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MY SWEET PEPPER LAND, Hiner Saleem 2014, Korkmaz Arslan, Golshifteh Farahani (fable histoire iran)@@@

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Parce qu'il supporte mal une pendaison sinistre qui a eu lieu dans le nouveau Kurdistan indépendant de l'Irak, Baran, un combattant des années de lutte contre le régime de Saddam Hussein, choisit de démissionner de la police et de rentrer chez lui. Il se heurte à sa mère et à sa volonté de le marier, puis obtient une mutation dans un poste de police reculé, à la frontière iranienne. C'est dans cette bourgade qu'exerce Govend, une institutrice obstinée dont il fait la connaissance. Govend est en butte à l'hostilité de la société patriarcale, tandis que Baran, assisté de Reber, son adjoint, découvre que la région est mise en coupe réglée par le seigneur local, Aziz Aga...

TELERAMA
Cette fable drôle et forte avec deux insoumis évoque mine de rien l’aspiration à la liberté d’une jeunesse asphyxiée.
Quelque part entre l’Iran, la Turquie et l’Irak, une jeune femme essaie de vivre sa vie et d’exercer son métier, loin des hommes de sa famille. De son côté, un officier de police, ancien combattant pour l’indépendance du Kurdistan, fuit sa mère, qui ne pense qu’à le marier. Ils vont s’aimer, bien sûr, en affrontant ensemble les obscurantistes qui règnent sur la région.

Burlesque, absurde, fantaisie : chez Hiner Saleem, l’humour console de tout — du moins, il aide à vivre. Dans cette zone de non-droit où la sauvagerie du paysage épouse la rudesse des hommes, le cinéaste s’amuse à orientaliser les codes du western. À la lueur des lampes à pétrole d’un saloon des steppes, son shérif levantin rappelle L’Homme des hautes plaines, de Clint Eastwood, et sa horde de hors-la-loi, les bandits en cache-poussière d’Il était une fois dans l’Ouest. Mais sous la stylisation perce la détresse d’une jeunesse asphyxiée par la famille et la société. Et puis il y a l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, bannie par les mollahs depuis 2008, vibrante dans ce rôle d’insoumise. Quand sa silhouette se détache sur les montagnes au crépuscule, que s’élève le doux son du hang, cet instrument méconnu, il semble évident que la grâce existe. Dans le Kurdistan rêvé de Hiner Saleem, en tout cas.