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1492 Christophe Colomb, Ridley Scott 1992, Gerard Depardieu (aventue saga histoire)@@


Quoique rejeté par toutes les cours d'Europe et raillé par les armateurs, Christophe Colomb en est sûr : il existe une voie occidentale pour gagner par la mer les Indes fabuleuses et en rapporter beaucoup plus rapidement les épices dont sont si friands les gourmets européens. Un armateur espagnol, Pinzón, puis le trésorier de la reine, Sanchez, et enfin la souveraine elle-même lui accordent pourtant leur confiance.

TELERAMA
Du bruit, du sang, de la fureur. Des langues de pendus écumantes en gros plan. Des hérétiques qui n'en finissent pas de brûler, en Dolby stéréo et en scope, sur les bûchers de l'Inquisition. Des mouvements de caméra voyants, qui fendent la foule. Et surtout, une partition musicale, mielleuse et grandiloquente, concoctée par Vangelis. On dirait l'Apocalypse revue par un faiseur de space-operas qui aurait trop vu La Horde sauvage. Ce 1492, Christophe Colomb commence mal.

C'était pourtant une belle histoire : la découverte d'un nouveau continent, qui allait changer la face du monde. Ce projet fou, né de l'imagination d'un aventurier solitaire, fils d'un simple tisserand, était assez riche pour se passer des fioritures dont il est ici surchargé. Certes, le dernier-né du papa d'Alien, dans le genre cinéma illustratif, n'a pas que des défauts. Pour 44 millions de dollars, c'est la moindre des choses. Nous avons donc droit à quelques moments forts : Colomb qui expose son projet aux experts espagnols ; Colomb qui rencontre pour la première fois Isabelle de Castille, son seul vrai soutien ; le départ des trois caravelles sur les flots mordorés... Quant à l'arrivée de Colomb sur le sol du Nouveau Monde, Ridley Scott la filme comme les premiers pas des astronautes sur la Lune. C'est lourd mais l'émotion passe.

Pour ces quelques instants de plaisir, combien de déceptions. La première traversée, par exemple, est décrite comme une croisière presque tranquille, alors qu'en réalité grondait la colère de l'équipage, de moins en moins rassuré par ce voyage improbable. Et puis, il y a celui pour lequel on est venu. Christophe Colomb, alias Depardieu. Il faut attendre la moitié du film pour comprendre enfin ce personnage. C'est beaucoup. Au bout d'une heure, seulement, apparaissent les failles, les contradictions de ce rêveur fou, ambitieux et obstiné. Lorsque l'Histoire bascule, lorsque les Indiens se rebellent contre une colonisation sauvage se révèle l'autre côté du rêve. Et, avec lui, un semblant d'émotion. Un semblant seulement, car l'esbroufe, les corps mutilés en gros plan, les effets tape-à-l'œil, et toujours cette musique qui tue, tout cela persiste sans faiblir.

« Les plus grandes choses, disait La Bruyère, n'ont besoin que d'être dites simplement. Elles se gâtent par l'emphase. » Ridley Scott aurait dû le savoir. Et, malgré Gérard Depardieu, magnifique, on reste sur le quai et on regarde, dépités, le bateau s'éloigner, sur lequel on aurait trouvé agréable d'embarquer.
1492 Christophe Colomb, Ridley Scott 1992, Gerard Depardieu (aventue saga histoire)@@ (E)
Quoique rejeté par toutes les cours d'Europe et raillé par les armateurs, Christophe Colomb en est sûr : il existe une voie occidentale pour gagner par la mer les Indes fabuleuses et en rapporter beaucoup plus rapidement ...

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1945 UN VILLAGE SE REBELLE, Gabriela Zerhau 2019, Fritz Karl, Brigitte Hobmeier, Harald Windisch (histoire guerre)@@


Ce film poignant retrace un épisode historique de la mine de sel du village d'Altaussee en Autriche, qui avait été choisi par Hitler pour abriter l'immense collection d'œuvres d'art pillées pour le futur musée à Linz.

TELERAMA
Dans un petit village autrichien, en 1945, les nazis entreposent des œuvres d’art pillées. Malgré une distribution solide, cette fiction n’a rien d’extraordinaire. Reste les magnifiques paysages enneigés.

Altaussee, un petit village perdu dans les Alpes autrichiennes, en avril 1945. La chute du IIIe Reich est proche. Les nazis ont choisi ce lieu reculé et sa mine de sel pour y entreposer des œuvres d’art pillées lors des conquêtes de Hitler. Alors que beaucoup de villageois collaborent à cette entreprise avec les soldats de la Wehrmacht, certains choisissent d’aider clandestinement les déserteurs cachés dans la montagne. C’est le cas de Franz, qui leur fournit de la nourriture. Son ami d’enfance Fritz, quant à lui, préfère ne pas choisir son camp. Mais il va bientôt être forcé de s’impliquer…

Les thèmes de l’engagement, du courage et de la lâcheté sont au cœur de ce téléfilm sur les dernières semaines du régime hitlérien. Prenant place dans des paysages enneigés absolument sublimes, l’intrigue confronte chacun des personnages à ses choix face à la présence nazie. À commencer par le protagoniste Fritz, antihéros veuf et désabusé dont on va suivre la lente évolution vers la résistance. Les interprètes sont solides, les situations ne manquent pas d’une certaine tension dramatique… Et pourtant, on s’ennuie un peu devant cette production trop léchée, dont on devine à l’avance la plupart des rebondissements et qui ne laisse guère de place à l’ambiguïté.

SYNOPSIS
Avril 1945. La mine de sel du village d'Altaussee, dans les Alpes autrichiennes, a été choisie par Hitler et Goering pour abriter une part de l'immense collection d'oeuvres d'art pillées pour le futur musée du Führer à Linz. Contrairement à Franz Mitterjäger, son meilleur ami, et à sa femme Elsa, qui viennent en aide clandestinement aux déserteurs de la Wehrmacht cachés dans la montagne, le taciturne Sepp Rottenbacher s'est abstenu de toute forme de résistance pendant le conflit. Alors que sa chute approche, Hitler donne l'ordre au responsable nazi de la province, August Eigruber, de dynamiter la mine avec tous les trésors qu'elle renferme...
1945 UN VILLAGE SE REBELLE, Gabriela Zerhau 2019, Fritz Karl, Brigitte Hobmeier, Harald Windisch (histoire guerre)@@ (E)
Ce film poignant retrace un épisode historique de la mine de sel du village d'Altaussee en Autriche, qui avait été choisi par Hitler pour abriter l'immense collection d'œuvres d'art pillées pour le futur mu ...

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355, Simon Kinberg 2021, Jessica Chastain, Penélope Cruz (thriller)


L'agente de la CIA Mason "Mace" Brown s'associe à une agente allemande rivale, une informaticienne de pointe et une psychologue colombienne lorsqu'une arme top secrète tombe entre les mains d'un groupe de mercenaires. Ensemble, les quatre femmes se lancent dans une mission effrénée pour sauver le monde tout en gardant une longueur d'avance sur une mystérieuse figure qui suit chacun de leurs mouvements.

TELERAMA
Déclinaison 100 % féminine et en talons aiguilles des blockbusters du type “Mission : Impossible”, le film de Simon Kinberg, produit par Jessica Chastain, ne renouvelle en rien le genre.

L'idée lui serait venue sur le tournage du dernier X-Men (Dark Phoenix, 2019). Pour rétablir un peu l’équilibre, mettre en pratique cette foutue parité post-#MeToo, affirmer, une fois encore, son indéniable « badasserie » dans un milieu toujours gangrené par le patriarcat et, pourquoi pas, palper au passage quelques millions de dollars à la barbe de la gent masculine, Jessica Chastain a vendu au scénariste et réalisateur Simon Kinberg le concept, moyennement original, d’un film d’espionnage cent pour cent féminin. Un Mission : impossible en talons aiguilles, un James Bond qui boirait du thé. Gary Ross avait déjà tenté le coup en 2018 avec Ocean’s Eight, déclinaison féminine, et très peu féministe, de la trilogie de Steven Soderbergh, avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna et Anne Hathaway en braqueuses en robes de soirée.

Le casting de 355, coproduction américano-chinoise, fait encore mieux question diversité (ou marketing, le doute persiste). Aux côtés de l’agente secrète de la CIA (Jessica Chastain), s’agrégeront une ancienne du MI-6 britannique (Lupita Nyong’o), une Franco-Allemande ayant eu maille à partir avec le KGB (Diane Kruger), une psychologue colombienne et mère de famille (Penélope Cruz) et une mystérieuse Chinoise (Fan Bingbing). Cinq femmes issues de différentes agences de renseignement, cinq personnages lourdement lestés en clichés.

Hormis la composition progressive, tout au long du film, de l’équipe de choc, affaire d’habitude réglée dans le premier quart d’heure, le cahier des charges jamesbondien (dernière période) est dupliqué au double chromosome X près : cascades à moto dans les passages couverts parisiens, chasse à l’homme dans un souk marocain, milliardaire tchétchène dragué lors d’une vente aux enchères, explosions dans un gratte-ciel de Shanghai, corruption et haute trahison au sommet de la hiérarchie et, bien sûr, menace d’une troisième guerre mondiale à cause d’un disque dur diabolique capable de contrôler à distance tout système électrique, de l’avion de ligne à la centrale nucléaire.

Côté mise en scène, on frise aussi l’overdose : les scènes de baston sont tellement découpées qu’elles deviennent illisibles, la caméra tournoie en permanence autour des actrices dès qu’elles se posent pour discuter, manger un couscous avec les doigts, ou boire un thé, sans oublier (tout est fait pour qu’on ne l’oublie pas) cet insupportable nappage musical ininterrompu qui dramatise à outrance la moindre scène, muette ou non. Le récit rebondit paresseusement, sans véritable surprise, vers un dénouement qui laisse présager que le film pourrait, en cas de succès, devenir une franchise… Pitié !

Comme cela nous l’est scolairement expliqué par le personnage de Jessica Chastain, le titre fait référence à l’Agent 355, surnom d’une espionne qui a sévi au XVIIIe siècle pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis contre le Royaume-Uni. Était-ce la peine d’évoquer la mémoire de cette illustre pionnière dans un film de filles aussi bas du front que ceux des garçons ?
355, Simon Kinberg 2021, Jessica Chastain, Penélope Cruz (thriller) (E)
L'agente de la CIA Mason "Mace" Brown s'associe à une agente allemande rivale, une informaticienne de pointe et une psychologue colombienne lorsqu'une arme top secrète tombe entre les mains d'un groupe de mercenaires ...

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A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@


Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la guerre et de l'incertitude croissante quant à son issue.

TELERAMA
Les caméras posées sur les casques des soldats ukrainiens nous projettent au milieu du chaos. Toutes les dimensions humaines du conflit dans un regard documentaire inédit, par le réalisateur de “20 jours à Marioupol”.Features

Le cinéma ne devrait-il pas regarder plus souvent du côté de l’Ukraine et de la guerre qui y fait encore rage ? Il le fait avec ce documentaire qui nous précipite sur la ligne de front et, face à ces images terribles, on se demande si l’on ne va pas devoir baisser les yeux… Il faut pourtant voir À 2 000 mètres d’Andriivka, un film bouleversant et essentiel.

Le réalisateur oscarisé de 20 jours à Marioupol (2023) a livré une retentissante bataille pour l’image, à moins de deux heures de route de sa ville natale, Kharkiv. Pour reprendre le village d’Andriivka aux troupes russes, un bataillon ukrainien a reçu l’ordre d’emprunter le seul passage possible au milieu d’un champ de mines : une forêt qui dessine une bande de 2 000 mètres. Couvrir cette petite distance sera un enfer. Avec des caméras embarquées sur les casques des soldats, on plonge d’emblée au cœur d’un déluge de tirs d’artillerie, de grenades et de drones. Un chaos où se mêlent la technologie d’aujourd’hui et la guerre de tranchées, les écrans de contrôle et le garrot qu’il faut savoir poser pour qu’un blessé ne se vide pas de son sang.

La vie, aux portes de la mort
Nous sommes en septembre 2023, l’Ukraine vient de lancer une contre-offensive dont les résultats seront décevants. Par-delà ces circonstances, Mstyslav Chernov déploie une ambition différente de celles des reporters. Ce n’est pas de l’information qu’il veut partager avec nous mais la vie, aux portes de la mort. La proximité est inédite avec ceux qui se battent et interpellent leur ennemi : « Qu’est-ce que vous êtes venus foutre ici ? » « Je ne sais pas pourquoi on est là », répond un soldat russe fait prisonnier. À hauteur d’homme, la guerre en Ukraine nous saute aux yeux, tout à la fois plus concrète, plus décisive, plus absurde, plus barbare et plus noble qu’on pourrait le croire, parce que la solidarité entre les combattants ukrainiens y préserve une grandeur vaille que vaille. Toutes les dimensions humaines du conflit se trouvent rassemblées en un geste de cinéma inoubliable.
A 2000 METRES D ANDRIIVKA, Mstvslav Chernov 2025 (documentaire guerre ukraine)@@@ (E)
Un groupe de soldats ukrainiens a pour mission de traverser deux kilomètres de forêt occupés pour libérer des forces russes le village d'Andriivka. Un journaliste les accompagne, témoin des ravages de la gu ...

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A BOUT PORTANT, Fred Cavayé 2010, Gilles Lellouche, Roschdy Zem (thriller)@


Dans le métro parisien, Samuel, un aide-soignant, est témoin d'une course-poursuite, qui se termine par un violent accident. Il ranime l'un des deux hommes impliqués dans la bagarre. A son retour chez lui, Samuel est violemment assommé, et sa femme Nadia, enceinte, est enlevée. A son réveil, un coup de fil apprend à Samuel que s'il veut revoir Nadia vivante, il doit à tout prix faire sortir l'homme qu'il a ranimé de l'hôpital dans lequel il est désormais placé. Mais l'individu, un dénommé Sartet, qui était activement recherché par la police, a été placé sous surveillance policière. Samuel va devoir faire vite, très vite...

TELERAMA
Un homme tout ce qu'il y a de commun trouve des ressources extraordinaires pour sauver la femme qu'il aime. C'était le schéma narratif de Pour elle, l'honorable premier film de Fred Cavayé. C'est aussi la ligne directrice d'A bout portant, où un infirmier sympa comme tout fait évader un dangereux criminel de son hôpital et affronte les vilains méchants qui ont eu la lâcheté d'enlever sa chérie enceinte de huit mois trois quarts.


Qu'il saute dans le vide ou coure dans le métro, c'est peu dire que Gilles Lellouche mouille le maillot. Mais à quoi bon… Le petit charme de série B de Pour elle a disparu de ce thriller survitaminé, où la mise en scène épileptique ne parvient pas à faire oublier les énormes invraisemblances du scénario, ni les sourcils froncés d'un Gérard Lanvin plus caricatural que jamais. On sauvera juste la composition « melvillienne » de Roschdy Zem en supertruand aussi mutique qu'efficace.
A BOUT PORTANT, Fred Cavayé 2010, Gilles Lellouche, Roschdy Zem (thriller)@ (E)
Dans le métro parisien, Samuel, un aide-soignant, est témoin d'une course-poursuite, qui se termine par un violent accident. Il ranime l'un des deux hommes impliqués dans la bagarre. A son retour chez lui, Samuel est vi ...

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A CONTRE SENS, Domingo González 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara


Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre, de jeu et de courses automobiles illégales. Ni la rivalité permanente, ni l'opposition de leur entourage ne peuvent les empêcher de tomber secrètement et follement amoureux. Or, le présent turbulent de Nick et le passé orageux de Noah mettront à l'épreuve leur amour interdit.
A CONTRE SENS, Domingo González 2023, Nicole Wallace, Gabriel Guevara (E)
Noah, dix-sept ans, doit tout quitter pour emménager dans le manoir de William Leister, le nouveau et riche mari de sa mère. Noah rencontre Nick, son nouveau demi-frère, et découvre qu'il cache une vie de bagarre ...

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A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@


Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des détenues. Entre bonne conscience et quête personnelle, Luc va alors tenter d'offrir à ces femmes un semblant de liberté à travers le chant.

TELERAMA
Un chanteur lyrique se reconstruit en découvrant la force des femmes en milieu carcéral. Très beau casting.

Celles-ci ne sont ni jeunes ni en fleurs, mais vraiment à l’ombre, purgeant des peines dont on ne sait rien. Car ce drame carcéral et musical est, surtout, une peinture de la féminité dans ses secrets et son insolente fierté. Pour ce faire, le réalisateur choisit un élément extérieur en la personne d’un chanteur lyrique en pleine crise personnelle (Alex Lutz, parfaitement mélancolique) : venu animer un atelier de chant en prison, voilà ce blond fluet qui « chante comme une fille », poussé dans ses retranchements par un petit groupe hétéroclite de taulardes, bien décidées à se faire entendre. Avec son casting féminin étonnant et cohésif, son refus du manichéisme et son réalisme sur les prisons « modernes », ce film impose une humanité délicate.
A L OMBRE DES FILLES, Étienne Comar 2021, Alex Lutz, Agnes Jaoui (musical)@@ (E)
Luc est un chanteur lyrique renommé. En pleine crise personnelle, il accepte d'animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes. Il se trouve vite confronté aux tempéraments difficiles des d&eac ...

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A QUI PROFITE LE DOUTE, Stéphanie Tchou-Cotta 2024, Philippe Caroit, Isabel Otero (thriller)@


Le corps de Kevin Lantier, un jeune dealer, est retrouvé dans les eaux d'un port de plaisance à Marseille. Tout porte à croire qu'il a été assassiné par la fille d'un célèbre armateur, Sybille Varlet, qui se fournissait en drogue auprès de lui. Prête à tout pour sauver sa fille, Véra Varlet appelle au secours le seul homme qu'elle ait jamais aimé : Giovanni Costello, un ancien commissaire marseillais, parti vivre en Crète après leur rupture, dix ans plus tôt. Avec l'aide de Christian Barrile, l'avocat de Véra, il accepte de mener une contre-enquête pour tenter de faire la lumière sur le crime dont est accusée Sybille. Pour cela, il doit faire face à son ancienne collègue et amante, la commissaire Corinne Mathis, qui est persuadée de la culpabilité de la jeune femme, que tout accuse...

TELERAMA
Giovanni, flic à la retraite, reprend du service à Marseille pour y aider son ancien amour, Véra, dont la fille est accusée de meurtre... S’il ne réinvente pas la roue, ce film se laisse regarder sans déplaisir.

Le corps d’un jeune dealer est retrouvé dans le port de Marseille. Tout accuse Sibylle, la fille de Véra Varlet, une des grandes fortunes de la cité phocéenne. Persuadée de l’innocence de sa fille, Véra appelle à la rescousse Giovanni Costello, son ancien amour, un commissaire à la retraite qui s’est retiré en Crète. Arrivé à Marseille, Giovanni tente de percer à jour la personnalité énigmatique de la jeune Sibylle…

Partant d’un canevas on ne peut plus usé, ce téléfilm se révèle finalement de bonne tenue. Le mérite en revient au scénario, joliment ficelé (malgré un twist final un peu alambiqué), mais aussi à l’atmosphère subtilement mélancolique qui imprègne l’ensemble. Philippe Caroit, entouré par une belle galerie de seconds rôles, est parfait en flic sur le retour, hanté par le souvenir de ses amours passées. Dommage que la mise en scène soit aussi dépourvue d’audace.
A QUI PROFITE LE DOUTE, Stéphanie Tchou-Cotta 2024, Philippe Caroit, Isabel Otero (thriller)@ (E)
Le corps de Kevin Lantier, un jeune dealer, est retrouvé dans les eaux d'un port de plaisance à Marseille. Tout porte à croire qu'il a été assassiné par la fille d'un célèbre armateur, ...

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ABOUT CHERRY, Stephen Elliott 2012, James Franco, Ashley Hinshaw, Heather Graham (film e)


Angelina, 18 ans, travaille dans une laverie automatique mais elle est bien déterminée à changer de vie. Avec l’argent qu’elle a gagné en posant nue pour des photos, elle réussit à fuir sa famille et son environnement et part à San Francisco avec son meilleur ami. Après plusieurs petits boulots, elle tombe dans le porno où elle finit par rencontrer le succès et y trouve son épanouissement sexuel. Très confiante en elle, Angelina va toutefois devoir affronter les multiples perversités de son milieu professionnel. Finalement, elle rencontre une amie compréhensive, sa réalisatrice, qui a connu les mêmes problèmes qu’elle. Angelina décide alors de réaliser son premier film porno.
ABOUT CHERRY, Stephen Elliott 2012, James Franco, Ashley Hinshaw, Heather Graham (film e) (E)
Angelina, 18 ans, travaille dans une laverie automatique mais elle est bien déterminée à changer de vie. Avec l’argent qu’elle a gagné en posant nue pour des photos, elle réussit à fuir ...

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ACIDE, Just Philippot 2023, Guillaume Canet, Laetitia Dosch (catastrophe)


Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michel et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s'abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s'unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d'y échapper.

TELERAMA
Une pluie tueuse sème le chaos sur la France et met en fuite une famille. Effroi, suspense, fin du monde : un cocktail explosif.
Un film de Stéphane Brizé ? On pourrait s’y tromper devant les toutes premières images, en vidéo houleuse, de la prise d’otage d’un patron d’usine par ses employés, qui dégénère dans la violence, les gaz lacrymaux et des gros plans sur Michal, gréviste arrêté par la police pour avoir roué le boss de coups… Pourtant, si cet enthousiasmant film de genre de Just Philippot est social, il l’est de manière plus globale, tragiquement environnementale : « bienvenue » dans un avenir (demain ?) où le ciel nous tombe sur la tête. Avec, pour centre de gravité, Michal (Guillaume Canet), donc, séparé de sa femme (Laetitia Dosch) et père de Selma (Patience Munchenbach, parfaitement ado), 15 ans. Quand des pluies acides s’abattent sur la France, le gouvernement parle d’abord de principe de précaution à la radio, mais très vite, c’est l’horreur, le chaos, et l’histoire d’un « mauvais » père prêt à tout pour sauver celles qu’il aime…

Dire, d’emblée, que certaines images resteront gravées : une adolescente et deux chevaux courent à perdre haleine sous un dais de nuages menaçants comme jamais. Teintes d’apocalypse, beauté fatale. Pour Just Philippot (La Nuée, déjà si impressionnant en 2021), le drame écologique ne souffre pas d’arrangement avec le pire. Il faut donc s’incliner, aussi, sans la dévoiler, devant la séquence la plus soudaine et bouleversante, de sacrifice d’un personnage principal. Le jeune cinéaste fait monter l’angoisse et use avec maestria de cette eau toxique qui s’infiltre partout, en averses létales ou en goutte à goutte diabolique, rongeant des toitures à la terre. Le rythme effréné de la mise en scène, soutenu par l’idéale bande originale du compositeur Rob, ne se calme que pour s’attarder sur des images de fin du monde : carcasses de voiture fumantes, chairs rongées, paysages en cendres, dispensaires militaires de fortune… le réalisme est à faire peur.
ACIDE, Just Philippot 2023, Guillaume Canet, Laetitia Dosch (catastrophe) (E)
Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michel et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s'abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fractur&eac ...

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ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@


Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l'a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Lorsqu'Émir décède, une tempête familiale se déclenche ainsi qu'une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors, elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

TELERAMA
La réalisatrice signe, à nouveau, un film au parfum d’autofiction, entre quête des origines et portrait d’un clan, autour de la figure d’un grand-père algérien. Justesse quasi documentaire ou pur exhibitionnisme, nos critiques sont partagées.

POUR :
une œuvre vibrante et universelle
Les procureurs de son éternel procès en narcissisme peuvent préparer leurs effets de manches : oui, Maïwenn signe à nouveau un film au parfum d’autofiction. Coécrite avec Mathieu Demy, qui venait d’enterrer sa mère, Agnès Varda, cette histoire de deuil et de quête d’identité sent le chagrin vécu, d’autant que la réalisatrice s’y met en scène sans chercher à en taire les éléments autobiographiques. Comme Neige, son personnage, elle a perdu un grand-père adoré. Comme elle, elle traîne une enfance douloureuse, déjà évoquée dans Pardonnez-moi (2006), son premier long métrage. Et, comme elle, a demandé et obtenu la nationalité algérienne. De cette matière brute intime, elle arrache une œuvre vibrante, parfois bouleversante, qui tape dans le mille de l’universel avec cette manière bien à elle d’orchestrer la cacophonie des sentiments.

À la disparition d’Emir, aïeul chéri, protecteur et pilier de la famille, Neige et les siens vacillent. Le vide qu’il laisse, dans un premier temps, se remplit de choses à faire : disposer du corps, trier ses affaires, acheter un cercueil… Des formalités tristes à pleurer — et on pleure — que Maïwenn choisit de ne pas expédier. Au contraire, elle consigne le concret avec une justesse quasi documentaire, l’enrichissant d’une fiction tragi-comique.

Une des séquences les plus drôles se déroule aux pompes funèbres, quand les deux filles du défunt se disputent sur le choix du capitonnage blanc. Est-il « ivoire » ou « pisseux » ? L’enjeu n’est pas là, bien sûr, et tout l’art de Maïwenn consiste à faire resurgir, au détour d’une pique vacharde, d’un agacement irrépressible, les rancœurs anciennes. Par sa caméra attentive et sa formidable direction d’acteurs, elle excelle à traduire les dynamiques de groupe, l’impossibilité démocratique du clan. Qui, maintenant qu’Emir s’en est allé, crie, s’engueule, règle ses comptes.

Dans le second temps, en revanche, il ne reste rien à faire, et trop à penser, ou panser. Fin du portrait de famille : le film se recadre sur Neige. Son amitié avec l’hilarant François (Louis Garrel, que l’on remercie d’exister). Sa rupture violente avec sa mère, campée par une Fanny Ardant magistrale, dont le jeu semble neuf, décapé de toute affectation. Sa relation avec son père dans une audacieuse scène de rêve — pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos lustres ? Et le questionnement des origines, cet héritage algérien qui vient combler le vide. Les montagnes russes d’émotions, l’ADN du cinéma de Maïwenn, débouchent sur un horizon libérateur : on peut choisir où planter ses racines. — Marie Sauvion

CONTRE :
incapable de transcender sa petite histoire
Lors la sortie de Polisse, en 2011, les avis étaient déjà partagés à Télérama. Le « contre » arguait que « l’engueulade non-stop, seul principe de mise en scène, n’est pas une garantie de vérité ». Hélas, neuf ans et deux films plus tard (Mon roi et celui-ci), Maïwenn en est toujours là. À confondre narcissisme et dramaturgie, démonstration (bruyante) de sentiments et puissance émotionnelle. Hormis une ou deux scènes tenues et qui touchent juste, ADN est truffé de moments gênants : Maïwenn se jetant telle une pleureuse antique sur le lit de mort de son grand-père, Louis Garrel racontant à un parterre d’enfants des blagues sur la pédophilie, Maïwenn en pleine épiphanie dans les rues d’Alger…

Devant un film aussi fasciné par son propre exhibitionnisme, inapte à transcender sa petite histoire, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Maïwenn a choisi de s’attaquer à la question des origines, qui devrait parler à tous. Dès le début, une immersion façon docu dans un Ehpad, aussitôt réduite a son clan, l’actrice-réalisatrice semble renoncer à s’adresser à nous. À nous qui resterons jusqu’au bout (dans le meilleur des cas) les témoins indifférents de cette famille dysfonctionnelle qu’en croyant mettre en scène Maïwenn donne en spectacle. — Mathilde Blottière
ADN, Maiwenn 2020, Maïwenn, Omar Marwan (drama social)@@ (E)
Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la ...

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AFTER THE WEDDING, Susanne Bier 2006, Sids Babett Knudsen, Mads Mikkelsen (societe)@@@


De retour, après une vingtaine d'années d'exil, un Danois cherche à refinancer l'orphelinat qu'il a fait construire en Inde. Un riche mécène suédois lui propose un marché. Cependant, celui-ci n'est pas très clair.

TELERAMA
un Danois (le grand Mads Mikkelsen), quitte l'Inde, où il s'occupe d'orphelins, pour rencontrer à Copenhague un homme d'affaires prêt à assurer l'avenir de sa petite entreprise. Mais le contrat va se doubler d'un pacte familial imprévisible...

Susanne Bier tient le spectateur en haleine en lui racontant les vicissitudes de l'existence. Mais les rebondissements tendent à faire basculer le film du côté du roman-photo, comme ces décors marquant lourdement qu'on est ici dans le monde des riches Scandinaves, qui ont leurs malheurs, autant que les pauvres d'Inde... Cette tendance à simplifier les contrastes pour les rendre plus efficaces est nettement plus américaine que scandinave.
AFTER THE WEDDING, Susanne Bier 2006, Sids Babett Knudsen, Mads Mikkelsen (societe)@@@ (E)
De retour, après une vingtaine d'années d'exil, un Danois cherche à refinancer l'orphelinat qu'il a fait construire en Inde. Un riche mécène suédois lui propose un marché. Cependant, celui-ci ...

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ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@


En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ne lui laissent guère de répit. Il décide d'installer les détachements des colonels William Travis et James Bowie à Fort Alamo. Pendant 13 jours, ces hommes luttent désespérément à l'intérieur du fort contre l'armée mexicaine.

TELERAMA
1836, Texas. Les hommes de Fort Alamo sont chargés de freiner la progression des Mexicains… Le réalisateur a mis une dizaine d’années à faire ce film (sa première réalisation). Épatant.

John Wayne a mis une dizaine d’années à faire ce film, qui lui tenait à cœur. Comment, pour sa première réalisation, a-t-il réussi un hymne aussi poignant aux combattants de la liberté ? Mystère du cinéma. Alamo est un miracle, par lequel une star de cinéma, confondue avec les héros qu’elle a l’habitude d’incarner, parvient à élever un récit au rang de mythe : les combattants de Fort Alamo, que le scénario identifie presque un à un pour mieux les réunir ensuite dans cette aventure collective, sont les acteurs d’une tragédie populaire.

La musique de Dimitri Tiomkin tire les larmes, et les scènes d’action sont époustouflantes. John Ford signa quelques images du film : il était arrivé sans crier gare sur le plateau, et Wayne, encombré d’une présence si imposante, l’envoya tourner des scènes de seconde équipe. Qui ne furent pas toutes gardées…
ALAMO, John Wayne 1960, John, Wayne, Richard Widmark, Linda Cristal (western)@@ (E)
En février 1836, le général Sam Houston, qui commande 182 hommes, la poignée de Texans révoltés contre la domination mexicaine, est poursuivi par les troupes du général Santa Anna, qui ...

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ALTITUDE, Alex Merkin 2010, Denise Richards Greer Gramme (espace catastrophe)


Sara, une jeune pilote, et quatre de ses amis sont victimes d'un mystérieux bris mécanique lors d'une excursion. Sara perd alors le contrôle de l'engin. Le petit avion amorce inexplicablement une ascension progressive qui semble impossible à arrêter. Leurs efforts sont vains, une tempête approche et le réservoir est sur le point d'être vide. Mais les quatre jeunes n'ont encore rien vu : une force surnaturelle et mystérieuse veut les voir morts, et un seul d'entre eux à les moyens de l'arrêter.
ALTITUDE, Alex Merkin 2010, Denise Richards Greer Gramme (espace catastrophe) (E)
Sara, une jeune pilote, et quatre de ses amis sont victimes d'un mystérieux bris mécanique lors d'une excursion. Sara perd alors le contrôle de l'engin. Le petit avion amorce inexplicablement une ascension progressive qu ...

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AMERICAN NIGHT, Alessio Della Valle 2021, Jonathan Rhys Meyers, Jeremy Piven


John Kaplan, ancien faussaire devenu marchand d'art, a perdu à la fois sa galerie et sa petite amie. Vincent, son demi-frère, débarque avec une authentique toile disparue d'Andy Warhol : la Marilyn Rose. Qu'importe la façon dont cette toile est arrivée ici, John pense avoir enfin trouvé une solution à tous ses problèmes. Hélas, Michael Rubino, criminel et peintre raté, enlève son ex-petit amie. L'enjeu est clair : c'est le tableau contre la vie sauve de l'amour de sa vie.

TELERAMA
La réapparition à New York du "Pink Marilyn", le célèbre tableau d'Andy Warhol, provoque le chaos dans le monde de l'art contemporain. Michael Rubino, le nouveau chef de la mafia locale, ne reculera devant rien pour s'emparer de cette oeuvre qu'il convoite depuis des années. Mais, afin d'y parvenir, il devra se battre contre John Kaplan, un marchand d'art, Sarah Flores, une conservatrice de musée, et Vincent, un cascadeur. Commence alors une lutte impitoyable pour l'art, le pouvoir et l'argent...
AMERICAN NIGHT, Alessio Della Valle 2021, Jonathan Rhys Meyers, Jeremy Piven (E)
John Kaplan, ancien faussaire devenu marchand d'art, a perdu à la fois sa galerie et sa petite amie. Vincent, son demi-frère, débarque avec une authentique toile disparue d'Andy Warhol : la Marilyn Rose. Qu'importe la f ...

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ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@


Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La principale suspecte est alors toute désignée : Sandra, l'épouse du défunt, qui va devoir se défendre lors d'un procès. Si les analyses n'ont pas permis d'établir avec certitude la cause du décès - suicide ou meurtre -, les soupçons des enquêteurs ont amené à l'arrestation de Sandra. Un an plus tard, lors du procès, tous les détails de la vie du couple sont disséqués et notamment l'infidélité de la mère, le tout en présence du jeune Daniel...

TELERAMA
Sandra a-t-elle tué son mari ? Ou est-ce un suicide ? Justine Triet dissèque le naufrage d’un couple au scalpel. Une Palme d’or au scénario diabolique.

Dans un coin isolé de montagne, un homme a chuté, du haut de sa maison. Il est retrouvé mort, par son fils, 11 ans, malvoyant, revenu d’une promenade avec son chien. Que s’est-il passé ? L’hypothèse de l’accident étant assez vite écartée, il reste le suicide. Ou l’homicide. Une enquête est ouverte. L’épouse du défunt, Sandra (Sandra Hüller, formidable en femme de tête, séduisante dans son refus de l’être), romancière réputée, présente dans la maison au moment des faits, est suspectée. Arrive aussitôt un ami de confiance (Swann Arlaud), avocat de profession, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Il lui demande de raconter en détail tout ce qu’elle a fait, ce qu’elle a entendu. S’il laisse comprendre que pas mal d’éléments l’accablent, il est clair qu’il ne doute pas de son innocence.

Et nous ? On ne cessera d’apprendre et d’être bousculé, de s’interroger, avant de se forger sa propre conviction ou de se raccrocher au bénéfice du doute. Il y a bien là tous les éléments concourant au suspense d’une véritable intrigue policière, mais largement rehaussée d’une approche très intime des personnages. Dès le début, un sentiment de proximité s’instaure en effet avec Sandra, cette héroïne complexe, monstre d’ambiguïté, appréhendée (au double sens du mot) dans son foyer, lieu d’ancrage et d’effondrement de l’histoire. Le décor, la vie matérielle et domestique, l’expertise des faits, d’un côté ; de l’autre, le vertige de la fiction, la verticalité de l’abîme, le puits sans fond d’une vérité multiple.

Scénario diabolique
Voilà comment se déploie Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023 et quatrième long métrage d’une réalisatrice (La Bataille de Solférino, Victoria, Sibyl) qu’on défend ardemment depuis ses débuts. Et qui franchit clairement un palier, avec ce film ambitieux sur la défaite d’un couple, analysée et disséquée avec d’autant plus d’intérêt que les protagonistes semblent très lucides sur eux-mêmes. Ce sont des fortes personnalités, ayant chacune la passion de l’écriture. Passion contrariée chez Samuel, le mari, professeur charismatique, qui avait décidé de faire classe à leur fils à la maison. Est-ce par manque de temps, d’énergie, de confiance en lui ? Il n’était pas parvenu au statut de reconnaissance littéraire de sa femme.

Bataille d’ego, désir, frustration, mensonges, jalousie sont au cœur du film. Faire perdurer le couple n’est pas chose aisée, il faut que chacun y trouve sa place, son équilibre, son indépendance. C’est une construction fragile, où peut surgir de la violence, en mots voire en actes. Arthur Harari et Justine Triet, couple à la ville, le savent pertinemment. C’est ensemble qu’ils ont écrit ce scénario diabolique, manière qu’on imagine heureuse pour eux d’expurger le pire. La grande sagacité de leur histoire est d’aborder cette faillite du couple à travers tous les angles — psychologique, politique, sexuel et finalement judiciaire. Pari fou, pleinement gagné.

Le procès de Sandra ne va pas sans théâtre — voir le numéro virevoltant de l’avocat général (Antoine Reinartz, histrion pernicieux à souhait). L’enceinte de ce tribunal est une scène qui offre un terrain idéal pour tout apprendre de l’inculpée, sachant que voir sa vie privée ainsi exposée en public n’est pas sans risque pour son fils meurtri, Daniel, un garçon vif, intense. Il est rarissime qu’un enfant soit dépeint ainsi, avec tant d’aplomb et de foi, balayant toute sagesse ou principe de précaution. Et c’est sans doute la hardiesse majeure du film : faire de Daniel, face à sa mère accusée du meurtre de son père, une sorte de voyant extralucide. Qui laisse médusée, par ses témoignages, la présidente du tribunal.

Croire en la capacité d’écoute et de raisonnement de chacun. Voilà ce qui motive Justine Triet, si sensible dans sa mise en scène au son, à la parole, à la langue — aux langues : bien qu’allemande, Sandra parle le français et l’anglais, dont la traduction constitue ici un enjeu de plus. Voilà du cinéma qui veille en somme à toujours élever ses personnages vers le haut, quels que soient leur égoïsme, leur ingratitude ou leur cruauté. Tout le contraire d’une chute.
ANATOMIE D UNE CHUTE, Justine Triet 2023, Sandra Muiller, Swann Arlaud, Milo Machado-Graner(thriller)@@@ (E)
Daniel, un enfant malvoyant de 11 ans, vit avec ses parents dans un chalet en montagne, loin de tout. Un jour, après une balade, Daniel retrouve son père décédé dans la neige, au pied du chalet. La princip ...

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ANTI-SQUAT, Nicolas Silhol 2023, Louise Bourgoin, Samy Belkessa (societe)@@


Inès est menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. À la recherche d'un emploi, elle est prise à l'essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bureaux inoccupés pour les protéger contre les squatteurs. Son rôle : recruter les résidents et faire respecter un règlement très strict. Inès est prête à tout pour se faire embaucher et s'en sortir avec Adam.

TELERAMA
Inès, menacée d’expulsion avec son fils de 14 ans, est embauchée par Anti-Squat, une entreprise qui prône la protection de bâtiments vacants par l’occupation. Remarquablement interprété et mis en scène, ce film témoigne d’un monde ultralibéral qui prospère sur la misère.

Louise Bourgoin, impeccable Inès obligée d’agir à rebours des valeurs qu’elle défend. Kazak Productions
Menacée d’expulsion, Inès a besoin de décrocher un emploi stable pour ne pas se retrouver à la rue avec son fils de 14 ans, Adam. La trentenaire est prise à l’essai chez Anti-Squat, une entreprise qui, profitant d’une loi sur le logement bien réelle 1, héberge moyennant finances des résidents temporaires dans des immeubles vacants pour éviter qu’ils soient squattés. Son travail ? Être la gardienne d’un vaste ensemble de bureaux déserts dans la banlieue parisienne, recruter ses « locataires » et leur faire respecter un règlement draconien — pas d’enfants ni d’animaux, interdiction de recevoir plus de deux personnes ou de manger dans sa chambre, obligation de participer bénévolement à l’entretien des parties communes…

Inès est en quelque sorte la petite sœur d’Émilie, la responsable des ressources humaines incarnée par Céline Sallette dans Corporate (2017), le premier et déjà remarquable long métrage de Nicolas Silhol. Les deux jeunes femmes se révèlent les exécutantes plus ou moins zélées d’un système néolibéral qui prospère sur la misère et sur l’exploitation des précaires par moins précaires qu’eux. Deux salariées dont la réussite professionnelle dépend de leur capacité à refouler leurs scrupules — en d’autres termes, à être inhumaines, y compris quand des collègues ou des résidents sont dans la détresse…

L’étrangeté anxiogène des décors et la froideur assumée de la mise en scène, qui intègre avec habileté des images de vidéosurveillance, s’accordent parfaitement à la description d’un monde que l’on aimerait croire dystopique mais qui existe déjà ici et maintenant. Un monde où l’espoir viendra, peut-être, de la jeunesse : Adam a beau jeu de rappeler à Inès que son activité chez Anti-Squat bafoue les valeurs de solidarité qu’elle lui a inculquées. Les scènes de complicité puis d’affrontements entre l’adolescent révolté et sa mère sont particulièrement réussies, grâce au jeu ambivalent de Louise Bourgoin et à celui, plus explosif mais tout aussi convaincant, du nouveau venu Samy Belkessa. Deux beaux interprètes pour un thriller social qui secoue.
ANTI-SQUAT, Nicolas Silhol 2023, Louise Bourgoin, Samy Belkessa (societe)@@ (E)
Inès est menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. À la recherche d'un emploi, elle est prise à l'essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bu ...

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APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique)@


Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont une ado rebelle de 15 ans, ils se retrouvent du jour au lendemain avec trois enfants.

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Un couple de quadras adopte une turbulente fratrie de gamins, abandonnés. Une comédie hollywoodienne gentillette, saturée de bons sentiments.

Le boulot de Pete et Ellie (Mark Wahlberg et Rose Byrne), aimable couple de quadras, consiste à retaper de vieilles ruines pour en faire des foyers de rêve. Alors pourquoi pas appliquer ce principe de rénovation quand on souhaite fonder une famille ? Les voilà qui accueillent une turbulente fratrie, une ado et deux gamins, abandonnés par leur mère toxico. Évidemment, rien ne se passe comme prévu…

On rêve de ce qu’un réalisateur inspiré aurait pu faire de ce sujet sensible — comment « faire famille », apprendre la confiance et l’attachement à des enfants traumatisés et rétifs ? La réponse complexe à ces questions ne se cache pas dans cette gentille comédie hollywoodienne, qui, sans être déshonorante, édulcore systématiquement tous les problèmes. Crises de doute et crises de nerfs ne sortent jamais du cadre lisse et pimpant d’un décor domestique de spot publicitaire, et il est bien difficile de s’attacher à ce clan recomposé, remaquillé de bons sentiments et d’optimisme factice.
APPRENTIS PARENTS, Sean Anders 2018, Mark Wahlberg, Rose Byrne (comique)@ (E)
Lorsque Pete et Ellie décident de fonder une famille, ils se retrouvent dans le monde d'adoption par famille d'accueil. Ils espèrent accueillir un jeune enfant, mais lorsqu'ils rencontrent trois frères et soeurs, dont u ...

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ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@


Un célèbre écrivain retourne dans sa ville natale après 35 ans afin de parrainer le bicentenaire d'une populaire marque de cognac. Au fil des rencontres, il se lie d'amitié avec Lucas Andrieu, le fils de son premier amour. Un coup du hasard qui le replonge dans ses souvenirs encore vifs et douloureux.

TELERAMA
En déplacement dans sa région d’origine, un écrivain rencontre le fils d’un grand amour de jeunesse. Un sobre mélo, adapté de Philippe Besson.

Il n’est pas très emballé, Stéphane, de revenir dans le Sud-Ouest de son enfance, pour parrainer le bicentenaire d’une marque de cognac. Ce n’est pas pour rien qu’il a fui depuis longtemps cette province où il vaut mieux taire ses différences. Pourtant, le romancier reconnu a répondu à cette invitation, et quelle n’est pas son émotion quand il se retrouve face à Lucas, un jeune homme qui ressemble follement à son premier amour d’adolescence… Alors que l’écrivain est censé obéir à l’agenda très serré du week-end — visites, rencontre avec les notables, discours —, il s’échappe sur les chemins du passé, et de cette première passion qui n’a cessé, depuis, d’irriguer son œuvre.

On connaissait la délicatesse d’Olivier Peyon, auteur de documentaires venu à la fiction avec Une vie ailleurs (2017) et Tokyo Shaking (2021), deux films où il parvenait à insuffler de l’insolite et de l’insolence à des sujets balisés. C’est encore le cas avec cette adaptation du livre de Philippe Besson, et une manière très douce de contourner le mélo amer sur les amours passées qui ne passent pas. Peut-être parce que le réalisateur choisit de privilégier le présent : cette rencontre au milieu des chais entre un homme de lettres qui n’a pas oublié et un jeune homme d’aujourd’hui désireux de comprendre une bonne fois son père, Thomas, troisième personnage dont la honte homosexuelle est traitée avec une subtilité peu commune.

Mentir aux autres — ce qui revient à créer de la fiction — mais aussi se mentir à soi-même, ce qui peut gâcher une vie quand on n’a pas les mots : cette riche thématique est au centre d’un drame sans larmes dont les flash-back évitent toute mièvrerie. On pense à Été 85, de François Ozon, ou même aux Roseaux sauvages, d’André Téchiné, et Olivier Peyon filme d’une très belle manière, frontale, les scènes de sexe, maladroites ou lumineuses, entre le jeune Stéphane (idéal Jérémy Gillet, en ado timide mais sûr de ses sentiments) et Thomas, rural, motard, protégeant son image virile… Dans les scènes contemporaines, Guillaume de Tonquédec est d’une évidence troublante en double de Philippe Besson. Mais la révélation du film se nomme Victor Belmondo. Est-ce son ADN de « petit-fils de » ? Mélange convaincant de naturel et de mystère, il sait faire de son personnage une belle figure de modernité dans ce film où le présent permet de guérir du passé.

ARRETE AVEC TES MENSONGES, Olivier Peyon 2023, Guillaume de Tonquedec, Victor Belmondo (bio)@ (E)
Un célèbre écrivain retourne dans sa ville natale après 35 ans afin de parrainer le bicentenaire d'une populaire marque de cognac. Au fil des rencontres, il se lie d'amitié avec Lucas Andrieu, le fils de s ...

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ARRIVEE D UN TRAIN A LA CIOTAT, Louis Lumière 1896 (societe)@@


Dans la diagonale du champ s'appuyant sur la ligne de fuite d'une voie ferrée, des voyageurs en habits du dimanche attendent sur le quai. Un bagagiste s'approche de la caméra. Au fond, une locomotive à vapeur apparaît, son image grossit. Ralentissant, elle disparaît à notre regard par la gauche. Les voitures s'immobilisent. Des voyageurs en descendent, d'autres s'apprêtent à monter ou s'attardent sur le quai, les curieux regardent par les fenêtres des voitures, certains remarquent la caméra et la fixent du regard (Louis Lumière se trouvait derrière son cinématographe et actionnait lui-même la manivelle aux yeux de tous).

Louis Lumière, photographe talentueux, a positionné sa caméra de façon qu'elle puisse renforcer le côté spectaculaire de l'entrée d'un train en gare. Il aurait pu, plus pauvrement, filmer sur le côté, latéralement, à 90° de la voie (c'est ce que choisit Georges Méliès en 1904, dans Le Voyage à travers l'impossible). Mais il a préféré, par expérience de photographe, utiliser la diagonale du champ et la profondeur de champ (il était le premier à le faire)
ARRIVEE D UN TRAIN A LA CIOTAT, Louis Lumière 1896 (societe)@@ (E)
Dans la diagonale du champ s'appuyant sur la ligne de fuite d'une voie ferrée, des voyageurs en habits du dimanche attendent sur le quai. Un bagagiste s'approche de la caméra. Au fond, une locomotive à vapeur appara&ici ...

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ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@


Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper. Cependant, il découvre, caché dans un coffre sous la fenêtre, le cadavre d'un vieil homme. Ses tantes lui avouent alors qu'elles se sont fait une spécialité de supprimer les vieux messieurs seuls au monde en vue de leur rendre service.

TELERAMA
Mortimer (Cary Grant) rend visite à ses tantes de Brooklyn et découvre que leur bicoque est truffée de macchabées. Sarabande endiablée, dialogues satiriques, contrastes désopilants. Capra contourne la façade pimpante de l’Amérique pour mieux déterrer ses cadavres.

Mortimer Brewster, célèbre critique de théâtre sur le point de se marier, découvre l’inimaginable : dans leur bonbonnière de Brooklyn, ses deux vieilles tantines compatissantes abrègent les souffrances supposées des hommes esseulés qui échouent dans leur chambre à louer. Une fois perprétés leurs homicides charitables, les empoisonneuses font disparaître les corps avec la complicité involontaire du frère de Mortimer qui, persuadé d’être le président Roosevelt, a entrepris de creuser le canal de Panama (et les tombes des victimes) au sous-sol.


Comment la célèbre et déjà octogénaire comédie macabre de Capra vieillit-elle ? À la revoyure, soyons honnêtes, la théâtralité de ce huis clos, qui fut d’abord une pièce, peut rebuter. De même que le parti pris expressionniste du jeu de Cary Grant, qui fait dans l’artillerie lourde plus que dans la dentelle. Cela ne pèse pourtant pas bien lourd face à la saveur ironique des dialogues et à l’habileté du cinéaste à jouer des contrastes jusqu’au malaise – les futurs époux se tournant autour dans un cimetière, les tantes énumérant leurs meurtres avec la décontraction guillerette d’adorables mamies gâteaux. Et quelle cadence ! La maison des horreurs fonce au rythme d’un train fou, et l’on jubile.

Avec ces tueuses en jupons et leur fâcheuse tendance à confondre leur morale et la loi, Capra le dit en riant mais le dit tout de même : quand l’Amérique joue les chevaliers blancs, elle continue d’empiler les cadavres à la cave.
ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES, Franck Capra 1944, Cary Grant (comique)@@ (E)
Mortimer Brewster vient annoncer à ses tantes, Dorothy et Martha, deux charmantes vieilles filles qui l'ont élevé, son prochain mariage avec la fille du révérend Harper. Cependant, il découvre, cach ...

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AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@


Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se diversifier s'est surendetté. Comment a-t-il pu s'enfoncer autant ? Aidée d'Antoine, son amour de jeunesse et aujourd'hui gérant d'une association d'agriculteurs en difficulté, Laure découvre un complot visant à pousser les agriculteurs à la faillite pour racheter leurs terres. Alors que l'eau vient à manquer dans la région, Laure comprend que sa famille et d'autres agriculteurs sont les cibles d'un vaste plan de mainmise sur l'eau...

TELERAMA
N’est pas le réalisateur d’“Erin Brockovich, seule contre tous” qui veut… Malgré l’intérêt et l’actualité du sujet, ce téléfilm sombre dans un didactisme soporifique. Un documentaire aurait été plus puissant…

Julien Levêque est à la peine. Son exploitation agricole croule sous les dettes. Victime d’un accident cardiaque, il s’effondre, laissant à sa mère, sa femme et sa fille la gestion de la ferme. Venue en renfort, sa sœur Laure (Mathilde Seigner) découvre l’ampleur du surendettement. Ensemble, ces trois générations de femmes vont tenter de sauver ce qu’il reste à sauver. Avec l’aide d’une association d’agriculteurs en difficulté, elles mettent au jour un scandale économique.

N’est pas le réalisateur d’Erin Brockovich, seule contre tous qui veut… Malgré tout l’intérêt et l’actualité du sujet, le téléfilm sombre d’entrée dans un didactisme soporifique. La qualité du casting, notamment la présence de Caroline Proust, ne parvient jamais à le sauver d’être autre chose qu’un exposé sur les difficultés du monde agricole et l’enjeu de l’eau. Ni la petite touche « Roméo et Juliette », ni celle du féminisme n’y peuvent rien. Privé de réelle émotion, porté par des personnages prisonniers de leurs stéréotypes, Au cœur de nos terres ne délivre qu’une dramaturgie a minima. Et on ne peut s’empêcher de se dire qu’un documentaire aurait été plus puissant…

AU COEUR DE NOS TERRES, Didier Le Pêcheur 2025, Mathilde Seignier (rural)@ (E)
Laure, commerciale en matériel agricole, revient dans l'exploitation familiale après l'accident cardiaque de Julien, son frère. Elle y découvre une ferme au bord de la faillite, son frère en voulant se div ...

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AU REVOIR LA HAUT, Albert Dupontel, 2017, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup (drame burlesque)@@


Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une "gueule cassée", ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre. Comprenant vite que leur pays ne veut plus d'eux et condamnés à l'exclusion, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe.

TELERAMA
Les grandes lignes du très touffu prix Goncourt 2013 sont condensées dans un récit qui file à la vitesse d’une balle. Un vrai roman-feuilleton, avec ses héros brisés, son salaud que l’on adore haïr et ses personnages secondaires très typés… Juste avant l’armistice de la Première Guerre mondiale, deux poilus sont blessés lors d’une dernière offensive inutile. Albert, modeste comptable, s’en sort avec des égratignures. Édouard, fils rebelle de bonne famille, est, lui, défiguré. Le premier fait croire à la mort du second et organise avec lui une arnaque aux monuments aux morts…

L’anarchiste Dupontel s’en donne à cœur joie. Sa virulence politique est indissociable, comme toujours, d’une profonde tendresse pour les marginaux. Le cinéaste aime le burlesque mais n’a pas peur du mélo : il réussit à rendre très émouvantes des scènes qui, sur le papier, avaient tout pour être ridicules. La couleur sépia, une certaine tendance au pittoresque dans l’évocation du Paris populaire font parfois redouter un excès de joliesse. Mais Albert Dupontel parvient toujours à équilibrer l’eau de rose et le vitriol. Avec, en prime, de formidables trouvailles visuelles…
AU REVOIR LA HAUT, Albert Dupontel, 2017, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup (drame burlesque)@@ (E)
Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une "gueule cassée", ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre. Comprenant vite que leur pays ne veut plus ...

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BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e)


Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle pousse ce dernier à se tourner vers la prostituée Unis pour assouvir ses désirs lascifs. Suite au décès soudain de son père, Rosemary sombre dans une profonde dépression et se retrouve prise au piège d'un cauchemar érotique surréaliste, où se mêlent sexe et mort.
BABY ROSEMARY, John Hayes 1976, ith Sharon Thorpe, John Leslie, Lesllie Bovee, Ken Scudder (film e) (E)
Rosemary, tourmentée et sexuellement frustrée, souffre profondément de l'abandon de son père, qui l'a placée enfant dans un orphelinat. Négligeant les besoins charnels de son petit ami John, elle po ...

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BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@


2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux.

TELERAMA
Une fiction très documentée sur l’affaire de la BAC Nord, ces policiers marseillais accusés de trafic de drogue et de racket. Le film de Cédric Jimenez divise la rédaction.

Pour :
le grand spectacle furieux d’une société qui s’effondre
« Une véritable gangrène » , tonnait en 2012 le procureur de la république de Marseille, en parlant des policiers de la BAC (Brigade anticriminalité) des quartiers nord de la ville, accusés d’avoir franchi la ligne rouge : racket, trafic de stupéfiants et autres malversations qui vont entraîner une cascade de sanctions, de la révocation à la mise en examen. Neuf ans plus tard, les aléas de la pandémie et le calendrier des tribunaux ont fait coïncider presque exactement la première conclusion judiciaire de cette affaire — en avril dernier — et la sortie en salles du polar incandescent de Cédric Jimenez, tourné au début de 2020, qui s’en inspire directement.

Les deux semblent défendre la même thèse : celle d’une équipe sous pression maximum, incitée par sa hiérarchie à violer les règles pour obtenir des résultats, coûte que coûte. Les vrais policiers ont finalement écopé de peines légères avec sursis, ou ont été relaxés. « Le tribunal a pu constater de graves et importants dysfonctionnements dans ce service de police », a déclaré la présidente du tribunal de Marseille, et c’est ce que raconte le film, dans le sillage de trois têtes brûlées, à l’assaut des cités verrouillées, des murailles du trafic et de la criminalité.

La frénésie réaliste d’un Eastwood
BAC Nord n’est pas un film promotionnel à la gloire de la police, c’est un formidable western urbain, emmené par un trio de comédiens au meilleur de leur forme, qui électrisent leurs personnages imparfaits, irritants, attachants, voire un peu cinglés. Il y a Grégory (Gilles Lellouche), le chef, tout en charisme massif, Antoine, le chien fou de la bande (François Civil, dans une performance sidérante), et l’anxieux Yassine (Karim Leklou, toujours juste). Autour d’eux, Marseille est une zone de guerre écrasée de lumière, un piège de béton qui se referme peu à peu. Tout commence par une info, lâchée par l’indic d’Antoine. La promesse d’un coup de filet historique dans le marigot des dealers. Mais pour cela il faut se salir les mains, entrer dans le trafic. Aiguillonnés par une hiérarchie qui n’hésitera pas, plus tard, à les lâcher, les trois cow-boys prennent tous les risques…

L’aventure a la puissance, la frénésie réaliste et l’amertume des grands polars américains d’autrefois, de Clint Eastwood à William Friedkin. Cédric Jimenez installe magistralement un quotidien sous tension, traversé de fulgurances, de grands moments de cinéma, d’un face-à-face explosif entre ces flics et ces truands, à l’entrée d’une cité, jusqu’au point culminant du film, un assaut d’une violence inouïe. Non, BAC Nord n’est pas un hommage aux pratiques douteuses d’une bande de pseudo-ripoux. C’est le grand spectacle furieux et désespéré d’une société qui s’effondre. — C.M.

Contre :
description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN
Malgré l’efficacité de la mise en scène, malgré le talent des comédiens, c’est le malaise qui domine devant BAC Nord. Pour trois raisons. La première tient à la représentation déshumanisante des trafiquants de drogue dans la séquence de l’assaut de la cité par les policiers : on a l’impression de voir les zombies d’un jeu vidéo, interchangeables et semblant se renouveler à l’infini.

La deuxième est liée à la description manichéenne des fonctionnaires de l’IGPN, la « police des polices », assimilés ici à des gratte-papier cyniques, manipulateurs et inutiles, qui empêcheraient leurs collègues prenant tous les risques sur le terrain de lutter contre les délinquants. Une vision pour le moins malheureuse, alors que, avec la multiplication des polémiques concernant les violences des forces de l’ordre, un organisme de contrôle des policiers est plus que jamais nécessaire.

La troisième, enfin, renvoie à la prise de position tranchée de Cédric Jimenez sur une instruction judiciaire toujours en cours au moment du tournage. Et le fait que le jugement du tribunal de Marseille, en avril dernier, ait validé largement les thèses du réalisateur ne change rien au problème : l’affaire n’est toujours pas close, le parquet ayant fait appel de la relaxe de plusieurs des policiers mis en cause. — S.D.
BAC NORD, Audrey Diwan et Cédric Jimenez 2020, Francois Civil Gille Lellouche, Adele Exarchopoulos (thriller)@@ (E)
2012. Les quartiers nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC nord, brigade de terrain, cherche sans c ...

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BAD INFLUENCE, Chlóe Wallace 2025, James Spader, Rob Howe (film e)


Un millionnaire offre à un ex-détenu un nouveau départ quand il l'engage pour défendre sa fille victime de harcèlement. Une mission de protection plus rapprochée que prévu.

TELERAMA
Chris est un adolescent sans problème. Après une rupture sentimentale, il rencontre une jeune fille, Vanessa, qui vient d'arriver dans son lycée. La séduisante lycéenne, orpheline en famille d'accueil, le charme et envahit peu à peu sa vie. Inquiète de la transformation de son fils, qui se détourne de sa scolarité, la mère de Chris découvre peu à peu que Vanessa n'est pas la jeune fille angélique qu'elle prétend être. Parviendra-t-elle à sauver Chris des griffes de cette véritable prédatrice ?
BAD INFLUENCE, Chlóe Wallace 2025, James Spader, Rob Howe (film e) (E)
Un millionnaire offre à un ex-détenu un nouveau départ quand il l'engage pour défendre sa fille victime de harcèlement. Une mission de protection plus rapprochée que prévu.

TELERAMA ...

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BAD INFLUENCE, Curtis Hanson 1991, Rob Lowe, James Spader, Tony Maggio (thriller)


Analyste dans la finance, Michael Boll semble disposer de tout pour être heureux : une situation de rêve, une fiancée issue de la haute bourgeoisie, un somptueux appartement dans un quartier chic…. Seule ombre au tableau : un certain Patterson qui, dans son travail, lui met des bâtons dans les roues. Menacé par un client jaloux dans un bar, Michael ne doit son salut qu’à l’intervention providentielle d’Alex, un inconnu qui, par son assurance et son absence de complexe, l’envoûte littéralement pour ensuite mieux l’entraîner sur la pente du vice, des ténèbres et du meurtre…

ALLOCINE
Un cadre timide et manquant de charisme rencontre un parasite social séducteur, qui va lui apprendre à avoir confiance en lui et à prendre des risques, jusqu'à ce que les choses tournent cours. "Bad Influence" bénéficie en premier lieu de deux acteurs principaux de talents : James Spader, malheureusement sous-exploité dans les 90's, et Rob Lowe, qui enchaînera plusieurs rôles de play-boy machiavélique par la suite. La réalisation de Curtis Hanson, jouant sur les ombres et l'obscurité, est simple mais efficace, et le scénario apporte son lot de bonnes surprises. Ainsi, parmi le très grand nombre de thriller des 90's, "Bad Influence" se situe plutôt dans le haut du panier.
BAD INFLUENCE, Curtis Hanson 1991, Rob Lowe, James Spader, Tony Maggio (thriller) (E)
Analyste dans la finance, Michael Boll semble disposer de tout pour être heureux : une situation de rêve, une fiancée issue de la haute bourgeoisie, un somptueux appartement dans un quartier chic…. Seule ombre au t ...

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BANDIDAS, Joachim Rønning et Espen Sandberg 2004, Salma Hayek, Penélope Cruz (western)@


Au 19e siècle, au Mexique, deux femmes issues de milieux différents joignent leurs efforts contre un financier impitoyable qui vole les terres des paysans sans défense pour y construire un chemin de fer. Un détective mandaté de New York afin d'arrêter les justicières se laisse au contraire gagner à leur cause.

TELERAMA
Salma et Pénélope braquent des banques dans le Mexique du XIXe. Passez votre chemin, étrangers.
Dans les années 70, Bardot et Claudia Cardinale étaient ridicules dans Les Pétroleuses, western frenchy où elles jouaient les Calamity Jane d’une mauvaise BD. Grâce à Luc Besson et Ariel Zeitoun, Penélope Cruz et Salma Hayek les égalent sans peine. Mexique, 1880. Nos deux mignonnes braquent des banques pour débarrasser le pays du joug américain. Entre deux hold-up, elles parlent, l’une à son cheval, l’autre à un chien… Le charme de ce naveton est inversement proportionnel aux charmes des deux interprètes. On les regarde, avec un plaisir navré, tenter d’animer cette chose pas drôle, pas odieuse, juste désolante.

BANDIDAS, Joachim Rønning et Espen Sandberg 2004, Salma Hayek, Penélope Cruz (western)@ (E)
Au 19e siècle, au Mexique, deux femmes issues de milieux différents joignent leurs efforts contre un financier impitoyable qui vole les terres des paysans sans défense pour y construire un chemin de fer. Un détec ...

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BANDIT, Allan Ungar 2022, Mel Gibson (policier)@


En 1984, Gilbert Galvan Jr s'évade d'une prison du Michigan. L'homme, qui a derrière lui un long passé de délinquance, parvient à passer la frontière canadienne. Là, il prend un nouveau nom, Robert Whiteman, et se présente désormais comme un spécialiste de la sécurité. Tout en menant une vie parallèle rangée avec Andrea Hudson, une assistante sociale, Galvan multiplie les braquages de banques et de bijouteries dans tout le pays sans commettre la moindre violence. Ce n'est que quand il décide de s'associer avec Tommy Kay, un caïd du milieu, en espérant réaliser un gros coup, qu'il attire l'attention de John Snydes, un policier obstiné...

TELERAMA
Recordman du nombre de braquages consécutifs au Canada, Gilbert Galvan Jr méritait son biopic. Un petit divertissement gentiment formaté.

C'est simple de braquer une banque. Vous mettez un faux nez, vous arrivez à la caisse, vous pointez un pistolet, vrai ou faux, sur la dame, vous lui demandez de remplir votre sac de billets. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? Pourquoi n’avons-nous jamais imité Gilbert Galvan Jr, recordman du nombre de braquages consécutifs au Canada (cinquante-neuf), dont Bandit est le biopic ?

Dans ce film, qui nous parvient directement à la télé sans être passé par nos salles, il est un grand enfant qui aime se déguiser et faire des farces. Longtemps tout se passe à merveille, on s’amuse bien. Mais l’on sait qu’il y a toujours une maîtresse à chignon pour sonner la fin de la récréation, c’est inévitable. En l’occurrence, les maîtresses à chignon sont des policiers.

Subversif ? Non. Ce film est un divertissement bon marché, joli, assez drôle, convenu et formaté. Obsédé par l’idée d’être ludique, sympa et agréable, le réalisateur Allan Ungar a au moins l’honnêteté de ne jamais nous faire croire qu’il vise l’intelligence. L’idée n’est pas d’explorer le mensonge au sein d’un couple, la duplicité, le malaise identitaire d’un homme instable. Il s’agit simplement de gentiment divertir, et donc de faire du spectaculaire avec douceur : empiler les braquages rigolos. Les personnages, par conséquent, sont tous formidablement inconsistants, et l’on se surprend à éprouver de la compassion pour Mel Gibson, qui est coincé dans quelques scènes.
BANDIT, Allan Ungar 2022, Mel Gibson (policier)@ (E)
En 1984, Gilbert Galvan Jr s'évade d'une prison du Michigan. L'homme, qui a derrière lui un long passé de délinquance, parvient à passer la frontière canadienne. Là, il prend un nouveau nom, ...

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BEETHOVEN, Brian Levant 1992 (jeunesse)@


La famille Newton a tout pour être heureuse. Pourtant, elle sent qu'il lui manque quelque chose. Ce manque va être comblé par un chiot, tout juste échappé des griffes de ravisseurs de chiens. Les Newton baptisent le chiot Beethoven et celui-ci grossit, grossit, au point d'atteindre 85 kilos. Pendant ce temps, le docteur Varnick, un terrible vétérinaire, met au point en secret des produits qui nécessitent des expériences sur les chiens.
BEETHOVEN, Brian Levant 1992 (jeunesse)@ (E)
La famille Newton a tout pour être heureuse. Pourtant, elle sent qu'il lui manque quelque chose. Ce manque va être comblé par un chiot, tout juste échappé des griffes de ravisseurs de chiens. Les Newton bapt ...

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BIRDS OF PREY, Cathy Yan 2020


Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. Les parcours de Harley, de la Chasseuse, de Black Canary et de Renee Montoya se télescopent et ce quatuor improbable n'a d'autre choix que de faire équipe pour éliminer Roman.

TELERAMA
Une superhéroïne déjantée s’associe avec des homologues féminines pour mettre hors d’état de nuire un ennemi qui veut s’en prendre à une jeune fille. Une nouvelle brique dans l’édifice cinématographique DC, plus orientée comédie et mauvais goût assumé.

Pour ceux qui ne maîtrisent pas leur DC Comics, sachez que Harley Quinn, la diplômée en psychiatrie, est la compagne du Joker, qu’elle a rencontré (dans les BD) à l’asile d’Arkham avant de devenir aussi timbrée que lui. Ou plutôt, elle était sa compagne, puisque ce film débute sur leur rupture. Pourquoi commencer cette critique avec cette précision peu féministe (une femme n’existe que par son compagnon) ? Parce que cette « fantabuleuse histoire » ne cesse d’évoquer ce fait, de le rappeler via la voix off, omniprésente et piailleuse, de son héroïne : je suis désespérée de cette rupture, je suis furax contre LUI, je veux m’émanciper de LUI, mais sans LUI et sa toxique protection, comment vais-je survivre contre tous les autres tordus de Gotham city ?

Pour exister, la demoiselle arlequin décide de prouver au monde à quel point elle est fondue. Face à elle, Ewan McGregor s’ennuie ouvertement à renouveler l’image du super vilain – pas Joker, un autre, dont l’activité préférée est d’arracher les visages de ses victimes. D’où sans doute l’interdiction au moins de 12 ans du film.

L’histoire ? Ah oui, on oubliait, et c’est normal tant elle est superfétatoire : un diamant ingéré par une petite pickpocket provoque un empilage, fatigant, de bastons au ralenti ou en accéléré, où Harley et d’autres pas drôles de dames balancent à répétition des coups de pieds dans l’entrejambe de tous les hommes à leur portée. Ou se lancent, à moto ou en roller, dans des courses poursuites à peine dignes des années 90. Le tout au son de tubes pop ou rock pas neufs, dont un carrément emprunté à la première version de Charlie’s angels par McG en 2000, qui passe, à côté, pour un parangon de féminisme pulp et pop.

Entre deux explosions de canons à paillettes, deux coups de batte dans le plexus, et des flashback censés dynamiter la narration mais accusant, en fait, la pauvreté du scénario, on a deux secondes pour bailler et se pincer : comment ce film dû à une scénariste, une réalisatrice et une productrice, peut, à ce point, être creux sur le sujet de la place de la femme dans la société et pervertir le concept de sororité ?

Déterminé, certes, à dénoncer la sentence du début – « Derrière chaque homme qui réussit se cache une meuf badass » –, Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn prend la forme sans âme du revenge movie où chaque fille (une flic, une orpheline, une chanteuse, et Harley) se bat pour elle-même et contre les autres. Ce n’est que lors du dernier quart d’heure, que naît, enfin, une alliance de circonstances : il y a trop de mecs en face. Sororité cynique dont seule réchappe Black Canary, la chanteuse qui castagne par bonté d’âme et pour aider les copines. Quant au personnage de Harley, surjoué par Margot Robbie, il correspond exactement à cette réplique, déçue, de la jeune voleuse de diamant : « Je croyais pourtant que tu étais particulière… ». Non : seulement une créature de bruit et de fureur dans un objet « fantabuleux » comme un soda secoué.
BIRDS OF PREY, Cathy Yan 2020 (E)
Lorsque Roman Sionis, l'ennemi le plus abominable de Gotham, et son fidèle acolyte Zsasz décident de s'en prendre à une certaine Cass, la ville est passée au peigne fin pour retrouver la trace de la jeune fille. ...

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BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@


Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la troupe, pense que son heure est venue. Une rivale inattendue se présente en la personne de la sensuelle Lily, nouvellement recrutée. Nina peut compter sur sa mère, Erica, une maîtresse-femme qui contrôle sa vie, pour intervenir auprès de Thomas.

TELERAMA
Entre les griffes de Darren Aronofsky, une ballerine voit son rêve tourner au cauchemar.
Danseuse étoile pour Le Lac des cygnes, Nina a du fil à retordre avec le cygne noir de la fin du ballet. La pureté artistique qu’elle recherche depuis toujours se retourne contre elle : on lui demande du débordement, des aspérités, de la sensualité, et c’est un cauchemar pour elle.

Darren Aronofsky s’y connaît en cauchemars : il a signé en 2000 le mémorable Requiem For a Dream, avec ses antihéros emportés dans une dérive de la perception. Black Swan brouille encore plus vite la frontière entre réalité, fantasmes et hallucinations. Particulièrement impressionnante est la galerie de figures féminines, toutes des doubles déformés ou déformants de l’héroïne. La mère (Barbara Hershey) offre une image de Nina avec trente ans de plus, ayant échoué jadis à sortir du rang. La danseuse étoile récemment déchue de la troupe (Winona Ryder), reproche vivant, symbole du déclin à venir. La rivale directe (Mila Kunis) paraît menaçante, obscène, car jugée plus sexy que Nina…

Le cinéaste déchaîne ses images mentales et brutales, jouant à plein régime du parallèle entre le tour de force de Natalie Portman (grandiose) et celui du personnage. La dernière réplique, expression d’un triomphe, s’accompagne ainsi d’une effusion de sang. Et l’actrice, oscarisée pour ce film, eut longtemps du mal à s’investir dans un autre projet.
BLACK SWAN, Darren Aronofsky 2011, Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis (musical)@@@ (E)
Thomas Leroy, le directeur du New York City Ballet, est à la recherche d'une nouvelle danseuse étoile depuis qu'il a décidé de se passer des services de la titulaire, Beth. Nina, depuis longtemps membre de la tro ...

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BLANCHE COMME NEIGE, Anne Fontaine 2019, Isabelle Huppert, Jonathan Cohen, Benoit Poelvoorde, Charles Berling (comique sentimental)@@


Par sa grande beauté, Claire fait tourner les têtes et les cœurs. Sa belle-mère Maud ne le supporte pas et tente alors de l'assassiner. Par miracle, Claire échappe à la mort grâce à un homme étrange qui l'accueille chez lui dans sa ferme. Les hommes du village succombent tous au charme de la jeune femme. Innocente jusque là, Claire découvre qu'elle a des désirs et qu'elle a envie de les vivre. Elle s'en donne à cœur joie et devient un véritable bourreau des cœurs. Mais lorsque Maud apprend que sa rivale est toujours en vie, elle se met à sa recherche afin de terminer ce qu'elle a commencé et éliminer définitivement Claire...

TELERAMA
Lou de Laâge en belle orpheline, Isabelle Huppert en marâtre… Le célèbre conte est revisité de manière ludique et plaisamment désuète.

Après le calvaire de nonnes polonaises en 1945 (Les Innocentes) et l’émancipation sociale tourmentée d’un fils du prolétariat (Marvin), Anne Fontaine se tournait vers la légèreté avec cette comédie coquine, qui revisite le conte fameux des frères Grimm. Soit Claire, une orpheline dont la beauté suscite l’extrême jalousie de sa belle-mère, Maud (Isabelle Huppert), gérante richissime d’un palace, qui tente de l’éliminer. Claire est sauvée in extremis au cœur d’une forêt par un homme un peu fruste (Damien Bonnard), qui la recueille dans sa bâtisse mystérieuse. Une nouvelle vie, de plaisir et de joie, commence pour celle qui étouffait sans s’en rendre compte. Cette héroïne à la fois pure et sexuée, Lou de Laâge, solaire, l’incarne avec une grâce naturelle. Le pastiche, frais, ludique, un peu désuet, se regarde sans déplaisir.

Anne Fontaine loue une forme d’érotisme libre et généreux. Nulle guerre des sexes, nul rapport de pouvoir ou de domination — les messieurs sont timides ou fragiles. Quant à la marâtre castratrice, la réalisatrice lui accorde une place de choix, surtout dans une séquence de danse proche du duel, donnant l’impression que la reine déchue va croquer sa proie et la dévorer toute crue.
BLANCHE COMME NEIGE, Anne Fontaine 2019, Isabelle Huppert, Jonathan Cohen, Benoit Poelvoorde, Charles Berling (comique sentimental)@@ (E)
Par sa grande beauté, Claire fait tourner les têtes et les cœurs. Sa belle-mère Maud ne le supporte pas et tente alors de l'assassiner. Par miracle, Claire échappe à la mort grâce à un ho ...

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BLOOD DIAMOND, Edward Zwick 2006, Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou (thriller)@


Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a trouvé – et caché – un diamant rose extrêmement rare.

TELERAMA
À la recherche d’un énorme diamant dans la Sierra Leone des années 1990, en pleine guerre civile. Un film d’aventures à l’ancienne, souvent cliché, voire lourdaud, mais d’une violence hyperréaliste.

Il y a eu Lord of war, sur le trafic d’armes, The Constant Gardener, sur l’industrie pharmaceutique, Le Dernier Roi d’Ecosse, sur Amin Dada… L’Afrique est-elle, vue d’Amérique, le dernier endroit où se donner des frissons ? Ou bien s’agit-il d’exprimer une mauvaise conscience ? Les deux, mon général. Situé dans la Sierra Leone embrasée des années 1990, le film investit les lieux comme un super décor à sensations. Il dénonce aussi l’industrie du diamant qui instrumentalise les guerres locales en finançant l’achat d’armes contre les « diamants de sang » du titre. Un avertissement invite d’ailleurs « les consommateurs-spectateurs » à bien se renseigner sur la provenance de ceux qu’ils achètent.

Ce côté pub humanitaire n’est pas le seul défaut du film. L’histoire d’amour entre Leonardo DiCaprio et Jennifer Con­nelly aurait requis une stratégie anti­clichés que le lourdaud Edward Zwick est bien en peine de déployer. Il se rattrape avec les scènes d’action et la netteté effrayante de l’arrière-plan — une guerre civile mutilant les enfants ou les enrôlant. Enfin, il y a le perfectionnisme obsessionnel de DiCaprio, qui semble vouloir retoucher, de film en film, la même scène finale, paroxystique et sacrificielle, que ce soit à bord d’un avion qui s’écrase (Aviator) ou d’un bateau qui coule (Titanic), au milieu des montagnes enneigées (The Revenant), ou, ici, d’un continent à feu et à sang…

BLOOD DIAMOND, Edward Zwick 2006, Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou (thriller)@ (E)
Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a tro ...

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BLOW OUT, Brian De Palma 1981, John Travolta, Nancy Allen (thriller)@@


Jack, un ingénieur du son, sauve Sally, la passagère d'une voiture accidentée. L'étude de la bande-son révèle le bruit d'un coup de feu et non d'un pneu éclaté. Le conducteur de la voiture, un homme politique, était visé par un complot. Jack mène l'enquête, plus ou moins aidé par Sally. Il ne pourra pas empêcher l'exécution du témoin principal.

TELERAMA
Un preneur de son enregistre des bruits suspects. Difficile de ne pas penser à Hitchcock, à qui De Palma rend hommage une fois de plus. Brillant exercice de style.

Depuis Greetings, en 1968, on savait De Palma obsédé, traumatisé, par l’assassinat de John F. Kennedy, mythe fondateur de toute une génération et déclencheur de quantité de vocations d’artistes électrisés par sa capacité à fictionnaliser le réel. C’est une nouvelle fois ce crime irrésolu, et les multiples théories qui l’entourent, qui a inspiré à De Palma son histoire de preneur de son, témoin d’un accident de voiture, qui se transforme en enquêteur pour analyser les bruits suspects qu’il a enregistrés, à son insu, sur son magnétophone.

Plus qu’un décalque sonore du Blow up d’Antonioni, dans lequel un meurtre était élucidé à partir d’une photo, Blow out (le titre fait référence à « l’éclatement » d’un pneu) a pour matrice le fameux film d’Abraham Zapruder qui a filmé en direct l’éclatement du crâne de JFK à Dallas. Sans parler, évidemment, de Conversation secrète, que De Palma admirait plus que tout, au point d’être allé interviewer Coppola pour une revue américaine en 1973.

L’art de la citation, du dédoublement et de la mise en abyme, cher à l’auteur de Snake Eyes, atteint des sommets de virtuosité dans ce thriller paranoïaque à entrées multiples. Roi du mixage (de sons, d’images, d’influences), De Palma signe simplement l’un des meilleurs films américains des années 1980, magnifié par la photo « en couleurs en noir et blanc » de Vilmos Zsigmond.
BLOW OUT, Brian De Palma 1981, John Travolta, Nancy Allen (thriller)@@ (E)
Jack, un ingénieur du son, sauve Sally, la passagère d'une voiture accidentée. L'étude de la bande-son révèle le bruit d'un coup de feu et non d'un pneu éclaté. Le conducteur de la voi ...

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BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@


Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son épouse, une aristocrate autoproclamée, dans plus d'un tiers de ses tableaux.

TELERAMA
Une femme autant éclairée que délaissée par son homme : Martin Provost, réalisateur de “Séraphine”, souligne la force de vie qui a fait naître la formidable peinture des Bonnard.

Un élan admiratif traverse ce film qui s’ouvre, en 1893, sur les premiers traits de crayon graciles qu’inspire au (1867-1947) une inconnue rencontrée dans la rue qui deviendra sa femme, Marthe Bonnard (1869-1942). De l’immobilité de la séance de pose, jaillit un mouvement qui rapproche les corps, les lance dans une course vers le plaisir, la joie, la beauté. Et les fait entrer dans la ronde de la vie d’artiste, à cette époque miraculeuse où, depuis Giverny, Claude Monet pouvait descendre la Seine en barque jusqu’à Vernon pour déjeuner sous les arbres, chez les Bonnard.

Dans de très belles lumières du chef-opérateur Guillaume Schiffman et avec un duo Cécile de France-Vincent Macaigne qui s’empare passionnément de ce couple célèbre, le réalisateur de (2008) recrée un enchantement amoureux et pictural. Au lieu de se plier à l’exercice d’une traditionnelle biographie filmée, il nous invite à entrer dans la force de vie qui a fait naître une des œuvres les plus impressionnantes de l’histoire de la peinture.

En cherchant cette vérité, c’est l’ombre que trouve Martin Provost. Le mystère d’un couple où la femme fut tout autant éclairée qu’éclipsée par un homme qui ne cessa jamais de l’aimer mais refusa de lui être fidèle, de lui donner un enfant et, pendant longtemps, de l’épouser. Aux côtés de Pierre Bonnard, Marthe ne trouva de place qu’en acceptant d’en changer sans cesse. Elle fut la muse, l’idole, l’amante délaissée, l’intendante préposée aux préoccupations pratiques, l’âme sœur aussi, lorsqu’elle osa peindre ses propres tableaux et s’affirmer sur le terrain du maître.
BONNARD, Pierre et Marthe 2024, Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg, André Marcon (biopic)@@ (E)
Le peintre français Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l'énigmatique Marthe. En effet, celui que son pays natal surnommait le "peintre du bonheur" a fait le portrait de son & ...

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BORGEN, une femme au pouvoir, Adam Price 2010, Sidse Babett Knudsen, (serie tv)@@


Cheffe du Parti centriste au caractère bien trempé, Birgitte Nyborg devient contre toute attente Première ministre[9]. Mais une fois à la tête du gouvernement, une question ne tarde pas à tarauder Birgitte Nyborg : jusqu’où peut-on aller pour garder le pouvoir ? Au fil des épisodes, Birgitte réalise que concilier vie privée et vie professionnelle ainsi que ses idéaux et les sacrifices politiques nécessaires n'est pas chose aisée, surtout lorsque l'on est Première ministre.
Borgen (« le Château ») est le surnom que les Danois donnent au siège du Parlement et aux bureaux du Premier ministre, situés au château de Christiansborg à Copenhague.

BORGEN, une femme au pouvoir, Adam Price 2010, Sidse Babett Knudsen, (serie tv)@@ (E)
Cheffe du Parti centriste au caractère bien trempé, Birgitte Nyborg devient contre toute attente Première ministre[9]. Mais une fois à la tête du gouvernement, une question ne tarde pas à tarauder Bi ...

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BOUGE, Jérôme Cornuau 1997, Ambre Boukebza, Ophélie Winter, Bernard Le Coq, Léa Drucker, Élisabeth Depardieu (musical)@@


Alice vient de découvrir que son père n'est autre qu'un grand ponte du show-biz à Paris. Elle décide illico de quitter sa province pour enfin rencontrer son géniteur. Producteur de musique, celui-ci recherche des danseuses pour un clip. Alice réussit à s'introduire sur le plateau du casting, mais elle essuie un refus après un essai jugé peu concluant, malgré les encouragements d'Ophélie Winter. De cours de danse en leçons de chant, Alice décide d'enregistrer un disque, bien que sa voix ne soit guère mélodieuse. Elle rencontre un garçon dans un squat, qui est danseur, mais aussi éboueur. Tous deux projettent de s'introduire sur le plateau télé de "Dance Machine", pendant un enregistrement, pour y retrouver Ophélie..

ALLOCINE
Des notes bien trop sévères pour ce très sympathique film de série B qui tourne autour de la production musicale et des Dance Machine. C'est un retour en plein dans les années 90, c'est frais, vivant. On ressent comme une atmosphère de liberté. L'histoire est centrée sur une jeune femme qui monte à Paris dans le but de rencontrer son père qu'elle n'a jamais connu, et qui est un grand nom de l'industrie musicale. Ophélie Winter fait ...
BOUGE, Jérôme Cornuau 1997, Ambre Boukebza, Ophélie Winter, Bernard Le Coq, Léa Drucker, Élisabeth Depardieu (musical)@@ (E)
Alice vient de découvrir que son père n'est autre qu'un grand ponte du show-biz à Paris. Elle décide illico de quitter sa province pour enfin rencontrer son géniteur. Producteur de musique, celui-ci recher ...

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BUFFALO BILL ET LES INDIENS, Robert Altman 1976, Paul Newman, Joel Grey. Synopsis (western)@@


Les Etats-Unis, en 1885. Buffalo Bill monte et anime son spectacle, le plus grand show de l'Ouest sauvage. Pourtant, en dehors de son spectacle, Buffalo n'est qu'un piètre cavalier et un mauvais tireur. Mais pour donner au show encore plus d'attrait, il décide d'engager le légendaire chef indien Sitting Bull...

TELERAMA
L’ex-tueur de bisons Buffalo Bill a quitté les prairies. En 1886, il caracole sur la piste d’un cirque géant. Satiriste hors-pair, Altman dénonce la façon dont l’Amérique forge ses mythes.

Tout est show en Amérique. Tout est business. Entre la vérité et la légende, John Ford choisissait de privilégier la légende, et Robert Altman s’en amuse et s’y oppose. Le Buffalo Bill qu’il montre, lui, n’est qu’un directeur de revue grotesque, un patron capitaliste ridicule, un homme vieillissant qui porte perruque, s’alcoolise et folâtre avec des Bianca Castafiore minaudières. En cette année 1885, alors que le show de l’ex-William F. Cody (le vrai nom de Buffalo Bill) prétend en toute simplicité « codyfier » le monde, B.B. a l’idée fumante d’inviter, comme guest star du spectacle, le grand chef indien Sitting Bull, qui cherche obstinément à rencontrer le président des États-Unis…

Comme à son habitude, Altman multiplie les personnages, les faits et les insolences. Les répliques assassines, aussi, qui vont du pur cynisme au pur vaudeville. C’est que tout est farce dans ce film superbe sur les apparences : la tireuse la plus rapide de l’Ouest (qui a un bras dans le plâtre !) commet une boulette sanglante, le président des États-Unis en visite s’emberlificote dans des sophismes qui n’émerveillent que les imbéciles. Un seul moment, le cinéaste prête à son héros une sorte de grandeur, fût-elle dérisoire : la nuit, en chemise, Buffalo Bill soliloque devant le fantôme de Sitting Bull, puis devant son propre portrait : « Si cet homme est un faux, pourquoi l’avoir fait roi ? » murmure-t-il. Altman contemple avec une saine férocité la société du spectacle. Ceux qui la créent et ceux qui y croient.

En 1886, aux Etats-Unis. L'aventurier et tueur de bisons William Cody, dit Buffalo Bill, a quitté les vastes prairies. Il caracole sur la piste d'un cirque géant, "Le Plus Grand Show de l'Ouest sauvage", tel un héros de la conquête de l'Ouest, devant des spectateurs ébahis. Hors de la scène, le personnage se révèle n'être qu'un cabotin vain et un alcoolique capricieux, mauvais tireur et piètre cavalier. Pour pimenter le spectacle, Buffalo Bill imagine d'engager le légendaire chef indien Sitting Bull. Le spectacle continue, mais Sitting Bull se montre bien meilleur que Buffalo Bill dans tous les domaines et ne tarde pas à ridiculiser son employeur...
BUFFALO BILL ET LES INDIENS, Robert Altman 1976, Paul Newman, Joel Grey. Synopsis (western)@@ (E)
Les Etats-Unis, en 1885. Buffalo Bill monte et anime son spectacle, le plus grand show de l'Ouest sauvage. Pourtant, en dehors de son spectacle, Buffalo n'est qu'un piètre cavalier et un mauvais tireur. Mais pour donner au show encor ...

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C EST PAS MOI, Leos Carax 2024 (bio)@


Pour une exposition qui n'a finalement pas eu lieu, le musée Pompidou avait demandé au cinéaste de répondre en images à la question : "Où en êtes-vous, Leos Carax ?". Il tente une réponse, pleine d'interrogations. Sur lui, "son" monde.

TELERAMA
Des extraits de films, des chansons, de vieilles photos... L’enfant terrible du cinéma français signe un court autoportrait, où plane l’ombre de Godard.

Ça ne va pas fort, Leos. On le voit à plat ventre sur son lit, tout habillé, son petit chapeau vissé sur la tête, son fidèle chien à ses côtés. Carax a zébré le plan de couleurs irisées, ça fait plus gai. Pour le reste, l’ambiance est funèbre. Dans le cadre d’une exposition finalement annulée, le Centre Pompidou avait demandé au réalisateur de répondre en images à la question : où en êtes-vous, Leos Carax ? L’ex-enfant terrible du cinéma français ne répond pas « nulle part », mais c’est tout comme. Lui, l’ermite plutôt secret fuyant les médias, voilà qu’il vide son sac. Ou fait semblant : il reste caché, on le voit peu. Mais sa voix caverneuse et pincée nous parvient. Comme d’outre-tombe.

L’auteur d’Annette tente de faire le point sur lui-même, sur son travail, sur l’époque. Il se décrit un peu, en faisant un curieux parallèle avec Roman Polanski – petit de taille et juif comme lui. Il remonte à son enfance, à son histoire familiale. Il a sorti de vieilles photos en noir et blanc, évoque ses parents, s’attarde sur son père. Le film est un autoportrait mais où l’intime croise la grande Histoire, l’ombre du mal, les dictateurs, ceux d’hier et d’aujourd’hui – Bachar el-Assad, Poutine, Netanyahou. Denis Lavant, double et diable, ressurgit ici et là, en « Merde », ce faune à barbiche rouge serpentine, costume vert et ongles crochus, apparu dans Tokyo ! (2008). Leos Carax cite Tintin et mille autres choses, dans un grand magma harmonieux, sans craindre l’autopromotion – des extraits de tous ses films sont montrés. Il fait entendre Barbara, Nina Simone, David Bowie. Il salue Léo Ferré. Et Godard. Lequel plane un peu partout. Entre Histoire(s) du cinéma du visionnaire helvète et C’est pas moi, le parallèle est évident. Même goût de l’emprunt à tout va. Même art foudroyant du montage et du démontage, de la rupture et du collage.

Une telle ressemblance pourrait devenir fâcheuse. Mais Carax assume d’être un disciple, comme il assume de n’avoir jamais filmé que du « déjà-vu ». De là ce sentiment d’imposture, qu’il a toujours éprouvé. Pour se racheter, il lui reste la vérité de ce qu’il a vampirisé et aimé, à travers les autres, les films, les proches, tout ce qui lui a permis de ne pas sombrer. L’autoportrait vaut ainsi, surtout, comme un exercice d’admiration. Sur la magie du cinéma muet (L’Aurore, de Murnau), de la musique et des voix, le film comporte de belles étincelles, provoquées par des télescopages virtuoses. Un souffle lyrique traverse ce maelström d’images. Où l’émotion nous prend à la gorge plusieurs fois, surtout lorsque le marginal capricieux et maudit rend hommage à des proches disparus, comme Katerina Golubeva, son ex-compagne, avec qui il a eu une fille. Un moment, on voit cette dernière enfant, marcher le long d’un quai, sous le soleil parisien… Le film est à la fois un requiem et une ode à la vie.
C EST PAS MOI, Leos Carax 2024 (bio)@ (E)
Pour une exposition qui n'a finalement pas eu lieu, le musée Pompidou avait demandé au cinéaste de répondre en images à la question : "Où en êtes-vous, Leos Carax ?". Il tente une r& ...

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C EST QUI LE CHEF, Aude Gogny-Goubert 2025, Bruno Solo, Michel Cymes (cuisine)@


Blacklisté à la suite d'un scandale médiatique, Etienne Barbier, chef cuisinier-star de la télévision, égocentrique et vaniteux, doit faire face à d'importants soucis financiers. Son demi-frère lui trouve alors un travail parfaitement inattendu : travailler dans l'ombre de Lila Debruyne, jeune influenceuse culinaire reconnue, qui parvient difficilement à lancer son premier restaurant. La mission va s'avérer plus complexe que prévue, et le secret, bien difficile à garder.

C EST QUI LE CHEF, Aude Gogny-Goubert 2025, Bruno Solo, Michel Cymes (cuisine)@ (E)
Blacklisté à la suite d'un scandale médiatique, Etienne Barbier, chef cuisinier-star de la télévision, égocentrique et vaniteux, doit faire face à d'importants soucis financiers. Son demi-fr& ...

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CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh 1951, Gregory Peck (cape et epee)@@


1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dressé contre Napoléon et accepte de s'emparer d'un navire espagnol. Une fois l'ennemi vaincu, Hornblower apprend que l'Angleterre vient de signer un traité avec l'Espagne. Il se retrouve sur le "Lydia" avec lady Barbara, une aristocrate qu'il a pour mission de ramener à Londres. Il s'éprend de la jeune femme. Mais leur amour est impossible car la belle est promise à un lord de l'Amirauté. Celui-ci donne d'ailleurs ordre au capitaine de retourner en mer et de combattre les Français...

TELERAMA
Voici Gregory Peck et son regard d’aigle, capitaine de la Royal Navy chargé d’une mission secrète, à l’heure des guerres napoléoniennes : passer le cap Horn et rallier un fort en Amérique centrale, afin de livrer des armes. Son destinataire ? Un rebelle à l’Espagne. C’est alors que tombe la nouvelle : l’Espagne vient de se rallier à l’Angleterre…

Dès lors qu’il s’agit de filmer deux navires voguant face à face, prêts au carnage, Walsh témoigne de tout son talent. Ses choix d’angles de vue et de cadrages, la vélocité de son rythme. Idem pour les scènes de combat. Selon cette méthode qui lui est propre, plutôt que de les préparer à l’action, Walsh fait croire à ses figurants qu’ils vont assister à une simple répétition. Et tourne la vraie scène avec ses explosions, afin de filmer leur effroi non simulé… Méthode imparable et qui confère à ses films une authenticité inimitable.

C’est un fabuleux récit, d’une richesse visuelle étonnante. Un branle-bas de combat ? L’occasion d’un plan rapproché sur un roulement de tambour. Un navire ennemi ? Voilà le superbe galion espagnol qui vogue toutes voiles dehors — on le reverra l’année suivante dans Le Corsaire rouge, de Robert Siodmak. Le tout enrichi d’un superbe Technicolor, et d’une fin étonnante.
CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh 1951, Gregory Peck (cape et epee)@@ (E)
1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dres ...

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CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@


1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dressé contre Napoléon et accepte de s'emparer d'un navire espagnol. Une fois l'ennemi vaincu, Hornblower apprend que l'Angleterre vient de signer un traité avec l'Espagne. Il se retrouve sur le "Lydia" avec lady Barbara, une aristocrate qu'il a pour mission de ramener à Londres. Il s'éprend de la jeune femme. Mais leur amour est impossible car la belle est promise à un lord de l'Amirauté. Celui-ci donne d'ailleurs ordre au capitaine de retourner en mer et de combattre les Français...

TELERAMA
Voici Gregory Peck et son regard d’aigle, capitaine de la Royal Navy chargé d’une mission secrète, à l’heure des guerres napoléoniennes : passer le cap Horn et rallier un fort en Amérique centrale, afin de livrer des armes. Son destinataire ? Un rebelle à l’Espagne. C’est alors que tombe la nouvelle : l’Espagne vient de se rallier à l’Angleterre…

Dès lors qu’il s’agit de filmer deux navires voguant face à face, prêts au carnage, Walsh témoigne de tout son talent. Ses choix d’angles de vue et de cadrages, la vélocité de son rythme. Idem pour les scènes de combat. Selon cette méthode qui lui est propre, plutôt que de les préparer à l’action, Walsh fait croire à ses figurants qu’ils vont assister à une simple répétition. Et tourne la vraie scène avec ses explosions, afin de filmer leur effroi non simulé… Méthode imparable et qui confère à ses films une authenticité inimitable.

