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A UNITED KINGDOM, Amma Asante 206, David Oyelowo, Rosamund Pike (sentimental)@


Petit-fils du roi des Bamangwato, population d'Afrique australe vivant au Bostwana et en Afrique du Sud, Seretse Khama est désigné en 1925, à l'âge de 4 ans, pour prendre le trône à sa majorité. Vingt-deux ans plus tard, le jeune homme, qui étudie le droit à Londres, fait la rencontre de Ruth Williams, une employée de bureau, dont il tombe éperdument amoureux. Le sentiment est réciproque. Un an plus tard, ils se marient. Mais l'union entre cet homme noir et cette femme blanche suscite de vives oppositions, tant au sein de leurs familles que dans leurs pays respectifs. Mais Seretse et Ruth sont prêts à surmonter tous les obstacles...

TELERAMA
En 1947, une Anglaise rencontre un prince africain, et ce n’est pas un conte de fées mais une affaire d’État. L’union de Ruth Williams et de Seretse Khama, destiné à devenir roi du Bechuanaland (futur Botswana), révolte Blancs et Noirs. Entre l’amour et la Couronne, il faut choisir…

Royauté, vie privée et page d’histoire : on reconnaît les ingrédients du Discours d’un roi (de Tom Hooper, 2010). Tout en cherchant à plaire, la réalisatrice, britannique et noire, aborde avec un souci informatif les questions raciales et les mentalités d’une époque.

Mais son film manque de vivacité : même son excellent couple de cinéma (David Oyelowo et Rosamund Pike) semble un tantinet figé.
A UNITED KINGDOM, Amma Asante 206, David Oyelowo, Rosamund Pike (sentimental)@ (E)
Petit-fils du roi des Bamangwato, population d'Afrique australe vivant au Bostwana et en Afrique du Sud, Seretse Khama est désigné en 1925, à l'âge de 4 ans, pour prendre le trône à sa majorité ...

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ALYAM ALYAM, Ahmed El Maânouni 2001, Ben Brahim


Dans la région de Casablanca, à Oulad Ziane, les habitants vivent de l'agriculture. Abdelwahad, depuis la mort de son père, est obligé d'assumer les responsabilités du chef de famille, alors qu'il ne rêve que d'émigrer en France. La mère essaie de le dissuader de partir, mais le jeune homme ne croit pas en son avenir dans l'agriculture. Le grand-père essaie également de le ramener à la raison, mais il y a ce cousin éloigné de France, qui lui assure que les papiers nécessaires seront prêts d'un jour à l'autre. Entre espoir et lassitude, Abdelwahad attend son heure...
ALYAM ALYAM, Ahmed El Maânouni 2001, Ben Brahim (E)
Dans la région de Casablanca, à Oulad Ziane, les habitants vivent de l'agriculture. Abdelwahad, depuis la mort de son père, est obligé d'assumer les responsabilités du chef de famille, alors qu'il ne r&eci ...

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AVANT QUE LES FLAMMES NE S ETEIGNENT, Mehdi Fikri 2023, Camélia Jordana, Sofiane Zermani (drame social)@@


Strasbourg. Après la mort de Karim, son petit frère, lors d'un simple contrôle de police, Malika se lance dans un combat judiciaire afin qu'un procès ait lieu et que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son décès. Mais sa quête de vérité dérange et met également en péril l'équilibre de sa famille. La jeune femme est par ailleurs confrontée à un procureur qui prend fait et cause pour les policiers. Ainsi, avant même les résultats de l'expertise médico-légale, le parquet valide la thèse de la crise d'épilepsie comme cause de la mort, reprenant ainsi la version des forces de l'ordre.

TELERAMA
Son frère est mort après une garde à vue. Malika demande justice. Un drame social vibrant et nuancé.
Camélia Jordana dans un film-dossier qui dénonce avec discernement les bavures policières. Topshot Films - Le Film - Bac Films Production - France 3 Cinéma

Malika, mariée et mère d’un petit garçon, ne veut plus entendre parler de son frère Karim, qui a des problèmes de drogue. Mais un soir, elle apprend par un coup de fil de son autre frère que Karim est à l’hôpital à la suite d’une garde à vue… La séquence, à la fois rageuse — une foule de jeunes en colère massée devant l’hôpital — et muette (c’est de loin, par un simple signe, que Malika comprend que Karim n’a pas survécu) est un grand exercice de mise en scène, mêlant la douleur la plus intime à une dimension sociale.

