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dimanche 08 février 2026 - 11h00
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Aléatoire     Continu

JEAN-PHILIPPE, Laurent Tuel 2006, Fabrice Luchini, Johnny Halliday (musical bio)@@

Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas. Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star.

TELERAMA
Johnny Hallyday ? Connais pas. » Du jour au lendemain, Fabrice se retrouve propulsé dans un monde où son héros, son dieu, Johnny, n'a jamais connu la célé­brité. Il est resté Jean-Philippe Smet. Bref, un cauchemar pour le fan privé de sa raison d'être. Dès lors, Fabrice n'aura de cesse de persuader Jean-Philippe, patron de bowling en banlieue, de devenir celui que l'on sait. Drôle d'idée, idée très drôle : prenez une vraie star, une institution même, et inventez-lui une biographie parallèle. Vous obtiendrez une comédie maligne qui explore, mine de rien, quelques aspects de la célébrité.
Le public, d'abord, sans lequel les idoles ne seraient que des « Jean-Philippe » comme les autres. Laurent Tuel (Un jeu d'enfants) insiste sur le fétichisme de Fabrice : collectionnite aiguë et vieux tubes en boucle pour remplir le vide de sa vie. Puis, à travers ses mésaventures ultérieures, le film décortique les mécanismes de la passion, dont l'objet s'avère interchangeable. Ainsi Fabrice découvre-t-il que, dans le monde où Johnny n'existe pas, il collectionne passionnément... les bouteilles de bière.
Avec Luchini, Johnny Hallyday forme un couple de comédie réjouissant : l'un, fébrile, joue à la perfection les monomaniaques ruisselants d'amour, en particulier quand il enseigne à l'idole ses propres chansons. L'autre se laisse aduler, mi-passif, mi-dubitatif. Chacune des références au « vrai » Johnny produit sur le spectateur un effet de connivence et de désorientation mêlées. Bourré de clins d'oeil, le film tient le rythme, malgré un happy end un peu bâclé.
Cécile Mury