![]() | Alphonse ALLAIS - Les PenséesAlphonse Allais constitue un cas unique dans l'histoire de la littérature française : tout le monde connaît son nom, cite parfois ses bons mots, mais qui a lu son oeuvre immense ? Humour noir, humour rose, vers, prose, maximes, fables express, calembours, rien ne lui a été étranger. extraits: Ces quelques pensées, quoique parfaitement innocentes, ont été frappées, mais, rassurez les âmes sensibles, seulement du coin du bon sens. Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n'en prend pas. Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue. Il vaut mieux être cocu que veuf. Il y a moins de formalités. Il ne faut jamais faire de projets, surtout en ce qui concerne l'avenir. La statistique a démontré que la mortalité dans l'armée augmente sensiblement en temps de guerre. C'est quand on serre une dame de trop près... qu'elle trouve qu'on va trop loin. La mer est salée parce qu'il y a des morues dedans. Et si elle ne déborde pas, c'est parce que la providence, dans sa sagesse, y a placé aussi des éponges. Plus les galets ont roulé, plus ils sont polis. Pour les cochers, c'est le contraire | Alphonse ALLAIS - Les Pensées (E) Alphonse Allais constitue un cas unique dans l'histoire de la littérature française : tout le monde connaît son nom, cite parfois ses bons mots, mais qui a lu son oeuvre immense ? Humour noir, humour rose, vers, prose, m ... |
![]() | Jacques-Pierre AMETTE - La maîtresse de BrechtPrix Goncourt 2003 Bertolt Brecht rentre à Berlin en octobre 1948, après un exil de quinze ans aux Etats-Unis. Les autorités, qui doutent de sa fidélité au Parti, placent auprès de lui une actrice autrichienne, Maria Eich, pour l'espionner. Contrainte d'accepter ce rôle peu reluisant, elle devient la maîtresse occasionnelle de l'écrivain et intègre sa troupe de théâtre. | Jacques-Pierre AMETTE - La maîtresse de Brecht (E) Prix Goncourt 2003 Bertolt Brecht rentre à Berlin en octobre 1948, après un exil de quinze ans aux Etats-Unis. Les autorités, qui doutent de sa fidélité au Parti, placent auprès de lui une actr ... |
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| Gabriele d'ANNUNZIO - l'enfant de voluptéAndrea Sperelli, aristocrate raffiné, artiste classicisant et précieux, eprouve un amour sensuel pour la brûlante et maladive Elena, et un amour plus spirituel, poétique, pour Maria : deux formes du désir qu'il rêve d'harmoniser dans une synthèse parfaite. C'est en 1889 que Gabriele D'Annunzio (1863-1938) publie ce premier chef-d'œuvre, L'Enfant de volupté («Il Piacere»). Le luxe des bals et des palais romains, les splendeurs baroques de la Ville éternelle secrètement hantée par la mort, forment le décor somptueux et pathétique de cette quête promise à l'échec. Sensualité et spiritualité, culte du Surhomme nietzschéen et fascination de la morbidezza, exaltation du Moi et tentative désespérée de conjurer la faiblesse intérieure : dans ce roman suave et sombre, où l'on a pu voir l'expression achevée du «décadentisme», se réfractent tous les thèmes de l'œuvre de D'Annunzio - et la sensibilité même de sa «fin de siècle». Postface de Francis Claudon. | Gabriele d'ANNUNZIO - l'enfant de volupté (E) Andrea Sperelli, aristocrate raffiné, artiste classicisant et précieux, eprouve un amour sensuel pour la brûlante et maladive Elena, et un amour plus spirituel, poétique, pour Maria : deux formes du désir q ... |
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| Guillaume APOLLINAIRE - AlcoolsSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine ...... Alcools, Guillaume Apollinaire | Guillaume APOLLINAIRE - Alcools (E) Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine ...... Alcools, Guillaume Apollinaire ... |
![]() | Louis ARAGON - Aurelien"Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c’est le goût de l’absolu. On dira que c’est une passion rare, et même les amateurs frénétiques de la grandeur humaine ajouteront : malheureusement. Il faut s’en détromper. Elle est plus répandue que la grippe, et si on la reconnaît mieux quand elle atteint des cœurs élevés, elle a des formes sordides qui portent ses ravages chez les gens ordinaires, les esprits secs, les tempéraments pauvres. Ouvrez la porte, elle entre et s’installe. Peu lui importe le logis, sa simplicité. Elle est l’absence de résignation. S’il l’on veut, qu’on s’en félicite, pour ce qu’elle a pu faire faire aux hommes, pour ce que ce mécontentement a su engendrer de sublime. Mais c’est ne voir que l’exception, la fleur monstrueuse, et même alors regardez au fond de ceux qu’elle emporte dans les parages du génie, vous y trouverez ces flétrissures intimes, ces stigmates de la dévastation qui sont tout ce qui marque son passage sur des individus moins privilégiés du ciel. Qui a le goût de l’absolu renonce par là même à tout bonheur. Quel bonheur résisterait à ce vertige, à cette exigence toujours renouvelée ? Cette machine critique des sentiments, cette vis a tergo du doute, attaque tout ce qui rend l’existence tolérable, tout ce qui fait le climat du cœur. Il faudrait donner des exemples pour être compris, et les choisir justement dans les formes basses, vulgaires de cette passion pour que par analogie on pût s’élever à la connaissance des malheurs héroïques qu’elle produit. Louis Aragon Aurélien, extrait du chapitre XXXVI Aurélien est le quatrième roman du cycle du Monde réel de Louis Aragon. Il y décrit le sentiment de l’absolu, dans la longue rêverie sentimentale d’Aurélien, l’un des sommets romanesques de son œuvre (Éditions Gallimard 1944). | Louis ARAGON - Aurelien (E) "Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On fr&eacu ... |
![]() | Louis ARAGON - poesiesIl n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs Il n'y a pas d'amour heureux Mais c'est notre amour à tous les deux Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946) | Louis ARAGON - poesies (E) Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vi ... |
![]() | ARISTOTE - Parties des animaux livre II ch.1« Ce n'est pas en effet la maison qui est faite pour les briques et les pierres, mais celles-ci pour la maison : il en va de même pour tout le reste de la matière. Et ce n'est pas seulement l'induction qui nous montre qu'il en est bien ainsi, mais aussi le raisonnement. En effet, tout ce qui s'engendre naît de quelque chose et en vue de quelque chose; la génération se poursuit d'un principe à un principe, du premier qui donne le branle et a déjà une nature propre, jusqu'à une forme ou à quelqu'autre fin semblable. Car l'homme engendre l'homme et la plante la plante, selon la matière qui sert de substrat à chacun. Ainsi donc chronologiquement la matière et la génération sont nécessairement antérieures, mais logiquement, c'est l'essence et l'idée de chaque être. » Aristote (en grec ancien ἈριστοτÎλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire (actuelle Stavros) en Macédoine (d’où le surnom de « Stagirite », Σταγειρίτης), en -384, et mort à Chalcis, en Eubée, en -322. Disciple de Platon à l'Académie pendant plus de vingt ans, il prit ensuite une distance critique vis-à-vis des thèses de son maître et fonda sa propre école, le Lycée. Il fut également précepteur d'Alexandre le Grand. Sa conception de l'être comme « substance » (ou ontologie) et de la métaphysique comme « science de l'être en tant qu'être » influença profondément l'ensemble de la tradition philosophique occidentale, d'Alexandre d'Aphrodise à Martin Heidegger en passant par Thomas d'Aquin, et orientale, d'Averroès et Maïmonide à Cordoue jusqu'au persan Avicenne en passant par les théologiens médiévaux de Byzance. Véritable encyclopédiste, il s'est beaucoup intéressé aux arts (musique, rhétorique, théâtre) et aux sciences (physique, biologie, cosmologie) de son époque ; il en théorisa les principes et effectua des recherches empiriques pour les appuyer. Il élabora une réflexion fondamentale sur l'éthique et sur la politique qui influença durablement l'Occident. Le Stagirite est également considéré, avec les stoïciens1, comme l'inventeur de la logique : il élabora une théorie du jugement prédicatif, systématisa l'usage des syllogismes et décrivit les rouages des sophismes. | ARISTOTE - Parties des animaux livre II ch.1 (E) « Ce n'est pas en effet la maison qui est faite pour les briques et les pierres, mais celles-ci pour la maison : il en va de même pour tout le reste de la matière. Et ce n'est pas seulement l'induction qui nous montre qu' ... |
![]() | Joaquim Maria MACHADO de ASSIS - Dom Casmurro"Métis, fils d'un nègre et d'une blanchisseuse, Machado de Assis est certainement une des âmes les plus aristocratiques qui se soient jamais égarées sur les chemins de ronces et de fleurs de ce monde incompréhensible. Preuve que la théorie de l'hérédité n'est qu'une erreur grossière. Il fut très pauvre, puis un peu moins pauvre, mais ne sortit jamais, pas plus que de saville, de la médiocrité, et il ne connut pas la gloire que très tard ; mais de toute manière il avait un coeur trop noble pour la désirer." Benhito est un adolescent jaloux, voué à la prêtrise par une mère aimée et pieuse. Pourtant, ses ambitions sont toute autres et exclusivement dirigées vers Capitou, sa jolie petite voisine « aux yeux de ressac », dont il tombe profondément amoureux. L'histoire est racontée par le vieux Benhito, un être devenu renfermé, affublé du surnom de Dom Casmurro (Monsieur du Bourru), qui plonge dans ses souvenirs pour revivre en douceur sa crise d'adolescence et la vie chaotique qui s'ensuivit dans le Rio languide du Second Empire brésilien… L'histoire est simple, belle et triste à la fois, comme toute vie amoureuse, remplie de bonheur et de tracas. Mais l'intérêt de ce livre réside dans sa forme et son style. En cent quarante-huit chapitres courts, d'une à deux pages, souvent drôlement titrés (En route !, Raconté à la hâte, Où l'on revient sur des explications, Doutes sur doutes, Bon, et la fin ? ), on suit pas à pas le cheminement intérieur de l'adolescent vu par lui-même, des décennies plus tard. Le narrateur argumente tout, son recul, ses sentiments, replace les à-côtés de l'histoire afin de clarifier certaines scènes et surtout, ô jubilation de lecture, il prend le lecteur à partie, l'apostrophe, se met à sa place et lui dit qu'il se trompe ou qu'il a raison ! Une voix extraordinaire que l'on entend tout le long du récit, qui parle au lecteur comme à un ami, avec un humour fin, de l'ironie, de la folie, de la complicité, une légèreté de ton sur des thèmes douloureux (la maladie, la mort, la solitude) ; un tout qui fait éclater le temps, l'intrigue, la narration. C'est un immense plaisir de lecture car le procédé en ressort grandi. Voici quelques citations qui m'ont fait éclater de rire : « Tout cela est obscur, ma chère lectrice, mais c'est la faute de votre sexe qui perturbait ainsi l'adolescence d'un pauvre séminariste. » « Eh bien, soyons heureux une bonne fois, avant que le lecteur, séchant sur pied à force d'attendre, ne se décide à aller prendre l'air ; marions-nous. » « Nous nous occupions de tout, selon la nécessité et l'urgence, cela va sans dire, mais il est des lecteurs si obtus, qu'ils ne comprennent rien si on ne leur relate pas tout le reste. Passons au reste. » Sorties de leur contexte, peut-être n'ont-elles pas la force qu'elles prennent dans le récit. Donc un conseil, laissez-vous charmer par Machado de Assis qui prend un ton décalé et heureux pour conter une tragédie avec un « regard de bohémienne, oblique et dissimulé ». | Joaquim Maria MACHADO de ASSIS - Dom Casmurro (E) "Métis, fils d'un nègre et d'une blanchisseuse, Machado de Assis est certainement une des âmes les plus aristocratiques qui se soient jamais égarées sur les chemins de ronces et de fleurs de ce monde i ... |
![]() | AUGUSTIN dHippone - Confessions (essai philosophique)L'esprit commande le corps et le corps obéit. L'esprit se commande à lui-même et trouve de la résistance. Nul ne fait bien une action, quoique bonne, s'il ne la fait volontairement. Augustin d’Hippone (latin : Aurelius Augustinus), ou Saint Augustin, né dans le municipe de Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie), est un philosophe et théologien chrétien de l’Antiquité tardive, évêque d’Hippone, et un écrivain latino-berbère romano-africain, né d’un père romano-africain (africain romanisé) citoyen romain et d’une mère berbère chrétienne non romanisée, sainte Monique. Il est l’un des quatre Pères de l'Église latine (avec saint Ambroise, saint Jérôme et Grégoire Ier) et l’un des 35 docteurs de l’Église. En tant que philosophe, on le considère comme un platonicien chrétien. Augustin est le seul Père de l’Église dont les œuvres et la doctrine aient donné naissance à un système de pensée : l’augustinisme. Son influence est marquée depuis le Haut Moyen Âge jusqu’à la plupart des théologiens chrétiens contemporains… Elle a influencé toute l’histoire de l’Église médiévale, puis alimenté les débats lors de la Réforme protestante, puis encore le jansénisme. Les débats suscités par l’interprétation de l’augustinisme ont contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine, de la foi et de la raison, mais aussi à la réflexion sur la nature du langage et à son apprentissage par les enfants. | AUGUSTIN dHippone - Confessions (essai philosophique) (E) L'esprit commande le corps et le corps obéit. L'esprit se commande à lui-même et trouve de la résistance. Nul ne fait bien une action, quoique bonne, s'il ne la fait volontairement. Augustin d& ... |
![]() | AVERROES - Manahidj (essai philosophique)Les preuves de l'existence du créateur se réduisent à deux genres : la preuve tirée de la providence et la preuve tirée de la création. Il existe des conceptions vulgaires tout à fait suffisantes pour la vie pratique ; elles doivent même être la nourriture des hommes. Elles ne suffisent cependant pas à l'intelligence. (Extrait de "Physique") L'aveugle se détourne de la fosse où le clairvoyant se laisse tomber. Né à Cordoue en Espagne en 1126 dans une famille de juristes, Ibn Rochd est vite initié. Il passa sa jeunesse à étudier la physique, la médecine, l'astrologie, la philosophie et les mathématiques. Contemporain et élève d'Ibn Tufail (connu en occident sous le nom Abubacer) qui l'imprégna de sa pensée, il devient rapidement magistrat influent et médecin attitré du calife El Mansour. Grâce à cette fonction, il échappa au début de sa carrière aux ennuis que lui valent ses partis pris philosophiques. Il rédige un traité de médecine en latin [Colliget], qui lui apporte la notoriété. Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre alors toute sa vie à l'œuvre du philosophe grec. Il considérait l'aristotélisme comme la base du savoir, la doctrine dont les principes ne pouvaient être remis en question, quelles que fussent les découvertes ultérieures. Dans la ligne de son maître grec, Averroès postulait l'existence de Dieu qu'il considérait comme premier moteur du monde et fondement de la loi morale. Sa réflexion le conduit à séparer radicalement raison et foi. . . Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde musulman puis chrétien et trouveront presque autant de disciples que d'opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d'Ibn Rochd, considérés comme dangereux, seront condamnés en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi. L'église ne tarda pas d'emboîter le pas à l'Islam et le condamna à son tour en 1240, puis en 1513. C'est dire l'influence considérable de la pensée du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales. | AVERROES - Manahidj (essai philosophique) (E) Les preuves de l'existence du créateur se réduisent à deux genres : la preuve tirée de la providence et la preuve tirée de la création. Il existe des conceptions vulgaires tout à fa ... |
![]() | Ibn Sina dit AVICENNE - livre des lois médicalesal-Husayn ibn ‘Abd AllÄÂÂÂh, connu sous le nom de Avicenne (forme latinisée), était un philosophe, un écrivain, un médecin et un scientifique iranien. Il s\'intéressa à de nombreuses sciences, notamment l\'astronomie, l\'alchimie, la chimie et la psychologie. Il naquit le 7 août 980 à Afshéna, près de Boukhara, faisant partie de la province de Khorasan, en Perse, actuellement en Ouzbékistan, et mourut à Hamadan, en Iran, en juin 10371 . Ses disciples l\'appelaient Cheikh el-Raïs, prince des savants, le plus grand des médecins, le Maître par excellence, le troisième Maître (après Aristote et Al-Farabi). Avicenne, fin lettré, fut le traducteur des œuvres d’Hippocrate et de Galien, et porta un soin particulier à l\'étude d\'Aristote. Il s\'inscrit dans un mouvement général qui vit les philosophes de culture islamique découvrir la culture grecque auprès de l\'Empire Byzantin, comme en partie l\'Europe Occidentale où beaucoup de manuscrits grecs et romains étaient surtout connus par les copistes des monastères. Avicenne était proche du chiisme ismaélien, le courant auquel appartenaient son père et son frère ; ainsi son autobiographie rapporte-t-elle leurs efforts pour entraîner son adhésion à la dawat ismaélienne. Toutefois, Avicenne appartenait au chiisme duodécimain. Son appartenance ou non à l\'ismaélisme est donc controversée, et reste un débat actuel, portant sur l\'influence de cette branche de l\'islam. L\'ismaélisme comprend d\'importantes personnalités, telles que Abu Yaqoub Sejestani (xe siècle), Abu Hatim al Razi (mort en 933), Hamid Kermani (vers 1017), ou Nasir e Khosraw (entre 1072 et 1077) dont le travail a fortement influencé la pensée dans l\'Islam. Ainsi, la théorie des Dix Intelligences (voir plus bas), amorcée chez al-Farabi apparaît chez Hamid Kermani avant qu\'Avicenne ne se l\'approprie. Le dessein personnel du philosophe trouve son achèvement dans la philosophie orientale (hikmat mashriqiya), qui prit la forme de la compilation de vingt-huit mille questions. Cette œuvre disparut lors du sac d’Ispahan (1034), et il n\'en subsiste que quelques fragments. Pendant plusieurs siècles, jusqu\'au xviie siècle, son Qanûn constitue le fondement de l\'enseignement en Europe où il détrône Galien, aussi bien qu\'en Asie. On lui doit l\'usage de la casse, de la rhubarbe, du tamarin, du myrobatan, etc. Le Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb (« livre des lois médicales »), composé de 5 livres, est l\'œuvre médicale majeure d\'Avicenne. Son Canon rencontra un grand succès, qui éclipsa les travaux antérieurs de Rhazès (850 - 926), d\'Haly-Abbas (930 - 994) et d\'Abu Al-Qasim (936 - 1013) et même ceux d\'Ibn-Al-Nafis (1210 - 1288) qui lui sont postérieurs. Les croisés du XIIe au xviie siècle ramenèrent en Europe Le Canon de la Médecine, qui influença la pratique et l\'enseignement de la médecine occidentale. | Ibn Sina dit AVICENNE - livre des lois médicales (E) al-Husayn ibn ‘Abd AllÄÂÂÂh, connu sous le nom de Avicenne (forme latinisée), était un philosophe, un écrivain, un médecin et un scientifique iranien. Il s\'intéressa à ... |
![]() | Sainte Therese d Avila - autobiographieJ'ai reçu l'ordre d'écrire ma manière d'oraison et les grâces dont le Seigneur m'a favorisée; on me laisse en même temps pleine liberté d'entrer dans les plus grands détails. J'aurais cependant voulu être également libre de révéler, dans tout leur jour, mes grands péchés et les infidélités de ma vie. Mon âme en eût éprouvé une joie bien vive! Un texte puissant, direct, une mystique surgie de la vie elle-meme, l'oeuvre et la vie d'une femme, l'audace et la hardiesse de l'aventure (B.Pivot, la Biblioteque ideale) | Sainte Therese d Avila - autobiographie (E) J'ai reçu l'ordre d'écrire ma manière d'oraison et les grâces dont le Seigneur m'a favorisée; on me laisse en même temps pleine liberté d'entrer dans les plus grands détails. J'aurais ce ... |
![]() | Honoré de BALZAC - la Comedie humaine"L’idée première de La Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler ; une chimère qui sourit, qui montre son visage de femme et qui déploie aussitôt ses ailes en remontant dans un ciel fantastique. Mais la chimère, comme beaucoup de chimères, se change en réalité, elle a ses commandements et sa tyrannie auxquels il faut céder. Cette idée vint d’une comparaison entre l’Humanité et l’Animalité" Honoré de Balzac «Le hasard est le plus grand romancier du monde ; pour être fécond, il n'y a qu'à l'étudier.» Extrait de La comédie humaine «La passion est toute l'humanité. Sans elle, la religion, l'histoire, le roman, l'art seraient inutiles.» Extrait de La comédie humaine L’ambition de l’auteur était de décrire de façon quasi exhaustive la société qui l’entourait, construisant ainsi un édifice qui pourrait « faire concurrence à l’état civil5 ». Il voulait enfermer toute son époque dans sa Comédie humaine. Toutefois, en 1837, le titre qu’il envisage pour son œuvre est Études sociales, qui deviendra La Comédie humaine en 1842, en référence à La Divine Comédie de Dante La Comédie humaine est un ensemble d’ouvrages de 137 œuvres comprenant 95 romans, nouvelles, essais1 réalistes, fantastiques, ou philosophiques, mais aussi des contes, des essais, et 25 œuvres ébauchées, regroupées sous le titre Ébauches rattachées à la Comédie humaine2, ainsi que 8 romans de jeunesse écrits entre 1822 et 1825 sous divers pseudonymes, reniés par leur auteur, mais réédités dans les volumes I et II des Œuvres diverses3 où l'on trouve les germes et les thèmes des œuvres de la Comédie humaine, Falthurne étant considéré comme la base de Séraphîta4. Les textes sont classés par milieux sociaux, par lieux géographiques, ou par catégories psychologiques (Scènes de la vie privée, Scènes de la vie de province) réunis dans des ensembles génériques (Études de mœurs, Études philosophiques, Études analytiques). L’écriture de l’ensemble s’échelonne de 1829, avec les Chouans, à 1850, avec les ouvrages inachevés à sa mort et complétés par Charles Rabou : le Député d'Arcis (1854), les Petits bourgeois de Paris, (1856), le Comte de Sallenauve, (1856), et aussi les Paysans publié en 1854 par sa veuve, Évelyne Hanska. | Honoré de BALZAC - la Comedie humaine (E) "L’idée première de La Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler ; une chimère qui ... |
![]() | Charles BAUDELAIRE - les Fleurs du mal«Faut-il partir ? Rester ? Si tu peux rester, reste ; Pars, s’il le faut.» «C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre.» «Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.» «Nous avons dit souvent d'impérissables choses.» «C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !» Charles Baudelaire , Les Fleurs du mal Ce recueil de 100 poèmes a été publié le 25 juin 1857 à Paris chez Poulet-Malassis. Ces poèmes sont répartis en 5 sections comportant respectivement 77, 12, 3, 5 et 3 poèmes. Ils sont précédés d'une dédicace à Gautier et du poème au lecteur. Les 5 sections initiales sont : Spleen et Idéal, Le Vin, Fleurs du Mal, Révolte et La Mort. Une seconde édition augmentée de 35 poèmes nouveaux (et d'une section inédite : Tableaux parisiens) est publiée en 1861. L'édition définitive des Fleurs du Mal a été publiée en 1868, après la mort de Charles Baudelaire (1821-1867). Ce recueil est mal accueilli, par la critique. Seuls quelques-uns, dont son ami Barbey d’Aurevilly, défendent la poésie de Charles Baudelaire. Le 5 juillet 1857 parait un violent article du Figaro, qui tout à la fois assure une grande notoriété au poète et le conduit devant les tribunaux. En août 1857, six mois après le procès de Madame Bovary (pour des chefs d'inculpation similaires: immoralité et obscénité), Baudelaire est condamné ( Flaubert ne l'avait pas été) pour "offense à la morale publique, ... la morale religieuse et aux bonnes mœurs". Il est condamné à 300 francs d'amende et à la suppression de six poèmes. Ces 6 poèmes seront publiés à nouveau, en 1864, en Belgique dans le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle. Baudelaire a apporté un soin particulier à la disposition de son recueil. Les Fleurs du Mal ne sont pas une succession de poèmes qui prennent place au fur et mesure de l’inspiration de l’auteur. Baudelaire les a disposés suivant un itinéraire bien précis. Il est d'ailleurs une lettre célèbre adressée en 1861 par Baudelaire à Vigny : " le seul éloge que je sollicite pour ce livre est qu'on reconnaisse qu'il n'est pas un pur album et qu'il a un commencement et une fin." | Charles BAUDELAIRE - les Fleurs du mal (E) «Faut-il partir ? Rester ? Si tu peux rester, reste ; Pars, s’il le faut.» «C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre.» «Là, tout n’est qu’ordre et beaut&eac ... |
![]() | Pierre BENOIT - l'AtlantideDeux officiers français, le lieutenant de Saint-Avit et le capitaine Morhange, se retrouvent captifs d’un royaume inconnu au cœur du Sahara algérien, dirigé par la mystérieuse reine Antinéa, qui serait la descendante de Neptune. Le roman oscille entre la légende et la réalité. Selon certains, Pierre Benoit se serait inspiré, pour son personnage d'Antinéa, de la reine berbère Tin Hinan2. Pierre Benoit relate également dans ce livre les souvenirs de sa jeunesse. Fils du colonel Benoit, il a passé ses premières années en Tunisie, où son père était en poste puis en Algérie, où il accomplit son service militaire. Dans un article de L'Écho de Paris le 2 février 1920, Pierre Benoit explique ainsi : « De 1892 à 1907, j'ai vécu en Tunisie et en Algérie. Dès mon enfance, j'ai entendu parler des Touaregs, et mon imagination a été excitée par certaines sombres histoires, celle notamment d'une mission exécutée dans le Centre africain par deux Français dont un seul était revenu sans qu'on ait jamais pu savoir comment avait péri son compagnon. Telle est l'idée qui est à la base de l'Atlantide, il n'y en a pas d'autre 3. » L’Atlantide est le second roman de Pierre Benoit, paru en 1919 aux éditions Albin Michel, notamment sur la recommandation de Robert de la Vaissière qui y était lecteur. Il est devenu un véritable livre à succès de l’édition française (1,722 million d’exemplaires vendus dont 991.000 en Livre de Poche, au début du xxie siècle1). Son immense succès fut attribué au besoin des Français d’oublier la Première Guerre mondiale, qui venait de s’achever, par des livres pleins de passion et d’exotisme. Le livre reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1919. L’Atlantide de Pierre Benoit a également donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques. | Pierre BENOIT - l'Atlantide (E) Deux officiers français, le lieutenant de Saint-Avit et le capitaine Morhange, se retrouvent captifs d’un royaume inconnu au cœur du Sahara algérien, dirigé par la mystérieuse reine Antinéa, qu ... |
![]() | Karen BLIXEN - la ferme africaineAu départ cela ne devait être qu'un recueil d'anecdotes de soirées, de " petits tableaux tout à fait véridiques ", de récits de voyages et d'anthropologie. Plus tard cela devint La ferme Africaine. L'auteur, qui a vécu au Kenya de 1914 à 1931, raconte la vie dans sa ferme de culture de café à proximité de Nairobi. C'est une exploitation immense et féodale. La maîtresse, la " m'saba " règne sur elle comme un seigneur du moyen Age, qui aurait toute la largeur d'esprit d'une femme cultivée du XXe siècle. Aimant passionnément la population indigène, Karen Blixen décrit ses mœurs, ses lois, ses habitudes, la forme à la fois mythique et panthéiste de son esprit, et elle se livre à une critique indirecte de la civilisation européenne. La vente de la ferme obligea l'auteur à quitter l'Afrique et à abandonner tout ce qu'elle possédait comme " la rançon de sa vie ". Il y a dans le livre 'exceptionnelles descriptions de paysage et d'admirables pages sur la vie des animaux. | Karen BLIXEN - la ferme africaine (E) Au départ cela ne devait être qu'un recueil d'anecdotes de soirées, de " petits tableaux tout à fait véridiques ", de récits de voyages et d'anthropologie. Plus tard cela devint La ferme Af ... |
![]() | Heinrich BOLL - la grimaceFils d'un magnat de l'industrie, Hans Schnier, 20ans, s'est fait clown pour se révolter contre son milieu, et le tourner en dérision. Il vit avec Marie qui est catholique. Les représentants de son groupe socioculturel manifestent leur hostilité à son égard et commencent à l'exclure. Elle décide de quitter Hans pour Küpfner, premier dignitaire de l'église catholique allemande. A Bonn, Hans, qui ne veut pas d'une autre femme, la cherche. Il s'est blessé au genou, s'alcoolise dans sa chambre d'hôtel, téléphone à tous ceux qui ont connu Marie ? Ne recueillant qu'hostilité, pitié ou mépris. Grimé, il s'installe sur le quai de la gare : c'est pour croiser Marie qui rentre de voyage de noces. Le roman est un long monologue et un mono dialogue téléphonique. Hans se souvient de l'époque nazie, de l'engagement de ses parents au troisième Reich, du sacrifice de sa sœur Henrietta, vendue à la DCA allemande en 1945. En même temps qu'il évoque le passé, il fustige les industriels, pour qui seul le point de vue économique compte, Adenauer, les catholiques sclérosés par l'amour et la miséricorde, et les protestants avec leurs problèmes de conscience. Heinrich Böll, né le 21 décembre 1917, décédé le 16 juillet 1985, est considéré comme l'un des plus grands auteurs allemands de l'après-Seconde Guerre mondiale. Le critique littéraire allemand de l'après-guerre Marcel Reich-Ranicki définit Böll ainsi en 1963 : « Comme chrétien, comme artiste, Böll est avant tout un moraliste émotif. » Sa vision du mariage et des rôles homme femme, reste traditionnelle. | Heinrich BOLL - la grimace (E) Fils d'un magnat de l'industrie, Hans Schnier, 20ans, s'est fait clown pour se révolter contre son milieu, et le tourner en dérision. Il vit avec Marie qui est catholique. Les représentants de son groupe socioculturel m ... |
![]() | Louis-Antoine de BOUGAINVILLE - Voyage autour du mondeVoyage autour du monde est le journal de voyage de Louis Antoine de Bougainville, marin et militaire, qui mena en 1766-1769, sous l'impulsion de Louis XV et de son Premier ministre Choiseul, une expédition autour du monde avec les vaisseaux La Boudeuse et l'Etoile. Cette expédition embarquait plusieurs scientifiques : botaniste, naturaliste et astronome. Le récit, outre les péripéties du voyage, dresse des descriptions détaillées de la colonie espagnole de ce qui deviendra l'Argentine, des populations et des paysages de la Patagonie, de Tahiti, des possessions hollandaises en Asie du Sud Est (la future Indonésie) Ecrit par un homme qui se disait des Lumières, analyste peu lucide des sociétés qu'il décrit, ce récit frappa ses contemporains par son portrait d'une société tahitienne guidée par la quête du plaisir où l'homme est délivré de la tyrannie du travail. | Louis-Antoine de BOUGAINVILLE - Voyage autour du monde (E) Voyage autour du monde est le journal de voyage de Louis Antoine de Bougainville, marin et militaire, qui mena en 1766-1769, sous l'impulsion de Louis XV et de son Premier ministre Choiseul, une expédition autour du monde avec les va ... |
![]() | Ray BRADBURY - Les Chroniques martiennesNous sommes entre 1999 et 2026, le livre décrit le débarquement houleux des premières expéditions su Mars, l'installation des pionniers (les solitaires, puis les laissés pour compte, pauvres et reclus de la société, pour qui Mars apparaît comme un nouveau départ), la gangrène de la colonisation et enfin l'abandon de la planète à sa solitude glacée. Les Chroniques martiennes ont été ecrites dans les années 1940 et publiées en 1950, les chroniques martiennes décrivent l'arrivée de l'homme sur Mars entre 1999 et 2026(*) : Plus qu'un roman, chroniques martiennes est avant tout une collection de petites histoires, "une série de pensées martiennes, d'apartés shakespeariens, de songeries vagabondes, de visions nocturnes, de rêveries d'avant l'aube". Pour assembler ce recueil, Bradbury a écrit plusieurs petits textes sensés faire la liaison entre les différents récits, ce qui explique le style parfois désarticulé, hétéroclite de l'ensemble. Pour apprécier pleinement la lecture, il est important de garder à l'esprit que chroniques martiennes n'est pas vraiment un roman, mais plutôt une compilation de nouvelles. | Ray BRADBURY - Les Chroniques martiennes (E) Nous sommes entre 1999 et 2026, le livre décrit le débarquement houleux des premières expéditions su Mars, l'installation des pionniers (les solitaires, puis les laissés pour compte, pauvres et reclus de l ... |
![]() | Camilo Castelo BRANCO - Amour de perditionLe récit se situe au début du XIXème siècle, soit un demi-siècle avant la détention du jeune homme à la prison de la Relation, et a beaucoup en commun avec la propre histoire de l'écrivain. Il raconte l'amour contrarié de l'oncle de Camilo, Simon Antonio Bothelo, épris de sa jeune voisine, Thérèse d'Alburquerque. Camilo Castelo Branco brosse le portrait d'un autre personnage féminin, Mariana. Elle aussi figure majeure du roman, Mariana est issue du peuple. Servante de Simon, éprise de son maître sans rien espérer en retour, elle l'assiste sans faiblir dans le malheur, acceptant même de le suivre au bagne, et se jette dans la mer pour ne pas lui survivre. Camilo Castelo Branco écrit Amour de Perdition en prison. C'est sa passion pour Ana Augusta Placido qui le conduit là. La jeune fille que Camilo Castelo Branco a rencontrée dans un bal à Porto est mariée par son père, et malgré son inclination pour le jeune homme, à un riche commerçant plus âgé qu'elle. Huit après ce mariage, elle le rejoint à Braga et devient sa maîtresse. Les deux amants poursuivis pour adultère prennent la fuite. La jeune femme, à la demande de son mari, accepte d'entrer au couvent pour échapper à la justice et au scandale mais Camilo l'en délivre. Ana est arrêtée en 1860 et le jeune homme se rend à la police peu après. Ils sont tous les deux incarcérés à la Prison de la Relation à Porto. | Camilo Castelo BRANCO - Amour de perdition (E) Le récit se situe au début du XIXème siècle, soit un demi-siècle avant la détention du jeune homme à la prison de la Relation, et a beaucoup en commun avec la propre histoire de l'écri ... |