C’est un fabuleux récit, d’une richesse visuelle étonnante. Un branle-bas de combat ? L’occasion d’un plan rapproché sur un roulement de tambour. Un navire ennemi ? Voilà le superbe galion espagnol qui vogue toutes voiles dehors — on le reverra l’année suivante dans Le Corsaire rouge, de Robert Siodmak. Le tout enrichi d’un superbe Technicolor, et d’une fin étonnante.

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sans oublier que les aventures d'Horatio Hornblower sont l'œuvre d'un écrivain anglais, Cecil-Scott-Forester auteur de onze best-seller dont le premier volume "retour à bon port" a inspiré l'excellent film de Raoul Walsh. Je conseille cette lecture !
Lecteur-9aaee872
Tres beau film… A l’ancienne… de la couleur… de l’action… une histoire et des grands acteurs… Gregory Peck en prime

CAPITAINE SANS PEUR, Raoul Walsh1951, Gregory Peck, Virginia Mayo (cape et epee)@@ (E)
1807. Alors que l'Angleterre est en guerre contre la France et l'Espagne, le capitaine britannique Horatio Hornblower, à bord du "Lydia", vogue vers le Pacifique. Au large du Nicaragua, il prend contact avec un rebelle dres ...

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CAPTAIN PHILLIPS, Paul Greengrass 2013, Tom Hanks, Catherine Keener (terrorisme)@


En avril 2009, le capitaine Richard Phillips et son équipage sont attaqués par des pirates somaliens sur le Maersk Alabama, un navire marchand américain, tandis qu'il fait route vers l'Afrique. Ses assaillants, menés par Muse, n'arrivant pas à prendre le contrôle du navire, ils quittent le bateau à bord d'un canot de sauvetage et emmènent Phillips avec eux. Les pirates réclament une rançon pour sa libération et de longues négociations sont engagées par les militaires américains afin de libérer l'otage. Pendant ce temps, au large des côtes somaliennes, un face-à-face entre Phillips et Muse s'engage...

TELERAMA
Un cargo américain est pris d’assaut par des pirates somaliens. Avec des personnages que n’épargne pas la caricature (bon capitaine américain contre méchants sauvages), ce film, pourtant soucieux de réalisme, sombre dans la simplification.

En avril 2009, le cargo Maersk Alabama fut assiégé par des pirates somaliens, qui, face à la résistance de l'équipage, prirent la fuite en emmenant en otage le capitaine, Richard Phillips. Aux commandes de cette reconstitution, un réalisateur anglais réputé pour son sens du réalisme. On écarquille bel et bien les yeux devant ces images impressionnantes du cargo, forteresse flottante, rattrapé et abordé par de petits bateaux à moteur. De façon presque documentaire, l'incroyable apparaît : au milieu d'une mer immense et vide, les plus faibles prennent le dessus sur les plus forts.

Mais la peinture des personnages est anéantie par un scénariste à la main lourde (Hunger Games...). Voilà un bon capitaine (Tom Hanks) qui embrasse sa femme avant d'embarquer. Pendant qu'en Somalie des énergumènes sautent dans leurs rafiots. Où ils sont prêts à s'entre-tuer, sauvages sans foi ni loi. A bord du cargo américain, ils font régner la terreur avec des méthodes de nazillons. Ils sont haïssables, il faut les éliminer ! C'est le souhait abject que le film crée chez le spectateur pour le satisfaire. Sur ces pirates, on ne saura rien, sinon qu'ils sont les larbins de plus grands salauds. Le capitaine, lui, sera courageux jusqu'au bout. Dans les faits, son professionnalisme a été contesté. Un film à citer en exemple quand on parle d'héroïsme simplificateur !

CAPTAIN PHILLIPS, Paul Greengrass 2013, Tom Hanks, Catherine Keener (terrorisme)@ (E)
En avril 2009, le capitaine Richard Phillips et son équipage sont attaqués par des pirates somaliens sur le Maersk Alabama, un navire marchand américain, tandis qu'il fait route vers l'Afrique. Ses assaillants, men&eacu ...

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CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@


Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs migrants mais est ensuite abattu par un collègue, Aidan, qui sauve ainsi la vie de Carmen. Tous deux deviennent des fugitifs et doivent dorénavant fuir la police. Ils prennent la direction de Los Angeles où la jeune femme souhaite retrouver sa marraine, Masilda, gérante d'une boîte de nuit. Désormais liés par cette nuit dramatique, Carmen et Aidan vont lutter pour tenter de tourner cette sombre page et écrire une nouvelle histoire...

TELERAMA
Pour sa première réalisation, le chorégraphe et danseur Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, dans un film au rythme dissonant, où les scènes de danse sont intégrées de façon maladroite à un scénario trop fragile.

Pour sa première réalisation, le chorégraphe Benjamin Millepied imagine un destin contemporain à Carmen, la célèbre héroïne de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra à succès de Georges Bizet (en 1875). L’œuvre a profondément marqué l’enfance du réalisateur, qui la transfère de Séville à la frontière mexicaine, franchie clandestinement par Carmen (Melissa Barrera) pour rejoindre les États-Unis, après l’assassinat de sa mère. Sa fuite la met sur le chemin d’un soldat américain (Paul Mescal), victime de stress post-traumatique.

Hélas, ce récit de poussière et de sang ne s’embrase pas comme la mise en scène, grandiloquente, le voudrait. Ni les scènes de danse, maladroitement intégrées au scénario, ni la présence de la grande Rossy de Palma, en tenancière d’un cabaret, ne sauvent le film d’un scénario trop fragile, au rythme dissonant.
CARMEN, Benjamin Millepied 2023, Melissa Barrera, Paul Mescal (musical danse)@@ (E)
Après la mort de sa mère, tuée par un cartel mexicain, Carmen n'a d'autre choix que de fuir vers les Etats-Unis. Au moment où elle traverse la frontière au sein d'un groupe, un des gardes tue plusieurs mig ...

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CARRIED AWAY (État de force), Bruno Barreto 1996, Dennis Hopper, Amy Irving, Gary Busey (film e)


Dans les années 1970, au Texas, un sculpteur (Dennis Hopper) d'âge mûr, vivant avec sa fiancée (Amy Irving) depuis six ans, se laisse séduire par une adolescente (Amy Locane) de 17 ans.
CARRIED AWAY (État de force), Bruno Barreto 1996, Dennis Hopper, Amy Irving, Gary Busey (film e) (E)
Dans les années 1970, au Texas, un sculpteur (Dennis Hopper) d'âge mûr, vivant avec sa fiancée (Amy Irving) depuis six ans, se laisse séduire par une adolescente (Amy Locane) de 17 ans. ...

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CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@


A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie.

TELERAMA
1942, Casablanca. Pour l’amour d’une femme, un Américain sort de sa neutralité désabusée et aide deux résistants. Un de ces classiques qu’on ne cesse de revoir.

Dans ce café brumeux de Casablanca, au milieu de la Seconde Guerre, le port du voile intérieur est indispensable, pour cacher ses souvenirs et ne pas regarder l’avenir en face. Voilà pourquoi, au commencement, le patron, Rick, n’a pas de visage. Ce n’est qu’une main lasse et inquiète, dont la caméra capte les mouvements crispés au bas d’un chèque, puis sur une pièce de jeu d’échecs. Ilsa, la cliente qu’il ne veut pas voir, n’a d’yeux que pour d’autres mains, celles d’un pianiste qui joue un air ancien, aux parfums de madeleine de Proust. Évidemment, Ilsa et Rick se sont aimés autrefois, dans un Paris de carton-pâte dont les artifices ne font que renforcer la douleur onirique. Évidemment, leurs retrouvailles ne peuvent que secouer les murs d’une ville bâtie pour l’entre-deux…

Tourné en pleine guerre, ce classique du cinéma surprend d’abord par son ironie visionnaire : on y jette à la poubelle des bouteilles d’eau de Vichy, et la victoire de la Résistance paraît certaine. Mais c’est surtout la magie éternelle du couple Bogart-Bergman qui ébranle. L’actrice raconta que la grâce lunaire et chancelante de leur jeu venait de l’état d’incertitude dans lequel ils étaient maintenus en permanence. Leurs répliques étaient écrites au jour le jour, et le dénouement de l’histoire leur fut caché jusqu’au dernier moment. Dire qu’à l’origine les studios pensaient faire jouer ce couple mythique par Ann Sheridan et Ronald Reagan…
CASABLANCA, Michael Curtiz 1942, Humfrey Bogart, Ingrid Bergman (guerre sentimental)@@@ (E)
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. L'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer ...

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CESSEZ LE FEU, Emmanuel Courcol 2016, Romain Duris (drame sentimental)@@


En 1923, Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d'Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée.

TELERAMA
Un officier héroïque de la Première Guerre mondiale revient en France, après un long détour par l’Afrique. Une évocation en demi-teintes, entre hantise et contemplation, d’une famille meurtrie qui tente de se reconstruire.

C'est un second retour pour Georges. La première fois, il a réchappé en officier héroïque de l’enfer des tranchées de 14-18. Quelque temps après, il revient d’Afrique où il s’était enfui pour (s’)oublier. En France, la guerre a laissé des séquelles. Sa mère se morfond dans l’attente de son benjamin, porté disparu, tandis qu’un autre fils, Marcel, choqué, a perdu l’usage de la parole…

Ce tableau d’époque de l’après-guerre illustre des états d’âme, choisit la chronique, patiente, ombrageuse, plutôt que le déroulé d’une histoire à rebondissements. Le premier long métrage d’Emmanuel Courcol se distingue, surtout, par ses correspondances, ses allers-retours ondulants entre la France et l’Afrique, où Georges a vécu en aventurier. Une Afrique à la fois édénique et fantôme (avec ses masques, ses rites), un peu rocambolesque avec son trafic à la Rimbaud, et source de contemplation. Sur la culpabilité des survivants, sur les malaisantes réhabilitations des champs de bataille, le film fait mouche. Il pèche, en revanche, par le traumatisme appuyé du frère (Grégory Gadebois, en bloc de souffrance). Romain Duris, lui, continue de surprendre. Puissant et buté, il impose une présence fascinante à son personnage de revenant.
CESSEZ LE FEU, Emmanuel Courcol 2016, Romain Duris (drame sentimental)@@ (E)
En 1923, Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, inva ...

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CHASSE GARDEE, Antonin Fourlon, Frédéric Forestier 2023, idier Bourdon, Thierry Lhermitte, Hakim Jemili, Camille Lou (comique)@@


Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adélaïde, à l'étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c'est l'occasion idéale de faire le grand saut et de quitter l'enfer de la ville. Cependant, le rêve se transforme rapidement en cauchemar quand ils réalisent que leurs si sympathiques voisins utilisent leur jardin comme terrain de chasse. Entre voisins, la guerre est déclarée et tous les coups sont permis.

TELERAMA
Un couple de néo-ruraux venu de Paris (Camille Lou et Hakim Jemili) face aux chasseurs d’un village de province… Moins offensif que le sketch culte des Inconnus, un film imprévisible qui milite pour une pratique modérée de cette activité dangereuse.

Un couple de Parisiens (la chanteuse Camille Lou, l’humoriste Hakim Jemili) emménage avec ses deux enfants en province, dans un ancien corps de ferme dont le terrain est en servitude – la chasse y est autorisée. Alors que la bande-annonce promettait un concours musclé de farces et attrapes, façon Nos pires voisins, entre néo-ruraux et habitants du village, la trajectoire de Chasse gardée s’avère, en fait, imprévisible.

Les réalisateurs – le débutant Antonin Fourlon et l’expérimenté Frédéric Forestier – font preuve d’une maîtrise indéniable du comique de répétition, à mèche courte (la ribambelle des clichés sur Paris) comme à mèche longue (les consignes de sécurité avant chaque battue). L’ensemble culmine avec un banquet moyenâgeux, rythmé par des chansons paillardes, sur le modèle de celui des Vikings (Richard Fleischer, 1958). Bien sûr, la présence de Didier Bourdon en chef de meute renvoie au sketch culte des Inconnus – diffusé sur Antenne 2 en 1991 –, qui sert de soubassement comique, irriguant toutes les séquences, du rabâchage à volonté de l’expression « tirer fichant » jusqu’à une référence explicite, quand l’intrigue oppose finalement un « mauvais » chasseur aux « bons » chasseurs.

Dans sa catégorie – la comédie grand public –, le film s’inspire des plus modernes de ses contemporains. De petites trouvailles de mise en scène (le récit en flash-back d’un protagoniste, sans cesse interrompu) lui donnent un rythme enlevé, proche de celui des productions « Bande à Fifi » (Alibi.com, Nicky Larson), dont il emprunte les acteurs fétiches : Bourdon, donc, et Chantal Ladesou en agente immobilière malhonnête. Sans oublier le personnage touchant incarné par Julien Pestel, second couteau du « Palmashow » (La Folle Histoire de Max et Léon, Les Vedettes).

Entre nécessités commerciales (l’incertitude de rentabiliser une œuvre de multiplexe farouchement anti-chasse) et authentique problème de société (les tirs près des habitations, entraînant des accidents parfois mortels), le scénario tient de l’exercice d’équilibriste. Sans surprise, il s’avère moins offensif que ledit sketch, Bourdon ayant mis de l’eau dans son vin. Les auteurs doivent, alors, ruser pour rendre le discours militant plus subtil. Il s’agit de présenter la chasse comme un délire paramilitaire – alignements de miradors, tenues de camouflage, cors utilisés façon clairons –, en rappelant qu’elle constitue aussi un lien social. Puis de pousser, mine de rien, les chasseurs vers une pratique plus raisonnable, moins obsessionnelle, moins dangereuse.
CHASSE GARDEE, Antonin Fourlon, Frédéric Forestier 2023, idier Bourdon, Thierry Lhermitte, Hakim Jemili, Camille Lou (comique)@@ (E)
Dans un village sans histoire, une maison de rêve en pleine nature est à vendre. Pour Simon et Adélaïde, à l'étroit dans leur appartement parisien avec leurs deux enfants, c'est l'occasion idéal ...

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CHIKHA, Ayoub Layoussifi, Zahoua Raji 2024 (court metrage maroc)@


Chikha”, c'est l'histoire d'une jeune fille de 17 ans dont la mère est chikha (chanteuse et danseuse de musique populaire marocaine), et qui est tiraillée entre sa vie intime et personnelle et les exigences d'une tradition artistique familiale souvent sous-estimée, qu'elle doit perpétuer
CHIKHA, Ayoub Layoussifi, Zahoua Raji 2024 (court metrage maroc)@ (E)
Chikha”, c'est l'histoire d'une jeune fille de 17 ans dont la mère est chikha (chanteuse et danseuse de musique populaire marocaine), et qui est tiraillée entre sa vie intime et personnelle et les exigences d'une traditi ...

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CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@


Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d'une chose, chanter du rock. La mission d'Alex va s'avérer plus compliquée que prévu avec la plus improbable des chorales.

TELERAMA
Porté par une solide BO rock anglo-française où Johnny Hallyday le dispute à Queen, ce premier long métrage d’Ida Techer sur une chorale de retraités a le bon goût d’un “feel good movie”, dopé par une belle brochette de personnages attachants.

Une chorale de retraités rockers… Sur le papier, ce premier long métrage d’Ida Techer – cosigné par Luc Bricault, assistant-réalisateur expérimenté – pouvait se placer sur les traces de l’affreux Sales Gosses (2017), farce du troisième âge dans une colo de seniors grossiers et / ou érotomanes. Ouf ! Il s’inspire en fait d’une histoire vraie, celle du groupe Salt and Pepper, chœur composé d’une quarantaine de membres âgés de 60 à 80 ans.

L’intrigue se déroule à Dunkerque, au bord de la Manche, comme pour mieux capter l’esprit des comédies sociales (The Full Monty, 1997) et des films juke-box (Good Morning England, 2009) venus d’Angleterre. D’où, surprise, une certaine authenticité prolétarienne, à l’image de la maison décatie de l’héroïne (Mathilde Seigner, plutôt à l’aise), prof de chant fauchée qui enchaîne les concerts de seconde zone avec son groupe de reprises.

Goûts musicaux du peuple
En dépit de ses limites évidentes, le scénario parvient à faire émerger de jolis personnages : la retraitée à la voix grave (Anne Benoît), le vieux séducteur qui ne chante pas l’anglais (Bernard Le Coq), la mamie folle du volant en 205 (Andréa Ferréol). Quant au politicard responsable de la chorale, il incarne une élite déconnectée projetant sur le groupe ses envies et ses préjugés pour en déduire les goûts musicaux du peuple.

Le film repose sur une solide BO rock (au sens large), émancipatrice et fédératrice, essentiellement anglo-française, de Johnny Hallyday à Queen, en passant par The Clash – mention spéciale à l’interprétation de Should I Stay or Should I Go. Chaque chanson doit entrer en résonance avec un moment ou un décor précis, ce qui donne lieu à des performances tantôt téléphonées (Antisocial en prison), tantôt aériennes (Space Oddity à l’église). Sans doute Chœur de rockers aurait-il mérité de déborder davantage du cadre du feel good movie, pour oser la franche comédie musicale.
CHOEUR DE ROCKERS, Ida Techer et Luc Bricault 2022, Mathilde Seignier, Andrea Ferréol, Bernard Le Coq, Patrick Rocca (musical)@@@ (E)
Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables ...

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CHOSES SECRETES, Jean-Claude Brisseau 2002, Coralie Revel, Sandrina Seyvecou (drame film e)@


Dans ce thriller érotique, deux jeunes femmes issues de milieux défavorisés décident d'utiliser leur pouvoir de séduction pour grimper dans l'échelle sociale.
Usant de leur séduction pour parvenir au sommet de la hiérarchie sociale, deux jeunes femmes se heurtent bientôt à la résistance d'un jeune loup manipulateur.

CHOSES SECRETES, Jean-Claude Brisseau 2002, Coralie Revel, Sandrina Seyvecou (drame film e)@ (E)
Dans ce thriller érotique, deux jeunes femmes issues de milieux défavorisés décident d'utiliser leur pouvoir de séduction pour grimper dans l'échelle sociale.
Usant ...

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CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@


Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Claude François devient un patron tyrannique. Toute la première, en revanche, est académique à souhait.

Au bout d’une heure et quart (à la moitié, donc), un deuxième film commence. Jérémie Renier, jusque-là clone parfait de Claude François, se défait soudain. Comme s’il revêtait un masque, avec des yeux qui brillent un peu trop, un sourire qui se fait rictus... Le réalisateur profite de ce « Cloclo 2 » pour oser des plans-séquences formidables : celui où l’idole, au volant de sa voiture, croise, par groupes, des minettes énamourées qui cherchent à le toucher. Encore plus beau : celui qui serpente entre les convives du célèbre « moulin », propriété de la star, pour décou­vrir l’enfant caché qui observe la fête de loin, mal dissimulé derrière une fenêtre.

Mais avant, on doit subir une première partie insignifiante : l’enfance du petit Claude en Egypte, ses échecs répétés en crooner à l’américaine, sa passion pour France Gall... Dialogues de sitcom, musique additionnelle pleurarde et inénarrable séquence où l’on voit Cloclo trouver les paroles de son tube, Comme d’habitude, en regardant passer les nuages dans le ciel...
CLOCLO, Florent-Emilio Siri 2012, Jérémie Renier, Benoît Magimel (musical bio Claude Francois)@@ (E)
Cloclo, c'est le destin tragique d'une icône de la chanson française décédée à l'âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner.

TELERAMA
Cl ...

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CLOSER entre adultes consentants, Mike Nichols 2004, Natalie Portman, Julia Roberts, Jude Law (thriller sentimental)@@@


Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. À un niveau extrême, deux hommes et deux femmes vont jouer le jeu pervers de la séduction et du désir. Alternant manipulations et trahisons, ils entament un diabolique chassé-croisé amoureux dont personne ne sortira indemne.

TELERAMA
Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. Une vision cynique et dérangeante des relations amoureuses, portée par un casting irréprochable.

Dan rencontre par hasard une Américaine, qui se fait renverser devant lui. La vie chaotique d’Alice lui donne l’argument d’un livre, pour la couverture duquel il se fait photographier par Anna, dont il s’éprend. L’ironie du destin — et d’Internet — fera de Dan l’organisateur de la rencontre d’Anna avec Larry, dermatologue viril, « plus beau rêve et pire cauchemar d’une femme »…

Quarante ans après Qui a peur de Virginia Woolf ?, Mike Nichols filme un huis clos où il reflète — de nouveau — une époque où le plaisir du sexe masque de plus en plus mal la panique devant le sentiment, où les personnages sont aussi épouvantés de passer à côté de leur vie que de la vivre. Le film est brillant, faussement superficiel, il joue constamment sur le temps : six mois, un an passent en une seconde — c’est au spectateur de s’en apercevoir —, alors que chaque rupture est étirée à l’infini, fouillée jusqu’à l’insoutenable.

Entre ces quatre-là, entre vérités et mensonges devinés, c’est, comme le disait Marcel Achard, cette « tendre guerre où l’ennemi est le partenaire ». Si Clive Owen et Natalie Portman dominent légèrement les autres, c’est qu’ils héritent des moments les plus forts du film.
CLOSER entre adultes consentants, Mike Nichols 2004, Natalie Portman, Julia Roberts, Jude Law (thriller sentimental)@@@ (E)
Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry. À un niveau extrême, deux hommes et deux femmes ...

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COEUR DE TONERRE, Michael Apted 1992, Val Kilmer, Sam Shepard (thriller)@


À la fin des années 1970, Ray Levoi, jeune officier fédéral d'origine indienne, est chargé par le chef du FBI d'une mission délicate : élucider un crime commis à Bear Creek, une grande réserve Sioux située dans le Dakota du Sud. Sur le terrain, il doit faire équipe avec Frank Coutelle, un vétéran du FBI acariâtre, mais très expérimenté. Ce dernier soupçonne rapidement Jimmy Regarde à deux fois, le leader d'un groupe de militants ultra-violents.

TELERAMA
L’intrigue de ce polar dans une réserve indienne, rondement menée par Michael Apted et jouée par un très crédible Val Kilmer, laisse un goût amer.

Jeune agent du FBI, Ray Levoi est d’origine sioux, mais rejette ses racines. C’est pourtant à cause d’elles qu’on l’envoie aider un agent qui enquête dans une réserve du Dakota sur le meurtre d’un Indien Oglala. Situé dans les années 1970, le film est inspiré de la fusillade de la réserve Pine Ridge, à laquelle Michael Apted a également consacré un documentaire, Incident à Oglala. Dire que la fiction est moins forte que la réalité est une évidence.

Ray Levoi découvre une spiritualité et la nécessité d’une communion avec la nature. Le meilleur tient dans la vision de la réserve en « tiers-monde » intérieur, divisé entre Indiens traditionalistes et pro-gouvernementaux, personnages hauts en couleur (le vieux manitou ou le fuyard joué par le véritable activiste John Trudell). Ce polar rythmé trouve par instants une gravité qui fait regretter son manque d’ambition scénaristique.
COEUR DE TONERRE, Michael Apted 1992, Val Kilmer, Sam Shepard (thriller)@ (E)
À la fin des années 1970, Ray Levoi, jeune officier fédéral d'origine indienne, est chargé par le chef du FBI d'une mission délicate : élucider un crime commis à Bear Creek, une grande ...

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COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@


Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks, il est tout de suite séduit par les lignes souples de ces canots, qui lui rappellent le fuselage d'un avion. Après avoir acquis un kayak et s'être entraîné sur le toit de sa maison, il reçoit l'approbation de sa femme pour entreprendre une virée en solitaire sur une rivière inconnue. Au cours de son périple qui rompt totalement avec son quotidien et l'entraîne loin de chez lui, Michel multiplie bientôt les rencontres le long de la rive...

TELERAMA
Michel plaque son boulot de graphiste pour une virée vers l’ailleurs à bord d’un kayak. Un hymne à la lenteur et à la paix porté par le cinéaste lui-même dont la puissance burlesque enchante cette “dolce vita” champêtre et arrosée.

La crise de la cinquantaine, personne ne l’avait imaginée ni filmée comme ça. Comme une échappée minuscule, un voyage quasi immobile en eau douce et au ralenti. Jusque-là, c’est le cadet des frères Podalydès, Denis, qui prêtait son talent aux hommes fragiles et raisonneurs qui peuplent les films de son aîné. Cette fois, c’est le cinéaste lui-même, Bruno, qui s’y colle, avec une puissance burlesque remarquable. Donc, Michel, dit à son corps défendant « Choumi », plaque temporairement son écran de graphiste 3D pour la petite grande aventure dans la vraie vie. Lui qui rêve d’Aéropostale se contente d’un kayak.

Havre de paix et de jouissance
Une fois assemblé, lesté de provisions choisies, posé sur l’eau pas trop vive d’une petite rivière, ce vaisseau magnifique le mènera enfin ailleurs. Jusqu’à la mer, peut-être, si la distance n’excède pas la petite semaine de congé qu’il a prise. Puisqu’il s’agit d’une mini-Odyssée, notre Ulysse a sa Pénélope (Sandrine Kiberlain), épouse compréhensive qui accepte le caprice comme celui d’un grand malade ou d’un enfant. Et sur son chemin surgit Circé : elle a les traits plantureux d’une patronne de guinguette (Agnès Jaoui), et on ne peut lui échapper.

Commencé par une sieste, poursuivi au rythme de l’escargot (de rivière), le périple s’immobilise : quoi que le voyageur tente, le destin le ramène sans cesse au bizarre havre de paix et de pure jouissance, où les femmes sont douces et l’alcool coule en abondance. Comme dans un conte, le kayakiste est victime d’un sort qui le scotche à une dolce vita champêtre et arrosée. On aimerait en connaître l’adresse.
COMME UN AVION, Bruno Podalydès 2015, Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui (roadmovie)@@ (E)
Michel, infographiste quinquagénaire, est féru d'aviation. Admirateur de l'Aéropostale, il rêve chaque jour de s'envoler à bord d'un de ces engins formidables. Lorsqu'il découvre des photos de kayaks ...

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COMME UN LUNDI, Ryo Takebayashi 2023, Makita Sports, Wan Marui (satire publicite)@


Un groupe de collègues d'une agence de publicité découvre qu'ils sont tous piégés dans une boucle temporelle d'une semaine. Alors que leurs souvenirs se réinitialisent chaque semaine, ils doivent trouver un moyen de se rappeler le phénomène et de trouver un moyen de sortir de la boucle.

TELERAMA
Une satire très convenue, ni vraiment drôle ni vertigineuse.
Une petite agence de publicité, où toute l’équipe et le patron travaillent dans le même open space. Un jour, deux employés sont convaincus, à raison, que l’ensemble du bureau est enfermé dans une boucle temporelle : chaque lundi, tout se répète exactement de la même manière que la semaine précédente… On aura reconnu le principe fondateur d’Un jour sans fin (Harold Ramis), film cité, d’ailleurs, dans un dialogue, mais aussi certaines situations de la série The Office. Las, Comme un lundi est très en deçà de ses modèles. Hors de quelques éléments éclairant la culture de l’entreprise nippone, cette satire convenue de l’aliénation au travail, qui vante une forme d’épanouissement individuel pour mieux servir le collectif, s’avère pauvre en gags et monotone. Comme si le film était piégé par son dispositif même.
COMME UN LUNDI, Ryo Takebayashi 2023, Makita Sports, Wan Marui (satire publicite)@ (E)
Un groupe de collègues d'une agence de publicité découvre qu'ils sont tous piégés dans une boucle temporelle d'une semaine. Alors que leurs souvenirs se réinitialisent chaque semaine, ils doivent tr ...

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CORPORATE, Nicolas Silhol 2017, Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt (thriller psychologique)@@


Émilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l'inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Émilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu'où restera-t-elle corporate ?

TELERAMA
Inquiétante en DRH sans scrupule, tout en contrôle et complice d’un système glaçant, Céline Sallette brille dans ce thriller psychologique sur le monde de l’entreprise et les mécanismes de “management par la terreur”.

Émilie Tesson-Hansen (Céline Sallette) est une « tueuse », elle en est fière, c’est même pour cela qu’elle a été embauchée comme responsable des ressources humaines par le fringant PDG Stéphane Froncart (Lambert Wilson). S’il l’a recrutée, c’est pour se débarrasser de certains cadres de l’entreprise, trop vieux, pas assez performants, en les poussant à la dépression, donc à la démission. Jusqu’au jour où l’un des cadres qu’elle a mis sur la touche se suicide sur son lieu de travail. La veille, il avait, une fois de plus, désespérément cherché à lui parler, mais elle avait fait la sourde oreille. Lorsqu’une enquête est ouverte par une inspectrice du travail zélée, Émilie est prévenue par sa hiérarchie : dans l’intérêt de la boîte, elle doit faire bonne figure, rester « corporate ». De toute manière, elle n’a rien à se reprocher…

Voilà un premier film qui tombe à pic. Alors que les thèmes du burn-out et du stress au travail s’invitent dans la campagne présidentielle, ce thriller psychologique, précis, tendu, décortique les mécanismes du « management par la terreur », de plus en plus en vigueur. Dans un décor sans âme où le stress et l’intimidation sont palpables, Nicolas Silhol privilégie le facteur humain en la (belle) personne de l’inspectrice du travail (Violaine Fumeau), sorte de cow-boy moderne, en lutte contre une rentabilité inhumaine.

Héroïne de Hitchcock contemporaine
Mais le personnage pivot est bien sûr Émilie : au-delà du film dossier à la Yves Boisset, Corporate est un magnifique portrait de femme, actrice consentante, et même active d’un système qui lui promet une carrière toujours plus brillante. Constamment dans le contrôle avec son chemisier de rechange et son déodorant pour rester impeccable, elle paraît aussi inébranlable que les baies vitrées des bureaux où se reflète son profil parfait. C’est cette carapace en train de se fendre que filme le réalisateur. Et cette question qui affleure dans les yeux de glace d’Émilie : moi qui suis forte, à quel moment suis-je devenue un monstre ? En creux, il en pose une autre, plus générale : jusqu’à quelles extrémités une femme doit-elle aller pour s’imposer dans un monde d’hommes ?

Hitchcock contemporaine : le feu sous la glace néolibérale. Et chacun de ses regards, de plus en plus apeurés, est un indice de son réveil progressif. Une nuit, alors qu’elle mime un entretien d’embauche avec son mari, la « tueuse » se lance soudain dans un monologue qui trahit son effarement devant ce qu’elle est, ce qu’on la force à être. Particulièrement dans cette séquence, Corporate est un film important. Marquant.
CORPORATE, Nicolas Silhol 2017, Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt (thriller psychologique)@@ (E)
Émilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. ...

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COUP DE TETE, Jean Jacques Arnaud 1979, Patrick Dewaere


Perrin, ayant perdu sa place dans l'équipe de football de la ville, perd également son emploi et son logement. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il perd enfin sa liberté. Pour peu de temps : par manque de joueurs qualifiés, il est sorti de prison pour aider son équipe à gagner son prochain match, ce qu'il fait en marquant les deux buts de son équipe. Il devient alors le héros de la ville et met les notables dans l'embarras : que faire de lui ? Perrin a plusieurs idées à ce sujet.

TELERAMA
Perrin, joueur de foot doué mais fort en gueule, est viré de son club, de son boulot… et emprisonné pour viol. Puis réengagé pour gagner un championnat. .Une peinture au vitriol de l’hystérie d’une petite ville de province.

Lors de son entraînement de football, le bouillant François Perrin blesse involontairement l’attaquant vedette du FC Trincamp. Or ce club amateur doit jouer les 16es de la Coupe… Perrin est aussitôt viré. Comme le président du club est aussi son patron, il perd son emploi à l’usine. Et finit par être accusé d’une tentative de viol dont il n’est pas coupable. Le voilà paria, victime d’une injustice.

Magouilles et scandales dans le foot ? A l’époque, on aurait pu croire à une caricature ; depuis, on a vu pire ! Veber et Annaud peignent au vitriol l’hystérie d’une petite ville lors d’une semaine de gloire et les traficotages de ses notables. Dewaere joue le rebelle avec conviction, brave type trop carré dans un monde où l’on doit savoir arrondir les angles. Les autres comédiens disent avec bonheur des dialogues drôles et crédibles. La scène de motivation dans les vestiaires à la mi-temps est un morceau d’anthologie. Bref, les ennemis du foot trouveront une confirmation à leur prévention, mais les fans ne peuvent que s’incliner devant la justesse du propos…
COUP DE TETE, Jean Jacques Arnaud 1979, Patrick Dewaere (E)
Perrin, ayant perdu sa place dans l'équipe de football de la ville, perd également son emploi et son logement. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il perd enfin sa liberté. Pour peu de temps : par manque de j ...

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CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@


A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. Le mieux qu'il puisse espérer aujourd'hui, c'est de faire la première partie de Tommy Sweet, qui fut son jeune protégé et à qui il a tout appris. De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu'au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale.

TELERAMA
Rédemption via l’amour d’un chanteur de country has been et alcoolo. Jeff Bridges, sur les traces du Eastwood de “Honkytonk Man”, se fond parfaitement dans son personnage. Un de ses plus grands rôles.

J'ai joué malade, ivre, divorcé et en cavale. De toute ma vie, je n'ai jamais loupé un concert. » Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Les perdants magnifiques, les histoires de rédemption, Hollywood en raffole. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie nos préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges.

Qu'il biberonne sa bouteille de Mc Clure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. À l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard « rouille métallisée ». Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant.

La country n’a jusqu’à présent inspiré au cinéma que quelques rares réussites (Tender Mercies, avec Robert Duvall, et Honkytonk Man, de et avec Clint Eastwood). Crazy Heart s’inscrit dignement dans la même lignée et rappelle la place cruciale de cette musique – aussi importante que le jazz – dans le paysage culturel américain. Ce premier film d’un acteur passé à la réalisation est littéralement porté par ses deux interprètes principaux : Maggie Gyllenhaal, généreuse et brave en mère célibataire qui veut encore tenter sa chance avec un homme pourtant prénommé Bad, et Jeff Bridges, qui a l’air d’être né pour ce rôle conflictuel opposant le charme et la douceur à l’irresponsabilité et l’autodestruction.

CRAZY HEART, Scott Cooper 2009, Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal (musical sentimental)@@@ (E)
A 57 ans, Bad Blake, chanteur de country, vit toujours sur la route, jouant des vieux hits dans des bars de troisième zone et des salles de bowling. Ce qui lui reste de célébrité disparaît peu à peu. ...

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D UNE VIE A L AUTRE, Georg Maas et Judith Kaufmann 2013, Juliane Kohler, Liv Ullmann (histoire shoah)


Au début des années 1990. Katrine Myrdal se change dans les toilettes de l'aéroport allemand où elle vient de descendre d'un avion en provenance de la Norvège. Méconnaissable, elle se rend dans un orphelinat, puis aux archives d'Etat, simule un malaise et profite du désordre créé pour découper subrepticement le document qu'elle étudiait. Qu'est-ce qui peut pousser cette quinquagénaire heureuse en ménage avec son mari Bjarte à prendre tous les risques ? Pourquoi refuse-t-elle obstinément de témoigner dans le procès qu'un jeune avocat, Sven Solbach, veut intenter à l'Etat allemand pour faire reconnaître la tragédie des enfants norvégiens enlevés par les nazis et élevés dans les Lebensborn ?...
D UNE VIE A L AUTRE, Georg Maas et Judith Kaufmann 2013, Juliane Kohler, Liv Ullmann (histoire shoah) (E)
Au début des années 1990. Katrine Myrdal se change dans les toilettes de l'aéroport allemand où elle vient de descendre d'un avion en provenance de la Norvège. Méconnaissable, elle se rend dans un o ...

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DALLAS BUYERS CLUB, Jean-Marc Vallée 2013, Matthew McConaughey, Jennifer Garner (sante sida)@@


Juillet 1985. Le virus du sida fait peur, les traitements sont balbutiants et la plupart inefficaces. Hospitalisé à la suite d'un accident du travail, Ron Woodroof, électricien texan, apprend qu'il est séropositif ; selon les médecins, il ne lui reste qu'une trentaine de jours pour mettre de l'ordre dans ses affaires. Ron nie l'évidence, mais la maladie gagne du terrain.

TELERAMA
En 1985, un ouvrier homophobe passionnément beauf et tête de lard se découvre atteint du sida… La performance de McConaughey a été récompensée par un Oscar.

Si l’histoire n’était pas vraie, elle semblerait artificielle. En 1985, Ron Woodroof, homophobe tapageur, découvre qu’il est malade du sida. On lui donne trente jours à vivre. Ce Texan anonyme, électricien à Dallas, incarne à lui seul le tournant d’une époque. D’abord, les préjugés sur une maladie nouvelle, alors taboue, puis, bientôt, la mobilisation, la recherche de traitements : pour sauver sa peau, Ron Wood­roof devient un spécialiste du sida et rend accessibles des médicaments alternatifs, non autorisés mais efficaces, à travers le système d’achat coopératif des « buyers clubs ».

Pour raconter cet incroyable parcours, Jean-Marc Vallée (l’auteur canadien de C.R.A.Z.Y., aux commandes de son premier film américain) mise tout sur son acteur principal, Matthew McConaughey. Qui, lui, mise tout sur l’hyperréalisme : amaigri, enlaidi, le visage osseux ;
sa transformation physique va dans le sens du jusqu’au-boutisme de son personnage, passionnément beauf et tête de lard puis, dans son combat pour la vie, passionnément humaniste, et même champion de la tolérance. La performance de McConaughey a été récompensée par un Oscar. L’implication du réalisateur est moins décisive. Jean-Marc Vallée ne creuse pas le mystère de l’homme qu’il met en scène. Il le regarde simplement avec admiration. Premier spectateur du personnage et de l’acteur. Ébahi, forcément.
DALLAS BUYERS CLUB, Jean-Marc Vallée 2013, Matthew McConaughey, Jennifer Garner (sante sida)@@ (E)
Juillet 1985. Le virus du sida fait peur, les traitements sont balbutiants et la plupart inefficaces. Hospitalisé à la suite d'un accident du travail, Ron Woodroof, électricien texan, apprend qu'il est séropositi ...

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DANSE TA VIE, Jean-Pierre Améris, Magali Saby, Samuel Mercer, Valérie Karsenti (danse)@@


Lucie, 25 ans, rêve de devenir danseuse. Et ce même si son handicap de naissance la cloue dans un fauteuil roulant. Elle se présente au casting d'une émission de talents, mais le refus du jury réduit ses espoirs en poussière. Impulsivement, elle se jette dans les escaliers, ce qui lui vaut un aller simple pour le centre de rééducation. Elle y rencontre Alexis, ancien danseur étoile, qui accepte de la former. Face à un nombre incommensurable d'obstacles, mais animée par une rage de vivre, de rêver, et d'indépendance hors norme, Lucie parviendra-t-elle à réaliser son rêve et devenir danseuse professionnelle ?

TELERAMA
Qu’importe les obstacles : sa vie, c’est la danse. Et malgré son handicap moteur, Lucie (Magali Saby) va se hisser sous les feux des projecteurs. Une résilience filmée avec un peu trop d’ellipses mais beaucoup de sincérité.

Après leur collaboration sur Marie-Line et son juge, le réalisateur Jean-Pierre Améris (plus connu pour Les Émotifs anonymes) et la scénariste Murielle Magellan signent un touchant récit de résilience inspiré de la vie de son interprète principale, Magali Saby. À 25 ans, tout ce qui motive son alter ego, Lucie, c’est la danse. Peu importe le fauteuil roulant qui l’accompagne partout depuis le diagnostic de son handicap moteur ou les inquiétudes de sa maman ; peu importe les refus, les obstacles, les menus contretemps. Hasard de la vie (et des ressorts scénaristiques), elle rencontre en centre de rééducation un ancien danseur étoile souffrant d’une maladie chronique. Le petit bout de chemin qu’ils font ensemble lance la jeune femme sous les feux de la rampe.

Cette intrigue dense (sans mauvais jeu de mots) de quatre-vingt-dix minutes concentre plusieurs années de galères, d’endurance, et d’épanouissement progressif. Alors, forcément, tout y va un peu trop vite. Les premières déceptions sont résolues en un claquement de doigts, les liens professionnels et personnels se font et se défont avec une facilité déconcertante. Rien ne transparaît vraiment de l’impatience, de l’attente et du temps qui passe, mettant à mal la ferveur de la graine d’artiste. Au final, c’est moins la forme que le fond — message d’inclusivité, résilience incarnée — que l’on retiendra. Ainsi que les performances de Magali Saby, qui ponctuent ce scénario en dents de scie de séquences dansées indéniables de sincérité, et de Valérie Karsenti, qui relaie de manière particulièrement émouvante les frustrations d’une mère-soignante.
DANSE TA VIE, Jean-Pierre Améris, Magali Saby, Samuel Mercer, Valérie Karsenti (danse)@@ (E)
Lucie, 25 ans, rêve de devenir danseuse. Et ce même si son handicap de naissance la cloue dans un fauteuil roulant. Elle se présente au casting d'une émission de talents, mais le refus du jury réduit ses esp ...

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DECISION TO LEAVE, Park Chan-wook 2022 (thriller)@@


En Corée du Sud, un mystérieux crime met en émoi la police qui couvre une zone montagneuse isolée. Pour tenter de résoudre l'affaire, l'enquête est confiée à Hae-joon, un inspecteur réputé. Très vite, ce dernier débute les interrogatoires et, dès sa rencontre avec l'épouse du défunt, Seo-rae, il constate des éléments qui lui mettent la puce à l'oreille. Forcé de mener à bien ses investigations, Hae-joon fréquente de plus en plus assidument la jeune femme, aussi troublante que séductrice. L'expérimenté policier ne tarde pas à se lier à Seo-rae alors qu'au même moment les soupçons s'amplifient à propos de son implication dans le meurtre...

TELERAMA
Le héros, policier à Busan, constate, avec son lieutenant, que « c’est calme, en ce moment ». L’ennui guette, mais une étrange affaire réveille l’enquêteur : la chute mortelle d’un homme depuis le sommet d’une montagne à pic. Car les soupçons se portent sur sa jeune veuve, à l’attitude indéchiffrable, au passé trouble.

À l’évidence, Decision to Leave n’existerait pas sans le fameux Vertigo (Sueurs froides) d’Alfred Hitchcock. Le détective joué par James Stewart s’y laissait déborder par sa fascination pour l’épouse supposément suicidaire (Kim Novak) de son client, qu’il était chargé de surveiller et de protéger… Park Chan-wook propose une histoire originale, mais scindée comme Vertigo en deux parties distinctes, la seconde commençant également après la dépression du héros, persuadé d’avoir échoué dans sa mission.

Passionnante est la redistribution, par l’auteur coréen, d’une multitude d’ingrédients clés du chef-d’œuvre d’Hitchcock : les poursuites et la panique sur les toits, et le vertige récurrent de l’enquêteur ; les nombreuses scènes de filature et de planque ; l’intimité amoureuse, platonique et comme irréelle, naissant entre l’enquêteur et la suspecte. Le tout dans une Corée du Sud étonnamment californienne, même sous la neige, avec ses pins, ses rochers, ses plages, ses falaises.

Et c’est bien la part d’ombre de la suspecte qui embrase les sentiments du flic respectable. Et la droiture de l’homme qui aimante la jeune femme opaque. Le romantisme de leur attraction, longtemps maintenu à l’arrière-plan des péripéties, donne sa pleine mesure dans un finale stupéfiant.
DECISION TO LEAVE, Park Chan-wook 2022 (thriller)@@ (E)
En Corée du Sud, un mystérieux crime met en émoi la police qui couvre une zone montagneuse isolée. Pour tenter de résoudre l'affaire, l'enquête est confiée à Hae-joon, un inspecteur r&e ...

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DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@


Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assurer leur défense lors de leur procès.

TELERAMA:
Etonnante Amérique ! Adapté d'une pièce ­ qui a fait un tabac, pourtant au plus fort de l'hystérie nationaliste liée à la guerre du Golfe ­, Des hommes d'honneur serait-il un film subversif ? Non, démocrate, simplement démocrate. Et bien dans la tradition du grand cinéma hollywoodien : on ne s'en prend pas au système, mais aux gens qui le dévoient. En dégommant Jessep le facho, ce film élimine un ennemi de la démocratie américaine. En acquittant les deux abrutis, il occulte certes le problème de la responsabilité individuelle, mais il leur donne une chance de redevenir bons patriotes et bons démocrates. La démonstration est efficace. Rob Reiner (Stand by me, Misery) filme au carré. Et pas besoin d'être un antimilitariste forcené pour jubiler devant la performance de Nicholson. Si le cinéma français savait extirper de tels zigotos de nos casernes, notre démocratie ne s'en porterait pas plus mal.
DES HOMMES D HONNEUR, Bob Reiner 1992, Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore(policier)@@ (E)
Deux jeunes marines, Louden et Dawson, abattent, au cours d'une action disciplinaire désignée "Code Rouge," un de leurs camarades, Santiago. C'est le lieutenant Daniel Kaffee qui est désigné pour assure ...

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DES MAINS EN OR, Isabelle Mergault 2023, Lambert Wilson, Sylvie Testud, Josiane Balasko (sante)@


François, écrivain réputé, va bientôt intégrer l'Académie française. Il est marié à Rose, une chirurgienne, et ne fréquente que des personnes riches et haut placées. Or, François, rongé par un mal de dos terrible, va croiser Martha, une guérisseuse, qui va parvenir à atténuer miraculeusement la douleur. François va alors sentir une véritable dépendance aux mains de Martha. Une amitié va alors naître entre ces deux personnalités très différentes et issues de deux mondes bien opposés.

TELERAMA
L’improbable amitié entre un académicien coincé et une gouailleuse guérisseuse. Le choc des mondes selon Isabelle Mergault se révèle une mélasse grossière et bien-pensante.

Que peut-il arriver de mieux à un intello coincé du dos et handicapé des sentiments ? Croiser la route d’une rebouteuse au cœur grand comme ça, capable de soulager les maux physiques mais aussi de redonner goût à la vie sur le mode « profitons des choses simples »… En atterrissant par hasard chez Martha (Josiane Balasko), gironde guérisseuse à la gouaille d’Arletty moderne, François, écrivain perclus de douleurs chroniques, ne sait pas encore qu’il va devenir un homme meilleur. Il part de loin : snob, imbuvable, obsédé par les fautes de français et les citations de Pline l’Ancien, l’auteur à mèche ne peut que progresser, à coups d’apposition des mains qui soulagent et de maximes définitives sur le lâcher-prise.

Au début, comme il se doit, c’est le choc des cultures : François va entrer à l’Académie française, Martha n’a pas la queue d’une idée de ce qu’est un alexandrin. Il est bourge, elle est peuple. Il est désagréable, elle est tout en générosité cash. Il vit dans une chic maison froide, avec une chic et froide épouse (Sylvie Testud), elle vit dans un joyeux bric-à-brac au bord de la mer et éponge ses états d’âme en chantant au bistrot.

Sur le chemin balisé de la leçon de vie, on comprend rapidement qu’Isabelle Mergault, pour sa quatrième réalisation, ne nous épargnera aucun poncif : affinités surprenantes entre deux êtres aux antipodes, trahisons, rabibochage, et pour finir, épiphanie : rien ne vaut la chaleur humaine, les valeurs de l’amitié, et le carpe diem. Ce qui ici se traduit par : mieux vaut beugler des chansons à boire avec les poteaux du café des mouettes que de s’encroûter dans les pince-fesses pédants du milieu littéraire… Dire que le trait est épais relève de l’euphémisme. Les blagues sont poussives, les acteurs en surjeu et, le vaudeville, usé jusqu’à la corde. De la comédie angélique et démago, arrosée d’hectolitres de mélasse.
DES MAINS EN OR, Isabelle Mergault 2023, Lambert Wilson, Sylvie Testud, Josiane Balasko (sante)@ (E)
François, écrivain réputé, va bientôt intégrer l'Académie française. Il est marié à Rose, une chirurgienne, et ne fréquente que des personnes riches et haut plac&ea ...

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DISCO BOY, Giacomo Abbruzzese 2023, Franz Rogowski, Morr N'Diaye, Laetitia Ky (drame)@@


Après avoir fui la Biélorussie, Aleksei parvient à rejoindre Paris et décide de s'engager dans la Légion étrangère. Ses camarades et lui sont envoyés au combat dans le delta du Niger. De son côté, Jomo, un jeune révolutionnaire, se bat avec ses compatriotes contre les compagnies pétrolières qui ont anéanti son village. Il rêve secrètement d'être danseur. Un jour, Jomo et ses camarades prennent en otages des ressortissants français, poussant l'Etat à engager un commando pour les libérer. Aleksei fait partie de l'unité envoyée dans la jungle. C'est ainsi que les deux hommes vont se croiser...

TELERAMA
Jeune Biélorusse exilé, Aleksei veut intégrer la Légion étrangère. Un film audacieux, entre guerre et transe.
Etes-vous prêt à prendre des risques ? », s’enquiert le recruteur de la Légion étrangère. « Qui a peur reste à la maison », lui rétorque Aleksei, accent français à couper au coutelas, forgé grâce aux « films ». Des risques, il en a déjà pris d’immenses pour traverser l’Europe depuis la Biélorussie, sa maison. On l’a vu franchir la frontière polonaise, infiltré dans un bus de supporteurs d’une équipe de football. La traversée nocturne d’une rivière, arrimé à un matelas pneumatique, aura été fatale à son camarade d’exil. Entrer dans la Légion, devenir un homme sans passé pour avoir un avenir, tel est le plan d’Aleksei, madone tatouée sur le torse et cicatrice sur la lèvre supérieure. Avec ses faux airs de Joaquin Phoenix juvénile, Franz Rogowski, acteur allemand intense, repéré chez Christian Petzold, porte ce film de guerre psychédélique sur ses épaules.

L’une des scènes les plus audacieuses se situe exactement à mi-parcours, au cœur des ténèbres. Envoyé dans le delta du Niger avec son escouade pour exfiltrer une huile d’un groupe pétrolier retenue en otage par des guérilleros écologistes, le héros affronte le chef des ravisseurs. Leur duel nocturne, dans la jungle, capté à la caméra infrarouge, tient de la danse macabre et préfigure les scènes de boîte de nuit vécues par les soldats en permission à Paris, ces sans-papiers à qui l’on promet la nationalité « non par le sang reçu mais par le sang versé », comme on peut lire sur les murs de la caserne…

Nimbé d’une techno âpre et planante signée Vitalic, Disco Boy est un film-trip. On s’y perd, on s’y brûle, on s’y oublie, comme les personnages. Sommes-nous, spectateurs, prêts à prendre des risques aussi ? À délaisser la narration pour les sensations ? Originaire des Pouilles mais diplômé de l’école d’arts contemporains du Fresnoy, Giacomo Abbruzzese, bientôt 40 ans, nous y invite. Entrons dans la transe !
DISCO BOY, Giacomo Abbruzzese 2023, Franz Rogowski, Morr N'Diaye, Laetitia Ky (drame)@@ (E)
Après avoir fui la Biélorussie, Aleksei parvient à rejoindre Paris et décide de s'engager dans la Légion étrangère. Ses camarades et lui sont envoyés au combat dans le delta du Niger. ...

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DISPARUE, Dominik Graf 2022, Elmar Wepper, Ronald Zehrfeld


En Franconie, en Allemagne, une petite fille du nom de Sina Kolb, 8 ans, a disparu. Le commissaire Altendorf, aujourd'hui en retraite, a été chargé de l'enquête avant d'en être dessaisi. Son successeur, le commissaire Michel, a fait arrêter Emmanuel "Ecco" Stock, un malade mental qui a avoué le meurtre de la fillette, puis s'est rétracté. Finalement, bien qu'aucune preuve n'ait pu être retenue contre lui, il a été condamné à la détention à vie dans un service psychiatrique fermé. L'ancien commissaire en est encore révolté. À l'occasion d'une excursion dans la région du drame, il fait la connaissance du jeune commissaire Niklas Tanner. Celui-ci enquête sur un crime récent. Mais la femme assassinée, Eva Lorant, a témoigné au tribunal dans l'affaire de la disparition de Sina. Sous l'impulsion de son aîné, Tanner se passionne bientôt pour l'affaire d'antan...
DISPARUE, Dominik Graf 2022, Elmar Wepper, Ronald Zehrfeld (E)
En Franconie, en Allemagne, une petite fille du nom de Sina Kolb, 8 ans, a disparu. Le commissaire Altendorf, aujourd'hui en retraite, a été chargé de l'enquête avant d'en être dessaisi. Son successeur, le c ...

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DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@


Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

TELERAMA
Deux gamines de banlieue inséparables, rêvent d’en sortir, quitte à se lancer dans le trafic de drogue… Dans un étourdissant mélange des genres, un film qui brasse intelligemment les clichés.

Des mouflettes de banlieue, on en a vu beaucoup. Mais les deux gamines de Divines ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Elles forment ensemble un tourbillon, passant du comique au tragique et de la chronique sociale au polar haute tension. La réalisatrice recycle tous les clichés pour en faire du neuf. Les inséparables Dounia et Maimouna, perpétuellement en maraude dans leur quartier désolé, jouent les affranchies dans un milieu bien trop dur pour elles. Dounia, qui vit dans un bidonville, veut prendre le chemin le plus court pour sortir de la misère et se fait embaucher par le caïd du coin, Rebecca…

C’est l’autre force du film : aussi dangereuse et fêlée que le premier trafiquant mâle venu, Rebecca use agressivement de toutes les armes de la virilité, violence, postures et charisme inclus. Inversion des genres, ludique et gonflée. D’ailleurs, le rôle le plus « féminin », dans cette histoire en miroir, est tenu par un garçon, passionné de danse, dont Dounia vient contempler les répétitions en cachette. Cette histoire d’amour naissant suggère une autre issue à la tyrannie de l’argent, une sortie de secours par l’art. Ce pourrait être naïf, mais ces scènes-là expriment avec force le désir, le rêve et l’apprivoisement. Un contrepoint fragile à la noirceur.
DIVINES, Houda Benyamina 2016, Oulaya Amamra, Kevin Mischel (social)@@ (E)
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa ...

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DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE, Jerry Lewis 1963, Jerry Lewis, Stella Stevens (comique)@


Professeur de chimie distrait et disgracieux, Julius Kelp souffre en silence de ne pas savoir capter le coeur des jeunes filles qui peuplent ses cours. Malgré tous ses efforts, son physique ingrat, ses maladresses, sa myopie et sa voix de fausset n'inspirent qu'une vague pitié à Stella, la jolie blonde qui trône au second rang. Pour séduire la belle, Julius met au point une potion miraculeuse qui le transforme aussitôt en un redoutable séducteur, Buddy Love.

TELERAMA
Avec Dean Martin, il a percé à la fin des années 40, dans un tandem complémentaire : au premier le charme et l'assurance, à lui la disgrâce et la maladresse. Deux thèmes que Jerry Lewis n'a cessé d'enrichir par la suite, en devenant un créateur à part entière. Mal aimé dans son pays, c'est surtout la critique française qui l'a encensé. Alors que TCM Cinéma lui consacre un cycle (1), voici trois bonnes raisons de l'apprécier à sa juste valeur.

Le roi de la pantomime
Fils de Russes juifs et enfant de la balle ayant grandi non loin de New York, Joseph Levitch a commencé dans le mime, le play-back parfait avec l'aide de chansons célèbres. Chef d'orchestre galvanisé, boss avec gros cigare présidant une réunion, dactylo tapant frénétiquement sur sa machine : le pitre pouvait tout imiter.

A des fins chorégraphiques autant qu'humoristiques : c'est tout son corps, désarticulé et caoutchouteux, qui s'exprime, s'étire, se contracte, créant une forme de danse, jusque dans ses bizarreries (voir ci-dessous la scène inoubliable de Docteur Jerry et Mister Love, où il est incapable de réprimer le groove puissant qui monte en lui).


Il s'inscrit dans la lignée du burlesque autant que du cartoon. Dans Le Dingue du palace (1960) et Le Zinzin de Hollywood (1961), ses meilleurs films, il déploie une véritable poétique de la grimace, du strabisme et de la contorsion.

Un humour frappadingue
« Le Rital est pas mal, mais qu'est-ce que je fais du singe ? » aurait un jour demandé Louis B. Mayer (le nabab de la MGM), au sujet du tandem Martin/Lewis. C'est dire si le burlesque du clown a pu déranger. Son humour délirant voisine avec l'animalité, la monstruosité, la schizophrénie.

On se pose toujours des questions sur le personnage qu'il incarne. Est-ce un enfant ? un adulte ? Est-il sexué ? Il invente des créatures, entre ado attardé, idiot fini et génie. Il aime confondre la pathologie et la normalité, cultive souvent le thème du double, questionne la poisse et l'inadaptation au monde.

Le sens de la mise en scène
C'est un grand acteur (formidable en star impavide dans La Valse des pantins, de Scorsese). Mais aussi, on l'oublie trop, un metteur en scène moderne, ­obnubilé par le cadre, le pouvoir du son, la construction formelle d'un gag. Il se sert souvent d'un décor unique pour le transformer en terrain de jeu, d'expérimentation, de destruction.

Dans la grande maison de poupées du Tombeur de ces dames (1961), il s'en donne à cœur joie dans l'hystérie, casse les jolis bibelots, invente la chambre en monochrome blanc, produit du napalm sonore (il hurle « Geronimo ! » dans le micro d'un ingénieur du son).


La plupart des réalisateurs comiques d'aujourd'hui (Judd Apatow, les frères Farrelly) lui doivent quelque chose. Même Woody Allen.

DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE, Jerry Lewis 1963, Jerry Lewis, Stella Stevens (comique)@ (E)
Professeur de chimie distrait et disgracieux, Julius Kelp souffre en silence de ne pas savoir capter le coeur des jeunes filles qui peuplent ses cours. Malgré tous ses efforts, son physique ingrat, ses maladresses, sa myopie et sa vo ...

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DOGMAN, Luc Besson 2023, Caleb Landry Jones, Jojo T. Gibbs (thriller)@


Enfant, Douglas a été abusé par un père violent qui l'a ensuite jeté aux chiens. Au lieu de l'attaquer, ces derniers l'ont protégé et ils sont devenus ses alliés. Devenu adulte, encore traumatisé et menant une vie de marginal avec ses chiens, Douglas sombre peu à peu dans une folie meurtrière.

TELERAMA
Héros fracassés, dialogues naïfs, fusillades inévitables… on retrouve tout l’univers des années 1990 cher au réalisateur. Un immense fatras que la performance sincère de Caleb Landry Jones ne parvient pas à sauver.

enterrer trop tôt la carrière d’un homme puissant, malgré ses déboires tant commerciaux que judiciaires (1). Tourné dans une discrétion totale et présenté aux professionnels du marché de la Berlinale en février, son DogMan a vogué jusqu’à la lagune précédé d’une réputation de quasi-chef-d’œuvre que l’on mettra, maintenant qu’on a vu la bête, sur le compte d’un abus de schnaps.

Le film s’ouvre sur une citation de Lamartine : « Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien. » Pour Douglas (Caleb Landry Jones), Dieu a poussé jusqu’à la meute. L’ex-enfant martyr, handicapé depuis que son père lui a tiré dessus, vit en effet avec tout plein de toutous qui lui obéissent au doigt et à l’œil et, miracle, le comprennent mieux que les humains. Les premières minutes, après que la caméra a filé sur une route mouillée rappelant le début de Nikita (1990), posent l’intrigante étrangeté du protagoniste : quand la police arrête Douglas, il porte une robe rose, une perruque platine, et son maquillage dégouline, transformant la Marilyn en cousine tragique du Joker. Conduit au poste, le travesti en fauteuil roulant accepte, fort aimablement d’ailleurs, de raconter son histoire pas piquée des vers à une psychiatre raide comme l’injustice (Jojo T. Gibbs).

Montrer papatte blanche à l’ère #MeToo
Du chenil où l’avait encagé son paternel au drag show où il se produit à présent, Douglas déroule l’itinéraire d’un môme pas gâté, devenu mi-vengeur masqué, mi-Christ (lourdement) sacrifié sur l’autel de la violence masculine. On retrouve tout ce qui a fait le cinéma de Besson dans les années 1990, héros infantiles, science du décor (ici, un squat piégeux), dialogues naïfs (« Les chiens ne mentent jamais quand ils parlent d’amour ») et fusillades en clou du spectacle.

Lequel prend cette fois une opportune teinte queer qu’on n’avait pas vu venir, un peu comme s’il s’agissait de montrer papatte blanche à l’ère #MeToo. Il y a malgré tout, dans ce fatras citant Shakespeare, quelques séquences étonnantes, comme celle où, grimé en Édith Piaf et le visage cramé par la lumière, un Caleb Landry Jones chancelant assure le playback de La Foule. L’acteur texan, primé à Cannes pour Nitram en 2021, joue sa partition avec une sincérité accrocheuse pour qui ne craint pas le pathos.
DOGMAN, Luc Besson 2023, Caleb Landry Jones, Jojo T. Gibbs (thriller)@ (E)
Enfant, Douglas a été abusé par un père violent qui l'a ensuite jeté aux chiens. Au lieu de l'attaquer, ces derniers l'ont protégé et ils sont devenus ses alliés. Devenu adulte, encore ...

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DOUBLE ZERO, Gérard Pirès 2003, Eric Judor, Ramzy Bedia (aventure)@


Tous les services secrets français sont en état d'alerte : un missile de pointe vient d'être dérobé par une mystérieuse organisation. A la DGSE, c'est la panique. Plusieurs personnages haut placés estiment même que des taupes sont infiltrées au sein de l'agence, pourtant réputée imprenable. Pour redresser la situation, les dirigeants décident de confier cette délicate mission à deux de leurs agents les plus improbables, Benoît Rivière et William Le Sauvage. Les deux hommes, persuadés d'être des génies de l'espionnage, sont en réalité de lamentables pantins. Pour infiltrer l'ennemi, dont la base est installée en Jamaïque, Ben et Will se font passer pour des hommes d'affaires. Ils ne tardent pas à faire la connaissance du "Mâle", un douteux personnage...

TELERAMA
Deux espions ringards servent de couverture à des agents secrets français aussi ringards qu’eux. Double zéro pointé.

Titre non mensonger. Quelques semaines après People : Jet Set 2, le plus beau navet français depuis longtemps, voici son challenger. Gérard Pirès tente de donner du rythme à ce sous-James Bond parodique. Impossible : péripéties et gags sont aussi nuls que le duo vedette. Edouard Baer est sinistre en voleur de missile nucléaire, désireux de stériliser la planète. Même les préados, pour qui le film est fait, semblent trouver ça ringard.

DOUBLE ZERO, Gérard Pirès 2003, Eric Judor, Ramzy Bedia (aventure)@ (E)
Tous les services secrets français sont en état d'alerte : un missile de pointe vient d'être dérobé par une mystérieuse organisation. A la DGSE, c'est la panique. Plusieurs personnages haut plac&eacu ...

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DOWNTON ABBEY II une nouvelle ere, Simon Curtis 2022 (saga)@@


La famille Crawley s'apprête à célébrer deux mariages à Downton Abbey dont celui de Tom Branson et sa fiancée Lucy, mais un réalisateur hollywoodien veut transformer la demeure en plateau de cinéma. Au même moment, ils apprennent que Lady Violet vient d'hériter d'une villa située dans le sud de la France. Elle enjoint alors les membres de sa famille à se rendre sur la Côte d'Azur en quête de son mystérieux passé.

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Deuxième prolongement au cinéma de la célèbre série de Julian Fellowes, cette suite fait des allers-retours entre l’Angleterre brûleuse des nobles demeures et le grand soleil de la Côte d’Azur.

Pour fondre tel un scone dans une tasse de Darjeeling devant ce deuxième long métrage dérivé de la série de Julian Fellowes, il faut avoir tissé depuis longtemps des liens indéfectibles avec la famille Crawley. D’emblée, le film joue sur cette complicité : grâce au remariage de Tom, voilà chaque couple photographié, chez les nobles comme chez les valets, histoire de récapituler en finesse, avant de nous lancer dans cette nouvelle ère… Et dans un jeu entre deux aires, puisque la famille va, le temps d’un été, se scinder entre deux maisons : le domaine que nous connaissons et une somptueuse villa sur la Riviera dont hérite Violet, la comtesse douairière.

Idée piquante de ce jeu de miroirs entre les deux côtés de la Manche : ce qui se trame sous le soleil de la Côte d’Azur n’a, en fait, rien de nouveau, et recèle un énième et savoureux questionnement sur la filiation et le titre de noblesse. En revanche, c’est dans le vert de l’Angleterre que le progrès s’installe, puisque Lady Mary accepte de louer Downton Abbey comme décor de tournage à un réalisateur de films muets. Le surgissement du cinéma au cœur de l’ancestrale demeure ouvrira le champ des possibles pour des personnages dont les frustrations couraient tout au long de la série. Surtout, le réalisateur en profite pour rendre le plus réjouissant des hommages à Chantons sous la pluie. D’où un parfait divertissement, où hier meurt avec le sourire, dans une saveur sucrée mais profonde de marmelade d’oranges amères.
DOWNTON ABBEY II une nouvelle ere, Simon Curtis 2022 (saga)@@ (E)
La famille Crawley s'apprête à célébrer deux mariages à Downton Abbey dont celui de Tom Branson et sa fiancée Lucy, mais un réalisateur hollywoodien ve ...

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DUEL AU SOLEIL, King Vidor et Otto Brower 1946, Jennifer Jones, Gregory Peck (western)@@


Scott Chavez est exécuté pour les meurtres de son épouse et de l'amant de celle-ci. Avant de se livrer à la police, il a envoyé Pearl, sa fille, une belle et impétueuse métisse, chez des cousins éloignés, les McCanles. Lewton et Jesse McCanles s'éprennent de la jeune femme. Le premier, un vrai voyou, est impulsif et passionné tandis que le second, brillant étudiant, est la douceur incarnée. Attirée par les deux garçons à la fois, Pearl ne sait que faire. Pour résoudre le problème, la jeune femme choisit d'épouser un autre homme. Mais fou de rage, Lewton l'assassine, blesse Pearl qui parvient à riposter et se réfugie, blessée, dans la montagne...

TELERAMA
Western démesuré, exagéré, où les cieux sont toujours immenses, où les garçons vachers, fusil à la main, empêchent le chemin de fer de passer, et où les amants se déchirent et meurent à l’aube. En Technicolor saturé de rouge flamboyant, évidemment.

Le sénateur McCanles a deux fils, Jesse, brillant sujet, et Lewt, un voyou. Il a recueilli la jeune Pearl, dont le père a été pendu. Alors que Jesse quitte la famille, Pearl se donne à Lewt, mais épouse un autre homme. Lewt tue alors celui-ci et devient un hors-la-loi. Il affronte son frère, puis Pearl, en un face-à-face tragique.

À l’origine produit par la RKO, le film atterrit chez Selznick dès qu’il fut question de confier le rôle de Pearl à Jennifer Jones. Selznick était décidé à en faire un événement aussi retentissant qu’Autant en emporte le vent. King Vidor quitta le plateau, fut remplacé par William Dieterle, et Josef von Sternberg participa également à l’aventure. Ce qui aurait pu n’être qu’un western romantique devint, grâce à son producteur, une œuvre fulgurante, au Technicolor enflammé, où les passions sont exacerbées, prenant le pas sur une approche psychologique traditionnelle.

Cette histoire d’amour fou et de femme fatale pourrait paraître exagérée, mais la beauté du film, la mise en scène et le talent des interprètes en font un magistral poème de désir et de mort, très audacieux pour le prude cinéma hollywoodien de l’époque. Un chef-d’œuvre.
DUEL AU SOLEIL, King Vidor et Otto Brower 1946, Jennifer Jones, Gregory Peck (western)@@ (E)
Scott Chavez est exécuté pour les meurtres de son épouse et de l'amant de celle-ci. Avant de se livrer à la police, il a envoyé Pearl, sa fille, une belle et impétueuse métisse, chez des cous ...

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ELLE BOIT PAS ELLE FUME PAS MAIS ELLE CAUSE, Michel Audiard 1970, Annie Girardot, Bernard Blier, Mireille Darc, Sim (comique)@@


Germaine, dite Mémène, femme de ménage au-dessus de tout soupçon, n'a qu'un défaut, dont elle use avec naïveté ou machiavélisme : elle parle trop. Elle a trois employeurs : Francine Marquette, conseillère psychologique à la télévision, Lhiétard, caissier de banque libidineux, et Phalempin, tout dévoué à un patronage de quarante enfants. Tout en époussetant, Mémène surprend des secrets. Francine, qui est sur le point d'épouser un ministre, a participé dans sa jeunesse à des ballets roses. Lhiétard a puisé dans la caisse, et Phalempin chante tous les soirs, travesti en femme, dans un cabaret borgne. Les bavardages de Mémène informent chacun de ses employeurs des secrets mal gardés des autres...
ELLE BOIT PAS ELLE FUME PAS MAIS ELLE CAUSE, Michel Audiard 1970, Annie Girardot, Bernard Blier, Mireille Darc, Sim (comique)@@ (E)
Germaine, dite Mémène, femme de ménage au-dessus de tout soupçon, n'a qu'un défaut, dont elle use avec naïveté ou machiavélisme : elle parle trop. Elle a trois employeurs : Francine Marq ...

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EMBRASSEZ QUI VOUS VOULEZ, Michel Blanc 2002, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet, Karin Viard (comique)@@


Entre Paris et Le Touquet, deux couples et leurs enfants se croisent. Leur rencontre va fortement perturber leurs vacances. D'un côté, Elizabeth, une bourgeoise chic et oisive de la banlieue parisienne, voit le couple qu'elle forme avec Bertrand, un riche agent immobilier, s'enliser.

TELERAMA
Dingues et snobs se croisent lors d'une semaine de vacances au Touquet. Transposer en France Vacances anglaises, le très hilarant et très britannique roman de Joseph Connolly, était quasi impossible. Michel Blanc en a préservé la rosserie cinglante, l'hystérie menaçante.

Au détour d'une scène supposée drôle, il filme le temps qui passe, la désillusion des femmes devant des hommes qui ne les aiment pas, ou alors si mal. Soudain, la caméra saisit le visage vide de Jacques Dutronc devant son dixième verre de whisky, vide lui aussi. Les larmes de Charlotte Rampling, spectatrice de sa propre futilité. Et le désarroi de Karin Viard devant son destin d'éternelle perdante. La morale du film, terrible, revient à Dutronc : « La vie est bizarre, dit-il. Si tu y penses, ça te déchire le coeur... Mais si tu la traverses en zigzaguant, c'est plutôt comique. » Un film terrible et gai. Un drôle de film très sombre.
EMBRASSEZ QUI VOUS VOULEZ, Michel Blanc 2002, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet, Karin Viard (comique)@@ (E)
Entre Paris et Le Touquet, deux couples et leurs enfants se croisent. Leur rencontre va fortement perturber leurs vacances. D'un côté, Elizabeth, une bourgeoise chic et oisive de la banlieue parisienne, voit le couple qu'elle f ...

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EN ROUTE VERS LE MARIAGE, un amour de Saint Valentin


Très occupés par la gestion de leur auberge qui rencontre un succès florissant, Mick et Olivia se réjouissent de pouvoir enfin passer un week-end en amoureux pour la Saint-Valentin. Mais voilà que leurs familles respectives s'invitent à l'auberge. Julie rend visite à son père Mick et lui annonce qu'elle souhaite quitter la faculté pour devenir cheffe culinaire. Bonnie, la soeur de Mick, annonce qu'elle souhaite se marier ce même week-end avec Sean, un ancien musicien qui a fait faux bond à Mick lors d'un concert dans le passé
EN ROUTE VERS LE MARIAGE, un amour de Saint Valentin (E)
Très occupés par la gestion de leur auberge qui rencontre un succès florissant, Mick et Olivia se réjouissent de pouvoir enfin passer un week-end en amoureux pour la Saint-Valentin. Mais voilà que leurs fa ...

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ENTRE LES LIGNES, Eva Husson 2023, Odessa Young, Josh O'Connor, Colin Firth (drame sentimental)@@@


1924, Beechwood en Angleterre. Jane Fairchild est la bonne d'une famille d'aristocrates, les Niven. À l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos. Jane profite de l'occasion pour retrouver son amant, Paul. Ce dernier est le fils des voisins des Niven et il est fiancé à Emma Hobnay. Les Niven qui ont perdu leur fils lors de la Première Guerre mondiale se réjouissent du futur mariage de Paul comme si celui-ci était leur propre enfant.

TELERAMA
Après Bang Gang et Les Filles du soleil, la réalisatrice Eva Husson change radicalement de cap, à bon escient, avec cette adaptation en anglais, dentelles comprises, du roman de Graham Swift, Mothering Sunday. Elle déploie un sens sophistiqué de la narration entre plusieurs époques, et une mise en scène voluptueuse, discrètement funèbre, pour suivre les amours d’un fils de famille et d’une petite bonne que le goût des livres, du sexe, mais aussi un deuil soudain vont transformer en écrivaine. Le film révèle la sublime Odessa Young dans le rôle de cette amante qui n’a d’ancillaire que la naissance, ici entourée d’une belle aristocratie de cinéma : Josh O’Connor, si singulièrement séduisant, Olivia Colman et Colin Firth, très émouvant. Un vrai drame romantique, élégamment douloureux.

Synopsis
En1924, à Beechwood, en Angleterre. Jane Fairchild est la femme de chambre d'une famille d'aristocrates, les Niven. A l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos bien méritée. Orpheline, Jane profite de cette aubaine inattendue pour filer retrouver son amant, Paul. Ce dernier est le fils des voisins des Niven, et il est fiancé à Emma Hobnay. Les Niven, qui ont perdu leur fils lors de la Première Guerre mondiale, se réjouissent du futur mariage de Paul comme si celui-ci était leur propre enfant. Quelques années plus tard, Jane, devenue écrivaine, est mariée à Donald, un philosophe...



ENTRE LES LIGNES, Eva Husson 2023, Odessa Young, Josh O'Connor, Colin Firth (drame sentimental)@@@ (E)
1924, Beechwood en Angleterre. Jane Fairchild est la bonne d'une famille d'aristocrates, les Niven. À l'occasion de la fête des mères, ses patrons lui accordent une journée de repos. Jane profite de l'occasion pou ...

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ETATS DE CHOC, John Lee 2007 (thriller)


Un drame basé sur un ancien proverbe chinois, qui divise la vie en quatre émotions : bonheur, plaisir, douleur et amour. Un homme d'affaires parie sa vie sur une course de chevaux; un gangster peut voir dans l'avenir; une star de la pop tombe dans les bras d'un parrain de la pègre; un docteur se démène pour sauver l'amour de sa vie.
ETATS DE CHOC, John Lee 2007 (thriller) (E)
Un drame basé sur un ancien proverbe chinois, qui divise la vie en quatre émotions : bonheur, plaisir, douleur et amour. Un homme d'affaires parie sa vie sur une course de chevaux; un gangster peut voir dans l'avenir; une star ...

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ETERNITE, Trần Anh Hùng 2025 (societe)


Dans un raccourci un peu facile et avec une pointe de mauvaise foi, il serait tentant d’affirmer que le contenu filmique d’Éternité se résume tout entier à des « hommes et des femmes qui se rencontrent, s’aiment et s’étreignent… » Pourtant, même sans raccourci facile et avec beaucoup de bonne foi, la vérité ne peut qu’éclater sous couvert d’une analyse justement plus approfondie : Éternité est un film d’un vide abyssal. L’œuvre de Tran Anh Hung, à l’instar d’un Terrence Malick nouvelle manière, est porteuse d’une ambition véritablement cosmique et arbore la parure éminemment prétentieuse d’un grand film-concept. Les grandes idées générales en question sont celles du passage du temps et du cycle de la vie, que le cinéaste tente de matérialiser au travers de la succession des histoires d’amour et de deuil qui jalonnent le film d’un point de vue narratif. Idées qu’il tente de concrétiser sur le plan de l’image également, par l’intermédiaire de choix de mise en scène très tranchés.

Ainsi, Éternité est un film presque dépourvu de dialogues. À l’aide d’une caméra extrêmement souple, qui multiplie de lents travellings et panoramiques d’une grande élégance, Trần tente de capter au plus près le frémissement des corps, lors de leurs déplacements solitaires dans les immenses manoirs et jardins visités au cours du film d’une part, lors de leurs étreintes mutuelles violentes d’autre part. Que les corps se meuvent, se fondent l’un dans l’autre ou adoptent simplement une posture statique méditative, leurs soubresauts sont toujours consécutifs à l’allégresse et/ou au désespoir, dialectique qui structure le film dans son entièreté, épousant le cycle perpétuel des naissances et morts. Ce refus de la scène dialoguée et ce parti pris d’une caméra constamment aux aguets, attentive et sereine, placent d’emblée le film sous les régimes consubstantiels de la contemplation et de la sensation esthétique. Cependant, alors que ces désidératas de mise en scène présentent une certaine logique, d’autres, tout aussi affirmés, viennent dans un second temps complètement contredire les premiers, et donc annihiler les effets désirés a priori par le cinéaste. Tout d’abord avec cette voix off féminine omnipotente, sur-imposante et horriblement explicative, qui, dans sa naïveté éthérée, vient redoubler de façon inutilement pléonastique ce que des images très travaillées expriment très bien d’elles-mêmes.

Ensuite, par une tendance à la surcharge décorative outrancière, qui fait irrémédiablement basculer les aspérités du film du raffinement classieux à une pure et simple vulgarité prosaïque. Séduisante au départ, la volonté de Tran de faire de chacun de ses plans un tableau de maître définitif finit par lasser. Chaque costume, chaque accessoire, chaque meuble semble avoir été poli et lustré de façon à inonder les pages d’un luxueux magazine de mode de son « éclat » immaculé, strictement artificiel. Même souci dans le rendu de la lumière, où le cinéaste se prend littéralement pour le Kubrick de Barry Lyndon, avec des sources pour la plupart naturelles et la quasi-absence d’éclairage d’appoint. Comme si cette manie esthétisante ne se suffisait pas à elle-même, elle entraîne une conséquence encore plus néfaste pour l’ensemble du film. Le cinéaste était parvenu à réunir un casting féminin des plus talentueux et prestigieux : rien de moins qu’Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent. Ces actrices ont déjà manifesté à maintes reprises, non seulement un charisme solaire absolument cinégénique, mais également une capacité à exprimer des émotions concrètes avec justesse. Il paraissait donc très difficile de réprimer ces qualités de comédienne : ce qui n’a pas empêcher Tran d’en accomplir l’étonnante prouesse.

En effet, par son dispositif de mise en scène synonyme de préciosité et d’affèterie hypertrophiées, le cinéaste est parvenu à complètement étouffer le potentiel aussi bien photogénique qu’émotionnel de ses actrices, les transformant, au choix, en mannequins de défilé de mode (encore) ou en statues de cire, véritables pièces de musée dans leur figement blafard. Par conséquent, il prive son œuvre de toute vibration, de toute sensibilité, de toute chaleur humaine : il est proprement impossible d’éprouver une quelconque empathie pour ces caractères qui apparaissaient pourtant, sur papier, comme du pain béni, riche matière propre à l’édification de superbes portraits de femmes. À l’opposé, Trần les refaçonne en égéries publicitaires : en atteste cette utilisation roublarde du ralenti, qui contribue à créer des plans de visages féminins dont les sourires et les mouvements de chevelure pourraient tout aussi bien apparaître dans des spots télévisuels à l’effigie de Dior ou L’Oréal. Il en est de même pour les (très, trop) nombreux plans de magnifiques bébés, qui ont certainement été castés sur le câble pour une publicité Pampers dans la foulée du tournage. Éternité se révèle donc être au final une œuvre profondément vide de réelle substance et éminemment contradictoire dans ses procédés et ses visées, qui laissera sur le carreau aussi bien le spectateur amateur de contemplation esthétique jouant sur les sensations, que celui qui favorise l’immersion émotionnelle par identification à des personnages forts. Il semblerait que des œuvres aux ambitions philosophiques et métaphysiques affirmées, à l’instar, de nouveau, de celles proposées par Malick, soient condamnées ces derniers temps à faire l’objet d’un traitement inabouti et décevant. Vous êtes prévenus.

Robin Tholet
ETERNITE, Trần Anh Hùng 2025 (societe) (E)
Dans un raccourci un peu facile et avec une pointe de mauvaise foi, il serait tentant d’affirmer que le contenu filmique d’Éternité se résume tout entier à des « hommes et des femmes qui se renc ...

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EYJAFJALLAJOKULL, Alexandre Coffre 2013, Dany Boon, Valerie Bonneton (comique)


Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Grèce où se marie leur fille, ce couple de divorcés, qui se voue l’un l’autre une détestation sans borne, va être amené par la force des choses à prendre la route ensemble.

TELERAMA
Deux ex-époux qui se haïssent doivent rejoindre la Grèce, où se marie leur fille. Leurs mésaventures seraient sympas si on parvenait à éprouver une connivence avec les personnages. Mais non, ces gens hargneux et rosses sont odieux.

Erreur, funeste erreur ! Généralement, les couples de cinéma qui s’engueulent pour mieux se réconcilier nous deviennent proches par leur charme et leur entrain : Cary Grant et Katharine Hepburn dans L’Impossible Monsieur Bébé, Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac dans L’Homme de Rio. Un scénario imbécile fait des héros d’Alexandre Coffre d’insupportables casse-pieds : ils justifient la question de l’irrésistible chanson de Marie-Paule Belle : « Mais où est-ce qu’on les enterre ceux qui sont méchants ? »

Lui (Dany Boon) est un grimacier pleurard. Elle (Valérie Bonneton) cumule les fonctions d’emmerdeuse, d’emmerdante et d’emmerderesse. On pourrait espérer qu’au terme de ses aventures — l’éruption du volcan islandais Eyjafjamachinchose empêche le duo de rejoindre sa fille, qui se marie en Grèce — elle évoluerait. Mais non ! « Je t’emmerde ! » lance-t-elle à un brave vieil Albanais tout souriant qui lui demande gentiment son nom… Comment s’intéresser à une hystérique pareille et à son pénible conjoint ? Le réalisateur a beau multiplier poursuites et cascades (le film a coûté très, très cher, semble-t-il), rien n’y fait. On n’a pas envie d’être avec ces gens-là, on souhaite les oublier au plus vite, on rêverait même de ne jamais les avoir connus.
EYJAFJALLAJOKULL, Alexandre Coffre 2013, Dany Boon, Valerie Bonneton (comique) (E)
Pour les voyageurs du monde entier, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull est un coup dur. Pour Alain et Valérie, c’est une catastrophe. Car pour arriver à temps dans le petit village de Gr&eg ...

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FAME, Alan Parker 1980, Maureen Teefy, Gene Anthony Ray (musical)@@


Comme chaque année, la New York City High School for the Performing Arts, prestigieux lycée public qui, au cœur de Manhattan, prépare aux métiers de la scène (musique, danse et théâtre), auditionne sans pitié ses futures recrues.

TELERAMA
Au-delà des chorégraphies kitsch de l’ère pré-aérobique, cette chronique de trois années d’études au sein d’une école d’élite impitoyablement exigeante est une immersion durement réaliste avec des thèmes toujours brûlants.
Plusieurs histoires se chevauchent et s'interpénètrent dans ce scénario, qui décrit l'apprentissage et les efforts terribles d'une promotion de candidats acteurs-danseurs-chanteurs. Cela se passe dans une école spécialisée de New York. La sélection est sévère. La ténacité, l'arrivisme, le talent, le découragement, le dépassement de soi, le trac sont autant de qualités et de défauts qui feront les excellentes vedettes de demain.

Le mythe du grand spectacle est au cœur de ce film, qui est lui-même un grand spectacle. On y suit alternativement et presque simultanément l'itinéraire de très jeunes candidats - et candidates - vers la gloire. C'est, comme on dit, un « univers impitoyable ». L'entraînement est dur. Les sentiments existent, mais il est préférable de les refréner. L'alternance de cruauté et de tendresse, d'eau de rose et de vitriol fait de ce film musical une vraie « comédie dramatique » (expression qui n'a pas grand sens dans son acception habituelle). La mise en scène est musclée, le scénario à incidences multiples, remarquablement tricoté, les jeunes interprètes, surdoués. Ce divertissement de qualité dépasse la notion de divertissement. Il évoque, allégoriquement, l'apprentissage de la vie.
FAME, Alan Parker 1980, Maureen Teefy, Gene Anthony Ray (musical)@@ (E)
Comme chaque année, la New York City High School for the Performing Arts, prestigieux lycée public qui, au cœur de Manhattan, prépare aux métiers de la scène (musique, danse et théâtre), ...

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FANTOMAS SE DECHAINE, André Hunebelle 1965, Jean Marais, Louis De Funes (comique)@


Alors que le commissaire Juve vient d'être décoré chevalier de la Légion d'Honneur en récompense de sa lutte efficace contre Fantômas, on apprend au même moment que celui-ci vient d'enlever le professeur Marchand afin de mettre au point une arme terrifiante.

TELERAMA
De deux choses l’une : ou l’on décide d’aimer pour de Funès et ses grimaces, ou l’on reste lucide, et on s’agace de la paresse de cette suite...

Juve est décoré de la Légion d'honneur. Fantômas lui envoie un télégramme de félicitations, puis enlève le professeur Marchand, dont l'invention doit lui permettre de dominer le monde. Mais celle-ci ne peut être utilisée qu'avec le concours du professeur Lefèvre...

Le détournement cinématographique du roman-feuil­leton Belle Epoque de Sou­vestre et Allain ayant été accompli dès 1914, il n'y avait plus à se gêner. En avant le vaudeville, façon Hunebelle ! Les transfor­mations et les acrobaties de Jean Marais comptent moins que les numéros de Louis de Funès. On se grime à qui mieux mieux. Le film s'est bonifié avec l'âge, prenant une patine nostalgique qui force l'indulgence...
FANTOMAS SE DECHAINE, André Hunebelle 1965, Jean Marais, Louis De Funes (comique)@ (E)
Alors que le commissaire Juve vient d'être décoré chevalier de la Légion d'Honneur en récompense de sa lutte efficace contre Fantômas, on apprend au même moment que celui-ci vient d'enlever le p ...

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FARGO, Joel Coen 1996, Frances McDormand (thriller)@@


Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d'enlever sa femme, Jean, dont le père, Wade, un richissime homme d'affaires, ne manquera pas de régler la rançon exigée. Les choses se gâtent quand ses complices abattent 3 témoins, dont un flic. La machine sanglante commence à s'emballer.

TELERAMA
Criblé de dettes, un vendeur de bagnoles veut faire enlever sa propre femme pour empocher la rançon. Avec une rare économie de moyens et un humour acide, les frères Coen filment la dérive de gens ordinaires pris dans la spirale de l’échec.

Un trou perdu du Minnesota. Jerry Lundegaard, directeur d'une concession automobile au bord de la faillite mais par ailleurs doté d'un riche beau-père, a l'idée de sa vie : faire enlever sa propre femme par deux tocards à qui le beau-père versera la rançon...

Fargo vaut d'abord par ses personnages. Dès lors qu'apparaît Jerry Lundegaard, sourire de hamster jovial contredit par un regard douloureux, on sait que ce benêt n'est pas né sous une bonne étoile. Tout le contraire du policier Marge Gunderson, épouse heureuse et future mère comblée, sorte de Droopy sanglé dans un uniforme... Jerry et elle ont la même obstination tranquille, qui aurait pu les réunir si le destin ne s'en était mêlé. Et c'est avec la même application jusqu'au-boutiste que les deux crétins kidnappeurs vont semer la désolation. Ainsi va Fargo, dans une horreur crescendo mais tranquille, ponctuée des gestes et des mots de tous les jours, d'un train-train de petites manies et de vieilles habitudes. Ces personnages simples pris dans la glace d'une situation inextricable, puis ces corps en morceaux dans une nature immuable finissent par dessiner une vraie tragédie, celle de la violence banale, donc fatale. On songe à Continents à la dérive, de Russell Banks : un jour, un type dérape, et la mort atroce est au bout du chemin. C'est la dérive des gens ordinaires, pris dans la spirale de l'échec : l'échec, ce vieux cauchemar américain.

FARGO, Joel Coen 1996, Frances McDormand (thriller)@@ (E)
Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d'enlever sa femme, Jean, dont le ...

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FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@


Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du rap. La vie sourit de toutes ses dents en or à Fatal Bazooka, en apparence du moins. Parce que la réalité s'avère bien moins rose. Le rappeur se pose des questions existentielles, se demande d'où il vient et où il va. Pour mieux vendre sa musique, Fatal a fait croire qu'il était né dans un ghetto alors qu'il vient d'un paisible petit village de Savoie. Mais une enfance heureuse au beau milieu des Alpes, auprès de parents aimants, n'a jamais fait rêver les fans de rap...

TELERAMA
Premier film de Michaël Youn cinéaste, qui reprend son personnage de Fatal Bazooka, rappeur bling-bling... Au final, une caricature du milieu et de lui-même assez juste.

Michaël Youn est un acteur calamiteux. Les spectateurs d'Iznogoud en savent quelque chose. Reconnaissons-lui au moins une certaine constance : il joue toujours aussi mal dans Fatal, son premier film en tant que réalisateur. Il y reprend son personnage de Fatal Bazooka, caricature de rappeur bling-bling — à faire passer P. Diddy pour un mormon. Mais le pitre du Morning live a toujours été un pro du gag. Et Fatal débite des gags sur un rythme effréné. Du gras et du moins gras, l'essentiel étant de tenir une heure et demie à fond.

(Bon) morceau choisi : le héros est marié à une cruche blonde du nom d'Athena Novotel, clone franchouillard de Paris Hilton. Satire dans tous les sens : le gangsta rap, la télé trash, l'humanitaire people, voire Michaël « Fous ta cagoule » Youn lui-même (et ses 500 000 exemplaires vendus)... Masochiste comme ces enfants qui cassent leurs propres jouets en riant, Youn accepte même de se faire voler la vedette (dans le scénario et sur l'écran) par un minet de « l'électro-bio », interprété avec un vrai talent burlesque par Stéphane Rousseau. Pas si con, donc...

FATAL, Michaël Youn 2009, Michaël Youn, Stéphane Rousseau (musical)@ (E)
Le rappeur bling-bling et hardcore Fatal Bazooka a vendu quinze millions de disques. Ses fans écoutent sa musique, il a déjà produit des dizaines de tubes et est devenu une star incontestée et incontournable du r ...

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FLASHBACK, Franco Amurri 1990, Denis Hopper, Kiefer Sutherland (thriller)@


John est un jeune agent qui débute au FBI et qu'on a chargé d'emprisonner Huey, un agitateur hippie des années 1960. L'agent perd son identité à cause d'un des tours de passe-passe et se retrouve en prison.

SENS CRITIQUE
Une comédie policière qui prend un peu la forme d'un buddy-movie assez original. Un agent du FBI très coincé de 26 ans emmène un vieux hippie en cavale depuis une vingtaine d'année en prison. Le duo d'opposé est plutôt amusant car il engendre plusieurs situations comiques délirantes, puis d'autres qui sont mélancoliques ou référentielles car on y évoque l'époque du Flower-power et les années 60. Le début du film est un peu difficile, cela semble factice notamment avec l'utilisation de la musique un peu facile mais avec la durée on s'attache à ses personnages et même à cette histoire. Dennis Hopper cabotine un maximum tandis que Kiefer Sutherland essaie d'être à la hauteur.
FLASHBACK, Franco Amurri 1990, Denis Hopper, Kiefer Sutherland (thriller)@ (E)
John est un jeune agent qui débute au FBI et qu'on a chargé d'emprisonner Huey, un agitateur hippie des années 1960. L'agent perd son identité à cause d'un des tours de passe-passe et se retrouve en prison ...

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FORTES TETES, Nana Neul 2024, Meret Becker, Florian Lukas @@


Un petit village du Brandebourg, dans l’est de l’Allemagne. Veuve depuis longtemps et brouillée avec tout le voisinage, Anne vit recluse dans sa ferme. Elle n’a guère plus de contact avec sa fille Julia, et n’a même jamais rencontré Tilda, sa petite-fille de 8 ans. Lorsque Julia se retrouve condamnée à une peine de prison, Tilda vient frapper à la porte de sa grand-mère. Anne l’accueille à contrecœur, bien décidée à s'en débarrasser à la première occasion. Mais Tilda, qui a hérité du caractère têtu de ses aînées, s’obstine à vouloir conquérir une place dans la vie de sa grand-mère…
FORTES TETES, Nana Neul 2024, Meret Becker, Florian Lukas @@ (E)
Un petit village du Brandebourg, dans l’est de l’Allemagne. Veuve depuis longtemps et brouillée avec tout le voisinage, Anne vit recluse dans sa ferme. Elle n’a guère plus de contact avec sa fille Julia, et n ...

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GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@


Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alors en compagnie de la jeune femme, Laurent gagne le comptoir pour téléphoner discrètement à une autre de ses maîtresses, Ingrid, et lui fixer un rendez-vous dans la soirée. Pendant ce temps, sa charmante épouse, Loli, restée dans leur confortable pavillon, s'occupe du ménage et des deux enfants.

TELERAMA
Une routarde lesbienne déboussole un couple hétéro… En pervertissant les recettes du vaudeville, Josiane Balasko signe un film souvent troublant, mais inégal.

Personne ne pourrait y croire. Et pourtant, si : Loli, femme comblée, mère heureuse, tombe raide dingue de Marijo, une camionneuse, la caricature de la gouine. Mais tendre, aussi. À l’écoute. Belle, en définitive, sous ses dehors de faux mec. Ce qu’a voulu Josiane Balasko, c’est filmer l’inexplicable. L’incompréhensible. Une passion a priori absurde, dont tout le monde se moque, et qui, pour ces raisons, devient touchante et troublante. Elle l’a fait sous la forme d’une grosse farce. Avec, mine de rien, des scènes plus nostalgiques, avec les copines de Marijo, vieillissantes et forcément solitaires. L’épilogue (avec le beau Miguel Bosé) est ridicule, mais le film ne l’est pas : grave, entre deux rires.
GAZON MAUDIT, Josiane Balasko 1994, Josiane Balasko, Alain Chabat, Victoria Abril (comique moeurs)@@ (E)
Laurent, qui travaille dans une agence immobilière en Avignon, est attablé au café avec Véro, sa dernière conquête, lorsque son collègue et meilleur ami, Antoine, les rejoint. Le laissant alor ...

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GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@


A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain Ballin Mundson, propriétaire d'une maison de jeu. Johnny entre à son service. Les deux hommes deviennent rapidement amis. Ballin, toutefois, dissimule à Johnny ses activités clandestines. Au retour d'un voyage, il lui présente sa femme, la capiteuse Gilda. Johnny reconnaît en elle l'amante fatale qui fut jadis la cause de sa déchéance. En présence de Ballin, ni l'un ni l'autre ne laisse paraître le moindre signe qui pourrait trahir leur ancienne liaison. Entre ces trois êtres, des relations étranges prennent forme...

