : des maladresses, un premier degré désarmant, une empathie joviale. Qui, finalement, emporte le morceau.


J IRAI MOURIR DANS LES CARPATES, Antoine de Maximy 2020 (thriller road movie)@@ (E)
Alors qu'il réalisait un nouvel épisode de "J'irai dormir chez vous" dans les Carpates, Antoine de Maximy est porté disparu. Sa voiture a été emportée par une rivière et on n'a pas ...

@

J IRAI OU TU IRAS, Geraldine Nakache 2018, Leila Bekhti, Geraldine Nakache (sentimental)@


Vali et Mina sont deux soeurs que tout oppose. L'une est chanteuse, rêveuse et émotive. L'autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père finit par trouver l'occasion rêvée pour peut-être les réconcilier : Vali a décroché une audition à Paris et c'est Mina qui va devoir l'y emmener malgré son mépris pour la passion de sa soeur. C'est une histoire de retrouvailles, une histoire d'amour entre deux soeurs, l'histoire d'une famille qui s'aime, mais qui ne sait plus se le dire.

TELERAMA
Bancal, J’irai où tu iras hésite sans cesse entre mélo sur la reconstruction d’une famille minée par les non-dits et succédané d’un épisode de l’émission Strip-tease, en immersion parmi les fans de la chanteuse québécoise. L’humour oscille entre running gags pénibles (hurlements au téléphone en voiture à cause d’une connexion Bluetooth défectueuse) et clowneries d’un autre âge (Timsit se fait passer pour un sourd-muet ou pour un bègue).
J IRAI OU TU IRAS, Geraldine Nakache 2018, Leila Bekhti, Geraldine Nakache (sentimental)@ (E)
Vali et Mina sont deux soeurs que tout oppose. L'une est chanteuse, rêveuse et émotive. L'autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père finit par trouver l'occasion rêvée pour peut-êt ...

@

JACK REACHER, Never go back, Christopher McQuarrie 2012, Tom Cruise, Rosamund Pike (thriller)@@


Alors qu'elles se trouvent tranquillement dans un parc, cinq personnes sont froidement abattues par un sniper posté dans un parking leur faisant face. Toutes les pistes mènent à James Barr. Les forces de police appréhendent le suspect numéro un et le placent immédiatement en détention. Alors qu'il est entendu par les inspecteurs chargés de l'enquête, Barr n'avoue rien, mais écrit sur une feuille : "Trouvez Jack Reacher"...

TELERAMA
Sorti de nulle part ­apparaît une sorte de cow-boy solitaire, intègre et rebelle, auréolé de mystère… Un peu frimeur, aussi, ce Reacher interprété par Tom Cruise. Mais l’acteur sait donner à ce personnage une singularité dans la famille des justiciers. Pour démarquer vraiment la star de ses films d’action standards, Christopher McQuarrie lui offre une mise en scène sous l’influence de Hitchcock. Une blonde froide et ardente se mêle à l’enquête, la tension dramatique s’appuie habilement sur les décors et le méchant (le cinéaste Werner Herzog…) est très réussi. De vraies plus-values pour ce thriller.
JACK REACHER, Never go back, Christopher McQuarrie 2012, Tom Cruise, Rosamund Pike (thriller)@@ (E)
Alors qu'elles se trouvent tranquillement dans un parc, cinq personnes sont froidement abattues par un sniper posté dans un parking leur faisant face. Toutes les pistes mènent à James Barr. Les forces de police appr&eac ...

@

JACKIE BROWN, Quentin Tarantino 1997, Pam Grier, Samuel L. Jackson (thriller)@@


Jackie Brown, hôtesse de l'air, arrondit ses fins de mois en convoyant de l'argent liquide pour le compte d'un trafiquant d'armes, Ordell Robbie. Un jour, un agent fédéral et un policier de Los Angeles la cueillent à l'aéroport. Ils comptent sur elle pour faire tomber le trafiquant. Jackie échafaude alors un plan audacieux pour doubler tout le monde lors d'un transfert impliquant une somme de cinq cent mille dollars.

TELERAMA
Ambiance cool, malfrats bavards et coup fumant, en 1998, Tarantino changeait de tempo et réinstallait Pam Grier en haut de l’affiche. Une réussite.
L'hôtesse de l’air Jackie Brown passe en fraude du fric sale pour le compte du gangster Ordell Robbie. Elle s’apprête à blouser tout le monde dans les grandes largeurs. Ce « coup » fumant se monte au rythme poisseux d’une musique omniprésente, mais aussi des conversations. On connaît le goût de Quentin Tarantino pour les personnages intarissables. Dans Jackie Brown, on ne flingue plus (enfin, juste ce qu’il faut…), mais on cause de plus belle. On chipote sur la couleur et le motif d’un sac de supermarché, on digresse sur les vieux disques en vinyle. L’arnaque est répétée comme une pièce de théâtre qui se jouerait sur la scène d’un centre commercial, entre une cafétéria et un magasin de vêtements — lieux passe-partout d’une Amérique standard.

Le roman d’Elmore Leonard se passait à Miami. Tarantino l’a transposé dans la South Bay, ces banlieues mornes et ensoleillées de Los Angeles. Il nous balade ainsi jusqu’à ce que l’absence d’effets, de trucs fasse son effet. Jusqu’à ce que les protagonistes de cette assez mince intrigue imposent leur présence, deviennent chair à fiction. Et mémorables. Au travers de ces losers sympathiques, Tarantino suggère une morale, peu orthodoxe, mais qui étonnera ceux qui guettaient l’explosion de violence d’un polar de plus. Ce grand cinéaste mineur a su se rendre imprévisible.
JACKIE BROWN, Quentin Tarantino 1997, Pam Grier, Samuel L. Jackson (thriller)@@ (E)
Jackie Brown, hôtesse de l'air, arrondit ses fins de mois en convoyant de l'argent liquide pour le compte d'un trafiquant d'armes, Ordell Robbie. Un jour, un agent fédéral et un policier de Los Angeles la cueillent &agra ...

@

JACKIE, Pablo Larraín 2016, Natalie Portman, Peter Sarsgaard (bio histoire)@@


Le 22 novembre 1963: John F. Kennedy, 35e président des États-Unis, vient d'être assassiné à Dallas.

TELERAMA
Le réalisateur chilien met en scène Jackie Kennedy dans les jours qui suivirent l’assassinat de son époux président, en 1963. Habile réflexion sur l’image.

Le monde entier connaît ces images : une femme en rose rampe, affolée, sur le capot d’une voiture officielle ; une femme en noir mène la marche funèbre, à Washington… Jackie Kennedy est incrustée dans notre imaginaire collectif. Pour son premier film américain, le Chilien Pablo Larraín ne fait jamais semblant de l’ignorer.

Il n’a pas circonscrit par hasard son récit aux quelques jours qui suivirent l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963. Dans l’œil du cyclone, le point zéro d’un deuil et d’un trauma historique majeur, se tient Natalie Portman, exceptionnelle. Jackie n’est pas un biopic au sens usuel, la petite histoire d’une première dame dans les tourments de la grande. C’est un trompe-l’œil, une réflexion magistrale sur l’image. Et même une réflexion au sens strict : dans l’une des plus belles scènes du film, Jackie Kennedy se regarde dans un miroir. Elle ne nous offrira ainsi que son reflet, fragmenté et multiplié, enclos dans la stupeur d’une tragédie nationale dont l’Amérique n’est jamais vraiment sortie. Toutes les Jackie se superposent : la victime, la veuve, et surtout l’architecte de la postérité, à l’origine d’un mythe.

Jackie Kennedy accorde une interview à un journaliste quelques jours après la mort violente de son époux John Fitzgerald Kennedy, assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas. Pour l'ex-First Lady, c'est l'occasion de relater les quelques jours qui ont suivis ces heures funestes. Par exemple, en dépit des mesures de sécurité considérables prises par l'équipe du président Lyndon B. Johnson, elle demande à accompagner le cercueil de son mari jusqu'au bout. Robert Kennedy, très proche de son frère et dont les rapports sont tendus avec le nouveau président, lui apporte son soutien indéfectible. La jeune veuve, âgée d'à peine 34 ans, est déterminée à ce que l'héritage de son époux lui survive...
JACKIE, Pablo Larraín 2016, Natalie Portman, Peter Sarsgaard (bio histoire)@@ (E)
Le 22 novembre 1963: John F. Kennedy, 35e président des États-Unis, vient d'être assassiné à Dallas.

TELERAMA
Le réalisateur chilien met en scène Jackie Kennedy dans les jours qui ...

@

JACKPOT, Emily Atef 2020, Rosalie Thomass, Friedrich Mucke


Une femme trouve un sac contenant plus de 600 000 euros dans une voiture. Elle prend l'argent. Il y a quelqu'un à qui l'argent manque. L'homme est dangereux, il ne fait pas de compromis et ne paie pas de commission d'intermédiaire.

TELERAMA
Employée dans une fourrière automobile, Maren, qui a déjà été condamnée pour plusieurs vols, trouve dans une voiture tout juste saisie un sac contenant plus de 600 000 euros en espèces. Incapable de résister à la tentation, elle s'empare de cet argent tombé du ciel et le rapporte chez elle. Elle voit dans le pactole l'espoir de payer la rééducation de son mari Dennis, cloué dans un fauteuil roulant depuis un accident de travail. Malheureusement pour ce couple soudé, le propriétaire du magot, un truand nommé Henning, est prêt à tout pour le récupérer et offrir enfin à son épouse et à leur petite fille la vie prospère et tranquille dont ils rêvent tous les trois. Un jeu du chat et de la souris s'engage alors entre Maren et lui.
JACKPOT, Emily Atef 2020, Rosalie Thomass, Friedrich Mucke (E)
Une femme trouve un sac contenant plus de 600 000 euros dans une voiture. Elle prend l'argent. Il y a quelqu'un à qui l'argent manque. L'homme est dangereux, il ne fait pas de compromis et ne paie pas de commission d'intermédi ...

@

JACKPOT, Tom Vaughan 2008, Cameron Diaz, Ashton Kutcher


Joy ne va pas bien. Son petit ami vient de la quitter. De son côté, Jack a perdu son emploi. Ils ne se connaissent pas, mais lors d'une nuit pleine d'excès à Las Vegas, ils se laissent aller sans retenue. Le lendemain, ils se réveillent mari et femme. Catastrophés, ils se mettent très vite d'accord pour se séparer à l'amiable. Tout se complique lorsque le couple réalise que Jack a gagné trois millions de dollars en jouant avec une pièce prêtée par Joy.

TELE LOISIRS
Un film prévisible mais plaisant, grâce au tandem explosif formé par Cameron Diaz et Ashton Kutcher.
JACKPOT, Tom Vaughan 2008, Cameron Diaz, Ashton Kutcher (E)
Joy ne va pas bien. Son petit ami vient de la quitter. De son côté, Jack a perdu son emploi. Ils ne se connaissent pas, mais lors d'une nuit pleine d'excès à Las Vegas, ils se laissent aller sans retenue. Le lende ...

@

JALOUSE, David Foenkinos 2017, Karin Viard (societe)@@


Nathalie Pêcheux, professeur de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage. Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d'une femme.

TELERAMA
Beau regard sur la solidarité féminine envers et contre tous, avec une Karin Viard explosive, capable de faire rire des pires méchancetés.

Elle vous dira qu’elle ne l’est pas. Apparemment, Nathalie n’a que peu de raisons d’envier son prochain : encore très désirable à l’orée de la cinquantaine, professeur de philosophie en khâgne, elle devrait se réjouir de la beauté et des ­talents de danseuse classique de sa fille. Mais, justement, sa fille a 18 ans. Et qu’elle est jolie ! Et puis, il y a cette nouvelle collègue, si jeune et pleine d’idées, qui débarque dans son lycée : une ­petite garce arriviste, forcément. Quant à sa meilleure amie (Anne Dorval, parfaite), elle reste heureuse en ménage au bout de vingt ans de mariage, alors que Nathalie voit roucouler son ex-mari avec une autre… Nathalie ne contrôle plus son agressivité…

À un certain stade de la vie, le bonheur et la réussite des autres deviennent-ils intolérables ? Voici une comédie à l’italienne : grinçante, volontiers mélancolique, qui s’attache, avec un beau sens du détail quotidien, à un « monstre », féminin pour une fois, auquel Karin Viard prête ses traits si familiers. Qui mieux qu’elle, sachant exprimer dans une même scène le froid et la tendresse, pour faire rire sur un sujet pas drôle ? Des enfants qui ont grandi, des parents déjà disparus, aucune épaule sur laquelle s’appuyer… De quoi, en effet, être désemparé, déprimé.

La réussite de ce film coécrit et coréalisé par les frères Foenkinos, mordant mais empreint de solidarité féminine, apparaît particulièrement dans une scène de… cimetière : Nathalie y papote avec des mortes – des mères de substitution –, enfin sereine.
JALOUSE, David Foenkinos 2017, Karin Viard (societe)@@ (E)
Nathalie Pêcheux, professeur de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danse ...

@

JAMAIS PLUS JAMAIS, Irvin Kershner 1983, Sean Connery


James Bond croyait pouvoir enfin se reposer après tant d'années passées à sauver le monde de toutes sortes de dangers. M lui confie une nouvelle mission. Une organisation terroriste bien connue, le Spectre, vient de dérober deux ogives nucléaires aux Etats-Unis, menaçant de les faire exploser si le gouvernement refuse de s'acquitter d'une importante rançon.

TELERAMA
Dixième édition filmée des aventures du fringant « double zéro sept » inventées par Ian Fleming, L'Espion qui m'aimait ne déroge à aucune des règles qui ont garanti l'effarant succès de la série : gadgets à gogo, cascades spectaculaires et p'tites pépées. A priori, rien à signaler. Pourtant, Richard Kiel, l'abominable Jaws, géant increvable à la mâchoire d'acier qui reprit plus tard du service dans Moonraker, est une sorte de curiosité touristique. La belle Barbara Bach échappe au rôle de potiche généralement dévolu à toute James Bond girl, avec un personnage un peu plus étoffé, et, grande première, les deux blocs collaborent. Roger Moore, dandy raide et distant, n'a ni le mâle charisme ni l'humour de Sean Connery, son principal concurrent en « jamesbonderie », mais, aux limites de la BD et de l'autoparodie, le film reste distrayant. — Cécile Mury
JAMAIS PLUS JAMAIS, Irvin Kershner 1983, Sean Connery (E)
James Bond croyait pouvoir enfin se reposer après tant d'années passées à sauver le monde de toutes sortes de dangers. M lui confie une nouvelle mission. Une organisation terroriste bien connue, le Spectre, vient ...

@

JAMAIS SANS MA FILLE, Betty Mahmoody 1991 (societe terrorisme islam)@@@


Betty est mariée à Moody Mahmoody, un médecin iranien américanisé avec qui elle a eu une fille, Mahtob. Après la chute du shah d'Iran, Moddy veut emmener sa famille en vacances chez lui. Inquiète du climat explosif et du danger couru par les Américains, Betty se laisse pourtant convaincre. Les vacances tournent alors au cauchemar : Moody cède vite aux pressions de sa famille très pratiquante et embrasse la religion islamique qu'il avait abandonnée.
JAMAIS SANS MA FILLE, Betty Mahmoody 1991 (societe terrorisme islam)@@@ (E)
Betty est mariée à Moody Mahmoody, un médecin iranien américanisé avec qui elle a eu une fille, Mahtob. Après la chute du shah d'Iran, Moddy veut emmener sa famille en vacances chez lui. Inqui&egrav ...

@

JAMAIS SEUL, Klaus Härö 2026 (guerre histoire)


Lors de la Seconde Guerre mondiale en Finlande, Abraham Stiller, un notable de confession juive, échoue à sauver les membres de sa communauté de la déportation. Inspiré de faits réels, un éclairage poignant sur un épisode méconnu de la période.

TELERAMA
Helsinki, en 1972. Une journaliste qui enquête sur le sort réservé aux juifs en Finlande pendant la Seconde Guerre mondiale part à Tel-Aviv recueillir le témoignage d'Abraham Stiller. D'abord réticent, le vieil homme consent à replonger dans ses douloureux souvenirs à partir de 1938. Commerçant prospère et influent, il est alors convaincu que la Finlande, malgré sa discrète coopération avec l'Allemagne nazie, va protéger sa communauté. Aussi, quand son employée Janka Kollmann et son mari Georg, juifs réfugiés d'Autriche, lui font part de leur désir de fuir vers la Suède, Abraham les en dissuade, leur assurant que leurs craintes ne sont pas fondées. Il se trompe. Il met alors tout en oeuvre pour les sauver de la déportation...
JAMAIS SEUL, Klaus Härö 2026 (guerre histoire) (E)
Lors de la Seconde Guerre mondiale en Finlande, Abraham Stiller, un notable de confession juive, échoue à sauver les membres de sa communauté de la déportation. Inspiré de faits réels, un écl ...

@

JAMES BOND CONTRE DR NO, Terence Young 1962, Sean Connery (James Bond)(aventure)@@


L'agent secret britannique James Bond tente de déjouer les plans diaboliques d'un savant fou mégalomane nommé docteur No qui menace la paix mondiale en voulant faire exploser les fusées spatiales américaines et ainsi détruire le programme spatial des États-Unis.

TELERAMA
James Bond est envoyé à la Jamaïque, où un agent anglais semble avoir été tué par des terroristes. A leur tête, l'odieux Dr No, enfermé dans son île forteresse de Crab Key. Bond déjoue quelques jolis pièges et atterrit sur l'île... On le découvre, de trois quarts dos, assis à une table de jeu. Il lance à la jeune femme qui joue contre lui au baccara (et perd) : « J'admire votre courage, mademoiselle... ? - Trench. Sylvia Trench. J'admire votre chance, monsieur... ? » Impeccable dans son smoking, il allume nonchalamment sa cigarette et décline son identité pour la première fois : « Bond. James Bond. » Sean Connery est irrésistible, et sa toute première « James Bond girl » l'attendra le lendemain chez lui, vêtue d'une simple veste de pyjama...

James Bond 007 contre Dr No inaugure brillamment une série devenue mythique. Le film n'a rien perdu de son charme : il ne croule pas sous les gadgets, mais fait davantage confiance à l'intrigue d'espionnage, qui comporte quelques moments d'anthologie : la veuve noire sur le torse (également velu) de l'ami Sean, les supplices raffinés préparés par l'odieux Dr No, etc. Point d'orgue de l'aventure : Ursula Andress en bikini, qui apparaît sur la plage en chantant Underneath the mango tree, telle une Vénus des tropiques.
JAMES BOND CONTRE DR NO, Terence Young 1962, Sean Connery (James Bond)(aventure)@@ (E)
L'agent secret britannique James Bond tente de déjouer les plans diaboliques d'un savant fou mégalomane nommé docteur No qui menace la paix mondiale en voulant faire exploser les fusées spatiales américain ...

@

JANE, Julian Jarrold 2007, Anne Hathaway, Maggie Smith, Julie Walter (biopic)@


Angleterre, 1795. La jeune Jane Austen habite une modeste demeure de l'Hampshire avec ses parents, dont la situation financière est des plus délicates. Sa mère aimerait d'ailleurs la voir épouser Wisley, qui, en tant que futur héritier de Lady Gresham, pourrait lui assurer un avenir confortable. Jane, elle, rêve de vivre de sa passion, l'écriture, et n'envisage de se marier que par amour.

TELERAMA
La vie et les amours (plus ou moins authentiques) de la romancière Jane Austen, à l’orée du XIXe siècle. De jolis costumes et de jolis plans sur la campagne anglaise. L’ironique auteur d’“Orgueil et préjugés” méritait sans doute mieux.

Pas un illustre personnage qui échappe à sa bio sur grand écran. Si d’aventure, vissé(e) à ses manuscrits, il ou elle a vécu une existence trop pépère, on se charge de la pimenter. Ainsi pour Jane Austen, demoiselle de bonne famille, jolie (d’après le seul portrait connu), espiègle et avisée, vivant dans l’Angleterre prévictorienne, et surtout auteur de quelques romans majeurs (entre autres, Orgueil et préjugés et Raison et sentiments, récits de mariage baignés d’acide ironie). Au cinéma, tout cela offre une tranquille garantie de succès : beaux costumes et campagne verdoyante, plus la frimousse d’une actrice qui monte (ici Anne Le diable s’habille en Prada Hathaway).

Seul hic : la belle Jane, si douée pour caser ses héroïnes, ne s’est, elle, jamais mariée, jamais liée. Rien, nada, ceinture. Qu’importe, le film dégote l’indispensable soupirant caché : un certain Tom Lefroy, avec lequel Jane Austen a partagé quelques danses aux alentours de Noël 1795. Dans le film, cette vague rencontre se mue en passion contrariée. Seul le supposé amoureux, que joue le magnétique James McAvoy (remarqué dans Le Dernier Roi d’Ecosse), apporte un peu d’air frais dans la bonbonnière. Parce que transformer la vie de Jane en roman d’Austen n’est pas à la portée de n’importe qui : la copie n’a ni le talent caustique ni la finesse d’évocation de l’original.
JANE, Julian Jarrold 2007, Anne Hathaway, Maggie Smith, Julie Walter (biopic)@ (E)
Angleterre, 1795. La jeune Jane Austen habite une modeste demeure de l'Hampshire avec ses parents, dont la situation financière est des plus délicates. Sa mère aimerait d'ailleurs la voir épouser Wisley, qui, en ...

@

JAQUELINE SAUVAGE c etait lui ou moi, Yves Rénier 2018, Muriel Robin, Olivier Marchal (drame moeurs)@


47 ans de mariage. D'abord une histoire d'amour, comme il y en a tant d'autres, puis, très vite, les insultes, les coups, l'engrenage de la violence. L'homme à qui Jacqueline Sauvage a confié sa vie l'a transformée en enfer, régnant sur le foyer en véritable tyran. Il abat sa violence sur Jacqueline qu'il blesse, qu'il torture au quotidien, mais aussi sur leurs enfants qu'il humilie, qu'il frappe, qu'il terrorise. Tous partagent le même sentiment paralysant : la peur.

TELERAMA
Le 10 septembre 2012, vers 19 heures, Jacqueline Sauvage abat son mari de trois balles dans le dos. Condamnée à dix ans de prison, elle voit sa peine confirmée en appel : la sexagénaire ne réussit pas à convaincre les jurés qu’elle a tué l’homme qui la battait depuis quarante-sept ans pour ne pas mourir, elle. A son corps défendant mais avec l’aide de deux vibrionnantes avocates, elle incarne pourtant la cause des femmes battues, au point de convaincre François Hollande de lui accorder une grâce partielle, puis une libération anticipée.

Construit sur des allers-retours entre le prétoire et des scènes de la violence conjugale ordinaire (insupportables mais nécessaires), ce téléfilm épouse la cause de Jacqueline Sauvage avec la même ferveur que celle qui, à l’époque de son procès en appel, avait saisi l’opinion publique. Le réalisateur ne s’embarrasse d’aucune nuance, ni ne cherche à explorer les zones d’ombre d’un cas judiciaire complexe. Porté par un scénario solide, Yves Rénier décrit avec justesse l’emprise qu’un homme violent exerce sur ses proches, jusqu’à donner au film une valeur pédagogique. Muriel Robin est marmoréenne.

JAQUELINE SAUVAGE c etait lui ou moi, Yves Rénier 2018, Muriel Robin, Olivier Marchal (drame moeurs)@ (E)
47 ans de mariage. D'abord une histoire d'amour, comme il y en a tant d'autres, puis, très vite, les insultes, les coups, l'engrenage de la violence. L'homme à qui Jacqueline Sauvage a confié sa vie l'a transformé ...

@

JASON ET LES ARGONAUTES, Don Chaffey 1963, Todd Armstrong, Nancy Kovack (histoire)@@ (film complet)


Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d'or. Il embarque à bord de l'Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d'atteindre le royaume de Colchide. C'est dans ce royaume qu'il se trouve la dépouille du bélier magique.

TELERAMA
Formidable introduction à la mythologie grecque. Le clou du film, ce sont les effets spéciaux de Ray Harryhausen. Rien que du fait main, animé image par image : de vrais « trucages », comme on disait alors, et qui renvoient avec poésie au cinéma du premier âge (celui de Méliès, évidemment !). Découvrez ainsi Talos, le géant de bronze, les odieuses Harpies et puis, surtout, l’Hydre à sept têtes, dont les dents — c’est une séquence merveilleuse — se transforment en une armée de squelettes ! Mais, pour une fois, scénario et mise en scène sont à l’unisson de cette débauche d’imagination.

Le même film, aujourd’hui, accumulerait les péripéties à 100 à l’heure. Don Chaffey, lui, donne le rythme idéal : on prend le temps de s’attacher aux Argonautes, avant d’aller de surprise en surprise au gré de leur voyage initiatique. Le script offre une formidable introduction à la mythologie grecque : il divise le monde en trois catégories, les mortels, les dieux et les créatures fantastiques, mais donne à chacune sa part d’humanité. Avec, en prime, un soupçon d’humour british tout à fait bienvenu ! Tout le monde manifeste ici une foi dans le cinéma, en sa capacité à faire vivre des histoires fantastiques, qui évoquerait volontiers la foi des Anciens pour les légendes de l’Olympe…

Seul Jason a échappé au massacre de sa famille, orchestré par l'usurpateur Pélias. Devenu roi de Thessalie peu de temps après, Pélias apprend par un oracle que le rescapé va revenir pour lui succéder. Vingt ans plus tard, Jason arrive effectivement, décidé à revendiquer le trône. Sur les conseils des dieux et traîtreusement encouragé par Pélias, il décide de partir à la recherche de la Toison d'or, gage de prospérité. Il embarque à bord de l'Argo avec un équipage de guerriers thessaliens. Le fils de Pélias, Acaste, l'accompagne avec pour mission de le tuer après la découverte de la fameuse Toison...
JASON ET LES ARGONAUTES, Don Chaffey 1963, Todd Armstrong, Nancy Kovack (histoire)@@ (film complet) (E)
Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d'or. Il embarque à bord de l'Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d'atteindre le royaume de Colchide. C'est dans ce royaume qu' ...

@

JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy


Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, décide de se lancer dans une course à la vengeance contre tous ceux qui lui ont fait du tort. Au cours de son épopée, la justicière des faubourgs, qui tranche dans le vif pour redresser les torts, est rejointe par Linda, une gentille femme de ménage.

TELERAMA
Un road-movie au casting foisonnant, où l’équipe de Groland croise Laure Calamy ou Raphaël Quenard.
Poussée à la porte de l’Ehpad dont elle n’arrivait plus à assumer le coût après la mort de son fils, Émilie (Yolande Moreau) décide, à 70 ans passés, de tailler la route. Et d’aller prendre sa revanche sur ceux qui, depuis l’enfance et en divers endroits de sa vie, l’ont humiliée. Elle rallie bientôt à sa cause Lynda (Laure Calamy), une aide-soignante soucieuse, elle aussi, de laver quelques-uns des affronts dont elle a été l’objet.

Seul à l’écriture comme à la réalisation, Gustave Kervern — déjà coauteur, avec Benoît Delépine, de l’itinérant et motorisé Mammuth (2010) — signe un convaincant road-movie féministe aux allures de Thelma et Louise de la France périphérique.

Sous l’égide d’Arte, un peu de « l’esprit Canal » renaît dans ce téléfilm porté par de nombreux guests, où la bande de Groland (Francis Kuntz et Kervern lui-même) croise celle des Deschiens (Moreau, Philippe Duquesne, Olivier Saladin). Anna Mouglalis et Raphaël Quenard composent, eux, un duo de flics bons comme du bon pain, voués à redresser les torts sans jamais coup férir ni flingue dégainer (ou presque). Gustave Kervern est un peu à leur image. Un Don Quichotte mélancolique à la combativité douce, qui continue de croire, en dépit de l’âpreté de la réalité sociale dans laquelle, film après film, s’enracine son travail, au pouvoir qu’a la fiction de transformer le réel. De le réparer.
JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy (E)
Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, d ...

@

JE SUIS TON HOMME, Maria Schrader 2021, Dan Stevens, Maren Eggert (science fiction)@@


Alma, une brillante scientifique, se révèle être une parfaite candidate pour se prêter à une expérience d'intelligence artificielle : pendant trois semaines, elle doit en effet vivre avec Tom, un robot à l'apparence humaine parfaite, qui a été spécialement programmé pour correspondre à sa définition de l'homme idéal. L'existence de cette machine anthropomorphe ne doit servir qu'un seul but : rendre Alma heureuse.

TELERAMA
Une intellectuelle et un androïde conçu pour être l’amoureux idéal... C’est le drôle de couple de ce film allemand, qui mêle comédie et philosophie.
Rencontrer l’amour et avoir une vie heureuse : cette quête éternelle trouve une illustration nouvelle et séduisante devant la caméra d’une cinéaste allemande dont on avait repéré le talent (avec Stefan Zweig, adieu l’Europe, 2016) mais pas encore la fantaisie. L’héroïne qu’elle a imaginée semble, d’abord, terriblement sérieuse. Alma est une spécialiste de la plus ancienne langue connue, le sumérien cunéiforme, et c’est seulement pour financer ses recherches au musée de Pergame, à Berlin, qu’elle a accepté de se mettre dans une situation cocasse : pendant trois semaines, elle va tester Tom, un androïde conçu pour répondre à tout ce qu’elle attend d’un homme. « Tes yeux sont deux lacs alpins où je veux me noyer », lui déclare d’emblée le bellâtre robotisé, la laissant consternée. Ce partenaire idéal semble avoir déjà besoin d’une mise à jour...

Dans cette comédie romantique pas comme les autres, l’évolution n’est pas là où on le croit. L’être artificiel, qui a longtemps fasciné romanciers et philosophes, n’est plus qu’un algorithme parmi d’autres, un objet connecté un peu plus sophistiqué et parfaitement crédible – comme l’acteur Dan Stevens qui interprète Tom. La singularité, aujourd’hui, est du côté de la femme. Contrairement à ce que Tom a statistiquement calculé, Alma ne fait pas partie des 93 % d’Allemandes dont le rêve est de prendre un bain au milieu des bougies et des pétales de roses, une coupe de champagne à la main. Tout en s’amusant avec beaucoup d’esprit des situations où se retrouve cette intellectuelle chargée d’expérimenter la relation amoureuse de demain, la réalisatrice Maria Schrader fait d’elle un symbole d’indépendance très actuel. Non, Alma n’est pas satisfaite, contrairement à cet homme qu’elle croise dans la rue, « testeur » lui aussi et enchanté par la poupée de chair conçue pour lui. Non, Alma ne veut pas ouvrir son cœur simplement parce que Tom a été réglé pour le faire battre. Elle veut comprendre ce qui se joue entre eux, vraiment – ou artificiellement.

Dans le sillage de ce beau personnage, admirablement incarné par Maren Eggert, I’m Your Man ouvre, sans renoncer à l’humour, est une réflexion sur l’être humain et sur le bonheur. À l’heure où la technologie nous habitue à flirter avec le futur, le film apporte une inconnue : nos aspirations, le mystère de ce que nous sommes. Dans un café, ce drôle de Tom, un peu extraterrestre quand même, s’étonne de voir un couple regarder en riant des vidéos d’enfants et d’adultes qui prennent d’abominables gadins. Ces images familières sur Internet défilent au ralenti et semblent soudain dire sur nous quelque chose d’important : notre joie spontanée de ne pas être des automates parfaitement réglés. Une découverte d’Alma va dans le même sens : l’écriture du IVe siècle avant Jésus Christ ne comportait pas seulement des significations précises mais des métaphores, la preuve que l’homme a toujours eu besoin de poésie. En convoquant le rire, l’imagination et la pensée, cette brillante comédie féministe peut se targuer d’être 100 % humaine.
JE SUIS TON HOMME, Maria Schrader 2021, Dan Stevens, Maren Eggert (science fiction)@@ (E)
Alma, une brillante scientifique, se révèle être une parfaite candidate pour se prêter à une expérience d'intelligence artificielle : pendant trois semaines, elle doit en effet vivre avec Tom, un robo ...

@

JE TE PROMETS the vow, Michael Sucsy 2012, Rachel McAdams, Channing Tatum (sentimental)@


Leo et Paige filent le parfait bonheur. Un jour de neige, au retour du cinéma, ils sont victimes d'un accident de la route. Leo s'en sort avec quelques égratignures, mais Paige, plus gravement touchée, est plongée dans le coma. Lorsqu'elle en sort, elle ne se souvient plus de son mariage. Ses derniers souvenirs remontent à l'époque où elle était fiancée à Jeremy, un avocat.

TELERAMA

Ils s’aiment, ils sont heureux. Un accident plus tard, madame ne reconnaît plus monsieur. L’occasion d’empiler les clichés bêtas.
Ils ont des prénoms chouettes : Paige et Leo. Ils sont beaux, gentils, artistes, ils s'aiment. En plus, ils habitent un loft. Et là, paf, l'accident bête : commotionnée, frappée d'amnésie, Paige (Rachel McAdams), a « tout oublié du bonheur », comme chantait Mort Shuman. En fait, elle a même carrément zappé l'existence de Leo. Il va la reconquérir, bien sûr, sans quoi, il n'y aurait pas de film, pas de musique mollassonne, pas de flash-back romantiques comme un pot-pourri aux myosotis. Et pas de gros plans sur le comédien/mannequin Channing Tatum, qui change moins souvent d'expression que de tee-shirts moulants. Basée sur une « histoire vraie », cette bluette sonne pourtant totalement faux.
JE TE PROMETS the vow, Michael Sucsy 2012, Rachel McAdams, Channing Tatum (sentimental)@ (E)
Leo et Paige filent le parfait bonheur. Un jour de neige, au retour du cinéma, ils sont victimes d'un accident de la route. Leo s'en sort avec quelques égratignures, mais Paige, plus gravement touchée, est plongé ...

@

JE TE VEUX MOI NON PLUS, Rodolphe Lauga 2021


Nina et Dylan, meilleurs amis depuis l'enfance, n'ont aucun secret l'un pour l'autre. Nina vit à Paris alors que Dylan habite à Biarritz. Ce dernier a toujours pensé qu'ils finiraient ensemble mais n'a jamais tenté sa chance. Quand Nina quitte son petit ami et décide de partir à Biarritz pour des vacances improvisées avec ses deux meilleures amies, elle a finalement un déclic. Alors que Dylan vient de débuter une relation, Nina réalise que c'est bel et bien lui l'homme de sa vie.

TELERAMA
La star du stand-up Inès Reg, connue pour son sketche qui parle de Kévin et de paillettes sur Instagram, joue et coécrit avec son mari Kévin Debonne, dans cette comédie romantique, librement inspiré de leur vie. Mais ni cette belle histoire ni ces comiques ne suffisent à sauver un scénario bourré de clichés.

Nina (Inès Reg), jeune avocate parisienne de 28 ans, et Dylan (Kévin Debonne) sont meilleurs amis depuis l’enfance et savent tout l’un de l’autre. Il a toujours été amoureux d’elle, elle ne l’a jamais pris au sérieux. Lorsque Nina découvre que son amoureux la trompe, elle vient oublier son chagrin, à Biarritz, chez Dylan, pour quelques jours de vacances improvisées avec ses copines Chacal (Laurie Peret) et Lulu (Pauline Clément, de la Comédie-Française). Là, elle ouvre enfin les yeux… Et si le Dylan dont elle a toujours repoussé les avances, était finalement l’« homme de sa vie » ? Pas de chance, ce dernier est désormais en couple avec Cassandra (Constance Labbé).

On pourrait résumer le pitch de ce Je te veux, moi non plus par le vieil adage « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » que connaissent bien tous les célibataires de la planète. D’ailleurs, ce premier film coécrit par Inès Reg, stand-uppeuse adulée par des millions (on n’exagère pas) de « follolos » (followers) depuis sa fameuse vidéo Instagram (« C’est quand que tu vas mettre des paillettes dans ma vie Kévin ? »), et par son mari, Kévin Debonne, a tout d’une romcom des années 1990 avec Julia Roberts. Mais là où un Mariage de mon meilleur ami (1997) réussissait à mêler avec brio amour et burlesque assumé, ici les clichés s’enchaînent sous le soleil du Pays basque tandis que les punchlines tombent à plat.

Intrigue prévisible, personnages un brin caricaturaux (la bonne copine intello à lunettes et la « chaudasse vulgaire » revendiquée), musique omniprésente, ce premier long métrage librement inspiré de l’histoire du couple à la ville et réalisé par Rodolphe Lauga (La Source, 2019) manque souvent de nuance et de profondeur. Malgré le charme, la drôlerie naturelle et le potentiel comique indéniable de la pétillante nouvelle star de l’humour français, véritable bouffée d’oxygène du film, cela ne suffit malheureusement pas à « mettre des paillettes » dans ce Je te veux, moi non plus. N’est pas Julia Roberts qui veut.
JE TE VEUX MOI NON PLUS, Rodolphe Lauga 2021 (E)
Nina et Dylan, meilleurs amis depuis l'enfance, n'ont aucun secret l'un pour l'autre. Nina vit à Paris alors que Dylan habite à Biarritz. Ce dernier a toujours pensé qu'ils finiraient ensemble mais n'a jamais tent&eacut ...

@

JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry 2023, Gilles Lelouche, Élodie Bouchez, Adèle Exarchopoulos, Leila Bekhti (societe)@@


Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d'infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel. Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l'arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s'engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.

TELERAMA
Des victimes dialoguant avec des criminels... La justice restaurative, explorée dans un film qui a du cœur, comme sa réalisatrice Jeanne Herry.
Une envie de dire ce qu’on a sur le cœur s’épanouit dans ce film bien dans l’air du temps. Il n’y est pas question de #MeToo mais de la justice restaurative. Un dispositif qui permet d’ouvrir un dialogue entre victimes et coupables, par-delà le jugement rendu, la peine prononcée. Cette nouvelle façon d’accompagner des situations terriblement nouées, comme le montrait déjà Les Repentis (2021) dans le contexte du terrorisme basque, est ici abordée à travers une fiction qui a la rigueur d’un documentaire. Interprétée par Adèle Exarchopoulos, une jeune femme violée par son frère pendant son enfance demande de l’aide avant de revoir celui-ci, quand elle apprend qu’il est sorti de prison et s’est réinstallé dans la ville où elle vit. Parallèlement, une rencontre est organisée entre quelques détenus condamnés pour vols avec violence et quelques personnes ayant été visées par d’autres agresseurs, dans le même genre de situations.

Derrière la caméra, Jeanne Herry s’affirme, après Pupille (2018), comme une cinéaste qui a du cœur. Et qui aime les comédiens. Attentionnée, concentrée sur les visages, elle réunit une distribution de premier ordre pour un film dépouillé, à la fois d’une belle qualité de regard et d’écoute. Il faut au spectateur la même attention pour comprendre les rouages de cette justice restaurative dont les principes sont portés par une juriste (Élodie Bouchez) et le responsable d’une association d’aide aux victimes (Denis Podalydès), entourés de volontaires. Entre le trop d’informations « techniques » et le trop peu, l’équilibre n’est pas toujours trouvé. Mais, au-delà du protocole, le film creuse un beau sujet : comment chacun peut retrouver le fil de sa propre histoire. Les victimes ont en elles une page qui n’a pas été tournée parce qu’elle pèse des tonnes. Au fil d’un échange rendu possible, la page s’allège, le récit renaît… Une cure en accéléré, mais aussi en toute délicatesse. Et dont il y a, pour le spectateur, beaucoup à tirer.
JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry 2023, Gilles Lelouche, Élodie Bouchez, Adèle Exarchopoulos, Leila Bekhti (societe)@@ (E)
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d'infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles ...

@

JE VOUS TROUVE TRES BEAU, Isabelle Mergault 2005, Michel Blanc, Medeea Marinescu, Isabelle Mergault (sentimental)@@@


Aymé Pigrenet vient de perdre sa femme. Il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Très vite, Aymé s'aperçoit qu'il ne peut pas s'en sortir. Il doit impérativement trouver une autre femme. Aymé décide alors de faire appel à une agence matrimoniale. La directrice de l'agence propose à Aymé de se rendre en Roumanie où là, les filles sont prêtes à tout pour quitter la misère dans laquelle elles vivent.

TELERAMA
Un agriculteur râleur (Michel Blanc) s’éprend d’une Roumaine qui s’installe à la ferme. Comédie où l’émotion prend joliment le pas sur l’humour rural.
Que se cache-t-il derrière cette déclaration forcément intrigante puisqu'elle s'adresse à Michel Blanc ? Une petite comédie sensible qui étonne par sa tendresse pastel et tranche avec l'image gouailleuse et chuinteuse que sa réalisatrice-scénariste, Isabelle Mergault, entretient sur les plateaux télé de Ruquier. Le scénario de ce premier film semble indigeste : Aymé, agriculteur renfrogné, se retrouve veuf, sa Ginette électrocutée par une machine à traire. Pragmatique et pressé, il s'adresse à une agence matrimoniale qui recrute de jeunes beautés roumaines prêtes à convoler pour vivre le french dream. C'est ainsi qu'Elena (Medeea Marinescu, lumineuse) débarque chez Aymé. Comme un rayon de soleil tardif dans un coeur en jachère...

L'éclosion d'un amour entre deux êtres que tout sépare : voilà bien un champ du cinéma maintes fois labouré. Pourtant, et même si Isabelle Mergault chausse aussi ses bottes en caoutchouc pour des scènes de comique rural inégal, c'est bien dans le registre de l'émotion qu'elle nous cueille. Avec des riens : un tablier de vaisselle, un baiser sur le front, une nuit étoilée. Au croisement de deux routes de campagne, une cabine téléphonique devient même le petit théâtre d'une poignante mise à nu d'Aymé, le rustre touché par la grâce que Michel Blanc rend si aimable, si aimant, constamment touchant. Comme Elena, comme Isabelle Mergault, on le trouve très beau.
JE VOUS TROUVE TRES BEAU, Isabelle Mergault 2005, Michel Blanc, Medeea Marinescu, Isabelle Mergault (sentimental)@@@ (E)
Aymé Pigrenet vient de perdre sa femme. Il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Très vite, Aymé s'aper&cced ...

@

JEAN DE FLORETTE, Claude Berri 1986, Yves Montand, Gerard Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@


Petit et laid, Ugolin, le dernier des Soubeyran, revient du service militaire. Il retrouve son oncle, le Papet, à qui il dévoile son projet : rester au pays pour cultiver des œillets. Convaincu que l'affaire peut être rentable, le Papet accepte de financer l'entreprise.

TELERAMA
Le patrimoine pagnolesque, la Provence crépitante, des stars à foison… L’histoire réunit les qualités d’une tragédie et Auteuil est impressionnant.

De retour dans son village, Ugolin envisage de se lancer dans la culture extensive des œillets sur les terrains de son oncle, le Papet. L’eau manque, hélas. Il y a bien une source, mais sur le terrain du voisin. Celui-ci meurt. C’est Jean de Florette, un homme de la ville, qui en hérite…

Le patrimoine pagnolesque, la Provence crépitante, l’eau vitale, des stars à foison, il y a là ce qu’il faut pour un mammouth cinématographique académique en deux parties 1. De fait, on est rarement surpris : tout correspond fidèlement au dépliant touristique, et le voyage dans la garrigue est bien organisé. Reste que l’histoire est assez forte pour captiver. Fondée sur une vilenie (la source bouchée) et sur un calvaire (Depardieu, sa bosse, sa lutte quotidienne de titan), elle réunit les qualités d’une tragédie. Si Claude Berri n’est pas très inspiré face aux paysages, il sait en revanche mettre en valeur les acteurs (Auteuil surtout, impressionnant), intensifier les visages, les regards, les face-à-face. Grâce à son savoir-faire, il honore ici la tradition du grand spectacle populaire.
JEAN DE FLORETTE, Claude Berri 1986, Yves Montand, Gerard Depardieu, Daniel Auteuil, Emmanuelle Beart (saga)@@ (E)
Petit et laid, Ugolin, le dernier des Soubeyran, revient du service militaire. Il retrouve son oncle, le Papet, à qui il dévoile son projet : rester au pays pour cultiver des œillets. Convaincu que l'affaire peut ê ...

@

JEAN-PHILIPPE, Laurent Tuel 2006, Fabrice Luchini, Johnny Halliday (musical bio)@


Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas. Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star.

TELERAMA
Johnny Hallyday ? Connais pas. » Du jour au lendemain, Fabrice se retrouve propulsé dans un monde où son héros, son dieu, Johnny, n'a jamais connu la célé­brité. Il est resté Jean-Philippe Smet. Bref, un cauchemar pour le fan privé de sa raison d'être. Dès lors, Fabrice n'aura de cesse de persuader Jean-Philippe, patron de bowling en banlieue, de devenir celui que l'on sait. Drôle d'idée, idée très drôle : prenez une vraie star, une institution même, et inventez-lui une biographie parallèle. Vous obtiendrez une comédie maligne qui explore, mine de rien, quelques aspects de la célébrité.
Le public, d'abord, sans lequel les idoles ne seraient que des « Jean-Philippe » comme les autres. Laurent Tuel (Un jeu d'enfants) insiste sur le fétichisme de Fabrice : collectionnite aiguë et vieux tubes en boucle pour remplir le vide de sa vie. Puis, à travers ses mésaventures ultérieures, le film décortique les mécanismes de la passion, dont l'objet s'avère interchangeable. Ainsi Fabrice découvre-t-il que, dans le monde où Johnny n'existe pas, il collectionne passionnément... les bouteilles de bière.
Avec Luchini, Johnny Hallyday forme un couple de comédie réjouissant : l'un, fébrile, joue à la perfection les monomaniaques ruisselants d'amour, en particulier quand il enseigne à l'idole ses propres chansons. L'autre se laisse aduler, mi-passif, mi-dubitatif. Chacune des références au « vrai » Johnny produit sur le spectateur un effet de connivence et de désorientation mêlées. Bourré de clins d'oeil, le film tient le rythme, malgré un happy end un peu bâclé.
Cécile Mury
JEAN-PHILIPPE, Laurent Tuel 2006, Fabrice Luchini, Johnny Halliday (musical bio)@ (E)
Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'exist ...

@

JEANNE DIELMAN 25 quai du commerce Bruxelles, Chantal Akerman 1975, Delphine Seyrig (societe)@@


Jeanne, une veuve belge d'une quarantaine d'années et prostituée à temps partiel, vit dans un appartement exigu avec son fils adolescent. Ses journées sont régies par une routine ininterrompue de tâches domestiques et d'un rendez-vous préétabli avec un client au beau milieu d'après-midi.

TELERAMA
En 2022, la revue britannique “Sight and Sound” a élu le film de Chantal Akerman, meilleur film de tous les temps. L’immense Delphine Seyrig innonde de sa présence magnétique ce chef-d’œuvre réalisé à seulement 25 ans.

Radical sur le fond comme sur la forme, Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles fait partie de ces œuvres inépuisables, sujettes à des interprétations multiples voire contraires. S’agit-il d’aliénation ou de griserie ? D’une érotique du travail domestique ? D’une ode à la frigidité ? Est-ce un manifeste féministe ou une satire burlesque ? Un film de Hitchcock au féminin ? En exagérant à peine, on serait prêt à soutenir chacune de ces hypothèses.

Une certitude, au moins : Chantal Akerman montrait en 1975, à travers ces plans fixes découpés au cordeau, ce qu’on n’avait jamais vu jusqu’alors. À savoir : l’activité sans temps mort d’une ménagère. Des tâches minutieuses que la réalisatrice jugeait aussi dignes d’être montrés qu’« un accident de voiture ou un baiser en gros plan ». Cette ménagère, c’est Jeanne Dielman, une femme toujours bien mise, d’une quarantaine d’années, qui vit seule avec son grand garçon. Ce couple étrange vit dans un petit appartement de Bruxelles, d’apparence bourgeoise. Sauf que le fils dort sur le canapé du salon et que l’argent manque — madame est veuve. Pour arrondir ses fins de mois, elle se prostitue. À domicile. Chaque après-midi, elle reçoit un client, dans sa chambre. Ce qui s’y déroule n’est pas montré.

Chorégraphie de la routine
Le reste, on le voit. C’est un emploi du temps très organisé, mais qui va se dérégler. Un récital d’actions domestiques, cadencé et sonore, comme un cœur qui bat. Un va-et-vient, un ballet de portes qui s’ouvrent et se ferment, une partie de cache-cache – Jeanne allume et éteint la lumière sans cesse. Et ce faisant, parle d’elle. Obsession du temps à occuper, d’un vide à remplir, frustration, satisfaction, contrôle, abandon de soi sont ici sublimés. Beauté blême et impériale de Delphine Seyrig, dame à la coiffure ondulée d’automne, qui brouille toute interprétation hâtive, transformant la routine en chorégraphie, en houle mélodieuse. Beauté de la composition géométrique des plans. Beauté encore du vert amande, du mauve, du rose pâle, de tous ces coloris exsangues, délavés.

Épuré, le film l’est jusque dans son salon miroitant où clignotent le soir d’étranges reflets bleus. La rumeur de la rue invite aussi à quelques sorties, où la ville revêt quelque chose d’irréel. Jeanne Dielman est à la fois le film suprême de la matière, des ustensiles de cuisine, des étoffes, des bibelots, des objets rangés, frottés, cognés, comme autant de preuves solides. Et celui du vague à l’âme, de l’eau, du sang, de la vie qui se liquéfie, se dissout. Voyez le finale, vanité languissante, tout y est.
JEANNE DIELMAN 25 quai du commerce Bruxelles, Chantal Akerman 1975, Delphine Seyrig (societe)@@ (E)
Jeanne, une veuve belge d'une quarantaine d'années et prostituée à temps partiel, vit dans un appartement exigu avec son fils adolescent. Ses journées sont régies par une routine ininterrompue de tâc ...

@

JEANNE DU BARRY, Maiwenn 2023, Johnny Depp (histoire bio)@@


Jeanne, fille du peuple avide de culture et de plaisirs, met à profit ses charmes et son intelligence pour gravir un par un les échelons de la société. Elle devient la favorite du roi Louis XV, qui ignore sa condition de courtisane, mais retrouve auprès d'elle le goût de la vie. Les deux tombent éperdument amoureux.

TELERAMA
La réalisatrice reconstitue le destin hors norme de la favorite de Louis XV, dans un conte pétillant où se marient réalisme historique et fantaisie, présenté en ouverture du 76e Festival de Cannes.

Une fillette, frimousse d’ange sauvage à la mèche rebelle, pose dans un paysage doré par un soleil rasant. Devant son chevalet, un homme chapeauté la dessine. Moment paisible, moment de silence. On est loin du bruit et de la frénésie auxquels Maïwenn nous a habitués. Comparé à Polisse, Mon roi ou ADN, Jeanne du Barry est un film étrangement posé. Sans heurt, à distance des protagonistes, avec de la tenue dans la mise en scène. Le cadre y est pour beaucoup, Versailles imposant ici son décorum et ses protocoles. Ceux-là mêmes que Jeanne du Barry bouscule, presque, avec naturel, grâce à son esprit autant qu’à son corps. En y étant une intruse, ou une transfuge comme on dirait aujourd’hui. Le destin exceptionnel de cette courtisane, parvenue avec une relative facilité au rang suprême de favorite officielle du roi, méritait bien un film. Le voici sous la forme d’un biopic insolite, proche du conte.

Mais un conte où la fantaisie s’allie au réalisme. La réalisatrice s’est documentée, a travaillé étroitement avec une historienne universitaire, sélectionnant des faits de cour méconnus, tout en s’autorisant certaines libertés. Le souci de fidélité à l’époque, un rien écrasant, s’adapte parfaitement à la principale qualité du film : son espièglerie. L’héroïne, ingénue plus mutine que perverse, éloigne toute gravité, rendant à la fois merveilleuse et dérisoire la pompe de Versailles. Ses épisodes de vie antérieurs, résumés sur un ton allegro par une voix off sobre et littéraire à la fois, sont loin d’être ceux d’une privilégiée. Mais ce sont les hasards heureux qui sont soulignés. Comme ce visage fort gracieux qu’offre Jeanne Vaubernier, atout majeur lui apportant une confiance décisive. Cette fille de roturière, instruite, grande lectrice, échappe au déterminisme social. La rencontre avec un libertin notoire, le comte du Barry (Melvil Poupaud), lui permet son ascension, lui ouvrant les portes de la cour.

Le sexe ? La décence est l’élégance du film. Là ou d’aucuns auraient exploité le filon, Maïwenn se contente de deux scènes. L’une concentre et clôt en même temps le motif de la servitude : celle où le duc de Richelieu (Pierre Richard) trousse littéralement Jeanne. L’autre est plus directe encore mais rendue surréaliste par son aspect guindé : c’est celle de son examen d’entrée à la cour, à savoir une exploration clinique de son vagin, digne d’un office religieux. Pour le reste, le film est chaste, ponctué de quelques baisers presque romantiques. De séduction et de sentiment entre Jeanne et Louis XV (Johnny Depp, masque à la Buster Keaton), il est surtout question. Sur un mode qui reste celui d’une certaine insouciance, se passant de déclarations. Le roi parle peu, ses œillades disent assez – du jeu, du goût de vivre retrouvé. L’insouciance, c’est aussi celle d’un amour inconscient de l’être et qui meurt au moment même où il se révèle.

Après l’ascension, il y a bien la disgrâce, une mélancolie qui monte. Ce sont pourtant des notes vives d’euphorie, de grotesque bien vu sur les règles et les usages du monde des courtisans que l’on retient. De bagatelles en fêtes galantes, le film badine, fidèle à l’esprit du XVIIIe, effleure joliment les choses, reste à la surface. C’est sa force et sa limite. N’ayant à rougir de rien, avec autant d’audace que de narcissisme, Maïwenn s’y donne le beau rôle, s’y tient droite, se fondant parfaitement avec son personnage d’autodidacte ambitieuse. Désirante, curieuse de tout et finalement généreuse.

SYNOPSIS
Au XVIIIe siècle, dans le royaume de France, la courtisane Jeanne Vaubernier veut sortir de sa condition modeste. Dans ce but, elle utilise sa beauté et son intelligence pour se rapprocher du pouvoir. Jusqu'au jour où son amant, le comte du Barry, décide de lui présenter Louis XV, avec l'aide du duc de Richelieu. Dès leur première rencontre, c'est le coup de foudre, le roi tombant follement amoureux de la jeune femme. C'est grâce à elle qu'il retrouve la joie de vivre. Il l'installe parmi sa cour dans le palais de Versailles. Mais tout le monde ne voit pas l'arrivée de cette fille des rues d'un bon oeil...
JEANNE DU BARRY, Maiwenn 2023, Johnny Depp (histoire bio)@@ (E)
Jeanne, fille du peuple avide de culture et de plaisirs, met à profit ses charmes et son intelligence pour gravir un par un les échelons de la société. Elle devient la favorite du roi Louis XV, qui ignore sa cond ...

@

JEREMIAH JOHNSON, Sydney Pollack 1972, Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch (western)@@


Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et épouse Swan, la fille d'un chef indien. Installé dans une cabane d'hiver, il mène avec sa famille une vie sereine jusqu'au jour où il décide de conduire des cavaliers dans la vallée sacrée de la tribu des Crow.

TELERAMA
Jeremiah Johnson en a assez de la ville et de la civilisation. C’est pour cela qu’il est parti vivre en ermite dans les Rocheuses. Mais la vie y est rude et il est mal entraîné à ce changement. Le pionnier Robert Redford se révèle un héros très convaincant.

Pêcher une truite à la main dans une rivière gelée, faire du feu avec deux silex, tuer un daim d’un coup de fusil, se faire un lit de braises pour dormir dans la neige, dépecer un grizzly ou poser un piège à castor : telle est la rude vie du trappeur. Jeremiah Johnson l’a pourtant choisie pour échapper au tumulte de la ville. Son fantasme à la Davy Crockett se heurte vite à la réalité de l’Ouest. Depuis belle lurette, la nature vierge n’existe plus. La frontière a été repoussée jusqu’au Pacifique et les pionniers n’ont toujours pas appris à cohabiter avec les Indiens.

Cousin antisocial du Josey Wales de Clint Eastwood, Jeremiah Johnson n’a pas d’autre choix. Il devient de plus en plus sauvage. Il fuit, toujours plus loin dans les Rocheuses. Recouvert d’une peau d’ours, sous les neiges de l’Utah, Robert Redford est filmé à hauteur d’homme par son ami Sydney Pollack. Leur western initiatique consacre la beauté et la brutalité de l’Amérique en construction. Où l’homme doit apprivoiser la nature pour survivre. La leçon d’écologie politique est éternelle.
JEREMIAH JOHNSON, Sydney Pollack 1972, Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch (western)@@ (E)
Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s'est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les Indiens, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et & ...

@

JEUNE ADAM, David Maskenzie 2002, Ewan Macgregor, Tilda Swinton, Peter Mullan (drame film e)


À Glasgow, au début des années 50, Joe est engagé par un batelier pour travailler sur sa péniche. Un après-midi, les deux hommes découvrent le cadavre d'une jeune femme flottant sur l'eau.

TELERAMA
JEUNE ADAM, David Maskenzie 2002, Ewan Macgregor, Tilda Swinton, Peter Mullan (drame film e) (E)
À Glasgow, au début des années 50, Joe est engagé par un batelier pour travailler sur sa péniche. Un après-midi, les deux hommes découvrent le cadavre d'une jeune femme flottant sur l'eau.

@

JEUNE ET JOLIE Francois Ozon 2013, Marine Vacth (societe moeurs film e)@


Durant l'été, alors qu'elle est en vacances au bord de la mer, Isabelle fête ses 17 ans en famille, en présence aussi de la famille de Peter, un proche de ses parents, dont on apprendra plus tard qu'il est l'amant de sa mère. Elle perd sa virginité avec un jeune Allemand, Félix. À son retour à Paris, où elle retrouve le chemin du lycée, elle se livre volontairement et secrètement à la prostitution sous le pseudonyme de Lea.

TELERAMA
Une lycéenne se prostitue. Ce sujet de société, François Ozon le traite très peu comme tel. Les explications affleurent puis se dissipent. L'héroïne n'a pas besoin d'argent. Si ses parents sont divorcés, elle se sait aimée et protégée. Pour cette petite « belle de jour » contemporaine, coucher avec des hommes dans le cadre de rendez-vous monnayés est peut-être une manière de retoucher l'image d'une première étreinte sexuelle tout sauf concluante...

La question du plaisir, ou plutôt de son absence, plane ainsi, constamment. Jeune, jolie et frigide ? Cette hypothèse est la vraie transgression du film, par ailleurs dénué de scènes chocs et de provoc, mais pas de délicatesse. Les quatre titres de Françoise Hardy des années 1960 et 1970, bouffées sentimentales qui émaillent le récit, sont davantage qu'une ponctuation. Le mélange de jeunesse contemporaine et de chansons d'hier crée une drôle de temporalité : un présent déjà au passé. Le défilement rapide et marqué des saisons — tout se déroule en une seule année — ajoute à cette impression de fugacité. D'autant que le cinéma de François Ozon est de plus en plus fluide et élégant, surface presque lisse mais effet tenace. Voir ce superbe mouvement de caméra final, autour de l'héroïne, d'un miroir à l'axe d'une fenêtre : une manière de dire qu'il y a un temps pour se regarder soi et un temps pour regarder vers les autres. — Louis Guichard
JEUNE ET JOLIE Francois Ozon 2013, Marine Vacth (societe moeurs film e)@ (E)
Durant l'été, alors qu'elle est en vacances au bord de la mer, Isabelle fête ses 17 ans en famille, en présence aussi de la famille de Peter, un proche de ses parents, dont on apprendra plus tard qu'il est l'amant ...

@

JEUNESSE les tourments, Wang Bing 2024 (societe)@@


Deuxième volet de la trilogie "Jeunesse" de Wang Bing sur les jeunes ouvriers de l'industrie textile chinoise. Les histoires individuelles et collectives se succèdent dans les ateliers textiles de Zhili, plus graves à mesure que passent les saisons. Fu Yun accumule les erreurs et subit les railleries de ses camarades. Xu Wanxiang ne retrouve plus son livret de paie. Son patron refuse de lui verser son salaire.

TELERAMA
Le deuxième volet d’une trilogie sur la vie des ouvriers du textile en Chine, qui pose un regard implacable sur la condition humaine au XXIe siècle. Et tenter de lutter contre la déshumanisation en marche.

Après Jeunesse (Le printemps) et avant Jeunesse (Retour au pays), voici le deuxième volet d’une œuvre documentaire monumentale, consacrée aux travailleurs de l’industrie textile chinoise, obscur empire de la fast fashion. Le talentueux Wang Bing avait d’abord salué la persistance, envers et contre tout, d’une légèreté et d’une insouciance dont seuls les jeunes gens ont le secret. Dans cette partie centrale, très nocturne, les rires se font bien plus rares. Au milieu d’une conversation avec une collègue qui doit reprendre tous les vêtements qu’elle a montés parce qu’elle n’a pas suivi le modèle, une ouvrière est prise d’une quinte de toux infernale. Même les corps jeunes peuvent craquer, quand ils deviennent aussi mécanisés que les machines à coudre sur lesquelles ils sont continuellement penchés.

La souffrance se referme sur la masse des travailleurs. À l’écran, le nom de chacun d’entre eux s’inscrit, comme pour lutter contre la déshumanisation en marche. La fuite du directeur des ateliers de confection, après des ennuis avec la police, provoque une situation de crise qui évoque directement un cinéma politique à la Ken Loach et met ce documentaire sous tension. Filmer devient un geste de solidarité avec une jeunesse qui s’éveille à peine à la lutte des classes, prise dans un rêve consumériste pour lequel elle est prête à sacrifier ses forces vives. Ici ou là, des visions lucides se dégagent : « À quoi sert l’argent si tu n’as aucun droit ? », s’interroge un homme. Mais « Tant qu’il y a du tissu, on continue », dit une ouvrière au cours d’une réunion où l’on ne sait pas très bien si c’est l’union ou le chacun pour soi qui fait la force.

Wang Bing n’a pas mené une enquête journalistique. C’est de la condition humaine qu’il se fait l’écho, faisant de son film une réflexion sur notre époque. Tournées il y a quelques années déjà, ces images ont une force sur laquelle le temps n’a pas de prise. Elles font de cette plongée dans le capitalisme à la chinoise une expérience unique. Et donnent une réalité mémorable à ces vies lointaines, à ce cauchemar d’un monde ouvrier où l’on croit voir s’éterniser les esclaves des débuts de l’ère industrielle.
JEUNESSE les tourments, Wang Bing 2024 (societe)@@ (E)
Deuxième volet de la trilogie "Jeunesse" de Wang Bing sur les jeunes ouvriers de l'industrie textile chinoise. Les histoires individuelles et collectives se succèdent dans les ateliers textiles de Zhili, plus graves ...

@

JEUNESSE le printemps, Wang Bing 2024 (societe documentaire)@@


Zhiliest un quartier ouvrier proche de Shanghai, la ville la plus riche de Chine. Chaque année, de nombreux jeunes quittent leur village pour s'y installer. Ils ont entre 17 et 20 ans et viennent tous de la province rurale du Yunnan, à 2 500 km à l'ouest, où le fleuve Yangtsé prend sa source. Ces jeunes Yunnanais vivent souvent sur leur lieu de travail, dans des dortoirs, des chambres insalubres, ou parfois dans de petits studios. Le temps et l'espace pour se rencontrer leur manquent. Alors, ils communiquent par les réseaux sociaux populaires en Chine. Ils vivent comme des adultes mais demeurent, au fond, des adolescents...

TELERAMA
Fidèle à ses idées, le cinéaste Wang Bing peint la fresque au long cours des “petites mains” des ateliers de confection chinois. Malgré l’aliénation, la jeunesse rayonne.

La trilogie documentaire qui débute avec « Jeunesse (Le printemps ) » promet de suivre ses personnages au fil du temps.

Dans Argent amer (2016), Wang Bing s’intéressait aux jeunes Chinois qui quittent leurs terres campagnardes du Yunnan pour aller travailler, à des milliers de kilomètres de chez eux, dans l’industrie textile de la ville de Huzhou, près de Shanghai. Les deux heures et trente-six minutes de ce film passé relativement inaperçu n’étaient qu’un prologue à un projet cinématographique plus ambitieux, digne d’À l’ouest des rails, la saga documentaire qui avait révélé le talent du cinéaste il y a vingt ans.

Fidèle à sa méthode d’immersion au long cours, Wang Bing a filmé entre 2014 et 2019 les « petites mains » qui travaillent dans les dix-huit mille ateliers de confection de Zhili, un bourg de Huzhou, accumulant deux mille six cents heures (!) de rushes. Il en tire aujourd’hui un premier film — deux autres doivent suivre —, déjà très copieux mais jamais ennuyeux, au beau titre de Jeunesse (Le printemps).

Les forçats de l’aiguille suivis par Wang Bing ont parfois moins de 20 ans, ils sont rivés à leur poste treize heures par jour, six jours sur sept, et se résignent à des cadences d’autant plus infernales qu’ils sont payés à la tâche. Abrutis de fatigue et de bruit (la musique pop ou techno passée non-stop à fond dans les ateliers couvrant à peine le fracas des machines à coudre), ils s’entassent le soir dans des dortoirs à la limite de l’insalubrité situés deux étages au-dessus.

Le film chronique un système économique et social qui se régénère sans cesse, car nombre de ces ouvriers rêvent de fonder leur propre atelier où ils exploiteront, à leur tour, de nouveaux migrants ruraux. De ce témoignage terrifiant émerge pourtant une énergie communicative. Et un film plus enjoué, sinon solaire, que les précédentes œuvres de Wang Bing consacrées aux oubliés de l’histoire chinoise — les victimes des « camps de rééducation » maoïstes dans Fengming ou les malades mentaux dans À la folie.

Deux amoureux sous un drap qui sèche au soleil
La jeunesse des personnages y est évidemment pour beaucoup. Toujours à la bonne distance, aussi proche soit-elle, le réalisateur les observe longuement, pendant leurs jeux, leurs blagues, leurs flirts plus ou moins maladroits, et son empathie est peut-être plus forte encore. Comme dans cette scène, superbe, où deux amoureux s’évadent un bref moment de leur atelier pour discuter sur le toit, dissimulés par un drap qui sèche au soleil.

Le dernier mouvement du film, qui accompagne l’attachant Xiao Wei dans son retour au pays natal, donne un aperçu des prochains volets de Jeunesse, qui devraient élargir l’horizon géographique de la trilogie à l’ensemble du fleuve Yangtzi Jiang. Vivement la suite !
JEUNESSE le printemps, Wang Bing 2024 (societe documentaire)@@ (E)
Zhiliest un quartier ouvrier proche de Shanghai, la ville la plus riche de Chine. Chaque année, de nombreux jeunes quittent leur village pour s'y installer. Ils ont entre 17 et 20 ans et viennent tous de la province rurale du Yunnan, ...

@

JEUX D ENFANTS, Yann Samuell 2003, Guillaume Canet, Marion Cotillard (societe)@@


Une vie entière pour se dire je t'aime. Plus de 80 ans pour démarrer une histoire d'amour à cause d'un jeu. Ou peut-être grâce à un jeu. Sophie et Julien ont défini les règles. Ils en sont les arbitres et souvent les victimes. Cap ou pas cap ? Cap ! Bien sûr ! Ils sont cap de tout : du meilleur comme du pire. Bafouer les tabous, défier tous les interdits, braver toutes les autorités, rire, se faire mal.

TELERAMA
Deux amis de toujours, ayant passé leur jeunesse à se lancer des défis d’enfants, se retrouvent à l’âge adulte sans pouvoir faire la différence entre leur jeu et la réalité de leur amour réciproque.
Complices depuis l'enfance, Julien et Sophie ont placé leur amitié sous le signe du défi : cap ? Pas cap ? Par exemple, de renverser le gâteau de la mariée quand ils sont gamins. Ou de draguer un(e) inconnu(e) qui passe quand ils sont plus grands. Mais comment avouer qu'on s'aime quand on ne fait que jouer ? Sujet potentiellement juste (la peur de l'engagement, le refus du monde adulte) gâché par une tendance lourde à « l'amélie-poulainisation ». La stylisation bariolée de la mise en scène prive les personnages de toute vraisemblance psychologique, et, partant, de tout attrait.
JEUX D ENFANTS, Yann Samuell 2003, Guillaume Canet, Marion Cotillard (societe)@@ (E)
Une vie entière pour se dire je t'aime. Plus de 80 ans pour démarrer une histoire d'amour à cause d'un jeu. Ou peut-être grâce à un jeu. Sophie et Julien ont défini les règles. Ils en so ...

@

JEUX INTERDITS, René Clément 1952, Brigitte Fossey, Georges Poujouly (guerre societe)@@@


Au cours de l'Exode de 1940 en France, Paulette, cinq ans, perd ses parents. À l'abandon, elle erre sans savoir où elle va jusqu'au jour où elle rencontre Michel, un petit garçon de dix ans qui la conduit chez lui. D'abord réticent, le père de Michel accueille la petite, notamment pour ne pas que leurs voisins en tire profit. Puis les deux enfants commencent à créer des sépultures pour divers animaux morts et Michel vole des croix pour les tombes, créant des ennuis.

TELERAMA
En 1940, une opheline de 5 ans vit la guerre à sa façon aux côtés du garçon de la famille paysanne qui l’a recueillie. Le réalisateur René Clément s’immisce dans l’imaginaire morbide de l’enfance.

À5 ans, Paulette trottine en famille sur les routes du Cantal pendant l’exode de 1940. Une pluie d’obus tue ses parents et son chien. Désormais seule, elle rencontre Michel, un peu plus âgé qu’elle, qui tanne sa famille pour qu’elle adopte l’orpheline.

À force d’entendre les débutants à la guitare égratigner sa musique, on avait fini par oublier la perfection du film. Célèbre pour avoir tourné, dès 1945, le premier film événement sur la Résistance (La Bataille du rail), René Clément reprend un thème proche avec la même rigueur documentaire, assortie d’un humanisme délicat et tragiquement féerique. Il épin­gle sans pitié la hargne clanique de familles paysannes qui se jalousent et défendent leurs petits intérêts.

Bien avant Charles Laughton et sa légendaire Nuit du chasseur, il s’immisce aussi dans l’imaginaire morbide et franc de l’enfance, avec son lot d’images oniriques lourdes en symboles : un hibou au regard scru­tateur, un poussin à l’agonie… Comme pour remplacer son chien, mort à sa place, Paulette erre sans autre arme que son instinct trop pur, petit animal perdu à qui la Croix-Rouge prend finalement soin de mettre un collier. Brigitte Fossey est bouleversante.


JEUX INTERDITS, René Clément 1952, Brigitte Fossey, Georges Poujouly (guerre societe)@@@ (E)
Au cours de l'Exode de 1940 en France, Paulette, cinq ans, perd ses parents. À l'abandon, elle erre sans savoir où elle va jusqu'au jour où elle rencontre Michel, un petit garçon de dix ans qui la conduit chez lu ...

@

JFK, Oliver Stone 1991, Kevin Kostner (histoire)@@


Suite à l'assassinat du président John F. Kennedy, le procureur Jim Garrison remet en cause le rapport du commissaire Warren. Ce dernier avait clôturé l'affaire en trouvant le parfait coupable, Lee Harvey Oswald. Pour Garrisson, il est impossible que l'homme ait agi seul. Persuadé qu'un complot se trame, Garrison explore des pistes occultées et comprend vite que la CIA, le FBI et le Pentagone ont joué un rôle déterminant dans cette affaire.
JFK, Oliver Stone 1991, Kevin Kostner (histoire)@@ (E)
Suite à l'assassinat du président John F. Kennedy, le procureur Jim Garrison remet en cause le rapport du commissaire Warren. Ce dernier avait clôturé l'affaire en trouvant le parfait coupable, Lee Harvey Oswald. ...

@

JINPA, un conte tibetain, Pema Tseden 2018 (conte moral)@@


Depuis dix ans, Jinpa, issu de l'ethnie des Kampa et muni d'un couteau traditionnel, veut venger l'assassinat de son père. Il se rend à Sanak pour recouvrer le meurtrier et le tuer. En route, il est pris en stop par un camionneur qui chemine dans le Kekexili, un plateau désertique du Tibet.

TELERAMA
Sur une route du Tibet, un camionneur rencontre un homme mystérieux nommé, comme lui, Jinpa. Un envoûtant voyage entre rêve et réalité, visuellement superbe.

Parmi les rares cinéastes en activité au Tibet, Pema Tseden a déjà signé le très réussi Tharlo, le berger tibétain (2018). Au générique de ce film-ci, c’est le nom de son producteur qu’on remarque : Wong Kar-wai. Dès les premières images, l’esprit du maître ­hongkongais semble présent. Ses ­fameuses lunettes fumées rectan­gulaires, on croit les reconnaître, portées par le héros de Jinpa, un conte tibétain. Ce camionneur très stylé, en cuir noir et pull violet, écoute sur sa radiocassette une version locale de O sole mio, chanson napolitaine devenue tube mondial. Un choix musical qui rappelle les mélanges exotiques de In the Mood for Love (2000). Comme le travail sur la lumière, qui rend les paysages arides du Tibet soudain chatoyants.

Dans cette ambiance sophistiquée et superbe, l’auteur imagine un récit où tout est, pareillement, affaire d’atmosphère. Au volant de son camion, Jinpa tue par mégarde un mouton, puis fait monter à bord un inconnu étrange – il a quitté son village pour aller tuer l’assassin de son père et il s’appelle, lui aussi, Jinpa… Le sang de la bête écrasée sur la route et la soif de vengeance, tout se répond, comme les prénoms, mystérieusement. Dans le ciel, les vautours tournoient au-dessus du monastère où fait halte le premier des deux Jinpa. Avec ce sentiment de menace omniprésente et insituable, le film tient en haleine. Le thème du double est bien le seul élément familier de cet envoûtant voyage au bout du monde, entre la lumière et les ombres, la réalité et le rêve.
JINPA, un conte tibetain, Pema Tseden 2018 (conte moral)@@ (E)
Depuis dix ans, Jinpa, issu de l'ethnie des Kampa et muni d'un couteau traditionnel, veut venger l'assassinat de son père. Il se rend à Sanak pour recouvrer le meurtrier et le tuer. En route, il est pris en stop par un camionn ...

@

@

JO Jean Girault 1971, Louis De Funes, Bernard Blier, Claude Gensac, Michel Galabru@@


Un auteur dramatique, Antoine Brisebard, est victime de chantage. Le maître chanteur, Jo, menace de compromettre sa réputation en révélant le passé de sa femme Sylvie.
JO Jean Girault 1971, Louis De Funes, Bernard Blier, Claude Gensac, Michel Galabru@@ (E)
Un auteur dramatique, Antoine Brisebard, est victime de chantage. Le maître chanteur, Jo, menace de compromettre sa réputation en révélant le passé de sa femme Sylvie. ...

@

JOE KIDD, John Sturges 1972, Clint Eastwood (western)@@


Début du XXe siècle, au Nouveau Mexique. Des paysans tentent d'obtenir les droits légaux d'exploitation de leurs terres, mais un gros propriétaire américain, Frank Harlan, a fait main basse sur leurs biens et fait régner la terreur.

TELERAMA
Produit et interprété par Clint Eastwood, Joe Kidd est un cocktail très à la mode – de l’époque –, composé de western « made in Italy » (recours à la violence, souvent gratuite) et de western américain des années 70, comme en témoigne la fascination pour des armes inhabituelles. Contrairement aux westerns réalisés par Eastwood lui-même, Clint Eastwood y incarne un héros macho et indestructible, un type de personnage conventionnel, à l’opposé de ceux de ses propres films. Si Joe Kidd laisse une trace dans l’histoire du western, c’est seulement parce qu’il est le seul film où l’on voit un train pénétrer dans un saloon...
JOE KIDD, John Sturges 1972, Clint Eastwood (western)@@ (E)
Début du XXe siècle, au Nouveau Mexique. Des paysans tentent d'obtenir les droits légaux d'exploitation de leurs terres, mais un gros propriétaire américain, Frank Harlan, a fait main basse sur leurs biens ...

@

JOHNNY GUITAR, Nicholas 1954, Joan Crawford, Sterling Hayden (western)@


Tenancière d'un saloon, Vienna embauche Johnny Logan comme musicien, un homme qu'elle a connu autrefois. Ils vont être en proie à la haine d'Emma Small, jalouse de Vienna et de sa relation avec le héros local.

TELERAMA
Le film lyrique de Nicholas Ray porte le nom d'un homme, un héros tourmenté et inoubliable entouré de seconds rôles masculins qui ne le sont pas moins — Ben Cooper, en apprenti bandit trop jeune pour mourir, John Carradine, en serviteur de l'ombre qui rentre enfin dans la lumière à l'heure de l'agonie. Et pourtant, dans ce western pas comme les autres, ce sont les femmes qui portent la culotte.

La frustrée Emma Small (terrifiante Mercedes McCambridge) incarne le puritanisme américain, intolérant jusqu'à la haine : ses appels à la délation et au lynchage, son conservatisme social l'apparentent à un sénateur McCarthy en jupons — le scénario, écrit par le « progressiste » Philip Yordan, est une parabole de la « chasse aux sorcières » qui sévissait alors contre les communistes aux Etats-Unis. Emma veut la peau de Vienna, son contraire : une femme libre, indépendante (jouée très virilement par Joan Crawford), propriétaire à poigne d'un saloon-casino, qui assume sa vie dissolue et ses sentiments.

Le duel entre les deux rivales est également visuel : le rouge flamboyant des lavallières de Vienna, puis le blanc immaculé de sa robe de soirée s'opposent aux tenues noires d'Emma. Une symphonie de couleurs que Nicholas Ray orchestre dans une mise en scène au baroque furieux. Et somptueux.
JOHNNY GUITAR, Nicholas 1954, Joan Crawford, Sterling Hayden (western)@ (E)
Tenancière d'un saloon, Vienna embauche Johnny Logan comme musicien, un homme qu'elle a connu autrefois. Ils vont être en proie à la haine d'Emma Small, jalouse de Vienna et de sa relation avec le héros local.

@

JOKER, Todd Phillips 2019, Joaquin Phoenix, Robert De Niro (drame social)@@


Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il rêve de devenir humoriste et de triompher à la télévision dans le show d'un présentateur populaire, le grand Murray Franklin, qu'il regarde tous les soirs. En attendant, il fait le clown dans des hospices pour enfants ou dans la rue, en homme-sandwich assez remuant. Après s'être fait tabasser dans une ruelle par une bande de voyous qui lui avaient arraché son panneau publicitaire, un de ses collègues clown lui offre un revolver...
Arthur Fleck, comédien raté, rencontre des voyous violents en errant dans les rues de Gotham City déguisé en clown. Méprisé par la société, Fleck s'enfonce peu à peu dans la démence et devient le génie criminel connu sous le nom de Joker, un dangereux tueur psychotique.

TELERAMA
Cette biographie au réalisme brutal de Joker est une satire grinçante du “trumpisme”, avec Joaquin Phoenix en super vilain psychotique. Lion d’or du meilleur film en 2019 à Venise, il divise nos critiques.

POUR : La satire rageuse d’un monde malade
Collé à l’asphalte, Joker plonge le spectateur dans un Gotham City qui ressemble comme deux gouttes d’eau au New York de la fin des années 1970. Arthur y vit avec sa mère souffreteuse. Lui-même est frappé d’un dérèglement psychique, qui provoque chez lui des rires incontrôlables. Il rêve d’être une star du stand-up, mais fait l’homme-sandwich dans la rue entre des numéros pour les enfants à l’hôpital. Todd Phillips (Very Bad Trip) réussit à déplacer son sens de la bouffonnerie vers une œuvre noire, dont le nihilisme résonne avec bien des contestations rageuses émaillant l’actualité. La violence et les humiliations subies par l’humoriste raté se retournent en parade criminelle, festive, baroque, où Arthur devient l’emblème involontaire d’un embrasement général. Et cette noirceur n’est pas vertueuse : elle reste jusqu’au bout liée à l’outrance, au ricanement, à la caricature — le film lui-même s’assume souvent comme un pastiche de La Valse des pantins, de Martin Scorsese (1983)… Le rire de Joaquin Phoenix (oscarisé pour ce rôle) évoque le mal psychosomatique d’une société folle, où l’oppression par les nantis et la farce médiatique ne font plus qu’un. — Jacques Morice

CONTRE : Psychanalyse de comptoir pour pseudo film d’auteur
Avec une incontestable science du marketing, les studios Warner et DC Comics ont concocté un nouveau type de produit dérivé pour la marque Batman, qui fêtait ses 80 ans, en 2019 : le néo-film d’auteur, destiné aux plus adultes des fans du superhéros. D’où le vernis chic des nombreux emprunts à Scorsese et la prétention à l’étude de cas psychiatrique. L’emballage auteuriste a fait illusion au-delà des espérances hollywoodiennes, avec le gain du Lion d’or à Venise, et il y a de quoi s’en étonner : le film empile très lourdement les gages de gravité, société malade, monde sans pitié, douleur colossale. Tantôt aphasique, tantôt éloquent, selon les besoins des scénaristes, le méchant réactualisé sonne faux. Et s’il est fou à lier, c’est bien sûr la faute de sa mère. Les femmes portent toujours le chapeau dans ces univers de vieux petits garçons. — Louis Guichard

JOKER, Todd Phillips 2019, Joaquin Phoenix, Robert De Niro (drame social)@@ (E)
Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il r&e ...

@

JONATHAN LIVINGSTONE le goeland, Hall Bartlett 1973 (nature)@@


Jonathan Livingston le goéland est une œuvre de Richard Bach, ancien pilote de l’armée de l’air américaine. Le livre est illustré de photos de goélands prises par Russell Munson

Très beau film aux superbes images, adapté du roman éponyme de Richard Bach, "Jonathan Livingstone le Goéland" raconte l'histoire d'un goéland pas comme les autres qui, dans sa vie, n'a qu'une seule passion : voler. Normal, me direz-vous, pour un oiseau de vouloir voler ? Oui, mais pas voler pour juste trouver sa nourriture, non, Jonathan, lui, veut voler pour voler et aller toujours plus haut, toujours plus vite et être libre.
Il s'apercevra bien vite que son comportement lui vaudra d'être banni par les siens. Et Jonathan se retrouvera condamné à l'exil, seul, mais sans peur ni colère, n'en poursuivra pas moins sa longue quête de connaissances. Il sera seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu'au jour où il va rencontrer des amis. Jonathan va alors découvrir un secret capital : briser les chaînes qui emprisonnent son corps pour libérer sa pensée.
Vous l'aurez compris : "Jonathan Livingstone le Goéland" est un conte philosophique. Une quête de savoir et d'amour où chaque pas nous pousse sans cesse à repousser nos limites pour découvrir qui l'on est et pourquoi l'on est fait. D'où la dédicace, au début du film, "Au Jonathan Livingstone qui sommeille en nous".
Une très belle métaphore de la vie qui nous incite à toujours nous dépasser dans tout ce que nous entreprenons et de poursuivre nos rêves, quel que le soit le prix à payer pour cela, fusse au détriment de sa réputation et de subir les moqueries des autres, voire la haine. Un film qui nous pousse à être soi-même, tout simplement.
Le tout servi par une superbe photographie et des images spectaculaires dans une ambiance musicale envoûtante signée Neil Diamond.
JONATHAN LIVINGSTONE le goeland, Hall Bartlett 1973 (nature)@@ (E)
Jonathan Livingston le goéland est une œuvre de Richard Bach, ancien pilote de l’armée de l’air américaine. Le livre est illustré de photos de goélands prises par Russell Munson

...

@

JOSEFINE MUTZENBACHER, Hans Billian 1976, Patricia Rhomberg (film e)


L'œuvre se présente sous la forme des mémoires d'une prostituée de Vienne, Josefine Mutzenbacher, qui serait née en 1852 et décédée en 1904. Comportant des scènes pornographiques, l'œuvre constitue dans le monde germanophone, depuis sa parution, une des œuvres incontournables de la littérature érotique1.

Joséphine est une jeune fille viennoise très intriguée par le sexe qui vit dans une pension de famille. Après qu'un homme nommé Horak, l'amant de sa voisine lui a fait perdre sa virginité, elle commence une vie sexuelle très active avec d'autres hommes, un ecclésiastique, une autre femme, en trio…. À la suite de la disparition brutale de sa mère, elle entame également une relation sexuelle avec son beau-père. Un pensionnaire qui les a surpris en train de copuler menace le couple de les dénoncer pour inceste et conduit Joséphine à se prostituer à son propre avantage. Par la suite, Joséphine entamera une carrière de prostituée de haut vol qui la mènera à l'ascension sociale qui fera d'elle l'une des courtisanes les plus célèbres de Vienne.
JOSEFINE MUTZENBACHER, Hans Billian 1976, Patricia Rhomberg (film e) (E)
L'œuvre se présente sous la forme des mémoires d'une prostituée de Vienne, Josefine Mutzenbacher, qui serait née en 1852 et décédée en 1904. Comportant des scènes pornographiques ...

@

JOUER AVEC LE FEU, Delphine et Muriel Coulin 2025, Vincent Lindon, Stefan Crepn, Benjamin Voisin (societe)@@


Pierre, un cheminot veuf, élève seul ses deux fils à Villerupt, en Lorraine. Louis, le cadet, réussit ses études et avance dans la vie avec une grande aisance. Félix, surnommé "Fus", son aîné, part quant à lui à la dérive. Fasciné par la violence et les rapports de force, le jeune homme se rapproche de groupes d'extrême droite, qui véhiculent des valeurs à l'opposé de celles que défend son père. Pierre assiste impuissant à l'emprise de ces fréquentations sur son fils. Peu à peu, l'amour inconditionnel qu'il porte à ce dernier cède la place à l'incompréhension…

TELERAMA
Un cheminot veuf n’a que son amour pour empêcher la dérive extrémiste de son fils aîné. Un drame familial et social poignant, porté par un trio d’acteurs impressionnants.

Un père face à ses fils. Pierre, chef mécanicien de nuit à la SNCF, élève seul ses deux grands garçons dans son pavillon de Metz depuis la mort de son épouse. Louis, le cadet, brillant élève littéraire, rêve de partir étudier à la Sorbonne. Fus, qui végète, lui, dans un IUT de métallurgie, se rapproche de groupes d’ultradroite à l’opposé des valeurs humanistes dans lesquelles il a grandi…

Il est bien question de relégation sociale, et de la violence politique comme solution illusoire pour y remédier, dans le troisième long métrage de Delphine et Muriel Coulin (17 Filles, Voir du pays). Les réalisatrices montrent notamment, dans des scènes de groupe intenses (pogo au bord de la transe ou combats clandestins de MMA dans une usine désaffectée) combien le fascisme se nourrit de la fascination pour le corps et pour les coups. Mais les mécanismes de séduction de l’extrémisme et, au-delà, le portrait, proche du documentaire, de la France sous tension des années 2020, les intéressent moins que la chronique intime, romanesque d’une famille soudée en voie de dislocation.

Jouer avec le feu interroge avec beaucoup d’émotion la puissance puis les limites de l’amour paternel quand il est miné par l’incompréhension. La mise en scène joue avec brio sur les espaces du décor et les effets de miroir pour exprimer la fracture qui se creuse entre les personnages – entre le père et le fils « indigne », bien sûr, mais aussi, de manière plus feutrée, entre les deux frères.

Vincent Lindon, primé à la Mostra de Venise pour son interprétation, trouve ici un rôle sur mesure dans lequel il est constamment crédible – qu’il répare un caténaire avec un gilet orange sur le dos ou exprime, dans un monologue poignant, la douleur d’un père se jugeant responsable de la dérive de son enfant. Ses fils de cinéma se montrent à la hauteur : le relatif effacement de Louis n’empêche pas Stefan Crepon de briller dans un registre à la fois doux et inquiet, et Benjamin Voisin impressionne en bloc de colère et de détresse mêlées.
JOUER AVEC LE FEU, Delphine et Muriel Coulin 2025, Vincent Lindon, Stefan Crepn, Benjamin Voisin (societe)@@ (E)
Pierre, un cheminot veuf, élève seul ses deux fils à Villerupt, en Lorraine. Louis, le cadet, réussit ses études et avance dans la vie avec une grande aisance. Félix, surnommé "Fus" ...

@

JOUR J, Reem Kherici 2017, Reem Kherici, Nicolas Duvauchelle (comique sentimental)@@@


Mathias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, il la trompe avec Juliette, une `wedding planer'. Quand Alexia découvre la carte de visite de Juliette dans la poche de Mathias, il perd ses moyens, il bafouille. Elle comprend tout de suite : Juliette est une organisatrice de mariage, il veut donc l'épouser ! Elle dit oui. Sans le vouloir, Mathias va se retrouver au milieu de sa femme et de sa maîtresse, contraint d'organiser son mariage imprévu !

TELERAMA
Reem Kherici s’inspire de Judd Apatow, avec un casting complice. Mention spéciale à Julia Piaton en Cameron Diaz française, et à Nicolas Duvauchelle qui révèle tout son charme.

Comment renouveler la comédie de mariage ? Par exemple avec un type obligé, par lâcheté, de confier l’organisation de ses noces à sa maîtresse d’un soir… La pétulante Reem Kherici pimente une histoire d’amour avec de la trivialité ­ (messieurs, vous ne regarderez plus les sèche-mains des cafés comme avant) pour séduire les fans de Judd Apatow. Convoler ou pas, se tromper de « femme de sa vie », venger la petite fille complexée que l’on a été : ces thèmes survolés amusent manifestement Julia Piaton, idéale en Cameron Diaz française, François-Xavier Demaison, en meilleur pote adulescent, et Chantal Lauby, en mère incontrôlable. Meilleur atout de cette farce ­romantique : Nicolas Duvauchelle révèle son charme et son tempo comiques.
JOUR J, Reem Kherici 2017, Reem Kherici, Nicolas Duvauchelle (comique sentimental)@@@ (E)
Mathias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, il la trompe avec Juliette, une `wedding planer'. Quand Alexia découvre la carte de visite de Juliette dans la poche de Mathias, il perd ses ...

@

JOY, David O. Russell 2015, Jennifer Lawrence, Robert de Niro, Bradley Cooper (societe)@@


le film raconte l’histoire de Joy Mangano, mère célibataire de deux enfants, inventrice du balai-serpillière auto-essorant Miracle Mop dans les années 1990.

TELERAMA
En la dirigeant dans Happiness Therapy (2012) et American Bluff (2013), David O. Russell a fait de Jennifer Lawrence une comédienne oscarisée, reconnue au-delà du phénomène Hunger Games. Nouveau cadeau du réalisateur à sa muse, Joy est un couronnement : un film dont elle tient chaque scène, dans le rôle d’une mère de famille divorcée et endettée qui va devenir femme d’affaires et bâtir un petit empire. Le modèle avoué n’est rien de moins que Citizen Kane, où Orson Welles retraçait la carrière d’un magnat de la presse inspiré du vrai William Randolph Hearst, comme Joy s’inspire de la vraie Joy Mangano, qui fit fortune en se battant pour son invention : la serpillière magique…

Ce business cocasse permet au réalisateur de céder à son péché mignon, la comédie légèrement zinzin. Il entoure son héroïne d’une famille allumée, où brillent un Robert De Niro à bout de nerfs et une Isabella Rossellini farfelue à souhait. Le ton change dans la seconde partie du film, qui montre Joy dans toute son indépendance. Mais le portrait de cette femme forte a alors tendance à se figer, comme l’interprétation de Jennifer Lawrence. En devenant sérieux, David O. Russell perd l’inspiration…
JOY, David O. Russell 2015, Jennifer Lawrence, Robert de Niro, Bradley Cooper (societe)@@ (E)
le film raconte l’histoire de Joy Mangano, mère célibataire de deux enfants, inventrice du balai-serpillière auto-essorant Miracle Mop dans les années 1990.

TELERAMA
En la dirigeant dans Happin ...

@

JOYEUSE RETRAITE, Fabrice Bracq 2019, Thierry Lhermite, Michele Laroque (comique)@


Marilou et Philippe se préparent à leur future retraite au Portugal, pour enfin goûter à un peu de tranquillité sous le soleil. Cependant, lorsque leur fille se sépare de son petit ami avec perte et fracas, tout un cortège de sollicitations s'abat sur eux.

TELERAMA
ce film n’est pas tendre, mais pas non plus si méchant que ça (tout se finit en embrassade générale très mielleuse).

Philippe (fonctionnaire) et Marilou (dentiste) se réjouissent de partir à la retraite. Toujours dynamiques, ils pensent vendre leur grande maison et s’installer au Portugal pour y profiter encore pleinement de la vie. Mais leur plan est compromis par des demandes incessantes de garde d’enfants de leur fille et diverses autres sollicitations de leur proche.

Avec ses grands-parents très égoïstes, Joyeuse retraite ! n’est pas tendre, mais pas non plus si méchant que ça (tout se finit en embrassade générale très mielleuse). Le scénario s’enlise souvent dans la répétition. La caricature des portraits est un peu trop grossière pour être vraiment drôle. A part le gag du cadeau empoisonné (un collier très chic renfermant un système de téléassistance) et quelques alibis farfelus avancés par le couple de seniors pour qu’on leur foute la paix, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Nicole Ferroni en mère débordée et Judith Magre en aïeule très fringante sont celles qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Reste une question : pourquoi Michèle Laroque, actrice très populaire dit-on, s’obstine-t-elle ainsi à se monter en bourgeoise pétée de thune, agaçante et un peu idiote ?


JOYEUSE RETRAITE, Fabrice Bracq 2019, Thierry Lhermite, Michele Laroque (comique)@ (E)
Marilou et Philippe se préparent à leur future retraite au Portugal, pour enfin goûter à un peu de tranquillité sous le soleil. Cependant, lorsque leur fille se sépare de son petit ami avec perte et ...

@

JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@


Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu'il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.
Le prêtre anglican Palmer s'est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l'église. Ils quittent leur Ecosse, l'un comme soldat, l'autre comme brancardier.
Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l'ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.
Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des Etats majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes...

TELERAMA
Pour reconstituer un épisode véridique de fraternisation entre soldats allemands, français et britanniques la nuit de Noël 1914, Christian Carion (Une hirondelle a fait le printemps) a choisi des modalités tout sauf surprenantes. Avec une régularité scolaire, il passe d’un camp à l’autre et du drame à la légèreté. Il alterne, dans le même esprit appliqué, une histoire d’amour, une his­toire de fraternité et une histoire de paternité, toutes contrariées par la guerre. Et il façonne des seconds rôles « comme le cinéma français n’en fait plus » (vieux refrain), mais dont il reste à prouver qu’ils manquent : Dany Boon en aide de camp chtimi légèrement neuneu en fait des tonnes pour un effet Bourvil très manqué...
C’est assurément une chose bouleversante que des ennemis improvisent une paix éphémère et clandestine, renvoyant un conflit à son absurdité. Mais le film, telle une toile figurative des plus banales, n’a rien à ajouter à ce prodige.

JOYEUX NOEL, Christian Carion 2005, Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Daniel Bruhl, Dany Boon@@@ (E)
Lorsque la guerre surgit au creux de l'été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l'opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa be ...

@

JOYLAND, Saim Sadiq 2022, Ali Junejo, Rasti Farooq (societe)@@@


Haider vit à Lahore avec sa femme Mumtaz, avec son père et son frère aîné Saleem. Sa femme travaille et Haider, sans emploi, s'occupe de ses nièces pour aider sa belle-soeur Nucchi. Un jour, il trouve du travail comme danseur dans un cabaret. Il s'éprend d'une des danseuses vedettes, Biba, une femme transgenre. De son côté, sa femme Mumtaz supporte mal sa vie de moins en moins libre.

TELERAMA
Audacieuse, cette chronique familiale superbement mise en scène bouscule les normes de la société patriarcale. Ou quand Haider, l’homme au foyer, rencontre Biba, la danseuse trans...

Ce film tourné à Lahore est une surprise parfaite. Le réalisateur, débutant doué, a imaginé une chronique familiale qui parle courageusement de sentiments et de sexe, de différences et de normes qui voudraient s’imposer jusque dans l’intimité. Le point de départ est un retournement de situation d’une savoureuse ironie… Pendant que sa femme travaille, le jeune Haider s’occupe des enfants de son frère et de la maison où tout le monde vit, sous l’autorité du grand-père, pour qui il est urgent de revenir à la bonne distribution des rôles. Mumtaz, l’épouse, doit donc abandonner son travail et, parce qu’il lui faut en trouver un, Haider s’improvise danseur. Il tombe alors amoureux de la chanteuse Biba, une transsexuelle.

Avec ce ménage à trois pakistanais jamais classique, Joyland s’ouvre à des notes joyeuses ou dramatiques, accueille la fantaisie mais aussi, peu à peu, une tension terrible. Haider, Mumtaz et Biba deviennent des personnages poignants dont la solitude est regardée en face. Chacun se retrouve, en effet, abandonné à des désirs impossibles, assigné par une société patri­arcale à une place faussée. Haider doit être l’homme viril, Mumtaz, la ­recluse qui procrée, et Biba rester une « curiosité », jamais considérée comme une vraie femme. Et tous doivent renoncer à leurs désirs. À travers ces portraits retentit un appel à la liberté, à la vérité, à la sensibilité. Trois mots que ce film superbement mis en scène porte haut.
JOYLAND, Saim Sadiq 2022, Ali Junejo, Rasti Farooq (societe)@@@ (E)
Haider vit à Lahore avec sa femme Mumtaz, avec son père et son frère aîné Saleem. Sa femme travaille et Haider, sans emploi, s'occupe de ses nièces pour aider sa belle-soeur Nucchi. Un jour, il trouv ...

@

JUEGOS PSYCOLOGICOS, Olga Akatieva 2021, Pavel Priloutchny, Elizaveta Koronova, Daria Melnikova


Un couple amoureux se retire de la civilisation. Ils ne sont ensemble que depuis peu de temps, mais l'homme est sûr d'avoir rencontré son seul. L'arrivée soudaine de la sœur cadette, puis de l'ex-petit-ami de la jeune fille, ruine l'idylle romantique. Les héros deviennent les otages des désirs et des passions de chacun. La romance est remplacée par la passion, et le flirt innocent mène à une jalousie féroce. Des jeux psychologiques de plus en plus dangereux menacent de conduire à un dénouement cruel.
JUEGOS PSYCOLOGICOS, Olga Akatieva 2021, Pavel Priloutchny, Elizaveta Koronova, Daria Melnikova (E)
Un couple amoureux se retire de la civilisation. Ils ne sont ensemble que depuis peu de temps, mais l'homme est sûr d'avoir rencontré son seul. L'arrivée soudaine de la sœur cadette, puis de l'ex-petit-ami de la je ...

@

@

JUGE COUPABLE, Clint Eastwood 1999, Clint Eastwood, Diane Venora (thriller)@@


Cabochard, amateur de femmes et de boissons fortes, Steve Everett, grand reporter qui avoue son penchant immodéré pour les sujets chocs, finit par se faire licencier du New York Time. Il échoue sur la côte Ouest à l'Oakland Tribune. Il est chargé de reprendre une enquête interrompue après la mort accidentelle d'une jeune collègue. Cette dernière était chargée de couvrir l'exécution d'un criminel noir, Frank Beechum, qui est condamné pour le meurtre d'une caissière.

TELERAMA
Un condamné à mort et un journaliste usé et porté sur le bourbon pour le sauver. Intrigue pas neuve, suspense nonchalant… Quel intérêt trouver alors à ce petit thriller ? Justement, qu’Eastwood prenne élégamment son temps.

Un homme va mourir, un autre enquête pour le sauver. Schéma typique de thriller, en général créateur de suspense. L'enquête, c'est ici ce qu'il y a de moins intéressant. On a le sentiment qu'Eastwood fait son film « contre » l'intrigue. Steve Everett cherche à peine. Du coup, il reste du temps. La mise en scène dilate des séquences sans raison. D'action, il n'y en a pas, ou si peu. La plus spectaculaire a lieu au zoo, au cours d'une visite aussi rapide que celle du Louvre dans Bande à part, de Godard.

Eastwood ne se prive pas d'éreinter la presse, de railler la religion et de pointer l'indifférence vis-à-vis des laissés-pour-compte. Tout cela sans rien asséner. Malgré une course contre la montre finale un peu trop conforme aux lois du genre, on garde en mémoire le portrait d'un homme infantile et largué qui livre sa dernière croisade.
JUGE COUPABLE, Clint Eastwood 1999, Clint Eastwood, Diane Venora (thriller)@@ (E)
Cabochard, amateur de femmes et de boissons fortes, Steve Everett, grand reporter qui avoue son penchant immodéré pour les sujets chocs, finit par se faire licencier du New York Time. Il échoue sur la côte Ouest & ...

@

JUGE ET HORS LA LOI, John Huston 1972, Paul Newman, John Huston, Ava Garner, Anthony Perkins, Victoria Principal, Jaqueline Bisset (western)@@


Recherche pour vol, Roy Bean se refugie dans la petite ville de Vinegaroon ou il est battu et laisse pour mort. Secouru par une jeune Mexicaine, Maria Elena, il revient en ville, élimine ses agresseurs et se proclame juge, decide a faire regner la loi et l'ordre.

TELERAMA
Sur un scénario de John Milius, le faux magistrat est devenu un vrai héros hustonien : Roy Bean a une vision, celle d'un Ouest de légende qui n'obéirait qu'à sa loi. Il bâtit, quasiment de ses mains, la ville où tout portera son nom. Mais, comme dans tout bon film de John Huston, ce rêve ainsi que sa passion pour l'étoile qu'il n'a pourtant jamais approchée sont voués à l'échec. Paul Newman mène tambour battant ce western picaresque au ton singulier, typique de la façon dont Hollywood revisita le genre dans les années 1970. De costauds seconds rôles l'épaulent : Anthony Perkins, prêtre étrange devenu mentor malgré lui, John Huston en personne, irrésistible en homme-ours, Stacy Keach, qui fait une apparition tonitruante en hors-la-loi albinos. Mais, peu à peu, l'humour fait place à un ton élégiaque, souligné par la belle musique de Maurice Jarre. La dernière partie, tardive - on est en 1919 - sonne comme un requiem : le vieil Ouest n'est plus incarné que par quelques fantômes décrépits, qui se consumeront dans un dernier accès de révolte.
JUGE ET HORS LA LOI, John Huston 1972, Paul Newman, John Huston, Ava Garner, Anthony Perkins, Victoria Principal, Jaqueline Bisset (western)@@ (E)
Recherche pour vol, Roy Bean se refugie dans la petite ville de Vinegaroon ou il est battu et laisse pour mort. Secouru par une jeune Mexicaine, Maria Elena, il revient en ville, élimine ses agresseurs et se proclame juge, decide a f ...

@

JUILLET AOUT, Diastème 2015, Alma Jodorowsky, Luna Lou (societe)@


C'est l'été. Les familles migrent et se recomposent. Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne. La cohabitation entre ados et adultes ne manque ni de tendresse, souvent non-dite, ni d'exaspération, parfois bruyante car les filles ont leurs secrets, qui n'ont pas grand-chose à envier aux problèmes de leurs parents et de leurs beaux-parents. C'est l'été de tous les dangers ? Pas tout à fait. Quoique.

TELERAMA
JUILLET AOUT, Diastème 2015, Alma Jodorowsky, Luna Lou (societe)@ (E)
C'est l'été. Les familles migrent et se recomposent. Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne. La cohabitation entre ...

@

JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@


Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femmes. C'est alors qu'ils rencontrent Catherine, dont ils tombent tous les deux amoureux. Mais c'est Jules que Catherine choisit...

TELERAMA
Jules et Jim, l’Allemand et le Français, sont amis. Catherine est la maîtresse, la confidente… Truffaut signe une mise en scène éblouissante et un hymne à Jeanne Moreau, héroïne moderne et poignante.

Dans « Jules et Jim », Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre forment un triangle amoureux. Films du Carrosse

Lorsqu'il cita pour la première fois le roman Jules et Jim dans l'une de ses critiques de la revue Arts, François Truffaut n'avait pas réalisé de film. Il se fit la promesse de commencer sa carrière de cinéaste en adaptant cet extraordinaire livre d'Henri-Pierre Roché, un vieil inconnu de 76 ans.

Même si Truffaut retarda le projet, Jules et Jim fête le passage d'un homme de mots vers un monde d'images : c'est un hymne au plaisir d'« entrer en cinéma ». Tout en gardant un ton très littéraire, il met en scène la rage d'aimer, à travers des scènes purement visuelles. A la lecture du livre, le cinéaste fut « frappé par le caractère scabreux des situations et la pureté de l'ensemble ». Son film réussit le même tour de force. Il évoque la discipline fervente d'une femme libre, décidée à « inventer l'amour ». Jeanne Moreau mord à pleines dents dans ce rôle d'égérie grave et gourmande. Cachée derrière le titre doublement masculin, elle est le pilier central de cet éblouissant chef-d'œuvre.
JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@ (E)
Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femm ...

@

JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@


Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais très compréhensive, pour finalement travailler dans une librairie. C'est une jeune femme sympathique, alerte, qui refuse d'avoir des enfants et la routine. Elle fréquente Aksel, un dessinateur à succès de 45 ans qui aimerait devenir parent avec elle. Julie rencontre Eivind, son futur amant lors d'une soirée de mariage alcoolisé où elle s'est incrustée sans connaître personne. Elle quitte Aksel pour Eivind, en espérant une fois de plus de donner un nouveau sens à sa vie...

TELERAMA
Les joies, les lubies et les amours d’une trentenaire aussi solaire que mélancolique. Une comédie romantique et poétique, qui ne manque pas de mordant. Avec la révélation Renate Reinsve, lauréate du prix d’interprétation féminine en 2021 à Cannes.

Allant et grâce poétique. Ce sont les qualités premières de cette comédie romantique et littéraire. La Julie du titre est dépeinte à travers douze chapitres, comme dans un roman. Douze moments qui englobent plusieurs années de son existence, autour de la trentaine. Dans le prologue, on apprend que la demoiselle était dans sa jeunesse une étudiante brillante, qui a suivi des études de médecine puis, insatisfaite, a changé de branche, en voulant devenir psychologue. Avant de changer à nouveau pour se lancer dans la photographie. Une pointe d’ironie filtre, laissant deviner une touche-à-tout qui papillonne, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut.

C’est à la fois vrai et faux. Les facettes de Julie sont multiples. Joachim Trier fait d’elle un portrait psychologique et sentimental subtil, à travers son travail, ses liens de famille et surtout deux histoires d’amour successives. Le film est parfois mordant, proche de la satire sociologique. Mais il s’attache surtout à explorer la vie intérieure de Julie. Un être de contradictions. Qui brave la pression sociale l’astreignant à être mère mais peine à s’accomplir. Qui a du talent dans l’écriture mais renonce à le capitaliser. Un personnage solaire et mélancolique, indissociable de Renate Reinsve, révélation pleine de sensualité, Prix d’interprétation à Cannes, qu’on ne se lasse pas de suivre dans ses déambulations, à travers le temps et la ville aérée d’Oslo.

Captivant et fluide, Julie (en 12 chapitres) bascule dans son dernier tiers, offrant soudain une partition plus grave. Joachim Trier se refuse pourtant à toute noirceur, préférant se tourner du côté d’une sagesse qui n’a rien de mièvre. Bien malin qui peut dire à la fin si le trajet de Julie aboutit à une forme de gâchis. Ou à l’épanouissement discret et neuf d’un dandysme au féminin.
JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@ (E)
Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais ...

@

JULIETA, Pedro Almodovar 2016, Emma Suarez, Adriana Ugarte (societe)@@


Valeria (Ana Valeria Becerril), 17 ans, est enceinte . Il vit à Puerto Vallarta , avec Clara (Joanna Larequi), sa demi-sœur , qui est calme et vit avec dépression et surpoids. Elle ne veut pas que sa mère, Abril (Emma Suárez), absente depuis longtemps, soit au courant de sa grossesse mais, en raison de contraintes financières et de l'écrasante responsabilité d'avoir un bébé à la maison, Clara décide d'appeler sa mère. April arrive avec un grand désir de voir ses filles, mais on découvre vite pourquoi Valeria ne voulait pas entrer en contact avec elle. C'est "l'histoire d'une femme adulte qui refuse de se sentir 'dépassée' par ses propres filles en termes générationnels, sans se rendre compte qu'elle a déjà été laissée pour compte dans des aspects plus importants, comme les aspects émotionnels et psychologiques, entre autres"

TELERAMA
Julieta, la cinquantaine, et son compagnon s’apprêtent à quitter Madrid pour le Portugal. Mais quelqu’un, dans la rue, parle à Julieta de sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis des années…

Almodóvar atteint toute l’intensité romanesque dont il est capable, avec cette histoire gigogne brouillant les époques, un peu comme une fuite en avant dans le passé. Le train, théâtre au début d’une disparition bouleversante, puis décor récurrent, est aussi la métaphore du vrai sujet de ­Julieta : le passage du temps, la fugacité des liens, l’évanescence des êtres, qui apparaissent puis s’éclipsent de nos vies, parfois sans un mot.

À cette gravité, le maître espagnol donne une traduction étrangement séduisante. Pour évoquer les années 1980 et la prime jeunesse de l’héroïne, il ressuscite la merveilleuse débauche chromatique de sa ­période Movida. Quand elle devient une autre femme, transformée par le chagrin et les remords, il passe avec brio d’une ­actrice à une autre dans la même scène, qui rappelle les métamorphoses de Tippi Hedren dans Pas de printemps pour Marnie. Quant à la maison de pêcheur qui abritera le mariage de Julieta, c’est d’emblée une image mentale, aussi attirante qu’annonciatrice de naufrages… Jusqu’à sa conclusion abrupte, qui suggère une transmission de la culpabilité, le film fascine par cette alchimie entre la noirceur désenchantée du fond et l’éclat rédempteur de la forme.
JULIETA, Pedro Almodovar 2016, Emma Suarez, Adriana Ugarte (societe)@@ (E)
Valeria (Ana Valeria Becerril), 17 ans, est enceinte . Il vit à Puerto Vallarta , avec Clara (Joanna Larequi), sa demi-sœur , qui est calme et vit avec dépression et surpoids. Elle ne veut pas que sa mère, Abril ( ...

@

JUMANJI next level, Jake Kasdan 2019, Dwayne Johnson, Jack Black (science fiction)@@


Lorsque Spencer retourne dans le monde fantastique de Jumanji, ses amis Martha, Fridge et Bethany y retournent aussi pour le sauver, mais le jeu est maintenant brisé.

TELERAMA
Même si l’effet de répétition se fait un peu ressentir, le troisième opus de la franchise conserve les ingrédients qui ont fait son succès. Que fait un garçon quand il se retrouve soudain dans le corps d’une fille ? Et un geek dans la peau de Dwayne Johnson ? Une autruche peut-elle être dangereuse ? Parlez-vous le cheval ?... Idiotes, ces questions ? Pas tant que ça : si vous vous retrouvez en plein désert, certaines réponses peuvent s’avérer très utiles ! Cette troisième partie de Jumanji est toujours aussi délirante, même si l’effet de répétition la rend un peu pantouflarde au début. Pour les débutants, Jumanji, c’est ce jeu vidéo qui envoie ses participants dans un monde virtuel, dangereux évidemment, « pour de vrai ».

Chacun avec un avatar très éloigné de ce qu’il est dans le monde réel. Par exemple, cette fois-ci, la bimbo se retrouve en… cheval ! Nouveauté réjouissante : l’arrivée du duo Danny De Vito - Danny Glover, deux papys ronchons dont les avatars n’arrêtent pas de changer (mais qui, à chaque fois, jouent en cabotinant comme eux : Dwayne Johnson fait du Danny De Vito plus vrai que nature par exemple !).

Comme dans un bon vieux Spielberg des années 1980, le film va crescendo, d’une introduction très familiale intergénérationnelle jusqu’à des scènes assez bluffantes (surtout celle des passerelles envahies de singes qu’on jurerait sortie d’un Indiana Jones), pour finir avec une morale rassurante comme de bien entendu : « Vieillir, c’est un cadeau », nous assure Danny De Vito. Carpe diem, et tutti quanti.
JUMANJI next level, Jake Kasdan 2019, Dwayne Johnson, Jack Black (science fiction)@@ (E)
Lorsque Spencer retourne dans le monde fantastique de Jumanji, ses amis Martha, Fridge et Bethany y retournent aussi pour le sauver, mais le jeu est maintenant brisé.

TELERAMA
Même si l’effet de rép&ea ...

@

JUMANJI, Joe Johnston 1995, Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, Jonathan Hyde, Bonnie Hunt


Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la partie et le libérera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs, Judy et Peter.

TELERAMA
Vous vous rappelez les règles ? Jumanji est un jeu de plateau qui aspire littéralement ses joueurs et leur fait vivre « pour de vrai » des aventures trépidantes avec une énigme à ­résoudre à chaque tour. Seule condition pour sortir du jeu : terminer la partie. Et gagner, évidemment ! Tout a commencé en 1995 quand le premier Jumanji, avec Robin Williams, avait confronté ses jeunes joueurs à des animaux sauvages surgis de nulle part. En 2017, le jeu se joue désormais sur console mais le principe de base est le même.
Quatre collégiens collés commencent une partie. Chacun se choisit un avatar, et les voilà dans la jungle : le nerd introverti se retrouve en baroudeur surmusclé (Dwayne Johnson, très bon dans l’autodérision), le quarterback beau gosse en scientifique chétif, la coincée, en Lara Croft, et la belle écervelée se découvre dans la peau d’un gros cartographe quadra (Jack Black, très drôle). L’intrigue a peu d’importance : remettre une pierre précieuse au bon endroit et déjouer une bande de motards énervés. Le film ne tient que par les gags (plus ou moins faciles) provoqués par le décalage entre les personnages réels et leur nouveau corps. Quand, par exemple, la fille doit apprendre à faire pipi avec son corps d’homme… On aurait pu prendre d’autres exemples mais celui-là est particulièrement réjouissant.
JUMANJI, Joe Johnston 1995, Robin Williams, Bradley Pierce, Kirsten Dunst, Jonathan Hyde, Bonnie Hunt (E)
Lors d'une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d'enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s'en échapper que lorsqu'un autre joueur reprendra la pa ...

@

JUMEAUX MAIS PAS TROP, Olivier Ducray et Wilfried Meance 2022, Ahmed Sylla, Bertrand Usclat (comique)@@


Deux frères jumeaux découvrent soudainement l'existence l'un de l'autre 33 ans après leur naissance. Pour Grégoire et Anthony, la surprise est d'autant plus grande que l'un est blanc, l'autre noir

TELERAMA
Une comédie sur le racisme plus subtile qu’il n’y paraît. L'un noir et l’autre blanc, Anthony et Grégoire découvrent, à 33 ans, qu’ils sont nés ensemble, au même endroit et à la même heure, en 1988. L’année de Jumeaux, le film où Arnold Schwarzenegger et Danny DeVito campaient des bébés éprouvettes génétiquement modifiés qui, bien que frères, avaient poussé dans différentes directions… L’année, aussi, de Quand les jumelles s’emmêlent, où Bette Midler et Lily Tomlin jouaient les doublons doublés. La gémellité est une des meilleures recettes de délire comique. C’est évidemment dans ce registre qu’on attendait Ahmed Sylla, l’étoile noire du stand-up, et Bertrand Usclat, le bon Blanc de Broute. Le pitch tordu de Jumeaux mais pas trop promettait de virer à la fantaisie absurde. C’est pourtant tout le contraire qu’offre leur comédie et c’est une bonne surprise.

Humour subtil
Aussi improbable soit-elle, la fraternité est bien réelle dans cette histoire où, statistiques scientifiques à la clef, sa possibilité est prouvée : elle est la « chance sur un million », comme dit le slogan du film, une sorte de jackpot génétique touché par Anthony et Grégoire. Sur le thème de la différence raciale, l’ADN commun de ces jumeaux fait résonner une note jamais dissonante. C’est également l’harmonie qui prime dans le duo formé par deux amuseurs qu’on découvre plutôt tendres et innocents. Ahmed Sylla et Bertrand Usclat, incroyablement charmants, interprètent leurs personnages comme de véritables nouveau-nés, prêts à commencer pour de bon leurs relations de frères séparés à la naissance. Le problème, c’est que la société a tout remis « dans l’ordre » : le Blanc est devenu un politicien macroniste sans cœur, promettant le meilleur, et le Noir, un réparateur d’électroménager sympa, soupçonné du pire.

Avec cette distribution des rôles, les réalisateurs Wilfried Méance et Olivier Ducray peuvent plaisamment forcer le trait. Ils ne le font presque pas assez, même si les gags tordants ne manquent pas. Mais ils ont raison de se méfier des pièges. S’ils réussissent cette comédie sur le racisme sans jamais flirter avec un humour raciste – ce dont ne peuvent se vanter les Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? et consorts –, c’est parce qu’ils y mettent tout le temps du cœur, dans les pas des deux frères différents nés de la même mère. Mais laquelle ? La bourgeoise charentaise passionnée d’art africain que compose savoureusement Isabelle Gélinas ferait bien l’affaire. Toute la distribution est parfaite, drôle et mine de rien subtile, à l’image du film.
JUMEAUX MAIS PAS TROP, Olivier Ducray et Wilfried Meance 2022, Ahmed Sylla, Bertrand Usclat (comique)@@ (E)
Deux frères jumeaux découvrent soudainement l'existence l'un de l'autre 33 ans après leur naissance. Pour Grégoire et Anthony, la surprise est d'autant plus grande que l'un est blanc, l'autre noir

TELERA ...

@

JUMEAUX, Ivan Reitman 1988, Arnold Schwarzenegger, Danny DeVito (comique)@


Quelques généticiens décident de créer un être exceptionnel. Six hommes triés sur le volet sont donc sélectionnés pour féconder Mary Ann Benedict, une jeune femme belle et intelligente. Mary Ann accouche de jumeaux, mais on lui en cache, et on lui annonce la mort du bébé.

TELERAMA
Fort Alamo, en 1953. Dans un laboratoire, des généticiens décident de créer un être exceptionnel. La mère sera Mary Ann Benedict. Quant au père, il n'y en aura pas un, mais six. Le bébé réunira ainsi toutes les qualités génétiques. Bientôt, Mary Ann met au monde des jumeaux, qu'on lui cache, lui annonçant la mort de son bébé. L'un d'eux, Julius, musclé et intelligent, est élevé sur une île paradisiaque. L'autre, Vincent, est placé dans un orphelinat qu'il ne tarde pas à fuir. Trente-cinq ans plus tard, Julius apprend l'existence de son frère, qui est en prison. Les deux hommes se retrouvent. La rencontre de ces jumeaux si différents s'avère pleine de surprises...
JUMEAUX, Ivan Reitman 1988, Arnold Schwarzenegger, Danny DeVito (comique)@ (E)
Quelques généticiens décident de créer un être exceptionnel. Six hommes triés sur le volet sont donc sélectionnés pour féconder Mary Ann Benedict, une jeune femme belle et intell ...

@

JUNGLE FEVER, Spike Lee 1991, Wesley Snipes, Annabella Sciorra (societe racisme)@@


À New York, Flipper, un architecte afro-américain, a parfaitement réussi sa carrière et vit heureux en ménage avec Drew. Lorsqu'il prend pour maîtresse Angela, sa secrétaire intérimaire, une Italo-américaine, sa vie est mise sens dessus dessous. Drew le chasse et sa liaison provoque un scandale, entretenu par des préjugés raciaux.

TELERAMA
Un dur constat sur l’intolérance et le racisme, par l’un des maîtres du genre.
Avant son retour en grâce avec BlacKkKlansman (2018), Spike Lee, infatigable militant afro-américain, avait connu ses premières heures de gloire au début des années 1990. Tourné entre le sommet Do the right thing (1989) et le biopic Malcolm X (1992), Jungle Fever relate la liaison impossible, à New York, entre un architecte noir et une secrétaire d’origine italienne. Le racisme est, bien sûr, la véritable « fièvre » du titre, celle qui contamine tous les personnages. Chaque communauté est aussi obsédée l’une que l’autre par la pureté raciale, en témoigne l’utilisation récurrente des mots « quarteron » et « octavon », termes déshumanisants qui renvoient davantage à la zoologie ou aux mathématiques.

La pression sociale s’abattant sur les héros est si forte que, par une sorte de révisionnisme affectif, ils reconsidèrent peu à peu les fondements de leur amour, pour conclure qu’il était uniquement mû par la curiosité ethnique. On reproche souvent au réalisateur d’être démonstratif. Mais il sait aussi prendre de la distance par l’humour (formidable réunion de femmes parlant de leurs hommes), ou magnifier une réalité brute par l’inventivité de sa mise en scène (hypnotique séquence dans un squat d’accros au crack). Jungle Fever est moins prophétique que Do the Right Thing. Il n’en reste pas moins d’une actualité brûlante.

SYNOPSIS
Flipper Purify, jeune architecte noir, a tout pour être heureux. Il est marié, père d'une petite fille, vit dans un quartier huppé et sa carrière au sein du cabinet qui l'emploie s'annonce brillante. Fils d'un ancien pasteur traditionaliste, Flipper passe son temps libre à lutter en faveur des droits des Noirs. On lui impose une secrétaire d'origine italienne, Angela. Flipper et Angela sont attirés l'un par l'autre et deviennent amants. Mais leur liaison provoque le scandale dans leurs communautés respectives, extrêmement racistes. Flipper est mis à la porte de la maison par sa femme, tandis qu'Angela subit de violentes agressions au sein de sa famille. Le couple décide de prendre un appartement...
JUNGLE FEVER, Spike Lee 1991, Wesley Snipes, Annabella Sciorra (societe racisme)@@ (E)
À New York, Flipper, un architecte afro-américain, a parfaitement réussi sa carrière et vit heureux en ménage avec Drew. Lorsqu'il prend pour maîtresse Angela, sa secrétaire intérimaire ...

@

JUNO, Jason Reitman 2007, Elliot Page, Michael Cera (societe)@@


Juno Macguff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.

TELERAMA
Comment raconter, sur trois saisons, les tribulations de Juno, une adolescente enceinte, sans tomber dans le mélodrame ­facile ou la gaudriole lourdingue façon American Pie ? En ciselant une comédie euphorisante et délicate, un portrait de fille comme on en voit peu, surtout dans cette tranche d'âge prêtant aux clichés, du plus branché au plus niais.

Juno rayonne dès la première image. Energique, râleuse, gouailleuse, jamais à court de vannes, elle se shoote à l'auto­dérision afin de tenir le coup. Ce petit miracle bavard et bravache s'appelle Ellen Page, une jeune actrice canadienne qui évoque Zazie, l'irrésistible mouflette de Raymond Queneau. Jason Reitman parvient à débarrasser la comédie grand public de son épaisse couche de maquillage, à donner chair et vie à des personnages et à un milieu trop souvent réduit à une caricature misérabiliste, voire à une image d'Epinal larmoyante.

C'est que le réalisateur, Jason Reitman, tient à ce que ses héros, attachants et imparfaits, aient toujours le choix : être enceinte ou pas, être prolo ou bourgeois, la crédibilité des personnages naît de cette liberté. A travers eux, il défend, plus que tout, le libre arbitre, la nécessité d'échapper à toute idéologie préfabriquée. Ce film sur une fille qui devient mère avant de devenir femme n'embellit pas la réalité, les rapports de couple, la famille, la sexualité... Mais les oxygène considérablement. — Cécile Mury

JUNO, Jason Reitman 2007, Elliot Page, Michael Cera (societe)@@ (E)
Juno Macguff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps ...

@

JUPITER le destin de l univers, Lana Wachowski, Lilly Wachowski 2015, Mila Kunis, Channing Tatum (science fiction)


Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes.

TELERAMA
Une histoire de Cendrillon de l’espace mettant en scène une reine intergalactique qui s’ignore, pourchassée par des extraterrestres tueurs et sauvée par un homme-loup albinos.

Les Wachowski sont impayables. Après les échecs commerciaux des extravagants Speed Racer (2008) et Cloud Atlas (2012), les auteurs de Matrix (1999) promettaient de revenir sagement à la science-fiction, le genre qui a fait leur réputation, et ils sortent de leur chapeau Jupiter : le destin de l'univers, un énorme délire sur lequel plane sans cesse la menace du ridicule qui tue...

Leur héroïne est une cendrillon américaine (Mila Kunis), baptisée Jupiter mais condamnée à faire la boniche. Soudain prise pour cible par des extraterrestres tueurs, elle est sauvée par un charmant guerrier albinos (Channing Tatum) qui peut voler et l'appelle Majesté ! Dans le cosmos, elle découvre son royaume : la Terre et toutes les planètes lui appartiennent. Jupiter est reine mais il va falloir qu'elle défende son titre !

Un tel acharnement dans la fantaisie radicale donnerait presque envie d'applaudir. Et il y a parfois de quoi. Par exemple, quand le guerrier albinos s'empoigne avec un autre costaud, ce combat de brutes est filmé au milieu des petites fleurs... Mais l'art des mélanges des Wachowski prend plus souvent la forme d'une accumulation anarchique. Le conte de fées fonce droit dans la BD, croise des influences mangas, bascule dans le film de super-héros, vire au feuilleton à la Game of Thrones, s'élève vers le romantisme kitsch, percute des ambiances d'opéra... Avec beaucoup de générosité mais aussi des baisses de tension, ce grand show finit, assez logiquement, par nous perdre en route.
JUPITER le destin de l univers, Lana Wachowski, Lilly Wachowski 2015, Mila Kunis, Channing Tatum (science fiction) (E)
Jupiter Jones est promise à un destin hors du commun. Devenue adulte, elle a la tête dans les étoiles, mais enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en nettoyant des toilettes.
< ...

@

JUPITER, le destin de l univers, Les Wachowski 2015, Channing Tatum, Mila Kunis, Sean Bean (science fiction)@


Née en pleine mer, Jupiter Jones est une jeune immigrée russe vivant illégalement à Chicago. Elle enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en faisant des ménages avec sa mère et sa tante Nino. Alors que pour pouvoir s'offrir une lunette astronomique semblable à celle que possédait son père Maximilian, elle s'apprête à vendre ses ovules sous une fausse identité empruntée à son amie Katherine Dunlevy, elle découvre que les praticiens sont en fait des extraterrestres qui veulent l'éliminer.

TELERAMA
Une histoire de Cendrillon de l’espace mettant en scène une reine intergalactique qui s’ignore, pourchassée par des extraterrestres tueurs et sauvée par un homme-loup albinos.

Les Wachowski sont impayables. Après les échecs commerciaux des extravagants Speed Racer (2008) et Cloud Atlas (2012), les auteurs de Matrix (1999) promettaient de revenir sagement à la science-fiction, le genre qui a fait leur réputation, et ils sortent de leur chapeau Jupiter : le destin de l'univers, un énorme délire sur lequel plane sans cesse la menace du ridicule qui tue...

Leur héroïne est une cendrillon américaine (Mila Kunis), baptisée Jupiter mais condamnée à faire la boniche. Soudain prise pour cible par des extraterrestres tueurs, elle est sauvée par un charmant guerrier albinos (Channing Tatum) qui peut voler et l'appelle Majesté ! Dans le cosmos, elle découvre son royaume : la Terre et toutes les planètes lui appartiennent. Jupiter est reine mais il va falloir qu'elle défende son titre !

Un tel acharnement dans la fantaisie radicale donnerait presque envie d'applaudir. Et il y a parfois de quoi. Par exemple, quand le guerrier albinos s'empoigne avec un autre costaud, ce combat de brutes est filmé au milieu des petites fleurs... Mais l'art des mélanges des Wachowski prend plus souvent la forme d'une accumulation anarchique. Le conte de fées fonce droit dans la BD, croise des influences mangas, bascule dans le film de super-héros, vire au feuilleton à la Game of Thrones, s'élève vers le romantisme kitsch, percute des ambiances d'opéra... Avec beaucoup de générosité mais aussi des baisses de tension, ce grand show finit, assez logiquement, par nous perdre en route.
JUPITER, le destin de l univers, Les Wachowski 2015, Channing Tatum, Mila Kunis, Sean Bean (science fiction)@ (E)
Née en pleine mer, Jupiter Jones est une jeune immigrée russe vivant illégalement à Chicago. Elle enchaîne les coups durs et n'a d'autre perspective que de gagner sa vie en faisant des ménages avec s ...

@

JURASSIC WORLD, Colin Trevorrow 2015 (science fiction fantastique)@@


L'île Nublar accueille maintenant un parc thématique complètement fonctionnel sur les dinosaures, appelé Jurassic World. Après dix ans d'opération et un nombre de visiteurs en chute libre, une nouvelle attraction est créée dans le but d'attirer d'autres curieux, mais les résultats ne sont pas exactement ceux auxquels l'organisation s'attendait.

TELERAMA
Les scientifiques de Jurassic World ont réussi à créer un nouveau spécimen de dinosaure génétiquement modifié. Mais le monstre s’échappe et sème la terreur. Un nouvel épisode aussi réussi et divertissant que les précédents, proposé de surcroît en 3D.

Encore des dinosaures ? Après la saga Jurassic Park, on croyait avoir définitivement fait le tour de la clôture électrifiée. Mais non. Le bon vieux parc d’attractions rouvrait ses portes, rénové et modernisé : les effets spéciaux nous précipitent littéralement dans la gueule des monstres, caries et gouttes de salive comprises. Il y a même un nouveau spécimen à visiter, l’Indominus, génétiquement bricolé pour être encore plus gros, plus effrayant, et faire passer le T-Rex et tous ses potes raptors pour une bande de chihuahuas craintifs.

Peu d’innovation, en revanche, dans un scénario presque calqué sur le premier Jurassic Park. Pas très grave : truffé de clins d’œil spectaculaires, le film assume ouvertement son ADN, sans doute prélevé dans la barbe de Spielberg, ici coproducteur, mais surtout papa des premiers dinos.

Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Irrfan Khan, Vincent D'Onofrio, Nick Robinson, Jake Johnson, Omar Sy, Lauren Lapku.
Lauren Lapkus en 2016.
JURASSIC WORLD, Colin Trevorrow 2015 (science fiction fantastique)@@ (E)
L'île Nublar accueille maintenant un parc thématique complètement fonctionnel sur les dinosaures, appelé Jurassic World. Après dix ans d'opération et un nombre de visiteurs en chute libre, une nouvel ...

@

JUSQU A CE QUE LE MARIAGE NOUS SEPARE, Dani de la Orden 2020, Belén Cuesta, Álex García (comique)@


Marina est une trentenaire qui gagne sa vie en organisant des mariages. Contrairement à ses clients, elle profite d'une vie sans attaches ni engagements, jusqu'au jour où elle rencontre Carlos, une autre liaison pour elle et un moment de faiblesse pour lui. Car il a une petite amie : Alexia, une jeune femme parfaite et amie d'enfance de Marina. Lorsqu'Alexia découvre la carte de visite de Marina parmi les affaires de Carlos, elle l'interprète comme une demande en mariage.

TELERAMA
Invité au mariage d'un ami, le séduisant Carlos fait la rencontre de Marina, une ravissante trentenaire engagée pour organiser la cérémonie. Quelques verres plus tard, ils couchent ensemble. Le lendemain, Alexia, la petite amie de Carlos, trouve par hasard la carte de visite de Marina. Pour s'en sortir, ce dernier lui fait croire qu'il veut l'épouser. Alexia, aux anges, prend tout naturellement contact avec Marina pour préparer la cérémonie. D'autant plus qu'elle réalise qu'elles sont amies d'enfance. Quand les sentiments s'invitent de façon inattendue dans cette situation déjà bien assez rocambolesque, les choses se compliquent davantage...
JUSQU A CE QUE LE MARIAGE NOUS SEPARE, Dani de la Orden 2020, Belén Cuesta, Álex García (comique)@ (E)
Marina est une trentenaire qui gagne sa vie en organisant des mariages. Contrairement à ses clients, elle profite d'une vie sans attaches ni engagements, jusqu'au jour où elle rencontre Carlos, une autre liaison pour elle et u ...

@

JUSQU A LA GARDE, Xavier Legrand 2017, Léa Drucker, Denis Ménochet (societe)@@@


Miriam et Antoine Besson ont divorcé et Miriam demande la garde exclusive de leur fils Julien pour le protéger d'un père qu'elle qualifie de violent. Antoine plaide son cas comme un papa méprisé dont les enfants ont été retournés contre lui par leur mère.

TELERAMA
Mêlant l’effroi à des dialogues d’une justesse remarquable, Xavier Legrand fait de la guerre d’un couple pour la garde de son fils un thriller remarquable. Léa Drucker et Denis Ménochet sont formidables.

La violence est d’abord étouffée. C’est une tension palpable. Nous sommes dans le bureau de la juge. Miriam, muette, comme pétrifiée, et Antoine, un peu plus loquace, sont côte à côte mais s’affrontent, par l’intermédiaire de leurs avocats respectifs. On sent que chaque mot compte. Il est question de la garde du fils, Julien, 11 ans, qui préfère rester chez sa mère. Son père est meurtri de ne pas le voir, demande la garde par­tagée. L’avocate de la mère parle de « grande insécurité ». Sa consœur réagit, avance des arguments convaincants. On en vient à douter. La juge elle-même semble tiraillée.

Entrée saisissante. Par son réalisme et ses silences, son sens de la durée, la justesse tranchante des dialogues. Xavier Legrand poursuit avec ce film le propos entamé dans son court métrage, Avant que de tout perdre (multiprimé au festival de ­Clermont-Ferrand 2013). Une femme (Léa Drucker, déjà) y cherchait à fuir, avec ses deux enfants, la violence de son mari. Jusqu’à la garde est une ­variation sur le même thème : la violence conjugale. Ce fléau — près de trois femmes en meurent chaque semaine, en France — est rarement traité au ­cinéma : Xavier Legrand l’aborde sous l’angle de la peur. Les coups, il ne les montre pas. Mais ils restent une menace omniprésente.

C’est un pur thriller, domestique et familial. Passé le moment d’incertitude lors de l’audience dans le bureau de la juge, il apparaît assez vite que le père est un danger. Oppresseur, impérieux, tortueux. Il fait de plus en plus pression sur Julien pour lui soutirer des informations, a même recours au chantage. L’enfant, sur le qui-vive, cherche à protéger sa mère tout en ayant peur lui aussi. Il est poignant, ce gamin, rendu extrêmement émouvant grâce au jeu de Thomas Gioria et par le regard que Xavier Legrand pose sur lui. Sur tous ses personnages, d’ailleurs, y compris le père, représenté comme un colosse malheureux : un grand ­enfant blessé, en rage, qui cogne sur sa propre impuissance. Il suffit d’une scène de repas chez ses parents pour qu’on devine comment il a pu être ­rabaissé dans son enfance. Denis Ménochet apporte ce qu’il faut d’humanité à ce rôle ingrat. Face à lui, Léa Drucker s’impose en femme dense, tétanisée parfois mais prête à parer, protectrice plus que victime, qui se cuirasse.

Car c’est bien un combat qu’elle mène, face à une menace constante, un risque d’intrusion, d’invasion. D’emprise : ainsi, ce moment de suspension où le mari, anéanti, enlace sa femme, pour être consolé ou pour la broyer, on ne sait pas. Le malaise, l’anxiété, l’angoisse, la panique traversent la plupart des séquences de ce film épuré, où rien n’est en trop, sauf peut-être une scène de fête d’anniversaire un peu longue. Tout tend vers le piège, l’étau se resserre peu à peu, dans un crescendo ­absolument terrorisant. Et bouleversant.
JUSQU A LA GARDE, Xavier Legrand 2017, Léa Drucker, Denis Ménochet (societe)@@@ (E)
Miriam et Antoine Besson ont divorcé et Miriam demande la garde exclusive de leur fils Julien pour le protéger d'un père qu'elle qualifie de violent. Antoine plaide son cas comme un papa méprisé dont les e ...

@

JUSQU AU BOUT DE LA NUIT, Gerard Blain 1995, Anicee Alvina (societe)@


François, la soixantaine, est libéré après une longue incarcération et retrouve les siens à Lyon. Éternel révolté contre la société et ses lois, son nouvel et grand amour pour Maria, une jeune femme à la dérive, mère d’une fillette, le pousse à se procurer rapidement de l’argent. François va commettre des exactions qui vont définitivement le perdre1.

TELERAMA
JUSQU AU BOUT DE LA NUIT, Gerard Blain 1995, Anicee Alvina (societe)@ (E)
François, la soixantaine, est libéré après une longue incarcération et retrouve les siens à Lyon. Éternel révolté contre la société et ses lois, son nouvel et gran ...

@

JUSQU AUX COUDES, Justus von Dohnányi 2007, Stefan Kurt, Jan Josef Liefers


Sven, un employé de banque, tente de surmonter le deuil de sa compagne dans un chalet des Alpes suisses. Un jour d'été, sous ses fenêtres, Achim, un homme d'affaires véreux qui randonne en VTT, percute Willi, un électricien en vadrouille. Contraint d'héberger les deux rescapés pour la nuit, Sven finit par se réjouir de leur présence envahissante. Jusqu'à ce qu'un accident stupide lui coûte la vie. Paniqués par sa mort, ses deux compagnons prennent le large en emportant le macchabée.
JUSQU AUX COUDES, Justus von Dohnányi 2007, Stefan Kurt, Jan Josef Liefers (E)
Sven, un employé de banque, tente de surmonter le deuil de sa compagne dans un chalet des Alpes suisses. Un jour d'été, sous ses fenêtres, Achim, un homme d'affaires véreux qui randonne en VTT, percute Will ...

@

JUSQU AUX COUDES, Justus von Dohnányi 2007, Stefan Kurt, Jan Josef Liefers


Sven, un employé de banque, tente de surmonter le deuil de sa compagne dans un chalet des Alpes suisses. Un jour d'été, sous ses fenêtres, Achim, un homme d'affaires véreux qui randonne en VTT, percute Willi, un électricien en vadrouille. Contraint d'héberger les deux rescapés pour la nuit, Sven finit par se réjouir de leur présence envahissante. Jusqu'à ce qu'un accident stupide lui coûte la vie. Paniqués par sa mort, ses deux compagnons prennent le large en emportant le macchabée.
JUSQU AUX COUDES, Justus von Dohnányi 2007, Stefan Kurt, Jan Josef Liefers (E)
Sven, un employé de banque, tente de surmonter le deuil de sa compagne dans un chalet des Alpes suisses. Un jour d'été, sous ses fenêtres, Achim, un homme d'affaires véreux qui randonne en VTT, percute Will ...

@

JUSQU ICI TOUT VA BIEN, Mohamed Hamidi 2019, Gilles Lellouche, Malik Benthala (societe comique)@@


Happy Few est une agence de communication parisienne en pleine expansion. À cause d'un problème avec le fisc qui menace sa survie, elle doit s'installer en banlieue et embaucher quelques personnes du coin. C'est le choc pour la plupart des employés, qui perçoivent cet endroit comme un lieu dangereux.

TELERAMA
Une boîte de com parisienne, contrainte de déménager en Seine-Saint-Denis. Quelques stéréotypes, mais de vrais moments de comédie, où Mohamed Hamidi (“La Vache”) réussit à aborder avec le sourire les problèmes économiques des quartiers populaires.

Les employés d’une boîte de com parisienne suivraient leur boss « au bout du monde ». Ou presque. À l’idée de franchir le périph pour aller s’installer à La Courneuve, l’enthousiasme s’émousse. C’est pourtant la seule option qui s’offre à leur patron (Gilles Lellouche) pour échapper au fisc : du fait d’avoir utilisé une domiciliation fantôme dans un quartier classé en zone franche afin de bénéficier d’exonérations fiscales, il est contraint de déménager sa société dans une cité du « 9-3 ».

On dirait une variante fictionnelle de Rendez-vous en terre inconnue : des Parisiens branchés plongés dans cette contrée étrange qu’est la banlieue. Tout est prétexte à incompréhensions et quiproquos, le moteur du film étant les préjugés de deux mondes qui s’ignoraient en évoluant à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Dommage que le réalisateur de La Vache préfère étirer une intrigue assez convenue et jouer sur des ressorts psychologiques faciles… Restent quelques bons moments de comédie, par une troupe attachante. Mention spéciale à Malik Bentalha dans le rôle du maître-chien gaffeur… et cynophobe.
JUSQU ICI TOUT VA BIEN, Mohamed Hamidi 2019, Gilles Lellouche, Malik Benthala (societe comique)@@ (E)
Happy Few est une agence de communication parisienne en pleine expansion. À cause d'un problème avec le fisc qui menace sa survie, elle doit s'installer en banlieue et embaucher quelques personnes du coin. C'est le choc pour l ...

@

JUST A GIGOLO, Olivier Baroux 2019, Kad Merad (comique)


Comment vivre heureux et riche sans travailler ? Être Gigolo. Seulement, après 25 ans de vie commune avec Denise, Alex le gigolo se fait congédier sans préavis et se retrouve à la rue. Forcé de s'installer chez sa soeur et son neveu de 10 ans, il n'a alors qu'une obsession : retrouver au plus vite une riche héritière.
JUST A GIGOLO, Olivier Baroux 2019, Kad Merad (comique) (E)
Comment vivre heureux et riche sans travailler ? Être Gigolo. Seulement, après 25 ans de vie commune avec Denise, Alex le gigolo se fait congédier sans préavis et se retrouve à la rue. Forcé de s'ins ...