![]() | Fernand BRAUDEL - la MediterraneeUn livre incontournable : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II est emblématique de l’école des Annales. Longue durée, études économique et sociale, les trois échelles de temps… La thèse de Fernand Braudel se voulait une « histoire totale ». | Fernand BRAUDEL - la Mediterranee (E) Un livre incontournable : La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II est emblématique de l’école des Annales. Longue durée, études &e ... |
![]() | Pascal BRUCKNER - le paradoxe amoureuxInventer l’amour, l’émanciper des tutelles religieuses et des politiques familiales, instaurer le mariage d’inclination, en finir avec le servage des femmes, tel fut le grand projet des réformateurs depuis le 18ème siècle. Il aura fallu presque trois siècles pour le mener à bien et offrir à chacun la possibilité d’aimer qui il souhaite, de frayer avec la personne de son choix. Cette immense conquête est problématique : comment l’amour, dont la vocation est de rattacher, peut-il se concilier avec la liberté dont l’effet est de séparer ? Cette contradiction explique le caractère à la fois ardent et fragile des romances contemporaines. Croyance inentamée dans les beautés de la passion, de la fidélité, constat des difficultés de cet idéal dès lors qu’il met face à face deux individus qui ne veulent rien sacrifier de leur bonheur personnel et préfèrent saborder leur union plutôt que la prolonger dans la routine ou la médiocrité. Pour résoudre ce déchirement, deux idéologies se coalisent : l’une progressiste veut en finir avec la fidélité, le couple, la famille ; l’autre conservatrice veut restaurer le mariage à l’ancienne, la monogamie indissoluble. Mais l’amour, tétu, oppose sa permanence, sa richesse, son ambivalence aux discours qui prétendent le corriger. Le nouvel essai de Pascal Bruckner raconte, à travers les métamorphoses du mariage et de l’érotisme, la résistance du sentiment à tous les embrigadements. Nous n’avons pas trouvé la solution aux souffrances de l’amour, nous n’avons fait que multiplier les paradoxes. Il y a progrès dans la condition des hommes et des femmes mais il n’y a pas de progrès en amour : c’est la bonne nouvelle de ce troisième millénaire commençant. | Pascal BRUCKNER - le paradoxe amoureux (E) Inventer l’amour, l’émanciper des tutelles religieuses et des politiques familiales, instaurer le mariage d’inclination, en finir avec le servage des femmes, tel fut le grand projet des réformateurs depuis le ... |
![]() | Georg BUCHNER - WoyzeckWoyzeck est une pièce de théâtre fragmentaire de Georg Büchner écrite en 1837. Elle est restée inachevée après la mort de Büchner (en 1837). L'histoire est inspirée de l'affaire de Johann Christian Woyzeck (1780-1824), ancien soldat, fabricant de perruques et coiffeur sans emploi, accusé d'avoir poignardé son amante, la veuve du chirurgien Woost, le 21 juin 18211,2. Son frère Ludwig recueille ses écrits et les fait publier avec une introduction et une biographie en 1850 chez Sauerländer à Francfort. Bertolt Brecht a fait connaître cette pièce au xxe siècle, comme les surréalistes ont fait connaître le marquis de Sade. Woyzeck est aujourd'hui considéré comme un classique de la littérature allemande. Le texte étant fragmentaire, chaque metteur en scène a écrit sa propre adaptation. Ainsi, ce résumé peut être contredit par d'autres lectures des fragments. C'est donc ici un résumé factuel et simpliste qui ne s'attache pas à l'aspect profondément poétique de la pièce. Woyzeck, un jeune soldat, vit difficilement. Pour satisfaire aux besoins de sa femme, Marie, et leur fils, il sert de cobaye au docteur et de subalterne au capitaine de la garnison. Ces mauvais traitements le font de plus en plus tomber dans la folie. Lorsqu'il soupçonne Marie de fréquenter le tambour-major, il perd la raison et, par jalousie, tue Marie. | Georg BUCHNER - Woyzeck (E) Woyzeck est une pièce de théâtre fragmentaire de Georg Büchner écrite en 1837. Elle est restée inachevée après la mort de Büchner (en 1837). L'histoire est inspirée de l' ... |
![]() | Michel BUTOR - la modificationLe voyage d'un homme dans le train Paris-Rome, alors qu'il compte rejoindre sa maîtresse. On suit tout son cheminement de pensée, toutes ses réflexions et ses multiples décisions, lesquelles changent au fur et à mesure du trajet. On voit à quel point il lui est difficile de savoir ce qu'il désire, à quel point le temps qui passe trop lentement l'empêche de rester sur un choix de vie. L'utilisation du vouvoiement oblige le lecteur à s'identifier au personnage, à être concerné par les idées qui lui viennent sans cesse. La modification peut être considéré comme un bon exemple du mouvement littéraire du Nouveau roman, mouvement des années 1950 en France, refusant de donner une place primordiale à l'intrigue et s'intéressant aussi à tout ce qui entoure l'histoire principale. La Modification est un roman de Michel Butor publié en 1957 aux éditions de Minuit et ayant reçu le prix Renaudot la même année. | Michel BUTOR - la modification (E) Le voyage d'un homme dans le train Paris-Rome, alors qu'il compte rejoindre sa maîtresse. On suit tout son cheminement de pensée, toutes ses réflexions et ses multiples décisions, lesquelles changent au fur et &ag ... |
![]() | Dino BUZZATI - le desert des tartaresTout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entraîné par ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s'arrête jamais. » (chapitre 24). Le roman traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ». Les deux territoires sont séparés par un désert énigmatique. Le lieutenant Giovanni Drogo y attend la gloire dont la maladie le privera. Le Désert des Tartares (titre original en italien Il deserto dei Tartari) est un roman de Dino Buzzati paru en italien en 1940. La traduction française ne sera publiée qu'en 1949. Cette œuvre renvoie pour une part à l'influence de Kafka (influence que Buzzati a toujours réfutée) par l'esprit de dérision et l'expression de l'impuissance humaine face au labyrinthe d'un monde incompréhensible mais aussi au courant existentialiste des années 1940-1950 et de Jean-Paul Sartre avec La Nausée (1938) ou d'Albert Camus avec L'Étranger (1942), pour ne citer que des œuvres majeures contemporaines du Désert des Tartares. Mais Buzzati a surtout été influencé par Pascal, dans sa manière, par exemple, d'appréhender la mort. Par ailleurs ce roman, qui a œuvré à la notoriété de l'auteur et a connu un succès mondial, n'est pas dénué de rapport dans sa description d'un « présent perpétuel et interminable » avec deux autres grands classiques : Les Choses, de Georges Perec (1965) et La Montagne magique de Thomas Mann (1924). Julien Gracq reprend quant à lui en 1951 la question du « présent perpétuel » dans Le Rivage des Syrtes (Prix Goncourt) pour décrire la longue attente avant l'entrée du héros dans l'Histoire et le moment où celle-ci bascule. Le Désert des Tartares est, avant tout, un procès au temps. Tout le roman est axé sur la fuite du temps. On peut tout rattacher à ce thème. Par exemple, le découpage du livre en trente chapitres courts et de même taille donne l'illusion d'une régularité dans l'avancée du roman. | Dino BUZZATI - le desert des tartares (E) Tout s'enfuit, les hommes, les saisons, les nuages; et il est inutile de s'agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d'un quelconque rocher, les doigts fatigués se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entra& ... |
![]() | Emmanuel CARRERE - le royaumeUn livre qui suscite beaucoup de commentaires, c'est en quelque sorte une enquête historique sur la naissance du christianisme. L'action se passe entre les années 30 à 80 après JC. Les héros sont essentiellement Paul et saint Luc. Luc qui était Macédonien, qui n'a pas connu le Christ et qui était, selon les termes employés par l'auteur lui-même, le seul goy de la bande des quatre évangélistes. On voit donc Paul frappé par une vision du Christ sur le chemin de Damas; ensuite on le voit aller à Jérusalem en compagnie de Luc, Luc qui "brode" ensuite beaucoup à partir des récits qu'il a reccueillis. Un contexte philosophique intéressant aussi puisque Emmanuel Carrère nous montre qu'à cette époque, deux visions de la vie s'opposaient: la vision "d'Ulysse" (que Luc Ferry a si bien décrite) selon laquelle notre vie sur Terre est le bien le plus précieux et la vision chrétienne selon laquelle ce qui compte c'est le monde qui se situe au-delà de la mort. | Emmanuel CARRERE - le royaume (E) Un livre qui suscite beaucoup de commentaires, c'est en quelque sorte une enquête historique sur la naissance du christianisme. L'action se passe entre les années 30 à 80 après JC. Les héros sont essen ... |
![]() | Lewis CAROLL - Alice au Pays des Merveilles"Le ver à soie et Alice se regardèrent quelques instant durant en silence : finalement le bombyx retira de sa bouche le houka et, d'une voix traînante et léthargique, s'adressant à Alice : "Vous, qui êtes-vous ?" lui demanda-t-il. Ce n'était pas là un début de conversation bien encourageant. Alice répondit, non sans quelque embrassas : "Je... je ne sais trop, monsieur, pour le moment présent... du moins, je sais qui j'étais quand je me suis levée ce matin, mais j'ai dû, je crois, me transformer plusieurs fois depuis lors." Les conseils du ver à soie (Chapitre V) Alice s'ennuie auprès de sa sœur qui lit un livre (« sans images, ni dialogues ») tandis qu'elle ne fait rien. « À quoi bon un livre sans images, ni dialogues ? », se demande Alice. Mais voilà qu'un lapin blanc aux yeux roses vêtu d'une redingote rouge passe près d'elle en courant. Cela ne l'étonne pas le moins du monde. Pourtant, lorsqu'elle le voit sortir une montre de sa poche et s'écrier : « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! », elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l'absurde et au bizarre… Les Aventures d'Alice au pays des merveilles (Alice's Adventures in Wonderland), fréquemment abrégé en Alice au pays des merveilles, est une œuvre de littérature qui n'était pas faite pour les enfants lors de sa première écriture mais qui fut reprise une seconde fois pour les enfants en conservant les personnages merveilleux qui la rendaient si attrayante pour ce jeune public. Écrite par Charles Lutwidge Dodgson, sous le pseudonyme de Lewis Carroll. Le livre foisonne d'allusions satiriques aux amis de l'écrivain et aux leçons que les écoliers britanniques devaient mémoriser à l'époque. Le pays des merveilles, tel qu'il est décrit dans le conte, joue sans cesse avec la logique. Le livre a connu une suite intitulée De l'autre côté du miroir. Les adaptations cinématographiques combinent souvent des éléments des deux livres. De nos jours, l'ouvrage reste populaire aussi bien auprès des enfants que des adultes. L'écrivain américain Martin Gardner a publié The Annotated Alice (non traduit en français) qui regroupe Alice au pays des merveilles et De l'autre côté du miroir accompagnés des poèmes victoriens que Carroll parodia dans le corps du texte. | Lewis CAROLL - Alice au Pays des Merveilles (E) "Le ver à soie et Alice se regardèrent quelques instant durant en silence : finalement le bombyx retira de sa bouche le houka et, d'une voix traînante et léthargique, s'adressant à Alice : "V ... |
![]() | Giacomo CASANOVA - histoire de ma vieLes Mémoires de J. Casanova de Seingalt, écrits par lui-même, sont l’ancienne édition des Mémoires de l’aventurier vénitien Giacomo Casanova. Écrits en français entre 1789 et 1798, ils sont publiés à titre posthume autour de 1825 en version censurée. En 1834, l’ouvrage est mis à l’Index des livres interdits avec toutes les œuvres de Casanova1. Une nouvelle édition, conforme au manuscrit original, l’a finalement remplacée sous son titre original Histoire de ma vie (1960-1962). Le 18 février 2010, la bibliothèque nationale de France a acquis grâce à un mécénat le manuscrit original pour 7 millions d’euros auprès d'un membre de la famille de l’éditeur allemand Friedrich Arnold Brockhaus2. « Je considère les Mémoires de Casanova comme la véritable Encyclopédie du xviiie siècle » — Blaise Cendrars, « Pro domo » (préface à la réédition de La Fin du monde filmée par l’Ange N.-D.), 1949. « [U]ne œuvre qui est au siècle de Louis XV ce que les Mémoires de Saint-Simon sont au siècle de Louis XIV. » — Francis Lacassin, « Casanova, ou le Saint-Simon des gens qui ne roulent pas en carrosse », 1993. | Giacomo CASANOVA - histoire de ma vie (E) Les Mémoires de J. Casanova de Seingalt, écrits par lui-même, sont l’ancienne édition des Mémoires de l’aventurier vénitien Giacomo Casanova. Écrits en français entre 1789 e ... |
![]() | Luis CERNUDA - Ocnos“… sobre las tapias del jardín, brotaba cubriéndolo todo con sus ramas el inmenso magnolio entre las hojas brillantes y agudas se posaban en primavera, con ese sutil misterio de lo virgen, los copos nevados de sus flores” OCNOS, “El magnolio” Quête et transfiguration de soi-même dans et par l\'écriture, affirmation d\'une vérité en rupture totale avec les valeurs de la société bourgeoise du demi-siècle, l\'oeuvre pétique de Luis Cernuda se présente comme une autobiographie, comme l\'expression d\'une suite d\'expériences vitales et spirituelles, doublée d\'une incessante méditation sur leur sens. D\'où le caractère moral de cette poésie qui occupe une place à part dans la poésie espagnole contemporaine. Ecrit parallèlement à l\'oeuvre en vers quoique commencé beaucoup plus tard, le recueil de poèmes en prose, Ocnos, malgré une orientation et une intention analogues, ne fait pas double emploi avec elle. Il en est plutôt complémentaire : Cernuda, d\'une part, y présente les événements qui sont à l\'origine de tel ou tel poème en vers, et, d\'autre part y évoque ce qui, dans La Réalité et le Désir n\'est présent que sous forme d\'une absence, d\'un vide que rien ne pourra jamais combler : le monde de l\'enfance. | Luis CERNUDA - Ocnos (E) “… sobre las tapias del jardín, brotaba cubriéndolo todo con sus ramas el inmenso magnolio entre las hojas brillantes y agudas se posaban en primavera, con ese sutil misterio de lo virgen, ... |
![]() | Miguel de CERVANTES Saavedra - Don Quichotte de la Mancha"- Quels géants ? dit Sancho. - Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras, et d'aucuns les ont quelquefois de deux lieues. - Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui semble des bras sont les ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin. - II paraît bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et, si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille.' Don Quichotte passe pour un illuminé auprès de ceux qu’il rencontre. Il croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés et les filles de paysans de belles princesses. Il prend les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il considère qu’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, est l’élue de son cœur à qui il jure amour et fidélité. Sancho Panza, son écuyer, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée. Ce personnage est à l'origine de l'archétype du Don Quichotte, rêveur idéaliste et irraisonné, justicier autoproclamé. « Don Quichotte est la première des œuvres modernes puisqu’on y voit la raison cruelle des identités et des différences se jouer à l’infini des signes et des similitudes ... Deux expériences peuvent se constituer et deux personnages apparaître face à face. Le fou, entendu non pas comme malade, mais comme déviance constituée et entretenue. et, à l’autre extrémité de l’espace culturel, mais tout proche par sa symétrie, le poète est celui qui, au-dessous des différences nommées et quotidiennement prévues, retrouve les parentés enfouies des choses, leurs similitudes dispersées. » Michel Foucault, Les Mots et les choses, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche (en espagnol El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha) a été écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615. | Miguel de CERVANTES Saavedra - Don Quichotte de la Mancha (E) "- Quels géants ? dit Sancho. - Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras, et d'aucuns les ont quelquefois de deux lieues. - Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui p ... |
![]() | Rene CHAR - lettera amorosa (illustre par Georges Braque)Ecrit par René Char, illustré par Braque, cette rencontre au sommet nous est offerte au format poche. Un régal d'invention poètique et pictural, sur un thème éternel, ici élevé au chant le plus dense. Lettera Amorosa Non è gia part’in voi che con forz’invincibile d’amore tutt’a se non mi tragga. Monteverdi. « Je n’ai plus de fièvre ce matin. Ma tête est de nouveau claire et vacante, posée comme un rocher sur un verger à ton image. Le vent qui soufflait du Nord hier fait tressaillir par endroits le flanc meurtri des arbres. Je sens que ce pays te doit une émotivité moins défiante et des yeux autres que ceux à travers lesquels il considérait toutes choses auparavant. Tu es partie mais tu demeures dans l’inflexion des circonstances, puisque lui et moi avons mal. Pour te rassurer dans ma pensée, j’ai rompu avec les visiteurs éventuels, avec les besognes et la contradiction. Je me repose comme tu assures que je dois le faire. Je vais souvent à la montagne dormir. C’est alors qu’avec l’aide d’une nature à présent favorable, je m’évade des échardes enfoncées dans ma chair, vieux accidents, âpres tournois. Pourras-tu accepter contre toi un homme si haletant? Lunes et nuit, vous êtes un loup de velours noir, village, sur la veillée de mon amour. « Scrute tes paupières », me disait ma mère, penchée sur mon avant-sommeil d’écolier. J’apercevais flottant un petit caillou, tantôt paresseux, tantôt strident, un galet pour verdir dans l’herbe. Je pleurais. Je l’eusse voulu dans mon âme, et seulement là. Chant d’Insomnie : « Amour hélant, l’Amoureuse viendra, Gloria de l’été, ô fruits! La flèche du soleil traversera ses lèvres, Le trèfle nu sur sa chair bouclera, Miniature semblable à l’iris, l’orchidée, Cadeau le plus ancien des prairies au plaisir Que la cascade instille, que la bouche délivre. » Je voudrais me glisser dans une forêt où les plantes se refermeraient et s’éteindraient derrière nous, forêt nombre de fois centenaire, mais elle reste à semer. C’est un chagrin d’avoir, dans sa courte vie, passé à côté du feu avec des mains de pêcheur d’éponges. « Deux étincelles, tes aïeules », raille l’alto du temps, sans compassion. Mon éloge tournoie sur les boucles de ton front, comme un épervier à bec droit. L’automne! Le parc compte ses arbres bien distincts. Celui-ci est roux traditionnellement; cet autre, fermant le chemin, est une bouillie d’épines. Le rouge-gorge est arrivé, le gentil luthier des campagnes. Les gouttes de son chant s’égrènent sur le carreau de la fenêtre. Dans l’herbe de la pelouse grelottent de magiques assassinats d’insectes. Écoute, mais n’entends pas. Parfois j’imagine qu’il serait bon de se noyer à la surface d’un étang où nulle barque ne s’aventurerait. Ensuite, ressusciter dans le courant d’un vrai torrent où tes couleurs bouillonneraient. II faut que craque ce qui enserre cette ville où tu te trouves retenue. Vent, vent, vent autour des troncs et sur les chaumes. J’ai levé les yeux sur la fenêtre de ta chambre. Astu tout emporté? Ce n’est qu’un flocon qui fond sur ma paupière. Laide saison où l’on croit regretter, où l’on projette, alors qu’on s’aveulit. L’air que je sens toujours prêt à manquer à la plupart des êtres, s’il te traverse, a une profusion et des loisirs étincelants. Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique. Absent partout où l’on fête un absent. Je ne puis être et ne veux vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour. Nous ne sommes pas ensemble le produit d’une capitulation, ni le motif d’une servitude plus déprimante encore. Aussi menons-nous malicieusement l’un contre l’autre une guérilla sans reproche. Tu es plaisir, avec chaque vague séparée de ses suivantes. Enfin toutes à la fois chargent. C’est la mer qui se fonde, qui s’invente. Tu es plaisir, corail de spasmes. Qui n’a pas rêvé, en flânant sur le boulevard des villes, d’un monde qui, au lieu de commencer avec la parole, débuterait avec les intentions? Nos paroles sont lentes à nous parvenir, comme si elles contenaient, séparées, une sève suffisante pour rester closes tout un hiver; ou mieux, comme si, à chaque extrémité de la silencieuse distance, se mettant en joue, il leur était interdit de s’élancer et de se joindre. Notre voix court de l’un à l’autre; mais chaque avenue, chaque treille, chaque fourré, la tire à lui, la retient, l’interroge. Tout est prétexte à la ralentir. Souvent je ne parle que pour toi, afin que la terre m’oublie. Après le vent c’était toujours plus beau, bien que la douleur de la nature continuât. Je viens de rentrer. J’ai longtemps marché. Tu es la Continuelle. Je fais du feu. Je m’assois dans le fauteuil de panacée. Dans les plis des flammes barbares, ma fatigue escalade à son tour. Métamorphose bienveillante alternant avec la funeste. Dehors le jour indolore se traîne, que les verges des saules renoncent à fustiger. Plus haut, il y a la mesure de la futaie que l’aboi des chiens et le cri des chasseurs déchirent. Notre arche à tous, la très parfaite, naufrage à l’instant de son pavois. Dans ses débris et sa poussière, l’homme à tête de nouveau-né réapparaît. Déjà miliquide, mi-fleur. La terre feule, les nuits de pariade. Un complot de branches mortes n’y pourrait tenir. S’il n’y avait sur terre que nous, mon amour, nous serions sans complices et sans alliés. Avant-coureurs candides ou survivants hébétés. L’exercice de la vie, quelques combats au dénouement sans solution mais aux motifs valides, m’ont appris à regarder la personne humaine sous l’angle du ciel dont le bleu d’orage lui est le plus favorable. Toute la bouche et la faim de quelque chose de meilleur que la lumière (de plus échancré et de plus agrippant) se déchaînent. Celui qui veille au sommet du plaisir est l’égal du soleil comme de la nuit. Celui qui veille n’a pas d’ailes, il ne poursuit pas. J’entrouvre la porte de notre chambre. Y dorment nos jeux. Placés par ta main même. Blasons durcis, ce matin, comme du miel de cerisier. Mon exil est enclos dans la grêle. Mon exil monte à sa tour de patience. Pourquoi le ciel se voûte-t-il? Il est des parcelles de lieux où l’âme rare subitement exulte. Alentour ce n’est qu’espace indifférent. Du sol glacé elle s’élève, déploie tel un chant sa fourrure, pour protéger ce qui la bouleverse, l’ôter de la vue du froid. Pourquoi le champ de la blessure est-il de tous le plus prospère? Les hommes aux vieux regards, qui ont eu un ordre du ciel transpercé, en reçoivent sans s’étonner la nouvelle. Affileur de mon mal je souffre d’entendre les fontaines de ta route se partager la pomme des orages. Une clochette tinte sur la pente des mousses où tu t’assoupissais, mon ange du détour. Le sol de graviers nains était l’envers humide du long ciel, les arbres des danseurs intrépides. Trêve, sur la barrière, de ton museau repu d’écumes, jument de mauvais songe, ta course est depuis longtemps terminée. Cet hivernage de la pensée occupée d’un seul être que l’absence s’efforce de placer à mi-longueur du factice et du surnaturel. Ce n’est pas simple de rester hissé sur la vague du courage quand on suit du regard quelque oiseau volant au déclin du jour. Je ne confonds pas la solitude avec la lyre du désert. Le nuage cette nuit qui cerne ton oreille n’est pas de neige endormante, mais d’embruns enlevés au printemps. II y a deux iris jaunes dans l’eau verte de la Sorgue. Si le courant les emportait, c’est qu’ils seraient décapités. Ma convoitise comique, mon voeu glacé: saisir ta tête comme un rapace à flanc d’abîme. Je t’avais, maintes fois, tenue sous la pluie des falaises, comme un faucon encapuchonné. Voici encore les marches du monde concret, la perspective obscure où gesticulent des silhouettes d’hommes dans les rapines et la discorde. Quelques-unes, compensantes, règlent le feu de la moisson, s’accordent avec les nuages. Merci d’être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité. Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n’a pas d’action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu permets que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu’un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres ». * * * Sur le franc-bord I. IRIS. 1° Nom d’une divinité de la mythologie grecque, qui était la messagère des dieux. Déployant son écharpe, elle produisait l’arc-en-ciel. 2° Nom propre de femme, dont les poètes se servent pour désigner une femme aimée et même quelque dame lorsqu’on veut taire le nom. 3° Petite planète. II. IRIS. Nom spécifique d’un papillon, le nymphale iris, dit le grand mars changeant. Prévient du visiteur funèbre. III. IRIS. Les yeux bleus, les yeux noirs, les yeux verts, sont ceux dont l’iris est bleu, est noir, est vert. IV. IRIS. Plante. Iris jaune des rivières. … Iris plural, iris d’Éros, iris de Lettera amorosa. "Ni bluette sentimentale, ni mol épanchement, l'adresse amoureuse condense chez les poètes les plus vifs enjeux de l'existence et c'est en elle sans doute qu'ils portent la langue à son plus haut degré d'incandescence. La question de l'autre, celle du désir et de la perte, est au coeur de la poésie, comme un pas de danse sur l'abîme; l'amour/la poésie, deux visages d'un même mystère." (Jean-Pierre Siméon). « Je ne puis être et ne veux vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour » écrivait René Char dans le poème Lettera amorosa. Lettera amorosa, (La Lettre d’amour) est le titre d’un poème de René Char paru en 1953, emprunté à un madrigal du compositeur italien Claudio Monteverdi. En voici un extrait : « Merci d’être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité. Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n’a pas d’action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu permets que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu’un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres.» La destinataire de cette Lettre d’amour désignée par le mot « iris » et dont le poète ne révèle pas le nom est peut-être Marguerite Caetani, princesse Bassiano, « bonne et terrible, amie affectueuse et tigre cruel », aux dires de Paul Valéry. « Poète à poigne », colosse au cœur tendre – il mesurait 1 mètre 94 – René Char était un homme entier, « tout en droiture, en colère et en refus » qui refusait interviews et honneurs. Souvent qualifiée d’hermétique, la poésie de René Char affirme cependant la sensualité de la réalité sensible à travers les paysages, les végétaux et le bestiaire de la Provence. Poésie du mot plus que de la phrase, du geste plus que du mot, elle est proche du silence. Fait exceptionnel, les œuvres complètes du poète parurent de son vivant, en 1983, dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade. Son ami Albert Camus déclara en 1957, lors d’une conférence donnée à Stockholm avant la remise de son Prix Nobel : « Cette œuvre est parmi les plus grandes, oui vraiment les plus grandes que la littérature ait produite. Depuis Apollinaire en tout cas, il n’y a pas eu dans la poésie française une révolution comparable à celle accomplie par René Char. » René Char, œuvres complètes, introduction de Jean Roudaut, bibliothèque de la Pléiade NRF Gallimard. René Char, Lettera amorosa, illustrations de George Braque et de Jean Arp, NRF Poésie/Gallimard, n° 430, 2007 | Rene CHAR - lettera amorosa (illustre par Georges Braque) (E) Ecrit par René Char, illustré par Braque, cette rencontre au sommet nous est offerte au format poche. Un régal d'invention poètique et pictural, sur un thème éternel, ici élevé au chan ... |
![]() | Carl von CLAUSEWITZ - de la guerre« La guerre est une poursuite de l'activité politique par d'autres moyens. » « La victoire revient à celui qui tient le dernier quart d'heure. » « Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile. » Les écrits de Clausewitz sont une base majeure de la théorie stratégique moderne. Ses idées suscitent toujours des interprétations parfois contradictoires et d'ardentes discussions. Première raison, l'œuvre de Clausewitz n'était pas destinée, à l'origine, à être publiée. Son traité majeur De la guerre (Vom Kriege) est avant tout une compilation d'écrits épars. Toutefois, cette imperfection n'empêche pas son œuvre d'être une des plus réalistes et des plus complètes en matière de stratégie. Deuxième raison, les notions qu'il aborde dépassent largement le simple domaine militaire et influencent un grand nombre de sciences humaines en particulier la science politique ou l'économie. Troisième raison, ses théories sont essentiellement descriptives. Il ne cherche pas à imposer des solutions qu'il aurait découvertes dans toutes ses campagnes, mais il donne au lecteur des instruments conceptuels et dialectiques extrêmement puissants pour saisir toute la complexité de la stratégie et pour gérer l'incertitude. C'est ce qui a permis à son œuvre de traverser deux siècles et d'être toujours pertinente. Les controverses qui entourent son œuvre résident principalement dans l'interprétation des notions qu'il développe et dans l'importance que chacun des lecteurs a apporté à tel ou tel concept pour soutenir ses propres théories. C'est ce qui explique que tant de personnes aussi diverses que le duc de Wellington, Moltke, Liddell Hart, J.F.C. Fuller, Lénine, Hitler, Mao Tsé Toung, Patton, Dwight Eisenhower, Henry Kissinger, Raymond Aron, Colin Powell, René Girard1 etc. l'aient considéré comme une référence intellectuelle essentielle. On a retrouvé un exemplaire annoté de De la Guerre dans une cache d'Al-Qaida à Tora Bora. Karl Philip Gottfried (ou Gottlieb) von Clausewitz (1er juin 1780 à Magdebourg - 16 novembre 1831 à Breslau) est un officier et théoricien militaire prussien. Il est l'auteur d'un traité majeur de stratégie militaire : De la guerre. Guy Debord s'est inspiré de ses écrits pour concevoir son Jeu de la Guerre en 1965 | Carl von CLAUSEWITZ - de la guerre (E) « La guerre est une poursuite de l'activité politique par d'autres moyens. » « La victoire revient à celui qui tient le dernier quart d'heure. » « Dans la guerre, tout est simp ... |
![]() | Jean COCTEAU - Thomas l'imposteur"En face, à quelque distance, on distinguait le bloc d'une patrouille ennemie. Cette patrouille voyait Guillaume et ne bougeait pas. Elle se croyait invisible... - Fontenoy ! cria-t-il à tue-tête, transformant son imposture en cri de guerre. - Et il ajouta, pour faire une farce en se sauvant à toutes jambes : Guillaume II. Guillaume volait, bondissait,... En 1914, un jeune garçon usurpe l'identité d'un général de guerre en enfilant son uniforme. Cette imposture lui ouvre les portes de la gloire. Mais l'adolescent rêveur et fantaisiste est rattrapé par la réalité. Son imposture le conduira jusqu'au front. L'Imposteur (1923) évoque deux autres romans majeurs de la même époque : Le Diable au corps de Radiguet pour l'insouciance juvénile avec laquelle est traité le thème de la guerre et René Leys de Segalen dont le héros est également un mythomane. Profitant du désordre causé par la guerre, Guillaume Thomas entame une carrière d'imposteur. Mais c'est en héros qu'il meurt. | Jean COCTEAU - Thomas l'imposteur (E) "En face, à quelque distance, on distinguait le bloc d'une patrouille ennemie. Cette patrouille voyait Guillaume et ne bougeait pas. Elle se croyait invisible... - Fontenoy ! cria-t-il à tue-tête, transformant son i ... |
![]() | Sidonie-Gabrielle dite COLETTE - le Blé en herbeArticulée en dix-sept chapitres (seize dans certains livres), l'histoire nous conte l'initiation sentimentale et sexuelle (par des routes différentes mais convergentes) de deux adolescents parisiens — Philippe (Phil pour les intimes), 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis depuis leur plus tendre enfance — en vacances au bord de la mer en Bretagne (près de Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine), dans une maison louée par les deux familles (Phil, ne voyant que Vinca, les surnomme « les ombres »). Pendant qu'elle, sorte de verte Lolita, prend conscience dans le cercle des amitiés familiales du pouvoir de séduction des femmes, il noue une véritable relation d'amour charnel avec une dame pleine de charme, Mme Dalleray, tout habillée de blanc et nettement plus âgée que lui. Quand, à la fin de l'été, la dame mystérieuse disparaît en ne laissant au jeune que le trouble d'une aventure amoureuse terminée de façon confuse, Philippe aussi bien que Vinca, dans les deux derniers jours de leur séjour estival, comprennent que leur relation dépassera cette amitié pure et simple et prennent également conscience qu'une saison de leur vie s'est close et qu'une autre est prête à commencer. Le thème abordé ici est, à l'époque, un sujet hautement tabou puisqu'il s'agit de l'initiation sexuelle de deux adolescents. Philippe découvrira son attachement envers Vinca après avoir vécu une aventure avec Camille Dalleray. Aventure qui reste sans doute pour l'époque l'un des points les plus choquants du livre étant donné que l'on ne connaît rien de Camille Dalleray excepté qu'elle s'habille en blanc et qu'elle réside à Ker-Anna. Vinca de son côté ayant découvert son pouvoir de séduction, se refuse à n'être qu'une aventure parmi d'autres pour Philippe. | Sidonie-Gabrielle dite COLETTE - le Blé en herbe (E) Articulée en dix-sept chapitres (seize dans certains livres), l'histoire nous conte l'initiation sentimentale et sexuelle (par des routes différentes mais convergentes) de deux adolescents parisiens — Philippe (Phil pour ... |