TELERAMA
Gilda apparaît très tard à l’image. Non qu’elle ne sache se faire désirer. Mais parce qu’on ne la désire pas. Ni Mundson, son mari, directeur de casino ­livide et balafré ; ni Johnny, son ex, jeune loup fringant et gominé. En 1946, alors que Rita Hayworth est au sommet de sa carrière, l’insinuation est de taille. Il ne s’agit en rien d’un avertissement à l’actrice sur sa chute prochaine, mais plutôt de l’audacieux camouflage d’un sujet impossible à traiter à l’époque, l’homosexualité masculine : filmé comme un objet de désir, Johnny est littéralement levé sur le trottoir par le mari de Gilda, armé… d’une canne. Cachée sous le label « film noir », Gilda met donc à nu l’entourage d’une femme fatale au charme inopérant. Impavide et miteuse, la caméra épouse le regard sadique des hommes qui l’entourent. Elle scrute le visage de Gilda, secoué de mouvements de joie toujours interrompus par l’irruption de figures masculines malveillantes. Rongée par sa frustration sexuelle, Gilda n’a qu’une seule satisfaction physique : la danse.

Pour la première fois à Hollywood, dans la mythique scène du strip-tease ganté, une actrice osait danser seule à l’écran, tout en extériorisant ses pulsions érotiques les plus intimes. Dès la sortie, le public fit un triomphe à ce film sec et amer sur le manque d’amour. Aujourd’hui encore, Gilda reste un bluffant manifeste sur l’atrophie du désir.
GILDA, Charles Vidor, 1946, Rita Hayworth, Glenn Ford (societe)@@@ (E)
A Buenos Aires, en Argentine, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Johnny Farrell, un joueur médiocre, est agressé par des mauvais perdants dans une sombre ruelle des docks. Il est tiré d'affaire par un certain B ...

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GLASS, M. Night Shyamalan 2019, James McAvoy, Bruce Willis (thriller)@@


Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn, l'homme incassable, poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu'on le sait capable d'endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l'intérêt des forces de l'ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes.

TELERAMA
Parce qu’ils se prennent pour des superhéros, les voilà internés… L’auteur d’“Incassable” et de “Split” réunit ses anciens personnages avec fantaisie et signe un film d’action excentrique.

Dans les rues de Philadelphie, David Dunn (Bruce Willis) joue au justicier et trouve une cible de choix : Crumb (James McAvoy), un maniaque aux personnalités multiples. Arrêtés par la police et considérés comme fous, les deux hommes sont enfermés dans un asile psychiatrique où ils rejoignent Mr Glass (Samuel L. Jackson), autre drôle de zèbre : il a les os fragiles comme le verre mais un cerveau en acier, plein de plans machiavéliques. Spécialité du service où tout ce petit monde est interné : la maladie des gens qui se prennent pour des superhéros…

En télescopant les personnages qu’il avait créés pour Incassable (2000) et Split (2016), M. Night Shyamalan dialogue avec lui-même, comme s’il était le quatrième patient admis ici en psychiatrie. Une fantaisie plus communicative se déploie heureusement quand l’encombrant Crumb, zappant toujours entre des identités éclatées mais répétitives, laisse les plus séduisants, David Dunn et Mr. Glass, prendre le dessus. L’idée un peu floue d’un super-héroïsme dégénérescent se matérialise alors en film d’action vraiment excentrique, sorte de rêverie sur la manie des combats.

Cette influence de l’imaginaire des comics sur des humains dérangés, le réalisateur l’évoque sur un ton amusé et inquiet à la fois. Il prend soin de se démarquer de l’esthétique des Avengers et impose un regard très personnel d’artisan du cinéma. Avec son art de la mise en scène tirée au cordeau, Shyamalan mérite son statut d’orfèvre à Hollywood.
GLASS, M. Night Shyamalan 2019, James McAvoy, Bruce Willis (thriller)@@ (E)
Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn, l'homme incassable, poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu'on le sait capable d'endosser 23 perso ...

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GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera Farmiga


L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater.

TELERAMA
Cet épisode se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.
Confiée à un tâcheron, cette suite constitue le parent pauvre du MonsterVerse, univers de fiction Warner à base de monstres géants, composé de Godzilla (Gareth Edwards, 2014) et de Kong : Skull Island (Jordan Vogt-Roberts, 2017) – avant l’affrontement du dinosaure et du gorille, prévu cette année. Le film ne propose ni l’ambiance de fin du monde du premier, ni les collages pop du second, ni, bien sûr, le charme kitsch des productions japonaises Toho des années 1950, où des comédiens déguisés en bestioles détruisaient des villes miniatures. Godzilla II se réduit à une bouillie numérique, indigne de son budget de 170 millions de dollars.

Michael Dougherty n’adopte pas le point de vue des créatures, encore moins celui des survivants, mais celui de scientifiques et de militaires qui bavassent à n’en plus finir dans leurs postes de commandement, suivant l’action sur divers écrans… Qu’observent-ils ? Le lézard radioactif, allié au papillon géant Mothra, se bagarrer contre Monstre Zéro, hydre à trois têtes. Le scénario infantile se double d’un discours malthusien : déplaisante vision d’une humanité régulée par les titans (c’est-à-dire exterminée), pour que la nature reprenne ses droits. On a connu écologie plus constructive.
GODZILLA 2, Michael Dougherty 2019, Kyle Chandler, Vera Farmiga (E)
L'agence cryptozoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces c ...

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GOSFORD PARK, Robert Altman 2001, Maggie Smith, Helen Mirren, Kristin Scott Thomas (thriller comique)@@


Au début des années 1930, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe. Dans un somptueux manoir anglais, une famille fortunée reçoit de prestigieux invités réunis pour une partie de chasse. À l'étage : ambiance feutrée, menus propos, bons mots, flirts badins, intrigues et suppliques, musique douce et jeux de société..

TELERAMA
Week-end de chasse dans un manoir, règlements de comptes chez les aristos et chez les valets. Quand Altman rencontre Agatha Christie : quelle maestria !

Gosford Park, c’est le nom d’une vaste propriété en pleine country pluvieuse. Au salon, les patrons ; à l’office et dans les cuisines, le peuple servile. Deux microsociétés régies par une stricte étiquette, appelées à se côtoyer le temps d’une partie de chasse chez Sir William McCordle, sévère aristo qui n’aime que son chien, les armes… et les soubrettes. Robert Altman relève un défi alors nouveau pour lui : le film britannique en costumes, agrégé à un huis clos façon Agatha Christie. Au hit-parade de cet excellent film d’acteurs, on attribue l’Oscar de la vieille bique à l’œil exorbité à Maggie Smith ; le César du meilleur regard courroucé à Alan Bates ; le grand prix de la meilleure cheftaine à Helen Mirren.

Certes, le scénario aborde la question sociale — les domestiques, soumis aux caprices de leurs maîtres et privés de leur identité, ne laissent pas indifférent. Pourtant, ce n’est pas le centre du récit, pas plus que le regard quasi tchékhovien sur le déclin de la classe dominante. Toutes ces dimensions enrichissent l’intrigue, fournissent la matière de microdrames. Mais, surtout, ce sujet permet de faire vivre un monde complexe, effervescent et clos, d’entremêler un écheveau de frustrations et de solitudes, à la portée universelle. Une expérience d’anthropologie conduite avec maestria.
GOSFORD PARK, Robert Altman 2001, Maggie Smith, Helen Mirren, Kristin Scott Thomas (thriller comique)@@ (E)
Au début des années 1930, dans une Angleterre fortement marquée par les inégalités de classe. Dans un somptueux manoir anglais, une famille fortunée reçoit de prestigieux invités r&eac ...

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GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@


Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en sort vainqueur, obtenant le droit ultime de participer à une course grandeur nature. Il débarque alors dans la cour des grands, entouré d'un ancien pilote et d'un cadre de l'industrie du sport automobile. Tous les trois s'engagent dans une aventure sans précédent, au cours de laquelle Jann doit faire face à la dure réalité de la concurrence. Les débuts du jeune homme sont difficiles...

TELERAMA
Tiré de l’histoire vraie d’un jeune Anglais passé du simulateur de conduite “Gran Turismo” aux vrais circuits, ce film un peu lent au démarrage nous attrape finalement par son énergie de film de bagnoles bien mis en scène.

Ça commence par une pub. Après le logo PlayStation, le film s’ouvre sur un hallucinant simili-clip qui vante les mérites de Gran Turismo, le jeu vidéo, pardon le « simulateur de conduite si réaliste conçu par Kazunori Yamauchi », comme pour marteler qu’il s’agit bien de l’adaptation d’un produit. Et en effet le film met du temps à passer la seconde et à s’éloigner de Gran Turismo, le jeu.

On y suit l’histoire vraie de Jann Mardenborough, gamin de Cardiff devenu pilote grâce à ses milliers d’heures de conduite sur simulateur et à la GT Academy, coup de force marketing de Nissan qui a proposé, de 2008 à 2016, de former de façon professionnelle les meilleurs joueurs du simulateur. Formation racontée de façon peu crédible à l’écran dans une brève première partie embêtée et étrangement télévisuelle, façon Hunger Games puisque les candidats y sont cruellement éliminés un par un. Jann ne se démarque pas vraiment, mais gagne quand même la course.

Le voilà sur la ligne de départ d’un vrai circuit. C’est là que Gran Turismo commence enfin, comme si le réalisateur, Neill Blomkamp (District 9, Chappie), reprenait la main sur son film. Inserts sur la machine, le pilote, les pièces de moteurs ; vitesse et énergie… C’est presque Le Mans, avec Steve McQueen (Lee H. Katzin, 1971). Quoique, vu les poncifs – chers à notre cœur – de la course automobile au cinéma et le côté biopic, on est sans doute plus proche de Rush (Ron Howard, 2013).

On entend de moins en moins les mots « Nissan » et « Gran Turismo », embarqué dans le cockpit d’un film de bagnoles où l’on roule coûte que coûte, où les pilotes s’échangent des regards noirs derrière leur volant et où un écrou pas assez vite revissé lors d’un arrêt en paddock sonne comme un arrêt de mort. Entre deux accélérations, il y a forcément un grave accident (ici bien réel et meurtrier, mais avancé dans l’histoire du personnage par souci de progression narrative), suivi de grandes affirmations existentielles sur la vie et l’envie – de conduire, de gagner ou d’arrêter – balancées par le mentor (David Harbour, plutôt juste) du pilote. Une formule éprouvée : quand Jann termine troisième dans sa catégorie au Mans, c’est notre podium à tous.
GRAN TURISMO, Neill Blomkamp 2023, Archie Madekwe, David Harbour (sport)@@ (E)
Depuis des années, Jann Mardenborough joue assidument au jeu vidéo Gran Turismo, ce qui lui a permis de devenir un pilote virtuel hors pair. Lorsque la GT Academy organise une compétition entre 90 000 gamers, Jann en so ...

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GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@


Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary.

TELERAMA
Engagé dans une centrale nucléaire, un jeune homme commence une dangereuse histoire d’amour. Un deuxième film brillamment dialogué et interprété par Léa Seydoux et Tahar Rahim.

Si les films étaient projetés sans générique, il n’est pas sûr qu’on aurait reconnu en Grand Central, brillant mélodrame dont l’intrigue se situe chez les travailleurs du nucléaire, la patte de la jeune réalisatrice Rebecca Zlotowski, révélée il y a trois ans par Belle Épine. Ce premier film était mutique, volontiers mystérieux dans la progression du récit ; le deuxième est brillamment dialogué, très habile dans sa capacité à faire vivre ses personnages, extrêmement rigoureux dans la montée de la tension dramatique. Presque l’exact opposé…

On y croit dès la première scène, quand Gary (excellent Tahar Rahim) rejoint une équipe d’intérimaires à l’œuvre dans une centrale nucléaire. Boulot de chien, qui ne s’exerce que par intermittence tant la contamination menace. Intégré au groupe des ouvriers qui logent sur le site, Gary découvre une petite communauté attachante et singulière. Dont Karole, la femme de Toni : Léa Seydoux incarne avec douceur et aplomb cette femme fatale malgré elle. Cheveux courts, minishort et débardeur cachent à peine un corps sensuel. Désormais, le danger est partout. À l’intérieur de la centrale, où la moindre inattention suffirait à mettre en danger sa santé ou celle de ses camarades ; le long des mobile homes qui la bordent, où le désir peut tout à coup dresser les nouveaux amis les uns contre les autres.

Rebecca Zlotowski excelle dans les scènes de groupe : sorties collectives, repas en commun, hommes au travail. Les formidables « seconds rôles » (Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libéreau, etc.) y trouvent de quoi jouer, et ces moments évoquent le cinéma français d’antan — le Renoir d’avant-guerre, par exemple. Mais jamais l’évidente cinéphilie de Rebecca Zlotowski n’altère les qualités dramatiques de Grand Central, poignante tragédie populaire.

À
GRAND CENTRAL, Rebecca Zlotowski 2013,Tahar Rahim, Léa Seydoux (drame sentimental)@@ (E)
Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni, son superviseur. L'amour ...

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GUERRE ET PAIX, King Vidor 1956, Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassman (saga histoire)@@@


En 1805, à Moscou, les fêtes et les bals se succèdent, bien que la guerre contre Napoléon soit inévitable et imminente. La jeune comtesse Natacha Rostov, une adolescente romanesque, pleine de vie et de charme, grandit au sein d'une famille tendrement unie. Le jeune Pierre Bezoukhov fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et a su gagner l'amitié de Natacha. Au cours d'une de ses visites, il assiste au départ pour l'armée du fils de la famille, Nicolas.

TELERAMA
Au début du XIXᵉ siècle, Napoléon joue l'ogre qui avale l'Europe. Pierre Bezoukhoff cherche un sens à sa vie, et la jeune Natacha Rostova découvre la gravité de l'amour... Si Mel Ferrer et Henry Fonda ne sont pas à la hauteur, Hepburn excelle.

Bien sûr, les maquettes se remarquent, Mel Ferrer est inexistant en prince André et Henry Fonda alourdit Pierre. Mais le romancier est moins trahi que dans la version russe (pontifiante) que Bondartchouk tournera dix ans plus tard. D'abord, parce que le style de King Vidor, lyrique et fougueux, convient parfaitement au livre. Ensuite, parce que le cinéaste réussit deux formidables personnages : Koutouzov (Oscar Homolka), le général rusé qui vient à bout de l'envahisseur français ; et Natacha, symbole de la jeune fille russe, qui passe de la frivolité à la profondeur. Audrey Hepburn l'a si bien incarnée que Bondartchouk engagera, inconsciemment, pour son film, un sosie, bien moins doué (Ludmilla Savelieva). Donc, pour les fans de Tolstoï, même les Russes chauvins, Natacha, c'est Audrey Hepburn...

GUERRE ET PAIX, King Vidor 1956, Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassman (saga histoire)@@@ (E)
En 1805, à Moscou, les fêtes et les bals se succèdent, bien que la guerre contre Napoléon soit inévitable et imminente. La jeune comtesse Natacha Rostov, une adolescente romanesque, pleine de vie et de char ...

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GUNNER, Dimitri Logothetis 2024, Luke Hemsworth, Morgan Freeman (thriller)@


Lee Gunner, vétéran de guerre, part camper avec ses deux fils et leur oncle pour renouer avec eux. Cependant, leur séjour tourne mal lorsqu'ils attirent accidentellement l'attention d'un gang de motards impliqué dans un trafic de drogue. Lorsque ses fils sont capturés par Dobbs, fils du baron de la drogue, Gunner est prêt à tout pour les sauver et s'engage dans une lutte sans merci.

TELERAMA
Adaptation paresseuse, par Pierre ­Morel (Taken), d'un polar superbe de Jean-Patrick Manchette
GUNNER, Dimitri Logothetis 2024, Luke Hemsworth, Morgan Freeman (thriller)@ (E)
Lee Gunner, vétéran de guerre, part camper avec ses deux fils et leur oncle pour renouer avec eux. Cependant, leur séjour tourne mal lorsqu'ils attirent accidentellement l'attention d'un gang de motards impliqué ...

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HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@


Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coûte. Une cancérologue de Villejuif lui propose une solution conforme à son choix. Commencent alors les séances de chimiothérapie, la chute de cheveux et la fatigue. Emma se voit obligée de cesser ses activités. Son frère s'éloigne, effrayé par cette maladie. Simon continue à la soutenir, tant bien que mal. Emma se bat contre la mort, parvient au huitième mois de sa grossesse et accouche par césarienne d'une petite fille, Juliette...

TELERAMA
Alors qu’elle est enceinte, Emma apprend qu’elle a un cancer du sein. Elle décide de garder l’enfant tout en se soigant. Inspiré de sa propre histoire, un film sobre et fort de Sólveig Anspach.

Emma attend un enfant. Elle le voulait. Son compagnon, Simon, pas vraiment. Ils s’engueulent. Peut-être même se quitteraient-ils si Emma, un jour, ne sentait une petite boule dans l’un de ses seins… Ce n’est pas un film qui rassure, non, mais qui assure que l’impossible doit être tenté. Toujours. À un futur papa qui, dans une salle d’attente, prône devant elle les charmes de l’accouchement naturel, Emma, excédée, lance cette formule qui, de toute évidence, se veut la morale du film : « Je remercie la science et j’emmerde la nature. »

On retrouve cette ardeur dans la mise en scène. Venue du documentaire, Sólveig Anspach sait qu’un détail précis en dit plus qu’un long discours. Cette même ardeur, on la retrouve chez Emma, qu’interprète Karin Viard. Ce qu’elle réussit à exprimer, c’est la lente progression de son personnage vers la lumière. Emma la cherche. Et soudain, elle est là, qui l’envahit. Dans la chambre stérile où elle continue à se battre pour sa vie, dans une clarté qui évoque un reflet d’éternité.
HAUT LES COEURS, Solveig Anspach 1998, Karin Viard, Laurent Lucas (sante cancer)@@ (E)
Alors qu'elle attend un bébé, Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Faisant fi de l'avis de son ami, Simon, et des avertissements du chirurgien, elle décide de garder l'enfant, coûte que coû ...

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HEUREUX GAGNANTS, Maxime Govare et Romain Choay 2024, Audrey Lamy, Fabrice Eboué (comique)@


Une chance sur 19 millions. Plus de probabilités d'être frappé par une météorite que de gagner au loto. Pour ces heureux gagnants, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar, et leur vie va voler en éclat dans un spectaculaire feu d'artifices de comédie noire et de sensations fortes.

TELERAMA

Tous vainqueurs de plusieurs millions d’euros, des gagnants du loto voient vite leurs espoirs de vie de rêve se transformer en véritable cauchemar.

Comment gagner au loto... Et tout perdre. Tel est le prétexte d’une collection de mini-contes moraux dont l’énormité gomme hélas la noirceur : du père de famille qui finit absurdement en prison au trio de terroristes que la chance fait, littéralement, exploser, en passant par une bande de gagnants « maudits », cette comédie à sketchs vise un humour grinçant à la Dino Risi, mais se perd dans l’épais fiel de la farce et une surcharge de gags indigestes.
HEUREUX GAGNANTS, Maxime Govare et Romain Choay 2024, Audrey Lamy, Fabrice Eboué (comique)@ (E)
Une chance sur 19 millions. Plus de probabilités d'être frappé par une météorite que de gagner au loto. Pour ces heureux gagnants, le rêve va rapidement se transformer en cauchemar, et leur vie va vol ...

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Michel Lang 1978, Anne Parillaud, Sophie Barjac, Daniel Cecaldi (comique sentimental)


Le grand chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août a lieu, comme chaque année, à l'Hôtel de la Plage de Locquirec, dans le Finistère. Les habitués sont déjà installés : il y a là Euloge Saint-Prix, accompagné de sa femme Cécile et de son petit neveu ; les Guedel, avec leurs deux filles, Catherine et Juliette ; les Belges Odette et Lucien Vermaelen et leurs jumeaux. Durant ces moments de détente, tous, parents, adolescents et enfants, vont en profiter et jouer avec la liberté éphémère des vacances. Le programme est le même chaque année : jeux, discussions et amourettes sans lendemain...
Michel Lang 1978, Anne Parillaud, Sophie Barjac, Daniel Cecaldi (comique sentimental) (E)
Le grand chassé-croisé entre les vacanciers de juillet et d'août a lieu, comme chaque année, à l'Hôtel de la Plage de Locquirec, dans le Finistère. Les habitués sont déjà i ...

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IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn (western)@@


Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Villa. Juan aimerait bien utiliser les talents d'artificier de Sean pour organiser quelques mauvais coups.

TELERAMA
Les coups tordus de deux aventuriers en Amérique du Sud : l’un péon avec famille nombreuse, l’autre patriote irlandais expert en dynamite. Leone signe ici un deuxième volet magistral de son triptyque consacré au continent américain.

Situé entre Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois en Amérique, ce film est le deuxième volet du triptyque consacré par Sergio Leone au dézingage des mythes fondateurs américains. C’est aussi son dernier western. Autant d’éléments qui nous engagent à décrypter le discours caché sous l’épais vernis léonien (gros plans et ralentis pour la forme, ironie et violence pour le fond), qu’on goûte avec plus ou moins d’appétit selon qu’on est ancien ou moderne.

Mexique, 1913. Alors que le pays subit une sanglante révolution, un péon détrousseur de diligences et un expert en explosifs de l’IRA associent leurs talents. Objectif : profiter de la confusion générale pour s’en mettre plein les poches. La citation de Mao Zedong en ouverture annonce la couleur : « La révolution n’est pas une fête. La révolution est un acte de violence. » Message à tous ceux qui, à l’époque, lèvent le poing dans leur salon. Le titre original n’a pas l’emphase du titre français – il signifie simplement « Baisse la tête ». En attendant que ça passe.
IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION, Sergio Leone 1971, James Coburn (western)@@ (E)
Mexique, 1913. Juan Miranda, ancien paysan devenu une crapule spécialisée dans l'attaque des diligences, fait la connaissance de Sean Mallory, un Irlandais venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Vil ...

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IL FAUT TUER BRIGITTE HAAS, LaurentHeynemann 1981, Philippe Noiret, Jean Rochefort (thriller)@@


Athanase et Charles-Philippe sont membres d'une agence secrète de la police française luttant contre le terrorisme international. Leur cible est Birgit Haas, qui vit à Munich sous un pseudonyme. Conscients que la situation politique actuelle est trop délicate pour un assassinat pur et simple, ils élaborent un plan compliqué. Quelqu'un doit se rendre en Allemagne, entamer une relation sexuelle avec Birgit, puis la tuer dans un "crime passionnel".

TELERAMA
Ex-terroriste, Birgitt Haas gêne encore les services secrets allemands. Adaptant un solide roman de Guy Teisseire, Heynemann a un peu enjolivé les choses. Mais son film d’espionnage tient parfaitement la route.

Les films d’espionnage, ça pousse un peu partout aujourd’hui. En 1980, il fallait se lever de bonne heure pour en trouver en France. Un peu oublié mais plus singulier que son frère cadet, Espion, lève-toi d’Yves Boisset, ce film de Laurent Heynemann combine étroitement espionnage, terrorisme et rencontre amoureuse.

Ayant adapté un roman de Guy Teisseire (qui fut critique de cinéma à France-Soir), le réalisateur en a expurgé la part tragique tout en gardant un fond de noirceur. En contrepartie de renseignements, les services secrets allemands demandent à un groupe du contre-espionnage français de liquider une ex-terroriste de la Fraction armée rouge encore gênante, en maquillant sa mort en crime passionnel. Que ce soit l’espion en chef (Noiret), le gogo piégé (Rochefort, formidable en homme défait, rendu miteux par le chagrin) ou la membre de la lutte armée, tous ici semblent partager en secret un désenchantement, une lassitude tenace.

Le plus du film, c’est sans doute Lisa Kreuzer, réduite au rôle de passante dans les premiers Wenders (Alice dans les villes, Au fil du temps…) et qui prend ici sa revanche à travers une figure cousine d’Ulrike Meinhof, indépendante et errante, toujours combattante même si elle est sur le point de déposer les armes. Birgitt (inédite orthographe, amalgame possible de « Birgit » et de « Brigitte ») Haas, c’est assez rare pour le souligner, fait le premier pas, en toute chose, mais en conquérante fragile, mélancolique. Le français orné d’accent tudesque de l’actrice et son léger strabisme (à la Kate Moss) participent à sa séduction. À noter enfin : la présence fugitive d’André Wilms, compagnon de route (et de déroute) de l’héroïne.
IL FAUT TUER BRIGITTE HAAS, LaurentHeynemann 1981, Philippe Noiret, Jean Rochefort (thriller)@@ (E)
Athanase et Charles-Philippe sont membres d'une agence secrète de la police française luttant contre le terrorisme international. Leur cible est Birgit Haas, qui vit à Munich sous un pseudonyme. Conscients que la situat ...

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IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@


Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son neveu, Van Buck veut lui faire épouser Cécile, la jeune fille de la baronne de Mantes...

TELERAMA
Un débauché romantique fait le pari de séduire une demoiselle noble en moins de deux jours. Adaptation académique de Musset. Jean Dujardin fait des cabrioles mais peine à donner du charme à son personnage.

1830. Pour parfaire son image de marque, le riche drapier Van Buck marie son neveu Valentin à une jeune fille noble. Mais ledit neveu regimbe : noceur éperdu, désabusé, il fait de son consentement l’enjeu d’un pari. Cette luxueuse (et libre) adaptation de l’œuvre d’Alfred de Musset peine, de rodomontades en cavalcades académiques, de gags approximatifs en envolées maladroites, à trouver son rythme. Plus boute-en-train qu’oiseau de nuit, Jean Dujardin, semble déplacé dans son rôle de débauché romantique, aux côtés d’un Gérard Jugnot plus à l’aise, lui, en grippe-sou « de Funesque ».
IL NE FAUT JURER DE RIEN, Eric Civanyan 2004, Gérard Jugnot, Jean Dujardin, Melanie Doutey (comique)@ (E)
Paris, juillet 1830. Valentin se perd dans l'alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle Van Buck ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Irrité par les extravagances de son n ...

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IL TRADUTTORE, Massimo Natale 2016, Claudia Guerini, Kamil Kula (film e)


Andrei, un étudiant roumain, cumule les petits boulots pour obtenir un permis de séjour pour sa petite amie. Son professeur le met en contact avec une veuve qui cherche de l'aide pour traduire le journal intime de son défunt mari, lui ouvrant ainsi les portes d'un nouveau monde.
IL TRADUTTORE, Massimo Natale 2016, Claudia Guerini, Kamil Kula (film e) (E)
Andrei, un étudiant roumain, cumule les petits boulots pour obtenir un permis de séjour pour sa petite amie. Son professeur le met en contact avec une veuve qui cherche de l'aide pour traduire le journal intime de son dé ...

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ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@


Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa protectrice des arts. Rapidement livré à lui-même dans cette ville fabuleuse, le jeune homme va découvrir les coulisses de ce monde voué à la loi du profit et du faux-semblant.

TELERAMA
L’ascension et la chute de Lucien de Rubempré, petit poète venu tenter sa chance à Paris. Avec cette adaptation de l’œuvre phare de Balzac la comedie humaine, Xavier Giannoli tend un miroir grimaçant à notre époque.

Dépoussiérer l’une des œuvres phares de Balzac, récit de l’ascension et de la chute du célèbre Lucien de Rubempré, petit poète d’Angoulême venu chercher la gloire à Paris, a-t-il un sens aujourd’hui ? Trois fois oui. Car ces Illusions perdues évitent la rigidité du « film en costumes », à coups de choix radicaux. Le réalisateur supprime des pans entiers de l’histoire, et opte pour le côté sombre de l’œuvre.

Xavier Giannoli met en scène, avec une évidente jubilation, la corruption exercée par la capitale sur l’idéalisme naïf de Lucien. Propulsé dans le quartier des « grisettes », ces femmes qui vendent leur corps, le jeune homme découvre le monde crapoteux d’une presse prompte, elle, à vendre son âme.

Comme un miroir tendu
D’un classicisme élégant, la réalisation tranche avec l’outrance délibérée du propos. La saga ne manque ni de souffle romanesque ni d’ambition historique pour évoquer les fondements du capitalisme moderne sous la Restauration, époque où la culture devient un bien marchand, où la politique s’allie au monde des affaires, où la presse, désormais guidée par le profit, commence à fabriquer l’opinion. Le cinéaste tend ainsi — de manière un peu didactique mais passionnante — un miroir à notre époque, en remontant aux origines des fake news, de la société de la communication, du buzz et de la polémique.

Ce roman d’initiation acerbe, aux multiples niveaux de lecture, pourrait transpirer l’aigreur. Au contraire, Giannoli, à la façon d’un caricaturiste inspiré, lui insuffle une vitalité réjouissante, à travers des tableaux vifs et entraînants, et grâce à une impressionnante troupe d’acteurs.
ILLUSIONS PERDUES, avier Giannoli 2021, Cecile de France, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Gerard Depardieu (thriller histoire)@@ (E)
Lucien est un jeune poète inconnu dans la France du XIXe siècle. Il nourrit de grands espoirs et veut forger son destin. Il quitte l'imprimerie familiale de sa province natale pour tenter sa chance à Paris au bras de sa ...

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ILS SONT VIVANTS, Jérémie Elkaïm 2021, Marina Foïs, Seear Kohi (sentimental)@@


Veuve depuis peu, Béatrice vit avec son fils et sa mère. Sa rencontre avec Mokhtar, enseignant iranien arrivé clandestinement en Europe, va bouleverser son quotidien et ses convictions. Par amour pour lui, elle va devoir défier les préjugés de son entourage et les lois de son pays.

TELERAMA
Jérémie Elkaïm livre un drame politique et passionnel vibrant de vérité et de sensualité, porté par une formidable Marina Foïs.

Malgré ses pulls en angora rose ou à motifs de colombes, Béatrice n’a rien d’une femme douce. Loin de s’attendrir sur le malheur des autres, cette veuve depuis peu d’un policier de tendance extrême droite tient les mêmes propos racistes que tous ses proches. Une nuit, au sortir d’un hôpital de Calais où elle travaille comme aide-soignante dans un service de gériatrie, elle est accostée par un jeune migrant perdu loin de la Jungle. Elle accepte à contrecœur de l’y raccompagner. Dès le lendemain, la voilà en train de donner les vêtements de son mari aux bénévoles du camp, mais en maugréant : « Je torche des vieux toutes les nuits, ce n’est pas pour aider des Noirs et des Arabes dans la journée. » Et pourtant, Béatrice revient, comme ennivrée par ce monde inconnu de misère et d’entraide. Ce monde empli de drames, mais si vivant. Sa rencontre avec Mokhtar, clandestin iranien décidé à passer à Angleterre, va la mener très loin, bouleversant son corps et ses préjugés...

Un drame passionnel lumineux
Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Jérémie Elkaïm adapte le livre témoignage de Béatrice Huret, Calais, mon amour, et en tire ce film, d’une force et d’un réalisme impressionnants sur une révélation charnelle. On sent la patte de son coscénariste Gilles Marchand (coauteur, entre autres, de Seules les bêtes, de Dominik Moll) dans le refus du moindre angélisme et la précision politique d’un scénario où la sensualité devient une porte d’accès vers l’altruisme : Béatrice s’émancipe peu à peu de son milieu, mais elle cherche aussi à le changer, par amour pour l’homme qui la révèle à elle-même.

Si le film met l’idéologie au cœur du quotidien dans des scènes de famille et de repas, toutes crédibles, Ils sont vivants est avant tout un drame passionnel lumineux. Jérémie Elkaïm impressionne avec des séquences d’amour physique qu’il axe, dans un mélange rare d’audace et d’élégance, sur le plaisir féminin. Et sur le langage. Béatrice et Mokhtar ne parlent pas la même langue ? Le réalisateur les filme, magnifique idée, en train de communiquer par le biais d’une application de traduction simultanée sur téléphone portable ou écran d’ordinateur projeté au-dessus de leur couche d’amants. Pour porter cette histoire d’un engagement au-delà de toutes les frontières, il fallait le corps d’une grande actrice. Visage buté, muscles tendus dans le plaisir comme le combat pour la liberté de cet autre tant aimé, Marina Foïs compose une Béatrice complexe, jamais mièvre, surprise et presque rétive devant sa propre métamorphose. L’incarnation parfaite d’une femme dure qui devient forte.
ILS SONT VIVANTS, Jérémie Elkaïm 2021, Marina Foïs, Seear Kohi (sentimental)@@ (E)
Veuve depuis peu, Béatrice vit avec son fils et sa mère. Sa rencontre avec Mokhtar, enseignant iranien arrivé clandestinement en Europe, va bouleverser son quotidien et ses convictions. Par amour pour lui, elle va devoi ...

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INCROYABLE MAIS VRAI, Quentin Dupieux 2022, Alain Chabat, Lea Drucker, Benoit Magimel (comique burlesque)@@


La nouvelle maison des époux Alain et Marie, située en banlieue parisienne, est assortie d'un remarquable bonus. Quiconque descend dans un trou de la cave avance de douze heures dans le temps, tout en rajeunissant de trois jours. C'est surtout Marie qui profite de cette chance inespérée. Mais il y a aussi le patron d'Alain qui, au cours d'un repas, révèle qu'il s'est fait installer un pénis à commande électronique.

TELERAMA
Quentin Dupieux étonne avec ce conte moral et surnaturel, certes délirant comme à son habitude, mais teinté d’une mélancolie et d’une sagesse neuves chez lui. Interprétation géniale.

Depuis qu’il tourne, plus vite que son ombre, on pourrait classer les films de Quentin Dupieux, le zozo iconoclaste du cinéma français, dans deux zones comiques parallèles. Le récent Mandibules (2021) et le prochain Fumer fait tousser, dont l’idiotie futuriste a réjoui le Festival de Cannes, appartiennent à une veine farceuse et tendrement dégénérée. Incroyable mais vrai, lui, s’inscrit dans la lignée philosophique et inquiétante du Daim (2019) et de Réalité (2014) — avec, déjà, Alain Chabat.

Comment raconter ce nouveau voyage en absurdie sans trop en révéler ? Dans une atmosphère délicatement étrange où le présent semble nimbé d’un filtre des années 1980, Alain (Chabat, donc) et Marie (Léa Drucker) deviennent propriétaires d’une maison moderne un peu datée et défraîchie. L’agent immobilier a su les convaincre en leur révélant la valeur ajoutée du lieu : une trappe dans la cave, avec un conduit qui va « changer leur vie ». Et très vite, entre la chambre et la cave, se creuse un gouffre spatio-temporel entre les époux. Car Alain, petit assureur qui aimerait juste ne plus être harcelé par un gros client, se montre peu pressé d’emprunter le tunnel surnaturel. La nuit, il dort. Marie, en revanche, s’y engouffre chaque soir. Elle y retourne sans cesse, plus que de raison…

Après le blouson du Daim, qui rendait dingue Jean Dujardin, c’est donc au tour d’une trappe de faire glisser Léa Drucker, parfaite, vers la folie. Mais ce n’est pas tout : lors d’un dîner — un sommet de comique où le plus insolite s’exprime en termes anodins —, Gérard, le patron d’Alain, confie fièrement au couple s’être fait greffer un… pénis électronique. Ce que confirme avec naturel la petite amie de Gérard. Anaïs Demoustier, déjà hilarante dans Au poste !, brille cette fois en blonde décomplexée et un brin écervelée. Quant à Benoît Magimel, nouveau venu dans la galaxie Dupieux, il est génial en mâle triomphant, à la pointe du progrès, mais aussi du pathétique.

Le tour de force de ce film aussi concis qu’un haïku ? Dépeindre l’ordinaire de deux obsessions vieilles comme l’humanité — la jeunesse éternelle, la virilité —, sans oublier leurs corollaires que sont la peur de ne plus séduire et l’usure du couple, à travers deux situations extraordinaires et dangereuses. En résulte un conte moral, certes loufoque, mais d’une sagesse mélancolique qu’on ne connaissait pas encore chez Quentin Dupieux. Même son habituel sens de l’épure vire, grâce à une photographie d’une beauté pointilliste, à une ode à la nature, seul remède aux frustrations et au temps qui passe. Alain Chabat, superbement serein, crinière blanche au bord de l’eau qui miroite : on n’oubliera pas la dernière image de ce film avec lequel, incroyable mais vrai, Dupieux, l’éternel adolescent, est devenu grand.
INCROYABLE MAIS VRAI, Quentin Dupieux 2022, Alain Chabat, Lea Drucker, Benoit Magimel (comique burlesque)@@ (E)
La nouvelle maison des époux Alain et Marie, située en banlieue parisienne, est assortie d'un remarquable bonus. Quiconque descend dans un trou de la cave avance de douze heures dans le temps, tout en rajeunissant de trois jou ...

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INES ET IVAN, L AMOUR SUR UN FIL, Alexandre Castagnetti 2024, Shemss Audat, Bruno Debrandt (drame social)@@


Inès quitte Paris et s'installe chez sa sœur dans le Morbihan. Elle accepte un emploi d'hôtesse d'accueil à Armor Filatures. Sur place, on la prend pour Lina Bouchareb, nouvelle DG envoyée par le groupe qui vient de racheter la boîte pour la restructurer. Inès profite du malentendu pour empocher un mois de salaire.

TELERAMA
Mélanger deux genres n’est jamais chose aisée. Mi-comédie romantique, mi-conte social, ce téléfilm hésite trop pour vraiment convaincre.

Le Covid a eu raison des ambitions entrepreneuriales d’Inès (Shemss Audat). Fauchée, la jeune femme s’installe chez sa sœur en Charente et accepte un poste d’hôtesse d’accueil. Mais lorsqu’elle se présente, on la prend pour la nouvelle DG chargée de restructurer l’entreprise créée par Yvan. Une comédie d’imposture dans le monde du travail ? Un schéma qui rappelle Working Girl. Mais là où le film de Mike Nichols assumait l’amour et l’humour en poussant tous les curseurs jusqu’à friser le burlesque dans certaines scènes d’anthologie, cette fiction ne choisit jamais vraiment entre le conte social et la romance. Un « ni ni » certes sympathique mais bien trop sage.
INES ET IVAN, L AMOUR SUR UN FIL, Alexandre Castagnetti 2024, Shemss Audat, Bruno Debrandt (drame social)@@ (E)
Inès quitte Paris et s'installe chez sa sœur dans le Morbihan. Elle accepte un emploi d'hôtesse d'accueil à Armor Filatures. Sur place, on la prend pour Lina Bouchareb, nouvelle DG envoyée par le groupe qui ...

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J IRAI MOURIR DANS LES CARPATES, Antoine de Maximy 2020 (thriller road movie)@@


Alors qu'il réalisait un nouvel épisode de "J'irai dormir chez vous" dans les Carpates, Antoine de Maximy est porté disparu. Sa voiture a été emportée par une rivière et on n'a pas retrouvé le corps du globe-trotteur. Agnès, la monteuse de la série, décide de terminer ce dernier épisode avec le matériel qui a été récupéré sur place. Ce qu'elle voit ne la rassure pas car la population semble un peu hostile vis-à-vis de son ami. Mais alors qu'elle s'attaque au montage, des détails l'intriguent. Elle est persuadée qu'Antoine est encore vivant. Elle décide de se rendre sur place avec Laurent, le policier chargé de l'enquête...

TELERAMA
Antoine de Maximy met en scène sa propre mort (accidentelle ?) sur une route des Carpates, alors qu’il tourne un épisode de “J’irai dormir chez vous”. Une première fiction qui lui ressemble…

Le routard de la télévision Antoine de Maximy met en scène sa propre mort sur une route des Carpates. Dans une revue de psychologie, on écrirait que le plus célèbre SDF de France exprime ainsi son désir secret d’en finir avec une fameuse émission, J’irai dormir chez vous, qui l’oblige à quémander le gîte et le couvert à Pétaouchnok depuis… seize ans déjà. Cette première fiction lui ressemble : des maladresses, un premier degré désarmant, une empathie joviale. Qui, finalement, emporte le morceau.


J IRAI MOURIR DANS LES CARPATES, Antoine de Maximy 2020 (thriller road movie)@@ (E)
Alors qu'il réalisait un nouvel épisode de "J'irai dormir chez vous" dans les Carpates, Antoine de Maximy est porté disparu. Sa voiture a été emportée par une rivière et on n'a pas ...

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JAMAIS SEUL, Klaus Härö 2026 (guerre histoire)


Lors de la Seconde Guerre mondiale en Finlande, Abraham Stiller, un notable de confession juive, échoue à sauver les membres de sa communauté de la déportation. Inspiré de faits réels, un éclairage poignant sur un épisode méconnu de la période.

TELERAMA
Helsinki, en 1972. Une journaliste qui enquête sur le sort réservé aux juifs en Finlande pendant la Seconde Guerre mondiale part à Tel-Aviv recueillir le témoignage d'Abraham Stiller. D'abord réticent, le vieil homme consent à replonger dans ses douloureux souvenirs à partir de 1938. Commerçant prospère et influent, il est alors convaincu que la Finlande, malgré sa discrète coopération avec l'Allemagne nazie, va protéger sa communauté. Aussi, quand son employée Janka Kollmann et son mari Georg, juifs réfugiés d'Autriche, lui font part de leur désir de fuir vers la Suède, Abraham les en dissuade, leur assurant que leurs craintes ne sont pas fondées. Il se trompe. Il met alors tout en oeuvre pour les sauver de la déportation...
JAMAIS SEUL, Klaus Härö 2026 (guerre histoire) (E)
Lors de la Seconde Guerre mondiale en Finlande, Abraham Stiller, un notable de confession juive, échoue à sauver les membres de sa communauté de la déportation. Inspiré de faits réels, un écl ...

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JANE, Julian Jarrold 2007, Anne Hathaway, Maggie Smith, Julie Walter (biopic)@


Angleterre, 1795. La jeune Jane Austen habite une modeste demeure de l'Hampshire avec ses parents, dont la situation financière est des plus délicates. Sa mère aimerait d'ailleurs la voir épouser Wisley, qui, en tant que futur héritier de Lady Gresham, pourrait lui assurer un avenir confortable. Jane, elle, rêve de vivre de sa passion, l'écriture, et n'envisage de se marier que par amour.

TELERAMA
La vie et les amours (plus ou moins authentiques) de la romancière Jane Austen, à l’orée du XIXe siècle. De jolis costumes et de jolis plans sur la campagne anglaise. L’ironique auteur d’“Orgueil et préjugés” méritait sans doute mieux.

Pas un illustre personnage qui échappe à sa bio sur grand écran. Si d’aventure, vissé(e) à ses manuscrits, il ou elle a vécu une existence trop pépère, on se charge de la pimenter. Ainsi pour Jane Austen, demoiselle de bonne famille, jolie (d’après le seul portrait connu), espiègle et avisée, vivant dans l’Angleterre prévictorienne, et surtout auteur de quelques romans majeurs (entre autres, Orgueil et préjugés et Raison et sentiments, récits de mariage baignés d’acide ironie). Au cinéma, tout cela offre une tranquille garantie de succès : beaux costumes et campagne verdoyante, plus la frimousse d’une actrice qui monte (ici Anne Le diable s’habille en Prada Hathaway).

Seul hic : la belle Jane, si douée pour caser ses héroïnes, ne s’est, elle, jamais mariée, jamais liée. Rien, nada, ceinture. Qu’importe, le film dégote l’indispensable soupirant caché : un certain Tom Lefroy, avec lequel Jane Austen a partagé quelques danses aux alentours de Noël 1795. Dans le film, cette vague rencontre se mue en passion contrariée. Seul le supposé amoureux, que joue le magnétique James McAvoy (remarqué dans Le Dernier Roi d’Ecosse), apporte un peu d’air frais dans la bonbonnière. Parce que transformer la vie de Jane en roman d’Austen n’est pas à la portée de n’importe qui : la copie n’a ni le talent caustique ni la finesse d’évocation de l’original.
JANE, Julian Jarrold 2007, Anne Hathaway, Maggie Smith, Julie Walter (biopic)@ (E)
Angleterre, 1795. La jeune Jane Austen habite une modeste demeure de l'Hampshire avec ses parents, dont la situation financière est des plus délicates. Sa mère aimerait d'ailleurs la voir épouser Wisley, qui, en ...

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JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy


Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, décide de se lancer dans une course à la vengeance contre tous ceux qui lui ont fait du tort. Au cours de son épopée, la justicière des faubourgs, qui tranche dans le vif pour redresser les torts, est rejointe par Linda, une gentille femme de ménage.

TELERAMA
Un road-movie au casting foisonnant, où l’équipe de Groland croise Laure Calamy ou Raphaël Quenard.
Poussée à la porte de l’Ehpad dont elle n’arrivait plus à assumer le coût après la mort de son fils, Émilie (Yolande Moreau) décide, à 70 ans passés, de tailler la route. Et d’aller prendre sa revanche sur ceux qui, depuis l’enfance et en divers endroits de sa vie, l’ont humiliée. Elle rallie bientôt à sa cause Lynda (Laure Calamy), une aide-soignante soucieuse, elle aussi, de laver quelques-uns des affronts dont elle a été l’objet.

Seul à l’écriture comme à la réalisation, Gustave Kervern — déjà coauteur, avec Benoît Delépine, de l’itinérant et motorisé Mammuth (2010) — signe un convaincant road-movie féministe aux allures de Thelma et Louise de la France périphérique.

Sous l’égide d’Arte, un peu de « l’esprit Canal » renaît dans ce téléfilm porté par de nombreux guests, où la bande de Groland (Francis Kuntz et Kervern lui-même) croise celle des Deschiens (Moreau, Philippe Duquesne, Olivier Saladin). Anna Mouglalis et Raphaël Quenard composent, eux, un duo de flics bons comme du bon pain, voués à redresser les torts sans jamais coup férir ni flingue dégainer (ou presque). Gustave Kervern est un peu à leur image. Un Don Quichotte mélancolique à la combativité douce, qui continue de croire, en dépit de l’âpreté de la réalité sociale dans laquelle, film après film, s’enracine son travail, au pouvoir qu’a la fiction de transformer le réel. De le réparer.
JE NE ME LAISSE PLUS FAIRE, Gustave Kervern 2024, Yolande Moreau, Laure Calamy (E)
Confrontée à la perspective d'être expulsée de sa maison de retraite après la mort de son fils et unique soutien de famille, Émilie, septuagénaire rebelle à la vie mouvementée, d ...

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JEAN-PHILIPPE, Laurent Tuel 2006, Fabrice Luchini, Johnny Halliday (musical bio)@


Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas. Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star.

TELERAMA
Johnny Hallyday ? Connais pas. » Du jour au lendemain, Fabrice se retrouve propulsé dans un monde où son héros, son dieu, Johnny, n'a jamais connu la célé­brité. Il est resté Jean-Philippe Smet. Bref, un cauchemar pour le fan privé de sa raison d'être. Dès lors, Fabrice n'aura de cesse de persuader Jean-Philippe, patron de bowling en banlieue, de devenir celui que l'on sait. Drôle d'idée, idée très drôle : prenez une vraie star, une institution même, et inventez-lui une biographie parallèle. Vous obtiendrez une comédie maligne qui explore, mine de rien, quelques aspects de la célébrité.
Le public, d'abord, sans lequel les idoles ne seraient que des « Jean-Philippe » comme les autres. Laurent Tuel (Un jeu d'enfants) insiste sur le fétichisme de Fabrice : collectionnite aiguë et vieux tubes en boucle pour remplir le vide de sa vie. Puis, à travers ses mésaventures ultérieures, le film décortique les mécanismes de la passion, dont l'objet s'avère interchangeable. Ainsi Fabrice découvre-t-il que, dans le monde où Johnny n'existe pas, il collectionne passionnément... les bouteilles de bière.
Avec Luchini, Johnny Hallyday forme un couple de comédie réjouissant : l'un, fébrile, joue à la perfection les monomaniaques ruisselants d'amour, en particulier quand il enseigne à l'idole ses propres chansons. L'autre se laisse aduler, mi-passif, mi-dubitatif. Chacune des références au « vrai » Johnny produit sur le spectateur un effet de connivence et de désorientation mêlées. Bourré de clins d'oeil, le film tient le rythme, malgré un happy end un peu bâclé.
Cécile Mury
JEAN-PHILIPPE, Laurent Tuel 2006, Fabrice Luchini, Johnny Halliday (musical bio)@ (E)
Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'exist ...

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JOKER, Todd Phillips 2019, Joaquin Phoenix, Robert De Niro (drame social)@@


Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il rêve de devenir humoriste et de triompher à la télévision dans le show d'un présentateur populaire, le grand Murray Franklin, qu'il regarde tous les soirs. En attendant, il fait le clown dans des hospices pour enfants ou dans la rue, en homme-sandwich assez remuant. Après s'être fait tabasser dans une ruelle par une bande de voyous qui lui avaient arraché son panneau publicitaire, un de ses collègues clown lui offre un revolver...
Arthur Fleck, comédien raté, rencontre des voyous violents en errant dans les rues de Gotham City déguisé en clown. Méprisé par la société, Fleck s'enfonce peu à peu dans la démence et devient le génie criminel connu sous le nom de Joker, un dangereux tueur psychotique.

TELERAMA
Cette biographie au réalisme brutal de Joker est une satire grinçante du “trumpisme”, avec Joaquin Phoenix en super vilain psychotique. Lion d’or du meilleur film en 2019 à Venise, il divise nos critiques.

POUR : La satire rageuse d’un monde malade
Collé à l’asphalte, Joker plonge le spectateur dans un Gotham City qui ressemble comme deux gouttes d’eau au New York de la fin des années 1970. Arthur y vit avec sa mère souffreteuse. Lui-même est frappé d’un dérèglement psychique, qui provoque chez lui des rires incontrôlables. Il rêve d’être une star du stand-up, mais fait l’homme-sandwich dans la rue entre des numéros pour les enfants à l’hôpital. Todd Phillips (Very Bad Trip) réussit à déplacer son sens de la bouffonnerie vers une œuvre noire, dont le nihilisme résonne avec bien des contestations rageuses émaillant l’actualité. La violence et les humiliations subies par l’humoriste raté se retournent en parade criminelle, festive, baroque, où Arthur devient l’emblème involontaire d’un embrasement général. Et cette noirceur n’est pas vertueuse : elle reste jusqu’au bout liée à l’outrance, au ricanement, à la caricature — le film lui-même s’assume souvent comme un pastiche de La Valse des pantins, de Martin Scorsese (1983)… Le rire de Joaquin Phoenix (oscarisé pour ce rôle) évoque le mal psychosomatique d’une société folle, où l’oppression par les nantis et la farce médiatique ne font plus qu’un. — Jacques Morice

CONTRE : Psychanalyse de comptoir pour pseudo film d’auteur
Avec une incontestable science du marketing, les studios Warner et DC Comics ont concocté un nouveau type de produit dérivé pour la marque Batman, qui fêtait ses 80 ans, en 2019 : le néo-film d’auteur, destiné aux plus adultes des fans du superhéros. D’où le vernis chic des nombreux emprunts à Scorsese et la prétention à l’étude de cas psychiatrique. L’emballage auteuriste a fait illusion au-delà des espérances hollywoodiennes, avec le gain du Lion d’or à Venise, et il y a de quoi s’en étonner : le film empile très lourdement les gages de gravité, société malade, monde sans pitié, douleur colossale. Tantôt aphasique, tantôt éloquent, selon les besoins des scénaristes, le méchant réactualisé sonne faux. Et s’il est fou à lier, c’est bien sûr la faute de sa mère. Les femmes portent toujours le chapeau dans ces univers de vieux petits garçons. — Louis Guichard

JOKER, Todd Phillips 2019, Joaquin Phoenix, Robert De Niro (drame social)@@ (E)
Arthur Fleck vit seul avec sa mère malade dans une cité sordide de Gotham City. Atteint d'une maladie neurologique qui provoque des crises de rire, il peine à distinguer la réalité de ses fantasmes. Il r&e ...

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JUGE COUPABLE, Clint Eastwood 1999, Clint Eastwood, Diane Venora (thriller)@@


Cabochard, amateur de femmes et de boissons fortes, Steve Everett, grand reporter qui avoue son penchant immodéré pour les sujets chocs, finit par se faire licencier du New York Time. Il échoue sur la côte Ouest à l'Oakland Tribune. Il est chargé de reprendre une enquête interrompue après la mort accidentelle d'une jeune collègue. Cette dernière était chargée de couvrir l'exécution d'un criminel noir, Frank Beechum, qui est condamné pour le meurtre d'une caissière.

TELERAMA
Un condamné à mort et un journaliste usé et porté sur le bourbon pour le sauver. Intrigue pas neuve, suspense nonchalant… Quel intérêt trouver alors à ce petit thriller ? Justement, qu’Eastwood prenne élégamment son temps.

Un homme va mourir, un autre enquête pour le sauver. Schéma typique de thriller, en général créateur de suspense. L'enquête, c'est ici ce qu'il y a de moins intéressant. On a le sentiment qu'Eastwood fait son film « contre » l'intrigue. Steve Everett cherche à peine. Du coup, il reste du temps. La mise en scène dilate des séquences sans raison. D'action, il n'y en a pas, ou si peu. La plus spectaculaire a lieu au zoo, au cours d'une visite aussi rapide que celle du Louvre dans Bande à part, de Godard.

Eastwood ne se prive pas d'éreinter la presse, de railler la religion et de pointer l'indifférence vis-à-vis des laissés-pour-compte. Tout cela sans rien asséner. Malgré une course contre la montre finale un peu trop conforme aux lois du genre, on garde en mémoire le portrait d'un homme infantile et largué qui livre sa dernière croisade.
JUGE COUPABLE, Clint Eastwood 1999, Clint Eastwood, Diane Venora (thriller)@@ (E)
Cabochard, amateur de femmes et de boissons fortes, Steve Everett, grand reporter qui avoue son penchant immodéré pour les sujets chocs, finit par se faire licencier du New York Time. Il échoue sur la côte Ouest & ...

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JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@


Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femmes. C'est alors qu'ils rencontrent Catherine, dont ils tombent tous les deux amoureux. Mais c'est Jules que Catherine choisit...

TELERAMA
Jules et Jim, l’Allemand et le Français, sont amis. Catherine est la maîtresse, la confidente… Truffaut signe une mise en scène éblouissante et un hymne à Jeanne Moreau, héroïne moderne et poignante.

Dans « Jules et Jim », Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre forment un triangle amoureux. Films du Carrosse

Lorsqu'il cita pour la première fois le roman Jules et Jim dans l'une de ses critiques de la revue Arts, François Truffaut n'avait pas réalisé de film. Il se fit la promesse de commencer sa carrière de cinéaste en adaptant cet extraordinaire livre d'Henri-Pierre Roché, un vieil inconnu de 76 ans.

Même si Truffaut retarda le projet, Jules et Jim fête le passage d'un homme de mots vers un monde d'images : c'est un hymne au plaisir d'« entrer en cinéma ». Tout en gardant un ton très littéraire, il met en scène la rage d'aimer, à travers des scènes purement visuelles. A la lecture du livre, le cinéaste fut « frappé par le caractère scabreux des situations et la pureté de l'ensemble ». Son film réussit le même tour de force. Il évoque la discipline fervente d'une femme libre, décidée à « inventer l'amour ». Jeanne Moreau mord à pleines dents dans ce rôle d'égérie grave et gourmande. Cachée derrière le titre doublement masculin, elle est le pilier central de cet éblouissant chef-d'œuvre.
JULES ET JIM, Francois Truffaut 1962, Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre(sentimental)@@@@ (E)
Paris, 1907. Jules, étudiant allemand, et Jim, étudiant français, font connaissance. Ils sont bientôt liés par une amitié profonde. Ils partagent les mêmes goûts en matière de femm ...

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JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@


Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais très compréhensive, pour finalement travailler dans une librairie. C'est une jeune femme sympathique, alerte, qui refuse d'avoir des enfants et la routine. Elle fréquente Aksel, un dessinateur à succès de 45 ans qui aimerait devenir parent avec elle. Julie rencontre Eivind, son futur amant lors d'une soirée de mariage alcoolisé où elle s'est incrustée sans connaître personne. Elle quitte Aksel pour Eivind, en espérant une fois de plus de donner un nouveau sens à sa vie...

TELERAMA
Les joies, les lubies et les amours d’une trentenaire aussi solaire que mélancolique. Une comédie romantique et poétique, qui ne manque pas de mordant. Avec la révélation Renate Reinsve, lauréate du prix d’interprétation féminine en 2021 à Cannes.

Allant et grâce poétique. Ce sont les qualités premières de cette comédie romantique et littéraire. La Julie du titre est dépeinte à travers douze chapitres, comme dans un roman. Douze moments qui englobent plusieurs années de son existence, autour de la trentaine. Dans le prologue, on apprend que la demoiselle était dans sa jeunesse une étudiante brillante, qui a suivi des études de médecine puis, insatisfaite, a changé de branche, en voulant devenir psychologue. Avant de changer à nouveau pour se lancer dans la photographie. Une pointe d’ironie filtre, laissant deviner une touche-à-tout qui papillonne, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut.

C’est à la fois vrai et faux. Les facettes de Julie sont multiples. Joachim Trier fait d’elle un portrait psychologique et sentimental subtil, à travers son travail, ses liens de famille et surtout deux histoires d’amour successives. Le film est parfois mordant, proche de la satire sociologique. Mais il s’attache surtout à explorer la vie intérieure de Julie. Un être de contradictions. Qui brave la pression sociale l’astreignant à être mère mais peine à s’accomplir. Qui a du talent dans l’écriture mais renonce à le capitaliser. Un personnage solaire et mélancolique, indissociable de Renate Reinsve, révélation pleine de sensualité, Prix d’interprétation à Cannes, qu’on ne se lasse pas de suivre dans ses déambulations, à travers le temps et la ville aérée d’Oslo.

Captivant et fluide, Julie (en 12 chapitres) bascule dans son dernier tiers, offrant soudain une partition plus grave. Joachim Trier se refuse pourtant à toute noirceur, préférant se tourner du côté d’une sagesse qui n’a rien de mièvre. Bien malin qui peut dire à la fin si le trajet de Julie aboutit à une forme de gâchis. Ou à l’épanouissement discret et neuf d’un dandysme au féminin.
JULIE EN 12 chapitres, Joachim Trier 2021, Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie (comique sentimental)@@ (E)
Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s'essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais ...

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JUSQU ICI TOUT VA BIEN, Mohamed Hamidi 2019, Gilles Lellouche (comique social)@@


Une boîte de com parisienne, contrainte de déménager en Seine-Saint-Denis. Quelques stéréotypes, mais de vrais moments de comédie, où Mohamed Hamidi (“La Vache”) réussit à aborder avec le sourire les problèmes économiques des quartiers populaires.

TELERAMA
Comment s’intégrer dans le 9-3, quand on travaille dans une boîte de com des beaux quartiers parisiens ? Les employés d’une boîte de com parisienne suivraient leur boss « au bout du monde ». Ou presque. À l’idée de franchir le périph pour aller s’installer à La Courneuve, l’enthousiasme s’émousse. C’est pourtant la seule option qui s’offre à leur patron (Gilles Lellouche) pour échapper au fisc : du fait d’avoir utilisé une domiciliation fantôme dans un quartier classé en zone franche afin de bénéficier d’exonérations fiscales, il est contraint de déménager sa société dans une cité du « 9-3 ».

On dirait une variante fictionnelle de Rendez-vous en terre inconnue : des Parisiens branchés plongés dans cette contrée étrange qu’est la banlieue. Tout est prétexte à incompréhensions et quiproquos, le moteur du film étant les préjugés de deux mondes qui s’ignoraient en évoluant à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Dommage que le réalisateur de La Vache préfère étirer une intrigue assez convenue et jouer sur des ressorts psychologiques faciles… Restent quelques bons moments de comédie, par une troupe attachante. Mention spéciale à Malik Bentalha dans le rôle du maître-chien gaffeur… et cynophobe
JUSQU ICI TOUT VA BIEN, Mohamed Hamidi 2019, Gilles Lellouche (comique social)@@ (E)
Une boîte de com parisienne, contrainte de déménager en Seine-Saint-Denis. Quelques stéréotypes, mais de vrais moments de comédie, où Mohamed Hamidi (“La Vache”) réussit &ag ...

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JUSTE CIEL, Laurent Tirard 2023, Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton (comique)@


Pour sauver l'EHPAD local qui tombe en ruines, cinq religieuses un peu déjantées sont prêtes à tout. Y compris à participer à une course cycliste, afin d'en remporter le prix. Seul bémol : elles sont nulles à vélo. Et pour ne rien arranger, elles ne sont pas les seules sur le coup.

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Après “Le Discours”, adapté de Fabcaro, le réalisateur Laurent Tirard met en scène un groupe de bonnes sœurs se lançant dans une course cycliste. Une comédie balourde qui s’essouffle aussi vite que nos braves religieuses.

Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton, Camille Chamoux et Louise Malek dans « Juste ciel », de Laurent Tirard. Photo Christophe Brachet/Les Films sur Mesure/Le Pacte/M6 Films

Sainte-Marie, mère de Dieu, le Seigneur a-t-il vraiment voulu que ce film existe ? Juste Ciel !, de Laurent Tirard, en salles depuis le 15 février, est à l’image de son affiche montrant François Morel s’adressant à une nonne : « Alors les filles, paraît qu’on a besoin d’un homme maintenant ? » Dans le splendide village de Baume-les-Messieurs (Jura), une mère supérieure psychorigide, Véronique (Valérie Bonneton), tente de faire régner l’ordre dans son couvent isolé, entourée de quatre sœurs aux caractères incompatibles.

Camille Chamoux est sœur Augustine, l’Hermione catho et je-sais-tout du groupe. Claire Nadeau-Sœur Bernadette, en plein vœu de silence, communique uniquement par le biais d’une ardoise, provoquant un embarrassant comique de répétition. Guilaine Londez hérite du rôle le plus crispant, celui de sœur Béatrice, quand la pauvre Louise Malek incarne la sœur stagiaire et le bingo qui va avec : smartphone, naïveté et difficultés scolaires…

Les voilà prêtes à enfourcher des vélos défraîchis pour participer à une course bientôt organisée au village, dans le but de récolter des fonds pour l’Ehpad du coin – et la promesse d’une rencontre avec le pape François. S’ensuit une série de gags téléphonés : chutes, galères, « Aaargh » écrit sur l’ardoise (après une chute, donc), concurrence avec le club cycliste local, entraîné par François Morel, exercices inefficaces et, bien sûr, découragement.

Le rythme est à ce stade aussi essoufflé que nos apprenties Jeannie Longo en robe chasuble… Un groupe de nonnes mené par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen, héroïne de la géniale série Borgen (qu’allait-elle faire dans cette galère ?), est alors appelé à la rescousse. Ennemie historique de la mère Véro, elle entend elle aussi participer à la course. Rivalité entre femmes, jalousie, coups bas… Cette partie est bien la plus pénible à digérer. Rendez-vous grâce : épargnez-vous le déplacement.
JUSTE CIEL, Laurent Tirard 2023, Claire Nadeau, Guilaine Londez, Valérie Bonneton (comique)@ (E)
Pour sauver l'EHPAD local qui tombe en ruines, cinq religieuses un peu déjantées sont prêtes à tout. Y compris à participer à une course cycliste, afin d'en remporter le prix. Seul bémol : ell ...

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KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@


Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé depuis longtemps : les Russes souhaitaient purger l'armée polonaise de tous les prétendus opposants. Parmi les victimes, tuées au bord de fosses communes, beaucoup d'étudiants gradés. Quatre familles polonaises sont ainsi touchées par la perte d'un ou plusieurs proches : un mari, un frère, un père.

TELERAMA
On retrouve avec émotion le style d'un cinéaste un peu oublié aujourd'hui (que c'était beau, pourtant, Les Noces et Les Demoiselles de Wilko). On retrouve ses profondeurs de champ, l'ampleur de ses mouvements de caméra, ses plans bleutés où la lumière semble avoir du mal à se frayer un chemin à travers les rares ouvertures...

L'idée du film est venue à Andrzej Wajda en entendant un lycéen polonais déclarer que le 17 septembre 1939 (date de l'invasion de la Pologne par les Russes) n'était rien d'autre qu'un « jour férié »... Trop, c'est trop ! D'où ce Katyn, évocation romancée, à partir de trois destins de femmes, du massacre, au début de la Seconde Guerre mondiale, de vingt mille officiers polonais (dont le père de Wajda). Massacre fomenté par la police secrète de Staline, mais nié par les autorités soviétiques jusqu'à la reconnaissance du crime par Gorbatchev, en 1990...

Le film est constamment sous-tendu par une haine féroce de l'hypocrisie militaire et par la volonté de renvoyer dos à dos l'Armée rouge et les troupes nazies. Il est tout imprégné d'un lyrisme à l'ancienne, beau et solennel, qui risque, hélas, de laisser totalement froid le lycéen polonais indifférent à l'Histoire, pour lequel il a visiblement été fait.
KATYN, Andrzej Wajda 2009 (documentaire histoire guerre)@@ (E)
Entre avril et mai 1940, les Soviétiques organisent l'exécution par balles de plus de quatre mille prisonniers polonais dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. Le sort des détenus était fixé ...

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L ACADEMIE, Camilla Guttner 2024


À 19 ans, Jojo vient de réaliser son rêve : elle a été acceptée à la prestigieuse Académie des beaux-arts de Munich et se réjouit de travailler avec le célèbre professeur Robert Copley. Mais l'étudiante déchante rapidement en découvrant l'atmosphère qui règne au sein de l'institution : tous les coups sont permis, des humiliations des professeurs aux trahisons entre élèves. Lorsque les tableaux de Jojo disparaissent et qu'un homme commence à rôder de façon inquiétante autour de l'école, la situation devient intenable pour la jeune artiste, qui se met à envisager différemment son rapport à ses œuvres.
L ACADEMIE, Camilla Guttner 2024 (E)
À 19 ans, Jojo vient de réaliser son rêve : elle a été acceptée à la prestigieuse Académie des beaux-arts de Munich et se réjouit de travailler avec le célèbre prof ...

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L AGE DE GLACE 2, Carlos Saldanha 2006 (animation)@@


Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Les problèmes ne sont pas terminés pour autant ! Manny rêve de fonder une famille, mais la toute dernière femelle de son espèce, Ellie, se prend pour un opossum. Plus grave encore, un immense barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre sous l'effet du réchauffement.

SENS CRITIQUE
Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Mais les problèmes ne sont pas terminés pour autant ! Manny rêve de fonder une famille, mais la toute dernière femelle de son espèce, Ellie, se prend pour un opossum... Plus grave encore, un immense barrage de glace qui retient l'océan est sur le point de se rompre sous l'effet du réchauffement et menace d'engloutir leur petit coin de paradis. Leur seule chance de survie se trouve à l'autre bout de la vallée... Voilà nos trois héros, accompagnés d'Ellie et de ses deux insupportables frères, Crash et Eddie - de vrais opossums, eux ! - lancés dans un périlleux voyage vers la vie...
4 ans après le succès du premier film en 2002, les studios BLUE SKY reviennent avec le deuxième volet de la franchise qui a rendu se studio populaire et à le lancer dans la concurrence des autres studios d'animation : L'AGE DE GLACE 2. Cette suite est assez bonne mais très inférieur au premier film. L'histoire de ce deuxième film est assez bon avec les animaux qui doivent fuir la fonte des glaces. Cette aventure est correcte mais elle est moins prenante et touchante que celle du premier. Les personnages sont bons. On retrouve notre trio attachant à savoir Manny, Sid et Diego, avec en plus des nouveaux venus avec Ellie, la mammouth qui se prend pour un opossum, et les opossums Crash et Eddie. Les personnages ont un petit arc, que ce soit celle de Diego (même si on ne peut pas vraiment appeler ça un arc scénaristique) qui doit affronter sa peur de l'eau, et surtout Manny qui cherche à savoir si il est le dernier de son espèce. Même le personnage d'Ellie est sympathique et la relation avec Manny est correcte, et elle à le droit à une belle scène de flashback quand elle a été recueillie petite par des opossums.
L'aventure regorge de bons moments comme l'attaque des deux mammifères marins préhistoriques, la scène avec les roches entrain de tomber, ainsi que le climax. Et on a des passages marrants surtout avec la mascotte Scrat toujours à la poursuite de son gland.
La musique est correcte et l'animation est très belle.
Avec en plus la très bonne VF avec Gerard Lanvin, Vincent Cassel et Elie Semoun.
Une bonne suite, mais pas à la hauteur du premier.
L AGE DE GLACE 2, Carlos Saldanha 2006 (animation)@@ (E)
Pour Manny le mammouth, Sid le paresseux et Diego le tigre à dents de sabre, la vie est beaucoup plus douce depuis que les glaces fondent et que la température remonte. Les problèmes ne sont pas terminés pour aut ...

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L AGE DE GLACE, Chris Wedge et Carlos Saldanha 2002 (animation jeunesse)@@


Environ 20.000 ans avant notre ère, un étrange animal déclenche inopinément une nouvelle glaciation. Tandis que les animaux, affolés, fuient les vents de glace, Manny, un mammouth solitaire, part à contre-sens. Il est bientôt flanqué d'un compagnon, Sid le paresseux, qui lui a imposé sa loquace présence. Sur leur route, les deux compères croisent une tribu humaine décimée par les impitoyables tigres à dents de sabre.

TELERAMA
Au quaternaire, après une catastrophe causée par un écureuil, un mammouth, un paresseux et un tigre animé de mauvaises intentions, prennent en charge un nourrisson et se mettent en quête de sa tribu.

Avant tout, il y a Scrat. Cet écureuil préhistorique obsessionnel donne le ton de ce film d’animation hilarant, qui a généré six suites. Obéissant à une règle burlesque éternelle, Scrat provoque une catastrophe, une nouvelle ère glaciaire… avec un détail : ce gland qu’il ne veut pas lâcher. C’est dans ce beau décor surgelé que va cheminer une troupe expressive et querelleuse, drôle de famille recomposée par le hasard et la nécessité : Manny le mammouth mélancolique et grande gueule, Sid le paresseux lourdement ­affectueux, Diego le tigre sournois aux dents de sabre et un petit bébé fondant.

Avec cette comédie à contresens migratoire (c’est très surfait d’aller vers le sud, prétend Sid), Chris Wedge et Carlos Saldanha inventaient un vrai buddy movie en 3D, riche en répliques cinglantes et guest-stars complètement givrées (les dodos, dont on ne se demande plus pourquoi ils ont disparu). Comme les grands cartoons d’antan, L’Âge de glace repose avant tout sur l’art du gag, sans avoir recours au passage obligé de ces dernières années : le double niveau de lecture enfant-adulte. Rien qu’avec le désopilant running gag de Scrat et son gland, ce dessin animé prouve que le rire n’a pas d’âge.
L AGE DE GLACE, Chris Wedge et Carlos Saldanha 2002 (animation jeunesse)@@ (E)
Environ 20.000 ans avant notre ère, un étrange animal déclenche inopinément une nouvelle glaciation. Tandis que les animaux, affolés, fuient les vents de glace, Manny, un mammouth solitaire, part à ...

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L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@


Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hannibal aime diriger les opérations, Futé est souvent à l'origine des plans de génie.

TELERAMA
La série télé des années Reagan habilement modernisée. Drôle, nerveuse, aux cascades hallucinantes, Joe Carnahan signe une adaptation réussie au casting quatre étoiles.

Ceux qui réussissent l'adaptation d'une série télé sur grand écran ont forcément du style : John Woo dans le deuxième volet de Mission : Impossible, ou McG et ses Drôles de dames. Du style, Joe Carnahan en a à revendre. Ses précédents polars, déjantés, tarantiniens (Narc, Mi$e à prix), en faisaient le candidat idéal pour moderniser les aventures de Futé, Hannibal, Looping et Barracuda, les Pieds Nickelés de L'Agence tous risques, madeleine cathodique de la génération X.

Le patriotisme paramilitaire de la série des années Reagan est avantageusement adouci par un scénario truffé d'humour et une mise en scène très énergique. Le réalisateur enchaîne les cascades, d'autant plus jouissives que parfaitement invraisemblables. On voit un char d'assaut voler, des containers déplacés à la grue comme des gobelets de bonneteau... Les acteurs eux-mêmes semblent boostés : Liam Neeson, épatant Hannibal Smith, a rajeuni de dix ans.
L AGENCE TOUS RISQUES, Joe Carnahan 2010, Liam Neeson, Bradley Cooper (aventure)@@ (E)
Un groupe de quatre anciens soldats d'un commando d'élite sont recherchés par l'armée après s'être évadés de prison, alors qu'ils avaient été condamnés à tort. Hann ...

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L ARROSEUR ARROSE, Louis Lumiere 1895 (comique)@@


Un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le petit espiègle retire son pied et le jardinier est aspergé. Il court ensuite après le jeune garçon, l'attrape, lui donne une fessée et (dans la seconde version du film) l'arrose à son tour.

Tourné et présenté en 1895, il est considéré comme le premier film de fiction ou le premier "récit"[1] cinématographique et le premier film comique[3].

L ARROSEUR ARROSE, Louis Lumiere 1895 (comique)@@ (E)
Un jardinier arrose son jardin. Un enfant, arrivé par derrière, met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le petit espiègle retire son pied et le jardinier es ...

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L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@


Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la dépouiller ! Sauf qu'il n'avait pas prévu de se prendre d'affection pour sa cible... Contre toute attente, Roy s'engage dans la mission la plus délicate de sa carrière d'arnaqueur.

TELERAMA
Ian McKellen et Helen Mirren, deux cadors de l’art dramatique anglais, n’y peuvent rien, mais ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve touche le fond du déplaisant.

On s’attendait à un film d’arnaque bien ficelé et porté par deux cadors britanniques. Or ce jeu de dupes entre un vieil escroc antipathique et une riche veuve se met en place très mollement, alors qu’il est évident, dès le début, que le rapport de force va s’inverser. Au moment tant attendu (en bâillant) des révélations, les motivations de la victime sont explicitées par de mauvais flash-back. Même le traumatisme qu’elle a vécu ne semble être qu’un complaisant alibi de scénario. Quand Ian McKellen, en plein cabotinage, et Helen Mirren finissent par se battre à même le sol, le film touche le fond du déplaisant.
L ART DU MENSONGE, Bill Condon 2019, Helen Mirren, Ian McKellen (thriller)@ (E)
Escroc professionnel, Roy Courtnay n'en croit pas sa chance ! Alors qu'il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d'une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte... et son coeur. Rien de plus facile que de la d&eacu ...

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L AVENIR, Mia Hansen-Løve 2016, Isabelle Huppert (drame sentimental)@@


Nathalie aime passionnément son métier de professeur de philosophie. Mariée à un autre enseignant et mère de deux enfants désormais grands, elle partage son quotidien entre ses cours, les ouvrages de philosophie auxquels elle collabore, et sa mère, un ancien mannequin qui n'a plus toute sa tête. C'est alors que tout s'effrondre. Son mari lui annonce qu'il la quitte pour une autre femme. Nathalie, soudain libre, décide de prendre un nouveau départ. Elle part dans le Vercors rejoindre un ancien élève, un jeune homme libertaire et hippie, aux antipodes de son existence bourgeoise...

TELERAMA
Le portrait pudique d’une quinquagénaire malmenée par la vie. Un film d’une douceur inattendue.
Alors que tout semblait paisible, harmonieux, voilà que la souffrance s’annonce dans ce portrait de quinquagénaire, prof de philo : son mari la quitte. Mais la douleur est tempérée par tout un faisceau d’autres sensations. L’Avenir séduit par sa distanciation pudique, son absence de pathos. Mia Hansen-Løve raconte, dessine plus qu’elle n’explique, en filmant son héroïne comme un personnage à la croisée des chemins. Peu après avoir appris qu’elle allait désormais devoir vivre seule, on voit Nathalie au soleil, sur la pelouse d’un parc parisien. Au chagrin, la réalisatrice joint une douceur suspendue. Des idées circulent, il y a de la passion, des élans. Le film accorde autant d’importance aux silences qu’aux mots, à la poésie colorée des paysages — de la Bretagne à marée basse au Vercors doré — qu’aux citations de Rousseau ou de Pascal. L’humour s’invite aussi, avec ce gros chat noir capricieux nommé Pandora. Et puis il y a Isabelle Huppert, émouvante, qui ne cesse de trotter, dans la panique. Et qui chemine aussi, ouverte à tous les possibles, dans un présent qui semble infini.
L AVENIR, Mia Hansen-Løve 2016, Isabelle Huppert (drame sentimental)@@ (E)
Nathalie aime passionnément son métier de professeur de philosophie. Mariée à un autre enseignant et mère de deux enfants désormais grands, elle partage son quotidien entre ses cours, les ouvrages d ...

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L ECOLE BUISSONIERE, Nicolas Vanier 2017, François Cluzet, Eric Elmosnino (nature societe)@@


A Paris, en 1930, Célestine, une employée de maison douce et gentille, prend sous aile Paul, un petit Parisien orphelin. Ensemble, ils partent rejoindre Borel, le mari de Célestine, un garde-chasse bougon qui officie dans un vaste domaine en Sologne. Au grand dam de Borel, Paul devient ami avec Totoche, un braconnier et pêcheur à la mouche émérite qui n'a que faire du droit de propriété. Totoche apprend la nature et ses animaux à Paul, émerveillé. Lorsque le comte de la Fresnaye, l'employeur de Célestine et Borel, décide d'organiser une chasse à courre pour abattre un sublime cerf, Totoche et Paul vont tout faire pour que l'animal échappe au danger

TELERAMA
Dans le genre du “c’était mieux avant”, le cinéma français a fait bien pire. Mais le cabotinage de François Cluzet et d’Éric Elmosnino ne passe pas.
Après avoir parcouru le Grand Nord canadien () et la Sibérie (Loup), le réalisateur explorateur solognot Nicolas Vanier a tourné au pays ce mélo rétro pour public familial. Le film célèbre sans se presser les petits bonheurs des promenades dans les bois, de la cueillette des champignons, de la pêche… bref, comme les définit une célèbre publicité pour du jambon sous vide, « des choses simples »… Soyons honnêtes : dans le genre du « c’était mieux avant », Jean Becker a fait bien pire (Les Enfants du marais). Et les superbes images de la forêt et de sa faune ont de quoi séduire les citadins les plus réfractaires aux joies de la nature. Problème, François Cluzet (alias le braconnier « Totoche ») et Éric Elmosnino (en garde-chasse bas du front) sont insupportables de cabotinage.
L ECOLE BUISSONIERE, Nicolas Vanier 2017, François Cluzet, Eric Elmosnino (nature societe)@@ (E)
A Paris, en 1930, Célestine, une employée de maison douce et gentille, prend sous aile Paul, un petit Parisien orphelin. Ensemble, ils partent rejoindre Borel, le mari de Célestine, un garde-chasse bougon qui officie da ...

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L ECOLE DES ESPIONS, Elsa Bennett 2024, Pascal Elbé, Thierry Godard (espionnage)@


Les jeunes Zana, Inès, Alex, François, Pierre viennent d'intégrer l'École des espions. Ils vont faire connaissance avec leurs enseignants pour apprendre la stratégie et la pratique de l'espionnage, l'histoire du renseignement international, le maniement des armes, la maîtrise des technologies modernes, alors que l'école va faire l'objet de l'intrusion violente d'un service étranger.

TELERAMA
La vie au sein de l’école des espions, qui forme les futurs agents secrets de la République. Un téléfilm mal écrit et bourré de situations improbables.

Ils ont la vingtaine à peine et viennent d’intégrer « l’école des espions ». Cachée dans une forêt isolée et protégée par un impressionnant dispositif de sécurité, cette mystérieuse institution forme les futurs agents secrets de la République. Sous la férule du directeur Philippe Lombard, les étudiants apprennent à ne pas se faire repérer, à se défendre au corps-à-corps… L’enseignement est rude et les élèves ont parfois du mal à tenir le coup. Mais tandis que des amitiés et des amours naissent entre eux, un service étranger tente de s’introduire dans l’école.

Sorte de croisement entre Harry Potter et Le Bureau des légendes, le pitch de ce téléfilm était plein de promesses. Hélas, la bonne idée de départ est gâchée par un scénario quelconque et des dialogues indigents. Que sont venus faire Pascal Elbé ou Lubna Azabal dans cette galère ? Il n’y a pas grand-chose de crédible ici, que ce soient les personnages, dépourvus de toute épaisseur (le hacker rebelle, le fils de bonne famille en rupture de ban avec son paternel…), ou les situations, plus improbables les unes que les autres (mention spéciale aux cours d’« espionnage » subis par les élèves, franchement grotesques). Les vrais agents secrets qui tomberont sur cette École des espions risquent de bien rigoler…
L ECOLE DES ESPIONS, Elsa Bennett 2024, Pascal Elbé, Thierry Godard (espionnage)@ (E)
Les jeunes Zana, Inès, Alex, François, Pierre viennent d'intégrer l'École des espions. Ils vont faire connaissance avec leurs enseignants pour apprendre la stratégie et la pratique de l'espionnage, l'histo ...

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L EMMERDEUR, Francis Veber 2008, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@


Randoni doit être transféré de la prison au Palais de justice, où son témoignage risque de bouleverser l'issue d'un procès. Pour éviter cela, Ralf Milan, tueur à gages, s'est embusqué dans un hôtel situé en face du tribunal et attend de pouvoir l'abattre à son arrivée. Dans la chambre voisine se trouve François Pignon, photographe de presse venu couvrir le même procès et surtout se rapprocher de sa femme, Louise, qui vient de le quitter pour Edgar Wolf, un psychiatre. Désespéré, Pignon tente de se suicider. Ralf est contraint de lui sauver la vie. A partir de cet instant, Pignon ne cesse d'interférer dans la mission du tueur, qui finit par perdre son calme...

TELERAMA
Timsit et Berry succèdent à Brel et Ventura, qui firent merveille en 1973, mais on les croirait en fin de tournée théâtrale dans les villes d’eaux… Et quand Veber “aère” sa propre pièce, c’est navrant.

Qu’est-ce qui a poussé Francis Veber à porter à l’écran sa propre pièce, L’Emmerdeur, trente-cinq ans après la version de référence, signée Edouard Molinaro ? Sans doute le succès de la récente reprise au théâtre et peut-être aussi, la vision du film en donne l’indice, une sérieuse panne d’inspiration. De fait, même en essayant d’oublier les prestations originales de Lino Ventura et surtout de Jacques Brel, génial, quelque chose manque à Richard Berry et Patrick Timsit, « repreneurs » des rôles : un je-ne-sais-quoi qui immergerait le spectateur dans la fiction, lui ferait croire au récit.

On voit plutôt deux vieux routiers du jeu emballer une « dernière », festival de trucs d’acteur avant l’ultime baisser de rideau : changements de ton artificiels pour Timsit, tantôt amoureux éperdu, tantôt Machiavel du pauvre ; colères surjouées de Richard Berry, tueur à gages gêné dans l’exercice de son métier. L’acteur s’en sort mieux dans une séance de tics qui, inévitablement, déclenche le rire. Par ailleurs, tout ce qui « aère » maladroitement l’action, comme les apparitions récurrentes de Michel Aumont entre diarrhée et vomi, franchit les limites du regardable.
L EMMERDEUR, Francis Veber 2008, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@ (E)
Randoni doit être transféré de la prison au Palais de justice, où son témoignage risque de bouleverser l'issue d'un procès. Pour éviter cela, Ralf Milan, tueur à gages, s'est embusqu&ea ...

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L ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE, Takis Candilis 2024, Samy Baaroun, Bernard Campan (thriller social)@


La vie d'Alexandre Varda, un puissant promoteur immobilier d'origine grecque, bascule soudainement lorsqu'il se fait licencier par ses actionnaires et apprend, le même jour, le décès de sa fille qu'il n'avait pas vue depuis 12 ans. Il décide alors de partir en Grèce pour rapatrier le corps. Là-bas, il découvre qu'il est le grand-père d'un petit garçon de neuf ans, atteint d'un syndrome autistique.

TELERAMA
En Grèce, un architecte français rencontre l’enfant autiste de sa fille, qui vient de mourir.
Un architecte passé homme d’affaires arrive sur l’île grecque où sa fille vient de mourir : elle laisse un enfant autiste et une maison menacée par un affreux projet immobilier… Les motifs du roman de Metin Arditi paraissent bien lourds dans cette adaptation où chaque personnage est replié sur une gravité sans surprise. L’étrange poésie de l’orphelin, qui a un rapport maniaque mais magique avec les nombres, semble, de même, une figure imposée. Il manque une vitalité qu’aurait pu apporter le décor de l’île de Spetses, rendue trop familière par le réalisateur, d’origine grecque. Seul Bernard Campan trouve la note sobrement juste pour nous faire traverser ce drame familial qui va vers l’espoir.
L ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE, Takis Candilis 2024, Samy Baaroun, Bernard Campan (thriller social)@ (E)
La vie d'Alexandre Varda, un puissant promoteur immobilier d'origine grecque, bascule soudainement lorsqu'il se fait licencier par ses actionnaires et apprend, le même jour, le décès de sa fille qu'il n'avait pas vue dep ...

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L ENLEVEMENT, Marco Bellocchio 2023, Paolo Pierobon, Fausto Russo Alesi (drame religion)@@


En 1858, à Bologne, les Mortara sont bouleversés quand la garde pontificale s'introduit chez eux pour enlever leur fils Edgardo, 7 ans. Bien que né dans une famille juive, l'enfant a été baptisé en cachette par sa nourrice lorsqu'à peine âgé de six mois il était tombé gravement malade. Selon le code de droit canonique, Edgardo doit désormais recevoir une éducation catholique. Soutenus par l'opinion publique, de plus en plus hostile à l'emprise du Vatican, les parents Mortara se démènent pour retrouver leur fils. Consciente de perdre du terrain en Italie, l'Eglise s'y oppose, et le combat prend une tournure politique.

TELERAMA
Scandale mondial en 1858 avec la conversion forcée d’un enfant juif arraché à sa famille par les brigades du pape-roi. L’ultime lubie d’un pouvoir papal en sursis.

De l’assassinat d’Aldo Moro, trauma transalpin « jamais cicatrisé », Marco Bellocchio a tiré un film passionnant (Buongiorno, notte, 2003) et une série magistrale (Esterno notte, 2022). Autre époque, autre rapt, autre séisme national, L’Enlèvement, présenté au dernier Festival de Cannes, narre l’arrachement d’un enfant juif à sa famille par les brigades du pape-roi, en 1858. Baptisé en secret, lorsqu’il était bébé, par une servante inquiète du salut de son âme, Edgardo Mortara, 6 ans, devient à l’insu des siens « chrétien pour l’éternité ». Et, malgré un scandale mondial, l’otage choyé d’un Pie IX au pouvoir temporel déclinant — l’unification de l’Italie, en 1870, fera définitivement déchoir ce pape, sans qu’Edgardo soit libéré pour autant.

Bon pied, bel œil, le maestro, 83 ans, signe un sacré film, récit d’un lavage de cerveau qui tourne au syndrome de Stockholm. L’enfant patiemment converti en curé abandonnera la foi de sa mère (dont l’endoctrinement aimant n’est, lui, guère questionné, si ce n’est par un grand frère athée in fine) pour celle du Saint-Père. Après Le Traître (2019), en voici donc encore un, tout excusé puisque mineur et sans défense.

C’est bien sûr à l’Église que Bellocchio, à jamais pourfendeur d’institutions, réserve ses piques, un procès, et même un drôle de cauchemar lorsque le pape (Paolo Pierobon, génialement détestable, tout en hubris onctueuse ou tonitruante) fantasme son lit cerné de rabbins venus le circoncire à son corps défendant. Fini de rire, en revanche, lorsqu’il reçoit pour de vrai des émissaires juifs du ghetto de Rome, venus plaider la cause des Mortara et contraints de se prosterner à ses pieds : « Je pourrais vous faire mal, très mal. Je pourrais vous forcer à retourner dans votre trou. » Voilà l’amour du prochain dissout à l’acide dans un antisémitisme virulent.

Scènes en miroir
Entremêlant à nouveau l’intime et le politique, le cinéaste bâtit de captivantes scènes en miroir : la mère cachant son fils sous ses jupes pour le soustraire à ses kidnappeurs ; le pape le dissimulant sous son habit rouge pour le favoriser dans une partie de cache-cache. Comment Edgardo n’y perdrait-il pas ses repères ? Quand il ne fait pas d’humour grinçant, le film procède par mouvements musicaux, opératiques, avec violons sur des images de chevaux galopant dans la nuit, accents déchirants sur la mamma sommée de déguerpir ou sur le père au désespoir se frappant la tête dans un tribunal désert. Puissamment orchestrées, ces ascensions émotionnelles, imparables crève-cœur, relèvent de la manière forte de l’artiste, à l’œuvre dans Vincere (2009) par exemple — la tragédie d’une femme folle d’amour pour le Duce, qui finit internée avec les fous tout court.

À lire aussi :

Marco Bellocchio : “J’ai envoyé une copie de ‘L’Enlèvement’ au Vatican”

Après la séduction virile du fascisme, l’emprise de l’Église, dépeinte ici dans sa beauté morbide (partout, des Christ endoloris et sanguinolents, au point qu’Edgardo rêve une nuit qu’il en décloue un, vivant, du crucifix) et ses rituels de soumission : parce qu’il a fait tomber Sa Sainteté dans un excès d’enthousiasme dévot, le jeune homme doit, en signe de contrition, tracer des croix sur le sol avec sa langue. Une autre chute s’annonce, celle des États pontificaux, triomphe tempéré par le regard affligé de Bellocchio sur son héros qui, jusqu’au bout, espérera convertir les siens.
L ENLEVEMENT, Marco Bellocchio 2023, Paolo Pierobon, Fausto Russo Alesi (drame religion)@@ (E)
En 1858, à Bologne, les Mortara sont bouleversés quand la garde pontificale s'introduit chez eux pour enlever leur fils Edgardo, 7 ans. Bien que né dans une famille juive, l'enfant a été baptisé en ...

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L ETABLI, Swann Arlaud 2023, Melanie Thierry, Olivier Gourmet, Denis Podalydes (thriller social)@@


Après ses études à l'Ecole normale supérieure, Robert se fait embaucher chez Citroën. Plusieurs mois se sont écoulés depuis les manifestations de mai 68, mais la colère est toujours présente chez ce militant d'extrême-gauche. Il souhaite raviver le feu révolutionnaire parmi les ouvriers. Si au départ ses collègues ne veulent plus entendre parler de politique, un événement fait basculer leurs regards sur la situation. Leur employeur exige qu'ils travaillent trois heures hebdomadaires supplémentaires à titre gracieux. Robert sent le vent tourner et veut désormais convaincre ses collègues de l'utilité d'un mouvement social...

TELERAMA
Retour, à la fois admiratif et critique, sur l’expérience vécue d’un prof de philo devenu ouvrier après Mai 68. Avec Swann Arlaud, très attachant.
Il a troqué ses habits de prof de philosophie pour le bleu de travail et il est devenu ouvrier chez Citroën… L’expérience dans laquelle se lança Robert Linhart quelques mois après Mai 68, et qu’il raconta dans le livre L’Établi, paru en 1978, fait naître aujourd’hui un beau personnage de cinéma, rendu très attachant par l’interprétation de Swann Arlaud. Cet intellectuel qui, à l’usine, se blesse d’emblée en commençant à travailler sur la chaîne de montage des 2 CV, apporte avec lui une fragilité, une complexité. Presque un mystère.
L ETABLI, Swann Arlaud 2023, Melanie Thierry, Olivier Gourmet, Denis Podalydes (thriller social)@@ (E)
Après ses études à l'Ecole normale supérieure, Robert se fait embaucher chez Citroën. Plusieurs mois se sont écoulés depuis les manifestations de mai 68, mais la colère est toujours pr&e ...

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L ETE OU J AI GRANDI, Gabriele Salvatores 2005, Giuseppe Cristiano, Aitana Sánchez-Gijón (drame)@@@


Un petit village du sud de l'Italie. C'est l'été, Michele, un garçon de 9 ans, joue avec ses amis et sa soeur non loin d'une maison abandonnée. En cherchant les lunettes de sa soeur, le garçon découvre un trou caché par une tôle. Dans ce trou est enchaîné un garçon de son âge. Paniqué par cette découverte, Michele retourne aussitôt au village et en parle à son meilleur ami. Celui-ci raconte l'histoire à ses parents et bientôt, les parents de Michele lui disent de ne plus s'occuper de cette histoire. Comprenant que les adultes ne l'aideront pas et qu'un accord tacite unit les gens du village, Michele rend régulièrement visite au garçon, qui s'appelle Filippo...

TELERAMA
Dans le sud de l’Italie des années 1970, un gamin de 10 ans vit ses dernières vacances insouciantes. La découverte d’un secret trop gros pour lui le fait basculer dans le monde violent des adultes.

Le jeune Michele vit dans les Pouilles, une région pauvre du sud de l’Italie, dans les années 70. Michele et ses amis jouent à se faire peur, pendant que les adultes complotent derrière leurs volets. Michele est à la lisière de l’adolescence, zone d’ombre où l’on aimerait devenir grand tout en craignant d’abandonner l’enfance. Alors, quand il découvre un secret qui le dépasse — un enfant sauvage séquestré sous terre —, il le garde pour lui, comme un grand.

La force du film — qui était déjà celle du livre de Niccolò Ammaniti —, c’est de se placer à hauteur d’enfant. Tout est vu à travers Michele, chaque signe est interprété par le regard de ce gamin qui se raconte un conte angoissant et fantastique. Un défi lancé au monde des adultes, dont il ne détient pas tous les codes. Michele est comme les jeunes héros de Stand by me, de Rob Reiner, qui découvraient un cadavre : visite après visite à son ami « mort vivant », il surmonte ses peurs. Son voyage initiatique, il ne le fait pas dans une barque, la nuit, comme les enfants de La Nuit du chasseur, mais sur son vélo à travers les blés plus hauts que lui. Pourtant, le parcours est le même que dans le film de Charles Laughton.

Gabriele Salvatores pose un regard tendre sur tous, enfants volontaires ou parents paumés. Il maîtrise l’équilibre entre le lyrisme des paysages et le sordide de l’histoire ; son final emphatique lui sera d’autant moins pardonné.
L ETE OU J AI GRANDI, Gabriele Salvatores 2005, Giuseppe Cristiano, Aitana Sánchez-Gijón (drame)@@@ (E)
Un petit village du sud de l'Italie. C'est l'été, Michele, un garçon de 9 ans, joue avec ses amis et sa soeur non loin d'une maison abandonnée. En cherchant les lunettes de sa soeur, le garçon décou ...

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L HERITAGE, Laurent Dussaux 2024 (policier)


Un ostréiculteur réputé du bassin d'Arcachon est victime d'une tentative d'assassinat. Ses trois filles se réunissent à son chevet. Handicapé par sa blessure, l'homme est à présent incapable de gérer l'exploitation familiale. Alors que l'aînée et la cadette souhaitent vendre, la benjamine Tessa s'y oppose et décide de reprendre l'affaire malgré son inexpérience. Déterminée à prouver sa valeur à ses soeurs, elle se lance dans son projet. Parallèlement, face à l'enquête qui piétine, les trois soeurs décident de mener leurs propres investigations. Elles ignorent que leurs découvertes pourraient mettre en péril l'unité familiale...