Débute alors un film-dossier, certes, mais d’une remarquable tension, au plus près de la famille de la victime, de son deuil discret à son combat médiatique. Avec un sens aigu du détail, le réalisateur Mehdi Fikri, ancien journaliste à L’Humanité, met en scène le combat de Malika pour faire admettre la bavure policière, pour allumer la mèche de la justice, sans oublier la complexité des rapports familiaux. Karim n’était pas un ange, et alors ? Il peut quand même devenir un martyr pour tout un quartier, où les jeunes émeutiers ne sont, finalement, que les voisins, les potes de la famille endeuillée, qui scandent, dans un tribunal : « On pardonne pas ! »

Une scène témoigne parfaitement du dérapage toujours possible entre citoyens et forces de l’ordre : des policiers viennent « parler » avec la famille, mais le moindre mot ou geste d’énervement rallume la violence, et finit par des gaz lacrymogènes… Le casting porte haut l’émotion de cet ardent drame social : Camélia Jordana, pleine de nuances, la jeune Sonia Faidi et le vibrant Sofiane Zermani, en grand frère dont la juste colère est impossible à éteindre.
YNOPSIS
AVANT QUE LES FLAMMES NE S ETEIGNENT, Mehdi Fikri 2023, Camélia Jordana, Sofiane Zermani (drame social)@@ (E)
Strasbourg. Après la mort de Karim, son petit frère, lors d'un simple contrôle de police, Malika se lance dans un combat judiciaire afin qu'un procès ait lieu et que toute la lumière soit faite sur les circ ...

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BANG GANG, Eva Husson 2015, Marylin Lima, Lorenzo Lefebvre (moeurs)@


Les faubourgs aisés d'une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d'Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d'amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l'effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente.

TELERAMA
Pourquoi et comment des ­lycéens organisent-ils des ­orgies à l'insu des adultes ? Inspirée par le cinéma américain indépendant (Sofia Coppola, Larry Clark, Gus Van Sant), Eva Husson signe un premier film loin de l'esthétique et des préoccupations qui dominent en France. Il y a du style dans son portrait de groupe en pleine effervescence hormonale, sur fond de plages. Et deux héroïnes singulières, saillantes, ne serait-ce que pour les faux airs de Bardot ado chez l'une, et d'Adjani dans La Gifle chez l'autre...

Mais la ­cinéaste se laisse porter par des courants trop contraires. Un peu de romantisme noir hérité des Tricheurs, de Marcel Carné : c'est un dépit amoureux qui déclenche les orgies. Un peu d'érotisme libertaire quand les pulsions se libèrent, sans tabou apparent. Et, finalement, le retour au moralisme, avec l'éloge du « vrai amour » et du « bon sexe ». A cela s'ajoute l'inévitable question des nouvelles technologies — les vidéos compromettantes diffusées sur le Net —, intégrée à l'histoire comme une contrainte d'époque, expédiée pour la même raison... Emaillé de belles idées, jusque dans l'utilisation d'une chanson de Véronique Sanson, le film sort du lot mais reste bancal, entre transgression mal assumée et conformisme latent. — Louis Guichard
BANG GANG, Eva Husson 2015, Marylin Lima, Lorenzo Lefebvre (moeurs)@ (E)
Les faubourgs aisés d'une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d'Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d'amis va découvrir, tester ...

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BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Frank Dubosc (comique)@@


Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l'autre, Patrice, père de famille monogame à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d'enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu'ils n'ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l'occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?

TELERAMA
Deux potes quinquas tombent un soir de cuite et se réveillent en 1986, à la veille des résultats du bac… Une comédie revival un peu trop sage.

eux potes de 50 ans aux CV bien différents, mais au taux d’alcoolémie identique ce soir-là, tombent dans l’escalier de la cave et se retrouvent en 1986, à la veille de leurs résultats du bac. Et s’ils en profitaient pour refaire (et même échanger) leurs vies ? Bon d’accord, on a déjà vu ça quelque part, et en mieux, du côté de chez Noémie Lvovsky (Camille redouble), mais Farrugia ne s’en sort pas si mal. Le film commence en franche comédie et les détails d’époque font mouche : vestes en jean pleines de badges, marques de bonbons et de boissons disparues, bandanas…