@

JUST A KISS, Ken Loach 2003 (comedie sentimentale)@@@


Casim Khan, émigré pakistanais de la deuxième génération, travaille comme DJ dans une discothèque de Glasgow et rêve de monter son propre club. Ses parents, Tariq et Sadia, musulmans pratiquants, ont décidé de le marier à sa cousine, Jamine, dont ils attendent l'arrivée en Écosse. Leur projet semble bien compromis quand Casim s'éprend de Roisin. Jeune enseignante, Roisin est différente de toutes les filles que Casim a fréquentées jusqu'alors.

TELERAMA
Les immigrés pakistanais de Glasgow, tiraillés entre deux générations, entre deux modèles. Au-delà du portrait d’une communauté, le film pointe, parfois un peu lourdement, les ravages des préjugés en tout genre, identitaires, religieux, moraux, politiques. Mais, grâce à la subtilité des interprètes, Loach réussit à faire de ses personnages bien plus que des symboles. Roisin est tout en force, beauté tendue, terrienne, autant que Casim est lunaire, délicat. Leur charme conjugué offre au film ses plus gracieux instants. Pour eux, Ken Loach s’aventure sur un terrain qu’il avait jusque-là vertueusement dédaigné : les scènes d’amour. Entre candeur et délicatesse, ces séquences ajoutent au récit quelque chose de vulnérable, de profondément touchant.
JUST A KISS, Ken Loach 2003 (comedie sentimentale)@@@ (E)
Casim Khan, émigré pakistanais de la deuxième génération, travaille comme DJ dans une discothèque de Glasgow et rêve de monter son propre club. Ses parents, Tariq et Sadia, musulmans pratiquan ...

@

JUST MARRIED ou presque, Garry Marshall 1999, Julia Roberts, Richad Gere


C'est la troisième fois que Maggie Carpenter, charmante jeune femme, fuit au moment fatidique du oui devant l'autel et le prêtre. Cette fâcheuse manie lui vaut une certaine notoriété dans la pittoresque bourgade de Hale, dans le Maryland, où l'on attend avec une curiosité narquoise sa quatrième escapade. C'est alors qu'Ike Graham, journaliste new-yorkais en panne d'inspiration, apprend l'histoire de Maggie...

TELERAMA
Vous pouvez sacrifier sans problème cette romance sans intérêt sans passer par l'Autel de ces nouvelles fiançailles entre Roberts et Gere.
JUST MARRIED ou presque, Garry Marshall 1999, Julia Roberts, Richad Gere (E)
C'est la troisième fois que Maggie Carpenter, charmante jeune femme, fuit au moment fatidique du oui devant l'autel et le prêtre. Cette fâcheuse manie lui vaut une certaine notoriété dans la pittoresque bour ...

@

JUSTE CAUSE, Arne Glimcher 1995, Sean Connery, Kate Capshaw (thriller)@


Paul Armstrong, honorable professeur de droit de Harvard, farouchement opposé à la peine capitale, est contacté par une vieille femme noire de condition modeste qui l'implore d'assurer la défense de son petit-fils, Bobby Earl Ferguson, condamné à mort pour le viol et l'assassinat d'une fillette de 11 ans.

TELERAMA
Paul Armstrong, un brillant professeur de droit, partisan déclaré de l'abolition de la peine de mort, est contacté par une vieille dame, qui le prie de prendre la défense de son petit-fils, Bobby Earl Ferguson, condamné à mort huit ans auparavant pour le viol et l'assassinat d'une fillette de 11 ans. Armstrong hésite, mais sa femme, Laurie, parvient à le convaincre. Il rend visite à Bobby Earl et découvre un jeune homme cultivé et sympathique, qui avait avoué le meurtre uniquement pour échapper aux sévices que lui faisaient subir les deux enquêteurs. En outre, assure le condamné à mort, un tueur en série lui a confessé avoir commis l'odieux assassinat...
JUSTE CAUSE, Arne Glimcher 1995, Sean Connery, Kate Capshaw (thriller)@ (E)
Paul Armstrong, honorable professeur de droit de Harvard, farouchement opposé à la peine capitale, est contacté par une vieille femme noire de condition modeste qui l'implore d'assurer la défense de son petit-fil ...

@

JUSTE CIEL, Laurent Tirard 2023, Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton (comique)@


Pour sauver l'EHPAD local qui tombe en ruines, cinq religieuses un peu déjantées sont prêtes à tout. Y compris à participer à une course cycliste, afin d'en remporter le prix. Seul bémol : elles sont nulles à vélo. Et pour ne rien arranger, elles ne sont pas les seules sur le coup.

TELERAMA
Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d'un article, sans l'autorisation écrite préalable de Telerama, est strictement interdite.
Pour plus d'informations, consultez nos Conditions Générales d'Utilisation.
Pour toute demande d'autorisation, contactez droitsdauteur@telerama.fr.

Après “Le Discours”, adapté de Fabcaro, le réalisateur Laurent Tirard met en scène un groupe de bonnes sœurs se lançant dans une course cycliste. Une comédie balourde qui s’essouffle aussi vite que nos braves religieuses.

Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton, Camille Chamoux et Louise Malek dans « Juste ciel », de Laurent Tirard. Photo Christophe Brachet/Les Films sur Mesure/Le Pacte/M6 Films

Sainte-Marie, mère de Dieu, le Seigneur a-t-il vraiment voulu que ce film existe ? Juste Ciel !, de Laurent Tirard, en salles depuis le 15 février, est à l’image de son affiche montrant François Morel s’adressant à une nonne : « Alors les filles, paraît qu’on a besoin d’un homme maintenant ? » Dans le splendide village de Baume-les-Messieurs (Jura), une mère supérieure psychorigide, Véronique (Valérie Bonneton), tente de faire régner l’ordre dans son couvent isolé, entourée de quatre sœurs aux caractères incompatibles.

Camille Chamoux est sœur Augustine, l’Hermione catho et je-sais-tout du groupe. Claire Nadeau-Sœur Bernadette, en plein vœu de silence, communique uniquement par le biais d’une ardoise, provoquant un embarrassant comique de répétition. Guilaine Londez hérite du rôle le plus crispant, celui de sœur Béatrice, quand la pauvre Louise Malek incarne la sœur stagiaire et le bingo qui va avec : smartphone, naïveté et difficultés scolaires…

Les voilà prêtes à enfourcher des vélos défraîchis pour participer à une course bientôt organisée au village, dans le but de récolter des fonds pour l’Ehpad du coin – et la promesse d’une rencontre avec le pape François. S’ensuit une série de gags téléphonés : chutes, galères, « Aaargh » écrit sur l’ardoise (après une chute, donc), concurrence avec le club cycliste local, entraîné par François Morel, exercices inefficaces et, bien sûr, découragement.

Le rythme est à ce stade aussi essoufflé que nos apprenties Jeannie Longo en robe chasuble… Un groupe de nonnes mené par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen, héroïne de la géniale série Borgen (qu’allait-elle faire dans cette galère ?), est alors appelé à la rescousse. Ennemie historique de la mère Véro, elle entend elle aussi participer à la course. Rivalité entre femmes, jalousie, coups bas… Cette partie est bien la plus pénible à digérer. Rendez-vous grâce : épargnez-vous le déplacement.
JUSTE CIEL, Laurent Tirard 2023, Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton (comique)@ (E)
Pour sauver l'EHPAD local qui tombe en ruines, cinq religieuses un peu déjantées sont prêtes à tout. Y compris à participer à une course cycliste, afin d'en remporter le prix. Seul bémol : ell ...

@

JUSTICE SAUVAGE, John Flynn 1991, Steven Seagal, William Forsythe (thriller)@


Déterminé à retrouver l'assassin qui a tué son partenaire, un policier met en danger sa vie et celle de sa famille.

TELERAMA
Buford Pusser, ancien marine, revient dans sa ville natale du Tennessee. Il s'aperçoit bien vite que tout a changé depuis qu'un gang a installé un bar et une salle de jeu qui lui permettent de diriger un réseau de prostitution et de trafic d'alcool. Après une pénible expérience aux mains des criminels, Buford se présente au poste de shérif et est élu. Il entreprend alors de nettoyer la région. Armé d'un simple bâton, il poursuit inlassablement son oeuvre d'épuration, frappant trafiquants et malfrats jusqu'à ce qu'ils finissent par quitter la ville...
JUSTICE SAUVAGE, John Flynn 1991, Steven Seagal, William Forsythe (thriller)@ (E)
Déterminé à retrouver l'assassin qui a tué son partenaire, un policier met en danger sa vie et celle de sa famille.

TELERAMA
Buford Pusser, ancien marine, revient dans sa ville natale du Tennessee. I ...

@

K 19 LE PIEGE DES PROFONDEURS, Kathryn Bigelow 2002, Harrisson Ford, Liam Neeson (thriller)@@


En juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, Alexei Vostrikov, le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant. Coupés du monde extérieur et du reste de la flotte russe à cause d'une panne d'antenne, le capitaine Vostrikov et son second Mikhail Polenin doivent surmonter leurs différends pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire.

TELERAMA
En pleine guerre froide, un sous-marin nucléaire soviétique menace d’exploser. Claustrophobie assurée dans ce film plutôt original et haletant.
Un bon film de sous-marin doit rendre claustro. Celui-ci n’est pas mal, d’autant qu’il varie le catalogue des figures imposées (bip-bip du sonar, fissure des cadrans, etc.). K-19 retrace la mission d’un submersible soviétique au plus fort de la guerre froide, avec à sa tête un capitaine qui fait tourner à plein régime l’engin et l’équipage. Jusqu’au « pschitt » fatal d’une mégafuite et, avec elle, le risque d’un déclenchement de troisième guerre mondiale.

On tremble moins de mourir noyé qu’irradié. Char­mante perspective alimentée par le sacrifice obligé d’hommes qui se relaient dans un compartiment radioactif pour faire un peu de plomberie sauvage, et qui en ressortent vo­missant à tout-va. Le paradoxe voulant que ces sous-mariniers (se) crèvent pour préserver la paix. Voir aujourd’hui un tel blockbuster glorifier des soldats soviétiques oubliés de l’Histoire produit une étrange impression, la réalisatrice rappelant qu’on a eu chaud, mais qu’on n’est pas sorti d’affaire — même enterré, le nucléaire n’est pas mort.
K 19 LE PIEGE DES PROFONDEURS, Kathryn Bigelow 2002, Harrisson Ford, Liam Neeson (thriller)@@ (E)
En juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, Alexei Vostrikov, le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidisseme ...

@

KABIT, Law Fajardo 2024, Angela Morena, Josef Elizalde(film e)@


Laura accepte le rôle de cette pièce pour se rebeller contre sa mère. Le metteur en scène la pousse à faire ressortir sa vulnérabilité et sa colère, espérant qu'elle pourra montrer ces émotions sur scène.
KABIT, Law Fajardo 2024, Angela Morena, Josef Elizalde(film e)@ (E)
Laura accepte le rôle de cette pièce pour se rebeller contre sa mère. Le metteur en scène la pousse à faire ressortir sa vulnérabilité et sa colère, espérant qu'elle pourra montr ...

@

KABOUL, Kasia Adamik, OlgaChajdas 2025 (série tv)@@


5 août 2021. Les talibans entrent dans Kaboul, profitant du retrait des troupes américaines. Face à cette menace pour leurs droits, leurs libertés, leur vie, certains Afghans tentent de fuir le pays. C’est le cas de la famille Nazany, la mère étant procureure et la fille médecin. Chacun de ses membres va croiser la route de représentants des autorités françaises, italiennes, allemandes ou américaines, eux aussi conscients que chaque minute compte…

TELERAMA
Cette ambitieuse coproduction internationale a l’intelligence de centrer son récit sur les Afghans – et de les faire s’exprimer en dari dans la version en VOSTFR, contrairement à tous les autres personnages, limités à l’anglais. Elle parvient à recréer le chaos de ces quelques jours, en particulier l’afflux de population autour de l’aéroport de Kaboul, à dire l’impuissance des forces étrangères et à saisir ce qu’il peut rester d’humanité face à la catastrophe.

Son récit hyper rythmé tient en haleine et n’aseptise pas trop la violence des événements. Dommage qu’il multiplie trop les pistes narratives, tente de mêler le thriller d’espionnage au drame humain, et au passage perd un peu de sa force émotionnelle.
KABOUL, Kasia Adamik, OlgaChajdas 2025 (série tv)@@ (E)
5 août 2021. Les talibans entrent dans Kaboul, profitant du retrait des troupes américaines. Face à cette menace pour leurs droits, leurs libertés, leur vie, certains Afghans tentent de fuir le pays. C’ ...

@

KALI, Julien Seri 2024, Sabrina Ouazani, Olivia Côte (thriller)


Lisa, alias Kali, n'a plus rien à perdre quand elle comprend que son mari a été exécuté à Rio pour étouffer une affaire de corruption. C'est au Brésil, des favelas aux confins de la jungle luxuriante, que l'ancienne recrue des forces spéciales remonte la piste d'un sombre traffic international. À coup de poing, de sang, et d'explosifs, cette quête de vérité assouvit sa soif de vengeance, mais donnera aussi un nouveau sens à sa vie, une vie de guerrière.

TELERAMA
Alors qu’elle a déjà perdu son fils, son mari est assassiné dans les rues de Rio. C’en est trop pour Sabrina Ouazani, alias Kali, qui descend un à un les coupables. Sanglant, et de très mauvais goût.

Comment émouvoir avec la mort d’un homme à la troisième minute d’un film ? Dans Kali, le plan de jeu est de capitaliser sur les deux premières minutes avec une séance chez un psy, où il est clair que la patiente n’a pas fait le deuil de son fils décédé quelques années plus tôt (images sépia de ce fameux anniversaire des 4 ans). Puis introduire un montage parallèle entre cette même femme (Sabrina Ouazani, alias Lisa, alias Kali) confiant sa joie de revoir son mari qui s’apprête à revenir du Brésil, et ce même mari en train de se faire descendre d’une bonne douzaine de balles tirées à bout portant dans une rue de Rio, au ralenti, sous une musique franchement pas gaie. Enfin, terminer avec le sourire de la femme, ignorante pour encore quelques heures que sa vie décidément n’est pas cool du tout.

Oui, c’est un peu lourd, et il faut rappeler que l’émotion jaillit rarement des scènes où l’on pousse tous les curseurs au maximum. L’art a ses propres équations, il est comme ça, plus et plus ça peut faire moins. Pour le coup, ici, on est vraiment dans l’addition, pour ne pas dire la courbe exponentielle : après une tentative de suicide ratée, Lisa se met en mode La Mariée était en noir et prend l’avion pour aller buter un à un tous les responsables de la mort de son mari. « L’intérêt », alors, est d’observer l’évolution de son inventivité. Après une première fusillade assez classique, la veuve se laisse entraîner dans une vibe « torture porn » qui mérite un avertissement : ne regardez pas cela en mangeant. Puis le film lui-même évolue : il y a un côté romance, puis un côté action, puis un côté film-dossier, puis on frôle la science-fiction, le tout entrecoupé de diverses fusillades (c’est le fil rouge) et explosions. L’ensemble, peu inspiré, est sanglant, épuisant, et de mauvais goût. On préfère revoir Kill Bill.

SYNOPSIS
Eric, un agent des douanes françaises, est assassiné à Rio de Janeiro alors qu'il enquêtait sur un vaste trafic de faux médicaments. Lisa, son épouse, une ancienne membre des Forces spéciales, ne croit pas à la version officielle selon laquelle Eric serait mort lors d'un règlement de comptes entre trafiquants. Elle se rend au Brésil pour faire la lumière sur le meurtre de son mari que la police brésilienne accuse de corruption. Lorsqu'elle progresse dans ses investigations, Lisa devient la personne à abattre pour toutes les personnes impliquées dans ce trafic. Une course poursuite s'engage alors dans la ville et à travers la jungle où la proie se mute en chasseuse...

KALI, Julien Seri 2024, Sabrina Ouazani, Olivia Côte (thriller) (E)
Lisa, alias Kali, n'a plus rien à perdre quand elle comprend que son mari a été exécuté à Rio pour étouffer une affaire de corruption. C'est au Brésil, des favelas aux confins de la ju ...

@

KATIA, Robert Siodmak 1959, Romy Schneider, Kirt Jurgens (histoire)@@


En visite dans un pensionnat de jeunes filles, le Tsar Alexandre II est immédiatement séduit par la belle et surprenante Katia. Très vite, leur relation et leur amour ne laisse plus de place au doute, mais sans prestigieuses origines la pauvre jeune fille n'a pas sa place à la cour du Tsar. Folle de chagrin, elle doit quitter la Russie.

TELERAMA
A peine sortie de la série des Sissi, Romy Schneider rempile, prisonnière de son personnage fréquentant les allées du pouvoir. Robert Siodmak plonge avec volupté dans l’imagerie d’Epinal pour décrire les relations adultères de Katia et de son prince charmant, le tsar progressiste (la morale est sauve !).
Ce mélodrame est dominé par la haute et élégante stature de Curd Jürgens. Il ravira les adeptes de tragédies sentimentales et marquera la fin des aventures de Romy chez les rois. Avec Visconti, Cavalier et Welles, une nouvelle carrière commençait pour elle.
KATIA, Robert Siodmak 1959, Romy Schneider, Kirt Jurgens (histoire)@@ (E)
En visite dans un pensionnat de jeunes filles, le Tsar Alexandre II est immédiatement séduit par la belle et surprenante Katia. Très vite, leur relation et leur amour ne laisse plus de place au doute, mais sans prestigi ...

@

KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@


Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé depuis longtemps : les Russes souhaitaient purger l'armée polonaise de tous les prétendus opposants. Parmi les victimes, tuées au bord de fosses communes, beaucoup d'étudiants gradés. Quatre familles polonaises sont ainsi touchées par la perte d'un ou plusieurs proches : un mari, un frère, un père.

TELERAMA
On retrouve avec émotion le style d'un cinéaste un peu oublié aujourd'hui (que c'était beau, pourtant, Les Noces et Les Demoiselles de Wilko). On retrouve ses profondeurs de champ, l'ampleur de ses mouvements de caméra, ses plans bleutés où la lumière semble avoir du mal à se frayer un chemin à travers les rares ouvertures...

L'idée du film est venue à Andrzej Wajda en entendant un lycéen polonais déclarer que le 17 septembre 1939 (date de l'invasion de la Pologne par les Russes) n'était rien d'autre qu'un « jour férié »... Trop, c'est trop ! D'où ce Katyn, évocation romancée, à partir de trois destins de femmes, du massacre, au début de la Seconde Guerre mondiale, de vingt mille officiers polonais (dont le père de Wajda). Massacre fomenté par la police secrète de Staline, mais nié par les autorités soviétiques jusqu'à la reconnaissance du crime par Gorbatchev, en 1990...

Le film est constamment sous-tendu par une haine féroce de l'hypocrisie militaire et par la volonté de renvoyer dos à dos l'Armée rouge et les troupes nazies. Il est tout imprégné d'un lyrisme à l'ancienne, beau et solennel, qui risque, hélas, de laisser totalement froid le lycéen polonais indifférent à l'Histoire, pour lequel il a visiblement été fait.
KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@ (E)
Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé ...

@

KEN PARK, Larry Clark et Edward Lachman 2002


Quatre jeunes Californiens de Visalia, après le suicide de Ken Park, sont diversement maltraités par leurs familles.
Claude subit les agressions constantes de son père culturiste qui l'accuse d'être homosexuel, lui dit sa honte d'être son père et le persécute (il tentera finalement d'abuser de lui).
Tate, adolescent dérangé, est encore perçu et traité comme un enfant par sa grand-mère qui, selon lui, viole sans cesse son intimité et son grand-père qu'il accuse de tricher au scrabble ; Tate déteste ses grands-parents pour des raisons pourtant anodines et ira jusqu'à les tuer dans leur sommeil, poussé semble-t-il par une pulsion sexuelle.
Shawn entretient une relation sexuelle avec Rhonda, une éphébophile qui est mariée et qui est la mère de sa petite amie Hannah. Il est amoureux d'elle et souffre de cette situation.
Peaches vit sous la morale pathologiquement excessivement puritaine d'un père veuf qui, de douleur, tombe progressivement dans la folie. Il devient fou de rage lorsqu'il surprend sa fille en train de faire une fellation à un ami attaché au lit et frappe violemment le garçon qui ne peut se défendre ; par la suite il exige de Peaches qu'elle reprenne, au cours de cérémonies macabres, le rôle de l'absente en portant la robe de mariée de sa mère.

TELERAMA
“ Ken Park où le film qui met en exergue la réalité dérangeante mais honnête d'une jeunesse pommée et conditionnée en quête de sens. ”
KEN PARK, Larry Clark et Edward Lachman 2002 (E)
Quatre jeunes Californiens de Visalia, après le suicide de Ken Park, sont diversement maltraités par leurs familles.
Claude subit les agressions constantes de son père culturiste qui l'accuse d'être homosexuel ...

@

KES, Ken Loach 1969,David Bradley, Colin Welland societe)@@


Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d'années et l'univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mère ne s'occupe guère de lui son frère aîné Jude, le traite en souffre-douleur. Quelques petits travaux avant l'heure d'ouverture de l'école et de menus larcins lui procurent un peu d'argent de poche. A l'école, Billy est distrait indiscipliné, entouré de camarades et de professeurs plus hostiles qu'amicaux.. Un jour, Billy déniche un jeune rapace; il vole alors dans une librairie un traité de fauconnerie et entreprend de dresser l'oiseau. Il se donne tout entier à cette tâche et lorsqu'un professeur, attentif, lui demande d'exposer à la classe l'art de dresser un faucon, Billy réussit à intéresser tous ses camarades...Mais le gamin a détourné une petite somme d'argent que son frère lui avait confiée pour jouer aux courses : Jude se vengera en tuant l'oiseau, le seul ami de l'enfant.

cinephile54
Instantanément, les paroles du "Petit Prince" me sont venues en tête...Très beau film, sur non seulement l'attachement d'un enfant pour un faucon, mais sur les brimades, les vexations, la maltraitance, à l'école, à la maison, entre enfants et de la part de certains enseignants...Une période scolaire pas si lointaine, en Angleterre, il y a 50 ans, semblable à celle, en France quelques 10/20 ans antérieurement. Les coups de règles sur les mains existaient chez nous (les brimades aussi, pour peur que l'on soit différent...). Cet enfant, rejeté d'un peu partout, non protégé par sa mère, subissant la violence de son frère et celle des autres élèves, isolé, sans ami(e)s, va créer un lien avec un faucon. Le faucon est le symbole, l'emblème solaire chez les Incas du Pérou, En Egypte, il était le prince des oiseaux, de par sa force et sa beauté, Il est symbole solaire de supériorité, d'ambition, d'esprit, de lumière et de liberté...Très beau film...
KES, Ken Loach 1969,David Bradley, Colin Welland societe)@@ (E)
Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d'années et l'univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mèr ...

@

KIKI LA PETITE SORCIERE, Hayao Miyazaki 1989,(animation japon)@


Comme toutes les sorcières qui atteignent l'âge de 13 ans, Kiki doit quitter ses parents et s'établir pendant un an dans une autre ville, en exerçant un métier lié à son état de sorcière. Dans la ville de Koriko, la jeune et espiègle Kiki, accompagnée de son chat noir Jiji et aux côtés de Osono, une gentille boulangère qui lui propose un emploi, va commencer une activité de livraison de colis en volant sur son balai.
KIKI LA PETITE SORCIERE, Hayao Miyazaki 1989,(animation japon)@ (E)
Comme toutes les sorcières qui atteignent l'âge de 13 ans, Kiki doit quitter ses parents et s'établir pendant un an dans une autre ville, en exerçant un métier lié à son état de sorci&e ...

@

KILL BILL volume 1, Quentin Tarentino 2003, Uma Thurman, Sonny Chiba (thriller western)@@


Dans le désert, un mariage est organisé, entre une jeune femme, autrefois tueuse à gages mais bien décidée à mener une existence rangée, et son futur époux. Mais Bill, l'ancien chef de la belle, ne l'entend pas de cette oreille. Aussi envoie-t-il ses hommes pour massacrer son ancienne recrue et son entourage. Ce qui devait être un moment de grâce et de bonheur se transforme en un véritable carnage, à l'issue duquel toutes les personnes présentes sont laissées pour mortes. Cinq ans plus tard, enfin sortie de son coma, la mariée décide de venger la mort des siens. Elle n'a désormais plus qu'un seul objectif : assassiner un à un les membres du gang de Bill...

TELERAMA
Cinq ans après son mariage ruiné par une tuerie, elle décide de se venger. Tarantino au sommet de sa forme dans cette anthologie du film de genre, entre kung-fu, chambara et western spaghetti. Une mythologie de l’imaginaire plastiquement magnifique.

Celle qui veut tuer Bill n'a pas de nom. Ce qu'on sait d'elle : le jour de ses noces, enceinte jusqu'aux yeux, elle a vu débarquer ses anciens collègues, les tueurs du Détachement international des vipères assassines. On l'a crue morte. Quatre ans de coma plus tard, elle crie vengeance. La minceur du sujet n'est qu'apparente. Elle offre au cinéaste une liberté totale. Dans une chronologie chamboulée par des flash-backs, Tarantino vient à bout de son projet le plus personnel : une anthologie du cinéma de genre. Intro choc : l'élimination d'une rivale. Parenthèse sur un double suspense hospitalier.

Puis Tarantino enchaîne à sa façon : un dessin animé à la japonaise raconte le début de l'ascension d'O-Ren Ishii, reine du crime tokyoïte. Quand sa bande, les Crazy 88, pénètre dans la Villa bleue, quand avancent au ralenti, aux côtés de la chef de gang, ses adjointes, la belle Sofie Fatale et la perverse Gogo Yubari, l'image atteint une beauté saisissante. De cette oeuvre sensualiste - qui n'exclut pas le malaise mais procure des moments de jubilation - se dégage un sentiment insolite : la mélancolie promise par la chanson du générique. Le regret de l'enfance qui s'est éloignée, et le poids des trahisons des adultes.
KILL BILL volume 1, Quentin Tarentino 2003, Uma Thurman, Sonny Chiba (thriller western)@@ (E)
Dans le désert, un mariage est organisé, entre une jeune femme, autrefois tueuse à gages mais bien décidée à mener une existence rangée, et son futur époux. Mais Bill, l'ancien chef de ...

@

KILL BILL volume 2, Quentin Tarentino 2004, Uma Thurman David Carradine (thriller)@@


Après sa sanglante escapade japonaise, La Mariée revient aux États-Unis afin de se venger une fois pour toutes de Bill. Pourtant, la quête est loin d'être terminée et les deux derniers lieutenants de son ennemi, Budd et Elle Driver, se dressent sur son chemin. La route de la vengeance est longue pour La Mariée qui devra se souvenir des apprentissages de Paï-Meï, son maître de kung fu.

TELERAMA
Au volant d'une décapotable, filmée en noir et blanc, dans un plan Hollywood fifties, la Mariée-Uma Thurman nous résume la situation. Elle avait été laissée pour morte par Bill et sa bande de tueurs, dont elle avait fait partie. Elle s'était vengée. Mais pas entièrement. Elle y retourne…Le romanesque - et même un certain romantisme - se glisse dans les scènes de pure violence de ce volume 2. À l'occasion, c'est vrai, on apprend quand même la meilleure façon de rendre aveugle une borgne, et quoi faire exactement de son œil.

Mais, en voyant au générique de fin défiler tous les cinglés qui ont traversé cette saga, on réalise la précision avec laquelle Tarantino construit ses histoires apparemment foutraques : incises et parenthèses reposent, en fait, sur un mécanisme d'horlogerie impeccable... Le tout dernier plan se veut rassurant : Uma Thurman, toujours dans sa décapotable, nous adresse un clin d'oeil amusé. Mais, dix ans après Reservoir Dogs, la philosophie de Tarantino reste la même : 1) quoi qu'on fasse, on cause toujours sa propre perte ; 2) la vie n'est définitivement pas un long fleuve tranquille. Il faut tuer pour vivre. Sinon, bang-bang, t'es mort.
KILL BILL volume 2, Quentin Tarentino 2004, Uma Thurman David Carradine (thriller)@@ (E)
Après sa sanglante escapade japonaise, La Mariée revient aux États-Unis afin de se venger une fois pour toutes de Bill. Pourtant, la quête est loin d'être terminée et les deux derniers lieutenants de ...

@

KILLERS OF THE FLOWER MOON, Martin Scorses 2023, Robert De Niro, Leonardo Di Caprio


"Au tournant du 20ème siècle, le pétrole a apporté une fortune à la nation Osage, qui est devenue du jour au lendemain l'un des peuples les plus riches du monde. La richesse de ces Amérindiens a immédiatement attiré les intrus blancs, qui ont manipulé, extorqué et volé autant Osez l’argent autant qu’ils le peuvent avant de recourir au meurtre. »
KILLERS OF THE FLOWER MOON, Martin Scorses 2023, Robert De Niro, Leonardo Di Caprio (E)
"Au tournant du 20ème siècle, le pétrole a apporté une fortune à la nation Osage, qui est devenue du jour au lendemain l'un des peuples les plus riches du monde. La richesse de ces Amérindiens ...

@

KILLING HITLER, Jeremy Lovering 2003 (histoire bio guerre)@


Ce téléfilm comprend deux parties chapitrées ainsi :

Ire partie
1) Opération Foxley (9 minutes environ)
Très succinctement : Une information parvenue aux bureaux du SOE affirmait qu'Hitler se trouvait dans un château français près de Perpignan[1] ce qui donna naissance à l'idée de le tuer en bombardant l'emplacement. L'état-major reprenant à son compte cette éventualité demanda à Churchill son accord qui lui fut accordé. L'information était fausse: Hitler se trouvait au Berghof mais le SOE avait désormais l'autorisation d'assassiner le führer. Gubbins dont la fonction était de faire la guerre par des moyens non conventionnels s'empara du projet et demanda de préparer un plan pour le réaliser.

2) Tensions entre le SIS et le SOE (12 minutes 30 environ)
Dans ce chapitre, entre autres scènes, on assiste à une réunion entre Stewart Menzies, chef du SIS, et Colin Gubbins, chef du SOE. Deux acteurs y interprètent un texte destiné à mettre en évidence les différences qui existent entre les deux organisations dans la mise en œuvre des opérations. Bien qu'elles soient obligées de collaborer, leurs singularités engendrent des tensions qui ont été aggravées à la suite de l'Opération Anthropoid qui avait eu des conséquences tragiques. Vers la fin, le garde du corps personnel d'Hitler, Rochus Misch témoigne en personne, du peu de cas que faisait le Führer des mesures de protection rapprochée.

3) L/BX cherche des indices et des renseignements (9 minutes environ)
On s'informe dans les plus petits détails sur ce qu'il mange car on a pensé au poison, on s'informe sur ses déplacements, car comme on sait faire sauter les trains et saboter les voies ferrées, on pense au führersondezug. On imagine aussi qu'il peut être la cible d'un tireur d'élite mais il faut trouver qui est assez motivé et capable d'effectuer une mission aussi dangereuse donc on cherche parmi les prisonniers délivrés lors de l'avance des troupes alliées celui qui veut et qui peut régler son compte avec le führer. On ne peut plus compter sur la résistance allemande anéantie après l'échec du complot du 20 juillet 1944 pour lequel le SOE avait fourni les éléments de la bombe déposée par Claus von Stauffenberg

4) Les différentes solutions (8 minutes 40 environ)
Grâce à des informations que l'on pourrait récolter auprès de françaises travaillant dans les cafés, on pense que l'on aurait assez de précisions sur les déplacements d'Hitler pour préparer un attentat lorsqu'il est dans le führersondezug. Le plan 1 est celui d'une charge explosant lorsque le train traverse un tunnel et le plan 2 est celui d'un prisonnier de guerre ayant suffisamment de haine pour lancer une bombe sous le wagon du führer lorsqu'il est à quai. Mais l'état-major attend un projet plus convaincant alors on pense au poison. Mais déposer une puissante solution dans le réservoir d'eau du wagon d'Hitler est pratiquement impossible. Il faut trouver autre chose!

5) Un tireur embusqué (9 minutes 45 environ avec le générique de fin)
La guerre qui se prolonge provoque des pertes effroyables. Pour l'agent du SIS, faire appel à un tireur d'élite pour éliminer Hitler paraît être la solution la moins mauvaise bien que le véritable enjeu soit d'éradiquer le nazisme. Seulement il faut trouver l'homme qui osera, de sang froid, ajuster et regarder dans son viseur le visage du führer et qui aura toutes les qualités requises pour s'approcher de sa cible sans se faire remarquer. Justement on vient de mettre la main sur un prisonnier de guerre ayant appartenu à la garde rapprochée d'Hitler et on découvre que c'est au Berghof que la protection est la plus laxiste. De plus, non loin de là, les services secrets ont un contact prêt à aider des parachutistes.

IIe partie
1) Résumé de la première partie (3 minutes 20 environ)
Comme le titre l'indique il s'agit d'un résumé de la Ire partie qui précise les rôles de la sous-officier Rachel Cathcart, du général Gubbins, du général de brigade Stewart Menzies chef au SIS, du colonel Ronald H. Thornley patron de L/BX.

2) Étude du site et mise en place du plan (7 minutes 30 environ)
Maintenant qu'on est sûr qu'Hitler est le plus vulnérable lorsqu'il se trouve au Berghof, on se concentre sur l'étude du site et des activités du führer lorsqu'il y réside. En cela SIS et SOE sont aidés par le prisonnier ayant appartenu à la garde rapprochée qui était tombé en disgrâce car il buvait trop de schnaps. On arrive à avoir suffisamment de renseignements sur le site, ses équipements, les patrouilles de la RSD, les habitudes d'Hitler, les heures de ses promenades et à quel moment il est à découvert dans la campagne à une distance assez importante de sa garde rapprochée. Mais, avant tout, il faut savoir quand il est au Berghof : c'est très simple, il fait hisser le drapeau à croix gammée lorsqu'il arrive.

3) Le projet est-il fiable? (9 minutes 55 environ)
Malgré les oppositions qui existent entre les uns partisans de l'élimination d'Hitler pour arrêter le carnage et les autres qui pensent qu'il est peu glorieux de combattre l'ennemi de cette manière qui risquerait de faire de ce führer un martyr puis un mythe de la lutte du peuple allemand, le projet se précise. Il paraît possible d'atteindre l'objectif mais on se pose beaucoup de questions. On trouve même que deux personnes seraient mieux à même d'accomplir cette mission car il paraît inconcevable que seul le tireur d'élite puisse réunir toutes les compétences et les qualités requises pour résoudre tous les problèmes qui vont se présenter.

4) Le travail de L/BX touche à sa fin (12 minutes 10 environ)
L/BX expose au tireur d'élite la nature de sa mission, pourquoi il est secondé par un prisonnier de guerre polonais et répond à toutes ses questions concernant les conditions matérielles de sa réalisation. Le dialogue est tendu car ce Monsieur a bien conscience de sa formidable responsabilité et se doute certainement qu'il n'en reviendra pas vivant. Mais la capture d'un jeune officier allemand viscéralement anti-nazi va augmenter ses chances de s'en sortir. Ce dernier fournit des adresses de correspondants qui peuvent aider les agents après leur parachutage ce qui va favoriser l'approbation du projet par des responsables du SIS et du SOE lors d'une réunion. Appuyés en haut lieu par Winston Churchill et d'autres dignitaires, ils donnent leur accord pour la mise en œuvre de l'opération Foxley.

5) Comment ça se serait déroulé (10 minutes 5 environ)
Les deux membres du commando auraient été parachutés près de la maison de l'oncle de Dieser. Un commerçant local qui est de mèche, les aurait cachés dans son fourgon transportant de la viande pour leur faire franchir la première barrière de protection assurée par des gardes civils . Ensuite, déguisés en soldats de montagne, ils auraient continué à s'approcher jusqu'à la deuxième barrière. Une patrouille motorisée aurait pu donner l'alerte en pensant que ces deux soldats étaient des déserteurs et dans ce cas le polonais chargé de la protection du tireur se serait séparé de son compagnon pour attirer les services de sécurité vers lui laissant ainsi le champ libre à son coéquipier

6) L'opération Foxley n'a jamais eu lieu (6 minutes 30 environ avec le générique de fin)
Cette opération soumise en haut lieu en novembre 1944 n'obtint pas le feu vert car le SOE et le SIS avaient des avis différents : les uns pensant que la guerre s'arrêterait si Hitler était mort, les autres disant qu'il valait mieux qu'il reste en vie parce qu'un autre leader prendrait sa place s'il disparaissait, personne n'emporta la décision. Rétrospectivement on peut imaginer toutes les horreurs que son élimination aurait évitées mais en novembre 1944 il était trop tard pour envoyer un tireur d'élite au Berghof parce qu'Hitler avait quitté définitivement son chalet en Bavière, le 14 juillet 1944. Il nous reste de tout ceci le travail de L/BX dans les archives, témoignage de l'activité des services spéciaux pendant la guerre de 1939-1945 et hommage à deux hommes qui étaient prêts à donner leur vie pour faire la «sale besogne».
KILLING HITLER, Jeremy Lovering 2003 (histoire bio guerre)@ (E)
Ce téléfilm comprend deux parties chapitrées ainsi :

Ire partie
1) Opération Foxley (9 minutes environ)
Très succinctement : Une information parvenue aux bureaux du SOE affirmait qu'Hitler ...

@

KILLING KENNEDY, Nelson McCormick 2013 (histoire bio)@


22 novembre 1963. Le président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy est abattu à Dallas d'une balle dans la tête. Quatre ans auparavant, en 1959, deux hommes font face à des tournants dans leur vie : l'un est à Washington et se prépare à annoncer sa candidature à la présidence des Etats-Unis tandis que l'autre est à l'ambassade américaine de Moscou pour renoncer à sa citoyenneté américaine.

TELERAMA
Il en va du récit de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy comme de nombreux contes pour enfants. Son éternel ressassement, sous des formes diverses et sur tous les médias, ne saurait affaiblir l'appétence du public états-unien pour l'évocation réitérée de ce fait traumatique, au point qu'il ne se passe pas une ­année sans que lui en soient proposées de nouvelles versions.

« Nouvelles » : un bien grand mot, tant c'est à peu de chose près la même histoire qui lui est chaque fois racontée et plus ou moins sur le même mode, dans le même dessein. Avec le conformisme esthétique et idéologique qui convient à cette entreprise lénifiante maquillée en programme historique, Killing Kennedy alterne scènes à la Maison-Blanche et parcours criminel de Lee Harvey Oswald, selon une logique narrative pour le moins sommaire. Univoque et manichéenne, cette adaptation d'un livre du journaliste de Fox News Bill O'Reilly et de Martin Dugard (auteurs de Tuer Lincoln, Tuer Patton et... Tuer Jésus !) ne manque ni de moyens, ni de savoir-faire, mais d'intérêt comme de la moindre originalité. — François Ekchajzer
KILLING KENNEDY, Nelson McCormick 2013 (histoire bio)@ (E)
22 novembre 1963. Le président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy est abattu à Dallas d'une balle dans la tête. Quatre ans auparavant, en 1959, deux hommes font face à des tournants dans leur vie : l'un est &a ...

@

KILLING ME SOFTLY, Chen Kaige 2002, Heather Graham, Joseph Fiennes (film e)


Alice mène une vie heureuse avec son compagnon Jake dans leur appartement londonien, et occupe un poste enviable dans un laboratoire scientifique. Cependant, un jour, elle croise, en se rendant à son travail, un jeune homme dans la rue.
KILLING ME SOFTLY, Chen Kaige 2002, Heather Graham, Joseph Fiennes (film e) (E)
Alice mène une vie heureuse avec son compagnon Jake dans leur appartement londonien, et occupe un poste enviable dans un laboratoire scientifique. Cependant, un jour, elle croise, en se rendant à son travail, un jeune homme da ...

@

KILLING REAGAN, Rod Lurie 1981, Tim Matheson, Cynthia Nixon (histoire bio)@


Seulement deux mois après le début de son mandat présidentiel, Ronald Reagan est proche de la mort après s'être fait tirer dessus et que la balle se soit logée à quelques centimètres de son coeur. Sa guérison a été remarquable - ou du moins en apparence. Reagan a été gravement blessé, ce qui l'a forcé à faire face à un défi que peu d'hommes ont l'habitude de rencontrer.

TELERAMA
KILLING REAGAN, Rod Lurie 1981, Tim Matheson, Cynthia Nixon (histoire bio)@ (E)
Seulement deux mois après le début de son mandat présidentiel, Ronald Reagan est proche de la mort après s'être fait tirer dessus et que la balle se soit logée à quelques centimètres de ...

@

KING KONG, Peter Jackson 2005, Naomi Watts, Jack Black@


New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner dans la plus périlleuse des aventures. Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe.
KING KONG, Peter Jackson 2005, Naomi Watts, Jack Black@ (E)
New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-r&eac ...

@

KING, David Moreau 2020, Gérard Darmon, Lou Lambrecht (nature)@


King, un lionceau destiné au commerce, s'échappe de l'aéroport et trouve refuge chez Inès et Alex. Ensemble ils ont l'idée folle de l'emmener en Afrique. Cependant, les douaniers ne facilitent pas leur mission. Max, leur grand-père, qu'ils n'ont vu que deux fois dans leur vie, rejoint l'aventure.

TELERAMA
Les péripéties d’une jeune fille et d’un lionceau en images de synthèse... Clins d’œil à Spielberg, esthétique à la “Stranger Things” : le film de David Moreau ne révolutionnera pas le genre.

Le générique d’ouverture tout en animation crayonnée sur des lignes de cahier d’écolier annonce la couleur : les enfants, ce sera l’aventure ! D’aventures, la jeune Inès en manque justement désespérément. Heureux hasard donc, quand le fugitif le plus recherché de France, tout juste échappé de l’aéroport d’Orly, trouve refuge dans sa chambre de banlieue pavillonnaire. Féroce, hirsute et carnassier, l’ennemi public numéro 1 montre les dents… mais, oh, surprise !, ce n’est qu’un lionceau.

Après une première rencontre très référencée, en hommage à Steven Spielberg, maître des films d’aventures à hauteur d’enfants, la cavale peut commencer. Du Val-de-Marne à la mer Méditerranée, un cortège dépareillé s’élance, constitué d’Inès, de son grand frère Alex, qu’elle déteste, et de leur grand-père peu débonnaire, trouvé en chemin (Gérard Darmon). Il faut sauver King, la boule de poils – toute numérique. Avec les agents des douanes aux trousses, la seule solution serait de rallier l’Afrique.

Sans crier gare, David Moreau (Ils, Seuls, 20 Ans d’écart) se paie une virée nostalgique terriblement eighties. Photographie bleutée, couleurs néons flashy et panoplie vestimentaire réglementaire (tennis blanches, Eastpack, tee-shirt rayé, etc.). Seul l’usage abondant des smartphones à l’écran rappelle que l’opinion publique peut dorénavant s’émouvoir de la condition animale grâce à des hashtags et des posts Instagram. Un zèle de modernisme plus pataud qu’efficace, qui ne sauve pas le film de ses longueurs et des personnages adultes bien mal écrits. À voir seulement pour la mise en scène, qui lorgne et copie jusqu’au bout E.T., l’extra-terrestre, Stranger Things et consorts. On regrette d’ailleurs que King soit un lionceau plutôt qu’une vraie bestiole bizarre pour oser un vrai film de genre.
KING, David Moreau 2020, Gérard Darmon, Lou Lambrecht (nature)@ (E)
King, un lionceau destiné au commerce, s'échappe de l'aéroport et trouve refuge chez Inès et Alex. Ensemble ils ont l'idée folle de l'emmener en Afrique. Cependant, les douaniers ne facilitent pas leur mis ...

@

KINGDOM OF HEAVEN, Ridley Scott 2005, Orlando Bloom, Liam Neeson, Eva Green, Jeremy Irons (saga histoire)@@


Quelque part dans le royaume de France en 1186, Balian, jeune forgeron accablé par l'existence, apprend qu'il est le fils de Godefroy d'Ibelin. Mais cette noble lignée le contraint de se rendre en Terre sainte pour défendre Jérusalem reconquise. Une fois en Palestine, il s'initie à l'art de la guerre et aux intrigues politiques, grâce à l'aide de Tiberias, le puissant conseiller militaire du roi.

TELERAMA
Un plaisir de cinéma naïf et sincère. Très efficace.
Cinq ans après Gladiator, Ridley Scott a rouvert ses manuels d'histoire, passant de la pax romana (relative) aux temps (troublés) des croisades. Il évacue toute lecture politique, même si des troupes d'occupation harcelées par des fous de Dieu, ça fait forcément penser à aujourd'hui... Les braves types de Kingdom of Heaven sont des humanistes avant la lettre : Balian, fils naturel d'un « seigneur françois », lancé vers la Terre sainte par son papa croisé ; Baudoin IV, souverain de Jérusalem, roi lépreux qui cache son visage putréfié sous un masque d'argent ; ou encore Saladin, l'adversaire chevaleresque, qui résiste aux tentations bellicistes, pour le bien de son peuple. Les méchants sont les Templiers qui menacent l'équilibre d'une Jérusalem multiconfessionnelle. Intrigues de cour qui offrent à Jeremy Irons, David Thewlis ou Brendan Gleeson des accents quasi shakespeariens. Et le siège final de Jérusalem est un beau morceau de bravoure...


KINGDOM OF HEAVEN, Ridley Scott 2005, Orlando Bloom, Liam Neeson, Eva Green, Jeremy Irons (saga histoire)@@ (E)
Quelque part dans le royaume de France en 1186, Balian, jeune forgeron accablé par l'existence, apprend qu'il est le fils de Godefroy d'Ibelin. Mais cette noble lignée le contraint de se rendre en Terre sainte pour défe ...

@

KISS KILL, Robert Luketic 2010, Katherine Heigl, Ashton Kutcher


Alors que Jen Kornfeldt, en vacances sur la Côte d'Azur, se remet à peine d'une rupture, elle fait la connaissance de l'homme de ses rêves, le beau Spencer Aimes. Trois ans après cette rencontre, Spencer et Jen sont de jeunes mariés heureux à la vie paisible, mais tout bascule le jour où un mystérieux tueur cherche à éliminer Spencer. Jen découvre alors que son mari est agent secret, un détail qu'il n'avait jamais pris la peine de mentionner.

TELERAMA
Il est loin le temps où Robert Luketic réalisait avec humour La Revanche d’une blonde. Dans Kiss & Kill, comédie d’action sans une ­once d’originalité, il en filme une autre, la radieuse Kathe­rine Heigl (Grey’s Anatomy), mais il lui inflige Ashton Kutcher comme partenaire. Prendra-t-elle sa revanche ?
KISS KILL, Robert Luketic 2010, Katherine Heigl, Ashton Kutcher (E)
Alors que Jen Kornfeldt, en vacances sur la Côte d'Azur, se remet à peine d'une rupture, elle fait la connaissance de l'homme de ses rêves, le beau Spencer Aimes. Trois ans après cette rencontre, Spencer et Jen son ...

@

KOLYA, Jan Sverak 1996


Tchécoslovaquie, 1988. Depuis que son frère a fui à l'Ouest, Frantisek Louka a été évincé de l'Orchestre philharmonique de Prague. Désormais sans emploi, le quinquagénaire vivote. Habitué à papillonner d'une femme à l'autre mais criblé de dettes, il se résout à accepter un mariage blanc avec une jeune mère de famille russe. Peu de temps après leur union, cette dernière rejoint son amant marié en RFA, laissant à Louka la charge de Kolya, son fils de 5 ans.
KOLYA, Jan Sverak 1996 (E)
Tchécoslovaquie, 1988. Depuis que son frère a fui à l'Ouest, Frantisek Louka a été évincé de l'Orchestre philharmonique de Prague. Désormais sans emploi, le quinquagénaire vivot ...

@

KONG SKULL ISLAND, Jordan Vogt-Roberts 2017 (fantastique)@


En 1973, Bill Randa monte tant bien que mal une équipe d'explorateurs pour se rendre sur une île reculée de l'océan Pacifique, surnommée Skull Island (l'île du crâne) découverte grâce au programme Landsat. Cependant, personne ne sait que l'île en question est le repère du légendaire King Kong.

TELERAMA
Les membres d’une expédition doivent affronter le maître respecté d’une île, un énorme singe, et des créatures étranges. Sans forcément d’originalité, ce nouveau remake décérébré de King Kong divertit.

Pourquoi Hollywood revient-il, pour la énième fois depuis le classique de 1933, titiller Kong sur son île du Pacifique ? Pour recruter le gorille au rayon « monstres géants », après Godzilla, de Gareth Edwards (2014), et lui faire combattre le lézard en 2020, si tout va bien. Pas étonnant, donc, de voir le singe s’échauffer contre une gigantesque pieuvre devant les explorateurs.

Comme le suggère la scène d’ouverture (l’affrontement entre un GI et un soldat nippon), Kong : Skull Island est la fusion improbable du film de kaijū, de la série B hollywoodienne et du roman d’aventures. C’est à la fois divertissant et totalement décérébré.
KONG SKULL ISLAND, Jordan Vogt-Roberts 2017 (fantastique)@ (E)
En 1973, Bill Randa monte tant bien que mal une équipe d'explorateurs pour se rendre sur une île reculée de l'océan Pacifique, surnommée Skull Island (l'île du crâne) découverte grâ ...

@

KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@


Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de son entreprise. Cependant, Joanna ne lui en laisse pas le loisir. Elle lui déclare tout de go qu'elle le quitte et s'en va sans attendre, lui laissant la charge de Billy, leur fils. Tant bien que mal, Ted s'organise, entre travail, courses, ménage, toasts brûlés et réunions de parents d'élèves.

TELERAMA
En plein boom, dans les années 70-80, le divorce était alors le grand thème de société dont on aimait à débattre à longueur d'éditoriaux et de fictions en tout genre. Kramer contre Kramer en illustre méthodiquement toutes les tribulations, petits tracas et grands déchirements. Avec, petit supplément de modernité « d'époque », le point de vue d'un père « abandonné », obligé d'assumer seul, du jour au lendemain, le quotidien de son petit garçon.
Oscar du meilleur film en 1979, cette étude de moeurs est restée, peu ou prou, dans les mémoires des spectateurs, le film de référence sur le sujet. Qui, d'une rediffusion à l'autre de cette oeuvre presque trentenaire, n'a pas trituré son mouchoir devant la détresse de Ted Kramer, papa new-yorkais débordé et aimant (Dustin Hoffman, débordant de charme) ? Qui n'a pas senti, comme le jeune Billy, son petit coeur balancer, au jardin public, entre l'étreinte paternelle et le regard embué de la mère prodigue (Meryl Streep, que le film contribua à révéler) ?...
Certes, Robert Benton joue à fond la carte de l'attendrissement, appuyant avec toute son habileté de faiseur hollywoodien sur la détresse de l'enfant et le désarroi des parents. Mais, grâce à la verve et à la sensibilité des comédiens, à l'humour et à la justesse de scènes très quotidiennes (un repas maladroitement improvisé, une engueulade père-fils, un rendez-vous galant raté...), Benton ne fait pas la morale, ne prend parti pour aucun de ses personnages paumés, blessés et malgré tout pleins d'espoir, et son film reste, encore aujourd'hui, étonnamment tendre et vivant.
KRAMER CONTRE KRAMER, Robert Benton 1979, Dustin Hoffman, Meryl Streep (societe)@@@ (E)
Ted Kramer rentre chez lui, heureux de pouvoir annoncer à Joanna qu'il s'est vu confier une importante campagne de publicité, récompense d'un dévouement à toute épreuve aux intérêts de ...

@

KURSK, Thomas Vinterberg 2018, Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth (histoire catastrophe)@


Le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu'à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l'espoir de les sauver.

TELERAMA
Le 12 août 2000, un sous-marin nucléaire russe sombre avec son équipage. Ce film manque de spectaculaire, réussissant mieux le portrait des familles à terre, évocation d’un vieux rêve soviétique qui sombre aussi.

Le 12 août 2000, un sous-marin nucléaire russe sombre avec les cent dix-huit membres de son équipage : ceux qui avaient survécu à l'explosion seront sacrifiés par leurs supérieurs, qui refusent l'aide internationale. Pour faire revivre la tragédie du Koursk, Luc Besson, ici producteur, a choisi le réalisateur de Festen (1998), une erreur incompréhensible. Que Thomas Vinterberg ne fasse pas tout à fait l’affaire était, en effet, prévisible : il n’a pas le sens du spectaculaire qu'on peut attendre d'un film de sous-marin. Les scènes qui, visuellement, pourraient être les plus fiévreuses laissent une impression de platitude. Et lorsque les rescapés se retrouvent prisonniers dans un espace étouffant, menacés par les eaux comme par la perte d’oxygène, l’intensité ne dépasse pas celle d’un film d’auteur rigide en huis clos.

Déçu par les scènes d'action en mer, on peut se consoler avec le portrait des familles à terre. Même si tout le monde parle anglais, une ambiance soviétique passe, qui raconte le naufrage, avec le Koursk, du vieux rêve d'un vieux monde. Dans ces décors de ville portuaire à la dérive, au milieu des laissés-pour-compte, le film s’anime en faisant resurgir, avec sincérité, la dimension politique de la catastrophe. En héros malheureux du petit peuple russe abandonné par ses dirigeants, Matthias Schoenaerts et Léa Seydoux montrent plus de persuasion que leur metteur en scène et réussissent à convaincre.
KURSK, Thomas Vinterberg 2018, Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth (histoire catastrophe)@ (E)
Le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu'à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent ...

@

L ABOLITION, Jean-Daniel Verhaeghe 2009, Gérard Depardieu, Charles Berling, Monique Chaumette (histoire bio)@@


9 octobre 1981: La peine de mort est abolie en France. Après un combat interminable, âpre, de Voltaire à Badinter , De Robespierre à Jaurès, en passant bien sûr par Hugo, la peine capitale est enfin abolie.
Ce magnifique film retrace parfaitement cette lutte acharnée menée par Robert Badinter de 1972 à 1981, du procès Bontems à l'abolition.
La prestation de Charles Berling est ahurissante, les scènes de procès sont éblouissantes.
Un hommage vibrant et nécessaire à l'un de nos grands hommes.
L ABOLITION, Jean-Daniel Verhaeghe 2009, Gérard Depardieu, Charles Berling, Monique Chaumette (histoire bio)@@ (E)
9 octobre 1981: La peine de mort est abolie en France. Après un combat interminable, âpre, de Voltaire à Badinter , De Robespierre à Jaurès, en passant bien sûr par Hugo, la peine capitale est enfin a ...

@

L ACADEMIE, Camilla Guttner 2024


À 19 ans, Jojo vient de réaliser son rêve : elle a été acceptée à la prestigieuse Académie des beaux-arts de Munich et se réjouit de travailler avec le célèbre professeur Robert Copley. Mais l'étudiante déchante rapidement en découvrant l'atmosphère qui règne au sein de l'institution : tous les coups sont permis, des humiliations des professeurs aux trahisons entre élèves. Lorsque les tableaux de Jojo disparaissent et qu'un homme commence à rôder de façon inquiétante autour de l'école, la situation devient intenable pour la jeune artiste, qui se met à envisager différemment son rapport à ses œuvres.
L ACADEMIE, Camilla Guttner 2024 (E)
À 19 ans, Jojo vient de réaliser son rêve : elle a été acceptée à la prestigieuse Académie des beaux-arts de Munich et se réjouit de travailler avec le célèbre prof ...

@

L ACCIDENT (Das Bleibt unter uns), Verena S. Freytag 2022, Hanno Koffler, Anna Unterberger


En Allemagne, une femme de ménage moldave tombe dans le coma après un accident survenu durant ses heures de travail. Son employeuse décide alors de s’occuper de sa fillette sans en référer aux autorités. Un drame poignant qui met en lumière la précarité des travailleurs immigrés.

TELERAMA
Un couple bourgeois se déchire après que leur femme de ménage sans papiers a été victime d’un accident pendant ses heures de travail. Un téléfilm platement mis en scène.

Berlin, de nos jours. Jana et Alexander, parents de deux enfants, forment un couple riche et sans histoires : lui a un poste important dans une grosse entreprise, elle s’occupe des enfants en s’efforçant de reprendre ses études. Jusqu’au jour où Natalia, leur femme de ménage moldave, est renversée par un vélo alors qu’elle faisait une course pour Jana. Elle tombe dans le coma. Jana, pour la protéger, n’informe pas la police que son employée n’avait pas de papiers et travaillait au noir. Elle décide d’accueillir Anna, la fille de 8 ans de Natalia. Mais Alexander, qui a des ambitions politiques et ne veut pas que l’accident s’ébruite, ne l’entend pas de cette oreille…

Le téléfilm se concentre tout du long sur la crise du couple : Madame se sent coupable et va tout faire pour aider l’accidentée et sa fille, Monsieur se dit de gauche mais ferme les yeux. Qui va l’emporter ? Hélas, on a un peu de mal à croire à ce personnage de bourgeoise qui découvre tout à coup que la société est fondée sur les inégalités. Platement mis en scène, cet Accident se révèle aussi saturé de bons sentiments qu’inoffensif sur le plan politique : à la fin, tout rentre dans l’ordre, il n’y a plus qu’à trouver une nouvelle femme de ménage. Ouf !
L ACCIDENT (Das Bleibt unter uns), Verena S. Freytag 2022, Hanno Koffler, Anna Unterberger (E)
En Allemagne, une femme de ménage moldave tombe dans le coma après un accident survenu durant ses heures de travail. Son employeuse décide alors de s’occuper de sa fillette sans en référer aux autori ...

@

L ADIEU, François Luciani 2003, Thomas Jouannet, Mélanie Doutey (societe sentimental)@


Ce téléfilm traite des dernières années de la guerre d'Algérie. Le réalisateur met en évidence les effets de la guerre dans deux milieux : celui d'une famille pied-noire et, dans l’armée; un stage d'élèves-officiers à Alger, puis en poste en Kabylie.

Dans une même famille les différents points de vue des pieds-noirs sur le déroulement des évènements s'opposent. Ainsi, le grand-père représente cette génération de pieds-noirs (immigrés d'origine européenne) qui a vécu en Algérie toute sa vie, qui s'entend avec les Arabes et avec les Berbères, a un profond respect pour eux et en reçoit en retour. Le père (Jean Benguigui) tient une petite boutique et engage volontiers des musulmans dans son magasin. De même, sa fille fait ses études de médecine à l'université d'Alger et sa meilleure amie est arabe (Djamilla jouée par Saïda Jawad). La mère (jouée par Catherine Jacob) aime son pays et montre de la compassion pour les Algériens musulmans, sans leur accorder son estime, pensant que sa communauté est « à part ». La minorité de Français qui s'est radicalisée pour répondre au FLN et a créé l'OAS, est symbolisée par François (Alexis Tomassian) le plus jeune des fils de la famille Garcia, qui, déjà raciste et très marqué par le meurtre de son frère Raymond (Gilles Lellouche), évolue vers la frange des colons nationalistes.
L ADIEU, François Luciani 2003, Thomas Jouannet, Mélanie Doutey (societe sentimental)@ (E)
Ce téléfilm traite des dernières années de la guerre d'Algérie. Le réalisateur met en évidence les effets de la guerre dans deux milieux : celui d'une famille pied-noire et, dans l’arm& ...

@

L AFFAIRE MARIANNE VOSS, Uljana Havemann 2023(policier)@@


Vingt-quatre heures après sa disparition, Marianne Voss est retrouvée morte dans un bois par sa fille Heike et son mari Karsten. Les soupçons des enquêteurs se tournent immédiatement vers Karsten, qui est aussi le maire de la petite ville où vivait le couple, marié depuis 50 ans. Si les témoignages parlent d'un couple uni, le procès révèle des indices qui apportent une version différente de la réalité.

Produit conjointement par Arte et la ZDF, L’affaire Marianne Voss fait la différence grâce aux performances majuscules de Jörg Schüttauf, Valerie Koch, Thorsten Merten et Hannah Ehrlichmann, mais pas seulement. En effet, le téléfilm tire son épingle du jeu en jouant sur plusieurs temporalités : celle du procès et celle, matérialisée par les flash-backs, de l'histoire du couple Voss, entre moments de joie et vérités cachées... Autres forces, un suspense à tous les étages et un fait-divers bien réel comme origine. Une affaire dont tous les noms ont été changés, de même que plusieurs éléments, de quoi brouiller les pistes et en faire une fiction béton.
L AFFAIRE MARIANNE VOSS, Uljana Havemann 2023(policier)@@ (E)
Vingt-quatre heures après sa disparition, Marianne Voss est retrouvée morte dans un bois par sa fille Heike et son mari Karsten. Les soupçons des enquêteurs se tournent immédiatement vers Karsten, qui est a ...

@

L AFFAIRE THOMAS CROWN, Norman Jewison 1968, Steve Mc Queen, Faye Dunaway


Le millionnaire Thomas Crown concocte et exécute un plan brillant pour voler une banque sans avoir à faire le moindre travail lui-même.
L AFFAIRE THOMAS CROWN, Norman Jewison 1968, Steve Mc Queen, Faye Dunaway (E)
Le millionnaire Thomas Crown concocte et exécute un plan brillant pour voler une banque sans avoir à faire le moindre travail lui-même. ...

@

L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@


Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un paradis perdu, veut en effet implanter dans la région un village-vacances pour touristes fortunés.

TELERAMA
Victor, biologiste bourru, réfugié dans un des derniers sanctuaires sauvages de la planète, voit débarquer Charlotte, tornade blonde, cadre du Club Med, bien décidée à « faire aller de l'avant » ce petit coin de paradis des éléphants. La divine emmerdeuse n'est rien d'autre que l'épouse de Victor. Le combat peut commencer entre le pachyderme misanthrope et l'entreprenante gazelle, au milieu de la forêt vierge, de vilains trafiquants d'ivoire, et de Pygmées qui n'ont rien demandé à personne.

Dans les années 1960, Philippe de Broca, grand orfèvre du cinéma rocambolesque de haute volée, faisait virevolter Jean-Pierre Cassel, puis Bébel, en Chine et à Rio. Vingt ans après, son héros prenait les traits débonnaires et épicuriens de Philippe Noiret, et le sens du rythme du réalisateur prenait aussi un peu d'embonpoint. Mais tout de même : un décor de rêve (le Kenya), un zeste de message écolo (Philippe de Broca était membre du Fonds mondial pour la nature), et l'éternel couple dont l'amour est proportionnel aux chamailleries. Et puis Deneuve est irrésistible quand elle est survoltée... — Guillemette Odicino
L AFRICAIN, Philippe de Broca 1983, Catherine Deneuve, Philippe Noiret (aventure)@@ (E)
Victor, amoureux de la nature, a trouvé le repos dans une idyllique contrée de l'Afrique centrale. L'arrivée intempestive de son ex-femme menace son univers paradisiaque. Celle-ci, chargée de dénicher un p ...

@

L AGE DE GLACE 2, Carlos Saldanha 2006 (animation)@@


Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Les problèmes ne sont pas terminés pour autant ! Manny rêve de fonder une famille, mais la toute dernière femelle de son espèce, Ellie, se prend pour un opossum. Plus grave encore, un immense barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre sous l'effet du réchauffement.

SENS CRITIQUE
Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Mais les problèmes ne sont pas terminés pour autant ! Manny rêve de fonder une famille, mais la toute dernière femelle de son espèce, Ellie, se prend pour un opossum... Plus grave encore, un immense barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre sous l'effet du réchauffement et menace d'engloutir leur petit coin de paradis. Leur seule chance de survie se trouve à l'autre bout de la vallée... Voilà nos trois héros, accompagnés d'Ellie et de ses deux insupportables frères, Crash et Eddie - de vrais opossums, eux ! - lancés dans un périlleux voyage vers la vie...
4 ans après le succès du premier film en 2002, les studios BLUE SKY reviennent avec le deuxième volet de la franchise qui a rendu se studio populaire et à le lancer dans la concurrence des autres studios d'animation : L'AGE DE GLACE 2. Cette suite est assez bonne mais très inférieur au premier film. L'histoire de ce deuxième film est assez bon avec les animaux qui doivent fuir la fonte des glaces. Cette aventure est correcte mais elle est moins prenante et touchante que celle du premier. Les personnages sont bons. On retrouve notre trio attachant à savoir Manny, Sid et Diego, avec en plus des nouveaux venus avec Ellie, la mammouth qui se prend pour un opossum, et les opossums Crash et Eddie. Les personnages ont un petit arc, que ce soit celle de Diego (même si on ne peut pas vraiment appeler ça un arc scénaristique) qui doit affronter sa peur de l'eau, et surtout Manny qui cherche à savoir si il est le dernier de son espèce. Même le personnage d'Ellie est sympathique et la relation avec Manny est correcte, et elle à le droit à une belle scène de flashback quand elle a été recueillie petite par des opossums.
L'aventure regorge de bons moments comme l'attaque des deux mammifères marins préhistoriques, la scène avec les roches entrain de tomber, ainsi que le climax. Et on a des passages marrants surtout avec la mascotte Scrat toujours à la poursuite de son gland.
La musique est correcte et l'animation est très belle.
Avec en plus la très bonne VF avec Gerard Lanvin, Vincent Cassel et Elie Semoun.
Une bonne suite, mais pas à la hauteur du premier.
L AGE DE GLACE 2, Carlos Saldanha 2006 (animation)@@ (E)
Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Les problèmes ne sont pas terminés pour aut ...

@

L AGE DE GLACE, Chris Wedge et Carlos Saldanha 2002 (animation jeunesse)@@


Environ 20.000 ans avant notre ère, un étrange animal déclenche inopinément une nouvelle glaciation. Tandis que les animaux, affolés, fuient les vents de glace, Manny, un mammouth solitaire, part à contre-sens. Il est bientôt flanqué d'un compagnon, Sid le paresseux, qui lui a imposé sa loquace présence. Sur leur route, les deux compères croisent une tribu humaine décimée par les impitoyables tigres à dents de sabre.

TELERAMA
Au quaternaire, après une catastrophe causée par un écureuil, un mammouth, un paresseux et un tigre animé de mauvaises intentions, prennent en charge un nourrisson et se mettent en quête de sa tribu.

Avant tout, il y a Scrat. Cet écureuil préhistorique obsessionnel donne le ton de ce film d’animation hilarant, qui a généré six suites. Obéissant à une règle burlesque éternelle, Scrat provoque une catastrophe, une nouvelle ère glaciaire… avec un détail : ce gland qu’il ne veut pas lâcher. C’est dans ce beau décor surgelé que va cheminer une troupe expressive et querelleuse, drôle de famille recomposée par le hasard et la nécessité : Manny le mammouth mélancolique et grande gueule, Sid le paresseux lourdement ­affectueux, Diego le tigre sournois aux dents de sabre et un petit bébé fondant.

Avec cette comédie à contresens migratoire (c’est très surfait d’aller vers le sud, prétend Sid), Chris Wedge et Carlos Saldanha inventaient un vrai buddy movie en 3D, riche en répliques cinglantes et guest-stars complètement givrées (les dodos, dont on ne se demande plus pourquoi ils ont disparu). Comme les grands cartoons d’antan, L’Âge de glace repose avant tout sur l’art du gag, sans avoir recours au passage obligé de ces dernières années : le double niveau de lecture enfant-adulte. Rien qu’avec le désopilant running gag de Scrat et son gland, ce dessin animé prouve que le rire n’a pas d’âge.
L AGE DE GLACE, Chris Wedge et Carlos Saldanha 2002 (animation jeunesse)@@ (E)
Environ 20.000 ans avant notre ère, un étrange animal déclenche inopinément une nouvelle glaciation. Tandis que les animaux, affolés, fuient les vents de glace, Manny, un mammouth solitaire, part à ...

@

L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@


Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hannibal aime diriger les opérations, Futé est souvent à l'origine des plans de génie.

TELERAMA
La série télé des années Reagan habilement modernisée. Drôle, nerveuse, aux cascades hallucinantes, Joe Carnahan signe une adaptation réussie au casting quatre étoiles.

Ceux qui réussissent l'adaptation d'une série télé sur grand écran ont forcément du style : John Woo dans le deuxième volet de Mission : Impossible, ou McG et ses Drôles de dames. Du style, Joe Carnahan en a à revendre. Ses précédents polars, déjantés, tarantiniens (Narc, Mi$e à prix), en faisaient le candidat idéal pour moderniser les aventures de Futé, Hannibal, Looping et Barracuda, les Pieds Nickelés de L'Agence tous risques, madeleine cathodique de la génération X.

Le patriotisme paramilitaire de la série des années Reagan est avantageusement adouci par un scénario truffé d'humour et une mise en scène très énergique. Le réalisateur enchaîne les cascades, d'autant plus jouissives que parfaitement invraisemblables. On voit un char d'assaut voler, des containers déplacés à la grue comme des gobelets de bonneteau... Les acteurs eux-mêmes semblent boostés : Liam Neeson, épatant Hannibal Smith, a rajeuni de dix ans.
L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@ (E)
Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hann ...

@

L AIGLE DES MERS, Michael Curtiz 1940, Errol Flynn, Brenda Marshall


Philippe II prépare l’invasion de l’Angleterre et la constitution de l’Invincible Armada. Pour gagner du temps, il envoie à la reine Elizabeth un ambassadeur, don José Alvarez de Cordoba. Mais son navire est attaqué et vaincu par les corsaires du capitaine Thorpe. Après avoir feint de le réprimander, la reine envoie Thorpe à la conquête de Panamá, dont les richesses pourraient aider la flotte anglaise. Mais, à la cour, un traître apprend la destination de Thorpe et lui tend un piège...

Cinq ans après Capitaine Blood, voici l’apogée de la collaboration entre Michael Curtiz et Errol Flynn, au sein de la Warner, studio à l’exceptionnel savoir-faire. Le rythme et le panache de la mise en scène, la richesse visuelle de la reconstitution historique, les partis pris esthétiques (un duel final marqué par l’expressionnisme d’Europe centrale), l’enthousiasme de l’interprétation : tout tient du miracle, d’une alchimie volatile, et suscite à chaque vision le même enthousiasme.

Le sujet du film évoque, à mots plus ou moins couverts, l’inéluctable entrée en guerre des États-Unis ; mais ce discours patriotique n’empêche pas Curtiz de flirter avec les excès du cinéma « bis » : le producteur Hal Wallis lui demanda de rendre moins réalistes les coups de fouet donnés aux galériens ! Il y a donc à la fois le principe normatif de la grosse production hollywoodienne et l’énergie rebelle du pur romanesque. Un joyau du cinéma d’aventures !
L AIGLE DES MERS, Michael Curtiz 1940, Errol Flynn, Brenda Marshall (E)
Philippe II prépare l’invasion de l’Angleterre et la constitution de l’Invincible Armada. Pour gagner du temps, il envoie à la reine Elizabeth un ambassadeur, don José Alvarez de Cordoba. Mais son navi ...

@

L AIGLE S EST ENVOLE, John Sturges 1976, Michael Caine, Robert Duvall (guerre shoah)@@


En 1943, Kurt Steiner, un colonel allemand emprisonné pour avoir aidé une jeune femme juive à fuir, accepte une mission ultra-secrète en échange de sa libération et de celle de ses hommes. Il est secondé par Liam Devlin, membre de l'ira. L'opération aigle, ordonnée par Hitler, consiste à enlever Winston Churchill pour déstabiliser les alliés. Isolé en territoire allié, le commando dirigé par Steiner va risquer sa vie à chaque instant.

TELERAMA
1943. Un commando allemand est chargé de capturer Churchill. Humour et ironie… Michael Caine, “king of” nonchalance, fait merveille.

Le romancier Jack Higgins a inventé cette mission secrète allemande : kidnapper Churchill… Le roman fut un énorme succès et le film le suit de quelques mois. Avant d’accepter le rôle du militaire d’élite et forte tête, fidèle au Reich mais antinazi, Michael Caine avait refusé celui finalement dévolu à Donald Sutherland de l’officier de l’IRA rallié aux nazis par hostilité aux Anglais.

Autre singularité, le deuxième traître est une Afrikaner dont les parents ont été jetés en camp de concentration par les Anglais pendant la guerre des Boers : « Vous croyiez que c’était une invention allemande ? » lance-t-elle. Le début est un régal d’acteurs anglo-saxons jouant les nazis. Ça se gâte un peu quand le commando arrive en Angleterre : l’histoire devient confuse et alterne efficacité et kitsch. Dans son autobiographie, Michael Caine accuse John Sturges d’avoir bâclé l’affaire et regrette que la production anglaise se soit laissé abuser par le « grand cinéaste hollywoodien ».
L AIGLE S EST ENVOLE, John Sturges 1976, Michael Caine, Robert Duvall (guerre shoah)@@ (E)
En 1943, Kurt Steiner, un colonel allemand emprisonné pour avoir aidé une jeune femme juive à fuir, accepte une mission ultra-secrète en échange de sa libération et de celle de ses hommes. Il est se ...

@

L AILE OU LA CUISSE, Claude Zidi 1976, Louis de Funes, Coluche (comique)@@@


Charles Duchemin, le terrible éditeur d'une revue gastronomique, voudrait que son fils, Gérard, lui succède, mais celui-ci préfère faire le clown dans un cirque. Charles lance un défi à Tricatel, le roi de la cuisine sous vide, en le conviant à une émission de télévision. Toutefois, Charles perd le goût et l'odorat. Aussi Gérard accepte-t-il de le remplacer.

TELERAMA
Louis de Funès était de retour sur les plateaux après deux infarctus. Une équipe de réanimation était présente et les assureurs sur les dents, mais de Funès se détendit grâce à Coluche, qui n’hésitait pas à le taquiner. Entre eux se laisse deviner une vraie tendresse filiale. L’émotion affleure dans la scène, sur la piste de cirque, où le fils découvre son père sous une épaisse couche de mousse.

Le géant du rire est ému à l’écran (ce n’est pas si souvent) devant ce grand benêt qui rêve d’être clown mais a tout de même un sacré palais. Quand, lors d’une émission de télé, l’héritier ridiculise Tricatel (Julien Guiomar, grand second rôle) en étant aussi doué que papa, c’est drôle. Parce que les gentils gastronomes l’emportent sur les méchants précurseurs de la malbouffe façon Jacques Borel. Et parce que cela sent joliment la relève.
L AILE OU LA CUISSE, Claude Zidi 1976, Louis de Funes, Coluche (comique)@@@ (E)
Charles Duchemin, le terrible éditeur d'une revue gastronomique, voudrait que son fils, Gérard, lui succède, mais celui-ci préfère faire le clown dans un cirque. Charles lance un défi à Trica ...

@

L AMANT DE LADY CHATTEREY, Laure de Clermont-Tonnerre 2022, Emma Corrin, Joely Richardson, Ella Hunt, Matthew Duckett (film e)@


La noble Lady Constance Chatterley se découvre dans un mariage sans amour ni passion. Elle devient finalement intime avec le garde-chasse, Oliver Mellors, afin de tromper son ennui.
L AMANT DE LADY CHATTEREY, Laure de Clermont-Tonnerre 2022, Emma Corrin, Joely Richardson, Ella Hunt, Matthew Duckett (film e)@ (E)
La noble Lady Constance Chatterley se découvre dans un mariage sans amour ni passion. Elle devient finalement intime avec le garde-chasse, Oliver Mellors, afin de tromper son ennui. ...

@

L AMANT DE LADY CHATTERLEY, Jed Mercurio 2015, Holliday Grainger, Richard Madden (erotique)@


Lorsque que Sir Clifford Chatterley revient brisé après la Première Guerre Mondiale, sa jeune et vive épouse Constance doit s´adapter à un changement de vie. Clifford, paralysé de la taille aux pieds suite à une dramatique opération de la colonne vertébrale, rejette toute affection, laissant Constance seule et isolée. En se promenant sur leur propriété elle rencontre Oliver Mellors, le garde-chasse. Revenant également de la guerre, il a trouvé refuge au sein de la nature.
L AMANT DE LADY CHATTERLEY, Jed Mercurio 2015, Holliday Grainger, Richard Madden (erotique)@ (E)
Lorsque que Sir Clifford Chatterley revient brisé après la Première Guerre Mondiale, sa jeune et vive épouse Constance doit s´adapter à un changement de vie. Clifford, paralysé de la taille au ...

@

L AMANT DE LADY CHATTERLEY, Just Jaeckin 1981, Sylvia Kristel 2 (film e)


Alors que la Grande guerre a éclaté, Constance Reid se marie à l'aristocrate Sir Clifford Chatterley. Celui-ci, reparti dans les tranchées, revient paralysé pour le restant de ses jours. Alors qu'il rejette toute affection, Lady Chatterley fait la rencontre de son garde-chasse, Oliver Mellors. S'ensuit alors une liaison passionnelle et interdite entre les deux amants. Constance va donc devoir choisir entre son mariage avec Clifford et son amour pour Oliver.
L AMANT DE LADY CHATTERLEY, Just Jaeckin 1981, Sylvia Kristel 2 (film e) (E)
Alors que la Grande guerre a éclaté, Constance Reid se marie à l'aristocrate Sir Clifford Chatterley. Celui-ci, reparti dans les tranchées, revient paralysé pour le restant de ses jours. Alors qu'il rejett ...

@

L AMANT DE POCHE, Bernard Queysanne 1978, Mimsy Farmer, Pascal Sellier, Bernard Fresson, Andréa Ferréol(film e)


Julien, un jeune lycéen de15 ans et demi rencontre par hasard Hélèna de dix ans son ainée qui devient sa maitresse dans l'appartement familial.
Au volant de sa "Jaguar", elle prend l'habitude de l'attendre à la sortie du lycée. Très riche, elle lui fait découvrir un monde et un train de vie nouveaux. Le garçon tombe profondément amoureux d'elle.
En fait, Héléna se vend à tous ceux qui l'achètent et son destin est dirigé par la puissante Madame Josée. Celle-ci n'apprécie pas, d'ailleurs, l'amourette de sa protégée qui en arrive à négliger ses clients.
Brouilles et réconciliations se succèdent. Julien quitte sa famille avec la ferme intention de s'installer chez Héléna. Au terme d'un week-end, Héléna décide de quitter Julien.

L AMANT DE POCHE, Bernard Queysanne 1978, Mimsy Farmer, Pascal Sellier, Bernard Fresson, Andréa Ferréol(film e) (E)
Julien, un jeune lycéen de15 ans et demi rencontre par hasard Hélèna de dix ans son ainée qui devient sa maitresse dans l'appartement familial.
Au volant de sa "Jaguar", elle prend l'habitude de l'a ...

@

L AMANT DOUBLE, Francois Ozon 2017, Marine Vacth, Jeremie Renier, Jaqueline Bisset (societe)@@


Chloé, une jeune femme fragile, en proie à la dépression, suit une psychothérapie auprès de Paul, dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Les mois passent et les jeunes gens s'installent ensemble. Chloé découvre cependant que son compagnon a totalement occulté une partie de son existence.

TELERAMA
François Ozon est l’un des rares cinéastes actuels à distiller, de film en film, l’idée déconcertante que ses images mentent. Qu’elles peuvent tromper. Avec lui, on a toujours deux films pour le prix d’un : celui qu’il exhibe, avec des tours de passe-passe visibles, tel un styliste surdoué. Et celui qu’il dissimule et réserve aux plus exigeants… Côté spectacle, François Ozon multiplie les références (Brian De Palma, Alfred Hitchcock), qu’il assume et magnifie grâce à une mise en scène qui ne cesse d’insuffler une douce et suffocante sensation de malaise. Ce formalisme n’est qu’un trompe-l’œil : il lui permet de s’infiltrer, comme un voleur, dans l’inconscient de personnages imprévisibles et ambigus — on songe au moment, presque drôle, où Chloé s’aperçoit que les deux frères psy se désirent bien plus qu’ils ne la désirent, elle… Dans ce périple cru, cruel, brutal, le cinéaste cerne ses héros avec une précision de clinicien. Conforme, sans doute, à l’idée qu’il se fait de l’humanité : un monde de névrosés, cabossés et fragiles, séduisants et séducteurs, à jamais inguérissables.
L AMANT DOUBLE, Francois Ozon 2017, Marine Vacth, Jeremie Renier, Jaqueline Bisset (societe)@@ (E)
Chloé, une jeune femme fragile, en proie à la dépression, suit une psychothérapie auprès de Paul, dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Les mois passent et les jeunes gens s'installent ensemble ...

@

L AMANT, Jean-Jacques Annaud


L'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse et de mépris. Sur le bac qui la conduit vers Saigon et son pensionnat, elle fait la connaissance d'un élégant Chinois au physique de jeune premier. L'homme a l'air sensible à son charme et le lui fait courtoisement savoir. Elle accepte de le revoir régulièrement.

TELERAMA
Il ne reste pas grand-chose de Duras dans cette adaptation. L’écrivain, se sentant dépossédée (moyennant finance) de son œuvre, écrivit L’Amant de la Chine du Nord, à la manière du film qu’elle aurait peut-être tiré de son récit primitif. Annaud a filmé une passion charnelle entre deux personnes étrangères à leurs propres milieux. C’est du cinéma illustratif, pollué par l’image publicitaire. L’obsession de la beauté plastique conduit à un film bizarrement sage et transparent.
L AMANT, Jean-Jacques Annaud (E)
L'Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse ...

@

L AMOUR C EST MIEUX A DEUX, Arnaud LEMORY 2010, Clovis Cornillac, Virginie Efira (sentimental)@@


Michel et Vincent sont deux amis d'enfance qui ont développé des conceptions du rapport aux femmes diamétralement opposées : éternel romantique, Michel croit au grand amour, alors que, Vincent, est un séducteur invétéré qui enchaîne les conquêtes.
L AMOUR C EST MIEUX A DEUX, Arnaud LEMORY 2010, Clovis Cornillac, Virginie Efira (sentimental)@@ (E)
Michel et Vincent sont deux amis d'enfance qui ont développé des conceptions du rapport aux femmes diamétralement opposées : éternel romantique, Michel croit au grand amour, alors que, Vincent, est un s&ea ...

@

L AMOUR EN EQUATION, Fred Schepisi 1994, Meg Ryan, Tim Robbins (sentimental)


S'étant pris de sympathie pour un mécanicien (Tim Robbins) sans instruction, Albert Einstein (Walter Matthau) décide de l'aider à conquérir le coeur de sa nièce (Meg Ryan).

TELERAMA
“ Relativement cucul, mais amusant et tout mignon. Puis zut, je n'ai jamais pu être objective avec Tim Robbins, il m'attendrit à chaque fois. ”
L AMOUR EN EQUATION, Fred Schepisi 1994, Meg Ryan, Tim Robbins (sentimental) (E)
S'étant pris de sympathie pour un mécanicien (Tim Robbins) sans instruction, Albert Einstein (Walter Matthau) décide de l'aider à conquérir le coeur de sa nièce (Meg Ryan).

TELERAMA
&ld ...

@

L AMOUR ET LES FORETS, Valerie Donzelli 2023, Virginie Efira, Melvil Poupaud (drame sentimental)@@


Quand Blanche croise le chemin de Greg, elle croit rencontrer celui qu'elle cherchait. Les liens qui les unissent se tissent rapidement, leur histoire s'écrit dans l'emportement. Blanche fait taire ses appréhensions, s'éloigne de sa famille, de sa soeur jumelle, pensant se réinventer.

TELERAMA
La réalisatrice adapte un roman d’Éric Reinhardt et signe son meilleur film depuis “La guerre est déclarée”. Ce récit sur les violences conjugales convoque Demy et Hitchcock et pulvérise le réel par sa stylisation. Virginie Efira brille face à Jekyll-Poupaud.

Le patronyme trompe son monde, qui fait de Grégoire Lamoureux un amoureux par définition (Melvil Poupaud). Tel un prince, il séduit Blanche (Virginie Efira), l’épouse et la déracine : au revoir la côte normande, Rose la sœur jumelle et le bleu de la mer ; bonjour les mystères de l’Est, Metz, Nancy et leurs profondeurs d’émeraude.

L’Amour et les forêts s’ouvre sur cette esquisse de conte auquel ne manque que le loup. Lequel va sortir du bois et percer sous la peau du mari, puisque le film, adapté du roman d’Éric Reinhardt, narre un enfer conjugal… En s’aventurant du côté du thriller, Valérie Donzelli réussit son meilleur film depuis La guerre est déclarée (2009). Sur un scénario coécrit avec Audrey Diwan (L’Événement), qui tord le cou au récit d’origine, elle pulvérise le réel et préside à la collision d’univers disparates — Demy, Hitchcock, avec un zeste flamboyant de giallo à la Argento —, en procédant par éclats de couleur. Très Dr Jekyll et Mr Hyde, Melvil Poupaud transforme le « mec parfait » en hideux « petit monsieur », jusqu’à s’effrayer face à son miroir. Dédoublée comme en écho à Madeleine Collins (Antoine Barraud, 2021), prof de lettres comme dans Les Enfants des autres (Rebecca Zlotowski, 2022), Virginie Efira arrive à ce stade d’une carrière où les beaux rôles dialoguent les uns avec les autres. Star de proximité, elle oscille ici entre l’ombre et la lumière avec mille variations subtiles.
L AMOUR ET LES FORETS, Valerie Donzelli 2023, Virginie Efira, Melvil Poupaud (drame sentimental)@@ (E)
Quand Blanche croise le chemin de Greg, elle croit rencontrer celui qu'elle cherchait. Les liens qui les unissent se tissent rapidement, leur histoire s'écrit dans l'emportement. Blanche fait taire ses appréhensions, s'é ...

@

L AMOUR EXTRA LARGE Peter et Bobby Farrelly 2001, Jack Black, Gwyneth Palthrow


A la mort de son père, le petit Hal, 9 ans, est traumatisé par le dernier conseil que lui prodigue son géniteur : fréquenter exclusivement de belles et sveltes jeunes femmes. A 30 ans, détenteur d'un record du nombre d'aventures avec de superbes créatures, Hal reste un célibataire compulsif. Afin de mettre fin au vide affectif qui le ronge, il consulte le gourou Tony Robbins qui, au cours d'une séance d'hypnose, le conditionne afin qu'il ne perçoive plus que la beauté intérieure des femmes qu'il rencontre. La thérapie fonctionne à merveille et Hal tombe rapidement amoureux de l'adorable Rosemary, 135 kilos de charme...
L AMOUR EXTRA LARGE Peter et Bobby Farrelly 2001, Jack Black, Gwyneth Palthrow (E)
A la mort de son père, le petit Hal, 9 ans, est traumatisé par le dernier conseil que lui prodigue son géniteur : fréquenter exclusivement de belles et sveltes jeunes femmes. A 30 ans, détenteur d'un recor ...

@

L AMOUR FLOU, Romane Bohringer 2018, Romane Bohringer, Philippe Rebbot (comedie sentimentale)@@


Papa et maman ne s’aiment plus. Comment ne pas laisser « deux petits pingouins sur la banquise de [leur] couple » ? Maman a une idée : un « sé-partement », ou un grand appart coupé en deux avec la chambre des enfants comme seule pièce communicante.

TELERAMA
Les comédiens Romane Bohringer et Philippe Rebbot bricolent ensemble une délicieuse autofiction de “séparation commune” avec un appartement pour lieu commun, mais sans clichés et plein de trouvailles comiques tendres et réjouissantes.

Ceci est la vraie histoire du couple d’acteurs Romane Bohringer et Philippe Rebbot : une autofiction d’une liberté folle, filmée par eux-mêmes et financée à la « qui tournera d’abord verra ensuite ». Résultat : ce film fait maison a été le plus rentable de tous les longs métrages français sortis en 2018, avant d’inspirer une série tout aussi réussie en 2021. À l’image, donc, les vrais parents et les vrais amis, qui jouent, pour certains, l’enthousiasme devant cette singulière solution et, pour d’autres, les oiseaux de mauvais augure… En éternel grand gamin, Philippe Rebbot se montre à nouveau irrésistible. Et on comprend que son humour est familial quand on entend ses frères transformer Philippe d’« ex de Romane » en « annexe de Romane »…
L AMOUR FLOU, Romane Bohringer 2018, Romane Bohringer, Philippe Rebbot (comedie sentimentale)@@ (E)
Papa et maman ne s’aiment plus. Comment ne pas laisser « deux petits pingouins sur la banquise de [leur] couple » ? Maman a une idée : un « sé-partement », ou un grand appart coupé en deux ...

@

L AMOUR SANS PREAVIS, Marc Lawrence 2002, Hugh Grant, Sandra Bullock (sentimental)@@


Un millionnaire gâté et égocentrique est confronté à ses sentiments envers son avocate lorsque cette dernière donne sa démission.

TELERAMA
On prend goût aux gentilles querelles de la suffragette (Sandra Bullock, énergiquement ébouriffée) et du milliardaire (Hugh Grant, dans un réjouissant numéro de fils à papa loufoque). Quelques répliques à ­croquer (« Je n’avais pas pleuré comme ça depuis l’élection de George Bush — Lequel ? — Les deux ! »), du charme qui fond sous la dent, et on savoure. À consommer frais, sans sucre ajouté.
L AMOUR SANS PREAVIS, Marc Lawrence 2002, Hugh Grant, Sandra Bullock (sentimental)@@ (E)
Un millionnaire gâté et égocentrique est confronté à ses sentiments envers son avocate lorsque cette dernière donne sa démission.

TELERAMA
On prend goût aux gentilles querel ...

@

L ANNEE DERNIERE A MARIENBAD, Alain Resnais 1961, Delphine Seyrig, Sacha Pitoeff(societe)@@


Une soirée théâtrale dans un somptueux palace d'une ville d'eau allemande. Un homme très élégant rencontre une femme et s'efforce de la persuader que, l'année précédente, à Marienbad, elle avait promis de tout quitter pour vivre avec lui. La femme ne se souvient absolument pas d'avoir eu une telle conversation avec lui. L'homme la poursuit pourtant et la harcèle, parfois doucereux, quelquefois inquiétant.
L ANNEE DERNIERE A MARIENBAD, Alain Resnais 1961, Delphine Seyrig, Sacha Pitoeff(societe)@@ (E)
Une soirée théâtrale dans un somptueux palace d'une ville d'eau allemande. Un homme très élégant rencontre une femme et s'efforce de la persuader que, l'année précédente, à ...

@

L ANNEE DU DRAGON, Michael Cimino 1985, Mickey Rourke, John Lone (thriller)@@


Le capitaine Stanley White, ancien vétéran de la Guerre du Vietnam et fils d'immigrés d'origine polonaise, est un policier à New York.

TELERAMA
Il apparaît de dos, silhouette de cow-boy à la moderne solitude, chapeau et cache-poussière. Ce héros fatigué, revenu d’une guerre dont plus personne n’est fier, a décidé d’entamer sa croisade contre le crime. Il ira jusqu’au bout, et aura, comme tout bon justicier, un dernier geste de magnanimité. Pour gagner, il donnera même une mission à deux religieuses… Un polar ? Plutôt un western dans un Chinatown pluvieux, avec une célèbre et brillante scène de fusillade au Shanghai Palace, le restaurant qui a tout d’un saloon tenu par des méchants. Ces Chinois-là ne sont plus ceux du XIXe siècle, immigrants exploités et tués à la tâche dans la construction des chemins de fer. Devenus gangsters, ils contrôlent la rue et rackettent les commerçants italo-américains. Chacun son tour, semble ricaner Michael Cimino, qui fut taxé à tort de racisme à la sortie du film.
Le cinéaste est, de fait, devenu cynique, cinq ans après l’échec monumental de La Porte du paradis, son western-épopée. Mais son énergie reste entière, indémodable, dans les poursuites comme dans les explosions de violence.
L ANNEE DU DRAGON, Michael Cimino 1985, Mickey Rourke, John Lone (thriller)@@ (E)
Le capitaine Stanley White, ancien vétéran de la Guerre du Vietnam et fils d'immigrés d'origine polonaise, est un policier à New York.

TELERAMA
Il apparaît de dos, silhouette de cow-boy à ...

@

L ANNEE DU REQUIN, Zoran et Ludovic Boukherma 2022, Marina Foïs, Kad Merad (comisque)@


L'apparition d'un requin à la pointe du cap Ferret va chambouler le départ anticipé à la retraite de Maja, une gendarme maritime. Pour elle, qui souhaitait un dernier défi avant de partir, cette mission tombe à pic. Elle pourra compter sur l'aide de ses deux jeunes collègues, Eugénie et Blaise.

TELERAMA
Un doc passionnant sur une talentueuse photographe ou un film de requins à la Pointe ? Le tout introduit par un doc sur le divorce : une soirée éclectique en perspective.
Un documentaire brillamment monté et mis en musique sur la vie et l’œuvre de la photographe tchèque Libuše Jarcovjáková qui a longtemps fureté dans le monde underground de Prague, de bars queer en mariages tziganes.
L ANNEE DU REQUIN, Zoran et Ludovic Boukherma 2022, Marina Foïs, Kad Merad (comisque)@ (E)
L'apparition d'un requin à la pointe du cap Ferret va chambouler le départ anticipé à la retraite de Maja, une gendarme maritime. Pour elle, qui souhaitait un dernier défi avant de partir, cette mission to ...

@

L ANNEE JULIETTE, Philippe Le Guay 1995, Fabrice Luchini (sentimental)@@


Au retour d'un congrès médical, Camille est attendu à l'aéroport par Clémentine, sa maîtresse. Celle-ci lui a réservé une surprise : elle a quitté son mari pour venir s'installer chez lui. Peu enthousiasmé par cette perspective, Camille cherche un subterfuge pour décourager la jeune femme sans la blesser. S'avisant qu'il a pris à l'aéroport la valise de Juliette Graveur, une flûtiste, il saisit l'occasion et fait croire à Clémentine qu'elle est sa maîtresse.

TELERAMA
Pour échapper à sa maîtresse, Camille s’invente une autre liaison. Esthétique téléfilm dans lequel Luchini rend attachant un personnage qui devrait agacer.
Camille n‘aime pas faire souffrir. D‘ailleurs, il est anesthésiste. Et personne comme lui - ne sait raconter des histoires aux enfants, au moment de les endormir. Le problème, c‘est que Camille raconte aussi des histoires aux adultes ! Quand Clémentine, sa maîtresse, lui annonce qu‘ils vont pouvoir vivre ensemble - elle a enfin parlé à son mari -, Camille se fige… Est-il bien sûr d‘aimer Clémentine à ce point, alors qu‘il est incapable de choisir entre deux couleurs pour les murs de son appartement ? Immature Camille ! Le voilà qui s‘invente une liaison cachée : désormais, il y a une Juliette dans sa vie ! Et cette Juliette fictive devient un bouclier bien pratique, derrière lequel Camille va se cacher, chaque fois qu‘il se trouve dans l‘embarras.

L‘astuce de ce scénario - un peu mince, mais si drôle -, c‘est qu‘en fait Juliette existe. Dans l‘urgence, Camille a donné le nom d’une flûtiste, entendu dans un aéroport. Dès lors, sa vie se complique. À ses amis, il doit faire croire à l‘existence de Juliette. Et lui ne rêve plus que de la rencontrer ! Son appartement se remplit d‘accessoires : robes, rouges à lèvres, parfums… La chimère se fait de plus en plus obsédante.

Philippe Le Guay, en fait, illustre une idée très proustienne : le rêve est plus fort que la réalité. Et l’on n‘est jamais comblé lorsqu‘on caresse trop à l‘avance l‘espoir de vivre un moment de bonheur. Tout cela nous est dit légèrement, au son d‘un concerto de Mozart et sur le ton de la comédie. N’empêche, la gravité rôde. Autour de Camille, tout le monde souffre de mal aimer. Et la scène dans laquelle il tente d’habiller une amie avec l’une des « robes de Juliette », amoureusement choisies dans une boutique, est bien troublante. Pendant un bref moment, Camille devient le cousin lointain de James Stewart, dans Vertigo (Sueurs froides), d’Hitchcock.

Vertige furtif, que Fabrice Luchini traduit à merveille. Œil pétillant, visage angélique, regard têtu, il nous fait accepter dans un sourire la mauvaise foi désarmante de Camille. Pour ses admirateurs : un véritable récital.
L ANNEE JULIETTE, Philippe Le Guay 1995, Fabrice Luchini (sentimental)@@ (E)
Au retour d'un congrès médical, Camille est attendu à l'aéroport par Clémentine, sa maîtresse. Celle-ci lui a réservé une surprise : elle a quitté son mari pour venir s'installer ...

@

L ANNONCE, Julie Lopes Curval, Sophie Hiet 2016, Alice Taglioni, Eric Caravaca, Claude Perron (drame sentimental)@@


Empêtrée dans une relation destructrice avec Didier, actuellement en prison, Annette a répondu à une annonce : Homme doux, 46 ans, cherche jeune femme aimant la campagne. Entre elle et Paul, le courant passe. Annette insiste pour s'installer avec son fils dès Noël dans la ferme où Paul, sa soeur Nicole et son oncle Antoine tentent de passer à l'élevage bio. Séduit, et las de la solitude, l'agriculteur cède.

TELERAMA
Une manutentionnaire quitte son mari violent pour un agriculteur rencontré par annonce... Non, il ne s’agit pas de “L’amour est dans le pré”... mais d’un subtil portrait de femme.

Alors que son compagnon, violent et porté sur la bouteille, purge une peine de prison, Annette, manutentionnaire dans un supermarché, rencontre Paul, un paysan vivant dans une ferme isolée, grâce à une petite annonce. Avertissant seulement sa mère, elle décide de quitter le Nord pour le rejoindre en Auvergne, accompagnée de son fils âgé d’une dizaine d’années. En plein hiver (rude et neigeux), l’adaptation à ce nouvel univers promet d’être difficile. Annette parviendra-t-elle à prendre un nouveau départ ?

Ne pas trop se fier à ce synopsis : L’Annonce n’est pas un drame de l’incommunicabilité au naturalisme grisâtre. Pas plus qu’une version fictionnelle de L’amour est dans le pré fondée sur la confrontation de deux mondes que tout oppose. C’est avant tout un subtil portrait de femme au ton doux-amer, dans la lignée de ceux que Julie Lopes-Curval avait réalisés pour le cinéma (Bord de mer, Toi et moi, Le Beau Monde…), et bénéficiant du talent de la chef op Céline Bozon. Dans ce téléfilm de 2015, Alice Taglioni dévoile, à travers un rôle profond et complexe, ses talents d’actrice au sein d’un casting impeccable.
L ANNONCE, Julie Lopes Curval, Sophie Hiet 2016, Alice Taglioni, Eric Caravaca, Claude Perron (drame sentimental)@@ (E)
Empêtrée dans une relation destructrice avec Didier, actuellement en prison, Annette a répondu à une annonce : Homme doux, 46 ans, cherche jeune femme aimant la campagne. Entre elle et Paul, le courant passe. Anne ...

@

L APPARITION Xavier Giannoli 2017, aVincent Lindon, Galatea Bellugi@@


Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France, une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s'est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques accepte de faire partie d'une commission d'enquête pour en savoir plus.
L APPARITION Xavier Giannoli 2017, aVincent Lindon, Galatea Bellugi@@ (E)
Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France, une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir ...

@

L APPAT, Anthony Mann 1953, James Stewart, Janet Leigh (western)@@


Un ranger, un chercheur d'or et un soldat convoient un criminel et sa compagne pour toucher une prime promise par les autorités. D'un esthétisme à couper le souffle avec ses paysages sublimement filmés, ce chef-d'uvre se distingue également par la densité psychologique de ses personnages en perpétuel conflit.

TELERAMA
James Stewart, hirsute et solitaire, est surprenant à contre-emploi : errant pathétique, en proie à d’inavouables tourments. Derrière le cynisme apparent, on devine l’humanité d’Anthony Mann.

Entre 1950 et 1955, James Stewart joue dans cinq westerns, tous remarquables et réalisés par Anthony Mann. Cet Appât est sans doute le plus inquiétant, le plus beau aussi. Howard Kemp, chasseur de primes cynique et cupide, taciturne et individualiste, Roy, un officier cassé de son grade, Jesse, un vieux chercheur d’or, surveillent Ben, un bandit qu’ils ont maîtrisé, et Lina, la jeune fille orpheline qui l’accompagne.

La route est longue pour toucher la récompense, et les tensions sont de plus en plus fortes au milieu de la montagne grandiose. Amas de rochers éboulés, rivières aux rapides impétueux deviennent les allégories lumineuses des dangers rencontrés et des oppositions exacerbées. Un coup de feu qui troue le lourd silence, un poing qui s’écrase sur un visage : la violence explose en moments très brefs mais intenses. Le regard fatigué, James Stewart dévoile l’errance pathétique d’un homme en proie à d’inavouables tourments personnels. Par-delà son cynisme apparent et son agressivité désenchantée sourd pourtant une superbe humanité.
L APPAT, Anthony Mann 1953, James Stewart, Janet Leigh (western)@@ (E)
Un ranger, un chercheur d'or et un soldat convoient un criminel et sa compagne pour toucher une prime promise par les autorités. D'un esthétisme à couper le souffle avec ses paysages sublimement filmés, ce chef-d ...

@

L ARMEE DES OMBRES, Jean-Pierre Melville 1969, Lino Ventura, Paul Meurice, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret (guerre)@@@


En octobre 1942, Philippe Gerbier est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l'hôtel Majestic à Paris. Il s'en évade en tuant une sentinelle. À Marseille, il est chargé avec Félix et Le Bison d'exécuter Doinot, qui les a trahis.

TELERAMA
La vie clandestine des membres d’un réseau de la Résistance, magistralement mise en scène par Melville, qui a puisé dans le roman de Joseph Kessel et dans ses propres souvenirs. La distribution est époustouflante.
On parlerait de chef-d’œuvre si cette notion galvaudée ne renvoyait pas aussi souvent à l’art officiel. Officiel, le film se refuse à l’être, malgré son poids historique. Ancien résistant gaulliste, Jean-Pierre Melville l’a porté en lui vingt-cinq ans et n’a pu le réaliser qu’à la fin de sa carrière. C’est un regard démystifiant et grave à la fois sur la Résistance et ses hommes de l’ombre. Il montre un quotidien soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre, guetter, fuir, et parler le moins possible. Cette forme extrême d’engagement tend au cauchemar dépouillé. Elle exige de se salir les mains (l’exécution des traîtres) et surtout de se battre avec soi-même, ses doutes, sa lâcheté et sa peur.
Filmant ces combattants clandestins comme des fantômes, des morts en sursis, Melville loue leur courage et leur abnégation sans céder à l’imagerie héroïque. L’Armée des ombres est une épure funèbre et hypnotique dans laquelle les hommes et les femmes, bien que liés par des convictions très fortes, sont immanquablement seuls. Au bout du compte, c’est par le biais de cette solitude mélancolique que ces silhouettes souveraines rejoignent le mythe.
L ARMEE DES OMBRES, Jean-Pierre Melville 1969, Lino Ventura, Paul Meurice, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret (guerre)@@@ (E)
En octobre 1942, Philippe Gerbier est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo de l'hôtel Majestic à Paris. Il s'en évade en tuant une senti ...

@

L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@


Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Avant de se faire assassiner, Luther remet à Johnny Hooker la carte de visite d'un ancien grand faisandier : Henry Gondorff. Johnny se rend donc à Chicago pour rencontrer Henry.

TELERAMA
Au son du ragtime, une évocation nostalgique de l’Amérique des années 1930, avec Newman et Redford. Le mélange d’humour et de vengeance fait mouche.

En 1974, l'année où L'Arnaque rafla sept oscars, dont celui du meilleur film, à la barbe (souillée de vomi) de L'Exorciste, Hollywood fit le choix du classicisme : une bonne vieille comédie malicieuse et nostalgique sur l'Amérique de la Grande Dépression, à l'opposé des brûlots contestataires des jeunes-turcs du Nouvel Hollywood (Scorsese, Coppola...). L'inoubliable ritournelle - le piano ragtime, bande-son des films burlesques des années 1910-1920 - a évidemment contribué au charme anachronique de l'ensemble.

Déjà rétro au moment de sa sortie, l'image sépia n'avait aucune raison de vieillir. Et si l'on ajoute qu'on peut y admirer les deux plus belles paires d'yeux bleus de l'histoire du cinéma (le couple Redford-Newman, déjà à l'unisson, en 1969, dans Butch Cassidy et le Kid, du même George Roy Hill), on comprend pourquoi ce film est devenu indémodable. Comme dans tous les films reposant sur une machination, le plaisir le plus évident consiste à se laisser manipuler. Un plaisir intact.
L ARNAQUE, George Roy Hill 1973, Paul Newman, Robert Redford (musical)@@@ (E)
Une bande de trois petits arnaqueurs dépouille par hasard un convoyeur de fonds d'un grand bandit de la pègre de New York. Celui-ci cherche à se venger et tue Luther, un des arnaqueurs qui a participé au vol. Ava ...

@

L ARNAQUEUR, Pascal Chaumeil 2010, Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens (thriller sentimental)@@


Si votre fille sort avec un sale type, si votre soeur s'est enlisée dans une relation destructrice, il existe aujourd'hui une solution radicale, elle s'appelle Alex. Son métier : briseur de couple professionnel. Sa méthode : la séduction. Sa mission : transformer n'importe quel petit ami en ex. Cependant, Alex a une éthique, il ne s'attaque qu'aux couples dont la femme est malheureuse. Alors accepter de briser un couple épanoui de riches trentenaires qui se marie dans une semaine pose question.

TELERAMA
Il drague sur commande. Elle va se marier. Imbroglio… et bingo ! Il y a du de Broca dans “L’Arnacœur”, du regretté Pascal Chaumeil, une comédie romantique au charme fou, avec le formidable duo Vanessa Paradis/Romain Duris.

Profession : briseur de ménages. Ça existe, ça ? Bien sûr que oui ! Prenez Alex (Romain Duris). Pas beau, mais du charme, une tchatche pas possible, le don de pleurer sur commande et une infrastructure aux petits oignons. À ses côtés, dans sa petite entreprise : sa sœur et son beau-frère – très beauf, mais on travaille avec qui on peut. Bon : imaginez que votre femme, votre ex, votre fille, votre sœur tombent raides dingues d’un de ces gigolos, ces affairistes ou ces escrocs dont elles s’amourachent, au risque de perdre cœur, fric et illusions… Vous engagez Alex et – moyennant un gros chèque – il rendra, en quelques jours, minable, invisible, trans­parent celui qui vous faisait si peur.

Vous avez dit sale type ? Pas du tout : Alex se considérerait même comme un bien­faiteur de l’humanité, puisqu’il n’accepte de briser que les couples dont les femmes sont – ou vont être – malheureuses. Sa nouvelle mission lui pose problème, cependant : son client, un père richissime, n’est pas très net, et sa cible, Juliette (Vanessa Paradis), semble vraiment très amoureuse…

Une comédie à l’ancienne repose sur une rencontre imprévue : une fille (le plus souvent riche) croise la route d’un type (généralement pauvre), et c’est le choc qui met le feu aux poudres ; leur vie vole en éclats, leurs habitudes, leurs certitudes. Sauf que les obstacles s’accumulent avant qu’ils ne s’avouent leur flamme. Juliette résiste à l’attirance qu’elle éprouve pour cet homme qui n’est pas du tout son genre : un petit mec vibrionnant qui, curieusement, semble connaître par cœur ses goûts et ses désirs. Quant à Alex, sa mécanique de vie – et sa vie mécanique – implose, soudain : le temps joue contre lui, l’espace lui échappe. Il ne contrôle plus rien : ni sa sœur, ni les gaffes de son beauf, ni l’amie alcoolique et nymphomane (Helena Noguerra) qui déboule dans la vie de Juliette…

C’est vraiment pas facile pour Alex : dans les grandes comédies américaines de jadis, le rival du héros était un mou, on se demandait pourquoi Katharine Hepburn ou Claudette Colbert l’avaient choisi pour fiancé. Ici, Jonathan (Andrew Lincoln) est joli, sexy, riche et gentil. Ce qui rend le choix de Juliette presque héroïque. Le happy end de rigueur n’est pas exempt, d’ailleurs, d’une certaine mélancolie.

Bon, d’accord, on n’est pas dans la subti­lité de Lubitsch. Mais – et c’est pas mal ! – chez le Philippe de Broca du Magnifique, avec, à la place de Belmondo, un Romain Duris élastique, gracieux, dont on ne sait trop quand on le préfère : piégeur ou piégé. C’est toute l’ambiguïté de cette comédie qui regorge qu’une qualité qui manque tant aux autres : le charme.

Alex est expert dans un domaine peu ordinaire : il est briseur de couples professionnel. Usant de son charme, il peut transformer n'importe quel petit ami en ex. Avec sa soeur Mélanie et son beau-frère Marc, il gère une petite entreprise chargée de venir en aide aux femmes malheureuses dans leur couple. Un jour, il est amené à s'occuper de la jolie Juliette, une riche héritière qui file le parfait amour avec Jonathan, un Anglais avec qui elle doit prochainement se marier. Alex refuse tout d'abord cette mission car il s'est donné comme mot d'ordre de ne pas s'en prendre aux femmes comblées. Mais des soucis financiers vont l'amener à revenir sur ses principes...
L ARNAQUEUR, Pascal Chaumeil 2010, Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens (thriller sentimental)@@ (E)
Si votre fille sort avec un sale type, si votre soeur s'est enlisée dans une relation destructrice, il existe aujourd'hui une solution radicale, elle s'appelle Alex. Son métier : briseur de couple professionnel. Sa méth ...

@

L ARROSEUR ARROSE, Louis Lumiere 1895 (comique)@@


Un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le petit espiègle retire son pied et le jardinier est aspergé. Il court ensuite après le jeune garçon, l'attrape, lui donne une fessée et (dans la seconde version du film) l'arrose à son tour.

Tourné et présenté en 1895, il est considéré comme le premier film de fiction ou le premier "récit"[1] cinématographique et le premier film comique[3].

L ARROSEUR ARROSE, Louis Lumiere 1895 (comique)@@ (E)
Un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le petit espiègle retire son pied et le jardinier es ...

@

L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@


Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la dépouiller ! Sauf qu'il n'avait pas prévu de se prendre d'affection pour sa cible... Contre toute attente, Roy s'engage dans la mission la plus délicate de sa carrière d'arnaqueur.

TELERAMA
Ian McKellen et Helen Mirren, deux cadors de l’art dramatique anglais, n’y peuvent rien, mais ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve touche le fond du déplaisant.

On s’attendait à un film d’arnaque bien ficelé et porté par deux cadors britanniques. Or ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve se met en place très mollement, alors qu’il est évident, dès le début, que le rapport de force va s’inverser. Au moment tant attendu (en bâillant) des révélations, les motivations de la victime sont explicitées par de mauvais flash-back. Même le traumatisme qu’elle a vécu ne semble être qu’un complaisant alibi de scénario. Quand Ian McKellen, en plein cabotinage, et Helen Mirren finissent par se battre à même le sol, le film touche le fond du déplaisant.
L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@ (E)
Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la d&eacu ...

@

L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier


Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle-ci aux Jeux olympiques de Berlin. Dans le train, un garçon de 10 ans, Simon Rosenblum, reconnaît Jo et lui demande un autographe.
L AS DES AS Gerard Oury 1982, Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier (E)
Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle ...

@

L ASCENSION, Ludovic Bernard 2017, Ahmed Sylla, Alice Belaidi (sport sentimental racisme)@@@


Nadia met Samy, son petit ami, au défi de faire quelque chose d'extraordinaire pour elle. Le jeune homme lui promet de gravir l'Everest. Il regrette aussitôt sa suggestion, mais entend bien tenir parole. Il quitte alors ses amis, sa famille et sa cité de la Seine-Saint-Denis, direction l'Himalaya.

TELERAMA
Un feelgood movie qui célèbre l’intégration et le dépassement de soi avec une discrétion qui déjoue toutes les critiques.
L'ascension s’inspire librement de l’exploit de Nadir Dendoune, jeune Franco-Algérien qui a gravi l’Everest sans aucune expérience de la montagne, en 2008. Dégoûté par les pannes à répétition de l’ascenseur social, il voulait prouver qu’une volonté de fer permet de se hisser plus haut. Dans le premier film de Ludovic Bernard (longtemps assistant-réalisateur de Luc Besson ou de Guillaume Canet), c’est par amour que le jeune Samy décide de gravir le toit du monde, abandonnant quelques mois ses potes et sa cité de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis.

L’histoire est édifiante, mais racontée avec une absence de calcul qui déjoue toutes les préventions. Reposant sur les épaules et l’abattage du jeune humoriste d’origine sénégalaise Ahmed Sylla, le film aurait pu n’être qu’une fable un peu trop volontariste sur l’intégration et le dépassement de soi. Mais le réalisateur s’est affranchi des revendications sociales pour s’intéresser d’assez près à l’aventure humaine et sportive en tant que telle. En célébrant au passage la photogénie de l’Himalaya.
L ASCENSION, Ludovic Bernard 2017, Ahmed Sylla, Alice Belaidi (sport sentimental racisme)@@@ (E)
Nadia met Samy, son petit ami, au défi de faire quelque chose d'extraordinaire pour elle. Le jeune homme lui promet de gravir l'Everest. Il regrette aussitôt sa suggestion, mais entend bien tenir parole. Il quitte alors ses ami ...

@

L ATELIER, Laurent Cantet 2017, Marina Fois (societe social)@@


La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d'écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l'aide d'Olivia, une romancière connue. Le travail d'écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n'intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l'anxiété du monde actuel, il va s'opposer rapidement au groupe et à Olivia, que la violence du jeune homme va alarmer autant que séduire.

TELERAMA
Une autrice de polars parisienne (Marina Foïs, formidable) est fascinée par un jeune désœuvré de La Ciotat, prêt à basculer dans la violence (la révélation Matthieu Lucci). Un beau portrait d’une jeunesse aux motivations troubles.

Antoine, bel adolescent mutique et solitaire de La Ciotat, cultive sa misanthropie en nageant seul dans l’eau bleu marine et contemple ses muscles dans la glace entre deux jeux vidéo guerriers. Il a accepté de suivre un atelier où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une autrice parisienne reconnue.

Depuis ses premiers films, Laurent Cantet se passionne pour les classes sociales dans lesquelles les individus sont enfermés. La classe, de collège cette fois, était le sujet même d’Entre les murs, Palme d’or en 2008. Avec L’Atelier, le cinéaste révèle, dans le sud de la France, d’autres jeunes, plus vrais que nature, et tous épatants. Mais c’est bien sur Antoine que le réalisateur resserre son objectif, comme Olivia, l’intellectuelle, braque son regard sur lui : leur duo, leur duel devient l’enjeu du film. À la fois préoccupée et fascinée par le jeune homme qui aime les armes et adhère aux discours nationalistes, elle tente même de s’en inspirer pour un prochain livre. Plus elle essaie de l’amadouer, plus Antoine se referme.

Et L’Atelier tourne, ainsi, au film noir : la mise en scène réaliste devient baroque. Sous la lune, la mer et les rochers prennent une superbe dimension poétique. Jusqu’à ce discours final d’Antoine, bouleversant, sur l’acte gratuit, qui évoque fortement L’Étranger, de Camus. C’est ce que ce grand film politique réussit à saisir : les motivations troubles d’une jeunesse qui a « le soleil dans les yeux » et qui, par ennui, par dégoût, pourrait tuer… Une jeunesse qu’il va falloir écouter, sans la juger, à la manière de Laurent Cantet.
L ATELIER, Laurent Cantet 2017, Marina Fois (societe social)@@ (E)
La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d'écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l'aide d'Olivia, une romancière connue. Le travail d'& ...

@

L AUBERGE ESPAGNOLE, Cedric Klapisch 2002, Romain Duris, Cecile de France (sentimental)@@@


Xavier, 25 ans, part achever son DEA de sciences économiques à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Il quitte sa petite amie Martine pour une année. Lorsqu'il débarque en Espagne, il fait la connaissance d'un jeune couple de Français chez qui il va habiter, le temps de trouver un logement. Il finit par trouver un appartement à partager avec six colocataires venus de toute l'Europe...

TELERAMA
La construction européenne, selon Klapisch : humour léger, trait satirique et précis…
Xavier suit sa dernière année d’études en économie à Barcelone, où il cohabite avec sept autres étudiants venus de toute l’Europe. Le moteur de l’action, c’est la construction européenne à l’échelle d’un appartement — assez vaste pour la contenir en entier, mais trop exigu pour éviter les frictions quotidiennes.

L’échantillon est trop parfait pour échapper aux clichés, mais Klapisch explore le caractère de chacun comme il dévoile la ville de Barcelone : avec une apparente désinvolture, par touches légères mais précises. Dans cette « auberge espagnole », on trouve de tout, mais rien n’est mieux que les scènes de comédie : le cours de rattrapage sur le plaisir féminin donné au héros éberlué par la copine lesbienne… Ainsi, l’espèce de dilettantisme narratif finit par dégager un vrai charme : celui que crée une distance amusée avec un sujet que des cinéastes plus « sérieux » auraient qualifié de « sociétal ».
L AUBERGE ESPAGNOLE, Cedric Klapisch 2002, Romain Duris, Cecile de France (sentimental)@@@ (E)
Xavier, 25 ans, part achever son DEA de sciences économiques à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus. Il quitte sa petite amie Martine pour une année. Lorsqu'il débarque en Espagne, il fait la connaissance ...

@

L AVARE Jean Girault 1980, Louis de Funes, Michel Galabru@


Harpagon a deux enfants. Élise est amoureuse de Valère, l'intendant de la maison, tandis que Cléante s'est épris de Marianne, une jeune voisine. Cependant, leur père n'a qu'une passion, qu'un seul centre d'intérêt: l'argent. Il y a donc fort peu de chance qu'il consente à ces mariages modestes.
L AVARE Jean Girault 1980, Louis de Funes, Michel Galabru@ (E)
Harpagon a deux enfants. Élise est amoureuse de Valère, l'intendant de la maison, tandis que Cléante s'est épris de Marianne, une jeune voisine. Cependant, leur père n'a qu'une passion, qu'un seul centre d ...

@

L AVENIR, Mia Hansen-Løve 2016, Isabelle Huppert (drame sentimental)@@


Nathalie aime passionnément son métier de professeur de philosophie. Mariée à un autre enseignant et mère de deux enfants désormais grands, elle partage son quotidien entre ses cours, les ouvrages de philosophie auxquels elle collabore, et sa mère, un ancien mannequin qui n'a plus toute sa tête. C'est alors que tout s'effrondre. Son mari lui annonce qu'il la quitte pour une autre femme. Nathalie, soudain libre, décide de prendre un nouveau départ. Elle part dans le Vercors rejoindre un ancien élève, un jeune homme libertaire et hippie, aux antipodes de son existence bourgeoise...

TELERAMA
Le portrait pudique d’une quinquagénaire malmenée par la vie. Un film d’une douceur inattendue.
Alors que tout semblait paisible, harmonieux, voilà que la souffrance s’annonce dans ce portrait de quinquagénaire, prof de philo : son mari la quitte. Mais la douleur est tempérée par tout un faisceau d’autres sensations. L’Avenir séduit par sa distanciation pudique, son absence de pathos. Mia Hansen-Løve raconte, dessine plus qu’elle n’explique, en filmant son héroïne comme un personnage à la croisée des chemins. Peu après avoir appris qu’elle allait désormais devoir vivre seule, on voit Nathalie au soleil, sur la pelouse d’un parc parisien. Au chagrin, la réalisatrice joint une douceur suspendue. Des idées circulent, il y a de la passion, des élans. Le film accorde autant d’importance aux silences qu’aux mots, à la poésie colorée des paysages — de la Bretagne à marée basse au Vercors doré — qu’aux citations de Rousseau ou de Pascal. L’humour s’invite aussi, avec ce gros chat noir capricieux nommé Pandora. Et puis il y a Isabelle Huppert, émouvante, qui ne cesse de trotter, dans la panique. Et qui chemine aussi, ouverte à tous les possibles, dans un présent qui semble infini.
L AVENIR, Mia Hansen-Løve 2016, Isabelle Huppert (drame sentimental)@@ (E)
Nathalie aime passionnément son métier de professeur de philosophie. Mariée à un autre enseignant et mère de deux enfants désormais grands, elle partage son quotidien entre ses cours, les ouvrages d ...

@

L AVENTURE C EST L AVENTURE, Claude Lelouch, Lino Ventura, Jacques Brel, Aldo Maccione (policier)@@


Des truands de la vieille école délaissent leurs méthodes traditionnelles, devenues démodées, afin de se recycler dans les affaires et la politique. Ils se lancent donc dans de plus rentables enlèvements de stars du show-biz, de diplomates et autres leaders suprêmes. Ces malfrats, grands amateurs de spaghettis, parcourent le monde en utilisant les contradictions de l'époque. Élevant la maladresse au rang d'art, ils emportent le magot à chacun de leurs candides méfaits.

TELERAMA
Voilà le genre de film dont on gardait un souvenir amusé. À le revoir, on déchante. La faute à un scénario décousu qu’on soupçonne improvisé. Mais les comédiens profitent de cette anarchie. On rit souvent de leurs inventions complices : le débutant Aldo Maccione et sa démarche de séducteur, Brel en pirate de l’air belge. C’est ­aussi cela, Lelouch : tirer le meilleur parti des comédiens…
L AVENTURE C EST L AVENTURE, Claude Lelouch, Lino Ventura, Jacques Brel, Aldo Maccione (policier)@@ (E)
Des truands de la vieille école délaissent leurs méthodes traditionnelles, devenues démodées, afin de se recycler dans les affaires et la politique. Ils se lancent donc dans de plus rentables enlève ...

@

L AVOCAT, Cedric Anger 2010, Benoit Magimel, Gilbert Melki (thriller)@


Tout juste reçu au barreau, Léo est d’ores et déjà un avocat destiné à un grand avenir. Les clients les plus prestigieux ne manquent pas de faire appel à son talent inné pour le droit des affaires. Mais les apparences sont trompeuses, et Léo découvre bientôt derrière les entreprises qu’il défend les tentacules d’une organisation mafieuse. Bientôt, son sulfureux client l’entraîne sournoisement dans l’illégalité la plus grande, et une spirale de danger et de violence se referme autour de lui. Léo se retrouve confronté au choix le plus cornélien : comment sauver sa vie sans trahir son client ?

TELERAMA
Léo est un jeune avocat qui s'est fait tout seul. Il est doué, reconnu par ses pairs, mais il lui manque quelque chose pour assouvir pleinement son ambition. Il le trouve en la personne de Paul Vanoni, un entrepreneur spécialisé dans le retraitement des déchets, soupçonné d'être un parrain local, qui lui demande d'être son avocat. L'argent, le danger, tout cela attire Léo, qui accepte. Et met, du coup, le pied dans un engrenage infernal.

Le Tueur, premier long métrage remarqué de Cédric Anger, était un polar d'hiver à la Melville, peu loquace, pas loin de l'épure, de l'abstraction ; celui-ci est éloquent, assez réaliste, au risque parfois de manquer de mystère. Le réalisateur associe film de genre et description d'un métier (avocat), baigne dans la lumière chaude du Sud (du côté de Montpellier) mais sur fond de décharges et de corruption. De quoi Léo, grand professionnel, est-il coupable ? De trahir son idéal de la justice ou son premier cercle d'amis, Paul, et surtout le bras droit de ce dernier, un nerveux imprévisible joué par Samir Guesmi (l'acteur le plus surprenant du film) ? On ne devine qu'à la fin le vrai sujet : le portrait en creux d'un avocat incapable de choisir, qui défend les autres surtout pour se protéger de sa vanité et de sa peur.

L AVOCAT, Cedric Anger 2010, Benoit Magimel, Gilbert Melki (thriller)@ (E)
Tout juste reçu au barreau, Léo est d’ores et déjà un avocat destiné à un grand avenir. Les clients les plus prestigieux ne manquent pas de faire appel à son talent inné pour le ...

@

L ECHANGE, Clint Eastwood 2008, Angelina Jolie, John Malkovich (thriller)@@@


Los Angeles, 1928. Christine dit au revoir à son petit garçon, Walter, et s'en va travailler comme chaque matin. A son retour chez elle, Walter s'est volatilisé. Elle part immédiatement à sa recherche et remue ciel et terre pour le retrouver. Quelques mois plus tard, un petit garçon affirmant être Walter lui est rendu. Christine le ramène chez elle mais, au plus profond d'elle, elle est certaine qu'il n'est pas son fils. Qui est-il et, surtout, où est son fils ?

TELERAMA
Composite, sinon bancal (Eastwood loupe complètement la scène clé de son récit), le film reste intéressant pour ses zones d’ombre et pour son interprète inattendue, Angelina Jolie, qui exprime une vulnérabilité de plus en plus émouvante.

Ce phénomène étrange a bien eu lieu à Los Angeles, en 1928 : une mère, dont le fils avait été enlevé, s’est laissé convaincre par la police de reconnaître un enfant qu’elle savait ne pas être le sien. Mais la véracité n’est pas toujours une garantie de vérité à l’écran, et Clint Eastwood peine à mettre en scène ce moment inaugural, inconcevable bien que tiré d’une histoire réelle.

Puis l’art hollywoodien de raconter les histoires opère. L’héroïne recherche son fils, désespérément. La situation prend corps, sur fond de corruption des autorités judiciaires et politiques. Et beaucoup d’éléments intrigants viennent bousculer à bon escient le classicisme du film. Comme le choix d’Angelina Jolie pour tenir le rôle principal. Contre toute attente, la vamp la plus robotique des années 2000 exprime une vulnérabilité de plus en plus émouvante, échalas glissant sur ses patins à roulettes d’opératrice en chef des télécoms — belle idée qui dit en même temps l’aise et l’entrave. Le scénario ne lui épargne aucune cruauté, et elle rejoint à la fin les grandes figures du mélodrame à l’ancienne, élégante et radieuse dans son malheur.

A Los Angeles, en 1928, Christine Collins, mère célibataire, travaille au standard téléphonique du Pacific Electric. Un matin, sollicitée pour remplacer une collègue malade, elle laisse à la maison son fils Walter, 9 ans. Quand elle rentre le soir, elle découvre qu'il a disparu. Après l'avoir cherché dans tout le quartier, elle prévient la police, qui attend 24 heures avant de lancer des recherches. Quelques semaines plus tard, le chef de la brigade des mineurs, le capitaine Jones, lui annonce qu'on a retrouvé Walter. Tremblante, puis stupéfaite, Christine découvre sur le quai de la gare que l'enfant qu'on lui rend n'est pas le sien. Mais personne ne veut l'écouter, à l'exception d'un pasteur presbytérien, engagé dans une croisade contre la corruption de la police...
L ECHANGE, Clint Eastwood 2008, Angelina Jolie, John Malkovich (thriller)@@@ (E)
Los Angeles, 1928. Christine dit au revoir à son petit garçon, Walter, et s'en va travailler comme chaque matin. A son retour chez elle, Walter s'est volatilisé. Elle part immédiatement à sa recherche et r ...

@

L ECLIPSE, Michelangelo Antonioni 1962, Alain Delon, Monica Vitti (drame sentimental)@@@


Malgré les supplications de Riccardo, son amant, Vittoria rompt avec lui, après trois années passées à ses côtés. Fatiguée d'une vie qu'elle considère sans amour, elle s'interroge. Mais sa rencontre avec Piero, un jeune agent de change ambitieux et cynique qui la séduit, va changer son existence.

TELERAMA
Scènes de la vie conjugale. Antonioni écorne son étiquette de “cinéaste de l’incommunicabilité” et prouve que le salut de l’homme passe par l’extrasensorialité.

Antonioni sortait de L’Avventura et de La Notte, il avait déjà filmé la jeunesse bourgeoise en voie de pétrification, sur fond d’essor économique. Avec L’Éclipse, il porte le geste à la perfection en suivant la sublime Monica Vitti d’un homme à un autre, c’est-à-dire, en l’occurrence, de la solitude à la solitude.

Car si l’ancien fiancé respirait l’ennui, le nouveau soupirant, un trader (modèle 1962), appartient à un monde où les choses et l’argent ont déjà pris possession des esprits, insidieusement. La découverte de cette hideur cachée chez un garçon magnifique (Alain Delon) et enjoué, voilà qui met fin pour toujours à la possibilité de l’amour. La Bourse, loterie violente, est désormais, en cas de pertes, le seul lieu où l’on pleure de vraies larmes. Le désert de l’existence s’étend à perte de vue, et Antonioni peut alors donner l’assaut final : ce rendez-vous où ni elle ni lui ne viennent, et où seul notre regard enregistre l’absence. D’autres cinéastes se seraient contentés pour cela d’un plan furtif. Le maître italien, lui, s’éternise en un cortège grandiose d’images urbaines désolées. Derrière sa sophistication altière, le film est plus romantique qu’on ne le dit, pour montrer ainsi, comme une catastrophe absolue, l’éclipse des sentiments.

L ECLIPSE, Michelangelo Antonioni 1962, Alain Delon, Monica Vitti (drame sentimental)@@@ (E)
Malgré les supplications de Riccardo, son amant, Vittoria rompt avec lui, après trois années passées à ses côtés. Fatiguée d'une vie qu'elle considère sans amour, elle s'interrog ...

@

L ECOLE BUISSONIERE, Nicolas Vanier 2017, François Cluzet, Eric Elmosnino (nature societe)@@


A Paris, en 1930, Célestine, une employée de maison douce et gentille, prend sous aile Paul, un petit Parisien orphelin. Ensemble, ils partent rejoindre Borel, le mari de Célestine, un garde-chasse bougon qui officie dans un vaste domaine en Sologne. Au grand dam de Borel, Paul devient ami avec Totoche, un braconnier et pêcheur à la mouche émérite qui n'a que faire du droit de propriété. Totoche apprend la nature et ses animaux à Paul, émerveillé. Lorsque le comte de la Fresnaye, l'employeur de Célestine et Borel, décide d'organiser une chasse à courre pour abattre un sublime cerf, Totoche et Paul vont tout faire pour que l'animal échappe au danger

TELERAMA
Dans le genre du “c’était mieux avant”, le cinéma français a fait bien pire. Mais le cabotinage de François Cluzet et d’Éric Elmosnino ne passe pas.
Après avoir parcouru le Grand Nord canadien () et la Sibérie (Loup), le réalisateur explorateur solognot Nicolas Vanier a tourné au pays ce mélo rétro pour public familial. Le film célèbre sans se presser les petits bonheurs des promenades dans les bois, de la cueillette des champignons, de la pêche… bref, comme les définit une célèbre publicité pour du jambon sous vide, « des choses simples »… Soyons honnêtes : dans le genre du « c’était mieux avant », Jean Becker a fait bien pire (Les Enfants du marais). Et les superbes images de la forêt et de sa faune ont de quoi séduire les citadins les plus réfractaires aux joies de la nature. Problème, François Cluzet (alias le braconnier « Totoche ») et Éric Elmosnino (en garde-chasse bas du front) sont insupportables de cabotinage.
L ECOLE BUISSONIERE, Nicolas Vanier 2017, François Cluzet, Eric Elmosnino (nature societe)@@ (E)
A Paris, en 1930, Célestine, une employée de maison douce et gentille, prend sous aile Paul, un petit Parisien orphelin. Ensemble, ils partent rejoindre Borel, le mari de Célestine, un garde-chasse bougon qui officie da ...

@

L ECOLE DES ESPIONS, Elsa Bennett 2024, Pascal Elbé, Thierry Godard (espionnage)@


Les jeunes Zana, Inès, Alex, François, Pierre viennent d'intégrer l'École des espions. Ils vont faire connaissance avec leurs enseignants pour apprendre la stratégie et la pratique de l'espionnage, l'histoire du renseignement international, le maniement des armes, la maîtrise des technologies modernes, alors que l'école va faire l'objet de l'intrusion violente d'un service étranger.

TELERAMA
La vie au sein de l’école des espions, qui forme les futurs agents secrets de la République. Un téléfilm mal écrit et bourré de situations improbables.

Ils ont la vingtaine à peine et viennent d’intégrer « l’école des espions ». Cachée dans une forêt isolée et protégée par un impressionnant dispositif de sécurité, cette mystérieuse institution forme les futurs agents secrets de la République. Sous la férule du directeur Philippe Lombard, les étudiants apprennent à ne pas se faire repérer, à se défendre au corps-à-corps… L’enseignement est rude et les élèves ont parfois du mal à tenir le coup. Mais tandis que des amitiés et des amours naissent entre eux, un service étranger tente de s’introduire dans l’école.

Sorte de croisement entre Harry Potter et Le Bureau des légendes, le pitch de ce téléfilm était plein de promesses. Hélas, la bonne idée de départ est gâchée par un scénario quelconque et des dialogues indigents. Que sont venus faire Pascal Elbé ou Lubna Azabal dans cette galère ? Il n’y a pas grand-chose de crédible ici, que ce soient les personnages, dépourvus de toute épaisseur (le hacker rebelle, le fils de bonne famille en rupture de ban avec son paternel…), ou les situations, plus improbables les unes que les autres (mention spéciale aux cours d’« espionnage » subis par les élèves, franchement grotesques). Les vrais agents secrets qui tomberont sur cette École des espions risquent de bien rigoler…
L ECOLE DES ESPIONS, Elsa Bennett 2024, Pascal Elbé, Thierry Godard (espionnage)@ (E)
Les jeunes Zana, Inès, Alex, François, Pierre viennent d'intégrer l'École des espions. Ils vont faire connaissance avec leurs enseignants pour apprendre la stratégie et la pratique de l'espionnage, l'histo ...

@

L ECOLE EST FINIE, Anne Depetrini 2018, Bérengère Krief, Grégory Fitoussi (drame societe)@


Agathe Langlois, parisienne jusqu'au bout de ses ongles bien vernis, a tout pour être heureuse : une famille qu'elle adore, une super bande de copines et elle vient d'être titularisée comme professeure d'anglais. Toutefois, quand elle apprend qu'elle est mutée à des centaines de kilomètres de chez elle, en plein campagne, c'est la douche froide. Les pieds dans la boue, à Trouilly-sur-Celles, la bonne humeur d'Agathe va être mise à rude épreuve et bien des surprises vont l'attendre.

TELERAMA
L ECOLE EST FINIE, Anne Depetrini 2018, Bérengère Krief, Grégory Fitoussi (drame societe)@ (E)
Agathe Langlois, parisienne jusqu'au bout de ses ongles bien vernis, a tout pour être heureuse : une famille qu'elle adore, une super bande de copines et elle vient d'être titularisée comme professeure d'anglais. Toutefoi ...

@

L EFFRONTEE, Claude Miller 1985, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont


Charlotte, treize ans, vit au bord du lac Léman, avec son père Antoine, son frère aîné, Jacky, et Léone, sa "nounou," autrement dit la jeune femme qui l'a élevée. Charlotte est une adolescente plutôt timide et rêveuse qui est fascinée par une pianiste prodige de son âge.
L EFFRONTEE, Claude Miller 1985, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont (E)
Charlotte, treize ans, vit au bord du lac Léman, avec son père Antoine, son frère aîné, Jacky, et Léone, sa "nounou," autrement dit la jeune femme qui l'a élevée. Charlotte es ...

@

L EMBARRAS DU CHOIX, Eric Lavaine 2017, Alexandra Lamy, Arnaud Ducret (comique)@


La vie est jalonnée de petites et grandes décisions à prendre. Le problème de Juliette, c'est qu'elle est totalement incapable de se décider sur quoi que ce soit. Alors, même à 40 ans, elle demande encore à son père et à ses deux meilleures amies de tout choisir pour elle.

TELERAMA
Une femme, perpétuellement indécise, se retrouve confrontée à deux demandes en mariage simultanées. Une comédie au scénario très paresseux.

Juliette souffre d’indécision chronique, ce qui fait fuir ses mecs. Elle en trouve malgré tout deux, au même moment, auxquels elle promet le mariage. pas de gags éclatants dans cette comédie qui se veut romantique mais qui s’enlise souvent dans le hors sujet. Le résultat est paresseux, surtout au regard des précédents films d’Éric Lavaine (Barbecue, Retour chez ma mère), quasiment des « chefs-d’œuvre » à côté… C’est dire.
L EMBARRAS DU CHOIX, Eric Lavaine 2017, Alexandra Lamy, Arnaud Ducret (comique)@ (E)
La vie est jalonnée de petites et grandes décisions à prendre. Le problème de Juliette, c'est qu'elle est totalement incapable de se décider sur quoi que ce soit. Alors, même à 40 ans, elle de ...

@

L EMMERDEUR Francis Veber 1973, Jacques Brel, Lino Ventura (comique thriller)@@


Ralph Milan est un tueur à gages implacable. Caché dans une chambre d'hôtel, il opère sa nouvelle mission : exécuter Louis Randoni, un fâcheux témoin, mais les préparatifs de Milan sont contrariés par la présence de François Pignon. Dans la pièce voisine, ce voyageur dépressif, abandonné par sa femme, tente de se suicider en se pendant à la tuyauterie de la salle de bains et provoque une inondation dans la chambre de Milan.
L EMMERDEUR Francis Veber 1973, Jacques Brel, Lino Ventura (comique thriller)@@ (E)
Ralph Milan est un tueur à gages implacable. Caché dans une chambre d'hôtel, il opère sa nouvelle mission : exécuter Louis Randoni, un fâcheux témoin, mais les préparatifs de Milan sont ...

@

L EMMERDEUR, Francis Veber 2008, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@


Randoni doit être transféré de la prison au Palais de justice, où son témoignage risque de bouleverser l'issue d'un procès. Pour éviter cela, Ralf Milan, tueur à gages, s'est embusqué dans un hôtel situé en face du tribunal et attend de pouvoir l'abattre à son arrivée. Dans la chambre voisine se trouve François Pignon, photographe de presse venu couvrir le même procès et surtout se rapprocher de sa femme, Louise, qui vient de le quitter pour Edgar Wolf, un psychiatre. Désespéré, Pignon tente de se suicider. Ralf est contraint de lui sauver la vie. A partir de cet instant, Pignon ne cesse d'interférer dans la mission du tueur, qui finit par perdre son calme...

TELERAMA
Timsit et Berry succèdent à Brel et Ventura, qui firent merveille en 1973, mais on les croirait en fin de tournée théâtrale dans les villes d’eaux… Et quand Veber “aère” sa propre pièce, c’est navrant.

Qu’est-ce qui a poussé Francis Veber à porter à l’écran sa propre pièce, L’Emmerdeur, trente-cinq ans après la version de référence, signée Edouard Molinaro ? Sans doute le succès de la récente reprise au théâtre et peut-être aussi, la vision du film en donne l’indice, une sérieuse panne d’inspiration. De fait, même en essayant d’oublier les prestations originales de Lino Ventura et surtout de Jacques Brel, génial, quelque chose manque à Richard Berry et Patrick Timsit, « repreneurs » des rôles : un je-ne-sais-quoi qui immergerait le spectateur dans la fiction, lui ferait croire au récit.

On voit plutôt deux vieux routiers du jeu emballer une « dernière », festival de trucs d’acteur avant l’ultime baisser de rideau : changements de ton artificiels pour Timsit, tantôt amoureux éperdu, tantôt Machiavel du pauvre ; colères surjouées de Richard Berry, tueur à gages gêné dans l’exercice de son métier. L’acteur s’en sort mieux dans une séance de tics qui, inévitablement, déclenche le rire. Par ailleurs, tout ce qui « aère » maladroitement l’action, comme les apparitions récurrentes de Michel Aumont entre diarrhée et vomi, franchit les limites du regardable.
L EMMERDEUR, Francis Veber 2008, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@ (E)
Randoni doit être transféré de la prison au Palais de justice, où son témoignage risque de bouleverser l'issue d'un procès. Pour éviter cela, Ralf Milan, tueur à gages, s'est embusqu&ea ...

@

L EMPIRE DE LA PASSION, Nagisa Oshima 1978, Tatsuya Fuji, Kazuko Yoshiyuki drame)@@


Un village japonais en 1895. Le vieux conducteur de pousse-pousse Gisaburo n'a plus la force, le soir, d'honorer sa femme, Seki. Insatisfaite sexuellement, elle trouve un amant en la personne du jeune Toyoji, de retour du service militaire. Le mari, devenu encombrant, est étranglé et jeté dans un puits. Cependant, les amants criminels sont contraints à la prudence car une enquête est ouverte et le fantôme de Gisaburo apparaît.

TELERAMA
“ Crime et châtiment. Monde crépusculaire, sensuel et fantomatique pour un film dont le titre exprime bien le sens ultime. Neige et brouillard ”
“ La sexualité féminine comme figure de résistance pour échapper à une société oppressive‚ dont les fantômes sont les spectres...! ”
L EMPIRE DE LA PASSION, Nagisa Oshima 1978, Tatsuya Fuji, Kazuko Yoshiyuki drame)@@ (E)
Un village japonais en 1895. Le vieux conducteur de pousse-pousse Gisaburo n'a plus la force, le soir, d'honorer sa femme, Seki. Insatisfaite sexuellement, elle trouve un amant en la personne du jeune Toyoji, de retour du service militaire. ...

@

L EMPIRE DES SENS, Nagisa Ōshima 1976, Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji (film e)@@


Kichizo, le propriétaire d'une auberge, a des pulsions sexuelles qu'il a bien du mal à contrôler. Notamment envers Sada, sa servante, une ancienne geisha. Ils entament une relation qui va les entraîner dans une escalade érotique sans limites. Ne réfrénant plus ses ardeurs, Kichizo devient violent avec les femmes qu'il fréquente. Tandis que Sada s'oublie dans les bras d'autres hommes, en pensant à Kichizo.