TELERAMA
Un gendarme enquête sur la tentative d’assassinat d’un ostréiculteur du bassin d’Arcachon. Intrigue laborieuse, personnages fadasses, dialogues sans surprise… Le film tente de créer une ambiance à la Simenon, ratée.

Christophe Perrin, un ostréiculteur du bassin d’Arcachon, vient de se faire tirer dessus. Ses trois filles accourent à son chevet. Pour le capitaine Dubreuil, fraîchement arrivé dans la région, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tentative de meurtre. Mais qui pouvait bien en vouloir à Christophe, brave homme à la tête de L’Héritage, l’entreprise familiale transmise depuis des générations ? Alors que Tessa Perrin s’efforce de reprendre en charge l’exploitation, le capitaine Dubreuil mène l’enquête.

Baignant dans une lumière cafardeuse, ce téléfilm s’efforce de créer une atmosphère légèrement inquiétante à la Simenon. Hélas, difficile de se passionner pour son intrigue laborieuse, au fort parfum de déjà-vu. La faute aux personnages, dont la plupart manquent de chair (à commencer par le flic, fadasse). Et aux dialogues, dans lesquels on chercherait en vain une quelconque repartie saillante. Faute d’être surpris, on s’ennuie. Et quand arrive la révélation finale, au bout d’une heure trente interminable, on a l’impression désagréable de s’être fait voler son temps…
L HERITAGE, Laurent Dussaux 2024 (policier) (E)
Un ostréiculteur réputé du bassin d'Arcachon est victime d'une tentative d'assassinat. Ses trois filles se réunissent à son chevet. Handicapé par sa blessure, l'homme est à présent inc ...

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L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@


Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il raconte son arrivée dans l'ouest. Sauvagement battu par le bandit Liberty Valance, le jeune juriste Stoddard fut alors pris en amitié par Tom Doniphon. Ce dernier lui enseigna la seule loi qui prévaut dans la région : celle des colts.

TELERAMA
La photo est un écrin noir et blanc pour une distribution éblouissante. L’un des meilleurs westerns de John Ford.

Ce John Ford est accessoirement connu pour la fameuse sentence : « Quand la légende prime les faits, on imprime la légende. » C’est par le vieux sénateur que la légende a glorifié que nous apprendrons les faits. Mais ce faux suspense vient seulement enfoncer le clou. L’essentiel tient dans la confrontation de deux types d’hommes de l’Ouest. Ransom Stoddard (James Stewart) est un jeune juriste fébrile qui ne cesse d’agiter, tel un chiffon blanc, la vertu des lois. Tom Doniphon (John Wayne) incarne, lui, la force tranquille, taciturne, efficace. Ford prend un malin plaisir à féminiser le premier, réduit, en attendant son heure, à faire la plonge en tablier dans le restau du coin. Wayne est, comme d’habitude, blindé de virilité. C’est pourtant lui qui va craquer en voyant la rivalité amoureuse qui se noue autour de la belle Hallie tourner à son désavantage.

Chez Ford, rien n’est jamais aussi simple qu’on pourrait le croire au premier coup d’œil. L’opposition des deux figures, de leur gestuelle, de leur langage, suffirait à faire le film. S’y ajoutent un noir et blanc au piqué superbe et une galerie de seconds rôles gratinée, Lee Marvin en tête, qui joue Liberty Valance avec délectation, aussi brutal et sans merci que son nom est élégant.
L HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE, John Ford 1962, John Wayne, James Stewart (western)@@ (E)
Le sénateur Ransom Stoddard a fait le déplacement pour assister à l'enterrement de Tom Doniphon. Interrogé par les journalistes sur les raisons de sa présence à la cérémonie, il racont ...

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L IMMENSITA, Emanuele Crialese 2022, Penelope Cruz, Luana Giuliani (moeurs metoo transgenre)@@@


Rome dans les années 1970. Dans la vague des changements sociaux et culturels, Clara et Felice Borghetti ne s'aiment plus, mais sont incapables de se quitter.

TELERAMA
À Rome, dans les années 1970, une femme trouve joie et tendresse auprès de ses enfants, tandis que son mari infidèle la traite comme une potiche. Coup de cœur pour cette bulle affective où l’on retrouve Penélope Cruz au top, entre rires et larmes.

Dès les premières scènes, c’est le coup de cœur… Parce qu’on est à Rome, dans les années 1970, et parce que Clara et ses trois enfants mettent la table en dansant. Dans la joie produite par cette chorégraphie avec assiettes plates, un mot de passe nous est donné : la complicité. Elle est spontanée, décontractée, mais les sentiments les plus forts s’y engouffrent, l’amour partagé, la plénitude protectrice. Cette vibration intense est au cœur de L’immensità, qui explore la relation de la mère avec l’aînée de la fratrie, Adri. Deux femmes coupées en deux.

La resplendissante Clara, merveilleusement joueuse, est en effet aussi une potiche comme les aime son époque, une poupée que son mari sort en société pour parader et trouver de nouvelles maîtresses… Combien de temps la maman comblée pourra-t-elle cacher qu’elle est une épouse malheureuse ? Et combien de temps Adri devra-t-elle cacher que, si elle se donne des airs de garçon manqué, c’est parce qu’elle en est vraiment un, même si elle est née fille ? Sous la loi du mari ou sous la loi du père, chacune a un combat à mener. Mais elles préfèrent s’évader en regardant les émissions de variétés à la télévision, au risque de perdre pied dans la réalité…

On devine les origines autobiographiques de cette chronique familiale si singulière et si expressive. Que le réalisateur Emanuele Crialese (Respiro, Terraferma) soit bel et bien devenu l’homme qu’il se sentait être n’est cependant qu’un détail, une information que son film ne donne d’ailleurs pas. L’important est dans la parenthèse qu’ouvre le bonheur partagé avec une mère de rêve, idéalement et subtilement interprétée par Penélope Cruz. Pour raconter cette bulle affective qui est à la fois intimiste et immense, le film aussi se coupe en deux. Il développe des scènes spectaculaires, parfois même grandioses, comme celle où les enfants se perdent dans le sous-sol d’une villa, symbole d’une recherche de l’identité souterraine… Mais il reste aussi au plus près des visages, pour faire vivre des portraits poignants, le temps d’un arrêt sur un moment éphémère et inoubliable de la vie.
L IMMENSITA, Emanuele Crialese 2022, Penelope Cruz, Luana Giuliani (moeurs metoo transgenre)@@@ (E)
Rome dans les années 1970. Dans la vague des changements sociaux et culturels, Clara et Felice Borghetti ne s'aiment plus, mais sont incapables de se quitter.

TELERAMA
À Rome, dans les années 1970, une femm ...

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L IMPASSE, Brian De Palma 1993, Al Pacino, Sean Penn (thriller)@@


En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont le procureur Bill Norwalk avait instruit le procès. Carlito est bien décidé à rentrer dans le droit chemin et, dès qu'il aura économisé assez d'argent, il compte se retirer aux Bahamas pour s'assurer une retraite paisible avec Gail, sa compagne danseuse dans une boîte de striptease.

TELERAMA
Un caïd, qui sort de prison, essaie de rompre avec son passé. Mais ses anciens acolytes ne l’entendent pas de cette oreille et voudraient le faire replonger. La séquence finale restera sans aucun doute comme un très grand moment de cinéma.

Carlito, prince des brigands à barbe noir de jais, revient d’un exil à Sing Sing. Son royaume, un secteur d’East Harlem — boîtes de nuit, réseau de dealers —, a changé. En cinq ans, coke et disco ont tout inondé. Et les gangsters nouveaux n’ont plus les manières. La voie est sans issue. Al Pacino marche d’un pas décidé vers un mur où il espère trouver une brèche. On connaît la fin : le film s’ouvre sur son lit de mort. Mais cette marche funèbre est une ligne à haute tension.

Plus fascinant encore que le couple illusoire esquissé entre Carlito et Gail, la danseuse : le tandem que le voyou forme avec Kleinfeld, l’avocat marron, fait des étincelles. Ce pantin veule (génial Sean Penn à moumoute) sera son homme fatal. Avec le finale, virtuose glissade sur les marbres et les escalators de Grand Central Station, De Palma est au meilleur de son maniérisme hitchcockien.
L IMPASSE, Brian De Palma 1993, Al Pacino, Sean Penn (thriller)@@ (E)
En 1975, à New York, Carlito Brigante, un ancien trafiquant de drogue, est libéré de prison grâce à David Kleinfeld, son avocat, qui a découvert plusieurs vices de forme dans la manière dont l ...

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LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Benjamin Sacks, Nathalie Baye (societe)@


Durant l'été 1958, comme d'habitude, Frédérique, 13 ans, et Sophie, 6 ans, partent en vacances à La Baule rejoindre leur oncle Léon, leur tante Bella et leurs petits-cousins. Cette année cependant, Léna, leur mère, leur annonce qu'elle viendra plus tard. En fait, rien ne va plus entre Michel, son mari, et elle. La jeune femme, amoureuse de Jean-Claude, un artiste, aimerait divorcer. Celui-ci rejoint Léna dès son arrivée et la retrouve tous les soirs sur la plage. Les vacances se déroulent sans histoire, entre les bêtises et les premiers émois sentimentaux des adolescentes, jusqu'à l'arrivée de Michel. Sophie, à qui sa mère a annoncé son intention de demander le divorce, se confie à son journal intime, tandis que Frédérique menace de se suicider...

TELERAMA
Dans une atmosphère de vacances d’été un peu rétro, l’histoire d’une femme qui veut rompre avec les traditions et avec son mari. Les comédiens sont excellents, mais le tableau d’ensemble fait carte postale.

Comme chaque année, les deux petites Korski, Frédérique et Sophie, passent les vacances à La Baule. Bai­gnades, châteaux de sable... En apparence, rien de nouveau sous le soleil de cet été 1958. En fait, Léna, leur mère, veut divorcer...

Diane Kurys renoue une troisième fois avec ses souvenirs, et choisit de balader son humeur autobiographique dans une époque intermédiaire, celle du divorce de ses parents. Elle dépoussière soigneusement les accessoires de la nostalgie fifties option bains de mer. Le film se réduit bien souvent, hélas, à ce charmant inventaire de brocanteur. Richard Berry et Nathalie Baye s'affrontent sans nuances ni conviction, leurs « filles » ne sont que de mignonnes caricatures d'enfants. Seul Jean-Pierre Bacri éclate de talent et de naturel, dans cette sieste cotonneuse sous les pins.
LA BAULE LES PINS, Diane Kurys 1990, Benjamin Sacks, Nathalie Baye (societe)@ (E)
Durant l'été 1958, comme d'habitude, Frédérique, 13 ans, et Sophie, 6 ans, partent en vacances à La Baule rejoindre leur oncle Léon, leur tante Bella et leurs petits-cousins. Cette année cepe ...

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LA CAGE AUX FOLLES, 2010, Christan Clavier, Didier Bourdon


La Cage aux folles est une pièce de théâtre de Jean Poiret créée au théâtre du Palais-Royal le 1er février 1973 dans une mise en scène par Pierre Mondy avec Jean Poiret et Michel Serrault dans les rôles principaux.

Une reprise de la pièce a lieu du 12 septembre 2009 au 8 janvier 2011 au théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Malgré son énorme succès, la pièce n'a jamais été filmée en intégralité[6] et aucun producteur français n'accepta de l'adapter au cinéma. C'est la raison du recours à une coproduction italienne, impliquant l'emploi de nombreux acteurs italiens en lieu et place de la distribution française, à commencer par Ugo Tognazzi à la place de Jean Poiret, sans que cela n'altère toutefois le succès, devenant avec le temps non seulement un classique du théâtre et du cinéma mais reconnaissant, avec le recul, « un côté progressiste » à l'œuvre dans une époque où la culture homosexuelle était proche du « néant »[5].
LA CAGE AUX FOLLES, 2010, Christan Clavier, Didier Bourdon (E)
La Cage aux folles est une pièce de théâtre de Jean Poiret créée au théâtre du Palais-Royal le 1er février 1973 dans une mise en scène par Pierre Mondy avec Jean Poiret et Michel ...

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LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@


En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expédition humanitaire. Quelques mois plus tard, Bill Clinton est au pouvoir, et poursuit l'œuvre de son prédécesseur.

TELERAMA
“Restore Hope”, 1993, en Somalie. Le point de vue reste américain, mais la peur domine et le sentiment de sauve-qui-peut général l’emporte sur l’héroïsme.

En 1993, les GI font naufrage en Somalie. Ridley Scott se plante dans le décor. Il ne s'est jamais montré plus esthète que dans ce film de guerre qu'il aborde, comme un peintre, avec des envies de lumière et de couleurs. L'enjeu semblait pourtant plus politique, puisque le film retrace un épisode dramatique de l'opération humanitaire Restore Hope, menée par l'armée américaine dans une Somalie ravagée par la guerre civile. Mais les circonstances exactes de cette sanglante mission de maintien de la paix sont résumées de façon expéditive, et l'échec disparaît sous l'héroïsme obligé des jeunes soldats.

Ridley Scott se préoccupe très peu des Somaliens, vaguement réunis dans le clan des méchants et massacrés indifféremment... Le seul véritable souci du réalisateur est visiblement de renouveler l'art de filmer la guerre. Il y réussit en effet. Mais cette beauté visuelle cache mal un certain aveuglement.
LA CHUTE DU FAUCON NOIR, Ridley Scott 2001, Josh Hartnett, Ewan McGregor (guerre)@@ (E)
En 1992, Mohamed Farrah Aidid fait régner la terreur sur le territoire somalien. Pour venir en aide à la population qui meurt de faim, George Bush, alors président des États-Unis, met sur pied une expéditi ...

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LA COMTESSE DE HONG KONG, Charlie Chaplin 1967,Sophia Loren, Marlon Brando (comique)@@


Au cours d'une croisière, un milliardaire américain, Ogden, fait escale à Hong Kong. Il y fait la connaissance d'une entraîneuse de cabaret avec qui il passe une agréable soirée, ignorant que la jeune femme est, en réalité, une véritable comtesse russe. Ogden rejoint son paquebot, qui gagne la haute mer.

TELERAMA
On a tort de prendre cette comédie avec Sophia Loren et Marlon Brando pour une œuvre mineure. C’est un film anachronique par sa simplicité, loin des modes et des snobismes. À revoir.

Il est plus facile d’apprécier aujourd’hui ce point final de l’œuvre de Charlie Chaplin qui, à sa sortie, parut très « Ancien Régime » : lors d’une escale à Hong Kong, un diplomate américain rencontre une call-girl, ancienne comtesse russe, qui en profite pour embarquer clandestinement vers les États-Unis. Elle lui demande secours, il pense se compromettre et l’amour s’en mêle. Ce quasi-huis clos dans la suite-cabine d’un paquebot, avec ses portes qui claquent, ses quiproquos et sa pantomime en guise de direction d‘acteurs, est d’un artifice assumé, mais savoureux. À l’instar de ce diplomate (un Brando décoiffé en robe de chambre), qui parle de la paix dans le monde comme il récite la liste des courses, et cette vagabonde chaplinesque (l’altière Sophia Loren), pleine de ressources pour fuir la misère. Autour d’eux la corruption, l’hypocrisie et la vénalité. Chaplin concluait sur un beau sourire mélancolique.
LA COMTESSE DE HONG KONG, Charlie Chaplin 1967,Sophia Loren, Marlon Brando (comique)@@ (E)
Au cours d'une croisière, un milliardaire américain, Ogden, fait escale à Hong Kong. Il y fait la connaissance d'une entraîneuse de cabaret avec qui il passe une agréable soirée, ignorant que la jeun ...

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LA DOUBLURE, Francis Veber 2005, Alice Taglioni, Daniel Auteuil (comique)@@


Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, célèbre mannequin, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo d'un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu'Eléna n'est pas avec lui, mais avec Pignon, modeste voiturier. Levasseur, pour accréditer son imposture, est obligé d'envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon.

TELERAMA
Un homme d’affaires infidèle engage un voiturier sans le sou pour jouer le rôle de l’amant de sa maîtresse… Distribution brillante pour un vaudeville à l’ancienne, sans rythme, où se dilue l’habituel savoir-faire de Francis Veber.

De film en film, Francis Veber a créé un personnage qui est vite devenu un caractère. François Pignon, ou la résistance poétique face à la brutalité du monde. Un inspecteur Clouseau pour la maladresse physique, qui avancerait dans la vie avec de l’âme plein les mirettes. Le premier Pignon fut Jacques Brel dans L’Emmerdeur, écrit par Veber et réalisé par Édouard Molinaro. Le plus célèbre — dans Les Compères et Les Fugitifs — fut Pierre Richard l’élastique, l’enjoué, le funambule, le gars à la faiblesse entêtée qui réussissait, par sa candeur, à résister au monde des grands. Depuis, Pignon est devenu grandiosement absurde (avec Jacques Villeret dans Le Dîner de cons) et angoissé moderne (avec Daniel Auteuil dans Le Placard). Son dernier avatar en date, dans La Doublure, convainc nettement moins.

Pignon, c’est en principe l’homme invisible, celui que les femmes, distraites ou pressées, ne songent même pas à regarder. Veber a eu beau coiffer Gad Elmaleh comme personne ne se coiffe plus depuis trente ans et l’habiller comme un sac, l’acteur reste si joli garçon qu’on a bien du mal à comprendre l’indifférence que lui manifeste la fille qu’il aime (Virginie Ledoyen). Qu’Alice Taglioni, qui incarne, elle, un top model naïf et sentimental, ne quitte pas le salaud qui lui sert d’amant pour ce joli jeune homme tendre et discret est un des nombreux « mystères » du scénario de Francis Veber.

Donc, le François Pignon 2006 est voiturier pour un restaurant chicos. Il est fou amoureux d’une jeune libraire et flanqué d’un ami (Dany Boon) qui squatte chez lui. Le hasard le fait passer dans une rue où un paparazzi guette la rencontre d’un homme d’affaires millionnaire (Daniel Auteuil) avec le fameux top model. Pour éviter le scandale et, surtout, le divorce avec sa richissime épouse (Kristin Scott Thomas), l’homme d’affaires engage Pignon pour jouer le rôle de l’amant de sa maîtresse. Pour devenir sa doublure.

Les gags sont rares et sans surprise
Jolie idée, annonciatrice d’un film efficace et d’un triomphe de plus. Car tout le monde aime Francis Veber. Lui, d’abord ; le public, ensuite. Seuls les critiques, ces éternels ronchons, détonnent dans le concert de louanges qui salue chaque film du « success man » français. Mais, jusqu’alors, s’ils mettaient en doute son talent de réalisateur, ses détracteurs étaient bien forcés de concéder au cinéaste une habileté à jongler avec les figures imposées du vaudeville.

Pas d’habileté, cette fois. Son intrigue posée, Veber semble s’en désintéresser. Les personnages n’évoluent pas. Les gags sont rares. Aucune surprise. Pas même le désir de saisir, en filigrane, l’air du temps. Dans Le Placard, probablement son film le plus démoli par la presse, il se livrait, mine de rien, à une critique rigolote de notre société — la vie en entreprise et le politiquement correct. Ici, il se contente d’opposer mollement deux clans figés : les riches, contemplés avec une condescendance facile, et les pauvres, observés avec une (feinte) candeur agaçante.

Dans Le Placard, les seconds rôles étaient réussis. Ici, ils semblent tous surnuméraires. Même l’épouse de l’homme d’affaires, qui devrait occuper le cœur de l’intrigue, ne semble exister que pour huiler les rouages d’une vieille pièce de boulevard. Seuls s’incarnent un peu les rapports tendus, fielleux, qu’entretient Daniel Auteuil avec son avocat, esclave maso (Richard Berry, parfait). Veber se retrouve soudain dans son élément, le duo de mecs, prenant son temps pour suggérer, à coups de répliques vachardes, la dérision que lui inspirent ces fantoches…

On sait le cinéaste obsédé par la rapidité, le rythme, le tempo. À raison : rien n’est plus assommant que la mollassonnerie des comédies françaises actuelles. Mais, curieusement, plus il accélère ici ses scènes, plus il ralentit son film qui, à la fin, tourne à vide… On aurait aimé qu’il s’attarde plutôt sur ce couple impromptu, le charmant top model et le gentil voiturier, forcés de cohabiter ensemble. On aurait aimé sentir naître entre eux le trouble, la complicité, la tendresse — toutes ces jolies choses que réussissait si bien à exprimer, dans La Garçonnière, Billy Wilder. Un dingue de rythme aussi, mais qui savait, lui, quand c’était nécessaire, donner du souffle, de la vie, à un film…
LA DOUBLURE, Francis Veber 2005, Alice Taglioni, Daniel Auteuil (comique)@@ (E)
Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, célèbre mannequin, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la pré ...

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LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@


Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main.

TELERAMA
C'est l’histoire vraie du photographe Masashi Asada qui, d’abord auteur de portraits loufoques où il mettait en scène sa famille en costumes, s’est retrouvé à collecter et nettoyer des photos dans les décombres laissés par le tsunami du Tôhoku en 2011. Plutôt que d’en tirer un drame, le réalisateur opte pour un tableau lumineux, qui montre avec humour les tensions au sein de la famille. Il y a quelque chose de touchant dans la façon dont les proches de Masashi – trop dilettante, trop incertain, ou les deux – le protègent (et lui passent tout) parce qu’ils ont la certitude, longtemps contredite par la réalité, que son talent le mènera quelque part…

Et soudain, une catastrophe nationale s’invite dans le portrait familial intimiste, donnant au film un second souffle, et une ampleur presque inattendue. Là encore, le réalisateur distille les émotions avec justesse. Tout en nous invitant à participer à la réflexion (réelle) de son protagoniste : dans quelles circonstances est-il, lui, le portraitiste rigolo, à même de capturer et de faire voir la réalité ? Doit-il photographier les ruines et la souffrance d’inconnus ? L’artiste japonais se propose de nouer une relation avec chacun avant d’appuyer sur le déclencheur.


Le photographe Masashi Asada, auteur de portraits humoristiques, s’est retrouvé à collecter les photos dans les décombres après le tsunami de 2011. Avec le réalisateur Ryōta Nakano, ils nous racontent le film tiré de cette tragédie.

Même loin de son terrain de jeu habituel, Masashi Asada arbore un appareil photo Leica numérique en bandoulière… qu’il dégainera à l’envi pendant l’interview. Le photographe voyage avec le réalisateur Ryōta Nakano pour présenter en France La Famille Asada, film inspiré de son parcours et de son travail. Masashi Asada et le cinéaste sont unis par leur rapport à la photographie comme « objet de mémoire tangible » et par le thème de la famille, essentiel dans leurs œuvres respectives. Rencontre.

Masashi Asada : Je me suis demandé comment immortaliser nos liens familiaux, et surtout comment je m’y prendrais si je n’avais le droit de ne conserver qu’une seule photo des Asada. Pour moi, cela passait forcément par cette mise en scène. Tout le monde s’est pris au jeu… et on a recommencé.

Ryōta Nakano : Quand j’ai vu ces portraits, je me suis dit que pour faire des photos pareilles, il y avait forcément eu tout un processus de discussion à l’intérieur de la famille, du débat et sans doute même des disputes. Et que c’était un très bon matériau pour faire un film !

“Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame est toujours dans les esprits.”

Votre long métrage est souvent drôle, alors qu’une bonne partie du scénario porte sur les conséquences du tsunami de 2011…
R.N. : Faire un film uniquement sur le séisme et le tsunami de Tōhoku aurait été très difficile. Le drame [qui a fait plus de dix-huit mille morts et disparus, ndlr] est toujours dans les esprits et je ne voulais pas raconter une histoire 100 % tragique. J’ai construit un fil directeur autour de la famille, avec une première partie sur ce qu’elle m’évoque : une immense tendresse… Tout en étant le lieu de conflits et de complications. Les petites touches de comédie amènent cette seconde partie plus grave, où l’on parle de la perte d’un proche.

Un deuxième mouvement qui arrive presque par surprise, quand Masashi part à la recherche d’une famille qu’il avait photographiée et qu’il retrouve dans cette opération « sauvetage de photos »…
M.A. : Par hasard, parce que « l’opération » était tout à fait informelle et qu’on ne communiquait pas vraiment dessus ! C’est une sorte de phénomène spontané qui est apparu simultanément dans plusieurs villes touchées par le tsunami. Sans que ce soit concerté par les autorités. En fouillant les décombres à la recherche des corps, on a trouvé beaucoup de photos et il y a eu cette action, là encore improvisée, de les préserver. D’abord, de faire tout ce travail de collecte des photos. Puis de les nettoyer, pour les rendre à leurs propriétaires.

Vous sauvez les images des autres plutôt que d’en créer de nouvelles. Dans le film, une enfant demande à votre personnage de photographier sa famille, ce qu’il refuse dans un premier temps. Parce que vous ne pouviez pas, ou parce que vous ne vouliez pas ?
M.A. : Je dirais qu’au départ je n’ai pas pu prendre de photos. Plus que le décor, c’est le sujet qui m’intéresse. De ce point de vue, faire des photos sur le vif, ce n’était vraiment pas possible. Ce qui compte, c’est la communication avec la personne que je photographie : je tente de la comprendre avant d’appuyer sur le déclencheur. Pour tenter de la rendre heureuse lorsqu’elle reverra la photo en se remémorant les circonstances où elle a été prise. Si mon sujet vient de perdre ses biens et sa maison, voire un membre de sa famille, son visage triste sera sans doute parlant pour une tierce personne… Mais pour lui, je crois qu’à part la douleur il n’y aurait pas grand-chose.
LA FAMILLE ASADA, Ryôta Nakano 2020, Mitsuru Hirata, Tsubasa Nakagawa Junko Asada (histoire catastrophe)@@@ (E)
Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui ...

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LA FETE EST FINIE, Marie Garel-Weiss 2017 (moeurs drogue)@@


Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, Céleste et Sihem ont dû mal à s'accommoder à la discipline quasi militaire de l'établissement. La volonté commune de se sortir de la drogue scelle leur amitié et elles deviennent rapidement inséparables. Les éducateurs se demandent d'ailleurs si elles ne sont pas une béquille l'une pour l'autre. Finalement expulsées du centre, les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l'épreuve du monde réel et de ses tentations. Elles finissent par rencontrer une femme qui pourrait bien les sauver...

TELERAMA
Deux jeunes droguées se rencontrent en désintoxication et deviennent inséparables. Leur amitié fusionnelle les aidera-t-elle à revivre ? Beau film porté par deux actrices électriques (Zita Hanrot et Clémence Boisnard).

C'est une histoire de fusion. Céleste et Sihem se rencontrent en centre de désintoxication. Immédiatement, pour sortir de la dope, ces deux sœurs de hasard s’unissent contre le reste du monde. Un monde qui ne peut les comprendre, où rôde la tentation de replonger. Pour les deux amies, renvoyées du centre et tenaillées par le manque, l’amitié fusionnelle sera-t-elle un danger ou une chance ?

Rechutes et fureur de (sur)vivre, la jeune réalisatrice filme l’addiction avec une franchise et une énergie étonnantes, dans une lumière crue et douce. Le suspense est constant : les deux ­héroïnes sont à la fois à l’aube et au crépuscule de leur vie, c’est à elles qu’il appartient de choisir. Entre deux belles scènes de groupes de parole, Zita Hanrot et Clémence Boisnard rayonnent — la première exprime une rage magnifique qu’on ne soupçonnait pas dans Fatima, de Philippe Faucon (2015). Voilà deux combattantes qui se débattent violemment, et rient aussi, dans une démarche de guérison à contretemps. Ce film où un simple sandwich grec peut rendre l’espoir est un éloge insolent de l’appétit de vie, coûte que coûte.
LA FETE EST FINIE, Marie Garel-Weiss 2017 (moeurs drogue)@@ (E)
Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, Céleste et Sihem ont dû mal à s'accommoder à la discipline quasi militaire de l'établissement. La volonté commune de se so ...

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LA FILLE DE BREST, Emmanuelle Bercot 2016, Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel (thriller sante)@@


Dans un hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l'isolement des débuts à l'explosion médiatique de l'affaire, l'histoire inspirée de la vie d'Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

TELERAMA
Avec ce récit hyper rythmé conçu comme un thriller, Emmanuelle Bercot met en scène le scandale du Mediator et la bataille d’Irène Frachon contre les laboratoires Servier. Un film dossier bien documenté, interprété avec finesse.

Pneumologue au CHU de Brest, Irène Frachon avait découvert un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament antidiabète. Pendant des années, la modeste praticienne a dû affronter le laboratoire Servier, mais aussi les autorités de contrôle sanitaire, avant que le Mediator ne soit interdit…

À la manière de Steven Soderbergh (et son Erin Brockovich), Emmanuelle Bercot plonge dans les coulisses de ce combat du pot de terre contre le pot de fer avec une densité d’informations à donner le vertige. Pas besoin d’être un étudiant en cinquième année de médecine pour apprécier : la réalisatrice compense la dimension technique du sujet par un récit hyper rythmé, conçu comme un thriller. La Fille de Brest s’inscrit dans la lignée des grands « films-dossiers » de Costa-Gavras. Même souci d’exactitude documentaire, même recours habile à quelques pointes d’humour, et même importance apportée aux seconds rôles. Benoît Magimel est très émouvant en chercheur galvanisé par la fougue de l’héroïne. Il faut dire que, dans la blouse blanche du Dr Frachon, Sidse Babett Knudsen déménage. Les cinq premières minutes, le léger accent de l’actrice danoise a de quoi troubler. Mais sa sincérité, son énergie, son côté un peu clown aussi finissent, comme son personnage, par briser toutes les résistances.
LA FILLE DE BREST, Emmanuelle Bercot 2016, Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel (thriller sante)@@ (E)
Dans un hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l'isolement des débuts à l'explosi ...

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LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@


Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trouvé sur Internet un travail idéal pour sa fille : un poste de secrétaire chez un avocat renommé, Samuel Bernstein. Jeanne ne montre aucun enthousiasme. Le nom de cet avocat lui donne alors une idée des plus étranges. Dans le RER, la jeune fille invente en effet une singulière histoire d'agression. Bientôt, les médias s'emballent et tout le monde prend fait et cause pour Jeanne. Très vite, Louise redoute que sa fille n'ait un terrible mensonge à se reprocher...

TELERAMA
Que se passe-t-il dans la tête d’une femme qui invente une agression antisémite ? Inspiré par le fait divers de 2004, Téchiné sonde avec style et vivacité une société française à la fois bloquée et disloquée, où le mensonge est la seule issue.

Un fait divers marquant, survenu en 2004, est à l’origine du scénario : une jeune femme avait mystifié la police en prétendant avoir été victime d’une agression antisémite sur la ligne D du RER. À l’écran, la regrettée Émilie Dequenne prête à cette banlieusarde une vivacité et une fêlure étrange dans le regard, comme annonciatrice de l’imposture.

Aux antipodes du film-dossier, André Téchiné ne déroule aucune chaîne causale pour expliquer le mensonge. Le délit est sans mobile ou presque (« J’ai fait ça pour qu’on m’aime », balbutiera l’intéressée), mais pas sans conséquences absurdes — alimenter indirectement l’antisémitisme, entre autres. Des mots et des faits qui ne coïncident pas, une crise du sens et du lien : voilà de quoi le film rend compte, selon une esthétique de la brisure, entre les riches et les autres, entre les jeunes et les vieux, entre les Juifs et les goys.

Cinéaste inquiet mais humaniste Téchiné a souvent acheminé, envers et contre tout, ses personnages vers un monde à habiter ensemble. Dans La Fille du RER, il se résigne, au contraire, à renvoyer chacun à sa solitude. Une scène superbe, inutile pour l’intrigue, montre une Catherine Deneuve (la mère) qui se cache de Michel Blanc (l’avocat), à quelques mètres du lieu fixé pour leurs retrouvailles d’anciens amants, trente ans après. Le rendez-vous n’aura pas lieu, chacun rentrera chez soi.
YNOPSIS
LA FILLE DU RER, André Téchiné 2009, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve (thriller social)@@ (E)
Veuve, Louise vit avec sa fille Jeanne dans un petit pavillon de banlieue, situé à deux pas d'une station de RER. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne cherche mollement un emploi. Un jour, Louise pense avoir trou ...

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LA FINE FLEUR, Pierre Pinaud 2021, Catherine Frot , Manel Foulgoc, Melan Omerta, Fatsah Bouyahmed (societe nature)@@


Eve Vernet, une des plus grandes créatrices de roses, est au bord de la faillite et sur le point d'être rachetée par un concurrent puissant. Véra, sa fidèle secrétaire, croit trouver une solution en engageant trois employés en insertion sans aucune compétence horticole. Alors que quasiment tout les sépare, ils se lancent ensemble dans une aventure des plus singulières pour sauver la petite exploitation.

TELERAMA
Elle cultive les roses et les vend avec amour, mais affronte un repreneur, gros marchand de fleurs… Cette comédie un peu préemballée a un vrai parfum.

Les passionnés de roses vont adorer : le réalisateur a mis ses connaissances dans ce domaine au service de sa comédie. ­Catherine Frot y campe la patronne d’une petite entreprise en difficulté, contrainte de se battre contre un gros repreneur. C’est du commerce des roses qu’il est question, c’est leur beauté qui est en jeu ! L’ensemble, bien composé, tient un peu de la formule préemballée. Mais, dans le détail, le film regorge de jolies trouvailles, de notations précises qui apportent une ­vérité, un parfum.
LA FINE FLEUR, Pierre Pinaud 2021, Catherine Frot , Manel Foulgoc, Melan Omerta, Fatsah Bouyahmed (societe nature)@@ (E)
Eve Vernet, une des plus grandes créatrices de roses, est au bord de la faillite et sur le point d'être rachetée par un concurrent puissant. Véra, sa fidèle secrétaire, croit trouver une solution en ...

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LA GIFLE, Claude Pinoteau 1974, Isabelle Adjani, Lino Ventura (société)@@


Jean est professeur de géographie dans un lycée parisien. A 50 ans, il n'a rien perdu de son caractère irascible et s'attend à être muté pour avoir blessé deux policiers qui battaient un étudiant. Son tempérament quelque peu excessif ne simplifie pas ses relations avec sa fille, Isabelle, une adolescente qui désire abandonner ses études pour aller vivre avec Marc, le garçon dont elle est éprise. Une gifle retentissante précipite la rupture entre le père et la fille. Isabelle ne tend pas l'autre joue. Elle déménage aussitôt, emmenant avec elle Rémy, le frère de sa copine Christine. Jean ne l'entend pas de cette oreille. Une course-poursuite s'engage entre Isabelle, qui tient à sa fierté, et Jean, qui regrette son geste malheureux...

TELERAMA
Avant la déflagration “La Boum”, Claude Pinoteau mettait en scène Lino Ventura en professeur de géographie dépassé par les événements : démission, divorce, rupture et paternité (d’une toute jeune et très casse-pied Isabelle Adjani) plus que mouvementée.

Isabelle a 18 ans. Ses parents ont divorcé. Elle vit seule avec son père, professeur de géographie dans un lycée parisien. Au lieu de réviser ses examens de médecine, elle passe ses soirées avec Marc, son amoureux un peu niais. Isabelle Adjani venait d’interpréter Ondine sur les planches de la Comédie-Française et s’apprêtait à s’exiler à Guernesey sur les traces d’Adèle Hugo, pour François Truffaut. Entre ces deux rôles d’idéaliste éperdue, l’actrice prodige se risquait à la comédie pour la première fois. Débit rapide, ruptures de ton, regard virevoltant, sa technique est sûre et sensible. La bouche pleine de pain beurré, le sourire angélique, elle se cale au fond d’un fauteuil et ironise devant son père bougon : « Dis donc, l’amour, c’est pas toujours la fête, hein ? »

Évident, léger, le film est à l’image de cette réplique, sortie de la plume avertie de Jean-Loup Dabadie. Conflits familiaux et politiques s’y donnent la main pour une farandole bon enfant. La satire sociale reste doucereuse, sans cesse désamorcée par des gags pirouettes au service de Francis Perrin. Formidable de démesure, la scène titre de la torgnole a gardé toute sa force dramatique.
LA GIFLE, Claude Pinoteau 1974, Isabelle Adjani, Lino Ventura (société)@@ (E)
Jean est professeur de géographie dans un lycée parisien. A 50 ans, il n'a rien perdu de son caractère irascible et s'attend à être muté pour avoir blessé deux policiers qui battaient un &eacu ...

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LA GRANDE MURAILLE, Yimou Zhang 2016, Matt Damon, Jing Tian (saga)@@


Accompagné de Pero Tovar, l'aventurier William Garin a parcouru des milliers de kilomètres pour se procurer l'arme la plus puissante du monde. Quand le duo arrive à la Grande Muraille de Chine, il tente de faire croire à ses hôtes qu'il est là pour faire du commerce. Personne ne les croit et les deux hommes sont faits prisonniers. Depuis leurs geôles, ils assistent à une attaque spectaculaire de créatures mystérieuses. La Grande Muraille s'avère être le dernier rempart entre l'humanité et ces monstres qui veulent la dévorer. William Garin est un archer expérimenté et propose son aide...

TELERAMA
Àl’heure où les relations entre les États-Unis et la Chine sont au plus froid, il est amusant de revoir Hollywood célébrer les bienfaits de la coopération entre l’Occident et l’empire du Milieu. Dans La Grande Muraille, un mercenaire européen du XIIe siècle (Matt Damon, en mode service minimal) accepte d’aider une jeune officière chinoise (la monolithique Jing Tian) à combattre les créatures d’origine extraterrestre qui menacent de déferler sur Pékin. Des monstres très réussis : imaginez un croisement entre un varan de Komodo (pour l’aspect reptilien), un loup-garou (pour l’agilité) et la bestiole d’Alien (pour la gueule), le tout cloné en des dizaines de milliers d’exemplaires affamés de chair humaine…

Les assauts des « TaoTei » contre la Grande Muraille puis la Cité interdite en mettent plein la vue, en une débauche de couleurs, de mouvements inspirés des arts martiaux — Zhang Yimou, qui nous avait éblouis avec les affrontements chorégraphiés de Hero et du Secret des poignards volants, n’a pas perdu la main. Mais dès que le film abandonne l’action pure, ça se gâte. La faute à un scénario bourré de clichés guerriers, à des dialogues ineptes et à une direction d’acteurs approximative. La coopération sino-américaine a encore des progrès à faire…

LA GRANDE MURAILLE, Yimou Zhang 2016, Matt Damon, Jing Tian (saga)@@ (E)
Accompagné de Pero Tovar, l'aventurier William Garin a parcouru des milliers de kilomètres pour se procurer l'arme la plus puissante du monde. Quand le duo arrive à la Grande Muraille de Chine, il tente de faire croire ...

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LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@


Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de rentrer en contact avec sa mère ni de s'approcher à moins de 100 mètres de la maison familiale.

TELERAMA
Les disputes familiales sont un trésor pour le cinéma… L’ouverture magistrale de ce film le confirme, opposant une fille enragée à sa mère, qu’on a envie de plaindre mais qui se révélera assez « enrageante ». Les querelleuses seront séparées par la police et leur rapprochement, interdit ! Cette ligne de démarcation organise un scénario un peu trop tranquille, avec psychologie au premier plan et Benjamin Biolay en second rôle. Mais ce temps de paix imposée permet de méditer sur les relations mère-fille, les pistes ouvertes par la réalisatrice étant nombreuses, à commencer par celle-ci : ne pas chercher de « vrai problème », mais ne pas croire à une résolution.
LA LIGNE, Ursula Meier 2022, Stéphanie Blanchoud, Valeria Bruni Tedeschi (societe thriller social)@@ (E)
Après avoir agressé violemment sa mère, Margaret, 35 ans, doit se soumettre à une mesure stricte d'éloignement en attendant son jugement: elle n'a plus le droit, pour une durée de trois mois, de ren ...

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LA LUTTE DES CLASSES, Michel Leclerc 2019, Edouard Baer, Leila Behkti (social)@@


Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d'origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l'âme, cultive un manque d'ambition qui force le respect !

TELERAMA
Michel Leclerc, le cinéaste du “Nom des gens”, confronte les idéaux d’un couple de bobos au réel. Et signe un film malin et plein d’espoir.

Dix ans après Le Nom des gens, leur comédie sur l’engagement — à gauche toute —, Michel Leclerc et Baya Kasmi continuent le combat. Depuis toujours, Paul (Édouard Baer, baerissime !) emmerde le système… qui le lui rend bien. Il vit avec Sofia (Leïla Bekhti, parfaite), brillante avocate qu’on aurait qualifiée de « beurette » dans les années Mitterrand. Ils élèvent leur fils selon des principes d’ouverture d’esprit, de tolérance et d’alimentation bio. Mais quand ils déménagent à Bagnolet, leurs certitudes percutent la grande mixité de l’école publique du quartier. Parce que leurs potes passent à l’ennemi (l’école privée), Paul et Sofia vont durcir leur position, jusqu’à risquer de mettre leur couple, et leur fils, en danger. Le monde devient fou ? Oui, et si on ne fait pas attention la catastrophe guette, prévient Michel Leclerc.

Sans moralisme, il guide Paul et Sofia vers le chemin de la réconciliation. À l’aide d’un scénario à l’humour malin qui s’amuse à retourner les clichés ou à les confronter à une réalité absurde. De quoi la peur se nourrit-elle ? De l’ignorance plus que des différences. On pourrait reprocher aux scénaristes d’enfoncer des portes ouvertes, mais leur propos échappe au manichéisme grâce à la poésie qui s’invite ici ou là, sur un air de Jeanne Cherhal. Tant qu’il y a de l’amour, de l’humour — et des luttes à mener —, il y a de l’espoir.
LA LUTTE DES CLASSES, Michel Leclerc 2019, Edouard Baer, Leila Behkti (social)@@ (E)
Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d'origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l'âme, cultive un manque d'ambition qui ...

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LA MALEDICTION DE A PYRAMIDE, Roger Christian 2013, John Rhys-Davies, David Charvet (thriller)


Doug Adler, un apprenti archéologue, participe à une périlleuse expédition internationale en Egypte, afin de faire des fouilles autour des pyramides. En effet, une tempête a révélé l'existence d'une pyramide jusqu'à présent ignorée de tous. Avec son équipe, il découvre cette ancienne cité perdue ensevelie sous les pierres et un secret qui dépasse son imagination. Les voyageurs comprennent rapidement qu'ils ont par mégarde réveillé les dieux anciens, qui déclenchent une malédiction vieille de 5000 ans. Le groupe de chercheurs met tout en oeuvre pour empêcher l'apocalypse...
LA MALEDICTION DE A PYRAMIDE, Roger Christian 2013, John Rhys-Davies, David Charvet (thriller) (E)
Doug Adler, un apprenti archéologue, participe à une périlleuse expédition internationale en Egypte, afin de faire des fouilles autour des pyramides. En effet, une tempête a révélé l'ex ...

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LA MARIEE ETAIT EN NOIR, François Truffaut 1968, Jeanne Moreau, Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy (thriller)@@


Sur le parvis d'une église, un couple s'avance. Ils viennent de se marier et sont heureux. Soudain l'homme s'effondre, touché à mort par une balle venue d'on ne sait où. Julie, la jeune veuve, tente de se suicider. Sa mère l'en empêche. Elle part donc seule pour la Côte d'Azur. Elle y séduit un nommé Bliss, le jour de ses fiançailles, et le pousse du haut d'un balcon. Plus tard, Coral, un célibataire minable, est assassiné dans une ville de province. Julie raye un nom de plus sur la liste des cinq hommes dont elle veut se venger. Vient alors le tour de Morane, un industriel ambitieux, que Julie enferme dans un réduit dont elle bouche les aérations...

TELERAMA
Veuve le jour de ses noces, elle fomente une implacable vengeance. Tour à tour séductrice et ange de la mort. Un grand Truffaut avec Michel Bouquet, parfait également.

Le réalisateur de la Nouvelle Vague vient de publier son Hitchcock/Truffaut lorsqu’il commence à tourner ce film. C’est celui où les correspondances avec le maître du suspense sont les plus évidentes, jusque dans la musique, signée Bernard Herrmann, le compositeur fétiche du poussah britannique.

À partir d’un polar de William Irish, écrivain américain qu’il vénérait et qu’il adaptera une deuxième fois pour La Sirène du Mississippi l’année suivante, Truffaut met en scène le singulier itinéraire d’une mariée meurtrie, animée d’un désir de vengeance. Cette folle amoureuse cache son identité et ne la divulgue qu’au moment fatal, en éliminant, un à un, plusieurs hommes à l’origine de son malheur.

Grave, impériale dans ses costumes dessinés par Pierre Cardin, Jeanne Moreau compose une vamp morbide, aussi attirante que vénéneuse, qui parvient à soutirer des confidences, une forme d’abandon. La domination de cette héroïne s’exerce sur des hommes différents, penaud ou confit de vanité, magouilleur ou artiste cavaleur (Charles Denner, dans un rôle qui préfigure L’Homme qui aimait les femmes). Le film offre un festival de prestations remarquables, avec une mention à Michel Bouquet et Michael Lonsdale, tous deux parfaits dans l’humiliation et l’effroi. À noter aussi la séquence originale du début, où Jean-Claude Brialy débarque au matin chez Claude Rich et le réveille. Celui-ci lui ouvre la porte en pyjama, va tranquillement prendre son bain, s’habille et quitte l’appartement avec son ami, sans qu’à aucun moment le fil de leur conversation de machos invétérés ne soit brisé. Une démonstration ludique de mise en scène.
LA MARIEE ETAIT EN NOIR, François Truffaut 1968, Jeanne Moreau, Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy (thriller)@@ (E)
Sur le parvis d'une église, un couple s'avance. Ils viennent de se marier et sont heureux. Soudain l'homme s'effondre, touché à mort par une balle venue d'on ne sait où. Julie, la jeune veuve, tente de se suicide ...

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LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@


Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s'interroger sur la finalité de l'organisation qui l'emploie.

TELERAMA
Un chômeur se voit confier un emploi mystérieux, qui va le mettre en péril... Avec une rare économie de moyens, le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

On déplore trop souvent la frilosité du cinéma français à s’emparer des scandales politiques contemporains pour ne pas saluer les réalisateurs qui s’y risquent. Dans le sillage d’un Nicolas Pariser (Le Grand Jeu, 2015), inspiré de « l’affaire de Tarnac », Thomas Kruithof a imaginé un thriller paranoïaque à l’américaine sur les fameux carnets de Ziad Takieddine… Recruté pour retranscrire des écoutes téléphoniques illégales par un mystérieux commanditaire, François Cluzet prête son habituel flegme à ce personnage de chômeur de longue durée qui s’improvise dactylo.

Avec une rare économie de moyens (un appartement vide, très peu de dialogues, de brusques accès de violence), le réalisateur installe un climat extrêmement pesant et signe autant un film politique qu’une fable sur la soumission.

LA MECANIQUE DE L OMBRE, Thomas Kruithof 2017, Francois Cluzet, Denis Podalydes (drame social)@@ (E)
Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d'affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes ...

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LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@


Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à Compton, en Californie, Richard façonne l'engagement inébranlable et la vive intuition des filles. Ensemble, la famille Williams défie les probabilités apparemment insurmontables et les attentes qui se présentent à elles.

TELERAMA
Il avait dit que ses deux filles seraient des championnes de tennis, et tout s’est passé comme prévu. L’histoire est dingue, mais ce film adoucit la véritable “méthode” employée par Richard pour amener Venus et Serena Williams au sommet.

L'histoire est véridique : Richard Williams a établi une méthode pour mener ses filles Venus et Serena au sommet du tennis, et tout s’est passé comme prévu. Dommage que ce biopic, aimable produit hollywoodien, édulcore gentiment la réalité de ladite « méthode ». Richard est montré comme un vieux monsieur (Will Smith, plutôt bon) certes têtu, mais qui n’a en tête que le bonheur de ses filles. On ne voit rien de la sévérité des entraînements, et la « méthode » est réduite à une simple prophétie. À l’exception d’un aspect, réel et sidérant : le refus catégorique de faire disputer aux deux prodiges des tournois juniors avant de les faire entrer sur le circuit professionnel. Alors, le conflit entre le père, ses filles et leur autre entraîneur (Rick Macci) devient intéressant à observer.
LA METHODE WILLIAMS, Reinaldo Marcus Green 2021, Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor (sport tennis)@@ (E)
Armé d'une vision claire et d'un plan de 78 pages, Richard Williams est déterminé à ce que ses deux filles, Vénus et Serena, écrivent l'Histoire. S'entraînant sur des courts de tennis à ...

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LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@


Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville lui ouvre un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l'un d'eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. A mesure que la vérité sur les événements se dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.

ALLOCINE
Les paysages, les animaux, surtout les oiseaux et les personnages se partagent l’affiche de cette adaptation du premier roman de Délia Owens. C’est une histoire qui parle de solitude, d’abandon, d’amour et de meurtre ou d’accident, seule l’enquête le dira. Si les acteurs sont tous excellents, mention spéciale pour Daisy Edgar-Jones, qui est vraiment sublime. Le rôle semble fait pour elle tellement il lui colle à la peau.
malgré l’importance de la nature sauvage, l’importance de cette solitude qui écrase tout et le poids des émotions, elle semble porter le film. Alors je ne dirais pas à elle toute seule, mais pas loin. Après, il est vrai que le film raconte l’histoire de son personnage. Il y a beaucoup d'émotions, vous verserez sans doute une petite larme ou deux. Quant-à la fin, elle est très surprenante.
LA OU CHANTENT LES ECREVISSES, Olivia Newman 2022, Daisy Edgar-Jones, Taylor John Smith, Harris Dickinson (thriller sentimental)@@ (E)
Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la "Fille des Marais" de Barkley Cove, isolant e ...

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LA PART DU SOUPCON, Christophe Lamotte 2019, Kad Merad, Laurence Arné (thriller)


Alice vit le bonheur ordinaire d'une mère de famille quand tout bascule : l'homme de sa vie, Thomas, le père de son enfant, est soupçonné d'être Antoine Durieux-Jelosse, l'homme qui a défrayé la chronique pour avoir tué toute sa famille quinze ans auparavant. Depuis tout ce temps, la commandante Sophie Lancelle n'a jamais arrêté de chercher cet homme ayant commis l'impensable et elle est prête à tout pour le retrouver. Entre ces deux femmes que tout oppose, un homme crie son innocence.


LA PART DU SOUPCON, Christophe Lamotte 2019, Kad Merad, Laurence Arné (thriller) (E)
Alice vit le bonheur ordinaire d'une mère de famille quand tout bascule : l'homme de sa vie, Thomas, le père de son enfant, est soupçonné d'être Antoine Durieux-Jelosse, l'homme qui a défrayé ...

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LA PETITE, Guillaume Nicloux 2023, Fabrice Luchini, Mara Taquin (thriller sante moeurs)@@


Joseph apprend que son fils et le compagnon de celui-ci viennent de mourir dans un accident. Ils attendaient un enfant via une mère porteuse en Belgique. Que va devenir leur futur bébé ? Joseph en est-il le grand-père légitime ? Porté par la promesse de cette naissance qui va prolonger l'existence de son fils, le sexagénaire part à la rencontre de la jeune Flamande au caractère farouche et indomptable.

TELERAMA
On n’avait jamais vu Fabrice Luchini aussi sobre et émouvant que dans ce rôle de vieux bourru, qui tient absolument à assurer l’avenir de l’enfant de son fils décédé. Deuil, gestation par autrui, tendresse : Guillaume Nicloux embrasse tout, sans mièvrerie.

Emmanuel et son compagnon ont péri dans un crash d’avion. Le couple attendait un enfant, grâce à une jeune mère porteuse, en Belgique. Joseph, le père veuf d’Emmanuel, développe alors une idée fixe : que va devenir ce bébé à naître ? Puisque, dans ce petit corps, persistent quelques cellules de son fils, Joseph décide de retrouver Rita, la jeune Flamande qui porte l’enfant…

On peut se demander ce que Guillaume Nicloux, dont la filmographie est nettement plus noire que rose, est venu faire dans cette histoire si sentimentale — et casse-gueule —, où se mêlent tragédie, gestation pour autrui et layette. À mieux chercher, pourtant, beaucoup de ses films traitent du deuil, de la solitude et de l’obsession de retrouver un enfant (Cette femme-là, Valley of Love), et il s’avère idéal pour imposer une noble sobriété, et même des pointes d’humour, à cette métamorphose d’un homme endolori grâce au ventre d’une fille qui ne s’en laisse pas conter.

Même si le pianotage de la partition musicale omniprésente ne l’y aide vraiment pas, il tricote avec finesse l’évolution des rapports entre Joseph et Rita. Le tout avec un sens remarquable du détail juridique et administratif : il livre, en douce et en douceur, un film dossier sur la GPA (gestation pour autrui). Prouesse discrète qui aurait été impossible sans Maud Wyler en fille aimante et compréhensive, Mara Taquin, captivante révélation en louve aussi farouche qu’avisée, et, bien sûr, Fabrice Luchini. Comme lavé de ses tics de préciosité, rendu à la quotidienneté, il est éblouissant de normalité et de tendresse bourrue.
LA PETITE, Guillaume Nicloux 2023, Fabrice Luchini, Mara Taquin (thriller sante moeurs)@@ (E)
Joseph apprend que son fils et le compagnon de celui-ci viennent de mourir dans un accident. Ils attendaient un enfant via une mère porteuse en Belgique. Que va devenir leur futur bébé ? Joseph en est-il le grand-p&egra ...

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LA PISTE DES ELEPHANTS, William Dieterle 1954, Elizabeth Taylor, Peter Finch (nature environnement)@@


Au cours d'un séjour en Angleterre, le riche planteur de thé John Wiley est séduit par la ravissante Ruth et l'épouse. Il l'emmène sur ses terres à Ceylan et l'installe dans son immense palais, mais la jeune femme a beaucoup de mal à s'adapter à son nouveau pays et vit dans la peur constante des éléphants. Désemparée, elle est sur le point de quitter l'île avec Dick Carver, mais une épidémie de choléra rend le départ impossible.

TELERAMA
La menace constante d’un raz de marée animal constitue le principal ressort dramatique de ce film d’aventures spectaculaire à souhait, tourné dans de magnifiques décors naturels. Selon son goût, on préférera la splendide séquence de la charge des éléphants. L’intrigue décrit aussi sans ménagement la mentalité rétrograde du colonialisme britannique. Mais c’est vraiment pour Elizabeth Taylor que le film mérite d’être vu. La superficielle jeune héroïne du début va découvrir, au milieu des dangers, l’amour véritable qu’elle porte à son mari. Dans ce parcours, l’actrice est magnifique.
LA PISTE DES ELEPHANTS, William Dieterle 1954, Elizabeth Taylor, Peter Finch (nature environnement)@@ (E)
Au cours d'un séjour en Angleterre, le riche planteur de thé John Wiley est séduit par la ravissante Ruth et l'épouse. Il l'emmène sur ses terres à Ceylan et l'installe dans son immense palais, mais ...

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LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@


En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous périssent, à l'exception de la petite Debbie, la nièce d'Ethan, et de la jeune Lucy, enlevées par les Indiens. Ethan jure alors de les retrouver et de se venger. Accompagné de Martin Pawley, le frère adoptif des jeunes filles, et de Brad, le fiancé de Lucy, il se lance à la poursuite des ravisseurs. Les hommes apprennent bientôt que Lucy est morte. Fou de douleur, Brad gagne à bride abattue le camp des Indiens, qui le tuent. Une longue traque commence pour Ethan et Martin, que ne rebutent ni les hivers rigoureux, ni les étés torrides. Ethan vieillit mais s'obstine...

TELERAMA
Ethan retrouve sa nièce, enlevée par les Comanches... John Wayne en héros déchu et raciste, des Indiens assassins et victimes, une Natalie Wood déchirée : toute l’ambiguïté de l’Ouest au soleil brûlant de Monument Valley. Western monument.

Qu’est-ce qui pousse un homme à errer ? » La ballade qui ouvre le film le plus mythique de John Ford ne parle pas de ruban jaune ou de cavalerie. Elle pose une question existentielle, une question homérique. Dans le rôle d’Ulysse, revoici John Wayne et sa Winchester. Sa guerre de Troie était celle de Sécession, dont il revient les yeux remplis de fantômes et de poussière. Mais le foyer est un leurre et son odyssée débute au pied des mesas de Monument Valley par le rapt de sa nièce Debbie, emportée par les Comanches qui ont massacré le reste de sa famille. Parti à la recherche de la prisonnière du désert (Natalie Wood), Ethan, le « searcher » du titre original, entame un périple de plusieurs années. Une quête sans Ithaque ni Pénélope vaut-elle la peine d’être menée ?

Mal-aimé à sa sortie en 1956, ce prodigieux western est désormais considéré par beaucoup comme le meilleur film américain de tous les temps. C’est l’opinion de Martin Scorsese, notamment, qui envoie Robert De Niro et Harvey Keitel le voir dans Mean Streets. Sa narration elliptique et sa vision désenchantée du monde, qui tranchent avec l’humanisme fordien des débuts, en font un film de rupture, de la modernité encore balbutiante des années 1960. Le voir est une épiphanie ; le revoir, un ravissement.
LA PRISONNIERE DU DESERT, John Ford 1956, John Wayne, Natalie Wood (western)@@@@ (E)
En 1868, au Texas, après avoir combattu aux côtés des Sudistes puis au Mexique, Ethan Edwards revient au pays. Juste après son retour, la famille de son frère est attaquée par les Comanches. Tous p&e ...

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LA SEDUZIONE, Fernando di Leo 1973, Lisa Gastoni, Maurice Ronet, Jenny Tamburi


LA SEDUZIONE, Fernando di Leo 1973, Lisa Gastoni, Maurice Ronet, Jenny Tamburi (E)
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LA SORTIE DE L USINE LUMIERE A LYON, Louis Lumiere 1895, (societe)@@


À Lyon, le personnel de l'usine Lumière quitte son lieu de travail, les ouvrières sortant en premier et les cadres ensuite. Dans la première version, le cortège se termine par la sortie de véhicules et les portes sont ensuite refermées.

Cette « vue Lumière », qualifiée non sans humour par l'historien du cinéma Georges Sadoul comme étant « presque une bande publicitaire[1] », est considérée par de nombreux historiens du cinéma comme le premier film. Aussi, les commémorations du Centenaire du Cinéma ont été organisées en France en mars 1995. Cette datation se retrouve autant dans l'Encyclopédie Larousse que sous la plume de Michel Faucheux[2], ou que dans le monumental ouvrage de l'historien américain Charles Musser (en)[3]. Toutefois, d'autres historiens donnent la priorité à l'année 1891, date de l'apparition des premiers films produits par Thomas Edison, réalisés par son ingénieur électricien William Kennedy Laurie Dickson. Ainsi, Georges Sadoul note que « les bandes tournées par Dickson sont à proprement parler les premiers films »[4], et Laurent Mannoni, conservateur en chef des appareils à la Cinémathèque française, précise que « cent quarante-huit films sont tournés entre 1890 et septembre 1895 par Dickson et William Heise[5]. » Tandis que Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin n'hésitent pas à qualifier de mensonge chauvin la primauté de La Sortie... dans la plupart des histoires du cinéma et rappellent que le cœur du cinéma et de tout ouvrage audiovisuel est bien ce qu'Edison a nommé pour la première fois un film. Ces auteurs n'en dégagent pas moins l'importance historique de cette Sortie de l'usine Lumière et l'apport esthétique fondamental de Louis Lumière dans le processus de création des « vues photographiques animées », le mot que les frères Lumière utilisaient pour désigner leurs bobineaux impressionnés[6].
LA SORTIE DE L USINE LUMIERE A LYON, Louis Lumiere 1895, (societe)@@ (E)
À Lyon, le personnel de l'usine Lumière quitte son lieu de travail, les ouvrières sortant en premier et les cadres ensuite. Dans la première version, le cortège se termine par la sortie de véhicules ...

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LA TETE DANS LES ETOILES, Emmanuel Gillibert 2023, François-Xavier Demaison (espace comique)


Ali, trentenaire de banlieue, vit encore chez sa mère avec sa fille de 8 ans. Sans ambition, il vit grâce à son travail de livreur. À la suite d'une livraison, il va se retrouver accidentellement propulsé dans l'espace, à bord de la station ISS. La conquête spatiale s'apprête à écrire un chapitre surprenant et inédit de son histoire avec cet homme claustrophobe, asthmatique et maladroit.

TELERAMA
LA TETE DANS LES ETOILES, Emmanuel Gillibert 2023, François-Xavier Demaison (espace comique) (E)
Ali, trentenaire de banlieue, vit encore chez sa mère avec sa fille de 8 ans. Sans ambition, il vit grâce à son travail de livreur. À la suite d'une livraison, il va se retrouver accidentellement propulsé d ...

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LA VENGEANCE SANS VISAGE, Claude-Michel Rome 2022


Marie est cadre dans un aéroport. Au cours d'une sortie rafting, elle fait la connaissance de Maxime, passionné de parachutisme et de wingsuit. Elle ignore cependant qu'avec sa bande, Maxime pille des transports de fonds sur des aéroports, et qu'ils préparent un braquage. Pour s'assurer du silence de Marie, Sofia, leader du gang, sabote son parachute lors d'une initiation. Marie fait alors une chute de 2000 mètres mais, par miracle, survit. Un an plus tard, handicapée, elle s'est réfugiée dans la maison de ses parents, à Gap, sa ville natale. Jusqu'au jour où Marie croise Sofia, qui la croit morte et ne la reconnaît pas. Marie décide de se venger en les attirant vers un nouveau braquage. Mais c'est compter sans Luc Ferraz, officier de la BRI à la recherche de la source qui informe le gang. Marie a le profil idéal...

TELERAMA
Exploser une structure narrative ne suffit pas à donner du sens, ni de l’épaisseur. La preuve par ce téléfilm qui déroule mécaniquement une intrigue plate malgré l’assistance artificielle des grosses ficelles du soap. On souffre pour les personnages.

Il faut se méfier des heureux hasards… La preuve par le destin tragique de Marie. Cadre dans un aéroport, elle fait la connaissance de Maxime qui déploie son charme pour la convaincre de partager avec lui sa passion du parachutisme. Jusqu’à ce que son parachute à elle se… déploie mal. Un accident qui survient alors qu’un improbable braquage permet à un groupe de parachutistes de dérober 12 millions d’euros en montres de collection sur le tarmac d’un aéroport. Il faut vraiment se méfier des heureux hasards.

La preuve par ce téléfilm, qui, malgré toute l’énergie qu’il met en œuvre pour nous entraîner entre passé et présent, s’enlise dans une intrigue que l’interprétation mécanique des comédiens n’aide pas à sauver. Entre bluette dans les airs et érotisation de la poterie s’organise un jeu du chat et de la souris, sur fond de vol de bijoux évoquant une grossière version de L’Affaire Thomas Crown. Le téléfilm parvient néanmoins à réussir une démonstration. Le soap n’est jamais une rustine efficace quand une fiction se prend trop au sérieux. La dimension ludique en moins, ne reste que d’énormes ficelles pourvoyeuses d’ersatz de divertissement.
LA VENGEANCE SANS VISAGE, Claude-Michel Rome 2022 (E)
Marie est cadre dans un aéroport. Au cours d'une sortie rafting, elle fait la connaissance de Maxime, passionné de parachutisme et de wingsuit. Elle ignore cependant qu'avec sa bande, Maxime pille des transports de fonds sur d ...

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LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@


Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se défend alors que tout l'accuse : son enfance difficile, ses moeurs libres. Dominique s'est mis en tête de séduire Gilbert pour ennuyer sa soeur, la trop sage et studieuse Annie. Puis, devenue la maîtresse de Gilbert, elle s'est laissée prendre au piège de l'amour-passion.

TELERAMA
Une femme, accusée d’avoir tué son amant, passe aux assises. Le deuxième grand rôle dramatique de Brigitte Bardot. Clouzot reste fidèle à son style, avec une direction d’acteurs au cordeau : Charles Vanel et Paul Meurisse sont magistraux.

Tourné en pleine « bardolâtrie », La Vérité défraya la chronique. L’ogre Clouzot allait-il dévorer la star ? Après En cas de malheur, d’Autant-Lara, c’était son deuxième grand rôle dramatique. Le succès fut à la hauteur du battage. Grand Prix du cinéma français et une nomination aux Oscars.

Le scénario, pourtant, est des plus banals : une jeune fille trop belle, trop libre, est accusée du meurtre de son amant. À son procès, témoins et flash-back nous font revivre le drame. C’est la « qualité française », que contestaient les jeunes loups de la Nouvelle Vague. Rien n’est laissé au hasard et les effets d’audience avec cinglantes répliques d’avocats font mouche. Cinquante ans après, on peut sourire devant ce Saint-Germain-des-Prés dépeint comme un lieu de débauche.

Mais l’intérêt du film, c’est « l’animal Bardot », que Clouzot s’acharne à faire jouer. Elle résiste, la mine boudeuse, puis finit par craquer, telle une bête traquée poussant un hurlement. L’auditoire, à qui elle crie « vous ne m’avez jamais aimée, vous êtes tous morts… », préfigure les bonnes gens qui pousseront au suicide l’héroïne de Vie privée, de Louis Malle. Peu après, Godard s’inclinera lui aussi devant le mythe.
LA VERITE, Henri Georges Clouzot 1960, Brigitte Bardot, Charles Vanel (thriller judiciaire)@@@ (E)
Dominique Marceau est accusée d'avoir tué avec préméditation son amant, Gilbert Tellier, un musicien de talent par ailleurs fiancé à sa soeur, Annie. Devant le jury d'assises, Dominique se dé ...

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LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN, Will Sharpe, Benedict Cumberbatch, Claire Foy 2021


En Angleterre, à la fin du XIXe siècle, aîné de six enfants, Louis Wain est contraint de subvenir aux besoins de sa mère et de ses soeurs après le décès de son père. Il devient illustrateur et se faire remarquer par ses dessins de chats. Parallèlement, il tombe amoureux de la gouvernante de ses soeurs, Emily.

TELERAMA
Ce biopic voudrait retranscrire la fantaisie créative de Louis Wain, célèbre pour ses dessins de chats anthropomorphes. Tout n’est que chromos délavés.

Né en 1860, mort en 1939, l’artiste Louis Wain devient célèbre à la fin du XIXe siècle pour ses représentations de chats anthropomorphes aux grands yeux. Mine de rien, il contribue à la normalisation des relations entre l’homme et les félins, jusqu’alors divinités vénérées ou créatures maléfiques, lançant une vague de domestication dans l’Angleterre victorienne, davantage portée sur les chiens. Son œuvre, constituée de peintures, de dessins et d’illustrations, serait presque l’ancêtre des vidéos de chats sur le Web, forme de divertissement contemporain où l’animal, désacralisé, perd de sa superbe.

Inédit en France, ce biopic ampoulé voudrait retranscrire la fantaisie créative de Wain. Hormis quelques plans-tableaux qui rendent hommage à son talent de peintre paysagiste, tout n’est que chromos délavés, flous artistiques, voix off affectée. Le plus raté ? Les incursions vers le burlesque, quand le héros patauge dans une piscine avec un maillot de bain d’époque, ou vers le fantastique, quand les matous se mettent à parler. Même la composition de Benedict Cumberbatch (Sherlock), dans un énième rôle d’autiste lunaire, relève du cliché.
LA VIE EXTRAORDINAIRE DE LOUIS WAIN, Will Sharpe, Benedict Cumberbatch, Claire Foy 2021 (E)
En Angleterre, à la fin du XIXe siècle, aîné de six enfants, Louis Wain est contraint de subvenir aux besoins de sa mère et de ses soeurs après le décès de son père. Il devient i ...

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LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@


Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon exprime le désir de récupérer la garde de son fils.

TELERAMA
Mère d’accueil, Anna doit rendre l’enfant qu’elle élève à sa “vraie ” famille… Un mélo sensible, inspiré de la propre mère du réalisateur Fabien Gorgeart et intensément interprété par Mélanie Thierry.

Veut-il faire le tour de la question ? Après Diane a les épaules, le réalisateur Fabien Gorgeart s’intéresse de nouveau à la maternité. En 2017, sa brune héroïne de comédie, interprétée par l’épatante Clotilde Hesme, acceptait de porter un enfant pour un couple d’amis gay, sans contrepartie ni (trop) d’états d’âme. Cette fois, son Anna est blonde et vit un drame, un mélo même, qui vaut à Mélanie Thierry de pleurer des rivières.

Au début, pourtant, cette jeune femme solaire nage dans le bonheur avec ses trois garçons. On découvre la famille en vacances, entre piscine, ping-pong et soirée disco, sans se douter que, parmi les marmots épanouis et remuants, se cache un moineau de passage : Simon, 6 ans, placé chez Anna et Driss (Lyes Salem) par l’aide sociale à l’enfance depuis ses 18 mois. La rentrée tombe comme un couperet, puisque le papa du chouchou, remis d’une longue dépression, veut récupérer la garde de son fiston.

Fabien Gorgeart n’en fait pas mystère, il s’inspire de l’histoire de sa propre mère, à qui un enfant aimé mais pas né de ses entrailles fut arraché un jour pour être rendu à sa « vraie famille ». Laissant délibérément le père biologique à la marge, comme une menace, ce film sensible se resserre sur le point de vue de la maman d’accueil, jusqu’à l’adopter complètement. Face au petit Gabriel Pavie, qui arracherait des larmes à un caillou, Mélanie Thierry déploie une intensité et, surtout, une part d’ombre donnant à ressentir à la fois la beauté et la dureté d’un métier pas comme les autres.
LA VRAIE FAMILLE, Fabien Gorgeart 2020, Mélanie Thierry, Lyes Salem (societe)@@ (E)
Anna, 34 ans, vit avec son mari, ses deux petits garçons et Simon, un enfant placé chez eux par l'Assistance sociale depuis l'âge de 18 mois, qui a désormais 6 ans. Un jour, le père biologique de Simon expr ...

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LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@


Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cependant, lorsque Rudolf doit être muté à Oranienburg, leur petite vie idéale menace de s'effondrer et il cache l'information à son épouse. Quand Hedwig l'apprend, elle refuse de quitter sa maison de rêve.

TELERAMA
Le quotidien d’un officier SS zélé, en famille, dans une maison tout confort voisine du camp d’Auschwitz. Allégorie puissante ou esthétisation facile ? À (re)voir pendant le Festival Cinéma Télérama, du 22 au 28 janvier 2025, au prix de 4 euros la séance.

POUR
Si la Shoah était une maison, comment serait-elle ? C’est à partir de ce postulat un peu fou que La Zone d’intérêt prend forme. S’inspirant du roman de Martin Amis, Jonathan Glazer nous reçoit dans un « charmant » pavillon avec piscine, qui jouxte le camp d’Auschwitz. C’est là où vivent Rudolf Höss, le commandant du camp, sa femme, Hedwig, et leurs cinq enfants blonds. Une existence familiale qui tient du tableau idyllique. La maison comporte de grandes pièces, l’été resplendit, des massifs de fleurs de toutes les couleurs embaument le jardin. « C’est paradisiaque », constate la mère de Hedwig, qui a fait le voyage pour voir sa fille et qui est heureuse de la voir ainsi installée. La voilà si détendue qu’elle fait une sieste au soleil, dans un transat. Un toussotement la fait se réveiller. Elle se lève, un peu hagarde, et se hâte de rentrer. Au loin, derrière le mur surmonté de barbelés, on a vu de la fumée s’échapper d’une cheminée. Un four crématoire, sans doute.

Soit les délices d’un éden paisible, alors qu’on extermine à 50 mètres de là. Jonathan Glazer, remarqué pour la singularité d’un film fantastique inquiétant (Under the Skin), est un cinéaste rigoureux et consciencieux, qui sait parfaitement les enjeux moraux liés à la représentation de la Shoah. S’interdisant d’entrer dans le camp d’Auschwitz, il en filme uniquement les murs d’enceinte depuis l’extérieur, laissant apparaître quelques-uns de ses symboles macabres (cheminées, miradors). L’atrocité du génocide reste invisible mais elle résonne de partout, au quotidien. On l’entend, en sourdine, grâce à un travail remarquable sur le son. Ce sont des échos lointains et confus de soufflements, claquements, entrechocs, tirs, chiens qui aboient, ordres. Autrement dit une partition spécifique : celle de la machine de mort hitlérienne, de l’industrialisation du crime nazi. La nuit venue, ce bruit de fond s’amplifie.

Tels des nababs d’une villa de la Riviera
Comment est-ce possible d’habiter ici ? Comment supporter cela ? Le voisinage du mal, sa cohabitation, voilà l’une des clés d’entrées possibles de cette fiction fascinante et malaisante, conceptuelle et structurelle à la fois. Où il est surtout question d’architecture, de délimitation entre le dedans et le dehors, de cloisonnement, de compartimentage d’espaces. Le réalisateur vise à montrer le foyer du bourreau et de son épouse comme une construction organique, le logis représentant à la fois leur corps et leur cerveau. Le lieu de l’obsession ménagère, où tout doit être propre, rangé, sélectionné, évacué. Le lieu du plaisir de façade – les Höss se goinfrent, boivent, profitent du jardin et de la piscine tels des nababs d’une villa de la Riviera – radiographié de manière clinique. Un monde verrouillé de l’intérieur, abritant fierté mais aussi vide, névrose, déni, hantise à venir.

C’est la force de l’allégorie de susciter en nous toutes sortes de troubles et d’interrogations sur ce qui nous éloigne ou nous rapproche de ces monstres ordinaires. Sur ce qui est occulté, enfoui en eux. Avec ses plans géométriques au scalpel, de lumière qu’on éteint, de couloirs et d’escaliers, de fenêtres, de portes qu’on ouvre et ferme, La Zone d’intérêt ressemble parfois étrangement au ballet domestique de Jeanne Dielman…, le chef-d’œuvre de Chantal Akerman. Même sens de « l’installation » plastique, même scénographie, même métacinéma. Avec une perspective tout autre ici, où les métaphores filées, où les cendres et reliques exhumées, sont reliées à un contexte historique précis, documenté, cartographié, topographié. L’expérience a ceci de vertigineux qu’elle enferme et ouvre à la fois sur un abîme d’obscurité. — Jacques Morice

CONTRE
Il y a trente ans, lors de la sortie de La Liste de Schindler, Claude Lanzmann accusait Steven Spielberg de « trivialiser l’Holocauste », rappelant un interdit de représentation de la Shoah par la fiction. Interdit que László Nemes bravait, en 2015, avec Le Fils de Saul, où il choisissait de nous immerger de manière violemment frontale dans l’horreur. Jonathan Glazer, lui, opte pour l’exact contraire : l’installation cérébrale et glaçante, le formalisme géométrique, avec pour seule embardée émotionnelle, et particulièrement contestable, le sous-entendu de soudains remords de la part de la belle-mère, qui écourte sa visite dans cette « maison du bonheur ».

Le cinéaste utilise, certes, le hors-champ de manière radicale, et, reconnaissons-le, particulièrement dérangeante. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas le choix de la… facilité. Quoi de plus malin, en effet, que de se braquer sur la banalité du mal en son jardin, de réduire la machine de mort à une partition sonore, pour ne pas avoir à montrer ce qui se passe de l’autre côté ? Faire du quotidien des bourreaux son sujet revient à invisibiliser les victimes, et la réalité de leur extermination, et donc à se protéger, justement, de tout risque de cette « trivialité » dénoncée par Lanzmann. Avec La Zone d’intérêt, Jonathan Glazer peut ainsi exceller en restant dans sa zone de confort esthétique.— Guillemette Odicino
LA ZONE D INTERET. Jonathan Glazer 2024 (histoire shoah)@@@ (E)
Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cepend ...

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LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@


À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires, Henry et Adele rencontrent Frank Chambers, un homme intimidant, mais qui a clairement besoin de leur aide.

TELERAMA
Fin d'été mordorée et brûlante, quelque part dans l'Amérique des années 1980. Depuis son divorce, Adele vit seule avec Henry, son fils pré-adolescent, dans une grande maison dont le bois écaillé se confond presque avec les arbres environnants. Arrive un homme, Frank, taulard en cavale...

Tout au long de ce mélo intimiste, on cherche à reconnaître la patte de Jason Reitman : son ironie mordante (Thank you for smoking), son goût pour les outsiders acides et attachants (Juno, Young Adult). En vain. Dans la maison des bois, tous les sentiments sont beaux, tous les habitants sont nobles. A peine installé, le dangereux criminel se met à réparer les fuites, le moteur de la voiture et prépare de délicieuses tartes. Quand il a cinq minutes, il apprend le base-ball au jeune Henry : il est trop beau pour être vrai. Ce côté artificiel est heureusement compensé par la délicatesse des interprètes : Josh Brolin et Kate Winslet sont si sobres et émouvants qu'on finit par admettre que oui, peut-être, ces deux-là pourront panser ensemble leurs blessures. Quant au jeune Gattlin Griffith (How I met your mother, à la télé, L'Echange de Clint Eastwood, au cinéma), il est grave et attendrissant.
LAST DAYS OF SUMMER, Jason Reitman 2013, Kate Winslet, Josh Brolin (societe)@@ (E)
À l'âge de 13 ans, Henry Wheeler est aux prises avec les difficultés de l'adolescence et doit s'occuper de sa mère troublée et recluse, Adele. Un jour, alors qu'ils achètent des fournitures scolaires ...

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LAUREL ET HARDY conscrits A. Edward Sutherland 1939 (comique)@@


Stan Laurel et Oliver Hardy sont en vacances à Paris. Ollie tombe amoureux de Georgette, la fille de leur logeur. Lorsqu'il apprend qu'elle est déjà fiancée à un officier de la Légion étrangère, le pauvre Ollie décide de mettre fin à ses jours. Entraînant Stan dans son funeste projet, il s'apprête à se jeter dans la Seine. Sur le quai survient un soldat, qui les convainc de ne pas se tuer et de s'engager dans la Légion. Ce que font les deux compères, incapables d'imaginer une seule seconde les mésaventures qu'ils vont vivre. Rapidement, découvrant que cette existence ne leur convient pas, ils s'enfuient. Mais ils sont rattrapés et condamnés à mort...
LAUREL ET HARDY conscrits A. Edward Sutherland 1939 (comique)@@ (E)
Stan Laurel et Oliver Hardy sont en vacances à Paris. Ollie tombe amoureux de Georgette, la fille de leur logeur. Lorsqu'il apprend qu'elle est déjà fiancée à un officier de la Légion étrang& ...

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LE BEBE ET LE CLOXHARD, Michael Verhoeven 2014, Herbert Knaup, Thomas Thieme (vieillesse)@


Divorcé, chômeur, dépressif et misanthrope, Hans n'a vraiment rien d'un héros. Depuis que sa femme est partie avec sa fille après une infidélité, son existence se résume à boire devant la télévision, dans la solitude de son petit appartement. Il ne se résout à parler aux autres que pour quémander de l'argent. Un jour, en descendant les poubelles, il fait une rencontre pour le moins inattendue: un nourrisson abandonné dans la benne à ordures.

TELERAMA
Hans, un quinqua en voie de clochardisation, retrouve goût à la vie lorsqu’il découvre un bébé à la bouille craquante dans la benne à ordures de son immeuble. Avec un brin de candeur, ce téléfilm facile, bourré de bons sentiments, se laisse voir...

Depuis qu’il a quitté sa femme et sa fille, Hans vit en reclus dans un appartement qui mériterait une intervention d’urgence des services d’hygiène. Un jour, le quinqua, en voie de clochardisation, découvre un bébé dans une benne à ordures. Contre toute attente, et malgré les soupçons de la police, il décide de garder l’enfant, en la faisant passer pour sa petite-fille. Aux petits soins pour elle, Hans reprend goût à la vie.

On l’aura compris, Le Bébé et le Clochard ne vise guère l’originalité ou la vraisemblance. Et sa mince toile de fond sociétale s’efface vite derrière le déluge de bons sentiments et la bouille craquante du nourrisson… C’est facile, un rien moralisateur aussi, mais l’ensemble aux allures de fable moderne se laisse voir, avec un brin d’indulgence, ou de candeur.
LE BEBE ET LE CLOXHARD, Michael Verhoeven 2014, Herbert Knaup, Thomas Thieme (vieillesse)@ (E)
Divorcé, chômeur, dépressif et misanthrope, Hans n'a vraiment rien d'un héros. Depuis que sa femme est partie avec sa fille après une infidélité, son existence se résume à boire ...

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LE BONHEUR DES UNS, Daniel Cohen 2020, Vincent Cassel, Beatrice Bejo, Florence Foresti, Francois Damiens (comique)@@


Vendeuse en prêt-à-porter, la discrète Léa annonce à son compagnon Marc et ses amis Karine et Francis qu'elle achève l'écriture d'un roman. Son entourage est très surpris et n'y croit pas vraiment quand ce premier livre devient rapidement un best-seller. La jalousie prend alors le pas sur l'amitié pour Karine, qui tente en vain de se lancer elle aussi dans la littérature, tandis que Francis se cherche une passion. Marc voit d'un mauvais oeil le succès de sa compagne ne supportant pas d'être relégué au second plan. Daniel Cohen adapte sa propre pièce "L'île flottante" sur grand écran dans une comédie qui tourne en dérision l'aigreur et la jalousie par le biais de répliques aussi cruelles qu'amusantes.

TELERAMA
Réalisée par Daniel Cohen (Comme un chef) d’après sa propre pièce (jamais montée), cette comédie factice et plan-plan peut néanmoins compter sur l’abattage de son casting et une poignée de répliques amusantes et cruelles pour échapper au déshonneur auquel aurait pu la condamner, au hasard, son absence de peps ou la mocheté de l’image — Florence Foresti, orange, a l’air d’avoir été maquillée par Donald Trump.

Mieux vaut être seule que mal accompagnée. C’est la morale, frappée au coin du bon sens, que l’on retiendra de l’histoire de Léa (Bérénice Bejo, attachante malgré un rôle fade de gentille maso). Léa est l’épouse de Marc (Vincent Cassel, assez réjouissant en imbécile ­égoïste et macho) et l’amie de Karine (Foresti qui fait du Foresti, sa force et sa limite) et de Francis (François Damiens, extra tendre). Soit un entourage globalement infect, puisqu’il la prend tranquillou pour une courge et tombe de l’armoire lorsque la jeune femme écrit un best-seller couvert de louanges. Le bonheur de Léa fait le malheur de ses « amis », soudain verts de jalousie et décidés, eux aussi, à devenir des artistes…

Là réside le principal attrait du film : les vains efforts des potes pour « exister » à leur tour, Karine s’échinant à pondre un roman, tandis que Francis passe de la musique électro (« entre David Guetta et Léo Ferré ») à la sculpture ou à la cuisine. Bref, pour peu qu’on soit bien luné, il y a deux ou trois rires à glaner. C’est toujours ça de pris.
LE BONHEUR DES UNS, Daniel Cohen 2020, Vincent Cassel, Beatrice Bejo, Florence Foresti, Francois Damiens (comique)@@ (E)
Vendeuse en prêt-à-porter, la discrète Léa annonce à son compagnon Marc et ses amis Karine et Francis qu'elle achève l'écriture d'un roman. Son entourage est très surpris et n'y croit p ...

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LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@


Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. Sur place, Lagardère apprend qu'un complot se trame contre le Duc. C'est son cousin, le prince Philippe de Gonzague, qui a décidé de le faire assassiner pour s'approprier sa fortune. Lagardère combat les conspirateurs aux côtés de Nevers qui est blessé mortellement.

TELERAMA
avec Jean Marais. De bout en bout, le film est vif, enlevé. Simple et brillant comme le roman de Paul Féval dont il s'inspire. Bourvil, tutoyant son monseigneur de maître, annonce presque le Figaro de Beaumarchais. Et quand il prononce le célèbre « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! », Jean Marais a fière allure.
LE BOSSU, Andre Hunebelle 1959, Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman (cape et epee)@@@ (E)
Le chevalier Henri de Lagardère est sur le chemin de l'exil. Il s'arrête une dernière fois au château du Duc de Nevers afin de l'affronter en duel et découvrir sa botte secrète que l'on dit imparable. ...

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LE BOUCHER, Claude Chabrol 1969, Stephane Audran, Jean Yanne (thriller)@@


A Trémolat, en Périgord. On célèbre le mariage de l'instituteur Léon Hamel. Au cours du repas, le boucher Paul Thomas, dit "Popaul", revenu au pays pour reprendre le commerce de son père après plusieurs années d'absence, fait la connaissance d'Hélène Marcoux, l'institutrice. Tous deux se lient d'amitié et se voient régulièrement. Popaul fait une cour assidue à Hélène, qui résiste gentiment mais lui offre un briquet pour sa fête. Entre-temps, une femme d'un village voisin est trouvée morte, assassinée à coups de couteau, dans un bois des alentours. Au hasard d'une promenade avec ses élèves, Hélène découvre une autre victime et, à côté d'elle, le briquet offert à Popaul...

TELERAMA
Portrait d’un assassin, étude glaçante de l’attraction entre nature et culture, grande histoire d’amour ratée : le drame de Popaul, homme de sang, et d’Hélène, femme (libre) d’esprit, est un film d’une humanité diabolique.

Mademoiselle Hélène, la directrice de l’école, est instruite, belle, libérée… Popaul est boucher, fruste, revenu de toutes ces guerres qui laissent le goût du sang. Mais on peut tuer et tomber amoureux. Lors d’une sortie scolaire aux grottes préhistoriques, Hélène parle avec tendresse de Cro-Magnon à ses élèves et leur explique que « les aspirations sont des désirs débarrassés de leur sauvagerie ». Comme le sont ceux de Popaul quand il regarde Mlle Hélène. Mais la belle n’est pas toujours là pour faire oublier l’odeur du sang à la bête. Ce sang qui lui bat les tempes. Qui afflue soudainement dans ce tranquille village périgourdin. Ce sang dont une goutte tombe d’un cadavre sur la tartine d’une écolière.

Popaul offre un gigot comme s’il lui offrait un bouquet de roses. Sous un chêne, lors d’une conversation sur la nécessité de faire ou non l’amour pour échapper à la folie, c’est elle qui lui offre un briquet, très symbolique. Peinture millimétrée d’une petite province, étude glaçante d’une fascination réciproque, grande histoire d’amour ratée et, surtout, portrait presque tendre d’un assassin : ce Chabrol est d’une précision et d’une humanité diaboliques.
LE BOUCHER, Claude Chabrol 1969, Stephane Audran, Jean Yanne (thriller)@@ (E)
A Trémolat, en Périgord. On célèbre le mariage de l'instituteur Léon Hamel. Au cours du repas, le boucher Paul Thomas, dit "Popaul", revenu au pays pour reprendre le commerce de son père a ...

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LE CHANT DES HUITRES, Sebastien Perret 2024, Andranic Manet, Yovel Lewkowski, Louisiane Gouverneur (fable)@@


Muet après avoir été frappé par la foudre, un étudiant en BTS aquacole trouve des alliées inattendues pour l'aider à déclarer sa flamme à son aimée.

Le Chant des huîtres est un court métrage mêlant comédie et musique. Une comédie musicale pour le moins décalée puisqu’aucun acteur·rice ne chante ni ne danse. Le récit prend place dans le Morbihan, au milieu d’un élevage d’huitres qui vont être amenées à chanter les émotions de Pablo, jeune homme timide épris d’une femme à qui il n’arrive pas à avouer ces sentiments.
LE CHANT DES HUITRES, Sebastien Perret 2024, Andranic Manet, Yovel Lewkowski, Louisiane Gouverneur (fable)@@ (E)
Muet après avoir été frappé par la foudre, un étudiant en BTS aquacole trouve des alliées inattendues pour l'aider à déclarer sa flamme à son aimée.

Le Chant des h ...

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LE CHASSEUR DE PRIMES, Andy Tennant 2010, Jennifer Anniston, Gerard Butler (comique)@


Ancien policier et grand joueur criblé de dettes, Milo Boyd officie désormais comme chasseur de primes. Nicole Hurley, son ex-épouse, une journaliste, travaille sur une grosse affaire. Quand il apprend que Nicole a manqué une audience au tribunal et qu'elle est désormais recherchée par la justice, Milo se propose pour la retrouver. Il tient là une bonne occasion de renflouer ses finances et de régler ses comptes avec Nicole. Mais il réalise bien vite que celle-ci court un réel danger : en effet, elle est traquée par un individu armé qui n'a qu'un seul but, l'éliminer. Milo se demande sur quel scandale a bien pu tomber Nicole pour susciter ainsi l'ire d'un tueur...
LE CHASSEUR DE PRIMES, Andy Tennant 2010, Jennifer Anniston, Gerard Butler (comique)@ (E)
Ancien policier et grand joueur criblé de dettes, Milo Boyd officie désormais comme chasseur de primes. Nicole Hurley, son ex-épouse, une journaliste, travaille sur une grosse affaire. Quand il apprend que Nicole a manq ...

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LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@


En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme isolée, avec pour seuls biens une vache et un accordéon, tous deux font l'apprentissage de la conjugalité et du dur labeur paysan, tout en tentant de concilier leurs aspirations. Tandis qu'Elsie s'épanouit en chantant, Jacob rêve d'acquérir un cheval pour devenir cocher. Mais quand Rico, un musicien yéniche, fait une halte de quelques jours dans le village, le fragile équilibre qu'ils ont construit vacille.

TELERAMA
Dans les Alpes suisses de 1870, une servante à la voix d’or est mariée de force à un palefrenier. Un film qui nous séduit pour sa beauté picturale, sa musique, et l’interprétation lumineuse de son actrice.

Une voix pure, aérienne, un talent brut : lorsqu’elle chante, Elsie a la grâce. Seulement voilà, quand on est une simple servante, dans les Alpes suisses de 1870, les rêves de carrière musicale restent au ras du parquet qu’il faut briquer. Ou pire : violée par le maître de maison, la jeune fille tombe enceinte. On la marie aussitôt à Jacob, le palefrenier… Tournée en dialecte local, dans le décor grandiose et sauvage des montagnes, cette âpre chronique rurale rappelle des classiques du genre, comme L’Arbre aux sabots d’Ermanno Olmi (1978), tout en dépoussiérant le propos.

La réalisatrice helvétique Katalin Gödrös troque en partie le misérabilisme traditionnel contre une approche plus féministe, concentrée sur la soif d’art et de liberté de son héroïne. Couple de circonstances — elle ne pense qu’à s’évader, avec son unique accordéon ou un musicien de passage, tandis qu’il a pour seule ambition de devenir cocher —, Elsie et Jacob développent une relation complexe, bancale et touchante, que le film déploie par petites touches quotidiennes, avec une grande subtilité. Leurs désirs d’ailleurs et d’émancipation se heurtent pourtant sans cesse aux obstacles et à l’injustice sociale de leur époque et de leur milieu, un monde paysan, dur, clos, étouffant. Malgré quelques longueurs, ce voyage dans le temps séduit par sa beauté picturale, sa musique vibrante et surtout l’interprétation formidable de Luna Wedler, lumineuse de fragilité et d’obstination.

LE CHEVAL DE JACOB, Katalin Gödrös 2024, Luna Wedler, Valentin Postlmayr (femmes sentimental)@@ (E)
En 1870, dans les Alpes suisses, Elsie, une servante à la voix d'or, violée par son patron, est mariée de force à un palefrenier, Jacob, lorsque sa grossesse est découverte. Envoyés dans une ferme i ...

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LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson (comique)


Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'elle possède une propriété à Beaumont-sur-Mer, la deuxième est une Australienne qui adore le divertissement.

TELERAMA
Rencontre explosive entre deux arnaqueuses, interprétées par Anne Hathaway et Rebel Wilson. L’une est chic, l’autre est choc, mais les gags ne sont ni l’un ni l’autre.

Elles s’affrontent, s’allient, se piègent… Et on s’ennuie ferme. Difficile de départager Anne Hathaway et Rebel Wilson dans ce duel d’arnaqueuses sous le soleil de Capri. La première surjoue l’élégance froide, maladroitement décalée au milieu des gags balourds et des combines mal ficelées. Quant à la seconde, elle s’autocaricature à outrance, sur toute la gamme de la farce agressive. L’idée d’adapter une comédie policière de 1989 (Le Plus Escroc des deux, de Frank Oz) dans un remake au féminin n’était pourtant pas mauvaise en soi…
LE COUP DU SIECLE, Chris Addison 2019, Anne Hathaway, Rebel Wilson (comique) (E)
Josephine Chesterfield et Penny Rust, issues de classes sociales opposées, s'allient pour escroquer et anéantir les hommes qui ont abusé d'elles. Tandis que la première provient d'un environnement luxueux et qu'e ...

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LE DERNIER JAGUAR, Gilles de Maistre 2024, Lumi Pollack, Emily Bett Rickards, Wayne Charles Baker (nature)@


Autumn grandit dans la forêt amazonienne aux côtés de Hope, un adorable bébé jaguar femelle qu'elle a recueilli. L'année de ses six ans, un drame familial contraint Autumn et son père à retourner vivre à New York. Huit années passent, et Autumn, devenue adolescente, n'a jamais oublié son amie jaguar. Quand elle apprend que Hope est en danger de mort, Autumn décide de retourner dans la jungle pour la sauver.

TELERAMA
Avec cette histoire d’amitié entre une fillette et un fauve en Amazonie, Gilles de Maistre fait le plein de louables intentions écologiques. Mais recycle aussi propos naïfs et gros écueils. Dès 6 ans.

Votre meilleure amie est-elle un jaguar ? Bienvenue au club d’Autumn, une adolescente new-yorkaise de 15 ans. Fille de deux parents activistes, la brunette grandit dans la forêt, aux côtés d’une tribu amazonienne, jusqu’à ses 6 ans. C’est là qu’elle rencontre Hope, un bébé jaguar femelle avec lequel elle noue une belle amitié, tant anthropomorphique que tire-larmes. Alors quand Autumn, devenue grande, apprend que son alter ego féline est menacée par le braconnage, elle n’hésite pas une seconde et prend le premier vol pour l’Amérique du Sud. À ses trousses, Anja, son excentrique professeure de biologie qui craint pour sa sécurité.

Si l’intention du film de Gilles de Maistre est louable – sensibiliser aux enjeux du braconnage et de la déforestation –, sa forme l’est moins. Nombreux sont les dialogues truffés d’aphorismes clichés ou naïfs (« n’abandonne jamais tes idéaux, rien n’est impossible ») et de chiffres artificiellement cités pour renforcer le côté didactique du scénario. Pêle-mêle, on nous rappelle que la jungle américaine abrite 70 % de la biodiversité planétaire et que le trafic d’animaux est le troisième plus lucratif au monde, après celui des armes et de la drogue.

Les Indiens, quant à eux, servent davantage de décors qu’ils ne constituent de réels protagonistes. Le malaise est maximal lorsque Anja incite les locaux à se mobiliser pour sauver Autumn et Hope des griffes des braconniers. Les plus critiques verront dans cette séquence des relents de white saviorism (ou « complexe du sauveur blanc », le fait qu’une personne blanche aide un non-Blanc pour flatter son ego).