On se régale quand les deux compères ados tentent de faire du fric en proposant, trente ans avant, le scénario d’un blockbuster français à une société de production ou lorsqu’ils passent une audition chez Eddie Barclay avec un futur tube des Dix Commandements… Puis la raison reprend le dessus — nos vies sont déjà écrites, inutile de lutter, il suffit de les améliorer. Le retour en 2015 des deux copains est, certes, tendre, mais nettement plus plan-plan. Si on nous avait dit qu’un jour on trouverait Dominique Farrugia un peu trop sage…
BIS, Dominique Farrugia 2015, Kad Merad, Frank Dubosc (comique)@@ (E)
Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent. D'un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de ...

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FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@


À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l'immeuble qu'il occupe dans Greenwich Village. Ses observations l'amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d'en face, a assassiné sa femme.

TELERAMA
C’est l’un des plus grands films de Hitchcock : à la fois une réflexion sur l’amour et sur le cinéma. Comme le note François Truffaut dans son recueil d’entretiens avec le maître, tous les voisins qu’observe James Stewart ont pour point commun l’amour : couple qui se dispute, jeunes mariés qui passent leurs journées au lit, ménage sans enfants, danseuse qui s’exhibe… Figures du désir ou de la pratique amoureuse qui renvoient le personnage principal à son propre problème : épousera-t-il ou non sa dulcinée ?

Par ailleurs, sa position d’observateur immobile est celle du cinéphile : en multipliant les cadres — rectangulaires comme les fenêtres, ronds comme les jumelles ou les objectifs photographiques —, la mise en scène construit une série de mises en abyme. Le voyeurisme — et l’impuissance qu’il suggère — nie le réel de la relation amoureuse et constitue un exutoire fantasmatique du désir. Sous le polar, d’une maîtrise absolue, se cachent une fois de plus les obsessions de Hitchcock.
Ce thriller de Hitchcock est l’un des films préférés de Truffaut.
FENETRE SUR COUR, Alfred Hitchcock 1954, Grace Kelly, James Stewart (thriller)@@@@ (E)
À cause d'une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d'action et amateur d'aventure, il s'aperçoit qu'il peut tirer parti de son immobilit&e ...

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LA CHAMBRE DES MERVEILLES, Lisa Azuelos 2023, Alexandra Lamy, Muriel Robin (sante)@@


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Alors qu’un ado gît dans le coma sur un lit d’hôpital, sa mère se met en tête de vivre ses rêves à sa place pour les lui raconter. Le nouveau film de Lisa Azuelos, avec Alexandra Lamy, s’enlise dans la mignonnerie niaise.


Bof

Alexandra Lamy. Photo Jerico Films

Par Marie Sauvion

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Publié le 11 décembre 2023 à 23h43

Mis à jour le 15 avril 2025 à 11h17

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Vous qui entrez dans La Chambre des merveilles, abandonnez tout espoir d’y trouver du cinéma. Y avait-il davantage de littérature dans le best-seller éponyme de Julien Sandrel ? Mystère. On subodore qu’il s’agissait d’un ouvrage bienveillant et consolateur devenu, sous l’œil de Lisa Azuelos, une fiction bienveillante et consolatrice. La réalisatrice des amusants LOL (2008) et Mon bébé (2019) signe ici un film de commande au régime sans sel – il se déroule pour partie à l’hôpital, ça se tient.


La chambre du titre, c’est la 405, où Louis, 12 ans, gît dans un coma végétatif, au grand et légitime désespoir de sa maman solo. Un jour, Thelma (Alexandra Lamy) tombe sur la liste des choses que son fiston rêvait d’accomplir : décrocher la dédicace d’un auteur de mangas reclus à Tokyo, taguer les murs d’une caserne, nager avec les baleines ou, bonjour le cliché, rencontrer son père pour la première fois. Elle va les faire à sa place et les lui raconter.

Le scénario empile commodément les coïncidences. L’humeur n’est pas au réalisme ? Soit. Mais on en reste à la « leçon de vie » vaguement maquillée en conte et cochant toutes les cases, entre émotion retenue et torrents de musique, avec un petit flou artistique de temps en temps, histoire de réveiller un public frôlant la mort cérébrale.