TELERAMA
Sa sortie, en 1976, créa un scandale au Japon : c'était la première fois qu'on y montrait l'acte sexuel sans détour. Le film fut censuré ; Oshima, poursuivi. Depuis, les moeurs ont un peu évolué. L'Empire des sens, lui, reste inépuisable. Aujourd'hui comme hier, il nourrit bien des interprétations, signe d'une évidente santé.

A l'origine, le film devait s'appeler Corrida de l'amour. Il s'agit bien en effet d'une cérémonie sacrificielle, fascinante et dérangeante. Ce qui est en jeu, ici, c'est la puissance dévorante du sexe, son obsession, sa spirale infernale. Plus Sada et Kichizo font l'amour, plus ils s'éloignent imperceptiblement du monde, mais aussi l'un de l'autre. Car le désir de Sada est sans fin. Dans cette histoire d'amour absolu, tout est magnifiquement ­réduit à la taille d'un sexe d'homme. Point de lyrisme ni d'obscénité, mais une vision poétiquement triviale, dépassionnée, joyeuse (le couple rit souvent) et morbide. Le huis clos se transforme peu à peu en piège étouffant et jouissif à la fois, où les limites de la vie et du plaisir sont sans cesse repoussées. Et c'est, en toute logique, que la mort couronne cette relation charnelle, violente et mystérieuse
L EMPIRE DES SENS, Nagisa Ōshima 1976, Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji (film e)@@ (E)
Kichizo, le propriétaire d'une auberge, a des pulsions sexuelles qu'il a bien du mal à contrôler. Notamment envers Sada, sa servante, une ancienne geisha. Ils entament une relation qui va les entraîner dans une esc ...

@

L ENCHANTEUR, Philippe Lefebvre 2023, Charles Berling, Claire de La Rüe du Can


En 1975, Romain Gary fait incarner Émile Ajar par son petit cousin Paul Pavlowitch. Tout le monde tombe dans le panneau, sauf une jeune étudiante originaire de Nice, où Gary a passé une partie de son enfance, fraîchement montée à Paris pour étudier la littérature à la Sorbonne. Elle est persuadée qu'Émile Ajar et Romain Gary sont un seul et même écrivain. Elle va le trouver rue du Bac, où vit l'écrivain, pour le confronter.
L ENCHANTEUR, Philippe Lefebvre 2023, Charles Berling, Claire de La Rüe du Can (E)
En 1975, Romain Gary fait incarner Émile Ajar par son petit cousin Paul Pavlowitch. Tout le monde tombe dans le panneau, sauf une jeune étudiante originaire de Nice, où Gary a passé une partie de son enfance, fra ...

@

L ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE, Takis Candilis 2024, Samy Baaroun, Bernard Campan (thriller social)@


La vie d'Alexandre Varda, un puissant promoteur immobilier d'origine grecque, bascule soudainement lorsqu'il se fait licencier par ses actionnaires et apprend, le même jour, le décès de sa fille qu'il n'avait pas vue depuis 12 ans. Il décide alors de partir en Grèce pour rapatrier le corps. Là-bas, il découvre qu'il est le grand-père d'un petit garçon de neuf ans, atteint d'un syndrome autistique.

TELERAMA
En Grèce, un architecte français rencontre l’enfant autiste de sa fille, qui vient de mourir.
Un architecte passé homme d’affaires arrive sur l’île grecque où sa fille vient de mourir : elle laisse un enfant autiste et une maison menacée par un affreux projet immobilier… Les motifs du roman de Metin Arditi paraissent bien lourds dans cette adaptation où chaque personnage est replié sur une gravité sans surprise. L’étrange poésie de l’orphelin, qui a un rapport maniaque mais magique avec les nombres, semble, de même, une figure imposée. Il manque une vitalité qu’aurait pu apporter le décor de l’île de Spetses, rendue trop familière par le réalisateur, d’origine grecque. Seul Bernard Campan trouve la note sobrement juste pour nous faire traverser ce drame familial qui va vers l’espoir.
L ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE, Takis Candilis 2024, Samy Baaroun, Bernard Campan (thriller social)@ (E)
La vie d'Alexandre Varda, un puissant promoteur immobilier d'origine grecque, bascule soudainement lorsqu'il se fait licencier par ses actionnaires et apprend, le même jour, le décès de sa fille qu'il n'avait pas vue dep ...

@

L ENFANT, freres Dardenne 2005, Jérémie Renier, Déborah François (societe)(palme d or)@@@


Bruno, petit truand de vingt ans, peut-il s'occuper adéquatement de l'enfant qu'il a eu avec Sonia, dix-huit ans, lui qui est obsédé par l'argent de ses trafics ? Un grand film humaniste, sur l'amour et le pardon. Et une deuxième palme d'or pour les frères Dardenne !

TELERAMA
Né de parents à peine sortis de l'oeuf, sans travail ni maison, l'enfant n'a pas de visage, ou si peu. Un petit bout de nez enfoui sous une capuche. Il n'a pas de corps non plus. Juste deux mains qui pianotent sur le blouson maternel. L'enfant a bien un prénom : Jimmy, pour l'état civil. Dans le privé, on ne s'est encore jamais adressé à lui.

Ce n'est pas la première fois que les Dardenne viennent au chevet de l'enfance blessée. Rosetta et Le Fils prêtaient déjà main-forte à de jeunes cas sociaux désespérés. Avec L'Enfant, ils font preuve d'une qualité nouvelle : la bienveillance. La force du film vient de ce qu'il se situe à hauteur de nourrisson. A première vue, Jimmy n'est qu'un paquet de chiffons. Et pourtant, ce bébé est une personne. Une éponge qui absorbe les chagrins, un miroir qui renvoie les espoirs. Un être de première importance qui doit savoir pour devenir libre. Les frères Dardenne lui apprennent tout, sans le brusquer. Comme toujours, ils osent prôner le pardon. Ils n'ont pas le culte de la noirceur. Vagabonds romantiques, les parents de Jimmy maîtrisent à merveille l'art du rétablissement. Ils ont le sens du plaisir volé, du risque grisant et de l'avenir riant. Comme Charlot, que les frères Dardenne vénèrent, avec leur kid, ils affrontent les temps modernes, et valaient bien une ruée vers la Palme d'or. — Marine Landrot
L ENFANT, freres Dardenne 2005, Jérémie Renier, Déborah François (societe)(palme d or)@@@ (E)
Bruno, petit truand de vingt ans, peut-il s'occuper adéquatement de l'enfant qu'il a eu avec Sonia, dix-huit ans, lui qui est obsédé par l'argent de ses trafics ? Un grand film humaniste, sur l'amour et le pardon. Et un ...

@

L ENLEVEMENT, Marco Bellocchio 2023, Paolo Pierobon, Fausto Russo Alesi (drame religion)@@


En 1858, à Bologne, les Mortara sont bouleversés quand la garde pontificale s'introduit chez eux pour enlever leur fils Edgardo, 7 ans. Bien que né dans une famille juive, l'enfant a été baptisé en cachette par sa nourrice lorsqu'à peine âgé de six mois il était tombé gravement malade. Selon le code de droit canonique, Edgardo doit désormais recevoir une éducation catholique. Soutenus par l'opinion publique, de plus en plus hostile à l'emprise du Vatican, les parents Mortara se démènent pour retrouver leur fils. Consciente de perdre du terrain en Italie, l'Eglise s'y oppose, et le combat prend une tournure politique.

TELERAMA
Scandale mondial en 1858 avec la conversion forcée d’un enfant juif arraché à sa famille par les brigades du pape-roi. L’ultime lubie d’un pouvoir papal en sursis.

De l’assassinat d’Aldo Moro, trauma transalpin « jamais cicatrisé », Marco Bellocchio a tiré un film passionnant (Buongiorno, notte, 2003) et une série magistrale (Esterno notte, 2022). Autre époque, autre rapt, autre séisme national, L’Enlèvement, présenté au dernier Festival de Cannes, narre l’arrachement d’un enfant juif à sa famille par les brigades du pape-roi, en 1858. Baptisé en secret, lorsqu’il était bébé, par une servante inquiète du salut de son âme, Edgardo Mortara, 6 ans, devient à l’insu des siens « chrétien pour l’éternité ». Et, malgré un scandale mondial, l’otage choyé d’un Pie IX au pouvoir temporel déclinant — l’unification de l’Italie, en 1870, fera définitivement déchoir ce pape, sans qu’Edgardo soit libéré pour autant.

Bon pied, bel œil, le maestro, 83 ans, signe un sacré film, récit d’un lavage de cerveau qui tourne au syndrome de Stockholm. L’enfant patiemment converti en curé abandonnera la foi de sa mère (dont l’endoctrinement aimant n’est, lui, guère questionné, si ce n’est par un grand frère athée in fine) pour celle du Saint-Père. Après Le Traître (2019), en voici donc encore un, tout excusé puisque mineur et sans défense.

C’est bien sûr à l’Église que Bellocchio, à jamais pourfendeur d’institutions, réserve ses piques, un procès, et même un drôle de cauchemar lorsque le pape (Paolo Pierobon, génialement détestable, tout en hubris onctueuse ou tonitruante) fantasme son lit cerné de rabbins venus le circoncire à son corps défendant. Fini de rire, en revanche, lorsqu’il reçoit pour de vrai des émissaires juifs du ghetto de Rome, venus plaider la cause des Mortara et contraints de se prosterner à ses pieds : « Je pourrais vous faire mal, très mal. Je pourrais vous forcer à retourner dans votre trou. » Voilà l’amour du prochain dissout à l’acide dans un antisémitisme virulent.

Scènes en miroir
Entremêlant à nouveau l’intime et le politique, le cinéaste bâtit de captivantes scènes en miroir : la mère cachant son fils sous ses jupes pour le soustraire à ses kidnappeurs ; le pape le dissimulant sous son habit rouge pour le favoriser dans une partie de cache-cache. Comment Edgardo n’y perdrait-il pas ses repères ? Quand il ne fait pas d’humour grinçant, le film procède par mouvements musicaux, opératiques, avec violons sur des images de chevaux galopant dans la nuit, accents déchirants sur la mamma sommée de déguerpir ou sur le père au désespoir se frappant la tête dans un tribunal désert. Puissamment orchestrées, ces ascensions émotionnelles, imparables crève-cœur, relèvent de la manière forte de l’artiste, à l’œuvre dans Vincere (2009) par exemple — la tragédie d’une femme folle d’amour pour le Duce, qui finit internée avec les fous tout court.

À lire aussi :

Marco Bellocchio : “J’ai envoyé une copie de ‘L’Enlèvement’ au Vatican”

Après la séduction virile du fascisme, l’emprise de l’Église, dépeinte ici dans sa beauté morbide (partout, des Christ endoloris et sanguinolents, au point qu’Edgardo rêve une nuit qu’il en décloue un, vivant, du crucifix) et ses rituels de soumission : parce qu’il a fait tomber Sa Sainteté dans un excès d’enthousiasme dévot, le jeune homme doit, en signe de contrition, tracer des croix sur le sol avec sa langue. Une autre chute s’annonce, celle des États pontificaux, triomphe tempéré par le regard affligé de Bellocchio sur son héros qui, jusqu’au bout, espérera convertir les siens.
L ENLEVEMENT, Marco Bellocchio 2023, Paolo Pierobon, Fausto Russo Alesi (drame religion)@@ (E)
En 1858, à Bologne, les Mortara sont bouleversés quand la garde pontificale s'introduit chez eux pour enlever leur fils Edgardo, 7 ans. Bien que né dans une famille juive, l'enfant a été baptisé en ...

@

L ENQUETE CORSE, Alain Berberian 2004, Christian Clavier, Jean Reno (comique)@@


Détective parisien branché s'estimant aussi irrésistible avec les femmes que dans le business, Rémi François, alias Jack Palmer, a finalement accepté la mission que vient de lui confier un obscur petit notaire de province. Il doit mettre la main sur Ange Léoni, un citoyen corse introuvable qui a hérité d'un confortable pactole. Une véritable promenade de santé pour Jack Palmer rompu aux missions infiniment plus délicates.
L ENQUETE CORSE, Alain Berberian 2004, Christian Clavier, Jean Reno (comique)@@ (E)
Détective parisien branché s'estimant aussi irrésistible avec les femmes que dans le business, Rémi François, alias Jack Palmer, a finalement accepté la mission que vient de lui confier un obscur pe ...

@

L ENVOL, Pietro Marcello 2022, Juliette Jouan, Raphaël Thiéry @@


En 1919, quelque part dans le Nord de la France, Juliette grandit seule avec son père, Raphaël, un soldat rescapé de la Première Guerre mondiale. Passionnée par le chant et la musique, la jeune fille solitaire fait un été la rencontre d'une magicienne qui lui promet que des voiles écarlates viendront un jour l'emmener loin de son village. Juliette ne cessera jamais de croire en la prophétie.

TELERAMA
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans un village picard, une jeune femme s’émancipe par le chant. Un conte musical élégant.

Fils de marin napolitain, peintre de formation, cinéaste autodidacte venu du documentaire, amoureux de la pellicule, Pietro Marcello compose des films organiques, quasi vibratoires, à la croisée de toutes ces influences socioculturelles. En 2019, son adaptation très libre et très personnelle de Martin Eden, transposé dans la baie de Naples, offrait au classique de Jack London un souffle inédit. Il est à nouveau question d’émancipation par l’art et de revanche sur la vie dans ce conte musical qui s’inspire lointainement des Voiles écarlates (1923), de l’écrivain soviétique Alexandre Grine (1880-1932). La gracieuse candidate à « l’envol » se prénomme Juliette, comme son interprète, la musicienne Juliette Jouan, qui fait ses débuts au cinéma avec ce rôle où elle donne aussi, merveilleusement, de la voix.

Le père bourru mais aimant est revenu au village après la Grande Guerre (Raphaël Thiéry joue un superbe colosse aux pieds d’argile et aux mains en or, gueule cassée et sculpteur sur bois). Et une drôle de « sorcière » (Noémie Lvovsky, magnifique) veille sur Juliette comme une mère de substitution. Élevée dans une ferme en Picardie, la jeune héroïne est un personnage bien plus moderne et audacieux que ne le laissaient présager les lieux et l’époque. L’imbrication du passé et du présent est, du reste, l’un des charmes du film, de la vie rurale du début du XXe siècle aux sujets d’actualité tels le matriarcat ou le féminicide…

L’hybridation s’invite aussi dans la composition de l’image à proprement parler, où l’on sent encore la patte du peintre. Autant par souci économique et écologique que par goût pour la superposition des couches et des matières, des images d’archives de l’armistice de 1918 dans la baie de Somme ou des plans d’un film de Julien Duvivier de 1930 sont insérés ici ou là. Commencé sous l’égide du Jean Renoir de Partie de campagne, L’Envol s’achève en musique sous les auspices inattendus de Jacques Demy, avec ce prince charmant-aviateur littéralement tombé du ciel incarné par Louis Garrel, deus ex machina d’un film décidément enchanteur.
L ENVOL, Pietro Marcello 2022, Juliette Jouan, Raphaël Thiéry @@ (E)
En 1919, quelque part dans le Nord de la France, Juliette grandit seule avec son père, Raphaël, un soldat rescapé de la Première Guerre mondiale. Passionnée par le chant et la musique, la jeune fille solitai ...

@

L EPREUVE DE FORCE, Clint Eastwood 1977, Clint Eastwood, Sondra Locke (thriller)@@


Après une nuit à jouer au poker, Ben Shockley est convoqué par son supérieur à la police de Phoenix, qui le charge d'une mission de routine : transférer depuis Las Vegas un témoin appelé à comparaître à un procès. Mais Shockley a le plus grand mal à convaincre Gus Mally, prostituée de luxe, de le suivre. Terrifiée, la jeune femme lui assure qu'un pari est lancé contre eux et qu'ils n'arriveront pas vivants à Phoenix.

TELERAMA
Le réalisateur s’amuse à briser le mythe en tirant le portrait d’un flic solitaire pas très solide qui doit compter sur l’aide d’une femme, prostituée, qui plus est.

Ben Shockley, flic solitaire et picoleur, est chargé d’escorter un témoin à charge de la prison de Las Vegas jusqu’à Phoenix. Surprise : le témoin est une femme. Jolie, mais indomptable. La mission se révèle beaucoup plus délicate que prévu…

On a connu Clint Eastwood plus inspiré. Reste qu’un cru moyen de sa composition vaut toujours mieux que n’importe quelle vinasse cinématographique. Un moment accusé de misogynie et de fascisme rampant pour avoir joué des justiciers un peu trop virils, Eastwood s’amuse ici à briser une part de son mythe : les flics sont des pourris, et lui-même ne tient pas toujours sur ses jambes. Contraint de se battre contre la police et la mafia, il doit compter désormais sur le secours… d’une femme ! Une prostituée de choc qui seconde un musclé un peu loser, ce n’est pas banal.

Eastwood et Sondra Locke forment un couple attachant, qui improvise sa fuite en évitant les numéros de charme. La première partie de cette aventure à travers une Amérique pittoresque est particulièrement réussie : vivante, grotesque, haletante. Dans les dernières vingt minutes, ça se gâte un peu. L’outrance et l’invraisemblance (le finale avec le bus canardé, transformé en passoire) ont beau être revendiquées, on trouve le temps un peu long. Mais, globalement, cela reste du bon spectacle.
L EPREUVE DE FORCE, Clint Eastwood 1977, Clint Eastwood, Sondra Locke (thriller)@@ (E)
Après une nuit à jouer au poker, Ben Shockley est convoqué par son supérieur à la police de Phoenix, qui le charge d'une mission de routine : transférer depuis Las Vegas un témoin appel&eacut ...

@

L ESPION QUI M AIMAIT, Lewis Gilbert 1977, Roger Moore


Pour retrouver deux sous-marins nucléaires qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l'agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi redoutable, Requin, un géant de près de deux mètres vingt quasiment indestructible et armé d'une mâchoire en acier coupante telle un rasoir. 007 devra également affronter Karl Stromberg, l'employeur de Requin, qui désire se servir des sous-marins nucléaires volés pour détruire le monde.

TELERAMA
Dixième édition filmée des aventures du fringant « double zéro sept » inventées par Ian Fleming, L'Espion qui m'aimait ne déroge à aucune des règles qui ont garanti l'effarant succès de la série : gadgets à gogo, cascades spectaculaires et p'tites pépées. A priori, rien à signaler. Pourtant, Richard Kiel, l'abominable Jaws, géant increvable à la mâchoire d'acier qui reprit plus tard du service dans Moonraker, est une sorte de curiosité touristique. La belle Barbara Bach échappe au rôle de potiche généralement dévolu à toute James Bond girl, avec un personnage un peu plus étoffé, et, grande première, les deux blocs collaborent. Roger Moore, dandy raide et distant, n'a ni le mâle charisme ni l'humour de Sean Connery, son principal concurrent en « jamesbonderie », mais, aux limites de la BD et de l'autoparodie, le film reste distrayant. — Cécile Mury
L ESPION QUI M AIMAIT, Lewis Gilbert 1977, Roger Moore (E)
Pour retrouver deux sous-marins nucléaires qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l'agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi redoutable, Requin, u ...

@

L ESPION QUI VENAIT DU FROID, Martin Ritt 1965, Richard Burton, Oskar Werner, Claire Bloom (espionnage)@@@


Pendant la guerre froide, un agent secret britannique, Leamas, se met en retraite après avoir été officiellement démis de ses fonctions. Les services secrets de l'Est le contactent et il passe le rideau de fer, apparemment prêt à fournir des renseignements sur les réseaux britanniques en Allemagne de l'Est.

TELERAMA
Martin Ritt livre une fidèle adaptation de John le Carré, en se concentrant sur la mécanique implacable de l’espionnage. Un must du genre. Burton est magnifique.

Leamas, admirablement interprété par un Richard Burton qui passe de l’abattement à l’ivresse, de la tendresse à la froideur la plus absolue, est un homme et non pas une mécanique parfaitement maîtrisée. Ce qui intéresse le romancier John Le Carré et qui a visiblement fasciné Martin Ritt, c’est la logique mathématique et perverse des services de renseignements.

Ici, tout est billard. Le jeu, même à mort, doit demeurer un jeu. Pas de place pour le sentiment. Tout dans l’image dit l’enfermement, l’absence d’issue. Aucune échappée belle. Il y a des murs partout. Prisonniers de leurs désirs, de leurs fantasmes, de leur désespoir, les personnages sont tous les jouets d’instances supérieures qui les manipulent. Ce film d’une angoissante lenteur et d’un noir et blanc très sombre est loin des exploits sportifs et des images chocs d’un James Bond. C’est une inquiétante tragédie de l’ombre.
L ESPION QUI VENAIT DU FROID, Martin Ritt 1965, Richard Burton, Oskar Werner, Claire Bloom (espionnage)@@@ (E)
Pendant la guerre froide, un agent secret britannique, Leamas, se met en retraite après avoir été officiellement démis de ses fonctions. Les services secrets de l'Est le contactent et il passe le rideau de fer, a ...

@

L ESPRIT DE FAMILLE, Eric Besnard 2019, Guillaume de Tonquedec, Francois Berleand, Josiane Balasko, Isabelle Carre (comique)@


Un écrivain doit faire face au brusque décès de son père, mais après l'enterrement, ce dernier lui réapparaît. Passées la sidération et l'incrédulité, il va devoir apprendre à vivre avec ce facétieux compagnon, toutefois, il est difficile d'expliquer la situation aux siens, car il est le seul à pouvoir le voir. Cette présence perturbante va créer un séisme dans la famille.
L ESPRIT DE FAMILLE, Eric Besnard 2019, Guillaume de Tonquedec, Francois Berleand, Josiane Balasko, Isabelle Carre (comique)@ (E)
Un écrivain doit faire face au brusque décès de son père, mais après l'enterrement, ce dernier lui réapparaît. Passées la sidération et l'incrédulité, il va devoir ...

@

L ETABLI, Swann Arlaud 2023, Melanie Thierry, Olivier Gourmet, Denis Podalydes (thriller social)@@


Après ses études à l'Ecole normale supérieure, Robert se fait embaucher chez Citroën. Plusieurs mois se sont écoulés depuis les manifestations de mai 68, mais la colère est toujours présente chez ce militant d'extrême-gauche. Il souhaite raviver le feu révolutionnaire parmi les ouvriers. Si au départ ses collègues ne veulent plus entendre parler de politique, un événement fait basculer leurs regards sur la situation. Leur employeur exige qu'ils travaillent trois heures hebdomadaires supplémentaires à titre gracieux. Robert sent le vent tourner et veut désormais convaincre ses collègues de l'utilité d'un mouvement social...

TELERAMA
Retour, à la fois admiratif et critique, sur l’expérience vécue d’un prof de philo devenu ouvrier après Mai 68. Avec Swann Arlaud, très attachant.
Il a troqué ses habits de prof de philosophie pour le bleu de travail et il est devenu ouvrier chez Citroën… L’expérience dans laquelle se lança Robert Linhart quelques mois après Mai 68, et qu’il raconta dans le livre L’Établi, paru en 1978, fait naître aujourd’hui un beau personnage de cinéma, rendu très attachant par l’interprétation de Swann Arlaud. Cet intellectuel qui, à l’usine, se blesse d’emblée en commençant à travailler sur la chaîne de montage des 2 CV, apporte avec lui une fragilité, une complexité. Presque un mystère.
L ETABLI, Swann Arlaud 2023, Melanie Thierry, Olivier Gourmet, Denis Podalydes (thriller social)@@ (E)
Après ses études à l'Ecole normale supérieure, Robert se fait embaucher chez Citroën. Plusieurs mois se sont écoulés depuis les manifestations de mai 68, mais la colère est toujours pr&e ...

@

L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@


Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leurs deux filles. Cependant, l'harmonie dans sa famille est perturbée par l'arrivée de Théo, fils de Pierre né d'un précédent mariage, qui emménage chez eux. Anne entame en effet une liaison avec cet adolescent de dix-sept ans rebelle et contestataire, et cela risque de tout détruire.

TELERAMA
Le désir, le plaisir, un possible scandale. La cinéaste balaie la morale dans ce thriller amoureux porté par Léa Drucker, éblouissante.

Un monstre de froideur implacable, jusque dans le bleu abyssal de son regard. C’est la première image qu’on a d’Anne (Léa Drucker, impressionnante, créatrice d’inédit). Les yeux dans les yeux, elle interroge une jeune fille tremblante sur un ton inquisiteur. « Est-ce que tu avais bu de l’alcool ce soir-là ? Tu es sortie avec combien de garçons cette année ? Moins de dix, plus de dix ? Et tu as couché avec combien d’entre eux ? » On imagine une commissaire de police. Anne est en vérité une éminente avocate pénaliste et veut tout savoir de la jeune fille, victime d’un viol, qu’elle s’est engagée à défendre. Voilà toute sa dureté soudain relativisée. Voilà un retournement saisissant, le premier et non le dernier d’un film où l’ambivalence sera reine, jusqu’à la dernière minute. De manière cristalline, tendue.

L’Été dernier tient en haleine comme un film à suspense. Sans meurtre mais avec la transgression d’un amour fou, scandaleux, qui frappe Anne et son beau-fils, Théo (Samuel Kircher, non loin du Tadzio de Mort à Venise), âgé de 17 ans. Celui-ci est un adonis indocile et un brin arrogant, qui vivait jusque-là chez sa mère. Après une incartade de trop, son père, mari d’Anne, a décidé de le ramener chez lui. Théo arrive dans cette grande maison, écrin idéal où Pierre et Anne, couple aisé, vivent avec leurs filles, joyeuses, vives, de 6 et 7 ans.

Cette peinture du bonheur familial ne manque pas d’ironie. Il y a même des moments franchement cocasses, comme cette première scène de sexe, entre Pierre et Anne, où celle-ci s’épanche et s’excite en racontant un souvenir de dégoût, comme si elle était à table ou dans un salon. On pourrait se croire chez Chabrol. Sauf que le film, et c’est toute sa force, ne va jamais là où on l’attend. Balayant sociologie et psychologie, dépassant la morale du bien et du mal, Catherine Breillat parvient à combiner l’ironie avec le souffle a priori incompatible d’un romantisme étincelant.

Ivresse amoureuse
Élan, énergie électrique, vertige, commencent à émerger sur le Dirty Boots de Sonic Youth. Dans une lumière dorée de fin de journée, Anne, Théo et les filles s’en reviennent en décapotable d’une belle journée au lac, où ils se sont baignés. Anne et Théo se sont rapprochés. Est-elle attirée par son charme de jeune pâtre grec ? Bientôt ils s’embrassent et plus encore. Voilà Anne qui défaillit, rajeunit à vue d’œil, retrouve son éclat de jeune fille. C’est une alchimie intérieure que la cinéaste fait miraculeusement ressentir : celle de l’ivresse amoureuse qui, quel que soit l’âge où on la vit, nous ramène à l’état d’exaltation de l’adolescence et à ses sensations d’absolu.

Des années séparent la blonde mûre en robe fourreau hitchcockienne et l’archange de la Renaissance et, pourtant, ils semblent avoir soudain le même âge. La réalisatrice de Romance et de Parfait Amour ! donne à leurs étreintes un cachet particulier. Les scènes de sexe ont toujours été pour elle un enjeu capital, sans être à coup sûr picturales – c’est lorsqu’elle a naguère sacrifié parfois son talent de peintre que son cinéma a pu s’affaiblir. Ici, sa mystique de l’amour, inspirée notamment du Caravage, s’exprime avec succès (bravo à Jeanne Lapoirie, sa cheffe opératrice) à travers un art du portrait. Les gros plans magnifient la carnation et ses variations, pâle, rose, nacrée. Grâce sans joliesse – avec bave, morve et larmes. Grâce violente de ces visages déformés, transfigurés par le plaisir. Avec ce point d’orgue : la tête renversée d’Anne, gorge offerte, yeux fermés, extase au bord de la stase, faisant d’elle une gisante sublime.

L’attrait du gouffre n’est jamais loin. Un danger continu plane et prend une autre dimension dans le dernier tiers du film. Où la part de « monstruosité » d’Anne reprend le dessus, contre toute attente, et point à partir d’un long plan-séquence, silencieux, de basculement terrifiant. Il ne faut pas y voir une condamnation de l’héroïne. Celle-ci a ses raisons – en lien avec l’amour de raison, justement. Qui ne vaut pas mieux ni moins bien que la passion. Breillat ne juge pas. Si son film est une apologie certaine du désir, magnétique, irrépressible, il suggère aussi que toute passion est forcément mortifère.

L’Été dernier galvanise et dérange, sans cesser d’échapper à toute vérité figée. Même le mari dans cette histoire est plus ambigu que son image réductrice de « normopathe », reproche que lui adresse un moment son épouse avec un sourire goguenard. On peut aimer le film pour des raisons diverses, en avoir des interprétations différentes, signe de profondeur. Aujourd’hui âgée de 75 ans, Catherine Breillat, qui a survécu, rappelons-le, à un AVC la laissant hémiplégique et qui fut sous l’emprise d’un escroc (comme elle l’a raconté dans Abus de faiblesse), nous offre un tel manifeste de vigueur amorale qu’il est difficile de ne pas être admiratif.

La vie sexuelle de Catherine B
Depuis son premier roman, écrit à 18 ans (L’Homme facile), et son premier long métrage (Une vraie jeune fille, 1976), Catherine Breillat a toujours défié la terre entière, en liant cérébralité et obsession sexuelle. Réfractaire à toute famille de pensée (y compris le féminisme, qu’elle soutient et discute à la fois), elle a construit une œuvre pleine d’aplomb, à nulle autre pareille (à redécouvrir jusqu’au 24 septembre dans le cadre d’une rétrospective à la Cinémathèque française). Murielle Joudet, critique de cinéma, l’a rencontrée pour un livre d’entretiens passionnant. Qui retrace toute sa carrière, passant au crible fin chacun de ses films (quinze en tout) et révélant la réalisatrice comme une guerrière d’une intelligence très souvent foudroyante, aux antipodes du prêt-à-penser conformiste. Sa mauvaise foi et son goût forcé du paradoxe peuvent agacer parfois. N’empêche. Sur l’amour, la sexualité, l’art et la violence, les acteurs, ce livre est une mine d’or qui se dévore.
Je ne crois qu’en moi. Catherine Breillat. Entretien avec Murielle Joudet, éd. Capricci, 232 p., 17 €.
L ETE DERNIER, Catherine Breillat 2013, Lea Drucker (sentimental)@@@ (E)
Anne est une brillante avocate, spécialisée dans la défense des mineurs victimes d'abus et des adolescents en difficulté. Elle habite dans une grande villa sur les hauteurs de Paris avec son mari, Pierre, et leur ...

@

L ETE OU J AI GRANDI, Gabriele Salvatores 2005, Giuseppe Cristiano, Aitana Sánchez-Gijón (drame)@@@


Un petit village du sud de l'Italie. C'est l'été, Michele, un garçon de 9 ans, joue avec ses amis et sa soeur non loin d'une maison abandonnée. En cherchant les lunettes de sa soeur, le garçon découvre un trou caché par une tôle. Dans ce trou est enchaîné un garçon de son âge. Paniqué par cette découverte, Michele retourne aussitôt au village et en parle à son meilleur ami. Celui-ci raconte l'histoire à ses parents et bientôt, les parents de Michele lui disent de ne plus s'occuper de cette histoire. Comprenant que les adultes ne l'aideront pas et qu'un accord tacite unit les gens du village, Michele rend régulièrement visite au garçon, qui s'appelle Filippo...

TELERAMA
Dans le sud de l’Italie des années 1970, un gamin de 10 ans vit ses dernières vacances insouciantes. La découverte d’un secret trop gros pour lui le fait basculer dans le monde violent des adultes.

Le jeune Michele vit dans les Pouilles, une région pauvre du sud de l’Italie, dans les années 70. Michele et ses amis jouent à se faire peur, pendant que les adultes complotent derrière leurs volets. Michele est à la lisière de l’adolescence, zone d’ombre où l’on aimerait devenir grand tout en craignant d’abandonner l’enfance. Alors, quand il découvre un secret qui le dépasse — un enfant sauvage séquestré sous terre —, il le garde pour lui, comme un grand.

La force du film — qui était déjà celle du livre de Niccolò Ammaniti —, c’est de se placer à hauteur d’enfant. Tout est vu à travers Michele, chaque signe est interprété par le regard de ce gamin qui se raconte un conte angoissant et fantastique. Un défi lancé au monde des adultes, dont il ne détient pas tous les codes. Michele est comme les jeunes héros de Stand by me, de Rob Reiner, qui découvraient un cadavre : visite après visite à son ami « mort vivant », il surmonte ses peurs. Son voyage initiatique, il ne le fait pas dans une barque, la nuit, comme les enfants de La Nuit du chasseur, mais sur son vélo à travers les blés plus hauts que lui. Pourtant, le parcours est le même que dans le film de Charles Laughton.

Gabriele Salvatores pose un regard tendre sur tous, enfants volontaires ou parents paumés. Il maîtrise l’équilibre entre le lyrisme des paysages et le sordide de l’histoire ; son final emphatique lui sera d’autant moins pardonné.
L ETE OU J AI GRANDI, Gabriele Salvatores 2005, Giuseppe Cristiano, Aitana Sánchez-Gijón (drame)@@@ (E)
Un petit village du sud de l'Italie. C'est l'été, Michele, un garçon de 9 ans, joue avec ses amis et sa soeur non loin d'une maison abandonnée. En cherchant les lunettes de sa soeur, le garçon décou ...

@

L ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON, David Fincher 2008, Brad Pitt, Kate Blanchett (science fiction)@@@


'Curieux destin que le mien'. Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Situé à La Nouvelle-Orléans et adapté d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, le film suit ses tribulations de 1918 à nos jours.

TELERAMA
Un homme (Brad Pitt, éternellement bien) vient au monde à 80 ans et s’achemine, au fil du temps, vers sa toute petite enfance. Une épopée surréaliste inspirée d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald.

Dans la nouvelle de Fitzgerald, Benjamin Button, l’homme à l’horloge biologique inversée, naît vieillard, avec la taille et l’intellect d’un adulte. Le film propose une variante astucieuse : le bébé Button, né en 1918, a la peau ridée d’un nonagénaire, mais le gabarit d’un nouveau-né. La superposition des âges de la vie, renouvelée tout au long du récit, décuple la force expressive de chaque mutation.

David Fincher transcende aussi, par son lyrisme, des effets spéciaux pourtant spectaculaires. Un seul exemple : il se fait déjà tard dans la vie du héros. Soudain, après une ellipse de quelques années, et face à Cate Blanchett, l’amoureuse devenue vieillissante, voilà Brad Pitt jeune, exactement comme dans Thelma et Louise. Cette prouesse technologique laisse alors toute la place à l’enchantement tragique que l’adolescence retrouvée du personnage provoque à ce stade de l’histoire. Car Benjamin Button, ce n’est pas le mythe de l’éternelle jeunesse. La sophistication surréaliste de l’argument débouche sur l’expérience tout humaine du provisoire et de la perte. Ce blockbuster high-tech réussit finalement à faire jaillir, tels les grands mélodrames, la mélancolie déchirante des adieux.
L ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON, David Fincher 2008, Brad Pitt, Kate Blanchett (science fiction)@@@ (E)
'Curieux destin que le mien'. Ainsi commence l'étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l'envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Situé à La ...

@

L ETRANGE HISTOIRE DU COUPEUR DE BOIS, Mikko Myllylahti 2022, Jarkko Lahti, Hannu-Pekka Björkman (thriller)@@


Bûcheron dans un village du nord de la Finlande, Pepe mène une vie tranquille. En quelques jours à peine, une série d'événements tragiques vient perturber la stabilité de son quotidien. Il perd son emploi, sa mère, sa femme, sa maison, ou encore sa voiture. Pourtant, rien ne semble l'atteindre, Pepe voit le verre à moitié plein en toute circonstances.

TELERAMA
Dans une petite ville finlandaise sous la neige, un bûcheron cherche son chemin. Une histoire parfois trop énigmatique mais joliment poétique, traversée de moments à la David Lynch.

La vigueur humaniste du cinéma finlandais mais aussi sa bizarrerie sont rassemblées dans cette première réalisation d’un scénariste qui aime beaucoup les histoires, comme le titre l’indique. Celle du bûcheron se développe d’une manière un peu surréaliste, au cœur de paysages enneigés où les coups de hache peuvent viser un coiffeur trop entreprenant avec ses clientes…

La cocasserie est grande, le trouble aussi quand surgit un mage hypnotiseur, personnage menaçant qui pourrait sortir d’un film de David Lynch, un des maîtres du réalisateur. Qui a su aussi, dans ce jeu de piste un peu trop énigmatique parfois, faire surgir de superbes visions de cinéma.
L ETRANGE HISTOIRE DU COUPEUR DE BOIS, Mikko Myllylahti 2022, Jarkko Lahti, Hannu-Pekka Björkman (thriller)@@ (E)
Bûcheron dans un village du nord de la Finlande, Pepe mène une vie tranquille. En quelques jours à peine, une série d'événements tragiques vient perturber la stabilité de son quotidien. Il per ...

@

L ETUDIANTE ET MONSIEUR HENRI Ivan Calberac 2015, Noemie Schmidt, Constance Piponnier, Guillaume de Tonquedec, Claude Brasseur@@


A cause de sa santé vacillante, Monsieur Henri ne peut plus vivre seul dans son appartement parisien. Particulièrement bougon, il finit néanmoins par accepter la proposition de son fils Paul de louer une chambre à une jeune étudiante.
L ETUDIANTE ET MONSIEUR HENRI Ivan Calberac 2015, Noemie Schmidt, Constance Piponnier, Guillaume de Tonquedec, Claude Brasseur@@ (E)
A cause de sa santé vacillante, Monsieur Henri ne peut plus vivre seul dans son appartement parisien. Particulièrement bougon, il finit néanmoins par accepter la proposition de son fils Paul de louer une chambre à ...

@

L ETUDIANTE, Claude Pinoteau 1988, Sophie Marceau, Vincent Lindon (sentimental)@@


Valentine, jeune et brillante étudiante, prépare son agrégation de lettres. Aussi sérieuse qu'organisée, elle n'a pas une seconde à elle et ne songe pas à l'amour. Mais la vie de la jeune femme bascule lorsqu'elle tombe sous le charme d'Edouard, un jeune musicien...
L ETUDIANTE, Claude Pinoteau 1988, Sophie Marceau, Vincent Lindon (sentimental)@@ (E)
Valentine, jeune et brillante étudiante, prépare son agrégation de lettres. Aussi sérieuse qu'organisée, elle n'a pas une seconde à elle et ne songe pas à l'amour. Mais la vie de la jeune fem ...

@

L EVADE D ALCATRAZ, Clint Eastwood 1979 (thriller)@@


Frank Morris s'est évadé de plusieurs prisons. En 1960, il est écroué et transféré au célèbre pénitencier d'Alcatraz construit sur un piton rocheux face à la côte. Il réussira, une nouvelle fois avec deux complices, à s'évader de la prison la plus surveillée des Etats Unis.

TELERAMA
Don Siegel n’explique rien, il montre. Tout dans L’Évadé d’Alcatraz est volontairement froid. Dur. Sec. Lorsque, par inadvertance, Siegel se départ de son impassibilité, cela ne lui réussit guère. Mais il sait, d’un plan, définir un « méchant », faire naître en une seule séquence une angoisse sourde autour d’un héros négatif (Patrick McGoohan, doucereux directeur de prison). Le montage, incisif et brutal, accentue encore un côté dépouillé, que parachève Clint Eastwood, comédien atone s’il en est. On peut préférer d’autres films de Siegel, mais L’Évadé d’Alcatraz est l’œuvre d’un véritable auteur.
L EVADE D ALCATRAZ, Clint Eastwood 1979 (thriller)@@ (E)
Frank Morris s'est évadé de plusieurs prisons. En 1960, il est écroué et transféré au célèbre pénitencier d'Alcatraz construit sur un piton rocheux face à la côte. ...

@

L EVEIL, Penny Marshall 1990, Robert De Niro, Robin Williams (sante drame)@@@


New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autres victimes, dans un hôpital psychiatrique du Bronx. Le docteur Malcolm Sayer, jeune chercheur en neurologie maladivement timide, ambitionne de guérir ces malades prétendument incurables et réussit à réveiller un patient plongé dans un état catatonique depuis 30 ans.

TELERAMA
Dans les années 20, une épidémie d'encéphalite léthargique frappe les Etats-Unis. Quarante ans plus tard, le timide docteur Malcolm Sayer se retrouve dans un hôpital du Bronx, où végètent quelques rescapés du terrible fléau. A défaut de pouvoir travailler dans sa spécialité, la neurologie, Malcolm accepte de soigner ces malheureux. Sa difficulté à s'exprimer devient un atout avec des patients qui, bien qu'atteints de troubles psychiques profonds, ont gardé leur intelligence intacte. Malcolm comprend rapidement que la réputation d'incurabilité qui s'attache à ces malades et qui a entravé toute tentative de traitement est infondée. Il se prend de sympathie pour l'un de ses patients, Leonard Lowe...
L EVEIL, Penny Marshall 1990, Robert De Niro, Robin Williams (sante drame)@@@ (E)
New York, 1969. Comptant parmi les derniers rescapés d'une épidémie d'encéphalite qui a frappé les États-Unis quelques décennies plus tôt, Leonard Lowe végète, avec d'autr ...

@

L EVENEMENT, Audrey Diwan 2021, Anamaria Vartolomei, Sandrine Bonnaire, Julien Frison (societe)@@@


En 1960, Anna, une étudiante brillante, tombe enceinte et voit ainsi s'éloigner la chance de terminer ses études et de se construire une belle carrière. À l'approche de ses examens finaux, alors que sa vie sociale commence à s'estomper et que son ventre grossit à une vitesse alarmante, elle est contrainte d'affronter la honte et la douleur d'un avortement. Même si cela signifie risquer une peine de prison.

TELERAMA
Lion d’or à Venise en 2021, Audrey Diwan sublime le long combat d’une étudiante pour avorter et reprendre son destin en main dans la France du début des années 1960. Une adaptation intense du livre d’Annie Ernaux.
Anamaria Vartolomei impressionne face à une Sandrine Bonnaire toujours sur le fil. Les deux actrices donnent sublimement chair aux héroïnes d’Annie Ernaux, porté à l’écran par Audrey Diwan. Rectangle Productions

Avec son deuxième film, Lion d’or à la Mostra de Venise, Audrey Diwan frappe fort en faisant sien le livre autobiographique d’Annie ­Ernaux. Elle offre aux mots neutres et crus de l’écrivaine une vraie chair de cinéma, en s’attachant à chaque pas de son héroïne grâce à un cadrage ­serré qui laisse, souvent, le reste du monde, flou, à l’arrière-plan. D’Anne, elle filme le dos, la nuque et nous place dans sa perspective affolée, avançant comme en territoire ennemi.

Elle filme aussi, bien sûr, le merveilleux visage, buté ou déformé par la douleur, de l’impressionnante Anamaria Vartolomei. En un compte à rebours angoissant s’égrènent les semaines de grossesse. Jamais film n’avait accompagné ­ainsi, jusqu’au bout, jusqu’à l’insoutenable, une héroïne soumise à la violence physique et psychologique d’un avortement clandestin. Mais avec, à chaque fois, des plans respectueux, dans la douleur comme dans la grâce. Par la singularité de sa reconstitution d’époque, à la fois précise et atmosphérique, L’Événement s’impose comme un film d’une totale modernité sur une fille enfin propriétaire de son corps.
L EVENEMENT, Audrey Diwan 2021, Anamaria Vartolomei, Sandrine Bonnaire, Julien Frison (societe)@@@ (E)
En 1960, Anna, une étudiante brillante, tombe enceinte et voit ainsi s'éloigner la chance de terminer ses études et de se construire une belle carrière. À l'approche de ses examens finaux, alors que sa vie ...

@

L EXPERIENCE INTERDITE, Joel Schumacher 1990, Julia Roberts, Kiefer Sutherland, Kevin Bacon (science fiction)@


C'est un beau jour pour mourir, s'exclame Nelson Wright, brillant étudiant en médecine qui n'a qu'une seule idée en tête: provoquer pendant quelques instants, son propre arrêt cardiaque pour savoir ce qu'il y a après la mort. Ils vont être cinq à tenter l'expérience.

TELERAMA
Nelson Wright, brillant étudiant en médecine, est tourmenté par la mort. Avec la complicité de ses amis, il décide de provoquer son propre arrêt cardiaque pour trouver une réponse à ses questions sur l'au-delà. La première expérience se déroule parfaitement. Tentés par l'aventure, ses amis essaient à leur tour et prolongent l'arrêt cardiaque le plus longtemps possible. Peu à peu, ils sont hantés par des images du passé. David revoit une petite fille qu'il persécutait, Rachel retrouve son père, Nelson est poursuivi par l'enfant dont il avait provoqué accidentellement la mort. Ils comprennent bientôt qu'ils sont allés trop loin...
L EXPERIENCE INTERDITE, Joel Schumacher 1990, Julia Roberts, Kiefer Sutherland, Kevin Bacon (science fiction)@ (E)
C'est un beau jour pour mourir, s'exclame Nelson Wright, brillant étudiant en médecine qui n'a qu'une seule idée en tête: provoquer pendant quelques instants, son propre arrêt cardiaque pour savoir ce qu'il ...

@

L EXPERT, Luis Llosa 1994, Sharon Stone, Sylvester Stallone (thriller)@


May Munro n'a qu'une idée en tête depuis des années : venger la mort de ses parents, assassinés sous ses yeux alors qu'elle était enfant. Elle demande à Ray Quick, ancien membre des services spéciaux américains, de l'aider..

TELERAMA
Sharon Stone, bombe sexuelle, engage Sylvester Stallone, expert en explosifs, pour venger la mort de ses parents. L’intrigue importe peu. On attend tous LA scène hot (sous la douche). Déception.

L'Expert tient plus du marketing que du cinéma. Réalisé avec la maîtrise que donne, parfois, le fric, il est émaillé d’explosions en tous genres : Sylvester Stallone est un expert en explosif et Sharon Stone, une bombe sexuelle ! Le scénario se contente donc d’exploiter ces deux atouts, sachant que la seconde loue les services du premier pour assouvir sa vengeance : réduire en miettes les trois méchants qui ont tué ses parents quand elle était petite.

Nos deux héros ne se rencontrent que dans la deuxième moitié du film. Jusque-là, ils dialoguent par téléphone et, trouvaille des trouvailles, Sylvester suit la belle Sharon en écoutant au walkman les enregistrements de leurs conversations. Des morceaux d’anthologie : « J’aime votre voix. Moi aussi, j’aime votre voix. » Histoire de nous faire patienter jusqu’à la scène d’amour (très hot, sous la douche, dans une salle de bains en marbre rouge), un montage parallèle nous montre Stallone faisant ses exercices de musculation et Stone se déshabillant voluptueusement. Bref, tout cela est d’une bêtise atomique. Seuls, Rod Steiger, méconnaissable en patriarche de la mafia, et James Woods, hystérique en méchant digne d’un cartoon, arrivent, de temps à autre, à susciter notre intérêt.
L EXPERT, Luis Llosa 1994, Sharon Stone, Sylvester Stallone (thriller)@ (E)
May Munro n'a qu'une idée en tête depuis des années : venger la mort de ses parents, assassinés sous ses yeux alors qu'elle était enfant. Elle demande à Ray Quick, ancien membre des services sp&eacut ...

@

L EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S. SPIVET, Jean-Pierre Jeunet 2013, Kyle Catlett, Helena Bonham Carter (road movie)@@


T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perpétuel, ce qui lui vaut de recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense et traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises.

TELERAMA
Le voyage est tout à la fois exaltant et mélancolique. La tristesse y affleure, la fantaisie s'y invite. Le ton est grave et léger. Mais c'est bien ça que raconte Jeunet ici : l'étrangeté des êtres, des choses de la vie. Et des inventeurs. — Frédéric Strauss
L EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S. SPIVET, Jean-Pierre Jeunet 2013, Kyle Catlett, Helena Bonham Carter (road movie)@@ (E)
T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perp&e ...

@

L HERITAGE, Laurent Dussaux 2024 (policier)


Un ostréiculteur réputé du bassin d'Arcachon est victime d'une tentative d'assassinat. Ses trois filles se réunissent à son chevet. Handicapé par sa blessure, l'homme est à présent incapable de gérer l'exploitation familiale. Alors que l'aînée et la cadette souhaitent vendre, la benjamine Tessa s'y oppose et décide de reprendre l'affaire malgré son inexpérience. Déterminée à prouver sa valeur à ses soeurs, elle se lance dans son projet. Parallèlement, face à l'enquête qui piétine, les trois soeurs décident de mener leurs propres investigations. Elles ignorent que leurs découvertes pourraient mettre en péril l'unité familiale...

TELERAMA
Un gendarme enquête sur la tentative d’assassinat d’un ostréiculteur du bassin d’Arcachon. Intrigue laborieuse, personnages fadasses, dialogues sans surprise… Le film tente de créer une ambiance à la Simenon, ratée.

Christophe Perrin, un ostréiculteur du bassin d’Arcachon, vient de se faire tirer dessus. Ses trois filles accourent à son chevet. Pour le capitaine Dubreuil, fraîchement arrivé dans la région, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tentative de meurtre. Mais qui pouvait bien en vouloir à Christophe, brave homme à la tête de L’Héritage, l’entreprise familiale transmise depuis des générations ? Alors que Tessa Perrin s’efforce de reprendre en charge l’exploitation, le capitaine Dubreuil mène l’enquête.

Baignant dans une lumière cafardeuse, ce téléfilm s’efforce de créer une atmosphère légèrement inquiétante à la Simenon. Hélas, difficile de se passionner pour son intrigue laborieuse, au fort parfum de déjà-vu. La faute aux personnages, dont la plupart manquent de chair (à commencer par le flic, fadasse). Et aux dialogues, dans lesquels on chercherait en vain une quelconque repartie saillante. Faute d’être surpris, on s’ennuie. Et quand arrive la révélation finale, au bout d’une heure trente interminable, on a l’impression désagréable de s’être fait voler son temps…
L HERITAGE, Laurent Dussaux 2024 (policier) (E)
Un ostréiculteur réputé du bassin d'Arcachon est victime d'une tentative d'assassinat. Ses trois filles se réunissent à son chevet. Handicapé par sa blessure, l'homme est à présent inc ...

@

L HERMINE Christian Vincent 2015, Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen (societe)@@


Michel Racine est un Président de cour d'assises redouté. Aussi dur avec lui qu'avec les autres, on l'appelle le Président à deux chiffres. Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d'homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu'il ait jamais aimée.
L HERMINE Christian Vincent 2015, Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen (societe)@@ (E)
Michel Racine est un Président de cour d'assises redouté. Aussi dur avec lui qu'avec les autres, on l'appelle le Président à deux chiffres. Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jou ...

@

L HEURE D ÉTÉ, Olivier Assayas 2008, Juliette Binoche, Charles Berling (societe)@@


C'est l'été. Frédéric, Adrienne, Jérémie, accompagnés de leurs enfants, fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier. Celle-ci a consacré toute son existence au souvenir à et la gloire de son oncle, le peintre Paul Berthier. Hélène parle à Frédéric, son aîné, de l'héritage qu'elle va lui laisser : la maison et la collection d'objets d'arts. La disparition soudaine d'Hélène, quelques mois plus tard, les oblige à se confronter aux encombrants objets du passé. Frédéric prend en charge les problèmes de succession, mais demande à ses frère et soeur leur avis sur le devenir de la maison. Cette famille, à l'apparence si heureuse, va-t-elle pouvoir rester unie ?...

TELERAMA
Chronique élégiaque sur la question de vivre avec la culture. Sentant sa fin prochaine, la légataire d’un peintre réunit ses enfants. Faut-il disperser la collection ou continuer à vivre parmi les objets du passé ? De ces questions théoriques, Olivier Assayas tire une chronique fine, qui sonde l’identité intime de chacun à l’heure de la mondialisation. La qualité de l’interprétation invite à penser au cinéma de groupe, de troupe, d’un Claude Sautet. Par ailleurs, L’Heure d’été s’approche au plus près de l’art et des musées, tout en critiquant la « muséification » du monde… Et pour un cinéaste cinéphile comme Assayas, cette histoire d’héritage pictural interroge aussi la transmission du septième art. Le musée est bien le lieu de passage « marchandisé » des troupeaux de touristes qui attrapent des bribes de culture, mais c’est aussi le temple qui inspire la terreur de la mort…

L HEURE D ÉTÉ, Olivier Assayas 2008, Juliette Binoche, Charles Berling (societe)@@ (E)
C'est l'été. Frédéric, Adrienne, Jérémie, accompagnés de leurs enfants, fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier. Celle-ci a consacré toute son existe ...

@

L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@


Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames et son epouse Catherine dont il est vaguement amoureux. Se sachant condamné, Jack demande à Harry de livrer discrètement à une certaine Gloria Lamar une enveloppe contenant une somme importante.

TELERAMA
En fait de « magie », on se référera au titre original, Twilight : c'est une lueur de crépuscule qui baigne les existences de Harry Ross (Paul Newman), flic devenu privé d'occasion, de Jack Ames (Gene Hackman) et de sa femme Catherine (Susan Sarandon), semi-retraités de Hollywood.

Hébergé par ce couple qui végète dans le luxe au bord de sa piscine, Harry se voit confier des missions épisodiques et peu glorieuses : ramener à la maison leur fille fugueuse, par exemple. Un soir, en livrant une enveloppe, Harry met le doigt dans un engrenage qui va l'amener à découvrir un secret soigneusement gardé par ses « amis ».

A l'inverse du glamour habituel aux descriptions du ciné-business, et de l'action trépidante du polar standard, l'univers que décrit ce film se révèle totalement désenchanté. On souffle, on soupire, on penche un front ridé sur une vie qui s'éteint à petit feu. On solde des comptes. Entre un Paul Newman sciemment alourdi et un Gene Hackman suavement crapuleux, Susan Sarandon compte les points avec une certaine élégance.

On ne peut en dire autant de la mise en scène poussive de Robert Benton (déjà responsable d'Un homme presque parfait, avec le même Paul Newman). Un seul suspense en fait retient l'attention : l'ami Paulo, touché d'une balle en haut de la cuisse lors du prologue, a-t-il perdu sa virilité ? Or ce suspense est trop rapidement tué pour le spectateur, qui de toute façon avait du mal à y croire.

Dans un commissariat, Harry Ross, un ancien policier devenu détective privé, est interrogé : il raconte les deux dernières années de sa vie. A l'époque, Harry avait ramené une fille fugueuse à ses parents et était devenu l'ami de ces derniers, Catherine et Jack Ames, deux comédiens célèbres. Jack, atteint d'un cancer en phase terminale, lui avait demandé de porter un paquet à une certaine Gloria Lamar. Une fois sur place, Harry avait été agressé par un homme blessé, détective lui aussi, qui devait mourir peu après. Finalement relâché, il s'était renseigné sur l'homme qui l'avait attaqué, un certain Lester Ivar, et avait découvert que celui-ci enquêtait sur le décès du premier mari de Catherine Ames...
L HEURE MAGIQUE, Robert Benton 1998, Paul Newman, Susan Sarandon, Gene Hackman (thriller)@@ (E)
Harry Ross, ancien policier devenu un privé lucide et désenchanté puis homme à tout faire pour sa riche clientèle de Los Angeles, vit à l'automne de sa vie, chez un couple de vieux amis, Jack Ames e ...

@

L HISTOIRE DE MA FEMME, Ildiko Enyedi 2021, Lea Seydoux, Louis Garrel, Gijs Naber (sentimental)@@@


Dans l’Europe des années 1920, rendue presque intemporelle par un scénario où tout se joue au plan intime, un capitaine néerlandais aux commandes de navires marchands décide de prendre femme, comme il ordonnerait de mettre le cap sur une terre nouvelle. Dans un café de Malte, il parie qu’il épousera la première venue. Elle s’appelle Lizzy, elle est française, très belle et assez étrange pour accepter d’entrer sans explication dans ce qui n’est, au fond, pas un jeu. Marié, le capitaine Jakob continue ses voyages. Puis les écourte, jusqu’à les abandonner. Sa femme est devenue sa seule odyssée. Mais il a perdu le gouvernail.

TELERAMA
Un capitaine de navire marchand décide de prendre femme... Un film passionnément romanesque, qui explore les mystères des rapports entre les deux sexes.

Le couple, la fusion de deux êtres, l’amour, la différence entre les sexes : la Hongroise Ildikó Enyedi a pour nous, hommes et femmes, une curiosité exacerbée. Elle l’avait montré dans l’audacieux Corps et âme (2017), salué par un Ours d’or au Festival de Berlin. Une distinction qui a permis à cette cinéaste discrète de s’atteler à ce film ambitieux, adapté d’un roman culte de son compatriote Milán Füst (1888-1967). Elle y a mis ses obsessions les plus chères, tout en nous donnant à voir le plus clairement possible une histoire forcément trouble, celle d’un mari et de sa femme.

À travers les étreintes et les bras de fer de ces époux, le film semble s’inspirer des courants marins pour dessiner leurs forces contraires, leurs élans contrariés. En s’appuyant sur des comédiens remarquables, Ildikó Enyedi explore la fragile solidité masculine, incarnée par Gijs Naber, qui joue le capitaine, et effeuille les contrastes de la féminité avec Léa Seydoux en Lizzy, héroïne spontanée et indéchiffrable, aimante et distante, coupable et innocente. Entre le mari et sa femme, Louis Garrel représente le parfait danger dans cette traversée qu’est le mariage. Une carte du Tendre brillamment recomposée.
L HISTOIRE DE MA FEMME, Ildiko Enyedi 2021, Lea Seydoux, Louis Garrel, Gijs Naber (sentimental)@@@ (E)
Dans l’Europe des années 1920, rendue presque intemporelle par un scénario où tout se joue au plan intime, un capitaine néerlandais aux commandes de navires marchands décide de prendre femme, comme i ...

@

L HISTOIRE SANS FIN, Wolfgang Petersen 1984, Barret Oliver, Noah Hathaway (fantastique)@@


Depuis la mort de sa mère, Bastien, dix ans, s'est replié sur lui-même et s'est bâti un monde imaginaire nourri de romans d'aventures qu'il dévore. Un jour, il découvre dans la librairie de M. Koreander un livre intitulé `L'histoire sans fin', qu'il dérobe. Dès les premières pages, Bastien se sent entraîné dans l'univers merveilleux du pays fantastique.

TELERAMA
Un dragon bienveillant, une jolie princesse, un royaume en danger : L’Histoire sans fin emprunte largement à l’univers de l’heroic fantasy, sans en charrier les poncifs. La quête fabuleuse imaginée par Wolf­gang Petersen réinvente les règles du conte de fées. Les personnages de Fantasia sont traqués par le plus réel des dangers : le néant. Symbole de l’oubli, du monde désenchanté des adultes, il avale tout sur son passage, la faculté d’émerveillement, l’aptitude au bonheur. Dans cet univers scintillant, les monstres, pelucheux comme des jouets, ajoutent au charme enfantin de la fable.
L HISTOIRE SANS FIN, Wolfgang Petersen 1984, Barret Oliver, Noah Hathaway (fantastique)@@ (E)
Depuis la mort de sa mère, Bastien, dix ans, s'est replié sur lui-même et s'est bâti un monde imaginaire nourri de romans d'aventures qu'il dévore. Un jour, il découvre dans la librairie de M. Koreand ...

@

L HOMME A L IMPERMEABLE, Julien Duvivier 1957, Fernandel, Bernard Blier (thriller policier)@@


Sur les conseils d'un ami, un musicien sans histoires fait la connaissance d'une jeune femme légère, Eva. Alors qu'il se rend chez elle, il fait la découverte de son cadavre. La jeune femme a été assassinée. Il va alors faire l'objet d'un chantage orchestré par le voisin de la victime.

TELERAMA
L HOMME A L IMPERMEABLE, Julien Duvivier 1957, Fernandel, Bernard Blier (thriller policier)@@ (E)
Sur les conseils d'un ami, un musicien sans histoires fait la connaissance d'une jeune femme légère, Eva. Alors qu'il se rend chez elle, il fait la découverte de son cadavre. La jeune femme a été assassin& ...

@

L HOMME AU PISTOLET D OR, Guy Hamilton 1974, Roger Moore (James Bond)(aventure)@


À San Francisco, James Bond a peut-être rencontré un rival à sa hauteur en la personne de Scaramanga, un tueur mondialement connu pour exécuter ses victimes à l'aide d'un pistolet d'or. Lorsque Scaramanga s'empare du précieux convertisseur d'énergie, Solex Agitator, le célèbre 007 est chargé de mettre la main sur l'appareil et d'affronter le tueur au pistolet d'or dans une lutte à mort.

TELERAMA
Pour ce deuxième film de la série avec Roger Moore, Guy Hamilton n’a fait qu’exécuter une besogne commerciale. L’un des plus étonnants, et des plus cruels, romans de Ian Fleming a été édulcoré, transformé pour des aventures faites pour plaire sur les marchés internationaux : racisme « discret » à l’égard des Asiatiques, caricature d’un shérif égaré à Bangkok, violence et humour, démonstrations de karaté, références à la crise de l’énergie des années 1970, phallocratie triomphante et exotisme touristique. Le meilleur de L’Homme au pistolet d’or reste le générique de Maurice Binder.
L HOMME AU PISTOLET D OR, Guy Hamilton 1974, Roger Moore (James Bond)(aventure)@ (E)
À San Francisco, James Bond a peut-être rencontré un rival à sa hauteur en la personne de Scaramanga, un tueur mondialement connu pour exécuter ses victimes à l'aide d'un pistolet d'or. Lorsque Scara ...

@

L HOMME AUX COLTS D OR, EdwardDmytryk, Richard Widmark, Henry Fonda, Anthony Quin (western)


Fatigués de se faire régulièrement visiter par Abe McQuown et sa bande de hors-la-loi, les habitants de Warlock engagent Clay Blaisedell, réputé pour ses pistolets d'or et son habileté à les manier, comme shérif.

TELERAMA
Edward Dmytryk a toujours aimé développer des thèmes ambitieux aux implications morales parfois lourdement appuyées. Fidèle à cette habitude, il propose donc ici une réflexion sur la loi et le pouvoir légal, et donne à ses personnages un poids psychologique important. L’amitié ambiguë mais très forte qui unit Clay à Tom Morgan, les relations complexes qu’il entretient avec Johnny, et ses propres motivations sont analysées avec précision.
Pour toutes ces raisons, L’Homme aux colts d’or est un western original et intelligent. Mais il souffre d’une narration plutôt lente et d’un manque de rythme, malgré quelques scènes d’action remarquables. La distribution est grandiose avec une mention spéciale pour Anthony Quinn.
L HOMME AUX COLTS D OR, EdwardDmytryk, Richard Widmark, Henry Fonda, Anthony Quin (western) (E)
Fatigués de se faire régulièrement visiter par Abe McQuown et sa bande de hors-la-loi, les habitants de Warlock engagent Clay Blaisedell, réputé pour ses pistolets d'or et son habileté à les ...

@

L HOMME DE LA CAVE, Philippe Le Guay 2021, Francois Cluzet, Jeremie Renier, Berenice Bejo (thriller psychologique shoah)@


Simon et Hélène décident de vendre la cave de leur appartement. Un accord de vente est signé avec un certain M. Fonzic. Comme Simon est du genre à faire confiance, il donne les clés à l’acquéreur avant la rédaction de l’acte notarial. Quand il réalise que non seulement l’homme habite dans la cave, mais que cet ex-professeur d’histoire a été radié de l’Éducation nationale pour propos négationnistes, il est trop tard : la bête immonde s’est installée dans sa vie et n’a pas l’intention d’être délogée…

TELERAMA
Philippe Le Guay surprend en s’attaquant à un sujet qui résonne tristement avec l’actualité : la falsification de l’Histoire et son corollaire, le complotisme. Les forces sont en place pour un thriller psychologique où l’auteur des Femmes du 6e étage filme parfaitement l’angoisse d’une famille désarmée face à un individu malveillant, habitué à semer un doute nauséabond dans les esprits et à se victimiser.

Le réalisateur fait habilement circuler sa mise en scène dans l’immeuble, entre décors, en hauteur, du bonheur rongé par la vermine, et ce sous-sol où une simple chaudière devient un monstre tapi dans l’ombre. Il faut l’avouer : elle s’avère un peu trop insistante, répétitive et lourdement métaphorique… Et François Cluzet lui-même en rajoute dans l’ignominie mielleuse, tête baissée et rage rentrée jusqu’à l’explosion finale — un révisionniste, hélas, n’a pas forcément l’allure d’un taré pitoyable.

L HOMME DE LA CAVE, Philippe Le Guay 2021, Francois Cluzet, Jeremie Renier, Berenice Bejo (thriller psychologique shoah)@ (E)
Simon et Hélène décident de vendre la cave de leur appartement. Un accord de vente est signé avec un certain M. Fonzic. Comme Simon est du genre à faire confiance, il donne les clés à l&rsquo ...

@

L HOMME DE RIO Philippe de Broca 1964, Jean-Paul Belmondo, Francoise Dorleac@@


Le soldat français Adrien Dufourquet est en congé de l'armée quand il se retrouve témoin de l'enlèvement de sa fiancée Agnès, fille d'un célèbre ethnologue. Il part à sa recherche, qui le mène au Brésil, et met au jour un trafic de statuettes indiennes.
L HOMME DE RIO Philippe de Broca 1964, Jean-Paul Belmondo, Francoise Dorleac@@ (E)
Le soldat français Adrien Dufourquet est en congé de l'armée quand il se retrouve témoin de l'enlèvement de sa fiancée Agnès, fille d'un célèbre ethnologue. Il part à sa ...

@

L HOMME DES VALLEES PERDUES, George Stevens 1953, Alan Ladd, Jean Arthur, Van Heflin (western)@@


Dans le Wyoming, Shane, un cavalier venu de nulle part, demande l'hospitalité à des fermiers, Joe et Marian Starrett. Joey, leur fils de 10 ans, est aussitôt fasciné par cet inconnu et son adresse au pistolet. Shane vit paisiblement, aidant les fermiers dans leurs tâches quotidiennes. Mais un jour, les Starrett sont confrontés à de gros éleveurs de bétail menés par Ryker, qui veulent prendre leur terre.

TELERAMA
Alors qu’il joue derrière la ferme de ses parents, située dans une vallée encaissée du Wyoming, Jacky Starrett, neuf ans, repère un cavalier au loin. Un duo mythique, les charismatiques Alan Ladd et Jean Arthur.

Un inconnu venu de « nulle part » arrive dans une petite bourgade et trouve un emploi dans une famille de fermiers. Il cherche à oublier son passé de tireur redouté. Il remise ses armes, mais, devant les attaques de ranchers malveillants, il doit de nouveau replonger dans la brutalité des gunfights, sous le regard fasciné du petit garçon du couple.

Académique, manichéen, compassé, les qualificatifs négatifs fusèrent à la sortie du film. Heureusement, quelques-uns, comme Sam Peckinpah, futur réalisateur de La Horde sauvage, passèrent outre le trop grand classicisme de la mise en scène et le ton didactique du récit pour louer le réalisme historique, la violence amère qui se dégagent de la quête de cet aventurier inadapté et finalement condamné dans un monde qui n'est plus le sien. L'Homme des vallées perdues contient déjà en germe la mélancolie désespérée, le profond pessimisme des westerns crépusculaires des années 1960. C'est par cette dimension symbolique qu'il deviendra un des jalons incontournables du genre. Alan Ladd, Christ déchu, chevalier errant, et Jack Palance, ange noir, tueur reptilien, sont impeccables.
L HOMME DES VALLEES PERDUES, George Stevens 1953, Alan Ladd, Jean Arthur, Van Heflin (western)@@ (E)
Dans le Wyoming, Shane, un cavalier venu de nulle part, demande l'hospitalité à des fermiers, Joe et Marian Starrett. Joey, leur fils de 10 ans, est aussitôt fasciné par cet inconnu et son adresse au pistolet. Sha ...

@

L HOMME DU TRAIN, Patrice Leconte 2002, Johnny Halliday, Jean Rochefort (cociete fiction)@@


Une ville moyenne. Une gare. Fin de journée. Un autorail qui s'arrête : un homme en descend. Il s'appelle Milan, grande carcasse désenchantée, un sac de voyage sur l'épaule. Une pharmacie sur le point de fermer. A la recherche d'aspirine, Milan y rencontre Manesquier, ancien professeur de français. La croix verte du néon s'éteint. Les deux hommes se retrouvent dans la rue déserte, marchant dans la même direction. Alors que tout les oppose, ils vont sympathiser.

TELERAMA
Johnny et Rochefort sont sur un bateau, et aucun ne tombe à l’eau. Les deux acteurs s’épaulent, cuir contre pied-de-poule. Le courant passe entre eux, et leur complicité suffit à donner de la tenue à ce qui aurait pu n’être qu’un long sketch poussif.

Patrice Leconte est plutôt fort en tandem. À chaque fois qu’il le pratique, l’exercice muscle son cinéma. Cette fois, Patrice Leconte offre un simple messieurs épatant, tout en piques verbales et transmissions de pensées rieuses. Johnny et Jeannot sont sur un bateau, et aucun ne tombe à l’eau. Gentlemen sûrs de l’égalité de leurs charmes, les deux acteurs ne s’affrontent pas, mais s’épaulent, cuir contre pied-de-poule. Indéniablement, le courant passe entre eux, et leur complicité antinomique suffit à donner de la tenue à ce qui aurait pu n’être qu’un long sketch poussif. Les deux glissent en roue libre sur leurs pentes habituelles. Mais chacun creuse son sillon de prédilection avec une distance pince-sans-rire réellement savoureuse.


Johnny est Milan, un loubard aux doigts d’E.T. qui débarque dans une ville de province à l’heure où la croix de la pharmacie s’éteint. Devant la vitrine du magasin Au Rouet, il rencontre un vieux garçon ganté, qui tue le temps et le froid, les poings dans les poches. C’est Jean Rochefort, alias Manesquier, professeur de français à la retraite. Entre les deux, ça marche au petit poil. Le soin pilaire est d’ailleurs leur premier point commun, révélateur de leurs faiblesses profondes. Pour Milan : barbiche et moustache noires teintes à l’ammoniaque, coupées en cercle autour de la bouche, comme un rond de crayon entourant une faute sur une copie. Milan ne sait pas aligner deux mots… Pour Manesquier : moustache roux poussière, taillée en plate-bande sur des lèvres sans histoire. Manesquier ne parle que par citations, incapable de sortir des ornières de son ancien métier…

Selon le principe des vases communicants, ils s’imprègnent l’un de l’autre, jusqu’à fondre leurs identités dans un même chaudron poisseux : celui des vies ratées. Raconter le pourquoi et le comment dissiperait le ténu plaisir de les voir ensemble. Enfermés dans une maison étouffante, ils cohabitent à coups d’aphorismes plaisants (signés Claude Klotz) qu’il ne serait pas délicat de citer non plus. Alors exauçons pour une fois le rêve de Patrice Leconte, et cessons ici la critique. À condition de descendre à l’avant-dernière station, pour cause de bifurcation des dix dernières minutes vers le cliché désastreux, le voyage vaut le coup. Gaillardement confortable, délicieusement démodé, comme les pantoufles de Rochefort que Johnny essaie avec un plaisir coupable, L’Homme du train est un film-charentaise dans lequel on traîne volontiers.
L HOMME DU TRAIN, Patrice Leconte 2002, Johnny Halliday, Jean Rochefort (cociete fiction)@@ (E)
Une ville moyenne. Une gare. Fin de journée. Un autorail qui s'arrête : un homme en descend. Il s'appelle Milan, grande carcasse désenchantée, un sac de voyage sur l'épaule. Une pharmacie sur le point de fe ...

@

L HOMME FIDELE, Louis Garrel 2018, Louis Garrel, Laetitia Casta (sentimental)@@@


Abel et Marianne s’aiment et vivent ensemble depuis plus de trois ans. Mais, un matin, elle lui annonce une nouvelle à triple détente : elle est enceinte. Lui s’en réjouit. Sauf, ajoute-t-elle, que ce n’est pas lui le père, mais Paul, son meilleur ami, avec lequel elle a une liaison. Une catastrophe n’arrivant jamais seule, elle complète en annonçant qu’elle va se marier, c’est imminent, avec Paul. La séquence, vive, cocasse, est formidable, car elle déjoue totalement notre attente, tant à travers le ton exquis de Marianne, tout en candeur perverse, que dans l’acceptation et la docilité d’Abel, hébété, qui quitte sans rien dire l’appartement, chutant dans les escaliers. La suite sera dans le même esprit burlesque, mais mâtiné d’un autre genre, a priori incompatible : le film à suspense, façon Hitchcock.

Dix ans ont passé. Abel retrouve Marianne à l’enterrement de Paul. Peu après, l’ex-homme trompé cherche à reconquérir la veuve, comme dans une comédie du remariage. Mais il y a maintenant entre eux Joseph, le fils, 10 ans. Celui-ci voit d’un mauvais œil l’arrivée d’Abel et le lui fait bien comprendre, tout en lui glissant un secret lourd de conséquence : « Papa, c’est maman qui l’a tué. » Une invention d’enfant ? Le mini-Hercule Poirot, au regard quelque peu inquiétant, dispose même d’indices, à même d’inquiéter Abel.

TELERAMA
Louis Garrel aborde les thèmes du couple et de la filiation, et détourne avec finesse les figures paternelles de la Nouvelle Vague.
Vif, savoureux mais aussi légèrement angoissant, tel est donc ce second long métrage de Louis Garrel. Après Les Deux Amis (2015), qui sondait la complexité de l’amitié, l’acteur-réalisateur s’essaie à autre chose, de moins littéraire. Après le triangle amoureux, un quatuor, composé de deux femmes et de deux hommes, dont Paul, décédé, qu’on ne voit jamais mais qui vient toujours s’interposer d’une façon ou d’une autre dans les discussions. L’autre femme, c’est Eve (Lily-Rose Depp), la sœur de Paul, folle amoureuse d’Abel depuis l’adolescence et au charme ravageur.

Aux quatre adultes, il faut ajouter l’enfant, Joseph (Joseph Engel, formidable d’étrangeté), personnage central et véritable trouvaille du film. À travers lui, Louis Garrel explore la relation de (beau) parent à enfant, les liens du sang et l’adoption, de manière à la fois ludique et profonde. Avec ce thème de la filiation, le fils de Philippe Garrel s’inscrit clairement dans une histoire du cinéma, en s’amusant à citer ou à détourner tous les pères de la Nouvelle Vague, de Truffaut au Chabrol de La Femme infidèle. La fidélité du titre, il faut aussi l’entendre d’un point de vue artistique : Louis Garrel assume un héritage et le fait fructifier.

Marianne cache-t-elle réellement quelque chose ? Joseph est-il un enfant « normal » ? Ces questions décisives sont formulées comme des devinettes glacées dans ce film d’hiver, où Paris semble déserté, où tout est feutré. Finement ciselé, concis (jusque dans sa durée, exceptionnellement courte) : on se love avec plaisir dans un tel cocon.
L HOMME FIDELE, Louis Garrel 2018, Louis Garrel, Laetitia Casta (sentimental)@@@ (E)
Abel et Marianne s’aiment et vivent ensemble depuis plus de trois ans. Mais, un matin, elle lui annonce une nouvelle à triple détente : elle est enceinte. Lui s’en réjouit. Sauf, ajoute-t-elle, que ce n&rsqu ...

@

UN HOMME PARFAIT, Xavier Durringer 2022, Didier Bourdon, Valerie Karsenti (comique)@@


Florence, débordée par sa vie de famille et son travail, décide d'acheter un robot à l'apparence humaine et au physique parfait. Il répond à toutes ses attentes : entretenir la maison, s'occuper des enfants, et plus encore. Mais le robot va vite susciter de la jalousie chez Franck, son mari acteur je-m'en-foutiste au chômage. De peur de perdre sa femme, Franck décide de reprendre les choses en mains, d'autant que le robot semble trouver un malin plaisir à semer le trouble dans leur couple.

TELERAMA
Madame a acheté un blond musclé qui fait la cuisine et le ménage, le robot Human 3, alors Monsieur se crispe ! Avec une bonne distribution, cette comédie qui croque les différences entre hommes et femmes réussit à amuser. Jusqu’à un certain point.
Un peu de science-fiction française ? À la bonne franquette, bien sûr. Moins sophistiquée que La Soupe aux choux (1981), mais parfois inspirée, cette comédie imagine l’arrivée d’un androïde flambant neuf (modèle Uman 3) chez Frank et Florence. C’est elle qui l’a commandé sur Internet, parce que lui ne fait rien à la maison et qu’elle n’en peut plus de s’occuper de tout et des deux enfants en plus. Mais la solution miracle va vite poser problème. Face à la machine surnommée Bobby, un blond bien musclé qui cuisine, nettoie et range, Monsieur, acteur sans emploi en pleine andropause, développe un méchant complexe. Surtout quand il découvre que Bobby a un programme « Love-Love », alors que pour lui, c’est la panne sèche…

Avec Didier Bourdon dans le rôle du mari, Valérie Karsenti parfaite dans celui de l’épouse et Pierre-François Martin-Laval en robot, il y a facilement matière à rire. La simplicité même de la situation favorise la farce. Et le jeu avec les clichés sur les différences hommes-femmes est souvent bienvenu. Mais, esprit franchouillard oblige, le programme « Love-Love » devient envahissant. Tout semble vraiment se tenir là, dans cet « équipement standard » à l’entrejambe de l’androïde, qui obsède Frank et électrise les amies de Florence. Emportés par le pouvoir du phallus, les scénaristes ont abandonné toute autre piste en route.
UN HOMME PARFAIT, Xavier Durringer 2022, Didier Bourdon, Valerie Karsenti (comique)@@ (E)
Florence, débordée par sa vie de famille et son travail, décide d'acheter un robot à l'apparence humaine et au physique parfait. Il répond à toutes ses attentes : entretenir la maison, s'occuper des ...

@

L HOMME QUI EN SAVAIT TROP, Alfred Hitchcock 1956, James Stewardt, Doris Day (thriller)@@@


Ben et Jo McKenna, un couple de touristes américains, sillonnent le Maroc avec leur petit garçon, Hank. Dans un autocar, ils font la connaissance d'un Français, Louis Bernard, qui est assassiné quelque temps plus tard à Marrakech. Avant de rendre l'âme, Bernard a le temps de souffler quelques mots à McKenna. Ce dernier, stupéfait, s'apprête à prévenir la police lorsqu'il apprend que son fils vient d'être enlevé.

TELERAMA
Autoremake d’un film de 1934. Célèbre pour sa chanson “Que será será”, chantée par Doris Day dans une ambassade. Et pour son fameux coup de cymbales. Le suspense hitchcockien à son paroxysme.

En 1934, Hitchcock tourne une première version de L'Homme qui en savait trop, qui se déroule en Suisse. En 1956, il transporte l'intrigue au Maroc, et c'est un petit garçon (une petite fille dans la première version) qu'enlèvent des espions, afin de s'assurer le silence de Doris Day et de James Stewart.

Le film fourmille de moments formidables (le meurtre de Daniel Gélin à Marrakech, Doris Day chantant Que será será). Le plus passionnant est la séquence de l'Albert Hall à Londres, où des terroristes doivent tuer un ministre. Sur une musique tourmentée d’Arthur Benjamin, les travellings créent un suspense magistral : le spectateur est amené à espérer, tout en le redoutant, le coup de cymbales qui précipitera le meurtre. Certains ont été irrités par les transparences (des plans refilmés en studio) dans les scènes du Maroc. Dans un entretien accordé à Télérama, le cinéaste Arnaud Desplechin les défendait, les jugeant source d'une ambiguïté : « Hitchcock montre de plan en plan comment la réalité se transforme. Comment une phrase n'a pas le même sens si elle est prononcée en extérieurs ou en transparence. »
L HOMME QUI EN SAVAIT TROP, Alfred Hitchcock 1956, James Stewardt, Doris Day (thriller)@@@ (E)
Ben et Jo McKenna, un couple de touristes américains, sillonnent le Maroc avec leur petit garçon, Hank. Dans un autocar, ils font la connaissance d'un Français, Louis Bernard, qui est assassiné quelque temps plus ...

@

L HOMME QUI MURMURAIT A L OREILLLE DES CHEVAUX


Profondément marquée par un accident qui a coûté la vie à sa meilleure amie et causé d'irréparables lésions à son cheval, Grace MacLean, 14 ans, vit repliée sur elle-même. Elle renonce à lutter contre son infirmité mais sa mère Annie refuse de s'avouer vaincue.
L HOMME QUI MURMURAIT A L OREILLLE DES CHEVAUX (E)
Profondément marquée par un accident qui a coûté la vie à sa meilleure amie et causé d'irréparables lésions à son cheval, Grace MacLean, 14 ans, vit repliée sur elle-m&eci ...

@

L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@


Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il raconte son arrivée dans l'ouest. Sauvagement battu par le bandit Liberty Valance, le jeune juriste Stoddard fut alors pris en amitié par Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigna la seule loi qui prévaut dans la région : celle des colts.

TELERAMA
La photo est un écrin noir et blanc pour une distribution éblouissante. L’un des meilleurs westerns de John Ford.

Ce John Ford est accessoirement connu pour la fameuse sentence : « Quand la légende prime les faits, on imprime la légende. » C’est par le vieux sénateur que la légende a glorifié que nous apprendrons les faits. Mais ce faux suspense vient seulement enfoncer le clou. L’essentiel tient dans la confrontation de deux types d’hommes de l’Ouest. Ransom Stoddard (James Stewart) est un jeune juriste fébrile qui ne cesse d’agiter, tel un chiffon blanc, la vertu des lois. Tom Doniphon (John Wayne) incarne, lui, la force tranquille, taciturne, efficace. Ford prend un malin plaisir à féminiser le premier, réduit, en attendant son heure, à faire la plonge en tablier dans le restau du coin. Wayne est, comme d’habitude, blindé de virilité. C’est pourtant lui qui va craquer en voyant la rivalité amoureuse qui se noue autour de la belle Hallie tourner à son désavantage.

Chez Ford, rien n’est jamais aussi simple qu’on pourrait le croire au premier coup d’œil. L’opposition des deux figures, de leur gestuelle, de leur langage, suffirait à faire le film. S’y ajoutent un noir et blanc au piqué superbe et une galerie de seconds rôles gratinée, Lee Marvin en tête, qui joue Liberty Valance avec délectation, aussi brutal et sans merci que son nom est élégant.
L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@ (E)
Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il racont ...

@

L HOMME QUI VOULAIT SAVOIR, George Sluizer 1989, Bernard-Pierre Donnadieu, Johanna Ter Steege (theiller road movie)@


Enquêtant sur la disparition de sa femme, un homme obstiné se trouve pris dans les filets d'un psychopathe.

TELERAMA
Dans leur vieille voiture, Rex et Saskia, un couple de jeunes Hollandais, se dirige vers le sud de la France pour y passer les vacances. A quelques kilomètres de leur destination, ils s'arrêtent dans une station-service au bord de l'autoroute. Au moment de repartir, Saskia s'absente aux toilettes, puis disparaît sans laisser aucune trace. Rex, affolé, la cherche des heures durant et apprend qu'une jeune femme répondant à son signalement aurait été vue avec un homme avant de partir avec lui. Celui-ci, Raymond Lemorne, en apparence un bon père de famille, a décidé de se livrer à une sinistre expérience : soumettre un cobaye humain à une terreur mortelle...
L HOMME QUI VOULAIT SAVOIR, George Sluizer 1989, Bernard-Pierre Donnadieu, Johanna Ter Steege (theiller road movie)@ (E)
Enquêtant sur la disparition de sa femme, un homme obstiné se trouve pris dans les filets d'un psychopathe.

TELERAMA
Dans leur vieille voiture, Rex et Saskia, un couple de jeunes Hollandais, se dirige vers le sud d ...

@

L HOMME QUI VOULUT ETRE ROI, John Huston 1975, Sean Connery, Michael Caine (aventure)@@


Dans les années 1880, en Inde, deux ex-officiers britanniques rencontrent Rudyard Kipling. Ils lui exposent leur projet : pénétrer au Kafiristan — pays mythique où aucun Blanc n’est entré depuis Alexandre le Grand — et y prendre le pouvoir.

TELERAMA
John Huston relise là un film d’aventures palpitant, chargé à la fois d’humour et de gravité, idéale adaptation du monde de l’écrivain, en parfaite cohérence avec l’œuvre du cinéaste. En choisissant d’ancrer l’odyssée de Dravot et Carnehan dans un long flash-back, Huston donne au récit l’allure d’une épopée et la couleur sombre de la tragédie. Dans un incroyable décor, ses deux héros accèdent un moment à leur rêve impérialiste, démentiel et dérisoire. Sean Connery, emporté et mystique, Michael Caine, ironique et pragmatique, sont inoubliables.
L HOMME QUI VOULUT ETRE ROI, John Huston 1975, Sean Connery, Michael Caine (aventure)@@ (E)
Dans les années 1880, en Inde, deux ex-officiers britanniques rencontrent Rudyard Kipling. Ils lui exposent leur projet : pénétrer au Kafiristan — pays mythique où aucun Blanc n’est entr&eac ...

@

L HOMME TRANQUILLE, John Ford 1952, John Wayne


Sean Thornton est un boxeur américain d'origine irlandaise qui, après avoir tué accidentellement l'un de ses adversaires au cours d'un combat, décide de revenir dans son pays natal. Traumatisé par ce drame, Thornton s'établit dans son village d'enfance où il parvient à racheter le cottage familial, une propriété que convoitait Red, son voisin et riche propriétaire dont Mike s'attire rapidement la jalousie et l'animosité.

TELERAMA
Un ancien boxeur américain revient en Irlande pour s’y installer et connaît des déboires. Un brin désuet, malgré tout cocasse et charmant.

Une histoire d’amour entre adultes », résumait John Ford. Soit un sérieux écart pour le géant borgne, peu fleur bleue. Malgré son énorme succès (deux Oscars), L’Homme tranquille est mineur, comparé à La Poursuite infernale, La Prisonnière du désert ou d’autres encore. La romance teintée de cocasserie paraît même désuète, un brin conservatrice aujourd’hui. Elle bénéficie néanmoins d’un technicolor intense, qui sublime les paysages. Vallons verdoyants, ruisseaux brillants et maison au toit de chaume, c’est un paradis sur terre. Où passe une bergère irrésistible de rousseur (Maureen O’Hara), que remarque aussitôt un ex-boxeur américain (John Wayne, déhanché légendaire), revenu sur sa terre natale pour s’y installer.

Cet attachement au pays, c’est bien sûr celui de John Ford, fils d’immigrés irlandais, qui n’a jamais caché sa sympathie pour la cause nationaliste du Sinn Féin (mentionné dans le film). L’Américain, qui aspire à être tranquille, se retrouve dégrisé par le poids des traditions et l’obsession mortifère de l’argent qu’il espérait avoir laissé derrière lui. L’intérêt, osé, mine de rien, tient dans le rapport charnel longtemps empêché entre Sean et sa bergère volcanique. C’est sous une pluie battante, dans un cimetière (!), qu’ils s’étreignent enfin, leurs vêtements si collés qu’on pourrait les croire nus. Elle lui réclame de se battre pour elle, il ne veut pas, non par lâcheté, mais par culpabilité. Il la traîne ensuite littéralement sur des centaines de mètres (gloups) et tout se finit par une bagarre homérique, fédératrice pour tout le village. Le meilleur ? Les beuveries au pub, voix qui portent, rires, chants. La gnôle y coule à flots. Pas n’importe laquelle, hein. Du pur malt et de la bière « mazoutée ». Pardon ? De la Guinness.
L HOMME TRANQUILLE, John Ford 1952, John Wayne (E)
Sean Thornton est un boxeur américain d'origine irlandaise qui, après avoir tué accidentellement l'un de ses adversaires au cours d'un combat, décide de revenir dans son pays natal. Traumatisé par ce drame ...

@

L HORLOGER DE SAINT PAUL Bertrand Tavernier 1974, Philippe Noiret, Jean Rochefort@@


Michel Descombes est horloger à Lyon, dans le quartier de Saint-Paul. Depuis que sa femme l'a quitté, il élève seul son fils, Bernard. Un jour, Michel, convoqué par le commissaire Guilboud, découvre que son fils est recherché pour meurtre.
L HORLOGER DE SAINT PAUL Bertrand Tavernier 1974, Philippe Noiret, Jean Rochefort@@ (E)
Michel Descombes est horloger à Lyon, dans le quartier de Saint-Paul. Depuis que sa femme l'a quitté, il élève seul son fils, Bernard. Un jour, Michel, convoqué par le commissaire Guilboud, découvre ...

@

L HOTEL DE LA PLAGE, Michel Lang 1978, Sophie Barjac, Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Michèle Grellier (societe)@


Les amours, les rivalités, les désirs, d'un groupe de personnes qui se retrouvent chaque année pour les grandes vacances en Bretagne, à l'hôtel de la plage.

TELERAMA
Le grand chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août a lieu, comme chaque année, à l'Hôtel de la Plage de Locquirec, dans le Finistère. Les habitués sont déjà installés : il y a là Euloge Saint-Prix, accompagné de sa femme Cécile et de son petit neveu ; les Guedel, avec leurs deux filles, Catherine et Juliette ; les Belges Odette et Lucien Vermaelen et leurs jumeaux. Durant ces moments de détente, tous, parents, adolescents et enfants, vont en profiter et jouer avec la liberté éphémère des vacances. Le programme est le même chaque année : jeux, discussions et amourettes sans lendemain...
L HOTEL DE LA PLAGE, Michel Lang 1978, Sophie Barjac, Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Michèle Grellier (societe)@ (E)
Les amours, les rivalités, les désirs, d'un groupe de personnes qui se retrouvent chaque année pour les grandes vacances en Bretagne, à l'hôtel de la plage.

TELERAMA
Le grand chassé-croi ...

@

L IDEALISTE, Francis Ford Coppola 1997, Matt Damon, Danny DeVito (societe)@


Rudy, un jeune avocat fraîchement diplomé mais sans perspective d'avenir, accepte de défendre la famille d'un jeune malade dont l'assurance refuse de couvrir les frais. Mal armé contre la horde d'avocats surentraînés engagés par la compagnie d'assurances pour le contrer, Rudy va se retrouver embarqué dans l'affaire du siècle.

TELERAMA
Mégalomane génial, Francis Ford Coppola faisait preuve de modestie avec cette belle adaptation, au style classique, d’un best-seller de John Grisham. L’histoire d’un garçon timide, religieusement attaché au droit, jouant son avenir d’avocat lors d’un long procès opposant un leucémique à une compagnie d’assurances qui l’a floué. Le débutant est seul contre une armada d’avocats. À travers ce cas de manipulation des plus démunis par les plus riches se développe ainsi une critique ouverte du modèle de société américain — au temps où Bill Clinton commençait à décevoir.…

Grâce à son sens du détail, Coppola insuffle intimité et délicatesse à ce genre très balisé qu’est le film de procès. On a vu cent fois à l’écran semblables salles d’audience, défilés de témoins et parades d’avocats. Mais, ici, tout rappelle que c’est une première fois cruciale pour le héros. À plusieurs reprises, on croit même voir le tout jeune Matt Damon rougir.
L IDEALISTE, Francis Ford Coppola 1997, Matt Damon, Danny DeVito (societe)@ (E)
Rudy, un jeune avocat fraîchement diplomé mais sans perspective d'avenir, accepte de défendre la famille d'un jeune malade dont l'assurance refuse de couvrir les frais. Mal armé contre la horde d'avocats surentra& ...

@

L IDOLE, Samantha Lang,2001, Leelee Sobieski (film e)@


Sarah, jeune comédienne anglophone réduite à jouer les doublures, vit à Paris dans un immeuble ancien, sur le même palier que M. Zao, fin cuisinier retraité. Zao compte partir en maison de retraite, où il pourra compter sur l'amitié de Castellac, le mari de la concierge. Mais Sarah attise sympathies et convoitises par sa beauté, sa liberté et sa tristesse. Zao rentre chez lui et l'entoure de ses prévenances.

TELERAMA
“ Fantasme à portée de palier : fausse et vraie, Lang diffuse une apparence de réalité. Rencontre au présent d'une doublure doublée d'absence. ”
L IDOLE, Samantha Lang,2001, Leelee Sobieski (film e)@ (E)
Sarah, jeune comédienne anglophone réduite à jouer les doublures, vit à Paris dans un immeuble ancien, sur le même palier que M. Zao, fin cuisinier retraité. Zao compte partir en maison de retraite, ...

@

L ILE MYSTERIEUSE, Cy Endfield 1961, Michael Craig, Michael Callan (aventure science fiction)@@


1865. Richmond. Un groupe de soldats nordistes prisonniers des confédérés s'échappent à bord d'un dirigeable. Ils échouent sur une île volcanique sur laquelle ils organisent leur survie et s'installent dans une caverne qui a déjà été occupée par un naufragé décédé depuis longtemps.

TELERAMA
1865. Trois militaires nordistes et un journaliste s'échappent en ballon d'une prison confédérée, embarquant au passage un de leurs geôliers. Ils dérivent pendant plusieurs jours avant d'échouer sur une île inconnue et apparemment déserte. Ils apprennent à survivre, malgré des dangers insoupçonnés : certains animaux sont devenus géants ! Deux naufragées rejoignent nos Robinsons...

Si le roman de Jules Verne est un peu malmené, c'est pour la bonne cause : rendre encore plus fantastiques des aventures déjà bien extraordinaires ! L'Ile mystérieuse possède deux atouts majeurs : les effets spéciaux de Ray Harryhausen, qui anime abeilles et crabes géants avec son habituelle verve poétique. Et une magnifique partition de Bernard Herrmann, résolument évocatrice : elle souligne les moments dramatiques, commente ironiquement certaines séquences et exalte l'invention plastique de Cyril Endfield et de son décorateur... Tous ceux qui ont participé à ce film semblent avoir mis à l'unisson leurs rêves de gosses : bateaux de pirates, cités englouties, volcans en éruption, on en a plein les yeux ! — Aurélien Ferenczi
L ILE MYSTERIEUSE, Cy Endfield 1961, Michael Craig, Michael Callan (aventure science fiction)@@ (E)
1865. Richmond. Un groupe de soldats nordistes prisonniers des confédérés s'échappent à bord d'un dirigeable. Ils échouent sur une île volcanique sur laquelle ils organisent leur survie et s'i ...

@

L ILE MYSTERIEUSE, Russell Mulcahy 2005 (aventure)@


S'échappant de la guerre civile américaine en montgolfière, une bande de fugitifs atterrit sur une île inconnue du Pacifique. Loin du refuge qu'ils espéraient, l'île abrite des monstres carnivores, des pirates sanguinaires et un génie fou, le capitaine Nemo.

TELERAMA
L ILE MYSTERIEUSE, Russell Mulcahy 2005 (aventure)@ (E)
S'échappant de la guerre civile américaine en montgolfière, une bande de fugitifs atterrit sur une île inconnue du Pacifique. Loin du refuge qu'ils espéraient, l'île abrite des monstres carnivores, de ...

@

L ILE ROUGE, Robin Campillo 2023, Nadia Tereszkiewicz, Quim Gutiérrez, Charlie Vauselle, Amely Rakotoarimalala (saga)@@@


À Madagascar, au début des années 1970, sur la base aérienne de l'armée française d'Ivato, le petit Thomas, curieux de tout, surtout des conversations des adultes, mène sa vie d'enfant avec ses deux frères, auprès de son père militaire et de sa mère. Les familles de militaires mènent une vie tranquille entre expatriés, une vie faite de grandes tablées, de soirées arrosées, mais aussi de commérages et de médisance. Une vie d'où les Malgaches sont quasi absents.

TELERAMA
Dans une magnifique mise en scène, le réalisateur raconte son enfance à Madagascar, marquée par le colonialisme. Une chronique familiale et politique sensible.

Le titre de ce quatrième long métrage de Robin Campillo pourrait être celui d’un roman d’aventures jeunesse aux pages un peu jaunies. Un exemplaire de la Bibliothèque verte avec des pirates, du sable, une malle au trésor. Mais c’est avec la Bibliothèque rose que le film commence, car Thomas, 8 ans, dévore les aventures de Fantômette, l’adolescente intrépide qui rigole à la barbe des gangsters. Caché dans une grande caisse de déménagement restée posée au fond du jardin, il s’en raconte des passages à mi-voix avec son délicieux petit cheveu sur la langue. Nous sommes à hauteur d’enfant et le réalisateur nous informe, par une image magnifique, que nous allons y rester : à travers les interstices de la caisse en bois, il filme les yeux du garçonnet qui regardent, scrutent les adultes – plan large sur un avant-bras au soleil, plan serré sur maman qui passe, en souriant. Des yeux qui dévorent le moindre détail, engrangent les souvenirs, comme on enrichit une collection de cartes postales.

Bienvenue au « paradis » : Madagascar entre 1970 et 1972, sur la base militaire 181. La République malgache est indépendante depuis 1960, mais le père de Thomas, sous-officier, et ses collègues militaires sont toujours là, pour imposer encore un peu la présence française dans l’océan Indien. Drôle de présence, joyeuse pour eux, mais déjà spectrale, le début de la fin des colonies. Les expatriés, ravis de l’être, déjeunent dans le jardin entre amis : Colette, la mère, s’affaire autour de la table, planant un peu au-dessus du machisme ordinaire de son mari, qui ne traite pas Thomas comme ses grands frères : « Arrête de faire ta danseuse », dit-il avec son accent espagnol, alors qu’un de ses subordonnés, verbe haut et ballon de rouge à la main, souhaite la bienvenue à la fiancée d’un jeune soldat fraîchement muté de Metz : « Vous verrez, mon enfant, vous ne serez pas dépaysée ici, vous serez comme dans un cocon. Un vrai petit village gaulois plein d’amour et de… kérosène. » Et quand son épouse gironde (formidable Sophie Guillemin) lance « Moi, j’adore l’odeur du kérosène ! », on croirait entendre une version languide, sucrée, du « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », dans Apocalypse Now, de Coppola.

Un autre jour, ou plutôt un soir, ces couples que les circonstances coloniales poussent à une intimité presque forcée danseront ; et les hommes feront les coqs, serrant de trop près les épouses des autres, étrangers à la notion même de consentement. À travers la vitre dépolie de la porte du salon, le petit Thomas, qui ne dort pas, ne perd pas une miette de ces silhouettes floues, qui ondulent dans une couleur ocre. Puis c’est dans les yeux bleus de sa mère un peu ivre qu’il plongera son regard : scène de complicité sublime, de lucidité quasiment surnaturelle entre une femme qui peine à cacher sa mélancolie et un enfant, qui, déjà, s’exprime comme un futur cinéaste.

On pourrait, ainsi, décrire chaque scène, tenter d’en reproduire la matière romanesque, la teinte si précise de nostalgie, car L’île rouge n’avance pas à la manière d’une narration classique : il procède par échos, par analogies sensorielles – un œil de bébé crocodile s’ouvre comme un obturateur sur une plage, une table en aragonite devient une vue aérienne sur les champs de Madagascar, et, héroïne d’un film dans le film, Fantômette prend chair pour démasquer les méchants. Robin Campillo use de la mise en scène comme d’un philtre magique : il trouve la texture exacte du souvenir, ses particules, sa vibration. Et le moindre petit gravier sous les talons des femmes bien habillées qui entrent dans le mess des officiers devient une image absolue de cinéma.

La violence, coloniale ou masculiniste, est partout, derrière chaque paysage de rêve. Même s’il ne la comprend pas, le petit Thomas l’enregistre, à la manière d’un sismographe : le curé militaire de la base pratique ainsi un exorcisme sur un jeune soldat qui a eu malheur de tomber amoureux d’une Malgache – il est donc, forcément, « possédé » par le diable. La petite Suzanne, copine de Thomas, lui confie, en murmurant, avoir vu le pauvre garçon tomber, assommé de chagrin, rompu par sa hiérarchie. Les enfants voient tout, alors que personne ne les voit. Ils se demandent pourquoi il faut quitter le « paradis », quand maman dit d’un air las « C’est fini. »

Car cette île est aussi celle de la dérive d’un couple vers la séparation, l’histoire, en creux, d’un futur divorce. Tout prend fin : le joug de la France sur Madagascar, le joug de Robert sur Colette. Avant d’achever son film sur un message d’indépendance politique sans ambiguïté, Robin Campillo filme un slow qui tourne mal entre un soldat et une Malgache, comme une dernière métaphore de l’emprise. Parallèlement, la dernière touche de l’hommage bouleversant à la mère consiste à suggérer qu’elle aussi sera bientôt libérée. Dans ce rôle, Nadia Tereszkiewicz est littéralement fascinante : mère au foyer aux allures d’Emma Bovary en tee-shirt éponge des années 70, présente mais déjà loin, regard azur qui semble tout comprendre de la bêtise des hommes, mais qui accepte, avec une mystérieuse douceur, qu’un petit garçon puisse vouloir se déguiser en Fantômette… Avec ce film proustien, le réalisateur de 120 Battements par minute livre une magnétique et universellle histoire d’émancipation. Et un récit initiatique des plus délicats sur la naissance d’un œil de cinéma.
L ILE ROUGE, Robin Campillo 2023, Nadia Tereszkiewicz, Quim Gutiérrez, Charlie Vauselle, Amely Rakotoarimalala (saga)@@@ (E)
À Madagascar, au début des années 1970, sur la base aérienne de l'armée française d'Ivato, le petit Thomas, curieux de tout, surtout des conversations des adultes, mène sa vie d'enfant avec s ...

@

L IMMENSITA, Emanuele Crialese 2022, Penelope Cruz, Luana Giuliani (moeurs metoo transgenre)@@@


Rome dans les années 1970. Dans la vague des changements sociaux et culturels, Clara et Felice Borghetti ne s'aiment plus, mais sont incapables de se quitter.

TELERAMA
À Rome, dans les années 1970, une femme trouve joie et tendresse auprès de ses enfants, tandis que son mari infidèle la traite comme une potiche. Coup de cœur pour cette bulle affective où l’on retrouve Penélope Cruz au top, entre rires et larmes.

Dès les premières scènes, c’est le coup de cœur… Parce qu’on est à Rome, dans les années 1970, et parce que Clara et ses trois enfants mettent la table en dansant. Dans la joie produite par cette chorégraphie avec assiettes plates, un mot de passe nous est donné : la complicité. Elle est spontanée, décontractée, mais les sentiments les plus forts s’y engouffrent, l’amour partagé, la plénitude protectrice. Cette vibration intense est au cœur de L’immensità, qui explore la relation de la mère avec l’aînée de la fratrie, Adri. Deux femmes coupées en deux.

La resplendissante Clara, merveilleusement joueuse, est en effet aussi une potiche comme les aime son époque, une poupée que son mari sort en société pour parader et trouver de nouvelles maîtresses… Combien de temps la maman comblée pourra-t-elle cacher qu’elle est une épouse malheureuse ? Et combien de temps Adri devra-t-elle cacher que, si elle se donne des airs de garçon manqué, c’est parce qu’elle en est vraiment un, même si elle est née fille ? Sous la loi du mari ou sous la loi du père, chacune a un combat à mener. Mais elles préfèrent s’évader en regardant les émissions de variétés à la télévision, au risque de perdre pied dans la réalité…

On devine les origines autobiographiques de cette chronique familiale si singulière et si expressive. Que le réalisateur Emanuele Crialese (Respiro, Terraferma) soit bel et bien devenu l’homme qu’il se sentait être n’est cependant qu’un détail, une information que son film ne donne d’ailleurs pas. L’important est dans la parenthèse qu’ouvre le bonheur partagé avec une mère de rêve, idéalement et subtilement interprétée par Penélope Cruz. Pour raconter cette bulle affective qui est à la fois intimiste et immense, le film aussi se coupe en deux. Il développe des scènes spectaculaires, parfois même grandioses, comme celle où les enfants se perdent dans le sous-sol d’une villa, symbole d’une recherche de l’identité souterraine… Mais il reste aussi au plus près des visages, pour faire vivre des portraits poignants, le temps d’un arrêt sur un moment éphémère et inoubliable de la vie.
L IMMENSITA, Emanuele Crialese 2022, Penelope Cruz, Luana Giuliani (moeurs metoo transgenre)@@@ (E)
Rome dans les années 1970. Dans la vague des changements sociaux et culturels, Clara et Felice Borghetti ne s'aiment plus, mais sont incapables de se quitter.

TELERAMA
À Rome, dans les années 1970, une femm ...

@

L IMPASSE, Brian De Palma 1993, Al Pacino, Sean Penn (thriller)@@


En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont le procureur Bill Norwalk avait instruit le procès. Carlito est bien décidé à rentrer dans le droit chemin et, dès qu'il aura économisé assez d'argent, il compte se retirer aux Bahamas pour s'assurer une retraite paisible avec Gail, sa compagne danseuse dans une boîte de striptease.

TELERAMA
Un caïd, qui sort de prison, essaie de rompre avec son passé. Mais ses anciens acolytes ne l’entendent pas de cette oreille et voudraient le faire replonger. La séquence finale restera sans aucun doute comme un très grand moment de cinéma.

Carlito, prince des brigands à barbe noir de jais, revient d’un exil à Sing Sing. Son royaume, un secteur d’East Harlem — boîtes de nuit, réseau de dealers —, a changé. En cinq ans, coke et disco ont tout inondé. Et les gangsters nouveaux n’ont plus les manières. La voie est sans issue. Al Pacino marche d’un pas décidé vers un mur où il espère trouver une brèche. On connaît la fin : le film s’ouvre sur son lit de mort. Mais cette marche funèbre est une ligne à haute tension.

Plus fascinant encore que le couple illusoire esquissé entre Carlito et Gail, la danseuse : le tandem que le voyou forme avec Kleinfeld, l’avocat marron, fait des étincelles. Ce pantin veule (génial Sean Penn à moumoute) sera son homme fatal. Avec le finale, virtuose glissade sur les marbres et les escalators de Grand Central Station, De Palma est au meilleur de son maniérisme hitchcockien.
L IMPASSE, Brian De Palma 1993, Al Pacino, Sean Penn (thriller)@@ (E)
En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont l ...

@

L IMPASSE, Delphine Lemoine 2022, Gwendoline Hamon, Thierry Neuvic (policier)@


Estelle, psychiatre dévouée à son métier, mène une existence presque tranquille avec son mari et son fils. Cependant, sa vie bascule le jour où Thomas, son amour de jeunesse, fait une apparition, hospitalisé dans son service. Ce dernier est bientôt accusé d'avoir tué un médecin. Estelle va alors s'enfuir avec Thomas pour tenter de l'innocenter et le soigner. Son mari David et sa meilleure amie Agathe mènent l'enquête et font de troublantes découvertes.

TELERAMA
Dans une fiction, il n’est pas inutile de choisir ses combats. À vouloir traiter trop de thèmes, on finit pas être inaudible. La preuve par ce téléfilm.

Psychiatre, Estelle Segal (Gwendoline Hamon) excelle dans la pratique de l’hypnose. Elle ne vit que pour son métier. Il faut dire qu’à la maison son quotidien n’est pas folichon. Son ado, insupportable, vient être condamné à une peine d’intérêt général et son mari, avocat, consacre tout son temps à ses dossiers. Alors, lorsque Thomas Cassagne (Thierry Neuvic), son amour de jeunesse, est admis dans son service après une tentative de suicide, elle refond immédiatement pour lui. Au point de l’accompagner dans sa cavale après une altercation fatale avec un des autres soignants…

Malgré son amorce intrigante, le téléfilm sombre rapidement dans la surenchère en multipliant les thématiques au point de nous perdre. S’agit-il d’un réquisitoire contre la médecine de luxe ? D’une exploration des querelles de chapelle psychiatriques ? Du revival d’une histoire d’amour avortée ? Tout cela à la fois, mais finalement rien de tout cela vraiment. L’ensemble est lesté par des dialogues explicatifs, des mines de circonstance et des rebondissements capilotractés. Bref, l’ingestion n’est pas loin. Dommage.

Estelle, psychiatre dévouée à son métier, mène une existence tranquille avec son mari et son fils. Mais sa vie bascule le jour où Thomas, son amour de jeunesse, réapparait dans sa vie, hospitalisé dans son service après une tentative de suicide. Ce dernier est bientôt accusé d'avoir tué un médecin, rival d'Estelle. Estelle va alors s'enfuir avec Thomas dans la campagne provençale pour tenter de l'innocenter et le soigner. Son mari David et sa meilleure amie Agathe, en menant l'enquête pour les retrouver avant les forces de l'ordre, vont découvrir la personnalité très trouble de Thomas, et vont le soupçonner de représenter une menace pour Estelle. Au cours de cette course-poursuite, les secrets qui lient Thomas et Estelle vont ressurgir...
L IMPASSE, Delphine Lemoine 2022, Gwendoline Hamon, Thierry Neuvic (policier)@ (E)
Estelle, psychiatre dévouée à son métier, mène une existence presque tranquille avec son mari et son fils. Cependant, sa vie bascule le jour où Thomas, son amour de jeunesse, fait une apparition, ho ...

@

L INCORRIGIBLE, Philippe de Broca 1975, Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold (aventure)@@


Victor Vauthier a fait trois mois de prison pour escroquerie. Libéré, il reprend ses activités. Il réussit à vendre à des Américains l'hôtel particulier habité par Hélène, l'une de ses anciennes maîtresses, et, pour échapper à la colère de celle-ci, se réfugie en banlieue, dans la roulotte de Camille, son oncle et `père spirituel'.

TELERAMA
Comme toujours, Philippe de Broca organise à Belmondo un one-man-show sympathique et bavard, agrémenté par une joyeuse ronde de personnages secondaires : Geneviève Bujold, faussement nunuche, ou Julien Guiomar, aigrefin à la retraite. Les effets comiques sont souvent énaurmes, dans la tradition des multi-ples pantalonnades bébéliennes. Mais, rythmé, fantaisiste, le film reste un alerte divertissement. — Cécile Mury
L INCORRIGIBLE, Philippe de Broca 1975, Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold (aventure)@@ (E)
Victor Vauthier a fait trois mois de prison pour escroquerie. Libéré, il reprend ses activités. Il réussit à vendre à des Américains l'hôtel particulier habité par Hél&egr ...

@

L INFORMATEUR, Andrea Di Stefano 2006, Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster, Christopher Plummer (thriller)@


Un ancien soldat est forcé de participer à une opération menée par le FBI dans la prison où il est incarcéré. Mais lorsque sa mission est menée à bien, le FBI finit par le laisser à la merci des autres détenus. Pour rester en vie, il n'a plus qu'une seule solution qui s'offre à lui : s'évader.
L INFORMATEUR, Andrea Di Stefano 2006, Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster, Christopher Plummer (thriller)@ (E)
Un ancien soldat est forcé de participer à une opération menée par le FBI dans la prison où il est incarcéré. Mais lorsque sa mission est menée à bien, le FBI finit par le laiss ...

@

L INITIAZIONE, Gianfranco Mingozzi 1986


En 1914, Roger, seize ans, vient passer ses vacances d'été dans le château familial campagnard. Mais la guerre est déclarée et tous les hommes valides sont réquisitionnés. Roger devient alors le séducteur impénitent des femmes de la maisonnée et du coin.
L INITIAZIONE, Gianfranco Mingozzi 1986 (E)
En 1914, Roger, seize ans, vient passer ses vacances d'été dans le château familial campagnard. Mais la guerre est déclarée et tous les hommes valides sont réquisitionnés. Roger devient alors ...

@

L INNOCENT, Louis Garrel 2022, Roschdy Zem, Anouk Grinberg (comique)@@


Abel panique. Il vient d'apprendre que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme qui se trouve en prison. Aidé par sa meilleure amie Clémence, il va tout faire pour essayer de la protéger de son tout nouvel amoureux condamné à la prison.

TELERAMA
Quand sa mère prof de théâtre épouse un détenu, Abel panique. Louis Garrel, devant ou derrière la caméra, marie romance et film de casse avec brio.

Que de chemin parcouru par Louis Garrel, en si peu de temps ! Voilà un garçon qui a débuté comme acteur, au profil très Nouvelle Vague. Puis est passé derrière la caméra, enchaînant courts métrages et longs, ne cessant de se renouveler à travers des genres différents. Quoi de commun en effet entre Les Deux Amis, son premier film, et ce quatrième, L’Innocent ? Sans doute un amour fécond des comédiens, et du théâtre. Qui est justement ce qui permet la rencontre de Michel (Roschdy Zem), belle carrure et charme canaille du taulard, et de Sylvie (Anouk Grinberg), la soixantaine, prof de théâtre un peu fofolle en milieu carcéral. Ces deux-là s’aiment et décident, peu avant la libération de Michel, de se marier en prison. Au grand dam d’Abel (Louis Garrel), le fils de Sylvie, paniqué à l’idée de voir sa mère, abonnée aux repris de justice, s’embarquer dans une nouvelle galère. Loin de l’apaiser, le projet des tourtereaux d’ouvrir un magasin de fleurs alimente encore davantage sa parano…

Combiner la comédie romantique et le film de casse, tel est le pari. Risqué — cela réclame un savant dosage de légèreté et de tension. Et brillamment réussi. C’est avec le concours d’un romancier talentueux, Tanguy Viel, que Louis Garrel a élaboré cette intrigue rocambolesque, inspirée par l’expérience de sa propre mère, la comédienne et réalisatrice, Brigitte Sy, qui animait des cours de théâtre et s’est mariée en prison, lorsque Louis avait 18 ans. On est donc tenté de faire un parallèle avec les films du père, Philippe Garrel, eux aussi à forte teneur autobiographique, mais plus confidentiels, comme de la poésie. Dans le cinéma du fils, plus divertissant, taillé pour le grand public, l’intime avance masqué.
L INNOCENT, Louis Garrel 2022, Roschdy Zem, Anouk Grinberg (comique)@@ (E)
Abel panique. Il vient d'apprendre que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme qui se trouve en prison. Aidé par sa meilleure amie Clémence, il va tout faire pour essayer de la prot&e ...

@

L INSTRUCTION, RP Kahl 2023, Rainer Bock, Clemens Schick (histoire shoah)@@


Cette saisissante adaptation cinématographique de la pièce de théâtre "L'instruction" de Peter Weiss, reprend des dépositions d'accusés et de témoins du procès de Francfort, où furent jugés entre 1963 et 1965 les responsables des crimes commis à Auschwitz. Un puissant film choral.

En 1963, dans une Allemagne qui semble avoir oublié la guerre et le national-socialisme, l'ouverture du procès de Francfort met fin à l'amnésie collective : d'anciens soldats SS sont jugés pour leur implication dans le fonctionnement du camp d'Auschwitz, près de vingt ans après la fin des procès de Nuremberg. Témoins et accusés défilent à la barre durant cent quatre-vingts jours, les uns décrivant le pire dont l'humanité est capable, les autres se réfugiant derrière des procédures et des ordres, preuve d'un déni persistant.
L INSTRUCTION, RP Kahl 2023, Rainer Bock, Clemens Schick (histoire shoah)@@ (E)
Cette saisissante adaptation cinématographique de la pièce de théâtre "L'instruction" de Peter Weiss, reprend des dépositions d'accusés et de témoins du procès de Francfort, o ...

@

L INVASION DES PROFANATEURS, Philip Kauffman 1978, Donald Sutherland, Brook Adams (horreur science fiction)@@


Elizabeth s'aperçoit un jour du comportement étrange de son ami. Puis, peu à peu, d'autres personnes se transforment aussi, bizarrement. Pendant leur sommeil, une plante fabrique leur double parfait, tandis que l'original disparaît.

TELERAMA
Les humains sont investis par des forces venues d’ailleurs… Kaufman opte pour l’épouvante et les métamorphoses génético-végétales.
Vous ne le saviez pas, mais les envahisseurs naissent des fleurs. Plus exactement sont accouchés par des cosses géantes, moitié chrysalides filandreuses, moitié flageolets rances. Paranoïa ? Dormez, et vous serez aussitôt remplacé, trait pour trait, par un des leurs…

Attention, cette adaptation de L’Invasion des profanateurs… est vraiment flippante. Si Philip Kaufman, comme Don Siegel vingt ans auparavant, montre des extraterrestres SDF volant la vie et l’apparence des habitants d’une ville américaine, son épatant remake laisse encore plus de place au fantasme. Sur le totalitarisme, d’abord : écouter l’un des chefs des « occupants » faire calmement l’article aux trois derniers « résistants » humains (« Rejoignez-nous dans un monde sans amour et sans haine ») fait froid dans le dos. Mais là où Siegel n’évoquait que le maccarthysme, Kaufman met l’accent sur un autre risque. En filmant plus longuement les cosses végétales portées dans les bras tels des nouveau-nés, en donnant plus d’importance à la serre nourricière, il stigmatise, avant l’heure, les tripatouillages génétiques. L’apparition d’un chien à tête de vieillard en est le témoignage traumatisant…

Mais, surtout, tout le long d’une action haletante, le réalisateur pose la dérangeante question de l’Autre : qui est cet inconnu qui se prétend mon mari ? Quelle est cette étrangère qui dort à mes côtés ? Regardez bien votre voisin (de lit, de bureau) demain matin. S’il vous semble étrangement détaché de tout sentiment, c’est que l’invasion a commencé…
L INVASION DES PROFANATEURS, Philip Kauffman 1978, Donald Sutherland, Brook Adams (horreur science fiction)@@ (E)
Elizabeth s'aperçoit un jour du comportement étrange de son ami. Puis, peu à peu, d'autres personnes se transforment aussi, bizarrement. Pendant leur sommeil, une plante fabrique leur double parfait, tandis que l'origin ...

@

L ODYSSEE DU HINDENBURG, Robert Wise 1937, ‎Gig Young, Charles Durning, George C. Scott, William Atherton (guerre espace)@@


En 1937, le zeppelin allemand Hindenburg, symbole de l'Allemagne hitlérienne, doit effectuer un voyage à destination des États-Unis. Cependant, les autorités ont vent d'une tentative d'attentat visant à détruire le zeppelin.

TELERAMA
En 1937, le dirigeable Hindenburg fait la fierté tant du régime nazi que du peuple allemand. A trois mois du premier vol de l'appareil, les responsables de la firme Zeppelin adjoignent à l'équipage un colonel chargé de la sécurité. Devant les menaces répétées de sabotage, il a été décidé de fouiller systématiquement les passagers, leurs bagages et l'appareil. Après de multiples vérifications, le Hindenburg est enfin prêt à décoller. A bord, la vie s'organise : les passagers se regroupent par affinités tandis que les officiers vaquent à leurs occupations. Le colonel, quant à lui, accompagné d'un agent de la Gestapo, suspecte l'ensemble des occupants et plus particulièrement Boerth, dont la fiancée a déjà été arrêtée pour ses activités contre le régime en place...
L ODYSSEE DU HINDENBURG, Robert Wise 1937, ‎Gig Young, Charles Durning, George C. Scott, William Atherton (guerre espace)@@ (E)
En 1937, le zeppelin allemand Hindenburg, symbole de l'Allemagne hitlérienne, doit effectuer un voyage à destination des États-Unis. Cependant, les autorités ont vent d'une tentative d'attentat visant à d& ...

@

L ODYSSEE DU SOUS MARIN NERKA, Robert Wise, Clark Gable, Burt Lancaster (guerre)@@


Privé de sous-marin suite à la destruction de Pearl Harbor, le commandant P.J. Richardson ronge son frein en attendant l'heure de la revanche contre les japonais. Lorsque la Navy lui confie le commandement d'un nouveau navire de guerre au détriment du lieutenant Jim Bledsoe, Richardson va devoir dompter son propre équipage avant de repartir en guerre.

TELERAMA
Ce n’est pas un banal film de propagande : le souci de Robert Wise était de profiter d’un huis clos (sous-marin) pour étudier le comportement d’un groupe d’hommes. Clark Gable et Burt Lancaster, remarquables.

Un commandant hanté par le naufrage de son précédent sous-marin, aveuglé par son désir de vengeance ; un lieutenant ambitieux, déçu de ne pas se voir confier la direction du Nerka ; au milieu, un équipage tout acquis au second : les éléments sont bien en place pour transformer cette odyssée sous-marine à l’assaut du destroyer japonais Akikaze en un affrontement homérique entre deux stars. Explications orageuses dans une cabine étroite, coups de gueule autour d’un périscope, Gable (57 ans) et Lancaster (45 ans) s’en donnent à cœur joie et sont d’ailleurs excellents, même s’ils n’avaient plus vraiment l’âge des rôles.

Parfaitement fidèle à l’idéologie hollywoodienne du genre, Robert Wise mène son submersible de main de maître. Il utilise à la perfection l’exiguïté des lieux, souligne par des éclairages en clair-obscur les corps luisants de graisse et de sueur des marins, prisonniers d’un environnement métallique où se mêlent câbles, ballasts et tubes lance-torpilles. L’attente insupportable dans une atmosphère confinée, les bruits inquiétants et les silences oppressants servent un suspense efficace. La mise en scène est nerveuse, presque sèche, les dialogues sont réduits à l’essentiel.

En 1942, au coeur du Pacifique, le sous-marin du commandant Richardson est coulé par un destroyer japonais, l'Akikaze, dans le détroit de Bungo. Affecté sur un autre submersible, le Nerka, Richardson rencontre immédiatement l'hostilité de son second, le lieutenant Jim Bledsoe. Celui-ci, soutenu par l'équipage, pensait en effet être promu commandant. Cependant, Richardson ne poursuit qu'un seul but, détruire l'Akikaze. Au cours d'une attaque, Richardson, blessé, doit laisser le commandement à Bledsoe. Celui-ci s'enquiert bien vite de sa nouvelle responsabilité et reprend à son compte les obsessions de son supérieur...
L ODYSSEE DU SOUS MARIN NERKA, Robert Wise, Clark Gable, Burt Lancaster (guerre)@@ (E)
Privé de sous-marin suite à la destruction de Pearl Harbor, le commandant P.J. Richardson ronge son frein en attendant l'heure de la revanche contre les japonais. Lorsque la Navy lui confie le commandement d'un nouveau navire ...

@

L ODYSSEE, Jérome Salle 2016, Lambert Wilson, Pierre Niney (bio)@@


En 1948, Jacques-Yves Cousteau, sa femme, et ses deux fils vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Cependant, Cousteau ne rêve que d'aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l'eau, il a découvert un nouveau monde.

TÉLÉRAMA
On est loin de l’évocation fantasque du commandant Cousteau, tout en chimères cruelles, que l’Américain Wes Anderson avait bricolée dans La Vie aquatique. Avec ce biopic français à gros budget, retour au réalisme basique, à la ­reconstitution pointilleuse, au défilement des années et des décennies. Pour voir vieillir à vue d’œil, de manière crédible, Lambert Wilson (Jacques-Yves Cousteau) et Audrey Tautou (Simone, l’épouse qui régentait La Calypso), on peut compter sur L’Odyssée. Si on espère davantage que des conventions, prudence… Il y a, pourtant, au milieu du film, une torsion inattendue. Jérôme Salle fait de la haine entre le fils Philippe (Pierre Niney) et le père un thème majeur. Parmi les griefs adressés au « grand homme » : égocentrisme carabiné et narcissisme forcené. Tout devient alors plus intéressant, d’autant que ces défauts sont largement illustrés. Et que Wilson et Niney excellent dans ce moment où ils ont vraiment quelque chose à jouer. Le mépris de « JYC » pour l’environnement (on vous parle d’un temps antérieur à Nicolas Hulot) est aussi traité, mais édulcoré. Il suffit de regarder Le Monde du silence du vrai Cousteau, Palme d’or à Cannes en 1956, pour se faire une idée des tortures infligées alors aux animaux par l’équipage de La Calypso.
L ODYSSEE, Jérome Salle 2016, Lambert Wilson, Pierre Niney (bio)@@ (E)
En 1948, Jacques-Yves Cousteau, sa femme, et ses deux fils vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Cependant, Cousteau ne rêve que d'aventure. Grâce à son invention, un scap ...

@

L OEIL DU MAL, D.J. Caruso 2008, Shia LaBeouf, Michelle Monaghan (thriller)@


Jerry et Rachel ne se connaissent pas mais un cauchemar leur a donné rendez-vous. Parce que quelqu'un l'a fait passer pour un terroriste et qu'il est désormais recherché par toutes les polices, Jerry n'a pas d'autres choix que d'obéir à la mystérieuse voix qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Rachel est elle aussi obligée d'obéir, sinon ce sera son fils, Sam, qui le paiera de sa vie.

TELERAMA
Téléphones portables, caméras de surveillance, guichets automatiques : dans ce monde submergé par la technologie, chaque citoyen est une cible facile à pister. Jerry, modeste employé, embringué malgré lui dans une sombre histoire impliquant l'armée, le FBI et le terrorisme international, en fait l'expérience. Voilà un thriller parano, avec son cortège de défouraillages et de cascades spectaculaires (dont une poursuite entre un drone et une voiture, le tout dans un tunnel).

Produit par Steven Spielberg, cet ersatz high-tech de La Mort aux trousses trouve le moyen de développer une intrigue efficace. L'oeil du mal voit tout, peut tout, et le film reflète une brassée de vieilles hantises remises au goût du jour, de la dictature à la toute-puissance des machines. Big Brother is - encore et toujours - watching you.

Jerry Shaw, employé dans une boutique de photocopies, apprend la mort de son jumeau, engagé dans l'armée. Quelques jours après ce drame, il voit son compte en banque crédité d'une fortune, découvre des armes chez lui et reçoit l'appel d'une femme, qui lui demande d'obéir à ses instructions. Jerry refuse et se retrouve arrêté par le FBI. Pendant ce temps, Rachel Holloman, mère célibataire dont le fils vient de partir en voyage avec l'orchestre d'enfants dont il fait partie, est contactée par une femme. Elle lui ordonne de se porter au secours du jeune homme si elle veut revoir son fils vivant. Jerry et Rachel font ainsi connaissance. Très vite, ils reçoivent de nouvelles instructions...
L OEIL DU MAL, D.J. Caruso 2008, Shia LaBeouf, Michelle Monaghan (thriller)@ (E)
Jerry et Rachel ne se connaissent pas mais un cauchemar leur a donné rendez-vous. Parce que quelqu'un l'a fait passer pour un terroriste et qu'il est désormais recherché par toutes les polices, Jerry n'a pas d'autres ch ...

@

L OEUVRE DE DIEU LA PART DU DIABLE, Lasse Hallström 1999, Tobey Maguire, Charlize Theron (societe)@@


À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non désirés, mais ne néglige pas "la part du diable" puisqu'il lui arrive d'interrompre illégalement certaines grossesses.

TELERAMA
Ca commence en 1943, dans un orphelinat à la Dickens. Un médecin à la morale toute personnelle, qui oublie ses tourments en se droguant à l’éther, met au monde des enfants non désirés (son « œuvre de Dieu ») et pratique des avortements (sa « part du diable »). Il se choisit un disciple en la personne de Homer, un orphelin qu’au fil des années il initie à la médecine.

Avec cette adaptation d’Irving, on est en pleine image d’Épinal, mais rudement efficace. Parce que Lasse Hallström, depuis Ma vie de chien, a toujours su filmer l’enfance en préservant sa fragilité et son mystère. Parce que Michael Caine est formidable, en seigneur généreux et dérisoire d’un château sombre et doux, cerné par la réalité, à savoir la douleur et le malheur. Et aussi parce que Homer est interprété par le jeune et déjà remarquable Tobey Maguire. Il se sort impeccablement de l’emploi casse-gueule du candide qui pose sur le monde un regard d’étranger. Dommage que le charme des trois premiers quarts d’heure s’évapore peu à peu et que la mise en scène devienne illustrative.
L OEUVRE DE DIEU LA PART DU DIABLE, Lasse Hallström 1999, Tobey Maguire, Charlize Theron (societe)@@ (E)
À l'orphelinat de Saint-Cloud, dans le Maine, le docteur Wilbur Larch, un être plutôt excentrique et attachant, se charge de réaliser "l'œuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non dés ...

@

L OMBRE ET LA PROIE, Stephen Hopkins 1996, Michael Douglas, Val Kilmer (aventure)


En 1896, le lieutenant-colonel John Patterson, fringant et brillant ingénieur, part en Afrique pour une mission aussi éxaltante que délicate: superviser la construction d'une ligne ferroviaire reliant Mombassa au lac Victoria. Sur le chantier, Patterson se fait tout de suite respecter de ses hommes en tuant d'une seule balle un lion en maraude. Mais, quelques jours plus tard, un ouvrier est attaqué et déchiqueté par un autre félin. C'est le début d'une hécatombe.

En 1896, John Patterson, ingénieur des Ponts et Chaussées, quitte Londres, son foyer douillet et sa femme enceinte pour superviser l'édification d'un ouvrage suspendu en Afrique, construction clé de la future ligne de chemin de fer reliant Mombasa au lac Victoria. John comprend vite que tout n'est pas paradisiaque sur le continent noir. Des luttes incessantes opposent ouvriers africains et indiens, alors qu'un lion terrorise le campement. John tue le fauve d'une seule balle, ce qui lui vaut l'estime générale. Mais d'autres animaux accomplissent des ravages, faisant une trentaine de victimes dans le camp des ouvriers. Beaumont décide alors d'engager Remington, un chasseur connu dans tout le pays. Un jour, deux lions pénètrent dans l'hôpital de campagne...
L OMBRE ET LA PROIE, Stephen Hopkins 1996, Michael Douglas, Val Kilmer (aventure) (E)
En 1896, le lieutenant-colonel John Patterson, fringant et brillant ingénieur, part en Afrique pour une mission aussi éxaltante que délicate: superviser la construction d'une ligne ferroviaire reliant Mombassa au lac Vi ...

@

L ORDRE ET LA MORALE, Mathieu Kassovitz 2011 (histoire drame)@@


En 1988, sur l'île d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, des troupes militaires françaises donnent l'assaut, après l'assassinat de quatre gendarmes, à la gendarmerie, puis la prise d'otages par des indépendantistes Kanak de 27 gendarmes mobiles.

TELERAMA
Avril 1988. Sur l’île d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, des indépendantistes kanaks prennent en otages trente gendarmes. Le 5 mai, les forces de l’ordre donnent l’assaut. Bilan : vingt et un morts. Mathieu Kassovitz reconstitue ce bain de sang façon engrenage infernal.

Le 22 avril 1988, des indépendantistes kanaks prennent en otages trente gendarmes sur l'île d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Le 5 mai, les forces de l'ordre donnent l'assaut. Bilan : vingt et un morts. Deux soldats et dix-neuf kanaks, certains achevés ou exécutés après leur reddition...

Le négociateur du GIGN Philippe Legorjus tenta d'éviter le bain de sang. Son témoignage, émouvant et amer, a inspiré Mathieu Kassovitz pour la reconstitution, façon engrenage infernal, de la tragédie. Dénonciation du néocolonialisme, rivalités fatales entre hauts gradés, manipulation de l'affaire à des fins de basse politique : rien ne manque à ce successeur des « fictions de gauche » des années 1970 - entre Boisset (en mieux) et Costa-Gavras (en moins bien).

Trop de dialogues plaqués sur l'intrigue, trop de manichéisme : l'armée de terre est présentée comme un ramassis de brutes... Mais Kassovitz convainc dans les extérieurs (une marche dans la forêt tropicale à la tension extrême, une pause étonnante de calme sur une plage aux allures de paradis perdu), et surtout dans les scènes d'action - sa spécialité. Le long assaut final devient un chaos assourdissant où la représentation presque abstraite des combats (de l'ennemi, on ne voit que les balles traçantes zébrant l'écran) prend aux tripes.
L ORDRE ET LA MORALE, Mathieu Kassovitz 2011 (histoire drame)@@ (E)
En 1988, sur l'île d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, des troupes militaires françaises donnent l'assaut, après l'assassinat de quatre gendarmes, à la gendarmerie, puis la prise d'otages par des ind&eacu ...

@

L ORIGINE DU MAL, Sébastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@


Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi qu'une inquiétante servante. Quelqu'un ment.

TELERAMA
Dans une luxueuse villa de la Côte d’Azur, une nouvelle venue, Laure Calamy, va dynamiter l’ordre établi par un monstrueux patriarche. Fascinant.

Dès le générique, le troisième long métrage de Sébastien Marnier (Irréprochable) joue avec les faux-semblants. Le vestiaire d’une conserverie de poissons, dans le nord de la France, où la nudité des ouvrières se révèle dans une lumière grisâtre, puis le parloir d’une prison où Stéphane (Laure Calamy) vient visiter sa compagne très possessive (Suzanne Clément) : les apparences sont celles d’un cinéma d’auteur naturaliste. Voilà le premier mensonge de ce polar qui en regorge, car, découvrant l’identité d’un père qu’elle n’a jamais connu, Stéphane l’ouvrière change de décor pour accoster sur une presqu’île de la Côte d’Azur, dans une villa digne d’Alfred Hitchcock. Invitée par Serge, son riche géniteur, dans sa sublime propriété dont les grands escaliers extérieurs n’en finissent pas de mourir jusqu’à une crique privée, Stéphane, des étoiles dans les yeux, fait la connaissance du gynécée de Serge : son épouse aux tenues extravagantes et à la « fièvre acheteuse » (Dominique Blanc) ; sa fille aînée George (Doria Tillier), peu accueillante ; sa petite-fille (Céleste Brunnquell), qui ne lâche pas son appareil photo ; Agnès, la bonne, qui écoute aux portes (Véronique Ruggia Saura). Une cellule matriarcale étrangement soudée contre un patriarche diminué par un AVC : Serge semble haï par ces dames, mais sans doute ont-elles d’excellentes raisons pour ça. Avec l’arrivée de Stéphane, nouveau pion sur l’échiquier, et désespérément en quête d’une famille, le mal qui couvait depuis si longtemps se répand comme un poison…

Tuer le père, bien sûr, mais pas seulement : si ce fascinant thriller familial fustige avec maestria le pire du patriarcat, il pose aussi la question de ses conséquences sur la vie des femmes, sur leur manière de se composer des masques, de construire une sororité, éventuellement immorale, pour résister au mâle. Ainsi, face à un Jacques Weber extraordinaire de monstruosité caressante en « ami de Charles Pasqua » qui garde son vin sous clé, et balance des phrases antisémites, vautré sur son canapé, Dominique Blanc, géniale, crée un personnage d’épouse comme téléporté du grand cinéma hollywoodien des années 1950 : une collectionneuse maladive, extravagante, qui semble se pétrifier petit à petit dans ses capes en fourrure et le décor incroyable de cette villa, véritable personnage en soi, entre brocante folle et musée d’histoire naturelle.

Il y a du Billy Wilder pour l’ironie carnassière, du Robert Aldrich pour la violence féminine, mais aussi du Brian de Palma, dans la mise en scène de Sébastien Marnier, qui serpente de pièce en pièce et divise soudain l’écran, épinglant les membres de cette famille comme des papillons dans une vitrine. Les riches, les pauvres, la convoitise, le poids du secret et les masques qui tombent (en même temps que les corps) : c’est aussi avec Claude Chabrol, évidemment, que ce film vénéneux flirte, et en particulier La Cérémonie. L’Origine du mal prouve enfin qu’une autre Laure Calamy se cache derrière son emploi habituel de femme nature et solaire. Car la famille, si impitoyablement autopsiée ici, peut aussi rendre dingue, a fortiori quand on n’en a pas…
L ORIGINE DU MAL, Sébastien Marnier 2022, Laure Calamy, Jacques Weber, Laura Tillier (etrange)@@ (E)
Dans une luxueuse villa en bord de mer, une jeune femme modeste retrouve une étrange famille: un père inconnu et très riche, son épouse fantasque, sa fille, une femme d'affaires ambitieuse, une ado rebelle ainsi ...

@

L ORIGINE DU MONDE, Laurent Lafitte 2020, Karin Viard


Un jour, sans crier gare, le coeur de Jean-Louis s'arrête de battre. Jean-Louis devrait être mort mais il parle, marche, vit sa vie comme si de rien n'était. Affolé, il demande son avis à Michel, son ami vétérinaire qui bien sûr ne parvient pas à expliquer ce phénomène étrange. Valérie, son épouse, n'est d'aucune aide. Désespéré, le couple tente de trouver des réponses auprès de Margaux, la coach de vie de Valérie, un peu guérisseuse et en lien avec les forces occultes.

TELERAMA
Pour
Avocat aisé, Jean-Louis collectionne les babioles comme autant de symboles de sa réussite. Mais il s’interroge : et si son existence n’était qu’un mensonge ? Il se sent tiède, dépassionné, mort à l’intérieur. Une coach illuminée promet de le sauver s’il lui apporte une photo… du sexe de sa mère ! Sous les aspects d’un vaudeville féroce, le film devient alors une sorte de conte dont les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

En adaptant la pièce de Sébastien Thiéry, Laurent Lafitte prouve qu’il sait tenir un récit, le faire basculer quand nécessaire dans une inquiétante étrangeté fantastique, étirer les scènes jusqu’au malaise et brouiller les pistes, en injectant le ton décalé, chic, si personnel, qu’on lui connaît depuis son hilarant spectacle Comme son nom l’indique (2008).
Ses idées de mise en scène font s’entrechoquer la beauté factice du luxe bourgeois et la laideur de la jalousie sociale. Derrière l’outrance se cache un questionnement sur la recherche d’identité, incarné par des acteurs généreusement servis. — Sébastien Mauge

Contre
Désormais ex-pensionnaire sensible et cultivé de la Comédie-Française, Lafitte a étrangement choisi un vaudeville petit-bourgeois d’une insondable vulgarité pour passer derrière la caméra. Dialogues trop écrits et situations faussement provocatrices ne suscitent que rires gras et embarras. L’introspection du personnage, si détestable qu’on peine à le plaindre, se limite à la purge d’un banal complexe d’Œdipe mal résolu. — Jérémie Couston
L ORIGINE DU MONDE, Laurent Lafitte 2020, Karin Viard (E)
Un jour, sans crier gare, le coeur de Jean-Louis s'arrête de battre. Jean-Louis devrait être mort mais il parle, marche, vit sa vie comme si de rien n'était. Affolé, il demande son avis à Michel, son ami v&e ...

@

L OUBLI DES ECUREUILS, Marc Dietschreit, Nadine Heinze, Emilia Schüle, Günther Maria Halmer, Fabian Hinrichs, Anna Stieblich


L'Ukrainienne Marija travaille en Allemagne comme aide-soignante 24 heures sur 24 pour soutenir sa famille restée au pays. Ici, elle s'occupe 24 heures sur 24 de Curt, atteint de démence. Lorsque la fille contrôlante de Curt s'absente en raison d'un accident, Curt commence à penser que Marija est sa défunte épouse. Pour avoir la paix, Marija joue le jeu et elle se rend compte que Curt se sent mieux grâce à cela. Mais il y a aussi le fils de Curt, qui s'intéresse plus à Marija qu'à Curt.

Ecrit et réalisé par Marc Dietschreit et Nadine Heinze, « L’oubli des écureuils » suit le voyage en enfer de la jeune Marija, venue s’occuper d’un vieil homme sénile en Allemagne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les règles strictes imposées par la fille de Curt donnent le ton dès le début : blouse obligatoire, pas de maquillage ni de bijoux, visites interdites, strict respect des horaires de repas, et vérification des selles du viel homme ! Celui-ci est grincheux, et disons-le clairement, pas vraiment sympathique. Mais la jeune femme s’accroche à la tâche, et se prend d’affection pour Curt. Surgit alors Philipp, le fils de la famille, qui va tomber sous le charme de Marija.

Après visionnage, difficile de trancher entre » comédie humaine » et « voyage en enfer chez les bourgeois allemands ». Le film nous offre quelques scènes intenses et déchirantes, mais frôle également parfois le grotesque. C’est notamment le cas avec le personnage de Philipp, qui a défaut de vouloir/pouvoir épouser Marija, lui propose ni plus ni moins de lui servir d’escorte de luxe. Une chose est en revanche certaine : l’excellente prestation (comme toujours !) d’Emilia Schüle. L’actrice de la série « Ku’damm 56/59/63« , « Traumfabrik » ou encore « High Society » se fond avec aisance dans son personnage tout en nuances. Elle reste assurément l’atout numéro 1 du film.

Sorti en pleine pandémie l’année dernière en Allemagne, « L’oubli des écureuils » est probablement passé à côté de son public. Malgré ses quelques points faibles, le film parvient à maintenir l’intérêt du spectateur sans aucun problème. Et pour ceux qui se poseraient la question du titre, celui-ci fait référence à ces charmantes petites bêtes qui avant l’hiver font des provisions de noix, avant d’oublier où elles se trouvent, et de mourir de faim…
L OUBLI DES ECUREUILS, Marc Dietschreit, Nadine Heinze, Emilia Schüle, Günther Maria Halmer, Fabian Hinrichs, Anna Stieblich (E)
L'Ukrainienne Marija travaille en Allemagne comme aide-soignante 24 heures sur 24 pour soutenir sa famille restée au pays. Ici, elle s'occupe 24 heures sur 24 de Curt, atteint de démence. Lorsque la fille contrôlante de ...

@

L UN DANS L AUTRE, Bruno Chiche 2016, Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt (comique)@


Deux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d'amitié. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants. La situation devenant intenable, ils décident de rompre. Après une ultime nuit d'amour passionnée, le sort leur joue un tour : Pierre et Pénélope se réveillent chacun dans le corps de l'autre. Pour protéger leur secret, ils se retrouvent chacun à devoir vivre la vie de l'autre. C'est le début des complications.