Autre écueil : le film de Gilles de Maistre repose sur une adolescente faussement rebelle, mais véritablement éreintante, entre soupirs et revendications écologiques proclamées ad nauseam – ce qui ne l’empêche pas de jeter son téléphone dernier cri à l’eau ou de menacer de défenestrer un hérisson. Seul phare dans l’obscurité, l’enseignante hypocondriaque et agoraphobe incarnée par Emily Bett Rickards se révèle une bonne et hilarante surprise.
LE DERNIER JAGUAR, Gilles de Maistre 2024, Lumi Pollack, Emily Bett Rickards, Wayne Charles Baker (nature)@ (E)
Autumn grandit dans la forêt amazonienne aux côtés de Hope, un adorable bébé jaguar femelle qu'elle a recueilli. L'année de ses six ans, un drame familial contraint Autumn et son père à ...

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LE DÉBARQUEMENT DU CONGRES DE PHOTOGRAPHIE A LYON, Louis Lumiere 1895 (societe)@@


Une foule de personnes débarque d'un bateau à vapeur avec en arrière-plan un pont traversant une rivière. Hommes et femmes portent du matériel photographique : trépied, appareil à soufflet et boites. Ce sont tous des photographes. Conscients d'être photographiés, des hommes saluent la caméra d'un coup de chapeau, les autres se contentent de regarder l'opérateur (l'objectif qui les filme) en regard caméra. Sujet de curiosité, le Cinématographe Lumière, nouvellement mis au point, attire le regard et l'attention : un homme portant un appareil à soufflet tente même de le photographier.

Parmi les personnes filmées, figurent Auguste Lumière et Jules Janssen

Cette « vue photographique animée », ainsi que les frères Lumière nommaient leurs bobineaux, fait partie des 10 films montrés lors de la première séance publique payante du cinématographe au Salon indien du Grand Café de Paris le 28 décembre 1895. Ce film a été tourné le 11 juin 1895 à Neuville-sur-Saône, lors du débarquement des congressistes et a été d'abord projeté dans plusieurs séances privées, la première fois le 12 juin 1895[1].
LE DÉBARQUEMENT DU CONGRES DE PHOTOGRAPHIE A LYON, Louis Lumiere 1895 (societe)@@ (E)
Une foule de personnes débarque d'un bateau à vapeur avec en arrière-plan un pont traversant une rivière. Hommes et femmes portent du matériel photographique : trépied, appareil à soufflet et ...

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LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@


Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère et le manque de son père dans sa vie.

TELERAMA
Cyril ne tient pas en place. Rien ne pourra le calmer tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut : revoir son père qui l'a placé, « temporairement », dans un foyer d'aide à l'enfance, et n'a plus donné signe de vie depuis lors.

Avec Cyril, les frères Dardenne ont donné un petit frère, d'âme et de coeur, à leur inoubliable Rosetta. Même énergie indomptable, que les cinéastes belges ­saisissent, à leur manière, dans un mouvement d'urgence documentaire. Comme Rosetta, Cyril est confronté à la tentation de la chute. Le Mal a, cette fois, les traits d'un dealer à peine sorti de l'adolescence. Cyril est-il condamné à tomber, lui aussi, dans l'abjection ? Le suspense moral du Gamin au vélo (Grand Prix du festival de Cannes 2011) est aussi secouant que dans L'Enfant.

Depuis La Promesse, les Dardenne nous ont habitués à filmer la grâce. Celle qui, comme dans les films de Bresson, transcende les personnages dans leur chemin vers la rédemption. Mais leur regard n'a ­jamais été aussi tendre ni aussi chaleureux. Pour la première fois, donc, ils ont tourné en plein été. Et la douceur envahit l'écran, lors d'un déjeuner sur l'herbe, d'une balade à vélo le long de la Meuse.

Il y a aussi, il y a surtout, la personnalité de Samantha, la coiffeuse qui propose d'accueillir Cyril les week-ends. Pourquoi se dévoue-t-elle autant à un ­gamin qui, au premier abord, le lui rend si peu ? Les frères Dardenne, à leur habitude, ne s'embarrassent pas d'explications psychologiques. Samantha s'attache à Cyril, c'est comme ça. Et c'est beaucoup. Leur compatriote Cécile de France, première star à intégrer l'univers des Dardenne, impose avec naturel un mélange de force et de douceur. Comme un rayon de soleil.
LE GAMIN AU VELO, freres Dardenne 2011, Cecile de France, Thomas Doret (social)@@@ (E)
Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de ...

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LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner


Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme affirme qu’elle ne faisait que se défendre contre cet homme qui l’a agressée sexuellement et la harcelait depuis longtemps. Mais la relation entre eux deux semble avoir été plus complexe qu'il n'y paraît, et les collègues de Layla brossent un tout autre portrait d'elle : elle aurait déjà fait preuve de violence lors d'interventions, notamment contre un prévenu dénommé Ayman Darwich. Les autres policiers affirment avoir couvert Layla parce qu'ils avaient conclu avec Darwich un accord secret…
LE GESTE DE TROP, Lars Becker, Natalia Woerner (E)
Avocate spécialisée dans les violences sexuelles, Annabelle Martinelli est appelée par Layla Rekabi, une policière qui a roué de coups l’un de ses collègues, Tommy Bockhorn. La jeune femme aff ...

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LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@


Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce un super espion supposé venir faire le ménage dans la grande maison. Il décide de choisir un homme au hasard, parfaitement normal et de s'en servir comme appât. Il s'agit de François Perrin un violoniste excentrique qui débarque à Orly avec une chaussure jaune et l'autre noire.

TELERAMA
On ne se lasse pas de cette histoire de musicien lunaire traqué par des barbouzes minables.
Du rififi chez les taupes : Louis Toulouse, chef d’un service secret, lutte contre l’ambition dévorante de son adjoint, Bernard Milan. Pour se débarrasser de cet « Iznogoud », il le lance sur une fausse piste, aux trousses d’un quidam choisi au hasard. Les gaffes de l’homme-hameçon, un certain François Perrin, violoniste distrait, vont susciter moult quiproquos.

« Pourquoi, pourquoi il ne va pas chez le dentiste ? », « Il tire la chasse d’eau, mais pourquoi, pourquoi ? »… Truffé de micros, mitraillé par des paparazzis un peu spéciaux, même le quotidien le plus banal est louche. À partir de cette ingénieuse idée, Veber et Robert composent une comédie amusante, rejeton hybride des Barbouzes et du Distrait. Pierre Richard se glisse avec aisance dans son personnage lunaire favori, face à un Bernard Blier plus retors que jamais. Entre vaudeville malicieux et parodie d’espionnage, ce Grand Blond… n’a pas pris un cheveu blanc.
LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, Yves Rober 1972, Pierre Richard, Jean Rochefort, Bernard Blier (comique)@@@ (E)
Il y a du grabuge dans les services secrets français. Le n°2 conspire contre le n°1 qui s'attend à recevoir des coups. Le grand chef décide alors de piéger son adjoint en inventant de toute pièce u ...

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LE GRAND CHARIOT, Philippe Garrel 2023, Louis Garrel, Damien Mongin, Esther, Lena Garrel, Francine Bergé Aurélien Recoing (societe)@@


Depuis toujours, Louis et ses deux soeurs, Martha et Lena, assistent leur père, qui dirige le Grand Chariot, un théâtre de marionnettes dont leur grand-mère a fabriqué toutes les poupées. Tous ensemble, ils vont de ville en ville avec leur spectacle itinérant. Mais un jour, le père meurt d'une attaque au cours d'une représentation, laissant ses enfants livrés à eux-mêmes. Les membres restants de la famille se demandent quoi faire : laisser tout tomber ou tenter coûte que coûte de préserver son héritage ?

TELERAMA
Dans cette famille, on est marionnettiste de père en fils (et filles). Vient le moment pour le patriarche de s’effacer. Le réalisateur réunit pour la première fois ses trois enfants à l’écran dont Louis Garrel.

La question de la transmission entre un père menuisier et son fils était au centre de L’Amant d’un jour (2017), le précédent long métrage de Philippe Garrel. L’apprentissage, la perpétuation d’un certain artisanat envers et contre tout, les liens et les legs entre les générations font à nouveau vibrer Le Grand Chariot, Ours d’argent de la mise en scène au dernier Festival de Berlin 1. Mais avec une dimension autofictionnelle encore plus marquée.

Dans cette chronique touchante d’une famille de marionnettistes qui vit et travaille de manière fusionnelle dans un grand pavillon de banlieue, le personnage du patriarche (interprété par Aurélien Recoing) doit beaucoup à Maurice Garrel, le père de Philippe, qui fut lui-même manipulateur de marionnettes avant de devenir comédien. Et le réalisateur a, pour la première fois, réuni devant sa caméra ses trois enfants, Louis, Esther et Lena, dans les rôles des héritiers qui reprendront (ou non) les rênes de la troupe, une fois le fondateur disparu.

Un air de testament
Le Grand Chariot est un film plus doux, plus tendre que d’habitude, mais profondément garrélien. On y retrouve l’obsession de la mort et l’incertitude du sentiment amoureux, le refus des signes extérieurs de modernité et le talent de l’auteur des Amants réguliers à filmer les femmes comme les actrices au temps du muet – en couleurs, ici, magnifiées par les lumières de Renato Berta, après quatre films en noir et blanc. Il y a aussi la figure de l’artiste maudit, un peu superflue ici, à travers le personnage du peintre Pieter, mal défini (et pas toujours bien joué par Damien Mongin…), notamment dans l’évocation superficielle de son amitié avec Louis, le fils aîné (Louis Garrel, bien sûr).

Le film est plus convaincant quand il s’attache de manière quasi documentaire à la pratique professionnelle de ses héros marionnettistes, dont l’art menacé devient la métaphore d’un monde qui laisse mourir les traditions. Il est aussi beaucoup plus émouvant quand Philippe Garrel se concentre sur cette famille de fiction qui ressemble à la sienne dans une démarche qui ressemble à un testament : dans la deuxième partie du Grand Chariot, le père disparaît et c’est comme si le cinéaste lui-même regardait ses enfants poursuivre l’aventure sans lui.
LE GRAND CHARIOT, Philippe Garrel 2023, Louis Garrel, Damien Mongin, Esther, Lena Garrel, Francine Bergé Aurélien Recoing (societe)@@ (E)
Depuis toujours, Louis et ses deux soeurs, Martha et Lena, assistent leur père, qui dirige le Grand Chariot, un théâtre de marionnettes dont leur grand-mère a fabriqué toutes les poupées. Tous ensemb ...

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LE JEU DE LA VERITE, François Desagnat 2013, Philippe Lellouche, Vanessa Demouy (societe)@


Depuis le lycée, Fabrice, chef de cabinet ministériel constamment débordé, Pascal, sur le point de divorcer, et Jules, comédien dilletante et éternel célibataire, ne se sont jamais quittés. Ils ne rateraient pour rien au monde leur sacro-saint dîner hebdomadaire. Mais l'arrivée d'un quatrième invité pourrait bien mettre à mal leur belle amitié de trente ans. Margaux, la fille la plus jolie et populaire de leur lycée, a refait surface et doit arriver dans quelques minutes. Tous étaient fous amoureux d'elle. Commence alors une bataille de chiffonniers afin de ravir le coeur de la belle. Or celle-ci leur réserve une drôle de surprise...

ALLOCINE
J'y suis allez un peu à reculons, car les critiques n'étaient pas forcément très positives. Et aussi c'est une pièce de théâtre de plus mise à l'écran. Une déception à venir comme Le Prénom? ou un futur succès comme l'inoubliable Dîner de Con? Et bien, c'est entre les deux je trouve, on est ici face à un bon film. L'introduction pose bien les choses et après les acteurs, l'humour s'occupent du reste. Je nuance juste sur la fin ou ...
LE JEU DE LA VERITE, François Desagnat 2013, Philippe Lellouche, Vanessa Demouy (societe)@ (E)
Depuis le lycée, Fabrice, chef de cabinet ministériel constamment débordé, Pascal, sur le point de divorcer, et Jules, comédien dilletante et éternel célibataire, ne se sont jamais quitt&eacu ...

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LE JOUR D APRES, Roland Emmerich 2004, Jake Gyllenhaal, Dennis Quaid (catastrophe)@@


Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite.

TELERAMA
New York glacé et sous les flots… Après “Independence Day”, Roland Emmerich ne décolle toujours pas du modèle des films catastrophe des années 1970.

C'est l’abomination de la désolation, comme d’hab. Après l’invasion des méchants Martiens (Independence Day) et celle du gros lézard vert (Godzilla), Roland Emmerich fait s’abattre un froid d’ère polaire sur New York et le reste de l’hémisphère Nord. Avant de geler, l’eau monte (il y a plus d’un M. Météo dans le film pour vous expliquer ça).

Des vagues sur la 5e Avenue, un paquebot qui barbote dans Manhattan, ça fait des effets spéciaux plus poétiques que les soucoupes volantes qu’on dézingue. Mais ces splendeurs façon National Geographic futuriste n’ont qu’un temps. La sauce psycho-mélo des destins foudroyés, ou congelés, prend le dessus et finit par tout recouvrir. Pour Roland Emmerich, tout peut arriver, sauf que le cinéma se renouvelle et dépasse le vieux modèle des films catastrophe des années 70.

LE JOUR D APRES, Roland Emmerich 2004, Jake Gyllenhaal, Dennis Quaid (catastrophe)@@ (E)
Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échell ...

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LE JOURNAL D UNE FEMME DE CHAMBRE, Luis Buñuel 1964, (Jeanne Moreau, Michel Piccoli (drame social)@@


Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de maison, hautaine et dédaigneuse avec sa domesticité, est une puritaine frigide, maniaque et obsédée par la propreté.

TELERAMA
Dans les années 1920, une domestique entre au service d’une maison bourgeoise rongée par la frustration et y sème un certain désordre. Une satire aussi cruelle que réjouissante de la France faisandée.

Le film suit le regard ironique et acéré de Célestine, souris malicieuse qui vit dans les couloirs et respire des bouffées d'air vicié à chaque porte qui s'ouvre. La maison où la jeune femme officie ressemble à une prison cossue, où Buñuel se réjouit d'avoir coffré tous les représentants d'une société qu'il exècre : les bourgeois, incapables de connaître le plaisir, les gens d'Eglise, mielleux et frustrés (impayable apparition de Jean-Claude Carrière !), et le petit peuple d'extrême droite, visqueux et cruel.

En repoussant de vingt ans l'action du roman d'Octave Mirbeau, le cinéaste s'offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts, dans les années 1930. Le « Vive Chiappe ! » que scandent des manifestants « anti-métèques » à la fin du film est une allusion ironique au préfet du même nom, qui fit interdire en France L'Age d'or, chef-d'oeuvre subversif de Buñuel. Cette fois, laissant ses ardeurs surréalistes de côté, celui-ci épure son style, pour se mettre au ras du quotidien. Même la célèbre scène fétichiste des bottines est un modèle de dépouillement. Le détachement cynique de Jeanne Moreau fait merveille. Le « Merde ! » qu'elle profère sans crier gare est un véritable régal.
LE JOURNAL D UNE FEMME DE CHAMBRE, Luis Buñuel 1964, (Jeanne Moreau, Michel Piccoli (drame social)@@ (E)
Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de mais ...

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LE LIMIER, Joseph L. Mankiewicz 1972, Laurence Olivier, Michael Caine (thriller)@@


Milo, un acteur au chômage se rend chez Andrew Wyke, un écrivain à succès richissime, pour lui demander d'accorder le divorce à sa femme dont il est désormais l'amant. Andrew accepte à condition que Milo lui rende un menu service : se faire passer pour un voleur et dérober des bijoux hors de prix qui appartiennent à sa femme. Milo ignore qu'Andrew lui a préparé un petit jeu cruel.

TELERAMA
Une superbe histoire de jeu de dupes et de faux-semblants, où tel est pris qui croyait prendre. Pour mieux tromper le spectateur, Mankiewicz a même inscrit un acteur imaginaire au générique !

Joseph L. Mankiewicz atteint ici des sommets dans l'art de la manipulation. Ce film, son dernier, est un échiquier sur lequel s'affrontent deux joueurs (et deux acteurs) de très grande classe, dans une partie tendue d'orgueil et de lutte des classes. D'un côté, Andrew Wyke, très britannique et aristocratique auteur de romans policiers ; de l'autre, Milo Tindle, l'amant de sa femme, un parvenu d'origine italienne. C'est Andrew qui a les blancs, noblesse oblige. Il commence le jeu en invitant Milo en son manoir pour lui proposer… de le cambrioler. Milo pourra ainsi avoir les moyens de lui prendre sa dame. Andrew a tout prévu. Y compris que son « voleur » soit déguisé. Un costume de clown serait parfait...

Ce n'est que le tout début d'un double jeu de dupes et de faux-semblants où l'humiliation est la première des armes (mais pas la dernière). Chaque mot est une pique, brillante, blessante, pour séduire l'autre ou l'anéantir. Chez Mankiewicz, la parole est pouvoir. Que ceux qui croient tirer les ficelles de leur vie et de celles des autres sachent qu'ils deviendront marionnettes à leur tour, dit ce film testament qui s'ouvre sur un labyrinthe et se clôt dans un théâtre miniature. Mankiewicz ou le manège des vanités.
LE LIMIER, Joseph L. Mankiewicz 1972, Laurence Olivier, Michael Caine (thriller)@@ (E)
Milo, un acteur au chômage se rend chez Andrew Wyke, un écrivain à succès richissime, pour lui demander d'accorder le divorce à sa femme dont il est désormais l'amant. Andrew accepte à conditi ...

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LE LIVRE DES SOLUTIONS, Michel Gondry 2023, Pierre Niney, Blanche Gardin (comique)@@


Après la décision de sa production d'arrêter le tournage de son film, Marc, un réalisateur, décide de se rendre avec toute son équipe chez sa tante Denise, dans les Cévennes, où il espère pouvoir terminer le tournage. Très inspiré, il se lance dans l'écriture d'un livre particulier, le "Livre des solutions" qui lui tenait à coeur depuis longtemps, mais qu'il avait dû interrompre dès le titre, faute d'inspiration. A présent, les idées fusent dans sa tête, et il veut toutes les intégrer à l'ouvrage. Le livre propose des conseils pratiques pour résoudre tous les problèmes, ce qui lui serait bien utile dans sa situation.

TELERAMA
Il y a beaucoup de l’ingénieux Michel Gondry chez le cinéaste ultra inventif joué par Pierre Niney. Dans cette comédie dingue, il passe par tous les états !

Au départ, la seule solution, c’est la fuite. Marc, cinéaste connu car il a « tourné une pub avec George Clooney », s’échappe de la réunion où de gros investisseurs lui annoncent n’avoir rien compris à la première mouture de son prochain film. Même son producteur de toujours — « le traître ! » — se range du côté de l’ennemi. Mise en place du « plan B » : aidé de sa monteuse et de sa directrice de production, Marc embarque ses images et son matériel de montage, direction les Cévennes, dans la maison en pleine campagne de sa tante Denise.

Une fois au vert, ce bipolaire qui se sent « triste le matin et manipulé l’après-midi » préfère obéir à la moindre idée farfelue qui lui traverse l’esprit (il y a de quoi faire, jour et nuit) pour éviter de visionner son film, en retarder l’aboutissement. Il se lance dans la rédaction d’un guide pratique de la création, use et abuse de la patience de sa petite équipe en mettant en œuvre la parenthèse qui suit son premier précepte, « Démarre ton projet (fais ce que tu veux) », avec, entre autres, l’achat d’une maison en ruine, le remontage de son film à l’envers et une double fixette sur Sting et le PDG de l’enseigne Super U !

Autoportrait aussi narcissique qu’attendrissant
L’autofiction est un genre cinématographique en soi, avec de grands noms, ces derniers temps, qui sont repartis à l’enfance de leur art (Steven Spielberg, James Gray) ou ont revendiqué leur éternelle jeunesse (Nanni Moretti). Michel Gondry, évidemment, fabrique un sous-genre rien qu’à lui : l’autoportrait grinçant, aussi narcissique qu’attendrissant, entre angoisse existentielle la plus noire et superbes copeaux de fantaisie. Avec Gondry, inutile de remonter à la source de l’enfance, puisqu’il ne l’a jamais quittée, comme en témoigne une voix off pleine d’autodérision où Marc désamorce ses colères d’enfant gâté et ses excès de vanité de grand créateur. Chaque détail compte quand on est génial ou complètement timbré (est-ce la même chose ?) : un panneau routier qui indique le nom d’un bled extrêmement approprié pour prendre du recul — « Trèves 11 kilomètres » — comme un simple trou qui transforme une feuille d’arbre en monocle ou en objectif photographique naturel. Le film regorge, ainsi, de trouvailles maniaques et dépressives, à l’image de son héros.

Pour un tel projet miroir, il fallait un interprète hors norme, un alter ego qui, lui aussi, embrasse séduction gamine, survoltage colérique et zones de dépression. Pierre Niney, regard fixe ou totalement allumé par l’inspiration, se fond, à merveille, dans cet emploi de double de Gondry, hurlant à la mort « Du scooooootch !!!!!! », pleurant sous la pluie ou dirigeant un orchestre, sans partition, juste avec les mouvements de son corps gracile et nerveux. Il est hilarant, il est à gifler, il est formidable.

Autour de lui, compréhensives ou consternées, Blanche Gardin et Frankie Wallach sont parfaites en alliées quasiment inusables. Et puis il y a Françoise Lebrun : quelle douce idée de la part du cinéaste d’avoir choisi pour incarner sa (vraie) tante chérie cette comédienne devenue un tel corps de douceur, bien des années après sa collaboration avec Jean Eustache. La fin ? Une autre manière, pilule naturelle du bonheur, d’engendrer, et une toute dernière image, qui pourrait lier Michel Gondry à Quentin Dupieux, démontrant à quel point un artiste, aussi difficile soit-il, finit par se consumer. Par se dissoudre dans son œuvre.

LE LIVRE DES SOLUTIONS, Michel Gondry 2023, Pierre Niney, Blanche Gardin (comique)@@ (E)
Après la décision de sa production d'arrêter le tournage de son film, Marc, un réalisateur, décide de se rendre avec toute son équipe chez sa tante Denise, dans les Cévennes, où il esp& ...

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LE MANOIR DU IABLE, Georges Melies 1896 (fantastique)@@


La scène se passe dans un château. Une chauve-souris géante arrive et se transforme en Méphistophélès. Celui-ci fait apparaître un grand chaudron et un monstre bossu. De ce chaudron, il fait surgir une femme et toutes sortes de créatures démoniaques. Puis Méphistophélès entend venir et fait tout disparaître, lui compris. Deux hommes (sans doute des explorateurs) arrivent dans la pièce et commencent à s'entretenir. Le monstre bossu apparaît, tenant une fourche. Il est invisible à leurs yeux et leur joue des tours. L'un des hommes prend peur et s'enfuit. L'autre tente de s’assoir mais son siège se transporte de l’autre côté de la pièce. Il essaye encore, et encore, en vain, et cette fois, un squelette apparaît sur le siège. L’homme le frappe de son épée, le squelette se transforme en chauve-souris. Il se saisit d'elle mais elle devient… Méphistophélès, qui fait apparaître le monstre bossu, lui confie son manteau et les fait disparaître. Son adversaire tente de s’enfuir, des fantômes lui bloquent le chemin, il tombe, les fantômes disparaissent. Une fois l’homme relevé, Méphistophélès fait revenir la femme sortie du chaudron. L’explorateur succombe à son charme. Au moment où il veut lui embrasser la main, elle se mue en horrible sorcière. Il l’attaque mais quatre autres créatures apparaissent. Le second homme rejoint le premier mais il est aussi affolé que son compagnon et finit par sauter du balcon. Les sorcières disparaissent. Méphistophélès empêche le survivant de s'enfuir, qui se saisit d'une croix dont il menace Méphistophélès, enfin vaincu.

Ce film, d'une durée de 2 minutes, est considéré comme le premier film d'horreur au monde
LE MANOIR DU IABLE, Georges Melies 1896 (fantastique)@@ (E)
La scène se passe dans un château. Une chauve-souris géante arrive et se transforme en Méphistophélès. Celui-ci fait apparaître un grand chaudron et un monstre bossu. De ce chaudron, il fait su ...

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LE MEDECIN IMAGINAIRE, Ahmed Hamidi 2022, Fatsah Bouyahmed (comique)


Alex, alias DJ Wethu, une star du monde de la nuit, enchaîne les concerts aux quatre coins du monde et mène une vie tumultueuse qui le conduit droit au burnout. Un jour, participant à un festival au Maroc, Alex fait une mauvaise chute et tombe de scène.

TELERAMA
Coincé dans une villa, un DJ parisien subit les pitreries d’un Marocain trop bête pour réussir son examen de médecine. Le coscénariste du “Grand Bain”, Ahmed Hamidi, signe un film sans soin et sans blague. C’est grave, docteur.

C'était l’année Molière en 2022, il y avait une programmation intéressante à la Comédie-Française, tout un tas de manifestations, d’articles, d’émissions, et puis il y a eu ce film, Le Médecin imaginaire, qui en fait n’a rien à voir avec Molière, ni avec le cinéma d’ailleurs. L’histoire se déroule de nos jours. Un DJ célèbre fait un burn-out (Alban Ivanov), s’écroule en plein set lors d’un festival marocain, se casse le coccyx et doit rester immobilisé dans une villa.


Tout l’humour de cette comédie, tout ce qui est censé nous faire rire repose sur un personnage : l’Arabe (Fatsah Bouyahmed) au service de ce DJ blasé. Car cet Arabe, nommé Abdel Kader, est :
- simplet : il se prend la vitre en pleine poire en voulant sortir sur la terrasse et, globalement, ne comprend rien à rien ;
- dévoué : entièrement au service de ce Français méprisant qu’il n’avait jamais vu de sa vie ;
- fidèle : prêt à sauter dans la piscine pour aller sauver son maître alors qu’il ne sait pas nager, comme un bon chien-chien ;
- persévérant : il a raté douze fois l’examen pour devenir médecin mais continue à apprendre par cœur son manuel à 4 heures du matin ;
- illettré : il multiplie les fautes de français. Son erreur la plus fréquente est de mélanger le masculin et le féminin. Par exemple, « un savon toute neuve » ou « le système nerveuse ».

Est-ce de la « parole inclusive » ? Abdel fait-il de la politique sans le savoir, comme Monsieur Jourdain avec la prose ? Euh, non, il est juste stupide, le DJ français est d’ailleurs sidéré de voir à quel point la bêtise peut aller loin parfois. Ahmed Hamidi, ex-auteur des Guignols et coscénariste du Grand Bain, déroule dans son premier film un humour non seulement nauséabond, mais très poussiéreux. Il est vraiment déconseillé de s’exposer à ça.
LE MEDECIN IMAGINAIRE, Ahmed Hamidi 2022, Fatsah Bouyahmed (comique) (E)
Alex, alias DJ Wethu, une star du monde de la nuit, enchaîne les concerts aux quatre coins du monde et mène une vie tumultueuse qui le conduit droit au burnout. Un jour, participant à un festival au Maroc, Alex fait une ...

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LE MEPRIS, Jean-Luc Godard 1963, Brigitte Bardot, Michel Piccoli (drame sentimental)@@@


Camille aime son mari, Paul, écrivain qui vit à Rome. Jérémy Prokosch, producteur américain, demande à Paul de remanier le scénario d'un film que Fritz Lang tourne en Italie. Et, subitement, sans raisons flagrantes, mais qui peuvent se deviner, Camille s'aperçoit qu'elle n'aime plus son mari, plus exactement, qu'elle le méprise.

TELERAMA
Crise conjugale et mise en abyme au soleil de Capri. Inspirée par un roman d’Alberto Moravia, c’est la double histoire d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait.

Paul est marié à Camille. Subitement, Camille le méprise, sans donner d’explication. Pendant qu’un producteur exubérant, tournicote autour de sa femme, Paul se plonge dans le travail : le tournage d’une nouvelle version de L’Odyssée… Godard aurait pu baptiser son film La Nuit américaine, dix ans avant Truffaut. D’abord parce qu’il précède son confrère dans la dissection du cinéma, un monde parallèle tenté d’en envahir un autre, jaloux et jalousé : la vie. Et surtout parce qu’il affirme que le cœur des hommes peut s’assombrir en plein soleil, comme on peut filmer la nuit en plein jour. Godard contemple le déclin du cinéma et de l’amour, irrémédiablement liés. Une scène mêle à merveille ces chutes abyssales : Prokosch attire Camille vers une minuscule fenêtre, qui ouvre sur la mer, réduite à quelques centimètres carrés. Inconsciemment, le producteur balourd signe l’arrêt de mort du cinéma, remplacé par la télévision, et celui de l’amour de Camille pour son mari, remplacé par le fourvoiement infidèle.

Pourtant, jamais ne pointe l’amertume. Godard est un désespéré optimiste. La magie de ses images, bercées par les plus beaux échos de violon que Delerue ait composés, prouve qu’il ne croit pas à la mort du septième art. Godard a beau cacher ironiquement le visage de B.B. derrière des branchages alors qu’elle lit un ouvrage d’art, son sens du cadrage atteste combien il sut saisir les vertus rayonnantes de l’actrice. Déesse vivante, filmée au côté de statues de l’Antiquité, elle offre son rôle le plus envoûtant, le plus énigmatique.
LE MEPRIS, Jean-Luc Godard 1963, Brigitte Bardot, Michel Piccoli (drame sentimental)@@@ (E)
Camille aime son mari, Paul, écrivain qui vit à Rome. Jérémy Prokosch, producteur américain, demande à Paul de remanier le scénario d'un film que Fritz Lang tourne en Italie. Et, subitement, ...

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LE PACHA, Georges Lautner 1968, Jean Gabin, Dany Carrel (thriller)@@


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“Le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner”. Un Lautner qui se réécoute bien (merci Michel Audiard), sans plus.


Bof

Jean Gabin et Jean Gaven. PROD DB

Par Jacques Siclier

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Publié le 09 avril 2024 à 10h43

Mis à jour le 02 août 2024 à 17h00

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Un fourgon transportant des diamants est intercepté par Quinquin. Celui-ci se débarrasse de ses complices, afin de ne pas partager le butin. La mort bizarre de l’inspecteur Gouvion incite le commissaire Joss à rechercher comment a été tué son collègue et ami. Par amour pour Nathalie, Gouvion avait eu des relations dans le milieu et s’était laissé corrompre. Joss décide de le venger...


On ne compte plus les rediffusions de ce polar médiocre, lié à la tradition de la série noire française, ce qui n’était pas la tasse de thé de Lautner. D’accord, il y a Jean Gabin en vedette, mais ce n’est pas son meilleur rôle, même avec les dialogues d’Audiard. A part cela, la façon dont est abordé le problème de l’insécurité date.

BANDE-ANNONCE

PLUS D'INFOS

Titre

Le pacha

Genre

Film policier

Réalisateur

Georges Lautner

Sortie

1968

Durée

1h30

Musique

Serge Gainsbourg

Scénaristes

Michel Audiard, Georges Lautner, Albert Simonin

Chorégraphe

Rita Renoir

Pays

France - Italie

SYNOPSIS
Quinquin, un gangster redoutablement prévoyant, s'empare du précieux chargement d'un fourgon, en dépit des motards qui le gardaient, avant de se débarrasser violemment de la plupart de ses complices. Parallèlement, un policier, l'inspecteur Gouvion, trouve la mort dans des circonstances mal éclaircies. Un suicide, dit-on dans les milieux bien informés. Le commissaire Joss, dont Gouvion était l'ami, en doute. Une rapide enquête le convainc qu'il s'agit plutôt d'un assassinat. L'inspecteur Gouvion avait le tort d'aimer la belle Nathalie, de trop près mêlée aux affaires du milieu. Ulcéré, Joss décide de se passer des lenteurs habituelles de la justice et de faire place nette en suscitant une rivalité meurtrière entre gangs rivaux...
LE PACHA, Georges Lautner 1968, Jean Gabin, Dany Carrel (thriller)@@ (E)
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LE PASSÉ , Ashgar Farhadi 2013, Berenice Bejo (conte moral iran)@@


Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé.

TELERAMA
Un Iranien vient en France pour signer les papiers d’un divorce… Asghar Farhadi explore avec brio les tourments intérieurs de personnages en détresse. Magnifique.

Venu d’Iran, Ahmad débarque à Sevran pour divorcer de la femme avec laquelle il a vécu, en France, des années auparavant. Elle veut refaire sa vie avec un homme qu’elle croit, qu’elle sait être le bon, cette fois. Même s’il est toujours marié à une autre, plongée dans le coma à la suite d’une tentative de suicide… Un revenant et une éternelle absente. Un confident et un fantôme. C’est entre ces deux témoins opposés, étrangers l’un à l’autre, que le drame se noue, se joue.

La femme dans le coma se contente de peser, de loin, sur des vies que son geste a dévastées. Lui, au contraire, écoute les confessions des désemparés qu’il croise. Comme le héros de la célèbre pièce de Luigi Pirandello, Chacun sa vérité, il recueille des avis, des récits aussi confus qu’embrouillés et tente d’y voir clair. Est-il un juste, comme il le croit ? Ou, comme le lui hurle son épouse (Bérénice Bejo) lors de leur affrontement, un hypocrite autosatisfait, se plaisant à humilier tous ceux qu’il imagine indignes de sa morale et de sa philosophie ?… On est dans le cinéma du doute, de l’« inquiétude morale », chère à un réalisateur qu’Asghar Farhadi admire : Krzysztof Kieslowski (Le Décalogue).

Régulièrement, entre deux accès de fureur, Asghar Farhadi filme des silences. Des pauses où tout semble en suspens. Il y a la scène des cadeaux, où deux gamins deviennent les jouets de tensions adultes qui les dépassent. Celle du pardon entre la mère et sa fille : deux silhouettes allongées dans un même lit, visages presque jumeaux tout droit sortis d’une icône. Et celle où, sur le quai du métro, le petit garçon aux yeux tristes et sombres pose à son père les questions les plus dangereuses, puisque sans réponse…
LE PASSÉ , Ashgar Farhadi 2013, Berenice Bejo (conte moral iran)@@ (E)
Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. ...

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LE PETIT BLOND DE LA CASBAH, Alexandre Arcady 2023, Marie Gilain, Leo Campion, J.Benguigui, Pascal Elbe, M.Boujenah, V.Kaprisky (famille algerie)@@@


Antoine, un réalisateur, retourne à Alger, sa ville natale, avec son fils pour y présenter son nouveau film qui raconte sa jeunesse dans l'Algérie des années 1960. En se promenant dans les rues de la ville blanche, le cinéaste voir ressurgir des souvenirs de cette époque. A 13 ans, Antoine mène une vie insouciante et heureuse entre sa bande de copains, issus de toutes les communautés, et sa famille dans un quartier populaire de la ville. Alors que le pays est secoué par les velléités indépendantistes, le garçon se prend de passion pour le cinéma après avoir vu "Jeux interdits", de René Clément.

TELERAMA
Né en 1947 à Alger, il avait raconté le départ de sa famille pour la France dans son premier film, Le Coup de sirocco (1979). Cette fois, Alexandre Arcady fait revivre son enfance dans la Casbah, ses parents adorés et la découverte de sa passion, le cinéma. Le portrait de la famille et, à l’arrière-plan, celui de la société algérienne de l’époque, racontent un bonheur idéal mais aussi un vivre-ensemble trompeur, peu à peu rattrapé par la violence de la colonisation. À la fois lucide et mélancolique, ce pèlerinage ravive des sentiments mêlés mais toujours forts, qui font un film ému et émouvant. Même si la reconstitution est sage, un peu trop rétro, l’importance de ce passé nous est transmise avec un cœur battant.
LE PETIT BLOND DE LA CASBAH, Alexandre Arcady 2023, Marie Gilain, Leo Campion, J.Benguigui, Pascal Elbe, M.Boujenah, V.Kaprisky (famille algerie)@@@ (E)
Antoine, un réalisateur, retourne à Alger, sa ville natale, avec son fils pour y présenter son nouveau film qui raconte sa jeunesse dans l'Algérie des années 1960. En se promenant dans les rues de la ville ...

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LE PLUS GRAND CIRQUE DU MONDE, Henry Hathaway 1964, Claudia Cardinale, Rita Hayworth (western)@@


Directeur d'un cirque, Matt Masters entreprend de faire une tournée à travers l'Europe avec sa troupe afin de le sauver de la ruine. Il est accompagné de Toni, une jeune femme qu'il élève depuis que sa mère, Lili, trapéziste, a quitté le cirque.

TELERAMA
Matt Masters, directeur d’un grand cirque américain, décide de faire une tournée en Europe. Il est secrètement poussé par le désir de retrouver une trapéziste qu’il a aimée autrefois, Lili Alfredo. Celle-ci a disparu après que son mari s’est tué pendant un numéro…

Ce film fut tourné dans la région de Madrid, avec un budget très important, de très grands décors, en format 70 mm. C’est dire qu’à la télévision son « gigantisme » va fâcheusement se « nanifier ». Henry Hathaway, qui eut toujours une prédilection pour le cinéma d’aventure, trouvait le sujet un peu faible, et apporta surtout ses soins à la réalisation des séquences spectaculaires : naufrage, numéros de cirque, incendie. Au milieu de tout cela, les rapports de John Wayne, bourru au grand cœur, avec la pulpeuse Claudia Cardinale paraissent bien anodins. On s’intéresse davantage à la recherche de Lili, personnage qui a laissé une sorte de mythe romantique derrière lui, et, lorsque Rita Hayworth apparaît enfin, le film prend, dans l’émotion, la nostalgie, une autre dimension.
LE PLUS GRAND CIRQUE DU MONDE, Henry Hathaway 1964, Claudia Cardinale, Rita Hayworth (western)@@ (E)
Directeur d'un cirque, Matt Masters entreprend de faire une tournée à travers l'Europe avec sa troupe afin de le sauver de la ruine. Il est accompagné de Toni, une jeune femme qu'il élève depuis que sa m&e ...

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LE RAVISSEMENT, Diris Kaltenback 2023, afsia Herzl,Alexis Manenti, Nina Meurisse (societe)@@


Le jour où Lydia recroise Milos, une conquête d'un soir, alors qu'elle tient le bébé de son amie Salomé dans les bras, elle s'enfonce dans un mensonge, au risque de tout perdre.

TELERAMA
Hafsia Herzi, poignante de sobriété, incarne une jeune sage-femme qui s’enferre dans le mensonge après l’accouchement de son amie. Un premier film ample et subtil, à la mise en scène remarquable.

Ouvert au double sens, voilà un titre séduisant. Le ravissement comme extase ou comme rapt ? Ces deux acceptions différentes peuvent se rapprocher : dans l’extase, on est transporté, ravi à soi-même. La réalisatrice Iris Kaltenbäck ne cache pas s’être inspirée du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, livre qui l’a marquée et dont on retrouve plusieurs thèmes, comme l’obsession et le déni de chagrin. Le film, ancré dans un Paris hivernal plutôt rude, reste malgré tout éloigné de l’univers durassien. Lydia (Hafsia Herzi) y est une sage-femme d’aujourd’hui, consciencieuse, investie dans un travail qu’elle aime beaucoup. On l’imagine stable, équilibrée. Quelque chose va pourtant la faire dérailler, qui est exploré d’emblée par une voix off, celle d’un homme ayant connu Lydia et refaisant l’historique des événements. Le Ravissement, et c’est là une partie de son attrait romanesque, ne se situe pas dans un présent immédiat. Il est raconté avec la distance du passé, rendant les images marquantes et indécises à la fois.

Cette héroïne a une amie très proche, Salomé. Entre elles, c’est un peu le jour et la nuit. Salomé a du tempérament, elle est spontanée, bavarde, bouillonnante. Lydia est réfléchie et secrète, plus opaque. Cette dissemblance les a sans doute attirées, a fondé leur lien. Ce type d’amitié forte, passionnelle, peut-être amoureuse, a rarement été abordé ainsi, en écartant l’idée convenue de rivalité. Au contraire, il n’est question que d’entraide, jusqu’à une forme de fusion, symbolisée par la scène très réaliste, à teneur documentaire, de l’accouchement, compliqué, difficile, de Salomé. Où Lydia est là, du début à la fin, pour assister son amie. Et recevoir, si l’on peut dire, un enfant d’elle. Ce bébé est une fille, qui porte un prénom (Esmée) suggéré par Lydia. Laquelle s’attache à l’enfant, le garde volontiers pour soulager son amie, en pleine dépression post-partum. Rien de mal a priori. À ceci près que Lydia s’enferme peu à peu dans une spirale de mensonges. Qui embarque ses proches, complices malgré eux d’une fiction à laquelle ils veulent, eux aussi, croire.

Tumulte intériorisé
La force étrange du Ravissement tient dans l’addition discrète de ses enjeux, comme ce besoin fou d’amour de l’héroïne, sa solitude enfouie, son refus d’appeler à l’aide. À titre d’exemple, elle ne dit rien à Salomé de ses chagrins amoureux. Après une rupture douloureuse avec un garçon qui l’a blessé, elle rencontre un chauffeur de bus (Alexis Manenti) d’origine serbe. C’est ce Milos, taciturne mais prévenant, qui parle en voix off, pour dire qu’il est difficile de cerner la sage-femme, déracinée comme lui. Et que le hasard, après une première séparation, va étrangement ramener à lui — la scène est magnifique, car filmée comme une sorte de miracle.

À travers ce premier long métrage, Iris Kaltenbäck fait preuve d’une grande maîtrise. Sa mise en scène est d’autant plus louable qu’elle est invisible. Le Ravissement est un film pensé et épuré, mais qui ne s’affiche jamais comme tel. Un film d’apparence simple, qui recèle bien du mystère, invite à des interprétations diverses, mythologique ou psychanalytique — sur le refoulement, le désir inconscient. En madone tendre et inquiétante, Hafsia Herzi y est poignante de sobriété, de tumulte intériorisé. La dérive de son personnage mène, on s’en doute assez tôt, au fait divers, mais filmé sans dramatisation, avec beaucoup de retenue. Surtout, la réalisatrice imagine un après, déploie une perspective optimiste, démontrant que le geste de Lydia, aussi fou soit-il, donne naissance à un amour singulier.
LE RAVISSEMENT, Diris Kaltenback 2023, afsia Herzl,Alexis Manenti, Nina Meurisse (societe)@@ (E)
Le jour où Lydia recroise Milos, une conquête d'un soir, alors qu'elle tient le bébé de son amie Salomé dans les bras, elle s'enfonce dans un mensonge, au risque de tout perdre.

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Hafsia ...

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LE REGNE ANIMAL, Thomas Cailley 2023, Paul Kircher, Romain Duris, Adèle Exarchopoulos (science fiction)@@


Un père et son fils se battent pour survivre dans un monde où de plus en plus de personnes se transforment en animaux. Les autorités obligent les mutants à quitter leur foyer et leur famille et ils sont internés dans des cliniques spéciales. François fait tout pour sauver sa femme touchée par ce mystérieux phénomène.

TELARAMA
Un père et son fils affrontent une étrange épidémie qui transforme les hommes en animaux. Un film fascinant qui interroge notre rapport à l’autorité et à la liberté.

Des griffes poussent sous les ongles, une fourrure ou des écailles colonisent la peau. Des tentacules, des mandibules, des membranes. La fonction du langage se dérobe lentement, au profit des râles bruts de la nature, cris, grognements, stridulations… Les symptômes varient, mais le phénomène est identique, inexorable, étrange épidémie dont on ne connaît ni l’origine ni le remède. Partout, dans notre monde familier, avec ses agglomérations ordinaires, ses embouteillages et ses supermarchés, des êtres humains se transforment, peu à peu possédés par la bête qui s’éveille en eux, remodèle leur chair et leur esprit.

Femme-fauve, morse difforme, poulpe en devenir… Tel est le spectaculaire Règne animal dans lequel nous plonge le cinéaste Thomas Cailley, au sein d’une société qui ne sait que faire de ce surgissement, face à un nouveau peuple instable, effrayant et poignant. Mutant, comme le film lui-même, prouesse à la croisée des genres, de l’anticipation la plus sombre (avec un brin d’épouvante) au conte lumineux, du réalisme abrupt à la pure poésie. Avec, en son centre, un cœur sensible, heurté et fébrile : l’histoire d’amour inconditionnelle qui unit un père, François, à Émile, son fils adolescent.

Ces deux-là sont seuls au monde. Lana, épouse de l’un et mère de l’autre, n’est plus tout à fait Lana. Telle qu’elle est devenue, personne ne peut la soigner. Les autorités sanitaires se contentent d’organiser son transfert dans un centre pour les « créatures » comme elle, quelque part dans les Landes. François et Émile déménagent à sa suite. Nouveau travail de cuisinier dans un camping des environs, nouveau lycée, tout est prévu… Sauf que Lana n’arrive jamais à destination. Le convoi qui la transportait, avec d’autres compagnons d’infortune, a eu un accident. Les « bêtes humaines » ont disparu dans les bois…

En cherchant Lana, jusqu’au fond d’un paysage énigmatique et dense, rendu à sa dimension sauvage, comme les êtres qui s’y cachent, père et fils vont se trouver eux-mêmes. Un chemin d’urgence et d’évolution intime, qui rappelle irrésistiblement Adèle Haenel et Kévin Azaïs, le couple improbable et touchant perdu dans la forêt des Combattants, le précédent long métrage de Thomas Cailley, il y a presque dix ans. Où la puissance d’un lien affectif se cogne à celle de la nature, et de ses exigences.

Faire le deuil de ce qui fut, accepter la séparation, la mort réelle ou symbolique qui s’attache à tout changement étaient aussi les sujets de la série d’anticipation Ad vitam, cocréée par le cinéaste et Sébastien Mounier en 2018. Ici, c’est le jeune Émile qui est, à son tour, touché par les premiers signes d’une irréversible mutation. Fable sur la puberté, sur la transformation du corps adolescent, entre dégoût et désir, terreur et exaltation, le film creuse autant la question de l’animalité camouflée sous les habits de la civilisation que la nécessité pour un parent de laisser grandir et partir son enfant.

Cet enjeu central est porté avec une délicatesse fiévreuse, un charisme magnétique par un Romain Duris brûlé, tendu, vrai, déchirant de dévouement opiniâtre, et le jeune comédien Paul Kircher, révélé par Le Lycéen (de Christophe Honoré) : avec son phrasé particulier, sa grâce hésitante et bourrue de garçon perdu, il incarne tous les tourments et les élans de son âge. Entre les deux acteurs, l’alchimie est parfaite, culminant dans une bouleversante séquence nocturne en voiture, exaltée par un vieux tube de Pierre Bachelet au titre parfaitement raccord avec l’étrange bestiaire du film : Elle est d’ailleurs.

Elles sont « d’ailleurs », ces créatures inédites, dont les apparitions sont d’abord aussi frappantes que furtives. Thomas Cailley les filme à la dérobée, comme du coin de l’œil, à demi cachées, entraperçues dans le feu bref d’un éclair d’orage, ou drapées dans l’obscur tissu de la nuit. Effet de mystère extraordinaire, qui nous mène insensiblement des figures de film d’horreur à la vérité émouvante de ces corps d’un nouveau genre, pionniers d’un singulier retour à la nature, tels cet enfant-caméléon fragile et mutique ou cet inoubliable homme-oiseau (impressionnant Tom Mercier, l’acteur de Synonymes, de Nadav Lapid), qu’Émile apprend à connaître et à aimer, au fond la forêt. Créatures, « bestioles », comme disent tous ceux qui ne veulent pas de « ça » chez eux. Des monstres ? Non, des « victimes », corrige Adèle Exarchopoulos, dans le rôle d’une jeune femme gendarme qui vient en aide aux deux héros.

Sans rien asséner ni caricaturer, Le Règne animal est aussi un vaste conte politique, une réflexion ouverte sur notre époque troublée, qui évoque, indirectement, aussi bien la gestion du Covid que la question des migrants. Le racisme, la peur et le rejet de l’autre en général. Les nombreux changements qui poussent une société à restreindre les libertés publiques. « Désobéir, c’est ça le courage aujourd’hui », s’exclame François au début du récit. Il s’agit en effet, précisément, de répondre à toutes les mutations par la tolérance et la solidarité, envers et contre les dérives autoritaires. De rester libre, insaisissable et hybride, comme ce film exceptionnel. Pour nous, c’est sûr, il est d’ailleurs.
LE REGNE ANIMAL, Thomas Cailley 2023, Paul Kircher, Romain Duris, Adèle Exarchopoulos (science fiction)@@ (E)
Un père et son fils se battent pour survivre dans un monde où de plus en plus de personnes se transforment en animaux. Les autorités obligent les mutants à quitter leur foyer et leur famille et ils sont intern&ea ...

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LE RETOUR DU GRAND BLOND, Yves Robert 1974, Pierre Richard, Jean Rochefort, Jean Carmet, Mireille Darc (comique)@


Le capitaine Cambrai, des services de renseignements, reste persuadé que le colonel Toulouse s'est servi d'un innocent violoniste, François Perrin, alias le "Grand Blond", pour supprimer sans autre forme de procès son adjoint, Milan. Afin d'étayer son dossier d'accusation, Cambrai entreprend de prouver que ce brave citoyen, délicieusement distrait, ne fait pas et n'a jamais fait partie des services secrets. Averti, Toulouse n'a plus qu'une seule ressource : liquider le Grand Blond après l'avoir fait passer pour un James Bond "made in France". Mais l'affable musicien a déjà démontré qu'il était plus résistant qu'il n'y paraissait...

TELERAMA
Le Grand Blond est toujours aussi maladroit, Mireille Darc toujours aussi mutine, les barbouzes toujours en chasse. Et pourtant, rien ne marche…
Pour la deuxième fois de sa vie, François Perrin, violoniste distrait, passe pour un espion. Le Grand Blond avec une chaussure noire était un divertissement savoureux, truffé de gags, de scènes alertes. Hélas, deux ans plus tard, son retour déçoit, malgré la même équipe d’excellents acteurs. Trop calculé sur le succès du Grand Blond…, le film en revisite consciencieusement les gags et les astuces scénaristiques. La comédie clonée n’est pas à la hauteur du modèle. Plus décousue, moins drôle, plus vulgaire. Quant à Pierre Richard, il restera, peut-être à cause de ce rôle, cantonné au registre du doux distrait durant une bonne décennie.

LE RETOUR DU GRAND BLOND, Yves Robert 1974, Pierre Richard, Jean Rochefort, Jean Carmet, Mireille Darc (comique)@ (E)
Le capitaine Cambrai, des services de renseignements, reste persuadé que le colonel Toulouse s'est servi d'un innocent violoniste, François Perrin, alias le "Grand Blond", pour supprimer sans autre forme de proc&egra ...

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LE RETOUR, Catherine Corsini 2022, Aïssatou Diallo Sagna, Suzy Bemba (racisme)@@


Khédidja travaille comme aide-domestique pour un riche couple parisien. Pour les vacances estivales, elle accepte de passer l'été en Corse afin de prendre soin des jeunes héritières de la famille.

TELERAMA
Après quinze ans d’absence, Khédidja et ses deux filles reviennent en Corse, le temps d’un été. La cinéaste interroge les rapports de classes et le racisme ordinaire dans un récit d’apprentissage parfois caricatural, mais attachan

Il y a plusieurs films dans ce Retour, présenté en compétition au dernier Festival de Cannes. Une affaire de famille d’abord, de celles qui laissent de vilaines cicatrices mal refermées, et autres secrets mal enfouis. Lorsqu’elles arrivent en Corse, les deux filles de Khedidja ignorent presque tout des raisons qui ont poussé leur mère à fuir, quinze ans plus tôt, et des circonstances de la mort de leur père, ce même lointain jour tragique.

La sage Jessica, sœur aînée exemplaire, brillante et raisonnable, aussi bien que Farah, la cadette, petite bombe d’irrévérence et d’énergie brouillonne, s’attendent seulement à profiter de la plage, pendant que Khedidja travaille à garder les enfants d’une riche famille de Parisiens en vacances. Il faudra bien des crises, et des péripéties, jusqu’au fin fond d’un village de montagne, pour découvrir les blessures que cache l’hermétique douceur de leur mère. Comme dans , son film précédent, Catherine Corsini mêle l’intime et le politique : frictions sociales, rapports de classes, racisme s’exacerbent et crépitent dans la chaleur sèche de l’été.

La quête des origines qui s’offre aux héroïnes, adolescentes métisses, prises entre deux mondes, en est parfois presque trop démonstrative, nouée de grosses ficelles feuilletonesques un peu mièvres, loin de l’habituelle habileté de la réalisatrice de La Nouvelle Ève ou d’ : rebondissements mal taillés, explications pataudes, découverte d’une grand-mère qui semble n’exister que pour les besoins du scénario… Quant au portrait des patrons de Khedidja (Denis Podalydès et Virginie Ledoyen), il frôle la caricature tant il est boursouflé de condescendance, d’autosatisfaction paternaliste et de répliques artificielles…

Trois beaux portraits de femmes

On s’attache, malgré tout, à ce film imparfait, qui a souffert, entre autres, d’un tournage difficile et tendu, et qui veut embrasser trop de sujets, trop de trajectoires — la mère, les filles, les tensions de la société, la jeunesse dans tous ses états, du plus doré au plus rebelle. Car il contient un autre récit : celui d’un été initiatique, alourdi de soleil, dans une Corse dont on croit presque respirer les parfums exacerbés. Y éclate le charisme fracassant de la jeune Esther Gohourou (Farah), la petite sœur incontrôlable et gouailleuse, affamée d’attention, dont toutes les frasques sonnent juste, y compris dans ses relations à vif avec sa famille, entre conflit et complicité, ou son aventure plus ou moins sentimentale, aussi maladroite qu’inattendue, avec un petit caïd corse plus vrai que nature.

S’ajoutent la grâce et la délicatesse d’Aïssatou Diallo Sagna (Khedidja), révélée dans , et la sobre densité de Suzy Bemba (Jessica, la grande sœur), aux prises avec la découverte de sa sexualité, tiraillée entre passé et futur. Trois beaux portraits de femmes, que Catherine Corsini brosse avec empathie et vigueur, et auxquels elle offre la puissance de son regard.
LE RETOUR, Catherine Corsini 2022, Aïssatou Diallo Sagna, Suzy Bemba (racisme)@@ (E)
Khédidja travaille comme aide-domestique pour un riche couple parisien. Pour les vacances estivales, elle accepte de passer l'été en Corse afin de prendre soin des jeunes héritières de la famille.


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LE RIDEAU DECHIRE, Alfred Hitchcock 1966, Paul Newman, Julie Andrew (thriller)@@


À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm.

TELERAMA
Un savant américain (Paul Newman) se rend à Berlin et passe à l’Est ; il mène en fait double jeu… Un Hitchcock très méprisé à sa sortie, à tort, car on y trouve des moments superbes.

Le film fut très méprisé (à tort) à sa sortie, sans doute parce que Julie Andrews et Paul Newman forment un couple très « frigide ». Au début, c’est logique. Mais il devrait s’embraser, ce couple, au fur et à mesure des épreuves qu’il traverse, comme ceux des Trente-Neuf Marches ou des Enchaînés. Or non : aucune complicité ne semble lier les héros. Restent des moments superbes. À commencer par le meurtre du méchant (coups de pelle et tête dans un four à gaz), où Hitchcock montre qu’il n’est pas toujours facile de tuer un homme. Il y a aussi la fuite des héros dans un faux autobus, lentement rattrapé par le vrai. La scène de la poste avec Lila Kedrova, inquiétante et blessée. Sans oublier — magistrale leçon de suspense — le long moment où un savant qui ressemble à Tryphon Tournesol révèle, sans le vouloir, à Paul Newman, la formule secrète qu’il était venu chercher à Berlin-Est. C’est sans nul doute le dernier grand film de Hitchcock.
LE RIDEAU DECHIRE, Alfred Hitchcock 1966, Paul Newman, Julie Andrew (thriller)@@ (E)
À l'occasion d'un congrès à Copenhague, Michael Armstrong, un savant atomiste américain, annonce brusquement son intention de se rendre à Stockholm.

TELERAMA
Un savant américain (Paul N ...

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LE SENS DE LA FAMILLE, Jean-Patrick Benes 2020, Alexandra Lamy, Franck Dubosc (comique)@


Chez les Morel, on se chamaille beaucoup et pour n'importe quoi. Se rendre dans un parc d'attractions devrait être festif mais, même cela finit en disputes ! Alors que chacun voudrait vivre au sein d'une autre famille, un évènement extraordinaire va bouleverser leur vie. Un matin, Alain, le père, Sophie, la mère et les enfants découvrent que l'esprit de chacun est coincé dans le corps d'un autre membre de la famille ! Chacha, 6 ans, est dans le corps de Papa, Papa dans la peau de son ado de fils, le fils a endossé le corps de la grande soeur, celle-ci celui de leur mère, et la mère a pris la place de la petite Chacha. Les ennuis ne vont pas tarder à s'enchaîner...

TELERAMA
Un matin, au sein d’une famille, l’esprit de chacun se retrouve coincé dans le corps d’un autre membre. Une intrigue poussive avec, quand même, quelques gags savoureux.

Les Morel (le père, la mère et les trois enfants) sont dans la panade. Après une virée au parc d’attractions, chacun se retrouve coincé dans le corps d’un autre membre de la famille. Papa suce son pouce et Chacha, 6 ans, fume clope sur clope… Un air de déjà-vu flotte sur cette comédie consensuelle, qui étire les situations de manière poussive. Restent quelques gags percutants et des acteurs qui s’en donnent à cœur joie.

LE SENS DE LA FAMILLE, Jean-Patrick Benes 2020, Alexandra Lamy, Franck Dubosc (comique)@ (E)
Chez les Morel, on se chamaille beaucoup et pour n'importe quoi. Se rendre dans un parc d'attractions devrait être festif mais, même cela finit en disputes ! Alors que chacun voudrait vivre au sein d'une autre famille, un &eacut ...

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LE SIGNE DE ZORRO, Rouben Mamoulian 1946, Tyrone Power, Linda Darnell (aventure)@@


1820. Don Diego de la Vega, la meilleure épée de l'Académie royale de Madrid, rejoint ses parents en Californie. Son père, qui était gouverneur, vient de démissionner. Il a été remplacé par don Luis Quintero, qui s'enrichit sur le dos du peuple avec l'aide du capitaine Esteban Pasquale. Don Diego, qui s'est épris de Lolita Quintero, la nièce de don Luis, entretient apparemment des liens d'amitié avec le nouveau gouverneur et sa femme. Mais à la nuit tombée, il devient Zorro - "Renard" -, le mystérieux justicier masqué, défenseur des faibles et des opprimés. Il surgit de la façon la plus inattendue pour déjouer un à un les plans des scélérats, signant ses exploits d'un "Z" qui deviendra légendaire...

TELERAMA
1820. De retour d’Espagne, où il a parfait son éducation et sa science de l’escrime, le jeune Diego Vega découvre que la Californie est tombée sous le joug infamant de Luis Quintero, manipulé par l’odieux Esteban. Diego décide alors de s’inventer une seconde identité : celle d’un vengeur masqué…

Le héros du romancier Johnston McCulley trouve ici son interprète idéal. Tyrone Power a la prestance du grand Zorro, savant croisement entre Robin des bois (il vole les riches pour donner aux pauvres) et Batman (la cape, le masque et la double identité). On appréciera la façon dont il campe un Diego paresseux et précieux : une ruse pour mieux masquer ses activités nocturnes. Face à lui, le vrai méchant, c’est Basil Rathbone, profil d’aigle et arrogance très britannique. Bien servi par son chef opérateur, Rouben Mamoulian cisèle un noir et blanc contrasté. L’ombre de Zorro sur les murs blancs des haciendas en fait un héros de légende plus grand que nature. Même s’il manque par instants d’un peu d’ampleur, ce Signe de Zorro n’a rien d’une série Z.
LE SIGNE DE ZORRO, Rouben Mamoulian 1946, Tyrone Power, Linda Darnell (aventure)@@ (E)
1820. Don Diego de la Vega, la meilleure épée de l'Académie royale de Madrid, rejoint ses parents en Californie. Son père, qui était gouverneur, vient de démissionner. Il a été remplac ...

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LE TABLEAU VOLE, Pascal Bonitzer 2024, Alex Lutz, Léa Drucker thriller)@@@


Un jour, le tableau Soleil d'automne d'Egon Schiele, depuis longtemps disparu, est retrouvé chez un jeune ouvrier de Mulhouse. Volé par les nazis à un collectionneur juif viennois dans les années 1940, l'oeuvre vaut maintenant plusieurs millions d'euros.

TELERAMA
Manigances et sentiments autour d’une toile vendue aux enchères : le marché de l’art raconté avec verve et précision.

Dans Tout de suite maintenant (2015), Pascal Bonitzer explorait les coulisses peu reluisantes de la haute finance en suivant les premiers pas d’une jeune analyste dans un cabinet de consultants huppé. Dans son nouveau film, la découverte du marché de l’art, autre milieu professionnel prisé par les ultra-riches, s’effectue également à travers le regard d’une débutante. Aurore (Louise Chevillotte, troublante en menteuse invétérée) est stagiaire dans la filiale parisienne d’une société de vente aux enchères internationales. Son patron, le cassant André Masson, « comme le peintre », précise-t-il (Alex Lutz, qui parvient à être aussi odieux qu’attachant), lui apprend les ficelles d’un métier où les apparences priment, où la beauté esthétique des œuvres n’est que secondaire par rapport à la valeur marchande et où les clients, aussi odieux soient-ils, sont rois — savoureuse séquence prégénérique où Marisa Borini fait le show en millionnaire raciste.

Bonitzer excelle, une fois de plus, à décrire en quelques répliques vives la cruauté d’une caste de privilégiés. Derrière la façade respectable et les conversations policées, tous les coups y sont permis pour gagner de l’argent ou asseoir son pouvoir. Mais, pour la première fois dans son cinéma, le réalisateur de Rien sur Robert confronte cet univers de nantis à celui des gens de peu. Un tableau va ainsi rapprocher, du moins temporairement, ces deux mondes étanches. L’histoire, presque miraculeuse, s’inspire de faits réels qui se sont déroulés il y a près de vingt ans. Une toile d’Egon Schiele représentant des tournesols a été découverte chez Martin, un jeune ouvrier chimiste de Mulhouse. L’œuvre était portée disparue depuis 1939, après avoir été spoliée à un collectionneur juif. André est chargé de la vente aux enchères qui pourrait rapporter au moins 12 millions d’euros aux héritiers américains du propriétaire, lesquels ont proposé d’en rétrocéder 10 % à Martin…

Belle galerie de personnages
Entre le cadre supérieur aux costumes taillés sur mesure et le modeste « nuitard » qui vit toujours chez maman à 30 ans, entre le cynique apparent et le pur qui ne veut pas s’enrichir sur le malheur des autres, le fossé semble infranchissable. Et pourtant… Bonitzer établit un parallèle discret entre les deux hommes, tous deux victimes d’humiliations dans leur jeunesse — sociale pour André, qui a puisé dans cette vexation son ambition, amoureuse pour Martin, qui semble, lui, avoir rapidement digéré l’affront.

Autour d’eux gravitent de nombreux et beaux personnages, qui n’ont besoin que de quelques scènes pour exister avec force, de la mère au franc-parler de Martin (Laurence Côte, irrésistible) à son avocate bienveillante (Nora Hamzawi, toujours juste) en passant par le père très aimant d’Aurore (Alain Chamfort, décidément formidable comédien). Bonitzer est un portraitiste hors pair, capable d’exprimer un caractère par un simple détail — comme le goût du bain, manifesté à plusieurs reprises par Bertina (Léa Drucker), l’ex-épouse d’André restée sa complice. Malgré le pari, nouveau pour lui, de changer souvent de points de vue dans son récit, le réalisateur parvient, comme dans Tout de suite maintenant, à concilier précision du trait, efficacité narrative (Le tableau volé est concis, fluide, rapide) et ampleur romanesque. Avec toujours un goût affirmé pour l’humour piquant mais, aussi, une émotion davantage assumée.
LE TABLEAU VOLE, Pascal Bonitzer 2024, Alex Lutz, Léa Drucker thriller)@@@ (E)
Un jour, le tableau Soleil d'automne d'Egon Schiele, depuis longtemps disparu, est retrouvé chez un jeune ouvrier de Mulhouse. Volé par les nazis à un collectionneur juif viennois dans les années 1940, l'oeuvre v ...

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LE THEOREME DE MARGUERITE, Anna Novion 2023


L'avenir de Marguerite, brillante élève en mathématiques à l'Ecole normale supérieure, semble tout tracé. Seule fille de sa promotion, elle termine une thèse sur la conjecture de Goldbach qu'elle doit exposer devant un jury de chercheurs. Le jour J, un autre doctorant, Lucas Savelli, interrompt sa présentation. Il a trouvé une erreur dans les travaux de la jeune femme, qui invalide toutes ses conclusions. Contre l'avis de sa mère et de Laurent Werner, son directeur de thèse, Marguerite décide de tout abandonner. Embauchée comme vendeuse dans un magasin de chaussures, elle se découvre une passion et un don pour le mah-jong...

TELERAMA
Repérée dans « Grave » de Julia Ducournau, Ella Rumpf est impressionnante.
Elle porte des lunettes, et des pantoufles dans les couloirs de l’Ecole normale supérieure, parce qu’elle s’y sent chez elle, et que séduire est le dernier de ses problèmes. Brillante élève en mathématiques, Marguerite vit dans son monde de chiffres et de formules, et s’apprête à présenter sa thèse, prouvant, pour la première fois, la conjecture de Goldbach, devant un parterre de chercheurs. Une erreur, le manque de soutien de son maître de recherche (Jean-Pierre Darroussin), et voilà que la jeune femme sombre, semble renoncer à sa voie scientifique toute tracée… Mais les mathématiques, à ce niveau, sont une drogue dure. Une religion.


Après De Grandes Espérances, de Sylvain Desclous, et La Voie royale de Frédéric Mermoud, tous deux centrés sur un personnage féminin hautement diplômé, c’est donc l’histoire de la passion d’une fille pour les équations. De celles qui régissent l’univers et pour lesquelles on peut mettre sa vie entre parenthèses, comme un artiste le ferait pour créer. Tout l’enjeu de la mise en scène repose sur le talent de la réalisatrice à rendre cinématographiques les mathématiques : Anna Novion enferme son héroïne entre les quatre murs d’une petite colocation dont elle recouvre chaque millimètre de formules à la beauté de hiéroglyphes, et l’on se dit que la fiévreuse chercheuse continuerait à écrire avec son sang si l’encre ou la craie venaient à manquer…

Propos sans filtre et transes contagieuse
Le pouvoir du calcul devient, aussi, fascinant grâce à une immersion dans le monde, un brin interlope et très cinégénique, des parties de mah-jong où Marguerite, là encore, est la seule femme, hébétant ses partenaires par son talent. De jolis personnages secondaires viennent réveiller le corps de cette cérébrale qui se fiche pas mal de l’image qu’elle renvoie : un jeune chercheur (Julien Frison, quel charme !) que les mathématiques n’éloignent pas du réel et une colocataire qui exulte grâce à la danse — Sonia Bonny, solaire… Alpha, oméga et epsilon du film, Ella Rumpf, repérée dans Grave de Julia Ducournau, impressionne. Démarche étrange, propos sans filtre et transes contagieuses, elle offre une séduction singulière à cette belle héroïne en inéquation…
LE THEOREME DE MARGUERITE, Anna Novion 2023 (E)
L'avenir de Marguerite, brillante élève en mathématiques à l'Ecole normale supérieure, semble tout tracé. Seule fille de sa promotion, elle termine une thèse sur la conjecture de Goldbach qu' ...

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LE TORRENT, Anne Le Ny 2022, José Garcia, André Dussollier (drame feminicide)@


Lorsque Alexandre découvre que sa jeune épouse, Juliette, le trompe, une violente dispute éclate. Juliette s'enfuit dans la nuit et fait une chute mortelle. Le lendemain, des pluies torrentielles ont emporté son corps. La gendarmerie entame une enquête et Patrick, le père de Juliette, débarque, prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé pendant cette nuit d'inondations. Alexandre qui craint d'être accusé, persuade Lison, sa fille d'un premier lit, de le couvrir.

TELERAMA
Un homme ( José Garcia) tue sa femme, mais personne n’ose prononcer le mot “féminicide” : tout le monde autour de lui l’accuse juste d’avoir menti et manipulé sa fille... L’ensemble, laborieux, ne brille ni sur le plan du récit, ni sur celui du cinéma.

Un homme en colère tue sa femme parce qu’elle l’a trompé, et personne n’ose prononcer le mot « féminicide ». Ni vraiment interroger l’acte de cet époux (José Garcia, laborieux), qui tente de maquiller son crime et manipule sa fille… Ce qui pourrait être l’épisode vosgien de « Meurtres à… » , la série policière de France 3, avance déguisé en film de cinéma, mais manque de souffle autant que de mise en scène.

Après une fastidieuse première partie, Anne Le Ny a toutefois la bonne idée d’envoyer finalement le meurtrier en garde à vue. Entre alors en scène André Dussollier, qui, dans un dernier mouvement bref mais plus inspiré, amène discrètement le film vers ce qu’on aurait aimé voir : le portrait d’une famille à reconstruire, éclatée par les mensonges du père.
LE TORRENT, Anne Le Ny 2022, José Garcia, André Dussollier (drame feminicide)@ (E)
Lorsque Alexandre découvre que sa jeune épouse, Juliette, le trompe, une violente dispute éclate. Juliette s'enfuit dans la nuit et fait une chute mortelle. Le lendemain, des pluies torrentielles ont emporté son ...

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LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, Fred Zinnemann 1952, Gary Cooper, Grace Kelly (western)@@@


L'ancien shérif Will Kane s'apprête à quitter la petite ville de Hadleyville, au Nouveau-Mexique, avec sa nouvelle épouse, Amy, lorsqu'il apprend que le criminel Frank Miller a été libéré et vient se venger du shérif qui l'a dénoncé.

TELERAMA
Réalisée en 1952, cette œuvre multi-oscarisée à la gloire du courage, qui oppose la détermination d’un homme honnête et intransigeant à la lâcheté collective d’une petite ville, était une entreprise salutaire.

Will Kane abandonne ses fonctions de shérif pour se marier avec Amy. Le jour de ses noces, il apprend qu’un truand qu’il avait arrêté revient par le train de midi pour se venger. Contre l’avis d’Amy, il décide de reprendre du service… Ce classique multi-oscarisé du western fut écrit par Carl Foreman, scénariste victime du maccarthysme.

Derrière la couardise des habitants de Hadleyville, c’est la passivité des Américains face à la chasse aux sorcières que stigma­tise le film. Mais si Le train sifflera trois fois impressionne toujours aujourd’hui, il le doit à un suspense en temps réel, alimenté par les gros plans d’horloge : l’angoisse augmente au fil des minutes, et avec elle la détresse du shérif, abandonné de tous. Dans la grande rue désertée avant le règlement de comptes final, un ample mouvement d’appareil en contre-plongée souligne sa solitude désabusée.

Dernière qualité, rare dans un western : de beaux personnages féminins, sub­tile­ment écrits, avec Grace Kelly, en épouse quakeresse tiraillée entre sa non-violence et la fidélité à son mari, et Katy ­Jurado, en « commerçante » (entendre prostituée) trop cons­ciente de l’hypocrisie des hommes.
LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, Fred Zinnemann 1952, Gary Cooper, Grace Kelly (western)@@@ (E)
L'ancien shérif Will Kane s'apprête à quitter la petite ville de Hadleyville, au Nouveau-Mexique, avec sa nouvelle épouse, Amy, lorsqu'il apprend que le criminel Frank Miller a été libér&eacut ...

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LE VOYAGE DE CHIHIRO, Hayao Miyazaki 2001 (animation japon)@@


Au cours d'un voyage en voiture, la famille de Chihiro,10 ans, fait une halte dans un parc à thème qui semble abandonné. Ses parents découvrent des mets succulents dans un restaurant et commencent à manger. Ils se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s'enfuit et rencontre l'énigmatique Haku, qui lui explique le fonctionnement de l'univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba.

TELERAMA
Une fillette pénètre par effraction dans un établissement thermal littéralement… divin. Les créatures les plus étranges et les plus fascinantes se croisent dans cette fable inspirée par la mythologie shintoïste.

Chihiro est une Alice dont le pays des merveilles serait une ville fantôme livrée aux ombres. Hayao Miyazaki plonge une fillette de 10 ans dans une fantasmagorie effervescente qui commence comme un cauchemar — les parents de Chihiro sont changés en cochons — et se poursuit comme un rêve débordant d’épreuves et de sortilèges, peuplé de majestueux dragons blancs, de divinités extravagantes. Pour sauver sa peau, il n’y a qu’une issue : travailler à l’établissement des bains.

Au-delà de cette limite, le récit devient aléatoire, car au cœur des thermes où les divinités se refont une santé, le moindre événement déclenche une cascade de bifurcations narratives, qui sont tout l’art de Miyazaki. Le réalisateur japonais prend le risque de tous les télescopages, du grotesque de cartoon au surnaturel féerique (un train filant dans la nuit sur une mer étale laisse, dans la mémoire, une trace indélébile).

Le bestiaire d’animaux « humanisés » et d’humains « animalisés » qui peuple le film renvoie à la familiarité du cinéaste, depuis l’enfance, avec l’univers des dieux et des esprits. Et puis il y a ces présences obsédantes tel le « Sans-Visage », spectre errant au masque blanc figé de kabuki, atteint d’une intense mélancolie. Avec Le Voyage de Chihiro, Miyazaki prouve qu’il est possible de réinventer le merveilleux de l’enfance dans un univers inédit.
LE VOYAGE DE CHIHIRO, Hayao Miyazaki 2001 (animation japon)@@ (E)
Au cours d'un voyage en voiture, la famille de Chihiro,10 ans, fait une halte dans un parc à thème qui semble abandonné. Ses parents découvrent des mets succulents dans un restaurant et commencent à manger ...

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LES ANIMAUX FANTASTIQUES, David Yates 2016, Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol (fantastique)@@@


En 1926, à New York, les "moldus", ou non-sorciers, ont la vie dure, mais les sorciers, également, visés par un groupe fanatique, mené par une certaine Mary-Lou Bellebosse, qui souhaite rétablir les procès en sorcellerie. Alors que des destructions mystérieuses secouent les Etats-Unis, Norbert Dragonneau est appelé en renfort. Il a écrit un livre sur un bestiaire d'animaux fantastiques, et on l'accuse d'avoir lâché ces créatures dans la Grosse Pomme. Norbert se met au travail avec l'aide de ses amis Portentina, Jacob, Queenie et Modesty. Le jeune magicien doit aider à retrouver les créatures...

TELERAMA
Une aventure pré-“Harry” avec sorcier zoologiste dans un New York des années 1920 mâtiné de steampunk. Effets spéciaux bluffants.

La romancière britannique J.K. Rowling, ici scénariste, n’a rien oublié de ses thèmes de prédilection dans cette aventure pré-Harry Potter, centrée sur un sorcier zoologiste, auteur d’un manuel sur les « animaux fantastiques » : la marginalité éclairée face au pouvoir, l’intuition visionnaire et le courage des femmes et, surtout, l’adolescence, ce stade de la vie où tout peut basculer si l’on ne choisit pas le bon mentor.

Dans ce New York des années 1920, au croisement de Gotham City, des films de l’âge d’or de Hollywood et du steampunk, il s’agit toujours d’obscurantisme à combattre… Avec, au milieu d’effets spéciaux bluffants et du bestiaire annoncé, une splendide créature ailée et quelques baguettes magiques pour reconstruire une ville.

la saga, sortie en 2016, suit les aventures de Norbert, timide magizoologiste, dans la ville de New York en 1926[8], où il fait escale avant de poursuivre son voyage vers l'Arizona[9]. Sa valise, contenant de nombreuses créatures magiques, s'ouvre par mégarde et les animaux s'échappent dans la ville. Le héros, en s'alliant à un non magicien et à deux sorcières, va faire son possible pour récupérer toutes ses créatures sans qu'elles se blessent et sans se faire arrêter par les aurors du Congrès Magique américain. Il croise également la route d'un personnage sombre, Percival Graves, qui semble s'intéresser de près à l'obscurial qui ravage la ville. Norbert parvient finalement à prouver que Graves n'est autre que le mage noir recherché par les autorités
Contrairement à la série de films Harry Potter, celle des Animaux fantastiques n'est pas adaptée de romans, mais d'un court livret-guide éponyme rédigé par Rowling en 2001 et édité sous la forme d'un répertoire de créatures magiques.
LES ANIMAUX FANTASTIQUES, David Yates 2016, Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol (fantastique)@@@ (E)
En 1926, à New York, les "moldus", ou non-sorciers, ont la vie dure, mais les sorciers, également, visés par un groupe fanatique, mené par une certaine Mary-Lou Bellebosse, qui souhaite rétablir ...

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LES BOUCANIERS, Anthony Quinn 1958, Yul Brynner, Claire Bloom (western maritime)@


En 1812, les Etats Unis déclarent la guerre à l'Angleterre et à l'Irlande dans le sillage de la guerre d'Indépendance. A la Nouvelle Orléans, le général Jackson se trouve en infériorité numérique face aux envahisseurs anglais. Seule solution : rallier à sa cause le célèbre pirate Jean Lafitte, ennemi juré du gouvernement fédéral et héros du peuple américain.

TELERAMA
En 1814, à la Nouvelle-Orléans, l'armée anglaise menace la ville. De son quartier général installé sur l'île de Barataria, le corsaire Jean Lafitte, dont la tête est mise à prix, observe les événements. Il est épris d'Annette Claiborne, la ravissante fille du gouverneur de Louisiane. C'est pourquoi il a donné ordre à ses hommes de n'attaquer aucun vaisseau battant pavillon américain. Le capitaine Brown passe outre l'injonction et coule le "Corinthien", qui transporte un chargement d'or. Le seul survivant est un jeune mousse, Miggs, que Lafitte adopte après avoir fait pendre Brown. Au nombre des passagers se trouvait Marie Claiborne, la soeur d'Annette...
LES BOUCANIERS, Anthony Quinn 1958, Yul Brynner, Claire Bloom (western maritime)@ (E)
En 1812, les Etats Unis déclarent la guerre à l'Angleterre et à l'Irlande dans le sillage de la guerre d'Indépendance. A la Nouvelle Orléans, le général Jackson se trouve en infériorit ...

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LES CHOSES DE LA VIE, Claude Sautet 1970, Michel Piccoli, Romy Schneider (drame sentimental)@@


Au volant de sa voiture, Pierre, architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de la route. Ejecté du véhicule, il gît inconscient sur l'herbe au bord de la route. Il se remémore son passé, sa vie avec Hélène, une jeune femme qu'il voulait quitter, sa femme Catherine et son fils.

TELERAMA
Un quadragénaire voit défiler sa vie au moment de sa mort… Le film qui consacra le talent de Claude Sautet.

Les choses n'arrivent jamais comme on croit. C'est le sujet de tous mes films. » Claude Sautet concluait ainsi ses Conversations avec Michel Boujut, parues chez Actes Sud. Foin de la bourgeoisie pompidolienne et des ambiances de bistrots à l'heure du coup de feu ! Claude Sautet fut surtout le cinéaste de l'angoisse et de la confusion de vivre, et cela dès Les Choses de la vie, son troisième film.

Avec Pierre (Piccoli, intériorisé), ce quadragénaire qui hésite entre deux vies, celle avec sa femme et celle avec sa maîtresse éprise d'absolu (Romy, frémissante), il entamait une longue liste d'hommes qui fuient. Son accident de voiture au début, filmé en divers ralentis (scène célèbre, composée de soixante-six plans, souvent citée par John Woo !), donne sa puissance tragique à ce banal dilemme. Pierre roule pour être seul et différer sa décision. Le moment euphorique du choix (oui, je l'aime) lui sera fatal. Dans les histoires de Sautet, il est quelquefois « trop tôt », souvent « trop tard », mais les femmes restent les plus beaux accidents qui puissent arriver aux hommes.
LES CHOSES DE LA VIE, Claude Sautet 1970, Michel Piccoli, Romy Schneider (drame sentimental)@@ (E)
Au volant de sa voiture, Pierre, architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de la route. Ejecté du véhicule, il gît inconscient sur l'herbe au bord de la route. Il se remémore son pass ...

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LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos (fable moeurs)@@


Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif. Un jour, sa tante Julia fait irruption dans leur vie.

TÉLÉRAMA
Dans une petite ville au pied des Alpes, une jeune fille à l’odorat surdéveloppé voyage dans les souvenirs de sa mère. Une fable très originale, tout aussi mentale que charnelle, qui fait peur, étonne et émeut.

Des cinq sens, n’est-ce pas l’odorat qui ravive le plus intensément nos souvenirs ? La littérature, Proust en tête, a su l’exprimer. Le cinéma, moins souvent. À l’honneur ici, ce sens sert une histoire baroque, subtile dans ses méandres, à la fois fantastique et bien ancrée au pied des Alpes. Métisse aux cheveux crépus et hirsutes, Vicky est une fillette étrange, solitaire, douée d’un sens olfactif très développé, qui prend plaisir à reproduire des senteurs, à partir de concoctions qu’elle garde dans des bocaux en verre. Les yeux bandés, elle est capable de dénicher sa mère, Joanne (Adèle Exarchopoulos), qu’elle vénère et suit partout, à des dizaines de mètres dans la forêt. Celle-ci commence d’ailleurs à s’inquiéter du don plus animal qu’humain de sa fille.

De fait, le climat d’angoisse finement distillé présage bien une flambée de violence. La fable imaginée ensemble par Léa Mysius (réalisatrice remarquée d’Ava et scénariste prisée) et Paul Guilhaume (directeur de la photographie) a ceci d’original qu’elle accorde à Vicky un superpouvoir particulier, imprégné de sorcellerie sinon de magie : son nez sensible lui permet de se projeter non dans ses propres souvenirs mais dans ceux de sa mère, quand Joanne était une jeune gymnaste et fréquentait une bande, dont Julia, une tante inconnue de Vicky. Et voilà que cette Julia réapparaît après des années, en venant s’installer dans le foyer familial. Intuitivement, l’enfant la craint et remonte le temps pour en savoir plus sur cette tante, sur ses parents, sur sa propre naissance.

De ce dérèglement temporel naissent des images, comme des flashs. Autant de pièces d’un puzzle qui, agencées ensemble, restituent des rencontres amoureuses, des jalousies, des vies contrariées. Le film, foisonnant, embrasse beaucoup de thèmes, au risque de la surcharge. Il n’en conserve pas moins, jusqu’au bout, du mystère et du suspense, les voyages dans le temps de Vicky relançant l’action au présent. À travers la mise en valeur de femmes et de personnages noirs ou métissés, Les Cinq Diables inscrit aussi, avec naturel, de la diversité au fin fond de la France. Conscience politique et poésie font ici bon ménage.

Tout en zigzags électriques, gorgée d’énergie, l’histoire comporte des allégories marquantes. Ainsi l’image de cette femme et de son enfant qui tentent de réanimer une noyée en la réchauffant. Le feu, l’air, l’eau, la terre, tous les éléments concourent à la création de sensations fortes, de vertiges liés aux parfums, mais aussi aux strates de temps qui se télescopent. L’émotion côtoie des abîmes de réflexion, comme cette question adressée, un moment par Vicky à sa mère : « Est-ce que tu m’aimais avant que j’existe ? »
LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos (fable moeurs)@@ (E)
Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qu ...

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LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé (fantastique)@@


Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qui elle voue un amour fou et exclusif. Un jour, sa tante Julia fait irruption dans leur vie.

TELERAMA
Dans une petite ville au pied des Alpes, une jeune fille à l’odorat surdéveloppé voyage dans les souvenirs de sa mère. Une fable très originale, tout aussi mentale que charnelle, qui fait peur, étonne et émeut.

Des cinq sens, n’est-ce pas l’odorat qui ravive le plus intensément nos souvenirs ? La littérature, Proust en tête, a su l’exprimer. Le cinéma, moins souvent. À l’honneur ici, ce sens sert une histoire baroque, subtile dans ses méandres, à la fois fantastique et bien ancrée au pied des Alpes. Métisse aux cheveux crépus et hirsutes, Vicky est une fillette étrange, solitaire, douée d’un sens olfactif très développé, qui prend plaisir à reproduire des senteurs, à partir de concoctions qu’elle garde dans des bocaux en verre. Les yeux bandés, elle est capable de dénicher sa mère, Joanne (Adèle Exarchopoulos), qu’elle vénère et suit partout, à des dizaines de mètres dans la forêt. Celle-ci commence d’ailleurs à s’inquiéter du don plus animal qu’humain de sa fille.

De fait, le climat d’angoisse finement distillé présage bien une flambée de violence. La fable imaginée ensemble par Léa Mysius (réalisatrice remarquée d’Ava et scénariste prisée) et Paul Guilhaume (directeur de la photographie) a ceci d’original qu’elle accorde à Vicky un superpouvoir particulier, imprégné de sorcellerie sinon de magie : son nez sensible lui permet de se projeter non dans ses propres souvenirs mais dans ceux de sa mère, quand Joanne était une jeune gymnaste et fréquentait une bande, dont Julia, une tante inconnue de Vicky. Et voilà que cette Julia réapparaît après des années, en venant s’installer dans le foyer familial. Intuitivement, l’enfant la craint et remonte le temps pour en savoir plus sur cette tante, sur ses parents, sur sa propre naissance.

L’émotion côtoie des abîmes de réflexion
De ce dérèglement temporel naissent des images, comme des flashs. Autant de pièces d’un puzzle qui, agencées ensemble, restituent des rencontres amoureuses, des jalousies, des vies contrariées. Le film, foisonnant, embrasse beaucoup de thèmes, au risque de la surcharge. Il n’en conserve pas moins, jusqu’au bout, du mystère et du suspense, les voyages dans le temps de Vicky relançant l’action au présent. À travers la mise en valeur de femmes et de personnages noirs ou métissés, Les Cinq Diables inscrit aussi, avec naturel, de la diversité au fin fond de la France. Conscience politique et poésie font ici bon ménage.

Tout en zigzags électriques, gorgée d’énergie, l’histoire comporte des allégories marquantes. Ainsi l’image de cette femme et de son enfant qui tentent de réanimer une noyée en la réchauffant. Le feu, l’air, l’eau, la terre, tous les éléments concourent à la création de sensations fortes, de vertiges liés aux parfums, mais aussi aux strates de temps qui se télescopent. L’émotion côtoie des abîmes de réflexion, comme cette question adressée, un moment par Vicky à sa mère : « Est-ce que tu m’aimais avant que j’existe ? »
LES CINQ DIABLES, Léa Mysius 2022, Adèle Exarchopoulos, Sally Dramé (fantastique)@@ (E)
Vicky, petite fille étrange et solitaire, peut sentir et reproduire toutes les odeurs de son choix, qu'elle collectionne dans des bocaux étiquetés. Elle a extrait en secret l'odeur de sa mère, Joanne, à qu ...

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LES ENFANTS DE DIEU, Frauke Lodders 2024


Élevés dans la foi chrétienne évangélique, Hannah et son frère cadet Timotheus sont déchirés entre désirs intimes et poids écrasant de leur éducation... Servi par un excellent casting, un regard implacable sur l’emprise religieuse et ses conséquences.

Aînés d’une fratrie de quatre enfants sous la ferme autorité de leurs parents, Hannah, 17 ans, et Timotheus, 15 ans, ont grandi dans le strict respect des préceptes bibliques. La première professe la chasteté auprès des jeunes femmes de sa communauté tandis que le second se prépare au baptême. Mais l’obsession du péché n’empêche pas l’éveil du désir. Max, un jeune voisin rebelle, attire Hannah et bouscule ses convictions, quand Timotheus se découvre des sentiments pour un camarade de classe.

Séisme intime
Alors que le protestantisme évangélique étend sa toile dans le monde, cette fiction scrute, à travers le dilemme de ses jeunes protagonistes, les vives tensions que ses valeurs conservatrices génèrent dans nos sociétés sécularisées. A priori, rien ne distingue Hannah et Timotheus, incarnés avec sensibilité par Flora Li Thiemann et Serafin Mishiev, des autres garçons et filles de leur âge, confrontés à l’éveil de la sexualité. Mais face au trouble qui les traverse, leur éducation, pétrie d'une morale d’un autre âge, les laisse désemparés. Comment s'abstraire du monde décrété "décadent" qui les entoure ? La quête identitaire relève ici du combat à la frontière des normes, en particulier pour Timotheus, qui s’acharne à nier l’évidence de son homosexualité. Se gardant de juger ses personnages, Les enfants de Dieu dénonce les thérapies de conversion promues par les mouvements évangéliques malgré de récentes interdictions et, dans leur sillage, le contrecoup réactionnaire des tendances masculinistes actuelles.
LES ENFANTS DE DIEU, Frauke Lodders 2024 (E)
Élevés dans la foi chrétienne évangélique, Hannah et son frère cadet Timotheus sont déchirés entre désirs intimes et poids écrasant de leur éducation... Servi par ...

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LES ESTIVANTS, Valeria Bruni-Tedeschi 2018, Pierre Arditi (burlesque)@@


Une grande et belle propriété sur la Côte d'Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l'écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de domination, des peurs et des désirs. Chacun se débrouille avec le mystère de sa propre existence.

TELERAMA
La réalisatrice franco-italienne s’appuie librement, cette fois, sur une pièce de Gorki.
Libre adaptation d’une pièce de Gorki, le film réunit une vingtaine de personnages dans une villa méditerranéenne, au milieu de l’été. Anna, qui est venue retrouver sa fille, terminer son scénario et digérer une rupture, essaie d’y trouver sa place. Chacun y joue sa partition : les bourgeois dans le jardin, le petit personnel dans la remise. Les rapports de pouvoir se mettent en place. Entre le beau-frère, industriel de droite, et l’amie, scénariste de gauche — dans la piscine, il tourne autour d’elle comme un requin essoufflé. Entre la vieille mère, qui rêve encore d’amour, et l’oncle un peu fou, qui montre ses fesses sans que personne y prête attention…

Dans ce ballet cacophonique très chorégraphié, personne ne se voit ni ne s’écoute. Les repas sont des moments de catharsis, où les langues se délient et les vieux démons familiaux refont surface. Anna, tout à sa rupture, est d’abord très combative : elle harcèle son ex au téléphone, le frappe sur le quai de la gare dans une scène inénarrable. Mais, peu à peu, elle se met en retrait, devient spectatrice de sa propre histoire. Au centre de tous ses films précédents, Valeria Bruni Tedeschi s’efface doucement dans celui-ci, jusqu’à disparaître dans une brume épaisse lors de la dernière scène — celle du tournage de son scénario enfin terminé —, baignée d’une nostalgie et d’une musique felliniennes. Les personnages, morts et vivants réunis, sont enfin apaisés. Dans ce brouillard artificiel, la vraie vie s’estompe, l’illusion triomphe.

LES ESTIVANTS, Valeria Bruni-Tedeschi 2018, Pierre Arditi (burlesque)@@ (E)
Une grande et belle propriété sur la Côte d'Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, ...

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LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, Jean Simmons (western)@@


James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. À son arrivée dans le bourg, McKay est maltraité par Buck Hannassey et ses frères. Alerté, le major organise une expédition punitive contre les Hannassey. Plongé malgré lui au coeur de cette querelle, James tente d'en comprendre les raisons.

TELERAMA
McKay débarque dans les prairies du Middle West avec sa fiancée, au cœur d’une lutte entre deux clans, rivaux ancestraux. Bons acteurs dont le talent n’est pas du tout exploité. En revanche, les décors naturels sont superbes. Une belle carte postale.

La mise en scène soignée, le scénario savamment travaillé et les situations méticuleusement alignées attestent les efforts de William Wyler pour faire de ce western un archétype du genre. Pourtant, cette histoire de marin qui débarque dans les plaines du Middle West et se trouve mêlé à la lutte que mène sa future belle-famille contre des voisins belliqueux n’emporte pas complètement l’adhésion. Paradoxalement, Les Grands Espaces manque d’envergure, de relief et de rythme, malgré quelques belles scènes d’action. L’humour distribué avec parcimonie, la grande et impressionnante plaine érigée en personnage et les acteurs excellents ne parviennent pas à empêcher l’ennui d’occuper sensiblement... l’espace.
LES GRANDS ESPACES, William Wyler 1958, Gregory Peck, Jean Simmons (western)@@ (E)
James McKay, ancien marin, vient de quitter Baltimore pour se rendre dans un village des prairies du Middle West. Là, il doit épouser Patricia, la fille du major Terrill, l'arrogant propriétaire d'un vaste ranch. &Agrav ...

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LES MIENS, Roschdy Zem 2022, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Meriem Serbah, Maïwenn, Rachid Bouchareb (thriller social)@@


Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l'opposé de son frère Ryad, présentateur télé qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage. Seul Moussa, qui éprouve pour son frère une grande admiration, le défend. Un jour Moussa chute et se cogne violemment la tête. Il souffre d'un traumatisme crânien. Méconnaissable, il parle désormais sans filtre et balance à ses proches leurs quatre vérités. Il finit ainsi par se brouiller avec tout le monde, sauf avec Ryad.

TELERAMA
L’explosion de la parole dans une famille percluse de non-dits. Une tragi-comédie débordante d’énergie.

Au tout début du générique, ces deux noms l’un à côté de l’autre : Sami Bouajila et Roschdy Zem. La dualité émeut, une histoire de cinéma en soi, deux comédiens qui ont grandi en parallèle ou ensemble, l’un dirigeant l’autre une première fois (Omar m’a tuer) puis à nouveau, aujourd’hui. Comme si, au fil du temps, Roschdy, plus populaire, tenait à rappeler le talent de son « frère » Sami. Le titre le dit avec une simplicité enveloppante, il s’agit bien de famille dans ce sixième long métrage de Zem derrière la caméra, sans doute son meilleur, sûrement le plus intime.

Soit l’histoire de Moussa, l’homme (trop ?) doux, le gentil d’une fratrie, qui, à la suite d’un grave choc cérébral, n’a plus de « filtres » et envoie tout le monde balader : ses enfants, sa sœur maternante, ses frères. Le seul de la tribu à échapper à sa soudaine agressivité ? Ryad, le plus égoïste, journaliste sportif riche et célèbre, auquel personne n’ose jamais rien demander puisque, de toute manière, il n’écoute pas. Roschdy Zem se donne ce rôle-là et ne se fait pas de cadeau, jouant à fond la carte de l’autocritique, en vedette déconnectée de sa famille. Laquelle est naturellement pleine de bosses, de tendres non-dits et de places stéréotypées : il y a celle qui « rend service » à tout le monde (épatante Meriem Serbah), ceux qui se taisent, ou encore la compagne, pièce rapportée qui n’a pas son mot à dire…

Pour ce cinéma sincère et émotif, le réalisateur a bien fait de coécrire son scénario avec Maïwenn (qui incarne aussi, parfaitement, la compagne) : grâce à leur collaboration, il souffle dans Les Miens une magnifique énergie de tragi-comédie, encore réhaussée par une mise en scène qui sait embrasser le groupe. La troupe d’acteurs (dont le réalisateur Rachid Bouchareb) compose un clan d’une grande véracité, entre règlements de compte violents et pics comiques. Cœur du film, Sami Bouajila somnole, cache son chagrin, titube et crie son mal-être familial ou amoureux. Sa colère comme sa voix douce, un peu éteinte, bouleversent. Ce revigorant film de Roschdy Zem est aussi le sien.
LES MIENS, Roschdy Zem 2022, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Meriem Serbah, Maïwenn, Rachid Bouchareb (thriller social)@@ (E)
Moussa a toujours été doux, altruiste et présent pour sa famille. À l'opposé de son frère Ryad, présentateur télé qui se voit reprocher son égoïsme par son entourage ...