![]() | COLETTE - Les Vrilles de la vigneLes Vrilles de la vigne rassemble de courtes nouvelles d'origine biographique dans lesquelles l'auteur exprime son goût pour la nature et la nostalgie du village de son enfance. | COLETTE - Les Vrilles de la vigne (E) Les Vrilles de la vigne rassemble de courtes nouvelles d'origine biographique dans lesquelles l'auteur exprime son goût pour la nature et la nostalgie du village de son enfance. ... |
![]() | Colleen Mac CULLOUGH - les oiseaux se cachent pour mourirLes oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds) est un roman de l'écrivaine australienne Colleen McCullough, paru en 1977. L'histoire raconte l'évolution de la famille Cleary dans le outback australien, entre 1915 et 1969. Best-seller international, cette saga a été adaptée avec succès à la télévision en 1983. Si le titre original anglais évoque la légende des thorn birds citée dans le livre (ces oiseaux qui s'empalent sur une épine pour que s'élève leur chant d'agonie), le titre de la traduction en français est tiré d'un poème de François Coppée intitulé La Mort des oiseaux extrait de la section Promenades et Intérieurs du recueil Les Humbles, publié en 1872. | Colleen Mac CULLOUGH - les oiseaux se cachent pour mourir (E) Les oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds) est un roman de l'écrivaine australienne Colleen McCullough, paru en 1977. L'histoire raconte l'évolution de la famille Cleary dans le outback australien, entre 1915 et ... |
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![]() | Michel Colluchi dit COLUCHE - Et vous trouvez ca drole ?date: (1980) cat: litterature genre: comique ville: pays: (france) position IPTC: elev: location IPTC: legende: Je suis capable du meilleur et du pire, mais dans le pire, c'est moi le meilleur. Je ne suis pas allé partout, mais je suis revenu de tout. Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire... Si tous ceux qui n'ont rien n'en demandaient pas plus, il serait bien facile de contenter tout le monde. Y a des gens qui ont des enfants parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'offrir un chien. Dieu a dit : "Il faut partager". Les riches auront la nourriture, les pauvres de l'appétit. Il paraît que Dieu a dit: " Il y aura des hommes grands et il y aura des hommes petits. Il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches. Il y aura des hommes blancs et il y aura des hommes noirs. Et tous seront égaux ... mais ce sera pas facile. Et il y en a qui seront noirs, petits et moches et pour eux ça sera trés dur !" Les administrations, c'est des endroits où quand on arrive en retard, on croise ceux qui s'en vont en avance La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son. C'est pourquoi, bien des gens ont l'air brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent la bouche. La dictature, c'est "ferme ta gueule". La démocratie, c'est "Cause toujours" Mon psychiatre, pour quinze mille francs, il m'a débarrassé de ce que j'avais : quinze mille francs. Un crédit à long terme, ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes. On dit souvent : "Remets toujours à demain ce que tu peux faire le jour même", mais si la chasse d'eau est en panne, alors là je suis sceptique. Vous savez pourquoi les français aiment les histoires belges ? C'est parce que c'est pas dur à comprendre, hein ! Savez vous pourquoi les français ont choisi le coq comme emblème ? Ben c'est parce que c'est le seul oiseau qu'arrive à chanter les pieds dans la merde, hein ! | Michel Colluchi dit COLUCHE - Et vous trouvez ca drole ? (E) date: (1980) cat: litterature genre: comique ville: pays: (france) position IPTC: elev: location IPTC: legende: Je suis capable du meilleur et du pire, mais dans le pire, c'est moi le meilleur. |
![]() | CONFUCIUS - EntretiensSi tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler. Si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi-même. L'homme de bien ne demande rien qu'à lui-même ; l'homme de peu demande tout aux autres. Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s'afflige de ne pas connaître les hommes. La voie du juste milieu n'est pas suivie. Les hommes intelligents vont au-delà, les ignorants restent en deçà. Les sages veulent trop faire, et l'homme de peu pas assez. C'est ainsi que tout homme boit et mange, et peu savent juger des saveurs. Quand vous plantez une graine une fois, vous obtenez une seule et unique récolte. Quand vous instruisez les gens, vous en obtenez cent. Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Les Confessions est une œuvre autobiographique d'Augustin d'Hippone, écrite entre 397 et 398, où il raconte sa quête de Dieu. Il a donc un double but : avouer ses péchés et ses fautes directement à Dieu (confession au sens chrétien) mais aussi proclamer la gloire de Dieu. L'œuvre est composée de treize livres. « Les treize livres de mes Confessions louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et le cœur de l'Homme. » C'est un ouvrage fondamental, tant par la profondeur des analyses qui y sont faites que par la qualité du style de l'écriture. | CONFUCIUS - Entretiens (E) Si tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler. Si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi-même. L'homme de bien ne demande rien qu'à lui-même ; l'homme de ... |
![]() | Benjamin CONSTANT - AdolpheAdolphe est un jeune homme âgé de vingt-deux ans au début du récit. Il vient d’achever ses études à l’université de Göttingen. C’est un garçon très intelligent et qui se prépare à embrasser une brillante carrière. Il se montre cependant très désabusé et il n’hésite pas à manifester en public une humeur très caustique. Il a en effet reçu une éducation très spéciale, loin de son père et sous l’influence d’une vieille dame très spirituelle et toute pleine d’ironie mordante. Le roman, qui se présente comme une confession, s'énonce d'une manière très détachée, comme si le jeune homme « tout en ne s'intéressant qu'à soi, ne s'intéressait que faiblement à lui-même » pour reprendre la célèbre formule constantienne. | Benjamin CONSTANT - Adolphe (E) Adolphe est un jeune homme âgé de vingt-deux ans au début du récit. Il vient d’achever ses études à l’université de Göttingen. C’est un garçon très intelli ... |
![]() | Euclides da CUNHA - Terres de CanudosDans le village de Canudos, un groupe de paysans pauvres emmené par Antonio Conselheiro se révolte. Pendant plus d'un an, les Canudos résistent, la rébellion sera violemment réprimée... Le livre est conçu sur le mode la terre, l'homme, et la lutte. Il décrit d’abord, à force de précisions géologiques et géographiques, la terre des sertões afin de mieux relever l’impact de cette terre sur l’homme ; puis il relate la vie de l'homme du sertão et enfin la lutte messianique de ces hommes contre la République et la violente répression. Le messianisme des canudos fait ici écho au fanatisme des républicains. | Euclides da CUNHA - Terres de Canudos (E) Dans le village de Canudos, un groupe de paysans pauvres emmené par Antonio Conselheiro se révolte. Pendant plus d'un an, les Canudos résistent, la rébellion sera violemment réprimée... Le livre est ... |
![]() | DANTE - la divine comedieLa Comédie ou La Divine Comédie est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1307 et 1321, la Commedia est l'œuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale de tous les temps. | DANTE - la divine comedie (E) La Comédie ou La Divine Comédie est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1307 et 13 ... |
![]() | Alphone DAUDET - Tartarin de TarasconTartarin, petit bourgeois fanfaron et pittoresque, cède à son goût immodéré de l'aventure et part chasser le fauve en Afrique. Mais, sur place, après maintes tribulations, il ne réussit à tuer qu'un vieux lion, aveugle et apprivoisé. De retour à Tarascon, où le récit de son 'épopée' l'a précédé, il reçoit un accueil triomphal. | Alphone DAUDET - Tartarin de Tarascon (E) Tartarin, petit bourgeois fanfaron et pittoresque, cède à son goût immodéré de l'aventure et part chasser le fauve en Afrique. Mais, sur place, après maintes tribulations, il ne réussit &agrav ... |
![]() | David FOENKINOS - CharlottePrix Renaudot 2014 Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: "C'est toute ma vie." Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche. | David FOENKINOS - Charlotte (E) Prix Renaudot 2014 Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie fami ... |
![]() | Gregoire DELACOURT - la liste de mes enviesJocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être. babelio.com | Gregoire DELACOURT - la liste de mes envies (E) Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et é ... |
![]() | Gilles DELEUZE - Capitalisme et schizophrénie - l anti OedipeL'amour des enfants pour leur mère répète d'autres amours d'adultes, à l'égard d'autres femmes. L'Anti-Œdipe, publié en 1972, se donne pour tâche de revenir sur l'erreur que constitue selon les auteurs le désir conçu comme manque (« l'inconscient n'est pas un théâtre, mais une usine, une machine à produire »), et postule que ce n'est pas la folie qui doit être réduite à l'ordre en général, mais au contraire le monde moderne en général ou l'ensemble du champ social qui doivent être interprétés aussi en fonction de la singularité du fou (« l'inconscient ne délire pas sur papa-maman, il délire sur les races, les tribus, les continents, l'histoire et la géographie, toujours un champ social »). Selon les auteurs, seul le désir – ou la dimension de l'événement que montre le désir – garantit la libre configuration des singularités et des forces en mesure de mettre l'histoire en mouvement. Deleuze critique la réduction de l'inconscient au champ familial auquel il donne le nom de familialisme. La psychanalyse a mis à jour un concept intéressant, l'inconscient mais l'a rabattu sur le petit cercle familial et le triangle enfant-papa-maman. Aussi les pensées et le comportement de l'enfant sont-ils interprétés comme marquant son lien avec ses parents. Lorsque l'enfant joue au train, le psychanalyste explique que le train c'est papa et la gare c'est maman. Or l'inconscient ou l'imaginaire de l'enfant porte sur le monde et les groupes sociaux, les identités qui le constitue. Ce n'est donc pas le champ social de l'enfant, la façon dont il voit le monde qui doit être interprété en fonction de son attachement affectif à ses parents mais le rapport affectif à ses parents qui est la traduction de son délire propre sur le champ social. L'Anti-Œdipe est le premier des deux volumes ayant pour sous-titre Capitalisme et schizophrénie (le second sera Mille Plateaux) dans la collaboration entre le philosophe Gilles Deleuze et le philosophe et psychanalyste Félix Guattari. | Gilles DELEUZE - Capitalisme et schizophrénie - l anti Oedipe (E) L'amour des enfants pour leur mère répète d'autres amours d'adultes, à l'égard d'autres femmes. L'Anti-Œdipe, publié en 1972, se donne pour tâche de revenir sur l'erreur que co ... |
![]() | Jacques DERRIDA - l'ecriture et la difference« Une trace ineffaçable n'est pas une trace. » Il y a déjà une écriture dans la parole. Il s'agit donc moins, pour Derrida, de reconduire l'opposition entre écriture et parole que de montrer que la seconde inclut (tout en la refoulant) la première, insistant sur le fait que la différance n'est ni un mot ni un concept, Derrida fait remarquer que le verbe différer dit aussi bien ne pas être identique que remettre à plus tard. Mais le nom de différence, lui, n'évoque pas la temporisation, le délai, le détour du remettre à plus tard. Différance au contraire « devrait compenser cette déperdition de sens » (p.8), le a « provenant immédiatement du participe présent (différant) et nous rapprochant de l'action en cours du différer, avant même qu'elle ait produit un effet constitué en différent ou en différence. » (pp.8-9) Derrida souligne qu'en français, la terminaison en ance « reste indécise entre l'actif et le passif » (p. 9) Ainsi, ajoute-t-il, « ce qui se laisse désigner par "différance" n'est ni simplement actif ni simplement passif » (p. 9) La problématique du signe et de l'écriture se précise : c'est parce que la « structure classiquement déterminée du signe [...] présuppose que le signe, différant la présence, n'est pensable qu'à partir de la présence qu'il diffère et en vue de la présence différée qu'on vise à se réapproprier » (p.9), que Derrida interroge ce « caractère de secondarité provisoire du substitut [le signe] » (p.10) et lui oppose une différance « originaire » [guillemets nécessaires, faute de quoi le mot dénote encore une présence], laquelle remet en question l'autorité de la présence ou de son simple contraire symétrique, l'absence ou le manque » | Jacques DERRIDA - l'ecriture et la difference (E) « Une trace ineffaçable n'est pas une trace. » Il y a déjà une écriture dans la parole. Il s'agit donc moins, pour Derrida, de reconduire l'opposition entre écriture et parole que de ... |
![]() | René DESCARTES - Le Discours de la methode« je pense donc je suis » (cogito, ergo sum) Le Discours de la méthode (sous-titré Pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences) est le premier texte philosophique publié par René Descartes, en 1637. Dans les premières éditions, ce discours servait d'introduction à trois traités scientifiques mettant en application cette méthode : la Dioptrique, les Météores et la Géométrie. Toutefois, sa célébrité est devenue telle, qu'il est désormais souvent publié seul, comme un essai indépendant. Ce discours marque une rupture avec la tradition scolastique, jugée trop « spéculative » par Descartes, et se présente plutôt comme un plaidoyer pour une nouvelle fondation des sciences, sur des bases plus solides, et en faveur du progrès des techniques. Il a été rédigé directement en français, langue vulgaire, Descartes voulant par là s'opposer à la tradition scolastique (qui avait pour habitude d'écrire en latin) et s'adresser à un public plus large que les savants et les théologiens1. Dans ce discours, Descartes développe une philosophie du doute, visant à reconstruire le savoir sur des fondements certains, en s'inspirant de la certitude exemplaire des mathématiques – la célèbre phrase « je pense donc je suis » (cogito, ergo sum), qui permet à Descartes de sortir du doute, lui servira à ce titre de premier principe. Le Discours de la méthode est aussi l'occasion pour Descartes de présenter une morale provisoire, tenant en quelques maximes de conduite, et de développer des considérations sur les animaux (théorie des « animaux-machines ») et sur le rôle du cœur dans la circulation du sang. Enfin, le traité présente des déclarations sur le rapport de l'homme à la nature, représentatives de la modernité, puisque Descartes y dit que les hommes doivent se « rendre comme maîtres et possesseurs de la nature », par le progrès des techniques, au premier plan desquelles il recommande d'améliorer la médecine. Le Discours de la méthode a été écrit par Descartes quelques années après le procès de Galilée (juin 1633), qui avait été condamné par l'Église à cause de son ouvrage Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Comme Descartes avait écrit en 1632-1633 un Traité du monde et de la lumière dans lequel il défendait la thèse de l'héliocentrisme, il préféra renoncer à la publication de son ouvrage2. Il en publia néanmoins des extraits (La Dioptrique, les Météores, La Géométrie), accompagnés d'une préface, le Discours de la méthode, qui est restée célèbre. | René DESCARTES - Le Discours de la methode (E) « je pense donc je suis » (cogito, ergo sum) Le Discours de la méthode (sous-titré Pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences) est le premier texte philosophique p ... |
![]() | Denis DIDEROT - L'EncyclopedieL’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, a été éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert. Il s’agit d’un ouvrage majeur du xviiie siècle. D’abord parce qu’elle est la première encyclopédie française. Ensuite, par la synthèse des connaissances du temps qu’elle contient, elle représente un travail rédactionnel et éditorial considérable pour l’époque. Enfin, au-delà des savoirs qu’elle compile, le travail qu’elle représente et les finalités dont la chargent ses auteurs deviennent un symbole de l’œuvre des Lumières, une arme politique et, à ce titre, l’objet de nombreux rapports de force entre les éditeurs, les rédacteurs, le pouvoir séculier et ecclésiastique. Le recensement et le dénombrement des contributions de la « société de gens de lettres » à l’origine de l’Encyclopédie fait l’objet d’un article distinct : Encyclopédistes. Il est aujourd'hui possible de consulter l'Encyclopédie de Diderot et d’Alembert sur Internet, notamment sur le site d'Analyse et traitement informatique de la langue française (ATILF). | Denis DIDEROT - L'Encyclopedie (E) L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, a été éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert. Il s’agit ... |
![]() | doris LESSING - le carnet d'orLe Carnet d'or (titre original en anglais : The Golden Notebook) est un roman britannique de Doris Lessing paru en 1962 et publié en français en 1976 aux éditions Albin Michel. Ce roman a reçu la même année le prix Médicis étranger. Doris May Lessing est un écrivain britannique née le 22 octobre 1919 à Kermanshah (Iran) et décédée le 17 novembre 2013 (à 94 ans) à Londres1. Lauréate du prix Nobel de littérature en 2007, ce dernier a couronné « la conteuse épique de l'expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée. »2. Célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), auteur d'une vingtaine de romans dont le best-seller international Le Carnet d'or (1962), elle est très vite apparue comme une femme de lettres engagée et militante, notamment pour les causes marxiste, anticolonialiste et anti-apartheid. Elle a aussi été associée au combat des féministes sans qu'elle l'ait revendiqué ou désiré. L'œuvre de Doris Lessing est polymorphe3. Profondément autobiographique, elle s'inspire notamment de son expérience africaine, de ses années de jeunesse et de ses engagements sociaux ou politiques. Son style romanesque, épique, réaliste et lyrique lui a permis d'aborder différents thèmes tels que les conflits de cultures, les injustices raciales et ethniques, la contradiction entre la conscience individuelle et le bien commun, la violence entre les êtres et les classes, le déracinement ou encore l'enfance3. Très appréciée pour sa diversité et son éclectisme, l'auteur a signé des romans documentaires, des témoignages, des fictions visionnaires, des ouvrages de science-fiction (Shikasta en 1981) et des romans psychologiques (L'Été avant la nuit)3. Elle a même un temps évolué vers l'ésotérisme et la parapsychologie avec La Descente aux enfers (1971). | doris LESSING - le carnet d'or (E) Le Carnet d'or (titre original en anglais : The Golden Notebook) est un roman britannique de Doris Lessing paru en 1962 et publié en français en 1976 aux éditions Albin Michel. Ce roman a reçu la même ann&e ... |
![]() | Jean-Paul DUBOIS - tout les hommes n'habitent pas le monde de la même façonPrix goncourt 2019 | Jean-Paul DUBOIS - tout les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (E) Prix goncourt 2019 ... |
![]() | Marguerite DURAS - l’amant | Marguerite DURAS - l’amant (E) ... |
![]() | Jean ECHENOZ - Je m'en vais"Dès que l’art et l’argent sont en contact, nécessairement ça cogne sec. ". Prix Goncourt 1999 Félix Ferrer quitte sa femme et part pour la banquise du pôle Nord à la recherche d'un trésor. Grand nom de la littérature française contemporaine, Jean Echenoz s'impose avec un sens de l'observation unique et un style singulier. L'ancien étudiant en sociologie et en génie civil déclare être l'auteur de romans 'géographiques'. Il tâche en effet dans son oeuvre de tracer les conditions, les décors et les milieux qui fondent une existence, celle de personnages fictifs ou réels à l'instar de Ravel dans un roman éponyme ou d'Emile Zatopek dans 'Courir'. Amené à l'écriture suite à la découverte d''Ubu Roi' d'Alfred Jarry, Echenoz imprime sa propre empreinte avec un sens de la dérision hérité du dramaturge. Lauréat du prix Goncourt en 1999 pour 'Je m'en vais', l'auteur joue à détourner les codes du langage et les genres littéraires. Ainsi, il s'approprie le roman policier avec 'Cherokee' ou le roman d'espionnage avec 'Le Lac'. Ecrivain de la quête et de l'enquête, Jean Echenoz succède avec brio et innovation à la génération du Nouveau Roman, qui a fait la renommée de sa maison d'édition, Minuit. (evene.fr) | Jean ECHENOZ - Je m'en vais (E) "Dès que l’art et l’argent sont en contact, nécessairement ça cogne sec. ". Prix Goncourt 1999 Félix Ferrer quitte sa femme et part pour la banquise du pôle Nord &a ... |
![]() | Mircea ELIADE - Histoire des croyances et des idées religieusesLes trois tomes de Histoire des croyances et des idées religieuses - De l'âge de la pierre aux mystères d'Eleusis (1975), De Gautama Bouddha au triomphe du christianisme (1978) et De Mahomet à l'âge des Réformes (1983) - représentent une oeuvre irremplaçable. L'érudition et la puissance intellectuelle synthétique de Mircea Eliade apportent une vision des religions qui fait apparaître à la fois "l'unité fondamentale des phénomènes religieux et l'inépuisable nouveauté de leurs expressions" selon sa formule. | Mircea ELIADE - Histoire des croyances et des idées religieuses (E) Les trois tomes de Histoire des croyances et des idées religieuses - De l'âge de la pierre aux mystères d'Eleusis (1975), De Gautama Bouddha au triomphe du christianisme (1978) et De Mahomet à l'âge des R&ea ... |
![]() | Paul ELUARD - La Vie immédiateQue deviens-tu pourquoi ces cheveux blancs et roses? Pourquoi ce front ces yeux déchirés déchirants? Le grand malentendu des noces de radium La solitude me poursuit de sa rancune. Il n'y a pas la première pierre de cette maison dont tu rêvais. Pourtant la première poussière ne s'est jamais posée sur les palais que nous soutenions. Ils avaient des fenêtres doubles, pour nous deux, des lumières constantes et des nuits immenses, ô sentimentale! La Vie Immediate, Paul Eluard, 1932 Paul Eluard a accordé une attention spéciale à la construction de ses recueils poétiques et a élaboré une pratique originale dans ce domaine. Il n'a cessé de monter et de démonter des recueils, de conférer aux textes des positions et des sens différents. Un recueil poétique n'est pas un objet arbitraire ; il répond à une volonté de construction, de définition de la part de l'auteur. On peut donc dire que le recueil poétique est une œuvre à part entière. Or, c'est un type d'œuvre bien particulier, au sein duquel prend pleinement place l'hétérogénéité, la dispersion. L'exemple de la Vie immédiate est caractéristique à cet égard, parce qu'il répond simultanément à une recherche de cohésion, à la fois globale et ponctuelle (de texte à texte), et à un principe de pulvérisation, de dispersion. D'autre part, il s'agit de montrer que les textes ne prennent sens qu'en contexte. Or, la Vie immédiate est constituée en grande partie de textes qui ont déjà été publiés précédemment, et les textes de cette œuvre seront abondamment republiés par la suite. Il est donc intéressant d'étudier cette œuvre dans une perspective diachronique, en analysant les différents états du texte et le destin de l'œuvre comme ensemble. Olivia Guérin | Paul ELUARD - La Vie immédiate (E) Que deviens-tu pourquoi ces cheveux blancs et roses? Pourquoi ce front ces yeux déchirés déchirants? Le grand malentendu des noces de radium La solitude me poursuit de sa rancune. Il n'y a pas la pre ... |
![]() | Paul ELUARD - capitale de la douleurPaul Eluard publie en 1926 "Capitale de la douleur", un recueil poétique en vers et en prose traitant les thèmes de l’amour, du rêve ou encore de la peinture. Il y assemble de poèmes antérieurs mais aussi des nouveautés. Le recueil est écrit pour Gala, épouse du poète qui l’abandonna pour Salvador Dalí. Au cours des années suivantes, Eluard rencontrera d’autres femmes, dont Nusch qu’il épousera et dont il fera sa nouvelle égérie mais qui mourra soudainement. Voir aussi : Histoire du Surréalisme - Histoire du Dadaïsme - Paul Eluard - Dali - Histoire de la Poésie - Histoire de France - Année 1926 | Paul ELUARD - capitale de la douleur (E) Paul Eluard publie en 1926 "Capitale de la douleur", un recueil poétique en vers et en prose traitant les thèmes de l’amour, du rêve ou encore de la peinture. Il y assemble de poèmes antérie ... |
![]() | Emmanuelle PIREYRE - Feerie generalePrix Medicis 2012 Une petite fille déteste la finance et préfère peindre des chevaux ; des artistes investissent les casernes ; un universitaire ne parvient pas à achever sa thèse sur l’héroïsme contemporain ; une jeune musulmane choisit pour devise: Une cascade de glace ne peut constituer un mur infranchissable… Ainsi sont les protagonistes de Féerie générale : récalcitrants à l’égard de ce qui menace leur liberté, ce livre mêle humour et érudition pour aborder – entre autres – le rôle de l’argent, la démilitarisation de l’Europe, la question du voile, le bonheur écologique. Il » fait littérature » avec une langue actuelle, écrite et orale, et celle des forums internet. Emmanuelle Pireyre poursuit ici sa réflexion sur l’époque, dans un pastiche éblouissant des discours – savants, publicitaires, sociologiques – dont elle détourne les clichés. Cet écrivain-corsaire aborde les lieux communs avec une jubilation communicative et propose une radiographie de la conscience européenne en ce début de 21e siècle. | Emmanuelle PIREYRE - Feerie generale (E) Prix Medicis 2012 Une petite fille déteste la finance et préfère peindre des chevaux ; des artistes investissent les casernes ; un universitaire ne parvient pas à achever sa thèse sur l’hé ... |
![]() | Matthias ENARD - boussoleUne nuit d'insomnie à Vienne, le musicologue Franz Ritter revisite sa vie à travers les souvenirs de sa carrière d'universitaire, de ses séjours en Orient et des moments passés auprès de celle qu'il aime, Sarah. Cette remémoration est ponctuée de digressions regroupées thématiquement en portraits qui constituent une œuvre dans l'œuvre, le traité "Des différentes formes de folie en Orient" en cinq chapitres : "Les orientalistes amoureux", "La caravane des travestis", "Gangrène et tuberculose", "Portraits d'orientalistes en commandeurs des croyants" et "L'Encyclopédie des décapités". Boussole est le huitième roman de l'écrivain Mathias Énard paru en août 2015 aux éditions Actes Sud. Traitant de l'Orient, il a remporté le prix Goncourt le 3 novembre 2015. | Matthias ENARD - boussole (E) Une nuit d'insomnie à Vienne, le musicologue Franz Ritter revisite sa vie à travers les souvenirs de sa carrière d'universitaire, de ses séjours en Orient et des moments passés auprès de celle qu'il ... |
![]() | ESCHYLE - Les Perses (472 avant J-C)Devant le palais du roi de Perse, le Conseil et la vieille Reine sont gagnés par l'inquiétude: qu'est-il advenu de Xerxès et de son armée, partis soumettre la Grèce en franchissant audacieusement l'Hellespont ? Mais voici un messager, qui s'en vient annoncer l'issue des combats... Avec Les Perses, Eschyle compose une tragédie unique, et paradoxale : en prise sur l'histoire immédiate, presque sans action, elle se déploie en un somptueux tissu de récits et de plaintes, et la joie du vainqueur y balance subtilement la compassion pour le vaincu. Cette pièce représentée en 472 fait à l'origine partie d'une tétralogie Elle relate la bataille de Salamine du point de vue des Perses défaits de Xerxès : la pièce joue donc sur un paradoxe, en relatant une catastrophe ressentie comme triomphe par le public athénien. Il s'agit de la seule tragédie grecque à sujet historique qui ait subsisté. Eschyle (en grec ancien Aiskhúlos), né à Éleusis (Attique) vers 526 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C., est le plus ancien des trois grands tragiques grecs. Précédé d'autres tragédiens, il participe à la naissance du genre grâce à certaines innovations, comme le nombre d'acteurs qu'il porte à deux selon Aristote. Treize fois vainqueur du concours tragique, il est l'auteur d'une centaine de pièces dont sept seulement nous ont été transmises. Le théâtre d'Eschyle est essentiellement remarqué pour sa force dramatique, la tension, l'angoisse qui habite ses pièces, dont la cohérence se comprend surtout par la progression qui les reliait au sein de trilogies « liées », dont ne subsiste aujourd'hui que l’Orestie. S'il ne développe pas la psychologie des personnages, ses choix lui permettent de mettre en valeur ses conceptions puissantes sur l'équilibre de la cité, le dégoût de l’hybris qui met en danger cet ordre, et le poids de la décision des dieux dans la conduite des affaires humaines, notamment à travers le sort militaire, ou la malédiction familiale (dans le cas de Thèbes et des Atrides notamment). Sept pièces d'Eschyle seulement nous sont parvenues. Certaines de ses pièces disparues ne sont connues que par leur titre (Iphigénie, Philoctète, Pénélope, Les Mysiens, Les Femmes thraces, Les Salaminiennes), ou parfois par des fragments comme dans le cas de Niobé ou des Myrmidons14. L'existence de certaines autres pièces ne peut être que supposée, par exemple pour le Prométhée délivré et le Prométhée porte-feu qui auraient pu compléter le Prométhée enchaîné dans le cadre d'une trilogie. | ESCHYLE - Les Perses (472 avant J-C) (E) Devant le palais du roi de Perse, le Conseil et la vieille Reine sont gagnés par l'inquiétude: qu'est-il advenu de Xerxès et de son armée, partis soumettre la Grèce en franchissant audacieusement l'Hellesp ... |
![]() | Jerome FERRARI - sermon sur la chute de romeprix Goncourt 2012 Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes. Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient. | Jerome FERRARI - sermon sur la chute de rome (E) prix Goncourt 2012 Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise gén ... |
![]() | F.Scott FITZGERALD - Gatsby le MagnifiqueNous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes, c'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Personnage mystérieux installé à Long Island dans une somptueuse propriété, mille légendes courent sur son compte. Elles n'empêchent pas les gens chic, et moins chic, de venir en troupes boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte de l'éblouissement et des folles dépenses comme un appât pour ramener à lui Daisy, mariée à Tom Buchaman, un millionnaire qui, à la différence de Gatsby, n'a pas gagné sa fortune, mais en a hérité. Gatsby le Magnifique (titre original : The Great Gatsby), qui existe également en français sous le titre Gatsby, est un roman de Francis Scott Fitzgerald publié en 1925 a souvent été décrit comme le reflet de l'époque du jazz dans la littérature américaine. | F.Scott FITZGERALD - Gatsby le Magnifique (E) Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes, c'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement r ... |
![]() | Gustave FLAUBERT - Madame BovaryEmma s'ennuie et sombre dans la dépression et Charles, à contre-cœur décide de s'absenter, alors que Madame Bovary est enceinte. Elle fait la connaissance du pharmacien Homais, archétype du notable de province bouffi d'orgueil et de Léon, un clerc de notaire dont elle éprouve le charme, mais qui part pour Rouen. Si elle se rétablit, Emma n'en reste pas moins écœurée par son mari, qui semble ne pas comprendre ses préoccupations. L’œuvre de Flaubert oscille sans cesse de la grisaille à la couleur, de la terne réalité aux fastes de l’imagination. Nous avons alors sous les yeux une œuvre originale qui échappe aux règles trop étroites d’une école, d’un mouvement ou tout simplement d’une doctrine. Son roman y gagne en profondeur, en personnalité, en universalité pourrions-nous dire. L’auteur des Trois Contes se situe exactement à la charnière de son siècle, héritant du mal du siècle romantique, cette difficulté à vivre dans un monde borné, il annonce le spleen baudelairien et l’incapacité à s’accommoder d’une existence qui brime l’idéal. Épurant le romantisme de ses excès, il fonde une certaine impartialité dans le récit, ouvrant la voie au roman moderne fait de critique et d’échec. Accordant une grande importance à l'esthétique, Flaubert, pour qui «le style est tout», en recherchant une musicalité, un rythme, des phrases ciselées, sacralise l’Art et laisse présager les magiciens du verbe qui auront pour nom les symbolistes. | Gustave FLAUBERT - Madame Bovary (E) Emma s'ennuie et sombre dans la dépression et Charles, à contre-cœur décide de s'absenter, alors que Madame Bovary est enceinte. Elle fait la connaissance du pharmacien Homais, archétype du notable de provi ... |