BANDE-ANNONCE

PLUS D'INFOS

Titre

La Chambre des merveilles

Genre

Comédie dramatique

Réalisateur

Lisa Azuelos

Sortie

2023

Durée

1h34

Musique

Bonjour Meow

Scénaristes

Fabien Suarez, Juliette Sales

Pays

France

SYNOPSIS
Mère célibataire, Thelma partage son existence entre un emploi fort prenant et l'éducation de son fils Louis, âgé de 12 ans. Un jour, alors qu'elle se promène avec ce dernier, un coup de fil vient perturber son attention et un terrible drame se produit. Louis est percuté de plein fouet par un véhicule et se retrouve plongé dans un profond coma. Désespérée, Thelma refuse pourtant de baisser les bras et décide de tout tenter pour provoquer le réveil de son fils. Une idée originale surgit alors dans l'esprit de la quadragénaire : réaliser elle-même tous les rêves que Louis a notés dans son journal intime et lui conter ses aventures...
LA CHAMBRE DES MERVEILLES, Lisa Azuelos 2023, Alexandra Lamy, Muriel Robin (sante)@@ (E)
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LE DERNIER DES JUIFS, Noe Debre 2023, Michel Zindel, Agnes Jaoui (religion)@@


Giselle, diminuée par la maladie, vit dans un appartement en banlieue parisienne qu'elle partage avec Bellisha, son fils immature de 27 ans. Un jour, en allant faire des courses à l'épicerie casher, Giselle apprend la prochaine fermeture de la boutique car celle-ci manque de clients. Elle comprend alors que son fils et elle sont les derniers représentants de la communauté juive encore présents dans leur cité. Inquiète, elle se convainc qu'ils doivent fuir à leur tour. Confortablement installé dans sa petite routine, Bellisha, lui, peine à accepter cette décision. Pour rassurer sa mère, il décide pourtant de lui faire croire qu'il prépare leur départ...

TELERAMA
Dans leur cité, une mère et son fils sont les derniers de leur communauté… Première réalisation de Noé Debré qui sonde la judéité et les préjugés avec humour et finesse.

Le film tombe bien, puisque tout va mal. Drame drôle et comédie triste, Le Dernier des Juifs, tourné avant l’horreur du 7 octobre et de la guerre qui endeuille le monde, danse au-dessus du volcan de l’actualité avec une grâce de funambule. Un numéro d’équilibriste signé Noé Debré, éclectique coscénariste de Dheepan (Jacques Audiard, 2015), de Problemos (Éric Judor, 2017) ou de Stillwater (Tom McCarthy, 2021), qui surprend avec ce premier long métrage en tant que réalisateur.

Par son titre intriguant, déjà, qu’il partage avec un ouvrage du philosophe Jacques Derrida publié en 2014 et dont la polysémie — que signifie « dernier » ici, indigne ou ultime ? — densifie le propos. Mais aussi par sa douceur délibérée, à ne pas confondre avec de l’angélisme, à l’heure d’évoquer l’antisémitisme dans une banlieue française.

Leurs coreligionnaires ayant mis les voiles, Giselle (Agnès Jaoui, très émouvante) et son grand fils Bellisha (la révélation Michael Zindel) sont effectivement les seuls Juifs à demeurer dans cette cité qui pourrait se situer à Sarcelles (Val-d’Oise). D’ailleurs, signe de la fin des haricots, l’épicier casher ferme boutique. Bref, « il faut qu’on parte », rumine la mère en clopant sur son balcon. Comme elle serine aussi qu’il n’y a plus que des Noirs dans le quartier, des médecins arabes à l’hôpital, sans parler des Péruviens en surpoids à la télé, Bellisha l’écoute d’abord sans s’affoler. Il a mieux à faire : le marché, la popote, du rap, ou l’amour avec sa voisine mariée et arabe (formidable Eva Huault), qui aimerait tant qu’il lui susurre « des trucs sales en hébreu ». Et lui de répéter les trois mots qu’il connaît, « Evenou shalom alerhem », soit « Nous apportons la paix », rengaine d’un chant fameux dont ce « fier Israélite » ignore la suite.