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LES MUTINS DU YORIK, Georg Tressler 1962 (drame maritime)@


À Anvers, le jeune Américain Philip Gale, matelot à bord d'un cargo, se fait dérober son carnet maritime et son argent par sa conquête de la nuit. Revenu au port après le départ de son navire, il échoue à s'embarquer, faute de papiers, sur un autre bateau. Il décide alors de gagner le sud de la France, dans l'espoir de trouver un capitaine peu regardant sur les règlements de navigation.

Ce drame allemand de Georg Tressler fait clairement penser à certains films du duo Carné/Prévert des années 30. L'histoire de ce marin candide se faisant dépouillé de tout et qui se retrouve ensuite embarqué sur le pire rafiot au monde est plutôt intéressante. Les déboires du jeune héros incarné avec charisme par Horst Buchholz sont romantiques. La fin est loin d'être optimiste avec le naufrage du Yorikke.
LES MUTINS DU YORIK, Georg Tressler 1962 (drame maritime)@ (E)
À Anvers, le jeune Américain Philip Gale, matelot à bord d'un cargo, se fait dérober son carnet maritime et son argent par sa conquête de la nuit. Revenu au port après le départ de son navire, ...

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LES NERFS A VIF, Martin Scorcese,1992, Robert De Niro, Jessica Lange, Nick Nolte (thriller social)@@


Max Cady vient de passer quatorze ans dans un pénitencier, reconnu coupable du viol et du meurtre d'une adolescente. Il n'a qu'une idée en tête : se venger de l'avocat, Sam Bowden, qui l'a jadis fait condamner. Cady est persuadé que Bowden a fait disparaître des pièces du dossier d'instruction afin de s'assurer de sa condamnation. L'ancien détenu s'installe en Floride, dans la petite ville où vivent Sam, sa femme Leigh et leur fille Danielle. Il s'immisce dans l'entourage des Bowden, empoisonne leur chien, défigure la maîtresse de Sam et poursuit Danielle de ses assiduités. Hors de lui, Bowden demande à des petits voyous de s'occuper de Cady. Contre toute attente, il terrasse ses agresseurs...

TELERAMA
Remake violent du film de J. Lee Thompson par Scorsese. Vous aimerez sans doute le grand Robert De Niro dans ce film, pas le plus connu mais sacrément baroque et flippant.

Certains grands cinéastes font toujours le même film. Martin Scorsese, lui, ne cesse de tout remettre à plat. Un bon exemple au début des années 1990 : Les Nerfs à vif (1991) ont certes un air de famille avec Les Affranchis (1990), mais n’annoncent pas vraiment l’élégant Temps de l’innocence (1993) ni Casino (1995). Ici, il s’agit de stress, d’angoisse, de succion des cervelles par un salaud qui vous siffle sur la tête — Robert De Niro. Sa cible : la famille d’un avocat (Nick Nolte) qui ne s’est pas foulé pour lui éviter une lourde peine de prison. Soit la même histoire ou presque qu’un thriller oubliable de Jack Lee Thompson réalisé en 1962.

Pour que les nerfs du spectateur soient aussi à vif, Scorsese se lance dans un exercice de style assez périlleux. Ça bouge (la caméra), ça cogne (les acteurs), ça claque (les raccords). Car ceci est un conte, ou un fantasme. Voire une métaphore, baroque et tapageuse.

De Niro ne fait pas dans la dentelle. Démon que n’atteignent ni les flammes ni les barres de fer, il est la mauvaise conscience de la bourgeoisie américaine, hypocrite, autocratique, puritaine. Un personnage allégorique en qui Scorsese parvient à faire tenir quelques-unes de ses obsessions : la foi, le sang, la vengeance. Ce qui nécessite un talent certain.
LES NERFS A VIF, Martin Scorcese,1992, Robert De Niro, Jessica Lange, Nick Nolte (thriller social)@@ (E)
Max Cady vient de passer quatorze ans dans un pénitencier, reconnu coupable du viol et du meurtre d'une adolescente. Il n'a qu'une idée en tête : se venger de l'avocat, Sam Bowden, qui l'a jadis fait condamner. Cady est ...

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LES RIVIERES POURPRE 2, Olivier Dahan 2004, Jean Reno, Benoît Magimel (thriller science fiction)@@


Le commissaire Niemans mène l'enquête pour élucider une terrifiante affaire: celle d'un homme retrouvé emmuré dans un monastère de Lorraine. Plus loin, le capitaine Reda, qui fut autrefois son élève, découvre un illuminé, sosie du Christ, à moitié mort au pied d'une église.

TELERAMA
Un sosie du Christ est poignardé par des moines noirs, et un trésor d’anciens nazis… La réalisation fait son effet, jeune et pas prise de tête. On s’amuse.

Les Rivières pourpres, c’est le rouleau compresseur du film d’action bien de chez nous. Il y a une surprise quand même : du numéro 1, signé Mathieu Kassovitz, à ce numéro 2, piloté par Olivier Dahan (avant La Môme), la qualité s’est améliorée. L’action se dépayse du côté de la Meuse, et croise la ligne Maginot avec une piste biblique. On assassine un Pierre, un Simon, un Thomas : les apôtres ont du souci à se faire…

Même s’il tourne à l’embrouille confuse, le scénario a un côté série B qui n’est pas déplaisant. Et, dans le rôle du flic new look, Benoît Magimel remplace avantageusement Vincent Cassel. Avec ça, Olivier Dahan ne faillit pas à sa mission d’accommoder le thriller à la sauce de son temps. Inspirée du clip et du cinéma américain, sa mise en scène est tout en rythme, en vitesse, en mouvements et en enchaînements. Rien n’accroche. Au risque qu’il ne reste, finalement, qu’un vague sentiment d’inconsistance.
LES RIVIERES POURPRE 2, Olivier Dahan 2004, Jean Reno, Benoît Magimel (thriller science fiction)@@ (E)
Le commissaire Niemans mène l'enquête pour élucider une terrifiante affaire: celle d'un homme retrouvé emmuré dans un monastère de Lorraine. Plus loin, le capitaine Reda, qui fut autrefois son &eacut ...

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LES SURVIVANTS, Guillaume Renusson 2022, Denis Ménochet, Zar Amir Ebrahimi (drame social montagne)@@


Samuel, un homme qui vit dans les Alpes italiennes, décide d'aider Chehreh, une Afghane, à atteindre la France; ils devront faire face à une nature hostile et à la cruauté des hommes qui peuplent ce territoire.

Elle a fui son pays, il va l’aider dans la mesure de ses moyens. Un premier film impressionnant de maîtrise, avec deux grands interprètes.

Samuel a tout perdu. Est-ce pour que la neige anesthésie sa douleur ou pour en finir qu’il part s’isoler dans son chalet des Alpes italiennes ? Quand Chehreh, une migrante gelée et exsangue, se cache chez lui, le temps d’une nuit, cet homme que plus rien n’anime, décide de l’aider à traverser la montagne pour rejoindre la France. Envers et contre l’enfer blanc, mais aussi contre une petite bande armée de racistes…

Impressionnant premier long métrage que ce western contemporain, à la mise en scène tendue, et où seuls les corps s’expriment : ceux de l’imposant Denis Ménochet, magnifique carcasse de violente mélancolie, et de la vibrante Zar Amir Ebrahimi (Prix d’interprétation à Cannes pour Les Nuits de Mashhad). Ces deux grands interprètes finissent par former une seule et même entité de résistance. Le titre le dit, le film est bien un film de survie, mais on pense aussi au Grand Silence, le western enneigé et mutique de Sergio Corbucci, et à Essential Killing de Jerzy Skolimowski, devant le talent du jeune réalisateur à user des éléments naturels hostiles dans cette chasse à l’homme et la femme.

Scène marquante que le premier contact entre les deux êtres qui ont perdu espoir : il la déshabille pour la réchauffer, elle a peur de lui, mais, sans un mot, avec des gestes brusques, la confiance naît… Condamnée à rester en mouvement, Chehreh va communiquer son instinct de survie à Samuel, et le soutien finira même par s’inverser quand elle saura porter tout le poids de cet homme blessé. Beaucoup de réalisateurs tentent de traiter du thème de l’immigration frontalière. Grâce à sa maîtrise du film de genre, son don pour traquer le pire et le plus beau de l’humanité, Guillaume Renusson donne corps à cette idée politique : sauver l’autre est une manière de ne pas mourir.
LES SURVIVANTS, Guillaume Renusson 2022, Denis Ménochet, Zar Amir Ebrahimi (drame social montagne)@@ (E)
Samuel, un homme qui vit dans les Alpes italiennes, décide d'aider Chehreh, une Afghane, à atteindre la France; ils devront faire face à une nature hostile et à la cruauté des hommes qui peuplent ce territ ...

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LES TETES DE L EMPLOI, Alexandre Charlot et Franck Magnier 2016, Franck Dubosc, Elsa Zylberstein


Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville, mais leurs résultats sont tellement bons que l'agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ont alors la folle idée de créer du chômage pour sauver leur poste.

TELERAMA
Des salariés de Pôle emploi se retrouvent au chômage. À moins que... Avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, François-Xavier Demaison.

Stéphane, Cathy et Thierry sont salariés d’une agence pour l’emploi. Ils obtiennent de si bons résultats que leur structure risque de fermer, faute de chômeurs. Pour garder leur boulot, ils décident donc de recréer du chômage…


Cette comédie sociale passe en revue tous les maux liés au chômage avec un humour grinçant (à l’anglaise, mais aussi à l’italienne), en contournant habilement les pièges populistes. Le pic du film est, d’ailleurs, nettement plus rose que noir : un beau pied de nez (chantant !) aux méthodes de recrutement en entreprise. Face à Demaison, impeccable boy-scout de l’embauche, et Dubosc, parfait en Alberto Sordi français avec moustache et sous-pull beige, Elsa Zylberstein se révèle hilarante en pépette hystérique et tendre.
LES TETES DE L EMPLOI, Alexandre Charlot et Franck Magnier 2016, Franck Dubosc, Elsa Zylberstein (E)
Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville, mais leurs résultats sont tellement bons que l'agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ...

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LES VACANCES DE MR BEAN, Steve Bendelack 2007, Rowan Atkinson, Maxim Baldry, Emma de Caunes (comique)@@


Lors d'une tombola, Mr Bean s'arrange pour gagner un voyage à Cannes et un caméscope. Son rêve : rejoindre les belles plages de la Côte d'Azur. A bord de l'Eurostar, son ignorance du français le met très vite dans l'embarras. Sur un quai de gare, à Lyon, il demande à Emil, réalisateur russe en route pour le Festival, où il est membre du jury, de filmer pour lui son entrée dans le train. Ses maladresses finissent par empêcher Emil de monter à bord. Bean se retrouve seul avec Stepan, le jeune fils du cinéaste, dont il se sent à présent responsable. Tous deux poursuivent le voyage vers Cannes, espérant retrouver rapidement le père du garçon, tandis que Bean provoque catastrophe sur catastrophe. C'est ainsi qu'ils rencontrent Sabine, une actrice débutante, elle-même en route pour le Festival...

TELERAMA
Mr Bean embarque pour Cannes, histoire d’exporter ses gaffes pataudes. Un deuxième long métrage tiré de la série “Mister Bean” qui ne fait pas de vagues.

Début cata. Mr Bean gagne un concours, direction Cannes, en plein Festival. Sa maladresse lui fait hériter, gare de Lyon, du fils d’un réalisateur, membre du jury, qui ne parle que russe… Péripéties lentes et grimacières : même Jean Rochefort, en maître d’hôtel du Train bleu, n’arrache pas un sourire. Puis, sur les routes de France, avec un Bean qui fonce droit vers la mer à l’aide d’une boussole, le film démarre.


On va du plaisant (Willem Dafoe en réalisateur égomaniaque) au réussi (Bean interrompant le tournage d’une pub comme Peter Sellers dans La Party) en passant par le carrément absurde (Bean entonnant en play-back « O mio bambino caro » sur un marché d’Avignon).

C’est lorsqu’il se relève intact après avoir été renversé par un camion, bref qu’il se rapproche des silhouettes de dessin animé, style Woody Woodpecker ou Bip Bip et Coyote, que Rowan Atkinson, créateur et interprète de Mr Bean, est le plus convaincant. Mais il lui a toujours manqué — il lui manque encore — un réalisateur pour le magnifier. Les Blake Edwards se font rares, hélas, pour lui comme pour nous.
LES VACANCES DE MR BEAN, Steve Bendelack 2007, Rowan Atkinson, Maxim Baldry, Emma de Caunes (comique)@@ (E)
Lors d'une tombola, Mr Bean s'arrange pour gagner un voyage à Cannes et un caméscope. Son rêve : rejoindre les belles plages de la Côte d'Azur. A bord de l'Eurostar, son ignorance du français le met tr&egrav ...

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LIBERTE OLERON, Bruno Podalydès 2001, Bruno Podalydès, Jean Podalydes (burlesque)@@


C'est l'été. Jacques Monot et sa petite famille rejoignent l'île d'Oléron et leur résidence secondaire. Jacques, qui rêve depuis longtemps d'acheter un voilier, craque pour un frêle esquif. Contre l'avis de tous, il embarque pour une petite croisière et se comporte de manière inacceptable avec les siens...

TELERAMA
Du burlesque tatiesque à l’humour familial au vitriol, Bruno Podalydès navigue élégamment entre les registres. Et vogue la galère...

En vacances d’été sur l’île d’Oléron, un père impose peu à peu son idée fixe à toute sa famille : l’achat d’un voilier dériveur d’occasion. Mais le vendeur n’est pas fortuitement interprété par le metteur en scène lui-même : c’est d’un rafiot que les estivants écopent, et toute la suite découle de cette perfidie. Le bateau défectueux sera à la fois le principal foyer comique du film et le révélateur de la défaillance paternelle, puisque l’écart ne cesse de grandir entre l’apparence de maîtrise que ce père à l’ancienne veut donner aux siens et la réalité, de plus en plus retorse et humiliante pour lui.

Bruno Podalydès navigue élégamment entre les registres, du burlesque tatiesque au verbe grinçant, du comique familial au rire jaune, de la notation émouvante à l’humour vitriolé. Particulièrement délectable est la propension du cinéaste à malmener en profondeur le personnage central, incarné par son frère Denis. Et ce jusqu’à une traversée pathétique, sauvage, à la limite du cinéma d’horreur. Pour devenir adulte, il faut savoir tuer ses parents. Symboliquement, s’entend. Dans la galaxie Podalydès, c’est déjà bien engagé : avec Liberté-Oléron, le père est mis KO. Symboliquement. Et joyeusement.
LIBERTE OLERON, Bruno Podalydès 2001, Bruno Podalydès, Jean Podalydes (burlesque)@@ (E)
C'est l'été. Jacques Monot et sa petite famille rejoignent l'île d'Oléron et leur résidence secondaire. Jacques, qui rêve depuis longtemps d'acheter un voilier, craque pour un frêle esquif. Cont ...

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LIMITLESS, Neil Burger 2011, Bradley Cooper, Robert De Niro (drame)@


Ecrivain raté, Eddie apprend que sa petite amie le quitte. Elle ne supporte plus de le voir se laisser aller. Un jour, on lui fait découvrir le NZT. Il s'agit d'un produit pharmaceutique qui décuple les facultés du cerveau. En en prenant, il devient un autre homme, supérieurement intelligent. Eddie se lance dans les affaires et se fait vite repérer à Wall Street. Mais il devient aussi complètement dépendant à la drogue.

TELERAMA
Bradley Cooper ne parvient pas à relever ce thriller boursouflé.
Une drogue qui rend plus sexy, plus intelligent et plus parano ; une drogue capable de transformer un écrivaillon veule en trader triomphant de Wall Street : c'est le NZT, pilule magique absorbée par Bradley Cooper, héros de ce thriller boursouflé - plaidoyer peu discret pour une autre poudre en vogue à Hollywood... Visiblement en surchauffe, Neil Burger a oublié les effets secondaires de son produit miracle : excès de confiance et perte de tout sens critique.
LIMITLESS, Neil Burger 2011, Bradley Cooper, Robert De Niro (drame)@ (E)
Ecrivain raté, Eddie apprend que sa petite amie le quitte. Elle ne supporte plus de le voir se laisser aller. Un jour, on lui fait découvrir le NZT. Il s'agit d'un produit pharmaceutique qui décuple les facultés ...

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LOGAN LUCKY, Steven Soderbergh 2017, Daniel Craig, Channing Tatum, Riley Keough (thriller)@@


Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l'année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c'est qu'il est en prison.

TELERAMA
Au fin fond de la Virginie-Occidentale, deux frères déclassés, dont l’un estropié, décident d’organiser un casse. Épaulé par Channing Tatum et Adam Driver, un casting haut de gamme, le réalisateur virtuose et joueur, signe un film élégant.

Il n’y a plus rien de vaniteux chez Steven Soderbergh — qui reste le plus jeune lauréat de la Palme d’or de Cannes. Longtemps il a donné l’impression de dominer son sujet, presque trop. Ses facilités laissaient un glacis de satisfaction cool sur des films enchaînés à toute vitesse. Après d’improbables adieux au cinéma, en 2013, et une reconversion remarquable dans la série (The Knick), il revenait en 2017, changé en mieux : toujours virtuose et délicieusement joueur, mais l’empathie et l’élégance morale en plus.

Un signe évident de changement est la catégorie sociale des héros de ce nouveau film de braquage. Fini les gangsters en costume cintré de Las Vegas, professionnels, comme dans Ocean’s Eleven et ses deux suites. Cette fois, place aux amateurs, aux estropiés, aux mal logés de l’Amérique profonde — la Virginie-Occidentale, du côté des mobile homes. Mais c’est surtout le regard posé sur ce monde prolétaire qui fait la différence. Soderbergh manifeste autant de tendresse que d’amusement pour la sous-culture populaire et son folklore. Ses personnages déclassés, abîmés, il les filme avec une franche fraternité, en sachant les rendre beaux et proches.
LOGAN LUCKY, Steven Soderbergh 2017, Daniel Craig, Channing Tatum, Riley Keough (thriller)@@ (E)
Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l'année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de c ...

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LOS RITOS SEXUALES DEL DIABLO, ose Ramon 1982 (film e)


Une jeune femme nommée Carol est entraînée dans une secte libertine et satanique en Angleterre à la suite de la mort brutale de son frère. Au début, tout semble innocent, mais Carol se retrouve bientôt plongée dans un monde sinistre et sadique de débauche, de violence et de dépravation totale dont elle ne pourra peut-être jamais s'échapper, car l'emprise des membres de la secte commence à s'emparer de son esprit, de son corps et de son âme.
LOS RITOS SEXUALES DEL DIABLO, ose Ramon 1982 (film e) (E)
Une jeune femme nommée Carol est entraînée dans une secte libertine et satanique en Angleterre à la suite de la mort brutale de son frère. Au début, tout semble innocent, mais Carol se retrouve bient ...

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LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@


Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à fignoler l'album "Pet Sounds," ce qui provoque son lot de conflits pendant les séances d'enregistrement.

TELERAMA
Un film inventif et bouillonnant dans lequel le cinéaste insiste surtout sur le destin de Brian Wilson (John Cusack), qui s’écarte du groupe pour composer des mélodies aux envolées lyriques. Passionnant.

Il y a deux actes dans la vie de Brian Wilson. Dans les années 1960, le succès des Beach Boys, chantres juvéniles d’une Californie idéale, ne suffit pas à son ambition musicale. À 22 ans, il s’écarte du groupe et boude les tournées pour se consacrer au travail de l’ombre, en studio. Les ritournelles pop font place aux envolées lyriques nées d’un caractère introverti. Les drogues le désinhibent. Un nouvel entourage le persuade de son génie.

Ce Brian-là a les traits de Paul Dano. Le voir en gosse immature diriger l’enregistrement du chef-d’œuvre Pet Sounds, entouré de joueurs de basson ou de cor en costume trois-pièces, est en soi un régal. L’autre temps du film est celui d’une douloureuse rédemption. Le musicien y apparaît, au milieu des années 1980, comme un gentil zombie, cornaqué par Eugene Landy, gourou mental qui le coupe du monde en l’assommant de cachets. Face au fumeux « docteur », John Cusack prête une silhouette épaissie et beaucoup de subtilité à cette seconde incarnation, peu flatteuse.

Pic créatif des années bouillonnantes d’un côté, lente renaissance de l’autre : la grande idée du réalisateur et de ses scénaristes est d’avoir choisi, plutôt que leur succession chronologique, l’alternance entre ces deux faces du miroir, suscitant contraste et échos. Dans cette partition des styles, Love & Mercy trouve sa dynamique. Sa forme fragmentée zappe forcément des moments clés de l’histoire des Beach Boys, mais offre sur le sujet Brian Wilson une perspective généreuse et assez complète.
LOVE AND MERCY, Bill Pohlad 2014, Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks (musical bio)@@ (E)
Les "Beach Boys" n'ont jamais été aussi populaires et leur leader veut révolutionner la musique. Malgré les membres du groupe qui trouvent le projet trop original, Brian Wilson s'entête à f ...

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LUCKY, Olivier Van Hoofstadt 2020, Michaël Youn, Alban Ivanov, Florence Foresti (comique)


Willy le baptise Lucky, comme tous ses précédents chiens. Après quelques jours sans succès, Lucky va trouver un énorme stock de drogue dans un parking. Effrayés par les possibles représailles des trafiquants, ils décident de faire appel à Caroline qui va trouver dans cette aubaine un moyen de promotion facile.

TELERAMA
Le réalisateur de “Dikkenek” revient avec les aventures de Pieds nickelés interprétés par une pléiade d’acteurs connus et tente de masquer sa misogynie derrière des subterfuges grossiers. Désolant.

En 2006, Olivier Van Hoofstadt s’était fait connaître avec Dikkenek, comédie à la vulgarité crasse, devenue l’objet d’un petit culte. L’argument de vente était, à l’époque, son affiche imposante : Marion Cotillard, François Damiens, Mélanie Laurent…

Quatorze ans plus tard, c’est à nouveau celui de Lucky, qui met en scène Alban Ivanov, Michaël Youn, Florence Foresti, Corinne Masiero, François Berléand et beaucoup d’autres dans une histoire de Pieds nickelés volant un chien renifleur de la brigade des stups.

Conscient que le machisme de Dikkenek — les filles s’y déshabillaient facilement — ne passerait plus à l’ère post-#MeToo, le cinéaste belge prend soin de donner systématiquement le dernier mot aux personnages féminins. Une précaution aux allures de subterfuge, tant le film regorge de blagues phallocrates — la répétition lourdingue du terme « chienne » —, dévoilant une misogynie toujours latente.



LUCKY, Olivier Van Hoofstadt 2020, Michaël Youn, Alban Ivanov, Florence Foresti (comique) (E)
Willy le baptise Lucky, comme tous ses précédents chiens. Après quelques jours sans succès, Lucky va trouver un énorme stock de drogue dans un parking. Effrayés par les possibles représailles ...

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LULU FEMME NUE, Solveig Anspach 2013, Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac (thriller social)@@


Parce qu'elle a manqué d'assurance au cours d'un entretien d'embauche, Lulu, mariée et mère de trois enfants, n'obtient pas le poste de secrétaire espéré. Dans un moment d'égarement et sans aucune préméditation, elle décide de ne pas rentrer chez elle et fuit dans une ville balnéaire de Vendée à la recherche d'un peu de liberté. Sur la côte, la fugueuse et timide quadragénaire est confrontée au manque d'argent et se met à la recherche d'un toit. Dans sa quête de renaissance, elle rencontre trois individus qui vont l'aider à se retrouver : un homme protecteur tout juste sorti de prison, une vieille femme rebelle et une employée harcelée par sa patronne...

TELERAMA
Soudain, Lulu, la quarantaine, décroche de son quotidien de mère de famille et s’attarde au bord de la mer… D’après la géniale bande dessinée d’Étienne Davodeau.

Femme ordinaire en fugue, Lulu, née dans une bande dessinée, est aussi une figure typique de la France en crise. Un énième entretien d’embauche raté, des responsabilités familiales écrasantes, un stress chronique et une déprime larvée l’accablent. Or, soudain, elle décroche. Elle manque le train du retour et s’installe à l’hôtel, au bord de la mer.

Avant même que la fiction se déploie, avec ses rebondissements en règle, le plus beau est le vide salvateur dans lequel cette antihéroïne revient à elle. C’est une femme nue au sens où elle se dépouille de ses atours d’épouse, de mère de famille, de chômeuse. Avec cette « nudité » revient l’ingénuité : il suffit d’un rien pour convertir le moins en plus et le mal en bien. Lulu croit apercevoir un cadavre sur la plage ? Ce sera, en fait, une sorte de prince charmant d’occasion, lui aussi en manque d’amour (Bouli Lanners). De même, quand la fugueuse, affamée, en vient à s’en prendre à une vieille dame (Claude Gensac) au sortir de l’épicerie, l’épisode marque, étonnamment, le début d’une cohabitation bienfaisante.

Ce film, chaleureux, parfois fantasque, marquait surtout les retrouvailles, quinze ans après, de la regrettée Sólveig Anspach avec son interprète et alter ego de Haut les cœurs ! (1998) — sur le combat contre le cancer. À la cinéaste, Karin Viard se donnait telle quelle, sans maniérisme ni effets spectaculaires. Son lâcher-prise émouvant fait un écho harmonieux à cette histoire d’émancipation, à cet éloge de la roue libre.
LULU FEMME NUE, Solveig Anspach 2013, Karin Viard, Bouli Lanners, Claude Gensac (thriller social)@@ (E)
Parce qu'elle a manqué d'assurance au cours d'un entretien d'embauche, Lulu, mariée et mère de trois enfants, n'obtient pas le poste de secrétaire espéré. Dans un moment d'égarement et sans a ...

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MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@


Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres masculins ne faire que des mariages malheureux. Les siècles ont passé, le sorcier et sa fille reviennent pour empêcher le mariage de Wallace Wooley, un politicien, membre de la famille maudite.

TELERAMA
ce film débute sous un chêne. C’est là que sont enterrées depuis des siècles les cendres d’un sorcier et de sa fille Jennifer, condamnés au bûcher par les bien-pensants, et surtout par un certain Nathaniel Wooley. Un chêne d’où la jeune sorcière ricane encore de la malédiction qu’elle lança à tous les Wooley à venir : leurs mariages seront des naufrages… Jusqu’à cette nuit où un vrai coup de foudre, météorologique, libère Jennifer. Ravie d’exercer enfin sa vengeance, elle s’incarne en blonde incendiaire (Veronica Lake, piquante !) pour embraser le cœur de Wallace Wooley, descendant actuel de la maudite lignée. Mais l’amour est un drôle d’engin, moins obéissant qu’un balai…

René Clair, son élégance poétique et son goût pour la satire sociale s’installèrent à Hollywood dans les années 1940 et y firent des merveilles, comme cette comédie fantastique raffinée qui brocarde l’institution du mariage quand il est de raison. Quel rythme (la scène où Fredric March est sans cesse empêché d’atteindre l’autel), quelle légèreté dans ces amours surnaturelles entre un politicien guindé, sur le point de se marier, et une beauté maligne et futée, experte en courants d’air ! René Clair émaille leurs échanges de trouvailles magiques, qui valent bien tous les effets spéciaux d’aujourd’hui. Et il finit, rieur, sur une ode à la conjugalité, à condition qu’elle engendre des petites sorcières bien-aimées...
MA FEMME EST UNE SORCIERE, Rene Clair 1944, Frederic March, Veronika Lake (comique fantastique)@@@ (E)
Au XVIIe siècle, avant d'être brûlés vifs, un sorcier et sa fille, la belle Jennifer, prononcent une malédiction à l'encontre de la famille du juge Wooley, condamnée à voir ses membres m ...

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MA FEMME S APPELLE REVIENS, Patrice LECONTE 1982, Michel Blanc, Anemone


Abandonné par sa femme, un homme rencontre une photographe de mode qui souffre aussi d'être délaissée.
MA FEMME S APPELLE REVIENS, Patrice LECONTE 1982, Michel Blanc, Anemone (E)
Abandonné par sa femme, un homme rencontre une photographe de mode qui souffre aussi d'être délaissée. ...

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MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@


Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes, comme victimes d'un sortilège, ils deviennent inséparables. S'ils se risquent au moindre pas de côté, une force surnaturelle les ramène l'un à l'autre. Leurs gestes se répondent comme dans un miroir et seul le sommeil leur apporte une certaine indépendance.

TELERAMA
L’étrange rencontre d’une professeure de danse et d’un miroitier, devenus littéralement inséparables. Pour son troisième long, la réalisatrice signe un film d’amour burlesque.

Le tube d’Elli et Jacno auquel renvoie le titre peut faire office de test. Si on aime cette chanson, sa sentimentalité en banderole et son grain de provoc acidulée, on peut voir le troisième long métrage de Valérie Donzelli (après La Reine des pommes et La guerre est déclarée). Une femme rencontre un homme. Elle dirige l’école de danse de l’Opéra Garnier. Il est miroitier en province. Leur croisement accidentel déclenche un étrange phénomène : soudain, ils sont liés par un sort qui les force à rester côte à côte, à faire les mêmes gestes au même moment. Ce jumelage est le challenge visuel et burlesque du film, son petit cachet hollywoodien, la source de son peps poétique. Et, ça crève les yeux, une métaphore de la passion — étymologiquement : ce que l’on subit. Il est assez drôle, en effet, de montrer le coup de foudre comme une avalanche de contraintes, sans rien de sentimental a priori.

Au-delà de la fantaisie (qui a ses loupés), ce que Valérie Donzelli réussit le mieux, c’est l’étude des différentes façons d’être « avec quelqu’un ». Avant de se retrouver changés en siamois, Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm forment chacun un couple, au sens large. Elle avec une amie, mystérieuse et fragile. Lui avec sa sœur, qui l’enrôle dans des concours de danse pour mieux le garder. Même le « trouple », le couple à trois (des voisins), passera au banc d’essai — et sera retoqué. Main dans la main reste un film de grande amoureuse, qui ne partage pas. Mais qui a la lucidité d’interroger son idéal, d’en envisager l’envers : le discret nuage de cendres qui entoure un amour fusionnel scellé une fois pour toutes.

MAIN DANS LA MAIN, Valérie Donzelli 2011, Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm (comique burlesque)@@ (E)
Employé d'un miroitier en province, Joachim Fox monte à Paris pour un travail chez Hélène Marchal, directrice de l'école de danse de l'Opéra. Alors que tous deux ont des vies bien différentes ...

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MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, Eric Lartigau 2003, Olivier Baroux, Kad Merad, Jean-Paul Rouve, Gerard Darmon, Alain Chabat, Francois Cluzet


Bullit et Ripper travaillent au FBI et ensemble, ils doivent élucider une sombre affaire : Pamela Rose, effeuilleuse, a été retrouvée assassinée dans une chambre de motel, à Bornsville.

TELERAMA
Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier.

Mais pourquoi ressusciter l'esprit parodique de Mais qui a tué Pamela Rose ? (2003) ? Pour s'amuser, semblent nous dire, avec une ambition mesurée, Kad Merad et Olivier Baroux, comédiens et aussi, cette fois, réalisateurs. Ils s'amusent donc, beaucoup apparemment, dans les rôles de Bullit et Ripper, flics du FBI, et revisitent en héros catastrophiques toutes les situations typiques du cinoche américain. Depuis le premier Pamela movie, le pastiche a trouvé son maître, Michel Hazanavicius, qui a placé la barre assez haut avec ses deux OSS 117, interprétés par Jean Dujardin.

Kad et Olivier n'en ont que faire : leur truc, c'est d'être les cancres de la classe. Grossir le trait, caricaturer la caricature, mettre les pieds dans le plat de citations. Un art de la charge qu'ils maîtrisent joyeusement : si le gag pèse une tonne et tombe à plat, si la mise en scène souligne la mauvaise qualité de l'imitation, c'est encore de l'humour. L'efficacité comique est dans l'inefficacité. Un goût du ratage que le public n'a pas vraiment goûté dans les salles et qui devrait mieux passer à la télévision, royaume de la parodie. L'occasion de voir que, dans l'art d'être poussif, ce polar au troisième degré sait, très discrètement, être inventif.
MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, Eric Lartigau 2003, Olivier Baroux, Kad Merad, Jean-Paul Rouve, Gerard Darmon, Alain Chabat, Francois Cluzet (E)
Bullit et Ripper travaillent au FBI et ensemble, ils doivent élucider une sombre affaire : Pamela Rose, effeuilleuse, a été retrouvée assassinée dans une chambre de motel, à Bornsville.

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MAKING OF, Cédric Kahn 2023, Denis Podalydès, Jonathan Cohen (drame social)@@


Réalisateur expérimenté, Simon se lance dans un nouveau projet : un film qui met en scène des ouvriers qui se battent pour empêcher la délocalisation de leur usine. Mais, alors que le tournage ne fait que commencer, Simon apprend une nouvelle qui le place dans une situation fort délicate. En effet, surpris de constater des modifications de dernière minute dans le scénario, deux des producteurs déclarent qu'ils retireront leurs fonds du projet si ces adaptations ne sont pas supprimées. Faute de voir leur demande satisfaite, la menace est vite mise à exécution. Sur le plateau, les conflits se multiplient. La vie privée de Simon n'est guère plus apaisée...

TELERAMA
Un réalisateur commence à peine à tourner son film, et l’affaire prend l’eau. Servie par un casting hors compétition, la comédie de l’auteur du “Procès Goldman” réussit aussi à émouvoir.

Il y eut Steven Spielberg enchaînant la même année (2018) deux films aussi radicalement différents que Pentagon Papers et Ready Player One, et il y a aujourd’hui Cédric Kahn qui, juste après son époustouflant Procès Goldman, propose une comédie sur le cinéma. Ou plutôt, vertigineuse gigogne, un film sur un film dans le film… dans le film.

Un réalisateur (Denis Podalydès, délicieusement dépassé par les événements) apprend, dès le premier jour de tournage de sa « tragédie » sur le combat perdu d’avance des ouvriers d’une usine délocalisée face au « grand capital », que le gros studio qui le finance retire ses billes du projet. Ses représentants, deux jeunes loups, qui balancent avec cynisme que le public ne veut pas voir sur un écran les problèmes qu’il vit au quotidien, pensaient avoir investi, certes, dans un film social, mais avec un happy end. La faute au producteur de toujours du réalisateur incarné par… le réalisateur Xavier Beauvois, absolument formidable en vieux de la vieille un peu escroc, et très pirate dans sa manière de faire coûte que coûte du cinéma, cette « drogue dure ».

Caprices et ego versus drames sociaux
Pendant que ce dernier fait mine de chercher d’autres financements, le tournage continue vaille que vaille dans le froid et les décors d’une usine réellement désaffectée où les vrais ouvriers font office de figurants et de conseillers. L’acteur principal « bankable » pique des crises narcissiques, déguisées en réflexion sur le « bien du film », pour évincer sa partenaire : Jonathan Cohen, parfaitement insupportable et finalement attachant face à la lumineuse Souheila Yacoub. Et la directrice de production (Emmanuelle Bercot, décidément une de nos grandes comédiennes quand elle ne filme pas elle-même) essaie de tenir l’équipe à bout de bras. Pour alléger le budget, il faudrait faire des coupes sombres dans le scénario mais le réalisateur ne s’y résout pas. Il faudrait réduire le nombre de techniciens mais les chefs de poste refusent de sacrifier les salaires de leurs équipiers…

Première mise en abyme donc : l’histoire, savoureusement scénarisée, d’un capitaine de navire qui prend l’eau en filmant une usine qui coule, avec un sens du détail, très authentique et souvent comique, sur les dessous d’un tournage. Si celui-ci devient la métaphore du sujet qu’il aborde, avec des séquences à la mise en scène fluide et gracieuse qui rendent perméables les frontières entre les deux combats, Cédric Kahn en profite, aussi, pour poser en douce une question épineuse, morale : en quoi le cinéma, monde d’argent, de caprices et d’ego, peut-il rendre compte avec une absolue vérité des drames sociaux ?

Un vaisseau qui surnage
La deuxième mise en abyme, elle, est inscrite dans le titre. Persuadé que le jeune type engagé pour réaliser le making of de son film l’a été par piston (« C’est le fils de qui ? »), le réalisateur le remplace par Joseph, un pizzaïolo du coin se rêvant metteur en scène, et lui demande un journal de bord filmé sans filtre, y compris quand il tente de reconquérir son épouse (Valérie Donzelli). Ou comment s’invitent dans le film du film d’autres images, intimes, sur les affres d’un cinéaste. Et là, Cédric Kahn émeut avec les souvenirs de ses débuts, ou révèle ses propres névroses ! Et c’est bien ce Joseph, incarné par le remarquable Stefan Crepon, talent montant, qui est le cœur, battant, confiant, de cette Nuit américaine en plein jour où un film n’est pas un train qui avance dans la nuit, mais un vaisseau qui surnage. Parce que Joseph est la relève. Un futur ouvrier du cinéma, qui ne fermera jamais.
MAKING OF, Cédric Kahn 2023, Denis Podalydès, Jonathan Cohen (drame social)@@ (E)
Réalisateur expérimenté, Simon se lance dans un nouveau projet : un film qui met en scène des ouvriers qui se battent pour empêcher la délocalisation de leur usine. Mais, alors que le tournage ne fai ...

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MAMAN J AI RATE L AVION, Chris Columbus 1990 (jeunesse)@@


La famille McCallister a décidé de passer les fêtes de Noël à Paris. Seulement Kate et Peter McCallister s'aperçoivent dans l'avion qu'il leur manque le plus jeune de leurs enfants, Kevin, âgé de neuf ans. D'abord désespéré, Kevin reprend vite les choses en main et s'organise pour vivre le mieux possible.
MAMAN J AI RATE L AVION, Chris Columbus 1990 (jeunesse)@@ (E)
La famille McCallister a décidé de passer les fêtes de Noël à Paris. Seulement Kate et Peter McCallister s'aperçoivent dans l'avion qu'il leur manque le plus jeune de leurs enfants, Kevin, âg&eac ...

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MARCELLO MIO, Christophe Honoré 2024, Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay (bio science fiction)@@


Chiara, une comédienne, est la fille de deux véritables icônes du septième art : Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve. Au cours d'un été tumultueux, elle fait face, après avoir été perturbée par quelques rêves étranges, à une soudaine et inexplicable crise d'identité. Désormais convaincue qu'elle devrait vivre la vie de son père, elle décide d'adopter le style vestimentaire de ce dernier, sa manière de parler, allant même jusqu'à copier sa gestuelle avec une détermination sans faille. Sa transformation est si saisissante que son entourage commence à la confondre avec Marcello, finissant bientôt par l'appeler par le prénom de son père...

TELERAMA
L’actrice, dans son propre rôle, se mue en son père Marcello… Christophe Honoré nous réchauffe le cœur et reprend de l’élan avec cette fantaisie aussi drôle que poétique.

Dans cette scène, j’aimerais que tu sois un peu moins Catherine et un peu plus Marcello… » Telle est la désarmante demande d’une réalisatrice indécise (Nicole Garcia, dans son propre rôle) à une actrice (Chiara Mastroianni, idem) qui passe des essais… Une telle entrée en matière, impact et humour compris, laisse d’abord croire à un film sur un film, comme il en existe beaucoup (La Nuit américaine, de François Truffaut, faisant office de repère) et comme il s’en tourne toujours. Mais très vite, ce à quoi on assiste se transforme et s’échappe par le haut et la fantaisie.

Le principe narratif de Marcello mio, on pourrait plutôt lui trouver un cousinage littéraire. L’écrivain américain Bret Easton Ellis, dans son roman Lunar Park (2005), se met en scène sous son nom et son identité publique, mais pour mieux, ensuite, se projeter dans une intrigue imaginaire, sophistiquée, tordue. Ici, se produit également un coup de théâtre stupéfiant : la vraie-fausse Chiara prend à la lettre les rappels incessants à son ascendance. Un soir de spleen, la voilà qui accentue sa ressemblance avec son père, adopte ses vêtements et sa coiffure, jusqu’à ne plus sortir qu’ainsi, en Marcello Mastroianni…

Dans son adaptation des Métamorphoses d’Ovide (en 2014), Christophe Honoré montrait des dieux adoptant l’apparence d’êtres mortels, selon des stratégies et des buts précis. Tout au contraire, l’humaine Chiara devient le divin Marcello sans savoir où elle va, comme si elle traversait le miroir, quittait les rails de la réalité, de la rationalité. Le film offre, d’abord, l’amusant spectacle des réactions de l’entourage à cette échappée insensée. La perplexité bienveillante de Catherine Deneuve. Le flegme désabusé de Benjamin Biolay. La colère de Melvil Poupaud, comme en écho malicieux à ses récents rôles de méchant dans le cinéma français. Et puis la complicité inattendue et joyeuse de Fabrice Luchini, avec qui Chiara avait joué ce bout d’essai inaugural, sous l’œil de Nicole Garcia.

Un voyage hors du temps
Il y a une dimension délicieusement rêveuse, presque un manifeste poétique, dans les déambulations de la fille transformée en charmant fantôme du père. La créature obtenue n’a pas d’âge – c’est un Marcello Mastroianni quasi adolescent – ni de genre, silhouette gracieuse, androgyne, intemporelle. Émancipée, elle vit une romance avec un jeune soldat anglais et gay, improvise une escapade à Rome (avec le tube idoine d’Étienne Daho en tête), y revisite des étapes légendaires de la filmographie du grand acteur italien – comme le cinéaste par son écriture et sa mise en scène. Dont l’eau de la fontaine de Trevi, décor immuable de La dolce vita, de Fellini.

L’avenir n’est-il que dans le passé, au pays de nos petites et grandes mythologies ? Avec toute l’œuvre de Christophe Honoré, on se réchauffe et se régénère au contact de vieux films, livres et chansons ou de figures disparues – c’était le sujet même de la pièce Les Idoles, en 2018. Il ne s’agit pas d’un hommage cérémonieux, mais d’une nécessité vitale pour réintégrer pleinement le présent et reprendre de l’élan. À nouveau, il en va ainsi pour l’émouvante Chiara Mastroianni sans larmes de Marcello mio, à la fois vestale et kamikaze, peut-être au seuil d’un recommencement. En attendant, et comme dans sa chanson avec Benjamin Biolay (sur l’album Home, de 2004) ici reprise, « si je me souviens, la balade était bien ».
MARCELLO MIO, Christophe Honoré 2024, Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay (bio science fiction)@@ (E)
Chiara, une comédienne, est la fille de deux véritables icônes du septième art : Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve. Au cours d'un été tumultueux, elle fait face, après avoir ét& ...

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MARET, Laura Schroeder 2023, Suzanne Wolff (thriller sante)@


Victime d'une absence alors qu'elle est seule au volant, Maret, une artiste allemande de 44 ans, s'effondre et se réveille à l'hôpital dans un étrange état d'amnésie : les médecins lui diagnostiquent un état de "fugue dissociative", accident neurologique rarissime. Ayant oublié les deux dernières décennies de sa vie, Maret ne reconnaît plus Thomas, son compagnon. Elle est alors contactée par la docteure Moore, une neurochirurgienne réputée, qui lui propose de la rejoindre sur l'île de Lanzarote, où elle exerce, pour tenter de l'aider à d'accéder à nouveau à ses souvenirs. Du jour au lendemain, Maret s'installe chez elle et commence à suivre son protocole de soins. Mais que veut-elle réellement savoir de son passé ?...
MARET, Laura Schroeder 2023, Suzanne Wolff (thriller sante)@ (E)
Victime d'une absence alors qu'elle est seule au volant, Maret, une artiste allemande de 44 ans, s'effondre et se réveille à l'hôpital dans un étrange état d'amnésie : les médecins lui diagnos ...

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MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@


Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âgée de 19 ans. Fille illégitime de Daniel Gélin, celle-ci est d'abord ravie d'apprendre qu'elle va côtoyer Marlon Brando. En réalité, la jeune femme, qui n'est plus une enfant mais pas encore tout à fait une adulte, va subir un véritable calvaire au cours du tournage, notamment en raison d'une scène de viol. Dès la sortie du film, en 1972, Maria accède à la célébrité et devient une actrice iconique sans être préparée ni à la gloire ni au scandale…

TELERAMA
Un hommage sensible à l’actrice dont la vie fut bouleversée par le tournage du “Dernier Tango”. Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout.

La sororité était au cœur de nombreux films présentés au dernier Festival de Cannes. Maria, projeté dans la section Cannes Première est ainsi l’hommage empathique d’une réalisatrice et de son actrice à l’une des leurs : Maria Schneider (1952-2011), victime devenue emblématique des violences subies par les femmes dans le monde du cinéma.

La fille de Daniel Gélin n’avait que 19 ans – et était donc, en ce début des années 1970, encore mineure – quand débutèrent les prises de vues du Dernier Tango à Paris, le film qui allait faire sa gloire et son malheur. La faute à une scène de sodomie improvisée sans son consentement par son illustre partenaire, Marlon Brando (incarné par Matt Dillon, étonnamment convaincant) avec la complicité du réalisateur, Bernardo Bertolucci (Giuseppe Maggio, lui aussi très juste). Après ce scandale, l’actrice ne se verra plus proposer que des rôles déshabillés ou sulfureux, à de rares exceptions près (Profession : reporter, d’Antonioni, ou Merry-Go-Round, de Rivette). Et sombrera dans les drogues dures et la dépression.

Son adolescence, les tentatives de désintox…
À l’heure de #MeToo, l’existence et la carrière brisées de Maria Schneider font bien évidemment écho aux témoignages des actrices d’aujourd’hui qui, de plus en plus nombreuses, osent dénoncer les humiliations qu’elles ont subies sur des plateaux de tournage ou en dehors. Jessica Palud a eu l’intelligence de se focaliser sur quelques périodes clés de son parcours tragique : outre Le Dernier Tango…, l’adolescence et les relations conflictuelles avec la mère, ou encore la rencontre avec une étudiante en cinéma qui l’accompagnera dans ses tentatives de désintoxication. Ces moments sont interrompus par de brusques ellipses temporelles, au fil d’une reconstitution d’époque discrète mais crédible.

La réalisatrice a aussi eu la sensibilité d’exprimer le seul ressenti de Maria, avec une mise en scène qui s’attache le plus souvent à son visage et à son corps meurtris. De tous les plans ou presque, Anamaria Vartolomei impressionne de bout en bout. Aussi crédible, et bouleversante, en adolescente fascinée par sa découverte des coulisses du septième art qu’en femme blessée et méprisée.
MARIA, Jessica Palud 2024, Anamaria Vartolomei, Matt Dillon, Giuseppe Maggio (metoo femmes)@@ (E)
Début des années 1970. A la recherche de l'actrice qui incarnera Jeanne dans "Le Dernier Tango à Paris", son prochain film, Bernardo Bertolucci jette son dévolu sur Maria Schneider, alors âg&eacut ...

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MARIAGE CHEZ LES BODIN S, Eric Le Roch 2008, Paul Mescal, Frankie Corio, Celia Rowlson-Hall (comique rural)@


Nous sommes dans un coin de France très reculé. Christian Bodin, 50 ans, va se marier avec Claudine, la cantinière de l'école du village. Il vit sous la coupe de sa mère Maria, 82 ans, vieille campagnarde intraitable et irascible, à la dent dure et à la main leste. Une équipe de journalistes venue filmer les 10 jours précédant le mariage se retrouve plongée dans les entrailles de la vie à la campagne. Une campagne très profonde, mais bien vivante.

TELERAMA
Christian Bodin, 50 ans, va se marier avec Claudine, la cantinière de l’école du village. Il vit sous la coupe de sa mère Maria, 82 ans, vieille campagnarde intraitable et irascible.

Depuis 1994, la compagnie tourangelle Les Bodin's sillonne villes et campagnes avec des spectacles de café-théâtre qui brocardent la ruralité. Le duo comique est composé par Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet, respectivement Maria Bodin et Christian Bodin, vieille fermière tyrannique et son vieux garçon de fils. Des paysans plus vrais que nature et en voie de disparition qu'Eric Le Roch a choisi de portraiturer dans un faux reportage façon Strip-tease. Une équipe de télévision débarque ainsi dans la ferme délabrée des Bodin's pour suivre le fils, 50 ans, une moustache et des dents pourries, pendant les dix jours qui précèdent son mariage avec Claudine, la cantinière de l'école.


Suivent une série de saynètes bêtes et méchantes proches de l'esprit des Inconnus (le célèbre sketch de la « galinette cendrée ») ou des parodies régionalistes des allumés du Groland. Le regard porté sur le monde paysan est sévère, fortement caricatural et souvent désopilant. Voir les scènes où la marâtre de 82 ans fait sauter les taupes à la dynamite ou appâte un cerf avec du fromage râpé avant de l'étouffer à l'aide d'un oreiller... La tendresse que les auteurs-interprètes prétendent avoir glissée dans leur double portrait de ploucs ne prend, heureusement, jamais le dessus sur la férocité. Ce qui rend la satire encore plus efficace.
MARIAGE CHEZ LES BODIN S, Eric Le Roch 2008, Paul Mescal, Frankie Corio, Celia Rowlson-Hall (comique rural)@ (E)
Nous sommes dans un coin de France très reculé. Christian Bodin, 50 ans, va se marier avec Claudine, la cantinière de l'école du village. Il vit sous la coupe de sa mère Maria, 82 ans, vieille campagnarde ...

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MARRY ME, Kat Coiro 2022, Jennifer Lopez, Owen Wilson (sentimental)@


Alors qu'elle s'apprête à se faire passer la bague au doigt à l'issue d'un spectacle où elle a prévu d'interpréter un duo avec son fiancé, star de la chanson comme elle, Kat découvre que son futur époux lui a été infidèle. Bouleversée, elle rejoint la scène et, sur un coup de tête, désigne un parfait inconnu choisi au hasard parmi la foule présente, Charlie, et décide de l'épouser sur-le-champ. Contraint par ses proches d'assister à ce concert, ce professeur de mathématiques accepte sans coup férir la requête de Kat et l'épouse dans la foulée et en direct devant des millions de témoins, sans penser aux conséquences de cet acte...
MARRY ME, Kat Coiro 2022, Jennifer Lopez, Owen Wilson (sentimental)@ (E)
Alors qu'elle s'apprête à se faire passer la bague au doigt à l'issue d'un spectacle où elle a prévu d'interpréter un duo avec son fiancé, star de la chanson comme elle, Kat découvre qu ...

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MARS EXPRESS, Jérémie Périn 2023 (animation)@@


En l'an 2200, à Noctis, capitale de la planète Mars. Détective privée expérimentée, Aline Ruby, tout juste rentrée d'un voyage sur Terre où elle vient de remplir une mission confiée par un riche homme d'affaires, apprend qu'une étudiante en cybernétique est portée disparue depuis plusieurs jours. Accompagnée de Carlos Rivera, un robot humanoïde qui l'assiste dans ses enquêtes, la jeune femme part immédiatement à la recherche de cette dernière, convaincue de pouvoir rapidement retrouver sa trace dans une ville qu'elle pense parfaitement connaître. Aline découvre pourtant vite que l'enquête se révèle bien plus complexe que prévu...

TELERAMA
Une détective cynique flanquée d’un androïde enquête sur Mars, où la guerre couve entre humains et machines. Superbe film d’animation, d’une inventivité réjouissante, signé Jérémie Périn et Laurent Sarfati.

Alice Ruby est détective privée. Coriace, elle est secondée par Carlos Rivera, son fidèle partenaire … androïde. Envoyée sur Terre par une énorme corporation d’intelligence artificielle pour capturer une hackeuse informatique, la blonde armée revient ensuite « à la maison », c’est-à- dire sur Mars.

Une sombre enquête cybernétique l’attend à Noctis, la capitale martienne, sorte d’oasis ultra-libérale sous cloche : une étudiante a disparu après avoir « déplombé » un robot, autrement dit lui avoir rendu sa liberté de conscience et de décision. Dans une société où la violence monte entre les humains et les machines, Alice, revenue de tout et alcoolique plus ou moins repentie, va découvrir qu’on ne peut vraiment faire confiance à personne, ou presque.

Des conversations qui renvoient WhatsApp au Moyen Âge
Vous rêviez d’un autre monde ? Vous vous demandiez à quoi pourrait resssembler l’utopie d’Elon Musk ou celle de Jeff Bezos ? Jérémie Périn et son coscénariste Laurent Sarfati vous l’offrent sur un plateau dans cet enthousiasmant film d’animation, et ce n’est pas le paradis. Elles sont bien loin, les Chroniques martiennes, de Ray Bradbury, cela fait longtemps que Mars a été colonisée, et que le profit y règne en maître, comme sur notre vieille planète Terre (« toujours le même clapier à chômeurs », résume Alice). La série Black Mirror passerait presque pour de la petite bière : dans Mars Express, l’intelligence artificielle est partout, et elle progresse, de plus en plus « organique » et monstrueuse, condamnant à la casse les androïdes de première (ou dixième) génération.

Après leur épatante série animée Lastman, le duo Périn-Sarfati livre un captivant précipité de science-fiction au sens propre : une fiction sur la science, ses espoirs, ses dérives, avec, en vrac, des droïdes pleins d’humour, des « fermes à cerveaux » où des étudiants prostituent leur mémoire, des corps humains ressuscités grâce à une assurance-vie, des maîtresses synthétiques qu’on peut éteindre dès qu’elles deviennent enquiquinantes, et des conversations télépathiques qui renvoient WhatsApp au Moyen Âge. L’invention du scénario et celle de la mise en scène se manifestent jusque dans les moindres détails, souvent empruntés à des cinéastes admirés : une tueuse dont le bras en lame vient de Terminator 2 ou une manière élémentaire de photocopier un visage comme dans le premier Mission : Impossible, de Brian De Palma.

Un film noir à l’ancienne, de l’humour…
Mais la grande idée de Mars Express est encore plus cinéphile : construire ce récit d’anticipation à la manière d’un film noir à l’ancienne avec une héroïne féminine cynique et solitaire digne du Marlowe de Raymond Chandler (magnifiquement doublée par Léa Drucker) et lui octroyer un acolyte indéfectible, pourtant mort cinq ans auparavant... Personnage génial que ce Carlos ressuscité, homme de main sensible, mais d’un trop vielle conception informatique pour accepter les mises à jour !

Visuellement superbe, le film use d’un réalisme épuré qui brouille sans cesse les pistes entre humains et robots, partageant le même humour au milieu de la mitraille. Jérémie Périn impose, par sa science de l’animation, un épique cyberpolar, qui finit sur un bouleversant exode et par deux questions. C’est quoi être un robot ? Et, en miroir, c’est quoi être humain ?
MARS EXPRESS, Jérémie Périn 2023 (animation)@@ (E)
En l'an 2200, à Noctis, capitale de la planète Mars. Détective privée expérimentée, Aline Ruby, tout juste rentrée d'un voyage sur Terre où elle vient de remplir une mission confi&eacu ...

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MARSEILLE, Kat Merad 2016, Patrick Bosso, Kad Merad @@


Fils d'immigrés italiens, Paolo, un Français installé au Canada depuis une vingtaine années, reçoit un matin un appel de son frère Joseph. Il lui apprend que leur père Giovanni est entre la vie et la mort à la suite d'un accident. Devant l'insistance de son frère, Paolo se résout à revenir à Marseille, sa ville natale, qu'il avait quittée après un drame personnel. Forcé de renouer avec ses racines, il part avec son jeune fils, bien décidé à ne pas s'attarder dans la cité phocéenne. Mais l'affection de sa famille retrouvée et sa rencontre avec Elena, une séduisante femme médecin, le réconcilient bientôt avec Marseille et ses habitants...

TELERAMA
Le héros, qui a fait sa vie au Québec, revient à Marseille pour s’occuper de son père. Accent, soleil, OM, pastis : tous les clichés sont là. Mais la chaleur du regard emporte l’adhésion.

Son père a provisoirement perdu la mémoire à la suite d’un accident. Son frère l’appelle au secours. Paolo, québécois depuis vingt-cinq ans, débarque donc à Marseille, avec son fils… La ville semble n’avoir pas changé depuis Marcel Pagnol : accent, soleil, pastis et OM. Même les cités sont (presque) calmes…

Kad Merad filme une sorte de conte où l’exilé « québécois », qui avoue s’ennuyer dans le Grand Nord, redécouvre des joies simples et vraies : la pêche, par exemple, et le championnat du monde de la soupe au pistou. Le film aborde aussi le déclin du port, lié à l’effacement progressif de la classe ouvrière. Mais la politique cesse vite devant l’exaltation d’une ville généreuse où les gens râlent, mais ne peuvent vivre sans s’aimer et s’aider. À la fois clichetonneux et attendrissant…
MARSEILLE, Kat Merad 2016, Patrick Bosso, Kad Merad @@ (E)
Fils d'immigrés italiens, Paolo, un Français installé au Canada depuis une vingtaine années, reçoit un matin un appel de son frère Joseph. Il lui apprend que leur père Giovanni est entre la v ...

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MAUDITS, Chloe Micout 2025, Pierre Arditi, Constance Gay


Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses ancêtres dans le Morvan contre l'avis de son compagnon et rencontre pour la première fois sa grand-mère. En voyant son gros ventre, la vielle femme lui fait part de l'existence d'une terrible malédiction qui touche leur famille : si c'est un garçon, il mourra comme les autres.

Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses ancêtres dans le Morvan contre l'avis de son compagnon et rencontre pour la première fois sa grand-mère. En voyant son gros ventre, la vieille femme lui fait part de l'existence d'une terrible malédiction qui touche leur famille : "si c'est un garçon, il mourra comme les autres". Pour lever le voile sur le passé mystérieux de sa grand-mère et le suicide de son père, mais surtout pour protéger son enfant à venir, Lucile décide de mener l'enquête...
MAUDITS, Chloe Micout 2025, Pierre Arditi, Constance Gay (E)
Lucile, enceinte de son premier enfant, apprend que sa grand-mère, qu'elle croyait décédée à la naissance de son père, est toujours en vie. Intriguée, elle se rend sur la terre de ses anc&eci ...

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MAYDAY, Jean-François Richet 2023, Gerard Butler, Lily Krug (catastrophe espace)@@


Le pilote Brodie Torrance sauve des passagers d'un coup de foudre en effectuant un atterrissage risqué sur une île déchirée par la guerre seulement pour découvrir que survivre à l'atterrissage n'était que le début.

TELERAMA
Un avion s’écrase sur une île des Philippines aux mains d’une milice… Tension permanente, action pure et violence sèche.
Gerard Butler, aux commandes d’un avion de ligne, s’écrase sur une île des Philippines aux mains d’une milice… Hormis un léger chantage à l’émotion, ce film-catastrophe, étonnamment signé du vétéran français Jean-François Richet (Mesrine), se révèle une excellente surprise : tension permanente, action pure, violence sèche.
MAYDAY, Jean-François Richet 2023, Gerard Butler, Lily Krug (catastrophe espace)@@ (E)
Le pilote Brodie Torrance sauve des passagers d'un coup de foudre en effectuant un atterrissage risqué sur une île déchirée par la guerre seulement pour découvrir que survivre à l'atterrissage n'&eac ...

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MEMOOIRE A VIF, Julie Gali 2024


Le soleil réchauffe les coeurs des familles réunies en cette journée nationale d'hommage aux harkis à Valbonne. Fabrice Da Costa, adjoint au maire, est attendu pour fixer la plaque commémorative, mais son absence interroge. C'est dans la piscine de sa splendide villa que son corps est retrouvé, flottant dans un véritable bain de sang. Suite au décès de son père, Cédric Bonfanti, commandant au commissariat de Valbonne, s'est absenté quelque temps pour rester auprès de sa mère en Italie. Durant son absence, il a été remplacé par Leila Belhassen, jeune commandante venue du commissariat de Nice. A son retour, Cédric est contraint de faire équipe avec Leila et ensemble, ils vont devoir résoudre l'affaire du meurtre de Fabrice Da Costa
MEMOOIRE A VIF, Julie Gali 2024 (E)
Le soleil réchauffe les coeurs des familles réunies en cette journée nationale d'hommage aux harkis à Valbonne. Fabrice Da Costa, adjoint au maire, est attendu pour fixer la plaque commémorative, mais son ...

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MEN IN BLACK Internationnal, F. Gary Gray 2019, Tessa Thompson, Chris Hemsworth (thriller)


Une jeune femme passe toute sa vie à chercher la mystérieuse organisation qui a effacé la mémoire de ses parents lorsqu'elle était petite. Lorsqu'elle la trouve enfin, elle y est engagée comme agent probatoire et placée en équipe avec l'agent H.

TELERAMA
“Men in Black” n° 4, un film toujours aussi ludique en matière de bestiaire extraterrestre. Dommage que F. Gary Gray n’imprime que trop rarement sa patte de clippeur R’n’B.

Auteur d’un médiocre Fast & Furious en 2017, F. Gary Gray reprend le jouet bricolé par Barry Sonnenfeld en 1997. Divertissant, ce quatrième épisode s’avère suffisamment ludique en matière de bestiaire, de véhicules et d’arsenal des Men in Black, la fameuse organisation secrète chargée de réguler l’activité extraterrestre sur Terre. S’y déploie une amusante rhétorique de la transformation ou de la dissimulation. Comme cette banquette arrière de taxi qui se révèle être un ascenseur pour night-club souterrain. Pour le reste, le réalisateur de N.W.A : Straight Outta Compton (2015) se contente des habituelles joutes humains-aliens, n’imprimant que trop rarement sa patte de clippeur R’n’B. Dommage, car la scène de boîte de nuit, où des jumeaux extraterrestres (incarnés par Les Twins, célèbres danseurs hip-hop français) embrasent la piste, est l’une des meilleures du film.
MEN IN BLACK Internationnal, F. Gary Gray 2019, Tessa Thompson, Chris Hemsworth (thriller) (E)
Une jeune femme passe toute sa vie à chercher la mystérieuse organisation qui a effacé la mémoire de ses parents lorsqu'elle était petite. Lorsqu'elle la trouve enfin, elle y est engagée comme agent ...

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MES TRES CHERS ENFANTS, Alexandra Leclère 2020, Josiane Balasko, Didier Bourdon (comique)@@


Chantal et Christian vivent une retraite paisible. Mais depuis que leurs enfants Sandrine et Stéphane ont quitté le nid, ils ne les voient pas beaucoup. Les occasions de se réunir en famille sont de plus en plus rares.

TELERAMA
Des parents à la retraite et délaissés font croire à leurs enfants ingrats qu’ils ont gagné au Loto... Accompagnée d’un duo d’acteurs touchants (Balasko-Bourdon), Alexandra Leclère retrouve un peu de la verve de son premier film, “Les Sœurs fâchées”.

une retraite paisible. Un peu trop à leur goût. Cela fait quelque temps que leurs grands enfants ont quitté leur banlieue pavillonnaire pour vivre à Paris. Et les nouvelles sont rares. Les deux rejetons ingrats trouvent toujours des excuses pour ne pas répondre au téléphone ou éviter de venir manger le crumble de Chantal le dimanche. Les deux parents délaissés vivent désormais dans la nostalgie de la vie à quatre. La frustration est telle que Christian a un jour une idée diabolique : faire croire que le couple vient de gagner 18 millions d’euros au Loto. Bingo ! Sandrine et Stéphane sont soudain très gentils avec papa et maman et rappliquent à la moindre occasion. Mais le mensonge, difficilement tenable, va entraîner bon nombre de quiproquos…


Avec cette petite comédie plaisante sur la famille, Alexandra Leclère retrouve ce qui faisait le sel de son tout premier film, Les Sœurs fâchées (2004) : un couple d’acteurs en grande forme et un humour vachard gentiment caricatural, certes émaillé de quelques gags ratés, mais derrière lequel pointe un sentiment mélancolique prégnant. Et une certaine justesse dans l’émotion, avec en creux cette vérité difficile à avaler : passé un certain âge, il faut réapprendre à vivre pour soi et non plus pour ses enfants. Finalement, on est ému par le combat touchant du couple Balasko/Bourdon, qui masque en partie une mise en scène sans relief.
MES TRES CHERS ENFANTS, Alexandra Leclère 2020, Josiane Balasko, Didier Bourdon (comique)@@ (E)
Chantal et Christian vivent une retraite paisible. Mais depuis que leurs enfants Sandrine et Stéphane ont quitté le nid, ils ne les voient pas beaucoup. Les occasions de se réunir en famille sont de plus en plus rares. ...

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MEURTRE IDEAL, Andrew Davis 1998, Michael Douglas, Gwyneth Paltrow.


Une des figures les plus influentes de la finance américaine, Steven Taylor, ambitieux, possessif et secret, a des raisons de s'inquiéter. Sa très jolie jeune femme, lasse d'être traitée en potiche, file l'amour le plus romantique avec un peintre, David Shaw. Une fois convaincu de l'infidélité de sa femme, Taylor mène une enquête sur son rival et découvre des éléments troublants : un changement d'identité, des délits multiples et une ancienne liaison, conclue par une mort violente.

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Rien ne va plus chez les Taylor, richissimes grands bourgeois new-yorkais. Madame a une liaison avec un jeune peintre ; Monsieur, qui l'a découverte, est de surcroît menacé d'un cataclysme financier à l'échelle de sa fortune. Se venger tout en sauvant les meubles, cela passe par un crime parfait. Le mari échafaude donc un plan machiavélique où c'est l'amant lui-même qui tuera Mrs Taylor.

Adapter à nouveau la pièce qui inspira Le crime était presque parfait, d'Alfred Hitchcock, pourquoi pas ? A condition d'être... inspiré, justement. Quoi de neuf ici ? Beaucoup de décorum, de faste, de tenues de soirée qui nous éloignent un peu plus de ces pauvres gens riches. Et quelques retournements retors qui mettent un instant du piment dans l'action (ah ! c'est l'amant qui doit tuer ! diable ! et ce n'est pas l'amant qui est tué ?), avant que le film retombe dans une routine de règlements de comptes grandiloquents et de plus en plus factices. Au jeu des sept différences, on notera que les ciseaux à couture maniés par Grace Kelly chez Hitchcock sont ici remplacés par un... thermomètre à gigot ! La cuisinière avait laissé traîner la chose. L'histoire ne dit pas si Monsieur a viré l'imp(r)udente...
MEURTRE IDEAL, Andrew Davis 1998, Michael Douglas, Gwyneth Paltrow. (E)
Une des figures les plus influentes de la finance américaine, Steven Taylor, ambitieux, possessif et secret, a des raisons de s'inquiéter. Sa très jolie jeune femme, lasse d'être traitée en potiche, file l' ...

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MIA ET LE LION BLANC, Gilles de Maistre 2018 (nature animaux)@@


Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant.

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Forcée de quitter Londres pour suivre ses parents éleveurs de félins en Afrique du Sud, la petite Mia retrouve enfin sa joie de vivre au contact d’un lionceau blanc, avec lequel elle noue une complicité exceptionnelle. À mesure que l’animal sauvage grandit, les risques augmentent et la séparation devient inévitable…

C’est le canevas typique de film pour enfant un peu mièvre comme Disney savait en trousser à la chaîne dans les années 1970 et 1980. La fable familiale du documentariste Gilles de Maistre abuse de plans de savane filmés par un drone dans une lumière mordorée. Mais elle est sauvée par un personnage de gamine incapable de rentrer dans le rang. Et par une dénonciation efficace des élevages de fauves conçus pour devenir les trophées d’abjects touristes braconniers en manque de sensations fortes.
MIA ET LE LION BLANC, Gilles de Maistre 2018 (nature animaux)@@ (E)
Mia a onze ans lorsqu'elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite ins ...

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MINARI, Lee Isaac Chung 2021, Steven Yeun, Ye-ri Han


Débarqués en Californie de leur Corée du Sud natale avec leurs deux enfants, Monica et Jacob survivent tant bien que mal à l'aide de petits boulots, loin du rêve américain qu'ils avaient imaginé. Désireux de posséder sa propre ferme, Jacob saute sur l'occasion quand une offre accessible à ses faibles moyens se présente à lui, et emmène sa petite famille en Arkansas, au pied des monts Ozarks. Trois générations se retrouvent finalement sous le même toit, la grincheuse grand-mère rejoignant à son tour l'Amérique, au grand dam du jeune fils du couple, David, peu rompu aux méthodes de son aïeule qu'il découvre à cette occasion...

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Dans l’Arkansas des années 1980, un immigré coréen tente de se faire une place au soleil en cultivant des légumes exotiques. Une attachante chronique familiale avec de formidables comédiens.

Le rêve américain n’est pas mort. C’est, du moins, la con­viction de Jacob, un ouvrier agricole originaire de Corée (Steven Yeun, qui incarnait le play-boy cynique dans Burning, de Lee Chang-dong), bien décidé à se faire une place au soleil dans les États-Unis du président Reagan en y cultivant des légumes de son pays natal. Le jeune père de famille achète un lopin de terre en Arkansas. Si l’immigré croit dur comme fer en sa bonne étoile, son épouse, elle aussi déracinée, se désespère de devoir habiter dans un mobil-home miteux isolé de tout. D’au­tant que leur petit garçon a besoin de soins médicaux pour un souffle au cœur…


Si Lee Isaac Chung ménage de jolies parenthèses contemplatives grâce à ses images de nature au lyrisme discret, Minari séduit davantage par son regard documentaire sur l’Amérique profonde des années 80. Les difficultés matérielles des agriculteurs qui ont cru à leurs dépens aux promesses d’enrichissement de la « révolution conservatrice », l’intégration douloureuse des immigrés ou encore la religiosité intense de ces territoires ruraux défavorisés trouvent d’ailleurs de puissants échos dans les États-Unis post-Trump.

Même dans les situations les plus douloureuses, le film ne se départ ­jamais d’une grande douceur dans sa mi­se en scène. C’est sa limite, comme si le cinéaste avait peur du tragique potentiel de son histoire, mais aussi son charme. Dans cette attachante chroni­que familiale, Lee Issac Chung accorde la même huma­nité, la même attention, à tous ses personnages. Avec, peut-être, un surcroît d’empathie pour Soonja, l’irrésistible grand-mère fantasque, qui a valu à son interprète un Oscar du meilleur second rôle mérité.
MINARI, Lee Isaac Chung 2021, Steven Yeun, Ye-ri Han (E)
Débarqués en Californie de leur Corée du Sud natale avec leurs deux enfants, Monica et Jacob survivent tant bien que mal à l'aide de petits boulots, loin du rêve américain qu'ils avaient imagin&eacut ...

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MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@


Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire constamment imprévisible de l'assassin, l'enquête piétine. Eleanor, quant à elle, se retrouve de plus en plus impliquée dans l'affaire et se rend compte que ses propres démons intérieurs peuvent l'aider à cerner l'esprit de ce tueur si singulier.

TELERAMA
Un thriller américain efficace, comme on n’en voit plus guère en salles, autour d’une fliquette instable mentalement et d’un tireur solitaire qui sème la mort à Baltimore. Ça change de l’ordinaire super-héroïque.

Une fliquette futée à la psychologie instable (Shailene Woodley, l’ex-ado de la saga Divergente) collabore avec le FBI pour appréhender le tireur fou — misanthrope donc, mais rien à voir avec Molière — qui sème la mort à Baltimore. Après avoir lorgné vers la comédie italienne avec Les Nouveaux Sauvages (2015), l’Argentin Damián Szifron revisite le thriller, genre phare des années 1990 assez habilement remis au goût du jour : armes à feu, santé mentale, télé poubelle, droite alternative ou surconsommation, rien ne manque des débats de l’Amérique contemporaine. Du début, très accrocheur, à la fin, abracadabrantesque, le film en fait sans doute trop. Il n’empêche, ce polar du samedi soir à l’image soignée où l’on retrouve l’excellent Ben Mendelsohn en gradé du Bureau rompu aux jeux de pouvoir, change agréablement de l’ordinaire superhéroïque. 
MISANTHROPE, Damián Szifron 2023, Shailene Woodley, Ben Mendelsohn, Jovan Adepo, Ralph Ineson (thriller)@@ (E)
Eleanor, une jeune enquêtrice au lourd passé, est appelée sur les lieux d'un crime de masse. La police et le FBI lancent une chasse à l'homme sans précédent, mais face au mode opératoire const ...

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MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR, Bruce Beresford 1989, Morgan Freeman, Jessica Tandy (societe racisme)@@@


Dans les années 1950, miss Daisy, une institutrice à la retraite, se retrouve dans l'incapacité de conduire. Son fils adulte, Boolie, décide d'embaucher un chauffeur pour sa mère. Hoke, un homme noir d'une cinquantaine d'années, doux et sympathique, chrétien, postule pour le poste et l'obtient. Néanmoins, le fils de miss Daisy le prévient que sa mère est une femme autoritaire et sèche. Le chauffeur parvient à apprivoiser sa patronne. C'est ainsi que se tisse une amitié qui dure 25 ans.

TELERAMA
L’amitié entre une veuve blanche (Jessica Tandy) et son chauffeur noir et philosophe (Morgan Freeman), dans le Sud ségrégationniste des États-Unis. La réussite du film : l’interprétation de Jessica Tandy, qui remporta un Oscar à 80 ans.

Oublié, voire méprisé dans une Amérique actuelle, marquée par les mouvements Oscars So White et Black Lives Matter, ce grand succès populaire et critique est surtout inégal. On comprend l’enthousiaste qu’a pu susciter, à l’époque, le récit, de 1948 à 1973, d’une amitié chèrement gagnée entre une veuve septuagénaire, blanche et épineuse, et son chauffeur sexagénaire, noir et philosophe, dans le Sud ségrégationniste des États-Unis. Elle lui apprend à lire, tandis qu’il la conduit à l’épicerie, au cimetière et à sa partie hebdomadaire de mah-jong. Ensemble, ils traversent aussi de grands bouleversements démocratiques et civilisationnels…

Mais leur voyage n’évite pas les stéréotypes (des blagues sur le poulet frit), les balourdises sentimentales et l’absence de style (on sauve la reconstitution, élégante). Malgré le sourire en coin de Morgan Freeman, son personnage de chauffeur a tout du « nègre magique », selon l’expression de Spike Lee : cet Afro-américain de fiction dont l’apparition n’a pour but que de dédouaner les Blancs de leurs embarras face à l’esclavagisme. Toutefois, Jessica Tandy et lui excellent dans un jeu basé sur le regard et le ton de la voix. C’est la réussite du film, couplée à une évocation poignante du passage du temps et de la fin de vie.
MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR, Bruce Beresford 1989, Morgan Freeman, Jessica Tandy (societe racisme)@@@ (E)
Dans les années 1950, miss Daisy, une institutrice à la retraite, se retrouve dans l'incapacité de conduire. Son fils adulte, Boolie, décide d'embaucher un chauffeur pour sa mère. Hoke, un homme noir d'une ...

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MISS POTTER, Chris Noonan 2006, Renee Zellweger, Ewan Ma Gregor (biopic)@


À l'époque de l'Angleterre victorienne, Béatrix aurait seulement dû rêver d'un beau mariage, comme toutes les jeunes femmes de sa condition.

TELERAMA
Dans l'Angleterre victorienne, la jeune Beatrix Potter aurait normalement dû rêver d'un beau mariage, comme toutes les jeunes femmes de sa condition. Elevée dans la plus stricte tradition par ses parents, elle semble cependant échapper à tout contrôle. Car Beatrix s'intéresse avant tout à la nature et aux animaux. Les sciences la fascinent, tout comme le dessin et la peinture. Pleine d'imagination, elle n'entend pas se plier aux conventions féminines de son époque. Très vite, cette jeune femme de caractère montre à sa famille et son entourage qu'elle est une vaillante obstinée. Malgré une forte pression sociale, elle parvient à publier ses histoires pour enfants...
MISS POTTER, Chris Noonan 2006, Renee Zellweger, Ewan Ma Gregor (biopic)@ (E)
À l'époque de l'Angleterre victorienne, Béatrix aurait seulement dû rêver d'un beau mariage, comme toutes les jeunes femmes de sa condition.

TELERAMA
Dans l'Angleterre victorienne, la jeune Beat ...

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MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@


Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l'Ukraine, les écoles primaires de tout le pays sont transformées en centres de recrutement pour la guerre. Confronté au dilemme éthique de travailler dans un système défini par la propagande et la violence, un enseignant courageux filme ce qui se passe réellement dans sa propre école.

TELERAMA
Dans l’Oural, Pacha Talankin documente l’embrigadement des élèves de l’école où il travaille. Un film puissant qui révèle une Russie en plein cauchemar totalitaire, entre colère, ironie et résistance silencieuse.

Aux lendemains de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une déferlante de propagande s’abat sur l’école de Karabach, petite cité industrielle de l’Oural connue pour son taux de pollution record. Du jardin d’enfants au lycée, un millier d’élèves se plient au nouveau programme d’« éducation patriotique » : discours martiaux débités par les enseignants, défilés militaires, interventions du groupe Wagner… Celui qui filme n’est pas un rebelle dans l’âme. Vidéaste officiel de l’école, coordinateur des animations, Pavel (dit Pacha) Talankin est chargé d’envoyer au ministère de l’Éducation les preuves que le gavage idéologique est scrupuleusement exécuté. En secret, il archive tout. Parce que la colère le ronge. Parce qu’il voit s’enterrer la liberté, et son pays sombrer. Talankin, trentenaire à l’allure adolescente, est le « grand frère » de gamins qu’il a vus grandir et dont certains seront bientôt envoyés au front.

Russie verrouillée
Sous la forme d’un journal de bord, le film raconte aussi sa propre fabrication : la rencontre à distance, via une messagerie cryptée, avec David Borenstein, réalisateur américain installé au Danemark. Une collaboration qui permet à cette chronique douloureuse de franchir les frontières et d’ouvrir une fenêtre sur une Russie verrouillée, où personne n’ose plus dire ce qu’il pense, à l’exception du professeur d’histoire zélé rabâchant que l’ennemi est l’Occident.

Dans ce cauchemar totalitaire affleure une ironie salutaire. Talankin, sorte de Michael Moore sous couverture, en plus sensible, ose un temps la provocation : faire résonner l’hymne américain chanté par Lady Gaga dans l’école ou effacer les « Z » plaqués sur les fenêtres. Le film insiste un peu trop sur la figure héroïque de l’homme seul face à un système qui le dépasse sans que cela altère la force de l’engagement ni du sacrifice annoncé. L’exil est inéluctable. En vidant son bureau, Pacha laisse derrière lui ce qui ressemblait à un fragile bastion de démocratie.
MISTER NOBODY CONTRE POUTINE, Pavel Talankin 2026 (documentaire)@@ (E)
Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l'Ukraine, les écoles primaires de tout le pays sont transformées en centres de recrutement pour la guerre. Confronté au dilemme éthique de ...

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MON CRIME, François Ozon 2023, Nadia Tereszkiewicz, Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussollier, Daniel Prévost (thriller)@@


Dans les années 30 à Paris. Madeleine Verdier, jeune et jolie actrice sans le sou et sans talent, est accusée du meurtre d'un célèbre producteur. Après avoir été acquittée, elle commence sa nouvelle vie, faite de gloire et de succès. Jusqu'à ce que la vérité éclate au grand jour.

TELERAMA
Dans le Paris corseté des années 30, deux femmes luttent. Un Ozon enlevé, aux thèmes très actuels.

Depuis Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, son troisième long métrage adapté en 2000 d’une pièce méconnue de Rainer Werner Fassbinder, le théâtre est une source d’inspiration majeure pour François Ozon. Le réalisateur de Potiche adore travailler sur les artifices de la représentation scénique. Mais il aime aussi jouer sur la théâtralité pour, de manière un rien paradoxale, mieux célébrer le cinéma. 8 Femmes (2002) partait d’un vaudeville très misogyne des années 1950 pour mettre en valeur les actrices et retrouver les couleurs flamboyantes, la démesure baroque des mélodrames de Douglas Sirk. Son nouveau film utilise un grand succès du boulevard de l’entre-deux-guerres — et guère plus tendre avec le beau sexe… — pour retrouver avec bonheur l’élégance, le glamour et l’esprit des screwball comedies, ces comédies sophistiquées de l’âge d’or hollywoodien sublimées, entre autres, par Ernst Lubitsch et Howard Hawks, où les personnages s’affrontent à coups de répliques façon rafales de mitraillette… et où les femmes portent volontiers la culotte. Dans Mon crime, deux jeunes Parisiennes sont bien décidées à se faire une place dans la société française corsetée des années 1930. Madeleine, comédienne sans le sou, est accusée du meurtre d’un producteur de cinéma qui a tenté de la violer. Son amie et colocataire, Pauline, avocate sans clients, va prendre en charge sa défense lors d’un procès très médiatisé…

Dans ce film d’époque aux décors et aux costumes aussi rétro que rutilants, Ozon s’amuse à multiplier les clins d’œil aux problématiques d’aujourd’hui. Dénonciation du patriarcat, lutte pour la parité et l’égalité des droits entre les sexes, éloge de la sororité sont au cœur de situations et de dialogues à l’humour vif, piquant… et un brin perfide : le féminisme affiché par Mon crime ne manque pas d’ambiguïté, puisque l’émancipation et la réussite des héroïnes passent forcément par les mensonges et la manipulation.

Pas de quoi, cependant, bouder son plaisir devant ce divertissement de haute volée. Le casting, impressionnant, y est pour beaucoup. Nadia Tereszkiewicz (tout juste sacrée du César du meilleur espoir féminin) et Rebecca Marder, les deux jeunes actrices qui montent, sont parfaitement complémentaires — et irrésistibles. Ozon, en bon admirateur du cinéma français des années 1930, a aussi soigné ses seconds rôles. Fabrice Luchini, plus Louis Jouvet que jamais dans son incarnation d’un juge d’instruction imbu de sa personne, et André Dussollier, dans son registre favori de patriarche bonhomme, sont très drôles. Et Isabelle Huppert propose une performance sidérante — une de plus — en ex-gloire du muet, mi-Sarah Bernhardt mi-Gloria Swanson, qui tente de faire son grand retour sous les feux de la rampe. On appréciera, au passage, l’autodérision de l’actrice… et la perversité de son metteur en scène : confier à une star qui semble rajeunir à l’écran avec les années un personnage de comédienne ringarde qui prétend rivaliser avec des jeunes premières, il fallait oser !
MON CRIME, François Ozon 2023, Nadia Tereszkiewicz, Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussollier, Daniel Prévost (thriller)@@ (E)
Dans les années 30 à Paris. Madeleine Verdier, jeune et jolie actrice sans le sou et sans talent, est accusée du meurtre d'un célèbre producteur. Après avoir été acquittée, elle ...

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MON CURE CHEZ LES NUDISTES, Robert Thomas 1982, Paul Préboist, Georges Descrières, Henri Genès (comique)@


Un curé de campagne est chargé par sa hiérarchie de remettre dans le droit chemin les vacanciers du camp naturiste du Veau d'or.

ALLOCINE
Je vais peut-être passé pour un fou, mais j'ai bien aimé ce film, une comédie légère mais sympathique et agréable à regarder. On passe un bon petit moment devant ce film, bien divertissant
MON CURE CHEZ LES NUDISTES, Robert Thomas 1982, Paul Préboist, Georges Descrières, Henri Genès (comique)@ (E)
Un curé de campagne est chargé par sa hiérarchie de remettre dans le droit chemin les vacanciers du camp naturiste du Veau d'or.

ALLOCINE
Je vais peut-être passé pour un fou, mais j'ai bien aim ...

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MON GARCON, Christian Carion 2017, Guillaume Canet, Melanie Laurent (thriller)@


Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l'étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d'une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d'un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l'arrêter.

TELERAMA
Un homme qui ne s’est pas beaucoup occupé de son fils apprend qu’il a été enlevé. Il va tenter de le retrouver. La réalisation très sèche de ce thriller n’empêche pas une certaine complaisance.

Julien, père trop absent, très pris par son métier, séparé de son épouse, apprend la disparition de son petit garçon lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Il se lance alors avec la violence du désespoir à sa recherche… Le principe de ce thriller était excitant : plonger Guillaume Canet dans un scénario filmé en temps réel, dont l’acteur lui-même ignorait les rebondissements… Le résultat ne convainc qu’à moitié. Canet est parfait, d’abord dans l’emploi du père désemparé, puis dans celui du justicier prêt à toutes les brutalités façon Charles Bronson. Mais le réalisateur Christian Carion (Joyeux Noël, En mai fais ce qu’il te plaît…) l’entoure d’une mise en scène naturaliste, ultra sèche, censée éviter toute complaisance : malheureusement ce n’est pas tout à fait le cas…
MON GARCON, Christian Carion 2017, Guillaume Canet, Melanie Laurent (thriller)@ (E)
Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l'étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d'une escale en France, il déc ...

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MORT D UN ACTEUR, Ambroise Rateau 2024, Philippe Rebbot, Finnegan Oldfield, Afrika Baso-Gohier, Marc Riso


L'acteur Philippe Rebbot est annoncé mort par les médias et les réseaux sociaux. Premier problème : il va très bien. Second problème : la rumeur prend de l'ampleur, malgré ses démentis. Chacune de ses tentatives ne fait qu'aggraver la situation.
MORT D UN ACTEUR, Ambroise Rateau 2024, Philippe Rebbot, Finnegan Oldfield, Afrika Baso-Gohier, Marc Riso (E)
L'acteur Philippe Rebbot est annoncé mort par les médias et les réseaux sociaux. Premier problème : il va très bien. Second problème : la rumeur prend de l'ampleur, malgré ses démentis ...

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MORT SUR LE NIL, Kenneth Branach 2022 (thriller)@


Le célèbre détective privé belge Hercule Poirot enquête sur le meurtre de la jeune et belle héritière Linnet Ridgeway, perpétré à bord d'un navire de croisière voguant sur le Nil. Cette dernière s'était éprise de Simon Doyle, le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort et l'avait épousé dans la foulée. La suspecte la plus probable, Jacqueline, qui nourrissait une grande haine envers celle-ci, est pourtant une des seules personnes parmi les divers clients à avoir un alibi solide.

TELERAMA
Ce croisement anachronique entre “Mort sur le Nil” et “Dirty Dancing” peut amuser.
Après Le Crime de l’Orient-Express (2017), Kenneth Branagh récidive, devant et derrière la caméra, avec cet autre classique d’Agatha Christie, déjà adapté au cinéma en 1978. Le principe demeure immuable, qui consiste à réunir une troupe de stars dans un Cluedo luxueux où chaque personnage — un jeune marié, son ex-maîtresse, une millionnaire communiste… — fait un parfait suspect de meurtre.

Plus qu’au génie d’Hercule Poirot, dont on cherche en vain la trace, c’est à son cœur blessé (et un peu à sa libido, aussi) que Branagh s’intéresse. Pour savoir quels traumas cache la moustache du détective belge, rendez-vous dans cette Égypte de polystyrène reconstituée en Angleterre. Sauf allergie sévère aux puddings numériques (auquel cas le coma est garanti), ce croisement anachronique entre Mort sur le Nil et Dirty Dancing peut amuser.
MORT SUR LE NIL, Kenneth Branach 2022 (thriller)@ (E)
Le célèbre détective privé belge Hercule Poirot enquête sur le meurtre de la jeune et belle héritière Linnet Ridgeway, perpétré à bord d'un navire de croisière vogu ...

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MR AND MRS SMITH, Doug Liman 2005, Brad Pitt, Angelina Jolie (aventure)@


M. et Mme Smith forment un couple tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, M. Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mme Smith, tueuse à gages vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les activités de leur cher et tendre, ils vont néanmoins se retrouver en compétition sur le même contrat : s'éliminer l'un l'autre


TELERAMA
Époux, ils se sont toujours cachés l’un à l’autre qu’ils étaient tueurs à gages. Gros casting, gros calibres et grosses ficelles : le couple Jolie-Pitt sort le grand jeu mais tourne en rond.

M. et Mme Smith se sont toujours caché l’un à l’autre qu’ils étaient tueurs à gages, l’un comme l’autre, et pour des organisations concurrentes… Ils vont l’apprendre en se retrouvant adversaires sur la même cible. L’idée n’est pas des plus neuves : rien de tel que l’affrontement ouvert pour réveiller la libido, pas de meilleur aphrodisiaque qu’une bonne scène de ménage aux lance-roquettes. Côté exécution, c’est le grand jeu, ou presque : le film se veut à la fois un concentré d’action, une comédie romantique plus rusée que la moyenne, un spectacle chorégraphique et un sommet de sex-appeal. Sur ce dernier point, au moins, Angelina Jolie et Brad Pitt (devenus un couple sur le tournage) font largement l’affaire, mais elle seule apporte un peu de raffinement comique par son jeu.

Pour le reste, le rapport est embarrassant entre la puissance de feu déployée et l’insipidité vaguement cool du résultat. Même sur le front de l’égalité entre les sexes, le film ne fait que semblant d’avancer. Il y a bien une scène où Mme Smith reprend des mains de son mari le gros calibre et lui refile le petit, mais la plaisanterie s’arrête là. D’ailleurs, Monsieur cache naturellement ses armes dans son atelier au garage, et Madame les siennes dans son four, à la cuisine…

MR AND MRS SMITH, Doug Liman 2005, Brad Pitt, Angelina Jolie (aventure)@ (E)
M. et Mme Smith forment un couple tout ce qu'il y a de plus banal. Pourtant, M. Smith est exécuteur pour une organisation secrète et Mme Smith, tueuse à gages vendant ses services aux plus offrants. Ignorant chacun les ...

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MY SWEET PEPPER LAND, Hiner Saleem 2014, Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani (fable histoire iran)@@@


Parce qu'il supporte mal une pendaison sinistre qui a eu lieu dans le nouveau Kurdistan indépendant de l'Irak, Baran, un combattant des années de lutte contre le régime de Saddam Hussein, choisit de démissionner de la police et de rentrer chez lui. Il se heurte à sa mère et à sa volonté de le marier, puis obtient une mutation dans un poste de police reculé, à la frontière iranienne. C'est dans cette bourgade qu'exerce Govend, une institutrice obstinée dont il fait la connaissance. Govend est en butte à l'hostilité de la société patriarcale, tandis que Baran, assisté de Reber, son adjoint, découvre que la région est mise en coupe réglée par le seigneur local, Aziz Aga...

TELERAMA
Cette fable drôle et forte avec deux insoumis évoque mine de rien l’aspiration à la liberté d’une jeunesse asphyxiée.
Quelque part entre l’Iran, la Turquie et l’Irak, une jeune femme essaie de vivre sa vie et d’exercer son métier, loin des hommes de sa famille. De son côté, un officier de police, ancien combattant pour l’indépendance du Kurdistan, fuit sa mère, qui ne pense qu’à le marier. Ils vont s’aimer, bien sûr, en affrontant ensemble les obscurantistes qui règnent sur la région.

Burlesque, absurde, fantaisie : chez Hiner Saleem, l’humour console de tout — du moins, il aide à vivre. Dans cette zone de non-droit où la sauvagerie du paysage épouse la rudesse des hommes, le cinéaste s’amuse à orientaliser les codes du western. À la lueur des lampes à pétrole d’un saloon des steppes, son shérif levantin rappelle L’Homme des hautes plaines, de Clint Eastwood, et sa horde de hors-la-loi, les bandits en cache-poussière d’Il était une fois dans l’Ouest. Mais sous la stylisation perce la détresse d’une jeunesse asphyxiée par la famille et la société. Et puis il y a l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, bannie par les mollahs depuis 2008, vibrante dans ce rôle d’insoumise. Quand sa silhouette se détache sur les montagnes au crépuscule, que s’élève le doux son du hang, cet instrument méconnu, il semble évident que la grâce existe. Dans le Kurdistan rêvé de Hiner Saleem, en tout cas.
MY SWEET PEPPER LAND, Hiner Saleem 2014, Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani (fable histoire iran)@@@ (E)
Parce qu'il supporte mal une pendaison sinistre qui a eu lieu dans le nouveau Kurdistan indépendant de l'Irak, Baran, un combattant des années de lutte contre le régime de Saddam Hussein, choisit de démissionner ...

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NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2005, Emma Thompson, Colin Firth (jeunesse)@@


Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un rien de temps, ils sont parvenus à décourager 17 candidates au poste à hauts risques de gouvernante. Mais il ne va pas en aller de même avec Nanny McPhee, la nouvelle postulante aussi effrayante qu'énigmatique.

TELERAMA
Une nounou dotée de pouvoirs magiques arrive dans une famille de sept enfants qui mènent la vie dure à leur pauvre père, veuf et terrorisé par une vieille tante autoritaire. Emma Thompson brille par son humour et son charme.

La 87e gouvernante des insupportables gamins Brown vient de rendre son tablier. Elle a cru que les six gamins avaient rôti et mangé leur petite sœur de quelques mois… Dépassé par la situation depuis la mort de sa femme, Mr Brown, gentil employé des pompes funèbres, voit alors débarquer du ciel une nounou providentielle : Nanny McPhee… À savoir Emma Thompson, qui a écrit ce scénario inspiré d’une série anglaise, et en a conservé le charme (faussement) naïf et l’imagerie colorée.

Pour cet avatar de Mary Poppins, l’actrice s’est affublée de verrues, d’un nez d’ivrogne et de dents de lapin qui, curieusement, disparaissent progressivement dès lors que les gamins apprennent à lui obéir. Elle embellit quand les autres se bonifient, en quelque sorte. On passera sur le rose bonbon du conte pour quelques scènes à la méchanceté plus incisive et pour les moments cocasses où l’humour l’emporte sur le sentimentalisme. C’est lorsqu’il vise franchement le burlesque que le réalisateur s’amuse et nous amuse le plus.
NANNY MAC PHEE, Kirk Jones 2005, Emma Thompson, Colin Firth (jeunesse)@@ (E)
Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un ...

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NAUSICAA de la vallée du vent, Hayao Miyazaki 1984 (animation japon)@@


Dans le futur, la Terre a été dévastée par la guerre et la pollution. Nausicaä, la princesse de la vallée du vent, explore la mer de décomposition, étendue toxique où ne vivent que des insectes. Ensuite, sur son planeur, elle rejoint son village. Peu après, un vaisseau s'écrase non loin de là. Ses occupants souhaitent réveiller un des terribles géants de feu qui, jadis, avait détruit la planète. Nausicaä et son père se révoltent, mais le malheureux est tué, et la jeune fille se retrouve emprisonnée. Peu après, emmenée en otage, elle échappe de peu à la mort lors d'une attaque aérienne. Libre à nouveau, elle va tenter de sauver son peuple de l'esclavage...

TELERAMA
Nausicaä la jeune princesse sauvera-t-elle sa vallée ? Même si le trait et les couleurs de ce conte foisonnant ont un peu vieilli, le film reste une belle expérience de cinéma. Un passionnant concentré des hantises et des visions de Miyazaki.

Attention, monument historique ! Nausicaä est un mythe à plus d’un titre : d’abord, parce que la richesse du récit, la profondeur des thèmes abordés dans ce dessin animé tranchaient radicalement dans le paysage de l’animation japonaise de l’époque. Ensuite, parce que l’immense succès local du film permit à son créateur de fonder, avec son complice Isao Takahata (Mes voisins les Yamada), le désormais incontournable studio Ghibli.