![]() | Ken FOLLETT - Les piliers de la terreLe livre nous plonge dans une époque où la vie est régie par le pouvoir de l'église et du roi. Des personnages vrais viennent compléter une histoire pleine de rebondissements sans toutefois sombrer dans l'exagération. | Ken FOLLETT - Les piliers de la terre (E) Le livre nous plonge dans une époque où la vie est régie par le pouvoir de l'église et du roi. Des personnages vrais viennent compléter une histoire pleine de rebondissements sans toutefois sombrer dans l' ... |
![]() | Brigitte FONTAINE - boulevard des smsBrigitte Fontaine est déroutante. Elle publie Boulevard des SMS, avec le dessinateur Alfred, recueil de maximes empreint d’une poésie résolument moderne. Sur ce Boulevard le trafic est dense, on y croise des papillons, Dieu, la langue française (« aphrodisiaque »), des femmes, des hommes, des bêtes, des cornemusiers, des mille-feuilles et même des tiroirs USB, comme un drôle d’autoportrait diffracté (même si l’image ne lui plait guère)… Brigitte Fontaine nous reçoit chez elle pour nous parler de ce drôle d’univers mais aussi de son admiration pour Bob Dylan, Prince ou Serge Gainsbourg. L’entretien est à son image, hors des clous et zazou, jusqu’à sa conclusion : elle nous fait écouter Kathleen Ferrier chantant Brahms, une de ses chanteuses préférées, avec Billie Holiday et Nina Simone. Décidément, Brigitte Fontaine préfère parler des autres pour se dire, l’une de ses nombreuses élégances. Entre Alfred et Brigitte Fontaine, c’est l’histoire d’un rendez-vous à rebours. Il y a des années de cela, le dessinateur a « rencontré » la chanteuse, quand il a entendu pour la première fois la voix suave et rauque de l’interprète de Il pleut. Pour l’enfant qu’il était, c’est un choc, un trouble, une première expérience textuelle. Comme Alfred le souligne en postface de Boulevard des SMS, il y eut d’abord le texte, puis, vint la voix. Qui lui sera « de plus en plus familière, nécessaire ». La Symphonie pastorale, Duel, La Femme à barbe, Prohibition, Sur une mer gelée… « La voix de Brigitte, les mots de Brigitte, son phrasé… » C’est par elle qu’il en est venu à lire et à aimer la poésie. Dans Boulevard des SMS, il y a donc les mots de Brigitte et les dessins d’Alfred. L’auteur de Come Prima et Pourquoi j’ai tué Pierre (avec Olivier Ka) primés à Angoulême a illustré les maximes de l’artiste protéiforme, chanteuse, écrivain (sans « e » final, Brigitte Fontaine refuse la féminisation du mot), comédienne, dramaturge. Les sketchs (au sens graphique du terme) répondent aux aphorismes, aux formules, renvoient et prolongent, interprètent, sans jamais expliciter, sans dénaturer. Tout n’est que poésie dès lors dans ce mariage improbable entre les illustrations d’Alfred et les aphorismes magiques de Brigitte. Comme des ponctuations, des points de suspension peut-être, comme un souffle retenu entre les pages, entre les mots, entre les lignes. Brigitte Fontaine a pensé ce Boulevard des SMS comme un recueil de pensées éparses, fugaces mais destinées à rester, depuis le vieux cahier auquel elle tient beaucoup sur lequel elle les note, jusqu’au livre imprimé. Quand on lui demande pourquoi ce titre, l’artiste répond qu’elle préfère le terme de « texto », mais SMS c’est très bien aussi. Chacun de ces aphorismes, chacune de ses maximes — elle use des deux termes pour les désigner mais aucun ne peut les réduire —, joue de contrastes, d’effets de surprise, de soudains décrochages, voire de contradictions. Rien ne pourra jamais enfermer Brigitte Fontaine qui aime à se dire « oxymore vivant« . Boulevard des SMSLa pensée virevoltante de Brigitte Fontaine, dans le livre comme lors de notre drôle de rencontre avec elle, décolle et s’emporte, s’envole, va de là à là en passant par ici. On pressent une forme de misanthropie, on se trompe. On croit déceler la nostalgie. On est libre de le croire. On n’est pas dans le «c’était mieux avant», on n’est nulle part. Brigitte Fontaine est déconcertante, une voix discordante dans un concert lisse. Une surprise dans un monde policé. Une étrangeté, une intelligibilité, un trouble : la poésie, un charme fou et hors du temps, ne dit-elle pas dans Boulevard des SMS avoir « 20 000 ans mais seulement 4 d’utiles » ? Entre regard acéré sur le monde et pas de côté, Boulevard des SMS est une œuvre qui (dé)construit sa propre poétique : Brigitte Fontaine livre ses émotions et s’amuse des nôtres. « Désabusée, Brigitte Fontaine ? – Oui, peut-être. Pourquoi pas. » Rien n’est moins sûr. Quand elle dit qu’elle est un monstre, de quoi parle-t-on ? D’animaux, de viande, de fourrure. Tout doit se lire dans la permanence du paradoxe. Ses pensées sont paradoxales, elles ont deux facettes (sans doute davantage). Ses maximes sont des contrepoints, elles énoncent et rebroussent chemin. Pourtant chacun sait qu’il est dangereux de faire demi-tour sur un boulevard. Brigitte Fontaine s’en fout. | Brigitte FONTAINE - boulevard des sms (E) Brigitte Fontaine est déroutante. Elle publie Boulevard des SMS, avec le dessinateur Alfred, recueil de maximes empreint d’une poésie résolument moderne. Sur ce Boulevard le trafic est dense, on y croise des papil ... |
![]() | Michel FOUCAULT - Les Mots et les ChosesC’est à partir du concept d’épistémè, et de son rapport à l’archéologie, qu’on a fait de Foucault le penseur de la discontinuité historique, penseur de la rupture. Certes Foucault récuse bien toute histoire continue, progressive, mais son travail n’est pas de s’opposer à l’histoire des sciences ou des idées (même si ces dernières doivent être relativisées et critiquées), il s’agit plutôt chez Foucault d’essayer de faire un pas de côté, de risquer sa pensée en introduisant de la signification à l’intérieur même de l’écart que l’on peut apercevoir avec notre propre pensée. <br> <br>Les Mots et les Choses (Une archéologie des sciences humaines) est un essai de Michel Foucault, publié aux éditions Gallimard en 1966. Avec L'Archéologie du savoir, c'est dans cet ouvrage que Foucault développe la notion d’épistémè. Foucault semble avoir tout d'abord privilégié le titre de L'Ordre des choses, avant de le changer pour satisfaire son éditeur, Pierre Nora. | Michel FOUCAULT - Les Mots et les Choses (E) C’est à partir du concept d’épistémè, et de son rapport à l’archéologie, qu’on a fait de Foucault le penseur de la discontinuité historique, penseur de la rupture. Cer ... |
![]() | Michel FOUCAULT - Les mots et les chosesUne archéologie des sciences humaines | Michel FOUCAULT - Les mots et les choses (E) Une archéologie des sciences humaines ... |
![]() | Roger FRISON-ROCHE - la Montagne aux ecritures"Comme elle était miraculeusement apparue à Beaufort et à ses compagnons, une haute chaine de montagnes se précisait dans les lointains. L'heure bleue de l'aurore marquait nettement ses contours et la détachait du ciel." Partis au secours de l'expédition du lieutenant Beaufort et de l'ethnologue Lignac vers l'égnigmatique Montagne aux Ecritures, le capitaine Verdier et ses hommes s'enfoncent dans l'inhospitalier désert du Sahara. Mais les premières découvertes ne présagent rien de bon : d'abord le cadavre mutilé d'une chamelle de l'expédition Beaufort, puis le boubou et le carnet de route de Lignac. Roman à rebondissements multiples où le rêve et la poèsie sont rois. La Montagne aux Ecritures, sur la route des Garamantes, se révèle être un paradis perdu. | Roger FRISON-ROCHE - la Montagne aux ecritures (E) "Comme elle était miraculeusement apparue à Beaufort et à ses compagnons, une haute chaine de montagnes se précisait dans les lointains. L'heure bleue de l'aurore marquait nettement ses contours et la d&eacu ... |
![]() | Carlos FUENTES - Terra nostraLa Seine bouillonne, les flagellants investissent Saint-Germain-des-Prés. Des tours de Saint-Sulpice s'élèvent les fumées de l'holocauste, tandis que sur les Quais les femmes de tous âges accouchent d'enfants mâles, tous marqués du sceau de l'Usurpateur : croix de chair sur l'omplate et six orteils à chaque pied. Nous sommes à la veille de l'an 2000... De l'Amérique latine, il ne reste que terres ravagées par la publicité ou le génocide et quelques réfugiés témoins de ce que fut la culture d'un continent. Millénariste, érudit, hallucinatoire, ce maître livre de Carlos Fuentes scrute pourtant le passé, hanté par les fantômes de Charles Quint, Philippe II et Charles II, dit « l'Ensorcelé », facettes d'un personnage unique : le Monarque Eternel de toutes les Espagnes. Don Quichotte et Don Juan trouvent ici une jeunesse commune, tandis que Jeanne la Folle continue à traîner le corps momifié de son bien-aimé époux d'un couvent de Castille à l'autre. (presentation Gallimard) Terra Nostra est un roman à la croisée de l'histoire, de la mythologie, de la philosophie et du fantastique. Il explore les racines de la "découverte" du Nouveau Monde par un empire Espagnol sur le déclin. Un thème central du roman est le rapport de l'ancien monde au nouveau monde et la façon dont l'Espagne éternelle a abordé la nouvelle Espagne. Terra Nostra est un roman de Carlos Fuentes publié en 1975. Il a valu à Carlos Fuentes de recevoir le prix Rómulo Gallegos en 1977. | Carlos FUENTES - Terra nostra (E) La Seine bouillonne, les flagellants investissent Saint-Germain-des-Prés. Des tours de Saint-Sulpice s'élèvent les fumées de l'holocauste, tandis que sur les Quais les femmes de tous âges accouchent d'enfan ... |
![]() | Roxane Marie GALLIEZ - j'ai laissé mon ame au vent- (22-09-2013) [IPTC] (legende â–º) Roxane Marie Galliez est docteur en histoire des Civilisations Anciennes et diplômée d’ethnologie. Elle a vécu quatre ans dans le Pacifique Sud, où elle était journaliste pour RFO. Membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse, elle vit aujourd’hui dans les monts du Pilat et se consacre à l’écriture. Les derniers livres de Roxane Marie Galliez J'AI LAISSÉ MON ÂME AU VENT Auteur : Roxane Marie Galliez Illustrateur : Eric Puybaret La Martinière jeunesse - Septembre 2013 Album à partir de 6 ans | Roxane Marie GALLIEZ - j'ai laissé mon ame au vent (E) - (22-09-2013) [IPTC] (legende â–º) Roxane Marie Galliez est docteur en histoire des Civilisations Anciennes et diplômée d’ethnologie. Elle a vécu quatre ans dans le Pacifique Sud, ... |
![]() | Laurent GAUDE - Le soleil des ScortaPrix Goncourt 2004 L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobre. A Montepuccio, leur petit village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu'ils appellent 'l' argent de New York', leur richesse est aussi immatérielle qu'une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer. Roman solaire, profondément humaniste, le livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l'existence de cette famille des Fouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d'apporter, au gré de son propre destin, la fierté d'être un Scorta, et la révélation du bonheur. Révélé au grand public grâce au prix Goncourt qu'il reçoit en 2004 pour 'Le Soleil des Scorta', Laurent Gaudé est principalement connu pour son oeuvre romanesque. Pourtant c'est au théâtre que cet ancien étudiant en lettres modernes, auteur d'une thèse sur l'art théâtral, commence sa carrière d'écrivain. 'Combats de possédés', 'Onysos le furieux', 'Les Sacrifiées' sont autant de pièces montées à Paris, Berlin et Londres... Son second roman, 'La Mort du roi Tsongor', grand succès critique et prix Goncourt des lycéens 2002, marque le début de sa notoriété. Récits initiatiques et décors symboliques, Laurent Gaudé revisite un univers mythologique, couronné, à chaque fois, d'un même succès public et critique. (evene.fr) | Laurent GAUDE - Le soleil des Scorta (E) Prix Goncourt 2004 L'origine de leur lignée condamne les Scorta à l'opprobre. A Montepuccio, leur petit village d'Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmet ... |
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![]() | Gilles LAPOUGES - l'ane et l'abeilleGilles Lapouge aime à ce point les ânes et les abeilles qu'il les a choisis pour être les protagonistes de cet essai zoologique qui est aussi une promenade scientifique et littéraire enchantée. Lapouge, qu'il parle de neige, de pirates ou de géographies, plus son propos est érudit, plus il y met d'art, de fantaisie et de séduction. C'est sa manière. Tout sépare l'âne et l'abeille, animaux en apparence très lointains, sauf leur nature presque unique dans la création, de déviants sexuels. Ils ont en commun de faire l'amour en dehors de leur espèce ou de leur règne respectif. L'un s'accouple avec la jument, l'autre fait l'amour aux fleurs, aux arbres, aux plantes et aux vents qui transportent son pollen. Leur histoire est fabuleuse. Il faut bien plus que Fabre, Linné ou Buffon pour la raconter. Encyclopédiste, rapporteur de légendes, entomologiste, botaniste, Lapouge retrouve ses personnages chez Virgile, Chateaubriand et Rimbaud, pour nous offrir, dans ces géorgiques follement documentées, sans discours ni théories mais avec la poésie et la malice qui lui sont propres, un pan d'histoire de la nature, des êtres vivants, des sociétés et de nous-mêmes. | Gilles LAPOUGES - l'ane et l'abeille (E) Gilles Lapouge aime à ce point les ânes et les abeilles qu'il les a choisis pour être les protagonistes de cet essai zoologique qui est aussi une promenade scientifique et littéraire enchantée. Lapouge, qu'i ... |
![]() | Johann Wolfgang GOETHE - les affinités electivesLes Affinités électives (1809), récit de la maturité de Goethe, est l'un dés chefs-d'oeuvre de la littérature allemande. Roman social offrant une peinture critique de l'aristocratie terrienne à l'aube du XIXe siècle, Les Affinités électives est en même temps un roman d'amour, décrivant avec un détachement scientifique les mystérieux phénomènes d'attirance et de répulsion qui se jouent entre les êtres comme dans la nature, mais aussi, et surtout, une oeuvre tragique et mélancolique, une histoire de passion et de mort, qui s'achemine vers un désastre programmé. Le détachement ironique du narrateur, les ambiguïtés du récit, la subtilité de la construction font de ce livre un des premiers grands romans modernes. | Johann Wolfgang GOETHE - les affinités electives (E) Les Affinités électives (1809), récit de la maturité de Goethe, est l'un dés chefs-d'oeuvre de la littérature allemande. Roman social offrant une peinture critique de l'aristocratie terrienne & ... |
![]() | Nicolas GOGOL - Les Ames mortes1820, province russe. Pavel Ivanovitch Tchitchikov arrive dans un chef lieu de province, accompagné de Sélifane, son cocher, et de Petrouchka son domestique. Il fait la connaissance des notables locaux qui sont immédiatement charmés par son amabilité, son sens des convenances et l'aura de mystère qui l'entoure, et l'introduisent dans la bonne société locale. L'engouement, voire l'adoration, des habitants pour Tchitchikov ne cesse de croître, jusqu'à ce qu'une étrange rumeur commence à se propager : l'homme passerait son temps libre à arpenter la campagne environnante, tentant de convaincre les hobereaux de lui céder leurs âmes mortes, c'est-à-dire les paysans décédés mais qui figurent encore sur les registres d'état civil et ont donc une existence légale sur le papier, à défaut de dans les faits. Les habitants réalisent alors que, derrière le masque de ses bonnes manières, Tchitchikov reste un étranger dont ils ignorent tout et aux motivations troubles. L'histoire de ce roman est une véritable épopée : inspiré d'une idée lancée par Pouchkine, il a valu à Gogol les foudres de la censure, qui n'a que moyennement apprécié le portrait au vitriol de la société russe du début du 19ème siècle. La version qui parait en 1842 est donc une version expurgée et bien atténuée, mais qui connaît un très grand succès et consacre Gogol comme l'un des plus grand auteur de son temps. Mais Gogol n'est pas entièrement satisfait de son oeuvre et entreprend d'en écrire une suite. Ce qui ne se fait pas sans difficulté : pendant près de 10 ans, Gogol essaie en vain d'accoucher de l'oeuvre dont il rêve. Parallèlement, il sombre dans la dépression et connaît une véritable crise mystique, qui donne à la seconde partie de son roman une tonalité bien différente de la première, bien moins cynique et désabusée. Au final, il meurt sans avoir terminé cette oeuvre, laissant derrière lui une première partie achevée (celle qui a été publiée en 1842 et correspond à la première partie de mon édition) et des fragments de la seconde | Nicolas GOGOL - Les Ames mortes (E) 1820, province russe. Pavel Ivanovitch Tchitchikov arrive dans un chef lieu de province, accompagné de Sélifane, son cocher, et de Petrouchka son domestique. Il fait la connaissance des notables locaux qui sont imm&e ... |
![]() | Carlo GOLDONI - la LocandieraDans une auberge de Florence, vers le milieu du xviiie siècle, un marquis et un comte rivalisent de grâces auprès de la maîtresse des lieux dont ils voudraient l’un et l’autre obtenir les faveurs. Mais l’hôtelière, Mirandolina, prête davantage d’attention à un autre de ses clients, un chevalier misogyne et rugueux, plein de morgue à son endroit : pour venger l’affront qu’il fait à son sexe, elle se met en tête de le séduire – afin de le berner. Jouée pour la première fois le 26 décembre 1752, La Locandiera doit beaucoup à la figure centrale de Mirandolina dont la faconde, le charme et le talent de simulation ne font pas oublier la face d’ombre que le chevalier finit par découvrir, tardivement et à ses dépens. Son caractère, ainsi, se cons-truit sous nos yeux, et justifie la remarque de Stendhal qui disait de Goldoni, que ses personnages «tournent» et «vivent». | Carlo GOLDONI - la Locandiera (E) Dans une auberge de Florence, vers le milieu du xviiie siècle, un marquis et un comte rivalisent de grâces auprès de la maîtresse des lieux dont ils voudraient l’un et l’autre obtenir les faveurs. Mais ... |
![]() | Maxime GORKI - Enfance"Je restai très longtemps immobile près du lit, la tasse à la main, regardant le visage qui se figeait et devenait gris. Lorsque grand-père entra, je lui dis : "Elle est morte,[...] L’apprentissage de la misère, du fouet et de l’amitié au travers le récit autobiographique de l’enfance de Gorki, enfant abandonné par sa mère et élevé par ses grands-parents, au sein de la Russie des petites gens, ce «cercle étroit, étouffant où vivait et vit encore aujourd’hui le peuple russe.» | Maxime GORKI - Enfance (E) "Je restai très longtemps immobile près du lit, la tasse à la main, regardant le visage qui se figeait et devenait gris. Lorsque grand-père entra, je lui dis : "Elle est morte,[...] ... |
![]() | Patrick GRAINVILLE - Les Flamboyants« Laissons nos morts à la nature, qu'ils servent à quelque chose au moins". Prix Goncourt 1976 Le héros de ce roman est un roi-sorcier sanguinaire, une sorte de Caligula régnant sur un territoire d'Afrique noire. Exubérance de la nature, étrangeté des rites animistes... l'auteur, un amoureux de la langue et des mots, nous dépeint une Afrique imaginaire, véritablement 'flamboyante' ! (evene.fr) | Patrick GRAINVILLE - Les Flamboyants (E) « Laissons nos morts à la nature, qu'ils servent à quelque chose au moins". Prix Goncourt 1976 Le héros de ce roman est un roi-sorcier sanguinaire, une sorte de Caligula régnant sur ... |
![]() | Julien GREEN - MoiraBlessé dans sa chair par tout ce que son âme a rêvé, ce jeune puritain voue à la sexualité une haine farouche, une rage destructrice Frais émoulu de ses études secondaires, Joseph Day, jeune homme de dix-neuf ans, débarque en Virginie pour parfaire ses connaissances en lettres classiques à l'université. Venu du Sud, cher à l'auteur, avec la seule ambition de pouvoir lire dans le texte le Nouveau Testament, le bel adolescent au teint roux suscite autour de lui des remous de convoitise et de violence. La générosité de ses comparses l'irrite et l'écœure, mais un étudiant, le mystérieux Bruce Praileau, trouve grâce à ses yeux. A la suite d'une blessure d'amour propre, il se bat avec lui : étrange combat, qui pourrait servir d'emblème à tout le roman, dans lequel on ne sait ce qui l'emporte de la violence ou du désir. | Julien GREEN - Moira (E) Blessé dans sa chair par tout ce que son âme a rêvé, ce jeune puritain voue à la sexualité une haine farouche, une rage destructrice Frais émoulu de ses études secondaires, Jos ... |
![]() | Olivier GUEZ - la disparition de Josef MengelePrix Renaudot 2017 Le livre raconte la fuite du médecin tortionnaire nazi Josef Mengele entre l'Allemagne et l'Amérique latine, jusqu'à sa mort en 1979 sans avoir été jugé. La Disparition de Josef Mengele est un roman d'Olivier Guez paru en 2017 chez Grasset. Le Prix Renaudot lui est attribué en novembre 2017. L'auteur se documente et travaille durant trois années sur Josef Mengele (1911 -1979), officier allemand de la Schutzstaffel (SS), criminel de guerre qui exerça comme médecin dans le camp d'extermination d'Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale. Il déclare à ce propos au journal Le Monde en 2017 : « Je vivais avec lui, avec ce personnage abject, d’une médiocrité abyssale. Je montais sur le ring. Je l’affrontais. Les six premiers mois, il m’arrivait de crier son nom la nuit. » Pour le magazine Télérama, c'est une « formidable enquête romancée ». Le Nouvel Observateur « regrette, parfois, que l'écrivain n'ait pas jugé bon, face à certaines zones d'ombres, d'indiquer les angles morts de l'histoire qu'il raconte ». | Olivier GUEZ - la disparition de Josef Mengele (E) Prix Renaudot 2017 Le livre raconte la fuite du médecin tortionnaire nazi Josef Mengele entre l'Allemagne et l'Amérique latine, jusqu'à sa mort en 1979 sans avoir été jugé. La Dispariti ... |
![]() | Emile HABIBI - les aventures extraordinaires de Said le peptimiste | Emile HABIBI - les aventures extraordinaires de Said le peptimiste (E) ... |
![]() | Vaclav HAVEL - audience vernissage petitionSa première pièce, la Fête en plein air (Zahradní slavnost) (1963), présentait d'une remarquable manière la forte régénération des tendances qui prévalaient dans la culture et la société tchèque dans les années 1960 et qui a culminé lors du Printemps de Prague de 1968. Pour lui, son action dans la vie publique et culturelle est un moyen de promouvoir son idéal démocratique. Václav Havel est d'abord inspiré par le théâtre de l'absurde, puis sa parole dissidente prend le dessus. Après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques en 1968, qui marque la fin du processus de libéralisation du Printemps de Prague, Václav Havel n'a pas abandonné ses convictions, dont il trouvait inspiration dans les écrits de Jan PatoÄÂka et Martin Heideggernote 1,4, comme de nombreux dissidents tchèques de son époque. Il a été président du Cercle des écrivains indépendants, puis membre actif au sein du club des Sans-parti engagés. Son engagement lui coûte une censure de ses pièces (En 1974, il travaille dans une brasserie). Par la suite, Václav Havel commence à être connu par la communauté internationale comme un représentant de l'opposition intellectuelle tchécoslovaque. En tant que citoyen, il proteste contre l'oppression intense qui marque la Normalisation en Tchécoslovaquie. | Vaclav HAVEL - audience vernissage petition (E) Sa première pièce, la Fête en plein air (Zahradní slavnost) (1963), présentait d'une remarquable manière la forte régénération des tendances qui prévalaient dans la cultur ... |
![]() | Ernst HEMINGWAY - le vieil homme et la merUn vieux pêcheur cubain appelé Santiago, en lutte avec un énorme espadon au large du Gulf Stream. Le Vieil Homme et la Mer est un court roman, ce qui explique qu'il est parfois considéré comme une nouvelle, écrit par l'écrivain américain Ernest Hemingway à Cuba en 1951 et publié en 1952. Il s'agit de la dernière œuvre de fiction majeure produite par Hemingway et publiée de son vivant. Elle demeure son œuvre la plus célèbre. Bien que le roman ait été l'objet de critiques disparates, sa sélection pour le prix Nobel de littérature en 1954 réaffirme dans la littérature mondiale l'importance et la portée de l'œuvre dans l'ensemble des créations d'Hemingway et dans la fiction du XXe siècle. Cet ouvrage lui valut le double honneur du prix Pulitzer en 1953 et du prix Nobel de littérature en 1954. | Ernst HEMINGWAY - le vieil homme et la mer (E) Un vieux pêcheur cubain appelé Santiago, en lutte avec un énorme espadon au large du Gulf Stream. Le Vieil Homme et la Mer est un court roman, ce qui explique qu'il est parfois considéré comme une ... |
![]() | William Ernest HENLEY - InvictusOut of the night that covers me, Black as the pit from pole to pole, I thank whatever gods may be For my unconquerable soul. In the fell clutch of circumstance I have not winced nor cried aloud. Under the bludgeonings of chance My head is bloody, but unbowed. Beyond this place of wrath and tears Looms but the Horror of the shade, And yet the menace of the years Finds and shall find me unafraid. It matters not how strait the gate, How charged with punishments the scroll, I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Traduction d'après la VF du film Invictus Dans les ténèbres qui m’enserrent, Noires comme un puits où l’on se noie, Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient, Pour mon âme invincible et fière, Dans de cruelles circonstances, Je n’ai ni gémi ni pleuré, Meurtri par cette existence, Je suis debout bien que blessé, En ce lieu de colère et de pleurs, Se profile l’ombre de la mort, Et je ne sais ce que me réserve le sort, Mais je suis et je resterai sans peur, Aussi étroit soit le chemin, Nombreux les châtiments infâmes, Je suis le maître de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme. William Ernest Henley (né le 23 août 1849 à Gloucester et mort le 11 juillet 1903 à Woking) est un poète, critique littéraire et éditeur britannique. Atteint d'une tuberculose osseuse à l'âge de 12 ans, il dut subir une amputation de son pied gauche à mi-jambe. En 1875, il écrit de son lit d'hôpital le fameux poème Invictus dont le titre latin signifie « invincible ». Il disait lui-même qu'il avait écrit ce poème comme une démonstration de sa résistance à la douleur qui suivit son amputation du pied. Ce poème fut l'objet de nombreuses citations. Il a été très critiqué par l'Église pour ce poème, notamment pour les deux derniers vers, les plus fréquemment cités : « Je suis le maître de mon destin Le capitaine de mon âme. » | William Ernest HENLEY - Invictus (E) Out of the night that covers me, Black as the pit from pole to pole, I thank whatever gods may be For my unconquerable soul. In the fell clutch of circumstance I have not winced nor cried aloud. Under the ... |
![]() | HERODOTE - HistoiresL'unique œuvre que nous connaissons d'Hérodote s'intitule Histoires ou Enquête, du grec á¼¹στορία / Historía — littéralement « recherche, exploration », de á¼µστωρ, « celui qui sait, qui connaît ». C'est l'une des plus longues œuvres de l'Antiquité. Le premier paragraphe annonce : « Hérodote d'Halicarnasse présente ici les résultats de son Enquête afin que le temps n'abolisse pas le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l'oubli ; il donne aussi la raison du conflit qui mit ces deux peuples aux prises. » Ce début montre la volonté d'Hérodote de se placer dans la tradition d'Hécatée de Milet : il s'agit de traiter de tous les hommes comme l’indique l’emploi du terme anthrốpôn et que vient souligner la complémentarité : « tant les Grecs que les Barbares ». Il s'agit également de faire œuvre de mémorialiste : « afin que le temps n'abolisse pas les travaux des hommes ». Enfin, Hérodote prétend rivaliser avec le poète épique Homère, en se proposant de commémorer les exploits des hommes (allusion à l'Iliade). Néanmoins, contrairement à l'aède, Hérodote n'entend pas décrire de lointains évènements, comme la guerre de Troie, mais des faits très récents, notamment les guerres médiques. Du point de vue de la langue, Hérodote a écrit son œuvre dans le dialecte ionien, un ionien parfois artificiel (et artificiellement reconstitué par les éditeurs), auquel se mêlent des archaïsmes épiques imités d'Homère. Hérodote a également participé à l'élaboration de la liste des Sept merveilles du monde, grâce à ses nombreux voyages. Il dit notamment de l'enceinte de Babylone (dans son Histoire) : « Elle est si magnifique que nous ne connaissons pas une qu'on puisse lui comparer », et il parle ainsi de Babylone : « Cette ville, située dans une grande plaine, est de forme carrée ; chacun de ses côtés a cent vingt stades de long, ce qui fait pour l'enceinte de la place quatre cent quatre-vingts stades. » | HERODOTE - Histoires (E) L'unique œuvre que nous connaissons d'Hérodote s'intitule Histoires ou Enquête, du grec á¼¹στορία / Historía — littéralement « recherche ... |
![]() | Jacques HIGELIN - Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans"Si les astres se confondaient, se heurtaient, ce serait le chaos dans l'univers, le déséquilibre. Chaque être humain est comme une planète, il exerce à la fois une attraction et une répulsion. Notre amour, c'est le rapport de ces astres: nous nous attirons et nous nous repoussons continuellement sans cesser d'être l'un contre l'autre, liés par cette lutte [...]." En 1985, Jacques Higelin reçoit un paquet... C'est "Pipouche",un amour de jeunesse qui, 25 ans après, lui renvoie ses lettres ! Il est alors devenu Jacques Higelin, chanteur et comédien reconnu, au faîte de sa gloire. Flash back : "Higelin - Jacques - Matricule 28.475" , ce jeune homme a vingt ans en cette fin d'année 1960 et se retrouve comme beaucoup d'autres dans une caserne d'Epinal dans l'est de la France. Et comme tous les garçons de 20 ans, Jacques est amoureux. De sa copine d'alors, nous ne saurons rien que le diminutif affectueux dont il l'affuble : Pipouche...Il lui écrit des lettres fougueuses et passionnées durant presque deux ans, d'Epinal d'abord, puis d'Allemagne, et finalement d'Algérie où il terminera son service. A la lecture de ces lettres, on est frappé par la grande maturité de ce garçon qu'on imaginerait volontiers plutôt "foufou"... et également par sa connaissance de la poésie et de la littérature en plus (naturellement) de la musique. Saint-Exupéry (et particulièrement son "Petit Prince") semble son favori, il le cite sans arrêt ou au moins y fait allusion dans énormément de lettres. Son œuvre expérimentale, marquée par Boris Vian, le jazz rive gauche d'abord, évolue ensuite vers une vision où alternent ballades graves et délires surréalistes vigoureux. Son talent d'improvisateur et son énergie poétique lui donnent une relation particulière avec les spectateurs. Il fait partie des artistes de gauche qui, comme Barbara, Renaud ou Maxime le Forestier, s'investissent dans les pétitions diverses ou les concerts humanitaires. | Jacques HIGELIN - Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans (E) "Si les astres se confondaient, se heurtaient, ce serait le chaos dans l'univers, le déséquilibre. Chaque être humain est comme une planète, il exerce à la fois une attraction et une répuls ... |
![]() | Patricia HIGHSMITH - L'Inconnu du Nord-ExpressDeux hommes qui ne se connaissent pas prennent le même train. Guy est un architecte prometteur qui va retrouver son épouse pour divorcer et épouser sa maîtresse. Bruno est un jeune alcoolique oisif. Ces deux personnes vont simplement se rencontrer, échanger quelques mots d'abord, quelques verres ensuite, et finir par de vraies confidences. Un lien étrange, autour de leur désir partagé de voir disparaître de leur vie la personne qui les gène – une épouse, un père. L'idée astucieuse est la suivante: chaque protagoniste tuera pour l'autre, impunément, puisque les deux hommes ne se connaissent officiellement pas. Guy refuse; mais quelques semaines plus tard son épouse est assassinée.. Il s'agit du premier roman de Patricia Highsmith Patricia Highsmith (Fort Worth, Texas, États-Unis 1921 - Locarno, Suisse 1995) fut une romancière américaine connue pour ses thrillers psychologiques, à partir desquels ont été tirés une douzaine de films. L'Inconnu du Nord-Express, son premier roman, a été adapté trois fois au cinéma, notamment par Alfred Hitchcock en 1951. En plus de sa série de romans mettant en scène le héros Tom Ripley, elle a écrit un certain nombre de nouvelles, toutes teintées d'humour noir. | Patricia HIGHSMITH - L'Inconnu du Nord-Express (E) Deux hommes qui ne se connaissent pas prennent le même train. Guy est un architecte prometteur qui va retrouver son épouse pour divorcer et épouser sa maîtresse. Bruno est un jeune alcoolique oisif. Ces deux person ... |
![]() | Adolf HITLER - Mein Kampf | Adolf HITLER - Mein Kampf (E) ... |
![]() | Michel HOUELLEBECQ - la carte et le territoirePrix Goncourt 2010 «C’est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu’on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voir sous les espèces de l’éternité.» Extrait de La carte et le territoire La carte et le territoire est un roman aux enjeux moins fondamentaux que ceux de ses œuvres précédentes. Dans Les particules élémentaires ou La possibilité d’une île, Houellebecq ouvrait des horizons sur l’avenir de l’humanité. Il redescend ici d’une strate pour s’atteler au domaine de l’art, aux relations père-fils et au « retour à la nature », avec le déclin du système de production occidental en toile de fond. C’est un écrivain sur la voie de l’apaisement que l’on rencontre dans ce livre. Un Houellebecq à la misanthropie apprivoisée, faiblement solidaire à l’égard du genre humain mais capable de tendresse mélancolique, au point de citer Joe Dassin (certains pensent que c’est à ce genre de détails qu’on reconnaît les grands auteurs). Le niveau de désespoir est d’intensité moyenne ; il n’a jamais été aussi drôle (certains feignent d’ignorer qu’il est « aussi » notre meilleur humoriste). | Michel HOUELLEBECQ - la carte et le territoire (E) Prix Goncourt 2010 «C’est à travers les relations avec autrui, et par leur intermédiaire, qu’on prend conscience de son propre vieillissement ; soi-même, on a toujours tendance à se voi ... |