TELERAMA
Stéphane de Groodt se retrouve dans la peau de Louise Bourgoin, et vice versa. Bruno Chiche réussit à faire d’un thème hautement cinégénique, une comédie pas drôle du tout et truffée de clichés sur le féminin et le masculin. Genre navrante quoi !

Ces deux héros transgenres n’ont rien à voir avec ceux de Lola Pater, Nos années folles ou encore Une femme fantastique, trois films sortis cette été. Après une nuit d’amour, le corps de Louise Bourgoin abrite soudain l’âme de son amant Stéphane de Groodt, et réciproquement. La modification, subie, s’inspire plutôt d’un Blake Edwards tardif, Dans la peau d’une blonde (1991), où un séducteur indélicat se réveillait, un matin, en jeune femme. Récemment, le cinéma français a déjà produit une variante inavouée et calamiteuse de cette comédie américaine, en inversant l’argument : Si j’étais un homme, réalisé et joué par Audrey Dana.

A nouveau, la comparaison avec l’original est cruelle, notamment en matière de direction d’acteurs. Bruno Chiche, qui a déjà fait tourner Fabrice Luchini et Nathalie Baye (Barnie et ses petites contrariétés, 2001), n’obtient rien d’autre de Stéphane de Groodt en femme qu’une position maniérée des jambes sur un fauteuil et un vague moulinet du poignet, de temps en temps. Louise Bourgoin, qu’on a connue plus inspirée, prend une voix grave, grommelle et écarte les cuisses, une fois affalée dans un canapé. Ellen Barkin, dans le film de Blake Edwards, déployait, elle, un burlesque sophistiqué, avec la dextérité d’un personnage de cartoon.

Au-delà d’un scénario faible (ils sont devenus l’un l’autre tant il s’aiment), le film déborde des pires clichés sur les deux sexes. Car, bien sûr, l’inversion est surtout prétexte à un sempiternel inventaire des turpitudes quotidiennes selon qu’on est une femme ou un homme. Comme dans les spectacles seul(e)-en-scène les plus bas de gamme, la liste semble remonter à l’âge des cavernes. Possédé par une psyché féminine, Stéphane de Groodt se met ainsi à astiquer frénétiquement l’évier de la cuisine, se nourrit exclusivement de tofu et de quinoa, privilégie la douceur et le bien-être dans le travail et l’entreprise… Guidée par un esprit masculin, Louise Bourgoin se relève la nuit pour manger de la viande rouge crue avec les doigts, agresse à peu près tout le monde et ne jure que par la rentabilité et la gestion à la dure…

Pour finir, le mauvais sort est suspendu aussi subitement et gratuitement qu’il avait été déclenché, quand la durée du film s’approche de l’heure et demie réglementaire. Que les femmes redeviennent ces créatures délicates attirées par les médecines douces, et les hommes, ces rustauds qui s’inquiètent de l’état de leur grosse voiture ! Rideau.
L UN DANS L AUTRE, Bruno Chiche 2016, Louise Bourgoin, Stéphane De Groodt (comique)@ (E)
Deux couples, Pierre et Aimée, et Eric et Pénélope, partagent tous les quatre plusieurs années d'amitié. Seul souci, Pénélope et Pierre sont devenus amants. La situation devenant intenable, i ...

@

L UNE CHANTE L AUTRE PAS, Agnes Varda 1977, Valerie Mairesse, Therese Liotard (societe)@@


Pauline, étudiante de 17 ans, souhaite quitter sa famille pour devenir chanteuse. Intéressée par une exposition de photographies représentant des femmes qu'elle trouve trop tristes, elle reconnaît l'un des modèles, Suzanne, qui, avec Jérôme, le photographe, a eu deux enfants. Les deux femmes se lient. Suzanne, de nouveau enceinte, peine à s'occuper de ses enfants, par manque d'argent ; pour l'aider à avorter, Pauline obtient de l'argent de ses parents sur un mensonge. Lorsque ceux-ci découvrent la supercherie, elle décide de les quitter et se lance dans la chanson.

L UNE CHANTE L AUTRE PAS, Agnes Varda 1977, Valerie Mairesse, Therese Liotard (societe)@@ (E)
Pauline, étudiante de 17 ans, souhaite quitter sa famille pour devenir chanteuse. Intéressée par une exposition de photographies représentant des femmes qu'elle trouve trop tristes, elle reconnaît l'un des ...

@

L UOMO CHE GUARDA, Tinto Brass 1994, Katarina Vasilissa, Francesco Casale (film e)


Edoardo, dit Dodo, est un professeur d'université en herbe qui vit sous le même toit que sa douce épouse Silvia et son père Alberto, un vieil invalide encore lubrique et attiré par la séduisante et plantureuse infirmière Fausta. Alors que Dodo est introverti et évite les plaisirs simples de la vie, s'isolant et contemplant le monde, son père, autrefois un coureur de jupons hors pair, ne tarde pas à abuser d'elle avec Fausta et d'autres amants. Silvia, lassée de l'apparence monochromatique de Dodo, le quitte pour un autre. La vie continue tristement entre les quatre murs de la maison, Dodo étant témoin des obscénités de son père avec Fausta, qui le provoque et l'encourage. Après un cours universitaire, Dodo est abordé par Pascasie, une séduisante étudiante congolaise, qui l'autorise à la photographier nue. Avec l'arrivée de son amie, Dodo a l'occasion d'un plan à trois, mais, plus ennuyeux que jamais, il choisit de partir. Une série d' analepses révèle les phobies et les passions de Dodo : elle rêve d'une plage nudiste, mais toutes les femmes ont le visage de Silvia ; elle revisite son père et sa mère, les surprenant enfants en train de faire l'amour. Une nuit, Alberto reçoit une visite inattendue et Silvia, étrangement, décide de retrouver son mari.

L'Homme qui regarde est un film de 1994 réalisé par Tinto Brass , librement inspiré du roman éponyme d' Alberto Moravia . Il est sorti en salles avec une restriction d'âge pour les moins de 18 ans.
L UOMO CHE GUARDA, Tinto Brass 1994, Katarina Vasilissa, Francesco Casale (film e) (E)
Edoardo, dit Dodo, est un professeur d'université en herbe qui vit sous le même toit que sa douce épouse Silvia et son père Alberto, un vieil invalide encore lubrique et attiré par la séduisante et p ...

@

LA 317e SECTION Pierre Schoendoerffer 1965, Jacques Perrin, Bruno Cremer(extr)@@


Mai 1954, en Indochine. Diên Biên Phu va tomber. La 317e section, cantonnée dans le Nord-Laos, reçoit l'ordre de se replier vers le sud, afin de rejoindre une colonne de renfort en route vers Diên Biên Phu.
LA 317e SECTION Pierre Schoendoerffer 1965, Jacques Perrin, Bruno Cremer(extr)@@ (E)
Mai 1954, en Indochine. Diên Biên Phu va tomber. La 317e section, cantonnée dans le Nord-Laos, reçoit l'ordre de se replier vers le sud, afin de rejoindre une colonne de renfort en route vers Diên Biên ...

@

LA BABYSITTER, Guy Ferland 1995, Alicia Silverstone


Une babysitter venue garder des enfants se retrouve au centre de toutes les convoitises entre son petit ami, un autre copain et le père même des deux enfants.

TELERAMA
Les Tucker viennent d'embaucher Jennifer, une adolescente, pour s'occuper de leur progéniture. Si son miroir lui a souvent soufflé qu'elle était ravissante, la demoiselle n'en était pas pour autant préparée à occasionner autant de ravages auprès de la population masculine de son entourage. Bon père de famille, Harry Tucker a pourtant du mal à contenir ses élans dès que la jeune fille entre dans la pièce. Jack, le petit ami de Jennifer, s'il apprécie ses charmes, n'en goûte guère l'effet dévastateur auprès d'autrui. La situation ne tarde pas à devenir explosive...
LA BABYSITTER, Guy Ferland 1995, Alicia Silverstone (E)
Une babysitter venue garder des enfants se retrouve au centre de toutes les convoitises entre son petit ami, un autre copain et le père même des deux enfants.

TELERAMA
Les Tucker viennent d'embaucher Jennifer, une ...

@

LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura 1983 (societe)@@@


Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est venu pour Orin de se retirer du monde à son tour. Or, elle est toujours en bonne santé et son fils Tatsuhei ne veut pas la laisser partir pour mourir. Afin d'éviter le déshonneur, Orin décide alors de se faire mal en se cassant les dents pour contraindre son fils à la laisser partir.

TELERAMA
La Ballade de Narayama est la seconde adaptation japonaise d’une nouvelle de Shichirō Fukazawa (1914-1987), après la version, fortement imprégnée de théâtre kabuki, qu’en avait tirée le prolifique Keisuke Kinoshita, en 1958. Imamura en reprend donc la trame, située dans une petite communauté villageoise à l’extrême nord du Japon, à la fin de l’ère Edo (deuxième moitié du XIXe siècle). Celle-ci tourne autour d’un personnage de grand-mère, Orin (Sumiko Sakamoto), atteignant l’âge avancé pendant lequel elle doit accomplir le rite funéraire traditionnel : gravir le mont Narayama sur les épaules de son fils aîné, pour y finir ses jours livrée aux éléments et à la divinité des lieux.

Le film qu’en tire Imamura, cinéaste résolument moderne, s’oppose en tout point au classicisme de Kinoshita, qui exaltait la piété filiale et le respect des traditions. Au contraire, Imamura perpétue sa vision décapante et désacralisée d’une humanité primitive (comme dans Profonds désirs des dieux, 1968) qu’il se plaisait à saisir « par le bas du corps », à ras d’instincts et de pulsions.

La première partie du film se penche surtout sur la vie quotidienne du village, au fil des saisons et des travaux qui les rythment. Dès les premières images, qui survolent les chaînes de montagne enneigées, Immamura souligne l’isolement de cette petite communauté agricole, éloignée des évolutions du monde, puis décrit par le détail la rudesse et la ténuité de ses conditions d’existence. En se focalisant sur la famille d’Orin (ses fils, petits-fils et brus) et ses relations avec le voisinage, Imamura en résume les nécessités : la survie, qui se mesure en bouches à nourrir, et la perpétuation du clan, qui régule les rapports entre les sexes.

Nécessités qui semblent justifier un enchaînement de situations scabreuses, potentiellement choquantes : nourrissons jetés aux rizières, exécution d’une famille de voleurs enterrés vivants, zoophilie et gérontophilie… Mais la beauté du film est d’exempter ces actes, apparemment révoltants, de toute considération morale, pour les restituer au sein d’un ordre naturel primitif, où les cycles de vie et de mort s’abordent frontalement, sans hypocrisie. C’est pourquoi des vues animales – serpents, rongeurs, rapaces, poules, lapins – s’insèrent entre les scènes de la vie humaine, résonnent ou riment avec elles : pour Imamura, l’homme partage la même histoire naturelle que celle des animaux.

Le film chemine, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama

Le film chemine ainsi, avec trivialité et détachement, vers son apothéose : l’ascension du mont Narayama, à l’occasion d’une séquence magnifique et quasiment muette – le rituel interdit de prononcer un mot. Orin, portée par son fils Tatsuhei (le formidable Ken Ogata), s’élève vers sa propre mort, dans des hauteurs escarpées envahies d’une brume automnale et spectrale.

Privilèges abonné
Le Monde événements abonnés
Expositions, concerts, rencontres avec la rédaction… Assistez à des événements partout en France !
Réserver des places
Imamura aurait pu dénoncer facilement la barbarie du rite, mais choisit de faire naître, en son point culminant, une émotion spécifiquement humaine : Tatsuhei éprouvant le besoin d’étreindre une dernière fois sa vieille mère, au moment de l’abandonner au milieu d’un cimetière d’ossements, cerné par les corbeaux. Le rite au summum de sa cruauté (laisser mourir un aïeul dans la nature) coïncide curieusement avec l’effusion inattendue d’un sentiment. Le seul à pousser comme une fleur sauvage sur le granit insécable de la vie primitive.
LA BALLADE DE NAYARAMA, Shohei Imamura 1983 (societe)@@@ (E)
Ce film est une réflexion sur la société japonaise du XIXe siècle. Selon une tradition, les vieillards qui atteignent 70 ans doivent partir en pèlerinage sur le mont Narayama pour y mourir. Le moment est v ...

@

LA BANQUIERE, Francis Girod 1980, Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy, Claude Brasseur


Emma Eckhert est une belle femme aimant la vie, le luxe et la puissance. Ses spéculations en Bourse en font l'une des banquières les plus populaires de Paris : grâce aux affaires qu'elle réalise, elle ...

TELERAMA
Inspiré de la vie de Marthe Hanau, que l’on surnomma « la banquière des Années folles », ce ciné-roman est l’un des meilleurs de Francis Girod. Auréolée par la beauté têtue et la fierté déchirée de Romy Schneider, son héroïne rejoint une galerie d’insoumis à panache, où figurent René la Canne et Lacenaire. En banquier dandy et cynique, Trintignant a la rigidité glacée d’un von Stroheim. Mesguich joue un jeune loup de la politique ; Carmet, un journaliste véreux... Tous font de ce spectacle un éblouissement.
Avec cette saga de satin qui navigue entre les rivières de diamants et les fioles de vitriol, Francis Girod signe un petit bijou où l’amour, le pouvoir, l’aventure et la tempête des passions se marient divinement avec l’éclat du baroque.
LA BANQUIERE, Francis Girod 1980, Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy, Claude Brasseur (E)
Emma Eckhert est une belle femme aimant la vie, le luxe et la puissance. Ses spéculations en Bourse en font l'une des banquières les plus populaires de Paris : grâce aux affaires qu'elle réalise, elle ...


@

LA BATAIILLE POUR ANZIO, Duilio Coletti et Edward Dmytryk, 1968, Robert Mitchum, Peter Falk


Les Alliés lancent leur invasion de l'Italie à partir d'Anzio, avant d'atteindre Rome quatre mois plus tard.

TELERAMA
Dmytryk est au crépuscule de sa carrière lorsqu’il tourne ce film de guerre à grand spectacle impersonnel. Le scénario n’est pas très neuf, mais Mitchum promène avec conviction sa longue silhouette fatiguée.

Le 22 juin 1944, Dick Ennis, correspondant de guerre, débarque avec les troupes alliées à Anzio. Accompagné de quelques hommes, dont le caporal Rabinoff, il gagne Rome sans opposition, ne croisant aucun soldat allemand. Mais l’état-major américain redoute un piège et freine l’avancée des troupes. Les Allemands ont le temps d’organiser leur riposte, et l’attaque d’un village stratégique provoque de lourdes pertes chez les Alliés...

De retour en Europe - le maccarthysme lui avait imposé un premier séjour à la fin des années 40 -, Edward Dmytryk est au crépuscule de sa carrière lorsqu’il tourne ce film de guerre à grand spectacle impersonnel. Le scénario n’est pas très neuf, mais Robert Mitchum promène avec conviction sa longue silhouette fatiguée en pestant contre l’incompétence criminelle des généraux. La principale qualité du film est bien là : reconstituer avec réalisme les horreurs de la guerre et glisser un message pacifiste à la fois roublard (puisqu’il faut bien montrer pour dénoncer) et toujours bon à prendre.
LA BATAIILLE POUR ANZIO, Duilio Coletti et Edward Dmytryk, 1968, Robert Mitchum, Peter Falk (E)
Les Alliés lancent leur invasion de l'Italie à partir d'Anzio, avant d'atteindre Rome quatre mois plus tard.

TELERAMA
Dmytryk est au crépuscule de sa carrière lorsqu’il tourne ce film de guerre ...

@

LA BATAILLE DE SAN SEBASTIEN, Henri Verneuil 1968, Antony Quinn (guerre western histoire)@@


Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, dans un Mexique sous domination espagnole, un hors-la-loi pris malgré lui pour un prêtre aide les habitants d'un village à reconquérir leur liberté.

TELERAMA
Mexique, 1750. Un bandit devenu prêtre défend un village contre une tribu indienne. Verneuil a très bien mis en scène les séquences d’action, sans négliger l’aspect psychologique du personnage (Anthony Quinn, dont on note la sobriété inhabituelle).

Au milieu du XVIIIe siècle, à Chihuahua, au Mexique. Poursuivi par les troupes gouvernementales, le rebelle Leon Alastray est hébergé et soigné par un vieux père franciscain, le père Joseph. Ce dernier est envoyé dans le village de San Sebastian, où il emmène Alastray. Après un long trajet à travers le désert, les deux hommes atteignent enfin San Sebastian, où une violente attaque des Indiens yaquis vient de se produire. Le père Joseph est tué par un pillard, et Alastray, habillé en franciscain, est pris par les habitants pour le prêtre qu’ils attendaient…

Henri Verneuil a manifestement tenté de retrouver le style et le succès des Sept Mercenaires, de célèbre mémoire et auxquels on ne peut s’empêcher de penser, ne serait-ce qu’en raison de la présence de Charles Bronson. Comme Les Sept Mercenaires, La Bataille de San Sebastian est l’histoire d’un village qui va faire face à ses agresseurs habituels et combattre pour sa liberté. À cet argument du scénario s’ajoute celui du bandit que l’on prend pour un prêtre et qui, peu à peu, s’amendera.

Plus habitué à diriger Gabin qu’Anthony Quinn, Henri Verneuil n’a pas démérité et même si plus d’une fois on regrette que les rapports d’Alastray avec les bandits ou les Indiens n’aient pas plus de relief, la bataille finale reste un spectaculaire morceau de bravoure, digne des réussites américaines du genre. Anthony Quinn, que l’on a parfois connu inégal, parvient à donner à son personnage une véritable intensité, son jeu semblant d’ailleurs par moments curieusement inspiré de certains acteurs japonais.
LA BATAILLE DE SAN SEBASTIEN, Henri Verneuil 1968, Antony Quinn (guerre western histoire)@@ (E)
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, dans un Mexique sous domination espagnole, un hors-la-loi pris malgré lui pour un prêtre aide les habitants d'un village à reconquérir leur liberté.

@

LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Benjamin Sacks, Nathalie Baye (societe)@


Durant l'été 1958, comme d'habitude, Frédérique, 13 ans, et Sophie, 6 ans, partent en vacances à La Baule rejoindre leur oncle Léon, leur tante Bella et leurs petits-cousins. Cette année cependant, Léna, leur mère, leur annonce qu'elle viendra plus tard. En fait, rien ne va plus entre Michel, son mari, et elle. La jeune femme, amoureuse de Jean-Claude, un artiste, aimerait divorcer. Celui-ci rejoint Léna dès son arrivée et la retrouve tous les soirs sur la plage. Les vacances se déroulent sans histoire, entre les bêtises et les premiers émois sentimentaux des adolescentes, jusqu'à l'arrivée de Michel. Sophie, à qui sa mère a annoncé son intention de demander le divorce, se confie à son journal intime, tandis que Frédérique menace de se suicider...

TELERAMA
Dans une atmosphère de vacances d’été un peu rétro, l’histoire d’une femme qui veut rompre avec les traditions et avec son mari. Les comédiens sont excellents, mais le tableau d’ensemble fait carte postale.

Comme chaque année, les deux petites Korski, Frédérique et Sophie, passent les vacances à La Baule. Bai­gnades, châteaux de sable... En apparence, rien de nouveau sous le soleil de cet été 1958. En fait, Léna, leur mère, veut divorcer...

Diane Kurys renoue une troisième fois avec ses souvenirs, et choisit de balader son humeur autobiographique dans une époque intermédiaire, celle du divorce de ses parents. Elle dépoussière soigneusement les accessoires de la nostalgie fifties option bains de mer. Le film se réduit bien souvent, hélas, à ce charmant inventaire de brocanteur. Richard Berry et Nathalie Baye s'affrontent sans nuances ni conviction, leurs « filles » ne sont que de mignonnes caricatures d'enfants. Seul Jean-Pierre Bacri éclate de talent et de naturel, dans cette sieste cotonneuse sous les pins.
LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Benjamin Sacks, Nathalie Baye (societe)@ (E)
Durant l'été 1958, comme d'habitude, Frédérique, 13 ans, et Sophie, 6 ans, partent en vacances à La Baule rejoindre leur oncle Léon, leur tante Bella et leurs petits-cousins. Cette année cepe ...

@

LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Nathalie Baye, Vincent Lindon, Jean-Pierre Bacri, Richard Berry, Zabou Breitman (sentimental)@


Deux filles partent en vacances avec leur baby-sitter à La Baule-des-Pins sans leurs parents au moment de leur divorce.

TELERAMA
Comme chaque année, les deux petites Korski, Frédérique et Sophie, passent les vacances à La Baule. Baignades, châteaux de sable… En apparence, rien de nouveau sous le soleil de cet été 1958. Mais en fait, Léna, leur mère, veut divorcer…
Diane Kurys balade son humeur autobiographique dans l’époque de la séparation de ses parents. Mais le film se réduit souvent, hélas, à un charmant inventaire de brocanteur spécialisé dans les années 1950. Richard Berry et Nathalie Baye s’affrontent sans nuances ni conviction, leurs filles ne sont que de mignonnes caricatures d’enfants. Seul Jean-Pierre Bacri, comme à son habitude, éclate de talent et de naturel au long de cette sieste cotonneuse sous les pins.
LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Nathalie Baye, Vincent Lindon, Jean-Pierre Bacri, Richard Berry, Zabou Breitman (sentimental)@ (E)
Deux filles partent en vacances avec leur baby-sitter à La Baule-des-Pins sans leurs parents au moment de leur divorce.

TELERAMA
Comme chaque année, les deux petites Korski, Frédérique et Sophie, pas ...

@

LA BEAUTE DES CHOSES Bo Widerberg 1995


En 1943, alors que ses camarades sont très occupés à parler de sexualité, un trouble s'installe entre Stig, jeune lycéen et son professeur Viola. Stig est attiré par cette femme belle et mature, Viola aime chez Stig sa jeunesse et son innocence. Ils deviennent vite amants. Cependant, Stig rencontre fortuitement Frank, le mari de Viola, représentant de commerce, alcoolique et fantasque. Une étrange relation d'amitié va naître entre eux.

TELERAMA
Bo Widerberg, réalisateur suédois insolent des années 60, réussit un film plein de couleurs et de sensualité, “La Beauté des choses”. La Beauté des choses éclate de couleurs et de sensualité. En pleine Seconde Guerre mondiale, Stig, tel Gérard Philipe dans Le Diable au corps, découvre l’amour dans les bras d’une femme plus âgée et mariée, sa prof, qui plus est. L’intérêt du film est ailleurs, pourtant : dans le curieux ménage à trois qu’il instaure avec le mari de son amante, un représentant alcoolique. Cet homme, revenu de tout, sinon de l’amour qu’il porte à sa femme, l’initie à d’autres plaisirs : ceux que procure la musique classique…
LA BEAUTE DES CHOSES Bo Widerberg 1995 (E)
En 1943, alors que ses camarades sont très occupés à parler de sexualité, un trouble s'installe entre Stig, jeune lycéen et son professeur Viola. Stig est attiré par c ...

@

LA BELLE AMERICAINE, Robert Dhery 1961, Louis De Funes, Michel Serrault, Jean Carmet, Jean Lefebvre (comique)@@


En achetant pour 500 francs une superbe voiture américaine, Marcel, ouvrier en usine, a fait l'affaire de sa vie. Cette `belle américaine' va néanmoins lui causer de nombreux déboires.

TELERAMA
Un ouvrier achète une voiture américaine... Irrésistible, Dhéry brocarde gentiment le progrès dans une France des années 1960 en pleine croissance. Et il y a de Funès...

Modeste ouvrier, Marcel achète pour une bouchée de pain une superbe voiture américaine. L’automobile transforme aussitôt sa vie... Pour tout comprendre de la France des années 1960, il suffit de lire la prose de René Goscinny ou de revoir les films de Robert Dhéry. Le regard est le même : une bienveillance teintée d’ironie, un sens inné du ridicule et du burlesque.

C’était donc le temps où les Français jouissaient des fruits de la croissance, et où les voitures symbolisaient la réussite sociale. Marcel est heureux dans sa vie de quartier, et il est plus encombré qu’autre chose par ce signe extérieur de richesse qui le propulse dans les arcanes de la grande bourgeoisie et du pouvoir. Dhéry, en ahuri débrouillard, est irrésistible.
LA BELLE AMERICAINE, Robert Dhery 1961, Louis De Funes, Michel Serrault, Jean Carmet, Jean Lefebvre (comique)@@ (E)
En achetant pour 500 francs une superbe voiture américaine, Marcel, ouvrier en usine, a fait l'affaire de sa vie. Cette `belle américaine' va néanmoins lui causer de nombreux déboires.

TELERAMA
Un ou ...

@

LA BELLE DE GAZA, Yolande Zauberman 2024 (film documentaire moeurs histoire)@@


Ils ont eu une vision fugace une nuit pendant le tournage de M. Beautiful. L'une d'entre elles a raconté en arabe à Selim Nassib qu'elle avait quitté Gaza à pied pour devenir transsexuelle à Tel Aviv. Je l'ai appelée La Belle de Gaza. Avec ma caméra, je l'ai cherchée partout.

TELERAMA
Elles ont fui les violences et assument avec courage qui elles sont devenues… Avec ce documentaire projeté au Festival de Cannes, Yolande Zauberman achève en beauté sa trilogie de la nuit.

Si Yolande Zauberman aime tant la nuit, c’est parce que la vie peut y briller avec éclat, et chacune ou chacun s’y autoriser à être tout à fait soi. « Dans La Belle de Gaza comme dans les deux autres films de [ma] trilogie de la nuit, je cherche la lumière pour repousser les ténèbres », explique la cinéaste, qui a tourné, pour l’essentiel, son nouveau documentaire dans une rue de Tel-Aviv où se pratique la prostitution.

Après avoir questionné les noctambules de « la ville qui ne dort jamais » (Would You Have Sex With an Arab ?, en 2012) et signé le portrait nocturne d’un Israélien au caractère incandescent, abusé durant son enfance dans la communauté juive orthodoxe de Bnei Brak (M, en 2019), Yolande Zauberman est partie à la recherche d’une silhouette croisée sur le tournage de son précédent film. Celle d’un jeune Gazaoui dont la rumeur dit qu’il aurait marché jusqu’à Tel-Aviv pour devenir la femme qu’il se savait être.

Arpentant la rue Hatnufa avec ces femmes qui vont et viennent dans les phares des voitures, rembarrent les curieux et se protègent autant que faire se peut des violences qu’elles ont fuies, la réalisatrice suit la trace de la « belle de Gaza », dont l’image floue sur l’écran d’un portable autorise toutes les suppositions. « C’est moi », confie d’ailleurs une inconnue au visage voilé, en adoptant un ton presque interrogatif qui nous laisse dans le doute.

Peu importe qu’elle soit ou non cette « belle », car toutes pourraient se reconnaître dans la figure entraperçue sur un trottoir, assumant crânement le courage d’être soi. Telle Talleen Abu Hanna, élue Miss Trans Israël en 2016, ou Israela Stephanie Lev, qui fut mariée à un rabbin et se raconte dans une scène gorgée d’humour. Qu’elle capte leur visage palpitant d’émotions, leur regard traversé par de vives douleurs ou leur corps en mouvement, emporté par la danse, Yolande Zauberman joue de sa caméra avec une liberté qui épouse la leur. Ce partage d’intimité fait la beauté et la force d’un documentaire d’une fulgurante humanité. Un film flamboyant, réalisé avant le 7 octobre 2023 mais qui, à sa manière, traite de bout en bout de passages de frontières.
LA BELLE DE GAZA, Yolande Zauberman 2024 (film documentaire moeurs histoire)@@ (E)
Ils ont eu une vision fugace une nuit pendant le tournage de M. Beautiful. L'une d'entre elles a raconté en arabe à Selim Nassib qu'elle avait quitté Gaza à pied pour devenir transsexuelle à Tel Aviv. Je l ...

@

LA BELLE EPOQUE, Nicolas Bedos 2019, Daniel Auteuil, Guillaume Canet (science fiction)@@


Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d'un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l'époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour.

TEERAMA
Son cadeau ? Revivre le 1974 de sa jeunesse… mais dans un décor de cinéma. Nicolas Bedos met en abyme le temps qui passe. Sympathique. Ou en toc.

Pour

Le cinéma comme machine à remonter le temps : merveilleuse évidence qui sert à La Belle Époque un argument en or. Allergique à notre siècle « connecté », Victor (Daniel Auteuil), dessinateur de BD en manque d’inspiration et vieux mari en panne d’amour, se voit offrir un voyage vers… la date de son choix. Rien de surnaturel dans les séjours que commercialise Antoine (Guillaume Canet), puisque ses mises en scène doivent tout aux artifices de la fiction : décors, costumes, éclairages, comédiens, et hop, le tour est joué. Quand sa femme (Fanny Ardant, électrique) le jette dehors — « J’ai l’impression de vieillir plus vite quand je m’endors avec toi ! » —, Victor met le cap sur le jour de leur rencontre, en 1974…

Pantalon pattes d’eph’, moustache et blouson de cuir ajusté, voilà le sexagénaire qui revisite le bon vieux temps dans un faux café peuplé de faux clients mais vraiment enfumé — tout le monde clope et tout le monde fait l’amour, deux clichés d’époque dont le film s’amuse, pas dupe. Son acide épouse prend, dans la reconstitution, les traits de la piquante Dora Tillier, à qui l’on indique dialogues et didascalies via une oreillette depuis la régie. L’Homo nostalgicus tombera-t-il amoureux de la doublure ?

Le couple à l’épreuve du temps. La question taraudait déjà le premier long métrage de Nicolas Bedos, Monsieur et Madame Adelman, auquel cette ambitieuse Belle Époque, présentée hors compétition à Cannes 2019, offre un écho profondément émouvant. Si le vaudeville contemporain qui se joue en coulisses, centré sur le duo Canet-Tillier, convainc nettement moins, il y a un bonheur mélancolique à se réfugier dans ce passé retrouvé, et nécessairement réinventé par le biais du film dans le film, avec Daniel Auteuil. Dont on se souvient soudain quel acteur immense il peut être et combien, faute de rôles à sa mesure, il nous a manqué ces dernières années. — Marie Sauvion

Contre

La mode vintage, la nostalgie, le café bien français aux vitres moirées, le casting multigénérationnel… Un conformisme aimable infuse a priori dans cette « grande comédie populaire » autoproclamée. C’est moins simple, en vérité. Derrière l’apparat de son voyage temporel, peu vertigineux malgré ses promesses, le film renferme surtout deux histoires de couple. D’un côté, celui d’un metteur en scène, irascible et dédaigneux (Canet englué dans un rôle qu’il a déjà joué), et de sa comédienne fétiche. Un autoportrait de Nicolas Bedos en néo-beauf cynique ? Ce geste d’autodépréciation serait à saluer s’il n’était aussi pesant et caricatural. C’est l’autre couple, Auteuil et Ardant, qui est assurément le plus intéressant, le mieux incarné. Seulement voilà, Bedos saborde très souvent leur partition, en gâche l’émotion par une vulgarité systématique. En insistant trop sur son alter ego de « jeune » morveux, il passe à côté du « vieux » sentimental en lui. C’est dommage. — Jacques Morice
LA BELLE EPOQUE, Nicolas Bedos 2019, Daniel Auteuil, Guillaume Canet (science fiction)@@ (E)
Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d'un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et ...

@

LA BELLE ESPIONNE, Raoul Walsh 1953, Yvonne De Carlo, Rock Hudson (espionnage thriller)@@


En 1804, l'État-major anglais dépêche en France, Drouette, une belle espionne chargée de découvrir les plans d'invasion de Napoléon. Les Anglais comptent mettre à profit la ressemblance de leur agent avec une comtesse française emprisonnée en Angleterre, afin d'obtenir des informations sur la marine française.

TELERAMA
Tourné juste après Barbe-Noire le pirate et gardant cette étrange construction circulaire qui pousse les héros à faire trois fois la même chose (ici la traversée de la Manche) pour des raisons opposées, La Belle Espionne est, de l’aveu même de son réalisateur, Raoul Walsh, une « improvisation sur le thème de la beauté » d’Yvonne De Carlo. Cette « belle espionne » séduit son monde, y compris un Rock Hudson bien fade, et ses plongeons sensuels (mais tout habillée) rappellent la nage d’Ava Gardner dans Pandora.

Le film vaut aussi par un scénario abracadabrant qui emprunte à Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer) et à Robert Louis Stevenson : tout le monde trompe tout le monde. La composition en Fouché du surréaliste Jacques Brunius, jadis membre du groupe Octobre et assistant de Buñuel, vaut le coup d’œil.
LA BELLE ESPIONNE, Raoul Walsh 1953, Yvonne De Carlo, Rock Hudson (espionnage thriller)@@ (E)
En 1804, l'État-major anglais dépêche en France, Drouette, une belle espionne chargée de découvrir les plans d'invasion de Napoléon. Les Anglais comptent mettre à profit la ressemblance de leu ...

@

LA BELLE ET LA BETE, Bill Condon 2017, Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans (fantastique animation)@@


Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d'amour pour elle, mais victime d'une terrible malédiction.

TELERAMA
Dans une version colorée comme une opérette, Bill Condon met en scène Emma Watson en Belle aventurière et féministe, et son film milite gaiement pour le droit à la différence.

« Il était encore une fois…  » Telle pourrait désormais être la devise des studios Disney, attachés depuis quelque temps à refaire leurs dessins animés en prises de vues réelles. Après Cendrillon et Le Livre de la jungle, voici donc la deuxième Belle et la deuxième Bête, dans un décalque chromo, mignonnet et pimpant du film de 1991. Des séquences de comédie musicale à l’aspect du prince maudit, on est invité à jouer au jeu des sept erreurs, tant les deux versions du fameux conte restent proches. Relevons pourtant dans ce spectacle coloré comme une opérette quelques nouveautés.

Gracieusement interprétée par Emma Watson, la Belle n’est plus seulement une prisonnière sentimentale, mais une aventurière féministe, qui finit par débarrasser son prétendant de ses poils superflus, et surtout de son machisme bougon. Fable traditionnelle sur le rapport à l’apparence et aux préjugés, le film s’enrichit aussi d’un plaidoyer inédit pour le droit à la différence. Du jamais-vu chez Disney : le personnage du valet, sorte de Figaro crypto-gay, multiplie les allusions malicieuses aux charmes de son maître, le viril Gaston.
LA BELLE ET LA BETE, Bill Condon 2017, Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans (fantastique animation)@@ (E)
Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans ...

@

LA BELLE NOISEUSE, Jacques Rivette 1991, Michel Piccoli, Emmanuelle Beart, Jane Birkin (societe)@@


Ami du peintre Edouard Frenhofer, Balthazar Porbus, un marchand de tableaux, lui rend visite dans sa propriété du Midi de la France. Porbus est accompagné d'un jeune peintre, Nicolas, fervent admirateur de son aîné, et de la compagne de celui-ci, Marianne. La jeune femme accepte de poser pour Frenhofer...

TELERAMA
Il faut voir ce chef-d’œuvre sur les mystères de la création artistique, la lutte de l'esprit et de la matière, les affres d'un peintre, ses rapports avec son modèle. Avec Emmanuelle Béart, sublime modèle soumis au pinceau de Michel Piccoli.
Ce fut, au Festival de Cannes 1991, un événement insolite à bien des égards. A 63 ans, Jacques Rivette, cinéaste-auteur exigeant, rigoureux, dont les films n'ont jamais vraiment atteint le grand public, se trouvait exposé aux feux de l'actualité internationale et recevait le grand prix de la compétition. Reconnaissance tardive sans doute, mais « La Belle Noiseuse » devint, du coup, le « chef-d'oeuvre connu » de Rivette, celui pour qui la création artistique (à travers le cinéma) a toujours été un mystère arraché au secret des âmes et à la vérité intérieure des êtres. Balzac avait déjà inspiré Rivette pour son Out one, noli me tangere, version moderne et très longue de L'Histoire des treize. Et, dans La Bande des quatre, comédie à suspense tournée en 1988, il était fait allusion à un tableau, La Belle Noiseuse (une noiseuse est une femme qui cherche des noises). Le film, présenté ce soir dans sa version longue de quatre heures (coupée par un entracte, lorsque Marianne, épuisée, s'endort pendant une séance de pose), est un extraordinaire jeu de fausses pistes pour un secret qui ne sera jamais vraiment dit. Un extraordinaire affrontement entre le peintre, que son ami, sorte de Méphisto, a poussé à l'acte jusqu'alors refusé, et le modèle entièrement nu, reprenant le rôle qui fut, autrefois, celui de l'épouse. Marianne est manipulée, humiliée, transformée en victime expiatoire, mais, en même temps, elle exerce un pouvoir quasi magique. Un rite de possession – qui finit par atteindre les autres protagonistes – permet à Frenhofer de traverser les apparences, tout au long d'un suspense haletant. Il n'y a, dans la mise en scène de Rivette, aucun artifice, aucun piège, aucun effet de manche. Mais, en temps réel, les mains du peintre Bernard Dufour prêtées au personnage de Piccoli, réalisent les esquisses et traquent la vérité du corps du modèle. Il y a quelque chose de sublime dans ce film et dans ses interprètes.


LA BELLE NOISEUSE, Jacques Rivette 1991, Michel Piccoli, Emmanuelle Beart, Jane Birkin (societe)@@ (E)
Ami du peintre Edouard Frenhofer, Balthazar Porbus, un marchand de tableaux, lui rend visite dans sa propriété du Midi de la France. Porbus est accompagné d'un jeune peintre, Nicolas, fervent admirateur de son aîn ...

@

LA BELLE SAISON, Catherine Corsini 2015, Cecile de France, Izia (societe feminisme)@@


En 1971, Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s'émanciper et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d'amour fait basculer leurs vies.

TÉLÉRAMA
Années 1970… Une féministe parisienne s’enflamme pour une provinciale. Attachant, même si une juste cause ne suffit pas à faire un grand film.

Le film de Catherine Corsini est aussi sympathique que son interprète principale, Cécile de France. Radieuse, enthousiasmante, elle a visiblement cru au projet, en sa réalisatrice et en la cause qu’elle défendait : la liberté d’aimer selon son goût dans une société qui ne l’entend pas de cette oreille…

Au début de la décennie 1970, au moment où les féministes tentent de prendre hardiment des droits que Mai 68 leur a accordés sans trop y croire, Carole rencontre Delphine. Être amoureuse d’une femme ne lui serait jamais venu à l’idée, mais voilà qu’elle tombe raide dingue de la jeune provinciale, au point de la suivre à la campagne, où Delphine reprend la ferme familiale.

Tout à la passion de ses deux héroïnes, Catherine Corsini les filme en de longues étreintes, supposées lyriques, dans des champs inondés de soleil… Elle fait, hélas, la part trop belle à la mère de Delphine, qu’interprète, avec une « kolossale » sobriété, Noémie Lvovsky, droit sortie d’un conte corse de Prosper Mérimée. À ce film, certes tendre et généreux, on peut préférer Partir (2009), autre récit d’une passion amoureuse — entre Kristin Scott Thomas et Sergi López — que la réalisatrice filmait comme une tragédie. Ici, on ne dépasse pas le désir louable de braver l’intolérance.
LA BELLE SAISON, Catherine Corsini 2015, Cecile de France, Izia (societe feminisme)@@ (E)
En 1971, Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s'émanciper et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. ...

@

LA BIBLE, John Huston 1966 (peplum)@@


Dieu a bien travaillé. Il a créé le ciel, la Terre, la mer, les plantes, les animaux, puis l'homme à qui il a donné une compagne et un jardin, l'Eden. De la pomme cueillie par Eve jusqu'au sacrifice d'Abraham, cela se passait au commencement des temps.

TELERAMA
Le réalisateur du splendide “Désaxés” transforme la Bible en livre d’images figées. Les épisodes se succèdent sans qu’aucun miracle n’ait lieu. Seul Noé (qu’il interprète) semble l’inspirer. La Genèse, son jardin d’Eden, ses aléas climatiques, sa faune, sa flore (une pomme), ses habitants désobéissants, ses punitions… En cinq tableaux colorés, John Huston s’attaque scolairement au début de la Bible. Athée agnostique, est-ce un hasard s’il choisit les épisodes où Dieu met à l’épreuve les humains ? « Je ne sais pas du tout comment je vais m’y prendre. Dieu ne m’a pas donné sa recette », avoue-t-il (avec une pointe d’ironie ?) (1) . Son manque d’inspiration (divine ou non) se voit à l’écran : les scènes se succèdent sans transition, tableaux figés incarnés par des acteurs au jeu théâtral. Dans leur bouche, les phrases de la Bible semblent avoir été écrites par de mauvais scénaristes !
Quelques fois, on espère que la magie va opérer, lors de la bataille nocturne pour délivrer Loth par exemple, avec ces visages en gros plans qui surgissent entre les flammes, ou quand les ouvriers de Babel se rendent compte qu’ils ne parlent plus la même langue… Mais ces moments sont fugaces, et perdus entre trop d’épisodes statiques interminables. L’histoire qui semble avoir le plus inspiré Huston, est celle de Noé et son arche. Après avoir demandé à Chaplin et Alec Guinness d’interpréter le patriarche, il s’attribuera le rôle, jouant avec force roulements d’yeux un Noé plus directeur de zoo que serviteur de Dieu. Le décor de l’arche est monumental et, si on passe sur la représentation affligeante de la femme de Noé en gourde apeurée, cet épisode de trente-cinq minutes aurait fait un assez bon court métrage pour une soirée de patronage…
LA BIBLE, John Huston 1966 (peplum)@@ (E)
Dieu a bien travaillé. Il a créé le ciel, la Terre, la mer, les plantes, les animaux, puis l'homme à qui il a donné une compagne et un jardin, l'Eden. De la pomme cueillie par Eve jusqu'au sacrifice d'Abra ...

@

LA BONNE ANNEE, Claude Lelouch 1973, Lino Ventura, Francoise Fabian (policier)@@


Charles et Simon, gangsters professionnels, font la connaissance de Françoise, antiquaire sur la Croisette. Simon tombe amoureux d'elle bien que tout les sépare : elle est plutôt cultivée, il est complètement matérialiste. Cette rencontre va bouleverser le coeur, mais aussi l'esprit de Simon. En effet, le magasin de Françoise jouxte la bijouterie Van Cleef et l'idée d'un hold-up germe peu à peu.
LA BONNE ANNEE, Claude Lelouch 1973, Lino Ventura, Francoise Fabian (policier)@@ (E)
Charles et Simon, gangsters professionnels, font la connaissance de Françoise, antiquaire sur la Croisette. Simon tombe amoureux d'elle bien que tout les sépare : elle est plutôt cultivée, il est complèteme ...

@

LA BONNE EPOUSE, Martin Provost 2020, Juliette Binoche, Yolande Moreau (societe)@@


Depuis des décennies l'école ménagère de Boersch en Alsace se donne pour mission de former ses jeunes élèves à devenir des épouses modèles. Cepenedant, à la veille de mai 68, la tâche se complique pour la directrice, Paulette Van der Beck.

TELERAMA
La dirigeante d’une école ménagère, aux idées conservatrices et ruinée à cause de son défunt mari, doit prendre en main son destin. Une comédie réjouissante, portée par d’excellents comédiens, qui rappelle que les inégalités dénoncées il y a 50 ans n’ont pas toutes disparu.

Paulette dirige avec son mari une école ménagère dans la campagne alsacienne. En 1967, on enseigne aux jeunes filles les « piliers » qui en feront de parfaites compagnes : cuisine, repassage, couture, « oubli de soi »… Quand son époux trépasse, Paulette affronte des échéances et une liberté toutes neuves…

Martin Provost (Séraphine, Violette, Sage Femme) invite le vent frais de la révolution féministe à décoiffer La Bonne Épouse et offre à ses actrices une comédie en or. Étincelante, Juliette Binoche aborde Paulette par le corps, tout en contenance et manières au début, mais aussi par la voix, haut perchée, empêchée. L’entendre expliquer comment il convient de servir le thé tient du délice ! À ses côtés, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky excellent, l’une en adolescente attardée fan d’Adamo, l’autre en nonne revêche. Chez les quinquas comme chez les élèves, le film débusque partout de la sororité. Quand on craint de voir Paulette et sa belle-sœur se brouiller pour les beaux yeux d’un banquier providentiel (Édouard Baer, étourdissant de charme), il règle la question avec une grâce touchante.

De l’achat d’un pantalon à l’obtention d’un premier chéquier, La Bonne Épouse fonce vers l’émancipation dans une joie communicative.
LA BONNE EPOUSE, Martin Provost 2020, Juliette Binoche, Yolande Moreau (societe)@@ (E)
Depuis des décennies l'école ménagère de Boersch en Alsace se donne pour mission de former ses jeunes élèves à devenir des épouses modèles. Cepenedant, à la veille de mai ...

@

LA BONNE Salvatore Samperi 1986


Anna Manegatti est une jolie femme, au caractère timide, très inhibée. Epouse d'un grand magistrat, elle n'est pas encore parvenue à lui donner un films, ce qui ne fait qu'aggraver son déséquilibre psychique. Dans la gran- de maison familiale à l'atmosphère oppressante vit aussi Angela, une domes- tique d'origine paysanne au caractère expansif et à la sensualité débordan- te. Angela va entraîner Anna dans ses jeux sexuels pervers...
LA BONNE Salvatore Samperi 1986 (E)
Anna Manegatti est une jolie femme, au caractère timide, très inhibée. Epouse d'un grand magistrat, elle n'est pas encore parvenue à lui donner un films, ce qui ne fait qu'aggraver son déséquilibre ...

@

LA BOUM, Claude Pinoteau 1980, Claude Brasseur Brigitte Fossey, Sophie Marceau (societe)@@


Une adolescente, Vic, vit à Paris avec ses parents, mais elle se confie à son arrière-grand-mère lorsqu'elle vit ses premières émotions amoureuses. Vieille dame dynamique, aux idées très libérales, c'est à elle que Vic confie ses joies, ses premiers émois pendant que ses parents se perdent en quiproquos amoureux.

TELERAMA
Film générationnel. Les premières amours de Vic, 13 ans, ses conflits avec les parents, les boums, l’acné… Sophie Marceau faisait des débuts tonitruants.

Al'époque de sa sortie, en 1980, on avait 13 ans comme Vic, surprenante Sophie Marceau. Le même sac US sur l'épaule, la même frange mal coupée (pour cause, on l'avait faite nous-même) et le même bonnet blanc avec écharpe assortie. On claquait la porte avec la même violence aux visages hébétés de nos parents. Comme Vic, la vie nous semblait injuste, mais il suffisait que Mathieu nous invite à sa boum pour être les reines du monde... Trois décennies plus tard, c'est désormais avec les yeux de parent qu'on regarde le film. Et même si nos ados n'ont, hélas, jamais eu de prof d'allemand aussi sexy que Bernard Giraudeau, on se surprend à proférer les mêmes remarques déplacées que Brigitte Fossey, complètement dépassée par les sautes d'humeur exaspérantes de sa fille. La Boum, film transgénérationnel et intemporel, n'a qu'un seul défaut : nous visser dans la tête la sirupeuse chanson de Richard Sanderson, Reality...
LA BOUM, Claude Pinoteau 1980, Claude Brasseur Brigitte Fossey, Sophie Marceau (societe)@@ (E)
Une adolescente, Vic, vit à Paris avec ses parents, mais elle se confie à son arrière-grand-mère lorsqu'elle vit ses premières émotions amoureuses. Vieille dame dynamique, aux idées trè ...

@

LA BRIGADE, Louis Julien Petit 2021, Audrey Lamy, Francois Cluzet (comique)@@@


Cathy a toujours rêvé de pouvoir diriger un restaurant, mais malheureusement, son souhait ne s'est pas encore réalisé même si les efforts ne manquent pas. Depuis qu'elle s'est brouillée avec une chef renommée, elle est à la recherche d'un emploi. Le seul travail qu'on lui propose est de diriger une cantine dans un foyer de jeunes mineurs non accompagnés étrangers en attente de papiers.

TELERAMA
Elle éblouit en cuisine, mais doit accepter un poste de cantinière dans un foyer pour migrants... Une comédie sociale généreuse un peu trop ficelée signée Louis-Julien Petit.

Elle a de l’or dans ses mains de cuisinière mais se retrouve au chômage, forcée d’accepter un poste de cantinière dans un foyer pour migrants… Avec ce scénario, le réalisateur de Discount et des Invisibles reste fidèle à la comédie sociale généreuse, engagée et tonique. Mais, emporté par son savoir-faire grandissant, il aboutit cette fois à un film trop ficelé, une sorte de conte réaliste mijoté à l’américaine et servi avec une efficacité hollywoodienne. C’est dommage pour l’ancrage dans le terroir des Hauts-de-France, banalisé par cet assaisonnement standard.

Heureusement, il y a Audrey Lamy, sa gouaille, son tempérament terre à terre et sa fantaisie qui, elle, ne perd pas le nord. Complice du réalisateur, elle mène cette comédie qui a tendance à en rajouter, mais elle garde sa ligne : une vérité où perce la dureté de la vie. Qu’il ne faut pas oublier ici.

LA BRIGADE, Louis Julien Petit 2021, Audrey Lamy, Francois Cluzet (comique)@@@ (E)
Cathy a toujours rêvé de pouvoir diriger un restaurant, mais malheureusement, son souhait ne s'est pas encore réalisé même si les efforts ne manquent pas. Depuis qu'elle s'est brouillée avec une chef ...

@

LA BRULURE, Mike Nichols 1986, Meryl Streep, Jack Nicholson (drame sentimental)@@


Rachel et Mark, deux journalistes, se rencontrent lors d'une cérémonie de mariage et ne tardent pas à se marier. L'arrivée d'une petite fille vient compléter leur bonheurm ;ais Rachel apprend que Mark a eu une liaison pendant sa grossesse.

Divorcés et devenus partisans du célibat, Mark et Rachel, tous deux journalistes, se rencontrent et se plaisent. Elle est spécialisée dans la critique culinaire ; lui est éditorialiste dans un quotidien de Boston. Ils avaient plutôt mal vécu leur divorce respectifs mais, malgré leurs convictions, ils se marient et achètent une maison. Rachel, bientôt enceinte, troque sa vie de femme libérée contre celle de mère au foyer. Réunions entre amis, petits plats pour son époux, soucis quotidiens et maternité usent peu à peu ses sentiments. Alors qu'elle attend son second enfant, Rachel apprend que Mark la trompe. Elle se réfugie chez son père et reprend son travail...
LA BRULURE, Mike Nichols 1986, Meryl Streep, Jack Nicholson (drame sentimental)@@ (E)
Rachel et Mark, deux journalistes, se rencontrent lors d'une cérémonie de mariage et ne tardent pas à se marier. L'arrivée d'une petite fille vient compléter leur bonheurm ;ais Rachel apprend que Mark a eu ...

@

LA BUCHE Danièle Thompson 1999, Sabine Azema, Emmanuelle Beart@@


La fête obligée de Noël sonne l'heure de vérité pour trois soeurs, Louba la chanteuse, Sonia la bourgeoise et Milla la rebelle, mais aussi pour leurs parents, Stanilas, violoniste tzigane à la retraite, et Yvette, veuve toute récente de son deuxième mari.
LA BUCHE Danièle Thompson 1999, Sabine Azema, Emmanuelle Beart@@ (E)
La fête obligée de Noël sonne l'heure de vérité pour trois soeurs, Louba la chanteuse, Sonia la bourgeoise et Milla la rebelle, mais aussi pour leurs parents, Stanilas, violoniste tzigane à la retraite ...

@

LA CAGE AUX FOLLES, 2010, Christan Clavier, Didier Bourdon


La Cage aux folles est une pièce de théâtre de Jean Poiret créée au théâtre du Palais-Royal le 1er février 1973 dans une mise en scène par Pierre Mondy avec Jean Poiret et Michel Serrault dans les rôles principaux.

Une reprise de la pièce a lieu du 12 septembre 2009 au 8 janvier 2011 au théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Malgré son énorme succès, la pièce n'a jamais été filmée en intégralité[6] et aucun producteur français n'accepta de l'adapter au cinéma. C'est la raison du recours à une coproduction italienne, impliquant l'emploi de nombreux acteurs italiens en lieu et place de la distribution française, à commencer par Ugo Tognazzi à la place de Jean Poiret, sans que cela n'altère toutefois le succès, devenant avec le temps non seulement un classique du théâtre et du cinéma mais reconnaissant, avec le recul, « un côté progressiste » à l'œuvre dans une époque où la culture homosexuelle était proche du « néant »[5].
LA CAGE AUX FOLLES, 2010, Christan Clavier, Didier Bourdon (E)
La Cage aux folles est une pièce de théâtre de Jean Poiret créée au théâtre du Palais-Royal le 1er février 1973 dans une mise en scène par Pierre Mondy avec Jean Poiret et Michel ...

@

LA CAGE AUX FOLLES, Edouard Molinaro, Ugo Tognazzi, Michel Serrault (comique societe)@@@


Albin, surnommé Zaza, vedette d'un spectacle de travestis, aime Renato, son patron avec lequel elle vit depuis 20 ans. Les deux hommes forment un vieux couple respecté de tous. Mais lorsque le fils de Renato se fiance avec la fille d'un haut fonctionnaire, le couple doit à tout prix paraître classique aux yeux de la future belle-famille. Une situation délicate qui porte tous les germes de la discorde.

TELERAMA
“ Si les années ont depuis enlevées quelques plumes au ramage de cette comédie culte, Michel Serrault, encore une fois, nous enterrera tous. ”
LA CAGE AUX FOLLES, Edouard Molinaro, Ugo Tognazzi, Michel Serrault (comique societe)@@@ (E)
Albin, surnommé Zaza, vedette d'un spectacle de travestis, aime Renato, son patron avec lequel elle vit depuis 20 ans. Les deux hommes forment un vieux couple respecté de tous. Mais lorsque le fils de Renato se fiance avec la ...

@

LA CAGE AUX FOLLES, Jean Poiret 1973, Jean poiret, Michel Serrault (theatre)@@


deux homosexuels tiennent un cabaret de danseurs travestis appelé « La Cage aux folles ». Albin fait des scènes de plus en plus fréquentes à Georges. Ce dernier reçoit la visite de Laurent, le fils qu'il a eu à l'occasion d'une liaison hétérosexuelle qui lui apprend qu'il va se marier. Le problème : les parents de la fiancée sont très conservateurs, et ignorent tout de la profession et de la vie sexuelle des futurs beaux-parents de leur fille.

TELERAMA
Dès février 1973, sur la scène du Théâtre du Palais Royal, à Paris, Jean Poiret et Michel Serrault triomphent dans "La Cage aux folles", qui sera jouée sans interruption pendant cinq ans, cumulant un million et demi de spectateurs, tout en faisant grincer quelques dents au passage. A une époque où l'homosexualité est encore considérée par la loi comme un délit et un fléau à combattre, le couple formé par Alban, alias Zaza Napoli, et Georges, enthousiasme le public. Retour sur cette aventure.
LA CAGE AUX FOLLES, Jean Poiret 1973, Jean poiret, Michel Serrault (theatre)@@ (E)
deux homosexuels tiennent un cabaret de danseurs travestis appelé « La Cage aux folles ». Albin fait des scènes de plus en plus fréquentes à Georges. Ce dernier reçoit la visite de Laurent, le ...

@

LA CAGE DOREE, Ruben Alves 2012, Rita Blanco, Roland Giraud


Dans les beaux quartiers de Paris, Maria et José Ribeiro vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d'un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge. Ce couple d'immigrés portugais fait l'unanimité dans le quartier : Maria, excellente concierge, et José, chef de chantier hors pair, sont devenus au fil du temps indispensables à la vie quotidienne de tous ceux qui les entourent.
LA CAGE DOREE, Ruben Alves 2012, Rita Blanco, Roland Giraud (E)
Dans les beaux quartiers de Paris, Maria et José Ribeiro vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d'un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge. Ce couple d'immigrés portugais fait ...

@

LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS, Howard Hawks 1952, Kirk Douglas (western)@


Deakins et Caudill, trappeurs de leur état, se joignent à une expédition française faisant route vers le Montana pour y rencontrer les Pieds Noirs. Une princesse indienne les accompagne. Sa grande beauté va attiser les passions.

TELERAMA
Boone Caudill et Jim Deakins ne sont pas tout à fait des copains comme les autres. Boone a sauvé la vie de Jim, les deux hommes se sont battus, réconciliés, puis sont devenus les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils partent à la recherche de Zeb, l'oncle de Boone, qui se morfond en prison. Après l'avoir libéré, ils décident de l'accompagner dans une expédition à travers les territoires indiens, pour acheter des peaux et doubler ainsi la compagnie qui monopolise le marché des fourrures. Pour faciliter les transactions, ils ramènent une belle et jeune Indienne dans sa tribu. Bientôt, les deux amis tombent tous deux amoureux de la jeune femme...
LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS, Howard Hawks 1952, Kirk Douglas (western)@ (E)
Deakins et Caudill, trappeurs de leur état, se joignent à une expédition française faisant route vers le Montana pour y rencontrer les Pieds Noirs. Une princesse indienne les accompagne. Sa grande beauté v ...

@

LA CARAPATE, Gerard Oury 1978, Victor Lanoux, Pierre Richard (comique)@@


En mai 1968, un avocat, Jean-Philippe Duroc, quitte Paris afin de rendre visite à son client en prison, Martial Gaulard. Accusé de meurtre, il lui annonce que son pourvoi en cassation a été rejeté, faisant de lui un condamné à la peine capitale. Alors qu'il apprend la terrible nouvelle, une mutinerie éclate : Gaulard en profite pour s'échapper, entraînant avec lui, son pauvre avocat dans une véritable course poursuite.

TELERAMA
Mai 68, Martial Gaulard est condamné à mort pour un crime qu'il n'a pas commis. Il s'enfuit, entraînant son avocat, Jean-Philippe Duroc. C'est le début d'une folle équipée à travers le pays paralysé pour obtenir, à Paris, la grâce du général de Gaulle.

Espiègle, un brin démago, Gérard ­Oury transforme le rêve soixante-huitard en grandes vacances bon enfant, peuplées de potaches en goguette et de bourgeois affolés. Deux compères de hasard jouent les héros piteux de ces temps troublés, lancés dans un remake de La Grande Vadrouille (à peine rajeunie par ses auteurs). La recette Oury-Thompson, tribulations comiques d'un tandem pris dans la tourmente de l'Histoire, se révèle pourtant savoureuse et efficace. Leur humour franchouillard galope d'un gag à l'autre, d'un Victor Lanoux irascible à un Pierre Richard plus gaffeur que jamais. Au passage, le vaudeville insouciant y va quand même de son message politique. Une dénonciation généreuse de la peine de mort et le portrait satirique d'un couple de nantis ajoutent une pointe d'acidité à cet allègre divertissement. — Cécile Mury
LA CARAPATE, Gerard Oury 1978, Victor Lanoux, Pierre Richard (comique)@@ (E)
En mai 1968, un avocat, Jean-Philippe Duroc, quitte Paris afin de rendre visite à son client en prison, Martial Gaulard. Accusé de meurtre, il lui annonce que son pourvoi en cassation a été rejeté, faisant ...

@

LA CARAVANE DE FEU, Burt Kennedy 1967, John Wayne, Kirk Douglas (western)@@


Taw Jackson met au point un plan imparable pour se venger de Pierce, celui qui l'a fait arrêter. En effet, il décide de braquer le convoi déplaçant l'or de ce dernier en faisant équipe avec un indien et sa tribu, mais aussi avec un tueur à gage. Hélàs, au dernier moment, les indiens décident de faire cavaliers seuls.

TELERAMA
Dépossédé de ses terres et de ses mines, puis emprisonné sur le faux témoignage de Frank Pierce, un grand propriétaire terrien, Taw Jackson est libéré sur parole. A peine sorti de prison, il retrouve les siens, à Emmett, et apprend à cette occasion que Pierce a engagé un tueur, Lomax, pour l'abattre. Taw est bien décidé à ne pas se laisser faire et élabore un plan pour se venger du scélérat. Il décide d'attaquer la diligence blindée qui, chaque semaine, transporte l'or des mines de Pierce vers la banque. Il réussit à convaincre Lomax de changer de camp. Ensemble, les deux hommes se mettent à la recherche de complices pour mener l'attaque de la diligence...
LA CARAVANE DE FEU, Burt Kennedy 1967, John Wayne, Kirk Douglas (western)@@ (E)
Taw Jackson met au point un plan imparable pour se venger de Pierce, celui qui l'a fait arrêter. En effet, il décide de braquer le convoi déplaçant l'or de ce dernier en faisant équipe avec un indien et sa ...

@

LA CASA DE LAS MUJERES PERDIDAS, Jesus Franco 1983, Lina Romay, Antonio Mayans, Mario Pontecorvo, Carmen Carrión (film e)


Desdemona vit sur une île isolée avec son étrange famille: son père très torturé, sa belle-mère sadique et sa soeur handicapée. Elle rêve de s'en échapper. Un beau jour, un étranger parvient à s'immiscer dans leur cocon.
LA CASA DE LAS MUJERES PERDIDAS, Jesus Franco 1983, Lina Romay, Antonio Mayans, Mario Pontecorvo, Carmen Carrión (film e) (E)
Desdemona vit sur une île isolée avec son étrange famille: son père très torturé, sa belle-mère sadique et sa soeur handicapée. Elle rêve de s'en échapper. Un beau jour, un ...

@

LA CELESTINA, Gerardo Vera 1996, Penélope Cruz, Terele Pavez


Calisto, un jeune noble, est amoureux de Melibea, la fille d'un riche marchand. Il décide avec son serviteur Sempronio de faire appel à la sorcière Celestina pour l'aider à la séduire.
LA CELESTINA, Gerardo Vera 1996, Penélope Cruz, Terele Pavez (E)
Calisto, un jeune noble, est amoureux de Melibea, la fille d'un riche marchand. Il décide avec son serviteur Sempronio de faire appel à la sorcière Celestina pour l'aider à la séduire. ...

@

LA CEREMONIE, Claude Chabrol 1995, Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire (policier)@


Un matin d'hiver, à la gare de St-Malo. Madame Lelièvre vient chercher Sophie, la perle engagée pour entretenir la maison familiale. Sophie donne toute satisfaction, rien ne la rebute. Est-ce son absence d'émotion qui la rend un peu étrange ? Jeanne, la postière du village, curieuse et délurée, trouve avec Sophie l'occasion de pénétrer dans la maison Lelièvre.
LA CEREMONIE, Claude Chabrol 1995, Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire (policier)@ (E)
Un matin d'hiver, à la gare de St-Malo. Madame Lelièvre vient chercher Sophie, la perle engagée pour entretenir la maison familiale. Sophie donne toute satisfaction, rien ne la rebute. Est-ce son absence d'émotio ...

@

LA CHAMBRE DU FILS Nanni Moretti 2001, Nanni Moretti, Jasmine Trinca (middle)@@


Dans une ville portuaire du nord de l'Italie, Giovanni, psychanalyste, vit harmonieusement entre sa femme Paola, éditrice, leurs deux enfants adolescents, Irene et Andrea, et ses patients. Un matin, il est convoqué par le proviseur d'Andrea.

TELERAMA
C'est une famille unie, comme on dit, jusqu’à l’irruption d’une tragédie : la mort accidentelle du fils. Ce moment fatidique est retardé, différé le plus loin possible, jusqu’au mitan exact du film. Or, tout se passe comme si l’avant contenait l’après, comme si des signes imperceptibles d’alerte, de drame imminent se glissaient insidieusement. Qui sait si cet « avant » n’est pas un long flash-back ? Celui d’un père hanté par un sentiment de culpabilité et taraudé par le besoin de faire défiler les jours anciens, de revenir en arrière pour tenter de déjouer le destin. Il semble en tout cas que ces images d’avant, faussement neutres, aient une couleur de songe menaçant. On le réalise après coup (ou à la seconde vision, qui produit une tension recommencée). C’est aussi tout le film qui veut ça : rendre compte d’un rapport totalement perturbé, fracturé, au temps, à la paternité comme à la filiation.

Simplicité, justesse, rigueur. Modeste dans son ambition, clairement délimitée et ne reculant pas devant les scènes incontournables (la mise en bière éclipse mille scènes d’enterrement vues ailleurs), la réalisation de Moretti s’attache à des détails concrets qui font la différence. C’est bouleversant, mais sans pathos, la retenue et la pudeur attestant toujours un regard personnel. Le film donne même un incroyable sentiment d’harmonie et de fluidité. Les déplacements du père dans l’appartement, sa manière de l’arpenter, de caresser au passage les murs du bout des doigts, d’ouvrir de manière princière une à une les portes en quête d’espace comme pour sortir de chez lui (ou de lui-même) possèdent une vertu apaisante, qui se confirme dans le mouvement final, ample et étoilé, magnifique symbolique du travail de deuil.
LA CHAMBRE DU FILS Nanni Moretti 2001, Nanni Moretti, Jasmine Trinca (middle)@@ (E)
Dans une ville portuaire du nord de l'Italie, Giovanni, psychanalyste, vit harmonieusement entre sa femme Paola, éditrice, leurs deux enfants adolescents, Irene et Andrea, et ses patients. Un matin, il est convoqué par le prov ...

@

LA CHANCE DE MA VIE, Nicolas Cuche 2011, Virginie Efira, Francois Xavier Demaison (sentimental)@@


Un dicton populaire ne dit-il pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Conseiller conjugal de talent, Julien a un sérieux souci car ses relations amoureuses ne durent pas plus de deux semaines ! Effectivement, Julien a le don de porter malheur à toutes celles qui croisent sa vie depuis sa plus tendre enfance. Ainsi, il a déjà envoyé des femmes à l'hôpital, brisé des carrières, fait fâcher ses petites amies avec leurs proches.

TELERAMA
Comment une comédie apparemment lambda se révèle-t-elle meilleure que la moyenne ? Avec une idée de scénario plutôt cocasse pour le genre sentimental (ici, la scoumoune intégrale se révélant le plus sûr chemin vers l’amour), des dia­logues bien troussés et une mise en scène tonique. Dans le rôle du porteur de poisse, François-­Xavier Demaison assure. Face à lui, Virginie Efira avait déjà son joyeux abattage. Et la musique, composée par Christophe La Pinta, est subtile et pimpante.
LA CHANCE DE MA VIE, Nicolas Cuche 2011, Virginie Efira, Francois Xavier Demaison (sentimental)@@ (E)
Un dicton populaire ne dit-il pas que les cordonniers sont les plus mal chaussés ? Conseiller conjugal de talent, Julien a un sérieux souci car ses relations amoureuses ne durent pas plus de deux semaines ! Effectivement, Juli ...

@

LA CHASSE AUX SORCIERES, Nicholas Hytner 1996, Winona Ryder, Daniel Day-Lewis, Joan Allen (science fiction)@@


Salem, 1692. De jeunes villageoises dansent nues dans les bois et s'amusent à inventer des philtres d'amour. Surprises par le sévère Révérend Parris qui y découvre aussi sa fille, la rumeur de sorcellerie se propage dans le village.

TELERAMA
Massachusetts, XVIIe siècle, une affaire de sorcellerie empoisonne le quotidien d’une communauté puritaine. Nicholas Hytner adapte platement la pièce anti-maccarthyste d’Arthur Miller, “Les Sorcières de Salem”.

Après La Folie du roi George, Nicholas Hytner aborde une autre folie, celle qui s'est abattue sur une petite bourgade du Massachusetts, en 1662. Plusieurs jeunes filles du village de Salem, pour éviter les foudres des puritains qui les soupçonnent de se livrer à des rites païens, se déclarent possédées par le démon. Un « aveu » qui déclenche l'hystérie collective. Les villageois voient le Diable partout, la délation se répand. Même les plus purs, les plus pieux sont visés. Les juges ecclésiastiques condamnent à mort à tour de bras. Les exécutions se multiplient...

Cette histoire vraie avait inspiré à Arthur Miller, en 1953, Les Sorcières de Salem. Une pièce âpre, violente, qui dénonçait le maccarthysme et les fanatiques de l'anticommunisme alors au sommet de leur croisade. Dans les premières scènes de cette adaptation, nul doute que l'action se situe au XVIIe siècle. On ne voit même que ça : une reconstitution clinquante, appliquée, empesée et pour tout dire lourdingue. On craint le pire. Les interrogatoires succèdent aux scènes d'hystérie avec une certaine monotonie. Jusqu'au moment où le metteur en scène semble enfin concentrer son attention sur les personnages clefs de son histoire. Un couple : John Proctor et sa femme Elizabeth. Intègres et d'une inébranlable grandeur d'âme dans une tempête qui ne les épargnera pas plus que les autres.

Si La Chasse aux sorcières arrive à échapper aux raideurs du film en costumes, c'est, pour l'essentiel, grâce aux acteurs. Daniel Day Lewis incarne un John Proctor mémorable, et Joan Allen, dans le rôle d'Elizabeth, est elle aussi déchirante. Cela ne suffit pas pour contrebalancer les pesanteurs d'un texte qui ne lésine pas sur les effets mélodramatiques.
LA CHASSE AUX SORCIERES, Nicholas Hytner 1996, Winona Ryder, Daniel Day-Lewis, Joan Allen (science fiction)@@ (E)
Salem, 1692. De jeunes villageoises dansent nues dans les bois et s'amusent à inventer des philtres d'amour. Surprises par le sévère Révérend Parris qui y découvre aussi sa fille, la rumeur de sorce ...

@

LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT, Richard Brooks 1958, Elisabeth Tayloe, Paul Newman


La famille Pollitt est réunie pour l’anniversaire de Big Daddy, un riche planteur qui sort de clinique. A qui reviendra la plantation s’il meurt ? Gooper, le fils aîné, sa femme et leurs marmots font la danse du ventre. Maggie, l’épouse de Brick, le cadet, se débat entre leurs manigances et le dégoût que son mari lui oppose. Depuis le suicide de son meilleur ami, Brick a sombré dans l’alcool et lui refuse son lit. Mais Maggie a trop de force vitale pour baisser les bras…

TELERAMA
Danse du ventre pour l’héritage d’un patriarche malade et appel du ventre de Maggie la chatte qui veut juste récupérer le cadet, son mari, dans son lit. Moiteur, cupidité, sensualité : belle adaptation de Tennessee Williams.

Maggie est une chatte, Brick, un jeune chien blessé, le patriarche autoritaire, un éléphant en route pour le cimetière, et les autres, des hyènes pitoyables. La famille est une cage où l’on étouffe dans le mensonge et la rancœur. Gooper et sa femme transpirent la convoitise devant un vieux tyran dont le front se mouille à l’idée de la mort. Brick s’imbibe de bourbon et de remords devant une femme brûlante de désir. Richard Brooks restitue la moiteur sensuelle et désespérée de l’œuvre de Tennessee Williams. S’il est dommage qu’il laisse l’homosexualité latente de Brick en filigrane, en revanche il sait filmer l’appétit féminin. Elizabeth Taylor, taille si serrée et décolleté si offert, est l’incarnation idéale de cet appel charnel auquel personne ne peut résister.
LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT, Richard Brooks 1958, Elisabeth Tayloe, Paul Newman (E)
La famille Pollitt est réunie pour l’anniversaire de Big Daddy, un riche planteur qui sort de clinique. A qui reviendra la plantation s’il meurt ? Gooper, le fils aîné, sa femme et leurs marmots font la danse ...

@

LA CHEVRE Francis Veber 1981, Pierre Richard, Gerard Depardieu


Il y a des gens qui naissent "marqués," comme d'autres viennent au monde avec les yeux bleus. Rien ne leur réussit, ils ratent tout: leur mariage, le train, leur cible, leur carrière. Marie Bens est l'un de ces individus. Depuis sa naissance, elle va ainsi de catastrophe en catastrophe.
LA CHEVRE Francis Veber 1981, Pierre Richard, Gerard Depardieu (E)
Il y a des gens qui naissent "marqués," comme d'autres viennent au monde avec les yeux bleus. Rien ne leur réussit, ils ratent tout: leur mariage, le train, leur cible, leur carrière. Marie Bens est l'un de ce ...

@

LA CHIAVE Tinto Brass 1984


Venise, 1940. Nino Rolfe, vieil aristocrate libertin, amoureux fou de son épouse Teresa, éprouve de plus en plus de difficultés à satisfaire celle-ci sexuellement et confie ses fantasmes à un journal intime qu'il laisse volontairement traîner dans son bureau afin qu'elle en ait la révélation. De son côté, son épouse se donne à l'époux de sa fille, Lisa, dans une liaison passionnée, avec la complicité perverse de Nino et de Lisa.
LA CHIAVE Tinto Brass 1984 (E)
Venise, 1940. Nino Rolfe, vieil aristocrate libertin, amoureux fou de son épouse Teresa, éprouve de plus en plus de difficultés à satisfaire celle-ci sexuellement et confie ses fantasmes à un journal intim ...

@

LA CHUTE DE LONDRES, Babak Najafi 2016, Morgan Freeman, Gerard Buttler (catastrophe)@@


À la suite du décès du premier ministre britannique, ses funérailles d'État deviennent la cible d'un groupe terroriste qui souhaite anéantir certains des leaders mondiaux les plus puissants, détruire la capitale britannique et déployer une vision terrifiante de ce que le futur pourrait devenir.

TELERAMA
Devenu chef des services secrets après avoir sauvé la Maison-Blanche, l'agent Mike Banning se rend à Londres avec le président des Etats-Unis Benjamin Asher pour assister aux funérailles du Premier ministre britannique lors d'une cérémonie accueillant les plus grands hommes d'Etats du monde occidental. Mais une attaque terroriste survient durant l'événement et plonge la capitale anglaise dans le chaos. Alors que la plupart des dirigeants nationaux sont faits prisonniers, seuls Banning et Asher parviennent à s'échapper. Déterminés à mettre fin aux agissements des terroristes, les deux hommes unissent leurs forces avec une agente de MI6...
LA CHUTE DE LONDRES, Babak Najafi 2016, Morgan Freeman, Gerard Buttler (catastrophe)@@ (E)
À la suite du décès du premier ministre britannique, ses funérailles d'État deviennent la cible d'un groupe terroriste qui souhaite anéantir certains des leaders mondiaux les plus puissants, d&eacut ...

@

LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@


En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expédition humanitaire. Quelques mois plus tard, Bill Clinton est au pouvoir, et poursuit l'œuvre de son prédécesseur.

TELERAMA
“Restore Hope”, 1993, en Somalie. Le point de vue reste américain, mais la peur domine et le sentiment de sauve-qui-peut général l’emporte sur l’héroïsme.

En 1993, les GI font naufrage en Somalie. Ridley Scott se plante dans le décor. Il ne s'est jamais montré plus esthète que dans ce film de guerre qu'il aborde, comme un peintre, avec des envies de lumière et de couleurs. L'enjeu semblait pourtant plus politique, puisque le film retrace un épisode dramatique de l'opération humanitaire Restore Hope, menée par l'armée américaine dans une Somalie ravagée par la guerre civile. Mais les circonstances exactes de cette sanglante mission de maintien de la paix sont résumées de façon expéditive, et l'échec disparaît sous l'héroïsme obligé des jeunes soldats.

Ridley Scott se préoccupe très peu des Somaliens, vaguement réunis dans le clan des méchants et massacrés indifféremment... Le seul véritable souci du réalisateur est visiblement de renouveler l'art de filmer la guerre. Il y réussit en effet. Mais cette beauté visuelle cache mal un certain aveuglement.
LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@ (E)
En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expéditi ...

@

LA CHUTE, Oliver Hirschbiegel 2004, Bruno Ganz@@


La secrétaire de Hitler est témoin des faits et gestes du dictateur nazi, alors que le Troisième Reich est en train de s'écrouler.
LA CHUTE, Oliver Hirschbiegel 2004, Bruno Ganz@@ (E)
La secrétaire de Hitler est témoin des faits et gestes du dictateur nazi, alors que le Troisième Reich est en train de s'écrouler. ...

@

LA CIBLE, Peter Bogdanovitch 1968, Tim O'Kelly, Boris Karloff (drame thriller)@


Tandis que l'acteur Byron Orlok annonce sa retraite au grand désespoir du réalisateur Sammy Michaels, un jeune homme, Bobby, vétéran du Viêtnam et assureur, se prépare à commettre une série de meurtres, tuant d'abord sa femme puis sa mère.

TELERAMA
Un vieil acteur de films d’épouvante annonce sa décision de prendre sa retraite. Parallèlement, un jeune Américain se met à flinguer tout ce qui bouge… C’est Roger Corman qui offrit à Peter Bogdanovich, critique de cinéma, de réaliser ce film, son premier, mais sous conditions : il utiliserait ­Boris Karloff — qui « devait » deux jours de tournage à Corman ! — et recyclerait les chutes de The Terror, film de Corman avec Karloff. Non seulement Bogdanovich remplit le contrat, mais il construisit deux intrigues, qui se commentent l’une l’autre, pour aboutir à une réflexion en miroir : celle, ­cinéphile, sur l’évolution de l’angoisse au ­cinéma, et celle, prémonitoire, sur une nouvelle forme de violence dans la société.

Pour le personnage du tueur lisse, élevé dans le culte des armes, Bogdanovich s’inspire de Charles Whitman, un sniper qui ­venait de traumatiser l’Amérique en tuant quatorze personnes. L’acteur a donc bien raison de se comparer à une antiquité de la peur, en comparaison de tels faits divers. Bogdanovich finit par les confronter dans un drive-in, lors d’une grande scène de mise en abyme. Ou comment un tueur fou panique à la vue d’un personnage de fiction horrifique… De ce film glacé, on retient aussi un superbe gag : un plan improvisé par Karloff où l’acteur est effrayé par son reflet dans la glace.
LA CIBLE, Peter Bogdanovitch 1968, Tim O'Kelly, Boris Karloff (drame thriller)@ (E)
Tandis que l'acteur Byron Orlok annonce sa retraite au grand désespoir du réalisateur Sammy Michaels, un jeune homme, Bobby, vétéran du Viêtnam et assureur, se prépare à commettre une sé ...

@

LA CINQUIEME VAGUE, Jonathan Blakeson 2016, Chloe Grace Moretz, Nick Robinson (catastrophe)@@


Quatre immenses vagues, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la population sur Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu'elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir, si toutefois elle peut lui faire confiance.
LA CINQUIEME VAGUE, Jonathan Blakeson 2016, Chloe Grace Moretz, Nick Robinson (catastrophe)@@ (E)
Quatre immenses vagues, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la population sur Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente d&eacut ...

@

LA CITE DE LA PEUR, Alain Berbérian 1994, Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia (comique)@@


Pas facile pour Odile Deray, petite attachée de presse de cinéma, de faire parler de son film "Red is Dead" lors du festival de Cannes. Il faut avouer qu'il s'agit d'un film d'horreur de série Z, un petit budget aux acteurs improbables. Pourtant, un jour, la chance sourit à Odile : un tueur commet des meurtres exactement de la même manière que dans son film. L'occasion est trop belle : de vrais meurtres, en plein Festival de Cannes. Comme publicité, on ne peut pas rêver mieux.

TELERAMA
Les Nuls se farcissent le monde du cinéma. Festival d’humour “bite-couilles” (dixit Alain Chabat) qui fit fureur dans les cours de récré. La longue course-poursuite avec Alain Chabat pris de colique est un fabuleux moment de scatologie, mais, pour le reste, une légère déception avait saisi les « nulophiles » à la sortie du film, car il avait du mal à soutenir la comparaison avec les gags télé des trois compères.

Mais aujourd’hui le film est devenu culte. Ce nanar est aux années 1990 ce que Le Père Noël est une ordure fut aux années 1980 : un monument d’humour débile mais hilarant, avec sa litanie de répliques que les fans se repassent en boucle : « On peut tromper mille fois une personne, mais on ne peut pas tromper une fois mille personnes. » Ou encore : « Un whisky ? — Juste un doigt. — Vous ne voulez pas un whisky d’abord ? »…
LA CITE DE LA PEUR, Alain Berbérian 1994, Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia (comique)@@ (E)
Pas facile pour Odile Deray, petite attachée de presse de cinéma, de faire parler de son film "Red is Dead" lors du festival de Cannes. Il faut avouer qu'il s'agit d'un film d'horreur de série Z, un petit budg ...

@

LA CITE DES DANGERS (Hustle), Robert Aldrich 1975, Catherine Deneuve, Burt Reynolds (sentimental)@


Gloria Hollinger est retrouvée morte sur une des plages de Malibu. Sur les instances de son supérieur, Philip Gaines, le lieutenant chargé de l'enquête, est sur le point de classer l'affaire en pensant qu'il s'agit d'un suicide. Cependant, il poursuit officieusement ses recherches à la demande des parents de la victime.

TELERAMA
Il est américain et hyper viril, donc flic. Elle est française et sensuelle, donc escort girl. Le cinéaste fait de ces deux personnages, qui pourraient n'être que des caricatures, un couple troublant, tremblant, stupéfié d'avoir eu la chance de se trouver. Des égarés qui se raccrochent l'un à l'autre durant un temps qu'ils savent compté...

Robert Aldrich était un baroudeur né. La finesse, l'élégance, il la laissait à ses confrères. Ses films de guerre étaient des brûlots tonitruants (Attaque !). Et ses thrillers annonçaient l'Apocalypse (En quatrième vitesse). Dans ce polar un rien plus apaisé, c'est la monstruosité des grandes villes qu'il pourfend, notamment cette « Cité des anges », devenue diabolique avec le temps, dont il regrette — car c'est un moraliste — la pureté perdue. Une innocence qu'il redécouvre sur le visage de Catherine Deneuve, filmée comme une déesse sur la terrasse d'une luxueuse propriété de L.A. qui donne sur le vide. Au bord du précipice, en quelque sorte, comme une apparition vouée à disparaître à chaque instant. On le sent — tout comme Burt Reynolds, d'ailleurs — subjugué. —
LA CITE DES DANGERS (Hustle), Robert Aldrich 1975, Catherine Deneuve, Burt Reynolds (sentimental)@ (E)
Gloria Hollinger est retrouvée morte sur une des plages de Malibu. Sur les instances de son supérieur, Philip Gaines, le lieutenant chargé de l'enquête, est sur le point de classer l'affaire en pensant qu'il s'agi ...

@

LA COLLINE QUX COQUELICOTS, Gorō Miyazaki 2011 (animation japon)@@


Chaque matin avant de se rendre au lycée, Umi hisse des drapeaux au mat planté dans son jardin. Ils servaient autrefois à envoyer des messages à son père, marin disparu pendant la guerre de Corée. Un de ses camarades de classe, Shun, écrit un poème dans le journal de l'école sur ses drapeaux flottant au vent pour tenter d'attirer son attention. Entre les deux adolescents vont alors naître de profonds sentiments, tandis qu'ils lutteront ensemble pour empêcher la fermeture du foyer des élèves.

TELERAMA
Amours collégiennes et secrets de famille dans le Japon des années 1960. Un joli film d’animation tout public, lumineux et nostalgique, par Goro Miyazaki.
Bienvenue dans un Japon rêvé, rétro, radieux, en plein essor économique, au beau milieu des années 1960. Moins d’un an après la catastrophe de Fukushima, le second dessin animé de Goro Miyazaki (après Les Contes de Terremer) se colore d’une étrange et poignante nostalgie. Le jeune réalisateur était en plein travail lorsque les tremblements de terre, le tsunami et le drame nucléaire ont ravagé son pays. De son propre aveu, il a accentué le côté « paradis perdu » du film. Certes, La Colline aux coquelicots reste, avant tout, la romance de deux lycéens, que risque de séparer un lourd secret de famille. Mais plus que cette sympathique et fraîche bluette, mi-shojo (manga pour filles), mi-mélo, c’est son décor qui retient l’attention. Une évocation minutieuse jusque dans les plus petits détails : marchands de poisson à l’étalage, rues animées, cuisson du riz et bento du matin… On partage, en douceur, dans le sillage d’Umi, les jours ordinaires et heureux, les rayons dorés du crépuscule, la vivacité des émois et des enthousiasmes de jeunesse. Les jeunes héros en uniforme se battent, eux aussi, pour la conservation du passé. Curieux effet gigogne, nostalgie dans la nostalgie : ils militent pour sauver de la démolition leur vieux et croulant foyer d’étudiants, chargé d’histoire.

Quand on sait que Goro Miyazaki est le fils de Hayao, maître inspiré de nombreux chefs-d’œuvre, de Princesse Mononoké à Ponyo sur la falaise, cette fascination pour tous les « héritages » n’étonne pas vraiment. D’autant que le film est une vraie histoire de famille : c’est Hayao Miyazaki lui-même qui a écrit le scénario, adapté d’une vieille bande dessinée populaire. Et c’est au sein de son célèbre studio d’animation, Ghibli, que le film s’est tourné. On en reconnaît d’ailleurs le charme et les caractéristiques : même prédilection pour la clarté des couleurs pastel, mêmes traits (personnages très stylisés, décors délicatement réalistes) que pour les autres œuvres maison. Manquent seulement la folle poésie, les monstres et les merveilles des œuvres de Miyazaki père. Pour le fils, c’est un « héritage » bien lourd à porter…
LA COLLINE QUX COQUELICOTS, Gorō Miyazaki 2011 (animation japon)@@ (E)
Chaque matin avant de se rendre au lycée, Umi hisse des drapeaux au mat planté dans son jardin. Ils servaient autrefois à envoyer des messages à son père, marin disparu pendant la guerre de Corée. U ...

@

LA COMTESSE AUX PIEDS NUS, Joseph L. Mankiewicz 1954, Ava Gardner, Humfrey Bogart (societe)@@@


À l'enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient. Kirk Edwards, producteur, et Harry Dawes, engagé pour réaliser un film, découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid.

TELERAMA
Si ce film de Joseph L. Mankiewicz, diffusé ce soir Arte, colle à la peau de la brune incendiaire aux yeux verts, le tournage ne fut pas une partie de plaisir. Flash-back sur un drame flamboyant…
En cette fin d’hiver 1954, le soleil réchauffe le corps et les sens d’Ava Gardner devant la caméra Technicolor du chef opérateur Jack Cardiff et le regard du metteur en scène Joseph L. Mankiewicz. « Certaines scènes de La Comtesse aux pieds nus ont été pour moi les plus merveilleuses de ma vie professionnelle », écrira l’actrice dans ses Mémoires (Ava : Mémoires, par Ava Gardner, éd. Presses de la Renaissance, 1991.) « Celle, en particulier, où je devais danser une espèce de flamenco, vêtue d’un pull moulant et d’une jupe en satin ordinaire, aguichant mon cavalier, l’attirant plus près de moi, me dérobant à son étreinte. C’était la première fois que je dansais dans un film et je me suis entraînée tous les soirs, pendant trois semaines. Nous avons tourné la séquence dans une oliveraie de Tivoli, avec une centaine de Gitans frappant dans leurs mains tandis que le disque tournait sur un phonographe. Lorsque le phono a rendu l’âme, ils ont continué à taper dans les mains et c’est la prise que nous avons conservée. »

Cette scène où Ava / Maria Vargas, dansant pour son plaisir, est suivie amoureusement par la caméra de Cardiff, fait écho à celle du début de La Comtesse… où, l’héroïne s’exhibant dans un cabaret pour la satisfaction des clients, Mankiewicz se refuse à la filmer. Sujet fantasmatique, Maria Vargas n’existe que dans le regard des autres et se dérobe au nôtre. Lorsqu’elle voudra prendre son destin en main, la danseuse espagnole, devenue star hollywoodienne puis épouse d’un comte italien impuissant, ne pourra échapper à son destin. Si l’auteur d’Eve donna corps à la rumeur selon laquelle il se serait inspiré de la vie de Rita Hayworth pour écrire sa Comtesse, on peut trouver bien des similitudes entre Maria Vargas et son interprète.

“Nerveuse et vulnérable” sur le tournage
Quand elle est contactée par Mankiewicz, Ava Gardner vient de plaquer son époux Frank Sinatra et s’est installée à Madrid où elle entame une liaison avec le torero Luis Miguel Dominguin. Rebelle au star-system, incertaine de ses talents d’actrice, l’héroïne de Pandora choisit de mener une existence de nomade de luxe en Europe, n’acceptant des rôles que pour entretenir son train de vie dispendieux.

Le tournage en Italie de La Comtesse aux pieds nus n’est toutefois pas heureux. Mal embouché, Humphrey Bogart, qui incarne Harry Dawes, le cinéaste-confident de Maria Vargas, fait payer à sa partenaire l’abandon de son copain Sinatra. Goujat, il se montre méprisant envers Ava. Laquelle ne peut compter sur le soutien d’un Mankiewicz généralement à l’écoute de ses interprètes, mais accaparé par ses fonctions d’auteur-réalisateur-producteur. Devenu indépendant avec la création de sa société de production Figaro, le cinéaste doit prendre sur lui l’entière responsabilité du film. « Je ne pense pas que j’ai pu aider Ava comme j’aurais voulu le faire, reconnaîtra-t-il. Je suis impardonnable pour n’avoir pas perçu à quel point elle était nerveuse et vulnérable. » (dans Pictures Will Talk, The Life & Films of Joseph L. Mankiewicz, par Kenneth L. Geist, éd. Scribner, 1978).

Source d’inspiration pour Fellini
Et si cette insécurité renforçait la qualité vibrante du jeu d’Ava Gardner ? Et si Mankiewicz, avec cette œuvre lucide, lyrique et baroque, construite au fil de sept flash-back savamment imbriqués, signait là son œuvre la plus personnelle ? Sa critique cinglante du monde du cinéma, doublée d’une satire de la jet-set et d’une aristocratie en lambeaux, fait écho à son ode à une impossible liberté, la voix du cinéaste étant portée par Harry Dawes, double et alter ego.

Semi-échec aux États-Unis, où le film est mal distribué et jugé « trop bavard », critiqué par son auteur lui-même, qui doit à la censure d’avoir transformé l’homosexualité du comte en blessure de guerre, La Comtesse aux pieds nus n’en est pas moins immédiatement vénérée par la critique française et ses jeunes Turcs, Claude Chabrol et François Truffaut. Elle sera, cinq ans plus tard, une source d’inspiration pour Federico Fellini et sa Dolce vita. Sous les fastes d’une moderne Cendrillon qui tournerait mal, La Comtesse aux pieds nus est un diamant inaltérable de l’histoire du cinéma.
LA COMTESSE AUX PIEDS NUS, Joseph L. Mankiewicz 1954, Ava Gardner, Humfrey Bogart (societe)@@@ (E)
À l'enterrement de Maria Vargas, sous la pluie, Harry Dawes se souvient. Kirk Edwards, producteur, et Harry Dawes, engagé pour réaliser un film, découvrent leur vedette un soir dans un cabaret de Madrid.


@

LA COMTESSE DE HONG KONG, Charlie Chaplin 1967,Sophia Loren, Marlon Brando (comique)@@


Au cours d'une croisière, un milliardaire américain, Ogden, fait escale à Hong Kong. Il y fait la connaissance d'une entraîneuse de cabaret avec qui il passe une agréable soirée, ignorant que la jeune femme est, en réalité, une véritable comtesse russe. Ogden rejoint son paquebot, qui gagne la haute mer.

TELERAMA
On a tort de prendre cette comédie avec Sophia Loren et Marlon Brando pour une œuvre mineure. C’est un film anachronique par sa simplicité, loin des modes et des snobismes. À revoir.

Il est plus facile d’apprécier aujourd’hui ce point final de l’œuvre de Charlie Chaplin qui, à sa sortie, parut très « Ancien Régime » : lors d’une escale à Hong Kong, un diplomate américain rencontre une call-girl, ancienne comtesse russe, qui en profite pour embarquer clandestinement vers les États-Unis. Elle lui demande secours, il pense se compromettre et l’amour s’en mêle. Ce quasi-huis clos dans la suite-cabine d’un paquebot, avec ses portes qui claquent, ses quiproquos et sa pantomime en guise de direction d‘acteurs, est d’un artifice assumé, mais savoureux. À l’instar de ce diplomate (un Brando décoiffé en robe de chambre), qui parle de la paix dans le monde comme il récite la liste des courses, et cette vagabonde chaplinesque (l’altière Sophia Loren), pleine de ressources pour fuir la misère. Autour d’eux la corruption, l’hypocrisie et la vénalité. Chaplin concluait sur un beau sourire mélancolique.
LA COMTESSE DE HONG KONG, Charlie Chaplin 1967,Sophia Loren, Marlon Brando (comique)@@ (E)
Au cours d'une croisière, un milliardaire américain, Ogden, fait escale à Hong Kong. Il y fait la connaissance d'une entraîneuse de cabaret avec qui il passe une agréable soirée, ignorant que la jeun ...

@

LA CONCUBINE, Kim Dae-Seung 2012, Cho Yeo-jeong, Kim Dong-Wook (erotique)@


La Concubine est un thriller érotique historique sud-coréen de 2012 réalisé par Kim Dae-seung . Situé dans la dynastie Joseon , il se concentre autour de Hwa-yeon, qui devient une concubine royale contre sa volonté, Kwon-yoo, un homme déchiré entre l'amour et la vengeance, et le prince Sung-won, qui a à cœur Hwa-yeon malgré les innombrables femmes à sa disposition. Ces trois personnages forment un triangle amoureux.
LA CONCUBINE, Kim Dae-Seung 2012, Cho Yeo-jeong, Kim Dong-Wook (erotique)@ (E)
La Concubine est un thriller érotique historique sud-coréen de 2012 réalisé par Kim Dae-seung . Situé dans la dynastie Joseon , il se concentre autour de Hwa-yeon, qui devient une concubine royale contre s ...

@

LA CONFESSION, Nicolas Boukharief 2015, Romain Duris, Marine Vacht (societe)@@


Sous l'Occupation allemande, dans une petite ville française, l'arrivée d'un nouveau prêtre suscite l'intérêt de toutes les femmes. Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l'église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d'elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu'intelligent.

TELERAMA
Pas facile de venir après Léon Morin, prêtre (1961), le film de Melville avec Belmondo en soutane. Ni, de toute façon, après le roman de Béatrix Beck, autrice très originale, oubliée à tort. Le réalisateur du Convoyeur et de Made in France s’en sort pourtant avec ce qu’il sait le mieux faire : un thriller sentimental. Là où Jean-Pierre Melville misait sur le décalage et une certaine perversion, Nicolas Boukhrief choisit le mélodrame à suspense.
Nous revoici donc sous l’Occupation, dans une petite ville de province où l’arrivée d’un nouveau prêtre met en émoi toutes les femmes. Jeune employée à la poste, communiste athée, sans nouvelles de son mari prisonnier, Barny s’agace de l’aveuglement généralisé de ses collègues. Et décide de défier l’abbé dans le confessionnal. Le rapprochement se traduit par le recours croissant aux gros plans, à mesure que Barny défaille. À mesure aussi que l’oppression grandissante de l’occupant, ses représailles terribles contre la Résistance resserrent l’étau…
Servi par une photo délicate, le film est un face-à-face, au sens propre comme au figuré. Entre deux visages, l’un pâle, pur, magnifique, de Marine Vacth ; l’autre opaque, sombre, de Romain Duris. Il est clair, en revanche, qu’on se serait bien passé des moments montrant Barny, en fin de vie, confessant son secret à un jeune prêtre…


LA CONFESSION, Nicolas Boukharief 2015, Romain Duris, Marine Vacht (societe)@@ (E)
Sous l'Occupation allemande, dans une petite ville française, l'arrivée d'un nouveau prêtre suscite l'intérêt de toutes les femmes. Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant ê ...

@

LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@


Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meurt soudainement. Adam se retrouve alors au coeur d'une lutte de pouvoir implacable entre les élites religieuse et politique du pays.

TELERAMA
Un étudiant se retrouve précipité dans les guerres de pouvoir d’un haut lieu de l’islam sunnite égyptien. Une métaphore brillante du régime d’al-Sissi.

Trois jours avant le début du tournage de Le Caire confidentiel, en 2015, Tarik Saleh avait dû quitter l’Égypte sur ordre des services de sécurité. Depuis, le cinéaste suédois né de père égyptien est indésirable au pays des pharaons. Et il devrait le rester pour longtemps, au vu de son nouveau long métrage, prix du scénario mérité au dernier Festival de Cannes. La Conspiration du Caire se révèle, en effet, une critique virulente des dérives de pouvoir autoritaire du maréchal Al-Sissi, et plus particulièrement de ses barbouzeries sanglantes.

Après avoir utilisé avec bonheur les codes du film noir dans Le Caire confidentiel, le réalisateur propose ici un genre cinématographique composite, que l’on pourrait qualifier de « thriller d’espionnage religieux ». Adam, fils d’un modeste pêcheur du nord du pays, obtient une bourse pour étudier à l’université cairote al-Azhar, haut lieu de l’islam sunnite dont le grand imam est plus ou moins l’équivalent du pape pour les catholiques. À la mort brutale de ce dernier, les services secrets sont bien décidés à influer sur l’élection en interne de son successeur en poussant un candidat proche de leurs idées… et en déstabilisant ses concurrents les plus dangereux. Un officier expérimenté, Ibrahim, jette son dévolu sur Adam, qui va devenir sa « taupe » au sein d’al-Azhar et l’instrument d’une manipulation politico-religieuse où tous les coups sont permis.

« Tu es un cœur pur, mais qu’al-Azhar va souiller de plus en plus », dit en substance l’assistant d’un enseignant à Adam. De fait, l’étudiant à la gueule d’ange, à qui on donnerait Allah sans confession, se transforme en agent double, voire triple, particulièrement doué, capable, même si c’est la mort dans l’âme, de trahir l’un de ses rares amis, dans un récit riche en rebondissements et en coups tordus que n’auraient pas renié les maîtres espions de John le Carré. L’ascension de ce novice moins naïf que prévu ressemble à celle du héros d’Un prophète, de Jacques Audiard, le trafic de drogue en moins, l’exégèse des paraboles coraniques en plus. Tarik Saleh filme d’ailleurs l’université islamique, reconstituée dans le décor étonnant et puissamment cinégénique de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul, comme une prison où tout le monde soupçonne tout le monde. Une métaphore de l’Égypte et de sa société sous surveillance où la Sûreté d’État fait régner la terreur.

Face au jeune Tawfeek Bahrom, peut-être un peu tendre pour le rôle complexe d’Adam, Fares Fares, l’inoubliable interprète de l’inspecteur Nourredine dans Le Caire confidentiel, est méconnaissable, mais une nouvelle fois saisissant, dans la peau de l’officier traitant Ibrahim. Un personnage trouble, dur, cruel, finalement proche de son personnage du précédent film : un exécutant dévoué, vaguement désabusé, mais dont l’humanité pourrait se réveiller face à l’injustice ou l’ignominie de trop…

LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh 2022 (thriller)@@@ (E)
Adam, simple fils de pêcheur, intègre la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l'institution meur ...

@

LA COULEUR DE L ARGENT, Martin Scorsese 1986, Paul Newman, Tom Cruise (societe)@


Eddie Felson, ancien roi du billard désormais à la retraite, prend sous sa coupe le jeune Vincent, qui lui rappelle ses vertes années. Eddie entraîne Vincent dans une grande tournée des salles de billard et lui apprend tous ses secrets. L'élève dépassera-t-il le maître ?

TELERAMA
Dans cette suite de “L’Arnaqueur”, parties de billard interminables, esthétique années 1980 : un Scorsese très daté, loin de ses chefs-d’œuvre. Tom Cruise, star montante donne la réplique à un Paul Newman, oscarisé pour son interprétation d’Eddie Felson.

Dans l’époustouflante filmographie de Martin Scorsese, La Couleur de l’argent n’a jamais prétendu au rang de chef-d’œuvre. Mais, à le revoir aujourd’hui, on le rétrograderait volontiers en troisième division. Couleurs criardes, musique atroce, costumes ringards, esprit yuppie : toute l’esthétique insupportable des années 1980 resurgit dans cette suite outrancière de L’Arnaqueur, de Robert Rossen, film noir exemplaire tourné en 1961, déjà avec Paul Newman.

Champion de billard à la retraite, Eddie Felson continue de hanter les bars pour refourguer ses caisses de bourbon. Il repère le jeune Vince, un pro de la bande au brushing impeccable, vêtu d’un blouson de cuir satiné et de l’étoffe des champions. Et le vieux beau de prendre le chien fou sous son aile. Suivent environ quatre cent soixante-douze parties de billard américain filmées dans tous les sens, à toutes les vitesses.

Sans finesse
Pour bien nous faire comprendre que Tom Cruise (sur la route de la gloire, entre Top Gun et Cocktail) est un gamin surdoué et immature, Scorsese en a fait un maniaque des jeux vidéo, vendeur zélé dans un magasin de jouets, et qui glapit « scoubidouf la bouffe ! » (en VF) quand arrivent ses pancakes. Pas vraiment subtiles non plus, les innombrables allusions sexuelles autour des « boules » et des « queues ». Mais certains scorsésiens purs et durs continuent d’y voir des paraboles métaphysiques…
LA COULEUR DE L ARGENT, Martin Scorsese 1986, Paul Newman, Tom Cruise (societe)@ (E)
Eddie Felson, ancien roi du billard désormais à la retraite, prend sous sa coupe le jeune Vincent, qui lui rappelle ses vertes années. Eddie entraîne Vincent dans une grande tournée des salles de billard et ...

@

LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@


Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne souhaite rien tant que de devenir écrivain. Elle prend la responsabilité de la chronique ménagère du journal local et, pour se familiariser avec son sujet, dont elle ignore tout, obtient de son amie Elizabeth la permission d'interroger sa domestique noire, Aibileen.
LA COULEUR DES SENTIMENTS Tate Taylor 2011, Emma Stone, Jessica Chastain@@@ (E)
Eugenia Skeeter Phelan est de retour dans sa petite ville de Jackson, Mississippi, au début des années 1960, après des études à l'université. Ses amies d'enfance se sont mariées, mais elle ne ...

@

LA COUR DES MIRACLES, Carine May et Hakim Zouhani 2022, Rachida Brakni, Anaïde Rozam, Gilbert Melki (societe)@@


L'école primaire de Seine-Saint-Denis Jacques Prévert est menacée par l'arrivée d'un nouvel établissement scolaire bobo-écolo flambant neuf. Zahia la directrice de l'école, en quête de mixité sociale, s'associe à Marion, jeune instit pleine d'idées, pour créer la première école verte de banlieue et attirer les nouveaux habitants. Cependant, il va falloir composer avec une équipe pédagogique hétéroclite et pas vraiment tournée vers la nature.

TELERAMA
Une école primaire de Seine-Saint-Denis est confrontée à l’ouverture d’un établissement voisin pour bobos. Un film enjoué qui vise juste à propos de cette satanée carte scolaire devenue un fantasme d’intégration.

Bienvenue à Jacques-Prévert, école primaire en Seine-Saint-Denis, menacée par l’implantation, juste à côté, d’un nouvel établissement scolaire pour bobos fraîchement installés en banlieue. Zahia, la directrice de l’école, convaincue de l’utilité de la mixité sociale, panique : même les parents de son école lui demandent des dérogations pour scolariser leur progéniture, à la rentrée prochaine, au milieu des « petits blonds ». Grâce à Marion, nouvelle institutrice venue de la campagne avec un projet écologique, Jacques-Prévert pourrait se réinventer, garder ses élèves, et même en attirer de nouveaux. Mais il va falloir composer avec une équipe pédagogique singulière, y compris des nouveaux qui n’ont jamais enseigné.

On peut difficilement être plus dans l’actualité qu’avec cette comédie alerte où l’épatant Gilbert Melki est recruté comme prof non en quatre jours, mais en quatre minutes ! Repérés entre autres pour leur court métrage La Virée à Paname (2013), le duo Hakim Zouhani et Carine May livrent un film enjoué, solaire, mais qui vise juste à propos de cette satanée carte scolaire devenue un sésame, un passeport, un fantasme d’intégration. Grâce à leur regard, une simple cour d’école de banlieue devient un parfait condensé des préoccupations sociales. Autour de Rachida Brakni, crédible en directrice qui ne renonce pas, l’équipe des enseignants – dont le rappeur Disiz – brille par la complicité, au fil de dialogues tour à tour chamailleurs et solidaires. Mention spéciale pour Raphaël Quenard, figure hilarante et zen de cette chaleureuse sarabande qui s’abstient de nous faire croire au miracle de mixité sociale absolue, mais qui ne ferme jamais la porte à l’espoir.
LA COUR DES MIRACLES, Carine May et Hakim Zouhani 2022, Rachida Brakni, Anaïde Rozam, Gilbert Melki (societe)@@ (E)
L'école primaire de Seine-Saint-Denis Jacques Prévert est menacée par l'arrivée d'un nouvel établissement scolaire bobo-écolo flambant neuf. Zahia la directrice de l'école, en quête de ...

@

LA COURSE A L ECHALOTE, Claude Zidi 1975, Pierre Richard, Jane Birkin (comique)@


Fondé de pouvoir de la banque Cardot, Pierre Vidal assure le remplacement de son directeur, parti quelques jours en congés. Malheureusement pour le jeune homme, les précieux documents d'un important client sont dérobés sous ses yeux. Afin de ne pas ternir la réputation de l'établissement, Pierre décide d'enquêter seul, sans prévenir la police. Ses investigations le conduisent dans un train en partance pour l'Angleterre.

TELERAMA
Pierre Vidal, le fondé de pouvoir de la banque Cardot, gère seul l'établissement en l'absence de son directeur. Encore plus nerveux qu'à l'ordinaire, il se querelle avec sa maîtresse, Janet, une Anglaise qu'il amène à l'idée de rompre. C'est alors qu'un client, monsieur de Rovère, dépose entre ses mains l'acte de vente, en blanc, de l'Alcazar. Profitant d'un moment de distraction, trois employés de la société s'emparent du précieux document. Le fondé de pouvoir n'a d'autre alternative que de les poursuivre et de leur reprendre son bien avant le retour de son patron. Il sait en effet que le premier qui apposera sa signature sur l'acte de vente deviendra le propriétaire légitime de l'Alcazar...
LA COURSE A L ECHALOTE, Claude Zidi 1975, Pierre Richard, Jane Birkin (comique)@ (E)
Fondé de pouvoir de la banque Cardot, Pierre Vidal assure le remplacement de son directeur, parti quelques jours en congés. Malheureusement pour le jeune homme, les précieux documents d'un important client sont dé ...

@

LA CRISE, Coline Serreau 1992, Vincent Lindon, Patrick Timsit, Maria Pacome (societe comique)@@@


Brillant avocat parisien, Victor se réveille un jour pour apprendre successivement deux mauvaises nouvelles: sa femme le quitte et son patron le licencie. Totalement bouleversé, il cherche du réconfort auprès de ses amis et de sa famille.

TELERAMA
Toujours soucieuse de capter l'air de son temps, Coline Serreau saisit le thème de la crise économique et morale pour en faire une comédie satirique. Devant Vincent Lindon défilent toutes sortes de spécimens sociologiques : famille hystérique en partance pour le ski, toubib homéopathe, député socialiste...

Les portraits sont bien ciselés, les mots fusent et certains sketchs sont irrésis­tibles (mention spéciale à Maria Pacôme). Tout le monde en prend pour son grade, et Serreau parvient bien à pointer les égoïsmes et les snobismes tapis en chacun de nous. Dans la seconde moitié, le film perd un peu de son tonus. Plus gênant : sous le couvert d'une fustigation de la gauche caviar et de l'individualisme frileux, Coline Serreau flirte parfois avec un populisme douteux. L'emploi du personnage de raciste gentil (Patrick Timsit, agaçant), censé remettre les idées en place, gâche un peu la pétulance acide de cette comédie par ailleurs divertissante. — Jacques Morice
LA CRISE, Coline Serreau 1992, Vincent Lindon, Patrick Timsit, Maria Pacome (societe comique)@@@ (E)
Brillant avocat parisien, Victor se réveille un jour pour apprendre successivement deux mauvaises nouvelles: sa femme le quitte et son patron le licencie. Totalement bouleversé, il cherche du réconfort auprès de ...

@

LA CROISIERE, Pascale Pouzadoux 2010, Charlotte De Turckheim, Line Renaud (comique)@


Le temps d'une croisière en méditerranée, quatre femmes vont vivre des péripéties à bord d'un magnifique paquebot. Entre rencontres inattendues et situations cocasses, elles vont vivre une expérience humaine unique et découvrir leur existence sous un autre jour.

TELERAMA
Charlotte de Turckheim, Jean Benguigui, Marilou Berry et Line Renaud sont dans un paquebot. Le scénario du film de Pascale Pouzadoux est tombé à l'eau. Qu'est-ce qu'il reste ? Une comédie désolante de vulgarité, à faire passer Camping pour du Billy Wilder.
LA CROISIERE, Pascale Pouzadoux 2010, Charlotte De Turckheim, Line Renaud (comique)@ (E)
Le temps d'une croisière en méditerranée, quatre femmes vont vivre des péripéties à bord d'un magnifique paquebot. Entre rencontres inattendues et situations cocasses, elles vont vivre une exp&eacut ...

@

LA CUISINE DES ANGES, Michael Curtiz 1955, Humphrey Bogart, Aldo Ray, Peter Ustinov (thriller)@@


La veille de Noël 1885, à Cayenne. Trois forçats évadés du bagne, Joseph, un faussaire, Albert, un meurtrier, et Jules, un perceur de coffres, réussissent à se faire embaucher au Grand Bazar tenu par Felix Ducotel. Ils ne tardent pas à découvrir que les affaires marchent mal et que Ducotel redoute l'arrivée du propriétaire, André Trochard. Celui-ci vient, en effet, examiner la comptabilité du magasin.

TELERAMA
LA CUISINE DES ANGES, Michael Curtiz 1955, Humphrey Bogart, Aldo Ray, Peter Ustinov (thriller)@@ (E)
La veille de Noël 1885, à Cayenne. Trois forçats évadés du bagne, Joseph, un faussaire, Albert, un meurtrier, et Jules, un perceur de coffres, réussissent à se faire embaucher au Grand Bazar te ...

@

LA DARONNE, Jean-Paul Salome 2020, Isabelle Huppert (comique thriller)@@


Patience Portefeux gagne sa vie en traduisant de l'arabe au français des écoutes téléphoniques pour la brigade des stups. Elle peine à payer la maison de retraite de sa mère à 3.000 euros par mois. Patience entre à son tour dans le business et devient la 'Daronne'. Sous ce nom, elle se met à vendre la marchandise d'un Go Fast.

TELERAMA
Elle travaille pour la police, mais se révèlera dans la pègre. Isabelle Huppert palpe les billets et emmène allègrement cette comédie tonique, adaptée du roman d’Hannelore Cayre.

Elle n’avait pas de quoi payer l’Ehpad de sa mère et la voilà devenue dealeuse de choc, pleine aux as… Mais comment Patience, qui traduisait gentiment pour la police les propos musclés de trafiquants arabes, s’est-elle muée en Daronne, sorte de mère sévère et de patronne pour des petits revendeurs de drogue à Barbès ? Très facilement… La fantaisie prend vite le pouvoir dans ce film qui passe d’une atmosphère à une autre, comme son héroïne passe du blouson de cuir à la djellaba flashy.

Un même amour du jeu réunit le réalisateur Jean-Paul Salomé et sa Daronne, Isabelle Huppert. Dans le polar noir et drôle qu’avait écrit Hannelore Cayre, ils ont trouvé matière à un divertissement plein de surprises. D’abord, le grand numéro d’actrice, sur lequel tout repose, s’accompagne d’un retour à la tradition des grands seconds rôles. Et, à travers eux, la note comique s’affirme. Savoureusement avec Jade-Nadja Nguyen, qui joue la gardienne chinoise de l’immeuble de Patience, complice de toutes les entourloupes ; royalement avec Hippolyte Girardot, irrésistible en commandant de la brigade des stups, tellement amoureux de Patience qu’il ne peut ­reconnaître en elle la Daronne…

L’histoire d’une rennaissance
Cette héroïne à double fond a droit à un film à double détente. Sous la drôlerie du déguisement, Jean-Paul Salomé soigne ce portrait d’une femme qui accomplit aussi une mue intérieure. À travers des souvenirs, une photo du passé, la traductrice sans le sou redécouvre une audace oubliée, un goût du risque, de la liberté. En changeant d’apparence et de vie, elle va à la rencontre de celle qu’elle était… Ce mouvement se mêle subtilement à la cocasserie pour nous conduire jusqu’à assister, avec un joli frisson, à la renaissance d’une parfaite aventurière.
LA DARONNE, Jean-Paul Salome 2020, Isabelle Huppert (comique thriller)@@ (E)
Patience Portefeux gagne sa vie en traduisant de l'arabe au français des écoutes téléphoniques pour la brigade des stups. Elle peine à payer la maison de retraite de sa mère à 3.000 euros par ...

@

LA DEFENSE LINCOLN, Brad Furman 2011 (thriller)@


Michael Haller est avocat à Los Angeles. Habile, il est prêt à tout pour faire gagner les criminels de bas étage qu'il défend. Toujours entre deux tribunaux, il travaille à l'arrière de sa voiture, une Lincoln Continental.

TELERAMA
Dix ans après son apparition au cinéma, l’avocat Mickey Haller reprend du service dans cette nouvelle adaption de Michael Connelly signée par le showrunner David E. Kelley. Une série judiciaire convenue et qui manque de piquant.

Chaque affaire est comme un puzzle, une sorte de code qu’il faut déchiffrer. » Mickey Haller, avocat flegmatique de Los Angeles – sur le carreau depuis un accident de surf suivi d’un passage en cure de désintox –, reprend du service. De procès en procès, il enchaîne les sermons convenus rédigés depuis la banquette arrière de sa Lincoln. Au volant : une cliente devenue sa confidente et conductrice…

Une décennie après l’adaptation sur grand écran des romans de Michael Connelly (La Défense Lincoln, de Brad Furman), portée par le charismatique Matthew McConaughey, Manuel Garcia-Rulfo, piquant à sa manière, enfile à son tour le costume de Haller pour dix épisodes d’une série disponible sur Netflix. Dans cette mouture, l’avocat doublement divorcé récupère le cabinet d’un confrère, après son assassinat. En plus de multiples affaires mineures, il se voit attribuer la très médiatique défense d’un géant de la tech, accusé du meurtre de sa compagne et de son amant. Le tout en tentant de faire toute la lumière sur le meurtre de son prédécesseur. Éreintant, n’est-ce pas ?

Baisse de régime
Le showrunner David E. Kelley, stakhanoviste des séries judiciaires, semble suivre le même rythme effréné que son protagoniste… Mais perd, lui, l’endurance et la pertinence de ses débuts. Après le succès de The Practice (1997-2004) ou Ally McBeal (1997-2002), l’ancien juriste avait su se renouveler avec les plus exigeantes Goliath (2016-2021) ou Big Little Lies (2017-2019). De nouveau sur les bancs des tribunaux, sa plus récente création Anatomy of a Scandal ne convainquait déjà qu’à moitié.

La Défense Lincoln, pour sa part, séduit surtout grâce à une intrigue principale dense et bien menée. Toutefois, l’adaptation de Kelley manque régulièrement d’ambition et se trouve parasitée par de multiples sous-intrigues trop peu approfondies. Déformation professionnelle oblige, le showrunner s’efforce de dessiner à grands traits le fonctionnement des cours de justice américaines (choix des jurés, tactiques de la défense…). Un ton pédagogique finement amené par Peter Nowalk dans How to Get Away With Murder notamment, mais qui, ici, s’avère plutôt maladroit. Loin d’être un raté complet, La Défense Lincoln s’en tire finalement avec un non-lieu.
LA DEFENSE LINCOLN, Brad Furman 2011 (thriller)@ (E)
Michael Haller est avocat à Los Angeles. Habile, il est prêt à tout pour faire gagner les criminels de bas étage qu'il défend. Toujours entre deux tribunaux, il travaille à l'arrière de sa voi ...

@

LA DERNIERE MARCHE, Tim Robbins 1995, Susan Sarandon, Sean Penn (societe justice)@@


En charge de l'éducation d'enfants défavorisés dans un quartier noir de La Nouvelle-Orléans, soeur Helen Prejean reçoit un courrier de Matthew Poncelet, condamné à mort pour le viol et l'assassinat d'une jeune fille et de son ami. Helen se rend au pénitencier où elle rencontre un homme froid, acerbe et raciste, qui rejette le crime sur son comparse, Carl Vitello. Poncelet demande à soeur Prejean de s'occuper de ses ultimes démarches judiciaires.
LA DERNIERE MARCHE, Tim Robbins 1995, Susan Sarandon, Sean Penn (societe justice)@@ (E)
En charge de l'éducation d'enfants défavorisés dans un quartier noir de La Nouvelle-Orléans, soeur Helen Prejean reçoit un courrier de Matthew Poncelet, condamné à mort pour le viol et l'assa ...

@

LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@


Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est susceptible de décrocher quelques scoops afin d'alimenter sa chronique. Un soir, las de la jalousie maladive de sa maîtresse Emma il sort avec Maddalena. Le lendemain Sylvia, une grande star hollywoodienne fait son arrivée à Rome.

TELERAMA
Avec “La Dolce Vita”, tourné en décors naturels, le cinéaste de l'imaginaire signe son dernier hommage au réel, avant de lui tourner définitivement le dos.
Par Aurélien Ferenczi
Federico Fellini, cinéaste de l'imaginaire ? Roi du fantasme qui invente sa propre réalité, si différente de la nôtre, dans le célèbre studio 5 de Cinecittà, son antre ? Bien sûr, mais après La Dolce Vita. Car le film, qui sort en Italie en février 1960 et conquiert la Palme d'or au festival de Cannes trois mois plus tard, compile très fidèlement quelques événements ayant rythmé la vie de l'Italie des années 1950.
Ainsi la longue scène du « miracle » – deux enfants qui auraient vu la Sainte Vierge – s'inspire-t-elle d'un cas similaire, un canular dont les journaux ont fait leurs choux gras en juin 1958. Et, bien sûr, le récit suit à la trace le roi des photographes mondains, Tazio Secchiaroli, le premier paparazzo, qui volait des photos aux people de l'époque, se battait avec ses sujets – inventant une facette de la médiatisation contemporaine du monde. Dolce vita ? Pazza vita, plutôt.

Le héros journaliste, joué par Marcello Mastroianni (Fellini refusa Paul Newman !), ou la figure de l'intellectuel Steiner, joué par Alain Cuny, regardent ces mœurs avec distance, voire désespoir. Pas sûr que Fellini ne soit pas de leur avis : le monde déréglé, il le fuira désormais, réfugié dans son imaginaire.
Pour La Dolce Vita, tourné principalement en décors naturels (beaucoup dans le quartier de l'EUR), la Via Veneto avait été reconstruite à Cinecittà : les décorateurs avaient reproduit son tracé sinueux, mais pas sa pente assez marquée. De ce jour, Fellini ne cessa de détester la vraie Via Veneto, qu'il jugeait raide et inhospitalière.
Que lui importaient les vrais lieux ? « Quelquefois, racontait-il, je me promène n'importe où dans Rome, je vois tel monument, tel ou tel quartier. Je me dis : ‘Ah, ce décor, on ne l'a pas encore démonté ?’ » La Dolce Vita est le dernier film réaliste du maestro.
LA DOLCE VITA, Frederico Fellini 1960, Marcello Mastroiani, Anita Ekberg (sentimental)@@@ (E)
Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain, mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est ...

@

LA DOUBLURE, Francis Veber 2005, Alice Taglioni, Daniel Auteuil (comique)@


Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, célèbre mannequin, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo d'un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu'Eléna n'est pas avec lui, mais avec Pignon, modeste voiturier. Levasseur, pour accréditer son imposture, est obligé d'envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon.

TELERAMA
De film en film, Francis Veber a créé un personnage qui est vite devenu un caractère. François Pignon, ou la résistance poétique face à la brutalité du monde. Un inspecteur Clouseau pour la maladresse physique, qui avancerait dans la vie avec de l’âme plein les mirettes. Le premier Pignon fut Jacques Brel dans L’Emmerdeur, écrit par Veber et réalisé par Edouard Molinaro. Le plus célèbre – dans Les Compères et Les Fugitifs – fut Pierre Richard l’élastique, l’enjoué, le funambule, le gars à la faiblesse entêtée qui réussissait, par sa candeur, à résister au monde des grands. Depuis, Pignon est devenu grandiosement absurde (avec Jacques Villeret dans Le Dîner de cons) et angoissé moderne (avec Daniel Auteuil dans Le Placard). Son dernier avatar en date, dans La Doublure, convainc nettement moins.

Pignon, c’est en principe l’homme invisible, celui que les femmes, distraites ou pressées, ne songent même pas à regarder. Veber a eu beau coiffer Gad Elmaleh comme personne ne se coiffe plus depuis trente ans et l’habiller comme un sac, l’acteur reste si joli garçon qu’on a bien du mal à comprendre l’indifférence que lui manifeste la fille qu’il aime (Virginie Ledoyen). Qu’Alice Taglioni, qui incarne, elle, un top model naïf et sentimental, ne quitte pas le salaud qui lui sert d’amant pour ce joli jeune homme tendre et discret est un des nombreux « mystères » du scénario de Francis Veber.

Donc, le François Pignon 2006 est voiturier pour un restaurant chicos. Il est fou amoureux d’une jeune libraire et flanqué d’un ami (Dany Boon) qui squatte chez lui. Le hasard le fait passer dans une rue où un paparazzi guette la rencontre d’un homme d’affaires millionnaire (Daniel Auteuil) avec le fameux top model. Pour éviter le scandale et, surtout, le divorce avec sa richissime épouse (Kristin Scott Thomas), l’homme d’affaires engage Pignon pour jouer le rôle de l’amant de sa maîtresse. Pour devenir sa doublure.

Jolie idée, annonciatrice d’un film efficace et d’un triomphe de plus. Car tout le monde aime Francis Veber. Lui, d’abord ; le public, ensuite. Seuls les critiques, ces éternels ronchons, détonnent dans le concert de louanges qui salue chaque film du « success man » français. Mais, jusqu’alors, s’ils mettaient en doute son talent de réalisateur, ses détracteurs étaient bien forcés de concéder au cinéaste une habileté à jongler avec les figures imposées du vaudeville.

Pas d’habileté, cette fois. Son intrigue posée, Veber semble s’en désintéresser. Les personnages n’évoluent pas. Les gags sont rares. Aucune surprise. Pas même le désir de saisir, en filigrane, l’air du temps. Dans Le Placard, probablement son film le plus démoli par la presse, il se livrait, mine de rien, à une critique rigolote de notre société – la vie en entreprise et le politiquement correct. Ici, il se contente d’opposer mollement deux clans figés : les riches, contemplés avec une condescendance facile, et les pauvres, observés avec une (feinte) candeur agaçante.

Dans Le Placard, les seconds rôles étaient réussis. Ici, ils semblent tous surnuméraires. Même l’épouse de l’homme d’affaires, qui devrait occuper le cœur de l’intrigue, ne semble exister que pour huiler les rouages d’une vieille pièce de boulevard. Seuls s’incarnent un peu les rapports tendus, fielleux, qu’entretient Daniel Auteuil avec son avocat, esclave maso (Richard Berry, parfait). Veber se retrouve soudain dans son élément, le duo de mecs, prenant son temps pour suggérer, à coups de répliques vachardes, la dérision que lui inspirent ces fantoches…

On sait le cinéaste obsédé par la rapidité, le rythme, le tempo. À raison : rien n’est plus assommant que la mollassonnerie des comédies françaises actuelles. Mais, curieusement, plus il accélère ici ses scènes, plus il ralentit son film qui, à la fin, tourne à vide… On aurait aimé qu’il s’attarde plutôt sur ce couple impromptu, le charmant top model et le gentil voiturier, forcés de cohabiter ensemble. On aurait aimé sentir naître entre eux le trouble, la complicité, la tendresse – toutes ces jolies choses que réussissait si bien à exprimer, dans La Garçonnière, Billy Wilder. Un dingue de rythme aussi, mais qui savait, lui, quand c’était nécessaire, donner du souffle, de la vie, à un film…

Distribution
Gad Elmaleh : François Pignon
Alice Taglioni : Elena Simonsen
Daniel Auteuil : Pierre Levasseur
Kristin Scott Thomas : Christine Levasseur
Richard Berry : Maître Foix
Virginie Ledoyen : Émilie
Dany Boon : Richard
Michel Jonasz : André Pignon, le père de François
Michel Aumont : le médecin
Laurent Gamelon : Paul
Patrick Mille : Pascal
Michèle Garcia : Louise Pignon, la mère de François
Philippe Magnan : Berman
Jean-Yves Chilot : Hervé
Irina Ninova : Marie
Philippe Beglia : le maître d'hôtel
Noémie Lenoir : Karine
Sandra Moreno : la secrétaire de Levasseur
Jean-Pol Brissart : Mauricet
Philippe Brigaud : Monsieur Hervé
Alexandre Brik : Ken
Thierry Humbert : le paparazzi
Paulette Frantz : la mère de Richard
Thierry Nenez : Perrache
Karl Lagerfeld : lui-même
LA DOUBLURE, Francis Veber 2005, Alice Taglioni, Daniel Auteuil (comique)@ (E)
Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, célèbre mannequin, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la pré ...

@

LA DREAM TEAM, Thomas Sorriaux 2015, Medi Sadoun, Gérard Depardieu (societe sport)@


Maxime Belloc est un grand joueur de football, le meilleur buteur du championnat. Dans un geste de colère il se brise la jambe. Son agent le contraint de se mettre au vert le temps de sa convalescence chez son père à qui il ne parle plus depuis 15 ans. Là-bas, à sa grande surprise, Maxime va redécouvrir le sens des valeurs et de la famille.

TELERAMA
Maxime Belloc officie au Paris-Saint-Germain. C'est une star, consciente de l'être. Lorsque la fourrière lui enlève sa voiture de sport garée sur une place pour handicapés, il se blesse bêtement au tibia, ce qui met un coup d'arrêt à sa carrière. Son agent veut redorer son blason de buteur en le renvoyant dans son Berry natal auprès de son père agriculteur. Les retrouvailles ne sont pas vraiment chaleureuses, le père reprochant au fils son arrogance. Jacques Belloc accepte la présence de Maxime a une condition : il doit accepter d'entraîner les cadets du village. L'un d'eux se révèle être le fils de sa jolie kinésithérapeute...
LA DREAM TEAM, Thomas Sorriaux 2015, Medi Sadoun, Gérard Depardieu (societe sport)@ (E)
Maxime Belloc est un grand joueur de football, le meilleur buteur du championnat. Dans un geste de colère il se brise la jambe. Son agent le contraint de se mettre au vert le temps de sa convalescence chez son père à qu ...

@

LA FAILLE, Gregory Hoblit 2007, Antony Hopkins, Ryan Gosling (policier)


Willy Beachum est un ambitieux procureur adjoint de Los Angeles. Avant de prendre de nouvelles fonctions au sein d'un important cabinet privé, il désire terminer sur un coup d'éclat. Aussi, lorsqu'il apprend qu'un dénommé Ted Crawford a été arrêté pour avoir assassiné sa femme adultère, se saisit-il de l'affaire. Mais l'inspecteur Nunally le met en garde. En effet, le meurtrier, Ted Crawford, redoutable manipulateur, semble hors d'atteinte.
LA FAILLE, Gregory Hoblit 2007, Antony Hopkins, Ryan Gosling (policier) (E)
Willy Beachum est un ambitieux procureur adjoint de Los Angeles. Avant de prendre de nouvelles fonctions au sein d'un important cabinet privé, il désire terminer sur un coup d'éclat. Aussi, lorsqu'il apprend qu'un d&eac ...

@

LA FAMILLE ADDAMS, Barry Sonnenfeld 1991


Dans un vieux et lugubre manoir vit la famille Addams, dont les membres, tous plus fous et délirants les uns que les autres, ressemblent d'avantage à des morts qu'à des vivants. Il y a 25 ans, l'oncle Fester a disparu des suites d'une histoire de rivalité amoureuse. Tous le regrettent, et voici qu'il réapparaît. Est-ce lui ou un imposteur ?

TELERAMA;
Vision iconoclaste de la famille américaine. Barry Sonnenfeld exploite tous les registres du comique, du slapstick à l’humour noir. Belles trouvailles visuelles. Comédie avant tout, La Famille Addams limite pourtant la charge satirique. Du coup, le réalisateur s’amuse à exploiter divers registres comiques, du « slapstick » à l’humour noir, jusqu’aux trouvailles visuelles, servies par d’époustouflants effets spéciaux. Si le film est truffé de références « gothiques » aux séries B du fantastique produites par Roger Corman, il lorgne aussi du côté de Tim Burton, avec ses personnages rafistolés et sa sympathie pour les univers parallèles.
LA FAMILLE ADDAMS, Barry Sonnenfeld 1991 (E)
Dans un vieux et lugubre manoir vit la famille Addams, dont les membres, tous plus fous et délirants les uns que les autres, ressemblent d'avantage à des morts qu'à des vivants. Il y a 25 ans, l'oncle Fester a disparu d ...

@

LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@


Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main.

TELERAMA
C'est l’histoire vraie du photographe Masashi Asada qui, d’abord auteur de portraits loufoques où il mettait en scène sa famille en costumes, s’est retrouvé à collecter et nettoyer des photos dans les décombres laissés par le tsunami du Tôhoku en 2011. Plutôt que d’en tirer un drame, le réalisateur opte pour un tableau lumineux, qui montre avec humour les tensions au sein de la famille. Il y a quelque chose de touchant dans la façon dont les proches de Masashi – trop dilettante, trop incertain, ou les deux – le protègent (et lui passent tout) parce qu’ils ont la certitude, longtemps contredite par la réalité, que son talent le mènera quelque part…

Et soudain, une catastrophe nationale s’invite dans le portrait familial intimiste, donnant au film un second souffle, et une ampleur presque inattendue. Là encore, le réalisateur distille les émotions avec justesse. Tout en nous invitant à participer à la réflexion (réelle) de son protagoniste : dans quelles circonstances est-il, lui, le portraitiste rigolo, à même de capturer et de faire voir la réalité ? Doit-il photographier les ruines et la souffrance d’inconnus ? L’artiste japonais se propose de nouer une relation avec chacun avant d’appuyer sur le déclencheur.


Le photographe Masashi Asada, auteur de portraits humoristiques, s’est retrouvé à collecter les photos dans les décombres après le tsunami de 2011. Avec le réalisateur Ryōta Nakano, ils nous racontent le film tiré de cette tragédie.

Même loin de son terrain de jeu habituel, Masashi Asada arbore un appareil photo Leica numérique en bandoulière… qu’il dégainera à l’envi pendant l’interview. Le photographe voyage avec le réalisateur Ryōta Nakano pour présenter en France La Famille Asada, film inspiré de son parcours et de son travail. Masashi Asada et le cinéaste sont unis par leur rapport à la photographie comme « objet de mémoire tangible » et par le thème de la famille, essentiel dans leurs œuvres respectives. Rencontre.

Masashi Asada : Je me suis demandé comment immortaliser nos liens familiaux, et surtout comment je m’y prendrais si je n’avais le droit de ne conserver qu’une seule photo des Asada. Pour moi, cela passait forcément par cette mise en scène. Tout le monde s’est pris au jeu… et on a recommencé.

Ryōta Nakano : Quand j’ai vu ces portraits, je me suis dit que pour faire des photos pareilles, il y avait forcément eu tout un processus de discussion à l’intérieur de la famille, du débat et sans doute même des disputes. Et que c’était un très bon matériau pour faire un film !

“Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame est toujours dans les esprits.”

Votre long métrage est souvent drôle, alors qu’une bonne partie du scénario porte sur les conséquences du tsunami de 2011…
R.N. : Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame [qui a fait plus de dix-huit mille morts et disparus, ndlr] est toujours dans les esprits et je ne voulais pas raconter une histoire 100 % tragique. J’ai construit un fil directeur autour de la famille, avec une première partie sur ce qu’elle m’évoque : une immense tendresse… Tout en étant le lieu de conflits et de complications. Les petites touches de comédie amènent cette seconde partie plus grave, où l’on parle de la perte d’un proche.

Un deuxième mouvement qui arrive presque par surprise, quand Masashi part à la recherche d’une famille qu’il avait photographiée et qu’il retrouve dans cette opération « sauvetage de photos »…
M.A. : Par hasard, parce que « l’opération » était tout à fait informelle et qu’on ne communiquait pas vraiment dessus ! C’est une sorte de phénomène spontané qui est apparu simultanément dans plusieurs villes touchées par le tsunami. Sans que ce soit concerté par les autorités. En fouillant les décombres à la recherche des corps, on a trouvé beaucoup de photos et il y a eu cette action, là encore improvisée, de les préserver. D’abord, de faire tout ce travail de collecte des photos. Puis de les nettoyer, pour les rendre à leurs propriétaires.

Vous sauvez les images des autres plutôt que d’en créer de nouvelles. Dans le film, une enfant demande à votre personnage de photographier sa famille, ce qu’il refuse dans un premier temps. Parce que vous ne pouviez pas, ou parce que vous ne vouliez pas ?
M.A. : Je dirais qu’au départ je n’ai pas pu prendre de photos. Plus que le décor, c’est le sujet qui m’intéresse. De ce point de vue, faire des photos sur le vif, ce n’était vraiment pas possible. Ce qui compte, c’est la communication avec la personne que je photographie : je tente de la comprendre avant d’appuyer sur le déclencheur. Pour tenter de la rendre heureuse lorsqu’elle reverra la photo en se remémorant les circonstances où elle a été prise. Si mon sujet vient de perdre ses biens et sa maison, voire un membre de sa famille, son visage triste sera sans doute parlant pour une tierce personne… Mais pour lui, je crois qu’à part la douleur il n’y aurait pas grand-chose.
LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@ (E)
Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui ...

@

LA FAMILLE BELIER, Eric Lartigau 2014, Karin Viard, Francois Damiens, Louane Emera (sante societe)@@@


Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l'exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l'éloignement de sa famille et un passage inévitable à l'âge adulte.
LA FAMILLE BELIER, Eric Lartigau 2014, Karin Viard, Francois Damiens, Louane Emera (sante societe)@@@ (E)
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l'exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son ...

@

LA FEE, Dominique Abel 2011, Fiona Gordon et Bruno Romy (comique)@@


Dom est veilleur de nuit dans un hôtel. Un soir, une femme arrive à l'accueil, sans valise, pieds nus. Elle s'appelle Fiona et c'est une fée. Le lendemain, après avoir réalisé deux des trois vœux accordés à Dom, elle disparaît.

TELERAMA
Troisième comédie du trio de clowns franco-belge Abel, Gordon, Romy qui imagine la rencontre d’une fée et d’un veilleur de nuit. Les fantômes de Tati et de Keaton rôdent toujours.

Ceux qui ont vu L’Iceberg (2006) et Rumba (2008), les précédentes fantaisies burlesques du trio de clowns franco-belge Abel, Gordon, Romy, où rôdaient déjà les fantômes de Tati et de Keaton, ne seront pas dépaysés, ni déçus. La nouveauté vient surtout du Havre, la ville portuaire aux rues géométriques imaginées par l’architecte Auguste Perret, que les auteurs de La Fée exploitent à merveille.

Comme Rohmer avait si bien su associer les atermoiements des jeunes filles en fleur avec le dédale des villes nouvelles (Cergy-Pontoise dans L’Ami de mon amie), le trio utilise la beauté cachée du Havre comme terrain de jeu de ses cascades corporelles : acteurs très physiques, Abel et Gordon s’amusent à triturer dans tous les sens leurs longs corps minces et élastiques, souvent dénudés.

Veilleur de nuit dans un hôtel miteux, Dominique Abel, grand dadais maladivement timide, reçoit la visite d’une fée rousse et dégingandée (Fiona Gordon), qui promet d’exaucer trois de ses vœux. La caméra bouge peu, chaque plan-séquence est composé au millimètre, avec un sens de la dérision permanent. Nostalgiques de l’âge d’or du « slapstick », d’un cinéma qui savait déclencher, en une simple dégringolade, le rire et les larmes, ces néo-Laurel et Hardy se révèlent des as du dérapage contrôlé, mélancolie incluse.
LA FEE, Dominique Abel 2011, Fiona Gordon et Bruno Romy (comique)@@ (E)
Dom est veilleur de nuit dans un hôtel. Un soir, une femme arrive à l'accueil, sans valise, pieds nus. Elle s'appelle Fiona et c'est une fée. Le lendemain, après avoir réalisé deux des trois vœ ...

@

LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl


Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont été dérobées par les nazis.
LA FEMME AU TABLEAU, Simon Curtis 2015, Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Bruhl (E)
Ayant fui l'Europe pendant la guerre, Maria a vécu presque toute son existence aux États-Unis. À la mort de sa soeur aînée, elle désire récupérer les oeuvres d'art de sa famille qui ont ...

@

LA FEMME DE MON FRERE, Monia Chokri 2019, Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon (sentimental)@@@


Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit actuellement chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l'épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d'Eloïse, qui est en fait la gynécologue de Sophia.

TELERAMA
Doctorante dépressive à l’humour abrasif, Sophia voit son avenir en flou, sans emploi ni argent. Dans ce monde où le savoir ne se monnaie plus guère, sa boussole est familiale. Fraternelle surtout. Sophia et son frère ont beau ne pas se ressembler, ils partagent, entre mille choses, une connaissance aiguë du célibat. Un jour, pourtant, le frère tombe amoureux de la jolie gynéco qui vient d’avorter sa sœur…

Actrice chez Denys Arcand et Xavier Dolan (Les Amours imaginaires), la Québécoise Monia Chokri réussit son passage au long métrage 1 avec cette comédie existentielle acide et volubile, en partie inspirée de sa propre vie. Prenant au pied de la lettre le sujet de thèse de son héroïne – « Intrications des dynamiques familiales et politiques chez les continuateurs d’Antonio Gramsci » –, elle passe avec aisance du cocon chaleureux et militant de la maison des parents au spleen d’une génération en mal d’idéaux ou à la férocité du monde universitaire. À peine a-t-on fini de rire qu’on est déjà cueilli par cette mélancolie rageuse qui empêche Sophia de grandir. Joué à merveille par Anne-Élisabeth Bossé (star au Québec) et Patrick Hivon, le couple frère-sœur incarne l’amour fusionnel sans que jamais l’ombre de l’inceste vienne planer sur le duo.
LA FEMME DE MON FRERE, Monia Chokri 2019, Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon (sentimental)@@@ (E)
Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit actuellement chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l'épreuve lorsque Karim, séducteur invétér& ...

@

LA FEMME DE TCHAIKOVSKI, Kirill Serebrennikov 2022 (musique bio)@@@


Antonina Miliukova, jeune femme brillante, épouse le compositeur Piotr Tchaïkovski. L'amour qu'elle lui porte tourne à l'obsession et la jeune femme est rejetée. Consumée par ses sentiments, Antonina accepte de tout endurer pour rester auprès de lui.

TELERAMA
De la passion à la folie, la vie de l’épouse du compositeur, brûlante de désir pour un mari qui la repoussait. Nouveau coup d’éclat du Russe dissident.

Une vraie femme parvient à ses fins avec n’importe quel homme ! » entend-elle siffler à ses oreilles. Soit un supplément de cruauté par-dessus son supplice : un amour dévorant et non partagé pour son époux, l’illustre compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski. Et ce depuis leur première rencontre, à Moscou, dans les années 1870. Voilà mises en lumière (et en ombres), par Kirill Serebrennikov, l’histoire méconnue d’Antonina, sa vie à la fois gâchée et embrasée. Elle était jeune, volontaire et pas spécialement pauvre avant de croiser le musicien. Elle est morte en 1917, dans un asile. Le génie ombrageux (dont l’œuvre n’est jamais au centre du film) n’avait répondu à sa déclaration d’amour épistolaire que dans le but de contracter un mariage de façade. S’en est suivi, pour elle, un enfer de frustration, d’humiliation, d’aveuglement, de déni. Un peu comme si l’homme aimé religieusement, fanatiquement par l’Adèle H., de François Truffaut (et fille de Victor Hugo), presque à la même époque – la fin du XIXe siècle –, avait été non seulement indifférent mais homosexuel.

Serebrennikov, Russe dissident, désormais exilé à Berlin, ouvertement gay, endosse avec frénésie le point de vue de la damnée. Il met sa virtuosité tourbillonnante, sa démesure baroque au service de cette chute, qui est aussi une résistance. Antonina est méprisée en tant que femme dans une époque et une société patriarcales (milieu artistique compris), un univers d’hommes, homosexuels ou non. Elle est rejetée en tant qu’épouse et modeste amatrice de musique. Mais sa puissance tient à la force de son désir pour Tchaïkovski. Un désir tout sauf éthéré, nourri d’admiration mais violemment sexuel, et qui tend vers l’infini au fur et à mesure que le compositeur se dérobe, puis cherche à se débarrasser de sa femme.

Comme l’héroïne truffaldienne, Antonina noircit du papier avec ses tourments et sa passion, mais elle n’est jamais montrée comme une figure de pureté, bien au contraire. Une fois interdite d’approcher son mari, elle tiendra même des propos antisémites à l’égard de l’entourage de Tchaïkovski. À l’avocat supposé la défendre et devenu son amant pis-aller, elle lancera sèchement : « Tu n’es rien pour moi. » Elle abandonnera à leur naissance les enfants qu’ils auront ensemble. Le monde dépeint par Serebrennikov est, en soi, entaché, corrompu, malade. Les mouches tournoient autour du compositeur vénéré du Lac des cygnes. Les rues de Moscou évoquent une cour des miracles où des indigents agonisent en hurlant, préfigurant de sort de l’héroïne. Une fatalité implacable domine les êtres humains, propension au malheur, à la violence et à la souffrance, dans laquelle on peut aisément lire une vision de la Russie éternelle, donc contemporaine. Les plans-séquences en surplomb des personnages disent ce destin qui les dépassent.