L’histoire, située dans un futur lointain, est un passionnant concentré des hantises et des visions de Miyazaki. La fascination pour le ciel et pour la forêt, la terreur traumatique de la guerre… Mille ans auparavant, un effroyable conflit a en effet tout ravagé, lors des « sept jours de feu ». Une immense forêt vénéneuse, la « Mer toxique », s’étend depuis sur la planète. Son air charrie des spores mortelles ; ses frondaisons abritent d’innombrables insectes mutants, sur lesquels règnent les Ômus, sortes de mille-pattes gigantesques. Les humains, eux, vivent à la lisière de ce monde étrange, sur les rares territoires épargnés par cette vengeance végétale. Nausicaä est la princesse d’un petit royaume, la Vallée du vent…

Inspiré d’une légende japonaise, ce petit personnage intrépide et attachant est peut-être le seul à pouvoir ramener la paix. En effet, Nausicaä a le don de communiquer avec les animaux. Même les plus repoussants. C’est la force et la poésie de ce récit profondément écolo : une tendresse mélancolique et universelle pour toutes les créatures, y compris ces fameux Ômus. Pas de manichéisme à la Disney, ici, mais une profusion d’inventions poétiques déroutantes, drôles de machines volantes ou créatures fantastiques. Vue d’ici et maintenant, cette œuvre sensible et spectaculaire semble être la matrice de toutes les autres, et plus particulièrement de Princesse Mononoké, fervente prière sylvestre adressée au genre humain.
NAUSICAA de la vallée du vent, Hayao Miyazaki 1984 (animation japon)@@ (E)
Dans le futur, la Terre a été dévastée par la guerre et la pollution. Nausicaä, la princesse de la vallée du vent, explore la mer de décomposition, étendue toxique où ne vivent qu ...

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NEIGE, Laurent Tuel 2022 (thriller)


Les Alpes, au coeur de l'hiver. Plusieurs notables de la région sont retrouvés assassinés chez eux. Tous ont eu une mort particulièrement violente. Le capitaine de police Thomas Delhaye est chargé du dossier. Afin de faire avancer l'enquête, il décide, pour quelques jours, de faire sortir de prison Juliette Hémon, jeune femme incarcérée des années plus tôt pour une affaire étrangement similaire. Un duo étrange va se former pour mener l'enquête. Celle-ci s'avérera bien plus complexe que prévu et personne n'en sortira indemne de l'expérience...

TELERAMA
Cela aurait pu être un énième polar sans l’intéressante dimension psychologique qui y est ajoutée. Et un finale surprenant.
Dans les Alpes françaises, c’est le cœur de l’hiver. Alors que la saison touristique bat son plein, une série de meurtres est commise. Les victimes ont toutes un profil identique. Notables, fortunées, elles sont retrouvées ligotées dans une même mise en scène. Un modus operandi qui rappelle une ancienne affaire au capitaine de police Thomas Delhaye (Frédéric Diefenthal). Chargé de l’enquête, il va donc logiquement fouiller dans les archives pour y trouver des pistes. Et décide de faire équipe avec la jeune femme condamnée pour complicité à l’époque.

Huis clos météorologique saupoudré de codes (en plus light) du film d’horreur, Neige doit beaucoup à sa réalisation soignée et à Frédéric Diefenthal, convaincant dans la peau d’un flic à l’empathie hypertrophiée. Ce qui aurait pu n’être qu’un énième polar sur fond de cimes enneigées, très à la mode depuis quelque temps à la télé, s’avère être une proposition intrigante. Loin de se limiter à l’exécution d’un simple schéma procédural (et à l’avalanche de jargon policier qui va avec), il s’aventure sur un terrain plus psychologique. En inversant le principe du syndrome de Stockholm, il décale l’objet du suspens jusqu’à un surprenant point final. Sans être révolutionnaire, le téléfilm, qui aurait gagné à embrasser complètement son parti pris, parvient à tenir en haleine.
NEIGE, Laurent Tuel 2022 (thriller) (E)
Les Alpes, au coeur de l'hiver. Plusieurs notables de la région sont retrouvés assassinés chez eux. Tous ont eu une mort particulièrement violente. Le capitaine de police Thomas Delhaye est chargé du dossi ...

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NETWORK, Sidney Lumet 1977, Peter Finch, Faye Dunaway, William Holden (societe presse)@@


Parce que sa cote de popularité est en baisse, Howard Beale, présentateur vedette de la chaîne UBS, est brutalement licencié. Dans son avant-dernière émission, il annonce son intention de se suicider en direct. Sentant qu'il n'a plus rien à perdre, il dénonce ses employeurs et reconnaît avoir menti aux téléspectateurs tout au long de sa carrière. Il affirme aussi qu'il déteste la société, fondée sur le vice et la corruption. Ses propos bouleversent l'Amérique tout entière. Sa cote remonte en flèche. Diana Christenson, responsable ambitieuse des feuilletons produits par la chaîne, comprend immédiatement quel profit elle peut tirer de cette situation imprévue...

TELERAMA
Un présentateur promet de se suicider en direct. L’audience grimpe… En 1976, Lumet dit déjà tout de la télé-réalité avec une intelligence et une causticité rares.

Howard Beale (Peter Finch), quinquagénaire usé, est licencié. Il ne présentera plus le JT. Sous le choc, il promet aux téléspectateurs de se suicider à l’antenne. D’un coup, l’audience remonte. Plus il perd la raison, plus la responsable de la programmation est aux anges : l’émission va casser la baraque. Le directeur de l’information est écœuré…

Dans Un après-midi de chien, Sidney Lumet désignait d’un doigt dégoûté une télé charognarde, friande de héros d’un jour. Un an après, avec Network, histoire pas si improbable du premier présentateur mort à cause d’un mauvais Audimat, il pénétrait au cœur de cette mécanique médiatique qui « tue tout ce qu’elle touche » 1.

Lumet le moraliste dépeint dans le moindre détail un univers où on cite des chiffres, on guette des indices de satisfaction, on vend de la sensation pour satisfaire des groupes financiers qui se prennent pour des divinités. Zéro sentiment. En privé, c’est pareil, on devient un humanoïde. Quand Diana met fin à sa liaison avec Max comme on change une grille de programmes (magnifique scène de rupture), lui, le dinosaure qui croit encore à l’éthique et à l’amour, l’accable : « Tu es la télé incarnée. » Diana reste lisse, désirable, implacable, capable de tout, surtout du pire… Cinquante ans après, ce passionnant pamphlet de Sidney Lumet n’a rien perdu de sa force.
NETWORK, Sidney Lumet 1977, Peter Finch, Faye Dunaway, William Holden (societe presse)@@ (E)
Parce que sa cote de popularité est en baisse, Howard Beale, présentateur vedette de la chaîne UBS, est brutalement licencié. Dans son avant-dernière émission, il annonce son intention de se suicider ...

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NI UNE NI DEUX Anne Giafferi 2019, Mathilde Seigner, François-Xavier Demaison (comique)@


Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont elle ignorait l'existence

TELERAMA
Mathilde Seigner joue un double rôle : des jumelles séparées durant l’enfance (une actrice, une coiffeuse). Certes, la réalisation manque de lâcher-prise. Mais Anne Giafferi sait imaginer de vraies idées de comédie.
Petite surprise que cette comédie avec Mathilde Seigner dans un double rôle : des jumelles séparées durant l’enfance. Une actrice et une coiffeuse. La seconde va bien sûr remplacer la première sur les plateaux. La réalisatrice (créatrice de Fais pas ci, fais pas ça ) ne tire pas toujours le meilleur de chaque situation, mais déploie de belles idées loufoques, tendance Hollywood des années 1930. Elle égratigne gentiment le milieu du cinéma, ose la mise en abyme. Léger vertige.
NI UNE NI DEUX Anne Giafferi 2019, Mathilde Seigner, François-Xavier Demaison (comique)@ (E)
Suite à une opération de chirurgie esthétique ratée, une comédienne fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage; sans se douter qu'il s'agit de sa propre soeur jumelle dont ell ...

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NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@


Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existentielle. Face à cette situation, il décide de prendre le taureau par les cornes en mettant en place un plan audacieux. En effet, son idée est de quitter sa femme afin de donner un second souffle à son couple. Son objectif est simple puisqu'il espère ainsi restaurer la flamme dans leur relation et donner à sa femme l'envie de se battre pour leur amour. Mais ce plan est à double tranchant puisque Diane peut prendre cette décision comme un adieu...

TELERAMA
Une très bonne surprise que cette comédie conjugale, où Franck Dubosc (épatant de sobriété) et Karin Viard (pimpante) s’accordent à merveille.ette comédie du remariage, librement inspirée de Retour de flamme, de Juan Vera, avec Ricardo Darín (2018) : Franck Dubosc et Karin Viard s’accordent à merveille en époux depuis trente ans qui se retrouvent les bras ballants après que leur dernier enfant a quitté le foyer familial. Ils se séparent par crainte de la tiédeur, mais l’herbe est-elle plus verte, plus étincelante, ailleurs ? Quelques séquences sont hilarantes, quand le réalisateur ose les mener au bout du burlesque de situation, comme celle où Karin Viard, expérimentatrice tardive des sites de rencontres, se retrouve presque nue, et menottée, obligée d’appeler son ex à la rescousse. Face à cette grande comédienne pimpante et sans gêne, mais aussi à Clotilde Courau, formidable quand elle compare les hommes à des voitures, Dubosc épate par sa sobriété et un humour millimétré. Un nouveau départ pour l’acteur ?
NOUVEAU DEPART, Philippe Lefebvre 2023, Franck Dubosc, Karin Viard (comique sentimental)@@@ (E)
Cela fait trois décennies qu'Alain a épousé Diane et il ressent toujours le même amour pour elle, comme au premier jour. Il ne peut pas dire la même chose de son épouse qui traverse une crise existent ...

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OBSESSION, Goran Dukic 2019, Mekhi Phifer, Elika Portnoy, Brad Dourif (thriller)


Sonny, un mécanicien au chômage, sauve un vieil homme et commence à éprouver des sentiments pour sa femme. Ce dernier projette de construire un hippodrome, et sa femme ourdit un complot pour l'assassiner et le dépouiller de sa fortune, entraînant Sonny dans cette affaire.
OBSESSION, Goran Dukic 2019, Mekhi Phifer, Elika Portnoy, Brad Dourif (thriller) (E)
Sonny, un mécanicien au chômage, sauve un vieil homme et commence à éprouver des sentiments pour sa femme. Ce dernier projette de construire un hippodrome, et sa femme ourdit un complot pour l'assassiner et le d&e ...

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OMAR LA FRAISE, Élias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@


Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régné sur le milieu du banditisme français durant des décennies, ils doivent ensemble accepter leur nouvelle vie alors qu'ils n'ont vécu jusqu'à présent que dans la débauche et la violence.

TELERAMA
Deux truands en exil, à Alger. Avec l’évidente complicité entre un Benoît Magimel — impérial et dense, à la présence menaçante et désinvolte — et un Reda Kateb — aussi instable et explosif que drôle et poignant —, qui marquera l’histoire du cinéma.

Lunettes noires, cheveux plaqués en arrière, sapes de gangsters dénichées quelque part entre la garde-robe des films de Scorsese et les invendus de Kiabi, Omar (Reda Kateb) et Roger (Benoît Magimel) ont la classe flamboyante des plus belles arsouilles de cinéma. Deux princes de la rue, un brin déglingués, qui règnent sur un nouveau territoire : Alger la Blanche, ses artères grouillantes de trafics multiples et de concurrents plus ou moins dangereux, ses nuits au néon et ses jours aveuglants, personnage à part entière de ce polar hors normes.

Histoire d’un « couple » de truands en exil, qui traînent dans une immense et cinégénique villa presque vide, comme leur nouvelle existence : Omar, dit « la Fraise » (on connaîtra en cours de film l’origine étonnante de ce surnom), poursuivi par la justice française, est contraint de refaire sa vie de l’autre côté de la Méditerranée. Quant à Roger… il a simplement suivi le mouvement, avec une fidélité aussi indéfectible que nonchalante pour son ami de toujours.

Ce premier long métrage d’Elias Belkeddar (entre autres coscénariste d’Athena, de Romain Gavras) est avant tout un formidable terrain de jeu pour deux très beaux personnages, dont le charisme ironique crève l’écran dès la première scène, hommage bavard, malicieux et habile au cinéma de Quentin Tarantino : où comment, en plein désert, les deux compères papotent tranquillement, telles des versions frenchy de John Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction, juste avant un enchaînement d’action frénétique qui s’achève en course-poursuite électrisante et magistrale dans les ruelles d’Alger.

D’emblée, le cinéaste affiche un univers singulier truffé de références cinéphiles, qui joue avec les clichés du genre, nous invite à en jouir, tout en les dynamitant de l’intérieur. Omar et Roger ne sont pas que des descendants irascibles et perpétuellement imbibés du Joe Pesci des Affranchis, deux requins du bitume légèrement cinglés qui attaquent à la première provocation (et même sans aucune raison, comme le démontre une scène de boîte de nuit d’anthologie). Ce sont aussi les héritiers de Peter Pan, des « garçons perdus » soudés à la vie à la mort, plus proches des gamins des rues qu’Omar prend peu à peu sous son aile que des voyous qu’ils affrontent chaque jour. C’est cette dimension étonnamment tendre, discrètement tissée sous un double portrait à la fois cocasse et violent, qui donne à cette incandescente aventure algérienne un précieux supplément d’âme.

L’évidente complicité entre un Benoît Magimel impérial et dense, présence à la fois menaçante et désinvolte, et un Reda Kateb aussi instable et explosif que drôle et poignant, est de celles qui marquent l’histoire du cinéma. Ce spectaculaire duo de comédiens superbement hantés par l’amitié de leurs personnages aurait suffi à nourrir le film. L’histoire d’amour rédemptrice qui se développe entre Omar et une jeune Algérienne (Meriem Amiar) qu’il rencontre dans l’entreprise dont il a pris le contrôle a beau être touchante, elle semble bien mièvre, et presque inutile, face à la puissance du lien entre ces inoubliables garçons perdus.

OMAR LA FRAISE, Élias Belkeddar 2023, Reda Kateb; Benoit Magimel (thriller)@@ (E)
Omar, plus connu sous le nom d'Omar la Fraise, est un bandit à l'ancienne. Contraint à la cavale en Algérie, il vit de petites magouilles, accompagné de son illustre acolyte Roger. Après avoir régn& ...

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ON L APPELLE TRINITA, Enzo Barboni 1870, Terence Hill, Bud Spencer (western)@


Au cours d'un vagabondage nonchalant, Trinita a la surprise de retrouver son frère, Bambino, qu'il croyait en prison. En fait, celui-ci est devenu shérif d'une petite localité, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre ses activités malhonnêtes. Bambino est très intéressé par les chevaux du major Harriman, qui possède le plus grand ranch de la région. Le major est en fait une belle canaille qui souhaite chasser la paisible colonie de mormons qui s'est installée, avec ses troupeaux, sur les terres les plus fertiles de la vallée voisine. Devant la mesquinerie de Harriman, Trinita décide de prendre fait et cause pour les mormons...
ON L APPELLE TRINITA, Enzo Barboni 1870, Terence Hill, Bud Spencer (western)@ (E)
Au cours d'un vagabondage nonchalant, Trinita a la surprise de retrouver son frère, Bambino, qu'il croyait en prison. En fait, celui-ci est devenu shérif d'une petite localité, ce qui ne l'empêche pas de poursuivr ...

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OPEN RANGE, Kevin Costner 2003, Kevin Costner, Robert Duvall (western)@@


Charley, Boss, Mose et Button, quatre cow-boys, convoient du bétail à travers la prairie. Ils arrivent en vue d'Harmonville, petite ville tombée sous la coupe de Baxter, propriétaire terrien tyrannique qui s'est assuré le soutien du shérif Poole. Un jour qu'il se rend seul en ville, Mose est passé à tabac par les hommes de Baxter. Charley et Boss viennent le récupérer. Ils se rendent compte que Baxter les provoque et veut les faire plier devant son autorité.

TELERAMA
Un cow-boy usé par la loi de la violence qui, en rencontrant une femme, apprend à devenir un homme. Classique et subtil.
Deux cow-boys traversent un fleuve à cheval pour aller régler son compte à Denton Baxter, un patron de ranch qui fait la loi dans la région et interdit la libre pâture. Ça va donc barder au saloon du coin. Ça va même saigner…

Le réalisateur de Danse avec les loups aime ce Far West de toujours. Mais, au cœur des grands espaces du western, Kevin Costner choisit ici de camper un cow-boy barricadé en lui-même, miné par le doute : mener le troupeau, tuer les truands, c’est ça, être vivant ? Du fond de son silence, Charley doit sans doute commencer à comprendre que non.

Si Open Range renoue avec un certain classicisme, c’est pour mieux battre en brèche le mythe de l’Ouest. Le film ne cesse de dire qu’un cow-boy, ce n’est pas cette figure d’aventurier qui fait rêver les gamins, petits ou grands. Un cow-boy, c’est juste une gâchette. Kevin Costner n’hésite pas à nous dire, à la manière de Simone de Beauvoir, que, même chez les cow-boys, on ne naît pas homme, on le devient.
OPEN RANGE, Kevin Costner 2003, Kevin Costner, Robert Duvall (western)@@ (E)
Charley, Boss, Mose et Button, quatre cow-boys, convoient du bétail à travers la prairie. Ils arrivent en vue d'Harmonville, petite ville tombée sous la coupe de Baxter, propriétaire terrien tyrannique qui s'est ...

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PAPRIKA, Satoshi Kon 2006 (animation)@@


Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution.

TELERAMA
Attention ! dessin animé hallucinogène ! Une équipe de scientifiques invente une machine à pénétrer les rêves, dans un but thérapeutique. Grâce à la « DC mini », la doctoresse Atsuko peut non seulement enregistrer les divagations de ses patients endormis, mais aussi y intervenir, via son propre double onirique, la piquante Paprika.

Ce formidable outil techno-psy est également un puissant et dangereux instrument de pouvoir… Réalisateur de Perfect Blue, troublant et labyrinthique polar, Satoshi Kon joue à nouveau brillamment ici sur la porosité du réel et les identités multiples. Peu à peu, la frontière entre le rêve et la réalité s’efface, et le cinéaste laisse entrer une discordante procession de fantasmes, un inquiétant bric-à-brac de symboles religieux, d’objets détournés (poupées, jouets mécaniques), d’animaux étranges (grenouilles musiciennes, papillons par milliers) et de références cinématographiques…

Usant de la 3D pour donner à son délire la lumière dérangeante et implacable des cauchemars, il développe une narration tortueuse, fertile plongée dans les méandres de l’inconscient. Une étonnante expérience surréaliste.
PAPRIKA, Satoshi Kon 2006 (animation)@@ (E)
Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregi ...

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PAR SOUCI PEDAGOGIQUE, Hassan Benali, Charlotte Cayeux 2025


Béatrice, la cinquantaine, est prof d'EPS dans un lycée. Déplorant l'absence de garçons dans l'option danse qu'elle anime, elle tente de convaincre l'un de ses élèves dont elle a perçu le potentiel, Krimo, d'y participer. Mais Krimo ne se laisse pas facilement persuader et quand Béatrice, fatiguée d'entendre ses insultes permanentes, lui retourne la pareille, les choses dégénèrent.
PAR SOUCI PEDAGOGIQUE, Hassan Benali, Charlotte Cayeux 2025 (E)
Béatrice, la cinquantaine, est prof d'EPS dans un lycée. Déplorant l'absence de garçons dans l'option danse qu'elle anime, elle tente de convaincre l'un de ses élèves dont elle a perçu le pot ...

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PARADIS PERDU, Eve Deboise 2012, Pauline Etienne, Olivier Rabourdin (societe)@


La vie au quotidien d'Hugo, un homme séparé de sa femme Sonia, qui gère son exploitation, aidé d'Hakim, un apprenti immigré, tout en élevant sa fille adolescente Lucie. Or, un jour, son ex-épouse revient, elle-même abandonnée par son compagnon, dans le but de reprendre sa place. Le père, craignant de voir sa fille partir vers sa mère, enferme cette dernière dans un cabanon, à l'écart de leur maison, avant qu'elle puisse lui parler. Jusqu'à ce que le jeune apprenti la découvre par hasard.

ALLOCINE
Le film est bon, c'est un drame qui des fois prend des allures de thriller et qui passe très bien. La presse et le spectateur peuvent dire ce qu'ils veulent, (par rapport au titre, au message, à Eve Deboise ou à l'ennuie) "Paradis Perdu" passe vraiment bien. C'est un bon film d'auteur ou l'on retrouve de bons acteurs, une histoire correcte et ou l'on passe un bon moment. D'accord, le film à quelques défauts mais ici le positif l'emporte ...
PARADIS PERDU, Eve Deboise 2012, Pauline Etienne, Olivier Rabourdin (societe)@ (E)
La vie au quotidien d'Hugo, un homme séparé de sa femme Sonia, qui gère son exploitation, aidé d'Hakim, un apprenti immigré, tout en élevant sa fille adolescente Lucie. Or, un jour, son ex-ép ...

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PERSONNAL SHOPPER, Olivier Assayas 2016, Kristen Stewart, Anders Danielsen Lie, Lars Eidinger


Maureen Cartwright est une Américaine vivant à Paris. Elle s'occupe de faire les achats pour garnir la garde-robe d'une célébrité, un travail qu'elle n'aime pas, mais qui lui permet de gagner sa vie en attendant que son frère jumeau, Lewis, se manifeste depuis l'au-delà.

TELERAMA
Maureen est chargée d’acheter les vêtements hors de prix d’une célébrité. La mode, le deuil : malgré des instants de grâce, Olivier Assayas s’est égaré.

Une garçonne chic (Kristen Stewart), blessée par la vie, qui n’aime pas son job. Photo Carole Bethuel/Les Films du Losange - CG Cinéma/Vortex Sutra/Sirena Film/Detail Films/Arte France Cinéma/Arte Deutschland/WDR
La fascination de la mode et son rejet, le deuil, le spiritisme… Sur le papier, Personal Shopper est un film ambitieux autant que périlleux. À l’arrivée, rien ne marche vraiment. Comment Olivier Assayas, cinéaste de talent, a-t-il pu à ce point se fourvoyer ? Commençons par la mode.

Maureen est donc « personal shopper », autrement dit une servante postmoderne chargée d’acheter des fringues hors de prix à une célébrité qu’on ne voit quasiment pas. Elle passe comme un éclair dans les boutiques de luxe, choisit, paye et repart aussi vite qu’elle est venue. Maureen dit détester ce qu’elle fait. Elle a pourtant un goût et des compétences (sinon, pourquoi aurait-elle été choisie ?), et a elle-même un look super étudié. Ce double discours permet à Assayas de jouer sur les deux tableaux : se draper dans le luxe (avec placements de marque !), tout en arguant que la mode est un monde artificiel. Reconnaissons néanmoins qu’il filme bien la volupté suprême de passer son pied, telle Cendrillon, dans une chaussure exceptionnelle ou de se glisser dans des habits soyeux. Mais ces moments sont fugitifs.

Le deuil, ensuite. Kristen Stewart promène une mine abattue durant tout le film. Et pour cause : elle a perdu son frère jumeau. Comme elle est médium, elle attend un signe de lui. À cela s’ajoute un soupçon de film d’angoisse : Maureen reçoit des SMS d’un inconnu qui semble tout connaître d’elle et la suivre comme son ombre… Le rythme frénétique est censé masquer le vide. Le mieux tient au fantastique pur, où le personnage enfin ne bouge plus, scrute. Ces moments dominés par le fantôme sont les plus expressifs : ils rappellent la poésie gothique de Jean Epstein. Hors ces parenthèses de magie, le film paraît affecté, à l’image de son héroïne, garçonne chic. Kristen Stewart est belle, mais son manque criant de naturel la dessert : à la moindre réplique, elle se trouble, fronce les sourcils, fait une grimace, cherche ses mots, comme une Narcisse doloriste. Assayas, lui aussi, se regarde beaucoup filmer, sans sentir, hélas, qu’il s’enferme dans un sérieux papal.
PERSONNAL SHOPPER, Olivier Assayas 2016, Kristen Stewart, Anders Danielsen Lie, Lars Eidinger (E)
Maureen Cartwright est une Américaine vivant à Paris. Elle s'occupe de faire les achats pour garnir la garde-robe d'une célébrité, un travail qu'elle n'aime pas, mais qui lui permet de gagner sa vie en att ...

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PIRE SOIREE, Lucia Aniello 2017 (comique)


Cinq amies qui se sont connues à l'université se retrouvent dix ans après pour un week-end entre célibataires à Miami. Une seule règle : tout est permis, mais avec ce qui arrive à un strip-teaser à cause d'elles, la petite fête va partir en vrille. Que faire face à la gravité de la situation ? Comment s'en sortir ? D'idées stupides en solutions loufoques, c'est l'escalade dans le délire. Au final, si elles s'en sortent, les cinq filles seront plus proches que jamais.

Jess, Pippa, Alice, Blair et Frankie, cinq amies qui se sont connues sur les bancs de l'université, célèbrent leurs retrouvailles, dix ans après. Mais la fête qu'elles organisent tourne à la catastrophe. Après une sortie en boîte, elles rentrent chez l'une d'elles, où un stripteaseur les attend. Alice l'aborde sans ménagement, ce qui vaut au jeune homme de succomber des suites de cet assaut. Paniquées, les jeunes femmes contactent un oncle avocat, qui leur ordonne de suivre précisément ses instructions, notamment de ne surtout pas déplacer le corps du défunt. Or, elles l'ont déjà bougé. La tension monte, et les cinq amies doivent trouver rapidement une solution pour rétablir la situation...
PIRE SOIREE, Lucia Aniello 2017 (comique) (E)
Cinq amies qui se sont connues à l'université se retrouvent dix ans après pour un week-end entre célibataires à Miami. Une seule règle : tout est permis, mais avec ce qui arrive à un strip-te ...

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PLAN DE TABLE, Jérôme Bonnell 2015, Frank Dubosc, Elsa Zylbertstein, Audrey Lamy


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ur le point de se marier, une femme en robe blanche s'envoie en l'air avec son ex sur une table de la noce. Les petits cartons se retrouvent éparpillés : trois plans de table sont alors proposés, donnant trois versions différentes de la noce. Parmi les invités : l'ex qui cherche à reconquérir sa bien-aimée, une godiche qui attend le prince charmant (Audrey Lamy), un photographe loser (Arié Elmaleh), un galeriste et son épouse nymphomane, et une femme de chirurgien qui babille nerveusement, incapable d'être elle-même (Elsa Zylberstein, la seule qui tire un peu de son épingle du jeu). A part une séquence bidonnante où des convives dégustent un gâteau moléculaire à base d'azote et exhalent ensuite en parlant une vapeur glaciale, pas grand chose à signaler. Ça se veut drôle et émouvant, ça n'est ni l'un l'autre. Plutôt poussif, quand ce n'est pas vulgaire (la faute à Franck Dubosc surtout).

BANDE-ANNONCE

PLUS D'INFOS
Titre

Plan de table

Genre

Comédie

Réalisateur

Christelle Raynal

Sortie

2012

Durée

1h18

Musique

Matthieu Gonet

Scénaristes

Francis Nief, Christelle Raynal

Pays

Belgique - Luxembourg - France

SYNOPSIS
Le plan de table de la noce est dressé. Mais l'ancien petit ami de la mariée, qui n'accepte pas la situation, replace les noms sans respecter le plan de table originellement conçu. Les invités découvrent leurs voisins de repas et c'est le début d'un incontrôlable enchaînement de situations rocambolesques. Marjorie, célibataire et soeur de la mariée, compte vraiment sur cette soirée pour rencontrer un homme. Elle prépare avec minutie sa tenue. Si elle était assise à côté de cet invité, que se passerait-il ? Elle balaye en revue les différents prétendants avec qui elle pourrait faire connaissance et toutes les conséquences de leur rencontre...
PLAN DE TABLE, Jérôme Bonnell 2015, Frank Dubosc, Elsa Zylbertstein, Audrey Lamy (E)
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La reproduction totale ou partielle d'un article, sans l'autorisation écrite préalable de Telerama, est stric ...

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PONYO SUR LA FALAISE, Hayao Miyazaki 2008 (animation japon)@@


Alors qu'il joue sur la plage, le petit Sosuke découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve et décide de la garder avec lui. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s'occuper d'elle. Cependant, le père de Ponyo, Fujimoto, un sorcier autrefois humain qui vit au fond de la mer, la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s'échappe pour retrouver Sosuke.

TELERAMA
Ponyo, intrépide petite fille poisson, rêve de devenir humaine. Quand le maître de l’animation japonaise revisite “La Petite Sirène”. À voir à tout prix, à partir de 6 ans.

Oubliez les pin-up aquatiques et leurs queues de poisson sexy. Quand Miyazaki réinvente la Petite Sirène, elle n'a plus rien de commun avec les Miss Flots-bleus de chez Disney. Pêcheur de trésors, le maître de l'animation japonaise a ramené dans ses filets un minuscule alevin rouquin aux rondeurs naïves, aux grands yeux curieux. L'aînée d'un fretin de petites soeurs identiques, qui rêve de devenir humaine. En lieu et place d'un prince naufragé, l'enfant-poisson rencontre sur le rivage un garçonnet de 5 ans nommé Sosuke, qui la baptise illico « Ponyo »...


Début d'une ample légende à l'eau salée, d'un dessin animé à la hauteur des grandes espérances que suscite toute nouvelle oeuvre de Hayao Miyazaki. Après Le Château ambulant, en 2005, génial charivari de créatures magiques et de machines délirantes, le créateur du mythique Studio Ghibli continue de surprendre et d'éblouir. Son univers ressemble à l'océan qu'il magnifie, homogène en surface, mais infiniment fertile et mystérieux en profondeur. Il replonge au coeur de ses thèmes favoris : le bouleversement écologique, le rapport des hommes à la nature.

Un rapport viscéral, qui s'incarne dans les stupéfiantes métamorphoses de Ponyo. Allégorie extravagante de l'évolution darwinienne, la petite créature se dote de pattes, elle change et se déforme jusqu'à devenir une vraie fillette. Sa transformation dérange l'écosystème : elle entraîne un véritable tsunami, un déferlement de vagues énormes à l'assaut de la falaise et du village. Au cours d'une scène splendide, la plus belle du film, cette houle poursuit les personnages sur une petite route littorale. Meute de monstres mouvants, l'écume acquiert une densité organique, une vie propre.

C'est ce foisonnement du vivant qui intéresse Miyazaki, encore et encore : de l'étrange ballet de méduses translucides qui ouvre le film jusqu'à la promenade sinueuse d'un banc de poissons dans le village immergé, l'océan est « habité », comme l'étaient les forêts de Princesse Mononoké ou de Mon voisin Totoro. Chaque goutte d'eau, chaque brin de plancton recèle une présence, vibre de magie.

La grâce limpide du trait
La mer elle-même a une âme, immense déesse terrible et bienveillante, génitrice de Ponyo et de ses soeurs. L'influence du shintoïsme, mélange d'animisme et de polythéisme, irradie tous les contes du cinéaste. Qui est Ponyo ? Un petit « kami » (dieu) de la mer ? Une gamine en continuelle transformation ? L'instabilité biologique de l'héroïne est l'idée la plus poétique du film : perpétuelle mutation du corps et de l'esprit d'un enfant. Chez Miyazaki, les plus jeunes entretiennent un lien privilégié, direct, avec le merveilleux.

Mais ici, au son de la musique cristalline du compositeur Joe Hisaishi, éternel complice du réalisateur, les générations se mêlent. De gaillardes grands-mères aux faces de pommes fripées ont aussi leur part d'étrangeté. Réalisme et surnaturel se fondent sans heurt. Chaque vaguelette, chaque nuance de bleu doux, de vert miroitant, a été tracée ou peinte à la main.

Pas de 3D, juste la grâce limpide du trait, les perspectives vertigineuses de la mer et des falaises qui la surplombent. Chez Miyazaki, le rapport entre les humains et les forces de la nature prend souvent des dimensions de conflit cosmique : guerre ouverte (Princesse Mononoké), pollution (Nausicaä de la vallée du vent), progrès destructeur (Le Château dans le ciel). Ici, par la grâce d'une rencontre entre deux petits rêveurs, il s'ouvre au contraire sur la plus belle, la plus apaisante des réconciliations.
PONYO SUR LA FALAISE, Hayao Miyazaki 2008 (animation japon)@@ (E)
Alors qu'il joue sur la plage, le petit Sosuke découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve et décide de la garder avec lui. Le petit garçon ...

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PORCO ROSSO, Hayao Miyazaki 1992 (animation japon italie)@@


Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Marco doit à une mystérieuse malédiction d'avoir troqué sa tête d'humain contre un groin de cochon. Il n'en continue pas moins de piloter son avion de combat et s'acharne contre les pirates de l'air qui terrorisent l'Italie. Sa seule consolation sur cette terre est d'aller boire un verre chez Gina, une tenancière d'hôtel qui l'a connu lorsqu'il avait visage humain. Les pirates se donnent pour chef le bellâtre Curtis et parviennent à mettre Marco en échec. Plus grave encore, l'appareil du pilote porcin est endommagé. A Milan, où Marco tente de faire réparer son engin, une petite fille débrouillarde et experte en mécanique vole à son secours...

TELERAMA
Les aventures romanesques, humanistes et aériennes, d’un aviateur… à tête de cochon, dans l’Italie de l’entre-deux-guerres. L’un des chefs-d’œuvre les moins connus du génial réalisateur Hayao Miyazaki.

Une histoire de cochon volant, aventureux et romantique ? Vous ne rêvez pas, vous êtes bien dans l’univers à part de Hayao Miyazaki, le grand magicien de l’animation japonaise. Presque dix ans avant Le Voyage de Chihiro, qui devait le révéler au public français, et après des chefs-d’œuvre comme Nausicaä de la vallée du vent ou encore Mon voisin Totoro, ce dessin animé-là est l’un des plus adultes, des plus mélancoliques que le maître des studios Ghibli ait jamais réalisés.

Avec lui, Miyazaki délaisse un temps ses marottes (l’antagonisme entre l’homme et la nature, la mythologie shintoïste) pour voyager dans l’Italie de l’entre-deux-guerres. Un as de l’aviation, solitaire et mystérieux, rumine ses traumatismes post-14-18 dans les îles de l’Adriatique. Si Miyazaki lui a offert un groin de cochon, c’est pour que l’on voie mieux son âme humaniste et tourmentée. Sa trogne porcine, lunettes opaques et clope au bec, contraste avec la somptueuse limpidité des décors, ciels immaculés et côtes verdoyantes. Mais à bord de son hydravion rouge, c’est un héros, un vrai, qui refuse les compromis et « vole » au secours des opprimés, en pleine montée du fascisme. Un personnage subtil, viril et blessé, que l’on croirait sorti d’un roman de Hemingway ou d’une BD d’Hugo Pratt, tout comme son entourage, formidable clique d’originaux et de rêveurs. Un joyau singulier, dans la vaste collection de trésors miyazakiens.
PORCO ROSSO, Hayao Miyazaki 1992 (animation japon italie)@@ (E)
Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Marco doit à une mystérieuse malédiction d'avoir troqué sa tête d'humain contre un groin de cochon. Il n'en continue pas moins de piloter son avion d ...

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POURQUOI TU SOURIS, Chad Chenouga 2024, Emmanuelle Devos, Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi (comique)@


Wisi est en galère. Il débarque à Bordeaux dans l'espoir de trouver un boulot et croise la route de Marina, une humanitaire au grand cœur. Pour se faire héberger chez elle, il prétend être un sans-papier. Un soir, il rencontre Jérôme, lui-même à la rue après le décès de sa mère.
POURQUOI TU SOURIS, Chad Chenouga 2024, Emmanuelle Devos, Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi (comique)@ (E)
Wisi est en galère. Il débarque à Bordeaux dans l'espoir de trouver un boulot et croise la route de Marina, une humanitaire au grand cœur. Pour se faire héberger chez elle, il prétend être un s ...

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POURQUOI TU SOURIS, Chad Chenouga et Christine Paillard 2024, Jean-Pascal Zadi, Emmanuelle Devos, Raphaël Quenard, Judith Magre (comique)@


Wisi est en galère. Il débarque à Bordeaux dans l'espoir de trouver un boulot et croise la route de Marina, une humanitaire au grand cœur. Pour se faire héberger chez elle, il prétend être un sans-papier. Un soir, il rencontre Jérôme, lui-même à la rue après le décès de sa mère.

TELERAMA
Un Noir se fait passer pour un migrant afin de squatter chez une gentille humanitaire, un autre lascar vient profiter de la situation… Une comédie qui mise tout sur une décontraction sympa, pourquoi pas.

Une sympathique envie de déconner amorce cette comédie où Jean-Pascal Zadi, moitié filou et moitié ahuri, se fait passer pour un migrant et s’incruste chez une militante de toutes les causes humanitaires, finement caricaturée par Emmanuelle Devos. L’arrivée d’un second lascar, campé par Raphaël Quenard, fait trop vite basculer le film vers une série de sketchs qui prennent la voie d’un délire parfois brouillon et essorent le duo masculin, condamné à des pitreries. Reste la candeur séduisante d’un film qui mise tout sur la décontraction et se refuse à prendre quoi que ce soit au tragique, ni la réalité actuelle, ni ses propres faiblesses et approximations.
POURQUOI TU SOURIS, Chad Chenouga et Christine Paillard 2024, Jean-Pascal Zadi, Emmanuelle Devos, Raphaël Quenard, Judith Magre (comique)@ (E)
Wisi est en galère. Il débarque à Bordeaux dans l'espoir de trouver un boulot et croise la route de Marina, une humanitaire au grand cœur. Pour se faire héberger chez elle, il prétend être un s ...

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POWER OF LOVE, Jonas Rothlaender 2022, Saara Kotkaniemi, Nicola Perot (sentimental)@@


Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans la relation passionnelle qu’ils entretiennent, c’est elle – plus âgée, mieux installée professionnellement et à la réputation de croqueuse d’hommes – qui a le dessus. Le doux Robert, étranger dans ce pays dont il maîtrise mal la langue, accepte de bonne grâce la position peu conventionnelle qu’il occupe dans le couple : lui se verrait volontiers mener une vie de père au foyer. Pourtant, leurs rapports amoureux et intimes sont une succession de jeux de rôle où les dynamiques de genre s’inversent et s’exacerbent. Alors que tous deux s’apprêtent à prendre un mois de congés pour sillonner en bateau l’archipel de Turku où résident la famille et les amis de Saara, ces vacances s'avèrent être une épreuve du feu...

ALLOCINE
Un film bien improbable sur cet amour entre une jeune femme affranchie, très libérée et cet étudiant en quête de visa. Une sorte de domination de classe, d’emprise, pour une histoire bien peu intéressante.
Beaucoup de lenteur et un scénario minimum, bien mince. On ne croit pas non plus au côté néo SM de cette relation, qui vient come un cheveu sur la soupe, aucun sens .

ARTE
Le temps d’un été dans l’archipel finlandais, la passion ambiguë d’un jeune couple, traversée de jeux de pouvoir... Un drame amoureux à l’érotisme rugueux, qui ausculte parfois jusqu’au malaise un couple moderne.

Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans la relation passionnelle qu’ils entretiennent, c’est elle – plus âgée, mieux installée professionnellement et à la réputation de croqueuse d’hommes – qui a le dessus. Le doux Robert, étranger dans ce pays dont il maîtrise mal la langue, accepte de bonne grâce la position peu conventionnelle qu’il occupe dans le couple : lui se verrait volontiers mener une vie de père au foyer. Pourtant, leurs rapports amoureux et intimes sont une succession de jeux de rôle où les dynamiques de genre s’inversent et s’exacerbent. Alors que tous deux s’apprêtent à prendre un mois de congés pour sillonner en bateau l’archipel de Turku où résident la famille et les amis de Saara, ces vacances s'avèrent être une épreuve du feu...

Paradoxes du désir
L’égalité homme-femme est-elle un carburant de la passion – ou au contraire, un frein ? C’est l’une des questions (polémiques !) qu’aborde ce drame amoureux à l’érotisme rugueux, qui ausculte parfois jusqu’au malaise un couple moderne, superbement incarné par Saara Kotkaniemi et Nicola Perot. De tensions en réconciliation se dessinent des jeux sadomasochistes flous, que l’absence de cadres clairs transforme peu à peu en véritable rapport de domination. Car même lorsqu’elle se rêve en femme soumise, c’est toujours Saara qui fixe les règles… Prolongeant une exploration des déchirements du couple et des pièges de la virilité, le réalisateur Jonas Rothlaender interroge ici les paradoxes de nos désirs – le désir d’égalité et d’épanouissement individuel, l’érotisation de la domination, la tentation de vouloir changer l’autre ou de jouer avec le feu. En sous-texte, il pointe également à quel point il peut être difficile d’assumer de déjouer les attentes sociales en s’extrayant des rôles attendus.
POWER OF LOVE, Jonas Rothlaender 2022, Saara Kotkaniemi, Nicola Perot (sentimental)@@ (E)
Jeune trentenaire en attente d’une bourse pour achever sa thèse, Robert a récemment quitté son Berlin natal pour rejoindre à Helsinki Saara, chercheuse finlandaise dont il est follement épris. Dans l ...

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QUASIMODO DEL PARIS, Patrick Timsit 1998, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@


Quasimodo devient l'homme à tout faire du curé Frollo dans cette relecture surréaliste du roman de Victor Hugo.

ALLOCINE
Une excellente comédie française qui revisite avec brio et audace le célèbre classique de la littérature française de Victor Hugo, "Notre-Dame de Paris". Oui ce film est complètement bête. Oui nul doute que le numéro de Patrick Timsit est clairement agaçant et pourtant j'aime bien ce film. Et ce pour une principale raison : Richard Berry. Le voir dire les répliques les plus absurdes avec son air de grand blasé est juste jouissif au possible et il faut admettre que son personnage de Frollo en spoiler:
QUASIMODO DEL PARIS, Patrick Timsit 1998, Patrick Timsit, Richard Berry (comique)@ (E)
Quasimodo devient l'homme à tout faire du curé Frollo dans cette relecture surréaliste du roman de Victor Hugo.

ALLOCINE
Une excellente comédie française qui revisite avec brio et audace le c& ...

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QUE LA BETE MEURE, Claude Chabrol, 0000, Jea Yanne, Michel Duchaussoy (thriller)@@


Michel, le jeune fils de l'écrivain Charles Thénier, est renversé sur la place d'un village breton par un automobiliste qui prend la fuite. Le garçon meurt des suites de ses blessures. Charles, qui a aussi perdu sa femme, entre en clinique pour dépression nerveuse. Plus que jamais, il est décidé à retrouver l'homme qui a tué son fils. A sa sortie d'hôpital, il mène son enquête et ne tarde pas à identifier l'inconnu : Paul Decourt, garagiste à Quimper. Pour mieux l'approcher et assouvir sa vengeance, Charles devient l'amant d'Hélène Lanson, la belle-soeur de Paul. Lors d'un séjour de vacances à La Rochelle, Charles découvre que le chauffard est un tyran domestique détesté par son propre fils, Philippe...

TELERAMA
Chabrol signe un film de réflexion morale plus qu’une satire sociale, confrontant deux comédiens magnifiques : Michel Duchaussoy et Jean Yanne.

L'écrivain Charles Thénier veut venger la mort de son fils, tué par un chauffard qui a pris la fuite. Il découvre que le meurtrier est un garagiste sanguin et vulgaire, qui terrorise sa famille. Il s’introduit auprès de lui, dans l’intention de le tuer. Ce faux polar est l’un des plus grands films de Claude Chabrol, grâce à un scénario diabolique. À travers les personnages qu’interprètent Michel Duchaussoy (excellent) et Jean Yanne (époustouflant) s’opposent deux conceptions de la vie et, plus largement, le vieux couple culture-nature. Il y a, d’un côté, un écrivain tout en retenue, investi d’une mission vengeresse juste (quoique…), et, de l’autre, un être qui n’est qu’appétit — une bête, en somme. Chabrol prend du plaisir à brouiller le jeu, et bien malin qui dira, in fine, quel est le personnage positif de l’aventure. À la mécanique glacée — digne des maîtres Lang ou Hitchcock – s’ajoute une étonnante dimension satirique. Il y a dans l’interprétation de Yanne comme une synthèse d’une France poujadiste, petite-bourgeoise, celle de la bouffe et de la bagnole…
QUE LA BETE MEURE, Claude Chabrol, 0000, Jea Yanne, Michel Duchaussoy (thriller)@@ (E)
Michel, le jeune fils de l'écrivain Charles Thénier, est renversé sur la place d'un village breton par un automobiliste qui prend la fuite. Le garçon meurt des suites de ses blessures. Charles, qui a aussi perdu ...

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RECHERCHE SUZAN DESESPEREMANT, Susan Seidelman 1985, Madonna


Mariée à un homme d'affaires, Roberta Glass s'échappe de sa vie aisée et morne, en lisant des petites annonces aux sous-entendus mystérieux, telle que celle-ci : "Recherche Susan, désespérément". Intriguée, Roberta se rend au rendez-vous, afin d'épier les retrouvailles entre ces inconnus. Fascinée par Susan, elle suit la jeune femme délurée, possédant de coûteuses boucles d'oreilles volées à un amant de passage, assassiné peu après. En achetant à un fripier la veste de Susan, elle entre en possession d'une clef de consigne que de patibulaires truands entendent bien récupérer. Dez, un projectionniste de cinéma, se porte heureusement à son secours...

TELERAMA
Roberta, jeune bourgeoise new-yorkaise rêvant d’aventure, tombe sur une petite annonce : “Recherche Susan…” Un peu de féminisme, de légèreté branchée, de clinquant malin et une paire de super nanas.

Le premier film de Madonna était hystériquement attendu par ses fans et fut ovationné à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, en 1985. Il était et reste autre chose qu’un vulgaire écrin à la gloire de la madone des platines. Elle joue la Susan du titre, mais ce n’est même pas elle l’héroïne. C’est Roberta (Rosanna Arquette), petite-bourgeoise new-yorkaise dont la seule aventure consiste à changer de coupe de cheveux et à dévorer les petites annonces comme des romans-photos. Une en particulier l’attire : « Desperately seeking Susan »…

C’est le thème éternel du double, du désir d’être autre, d’abord en prenant modèle puis en se trouvant soi-même. Un poil de féminisme, une dose de légèreté branchée, Susan Seidelman faisait dans le clinquant intelligent. Sa comédie alliait romantisme et burlesque, comme les classiques hollywoodiens des années 1940, mais avec toute la panoplie eighties, des gadgets fluo au blouson noir à porter sur un tutu. On voyait Rosanna Arquette partie pour une longue carrière. On ne pariait pas forcément sur la longévité de Madonna. Tout faux. En 2005, cette dernière jouait justement le revival des années 1980 en justaucorps rose sur le dancefloor. En revanche, on recherche Rosanna de plus en plus désespérément.
RECHERCHE SUZAN DESESPEREMANT, Susan Seidelman 1985, Madonna (E)
Mariée à un homme d'affaires, Roberta Glass s'échappe de sa vie aisée et morne, en lisant des petites annonces aux sous-entendus mystérieux, telle que celle-ci : "Recherche Susan, désespé ...

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RETOUR A HOWARDS END, James Ivory 1992, Anthony Hopkins, Emma Thompson (saga societe)@@


Au début du XXe siècle, les Wilcox, des conservateurs attachés à leur magnifique propriété de Howards End, et les Schlegel, des Londoniens plus émancipés, sont deux riches familles britanniques que tout oppose. A l'occasion de vacances en Italie, elles se rencontrent et se lient avec circonspection. Conviée à Howards End, Helen Schlegel a une aventure avec le plus jeune fils des Wilcox. Désapprouvée par la famille, l'idylle tourne court et le jeune homme est envoyé au Nigeria. Bientôt, une profonde amitié voit le jour entre Margaret, la soeur aînée de Helen, et Ruth, l'épouse du richissime Henry Wilcox. Ruth meurt, abandonnant la propriété familiale à Margaret. Le testament est détourné et détruit par Henry, son mari...

TELERAMA
Heurt entre deux classes, deux sexes, deux philosophies, dans l’Angleterre du début du XXe siècle. L’interprétation est parfaite et la caméra d’Ivory, délicate.

Au début du siècle dernier, Margaret et Helen, deux sœurs d’origine anglo-allemande, très émancipées pour l’époque, font la connaissance des Wilcox, une famille de grands bourgeois arrogants, crispés sur les traditions et les privilèges. Après une brève idylle avec l’un des fils Wilcox, Helen rompt, humiliée. Quelque temps plus tard, sa sœur aînée, Margaret, épouse Henry Wilcox, qui vient de perdre sa femme…

Howards End est la troisième adaptation du romancier britannique E.M. Forster par l’Américain James Ivory. Les deux hommes sont fascinés par le choc de deux cultures, le rapprochement de gens que tout oppose. Il s’agit, ici, d’un heurt entre deux classes, deux sexes, deux philosophies. Les deux héroïnes sont des pionnières des temps modernes.

Leur triomphe est celui d’une classe bourgeoise éclairée sur une caste de capitalistes victoriens indignes des valeurs aristocratiques qu’ils prétendent défendre. Mais cette victoire se paie au prix du sacrifice des classes laborieuses, incarnées par l’employé de banque menacé de chômage. L’interprétation est parfaite, et la caméra d’Ivory, à l’affût des caresses discrètes qu’elle peut prodiguer aux choses et aux êtres.

RETOUR A HOWARDS END, James Ivory 1992, Anthony Hopkins, Emma Thompson (saga societe)@@ (E)
Au début du XXe siècle, les Wilcox, des conservateurs attachés à leur magnifique propriété de Howards End, et les Schlegel, des Londoniens plus émancipés, sont deux riches familles bri ...

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REVIENS MOI, Joe Wright 2007, Keira Knightley, James McAvoy (drame)@@


Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme.

TELERAMA
Une adolescente dénonce à tort quelqu’un : cette faute la poursuivra toute sa vie… D’après le livre de Ian McEwan, “Expiation”, un film au romanesque, brillant et cruel, qui évoque “Le Messager”, de Losey.
Keira Knightley retrouve le réalisateur Joe Wright. Et remonte de nouveau le temps, cette fois-ci dans l’Angleterre des années 1930. Working Title Films

À13 ans, elle a déjà choisi sa voie. Briony sera romancière. Observer les autres, quelle volupté ! Elle s’intéresse surtout à sa sœur aînée, Cecilia, attirée par le fils de la cuisinière, ce Robbie qui a effectué des études supérieures grâce à l’argent des employeurs de sa mère… Tout se joue très vite, en un jour caniculaire de la fin des années 1930, au cœur d’une propriété victorienne. Une lettre expédiée par erreur et lue par qui il ne fallait pas. Un geste équivoque mal interprété par celle qui l’a surpris. Des gestes sans équivoque, eux, dans une bibliothèque et un parc. Du roman de Ian McEwan Expiation, Christopher Hampton, le scénariste, a gardé la cruauté et la complexité. On est en plein théâtre des apparences : chacun des personnages croit, à tort, appréhender la vérité et fait le malheur des autres. Briony, surtout, dont l’enfance se brise net, ce soir-là, devant cette faute qu’elle n’expiera jamais…

En pleine guerre mondiale, Joe Wright (Orgueil et préjugés) se paie un vrai coup de folie : un plan-séquence insensé, avec deux mille figurants, une grande roue, un bateau échoué sur le sable, une partie de foot, un chœur militaire et l’intervention surprise d’un extrait du Quai des brumes de Carné. Presque du Orson Welles ! Mais c’est en Losey qu’on le préfère, lorsqu’il parvient à suggérer toute l’ambiguïté de personnages en déroute.
REVIENS MOI, Joe Wright 2007, Keira Knightley, James McAvoy (drame)@@ (E)
Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romanci&eg ...

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RIEN A PERDRE, Delphine Deloget 2023, Virginie Efira, Félix Lefebvre (thriller social)@@


Mère célibataire, Sylvie vit à Brest avec ses deux fils, Jean-Jacques et Sofiane. Une nuit, alors que Sylvie s'est absentée du domicile, Sofiane est victime d'un accident qui conduit les services sociaux à ouvrir une enquête. Très vite, un juge prend la décision de placer l'enfant jusqu'à la fin des investigations, une situation qui plonge Sylvie, convaincue de subir une terrible injustice, dans une profonde détresse. Déterminée à récupérer la garde de son fils, la jeune femme se lance dans une bataille à armes inégales face à une administration peu encline à prêter attention aux requêtes d'individus soupçonnés de violences.

TELERAMA
Serveuse à Brest, Sylvie est jugée mauvaise mère par les services sociaux. Un film social à suspense, mais le cauchemar administratif paraît excessif.
Peut-être parce qu’elle travaille, à Brest, dans un bar très rock et qu’elle n’est pas du genre femme rangée, Sylvie devient la cible des services sociaux. Cataloguée mauvaise mère, elle va perdre la garde du plus jeune de ses deux fils… Autour de ce personnage, défendu avec beaucoup de cœur par Virginie Efira, la réalisatrice débutante noue un étonnant film social à suspense, genre inusité en France – Rien à perdre évoque parfois les tensions iraniennes d’Une séparation, d’Asghar Farhadi. Côté scénario, la volonté d’une dramaturgie efficace conduit cependant à une simplification du propos : le cauchemar administratif est tel qu’il met littéralement les personnages hors jeu et la fin déçoit un peu.

RIEN A PERDRE, Delphine Deloget 2023, Virginie Efira, Félix Lefebvre (thriller social)@@ (E)
Mère célibataire, Sylvie vit à Brest avec ses deux fils, Jean-Jacques et Sofiane. Une nuit, alors que Sylvie s'est absentée du domicile, Sofiane est victime d'un accident qui conduit les services sociaux à ...

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ROULEZ JEUNESSE, Julien Guetta 2017, Eric Judor, Laure Calamy (drame social)@@


Alex, un dépanneur automobile âgé de 43 ans, croise la route de Prune. Alex ne se fait pas prier pour l'aider quand la voiture de la jolie jeune femme refuse de démarrer. Il accepte ensuite de la raccompagner chez elle. Mais, au petit matin, Prune a disparu et Alex tombe nez à nez avec le fils de cette dernière. Pire, dans la buanderie, il découvre également un bébé. Complètement dépassé, Alex dépose le petit garçon et tente de laisser à l'institutrice le soin de s'occuper du bébé. De retour à la maison, il rencontre une adolescente, qui n'est autre que le troisième enfant de Prune. Alex est de plus en plus débordé..

TELERAMA
Un dépanneur automobile passe une nuit avec une jeune femme. Au petit matin, elle a disparu et il doit s’occuper, seul, des trois enfants de celle-ci. Après un début de comédie « adulescente », le film vire peu à peu à la chronique sociale gracieuse et chaleureuse.

Que fait un gentil dépanneur automobile quand sa rencontre d’une nuit le laisse, au petit matin, avec trois enfants sur les bras ? Il dépanne… et s’attache à cette fratrie turbulente. Le premier long métrage de Julien Guetta débute comme une comédie « adulescente », avec un célibataire, employé dans le garage de maman, qui vivrait un remake inversé de Trois Hommes et un couffin, de Coline Serreau — à savoir « un mec et trois bambins ». Le film vire, peu à peu, à la chronique sociale gracieuse et chaleureuse. Sans être totalement à contre-emploi, Éric Judor prend en douceur ce virage vers la sensibilité.
ROULEZ JEUNESSE, Julien Guetta 2017, Eric Judor, Laure Calamy (drame social)@@ (E)
Alex, un dépanneur automobile âgé de 43 ans, croise la route de Prune. Alex ne se fait pas prier pour l'aider quand la voiture de la jolie jeune femme refuse de démarrer. Il accepte ensuite de la raccompagner chez ...

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ROUNDHAY GARDEN SCENE, Louis Leprince 1888 (socete)@@


La scène se déroule dans la propriété d'Oakwood Grange appartenant à Joseph et Sarah Whitley (beaux-parents de Le Prince), à Roundhay (en), un faubourg de la ville de Leeds, dans la région du Yorkshire de l'Ouest, en Angleterre. La tentative de prise de vues animées met en scène quatre personnes se promenant dans un jardin : Adolphe (le fils de Louis Le Prince), Sarah Whitley, Joseph Whitley et Harriet Hartley.

Sarah Whitley marche à reculons et les pans du manteau de Joseph Whitley semblent voler bizarrement au vent. En effet, la reproduction de la série de photographies en 1930 a été faite par inadvertance dans l'ordre chronologique inverse. Ces photographies n'ayant jamais pu être visionnées en mouvement auparavant par quiconque et par quelque procédé que ce fût, les techniciens du laboratoire n'ont pas prêté attention à cette inversion, leur but étant alors de sauvegarder les vignettes originales, et non de les visionner.

Une scène au jardin de Roundhay (également intitulé Roundhay Garden Scene en anglais) est le titre donné à un essai de film, tenté en 1888 par l'inventeur français Louis Le Prince. Ne comportant que des photographies fixes obtenues par un procédé de chronophotographie, cette tentative n'a jamais pu être visionnée en mouvement du vivant de Le Prince. En 1930, les photographies ont été reproduites sur film 35 mm par le procédé du banc-titre, reconstituant ainsi le mouvement que Le Prince n'avait pas réussi à voir. Le titre lui a été donné à cette époque, aucun titre proposé par Le Prince n'ayant été retrouvé avec les photographies ni dans un quelconque document.

Il est parfois considéré, rétrospectivement, comme le premier film à avoir été tourné[1],[2].
ROUNDHAY GARDEN SCENE, Louis Leprince 1888 (socete)@@ (E)
La scène se déroule dans la propriété d'Oakwood Grange appartenant à Joseph et Sarah Whitley (beaux-parents de Le Prince), à Roundhay (en), un faubourg de la ville de Leeds, dans la région du ...

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RRRrrr; Alain Chabat (comique)


Il y a 37.000 ans, deux tribus voisines sont rivales. Pendant que la tribu des Cheveux Propres coule des jours paisibles en gardant pour elle seule le secret de la formule du shampooing, la tribu des Cheveux Sales se lamente. Son chef décide d'envoyer un espion pour voler la recette, mais un événement bien plus grave va bouleverser la vie des Cheveux Propres : pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un crime vient d'être commis.

SENS CRITIQUE
Un thriller/policier/préhistorique à réserver à une certaine catégorie de spectateurs. Tout d’abord les inconditionnels de l’esprit Canal+ et de la chaîne Comédie, mais surtout à l’humour irrésistiblement idiot de la troupe des Robins des Bois, dont le film a été écrit et interprété par les six membres du groupe, c’est à dire : Pierre-François Martin Laval, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve, Maurice Barthélémy, Pascal Vincent et Elise Larnicol.
Une troupe de comédiens déjà bien connus du public, puisque nous avions déjà pu les voir ensemble ou séparément dans divers films ces dernières années.
Cette fois-ci, et pour la première fois, ils délaissent le petit écran pour leur premier film au cinéma, tout en confiant la réalisation de leur film à une de leur connaissance, Alain Chabat (Didier - 1997 & Astérix et Obélix : mission Cléopâtre - 2002).
Une comédie certes, qui ne vole pas bien haut, mais qui a le mérite de ne jamais se prendre au sérieux. Chaque plans, chaque répliques valent la peine d’être vus ou entendus, on se souviendra notamment des nombreux animaux figurant à leurs côtés, comme le lapinmouth, le chevalmouth, le vermouth, la poulemouth, le marcassinmouth, l’oiemouth, le canardmouth, la bichemouth, le cochonmouth, l’oursmouth, le moutonmouth et l’irrésistible yorkmouth (un croisement entre un yorkshire et un chien préhistorique à l’instar du mammouth que tout le monde connaît).
Sans compter les nombreuses répliques qui fusent à longueur de temps, de très belles trouvailles auxquels on ne peut s’empêcher de rire ! A noter aussi, la présence au casting de Alain Chabat, Joey Starr, Valérie Lemercier, Gérard Depardieu & Jean Rochefort.
RRRrrr; Alain Chabat (comique) (E)
Il y a 37.000 ans, deux tribus voisines sont rivales. Pendant que la tribu des Cheveux Propres coule des jours paisibles en gardant pour elle seule le secret de la formule du shampooing, la tribu des Cheveux Sales se lamente. Son chef d&eac ...

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RUE DES DAMES, Hamé Bourokba et Ekoué Labitey, 2022, Garance Marillier, Bakary Keita (drame social)@@


Employée dans un salon de manucure parisien, Mia, 25 ans, mène une existence relativement sereine jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est enceinte. Bouleversée, la jeune femme peine à garder son calme, consciente que ses finances ne lui permettent pas d'accueillir un enfant au sein de son foyer. En effet, son seul salaire ne suffira pas à couvrir les dépenses tandis que Nabil, son compagnon, se trouve de son côté en liberté conditionnelle. Dos au mur, Mia décide de se lancer dans l'organisation de sulfureuses soirées privées avec des clientes du salon, mais son plan est vite découvert par sa patronne...

TELERAMA
Mia, logée dans un hôtel miteux, tombe enceinte, et cherche à survivre. Le 18e arrondissement et ses Parisiens d’en bas vus comme rarement.

Dans le milieu du rap, la qualité qui fait l’unanimité, c’est la street cred (« crédibilité de la rue », dans la langue de Jul), soit la légitimité à parler de son quotidien, de son quartier. Voilà plus de deux décennies que Hamé et Ékoué, les têtes pensantes du groupe de rap La Rumeur, documentent sans fausse note les mutations du 18ᵉ arrondissement parisien dans leurs chansons, leurs livres, leurs films.


Après avoir parachuté Reda Kateb dans un Pigalle en voie de gentrification (Les Derniers Parisiens, 2017), le duo de réalisateurs lâche l’écorchée Garance Marillier (l’étudiante anthropophage de Grave, de Julia Ducournau) au pied de la butte Montmartre. Mia a 25 ans et elle dort à l’hôtel. Son boulot dans une onglerie ne lui permet pas d’être locataire. Quand elle apprend qu’elle est enceinte de Nabil, son copain, en liberté conditionnelle, Mia en est réduite à la survie. Pas le choix. L’argent, l’appart, elle les trouvera coûte que coûte. Quitte à trahir les rares personnes qui lui font confiance.

Des acteurs crédibles, à fleur de peau
Tout sonne juste dans cette course contre la montre et les semaines d’aménorrhée. Les lieux, rarement filmés, d’un Paris paupérisé (café, laverie, hôtel miteux…), si loin et si proches des pèlerins du Sacré-Cœur. Les gueules basanées des habitants (étudiants, sans-papiers, chauffeurs de VTC, flics, voyous, footballeurs), interprétés par des acteurs crédibles et à fleur de peau, dont tant de films français, déconnectés de la réalité, manquent. L’intrigue, enfin, pourrait sembler un peu chargée, les auteurs voulant embrasser en moins de deux heures l’ensemble des problématiques qui creusent la fracture entre les Parisiens d’en haut et ceux d’en bas – mal-logement, travail au noir, prostitution, chantages… L’ensemble reste pourtant équilibré, entre sincérité et âpreté.
RUE DES DAMES, Hamé Bourokba et Ekoué Labitey, 2022, Garance Marillier, Bakary Keita (drame social)@@ (E)
Employée dans un salon de manucure parisien, Mia, 25 ans, mène une existence relativement sereine jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est enceinte. Bouleversée, la jeune femme peine à garder son ...

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SABRINA, Billy Wilder 1954, Humphrey Bogart, Audrey Hepburn (comedie sentimentale)@@


Sabrina, fille du chauffeur des Larrabee, est amoureuse du plus jeune des fils Larrabee, David, aimable bon à rien. Linus, l'aîné, mène les affaires avec sa mère, Maude. Après un séjour parisien, Sabrina revient métamorphosée, ravissante. David la remarque enfin. Mais il est à la veille de faire un mariage qui arrange les affaires familiales : pas question que Sabrina dérange les plans. Linus se charge alors d'évincer la jeune femme...

TELERAMA
Après un séjour à Paris, la fille du chauffeur d’une riche famille américaine revient transformée et sème le trouble dans les coeurs des deux fils des employeurs de son père. Un vaudeville plaisant. Pour le plaisir de retrouver Bogart et Hepburn.

Soir de fête chez les Larrabee, richissimes industriels. Une demoiselle aux pieds nus épie et s’émerveille… C’est Sabrina, la fille du chauffeur. Elle aime David, le fils cadet des Larrabee, bellâtre oisif qui multiplie les conquêtes sans un regard pour la domesticité. Pourtant, quand le mignon petit canard revient transformé en cygne, après deux ans d’études à Paris, David est séduit.

C’est l’histoire du prince et de la bergère, transposée dans la haute société new-yorkaise des années 1950. Miracle d’équilibre et d’humour, le film fait la part belle à la satire sociale, sans gâter le moins du monde l’aspect merveilleux du conte de fées. Chaque scène est un bijou. Chaque personnage est ciselé avec précision et compose avec les autres une époustouflante chorégraphie des mœurs et des sentiments. Bogart, en austère capitaine d’industrie grignoté par l’amour, est génialement bourru. William Holden joue les play-boys un peu fats avec une hilarante autodérision. Mais c’est Audrey Hepburn, émouvante Cendrillon moderne, qui mène le bal des Larrabee.
SABRINA, Billy Wilder 1954, Humphrey Bogart, Audrey Hepburn (comedie sentimentale)@@ (E)
Sabrina, fille du chauffeur des Larrabee, est amoureuse du plus jeune des fils Larrabee, David, aimable bon à rien. Linus, l'aîné, mène les affaires avec sa mère, Maude. Après un séjour parisi ...

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SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@


Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils vont rencontrer le Dr. Eva Rojas, médecin persuadée que ce trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde. Face aux obstacles, aux mystères et aux pièges, Dirk, Al et Eva ne pourront compter que sur eux-mêmes.

TELERAMA
Un explorateur et son meilleur ami partent en Afrique sur les traces d’un navire disparu. Ils rencontrent une femme médecin persuadée que le trésor a un lien avec une menace redoutable pour le monde.

Hyper souriant, hyper bronzé, hyper bien fait, Matthew McConaughey passe son temps à éviter les périls de Penélope Cruz. Lui recherche dans les sables du Mali un cargo datant de la guerre de Sécession ! Elle traque les signes d’une épidémie qui menace le monde.

Autour d’eux, les silhouettes types des films d’aventures à l’ancienne : le copain marrant du héros, le tyranneau local. Et le traître — un Français, bien sûr, interprété par un Lambert Wilson perplexe. Les péripéties de ce sous-Indiana Jones sont invraisemblables, enfantines et joyeuses. On les suit avec plaisir.

SAHARA, Breck Eisner 2005, Matthew McConaughey, Steve Zahn (aventure thriller)@@ (E)
Dirk Pitt, scientifique et aventurier, ainsi que son partenaire et ami, Al Giordino, se lancent dans une chasse au trésor légendaire qui va les conduire sur les traces d'un navire disparu avec sa cargaison secrète. Ils ...

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SAMBA, Eric Toledano et Olivier Nakache 2014, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg (societe racisme)@@


Samba, un sans-papiers sénégalais, vit en France depuis 10 ans en multipliant les petits boulots dans la restauration. Malgré de nombreuses tentatives, il n'a jamais pu régulariser sa situation. Alors qu'il séjourne dans un centre de rétention à Roissy et qu'il est sur le point d'être expulsé, deux femmes appartenant à une association d'aide aux sans-papiers interviennent. Parmi elles Alice, une ex-cadre supérieure à la Défense, en arrêt maladie suite à un burn-out. La jeune femme, épuisée psychologiquement, tente de se reconstruire en apportant une aide juridique à l'association. Elle va tout faire pour aider Samba à obtenir ses papiers.

TELERAMA
Moins “efficace” mais plus réaliste et complexe qu’“Intouchables”, cette comédie douce-amère jette un beau regard sur un clandestin et une dépressive. Charlotte (Gainsbourg) forever.
Par le biais d’une association pour les sans-papiers, Samba, Sénégalais clandestin menacé d’expulsion, rencontre une cadre sup parisienne frappée par un burn-out pour avoir travaillé « comme une esclave » pendant quinze ans — fébrile Charlotte Gainsbourg. Le premier thème de cette comédie mélancolique est là : se tuer à la tâche, qu’on soit sans-papiers ou non — façon de parler, d’ailleurs, puisque les réalisateurs montrent à quel point le destin d’un immigré dépend d’un monceau de paperasse dans un circuit administratif absurde. Ils filment Samba dans ses multiples petits boulots, et donc la pénibilité de ces emplois que seuls les clandestins sont bien obligés d’accepter.

L’humour, tendre, surgit souvent grâce à la présence explosive d’Izïa Higelin, et lors des scènes au sein de l’association — comme ce réveillon où chacun (bénévole ou immigré) y va de son vœu pieux pour une vie meilleure. Il y a aussi ce moment, apaisé, la nuit, dans une station-service, où la bourgeoise dépressive se confie au clandestin : c’est lui, le prolétaire, qui détient le pouvoir de la compassion. Leur histoire d’amour reste ambivalente (est-elle attirée par son exotisme ? la voit-il comme un joli visa ?), et le happy end lui-même repose sur un vol d’identité. Samba est le film de deux réalisateurs qui veulent croire au Père Noël, en sachant qu’il n’existe pas.
SAMBA, Eric Toledano et Olivier Nakache 2014, Omar Sy, Charlotte Gainsbourg (societe racisme)@@ (E)
Samba, un sans-papiers sénégalais, vit en France depuis 10 ans en multipliant les petits boulots dans la restauration. Malgré de nombreuses tentatives, il n'a jamais pu régulariser sa situation. Alors qu'il s&eac ...

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SELON MATTHIEU, Xavier Beauvois 2001, Benoît Magimel, Nathalie Baye, Antoine Chappey (drame social)@@


Matthieu, Eric et leur père, âgé de 53 ans, travaillent dans la même usine du Havre. Le soir du mariage d'Eric, le père avoue à Matthieu qu'il a été licencié pour avoir fumé une cigarette dans l'enceinte de l'usine alors que le règlement intérieur, fraîchement modifié, l'interdit. Révolté par cette décision aussi brutale que cruelle, Matthieu tente de mobiliser les ouvriers. En vain : personne ne le suit, pas même Eric. Quelques jours plus tard, le père est renversé par une voiture. Il rend l'âme peu de temps après. Matthieu est convaincu qu'il s'est jeté sous les roues du véhicule et impute la responsabilité du drame à leur patron...

TELERAMA
Entre vengeance sociale et idylle, le troisième film de Xavier Beauvois peut séduire… ou irriter.
POUR
Les deux premiers longs métrages de Xavier Beauvois, Nord et N'oublie pas que tu vas mourir, ont suscité en leur temps des réactions épidermiques. Sifflé au dernier festival de Venise, Selon Matthieu semble parti pour raviver la controverse. Pourtant, son titre emphatique est trompeur (rien à voir avec l'Evangile), et Xavier Beauvois le tumultueux paraît au bord d'un changement.
Selon Matthieu serait en quelque sorte son « film de croissance ». D'un côté, l'action se déroule dans le milieu ouvrier, dont Beauvois est issu, et qu'il a déjà représenté dans Nord… Peinture sociale centrée, cette fois, sur une modeste famille normande dont le père et les deux fils travaillent tous dans la même usine. De l'autre côté, l'apparition furtive de Nathalie Baye dès la première séquence, dans le rôle de l'épouse très friquée du patron de l'usine, à l'occasion d'une partie de chasse, annonce forcément autre chose, une autre histoire, un autre cinéma. Mais lesquels ?

Tout se déclenche pendant la noce d'Eric (Antoine Chappey), le fils aîné. En marge de la fête (une scène de genre, mais brillamment exécutée dans la durée), Matthieu (Benoît Magimel), le fils cadet, apprend que son père (Fred Ulysse) vient d'être licencié de l'usine pour y avoir fumé une cigarette, contre le règlement. Matthieu n'accepte pas ce licenciement qui brise son père. Il s'emploie aussitôt à le remettre en cause, en vain, et d'abord auprès du directeur du personnel de l'usine. C'est à dessein qu'on n'a pas écrit le directeur des « ressources humaines ». Si, à ce stade, le script de Beauvois rappelle celui de Laurent Cantet, les deux films sont si dissemblables par leur forme et leur propos que la comparaison paraît stérile.

Matthieu est un vrai personnage de roman. Beau et ténébreux (bravo à Benoît Magimel, tout en intensité butée), plus élégant que les siens, il affiche un petit air de supériorité protectrice en famille, et d'insoumission discrète à l'usine. Quand son père, devenu chômeur, meurt dans un accident de la circulation, on est donc à peine surpris de voir ce garçon fou d'orgueil et de rage échafauder un plan « abracadabrantesque ». Un scénario de la vengeance que le dialogue du film résumera parfaitement un peu plus tard : « Baiser la femme du patron pour baiser le patronat. »

Fini, alors, le mélodrame social, à la fois sobre et lyrique, jalonné de scènes superbes notamment celles qui suivent l'annonce de la mort du père. Tandis que Matthieu rôde autour du casino, où Claire, la grande bourgeoise, s'amuse à perdre un peu de l'argent de l'usine, Xavier Beauvois s'immisce, lui, dans un cinéma de fiction romanesque et cossu, nouveau pour lui. Le film en devient extrêmement trouble et passionnant, comme si ses « enjeux » de départ (la lutte des classes ?) se désagrégeaient, sans qu'apparaisse clairement, pour autant, un nouveau cap. Ce télescopage téméraire des genres et des milieux sociaux s'incarne dans l'idylle clandestine entre Matthieu et Claire.

Pour Nathalie Baye, c'est sans doute l'un des rôles les plus difficiles qu'elle ait eu à jouer. Il est presque impossible de décider si son personnage de femme riche est radicalement antipathique ou simplement humain. Elle avoue détester la vue d'un camping-car et théorise cyniquement sur l'agonie inéluctable du prolétariat, pour cause de mondialisation. Ce qu'elle veut, ce sont les caresses de Matthieu. En ce sens, l'affiche du film, qui la présente comme « d'un monde où l'on ne se mélange pas » est à côté de la plaque. Claire se mélange, si elle veut, quand elle veut. Elle a assez d'argent pour cela. Sur son amant, en revanche, le « mélange » a des effets secondaires très stendhaliens, comme s'il révélait soudain une immense fascination, jusqu'alors refoulée, pour la bourgeoisie. Que reste-t-il de la révolution selon Matthieu ?

On repense alors à l'ouverture du film, à la juxtaposition entre une noce et une partie de chasse, exactement comme dans Voyage au bout de l'enfer, cette épopée de l'échec. On repense aussi au film de Walsh, L'Enfer est à lui, que regarde à la télé Eric, le frère de Matthieu : une autre histoire de ratage intégral... Ce n'est pas déflorer la fin que révéler combien Matthieu échoue, et que cela fait beaucoup pour le sombre attrait du film. D'autant que Xavier Beauvois n'en reste pas là et donne, par une ultime séquence très enlevée, une signification émouvante au fiasco de son personnage... Avec ce dénouement, comme au-delà du désenchantement, le cinéaste semble d'ailleurs rejoindre son « camp » de départ et retrouver soudain la tonalité de son premier film, Nord. Ce qui laisse grand ouvert le champ des possibles. Pour Matthieu, comme pour Xavier Beauvois. — Louis Guichard

CONTRE
Quand Claire entre dans la vie de Matthieu, le film bascule et il ne s'en remet pas. Le scénario, jusque-là ouvert, se recroqueville sur la liaison du fils de prolo avec la femme du patron. Liaison bien trop théorique pour laisser passer le moindre éclat romanesque. Cette femme friquée, Matthieu la drague au casino, où elle traîne son ennui. Son patron, l'époux de Claire, Matthieu lui filera un coup de boule libérateur dans le club house du golf où il parade. Entre ces deux bornes, que découvre- t-on ? Que l'épouse du patron est une femme à laquelle le fils de prolo s'attache malgré lui, ce qui ruine du même coup son idée de vengeance. Pas de quoi décrocher le césar du scénario, surtout que celui-ci s'étire sans qu'on discerne où Beauvois veut en venir.

Certes, le personnage que joue (très bien) Nathalie Baye est assez libre dans sa tête pour échapper à la caricature. Certes, Benoît Magimel impose une présence sans faille (c'est « Selon Benoît » qu'il faudrait retitrer le film). Malheureusement, ce que le réalisateur met en images, ce sont des bavardages convenus sur l'amour, l'argent, les principes de la bourgeoisie de province, avec, en point d'orgue, une pesante dissertation économique de Claire expliquant à Matthieu les effets inéluctables de la mondialisation sur l'avenir de la classe ouvrière. Ça fait un gros lest d'insignifiance pour une si mince intrigue, laquelle se boucle, en plus, sur une scène plus édifiante que vraisemblable. Envolées les quelques belles séquences de la première partie. On chercherait en vain dans ce morne Selon Matthieu la tension rageuse de Nord, avec lequel s'imposait, il y a huit ans, un cinéaste au tempérament incandescent… — Jean-Claude Loiseau
SELON MATTHIEU, Xavier Beauvois 2001, Benoît Magimel, Nathalie Baye, Antoine Chappey (drame social)@@ (E)
Matthieu, Eric et leur père, âgé de 53 ans, travaillent dans la même usine du Havre. Le soir du mariage d'Eric, le père avoue à Matthieu qu'il a été licencié pour avoir fumé ...

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SEPT ANS DE REFLEXION, Billy Wilder 1955, Marylin Monroe, Tom Ewell (sentimental)@@@


Richard Sherman, mari et père de famille délaissé pour les vacances, voit bien vite sa solitude troublée par sa charmante voisine, une blonde capiteuse et ingénue, qui ne mesure pas l'effet de l'oscillation de ses hanches sur l'esprit des hommes. Soudain guilleret, Richard rêve de séduire la belle, mais entre ses désirs les plus fous et la plus prosaïque réalité, il y a un grand fossé, que les vapeurs d'alcool, qui sait, lui permettront peut-être de franchir.

TELERAMA
Canicule à New York. Célibataire pour quelques semaines, Richard, qui se rêve séducteur irrésistible, rencontre sa voisine du dessus. Sans doute le film le plus célèbre de Marilyn Monroe : la fameuse scène où sa jupe se soulève au-dessus de la grille d'aération du métro appartient à l'histoire du cinéma. Avec le personnage de Tom Ewell, symbole des obsessions sexuelles et de la frustration du mâle américain, Wilder se moquait d'une Amérique qui découvrait la sexualité dans les pages du rapport Kinsey. La satire a un peu vieilli, mais le film non.
Toujours drôle, grinçant, burlesque. Marilyn y est divine. Quand, brave fille, elle cache ses sous-vêtements dans un frigo pour les rafraîchir. Ou lorsque, métamorphosée en vamp, elle murmure, dans un souffle, « Raaach-ma-ni-noff », prêtant au nom du célèbre compositeur russe d'indéniables pouvoirs aphrodisiaques...
SEPT ANS DE REFLEXION, Billy Wilder 1955, Marylin Monroe, Tom Ewell (sentimental)@@@ (E)
Richard Sherman, mari et père de famille délaissé pour les vacances, voit bien vite sa solitude troublée par sa charmante voisine, une blonde capiteuse et ingénue, qui ne mesure pas l'effet de l'oscillatio ...

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SEUL AU MONDE, Robert Zemeckis 2001, Tom Hanks (aventure)@@


Employé d'une célèbre société de transport express, Chuck Noland sillonne inlassablement le monde, prêt à tout pour livrer à temps les paquets et colis qu'on lui confie. Sa conscience professionnelle est telle qu'il n'hésite pas, un soir de Noël, à interrompre son réveillon et à abandonner sa compagne, Kelly, pour assumer une nouvelle mission. Pris dans une tempête, son avion amerrit en plein Pacifique avant de couler comme une pierre. Agrippé à un radeau de sauvetage, Chuck entame une longue dérive, qui le conduit finalement à un îlot désert et isolé. Petit à petit, dans la douleur, il apprend à survivre. Il découvre rapidement que la solitude est un ennemi plus cruel encore que le froid, la faim ou la maladie...

TELERAMA
Tom Hanks en Robinson Crusoé… Bonne surprise que cette chronique détaillée et sans pathos. Avec, dans le “rôle” de Vendredi, un ballon de volley…

Il n’y a qu’une scène spectaculaire dans ce blockbuster. C’est le crash au-dessus du Pacifique de l’avion où se trouve Chuck Noland (Tom Hanks). Une star populaire, Tom Hanks, et un réalisateur chouchou des studios, Robert Zemeckis, ont pris le risque de dévoyer quelques règles du genre. Pas d’héroïsme. Pas de pathos. La chronique est concentrée sur la description des mille et un gestes à inventer, à réinventer sur une île déserte. Et on se laisse captiver par cette multitude de petites victoires provisoires, en guettant la prochaine et prosaïque épreuve. Voilà un rôle en or pour Tom Hanks. Combien d’acteurs seraient-ils capables, sans être ridicules, de confier leurs états d’âme à un ballon de volley ?

SEUL AU MONDE, Robert Zemeckis 2001, Tom Hanks (aventure)@@ (E)
Employé d'une célèbre société de transport express, Chuck Noland sillonne inlassablement le monde, prêt à tout pour livrer à temps les paquets et colis qu'on lui confie. Sa conscience p ...

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SEX AND THE CITY, Michael Patrick King 2008, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon (serie tv)@


Carrie et Big, qui sont ensemble depuis quatre ans, emménagent enfin dans un grand appartement de New York et préparent leur mariage. Au fil des jours, la liste des invités ne cesse de s'allonger et la cérémonie prend des allures de couronnement royal. Tout cela effraie Big, qui espérait un peu de discrétion. Les amies de Carrie, elles, sont ravies. Miranda est mariée à Steve, Charlotte a adopté une petite fille et Samantha, installée en Californie, coule des jours paisibles avec Smith, devenu une star du cinéma. Toutes se mobilisent pour faire du mariage de leur amie le plus beau jour de sa vie. Mais Big est de plus en plus indécis, et les noces de plus en plus menacées...

TELERAMA
On ne présente plus Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda. Le piquant quatuor de copines new-yorkaises, croqueuses d'hommes, pétroleuses, ultra fashion mais surtout pas victimes, a électrisé le petit écran jusqu'en 2004. Luxe, provoc' et volupté, le temps de six saisons toutes en situations et confidences aussi crues qu'un carpaccio chez Pastis, sur la 9e Avenue, leur restau préféré.

Après la série, voici donc le film. Une suite qui a sans doute donné du fil à retordre au réalisateur-scénariste Michael Patrick King, puisque la version télé se clôturait sur un vrai happy end amoureux pour chacune des célibattantes. Comment faire une comédie sentimentale avec des héroïnes déjà casées, voire mères de famille (Charlotte et Miranda) ? En brouillant de nouveau les cartes du jeu amoureux, sur l'air connu de l'usure du couple ou de la peur de l'engagement. Multipliés par quatre, lesdits rebondissements concentrent ici la matière de trois ou quatre épisodes bien fournis.

Cette version cinéma paraît certes un brin édulcorée par rapport à la série d'origine. Les anecdotes sexuelles les plus drôles, les plus osées (expériences SM et autres godemichés en forme de lapin évoqués dans la série), ont été soigneusement zappées. Malgré ces concessions, les quatre de New York conservent aussi bien leur fabuleuse garde-robe que leur verve légendaire. Moins salé, mais toujours savoureux.
SEX AND THE CITY, Michael Patrick King 2008, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon (serie tv)@ (E)
Carrie et Big, qui sont ensemble depuis quatre ans, emménagent enfin dans un grand appartement de New York et préparent leur mariage. Au fil des jours, la liste des invités ne cesse de s'allonger et la céré ...

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SEXE ENTRE AMIS, Will Gluck 2011, Mila Kunis, Justin Timberlake, Woody Harrelson, Emma Stone (comique sentimental)@@


Lorsque Jamie, chasseuse de têtes à New York, tente de recruter Dylan, un directeur artistique de Los Angeles, tous deux s'aperçoivent vite qu'ils sont sur la même longueur d'onde. Leur premier point commun est d'avoir totalement renoncé à l'amour, auquel ils ne croient plus, pour se consacrer uniquement au sexe. Dylan s'installe à New York, et tous deux commencent à sortir ensemble régulièrement, convaincus que l'amour est un mythe.

TELERAMA
Dans la nouvelle vague des comédies “on est potes, on couche ensemble, mais rien de plus (tu parles…) ”, celle-ci est plutôt bien troussée, avec des dialogues francs du collier et des acteurs au charme certain.

L'amitié est-elle possible entre sexes opposés ? Comment dire à ma meilleure amie que mon sentiment a évolué ? Ces questions de courrier du coeur ont alimenté des comédies romantiques à la tonne, mais Hollywood a décidé cette année d'épicer la formule. Après Sex Friends au printemps (Ashton Kutcher et Natalie Portman), voici Sexe entre amis : si l'amour physique est une activité ludique au même titre qu'une partie de tennis, pourquoi ne pas s'y adonner entre copains ?

Une accorte chasseuse de têtes (la ravissante Mila Kunis, rivale de Natalie Portman dans Black Swan) propose ainsi l'arrangement en question au bril­lant directeur artistique qu'elle vient de débaucher (le ravissant Justin Timberlake, de plus en plus à l'aise dans la comédie). Les auteurs ont compensé l'ultralinéarité du script (à l'arrangement succèdent les complications attendues) par un soin porté aux dialogues, drôles, presque surécrits, et aux seconds rôles (Woody Harrelson en journaliste sportif gay est très bien). L'audace verbale des scènes de lit - les partenaires s'avouent sans détour goûts et manies - est également réjouissante. Une petite comédie plutôt haut de gamme.
SEXE ENTRE AMIS, Will Gluck 2011, Mila Kunis, Justin Timberlake, Woody Harrelson, Emma Stone (comique sentimental)@@ (E)
Lorsque Jamie, chasseuse de têtes à New York, tente de recruter Dylan, un directeur artistique de Los Angeles, tous deux s'aperçoivent vite qu'ils sont sur la même longueur d'onde. Leur premier point commun est d'a ...

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SEXYGENAIRES, Robin Sykes 2023, Thierry Lhermitte, Patrick Timsit (comique)@


À soixante ans passés, Michel, propriétaire d'un grand hôtel en proie à des difficultés financières, apprend que son vieil ami et associé Denis a revendu le bar qu'ils possèdent tous les deux à Paris pour devenir mannequin senior dans des publicités. Alors qu'il assiste à une séance photo de Denis, Michel, encore bel homme, est repéré par Marion, travaillant pour une agence, qui lui propose de devenir modèle. Y voyant l'opportunité d'éponger ses dettes, Michel accepte.

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Deux sexagénaires endettés, joués par Thierry Lhermitte et Patrick Timsit, louvoient dans le milieu du mannequinat senior. Une comédie malhabile de Robin Sykes pleine de réflexions misogynes d’un autre âge.
Patrick Timsit et Thierry Lhermitte enquillent les blagues à la papa qui n’amusent qu’eux. Photo Marie-Camille Orlando et Manuel Moutier - 24 25 Films

Après un premier long métrage quelconque (La Finale, 2018), Robin Sykes ne fait ni mieux ni pire avec Sexygénaires. Un patron d’hôtel (Thierry Lhermitte) navigue entre Bandol, sur la Côte d’Azur, et Paris, en quête de liquidités auprès d’un ancien associé sur la paille (Patrick Timsit). Les voilà partageant, de nouveau, une activité commune, à savoir poser / tourner dans des publicités médicales (pour Timsit) ou de produits de luxe (pour Lhermitte), à destination des baby-boomers – également public cible du film.

Ne pas attendre une réflexion « méta » sur le vieillissement du tandem d’Un Indien dans la ville (Hervé Palud, 1994). Sexygénaires est juste saupoudré de thématiques sociales dans l’air du temps : nécessité de la retraite, difficultés financières post-Covid de l’hôtellerie-restauration et, la plus développée, mannequinat senior. Vaguement moderne, le film cherche à prendre le contrepied d’un certain « jeunisme » puritain qui tendrait à cacher les corps abîmés par l’âge. En adoptant, lui-même, un format vieille école : le réalisateur dit s’être inspiré des comédies de Michel Blanc, façon Marche à l’ombre (1984).

L’intérêt de cette écriture à l’ancienne, ce sont les seconds rôles saillants, comme le bras droit qui maintient l’hôtel à flot, joué par Grégoire Oestermann, ou la responsable d’une agence de mannequins, incarnée par Zineb Triki (alias Nadia El Mansour dans Le Bureau des légendes). Le revers, ce sont les réflexes patriarcaux d’une autre époque, à l’image des blagues misogynes du héros interprété par Patrick Timsit. Surtout, en ne respectant pas la parité – la riche divorcée jouée par Marie Bunel reste la seule « sexygénaire » féminine –, le film laisse malhabilement penser que la vieillesse désirable est l’apanage des hommes.
SEXYGENAIRES, Robin Sykes 2023, Thierry Lhermitte, Patrick Timsit (comique)@ (E)
À soixante ans passés, Michel, propriétaire d'un grand hôtel en proie à des difficultés financières, apprend que son vieil ami et associé Denis a revendu le bar qu'ils possèdent ...

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SIDONIE AU JAPON, Élise Girard 2023, Isabelle Huppert, Tsuyoshi Ihara (thriller sentimental japon)@@


Sidonie se rend au Japon à l'occasion de la ressortie de son best-seller. Malgré le dévouement de son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses repères, surtout lorsqu'elle se retrouve nez à nez avec son mari, disparu depuis plusieurs années.

TELERAMA
Sidonie, une écrivaine française, découvre le Japon aux côtés de son éditeur, et retrouve le fantôme d’un être cher. Un récit poétique, délicat et parfois burlesque sur le deuil porté par une Isabelle Huppert sans fard.

Le titre malicieux pourrait évoquer un album jeunesse. Sidonie trottine du reste comme une enfant mutine et le début du film distille quelques notes légères de burlesque. Écrivaine française de talent invitée à Osaka pour la réédition de son premier livre, Sidonie part à reculons. Elle tarde volontairement à arriver à l’aéroport et semble fort désappointée lorsqu’on lui annonce que son avion a trois heures de retard.

La voilà donc obligée d’obéir à son destin et d’atterrir au pays du Soleil-Levant, où l’accueille Kenzo Mizoguchi (sic), son éditeur. Celui-ci est dévoué mais peu disert, rigoriste quant aux protocoles à suivre. Pour ce regard tendre et amusé sur les spécificités culturelles nippones, Lost in Translation, de Sofia Coppola, revient immanquablement à l’esprit. Cette parenté semble même constituer un matériau de départ ludique. À partir duquel la réalisatrice va tisser autre chose.

Si la part de cocasserie ne s’évanouit jamais tout à fait, ce troisième long métrage d’Élise Girard (Drôles d’oiseaux) se fait malgré tout plus mélancolique, sinon funèbre, au fil des séquences. En répondant aux questions des journalistes pétris d’admiration, Sidonie s’épanche. On en apprend alors davantage sur l’origine de son écriture. Des drames successifs l’ont marquée et ont fait d’elle une survivante. C’est un trait commun, « un pays secret » partagé avec son éditeur, qui l’accompagne un peu partout, lui fait visiter des temples, la tombe de Jun’ichirō Tanizaki et d’autres sites, à Kyoto ou sur l’île de Naoshima. Mais tandis qu’ils font davantage connaissance en flânant, le fantôme d’une personne chère à Sidonie fait son apparition. Une fois, puis régulièrement, le défunt vient la visiter dans sa chambre d’hôtel. Il est paisible, si rassurant que Sidonie commence un échange avec lui.

Isabelle Huppert filmée de très près
C’était un pari, ce fantôme qui s’invite tranquillement. Pari remporté avec naturel et élégance. Dans l’univers de transparence du film, le visible et l’invisible, la veille et le sommeil coexistent et ont tendance à se confondre. Le voyage est dépaysant pour Sidonie, qui se déplace comme en rêve, le mouvement des trajets en voiture ou en train ayant toujours quelque chose d’un bercement. L’alternance des silences et des longues confidences, le chagrin et l’éveil, le défilé des cerisiers en fleurs, tout concourt à un poème minimaliste, sur le deuil et la possible renaissance.

Tous les mercredis, les recommandations des dernières sorties et l'essentiel de l'actualité cinéma.
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Toute fiction, on le sait, est un documentaire sur ses acteurs. C’est particulièrement vrai ici. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu Isabelle Huppert ainsi, d’aussi près, de manière aussi intime. Ses cheveux, ses taches de rousseur, sa peau nue, ses mains. Tactile, voilà peut-être la qualité première de ce film où le « rien » évoqué à deux reprises, le manque de consistance de l’existence sont peu à peu compensés par la sensation retrouvée du toucher et de la caresse. Les travellings doux qui ponctuent régulièrement le film y contribuent. Éclôt aussi un zoom très lent, vers une femme qui raconte et un homme qui écoute, tous deux assis sur un banc, dans un parc. Belle approche, enveloppante comme le début d’une étreinte.
SIDONIE AU JAPON, Élise Girard 2023, Isabelle Huppert, Tsuyoshi Ihara (thriller sentimental japon)@@ (E)
Sidonie se rend au Japon à l'occasion de la ressortie de son best-seller. Malgré le dévouement de son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses rep&egra ...

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SOLEIL ROUGE, Terence Young 1971, Charles Bronson, Ursula Andress (western)@


En 1870, en Arizona, Sakagushi, l'ambassadeur du Japon, se rend en train à Washington pour prendre ses fonctions. Menée par un certain Gosh, une bande de hors-la-loi attaque le train et s'empare d'une cargaison d'or et d'un sabre de grande valeur que Sakagushi souhaitait offrir au président des Etats-Unis en signe d'amitié. L'ambassadeur a une semaine devant lui pour retrouver le sabre, sans quoi il se verra contraint de se faire seppuku, pour avoir failli à sa tâche. Il charge Kuroda, un valeureux samouraï, de mettre la main sur le précieux objet. Un des lieutenants de Gosh, abandonné par ses compagnons au cours de l'opération, va l'aider dans ses recherches...

TELERAMA
Réalisé en Espagne par le père cinématographique de James Bond. Des stars venues de tous les horizons.

En 1871, le premier ambassadeur du Japon se rend à Washington par le train. Celui-ci est attaqué par une bande de hors-la-loi... Soleil rouge a été réalisé en Espagne par le père cinématographique de James Bond, et mis en images par le plus grand chef opérateur français (Henri Alekan). Des stars venues de tous horizons se partagent la vedette et font juste ce qu'on leur demande. À l'arrivée, un film d'aventures comme tant d'autres, puisant dans les clichés du western (plutôt spaghetti) et la tradition du film de samouraïs.
SOLEIL ROUGE, Terence Young 1971, Charles Bronson, Ursula Andress (western)@ (E)
En 1870, en Arizona, Sakagushi, l'ambassadeur du Japon, se rend en train à Washington pour prendre ses fonctions. Menée par un certain Gosh, une bande de hors-la-loi attaque le train et s'empare d'une cargaison d'or et d'un sa ...