![]() | Max JACOB - Le Cornet à désConte de Noël Il y avait une fois un architecte ou un cheval: c’était un cheval plutôt qu’un architecte, à Philadelphie, à qui l’on avait dit: «Connais-tu la cathédrale de Cologne? fais construire une cathédrale pareille à la cathédrale de Cologne!»Et, comme il ne connaissait pas la cathédrale de Cologne, alors, il fut mis en prison. Mais, en prison, un ange lui apparut, qui lui dit: «Wolfrang! Wolfrang! pourquoi te désoles-tu?» - Il me faut rester en prison, parce que je ne connais pas la cathédrale de Cologne!- Il te manque le vin du Rhin pour bâtir la cathédrale de Cologne, mais fais-leur voir le plan, alors tu pourras sortir de prison.» et l’ange donna le plan, et il montra le plan, alors il put sortir de prison, mais jamais il ne put bâtir la cathédrale parce qu’il ne trouvait pas le vin du Rhin. Il eut l’idée de faire venir du vin du Rhin à Philadelphie, mais on lui envoya un affreux vin français de la Moselle, de sorte qu’il ne put bâtir la cathédrale de Cologne à Philadelphie; il ne fit qu’un affreux temple protestant. Ce recueil poétique de 68 récits brefs est assorti de réflexions humoristiques ou désabusées. Il a trouvé sa matière première dans les sujets les plus divers -L’actualité politique: exposition coloniale (souvent décrite par les littérateurs de l’époque, ici une merveille en peu de mots); le Japon qui devient une grande puissance. - Le débat artistique: cubisme, modernisme. Il rejette la culture classique, mais ce n’est qu’une apparence. - Souvenir de lectures: le petit Poucet, Fantômas, Mémoires de Sarah Bernhardt, l’Ancien Testament… - Souvenirs d’enfance: Quimper. - la vie quotidienne: Rue Ravignan, la blanchisserie. Les récits adoptent différents genres qui ne sont pas tous littéraires: le compte-rendu critique, le pastiche des modèles romanesques connus («Genre biographique»; «roman feuilleton») le pastiche des auteurs (surtout romantiques et symbolistes: «poème dans un goût qui n’est pas le mien»), l’enquête journalistique et le fait divers. Le cornet à dés. Le titre s’inspire probablement du «coup de dés» de Mallarmé un auteur que pourtant Max Jacob dit ne pas aimer dans la préface. On jette ensemble divers éléments qui sont ensuite fondus dans un poème. Celui-ci a sa logique propre qui «imite les données de l’inconscient.» Cependant, dans sa préface, Max Jacob revendique une esthétique classique. Il dit s’être inspiré d’Aloysius Bertrand bien davantage que de Baudelaire pour produire ses poèmes en prose. Tous ces poètes romantiques ou symbolistes cités dans la préface que Max Jacob récuse plus ou moins, il en utilise tout de même certains procédés. Important: le poème en prose doit être «clos sur lui-même», parfait, situé et placé. L’humour et la fantaisie surgissent des jeux de mots et de sonorités et des effets de surprises créés par les références explicites à des genres sérieux dans un langage quotidien. Conclusions imprévues qu’on peut assimiler à des pointes. Dérision de la littérature: rupture avec la cohérence spatio-temporelle du récit réaliste. Esthétique du dépaysement; il cherche non à surprendre mais à transplanter. | Max JACOB - Le Cornet à dés (E) Conte de Noël Il y avait une fois un architecte ou un cheval: c’était un cheval plutôt qu’un architecte, à Philadelphie, à qui l’on avait dit: «Connais-tu la cathédral ... |
![]() | Edgar P. JACOBS - Blake et MortimerLa série met en scène deux héros principaux, Sir Francis Blake, un militaire de carrière ayant débuté dans la RAF, et mis à la disposition des services secrets britanniques de contre-espionnage militaire le MI5, et son ami le professeur Philip Mortimer, spécialiste en physique nucléaire, qui se retrouvent souvent confrontés à leur grand ennemi, le colonel Olrik — de fait le troisième plus important personnage de la série, parfois accompagné de ses hommes de main tels que l'américain Sharkey, Razul le Bezendjas ou encore le malfrat Jack. Blake et Mortimer est une série de bande dessinée créée par le dessinateur belge Edgar P. Jacobs en 1946, puis reprise deux ans après sa mort en 1989 par Bob de Moor, puis Jean Van Hamme, Ted Benoit, Yves Sente, André Juillard, René Sterne, Chantal De Spiegeleer et Antoine Aubin. D'abord publiée par les éditions du Lombard, elle l'est désormais par les éditions Blake et Mortimer, une filiale du groupe Média-Participations. Elle fut pré-publiée pendant de nombreuses années dans Le Journal de Tintin dont elle était, avec le héros éponyme, un des moteurs. Les prémices de la saga se retrouvent avec des personnages très similaires dans Le Rayon U, du même auteur, publié dans le magazine Bravo en 1943, une série elle-même inspirée du Flash Gordon d'Alex Raymond. Mais la présence et les rôles qui y sont donnés à de jeunes femmes ne seront pas repris dans le monde du journal de Tintin qui s'adresse à un jeune lectorat masculin à une époque qui ne connaissait pas encore la mixité scolaire.../data/litterature/jacobs/ | Edgar P. JACOBS - Blake et Mortimer (E) La série met en scène deux héros principaux, Sir Francis Blake, un militaire de carrière ayant débuté dans la RAF, et mis à la disposition des services secrets britanniques de contre-espionna ... |
![]() | Tahar Ben JELLOUN - la Nuit sacréePrix Goncourt 1987 Dans L'Enfant de sable, Tahar Ben Jelloun contait l'histoire d'Ahmed, inspirée d'un fait réel. Ahmed est une petite fille élevée comme un garçon pour sauver l'honneur de son père, qui ne parvenait pas à avoir d'héritier mâle. La nuit sacrée reprend le personnage d'Ahmed, qui cette fois est le (la) narrateur. Elle raconte sa vie d'adulte, son long chemin vers l'oubli de toutes ses souffrances et sa quête d'identité, avec poésie et sensibilité. 'La nuit sacrée' est le récit d'une quête d'identité sexuelle et sociale, et une réflexion sur la marginalité. Ahmed devenu vieux (ou vieille) prend à son tour la parole et livre sa propre version des événements - la vraie ? -, son autobiographie en somme. Le récit, comme emboîté dans le précédent, peut cependant se lire isolément. | Tahar Ben JELLOUN - la Nuit sacrée (E) Prix Goncourt 1987 Dans L'Enfant de sable, Tahar Ben Jelloun contait l'histoire d'Ahmed, inspirée d'un fait réel. Ahmed est une petite fille élevée comme un garçon pour sauver l'honneur de son p&egrav ... |
![]() | Alexis JENNI - l'Art français de la guerre«J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.» Alexis Jenni. C'est un premier roman qui remporte en 2011 le Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français, celui d'Alexis Jenni pour L'Art français de la guerre (Gallimard), fascinante fresque entre Indochine et Algérie qui questionne l'héritage des guerres coloniales. Alexis Jenni l'avoue humblement, il se considérait jusqu'ici comme "un écrivain du dimanche". Cet agrégé de biologie n'a pourtant jamais cessé d'écrire depuis vingt ans, mais "de petites choses" restées dans ses tiroirs ou qui n'ont pas marché. Il s'attelle voilà cinq ans à ce livre, récit d'aventure et réflexion sur l'héritage des conflits coloniaux. Son épopée entre Indochine et Algérie achevée, il envoie son manuscrit de près de 700 pages, par la poste, à un seul éditeur, Gallimard, dont c'est le centenaire et qui flaire aussitôt la révélation de la rentrée. La plupart des critiques sont aussi conquis, et les éloges pleuvent depuis la sortie du livre sur cet amoureux de cinéma, de bandes dessinées et de botanique, qui tient un blog dessiné, Voyages pas très loin. Loin des premiers romans souvent nombrilistes, L'Art français de la guerre, au style classique, épique, parfois un peu grandiloquent, est un chant inspiré, baigné de sang et de combats, une méditation sur l'identité nationale et ces vingt ans de guerres coloniales qui marquent encore les esprits aujourd'hui. Le roman, très lisible mais exigeant, a déjà été vendu à plus de 56 000 exemplaires. Il devrait bientôt faire beaucoup mieux : un Goncourt se vend en moyenne à 400 000 exemplaires. | Alexis JENNI - l'Art français de la guerre (E) «J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait ... |
![]() | Nikos KAZANTZAKIS - Alexis ZorbaLe jour se lève sur le Pirée. Dans le café enfumé, patiente un jeune intellectuel. Bientôt, le bateau pour la Crète appareillera. C'est sur cette terre solaire et misérable qu'il compte se frotter à la vie, cette vie qu'on n'apprend pas dans les livres... Et voilà que déboule, avant même le début du voyage, le mentor attendu, bon génie frondeur, philosophe déboutonné : leur amitié sera fulgurante. Cet homme s’appelle Alexis Zorba et le narrateur l'engage. Les voilà partis pour une grande aventure. L’exploitation de la mine, oui, mais cela ce n'est qu’un vague détail !… Ils vont surtout apprendre à se connaître, à se découvrir et à devenir les meilleurs amis du monde. Zorba : le feu, les flammes, la vie sous toutes ses formes. Un homme qui sait sans connaître, parce que la vie c’est ça et rien d'autre. Un homme qui vit par la musique, le cœur, le corps, le soleil, la musique et la femme. À l'heure ou la civilisation radote, ou l'idéologie gangrène l'intelligence, la voix d'Alexis Zorba est de celles qui crient dans le désert, mais monte haut, très haut, vers le ciel... Né en 1883 en Crète, et mort en 1957 en Allemagne, Nikos Kazantzaki a 44 ans quand paraît son recueil philosophique, Ascèse, qui donne l'orientation décisive de ses œuvres ultérieures. La reconnaissance internationale lui vient à la Libération lorsqu'il publie le roman Alexis Zorba (1946). | Nikos KAZANTZAKIS - Alexis Zorba (E) Le jour se lève sur le Pirée. Dans le café enfumé, patiente un jeune intellectuel. Bientôt, le bateau pour la Crète appareillera. C'est sur cette terre solaire et misérable qu'il compte se fro ... |
![]() | Yasmina KHADRA - l'attentatAmine, chercheur israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple à son peuple d'adoption et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme Sihem. Jusqu'au jour où un attentat se produit à Tel Aviv. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que Sihem a été tuée et qu'elle est en plus soupçonnée d'être la kamikaze. Le sujet n'était pas évident. Pour aborder le thème des kamikazes israéliens, il fallait au moins l'audace de Yasmina Khadra - Mohammed Moulessehoul de son vrai nom ; rien à voir, donc, avec la femme qu'on aurait pu imaginer. L'auteur emmène son lecteur, passionné dès les premières lignes de ce roman époustouflant, dans les méandres de la conscience humaine. Et la conscience est ici double. Il y a d'abord celle d'Amine, cet éminent chirurgien d'origine arabe et naturalisé israélien, qui tente de comprendre. La question n'a de cesse de revenir : pourquoi ? Pour quelles raisons sa femme, cet être doux, dénué de haine et de mystère, s'est-elle fait exploser dans un restaurant, bondé d'enfants de surcroît ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Et comment lui, qui l'aimait tant, qui lui avait donné toute sa vie, n'a-t-il rien vu venir ? Dans sa quête éperdue pour approcher les raisons qui ont pu motiver un tel acte, Amine va devoir se frotter à ces hommes et ces femmes qui n'ont en tête que la cause palestinienne… au péril de leurs propres vies. Le récit est haletant, mené par une plume brillante et concise. L'auteur n'a aucun mal à nous tirer des larmes de chagrin et d'incompréhension, de compassion et de haine. Yasmina Khadra souhaitait devenir "une plume au service de la littérature, cette sublime charité humaine." Pari réussi. La critique [evene] par Faustine Amoré | Yasmina KHADRA - l'attentat (E) Amine, chercheur israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple à son peuple d'adoption et s'est entièrement consacré à son métier ... |
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![]() | Jean de la FONTAINE - FablesUne grenouille vit un bœuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille, Pour égaler l'animal en grosseur, Disant: «Regardez bien, ma sœur; Est-ce assez? dites-moi: n'y suis-je point encore? Nenni.—M'y voici donc?—Point du tout.—M'y voilà? —Vous n'en approchez point.» La chétive pécore S'enfla si bien qu'elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages. | Jean de la FONTAINE - Fables (E) Une grenouille vit un bœuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille, Pour égaler l'animal en grosse ... |
![]() | Jacques LACAN - écrits | Jacques LACAN - écrits (E) ... |
![]() | Alphonse de LAMARTINE - Meditations poetiquesC'est un mince recueil de 24 poèmes dont le succès s'explique par leur adéquation à leur époque, à l'émergence d'une sensibilité nouvelle, liée aux bouleversements de l'histoire, aux incertitudes de l'avenir et à une nouvelle vision de l'individu, perçu comme être sensible, complexe et comme centre de la représentation. Les Méditations se présentent comme une sorte de rêverie mélancolique sur le thème de la foi et celui de l'amour. Le poète, qui parle à la première personne, évoque le souvenir de son amante perdue, qu'il appelle Elvire, et dans laquelle on s'accorde le plus souvent à reconnaître Julie Charles. L'un des poèmes les plus célèbres des Méditations est une élégie, «le Lac», qui fut directement inspiré par la rencontre avec Julie Charles sur les bords du lac du Bourget. Lamartine est obsédé par la pensée de la mort et par delà il rêve à la vie éternelle. Le thème dominant est la hantise du temps qui passe et qui corrompt tout. Dans un style très affectif, le poète et sa bien-aimée, à laquelle il prête sa voix, supplient le temps, la forêt, les grottes, le lac lui-même, la nature tout entière enfin, de préserver à jamais les instants de bonheur qu'ils sont en train de partager. | Alphonse de LAMARTINE - Meditations poetiques (E) C'est un mince recueil de 24 poèmes dont le succès s'explique par leur adéquation à leur époque, à l'émergence d'une sensibilité nouvelle, liée aux bouleversements de l'histoire ... |
![]() | Eric LAURRENT - Les decouvertesLes différentes étapes de la découverte du corps féminin (et ses effets sur le petit garçon devenant grand !), son traitement, ici, est absolument délicieux et drôle. | Eric LAURRENT - Les decouvertes (E) Les différentes étapes de la découverte du corps féminin (et ses effets sur le petit garçon devenant grand !), son traitement, ici, est absolument délicieux et drôle. ... |
![]() | Jean-Marie Le CLEZIO - le procès verbal | Jean-Marie Le CLEZIO - le procès verbal (E) ... |
![]() | Paul LEAUTAUD - journal litteraire«Le mensonge compte bien plus que la vérité. La preuve : n'est-il pas répandu à bien plus d'exemplaires ?» «Ne rentrez jamais chez vous à l'improviste : si votre femme n'est pas seule, vous l'ennuierez ; si elle est seule, vous vous ennuierez.» «La première patrie, quand on est ici-bas, c’est la vie.» «L'argent n'a pas d'odeur, mais la pauvreté en a une.» «Il faut avoir diablement aimé les femmes pour les détester.» «L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.» «Les hommes aiment, les femmes se laissent aimer.» «Il n’est pas de sentences, de maximes, d’aphorismes, dont on ne puisse écrire la contrepartie.» «Celui qui ne comprend pas qu'on puisse étrangler une femme ne connaît pas les femmes.» «Bien mal acquis profite toujours à quelqu'un.» [ Paul Léautaud ] Paul Léautaud, né le 18 janvier 1872 à Paris et mort le 22 février 1956 au Plessis-Robinson, est un écrivain français. Ses dernières paroles avant de mourir auraient été : « Maintenant, foutez-moi la paix. » Une grande partie de son œuvre sera écrite sous le nom de plume de Maurice Boissard. la vision du monde dont témoigne l’œuvre de Léautaud s’inscrit dans une tradition libertaire toute française qui dépasse les clivages droite-gauche : en ce sens, il est l’héritier de Chamfort, justement, de Molière, de La Fontaine..., et, surtout de Voltaire et Stendhal (dont il admirait « l’égotisme »), ses deux écrivains préférés. | Paul LEAUTAUD - journal litteraire (E) «Le mensonge compte bien plus que la vérité. La preuve : n'est-il pas répandu à bien plus d'exemplaires ?» «Ne rentrez jamais chez vous à l'improviste : si votre femme n'est pas seul ... |
![]() | Nathalie LEGER - supplement à la vie de Barbara Loden | Nathalie LEGER - supplement à la vie de Barbara Loden (E) ... |
![]() | Pierre LEMAITRE - au revoir la hautAmoral, drôle, noir, profond, Au revoir là-haut de Pierre Lemaître explose les codes du roman sur la Grande Guerre. Dans les derniers jours de la guerre de 1914, le lieutenant Pradelle qui souhaite ajouter quelques galons à ceux qu’il a déjà tue deux de ses hommes afin d’inciter leurs compagnons d’armes à partir à l’assaut des Allemands une dernière fois. Malheureusement, Albert Maillard, un poilu qui a tout vu se retrouve expédié par le même Pradelle au fond d’un trou d’obus face à une tête de cheval en décomposition. Son heure est arrivée mais Edouard Péricourt un soldat de la même unité lui sauve la vie. Edouard et Albert survivent au pire, mais dans quel état ! l’un est une gueule cassée, l’autre est dans un état moral et financier tout aussi précaire. Démobilisés, ils se retrouvent sans un sou dans un pays qui ne demande qu’à oublier ceux qui ont fait le sacrifice de leur jeunesse ou de leur vie, tourner la page et s’enrichir. On les cache, on les rejette, leur solde étique ne leur est même pas payée, ils font revivre de trop mauvais souvenirs. Un soldat rentré du front a droit à 52 francs ou à un manteau de mauvaise qualité dont la couleur s’en va à la première pluie ! Car la France des années vingt est celle de tous les trafics et de tous les intrigants. L’ex lieutenant Pradelle l’a bien compris. L’ancien chef impitoyable de Maillard et de Péricourt pour qui la guerre était un tremplin se lance dans un abject commerce de cadavres. Répondant à un appel d’offre national visant à regrouper les corps qui jonchent les anciens champs de bataille dans de grands cimetières militaires, il ne recule devant rien. Calculant que s’il « vend » 80 francs à l’Etat, un cadavre dont l’exhumation ne lui en aura coûté que 25, il peut sans peine restaurer le château familial. Les détails sont affreux : il n’hésite pas à commander les cercueils les plus petits possibles pourvu qu’ils soient les moins chers. Et qu’importe si les restes d’un poilu d’1 mètre quatre vingt doivent se retrouver dans une boîte d’un mètre trente. Il n’en est pas à ça près. De toute façon, ce sont des Chinois ou des africains qui font la sale besogne. Et si d’aventure les restes de 2 ou 3 cadavres se retrouvent entre les 4 mêmes planches, personne n’ira se plaindre. Les deux rescapés quant à eux vivotent péniblement. Albert le velléitaire a un emploi, Edouard n’a plus que des souvenirs d’une époque où son visage était beau, les rapports avec sa famille exécrables et un talent certain pour le dessin et les caricatures. Confiné dans un minable appartement, il va se remettre à dessiner inlassablement la tête du cheval qui les a rendus à la vie et à se reconstruire une existence avec la complicité de la jeune fille de la concierge. Retrouver les traits de caractère et l’apparence déjantée de la grande folle qu’il fut avant guerre grâce aux masques les plus fous derrière lesquels se dissimuler. Seul il dessine des projets ahurissants de monuments aux morts que les communes lui commandent avec enthousiasme dans une grande course à l’émotion. Albert prend part à l’aventure en tremblant. Ils ont trouvé leur revanche sur le destin avec cette arnaque extravagante car ils n’ont aucunement l’intention de livrer les stèles ! Dans ce roman, Pierre Lemaître décrit avec un humour noir l’horreur des tranchées dans les cinquante premières pages proprement stupéfiantes ; puis l’après-guerre. Ces années folles qui le furent pour tout le monde mais ne profitèrent qu’aux escrocs sur le fond de commerce que fut pour certains la Grande Guerre. Au revoir là-haut est une fresque, un monument, un livre magnifique qui par son humour dépeint une société impitoyable dans laquelle les faibles sont écrasés tandis que les nantis s’enrichissent à la vitesse de la lumière. Une métaphore de l’Europe écrasée par la crise actuelle due à quelques traders aussi fous que les chefs militaires de 1918. Aussi dénués de sens moral et pas plus inquiétés qu’eux. L’auteur, venu du policier applique les code du genre à un roman dans lequel s’entrechoquent l’histoire, l’amitié, le désespoir, l’aventure avec une langue précise et travaillée. Il livre une épopée violente et désabusée, tendre et baroque. 500 pages de pure jubilation dans lesquelles rebondissements et trouvailles s’entremêlent sur un fond historique réel : l’ingratitude du pays au retour de ses soldats. Il est rare de lire un livre d’un auteur français avec un souffle aussi puissant et le lecteur ne s’y trompe pas qui avale d’une traite ces presque 600 pages et en ressort pantois d’admiration, lessivé par une telle audace. Brigit Bontour Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, août 2013, 570 pages, 22,50 € | Pierre LEMAITRE - au revoir la haut (E) Amoral, drôle, noir, profond, Au revoir là-haut de Pierre Lemaître explose les codes du roman sur la Grande Guerre. Dans les derniers jours de la guerre de 1914, le lieutenant Pradelle qui souhaite ajouter quelq ... |
![]() | Abbé PREVOST - Manon Lescaut | Abbé PREVOST - Manon Lescaut (E) ... |
![]() | Primo LEVI - si c'est un hommeVous qui vivez en toute quiétude Bien au chaud dans vos maisons, Vous qui trouvez le soir en rentrant La table mise et des visages amis, Considérez si c'est un homme Que celui qui peine dans la boue, Qui ne connaît pas de repos, Qui se bat pour un quignon de pain, Qui meurt pour un oui ou pour un non. Considérez si c'est une femme Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux Et jusqu'à la force de se souvenir, Les yeux vides et le sein froid Comme une grenouille en hiver. N'oubliez pas que cela fut, Non, ne l'oubliez pas : Gravez ces mots dans votre cœur, Pensez-y chez vous, dans la rue, En vous couchant, en vous levant ; Répétez-les à vos enfants, Ou que votre maison s'écroule, Que la maladie vous accable, Que vos enfants se détournent de vous. « [...] je n'ai pas plus tôt détaché le glaçon, qu'un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l'arrache brutalement. « Warum ? », dis-je dans mon allemand hésitant. « Hier ist kein warum » [Ici, il n'y a pas de pourquoi] » Primo Levi avait été chargé en 1945, avec un autre déporté, de rédiger un rapport technique sur le fonctionnement du camp d'extermination d'Auschwitz pour les Alliés. Ce travail lui servira de base pour la rédaction de Si c'est un homme (Se questo è un uomo), ainsi que des brouillons rédigés à l'intérieur du camp. Il lui fut difficile de trouver un éditeur italien. Finalement le livre parut en 1947, publié à 2 500 exemplaires, et passa inaperçu. Ce n'est qu'à la publication de son second livre La Trêve (La Tregua), en 1963, que Primo Levi fut remarqué, et que Se questo è un uomo trouva sa place et fut traduit en de nombreuses langues. Ce n'est qu'en 1987 qu'il fut traduit en français. Si c'est un homme raconte l'expérience de son auteur dans le camp d'extermination d'Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. Primo Levi explique, à partir de son quotidien dans le camp, la lutte et l'organisation pour la survie des prisonniers. Tout au long de ce récit, il montre les horreurs de la déshumanisation des camps. Ce livre comprend de nombreuses citations et rappels de La Divine Comédie de Dante : là où Dante descend dans les neuf cercles de l'enfer avant de retrouver le paradis, Primo Levi s'enfonce dans l'horreur de ce camp d'extermination. Il est considéré comme un des meilleurs témoignages sur la Shoah, car contrairement à d'autres récits, Primo Lévi ne raconte pas la vie des camps de manière linéaire mais l'explique sur un ton neutre et dépassionné presque à la manière d'un sociologue. L'auteur est arrêté en décembre 1943, en Italie, alors qu'il débutait des activités de résistant, dans un groupe très peu organisé. Il est déporté à Auschwitz en février 1944. Ayant échappé de justesse à la sélection qui conduisait à l'élimination pure et simple, il est assigné au camp de Monowitz (Auschwitz III). De son récit se dégagent l'humiliation, la perte de dignité humaine que les nazis ont fait subir aux Juifs. Il explique le rôle des kapos qui sont en fait bien souvent des prisonniers de droit commun, sélectionnés pour leur violence. Il explique aussi les hiérarchies à l'intérieur du camp, le « système » de promotion interne, les combines et ainsi pourquoi certains prisonniers ont pu survivre au « Lager » plusieurs années alors que la plupart y moururent en quelques mois. Son témoignage est aussi marqué par cette crainte du froid, la faim tenace, le désintérêt complet des prisonniers pour les plus faibles d'entre eux. Dans le camp, la solidarité était totalement absente. Heureusement, grâce à sa formation de chimiste et essentiellement à sa chance (selon Primo Levi), il va se trouver une place plus protégée. Malade de la scarlatine à l'évacuation du camp par les nazis, il échappe ainsi aux terribles marches de la mort, et organise avec deux autres camarades encore valides la survie de son « Block » à l'infirmerie, où il passe ses derniers jours avant la libération du camp par les soviétiques. Un appendice a été ajouté à partir de 1976 à certaines éditions de Si c'est un homme, où Primo Levi essaie de répondre aux questions récurrentes posées lors de ses conférences. | Primo LEVI - si c'est un homme (E) Vous qui vivez en toute quiétude Bien au chaud dans vos maisons, Vous qui trouvez le soir en rentrant La table mise et des visages amis, Considérez si c'est un homme Que celui qui peine dans la boue, ... |
![]() | Emmanuel LEVINAS - Ethique et InfiniEmmanuel LEVINAS - Ethique et Infini (essai philosophique) 1982 [EDIT] [SUPPR] * Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain. Totalité et infini (1961), Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de Poche, 1990 (ISBN 2-253-05351-1), p. 236 Dans le vide absolu, qu'on peut imaginer, d'avant la création - il y a. Ethique et infini, Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de poche, 1982 (ISBN 978-2-253-03426-1), p. 38 La conscience de soi est en même temps la conscience du tout. Ethique et infini, Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de poche, 1982 (ISBN 978-2-253-03426-1), p. 69 Le terme de "transcendance" signifie précisément le fait qu'on ne peut penser Dieu et l'être ensemble. De même, dans la relation interpersonnelle, il ne s'agit pas de penser ensemble moi et l'autre, mais d'être en face. La véritable union ou le véritable ensemble n'est pas un ensemble de synthèse, mais un ensemble de face à face. Ethique et infini, Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de poche, 1982 (ISBN 978-2-253-03426-1), p. 72 La relation à l'Infini n'est pas un savoir, mais un Désir. Ethique et infini, Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de poche, 1982 (ISBN 978-2-253-03426-1), p. 86 Je pense le prophétisme comme un moment de la condition humaine elle-même. Assumer la responsabilité pour autrui est pour tout homme une manière de témoigner de la gloire de l'Infini, et d'être inspiré. Ethique et infini, Emmanuel Levinas, éd. Le Livre de poche, 1982 (ISBN 978-2-253-03426-1), p. 111 Dans la sphère affective on comprend qu’un individu ressente envers les siens une responsabilité qui lui incombe personnellement « C’est ma mère, mon Frère, mon meilleur ami, c’est mon devoir que de les aider… » Mais Lévinas étend à tout homme le devoir de responsabilité que chacun admet envers ces proches. Traditionnellement, dans les autres systèmes philosophiques, on définit la nature du sujet et du monde et on en déduit des règles de comportement. Chez Lévinas la morale est philosophie première. La morale n’est pas un contrôle que la raison exerce sur la sensibilité, c’est un événement de la sensibilité. La morale n’est pas de l’ordre d’un devoir-être, c’est un fait, un traumatisme (celui que produit la rencontre du visage d’autrui Chez Lévinas rien ne précède l’éthique, elle est à l’origine même de la philosophie, de l’étonnement philosophique. | Emmanuel LEVINAS - Ethique et Infini (E) Emmanuel LEVINAS - Ethique et Infini (essai philosophique) 1982 [EDIT] [SUPPR] * Le statut même de l’humain implique la fraternité et l’idée du genre humain. Totalité et infini (196 ... |
![]() | Georg Christoph LICHTENBERG - Aphorismes«Un long bonheur s’affaiblit par le fait même de sa durée.» «Tout apprendre, non point pour l’afficher, mais pour s’en servir.» «L'amour est aveugle, mais le mariage, c'est le contraire.» «On devrait apprendre à discerner entre ce qu'un homme pense par lui-même et ce qu'il plagie.» «Le chien est l'animal le plus vigilant ; pourtant, il dort toute la journée.» «Cet homme avait tant d'intelligence qu'il n'était presque plus bon à rien dans ce monde.» «Dire beaucoup en peu de mots signifie donner à reconnaître en peu de mots l'abondance de réflexion.» «Là où la modération est une erreur, l'indifférence est un crime.» «N'est-il pas étrange de voir les hommes combattre si volontiers pour leur religion et vivre si peu volontiers selon ses préceptes ?» «Il se livrait au trafic d’opinions : il était professeur de philosophie.» «Le mariage, au contraire de la fièvre, commence par le chaud et finit par le froid.» «Les saints sculptés ont eu beaucoup plus d'influence dans le monde que les saints vivants.» «La règle d’or : si le petit rien que tu possèdes n’a, en lui-même, rien de particulier, au moins dis-le avec singularité.» «Dieu créa l'homme à son image, dit la Bible ; les philosophes font le contraire, ils créent Dieu à la leur.» «Le fait de comprendre une doctrine ne constitue pas une raison suffisante pour la croire vraie.» «L'erreur est humaine en ce sens aussi : les animaux ne se trompent que rarement ; jamais même - excepté les plus intelligents d'entre eux.» «un couteau sans lame, auquel manque le manche.» [ Georg Christoph Lichtenberg ] - Extrait des Aphorismes L’œuvre pour laquelle Lichtenberg est passé à la postérité sont les quelque 8 100 pensées dont il a couvert un certain nombre de cahiers. Cette œuvre fragmentaire, non destinée à la publication du vivant de leur auteur, est désormais et généralement désignée sous le terme d’aphorismes. Ce terme est dû au philologue allemand Albert Leitzmann qui a publié, de 1902 à 1906, une édition savante des cahiers de Lichtenberg sous le titre Georg Christoph Lichtenbergs Aphorismen car Lichtenberg n’a jamais employé ce mot, pour désigner son travail d’écriture, dont il parle davantage comme d’un Sudelbuch, « livre brouillard », une allusion aux registres comptables et de gestion. | Georg Christoph LICHTENBERG - Aphorismes (E) «Un long bonheur s’affaiblit par le fait même de sa durée.» «Tout apprendre, non point pour l’afficher, mais pour s’en servir.» «L'amour est aveugle, mais le mariage, c' ... |
![]() | Jonathan LITTELL - Les BienveillantesPrix Goncourt 2006 Je parle, je discute, je prends des décisions, comme tout le monde ; mais au comptoir, devant ma fine, je m'imagine qu'un homme entre avec un fusil de chasse et ouvre le feu ; au cinéma ou au théâtre, je me figure une grenade dégoupillée roulant sous les rangées de sièges; sur la place publique, un jour de fête, je vois la déflagration d'un véhicule bourré d'explosifs, la liesse de l'après-midi transformée en carnage, le sang ruisselant entre les pavés, les paquets de chair collés aux murs ou projetés à travers les croisées pour atterrir dans la soupe dominicale, j'entends les cris, les gémissements des gens aux membres arrachés comme les pattes d'un insecte par un petit garçon curieux, l'hébétude des survivants, un silence étrange comme plaqué sur les tympans, le début de la longue peur. Calme ? Oui, je reste calme, quoi qu'il advienne, je ne donne rien à voir, je demeure tranquille, impassible, ... | Jonathan LITTELL - Les Bienveillantes (E) Prix Goncourt 2006 Je parle, je discute, je prends des décisions, comme tout le monde ; mais au comptoir, devant ma fine, je m'imagine qu'un homme entre avec un fusil de chasse et ouvre le feu ; au cinéma ou au thé ... |
![]() | Elias LONNROT - le KALEVALALe Kalevala une épopée composée au xixe siècle par Elias Lönnrot, folkloriste et médecin, sur la base de poésies populaires de la mythologie finnoise transmises oralement. Il est considéré comme l'épopée nationale finlandaise et compte parmi les plus importantes œuvres en langue finnoise. Une première version, publiée en 1835, fut suivie en 1849 d'une édition considérablement augmentée qui comprend environ 23 000 vers. Le Kalevala est une sorte de patchwork, obtenu par l'assemblage de poèmes populaires authentiques recueillis entre 1834 et 1847 dans les campagnes finlandaises, notamment en Carélie. Ce poème représente la pierre angulaire de l'identité nationale finlandaise. Cette épopée a influencé bon nombre d'artistes finlandais et, de par sa traduction en 51 langues, est mondialement connue. | Elias LONNROT - le KALEVALA (E) Le Kalevala une épopée composée au xixe siècle par Elias Lönnrot, folkloriste et médecin, sur la base de poésies populaires de la mythologie finnoise transmises oralement. Il est considé ... |