Œuvre au noir, leçon de ténèbres, La Femme de Tchaïkovski n’offre jamais une once de la chaleur et la douceur de Leto (2018), le chef-d’œuvre du cinéaste. Mais il brille par son ampleur tragique, la fièvre de sa mise en scène, l’énergie fantasmatique (à la gloire du corps masculin) qui s’y déploie et la puissance de l’interprétation. Dans le rôle du compositeur, un acteur d’origine américaine, Odin Lund Biron, sait donner à sa première apparition, avec son léger accent, cette singularité extrême qui déclenche une cristallisation amoureuse. Alyona Mikhailova aurait, elle, mérité un prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, où le film fut présenté, tant elle rejoint, par son intensité de chaque instant, les plus grandes tragédiennes du cinéma. Au-delà des circonstances de cette histoire, Serebrennikov livre une étude de la passion comme dérangement et dérèglement absolus, laissant en suspens une question taraudante : Antonina aurait-elle brûlé d’un tel feu si Tchaïkovski ne l’avait pas repoussée d’emblée et toujours ?

Lorsqu'Antonina Milioukova rencontre Piotr Tchaïkovski, le plus célèbre des compositeurs russes, elle tombe littéralement sous son charme. L'apprentie pianiste entre au conservatoire de Moscou et se rapproche de plus en plus du compositeur. Avec le temps, elle obtient ce qu'elle souhaite, une union avec celui qu'elle aime éperdument sans recevoir d'amour en retour. En effet ce dernier rejette la jeune femme malgré tous les sentiments qu'elle lui porte car sa priorité reste la musique et la composition. Malgré sa situation dramatique, Antonina décide de rester à ses côtés, quitte à endurer le pire...
LA FEMME DE TCHAIKOVSKI, Kirill Serebrennikov 2022 (musique bio)@@@ (E)
Antonina Miliukova, jeune femme brillante, épouse le compositeur Piotr Tchaïkovski. L'amour qu'elle lui porte tourne à l'obsession et la jeune femme est rejetée. Consumée par ses sentiments, Antonina accepte ...

@

LA FEMME DU BOUCHER, Terry Hughes 1991, Demi Moore, Jeff Daniels (comique)@


Marina, une jeune femme héritière d'une longue famille de voyantes, pense avoir trouvé l'homme de sa vie et futur mari lorsqu'elle le voit en rêve. Un jour, son rêve se réalise, elle aperçoit sur la plage près de chez elle, Léo Lemke en train d'accoster dans sa petite barque de pêche. Elle lui propose de l'épouser et les nouveaux mariés partent pour New York, où Léo est patron d'une boucherie à Brooklyn. Mais l'arrivée de Marina va bouleverser la vie du quartier, la sienne et celle de Léo.

TELERAMA
Leo, boucher à Greenwich Village, New York, ramène de ses vacances sur la côte californienne une fraîche et jolie épouse, Marina, qu'il installe derrière son étal. La belle fait sensation : si son franc-parler et sa gentillesse dénotent, ce n'est rien devant ses dons de voyance. C'est du reste parce qu'elle a cru comprendre que Leo lui était destiné qu'elle l'a épousé. Elle s'avise de son erreur lorsqu'elle se heurte à la résistance d'un psychanalyste, Alex, qui ne croit pas à ses pouvoirs et dont elle tombe éperdument amoureuse. De son côté, Leo s'est épris d'une chanteuse, sans pourtant oser tromper Marina, à la vue si aiguisée...
LA FEMME DU BOUCHER, Terry Hughes 1991, Demi Moore, Jeff Daniels (comique)@ (E)
Marina, une jeune femme héritière d'une longue famille de voyantes, pense avoir trouvé l'homme de sa vie et futur mari lorsqu'elle le voit en rêve. Un jour, son rêve se réalise, elle aperçoit s ...

@

LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@


Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque aussi la beauté de sa jeune épouse Aurélie, qui tient la caisse. Aurélie ne regarde que Dominique, le berger du marquis Castan de Venelles. Le coup de foudre se concrétise dès la nuit suivante par la fuite des tourtereaux sur un cheval volé.

TELERAMA
Le portrait d’Aimable Castanier, brave bougre oscillant entre stupeur et chagrin, bêtise et colère, est grandiose. Raimu, d’une drôlerie irrésistible, peut, ensuite, d’un frémissement de sa carcasse, vous tirer les larmes. Les dialogues de Pagnol, magnifiques, lui permettent ces sommets : « Cocu ? C’est un mot rigolo ! C’est un mot pour les riches. Moi, si ça m’arrivait, je serais pas cocu, je serais malheureux. »
Certes, le personnage du curé est caricatural, les femmes du village sont toutes des mégères, et la fin semble bâclée. Quant à la tirade de « la pomponnette », elle est un brin misogyne, émaillée d’un couplet à la limite du racisme. Mais La Femme du boulanger reste un formidable hymne à la Provence, au pastis, à la fougasse, à la fraternité et aux cœurs simples.
LA FEMME DU BOULANGER, Marcel Pagnol, Raimu, Ginette Leclerc, Charpin (societe)@@@ (E)
Une matinée d'effervescence au village de Sainte-Cécile, en Provence : Aimable Castanier, le nouveau boulanger, prépare sa toute première fournée et chacun veut donner son avis. Tout le monde remarque auss ...

@

LA FETE EST FINIE, Marie Garel-Weiss 2017 (moeurs drogue)@@


Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, Céleste et Sihem ont dû mal à s'accommoder à la discipline quasi militaire de l'établissement. La volonté commune de se sortir de la drogue scelle leur amitié et elles deviennent rapidement inséparables. Les éducateurs se demandent d'ailleurs si elles ne sont pas une béquille l'une pour l'autre. Finalement expulsées du centre, les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l'épreuve du monde réel et de ses tentations. Elles finissent par rencontrer une femme qui pourrait bien les sauver...

TELERAMA
Deux jeunes droguées se rencontrent en désintoxication et deviennent inséparables. Leur amitié fusionnelle les aidera-t-elle à revivre ? Beau film porté par deux actrices électriques (Zita Hanrot et Clémence Boisnard).

C'est une histoire de fusion. Céleste et Sihem se rencontrent en centre de désintoxication. Immédiatement, pour sortir de la dope, ces deux sœurs de hasard s’unissent contre le reste du monde. Un monde qui ne peut les comprendre, où rôde la tentation de replonger. Pour les deux amies, renvoyées du centre et tenaillées par le manque, l’amitié fusionnelle sera-t-elle un danger ou une chance ?

Rechutes et fureur de (sur)vivre, la jeune réalisatrice filme l’addiction avec une franchise et une énergie étonnantes, dans une lumière crue et douce. Le suspense est constant : les deux ­héroïnes sont à la fois à l’aube et au crépuscule de leur vie, c’est à elles qu’il appartient de choisir. Entre deux belles scènes de groupes de parole, Zita Hanrot et Clémence Boisnard rayonnent — la première exprime une rage magnifique qu’on ne soupçonnait pas dans Fatima, de Philippe Faucon (2015). Voilà deux combattantes qui se débattent violemment, et rient aussi, dans une démarche de guérison à contretemps. Ce film où un simple sandwich grec peut rendre l’espoir est un éloge insolent de l’appétit de vie, coûte que coûte.
LA FETE EST FINIE, Marie Garel-Weiss 2017 (moeurs drogue)@@ (E)
Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, Céleste et Sihem ont dû mal à s'accommoder à la discipline quasi militaire de l'établissement. La volonté commune de se so ...

@

LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR, John Badham 1977, John Travolta, Karen-Lynn Gorney (danse)@@


Tony Manero vit dans Little Italy, à New York. Seule échappatoire à une vie réglée entre copains, famille, cuites et bagarres, le night-club, où, sur des musiques disco, Tony devient un as du ­déhanchement sensuel. Il rencontre Stephanie, une jeune danseuse. Formeront-ils un couple pour le concours de danse ?

TELERAMA
Un garçon de courses s’éclate en participant à des concours de danse disco. Du temps où seul le menton de John Travolta était grassouillet, il nous reste cette “Fièvre du samedi soir”, qui a gardé un excellent rapport qualité-paillettes.
Les années 1980, jugées grises et inhumaines, nous avaient au moins débarrassés de l’icône Travolta, costume blanc et doigt en l’air, imagerie kitsch d’une « fureur de vivre » de centre commercial. Mais revoir avec du recul cette Fièvre du samedi soir, pompe à dollars originelle, n’est pas inintéressant. Outre la fébrile musique des Bee Gees, on découvrira qu’il s’agit d’un film astucieux sur nos erreurs de jeunesse (l’équivalent américain de J’ai raté Télé-foot, de Renaud), sur une mode vestimentaire et musicale. La Fièvre du samedi soir peut ­encore en faire soupirer d’aise certains.
LA FIEVRE DU SAMEDI SOIR, John Badham 1977, John Travolta, Karen-Lynn Gorney (danse)@@ (E)
Tony Manero vit dans Little Italy, à New York. Seule échappatoire à une vie réglée entre copains, famille, cuites et bagarres, le night-club, où, sur des musiques disco, Tony devient un as du ­d ...

@

LA FILLE AU BRACELET, Stephane Demoustier 2019, Anais Demoustier, Melissa Guers, Roschdy Zem (policier)@@


Bruno et Céline voient leur vie de famille basculer lorsque Lise, leur fille de 17 ans, est accusée du meurtre de son amie Flora. Deux ans après le crime, Lise vit avec un bracelet électronique, en compagnie de ses parents et de son petit frère, Jules. Alors que le procès approche, la vie de Bruno ne tourne qu'autour de ces quelques jours au cours desquels il sait que le destin de sa fille va se jouer, au beau milieu d'une cour d'assises.
LA FILLE AU BRACELET, Stephane Demoustier 2019, Anais Demoustier, Melissa Guers, Roschdy Zem (policier)@@ (E)
Bruno et Céline voient leur vie de famille basculer lorsque Lise, leur fille de 17 ans, est accusée du meurtre de son amie Flora. Deux ans après le crime, Lise vit avec un bracelet électronique, en compagnie de s ...

@

LA FILLE DE BREST, Emmanuelle Bercot 2016, Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel (thriller sante)@@


Dans un hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l'isolement des débuts à l'explosion médiatique de l'affaire, l'histoire inspirée de la vie d'Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

TELERAMA
Avec ce récit hyper rythmé conçu comme un thriller, Emmanuelle Bercot met en scène le scandale du Mediator et la bataille d’Irène Frachon contre les laboratoires Servier. Un film dossier bien documenté, interprété avec finesse.

Pneumologue au CHU de Brest, Irène Frachon avait découvert un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament antidiabète. Pendant des années, la modeste praticienne a dû affronter le laboratoire Servier, mais aussi les autorités de contrôle sanitaire, avant que le Mediator ne soit interdit…

À la manière de Steven Soderbergh (et son Erin Brockovich), Emmanuelle Bercot plonge dans les coulisses de ce combat du pot de terre contre le pot de fer avec une densité d’informations à donner le vertige. Pas besoin d’être un étudiant en cinquième année de médecine pour apprécier : la réalisatrice compense la dimension technique du sujet par un récit hyper rythmé, conçu comme un thriller. La Fille de Brest s’inscrit dans la lignée des grands « films-dossiers » de Costa-Gavras. Même souci d’exactitude documentaire, même recours habile à quelques pointes d’humour, et même importance apportée aux seconds rôles. Benoît Magimel est très émouvant en chercheur galvanisé par la fougue de l’héroïne. Il faut dire que, dans la blouse blanche du Dr Frachon, Sidse Babett Knudsen déménage. Les cinq premières minutes, le léger accent de l’actrice danoise a de quoi troubler. Mais sa sincérité, son énergie, son côté un peu clown aussi finissent, comme son personnage, par briser toutes les résistances.
LA FILLE DE BREST, Emmanuelle Bercot 2016, Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel (thriller sante)@@ (E)
Dans un hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l'isolement des débuts à l'explosi ...

@

LA FILLE DE D ARTAGNAN, Bertrand Tavernier 1993, Sophie Marceau, Philippe Noiret (cape et epee)@@


Eloïse d'Artagnan, fille de l'illustre mousquetaire, est élevée dans un couvent. Le duc de Crassac, trafiquant d'esclaves et de café, envoie ses sbires, commandés par la `Femme en rouge', sa maîtresse, en expédition punitive dans l'établissement. La mère supérieure y laisse la vie. A la suite d'une confusion, Eloïse prend la route de Paris avec, dans sa poche, une liste de blanchisserie.

TELERAMA
Sophie Marceau offre sa fougue à une Éloïse d’Artagnan échappée du couvent pour déjouer un complot avec son vieux mousquetaire de père. Bertrand Tavernier rend un ludique son hommage aux films de cape et d’épée. Bonheur partagé.

Éloïse d’Artagnan s’échappe de son couvent après l’assassinat de la mère supérieure. Elle a trouvé un mystérieux message qui, croit-elle, fait allusion à un complot visant le roi. Elle bouscule alors la retraite de son célèbre père…

Bertrand Tavernier avait préparé ce film pour le cinéaste Riccardo Freda, qu’il admirait depuis toujours. Mais, à 84 ans, l’Italien dut renoncer. Amateur d’histoire, ardent défenseur du cinéma d’aventures, Tavernier le remplaça au pied levé. Duels, complots, romances, tout est là. Et, au cœur de ce spectacle drôle et mouvementé, Sophie Marceau, fougueuse, ingénue. Sa vitalité souligne, par contraste, le déclin des anciens trois mousquetaires…

Le film commence dans une aube blafarde et finit aux dernières lueurs du jour. Comme presque toutes les œuvres du réalisateur, il parle d’amour, perdu et retrouvé, entre parents et enfants. Pour la fille de d’Artagnan, la véritable aventure, c’est de reconquérir son père.

LA FILLE DE D ARTAGNAN, Bertrand Tavernier 1993, Sophie Marceau, Philippe Noiret (cape et epee)@@ (E)
Eloïse d'Artagnan, fille de l'illustre mousquetaire, est élevée dans un couvent. Le duc de Crassac, trafiquant d'esclaves et de café, envoie ses sbires, commandés par la `Femme en rouge', sa maîtresse, ...

@

LA FILLE DU PUISATIER, Daniel Auteuil 2011, Kad Merad, Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle (societe)


Dans les environs de Salon-de-Provence, en coupant à travers champs pour aller porter le déjeuner à son père, Patricia, la fille ainée du puisatier Pascal Amoretti, fait la connaissance du bel aviateur Jacques Mazel. C'est le coup de foudre et un peu de clair de lune fera le reste à leur seconde rencontre. Mais, le soir même, Jacques est envoyé au front de la Seconde Guerre mondiale, sans pouvoir prévenir sa belle.

TELERAMA
Dans la cuvée 2011, cette histoire de père courageux et de jeune fille déshonorée par un jeune bourgeois n'est plus qu'une vaine pantomime, une crèche vivante, avec de bons comédiens — Jean-Pierre Darroussin, Sabine Azéma — transformés en santons. Reprenant le rôle du « puisatier » autrefois créé par Raimu, Daniel Auteuil force son accent, surjoue le patriarche pauvre mais fier. Ironie du sort : c'est chez Pagnol (et Claude Berri), dans Jean de Florette et Manon des sources, que son talent avait éclaté... — Cécile Mury
LA FILLE DU PUISATIER, Daniel Auteuil 2011, Kad Merad, Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle (societe) (E)
Dans les environs de Salon-de-Provence, en coupant à travers champs pour aller porter le déjeuner à son père, Patricia, la fille ainée du puisatier Pascal Amoretti, fait la connaissance du bel aviateur Jac ...

@

LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@


Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trouvé sur Internet un travail idéal pour sa fille : un poste de secrétaire chez un avocat renommé, Samuel Bernstein. Jeanne ne montre aucun enthousiasme. Le nom de cet avocat lui donne alors une idée des plus étranges. Dans le RER, la jeune fille invente en effet une singulière histoire d'agression. Bientôt, les médias s'emballent et tout le monde prend fait et cause pour Jeanne. Très vite, Louise redoute que sa fille n'ait un terrible mensonge à se reprocher...

TELERAMA
Que se passe-t-il dans la tête d’une femme qui invente une agression antisémite ? Inspiré par le fait divers de 2004, Téchiné sonde avec style et vivacité une société française à la fois bloquée et disloquée, où le mensonge est la seule issue.

Un fait divers marquant, survenu en 2004, est à l’origine du scénario : une jeune femme avait mystifié la police en prétendant avoir été victime d’une agression antisémite sur la ligne D du RER. À l’écran, la regrettée Émilie Dequenne prête à cette banlieusarde une vivacité et une fêlure étrange dans le regard, comme annonciatrice de l’imposture.

Aux antipodes du film-dossier, André Téchiné ne déroule aucune chaîne causale pour expliquer le mensonge. Le délit est sans mobile ou presque (« J’ai fait ça pour qu’on m’aime », balbutiera l’intéressée), mais pas sans conséquences absurdes — alimenter indirectement l’antisémitisme, entre autres. Des mots et des faits qui ne coïncident pas, une crise du sens et du lien : voilà de quoi le film rend compte, selon une esthétique de la brisure, entre les riches et les autres, entre les jeunes et les vieux, entre les Juifs et les goys.

Cinéaste inquiet mais humaniste Téchiné a souvent acheminé, envers et contre tout, ses personnages vers un monde à habiter ensemble. Dans La Fille du RER, il se résigne, au contraire, à renvoyer chacun à sa solitude. Une scène superbe, inutile pour l’intrigue, montre une Catherine Deneuve (la mère) qui se cache de Michel Blanc (l’avocat), à quelques mètres du lieu fixé pour leurs retrouvailles d’anciens amants, trente ans après. Le rendez-vous n’aura pas lieu, chacun rentrera chez soi.
YNOPSIS
LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@ (E)
Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trou ...

@

LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@


Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trouvé sur Internet un travail idéal pour sa fille : un poste de secrétaire chez un avocat renommé, Samuel Bernstein. Jeanne ne montre aucun enthousiasme. Le nom de cet avocat lui donne alors une idée des plus étranges. Dans le RER, la jeune fille invente en effet une singulière histoire d'agression. Bientôt, les médias s'emballent et tout le monde prend fait et cause pour Jeanne. Très vite, Louise redoute que sa fille n'ait un terrible mensonge à se reprocher...

TELERAMA
Que se passe-t-il dans la tête d’une femme qui invente une agression antisémite ? Inspiré par le fait divers de 2004, Téchiné sonde avec style et vivacité une société française à la fois bloquée et disloquée, où le mensonge est la seule issue.

Un fait divers marquant, survenu en 2004, est à l’origine du scénario : une jeune femme avait mystifié la police en prétendant avoir été victime d’une agression antisémite sur la ligne D du RER. À l’écran, la regrettée Émilie Dequenne prête à cette banlieusarde une vivacité et une fêlure étrange dans le regard, comme annonciatrice de l’imposture.

Aux antipodes du film-dossier, André Téchiné ne déroule aucune chaîne causale pour expliquer le mensonge. Le délit est sans mobile ou presque (« J’ai fait ça pour qu’on m’aime », balbutiera l’intéressée), mais pas sans conséquences absurdes — alimenter indirectement l’antisémitisme, entre autres. Des mots et des faits qui ne coïncident pas, une crise du sens et du lien : voilà de quoi le film rend compte, selon une esthétique de la brisure, entre les riches et les autres, entre les jeunes et les vieux, entre les Juifs et les goys.

Cinéaste inquiet mais humaniste Téchiné a souvent acheminé, envers et contre tout, ses personnages vers un monde à habiter ensemble. Dans La Fille du RER, il se résigne, au contraire, à renvoyer chacun à sa solitude. Une scène superbe, inutile pour l’intrigue, montre une Catherine Deneuve (la mère) qui se cache de Michel Blanc (l’avocat), à quelques mètres du lieu fixé pour leurs retrouvailles d’anciens amants, trente ans après. Le rendez-vous n’aura pas lieu, chacun rentrera chez soi.
YNOPSIS
LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@ (E)
Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trou ...

@

LA FILLE INCONNUE, freres Dardenne 2016, Adele Haenel, Jeremie Renier (societe)@@


Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l'identifier, Jenny n'a plus qu'un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu'elle ne soit pas enterrée anonymement, qu'elle ne disparaisse pas comme si elle n'avait jamais existé.

TELERAMA
Une médecin n’ouvre pas sa porte à une jeune femme, retrouvée morte le lendemain. Prise de remords, la praticienne décide d’enquêter sur l’inconnue. Après “Rosetta”, les frères Dardenne dressent un nouveau portrait de femme complexe et obstinée.

Comme toutes les héroïnes des frères Dardenne, Jenny a une obsession. Elle veut racheter son erreur. La seule que cette perfectionniste ait commise. Un soir, alors que son cabinet médical était déjà fermé, elle a refusé d’ouvrir à une patiente, se sentant trop fatiguée pour bien s’occuper d’elle. Le lendemain, elle apprend que la jeune femme est morte à quelques mètres de sa porte. Personne ne la connaît, personne ne réclame sa dépouille. Faute d’avoir pu la sauver, Jenny va tout faire pour lui restituer son identité.

La mise en scène des Dardenne, plus posée, plus classique, mais aussi plus sèche que d’habitude, semble moins animée de ce sentiment d’urgence qui bouleversait tant dans La Promesse ou Le Fils. Jenny elle-même est, a priori, moins aimable que ses « grandes sœurs » de cinéma. Adèle Haenel l’incarne comme un petit soldat à l’air buté, qui refoule ses sentiments. Plus profondément, Jenny a tout d’une sainte (laïque, certes, mais sainte quand même) : elle amène ses interlocuteurs à confesser leurs fautes, et par là même, à retrouver leur dignité. À devenir meilleurs… Au fil de cette enquête aussi policière que morale, le film ne cesse de monter en puissance dramatique. Jusqu’à la révélation complète, déchirante, de la vérité dans une des scènes les plus fortes que les cinéastes aient jamais tournées.
LA FILLE INCONNUE, freres Dardenne 2016, Adele Haenel, Jeremie Renier (societe)@@ (E)
Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de ...

@

LA FILLE QU ON APPELLE, Charlene Favier 2023, Alba Bellugi, Pascal Gregory, Jean-Pierre Martins (justice)


Ministre depuis peu, Quentin Le Bars a longtemps été le maire de cette ville de la côte où Laura a grandi, et où elle est revenue vivre après quelques années de galère à Paris. Hébergée par son père, Max, chauffeur de l'édile et ancien boxeur, elle s'est apprêtée pour le rendez-vous que celui-ci lui avait arrangé avec son patron afin de l'aider à obtenir un logement. Le maire, qui a plus du double de son âge, a décelé d'emblée une proie dans la jeune femme gracile.

TELERAMA
Entre polar et tragédie grecque, ce téléfilm sur une jeune femme victime d’un homme de pouvoir séduit, malgré sa froideur et une conclusion un peu bâclée.

La fille qu’on appelle, c’est celle dont on dispose à sa guise, dans le monde des hommes qui pensent avoir tous les droits. Elle prend ici les traits de Laura, 20 ans, mais l’indéfinition du titre fait de cette fille-là l’incarnation d’une tragédie immémoriale. Une vieille histoire qui se rejoue sous le soleil du Midi, où la jeune femme revient s’installer auprès de son père, boxeur déchu devenu chauffeur du maire : en échange d’une faveur immobilière, elle va être jetée en pâture à l’homme de pouvoir.

Sous la plume de Tanguy Viel, qui adapte ici son propre roman 1, et le regard de Charlène Favier, réalisatrice de Slalom, le sujet se pare tantôt de la lumière crue d’une arène, tantôt de la pénombre d’un film noir. Noir du casino où travaille et loge Laura, théâtre sordide des visites de l’édile (un Pascal Greggory vampirique) qui vient prendre son dû, et que sa victime suit, zombifiée, sous les regards fuyants. Clair-obscur du commissariat où elle vient déposer son témoignage, face à des flics qui lui reprochent de raconter des histoires. Blancheur implacable d’un épilogue où la cécité du père est enfin levée.

En préférant le symbolique au psychologique, La fille qu’on appelle se condamne à une certaine froideur. Le parti pris séduit, même si dans le dernier tiers, le téléfilm ne semble plus savoir quoi faire de ces archétypes et conclut trop abruptement. Ce qui n’empêche pas le regard détaché et défiant d’Alba Gaïa Bellugi de nous poursuivre après le mot « fin ».

Un matin, Laura Corre se présente à la police pour porter plainte contre Quentin Le Bars. Ministre depuis peu, l'homme a longtemps été le maire de la ville côtière où Laura a grandi, et où elle est revenue vivre après quelques années de galère à Paris. Hébergée par son père, Max, chauffeur de l'édile et ancien boxeur, elle s'est apprêtée pour le rendez-vous que celui-ci lui avait arrangé avec son patron afin de l'aider à obtenir un logement. Le maire, qui a plus du double de son âge, a décelé d'emblée une proie dans la jeune femme gracile, à la fois affranchie et intimidée par son pouvoir. Il a demandé à l'un de ses obligés, le gérant du casino local, d'octroyer à Laura l'un des studios sous les toits, et un travail derrière le bar : une prétendue faveur qu'elle paiera cher.
LA FILLE QU ON APPELLE, Charlene Favier 2023, Alba Bellugi, Pascal Gregory, Jean-Pierre Martins (justice) (E)
Ministre depuis peu, Quentin Le Bars a longtemps été le maire de cette ville de la côte où Laura a grandi, et où elle est revenue vivre après quelques années de galère à Paris. H ...

@

LA FINALE, Robin SYKES 2018, Thierry Lhermitte, Rayane Bensetti (societe)@@


Gérant d'un restaurant parisien, Roland Verdi est atteint par la maladie d'Alzheimer. Sa famille est aux petits soins avec lui, sauf son petit-fils, J.B., qui n'a qu'un seul but : jouer sa finale de basket-ball à Paris. Mais les parents de J.B., bloqués ce week-end, lui demandent de surveiller son grand-père. Dès lors, rien ne va se passer comme prévu car J.B. va entraîner Roland avec lui dans son voyage.
LA FINALE, Robin SYKES 2018, Thierry Lhermitte, Rayane Bensetti (societe)@@ (E)
Gérant d'un restaurant parisien, Roland Verdi est atteint par la maladie d'Alzheimer. Sa famille est aux petits soins avec lui, sauf son petit-fils, J.B., qui n'a qu'un seul but : jouer sa finale de basket-ball à Paris. Mais l ...

@

LA FINE FLEUR, Pierre Pinaud 2021, Catherine Frot , Manel Foulgoc, Melan Omerta, Fatsah Bouyahmed (societe nature)@@


Eve Vernet, une des plus grandes créatrices de roses, est au bord de la faillite et sur le point d'être rachetée par un concurrent puissant. Véra, sa fidèle secrétaire, croit trouver une solution en engageant trois employés en insertion sans aucune compétence horticole. Alors que quasiment tout les sépare, ils se lancent ensemble dans une aventure des plus singulières pour sauver la petite exploitation.

TELERAMA
Elle cultive les roses et les vend avec amour, mais affronte un repreneur, gros marchand de fleurs… Cette comédie un peu préemballée a un vrai parfum.

Les passionnés de roses vont adorer : le réalisateur a mis ses connaissances dans ce domaine au service de sa comédie. ­Catherine Frot y campe la patronne d’une petite entreprise en difficulté, contrainte de se battre contre un gros repreneur. C’est du commerce des roses qu’il est question, c’est leur beauté qui est en jeu ! L’ensemble, bien composé, tient un peu de la formule préemballée. Mais, dans le détail, le film regorge de jolies trouvailles, de notations précises qui apportent une ­vérité, un parfum.
LA FINE FLEUR, Pierre Pinaud 2021, Catherine Frot , Manel Foulgoc, Melan Omerta, Fatsah Bouyahmed (societe nature)@@ (E)
Eve Vernet, une des plus grandes créatrices de roses, est au bord de la faillite et sur le point d'être rachetée par un concurrent puissant. Véra, sa fidèle secrétaire, croit trouver une solution en ...

@

LA FIRME, Sydney Pollack 1993, Gene Hackman, Tom Cruise (thriller)@@


Mitch McDeere, un jeune avocat prometteur, déménage dans le Tennessee après avoir été embauché par une petite firme de Memphis. La compagnie est aux petits soins avec son nouvel employé. Peu à peu, Mitch découvre l'envers de la médaille et la vraie nature des clients de la firme.

TELERAMA
Mitch est promis à une fructueuse carrière d’avocat. Parmi de nombreuses offres d’emploi, il choisit celle d’une firme de Memphis, dont le pater­nalisme et le goût du rituel choquent sa femme, Abby. Mitch est pris en main par un sympathique vétéran de la société, Avery Tolar. Mais quatre membres de la firme ont disparu…

C’est de la belle ouvrage. Après l’échec de Havana, Sydney Pollack devait alors rassurer Hollywood sur son habileté à mettre en scène un polar psychologique à la fois dense et populaire. Bien sûr, époque oblige, on est loin des Trois Jours du Condor, et le metteur en scène ne cherche pas à faire de son film une vraie réflexion sur l’argent sale des années 1980. Adapté d’un best-seller de John Grisham, La Firme séduira néanmoins ceux qui aiment les intrigues tortueuses, les héros pris au piège et les rebondissements à couper le souffle. En plus d’un scénario spectaculaire, la distribution est époustouflante.
LA FIRME, Sydney Pollack 1993, Gene Hackman, Tom Cruise (thriller)@@ (E)
Mitch McDeere, un jeune avocat prometteur, déménage dans le Tennessee après avoir été embauché par une petite firme de Memphis. La compagnie est aux petits soins avec son nouvel employé. Peu ...

@

LA FLEUR DU MAL, Claude Chabrol 2003, Benoît Magimel, Nathalie Baye (societe)@@


La culpabilité peut-elle se transmettre, comme certaines maladies, de génération en génération ? Quels effets une faute non expiée peut-elle avoir pour le coupable mais aussi pour ses descendants et sa famille ? A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans l'atmosphère délétère des règlements de compte liés à la collaboration, une femme est acquittée d'un crime qu'elle aurait peut-être commis. Un tract anonyme adressé à ses descendants vient faire ressurgir ce trouble passé.

TELERAMA
Tous les signes extérieurs de « chabrolité » clignotent : la chère province française (le Bordelais), la famille bourgeoise et le crime. Avec, en plus, une référence à l'Occupation, période qui a toujours passionné le cinéaste. Les Charpin-Vasseur traînent ainsi un héritage gratiné, avec notamment un aïeul grand collabo, assassiné en 1945 par sa propre fille, et une solide tradition de mariages consanguins.

Chabrol se débrouille pour gorger d'informations ses premières bobines et se délecte ensuite à mettre en scène ce que l'on sait déjà, jusqu'à un dénouement abrupt. La démarche avait fait ses preuves dans Merci pour le chocolat, le film d'avant. Mais elle s'applique ici avec moins de bonheur, tant le mystère et l'ombre font défaut. Que les personnages soient à ce point conscients de tous leurs désirs et de leurs mobiles, à même de les commenter, voilà une hypothèse intéressante sur le papier, mais dévitalisante en pratique. Reste ce sens du grotesque incident, qui éclabousse tout le monde. Les Charpin-Vasseur, Atrides cool, prennent leur place dans la galerie de monstres familiers de Chabrol, qui regarde les humains sans la moindre illusion, mais sans se situer lui-même plus haut ni virer au nihilisme désespéré. Dans sa botanique, la fleur du mal est juste une variété très répandue.
LA FLEUR DU MAL, Claude Chabrol 2003, Benoît Magimel, Nathalie Baye (societe)@@ (E)
La culpabilité peut-elle se transmettre, comme certaines maladies, de génération en génération ? Quels effets une faute non expiée peut-elle avoir pour le coupable mais aussi pour ses descendants et ...

@

LA FOLIE DES GRANDEURS Gérard Oury 1971, Louis De Funes, Yves Montand@@


Don Salluste profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour racketter le peuple. Mais la Reine qui le déteste réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre. Son neveu Don César ayant refusé de se mêler du complot, c'est finalement le valet de Don Salluste, Blaze, transi d'amour pour la souveraine, qui tiendra le rôle du Prince charmant.
LA FOLIE DES GRANDEURS Gérard Oury 1971, Louis De Funes, Yves Montand@@ (E)
Don Salluste profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour racketter le peuple. Mais la Reine qui le déteste réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromet ...

@

LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LEON, Jonathan Barré 2016, David Marsais, Grégoire Ludig (comique)@@


La France, septembre 1939. Max et Léon, inséparables depuis l'enfance, ne pensent qu'à faire la fête et se la couler douce. Alors, quand sonne l'heure de la guerre et de l'incorporation, ils tentent de trouver un moyen de se faire réformer. En vain. Ils intègrent l'armée et sont immédiatement envoyés au front. Qu'importe, ils déserteront ! Nouvel échec. Bientôt, ils sont envoyés en mission en Syrie puis reviennent en France où on fait d'eux des espions.

TELERAMA
Comédie potache, héritière de “La Grande Vadrouille”, de “Papy fait de la résistance”, mais aussi de l’humour du “Saturday night live”.

Un grand abruti et un petit lâche deviennent, par le plus grand des hasards, des héros de la Résistance… Ceux, de 7 à 77 ans, qui connaissent et apprécient les blagues du duo du Palmashow vont s’amuser devant cette version potache de La Grande Vadrouille, sous l’influence de Papy fait de la résistance, du Saturday night live, mais aussi des Fugitifs, de Francis Veber.

Après les vingt premières minutes un peu molles, on apprécie le mauvais goût assumé des scènes dans la Kommandantur. Notamment grâce à Bernard Farcy en collabo et, surtout, à l’extraordinaire Nicolas Maury en « conseiller artistique » de la propagande nazie qui lance cette réplique : « Et dire qu’il est déjà 18 heures à Berlin ! »
LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LEON, Jonathan Barré 2016, David Marsais, Grégoire Ludig (comique)@@ (E)
La France, septembre 1939. Max et Léon, inséparables depuis l'enfance, ne pensent qu'à faire la fête et se la couler douce. Alors, quand sonne l'heure de la guerre et de l'incorporation, ils tentent de trouver un ...

@

LA FOLLE MISSION DU DOCTEUR SCHAEFFER, Theodore J. Flicker 1967, James Coburn, Godfrey Cambridge (thriller)


Le docteur Sidney Sheefer est un psychiatre des plus ordinaires qui verra son existence totalement perturbée lorsqu'un agent secret de la CIA va lui demander de devenir le psychanalyste.

TELERAMA
Sans le savoir, Sidney Schaefer, un célèbre psychanalyste new-yorkais, compte parmi sa clientèle un agent de la CIA. Cet individu lui annonce que le président des Etats-Unis a besoin de ses services. Mais la mission est ultra-secrète et Sidney doit déménager avec sa fiancée et surtout, ne plus parler à personne. D'abord enthousiasmé par le prestige attaché à son rôle de thérapeute de l'homme le plus puissant du pays, Sidney déchante vite. Stressé et constamment surveillé, il décide de s'enfuir. Le psy détenant des informations personnelles et confidentielles sur le président, les gouvernements du monde entier lancent des espions à ses trousses...
LA FOLLE MISSION DU DOCTEUR SCHAEFFER, Theodore J. Flicker 1967, James Coburn, Godfrey Cambridge (thriller) (E)
Le docteur Sidney Sheefer est un psychiatre des plus ordinaires qui verra son existence totalement perturbée lorsqu'un agent secret de la CIA va lui demander de devenir le psychanalyste.

TELERAMA
Sans le savoir, Sidney S ...

@

LA FORET D EMERAUDE, John Boorman 1985, Powers Boothe, Meg Foster (nature)@


Bill Markham est un ingénieur américain venu construire un barrage hydraulique en bordure de la forêt amazonienne. Il s'installe avec sa femme Jean et leurs enfants Heather et Tommy. Ce dernier, âgé de 7 ans, est un jour enlevé tout près du chantier par une tribu d'indigènes locaux, les Invisibles. Dix ans plus tard, la construction du barrage est achevée. Bill et sa femme n'ont pas cessé de chercher leur fils, en vain.

Sous le nom de "Tomme", Tommy a été élevé par la tribu selon leur culture. Devenu un jeune homme, il doit passer un rite de passage pour devenir un adulte. Pour cela, il doit partir seul dans la forêt afin d'y chercher des pierres dont la boue extraite permet à son clan d'être invisible. Les Invisibles sont par ailleurs menacés par une tribu ennemie, les Féroces, ainsi que par la déforestation favorisée par le barrage.
LA FORET D EMERAUDE, John Boorman 1985, Powers Boothe, Meg Foster (nature)@ (E)
Bill Markham est un ingénieur américain venu construire un barrage hydraulique en bordure de la forêt amazonienne. Il s'installe avec sa femme Jean et leurs enfants Heather et Tommy. Ce dernier, âgé de 7 ans ...

@

LA FORET SILENCIEUSE, Saralisa Volm 2022


Le père d'Anja disparaît sans laisser de traces alors qu'elle n'a que huit ans. Mais il s'est passé beaucoup de choses depuis cet événement et Anja revient dans sa région natale en tant que stagiaire en sylviculture. Elle travailledans la zone forestière où son père a disparu à l'époque. Peu après son retour, un suicide ébranle la communauté et tout le monde pense qu'il est lié à la disparition. Anja découvre des irrégularités dans le sol qui mènent à la catastrophe.

TELERAMA
Présenté à la Berlinale 2022, puis sorti dans les salles allemandes, ce premier long métrage d’une comédienne, louable sur le papier, œuvre pour la mémoire collective. Il se déroule en 1999 dans le Haut-Palatinat, circonscription de Bavière frontalière avec la République tchèque, non loin d’un camp de concentration. Sont évoquées les sinistres « marches de la mort », qui firent, autour de Flossenbürg, des milliers de victimes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, parfois avec la complicité active de la population locale.

Une jeune pédologue, chargée de cartographier les sols de la région, retourne sur les lieux de la disparition de son père en randonnée, vingt ans auparavant. Avec une héroïne récupérant des échantillons par carottage et consultant l’herbier de son enfance, l’enquête prend d’abord la forme d’une étude de terrain — réaction des prélèvements à l’acide chlorhydrique, présences anormales d’orties ou de joncs.

Cette approche scientifique, qui aurait pu tenir le film, s’agrège à un scénario démonstratif, peuplé de personnages plus ou moins dégénérés. La cinéaste s’en remet ensuite à des clichés de thriller en pure perte : une chasse nocturne au sanglier qui tourne mal, suivie d’une séance d’autochirurgie à l’agrafeuse. Dommage, car la forêt d’épicéas, qui tue toute végétation au sol en ne laissant pas la lumière passer, constituait un décor hautement symbolique.
LA FORET SILENCIEUSE, Saralisa Volm 2022 (E)
Le père d'Anja disparaît sans laisser de traces alors qu'elle n'a que huit ans. Mais il s'est passé beaucoup de choses depuis cet événement et Anja revient dans sa région natale en tant que stagiaire ...

@

LA FORTERESSE NOIRE, Michael Mann 1983, Scott Glenn, Ian McKellen (fantastique)@


Des nazis sont envoyés pour garder une vieille et mystérieuse forteresse roumaine. L'un d'eux, par erreur, laisse s'échapper une force inconnue qui était prisonnière des murs.

TELERAMA
Durant la Seconde Guerre mondiale, un détachement de soldats allemands prend ses quartier dans une ancienne citadelle roumaine perdue dans la montagne. Malgré les mises en garde de la population locale qui tient la forteresse pour hantée par une force étrange, les hommes de guerre obéissent aux ordres de leurs supérieurs et s'installent à demeure. Peu de temps après, l'état-major SS, s'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles de ses hommes, dépêche sur place une troupe chargée de punir ce qu'il pense être un acte de résistance. Bien mal lui en prend : visiblement, l'entité habitant la citadelle a été libérée...
LA FORTERESSE NOIRE, Michael Mann 1983, Scott Glenn, Ian McKellen (fantastique)@ (E)
Des nazis sont envoyés pour garder une vieille et mystérieuse forteresse roumaine. L'un d'eux, par erreur, laisse s'échapper une force inconnue qui était prisonnière des murs.

TELERAMA
Durant ...

@

LA FRACTURE, Catherine Corsini 2021, Valéria Bruni Tedeschi, Marina Foïs (histoire societe)@@


Par une nuit d'hiver de 2018, Raf, sur le point de rompre avec Julie, se casse le bras et se retrouve aux urgences d'un grand hôpital parisien. Au même moment, Yann sort blessé d'une manifestation de gilets jaunes. Ces trois personnages sont confrontés à une atmosphère pesante et inquiétante dans un service d'urgences bondé. Des manifestants en colère et blessés qui assiègent le bâtiment aggravent la situation.

TELERAMA
Panique et hurlements dans les urgences saturées d’un hôpital après une manifestation. Un fiévreux huis clos humain et politique, à l’humour rageur.

État d’urgences, au pluriel. Le film de Catherine Corsini arrive sur nos écrans comme une alarme assourdissante. Un réveil brutal et bienvenu, dans le train-train hypnotique et délétère de ce début de campagne présidentielle. Où sont les vraies fractures de la société ? Dans le chaos de l’hôpital public, au soir d’une manifestation des Gilets jaunes.

Unité de temps – une nuit sous tension maximale – et de lieu – les couloirs miteux d’un service d’urgences exsangue – pour raconter ce que l’on n’ose, d’ordinaire, imaginer et représenter sur notre sol démocratique : la guerre. Elle est partout, dans une mise en scène d’une énergie inouïe. La caméra capte la confusion, le manque et le trop-plein, comme on chevauche un animal fou, que la douleur a rendu dangereux.

État de sièges, au pluriel. Ceux des salles d’attente ou végètent les blessés de la manif, en attendant qu’un personnel soignant sous-payé, harassé cavale jusqu’à eux pour adoucir, un instant seulement, la violence du dehors. État de siège au singulier : dans la fumée des bombes lacrymogènes, des CRS campent aux portes et demandent qu’on leur livre des noms, des gens, des coupables.

Dans cet établissement parisien aux allures d’hôpital de campagne, Catherine Corsini a choisi de suivre une poignée de personnages, de capter la chorégraphie de leur colère. Ça tombe, ça gueule, ça frappe. Toutes les percussions du malaise social se répondent sans jamais faiblir, pendant que, dans un coin, une vieille patiente oubliée de tous, est en train de mourir doucement.

Un film de rage et d’humour
Et pourtant, ce formidable huis clos humain et politique n’est pas un film noir, mais de rage et d’humour. Il joue, avec une honnêteté brutale, une dérision brillante, à confronter les mondes, à les laisser se heurter sans solution évidente, dans le mouvement perpétuel des urgences : Yann, le routard Gilet jaune (Pio Marmaï, épatant), avec son mollet criblé d’éclats de grenade, et puis Raf et Julie, couple de bobos en crise, échouées là parce que la première s’est cassé la figure en courant après la seconde en pleine rue, et en pleine scène de ménage.

Les crises, c’est la spécialité de Raf, son carburant, sa came (sans compter un petit comprimé de Subutex périmé) et elles offrent l’un de ses plus beaux rôles à Valeria Bruni Tedeschi, qui n’a jamais porté sa folie burlesque, autant que sa puissance d’émotion, à de tels sommets. Avec ce personnage-miroir, ainsi que celui de sa compagne (Marina Foïs, impeccable en clown blanc exaspéré), la réalisatrice questionne la place de la gauche bourgeoise dans le marasme actuel, et ne lui fait pas de cadeau.

Lire notre critique

r “Un amour impossible”, de Catherine Corsini : un grand film d’époque sur la condition féminine

Grand morceau de bravoure – dans un film qui en regorge – l’engueulade entre Yann, le prolo provincial énervé, et Raf, l’artiste parisienne excentrique, ouvre sur un questionnement aigu, très contemporain. Qui est hors-sol, qui se trompe, qui se laisse manipuler, qui souffre vraiment ? Aucune démonstration pesante, aucune condescendance de classe, mais pas plus de mea culpa facile. Juste le constat que l’humanisme est, encore et toujours, un sport de combat. Du genre qui vous met souvent au tapis.

Et puis, dans cette ambiance électrique et dure, souvent d’une drôlerie irrésistible, il y a les gestes vrais de Kim, l’infirmière de garde depuis six nuits d’affilée – inoubliable Aïssatou Diallo Sagna, aide-soignante dans la vie. Sa compassion, sa douceur. Sa grâce. Son épuisement. Son beau visage qui ferme le film, comme une ultime raison de continuer la lutte.
LA FRACTURE, Catherine Corsini 2021, Valéria Bruni Tedeschi, Marina Foïs (histoire societe)@@ (E)
Par une nuit d'hiver de 2018, Raf, sur le point de rompre avec Julie, se casse le bras et se retrouve aux urgences d'un grand hôpital parisien. Au même moment, Yann sort blessé d'une manifestation de gilets jaunes. Ces tr ...

@

LA FUGITIVE, Elmar Fischer 2023, Artjom Gilz, Katharina Nesytowa (thriller espionnage allemagne)@@


Une jeune Russe demande l’asile en Allemagne en échange de renseignements sur une attaque informatique qu’elle aurait elle-même contribué à fomenter. Mais qui est-elle vraiment ? Un thriller sans temps mort au coeur de l’espionnage moderne.

Plusieurs années après s’être mystérieusement volatilisée, Galina, originaire de Moscou, renoue avec Tom, son amour d’autrefois. Désormais recluse en Suède avec sa fille, la jeune femme semble vivre sous la menace. Galina détient en effet des informations capitales sur un projet de cyberattaque russe visant un hôpital berlinois, qu’elle s’empresse de transmettre aux autorités allemandes par l’entremise de Friederike, la sœur de Tom, responsable d’une cellule de crise au ministère des Affaires étrangères. En échange de nouvelles révélations, qui permettraient de déjouer de futures attaques, celle qui se présente comme une lanceuse d’alerte exige une forte somme d’argent, l’asile en Allemagne ainsi qu’une protection judiciaire. Mais une enquête révèle bientôt que Galina, ancienne agente des services secrets russes, a été membre du groupe de hackeurs incriminé, laissant planer le doute sur ses intentions réelles... Malgré les soupçons, Tom, résolu à ne pas perdre une seconde fois celle qu’il a follement aimée, fera tout pour la ramener saine et sauve en Allemagne.

Luttes d’influence
Qui est vraiment Galina ? Hackeuse repentie traquée par ses anciens donneurs d’ordres ou espionne retorse maniant à merveille le double jeu ? Quel prix est-on prêt à payer pour sauver des vies humaines ? Dans ce thriller haletant signé Elmar Fischer (Prise au piège), qui plonge au cœur des luttes d’influence contemporaines et de l’espionnage moderne, difficile de déceler qui manipule qui… Au fil d’une cavale entre la Suède, la Pologne et l’Allemagne, Tom, tiraillé entre les soupçons de sa sœur et son amour intact pour Galina, comprendra que les sentiments ne pèsent pas lourd face à la raison d’État.
LA FUGITIVE, Elmar Fischer 2023, Artjom Gilz, Katharina Nesytowa (thriller espionnage allemagne)@@ (E)
Une jeune Russe demande l’asile en Allemagne en échange de renseignements sur une attaque informatique qu’elle aurait elle-même contribué à fomenter. Mais qui est-elle vraiment ? Un thriller sans temps ...

@

LA FUGITIVE, Jim Donovan 2012, Marie Avgeropoulos, Christina Cox (societe moeurs drogue)


Après une soirée très arrosée, une adolescente est retrouvée morte à cause d'une trop forte quantité de drogue, prise à son insu. Le passé de junkie de sa meilleure amie Holly l'inculpe automatiquement et elle est directement envoyée en prison dans l'attente de son jugement. Innocente, la jeune fille parvient à s'échapper lors de son transfert, et compte bien retrouver le véritable coupable de ce drame.

TELERAMA
Holly et Blake, 17 ans, sont les meilleures amies du monde. Lors d'une soirée, Blake est agressée par un homme qui la drogue. Puis elle est retrouvée morte. En probation pour une affaire de stupéfiants, Holly est aussitôt accusée du meurtre de son amie, d'autant que l'on découvre des cachets suspects dans son sac. Lors de son transfert en prison, Holly parvient à échapper à la police. En fuite, elle mène l'enquête afin de retrouver le meurtrier de Blake...
LA FUGITIVE, Jim Donovan 2012, Marie Avgeropoulos, Christina Cox (societe moeurs drogue) (E)
Après une soirée très arrosée, une adolescente est retrouvée morte à cause d'une trop forte quantité de drogue, prise à son insu. Le passé de junkie de sa meilleure amie Holly l ...

@

LA FULGUREE, Didier Bivel 2024, Camille Claris, Pierre Perrier (thriller catastrophe)@


Lucie et Samuel célèbrent leur mariage en Auvergne, lorsque la foudre s'abat sur eux et cinq autres personnes. Samuel est tué sur le coup. Les autres survivent. Deux ans plus tard, les miraculés se retrouvent sur les lieux du drame.

TELERAMA
Lucie et Samuel Carrera célèbrent leur mariage à l'Auberge du Lac de Guéry, dans la montagne auvergnate, quand la foudre s'abat sur eux et cinq autres personnes. Samuel est tué sur le coup. Les autres survivent, mais deviennent des "fulgurés" aux séquelles étranges qui bouleversent leur existence. Lucie se voit dotée d'une capacité de mémorisation exceptionnelle, elle se souvient de tout à chaque instant de sa vie. Une faculté qui l'empêche de surmonter son traumatisme et de faire son deuil. Deux ans plus tard, les "miraculés du lac de Guéry" se retrouvent sur les lieux du drame. C'est alors qu'un mystérieux tueur commence à les éliminer les uns après les autres. Le commandant Julien Eider de la SR de Clermont mène l'enquête, stupéfait par l'hypermnésie de Lucie qui lui apporte une aide précieuse.
LA FULGUREE, Didier Bivel 2024, Camille Claris, Pierre Perrier (thriller catastrophe)@ (E)
Lucie et Samuel célèbrent leur mariage en Auvergne, lorsque la foudre s'abat sur eux et cinq autres personnes. Samuel est tué sur le coup. Les autres survivent. Deux ans plus tard, les miraculés se retrouvent sur ...

@

LA FULGUREE, Didier Bivel 2024, Camille Claris, Pierre Perrier, Eric Savin (thriller catastrophe)@


Lucie et Samuel célèbrent leur mariage en Auvergne, lorsque la foudre s'abat sur eux et cinq autres personnes; Samuel est tué sur le coup; les autres survivent; deux ans plus tard, les miraculés se retrouvent sur les lieux du drame.
LA FULGUREE, Didier Bivel 2024, Camille Claris, Pierre Perrier, Eric Savin (thriller catastrophe)@ (E)
Lucie et Samuel célèbrent leur mariage en Auvergne, lorsque la foudre s'abat sur eux et cinq autres personnes; Samuel est tué sur le coup; les autres survivent; deux ans plus tard, les miraculés se retrouvent sur ...

@

LA GIFLE, Claude Pinoteau 1974, Isabelle Adjani, Lino Ventura (société)@@


Jean est professeur de géographie dans un lycée parisien. A 50 ans, il n'a rien perdu de son caractère irascible et s'attend à être muté pour avoir blessé deux policiers qui battaient un étudiant. Son tempérament quelque peu excessif ne simplifie pas ses relations avec sa fille, Isabelle, une adolescente qui désire abandonner ses études pour aller vivre avec Marc, le garçon dont elle est éprise. Une gifle retentissante précipite la rupture entre le père et la fille. Isabelle ne tend pas l'autre joue. Elle déménage aussitôt, emmenant avec elle Rémy, le frère de sa copine Christine. Jean ne l'entend pas de cette oreille. Une course-poursuite s'engage entre Isabelle, qui tient à sa fierté, et Jean, qui regrette son geste malheureux...

TELERAMA
Avant la déflagration “La Boum”, Claude Pinoteau mettait en scène Lino Ventura en professeur de géographie dépassé par les événements : démission, divorce, rupture et paternité (d’une toute jeune et très casse-pied Isabelle Adjani) plus que mouvementée.

Isabelle a 18 ans. Ses parents ont divorcé. Elle vit seule avec son père, professeur de géographie dans un lycée parisien. Au lieu de réviser ses examens de médecine, elle passe ses soirées avec Marc, son amoureux un peu niais. Isabelle Adjani venait d’interpréter Ondine sur les planches de la Comédie-Française et s’apprêtait à s’exiler à Guernesey sur les traces d’Adèle Hugo, pour François Truffaut. Entre ces deux rôles d’idéaliste éperdue, l’actrice prodige se risquait à la comédie pour la première fois. Débit rapide, ruptures de ton, regard virevoltant, sa technique est sûre et sensible. La bouche pleine de pain beurré, le sourire angélique, elle se cale au fond d’un fauteuil et ironise devant son père bougon : « Dis donc, l’amour, c’est pas toujours la fête, hein ? »

Évident, léger, le film est à l’image de cette réplique, sortie de la plume avertie de Jean-Loup Dabadie. Conflits familiaux et politiques s’y donnent la main pour une farandole bon enfant. La satire sociale reste doucereuse, sans cesse désamorcée par des gags pirouettes au service de Francis Perrin. Formidable de démesure, la scène titre de la torgnole a gardé toute sa force dramatique.
LA GIFLE, Claude Pinoteau 1974, Isabelle Adjani, Lino Ventura (société)@@ (E)
Jean est professeur de géographie dans un lycée parisien. A 50 ans, il n'a rien perdu de son caractère irascible et s'attend à être muté pour avoir blessé deux policiers qui battaient un &eacu ...

@

LA GLOIRE DE MON PERE, Yves Robert 1990, Julien Ciamaca, Philippe Caubere (saga)@@


Évocation de l'enfance heureuse de l'écrivain français Marcel Pagnol, et de ses vacances familiales à la campagne.

TELERAMA
Grâce à l’adaptation d’Yves Robert, on pénètre dans l’univers de Marcel Pagnol petit comme on feuillette, d’un doigt taché d’encre, ces livres d’images qui invitent à frotter la page pour y découvrir les senteurs de romarin, de thym, de lavande et de poussière des sentiers plombés de soleil. Mais aussi les odeurs de craie et de savon à barbe de Joseph, le père instituteur bouffeur de curés. Et encore le parfum d’eau de Cologne, d’amidon et de dessert vanillé de « maman », prononcé avec l’accent d’un amour débordant.
Tous les bruits qui composent les vacances d’un minot y sont aussi : le bavardage assourdissant des cigales, le craquement des sarments sous les croquenots d’écolier et, bien sûr, le cri de la bartavelle, oiseau de gloire paternelle. Marcel Pagnol aurait aimé.
LA GLOIRE DE MON PERE, Yves Robert 1990, Julien Ciamaca, Philippe Caubere (saga)@@ (E)
Évocation de l'enfance heureuse de l'écrivain français Marcel Pagnol, et de ses vacances familiales à la campagne.

TELERAMA
Grâce à l’adaptation d’Yves Robert, on pén& ...

@

LA GRANDE ATTAQUE DU TRAIN D OR, Michael Crichton 1979, Sean Connery (thriller comique)@@


En 1855, l'Angleterre, en guerre contre les Russes, organise le transport par train d'une cargaison de lingots d'or pour entretenir ses troupes qui combattent en Crimée. Escroc à la mine aristocratique, Edward Pierce entreprend de faire main basse sur le chargement entre Londres et Ostende. Pour réussir son coup, il s'adjoint les services de Roger Agar, un habile perceur de coffres.

TELERAMA
Deux gentlemen cambrioleurs montent un casse astucieux… Un film malin et joyeusement immoral dans lequel Sean Connery et Donald Sutherland s’amusent. Nous aussi.

L'histoire. 1885. Edward Pierce veut s'emparer des vingt-cinq mille livres en or représentant la solde des troupes anglaises qui se battent en Crimée. Seulement le coffre dans lequel elle est enfermée ne peut être ouvert qu'avec quatre clefs, judicieusement réparties. Aidé d'Agar, un perceur de coffres irlandais, et de sa maîtresse, Miriam, Pierce cherche à se procurer les fameuses clefs...

Ce que j'en pense. Délaissant le monde du fantastique et le thriller criminel, ses deux genres d'élection, Michael Crichton se plaît, ici, à utiliser le style du cinéma d'aventures dans la description d'une de ces opérations exceptionnelles dont les Anglais ont le secret.

Reconstituant avec un plaisir évident le Londres victorien et ses bas-fonds, jouant sur la beauté des couleurs et celle de Lesley Anne Down, l'auteur de Morts suspectes a trouvé en Sean Connery et Donald Sutherland deux brillants complices. Acteurs et réalisateur sont, en effet, les premiers à s'amuser de la brillante histoire qu'ils animent, et les péripéties ne manquent pas, tout au long de cette distrayante et chatoyante aventure. Parfois, on regrette pourtant que ce visible plaisir de filmer frise la nonchalance, mais il s'agit là, sans doute, d'une manière ironique de traiter une oeuvre délicieusement amorale...
LA GRANDE ATTAQUE DU TRAIN D OR, Michael Crichton 1979, Sean Connery (thriller comique)@@ (E)
En 1855, l'Angleterre, en guerre contre les Russes, organise le transport par train d'une cargaison de lingots d'or pour entretenir ses troupes qui combattent en Crimée. Escroc à la mine aristocratique, Edward Pierce entrepren ...

@

LA GRANDE COURSE AUTOUR DU MONDE, Blake Edwards 1965, Jack Lemmon, Tony Curtis, Natalie Wood, Peter Falk


En 1908, 6 voitures prennent le départ de la première grande course automobile autour du monde qui va de New York à Paris. Parmi les concurrents, l'ignoble professeur Fate et son âme damnée, Max, sont prêts à tout pour éliminer leurs adversaires. Bientôt, ils n'ont plus qu'un seul concurrent : le séduisant Leslie. Ce dernier voyage dans sa Leslie spécial en compagnie de Maggie DuBois, une jolie journaliste new-yorkaise et féministe.

TELERAMA
Blake Edwards rend un hommage irrespectueux à ses maîtres Laurel et Hardy, à qui le film est dédié. C'est un peu trop long, avec quelques chutes de rythme, mais avec aussi des moments inoubliables, notamment une gigantesque bataille de tartes (et de gâteaux) à la crème, l'une des plus belles de l'histoire du cinéma. Ça se passe en Amérique en 1908. Le héros, tout de blanc vêtu et dont les dents étincellent comme des étoiles (au sens propre du terme !), est défié pour une course, de New York à Paris, par le très perfide Pr Fatalitas, lequel, en compagnie de son valet (Peter Falk, le futur Columbo), ourdit des pièges infernaux qui tous se retournent contre lui.
LA GRANDE COURSE AUTOUR DU MONDE, Blake Edwards 1965, Jack Lemmon, Tony Curtis, Natalie Wood, Peter Falk (E)
En 1908, 6 voitures prennent le départ de la première grande course automobile autour du monde qui va de New York à Paris. Parmi les concurrents, l'ignoble professeur Fate et son âme damnée, Max, sont pr&ec ...

@

LA GRANDE EVASION, John Sturges 1963, Steve McQueen, James Garner et Richard Attenborough (thriller)@@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, le stalag Luft North est un camp de prisonniers d'où l'on ne s'échappe pas ! C'est là que sont réunis et étroitement surveillés tous les spécialistes et récidivistes de l'évasion. Le commandant von Luger explique au colonel Ramsey comment et pourquoi l'évasion dans ce stalag est absolument impossible. Mais ce n'est pas l'avis de certains prisonniers alliés. Ils préparent une évasion massive.

TELERAMA
En 1943, des officiers alliés, prisonniers dans un camp allemand, creusent méthodiquement des galeries pour s’évader. Un long tunnel d’ennui ? Point du tout : on reste même scotché du début à la fin devant cette incroyable aventure de près de trois heures, inspirée d’une histoire vraie. Épreuve de titan, travail de fourmi, chapardages subtils, art de la diversion composent les étapes de cette longue opération pour se faire, enfin, la belle. Steve McQueen, en forte tête solitaire, diffuse son charme flegmatique légendaire. À ses côtés, Donald Pleasence, ornithologue aveugle, Charles Bronson, herculéen et claustro, et James Coburn, impérial de désinvolture, se distinguent aussi.

Quant au finale à l’air libre, avec ses morceaux de bravoure dignes d’un western et sa chevauchée à moto, ses sauts d’obstacles, il laisse un goût de victoire et de défaite mêlées. Pour beaucoup, l’évasion échoue cruellement. Pas pour les téléspectateurs.
LA GRANDE EVASION, John Sturges 1963, Steve McQueen, James Garner et Richard Attenborough (thriller)@@@ (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, le stalag Luft North est un camp de prisonniers d'où l'on ne s'échappe pas ! C'est là que sont réunis et étroitement surveillés tous les spécialistes et r&e ...

@

LA GRANDE LESSIVE, Jean-Pierre Mocky 1968, Bourvil, Francis Blanche (comique)@@


Professeur de lettres dans un lycée, Armand Saint-Just est consterné par les effets de la télévision sur ses élèves. Les cours ont lieu devant des classes assoupies. Les professeurs s'adressent aux parents pour leur recommander d'éloigner leurs enfants des postes de télévision, mais cela reste sans aucun effet. Saint-Just se décide à agir.

TELERAMA
Un bon Mocky de série : mal fichu mais bien joué, utopique mais joyeusement anar, réglant son compte à la télévision, déjà bien envahissante. On sourit en grinçant des dents. Au moment du grand émoi soixante-huitard, la colère de Mocky contre la monolithique ORTF pouvait paraître décalée ; mais ce qui s’est passé depuis la justifie amplement.
LA GRANDE LESSIVE, Jean-Pierre Mocky 1968, Bourvil, Francis Blanche (comique)@@ (E)
Professeur de lettres dans un lycée, Armand Saint-Just est consterné par les effets de la télévision sur ses élèves. Les cours ont lieu devant des classes assoupies. Les professeurs s'adressent aux ...

@

LA GRANDE MAGIE, Noémie Lvovsky 2023, Denys Podalides, Judith Chemla, François Morel (fabtaisie musical)@@


Au début des années 1920, sur la côte française. Au bord de la rupture, un couple se rend à un spectacle de rue où la jeune épouse, Marta, accepte de se prêter au jeu d'un tour de magie. Epuisée par Charles, son mari insupportable, Marta profite de l'occasion pour prendre la poudre d'escampette...

TELERAMA
La femme d’un notable disparaît lors d’un tour de magie. Comment la faire revenir ? Drame, drôlerie, chansons, trivialité… Un film trop chargé qui manque de rythme.

De la magie, des forains itinérants, la France des années 1920, un joli hôtel de villégiature au bord de la mer, une bien-aimée qui s’évanouit dans la nature… Diantre, en voilà de belles promesses ! Parmi les personnages, il y a Charles (Denis Podalydès), mari guindé, jaloux et fort désappointé. C’est lui dont l’épouse (Judith Chemla) a disparu, celle-ci ayant profité d’un tour de magie pour prendre la poudre d’escampette. En guise de réponse à l’exigence pressante de Charles de faire revenir immédiatement sa femme, le magicien bonimenteur (Sergi López) lui donne une petite boîte en disant qu’elle se trouve à l’intérieur. Mais il l’avertit : Charles ne doit l’ouvrir qu’à condition d’une absolue confiance en elle, sinon elle disparaîtra à jamais…

Adaptée librement d’une pièce méconnue, publiée en 1948 par l’écrivain italien Eduardo De Filippo, La Grande Magie déborde d’atouts. Il y règne un état d’esprit bohème, un charme de guingois, une fantaisie généreuse, un plaisir des acteurs communicatif. La fable invite aussi à danser, puisqu’elle se compose aussi de petites chorégraphies et de chansons, finement mises en musique par Feu ! Chatterton. Reste que la réalisatrice des Sentiments a voulu exprimer trop de choses. Gaieté, drame, loufoquerie, folie, imaginaire, trivialité, variations autour de l’amour… Cela fait beaucoup et nuit à l’histoire, qui a tendance à se déliter et à s’éloigner de son fil principal, le plus intéressant : ce lien étrange et évolutif entre Charles et son épouse. Il manque, sans doute, à ce film qu’on aurait voulu aimer davantage, la densité et le rythme, conditions sine qua non pour l’étourdissement escompté.
LA GRANDE MAGIE, Noémie Lvovsky 2023, Denys Podalides, Judith Chemla, François Morel (fabtaisie musical)@@ (E)
Au début des années 1920, sur la côte française. Au bord de la rupture, un couple se rend à un spectacle de rue où la jeune épouse, Marta, accepte de se prêter au jeu d'un tour de magie. ...

@

LA GRANDE MURAILLE, Yimou Zhang 2016, Matt Damon, Jing Tian (saga)@@


Accompagné de Pero Tovar, l'aventurier William Garin a parcouru des milliers de kilomètres pour se procurer l'arme la plus puissante du monde. Quand le duo arrive à la Grande Muraille de Chine, il tente de faire croire à ses hôtes qu'il est là pour faire du commerce. Personne ne les croit et les deux hommes sont faits prisonniers. Depuis leurs geôles, ils assistent à une attaque spectaculaire de créatures mystérieuses. La Grande Muraille s'avère être le dernier rempart entre l'humanité et ces monstres qui veulent la dévorer. William Garin est un archer expérimenté et propose son aide...

TELERAMA
Àl’heure où les relations entre les États-Unis et la Chine sont au plus froid, il est amusant de revoir Hollywood célébrer les bienfaits de la coopération entre l’Occident et l’empire du Milieu. Dans La Grande Muraille, un mercenaire européen du XIIe siècle (Matt Damon, en mode service minimal) accepte d’aider une jeune officière chinoise (la monolithique Jing Tian) à combattre les créatures d’origine extraterrestre qui menacent de déferler sur Pékin. Des monstres très réussis : imaginez un croisement entre un varan de Komodo (pour l’aspect reptilien), un loup-garou (pour l’agilité) et la bestiole d’Alien (pour la gueule), le tout cloné en des dizaines de milliers d’exemplaires affamés de chair humaine…

Les assauts des « TaoTei » contre la Grande Muraille puis la Cité interdite en mettent plein la vue, en une débauche de couleurs, de mouvements inspirés des arts martiaux — Zhang Yimou, qui nous avait éblouis avec les affrontements chorégraphiés de Hero et du Secret des poignards volants, n’a pas perdu la main. Mais dès que le film abandonne l’action pure, ça se gâte. La faute à un scénario bourré de clichés guerriers, à des dialogues ineptes et à une direction d’acteurs approximative. La coopération sino-américaine a encore des progrès à faire…

LA GRANDE MURAILLE, Yimou Zhang 2016, Matt Damon, Jing Tian (saga)@@ (E)
Accompagné de Pero Tovar, l'aventurier William Garin a parcouru des milliers de kilomètres pour se procurer l'arme la plus puissante du monde. Quand le duo arrive à la Grande Muraille de Chine, il tente de faire croire ...

@

LA GRANDE SEDUCTION, Jean-François Pouliot 2003 (societe)@@


À Sainte-Marie-La-Mauderne, un petit village portuaire, les habitants, autrefois de fiers pêcheurs, sont maintenant contraints de vivre des allocations gouvernementales. Après le départ du maire vers la grande ville, Germain, un des habitants, décide de prendre les choses en main.

TELERAMA
Sainte-Marie-la-Manderne est un charmant petit village portuaire. Mais la vie a bien changé en quelques années dans cette région autrefois paradisiaque. La population, majoritairement constituée de pêcheurs, est touchée par un chômage massif. Le changement pourrait venir de l'implantation d'une usine...
LA GRANDE SEDUCTION, Jean-François Pouliot 2003 (societe)@@ (E)
À Sainte-Marie-La-Mauderne, un petit village portuaire, les habitants, autrefois de fiers pêcheurs, sont maintenant contraints de vivre des allocations gouvernementales. Après le départ du maire vers la grande vil ...

@

LA GRANDE VADROUILLE Gerard Oury 1966, Louis De Funes, Bourvil@@@


Au retour d'un bombardement sur la Ruhr, un avion anglais de la R.A.F. se trouve pris dans le feu de la Flak allemande qui le descend au-dessus de Paris. Sir Reginald, avant de sauter en parachute sur la ville occupée, fixe à ses hommes un point de ralliement: le Hammam.

TELERAMA
cette paire d’aventuriers improvisés résiste encore et toujours à l’envahisseur. Ils n’ont pas de potion magique, mais sont malins, coléreux, bref, gaulois. À leurs trousses, les écrasants vainqueurs se muent en tas de guignols poussifs. Cette célébrissime comédie, l’une des meilleures de Gérard Oury, s’arrange avec l’Histoire, cueille la revanche du rire. Un an après Le Corniaud, de Funès, plus teigneux que jamais, tyrannise à nouveau Bourvil le tendre. On ne se lasse pas de ce road movie de l’Occupation mené tambour battant, avec, ici et là, une goutte d’humour poétique : « Il n’y a pas d’hélice, hélas ! — C’est là qu’est l’os ! »
LA GRANDE VADROUILLE Gerard Oury 1966, Louis De Funes, Bourvil@@@ (E)
Au retour d'un bombardement sur la Ruhr, un avion anglais de la R.A.F. se trouve pris dans le feu de la Flak allemande qui le descend au-dessus de Paris. Sir Reginald, avant de sauter en parachute sur la ville occupée, fixe à ...

@

LA GUERRE DES BOUTONS, Yann Samuel 2011, Mathilde Seignier, Alain Chabat, Eric Elmosino, Fred Testot (societe)@


Une bande de garçons, menée par l'intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Une guerre sans merci, qui dure depuis des générations. On se bat pour l'honneur et la fidélité et, pour gagner, tous les moyens sont bons.

TELERAMA
Cette Guerre des boutons n'est pas un ­remake du « classique » d'Yves Robert, mais une adaptation ­directe du roman champêtre et cocasse de Louis Pergaud, et son fameux conflit villageois aussi homérique que la guerre de Troie : les gosses de Longeverne contre ceux de Velrans, le petit bled d'à côté.
A coups de frondes et de sales blagues, cette version réserve de jolis éclats d'espièglerie. Dans la grande scène qu'on attendait, par exem­ple, lorsque les gamins chargent, tout nus, à travers les blés pour préserver les fameux « boutons » du titre. Pourtant, malgré leur vivacité, un ennui gentil, mais tenace, s'installe. Difficile d'innover quand on est coincé dans une énième évocation de la France d'antan et de ses patelins pittoresques. Le cinéma familial « de qualité » semble décidément souffrir de bégaiement nostalgique, de pesanteur patri­moniale. Images naïves et colorées, com­me celles que l'on donnait autrefois aux élèves bien sage. — Cécile Mury
LA GUERRE DES BOUTONS, Yann Samuel 2011, Mathilde Seignier, Alain Chabat, Eric Elmosino, Fred Testot (societe)@ (E)
Une bande de garçons, menée par l'intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Une guerre sans merci, qui dure depuis des générations. On se bat pour l' ...

@

LA GUERRE DES MONDES l invasion, Junaid Syed 2023 (science fiction)


En Angleterre, Herb, Oggy et Hannah, trois étudiants en astronomie, se précipitent sur le lieu du crash d'une météorite. Là, ils découvrent ce qui ressemble à une capsule spatiale. Lorsqu'ils l'approchent, l'appareil s'ouvre et un tentacule géant en sort. Alors que Hannah, pressentant un danger, recommande de s'éloigner, Herb entre momentanément en transe. Ce qu'ils ignorent, c'est que d'autres capsules se sont posées un peu partout dans le pays, libérant de gigantesques tripodes qui attaquent la population. Les trois amis sont bientôt rejoints par Ben Baxter, un militaire dont l'unité a été décimée par les créatures extraterrestres...
LA GUERRE DES MONDES l invasion, Junaid Syed 2023 (science fiction) (E)
En Angleterre, Herb, Oggy et Hannah, trois étudiants en astronomie, se précipitent sur le lieu du crash d'une météorite. Là, ils découvrent ce qui ressemble à une capsule spatiale. Lorsqu'ils ...

@

LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@


Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils décident de divorcer. Ils ne reculent devant aucune bassesse pour rabaisser l'autre, et tenter d'arriver à leur but ultime : avoir la conservation exclusive de leur vaste maison.

TELERAMA
Après des années de bonheur conjugal, les Rose ne se supportent plus. En 1990, Danny DeVito dynamitait la cellule familiale américaine avec un humour corrosif !

Les histoires d’amour finissent mal, en général… Et en particulier dans le cas d’Oliver et Barbara, alias Monsieur et Madame Rose, du coup de foudre juvénile à la haine absolue. Michael Douglas et Kathleen Turner offrent un grand numéro de duettistes, dans cette satire cruellement drôle réalisée par le comédien Danny DeVito.

Un film à la fois impitoyable et réjouissant, qui mord là où ça fait mal, dans la zone charnue des illusions doucereuses. Si tout commence comme une comédie sentimentale — un peu trop de rose chez les Rose —, DeVito pose peu à peu ses pièges : bambins sur­alimentés, ennui conjugal, photo de famille bien encadrée, entre l’ego de Monsieur et les frustrations de Madame…

Avec le divorce, l’image explose : La Guerre des Rose n’est pas un titre exagéré. La séparation du couple tourne à la pulvérisation nucléaire. La caméra filme en huis clos les ravages d’une catastrophe intime qui couvait depuis longtemps. Les valeurs familiales et patriarcales, le matérialisme de l’époque Reagan sont passés à la moulinette d’un humour noir et critique, qui a plutôt bien vieilli.
LA GUERRE DES ROSES, Dany De Vito 1989, Kathleen Turner, Danny DeVito, Michael Douglas (sentimental)@@@ (E)
Barbara et Oliver Rose forment un couple apparemment tout à fait heureux. Ils sont mariés depuis plusieurs années et ont deux enfants. Cependant, du jour au lendemain, ils vont se retourner l'un contre l'autre : ils d&e ...

@

LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON, Mike Nichols 2007, Tom Hanks, Julia Roberts (histoire)@@


Au début des années 80, le délégué du Deuxième District du Texas Charlie Wilson était surtout connu à Washington comme un noceur et un bon vivant accumulant conquêtes et scandales. Cependant sa personnalité flamboyante dissimulait un sens politique aigu, une solide connaissance de la scène internationale, un patriotisme à toute épreuve et un attachement viscéral aux causes qu'on dit perdues.

TELERAMA
Au début des années 1980, un sénateur, une femme d’affaires et un flic décident d’abattre définitivement l’URSS en aidant les moudjahidin afghans… Histoire vraie et passionnante, gâchée par un scénario bavard et répétitif.

Au début des années 80, en Amérique, un petit clan décide d'abattre définitivement l'URSS, embourbée en Afghanistan, en armant les résistants afghans. Parmi ces zozos, on compte un sénateur noceur, le Charlie Wilson du titre, une femme d'affaires folle de Dieu et un gros vulgos de la CIA, snobé par les siens. Le trio parvient à faire passer l'aide financière aux moudjahidin de 5 à 100 millions de dollars en une décennie...

Sur le papier, c'est formidable. Mais le scénario d'Aaron Sorkin, certes politiquement compétent (on lui doit le feuilleton A la Maison-Blanche), est assez soporifique. On sent Mike Nichols, en vrai homme de spectacle, essayer de lutter contre cette mécanique bien huilée. Très en forme, que ce soit dans le psychologique (Closer) ou l'éthique (le feuilleton Angels in America), il pimente ces péripéties répétitives au moyen d'effets boulevardiers (portes claquées à gogo) ou franchement vaudevillesques (Julia Roberts utilisant le sexe comme arme essentielle de sa croisade religieuse). Mais il lui est difficile de lutter contre des dialogues surabondants et redondants. Tout est vrai, certes, mais on s'ennuie un brin...
LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON, Mike Nichols 2007, Tom Hanks, Julia Roberts (histoire)@@ (E)
Au début des années 80, le délégué du Deuxième District du Texas Charlie Wilson était surtout connu à Washington comme un noceur et un bon vivant accumulant conquêtes et scandale ...

@

LA HAINE, Matthieu Kassovitz 1995, Vincent Cassel (thriller)@@


Une émeute éclate dans la cité des Muguets, à la suite d'une bavure policière. Au petit matin, trois copains se retrouvent.

TELERAMA
Mathieu Kassovitz, caméra à l’épaule, suit les aventures de trois jeunes banlieusards. Une chronique de deux bavures ordinaires, non dénuée d’humour.

À sa sortie, Mathieu Kassovitz avait voulu faire passer La Haine pour un brûlot, déclarant avoir réalisé « un film contre les flics », et les médias en avaient fait l’accroche commode de documents sur le mal des banlieues. La vérité est plus nuancée. Au départ, La Haine fait tout simplement la chronique de deux bavures ordinaires.

Le film n’incite jamais à la violence : la « haine » passe d’abord par les mots et, si elle se matérialise, c’est à la suite d’un engrenage de circonstances malheureuses, où la bêtise et la peur le disputent à la colère. Kassovitz n’est pas un documentariste. Le style, noir et blanc coup de poing et caméra à l’épaule, soigne les effets de surprise et les ruptures de ton. L’odyssée de trois jeunes prend la forme d’une balade picaresque. C’est presque une suite de sketches, écrits au scalpel, où le rire surgit des trouvailles langagières. Kassovitz est doté d’un solide sens de l’humour. Il sait comment faire rire ou émouvoir.
LA HAINE, Matthieu Kassovitz 1995, Vincent Cassel (thriller)@@ (E)
Une émeute éclate dans la cité des Muguets, à la suite d'une bavure policière. Au petit matin, trois copains se retrouvent.

TELERAMA
Mathieu Kassovitz, caméra à l’ép ...

@

LA HAUT, Pete Docter 2009 (animation)@@


Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s'envoler vers l'Amérique du Sud, il ne s'attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de neuf ans, toujours très enthousiaste et assez envahissant.

TELERAMA
En choisissant ce vieux Carl — bougon, sourd, casanier, avec dentier et déambulateur — comme personnage principal, Pixar s’offre le luxe d’afficher un handicap commercial. Le premier quart d’heure, résumé poignant des épisodes marquants de sa vie jusqu’à la mort récente de son épouse, est un film dans le film. Bien que travaillée par le deuil, la suite est plus aérienne. Harcelé par les promoteurs, le vieil homme (faux air de Walter Matthau) a opté pour une solution inattendue. Il arrache sa maison du sol, la fait décoller grâce à des ballons, avec l’espoir de réaliser le rêve partagé avec sa défunte femme : s’installer sur les hauteurs de gigantesques chutes, en Amérique du Sud.

Un papy qui veut se libérer d’un fardeau et un enfant parasite qui ne fait pas le poids : à deux, peut-être arriveront-ils à quelque chose. Initiatique, cette aventure les emmène dans la jungle et au creux d’un canyon en revisitant plusieurs genres. Le montage vif produit parfois des images quasi subliminales. Entre légèreté et pesanteur, ascension et chute, le film balance. Trouver le bon équilibre, tout est là. Cette apologie de l’émancipation et du voyage serait un peu courte si le détachement prôné ne visait, au fond, une stabilité synonyme de sérénité.

LA HAUT, Pete Docter 2009 (animation)@@ (E)
Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s'envoler vers l'Amérique du Sud, il ne s'attendait pas à embarquer avec ...

@

LA JOYEUSE DIVORCEE, Mark Sandrich, 1934, Fred Astaire, Ginger Rogers (musical danse)@@


Une jeune femme souhaitant divorcer simule un adultère en engageant par correspondance un homme qui se fera passer pour son amant. Elle rencontre à la douane Guy Holden, un danseur, et est persuadée qu'il s'agit de son homme de paille.
LA JOYEUSE DIVORCEE, Mark Sandrich, 1934, Fred Astaire, Ginger Rogers (musical danse)@@ (E)
Une jeune femme souhaitant divorcer simule un adultère en engageant par correspondance un homme qui se fera passer pour son amant. Elle rencontre à la douane Guy Holden, un danseur, et est persuadée qu'il s'agit de son ...

@

LA JUMENT VERTE, Claude Autant-Lara 1959, Bourvil, Francis Blanche (societe erotique)@


Dans le village de Claquebue, une jument verte naît à la ferme des Haudouin. Elle en devient la mascotte et la protectrice. A la mort du père Haudouin, son fils Honoré lui succède. Depuis longtemps, la famille attire la jalousie des Maloret. Durant la guerre de 1870, Zèphe Maloret dénonce Honoré comme étant un franc-tireur.

TELERAMA
“ une comédie paysane ou on lave son linge sale en famille! avec un bourvil inhabituel,mais tout aussi drôle! ”
LA JUMENT VERTE, Claude Autant-Lara 1959, Bourvil, Francis Blanche (societe erotique)@ (E)
Dans le village de Claquebue, une jument verte naît à la ferme des Haudouin. Elle en devient la mascotte et la protectrice. A la mort du père Haudouin, son fils Honoré lui succède. Depuis longtemps, la fami ...

@

LA LA LAND, Damien Chazelle 2017, Ryan Gosling, Emma Stone (musical)@@@


Au coeur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre des auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent, mais ils développent des sentiments amoureux l'un pour l'autre.

TELERAMA
Une comédie musicale où un pianiste (Ryan Gosling) et une actrice (Emma Stone) s’aiment, souffrent et rêvent de gloire. Héritier de Jacques Demy, Damien Chazelle nous embarque au pays de “Chantons sous la pluie” version Los Angeles.
Ce tourbillon de chansons et de numéros dansés ambitionne de retrouver le lustre d’un Hollywood légendaire. Pour ne parler que de ces vingt dernières années, d’autres films ont plus ou moins échoué dans cette tentative : Nine (Rob Marshall), par académisme, et Moulin Rouge (de Baz Luhrmann), par outrance. La La Land y parvient grâce à un équilibre rare entre la dévotion perfectionniste et la relecture inquiète. Même si Ryan Gosling et Emma Stone ont travaillé de longs mois leur chant et leur danse, une fragilité émouvante dément, par instants, leur professionnalisme. Tout comme l’optimisme américain du film se laisse lézarder par la mélancolie. Au pays de Chantons sous la pluie, référence glorieuse, indépassable, Damien Chazelle le conquérant donne libre cours à son goût pour Jacques Demy et pour les amours impossibles.
LA LA LAND, Damien Chazelle 2017, Ryan Gosling, Emma Stone (musical)@@@ (E)
Au coeur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre des auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsis ...

@

LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@


Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus précieux d’Ada, son piano, qui est sauvé par Baines, un régisseur illettré très proche des Maoris (Harvey Keitel). Commence alors un troc fascinant entre Baines et Ada : elle récupérera le piano, touche par touche, en échange de visites de plus en plus érotiques…

TELERAMA
Un piano abandonné sur une plage des antipodes : une seule image suffit à évoquer le chef-d’œuvre de Jane Campion, première Palme d’or de l’histoire du Festival de Cannes donnée à une réalisatrice, en 1993, en attendant celle reçue vingt-huit ans plus tard par Julia Ducournau pour Titane, une autre histoire de métamorphose.
Dans une nature primitive sublime, qui fait sans cesse écho à la fièvre ou la violence des protagonistes, Jane Campion filme une femme qui se réapproprie son désir et son corps comme un instrument de plaisir et de liberté. Jamais objet transitionnel n’avait été si puissant au cinéma pour représenter l’émancipation féminine et sexuelle d’une héroïne corsetée dans une société patriarcale et dominatrice. Romantique et allégorique, cette foisonnante Leçon de piano continue de troubler par sa sensualité – le dos nu d’Harvey Keitel, les épaules enfin libérées de Holly Hunter. Et sa leçon de vie reste vertigineuse.
LA LECON DE PIANO Jane Campion 1993, Holly Hunter, Harvey Keitel, Nicole Kidmann@@ (E)
Nouvelle-Zélande, 1852 : la mutique Ada (Holly Hunter, inoubliable) accoste sur la plage avec sa fille de 9 ans, pour vivre avec son nouveau mari dans le bush. Cet homme inconnu pour elle refuse de faire transporter le bien le plus p ...

@

LA LEGENDE DE ZORRO, Martin Campbell 2005, Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones (aventure)@


Joaquin, le fils de Don Alejandro de la Vega - alias Zorro - et de son épouse Elena, a aujourd'hui 10 ans et ignore tout de l'identité secrète de son père. Elena voudrait qu'Alejandro range définitivement son masque pour se consacrer enfin à sa famille. Son époux considère quant à lui qu'il est encore trop tôt pour prendre sa retraite de justicier. Elena se sent trahie et demande le divorce.

TELERAMA
La femme de don Alejandro de La Vega demande le divorce. Son fils le prend pour un lâche, face à son idole, Zorro (le petit imbécile n'est pas fichu de reconnaître papa sous le masque). Comme si ça ne suffisait pas, de méchants Européens veulent empêcher la Californie de devenir un Etat américain. Zorro va lutter contre leur chef, un fou de nitroglycérine, comme par hasard un Français machiavélique et séducteur... Banderas a beau jouer les Spider Man, le film a du mal à s'envoler. Gags laborieux. Propagande proaméricaine imbécile. Le charme du Masque de Zorro, pourtant signé du même Martin Campbell, s'est évaporé. P.M.
LA LEGENDE DE ZORRO, Martin Campbell 2005, Antonio Banderas, Catherine Zeta-Jones (aventure)@ (E)
Joaquin, le fils de Don Alejandro de la Vega - alias Zorro - et de son épouse Elena, a aujourd'hui 10 ans et ignore tout de l'identité secrète de son père. Elena voudrait qu'Alejandro range définitivement ...

@

LA LEGENDE DU DRAGON, Stepchenko Oleg 2019(fantastique)@


L'explorateur anglais Jonathan Green est chargé par Pierre le Grand de dresser la carte de l'Extrême-Orient russe. Une longue route l'attend, pleine d'incroyables aventures, qui le conduira jusqu'en Chine. Le géographe fera beaucoup de découvertes fascinantes, de rencontres inattendue avec des créatures étranges, des princesses chinoises, des grands maîtres des arts martiaux, et avec Lun Van lui-même, le Maître de tous le dragons. Y a-t-il un plus grand danger que de regarder Viy dans les yeux ? Croiser sa route une seconde fois, peut-être. Qui sera le plus fort cette fois, le scepticisme inébranlable du savant ou la magie noire des temps anciens qui a depuis longtemps étendu son pouvoir sur les terre d'Orient ?...
LA LEGENDE DU DRAGON, Stepchenko Oleg 2019(fantastique)@ (E)
L'explorateur anglais Jonathan Green est chargé par Pierre le Grand de dresser la carte de l'Extrême-Orient russe. Une longue route l'attend, pleine d'incroyables aventures, qui le conduira jusqu'en Chine. Le géographe f ...

@

LA LEGENDE DU PIANISTE SUR L OCEAN, Giuseppe Tornatore 2000, Tim Roth, Melanie Thierry (mer musical)@@@


Un des machinistes du paquebot 'Virginian', découvre un bébé abandonné. Il l'adopte et l'élève comme son propre fils et le baptise "1900". L'enfant se révèle doué pour le piano et devient mondialement réputé comme étant un virtuose. Des producteurs tentent de l'enregistrer et de le faire partir en tournée dans le monde entier, mais 1900 refuse de quitter son navire. Lorsque le Virginian est condamné à être dynamité, 1900 disparaît dans l'explosion.

TELERAMA
Un génial pianiste de jazz, né sur un paquebot le premier jour du XXe siècle, passe en mer sa vie (musicale). D’un court monologue théâtral, Tornatore tire un film surdécoré, que sauve par instants l’épaisseur romanesque de Tim Roth.

Giuseppe Tornatore n’est pas Fellini. On ne va pas le lui reprocher mais a-t-il songé, tout de même, au Maestro lorsqu’il a filmé, lors d’une tempête, un piano valsant dans l’immense salle de bal d’un paquebot de luxe, style Et vogue le navire…

Inspirée d’un monologue théâtral d’Alessandro Barrico, voici l’histoire d’un bébé abandonné lors de l’arrivée à New York d’un bateau aussi luxueux que le Titanic. Un soutier le recueille, entre un cigare à moitié fumé et quelques papiers froissés. Et il le baptise Danny Boodman (comme lui) T.D. Lemon (comme la boîte dans laquelle il l’a déniché) « 1900 » (parce que nous sommes le premier jour du siècle nouveau).

Danny Boodman T.D. Lemon « 1900 » va grandir dans le ventre de ce navire sans jamais mettre pied à terre. À 7 ans, il manifeste des dons étonnants pour la musique. Ni classique ni moderne, proche du jazz, avec quelque chose au-delà… Des années plus tard, Jerry Roll Morton, qui, lui, l’a carrément inventé, le jazz, viendra le défier, sur ce bateau qu’il ne quitte jamais…

Ce duel musical donne lieu à une scène très rigolote, qui pourrait même être magnifique, si Tornatore ne s’obstinait à la gâcher par de stupides effets de caméra. Ah, ces travellings rapides sur le clavier pour suggérer le rythme, avec, en surimpression, la multiplication des mains de « 1900 », pour mieux exprimer sa virtuosité !

Tornatore n’est pas Fellini. Et Ennio Morricone n’est ni Mozart ni Verdi (pour le lyrisme). Il a composé une musique dont aucun hôtel ne voudrait, même pour sonoriser ses ascenseurs. Tics esthétiques d’un côté, soupe musicale de l’autre : on a du mal à résister. Et pourtant… Lorsque Tornatore consent à calmer ses ardeurs techniques, la sensibilité de Cinema Paradiso n’est pas loin. Le scénario est si romanesque, si original que le charme agit. Et Tim Roth, à la fois enfantin et fragile, arrive à donner à ce film inégal la grâce funambulesque qui lui manque.
LA LEGENDE DU PIANISTE SUR L OCEAN, Giuseppe Tornatore 2000, Tim Roth, Melanie Thierry (mer musical)@@@ (E)
Un des machinistes du paquebot 'Virginian', découvre un bébé abandonné. Il l'adopte et l'élève comme son propre fils et le baptise "1900". L'enfant se révèle doué pour ...

@

LA LIGNE ROUGE, Terrence Malick 1998, Sean Penn, Jim Caviezel (histoire guerre)@@@


La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d'une violence sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et Américains au coeur d'un site paradisiaque, habité par de paisibles tribus mélanésiennes.

TELERAMA
Au milieu d’un édénique îlot mélanésien, voici Witt, un jeune Américain au sourire béat. Une sirène le ramène à sa condition de chair à canon. Nous sommes en 1942, et l’île de Guadalcanal va voir s’étriper Yankees et Japs dans « le Verdun du Pacifique ».
Pour Terrence Malick, la « mince ligne rouge » est celle du front, mais c’est aussi l’étincelle qui brûle en chacun, Witt en par­ticulier. Par sa voix, entendue off, débute une méditation qui continue de l’un à l’au­tre des soldats, confondus presque en un seul monologue mélancolique. Eclairés de l’intérieur, ils gagnent ainsi une vérité que ne livrent pas leurs actes ou leurs discours. Malick ne montre ni salauds ni héros. Ses hommes plient sous le poids de la guerre comme les herbes sous le vent de l’archipel. Et quand il cesse de scruter leurs gueules frappées d’effroi, de hargne ou de fatigue, le cinéaste retourne à cette nature houleuse, paradis déchu, image même de la menace.
En cédant parfois aux poncifs d’une reli­giosité vague (auras de lumière, musi­que envahissante), Malick alourdit son film d’une symbolique naïve. Sans doute est-ce le prix dont se paie son ambition lyrique et poétique, jamais démentie film après film.
LA LIGNE ROUGE, Terrence Malick 1998, Sean Penn, Jim Caviezel (histoire guerre)@@@ (E)
La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d'une violence sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et Américains au coeur ...

@

LA LIGNE VERTE, Frank Darabont 1999, Tom Hanks, Michael Clarke Duncan, David Morse (societe)@@


Paul Edgecomb, pensionnaire centenaire d'une maison de retraite, est hanté par ses souvenirs. Gardien chef du pénitencier de Cold Mountain en 1935, il était chargé de veiller au bon déroulement des exécutions capitales en s'efforçant d'adoucir les derniers moments des condamnés. Parmi eux se trouvait un colosse du nom de John Coffey, accusé du viol et du meurtre de deux fillettes. Intrigué par cet homme candide et timide aux dons magiques, Edgecomb va tisser avec lui des liens très forts.

TELERAMA
D’un best-seller de Stephen King sur le couloir de la mort, Frank Darabont tire un film décousu où jamais il ne remet en question la peine capitale.

Auréolé de ses nominations aux oscars et de son triomphe américain, La Ligne verte en impose également par sa durée : plus de trois heures. Le best-seller de Stephen King adapté par Frank Darabont fut d'ailleurs publié sous la forme d'un roman-feuilleton. Le film en porte les stigmates : c'est une succession d'épisodes disjoints. L'ancien gardien chef d'un pénitencier (Tom Hanks), affecté au couloir de la mort, raconte les exécutions auxquelles il assista dans les années 30...

La plus fournie, et la plus gratinée, de ces chroniques concerne un colosse noir doté de pouvoirs magiques, accusé à tort d'un double meurtre. Avant son électrocution, ce géant christique parvient à ressusciter une souris écrasée et à guérir une cancéreuse. Si l'on est prévenu que la souris miraculée, promue au rang de personnage clef, devient par la suite centenaire, on aura une idée de l'indigeste salmigondis fantastico-mystique que constitue La Ligne verte.
Derrière les nuages de moucherons que recrache le géant noir après chacun de ses prodiges, le sujet du film demeure invisible. Frank Darabont insiste, à coups de scènes lacrymales, sur le devoir de traiter humainement les condamnés, mais jamais, serait-ce au détour d'une réplique, il ne remet en question la peine de mort.
LA LIGNE VERTE, Frank Darabont 1999, Tom Hanks, Michael Clarke Duncan, David Morse (societe)@@ (E)
Paul Edgecomb, pensionnaire centenaire d'une maison de retraite, est hanté par ses souvenirs. Gardien chef du pénitencier de Cold Mountain en 1935, il était chargé de veiller au bon déroulement des ex&eacu ...

@

LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@


Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de rentrer en contact avec sa mère ni de s'approcher à moins de 100 mètres de la maison familiale.

TELERAMA
Les disputes familiales sont un trésor pour le cinéma… L’ouverture magistrale de ce film le confirme, opposant une fille enragée à sa mère, qu’on a envie de plaindre mais qui se révélera assez « enrageante ». Les querelleuses seront séparées par la police et leur rapprochement, interdit ! Cette ligne de démarcation organise un scénario un peu trop tranquille, avec psychologie au premier plan et Benjamin Biolay en second rôle. Mais ce temps de paix imposée permet de méditer sur les relations mère-fille, les pistes ouvertes par la réalisatrice étant nombreuses, à commencer par celle-ci : ne pas chercher de « vrai problème », mais ne pas croire à une résolution.
LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@ (E)
Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de ren ...

@

LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@


Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de rentrer en contact avec sa mère ni de s'approcher à moins de 100 mètres de la maison familiale.

TELERAMA
Les disputes familiales sont un trésor pour le cinéma… L’ouverture magistrale de ce film le confirme, opposant une fille enragée à sa mère, qu’on a envie de plaindre mais qui se révélera assez « enrageante ». Les querelleuses seront séparées par la police et leur rapprochement, interdit ! Cette ligne de démarcation organise un scénario un peu trop tranquille, avec psychologie au premier plan et Benjamin Biolay en second rôle. Mais ce temps de paix imposée permet de méditer sur les relations mère-fille, les pistes ouvertes par la réalisatrice étant nombreuses, à commencer par celle-ci : ne pas chercher de « vrai problème », mais ne pas croire à une résolution.
LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@ (E)
Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de ren ...

@

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES, Stephen Norrington 2003, Sean Connery (aventure)@


1899. À la tête d'un groupe de terroristes, un inconnu se faisant appeler Le Fantôme menace l'ordre international en dressant les nations européennes les unes contre les autres. Devant la menace imminente d'un conflit majeur (Première Guerre mondiale), l'Angleterre décide de former la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

TELERAMA
Dans la BD géniale d’Alan Moore et de Kevin O’Neill, les gentlemen étaient Allan Quatermain, le capitaine Nemo, le Dr Jekyll et l’Homme invisible, et ils avaient pour chef une femme, Mina Harker, disciple de Dracula. Ici, ils sont deux de plus, le toujours jeune Dorian Gray (bonne idée) et Tom Sawyer, pour américaniser cette ligue très vieille Europe.

La belle sanguine a laissé le commandement à Quatermain – joué par Sean Connery, producteur autoritaire du film. Les traits peu orthodoxes de ces fascinants personnages de la littérature fantastique du XIXe siècle (goût de l’Homme invisible pour les pucelles catholiques, opiomanie de Quatermain, passé traumatique de Nemo…) ont disparu au profit d’une intrigue platement efficace et distrayante.

Le casting (succédanés de Johnny Depp, de Matt Damon ou de Julianne Moore) semble avoir été choisi pour ne pas porter ombrage à Sa Majesté Sean. Cette série B garde pourtant un petit pouvoir de séduction visuelle en restant souvent fidèle aux délires victoriens futuristes de Kevin O’Neill.
LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES, Stephen Norrington 2003, Sean Connery (aventure)@ (E)
1899. À la tête d'un groupe de terroristes, un inconnu se faisant appeler Le Fantôme menace l'ordre international en dressant les nations européennes les unes contre les autres. Devant la menace imminente d'un conf ...

@

LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes


L'homme d'affaires Oskar Schindler arrive à Cracovie en 1939, prêt à profiter de la Seconde Guerre mondiale, qui vient de commencer. Après avoir rejoint le parti nazi pour des raisons politiques, il emploie des ouvriers juifs dans son usine.
LA LISTE DE SCHINDLER Steven Spielberg 1993, Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes (E)
L'homme d'affaires Oskar Schindler arrive à Cracovie en 1939, prêt à profiter de la Seconde Guerre mondiale, qui vient de commencer. Après avoir rejoint le parti nazi pour des raisons politiques, il emploie des ou ...

@

LA LISTE NOIRE, Irwin Winkler, 1991, Robert de Niro (histoire)@@


Hollywood, 1951. David Merrill, un talentueux metteur en scène, revient de Paris. L'un de ses meilleurs amis l'a dénoncé à la Commission des activités anti-américaines comme sympathisant communiste. David se défend vigoureusement et refuse de comparaître à Washington.
LA LISTE NOIRE, Irwin Winkler, 1991, Robert de Niro (histoire)@@ (E)
Hollywood, 1951. David Merrill, un talentueux metteur en scène, revient de Paris. L'un de ses meilleurs amis l'a dénoncé à la Commission des activités anti-américaines comme sympathisant communiste. ...

@

LA LOI DE PAULINE, Philippe Venault 2016, Zabou Breitman, Serge Riaboukine, Pierre Cassignard (justice)@


Pauline, après son divorce, embrasse sur le tard la carrière d'avocat. Elle travaille dans un petit cabinet de province et se voit commis d'office, obtenant sa première affaire pénale.

TELERAMA
Après Josiane Balasko, Gérard Jugnot ou Richard Anconina, la série confie la robe d'avocat à Zabou Breitman. Une bonne idée qui n’échappe pas aux clichés habituels.

Pauline, fraîchement divorcée, embrasse sur le tard une carrière d'avocate. Elle trouve un poste de stagiaire dans un petit cabinet d'Angoulême, mais enchaîne les plaidoiries infructueuses. Alors qu'elle commence à se décourager, elle est commise d'office dans ce qui sera sa première affaire pénale. Pauline est chargée de la défense d'Alain, un exploitant agricole suspecté d'avoir volontairement incendié la ferme de son frère, provoquant la mort de ce dernier. Mais Pauline est convaincue de son innocence...

Après Josiane Balasko, Gérard Jugnot ou Richard Anconina, la série confie la robe d'avocat à Zabou Breitman. Une bonne idée : l'actrice est plus crédible que ses prédécesseurs dans ce téléfilm qui se distingue par son intrigue bien ficelée et son twist final réellement inattendu. Dommage que La Loi de Pauline n'échappe pas aux clichés habituels du genre (notamment dans les scènes de plaidoirie, assez lourdingues) et souffre d'une réalisation falote.
LA LOI DE PAULINE, Philippe Venault 2016, Zabou Breitman, Serge Riaboukine, Pierre Cassignard (justice)@ (E)
Pauline, après son divorce, embrasse sur le tard la carrière d'avocat. Elle travaille dans un petit cabinet de province et se voit commis d'office, obtenant sa première affaire pénale.

TELERAMA
Apr&e ...

@

LA LOI DE SIMON, Didier Le Pêcheur 2016, Daniel Prévost, Nicolas Gob (justice)


Simon Varlet est un avocat brillant et cynique, plus sensible au montant de ses honoraires qu'à l'intérêt de la justice ou au respect de la déontologie. Excédé par ses débordements, son bâtonnier le commet d'office pour assurer la défense de Philippe Moreau, un jeune prêtre accusé d'avoir tué un de ses paroissiens. Peu concerné par l'affaire, et allergique aux religions comme à toute forme d'idéal, Simon est persuadé que son client est coupable.
LA LOI DE SIMON, Didier Le Pêcheur 2016, Daniel Prévost, Nicolas Gob (justice) (E)
Simon Varlet est un avocat brillant et cynique, plus sensible au montant de ses honoraires qu'à l'intérêt de la justice ou au respect de la déontologie. Excédé par ses débordements, son b&acir ...

@

LA LOI DE TEHERAN, Saeed Roustayi 2021 (terrorisme islam)@


En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l'on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n'ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d'une traque de plusieurs

TELERAMA
Regorgeant d’idées de mise en scène, ce long métrage singulièrement efficace décrit une réalité insoupçonnée – la drogue fait des ravages en Iran –, entre enquête policière, film-dossier et drame social. Un choc.

le cinéma iranien ne nous a pas habitués à ça. Un flic replet, vite à bout de souffle, cavale après un dealer dans un dédale de ruelles, croit le coincer, puis le perd, ignorant que le criminel volatil vient en fait d’être enseveli vivant sur un chantier… Après cette sidérante entrée en matière, Saeed Roustaee, talentueux trentenaire à qui l’on doit Leila et ses frères, réalisé depuis, déroule un polar riche en ruptures de ton.

On s’attache d’abord à un policier des stups acharné à démanteler un réseau de trafiquants. Il procède méthodiquement, remontant la chaîne maillon par maillon, du consommateur — images folles d’accros au crack entassés en famille dans des cylindres de béton destinés à la construction — au grossiste. Descentes, arrestations, interrogatoires… un parcours miraculeusement décapé de ses clichés par la découverte d’une réalité insoupçonnée (l’Iran compte 6,5 millions de toxicomanes, selon le carton final), le foisonnement et l’épaisseur des personnages, l’abondance de dialogues.

Une mise en scène étourdissante
Cette manière d’« Iranian Connection » ne s’arrête pas une fois les bandits derrière les barreaux. On les accompagne dans une cellule surpeuplée, théâtre sordide où le « gros poisson » ferré par le héros accapare le devant de la scène. La Loi de Téhéran plonge alors dans les arcanes d’une justice impitoyable — que l’on détienne 5 grammes ou 500 kilos de drogue, c’est la peine de mort assurée — et le constat d’une misère sociale désespérante. Entre suspense, drame et film-dossier, on retient des scènes bouleversantes, comme lorsqu’un petit garçon tout fier improvise une démonstration de gymnastique au parloir de la prison, en guise d’adieu à son oncle sur le point d’être exécuté. Une œuvre gorgée d’idées de mise en scène et singulièrement efficace.

LA LOI DE TEHERAN, Saeed Roustayi 2021 (terrorisme islam)@ (E)
En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l'on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n'ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé ...

@

LA LOI DU SILENCE, Alfred Hitchcock, Mongomery Clift


Caché sous une soutane, le sacristain d'une église de la ville de Québec tue un avocat qu'il s'apprêtait à voler. Surpris par le prêtre de la paroisse, le père Logan, il lui avoue le meurtre dans le secret du confessionnal. Mais les soupçons de la police se portent rapidement sur le prêtre.

TELERAMA
Tourné entre le machiavélique Inconnu du Nord-Express et l’impeccable Crime était presque parfait, La Loi du silence paraît un peu faible dans la filmographie du maître du suspense… Pourtant, même dans une œuvre mineure, on retrouve çà et là, par petites touches insidieuses, le meilleur de Hitchcock. Ici, en l’occurrence, il s’amuse avec l’identité sexuelle de ses héros : Montgomery Clift, d’une beauté diaphane, ne quitte jamais sa robe de prêtre, tandis que la jeune femme qu’il a aimée jadis arbore une coupe à la gar­çonne, que le réalisateur s’ingénie à filmer très souvent de dos, jouant sur l’ambiguïté sexuelle du couple. L’homme d’Église reçoit la confession d’un criminel et ne peut, soumis à la loi du silence, le dénoncer à la police, même quand il devient lui-même le suspect du crime. Il est alors dans la frustration perma­nente, ne pouvant parler ni se défendre, il doit se maîtriser contre toute émotion, faisant preuve d’une (f)rigidité imperturbable. Face à lui, Karl Malden incarne le flic dans toute sa puissance virile, rendant Montgomery Clift encore plus efféminé. Quand il s’agit d’avouer publiquement son ancienne histoire d’amour, il laisse la parole à sa maîtresse, ce qui nous vaut des flash-back très romantiques, à la limite du roman-photo avec musique sucrée. Nous n’aurons jamais la vision masculine de cette romance…

Hitchcock travaille ses cadrages comme dans un film expressionniste : un crucifix, un clocher ou une scène de la Passion est toujours dans le plan quand apparaît Montgomery Clift, filmé en contre-plongée. Il est l’image même de la droiture ecclésiastique, expiant un péché qu’il n’a pas commis, mais dont il se sent coupable, à l’aune d’un passé un peu trouble et face à une population prompte à le juger. Un curé aussi beau, c’est forcément louche… Hitch­cock est décidément d’une perversité diabolique.
LA LOI DU SILENCE, Alfred Hitchcock, Mongomery Clift (E)
Caché sous une soutane, le sacristain d'une église de la ville de Québec tue un avocat qu'il s'apprêtait à voler. Surpris par le prêtre de la paroisse, le père Logan, il lui avoue le meurtre da ...

@

LA LOI, Christian Faure 2014, Emmanuelle Devos, Lorant Deutch (histoire bio)@@


Ce 29 novembre 1974. L'Assemblée nationale adopte la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Derrière ce texte qui divise, une femme, Simone Veil, seule face à sa majorité. Retour sur les débats qui ont précédé le vote, période durant laquelle rien ne lui sera épargné : solitude, injures, tractations politiques.

TELERAMA
En 1974, lors du débat sur la loi lagalisant l’IVG, Simone Veil fait face à la violence que suscite son projet. Emmanuelle Devos convainc même si la mécanique narrative reste un rigide.

Le 26 novembre 1974, Simone Veil, ministre de la Santé, est à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre son projet de loi légalisant l'avortement. Face à une assemblée d'hommes, elle s'apprête à rappeler l'injustice dont sont victimes les trois cent mille Françaises qui avortent chaque année dans la clandestinité, risquant la mutilation et la mort.

Ce téléfilm raconte avec précision les trois jours et deux nuits de débats qui ont donné la mesure des dissonances au sein de la société française, tiraillée entre désir d'émancipation et réflexes archaïques. Au-delà du courage, souvent salué, de Simone Veil, il met en lumière l'habileté qui lui a permis d'emporter la bataille, en plaçant le débat sur le terrain de la santé publique et de l'ordre social plutôt que sur celui, plus risqué, de la lutte féministe. La stratégie politique ainsi décryptée est passionnante, mais on ne peut pas dire pour autant que la fiction se soit aisément faufilée dans les interstices de l'Histoire. L'incarnation d'Emmanuelle Devos convainc mais, pour des questions de respect de la vie privée, ne s'autorise que de très discrets glissements intimistes. Et l'intrigue parallèle, tissée autour d'une jeune journaliste, personnage « prétexte » chargé d'enquêter sur la réalité de l'avortement clandestin, sent trop l'artifice à visée pédagogique.

Le 29 novembre 1974, l'Assemblée française adopte la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Derrière ce texte se tient une femme, Simone Veil, seule contre sa majorité. Trois jours de débats précèdent le vote. Durant ces longues heures, la ministre de la Santé, nouvelle venue en politique, doit se défendre devant un Parlement presque exclusivement composé d'hommes. Ce projet, loin de faire l'unanimité, suscite la violence, jusqu'aux relents antisémites. Tractations politiques, injures et agressions accompagnent les débats, à l'intérieur et à l'extérieur de l'arène politique. Consciente d'avoir entre ses mains l'avenir de centaines de femmes, Simone Veil fait face, avec force et dignité...


LA LOI, Christian Faure 2014, Emmanuelle Devos, Lorant Deutch (histoire bio)@@ (E)
Ce 29 novembre 1974. L'Assemblée nationale adopte la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Derrière ce texte qui divise, une femme, Simone Veil, seule face à sa majorité. Retour sur les d& ...

@

LA LUTTE DES CLASSES, Michel Leclerc 2019, Edouard Baer, Leila Behkti (social)@@


Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d'origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l'âme, cultive un manque d'ambition qui force le respect !

TELERAMA
Michel Leclerc, le cinéaste du “Nom des gens”, confronte les idéaux d’un couple de bobos au réel. Et signe un film malin et plein d’espoir.

Dix ans après Le Nom des gens, leur comédie sur l’engagement — à gauche toute —, Michel Leclerc et Baya Kasmi continuent le combat. Depuis toujours, Paul (Édouard Baer, baerissime !) emmerde le système… qui le lui rend bien. Il vit avec Sofia (Leïla Bekhti, parfaite), brillante avocate qu’on aurait qualifiée de « beurette » dans les années Mitterrand. Ils élèvent leur fils selon des principes d’ouverture d’esprit, de tolérance et d’alimentation bio. Mais quand ils déménagent à Bagnolet, leurs certitudes percutent la grande mixité de l’école publique du quartier. Parce que leurs potes passent à l’ennemi (l’école privée), Paul et Sofia vont durcir leur position, jusqu’à risquer de mettre leur couple, et leur fils, en danger. Le monde devient fou ? Oui, et si on ne fait pas attention la catastrophe guette, prévient Michel Leclerc.

Sans moralisme, il guide Paul et Sofia vers le chemin de la réconciliation. À l’aide d’un scénario à l’humour malin qui s’amuse à retourner les clichés ou à les confronter à une réalité absurde. De quoi la peur se nourrit-elle ? De l’ignorance plus que des différences. On pourrait reprocher aux scénaristes d’enfoncer des portes ouvertes, mais leur propos échappe au manichéisme grâce à la poésie qui s’invite ici ou là, sur un air de Jeanne Cherhal. Tant qu’il y a de l’amour, de l’humour — et des luttes à mener —, il y a de l’espoir.
LA LUTTE DES CLASSES, Michel Leclerc 2019, Edouard Baer, Leila Behkti (social)@@ (E)
Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d'origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l'âme, cultive un manque d'ambition qui ...

@

LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS, George Pal 1960, Rod Taylor, Alan Young, Yvette Mimieux, Sebastian Cabot (science fiction)@


Un scientifique met au point une machine qui lui permet de voyager dans le temps. Il traverse plusieurs millénaires et découvre le monde aux mains des Morlocks, monstres qui asservissent une population soumise et bucolique. Oscar des meilleurs effets spéciaux.

TELERAMA
LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS, George Pal 1960, Rod Taylor, Alan Young, Yvette Mimieux, Sebastian Cabot (science fiction)@ (E)
Un scientifique met au point une machine qui lui permet de voyager dans le temps. Il traverse plusieurs millénaires et découvre le monde aux mains des Morlocks, monstres qui asservissent une population soumise et bucolique. Os ...

@

LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS, Simon Wells 2002, Jeremy Irons (science fiction)@


À New York, en 1899, Alexander Hartdegen, un brillant physicien de l'université de Columbia, fait la connaissance d'Emma, une charmante demoiselle dont il tombe follement amoureux. Un soir, dans Central Park, il trouve le courage de lui déclarer sa flamme et de lui offrir une bague de fiançailles.

ALLOCINE
C'est de la pure science-fictions sur le thème du voyage dans le temps. Ici il ne s'agit pas de voyage dans le passé (et tous les paradoxes qui vont avec) mais dans un avenir plus au moins lointain: un futur proche et surtout un beaucoup plus éloigné. Dans les 2 cas c'est une vision optimiste de l'avenir de la Terre, ce qu'on ne voit pas si souvent au cinéma, et en plus les paysages, les décors et les effets spéciaux sont très bien. La fin est très positive.
Après, on a plutot l'impression d'un film à budget moyen qu'un budget à 122 millions de dollars et le film est un peu naif, ils auraient pu faire moins basique.
Mais l'ensemble est pas mal.
LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS, Simon Wells 2002, Jeremy Irons (science fiction)@ (E)
À New York, en 1899, Alexander Hartdegen, un brillant physicien de l'université de Columbia, fait la connaissance d'Emma, une charmante demoiselle dont il tombe follement amoureux. Un soir, dans Central Park, il trouve le cour ...

@

LA MAIN AU COLLET, Alfred Hitchcock, Gary Grant, Grace Kelly (thriller sentimental)@@


Ancien cambrioleur spécialisé dans les vols de bijoux, John Robie fut surnommé le Chat en raison de son extrême agilité. Ayant abandonné ses activités illégales depuis belle lurette, il profite pleinement de sa retraite ensoleillée sur la Côte d'Azur. Pourtant, il va se retrouver impliqué malgré lui dans une affaire de vols en série, le vilain farceur signant ses larcins de la même manière que le Chat.

TELERAMA
Piquante comédie policière sur la Riviera. Avec un couple torride de cambrioleurs – Grace Kelly, le feu sous la glace, et Cary Grant, un Arsène Lupin charismatique - qui jouent au chat et à la souris.

Ancien voleur de bijoux émérite, John Robie goûte maintenant aux plaisirs d’une retraite dorée sur la Riviera. Mais une succession de vols qui portent sa griffe l’oblige à sortir de sa réserve. Il échappe à la police, qui le soupçonne, et se met lui-même à enquêter, décidé à confondre celui qui l’imite.

Même mineur dans l’œuvre de Hitch, La Main au collet reste un grand film. Un divertissement azuréen d’une légèreté subtile, une variation miroitante sur le thème du vol, aux sens propre et figuré. Le scénario ne brille guère par son suspense, mais il est émaillé de détails cruels et délicieux, d’allusions érotiques. Le soleil de la Riviera, le bleu insolent du ciel et la splendeur des palaces sont une façade touristique idéale ; dessous se joue une partie de cache-cache jubilatoire où le plaisir pervers tient autant au fait de chercher que d’être recherché, de voler que d’être volé. Grace Kelly, radieuse femme du monde, illumine le film de bout en bout, tandis que Cary Grant, parfait en Arsène Lupin américain, marie divinement l’humour et la classe. Dernier détail, prophétique : la poursuite au bord de la corniche fait froid dans le dos si l’on songe à l’accident fatal de l’actrice sur cette même route…
LA MAIN AU COLLET, Alfred Hitchcock, Gary Grant, Grace Kelly (thriller sentimental)@@ (E)
Ancien cambrioleur spécialisé dans les vols de bijoux, John Robie fut surnommé le Chat en raison de son extrême agilité. Ayant abandonné ses activités illégales depuis belle lurette, il ...

@

LA MAISON DU LAC, Marc Rydell, Henry Fonda, Catharine Hepburn, Jane Fonda


Ethel et Norman Thayer s'apprêtent à passer leur quarante-huitième été dans leur maison de Golden Pond. Norman, qui va fêter ses 80 ans, est hanté par la mort. Cette obsession a développé en lui un humour caustique que seule sa femme comprend.
LA MAISON DU LAC, Marc Rydell, Henry Fonda, Catharine Hepburn, Jane Fonda (E)
Ethel et Norman Thayer s'apprêtent à passer leur quarante-huitième été dans leur maison de Golden Pond. Norman, qui va fêter ses 80 ans, est hanté par la mort. Cette obsession a développ ...

@

LA MALEDICTION DE A PYRAMIDE, Roger Christian 2013, John Rhys-Davies, David Charvet (thriller)


Doug Adler, un apprenti archéologue, participe à une périlleuse expédition internationale en Egypte, afin de faire des fouilles autour des pyramides. En effet, une tempête a révélé l'existence d'une pyramide jusqu'à présent ignorée de tous. Avec son équipe, il découvre cette ancienne cité perdue ensevelie sous les pierres et un secret qui dépasse son imagination. Les voyageurs comprennent rapidement qu'ils ont par mégarde réveillé les dieux anciens, qui déclenchent une malédiction vieille de 5000 ans. Le groupe de chercheurs met tout en oeuvre pour empêcher l'apocalypse...
LA MALEDICTION DE A PYRAMIDE, Roger Christian 2013, John Rhys-Davies, David Charvet (thriller) (E)
Doug Adler, un apprenti archéologue, participe à une périlleuse expédition internationale en Egypte, afin de faire des fouilles autour des pyramides. En effet, une tempête a révélé l'ex ...

@

LA MALEDICTION DU PHARAON, Russell Mulcahy 2006 (aventure)@


1922. Un jeune archéologue s'engouffre dans le désert égyptien afin de percer le secret de la tombe de Toutankhamon, mais il n'est pas le seul à s'intéresser à cette tombe. Un autre homme est lui aussi sur le chemin de la cache.

TELERAMA
Danny Freemont a réussi à mettre au jour le tombeau du pharaon Toutankhamon. Cet événement sans précédent lui vaut gloire et fortune. Mais son triomphe est de courte durée. Tous les objets d'art, des trésors inestimables, ainsi que le site archéologique dans son ensemble, sont entièrement confisqués par les autorités égyptiennes. Profitant de la situation plus que confuse, Sinclair, l'éternel rival de Freemont, dérobe le dernier fragment de la fameuse tablette d'émeraude. En réussissant à la recomposer, il convoque toutes les forces du mal et ouvre une mystérieuse porte qui mène à un royaume inconnu...
LA MALEDICTION DU PHARAON, Russell Mulcahy 2006 (aventure)@ (E)
1922. Un jeune archéologue s'engouffre dans le désert égyptien afin de percer le secret de la tombe de Toutankhamon, mais il n'est pas le seul à s'intéresser à cette tombe. Un autre homme est lui au ...

@

LA MAMAN DU BOURREAU, Gabriel Aghion 2024, Marie-Christine Barrault (religion moeurs)@@


Du haut de ses 80 ans, Gabrielle de Miremont, grande bourgeoise catholique, semble inatteignable. Puis, un matin, un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils tant aimé, le père Pierre-Marie. Le monde s'écroule. Cet effondrement prend pourtant racine un mois plus tôt, à la suite d'un article paru dans la presse révélant une affaire de prêtres pédophiles dans la région.

TELERAMA
Confrontée aux crimes sexuels de son fils, le long chemin d’une mère vers l’accepation. Un téléfilm courageux, porté par Marie-Christine Barrault.

La riche octogénaire Gabrielle de Miremont, fervente catholique, chérit son fils Pierre-Marie, prêtre de la paroisse. Charismatique et aimé des fidèles, Pierre-Marie est pourtant l’objet de révélations accablantes qui paraissent dans le journal local : après trois décennies de silence, un homme, sous couvert d’anonymat, y témoigne des viols que le curé lui a fait subir enfant. Le monde de Gabrielle s’écroule. Refusant d’abord de regarder la vérité en face, puis de plus en plus gagnée par le doute, elle va tenter de se rapprocher d’Hadrien, un père de famille qu’elle devine être la victime de Pierre-Marie.


Sur le sujet particulièrement délicat à traiter des violences sexuelles sur mineurs au sein de l’Église catholique, ce téléfilm courageux s’en tire très bien. Même si le scénario suit un cours relativement prévisible, la puissance émotionnelle de certaines scènes finit par emporter le spectateur. Marie-Christine Barrault, en mère rongée par le remords et la honte, est remarquable. Tout comme l’émouvant Xavier Robic, très juste en victime qui parvient enfin poser les mots sur ce qu’il a vécu.
LA MAMAN DU BOURREAU, Gabriel Aghion 2024, Marie-Christine Barrault (religion moeurs)@@ (E)
Du haut de ses 80 ans, Gabrielle de Miremont, grande bourgeoise catholique, semble inatteignable. Puis, un matin, un gendarme vient lui annoncer la mort de son fils tant aimé, le père Pierre-Marie. Le monde s'écroule. C ...

@

LA MARCHE DE L EMPEREUR, Luc Jacquet 2005


Les manchots empereurs vivent en colonie en Antarctique. Au milieu de leurs congénères, chaque couple de manchots lutte contre les conditions extrêmes pour perpétuer l'espèce et protéger leur petit des nombreux obstacles et dangers qui les guettent. Chaque année est un cycle qui voit la naissance d'un seul petit manchot par couple, dont beaucoup n'atteindront pas l'âge adulte, voire n'auront pas la chance de naître. Outre le grand froid, le vent et les tempêtes, ils affrontent des prédateurs tels que le léopard de mer et le pétrel géant. Les parents alternent entre protection de l'œuf puis du petit dans l'intérieur des terres (plus stable et protégé que la banquise) et pêche sur le littoral. Des kilomètres de marche sont alors nécessaires pour utiliser les avantages de ces deux territoires alors que le manchot, bien plus à l'aise dans l'eau, est incapable de voler et se déplace avec difficulté sur le continent.
LA MARCHE DE L EMPEREUR, Luc Jacquet 2005 (E)
Les manchots empereurs vivent en colonie en Antarctique. Au milieu de leurs congénères, chaque couple de manchots lutte contre les conditions extrêmes pour perpétuer l'espèce et protéger leur petit d ...

@

LA MARIEE ETAIT EN NOIR, Francois Truffaut 1968, Jeanne Moreau, Charles Denner (thriller)@


Le jour de son mariage, alors qu'elle sort à peine de l'église, Julie voit son mari se faire assassiner sous ses yeux... Personne ne sait pourquoi l'homme était la cible de cette balle. La veuve va alors entreprendre un voyage pour se venger de ceux qui ont tué son mari. Elle tient une liste des cinq responsables et elle compte les éliminer un à un.

TELERAMA
Dans ses accès d’autoflagellation, Truffaut regretta d’avoir fait ce film, qui se limitait selon lui à une apologie de l’autodéfense. Cette idéologie douteuse lui avait échappé, tant il gardait l’œil fixé sur un cap aveuglant : un film d’amour sans une scène d’amour. Aujourd’hui encore, c’est ce pari passionnel qui fascine.
Ange et démon, bourreau et victime, Julie extermine les hommes à travers un rituel érotique sec et désespéré. Chimiste désaxée, elle leur extorque soupirs et confidences pour alimenter sa machine à souvenirs et aimer son défunt dans une dimension qui n’appartient qu’à elle. Sa démarche mortuaire se rapproche de celle du héros de La Chambre verte, que Truffaut interprétera par la suite. Aux antipodes de la Catherine de Jules et Jim, jamais Jeanne Moreau ne rit ni ne virevolte. « Joue comme Humphrey Bogart », lui dit le cinéaste. Avec son jeu hypnotique et dépouillé, l’actrice nous ballotte dans un envoûtant port de l’angoisse, baigné par les eaux glaciales du Styx.
LA MARIEE ETAIT EN NOIR, Francois Truffaut 1968, Jeanne Moreau, Charles Denner (thriller)@ (E)
Le jour de son mariage, alors qu'elle sort à peine de l'église, Julie voit son mari se faire assassiner sous ses yeux... Personne ne sait pourquoi l'homme était la cible de cette balle. La veuve va alors entreprendre un ...

@

LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@


Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s'interroger sur la finalité de l'organisation qui l'emploie.

TELERAMA
Un chômeur se voit confier un emploi mystérieux, qui va le mettre en péril... Avec une rare économie de moyens, le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

On déplore trop souvent la frilosité du cinéma français à s’emparer des scandales politiques contemporains pour ne pas saluer les réalisateurs qui s’y risquent. Dans le sillage d’un Nicolas Pariser (Le Grand Jeu, 2015), inspiré de « l’affaire de Tarnac », Thomas Kruithof a imaginé un thriller paranoïaque à l’américaine sur les fameux carnets de Ziad Takieddine… Recruté pour retranscrire des écoutes téléphoniques illégales par un mystérieux commanditaire, François Cluzet prête son habituel flegme à ce personnage de chômeur de longue durée qui s’improvise dactylo.

Avec une rare économie de moyens (un appartement vide, très peu de dialogues, de brusques accès de violence), le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@ (E)
Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes ...

@

LA MELODIE DU BONHEUR Robert Wise 1965, Jukie Andrews


Maria, une jeune novice de l'abbaye de salzbourg, rêve de devenir nonne. régulièrement, lorsqu'elle sort se promener, inspirée par la nature, elle laisse libre cours à son imagination, en oubliant les heures qui passent. la mère supérieure, soucieuse de sa vocation, décide de l'envoyer comme gouvernante chez le baron von trapp, un ancien officier de marine, veuf et père de sept enfants. elle est certaine que maria saura se rendre utile dans cette famille nombreuse.
LA MELODIE DU BONHEUR Robert Wise 1965, Jukie Andrews (E)
Maria, une jeune novice de l'abbaye de salzbourg, rêve de devenir nonne. régulièrement, lorsqu'elle sort se promener, inspirée par la nature, elle laisse libre cours à son imagination, en oubliant les heure ...

@

LA MEMOIRE DANS LA PEAU, Doug Liman 2002, Matt Damon, Franka Potente (thriller mer)@@


Sur la côte adriatique, un bateau de pêche repère le corps inanimé d'un homme ballotté par les flots. Des marins s'empressent de le repêcher. Portant des traces de balles dans le dos, cet homme à l'identité inconnue a miraculeusement survécu. Cependant, il ne se souvient plus de rien, même pas de son nom ou des raisons pour lesquelles on a tenté de le tuer. Toutefois, un indice subsiste : de sa hanche est extraite une petite capsule holographique indiquant un numéro de compte à Zurich.
LA MEMOIRE DANS LA PEAU, Doug Liman 2002, Matt Damon, Franka Potente (thriller mer)@@ (E)
Sur la côte adriatique, un bateau de pêche repère le corps inanimé d'un homme ballotté par les flots. Des marins s'empressent de le repêcher. Portant des traces de balles dans le dos, cet homme à ...

@

LA MESURE DE L HOMME, Kraume Lars 2023, Peter Simonischek, Leonard Scheicher (histoire)@


En Allemagne, le débat sur les atrocités coloniales perpétrées au début du XXᵉ siècle a été éclipsé par la Shoah. Cette fiction ambitionne de le rouvrir, à travers l’odyssée macabre d’un jeune ethnologue berlinois. D’abord opposé aux théories eugénistes de l’époque (selon lesquelles mesurer la taille d’un crâne africain permettrait de démontrer la supériorité de la race blanche en général et allemande en particulier), ce chercheur devient complice du système par intérêt carriériste. Le fantasme qu’il nourrit aussi pour une jeune femme du peuple herero l’incite à s’aventurer de la Prusse à l’Afrique australe, sur le territoire de l’actuelle Namibie, pour devenir le témoin passif d’un génocide et du pillage des tombes par l’armée du Kaiser Guillaume II.

TELERAMA
Ce film aborde de façon maladroite le génocide commis au tournant du XXe siècle par l’Empire allemand dans ses colonies du Sud-Ouest africain.
S’il est louable de ne pas faire de ce personnage un héros, en avance sur son temps, ce film souffre d’une reconstitution vitrifiée, d’une interprétation guindée et d’un didactisme assommant, qui voit se succéder missionnaires, militaires et académiciens dans des paysages semi-désertiques. Rien n’émeut. Quant aux autochtones, ils demeurent en toile de fond, au motif – bien intentionné, mais terriblement maladroit – que filmer de leur point de vue relèverait de l’appropriation culturelle.
LA MESURE DE L HOMME, Kraume Lars 2023, Peter Simonischek, Leonard Scheicher (histoire)@ (E)
En Allemagne, le débat sur les atrocités coloniales perpétrées au début du XXᵉ siècle a été éclipsé par la Shoah. Cette fiction ambitionne de le rouvrir, à trave ...

@

LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@


Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à Compton, en Californie, Richard façonne l'engagement inébranlable et la vive intuition des filles. Ensemble, la famille Williams défie les probabilités apparemment insurmontables et les attentes qui se présentent à elles.

TELERAMA
Il avait dit que ses deux filles seraient des championnes de tennis, et tout s’est passé comme prévu. L’histoire est dingue, mais ce film adoucit la véritable “méthode” employée par Richard pour amener Venus et Serena Williams au sommet.

L'histoire est véridique : Richard Williams a établi une méthode pour mener ses filles Venus et Serena au sommet du tennis, et tout s’est passé comme prévu. Dommage que ce biopic, aimable produit hollywoodien, édulcore gentiment la réalité de ladite « méthode ». Richard est montré comme un vieux monsieur (Will Smith, plutôt bon) certes têtu, mais qui n’a en tête que le bonheur de ses filles. On ne voit rien de la sévérité des entraînements, et la « méthode » est réduite à une simple prophétie. À l’exception d’un aspect, réel et sidérant : le refus catégorique de faire disputer aux deux prodiges des tournois juniors avant de les faire entrer sur le circuit professionnel. Alors, le conflit entre le père, ses filles et leur autre entraîneur (Rick Macci) devient intéressant à observer.
LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@ (E)
Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à ...

@

LA MOME, Olivier Dahan 2007, Marion Cotillard, Jean-Pierre Martins (musical bio)@@


Enfant, Édith commence à chanter avec son père, lui-même acrobate, lors d'une représentation. Sa voix captive l'audience. Pendant plusieurs années, elle continue de chanter dans les rues de Montmartre pour gagner sa vie. Puis elle fait la connaissance de Louis Leplée, patron d'un cabaret, qui lui propose de chanter dans son établissement. C'est aussi lui qui lui donnera le surnom de "la Môme". Commence alors pour Édith le début d'une longue carrière de Paris à New York.

TELERAMA
La vie de Piaf, de Belleville à New York, non sans dévoiler quelques vérités dérangeantes. Marion Cotillard, très impliquée, est fidèle à l’esprit de la chanteuse.

Dans cette biographie enflammée, partiale mais précise, impossible de dissocier l’existence de la femme blessée de son œuvre. Sa voix contient toute sa vie. L’enfant grandit dans les rues de Belleville, est abandonnée par sa mère, récupérée par son père, qui la confie à sa propre mère, tenancière de bordel en Normandie.

Le cinéaste sélectionne des moments-clés comme autant d’instantanés. Ascension, grandeur et déchéance, donc. Mais sans chronologie linéaire. Très tôt, la fin est montrée. Rien n’est caché de sa dégradation physique. Mais Piaf a le don de transformer sa laideur en beauté. L’exceptionnel, chez cette artiste, c’est sa foi inébranlable, en l’amour, en la chanson et… en sainte Thérèse. Tout près de la Piaf décadente (alcoolique, morphinomane), il y a la Piaf dévote. D’un extrême à l’autre, la même personne qui abhorre la tiédeur. Le bien et le mal, l’amour et le chagrin, le succès et l’excès… l’un exacerbe toujours l’autre. Marion Cotillard (Oscar et César de la meilleure actrice) s’offre sans compter, donnant l’illusion de risquer sa peau, au sens propre et au figuré.
LA MOME, Olivier Dahan 2007, Marion Cotillard, Jean-Pierre Martins (musical bio)@@ (E)
Enfant, Édith commence à chanter avec son père, lui-même acrobate, lors d'une représentation. Sa voix captive l'audience. Pendant plusieurs années, elle continue de chanter dans les rues de Montmartr ...

@

LA MOMIE, Alex Kurtzman 2017, Tom Cruise, Sofia Boutella


L'action se déplace à l'époque de l'Égypte ancienne où il est raconté que la première femme dans la lignée de succession au trône de son père, le pharaon Menehptre, existe seulement pour être dépouillée de son droit d'aînesse

TELERAMA
L’intrigue est mince, mais les effets spéciaux, l’humour alerte et bon enfant, et l’autodérision relèvent le niveau. Dans un avion en plein crash ou au fond d’une crypte ténébreuse, ces séquences se révèlent aussi habiles que l’intrigue est plate. Bourré d’effets spéciaux alors du dernier cri, ce ludique divertissement est le premier volet d’une nouvelle saga hollywoodienne consacrée à une guilde de personnages fantastiques, à la manière des super­héros de Marvel ou de DC Comics. Sauf que cette fois, les studios Universal recyclent leur patrimoine de vieux films d’épouvante et de méchants mythiques. En attendant, entre autres, créature de Frankenstein, loup-garou et homme invisible, on fait ainsi connaissance avec les plus célèbres schizophrènes du gothique victorien, le Dr Jekyll et son double, Mister Hyde, tous deux interprétés avec une malice gourmande par Russell Crowe. L’ex-gladiator réussit même à arracher quelques scènes à Tom Cruise, ce qui relève de l’exploit. Car la star hante chaque plan, chaque cascade, avec une dose inhabituelle d’autodérision. C’est l’autre bonne surprise : un humour alerte et bon enfant, pas du tout momifié.
LA MOMIE, Alex Kurtzman 2017, Tom Cruise, Sofia Boutella (E)
L'action se déplace à l'époque de l'Égypte ancienne où il est raconté que la première femme dans la lignée de succession au trône de son père, le pharaon Menehptre, existe ...

@

LA MOMIE, Stephen Sommers 1999, Brendan Fraser, Rachel Weisz, John Hannah (science fiction fantastique)@


1719 avant J.-C. Pour avoir osé ravir sa fiancée au Pharaon, le grand prêtre Imhotep est momifié vivant et enseveli dans une crypte secrète d'Hamunaptra, mais son coeur bat toujours et la Momie attend l'heure de sa libération. En 1923, l'aventurier O'Connell découvre les ruines d'Hamunaptra. La malédiction d'Imhotep va pouvoir se réaliser.

TELERAMA
Égypte, années 1920. Un aventurier américain qui a découvert la Cité des Morts, en recherche le trésor avec une archéologue et son frère, au mépris de la malédiction qui pèse sur eux.

Imaginez que l'on étire sur deux heures le prologue des Aventuriers de l'arche perdue, où Indiana Jones déjoue en quelques minutes une bonne dizaine de pièges. Gardez l'aventurier, ajoutez une crypte remplie d'or et une momie, autrefois ensevelie vivante, qui se réveille pour crier vengeance, et multipliez les pilleurs de tombes... Vous obtenez une sorte de « remake de remake de remake » d'un classique (réalisé en 1932, avec Boris Karloff), dont les rapports avec l'original sont de plus en plus flous.

Le film, qui démarre sérieux, bifurque très vite vers la parodie foutraque. L'humour emporte tout, sur fond d'effets spéciaux souvent hallucinants. Batailles de momies, nuées de scarabées voraces qui vous engloutissent un méchant en quelques secondes : ce n’est plus La Momie, c'est « Y a-t-il un aventurier dans la pyramide ? ». Les grands gamins nostalgiques du cinoche du samedi soir seront à la fête.
LA MOMIE, Stephen Sommers 1999, Brendan Fraser, Rachel Weisz, John Hannah (science fiction fantastique)@ (E)
1719 avant J.-C. Pour avoir osé ravir sa fiancée au Pharaon, le grand prêtre Imhotep est momifié vivant et enseveli dans une crypte secrète d'Hamunaptra, mais son coeur bat toujours et la Momie attend l'heu ...

@

LA MONTAGNE MAGIQUE, Hans W.Geissendorfer 1982, Rod Steiger, Marie-France Pisier, Christoph Eichhorn (saga)@@@


En 1907, Hans Castorp, jeune allemand de la haute bourgeoise de Hambourg, rend visite à son cousin poitrinaire Joachim Ziemssen hospitalisé dans un sanatorium chic de Davos, en Suisse. Fasciné par la morbidité du lieu et sa galerie de malades pittoresques, Hans y prend pension et y restera jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.
Le film est une adaptation du roman de Thomas Mann La Montagne magique, écrit dans les années 1910 et publié en 1924, considéré comme l'une des œuvres les plus influentes de la littérature allemande du XXe siècle.

TELERAMA
Déambulation hypnotique dans le sanatorium qui servit de décor à “La Montagne magique”, de Thomas Mann, et dans le roman lui-même, évoqué par des spécialistes concis et captivants.
Sortir de sa paisible retraite l’ancien patient d’un sanatorium pour le filmer des dizaines d’années plus tard sur les lieux de sa cure, sous prétexte que l’endroit servit de décor au célèbre roman de Thomas Mann La Montagne magique : la démarche aurait pu relever de la fausse bonne idée. Tout au contraire, la déambulation in situ de ce survivant d’une lointaine hibernation dans un palais de stuc plonge ce documentaire dans les abysses mystérieux de la mémoire, qui ondule sous les à-coups de souvenirs à la fois paisibles et traumatiques.
La manière dont cet homme est filmé, somnambule au regard aiguisé, errant à petits pas dans les couloirs, ouvrant et fermant les portes d’ascenseurs ou de balcons, est admirable de douceur respectueuse. Ce monsieur n’est que de passage dans les images, comme l’étaient les malades de la tuberculose dans ces institutions luxueuses, et le télescopage de son témoignage avec les extraits du livre de Thomas Mann procure une grande émotion.
Mais c’est bien la littérature qui est à l’honneur, derrière ce montage de haute rigueur, cousu d’analyses de spécialistes captivants et concis, avec des archives éclairantes dignes du Titanic montrant des cuillères en argent tremblantes plongées dans la chantilly, ou l’apparition de l’auteur allemand fumant d’un air perdu, et de son épouse, Katia, sa source d’inspiration première. Encore un exemple de femme de l’ombre, dont le film salue le travail de prise de notes lors de son séjour en sana, qui permit à son mari de bâtir des personnages plus vrais que nature. Ainsi mise en images et en perspective, la langue de La Montagne magique, dont on célèbre cette année le centenaire, frappe par son étincelante justesse et appelle une nouvelle lecture contemporaine.


Publié en 1924 après dix ans d'écriture, "La Montagne magique" (Der Zauberberg) suit le périple de Hans Castorp, ingénieur tout juste diplômé, qui rend visite à son cousin en cure dans les Alpes suisses. Grisé par l'air de la montagne, le jeune homme est fasciné par l'atmosphère du sanatorium et le quotidien languissant des pensionnaires, appartenant pour la plupart à l'élite européenne. Désireux de revenir aux sources de l'œuvre, le documentariste André Schäfer se rend au cœur des somptueuses Alpes suisses, où l'écrivain a puisé sa source d'inspiration lors d'une visite à sa femme Katia, elle-même pensionnaire d'un sanatorium pour soigner une maladie pulmonaire mal identifiée. Revisitant cette satire de la bourgeoise européenne d'avant-guerre, des historiens et des chercheurs témoignent de son indéniable modernité.
LA MONTAGNE MAGIQUE, Hans W.Geissendorfer 1982, Rod Steiger, Marie-France Pisier, Christoph Eichhorn (saga)@@@ (E)
En 1907, Hans Castorp, jeune allemand de la haute bourgeoise de Hambourg, rend visite à son cousin poitrinaire Joachim Ziemssen hospitalisé dans un sanatorium chic de Davos, en Suisse. Fasciné par la morbidité du ...

@

LA MONTANA RUSA, Emilio Martinez Lazaro 2012, Ernesto Alterio, Veronica Sanchez, Alberto San Juan (sentimental)@@


L'intrigue suit un triangle amoureux entre trois amis de longue date qui se retrouvent : un clown (Lorenzo), un animateur de télévision (Luis) et une violoniste frigide (Ada).
LA MONTANA RUSA, Emilio Martinez Lazaro 2012, Ernesto Alterio, Veronica Sanchez, Alberto San Juan (sentimental)@@ (E)
L'intrigue suit un triangle amoureux entre trois amis de longue date qui se retrouvent : un clown (Lorenzo), un animateur de télévision (Luis) et une violoniste frigide (Ada). ...

@

A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@


Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. Il fuit à travers les États-Unis et part à la recherche d'une vérité qui se révélera très surprenante.

TELERAMA
Charme, élégance, interprétation, suspense, scènes mythiques : autant de morceaux de bravoure qui font de la course folle de Cary Grant, traqué par de mystérieux espions, un monument du cinéma.

Véritable encyclopédie du cinéma selon Hitchcock, La Mort aux trousses est un film dont la réussite donne le vertige. Elle est éclatante à tout point de vue : scénario, interprétation, décors et, évidemment, mise en scène. Tant de perfection pourrait peser, les chefs-d’œuvre sont souvent écrasants. Celui-ci est d’une superbe légèreté et a toutes les élégances. L’argument a la saveur d’un coup de dés. Le publicitaire Roger Thornhill est pris pour un certain George Kaplan, agent secret. Mais Kaplan n’existe pas, c’était un leurre pour tromper d’autres espions…

Kidnapping, assassinats, La Mort aux trousses est une course folle. Il y a bien quelques microfilms dans cette histoire. Mais l’important est dans l’élan, la fuite en avant. Les scènes s’enchaînent, plus mémorables les unes que les autres : la vente aux enchères, la fuite sur le mont Rushmore. Et l’attaque de l’avion dans une immensité désertique où Thornhill ne peut se cacher, géniale leçon de cinéma.