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SOUDAIN SEULS, Thomas Bidegain 2023, Gilles Lellouche, Mélanie Thierry @


En couple depuis cinq ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d'atteindre l'Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s'abat sur eux et leur bateau disparaît. Éloignés du monde, soudain seuls face au danger et à l'hiver qui approche, ils vont devoir lutter pour leur survie et celle de leur couple.

TELERAMA
Échoué sur une île perdue, un couple apprend à survivre et règle ses comptes. En dépit des grands espaces, un drame convenu, qui manque de souffle.

Naviguant vers l’Amérique du Sud, Ben (Gilles Lellouche) et Laura (Mélanie Thierry) s’autorisent un détour en Antarctique, sur une île déserte d’où ils souhaitent admirer les icebergs. Surpris par une tempête, ils y passent la nuit et découvrent au matin que leur voilier a largué les amarres. Les jours défilent, l’hiver menace, il faut survivre…

Après un western contemporain dans les territoires français (Les Cowboys, 2015), Thomas Bidegain, scénariste réputé, notamment, pour sa collaboration avec Jacques Audiard, revient à la réalisation avec une ambitieuse robinsonnade à deux tournée en Islande.

Tensions surdialoguées
Dans ses meilleurs moments, le film scrute les paysages toujours stupéfiants de ce caillou hostile et confronte ses citadins à un genre de Koh-Lanta polaire : explorer les alentours, calfeutrer un abri ouvert au vent, trouver de quoi manger — quitte à zigouiller des manchots. Las, entre le faire et le dire, Bidegain refuse de choisir, il veut remplir, et l’île, d’abord écrasante, se réduit progressivement au décor d’un drame conjugal, délocalisé, certes, mais convenu.

Ben et Laura se crachent des vérités, règlent des comptes surdialogués, tandis que le scénario travaille à l’inversion des rôles, le fort du début devenant le faible et inversement. Un petit théâtre assez programmatique, et même un peu gênant si l’on songe à la scène d’étreinte (debout, contre un mur, du sang sur les mains du chasseur redevenu désirable…) censée signifier le retour à l’état sauvage. Au traité métaphorique (rallumer le feu), on préfère l’échappée solitaire de Laura, bien que trop vite expédiée, et le dilemme dont elle écope : s’en sortir seule ou mourir en couple ?
SOUDAIN SEULS, Thomas Bidegain 2023, Gilles Lellouche, Mélanie Thierry @ (E)
En couple depuis cinq ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d'atteindre l'Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques ...

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SOURCE CODE, Duncan Jones 2011, Jake Gyllenhaal, Jeffrey Wright, Michelle Monaghan, Vera Farmiga (science fiction)@@


Colter Stevens ne comprend pas ce qu'il fait dans ce train à destination de Chicago, ni qui est cette femme qui s'adresse à lui avec la même assurance que s'ils se connaissaient parfaitement. Pour autant qu'il s'en souvienne, la dernière fois qu'il a eu conscience d'être lui, il effectuait une mission de reconnaissance en Afghanistan. La situation se complique de plus en plus. Sa carte d'identité porte le nom de Sean Fentress. Son visage n'est pas le sien et une explosion détruit brusquement le train. Quand Colter se réveille, cette fois-ci dans un caisson hérissé d'appareils électroniques, il apprend qu'il a intégré le corps d'un mort, victime d'un attentat ferroviaire, pour y mener une enquête dans sa mémoire et dans le temps...

TELERAMA
Colter se réveille dans un train de banlieue, aux côtés d’une femme qui l’appelle Sean. Huit minutes plus tard le wagon explose. Et il se réveille dans un caisson, à nouveau Colter. Le deuxième film du fils de David Bowie oscille entre science-fiction, suspense et comédie romantique.

Avec Moon, qui racontait les derniers jours d'un astronaute paranoïaque en mission sur la Lune, le fils de David Bowie signait un huis clos intersidéral, sur lequel planait l'ombre du Kubrick de 2001. Curieusement jamais sorti en salles, ce premier film devint vite mythique auprès des cinéphiles geek. Il est à nouveau question de science-fiction et de prison mentale dans Source Code, bien que Duncan Jones n'en signe pas, cette fois, le scénario. De la science-fiction mâtinée de comédie romantique : un jeune homme se réveille dans un train de banlieue de Chicago, en face d'une femme qu'il n'a jamais vue et qui lui donne du Sean alors qu'il s'appelle Colter et qu'il est censé être pilote d'hélicoptère en Afghanistan. Au bout de huit minutes, le train explose. Et le jeune homme se réveille à nouveau dans le même train, à la même place. On dirait Un jour sans fin, de Harold Ramis...

Au fil des réveils et des explosions, le blockbuster se pare d'une réflexion sur le libre arbitre des cobayes et les fondements de l'identité. Peu importe l'enveloppe charnelle, pourvu qu'on ait l'ivresse des sentiments ?
SOURCE CODE, Duncan Jones 2011, Jake Gyllenhaal, Jeffrey Wright, Michelle Monaghan, Vera Farmiga (science fiction)@@ (E)
Colter Stevens ne comprend pas ce qu'il fait dans ce train à destination de Chicago, ni qui est cette femme qui s'adresse à lui avec la même assurance que s'ils se connaissaient parfaitement. Pour autant qu'il s'en souvi ...

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SOUS LE TAPIS, Camille Japy 2023, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo (societe)@@@


Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit.

TELERAMA
Si sa mise en scène reste sage, sa délicatesse d’écriture s’impose pour dépeindre les sourires et les secrets familiaux, surtout lors d’une belle scène de veillée mortuaire.

Dans la jolie maison de famille, Odette attend ses enfants et ses petits-enfants pour son anniversaire. Quand son mari meurt brutalement, elle cache le corps sous le lit. Non, il ne peut pas être mort, il s’est juste absenté, Odette s’enfonce dans le déni...

L’actrice Camille Jappy passe à la réalisation avec cette chronique du deuil et, même si sa mise en scène reste très sage, sa délicatesse s’impose pour dépeindre les sourires et les mutismes familiaux, entre fille aînée coincée dans le désamour, cadet bohème flanqué d’une petite amie hippie (pimpante Marilou Aussiloux) et mère enfermée dans le secret. Ariane Ascaride, impériale en femme d’une autre époque, où l’on se taisait. Deux scènes créent une véritable émotion : une veillée funéraire extrêmement fleurie et un enterrement où un cercueil peut en cacher un autre... Un talent d’écriture à suivre.


SOUS LE TAPIS, Camille Japy 2023, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo (societe)@@@ (E)
Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réal ...

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SPIRIT OF THE BLOOD, Carly May Borgstrom 2023, Summer H. Howell, Sarah-Maxine Racicot


Revenue avec sa famille dans le village natal de son père, la jeune Emmerson y découvre une communauté très pieuse, gouvernée par l'omniprésent pasteur Carl. Au lycée, elle se lie d'amitié avec la rebelle Delilah, qui vit avec sa mère, brisée et alcoolique, dans un mobile-home. Quand une autre adolescente est retrouvée morte, les deux inséparables entreprennent de lutter contre les mauvais esprits qui, selon elles, l'auraient tuée, en explorant leur propre part sombre pour mieux l'éliminer. Mais alors qu'elles se livrent secrètement à des rituels en forêt, le mal rôde. Intuitions et imaginaire...

SENS CRITIQUE
Il ne se passe pas grand chose malheureusement. L'auteure essaie de dresser un parallèle symbolique entre le monstre/la bête et ces jeunes filles qui se découvrent. C'est pas idiot mais c'est pas très bien géré et on se retrouve souvent avec des pertes de rythme ; de plus l'auteure ajoute quelques sous thèmes (le père instable) pas assez exploités. Le final est sympa mais semble déconnecté du reste.
SPIRIT OF THE BLOOD, Carly May Borgstrom 2023, Summer H. Howell, Sarah-Maxine Racicot (E)
Revenue avec sa famille dans le village natal de son père, la jeune Emmerson y découvre une communauté très pieuse, gouvernée par l'omniprésent pasteur Carl. Au lycée, elle se lie d'amiti&eac ...

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SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@


Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas la complication : c’est simplement un festival Melissa McCarthy. La comique américaine défend ici avec talent son titre de championne du rire.

En retrouvant celui qui la dirigea dans Mes meilleures amies (2011) et Les Flingueuses (2013), Melissa McCarthy s’offre cette fois une comédie sur laquelle elle règne en vraie diva du rire. Dans cette énième parodie de l’univers de James Bond, où elle campe une informaticienne de la CIA débarquant sur le terrain, tout semble d’abord trop facile. Mais, au jeu (très enfantin) avec les clichés, le tempérament de la comédienne fait merveille. Pour trouver sa place dans l’univers masculin de l’espionnage musclé, son personnage passe en force, ose tout, se déguise, se lance dans des cascades humiliantes… Melissa McCarthy s’amuse ainsi de son poids, se ridiculise, mais elle taille aussi un costard aux mâles frimeurs. Son abattage frénétique déploie avec talent un sens de l’humour increvable.
SPY, Paul Feig 2015, Melissa McCarthy, Jason Statham (thriller comique)@@ (E)
Susan Cooper est une modeste analyste de la CIA et le héros le plus méconnu derrière la plupart des missions les plus dangereuses de l'agence.

TELERAMA
Cette parodie des films de James Bond ne recherche pas ...

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STARS AT NOON, Claire Denis 2022, Margaret Qualley, Joe Alwyn (drame sentimental)@@


En 1984, Trish, une jeune journaliste américaine en détresse bloquée sans passeport dans le Nicaragua en pleine période électorale rencontre dans un bar d'hôtel Daniel, un voyageur anglais. Il lui semble être l'homme rêvé pour l'aider à fuir le pays.

TELERAMA
Cette cavale d’une fille imprudente et de son amant au Nicaragua, Grand Prix du Festival de Cannes l’année dernière, divise la rédaction.

POUR
Drôle de carambolage spatio-temporel. L’action se situe officiellement de nos jours, au Nicaragua. L’héroïne ressemble, physiquement, à la jeune Adjani hâlée et court-vêtue de L’Été meurtrier (1983) — en fait, elle est jouée par Margaret Qualley, la fille d’Andie MacDowell, autre icône des années 1980. Et l’on se croirait dans l’un de ces thrillers d’aventures exotiques comme Hollywood en confectionnait, il y a quatre décennies — L’Année de tous les dangers (1982), Salvador (1986)… Une Américaine, un peu journaliste mais pas trop, se donne des frissons au Nicaragua, donc. Privée de passeport et de dollars après quelques imprudences, elle perd pied et s’attache à un mystérieux Anglais (Joe Alwyn), homme d’affaires fatal, amant trouble, et peut-être bien plus, ou bien pire.

Claire Denis, cinéaste à la fois formaliste et charnelle, prend des risques et se fait plaisir, néglige la narration au profit de l’atmosphère. La dimension conceptuelle de Stars at Noon consiste à placer une jeune femme au centre d’un genre de fiction que ces messieurs dominaient, traditionnellement. Même paumée, terrorisée ou ivre morte, c’est la fille qui donne le rythme et que les autres suivent. De loin la plus loquace des personnages, souvent patibulaires, elle donne aussi le sens — du moins essaie-t-elle — aux nébuleuses péripéties de l’intrigue politico-criminelle.

L’autre apport spécial de la réalisatrice est la qualité et l’importance des scènes intimes. Grande filmeuse de corps, Claire Denis sait capter les mutations du désir entre ses deux protagonistes. Elle parvient à faire de la naissance des sentiments un événement, dans la touffeur des chambres de motel que partagent les amants, au fil de leur cavale. Mieux que la plupart de ses pairs, elle place l’exaltation amoureuse au premier plan, et sans doute y a-t-il quelque chose de volontairement rétro dans ce dessein… Stars at Noon est un bel exercice de style, empreint d’une grande fidélité : aux indémodables Tindersticks, pour la musique originale, comme aux images qui ont fait vibrer la cinéaste et qu’elle ravive en se les appropriant passionnément. — Louis Guichard

CONTRE
Certes, Claire Denis sait toujours aussi bien filmer les corps désirants et créer à l’écran des ambiances moites à décoller le papier peint des murs. Mais un scénario, ça peut servir aussi, a fortiori quand on se pique de vouloir « déconstruire » les films d’aventures et d’espionnage. Or celui de Stars at Noon tient en une page, avec des dialogues ridicules (« Ta peau est si blanche, c’est comme si j’avais été baisée par un nuage », entre autres perles) et des personnages ectoplasmiques dont le comportement défie toute logique. Résultat : l’histoire d’amour torride sous les tropiques vire rapidement à la langueur, puis à l’ennui… — Samuel Douhaire
STARS AT NOON, Claire Denis 2022, Margaret Qualley, Joe Alwyn (drame sentimental)@@ (E)
En 1984, Trish, une jeune journaliste américaine en détresse bloquée sans passeport dans le Nicaragua en pleine période électorale rencontre dans un bar d'hôtel Daniel, un voyageur anglais. Il lui se ...

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SUMMIT FEVER, Julian Gilbey 2022, Ryan Phillippe, Hannah New (sport montagne)


Michael et son ami JP vont enfin réaliser leur rêve de gravir les trois grands sommets des Alpes : la Dent de Géant, le Cervin et l'Eiger. Michael, qui avait renoncé à l'escalade pendant plusieurs années après le décès de sa soeur dans un accident en montagne, se montre très prudent, contrairement au groupe de jeune alpinistes qu'ils rejoignent à Chamonix. Au cours des deux premières ascensions, les craintes de Michael se confirment : ses équipiers sont des têtes brûlées. Lors de la dernière sortie, le petit groupe se retrouve pris au piège dans une tempête. Ils savent qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour survivre, le vent et la neige leur coupant tout espoir de voir arriver les secours...

Nous vivons dans un monde tellement formidable qu'il existe un film dans lequel il y a Ryan Philippe et Théo Christine et ça c'est génial. La montagne extrême c'est fascinant et les expéditions de la sorte sont captivantes même si il y a souvent un grand côté dramatique (Everest). Avec Summit Fever on sent qu'on est sur une production plutôt modeste avec un super casting et un côté haletant qui nous prend aux tripes. Disposant d'un rythme efficace et d'une bonne tension nous sommes face à une énième pépite perdue dans les abysses du cinéma DTV. Entre beaux décors et fonds verts visibles ce que j'excuse vu le type de production l'immersion est bonne et le scénario est bien ficelé. Une très bonne surprise
SUMMIT FEVER, Julian Gilbey 2022, Ryan Phillippe, Hannah New (sport montagne) (E)
Michael et son ami JP vont enfin réaliser leur rêve de gravir les trois grands sommets des Alpes : la Dent de Géant, le Cervin et l'Eiger. Michael, qui avait renoncé à l'escalade pendant plusieurs ann&eacut ...

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SUR LA BRANCHE, Marie Garel-Weiss 2023, Daphné Patakia, Benoit Poelvoorde, Agnes Jaoui (comique)@@


Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble, ils vont tenter de défendre Christophe, un petit arnaqueur qui clame son innocence. Si Paul voit dans cette affaire un moyen de se refaire, Mimi y voit, elle, une mission, un chemin vers la justice et la vérité.

TELERAMA
Deux hurluberlus, incarnés par Daphné Patakia et Benoît Poelvoorde, s’associent au nom de la justice... Un film sympathique et plein de fantaisie porté par son tandem comique.

Elle est un peu suspendue, Mimi. En fait, non, soyons francs, cette jeune femme de presque 30 ans souffre de réels problèmes psychologiques. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir devenir avocate et mettre son énergie et son intelligence au service d’autrui. S’incrustant dans le cabinet de Claire (Agnès Jaoui, parfaite en femme forte au bord de la crise de nerfs), elle fait la connaissance de l’ex-compagnon et confrère de celle-ci, Paul, qui passe dorénavant ses journées en robe de chambre en attendant d’être rayé du barreau. Quand un séduisant voyou demande de l’aide à Mimi, la délicieuse dingote prend le dossier très au sérieux, entraînant Paul dans son sillage…

Le déséquilibre peut devenir un beau ressort de comédie, et c’est le cas dans ce film d’enquête plein de fantaisie, où il s’agit de s’appuyer sur plus chancelant que soi. Sous la lumière éclatante de Jeanne Lapoirie, et dans une mise en scène alerte qui volette de bureaux encombrés en bord de mer surpeuplé de mouettes, Marie Garel-Weiss, repérée pour son premier long métrage, La fête est finie, forme un singulier duo de comédie, rappelant la manière de Pierre Salvadori (En liberté !). Elle jette un regard à la fois tendre et acide sur les décalés, ceux qui marchent à côté de leurs pompes, et écrasent, au passage, les pieds du voisin. Benoît Poelvoorde, dont le tempo de comédie n’avait pas été aussi bien cadré depuis longtemps, est irrésistible en vieux héron qui se remplume et reprend goût à la justice. Mais le moteur du film est Daphné Patakia, dont le charme éberlué était déjà un des atouts de la série Ovni(s) : avec sa coupe à la Shirley MacLaine et ses yeux gigantesques, écarquillés devant le monde, elle compose un personnage hors cadre : une fille qui mériterait peut-être d’être enfermée mais qui rend la vie nettement plus intéressante quand elle est en liberté.
SUR LA BRANCHE, Marie Garel-Weiss 2023, Daphné Patakia, Benoit Poelvoorde, Agnes Jaoui (comique)@@ (E)
Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble, i ...

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SUR LA PLAGE DE CHESIL, Dominic Cooke 2018, Saoirse Ronan, Billy Howle (societe)@


1962. Dans une Angleterre encore corsetée par des conventions sociales étouffantes, Florence et Edward, la petite vingtaine, viennent de se marier. Aussi inexpérimentés l'un que l'autre, ils passent leur première nuit ensemble dans un hôtel guindé sous l'œil un rien moqueur du personnel.

TELERAMA
Ian McEwan a lui-même adapté son livre. Il ne pourra donc pas hurler à la trahison, d’autant que Dominic Cooke, homme influent du théâtre anglais, a réalisé un film soigné, élégant, même. Le romancier et le réalisateur débutant ont eu bien du mérite, tant leur travail repose des pensées et des sentiments que seul le style d’Ian McEwan rendait féroces et tragiques…

Pour un couple en pleine nuit de noces, tout se joue le temps d’un mauvais repas dans un hôtel désespérant et d’une étreinte ratée qui vire au cauchemar. D’un geste aussi — attendu en vain par l’une, refusé par orgueil et bêtise par l’autre —, qui scellera leur destin.

On sent le poids des rapports de classe dans l’Angleterre du début des années 1960, la morgue infinie de la bourgeoisie. Ce que les images ne parviennent pas à ­exprimer, c’est la peur, voire l’aversion, de la jeune femme pour l’acte sexuel, et la maladresse de l’homme, aussi inexpérimenté qu’elle. L’ironie avec laquelle l’écrivain disséquait la frustration et la pudibonderie de l’époque faisait mouche et mal. Sur l’écran, par pure maladresse, la comédie vaude­villesque l’emporte… Le dénouement, presque plus beau que celui du roman, serait bouleversant si la prise de pouvoir soudaine d’une horde de maquilleurs hystériques et maladroits ne le rendait ridicule.
SUR LA PLAGE DE CHESIL, Dominic Cooke 2018, Saoirse Ronan, Billy Howle (societe)@ (E)
1962. Dans une Angleterre encore corsetée par des conventions sociales étouffantes, Florence et Edward, la petite vingtaine, viennent de se marier. Aussi inexpérimentés l'un que l'autre, ils p ...

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SURCLASSEE, Carlson Young 2023, Camila Mendes, Archie Renaux, Lena Olin, Marisa Tomei, Anthony Head (thriller)@@


Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite d'événements entre romance et opportunisme. Cependant, le mensonge ne pourra pas fonctionner éternellement.

TELERAMA
Jeune stagiaire chez Erwin's, une salle de ventes new-yorkaise, Ana Santos a la surprise d'être sollicitée par son exigeante patronne, Claire Dupont, pour un voyage professionnel pour Londres. Surclassée, la jeune femme fait la connaissance de William, riche célibataire qui ne manque pas de charme. Durant le vol, à la suite d'un malentendu, celui-ci la confond avec sa patronne. Ana ne dément pas. Ambitieuse, la jeune femme redouble d'efforts pour impressionner sa chef, court les fêtes et les vernissages, tout en fréquentant le séduisant Will et sa famille. Cependant, après une photo prise par un paparazzi, les mensonges d'Ana finissent par la rattraper...
SURCLASSEE, Carlson Young 2023, Camila Mendes, Archie Renaux, Lena Olin, Marisa Tomei, Anthony Head (thriller)@@ (E)
Lors d'un voyage d'affaires, Ana, stagiaire ambitieuse, est surclassée en première classe. Elle y fait la connaissance de Will, qui la confond avec sa propre patronne. Ana ne dément pas. S'enchaîne alors une suite ...

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TAKE THE TRASH, Rasmus Heide 2008, Sidse Babett Knudsen, Mick Øgendahl


Dans son domaine, Jesper est un cador, un vendeur hors pair. Le monde, il le regarde de haut, avec de la condescendance, voire du mépris. Mais méfiance ! Un jour on peut plonger dans la fosse avec les individus qu'on a raillés. Le déclencheur de la chute ? Un accident de voiture. Jesper est condamné à des travaux d'intérêt public et se trouve confronté à ces gens qu'il déteste… mais qui peuvent lui apprendre deux ou trois choses sur la vraie vie.

TELERAMA
TAKE THE TRASH, Rasmus Heide 2008, Sidse Babett Knudsen, Mick Øgendahl (E)
Dans son domaine, Jesper est un cador, un vendeur hors pair. Le monde, il le regarde de haut, avec de la condescendance, voire du mépris. Mais méfiance ! Un jour on peut plonger dans la fosse avec les individus qu'on a raill&e ...

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TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@


Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune garçon, Lucien, très turbulent et hyperactif. Problème de Lucien : son père, ancien GO du Club Med de Chamonix, ne fait rien pour le calmer. Problème de Nathalie : elle a trois enfants à la maison. Problème d'Alain : sa belle-famille.

TELERAMA
Satire proche des comédies italiennes de jadis, qui fustige le racisme ordinaire et les parents hystériques. Très drôle.
Éric Toledano et Olivier Nakache jettent leur dévolu sur la famille, en l’occurrence une fratrie, avec les pièces rapportées, le neveu hyperactif, la nièce élevée comme une bête de concours… Commencé en fanfare (une scène de dîner d’anthologie qui finit à coups de poêle), avec une méchanceté proche des comédies italiennes d’antan, le film passe ensuite progressivement de la caricature à la tendresse.

Les deux réalisateurs gardent néanmoins leur mordant pour dénoncer le racisme ordinaire, offrant à Omar Sy son premier vrai rôle… À travers le personnage de mère intégriste incarné par Audrey Dana, ils brocardent aussi l’obsession des parents pour la réussite de leurs rejetons. Et laissent à Vincent Elbaz, plus à l’aise dans la comédie que dans le drame, le soin de ridiculiser cette manie si actuelle d’envoyer chez le psy des gosses qui sont juste pénibles.
TELLEMANT PROCHES, Eric Toledano et Olivier Nakache 2008, Vincent Elbaz, Isabelle Carré (comique)@@ (E)
Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. En 1993, Alain et Nathalie ont deux enfants : un bébé, Prosper, et un jeune ga ...

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TEMOIN A CHARGE, Billy Wilder, Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton (thriller)@@


Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a été contacté par un confrère de ses amis. Bien qu'il se remette à peine d'une attaque cardiaque, Roberts accepte de prendre l'affaire en main. Une infirmière le suit et veille sur sa santé. Le procès se présente mal. Leonard Vole n'a qu'un témoin. Il ne peut compter que sur son épouse, Christine, seule capable de l'innocenter en disant qu'il était avec elle au moment du crime. Mais Christine finit par témoigner en sa défaveur, ce qui lui promet une condamnation logique...

TELERAMA
De Tyrone Power, séduisant à mourir, ou Marlene Dietrich, épouse soumise, qui est coupable ? Entre deux cigares, Charles Laughton mène (à peine) l’enquête. Le rebondissement final est extra. Une merveille !

L'histoire aurait pu donner lieu à un simple film de prétoire, malgré son long prélude chez l'avocat. Mme Christie l'avait déjà dotée d'un double rebond final, qu'un avertissement des producteurs conjure le spectateur de ne pas dévoiler à son prochain. Wilder y met aussi sa patte.

La première moitié est tricotée une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Un, brosser le portrait du vétéran du barreau qui se saisit de l'affaire : gros numéro de Charles Laughton, qui joue au chat et à la souris avec la rustique infirmière chargée de surveiller sa santé vacillante. Deux, recomposer l'intrigue en flash-back : une riche veuve a été assassinée ; on soupçonne le fringant jeune homme qu'elle avait pris sous sa protection, lui-même marié à une mystérieuse Allemande. Au tribunal, on guette le choc des deux monstres. Il viendra. Marlene Dietrich est d'abord montrée comme si elle était dans un autre film. C'est pour mieux faire exploser à la fin les conventions du genre. Quelques grammes de colossale finesse, un soupçon d'hystérie dans les tasses de thé et un drôle de pétard sous les perruques blanches.
TEMOIN A CHARGE, Billy Wilder, Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton (thriller)@@ (E)
Leonard Vole est accusé du meurtre de la vieille et riche madame French, qui avait fait de lui son héritier et son amant. L'inculpé confie sa défense au prestigieux avocat londonien sir Wilfrid Robarts, qui a &ea ...

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TETE DE TURC, Pascal Elbé 2010, Roschdy Zem, Pascal Elbé (thriller)@@


Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc.

TELERAMA
Le premier film du comédien Pascal Elbé en tant que réalisateur, avec des acteurs savoureux, dont deux actrices lumineuses, Florence Thomassin et Ronit Elkabetz.

Un gyrophare sur le toit d’une voiture, et on le prend pour un flic. Simon, médecin urgentiste, manque de brûler vif dans une cité HLM. Il est sauvé in extremis par celui-là même qui venait de lui lancer un cocktail Molotov, sous l’influence de sa « bande ». Un môme tourmenté (Samir Makhlouf), un flic (Roschdy Zem) prêt à tout pour venger son toubib de frère, deux mères blessées (Florence Thomassin et Ronit Elkabetz) : autant de pièces d’un puzzle noir, d’un thriller social sur la banlieue. Pour sa première réalisation, le comédien Pascal Elbé s’est choisi un casting d’amis. Si l’histoire du veuf (Simon Abkarian), un homme rendu fou par la mort de sa femme, semble curieusement plaquée, le film pose un regard attentif sur un monde sans repères, où la fraternité semble la seule réponse à la misère et à la violence.
TETE DE TURC, Pascal Elbé 2010, Roschdy Zem, Pascal Elbé (thriller)@@ (E)
Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins dé ...

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THE ETERNAL ROAD (IKITIE), Antti-Jussi Annila 2017, Sidse Babett Knudsen, Tommi Korpela (drame histoire)@


Ketola, de retour en Finlande après avoir quitté les États-Unis de la grande dépression, est témoin de tensions politiques croissantes. Lors d'une nuit d'été, en 1930, des rebelles nationalistes le kidnappent.

The Eternal Road (Ikitie) est un film tiré du roman de Antti Tuuri. Le film rentre dans le programme "Suomi 100" qui commémore les 100 ans d'indépendance de la Finlande.
Lorsque la garde vient chercher Jussi Ketola en pleine nuit afin de l'emmener à la frontière, il comprend que l'on va l'assassiner. IL s'enfuit et se réfugie au dela de la frontière, en URSS.
La police d'état soviétique lui donne une nouvelle identité, un emploi dans un kolkhoze, et une nouvelle famille. Avec les travailleurs immigrés américains récemment arrivé en Carélie, il va participer a l'élaboration d'une nouvelle société. Petit à petit le paradis promis par Staline se transforme en enfer ou Ketola souhaiterait plutôt mourrir que de continuer à vivre ainsi mais le suicide lui est refusé.
Ce que Jussi Ketola expérimente est tellement impropbable que l'on a peine à croire que cela a rebellent existé.

Ce film raconte à travers le personnage de Jussi Ketola, la cruelle réalité qu'a vécu des millions de gens ayant cru au paradis soviétique et qui ont connu l'enfer

SENS CRITIQUE
L'histoire vécue par le héros de The eternal road est incroyable mais vraie. Celle d'un finlandais qui, dans les années 30, échappe de peu à la mort et fuit en URSS. Où il est chargé, contre sa volonté, d'espionner les membres d'un kolkhoze, constitués d'émigrés américains, canadiens et finlandais, qui ont répondu à l'appel de Staline de rejoindre ce "paradis pour les travailleurs." La vie de Jussi Ketola est jalonnée de drames dans un contexte politique très fort et avec une ampleur romanesque qui laissaient espérer un film à la hauteur émotionnelle de son personnage. Las, s'il ne manque aucun bouton d'époque à la reconstitution historique, The eternal road ressemble surtout à un produit manufacturé pour plaire à l'export et, si possible, séduire les publics des festivals et pourquoi pas des Oscars. La réalisation est propre et la narration rythmée mais on n'y trouve pas le supplément d'âme susceptible d'éveiller un véritable enthousiasme de notre part. On ressent peu d'émotions, à vrai dire, alors que l'itinéraire de Jussi Ketola est de ceux qui devraient toucher au plus profond. Le jeu trop languide de l'acteur Tommi Korpela et son absence de charisme (pour montrer qu'il était un homme ordinaire ? Moui) ne sont pas seuls en cause mais ils contribuent à ce qu'on ne se sente pas concerné plus que cela. Mieux vaudrait, sans doute, lire le livre dont s'est inspiré le film d'Antti-Jussi Annila.
THE ETERNAL ROAD (IKITIE), Antti-Jussi Annila 2017, Sidse Babett Knudsen, Tommi Korpela (drame histoire)@ (E)
Ketola, de retour en Finlande après avoir quitté les États-Unis de la grande dépression, est témoin de tensions politiques croissantes. Lors d'une nuit d'été, en 1930, des rebelles nationalis ...

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THE IMMIGRANT, Charlie Chaplin 1917 (comique)@@@@


Charlie Chaplin est sur un bateau avec d'autres immigrés à destination de New York. Pendant le voyage, il rencontre une jeune femme qui s'occupe de sa mère malade. Chaplin arrive à New York mais il n'a pas d'argent ni de travail.

TELERAMA
Onzième et avant-dernier court métrage réalisé en 1917 pour le studio Mutual, L’Emigrant était le préféré de Chaplin. Parce qu’il y réussissait pour la première fois le mélange harmonieux de burlesque, de chronique sociale et de mélodrame constitutif de ses chefs-d’œuvre à venir (La Ruée vers l’or, Les Lumières de la ville…).

Chaplin tourna d’abord la fin du film, la plus ouvertement comique : une pantomime chorégraphiée au millimètre dans un restaurant où le héros sans le sou est terrorisé par un serveur au physique d’ogre (le géant Eric Campbell, le « méchant » habituel des courts métrages de Charlot). Les gags sont tout aussi drôles dans la première partie à bord du bateau d’immigrants soumis à un roulis incessant, l’émotion en prime. Il y a la rencontre touchante du petit vagabond au grand cœur et de la jeune fille au visage de madone. Il y a, surtout, la vision bouleversante de ces exilés en quête du rêve américain, qui regardent émerveillés la statue de la Liberté… avant d’être parqués derrière une corde comme des animaux. Des images qui, depuis près d’un siècle, ont nourri la représentation de l’immigration dans le cinéma hollywoodien, de Kazan (America, America) à Coppola (Le Parrain 2), jusqu’à James Gray aujourd’hui (The Immigrant).
THE IMMIGRANT, Charlie Chaplin 1917 (comique)@@@@ (E)
Charlie Chaplin est sur un bateau avec d'autres immigrés à destination de New York. Pendant le voyage, il rencontre une jeune femme qui s'occupe de sa mère malade. Chaplin arrive à New York mais il n'a pas d'arge ...

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THE QUIET GIRL, Colm Bairéad 2022,Catherine Clinch et Carrie Crowley (societe enfance)@@@


Irlande, 1981. Cáit, une jeune fille effacée et négligée par sa famille, est envoyée vivre auprès de parents éloignés pendant l'été. Hélas, dans cette maison en apparence sans secret, où elle trouve l'épanouissement et l'affection, Cáit découvre une vérité douloureuse.

TELERAMA
Une fillette livrée à elle-même. Un conte irlandais d’une belle pudeur.

Une évocation de l’enfance délicate et bouleversante, un personnage inoubliable : voilà qui peut expliquer le véritable phénomène qu’est devenu ce film irlandais, remarqué jusqu’aux Oscars. Inspiré par une longue nouvelle de la romancière Claire Keegan (Les Trois Lumières), c’est le portrait d’une fille de 12 ans dont les parents pauvres et indifférents se débarrassent en offrant à une cousine éloignée de s’en occuper pendant un été, avec son mari. Un peu sauvage, très timide, la petite Cáit pourrait être l’héroïne d’un conte sombre, comme La Petite Fille aux allumettes, d’Andersen, tant elle semble sans défense…

Le réalisateur, dont c’est le premier film, dit avoir volontairement rendu assez intemporelle l’atmosphère de cette histoire, située en 1981, afin d’y faire passer l’ombre menaçante d’une Irlande où la maltraitance des enfants, notamment dans les institutions religieuses, a sévi tout au long du XXe siècle. Sur ce fond de dureté, Colm Bairéad met en scène des êtres fragiles : une quasi-orpheline à l’abandon et un couple qui cache une blessure secrète. Pour ce trio, il va être question de s’apprivoiser, au fil d’un prudent apprentissage de la vie en commun, du partage. Le film passe ainsi, peu à peu, de la menace possible à la protection nécessaire, montrée comme l’essence même de la relation entre Cáit et ses parents d’adoption.

Une émotion naît de l’engagement qui s’exprime pour les droits de l’enfance, sans qu’il soit besoin d’aucun discours. La beauté du film repose, en effet, sur la pure sensibilité des personnages, tous pudiques et taiseux, subtilement interprétés. Dans leurs silences, un autre langage naît, fait de gestes, de moments où la tendresse trouve à s’exprimer autrement que par des mots — par exemple à travers le motif d’une tapisserie où le départ d’un train évoque la séparation… Un monde visuel que le réalisateur organise comme un musicien, par petites touches trouvant une magnifique résonance.

THE QUIET GIRL, Colm Bairéad 2022,Catherine Clinch et Carrie Crowley (societe enfance)@@@ (E)
Irlande, 1981. Cáit, une jeune fille effacée et négligée par sa famille, est envoyée vivre auprès de parents éloignés pendant l'été. Hélas, dans cette maison en ap ...

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THE TOURIST, Florian Henckel 2010, Angelina Jolie, Johnny Depp (aventure)@@


Un professeur de mathématiques, nommé Frank Tupelo, décide de voyager en Europe parce qu'il a le coeur brisé.
THE TOURIST, Florian Henckel 2010, Angelina Jolie, Johnny Depp (aventure)@@ (E)
Un professeur de mathématiques, nommé Frank Tupelo, décide de voyager en Europe parce qu'il a le coeur brisé. ...

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TWISTERS, Lee Isaac Chung 2024, Daisy Edgar-Jones, Glen Powell (film catastrophe)@@


Alors que la saison des tempêtes s'intensifie, les chemins de l'ancienne traqueuse de tempêtes Kate Cooper, attirée de nouveau vers les plaines ouvertes après une rencontre dévastatrice des années ...

TELERAMA
Une chasseuse de tornades rencontre un vidéaste féru de cataclysmes naturels. Forcément, il y a du coup de foudre dans l’air. Une relecture plaisante, vingt-huit ans plus tard, du film catastrophe de Jan de Bont.

Sasha Lane et Glen Powell (Tyler Owens). Photo Melinda Sue Gordon/Universal Pictures/Warner Bros./Amblin Entertainment

Stephen King nous avait déjà appris, dans Tempête du siècle, que les cataclysmes naturels peuvent servir la brutalité d’un récit. Il en va de même dans Twisters (qui n’est pas une suite, mais une relecture du Twister, sans « s », de Jan de Bont, sorti en 1996). Les premières scènes candides montrant de jeunes « chasseurs de tornade » amateurs virent rapidement au cauchemar lorsque trois d’entre eux meurent, aspirés par la bête météorologique. Cinq ans après la tragédie, Kate, l’une des rescapées, continue d’étudier les tornades à distance depuis New York. Mais, lorsque son ami Javi lui propose de tester un nouveau détecteur de tornades, elle surmonte son traumatisme, replonge dans l’œil du cyclone et y rencontre Tyler, un histrionique vidéaste féru de tempêtes.

Malgré ces fréquentes mentions à l’échelle de Fujita (qui permet de mesurer l’intensité des tornades), la plus forte des intempéries ne se tramerait-elle pas dans le cœur des personnages ? Car Twisters est en réalité… un film romantique. Et pas des plus subtils tant les poncifs du genre s’y bousculent. Le coup de foudre – sans mauvais jeu de mots – est évident, les deux surdoués de la science s’affrontent au jeu de « qui trouve l’épicentre du cataclysme en premier » ; celle qu’on surnomme « City Girl » a, en réalité, grandi dans une ferme et le cow-boy fanfaron se révèle tendre et timoré…

Twisters est aussi un film 100 % américain. Des courses de jeeps au rodéo en passant par une bande-son signée par une des plus grandes stars actuelles de la musique country, Luke Combs, tout y passe. Avec un style très hollywoodien, où la caméra, souvent nerveuse, dynamise le récit. Les tornades sont filmées comme de véritables monstres voraces dont on ne perçoit les rugissements que trop tard avec, en prime, une musique type « orchestre épique » à la Jurassic Park. Plutôt plaisant, donc, avec, toutefois, un gros bémol : Twisters rappelle à plusieurs reprises que l’intensité et la fréquence de ces phénomènes météorologiques s’accroissent aux États-Unis, mais ne mentionne jamais le changement climatique, pourtant cause de ces aggravations.
TWISTERS, Lee Isaac Chung 2024, Daisy Edgar-Jones, Glen Powell (film catastrophe)@@ (E)
Alors que la saison des tempêtes s'intensifie, les chemins de l'ancienne traqueuse de tempêtes Kate Cooper, attirée de nouveau vers les plaines ouvertes après une rencontre dévastatrice des années ... ...

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THE YATCH, Declan Whitebloom 2021 (thriller maritime)@


Bella a eu une adolescence dissipée et n'a plus aucune nouvelle de son père, dont elle reproche l'absence. Au décès de celui-ci, elle reçoit un superbe yacht en héritage, qui vaut une fortune. Malgré les consignes administratives, elle s'y installe clandestinement le soir-même avec un garçon qu'elle a dragué dans un bar. En pleine nuit, le yacht démarre avec à son bord trois voleurs. Bella doit les affronter afin de survivre.

TELERAMA
Bella Denton, une jeune femme aussi perturbée que fêtarde, hérite du splendide yacht de son défunt père avec lequel elle n'entretenait aucun contact. La jeune femme, qui n'a pas le pied marin, passe une nuit dans le bateau avec Michael, son petit ami du moment, après s'être assurée que le yacht était bien amarré. Le lendemain matin, à son réveil, elle réalise qu'elle se trouve au beau milieu de l'océan et que Michael et elle ne sont plus seuls à bord. Tandis que son amant se jette à l'eau pour aller donner l'alerte, Bella ne peut compter que sur elle-même pour venir à bout des intrus. Elle ignore que ceux-ci sont envoyés par les anciens associés de son père, déterminés à récupérer une grosse somme d'argent cachée dans le coffre-fort du bateau..
THE YATCH, Declan Whitebloom 2021 (thriller maritime)@ (E)
Bella a eu une adolescence dissipée et n'a plus aucune nouvelle de son père, dont elle reproche l'absence. Au décès de celui-ci, elle reçoit un superbe yacht en héritage, qui vaut une fortune. Malgr ...

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TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@


Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, avec ses deux filles, Madeleine et Toinette. Il dédaigne les séductions de la cour du roi Louis XIV et passe le plus clair de son temps à composer dans un cabanon isolé. Lorsque Marin Marais, un jeune homme ambitieux et doué, lui demande avec insistance de le prendre pour élève, Sainte-Colombe accepte.

TELERAMA
Au XVIIe siècle, reclus dans son manoir, M. de Sainte-Colombe compose de la musique baroque et joue comme personne de la viole de gambe. Taciturne, triste, sauvage, il ne se console pas de la mort de sa femme. Il élève ses deux filles dans la doctrine janséniste et le goût de la musique pure. Un jeune admirateur force sa retraite. C'est Marin Marais. Deux conceptions de la musique s'affrontent, deux styles de vie.

La musique, ici, est une fin et un moyen, une façon d'exprimer l'ineffable. Si certains grands artistes ne dédaignent pas de participer aux vanités du siècle, ils sont quand même des artistes. C'est le cas de Marin Marais, qu'interprètent Guillaume puis Gérard Depardieu. Alain Corneau et le romancier Pascal Quignard lui opposent l'attitude hiératique de l'intraitable Sainte-Colombe, qui refuse les simagrées, cherche la solitude et éprouve la souffrance de la création. Dans ce rôle ingrat, Jean-Pierre Marielle s'évadait enfin - et d'éblouissante manière - des personnages extravertis, hâbleurs et avantageux dans lesquels on l'a confiné. Comme l'acteur, tout est retenu dans ce film austère : les sentiments, les mouvements, les élans. D'un abord difficile, il demande à être sans cesse revu (et réécouté).
TOUS LES MATINS DU MONDE, Alain Corneau 1991, Gerard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet (bio musical)@@@ (E)
Au XVIIe siècle, dans le royaume de France. Depuis la mort de sa femme, monsieur de Sainte-Colombe, homme austère et passionné, grand maître de la viole de gambe, vit retiré dans sa propriété, ...

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TOUT SAUF TOI, Will Gluck 2023, Sydney Sweeney, Glen Powell (comedie sentimentale)@@


Béa et Ben vivent un premier rendez-vous plein de passion et d'attraction. Mais aussi vite que les étincelles jaillissent, l'intérêt s'estompe également. Ils se séparent jusqu'à ce qu'ils se retrouvent de manière inattendue lors d'un mariage en Australie.

TELERAMA
Un trader et une étudiante prétendent être en couple alors qu’ils se détestent… Dommage que Will Gluck préfère exploiter le physique de ses interprètes plutôt que le potentiel théâtral de son récit.

Succès surprise au box-office américain fin décembre, Tout sauf toi marque le retour de Will Gluck à la comédie romantique. Avant de travailler sur des films familiaux – dont les adaptations de Pierre Lapin –, le réalisateur s’était illustré au début des années 2010 avec les honorables Easy Girl et Sexe entre amis, carburant aux simulacres. Le premier mettait en scène Emma Stone en lycéenne se faisant passer pour une fille facile. Dans le second, Mila Kunis et Justin Timberlake se mentaient à eux-mêmes en imaginant qu’une relation purement amicale et sexuelle puisse échapper à l’amour.

Vaguement inspirée d’une pièce de Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien, cette nouvelle romcom se focalise sur une étudiante en droit et un trader de Boston, qui se détestent depuis un malentendu à la fin de leur premier rendez-vous. Quand ils se retrouvent par hasard à un mariage en Australie, ils font mine d’être ensemble afin de déjouer les plans de leurs proches entremetteurs. Au programme : plusieurs détours par Sydney, entre final attendu devant l’opéra et péripéties plus surprenantes, avec le couple attendant les secours sur une bouée de signalisation au milieu de la baie.

En fait, les origines théâtrales n’intéressent guère le cinéaste, qui ne se concentre ni sur les faux-semblants, ni sur le huis clos familial dans une villa au bord de la mer de Tasman. Il préfère exploiter sans vergogne la plastique de ses deux interprètes, Glen Powell (aperçu dans le blockbuster Top Gun : Maverick) et Sydney Sweeney (vue dans la série Euphoria). Sommet, si l’on ose dire : le gag lourdingue à base d’araignée dans le short durant une excursion en pleine nature, sur le modèle d’une séquence mémorable de 6 Jours, 7 nuits (Ivan Reitman, 1998). Dommage, car lorsque Gluck joue plutôt sur la maladresse de l’héroïne, il obtient de meilleures scènes, dont le savoureux vol du cookie du partenaire masculin endormi dans un avion, à dix mille mètres d’altitude.
TOUT SAUF TOI, Will Gluck 2023, Sydney Sweeney, Glen Powell (comedie sentimentale)@@ (E)
Béa et Ben vivent un premier rendez-vous plein de passion et d'attraction. Mais aussi vite que les étincelles jaillissent, l'intérêt s'estompe également. Ils se séparent jusqu'à ce qu'ils se r ...

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OUTE LA BEAUTE ET LE SANG VERSE, Laura Poitras 2022 (documentaire)


Des films et des interviews illustrent la vie et le travail de la photographe et activiste Nan Goldin. Elle a récemment mené une lutte victorieuse contre l'entreprise Purdue Pharma, accusée d'être responsable de l'épidémie d'opioïdes aux États-Unis. Divers musées ont finalement mis fin à leur collaboration suite à des protestations et, en octobre 2020, Purdue Pharma a été condamnée à des amendes de plusieurs milliards de dollars.
OUTE LA BEAUTE ET LE SANG VERSE, Laura Poitras 2022 (documentaire) (E)
Des films et des interviews illustrent la vie et le travail de la photographe et activiste Nan Goldin. Elle a récemment mené une lutte victorieuse contre l'entreprise Purdue Pharma, accusée d'être responsable de l ...

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TROIS JOURS MAX, Tarek Boudali 2023, Tarek Boudali, Philippe Lacheau


Rayane, policier maladroit, héroïque malgré lui dans 30 jours max, se trouve cette fois confronté à une situation des plus rocambolesques : sa grand-mère a été kidnappée par un cartel mexicain et il a trois jours max pour la libérer. Aux côtés de ses fidèles collègues, il va vivre des aventures extrêmes entre Paris, Abu Dhabi et Cancún.

TELERAMA
Après “30 Jours max”, Tarek Boudali revient en héros super gaffeur, avec plein de références à Indiana Jones et à Tom Cruise. Certains gags sont vraiment réussis, et l’ambiance générale excuse certaines lourdeurs.

Après 30 Jours max, pas très fin, souvent drôle, et triomphal (plus d’un million d’entrées envers et contre la pandémie), la bande à Fifi revient avec, à nouveau, Tarek Boudali en héros malgré lui et super gaffeur. Cette fois, il s’agit, en vrac, entre Paris, Abou Dabi et Cancún, d’un enlèvement, d’un cartel mexicain et d’un trésor, le tout saturé de références plus ou moins détournées à Indiana Jones, À la poursuite du diamant vert et aux Mission : Impossible de Tom Cruise. Ce qui occasionne quelques séquences et gags très réussis — comment escalader une tour en verre… pour rien, ou démarrer en trombe, mais à deux à l’heure, dans un parking — et une ambiance exotico-potache qui fait oublier certaines lourdeurs. Difficile de ne pas trouver sympathique cette bande qui aime le cinoche, et s’en amuse avec modestie et un maximum de camaraderie.
TROIS JOURS MAX, Tarek Boudali 2023, Tarek Boudali, Philippe Lacheau (E)
Rayane, policier maladroit, héroïque malgré lui dans 30 jours max, se trouve cette fois confronté à une situation des plus rocambolesques : sa grand-mère a été kidnappée par un ca ...

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TUEURS DE DAMES, Alexander Mackendrick 1955 (thriller policier)@@


Une charmante vieille dame loue une chambre au distingué professeur Marcus pour que son quatuor puisse répéter. Mais Marcus est un imposteur : ses musiciens et lui ne sont qu’une bande de voleurs préparant un mauvais coup… Et quand ils se croient démasqués, les malfrats cherchent à se débarrasser de leur logeuse. Mais la vieille lady est coriace…

TELERAMA
« Être frivole sur un sujet frivole, c’est simplement ennuyeux ; être frivole sur un sujet mortellement sérieux, voilà­ le vrai comique ! » Appliquant son propre principe au pied de la lettre, Alexander Mackendrick signait l’une des comédies anglaises les plus hilarantes et les plus noires. Michael Balcon, son producteur, trouvait même que son poulain était allé trop loin dans l’inégal combat entre l’ancêtre innocente et ses odieux locataires.
La mécanique macabre est irrésistible, et la victoire de la vieille Mrs Wilberforce, qui a l’art de considérer des tueurs sans scrupules comme des chenapans irresponsables, sera totale, sans appel et, somme toute, assez morale. L’interprétation est parfaite, de Katie Johnson à Alec Guinness, flanqué d’un Peter Sellers ­débutant. À s’étrangler de rire en dégustant son thé.


TUEURS DE DAMES, Alexander Mackendrick 1955 (thriller policier)@@ (E)
Une charmante vieille dame loue une chambre au distingué professeur Marcus pour que son quatuor puisse répéter. Mais Marcus est un imposteur : ses musiciens et lui ne sont qu’une bande ...

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UN AIR DE FAMILLE, Cedric Klapisch 1996, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin, Catherine Frot, Agnes Jaoui (comique)@@


Chaque vendredi soir, la famille Ménard se réunit au bar-restaurant Au Père Tranquille, tenu dans une banlieue par l'un des fils, Henri.

TELERAMA
Un grand air (étouffant) de famille, un grand air (décoiffant) d’intelligence comique, c’est un grand oui !
Ça chauffe au dîner hebdomadaire des Ménard : Henri, le cafetier, vient de se faire larguer par sa femme. Philippe, son frère, cadre faraud et peureux, peste contre Betty, la petite sœur rebelle. Laquelle en a marre de la relation qu’elle entretient avec Denis, le serveur intello. Et puis il y a la mère, pas commode, et Yolande, pas maligne…

Le thème — la difficulté à résister au poids de la famille, à son embrigadement mental —, traité avec brio par le tandem Jaoui-Bacri, rejoint les préoccupations de Cédric Klapisch. Le cinéaste n’a cessé de s’interroger sur la façon dont l’individu parvient à rester lui-même au sein du collectif, entreprise (Riens du tout), lycée (Le Péril jeune), quartier (Chacun cherche son chat). Ici, chacun reconnaît ses parents, ses frères, ses sœurs… La mise en scène, tranchante, sert le texte, drôlissime, et les acteurs sont tous formidables. Jean-Pierre Bacri sait mieux que personne se recoiffer avant d’enfiler son pull, ou fredonner le générique des Chiffres et des lettres. Catherine Frot joue les gourdes avec invention, et Jean-Pierre Darroussin est stupéfiant d’humanité.
UN AIR DE FAMILLE, Cedric Klapisch 1996, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin, Catherine Frot, Agnes Jaoui (comique)@@ (E)
Chaque vendredi soir, la famille Ménard se réunit au bar-restaurant Au Père Tranquille, tenu dans une banlieue par l'un des fils, Henri.

TELERAMA
Un grand air (étouffant) de famille, un grand air (d& ...

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UN AMOUR DE JEUNESSE, Mia Hansen-Love 2011, Lola Creton, Valerie Boneton (sentimental)@


UN AMOUR DE JEUNESSE, Mia Hansen-Love 2011, Lola Creton, Valerie Boneton (sentimental)@
UN AMOUR DE JEUNESSE, Mia Hansen-Love 2011, Lola Creton, Valerie Boneton (sentimental)@ (E)
UN AMOUR DE JEUNESSE, Mia Hansen-Love 2011, Lola Creton, Valerie Boneton (sentimental)@ ...

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UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@


Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de la mère biologique, Yawa, qu'il a connue autrefois.

TELERAMA
Ce récit initiatique et sensible sur les liens père-fils entre la France et le Sénégal a obtenu le prix du meilleur unitaire et celui de l’interprétation masculine à La Rochelle.

Qu’arrive-t-il à Gabriel, cet enfant que Thibaut a adopté lorsqu’il était en poste sur l’île de Gorée, ancien marché d’esclaves, désormais site touristique du Sénégal ? À Paris, le garçon, que cet historien élève seul, est en proie à la mélancolie et à l’agressivité. Revenir en Afrique de l’Ouest, à la recherche de la mère biologique de Gabriel, qui l’a pourtant abandonné, est une solution ardue. L’adopter fait d’ailleurs resurgir un autre lien douloureusement brisé.

Pour son premier long métrage, Pierre Linhart ne manque pas d’ambition. Le voyage de Thibaut et Gabriel aborde quête des origines, questions existentielles, récit d’apprentissage, travail de mémoire, regard sur la société sénégalaise d’aujourd’hui et possibilité d’une famille recomposée, homoparentale et interethnique. La mise en scène fait passer le tout élégamment avec son cadre posé, voire épuré, son découpage soigné et un rythme calé sur les rencontres et les marchandages en wolof. Elle reste parfois théorique, mais le ton est plus impertinent qu’il n’y paraît. En père soucieux de ne pas être défaillant, sous l’œil parfois goguenard des locaux, qui le regardent comme un toubab (« blanc »), Jean Le Peltier réussit à nous emmener dans l’épreuve vécue par son personnage, quand le film ménage aussi une place au ressenti des autres protagonistes.
UN AUTRE PERE, Pierre Linhart 2025, Jean Le Peltier, Ladi Emeruwa (societe)@@ (E)
Thibaut, 40 ans, élève seul son fils de 7 ans, Gabriel, qu'il a adopté en Afrique. Face à la crise que traverse son fils, il décide de retourner avec lui au Sénégal, à la recherche de ...

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UN CHATEAU EN ESPAGNE, Corinne Masiero, Romane Bohringer, AissaMaiga


Voisins de palier, Maxime et Esteban forment un binôme inséparable. Jamais à court d'idées, d'envies et de projets, ils mettent toute la bonne humeur de leurs 13 ans à courir les 400 coups. Il faut dire que Maxime est orphelin de père. Sa mère, Emma, avocate affairée et toujours en deuil, ne parvient pas à lui offrir mieux qu'une affection distante. C'est donc un second foyer uni et plein de vie que Maxime trouve dans la famille espagnole d'Esteban.

TELERAMA
Une mère ferraille pour offrir un toit digne à ses enfants. Corinne Masiero aborde le mal-logement frontalement et avec sincérité, mais son téléfilm s’éparpille dans une intrigue complexe.

Veuve et mère de deux enfants, Fanny vit dans la misère. Elle a beau se démener pour trouver un logement, ses maigres revenus ne lui permettent pas de louer un appartement. Un secours inespéré va venir d’Audrey, révoltée par leur situation. Mariée à Franck, un homme sans scrupule qui possède un immeuble inoccupé, Audrey va proposer à Fanny et sa famille de venir y habiter clandestinement. Mais Franck, découvrant le pot aux roses, va tout faire pour les expulser…

Cette première réalisation de Corinne Masiero (Capitaine Marleau, Les Invisibles) a le grand mérite de s’attaquer à un sujet presque jamais abordé dans la fiction télévisuelle : le mal-logement, qui touche aujourd’hui plus de 4 millions de personnes en France. Brut et sincère, son film déborde d’empathie pour les victimes de cette injustice. C’est plutôt au niveau du scénario que le bât blesse. Le téléfilm pâtit d’une certaine confusion et on a parfois du mal à suivre le fil d’une intrigue qui s’éparpille en multipliant les personnages secondaires. Le surjeu de certains acteurs n’aide pas à adhérer à l’histoire… Espérons que la diffusion de ce très engagé Château en Espagne contribuera néanmoins à faire bouger les lignes sur cette question brûlante.
UN CHATEAU EN ESPAGNE, Corinne Masiero, Romane Bohringer, AissaMaiga (E)
Voisins de palier, Maxime et Esteban forment un binôme inséparable. Jamais à court d'idées, d'envies et de projets, ils mettent toute la bonne humeur de leurs 13 ans à courir les 400 coups. Il faut dire que ...

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UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@


Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête dans le milieu. Il y retrouve son ami Simon, propriétaire d'une boîte de nuit, et sa compagne Cathy.

TELERAMA
La quintessence du style de Melville : le flic improbable jazzy, l’amitié trahie, le sort dérisoire de l’être humain. Son film le plus épuré…

Un bord de mer fouetté par la pluie. Une ville fantôme. Et des gangsters sanctifiés. L’ouverture du dernier film de Melville est un modèle d’intensité plastique et d’incongruité. Dans ce désert urbain, on s’attend à tout sauf à voir une banque ouverte qui attend sagement d’être dévalisée. La vraisemblance, Melville le maniériste s’en moque. Même chose pour l’intrigue, minimale. Ce qui est affiné et exacerbé, ce sont les codes du polar… On est hypnotisé par le déroulement minutieux du casse dans le train. On glisse dans un monde désaffecté, peu loquace mais très sonore. Tout se passe comme si Delon, Deneuve et les autres, statufiés dans leur mutisme, adressaient au spectateur les derniers signes d’une vie possible à l’écran.
UN FLIC, Jean-Pierre Melville 1972, Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna (policier)@@ (E)
Un hold-up a lieu dans une banque. L'un des gangsters est blessé. L'argent est enterré dans un champ, le blessé amené dans une clinique. De son côté, Edouard Coleman, jeune commissaire, enquête ...

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UN HOMME EN FUITE, Baptiste Debraux 2024, Bastien Bouillon, Léa Drucker, Pierre Lottin, Marion Barbeau (thriller)@@


Rochebrune est au bord du chaos. Johnny, leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre apprend la nouvelle, il quitte précipitamment Paris et revient dans la ville qui l'a vu grandir pour retrouver son ami d'enfance avant la police. Seulement, l'enquête d'Anna Radoszewski la mène inéluctablement vers le secret qui unit Paul et Johnny.

TELERAMA
Dans une petite ville sinistrée, la disparition d’un homme après un braquage meurtrier exhume une amitié lourde de secrets. Un polar finement construit pour ce premier film intense de Baptiste Debraux.

Le fugitif de ce thriller, cet homme poussé à l’irréparable, avait-il un meilleur ami dans l’enfance ? A-t-il connu ce genre de frère électif, à la vie à la mort, avec lequel on construit une cabane dans un arbre comme un rempart contre l’injustice du monde ? C’est cela que raconte ce premier long métrage ancré dans les souvenirs, avant que ne coule le sang. Johnny, le mauvais garçon, le Robin des bois, aussi, de Rochebrune, petite commune qui se meurt en même temps que son usine en grève, a disparu après le braquage d’un fourgon, laissant un cadavre derrière lui.

Il y a longtemps, Johnny était un gosse mal loti par la vie, fils aimant d’une maman folle, et dont le seul allié était Paul, enfant de bourgeois, mais aussi fan que lui de L’Île au trésor. Deux gamins, des serments, et puis, l’âge venant, le fossé qui grandit, comme les envies de vengeance. Paul, devenu romancier, se retrouve avec une dette à payer à Johnny, alors que le capitaine de gendarmerie en charge de l’enquête (Léa Drucker), elle non plus, n’est pas étrangère aux lieux…

Baptiste Debraux rend particulièrement dense l’ambiance à la fois dépressive et surchauffée d’une petite ville touchée par la désertification et l’horizon du chômage : rues vides, tags vindicatifs, façades décaties de magasins fermés depuis longtemps, pancartes et braseros pour réunir les derniers combattants. Très intelligemment construit à coups de flash-back qui abolissent le temps, Un homme en fuite plonge au cœur de l’amitié comme dans une légende, avec un héros hors la loi et un alter ego qui « revient », façon western. La prouesse de la mise en scène est de rendre très vivant ce Johnny presque mort, ce pirate d’une France qui se noie. Il faut dire qu’il est incarné par Pierre Lottin, parfait dès qu’il s’agit d’offrir toute l’humanité du monde à un personnage fruste et blessé. Face à lui, Bastien Bouillon vibre de remords, frère d’arme qui n’aurait pas dû déserter. Un beau film noir sur l’impossibilité de salut pour les infortunés de la société
UN HOMME EN FUITE, Baptiste Debraux 2024, Bastien Bouillon, Léa Drucker, Pierre Lottin, Marion Barbeau (thriller)@@ (E)
Rochebrune est au bord du chaos. Johnny, leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre apprend la nouvelle, il quitte précipitamment Paris et revient dans l ...

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UN PERE IDEAL, Hélène Fillières 2024, Laurent Gerra, Eddy Mitchell (religion)@


Michel, le jovial tenancier du seul café d'un petit bourg normand, voit sa vie basculer quand sa fille adolescente est assassinée. Tout le monde le soutient, à commencer par Jeff, son meilleur ami, le curé de l'église qui fait face au café. Seulement, la rumeur monte et gangrène le village. Michel est montré du doigt. De père idéal, il devient le coupable idéal. La vindicte populaire menace l'amitié entre Jeff et Michel.

TELERAMA
Des décors et costumes tout droit venus des 70’s, une intrigue vue et revue et un duo Eddy Mitchell-Laurent Gerra daté. Ce téléfilm signé Hélène Fillières ne respire pas la modernité.

Vêtu d’un pull en laine jaunâtre, Michel s’active derrière le comptoir de son bar. Accoudé au zinc, des hommes aux vestes en tweed et son ami Jeff, curé du village. Plus loin, dans la salle au papier peint orangé, des jeunes du coin jouent au baby-foot, à deux pas du flipper. Si Jeff n’avait pas dégainé son smartphone pour immortaliser la scène, on se serait cru dans un bistro des années 70. Hélas, les décors ou les costumes ne sont pas les seuls éléments datés de ce téléfilm signé Hélène Fillières… Son intrigue – qui a bien pu tuer la fille adorée de Michel, alors qu’elle rentrait d’une soirée – semble déjà vue et revue. Les rebondissements de l’enquête sont attendus. Et l’on a connu plus moderne que le duo Laurent Gerra-Eddy Mitchell… Résultat, ce téléfilm tient plus de la machine à remonter le temps que du polar à suspense.

UN PERE IDEAL, Hélène Fillières 2024, Laurent Gerra, Eddy Mitchell (religion)@ (E)
Michel, le jovial tenancier du seul café d'un petit bourg normand, voit sa vie basculer quand sa fille adolescente est assassinée. Tout le monde le soutient, à commencer par Jeff, son meilleur ami, le curé de l'& ...

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UN SCANDALE A LA COUR, Michael Curtiz et Mario Russo 1960, Sophia Lauren, Maurice Chevalier


La princesse Olympia fait souffler sur la cour autrichienne un souffle de poésie et de rêve. Elle doit bientôt se marier avec un prince allemand. Son père l'envoie passer quelques jours dans un chalet, en montagne. Isolée, Olympia force sa chance et rencontre un automobiliste en panne. Citoyen américain, Charlie Foster passe la nuit au chalet sans céder aux avances de la belle. Mais il est déjà temps de revenir à la cour.


UN SCANDALE A LA COUR, Michael Curtiz et Mario Russo 1960, Sophia Lauren, Maurice Chevalier (E)
La princesse Olympia fait souffler sur la cour autrichienne un souffle de poésie et de rêve. Elle doit bientôt se marier avec un prince allemand. Son père l'envoie passer quelques jours dans un chalet, en montagne. ...

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UNE BELLE COURSE, Christian Carion 2022, Line Renaud, Dany Boon (road movie)@@


Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois. Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles. Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie.

TELERAMA
Une nonagénaire en route vers l’Ehpad raconte sa vie à un chauffeur de taxi désabusé. La belle complicité qui se développe entre les deux personnages et leurs interprètes fait oublier l’abus de violons.

Douze heures pour rejoindre Courbevoie depuis Bry-sur-Marne, soit à peine trente kilomètres… Ce n’est pas la faute des fameux embouteillages parisiens si Charles, au volant de son taxi, a tant traîné pour emmener sa cliente à bon port : Madeleine, une nonagénaire encore pleine de vie, a voulu revoir une dernière fois les lieux marquants de son existence avant d’emménager à l’Ehpad…

Une heure quarante de conversations à bord d’une voiture était probablement un projet de mise en scène trop radical pour le réalisateur de Joyeux Noël. Christian Carion a donc « aéré » son nouveau long métrage avec des flash-back sur le passé traumatique de Madeleine qui se révèlent particulièrement maladroits, malgré le talent d’Alice Isaaz. Le pathos et le didactisme appuyé de ces scènes artificielles contrastent avec la finesse d’écriture des dialogues entre le chauffeur de taxi désabusé et sa passagère malicieuse. La belle complicité qui se développe entre les deux personnages et leurs interprètes fait oublier l’abus de violons : la sobriété va bien à Dany Boon, pour une fois dans un rôle dramatique, et Line Renaud est irrésistible dans l’humour comme dans l’émotion.
UNE BELLE COURSE, Christian Carion 2022, Line Renaud, Dany Boon (road movie)@@ (E)
Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dan ...

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UNE BELLE RENCONTRE, Lone Scherfig 2016, Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Richard E. Grant, Henry Goodman


En plein Blitz de la Seconde Guerre mondiale, Catrin Cole est recrutée par le service de propagande britannique, en tant que script. Elle intègre une équipe de cinéastes et assiste le prolifique auteur Tom Buckley, chargé de réaliser un long-métrage à succès pour remonter le moral de la population et notamment des femmes et favoriser l'entrée en guerre des États-Unis. Alors que Londres vit écrasé sous la pluie des bombardements, elle doit, malgré les émotions, s'affirmer dans ce monde d'hommes.

TELERAMA
Les bombes tombent sur Londres, en 1940. Au ministère de l’Information, une jeune femme est engagée pour participer à l’écriture d’un film de guerre qui remontera le moral de la nation. La timide Catrin est aussitôt chargée de la parlote, c’est-à-dire des dialogues spécifiquement féminins. Elle va devoir imposer son talent, mais aussi décider de la manière dont elle veut mener son histoire personnelle…

En choisissant le ton de la comédie qui fait sourire, la réalisatrice Lone Scherfig libère tout le charme de ce personnage de débutante, confié judicieusement à Gemma Arterton. À travers son activité de scénariste, puis le tournage d’un mélo héroïque, une interrogation court sur la tragédie réelle et le travail des gens de spectacle, voués à l’artifice même s’ils sont patriotes. Les ressorts sentimentaux sont plus conventionnels, et pas très différents de ceux du faux film de 1940, présenté comme vraiment kitsch. Une belle rencontre a donc un petit côté rétro, pour mieux faire revenir le cinéma à l’innocence d’un bon divertissement.
UNE BELLE RENCONTRE, Lone Scherfig 2016, Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Richard E. Grant, Henry Goodman (E)
En plein Blitz de la Seconde Guerre mondiale, Catrin Cole est recrutée par le service de propagande britannique, en tant que script. Elle intègre une équipe de cinéastes et assiste le prolifique auteur Tom Buckle ...

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UNE BOUTEILLE A LA MER, Luis Mandoki 1999, Kevin Costner, Robin Wright, Paul Newman (maritime drame sentimental)@@


Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve une bouteille échouée contenant une lettre d'amour qui la bouleverse. Elle se met en tête d'en retrouver l'auteur. De cheminements en déductions, elle fait la connaissance de Garret, constructeur de bateaux désespérément obsédé par la disparition en mer de sa femme.

ALLOCINE
L'histoire d'un amour mort et d'un coeur qui cicatrise doucement pour un jour avoir de nouveau l'envie de battre et d'aimer à nouveau de façon passionné mais qui malheureusement va se heurter aux destin et qui ne réussira pas a vivre éternellement...
Une histoire triste et tragique !
UNE BOUTEILLE A LA MER, Luis Mandoki 1999, Kevin Costner, Robin Wright, Paul Newman (maritime drame sentimental)@@ (E)
Theresa est une jeune mère divorcée, rédactrice au Chicago Tribune. Décidée à prendre du recul, elle se retire quelques jours au bord de la mer. Au cours d'une promenade sur la plage, elle trouve un ...

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UNE FEMME SUR LE TOIT, Anna Jadowska 2023, Dorota Pomykała, Bogdan Koca (drame policier)@@


Alors qu'elle menait jusque-là une vie discrète et paisible, une infirmière sexagénaire se lance soudain dans un improbable et inexplicable braquage.

TELERAMA
Acculée par des dettes, une sexagénaire dévouée à sa famille, va commettre l’irréparable... Inspiré de faits réels, ce drame passe de l’ombre à la lumière, comme son héroïne, qui tente de s’émanciper d’une société polonaise rétrograde et machiste.

Mirka (impressionnante Dorota Pomykala) dédie sa vie au service des autres. Elle plie le linge, nourrit les poissons, fait à manger pour son fils adulte et son mari vautré dans son fauteuil, et elle travaille comme sage-femme dans la clinique locale. Mais un jour, la mère de famille, surendettée, tente, en un geste desespéré, de braquer une banque à l’aide d’un petit couteau de cuisine caché dans son sac…

Malgré sa lumière aveuglante, accentuée par la blondeur et la pâleur de l’héroïne, ce film de la Polonaise Anna Jadowska — inspiré de faits réels — est d’une noirceur absolue. Pourtant, même sans soutien, l’héroïne parvient à sortir peu à peu de son mutisme, de sa dépression et de sa solitude pour aller vers une lumière un peu plus douce.

UNE FEMME SUR LE TOIT, Anna Jadowska 2023, Dorota Pomykała, Bogdan Koca (drame policier)@@ (E)
Alors qu'elle menait jusque-là une vie discrète et paisible, une infirmière sexagénaire se lance soudain dans un improbable et inexplicable braquage.

TELERAMA
Acculée par des dettes, une sexag ...

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VERA DRAKE, Imelda Staunton 2005, Imelda Staunton, Philip Davis, Daniel Mays (societe)@@


Les années 50 à Londres. La modeste famille des Drake est appréciée dans tout le quartier. L'homme, Stan, est mécanicien dans le garage de son frère. Sid et Ethel, les deux enfants, sont respectivement apprenti tailleur et ouvrière dans une fabrique d'ampoules électriques. Vera, femme de ménage, est connue pour rendre service à tout son entourage. Mais si la gentillesse de la mère de famille est appréciée, c'est une activité bien plus secrète qui lui vaut d'être réputée en ville. Vera aide en effet des femmes à avorter clandestinement, à une époque où cette pratique est considérée comme un crime. Mais un jour, une de ses "patientes" ayant été blessée, Vera est inquiétée par la police et la justice. Elle entame une descente aux enfers...

TELERAMA
Dans les années 1950, avec la minutie, la patience et l’humilité d’un artisan, Vera Drake pratique des avortements. Après “Secrets et mensonges” et “All or nothing”, un autre chapitre de la comédie humaine selon Mike Leigh.

Vera Drake chantonne. Tout le temps. Quand elle cuisine pour son mari et ses deux enfants. Quand elle s’échine à briquer les demeures des grands bourgeois qui la regardent à peine. Vera Drake est aussi une avorteuse. Elle pratique cette activité avec la minutie, la patience, l’humilité d’un artisan, sans demander d’argent. Qu’elle aide ces femmes en détresse ou qu’elle invite à dîner ce voisin effacé qu’elle soupçonne de ne se nourrir que de pain et de saindoux, Vera ne fait qu’obéir à sa raison, à sa logique.

Ce n’est pas une sainte laïque, mais un cœur simple à la Flaubert. Avec elle, Mike Leigh poursuit sa description méticuleuse, presque clinique, d’une comédie humaine peuplée d’êtres frustes et de paumés magnifiques. Le plus beau de ces personnages, c’est sûrement Reg, le voisin au saindoux. Morne, voire pathétique, avec sa parole embarrassée et son pantalon déchiré au genou. C’est lui qui dira brusquement, lors de l’arrestation de Vera : « Quand vous vivez avec six enfants dans une pièce sans pouvoir les nourrir, c’est dur de les aimer. » Un pamphlet contre l’hypocrisie de sociétés édictant des lois que les pauvres subissent et que les riches déjouent.
VERA DRAKE, Imelda Staunton 2005, Imelda Staunton, Philip Davis, Daniel Mays (societe)@@ (E)
Les années 50 à Londres. La modeste famille des Drake est appréciée dans tout le quartier. L'homme, Stan, est mécanicien dans le garage de son frère. Sid et Ethel, les deux enfants, sont respectivem ...

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VERS DE NOUVEAUX HORIZONS, Nikolaus Leytner 2022, Maria Hofstätter, Leonard Hädler (telefilm thriller)@


En Haute-Autriche, la jeune Johanna, fraîchement sortie de l'école de police, se tue en tombant d'une falaise lors d'une descente dans une ancienne carrière où se tient une fête illégale. Dans la nuit noire, personne n'a vu ce qui s'est passé. Si les membres de son unité n'y voient qu'un tragique accident, Stani, gardien de la paix du côté tchèque et petit ami de la victime, met en doute cette version. Quand un jeune dealer que Johanna avait appréhendé ce soir-là est retrouvé mort d'une overdose, Stani ne croit plus en une coïncidence. Désemparé, il fait appel à l'ancienne commissaire Grete Öller, dont Johanna était la filleule. Avec l'aide de la retraitée, qui n'a rien perdu de ses réflexes, il se lance dans une enquête parallèle qui pourrait bien incriminer des membres de la police locale des deux côtés de la frontière...

TELERAMA
Une commissaire à la retraite aide un jeune policier à résoudre le meurtre de sa compagne, alors qu’elle venait d’arrêter un dealer de drogue. Scénario poussif pour ce téléfilm mettant en scène les aventures d’une sorte de capitaine Marleau autrichienne

Un soir, dans la campagne autrichienne, des policiers interviennent pour mettre fin à une rave party. Avec l’aide de son compagnon Stani, policier lui aussi, la jeune recrue Johanna arrête un dealer de drogue surnommé le « Sicilien ». Mais celui-ci parvient mystérieusement à s’évader juste après l’intervention. Quant à Johanna, elle est retrouvée morte au bas d’une falaise… L’enquête conclut à un simple accident. Stani, désespéré, fait appel à la marraine de Johanna, la commissaire à la retraite Grete Öller, pour l’aider à découvrir la vérité. D’abord réticente, celle-ci accepte. Qui a tué Johanna ? Est-ce la même personne qui a liquidé le Sicilien, retrouvé mort quelques jours après la jeune femme ?

Clope au bec au volant de sa voiture déglinguée, la flic retraitée Grete Öller a de faux airs de capitaine Marleau — mais sans le bagout de Corinne Masiero… Difficile, en fin de compte, de vraiment s’attacher au personnage. Et comme l’enquête se révèle aussi lente au démarrage que décevante dans sa conclusion, on ne ressent pas grand-chose devant ce téléfilm tourné entre l’Autriche et la République tchèque. Tout au plus la vague envie de manger un schnitzel. Pas sûr que ce soit le but recherché.
VERS DE NOUVEAUX HORIZONS, Nikolaus Leytner 2022, Maria Hofstätter, Leonard Hädler (telefilm thriller)@ (E)
En Haute-Autriche, la jeune Johanna, fraîchement sortie de l'école de police, se tue en tombant d'une falaise lors d'une descente dans une ancienne carrière où se tient une fête illégale. Dans la nuit ...

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VINCENT FRANCOIS PAUL ET LES AUTRES, Claude Saautet 1974, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gerard Depardieu (societe)@@@


Amis depuis la plus tendre enfance, Vincent, François, Paul et Armand, tous la cinquantaine, se retrouvent chaque dimanche à la campagne. Au quotidien, chacun connaît quelques déboires sentimentaux. Cependant, lorsque Vincent est victime d'une crise cardiaque, ses amis prennent conscience de l'importance de leurs problèmes.

TELERAMA
Les films de Sautet sont souvent réduits à des radiographies de la société française des années 1970. Les héros de ce film affrontent bien les premiers remous de la crise des années Giscard, mais leur mélancolie est intemporelle.

Partie de foot dans un jardin hivernal. D’éclats de rire en bousculades, les joueurs du dimanche délaissent pour quelques heures le cours de leurs existences de quadragénaires. Vincent, petit patron cardiaque, François, médecin trompé par sa femme, Jean, boxeur occasionnel, partagent cette parenthèse fraternelle chez Paul, romancier en panne d’inspiration…

Au gré des rediffusions, leur gaieté ou leurs fêlures ont fini par se glisser dans nos souvenirs intimes. Plus qu’une galerie de portraits, c’est une polyphonie complexe, mélancolique et cordiale, un formidable document sociologique sur la classe moyenne des années 1970. Le film observe les premiers remous de la crise, économique, morale et affective. Sautet enferme d’abord ses personnages à l’abri d’une maison de campagne, cocon illusoire où l’on peut nier le temps et ses blessures. Et puis, dehors, les héros de cette chronique douce-amère retrouvent leur âge mûr, celui des bilans et des usures, le cœur qui lâche, l’amour qui se fissure… Le cinéaste scrute ces vies abîmées avec un respect lucide. Il laisse à ces hommes le choix de mentir, de jouer une pudique comédie, entrecoupée d’intenses moments de vérité.
VINCENT FRANCOIS PAUL ET LES AUTRES, Claude Saautet 1974, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Gerard Depardieu (societe)@@@ (E)
Amis depuis la plus tendre enfance, Vincent, François, Paul et Armand, tous la cinquantaine, se retrouvent chaque dimanche à la campagne. Au quotidien, chacun connaît quelques déboires sentimentaux. Cependant, lor ...

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VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@


Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, qui se trouve laide, est toujours en quête d'amour. Née bâtarde au début du XXe siècle, si elle n'a jamais été reconnue par son père, elle ne s'est jamais sentie aimée par sa mère.

TELERAMA
Violette Leduc, Simone de Beauvoir : un lien étrange entre deux monstres littéraires que Martin Provost et ses actrices rendent fascinant.

Hier, Séraphine de Senlis, aujourd’hui, Violette Leduc. De toute évidence, Martin Provost aime les cabossées, les provocatrices, les rejetées : celles qu’on enfer­me (dans un asile ou en elles-mêmes) pour les empêcher de peindre ou d’écrire. Pour lui, Séraphine et Violette sont des sœurs jumelles, unies par leur laideur et le peu d’amour qu’elles suscitent autour d’elles. Et en elles. Il les filme de la même façon : saisies de près ou de loin par de longs travellings, elles marchent, elles marchent sans cesse, elles ne font que marcher vers un but qui se dérobe. Elles sont abruptes, pas faciles et même carrément insupportables (sur le tournage, Emmanuelle Devos qualifiait son personnage d'« attachiante » !), mais, curieusement, c’est en scènes lentes, presque calmes que le cinéaste traduit leur emportement. C’est que la force des sentiments passe, chez lui, par une sagesse (parfois excessive) de la forme.

De la vie de son héroïne, le cinéaste privilégie le lien étrange, amoureux pour l’une, amical pour l’autre, que Violette noue avec Simone de Beauvoir. Ces deux femmes, il les filme comme deux blocs de solitude. Violette semble à jamais exilée dans une chambrette qu’elle déteste, le plus souvent encombrée d’une mère adorée et haïe ; Beauvoir, elle, déménage d’un appartement l’autre, dont les salons apparaissent de plus en plus sombres et nus : elle est loin de Sartre, des mondanités et de ses amours américaines. Ce sont deux monstres littéraires qu’on observe, rigoureusement opposés, liés, cependant, par la certitude du talent de l’autre. Entre Emmanuelle Devos, actrice de l’imperceptible, et Sandrine Kiberlain, impassible, un masque impénétrable posé sur le visage, les rencontres deviennent des moments fascinants dans leur épure même. Leur irréalisme absolu.

D’ailleurs, c’est lorsqu’il se met en quête de réalisme (la voix de Louis Jouvet sur une scène de théâtre, Jacques Bonnaffé qu’il tente désespérément de faire ressembler à Jean Genet…) que Martin Provost se plante. Ce qu’il réussit, en revanche, magnifiquement, c’est filmer ces moments de la vie de Violette comme du temps arrêté – que souligne la musique planante d’Arvo Pärt. À tel point que, lorsqu’au milieu des années 1960, après le triomphe de La Bâtarde, elle rencontre l’amour, le jeune homme qu’elle prend pour amant semble sortir d’un film des années 1930. De l’enfance de Violette. Ou de son imaginaire.
VIOLETTE, Martin Provost 2013, Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain (histoire bio)@@ (E)
Durant la Seconde Guerre mondiale, Violette Leduc a trouvé refuge à la campagne avec l'écrivain Maurice Sachs. Ils laissent à penser qu'ils sont mari et femme, mais ne le sont pas. Sachs est homosexuel, Violette, ...

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VOYAGE AU POLE SUD, Luc Jacquet 2023, Luc Jacquet (documentaire)@


En 1991, Luc Jacquet partait pour sa première mission en Antarctique. Trente ans plus tard, le réalisateur de "La Marche de l'empereur", Oscar du meilleur film documentaire en 2006, revient là où tout a commencé pour lui.

TELERAMA
Le réalisateur de “La Marche de l’empereur” questionne sa fascination pour le paradis blanc. Mais son ambition contemplative souffre d’effets parasites.

Trente ans après ses premiers pas en Antarctique, Luc Jacquet, le réalisateur oscarisé de La Marche de l’empereur, met à nouveau le cap vers ce pôle Sud qui le magnétise. Un désert blanc où il a passé, dit-il, l’équivalent de « quatre années de vie ». Et qui lui a inspiré plusieurs documentaires – dont La Glace et le Ciel, en 2015, et L’Empereur, en 2017.

Cette fois, l’ex-chercheur en écologie animale a choisi de s’affranchir de tout récit naturaliste. Et de questionner, sur un mode contemplatif et introspectif, sa fascination pour le grand blanc, et son « addiction » pour ce territoire peu hospitalier. De la traversée des immensités désolées de la Patagonie en voiture à la navigation en brise-glaces jusqu’au continent immaculé, le film étire ses paysages à la photogénie accrocheuse, magnifiés par le choix d’un noir et blanc contrasté. Des tableaux presque abstraits, où se dessinent les craquelures de l’eau congelée, la géométrie froide de la banquise, les cristaux scintillants.

Une bande-son envahissante
À ces carrés blancs sur fond blanc où le regard se perd, au choc esthétique de la nature brute et des plans à la beauté bien cadrée, vient s’ajouter le poids des mots, moins aériens, eux, que les flocons. Voix chuchotante et phrasé sentencieux, le réalisateur délivre dans un souffle son « récit intérieur », méditation où s’enchaînent considérations métaphysiques, envolées lyriques, réflexions sur la beauté pure de la nature et la dévastatrice main de l’homme, surlignées par une bande-son envahissante. De quoi briser la glace, mais surtout le charme, de ce bout du monde fascinant.
VOYAGE AU POLE SUD, Luc Jacquet 2023, Luc Jacquet (documentaire)@ (E)
En 1991, Luc Jacquet partait pour sa première mission en Antarctique. Trente ans plus tard, le réalisateur de "La Marche de l'empereur", Oscar du meilleur film documentaire en 2006, revient là où tout a ...

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WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@


Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour pour la jeune Miko, sa compagne japonaise, partie vingt ans plus tôt sans donner d'explication. Un jour, son tempérament violent conduit Hubert à démolir, sans le savoir, le portrait du fils du préfet. Les représailles ne se font pas attendre, et son supérieur lui impose aussitôt un congé. C'est alors que le flic turbulent apprend qu'il doit se rendre au Japon : Miko, décédée subitement, l'a désigné comme unique légataire d'un héritage dont le contenu reste une énigme...

TELERAMA
Un flic solitaire et retors retrouve sa fille lors d’une mission au Japon. Résultat : ce film écrit par Luc Besson est une pâte molle à peine relevée de quelques canardages.

Wasabi, c’est le petit tas de moutarde verte sur le côté du plateau de sushis. Jean Reno mange ça sur le bout du doigt, comme si c’était de la mousse au chocolat. Voilà un dur à cuire. Pendant ce temps, le spectateur avale tout aussi distraitement Wasabi-le-film, pâte molle à peine relevée de quelques castagnes et canardages. Un scénario niveau CE2 dépêche Jean Reno, superflic jamais remis d’une romance nippone, à la rencontre du fruit de cette liaison passée : une poupée choc aux tifs soleil couchant.

À Tokyo, le gendarme en vadrouille dézingue les yakusas à coups de club de golf. Il est tantôt flanqué de la post-lolita survoltée (cliché rituel des productions Luc Besson), tantôt d’un comparse gaffeur type La Chèvre, que Michel Muller (intéressant guignol canalesque) fait de son mieux pour étoffer. Aucun des deux tandems n’est vraiment exploité. Mais on s’en fout un peu, comme du reste.

Une seule chose ici compte : Jean Reno. Chaque nouveau rôle coule un peu plus dans le bronze sa statue d’acteur populaire. C’est un homme qu’on aime aimer, avec ses yeux cernés, sa barbe de trois jours, ses airs de chien fidèle. On voit doucement vieillir ce massif clergyman de la castagne. D’un film à l’autre et beaucoup sont médiocres il est le même et il est là. C’est un héros récurrent qui ne dit pas son nom. Sauf qu’ici (clin d’œil volontaire ?) il s’appelle Hubert, comme dans Les Visiteurs. Chevalier solitaire, anachronique et mutant, sympathique et opaque, Jean Reno aura un jour sa rétrospective à la Cinémathèque.

WASABI, Gérard Krawczyk 2001, Jean Reno, Michel Muller, arole Bouquet, Ryôko Hirosue (thriller japon)@@ (E)
Hubert Fiorentini est un policier quadragénaire au caractère bien trempé, qui éprouve de ce fait quelques difficultés dans ses relations avec les femmes. Il n'est jamais parvenu à oublier son amour ...

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WEEK ENDS, Anne Villacèque 2014, Karin Viard, Jacques Gamblin, Laure Calamy (comedie sentimentale)@@


Deux couples, Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, passent presque tous leurs week-ends ensemble dans un paisible village de Normandie où ils ont chacun acheté une maison. Ils se connaissent depuis plus de trente ans, leurs enfants ont grandi ensemble. Et puis un jour Jean quitte Christine. Celle-ci est dévastée. Sylvette et Ulrich font ce qu'ils peuvent pour la réconforter, mais elle résiste. Les rapports entre eux se distendent.

TELERAMA
Deux couples amis depuis vingt ans. L’un se sépare, l’autre ne sait comment réagir. Un récit original, avec des ruptures de ton surprenantes.

Il y a vingt ans, les deux couples étaient inséparables, au point d’acheter deux maisons de vacances voisines. Sylvette et Ulrich s’aiment toujours, ou du moins font semblant. Mais, de l’autre côté de la rue, Jean s’en va, laissant Christine dévastée. Et ses amis dans le doute. Un décor presque unique, un récit au fil des quatre saisons : avec Week-ends, Anne Villacèque signe une sorte de remake normand d’Another year — Karin Viard joue un rôle de maniacodépressive, comme Lesley Manville chez Mike Leigh. Mais le ton est encore plus désespéré. Chez Christine et Jean, l’amour fusionnel a viré à la haine et le poids du passé empêchera toujours les deux ex-conjoints de trouver le bonheur dans les bras d’un(e) autre. Quant à Sylvette et Ulrich, leur union paisible en façade est plombée par la routine.

Les amours de ces antihéros sont banales, mais leur chronique n’a rien d’ordinaire. Dès les premières minutes, Anne Villacèque bouscule le naturalisme apparent grâce à l’irruption violente de l’incongru. Christine, qui vient de se garer sur la dernière place disponible d’un parking, se fait insulter par une automobiliste furibarde : c’est drôle, puis de plus en plus inquiétant. À l’image de cette scène tendue, Week-ends va rarement là où on l’attend, grâce à un récit tout en ellipses et non-dits. Grâce, aussi, à d’étonnantes ruptures de ton. Dans la douceur comme dans la terreur, avec la soudaine crise d’angoisse de Jean. On n’est plus alors chez Mike Leigh. Mais du côté de chez Bergman.
WEEK ENDS, Anne Villacèque 2014, Karin Viard, Jacques Gamblin, Laure Calamy (comedie sentimentale)@@ (E)
Deux couples, Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, passent presque tous leurs week-ends ensemble dans un paisible village de Normandie où ils ont chacun acheté une maison. Ils se connaissent depuis plus de trente ans, leurs ...

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WILLOW, Ron Howard 1988 (conte fantastique jeunesse)@@


La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du royaume. Elora, le bébé de la prophétie, échappe au massacre. Elle est recueillie par Willow, un homme de petite taille qui fait partie de la race des Nelwyns. Ce dernier est chargé de ramener l'enfant au pays des Daïkinis.

TELERAMA
Ron Howard joue les apprentis sorciers. Son grimoire de référence s’appelle Le Seigneur des anneaux, de Tolkien, épopée foisonnante peuplée d’aimables Hobbits aux prises avec un terrifiant seigneur… Pour éviter la copie conforme, le cinéaste ajoute dans son chaudron une louchée biblique (le massacre des Innocents), un fragment de Table ronde 100 % celte, quelques hydres mythologiques et un croustillant clin d’œil à Blanche-Neige. Trempé dans cette mixture, le conte ressemble à un habit d’Arlequin, scintillant d’effets spéciaux. Et, contre toute attente, on se laisse charmer par cet hybride hollywoodien, qui trouve malicieusement, avec son spectateur, un terrain d’enfance.
WILLOW, Ron Howard 1988 (conte fantastique jeunesse)@@ (E)
La cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu'une prédiction annonce la naissance imminente d'une princesse qui la détrônera, Bavmorda donne l'ordre de tuer tous les nouveau-nés du ...

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YES MAN, Peyton Reed 2008, Zooey Deschanel, Rhys Darby (comique)@@


La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer à un programme de développement personnel, "Yes Man", dirigé par le gourou Terrence Bundley. Le principe est de dire oui à toute nouvelle situation. Carl se méprend toutefois sur le concept et dit oui à tout. Sa vie professionnelle et sentimentale change alors radicalement : promotion inattendue, nouvelle petite amie. Mais il découvre rapidement que sa nouvelle attitude lui apporte aussi son lot d'inconvénients...

TELERAMA
Les retrouvailles avec Jim Carrey, le type le plus drôle de tout Hollywood, dans un film dont il est le moteur, ça ne se refuse jamais. Yes Man démarre pourtant au fond du trou : Carl Allen, alias notre Jim préféré, s'encroûte dans son petit appartement et dans sa petite vie, refusant systématiquement tout ce qui pourrait l'en sortir. Mais nous sommes tout de même dans une comédie américaine et Carl, donc, est appelé à guérir. C'est l'art et la manière d'y parvenir qui font ici la différence, grâce à un « pitch » original. Carl, après avoir rencontré une sorte de gourou (Terence Stamp, hilarant), devient un « yes man ». Comprenez un gars qui dit oui à tout : prêter son téléphone à un SDF, apprendre le coréen, la guitare, le pilotage d'avion, accepter n'importe quelle invitation, y compris celle d'une vieille voisine libidineuse...

La ribambelle de situations offertes par cette lubie, satire désopilante de la « pensée positive », offre à Jim Carrey l'occasion de déployer son extraordinaire vis comica. Le temps a même bonifié ce talent burlesque unique, y ajoutant maîtrise et émotion. Mais les prouesses de la star, son parfait sens du timing ne vampirisent pas pour autant ses partenaires. Le film bichonne ses personnages secondaires, du charme piquant de Zooey Deschanel à la loufoquerie façon Peter Sellers de John Michael Higgins. Dites oui !
YES MAN, Peyton Reed 2008, Zooey Deschanel, Rhys Darby (comique)@@ (E)
La vie de Carl Allen le déprime : il est divorcé, occupe un poste rébarbatif dans une banque et passe son temps libre à regarder des DVD. Par hasard, il rencontre un ancien camarade qui le convainc de participer ...

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YO MAMA, Leïla Sy et Amadou Mariko 2023, Claudia Tagbo, Zaho (comique)


Alors qu'un clip de rap fait la une des médias en raison de sa brutalité et, surtout, de l'âge des auteurs, Fanta, Amandine et Samira découvrent avec stupéfaction que les artistes à l'origine de cette "oeuvre" sont en réalité leurs fils, tous âgés d'à peine 11 ans. Conscientes de la nécessité de rétablir la communication avec ces derniers si elles veulent les voir revenir dans le droit chemin, ces mères de famille originaires de banlieue parisienne décident à leur tour de se lancer dans le rap, pensant ainsi convaincre leurs enfants d'abandonner cette voie peu réjouissante pour elles. Mais leur plan ne se déroule pas du tout comme prévu...

TELERAMA
Trois mamans mettent des casquettes à l’envers et montrent à leurs fils qu’on peut faire du rap sans arme ni gros mot.
Leurs trois fils ont fait un clip de rap avec des armes et des gros mots, alors les trois mamans, plutôt que de les priver de dessert, décident d’en faire un à leur tour — sans armes et sans gros mots. Cette comédie gentillette sur le rapport des enfants aux écrans pèche surtout par son interprétation un peu plate, malgré le concours de Jean-Pascal Zadi.
YO MAMA, Leïla Sy et Amadou Mariko 2023, Claudia Tagbo, Zaho (comique) (E)
Alors qu'un clip de rap fait la une des médias en raison de sa brutalité et, surtout, de l'âge des auteurs, Fanta, Amandine et Samira découvrent avec stupéfaction que les artistes à l'origine de cett ...

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À TROIS ON Y VA, Jérôme Bonnell 2025, Anais Dumoustier, Laure Calamy (sentimental (france)@@


Charlotte trompe Micha avec Mélodie. Sans le savoir, Micha séduit Mélodie. Mélodie tente de se dépêtrer des quiproquos et de la complexité de ses sentiments.

TELERAMA
On garde un souvenir ému du Temps de l'aventure, autour d'une rencontre amoureuse enivrante, durant une seule journée. Cinéaste avant tout sentimental, Jérôme Bonnell s'essaie à la comédie, trépidante et douce-amère. Près de Lille, un jeune couple, Charlotte (Sophie Verbeeck) et Micha (Félix Moati), vient d'emménager. Ils ont tout pour être heureux, sauf que Charlotte trompe son homme avec celle qu'il croit être juste une amie, Mélodie — Anaïs Demoustier, l'actrice du moment, multiple et sensuelle. Liaison sérieuse, surtout pour Mélodie, qui semble très attachée. La situation se complique encore lorsque Micha embrasse... Mélodie. Laquelle ne sait plus où donner de la tête. Vertige compliqué par son métier : jeune avocate, elle est débordée de travail et ne peut donc pas, a priori, se consacrer à deux amours à la fois.

Cette question du temps accéléré, Bonnell l'exploite bien. Le triangle amoureux est propice à des situations proches du marivaudage, avec chassés-croisés risqués, quiproquos, désordre. Le rythme primesautier — charme indéniable du film — va de pair avec quelque chose de grisant, propre aux derniers moments de candeur de la jeunesse, à la veille de l'âge adulte. De là le naturel de la sexualité, allant de soi, jamais nommée donc comme bi, hétéro ou saphique.

Reste que cette mécanique de vaudeville dure un peu trop longtemps pour un film qui se veut vif et léger, comme une nouvelle. Puis elle bascule vers une forme d'utopie amoureuse. S'aimer au grand jour à trois ? Pourquoi pas. Jérôme Bonnell effleure même l'idée que l'amour à deux n'existe qu'à travers une tierce personne. Des trois personnages, Charlotte est la plus secrète. On devine chez elle une forme de détachement, qui la rend à la fois très forte et mélancolique. Qui est-elle vraiment ? A peine se pose-t-on cette question que le film se termine, avec les qualités de ses défauts... Entre jubilation et frustration.

À TROIS ON Y VA, Jérôme Bonnell 2025, Anais Dumoustier, Laure Calamy (sentimental (france)@@ (E)
Charlotte trompe Micha avec Mélodie. Sans le savoir, Micha séduit Mélodie. Mélodie tente de se dépêtrer des quiproquos et de la complexité de ses sentiments.

TELERAMA
On garde un ...