![]() | Frederico Garcia LORCA - romancero gitano | Frederico Garcia LORCA - romancero gitano (E) ... |
![]() | Louise LABE - ElegiesAvec Maurice Scève et Pernette du Guillet, Louise Labé appartient au groupe dit « école lyonnaise ». Elle écrit des poèmes à une époque où la production poétique est intense. La poésie française se donne alors des bases théoriques avec Du Bellay (Défense et illustration de la langue française, 1549) et se met en place avec Ronsard, Olivier de Magny, Pontus de Tyard, et d'autres, suivant le modèle de Pétrarque et d'auteurs anciens tels que Catulle et Horace, ou contre eux. Chez Louise Labé, on remarque l'influence d'Ovide, qu'elle connaît bien, qu'il s'agisse des Métamorphoses ou des œuvres élégiaques. En particulier, ses élégies paraissent influencées par les Héroïdes. Sa culture est aussi celle de la Renaissance italienne. Le Débat semble influencé en partie par la reconnaissance de la folie telle qu'elle apparaît dans l'Éloge de la Folie d'Érasme ; elle récrit à sa manière, comme beaucoup de ses contemporains, l'un des plus célèbres sonnets de Pétrarque, celui dont l'incipit est Solo e pensoso. | Louise LABE - Elegies (E) Avec Maurice Scève et Pernette du Guillet, Louise Labé appartient au groupe dit « école lyonnaise ». Elle écrit des poèmes à une époque où la production poétique est ... |
![]() | Lydie SALVAYRE - pas pleurerPrix Goncourt 2014 Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre "les mauvais pauvres". Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et "mauvaise pauvre", qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. | Lydie SALVAYRE - pas pleurer (E) Prix Goncourt 2014 Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bén& ... |
![]() | Antonine MAILLET - Pélagie la charette"On le sait que c'est l'intention qui compte, mais ça aide de la farcir d'un brin de discernement, de temps en temps". Prix Goncourt 1979 1755. Chassée par les Anglais, une veuve, Pélagie Bourg dite Le Blanc, devenue esclave en Géorgie, décide de rejoindre l'Acadie, sa terre natale, avec ses enfants. Après des années de misère, Pélagie s'achète une charrette. Accompagnée par d'autres exilés, elle part à la rencontre de sa destinée et se lance dans une longue odyssée de dix ans, faite d'amours et de dangers. De Charleston à Baltimore, à travers la vie de Pélagie, c'est tout son peuple qui vivra la guerre d'Indépendance américaine et souffrira de la haine des protestants de Boston. Une épopée humaine. (evene.fr) | Antonine MAILLET - Pélagie la charette (E) "On le sait que c'est l'intention qui compte, mais ça aide de la farcir d'un brin de discernement, de temps en temps". Prix Goncourt 1979 1755. Chassée par les Anglais, une veuve, Pélagie B ... |
![]() | Hector MALOT - Sans familleRémi, l’enfant trouvé, est vendu à Vitalis, un vieux musicien ambulant. Les voici tous les deux sur les routes. Bientôt, Vitalis meurt et, seul au monde, Rémi recherche sa vraie famille de l’Auvergne à l’Angleterre. Il rencontre des personnages terrifiants, voleurs ou bourreaux d’enfants. Mais il s’attache à des animaux : entre autres, un petit singe prénommé Joli-Cœur et Capi, le chien savant. Et surtout, il se fait des amis comme Mattia. <br> <br>Sans famille est un roman français d’Hector Malot, paru en 1878 chez Eugène Dentu à Paris. | Hector MALOT - Sans famille (E) Rémi, l’enfant trouvé, est vendu à Vitalis, un vieux musicien ambulant. Les voici tous les deux sur les routes. Bientôt, Vitalis meurt et, seul au monde, Rémi recherche sa vraie famille de l’Auv ... |
![]() | Thomas MANN - la montagne magique« Un simple jeune homme se rendait au plein de l’été, de Hambourg, sa ville natale, à Davos-Platz, dans les Grisons. Il allait en visite pour trois semaines. Mais de Hambourg jusque là-haut, c’est un long voyage ; trop long en somme par rapport à la brièveté du séjour projeté. On passe par différentes contrées, en amont et en aval, du haut plateau de l’Allemagne méridionale jusqu’au bord de la mer souabe, et, en bateau, sur ses vagues bondissantes, par-delà des abîmes que l’on tenait autrefois pour insondables. A partir de là, le voyage, qui s’était si longtemps poursuivi en ligne droite, d’un grand jet, commence à s’éparpiller. Il y a des arrêts et des complications. Au lieu dit Rorschach, sur territoire suisse, on se confie de nouveau au chemin de fer, mais on ne parvient de prime abord que jusqu’à Landquart, une petite station alpestre, où l’on est obligé de changer de train. » Thomas Mann. La Montagne Magique. Début La Montagne magique (Der Zauberberg), roman publié en 1924 par Thomas Mann et (écrit entre 1912 et 1923 après un séjour en 1911 à Davos) est considéré comme l'une des œuvres les plus influentes de la littérature allemande du xxe siècle. Le livre relate l’expérience singulière de Hans Castorp, jeune ingénieur de Hambourg venu rendre visite à son cousin Joachim Ziemssen, en cure à la station alpine de Davos au sanatorium Berghof. Le héros, fasciné par le microcosme des « gens d’en haut » et bercé par leur rythme de vie, finit lui aussi par contracter une pathologie bien singulière... citations: La méchanceté est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation. L'habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps. | Thomas MANN - la montagne magique (E) « Un simple jeune homme se rendait au plein de l’été, de Hambourg, sa ville natale, à Davos-Platz, dans les Grisons. Il allait en visite pour trois semaines. Mais de Hambourg jusque là-haut, c&rs ... |
![]() | Catherine MANSFIELD - la Garden PartyElle se tourna vers Meg : « J'ai envie d'entendre ce que donne le piano, pour le cas où on me demanderait de chanter cet après-midi. Essayons " Cette vie est amère ". » Pom ! Ta-ta-ta, Ti-ta ! Le piano fit retentir des accents si passionnés que Jose changea de visage. Elle joignit les mains. Elle coula un regard énigmatique et désolé vers sa mère et Laura qui entraient dans la pièce. Cette vie est amè-ère, Une larme … un soupir. Un amour éphémè-ère, Cette vie est amè-ère, Une larme … un soupir Un amour éphémè-ère, Et puis … adieu ! Mais sur le mot « adieu », et tandis que le piano se lamentait de plus belle, son visage s'éclaira d'un grand sourire totalement dénué de compassion. « Vous ne trouvez pas que je suis en voix, m'man ? » demanda-t-elle radieuse. La garden-party, p. 111 La fête se prépare, tandis que chacun vaque à ses propres préparatifs, que les cuisinières se hâtent de préparer petits fours et mignardises, Laura supervise l’installation de la tente tout en croquant à belles dents dans une tartine. « Elle se sentait toute pareille à une ouvrière. » Aujourd’hui, les enfants sont responsables de l’organisation de la garden party et la toute jeune fille se sent des ailes lui pousser dans le dos. Tout est si merveilleux : « Laura raccrocha le récepteur, leva les bras au-dessus de sa tête, respira profondément, les étendit, les laissa retomber. « Ouf ! » soupira-t-elle, et tout de suite, elle se redressa. Elle resta immobile, écoutant. On aurait cru que toutes les portes étaient ouvertes. La maison entière semblait animée de pas doux et rapides, d’un ruissellement de voix. La porte capitonnée de serge verte qui conduisait aux régions des cuisines s’ouvrait d’un coup, se refermait avec un choc amorti. Et maintenant s’élevait un son prolongé, ricaneur et cocasse. C’était le lourd piano qu’on poussait sur ses roulettes grinçantes. Et puis l’air ! si l’on prenait le temps de le remarquer, l’air était-il toujours comme cela ? De petites brises légères jouaient à se poursuivre au haut des fenêtres, à se faufiler par les portes. Et il y avait deux minuscules tâches de soleil qui jouaient aussi, l’une sur l’encrier, l’autre sur un cadre à photographie en argent. Des amours de petites taches. Surtout celle du couvercle de l’encrier. Elle était toute chaude, une tiède petite étoile d’argent. Laura l’aurait embrassée. » Mais bientôt c’est le drame, pas très loin de chez eux, à quelques pas, un jeune homme, ouvrier, vient de mourir. Une mauvaise chute de cheval… Inexorablement, l’insouciance de Laura s’envole à jamais. Mais pourquoi est-elle si seule ? Seule avec son chagrin tandis que l’orchestre joue à tout rompre. Le soir même, elle ira rendre visite à la famille et regrettera tout aussitôt, le seuil de la maison franchi, le choix de son chapeau, trop grand, trop… L’enfance est derrière, tout derrière, déjà. « N’est-ce pas que la vie, balbutia-t-elle, n’est-ce pas que la vie… » * La Garden Party est une des nouvelles qui donne son nom à ce recueil publié en 1922. | Catherine MANSFIELD - la Garden Party (E) Elle se tourna vers Meg : « J'ai envie d'entendre ce que donne le piano, pour le cas où on me demanderait de chanter cet après-midi. Essayons " Cette vie est amère ". » Pom ! Ta-ta-ta, Ti-ta ! ... |
![]() | Marguerite ABOUET - Aya de YopougonAya de Yopougon est une série de bandes dessinées écrite par Marguerite Abouet, illustrée par Clément Oubrerie et éditée par Gallimard dans la collection Bayou de Joann Sfar. La série a fait l'objet d'une adaptation en long métrage d'animation par Autochenille Production, Aya de Yopougon, sortie en France le 17 juillet 2013 | Marguerite ABOUET - Aya de Yopougon (E) Aya de Yopougon est une série de bandes dessinées écrite par Marguerite Abouet, illustrée par Clément Oubrerie et éditée par Gallimard dans la collection Bayou de Joann Sfar. La série ... |
![]() | Francois MAURIAC - Therese DesqueyrouxThérèse sort du palais de justice, dans la nuit. Une ordonnance de non-lieu vient d’être prononcée. Thérèse ne sera donc pas poursuivie par la justice, et pourtant, tous la savent coupable, son père qui est venu la rechercher, son avocat qui l’accompagne, son mari qui l’attend en leur propriété d’Argelouse, le lecteur enfin, qui pourtant s’attache à elle car il la sent victime. Thérèse Desqueyroux est un roman de François Mauriac paru en 1927. En 1950, ce roman fut inclus dans la liste du Grand Prix des meilleurs romans du demi-siècle1. Il a été également adapté au cinéma en 1962 par Georges Franju et en 2012 par Claude Miller. | Francois MAURIAC - Therese Desqueyroux (E) Thérèse sort du palais de justice, dans la nuit. Une ordonnance de non-lieu vient d’être prononcée. Thérèse ne sera donc pas poursuivie par la justice, et pourtant, tous la savent coupable, son ... |
![]() | Hermann MELVILLE - Moby DickAppelons-moi Ismahel. Il y a quelque temps, le nombre exact des années n'a aucune importance, n'ayant que peu ou point d'argent en poche, et rien qui me retînt spécialement à. Terre, l'idée me vint et l'envie me prit de naviguer quelque peu et de m'en aller visitant les étendues marines de ce monde. C'est un remède à moi; c'est une manière que j'ai de me sortir du noir et de redonner du tonus à la circulation de mon sang. Oui, chaque fois que je me sens la lèvre amère et dure; chaque fois qu'il bruine et vente dans mon âme et qu'il y fait un novembre glacial; chaque fois que, sans préméditation aucune, je me trouve planté devant la vitrine des marchands de cercueils ou emboîtant le pas aux funèbres convois que je rencontre ; et surtout, oui, surtout, chaque fois que je me sens en moi les mauvaises humeurs l'emporter à ce point qu'il me faille le puissant secours des principes moraux pour me retenir d'aller courir les rues à la seule fin de jeter bas, fort méthodiquement, le chapeau des gens, alors, oui, je considère qu'il est grand temps pour moi de filer en mer au plus vite. C'est ce qui me tient lieu de pistolet et de plomb. H.Melville, Moby Dick, debut Moby Dick est le nom donné à un cachalot blanc, animal au centre du célèbre roman d'Herman Melville dont le titre original en anglais est Moby-Dick, or The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot). Il est cité par William Somerset Maugham en 1954, dans son essai : Ten Novels and Their Authors parmi les dix plus grands romans. Melville s'est inspiré de deux faits réels : le naufrage du baleinier Essex, qui sombra en 1820, après avoir affronté un grand cachalot, 3 700 km au large des côtes de l'Amérique du Sud. L'un des marins survivants, Owen Chase, consigna cette aventure dans un livre qui parut en 1821. l'existence d'une baleine blanche, dans les années 1830, souvent aperçue à proximité de l'île chilienne de Mocha. Criblée de harpons, Mocha Dick attaquait régulièrement les baleiniers. Mais contrairement au drame de l'Essex aucune allusion dans le roman ni dans la correspondance de l'auteur n'authentifie cette référence. Les cachalots poursuivis portaient tous un nom. Melville fut lui aussi marin comme la plupart de ses héros de roman. La rédaction du livre fut entamée en 1850. Le roman fut d'abord publié à Londres en octobre 1851 sous le titre The Whale (Le Cachalot) — cette édition était incomplète et le titre n'était pas celui voulu par Melville. C'est peu de temps après, lors de sa parution américaine, en novembre de la même année, que l'ouvrage prit le nom de Moby-Dick; or, The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot). | Hermann MELVILLE - Moby Dick (E) Appelons-moi Ismahel. Il y a quelque temps, le nombre exact des années n'a aucune importance, n'ayant que peu ou point d'argent en poche, et rien qui me retînt spécialement à. Terre, l'idée me vint et l'env ... |
![]() | Henry MILLER - Sexus | Henry MILLER - Sexus (E) ... |
![]() | Czeslaw MILOSZ - la Pensée captive"La pensée captive" est un livre clé pour comprendre l'histoire et le fonctionnement de ce qu'étaient les démocratie populaires en URSS et en Europe centrale durant le XXème siècle. Pour finir signalons également que l'excellente traduction en Français a été réalisée en collaboration avec l'auteur. | Czeslaw MILOSZ - la Pensée captive (E) "La pensée captive" est un livre clé pour comprendre l'histoire et le fonctionnement de ce qu'étaient les démocratie populaires en URSS et en Europe centrale durant le XXème siècle. Pour f ... |
![]() | Margaret MITCHELL - Autant en emporte le ventprix Pulitzer 1937 Autant en emporte le vent (titre original en anglais Gone with the Wind) est LE roman écrit par Margaret Mitchell au début du xxe siècle. Il est paru en 1936. Avec la guerre, les privations, le siège d'Atlanta, les Yankees, les bombardements, des liens étroits se tissent entre tous ces personnages. Autour d'eux, vivent les planteurs de coton la société d'Atlanta, qui ne veulent rien changer à leur mode de vie malgré tous ces bouleversements. Qu'ils soient de la ville ou de la campagne, ces gens voient leur ancienne vie s'écrouler, leur civilisation se faire emporter. Ils sont ruinés financièrement et politiquement, et à la fin de la guerre ils voient les Yankees et les Noirs prendre le pouvoir en Géorgie, leur État si chèrement défendu. Et ce cauchemar qui suit la guerre est finalement pire que tout. La misère, la famine et la peur rôdent à la porte de tous les Confédérés. Les Yankees veulent écraser le Sud, en particulier la Géorgie qui passe pour un état rebelle et tous les moyens sont bons: fraude politique, spéculation financière, répression… La vie ne peut reprendre son cours car on voit des hommes pendus ou emprisonnés pour rien, des femmes agressées et violées sans que personne ne cherche à punir le coupable. Dans ce chaos, les Sudistes ne se laissent pas faire. Et petit à petit, ils remonteront tous la pente. Mais certains ne prendront pas la même route que les autres… Ce que l'on peut rajouter sur ce roman, c'est que les descriptions – que certains pourront trouver trop longues – permettent de se plonger réellement dans la vie de la Géorgie et de tous ces personnages. On finit presque par croire que l'on a existé avec eux. | Margaret MITCHELL - Autant en emporte le vent (E) prix Pulitzer 1937 Autant en emporte le vent (titre original en anglais Gone with the Wind) est LE roman écrit par Margaret Mitchell au début du xxe siècle. Il est paru en 1936. Avec la guerre, les pr ... |
![]() | MOLIERE - le misanthrope« Sur quelque préférence, une estime se fonde, Et c’est n’estimer rien, qu’estimer tout le monde. » (Alceste, acte I, scène I, vers 57-58) Alceste hait l'humanité tout entière, y dénonce l'hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais il aime pourtant Célimène, coquette et médisante. Le vertueux se lance ainsi dans des combats perdus d'avance qui l'acculent à la fuite… Molière y critique les mœurs de la cour, l'hypocrisie qui règne dans cette société du paraître, où les comportements frisent la parodie. Le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux est une comédie de Molière en cinq actes (comportant respectivement 3, 6, 5, 4 et 4 scènes) et en vers (1808 alexandrins) jouée pour la première fois le 4 juin 1666 au Théâtre du Palais-Royal. Elle est inspirée du Dyscolos de Ménandre. | MOLIERE - le misanthrope (E) « Sur quelque préférence, une estime se fonde, Et c’est n’estimer rien, qu’estimer tout le monde. » (Alceste, acte I, scène I, vers 57-58) Alceste hait l'humanité t ... |
![]() | MOLIERE - Tartuffe ou l’Imposteur« Couvrez ce sein que je ne saurais voir. » Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées. (Tartuffe, acte III, scène II, vers 860-862) Tartuffe, un hypocrite et un faux dévot, réussit à manipuler Orgon, l’archétype du personnage de cour, en singeant la dévotion et en devenant son directeur de conscience. En écrivant cette pièce, Molière s’attaque à un bastion très influent : les dévots. Parmi eux se trouvent des hommes religieux corrects, sincères et innocents mais aussi des hommes sans aucune morale d'esprit et qui profitent de ce rôle sans pitié. C’est cette seconde catégorie que Molière tente de critiquer. La pièce est ancrée dans la réalité historique avec l’allusion à la Fronde, qui a déchiré la France une quinzaine d’années auparavant. Le roi y apparaît plein de mansuétude et de sagesse. la pièce reste révolutionnaire par sa mise en cause d’une religion qui deviendrait dictatoriale. Elle est, avec Dom Juan, une des pièces qui ont soulevé le plus de polémiques et d’oppositions. Le Tartuffe ou l’Imposteur, comédie en cinq actes et en vers (1962 alexandrins) est représentée pour la première fois au château de Versailles le 12 mai 1664. | MOLIERE - Tartuffe ou l’Imposteur
(E) « Couvrez ce sein que je ne saurais voir. » Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées. (Tartuffe, acte III, scène II, vers 860-862) Tar ... |
![]() | Michel de MONTAIGNE - Les Essais« Tout homme porte en soi la forme entière de l’humaine condition. » «J'ai vu en mon temps cent artisans, cent laboureurs, plus sages et plus heureux que des recteurs de l'université.» «De toutes les vanités, la plus vaine c’est l’homme.» «Si on cache une région du corps, c'est pour mieux attirer l'attention sur elle.» «Ce n'est pas la mort que je crains, c'est de mourir.» «Ne faites donc pas comme l'avare, qui perd beaucoup pour ne vouloir rien perdre.» «L'une des plus grandes sagesses de l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir.» «La pauvreté des biens est facile à guérir, la pauvreté de l'âme, impossible.» "Verité en deca des Pyrennees, mensonge au delà" Michel Eyquem de Montaigne1, né le 28 février 1533 et mort le 13 septembre 1592 à Saint-Michel-de-Montaigne (Dordogne), est un écrivain, philosophe, moraliste et homme politique français de la Renaissance, auteur d’un livre qui a influencé toute la culture occidentale : les Essais. Fondateur de l’introspection, il en vient peu à peu à l’unique projet de faire son propre portrait : « Je n’ai d’autre objet que de me peindre moi-même » Mais il dépeint principalement ses pensées, il veut voir plus clair en lui-même, dans ce qu’il appelle son « arrière-boutique » : « Ce ne sont pas mes actes que je décris, c’est moi, c’est mon essence2. » Un pareil dessein est alors très neuf et personne, même dans l’Antiquité, ne l’a expressément formé3. Les Essais sont l'œuvre majeure de Michel de Montaigne (1533-1592), à laquelle il travaille de 1572 jusqu'à sa mort. Ils traitent de tous les sujets possibles, sans ordre apparent : médecine, livres, affaires domestiques, chevaux, maladien 1 entre autres, auxquels Montaigne mêle des réflexions sur sa propre vie et sur l'homme, le tout formant « un pêle-mêle où se confondent comme à plaisir les choses importantes et futiles, les côtés vite surannés et l’éternel1. » Les Essais sont cependant devenus un livre universel, « le seul livre au monde de son espèce », un livre unique qui met sous les yeux du lecteur non pas simplement un homme en train de se décrire, mais une vie en train de se faire. Tout ce à quoi s'intéresse leur auteur se résume en effet en une seule question fondamentale : « qu'est-ce que l'homme ? » ou, plus exactement, « que suis-je, moi, Michel Eyquem de Montaigne ? » Pour saisir ce qu'est l'homme, Montaigne le décrit aussi bien dans ses misères que dans ce qu'il a de grand : les Essais dressent le portrait d'un être dans la moyenne, divers, ondoyant, et surtout plus riche que tous les modèles idéaux auxquels on s'efforce de l'identifier. Les Essais sont de ce point de vue à l'opposé de tout système philosophique ; si Montaigne cherche la réalité de la condition humaine, c'est à travers l'observation de ce qu'elle a de plus quotidien, de plus banal — chez lui comme chez les autres. À cela s'ajoute la malice de l'auteur à diminuer ce qu'il écrit : « Toute cette fricassée que je barbouille ici n'est qu'un registre des essais de ma vie. » Toutes les choses de la vie, même les plus humbles, sont dignes d'intérêt à ses yeux ; son plaisir est de mettre au jour une humanité nue et crue en scrutant son propre être intérieur, son « arrière-boutique » selon ses propres mots. Un tel livre ne pouvait évidemment laisser indifférent. Réflexions d'un maître de sagesse et de tolérance pour les uns, ouvrage hérétique pour les autres, toujours imité et toujours inimitable, le sujet des Essais n'est peut-être jamais mieux défini que par ces mots de Stefan Zweig : « Celui qui pense librement pour lui-même honore toute liberté sur terre. » | Michel de MONTAIGNE - Les Essais (E) « Tout homme porte en soi la forme entière de l’humaine condition. » «J'ai vu en mon temps cent artisans, cent laboureurs, plus sages et plus heureux que des recteurs de l'université.» & ... |
![]() | Paul MORAND - Montociel, Rajah aux Grandes IndesPaul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris et mort le 23 juillet 1976 à Paris, est un écrivain, diplomate et académicien français. Considéré comme un des pères du « style moderne » en littérature, il s'est imposé comme l'un des grands écrivains français du XXe siècle. Son œuvre a eu une large influence sur les Hussards, en particulier Roger Nimier. | Paul MORAND - Montociel, Rajah aux Grandes Indes (E) Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris et mort le 23 juillet 1976 à Paris, est un écrivain, diplomate et académicien français. Considéré comme un des pères du « ... |
![]() | Alberto MORAVIA - le mepris | Alberto MORAVIA - le mepris (E) ... |
![]() | Thomas MORE - UtopiaUtopia (le titre complet en latin est De optimo rei publicæ statu, deque nova insula Utopia, ou par extension, Libellus vere aureus, nec minus salutaris quam festivus de optimo rei publicæ statu, deque nova insula Utopia) est un ouvrage de Thomas More paru en 1516. Il s'agit d'un livre fondateur de la pensée utopiste, le mot utopie étant lui-même dérivé de son titre. L'ouvrage a connu un succès particulier en France au xviie siècle et au xviiie siècle. Le titre est construit d’après une racine grecque signifiant « lieu qui n'est nulle part », οá½ τοπος (ou topos) en grec. Bien que Thomas More ne fût pas économiste, mais juriste, historien, théologien et homme politique, Utopia, qui n'était pas un traité d'économie, mais plutôt une satire de la société de son temps, fut repris au xixe siècle pour construire des théories économiques. Utopus conquiert Abraxa, terre rattachée au continent, et lui donne son nom. Il humanise « une population grossière et sauvage, […] pour former un peuple qui surpasse […] tous les autres en civilisation ». Ensuite, il fait creuser un isthme et la terre d'Abraxa devient une île, l'île d'Utopie. La genèse de l'île est symbolique des intentions d'Utopus ; il a voulu en faire un lieu protégé, rebutant les voyageurs par sa difficulté d'accès. Les barrières naturelles mettent l'île à l'abri des influences extérieures. Quant au terme d'Abraxa, il n'est pas insignifiant : il désigne la ville des fous dans l'Éloge de la Folie de son ami Érasme. Désormais, l'Utopie sera régie par les mathématiques, pure manifestation de l'intelligible. Dans l'île, tout est mesurable parce que le nombre seul garantit l'égalité. Par exemple, toutes les rues de la ville d'Amaurote mesurent 6,5 mètres de largeur. | Thomas MORE - Utopia (E) Utopia (le titre complet en latin est De optimo rei publicæ statu, deque nova insula Utopia, ou par extension, Libellus vere aureus, nec minus salutaris quam festivus de optimo rei publicæ statu, deque nova insula Utopia) est un ... |
![]() | Toni MORRISON - belovedBeloved est un roman de 1987 de l'écrivain américain Toni Morrison. Situé après la guerre de Sécession (1861-1865), il s'inspire de l'histoire d'une esclave afro-américaine, Margaret Garner, qui a fui l'esclavage dans le Kentucky à la fin de janvier 1856 en se réfugiant dans l'Ohio, un État libre. Morrison avait découvert l'histoire "Une visite à la mère esclave qui a tué son enfant" dans un article de journal de 1856 publié dans The Baptist américain et reproduit dans The Black Book, une compilation diversifiée de l'histoire et de la culture noires que Morrison avait publiée en 1974. Beloved commence en 1873 à Cincinnati, dans l'Ohio, où la protagoniste Sethe, ancienne esclave, vit avec sa fille Denver, âgée de dix-huit ans. La belle-mère de Sethe, Baby Suggs, a vécu avec eux jusqu'à sa mort huit ans plus tôt. Juste avant la mort de Baby Suggs, les deux fils de Sethe, Howard et Buglar, s'étaient enfuis. Sethe pense qu'ils ont fui à cause de la présence malveillante d'un fantôme abusif qui hantait leur maison au 124 Bluestone Road pendant des années. L'histoire commence par une introduction au fantôme: "124 était méchant. Plein du venin d'un bébé" [3]. Le roman a remporté le prix Pulitzer de fiction en 1988 [4] et a été finaliste du prix du livre de 1987 [5]. Il a été adapté en 1998 dans un film du même nom avec Oprah Winfrey. Une étude réalisée par le New York Times auprès d'écrivains et de critiques littéraires l'a classée comme la meilleure œuvre de fiction américaine de 1981 à 2006. [6] La dédicace du livre se lit "soixante millions et plus", se référant aux Africains et leurs descendants qui sont morts à la suite du commerce des esclaves de l'Atlantique. L'épigraphe du livre est Romains 9:25. | Toni MORRISON - beloved (E) Beloved est un roman de 1987 de l'écrivain américain Toni Morrison. Situé après la guerre de Sécession (1861-1865), il s'inspire de l'histoire d'une esclave afro-américaine, Margaret Garner, qui a f ... |
![]() | Robert MUSIL - l'homme sans qualitésL’Homme sans qualités (Der Mann ohne Eigenschaften) est un roman inachevé de l'écrivain autrichien Robert Musil. Cette œuvre immense est considérée par Thomas Mann, avec Ulysse de Joyce et À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, comme un des plus grands romans du xxe siècle. Dans son journal de 1932, il disait même : « Ce livre étincelant, qui maintient de la façon la plus exquise le difficile équilibre entre l'essai et la comédie épique, n'est plus, Dieu soit loué, un “roman” au sens habituel du terme : il ne l'est plus parce que, comme l'a dit Goethe, “tout ce qui est parfait dans son genre transcende ce genre pour devenir quelque chose d'autre, d'incomparable”. Son ironie, son intelligence, sa spiritualité relèvent du domaine le plus religieux, le plus enfantin, celui de la poésie. » Le premier tome parut en 1930, la première partie du deuxième en 1932. Le nazisme priva ensuite Robert Musil de ses lecteurs et de ses revenus : il émigra de Berlin à Vienne, puis, après l’Anschluss, de Vienne en Suisse. Ruiné, malade, il ne parvint pas à achever son roman, même si les manuscrits laissés permettent de voir quels scénarios il envisageait pour la fin. | Robert MUSIL - l'homme sans qualités (E) L’Homme sans qualités (Der Mann ohne Eigenschaften) est un roman inachevé de l'écrivain autrichien Robert Musil. Cette œuvre immense est considérée par Thomas Mann, avec Ulysse de Joyce et ... |
![]() | Marie NDIAYE - Trois Femmes puissantesPrix Goncourt 2009 Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments. | Marie NDIAYE - Trois Femmes puissantes (E) Prix Goncourt 2009 Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obsti ... |
![]() | Gerard de NERVAL - voyage en Orient"Je ne regrettai pas de m'être fixé pour quelque temps au Caire et de m'être fait sous tous les rapports un citoyens de cette ville, ce qui est le seul moyen de la comprendre et de l'aimer" L'Orient de Gérard de Nerval Le 23 décembre 1842, Nerval quittait Paris pour un périple d'une année en Orient qui devait le conduire successivement en Égypte, au Levant et en Turquie. De ce séjour, de ce voyage entrepris dans la tradition romantique, le poète devait rapporter un récit intitulé Voyage en Orient. Cependant, c'est un tout autre voyage qu'il avait inauguré en 1840 - sa "vita nuova" - et qu'il accomplira avec l'expérience décrite dans Aurélia, en 1854, quelques mois avant sa mort tragique. Il s'agit cette fois de l'Orient au sens métaphysique du terme : que les gnostiques identifient au Yémen. On ne dispose malheureusement que d'un seul terme pour désigner l'Orient géographique et ce "pôle au-dedans de nous-mêmes" qui est l'Orient symbolique. | Gerard de NERVAL - voyage en Orient (E) "Je ne regrettai pas de m'être fixé pour quelque temps au Caire et de m'être fait sous tous les rapports un citoyens de cette ville, ce qui est le seul moyen de la comprendre et de l'aimer" L'Orient de ... |
![]() | Friedrich NIETZSCHE - Ainsi parlait ZarathoustraAinsi parlait Zarathoustra (ou Ainsi parla Zarathoustra). Un livre pour tous et pour personne (en allemand : Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen ) est un poème philosophique de Friedrich Nietzsche, publié entre 1883 et 1885. Nietzsche considéra cette œuvre comme le péristyle de sa philosophie, et Le Gai Savoir et Par-delà bien et mal comme ses commentaires, l'un écrit avant le texte, l'autre l'expliquant d'une manière trop cultivée pour être accessible2. Nietzsche présente lui-même ce livre comme un « 5e évangile », il veut en faire l'équivalent des poèmes de Goethe et des textes de Luther3. Ainsi parla Zarathoustra est ainsi à la fois un long poème et une œuvre de réflexion sur une nouvelle promesse d'avenir pour l'homme. Mais c'est aussi une parodie4. Zarathoustra se retirant dix ans dans la montagne, et sentant un jour le besoin de partager sa sagesse, rappelle le séjour du Christ dans le désert, et certains passages du quatrième livre font songer à la cène. Les symboles religieux ou ésotériques sont également très nombreux. Enfin on ne peut s'empêcher de songer à François d'Assise, modèle d'amitié entre les hommes et les animaux. Ainsi parlait Zarathoustra se compose de discours, de paraboles, de poésies et de chants répartis en quatre livres. Bien que l'ensemble puisse au premier abord présenter une apparence disparate, Eugen Fink a souligné la forte unité de ce poème. En effet, Zarathoustra commence par annoncer la mort de Dieu, condition préalable à l'enseignement du Surhomme, abordé dans le prologue et dans le premier livre, où la parabole du chameau constitue une annonce de son destin. Le deuxième livre expose la pensée de la Volonté de puissance, qui est la pensée du dépassement de soi conduisant au Surhomme. Puis le troisième livre tourne autour de l'Éternel Retour, affirmation la plus haute de la Volonté de puissance et idée sélectrice destinée à poser les conditions qui dans l'avenir permettront l'avènement du Surhomme. La dernière partie tourne autour des hommes supérieurs et de la tentation de la pitié qui est pour Nietzsche la tentation nihiliste par excellence. C'est pour Zarathoustra le dernier obstacle à l'affirmation de la vie et le début d'une nouvelle transfiguration, avec laquelle l'œuvre se termine, transfiguration vers l'amour et la joie symbolisés par le lion devenu docile et rieur et entouré d'une nuée de colombes. | Friedrich NIETZSCHE - Ainsi parlait Zarathoustra (E) Ainsi parlait Zarathoustra (ou Ainsi parla Zarathoustra). Un livre pour tous et pour personne (en allemand : Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen ) est un poème philosophique de Friedrich Nietzsche, publié ... |
![]() | NURY & VALLLEE - il etait une fois en franceIl Etait Une Fois en France conte l'histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l'homme le plus riche de France pendant l'occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d'autres un héros. C'est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le Roi de Paris, par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. Monsieur Joseph se confie sur son lit de mort aux côtés de Lucie Fer, celle qui fut sa plus fidèle compagne. Intelligence avec l'ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l'occupation un appartement en plein co eur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, Joseph reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne. | NURY & VALLLEE - il etait une fois en france (E) Il Etait Une Fois en France conte l'histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l'homme le plus riche de France pendant l'occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d'autres un hér ... |