Dénoncer sans stigmatiser
Partir, d’accord, mais où ? Chez les bourgeois de Saint-Mandé ? En province ? En Israël ? Infiniment plus fin qu’Ils sont partout d’Yvan Attal (2016), Le Dernier des Juifs questionne à son tour et la judéité et l’assignation identitaire, avec un sens de l’absurde qui fait mouche : désigné comme juif par les autres — en témoignent les graffitis pro-palestiniens tracés par erreur sur la porte des Chinois d’en face —, le protagoniste doit tantôt taire son appartenance, tantôt la prouver. À la revisite d’un folklore séfarade haut en couleur (La vérité si je mens, Coco) ou des clichés sur les mamans envahissantes, l’auteur préfère le portrait d’un « enfant poule » aux petits soins pour sa mère malade, un jeune vieux aux manies de retraité et à la mythomanie galopante, interprété par un clown lunaire dans lequel on a tôt fait d’apprécier un héritier de Jean-Pierre Léaud.

Aussi flottant que son providentiel acteur, le récit d’apprentissage, modeste dans sa forme, se démarque par ses embardées et ruptures de ton. Il passe progressivement du rire le plus franc — lorsque Bellisha entreprend de vendre des pompes à chaleur —, à une gravité qui contamine tout. Ainsi, une scène de cambriolage nocturne où le duo mère-fils se cache derrière un portant à vêtements fait remonter, en un plan, le temps des rafles à la mémoire. Dans ce joli coup d’essai, Noé Debré prend un luxe de précautions pour dénoncer les préjugés et la haine sans stigmatiser. Mais aucune sur le versant sentimental, ce en quoi il rappelle l’Albert Cohen du Livre de ma mère et son conseil universel : « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. »
LE DERNIER DES JUIFS, Noe Debre 2023, Michel Zindel, Agnes Jaoui (religion)@@ (E)
Giselle, diminuée par la maladie, vit dans un appartement en banlieue parisienne qu'elle partage avec Bellisha, son fils immature de 27 ans. Un jour, en allant faire des courses à l'épicerie casher, Giselle apprend la p ...

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LE FLIC DE BELLEVILLE, Rachid Bouchareb 2018, Omar Sy, Luis Guzmán (policier)@


Inspecteur de police à Belleville, Baaba Keita a prouvé son efficacité à de multiples reprises. Mais, un soir, il ne peut empêcher l'assassinat de Roland, son ami d'enfance. Officier de liaison du consulat de France à Miami, il était de passage à Paris pour une enquête sur un trafic de drogue. Baaba Keita reprend le poste de Roland afin de retrouver son meurtrier. Il est envoyé en Floride et Zohra, sa mère envahissante, est du voyage. A Miami, Baaba doit faire équipe avec Ricardo, un policier local blasé et irascible. Le tandem mal assorti va faire des étincelles...

TELERAMA
Policier dans le quartier de Belleville, Baaba part à Miami enquêter sur la mort de son meilleur ami. Intrigue et dialogues insipides, références recyclées de manière scolaire…

Lui, c’est Baaba Keita, simple flic dans le quartier chinois de Belleville, à Paris. Il porte les mêmes chemisettes que Magnum, il est cool comme Eddy Murphy, se prend le nez avec sa mère envahissante comme Guy Bedos dans Un éléphant, ça trompe énormément, et il fait du kung-fu comme Bruce Lee… Un soir, son meilleur ami, agent de liaison auprès du consulat français de Miami, se fait tuer sous ses yeux, après lui avoir révélé qu’il enquêtait sur un trafic de cocaïne impliquant un pays africain. Baaba (joué par Omar Sy) se fait muter à Miami pour résoudre ce meurtre et fait équipe avec Ricardo (Luis Guzman), un policier local aux méthodes très différentes des siennes…

L’histoire vous rappelle quelque chose ? C’est normal. Avec cette première incursion dans le registre de la comédie, Rachid Bouchareb (Indigènes, Hors-la-loi) rend un hommage assumé au Flic de Beverly Hills — jusqu’à transposer quelques scènes de manière quasi identique — mais aussi à d’autres polars des décennies précédentes. Il achève ainsi une sorte de trilogie américaine, entamée avec Just Like a Woman (inspiré de Thelma et Louise), et La Voie de l’ennemi (inspiré de Deux Hommes dans la ville), deux fictions sensibles et réussies.

Le problème, perceptible dès les premières minutes, réside dans le fait qu’ici, la citation tient lieu de scénario et de mise en scène. Palmiers, soleil, jolies pépées en maillot de bain, coéquipiers mal assortis, méthodes peu orthodoxes, piscine et champagne… À force de se croire dans un film « à l’américaine », Rachid Bouchareb oublie d’en tourner un. Son propos se résume à un patchwork de références (L’Arme fatale, Deux flics à Miami, etc.) qu’il exploite très scolairement, au lieu de les détourner et de les renouveler, en jouant réellement sur le décalage culturel.

