L AVENIR, Mia Hansen-Løve 2016, Isabelle Huppert (drame sentimental)@@ () voir sur GOOGLE MAP
Nathalie aime passionnément son métier de professeur de philosophie. Mariée à un autre enseignant et mère de deux enfants désormais grands, elle partage son quotidien entre ses cours, les ouvrages de philosophie auxquels elle collabore, et sa mère, un ancien mannequin qui n'a plus toute sa tête. C'est alors que tout s'effrondre. Son mari lui annonce qu'il la quitte pour une autre femme. Nathalie, soudain libre, décide de prendre un nouveau départ. Elle part dans le Vercors rejoindre un ancien élève, un jeune homme libertaire et hippie, aux antipodes de son existence bourgeoise...
TELERAMA
Le portrait pudique d’une quinquagénaire malmenée par la vie. Un film d’une douceur inattendue.
Alors que tout semblait paisible, harmonieux, voilà que la souffrance s’annonce dans ce portrait de quinquagénaire, prof de philo : son mari la quitte. Mais la douleur est tempérée par tout un faisceau d’autres sensations. L’Avenir séduit par sa distanciation pudique, son absence de pathos. Mia Hansen-Løve raconte, dessine plus qu’elle n’explique, en filmant son héroïne comme un personnage à la croisée des chemins. Peu après avoir appris qu’elle allait désormais devoir vivre seule, on voit Nathalie au soleil, sur la pelouse d’un parc parisien. Au chagrin, la réalisatrice joint une douceur suspendue. Des idées circulent, il y a de la passion, des élans. Le film accorde autant d’importance aux silences qu’aux mots, à la poésie colorée des paysages — de la Bretagne à marée basse au Vercors doré — qu’aux citations de Rousseau ou de Pascal. L’humour s’invite aussi, avec ce gros chat noir capricieux nommé Pandora. Et puis il y a Isabelle Huppert, émouvante, qui ne cesse de trotter, dans la panique. Et qui chemine aussi, ouverte à tous les possibles, dans un présent qui semble infini.