![]() | Sofi OKSANEN - PurgePrix du Livre Europeen 2010 Prix Femina Etranger 2011 C'est un livre venu du Nord. Un ouvrage à propos duquel les critiques semblent unanimes : "Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait celui-là." Ironie de la situation, ce roman s'appelle Purge. Mais il paraît qu'en finnois, la langue de l'auteur, ce mot n'a aucunement le sens - d'ailleurs vieilli - de punition. "Puhdistus, c'est tout ce qui est lié à l'action de nettoyer, explique Sofi Oksanen. Nettoyer, laver, épurer, désinfecter... mais aussi purifier ethniquement, purger au sens de Staline..." Best-seller dans les pays nordiques, Purge est en effet une potion décapante préparée par une ensorceleuse de 33 ans qui frappe d'abord par son allure. Mi-divinité gothique, mi-fée Carabosse, Sofi Oksanen a la bouche fardée de mauve, les mains peintes au henné et la tête encadrée d'immenses dread-locks roses et noires dégringolant jusque sur ses reins. Née à Jyväskylä, à 270 km au nord d'Helsinki, d'une mère estonienne et d'un père finlandais, elle a d'abord étudié la littérature puis la dramaturgie, avant de s'essayer à l'écriture. "Aussi curieux que cela puisse paraître, mon premier livre, Les Vaches de Staline, combinait boulimie et histoire soviétique, explique-t-elle. Dans le deuxième, Baby Jane, je me suis intéressée aux attaques de panique et aux désarrois de la "génération Prozac". Ce qui m'attire avant tout, ce sont les destins bâillonnés, les personnages muets, les histoires tues. S'approcher du non-dit et tenter de l'articuler, n'est-ce pas l'essence même de l'écriture ?" Du dégoût silencieux, de l'expiation rageuse, on en trouve à chaque page de Purge (qui vient de recevoir le Prix du roman Fnac). Or, tout l'art de Sofi Oksanen consiste à s'en approcher lentement afin que ses deux protagonistes, Zara et Aliide, finissent par s'avouer à elles-mêmes les violences dont elles ont été victimes et qui ont fait de leur corps un objet de honte à vie. (Le Monde des Livres) | Sofi OKSANEN - Purge (E) Prix du Livre Europeen 2010 Prix Femina Etranger 2011 C'est un livre venu du Nord. Un ouvrage à propos duquel les critiques semblent unanimes : "Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait celui-l ... |
![]() | George ORWELL - 19841984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, publié en 1949. 1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, ainsi que de la réduction des libertés. En 2005, le magazine Time a d'ailleurs classé 1984 dans sa liste des 100 meilleurs romans et nouvelles de langue anglaise de 1923 à nos jours, liste où se trouve La Ferme des animaux, autre fameux roman d'Orwell1. Il décrit une Grande-Bretagne postérieure d'une trentaine d'années à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you). | George ORWELL - 1984 (E) 1984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, publié en 1949. 1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, ... |
![]() | Cesare PAVESE - Le Bel EteLa jeunesse est ce qui relie les trois nouvelles du recueil intitulé Le bel été. Observés à ce moment où ils découvrent la vie avec stupeur, les personnages de Pavese traversent une saison dans un état d’acuité poussé à son plus beau, éprouvent désir et attente dans l’idée qu’ils vivent quelque chose d’irrémédiable. Particulièrement dans la nouvelle éponyme, la première de ce triptyque. Telle est l’histoire de Ginia, jeune modiste de seize ans qui erre dans le Turin des années 40. Insouciante, elle ne vit que pour les fêtes, oublie de dormir car c’est voler du temps à l’allégresse, part en goguette avec son amie Amelia, qui du haut de ses dix-huit ans lui paraît tellement femme, elle qui, contrairement à Ginia, fume, connaît le sexe, dont il est précisé qu’elle a une voix rauque. (Une femme avec une telle voix a hanté le romancier : Tina). La fascinante Amelia devient le personnage modèle de la jeune fille, mais aussi son contre-exemple, en vertu de la loi d’attraction qui se tourne en répulsion. Pavese aime mêler l’art, la jeunesse et l’érotisme. Pour lui, l’art n’est qu’un simulacre du monde sexuel. Le romancier est au plus proche de ses héroïnes qu’il fait poser nues et qui pourtant, dans leur vie, ne restent pas en place, brûlent la chandelle par les deux bouts, rêvent d’un bonheur qu’elles entrevoient mais qui ne serait qu’un unique été, qui ne reviendrait jamais. La grâce absolue. S. H. | Cesare PAVESE - Le Bel Ete (E) La jeunesse est ce qui relie les trois nouvelles du recueil intitulé Le bel été. Observés à ce moment où ils découvrent la vie avec stupeur, les personnages de Pavese traversent une saison da ... |
![]() | Octavio PAZ - le labyrinthe de la solitudeLe Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad) est un essai de l'écrivain mexicain Octavio Paz, prix Nobel de littérature, paru en 1950. Cet essai rassemble plusieurs réflexions sur la nation et le peuple du Mexique. Octavio Paz est considéré comme l'un des plus grands poètes de langue espagnole du xxe siècle, et on a comparé son influence sur la littérature hispanique et mondiale à celle de Juan Ramón Jiménez, Vicente Huidobro, César Vallejo, Jorge Luis Borges, Gabriel García Márquez ou encore Pablo Neruda. Nourri par ses aventures existentielles et ses découvertes intellectuelles, le poète concilie aussi bien l'extase mystique de l'artiste convoquant les grandes figures de la mythologie précolombienne à une inspiration autobiographique plus quotidienne. Il évoque au passage le problème du rapport au monde extérieur et de l'angoisse individuelle procurée par les bouleversements du monde moderne. À cela s'ajoutent plusieurs considérations théoriques et des réflexions critiques sur la poétique, la philosophie, l'Histoire et l'anthropologie. Parmi les nombreux recueils de poèmes de Paz, on note l'importance qu'a eue Liberté sur parole (Libertad bajo palabra, 1958). Son essai le plus connu, traitant de l'identité mexicaine est Le Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad, 1950). Il est l'auteur de nombreux textes sur la peinture et l'art, aussi bien pré-colombiens que contemporains, comme son étude sur Marcel Duchamp. | Octavio PAZ - le labyrinthe de la solitude (E) Le Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad) est un essai de l'écrivain mexicain Octavio Paz, prix Nobel de littérature, paru en 1950. Cet essai rassemble plusieurs réflexions sur la nation et le peupl ... |
![]() | Cyril PEDROSA - PortugalC'est l'histoire d'un auteur de bande dessinée en pleine crise, de couple et d'inspiration. Touché par un bref séjour à Lisbonne, Simon s'interroge sur sa famille, ses origines. Qu'il va creuser et dessiner au fil d'un mariage, puis d'un nouveau voyage. Avec Portugal, Cyril Pedrosa (déjà auteur du superbe Trois Ombres) signe une éblouissante quête personnelle et graphique, légèrement autobiographique. Il détaille la conception de trois planches, baignant chacune dans une ambiance différente. | Cyril PEDROSA - Portugal (E) C'est l'histoire d'un auteur de bande dessinée en pleine crise, de couple et d'inspiration. Touché par un bref séjour à Lisbonne, Simon s'interroge sur sa famille, ses origines. Qu'il va creuser et dessiner au fi ... |
![]() | Georges PEREC - la vie mode d'emploi | Georges PEREC - la vie mode d'emploi (E) ... |
![]() | Charles PERRAULT - Contes"Il était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde, vœux, pèlerinages, menues dévotions; tout fut mis en œuvre, et rien n'y faisait. Enfin pourtant la reine devint grosse, et accoucha d'une fille: on fit un beau baptême; on donna pour marraines à la petite princesse toutes les fées qu'on pût trouver dans le pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des fées en ce temps-là, la princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables ... " Charles Perrault, La Belle au bois dormant En couchant par écrit les versions de contes qu'il avait entendues et en raison de la forte légitimité accordée à l'écrit, les contes dit "de Perrault" ont souvent pris le pas sur la multitude des autres versions du patrimoine oral français et mondial. Ainsi, Pierre Dubois pense que Charles Perrault a considérablement modifié la perception de la fée en faisant des « belles de mai » mentionnées dans les anciennes croyances des femmes raffinées, délicates et élégantes fréquentant la cour dans ses contes, détruisant ainsi leur symbolisme originel lié au renouveau de la nature. Selon lui, il « détourne et dénature » les fées des saisons avec l'ajout de ses morales. Le genre des contes de fées est à la mode dans les salons mondains : les membres de la haute société assistent aux veillées populaires et prennent note des histoires qui s’y racontent. Le travail que Perrault opère sur cette matière déjà existante, c’est qu’il les moralise et en fait des outils « à l'enseignement des jeunes enfants ». Ainsi, il rajoute des moralités à la fin de chaque conte, signalant quelles valeurs il illustre. | Charles PERRAULT - Contes (E) "Il était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde, vœux, p&egra ... |
![]() | Alexis Leger dit SAINT-JOHN PERSE - AmersLe poème à analyser est le septième du recueil amers de saint john perse. Il est composé d'une introduction et de quatre parties dont la dernière est une sorte de conclusion et d'ouverture qui annonce le prochain poème. L'introduction comporte deux strophes, dont la première est composée de trois versets, et la deuxième, de deux versets. La première et la deuxième parties comportent trois strophes chacune, la troisième, cinq strophes, et la dernière, une seule strophe. La langueur des strophes est inégale. Le poème débute avec la voix du poète qui nous présente les jeunes filles, qui entrent à leur tour sur la scène. La présentation est faite par le temps qu'il fait « douceur d'une aube entre les Îles ». Le pluriel « Îles » et la majuscule mettent l'accent sur l'origine des filles, ce sont des iliennes qui proviennent de différentes Îles. Toutefois, ces iliennes sont convoquées par les filles qui habitent l'île où se fera la rencontre des hommes venus du large : « hélant les filles d'autres rives ». Le pronom possessif « nos » fait, d'ailleurs, la distinction entre celles qui sont sur place et celles qui sont « hôtes ». | Alexis Leger dit SAINT-JOHN PERSE - Amers (E) Le poème à analyser est le septième du recueil amers de saint john perse. Il est composé d'une introduction et de quatre parties dont la dernière est une sorte de conclusion et d'ouverture qui annonce le p ... |
![]() | Fernando PESSOA - Poesies d'Alvaro de CamposTout seul, sur le quai désert, dans ce matin d’Eté, Je regarde du côté de la barre, je regarde vers l’Indéfini, Je regarde et il me satisfait de voir, Petit, noir et clair, un paquebot qui entre. Il vient là-bas très loin, bien net, classique à sa manière. Dans l’air lointain il laisse derrière lui l’ourlet vain de sa fumée. Il vient, il entre, et le matin avec lui, et sur le fleuve, De-ci, de-là se réveille al vie maritime, Se dressent les voiles, s’avancent les remorqueurs, Surgissent de petits bateaux de derrière les navires qui sont dans le port. Il fait une vague brise. Mais mon âme à moi se tient avec ce que je vois le moins, Avec le paquebot qui entre, Car lui se tient avec la Distance, avec le Matin, Avec le sens maritime de cette heure, Avec la douceur douloureuse qui monte en, moi comme nausée, Comme début de mal de mer, mais dans l’esprit. Je regarde de loin le paquebot, dans une grande indépendance d’âme, Et au fond de moi une roue comme à tourner, lentement. Pessoa, poète aux identités écrivit des poésies bucoliques, signées Alberto Caeiro, réunies sous le titre Le Gardeur de Troupeaux. À ce poète sensualiste et chaste s'oppose un Pessoa au regard obscène, Alvaro de Campos, le plus prolixe de ses hétéronymes. Ce recueil, qui rassemble tout l'œuvre de Caeiro ainsi qu'un choix de poésies de de Campos, révèle la multiplicité d'un des plus grands poètes de langue portugaise, entre métaphysique, ironie et sensualité. | Fernando PESSOA - Poesies d'Alvaro de Campos (E) Tout seul, sur le quai désert, dans ce matin d’Eté, Je regarde du côté de la barre, je regarde vers l’Indéfini, Je regarde et il me satisfait de voir, Petit, noir et clair, un paq ... |
![]() | François POULET-MATHIS et Nicole FONTAINE - Brexit, une chance ? repenser l'EuropeUn livre choc, loin des banalités lénifiantes sur l'Europe. Suscité par le Brexit, il va bien au-delà du référendum du 23 juin 2016. Car l'Europe est malade. Malade de son impuissance et de sa médiocrité, face aux nouveaux défis qui l'assaillent. Malade de la lente désaffection des peuples qu'elle a négligés. Malade de son ambiguïté sur la finalité du projet européen. Trois regards croisés, positifs, mais sans concession. Comment a-t-on pu en arriver là ? Celui de Nicole FONTAINE, qui a présidé le Parlement européen et a suivi ce que fut son parcours exaltant pendant près d'un quart de siècle. Celui de François POULET-MATHIS, journaliste de radio-télévision, dont toute la carrière d'observateur s est faite auprès des institutions européennes. Celui d'étudiants de la plus ancienne école de commerce du monde à vocation internationale, qui seront demain des acteurs économiques de haut niveau. Sans un sursaut, l'Europe est aujourd'hui menacée d'une dislocation qui la réduirait à un simple espace-marché. Elle doit être repensée. Des voies sont ouvertes, et il n'est pas trop tard. | François POULET-MATHIS et Nicole FONTAINE - Brexit, une chance ? repenser l'Europe (E) Un livre choc, loin des banalités lénifiantes sur l'Europe. Suscité par le Brexit, il va bien au-delà du référendum du 23 juin 2016. Car l'Europe est malade. Malade de son impuissance et de sa m&eac ... |
![]() | Jacques PREVERT - ParolesLa mère fait du tricot Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère Et le père qu'est-ce qu'il fait le père? Il fait des affaires Sa femme fait du tricot Son fils la guerre Lui des affaires II trouve ça tout naturel le père Et le fils Qu'est-ce qu'il trouve le fils? II ne trouve rien absolument rien le fils Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre Quand il aura fini la guerre II fera des affaires avec son père La guerre continue la mère continue elle tricote Le père continue il fait des affaires Le fils est tué il ne continue plus Le père et la mère vont au cimetière Ils trouvent ça naturel le père et la mère La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires Les affaires la guerre le tricot la guerre Les affaires les affaires et les affaires La vie avec le cimetière. « Familiale », extrait de Paroles Publié en 1945, Paroles est le premier recueil du poète, alors âgé de quarante-cinq ans. Il regroupe des pièces disparates, écrites entre 1930 et 1945, offertes à des amis, parues dans des revues, mises en musique par Joseph Kosma ou destinées au groupe Octobre, une troupe de théâtre militant engagée dans les combats du Front populaire. Prévert, jusqu'alors connu pour ses chansons et les scénarios de films célèbres (Les Enfants du paradis) devient, dans tous les sens de l'expression, un poète populaire. | Jacques PREVERT - Paroles (E) La mère fait du tricot Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère Et le père qu'est-ce qu'il fait le père? Il fait des affaires Sa femme fait du tricot Son fils la ... |
![]() | Marcel PROUST - A la recherche du temps perdu« …le moment où il faudrait me mettre au lit, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. » Pendant longtemps, il ne se souvint que de cet épisode de ses séjours dans la maison de sa grand-tante. Et puis, un jour, sa mère lui proposa une tasse de thé et des madeleines, qu’il refusa dans un premier temps puis finit par accepter. C’est alors que, des années après son enfance, le thé et les miettes du gâteau firent remonter toute la partie de sa vie passée à Combray : « … et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé. » Plutôt que le récit d'une séquence déterminée d'événements, cette œuvre s'intéresse non pas à la mémoire du narrateur mais à une réflexion sur la littérature. La démarche de Proust est paradoxale : dans la recherche, l'étude de sa vie personnelle dans ses moindres détails, dans un milieu très spécifique (la haute bourgeoisie et l'aristocratie française du début du xxe siècle) il accède à l'universel. Ce style particulier traduit une volonté de saisir la réalité dans toutes ses dimensions, dans toutes ses perceptions possibles, dans toutes les facettes du prisme des différents intervenants. On rejoint les préoccupations des impressionnistes : la réalité n'a de sens qu'à travers la perception, réelle ou imaginaire, qu'en a le sujet. L'œuvre ne se limite pas à cette dimension psychologique et introspective, mais analyse aussi, d'une manière souvent impitoyable, la société de son temps : opposition entre la sphère aristocratique des Guermantes et la bourgeoisie parvenue des Verdurin, auxquelles il faut ajouter le monde des domestiques représenté par Françoise. Au fil des tomes, l'œuvre reflète l'histoire de son temps, depuis les controverses de l'affaire Dreyfus jusqu'à la guerre de 1914-1918. | Marcel PROUST - A la recherche du temps perdu (E) « …le moment où il faudrait me mettre au lit, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. » Pendant longt ... |
![]() | Pauline REAGE - Histoire d'OUne jeune femme libre et indépendante (libre sexuellement aussi, pour les années 1950) est emmenée par son amant dans un château, situé à Roissy, où l'on « dresse » les femmes. Elle y devient esclave, de son plein gré. Elle y souffre (elle doit s'accoutumer au fouet) et n'y connaît au fond que peu de plaisirs si ce n'est celui d'appartenir à quelqu'un. C'est dans le donjon de Samois qu'elle est marquée au fer rouge aux initiales de son maître et son sexe percé de deux anneaux dont l'un supporte le poids d'un lourd disque de métal décoré d'un triskell niellé d'or et où est gravé le nom de son propriétaire. Le roman comporte une part de réalisme oublié aujourd'hui, puisqu'à Roissy on pratique un enfermement qui était celui imposé aux pensionnaires des maisons closes, avant leur fermeture en 1946 à la suite des campagnes de Marthe Richard. Pris au premier degré et compris avec une grille de lecture des années 2000 (aujourd'hui le sado-masochisme est un type de pratiques sexuelles institutionnalisé), il ne s'agit que d'un roman érotique, mais Histoire d'O est aussi un cri, celui d'une personne qui veut appartenir à une autre. Si la référence au sado-masochisme est donc bien présente, ce n'est pas aux pratiques visant à pimenter la vie d'un couple, mais à celles qui sont une quête d'absolu, le don de soi. Son écriture, froide et concise, en fait un objet d'autant plus fascinant. Histoire d'O est un roman français signé par Pauline Réage (pseudonyme de Dominique Aury, née Anne Desclos) publié en 1954 chez l'éditeur Jean-Jacques Pauvert et ayant reçu le Prix des Deux Magots l'année suivante. | Pauline REAGE - Histoire d'O (E) Une jeune femme libre et indépendante (libre sexuellement aussi, pour les années 1950) est emmenée par son amant dans un château, situé à Roissy, où l'on « dresse » les femmes. Ell ... |
![]() | Paul RICOEUR - la metaphore viveDans La métaphore vive (1975), Ricœur étudie la fonction poétique de la langue et plus précisément le concept de trope qui est analysé sous l'angle linguistique, poétique et philosophique. Car la figure de style, et plus précisément la métaphore, est pour Ricœur un procédé cognitif original et avec sa propre valeur. « La fonction de transfiguration du réel que nous reconnaissons à la fiction poétique implique que nous cessions d'identifier réalité et réalité empirique ou, en d'autres termes, que nous cessions d'identifier expérience et expérience empirique. Le langage poétique tire son prestige de sa capacité à exprimer des aspects de ce que Husserl appelait Lebenswelt et Heidegger In-der-Welt-sein. De la sorte il exige que nous critiquions notre concept conventionnel de la vérité, c'est-à-dire que nous cessions de le limiter à la cohérence logique et à la vérification empirique, de façon à prendre en compte la prétention de vérité liée à l'action transfigurante de la fiction. » Il écrit même : « La métaphore, c'est la capacité de produire un sens nouveau, au point de l'étincelle de sens où une incompatibilité sémantique s'effondre dans la confrontation de plusieurs niveaux de signification, pour produire une signification nouvelle qui n'existe que sur la ligne de fracture des champs sémantiques. Dans le cas du narratif, je m'étais risqué à dire que ce que j'appelle la synthèse de l'hétérogène ne crée pas moins de nouveauté que la métaphore, mais cette fois dans la composition, dans la configuration d'une temporalité racontée, d'une temporalité narrative. » Cette découverte de la fonction cognitive de la métaphore repose sur le dépassement du traitement habituel de la métaphore qui voit en elle un simple phénomène linguistique de « transport de sens ». Pour comprendre cela, Ricœur propose de voir que la métaphore ne prend tout son sens que restituée dans le texte dans son ensemble. | Paul RICOEUR - la metaphore vive (E) Dans La métaphore vive (1975), Ricœur étudie la fonction poétique de la langue et plus précisément le concept de trope qui est analysé sous l'angle linguistique, poétique et philosophiq ... |
![]() | Arthur RIMBAUD - PoesiesComme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais. Arthur Rimbaud, Le bateau ivre | Arthur RIMBAUD - Poesies (E) Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. J’&ea ... |
![]() | Francois de La ROCHEFOUCAULT - Maximes«Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.» «Le trop grand empressement qu'on a de s'acquitter d'une obligation est une espèce d'ingratitude.» «Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant comme ceux du visage.» «Il n’y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d’être méprisés.» «On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter.» «On aime à deviner les autres, mais l'on n'aime pas à être deviné.» «Rien n'est si contagieux que l'exemple.» «Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.» «Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c'est qu'elle blesse la nôtre.» «La confiance de plaire est souvent un moyen de déplaire infailliblement.» «Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons.» «Il est plus aisé de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier.» «La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut et à ne dire que ce qu'il faut.» «La nature fait le mérite, et la fortune le met en oeuvre.» «La fortune nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne saurait corriger.» [ François de La Rochefoucauld ] - Maximes Texte essentiel de la réflexion sur soi, impitoyable anatomie du cœur humain, d'un pessimisme radical et joyeux, ses maximes ont fait de La Rochefoucauld un des grands moralistes français. Si on compte de nombreuses éditions des Maximes, on connaît beaucoup moins les Mémoires. La Rochefoucauld les écrivit en 1653, lorsque l'échec définitif de la Fronde, à laquelle il avait activement participé, et une grave blessure reçue lors d'un combat, le contraignirent à se retirer dans ses terres. Elles sont à l'histoire ce que les Maximes sont à la psychologie : une terrible école de lucidité. | Francois de La ROCHEFOUCAULT - Maximes (E) «Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.» «Le trop grand empressement qu'on a de s'acquitter d'une obligation est une espèce d'ingratitude.» &laqu ... |
![]() | Pierre de RONSARD - Les AmoursMignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse : Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté. | Pierre de RONSARD - Les Amours (E) Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez ... |
![]() | Joao Guimaraes ROSA - DiadorimÀ travers amours et guerres, envoûté par l'énigmatique Diadorim, évoquant toutes les aventures qui firent de lui un preux jagunço, un gardien de troupeaux, Riobaldo raconte les journées encore brûlantes passées de bataille en bataille, les longues chevauchées à méditer sur la vie et la mort, dans le décor aride du sertão, lieu de l'épreuve, de la révélation et de la confrontation à l'infini. Unique roman et chef-d'oeuvre du plus grand écrivain brésilien du XXe siècle, Diadorim apparaît d'ores et déjà, au même titre que Don Quichotte, La Chanson de Roland ou Faust pour la tradition européenne, comme une oeuvre mythique de dimension universelle. « Un véritable tour de force sur le plan de la langue. Une des oeuvres formellement les plus abouties du siècle. » Mario Vargas Llosa « Une oeuvre d'une dimension rare en littérature... L'un des plus grands livres qu'on ait jamais écrits. Brutal, tendre, cordial, sauvage, vaste comme le Brésil lui-même. » Jorge Amado | Joao Guimaraes ROSA - Diadorim (E) À travers amours et guerres, envoûté par l'énigmatique Diadorim, évoquant toutes les aventures qui firent de lui un preux jagunço, un gardien de troupeaux, Riobaldo raconte les journées encore ... |
![]() | Philipp ROTH - Portnoy et son complexeL'un des plus connu des romans de Philip Roth né en 1933 à Newark aux Etats-Unis, maintes fois couronné à travers le monde pour ses différents livres et qui vit désormais dans le Connecticut. Le livre date de 1967, traduit en français en 1970, il faut le préciser pour mesurer le choc qu'il a pu produire à l'époque, et aujourd'hui encore pour certains, car tout le long de ce roman l'auteur ne parle que de cul ! D'où le titre, car le « complexe de Portnoy » est un trouble caractérisé par un perpétuel conflit entre de vives pulsions d'ordre éthique et altruistes et d'irrésistibles exigences sexuelles. Alex le héros du roman, est fonctionnaire à la mairie de New York. D'origine juive il a vécu dans une famille de type matriarcale où la mère mène tout le monde à la baguette et le père est un faible atteint de constipation chronique ! Enfant étouffé par une mère surprotectrice, il ne trouve d'échappatoire que dans la masturbation forcenée, plusieurs fois par jour et en tous lieux. Plus tard il collectionnera les conquêtes féminines sans assouvir sa (qué)quête. Le livre accumule les scènes d'anthologie. Entre sa mère omniprésente, on pense aux sketches ou films avec Guy Bedos, et les parties de branlettes hallucinées, on rit beaucoup même si à la longue on peut se lasser de l'étalage de ses turpides en solitaire ou de ses parties de jambes en l'air avec ses différentes partenaires. Il ne s'agit bien évidemment pas d'un roman pornographique, car derrière les images néanmoins crues, le livre cache une confession. En fait il s'agit du long monologue d'un patient à son psychanalyste. Mais quel est le « problème » d'Alex ? Son avidité sexuelle ou sa judéité ? Il n'est pas toujours aisé de lire ce roman, car Philip Roth n'utilise pas une narration linéaire, nous sautons parfois du coq à l'âne, d'une époque à une autre, d'un souvenir à un fantasme. Parfois l'accumulation de scènes de sexe lasse, c'est vrai. Au final, la balance est à l'équilibre entre cette lassitude et les fous rires rentrés à la lecture de certaines pages, mais Alex est un héros de roman qui restera à jamais dans nos mémoires. « Tap tap tap, ce n'est que moi, maman - ce gros chien si gentil m'a ramené à la maison avec ma canne. Un chien ? Chez moi ? Fais-le tout de suite sortir d'ici avant qu'il cochonne tout ! Jack, il y a un chien dans la maison et je viens de laver le lino de la cuisine ! Mais maman, il es ici pour y rester, il faut qu'il reste - c'est un chien dressé. Je suis aveugle. Oh ! Mon Dieu ! Jack ! crie-t-elle, tournée vers la salle de bains, Jack, Alex est revenu avec un chien - il est devenu aveugle ! Lui ? Aveugle ? répond mon père. Comment pourrait-il être aveugle, il ne sait même pas ce que ça veut dire d'éteindre une lampe. Comment ? hurle ma mère. Comment ? Dis-nous comment une chose pareille... Maman, comment ? Qu'est-ce que tu crois ? En fréquentant des filles chrétiennes. » | Philipp ROTH - Portnoy et son complexe (E) L'un des plus connu des romans de Philip Roth né en 1933 à Newark aux Etats-Unis, maintes fois couronné à travers le monde pour ses différents livres et qui vit désormais dans le Connecticut. ... |
![]() | Jean-Jacques ROUSSEAU - la Nouvelle Heloise (roman)C'est la passion amoureuse entre Julie d’Étanges, une jeune noble, et son précepteur, Saint-Preux, un homme d’origine humble. Après avoir tenté de s’en défendre, ce dernier va tomber sous le charme de sa jeune élève. Saint-Preux et Julie vont alors s’aimer dans le décor du lac Léman, mais leur différence de classe sociale les force à garder leur relation secrète. En raison des conventions sociales qui empêchent cet amour de s’exprimer au grand jour, Saint-Preux quitte la Suisse pour Paris et Londres d’où il va écrire à Julie. Les deux personnages vont alors échanger de nombreuses lettres et billets amoureux délibératifs, cherchant une réponse au dilemme que leur pose leur amour et à la situation catastrophique qu’elle engendre, jusqu’à ce que la famille d’Étanges, ayant découvert cette relation, persuade Julie d’épouser un autre homme, le vieux M. de Wolmar. Lorsque Saint-Preux rentre, des années plus tard, Julie a déjà choisi d’honorer ses vœux matrimoniaux et de remplir ses devoirs d’épouse et de mère. Incapable pourtant d’oublier Saint-Preux, Julie décide, par loyauté, d’avouer cet amour à son mari. L'un des plus grands succès de librairie de la fin du xviiie siècle, révélant ainsi la place faite à la sensibilité au temps des Lumières. Intitulé à l’origine Lettres de deux amants, Habitans d'une petite ville au pied des Alpes, La Nouvelle Héloïse s’inspire de l’histoire d’Héloïse et de Pierre Abélard, où la passion amoureuse est dépassée pour céder la place à la renonciation sublimée. En dépit du genre romanesque sous lequel se présente La Nouvelle Héloïse, l’œuvre baigne dans une théorie philosophique où Rousseau explore les valeurs morales d’autonomie et d’authenticité pour accorder la préférence à l’éthique de l’authenticité contre les principes moraux rationnels : n’accomplir ce qu’exige la société que conformément à ses propres « principes secrets » et aux sentiments qui constituent l’identité profonde. | Jean-Jacques ROUSSEAU - la Nouvelle Heloise (roman) (E) C'est la passion amoureuse entre Julie d’Étanges, une jeune noble, et son précepteur, Saint-Preux, un homme d’origine humble. Après avoir tenté de s’en défendre, ce dernier va tomber sous ... |
![]() | Pascale ROZE - Le Chasseur zéroPrix Goncourt 1996 Laura Carlson vit à Paris chez ses grands-parents. Sa vie est rythmée par le vrombissement du Chasseur Zéro, cet avion japonais qui a torpillé le cuirassier sur lequel servait son père. Sa mère vit en recluse. La petite Laura a peu d'amis. Son existence semble pourtant prendre un nouveau tournant lorsqu'elle rencontre Bruno, un jeune compositeur. Lui suffira-t-il à tourner la page d'un passé si douloureux (evene.fr) | Pascale ROZE - Le Chasseur zéro (E) Prix Goncourt 1996 Laura Carlson vit à Paris chez ses grands-parents. Sa vie est rythmée par le vrombissement du Chasseur Zéro, cet avion japonais qui a torpillé le cuirassier sur lequel servait son p&e ... |
![]() | Salman RUSCHDIE - les Enfants de minuitSaleem Sinai est le héros de ce roman burlesque. Né à minuit, le 15 août 1947 à Bombay, jour de l'indépendance de l'Inde ; il se découvre des dons qui l'amènent à quelques aventures drôles mais également émouvantes. Mêlant onirisme et réalité, ce livre s'avère être un véritable pamphlet politique. C'est en 1981 que Salman Ruschdie accède à la notoriété avec ce roman Les Enfants de minuit (Midnight's Children) pour lequel il est récompensé du James Tait Black Memorial Prize et le Booker Prize. Les Enfants de minuit a plus tard été désigné comme le meilleur roman ayant reçu le prix Booker au cours des 25 puis des 40 dernières années. | Salman RUSCHDIE - les Enfants de minuit (E) Saleem Sinai est le héros de ce roman burlesque. Né à minuit, le 15 août 1947 à Bombay, jour de l'indépendance de l'Inde ; il se découvre des dons qui l'amènent à quelques aventu ... |
![]() | Jean-Jacques SCHUHL - Ingrid Caven"La récupération, le recyclage, c’est l’apanage des guerres, leur poésie en somme, cette façon qu’ont les choses de servir deux fois et à des buts distincts : les balles du front, en 14, deviennent pendentifs, ornements de bracelets, à l’arrière.". Prix Goncourt 2000 Jean-Jacques Schuhl dresse le portait d'ingrid Caven, actrice et chanteuse dans le Berlin des années 70. Très peu connu du grand public, il n'a publié que trois romans dont 'Rose Poussières' en 1972 et 'Télex no.1' en 1976. Il revient vingt cinq ans plus tard avec 'Ingrid Caven', roman pour lequel il obtient le Prix Goncourt en 2000. (evene.fr) | Jean-Jacques SCHUHL - Ingrid Caven (E) "La récupération, le recyclage, c’est l’apanage des guerres, leur poésie en somme, cette façon qu’ont les choses de servir deux fois et à des buts distincts : les balles du front, en ... |