De la France à l’Afrique en passant par les États-Unis, l’action se traîne au rythme d’un escargot sous anxiolytiques. Le rythme ne tient qu’à une bande-son tentant de colmater des scènes mollassonnes, et les gags se résument à une histoire de Twingo, ou à une blague récurrente pénible sur un nom français mal prononcé…

Les acteurs, faute de personnages à défendre et de dialogues consistants, se débattent comme ils peuvent. Omar Sy possède les épaules pour jouer le Frenchie charismatique, mais en l’occurrence, il n’a rien à jouer. Dans le rôle de la mère encombrante, Biyouna évoque une redite, en moins bien, de Marthe Villalonga dans ses rôles les plus hauts en couleur… Devant tant d’ennui, on se demande quelle était la nécessité de ce recyclage des comédies d’antan, qui se révèlent, en comparaison, presque écrasantes.
LE FLIC DE BELLEVILLE, Rachid Bouchareb 2018, Omar Sy, Luis Guzmán (policier)@ (E)
Inspecteur de police à Belleville, Baaba Keita a prouvé son efficacité à de multiples reprises. Mais, un soir, il ne peut empêcher l'assassinat de Roland, son ami d'enfance. Officier de liaison du consulat ...

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MELANCHOLIA,Lars von Trier 2011, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg (societe)@@


Justine vit l'un des plus beaux moments de sa vie. Tout a été fait pour que son mariage soit une réussite : le cadre tout d'abord, une immense demeure entourée d'un parc que des illuminations viendront embellir, les invités ensuite, la famille et les amis du couple. La fête bat son plein. Pourtant, la nuit venue, Justine se sent lentement envahie par des doutes sans fondement, un vague à l'âme, une mélancolie étrange. Parallèlement, avec son télescope, un enfant découvre un corps céleste inconnu dans l'espace. Une planète massive, dont la route pourrait croiser celle de la Terre. Au fur et à mesure que la planète s'approche, le moral de Justine se dégrade. Sa soeur, au tempérament opposé, essaie de la raisonner

TELERAMA
Une dépressive (Kirsten Dunst) attend la fin du monde comme une délivrance ; sa sœur (Charlotte Gainsbourg) ne s’y résout pas. Lars von Trier abandonne son sens de la provocation et sa misogynie pour réaliser son œuvre la plus accomplie.

C‘est une histoire qui commence par la fin : la fin du monde. Cinq minutes d’ouverture, sur les notes de Tristan et Isolde, pendant lesquelles Lars von Trier présente les motifs du récit avec une puissance symbolique rare. Ces cinq minutes lancent, en majesté, l’œuvre la plus accomplie du cinéaste danois.

Flash-back en deux mouvements sur les derniers jours de l’humanité. Justine, une jolie blonde au sourire factice, se marie. Quelque chose grince dans l’ordonnancement des festivités, et pour cause : la rumeur court que la planète Melancholia pourrait percuter la Terre ; et Justine souffre d’une dépression.

Après un règlement de comptes familial façon , le deuxième acte bascule dans la science-fiction poétique. La vérité des êtres se dévoile à mesure que l’apocalypse approche. Et Lars von Trier délaisse sa misogynie pour signer deux beaux portraits de femme. Justine (Kirsten Dunst) trouve enfin la paix dans le chaos ; sa sœur, Claire (Charlotte Gainsbourg), ne peut se résoudre à disparaître, car elle a beaucoup à perdre : son fils. Le petit garçon observe le rapprochement de la planète Melancholia à travers un télescope bricolé avec un bâton et une tige de fer. Cette touche de simplicité dans une mise en scène au baroque grandiose est la plus belle trouvaille du film.
MELANCHOLIA,Lars von Trier 2011, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg (societe)@@ (E)
Justine vit l'un des plus beaux moments de sa vie. Tout a été fait pour que son mariage soit une réussite : le cadre tout d'abord, une immense demeure entourée d'un parc que des illuminations viendront embellir, ...