Mais Hitchcock sait aussi faire un morceau de bravoure d’un baiser entre Cary Grant et Eva Marie Saint, et raconter leur rééducation sentimentale avec esprit. Jusqu’au fameux dernier plan, le plaisir est complet.
A MORT AUX TROUSSES, Alfred Hitchcock 1959, Gary Grant, Eva Mary Saint (thriller)@@@ (E)
Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d'un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. ...

@

LA MORT DANS LA PEAU, Paul Greengrass 2004, Matt Damon, Joan Allen


Voici deux ans que Jason Bourne, ancien agent et tueur à gages de la CIA, et sa petite amie, Marie, fuient leurs ennemis en se méfiant de tout et de tous. Ils décident de trouver refuge dans le petit village de Goa, mais leur bonheur est de courte durée. En effet, Jason s'est toujours promis de punir ceux qui reviendraient lui nuire.

TELERAMA
Le grand succès de la série tient à un habile nettoyage du film d’espionnage parano : poursuites effrénées et affrontements dans un brouillard d’indices. Paul Greengrass ­applique cette fois son approche néodocumentaire et nerveuse au capharnaüm technologique des services secrets américains à Berlin. Mais l’atout majeur de la saga reste Matt Damon. Les affres et la terreur de ce sprinter forcé, au physique d’ado introverti, ont contribué à modifier l’ADN du héros d’action américain.
LA MORT DANS LA PEAU, Paul Greengrass 2004, Matt Damon, Joan Allen (E)
Voici deux ans que Jason Bourne, ancien agent et tueur à gages de la CIA, et sa petite amie, Marie, fuient leurs ennemis en se méfiant de tout et de tous. Ils décident de trouver refuge dans le petit village de Goa, mai ...

@

LA MOUTARDE ME MONTE AU NEZ, Claude Zidi 1974, Pierre Richard, Jane Birkin (comique)@@


Pierre Durois est professeur dans un pensionnat pour jeunes filles. À ses heures perdues, il rédige des discours politiques ou, dans un tout autre registre, il écrit des articles à sensation. Un jour, ses élèves échangent quelques-uns de ses feuillets. Pierre est alors entraîné dans une série de quiproquos.

TELERAMA
Une farce bon enfant qui tire à blanc sur la presse à scandales, la politique et le star system. Pierre Richard, jeune prof de maths d’une maladresse congénitale, endosse une nouvelle fois son costume de supergaffeur. Et Jane Birkin assure en starlette débordée

Il y a des films avec lesquels on n’a pas envie d’être méchant. Comme cette farce bon enfant qui tire à blanc sur la presse à scandales, la politique cul serrée et le star-système. Pierre Durois, petit prof de maths, va mettre une pagaille dans tout ça. Oh, pas exprès, vu que c’est Pierre Richard, imbattable quand il s’agit de se prendre les pieds dans le tapis…

Le rythme assez soutenu repose sur ses gaffes en cascades, et on parvient à sourire de temps en temps. Ça ne casse pas trois pattes à un frisé maladroit, mais, décidément, on se refuse à être cinglant. Il est si sympa, Zidi, de jouer au petit jeu des références avec un léopard apprivoisé pour rendre hommage à L’Impossible Monsieur Bébé, puis une étreinte roulée-mouillée sur la plage comme dans un Tant qu’il y aura des hommes de cartoon. Claude Piéplu est parfaitement coincé dans son costume trois pièces de pourfendeur de la fesse. Le comique donne une mine superbe à Jane Birkin. Et la musique, un peu charleston, est très bien.
LA MOUTARDE ME MONTE AU NEZ, Claude Zidi 1974, Pierre Richard, Jane Birkin (comique)@@ (E)
Pierre Durois est professeur dans un pensionnat pour jeunes filles. À ses heures perdues, il rédige des discours politiques ou, dans un tout autre registre, il écrit des articles à sensation. Un jour, ses é ...

@

LA MULE Clint Eastwood 2018, Clint Eastwood, Bradley Cooper@@


À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors d'être chauffeur, un petit boulot, en apparence, facile. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un supérieur chargé de le surveiller.
LA MULE Clint Eastwood 2018, Clint Eastwood, Bradley Cooper@@ (E)
À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors d'être chauffeur, un petit boulot, en apparence, facile. Sauf que, sans le ...

@

LA MUSIQUE DE MON COEUR, Wes Craven 1999, Meryl Streep, Cloris Leachman (sentimental societe)@@


Après avoir été abandonnée par son mari, Roberta, professeur de musique, trouve un emploi pour enseigner le violon aux enfants défavorisés de Harlem, à New York. Malgré les frictions initiales de la directrice de l'école, Janet Williams, et des élèves, le programme réussit et attire la reconnaissance du public. Au bout de dix ans, le programme est soudainement interrompu à la suite de coupes budgétaires. Roberta, avec Williams et ses anciens élèves, organise un concert pour récolter des fonds.
LA MUSIQUE DE MON COEUR, Wes Craven 1999, Meryl Streep, Cloris Leachman (sentimental societe)@@ (E)
Après avoir été abandonnée par son mari, Roberta, professeur de musique, trouve un emploi pour enseigner le violon aux enfants défavorisés de Harlem, à New York. Malgré les frictions i ...

@

LA MUTINERIE, Buzz Kulik 1969, Jim Brown, Gene Hackman (thriller)@


Au pénitencier de l'État de l'Arizona, les détenus en cellule d'isolement se révoltent et réussissent à s'échapper. Ils partent alors libérer le reste des prisonniers en prenant en otage l'ensemble du personnel. Alors qu'ils prétendent avoir des revendications face aux journalistes, en coulisse, ils creusent un tunnel afin de s'enfuir pour de bon.

TELERAMA
Dans le pénitencier d'Etat de l'Arizona, prisonniers blancs et noirs se mêlent. Certains d'entre eux ont réussi à capturer un gardien et à s'emparer de ses clefs. Les détenus libérés délivrent à leur tour leurs camarades. Le personnel de la prison, mis aux arrêts, doit la vie sauve à l'intervention de Cully Briston, un Afro-Américain athlétique, bientôt considéré comme le chef de la révolte. Alors que la rébellion s'organise, un bras de fer s'entame entre les insurgés et les autorités. Ces derniers espèrent avant tout sauver les vies des gardiens, devenus prisonniers. L'ambiance devient peu à peu explosive...
LA MUTINERIE, Buzz Kulik 1969, Jim Brown, Gene Hackman (thriller)@ (E)
Au pénitencier de l'État de l'Arizona, les détenus en cellule d'isolement se révoltent et réussissent à s'échapper. Ils partent alors libérer le reste des prisonniers en prenant en ota ...

@

LA NAISSANCE D UNE NATION, David Griffitz 1915, (saga)@@@@


ce film a pour unique fin de décrire les horreurs de la guerre, dans l'espoir que les hommes s'épargneront à l'avenir pareille épreuve. La première partie décrit l'Amérique avant la Guerre de Sécession, à travers le destin de deux familles : les nordistes Stoneman, avec le représentant abolitionniste Austin Stoneman (fondé sur la vie authentique de Thaddeus Stevens), ses deux fils et sa fille, Elsie, et les sudistes Cameron, une famille qui compte deux filles (Margaret et Flora) et trois fils, notamment Ben.

Les garçons Stoneman rendent visite aux Cameron en Caroline du Sud, l'État représentatif du vieux Sud. L'aîné des Stoneman tombe amoureux de Margaret Cameron, et Ben Cameron idolâtre un portrait d'Elsie Stoneman. Lorsque la guerre de Sécession commence, tous les jeunes hommes rejoignent leur armée respective. Une milice constituée de soldats afro-américains (dirigée par un officier blanc) met à sac la maison des Cameron. Les femmes Cameron sont secourues par les soldats confédérés qui mettent en déroute la milice. Pendant ce temps, le plus jeune des Stoneman et deux des fils Cameron meurent à la guerre. Ben Cameron est blessé après une lutte héroïque dans laquelle il acquiert le surnom de « Little Colonel », par lequel il est désigné durant le reste du film. Little Colonel est soigné dans un hôpital du Nord, où il rencontre Elsie, qui y travaille comme infirmière. La guerre se termine et Abraham Lincoln, qui appliquait une politique de réconciliation (« Je les traiterai comme s'ils n'avaient jamais voulu quitter l'Union »), est assassiné au Ford's Theater, permettant à Austin Stoneman et d'autres radicaux du Congrès de mener une politique brutale qui tend à installer une domination des Noirs dans le Sud.

La seconde partie est introduite par ce texte : « Ce récit est une reconstitution historique de la Guerre de Sécession et de la Reconstruction, et n'a pas pour ambition de dépeindre une race ou un peuple quelconques d'aujourd'hui. » Stoneman et son protégé « mulâtre », Silas Lynch, vont en Caroline du Sud pour appliquer leur programme : donner les pleins pouvoirs aux Afro-Américains du Sud par la fraude électorale. Lynch devient gouverneur de l'État dans une assemblée législative dominée par les Afro-Américains. Ceux-ci sont dépeints comme désordonnés et irrespectueux de leur charge : l'un boit pendant que l'autre se déchausse et met les pieds sur son bureau en pleine session. La législature adopte notamment une loi qui oblige les Blancs à saluer les miliciens afro-américains dans la rue. Ceux-ci, d'ailleurs, humilient régulièrement les Blancs, voire les menacent.

De son côté, Ben, inspiré par des enfants qui jouent aux fantômes pour effrayer les enfants afro-américains, élabore un plan pour inverser ce qui est perçu comme l'impuissance des Blancs du Sud en formant le Ku Klux Klan, « l'organisation qui a sauvé le Sud de l'anarchie du pouvoir noir, non toutefois sans verser encore plus de sang que la bataille de Gettysburg ». Lorsque Elsie apprend que Ben est mêlé au Klan, elle remet en question sa liaison avec lui.

Gus, ancien esclave qui s'est formé lui-même et a gagné un titre de reconnaissance de l'armée, se propose d'épouser Flora. Effrayée par ses avances, elle s'enfuit dans la forêt, poursuivie par Gus, qui affirme pourtant ne pas lui vouloir de mal. Piégée au bord d'un précipice, Flora se tue en se jetant dans le vide. Le Klan pourchasse alors Gus, s'empare de lui, prononce sa culpabilité, le tue et laisse son corps sur le pas de la porte du lieutenant-gouverneur Silas Lynch. En représailles, Lynch ordonne de sévir contre le Klan. Les Cameron s'enfuient, poursuivis par la milice afro-américaine et se cachent dans une petite cabane, qui appartient à deux anciens soldats de l'Union qui acceptent d'aider leurs anciens ennemis du Sud au nom de leur origine aryenne commune.

Pendant ce temps, avec le départ d'Austin Stoneman, Lynch essaie d'épouser Elsie de force[10]. Des membres du Klan découvrent la situation et partent chercher des renforts. Le Klan, désormais au complet, arrive à son secours et disperse les attroupements des crazed negroes (« nègres devenus fous »). Pendant ce temps, la milice de Lynch encercle et attaque la cabane où se cachent les Cameron, mais le Klan les sauve juste à temps. Victorieux, les membres du Klan font un cortège glorieux, et le film fait une coupe à l'élection suivante où le Klan prive les électeurs noirs de leurs droits de vote et confisque leurs armes.

Le film s'achève par une double lune de miel de Phil Stoneman avec Margaret Cameron et Ben Cameron avec Elsie Stoneman. La dernière image montre des foules opprimées par le dieu mythique de la guerre se retrouvant soudainement en paix sous l'image du Christ. Le dernier titre pose la question : « Oserons-nous rêver d'un âge d'or où la guerre bestiale ne régnera plus, mais, à sa place, un prince charmant dans la maison de l'amour fraternel dans la ville de la Paix ? ».
LA NAISSANCE D UNE NATION, David Griffitz 1915, (saga)@@@@ (E)
ce film a pour unique fin de décrire les horreurs de la guerre, dans l'espoir que les hommes s'épargneront à l'avenir pareille épreuve. La première partie décrit l'Amérique avant la Guerre de ...

@

LA NUEE, Just Philippot, 2020, Suliane Brahim, Marie Narbonne, Laura Hébrard (catastrophe)@@


Virginie a du mal à concilier sa vie d'agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour faire vivre sa famille et éviter la faillite de sa ferme, elle se consacre corps et âme à l'élevage de sauterelles comestibles. La vie est dure : les soucis financiers et les problèmes pratiques s'accumulent, les tensions avec ses enfants et ses voisins augmentent. Petit à petit, Virginie commence à développer un lien étrange et obsessionnel avec ses sauterelles.

TELERAMA
Dans sa petite exploitation écoresponsable, une mère de famille élève des sauterelles. Mais tout se dérègle… Un premier film horrifique fascinant.

Dans la famille des insectes, la sauterelle fait partie des « gentils ». Rien à craindre d’elle, a priori. Virginie, fermière atypique, a décidé d’en faire son animal d’élevage. Il s’agit de sauterelles comestibles dont elle tire une farine hyper protéinée, destinée à l’alimentation d’autres bêtes. C’est un type d’agriculture pionnière, peu coûteuse, écoresponsable. Cette mère de famille célibataire, courageuse, travaille durement et toute seule, pour que sa petite exploitation puisse la faire vivre avec ses deux enfants, encore en âge d’aller à l’école. L’aînée, adolescente, l’aide un peu puis rechigne, gardant un amer souvenir de la disparition de son père, qui s’est tué à la tâche avec ses chèvres…

Les gestes accomplis dans les serres abritant les sauterelles, les différentes étapes de la chaîne du travail, la vie au quotidien de la famille, les tracas mais aussi les moments de joie, tout cela est décrit de manière naturaliste. Reste qu’à travers des éléments tant visuels que sonores (la partition subtile de grésillements et de crissements), instillés tout au long de l’action, on pressent bien que La Nuée va décoller de la terre ferme vers le fantastique horrifique. Cette combinaison de réalisme et de film catastrophe est chose rare, sinon exceptionnelle dans le cinéma français. Pour son premier long métrage, Just Philippot frappe fort. En s’appuyant sur un scénario très original, il fait preuve d’une mise en scène aussi maîtrisée que réfléchie.

La violence qui se manifeste est d’autant plus marquante qu’elle reste longtemps réprimée. Elle couve. L’angoisse monte de manière lente et progressive, à mesure que l’éleveuse met la main dans un engrenage, contraire à ses principes, celui d’un productivisme à tous crins. Le film offre une allégorie aux interprétations multiples. Qui peut évoquer à la fois l’addiction au travail, l’enfermement dans une bulle, une folie faisant écho au dérèglement général — économique, climatique… Le tout se déploie avec une forme de beauté sanguinaire, monstrueuse. Dans sa manière de filmer l’insecte ailé sous différentes coutures, en très gros plan ou en nuée menaçante dans le ciel, le cinéaste fait assurément mouche, si l’on peut dire.

Son film émeut, aussi. Car on a largement le temps de s’attacher à chacun des personnages. Aux deux enfants inquiets ; confusément pour le cadet, lucidement pour l’aînée. Au viticulteur généreux qui vient souvent donner un coup de main, ami dévoué et possible amoureux. Et bien sûr à Virginie, à la fois bourreau et victime : Suliane Brahim (sociétaire de la Comédie-Française), fascinante de fébrilité, apporte une densité de chaque instant à ce personnage de femme av
LA NUEE, Just Philippot, 2020, Suliane Brahim, Marie Narbonne, Laura Hébrard (catastrophe)@@ (E)
Virginie a du mal à concilier sa vie d'agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour faire vivre sa famille et éviter la faillite de sa ferme, elle se consacre corps et âme à l'élevage de ...

@

LA NUIT AMERICAINE, Francois Truffaut 1973, François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Leaud (societe)@@@


LA NUIT AMERICAINE, Francois Truffaut 1973, François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Leaud (societe)@@@ (E)
...

@

LA NUIT AMERICAINE, Francois Truffaut 1973, François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Leaud (societe)@@@


Ferrand, célèbre metteur en scène, commence le tournage de son nouveau film, "Je vous présente Pamela", aux studios de la Victorine, à Nice. Le tournage se révèle long et difficile, d'autant plus que tous les personnages accumulent intrigues, passions et éclats, devant et derrière les caméras...

TELERAMA
Ferrand, le metteur en scène affublé d'un sonotone (rien ne lui « parle », excepté le cinéma ?), commence le tournage de Je vous présente Pamela. Aux studios de la Victorine, à Nice, c'est un ballet ininterrompu d'acteurs mêlant (et confondant) vraie vie et vrai cinéma, et de techniciens qui réclament des précisions en enjambant des câbles. Une ruche où l'on vit deux fois plus fort, deux fois plus vite, au son de la musique de Georges Delerue, comme si la vie menaçait de s'arrêter dès la fin du film. Julie Baker, la jeune star qui joue Pamela, amoureuse de son beau-père, arrive sur le tournage avec son mari de trente ans plus âgé qu'elle. Alphonse, l'acteur éberlué qui voudrait tant savoir si « les femmes sont magiques », ne quitte le plateau que pour aller au... cinéma. Séverine se regarde vieillir dans le miroir de sa loge et noie ses souvenirs dans le champagne. L'accessoiriste et la scripte cherchent des solutions miracles pour Ferrand, à la fois omniprésent et comme absent.

On a souvent dit qu'avec cette déclaration d'amour à son métier Truffaut voulait démontrer que le cinéma est plus important que la vie. Il montre, surtout, qu'il en est un condensé magique : la vie est formidable si on l'envisage comme un film.
LA NUIT AMERICAINE, Francois Truffaut 1973, François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Leaud (societe)@@@ (E)
Ferrand, célèbre metteur en scène, commence le tournage de son nouveau film, "Je vous présente Pamela", aux studios de la Victorine, à Nice. Le tournage se révèle long et difficile, ...

@

LA NUIT NOUS APPARTIENT, James Gray 2007, Sam mendes (thriller social)@@@


En 1988, la police de New York mène la guerre contre la drogue, et les coupables comme les innocents en font les frais. Bobby Green, le directeur d'un club qui est souvent fréquenté par des bandits tente de rester neutre, mais il cache un lourd secret. Son frère et son père sont policiers.

TELERAMA
Un flic éminent (Robert Duvall) et ses deux fils (Joaquin Phoenix, le mauvais garçon, et Mark Wahlberg, le gentil) se trouvent pris dans un piège infernal dans le New York des années 1980.

Après Little Odessa (1994) et The Yards (2000), ce fut le troisième diamant noir de James Gray. Une histoire de famille focalisée sur un père et ses deux fils. En haut trône le père, Burt, qui incarne la loi, chef de famille (l’épouse n’est plus là) et flic éminent. Il est fier de son fils aîné, Joseph, policier comme lui. Rien à voir avec l’autre fils, l’imprévisible Bobby, gérant d’une immense boîte de nuit qui fait fureur, où la came circule allègrement. La nuit nous appartient retrace un enchaînement fatal de circonstances au cours desquelles l’autorité familiale ne cesse de se déplacer.

Le brio du film est d’avoir transposé l’aspect shakespearien de cette histoire de rivalité et de loyauté dans le New York de la fin des années 1980. Décors, costumes, musique, rien ne manque au tableau et tout sonne juste. En termes d’analyse psychologique, on retrouve cette richesse. Les trois hommes et la femme sacrifiée sont poignants, car contraints à un renoncement cruel. Chaque personnage est une histoire à lui seul. D’où le côté oppressant et palpitant à la fois. D’abord torride – l’histoire s’ouvre sur une scène érotique –, le film se liquéfie, s’emplit de larmes. Jusqu’au déluge, lors d’une course-poursuite d’anthologie.
LA NUIT NOUS APPARTIENT, James Gray 2007, Sam mendes (thriller social)@@@ (E)
En 1988, la police de New York mène la guerre contre la drogue, et les coupables comme les innocents en font les frais. Bobby Green, le directeur d'un club qui est souvent fréquenté par des bandits tente de rester neutr ...

@

LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@


Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville lui ouvre un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l'un d'eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. A mesure que la vérité sur les événements se dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.

ALLOCINE
Les paysages, les animaux, surtout les oiseaux et les personnages se partagent l’affiche de cette adaptation du premier roman de Délia Owens. C’est une histoire qui parle de solitude, d’abandon, d’amour et de meurtre ou d’accident, seule l’enquête le dira. Si les acteurs sont tous excellents, mention spéciale pour Daisy Edgar-Jones, qui est vraiment sublime. Le rôle semble fait pour elle tellement il lui colle à la peau.
malgré l’importance de la nature sauvage, l’importance de cette solitude qui écrase tout et le poids des émotions, elle semble porter le film. Alors je ne dirais pas à elle toute seule, mais pas loin. Après, il est vrai que le film raconte l’histoire de son personnage. Il y a beaucoup d'émotions, vous verserez sans doute une petite larme ou deux. Quant-à la fin, elle est très surprenante.
LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@ (E)
Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant e ...

@

LA PANTHERE DES NEIGES, Sylvain Tesson (nature environnement) @@


La Panthère des neiges est un récit de Sylvain Tesson publié le 10 octobre 2019 aux éditions Gallimard et qui a reçu le prix Renaudot la même année

TELERAMA
De cette quête délicate, Tesson avait déjà tiré un récit étincelant, dans lequel il célébrait l’affût comme style de vie et déplorait le lien distendu de l’homme avec la nature. Bien plus qu’une adaptation de l’ouvrage à succès, le documentaire raconte avec son propre regard, aussi épuré que subtil, cette épopée. Entre observation amoureuse du vivant et récit d’aventures introspectif, l’itinérance est rehaussée par le spectacle hypnotique de paysages à la beauté primitive, graciles estampes minérales entre ciel et terre.
Bête à fantasmes, la panthère des neiges apporte au récit son fil narratif et sert de moteur au suspense, objet d’une excitation quasi enfantine et contagieuse, qui évoque le yéti de Tintin au Tibet ou la baleine blanche de Moby Dick. Un animal de légende teintant de son aura de mystère ce manifeste de vie contemplative, qui est aussi une célébration de la beauté à l’état sauvage.
LA PANTHERE DES NEIGES, Sylvain Tesson (nature environnement) @@ (E)
La Panthère des neiges est un récit de Sylvain Tesson publié le 10 octobre 2019 aux éditions Gallimard et qui a reçu le prix Renaudot la même année

TELERAMA
De cette quête d ...

@

LA PANTHERE ROSE, Blake Edwards 1963, Peter Sellers, David Niven (comique)@@


L'inspecteur Clouseau est une véritable catastrophe ambulante. Il est depuis des années à la poursuite d'un insaisissable cambrioleur de grand style connu comme étant « le Fantôme ». Chargé de la protection du diamant « la Panthère rose », possédé par la princesse Dala, il se rend avec sa femme dans la station de ski italienne de Cortina où se trouve déjà la princesse, objet de toutes les attentions de sir Charles Lytton, un mondain britannique, et de son neveu George.

TELERAMA
“La Panthère rose” : l’étincelant vaudeville de Blake Edwards
Un joyau d’une valeur inestimable, la “Panthère Rose”, vient d’être volé. Le président Haleesh, affolé, fait appel à un policier de réputation internationale pour le retrouver : Jacques Clouseau. Un film bourré de gags et de références.

Blake Edwards s’est amusé autour d’un thème classique, celui du gentleman cambrioleur, dont les méfaits servent de prétexte vaguement policier à un étincelant vaudeville. Le réalisateur de La Party ou de Diamants sur canapé navigue en eaux élégantes et familières : fêtes endiablées, parasites mondains, jolies femmes, décors tout en paillettes. Les gags font mouche, énormes, absurdes ou légers, presque indécelables.

On a souvent tenu ce film pour un divertissement mineur dans l’œuvre de son créateur. Cet allègre feu d’artifice sans prétention a, sans doute, été pris au piège de son propre succès, générant des suites plus ou moins réussies. Mais on retrouve ici l’essentiel du talent de Blake Edwards, entre burlesque très américain et humour grinçant. Sous la pantalonnade se glisse un portrait sarcastique, au fond assez pessimiste, des mœurs contemporaines. Derrière les gaffes du célèbre inspecteur divisionnaire de la Sûreté française, pigeon entre les pigeons, perce une tendresse mélancolique. David Niven, un habitué des rôles d’aigrefin chic, est irrésistible. Sans oublier le générique : fume-cigarette au coin des babines, la Pink Panther de dessin animé y commençait une carrière internationale.

Grand succès commercial à sa sortie, La Panthère rose a donné naissance à une série de films et aussi au personnage d'animation du même nom qui apparaît dans son générique et qui est ensuite devenu le protagoniste d'une longue série de dessins animés.
LA PANTHERE ROSE, Blake Edwards 1963, Peter Sellers, David Niven (comique)@@ (E)
L'inspecteur Clouseau est une véritable catastrophe ambulante. Il est depuis des années à la poursuite d'un insaisissable cambrioleur de grand style connu comme étant « le Fantôme ». Charg&eacut ...

@

LA PART DES ANGES, Ken Loach 2012, Paul Brannigan, John Henshaw (societa)@@@


Écossais, tout juste 20 ans et un casier judiciaire déjà bien chargé, Robbie passe de nouveau devant le tribunal pour une bagarre de plus. Comme il va être père, le juge lui accorde la clémence et le condamne à des travaux d'intérêt général ainsi que trois losers de première catégorie.

TELERAMA
Visage balafré, jogging flottant, l’Écossais Robbie pourrait être le frère des héros nerveux et marginaux de Riff-Raff. Une copine enceinte, pas de boulot, une tendance à la bagarre : ça part mal. Dans un accès de violence, Robbie a agressé un inconnu. Le début, au tribunal, suggère un drame social, dur, poignant, comme ceux auxquels Loach nous a habitués. Pourtant, dès que Robbie est condamné — à des travaux d’intérêt général —, le film s’attache à son sauvetage. La rédemption prend un chemin inattendu : celui de la comédie. Grâce à son superviseur, amateur de pur malt, le voyou se ­découvre un talent de goûteur. Un avenir. Tournée des distilleries, dégustation… et illumination. Avec ses compagnons de peine, un ahuri, une kleptomane et un rustre, il bricole une arnaque…
Ken Loach rêve d’une revanche des pauvres mais évite tout sermon. Rien, dans cette équipée de branquignols, n’est pris trop au sérieux. Le naturel des acteurs rappelle l’ambiance des comédies italiennes des années 1950. Cette drôle de « cambriole pour les nuls », c’est presque une version en kilt du Pigeon, de Mario Monicelli. À une (énorme) différence près : les antihéros de jadis restaient dans leur mouise. Ceux d’aujourd’hui font flamber la fatalité sociale au whisky.
LA PART DES ANGES, Ken Loach 2012, Paul Brannigan, John Henshaw (societa)@@@ (E)
Écossais, tout juste 20 ans et un casier judiciaire déjà bien chargé, Robbie passe de nouveau devant le tribunal pour une bagarre de plus. Comme il va être père, le juge lui accorde la clémenc ...

@

LA PART DU SOUPCON, Christophe Lamotte 2019, Kad Merad, Laurence Arné (thriller)


Alice vit le bonheur ordinaire d'une mère de famille quand tout bascule : l'homme de sa vie, Thomas, le père de son enfant, est soupçonné d'être Antoine Durieux-Jelosse, l'homme qui a défrayé la chronique pour avoir tué toute sa famille quinze ans auparavant. Depuis tout ce temps, la commandante Sophie Lancelle n'a jamais arrêté de chercher cet homme ayant commis l'impensable et elle est prête à tout pour le retrouver. Entre ces deux femmes que tout oppose, un homme crie son innocence.


LA PART DU SOUPCON, Christophe Lamotte 2019, Kad Merad, Laurence Arné (thriller) (E)
Alice vit le bonheur ordinaire d'une mère de famille quand tout bascule : l'homme de sa vie, Thomas, le père de son enfant, est soupçonné d'être Antoine Durieux-Jelosse, l'homme qui a défrayé ...

@

LA PASSAGERE, Héloïse Pelloquet 2022, Cécile de France, Félix Lefebvre (sentimental)@@


Chiara vit sur une île de la côte atlantique, endroit où son mari Antoine a grandi. Ensemble, ils forment un couple très heureux et profondément amoureux. Elle a même appris le métier d'Antoine, la pêche, et travaille régulièrement à ses côtés depuis désormais vingt ans. L'arrivée sur l'île de Maxence, un nouvel apprenti, va bousculer l'équilibre de leur relation, ainsi que les certitudes de Chiara.

TELERAMA
Une pêcheuse dans la force de l’âge redécouvre la liberté et la sensualité. Premier long métrage d’Héloïse Pelloquet, cette tempête des sentiments offre une belle partition aux interprètes.

Tout au bout d’une côte atlantique battue par les vents, Chiara est pêcheuse depuis vingt ans, depuis qu’elle a débarqué dans la vie d’Antoine, qui lui a enseigné ce labeur marin qui rougit les joues, blesse les doigts et forge les biceps. Quand le jeune Maxence devient l’apprenti du couple, jusque-là heureux, une tempête sensuelle fait chavirer Chiara…

La belle singularité de ce premier long métrage repose sur une manière délicate d’aborder l’adultère, et de faire d’une femme de 40 ans passés une vraie figure de liberté. Les films de métier sont souvent passionnants et c’est le cas de celui-ci, attaché au moindre geste, à chaque casier de crabes ou roulis sur le bateau, mais aussi à ces moments de pause entre amis dans un bar, où les corps salés oublient qu’ils sont rompus.

La réalisatrice réussit particulièrement les scènes d’amour, avec une mise en scène frontale qui n’exclut pas la joie complice entre les amants, et avec, surtout, une consécration du plaisir féminin. Même si quelques scènes manquent de finesse quant à la réaction de ce petit microcosme insulaire face à la femme adultère, l’épilogue surprend. Face au déjà charismatique Félix Lefebvre, révélé par Été 85, de François Ozon, Chiara a les traits et les frémissements de Cécile de France, décidément formidable dès qu’il s’agit, comme dans La Belle Saison, de Catherine Corsini (2015), d’interpréter l’éveil sensuel avec chaque pore de sa peau. Sa carnation, son incarnation donnent envie de suivre cette Passagère.
LA PASSAGERE, Héloïse Pelloquet 2022, Cécile de France, Félix Lefebvre (sentimental)@@ (E)
Chiara vit sur une île de la côte atlantique, endroit où son mari Antoine a grandi. Ensemble, ils forment un couple très heureux et profondément amoureux. Elle a même appris le métier d'Antoine, ...

@

LA PASSION DE DODIN BOUFFANT, Tran Anh Hung 2023, Juliette Binoche, Benoît Magimel (gastronomie table)@


En France vers 1885, Eugénie travaille depuis 20 ans comme cuisinière pour le célèbre gastronome Dodin. De leur amour commun pour la gastronomie naissent des plats uniques, si savoureux et délicats qu'ils attirent de nombreux clients du monde entier.

TELERAMA
POUR
Célébrer le prestige culinaire français mais faire aussi un pari de cinéma, voilà le menu de ce film où les plats sont innombrables et les mots comptés, la musique quasiment absente... Des personnages qui s’affairent dans une cuisine du XIXe siècle, on ne saura, hormis leur talent aux fourneaux, que le strict nécessaire. Sorti d’un roman de Marcel Rouff, Dodin Bouffant est un gastronome (en partie inspiré par le célèbre Brillat-Savarin, 1755-1826), un notable dont l’unique ambition est de briller à table. Eugénie, sa compagne, n’a jamais voulu devenir sa femme pour mieux rester, par-dessus tout, sa cuisinière. Au lieu d’enfants, le couple a deux apprenties marmitonnes. Et consacre sa vie à estomaquer un cercle d’amis en les régalant de mets extraordinaires.

À lire aussi :

Oscars 2024 : la France mise sur “Anatomie d’un pot-au-feu”

Dans cette monomanie culinaire, Tràn Anh Hùng a trouvé une richesse étonnante. Dodin, c’est la cuisine comme spectacle, et le réalisateur a su le traduire en images avec brio. Eugénie, dont Juliette Binoche fait vibrer la réserve, c’est l’art de cuisiner en secret, en s’effaçant. Salué, très justement, par le Prix de la mise en scène à Cannes, voici un film festif, gustatif, contemplatif et méditatif. D’une originalité savoureuse de bout en bout. — Frédéric Strauss

o CONTRE
« Savoureux » si on aime les repas à 6 000 calories, peut-être. Mais, après deux heures et quatorze minutes de cuisson à l’étouffée pour le spectateur, c’est plutôt le terme de « faisandé » qui vient en bouche. On ne va pas au cinéma pour voir un épisode interminable de Top chef, disposerait-il d’un « directeur gastronomique » aussi prestigieux que le chef multi-étoilé Pierre Gagnaire et serait-il photographié comme La Laitière, de Vermeer — ou, pour être plus précis, comme une vieille publicité qui s’inspirait du célèbre tableau du maître hollandais. Au moins, dans la télé-réalité culinaire de M6, les candidats nous dispensent-ils des platitudes pseudo-philosophiques sur l’art du bien manger et le « printemps de la vie » assénées par les héros aux fourneaux de Tràn Anh Hùng et leurs convives dodus et bouffis. Et que dire du Prix de la mise en scène reçu au Festival de Cannes, sinon qu’un réalisateur qui ose enchaîner une nature morte de poire pochée avec un plan sur les fesses nues de Juliette Binoche mériterait plutôt la Palme du mauvais goût ? — Samuel Douhaire
LA PASSION DE DODIN BOUFFANT, Tran Anh Hung 2023, Juliette Binoche, Benoît Magimel (gastronomie table)@ (E)
En France vers 1885, Eugénie travaille depuis 20 ans comme cuisinière pour le célèbre gastronome Dodin. De leur amour commun pour la gastronomie naissent des plats uniques, si savoureux et délicats qu'ils ...

@

LA PASSION VAN GOGH, Dorota Kobiela et Hugh Welchman 2017 (animation bio)@@


Paris, été 1891. Alors que la nouvelle de la mort de Vincent Van Gogh vient de tomber, Armand Roulin, fils d'un proche du peintre qui voyait d'un mauvais œil cette relation, est chargé de porter la nouvelle. Cependant, Armand réalise vite qu'il a mal jugé le peintre et se met en tête de comprendre son geste désespéré.

TELERAMA
Que d’efforts vains ! De vrais acteurs ont tourné une intrigue improbable : une lettre égarée de Vincent Van Gogh, qu’un facteur est chargé de remettre à Théo, son frère… Ensuite les soixante mille plans ont été repeints dans le style du peintre. Travail colossal et fausse bonne idée : on émerge fourbu de cet exercice de style, rendu encore plus vain par le dialogue français neuneu, dit notamment par Pierre Niney. Qu’est-il allé faire dans cette galère ?
LA PASSION VAN GOGH, Dorota Kobiela et Hugh Welchman 2017 (animation bio)@@ (E)
Paris, été 1891. Alors que la nouvelle de la mort de Vincent Van Gogh vient de tomber, Armand Roulin, fils d'un proche du peintre qui voyait d'un mauvais œil cette relation, est chargé de porter la nouvelle. Cepen ...

@

LA PENICHE DU BONHEUR, Melville Shavelson 1958, Gary Grant, Sophia Loren (sentimental)@


Veuf, Tom Winston élève seul ses trois enfants sur une péniche. Le jour où il fait la connaissance de Cinzia, une jeune femme italienne qui tente d'échapper à l'emprise de son père, les enfants la déclare nounou d'office.

TELERAMA
Ils ont beau s’appeler Cary Grant et Sophia Loren, ils n’ont pas fait que des chefs-d’œuvre ! Pour exemple, cette Péniche du bonheur, dont le scénario a pu leur paraître sympathique au premier abord — un père veuf est complètement dépassé par ses trois gamins, mais, orgueilleux, il n’accepte pas l’intrusion d’une belle Italienne qui s’impose en bonne d’enfants « qui ne sait rien faire mais que les mômes aiment tant ». Alléchante sur le papier, cette histoire de guerre des sexes, que George Cukor ou Stanley Donen aurait menée à un rythme trépidant, est ici traitée sans invention. Le scénario accumule facilités et incohérences, les dialogues sont poussifs et explicatifs, les situations convenues et sans aucune ambiguïté ni double sens, comme ce genre de comédie en réclame pourtant.

Il nous reste à picorer, çà et là, quelques plaisirs que même un mauvais réalisateur ne pourra pas gâcher : le regard de chien battu de Cary Grant et l’énergie débordante de Sophia Loren — qui réussit à ne pas être totalement ridicule, même quand elle pousse la chansonnette, napolitaine, évidemment.
LA PENICHE DU BONHEUR, Melville Shavelson 1958, Gary Grant, Sophia Loren (sentimental)@ (E)
Veuf, Tom Winston élève seul ses trois enfants sur une péniche. Le jour où il fait la connaissance de Cinzia, une jeune femme italienne qui tente d'échapper à l'emprise de son père, les enfan ...

@

LA PETITE BANDE, Pierre Salvadori 2022 (societe nature)@@


La petite bande, c'est Cat, Fouad, Antoine et Sami, quatre collégiens de 12 ans. Par fierté et provocation, ils s'embarquent dans un projet fou : faire sauter l'usine qui pollue leur rivière depuis des années.

TELERAMA
Des enfants décident d’incendier l’usine qui pollue leur rivière. Salvadori fait des merveilles en filmant ce minigang pyromane, drôle et parfois cruel.

Qui n’a jamais rêvé de grandir à l’ombre protectrice d’un groupe de copains, à la vie, à la mort ? Pour le mal nommé Aimé, souffre-douleur d’un collège corse, ce fantasme semble aussi inaccessible que de pouvoir, rien qu’une fois, préserver son goûter de ses bourreaux gloutons. Et pourtant… À son grand étonnement, le garçon se voit proposer de rejoindre Cat, Fouad, Antoine et Sami pour participer à leur projet fou : incendier l’usine du coin, qui pollue la rivière.

Écolos, les préados ? Pas seulement… Salvadori ne plaque ni discours ni vision angélique d’adulte sur cette période de la vie où le simple désir de « parler à une fille » peut remplir des jours et des nuits, quand il ne pousse pas à faire tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi. L’ode à la nature est pourtant bien là, à la fois discrète et partout. L’esprit d’aventure, le sentiment de liberté que l’on peut ressentir à 12 ans sont magnifiés par l’été corse, la beauté des forêts et des rivières de montagnes. Tels des Robinson-nés, les membres de la petite bande connaissent ce paysage aussi intimement que le cinéaste insulaire qui les dirige, et ça se voit. Dans ce paradis de maquis, que l’on pourrait perdre aussi sûrement que l’enfance, la joie de cette cocasse escouade aux genous écorchés enchante.

Entre les jeunes pyromanes amateurs — un casting pétillant de vitalité, de naturel et de drôlerie —, une symbiose étincelante naît dès les premiers instants, emportant tout sur son passage. Quant aux dialogues, ils crépitent comme un feu de camp le soir au fond des bois.
LA PETITE BANDE, Pierre Salvadori 2022 (societe nature)@@ (E)
La petite bande, c'est Cat, Fouad, Antoine et Sami, quatre collégiens de 12 ans. Par fierté et provocation, ils s'embarquent dans un projet fou : faire sauter l'usine qui pollue leur rivière depuis des années.

@

LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, Michael Landon 1974 (serie tv jeunesse)


Charles Ingalls, sa femme Caroline, leurs trois filles Mary, Laura et Carrie ainsi que leur chien Jack, quittent le Wisconsin pour émigrer vers l'Ouest. Un long voyage sur un modeste chariot de pionniers bâché les attend pour aller au Kansas, un vaste État aux grandes étendues de prairies verdoyantes. Cependant, après de multiples événements, ils abandonnent leur maison de rondins pour venir s'installer à Walnut Grove (Minnesota) au lieu-dit Plum Creek (en) où les terres sont fertiles. Charles va ensuite construire sa propre ferme et travaillera comme employé à la scierie du village.

TELERAMA
La fiction, star des années 1980, s’est imposée grâce à ses émotions à foison et ses personnages qui triomphent toujours de l’adversité. Coup de projecteur sur une famille formidable, alors que Netflix prépare un “reboot” de la série culte.

Laura et ses tresses, Charles et son violon, Nellie et sa méchanceté… Qui n’a pas un jour ou l’autre croisé un habitant de Walnut Grove, charmant village du Minnesota « fondé en 1840 par Lars Hanson » ? Un refuge verdoyant que les fans de La Petite Maison dans la prairie chérissent à jamais : « J’avais envie de traverser l’écran », confie l’un d’eux dans le documentaire réalisé par Julie Gavras pour en célébrer le cinquantenaire diffusé sur 6ter. L’occasion de revenir sur l’aventure créative et humaine portée par Michael Landon, jeune acteur de western devenu producteur exécutif, réalisateur, scénariste de la série… et interprète du plus admirable des pères de famille, Charles Ingalls.

Librement adaptée des œuvres de Laura Ingalls Wilder (qui y romance ses jeunes années passées au sein d’une famille de pionniers de la fin du XIXᵉ siècle), la série est lancée sur NBC le 11 septembre 1974. Carrie, la cadette des Ingalls, se relève d’une mémorable gamelle dans un générique pas encore culte…

À lire aussi :

Quiz : connaissez-vous les enfants les plus insupportables des séries télé ?

La Petite Maison dans la prairie a 50 ans et garde, plus que toute autre madeleine télévisuelle, un inaltérable parfum d’enfance. Pas seulement pour la génération qui l’a découverte au milieu des années 1970 sur TF1, mais aussi pour les suivantes, qui ont adoré détester cette peste de Nellie Oleson au fil des innombrables rediffusions. La série n’a quasiment pas quitté l’antenne depuis que M6 eut l’idée de la programmer à l’heure du déjeuner à la fin des années 1980, creusant une ligne de fracture dans les écoles de France.

Ceux qui rentraient chez eux avaient le privilège de sangloter devant l’épisode du jour. Les abonnés à la cantine attendaient qu’une âme charitable leur raconte la dernière tuile tombée sur les Ingalls. Car, ne nions pas l’évidence, cette famille était poursuivie par une malchance surréaliste. À chaque fan son trauma : Marie, l’aînée qui devient aveugle ; Albert, le fils adoptif, fauché en pleine jeunesse par une maladie incurable ; Laura, brisée par la mort de son nourrisson… On pleurait beaucoup dans la petite maison, mais on retrouvait toujours foi en la vie dans la chaleur du foyer et de la communauté. Ce qui valut à la série d’être un peu vite reléguée au rayon mièvreries.

Maltraitance des enfants, racisme…
Revoir un de ses deux cent cinq épisodes aujourd’hui, c’est pourtant se cogner à une âpre vision du monde, et se dire que les auteurs n’avaient pas froid aux yeux. Violences conjugales, maltraitance des enfants, racisme, addictions en tous genres, fanatisme religieux… La série empoigne avec une constance inattendue — et, certes, une bonne louche de bons sentiments — des sujets pas franchement associés à un public familial. Sous la pieuse saga au temps de la conquête de l’Ouest, elle apparaît comme le reflet de son époque : celui d’une Amérique tiraillée entre conservatisme et progressisme, imprégnée de l’esprit beatnik, de la lutte pour les droits civiques.

PLATEFORMES
Les films et séries à voir
"Télérama" vous indique les meilleurs films et séries disponibles sur vos plateformes.
Découvrir
Le film de Julie Gavras souligne à quel point la série est habitée par les aspirations et l’histoire personnelle de Michael Landon. Fils d’une actrice catholique rigoriste et d’un metteur en scène juif qui se déchiraient, l’acteur traînait des blessures d’enfance qu’il a tenté d’exorciser à travers le rôle du père de famille humaniste. Ode à la liberté, à l’homme humble qui conduit son destin en surmontant l’adversité, La Petite Maison dans la prairie fut autant le produit de l’industrie des networks qu’une œuvre d’auteur. Ceux qui en doutent ont certainement encore quelques années de rediffusions pour s’en convaincre.
LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, Michael Landon 1974 (serie tv jeunesse) (E)
Charles Ingalls, sa femme Caroline, leurs trois filles Mary, Laura et Carrie ainsi que leur chien Jack, quittent le Wisconsin pour émigrer vers l'Ouest. Un long voyage sur un modeste chariot de pionniers bâché les attend ...

@

LA PETITE, Guillaume Nicloux 2023, Fabrice Luchini, Mara Taquin (thriller sante moeurs)@@@


Joseph apprend que son fils et le compagnon de celui-ci viennent de mourir dans un accident. Ils attendaient un enfant via une mère porteuse en Belgique. Que va devenir leur futur bébé ? Joseph en est-il le grand-père légitime ? Porté par la promesse de cette naissance qui va prolonger l'existence de son fils, le sexagénaire part à la rencontre de la jeune Flamande au caractère farouche et indomptable.

TELERAMA
On n’avait jamais vu Fabrice Luchini aussi sobre et émouvant que dans ce rôle de vieux bourru, qui tient absolument à assurer l’avenir de l’enfant de son fils décédé. Deuil, gestation par autrui, tendresse : Guillaume Nicloux embrasse tout, sans mièvrerie.

Emmanuel et son compagnon ont péri dans un crash d’avion. Le couple attendait un enfant, grâce à une jeune mère porteuse, en Belgique. Joseph, le père veuf d’Emmanuel, développe alors une idée fixe : que va devenir ce bébé à naître ? Puisque, dans ce petit corps, persistent quelques cellules de son fils, Joseph décide de retrouver Rita, la jeune Flamande qui porte l’enfant…

On peut se demander ce que Guillaume Nicloux, dont la filmographie est nettement plus noire que rose, est venu faire dans cette histoire si sentimentale — et casse-gueule —, où se mêlent tragédie, gestation pour autrui et layette. À mieux chercher, pourtant, beaucoup de ses films traitent du deuil, de la solitude et de l’obsession de retrouver un enfant (Cette femme-là, Valley of Love), et il s’avère idéal pour imposer une noble sobriété, et même des pointes d’humour, à cette métamorphose d’un homme endolori grâce au ventre d’une fille qui ne s’en laisse pas conter.

Même si le pianotage de la partition musicale omniprésente ne l’y aide vraiment pas, il tricote avec finesse l’évolution des rapports entre Joseph et Rita. Le tout avec un sens remarquable du détail juridique et administratif : il livre, en douce et en douceur, un film dossier sur la GPA (gestation pour autrui). Prouesse discrète qui aurait été impossible sans Maud Wyler en fille aimante et compréhensive, Mara Taquin, captivante révélation en louve aussi farouche qu’avisée, et, bien sûr, Fabrice Luchini. Comme lavé de ses tics de préciosité, rendu à la quotidienneté, il est éblouissant de normalité et de tendresse bourrue.
LA PETITE, Guillaume Nicloux 2023, Fabrice Luchini, Mara Taquin (thriller sante moeurs)@@@ (E)
Joseph apprend que son fils et le compagnon de celui-ci viennent de mourir dans un accident. Ils attendaient un enfant via une mère porteuse en Belgique. Que va devenir leur futur bébé ? Joseph en est-il le grand-p&egra ...

@

LA PIANISTE, Michael Haneke 2001, Isabelle Huppert, Annie Girardot, Benoit Magimel (societe musical)@@


Une professeure de piano d'âge moyen dans un conservatoire de Vienne possède le talent, la discipline et la dureté nécessaires pour masquer son appétit sexuel pour le voyeurisme, les films pornographiques et la masturbation violente.
Erika Kohut, professeur de piano au conservatoire de Vienne, entend dresser les élèves comme elle fut dressée elle-même. Mais dressée à quoi ? A 40 ans passés, elle habite toujours seule avec sa mère, qui la cogne comme une petite fille dévoyée...

TELERAMA
Conçue pour impressionner, cette adaptation du roman d'Elfriede Jelinek par Michael Haneke y parvient parfaitement. Il suffit de voir Erika, petite dame aux allures de bas-bleu, s'enivrer d'un vieux Kleenex imbibé de sperme dans une cabine de sex-shop ou se taillader le sexe avec une lame de ­rasoir...

Mais le sordide grand-guignol exsude peu à peu une terrible vérité. Sur les ravages entre mère (bravo Girardot) et fille, comme sur l'enfermement dans une perversion sexuelle. Par son casting français, le film échappe à une interprétation strictement autrichienne - dénonciation de la haute culture viennoise par l'étalage des frustrations et des douleurs qu'elle sécrète. Et l'on a rarement vu Huppert (exceptionnelle) laisser filtrer une souffrance aussi abyssale.

LA PIANISTE, Michael Haneke 2001, Isabelle Huppert, Annie Girardot, Benoit Magimel (societe musical)@@ (E)
Une professeure de piano d'âge moyen dans un conservatoire de Vienne possède le talent, la discipline et la dureté nécessaires pour masquer son appétit sexuel pour le voyeurisme, les films pornographiques e ...

@

LA PISCINE, Jacques Deray 1969, Alain Delon, Romy Schneider (drame sentimental)@@


Jean-Paul et Marianne vivent de belles et paresseuses journées d'été dans la magnifique maison qu'on leur a prêtée près de Saint-Tropez, sans d'autre souci que celui d'assouvir leur passion.

TELERAMA
Deux félins s’aiment en plein soleil, se guettent, se toisent, se caressent et se griffent au bord d’une piscine. Jean-Paul et Marianne sont seuls au monde, reclus dans une villa créée pour les siestes où l’on ne dort pas. Débar­que Harry, volubile, avec sa fille, Pénélope, grande libellule sexy. Harry, grand ami de Jean-Paul, mais ancien amant de Marianne. Harry, celui à qui tout réussit. Marianne les invite à rester quelques jours, en jetant un regard de défi à Jean-Paul. Commence un jeu d’affrontement…

Jacques Deray construit ce drame de la jalousie à la perfection. Le décor naturel, saturé de soleil, manque d’air. Tout semble ­mener à l’inéluctable, ce grand rectangle bleu, « la plus belle chose de la maison », sur laquelle s’ouvre et se ferme le film. Alain Delon retrouve Maurice Ronet neuf ans après Plein soleil. Les deux hommes sont à nouveau les deux faces ennemies d’une éclatante virilité. Ce n’est plus l’eau de mer, mais l’eau chlorée qui se chargera cette fois de les départager.
LA PISCINE, Jacques Deray 1969, Alain Delon, Romy Schneider (drame sentimental)@@ (E)
Jean-Paul et Marianne vivent de belles et paresseuses journées d'été dans la magnifique maison qu'on leur a prêtée près de Saint-Tropez, sans d'autre souci que celui d'assouvir leur passion.


@

LA PISTE DES ELEPHANTS, William Dieterle 1954, Elizabeth Taylor, Peter Finch (nature environnement)@@


Au cours d'un séjour en Angleterre, le riche planteur de thé John Wiley est séduit par la ravissante Ruth et l'épouse. Il l'emmène sur ses terres à Ceylan et l'installe dans son immense palais, mais la jeune femme a beaucoup de mal à s'adapter à son nouveau pays et vit dans la peur constante des éléphants. Désemparée, elle est sur le point de quitter l'île avec Dick Carver, mais une épidémie de choléra rend le départ impossible.

TELERAMA
La menace constante d’un raz de marée animal constitue le principal ressort dramatique de ce film d’aventures spectaculaire à souhait, tourné dans de magnifiques décors naturels. Selon son goût, on préférera la splendide séquence de la charge des éléphants. L’intrigue décrit aussi sans ménagement la mentalité rétrograde du colonialisme britannique. Mais c’est vraiment pour Elizabeth Taylor que le film mérite d’être vu. La superficielle jeune héroïne du début va découvrir, au milieu des dangers, l’amour véritable qu’elle porte à son mari. Dans ce parcours, l’actrice est magnifique.
LA PISTE DES ELEPHANTS, William Dieterle 1954, Elizabeth Taylor, Peter Finch (nature environnement)@@ (E)
Au cours d'un séjour en Angleterre, le riche planteur de thé John Wiley est séduit par la ravissante Ruth et l'épouse. Il l'emmène sur ses terres à Ceylan et l'installe dans son immense palais, mais ...

@

LA PLACE D UNE AUTRE, Aurélia Georges, 2021, Sabine Azema (guerre)@@@


Paris, 1914. Pour échapper à la prostitution, la jeune Nélie Laborde s’engage comme auxiliaire de la Croix-Rouge. Témoin de la mort de Rose, une consœur de son âge attendue à Nancy comme lectrice auprès d’Éléonore de Lengwii, une riche bourgeoise de province, elle usurpe son identité. Devenue Rose, elle prend peu à peu ses marques dans la maisonnée, emplie de gratitude pour la maîtresse des lieux qui s’attache à elle. Mais un soir, la véritable Rose fait irruption et réclame la place qui lui était promise…

TELERAMA
Un beau film à suspense sur fond d’injustice sociale. Mais la rédaction est partagée.
Pour
Fille de lingère, de père inconnu, Nélie (Lyna Khoudri) échappe à la prostitution et à la misère en devenant infirmière auxiliaire durant la guerre de 14-18. Une nuit, une jeune femme suisse, Rose, meurt sous ses yeux à la suite d’un bombardement. Nélie décide alors de prendre sa place. Elle rejoint Nancy, où elle se présente auprès d’une riche veuve, Éléonore (Sabine Azéma), pour devenir sa lectrice. La maison bourgeoise devient un petit théâtre où se noue un lien étrange. Entre deux femmes de conditions, d’esprits et d’âges différents. La fausse Rose se montre séduisante, attentionnée, spirituelle. C’est le pari du film : faire de la menteuse une héroïne romanesque.
Nélie imite si bien celle qu’elle a rêvé d’être qu’elle le devient. À savoir : une femme indépendante, libérée du joug des hommes, qui trouve une forme de paix dans un endroit protégé. Cette affaire de femmes repose essentiellement sur une volonté acharnée de justice sociale. On n’oubliera pas de sitôt la séquence poignante où Nélie, acculée au fond d’un couloir, lève la main pour témoigner d’une brûlure sur sa paume, comme si elle prêtait serment devant un tribunal. — J.M.
Contre
L’histoire est forte, ou pourrait l’être… Mais elle est si mal racontée ! Tout en nous plongeant dans une intrigue tissée de mensonges et de dissimulations, la réalisatrice fait de son héroïne une oie blanche, une parfaite innocente. Le trouble est gâché par la réalisatrice, qui gomme la duplicité de Nélie. Par peur, sans doute, qu’on se mette à détester ce personnage, elle l’a rendu lisse jusqu’à l’inconsistance. — F.S.

LA PLACE D UNE AUTRE, Aurélia Georges, 2021, Sabine Azema (guerre)@@@ (E)
Paris, 1914. Pour échapper à la prostitution, la jeune Nélie Laborde s’engage comme auxiliaire de la Croix-Rouge. Témoin de la mort de Rose, une consœur de son âge attendue à Nancy comme ...

@

LA PLAGE, Danny Boyle 1999, Leonardo DiCaprio, Virginie Ledoyen (societe)@@


Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d'un couple de Francais, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d'une petite communauté d'esprits libres.

TELERAMA
Son casting cinq étoiles et ses décors paradisiaques ne l’avaient pas protégé des critiques assassines, y compris à “Télérama”, à sa sortie en l’an 2000. Tentative de réhabilitation de l’œuvre la plus mal aimée du réalisateur de “Trainspotting”.

Au tournant du nouveau millénaire, en même temps qu’un parfum de fin du monde, on a vu fleurir beaucoup de films « sub-nietzschéens », mêlant pop culture rigolarde et existentialisme trash, reliquat eighties d’esthétique publicitaire et désordres mentaux (American Psycho, Les Lois de l’attraction, Fight Club…). De ceux-là, mais un peu à part, l’adaptation de La Plage (2000), best-seller d’Alex Garland (qui n’était pas encore le réalisateur estampillé A24 de Men et Civil War), n’avait alors pas vraiment connu de culte, encore moins de réhabilitation.

Déchiqueté façon Les Dents de la mer à sa sortie par une bonne partie de la presse, il n’avait pas davantage été épargné par Jean-Claude Loiseau de Télérama, qui voyait dans cet « authentique navet » une plage non pas de sable blanc, mais « mazoutée de niaiserie tenace »… Naïf, ce film extrêmement sévère avec l’utopie communautaire, le tourisme à l’occidentale ?

Il y a sûrement eu en ce temps-là une énorme méprise, due à l’imagerie de station balnéaire et au glamour d’un casting de beaux gosses croyant trouver leur bonheur dans la petite baie paradisiaque de Koh Phi Phi, en Thaïlande. Difficile en effet de ne pas y voir la carte postale : Leonardo DiCaprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen jouissant d’un été permanent au cœur d’une petite colonie de hippies dirigée par Tilda Swinton… On a vu plus doloriste.

Mais candide ? Pas vraiment. Car le rêve tourne vite au cauchemar, sous l’intransigeance d’une communauté qui ne veut sacrifier sa discrétion et son bonheur à aucun prix. À la mystique du voyage, au développement personnel, aux beatniks, le film oppose une violence graphique, morale, un miroir coupant dans lequel se reflète l’horreur totalitaire et sacrificielle.

Curieux cinéaste que Danny Boyle, qui semble toujours prendre un plaisir sadique à filmer le revers de la médaille : plus ses personnages sont jeunes et cool, plus ils doivent payer. Du trekkeur influenceur de 127 Heures à la bande de potes toxicomanes de Trainspotting, en passant par les colocataires très smart de Petits Meurtres entre amis : Danny Boyle serait-il un cinéaste moraliste, à faire ainsi la leçon ?

Pas complètement, car à la manière de Fight Club (1999), La Plage semble être, plutôt qu’un jet acide, un geste romantique, ici le souvenir du paradis perdu, fantasmé, de la jeunesse de Danny Boyle lui-même. Ce qui rend le film, empli de jolis clins d’œil facétieux au cinéma de genre, éminemment attachant. Dans un récit certes parfois désarticulé, coloré d’un peu de kitsch mélancolique et générationnel (la musique de Moby), mais sûrement à dessein, à l’image de la fougue de cet âge-là : on n’a pas tous les jours 20 ans.

TELERAMA
LA PLAGE, Danny Boyle 1999, Leonardo DiCaprio, Virginie Ledoyen (societe)@@ (E)
Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les t ...

@

LA PLAGE, Danny Boyle 2000, Leonardo di Caprio


Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d'un couple de Francais, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d'une petite communauté d'esprits libres.

TELERAMA
Dans un petit hôtel de Bangkok, Richard, un jeune routard américain, fait la connaissance d'Etienne et Françoise, un couple de Français. Peu après, il rencontre un certain Daffy, un illuminé qui aurait passé plusieurs années sur une île paradisiaque. Au petit matin, Richard retrouve le corps sans vie de Daffy ainsi qu'une carte de la fameuse île. Intrigué par le récit que Daffy lui a fait la veille et le mystère qui plane sur cet éden insulaire, Richard persuade Etienne et Françoise de se mettre, avec lui, en quête de ce paradis. Après bien des difficultés, le trio découvre enfin la terre promise, mais ne tarde pas à déchanter...
LA PLAGE, Danny Boyle 2000, Leonardo di Caprio (E)
Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l'Asie comme terrain d'élection, dans l'espoir d'y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les t ...

@

LA PLANETE DES SINGES suprematie, Matt Reeves 2017, Andy Serkis, Woody Harrelson (science fiction)@


Les singes menés par César cherchent de la paix après la mort de Koba, mais lorsqu'un méchant colonel décide de perpétrer un massacre auprès des primates, César sait qu'il faut se battre contre cet homme et son armée. Cette bataille déterminera le destin de la planète.

TELERAMA
Dans ce nouvel opus, un militaire dérangé prend les singes en grippe et relance la guerre...
Les deux premiers épisodes de la nouvelle trilogie (La Planète des singes : Les origines, en 2011, et L’Affrontement, en 2014) brassaient des peurs dans l’air du temps, telles que la mutation génétique, la crise sanitaire, le désastre écologique… Ces préoccupations disparaissent dans ce troisième volet, au profit d’un imaginaire qui renvoie au film d’action, de guerre et à… Apocalypse now (1979). Toujours menés par le bon César, les singes ont encore plus à craindre des hommes : un militaire fou devient leur ennemi personnel. Dans le rôle de ce gourou de l’armée, Woody Harrelson fait tout pour évoquer le Marlon Brando du film de Coppola…

Inattendue et plaisante, cette référence très appuyée (on peut lire « Apocalypse now » sur un mur !) reste un clin d’œil. ­Agitant la promesse d’une noirceur audacieuse, le film se limite à un diver­tissement mouvementé, mais enfantin.

C’est la qualité et le défaut de ces singes de cinéma : ils sont bons à tout. Jouer des héros de film de guerre, des personnages de fable ou des animaux rigolos. Le réalisateur n’hésite pas à exploiter différents registres. Il n’en reste pas moins que son spectacle a tout le charme et le punch d’un divertissement de qualité.
LA PLANETE DES SINGES suprematie, Matt Reeves 2017, Andy Serkis, Woody Harrelson (science fiction)@ (E)
Les singes menés par César cherchent de la paix après la mort de Koba, mais lorsqu'un méchant colonel décide de perpétrer un massacre auprès des primates, César sait qu'il faut se batt ...

@

LA POUDRE D ESCAMPETTE, Philippe de Broca 1971, Marlene Jobert, Michel Piccoli (comique)@@


En 1942, en Afrique du Nord, une jeune femme (Marlène Jobert) aide un officier anglais (Michael York) à échapper aux Allemands, avec l'aide d'un escroc (Michel Piccoli) et d'un Tunisien (Amidou). Ils vivront mille aventures dans le désert.

TELERAMA
Savoureuse parodie d’“Un taxi pour Tobrouk” (1961). Dabadie et de Broca ont reconsidéré avec beaucoup d’humour les clichés de l’héroïsme. Interprétation au poil.

En 1942, Valentin, un horticulteur qui a fui la France deux ans plus tôt, est devenu trafiquant au soleil de Tunis. La guerre, quelle guerre ? Obligé de sauver Basil, un jeune officier britannique canardé par l’ennemi, le Français se retrouve en pyjama dans les souks, cavalant avec son Anglais, les Allemands aux trousses. Pour avoir tenté de les aider, Lorène, l’épouse du consul suisse, est contrainte de fuir avec eux dans le désert…

Escampette : ce mot d’un autre siècle, délicieusement primesautier, donne le ton de cette fantaisie de guerre où Philippe de Broca et son scénariste Jean-Loup Dabadie se moquent tendrement des clichés de l’héroïsme et des travers de chaque nationalité. Michel Piccoli, très à l’aise dans le registre de la comédie d’aventures, passe des charentaises au chapeau melon et du système D à la mitraillette lourde, sans cesser de râler. L’œil, tout de même, de plus en plus attendri sur ses deux compagnons de jeep : Michael York, flegmatique et fleur bleue, et Marlène Jobert, adorable renarde du désert.

Entre Valentin, Lorène et Basil, c’est à l’amitié, à la mort… Un peu à l’amour, aussi, le temps de quelques jours, quelques dunes, d’une gauloise fumée à trois sous la mitraille. Oasis de complicité qui finit en réveillon de Noël improvisé dans un fort abandonné. Car même si les Anglais ne sont pas loin, même si les Allemands arrivent, même si on ne se reverra peut-être jamais, ce qui prime, pour de Broca, c’est la légèreté. Un divertissement pétaradant à la poudre de mélancolie.
LA POUDRE D ESCAMPETTE, Philippe de Broca 1971, Marlene Jobert, Michel Piccoli (comique)@@ (E)
En 1942, en Afrique du Nord, une jeune femme (Marlène Jobert) aide un officier anglais (Michael York) à échapper aux Allemands, avec l'aide d'un escroc (Michel Piccoli) et d'un Tunisien (Amidou). Ils vivront mille avent ...

@

LA PREMIERE ETOILE, Lucien Jean-Baptiste, Firmine richard(comique)@@


Jean-Gabriel, marié et père de trois enfants, vit de petits boulots et passe son temps au bar PMU du coin. Un jour, pour faire plaisir à sa fille, il promet un peu vite à toute la famille de les emmener en vacances au ski.
LA PREMIERE ETOILE, Lucien Jean-Baptiste, Firmine richard(comique)@@ (E)
Jean-Gabriel, marié et père de trois enfants, vit de petits boulots et passe son temps au bar PMU du coin. Un jour, pour faire plaisir à sa fille, il promet un peu vite à toute la famille de les emmener en vacanc ...

@

LA PRINCESSE DE CLEVES, Jean Delannoy 1961, Jean Marais, Marina Vlady (histoire bio)@


Clèves, prince vieillissant, est marié à une douce et belle jeune fille. Un soir de bal à la cour d'Henri II, alors que la reine Catherine de Médicis attend avec impatience l'arrivée du duc de Nemours, la différence d'âge entre le prince et sa jeune épouse alimente les conversations. A la suite d'un jeu, la princesse de Clèves et le duc de Nemours doivent danser ensemble.

TELERAMA
Jean Delannoy a asphyxié l’adaptation fidèle et vive que Jean Cocteau avait tirée du roman de Mme de La Fayette. De cette reconstitution empesée demeure, tout de même, le visage sublime de beauté, apparemment impassible et pourtant si sensuel, de Marina Vlady.
Tourné en couleurs, en 1961, en pleine Nouvelle Vague, ce film de prestige est fidèle à la « tradition de la qualité » des années 50 et au réalisme psychologique selon Delannoy. C’est aussi ennuyeux, aussi académique que La Symphonie pastorale (1946), dont il n’y a plus aujourd’hui à sauver que l’interprétation de Michèle Morgan, comme, ici, celle de Marina Vlady. Cocteau, qui s’était donné pour un auteur Nouvelle Vague, n’a pas hésité à repiocher dans sa mythologie de L’Eternel Retour, et la reconstitution historique appliquée étouffe l’analyse des caractères et des sentiments.

LA PRINCESSE DE CLEVES, Jean Delannoy 1961, Jean Marais, Marina Vlady (histoire bio)@ (E)
Clèves, prince vieillissant, est marié à une douce et belle jeune fille. Un soir de bal à la cour d'Henri II, alors que la reine Catherine de Médicis attend avec impatience l'arrivée du duc de Nemou ...

@

LA PRISONNIERE DE BORDEAUX, Patricia Mazuy 2025, Isabelle Huppert, Hafsia Herzi (sentimental)@@


Alma, une bourgeoise qui vit seule dans une immense maison située en centre-ville de Bordeaux, et Mina, une jeune mère de famille installée dans une banlieue de Narbonne, sont issues de milieux sociaux opposés. Leur seul point commun : elles ont organisé leur vie autour de l'absence de leurs maris, l'un neurochirurgien et l'autre braqueur, qui purgent des peines dans la même prison. Les deux femmes se rencontrent par hasard au cours d'un parloir. Alma invite aussitôt Mina dans sa luxueuse demeure et lui trouve un emploi de blanchisseuse. Toutes deux s'engagent alors dans une amitié aussi improbable que tumultueuse…

TELERAMA
Deux femmes de milieux sociaux différents, et dont les maris sont incarcérés, se rencontrent. Une mise en scène superbe, aux échos chabroliens.

Des couleurs florales ondoient au plafond, comme dans un carrousel, un kaléidoscope, d’où un léger vertige. Il y a ce sifflotement digne d’un duel de western, cette chanson dont les paroles disent : « Sans l’amour, t’es rien. » Les premières images de La Prisonnière de Bordeaux rappellent certains éclats de génie de Claude Chabrol, comme la scène où Marie Trintignant se perdait dans la contemplation d’un aquarium de restaurant, au son d’une ballade déchirante de Michel Jonasz, dans Betty. Ce film-là reposait sur la rencontre fortuite de deux femmes. Il en va de même ici : Alma (Isabelle Huppert) se prend d’intérêt, puis d’affection, pour une inconnue, Mina (Hafsia Herzi). Tout les sépare a priori, sauf cette activité récurrente : se rendre au parloir de la même prison, où chacune tente de garder le contact avec son détenu de mari.

Et parce que le seul visage d’Isabelle Huppert évoque aussi Chabrol, parce que Bordeaux fut le décor d’un des derniers grands succès du maître (La Fleur du mal), une délicieuse hantise s’installe, qu’elle soit entretenue ou non par la cinéaste Patricia Mazuy. Le suspense à bas bruit y contribue : quand la dame riche propose à la jeune femme modeste, narbonnaise, de s’installer avec enfants dans sa grande demeure bordelaise pour se rapprocher de la prison, une part de déraison s’invite. Comme dans un thriller (que le film deviendra, à sa façon), quelque chose semble devoir craquer, malgré les bonnes intentions, le sens de l’humour et les grands moyens de la maîtresse de maison ; malgré la gratitude et l’exemplarité apparente de l’invitée, à qui un travail en ville est même trouvé…

Deux femmes que tout oppose
Dans son livre intitulé Réinventer l’amour (2021), l’essayiste Mona Chollet consacrait d’effarantes pages aux épouses de détenus, rappelant un phénomène particulièrement marqué aux États-Unis : les délinquants et criminels emprisonnés suscitent beaucoup de passion (et de demandes en mariage) chez les femmes, persuadées qu’elles peuvent contribuer à leur rachat. Loin d’un tel romantisme, Patricia Mazuy montre, au contraire, des conjointes entravées, piégées et conscientes de l’être, par la détention et les actes passés de leurs maris. Pour Mina, dont l’homme a attaqué une bijouterie, les conséquences sont directement violentes : menaces et chantages venus de l’entourage des braqueurs. Pour Alma, l’effondrement est existentiel. Le brillant chirurgien qui fut le centre de sa vie n’est plus que l’ombre de lui-même, disqualifiant par son attitude hostile toutes les années passées avec lui – extraordinaires scènes de parloir entre mari et femme.

Le cœur du film, l’intense face-à-face entre Alma et Mina, fait l’objet d’une mise en scène superbe, leur épargnant à l’une et à l’autre la victimisation. Alma est d’abord vampirique dans son besoin de compagnie. Son investissement sentimental auprès de son invitée et de ses deux enfants en bas âge l’expose toutefois à la trahison et à l’abandon, tant les trois sont bien plus vivants qu’elle. Isabelle Huppert (déjà filmée jadis par Mazuy, dans Saint-Cyr) impressionne sur ce fil tendu entre aisance sociale et vulnérabilité intime. Mina est assez pragmatique pour improviser sans cesse, au nom d’un avenir en quoi elle croit toujours. Hafsia Herzi, d’une justesse infaillible, lui donne, aussi, une dignité de fille du peuple. Jusqu’au bout, il est permis et passionnant de se demander si ces deux survivantes, partageant par hasard leur quotidien et leurs états d’âme, vivent bien la même histoire. Ou pas du tout.
LA PRISONNIERE DE BORDEAUX, Patricia Mazuy 2025, Isabelle Huppert, Hafsia Herzi (sentimental)@@ (E)
Alma, une bourgeoise qui vit seule dans une immense maison située en centre-ville de Bordeaux, et Mina, une jeune mère de famille installée dans une banlieue de Narbonne, sont issues de milieux sociaux opposés. L ...

@

LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@


En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous périssent, à l'exception de la petite Debbie, la nièce d'Ethan, et de la jeune Lucy, enlevées par les Indiens. Ethan jure alors de les retrouver et de se venger. Accompagné de Martin Pawley, le frère adoptif des jeunes filles, et de Brad, le fiancé de Lucy, il se lance à la poursuite des ravisseurs. Les hommes apprennent bientôt que Lucy est morte. Fou de douleur, Brad gagne à bride abattue le camp des Indiens, qui le tuent. Une longue traque commence pour Ethan et Martin, que ne rebutent ni les hivers rigoureux, ni les étés torrides. Ethan vieillit mais s'obstine...

TELERAMA
Ethan retrouve sa nièce, enlevée par les Comanches... John Wayne en héros déchu et raciste, des Indiens assassins et victimes, une Natalie Wood déchirée : toute l’ambiguïté de l’Ouest au soleil brûlant de Monument Valley. Western monument.

Qu’est-ce qui pousse un homme à errer ? » La ballade qui ouvre le film le plus mythique de John Ford ne parle pas de ruban jaune ou de cavalerie. Elle pose une question existentielle, une question homérique. Dans le rôle d’Ulysse, revoici John Wayne et sa Winchester. Sa guerre de Troie était celle de Sécession, dont il revient les yeux remplis de fantômes et de poussière. Mais le foyer est un leurre et son odyssée débute au pied des mesas de Monument Valley par le rapt de sa nièce Debbie, emportée par les Comanches qui ont massacré le reste de sa famille. Parti à la recherche de la prisonnière du désert (Natalie Wood), Ethan, le « searcher » du titre original, entame un périple de plusieurs années. Une quête sans Ithaque ni Pénélope vaut-elle la peine d’être menée ?

Mal-aimé à sa sortie en 1956, ce prodigieux western est désormais considéré par beaucoup comme le meilleur film américain de tous les temps. C’est l’opinion de Martin Scorsese, notamment, qui envoie Robert De Niro et Harvey Keitel le voir dans Mean Streets. Sa narration elliptique et sa vision désenchantée du monde, qui tranchent avec l’humanisme fordien des débuts, en font un film de rupture, de la modernité encore balbutiante des années 1960. Le voir est une épiphanie ; le revoir, un ravissement.
LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@ (E)
En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous p&e ...

@

LA PROMESSE, Terry George 2017, Oscar Isaac, Charlotte Le Bon (saga histoire genocide armenien)@@


1914, la Grande Guerre menace d'éclater tandis que s'effondre le puissant Empire ottoman. À Constantinople, Michael, jeune étudiant arménien en médecine et Chris, reporter photographe américain, se disputent les faveurs de la belle Ana. Tandis que l'Empire s'en prend violemment aux minorités ethniques sur son territoire, ils doivent unir leurs forces pour tenir une seule promesse : survivre et témoigner.

LE MONDE
Le film de Terry George aborde un moment de l’histoire contemporaine peu évoqué par le cinéma, celui du génocide arménien, premier massacre de masse planifié du XXe siècle.
Pour soutenir la dimension extraordinaire de cet événement, il adjoint un récit romanesque déjà beaucoup éprouvé, celui d’une aventure individuelle où la nécessité de la survie cohabite avec l’évolution d’un triangle amoureux.
Fresque néo-hollywoodienne sans aucune véritable invention, La Promesse pèche surtout par la construction maladroitement didactique d’un personnage principal (incarné par Oscar Isaac) auquel le spectateur doit s’identifier. Il fait donc office de guide touristique en le plongeant à sa suite au cœur des soubresauts de l’histoire sanglante. Il faut pour cela qu’il n’en sache pas plus que celui-ci, d’où l’air perpétuellement ahuri du héros hébété face à tant d’ignominies.
LA PROMESSE, Terry George 2017, Oscar Isaac, Charlotte Le Bon (saga histoire genocide armenien)@@ (E)
1914, la Grande Guerre menace d'éclater tandis que s'effondre le puissant Empire ottoman. À Constantinople, Michael, jeune étudiant arménien en médecine et Chris, reporter photographe américain, se ...

@

LA PROPHETIE DE L HORLOGE, Eli Roth 2018, Owen Vaccaro, Jack Black (science fiction)@@


Lewis, un jeune garçon de 10 ans, va vivre avec son oncle dans une vieille maison grinçante qui contient un bruit mystérieux. Il apprend vite que son oncle Jonathan et sa voisine Zimmerman pratiquent la magie.

TELERAMA
Un petit orphelin est recueilli par un oncle excentrique (Jack Black, tout en faconde débonnaire) et sa voisine (Cate Blanchett, visiblement amusée de jouer la sorcière austère vêtue de mauve), qui l’accueillent dans une bien étrange maison. Ce conte fantastique pioche autant dans une magie blanche à la Harry Potter que dans la magie noire d’un univers à la Tim Burton. Sans égaler la richesse ludique de l’un ni la folie poétique de l’autre, le récit déborde de trouvailles réjouissantes (le tic-tac maléfique qui sourd des murs…) et de personnages attachants. De la belle horlogerie hollywoodienne.
LA PROPHETIE DE L HORLOGE, Eli Roth 2018, Owen Vaccaro, Jack Black (science fiction)@@ (E)
Lewis, un jeune garçon de 10 ans, va vivre avec son oncle dans une vieille maison grinçante qui contient un bruit mystérieux. Il apprend vite que son oncle Jonathan et sa voisine Zimmerman pratiquent la magie.

...

@

LA PROPOSITION Anne Fletcher 2009, Sandra Bullock, Ryan Reynolds (comedie sentimentale)@@


Margaret, éditrice à succès, voit sa vie bouleversée en apprenant qu'elle risque d'être expulsée vers son pays natal, le Canada. Que faire ? Margaret a une idée lumineuse : déclarer qu'elle est fiancée à son assistant, Andrew, qu'elle exploite et maltraite depuis des années ! Le malheureux accepte de prendre part à cette grande supercherie, mais à certaines conditions...
LA PROPOSITION Anne Fletcher 2009, Sandra Bullock, Ryan Reynolds (comedie sentimentale)@@ (E)
Margaret, éditrice à succès, voit sa vie bouleversée en apprenant qu'elle risque d'être expulsée vers son pays natal, le Canada. Que faire ? Margaret a une idée lumineuse : déclarer qu' ...

@

LA RAFLE, Rose Bosch 2010, Jean Reno, Melanie Laurent, Gad Elmaleh (histoire shoah)@


1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine. Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs, leurs familles, vivent dans Paris occupé jusqu'à ce matin du 16 juillet 1942, où leur vie bascule. Plus de 13.000 Juifs sont raflés par les autorités françaises. D'abord entassées au Vélodrome d'Hiver, les familles sont internées au camp de Beaune-la-Rolande avant d'être déportées.

TELERAMA
Reconstitution de la tragiquement célèbre rafle du Vél’ d’Hiv, en juillet 1942. Un film généreux, sincère, mais plombé par de multiples maladresses.

Rose Bosch se penche sur l’un des moments les plus noirs de l’Occupation, la rafle du Vél’ d’Hiv. Elle a choisi l’histoire vraie de Shmuel Weismann et des siens. Une famille juive parmi les 13 152 personnes arrêtées les 16 et 17 juillet 1942. On reçoit en plein cœur les cris, la terreur. Et, dans le Vél’ d’Hiv, la vision est affolante : une antichambre de la mort et du chaos.

Le film a le mérite de s’attaquer à l’écrasante culpabilité de la police française : l’administration traque et livre ses victi­mes à la barbarie nazie. Mais, comme pour rassurer le spectateur, le film épargne la ­société autant qu’il accable les autorités. Curé, instituteur, con­cierge, tous sont solidaires, voire héroïques. Une France résistante comme le cinéma la rêvait jusqu’aux années 60. Rose Bosch oscille entre image d’Epinal et réquisitoire. Les séquences tire-larmes se succèdent. Plus le danger se fait pressant, plus les parenthèses attendrissantes deviennent gênantes. Pas sûr qu’on puisse concilier bons sentiments et horreur pure.
LA RAFLE, Rose Bosch 2010, Jean Reno, Melanie Laurent, Gad Elmaleh (histoire shoah)@ (E)
1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine. Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs, leurs familles, vivent dans Paris occupé ...

@

LA RAISON PERDUE, Michel Favart 1984, Marie Rivière, Patrick Fierry (societe)@


Philippe Barrière, médecin dans un hôpital psychiatrique dans la région toulousaine, est intrigué par le cas de Sonia Mornant, une jeune malade internée à la demande de sa famille. La jeune fille accuse ses parents adoptifs d'avoir assassiné un visiteur. Elle prétend avoir vu entrer dans leur maison un homme qui n'en est jamais ressorti. Philippe tente de résoudre l'énigme...
LA RAISON PERDUE, Michel Favart 1984, Marie Rivière, Patrick Fierry (societe)@ (E)
Philippe Barrière, médecin dans un hôpital psychiatrique dans la région toulousaine, est intrigué par le cas de Sonia Mornant, une jeune malade internée à la demande de sa famille. La jeune fi ...

@

LA REINE BLANCHE, Jean-Loup Hubert 1991, Catherine Deneuve, Jean Carmet, Melanie Laurent, Bernard Giraudeau, Richard Bohringer (thriller sentimental)@@@


Deux copains d'enfance ont réalisé deux rêves qu'ils avaient en commun. Jean réalise le premier, celui de partir à la découverte du monde sur un bateau. Yvon réalise quant à lui le second, séduire la jolie Liliane.

Dans un village près de Nantes, un couple fait face au retour d'un ami de jeunesse et rival du mari. Ancré dans une décennie 1960 naissante à la fois glorieuse et imprégnée de préjugés racistes, un triangle amoureux servi par Catherine Deneuve, Richard Bohringer et Bernard Giraudeau.
LA REINE BLANCHE, Jean-Loup Hubert 1991, Catherine Deneuve, Jean Carmet, Melanie Laurent, Bernard Giraudeau, Richard Bohringer (thriller sentimental)@@@ (E)
Deux copains d'enfance ont réalisé deux rêves qu'ils avaient en commun. Jean réalise le premier, celui de partir à la découverte du monde sur un bateau. Yvon réalise quant à lui le seco ...

@

LA REINE DES NEIGES, Chris Buck 2013 (animation jeunesse)@


Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu'optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne Sven, à la recherche de sa soeur, Elsa, la reine des neiges qui a plongé le royaume d'Arendelle dans un hiver éternel.

TELERAMA
Cette libre adaptation du conte d’Andersen est l’un des films d’animation les plus rentables de l’histoire. La clé du succès ? Une comédie musicale — impossible d’échapper aux chansons — comme Disney sait en faire depuis des lustres, avec une touche de modernité. Malgré son classicisme, le film est symptomatique de l’évolution récente du studio. On devine le savoir-faire de Pixar (acquis par le géant américain en 2006) à travers un bonhomme de neige démontable, cousin du M. Patate de Toy Story. Et, pour la première fois, on sent poindre l’influence de Marvel, racheté, lui, en 2009.

La Reine des neiges, c’est l’histoire d’Elsa, une princesse qui transforme en glace tout ce qu’elle touche : une sorte de super­héroïne pour enfants, pas loin des Thor et autres X-Men. À la mort de ses parents, elle hérite du royaume et, de colère, le condamne à une tempête de neige perpétuelle. Puis s’exile au fin fond du Grand Nord, pour se murer dans un splendide palais de glace aux couleurs froides. C’est tout l’enjeu de ce beau ­récit d’apprentissage : rester enfermée et méchante, ou maîtriser ses pouvoirs pour échapper à la monstruosité.

LA REINE DES NEIGES, Chris Buck 2013 (animation jeunesse)@ (E)
Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu'optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne Sven, à la recherche de sa soeur, Elsa, la reine ...

@

LA RELEVE, Clint Eastwood 1990 (thriller)@


Nick Pulovski, vétéran de la police de Los Angeles et spécialiste des voitures volées, essaie de démasquer Strom, un redoutable trafiquant. On lui adjoint un jeune coéquipier inexpérimenté: David Ackerman.

TELERAMA
Nick Pulovski, un flic coriace, perd son partenaire au cours d'une intervention. On lui en assigne un nouveau. Entre les deux, le courant a du mal à passer...

La confrontation entre le vieux briscard et la jeune recrue tourne vite court. Reste le penchant masochiste légendaire d'Eastwood. Cette manière ironique de saborder son image de dur à cuire ne suffit pas. L'ennui plombe ce film laborieux.
LA RELEVE, Clint Eastwood 1990 (thriller)@ (E)
Nick Pulovski, vétéran de la police de Los Angeles et spécialiste des voitures volées, essaie de démasquer Strom, un redoutable trafiquant. On lui adjoint un jeune coéquipier inexpériment&eac ...

@

LA REVANCHE D UNE BLONDE, Robert Luketic 2001, Reese Witherspoon, Luke Wilson (comedie sentimentale)@


Elle Woods ne se contente pas d'être une vraie blonde au sourire éclatant et au look d'enfer. Malheureusement, les ambitions politiques de son fiancé s'accommodent mal d'une compagne blonde. C'est ainsi qu'un triste soir, Elle se voit larguée par l'homme de sa vie. Malgré cette rupture soudaine et inattendue, celle-ci est bien décidée à prouver ses capacités et s'inscrit en droit à Harvard pour faire la conquête de la plus prestigieuse université américaine.

TELERAMA
Ce n'est pas seulement la revanche d'une blonde, mais bien celle de toutes les blondes, qui, on le sait, ont remplacé les Belges dans l'acharnement des blagues de bistrot... Car Elle — avec une majuscule, s'il vous plaît, c'est son prénom — est une pimpante nénette californienne à l'imposante garde-robe, qui va montrer que ses congénères ont de la ­matière grise sous leur blondeur.
A la recherche du goujat qui l'a larguée pour une intello de la côte Est, notre héroïne décide de le suivre à Harvard, entamant ainsi des études de droit. Miss Barbie a des atouts : une victoire à Miss Hawaii, un diplôme de « merchandising de mode » et, c'est ­noté sur son CV, le bon goût d'« avoir empêché Cameron Diaz d'acheter un affreux pull angora dans une boutique de Bel Air ». Son adaptation à la vie du campus est source de gags réjouissants...
Le divertissement rose bonbon est léger comme une bulle de savon. Mais on ne résiste pas longtemps à l'abattage de la fine Reese Witherspoon, le plus joli menton en galoche de Hollywood, jamais dupe de la nunucherie de son personnage. Derrière elle, l'épatante Selma Blair, dans un second rôle, prouve que les brunes ne comptent pas pour des prunes. Tout le monde est content...
LA REVANCHE D UNE BLONDE, Robert Luketic 2001, Reese Witherspoon, Luke Wilson (comedie sentimentale)@ (E)
Elle Woods ne se contente pas d'être une vraie blonde au sourire éclatant et au look d'enfer. Malheureusement, les ambitions politiques de son fiancé s'accommodent mal d'une compagne blonde. C'est ainsi qu'un triste soir ...

@

LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES, Cédric Le Gallo et Maxime Govare 2021, Nicolas Gob, Michaël Abiteboul (moeurs homo)


Alors que les "Gay Games" de Tokyo approchent à grands pas, les Crevettes pailletées préparent activement leur participation aux compétitions de water-polo. Après des heures d'entraînement, Matthias, Cédric, Joël et consorts embarquent à bord d'un avion en direction du Japon. Malheureusement, le voyage subit un imprévu qui les force à séjourner dans une zone reculée de Russie, où l'homosexualité est vue d'un très mauvais oeil par des locaux pour le moins rustres. En attendant de rejoindre sa destination, le groupe fait contre mauvaise fortune bon coeur et se plie aux dérangeantes coutumes et traditions locales...

TELERAMA
L’équipe de water-polo 100 % gay (ou presque) est bloquée en terrain homophobe. Un deuxième volet un peu plus fin, mais sans idée de mise en scène.

Dans les premières Crevettes pailletées (2019), un nageur vaguement homophobe était condamné à entraîner une équipe de water-polo entièrement constituée de jeunes gays. Ici, la troupe doit accueillir un homo qui ne s’assume pas, faire face aux mensonges des uns et des autres, survivre à une escale dans un hôtel de Russie, où il vaut mieux être hétéro. Au-delà du vertige lié au fait que le tournage a eu lieu en Ukraine il y a quelques mois, ce nouveau volet présente l’intérêt de complexifier le propos, avec un scénario centré sur l’homophobie et la difficulté d’être soi-même. C’est plus intéressant, assez drôle, mais il reste deux écueils : les brusques virages vers le drame sont mal négociés, et surtout, il y a trop peu d’idées visuelles.
LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES, Cédric Le Gallo et Maxime Govare 2021, Nicolas Gob, Michaël Abiteboul (moeurs homo) (E)
Alors que les "Gay Games" de Tokyo approchent à grands pas, les Crevettes pailletées préparent activement leur participation aux compétitions de water-polo. Après des heures d'entraînement, ...

@

LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES, Cédric Le Gallo et Maxime Govare 2021, Nicolas Gob, Michaël Abiteboul (moeurs homo)


Alors que les "Gay Games" de Tokyo approchent à grands pas, les Crevettes pailletées préparent activement leur participation aux compétitions de water-polo. Après des heures d'entraînement, Matthias, Cédric, Joël et consorts embarquent à bord d'un avion en direction du Japon. Malheureusement, le voyage subit un imprévu qui les force à séjourner dans une zone reculée de Russie, où l'homosexualité est vue d'un très mauvais oeil par des locaux pour le moins rustres. En attendant de rejoindre sa destination, le groupe fait contre mauvaise fortune bon coeur et se plie aux dérangeantes coutumes et traditions locales...

TELERAMA
L’équipe de water-polo 100 % gay (ou presque) est bloquée en terrain homophobe. Un deuxième volet un peu plus fin, mais sans idée de mise en scène.

Dans les premières Crevettes pailletées (2019), un nageur vaguement homophobe était condamné à entraîner une équipe de water-polo entièrement constituée de jeunes gays. Ici, la troupe doit accueillir un homo qui ne s’assume pas, faire face aux mensonges des uns et des autres, survivre à une escale dans un hôtel de Russie, où il vaut mieux être hétéro. Au-delà du vertige lié au fait que le tournage a eu lieu en Ukraine il y a quelques mois, ce nouveau volet présente l’intérêt de complexifier le propos, avec un scénario centré sur l’homophobie et la difficulté d’être soi-même. C’est plus intéressant, assez drôle, mais il reste deux écueils : les brusques virages vers le drame sont mal négociés, et surtout, il y a trop peu d’idées visuelles.
LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES, Cédric Le Gallo et Maxime Govare 2021, Nicolas Gob, Michaël Abiteboul (moeurs homo) (E)
Alors que les "Gay Games" de Tokyo approchent à grands pas, les Crevettes pailletées préparent activement leur participation aux compétitions de water-polo. Après des heures d'entraînement, ...

@

LA RIFFA 1991 Francesco Laudadio


Francesca, jeune bourgeoise italienne qui vient de perdre son mari, est obligée de vendre tout ce qu'elle a, y compris ses vêtements et ses bijoux, pour payer les dettes de son mari et subvenir aux besoins de sa petite fille…
LA RIFFA 1991 Francesco Laudadio (E)
Francesca, jeune bourgeoise italienne qui vient de perdre son mari, est obligée de vendre tout ce qu'elle a, y compris ses vêtements et ses bijoux, pour payer les dettes de son mari et subvenir aux besoins de sa petite fille&he ...

@

LA RIVIERE SANS RETOUR, Otto Preminger, 1954, Marylin Monroe, Robert Mitchum (western)@@


En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile.
LA RIVIERE SANS RETOUR, Otto Preminger, 1954, Marylin Monroe, Robert Mitchum (western)@@ (E)
En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile. ...

@

LA ROSE ET LA FLECHE, Richard Lester 1978, Sean Connery, Audrey Hepburn (western)@@


Quarante ans après ses exploits passés, Robin des Bois revient dans la forêt de Sherwood où de nouvelles aventures l'attendent.

TELERAMA
Robin des Bois revient de vingt ans de croisade. Il retrouve Sherwood et, surtout, Marianne, devenue nonne. Comment résister au charme de Sean Connery et d’Audrey Hepburn ? Une flèche dans le cœur.

Robin Hood et Petit-Jean reviennent de croisade avec le roi Richard. Robin a perdu toutes ses illusions sur ce roi au cœur de pierre qui s’est révélé cruel et cupide. Lors d’un assaut, Richard meurt. Robin et Petit-Jean regagnent l’Angleterre. La forêt de Sherwood a bien changé et la belle Marian est devenue nonne… Après une adaptation très parodique des Trois Mousquetaires, Richard Lester s’est attaqué au mythe de Robin des bois. Vieilli mais encore romantique, amer et toujours ironique, le maître de Sherwood, interprété ici par un extraordinaire Sean Connery, fait éclater l’image de sa légende dans un Moyen Âge violent et misérable. Un humour corrosif n’empêche pas la tendresse mélancolique qu’éprouve Lester envers ses personnages de transparaître. La mise en scène, la photographie et les acteurs font de ce film une vraie réussite.
LA ROSE ET LA FLECHE, Richard Lester 1978, Sean Connery, Audrey Hepburn (western)@@ (E)
Quarante ans après ses exploits passés, Robin des Bois revient dans la forêt de Sherwood où de nouvelles aventures l'attendent.

TELERAMA
Robin des Bois revient de vingt ans de croisade. Il retrouve Sh ...

@

LA RUE ROUGE, Fritz Lang 1945, Edward Robinson, Joan Bennett (policier)@@


Petit caissier sans histoires, Christopher Cross rencontre, suite à une soirée arrosée, une jeune femme du nom de Kitty dans une rue de Greenwich Village. Elle le prend pour un riche artiste, lui qui n'est qu'un peintre amateur, tandis qu'il tombe amoureux d'elle. Motivée par Johnny, son amant, Kitty décide alors de profiter de l'affection de Christopher afin de lui soutirer de l'argent.
LA RUE ROUGE, Fritz Lang 1945, Edward Robinson, Joan Bennett (policier)@@ (E)
Petit caissier sans histoires, Christopher Cross rencontre, suite à une soirée arrosée, une jeune femme du nom de Kitty dans une rue de Greenwich Village. Elle le prend pour un riche artiste, lui qui n'est qu'un peintre ...

@

@

LA SAISON DES FEMMES, Leena Yadav 2016, Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte (societe inde)@@


Rani, veuve, vit seule et dans la pauvreté en compagnie de sa belle-mère, dans un village reculé de l'état du Gujarat. Respectueuse des traditions, elle marie son fils Gulab, un jeune homme immature, avec Janali, une jeune fille timide du village voisin. Leur union s'avère un désastre car Gulab est, à l'instar des hommes du village, rustre, violent et alcoolique.

TELERAMA
Transperçant l’obscurité dans un drôle de véhicule aux néons fluo, des filles rient aux éclats, cheveux au vent. Nous sommes en Inde, dans un coin reculé de l’État du Gujarat. À bord, il y a Bijli, danseuse-prostituée à l’excentricité fellinienne. Rani, en lutte contre des traditions familiales aliénantes qui se transmettent de mère en fille. Lajjo, méprisée et battue par un époux alcoolique qui l’accuse d’être stérile.

Dans cette production dénonçant une société archaïque, chaque héroïne incarne le féminisme. Après deux longs métrages réalisés à Bollywood, Leena Yadav bifurque vers le film indépendant. Non sans risque. Car, pour briser des tabous, elle montre ce que le cinéma indien, même alternatif, ne montre (presque) jamais : une violence conjugale, insoutenable. Ou des corps dénudés, potentiellement choquants dans un pays qui refuse la sexualité à l’écran.

Si le film fascine, c’est par ses fulgurances (magnifiques scènes de fête foraine) et ses ruptures de ton, qui font passer, en un instant, de l’effroi au rire. Les discussions, savoureuses et roboratives, entre copines se serrant les coudes font penser aux héroïnes volubiles de Quentin Tarantino dans son Boulevard de la mort (2007). Et l’on est bouleversé par le moment, d’une intense sensualité, où l’une soigne le corps tuméfié de son amie, frappée par son ivrogne de mari. Une amitié intense qui glisserait presque vers l’amour.
LA SAISON DES FEMMES, Leena Yadav 2016, Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte (societe inde)@@ (E)
Rani, veuve, vit seule et dans la pauvreté en compagnie de sa belle-mère, dans un village reculé de l'état du Gujarat. Respectueuse des traditions, elle marie son fils Gulab, un jeune homme immature, avec Janali, ...

@

LA SALLE DES PROFS, IlkerCatak 2023 (societe education)@@


En Allemagne, une série de vols commis dans la salle des professeurs d'un collège public inquiète l'administration. Choquée par les méthodes de la direction, qui fait pression sur les délégués de classe afin qu'ils désignent de potentiels suspects parmi les élèves, Carla Nowak, une professeure de mathématiques et d'éducation physique, décide de mener sa propre enquête pour confondre le coupable. Pour parvenir à ses fins, elle laisse tourner la caméra de son ordinateur portable. Si les images enregistrées dévoilent bien l'identité du voleur, elles créent aussi des vives tensions au sein de l'établissement. L'initiative de Carla se retourne contre elle...

TELERAMA
Témoin d’une accusation arbitraire dans son collège, une professeure mène sa propre enquête. Le réalisateur İlker Çatak apporte beaucoup de nuance et d’ambiguïté à un genre, “le film de prof”, qui en manque souvent.

Encore une comédie sociale à la gloire des enseignants qui font un métier formidable dans des conditions qui le sont de moins en moins ? Fausse piste. L’ambiance de cette Salle des profs est parfaitement glaciale, comme la lumière d’hiver bleutée qui nimbe le collège allemand où une jeune prof de mathématiques idéaliste va vivre une semaine en enfer.

Choquée par la façon dont un élève d’origine turque a été un peu vite désigné l’auteur d’une série de vols au sein de l’établissement, l’enseignante va mener sa propre enquête. En salle des profs, elle laisse son portefeuille en vue, devant la caméra allumée de son ordinateur, qui filme à son insu l’avant-bras du pickpocket. Lequel porte un chemisier blanc à motifs orange. Exactement comme celui de la secrétaire d’administration du collège, d’où une suspicion générale et des crises en cascade…

Clin d’œil à “Sueurs froides”
Caméra sans cesse en mouvement, plans-séquences, image au format 4/3 : le réalisateur, par sa mise en scène, enferme les personnages dans le huis clos du collège et maintient une tension permanente à partir d’un argument au finale assez peu rocambolesque. Faux coupable, apparences trompeuses, multiplication des points de vue, solitude du héros dans un microcosme hostile… Tous les ingrédients du thriller hitchcockien sont réunis, jusqu’au nom de la prof au cœur de la tourmente, Carla Nowak, clin d’œil à Kim Novak, l’actrice dédoublée de Vertigo (Sueurs froides).

Allemand d’origine turque, l’auteur n’assène rien, et surtout pas la vérité, qui restera en suspens, soumise aux interprétations multiples, faute de preuve irréfutable, comme un problème de mathématique demeure irrésolu si le résultat ne peut être justifié. Sans doute l’ensemble embrasse-t-il un peu trop de sujets (le harcèlement, la « cancel culture », les fake news, la toxicité des parents d’élèves), mais il a le mérite d’apporter de la nuance et de l’ambiguïté dans un genre, le « film de profs » donc, où elles font souvent défaut.

LA SALLE DES PROFS, IlkerCatak 2023 (societe education)@@ (E)
En Allemagne, une série de vols commis dans la salle des professeurs d'un collège public inquiète l'administration. Choquée par les méthodes de la direction, qui fait pression sur les délégu& ...

@

LA SANCTION de l Eiger 1975, Clint Eastwood (aventure sport montagne)@@


Jonathan Hemlock doit sanctionner, c'est à dire tuer pour le compte de la CIA, deux agents ennemis. Si le premier contrat est facilement rempli, le deuxième consiste à éliminer un alpiniste faisant partie d'une cordée sur l'Eiger, et dont il ignore l'identité. Il s'intègre au groupe, surveillé d'en bas par son vieil ami Ben Bowman.
LA SANCTION de l Eiger 1975, Clint Eastwood (aventure sport montagne)@@ (E)
Jonathan Hemlock doit sanctionner, c'est à dire tuer pour le compte de la CIA, deux agents ennemis. Si le premier contrat est facilement rempli, le deuxième consiste à éliminer un alpiniste faisant partie d'une c ...

@

LA SCOUMOUNE, José Giovanni 1972, Jean-Paul Belmondo, Aldo Bufi Landi (policier)@@


Marseille, 1934. Xavier Saratov est en prison pour un meurtre que Jeannot Villanova, le patron de la pègre marseillaise, lui a fait endosser en mettant un cadavre dans sa voiture. Son ami Roberto Borgo, surnommé la Scoumoune, tente de prouver son innocence.

TELERAMA
À force de rediffusions, le chapeau mou de Bébel paraît un rien mité, et les petites pépées sont fatiguées. Qu’importe !
Heureuse époque, où les julots en costume rayé et chapeau mou avaient encore le sens de l'honneur et de l'amitié virile ! Pourtant, à force de rediffusions (La Scoumoune concurrence, au box-office des refrains télévisuels, tous les Gendarmes et Bronzés), le chapeau mou paraît un rien mité, et les petites pépées sont fatiguées. Qu'importe ! De film en film, José Giovanni sacrifie avec une invariable ardeur aux mythes du grand banditisme buriné. Marseille et Pigalle apportent l'indispensable touche canaille et pittoresque. Claudia Cardinale est charmante, Michel Constantin toujours broussailleux. Belmondo est le héros sympathique de ce divertissement encore savoureux.
LA SCOUMOUNE, José Giovanni 1972, Jean-Paul Belmondo, Aldo Bufi Landi (policier)@@ (E)
Marseille, 1934. Xavier Saratov est en prison pour un meurtre que Jeannot Villanova, le patron de la pègre marseillaise, lui a fait endosser en mettant un cadavre dans sa voiture. Son ami Roberto Borgo, surnommé la Scoumoune, ...

@

LA SEDUZIONE, Fernando di Leo 1973, Lisa Gastoni, Maurice Ronet, Jenny Tamburi


LA SEDUZIONE, Fernando di Leo 1973, Lisa Gastoni, Maurice Ronet, Jenny Tamburi (E)
...

@

LA SEPARATION 1905, Francois Hanss 2005, Pierre Arditi, Claude Rich(docu fiction)


La loi promulguant la séparation de l'Eglise et de l'Etat célèbre en 2005 son centième anniversaire. A cette occasion, le réalisateur François Hanss propose de revivre ce débat-fleuve, qui dura plus de dix mois et occupa quarante-huit séances à la Chambre des députés. Depuis l'hémicycle du Palais Bourbon, il met en scène le débat parlementaire de l'époque, interprété par des comédiens tels que Pierre Arditi, Claude Rich, Jean-Claude Drouot, Michael Lonsdale, Pierre Santini et Jacques Gallo. Les textes, écrits par Bruno Fuligni, sont directement inspirés des comptes-rendus officiels de ces discussions. Un prologue, des intermèdes et un épilogue permettent de mieux appréhender les enjeux de l'époque et de mieux cerner la portée de cette loi sur la laïcité.

TELERAMA
Noble ambition que d’avoir voulu rendre accessibles les débats qui, en 1905, opposèrent les députés de la Chambre et permirent l’adoption de la loi sur la séparation des Églises et de l’État. Ce docu-fiction donne à entendre les arguments des uns et des autres, brillants orateurs : ceux d’Aristide Briand, rapporteur de la loi, et ceux de Jean Jaurès, mais aussi ceux de leurs contradicteurs, démocrates-chrétiens, royalistes vendéens et anticléricaux d’extrême gauche.
LA SEPARATION 1905, Francois Hanss 2005, Pierre Arditi, Claude Rich(docu fiction) (E)
La loi promulguant la séparation de l'Eglise et de l'Etat célèbre en 2005 son centième anniversaire. A cette occasion, le réalisateur François Hanss propose de revivre ce débat-fleuve, qui du ...

@

LA SEPTIEME CIBLE, Claude Pinoteau 1984, Lino Ventura (thriller sentimental)@


Un homme. Un homme qu'on aime. À l'âge qu'il a, et avec un caractère qui lui a valu certaines blessures, il a gardé le sens de l'amitié et celui de l'humour. Mais du jour au lendemain, sans comprendre pourquoi, il voit sa vie devenir une chasse à l'homme.

TELERAMA
L’écrivain Grimaldi est menacé de mort. Pourquoi tant de haine ? On s’en moque éperdument. Lino serre les dents, on ferme les paupières. Cible ratée.

Bastien Grimaldi, grand reporter devenu écrivain, est agressé. Il en ignore le motif, mais reçoit bientôt des menaces de mort. La police ne prend pas l'affaire au sérieux, et Grimaldi décide de mener l'enquête seul. Les auteurs ont construit une intrigue un peu téléphonée pour donner à Lino Ventura un rôle exemplaire : bafoué, vaguement maso, il subit et prend des coups, attendant le moment où sa patience sera à bout pour prendre les choses en main ; l'acteur est parfait dans ce type de personnage buté. Les seconds rôles, censés étoffer l'intrigue, sont assez inégaux. C'est le type même du polar d'espionnage vu cent fois, qui a disparu du cinéma français en même temps que la génération d'acteurs qui l'interprétait. On ne le pleurera pas.
LA SEPTIEME CIBLE, Claude Pinoteau 1984, Lino Ventura (thriller sentimental)@ (E)
Un homme. Un homme qu'on aime. À l'âge qu'il a, et avec un caractère qui lui a valu certaines blessures, il a gardé le sens de l'amitié et celui de l'humour. Mais du jour au lendemain, sans comprendre pourq ...

@

LA SERVANTE ECARLATE, Volker Schlöndorff 1989, Natasha Richardson, Faye Dunaway, Elizabeth McGovern (societe)@@


Dans un futur proche, les femmes non stériles sont réduites en esclavage au service d’une élite. Volker Schlöndorff adapte la terrifiante fable dystopique de Margaret Atwood, avec Faye Dunaway, Robert Duvall et Natasha Richardson.

Aux États-Unis, une catastrophe nucléaire a fait drastiquement chuter la fécondité. Une nouvelle société s’est mise en place, la “république de Gilead”, dont les dirigeants ont entrepris de mettre à leur service les rares femmes encore en mesure de procréer. Vêtues de robes écarlates, les “servantes” sont privées de leurs droits et réduites à l’état de machines reproductrices. Kate a ainsi été arrachée à sa famille pour être envoyée dans la maison d’un commandant et de son épouse…

Obscurantisme
Bien avant la série télévisée portée par Elisabeth Moss et Joseph Fiennes, Volker Schlöndorff s’est lui aussi emparé du roman dystopique de Margaret Atwood, qui dépeint une société totalitaire où le pouvoir politique et la religion s’allient pour anéantir les libertés et réprimer violemment toute opposition. Profondément pessimiste, cette fable féministe dénonce les dérives de nos sociétés, alors que la dégradation de l’environnement et les crises économiques ont poussé l’humanité au bord du précipice. Mêlant science-fiction et drame psychologique, le réalisateur allemand ancre le récit dans des couleurs glacées et des atmosphères figées qui accentuent son caractère cauchemardesque. Trente-cinq ans après sa sortie, ce film saisissant, servi par un casting remarquable, résonne puissamment avec les peurs suscitées par l’avènement de l’Amérique trumpiste.
LA SERVANTE ECARLATE, Volker Schlöndorff 1989, Natasha Richardson, Faye Dunaway, Elizabeth McGovern (societe)@@ (E)
Dans un futur proche, les femmes non stériles sont réduites en esclavage au service d’une élite. Volker Schlöndorff adapte la terrifiante fable dystopique de Margaret Atwood, avec Faye Dunaway, Robert Duvall ...

@

LA SIRENE DU MISSISSIPI, Francois Truffaut 1969, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Michel Bouquet (hriller sentimental)@@@


Louis Mahé, riche planteur réunionnais et fabricant de cigarettes, a épousé Julie, rencontrée par petite annonce et arrivée par le paquebot Mississippi. Il s'aperçoit bientôt que ce n'est pas sa ravissante épouse qui écrivait les lettres qui l'ont séduit. Alors qu'il s'apprête à l'interroger, Julie disparaît, non sans l'avoir au préalable dévalisé. Il engage un détective privé tout en menant sa propre enquête. Julie, en France, est devenue Marion, une artiste de cabaret.

TELERAMA
Une passion déguisée en film noir, comme un mariage en habits de deuil : le cadeau fasciné de François Truffaut à Catherine Deneuve.
Pour acquérir les droits du roman de William Irish Waltz Into Darkness, Truffaut emprunte à trois amis : Jeanne Moreau, Claude Lelouch et Claude Berry. À Deneuve, il écrit : « Je compte bien montrer un nouveau tandem prestigieux et fort : Jean-Paul, aussi vivant et fra­gile qu’un héros stendhalien, et vous, la sirène blonde dont le chant aurait inspiré Giraudoux. » Le cinéaste délaisse le polar au profit de l’histoire d’amour noire.

Louis, industriel du tabac, fiancé par correspondance, attend sa promise à la descente du bateau. Soudain, elle est là, aveuglante de beauté. Elle n’est pas la fille de la photo, mais qu’importe… Avec ce personnage d’homme qui finit par gagner le cœur de celle qui lui voulait du mal, Belmondo réussit l’une des plus belles compositions de sa carrière. « Ta beauté est une souffrance, dit Louis à Marion. — Hier, tu disais que c’était une joie. — C’est une joie et une souffrance. »

Ce drame passionnel prend une force supplémentaire quand on l’envisage sous l’angle autobiographique, témoignage vibrant de l’amour de François T. pour Catherine D. Dix ans après, dans Le Dernier Métro, Depardieu adressera la même réplique à Deneuve, directrice de théâtre prénommée… Marion.
LA SIRENE DU MISSISSIPI, Francois Truffaut 1969, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Michel Bouquet (hriller sentimental)@@@ (E)
Louis Mahé, riche planteur réunionnais et fabricant de cigarettes, a épousé Julie, rencontrée par petite annonce et arrivée par le paquebot Mississippi. Il s'aperçoit bientôt que ce n'e ...

@

LA SIRENE, Sepideh Farsi 2022 (animation)@@


En 1980, les habitants de la ville iranienne d'Abadan ont résisté au siège des troupes irakiennes. Tandis qu'Omid, 14 ans, reste avec son grand-père, son frère aîné combat au front. Dans son travail de livreur de nourriture, Omid apprend à connaître une grande variété de personnes et leurs histoires.

TELERAMA
Tout droit venu du récent festival d’Annecy (où il a remporté le Prix de la meilleure musique originale, pour sa BO signée Éric Truffaz), ce beau film d’animation nous replonge dans les tourments du conflit Iran-Irak, en 1980. Nous voilà dans les rouges violents et les ocres enflammés d’Abadan, cité pétrolière du sud de l’Iran, assiégée par l’armée ennemie. Une esthétique à la fois limpide et convulsive, conçue par le dessinateur Zaven Najjar, permet à la réalisatrice Sepideh Farsi (Demain je traverse, Red Rose), dont c’est le premier long métrage animé, d’évoquer l’un des épisodes les plus traumatiques de l’histoire de son pays, à travers le parcours d’Omid, adolescent attachant, déterminé à sauver les siens. Une œuvre sensible et humaniste sur la guerre au quotidien, entre désolation et solidarité.
LA SIRENE, Sepideh Farsi 2022 (animation)@@ (E)
En 1980, les habitants de la ville iranienne d'Abadan ont résisté au siège des troupes irakiennes. Tandis qu'Omid, 14 ans, reste avec son grand-père, son frère aîné combat au front. Dans son t ...

@

LA SOEUR DE LA MARIEE, Sam Irvin 2019, Becca Tobin, Ryan Rottman, Michael Gross (sentimental)@


Six mois après leur rencontre, Stéphanie accepte la demande en mariage de Ben et souhaite organiser la cérémonie un an plus tard dans la maison de vacances familiale de Palm Springs. Venue pour annoncer ses fiançailles, Stéphanie apprend alors que sa sœur Tracy va également s'y marier, dans trois semaines !

TELERAMA
Six mois après leur rencontre, Stéphanie accepte la demande en mariage de Ben et souhaite organiser la cérémonie un an plus tard dans la maison de vacances familiale de Palm Springs. Venue pour annoncer ses fiançailles, Stéphanie apprend alors que sa soeur, Tracy, va également s'y marier, dans trois semaines. Les soeurs ignorent encore que leurs parents ont mis en vente la demeure...
LA SOEUR DE LA MARIEE, Sam Irvin 2019, Becca Tobin, Ryan Rottman, Michael Gross (sentimental)@ (E)
Six mois après leur rencontre, Stéphanie accepte la demande en mariage de Ben et souhaite organiser la cérémonie un an plus tard dans la maison de vacances familiale de Palm Springs. Venue pour annoncer ses fian& ...

@

LA SOIF DE L OR, Gérard Oury 1993, Christian Clavier, Catherine Jacob (comique)@


Urbain Dieudonné, radin par tradition familiale, a réussi à amasser mille lingots d'or à l'insu de Fleurette, son épouse et ex-inspectrice des impôts rapace, et de Jacques, son homme à tout à faire et l'amant de Fleurette. Avec sa grand-mère Zézette, il cherche à passer le magot en Suisse en utilisant l'une des maisons préfabriquées qui ont fait la fortune de son entreprise de construction. Les lingots sont incorporés dans les briques de la maison.

TELERAMA
Urbain Donnadieu et sa grand-mère Zézette partagent une passion exclusive : l'or. Leur obsession les pousse à convertir les avoirs d'Urbain, patron d'une société de construction de maisons préfabriquées, en lingots d'or qu'ils prévoient de mettre en sûreté en Suisse. Pour le moment, le magot est bien caché dans une maison témoin. Pour le malheur de ce duo de pingres, Jacques, le chauffeur qu'Urbain croit fidèle, et Florette, tout à la fois épouse d'Urbain et fonctionnaire de l'administration fiscale, sont devenus amants et se sont alliés. Eux aussi veulent mettre la main sur le magot. Une course-poursuite s'engage et les mauvais coups ne tardent pas à pleuvoir...
LA SOIF DE L OR, Gérard Oury 1993, Christian Clavier, Catherine Jacob (comique)@ (E)
Urbain Dieudonné, radin par tradition familiale, a réussi à amasser mille lingots d'or à l'insu de Fleurette, son épouse et ex-inspectrice des impôts rapace, et de Jacques, son homme à tout &a ...

@

LA SORTIE DE L USINE LUMIERE A LYON, Louis Lumiere 1895, (societe)@@


À Lyon, le personnel de l'usine Lumière quitte son lieu de travail, les ouvrières sortant en premier et les cadres ensuite. Dans la première version, le cortège se termine par la sortie de véhicules et les portes sont ensuite refermées.

Cette « vue Lumière », qualifiée non sans humour par l'historien du cinéma Georges Sadoul comme étant « presque une bande publicitaire[1] », est considérée par de nombreux historiens du cinéma comme le premier film. Aussi, les commémorations du Centenaire du Cinéma ont été organisées en France en mars 1995. Cette datation se retrouve autant dans l'Encyclopédie Larousse que sous la plume de Michel Faucheux[2], ou que dans le monumental ouvrage de l'historien américain Charles Musser (en)[3]. Toutefois, d'autres historiens donnent la priorité à l'année 1891, date de l'apparition des premiers films produits par Thomas Edison, réalisés par son ingénieur électricien William Kennedy Laurie Dickson. Ainsi, Georges Sadoul note que « les bandes tournées par Dickson sont à proprement parler les premiers films »[4], et Laurent Mannoni, conservateur en chef des appareils à la Cinémathèque française, précise que « cent quarante-huit films sont tournés entre 1890 et septembre 1895 par Dickson et William Heise[5]. » Tandis que Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin n'hésitent pas à qualifier de mensonge chauvin la primauté de La Sortie... dans la plupart des histoires du cinéma et rappellent que le cœur du cinéma et de tout ouvrage audiovisuel est bien ce qu'Edison a nommé pour la première fois un film. Ces auteurs n'en dégagent pas moins l'importance historique de cette Sortie de l'usine Lumière et l'apport esthétique fondamental de Louis Lumière dans le processus de création des « vues photographiques animées », le mot que les frères Lumière utilisaient pour désigner leurs bobineaux impressionnés[6].
LA SORTIE DE L USINE LUMIERE A LYON, Louis Lumiere 1895, (societe)@@ (E)
À Lyon, le personnel de l'usine Lumière quitte son lieu de travail, les ouvrières sortant en premier et les cadres ensuite. Dans la première version, le cortège se termine par la sortie de véhicules ...

@

LA SOUFFLEUSE DE VERRE, Christiane Balthasar 2018 (conte de noel)@@@


Noël 1890, dans la forêt de Thuringe, dans le centre de l'Allemagne. À la mort brutale de leur père, Marie et Johanna se retrouvent orphelines. Marie, la plus jeune, souhaite reprendre la verrerie de leur défunt père.

TELERAMA
Au XIXᵉ siècle, deux sœurs allemandes se battent pour reprendre la verrerie de leur défunt père malgré les traditions misogynes tenaces.

Allemagne, fin du XIXᵉ siècle. Dans un petit village de la forêt de Thuringe vivent les sœurs Steinmann, Marie et Johanna, orphelines depuis la mort brutale de leur père, souffleur de verre. Marie, qui a beaucoup observé le travail de ce dernier, souhaite reprendre la verrerie familiale. Mais la corporation des souffleurs, exclusivement masculine, ne le permettrait pas.

Pour subvenir à leurs besoins, Johanna se met au service d’un marchand au comportement ambigu tandis que Marie intègre l’exploitation d’un confrère de son père, Wilhelm Helmer, et consent à un mariage de raison avec son fils, alcoolique et violent. Face à l’injustice de leur situation, les deux sœurs vont trouver la force de se rebeller.

Académique, sans surprise ni grain de folie, ce téléfilm sur l’émancipation de deux jeunes femmes par le biais de l’art et de la création, au sein d’une société patriarcale intransigeante, est avant tout un hommage aux contes de Noël à la Dickens. Les deux oies blanches entourées d’ogres pingres et veules se débattent pour affirmer leur identité. Leur fragilité et leur délicatesse, qui sont aussi celles du verre et de sa fabrication, s’opposent violemment à la dureté imbécile des hommes. Dotée de décors magnifiquement éclairés — un jaune doré comme l’incandescence du verre lui-même —, cette adaptation peut sembler naïve. Pourtant, sa mise en avant d’une misogynie farouche que l’on pensait archaïque paraît étrangement actuelle.
LA SOUFFLEUSE DE VERRE, Christiane Balthasar 2018 (conte de noel)@@@ (E)
Noël 1890, dans la forêt de Thuringe, dans le centre de l'Allemagne. À la mort brutale de leur père, Marie et Johanna se retrouvent orphelines. Marie, la plus jeune, souhaite reprendre la verrerie de leur déf ...

@

LA SOUPE AUX CHOUX, Jean Girault 1981, Louis de Funes, Jean Carmet, Jacques Villeret (comique)@@


Le Claude et Le Bombé vivent dans un petit hameau. Le premier est veuf, le second célibataire. Ensemble, ils passent la plupart de leur temps à trinquer. Une nuit, un extraterrestre atterrit dans le champ de Claude. Il ne semble pas agressif.

TELERAMA
Après tant de diffusions, ça vous fait encore rire, cette enfilade de borborygmes, de rots, de flatulences et de glouglouglous échangés entre un extraterrestre et deux pépés débiles ? Et quel mépris pour le monde paysan !

Deux vieux paysans français, bourbonnais plus précisément, passent des jours tranquilles dans un hameau abandonné. Ils aiment le vin, la soupe aux choux et les compétitions aussi saugrenues qu'incongrues, bruyantes et nauséabondes. Débarque un extraterrestre, par l'odeur et le bruit alerté. Ce film a été tellement diffusé à la télévision et tellement incendié à chacun de ses passages qu'il ne reste plus que le silence pour exprimer notre affliction ! Même les hardis collectionneurs de navets éviteront un énième visionnage…
LA SOUPE AUX CHOUX, Jean Girault 1981, Louis de Funes, Jean Carmet, Jacques Villeret (comique)@@ (E)
Le Claude et Le Bombé vivent dans un petit hameau. Le premier est veuf, le second célibataire. Ensemble, ils passent la plupart de leur temps à trinquer. Une nuit, un extraterrestre atterrit dans le champ de Claude. Il ...

@

LA SOURCE DES FEMMES, Radu Mihaileanu 2011, Leïla Bekhti, Hafsia Herzi (societe)@@@


Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps.

TELERAMA
Dans la touffeur d'un pays musulman, des femmes usent leur santé, porteuses d'eau gravissant et descendant la montagne, pour la grande satisfaction des hommes, assis sur leurs privilèges. La révolte viendra et sera joyeuse ! Radu Mihaileanu (Le Concert) reste fidèle à sa répu­tation de cinéaste doué pour mettre le public dans sa poche tout en se mettant la critique à dos. Malgré ses bonnes intentions et ses messages mis en chansons, cette Source des fem­mes a du mal à nous enchanter. Tourné dans le décor unique d'un village rattaché à nul pays (pour concerner tout le monde et ne froisser personne), le film fait monter le débat sur les libertés comme une mayonnaise. Il s'agit de tout dire, de tout expliquer. Il y a là, certes, une géné­rosité presque maternelle - le réalisateur se place résolument du côté des femmes. Mais, en même temps, un manque de complexité, une façon artificielle d'emballer tout, y compris le spectateur. Qui a le droit, lui aussi, de revendiquer un peu de liberté.


LA SOURCE DES FEMMES, Radu Mihaileanu 2011, Leïla Bekhti, Hafsia Herzi (societe)@@@ (E)
Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l'eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. < ...

@

LA STRADA Federico Fellini 1954, Giulietta Masina, Anthony Quinn@@


Gelsomina, femme enfantine naïve, a été cédée par sa mère à Zampano, un hercule de foire qui vit de ses piètres numéros. La frêle jeune fille va peu à peu se mettre à aimer le colosse malgré sa brutalité. Zampano se découvre une sorte de rival en la personne d'un funambule lunaire, baptisé il Matto, le fou.
LA STRADA Federico Fellini 1954, Giulietta Masina, Anthony Quinn@@ (E)
Gelsomina, femme enfantine naïve, a été cédée par sa mère à Zampano, un hercule de foire qui vit de ses piètres numéros. La frêle jeune fille va peu à peu se mettre & ...

@

LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@


En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est battue bec et ongles contre les ministres et les industriels pour faire éclater ce scandale et défendre plus de 50 000 emplois jusqu'au jour où elle s'est fait violemment agresser et a vu sa vie basculer.

TELERAMA
C’est l’histoire, sidérante, de Maureen Kearney, syndicaliste chez Areva, violemment agressée en 2012. Un livre, et surtout un film, diffusé dimanche 25 janvier sur France 2, ont permis de mettre en lumière son calvaire.

C'est l’histoire d’une femme, Maureen Kearney, responsable syndicaliste CFDT et lançeuse d’alerte chez Areva, retrouvée chez elle par sa femme de ménage, six heures après une agression subie le 17 décembre 2012, ligotée à une chaise, la lettre A gravée sur le ventre, le manche d’un couteau enfoncé dans le vagin. Et que l’on accusera d’avoir mis elle-même en scène ces actes de barbarie.

C’est l’histoire d’une journaliste, Caroline Michel-Aguirre, alors grande reporter au service éco à L’Obs, qui enquête et entend parler de contrats secrets passés entre Areva et la Chine. « Dans ce cadre, je rencontrais beaucoup de monde et je connaissais tout le milieu de l’énergie, dont Maureen Kearney, une source parmi tant d’autres », précise-t-elle. Son livre, La Syndicaliste (éd. Stock), publié en août 2019, est le fruit de plusieurs années d’enquête sur cette affaire, celui du combat d’une femme contre sa direction pour mettre en lumière d’opaques transferts de technologie nucléaire entre la Chine et la France, par l’entremise d’EDF. Six mois après, Caroline Michel-Aguirre et Maureen Kearney sont invitées dans l’émission Affaires sensibles sur France Inter quand France Culture consacre deux épisodes des Pieds sur terre à ce scandale en octobre 2021.

L’histoire d’une femme violée qu’on ne croit pas
Mais il faudra attendre le film de Jean-Paul Salomé, sorti en mars 2023, pour faire connaître au grand public cette incroyable histoire. « Quand on a fait les avant-premières du film, dans vingt-cinq villes de province, seules trois ou quatre personnes levaient la main quand on leur demandait si elles connaissaient l’affaire. Désormais, au moins cinq cent mille personnes en France identifient Maureen, et sûrement plus, grâce au bouche-à-oreille », raconte aujourd’hui le réalisateur stupéfait, qui avait immédiatemment contacté Caroline Michel-Aguirre après avoir lu les bonnes feuilles de son ouvrage dans L’Obs. Le film a aussi rencontré le succès à l’étranger, vendu à une quarantaine de pays après sa projection à la Mostra de Venise l’année dernière. Et vient de sortir en Hongrie, et doit très prochainement arriver dans les salles italiennes, japonaises et américaines.

« Le film raconte à la fois l’histoire d’une syndicaliste et celle d’une femme violée, qu’on ne croit pas. Cette remise en cause de la parole d’une victime est hélas universelle, elle se comprend et se partage. La charge émotionnelle a été énorme, partout où on allait », se remémore Jean-Paul Salomé. Maureen Kearney le confirme : « La bienveillance dans tous les débats après les projections m’a énormément touchée. Pouvoir partager ce que j’ai vécu a permis à d’autres femmes de parler également, de réaliser qu’elles ne sont pas seules. Beaucoup de victimes de violences ont témoigné au cours de ces débats. J’ai vraiment ressenti la puissance du cinéma, avec cette chance immense d’être incarnée par Isabelle Huppert », qui, pour le rôle, chausse les mêmes lunettes rectangulaires et porte la même frange blonde. Ressemblance frappante.

L’autrice de l’enquête, Caroline Michel-Aguirre, fait aussi ce constat. Il y a eu un véritable effet du film sur la vie du livre, dont elle avait vendu moins de quatre mille exemplaires à sa parution. Après la sortie du long métrage, le format poche s’est écoulé à près de neuf mille exemplaires… « Maintenant, les gens du petit milieu médiatico-politique viennent me voir en me félicitant pour mon travail. Ce qui est troublant pour un journaliste d’enquête, c’est qu’il a fallu passer par la fiction et la personnalité d’une actrice pour que, finalement, l’histoire s’impose. Et je trouve que ça dit beaucoup de notre époque… C’est comme si mon livre avait été validé a posteriori. À sa parution, dans les sphères de pouvoir, personne ne m’a contactée ni demandé de droit de réponse. Pas un homme politique, personne… »
LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@ (E)
En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est ...

@

LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@


En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est battue bec et ongles contre les ministres et les industriels pour faire éclater ce scandale et défendre plus de 50 000 emplois jusqu'au jour où elle s'est fait violemment agresser et a vu sa vie basculer.

TELERAMA
C’est l’histoire, sidérante, de Maureen Kearney, syndicaliste chez Areva, violemment agressée en 2012. Un livre, et surtout un film, diffusé dimanche 25 janvier sur France 2, ont permis de mettre en lumière son calvaire.

C'est l’histoire d’une femme, Maureen Kearney, responsable syndicaliste CFDT et lançeuse d’alerte chez Areva, retrouvée chez elle par sa femme de ménage, six heures après une agression subie le 17 décembre 2012, ligotée à une chaise, la lettre A gravée sur le ventre, le manche d’un couteau enfoncé dans le vagin. Et que l’on accusera d’avoir mis elle-même en scène ces actes de barbarie.

C’est l’histoire d’une journaliste, Caroline Michel-Aguirre, alors grande reporter au service éco à L’Obs, qui enquête et entend parler de contrats secrets passés entre Areva et la Chine. « Dans ce cadre, je rencontrais beaucoup de monde et je connaissais tout le milieu de l’énergie, dont Maureen Kearney, une source parmi tant d’autres », précise-t-elle. Son livre, La Syndicaliste (éd. Stock), publié en août 2019, est le fruit de plusieurs années d’enquête sur cette affaire, celui du combat d’une femme contre sa direction pour mettre en lumière d’opaques transferts de technologie nucléaire entre la Chine et la France, par l’entremise d’EDF. Six mois après, Caroline Michel-Aguirre et Maureen Kearney sont invitées dans l’émission Affaires sensibles sur France Inter quand France Culture consacre deux épisodes des Pieds sur terre à ce scandale en octobre 2021.

L’histoire d’une femme violée qu’on ne croit pas
Mais il faudra attendre le film de Jean-Paul Salomé, sorti en mars 2023, pour faire connaître au grand public cette incroyable histoire. « Quand on a fait les avant-premières du film, dans vingt-cinq villes de province, seules trois ou quatre personnes levaient la main quand on leur demandait si elles connaissaient l’affaire. Désormais, au moins cinq cent mille personnes en France identifient Maureen, et sûrement plus, grâce au bouche-à-oreille », raconte aujourd’hui le réalisateur stupéfait, qui avait immédiatemment contacté Caroline Michel-Aguirre après avoir lu les bonnes feuilles de son ouvrage dans L’Obs. Le film a aussi rencontré le succès à l’étranger, vendu à une quarantaine de pays après sa projection à la Mostra de Venise l’année dernière. Et vient de sortir en Hongrie, et doit très prochainement arriver dans les salles italiennes, japonaises et américaines.

« Le film raconte à la fois l’histoire d’une syndicaliste et celle d’une femme violée, qu’on ne croit pas. Cette remise en cause de la parole d’une victime est hélas universelle, elle se comprend et se partage. La charge émotionnelle a été énorme, partout où on allait », se remémore Jean-Paul Salomé. Maureen Kearney le confirme : « La bienveillance dans tous les débats après les projections m’a énormément touchée. Pouvoir partager ce que j’ai vécu a permis à d’autres femmes de parler également, de réaliser qu’elles ne sont pas seules. Beaucoup de victimes de violences ont témoigné au cours de ces débats. J’ai vraiment ressenti la puissance du cinéma, avec cette chance immense d’être incarnée par Isabelle Huppert », qui, pour le rôle, chausse les mêmes lunettes rectangulaires et porte la même frange blonde. Ressemblance frappante.

L’autrice de l’enquête, Caroline Michel-Aguirre, fait aussi ce constat. Il y a eu un véritable effet du film sur la vie du livre, dont elle avait vendu moins de quatre mille exemplaires à sa parution. Après la sortie du long métrage, le format poche s’est écoulé à près de neuf mille exemplaires… « Maintenant, les gens du petit milieu médiatico-politique viennent me voir en me félicitant pour mon travail. Ce qui est troublant pour un journaliste d’enquête, c’est qu’il a fallu passer par la fiction et la personnalité d’une actrice pour que, finalement, l’histoire s’impose. Et je trouve que ça dit beaucoup de notre époque… C’est comme si mon livre avait été validé a posteriori. À sa parution, dans les sphères de pouvoir, personne ne m’a contactée ni demandé de droit de réponse. Pas un homme politique, personne… »
LA SYNDICALISTE, Jean-Paul Salomé 2022, Isabelle Huppert, Yvon Attal (thriller social)@@@ (E)
En 2012, Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, est devenue lanceuse d'alerte pour dénoncer un secret d'État qui a secoué l'industrie du nucléaire en France. Seule contre tous, elle s'est ...

@

LA TAUPE, Tomas Alfredson 2011, Gary Oldman, Mark Strong@@


George Smiley est l'un des meilleurs agents du Cirque, quartier général des services secrets britanniques. Alors qu'il vient à peine de prendre sa retraite, le cabinet du premier ministre fait de nouveau appel à lui. Le centre de Moscou, leur ennemi juré, aurait un agent double, infiltré au sein du Cirque.
LA TAUPE, Tomas Alfredson 2011, Gary Oldman, Mark Strong@@ (E)
George Smiley est l'un des meilleurs agents du Cirque, quartier général des services secrets britanniques. Alors qu'il vient à peine de prendre sa retraite, le cabinet du premier ministre fait de nouveau appel à ...

@

LA TAVERNE DE L IRLANDAIS, John Ford 1963, John Wayne (western)@


Trois amis, restés après la guerre dans une île française du Pacifique, voient l'arrivée de la fille de l'un d'eux déclencher bagarres et quiproquos.

TELERAMA
Deux anciens combattants du Pacifique se la coulent douce en Polynésie. Une ­tradition veut qu’ils célèbrent leur anniversaire commun par une baston homérique… Débarque la fille oubliée de leur ami médecin. Celui-ci, absent, étant le père de trois enfants métis, on décide de cacher cette réalité compromettante à l’intruse, originaire de Boston, que l’on présuppose donc raciste et coincée…

Ford a 70 ans lorsqu’il réalise cette ­comédie, apparemment sans prétention. Considérée au mieux comme mineure, au pire comme un joli navet misogyne, elle sera sa dernière collaboration avec John Wayne. Ford, qui réside à bord de son yacht, a probablement utilisé la production pour subventionner des vacances de rêve pour ses potes… Dans un cadre (et hors cadre) paradisiaque, nos célibataires endurcis au grand cœur, bourrus, machos et bagarreurs, vont nous donner, sans le moindre souci de réalisme, une élégante, enivrante et inhabituelle leçon de tolérance, de paix entre les peuples et d’art de vivre. Pour apprécier comme il le mérite le charme insolite de cet ovni « pacifique », autant l’appréhender comme une comédie musicale… La scène de la messe de Noël vaut à elle seule son pesant de noix de coco !
LA TAVERNE DE L IRLANDAIS, John Ford 1963, John Wayne (western)@ (E)
Trois amis, restés après la guerre dans une île française du Pacifique, voient l'arrivée de la fille de l'un d'eux déclencher bagarres et quiproquos.

TELERAMA
Deux anciens combattants du ...

@

LA TERRE DES PHARAONS, Howard Hawks 1955, Jack Haxkins, Joan Collins (peplum)@


Le pharaon Chéops est de retour dans son palais, après une nouvelle campagne victorieuse. Il songe maintenant à se faire édifier un tombeau, une pyramide inviolable où il reposera pour l'éternité. A un esclave dont il admire les talents d'architecte, Vashtar, il fait une terrible proposition.
LA TERRE DES PHARAONS, Howard Hawks 1955, Jack Haxkins, Joan Collins (peplum)@ (E)
Le pharaon Chéops est de retour dans son palais, après une nouvelle campagne victorieuse. Il songe maintenant à se faire édifier un tombeau, une pyramide inviolable où il reposera pour l'éternit&eac ...

@

LA TÊTE DANS LES ÉTOILES, Emmanuel Gillibert 2023, Hakim JemiliFX DEmaison (comique)@


Ali, trentenaire de banlieue, vit encore chez sa mère avec sa fille de 8 ans. Sans ambition, il vit grâce à son travail de livreur. À la suite d'une livraison, il va se retrouver accidentellement propulsé dans l'espace, à bord de la station ISS. La conquête spatiale s'apprête à écrire un chapitre surprenant et inédit de son histoire avec cet homme claustrophobe, asthmatique et maladroit.

TELERAMA
Gardons les pieds sur terre : malgré le sympathique Hakim Jemili, astronaute à l’insu de son plein gré, ce nanar spatial à bord de la station internationale ne décolle jamais.

Allô Houston ? Nous avons un gros problème. Après le navrant Les Dents, pipi et au lit (2018), dont le scénario se vautrait sur le canap’ d’un sous-genre de la comédie française, à savoir le film de colocation, Emmanuel Gillibert et son frère Charles, producteur de nombreux films d’auteur français, s’emparent de la conquête spatiale. Ali, livreur pas très motivé chez « Délivroom », séparé de la mère de sa fille à qui il doit 9 000 euros de pension alimentaire, vit chez sa mère, fan d’Enrico Macias. La lose, en somme. Après une série de péripéties lourdingues et rocambolesques – dont la traversée de l’Europe en Blablacar jusqu’à la base spatiale de Baïkonour, au Khazakhstan –, le jeune homme se retrouve enfermé par accident au sein de l’ISS…

Ce n’est donc plus dans un appartement bordélique mais à bord de la navette spatiale internationale que l’on se retrouve confiné, bien contre notre gré. Les acteurs, mal dirigés, à commencer par le sympathique humoriste et acteur prometteur Hakim Jemili (Docteur ?, la série Validé, et un passage très réussi dans LOL : Qui rit, sort !) dans le rôle de ce grand dadais en chaussettes, n’en mènent pas large. De la journaliste arriviste (Beatrice Rosen) qui suit cette mission baptisée « Mission Pluton », au boss, interprété par François-Xavier Demaison, devant gérer face aux journalistes ce malencontreux élément parasitaire, tous peinent à nous faire croire en leur propre intérêt pour le scénario. Personne ne semble s’amuser, même lorsqu’un accident ultra téléphoné à bord de la navette transforme Ali, « le berbère de l’espace », en héros… Nous, cloués par l’ennui, aurions préféré être propulsés ailleurs à bord de la navette de déchets, l’un des gags scatologiques qui symbolise malheureusement la pesanteur de l’ensemble.
LA TÊTE DANS LES ÉTOILES, Emmanuel Gillibert 2023, Hakim JemiliFX DEmaison (comique)@ (E)
Ali, trentenaire de banlieue, vit encore chez sa mère avec sa fille de 8 ans. Sans ambition, il vit grâce à son travail de livreur. À la suite d'une livraison, il va se retrouver accidentellement propulsé d ...

@

LA TETE EN FRICHE, Jean Becker 2010, Gerard Depardieu, Gisele Casadesus (sentimental vieillesse)@@


Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu'il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels.
LA TETE EN FRICHE, Jean Becker 2010, Gerard Depardieu, Gisele Casadesus (sentimental vieillesse)@@ (E)
Germain, 45 ans, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu'il a planté derrière sa caravane, elle- ...

@

LA TETE HAUTE, Emmanuelle Bercot 2014, Catherine Deneuve, Rod Paradot (societe)@@


Malony à qui sa très jeune mère, irresponsable, droguée et instable, n'assure pas un cadre affectif et éducatif satisfaisant se voit placé par la juge des enfants dans plusieurs établissements de plus en plus ...

TELERAMA
Le héros a 6 ans au début, lors de sa première visite dans le bureau de la juge pour enfants. Il y reviendra souvent : Malony est mal né, orphelin de père, élevé par une mère immature et pauvre. Planqué sous la capuche devenue le symbole planétaire d’un mal-être jeune, ou contraint de l’enlever, il garde, le plus souvent, la tête baissée. Comme le titre l’indique, le défi sera, pour ce fils incontrôlable, cet élève déscolarisé, ce danger en puissance, de pouvoir la relever un jour autrement qu’en proférant une insulte.

Emmanuelle Bercot souffle le chaud et le froid avec ce personnage dont tout le monde, entre centre pour délinquants et rechutes dans la violence, souhaite le salut — sauf lui-même. Mais le film est plus inspiré dans l’âpreté que dans l’optimisme. Le meilleur tient à la relation entretenue bon gré mal gré par l’ado avec « sa » juge (Catherine Deneuve). Elle le protège, le recadre, quitte à l’envoyer en prison. Cette figure d’autorité, que l’on retrouve au fil des ans derrière le même bureau, semble un repère inamovible dans la vie dérivante de Malony. D’où ce beau moment de vacillement tardif, quand il prend conscience qu’elle ne sera pas toujours là et qu’elle s’occupe d’autres cas que le sien…
LA TETE HAUTE, Emmanuelle Bercot 2014, Catherine Deneuve, Rod Paradot (societe)@@ (E)
Malony à qui sa très jeune mère, irresponsable, droguée et instable, n'assure pas un cadre affectif et éducatif satisfaisant se voit placé par la juge des enfants dans plusieurs établissement ...

@

LA TORTUE ROUGE, Michael Dudok de Wit 2016 (animation)@@@


Un homme échoue sur une île déserte tropicale. Seul, il doit apprendre à survivre grâce à la nature, pas toujours accueillante avec pour seuls compagnons les oiseaux et de petits crabes facétieux. Cependant, alors qu'il tente de s'enfuir sur son radeau d'infortune, il fait la rencontre d'une mystérieuse tortue sortie de l'eau. Sa vie va changer à jamais.

TELERAMA
Entre l'homme et la nature, tout commence, donc, dans le fracas d'une guerre inégale. Sauf que La Tortue rouge est l'ample et émouvant récit d'une réconciliation. Mieux, d'une fusion amoureuse. Ce somptueux film d'animation (prix spécial à Cannes, dans la section Un certain regard) est bien plus qu'un récit écolo comme les autres. Il s'enivre de la beauté des éléments, du vivant comme du minéral, avec la force des grands récits mythologiques.

Lorsque la mer, enfin calmée, recra­che le héros, à peine vif, sur une île déserte, on croit pourtant voir poin­dre une énième histoire exotique, ­façon Robinson Crusoé. Fausse piste, ou plutôt erreur de perspective. L'être humain, ici, n'est pas le jouet du décor. Et la nature n'est pas une réserve d'accessoires à la disposition de son ingéniosité. C'est une puissance mys­térieuse, à la fois impassible et changeante, accueillante et rétive...

Au début, l'homme veut faire l'homme. Il croit à la chimère d'une con­quête, d'une mise au pas. Il s'acharne. Il fabrique un radeau de fortune, avec ce qui lui tombe sous la main. Mais la mer ne veut pas le laisser partir. Dix fois, cent fois, il échoue avant de gagner le large, coulé par une force énigmatique et invisible. Exactement comme le film qui, dix fois, cent fois, déjoue nos attentes, nos habitudes de spectateur. Il faut du temps, à lui comme à nous, pour changer de point de vue, laisser l'arrière-plan devenir l'es­sentiel : le cycle du ressac sur le sable lisse, le chant des bambous agités par le vent, le rythme des jours qui ­défilent, lents et réguliers, comme la respiration d'un dormeur. Animé « à la main » et à l'ancienne, à l'aquarelle et au fusain, ce conte contemplatif — et totalement sans paroles — s'exprime à travers la lumière changeante et le jeu des couleurs — or du soleil, plomb de l'orage, mercure d'une nappe d'eau douce...

L'île est-elle vraiment magique ? Epuisé, en haillons, l'homme sans nom et sans mots divague. Son sommeil, à même le sable, se peuple de visions. Mais c'est bien éveillé, sous le soleil, qu'il trouve celle qui, inlassablement, coule son embarcation et l'empêche de fuir. C'est une immense tortue rouge qui, comme dans l'un de ces mythes aussi vieux que les rochers et l'eau, se transforme en femme à l'immense chevelure rousse emmêlée. L'île devient, dès lors, le lieu d'une vie à deux — puis à trois, lorsqu'un enfant naît et gran­dit. Bonheur primitif, quotidien, rythmé par la course malicieuse des cra­bes voleurs, l'étirement des ombres, le ­crépitement des ondées passagères. Et cycle tranquille des siestes et des rires, de la pêche et de la cueillette. Rien d'ennuyeux dans la douceur naïve de ces silhouettes enfin apaisées qui épousent leur environnement, ­jus­que dans ses déchaînements de ­violence (inoubliable et spectaculaire ­séquence de tornade).