![]() | Sophie Rostopchine, comtesse de SEGUR - Les malheurs de SophieSophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu'elle peine à imiter. Mais elle va voir que la vie n'est pas un long fleuve tranquille ... Reflet des mœurs du Second Empire, Les Malheurs de Sophie décrit une société où l'éducation morale des enfants commence dès le plus jeune âge (Sophie n'a que quatre ans) et où chaque incident est propice à une leçon. Cette éducation sévère peut avoir recours aux châtiments corporels1. | Sophie Rostopchine, comtesse de SEGUR - Les malheurs de Sophie (E) Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et tente de lui montrer le droit chemin. Elle a ... |
![]() | Brian SELZNICK - L invention de Hogo Cabret« Parfois , je viens ici la nuit, pas pour entretenir les horloges, juste pour regarder. Je m'imagine que le monde est une machine géante. Tu sais, dans les machines, il n'y a pas de pièces en trop. Elles ont exactement le nombre et le type de pièces qui leur sont nécessaires. Alors, je me dis que, si l'univers entier est une machine, il y a bien une raison pour que je sois là. Et toi aussi, tu as une raison d'exister. » Hugo Cabret est orphelin : son père, qui l’élevait, est mort dans l’incendie du musée où il était employé comme horloger. Ses seuls compagnons sont un automate trouvé dans les décombres du musée, sur lequel travaillait son père, et son oncle, un poivrot qui l’héberge dans les combles de la gare. Un jour, l’oncle disparaît. Hugo n’a d’autre solution que de se cacher et de poursuivre le travail de l’oncle (régler les horloges) en priant pour qu’on ne le découvre pas. Car il a un but : finir de réparer l’automate de son père. Hugo est persuadé qu’une fois en état de marche, celui-ci lui délivrera un message important. Pour cela, il dérobe chaque jour un jouet à un vieux vendeur, se constituant ainsi une réserve de rouages, de ressorts... Seulement, un matin, le vieil homme le prend la main dans le sac : il lui confisque son carnet de croquis, indispensable à la réparation de l’automate, et l’oblige à travailler pour lui… Grâce à sa nouvelle amie Isabelle, la fille du vieil homme, Hugo finira par réparer l’automate, qui reconstituera sous ses yeux un dessin de Georges Méliès, le créateur du Voyage dans la Lune. Et il découvrira que le vieux marchand n’est autre que Méliès que tout le monde croyait disparu. | Brian SELZNICK - L invention de Hogo Cabret (E) « Parfois , je viens ici la nuit, pas pour entretenir les horloges, juste pour regarder. Je m'imagine que le monde est une machine géante. Tu sais, dans les machines, il n'y a pas de pièces en trop. Elles ont exactement ... |
![]() | Jean-Jacques SEMPE - Le petit Nicolas | Jean-Jacques SEMPE - Le petit Nicolas (E) ... |
![]() | Mme de SEVIGNE - lettres | Mme de SEVIGNE - lettres (E) ... |
![]() | Mary SHELLEY - Frankenstein ou Le Prométhée moderneMary Shelley s'était enfuie en 1814 de chez son père, le philosophe anarchiste William Godwin, à l'âge de 16 ans, avec un ami de celui-ci, le poète et libertin Percy Bysshe Shelley. L'idée du roman date de 1816. sous l'influence de la lecture des Fantasmagoriana (en) (dans leur version française), du Vathek de William Beckford et d'une bonne dose d'opium, elle fit un cauchemar où elle eut la vision de « l'étudiant pâle penché sur la chose qu'il avait animée ». Frankenstein ou Le Prométhée moderne (Frankenstein or The Modern Prometheus) est un roman gothique publié en 1818 par la jeune Britannique Mary Shelley, maîtresse et future épouse du poète Shelley. Le roman est le récit d'une tentative d'exploration polaire par Robert Walton. La majeure partie de ce récit est constituée par l'histoire de la vie de Victor Frankenstein que Walton a recueilli sur la banquise, histoire qui n'est elle même que le cadre d'une narration à Frankenstein par le « monstre », auquel il a donné vie, des tourments subis par celui-ci qui justifient sa haine envers son créateur. | Mary SHELLEY - Frankenstein ou Le Prométhée moderne (E) Mary Shelley s'était enfuie en 1814 de chez son père, le philosophe anarchiste William Godwin, à l'âge de 16 ans, avec un ami de celui-ci, le poète et libertin Percy Bysshe Shelley. L'idée du ro ... |
![]() | SOPHOCLE - Oedipe roi"C’est le temps seul qui révèle l’homme juste ; un seul jour dévoile le perfide." Cruauté du sort qui amène Œdipe à commettre à son insu l'acte criminel prédit par l'oracle ! Averti par Delphes qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, il fuit les lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents présumés... Que ne lui a-t-on dit, hélas, qu'il était le fils de Laïos ! Ignorant du drame ancien, aveuglé parle hasard, Œdipe court à sa perte. Il tue un voyageur qui lui barre la route, libère Thèbes de la Sphinge, épouse la reine de la cité, occupe le trône royal et... accomplit son terrible destin. C'est cet épisode qu'évoquent les psychanalystes quand ils parlent de « complexe d'Œdipe » bien que la pertinence du rapprochement soit problématique1. Œdipe roi (en grec ancien Οá¼°δίπoυς τÏÂραννoς / Oidípous Týrannos, en latin Œdipus Rex) est une tragédie grecque de Sophocle, entre 430 et 415 avant J.-C. | SOPHOCLE - Oedipe roi (E) "C’est le temps seul qui révèle l’homme juste ; un seul jour dévoile le perfide." Cruauté du sort qui amène Œdipe à commettre à son insu l'acte criminel ... |
![]() | Robert Louis STEVENSON - l'Ile au tresorLe récit est celui de Jim Hawkins, fils d’un tenancier de l'auberge « L'Amiral Benbow » dans un port anglais au xviiie siècle. Un jour, un vieux loup de mer nommé Billy Bones débarque à l'auberge et s'y installe. Jim est fasciné par le marin colérique, violent et ivrogne; d'autant qu'il semble peser sur ce dernier une obscure menace. Celle-ci se précise lorsque Pew, un mystérieux aveugle, remet à Billy Bones « la tache noire », annonciatrice de mort dans le monde des pirates. Alors que les heures de Billy Bones sont comptées, il meurt, foudroyé par une crise d'apoplexie, tandis qu'au même moment, le père de Jim meurt d'une grave maladie. En ouvrant le coffre du pirate, Jim et sa mère découvrent une carte indiquant la cachette d’un fabuleux trésor que la bande du fameux capitaine Flint a enfoui dans une île déserte. Avec l’aide du docteur Livesey et du châtelain Trelawney,un navire baptisé l'Hispaniola est affrété pour partir à sa recherche. Au cours de la traversée, Jim surprend une conversation entre le cuisinier, un personnage pittoresque à jambe de bois appelé Long John Silver, et des hommes d'équipage : il apprend ainsi que la plupart des marins à bord de l'Hispaniola font partie de la bande de Flint et qu'une mutinerie se prépare pour s'emparer du trésor. Jim avertit ses amis du danger qui décident de ne pas agir avant d'être à terre tout en restant sur leurs gardes. Lorsque l’île est atteinte, la lutte s’engage entre les deux groupes. Divers épisodes plus indécis les uns que les autres se déroulent (dans lesquels apparaît Ben Gunn, un pirate abandonné sur l'île par le capitaine du bateau sur lequel il se trouvait), et pour finir le trésor tombe entre les mains des gentils hommes de naissance. L'Hispaniola reprend la mer avec sa précieuse cargaison et finit par regagner l'Angleterre, non sans que Long John Silver ait réussi à s'enfuir avec un sac de pièces d'or extraites du trésor lors d'une escale. | Robert Louis STEVENSON - l'Ile au tresor (E) Le récit est celui de Jim Hawkins, fils d’un tenancier de l'auberge « L'Amiral Benbow » dans un port anglais au xviiie siècle. Un jour, un vieux loup de mer nommé Billy Bones débarque à l ... |
![]() | Kathryn STOCKETT - la couleur des sentimentsJackson, Mississippi, 1962. Lorsqu’elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du quartier noir de Jackson, dîne modestement, écrit ses prières dans un carnet, pense à son fils disparu et écoute du gospel, du blues ou le sermon du Pasteur à la radio. Nurse et bonne au service de familles blanches depuis quarante ans, Aibileen n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Elle vit pour “ses enfants” – les petits Blancs dont elle s’occupe jusqu’à l’âge où ils changent –, les aime tendrement et met un point d’honneur à leur transmettre l’estime de soi, luttant comme elle le peut contre les idées racistes que leurs parents leur enfonceront bientôt dans le crâne. Aibileen est une âme généreuse, dotée d’une grande sagesse et d’une bonhomie attendrissante. Elle a la vitalité, la douceur et la rondeur d’Ella Fitzgerald. Dans les pires moments, elle peut compter sur sa meilleure amie, Minny, bonne et cuisinière chez les Blancs depuis son plus jeune âge elle aussi, une forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entre un mari alcoolique à la main lourde et cinq enfants à éduquer, son quotidien s’apparente à une lutte de survie. Ainsi dissimule-t-elle sa sensibilité sous les traits d’une maîtresse-femme à la langue bien pendue, ce qui lui a valu d’être maintes fois renvoyée. D’ailleurs, sa nouvelle patronne, pin-up désœuvrée au comportement étrange, lui donne déjà du fil à retordre. C’est alors qu’arrive Skeeter Phelan. Vingt-deux ans et fraîchement diplômée, elle est de retour à Jackson où elle retrouve ses anciennes amies. Contrairement à elles, Skeeter n’a pas encore la bague au doigt, attache peu d’importance à ses tenues et sa coiffure, possède un esprit plus ouvert que la moyenne et souhaite plus que tout devenir écrivain. Lorsqu’on lui confie la rubrique ménagère du journal local, elle demande à Aibileen de lui donner des tuyaux. Elle apprend à la connaître et comprend bientôt qu’elle tient son sujet : il y a peu, une certaine Rosa Parks a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus ; un certain Martin Luther King se rend de ville en ville pour défendre la cause des droits civiques ; elle, Skeeter Phelan, va donner la parole aux bonnes de Jackson, leur demander de raconter ce que c’est qu’être une bonne noire au service d’une famille blanche du Mississippi, recueillir leurs témoignages et en faire un livre. Elle y tient d’autant plus que Constantine, la bonne qui l’a élevée et qu’elle aime profondément, a été congédiée par ses parents pour des raisons obscures. Ce projet fou auquel se rallient Aibileen et Minny va les mettre en danger et changer à jamais le cours de leur vie. | Kathryn STOCKETT - la couleur des sentiments (E) Jackson, Mississippi, 1962. Lorsqu’elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du quartier noir de Jackson, dîne modestement, écrit ses prières dans un carnet, pense à son fils disparu et &ea ... |
![]() | Bram STOKER - DraculaDracula, roman de l'écrivain irlandais Bram Stoker publié en 1897. Il raconte l'histoire d'un vampire, c'est-à-dire un être immortel qui se repaît du sang des vivants, dont le nom s'inspire du surnom d'un personnage historique, Vlad ÈšepeÈ™ (Vlad III l'Empaleur), prince de Valachie au xve siècle. Le thème du vampire apparaît dès 1819 en Angleterre, en pleine mode du roman gothique, et sera exploité par de nombreux auteurs au cours du siècle, comme Charles Nodier et Théophile Gautier en France. L'apport décisif de Bram Stoker à l'extrême fin du xixe siècle est d'avoir fait du comte, au-delà de la créature aux pouvoirs surnaturels, un être humain damné, un mort-vivant, qui suscite la pitié en même temps que l'épouvante[réf. nécessaire]. Cette complexité du personnage de Dracula renouvelée par des thèmes modernes chers à la psychanalyse comme l'association d'Éros et de Thanatos - du désir sexuel et de la mort - ou le questionnement des limites (entre la bête et l'homme, entre la vie et la mort ou entre le Bien et le Mal...) en feront un mythe moderne que le cinéma contribuera à amplifier. | Bram STOKER - Dracula (E) Dracula, roman de l'écrivain irlandais Bram Stoker publié en 1897. Il raconte l'histoire d'un vampire, c'est-à-dire un être immortel qui se repaît du sang des vivants, dont le nom s'inspire du surnom d'un pe ... |
![]() | Jules SUPERVIELLE - GravitationsRêve Des mains effacent le jour D'autres s'en prennent à la nuit. Assis sur un banc mal équarri J'attends mon tour. Souffles d'une moustache, Aciers à renifler, L'œil noir d'une arquebuse, Un sourire ébréché. On entre, on sort, on entre, La porte est grande ouverte, Seigneurs du présent, seigneurs du futur, Seigneurs du passé, seigneurs de l'obscur. Quand la fenêtre s'ouvrira Qui en vivra, qui en mourra ? Quand le soleil reviendra Comprendrai-je que c'est lui ? | Jules SUPERVIELLE - Gravitations (E) Rêve Des mains effacent le jour D'autres s'en prennent à la nuit. Assis sur un banc mal équarri J'attends mon tour. Souffles d'une moustache, Aciers à renifler, L'&oeli ... |
![]() | Stefan SWEIG - La Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle)Fils de proviseur d'un lycée d'une petite ville d'Allemagne du nord, Roland de D. est à 19 ans un étudiant qui suit malgré lui au départ des études d'anglais (à Berlin). Il mène dans la capitale allemande une vie dissolue pendant plusieurs mois négligeant ses études. Son père découvrant cela le fait déplacer dans une Université d'une petite ville de province au centre de l'Allemagne. Là, il est tout de suite subjugué par l'intelligence d'un professeur de philologie et son talent pour communiquer sa passion pour Shakespeare. La Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle) est une nouvelle de Stefan Zweig parue en 1927 et sous-titrée « Notes intimes du professeur R de D ». Elle retrace l'histoire d'un universitaire qui, lors de son soixantième anniversaire, se remémore un professeur qui, dans sa jeunesse, l'a conduit sur les voies de la vie de l'esprit. Ce texte traite ainsi de l'amour de l'étude que lui communiqua ce professeur. Portant également sur la force de l'amitié (inter-générationnelle), le texte évoque aussi l'amour entre deux hommes, et les troubles et souffrances causés par la rencontre de cet amour avec la morale, la loi et le regard de l'autre. | Stefan SWEIG - La Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle) (E) Fils de proviseur d'un lycée d'une petite ville d'Allemagne du nord, Roland de D. est à 19 ans un étudiant qui suit malgré lui au départ des études d'anglais (à Berlin). Il mène dans l ... |
![]() | Anton TCHEKOV - la SteppePremière grande oeuvre narrative de Tchekhov, 'La steppe' raconte l'histoire d'un enfant, Iégorouchka, qui se rend à la ville pour y fréquenter l'école, sur une charrette faisant partie d'un convoi qui transporte des balles de coton et se déplace d'une localité à l'autre à travers la steppe. Tout le récit est fondé sur les paysages qui composent la steppe et les sensations qu'ils évoquent à l'enfant. | Anton TCHEKOV - la Steppe (E) Première grande oeuvre narrative de Tchekhov, 'La steppe' raconte l'histoire d'un enfant, Iégorouchka, qui se rend à la ville pour y fréquenter l'école, sur une charrette faisant partie d'un convoi qui tra ... |
![]() | Louo Kouan-TCHONG - les trois RoyaumesChine, IIIe siècle. La dynastie Han touche à sa fin. Les Trois Royaumes Wei, Chou et Wou peinent à s'entendre et les rivalités sont vives. Tout commence quand Ts'ao Ts'ao, grand seigneur de la guerre, envahit le royaume de Wou avec ses millions de soldats. Souen K'ivan et Lieou Pei, ennemis de toujours, s'allient alors pour l'affronter, sur terre et sur mer. Véritable Iliade chinoise, cette extraordinaire saga retrace les destins de héros mythiques tels Lieou Pei, modèle de vertu et de loyauté, Ts'ao Ts'ao, cruel et calculateur, Tchou-Ko Leang le sage ou encore Kouan Yu le guerrier. Roman-fleuve rythmé par les batailles et les ballades poétiques où s'entremêlent mythe et histoire, Les Trois Royaumes est un classique de la littérature asiatique, transmis de génération en génération, et aujourd'hui un chef-d'œuvre incontesté de la littérature mondiale. Ses personnages sont aussi familiers aux Chinois que nos trois mousquetaires, et l'inquiétante figure de Ts'ao Ts'ao a troublé les rêves de maints petits Chinois de treize ans, comme le cardinal de Richelieu est venu effrayer notre enfance. | Louo Kouan-TCHONG - les trois Royaumes (E) Chine, IIIe siècle. La dynastie Han touche à sa fin. Les Trois Royaumes Wei, Chou et Wou peinent à s'entendre et les rivalités sont vives. Tout commence quand Ts'ao Ts'ao, grand seigneur de la guerre, envahit le ... |
![]() | Alexis de TOCQUEVILLE - De la democratie en AmeriqueJe veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde ; je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils remplissent leur âme. ... Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d'assurer leurs jouissances et de vieiller sur leur sort. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril, mais il ne cherche au contraire qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne pensent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ! Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique De la démocratie en Amérique (publié en deux livres, le premier en 1835, le deuxieme en 1840), est un texte classique français écrit par Alexis de Tocqueville sur les États-Unis des années 1830, dans lequel il décrit puis analyse le système politique américain, et expose les possibles dérives liberticides de la passion de l'égalité chez les Hommes. Bien que le titre se traduise en anglais par On Democracy in America, il est mieux connu sous le titre Democracy in America. De la démocratie en Amérique est d'abord et avant tout une analyse sur la démocratie représentative républicaine, et de ses formes particulières aux États-Unis. Cette œuvre de Tocqueville prédit l'abolition de l'esclavage où l'Amérique se déchirerait pendant sa guerre civile. Elle prédit aussi l'émergence des États-Unis et de la Russie comme les deux superpuissances du monde, menant à une bipolarisation (que le monde connaîtrait sous le nom de guerre froide). De plus, la possibilité présentée dans cet ouvrage que les citoyens en viennent à renoncer à leur liberté au profit d'une plus grande égalité se manifesta au xxe siècle sous la forme de différents totalitarismes. | Alexis de TOCQUEVILLE - De la democratie en Amerique (E) Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde ; je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulga ... |
![]() | Milos TSERNIANSKI - MigrationsAu XVIIIe siècle, pour fuir la domination des Turcs, des milliers de Serbes émigraient dans l'empire voisin, l'Autriche. Ils devenaient militaires ou commerçants. Mais beaucoup d'entre eux rêvaient d'une terre plus lointaine, une terre slave et orthodoxe comme la leur, où ils pourraient refaire leur vie: la Russie. Migrations est le roman de cette diaspora. Au-delà de l'anecdote historique, entremêlée de drames et de comédies, un sentiment de profonde mélancolie parcourt le livre. Du malheur de notre condition, Tsernianski ne conclut pas au silence ou à l'absence des dieux. Au contraire, une divinité perfide - qu'il nomme «le hasard comédien » - semble toujours se jouer cyniquement du sort des individus et des peuples. | Milos TSERNIANSKI - Migrations (E) Au XVIIIe siècle, pour fuir la domination des Turcs, des milliers de Serbes émigraient dans l'empire voisin, l'Autriche. Ils devenaient militaires ou commerçants. Mais beaucoup d'entre eux rêvaient d'une terre plu ... |
![]() | Paul VALERY - CharmesTes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés. Personne pure, ombre divine, Qu’ils sont doux, tes pas retenus ! Dieux !… tous les dons que je devine Viennent à moi sur ces pieds nus ! Si, de tes lèvres avancées, Tu prépares pour l’apaiser, À l’habitant de mes pensées La nourriture d’un baiser, Ne hâte pas cet acte tendre, Douceur d’être et de n’être pas, Car j’ai vécu de vous attendre, Et mon cœur n’était que vos pas. Paul Valéry, Charmes (1922). | Paul VALERY - Charmes (E) Tes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés. Personne pure, ombre divine, Qu’ils sont doux, tes pas retenus ! ... |
![]() | Paul VERLAINE - SagesseIl pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? 0 bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s'ennuie 0 le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce cœur qui écœure. Quoi ! nulle trahison ? ... Ce deuil est sans raison. C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine! Ariettes oubliées (poeme 3) Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes. C'est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ». Paul Marie Verlaine est né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. | Paul VERLAINE - Sagesse (E) Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? 0 bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui ... |
![]() | Jules VERNE - le Tour du Monde en 80 joursC'est la course autour du monde d'un gentleman anglais, Phileas Fogg, qui a fait le pari d'y parvenir en 80 jours. Il est accompagné par Jean Passepartout, son serviteur français. L'ensemble du roman est un habile mélange entre récit de voyage (traditionnel pour Jules Verne) et données scientifiques comme celle utilisée pour le rebondissement de la chute du roman. Ce voyage extraordinaire est rendu possible grâce à la révolution des transports qui marque le xixe siècle et les débuts de la révolution industrielle. L'apparition de nouveaux modes de transport (chemin de fer, marine à vapeur) et l'ouverture du canal de Suez en 1869 raccourcissent les distances, ou du moins le temps nécessaire pour les parcourir. Le Tour du monde en quatre-vingts jours a été écrit en 1872 par Jules Verne et publié en 1873 par Pierre-Jules Hetzel à Paris. Il parut en feuilleton dans Le Temps du 6 novembre au 22 décembre 18721. | Jules VERNE - le Tour du Monde en 80 jours (E) C'est la course autour du monde d'un gentleman anglais, Phileas Fogg, qui a fait le pari d'y parvenir en 80 jours. Il est accompagné par Jean Passepartout, son serviteur français. L'ensemble du roman est un habile mélan ... |
![]() | Delphine de VIGAN - rien ne s'oppose à la nuit"Ma mère était bleue, d'un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l'ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tachées d'encre, au pli des phalanges. Ma mère était morte depuis plusieurs jours. ... " L'auteur du best-seller No et moi (400 000 exemplaires vendus, prix des Libraires 2008) est familière d'une certaine veine autobiographique, comme en témoignent son premier roman, Jours sans faim (2001), sur l'anorexie, mais aussi son plus récent, Les heures souterraines (2009), où elle s'inspirait de son expérience de cadre dans un bureau d'études. Avec Rien ne s'oppose à la nuit, joli titre inspiré de la chanson de Bashung Osez Joséphine, Delphine de Vigan, quarante-cinq ans, va encore plus loin : même s'il est qualifié de "roman", ce sixième livre évoque ouvertement sa mère dont la mort, en 2008, à l'âge de soixante et un ans, l'a incitée à écrire sur elle. Pas tout de suite, certes. Mais finalement en profondeur. Convoquant les témoignages des uns et des autres, collectant les documents et les photos, les traces de toutes sortes, Delphine de Vigan retrace en détail la destinée de cette jolie Lucile, née en 1946, troisième enfant d'une fratrie de neuf - dont trois mourront en bas âge. Dans cette enquête poignante au coeur de la mémoire familiale, la romancière fait resurgir les souvenirs les plus lumineux comme les secrets les plus enfouis. Un récit sensible et fascinant, qui fait écho aux blessures de chacun... L'Express 6/8/2011 | Delphine de VIGAN - rien ne s'oppose à la nuit (E) "Ma mère était bleue, d'un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l'ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tach& ... |
![]() | Alfred de VIGNY - Oeuvres poetiquesMais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente, Rêver sur mon épaule en y posant ton front ? Viens du paisible seuil de la maison roulante Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront. [...] Nous marcherons ainsi ne laissant que notre ombre Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ; Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre, Où tu te plais à suivre un chernin effacé, A rêver, appuyée aux branches incertaines, Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines, Ton amour taciturne et toujours menacé. gémir,pleurer,prier est également lâche, fais énergiquement ta longue et lourde tache dans la voie où le sort a voulu t'appeler, puis après, comme moi,souffre et meurt sans parler | Alfred de VIGNY - Oeuvres poetiques (E) Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente, Rêver sur mon épaule en y posant ton front ? Viens du paisible seuil de la maison roulante Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront. [...] No ... |
![]() | Francois VILLON - Le TestamentOu est la tres sage Hellois, Pour qui chatre fut et puis moyne Pierre Esbaillart a Saint Denis? Pour son amour ot ceste essoyne. Semblablement ou est la royne Qui commenda que Buridan Fust gete en ung sac en Saine? Mais ou sont les neiges d'antan? La royne Blanche comme lis Qui chantait a voix de seraine, Berte au grant pie, Bietris, Alis, Haremburgis qui tint le Maine, Et Jehanne la bonne Lorraine Qu'Englois brulerent a Rouan; Ou sont ilz, ou, Vierge souvraine? Mais ou sont les neiges d'antan? Prince, n'enquerez de sepmaine Ou elles sont, ne de cest an, Qu'a ce refrain ne vous remaine: Mais ou sont les vierges d'antan? Villon – comme d’autres personnages du Moyen Âge : Du Guesclin, Jeanne d’Arc – passe très vite dans la légende. Certaines de ses ballades sont célèbres dès la fin du xve siècle , mais on ne sait de lui que ce que l’on peut apprendre dans son œuvre (qu’il faut se garder de lire comme une simple et sincère confidence, le poète ayant lui-même élaboré son mythe – ou plutôt ses mythes34). Il faut attendre la fin du xixe siècle pour être mieux renseigné sur la vie du poète, grâce à quelques précieux documents retrouvés dans les Archives. Il reste néanmoins encore d’importantes zones d’ombre qui donnent libre cours aux imaginations. D’où, selon les époques, les différentes images constitutives de la « légende Villon ». | Francois VILLON - Le Testament (E) Ou est la tres sage Hellois, Pour qui chatre fut et puis moyne Pierre Esbaillart a Saint Denis? Pour son amour ot ceste essoyne. Semblablement ou est la royne Qui commenda que Buridan Fust gete en ung sac en Sa ... |
![]() | Francois VILLON - Le TestamentOu est la tres sage Hellois, Pour qui chatre fut et puis moyne Pierre Esbaillart a Saint Denis? Pour son amour ot ceste essoyne. Semblablement ou est la royne Qui commenda que Buridan Fust gete en ung sac en Saine? Mais ou sont les neiges d'antan? La royne Blanche comme lis Qui chantait a voix de seraine, Berte au grant pie, Bietris, Alis, Haremburgis qui tint le Maine, Et Jehanne la bonne Lorraine Qu'Englois brulerent a Rouan; Ou sont ilz, ou, Vierge souvraine? Mais ou sont les neiges d'antan? Prince, n'enquerez de sepmaine Ou elles sont, ne de cest an, Qu'a ce refrain ne vous remaine: Mais ou sont les vierges d'antan? Villon – comme d’autres personnages du Moyen Âge : Du Guesclin, Jeanne d’Arc – passe très vite dans la légende. Certaines de ses ballades sont célèbres dès la fin du xve siècle , mais on ne sait de lui que ce que l’on peut apprendre dans son œuvre (qu’il faut se garder de lire comme une simple et sincère confidence, le poète ayant lui-même élaboré son mythe – ou plutôt ses mythes34). Il faut attendre la fin du xixe siècle pour être mieux renseigné sur la vie du poète, grâce à quelques précieux documents retrouvés dans les Archives. Il reste néanmoins encore d’importantes zones d’ombre qui donnent libre cours aux imaginations. D’où, selon les époques, les différentes images constitutives de la « légende Villon ». | Francois VILLON - Le Testament (E) Ou est la tres sage Hellois, Pour qui chatre fut et puis moyne Pierre Esbaillart a Saint Denis? Pour son amour ot ceste essoyne. Semblablement ou est la royne Qui commenda que Buridan Fust gete en ung sac en Sa ... |
![]() | Eric VUILLARD - l'ordre du jourPrix Goncourt 2017 Couronné par le prestigieux prix littéraire, L'Ordre du jour d'Eric Vuillard est moins un roman qu'un récit historique. Mais la réalité des conditions de la prise du pouvoir par Hitler comme de l'Anschluss y est déformée pour instruire le procès des élites économiques, sociales et politiques. | Eric VUILLARD - l'ordre du jour (E) Prix Goncourt 2017 Couronné par le prestigieux prix littéraire, L'Ordre du jour d'Eric Vuillard est moins un roman qu'un récit historique. Mais la réalité des conditions de la prise du pouvoir par ... |
![]() | Eric VUILLARD - l'ordre du jourL'ordre du jour est un récit relativement court (150 pages), qui relate plusieurs épisodes des prémices et du début du Troisième Reich dans les années 1930 et montre comment « les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petit pas » L'Ordre du jour est un récit d'Éric Vuillard paru en 2017 aux Éditions Actes Sud dans la collection « Un endroit où aller ». Le livre se voit attribuer le Prix Goncourt en 2017. Le récit commence par une réunion tenue en février 1933 où Hitler demande à vingt-quatre patrons allemands (dont Agfa, Allianz, BASF, Bayer, IG Farben, Krupp, Opel, Siemens, Telefunken, ...) de le soutenir. Il revient ensuite sur l'Anschluss à travers différents moments, souvent méconnus, de l'histoire : la rencontre entre Hitler et le chancelier autrichien Schuschnigg, le 12 février à Berchtesgaden ; la panne des panzers allemands, une fois la frontière autrichienne franchie ; le dîner donné à Londres au cours duquel Ribbentrop abuse de la politesse du premier ministre britannique Neville Chamberlain pour retarder la réponse britannique à l'Anschluss... | Eric VUILLARD - l'ordre du jour (E) L'ordre du jour est un récit relativement court (150 pages), qui relate plusieurs épisodes des prémices et du début du Troisième Reich dans les années 1930 et montre comment « les plus grandes ... |
![]() | Christa WOLF - Christa T.Une leucémie, ça ne plaisante pas. Emporte, balaye son sujet, sans fard, sans concession. C'est le cas de l'héroïne de ce roman, qui meurt avant l'heure, avant même l'âge mûr. Avec elle s'éteint une quête de l'idéal, une recherche de la perfection. La mort brutale de cette femme est l'occasion pour la narratrice de brosser le portrait de son amie. Documents, extraits de journaux, témoignages vont enrichir son discours, dans le temps et l'espace, pour donner une forme romanesque originale. Au-delà du portait d'une héroïne, militante pour un monde meilleur, une femme un brin rêveur, c'est toute la déception d'une génération allemande que décrit là Christa Wolf, dans un message désenchanté, triste et renonçant. Second roman de l'auteur, publié en 1968 en Allemagne de l'Est, Christa T. a valu à Christa Wolf un retentissement international | Christa WOLF - Christa T. (E) Une leucémie, ça ne plaisante pas. Emporte, balaye son sujet, sans fard, sans concession. C'est le cas de l'héroïne de ce roman, qui meurt avant l'heure, avant même l'âge mûr. Avec elle s'é ... |
![]() | Emile ZOLA - NanaNana, roman d’Émile Zola publié par Peyam Djalal en 1880, est le neuvième de la série les Rougon-Macquart, traitant du thème de la prostitution féminine à travers le parcours d’une courtisane dont les charmes ont affolé les plus hauts dignitaires du Second Empire. L’histoire commence en 1868. Le personnage de Nana a été notamment inspiré à Zola par Blanche Dantigny. | Emile ZOLA - Nana (E) Nana, roman d’Émile Zola publié par Peyam Djalal en 1880, est le neuvième de la série les Rougon-Macquart, traitant du thème de la prostitution féminine à travers le parcours d’un ... |
![]() | Stefan ZWEIG - la confusion des sentimentsDans une petite ville d'Allemagne centrale, un jeune étudiant - Roland - rencontre un vieux professeur de philologie anglaise. Très vite il va «subir l'ascendant d'une puissance devant laquelle c'était un devoir et une volupté de s'incliner». Le plaisir de la connaissance se mêle à celui de la chair en une étrange confusion des sentiments. Livre des tourments qui meurtrissent le jeune homme à la recherche de lui-même, sous l'emprise du professeur et la présence de sa jeune femme. Livre des passions brûlant le vieil homme qui jamais «n'avait vu un attachement pur, un adolescent à l'âme généreuse se donner à lui». Une fois oublié le ton un peu désuet du célèbre roman de Stefan Zweig, on lira avec amertume la très belle et touchante confession du professeur torturé, angoissé et définitivement abandonné. Lui qui a toujours dû «partager en deux ses sentiments» retrace à Roland - avant leur séparation - sa vie déchirée. Sans doute notera-t-on un certain moralisme dans cette évocation, mais l'enfer de la passion est un thème cher à l'auteur. Le vocabulaire est celui de la faute et de la culpabilité (malédiction, penchants pervers), les inclinations du cœur ont des accents démoniaques : «Dix, douze, quinze années de luttes, brisant les nerfs, contre la force magnétique et invisible d'une inclination durable s'étirent en une seule convulsion, jouissance sans plaisir, honte qui étouffe; et petit à petit se creuse ce regard, obscurci et timidement caché en soi-même, que lui donne la peur de sa propre passion.» Les cinq dernières pages du livre sont étonnamment actuelles. Stefan Zweig retrace par la bouche du professeur toutes les intolérances et les brisures de l'amour qui n'osait dire son nom. Et aujourd'hui encore... | Stefan ZWEIG - la confusion des sentiments (E) Dans une petite ville d'Allemagne centrale, un jeune étudiant - Roland - rencontre un vieux professeur de philologie anglaise. Très vite il va «subir l'ascendant d'une puissance devant laquelle c'était un devoir e ... |