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NEW YORK NEW YORK, Martin Scorcese 1977, Liza Minelli, Robert de Niro (thriller sentimental)@@@


New York, 1945. L'Amérique tout entière fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy ait dû multiplier les tentatives de séduction. Le jeune musicien obtient un job auprès de sa conquête, dans l'orchestre, et ils partent en tournée ensemble. Le talent de Jimmy lui vaut une rapide promotion. Bientôt, Jimmy et Francine se marient et ont un enfant. Mais la vie les sépare de plus en plus. Si Jimmy tient à rester le saxophoniste bohème de ses débuts, qui se produit dans des sous-sols de boîtes enfumées, Francine entame une carrière brillante qui la pousse vers Hollywood...

TELERAMA
Août 1945, victoire des Etats-Unis sur le Japon. Dans un club, Jimmy drague Francine, qui le rembarre, mais le destin s'acharne et leurs amis respectifs les remettent en présence. Il joue du saxo, elle est chanteuse, ils s'aiment. L'amour et l'art sont-ils conciliables ?

On a souvent reproché à Scorsese d'avoir cédé au système hollywoodien après avoir prouvé sa liberté de ton et d'inspiration avec Taxi Driver. New York, New York est, il est vrai, une superproduction comme on n'en faisait déjà plus à l'époque. C'est aussi l'hommage d'un cinéphile aux grandes ­comédies musicales des années 1940, avec de formidables numéros interprétés par Liza Minnelli (fille de Vincente, l'un des chantres du genre, et de Judy Garland, chanteuse sublime). C'est, enfin, l'affrontement perpétuel de deux personnages, oscillant entre attraction et répulsion. De Niro, fascinant, distille toute la thématique scor­sesienne du personnage, égocentrique jusqu'au malaise, obsessionnel jusqu'à la violence. La rencontre, la déclaration d'amour, la demande en mariage, l'annonce du bébé, tous ces passages obligés sont étirés en de longues scènes, improvisées pour la plupart et travaillées pendant des heures. Leur puissance étonne encore. Scorsese cerne l'humain, ses plaies, ses bosses, ses travers et son irrépressible propension à aller au bout de ses forces et de ses désirs.
NEW YORK NEW YORK, Martin Scorcese 1977, Liza Minelli, Robert de Niro (thriller sentimental)@@@ (E)
New York, 1945. L'Amérique tout entière fête la fin de la guerre. A cette époque-là, Jimmy Doyle, un saxophoniste, fait la connaissance de Francine, une chanteuse. Ils tombent amoureux, non sans que Jimmy a ...

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RADIOSTARS, Romain Levy 2012, Manu Payet, Clovis Cornillac


A son retour des Etats-Unis, Ben, qui n'a pas réussi à s'imposer dans le monde du show-business, ignore les propositions bien intentionnés de son père et propose ses textes à l'équipe du "Breakfast", qui fait la matinale d'une radio, Blast FM. Grâce à son ancienne petite amie, il fait ainsi la connaissance d'Arnold, le meneur de l'équipe, de Cyril, un quadra en perte de vitesse, et d'Alex, la vedette montante. A peine est-il embauché que le patron de Blast FM, Frédérico, décide que la matinale se déplacera en province pendant tout l'été, pour faire remonter les audiences déclinantes. Les débuts sont difficiles, les hôtels déprimants, le public maussade...

TELERAMA
Pour cause d’audience en baisse, une équipe de radio sillonne la France profonde à la reconquête de ses auditeurs... Nouvelles têtes aux origines mixtes, B.O. pop-rock chiadée et vannes incorrectes... Un joli film.

La comédie française a la baraka. Confirmation avec ce premier long métrage de Romain Levy, jusque-là scénariste de potacheries (Cyprien, Les 11 Commandements). Il y raconte sa propre histoire, engagé comme nouvel « auteur de vannes » au sein d'une matinale radio déconnante, tendance Skyrock...