Du Néerlandais Michaël Dudok De Wit, on aimait le sens de l'épure, les jeux graphiques sur l'ombre et la lumière, toute une poésie méditative qu'il exprimait dans ses courts métrages. Dans Le Moine et le Poisson, une partie de pêche tournait au ballet cocasse entre le pêcheur rondouillard et sa proie, pour se terminer, déjà, par une rêveuse réconciliation. Dans Père et fille (oscar du meilleur court métrage 2001), tous les chemins menaient aussi à la mer, à sa ligne énigmatique, entre vie et mort. Mais son premier long métrage est plus réussi encore, avec son supplément d'animisme à la japonaise. Dans sa description de la nature, dans chaque souffle de vent et dans chaque brindille, le film reflète l'influence du studio Ghibli, des maîtres Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Ce sont eux, d'ailleurs, qui ont sollicité le cinéaste, qui ont présidé à la naissance du film, produit, en France, par le studio Prima Linea. Démarche historique, puisque La Tortue rouge est leur toute première collaboration avec un artiste étranger et extérieur au studio. A ce conte original, ils ont trouvé une place de choix sur la carte de leur univers, à l'ouest des forêts magiques de Princesse Mononoké et de l'océan de Ponyo sur la falaise. Quelque part sur le tropique du chef-d'œuvre.
LA TORTUE ROUGE, Michael Dudok de Wit 2016 (animation)@@@ (E)
Un homme échoue sur une île déserte tropicale. Seul, il doit apprendre à survivre grâce à la nature, pas toujours accueillante avec pour seuls compagnons les oiseaux et de petits crabes facétie ...

@

LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE, Charles Nemes 2000, Eric Judor, Ramzy Bedia, Marina Fois


Eric et Ramzy lavent les vitres de la Tour Montparnasse. La journée s'achève et seule Marie-Joëlle se trouve encore dans les bureaux désertés ; elle attend son oncle, un patron despotique. Eric tente en vain de séduire la jeune femme avec de nombreuses mimiques. L'oncle arrive enfin, entouré de ses fidèles. Soudain, des malfaiteurs surgissent dans le but de dérober le contenu d'un coffre-fort.

TELERAMA
Le titre annonce une parodie du cinéma d’action américain, et un sens du gag à cheval sur le burlesque et l’Almanach Vermot. Côté pastiche, c’est le service minimal. Cambriolage, prise d’otages et dynamitage au cinquantième étage : une collection de clichés à peine revus et corrigés, et très platement filmés. Le décor « hollywoodien » est à la fois mal conçu et mal exploité visuellement, ni vrai ni faux, ni bande dessinée, ni grand spectacle.
L’esprit foufou d’Éric et de Ramzy vient heureusement pirater ce film mou. C’est d’ailleurs leur rôle dans l’histoire : deux laveurs de carreaux de la tour Montparnasse, gaffeurs et toujours à côté de la plaque, court-circuitent un braquage. Les deux compères finissent par retourner à leur profit la nullité des situations et la faiblesse de la mise en scène, emportées par une loufoquerie qui fait feu de tout bois. C’est souvent plaisant et assez sympathique : au lieu de chercher à devenir de grands acteurs comiques qu’on prendra au sérieux, Éric et Ramzy s’amusent avec leur film comme des gamins qui cassent leur jouet.
LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE, Charles Nemes 2000, Eric Judor, Ramzy Bedia, Marina Fois (E)
Eric et Ramzy lavent les vitres de la Tour Montparnasse. La journée s'achève et seule Marie-Joëlle se trouve encore dans les bureaux désertés ; elle attend son oncle, un patron despotique. Eric tente en vain ...

@

LA TRAQUE, Yves Rénier 2021, Grégoire Colin, François Levantal (thriller)


Le 26 juin 2003, Michel Fourniret est arrêté pour tentative d'enlèvement sur mineure. Il ne risque, au mieux, que quelques mois de prison. Pourtant, des policiers sont convaincus d'avoir affaire à un tueur en série. Mais ils n'ont aucune preuve... Le compte à rebours commence et s'engage alors une véritable traque psychologique. La traque, suivez l'incroyable travail des enquêteurs, leur détermination qui a permis d'intercepter, démasquer et emprisonner le couple Fourniret.

TELERAMA
Antoine Blossier a probablement vu tous les survivals, ces thrillers où il y va de la survie du héros. Il aurait dû retenir la règle primordiale pour met­tre le spectateur dans sa poche : le rendre proche des personna­ges. Ici, la famille de pétrochimistes véreux, partis à la chas­se au sanglier, est tellement abjec­te qu'on prend vite le parti des bêtes sauvages lancées à leurs trousses, dans l'espoir que ce pensum s'achève au plus vite. J.C.
LA TRAQUE, Yves Rénier 2021, Grégoire Colin, François Levantal (thriller) (E)
Le 26 juin 2003, Michel Fourniret est arrêté pour tentative d'enlèvement sur mineure. Il ne risque, au mieux, que quelques mois de prison. Pourtant, des policiers sont convaincus d'avoir affaire à un tueur en s&ea ...

@

LA TRAVERSER DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@


Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement découpé.

TELERAMA
Quand s’unissent le goût pour la provocation et le cynisme d’Aymé et d’Autant-Lara. Comédie très très noire portée par un duo d’acteurs exceptionnels.

«Salauds de pauvres ! » : la réplique d'Aurenche et Bost est restée célèbre. Tout comme la colère homérique de Gabin contre tous les Français médiocres et lâches, profitant de l'Occupation pour s'enrichir : « Admirez le mignon, sa face d'alcoolique, sa viande grise et du mou partout, les bajoues qui croulent de bêtise. Et l'autre rombière, la guenon, l'enflure, la dignité en gélatine, avec ses trois mentons de renfort et ses gros nichons en saindoux qui lui dévalent la brioche »...

Sous la caméra de Claude Autant-Lara, « ce boucher qui s'obstine à faire de la dentelle », disait Truffaut, l'odyssée minable d'un pauvre type et d'un artiste peintre, faisant du marché noir dans le Paris nocturne de 1943, devient un règlement de comptes avec l'ignominie ordinaire, une minifresque sur la barbarie à visage humain. Réalisé durant les Trente Glorieuses, qui voulaient oublier les ombres noires de l'Occupation et qui croyaient, même vaguement, en l'avenir de l'homme, le film choqua. Aujourd'hui, il devrait séduire à 100 %, puisque le cynisme, le doute et la suspicion sont pratiquement devenus des règles de vie. Avec Douce (plus subtil) et Occupe-toi d'Amélie (plus bouffon), La Traversée de Paris reste le chef-d'oeuvre noir d'Autant-Lara : du vitriol pur jus. Après quoi, le cinéaste, toujours poussé par un ardent anarchisme de gauche, sombrera dans un extrémisme détestable. Au point de devenir un de ces médiocres que ses premiers films ridiculisaient si bien.
LA TRAVERSER DE PARIS, Claude Autant-Lara 1956, Jean Gabin, Bourvil) (thriller)@@@ (E)
Alors que le marché noir sévit dans le Paris de l'Occupation, le brave et pas très futé Martin est chargé par l'épicier de coltiner à l'autre bout de la ville un cochon proprement déco ...

@

LA TRAVERSEE, Varante Soudjian 2022, Alban Ivanov, Audrey Pirault (maritime)@@


Deux éducateurs, Alex et Stéphanie, emmènent cinq adolescents déscolarisés faire une traversée de la Méditerranée afin de les réinsérer par les valeurs de la mer. Cependant, arrivés au port, ils tombent sur Riton, leur skipper, un ancien policier de la BAC, qui a tout quitté pour fuir la banlieue. Ces jeunes, c'est son pire cauchemar. Tous embarqués sur le même bateau, ils n'auront plus tout à fait la même vision du monde à la fin de cette traversée.

TELERAMA
« C’est comme ça qu’on est partis. Mon frère traînait. Ma mère pleurait. Mon père criait. Et moi j’étais survoltée. » Ainsi commence La Traversée, c’est-à-dire le voyage de l’adolescente Kyona et de son cadet, Adriel, depuis un village dont la douceur chatoyante s’efface soudain, noircie par la haine et les persécutions. Il faut fuir. Endurer les séparations, les deuils, le danger. Passer des frontières hostiles, affronter des ogres friands de misère humaine. Mais aussi, parfois, trouver un peu de répit dans la chaleur d’un amour naissant, d’une solidarité de hasard. Nous voilà dans un tableau vibrant et émouvant, un fleuve de couleurs d’une ­richesse et d’une beauté sidérantes, comme si le peintre Marc Chagall racontait le destin de deux enfants migrants. Peintre, plasticienne et réalisatrice, Florence Miailhe nous avait déjà éblouis avec une brassée de films courts (Hammam, Conte de quartier, Matières à rêver…). Elle reprend aujourd’hui sa technique d’animation très particulière (la peinture sur plaque de verre) pour un premier long métrage en tous points exceptionnel.

Coécrite avec la romancière Marie Desplechin, cette somptueuse odyssée s’inspire de l’histoire familiale de la cinéaste. Ses arrière-grands-parents, Juifs ukrainiens, fuirent les pogroms au début du XXᵉ siècle, puis sa mère et son oncle prirent les routes vers la zone libre, pour échapper aux nazis pendant l’Occupation. Mais les héros de La Traversée pourraient être afghans, syriens ou maliens : le film embrasse, avec toute la puissance du conte, l’éternelle errance des réfugiés.
LA TRAVERSEE, Varante Soudjian 2022, Alban Ivanov, Audrey Pirault (maritime)@@ (E)
Deux éducateurs, Alex et Stéphanie, emmènent cinq adolescents déscolarisés faire une traversée de la Méditerranée afin de les réinsérer par les valeurs de la mer. Cependa ...

@

LA TULIPE NOIRE, Christian-Jaque 1983, Alain Delon, Virna Lisi (cape et epee)@


Le Roussillon à la veille de la Révolution française. Masqué d'un ruban et surnommé "la tulipe noire," un jeune aristocrate s'en prend aux nobles de la région en les dépouillant de leur fortune. Lors d'une altercation avec la police, il est marqué au visage.

TELERAMA
Double ration de Delon ! Le premier, anar et jouisseur, meurt après avoir sauvé le deuxième, son jumeau, timide et idéaliste. On est loin de Fanfan, l’autre Tulipe.

Deux Delon pour le même prix ! Le justicier qui se fait appeler la Tu­li­pe noire (alias Guillaume de Saint-Preux, mélange franchouillard de Robin des bois et de Zorro) a un frère jumeau, le doux Julien, qui va le remplacer dans le beau monde, le temps de cicatriser d’une vilaine balafre. Julien comprend vite que son frère ne détrousse les nobles que pour son enrichissement personnel. Il va alors faire de la Tuli­pe noire un vrai sans-culotte. Delon le libertin arrogant contre Delon le pur (malheureusement un peu niais aussi), quelques jours avant le 14 juillet 1789…

Christian-Jaque avait réussi un coup de maître avec Fanfan la Tulipe, film de cape et d’épée qui tient encore très bien la route aujourd’hui. Douze ans après, il a voulu recommencer (poussé par Delon), mais, hélas, sa nouvelle Tulipe n’a pas les mêmes atouts. Tout ce qui faisait le charme de la version de 1961 paraît ici désuet : la grivoiserie balourde, la musique indigente, les seconds rôles ballots (Adolfo Marsillach vs Noël Roquevert) et le jeu forcé d’Alain Delon (ah ! le lyrisme de Gérard Philipe)… En passant à la couleur, Christian-Jaque a perdu de son éclat.

En juin 1789, la France ne le sait pas encore, mais de grands jours s'annoncent. Guillaume de Saint-Preux, un jeune aristocrate aventureux, devance résolument l'Histoire. Sous un masque noir et précédé d'une réputation de valeureux bretteur, il s'en prend aux fermiers généraux et aux nobles du Roussillon, qu'il dépouille dans son intérêt le plus personnel. Marqué au visage au cours d'une escarmouche par un lieutenant de police qui le soupçonne, le baron La Mouche, Guillaume n'a pas d'autre choix que de demander à son frère jumeau, Julien, dont tous en Roussillon ignorent l'existence, de le rejoindre et de venir tenir sa place dans la société...
LA TULIPE NOIRE, Christian-Jaque 1983, Alain Delon, Virna Lisi (cape et epee)@ (E)
Le Roussillon à la veille de la Révolution française. Masqué d'un ruban et surnommé "la tulipe noire," un jeune aristocrate s'en prend aux nobles de la région en les dépouillant de ...

@

LA VACHE ET LE PRISONNIER Henri Verneuil 1959, Fernandel@@


1943 en Allemagne. Charles Bailly, prisonnier de guerre français, est affecté aux travaux des champs dans une ferme dont le patron est mobilisé sur le front russe. Il décide de s'évader, au grand jour, revêtu de son costume de K.G., en tenant une vache en laisse d'une main et un seau de lait de l'autre.
LA VACHE ET LE PRISONNIER Henri Verneuil 1959, Fernandel@@ (E)
1943 en Allemagne. Charles Bailly, prisonnier de guerre français, est affecté aux travaux des champs dans une ferme dont le patron est mobilisé sur le front russe. Il décide de s'évader, au grand jour, rev ...

@

LA VACHE, Mohamed Hamidi 2016, Jamel Debbouze, Fatsah Bouyahmed, Lambert Wilson (road movie)@@@


Fatah, petit paysan algérien n'a des yeux que pour sa vache Jacqueline, qui'il rêve d'emmener à Paris, au Salon de l'agriculture.
LA VACHE, Mohamed Hamidi 2016, Jamel Debbouze, Fatsah Bouyahmed, Lambert Wilson (road movie)@@@ (E)
Fatah, petit paysan algérien n'a des yeux que pour sa vache Jacqueline, qui'il rêve d'emmener à Paris, au Salon de l'agriculture. ...

@

LA VENGEANCE DU SERPENT A PLUMES, Gerard Oury 1984, Coluche, Marushka Detmers (comique)@


La grand-mère de Loulou Dupin lui laisse en héritage un appartement à Paris. Les lieux sont déjà occupés par Valérie et Laura, deux charmantes jeunes femmes. Laura entreprend aussitôt de séduire Loulou, car l'appartement sert de quartier général à un groupuscule terroriste auquel elle appartient. Ses camarades de lutte ont enlevé le fils d'un banquier connu pour l'échanger contre l'un des leurs, en prison. Au moment du transfert, Loulou comprend tout.

TELERAMA
Loulou Dupin, "percheman" à Courchevel, vient d'hériter de l'appartement de sa grand-mère à Paris. Il se rend dans la capitale, décidé à s'y installer pour quelque temps. Grande est sa surprise lorsqu'il constate que le logement est occupé par deux charmantes créatures, Laura et Valérie. Laura s'emploie du mieux qu'elle peut à séduire Loulou. C'est que l'appartement sert de quartier général à un groupuscule terroriste, "Ravachol-Kropotkine", dont Laura est membre active. Ses camarades de combat ont enlevé le fils d'un banquier pour l'échanger contre l'un des leurs, emprisonné. Au moment du transfert, Loulou comprend tout. Peu importe, il aime Laura et part sur ses traces au Mexique, où le groupe s'est réfugié...
LA VENGEANCE DU SERPENT A PLUMES, Gerard Oury 1984, Coluche, Marushka Detmers (comique)@ (E)
La grand-mère de Loulou Dupin lui laisse en héritage un appartement à Paris. Les lieux sont déjà occupés par Valérie et Laura, deux charmantes jeunes femmes. Laura entreprend aussitôt d ...

@

LA VENGEANCE SANS VISAGE, Claude-Michel Rome 2022


Marie est cadre dans un aéroport. Au cours d'une sortie rafting, elle fait la connaissance de Maxime, passionné de parachutisme et de wingsuit. Elle ignore cependant qu'avec sa bande, Maxime pille des transports de fonds sur des aéroports, et qu'ils préparent un braquage. Pour s'assurer du silence de Marie, Sofia, leader du gang, sabote son parachute lors d'une initiation. Marie fait alors une chute de 2000 mètres mais, par miracle, survit. Un an plus tard, handicapée, elle s'est réfugiée dans la maison de ses parents, à Gap, sa ville natale. Jusqu'au jour où Marie croise Sofia, qui la croit morte et ne la reconnaît pas. Marie décide de se venger en les attirant vers un nouveau braquage. Mais c'est compter sans Luc Ferraz, officier de la BRI à la recherche de la source qui informe le gang. Marie a le profil idéal...

TELERAMA
Exploser une structure narrative ne suffit pas à donner du sens, ni de l’épaisseur. La preuve par ce téléfilm qui déroule mécaniquement une intrigue plate malgré l’assistance artificielle des grosses ficelles du soap. On souffre pour les personnages.

Il faut se méfier des heureux hasards… La preuve par le destin tragique de Marie. Cadre dans un aéroport, elle fait la connaissance de Maxime qui déploie son charme pour la convaincre de partager avec lui sa passion du parachutisme. Jusqu’à ce que son parachute à elle se… déploie mal. Un accident qui survient alors qu’un improbable braquage permet à un groupe de parachutistes de dérober 12 millions d’euros en montres de collection sur le tarmac d’un aéroport. Il faut vraiment se méfier des heureux hasards.

La preuve par ce téléfilm, qui, malgré toute l’énergie qu’il met en œuvre pour nous entraîner entre passé et présent, s’enlise dans une intrigue que l’interprétation mécanique des comédiens n’aide pas à sauver. Entre bluette dans les airs et érotisation de la poterie s’organise un jeu du chat et de la souris, sur fond de vol de bijoux évoquant une grossière version de L’Affaire Thomas Crown. Le téléfilm parvient néanmoins à réussir une démonstration. Le soap n’est jamais une rustine efficace quand une fiction se prend trop au sérieux. La dimension ludique en moins, ne reste que d’énormes ficelles pourvoyeuses d’ersatz de divertissement.
LA VENGEANCE SANS VISAGE, Claude-Michel Rome 2022 (E)
Marie est cadre dans un aéroport. Au cours d'une sortie rafting, elle fait la connaissance de Maxime, passionné de parachutisme et de wingsuit. Elle ignore cependant qu'avec sa bande, Maxime pille des transports de fonds sur d ...

@

LA VERITE SI JE MENS 1 Thomas Gilou 1997, Roger Garcia, Richard Anconina, Bruno Solo@@


Edouard Vuibert est au bout du rouleau. Victor Benzakem, entrepreneur prospère du quartier du Sentier, le prend sous son aile. Le prenant pour un juif, il décide de l'embaucher comme manutentionnaire. Eddie laisse le quiproquo s'installer sur ses origines et il va faire son chemin dans une communauté chaleureuse jusqu'à séduire Sandra, la fille de son patron. Cependant, au cours de la préparation du mariage, Eddie se démasque involontairement.
LA VERITE SI JE MENS 1 Thomas Gilou 1997, Roger Garcia, Richard Anconina, Bruno Solo@@ (E)
Edouard Vuibert est au bout du rouleau. Victor Benzakem, entrepreneur prospère du quartier du Sentier, le prend sous son aile. Le prenant pour un juif, il décide de l'embaucher comme manutentionnaire. Eddie laisse le quiproquo ...

@

LA VERITE SI JE MENS 2, Thomas Gilou 2001, José Garcia, Richard Anconina, Gilbert Melki, Gad Elmaleh, Bruno Solo (comique)@@


Dans le quartier du Sentier, Eddie Vuibert, Dov et Yvan sont confrontés aux procédés pour le moins expéditifs de leur nouveau client, `Eurodiscount', une chaîne européenne d'hypermarchés. Karine, lasse des turpitudes de son volage époux, Dov, le chasse du foyer. La bande de copains se disloque. Dov et Patrick partent tenter leur chance sous le soleil de Californie, tandis qu'Eddie et Yvan font les marchés.
LA VERITE SI JE MENS 2, Thomas Gilou 2001, José Garcia, Richard Anconina, Gilbert Melki, Gad Elmaleh, Bruno Solo (comique)@@ (E)
Dans le quartier du Sentier, Eddie Vuibert, Dov et Yvan sont confrontés aux procédés pour le moins expéditifs de leur nouveau client, `Eurodiscount', une chaîne européenne d'hypermarchés. Kari ...

@

LA VERITE SI JE MENS 3, Thomas Gilou 2011, Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Gilbert Melki, Vincent Elbaz (comique)


Nos chaleureux amis ont migré du Sentier moribond à la banlieue florissante d'Aubervilliers. La petite bande est toujours aussi soudée, solidaire que lors des épisodes précédents, et la vie suit son cours, au gré des petits événements familiaux et des affaires. Dov semble toujours frivole, Eddie entreprenant, Yvan transi, Karine désinvolte, Sandra résolue, Chochana naïve et Serge irresponsable et mythomane.
LA VERITE SI JE MENS 3, Thomas Gilou 2011, Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Gilbert Melki, Vincent Elbaz (comique) (E)
Nos chaleureux amis ont migré du Sentier moribond à la banlieue florissante d'Aubervilliers. La petite bande est toujours aussi soudée, solidaire que lors des épisodes précédents, et la vie suit son ...

@

LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@


Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se défend alors que tout l'accuse : son enfance difficile, ses moeurs libres. Dominique s'est mis en tête de séduire Gilbert pour ennuyer sa soeur, la trop sage et studieuse Annie. Puis, devenue la maîtresse de Gilbert, elle s'est laissée prendre au piège de l'amour-passion.

TELERAMA
Une femme, accusée d’avoir tué son amant, passe aux assises. Le deuxième grand rôle dramatique de Brigitte Bardot. Clouzot reste fidèle à son style, avec une direction d’acteurs au cordeau : Charles Vanel et Paul Meurisse sont magistraux.

Tourné en pleine « bardolâtrie », La Vérité défraya la chronique. L’ogre Clouzot allait-il dévorer la star ? Après En cas de malheur, d’Autant-Lara, c’était son deuxième grand rôle dramatique. Le succès fut à la hauteur du battage. Grand Prix du cinéma français et une nomination aux Oscars.

Le scénario, pourtant, est des plus banals : une jeune fille trop belle, trop libre, est accusée du meurtre de son amant. À son procès, témoins et flash-back nous font revivre le drame. C’est la « qualité française », que contestaient les jeunes loups de la Nouvelle Vague. Rien n’est laissé au hasard et les effets d’audience avec cinglantes répliques d’avocats font mouche. Cinquante ans après, on peut sourire devant ce Saint-Germain-des-Prés dépeint comme un lieu de débauche.

Mais l’intérêt du film, c’est « l’animal Bardot », que Clouzot s’acharne à faire jouer. Elle résiste, la mine boudeuse, puis finit par craquer, telle une bête traquée poussant un hurlement. L’auditoire, à qui elle crie « vous ne m’avez jamais aimée, vous êtes tous morts… », préfigure les bonnes gens qui pousseront au suicide l’héroïne de Vie privée, de Louis Malle. Peu après, Godard s’inclinera lui aussi devant le mythe.
LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@ (E)
Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se dé ...

@

LA VERITE, Kore-Eda Hirokazu 2019, Catherine Deneuve, Juliette Binoche (societe)@@


Catherine, icône du cinéma et mère de Juliette. La publication de ses mémoires ramène sa fille et sa famille des Etats-Unis dans la maison familiale. Les retrouvailles vont vite tourner à la confrontation : vérités cachées, rancunes inavouées, amours impossibles, tout se déballe sous le regard désabusé des hommes. Dans le même temps, Catherine tourne un film de science-fiction où elle incarne la fille âgée d'une mère éternellement jeune.

TELERAMA
Auréolé de sa Palme d’or (“Une affaire de famille”), le Japonais Hirokazu Kore-eda s’est vu proposer de tourner un film en France. Avec Catherine Deneuve, qui joue une diva au verbe assassin. Virtuose à tous les niveaux.

Sans parler un mot de français, Hirokazu Kore-eda, fort de la Palme d’or et du succès international d’Une affaire de famille (2018), s’est vu proposer de tourner un film ici. Avec Catherine Deneuve, s’il vous plaît. Le résultat surprend, séduit et saisit : l’auteur de Still Walking, même délocalisé, demeure un observateur subtil et malicieux des liens familiaux : mère/fille, en l’occurrence. Il réussit un film français, mais traversé par une ironie, une irrévérence venue d’ailleurs. Et d’abord à l’égard de son actrice-monument.

Deneuve joue Fabienne, une star du septième art au verbe assassin, ouvrant le film à un jeu constant entre réalité et fiction. La diva publie ses Mémoires, truffés de savoureux mensonges qui la mettent en valeur. À cette occasion, elle reçoit sa fille (Juliette Binoche). La jeune femme a grandi dans l’ombre de sa mère illustre : les retrouvailles s’avèrent houleuses. Mais, en virtuose de la composition, Kore-eda leur superpose un autre face-à-face mère/fille, beaucoup plus virtuel : Fabienne tourne, ces jours-là, un film de science-fiction où elle joue l’enfant d’une femme immortelle qui, donc, ne change pas et semble de la génération suivante. Les répliques de ce film dans le film portent sur la jeunesse éternelle de l’une et sur le vieillissement de l’autre, pourtant née après. Ce travail de cinéma est filmé comme un supplice nécessaire pour la vedette insubmersible, mais aussi comme une affirmation de soi pleine de panache.
LA VERITE, Kore-Eda Hirokazu 2019, Catherine Deneuve, Juliette Binoche (societe)@@ (E)
Catherine, icône du cinéma et mère de Juliette. La publication de ses mémoires ramène sa fille et sa famille des Etats-Unis dans la maison familiale. Les retrouvailles vont vite tourner à la confront ...

@

LA VEUVE COUDERC, Pierre Granier-Deferre 1971, Alain Delon, Simone Signoret (dramme)@@


Jean, bagnard en cavale, trouve refuge dans la ferme de la veuve Couderc. Il devient l'amant de cette femme plus âgée et lui avoue qu'il est recherché. La belle-famille de la veuve, qui la déteste, ne tarde pas à dénoncer Jean. Bientôt, la ferme est cernée par la police.

TELERAMA
Tout au long de sa carrière, Pierre Granier-Deferre (1927-2007) rendit de bons et loyaux services au star system français. Son début des années 1970 fut même brillant, avec, coup sur coup, deux adaptations de Simenon, Le Chat, où s’affrontaient Jean Gabin et Simone Signoret, puis cette Veuve Couderc, qui invente le duo Signoret-Delon. Elle a 50 ans et s’évertue à en paraître soixante, il a 36 ans et encore la fougue d’un jeune premier. Leur différence d’âge est au cœur d’une intrigue qui joue sur l’attraction taboue que vont vivre leurs personnages, dans la France rurale de 1934.
Un vagabond cachant un passé de bagnard offre ses services à une femme vêtue de noir, détestée par la famille de son défunt mari, qui veut récupérer sa ferme. Parce qu’il trouve trop bien sa place, l’étranger attise une violence qui couve, comme les œufs dans la couveuse achetée par la veuve. C’est elle, la figure de proue de ce drame annoncé, elle dont l’histoire lourde d’épreuves donne tout son prix au rêve de bonheur qui renaît. Le film se met pourtant surtout au service d’Alain Delon, en fait un séducteur irrésistible, un héros romantique ! Cette glorification qu’on qualifierait aujourd’hui de masculiniste a mal vieilli, mais Delon est évidemment à la hauteur. Il est en route vers son mythe et, dans le beau regard de Signoret, la fascination ne semble jamais feinte.
LA VEUVE COUDERC, Pierre Granier-Deferre 1971, Alain Delon, Simone Signoret (dramme)@@ (E)
Jean, bagnard en cavale, trouve refuge dans la ferme de la veuve Couderc. Il devient l'amant de cette femme plus âgée et lui avoue qu'il est recherché. La belle-famille de la veuve, qui la déteste, ne tarde pas &a ...

@

LA VEUVE NOIRE, Bob Rafelson 1987, Debra Winger, Theresa Russell (Thriller)@@


Un industriel new-yorkais meurt d'un arrêt respiratoire, léguant sa fortune à son épouse, Catharine. Quelques semaines plus tard, c'est au tour d'un fabricant de jouets riche. Il laisse à sa jolie femme Marielle une fortune également. Alexandra Barnes, agente fédérale, découvre de troublantes similitudes dans la mort des deux industriels.

TELERAMA
Une rousse incendiaire. Une blonde racée. Une brune carrée. Trois femmes ? Non, la même (Theresa Russell), qui sème la mort et rafle les héritages. Une enquêtrice veut l’arrêter. Il y a les films noirs d’antan et celui-ci, venimeux et prenant.

Alex Barnes, brillante analyste du ministère de la Justice, est persuadée de tenir une meurtrière en série. Plusieurs milliardaires sont morts dans leur sommeil. Tous venaient d'épouser une femme plus jeune qu'eux. Alex pressent que toutes ces veuves n'en font qu'une. Elle se lance à sa poursuite et se lie à elle, au soleil de Hawaï...

Pas de mystère, dès le début, nous savons qu'Alex a raison. Rafelson filme avec une élégance sèche mais constamment sexy le modus operandi de l'empoisonneuse de sang-froid. Il évite la psychologie à bon marché : les motivations de la Veuve noire resteront délicieusement opaques. Dans ce polar où les hommes sont des pions, manipulés, éliminés, ce sont bien les rapports ambigus de ces deux femmes obsessionnelles qui passionnent Rafelson. Trouble histoire de toiles communicantes, avec le saphisme en filigrane, où une chasseuse devient l'ombre de sa proie et où l'érotisme, diffus, passe de l'une à l'autre comme un fluide. Accouplement en piscine, corps-à-corps sous-marin et mort due au « syndrome d'Ondine » : l'élément liquide prédomine dans ce film noir délicatement vénéneux, discrètement volcanique, porté par deux actrices orchidées.

SYNOPSIS
Catharine Petersen hérite de plusieurs millions de dollars de son époux, décédé d'un arrêt cardiaque. Quelque temps plus tard, Ben Dumers, riche industriel de Dallas, meurt à son tour de la même manière et sa femme Marielle hérite de sa fortune. Intriguée par ces morts suspectes, Alexandra, une jeune investigatrice du département de la Justice, mène son enquête. Elle ne tarde pas à découvrir que Catharine et Marielle ne sont qu'une seule et même personne, qui tue ses maris successifs pour s'approprier leurs biens. Alexandra traque la meurtrière jusqu'à ce qu'elle découvre sa véritable identité. Un scoop dont elle se serait finalement bien passée...
LA VEUVE NOIRE, Bob Rafelson 1987, Debra Winger, Theresa Russell (Thriller)@@ (E)
Un industriel new-yorkais meurt d'un arrêt respiratoire, léguant sa fortune à son épouse, Catharine. Quelques semaines plus tard, c'est au tour d'un fabricant de jouets riche. Il laisse à sa jolie femme Mar ...

@

LA VIE A L ENVERS, Howard Deutch 1987, Eric Stoltz, Mary Stuart Masterson (societe)@


Keith est un adolescent artiste et un peu timide, est fou amoureux de la plus belle fille du lycée. Lorsque celle-ci rompt avec son petit ami, il profite de l'occasion et tente sa chance grâce à l'aide de sa meilleure amie, Watts, qui est, quant à elle, amoureuse de Keith.

TELERAMA
Un adolescent entre en conflit avec son père qui voudrait le voir devenir cadre commercial. Le jeune ne rêve que de devenir peintre, sa véritable passion.
LA VIE A L ENVERS, Howard Deutch 1987, Eric Stoltz, Mary Stuart Masterson (societe)@ (E)
Keith est un adolescent artiste et un peu timide, est fou amoureux de la plus belle fille du lycée. Lorsque celle-ci rompt avec son petit ami, il profite de l'occasion et tente sa chance grâce à l'aide de sa meilleure am ...

@

LA VIE A PORTEE DE MAIN (THE LOST HUSBAND), Vicky Wight 2020, Katherine Center


Suite au décès de son mari, Libby tente de reprendre goût à la vie. Elle décide de déménager avec ses enfants au sein de la ferme tenue par sa tante au coeur du Texas. Afin de l'aider à oublier le passé, elle se fait embaucher sur la ferme dirigée par James. C'est une deuxième chance de trouver l'amour qui s'offre à elle.
LA VIE A PORTEE DE MAIN (THE LOST HUSBAND), Vicky Wight 2020, Katherine Center (E)
Suite au décès de son mari, Libby tente de reprendre goût à la vie. Elle décide de déménager avec ses enfants au sein de la ferme tenue par sa tante au coeur du Texas. Afin de l'aider à ...

@

LA VIE D ADELE H, Francois Truffaut 1975, Isabelle Adjani (drame sentimental)@@


Adèle Hugo a 32 ans lorsqu’elle traque le lieutenant Pinson, à qui elle voue une passion aveugle et sans issue. Isabelle Adjani n’en a que 19 quand elle accepte ce rôle bouillonnant, initialement prévu pour Catherine Deneuve. Cette différence d’âge colle parfaitement au douloureux syllogisme que constitue la vie d’Adèle H. Entièrement coupée du réel, cette femme déchirée n’a aucune notion du temps. Sa passion est tellement obsessionnelle qu’elle s’éloigne de son objet pour devenir une mission générale et diffuse : « J’ai la religion de l’amour… » grave Adèle au kilomètre sur des feuilles de papier défouloir.

TELERAMA
Adèle Hugo traque le lieutenant Pinson, à qui elle voue un amour aveugle. Derrière cette passion, le romantisme noir vu par Truffaut qui révéla l’extraordinaire tempérament d’actrice d’Isabelle Adjani.

François Truffaut endigue la folie affective de son héroïne dans des gros plans denses et exclusifs, où jamais il n’y a de place pour le partage amoureux. Son but avoué était de faire « un film à un seul visage ». Grâce à Isabelle Adjani, l’expérience est unique. L’actrice s’offre entièrement, ravagée par un feu intérieur qui ne demande qu’à tout incendier. Lacérée par des modulations intenses, sa voix chante les pouvoirs ambigus du mensonge : douce et crédible dans le jeu social, elle devient âcre et caverneuse quand elle profère des menaces d’amour.
LA VIE D ADELE H, Francois Truffaut 1975, Isabelle Adjani (drame sentimental)@@ (E)
Adèle Hugo a 32 ans lorsqu’elle traque le lieutenant Pinson, à qui elle voue une passion aveugle et sans issue. Isabelle Adjani n’en a que 19 quand elle accepte ce rôle bouillonnant, initialement prévu ...

@

LA VIE D ADELE, Abdellatif Kechiche 2013, Lea Seydoux, Adèle Exarchopoulos (societe homosexualite)@@


A 15 ans, Adèle a deux certitudes : elle est une fille, et une fille, ça sort avec des garçons. Le jour où elle aperçoit le bleu des cheveux d'Emma sur la grand'place, elle sent que sa vie va changer. Seule face à ses questions d'adolescente, elle transforme son regard sur soi et le regard des autres sur elle. Dans son amour fusionnel avec Emma, elle s'accomplit en tant que femme, en tant qu'adulte. Mais Adèle ne sait pas faire la paix.

TELERAMA
C’est un visage qui nous happe, d’autant plus intensément que la caméra ne cesse de le scruter : celui d’Adèle, ses bonnes joues, sa bouche comme un four qui dévore avec boulimie la vie, les spaghettis bolognaises ou les lèvres de son amante, cette bouche qu’elle laisse à moitié ouverte, la nuit, quand elle s’abandonne au sommeil, grand bébé épuisé par la difficulté de grandir… Ce visage, Abdellatif Kechiche le montre dans tous les états, joie et peine, relief dévoré par les flots quand les émotions fondent sur lui : larmes et salive inondent l’épiderme au gré des expériences — et certaines seront des raz de marée.

La façon dont le cinéaste travaille la durée est unique : trois heures (le film aurait pu en durer six et on en redemanderait), dont une bonne partie à ce point fixée sur le visage de son héroïne qu’elle nous fait découvrir son état d’esprit. La durée permet cette précision dans les détails, qui enrichit follement l’empathie envers le personnage, voire l’impression de connaître la personne. Abdellatif Kechiche tient la chronique hors norme d’un amour passionnel : celui qui unit Adèle, lycéenne, puis institutrice, à Emma, apprentie artiste peintre. Ce roman d’apprentissage nous bouleverse.
LA VIE D ADELE, Abdellatif Kechiche 2013, Lea Seydoux, Adèle Exarchopoulos (societe homosexualite)@@ (E)
A 15 ans, Adèle a deux certitudes : elle est une fille, et une fille, ça sort avec des garçons. Le jour où elle aperçoit le bleu des cheveux d'Emma sur la grand'place, elle sent que sa vie va changer. Seul ...

@

LA VIE D ARTISTE, Marc Fitoussi 2006, Denis Podalydes, Sandrine Kiberlain, Emilie Dequenne (societe)@@


Alice rêve de se voir sur un écran de cinéma ou de brûler les planches. Pour l'instant, elle prête sa voix à Yoko Johnson, la courageuse détective d'un dessin animé japonais. Bertrand, qui tente d'achever son second roman, aspire à la consécration littéraire. En attendant, il enseigne le français dans un lycée. Quant à Cora, animatrice d'un bar, elle espère devenir chanteuse. Tous les trois sont bien décidés à parvenir à leurs fins.

TELERAMA
Actrice en quête de rôles conséquents, Alice rêve de connaître un jour le succès. En attendant, elle court les castings que son agent veut bien lui trouver et surtout, pour vivre, elle prête sa voix à Yoko Johnson, personnage d'une très populaire série animée japonaise. Bertrand, lui, tente tant bien que mal d'achever son second roman et rêve d'accéder enfin à la consécration littéraire. Professeur de français dans un lycée, il fait la connaissance de Frédéric, un élève introverti qui lui soumet un texte. Cora, enfin, espère chambouler la chanson française. Animatrice dans un bar-karaoké, elle croise par hasard le chemin de Joseph Costals, ancienne gloire de la chanson française...
LA VIE D ARTISTE, Marc Fitoussi 2006, Denis Podalydes, Sandrine Kiberlain, Emilie Dequenne (societe)@@ (E)
Alice rêve de se voir sur un écran de cinéma ou de brûler les planches. Pour l'instant, elle prête sa voix à Yoko Johnson, la courageuse détective d'un dessin animé japonais. Bertrand, qu ...

@

LA VIE DE CHATEAU, Jean Paul Rappeneau 1966, Catherine Deneuve, Philippe Noiret, Pierre Brasseur (comique)@@


Les échos des lointaines fureurs de la Seconde Guerre mondiale ne parviennent qu'assourdis dans le confortable château bas-normand où Marie, la jolie épouse du mollasson Jérôme, s'ennuie à périr. Ce n'est pas la compagnie de sa belle-mère, Charlotte, qui peut lui redonner le moral. L'installation à demeure d'un groupe de soldats allemands rapprochent les châtelains de la guerre, et Marie de la tentation, puisqu'un bel officier lui fait ouvertement des avances.
LA VIE DE CHATEAU, Jean Paul Rappeneau 1966, Catherine Deneuve, Philippe Noiret, Pierre Brasseur (comique)@@ (E)
Les échos des lointaines fureurs de la Seconde Guerre mondiale ne parviennent qu'assourdis dans le confortable château bas-normand où Marie, la jolie épouse du mollasson Jérôme, s'ennuie à p&ea ...

@

LA VIE DES AUTRES, Florian Henckel von Donnersmarck 2006, Ulrich Muhe, Sebastian Koch (histoire espionnage allemagne de l est)@@@


Allemagne de l'Est, 1983. Ayant exprimé le doute qu'un dramaturge célèbre soit loyal envers la ligne communiste, Gerd Wiesler, un officier de la Stasi, reçoit l'approbation d'espionner l'homme et sa maîtresse, l'actrice Crista-Maria.

TELERAMA
Gerd Wiesler enseigne les méthodes qui permettent d’arracher à un être humain tout ce qu’il cache derrière ses mines d’innocent. Avec Wiesler, les lâches qui comptent fuir à l’Ouest doivent tomber le masque. Simple affaire de savoir-faire. En quelques minutes, tout est là : l’atmosphère d’un pays, la peur de ceux qui y vivent, leur fragilité. D’emblée, un personnage s’impose : Wiesler, l’instrument parfait du régime, dont les yeux perçants sont un étau (excellent Ulrich Mühe, disparu l’été dernier).

Mais la machine inhumaine peut se dérégler, dès lors qu’y interfèrent désirs et sentiments, tout ce qui est humain, et donc incontrôlable. Von Donnersmarck se montre un habile conteur et donne toute sa saveur à l’histoire du revirement de Wiesler, touché par l’amour et l’art, réunis en une actrice finalement moins douée que lui pour jouer la comédie. On assiste à une partie d’échecs entre volonté de pouvoir et envies de possession, loi et transgression. Le spectacle est prenant, à la manière d’un thriller.

La justesse de cette reconstitution offre un accès inédit à une réalité qu’on n’a guère eu l’occasion de revisiter au cinéma, tout en prenant une dimension de fable universelle sur le totalitarisme.
LA VIE DES AUTRES, Florian Henckel von Donnersmarck 2006, Ulrich Muhe, Sebastian Koch (histoire espionnage allemagne de l est)@@@ (E)
Allemagne de l'Est, 1983. Ayant exprimé le doute qu'un dramaturge célèbre soit loyal envers la ligne communiste, Gerd Wiesler, un officier de la Stasi, reçoit l'approbation d'espionner l'homme et sa maîtres ...

@

LA VIE DEVANT SOI, Moshe Mizrahi, Simone Signoret


Madame Rosa habite Belleville, un quartier populaire de Paris où se côtoient beaucoup de Juifs, d'Arabes, de Noirs. Fatiguée, usée par la vie, elle s'occupe de jeunes enfants que lui a confiés l'Assistance Publique. L'un de ces petits est arabe, il s'appelle Mohamed. Il apprend que sa mère est morte tuée par son père. Il va désormais s'occuper de Madame Rosa, le plus et le mieux qu'il peut, jusqu'à la préserver de l'hopital et l'assister dans la mort.

TELERAMA
e film de Moshé Mizrahi vaut surtout pour l’époustouflante interprétation de Simone Signoret en prostituée retraitée qui peine à atteindre son appartement perché tout en haut d’un immeuble du quartier de Belleville, à Paris. Pour ce rôle, elle avait reçu en 1978 le César de la meilleure actrice, avant un nouveau triomphe aux Oscars où le réalisateur et son producteur avaient décroché la statuette du meilleur film international. Trop âgée pour bosser sur le trottoir, madame Rosa gagne sa croûte en gardant une ribambelle de marmots de prostituées plus jeunes, et notamment Momo, enfant d’origine algérienne auquel elle est très attachée et qu’elle tient à garder près d’elle, quitte à mentir sur son âge…
LA VIE DEVANT SOI, Moshe Mizrahi, Simone Signoret (E)
Madame Rosa habite Belleville, un quartier populaire de Paris où se côtoient beaucoup de Juifs, d'Arabes, de Noirs. Fatiguée, usée par la vie, elle s'occupe de jeunes enfants que lui a confiés l'Assistance ...

@

LA VIE EN MIETTES, Denis Malleval 2011, Audrey Fleurot (policier)@@


Jonathan et Lucie Hopkins sont mariés depuis quelques mois seulement, et déjà c'est un cauchemar. Elle est instable, se refuse à lui, disparaît régulièrement pour aller voir sa soeur. Il soupçonne Lucie de lui mentir. Jonathan est un homme fragile, élevé par sa mère seule, dans la misère, il aurait tant besoin d'un peu de tendresse. Il pense à divorcer.
LA VIE EN MIETTES, Denis Malleval 2011, Audrey Fleurot (policier)@@ (E)
Jonathan et Lucie Hopkins sont mariés depuis quelques mois seulement, et déjà c'est un cauchemar. Elle est instable, se refuse à lui, disparaît régulièrement pour aller voir sa soeur. Il soup& ...

@

LA VIE EN PLUS, John Hughes 1988, Kevin Bacon,Elisabeth Mac Govern (sentimental)@@


Jake et Kristy Briggs viennent de se marier. Kristy en est ravie. Mais Jake a du mal à se sentir à l'aise dans son nouveau rôle d'époux. Son ami d'enfance, Davis, a pris ses distances.

TELERAMA
Jake et Kristy Briggs viennent de se marier. Kristy en est ravie. Mais Jake a du mal à se sentir à l'aise dans son nouveau rôle d'époux. Son ami d'enfance, Davis, a pris ses distances. Et surtout, il lui faut assurer le bien-être matériel de sa toute nouvelle famille. Jake trouve un emploi dans une agence de publicité, en attendant de réaliser son rêve : devenir écrivain. Malgré les petits tourments de la vie quotidienne, Jake et Kristy semblent heureux et mènent une existence paisible. Jusqu'au jour où Kristy fait part à son mari de son désir d'avoir un enfant. Jake s'affole. Il ne se sent pas du tout prêt à devenir père...
LA VIE EN PLUS, John Hughes 1988, Kevin Bacon,Elisabeth Mac Govern (sentimental)@@ (E)
Jake et Kristy Briggs viennent de se marier. Kristy en est ravie. Mais Jake a du mal à se sentir à l'aise dans son nouveau rôle d'époux. Son ami d'enfance, Davis, a pris ses distances.

TELERAMA
Jake e ...

@

LA VIE EST BELLE, Frank Capra 1946, James Stewart, Donna Reed (societe)@@@


Le décès de son père oblige un homme à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l'homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8 000 dollars qu'il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide.

TELERAMA
Le soir de Noël, un homme veut se suicider. Un ange est envoyé sur Terre pour le sauver. Cette fable chaleureuse mêlant réalisme social et merveilleux, boudée à sa sortie, a depuis trouvé son public jusqu’à devenir culte.

Un soir de Noël, George Bailey, au bord de la faillite, songe au suicide. Clarence, ange de seconde classe, est dépêché sur Terre pour l’en empêcher… Première production de la compagnie de Frank Capra, Liberty Films, créée pour échapper au joug des majors, ce film suscita d’abord peu d’enthousiasme.

Pour le public de l’après-guerre, cette fable chaleureuse et optimiste paraissait appartenir à un autre temps, désuet et naïf. Puis les spectateurs d’outre-Atlantique y ont reconnu les bases de leur propre idéologie. Ils se sont retrouvés dans cette vision démocratique et chrétienne de la société, hymne à l’individu. Et le film est devenu culte.

L’histoire de George Bailey ressemble à une démonstration : en Amérique, les faibles et les petits, s’ils sont courageux, peuvent résister aux excès des puissants. S’ils n’y arrivent pas, Dieu vient leur donner un coup de pouce. Au-delà de son aspect bien-pensant et conservateur, La vie est belle est un chef-d’œuvre de tendresse et d’humanisme, mêlant simplement le réalisme social au merveilleux. Un concentré de tous les thèmes dits « capraesques » : solidarité, innocence, bonté rédemptrice. Pour le cinéaste, la vie vaut toujours d’être vécue, miracle ou pas.
LA VIE EST BELLE, Frank Capra 1946, James Stewart, Donna Reed (societe)@@@ (E)
Le décès de son père oblige un homme à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l'homme l ...

@

LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@


En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles. Quelques années plus tard, Guido et Dora ont un fils, Giosué, mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est déporté avec son fils.

TELERAMA
Guido est déporté en camp de concentration avec sa femme et son petit garçon. Il n’a qu’une idée : les aider à tenir et cacher la vérité à son fils, en opposant au cauchemar la force du rêve inlassablement réinventé. Alors il explique au petit que ce séjour est un jeu de survie, au terme duquel on peut gagner un char, un vrai !

Une émotion poignante sourd peu à peu de ce film souvent très drôle, constitué de courtes scènes où se condense tout le désespoir. Entre l’infilmable et le trop filmé, Benigni prend le seul parti possible : il s’éloigne de tout réalisme et stylise pour ne pas trahir. Ce choix, moral autant qu’esthétique, est décisif. Lorsqu’il n’y a plus de quoi rire et que le mal devient d’une évidence à pleurer, on mesure la réussite du cinéaste et son habileté à éviter les facilités d’une dramatisation à outrance et de la bonne conscience.

La grande audace de Benigni aura été de faire parler aussi le cœur en des parages historiques où la réflexion est plus nécessaire que jamais. Inventer une histoire d’amour tragi-comique d’un père pour son fils avec la Shoah comme toile de fond, où ­cela pouvait-il mener ? À ceci : un clown a imaginé, le temps d’une fable, tenir en respect la barbarie.
LA VIE EST BELLE, Roberto Benigni 1998, Roberto Benigni, Horst Buchholz (histoire drame)@@@ (E)
En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et ...

@

LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE, Etienne Chatilliez (societe)@@


Dans une petite ville du nord de la France, deux familles nombreuses, les Le Quesnoy et les Groseille, d'origines bien différentes, n'auraient jamais dû se rencontrer. Cependant, c'était sans compter sur Josette, l'infirmière devouée du docteur Mavial, amoureuse et lasse d'attendre qu'il quitte sa femme. Dans un moment d'égarement la douce infirmière a échangé deux nouveau-nés, un Groseille contre un Le Quesnoy, pour se venger de la vie et du docteur.

TELERAMA
Les Le Quesnoy, bourges cathos, versus les Groseille, populos beaufs. Humour au vitriol, répliques cultes, troupe d’acteurs hilarants. Un classique.

Il était une fois deux bébés, nés le même jour dans la même maternité. L’un appartenait à la famille Le Quesnoy, de bons ­catholiques élevés dans le tweed et l’eau bénite. L’autre était le petit dernier de la famille Groseille, horde de prolos élevés dans la dèche et le Formica. Le destin voulut qu’une vilaine fée intervertît leurs bracelets et leurs existences.

Venu de la pub, Etienne Chatiliez inventait, pour son premier film, une satire sociale d’un nouveau genre, d’une méchanceté acidulée, aux personnages trop stéréotypés pour être subversifs, mais ­assurément drôles. Chaque comédien réussit un morceau de bravoure — jusqu’à Patrick Bouchitey en curé guitariste. D’une rediffusion à l’autre, ce spot géant et rigolard à la gloire de nos odieux compatriotes paraît tour à tour vulgaire ou décapant, hilarant ou méprisant : on ne se baigne jamais dans le même fleuve !
LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE, Etienne Chatilliez (societe)@@ (E)
Dans une petite ville du nord de la France, deux familles nombreuses, les Le Quesnoy et les Groseille, d'origines bien différentes, n'auraient jamais dû se rencontrer. Cependant, c'était sans compter sur Josette, l'infir ...

@

LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN, Will Sharpe, Benedict Cumberbatch, Claire Foy 2021


En Angleterre, à la fin du XIXe siècle, aîné de six enfants, Louis Wain est contraint de subvenir aux besoins de sa mère et de ses soeurs après le décès de son père. Il devient illustrateur et se faire remarquer par ses dessins de chats. Parallèlement, il tombe amoureux de la gouvernante de ses soeurs, Emily.

TELERAMA
Ce biopic voudrait retranscrire la fantaisie créative de Louis Wain, célèbre pour ses dessins de chats anthropomorphes. Tout n’est que chromos délavés.

Né en 1860, mort en 1939, l’artiste Louis Wain devient célèbre à la fin du XIXe siècle pour ses représentations de chats anthropomorphes aux grands yeux. Mine de rien, il contribue à la normalisation des relations entre l’homme et les félins, jusqu’alors divinités vénérées ou créatures maléfiques, lançant une vague de domestication dans l’Angleterre victorienne, davantage portée sur les chiens. Son œuvre, constituée de peintures, de dessins et d’illustrations, serait presque l’ancêtre des vidéos de chats sur le Web, forme de divertissement contemporain où l’animal, désacralisé, perd de sa superbe.

Inédit en France, ce biopic ampoulé voudrait retranscrire la fantaisie créative de Wain. Hormis quelques plans-tableaux qui rendent hommage à son talent de peintre paysagiste, tout n’est que chromos délavés, flous artistiques, voix off affectée. Le plus raté ? Les incursions vers le burlesque, quand le héros patauge dans une piscine avec un maillot de bain d’époque, ou vers le fantastique, quand les matous se mettent à parler. Même la composition de Benedict Cumberbatch (Sherlock), dans un énième rôle d’autiste lunaire, relève du cliché.
LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN, Will Sharpe, Benedict Cumberbatch, Claire Foy 2021 (E)
En Angleterre, à la fin du XIXe siècle, aîné de six enfants, Louis Wain est contraint de subvenir aux besoins de sa mère et de ses soeurs après le décès de son père. Il devient i ...

@

LA VIE PRIVEE DE SHERLOCK HOLMES, Billy Wilder 1970, Robert Stephens, Colin Blakely (thriller)@@@


Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson prend en charge l'affaire que vient lui soumettre Gabrielle Valadon après que l'on a tenté de mettre fin à ses jours : retrouver son mari disparu. L'enquête va emmener le couple de détectives jusqu'au bord du Loch Ness.

TELERAMA
Une rocambolesque enquête où se mêlent une veuve belge, des nains, des canaris, des moines trappistes, la reine Victoria, le monstre du loch Ness… Une version drôle et intelligente des aventures du célèbre détective.
C‘était l’un des rêves de Billy Wilder : des aventures inédites pour l’un de ses héros favoris (un pur esprit logique…), Sherlock Holmes, souvent adapté mais peu gâté par le cinéma. L’intrigue, qu’il imagine avec I.A.L. Diamond, est riche, baroque, drôle, superbe d’intelligence. Les criminels n’étant plus ce qu’ils étaient, Holmes s’ennuie ! Au point de se livrer à son vice favori : cette fameuse « solution à 7 % » de cocaïne (titre initialement prévu…) que tente de lui dissimuler le fidèle docteur Watson.

Holmes et Watson sont invités aux Ballets russes, où la première ballerine supplie le détective de lui faire un enfant, afin qu’il ait son intellect… Il s’en tire en suggérant qu’il vit parfaitement heureux avec son toubib… Par la suite, le « couple », cherchant à élucider la disparition du mari d’une jeune Belge (énigmatique Geneviève Page), se retrouve confronté à des cadavres de nains échappés d’un cirque, des canaris comme blanchis de terreur, des trappistes obéissant à un mot de passe mystérieux : « Jonas »…

Une merveille ! Osmose parfaite entre film d’aventures et comédie burlesque, avec ce duo étrange que forment un Watson égrillard et un Sherlock apeuré par les femmes. Avec son humour inimitable, Wilder résout même le mystère du monstre du loch Ness. Et avec une tendresse inattendue, il nous offre cette admirable séquence où un simple « au revoir », envoyé en morse à l’aide d’une ombrelle, devient, sur la musique de Miklós Rózsa, la plus belle des déclarations d’amour.
LA VIE PRIVEE DE SHERLOCK HOLMES, Billy Wilder 1970, Robert Stephens, Colin Blakely (thriller)@@@ (E)
Sherlock Holmes, assisté de son fidèle Watson prend en charge l'affaire que vient lui soumettre Gabrielle Valadon après que l'on a tenté de mettre fin à ses jours : retrouver son mari disparu. L'enquê ...

@

LA VIE REVEE DES AUTRES, Didier Le Pêcheur et Jérôme Cornuau 2024, Arthur Dupont, Charlie Bruneau (drame)@


Franck et Karine Petit décident de tout quitter pour réaliser leur rêve : vivre dans un chalet à la montagne. Sauf que, à leur arrivée, ils apprennent que la construction de leur chalet n'est pas terminée. Estelle et Patrick Fleutiot, le couple de promoteurs qui leur loue ce chalet, leur proposent une alternative.

TELERAMA
Librement inspiré de l’affaire Flactif, qui avait défrayé la chronique en 2003, ce téléfilm entend montrer les mécanismes de l’envie et de la jalousie qui furent à l’œuvre dans ce fait divers à l’issue sinistre. Il y avait matière à une réflexion subtile sur le pouvoir de l’argent, le ressentiment de classe, le poids des différences sociales... Hélas, le film, dépourvu d’ambiguïté, prend le spectateur par la main à chaque scène, rendant l’ensemble monocorde et prévisible : on a compris au bout de cinq minutes ce qui allait se passer. Plus irritant que captivant, même si la fin, sobre et glaciale, s’avère assez réussie.
LA VIE REVEE DES AUTRES, Didier Le Pêcheur et Jérôme Cornuau 2024, Arthur Dupont, Charlie Bruneau (drame)@ (E)
Franck et Karine Petit décident de tout quitter pour réaliser leur rêve : vivre dans un chalet à la montagne. Sauf que, à leur arrivée, ils apprennent que la construction de leur chalet n'est pas ter ...

@

LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@


Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoitent sa femme Suzanna. Dénoncé par lui comme juif, Moritz se retrouve en camp de travail. L'année suivante, les troupes allemandes entrent en Roumanie et confisquent les biens des Israélites.

TELERAMA
Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, un paysan roumain se retrouve ballotté de camp en camp, victime impuissante du destin et des horreurs du conflit. Une adaptation à très grand spectacle du célèbre roman de Virgil Gheorghiu.
Avec Week-end à Zuydcoote (1964), Henri Verneuil était parvenu à renouveler le genre très codifié du film de guerre en le rendant populaire. Il remet le couvert trois ans plus tard avec cette production internationale, dans laquelle on retrouve un trio sensationnel : le Mexicano-Américain Anthony Quinn, le Français Serge Reggiani et l’italienne Virna Lisi. Le premier interprète Iohann Moritz, un fermier roumain qui devient la cible de policiers convoitant sa femme. Après un passage dans un camp de prisonniers, il est recruté pour rejoindre les rangs des SS…
Tout le savoir-faire du réalisateur se retrouve dans ce drame au ton déroutant, qui mise sur l’absurde pour dépeindre une Europe meurtrie par le conflit. La menace nazie s’impose alors comme une excuse pour pointer du doigt une population sans cœur, qui se prête aux pires crasses pour accéder aux désirs les plus bas. Anthony Quinn, inspiré, livre une performance émouvante, bien accompagné par la musique indémodable de Georges Delerue.
LA VINGT-CINQUIEME HEURE, Henri Verneuil 1967, Antony Quinn, Virna Lisi (guerre)@ (E)
Au printemps 1939, le roi de Roumanie décrète que les Juifs du pays devront être envoyés en camp de travail. Johann Moritz, un brave paysan, est alors victime de la machination du capitaine des gardes qui convoite ...

@

LA VOIE ROYALE, Frederic Mermoud 2023, Suzanne Jouannet, Marie Colomb, Maud Wyler (societe education)@@@


Sophie est une lycéenne brillante. Encouragée par son professeur de mathématiques, elle quitte la ferme familiale pour suivre une classe préparatoire scientifique.

TELERAMA
Lutte des classes et quête d’identité : à travers le parcours d’une étudiante de classe prépa, l’évocation sensible d’une jeunesse en souffrance.

Les films sur les affres et les victoires des étudiant-e-s de grandes écoles sont en train de devenir un genre en soi. On ne peut qu’y voir une excellente nouvelle, après cette période de confinement qui mit tant à mal les adolescents, les freinant dans leurs cursus ou les plongeant dans le doute quant à l’avenir, sinon dans la dépression.

Après l’excellent thriller de Sylvain Desclous De grandes espérances, sur une jeune femme issue d’un milieu modeste dont le chemin vers l’ENA est violemment contrarié, et avant Le Théorème de Marguerite, d’Anna Novion (sortie le 1er novembre), consacré à une élève en mathématiques à Normale sup particulièrement butée, Frédéric Mermoud s’attache à une autre jeune fille, tout aussi décidée à sortir du lot. Encouragée par son professeur de mathématiques, Sophie part à la grande ville pour suivre une classe préparatoire scientifique, avec, pour obsession, d’intégrer Polytechnique. Bien sûr, il y a les professeurs d’une exigence souvent humiliante, les nuits sans dormir à plancher, l’angoisse paralysante de l’échec, et la compétition acharnée, mais, surtout, cette fille d’éleveurs dont la ferme bat de l’aile découvre peu à peu une inconnue dans l’équation de la réussite : à quoi sert, vraiment, l’ascension sociale ?

Sans l’ombre d’une facilité de scénario— les relations entre élèves sont décrites avec finesse, que ce soit dans la lutte des classes ou dans les amours naissantes — et avec une mise en scène aux lignes franches et claires, La Voie royale est, avant tout, une remarquable étude de la quête d’une jeune fille pour conquérir l’estime de soi. Comment peut-elle rester elle-même ? Comment éviter qu’un diplôme, même ardemment désiré, l’éloigne des siens, de ce frère aîné devenu Gilet jaune ? La réponse de Sophie sera emballante par sa voix républicaine…

Ce film sur la jeunesse frappe aussi par son casting idoine, qui souffle un joli vent de nouveauté dans le cinéma français. La brune et poétique Suzanne Jouannet, repérée dans Les Choses humaines, d’Yvan Attal, vibre de volonté timide mais fière. Elle trouve en la blonde et fougueuse Marie Colomb (découverte dans As bestas, de Rodrigo Sorogoyen) une partenaire magnétique.

LA VOIE ROYALE, Frederic Mermoud 2023, Suzanne Jouannet, Marie Colomb, Maud Wyler (societe education)@@@ (E)
Sophie est une lycéenne brillante. Encouragée par son professeur de mathématiques, elle quitte la ferme familiale pour suivre une classe préparatoire scientifique.

TELERAMA
Lutte des classes et qu&ec ...

@

LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Lelanie Thierry, Lyes Salem, Felix Moati (societe)@@


Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon exprime le désir de récupérer la garde de son fils.

TELERAMA
Mère d’accueil, Anna doit rendre l’enfant qu’elle élève à sa “vraie ” famille… Un mélo sensible, inspiré de la propre mère du réalisateur Fabien Gorgeart et intensément interprété par Mélanie Thierry.

Veut-il faire le tour de la question ? Après Diane a les épaules, le réalisateur Fabien Gorgeart s’intéresse de nouveau à la maternité. En 2017, sa brune héroïne de comédie, interprétée par l’épatante Clotilde Hesme, acceptait de porter un enfant pour un couple d’amis gay, sans contrepartie ni (trop) d’états d’âme. Cette fois, son Anna est blonde et vit un drame, un mélo même, qui vaut à Mélanie Thierry de pleurer des rivières.

Au début, pourtant, cette jeune femme solaire nage dans le bonheur avec ses trois garçons. On découvre la famille en vacances, entre piscine, ping-pong et soirée disco, sans se douter que, parmi les marmots épanouis et remuants, se cache un moineau de passage : Simon, 6 ans, placé chez Anna et Driss (Lyes Salem) par l’aide sociale à l’enfance depuis ses 18 mois. La rentrée tombe comme un couperet, puisque le papa du chouchou, remis d’une longue dépression, veut récupérer la garde de son fiston.

Fabien Gorgeart n’en fait pas mystère, il s’inspire de l’histoire de sa propre mère, à qui un enfant aimé mais pas né de ses entrailles fut arraché un jour pour être rendu à sa « vraie famille ». Laissant délibérément le père biologique à la marge, comme une menace, ce film sensible se resserre sur le point de vue de la maman d’accueil, jusqu’à l’adopter complètement. Face au petit Gabriel Pavie, qui arracherait des larmes à un caillou, Mélanie Thierry déploie une intensité et, surtout, une part d’ombre donnant à ressentir à la fois la beauté et la dureté d’un métier pas comme les autres.
LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Lelanie Thierry, Lyes Salem, Felix Moati (societe)@@ (E)
Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon expr ...

@

LA ZIZANIE Claude Zidi 1978, Louis De Funes, Annie Girardot@@


Industriel ambitieux, Guillaume Daubray-Lacaze agrandit son usine de matériel de dépollution, détruisant du même coup le jardin de sa femme Bernadette, férue d'horticulture. Décidée à se venger de son mari, elle quitte le domicile conjugal, et se présente contre lui aux élections municipales.
LA ZIZANIE Claude Zidi 1978, Louis De Funes, Annie Girardot@@ (E)
Industriel ambitieux, Guillaume Daubray-Lacaze agrandit son usine de matériel de dépollution, détruisant du même coup le jardin de sa femme Bernadette, férue d'horticulture. Décidée à s ...

@

LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@


Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cependant, lorsque Rudolf doit être muté à Oranienburg, leur petite vie idéale menace de s'effondrer et il cache l'information à son épouse. Quand Hedwig l'apprend, elle refuse de quitter sa maison de rêve.

TELERAMA
Le quotidien d’un officier SS zélé, en famille, dans une maison tout confort voisine du camp d’Auschwitz. Allégorie puissante ou esthétisation facile ? À (re)voir pendant le Festival Cinéma Télérama, du 22 au 28 janvier 2025, au prix de 4 euros la séance.

POUR
Si la Shoah était une maison, comment serait-elle ? C’est à partir de ce postulat un peu fou que La Zone d’intérêt prend forme. S’inspirant du roman de Martin Amis, Jonathan Glazer nous reçoit dans un « charmant » pavillon avec piscine, qui jouxte le camp d’Auschwitz. C’est là où vivent Rudolf Höss, le commandant du camp, sa femme, Hedwig, et leurs cinq enfants blonds. Une existence familiale qui tient du tableau idyllique. La maison comporte de grandes pièces, l’été resplendit, des massifs de fleurs de toutes les couleurs embaument le jardin. « C’est paradisiaque », constate la mère de Hedwig, qui a fait le voyage pour voir sa fille et qui est heureuse de la voir ainsi installée. La voilà si détendue qu’elle fait une sieste au soleil, dans un transat. Un toussotement la fait se réveiller. Elle se lève, un peu hagarde, et se hâte de rentrer. Au loin, derrière le mur surmonté de barbelés, on a vu de la fumée s’échapper d’une cheminée. Un four crématoire, sans doute.

Soit les délices d’un éden paisible, alors qu’on extermine à 50 mètres de là. Jonathan Glazer, remarqué pour la singularité d’un film fantastique inquiétant (Under the Skin), est un cinéaste rigoureux et consciencieux, qui sait parfaitement les enjeux moraux liés à la représentation de la Shoah. S’interdisant d’entrer dans le camp d’Auschwitz, il en filme uniquement les murs d’enceinte depuis l’extérieur, laissant apparaître quelques-uns de ses symboles macabres (cheminées, miradors). L’atrocité du génocide reste invisible mais elle résonne de partout, au quotidien. On l’entend, en sourdine, grâce à un travail remarquable sur le son. Ce sont des échos lointains et confus de soufflements, claquements, entrechocs, tirs, chiens qui aboient, ordres. Autrement dit une partition spécifique : celle de la machine de mort hitlérienne, de l’industrialisation du crime nazi. La nuit venue, ce bruit de fond s’amplifie.

Tels des nababs d’une villa de la Riviera
Comment est-ce possible d’habiter ici ? Comment supporter cela ? Le voisinage du mal, sa cohabitation, voilà l’une des clés d’entrées possibles de cette fiction fascinante et malaisante, conceptuelle et structurelle à la fois. Où il est surtout question d’architecture, de délimitation entre le dedans et le dehors, de cloisonnement, de compartimentage d’espaces. Le réalisateur vise à montrer le foyer du bourreau et de son épouse comme une construction organique, le logis représentant à la fois leur corps et leur cerveau. Le lieu de l’obsession ménagère, où tout doit être propre, rangé, sélectionné, évacué. Le lieu du plaisir de façade – les Höss se goinfrent, boivent, profitent du jardin et de la piscine tels des nababs d’une villa de la Riviera – radiographié de manière clinique. Un monde verrouillé de l’intérieur, abritant fierté mais aussi vide, névrose, déni, hantise à venir.

C’est la force de l’allégorie de susciter en nous toutes sortes de troubles et d’interrogations sur ce qui nous éloigne ou nous rapproche de ces monstres ordinaires. Sur ce qui est occulté, enfoui en eux. Avec ses plans géométriques au scalpel, de lumière qu’on éteint, de couloirs et d’escaliers, de fenêtres, de portes qu’on ouvre et ferme, La Zone d’intérêt ressemble parfois étrangement au ballet domestique de Jeanne Dielman…, le chef-d’œuvre de Chantal Akerman. Même sens de « l’installation » plastique, même scénographie, même métacinéma. Avec une perspective tout autre ici, où les métaphores filées, où les cendres et reliques exhumées, sont reliées à un contexte historique précis, documenté, cartographié, topographié. L’expérience a ceci de vertigineux qu’elle enferme et ouvre à la fois sur un abîme d’obscurité. — Jacques Morice

CONTRE
Il y a trente ans, lors de la sortie de La Liste de Schindler, Claude Lanzmann accusait Steven Spielberg de « trivialiser l’Holocauste », rappelant un interdit de représentation de la Shoah par la fiction. Interdit que László Nemes bravait, en 2015, avec Le Fils de Saul, où il choisissait de nous immerger de manière violemment frontale dans l’horreur. Jonathan Glazer, lui, opte pour l’exact contraire : l’installation cérébrale et glaçante, le formalisme géométrique, avec pour seule embardée émotionnelle, et particulièrement contestable, le sous-entendu de soudains remords de la part de la belle-mère, qui écourte sa visite dans cette « maison du bonheur ».

Le cinéaste utilise, certes, le hors-champ de manière radicale, et, reconnaissons-le, particulièrement dérangeante. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas le choix de la… facilité. Quoi de plus malin, en effet, que de se braquer sur la banalité du mal en son jardin, de réduire la machine de mort à une partition sonore, pour ne pas avoir à montrer ce qui se passe de l’autre côté ? Faire du quotidien des bourreaux son sujet revient à invisibiliser les victimes, et la réalité de leur extermination, et donc à se protéger, justement, de tout risque de cette « trivialité » dénoncée par Lanzmann. Avec La Zone d’intérêt, Jonathan Glazer peut ainsi exceller en restant dans sa zone de confort esthétique.— Guillemette Odicino
LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@ (E)
Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cepend ...

@

LADY BIRD, Greta Gerwig 2917, Saoirse Ronan, Lucas Hedges, Timothée Chalamet (societe)@@@


Christine, Lady Bird, rêve de poursuivre ses études à New York. Elle est toutefois coincée à Sacramento pour sa dernière année du secondaire.

TELERAMA
Pour sa première réalisation en solo, l’actrice muse du cinéaste Noah Baumbach (“Frances Ha”), raconte avec grâce la dernière année de lycée d’une ado attachante dans l’Amérique de l’après-11 septembre. Saoirse Ronan est formidable.

Elle a 17 ans, des mèches rougeâtres, un plâtre rose au bras droit. Son nom est Lady Bird. En tout cas, elle aimerait bien. Même si sa mère s’obstine à l’appeler bêtement Christine, sous prétexte que c’est son vrai prénom, pourtant d’une effroyable banalité. À vrai dire, c’est sa vie entière que, depuis peu, Lady Bird trouve d’une effroyable banalité. Sa maison, son quartier, son lycée catholique, tous ses camarades (ou presque), ses parents, son frangin, sa classe sociale : moyen, moyen, et encore moyen. Elle ne rêve que de tumulte et d’évasion, d’école d’art sur la côte Est, à des milliers de kilomètres de la Californie et de son Sacramento natal.

Connue pour ses délicates performances d’actrice (notamment chez Noah Baumbach, de Greenberg à Frances Ha), Greta Gerwig passait à la réalisation avec la même grâce, la même sensibilité
Chronique plus ou moins autobiographique d’une dernière année de lycée, en équilibre fragile entre les vestiges de l’enfance et les promesses de l’âge adulte, le film embrasse tout avec la même tendresse railleuse, la même lucidité enchantée. Et derrière ces aventures faussement banales, la cinéaste distille une secrète mélancolie, de celle qui accompagne la fin d’une période, la mutation inévitable d’une famille et d’une relation filiale. Ce récit d’apprentissage est si habité, si bien ancré dans son contexte, son milieu, son époque, qu’il dépasse le simple portrait féminin pour devenir un grand et beau film choral.
LADY BIRD, Greta Gerwig 2917, Saoirse Ronan, Lucas Hedges, Timothée Chalamet (societe)@@@ (E)
Christine, Lady Bird, rêve de poursuivre ses études à New York. Elle est toutefois coincée à Sacramento pour sa dernière année du secondaire.

TELERAMA
Pour sa première r&ea ...

@

LADY CHATTERLEY, Ken Russell 1993, Sean Bean and Joely Richardson (erotique)(serie tv)@


Lady Chatterley est une série télévisée de la BBC de 1993 mettant en vedette Sean Bean et Joely Richardson. Il s'agit d'une adaptation du roman Lady Chatterley's Lover de DH Lawrence de 1928, diffusé pour la première fois sur BBC1 en quatre épisodes de 55 minutes entre le 6 et le 27 juin 1993
LADY CHATTERLEY, Ken Russell 1993, Sean Bean and Joely Richardson (erotique)(serie tv)@ (E)
Lady Chatterley est une série télévisée de la BBC de 1993 mettant en vedette Sean Bean et Joely Richardson. Il s'agit d'une adaptation du roman Lady Chatterley's Lover de DH Lawrence de 1928, diffusé pour ...

@

LADY CHATTERLEY, Pascale Ferran 2006, Marina Hands, Jean-Louis Coulloc'h (erotique)@


Lady Chatterley est un film franco-belge réalisé par Pascale Ferran, sorti en 2006. Adaptation de la deuxième version du roman de D. H. Lawrence, Lady Chatterley et l'Homme des bois. Salué par la critique et notamment Le Monde et Les Inrockuptibles, le film a réalisé plus de 400 000 entrées en France.
LADY CHATTERLEY, Pascale Ferran 2006, Marina Hands, Jean-Louis Coulloc'h (erotique)@ (E)
Lady Chatterley est un film franco-belge réalisé par Pascale Ferran, sorti en 2006. Adaptation de la deuxième version du roman de D. H. Lawrence, Lady Chatterley et l'Homme des bois. Salué par la critique et nota ...

@

LADY LIBERTINE, Gerard Kikoine 1984, Sophie favier, Jennifer Inch (film e)@


Un aristocrate londonien, Charles de Beaumont, rencontre Frank, un adolescent, et offre l'hospitalité au jeune orphelin. Ne manquant jamais de faire honneur à son milieu, il se charge de lui inculquer les bonnes manières. Cependant Frank est un élève désobéissant et mérite bientôt une fessée. Stupéfaction totale pour Charles quand il découvre que Frank (ou plutôt Frances) n'est pas exactement le garçon qu'il croyait, mais une tendre nymphette pleine de charme.
LADY LIBERTINE, Gerard Kikoine 1984, Sophie favier, Jennifer Inch (film e)@ (E)
Un aristocrate londonien, Charles de Beaumont, rencontre Frank, un adolescent, et offre l'hospitalité au jeune orphelin. Ne manquant jamais de faire honneur à son milieu, il se charge de lui inculquer les bonnes manière ...

@

LADY OF THE NIGHT (La signora della notte), Piero Schivazappa 1986, Serena Grandi, Fabio Sartor, Francesca Topi, Alberto Di Stasio (film e)@


Simona et Marco vivent dans un agréable appartement du centre de Rome et conduisent une grande Lancia. Mais après trois ans de mariage, Simona se sent insatisfaite. Se souvenant de la passion qui les a unis lors de leur première rencontre et se demandant si elle pourrait désormais la retrouver avec un inconnu, elle se laisse séduire dans le couloir de leur immeuble, puis dans des toilettes publiques.

Un couple vient dîner et, à la fin, tous les quatre se rendent au bord de la mer. Marco les retrouve en train de faire l'amour avec l'autre homme. Après avoir battu l'homme jusqu'à ce qu'il perde connaissance, puis battu Simona, elle le quitte pour aller vivre avec une amie de son cours d'aérobic.

Après deux tentatives de réconciliation qui échouent, Simona décide qu'elle a besoin d'un enfant et se fait retirer son stérilet. Quelques jours plus tard, elle est violée dans l'appartement de son amie par un intrus dont elle ne voit jamais le visage. Elle retrouve ensuite sur le sol un médaillon qui lui était tombé du cou au cours de la bagarre : c'est celui qu'elle avait offert à Marco, gravé à son nom. En le lui rapportant, elle découvre que la passion est revenue dans leur mariage.
LADY OF THE NIGHT (La signora della notte), Piero Schivazappa 1986, Serena Grandi, Fabio Sartor, Francesca Topi, Alberto Di Stasio (film e)@ (E)
Simona et Marco vivent dans un agréable appartement du centre de Rome et conduisent une grande Lancia. Mais après trois ans de mariage, Simona se sent insatisfaite. Se souvenant de la passion qui les a unis lors de leur premi& ...

@

LAME DE FOND, Bruno Garcia 2023, Pauline Bression, Antoine Hamel (thriller)@


Alors que se déroule le traditionnel Festival du cinéma britannique organisé tous les ans dans la station balnéaire de Dinard, un drame vient soudain gâcher cet événement très attendu. En effet, des badauds repèrent un corps dans l'eau et alertent les secours, qui ne tardent pas à découvrir l'identité de la victime, un réalisateur anglais en lice pour un prix. Fait intrigant, les enquêteurs découvrent rapidement que ce dernier fut déjà victime, quelques années plus tôt, d'un naufrage dans lequel sa soeur, alors adolescente, perdit la vie. L'autopsie révèle que l'homme n'est pas mort noyé, mais a été assassiné. Ces deux drames pourraient-ils être liés ?...

TELERAMA
Une enquête peu captivante. Quoi de mieux qu’un cadavre flottant dans la baie de Dinard pour secouer le ronronnement de la jolie cité balnéaire que rien ne bouscule jamais vraiment, ni son marché (qu’elle a plutôt joli), ni même son Festival du film britannique. Justement, le jeune réalisateur Owen Flemming, enfant du pays mais citoyen anglais, invité à cette occasion pour y présenter son premier film, est retrouvé noyé au petit matin. Vingt ans auparavant, sa sœur avait péri en mer lors d’une excursion en bateau entre copains. Coïncidence ? Élise, l’une de ses amies d’enfance, se voit chargée de l’enquête, charriant avec elle les fantômes du passé, plus ou moins bien enfouis.

« Et d’ailleurs, vous tombez bien, vous étiez où, le soir du meurtre ? » Démonstration, en pleine rue passante, de cet art subtil manié par la nouvelle capitaine de police de Dinard lorsqu’il s’agit de résoudre une enquête criminelle – et pratiqué avec prodigalité dans les téléfilms de première partie de soirée sur les chaînes de France Télévisions : le pifomètre ! Autour de l’inconséquente Élise (Pauline Bression) pataugent le principal suspect – un Stéphane Freiss en vieux navigateur célèbre –, une sœur amnésique mollassonne, un envoyé de Scotland Yard traînant un accent douteux, un journaliste amoureux, un quadragénaire en crise d’ado, tous aux prises avec un scénario qui coule. Et qui s’est vraiment emballé sur le titre.

LAME DE FOND, Bruno Garcia 2023, Pauline Bression, Antoine Hamel (thriller)@ (E)
Alors que se déroule le traditionnel Festival du cinéma britannique organisé tous les ans dans la station balnéaire de Dinard, un drame vient soudain gâcher cet événement très attendu. ...

@

LAND OF DREAMS, Shirin Neshat et Shoja Azari 2021, Sheila Vand, Matt Dillon


Simin, Iranienne, part à la découverte de ce que signifie être une Américaine libre. Elle travaille pour le Bureau du recensement qui, dans le but de contrôler ses citoyens, a lancé un programme d'enregistrement de leurs rêves. Ignorant tout du complot, Simin est déchirée entre sa compassion pour ceux dont elle enregistre les rêves et une vérité qu'elle doit trouver en elle.

TELERAMA
LAND OF DREAMS, Shirin Neshat et Shoja Azari 2021, Sheila Vand, Matt Dillon (E)
Simin, Iranienne, part à la découverte de ce que signifie être une Américaine libre. Elle travaille pour le Bureau du recensement qui, dans le but de contrôler ses citoyens, a lancé un programme d'enr ...

@

LARGUEES, se Lang 2018, Miou Miou, Camille Cottin, Camille Chamoux (comique)@@


Sœurs au caractère très différent, Rose et Alice décident de partir en vacances avec leur mère, Françoise, pour lui redonner la joie de vivre. Françoise vient d'être quittée par son mari pour une femme plus jeune et elle est en pleine dépression.

TELERAMA
Éloïse Lang prouve un vrai sens de la comédie dans ce film savoureux qui décline toutes les qualités et les défauts de la féminité moderne. Le trio d’actrice Miou-Miou, Camille Cottin et Camille Chamoux fait un bien fou.
Rose et Alice, deux sœurs aussi différentes que l’eau et l’huile, emmènent leur mère (Miou-Miou), fraîchement abandonnée par leur père, dans un club de vacances à La Réunion. Après bien des péripéties sentimentales, ce séjour va leur faire un bien fou…

Après Connasse, princesse des cœurs, qui ne tenait que sur le charisme de Camille Cottin, la réalisatrice confirmait son sens de la fantaisie avec cette version des Bronzés, qui décline toutes les qualités (et les défauts) de la féminité moderne. Et Cottin joue toujours comme personne les nanas agressives…
LARGUEES, se Lang 2018, Miou Miou, Camille Cottin, Camille Chamoux (comique)@@ (E)
Sœurs au caractère très différent, Rose et Alice décident de partir en vacances avec leur mère, Françoise, pour lui redonner la joie de vivre. Françoise vient d'être quitté ...

@

LAS HIJAS DE ABRIL, Emma Suarez


Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé avec son petit ami de garder l'enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l'aide sa mère Avril, installée loin d'elle et de sa soeur.

TELERAMA
Valeria, 17 ans, vit avec sa grande sœur, dans une petite maison face à la mer. Elle est enceinte et amoureuse d’un garçon du même âge, attentionné mais pas très mûr. Le bébé, elle veut le garder. Mais elle se retrouve très vite dépassée. Sa mère, Avril, vient l’aider. Tant et si bien que cette grand-mère, quinquagénaire ­expansive, encore belle et désirable, accapare l’enfant et décide de l’adopter…

Le réalisateur mexicain Michel Franco ­(Después de Lucia) excelle à choquer. À travers cette histoire aberrante, il explore de manière inédite le rapport mère-fille, tout comme l’instinct maternel dans ce qu’il peut recéler d’égoïsme dévorant. Avril est bien sûr un monstre, mais rendu très humain, en partie grâce à Emma Suárez (l’actrice formidable de Julieta, d’Almodóvar) qui donne une belle intensité à son rôle de femme s’enivrant de sa jeunesse retrouvée.

L’originalité du film consiste à épouser les trois points de vue féminins de ce quatuor, où seul l’homme frappe par sa passivité. À dire vrai, dans ce tableau de famille déviant, chacun, fort ou faible, trimballe sa névrose et fait tout pour se faire aimer et ne pas être seul. Le cinéaste réserve d’ailleurs des moments de douceur et de plaisir partagés. Jusqu’au retournement final, totalement imprévisible.
LAS HIJAS DE ABRIL, Emma Suarez (E)
Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé avec son petit ami de garder l'enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l'aide sa mère Avril, installée loin d' ...

@

LAS OSCURAS PRIMAVERAS, Ernesto Contreras 2014, José María Yazpik, Irene Azuela y Cecilia Suárez (sentimental film e)


Igor et Pina se désirent profondément, mais ils ne sont pas libres. Elle décide de confectionner un costume de lion pour son jeune fils. Il décide d'acheter une photocopieuse pour sa femme. Le printemps viendra les libérer et comblera leurs vies de passion.
LAS OSCURAS PRIMAVERAS, Ernesto Contreras 2014, José María Yazpik, Irene Azuela y Cecilia Suárez (sentimental film e) (E)
Igor et Pina se désirent profondément, mais ils ne sont pas libres. Elle décide de confectionner un costume de lion pour son jeune fils. Il décide d'acheter une photocopieuse pour sa femme. Le printemps viendra l ...

@

LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@


À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires, Henry et Adele rencontrent Frank Chambers, un homme intimidant, mais qui a clairement besoin de leur aide.

TELERAMA
Fin d'été mordorée et brûlante, quelque part dans l'Amérique des années 1980. Depuis son divorce, Adele vit seule avec Henry, son fils pré-adolescent, dans une grande maison dont le bois écaillé se confond presque avec les arbres environnants. Arrive un homme, Frank, taulard en cavale...

Tout au long de ce mélo intimiste, on cherche à reconnaître la patte de Jason Reitman : son ironie mordante (Thank you for smoking), son goût pour les outsiders acides et attachants (Juno, Young Adult). En vain. Dans la maison des bois, tous les sentiments sont beaux, tous les habitants sont nobles. A peine installé, le dangereux criminel se met à réparer les fuites, le moteur de la voiture et prépare de délicieuses tartes. Quand il a cinq minutes, il apprend le base-ball au jeune Henry : il est trop beau pour être vrai. Ce côté artificiel est heureusement compensé par la délicatesse des interprètes : Josh Brolin et Kate Winslet sont si sobres et émouvants qu'on finit par admettre que oui, peut-être, ces deux-là pourront panser ensemble leurs blessures. Quant au jeune Gattlin Griffith (How I met your mother, à la télé, L'Echange de Clint Eastwood, au cinéma), il est grave et attendrissant.
LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@ (E)
À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires ...

@

LAST SENTINEL, Tanel Toom 2023, Kate Bosworth, Lucien Laviscount (thriller catastrophe)@


Sur une base militaire isolée au bord d'un vaste océan, deux soldats attendent la fin de leur service de deux ans. Lorsqu'il y a un retard et que le navire tant attendu arrive vide, la tension entre eux commence à monter, et la situation devient incontrôlable...

Pas nul, pas génial.Construction classique du vilain méchant qui est prêt à détruire le monde et d'un (en l’occurrence 'une') gentil héros, droit dans ses rangers qui va sauver le monde contre vent,...
LAST SENTINEL, Tanel Toom 2023, Kate Bosworth, Lucien Laviscount (thriller catastrophe)@ (E)
Sur une base militaire isolée au bord d'un vaste océan, deux soldats attendent la fin de leur service de deux ans. Lorsqu'il y a un retard et que le navire tant attendu arrive vide, la tension entre eux commence à monte ...

@

LAURA, Otto Preminger 1944, Gene Tierney, Dana Andrews


Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L'inspecteur Mark McPherson mène l'enquête et interroge notamment Lydecker, qui considère Laura non seulement comme sa création, mais aussi comme un être lui appartenant.

TELERAMA:
Attention, chef-d’œuvre mythique. D’abord parce qu’il reste un des plus somptueux exemples du film noir hollywoodien, mais aussi parce que, plus que tout autre dans la filmographie de Gene Tierney, il est à l’origine du véritable culte que certains cinéphiles vouent à l’actrice — encore adolescent, Claude Chabrol vit Laura quinze fois d’affilée après être littéralement tombé amoureux de son interprète. Ne dévoilons pas le rebondissement majeur, qui fait glisser la femme fantasme vers la réalité…
Classique vénéneux, implacable suspense policier, le film de Preminger interroge surtout, dans une mise en scène d’une maîtrise obsessionnelle, la figure de la femme fatale contre son gré. Et l’emprise masculine, du rêve amoureux à la possession névrotique et assassine. Aussi riche dans son esthétique que dans ses rouages psychologiques, Laura restera fascinant jusqu’à la nuit des temps, et l’aura de Gene Tierney définitivement aveuglante.
LAURA, Otto Preminger 1944, Gene Tierney, Dana Andrews (E)
Qui a tué Laura Hunt, une ravissante jeune femme qui doit une partie de sa notoriété au chroniqueur Waldo Lydecker ? L'inspecteur Mark McPherson mène l'enquête et interroge notamment Lydecker, qui consid&eg ...

@

LAUREL ET HARDY conscrits A. Edward Sutherland 1939 (comique)@@


Stan Laurel et Oliver Hardy sont en vacances à Paris. Ollie tombe amoureux de Georgette, la fille de leur logeur. Lorsqu'il apprend qu'elle est déjà fiancée à un officier de la Légion étrangère, le pauvre Ollie décide de mettre fin à ses jours. Entraînant Stan dans son funeste projet, il s'apprête à se jeter dans la Seine. Sur le quai survient un soldat, qui les convainc de ne pas se tuer et de s'engager dans la Légion. Ce que font les deux compères, incapables d'imaginer une seule seconde les mésaventures qu'ils vont vivre. Rapidement, découvrant que cette existence ne leur convient pas, ils s'enfuient. Mais ils sont rattrapés et condamnés à mort...
LAUREL ET HARDY conscrits A. Edward Sutherland 1939 (comique)@@ (E)
Stan Laurel et Oliver Hardy sont en vacances à Paris. Ollie tombe amoureux de Georgette, la fille de leur logeur. Lorsqu'il apprend qu'elle est déjà fiancée à un officier de la Légion étrang& ...

@

LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@


En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edward Lawrence d'évaluer l'importance de la rébellion. Passionné par sa mission, Lawrence prend contact avec le prince Fayçal, l'un des chefs de la révolte. Ce dernier met une cinquantaine d'hommes à sa disposition pour l'accompagner dans sa périlleuse traversée du désert du Nefoud. Le jeune soldat s'éprend instantanément de la grandiose beauté de cette terre et de la noblesse des guerriers qui la peuplent. Il adopte alors leur tenue adaptée aux rigueurs du climat et milite pour leur indépendance...

TELERAMA
Le lieutenant Lawrence et ses rêves d’une nation arabe. Peter O’Toole et son regard turquoise souligné de khôl. Le silence et la guerre. épopée amère avec pour vedette, majestueux, hostile et fascinant, le désert.
Sous les traits de Peter O’Toole, Lawrence d’Arabie est aussi mystérieux qu’une légende ancienne. Héros insolite, il incarne le rêve panarabe, toujours caressé, sans cesse compromis. Comment ce soldat anglais peu gradé a-t-il pu acquérir une telle légitimité, dans une société qui n’était pas la sienne ? Comment a-t-il pu mettre en échec la redoutable armée turque, à la tête d’une poignée de Bédouins ? David Lean ne répond pas à ces questions. Mais il procède à une soigneuse reconstitution historique, à laquelle il insuffle une dimension éperdument épique, incomparable. Le film est avant tout un univers. Celui du désert, immense, hostile. Et fascinant.
LAWRENCE D ARABIE, David Lean 1962, Peter O Toole, Omar Sharif, Alec Guiness, Antony Quin (saga)@@@ (E)
En 1916, les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du "Bureau arabe", charge le jeune lieutenant Thomas Edw ...

@

LE 5E ELEMENT, Luc Besson 1997, Milla Jovovich, Bruce Willis, Chris Tucker, Maïwenn (catastrophe science fiction)@@


Egypte, 1914. Des extraterrestres récupèrent quatre pierres magiques, symboles des quatre éléments, jadis confiées à des prêtres. Avant de partir, les extraterrestres promettent que dans 300 ans, ils rapporteront les précieux cailloux. Au XXIIIe siècle, alors qu'ils font route vers la Terre, ils sont anéantis par la planète du Mal. Les habitants de ce monde maléfique, les Mangalores, s'emparent des pierres et foncent vers la Terre.

TELERAMA
Au XXIIIᵉ siècle, dans un univers étrange et coloré, où tout espoir de survie est impossible sans la découverte du Cinquième Elément, un héros peu ordinaire affronte le Mal pour sauver l’Humanité. Emmené par l’impeccable Bruce Willis, ce film devenu culte est une suite de scènes spectaculaires.

Chaque film de Luc Besson trace une ligne de fuite. Sous terre (Subway) ou sous l'eau (Le Grand Bleu), ce grand enfant veut être ailleurs, et loin. Ici, il prend également ses distances avec la réalité : trois siècles, excusez du peu. Le Cinquième Elément est le colossal joujou dont Besson rêvait depuis tout petit, avec une débauche de maquettes et d'effets spéciaux, certains hallucinants (New York vu comme un échafaudage de boulevards périphériques). Au vertige de foire du Trône s'ajoute l'impression d'un jeu vidéo où l'on zapperait d'Indiana Jones à La Guerre des étoiles, en passant par Brazil. Surprise : on se retrouve à rire avec le gosse gâté, qui a bien mené son affaire.


Besson a recruté des maîtres en science-fiction dessinée, comme Mézières et Moebius, pour lui imaginer tortues géantes et taxis volants. Et Jean-Paul Gaultier a habillé tout ce petit monde. La BD vivante tient la route et amuse, parce que Besson s'est lui-même amusé à prendre toutes les libertés avec la panoplie des tics et des gadgets indispensable au genre.
LE 5E ELEMENT, Luc Besson 1997, Milla Jovovich, Bruce Willis, Chris Tucker, Maïwenn (catastrophe science fiction)@@ (E)
Egypte, 1914. Des extraterrestres récupèrent quatre pierres magiques, symboles des quatre éléments, jadis confiées à des prêtres. Avant de partir, les extraterrestres promettent que dans 300 a ...

@

LE BEBE ET LE CLOXHARD, Michael Verhoeven 2014, Herbert Knaup, Thomas Thieme (vieillesse)@


Divorcé, chômeur, dépressif et misanthrope, Hans n'a vraiment rien d'un héros. Depuis que sa femme est partie avec sa fille après une infidélité, son existence se résume à boire devant la télévision, dans la solitude de son petit appartement. Il ne se résout à parler aux autres que pour quémander de l'argent. Un jour, en descendant les poubelles, il fait une rencontre pour le moins inattendue: un nourrisson abandonné dans la benne à ordures.

TELERAMA
Hans, un quinqua en voie de clochardisation, retrouve goût à la vie lorsqu’il découvre un bébé à la bouille craquante dans la benne à ordures de son immeuble. Avec un brin de candeur, ce téléfilm facile, bourré de bons sentiments, se laisse voir...

Depuis qu’il a quitté sa femme et sa fille, Hans vit en reclus dans un appartement qui mériterait une intervention d’urgence des services d’hygiène. Un jour, le quinqua, en voie de clochardisation, découvre un bébé dans une benne à ordures. Contre toute attente, et malgré les soupçons de la police, il décide de garder l’enfant, en la faisant passer pour sa petite-fille. Aux petits soins pour elle, Hans reprend goût à la vie.

On l’aura compris, Le Bébé et le Clochard ne vise guère l’originalité ou la vraisemblance. Et sa mince toile de fond sociétale s’efface vite derrière le déluge de bons sentiments et la bouille craquante du nourrisson… C’est facile, un rien moralisateur aussi, mais l’ensemble aux allures de fable moderne se laisse voir, avec un brin d’indulgence, ou de candeur.
LE BEBE ET LE CLOXHARD, Michael Verhoeven 2014, Herbert Knaup, Thomas Thieme (vieillesse)@ (E)
Divorcé, chômeur, dépressif et misanthrope, Hans n'a vraiment rien d'un héros. Depuis que sa femme est partie avec sa fille après une infidélité, son existence se résume à boire ...

@

LE BLE EN HERBE, Claude Autant-Lara 1953, Edwige Feuillere, Nicole Berger, Pierre Michel Beck (sentimental)@


En vacances avec son ami Vinca, Phil rencontre une femme d'âge mûr qui l'initie à l'amour.

TELERAMA
Phil et Vinca, deux amis d'enfance, se retrouvent, comme les années précédentes, sur une plage de Bretagne où ils ont l'habitude de passer leurs vacances. Ils ont grandi : Phil a 16 ans et Vinca 15. L'adolescent ressent désormais un besoin diffus d'indépendance et de sentiments profonds. La jeune fille ne cache plus l'amour qu'elle éprouve pour son ami. Les premiers émois amoureux des deux jeunes gens vont s'avérer douloureux. La rencontre de Phil avec une femme de trente ans son aînée, belle et fière, va bouleverser le lent et fragile cheminement sentimental des deux êtres. Cette mystérieuse "dame en blanc" jette son dévolu sur Phil et l'initie aux délices de l'amour...


LE BLE EN HERBE, Claude Autant-Lara 1953, Edwige Feuillere, Nicole Berger, Pierre Michel Beck (sentimental)@ (E)
En vacances avec son ami Vinca, Phil rencontre une femme d'âge mûr qui l'initie à l'amour.

TELERAMA
Phil et Vinca, deux amis d'enfance, se retrouvent, comme les années précédentes, sur un ...

@

LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe Maroc)@@@


Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il a appris à taire. Afin de répondre à une clientèle exigeante, ils engagent un jeune homme talentueux comme apprenti. Mina réalise peu à peu à quel point son mari est ému par sa présence.

TELERAMA
Au Maroc, un tailleur doit cacher son homosexualité, connue seulement de son épouse. Jusqu’à ce qu’un apprenti jette le trouble... Maryam Touzani signe, avec son deuxième film, une grande œuvre.

Dans Adam (2019), Maryam Touzani racontait une émancipation et un retour de la vie dans le huis clos d’une modeste pâtisserie. La noblesse d’un petit artisanat en voie de disparition et le réveil de désirs longtemps refoulés sont, à nouveau, au cœur du deuxième, et splendide, long métrage réalisé par l’actrice marocaine. Avec une différence majeure : il est cette fois question d’homosexualité, sujet encore tabou en terre d’Islam.

Halim, tailleur traditionnel dans la médina de Salé, confectionne à la main des caftans richement brodés dans la boutique gérée par sa femme, Mina. Le couple est très complice, uni peut-être plus encore qu’aux premiers jours, mais vit depuis toujours avec le secret d’Halim, attiré par les hommes. Alors que les jours de Mina, en récidive d’un cancer, sont comptés, un étonnant triangle amoureux va se former avec l’arrivée d’un jeune apprenti, Youssef.

Tandis qu’Halim prépare le tissu de la tunique luxueuse dont la conception rythmera tout le récit, le couturier explique à son élève l’importance de la marge entre la ligne de découpe et le patron du vêtement : c’est « le centimètre du mâalem » (le maître artisan), qui fait la différence entre une création exceptionnelle et les produits standardisés des usines. Le film de Maryam Touzani se situe, lui aussi, dans cette bande étroite, et fragile, qui fait les grandes œuvres. Pour rester dans la métaphore couturière, la mise en scène a la précision millimétrée des dentellières pour rendre sensibles, dans des clairs-obscurs délicats, les désirs contraints d’Halim (Saleh Bakri, élégant et subtil), la douleur de Mina (Lubna Azabal, poignante), le trouble de Youssef (Ayoub Missioui, toujours juste). Si les émotions ne s’y expriment qu’avec la plus grande pudeur, Le Bleu du caftan déborde en revanche de sensualité. Pas besoin de scènes érotiques pour cela (les rencontres d’Halim avec ses amants passagers au hammam sont, d’ailleurs, laissées hors champ) : des gros plans de mains caressant un tissu ou palpant une broderie suffisent.
LE BLEU DU CAFTAN, Maryam Touzani 2022, Lubna Azabal, Saleh Bakri (societe Maroc)@@@ (E)
Halim est marié depuis longtemps à Mina, avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé, au Maroc. Le couple vit depuis toujours avec le secret d'Halim, son homosexualité qu'il ...

@

LE BLOB, Chuck Russell 1988, Kevin Dillon, Shawnee Smith (catastrophe)@


Une météorite vient s'écraser à proximité d'une petite ville américaine. Un clochard s'approche du lieu de l'impact et se fait avaler le bras par une masse informe.

TELERAMA
Une météorite s'écrase à proximité d'une petite ville américaine. Peu après, un clochard, intrigué par l'événement, s'approche de la zone d'impact. Il est happé par une forme gélatineuse qui a visiblement fait le voyage avec la météorite. Trois adolescents qui passaient par là, Paul, Meg et Brian, se portent aussitôt au secours de l'homme et le conduisent à l'hôpital. Mais le monstre gélatineux, le "blob", n'est pas loin, et son gluant appétit est insatiable. Le shérif Geller refuse de croire à l'existence du monstre flasque. Pourtant, le blob, qui s'est aventuré en ville, se montre capable de digérer un hôpital entier...


LE BLOB, Chuck Russell 1988, Kevin Dillon, Shawnee Smith (catastrophe)@ (E)
Une météorite vient s'écraser à proximité d'une petite ville américaine. Un clochard s'approche du lieu de l'impact et se fait avaler le bras par une masse informe.

TELERAMA
Une m&eacut ...

@

LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@


Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Sentenza, la Brute, qui tue sans états d’âme ; Tuco, le Truand, truculent ; et Blondin, alias l’homme sans nom, le Bon…

TELERAMA
Sergio Leone achève sa trilogie spaghetti et révolutionne le western en initiant un genre qu’il mènera à la perfection. Son propos est parfois simpliste, mais pourquoi bouder le plaisir de revoir le poncho d’Eastwood et les trognes de ses acolytes ?
Avec ce film, Sergio Leone clôt sa trilogie spaghetti. L’Ouest, terre sans morale. Tous pourris, y compris l’ami Eastwood, qui a mis au point avec le Truand, dont la tête est mise à prix, un numéro très lucratif : il l’arrête, touche la prime et le libère aussitôt, partageant l’argent de la justice… Leone dit aussi sa haine de la guerre. Mais c’est dans la mise en forme qu’il est décidément le plus novateur. Son style n’a pas pris une ride : utilisation brillante de l’écran large, dilution du temps par un montage savant. Le règlement de comptes final, un duel à trois dans un cimetière, est un modèle du genre.
LE BON LA BRUTE ET LE TRUAND, Sergio Leone, Clint Eastwwod, Lee Van Cleef@@@ (E)
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés &agra ...

@

LE BON PLAISIR, Francis Girod 1983, Catherine Deneuve, Michel Serrault, Jean-Louis Trintignant (thriller sentimental histoire)@@


Claire se fait voler son sac. L'incident serait mineur si le sac ne contenait une lettre de son amant, vieille de dix ans, lui conseillant de se faire avorter d'un fils qu'elle a décidé de garder et qui vit à présent aux Etats-Unis. L'auteur de cette missive est aujourd'hui président de la République...

TELERAMA
On est en 1984 et le président a un enfant caché… Avec quarante ans de recul, c’est ce qui fait l’intérêt de ce film, tout comme son casting cinq étoiles. Une lettre compromettante pour le président, et la France vacille. Dix ans après leur rupture, Claire Desprès reprend contact avec le plus haut fonctionnaire de l’État, dont elle a eu un enfant…

À l’époque, cette histoire était pure fiction, sortie de l’imagination de Françoise Giroud (et publiée aux éditions… Mazarine !). Depuis trente-six ans, les scandales présidentiels ont pris d’autres tournures ! Revoir ce film permet donc de se replonger dans une histoire qui semble bien lointaine… Mais cette divertissante réflexion sur le pouvoir et la raison d’État est interprétée par des comédiens épatants, du plus grand rôle au plus petit (mention à Jean-Louis Trintignant en homme odieux à qui l’on pardonne tout). Les dialogues sont vifs et drôles, et l’épilogue plus subversif qu’il n’y paraît. Un vrai plaisir, donc.

LE BON PLAISIR, Francis Girod 1983, Catherine Deneuve, Michel Serrault, Jean-Louis Trintignant (thriller sentimental histoire)@@ (E)
Claire se fait voler son sac. L'incident serait mineur si le sac ne contenait une lettre de son amant, vieille de dix ans, lui conseillant de se faire avorter d'un fils qu'elle a décidé de garder et qui vit à pré ...

@

LE BONHEUR DES UNS, Daniel Cohen 2020, Berenice Bejo, Vincent Cassel, Florence Foresti, Francois Damiens (societe)@@


Léa, Marc, Karine et Francis sont deux couples d'amis de longue date. Le mari macho, la copine un peu grande-gueule, chacun occupe sa place dans le groupe. Or, l'harmonie vole en éclat le jour où Léa, la plus discrète d'entre eux, leur apprend qu'elle écrit un roman, qui devient un best-seller. Loin de se réjouir, petites jalousies et méchanceté commencent à fuser. C'est face au succès que l'on reconnait ses vrais amis. Le bonheur des uns ferait-il donc le malheur des autres ?

TELERAMA
Vincent Cassel, Bérénice Bejo, Florence Foresti, François Damiens... Malgré sa distribution calibrée pour rassembler, cette gentille comédie n’offre que quelques gags amusants.
Réalisée par Daniel Cohen (Comme un chef ) d’après sa propre pièce, jamais montée, cette comédie factice et plan-plan peut néanmoins compter sur l’abattage de son casting et une poignée de répliques amusantes et cruelles pour échapper au déshonneur auquel aurait pu la condamner, au hasard, son absence de peps ou la mocheté de l’image : Florence Foresti, orange, a l’air d’avoir été maquillée par Donald Trump.

Mieux vaut être seule que mal accompagnée. C’est la morale, frappée au coin du bon sens, que l’on retiendra de l’histoire de Léa (Bérénice Bejo, attachante malgré un rôle fade de gentille maso). Léa est l’épouse de Marc (Vincent Cassel, assez réjouissant en imbécile ­égoïste et macho) et l’amie de Karine (Foresti qui fait du Foresti, sa force et sa limite) et de Francis (François Damiens, extra tendre). Soit un entourage globalement infect, puisqu’il la prend tranquillou pour une courge et tombe de l’armoire lorsque la jeune femme écrit un best-seller couvert de louanges. Le bonheur de Léa fait le malheur de ses « amis », soudain verts de jalousie et décidés, eux aussi, à devenir des artistes… Là réside le principal attrait du film : les vains efforts des potes pour « exister » à leur tour, Karine s’échinant à pondre un roman, tandis que Francis passe de la musique électro (« entre David Guetta et Léo Ferré ») à la sculpture ou à la cuisine. Bref, pour peu qu’on soit bien luné, il y a deux ou trois rires à glaner. C’est toujours ça de pris.
LE BONHEUR DES UNS, Daniel Cohen 2020, Berenice Bejo, Vincent Cassel, Florence Foresti, Francois Damiens (societe)@@ (E)
Léa, Marc, Karine et Francis sont deux couples d'amis de longue date. Le mari macho, la copine un peu grande-gueule, chacun occupe sa place dans le groupe. Or, l'harmonie vole en éclat le jour où Léa, la plus dis ...

@

LE BONHEUR EST DANS LE PRE, Étienne Chatiliez 1995, Sabine Azéma, Michel Serrault, Eddy Mitchell (societe)@@


Francis Bergeade, patron d'une entreprise de sanitaire, se reprend d'un infarctus et d'une grève. Un soir, lors d'une émission de télévision où trois femmes cherchent leur mari et père disparu depuis 26 ans, sa photo est diffusée. Il décide de confronter celles qui le cherchent.

TELERAMA
Le pdg d’une usine de lunettes pour WC profite d’une méprise pour changer de vie. Il part vivre dans le Gers. Là-bas : le bonheur.
Après La vie est un long fleuve tranquille (petits-bourgeois javellisés contre prolos crados) et Tatie Danielle (méchante vieille femme contre famille neuneu), Etienne Chatiliez et sa scénariste, Florence Quentin, se livrent à nouveau à leur exercice favori : plonger un corps étranger dans un univers donné et voir ce qui se passe. Ici : petites femmes de la ville, coincées et prétentieuses, contre filles de la campagne, sympas et libérées. Tant qu’à faire dans la caricature, autant aller le plus loin possible... Jusqu’à la vulgarité. Chatiliez ne l’évite pas, il la traque. Heureusement, les comédiens, déchaînés, sont savoureux, et la tendresse finit par l’emporter sur la caricature. Car, ici, pour arriver au bonheur, il faut surmonter la plus grande des vulgarités, celle d’une société qui a codifié les sentiments.
LE BONHEUR EST DANS LE PRE, Étienne Chatiliez 1995, Sabine Azéma, Michel Serrault, Eddy Mitchell (societe)@@ (E)
Francis Bergeade, patron d'une entreprise de sanitaire, se reprend d'un infarctus et d'une grève. Un soir, lors d'une émission de télévision où trois femmes cherchent leur mari et père disparu depui ...

@

LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@


Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. Sur place, Lagardère apprend qu'un complot se trame contre le Duc. C'est son cousin, le prince Philippe de Gonzague, qui a décidé de le faire assassiner pour s'approprier sa fortune. Lagardère combat les conspirateurs aux côtés de Nevers qui est blessé mortellement.

TELERAMA
avec Jean Marais. De bout en bout, le film est vif, enlevé. Simple et brillant comme le roman de Paul Féval dont il s'inspire. Bourvil, tutoyant son monseigneur de maître, annonce presque le Figaro de Beaumarchais. Et quand il prononce le célèbre « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! », Jean Marais a fière allure.
LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@ (E)
Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. ...

@

LE BOSSU, Philippe De Broca 1997, Daniel Auteuil, Marie Gillain, Vincent Perez, Fabrice Luchini (cape et epee)@@.jpg


Dans la salle d'armes que tiennent maîtres Cocardasse et Passepoil, un jeune bretteur, Lagardère, presse le duc de Nevers, escrimeur réputé, de lui révéler le secret de sa fameuse botte.

TELERAMA
Avec ce remake plein de fougue du classique d’André Hunebelle, de Broca redore et dépoussière le film de cape et d’épée. Un vrai bonheur.
1699. Tout ce qui ferraille et bretaille à Paris rêve de percer le secret de la « botte de Nevers » : une pirouette, et hop, un coup d’épée fatal entre les sourcils. Gonzague, un scélérat dévoré d’ambition et de jalousie, a juré la perte dudit Nevers, duc frivole et mondain…
N’en déplaise aux nostalgiques, la tignasse de Daniel Auteuil vaut bien la minivague de son prédécesseur Jean Marais, dirigé en 1959 par André Hunebelle. Même fougue, même plaisir enfantin du déguisement, mêmes acrobaties, chevauchées et autres rodomontades. Philippe de Broca redore et dépoussière le film de cape et d’épée. Les couleurs et les paysages flamboient, les robes et les dentelles s’animent, les lames retrouvent leur éclat. Mais ici, les combats crépitent d’une énergie et d’une brutalité toutes neuves. Les comédiens se donnent bien plus que les poupées en costumes d’antan. Daniel Auteuil, d’abord, Lagardère tout en force puis Bossu-Arlequin, féroce et joueur, puis Bossu-Cyrano, touchant et ambigu. Fabrice Luchini est exceptionnellement sobre, Vincent Perez joue les fats avec beaucoup d’autodérision. Enfin, Marie Gillain vivifie gaillardement son rôle de jeune première. Plus qu’un simple exercice de style : un vrai bonheur.
LE BOSSU, Philippe De Broca 1997, Daniel Auteuil, Marie Gillain, Vincent Perez, Fabrice Luchini (cape et epee)@@.jpg (E)
Dans la salle d'armes que tiennent maîtres Cocardasse et Passepoil, un jeune bretteur, Lagardère, presse le duc de Nevers, escrimeur réputé, de lui révéler le secret de sa fameuse botte.

TEL ...

@

LE BOUCHER, Claude Chabrol 1969, Stephane Audran, Jean Yanne (thriller)@@


A Trémolat, en Périgord. On célèbre le mariage de l'instituteur Léon Hamel. Au cours du repas, le boucher Paul Thomas, dit "Popaul", revenu au pays pour reprendre le commerce de son père après plusieurs années d'absence, fait la connaissance d'Hélène Marcoux, l'institutrice. Tous deux se lient d'amitié et se voient régulièrement. Popaul fait une cour assidue à Hélène, qui résiste gentiment mais lui offre un briquet pour sa fête. Entre-temps, une femme d'un village voisin est trouvée morte, assassinée à coups de couteau, dans un bois des alentours. Au hasard d'une promenade avec ses élèves, Hélène découvre une autre victime et, à côté d'elle, le briquet offert à Popaul...

TELERAMA
Portrait d’un assassin, étude glaçante de l’attraction entre nature et culture, grande histoire d’amour ratée : le drame de Popaul, homme de sang, et d’Hélène, femme (libre) d’esprit, est un film d’une humanité diabolique.

Mademoiselle Hélène, la directrice de l’école, est instruite, belle, libérée… Popaul est boucher, fruste, revenu de toutes ces guerres qui laissent le goût du sang. Mais on peut tuer et tomber amoureux. Lors d’une sortie scolaire aux grottes préhistoriques, Hélène parle avec tendresse de Cro-Magnon à ses élèves et leur explique que « les aspirations sont des désirs débarrassés de leur sauvagerie ». Comme le sont ceux de Popaul quand il regarde Mlle Hélène. Mais la belle n’est pas toujours là pour faire oublier l’odeur du sang à la bête. Ce sang qui lui bat les tempes. Qui afflue soudainement dans ce tranquille village périgourdin. Ce sang dont une goutte tombe d’un cadavre sur la tartine d’une écolière.

Popaul offre un gigot comme s’il lui offrait un bouquet de roses. Sous un chêne, lors d’une conversation sur la nécessité de faire ou non l’amour pour échapper à la folie, c’est elle qui lui offre un briquet, très symbolique. Peinture millimétrée d’une petite province, étude glaçante d’une fascination réciproque, grande histoire d’amour ratée et, surtout, portrait presque tendre d’un assassin : ce Chabrol est d’une précision et d’une humanité diaboliques.
LE BOUCHER, Claude Chabrol 1969, Stephane Audran, Jean Yanne (thriller)@@ (E)
A Trémolat, en Périgord. On célèbre le mariage de l'instituteur Léon Hamel. Au cours du repas, le boucher Paul Thomas, dit "Popaul", revenu au pays pour reprendre le commerce de son père a ...

@

LE BOULET, Alain Berberian 2002, Gerard Lanvin, Benoit Poelvoorde, Jose Garcia (comique)@@


Moltès, un taulard, se lie d'amitié avec Reggio, le gardien de prison. Chaque semaine, ils jouent au loto dans l'espoir de quitter cette vie minable. Un jour c'est le jackpot : ils gagnent le gros lot. Du coup, la femme de Reggio décide de partir en Afrique, avec le billet gagnant.

TELERAMA
Dans la série « on peut faire aussi gros que les Américains », voici donc, après Le Raid, Le Boulet, imposante comédie d'aventures et première production (coûteuse) de Thomas Langmann, fils de Claude Berri. Derrière l'affiche, le budget et les parts de marché espérées, on trouve quoi ? Un produit de synthèse pas désagréable, scénar à la Francis Veber travesti en blockbuster façon Jerry Bruckheimer (le nabab hollywoodien du film d'action), le tout assaisonné piquant, à la Tarantinade et au kung-fu fighting.

Soit un truand en cage (Lanvin, hiératique jusqu'à l'effacement) et un maton gaffeur (Benoît Poelvoorde) : le duo cavale dans le désert africain, à la recherche d'un billet de loto (gagnant) en vadrouille sur le Paris-Dakar. A leurs trousses, un tueur, le Turc ­José Garcia, coiffé comme Travolta dans Pulp Fiction. Quand il en rajoute dans l'effet spécial tonitruant, le film patine ­ à l'image d'une course-poursuite dans Paris, qui s'achève par la chute, spectaculaire mais inutile, de la grande roue de la place de la Concorde ; en revanche, quand il joue la carte de la BD joyeuse, s'appuyant sur le contraste entre les deux personnages principaux (le b.a.-ba du buddy movie, type L'Emmerdeur, La Chèvre ou Monstres & Cie), il fait mouche.

Le mérite en revient essentiellement à Benoît Poelvoorde. L'acteur belge sait très précisément jusqu'où aller pour ne pas transformer un abruti crédible en caricature de couillon. Qu'il se travestisse en Africain, perde son dentier dans un urinoir ou donne des ordres à un chameau ­ pas des situations évidentes, comme ça, sur le papier ­, il est irrésistible de beauferie rayonnante, de débilité satisfaite. Benoît Poelvoorde est la plus-value humaine d'un film un tantinet dopé à la créatine. Lui seul sait fédérer (en les déridant) les vieux fans de Bébel (venu pour voir Lanvin, mâchoire serrée, et les bagnoles de rallye) et les ados de la contre-culture Canal (dragués par une brève et marrante apparition de Jamel). La recette namuroise du grand écart, en quelque sorte...

LE BOULET, Alain Berberian 2002, Gerard Lanvin, Benoit Poelvoorde, Jose Garcia (comique)@@ (E)
Moltès, un taulard, se lie d'amitié avec Reggio, le gardien de prison. Chaque semaine, ils jouent au loto dans l'espoir de quitter cette vie minable. Un jour c'est le jackpot : ils gagnent le gros lot. Du coup, la femme de Reg ...

@

LE BOUNTY, Roger Donaldson 1984, Mel Gibson, Anthony Hopkins (saga histoire)@


Le 23 décembre 1787, le Bounty quitte le Royaume-Uni sous le commandement du capitaine William Bligh et de ses seconds John Fryer et Fletcher Christian, à destination de Tahiti. Malgré plusieurs mises en garde, Bligh insiste pour passer le Cap Horn. Sa tentative est un échec total et il confie alors le poste de premier second à Christian. Arrivés à Tahiti, c'est la joie et la fête, et Christian devient l'amant de la princesse Mauatua, puis l'épouse.

TELERAMA
C’est la quatrième fois que le cinéma nous raconte cette histoire, tirée d’un roman populaire. On a déjà vu Errol Flynn, Clark Gable et Marlon Brando dans le rôle tenu ici par Mel Gibson. Les moyens utilisés sont devenus, au fil des ans, de plus en plus impressionnants. L’adaptation de ce soir est tout juste flatteuse à l’oeil, comme un long spot publicitaire.

A la fin du XVIIIe siècle, le Bounty prend la mer pour aller chercher des arbres à pain dans les îles heureuses. Le capitaine Bligh règne sur son équipage. Son second, Fletcher, finit par se cabrer et, lors d’une escale à Tahiti, où il rencontre et aime une belle princesse, il accepte de commander la mutinerie des matelots.


LE BOUNTY, Roger Donaldson 1984, Mel Gibson, Anthony Hopkins (saga histoire)@ (E)
Le 23 décembre 1787, le Bounty quitte le Royaume-Uni sous le commandement du capitaine William Bligh et de ses seconds John Fryer et Fletcher Christian, à destination de Tahiti. Malgré plusieurs mises en garde, Bligh in ...

@

LE BRIGAND BIEN AIME, Nicolas Pey, Robert Wagner, Jeffrey Hunter, Hope Lang (western)@@


1867. Les compagnies ferroviaires font pression sur les fermiers pour racheter leurs terres à bas prix. Les frères James, Frank et Jesse, refusent de se laisser spolier. Lorsque les hommes de la compagnie des chemins de fer de Saint-Louis provoquent la mort de leur mère, Jesse et Frank, violemment éprouvés, deviennent des hors-la-loi. Avec une bande bien entraînée, ils attaquent les trains de la compagnie. Habiles et intelligents, ils y gagnent vite une infaillible technique, une solide réputation et des poursuivants acharnés...

TELERAMA
Excellent remake du film de Henry King (1939), construit en flash-back et fondé sur des faits réels : l’attaque ratée d’une banque par les frères James. On est loin du romantisme de la précédente version, et c’est très bien comme ça.

Henry King et le scénariste Nunnally Johnson proposent une vision mythique des aventures lamentables et sordides de Jesse et Frank James. Gommant tous les éléments négatifs de leurs biographies, ils font des deux frères, incarnés par le sémillant Tyrone Power et le sage Henry Fonda, les défenseurs des valeurs du Sud menant une guerre personnelle mais populaire contre le Nord. Ces entorses à la réalité n’empêchent nullement cette tranche de vie de présenter des qualités narratives et stylistiques remarquables, avec des séquences d’action impressionnantes, comme l’intrusion des bandits à cheval dans une vitrine, et des moments de répit élégiaques, servis par un Technicolor aux couleurs chaudes.
LE BRIGAND BIEN AIME, Nicolas Pey, Robert Wagner, Jeffrey Hunter, Hope Lang (western)@@ (E)
1867. Les compagnies ferroviaires font pression sur les fermiers pour racheter leurs terres à bas prix. Les frères James, Frank et Jesse, refusent de se laisser spolier. Lorsque les hommes de la compagnie des chemins de fer de ...

@

LE BRIO Yvan Attal 2017, Camélia Jordana, Daniel Auteuil


Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d'Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d'éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin. Encore faut-il qu'ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

TELERAMA
Pour se racheter une conduite, un professeur tyrannique et provocateur forme une étudiante issue d’une banlieue à un prestigieux concours d’éloquence. Le film révèla le talent de Camélia Jordana, César du meilleur espoir féminin en 2017.

Un professeur de droit, connu pour ses provocations racistes, doit former une banlieusarde, choquée par son comportement, à un concours d’éloquence. Bonne surprise que cette comédie antipréjugés et pro-intégration, où l’action naît du verbe, entre une rhétorique vieille France et la verve des quartiers. Mis à part une dernière scène démonstrative, ce film prouve que bien parler aide à mieux s’entendre. Face à Camélia Jordana, définitivement actrice, Daniel Auteuil fait des étincelles.
LE BRIO Yvan Attal 2017, Camélia Jordana, Daniel Auteuil (E)
Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d'Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ...

@

LE CAHIER NOIR Valeria Sarmiento 2018, Lou de Laage, Stanislas Merhar


Un petit orphelin aux origines mystérieuses et sa jeune nourrice nous entraînent dans leur sillage à travers l'Europe : Rome, Paris, Parme, Venise, Londres. Toujours suivis, dans l'ombre et pour d'obscures raisons, par un Calabrais patibulaire et un inquiétant cardinal, ils nous font côtoyer de ténébreuses intrigues au Vatican, le marivaudage à la cour de Versailles, les affres d'une passion fatale, un funeste duel et les convulsions de la Révolution française.
LE CAHIER NOIR Valeria Sarmiento 2018, Lou de Laage, Stanislas Merhar (E)
Un petit orphelin aux origines mystérieuses et sa jeune nourrice nous entraînent dans leur sillage à travers l'Europe : Rome, Paris, Parme, Venise, Londres. Toujours suivis, dans l'ombre et pour d'obscures raisons, par u ...

@

LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando @@@


Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une femme lui confie son scénario, Le Caïman. Il va s'accrocher à ce nouveau film. Seul problème, Le Caïman est une biographie critique de Berlusconi, président du Conseil, propriétaire de toutes les télévisions privées et terreur de la Rai.

TELERAMA
Un producteur de série Z en pleine débine accepte un projet autour de Berlusconi. À la fois farce et mélo, un rappel à la raison et à l’engagement.
Cela débute par une pantalonnade. Cinéphile atypique qui a sans cesse lutté contre la « dictature du cinéma d’auteur », Bruno est un producteur de série Z qui s’en est toujours sorti. Aujour­d’hui, plus rien ne va. Son bras droit a démissionné. Et sa femme souhaite la sé­paration…
Une tragédie aux accents shakespeariens
Bruno, c’est l’Italie d’aujourd’hui, sa caricature. Un Latin charmeur, baratineur et truqueur, brutalement mis hors jeu. À l’image d’un pays d’opérette en plein marasme. Moretti a l’idée de faire le portrait de son pays en crise à travers la situation d’un homme. L’important, au fond, n’est pas tant Berlusconi que ce fameux « peuple » sur lequel le Cavaliere ne cesse de s’appuyer pour légitimer ses manœuvres. Moretti semble prendre son adversaire au mot : « Tenez, j’ai déniché un spécimen populaire, voyons comment il va se comporter… » Le Caïman crève l’abcès, se voulant un rappel à la réaction, à la raison et à l’engagement, également au sens physique du terme. Commencé dans la farce grossière, le film se ramifie, passe par des registres différents, y compris celui d’une tragédie aux accents shakespeariens, dévoilant soudain une forme perverse de fascisme démocratique.
À ce moment fantomatique, l’acteur Moretti refait surface, après s’être éclipsé pour la première fois d’une de ses fictions. Il incarne alors un Berlusconi dangereusement séduisant. Risque suprême et suprême loyauté que celle de se mettre dans la peau de son adversaire.
LE CAIMAN, Nanni Moretti 2006, Cecilia Dazzi, Silvio Orlando @@@ (E)
Bruno est au bord du gouffre. Il n'arrive plus à produire un film. Sa femme veut le quitter et il risque de perdre ses enfants, qu'il adore. Lors d'une des émissions-débats auxquelles il est encore invité, une fe ...

@

LE CANARDEUR, Michael Cimino 1974, Clint Eastwood, Jeff Bridges (thriller road movie)@@


Le braqueur de banque John Thunderbolt se lie d'amitié avec Lightfoot, un jeune aventurier. Ensemble, ils décident de récupérer un magot d'un demi-million de dollars que Thunderbolt avait planqué dans une vieille école. Mais celle-ci a été détruite...

TELERAMA
Premier long métrage de Michael Cimino, Le Canardeur (quel titre français idiot !) est une balade pittoresque et déroutante à travers l’Amérique profonde, celle des grands espaces, des bleds paumés et des déjantés de toutes sortes. Spontanéité, humour et émotion caractérisent cette équipée de pieds nickelés aux duos fort distincts. D’un côté, un briscard classieux (sacré Clint…) et un jeunot tout feu, tout flamme (Jeff Bridges, touchant) ; de l’autre, deux cour­ges amusantes, quoique brutales.

Tantôt cool, tantôt précipité, le périple de ces bons à rien ­alterne escarmouches et pauses détente. C’est assez absurde et fort distrayant. Outre que le film célèbre une amitié virile et pudique à la fois, il distille une touche de nostalgie à travers les paysages et les bâtisses. Dans cette peinture désenchantée, initiation sentimentale sans leçon, s’imprime le souvenir mélancolique d’une jeunesse évanouie. Redécouvert dans les années 1980, lorsque Cimino avait le vent en poupe, ce Canardeur est resté une rareté.
LE CANARDEUR, Michael Cimino 1974, Clint Eastwood, Jeff Bridges (thriller road movie)@@ (E)
Le braqueur de banque John Thunderbolt se lie d'amitié avec Lightfoot, un jeune aventurier. Ensemble, ils décident de récupérer un magot d'un demi-million de dollars que Thunderbolt avait planqué dans une ...

@

LE CAPITAN, André Hunebelle 1960, Jean Marais, Bourvil (cape et epee)@@


Paris, 1616. Marie de Médicis, régente du royaume depuis la mort d'Henri IV, confie le pouvoir à Concino Concini, un homme fourbe à l'ambition dévorante. Sur les conseils de sa dangereuse épouse, la Galigaï, Concini met tout en oeuvre pour discréditer la reine et déstabiliser le pays. Ses hommes de main volent, pillent et saccagent les domaines de la noblesse provinciale, laquelle s'inquiète bientôt de ce désordre.

TELERAMA
En 1616, Louis XIII, trop jeune pour régner, laisse sa mère, Marie de Médicis, confier le pouvoir à son indigne favori, Concino Concini. Pour réprimer l'agitation dans le Sud-Ouest, Concini envoie en mission Rinaldo, son bras droit. Rinaldo assassine le marquis de Teynac et blesse François de Capestan, qui essayait de sauver son ami. Le malheureux est recueilli par une mystérieuse jeune femme brune. Derrière le calme apparent de la vie provinciale, les partisans du duc d'Angoulême, fils bâtard de Charles IX, conspirent afin de porter leur héros sur le trône des Bourbons. Ils décident d'envoyer un message à Concini pour se plaindre des désordres...
LE CAPITAN, André Hunebelle 1960, Jean Marais, Bourvil (cape et epee)@@ (E)
Paris, 1616. Marie de Médicis, régente du royaume depuis la mort d'Henri IV, confie le pouvoir à Concino Concini, un homme fourbe à l'ambition dévorante. Sur les conseils de sa dangereuse épouse, la ...

@

LE CAS 39, Christian Alvart 2009, Renée Zellweger, Jodelle Ferland, Bradley Cooper (societe)@@


Emily Jenkins est assistante sociale. Elle pense avoir tout vu parmi les situations familiales les pires... jusqu'à ce qu'elle ait entre ses mains un dossier mystérieux, celui d'une enfant de 10 ans, Lilith Sullivan. L'assistante sociale est convaincue que Lilith est maltraitée par sa famille, ce qui sera vite confirmé quand les parents essayeront de tuer leur unique fille. Emily parvient à arracher la jeune fille à son foyer et décide de la garder avec elle en attendant une famille d'accueil.

TELERAMA
Mystères et rebondissements sont au rendez vous dans ce thriller surnaturel captivant, injustement critiqué car justement traité.
LE CAS 39, Christian Alvart 2009, Renée Zellweger, Jodelle Ferland, Bradley Cooper (societe)@@ (E)
Emily Jenkins est assistante sociale. Elle pense avoir tout vu parmi les situations familiales les pires... jusqu'à ce qu'elle ait entre ses mains un dossier mystérieux, celui d'une enfant de 10 ans, Lilith Sullivan. L'assista ...

@

LE CAS RICHARD JEWELL, Clint Eastwood 2020, Paul Walter Hauser, Sam Rockwell (thriller)@@


Lorsque l'agent de sécurité Richard Jewell découvre un sac à dos suspect aux Jeux olympiques d'Atlanta de 1996, son rapport fait de lui un héros. Il est toutefois suspecté quelques jours plus tard d'avoir placé la bombe lui-même et devient par le fait même l'homme le plus détesté du pays.

TELERAMA
Cest un brave type rondouillard. Trop brave, peut-être… Le Cas Richard Jewell raconte l’injustice véridique que l’homme a subie, après l’attentat d’Atlanta, lors des jeux Olympiques de 1996. Alors simple agent de sécurité, c’est lui qui, ce jour-là, lance la procédure d’alerte et qui participe dans la foulée à l’évacuation urgente de la zone, limitant le nombre des victimes de l’explosion. Richard Jewell se retrouve aussitôt catapulté au rang de héros national. « Je ne faisais que mon job », nuance-t-il, en citoyen modeste qui vit encore chez sa mère (formidable Kathy Bates), fière de son fils. Mais la situation se retourne : le FBI, sous pression, se met à le soupçonner d’être le poseur de bombe. Le voilà victime d’une cabale grossière.

Amoureux zélé des armes et naïf à la fois, Jewell est un raté docile. La machination à l’œuvre a ceci de terrible que ce garçon joufflu et moustachu subit sans réagir, persuadé que le FBI fait bien son travail. Serait-il idiot ? L’originalité du film est d’être à la fois dans le cauchemar éveillé et la farce. Car tout paraît improbable dans cette affaire, y compris la personnalité du sauveur (Sam Rockwell). Le portrait brossé par Eastwood de cet avocat au look de vacancier (bermuda et sandales), qui semble lui aussi un peu bidon, défie les préjugés. Le tandem qu’il forme avec son client a assurément des vertus cocasses. Aucune héroïsation, ici, ni d’émotion outrancière — c’est la presse qui s’en charge. Clint East­wood choisit de tout relativiser avec une ironie bien dosée.
LE CAS RICHARD JEWELL, Clint Eastwood 2020, Paul Walter Hauser, Sam Rockwell (thriller)@@ (E)
Lorsque l'agent de sécurité Richard Jewell découvre un sac à dos suspect aux Jeux olympiques d'Atlanta de 1996, son rapport fait de lui un héros. Il est toutefois suspecté quelques jours plus tard d ...

@

LE CAVALEUR, Philippe de Broca 1978, Jean Rochefort, Nicole Garcia (comique)@@


Édouard Choiseul, la cinquantaine séduisante, est un pianiste très demandé par les salles de concert et qui ne sait pas résister aux charmes de jolies demoiselles. Il se disperse entre sa maîtresse Murielle, son épouse Marie-France, ses trois enfants et les concerts organisés par son imprésario Olga. Choiseul trouve encore le temps de passer du temps avec Lucienne, son ex-femme, dont il a eu une fille, Pompom.

TELERAMA
Edouard, la cinquantaine fringante, aime la musique et les femmes... De Broca a toujours manié la fantaisie avec une rare élégance. Sa belle idée, ici, est d'avoir fait d'un séducteur un musicien qui rêverait de rassembler toutes les femmes sur une même portée. Il n'est donc pas un collectionneur, mais le compositeur d'une femme complète. Pourtant, comme le dit joliment son ex : « Tu es un courant d'air qui laisse des rides sur les visages de celles que tu as aimées. »

A son menuet léger, de Broca met un bémol mélancolique : il faut aussi composer avec le temps qui fuit. S'arrêter de cavaler est une petite mort. Reste, pour Edouard, à envisager le renoncement comme un apaisement. A l'image de cette partie de campagne finale, où les sourires de ses conquêtes forment autour de lui une ronde lumineuse. Sept archétypes féminins, incarnés par sept actrices parfaites, pour un Jean Rochefort tout de charme et de subtilité. — Guillemette Odicino
LE CAVALEUR, Philippe de Broca 1978, Jean Rochefort, Nicole Garcia (comique)@@ (E)
Édouard Choiseul, la cinquantaine séduisante, est un pianiste très demandé par les salles de concert et qui ne sait pas résister aux charmes de jolies demoiselles. Il se disperse entre sa maîtresse M ...

@

LE CAVALIER DU DESERT William Wyler 1940 Gary Cooper, Walter Brennan@@


Cole Hardin, un jeune cow-boy, est accusé de vol de chevaux. Il est amené au saloon de Vinegarroon, qui sert de prétoire au juge corrompu Roy Bean. Pendant la délibération des jurés présents, Cole constate que le juge est un fervent admirateur de la ravissante Lily Langtry, surnommée Jersey Lily. Pour sauver sa peau, l'accusé prétend connaître cette femme dont le juge est éperdument amoureux.
LE CAVALIER DU DESERT William Wyler 1940 Gary Cooper, Walter Brennan@@ (E)
Cole Hardin, un jeune cow-boy, est accusé de vol de chevaux. Il est amené au saloon de Vinegarroon, qui sert de prétoire au juge corrompu Roy Bean. Pendant la délibération des jurés présents, ...

@

LE CERCLE DES POETES DISPARUS Peter Weir 1989, Robin Williams@@


Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études. C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis.
LE CERCLE DES POETES DISPARUS Peter Weir 1989, Robin Williams@@ (E)
Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là o ...

@

E CERVEAU Gerard Oury 1969, Jean-Paul Belmondo, Bourvil@@


De Paris à Bruxelles, un train spécial transporte les fonds secrets des nations de l'O.T.A.N. Des deux côtés de la Manche, deux individus cherchent à s'en emparer. Côté français, Arthur, un truand débrouillard, assisté de son copain Anatole. Côté britannique, Le Cerveau, brillant escroc disposant d'une équipe de spécialistes et de moyens considérables. Cependant, les deux équipes programment leur hold-up le même jour, à la même heure.
E CERVEAU Gerard Oury 1969, Jean-Paul Belmondo, Bourvil@@ (E)
De Paris à Bruxelles, un train spécial transporte les fonds secrets des nations de l'O.T.A.N. Des deux côtés de la Manche, deux individus cherchent à s'en emparer. Côté français, Arthur, ...

@

LE CHALLENGE, Gene Stupnitsky 2023, Jennifer Lawrence, Andrew Barth Feldman (societe)@@


Maddie est sur le point de perdre sa maison d'enfance et pense avoir trouvé la solution à ses problèmes financiers : des parents fortunés cherchent quelqu'un pour sortir avec Percy, leur fils introverti de 19 ans, afin de le décoincer avant qu'il ne parte pour l'université. À la grande surprise de Maddie, Percy rend ce challenge plus compliqué que prévu et le temps est compté. Elle a un été pour relever ce challenge ou se retrouver sans toit.

TELERAMA
Après “Good Boys”, le nouveau film de Gene Stupnitsky met en scène la star de la saga “Hunger Games” dans le rôle d’une jeune femme précaire qui va tenter de déniaiser un jeune homme en l’échange… d’une voiture.

Le Challenge, de Gene Stupnitsky, en salles depuis le mercredi 21 juin, vaut principalement pour le numéro burlesque de Jennifer Lawrence, star de la saga Hunger Games et du récent Don’t Look Up : Déni cosmique, d’Adam McKay. L’actrice déploie ici tout son talent comique dans le rôle de Maddie, jeune femme précaire résistant avec difficulté à la gentrification du quartier où elle réside, à Montauk, charmante bourgade en bord de mer, qu’elle n’a jamais quittée. La trentenaire trouve espoir par le biais d’une annonce : des parents cherchent à employer une jeune femme pour tenter de dépuceler Percy (Andrew Barth Feldman), 19 ans, leur geek de fils, avant son entrée à l’université. La récompense : une voiture. Or, Maddie, chauffeuse endettée, pressurée par les agents immobiliers du coin, vient de se faire confisquer la sienne.

Coucher avec un jeune vierge coincé contre un bolide ? Ce pari scénaristique risqué offre d’amusantes séquences, à commencer par celle où Maddie débarque dans le refuge pour animaux où travaille Percy, de glace face à ses hilarants sous-entendus lourdingues et ses atouts bombesques : longs cheveux blonds, escarpins vertigineux et robe moulante rose. Il y en aura d’autres, plus ou moins réussies : la bombe lacrymogène pulvérisée au visage de Maddie par Percy, le bain de minuit et la scène de baston à poil, le twerk à domicile, la cascade, le feu (littéralement) aux fesses, sur le capot d’une voiture…

Gene Stupnitsky, qui avait déjà exploré la poussée d’hormones auprès d’une bande de préados dans Good Boys, tacle ici gentiment, à travers un regard de boomer assumé, une jeunesse très premier degré, préférant consommer et réaliser des vidéos sur iPhone que d’avoir des relations sexuelles. Le réalisateur fait finalement évoluer son duo improbable vers une banale comédie romantique et échoue ainsi à faire du Challenge une comédie trash à la Supergrave.

LE CHALLENGE, Gene Stupnitsky 2023, Jennifer Lawrence, Andrew Barth Feldman (societe)@@ (E)
Maddie est sur le point de perdre sa maison d'enfance et pense avoir trouvé la solution à ses problèmes financiers : des parents fortunés cherchent quelqu'un pour sortir avec Percy, leur fils introverti de 19 ans ...

@

LE CHANT DES HUITRES, Sebastien Perret 2024, Andranic Manet, Yovel Lewkowski, Louisiane Gouverneur (fable)@@


Muet après avoir été frappé par la foudre, un étudiant en BTS aquacole trouve des alliées inattendues pour l'aider à déclarer sa flamme à son aimée.

Le Chant des huîtres est un court métrage mêlant comédie et musique. Une comédie musicale pour le moins décalée puisqu’aucun acteur·rice ne chante ni ne danse. Le récit prend place dans le Morbihan, au milieu d’un élevage d’huitres qui vont être amenées à chanter les émotions de Pablo, jeune homme timide épris d’une femme à qui il n’arrive pas à avouer ces sentiments.
LE CHANT DES HUITRES, Sebastien Perret 2024, Andranic Manet, Yovel Lewkowski, Louisiane Gouverneur (fable)@@ (E)
Muet après avoir été frappé par la foudre, un étudiant en BTS aquacole trouve des alliées inattendues pour l'aider à déclarer sa flamme à son aimée.

Le Chant des h ...

@

LE CHANT DU LOUP, Antonin Baudry 2019, Francois Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Reda Kateb (guerre)@@


Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu'il entend. À bord d'un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l'Oreille d'Or. Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l'équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades, mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique. Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d'un engrenage incontrôlable.

TELERAMA
Dans un sous-marin nucléaire, un officier expert en analyse acoustique commet une erreur, qui aurait pu être fatale. Un premier long métrage, thriller guerrier impressionnant de réalisme mais aussi de profondeur psychologique.

Nous voici dans un sous-marin nucléaire français, plongés au cœur d’une opération dangereuse, au large de la Syrie. Tout l’équipage a les yeux braqués sur Chanteraide (François Civil), jeune militaire ­expert en guerre acoustique, qui se concentre sur un son menaçant, difficile à déchiffrer…

Un alliage d’hyperréalisme, de suspense spectaculaire et de mystère poétique porte ce surprenant film de guerre français, signé par un ancien diplomate, le scénariste remarqué de Quai d’Orsay (la BD puis le film de Bertrand Tavernier). Une série d’événements catastrophiques mènent l’Europe au bord de la guerre. Deux sous-marins coupés du monde entrent alors en action. Avec ce ­récit captivant de géopolitique-fiction, l’auteur brasse nombre de thèmes : le rapport homme-machine, les degrés d’efficacité de la dissuasion nucléaire, l’intelligence froide et l’intuition, la confiance et la peur, le sens du sacrifice. Dans une ambiance crépusculaire, Antonin Baudry balaie les vieux clivages (militarisme contre pacifisme) de manière élégante, en réactivant une forme d’héroïsme pudique.
LE CHANT DU LOUP, Antonin Baudry 2019, Francois Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz, Reda Kateb (guerre)@@ (E)
Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu'il entend. À bord d'un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l'Oreille d'Or. Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur ...

@

LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE, Luis Bunuel, Bulle Ogier, Delphine Seyring,Stephane Audran, Jean-Pierre Cassel(societe)@@@


Les Thévenot viennent dîner chez les Sénéchal. Surprise : le repas était prévu pour le lendemain. Thévenot invite tout le monde dans une auberge transformée en salle mortuaire. Nouvelle réception, le samedi, mais cette fois les Sénéchal sont occupés... Le dîner sera ainsi sans cesse repoussé pour des raisons tout aussi absurdes les unes que les autres.

TELERAMA
Buñuel dynamite la bourgeoisie en déréglant les conventions sociales et cinématographiques. Delphine Seyrig, Fernando Rey, Stéphane Audran, Michel Piccoli… s’amusent autant que nous.

Oscar du meilleur film étranger, ce film est tiré d'une histoire vécue par le producteur de Luis Buñuel, qui s'était absenté un soir, oubliant avoir invité des amis à dîner chez lui, et condamnant son épouse à improviser un repas, en robe de chambre et l'estomac déjà plein... Cette anecdote inspira au cinéaste un scénario simple : un groupe de bourgeois passe de réception en réception, sans jamais parvenir à se mettre à table, pour des raisons plus loufoques les unes que les autres. A moins que tout cela ne soit qu'hallucination onirique ?