« Punie » pour cause d'audience en baisse, une équipe d'animateurs radio doit sillonner la France profonde pour reconquérir ses auditeurs. De quoi, pour ces vanneurs professionnels un brin méprisants, avoir les chevilles qui désenflent. Ben, le « bleu » de la bande (Douglas Attal) — il s'est planté comme comique à New York ! —, comprend, par exemple, que ses textes sont nettement plus drôles dans la bouche d'un autre. Cet autre, c'est Manu Payet, qui s'impose comme la nouvelle grande valeur de la tchatche, face à Clovis Cornillac en leader égocentrique et énervé, accro au micro. Une troupe de nouvelles têtes aux origines mixtes, une BO pop rock chiadée, des vannes incorrectes au kilomètre et des défauts de débutant (quelques baisses de régime par-ci par-là) attestent que cette comédie est plus sincère que calibrée. Bref, ce film de potes trouve la bonne fréquence...
RADIOSTARS, Romain Levy 2012, Manu Payet, Clovis Cornillac (E)
A son retour des Etats-Unis, Ben, qui n'a pas réussi à s'imposer dans le monde du show-business, ignore les propositions bien intentionnés de son père et propose ses textes à l'équipe du "Break ...

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SHAME, Steve McQueen 2011 (moeurs)@@


Brandon est un trentenaire célibataire qui gagne bien sa vie. Installé seul dans un très bel appartement en plein coeur de New York, il souffre d'une addiction au sexe. Bourreau de travail, le jeune homme est surtout envié par son patron pour ses talents de séducteur. Son quotidien est bouleversé lorsque sa soeur Sissy pose ses affaires chez lui. La venue de cette chanteuse de jazz un peu perdue et au look extravagant l'oblige à dissimuler ses vices. Il se crée une vie bien rangée, tant chez lui qu'à son bureau. Apprenant qu'elle a une relation avec son directeur, il entreprend une sérieuse remise en question...

TELERAMA
Brandon est trentenaire, célibataire et obsédé sexuel… Steve McQueen exalte le magnétisme de Michael Fassbender.

Brandon est trentenaire, célibataire, bien fait, élégant, peu disert. Bel appartement impersonnel à Manhattan, bon job insupportable, du « consulting », ce genre-là. Une litanie de messages d'amour suppliants sur son répondeur, dont il n'a que faire, lui qui ne pense qu'au sexe...

L'addiction au porno est d'abord filmée par Steve McQueen comme le reflet d'une société de consommation effrénée. Le constat est percutant. Avec l'installation chez le héros de sa petite soeur douloureuse, le film bifurque, hélas. Mais ce virage moralisateur ne vient pas à bout de son rayonnement trouble : le puritanisme du cinéaste reste contredit par l'attention dévorante qu'il porte à son acteur, Michael Fassbender, dont il exalte le magnétisme sexuel. C'est McQueen qui l'avait révélé dans le rôle extrême de Bobby Sands, dans Hunger. Ils poursuivent leur travail d'exploration des pouvoirs et impasses du corps. McQueen est plasticien de formation. Au-delà de son scénario, Shame brille comme une sorte d'installation sur un thème ultra contemporain, à laquelle Fassbender se donne entièrement, altier et ravagé, impudique et ténébreux.
SHAME, Steve McQueen 2011 (moeurs)@@ (E)
Brandon est un trentenaire célibataire qui gagne bien sa vie. Installé seul dans un très bel appartement en plein coeur de New York, il souffre d'une addiction au sexe. Bourreau de travail, le jeune homme est surtout en ...

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SMS, Gabriel Julien-Laferrière 2013, Guillaume De Tonquédec, Géraldine Pailhas (comique)@


Comment Laurent Demange (Guillaume de Tonquédec) se retrouve-t-il pendu par les pieds le long d'une falaise bretonne ? Un matin pluvieux, le toit de sa maison s'est effondré, il se fait voler son téléphone portable juste après avoir reçu un texto lui apprenant que sa femme (Anne Marivin) le trompe. Il perd la trace de son fils (Timothé Vom Dorp) en courant après le voleur. De retour chez lui, il découvre sa maison en feu et dans le même temps, la banque de son entreprise lui apprend qu'il est face à un trou vertigineux. À la recherche de son téléphone grâce à une ex travaillant chez un opérateur, il se retrouve face à un mystérieux groupe terroriste luttant contre les ondes électromagnétiques. Ce groupe séquestre un otage dans sa maison bretonne. Laurent va devoir lutter pour prouver son innocence mais également pour récupérer son fils.
SMS, Gabriel Julien-Laferrière 2013, Guillaume De Tonquédec, Géraldine Pailhas (comique)@ (E)
Comment Laurent Demange (Guillaume de Tonquédec) se retrouve-t-il pendu par les pieds le long d'une falaise bretonne ? Un matin pluvieux, le toit de sa maison s'est effondré, il se fait voler son téléphone portab ...