Elégante poupée gigogne dotée d'un effet Vache qui rit des plus vertigineux, cette chronique mondaine est un empilement de songes troublants, où se mêlent les traditionnelles obsessions buñueliennes (l'armée, l'Eglise, le sexe, le fascisme...). Buñuel notait ses rêves dans un petit carnet. Au début de sa carrière, il les recyclait avec une violence viscérale, dans des films surréalistes et débridés, comme L'Age d'or ou Un chien andalou. Au soir de sa vie, le cinéaste préféra les teinter d'humour noir, sec et pince-sans-rire. Tourné lorsqu'il avait 72 ans, ce film montre que sa révolte sociale resta intacte.
LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE, Luis Bunuel, Bulle Ogier, Delphine Seyring,Stephane Audran, Jean-Pierre Cassel(societe)@@@ (E)
Les Thévenot viennent dîner chez les Sénéchal. Surprise : le repas était prévu pour le lendemain. Thévenot invite tout le monde dans une auberge transformée en salle mortuaire. Nouvelle ...

@

LE CHASSEUR DE PRIMES, Andy Tennant 2010, Jennifer Anniston, Gerard Butler (comique)@


Ancien policier et grand joueur criblé de dettes, Milo Boyd officie désormais comme chasseur de primes. Nicole Hurley, son ex-épouse, une journaliste, travaille sur une grosse affaire. Quand il apprend que Nicole a manqué une audience au tribunal et qu'elle est désormais recherchée par la justice, Milo se propose pour la retrouver. Il tient là une bonne occasion de renflouer ses finances et de régler ses comptes avec Nicole. Mais il réalise bien vite que celle-ci court un réel danger : en effet, elle est traquée par un individu armé qui n'a qu'un seul but, l'éliminer. Milo se demande sur quel scandale a bien pu tomber Nicole pour susciter ainsi l'ire d'un tueur...
LE CHASSEUR DE PRIMES, Andy Tennant 2010, Jennifer Anniston, Gerard Butler (comique)@ (E)
Ancien policier et grand joueur criblé de dettes, Milo Boyd officie désormais comme chasseur de primes. Nicole Hurley, son ex-épouse, une journaliste, travaille sur une grosse affaire. Quand il apprend que Nicole a manq ...

@

LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES, Cedric Nicolas-Troyan 2016, Chris Hemsworth, Charlize Theron (fantastique)@@


Il y a fort longtemps, bien avant qu'elle ne tombe sous l'épée de Blanche Neige, la reine Ravenna avait dû assister, sans mot dire, à la trahison amoureuse qui avait contraint sa soeur Freya à quitter leur royaume, le coeur brisé. Celle que l'on appelait la jeune reine des glaces, à cause de son habilité à geler n'importe quel adversaire, s'employa alors des années durant à lever une armée de guerriers impitoyables, du fond de son palais glacé.

TELERAMA
Il était une fois un chasseur qui aimait une belle guerrière, au grand dam de la reine des glaces… La féerie manque de brio, mais les acteurs y croient.

En 2012, Blanche-Neige et le Chasseur réinventait le fameux conte dans une version gentiment noire. Cette fois, Hollywood dégaine son concept d’univers parallèle : le film se passe donc dans le monde de Blanche-Neige, mais sans elle ! Le chasseur (Chris Hemsworth) et une belle guerrière rousse (Jessica Chastain) s’aiment, mais leur romance est combattue par la reine des glaces (Emily Blunt), dont les sentiments ont été gelés. Cette féerie manque un peu de brio. Heureusement, les acteurs donnent vie à leurs personnages, aussi fantaisistes soient-ils, et mettent de la conviction dans cet hymne enfantin à l’amour.
LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES, Cedric Nicolas-Troyan 2016, Chris Hemsworth, Charlize Theron (fantastique)@@ (E)
Il y a fort longtemps, bien avant qu'elle ne tombe sous l'épée de Blanche Neige, la reine Ravenna avait dû assister, sans mot dire, à la trahison amoureuse qui avait contraint sa soeur Freya à quitter leur ...

@

LE CHASSEUR, Buzz Kulik 1980, Steve Mac Queen


Ralph Papa Thorson partage son existence moins avec Dotty, une jeune institutrice qui attend un enfant de lui, qu'avec les nombreux truands qu'il fait profession de mettre sous les verrous, en échange d'une coquette prime. Compréhensif, Ralph aide systématiquement les malfrats repentants à s'acheter une conduite et n'hésite pas à les accueillir chez lui.

Ralph "Papa" Thorson partage son existence moins avec Dotty, une jeune institutrice qui attend un enfant de lui, qu'avec les nombreux truands qu'il fait profession de mettre sous les verrous, en échange d'une coquette prime. Compréhensif, Ralph aide systématiquement les malfrats repentants à s'acheter une conduite et n'hésite pas à les accueillir chez lui. Sa nouvelle mission : ramener à Los Angeles deux frères, bardés d'explosifs, puis dénicher à Chicago un gangster de mauvaise réputation, Bernardo. La seconde affaire tourne mal. Bernardo se réfugie dans le métro et prend des otages. Thorson veut absolument arrêter Bernardo avant les autorités...
LE CHASSEUR, Buzz Kulik 1980, Steve Mac Queen (E)
Ralph Papa Thorson partage son existence moins avec Dotty, une jeune institutrice qui attend un enfant de lui, qu'avec les nombreux truands qu'il fait profession de mettre sous les verrous, en échange d'une coquette prime. Compr&eacu ...

@

LE CHATEAU AMBULANT, Hayao Miyazaki 2004, (animation japon)@@


La jeune Sophie, 18 ans, travaille inlassablement dans la chapellerie autrefois tenue par son père, malheureusement décédé. Résignée à son sort, c'est lors de l'une de ses rares sorties en ville qu'elle fait la rencontre du beau Hauru, un mystérieux magicien. Cependant, la sorcière des Landes, jalouse, se méprend sur leur relation et jette un sort à Sophie, la transformant en vieille dame. Accablée par sa nouvelle apparence, Sophie s'enfuit dans les montagnes et tombe sur la demeure de Hauru.

TELERAMA
Une jeune femme, Sophie, est transformée en octogénaire par une sorcière jalouse de l’avoir vue avec le garçon qu’elle convoite : Hauru. Tout le génie de Miyazaki est concentré dans cette fable surréaliste qui détourne manga et conte de fées.

Grinçant, crachant, soufflant, cahotant, il fait trembler le sol et obscurcit l’azur. Le château ambulant est un géant aux allures de poulet subclaquant, une machinerie infernale, délire de rouages et de coursives, de trappes, de valves et de boulons. Cet objet étrange et magique est, à proprement parler, le moteur du dessin animé : un curieux et excitant principe de mouvement, un puissant véhicule narratif. Ce château grotesque et grandiose, demeure de Hauru, dandy magicien, s’ouvre à volonté sur des lieux différents : des rues paisibles, des places orgueilleuses ou des mondes oniriques. Un dispositif qui permet à Hayao Miyazaki de construire, à partir de ce centre, un récit en étoile, un carrefour fantasmagorique d’une extraordinaire richesse, façon Alice au pays des merveilles.

Le conte, adapté d’un roman anglais de Diana Wynne Jones, semble en contenir mille autres. Une petite demoiselle, Sophie, modiste modeste, croise fugitivement dans la rue un drôle de prince charmant, gandin fragile et malicieux vêtu comme une pop star des années 1970. C’est Hauru, que convoite l’effrayante sorcière des Landes. Jalouse, la monstrueuse virago jette un sort particulièrement rosse à sa rivale : le temps d’un souffle, Sophie se retrouve transformée en octogénaire. Bon an, mal an, percluse de rhumatismes, mais l’esprit toujours pétillant, la « vieille » première se met à la recherche d’Hauru et de son antre. L’y attendent une foule d’aventures et de personnages : il y a Calcifer, le démon du feu, prisonnier facétieux de l’âtre du château, dont l’âme est mystérieusement mêlée à celle de Hauru… Il y a Marko, le petit apprenti ; Navet, l’épouvantail ; Suliman, la terrible magicienne… Et puis le beau Hauru, qui ébauche avec la fausse aïeule une étrange et touchante histoire d’amour et qui, comme son château, est multiple : nom, apparence, tout est mouvant chez lui.

De l’audace, partout
Chaque personnage semble ainsi recéler une identité gigogne, un peu comme Miyazaki lui-même, qui a glissé son propre univers dans le récit de quelqu’un d’autre : le royaume d’opérette où se situe l’action, sorte de pâtisserie autrichienne irréelle, rappelle la ville rêvée de Kiki la petite sorcière. Les machines volantes qui troublent son ciel évoquent tour à tour Porco Rosso et Le Château dans le ciel. Et les ectoplasmes noirs qui servent la sorcière des Landes paraissent échappés de la faune mythologique du Voyage de Chihiro. Le Château ambulant semble ainsi concentrer toute l’oeuvre du maître japonais, parade somptueuse de ses créatures chimériques et ambiguës, de ses fantasmes d’apesanteur et d’univers parallèles, de ses hantises… La guerre fait rage autour de Sophie et Hauru, absurde et destructrice, comme celle qui dévora la forêt de Princesse Mononoké ou la civilisation ancienne du Château dans le ciel.

Répétés comme des incantations poétiques, ces motifs familiers n’induisent pourtant aucun sentiment de déjà-vu. Jamais un dessin animé n’a évoqué la vieillesse, par exemple, avec une telle poésie, une telle tendresse goguenarde. L’audace est partout, juxtaposant les séquences burlesques (un chien espion aux allures de Droopy magicien) avec la violence onirique d’une bataille aérienne. Miyazaki subvertit allègrement les clichés du conte de fées. Qui d’autre ferait de son séduisant héros un paumé se couvrant, quand il est déprimé, d’un immonde liquide verdâtre ? L’amour qui lie le magicien à Sophie est, lui aussi, aux antipodes de toute mièvrerie disneyenne. Mi-grand-mère, mi-petite amoureuse, elle insuffle à Hauru l’énergie, la foi qui lui manquaient. On flotte sans cesse entre poésie surréaliste, conte sentimental et pépites de cruauté insolites - ainsi, cette scène désopilante et féroce où l’énorme sorcière des Landes doit monter, à pied, les milliers de marches du palais royal, et qui dépérit à vue d’oeil.

Fluide, débordant de trouvailles ébouriffantes, entre l’esthétique rétro-futuriste des machines et la limpidité des paysages, le dessin est, comme toujours, à la hauteur du récit. L’imagination y déborde sur le trait, dans le style inimitable de Miyazaki, jouant des codes du manga pour mieux se les approprier et les magnifier. Si ce chef-d’oeuvre aux couleurs irréelles peut parfois dérouter, il promet un voyage inoubliable.
LE CHATEAU AMBULANT, Hayao Miyazaki 2004, (animation japon)@@ (E)
La jeune Sophie, 18 ans, travaille inlassablement dans la chapellerie autrefois tenue par son père, malheureusement décédé. Résignée à son sort, c'est lors de l'une de ses rares sorties en vi ...

@

LE CHATEAU DANS LE CIEL, Hayao Miyazaki 1986 (animation japon)@@


Retenue prisonnière par des pirates, la jeune Sheeta saute dans le vide pour leur échapper. Elle est sauvée par Pazu, un jeune pilote d'avion travaillant dans une cité minière. Les pirates les suivent.

TELERAMA
Les vieilles sorcières sont méchamment drôles, les méchants terriblement séduisants, et les petits enfants amoureux découvrent au bout de leur quête un paradis flottant dans les nuages. Et Miyazaki réinvente la féerie…

La jeune Sheeta est séquestrée par Muska, élégant et mystérieux personnage, à bord d’un dirigeable. Mais aussi traquée par une bande de pirates des airs qui tente de l’enlever lors d’une vrombissante attaque volante. Tous convoitent la pierre bleue magique qu’elle porte au cou… Lorsque Sheeta tombe dans le vide, en tentant d’échapper à ses ravisseurs, le bijou soudain s’illumine et ralentit la chute. Miyazaki en tire une scène splendide où l’enfant luciole tombe, tombe encore, littéralement dans les bras de Pazu, un jeune mineur qui la prend sous sa protection. Commence la quête d’un royaume mythique et oublié dont le cristal azuréen serait l’unique souvenir.

La découverte de Laputa, morceau de monde flottant dans le ciel et inspiré d’un passage des Voyages de Gulliver, de Swift, est l’un des grands moments oniriques de cet éblouissant dessin animé de 1986, qui n’est sorti en France qu’en 2003. Un concentré de merveilleux façon Miyazaki : on y retrouve la fascination de l’artiste pour les machines volantes, déjà illustrée dans un autre de ses films, Porco Rosso. L’opposition entre l’avidité destructrice des hommes et la glorieuse plénitude de la nature annonce le thème central de Princesse Mononoké. La chef des pirates, vieille femme à la fois inquiétante et maternelle, est un peu la jumelle de la sorcière du Voyage de Chihiro… Étayé par un scénario d’une stupéfiante richesse, peuplé de personnages aussi complexes qu’attachants, ce Château dans le ciel est un grand moment d’apesanteur.
LE CHATEAU DANS LE CIEL, Hayao Miyazaki 1986 (animation japon)@@ (E)
Retenue prisonnière par des pirates, la jeune Sheeta saute dans le vide pour leur échapper. Elle est sauvée par Pazu, un jeune pilote d'avion travaillant dans une cité minière. Les pirates les suivent.

@

LE CHATEAU DE MA MERE, Yves Robert 1990, (saga)@@


Le jeune Marcel Pagnol passe ses vacances d'enfance en famille, à la Bastide Neuve de La Treille, dans les collines du Garlaban, au-dessus de Marseille. Cependant, le trajet est long et Joseph, le père de Marcel, décide de passer illégalement par les berges du canal pour raccourcir la marche de plusieurs kilomètres. La famille Pagnol se fait surprendre dans les propriétés privées et Marcel s'éprend de la prétentieuse Isabelle Cassignol, fille d'un soi-disant riche poète.

TELERAMA
On pénètre dans l'univers du petit Marcel comme on feuillette d'un doigt taché d'encre ces livres d'images qui invitent à frotter la page pour y découvrir une senteur. Romarin, thym, laurier et poussière cramée sur les sentiers plombés de soleil. Odeur de craie et de savon à barbe de Joseph, le père instituteur bouffeur de curé. Parfum d'eau de Cologne, d'amidon et de dessert vanillé de « Maman », prononcé avec la majuscule et l'accent d'un amour débordant.

Tous les bruits qui composent les vacances d'un minot y sont aussi : le bavardage assourdissant des cigales, le grondement de l'orage qui force à courir et se cacher, le cri de la bartavelle, oiseau de gloire paternelle, le crissement des sarments sous les croquenots d'écolier, et l'écho dans la garrigue des premiers serments d'amitié. Avec ces deux films humbles et tendres comme une fougasse à l'huile d'olive, Yves Robert braconne sur la pointe des pieds dans les collines de l'enfance et piège les souvenirs les plus fugaces. D'un fragile bouquet de sourires maternels, il fait un herbier. Ajoute dans sa gibecière une poignée de larmes et quelques figues sèches. Et brandit le tout à la gloire de Pagnol.

LE CHATEAU DE MA MERE, Yves Robert 1990, (saga)@@ (E)
Le jeune Marcel Pagnol passe ses vacances d'enfance en famille, à la Bastide Neuve de La Treille, dans les collines du Garlaban, au-dessus de Marseille. Cependant, le trajet est long et Joseph, le père de Marcel, décide ...

@

LE CHEMIN DE LA LIBERTE, Phillip Noyce 2003 (saga)@@@


En 1931, à Jigalong, près du désert de Gibson, trois filles aborigènes, Molly, Gracie et sa soeur Daisy, vivent heureuses auprès de leurs mères. Sur ordre de Mr Neville, protecteur en chef des Aborigènes pour l'Australie occidentale, les fillettes sont arrachées à leur famille et transférées au camp de Moore River, situé à l'autre bout du continent. Là-bas, les trois filles décident de s'échapper et entament un périple de plus de 2.000 kilomètres.

TELERAMA
En 1931, trois jeunes métisses aborigènes arrachées à leurs familles, et placées de force en internat, s’enfuient… Une odyssée inspirée d’une histoire vraie que le réalisateur Phillip Noyce raconte avec tact.

Jusque dans les années 1970, l’Australie a fabriqué des générations d’orphelins, de jeunes métis volés à leurs mères aborigènes et « éduqués » dans des camps pour devenir domestiques et ouvriers agricoles chez les Blancs. Le film de Phillip Noyce, tiré du récit de Doris Pilkington, l’une des victimes de ce racisme institutionnel, raconte une histoire vraie : l’incroyable odyssée de trois petites Aborigènes fuyant à travers l’Australie, dans les années 1930. Molly, Gracie et Daisy (interprétées par d’attachantes actrices non professionnelles) vont parcourir à pied plus de 2 000 kilomètres pour fuir le camp de Moore River et rejoindre leur famille dans le bush, à Jigalong. Seules, la police aux trousses, longeant la clôture qui coupe le pays en deux et préserve les pâturages des lapins, luttant contre la soif, la faim, la fatigue et le découragement.

Le Chemin de la liberté dénonce une réalité terrible. Personnages, musique, décors, tout sue l’angoisse : l’inquiétant bureaucrate (Kenneth Branagh), responsable en toute bonne conscience de la politique eugéniste britannique ; l’étrange pisteur chargé de débusquer les fuyardes, mû par l’instinct du chasseur ; les étendues désertiques, jaunies, râpées, brûlées, à perte de vue… Une course-poursuite lyrique et poignante.
LE CHEMIN DE LA LIBERTE, Phillip Noyce 2003 (saga)@@@ (E)
En 1931, à Jigalong, près du désert de Gibson, trois filles aborigènes, Molly, Gracie et sa soeur Daisy, vivent heureuses auprès de leurs mères. Sur ordre de Mr Neville, protecteur en chef des Abori ...

@

LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@


En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme isolée, avec pour seuls biens une vache et un accordéon, tous deux font l'apprentissage de la conjugalité et du dur labeur paysan, tout en tentant de concilier leurs aspirations. Tandis qu'Elsie s'épanouit en chantant, Jacob rêve d'acquérir un cheval pour devenir cocher. Mais quand Rico, un musicien yéniche, fait une halte de quelques jours dans le village, le fragile équilibre qu'ils ont construit vacille.

TELERAMA
Dans les Alpes suisses de 1870, une servante à la voix d’or est mariée de force à un palefrenier. Un film qui nous séduit pour sa beauté picturale, sa musique, et l’interprétation lumineuse de son actrice.

Une voix pure, aérienne, un talent brut : lorsqu’elle chante, Elsie a la grâce. Seulement voilà, quand on est une simple servante, dans les Alpes suisses de 1870, les rêves de carrière musicale restent au ras du parquet qu’il faut briquer. Ou pire : violée par le maître de maison, la jeune fille tombe enceinte. On la marie aussitôt à Jacob, le palefrenier… Tournée en dialecte local, dans le décor grandiose et sauvage des montagnes, cette âpre chronique rurale rappelle des classiques du genre, comme L’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi (1978), tout en dépoussiérant le propos.

La réalisatrice helvétique Katalin Gödrös troque en partie le misérabilisme traditionnel contre une approche plus féministe, concentrée sur la soif d’art et de liberté de son héroïne. Couple de circonstances — elle ne pense qu’à s’évader, avec son unique accordéon ou un musicien de passage, tandis qu’il a pour seule ambition de devenir cocher —, Elsie et Jacob développent une relation complexe, bancale et touchante, que le film déploie par petites touches quotidiennes, avec une grande subtilité. Leurs désirs d’ailleurs et d’émancipation se heurtent pourtant sans cesse aux obstacles et à l’injustice sociale de leur époque et de leur milieu, un monde paysan, dur, clos, étouffant. Malgré quelques longueurs, ce voyage dans le temps séduit par sa beauté picturale, sa musique vibrante et surtout l’interprétation formidable de Luna Wedler, lumineuse de fragilité et d’obstination.

LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@ (E)
En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme i ...

@

LE CHIEN DES BASKERVILLE, Terence Fisher 1959, Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee (thriller horreur)@@


Le fameux détective Sherlock Holmes et son fidèle compagnon, le Dr Watson, sont appelés au château des Baskerville. Le corps de sir Charles Baskerville a été découvert sur la lande et Holmes accepte d'enquêter sur son décès. On raconte que les cruels agissements d'un ancien maître des lieux, sir Hugo, auraient attiré une malédiction sur les terres des Baskerville qui se manifesterait par l'intervention d'un chien monstrueux...

TELERAMA
Peter Cushing reprend le rôle de Sherlock Holmes dans cette sinistre enquête sur une malédiction familiale. Bel exercice de style qui privilégie l’atmosphère à l’action.

Depuis la mort de Hugo de Baskerville, égorgé par un chien, une malédiction semble peser sur cette famille de nobles anglais. Sir Henry Baskerville, dernier du nom, demande à Sherlock Holmes d’enquêter sur cette bête mystérieuse qui tue les siens de génération en génération...

Héros d’une série de films tournés dans les années 30, Basil Rathbone aura probablement été à l’écran le Sherlock Holmes le plus fidèle à Conan Doyle. Peter Cushing débarque avec le bagage accumulé dans les autres films de Fisher : le chasseur de vampires, qu’il a interprété dans la série des Dracula, lui colle à la peau. Son Sherlock Holmes n’incarne plus seulement la raison, mais aussi le Bien, opposé à un Mal récurrent, endémique, qui montre son visage dans la somptueuse scène d’ouverture, baroque et colorée. Terence Fisher a su s’approprier l’univers du célèbre détective et tirer le polar vers le métaphysique. Entouré de ses techniciens habituels, il tourne un film « 100 % Hammer » : brouillard sur la lande, ingénues violées par des nobles dégénérés, éclats du tonnerre... Les habitués apprécieront ; les fans de Conan Doyle, eux, se sentiront peut-être trahis...
LE CHIEN DES BASKERVILLE, Terence Fisher 1959, Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee (thriller horreur)@@ (E)
Le fameux détective Sherlock Holmes et son fidèle compagnon, le Dr Watson, sont appelés au château des Baskerville. Le corps de sir Charles Baskerville a été découvert sur la lande et Holmes a ...

@

LE CHIEN, Christian Monnier 2009, Florian Frin, Marie Le Cam, Jean-Marc Le Bars


Kevin est un jeune homme singulier au comportement parfois dangereux. Il vit avec Jean-Claude dans une ferme isolée au milieu d'une nature resplendissante. Les deux hommes cohabitent dans un mutisme déroutant. Quand Michèle rencontre Jean-Claude, elle voit en lui un amant de passage. Mais quand Kévin apparaît, Michèle y voit la chance de donner un sens à sa propre vie...
LE CHIEN, Christian Monnier 2009, Florian Frin, Marie Le Cam, Jean-Marc Le Bars (E)
Kevin est un jeune homme singulier au comportement parfois dangereux. Il vit avec Jean-Claude dans une ferme isolée au milieu d'une nature resplendissante. Les deux hommes cohabitent dans un mutisme déroutant. Quand Mich&egrav ...

@

LE CHOCOLAT, Lasse Hallström 2000, Juliette Binoche, Johnny Depp (conte)@@


Lansquenet est un petit village tranquille, dirigé par le comte Reynaud, un maire rigoriste et austère. En ce début des années 60, Vianne Rocher et sa fille Anouk décident d'ouvrir une chocolaterie près de l'église. Les effluves cacaotées qui sortent de la boutique et envahissent les rues ont vite raison de la sobriété des villageois, de plus en plus nombreux à succomber aux friandises de Vianne.

TELERAMA
En 1959, Vianne Rocher et sa fillette ouvrent une chocolaterie dans le village de Lansquenet. Mais le maire de la bourgade accepte mal cette étrangère un peu trop libre de moeurs, qu'il aimerait pouvoir chasser. Armande et Joséphine n'en ont cure : elles viennent régulièrement goûter au chocolat...
LE CHOCOLAT, Lasse Hallström 2000, Juliette Binoche, Johnny Depp (conte)@@ (E)
Lansquenet est un petit village tranquille, dirigé par le comte Reynaud, un maire rigoriste et austère. En ce début des années 60, Vianne Rocher et sa fille Anouk décident d'ouvrir une chocolaterie pr&egra ...

@

LE CHOIX NOUS APPARTIENT, Hans-Christian Schmid 2022 (thriller)@@


Le 25 mars 1996, l'écrivain Jan Philipp Reemtsma est enlevé à son domicile. Ses ravisseurs demandent une rançon de 20 millions de marks, soit environ 10 millions d'euros. Coupés du monde, son fils Johann, 13 ans, et sa femme Ann-Kathrin vivent désormais 24 heures sur 24 avec les policiers chargés de l'affaire. Alors que la famille et les enquêteurs communiquent avec les ravisseurs grâce aux petites annonces d'un journal local, Jan Philipp utilise la littérature pour faire passer des messages.

TELERAMA
Ce drame relate un fait divers survenu en 1996 à Hambourg : l’enlèvement, pendant un mois, de l’universitaire et mécène Jan Philipp Reemtsma et ses conséquences pour sa femme et leur garçon assignés à domicile, auprès des policiers chargés de l’affaire. Il s’agit moins d’un thriller que de l’étude d’une cellule familiale confrontée à l’absence d’un de ses membres dont elle ignore si elle va le revoir vivant.

S’inspirant du livre autobiographique du musicien Johann Scheerer, le fils du couple qui avait 13 ans au moment des faits, le film se focalise plus précisément sur le vécu de l’adolescent dont les rapports avec son père, intellectuel exigeant, sont réinterrogés de façon sensible durant cette parenthèse critique. À la fois attaché à sa mère et en quête de modèles masculins, désireux de retrouver cet homme dont il quête l’affection et la reconnaissance, Johann, remarquablement interprété par le jeune Claude Heinrich, est un concentré d’émotions que saisit, à chaque plan, la caméra du réalisateur. En contrepoint, les ellipses du récit et de l’enquête, rythmée mécaniquement par le sujet de la rançon à remettre aux kidnappeurs, nous laissent quelque peu sur notre faim. De même que la peinture de ce milieu grand bourgeois et intellectuel, brossée de façon un peu trop superficielle.
LE CHOIX NOUS APPARTIENT, Hans-Christian Schmid 2022 (thriller)@@ (E)
Le 25 mars 1996, l'écrivain Jan Philipp Reemtsma est enlevé à son domicile. Ses ravisseurs demandent une rançon de 20 millions de marks, soit environ 10 millions d'euros. Coupés du monde, son fils Johann, ...

@

LE CIEL LES OISEAUX ET TA MERE, Djamel Bensalah 1999, Jamel Debouze, Laurent Deutsch, Julien Courbey (comique)@@


Vainqueurs d'un concours vidéo, Youssef, Stéphane, Christophe et Mike, quatre copains qui ont grandi ensemble dans une banlieue de la région parisienne, partent en voyage pour un mois dans le sud-ouest de la France. C'est la première fois qu'ils sortent de leur cité pour se retrouver à Biarritz. Cependant, les délires et la drague dont ils avaient rêvé semblent finalement inaccessibles et le changement de milieu social n'est pas sans poser de problèmes.

TELERAMA
Youssef, Stéphane, Mike et Christophe ont grandi ensemble dans une de ces banlieues parisiennes où la vie n'est guère rose. Unis comme les doigts de la main, ils ont fait les 400 coups ensemble, partagé les mêmes joies et les mêmes peines, vécu leur enfance et traversé leur adolescence ensemble. Ils ont aujourd'hui entre 18 et 20 ans et ils viennent de gagner un mois de vacances dans le Sud-Ouest de la France. Une aubaine pour ces quatre compères, qui n'ont jamais connu le bonheur du farniente estival au bord de l'eau. Ils rêvent déjà de filles faciles et de rigolades interminables. Mais ce qui les attend est bien loin de ce qu'ils pensaient trouver...
LE CIEL LES OISEAUX ET TA MERE, Djamel Bensalah 1999, Jamel Debouze, Laurent Deutsch, Julien Courbey (comique)@@ (E)
Vainqueurs d'un concours vidéo, Youssef, Stéphane, Christophe et Mike, quatre copains qui ont grandi ensemble dans une banlieue de la région parisienne, partent en voyage pour un mois dans le sud-ouest de la France. C'e ...

@

LE CLAN, Eric Fraticelli 2022, Eric Fraticelli, Denis Braccini (thriller corse)@@


Après avoir raté lamentablement leur dernier coup, Belette, Fred, Achille et Max, quatre truands, veulent frapper un grand coup. En effet, c'est ni plus ni moins Sophie Marceau que le quatuor souhaite enlever et prendre en otage. Pour s'offrir un maximum de chances de réussir ce kidnapping, ils élaborent donc un stratagème minutieux.

TELERAMA
Bien loin d’être découragés par leurs échecs répétés, quatre malfaiteurs décident de frapper un grand coup en tentant de kidnapper Sophie Marceau.

Après un coup foireux, quatre braqueurs corses totalement branquignols imaginent une opération de la dernière chance : kidnapper Sophie Marceau. Quelques scènes amusantes surnagent au milieu d’un océan de blagues consternantes. Éric Fraticelli surfe sur l’humour régionaliste et les bons sentiments pour nourrir une comédie « avé l’assent », légère comme un parpaing. Du moins les acteurs s’en donnent-ils à cœur joie…

Malgré les séjours répétés derrière les barreaux, Belette, Achille, Max et Fred n'en démordent pas et restent convaincus d'être nés pour enchaîner les magouilles et les mauvais coups. Pourtant, une fois de plus, leur dernière idée lumineuse ne se déroule pas selon les plans établis, et le quatuor manque lamentablement la réalisation de son objectif. Las des menues malversations, ils décident de frapper un grand coup. En effet, c'est Sophie Marceau que la petite bande souhaite enlever et prendre en otage. Pour s'offrir un maximum de chances de réussir ce kidnapping, ils élaborent donc un plan minutieux...
LE CLAN, Eric Fraticelli 2022, Eric Fraticelli, Denis Braccini (thriller corse)@@ (E)
Après avoir raté lamentablement leur dernier coup, Belette, Fred, Achille et Max, quatre truands, veulent frapper un grand coup. En effet, c'est ni plus ni moins Sophie Marceau que le quatuor souhaite enlever et prendre en ota ...

@

LE CODE A CHANGE, Daniele Thomson 2009, Karin Viard, Dany Boon, Marina Fois, Patrick Bruel (comique)@@


Un dîner, c'est la dictature de l'apparence : on se fait beau, on rit, on raconte, on frime, on partage souvenirs et projets. Les angoisses sont cachées sous l'humour et les chagrins étouffés par les éclats de rire. Et pour quelques heures, on y croit ! C'est ça le principal. Si on a le bon code et que l'on respecte les autres, cordialité, hypocrisie, bonne humeur, on risque de passer une bonne soirée. Cependant, les masques tombent dès le chemin du retour.

TELERAMA
Des couples de bobos s’aiment et se déchirent autour d’un dîner. Il manque les détails qui donneraient à ce marivaudage choral une portée sociologique.
Depuis qu'elle est passée à la mise en scène, la scénariste Danièle Thompson reste fidèle à un style : des récits choraux, parfois au bord du film à sketchs. Des rondes de personnages qui disent le poids de la famille et les intermittences du coeur. Ça marchait bien dans La Bûche, un peu moins dans Fauteuils ­d'orchestre. Et presque plus du tout dans Le code a changé, centré autour d'un dîner d'amis parisiens : chacun s'y cache ou s'y révèle, du couple au bord de la rupture à la fille en bisbille avec son père...

Rien de pire qu'un dîner où l'on n'est pas vraiment invité et où l'on choisit pour vous le convive à écouter ? Mal parti, le film s'améliore par un vigoureux saut dans le temps - les mêmes, un an plus tard -, qui donne à quelques-uns des convives de vrais destins « à l'américaine » : la mort ou la maladie rôdent, sujets graves volontiers évités par le cinéma français.

Des rebondissements trop attendus
Jamais, pourtant, on n'arrive tout à fait à croire à ce que l'on nous montre. Curieux effet d'invraisemblance, déficit d'incarnation, comme si les comédiens (distribution « trans­famille » et poids lourds, de Marina Hands à Emmanuelle Seigner, de Dany Boon à Patrick Bruel) faisaient écran à leurs personnages, peu fouillés, simples vecteurs de situations dramatiques. On a parfois l'impression d'assister au « dîner des acteurs » après Le Bal des actrices... Ces bobos, plus bourgeois que bohèmes, sonnent faux.

La faute à des rebondissements trop attendus, mais pas seulement. Deux exemples : une avocate brillante mais fofolle (pitié pour Karin Viard, qui se pastiche elle-­même !) trouverait-elle vraiment le temps de faire son marché en pleine semaine ? Et prendriez-vous votre voiture pour traverser Paris le soir de la Fête de la musique ? Nous reviennent en mémoire la justesse d'observation du tandem Jaoui-Bacri, leur capacité à saisir l'époque. On en est loin.
LE CODE A CHANGE, Daniele Thomson 2009, Karin Viard, Dany Boon, Marina Fois, Patrick Bruel (comique)@@ (E)
Un dîner, c'est la dictature de l'apparence : on se fait beau, on rit, on raconte, on frime, on partage souvenirs et projets. Les angoisses sont cachées sous l'humour et les chagrins étouffés par les éclats ...

@

LE COEUR DES HOMMES, Marc Esposito 2003, Jean-Pierre Daroussin, Bernard Campan, Marc Lavoine, Gerard Darmon (societe)@@


Alex, Antoine, Jeff et Manu, la cinquantaine proche ou sonnée, ont quelques années de vie commune. Amis depuis l'époque où ils jouaient dans la même équipe de foot, ils se voient régulièrement pour se raconter leurs vies, refaire le monde, rire, s'engueuler.

TELERAMA
Pas le cœur des hommes en général comme le donnerait à penser ce titre un peu trop « gros comme ça » , mais celui de quatre en particulier. Jeff, Manu, Alex et Antoine sont amis, de ceux qu’on qualifie « à la vie, à la mort ». Liés depuis vingt-cinq ans, ce temps où ils jouaient dans la même équipe de foot de banlieue. Jeff et Alex, patrons « de gauche » d’un mensuel sportif, cultivent un charme et un cynisme second degré. Antoine, prof de gym de lycée, et Manu, traiteur qui bosse 75 heures par semaine à son propre compte (de droite, donc, affirment les trois autres !), sont des tendres, c’est marqué dessus.

Quatre hommes à reconnaître comme nos pères, nos maris, nos amants ou nos frères, à la manière du quatuor d’Un éléphant, ça trompe énormément, il y a trente ans. Ils remplissent des grilles de Loto sportif en s’engueulant et en grignotant du pâté. Ils frôlent les 50 ans, sont drôles, quand ils ne sont pas agaçants. Prêts à mentir droit dans les yeux de leur femme sur leur emploi du temps mais foudroyés s’ils se découvrent trompés. Rien de neuf, d’autant que Marc Esposito ancien directeur de la rédaction de Première puis de Studio Magazine ne craint pas de parsemer leur vie sentimentale de clichés. De quoi ricaner ? Non, de quoi se souvenir qu’en matière de cœur les clichés sont souvent vrais.

Alex, le boulimique sexuel, un « malade » comme dit Jeff, rentre tous les soirs à bon port dans les bras de Nanou, dont aucune liaison ne saurait le détacher. Antoine se découvre incapable, non pas de comprendre, mais de pardonner une incartade sans lendemain de Lili, la femme de sa vie. Jeff réalise que ce qu’il éprouve pour Elsa (Zoé Félix, parfaite), 25 ans (de moins que lui), est bien au-delà du démon de midi. Et Manu rencontre une zinzin dans son magasin : Juliette, presque inquiétante derrière ses lunettes noires, si fébrile dans sa quête de bonheur. Une psychopathe pour le charcutier-traiteur ? Une déprimée qui fera son malheur ? Non, Esposito fait juste à Manu le cadeau d’une amoureuse qui ne craint pas de l’être (Florence Thomassin, rayonnante).

A la fin, lors de la (trop ?) classique scène de tablée chorale et ensoleillée, on se prend à compter les points, comme lorsque les quatre potes refaisaient les matchs de championnat au bistrot du coin. On s’agace qu’Esposito ait intercalé de la musique d’ascenseur entre chaque mouvement du cœur. On regrette que les quatre personnages n’aient pas tous la même épaisseur, surtout celui d’Antoine, dont le désespoir buté semble un peu fabriqué. Mais un film d’homme(s) qui s’attache à bien traiter les femmes, où Gérard Darmon attend, gourmand, dans son transat provençal de retraité tout frais qu’une beauté de la moitié de son âge lui fasse la « surprise » d’être enceinte et où Jean-Pierre Darroussin, assis sur un escalier en pleine nuit, s’avoue comblé puisque « l’amour et le rire, que demander de plus ? » est, assurément, un film aimable.
LE COEUR DES HOMMES, Marc Esposito 2003, Jean-Pierre Daroussin, Bernard Campan, Marc Lavoine, Gerard Darmon (societe)@@ (E)
Alex, Antoine, Jeff et Manu, la cinquantaine proche ou sonnée, ont quelques années de vie commune. Amis depuis l'époque où ils jouaient dans la même équipe de foot, ils se voient réguliè ...

@

LE COLOSSE AUX PIEDS D ARGILE, Stéphanie Murat 2021, Éric Cantona, Françoise Fabian, Aure Atika (moeurs)@@


Sébastien est un ancien rugbyman. Entre 12 et 16 ans, tout le monde le voit comme un enfant plein de joie de vivre. Une caractéristique de son Sud-Ouest natal. Cette joie de vivre n'est qu'un écran de fumée destiné à protéger l'équilibre de sa famille. Quatre ans que Sébastien est violé. Quatre ans qu'il souffre et crie en silence car son prédateur n'est autre qu'un proche de ses parents, aimé de tous. Trente ans plus tard, Sébastien n'a pas réussi à parler, et ses démons le détruisent.

TELERAMA
Si vous êtes victimes ou témoins de violences sexuelles, il faut en parler. Parler, parler, parler. À un professeur, un psy, un ami, ou en appelant le 119. » Ainsi se termine ce téléfilm, récompensé au dernier Festival de Luchon, qui rappelle ce chiffre effrayant : un enfant sur cinq serait victime d’actes pédophiles aujourd’hui en France. Or beaucoup se taisent, protégeant ainsi leur agresseur.

Cette fiction pédagogique, purement utilitaire, insiste sur l’enjeu de libérer la parole. Elle raconte l’histoire vraie de Sébastien Boueilh, un ancien rugbyman qui fut régulièrement violé par un ami de ses parents à l’adolescence. Durant de longues années, ce grand gaillard ne dit rien à personne. Puis il parvient à se convaincre que sortir du silence pourrait non seulement l’aider personnellement, mais aussi amener d’autres victimes à s’ouvrir. En 2013, il fonde l’association Colosse aux pieds d’argile, qui intervient notamment dans les écoles et les clubs de sport. Aujourd’hui, son geste de sensibilisation est prolongé par ce programme sans grande valeur artistique, mais qui mérite d’être vu en famille. Un gros casting est mobilisé (Éric Cantona, Françoise Fabian, Aure Atika…) pour inciter les parents à le faire et à engager la discussion.
LE COLOSSE AUX PIEDS D ARGILE, Stéphanie Murat 2021, Éric Cantona, Françoise Fabian, Aure Atika (moeurs)@@ (E)
Sébastien est un ancien rugbyman. Entre 12 et 16 ans, tout le monde le voit comme un enfant plein de joie de vivre. Une caractéristique de son Sud-Ouest natal. Cette joie de vivre n'est qu'un écran de fumée desti ...

@

LE COMBAT D ALICE, Thierry Binisti 2024, Nicolas Gob, Lucy Loste Berset (societe)@@


Veuf depuis deux ans, Joscelin s'étourdit dans le travail. Il faut qu'Alice, sa fille de 16 ans, se fasse renvoyer du lycée pour qu'il admette enfin qu'elle aussi va mal. Leurs rapports sont à la fois distants et tendus et l'adolescente est envoyée contre son gré à la campagne. Elle fait la connaissance de Doucette, une jolie vache dont la tendresse qu'elle porte à son veau la touche et l'apaise. Mais un jour, la bête est chargée dans une camionnette, direction l'abattoir.

TELERAMA
Comment raconter l’éveil au militantisme d’une ado sans sombrer dans les clichés sur la rébellion ? À cette question, Thierry Binisti apporte une réponse convaincante grâce à la performance de Lucy Loste Berset.

Alice est injoignable, pourtant l’adolescente ne devrait pas. Toute sa famille l’attend dans un cimetière lyonnais. C’est le jour anniversaire de la mort de sa mère, survenue il y a deux ans. Très inquiet, Joscelin, son père, finit par contacter le lycée. Ce qu’il apprend n’est pas de nature à le rassurer. Alice s’est battue avec une élève. Elle est sanctionnée par une exclusion temporaire et Joscelin décide de l’exfiltrer. À la campagne, chez ses grands-parents, l’ado se prend d’affection pour un petit veau et s’éveille à la conscience de la souffrance animale.

Ado en perdition, famille brisée par un décès, père impuissant… autant de signaux d’alerte, attention fiction larmoyante. Mais Le Combat d’Alice suit un chemin balisé en réussissant tout le contraire. Thierry Binisti, très juste dans la captation des émotions, tresse habilement la thématique de la lutte pour la dignité des animaux, la renaissance de la relation père-fille et le post-trauma du deuil. À travers la réconciliation chaotique d’Alice et de Joscelin, le réalisateur éclaire tous les enjeux agricoles du circuit court au bio jusqu’au militantisme vegan, sans sombrer dans la caricature. L’incarnation viscérale de Lucy Loste Berset et la touchante économie de jeu de Nicolas Gob y sont pour beaucoup.


LE COMBAT D ALICE, Thierry Binisti 2024, Nicolas Gob, Lucy Loste Berset (societe)@@ (E)
Veuf depuis deux ans, Joscelin s'étourdit dans le travail. Il faut qu'Alice, sa fille de 16 ans, se fasse renvoyer du lycée pour qu'il admette enfin qu'elle aussi va mal. Leurs rapports sont à la fois distants et tendus ...

@

LE COME BACK, Marc Lawrence 2007, Hugues Grant, Drew Barrymore (sentimental musical)@@


Alex Fletcher, ex-chanteur et compositeur d'un groupe des années 1980. La star du moment, Cora Corman, lui offre une chance de faire son retour. Elle lui propose de composer un morceau pour son prochain album et de le chanter en duo. Il fait la rencontre de Sophie Fisher, la jeune femme qui se charge de ses plantes et qui s'avère avoir, elle, davantage de talent pour l'écriture. Une histoire d'amour va alors naître entre eux...
LE COME BACK, Marc Lawrence 2007, Hugues Grant, Drew Barrymore (sentimental musical)@@ (E)
Alex Fletcher, ex-chanteur et compositeur d'un groupe des années 1980. La star du moment, Cora Corman, lui offre une chance de faire son retour. Elle lui propose de composer un morceau pour son prochain album et de le chanter en duo. ...

@

LE COMTE DE MONTE CHRISTO, David Greene 1975, Tony Curtis, Richard Chamberlain (saga)@


Prisonnier au château d'If depuis 20 ans, Edmond Dantes réussit enfin à s'échapper. Dès lors, il se consacrera corps et âme à se venger des trois hommes qui lui ont tout pris. Immensément riche grâce au trésor que lui a légué son voisin de cellule, l'abbé Faria, Dantes revient à Paris sous l'identité du comte de Monte Cristo.

TELERAMA
“ Arf... que la VF. Adaptation correcte pour la durée. Mais finalement n'apporte rien par rapport au livre. A réserver pour les non lecteurs. ”
LE COMTE DE MONTE CHRISTO, David Greene 1975, Tony Curtis, Richard Chamberlain (saga)@ (E)
Prisonnier au château d'If depuis 20 ans, Edmond Dantes réussit enfin à s'échapper. Dès lors, il se consacrera corps et âme à se venger des trois hommes qui lui ont tout pris. Immensémen ...

@

LE COMTE DE MONTE CHRISTO, Jean Marais (cape et epee)@


Edmond Dantès, second d'un navire de commerce de retour d'Orient ayant pris le commandement de son navire après la mort du capitaine, accoste à l'île d'Elbe pour transmettre une lettre à Napoléon. À la suite de cette imprudence, commise pour respecter la volonté de son prédécesseur, il est victime d'une machination. Dantès est alors conduit au secret dans les profondeurs du château d'If, au large de Marseille...

TELERAMA
Cette adaptation de Dumas est la seconde de Robert Vernay, qui s’illustra par quelques nanars. L’interprétation de Jean Marais est moins fielleuse que celle de son prédécesseur, Pierre Richard-Willm, en 1942, mais assez flamboyante pour masquer la mièvrerie de ses consœurs. À condition de réviser son histoire de France (le complot bonapartiste apparaît ici comme un écheveau inextricable), on peut s’amuser à montrer aux enfants cette adaptation consensuelle d’un grand classique de la littérature.
LE COMTE DE MONTE CHRISTO, Jean Marais (cape et epee)@ (E)
Edmond Dantès, second d'un navire de commerce de retour d'Orient ayant pris le commandement de son navire après la mort du capitaine, accoste à l'île d'Elbe pour transmettre une lettre à Napoléon. &A ...

@

LE CONCERT, Radu Mihaileanu 2009, Aleksei Guskov, Mélanie Laurent


A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Cependant, après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Il travaille toujours au Bolchoï 30 ans plus tard, mais comme homme de ménage.
LE CONCERT, Radu Mihaileanu 2009, Aleksei Guskov, Mélanie Laurent (E)
A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Cependant, après avoir refusé de se sép ...

@

LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA, Isao Takahata 2013 (animation)@@


Un jour de printemps, Okina, un vieux coupeur de bambous, trouve dans le bourgeon d'une plante une créature lumineuse endormie et qui ressemble à une princesse. Alors qu'il la ramène chez lui, elle se transforme en une petite fille, et elle est immédiatement adoptée par Okina et son épouse. La petite fille grandit très vite, tandis que l'homme trouve sans cesse des pépites d'or et des vêtements dans le même champ.

TELERAMA
Une adaptation magnifique et poétique d’un conte ancestral japonais par le doyen du Studio Ghibli.
Le Conte de la princesse Kaguya est un classique de la tradition orale nippone. Tous les petits Japonais connaissent l’histoire de cette fillette minuscule, découverte au creux d’un bambou par un couple de forestiers. L’enfant devient en un rien de temps une jeune fille à la beauté lumineuse dont tous les hommes tombent amoureux. Mais Kaguya n’est heureuse qu’au milieu des fleurs sauvages et des animaux de la montagne…

Si Isao Takahata suit sagement le déroulement de l’histoire, côté forme, en revanche, ça décoiffe ! Le doyen du Studio Ghibli est remonté aux sources de la création : quand le film n’est encore qu’une suite d’aquarelles et de portraits. Des « brouillons » qu’il a choisi d’animer. Le résultat est extraordinaire et inaugure un genre inédit : l’estampe animée. Danses sous les cerisiers, bains dans la rivière, vols au-dessus des prairies en fleurs : l’histoire n’est qu’un prétexte pour célébrer les joies simples de la vie au grand air. Comme si, pour son ultime réalisation, cinq ans avant sa mort, Takahata avait tenu à nous rappeler que le bonheur est dans le pré.
LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA, Isao Takahata 2013 (animation)@@ (E)
Un jour de printemps, Okina, un vieux coupeur de bambous, trouve dans le bourgeon d'une plante une créature lumineuse endormie et qui ressemble à une princesse. Alors qu'il la ramène chez lui, elle se transforme en une ...

@

LE CORBEAU, Henri-Georges Clouzot 1943, Pierre Fresnay, Ginette Leclerc (thriller)@@@


Le docteur Germain, médecin d'hôpital dans une ville de province, commence à recevoir des lettres anonymes, signées le Corbeau, l'accusant de pratiquer des avortements. D'autres lettres suivent, prétendant qu'il est l'amant de Laura Vorzet, la femme du psychiatre de l'hôpital. Le Corbeau arrose toute la ville de ses lettres, la rumeur enfle. Un malade, atteint d'un cancer, se suicide.

TELERAMA
Le bien et le mal dans un village français empoisonné par une série de lettres anonymes, sous l’Occupation. Le chef-d’œuvre d’Henri-Georges Clouzot, pessimiste et lucide. Tellement moderne…

Il pleut des lettres anonymes sur Saint-Robin, « un petit village, ici ou ailleurs », et comme l’annonce le narquois Dr Vorzet : « Quand ces saloperies se déclarent, on ne sait pas où elles s’arrêtent… » Tourné en 1943 pour la Continental, dirigée par l’occupant allemand, le deuxième film de Clouzot fut honni de tous. Cette foire délétère à la ­délation ne pouvait que déplaire aux résistants et fut condamnée à la Libération. Très loin de célébrer le travail, la famille et la patrie, elle n’était pas non plus du goût de Vichy.

Clouzot, trop misanthrope pour être propagandiste, ne fait qu’explorer la noirceur de l’âme humaine, noir corbillard, avec quelques zones de lumière. Comme dans la grande scène expressionniste (qu’admirait Hitchcock) où le balancement d’une ampoule illustre la notion relative, alternative, du bien et du mal. Les lettres anonymes lui servent d’alibis pour traiter d’avortement, de drogue ou d’adultère, avec une liberté incroyable.

Les seuls personnages sauvés, dans ce chef-d’œuvre de méchanceté ? Une infirme aux mœurs légères (Ginette Leclerc, vulgaire à cœur) et un type fâché avec la vie (Pierre Fresnay, ­superbe) qu’elle réussit à ébranler en le traitant de « bourgeois ». Pour Clouzot, la pire insulte qui soit.


Après la mort de Lenore, sa femme adorée, Erasmus Craven, magicien anglais du XVe siècle, décide de se retirer du monde. Il reçoit un soir la visite d'un corbeau doué de parole qui affirme être un magicien, Adolphus Bedlo, changé en oiseau pour avoir osé défier Scarabus, un puissant maître sorcier. Craven, d'abord réticent, accepte de faire tout son possible pour délivrer le malheureux. Ce dernier lui apprend une étonnante nouvelle : la maîtresse de Scarabus ressemble étrangement à Lenore. Fou de douleur et d'espoir à la fois, Craven décide d'en avoir le coeur net. En compagnie de Bedlo, il se rend dans la demeure de Scarabus où il tombe droit dans un piège...
LE CORBEAU, Henri-Georges Clouzot 1943, Pierre Fresnay, Ginette Leclerc (thriller)@@@ (E)
Le docteur Germain, médecin d'hôpital dans une ville de province, commence à recevoir des lettres anonymes, signées le Corbeau, l'accusant de pratiquer des avortements. D'autres lettres suivent, prétendant ...

@

LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil


Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bienveillant, déjoue innocemment les plans de contrebande de son employeur.
LE CORNIAUD Gerard Oury 1965, Louis De Funes, Bourvil (E)
Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d'Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d'héroïne. Ce dernier, un homme naïf et bi ...

@

LE CORSAIRE NOIR, Sergio Sollima 1976, Carole Andre, Kabir Bedi (aventure)@


Le comte Émilio de Roccabruna, alias le Corsaire noir, est à la recherche du duc flamand Van Gould, responsable de l'assassinat de ses deux frères. À l'occasion d'un abordage, le Corsaire noir kidnappe une jeune femme dont il tombe éperdument amoureux, mais il découvre qu'il s'agit de la fille de Van Gould. Sur l'insistance de son équipage qui crie aussi vengeance, il doit alors abandonner sa bien-aimée en plein océan.

TELERAMA
Dans l'île de Macaraibo. Le duc Van Gold, représentant du roi d'Espagne, mécontent de la gestion du gouverneur en place, prend le pouvoir. Mais le duc n'est pas une créature angélique : il le prouve en tuant Enrico de Vintimille en un combat singulier truqué, où un sbire caché derrière une tenture achève le malheureux qui a osé défier Van Gold. De plus, ses agents sèment la mort et la désolation au sein de la population indigène. Au cours d'un de ces massacres, Emilio, le légendaire corsaire noir, parvient à faire fuir les sbires du duc, mais seule Yara, une jolie jeune fille, a survécu. Suivant ses sauveurs, elle découvre avec eux leur camp, malheureusement visité par les forces du duc : Emilio y trouve le cadavre de son frère et celui de son meilleur ami. Le corsaire noir jure vengeance...
LE CORSAIRE NOIR, Sergio Sollima 1976, Carole Andre, Kabir Bedi (aventure)@ (E)
Le comte Émilio de Roccabruna, alias le Corsaire noir, est à la recherche du duc flamand Van Gould, responsable de l'assassinat de ses deux frères. À l'occasion d'un abordage, le Corsaire noir kidnappe une jeune ...

@

LE COUP DU CIEL, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Nilson (thriller comique)@


Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'elle possède une propriété à Beaumont-sur-Mer, la deuxième est une Australienne qui adore le divertissement.

TELERAMA
Rencontre explosive entre deux arnaqueuses, interprétées par Anne Hathaway et Rebel Wilson. L’une est chic, l’autre est choc, mais les gags ne sont ni l’un ni l’autre.
Elles s’affrontent, s’allient, se piègent... Et on s’ennuie ferme. Difficile de départager Anne Hathaway et Rebel Wilson dans ce duel d’arnaqueuses sous le soleil de Capri. La première surjoue l’élégance froide, maladroitement décalée au milieu des gags balourds et des combines mal ficelées. Quant à la seconde, elle s’autocaricature à outrance, sur toute la gamme de la farce agressive. L’idée d’adapter une comédie policière de 1989 (Le Plus Escroc des deux, de Frank Oz) dans un remake au féminin n’était pourtant pas mauvaise en soi…
LE COUP DU CIEL, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Nilson (thriller comique)@ (E)
Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'e ...

@

LE COUP DU PARAPLUIE, Gérard Oury 1980, Pierre Richard, Valérie Mairesse (comique)@


Grégoire Lecomte, acteur raté, se retrouve impliqué dans un meurtre orchestré par la mafia quand il est confondu avec un tueur à gages, dont il est chargé du nouveau contrat : tuer à l'aide de la pointe d'un parapluie un riche industriel.

TELERAMA
Sexisme, homophobie, racisme… Revoir “Le Coup du parapluie” après #MeToo est un exercice cruel. Reste le talent de Pierre Richard.

Accompagné de son « imprésario », un comédien raté croit enfin voir sa carrière décoller. Mais à la place du rôle de ses rêves, un personnage de tueur à gages dans un film policier, il se retrouve sans le savoir engagé par la mafia pour éliminer un riche industriel… L’arme du crime ? Un parapluie dont la pointe rétractable est imbibée de poison.

Quand on a grandi dans les années 1980, revoir Le Coup du parapluie après #MeToo est un exercice cruel. De quoi envoyer valdinguer vos éclats de rire d’enfant au rayon « ricanements rances et gênants ». Dans cette pénible pochade policière où les portes claquent comme au boulevard, le sexisme, l’homophobie et le racisme piquent les yeux et les oreilles à chaque scène ou presque. Volage, Grégoire Lecomte est victime de la jalousie de Josyane, sa pervenche de maîtresse qui a lancé toutes les contractuelles de Paris à ses trousses. Il se demande tout haut si son personnage travaille pour des « bamboulas » juste avant d’occire par accident l’un de ses poursuivants surnommé « la folle »…

L’année 1980 a beau correspondre au début de la fin de la carrière de Gérard Oury, le génial fabricant de comédies populaires, de La Grande Vadrouille (1966) aux Aventures de Rabbi Jacob (1973), c’est moins son manque d’inspiration qui frappe ici que la révolution des représentations opérée en quarante ans.

Reste Pierre Richard, le talent burlesque du génie comique made in la France de Giscard. Même au beau milieu du désastre, celui qui réhabilita tous les gaffeurs de la terre parvient à tirer son épingle du jeu. Il est chimiquement impossible de résister à sa danse du parapluie.
LE COUP DU PARAPLUIE, Gérard Oury 1980, Pierre Richard, Valérie Mairesse (comique)@ (E)
Grégoire Lecomte, acteur raté, se retrouve impliqué dans un meurtre orchestré par la mafia quand il est confondu avec un tueur à gages, dont il est chargé du nouveau contrat : tuer à l'aide d ...

@

LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson, Alex Sharp (comique)


Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'elle possède une propriété à Beaumont-sur-Mer, la deuxième est une Australienne qui adore le divertissement.

TELERAMA
Rencontre explosive entre deux arnaqueuses, interprétées par Anne Hathaway et Rebel Wilson. L’une est chic, l’autre est choc, mais les gags ne sont ni l’un ni l’autre.
Elles s’affrontent, s’allient, se piègent... Et on s’ennuie ferme. Difficile de départager Anne Hathaway et Rebel Wilson dans ce duel d’arnaqueuses sous le soleil de Capri. La première surjoue l’élégance froide, maladroitement décalée au milieu des gags balourds et des combines mal ficelées. Quant à la seconde, elle s’autocaricature à outrance, sur toute la gamme de la farce agressive. L’idée d’adapter une comédie policière de 1989 (Le Plus Escroc des deux, de Frank Oz) dans un remake au féminin n’était pourtant pas mauvaise en soi…
LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson, Alex Sharp (comique) (E)
Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'e ...

@

LE CRI DU CORMORAN, Michel Audiard 1971, Bernard Blier, Michel Serrault, Paul Meurisse, Gerard Depardieu (comique)@


Alfred Mullanet, un joueur malchanceux qui vit sur les revenus de son épouse, devient en quelques instants l'objet des convoitises de deux malfrats, Kruger et Monsieur K. Quand le premier enferme Alfred dans un cercueil avant de lui enfiler un veston, le second tente de remettre la main sur lui avant qu'il n'arrive à Istanbul. En effet, les boutons du veston sont truffés de diamants et Alfred en devient le passeur malgré lui.

TELERAMA
“ Blier qui imite le cormoran et l'appel du muezzin... Un sommet de rire ! Mais c'est vrai que le reste ne vole pas bien haut... ”
LE CRI DU CORMORAN, Michel Audiard 1971, Bernard Blier, Michel Serrault, Paul Meurisse, Gerard Depardieu (comique)@ (E)
Alfred Mullanet, un joueur malchanceux qui vit sur les revenus de son épouse, devient en quelques instants l'objet des convoitises de deux malfrats, Kruger et Monsieur K. Quand le premier enferme Alfred dans un cercueil avant de lui ...

@

LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Kenneth Branagh 2017, Kenneth Branagh, Johnny Depp (thriller)@@


L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a réussi à trouver une place au dernier moment. Au matin, l'un des passagers, un riche Américain, est retrouvé mort, le corps lardé de coups de couteau. L'assassin est parmi les voyageurs, puisque le wagon à destination de Calais est verrouillé et séparé du reste du train. Hercule Poirot mène l'enquête.

TELERAMA
Après le meurtre d’un étrange homme d’affaires, tous les passagers de l’Orient-Express deviennent des suspects pour Hercule Poirot. En s’emparant du personnage, le metteur en scène déploie tout son panache.

Les adaptations hollywoodiennes d’Agatha Christie sont un plaisir régressif : à chaque fois, c’est la même chose, mais c’est ça qu’on aime. Celle-ci évoque forcément celle que réalisa Sidney Lumet en 1974. Et son défilé de stars. Autour du meurtre d’un étrange homme d’affaires (Johnny Depp en mode gangster) papillonnent une dévote espagnole (Penélope Cruz), une vieille princesse russe (Judi Dench), une veuve américaine (Michelle Pfeiffer), un professeur allemand (Willem Dafoe), une sage gouvernante (Daisy Ridley, héroïne des derniers Star Wars)… Tous sont passagers de l’Orient-Express. Et tous suspects, bien sûr.

Tout de même, il y a une surprise : Kenneth Branagh. Pour interpréter Hercule Poirot, l’acteur arbore une formidable moustache et déploie un vrai panache. N’hésitant pas à voler la vedette à toute la troupe, il transforme l’excentricité vieillotte du détective belge en exubérance de showman. Il réussit même à placer sa passion pour le théâtre. En accentuant l’artifice des décors, il joue avec une intrigue elle-même montée de toutes pièces. Que l’on apprécie non pour son efficacité ou sa vraisemblance, mais pour son incroyable extravagance.
LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Kenneth Branagh 2017, Kenneth Branagh, Johnny Depp (thriller)@@ (E)
L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a r&ea ...

@

LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Sydney Lumet 1974, Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Jaqueline Bisset, JP Cassel, Sean Connery (thriller)@@@


L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a réussi à trouver une place au dernier moment. Au matin, l'un des passagers, un riche Américain, est retrouvé mort, le corps lardé de coups de couteau. L'assassin est parmi les voyageurs, puisque le wagon à destination de Calais est verrouillé et séparé du reste du train. Hercule Poirot mène l'enquête.

TELERAMA
Un assassinat ferroviaire, adapté d’Agatha Christie, au casting première classe (Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Albert Finney, Sean Connery…).
Un train de luxe roulant à vive allure entre Istanbul et Calais est brutalement stoppé au milieu de la nuit. À l’aube, on trouve Ratchett, un riche Américain, poignardé dans sa cabine. Sachant que personne n’a quitté ou rejoint le wagon, que chacun de ses occupants avait une bonne raison de tuer, que le célèbre détective Hercule Poirot mène l’enquête… qui est, selon vous, l’assassin, et comment a-t-il agi ?


Tous les romans d’Agatha Christie proposent le même type de « sport cérébral ». Recto, le meurtre, verso, la solution. Entre les deux, rien, ou presque. Le lecteur-joueur attend, tripote ses méninges, partagé entre l’envie de deviner et celle d’être surpris. C’est dire si ce long et statique intermède est difficile à porter à l’écran. Pour cette raison, Hitchcock lui-même dédaigna toujours la romancière. Pas découragé, Sidney Lumet cherche à rendre la devinette attrayante : dans les dorures de l’Orient-Express, il a su recréer une capiteuse et artificielle odeur de rétro.

Côté stars, son wagon Pullman évoque le métro aux heures de pointe. Lauren Bacall, Anthony Perkins, Ingrid Bergman, Vanessa Redgrave et les autres forment les pièces luxueuses d’un puzzle réjouissant. De fausses pistes en indices troublants, le film reste un jeu, frivole et sans conséquence. Mais, jusqu’au rebondissement final, on ne se lasse pas un instant de la partie.
LE CRIME DE L ORIENT EXPRESS, Sydney Lumet 1974, Albert Finney, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Jaqueline Bisset, JP Cassel, Sean Connery (thriller)@@@ (E)
L'Orient-Express quitte Istanbul à destination de Calais, qu'il atteindra au terme de trois jours de voyage. Le train s'élance avec, à son bord, le célèbre détective belge Hercule Poirot, qui a r&ea ...

@

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly (thriller)@@@


Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
La scène est à jamais célèbre : Grace Kelly, assaillie dans son appartement par un tueur (payé par son mari), saisit à tâtons une paire de ciseaux, qu'elle plonge dans le dos de son agresseur... Le film fut tourné en relief, mais a rarement été projeté ainsi, en France du moins. Tournage rapide (trente-deux jours), durant lequel Hitchcock, qui détestait aérer artificiellement les huis clos, s'efforça au contraire d'accentuer le côté théâtral de la pièce de Frederick Knott (celui-ci écrira plus tard un autre succès, Seule dans la nuit, porté à l'écran par Terence Young, avec Audrey Hepburn). Ainsi le procès de Grace Kelly est-il filmé sur un fond neutre, avec des lumières tournoyant derrière elle. Et non pas dans une salle de tribunal réaliste : « Le public se serait mis à tousser et aurait pensé : voilà un deuxième film qui commence », a expliqué Hitchcock… Film mineur, mais rudement distrayant tout de même, et passionnant, sur l'un des thèmes les plus obsessionnels de Hitchcock : l'innocence face au Mal, constamment menaçant.
LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly (thriller)@@@ (E)
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
La scène est à jam ...

@

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, Ray Milland (thriller)@@@


Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
Tony Wendice, un homme oisif et sportif, découvre que sa femme, Margot, a un amant. Sans complexe, il décide de la faire supprimer, afin de devenir un veuf éploré et très riche. Méticuleusement, il prépare le crime et paie Lesgate, un de ses camarades d'enfance, pour qu'il assassine Margot et lui fournisse en même temps un solide alibi. Il organise son départ du domicile et cache un double des clefs sous le tapis d'une marche du perron, afin que son complice puisse entrer dans l'appartement. Mais le plan ne se déroule pas comme prévu, et Lesgate est tué par Margot. Au vu des preuves accablantes qui pèsent contre son épouse, Tony change son fusil d'épaule et tente de la faire accuser du meurtre de Lesgate...
LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, Ray Milland (thriller)@@@ (E)
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers.

TELERAMA
Tony Wendice, un homme oisif et ...

@

LE CRIMINEL, Orson Welles 1946, Loretta Young, Edward Robinson


Un policier de la commission contre les crimes de guerre prend en filature Konrad Meinike, qui vient de sortir de prison. Ce dernier se rend dans la petite ville où vit maintenant sous une fausse identité le criminel de guerre Franz Kindler.
LE CRIMINEL, Orson Welles 1946, Loretta Young, Edward Robinson (E)
Un policier de la commission contre les crimes de guerre prend en filature Konrad Meinike, qui vient de sortir de prison. Ce dernier se rend dans la petite ville où vit maintenant sous une fausse identité le criminel de guerre ...

@

LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe


En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro jusqu'à leur père. Ils sont sauvés d'une embuscade par Hawkeye, un frontalier d'origine européenne, élevé par le Mohican Chingachgook et son fils Uncas. Les trois hommes acceptent d'escorter les deux jeunes filles jusqu'à leur destination.

TRLERAMA:
Des batailles, des soldats, des Indiens félons et d’autres héroïques. Et une histoire d’amour romanesque à souhait entre la troublante Madeleine Stowe et le charismatique et si mohican Daniel Day-Lewis. Ne boudez pas votre plaisir.
Bondissant comme s'il était le gardien d'une ­forêt mythique, invulnérable, l'acteur anglais ne manque pas de charme. C'est d'abord grâce à lui que Le Dernier des Mohicans se laisse regarder. C'est aussi grâce à un récit sans temps mort : coupant à foison dans le roman de Fenimore Cooper, le film ne s'embarrasse ni de lente mise en place historique, ni de prêchi-prêcha moralisateur pro-Indiens (ils se défendent très bien tout seuls). Bénéficiant d'une magnifique photo de Dante Spinotti, Michael Mann tient son suspense et offre quelques belles scènes de combat. Contrat rempli : il signe ainsi un film d'action musclé, carré, dépaysant, auquel la fragile Madeleine Stowe prête par instants une grâce diaphane.
LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe (E)
En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro ...

@

LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine, (western)@@


En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro jusqu'à leur père.

TELERAMA
Des batailles, des soldats, des Indiens félons et d’autres héroïques. Et une histoire d’amour romanesque à souhait entre la troublante Madeleine Stowe et le charismatique et si mohican Daniel Day-Lewis. Ne boudez pas votre plaisir.
1757, Anglais et Français se battent pour la possession des terres indiennes dans l’État de New York. Le colonel Montcalm assiège les troupes anglaises du fort William Henry, commandées par le colonel Munro. Un jeune officier anglais, Heyward, est chargé d’escorter les filles de Munro jusqu’au fort ; la troupe tombe dans une embuscade indienne et les jeunes femmes sont sauvées par l’intervention de Hawkeye, un Blanc élevé par les Mohicans.

Surprise, voici Daniel Day-Lewis transformé en superhéros de la nation indienne ! Ses prouesses tiennent du pentathlon : course à pied, tir à l’arc, lancer de tomahawk, traversée de rapides en pirogue, lutte à mains nues. Bondissant comme s’il était le gardien d’une forêt mythique, invulnérable, l’acteur ne manque pas de charme. C’est d’abord grâce à lui que le film se laisse agréablement regarder. C’est aussi grâce à un récit sans temps morts : coupant à foison dans le roman de Fenimore Cooper, le film ne s’embarrasse ni de lente mise en place historique ni de prêchi-prêcha moralisateur pro-indien. Grâce à une magnifique photo de Dante Spinotti, Mann tient son suspense et offre quelques belles scènes de combat. Il signe un film d’action musclé, carré, dépaysant, auquel la fragile Madeleine Stowe prête, par instants, une grâce diaphane.
LE DERNIER DES MOHICANS, Michael Mann 1992, Daniel Day-Lewis, Madeleine, (western)@@ (E)
En 1757 dans l'Etat de New York, alors que la guerre fait rage entre Francais et Anglais pour l'appropriation des territoires indiens, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux soeurs, Cora et Alice Munro ...

@

LE DERNIER EMPEREUR Bernardo Bertolucci 1987, Peter O tool (histoire bio)@@@


En 1950, Pu Yi, le dernier empereur de Chine, est accusé de complicité avec les Japonais. Confronté à un interrogateur, il raconte sa vie. 1908. Pu Yi n'a que 3 ans quand il est enlevé à sa mère et conduit dans la Cité interdite, où il est bientôt promu empereur de Chine, à la mort de l'impératrice.

TELERAMA
Les dernières années du dernier empereur de Chine. La fresque a ses détracteurs, qui la jugent trop académique. Mais on ne peut nier son ambition visuelle. Et sous le glacis de la belle image se cache une quête identitaire chère à Bertolucci.

En 1908, un petit prince de 3 ans est enlevé à sa mère et assis sur le trône laqué de l'empire de Chine. Pendant seize ans, il reste un demi-dieu prisonnier de la Cité interdite. Puis il mène une vie de play-boy insouciant sous protection japonaise, se retrouve empereur de Mandchourie, est arrêté par les Russes et rendu à 43 ans aux Chinois, qui le rééduquent dans un camp.

C'est un enchantement, un film épique dans lequel on retrouve les obsessions d'un Bertolucci hanté par la fatalité et le déracinement. Ainsi, les fugaces mouvements de révolte d'un éternel enfant qui, dans le huis clos d'un palais où les hommes sont tous des eunuques, vit dans le manque du sein maternel et l'absence d'une figure paternelle. Le gamin candide est amené à braver les interdits (couper sa natte, faire de la bicyclette, porter des lunettes).

La blessure du fils de famille mal dans sa peau, marqué à vie par le péché originel d'être né chez les privilégiés, évoque Prima della rivoluzione. Et l'on pourrait encore relier ce film grandiose aux chroniques italo-stendhaliennes d'antan, à travers les thèmes de la perpétuelle recherche d'identité, de l'impossibilité de devenir adulte, de la dialectique de l'ordre et du désordre, du dédoublement de personnalité et de la faille entre le privé et le public, qui font naviguer le héros entre vérité et mensonge, réalité et illusion.
LE DERNIER EMPEREUR Bernardo Bertolucci 1987, Peter O tool (histoire bio)@@@ (E)
En 1950, Pu Yi, le dernier empereur de Chine, est accusé de complicité avec les Japonais. Confronté à un interrogateur, il raconte sa vie. 1908. Pu Yi n'a que 3 ans quand il est enlevé à sa mè ...

@

LE DERNIER JAGUAR, Gilles de Maistre 2024, Lumi Pollack, Emily Bett Rickards, Wayne Charles Baker (nature)@


Autumn grandit dans la forêt amazonienne aux côtés de Hope, un adorable bébé jaguar femelle qu'elle a recueilli. L'année de ses six ans, un drame familial contraint Autumn et son père à retourner vivre à New York. Huit années passent, et Autumn, devenue adolescente, n'a jamais oublié son amie jaguar. Quand elle apprend que Hope est en danger de mort, Autumn décide de retourner dans la jungle pour la sauver.

TELERAMA
Avec cette histoire d’amitié entre une fillette et un fauve en Amazonie, Gilles de Maistre fait le plein de louables intentions écologiques. Mais recycle aussi propos naïfs et gros écueils. Dès 6 ans.

Votre meilleure amie est-elle un jaguar ? Bienvenue au club d’Autumn, une adolescente new-yorkaise de 15 ans. Fille de deux parents activistes, la brunette grandit dans la forêt, aux côtés d’une tribu amazonienne, jusqu’à ses 6 ans. C’est là qu’elle rencontre Hope, un bébé jaguar femelle avec lequel elle noue une belle amitié, tant anthropomorphique que tire-larmes. Alors quand Autumn, devenue grande, apprend que son alter ego féline est menacée par le braconnage, elle n’hésite pas une seconde et prend le premier vol pour l’Amérique du Sud. À ses trousses, Anja, son excentrique professeure de biologie qui craint pour sa sécurité.

Si l’intention du film de Gilles de Maistre est louable – sensibiliser aux enjeux du braconnage et de la déforestation –, sa forme l’est moins. Nombreux sont les dialogues truffés d’aphorismes clichés ou naïfs (« n’abandonne jamais tes idéaux, rien n’est impossible ») et de chiffres artificiellement cités pour renforcer le côté didactique du scénario. Pêle-mêle, on nous rappelle que la jungle américaine abrite 70 % de la biodiversité planétaire et que le trafic d’animaux est le troisième plus lucratif au monde, après celui des armes et de la drogue.

Les Indiens, quant à eux, servent davantage de décors qu’ils ne constituent de réels protagonistes. Le malaise est maximal lorsque Anja incite les locaux à se mobiliser pour sauver Autumn et Hope des griffes des braconniers. Les plus critiques verront dans cette séquence des relents de white saviorism (ou « complexe du sauveur blanc », le fait qu’une personne blanche aide un non-Blanc pour flatter son ego).

Autre écueil : le film de Gilles de Maistre repose sur une adolescente faussement rebelle, mais véritablement éreintante, entre soupirs et revendications écologiques proclamées ad nauseam – ce qui ne l’empêche pas de jeter son téléphone dernier cri à l’eau ou de menacer de défenestrer un hérisson. Seul phare dans l’obscurité, l’enseignante hypocondriaque et agoraphobe incarnée par Emily Bett Rickards se révèle une bonne et hilarante surprise.
LE DERNIER JAGUAR, Gilles de Maistre 2024, Lumi Pollack, Emily Bett Rickards, Wayne Charles Baker (nature)@ (E)
Autumn grandit dans la forêt amazonienne aux côtés de Hope, un adorable bébé jaguar femelle qu'elle a recueilli. L'année de ses six ans, un drame familial contraint Autumn et son père à ...

@

LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@


Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'efforce de maintenir le théâtre en état de marche, mais cela ne va pas sans difficulté.

TELERAMA
Dix césars pour Truffaut grâce aux amours, sous l’Occupation, de Marion, directrice de théâtre, et Bernard, acteur. Mécanique romanesque, seconds rôles, reconstitution, tout est parfait.

En 1942, François Truffaut avait 10 ans. Le jour, il se réfugiait dans les cinémas, au point de connaître par cœur les dialogues du Corbeau, d'Henri-Georges Clouzot. La nuit, il dormait dans les stations de métro, où il échangeait des poignées de porte en cuivre contre du vin, qu'il revendait ensuite. Le Dernier Métro est une transposition labyrinthique de ses souvenirs de cette époque noire, le théâtre prenant la place du septième art, les personnages d'adultes doubles et intransigeants parlant pour l'enfant qu'il fut.

Même à la fin de sa carrière, la dissimulation reste le thème favori du cinéaste, qui bâtit un scénario plein de portes secrètes : armée d'un faux certificat d'aryanisation, la comédienne Marion Steiner cache son mari, metteur en scène juif allemand, dans la cave de son théâtre, d'où il suit incognito les répétitions d'un spectacle. Dans les coulisses, Marion cède aux feux de la passion avec l'acteur principal, Bernard Granger... Cela donne l'occasion à Truffaut de remettre dans la bouche de Catherine Deneuve les répliques fétiches qu'elle prononçait, dix ans auparavant, dans La Sirène du Mississippi, et qui sonnent comme des paroles de retrouvailles intenses et complices. À l'image de ces innombrables poignées de main qui traversent le film, tour à tour fiévreuses, amicales, méfiantes ou charnelles.
LE DERNIER METRO, François Truffaut 1980, Catherine Deneuve, Gérard Depardieu (sentimental guerre shoah)@@@ (E)
Lucas Steiner, juif allemand réfugié à Paris depuis l'avènement du nazisme, a dû quitter la France, laissant à sa femme Marion la direction du prestigieux Théâtre Montmartre. Marion s'ef ...

@

LE DERNIER TANGO A PARIS, Bernardo Bertolucci 1972, Marlon Brando, Maria Schneider (erotique)@@


Paul, un Américain établi à Paris, et Jeanne font connaissance alors qu'ils visitent, un matin d'hiver, un grand appartement vide. Ils font l'amour sans rien savoir l'un de l'autre, pas même leurs prénoms. Paul loue l'appartement et le couple s'y donne rendez-vous jusqu'à ce que la situation devienne insoutenable.

TELERAMA
D'un fantasme (faire l'amour en un lieu désert avec une inconnue), Bertolucci a tiré un psychodrame audacieux, pathétique et morbide. Son héros déchiré tente de redécouvrir l'amour avec une expérience primitive. En s'accouplant avec frénésie, il cherche une pulsion de vie. Il ne fait qu'attiser sa pulsion de mort et imposer sa violence charnelle à sa partenaire dans une avilissante descente aux enfers. Pour finir lui-même en clown pitoyable dévirilisé.

Le film connut le scandale et le succès à cause de ses scènes hard et nihilistes. Il apparaît aujourd'hui comme une provocante clameur romantique, la peinture d'une utopie qui tourne à l'autopunition. C'est un film impitoyable sur l'aveuglement du mâle dominateur et l'impasse d'une fusion sexuelle sans tendresse.

Marlon Brando et Maria Schneider apportent au film une brutalité animale. Le premier s'est investi dans ce rôle intime au point d'y confesser sa propre enfance. La seconde a sidéré par l'aisance physique avec laquelle elle assumait ce personnage d'aventurière impudique.
LE DERNIER TANGO A PARIS, Bernardo Bertolucci 1972, Marlon Brando, Maria Schneider (erotique)@@ (E)
Paul, un Américain établi à Paris, et Jeanne font connaissance alors qu'ils visitent, un matin d'hiver, un grand appartement vide. Ils font l'amour sans rien savoir l'un de l'autre, pas même leurs prénoms. ...

@

LE DIABLE AU CORPS Marco Bellocchio 1986


Une femme menaçant de sauter d'un toit attire l'attention d'une classe de lycéens et de Giulia. Andrea, l'un des étudiants, est tellement frappé par la beauté de la jeune fille qu'il la poursuit sur sa mobylette, ignorant sa nature névrosée.

TELERAMA
LE DIABLE AU CORPS Marco Bellocchio 1986 (E)
Une femme menaçant de sauter d'un toit attire l'attention d'une classe de lycéens et de Giulia. Andrea, l'un des étudiants, est tellement frappé par la beauté de la jeune fille qu'il la poursuit sur sa mob ...

@

LE DIABLE AU CORPS, Gérard Vergez 1990, Corinne Dacla, Jean-Michel Portal (sentimental)@


Marthe, fiancée à Jacques parti à la guerre, le trompe avec Raymond. Celui-ci est trop jeune pour être mobilisé, c'est pourquoi il est là tandis que le Première Guerre mondiale bat son plein. Le jeune homme est lunatique et possessif… Ce roman d'une adolescence fiévreuse et désenchantée avait fait scandale. Son adaptation brille d'une sombre intensité.

TELERAMA
LE DIABLE AU CORPS, Gérard Vergez 1990, Corinne Dacla, Jean-Michel Portal (sentimental)@ (E)
Marthe, fiancée à Jacques parti à la guerre, le trompe avec Raymond. Celui-ci est trop jeune pour être mobilisé, c'est pourquoi il est là tandis que le Première Guerre mondiale bat son plein. ...

@

LE DIABLE N EXISTE PAS, Mohammad Rasoulof 2020 (drame)@@


Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d'un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d'exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés.
LE DIABLE N EXISTE PAS, Mohammad Rasoulof 2020 (drame)@@ (E)
Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu de ...

@

LE DIABLE PAR LA QUEUE, Philippe De Broca 1968, Yves Montand, Jean Rochefort (comique)@@@


Une famille d'aristocrates désargentés a transformé son château en hôtel. Malgré la bonne volonté de chacun, l’isolement du manoir ne s’avère guère propice aux affaires. Pour remédier à cela, la jolie Amélie séduit Charles, un jeune garagiste, qui accepte de "rabattre" vers leur établissement les clients de sa station-service en mettant leur voiture en panne. Un certain nombre de voyageurs se retrouvent ainsi immobilisés un soir d'orage. Parmi eux, un insolite trio : le baron César Anselme de Maricorne, flanqué de ses deux "secrétaires". Cet homme séduisant est en réalité un dangereux gangster qui vient de réussir un hold-up de 50 millions de francs...
LE DIABLE PAR LA QUEUE, Philippe De Broca 1968, Yves Montand, Jean Rochefort (comique)@@@ (E)
Une famille d'aristocrates désargentés a transformé son château en hôtel. Malgré la bonne volonté de chacun, l’isolement du manoir ne s’avère guère propice aux affaire ...

@

LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci


Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rêve. En apparence seulement car sa boss est en réalité un monstre tyrannique et caractériel ; Andrea, qui envisage son nouveau travail comme un tremplin vers une illustre carrière de journaliste, décide d'endurer les sévices de sa diablesse de patronne.
LE DIABLE S HABILLE EN PRADA, David Frankel 2006, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tuci (E)
Son diplôme de journalisme en poche, Andrea débarque à New York où elle décroche un premier emploi en tant qu'assistante de la rédactrice en chef d'un prestigieux magazine de mode. Un job de rê ...

@

LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1945, Paulette Godard (comique)@@@


En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto juif. Il ignore tout des événements politiques et s'en prend à des gardes de Hynkel, le dictateur au pouvoir. Hannah, une voisine, le tire d'affaire. Devenu un personnage puissant, Schultz le protège de l'antisémitisme.

TELERAMA
Les mésaventures d’un petit barbier juif, sosie d’un dictateur à la moustache tristement célèbre, dans un pamphlet humaniste.
En pleine préparation du Dictateur, Charlie Chaplin étudie les bandes d’actualité du Führer, et constate : « Ce type est l’un des plus grands acteurs que je connaisse. » Il filme alors, avant tout, un monde déréglé. Lorsque, après des années d’amnésie, un petit barbier revient chez lui, il constate qu’on a tracé des lettres sur sa boutique : JEW (« juif »). Il se fait molester dès qu’il entreprend de les effacer. Et lorsqu’il fait appel à la police du régime, sur qui tape-t-elle ? Sur lui… Chaplin se déchaîne. Ses gags deviennent des obus chargés de détruire le tyran Hynkel et ses sbires. La mappemonde du dictateur lui explose à la figure ; le train de son ami Napaloni (Mussolini) ne cesse de s’arrêter et de repartir, forçant Hynkel à courir à droite et à gauche comme un clown… Lors d’un souper, les deux dictateurs se battent comme des chiffonniers à coups de spaghettis élastiques et incassables. On est fasciné devant la perfection d’un comique qui jamais, pourtant, n’efface la terreur diffuse. La peur rôde sous le rire.
LE DICTATEUR, Charlie Chaplin 1945, Paulette Godard (comique)@@@ (E)
En 1918, un humble soldat de Tomania devient amnésique après avoir sauvé la vie de Schultz, un aviateur. Enfermé dans un hôpital psychiatrique, il s'enfuit et regagne sa boutique de barbier, dans le ghetto ...

@

LE DINER DE CONS, Francis Veber 1998, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte (comique)@@@


Pierre, éditeur, participe chaque mercredi à un `dîner de cons'. Le principe : chacun amène un `con' et celui qui a déniché le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, son invité est François Pignon. Passionné de modèles réduits en allumettes, ce dernier est également un véritable porteur de guigne.

TELERAMA
Derrière le vaudeville à l’insolence bridée, l’humiliation, le mépris. Comme l’a montré le succès du film, Francis Veber a rempli son contrat : divertir.

Ce soir, Pierre Brochant, éditeur parisien arrivé, est invité à un dîner. Pas n’importe lequel : « un dîner de cons ». Chaque convive doit venir accompagné du plus beau spécimen de con qu’il ait pu trouver. Il jubile, Pierre Brochant : son con à lui est un modèle rare. Sa seule passion, c’est la construction de maquettes de monuments célèbres en allumettes. Mais, soudain, Pierre Brochant s’en contrefiche. En deux temps, trois mouvements, son dos se coince, sa femme le quitte, sa maîtresse le harcèle. Tout ça, par la faute au con. Enfin, pas seulement...

Francis Veber n’a pas cherché midi à 14 heures pour adapter sa pièce, créée en 1993 avec un énorme succès : décor (quasi) unique et filmage fonctionnel. Mais cette neutralité esthétique sert plutôt le sujet. Elle met à nu les rouages du vaudeville : entrées, sorties, quiproquos, coups de théâtre réglés au millimètre. Veber a ça dans le sang : sa pièce, c’est du (bon) boulevard, réglé par un horloger suisse. Dès les premières répliques, le rire fuse, automatique, presque compulsif. Ensuite, Veber a fait la part belle aux acteurs. Il faut voir Jacques Villeret, grandiose, réinventer toutes les nuances du mot « hébétude ». Il parvient même, dans un ou deux moments (et gros plans) d’anthologie, à exprimer le « rien », ce vide insondable de l’imbécillité satisfaite. Thierry Lhermitte, en victime accablée, lui renvoie bien la balle. Et Daniel Prévost, dans une courte apparition, confirme qu’il est un grand second rôle.

Le ressort comique se détend quand la situation patine. Et elle patine dans le dernier quart d’heure, plus laborieux, voire platement consensuel. À ce Dîner, le dessert (gentiment sucré) ne vaut pas le plat de résistance (piquant). Mais, pour l’essentiel, Francis Veber a rempli son contrat : divertir. Il le fait en cinéaste honnête. Et même plus honnête que cinéaste.
LE DINER DE CONS, Francis Veber 1998, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte (comique)@@@ (E)
Pierre, éditeur, participe chaque mercredi à un `dîner de cons'. Le principe : chacun amène un `con' et celui qui a déniché le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, son inv ...

@

LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter


D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce).
LE DISCOURS D UN ROI, Tom Hooper 2010, Colin Firth, Helena Bonham Carter (E)
D'après l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l'abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pe ...

@

LE DISCOURS, Laurent Tirard 2020, Benjamin Lavernhe, Sara Giraudeau (comique)@@


Adrien est coincé à un dîner de famille où papa ressort la même anecdote que d'habitude, maman ressert le sempiternel gigot et Sophie, sa sœur, écoute son futur mari comme s'il était Einstein. Alors, il attend. Il attend que Sonia réponde à son SMS, et mette fin à la pause qu'elle lui fait subir depuis un mois.

TELERAMA
Dans cette comédie inventive et ludique, adaptée d’un roman de Fabrice Caro, par le réalisateur du “Retour du héros”, l’irrésistible Benjamin Lavernhe nous offre un grand numéro.

Àfond la forme », clamait une enseigne d’articles de sport. Laurent Tirard aurait pu inscrire ce slogan sur l’affiche du Discours, exercice de style inventif et ludique adapté d’un roman qu’on aurait juré inadaptable. L’entreprise était casse-binette, puisqu’elle consiste à retranscrire le monologue intérieur d’un trentenaire obsessionnel confronté à un drame tout relatif : Adrien attend… un texto. Voilà trente-huit jours que Sonia a mis leur amour sur pause et qu’elle semble ignorer le SMS qu’il lui a envoyé. Pour couronner le tout, c’est le soir où il dîne chez ses parents avec sa sœur et son futur beau-frère, lequel l’achève en lui demandant de préparer un discours pour leur mariage…

Comédie mélancolique, Le Discours réussit une mission paradoxale : respecter l’unité de lieu, de temps et d’intrigue tout en l’explosant. Sur le principe du marabout-bout de ficelle, la mise en scène prend sa source dans la tête d’Adrien et matérialise ses pensées, ses souvenirs, ses délires. Comme dans la sitcom The Office, le héros s’adresse au public, offrant à Benjamin Lavernhe un quasi-one-man-show étourdissant. Rien que pour les différentes versions du fameux discours, de la plus cool à la plus embarrassante, on peut s’incruster à ce drôle de dîner.
LE DISCOURS, Laurent Tirard 2020, Benjamin Lavernhe, Sara Giraudeau (comique)@@ (E)
Adrien est coincé à un dîner de famille où papa ressort la même anecdote que d'habitude, maman ressert le sempiternel gigot et Sophie, sa sœur, écoute son futur mari comme s'il était Eins ...

@

LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif (saga)@@@


Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au début du XXe siècle, le drapeau rouge fait irruption dans les rues de Moscou. Le jeune médecin et poète Youri Jivago est plutôt de ceux qui dansent dans les soirées mondaines. Lara, un peu moins argentée, vit sous le joug de l'amant de sa mère.

TELERAMA
« Un film grandiose, une belle histoire, de belles images », résumait déjà Télérama à la sortie de la superproduction de David Lean, en 1966. Avec une pointe d’ironie ? Quarante ans après, on pique encore du nez et des fous rires devant cet « archipel du goulasch » (Libération), qui cuisine la révolution russe à la sauce hollywoodienne.

On connaît l’histoire : Youri Jivago, médecin et poète moscovite, épouse Tonya, la fille de ses parents adoptifs, puis croise le chemin de Lara, infirmière bolchevik. Entre la brune et la blonde, son cœur balance pendant trois longues, très longues heures, agitées par d’inévitables morceaux de bravoure : l’arrivée du train en gare de Moscou, la chevauchée sur lac gelé à la Alexandre Nevski, la datcha cryogénisée, les sept mille jonquilles... Et la fameuse scène finale des retrouvailles ratées entre Omar Sharif et Julie Christie (qui fait hurler de douleur Nanni Moretti dans Palombella Rossa chaque fois qu’il la revoit à la télévision). Sans parler du sirop flonflonnant de Maurice Jarre, qui tuerait un diabétique sur le coup. Un monument — d’ennui — mais un monument.
LE DOCTEUR JIVAGO David Lean 1965, Julie Christie, Omar Sharif (saga)@@@ (E)
Le général Yevgraf croit avoir enfin retrouvé la fille de son frère, perdue quand elle était enfant. Il la convoque dans son bureau pour l'interroger et lui raconter l'histoire de ses parents Au déb ...

@

LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@


Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'épouser Celia, sa favorite, pour lever des soupçons. De plus, il lui impose une condition : ne pas tomber amoureux d'elle. En contrepartie, Robert reçoit une propriété dans laquelle il s'installe et où le roi pourra visiter Celia en secret. Hélas, Robert ne pourra retenir ses sentiments.

TELERAMA
Tourné par Hoffman avant le gentillet Un beau jour, ce film a obtenu l'Oscar des meilleurs costumes 96. Et s'il y avait un Oscar des meilleurs décors, il l'aurait sans doute reçu également. Car toute l'énergie de ce Restoration (le titre original) se perd en reconstitutions. A force de voir les costumes avant les personnages et les décors avant l'action, le spectateur ne prête plus à l'histoire qu'un intérêt lointain. Cette histoire pourrait être celle d'un toubib destroy qui débarque à Hollywood, se tape toutes les actrices, se fourre de la coke plein le nez, puis se repent chez les mormons, tombe amoureux d'une folle new age et se met à soigner des malades du sida.

Mais on a dû penser que le message puritain passerait mieux dans l'Angleterre des années 1660, avec plein de beaux habits autour. (Cela dit, pour leurs fans respectifs, Hugh Grant est assez drôle dans un petit rôle pincé, et Meg Ryan devait sans doute viser, elle, l'Oscar des plus vils haillons.)

Londres, en 1660. Cromwell est mort depuis deux ans et Charles II, rappelé de son exil, peut tranquillement s'installer sur le trône. Catholique, il restaure l'absolutisme et rétablit une vie culturelle et artistique dans l'Angleterre puritaine et étriquée. Une certaine dissolution des moeurs marque le début de son règne. Robert Merivel, un jeune médecin, guérit le chien du roi, ce qui lui attire sa faveur. Charles II l'anoblit, lui octroie une propriété et lui fait contracter un mariage avec sa propre maîtresse, Celia. Merivel et Celia s'installent dans un luxueux manoir, mais Robert commet l'erreur de tomber amoureux de sa toute fraîche épouse. Son amant attitré, courroucé, lui retire tous ses privilèges...
LE DON DU ROI, Michael Hoffman 1995, Robert Downey Jr, Sam Neill (thriller sentimental)@@@ (E)
Angleterre, 1660. Le jeune médecin Robert Merivel entre au service du roi Charles II d'Angleterre suite à un concours de circonstances. Il s'adapte à sa nouvelle vie jusqu'au jour où le roi lui demande d'é ...

@

LE DOUDOU, Philippe Mechelen et Julien Hervé 2017, Kad Merad, Malik Bentalha (comique)@


Responsable des charriots à l'aéroport de Roissy, Sofiane tombe sur un avis de recherche inattendu. Michel recherche le doudou que sa fillette a perdu dans le Terminal trois. Sofiane décide de tout faire pour retrouver la peluche égarée, mais surtout pour empocher la récompense.

TELERAMA
CComédie laborieusement écrite, autour d’un ours en peluche perdu à l’aéroport de Roissy, par deux anciens auteurs des “Guignols de l’info”.

Huit ans après Alexandre Charlot et Franck Magnier (Imogène McCarthery), un autre tandem issu des Guignols de l’info fait ses débuts dans la réalisation. Anciens auteurs, inspirés, pour l’émission culte de Canal+, Julien Hervé et Philippe Mechelen imaginent les pérégrinations d’un père de famille (Kad Merad) et d’un employé de Roissy (Malik Bentalha) à la recherche d’un ours en peluche. Premières minutes engageantes. Mais le film s’écroule dès qu’il brise son unité de lieu. Plutôt que de s’intéresser à la microsociété qui fait tourner l’aéroport, les cinéastes préfèrent se réfugier chez les riches, dans une luxueuse maison de retraite, puis dans un château en banlieue parisienne. Pour broder autour du sempiternel sujet des comédies françaises d’aujourd’hui : la famille.

Le Doudou se réduit alors à une succession de rencontres avec des personnages pseudo-loufoques et ultra stéréotypés : l’aristocrate lunaire, la grand-mère déconnectée, l’étudiante gauchiste. Et devient un prétexte pour enchaîner paresseusement les caméos (Guy Marchand, Olivier Baroux, Elie Semoun). Les sketchs sont, au mieux, laborieusement écrits, au pis, d’une méchanceté gratuite. Loin de la douceur annoncée par le titre.
LE DOUDOU, Philippe Mechelen et Julien Hervé 2017, Kad Merad, Malik Bentalha (comique)@ (E)
Responsable des charriots à l'aéroport de Roissy, Sofiane tombe sur un avis de recherche inattendu. Michel recherche le doudou que sa fillette a perdu dans le Terminal trois. Sofiane décide de tout faire pour retrouver ...

@

LE DÉBARQUEMENT DU CONGRES DE PHOTOGRAPHIE A LYON, Louis Lumiere 1895 (societe)@@


Une foule de personnes débarque d'un bateau à vapeur avec en arrière-plan un pont traversant une rivière. Hommes et femmes portent du matériel photographique : trépied, appareil à soufflet et boites. Ce sont tous des photographes. Conscients d'être photographiés, des hommes saluent la caméra d'un coup de chapeau, les autres se contentent de regarder l'opérateur (l'objectif qui les filme) en regard caméra. Sujet de curiosité, le Cinématographe Lumière, nouvellement mis au point, attire le regard et l'attention : un homme portant un appareil à soufflet tente même de le photographier.

Parmi les personnes filmées, figurent Auguste Lumière et Jules Janssen

Cette « vue photographique animée », ainsi que les frères Lumière nommaient leurs bobineaux, fait partie des 10 films montrés lors de la première séance publique payante du cinématographe au Salon indien du Grand Café de Paris le 28 décembre 1895. Ce film a été tourné le 11 juin 1895 à Neuville-sur-Saône, lors du débarquement des congressistes et a été d'abord projeté dans plusieurs séances privées, la première fois le 12 juin 1895[1].
LE DÉBARQUEMENT DU CONGRES DE PHOTOGRAPHIE A LYON, Louis Lumiere 1895 (societe)@@ (E)
Une foule de personnes débarque d'un bateau à vapeur avec en arrière-plan un pont traversant une rivière. Hommes et femmes portent du matériel photographique : trépied, appareil à soufflet et ...

@

LE FABULEUX DESTIN D AMELIE POULAIN, Jean-Pierre Jeunet 2001, Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Andre Dussolier (conte)@@@


Amélie, une jeune serveuse dans un bar de Montmartre, passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination divaguer. Elle s'est fixé un but : faire le bien de ceux qui l'entourent. Elle invente alors des stratagèmes pour intervenir incognito dans leur existence. Le chemin d'Amélie est jalonné de rencontres : Georgette, la buraliste hypocondriaque ; Lucien, le commis d'épicerie ; Madeleine Wallace, la concierge portée sur le porto et les chiens empaillés ; Raymond Dufayel, son voisin.

TELERAMA
Des grands yeux noirs, une coupe à la Louise Brooks, la voix d’André Dussollier, la musique de Yann Tiersen… Le film de Jean-Pierre Jeunet nous propulse dans des temps suspendus et poétiques. faut-il rappeler quel effet… fabuleux nous fit ce minois sorti de nulle part, avec ses grands yeux noirs et sa coupe à la Louise Brooks montmartroise ? Maintenant que l’on sait qu’Audrey peut disparaître pour aller rêver et respirer ailleurs que sur les écrans, sans se préoccuper de sa « carrière », on comprend mieux la grâce détachée qu’elle mit en Amélie.

Avec elle, et au milieu d’un parterre de vraies gueules, il y avait Nino Quincampoix, pardon Mathieu Kassovitz, qui avait tout sauf la haine, et un certain Jamel Debbouze en blouse de commis épicier qui disait à son patron « Colignon, tête à gnons ! » avec cette voix qui deviendrait reconnaissable entre toutes.

À l’époque, certains parlèrent de cinéma en bocal, de « film boule à neige », et même de carte postale d’une France passéiste et réac. Aujourd’hui, quoiqu’on pense du style de Jean-Pierre Jeunet, il paraît bien doux et inoffensif, le minois de cette France-là.
LE FABULEUX DESTIN D AMELIE POULAIN, Jean-Pierre Jeunet 2001, Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Andre Dussolier (conte)@@@ (E)
Amélie, une jeune serveuse dans un bar de Montmartre, passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination divaguer. Elle s'est fixé un but : faire le bien de ceux qui l'entourent. Elle invente alors ...

@

LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS, Bob Rafelson 1981, Jack Nicholson, Jessica Lange (thrillrt sentimental)@@


Dans les années 30, Frank Chamber rencontre, lors de ses pérégrinations, Nick Smith, qui tient un café au bord de la route. Il devient sont employé et s'éprend de Cora, la très jolie femme de Nick. Celle-ci tente habilement de le convaincre de tuer son époux.

TELERAMA
“ Soufre en cuisine et boucanage à l'étage, une marinade meurtrière en second service, brillamment servie par deux acteurs/amants frénétiques. ”
LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS, Bob Rafelson 1981, Jack Nicholson, Jessica Lange (thrillrt sentimental)@@ (E)
Dans les années 30, Frank Chamber rencontre, lors de ses pérégrinations, Nick Smith, qui tient un café au bord de la route. Il devient sont employé et s'éprend de Cora, la très jolie femme de ...

@

LE FACTEUR, Michael Radford 1994, Philippe Noiret, Massimo Troisi (societe)@@


Mario a eu l'infortune de naître sur une île du sud de l'Italie qui ne vit que de la pêche et de détester cette activité. Aussi, grande est sa joie lorsqu'il apprend qu'il est engagé comme facteur dans le village voisin et qu'en outre son travail se limitera à desservir une seule adresse, mais quelle adresse : celle de Pablo Neruda, le poète chilien en exil. Neruda se laisse peu à peu séduire par cet admirateur enthousiaste qu'il trouvait envahissant aux débuts de leur relation. Une amitié naît entre les deux hommes. Neruda communique à l'homme qui concrétise son lien avec le monde l'amour des mots et le sens de leur agencement. Il l'aide même à conquérir la femme qu'il aime et qu'il pourra bientôt épouser...

TELERAMA
Massimo Troisi, merveilleux acteur napolitain, est ici un homme simple qui s'éveille à la poésie. Dernier film avant sa mort, à 41 ans
LE FACTEUR, Michael Radford 1994, Philippe Noiret, Massimo Troisi (societe)@@ (E)
Mario a eu l'infortune de naître sur une île du sud de l'Italie qui ne vit que de la pêche et de détester cette activité. Aussi, grande est sa joie lorsqu'il apprend qu'il est engagé comme facteur dans ...

@

LE FAISEUR DE PLUIE, Joseph Anthony 1956, Burt Lancaster, Katherine Hepburn 'sentimental)@


À Three Point, petite ville du sud des États-Unis, alors que la sécheresse menace le ranch familial des Curry, le père s'inquiète pour l'avenir de Lizzie, sa fille toujours célibataire à son âge. Dans l'intention de la marier, il invite le shérif à dîner, mais celui-ci sent le piège et se défile. Déçue, Lizzie en déduit qu'elle est d'une laideur repoussante. Le même soir, Bill Starbuck, un charlatan qui prétend pouvoir faire venir la pluie, débarque au ranch, la police à ses trousses.
LE FAISEUR DE PLUIE, Joseph Anthony 1956, Burt Lancaster, Katherine Hepburn 'sentimental)@ (E)
À Three Point, petite ville du sud des États-Unis, alors que la sécheresse menace le ranch familial des Curry, le père s'inquiète pour l'avenir de Lizzie, sa fille toujours célibataire à son ...

@

LE FAUSSAIRE, Maggie Peren 2022, Louis Hofmann, Luna Wedler, Nina Gummich, André Jung (histoire)@@


Berlin, 1942. Cioma Schönhaus, 20 ans à peine, vit dans l’illégalité. Si sa blondeur angélique le fait passer pour un Allemand ordinaire, il est en réalité le seul rescapé d’une famille de juifs déportés. Caché dans un grand appartement, cet idéaliste falsifie des papiers en guise de gagne-pain, afin d’aider des personnes qui tentent d’échapper aux rafles régulières des nazis.

TELERAMA
Si le sujet est grave, Maggie Peren lorgne vers le burlesque avec cette comédie historique. Plutôt que d’idéaliser son héros, la réalisatrice le filme comme un enfant investi d’une mission bien trop imposante pour ses frêles épaules. Il apparaît comme un baratineur au courage admirable, dont le talent de faussaire lui permet de se faire une place dans une société berlinoise très guindée.
Derrière le film d’espionnage, une histoire d’amour au charme imparable se déploie entre Cioma et Gerda, une jeune femme rencontrée lors de ses déplacements dans la capitale allemande. Leurs discussions sur leur jeunesse désœuvrée, qui rejoignent celles sur un avenir incertain, s’imposent finalement comme le point fort du récit. Si le charme de la mise en scène et des comédiens permet à ce Faussaire de fasciner jusqu’à la fin, la complexité de son scénario vient néanmoins alourdir l’ensemble, à cause d’un trop-plein de personnages dont on peine souvent à percevoir les intentions.

Inspiré de faits réels, le long-métrage nous renseigne sur la vie d'un homme ayant réellement existé, Cioma Schönhaus. Né le 28 septembre 1922 à Berlin et décédé le 22 septembre 2015 en Suisse, ce graphiste aura échappé à la déportation grâce à ses talents de faussaire. Ayant perdu ses grands-parents et ses parents dans les camps de la mort, ce n'est qu'à 70 ans qu'il va oser dire qu'il est juif et qu'il va partager son expérience auprès du grand public. Interprète de ce personnage au parcours comme aucun autre, Louis Hofmann a révélé dans les colonnes du Time of Israel n'avoir, avant ce projet, jamais eu connaissance de l’existence de Cioma Schönhaus : "Ça a été plus fort encore après la lecture des mémoires de Schönhaus. C’était un personnage incroyable. Son histoire est tellement porteuse de sens. Il a été une improbable source de lumière dans une période de ténèbres. J’ai essayé de trouver cette énergie, cette lumière en moi, pour interpréter ce rôle."
LE FAUSSAIRE, Maggie Peren 2022, Louis Hofmann, Luna Wedler, Nina Gummich, André Jung (histoire)@@ (E)
Berlin, 1942. Cioma Schönhaus, 20 ans à peine, vit dans l’illégalité. Si sa blondeur angélique le fait passer pour un Allemand ordinaire, il est en réalité le seul rescapé d’ ...

@

LE FIDELE, Michaël R. Roskam 2017, Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos (thriller sport)@@


Gino est braqueur, l’un des meilleurs du « plat pays » : précis, respecté et, surtout, discret. Quand il croise la route de Bénédicte (Adèle Exarchopoulos, incandescente), coureuse automobile et fille d’un puissant patron de cimenterie, on sent que ces deux animaux sauvages étaient faits pour se rencontrer.

TELERAMA
Gino est braqueur, l’un des meil­leurs du plat pays. Quand il croise la route de Bénédicte, coureuse automobile, c’est le coup de foudre. Un film de gangsters viril dopé à la passion amoureuse. Avec deux acteurs incandescents.

Après le magistral Bullhead, thriller crépusculaire dans un milieu pourri d’éleveurs de bovins, le jeune prodige flamand Michaël R. Roskam avait nettement moins convaincu avec son deuxième film, Quand vient la nuit, tourné à Hollywood. Epaulé par le duo de scénaristes de Jacques Audiard, dont on reconnaît la patte (un cocktail de déterminisme social, de passion amoureuse et de marginalité), il revient cette fois-ci sur ses terres pour confier à son acteur fétiche, Matthias Schoenaerts, un très beau rôle d’homme blessé, rendu mutique par un traumatisme d’enfance.

Le Fidèle, comme son titre le suggère, est plus qu’un film de gangsters virils à la Olivier Marchal. L’inéluctable descente aux enfers du couple, aussi chargée soit-elle en péripéties, reste, jusqu’au bout, éclairée par la puissance de leur amour.

LE FIDELE, Michaël R. Roskam 2017, Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos (thriller sport)@@ (E)
Gino est braqueur, l’un des meilleurs du « plat pays » : précis, respecté et, surtout, discret. Quand il croise la route de Bénédicte (Adèle Exarchopoulos, incandescente), coureuse automo ...

@

LE FIL DE LA VIE, Anders Rønnow Klarlund 2005 (animation marionettes)@


Parti venger la mort de son père, le fils du roi apprendra, par la même occasion, la vérité au sujet de son peuple.

SCORE
Avec son charme rétro-poétique immédiat (...), ses décors hallucinants, ses instants lyriques et ses embardées guerrières, Le Fil de la Vie est une oeuvre envoûtante qui revient aux sources du cinéma. Contre la course à la 3D et au tout technologique, Klarlund vient de prouver que la magie du septième art réside aussi dans le retour à un artisanat passionné. Bluffant.
LE FIL DE LA VIE, Anders Rønnow Klarlund 2005 (animation marionettes)@ (E)
Parti venger la mort de son père, le fils du roi apprendra, par la même occasion, la vérité au sujet de son peuple.

SCORE
Avec son charme rétro-poétique immédiat (...), ses d&eacu ...

@

LE FILS A JO, Philippe Guillard 2011, Gerard Lanvin, Olivier Marchal (societe)@


Dans un village du Sud-Ouest, Jo Canavaro élève seul son fils de 13 ans, Tom. Légende du rugby tout comme son père et son grand-père, Jo entend bien initier à son tour son garçon.

TELERAMA
Jo Canavaro est une légende vivante du rugby, comme son père et son grand-père l'étaient avant lui. Aujourd'hui à la retraite, Jo élève tout seul son jeune fils de 13 ans, Tom, dans un petit village du Tarn. Si Tom excelle sur les bancs de l'école, notamment en mathématiques, la passion du ballon ovale ne semble pas avoir atteint le jeune garçon, qui ne montre aucune aptitude particulière sur le terrain. Mais pour Jo, Tom ne peut pas mettre fin à la légende familiale. Contre l'avis de son fils et de celui de tous les habitants du village, Jo décide alors de faire appel à d'anciens camarades afin de reformer une équipe...
LE FILS A JO, Philippe Guillard 2011, Gerard Lanvin, Olivier Marchal (societe)@ (E)
Dans un village du Sud-Ouest, Jo Canavaro élève seul son fils de 13 ans, Tom. Légende du rugby tout comme son père et son grand-père, Jo entend bien initier à son tour son garçon.

TE ...

@

LE FILS DE SAUL, Laszlo Nemes 2015, Géza Röhrig, Sándor Zsótér (histoire shoah)@@@


Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau. Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d'assister les nazis dans leur plan d'extermination. Il travaille dans l'un des crématoriums quand il découvre le cadavre d'un garçon dans les traits duquel il reconnaît son fils. Alors que le Sonderkommando prépare une révolte, il décide d'accomplir l'impossible : sauver le corps de l'enfant des flammes et lui offrir une véritable sépulture.

TELERAMA
Saul est un prisonnier juif d’Auschwitz affecté aux Sonderkommandos, groupes de forçats en sursis contraints de conduire les nouveaux arrivants à la chambre à gaz puis de transporter leurs cadavres aux fours crématoires. Découvrant un enfant agonisant, il affirme qu’il s’agit de son fils et, quand celui-ci finit par expirer, s’obstine à trouver un rabbin pour dire une prière. Il y a donc une double fiction (celle du film et celle, peut-être, du personnage) au sein même de ce réel des camps réputé impossible à représenter — voir les polémiques virulentes à propos de Kapò (1960), de Gillo Pontecorvo, La Liste de Schindler (1993), de Steven Spielberg, ou La vie est belle (1997), de Roberto Benigni.

Le parti pris de László Nemes consiste à éviter de mettre en scène frontalement l’horreur : il filme avant tout le visage de son personnage en gros plan. C’est dans le hors-champ que l’enfer se déchaîne, suggéré par une bande-son peuplée de gémissements et de bruits de coups. En se tenant scrupuleusement à ce procédé jusqu’aux ultimes ­secondes, Nemes réalise un travail avant tout irréprochable. C’est à la fois sa prouesse et sa limite. Car Le Fils de Saul renvoie chaque spectateur à ses propres contradictions. A son désir, malgré tout, de regarder ce qui ne peut sans doute être vu qu’à travers quatre photos floues prises secrètement à Auschwitz-Birkenau en 1944 (et évoquées dans le film) par un certain Alex, Juif grec mort dans le camp, témoignage dérisoire et majeur qui ne montre presque rien et dit absolument tout.
LE FILS DE SAUL, Laszlo Nemes 2015, Géza Röhrig, Sándor Zsótér (histoire shoah)@@@ (E)
Octobre 1944, Auschwitz-Birkenau. Saul Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs isolé du reste du camp et forcé d'assister les nazis dans leur plan d'extermination. Il travaille dans l'un des ...

@

LE FILS PREFERE, Nicole Garcia 1994, Gerard Lanvin, Bernard Giraudeau, Pierre Mondy (societe)@@


Pour faire face à des difficultés financières, Jean-Paul Mantegna, entrepreneur, se tourne vers ses deux frères pour leur demander de l'aide. Mais, son aîné François, rejeté par la famille, est enseignant et n'a plus un sou tandis que son frère cadet, Philippe, un avocat richissime, refuse de lui donner le moindre centime. Jean-Paul est désespéré, mais où va-t-il pouvoir trouver cette forte somme d'argent?

TELERAMA
Les liens du sang ne sont pas forcément ceux du cœur… Nicole Garcia réussit un beau film d’hommes, sec et grave. César mérité pour Gérard Lanvin.

Gestionnaire hasardeux, Jean-Paul doit de l'argent à un usurier. Ses frères ne peuvent rien pour lui : François, professeur, n'a pas d'argent, et Philippe, qui fait des affaires en Italie, lui en veut pour une histoire de femme...

Nicole Garcia retrouve la densité psychologique et romanesque du cinéma français classique. La première moitié peine un peu, mais la suite est admirable. Arpentant ensemble le territoire de leur enfance, les trois hommes mesurent ce qui les a séparés, dressent le constat toujours repoussé de leur passé commun. Au-delà de l'anecdote, il y a un fort sentiment d'universalité dans cette histoire de famille. C'est du cinéma simple et adulte, brillant et grave.
LE FILS PREFERE, Nicole Garcia 1994, Gerard Lanvin, Bernard Giraudeau, Pierre Mondy (societe)@@ (E)
Pour faire face à des difficultés financières, Jean-Paul Mantegna, entrepreneur, se tourne vers ses deux frères pour leur demander de l'aide. Mais, son aîné François, rejeté par la fami ...

@

LE FLIC DE BELLEVILLE, Rachid Bouchareb 2018, Omar Sy, Luis Guzmán (societe)@


Baaba est flic à Belleville, quartier qu'il n'a jamais quitté, au grand désespoir de sa copine qui le tanne pour enfin vivre avec lui, ailleurs, et loin de sa mère. Un soir, Roland, son ami d'enfance, est assassiné sous ses yeux. Baaba prend sa place d'officier de liaison auprès du Consulat de France à Miami, afin de retrouver son assassin. En Floride, flanqué de sa mère plus qu'envahissante, il est pris en main par Ricardo, un flic local toujours mal luné. Le duo explosif mène l'enquête.

TELERAMA
Lui, c’est Baaba Keita, simple flic dans le quartier chinois de Belleville, à Paris. Il porte les mêmes chemisettes que Magnum, il est cool comme Eddy Murphy, se prend le nez avec sa mère envahissante comme Guy Bedos dans Un éléphant, ça trompe énormément, et il fait du kung-fu comme Bruce Lee… Un soir, son meilleur ami, agent de liaison auprès du consulat français de Miami, se fait tuer sous ses yeux, après lui avoir révélé qu’il enquêtait sur un trafic de cocaïne impliquant un pays africain. Baaba (joué par Omar Sy) se fait muter à Miami pour résoudre ce meurtre et fait équipe avec Ricardo (Luis Guzman), un policier local aux méthodes très différentes des siennes…

L’histoire vous rappelle quelque chose ? C’est normal. Avec cette première incursion dans le registre de la comédie, Rachid Bouchareb (Indigènes, Hors-la-loi) rend un hommage assumé  au Flic de Beverly Hills – jusqu’à transposer quelques scènes de manière quasi identique – mais aussi à d’autres polars des décennies précédentes. Il achève ainsi une sorte de trilogie américaine, entamée avec Just Like a Woman (inspiré de Thelma et Louise), et La Voie de l’ennemi (inspiré de Deux Hommes dans la ville), deux fictions sensibles et réussies.

Le problème, perceptible dès les premières minutes, réside dans le fait qu’ici, la citation tient lieu de scénario et de mise en scène. Palmiers, soleil, jolies pépées en maillot de bain, coéquipiers mal assortis, méthodes peu orthodoxes, piscine et champagne… A force de se croire dans un film « à l’américaine », Rachid Bouchareb oublie d’en tourner un. Son propos se résume à un patchwork de références (L’Arme fatale, Deux flics à Miami, etc.) qu’il exploite très scolairement, au lieu de les détourner et de les renouveler, en jouant réellement sur le décalage culturel. 

De la France à l’Afrique en passant par les Etats-Unis, l’action se traîne au rythme d’un escargot sous anxiolytiques. Le rythme ne tient qu’à une bande-son tentant de colmater des scènes mollassonnes, et les gags se résument à une histoire de Twingo, ou à une blague récurrente pénible sur un nom français mal prononcé…

Les acteurs, faute de personnages à défendre et de dialogues consistants, se débattent comme ils peuvent. Omar Sy possède les épaules pour jouer le Frenchie charismatique, mais en l’occurrence, il n’a rien à jouer. Dans le rôle de la mère encombrante, Biyouna évoque une redite, en moins bien, de Marthe Villalonga dans ses rôles les plus hauts en couleur… Devant tant d’ennui, on se demande quelle était la nécessité de ce recyclage des comédies d’antan, qui se révèlent, en comparaison, presques écrasantes.  
LE FLIC DE BELLEVILLE, Rachid Bouchareb 2018, Omar Sy, Luis Guzmán (societe)@ (E)
Baaba est flic à Belleville, quartier qu'il n'a jamais quitté, au grand désespoir de sa copine qui le tanne pour enfin vivre avec lui, ailleurs, et loin de sa mère. Un soir, Roland, son ami d'enfance, est assassi ...

@

LE FUGITIF, Andrew Davis 1993, Harrison Ford, Tommy Lee Jones (thriller)@@@


Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord s'évader et reprendre l'enquête de zéro, avec toute la police à ses trousses.

TELERAMA
Accusé à tort du meurtre de sa femme, un chirurgien s’évade pour mener son enquête. Harrison Ford est parfait en allégorie de la vertu traquée même si l’intrigue ne suit pas.
Un éminent chirurgien est accusé du meurtre de sa femme. Il jure avoir vu l'assassin. Le temps de clamer son innocence, il est condamné à mort. Il s'évade pour mener son enquête.

Le Fugitif colle à la série télévisée homonyme, légendaire course-poursuite en cent vingt épisodes. Souvenez-vous : en tête galopait l'insaisissable manchot, suivi du lénifiant docteur. Bon dernier, mais increvable, le flic de service, chargé d'arrêter tout le monde. Le réalisateur a compris la leçon : on cavale, les hélicos vrombissent, les moteurs rugissent. L'intrigue trébuche sur un bras artificiel, avant de se diluer dans un médicament pour le foie. C'est distrayant, presque toujours conventionnel. En allégorie de la vertu traquée, Harrison Ford est parfait, aux prises avec un Tommy Lee Jones survolté.

A Chicago, de retour à son domicile, Richard Kimble, éminent chirurgien, découvre sa femme mortellement blessée. Son assassin, un manchot, est encore sur place. Les deux hommes s'engagent dans une lutte acharnée mais le meurtrier parvient à prendre la fuite. Après une instruction expéditive, Kimble, que tout semble désigner comme étant l'assassin, est jugé et condamné à mort. Lors d'un transfert en fourgon, suite à une bagarre et un accident, il s'enfuit. Le marshall Samuel Gerard et son équipe le prennent en chasse et déploient d'importants moyens pour le retrouver. Kimble, lui, veut prouver son innoncence...
LE FUGITIF, Andrew Davis 1993, Harrison Ford, Tommy Lee Jones (thriller)@@@ (E)
Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord ...

@

LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@


Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère et le manque de son père dans sa vie.

TELERAMA
Cyril ne tient pas en place. Rien ne pourra le calmer tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut : revoir son père qui l'a placé, « temporairement », dans un foyer d'aide à l'enfance, et n'a plus donné signe de vie depuis lors.

Avec Cyril, les frères Dardenne ont donné un petit frère, d'âme et de coeur, à leur inoubliable Rosetta. Même énergie indomptable, que les cinéastes belges ­saisissent, à leur manière, dans un mouvement d'urgence documentaire. Comme Rosetta, Cyril est confronté à la tentation de la chute. Le Mal a, cette fois, les traits d'un dealer à peine sorti de l'adolescence. Cyril est-il condamné à tomber, lui aussi, dans l'abjection ? Le suspense moral du Gamin au vélo (Grand Prix du festival de Cannes 2011) est aussi secouant que dans L'Enfant.

Depuis La Promesse, les Dardenne nous ont habitués à filmer la grâce. Celle qui, comme dans les films de Bresson, transcende les personnages dans leur chemin vers la rédemption. Mais leur regard n'a ­jamais été aussi tendre ni aussi chaleureux. Pour la première fois, donc, ils ont tourné en plein été. Et la douceur envahit l'écran, lors d'un déjeuner sur l'herbe, d'une balade à vélo le long de la Meuse.

Il y a aussi, il y a surtout, la personnalité de Samantha, la coiffeuse qui propose d'accueillir Cyril les week-ends. Pourquoi se dévoue-t-elle autant à un ­gamin qui, au premier abord, le lui rend si peu ? Les frères Dardenne, à leur habitude, ne s'embarrassent pas d'explications psychologiques. Samantha s'attache à Cyril, c'est comme ça. Et c'est beaucoup. Leur compatriote Cécile de France, première star à intégrer l'univers des Dardenne, impose avec naturel un mélange de force et de douceur. Comme un rayon de soleil.
LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@ (E)
Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de ...

@

LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@


Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir quitter la belle et grande maison de Berlin pour se retrouver dans une demeure isolée et triste. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants tous vêtus de pyjamas rayés. Personne ne lui explique qui ils sont, mais l'innocence aidant, il va se lier d'amitié avec un enfant juif...
LE GARCON AU PYJAMA RAYE, Mark Herman 2008 (histoire shoah)(vo)@@@ (E)
Bruno a tout juste 9 ans lorsque son père, un officier nazi remarqué par le Führer, se voit confier le commandement du camp de concentration d'Auschwitz. Le petit garçon n'apprécie guère de devoir qui ...

@

LE GARCON ET LE HERON, Hayao Miyazaki 2023 (animation Japon)@@


Tokyo, 1944. Le petit Mahito, 11 ans, perd sa mère dans l'incendie des bombardements. Il est évacué à la campagne, dans le grand manoir familial. Alors que le garçon a du mal à s'acclimater, il est visité par un étrange héron cendré qui attire son attention sur une vieille tour à l'arrière du domaine. L'édifice contient en fait un portail vers un monde inversé où bifurquent les couloirs de l'espace-temps. Mahito y plonge et s'y fraie un chemin, dans l'espoir de retrouver sa mère.

TELERAMA
Durant la Seconde Guerre mondiale, Mahito perd sa mère dans un incendie. Intervient alors un mystérieux héron cendré… On retrouve tout l’univers du maître japonais du studio Ghibli dans cette fresque luxuriante, débridée et délicate.

Tokyo se convulse sous les bombes, et tout l’écran s’embrase. Comme il y a dix ans, dans Le vent se lève, son précédent long métrage, Hayao Miyazaki nous précipite en pleine Seconde Guerre mondiale. « Le vent se lève » à nouveau, et cette fois, il s’agit d’une tempête de braises et de mort, qu’affronte Mahito, 11 ans, impuissant et terrifié, dans une scène inaugurale d’une puissance inouïe. L’hôpital où se trouvait sa mère est réduit en cendres sous ses yeux : la guerre a fabriqué un orphelin de plus.

Quelque temps plus tard, on évacue l’enfant à la campagne, chez sa tante côté maternel, qui est aussi — curieusement — la seconde femme (déjà enceinte) de son père. Une nouvelle « maman », censée remplacer celle qu’il aimait, et qu’il a perdue pour toujours… Du moins le croit-il, jusqu’à l’insistante intervention d’un mystérieux héron cendré, qui n’est ni tout à fait un oiseau, ni tout à fait de ce monde…

À l’image de cet altier volatile, tout en pures et gracieuses lignes verticales, qui abrite en son bec une étonnante créature magique, sorte de gnome grotesque, truculent, versatile et bavard, Le Garçon et le Héron est un film monstre et fascinant, animé à la main et à l’ancienne, comme toujours. Une œuvre gigogne qui en contient plusieurs, de la plus délicate des chroniques sur le deuil, la famille, et les difficultés d’adaptation d’un gamin isolé, malade de colère et de chagrin, jusqu’à la plus débridée des fantasmagories.

Pour son ultime long métrage (lire ci-dessous), c’est comme si le maître de l’animation japonaise, 82 ans, avait voulu invoquer tous ses fantômes en même temps, à commencer par ceux de sa propre enfance, entre une mère souvent hospitalisée (elle était tuberculeuse) et un père absorbé par son travail à la tête d’une usine d’armement, comme celui du jeune Mahito. Les tribulations du garçon ont beau être (très librement) adaptées de Et vous, comment vivrez-vous ?, un roman écrit en 1937 par son compatriote Genzaburo Yoshino, elles s’inspirent plus encore de la longue procession de gamins en manque de parents qui traversent toute la filmographie de l’artiste, de Nausicaä de la vallée du vent au Voyage de Chihiro ou encore Le Château dans le ciel.

Où s’en vont presque invariablement ces filles et ces garçons perdus ? De l’autre côté du miroir, sur des territoires oniriques où le génie du studio Ghibli peut donner toute la mesure de sa maîtrise picturale et de son imagination pléthorique. Il y a des zones peuplées d’étranges, terribles ou bienveillantes divinités, comme les thermes du Voyages de Chihiro, les forêts de Princesse Mononoké ou de Mon voisin Totoro, ou encore l’océan de Ponyo sur la falaise. D’autres sont encombrées de folles et mélancoliques machines — Le Château ambulant. Ces mondes foisonnants n’ont pourtant jamais semblé aussi personnels, aussi denses et ambitieux, au croisement de la métaphysique et de la psychanalyse.

Lorsque, dans le sillage du héron, Mahito s’aventure aux confins du domaine familial, par-delà l’étang et les bois, il découvre un vieux manoir abandonné, où, dit-on, vécut et disparut jadis un grand-oncle excentrique. Ce décor à la fois funèbre et majestueux est un portail qui s’ouvre sur… l’inconscient de Miyazaki, ou peut-être sa version de l’au-delà, au soir de sa vie. Toutes les interprétations sont possibles dans cet univers fantastique, tant le cinéaste y entrelace ses réflexions sur la naissance et l’enfantement, la hantise du déclin et du néant, mais aussi sur la création, la postérité…

Rien ne meurt, tout se conserve
Dans cette fresque luxuriante et complexe, autant sur le plan narratif que visuel, on survole des décors d’une splendeur irréelle : mer chatoyante, prairies houleuses et architectures démesurées. On découvre une faune d’une exaltante diversité, du plus poétique (les fragiles « warawara », petites créatures blanches qui rappellent irrésistiblement les « kodama », ces drôles d’esprits-champignons de Princesse Mononoké), à l’inquiétante bouffonnerie d’un peuple coloré de perruches cannibales, qui cherchent à imposer une dictature militaire, presque ouvertement inspirée de celle du Roi et l’Oiseau du Français Paul Grimault, l’un des cinéastes fétiches de Miyazaki.

Au centre de cet éblouissant charivari de péripéties bondissantes et d’apparitions farfelues (dont une servante, aïeule facétieuse comme les aime le réalisateur, ridée comme une vieille pomme et embarquée malgré elle dans l’aventure), Mahito et son guide spirituel le héron rencontrent (au moins) deux figures majeures. D’abord la mère retrouvée, du moins son avatar juvénile, échappant au temps assassin dans cette vaste parenthèse imaginaire. Ensuite, le grand-oncle (dont l’entourage de Miyazaki dit qu’il représente son éternel complice, Isao Takahata, « l’autre » cinéaste clé de Ghibli, disparu en 2018), énigmatique démiurge, gardien de tous les rêves au sommet de sa tour branlante. À travers ce dernier, Miyazaki contemple l’éventualité de sa propre mort, s’interroge sur la survie de son œuvre, et semble vouloir la rassembler tout entière dans ce grand spectacle éblouissant. Enfants et vieillards, liens familiaux, bestiaire fantastique aux pouvoirs ambigus, magie noire et blanche, préservés au cœur, immense et palpitant, d’un film-archive : rien ne meurt, tout se conserve et se transforme. À la place du testament attendu, Hayao Miyazaki nous communique un désir d’éternité.
LE GARCON ET LE HERON, Hayao Miyazaki 2023 (animation Japon)@@ (E)
Tokyo, 1944. Le petit Mahito, 11 ans, perd sa mère dans l'incendie des bombardements. Il est évacué à la campagne, dans le grand manoir familial. Alors que le garçon a du mal à s'acclimater, il est ...

@

LE GARDE DU CORPS, Francois Leterrier 1984, Jane Birkin, Gerard Jugnot, Sami Frey (comique)@


Barbara, une journaliste anglaise, tombe amoureuse de Julien, séduisant propriétaire d'un parc zoologique rencontré dans une agence matrimoniale où elle fait une enquête. Un mariage couronne rapidement leur idylle. Paul, le comptable de l'agence, soupçonne Julien d'avoir assassiné ses deux premières épouses. Éperdument amoureux de Barbara, il suit le jeune couple au Maroc, où il tente d'alerter et de protéger Barbara.

TELERAMA
Une jeune et jolie journaliste, Barbara, réalise un reportage sur les agences matrimoniales. C'est ainsi qu'elle rencontre le séduisant et ténébreux Julien Duchemin, déjà deux fois veuf. Un mariage couronne une idylle rondement menée. Paul, le comptable de l'agence, soupçonne Julien d'avoir assassiné ses deux premières épouses. Éperdument amoureux de Barbara, il se met en tête de la protéger. Aussi n'hésite-t-il pas à se lancer sur les traces du jeune couple, en lune de miel au Maroc. Il arrive à temps pour tirer Barbara du désert où son mari vient de l'abandonner. Mais la jeune femme, passionnée, refuse de se rendre à l'évidence et s'obstine à prendre son mari pour l'homme idéal...

LE GARDE DU CORPS, Francois Leterrier 1984, Jane Birkin, Gerard Jugnot, Sami Frey (comique)@ (E)
Barbara, une journaliste anglaise, tombe amoureuse de Julien, séduisant propriétaire d'un parc zoologique rencontré dans une agence matrimoniale où elle fait une enquête. Un mariage couronne rapidement leur ...

@

LE GENDARME DE SAINT TROPEZ, Jean Girault 1964, Louis De Funes, Michel Galabru (comique)@@@


Imaginé par Richard Balducci après une rencontre insensée avec un gendarme assez débonnaire en poste à Saint-Tropez, le film raconte les aventures de Ludovic Cruchot, un gendarme très zélé, muté dans cette cité balnéaire de la côte d'Azur, avec le grade de maréchal des logis-chef. Il y découvre une brigade où il fait bon vivre et participe aux récurrentes chasses aux nudistes et aux nombreuses activités de détente de sa brigade, dirigée par l'adjudant Gerber, quelque peu dépassé.
LE GENDARME DE SAINT TROPEZ, Jean Girault 1964, Louis De Funes, Michel Galabru (comique)@@@ (E)
Imaginé par Richard Balducci après une rencontre insensée avec un gendarme assez débonnaire en poste à Saint-Tropez, le film raconte les aventures de Ludovic Cruchot, un gendarme très zél&eac ...

@

LE GENDARME EN BALLADE, Jean Girault 1970, Louis de Funes, Michel Galabru (comique)@


Alors qu'il somnolait dans son bureau, le gendarme de Saint-Tropez est réveillé par son chef en colère pour lui apprendre qu'il va être mis à la retraite, ainsi que tous ses fidèles compagnons. De jeunes et robustes recrues les remplaceront.

TELERAMA
Cruchot apprend avec stupeur que ses hommes et lui sont mis à la retraite. Déçu, le célèbre gendarme se retire dans le château de son épouse Josepha et commence à composer un musée de souvenirs du temps de sa gloire tropézienne. Sa retraite forcée est interrompue par une visite de Gerber et Merlot, qui lui annoncent que Fougasse, amnésique à la suite d'un coup reçu sur la tête, a été interné dans une clinique. Sans hésiter, Cruchot rassemble ses hommes pour aller le délivrer. Une fois l'opération réussie, la joyeuse bande retourne à Saint-Tropez et reprend l'uniforme, espérant ainsi provoquer un choc capable de rendre la mémoire à Fougasse...
LE GENDARME EN BALLADE, Jean Girault 1970, Louis de Funes, Michel Galabru (comique)@ (E)
Alors qu'il somnolait dans son bureau, le gendarme de Saint-Tropez est réveillé par son chef en colère pour lui apprendre qu'il va être mis à la retraite, ainsi que tous ses fidèles compagnons. De je ...

@

LE GENDRE DE MA VIE, François Desagnat 2017, Thomas Ruat, Kad Merad


Stéphane et Suzanne sont parents de trois jeunes femmes. Le tableau peut sembler idéal, mais Stéphane n'a jamais eu de fils et a toujours rêvé d'en avoir. Pour combler cette frustration, il accapare ses gendres et en tombe plus vite amoureux que ses filles.

TELERAMA
De Kad Merad, vraiment pas au top de la subtilité, à Julie Gayet, qui incarne le rôle passe-plats de son épouse, aucun acteur n’est vraiment servi par l’écriture épaisse des personnages. On est même gêné pour Zabou Breitman, venue se perdre en directrice de clinique grivoise qui passe son temps à palper le fessier de Stéphane… Son personnage est d’ailleurs à l’origine de la pire scène du film, lorsqu’elle fomente un traquenard sexuel pour éluder le gendre maudit. On ne voit vraiment rien à sauver dans cette comédie triviale, ni assez dingue, ni assez inventive pour être drôle.
LE GENDRE DE MA VIE, François Desagnat 2017, Thomas Ruat, Kad Merad (E)
Stéphane et Suzanne sont parents de trois jeunes femmes. Le tableau peut sembler idéal, mais Stéphane n'a jamais eu de fils et a toujours rêvé d'en avoir. Pour combler cette frustration, il accapare ses gen ...

@

LE GENERAL, Buster Keaton 1927 (comique)@@@@


Conducteur de locomotive, Johnnie Gray habite à Marietta, en Géorgie. Il est fiancé à Annabelle Lee. La guerre de Sécession éclate : le père et le frère de la jeune fille sont incorporés. Pas Johnny, qu'on juge plus utile à son poste et qu'entache ainsi, aux yeux de tous et même de sa fiancée, un soupçon de couardise. Un jour, des soldats nordistes volent sa locomotive, la "General", et enlèvent dans la foulée sa fiancée, Annabelle Lee. De peur d'être définitivement pris pour un lâche, Johnnie s'en va-t-en guerre : il se lance seul à la poursuite des voleurs...

TELERAMA
Il chérit sa locomotive et sa bien-aimée. Quand éclate la guerre de Sécession, il s’engage… Réflexion burlesque sur la guerre.

Johnny Gray chérit autant la General, sa locomotive, qu'Annabelle, sa bien-aimée. Quand éclate la guerre de Sécession, il veut s'engager dans l'armée. Buster Keaton a toujours avoué un petit faible pour ce film en forme d'autoportrait paradoxal. Fini les allusions aux numéros de voltige que son père lui imposa dès le plus jeune âge. Buster Keaton prouve qu'il est devenu adulte et livre sa réflexion sur la guerre. Le Mécano de la General s'inspire d'un fait réel. En 1862, des espions nordistes prirent d'assaut une locomotive, à la gare de Big Shanty, près d'Atlanta.

Avec une minutie déontologique et dépensière (le plan de l'effondrement du train, tourné en grandeur nature, fut l'un des plus chers du cinéma muet américain), Buster Keaton a reconstitué la guerre de Sécession dans ses détails, en décors réels, dans l'Oregon. Devant cette toile de fond grouillante et incroyablement réaliste, il offre un one-man-show exceptionnel, qui n'est autre qu'un appel au droit à l'individualité, même en temps de crise, où le suivisme est roi.
LE GENERAL, Buster Keaton 1927 (comique)@@@@ (E)
Conducteur de locomotive, Johnnie Gray habite à Marietta, en Géorgie. Il est fiancé à Annabelle Lee. La guerre de Sécession éclate : le père et le frère de la jeune fille sont incorpor ...

@

LE GENOU DE CLAIRE, Eric Rohmer 1970, Jean-Claude Brialy, Laurence de Monaghan(sentimental)@@


Jérôme, 35 ans, attaché d'ambassade, se rend près d'Annecy pour vendre la propriété familiale. Il y retrouve une ancienne amie, Aurora, romancière. Elle lui présente son hôtesse, Mme Walter, dont la fille Laura est une jeune lycéenne de 16 ans. Après son départ, Laura clame qu'elle est amoureuse de Jérôme, mais ce dernier va se laisser séduire par son amie Claire, dont il admire les genoux.

TELERAMA
Des jeunes gens, en vacances sur les rives du lac d’Annecy, se tournent autour. Dans le cinquième volet de la série des “Contes moraux”, Rohmer met en scène un brillant badinage.

Juste avant de se marier, Jérôme vient passer quelques jours dans la région d’Annecy, où il rencontre son amie Aurora, une romancière roumaine. Elle lui présente madame Walter et sa fille, Laura. Cette dernière s’entiche de Jérôme, qui, lui, est troublé par une autre jouvencelle, Claire.

Ce brillant badinage est le cinquième film de la série des « Contes moraux ». « Moral » ne signifie pas ici exemplaire, mais fait référence à l’esprit, à la pensée, en opposition à la pure notion de « physique ». Éric Rohmer joue ainsi du contraste entre une nature radieuse (les environs du lac d’Annecy, éblouis de soleil) et les préoccupations exclusivement psychologiques des personnages. Des oisifs raffinés, très civilisés, pour qui le corps exulte avant tout à travers les méandres de l’introspection et du langage. Ainsi, Aurora veut faire de ses amis les protagonistes de son prochain roman, cherche à transformer la chair en papier.

En définitive, le genou de Claire, objet de toutes les convoitises du héros, est une subtile et malicieuse métonymie du désir. Un genou rond et gracieux pour un corps. Une caresse furtive, un effleurement bénin mais incongru pour toute étreinte érotique. Ce huis clos à l’air libre se donne l’apparence d’une toute petite histoire : on y bavarde beaucoup, on y noue quelques intrigues, bref il ne se passe « rien ». Et pourtant, ces fragments d’un discours amoureux composent une extraordinaire étude du désir et de ses détours, de la jouissance verbale, quasi littéraire, qui accompagne toute inclination. Un bijou.
LE GENOU DE CLAIRE, Eric Rohmer 1970, Jean-Claude Brialy, Laurence de Monaghan(sentimental)@@ (E)
Jérôme, 35 ans, attaché d'ambassade, se rend près d'Annecy pour vendre la propriété familiale. Il y retrouve une ancienne amie, Aurora, romancière. Elle lui présente son hôtesse, ...

@

LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner


Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme affirme qu’elle ne faisait que se défendre contre cet homme qui l’a agressée sexuellement et la harcelait depuis longtemps. Mais la relation entre eux deux semble avoir été plus complexe qu&#039;il n&#039;y paraît, et les collègues de Layla brossent un tout autre portrait d&#039;elle : elle aurait déjà fait preuve de violence lors d&#039;interventions, notamment contre un prévenu dénommé Ayman Darwich. Les autres policiers affirment avoir couvert Layla parce qu&#039;ils avaient conclu avec Darwich un accord secret…
LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner (E)
Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme aff ...

@

LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner


Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme affirme qu’elle ne faisait que se défendre contre cet homme qui l’a agressée sexuellement et la harcelait depuis longtemps. Mais la relation entre eux deux semble avoir été plus complexe qu&#039;il n&#039;y paraît, et les collègues de Layla brossent un tout autre portrait d&#039;elle : elle aurait déjà fait preuve de violence lors d&#039;interventions, notamment contre un prévenu dénommé Ayman Darwich. Les autres policiers affirment avoir couvert Layla parce qu&#039;ils avaient conclu avec Darwich un accord secret…
LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner (E)
Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme aff ...

@

LE GOUROU ET LES ENFANTS, Christopher Roth 2022, Paule Klink, Julia Hummer


En guerre contre le monde bourgeois, Otto Mühl a fondé une communauté dans une ancienne exploitation agricole. Les enfants y grandissent loin de leurs parents, encadrés par une poignée d'adultes. Considérant la famille nucléaire comme la racine des maux qui rongent la société, Otto prône la liberté sexuelle, bannit l'amour exclusif et dirige en potentat le quotidien de chacun. Jeanne, 14 ans, s'est accommodée des règles en vigueur jusqu'au jour où elle éprouve des sentiments pour Jean, 16 ans.

TELERAMA
En guerre contre le monde bourgeois, Otto Mühl fonde une communauté dans une ancienne exploitation agricole à la frontière austro-hongroise. En pleine nature, au milieu des poules et des chevaux, les enfants y grandissent loin de leurs parents, encadrés par une poignée d'adultes. Considérant la famille nucléaire comme la racine des maux qui rongent la société, Otto, qui prône la liberté sexuelle et bannit l'amour exclusif, dirige en potentat le quotidien de chacun. Jusqu'à présent, Jeanne, 14 ans, s'est accommodée des règles en vigueur dans la ferme autogérée. Mais les sentiments qu'elle éprouve pour Jean, 16 ans, l'amènent peu à peu à remettre en question l'autorité d'Otto. D'autant plus que ce dernier commence à s'intéresser à elle.
LE GOUROU ET LES ENFANTS, Christopher Roth 2022, Paule Klink, Julia Hummer (E)
En guerre contre le monde bourgeois, Otto Mühl a fondé une communauté dans une ancienne exploitation agricole. Les enfants y grandissent loin de leurs parents, encadrés par une poignée d'adultes. Consid&eacu ...

@

LE GOUT DE LA CERISE, Abbas Kiarostami 1997(fable philosophique)@@@


La banlieue industrielle de Téhéran, les collines désertiques des environs. Un homme en Range Rover demande successivement l'aide de plusieurs personnes pour mener à bien son projet de suicide.

TELERAMA
Magnifique fable philosophique, tout en retenues et sous-entendus. Il prend successivement comme passagers un jeune soldat puis un séminariste. Des hommes qui parlent dans une voiture qui roule. Une pensée qui chemine. Pas besoin d’être un habitué de Kiarostami pour goûter à la richesse de cette fable, Palme d’or au Festival de Cannes 1997 (ex æquo avec L’Anguille, de Shôhei Im